Québec science, 1 janvier 1986, Décembre
2,95$ LE M A G A Z I K NTIERES UN FLEUVE SOUS SURVEILLANCE ; DESTINATION MARS DES TECHNOLOGIES POUR LA PAIX ^ GÈNES 7 ^ PRIS EN FILATURE^ 4 AGRICULTURE: / > LES SOLS PRENNENT i LE LARGE < 4 DROGUES': • ' ' UN DEPISTAGE INCERTAIN ¦1 S: Il ¦ -1 » i m*' ST- 3 * Courrier de 2e clesee.enreflietrement n° 1052.Port peyé 5 Québec.Port de retour gerenti.C P.260.Sillery.Québec.Conede GIT 2R1. ¦flOUVN CHICOUTIMI 0UÉBTC THOIS-BIVéfS HOU MONTRÉA1 HIMOUSKI Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l'École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 74 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 28 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec tort» -U nvc^azûtô- QUEBEC SCIEItE VOLUME 25, Numéro 4 DÉCEMBRE 1986 Page 34 Page 16 Page 42 ENQUÊTES/REPORTAGES Les secrets du Saint-Laurent Louise Desautels Ils ne pourront plus résister à l’assaut des océanographes québécois qui, de plus en plus nombreux, se consacrent à l’étude de notre fleuve Destination Mars Claude Lafleur Coloniser la planète Mars, la prochaine étape de la conquête de l’espace?22 La défense à la mode Reagan — Il Jean-Pierre Rogel La science peut aussi servir au désarmement, en mettant au point des techniques qui permettent de vérifier le respect des accords 28 Gènes pris en filature Michel Groulx Le dépistage des gènes défectueux bien avant la naissance de l’enfant devient une réalité.Reste à trouver le moyen de les corriger 34 Les yeux de l’espace Benoît Chapdelaine Les images de la Terre que nous envoie le satellite SPOT peuvent servir à de multiples applications 40 Les sols prennent le large Gilles Parent Le vent et l’eau s’emparent de nos sols agricoles, mettant en danger l’avenir de notre agriculture 42 Drogues : un dépistage incertain 7 Sciences: femmes recherchées 9 Bélugas: le B(a)P en flagrant délit 11 Génie génétique: l’expérience bleue 12 Cercueil: une industrie moribonde! 47 Une pilule anti-herpès 48 Le zèle des leucotriènes 49 Les supercordes de l’univers 50 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 Infopuce Apprivoiser l’informatique 13 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 53 Cinéscience La science à l’écran 55 En vrac Les p’tits mots de la fin 56 Mois prochain 57 Courrier 58 Québec science • décembre 1986 3 • • • • • • • • • • 9 9 CHIC! UN CADEAU SMA# Un cadeau SMAQ, c'est chic, c'est beau, c’est fou comme c'est de bon goût ! Un cadeau SMAQ, c'est un cadeau du SMAQ, le Salon des Métiers d'Art du Québec.Un salon qui présente plus de 300 mini-boutiques dans une joyeuse atmosphère.Cette année aux Fêtes, distinguez-vous: offrez un cadeau SMAQqui plaît à tout coup.Hall d'exposition ouest Place Bonaventure Du 5 au 21 décembre De midi à 22 heures Le 21 jusqu'à 1 8 heures Entrée Adultes Enfants/âge d’or Enfants 6-1 2 ans Passeport 2.75 $ 1.75 $ 1,00 $ 6,00 $ SALON DES MÉTIERS D'ART DU QUÉBEC Place Bonaventure du 5 au 21 décembre 1986 1 QUEBEC SCIEKE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Jacki Dallaire, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gilles Drouin, responsable de l’information Gérald Baril, Ginette Beaulieu, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques "I Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00S Groupe: (1 an/12 nos): 23,00S (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FC A R pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1986.ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1952.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA e Copyright 1986 - QUÉBEC SCIENCE -PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.LE MO CHEF RÉDACTEUR Une ironie cruelle a voulu que le Conseil national de recherches du Canada annonce de nouvelles coupures de 20 millions de dollars à son budget annuel le jour même où on apprenait que le professeur John Polanyi, de l’Université de Toronto, venait de recevoir le prix Nobel de chimie.Ainsi donc, le CNRC, institution nationale devant favoriser l’excellence dans la recherche, coupe encore dans le vif de ses effectifs, mettant à pied 150 chercheurs le jour où l’honneur rare du prix Nobel touche notre pays.Si nous collectionnions les Nobel comme les coupes internationales au hockey, il n’y aurait peut-être pas lieu d’y voir un hasard si curieux, ou un scandale si gênant.Mais il faut savoir que ce troisième prix Nobel scientifique — après ceux de Banting en 1923 et d’Herzberg en 1971 — constitue un exploit remarquable pour un pays somme toute de taille modeste sur le plan international.Et à l’heure où on pourrait s’enorgueillir et construire pour les générations futures, voilà que le milieu scientifique canadien doit subir les assauts d’une politique sans envergure et à courte vue.Depuis que M.Mulroney est au pouvoir, c’est 120 millions de dollars et 600 postes qui ont été retranchés au CNRC, sans qu’il y ait eu trace d’un quelconque «redéploiement» des efforts d’Ottawa ailleurs.De vraies coupures, bêtes et méchantes, en somme.Nous publierons le mois prochain un portrait que notre correspondant à Toronto, Claude Forand, a réalisé de John Polanyi.Mais je ne résiste pas à l’envie de citer un court extrait de ce que le corécipiendaire du prix Nobel de chimie nous raconte, à propos du CNRC qu’il a découvert en 1952: «Il y avait une ouverture d’esprit scientifique qui m’enchantait, dit-il.Je me rappelle surtout la collaboration hors pair entre chercheurs.C’était un centre unique pour mener des travaux de recherche.» Il semble que les temps ont changé depuis.Il me reste quelques lignes pour vous présenter ce numéro.Il est sous le signe de l’espoir et du futur, malgré tout.D’abord, de l’originalité et de l’excellence de la recherche appliquée sur le fleuve qui se fait ici et dont nous parle Louise Desautels.Ensuite, des nouvelles techniques de dépistage génétique, espoir pour la qualité de vie des générations à venir, un reportage de Michel Groulx.Et le futur, c’est aussi l’exploration des planètes, et de Mars en particulier, nous dit Claude Lafleur.En contrepoint, Gilles Parent nous ramène les pieds sur terre dans la glaise, celle que le Canada ne veut pas voir partir en poussière.Les solutions existent, si on se donne la peine de les vouloir.C’est aussi le cas du désarmement, auquel la science pourrait contribuer et que j’aborde dans la seconde partie de la «Défense à la mode Reagan».QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 5 WKÈÊÈÈËÊwKKHuuBMÊMmÊm ADHÉREZ À EN DECEMBRE INFQPUQ et obtenez du temps de consultation gratuit pour une valeur de 5 $ INFOPUQ, c'est — un service d'information par ordinateur pour tous: O* coctem apprécié.mpou/u d'acd/ies MOI AUSSI.J •- UT ILI SE INFOPUO 1 INFOPUQ-MAGAZINE (nouvelles, agendas.) Micro-informatique douce Charlemagne (éducation) Santé Sport et activité physique Histoire, tourisme, attraits du Québec Francophonie Astronomie Sexualité Naturalistes amateurs Fruits et légumes des graphiques pour illustrer le texte un système de courrier électronique des conférences par ordinateur mille et un renseignements utiles CERTIFICAT-CADEAU de 5$ TARIF (accès direct) en temps de consultation d'INFOPUQ Valable pour tout nouveau membre d'INFOPUQ adhérant au service d'information par ordinateur avant le 1 er janvier 1 987 N'oubliez pas de joindre ce coupon au formulaire d'adhésion que vous obtiendrez à l'adresse suivante: INFOPUQ, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy, Québec G1V2M3 Tél.: (418) 657-3551 8 h - 18 h 18 h - 23 h 23 h - 6 h lundi-vendredi toute la semaine + le jour en fin de semaine et les jours fériés toute la semaine Système d'information : 8 $ / h * 6 $ / h * 4 $ / h * Courrier électronique : 1 5 $ / h 6 $ / h * 4 $ / h * ‘ 1 $ de plus de l'heure à partir du 5 janvier 1987 Frais d'adhésion: 35$ (une seule fois) Minimum mensuel: 1 $ pour l'administration du compte Taux horaire: le service est facturé selon le nombre de minutes passées en ligne.L'heure en vigueur est l'heure normale ou avancée de l'Est, selon la saison U R N O U DROGUES UN DÉPISTAGE INCERTAIN Si ces jours-ci, vous désirez postuler un emploi, vous risquez de vous soumettre à d’étranges rituels.L’entrevue classique ne suffit plus à étaler votre compétence et il n’est pas rare qu’un candidat soit évalué à la lumière de son écriture ou de sa carte du ciel.Mais aujourd’hui, on vous demandera peut-être de fournir avec votre curriculum vitae un échantillon.d’urine non pas pour connaître votre taux de sucre mais pour détecter des traces potentielles de drogues.Depuis quelques années chez nos voisins américains, la mode des tests de dépistage de drogues a pris une ampleur considérable: l’an dernier, 2,4 millions de tests ont été faits et on estime que ce nombre doublera d’ici 1988.Si l’utilisation des tests de dépistage jouit d’une popularité grandissante, c’est en raison du coût peu élevé de certains d’entre eux grâce aux appareils de détection qui analysent simultanément un grand nombre d’échantillons d’urine.Les tests les plus populaires sont dits «immunologiques» parce qu’ils utilisent des anticorps comme produits de réactions.Les échantillons sont mis en présence de différents anticorps spécifiques à chaque drogue.Ces anticorps sont le produit de réactions immunologiques induites en laboratoire chez la souris.Ils sont ensuite vendus aux utilisateurs d’appareils de détection.Parmi les substances analysées, on retrouve les drogues les plus courantes: cocaïne, héroïne, cannabis, morphine, amphétamine, LSD.Les fabricants d’appareils vantent l’efficacité de leurs tests qui détectent à 99%, disent-ils, les plus infimes traces de drogues.Mais il semble que le risque d’erreur soit beaucoup plus important qu’on le laisse croire, pouvant atteindre 20%.Le danger le plus sérieux est d’obtenir une réaction croisée qui produit un faux-positif.Dans ce cas, l’appareil détecte une drogue bien qu’elle soit absente de l’échantillon, la confondant avec une substance semblable au plan moléculaire.La codéine, par exemple, possède une structure chimique similaire à la morphine et à l’héroïne.Un faux-positif peut porter une grave atteinte à la réputation d’un individu en plus de risquer de lui faire Le dépistage des drogues dans les milieux de travail a pris une ampleur sans précédent.perdre son emploi.C’est pourquoi le docteur Robert Dugal, directeur de l’INRS-Santé, croit qu’il est essentiel, dans ce cas, de confirmer les résultats positifs par des analyses plus poussées.Selon lui, la technique d’identification la plus sûre requiert un chromatographe et un spectro-mètre de masse, matériel très coûteux et exigeant un personnel spécialisé.Infailliblement, elle permet d’identifier la composition moléculaire qui est aussi particulière à une drogue que le sont des empreintes digitales.«Le problème, c’est que dans certains QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 Ève-Lucie Bourque laboratoires, le niveau d’action s’arrête au dépistage initial.Lorsqu’ils trouvent un positif, ils ne recourent pas toujours à cette technique plus poussée pour confirmer le premier résultat.» Pas surprenant, quand on sait que ce genre d’analyse coûte environ 150$ par échantillon! Si, aux États-Unis, les compagnies déclarent à qui veut les entendre leur décision de faire passser des tests de dépistage à leurs employés, au Canada, les compagnies demeurent plus discrètes.Le recours aux tests de dépistage passe presque inaperçu.Les laboratoires refusent de divulguer l’identité des compagnies avec lesquelles elles font des affaires d’or.Mais il n’en demeure pas moins que la pratique est plus répandue qu’on le croit.La plupart des tests de dépistage, soit 75%, sont destinés aux postulants à un emploi.Depuis le 1er mai, le Canadien National demande à tous les candidats qui désirent travailler sur les trains de passer par les toilettes.Jusqu’à maintenant, 2 candidats sur 60 ont ainsi été écartés après qu’on eut trouvé des traces de drogue dans leur organisme.Plusieurs grandes compagnies canadiennes, dont Air Canada et Canadien Pacifique, étudient la possibilité d’entreprendre un programme de dépistage de drogues chez leurs employés.Mais ces entreprises, en plus d’être liées par des conventions collectives, se butent à un problème juridique: l’application de tests obligatoires serait considérée comme une atteinte aux droits fondamentaux reconnus par la Charte de droits et libertés de la personne, en particulier les droits à la vie privée.Jusqu’ici, aucune de ces compagnies ne désire clarifier la situation en portant la cause devant les tribunaux.Aux États-Unis, bien que plusieurs syndicats aient contesté la légalité des tests devant la cour, des compagnies astucieuses ont mis sur pied un programme de tests «volontaires».La méthode semble efficace.Elle remporte d’ailleurs un véritable succès à la Maison-Blanche.Mais qu’en est-il de l’efficacité de ces campagnes de dépistage?Si l’on en juge par l’expérience de la Marine américaine, les résultats sont impressionnants.«Depuis cinq ans, la Marine teste ses soldats de façon constante et imprévue, raconte Robert Dugal, parce que les études avaient démontré que la consommation de médicaments dangereux, chez des gens qui sont censés être alertes, était de l’ordre de 50%.À l’heure actuelle, le pourcentage de résultats positifs oscille entre 3 et 4%.» Mais l’enjeu pour un militaire est bien différent de celui d’un civil qui, lui, ne risque pas l’équivalent de la cour martiale pour avoir «sniffé» une ligne.L’utilisation massive de tests de dépistage dans les entreprises risque d’accroître, chez les toxicomanes, la popularité des designer drugs.En effet, ces nouvelles drogues extrêmement puissantes — certaines sont jusqu’à 6 000 fois plus fortes que l’héroïne — laissent très peu de traces dans l’organisme puisqu’elles sont consommées à doses très faibles.Concoctées dans des laboratoires illégaux, les designer drugs, aux noms poétiques de China White, Rhapsody ou Eve, font de leurs usagers de vrais cobayes.Mises sur le marché sans avoir subi au préalable des tests en laboratoire, ces nouvelles substances ont entraîné la mort de plusieurs de leurs adeptes.Pour l’instant, les tests de dépistage sont impuissants devant ces substances.«Il est clair que si on peut détecter de façon fiable les amphétamines, la cocaïne et autres narcotiques «classiques», les toxicomanes qui s’attendent à être testés vont probablement utiliser autre chose», croit le docteur Dugal.Les chercheurs devront développer des moyens de détecter ces nouvelles drogues et ça risque d’être long et difficile.Claire Chabot Voici ma prédiction pour le futur: tout ce qui n'est pas encore arrivé arrivera et personne ne pourra y échapper.J.B.S.Haldane LOUISE BEAUDIN vétérinaire Zoo Si les bêtes parlaient, si le public savait Zoo, c'est.— Roméo et Juliette, les orangs-outans amoureux — Zira, une petite gorille arrachée à sa forêt natale pour courtiser les visiteurs — un bébé wapiti mort de faim après une longue agonie parce que l'auge était trop haute — deux cerfs européens morts de soif parce que les conduites d'eau étaient gelées.Voilà quelques faits parmi d'autres, innombrables, dont a été témoin Louise Beaudin, alors vétérinaire au zoo de Granby, et qu'elle nous livre ici en un récit bouleversant.Avec elle, nous serrons les poings devant un autre gâchis occasionné par les calculs ou la négligence.Avec elle aussi, nous sourions, attendris, devant Noiraud le gibbon, s'adonnant à la haute voltige avec sa fille Vanissa et saluant son auditoire comme une vedette, devant Wowo le chimpanzé qui montre son «bobo» d'un air pitoyable, devant les petits tigres s'étirant contre le ventre de leur mère, dodus, repus.Ce livre nous fait passer par toutes les émotions.Jamais plus nous ne pourrons être indifférents au sort des animaux en captivité.Suffira-t-il à amorcer une réflexion agissante?ZOO par Louise Beaudin, vétérinaire 15x23 cm, 256 pages, 14,95$ -s«- Bon de commande ZOO X 14,95$ = FRAIS D'ENVOI 1,50$ TOTAL = Nom_ Adresse.Code postaL Tél.Mode de paiement ?chèque Dmandat ?VISA ?Master Card Carte n° I I 1 I I 11 I 11 I 1 I 1 11 Date d'expiration _ Signature Veuillez faire votre paiement à l'ordre de Éditions Michel Quintin, C.P.340, Waterloo, Québec JOE 2N0 En vente en librairie DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE N ÜIK ilftl m ici ftCi ton h I li® Si U l‘t h I: 8 SCIENCES FEMMES RECHERCHÉES Quinze ans de féminisme n’y ont pas changé grand-chose, les cris d’alarme lancés précédemment non plus: en 1986, les femmes continuent à bouder les chiffres et les éprouvettes.Alors qu’elles envahissent les campus et représentent actuellement 41 % de la population active du Québec, côté sciences, rien ne va plus; elles brillent toujours par leur quasi-absence.Tel est le triste constat que nous dévoile le Conseil de la science et de la technologie dans un avis fort convaincant intitulé La participation des femmes en science et technologie au Québec.Or, autant par souci d’équité envers les femmes que parce que le Québec a un urgent besoin de tous ses effectifs dans ses secteurs de pointe, le Conseil considère que cette situation a d’ores et déjà trop longtemps duré.Pourtant, quoi qu’on en pense, et l’enquête du Conseil l’a démontré, les femmes sont loin d’être partout sous-représentées dans les domaines scientifiques et techniques.Elles occupent toujours le fief traditionnel du secteur paramédical où elles forment 89% du personnel.Mais retranchez infirmières et techniciennes de la santé, et les femmes ne représentent plus que 18,2% des personnes travaillant en science et technologie.C’est en sciences fondamentales et appliquées que leurs rangs sont les plus décimés.En génie notamment, leur participation se chiffre à 8%.Même si, depuis 1971, la présence des femmes dans les secteurs des soins infirmiers et thérapeutiques a chuté de 9 % alors qu’elle a triplé en mathématiques et en informatique, les changements ne s’amorcent qu’à pas de tortue.Par ailleurs, celles qui travaillent dans ces nouveaux domaines sont en général condamnées au temps partiel, avec des salaires inférieurs à ceux des hommes, tout en étant confinées dans des secteurs peu recherchés et peu syndicalisés.Dans sa recherche, le Conseil essaie d’identifier les grands coupables de cet état de fait.La stagnation des postes reliés à l’enseignement et à la fonction publique ne semble pas avoir encouragé les femmes à innover dans leurs choix de carrière.De plus, l’organisation sexiste du marché du travail, les responsabilités familiales et la discrimination sous toutes ses formes sont autant de freins et d’écueils identifiés.Par ailleurs notre système d’éducation qui pousse les jeunes de la quatrième année du secondaire à faire des choix irréversibles au moment où ils sont les plus influencés par les modèles conventionnels n’arrange rien.Autres responsables: les parents, le milieu scolaire, les jeunes filles elles-mêmes qui manifestent peu de confiance en elles, bref, un peu tout le monde.Des efforts, le Conseil reconnaît cependant que le monde de l’éducation en a faits.On a réduit, entre autres, le nombre des cours à option, éliminé le professionnel court, essayé d’effacer les stéréotypes sexistes des manuels scolaires.Mais, selon les auteurs de l’avis, ces efforts ont été jusqu’à maintenant clairsemés et trop peu significatifs.11 serait temps de frapper un grand coup en faisant flèche de tout bois.À cet effet, le Conseil n’émet pas moins de 25 recommandations aux ministères et aux organismes para-gouvernementaux concernés.11 propose notamment d’apporter une série de correctifs dans l’enseignement des Encore aujourd’hui, les femmes sont sous-représentées dans les carrières scientifiques.sciences dès le préscolaire.Les mesures suggèrent de réduire encore davantage les options, d’uniformiser la formation de base, de lutter contre les stéréotypes sexuels, de sensibiliser jeunes filles, parents, éducateurs et conseillers en orientation au problème.On propose également d’implanter des programmes scientifiques adaptés aux besoins et aux expériences des filles.Les recommandations visent par ailleurs aussi bien la mise sur pied de mesures d’incitation positive dans les universités et les organismes scientifiques que la pratique obligatoire de programmes d’accès à l’égalité ou l’implantation d’un plus grand nombre de garderies.Manifestement, le Conseil a voulu cerner le problème dans toutes ses ramifications.En dernier lieu, il recommande que l’on poursuive des études plus spécifiques sur la participation des femmes en science et technologie et suggère au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science de désigner une personne chargée d’assurer le suivi de toutes ses recommandations.Cette dernière mesure QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 9 PUBLI-REPORTAG s’avère des plus importantes puisque le Conseil de la science et de la technologie, n’ayant qu’un pouvoir incitatif, ne peut implanter lui-même les recommandations qu’il préconise.En bout de ligne, il dépendra des volontés politiques que cet avis fasse boule de neige ou qu’il s’empoussière sur une tablette.Odile Tremblay UN BLÉ PLUS RÉSISTANT Il y a 100 ans, on croyait qu’il était impossible de cultiver du blé au Canada.Depuis, les techniques de croisement génétique traditionnelles ont permis de produire des variétés plus résistantes qui dorent maintenant les vastes prairies de l’Ouest et colorent légèrement les champs québécois.Aujourd’hui, les chercheurs d’Agriculture Canada ont recours aux techniques de pointe des biotechnologies pour consacrer des mariages forcés entre le blé et certaines plantes sauvages particulièrement adaptées à notre climat et aussi très résistantes aux maladies.Un i J chercheur de la station de Sainte-Foy, André Comeau, a effectué des croisements entre le blé et le chiendent, une mauvaise herbe qui a la vie dure.M.Comeau s’intéresse également à l’élyme des sables, une graminée qui pousse sur la plupart des littoraux du Québec, même sous des latitudes nordiques.CANM1NDEX: aussi précieux que les pierres «Un gîte de cuivre se situe à trois heures de cheval de tel village».Mais le cheval allait-il au trot ou au galop?S'était-il arrêté pour boire en chemin?Voilà quel genre de données, il y a quelques décennies, venaient parfois compliquer la vie et le travail des géologues de la Commission géologique du Canada.Heureusement, les choses ont bien changé depuis ce temps.La Commission géologique du Canada (CGC), organisme d'Ênergie, Mines et Ressources Canada, s'est attaquée notamment au problème de la localisation des gîtes minéraux en mettant sur pied un système informatisé de fichiers de référence: le CANMINDEX (Répertoire des gîtes minéraux du Canada).Cette banque de données aide les géologues à gérer l'énorme masse de renseignements que nous possédons sur les gîtes minéraux au Canada.La Commission géologique contribue ainsi à améliorer nos connaissances sur la répartition des venues minérales et sur les minéraux qu'elles contiennent dans les régions propices du Canada.L'origine de CANMINDEX remonte à 1975, année où la CGC commença la collecte de données sur les gîtes minéraux au Canada.Dans le cadre d'une étude pilote, les géologues de la CGC se sont d'abord attaqués aux données déjà publiées et uniformisées.Puis, en 1976, ils commençaient à intégrer les données sur fichiers informatisés.Vu la masse de renseignements recueillis, ils ont dû, dans le cas de données moins significatives, éliminer certains gîtes avant le codage étant donné leur trop grand nombre.Plusieurs sources officielles ont été consultées, notamment «L'inventaire national des minéraux», fichier de cartes créé par le Secteur de la politique minérale qui traite les emplacements de façon distincte, et les «Dossiers de la CGC sur les minéraux», ensemble de fichiers manuels rassemblés par chaque géologue à la CGC.On a également dépouillé les publications de la Commission, les revues scientifiques et les rapports des organismes provinciaux œuvrant dans le même domaine.Les données obtenues ont ensuite été adaptées selon le système de codage.L'information contenue dans le fichier pour chaque entrée de gîte minéral répond à six catégories de données.La catégorie «Identification» donne le nom du gîte, ses noms équivalents et son numéro de référence: la «Localisation» précise sa situation géographique.Les «Données géologiques» expliquent la composition des minéraux qu'on y trouve et leur formation, ainsi que le type de gîte minéral et la caractérisation sommaire du gisement.Vient ensuite une «Bibliographie» répertoriant les cartes et les documents qui décrivent le mieux la venue minérale.Sous la rubrique «Remarques», nous retrouvons les caractéristiques particulières de la venue.Enfin, ies «Renvois» font état des numéros de référence provenant d'autres fichiers contenant des informations intéressantes sur la venue.Les géologues qui codifient l'information font souvent face à des problèmes d’exactitude de données.Le problème le plus fréquent est d'en arriver à connaître la localisation réelle des gîtes minéraux.Par exemple, une mine indiquée par un point sur une carte tracée à 1/50 000 peut se situer dans un périmètre ayant un diamètre de deux kilomètres sur le terrain.En plus, des points différents ont pu être mesurés: a-t-on localisé le centre du gîte ou un puits en particulier?Les géologues de la CGC, désirant une banque de données qui soit la plus exacte possible, tentent de résoudre ces incohérences de différentes manières.Ils peuvent d'abord, en trouvant une description topographique très précise des lieux où se trouve une mine, mesurer la localisation de la mine (par rapport à un lac ou à un autre accident géographique, par exemple) plus exactement par la suite.Autre méthode: les géologues peuvent mesurer la position à partir de la description du point précis du gîte localisé.Cependant, c'est seulement à la suite d'une étude intensive ayant pour objet de vérifier la localisation des gîtes d'une région que les géologues peuvent être vraiment certains des données.CANMINDEX est utilisé principalement aux fins de recherches et répond aux besoins des géologues du Ministère et de l'industrie.De plus, la CGC collabore étroitement avec les provinces à l'échange de données, afin de disposer du répertoire le plus complet possible sur les gîtes minéraux au Canada.Aujourd'hui, les géologues participent activement au CANMINDEX en codant eux-mêmes l'information lorsqu'ils découvrent un nouveau gîte.La mise à jour des données se fait donc selon un processus permanent.Par ces initiatives, la Commission géologique du Canada contribue à améliorer les connaissances que nous possédons sur les ressources du territoire canadien et à en rendre l'exploitation plus rentable.Pour plus de renseignement sur la banque de données CANMINDEX, communiquez avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Téléphone : (613) 995-3065 Energie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada Canada 10 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE BÉLUGAS LE B(a)P EN FLAGRANT DÉLIT Malgré un nom aussi distingué, benzo(a)pyrène est un criminel recherché: on accuse cet hydrocarbure d’être cancérogène.Facilement repérable au bout de certaines cheminées industrielles, il est cependant presque invisible lorsqu’il commet ses agressions dans les organismes vivants.On n’a même pas pu le repérer dans ce béluga atteint de cancer de vessie et récupéré près de Mataneen 1983 par nos deux Quincy maritimes: Daniel Martineau, de l’École de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe, et Pierre Béland, de Pêches et Océans Canada.«On ne cherchait pas dans les bons organes », constate M.Béland.Mais au mois d’août dernier, Greenpeace a répandu la nouvelle: un biologiste américain, Lee Shu-gart, a identifié du benzo(a)pyrène La décroissance de la population de bélugas dans l’estuaire du fleuve pourrait s’expliquer par la contamination par les B(a)P.(B(a)P) dans les cellules cérébrales de bélugas du Saint-Laurent.Les tissus du cerveau semblent conserver sa trace plus longtemps que celui du foie jusqu’ici examiné.Le docteur Shugart a ainsi constaté que le B(a)P s’était lié chimiquement à l’ADN des chromosomes et qu’il était présent en quantités à peu près équivalentes aux doses jugées «cancérogènes » en laboratoire.«Cette fois, commente le généticien Joseph Cummins de l’Université Western en Ontario, on n’a pas seulement identifié un polluant de plus dans les baleines; on a surpris le B(a)P en flagrant délit, alors qu’il s’attaquait aux gènes.» Pour le dossier «bélugas» que monte patiemment le tandem Marti-neau-Béland depuis 1982 à coup de DDT-BPC trouvés dans ces animaux, la preuve d’une exposition au B(a)P a son importance.Ce polluant particulier est aujourd’hui associé aux cancers du poumon et de la vessie chez l’humain.C’est, par exemple, - ’ une hypothèse plausible dans le cas des usines d’aluminium saguenayen-nes où on a établi un lien entre les émissions d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont le B(a)P, et le nombre anormalement élevé de cancers de la vessie chez les travailleurs des cuves.On croit également le B(a)P responsable d’affaiblissements notables du système immunitaire des organismes contaminés: la porte biologique est alors grande ouverte aux infections et aux parasites.Le docteur Cummins rappelle aussi que les altérations génétiques causées par le B(a)P sont possiblement impliquées dans les chutes de natalité.Ces trois affections expliqueraient en grande partie le faible nombre de baleines blanches qui habitent aujourd’hui notre estuaire.Louise Desaultels ATTENTION À VOS PARENTS ! (D’après Scientific American) Les 120 millions d’armes à feu possédées par les millions de simples citoyens américains sont particulièrement efficaces contre .eux-mêmes.Deux chercheurs de l’Université de l’État de Washington ont répertorié toutes les mortalités causées par une arme à feu entre 1978 et 1983 dans la région de Seattle.Bilan: pour chaque cas de légitime défense, on compte 1,3 mort accidentelle, 4,6 homicides (la plupart de parents ou amis) et 37 suicides.En excluant les suicides, les armes à feu ont causé la mort d’un membre de la famille 18 fois plus souvent que celle d’un étranger.Sur les 398 personnes tuées avec ces armes, seulement deux l’ont été alors qu’elles pénétraient dans la maison par effraction.Probablement que le Congrès américain ignorait tout de cette situation lorsque ses membres ont voté en faveur d’une libéralisation de la vente et du port des armes à feu au début de l’année.QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 11 GENIE GENETIQUE L’EXPÉRIENCE BLEUE Tout près de Buenos Aires, dans la petite ville d’Azul («bleu»), vient de se dérouler une des expériences les plus noires de l’histoire de l’ingénierie génétique.Dans la ferme Cepenzoo (Centre panaméricain Zoonosis), des cobayes humains ont été délibérément contaminés par un virus recombinant vaccine/rage.L’Institut Wistar (États-Unis) coordonnait cette «innovation» financée aussi par la Fondation Rockefeller, l’Organisation panaméricaine de la santé et les Laboratoires Mirieux (France).Selon le docteur Mariano Levin, chercheur du Conseil national de la recherche scientifique et technique d’Argentine, «l’expérience Azul fut la première au monde à se faire dans le but avoué d’infecter des humains avec un recombinant génétique».Le tout consistait à inoculer deux groupes de vaches, l’un avec le virus modifié et l’autre avec celui de la vaccine naturelle, et de comparer les réactions des animaux ainsi que celles des ouvriers affectés au soin des bêtes.Ceux-ci ne portaient aucun équipement de .protection; il leur était interdit de pénétrer dans l’autre étable.Ils faisaient clairement partie du protocole d’expérience.Les gardiens des vaches infectées par la vaccine naturèlle devaient servir de témoins.Jenner découvrit dès le 18e siècle que les fermiers s’immunisaient naturellement contre la variole en soignant leurs vaches.En 1796, il inventa la première vaccination : une contamination de l’organisme humain par le liquide prélevé dans les pustules des pis de vaches atteintes de la vaccine.L’équipe de Cepanzoo voulait étudier la possibilité d’élaborer un vaccin contre la rage en utilisant le recombinant vaccine/rage.Mais la virulence de ce recombinant demeure totalement inconnue.12 Les gènes de la rage intégrés à la vaccine sont susceptibles de provoquer des dommages au système nerveux entraînant la mort chez l’humain.Le recombinant est potentiellement mortel, comme tout recombinant d’ailleurs, le changement du matériel génétique pouvant produire des effets tout à fait imprévisibles, étant donné les possibles interactions des gènes.Un scientifique argentin résidant aux États-Unis et ayant pris connaissance par hasard de l’expérience, a alerté les autorités.L’expérience se déroulait sans aucun permis, violant les normes nationales et internationales, en plus du code d’éthique le plus élémentaire.r Bien que le personnel scientifique local soit qualifié et fort bien payé, les ouvriers impliqués, quant à eux, ne connaissaient certainement pas les dangers encourus puisqu’ils burent le lait frais des animaux contaminés, en vendirent, en donnèrent même à leurs enfants.Hughes Aircraft Company, avec la collaboration de Boeing, projette de construire une fusée pour la mise en Sifts/SS?, L’absence totale de contrôle écologique a mis des chiens, des chats, des lièvres, des rats et des insectes en contact avec les vaches infectées ; les eaux de lavage et d’égouttement du purin se sont répandues sur une grande surface.On ne peut douter de l’ampleur de la contamination; il ne reste qu’à espérer que le recombinant soit un raté génétique sans pouvoir infectieux.L’expérience a débuté en juillet 1986.En octobre, une commission d’enquête spéciale du ministère de la Santé et de l’Action sociale recommandait le sacrifice de tous les animaux, la décontamination complète de la région et le strict contrôle de l’état de santé des humains mis en contact avec le recombinant.Des poursuites légales doivent aussi être entamées.Reste à voir quelle sanction pénale recevra le Cepanzoo pour avoir délibérément mis en péril des vies humaines.Bien sûr, des virus nouveaux apparaissent constamment dans la nature.Les maladies auront-elles maintenant des marques de commerce?orbite de satellites.La fusée, haute comme un édifice de'20 étages (63 mètres), sera suffisamment puissante pour placer jusqu’à six satellites de navigation sur des orbites différentes.Et cela pour la moitié du coût de n’importe quel transporteur en service actuellement.Ses moteurs sont les mêmes que ceux des *fusées Saturne qui ont propulsé les Américains sur la Lune.Selon la compagnie, la fusée sera fiable à 98,5 %.Son nom: le Jarvis Medium Launch Véhiculé.Gregory B.Jarvis était un ingénieur de Hughes Aircraft tué dans l’explosion de Challenger en janvier dernier.DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE Colette Provost Contexte Communications A LA MEMOIRE DE G.B.JARVIS PORTÉE VOTRE INFORMAT I Q U E COPYRIGHT SUR LES CHIPS COMPTABILITÉ MULTILINGUE LE PETIT DERNIER D’APPLE fc T—æ Apple commercialise maintenant son dernier-né, le Apple IIGS, qui est disponible depuis fin octobre pour les acheteurs du domaine de l’enseignement et le sera en janvier pour les autres.Cet ordinateur a des capacités graphiques (640 » 200 pixels) et sonores beaucoup plus avancées que son prédécesseur.Il peut tout à la fois utiliser les logiciels de l’Apple II et offrir les possibilités de graphisme du Macintosh.Dès le printemps 1987, les utilisateurs de Apple Ile pourront modifier leur appareil pour qu’il devienne un Apple IIGS.Avec une configuration standard de 256 Ko de mémoire vive, une unité de disquette et huit connecteurs d’expansion, le Apple IIGS se vend environ 1 700$.INFO: Gilles Robillard, (514) 286-7007 PIRATES DE MICRO-ONDES Les pirates de l’informatique utilisent plus fréquemment des récepteurs microondes pour capter les émissions, même très faibles, que produisent les ordinateurs pendant qu’on les utilise.Pour se mettre à l’abri de cette forme d’espionnage, de plus en plus d'organismes font blinder leurs appareils ou leurs salles de traitement des données.On a ainsi décidé de protéger les systèmes informatiques de la Maison-Blanche et du FBI par des écrans d’aluminium.Ces sortes de boucliers absorbent les pertes de radiations émanant des appareils électroniques.Du même coup, la protection des ordinateurs contre l’espionnage à micro-ondes devient une industrie florissante aux États-Unis.Le groupe informatique Cormier et associés sortait en septembre le Magipac, un logiciel qui reprend les fonctions comptables du Magiciel, mais offre aussi beaucoup plus de possibilités.On peut ainsi passer directement d’une langue à l’autre (français, anglais, italien et espagnol) pour, par exemple, produire en anglais un rapport comptable préparé en français.Le logiciel permet aussi une utilisation multi-usagers en réseau local.Le Magipac rassemble le grand-livre, les comptes-fournisseurs, les comptes-clients, l’inventaire, la facturation et l’analyse des ventes.Son prix: 2 500$.INFO: Daniel Cormier, (514) 374-8216 LE MICRO-ORDINATEUR SE PORTE BIEN.MERCI! Selon un rapport publié en septembre par la très respectueuse American Management Association, dans la revue Government Computer News, l’acquisition de micro-ordinateurs par des Arrtéricains aura fait un grand bond en 1986.Le nombre d’appareils vendus à des organismes de tous genres aussi bien qu’à des individus d’ici la fin de l’année devrait être de 44% plus élevé qu’en' 1985.Il y aura aussi 55% plus d’appareils reliés directement ou par modem à des ordinateurs centraux, minis ou gros, dont le nombre aura augmenté de 5%.Ce rapport nous apprend enfin que, pour la première fois, le nombre de micro-ordinateurs en service dans les compagnies américaines dépassera le nombre de terminaux passifs reliés à de gros ordinateurs.UNE MÉMOIRE D’ÉLÉPHANT La compagnie Microsoft vient d’ouyrir de nouvelles portes aux utilisateurs de son système d’opération MS-DOS, versions 3.1 et 3.2, en leur offrant un logiciel qui permet de se servir d’un disque compact comme source de données, comme s’il s’agissait d’un autre disque souple.Par la même occasion, la taille maximale des fichiers qui peuvent être traités avec MS-DOS passe de 32 millions de caractères à 550 millions.Pour la première fois au États-Unis, cet automne, un juge fédéral déclarait que le design interne des circuits intégrés est protégé par la loi américaine sur le copyright.Cette décision a été prise par le juge William Ingram dans la cause qui opposait Intel Corp.et la compagnie japonaise NEC, accusée d’avoir copié les circuits de deux microprocesseurs de Intel, le 8086 et le 8088.Cela devrait entraîner le règlement prochain de plusieurs autres causes du même genre.HN4627 LE VIDÉOTEX DE PLUS EN PLUS MALADE Le bilan de l’industrie américaine du vidéotex dressé à la conférence nationale sur ce mode de communication qui s’est tenue à New York, à la mi-septembre, est des plus pessimistes.L’accroissement de cette industrie serait inférieur de 60% à ce qui avait été estimé en 1984.Ce problème résulterait du manque d’applications destinées au grand public, des coûts de production et d’utilisation trop élevés ainsi que du manque d’engouement de la part du public visé.On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 13 Andrée-Lise Langlois -; m Les exportations d'électricité : Les exportations d'électricité, ce sujet d'actualité, comptent pourtant parmi les priorités d'Hydro-Québec depuis longtemps.Et la progression de l'entreprise sur les marchés externes est l'aboutissement d'efforts soutenus.Ce succès, il se traduit par des chiffres éloquents : entre 1972 et 1985, les exportations annuelles sont passées de 9 à 24,2 milliards de kilowattheures, plus qu'il n'en faut pour alimenter l'île de Montréal pendant un an.Vers une percée durable Hydro-Québec connaît les vastes possibilités qu'offrent les marchés externes.Aussi a-t-elle élaboré une stratégie qui va même au-delà de Lan 2000.Dans une première étape, déjà amorcée, elle veut rentabiliser ses équipements de production et écouler ses surplus.Elle ne peut toutefois se satisfaire des ventes d'énergie excédentaire, soumises aux fluctuations quotidiennes des prix et des livraisons, effectuées hors pointe.Pour maximiser ses revenus, elle cherche donc le plus possible à vendre des blocs d'énergie garantie livrés selon les besoins de ses clients.Mais l'entreprise ne se tourne pas vers les exportations uniquement parce qu'elle dispose de surplus qui, de toute façon, diminuent déjà et seront vraisemblablement résorbés vers 1992.Elle sait, les plans de développement des réseaux voisins le démontrent clairement, qu'elle peut vendre de la puissance et de l'énergie garanties.D'ici deux ou trois ans, ses clients devront choisir : construire de nouvelles centrales ou.importer de l'électricité du Québec.Ify Vendre pour bâtir ! Hydro-Québec s'engage déjà dans la deuxième étape, mais sous le signe de la prudence et de l'efficacité.D'ici 1988, elle veut conclure des contrats d'énergie garantie de 3 500 à 4 500 mégawatts.Les livraisons s'effectueraient à compter de 1990 ou de 1995 et elles s'échelonneraient sur des périodes de 10 à 25 ans.La solution des importations éviterait aux clients la construction de nouvelles centrales thermiques plus coûteuses.Si elle réussit à placer ces contrats, Hydro-Québec ajoutera de petites interconnexions à celles qui sont actuellement prévues et elle devancera la mise en chantier de certaines centrales de la Baie James.Le mot d'ordre : exiger la même rentabilité que les investisseurs privés pour des projets de risque comparable.Au delà du XXe siècle.Hydro-Québec ne limite pas ses horizons à l'an 2000.Il est nécessaire de voir encore plus loin pour répondre à la demande qui augmentera alors rapidement.Les réseaux voisins pourraient conclure avec Hydro-Québec d'autres contrats d'importation à long terme, mais il faudra mettre en place de grandes interconnexions et bâtir plus tôt des installations hydroélectriques plus coûteuses que celles de la deuxième étape.Pour réduire ces risques et accroître la marge de rentabilité, Hydro-Québec cherchera de nouveaux modes de financement prévoyant, par exemple, une participation plus importante de l'acheteur.Et c'est avec optimisme qu'elle s'engage dans la recherche de ces solutions.WËmmm Les avantages ?À sa clientèle externe, Hydro-Québec offre un produit fiable à prix concurrentiel, sans nuire au marché interne, au contraire, puisque ces ventes contribuent à maintenir des tarifs raisonnables dans tout le Québec.Les recettes en dollars américains diminuent l'impact des fluctuations de change sur les bénéfices.Quant aux exportations vers les réseaux canadiens, surtout ceux du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario, elles assurent des revenus substantiels.Comment Hydro-Québec pourrait-elle mieux participer à l'essor du Québec et à la mise en valeur de l'une de ses plus grandes richesses naturelles ! Publi-reportage Hydro-Québec Décembre 1986 L'ELECTRIFFICACITE a Les programmes d'études supérieures à l'Université du Québec à Rimouski % r 4*- «i - Aide financière L'Université du Québec à Rimouski offre des bourses d'études et de recherche aux étudiants/es inscrits/es à ses programmes d'études supérieures.Des postes d'auxiliaires d'enseignement et de recherche sont également disponibles pour ces étudiants/es.Maîtrise es arts (éthique) Maîtrise en développement régional Maîtrise en éducation Maîtrise en études littéraires (entente UQAR-UQTR) Maîtrise en gestion de projet (entente UQAR-réseau UQ) Maîtrise en gestion des ressources maritimes Maîtrise en océanographie Doctorat en éducation (entente UQAR-UQAM et réseau UQ) Doctorat en océanographie L'admission La date limite d'admission est le 1er mai 1987 pour tous les programmes d'études supérieures.Pour plus de renseignements sur l'un ou l'autre de ces programmes, veuillez communiquer à l'adresse suivante: Bureau du doyen des études de 2e et 3e cycles Université du Québec à Rimouski 300, avenue des Ursulines Rimouski, Québec G5L 3A1 Tél.: (418) 724-1540 Université du Québec à Rimouski I HH .Cette image, prise par satellite, montre les différentes zones de température du Saint-Laurent.F n yM-\ Cette méthode ne permettait cependant de détecter que quelques-uns des porteurs, et les autres continuaient d’ignorer leur condition.avec toutes les conséquences qui pouvaient en découler pour leur descendance! Mais le conseil génétique n’est plus ce qu’il était.Son application s’est considérablement étendue et raffinée grâce à la mise au point de méthodes de détection des porteurs de plusieurs maladies.Plusieurs de ces méthodes font appel aux techniques du génie génétique et de la biotechnologie.Ces progrès ont permis l’établissement de programmes de dépistage intensif des porteurs dans les populations à risque.Au Québec, l’Hôpital pour enfants de Montréal administre un de ces programmes pour la thalassémie, une forme grave d’anémie qui sévit particulièrement dans les populations d’origine méditerranéenne, et un autre pour la maladie de Tay-Sachs, une maladie entraînant la paralysie graduelle de l’enfant et sa mort avant cinq ans, fréquente chez les Juifs ashkénazes.Dans le cadre de ces programmes, des équipes médicales font le tour de toutes les écoles regroupant de fortes proportions d’enfants grecs et italiens, ou juifs.« Elles présentent aux enfants des classes de lie et 12e années, un diaporama qui décrit les maladies, leurs causes et leurs conséquences, puis leur offrent un test de dépistage des porteurs — auquel ils sont entièrement libres de se soumettre, explique Carol Clow, responsable de ces programmes.Si un de ces tests révèle qu’un enfant est porteur, on lui envoie une lettre qui l’informe de la situation, lui expliquant qu’être porteur ne veut pas dire du tout être malade! Mais s’il projette un jour d’avoir des enfants avec un autre porteur, il a alors un risque élevé de donner naissance à un enfant atteint.» La plupart des enfants acceptent volontiers de subir ces tests.Ces programmes connaissent un grand succès : dans les pays méditerranéens, on a pu réduire considérablement le taux de thalassémie.Aussi s’affaire-t-on activement, partout dans le monde, à la mise au point de tests de MEDECINE GÉNÉTIQUE LA MÉCANIQUE DES GÈNES Le conseil génétique n’est rendu possible que par la connaissance des lois qui régissent la transmission des caractères héréditaires.Découvertes par le moine autrichien Gregor Mendel à la fin du siècle dernier, ces lois se sont précisées avec la découverte des vecteurs de l’hérédité, les gènes.Ceux-ci sont portés dans chacune de nos cellules par 46 chromosomes, groupés en 23 paires.Pour chaque paire de chromosomes, l’un a été hérité du père et l’autre de la mère, de sorte qu’il existe une copie de chaque gène sur chacun des chromosomes.Certaines maladies sont dites dominantes, car elles se manifesteront même si l’individu ne porte qu’une seule copie du gène défectueux.Le plus souvent toutefois, l’individu doit détection des porteurs d’autres maladies, comme la fibrose kystique, dont une personne sur 20 est porteuse ! LES CHROMOSOMES MIS À NU La possibilité d’identifier ainsi les porteurs d’une maladie pose cependant un nouveau problème : que doivent faire les couples qui prennent bel et bien le risque de mettre au monde des enfants atteints d’une maladie grave?Il y a 20 ans à peine, la connaissance de ce risque pouvait à elle seule dissuader des gens de s’unir ou d’avoir des enfants.Mais il n’en est plus de même aujourd’hui, grâce à une autre arme puissante dont s’est dotée la génétique médicale: le diagnostic prénatal.Il consiste à soumettre le fœtus, dans le sein de sa mère, à une batterie de tests pour y découvrir d’éventuelles maladies ou malformations congénitales.Les techniques utilisées sont l’échographie, qui permet d’obtenir une image du fœtus en le bombardant d’ultrasons; ou le prélèvement de sang fœtal, indiqué pour détecter des maladies touchant l’hémoglobine.La mieux connue et aussi la plus puissante est l’amniocentèse.Elle consiste à prélever, pendant la gros- posséder les deux copies du gène fautif pour présenter les symptômes de la maladie; ceux n’en ayant qu’une ne seront nullement affectés: ce sont les «porteurs».Si deux porteurs ont ensemble un enfant, celui-ci a cependant 25% des chances d’être atteint.On parle dans ce cas de maladies récessives.11 existe un autre type de maladies génétiques: celles qui sont «liées au sexe ».Elles sont causées par des gènes portés par le chromosome sexuel X.La plupart de ces maladies sont récessives, et ne se manifestent pas en général chez les filles, qui ont deux chromosomes X.Elles affectent, par contre, tous les garçons qui en sont porteurs, car ceux-ci n’ont qu’un seul chromosome X.sesse, un échantillon du liquide amniotique dans lequel baigne l’embryon.L’analyse de ce liquide et l’observation des cellules fœtales qui y flottent permettent de détecter près de 300 maladies causées par des anomalies chromosomiques (on pense au mongolisme) et des malformations congénitales.Mais bien que l’amniocentèse permette de dresser un véritable bilan de santé du fœtus, ce n’est pas un examen de routine.Il est coûteux et peut présenter des risques, minimes mais néanmoins présents, pour la continuation de la grossesse.Aussi l’amniocentèse n’est-elle indiquée que dans les cas où les grossesses présentent des risques, par exemple si un des parents est porteur d’une anomalie chromosomique ou d’une maladie génétique.Au Québec et un peu partout ailleurs dans le monde, on offre aussi l’amniocentèse à toutes les femmes de plus de 35 ans, âge à partir duquel le risque d’avoir un enfant atteint de défauts génétiques, en particulier le mongolisme, augmente rapidement.Lorsqu’un test s’avère positif, le conseiller en génétique entre de nouveau en scène.Mais les solutions qu’il peut proposer aux parents ne sont guère nombreuses: garder l’enfant iBlouavou [«Mfflt.E1 U teioo pkPratii! [ïtsmainei Ml ttierapf 11 do 2 iijeclion [fait un peu É accoutlu nul, b plupart ¦oins tel |uUtduco® Si te derail lï «ne aitii fetlecoup Ote traoclii E’ieconse Mil le don LT'i 38 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE MÉDECINE GÉNÉTIQUE - atteint ou avoir recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), l’avortement.Et, on peut s’en douter, cette décision n’est pas facile à prendre.Pratiqué à la 18e, souvent à la 20e semaine de la grossesse, l’avortement thérapeutique n’est pas une sinécure.Il doit être provoqué par une injection d’hormones, et se déroule un peu à la façon d’un véritable accouchement.d’un foetus mort.La plupart des parents choisissent néanmoins cette solution lorsqu’ils sont informés qu’une maladie ou une malformation grave touche leur fœtus.Cette opinion est aussi en général celle du conseiller en génétique.Mais ce dernier doit cependant garder une attitude de neutralité et laisser le couple ou la personne concernée trancher librement le dilemme.« Le conseil génétique ne consiste justement pas à donner des conseils ! avertit le docteur F.Clarke Fraser, médecin généticien de l’Hôpital pour enfants de Montréal, et l’un des pionniers du conseil génétique au Québec.Il vise plutôt à fournir tous les éléments nécessaires à une bonne compréhension du problème et à un choix éclairé.» VERS LE MEILLEUR DES MONDES Munie de tels outils, la génétique médicale peut maintenant lutter à armes égales contre la plupart des maladies des gènes.Mais ici comme ailleurs, ces progrès ne sont pas sans poser des problèmes d’éthique.La neutralité du conseiller en génétique fait l’objet d’un tel débat.Il arrive en effet qu’en dépit d’un diagnostic de maladie grave, souvent mortelle, les parents décident de garder l’enfant atteint.«Dans cette situation, il est difficile au conseiller en génétique de rester objectif et de faire abstraction de ses propres émotions», affirme le docteur Abby Lippman, professeure au département d’épidémiologie de l’Université McGill.David Roy, directeur du Centre de recherches en bioéthique, au Centre de recherches cliniques de Montréal, raconte quant à lui le cas vécu d’une Québec science • décembre 1986 & Un dépistage de plus en plus précoce, dès les premières semaines de la grossesse, tel est l’objectif visé par la médecine génétique.jeune femme qui avait accouché une première fois d’un enfant atteint de la thalassémie.Enceinte d’un second enfant, elle eut alors recours au diagnostic prénatal, qui indiqua que son nouvel enfant était également atteint.Mais elle décida malgré tout de garder l’enfant.« Cela a rendu furieux tous les généticiens qui la suivaient ! Jusqu’au moment où l’un d’eux s’interrogea sur l’éthique de ce comportement .» Un autre débat qui risque de faire du bruit est celui lié au développement des nouvelles techniques de dépistage et de diagnostic prénatal, en particulier celle dite des «sondes moléculaires», qui peut détecter des gènes défectueux sur la trame même de l’ADN chromosomique; et la biopsie des villosités choriales, qui permet un diagnostic prénatal beaucoup plus précoce que l’amniocentèse.Ce sont là des aspects les plus prometteurs de la génétique médicale, mais des plus sujets à controverse également.Que fera-t-on avec l’information que l’on obtiendra par ces différents moyens?se demande David Roy.Il donne l’exemple de la chorée de Huntington.«C’est une terrible maladie qui amène une détérioration progressive du cerveau et plonge l’individu dans une véritable démence.Ses premiers symptômes ne se manifestent cependant qu’entre 35 et 45 ans.Or, on pourra très prochainement détecter les personnes atteintes de cette maladie, chez les familles à risque, dès leur plus jeune âge.Mais que va-t-on faire de cette information?Faudra-t-il la donner au jeune homme de 25 ans, qui saura qu’il se dirige irrémédiablement vers la psychose?Faudra-t-il la donner à sa femme, son employeur, sa compagnie d’assurances ?.» Une autre conséquence des progrès de la génétique médicale est la possibilité de détecter, non plus des maladies, mais des susceptibilités à des maladies, comme le diabète, le cancer ou même l’alcoolisme, qu’on sait avoir une importante composante génétique.Avec la banalisation de l’avortement thérapeutique, surgit le spectre d’un retour à l’eugénisme, cette idéologie en vogue au siècle dernier qui prônait l’amélioration de la race par l’élimination de tous ceux portant des «tares» génétiques.Ces images, qui rappellent «Le meilleur des mondes» d’Aldous Huxley, ne sont sans doute pas près de devenir réalité.Les tests de diagnostic prénatal resteront vraisemblablement coûteux et limités à des cas présentant des risques graves.Elles suggèrent cependant que la génétique médicale doive suivre une autre voie que la prévention, c’est-à-dire la thérapie.«Le plus grand défi en génétique médicale, conclut David Roy, c’est de considérer le diagnostic prénatal comme n’importe quelle autre sorte de diagnostic et d’avancer vers la thérapie.« Déjà, on commence à entrevoir la possibilité de la «thérapie génique», c’est-à-dire le remplacement chez une personne atteinte des gènes défectueux par des gènes fonctionnels.Mais avant que ce rêve ne se réalise, seule une amélioration des méthodes de prévention et des thérapies conventionnelles permettra à plus d’enfants et de jeunes adultes, comme Irene, de vivre pleinement leur vie.? :;CS Le vent et l’eau s’emparent de nos sols agricoles, mettant en danger l’avenir de notre agriculture GILLES PARENT Sherrington, Québec, mai 1985.Un vent violent se lève sur cette localité agricole du sud de Montréal.En quelques minutes, sur une superficie de 1 200 hectares, quelques centimètres de sol de surface sont soulevés et dispersés, entraînant les graines fraîchement semées.Pour plusieurs agriculteurs, la récolte est compromise.La perte totale: 500 000S.Cas exceptionnel?Sans doute.Ailleurs cependant, d’autres formes de dégradation des sols prennent la relève.Elles agissent d’une manière moins subite, moins spectaculaire, mais n’en sont pas moins dévastatrices.A Ottawa, une commission sénatoriale s’est penchée sur l’état des sols agricoles.Ses conclusions: les différentes formes de dégradation font perdre à l’ensemble des agriculteurs un milliard de dollars par année.Entre 1961 et 1976, le Canada aurait perdu 1,4 million d’hectares de sols cultivables, soit environ la superficie de l’île-du-Prince-Édouard.Si la situation ne change pas, la dégrada- tion des sols, estime le Conseil des sciences du Canada, aura coûté à l’économie canadienne 42 milliards de dollars d’ici l’an 2005.On n’hésite pas à qualifier la situation de plus grave crise que l’agriculture du pays ait jamais connue.Pourtant, au cours de votre dernière ballade à la campagne, vous n’avez sans doute rien remarqué d’anormal, à moins que vous n’ayez été témoin d’un cas d’érosion éolienne comme celui de Sherrington.Comment expliquer cela?D’abord, les problèmes sont plus graves à l’extérieur du Québec, soit dans les Prairies et dans le sud de l’Ontario.Ensuite, il s’agit d’un problème qui n’est pas facile à percevoir, et ce même pour les experts.En fait, tout se joue sur quelques centimètres de sol, le temps de deux ou trois décennies.MOINS DE FERMES FAMILIALES Dans les années 60, plusieurs cultivateurs au Québec décident de cesser l’exploitation de leur ferme laitière pour se lancer dans la monoculture, celle du maïs-grain, entre autres.Ils sont alors convaincus de faire un bon coup.Les soins quotidiens à apporter aux animaux, la difficulté de prendre des vacances, voilà de bonnes raisons pour changer de pratique agricole.Le maïs-grain, une céréale qui servira à nourrir les animaux d’élevage, se vend bien et à bon prix.Au Québec, les superficies cultivées en maïs-grain ont quadruplé au cours de la dernière décennie.Cependant, les agriculteurs n’ont pas tous pris conscience des différences entre les deux types de pratique.D’abord, le fait de ne plus avoir 42 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE ¦ ' f ".„ v :•¦¦ ^ * —- :fea»tf«; ;[aiff ‘ W1 porte[ re# "K ¦' -.(fan iïmC jela^ K nOÛ1 d’animaux s’est traduit par une baisse de l’apport de matière organique puisqu’il n’y avait plus de fumier à épandre.Cet épandage était généralement suivi d’un labour profond pour bien mélanger les différents éléments.Or, on a souvent conservé l’habitude de faire des labours profonds, même s’il y avait très peu de matière organique à enfouir.Le résultat?La couche de sol organique de plus en plus mince s’est progressivement «diluée» dans le sol minéral pour former un mélange plus pauvre.De plus, on applique des engrais chimiques qui permettent de nourrir les plants d’une façon ponctuelle sans toutefois laisser de matière organique au sol après coup.On enregistre de bons rendements, mais les problèmes de dégradation sont ainsi masqués.Autre différence, sur la ferme traditionnelle, on pratiquait une forme de rotation.Entre les cultures plus intensives, on laissait le sol en pâturage ou on y cultivait le foin, par exemple.Bref, dans un sol qui contient moins de matière organique, il y a moins d’azote ou d'oligoéléments et la vie microbienne diminue.Si cette perte constitue un problème en soi, il en résulte d’autres conséquences tout aussi graves.Avec une capacité d’absorption diminuée, le sol devient de plus en plus friable et vulnérable à l’action érosive du vent et de l’eau.Et pour boucler la boucle, l’érosion entraîne à son tour des quantités de sol organique.D’autres formes de dégradation se mettent de la partie.Entre autres, le compactage du sol, produit par l’utilisation sur des sols humides d’une machinerie agricole devenue de plus en plus lourde avec les années.Efficacité oblige.Ce problème, beaucoup moins apparent, causerait des pertes plus importantes que l'érosion hydrique et l’érosion éolienne réunies.43 QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 AGRICULTURE mm K mit Le vent et l’eau s’emparent de nos sols agricoles, mettant en danger l’avenir de notre agriculture GILLES PARENT Sherrington, Québec, mai 1985.Un vent violent se lève sur cette localité agricole du sud de Montréal.En quelques minutes, sur une superficie de 1 200 hectares, quelques centimètres de sol de surface sont soulevés et dispersés, entraînant les graines fraîchement semées.Pour plusieurs agriculteurs, la récolte est compromise.La perte totale: 500 000$.Cas exceptionnel?Sans doute.Ailleurs cependant, d’autres formes de dégradation des sols prennent la relève.Elles agissent d’une manière moins subite, moins spectaculaire, mais n’en sont pas moins dévastatrices.À Ottawa, une commission sénatoriale s’est penchée sur l’état des sols agricoles.Ses conclusions: les différentes formes de dégradation font perdre à l’ensemble des agriculteurs un milliard de dollars par année.Entre 1961 et 1976, le Canada aurait perdu 1,4 million d’hectares de sols cultivables, soit environ la superficie de FÎle-du-Prince-Édouard.Si la situation ne change pas, la dégrada- tion des sols, estime le Conseil des sciences du Canada, aura coûté à l’économie canadienne 42 milliards de dollars d’ici l’an 2005.On n’hésite pas à qualifier la situation de plus grave crise que l’agriculture du pays ait jamais connue.Pourtant, au cours de votre dernière ballade à la campagne, vous n’avez sans doute rien remarqué d’anormal, à moins que vous n’ayez été témoin d’un cas d’érosion éolienne comme celui de Sherrington.Comment expliquer cela?D’abord, les problèmes sont plus graves à l’extérieur du Québec, soit dans les Prairies et dans le sud de l’Ontario.Ensuite, il s’agit d’un problème qui n’est pas facile à percevoir, et ce même pour les experts.En fait, tout se joue sur quelques centimètres de sol, le temps de deux ou trois décennies.MOINS DE FERMES FAMILIALES Dans les années 60, plusieurs cultivateurs au Québec décident de cesser l’exploitation de leur ferme laitière * pour se lancer dans la monoculture, celle du maïs-grain, entre autres.Ils sont alors convaincus de faire un bon coup.Les soins quotidiens à apporter aux animaux, la difficulté de prendre des vacances, voilà de bonnes raisons pour changer de pratique agricole.Le maïs-grain, une céréale qui servira à nourrir les animaux d’élevage, se vend bien et à bon prix.Au Québec, les superficies cultivées en maïs-grain ont quadruplé au cours de la dernière décennie.Cependant, les agriculteurs n’ont pas tous pris conscience des différences entre les deux types de pratique.D’abord, le fait de ne plus avoir 42 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE wM ¦sm *¦'***>¦ €m mum- * *?' -».• ¦.«¦#•> d’animaux s’est traduit par une baisse de l’apport de matière organique puisqu’il n’y avait plus de fumier à épandre.Cet épandage était généralement suivi d’un labour profond pour bien mélanger les différents éléments.Or, on a souvent conservé l’habitude de faire des labours profonds, même s’il y avait très peu de matière organique à enfouir.Le résultat?La couche de sol organique de plus en plus mince s’est progressivement «diluée» dans le sol minéral pour former un mélange plus pauvre.De plus, on applique des engrais chimiques qui permettent de nourrir les plants d’une façon ponctuelle sans toutefois laisser de matière organique au sol après coup.On enregistre de bons rendements, mais les problèmes de dégradation sont ainsi masqués.Autre différence, sur la ferme traditionnelle, on pratiquait une forme de rotation.Entre les cultures plus intensives, on laissait le sol en pâturage ou on y cultivait le foin, par exemple.Bref, dans un sol qui contient moins de matière organique, il y a moins d’azote ou d’oligoéléments et la vie microbienne diminue.Si cette perte constitue un problème en soi, il en résulte d’autres conséquences tout aussi graves.Avec une capacité d’absorption diminuée, le sol devient de plus en plus friable et vulnérable à l’action érosive du vent et de l’eau.Et pour boucler la boucle, l’érosion entraîne à son tour des quantités de sol organique.D’autres formes de dégradation se mettent de la partie.Entre autres, le compactage du sol, produit par l’utilisation sur des sols humides d’une machinerie agricole devenue de plus en plus lourde avec les années.Efficacité oblige.Ce problème, beaucoup moins apparent, causerait des pertes plus importantes que l’érosion hydrique et l’érosion éolienne réunies.QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 43 MAPAQ ÉROSION DES SOLS Quelle quantité de sol le Québec perd-il ainsi chaque année?Quelles sont les conséquences économiques pour les agriculteurs?Malheureusement, il n’existe pas d’études complètes réalisées sur le terrain ou d’enquêtes exhaustives menées auprès des agriculteurs.On peut cependant se référer à des études qui portent sur une localité en particulier ou à des recherches faites ailleurs au Canada.Par exemple, à Lennoxville, on a mesuré les pertes causées par l’érosion hydrique : 31 tonnes de sol pour chaque hectare.Le compactage des sols, en estimant qu’il entraîne une perte de rendement de 15 % coûte 100 millions de dollars par année au Québec.En Ontario, on a observé, dans les monocultures de maïs, des pertes de sol allant jusqu’à 49 tonnes par hectare.Toujours en Ontario, dans la région de Waterloo, les champs soumis à une sévère érosion ont produit 36% moins de maïs que ceux qui en étaient exempts.Les pertes s’élevaient de 100$ à 400$ par hectare selon la gravité de l’érosion.Même lorsqu’on a additionné les coûts de toutes les formes de dégradation des sols, on n’est pas au bout de nos peines.Il faut multiplier le tout par deux pour tenir compte des coûts indirects, comme le nettoyage des fossés de drainage ou l’augmentation du coût de traitement de l’eau potable.«Heureusement, au Québec, on n’est passé aux monocultures que depuis 20 ou 25 ans, précise Lauréan Tardif, agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).Il faut tout de même s’attaquer au problème rapidement.Déjà, à Saint-Hyacinthe, on enregistre des baisses de rendement même si les agriculteurs ajoutent des engrais chimiques», affirme M.Tardif.Si, en Alberta, on parle de désertification à certains endroits et d’une période de 75 ans pour reconstifuer le sol organique, la situation serait différente ici.«Souvent, le sol organique n’est pas disparu; il est simplement enfoui à quelques centimètres de la surface.Avec les techniques appropriées, la situation peut revenir à la normale plus facilement», précise Denis Côté, du service de recherches du MAPAQ.À L’ABRI DU VENT Les coups de vent violents ne causent pas tous autant de dommages que celui de Sherrington.L’érosion éolienne risque de se produire surtout au printemps et à l’automne, lorsqu’il n’y a pas de culture ou de neige pour retenir les particules de sol.Les terres noires de la région de Montréal sont parmi les plus vulnérables.Une des manières les plus efficaces de contrer le problème de l’érosion éolienne consiste à barrer la route au vent en faisant pousser des arbres en rangée, comme s’il s’agissait d’une immense haie.André Vézina peut se vanter d’être un des deux ou trois spécialistes québécois de cette technique.Il enseigne à l’Institut de technologie agricole de La Pocatière.«En plus d’agir comme barrière contre le vent, les brise-vent, l’hiver, accumulent la neige et, l’été, réduisent l’évaporation.Le taux d’humidité du sol demeure plus élevé», précise-t-il.Si le brise-vent cause de légères pertes de rendement sur quelques mètres parce qu’il crée de l’ombrage et utilise les éléments nutritifs du sol, en revanche, il diminue considérablement la force du vent.Il la réduit de moitié sur une distance équivalant à dix fois sa hauteur.Le résultat final est positif.«Les brise-vent augmentent les rendements, parfois jusqu’à 20%, ajoute André Vézina.LES LABOURS, CHOSE DU PASSÉ?Un brise-vent peut prendre une dizaine d’années avant d’être efficace.En attendant, l’agriculteur devra peut-être se familiariser avec d’autres techniques de conservation des sols, techniques également efficaces contre l’érosion hydrique.Une des solutions consiste à travailler le sol moins intensément et moins fréquemment, en y laissant les résidus de culture.On améliore ainsi le contenu en matière organique et on contribue à la stabilisation de la structure.En réduisant le nombre de passages de la machinerie agricole, le compactage est diminué d’autant.Cette technique s’appelle travail minimal du sol et sa forme extrême est le semis direct ou la culture sans travail du sol.Dans ce dernier cas, il n’y a aucune L’AMPLEUR DU PROBLÈME Un brise-vent constitué d’épinettes, protégeant une pépinière m- 44 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE André Vézina/ MAPAQ ÉROSION DES SOLS '¦ ¦ ¦, _'L‘ ' ^ *v*ï La culture en pente peut occasionner cette forme de ravinement favorisant l’érosion hydrique et la perte de sol organique dans la rivière.EN PRIME, LA POLLUTION En fait, la meilleure façon de prendre conscience du phénomène d’érosion des sols est sans doute d’observer le bord d’un cours d’eau après une bonne pluie.Pour peu que celui-ci soit bordé d’exploitations agricoles, on verra alors l’eau prendre une couleur foncée.Des tonnes de sols de surface y sont dilués.Bien qu’une certaine érosion soit présente à l’état naturel, les grandes quantités de sol agricole érodé viennent perturber l’équilibre écologique du cours d’eau et de ses rives de différentes façons.En plus de gâcher l’aspect esthétique du cours d’eau, le fait que l’eau soit devenue plus trouble prive de lumière certaines plantes aquatiques et affecte ainsi les poissons qui s’en nourrissent.Plus loin, sur le même cours d’eau, ce sera l’inverse.Les éléments organiques présents dans l’eau constitueront une nourriture de choix pour la flore qui deviendra surabondante.S’il y a sédimentation, on peut voir un fond de rivière graveleux devenir boueux et entraîner la destruction de frayères.À la limite, trop de sédimentation exigera le dragage du fond des cours d’eau.Pour l’homme, cette pollution a des conséquences sur la qualité de l’eau potable.Une eau plus trouble est beaucoup plus difficile à désinfecter et augmente les coûts de traitement.Une surabondance de flore aquatique dégage de mauvaises odeurs et donne à l’eau un goût douteux.Finalement, les particules plus fines de sol qui parviennent le plus facilement aux cours d’eau sont justement celles sur lesquelles se déposent les résidus d’herbicides et de pesticides.Il s’ensuit donc un risque de contamination supplémentaire.préparation du sol autre que l’ouverture d’une étroite tranchée pour déposer le grain de semence.On parle alors d’une baisse de l’érosion hydrique de l’ordre de 90%.Malheureusement, les différents types de sols ne se prêtent pas tous à ces pratiques.Là où elles ne sont pas applicables, on doit se concentrer sur l’ajout de matière organique à l’aide de fumier, d’engrais vert ou par le compostage de surface.Ou encore, penser à des pratiques culturales qui ont l’avantage de limiter l’érosion comme les cultures de couverture, les cultures en contrepente ou les cultures en bandes alternées.Bref, il existe toute une panoplie de mesures qui permettent de lutter contre la dégradation des sols, depuis l’installation de pneus plus larges sur la machinerie pour réduire la pression jusqu’à l’utilisation de voies d’eau gazonnées pour favoriser l’évacuation de l’eau excédentaire, en passant par un meilleur système de rotation des cultures.PREMIÈRE ÉTAPE: INFORMER Ces mesures ont le désavantage d’être un peu trop nombreuses, à un point tel que l’on a de la difficulté à s’y retrouver.Qui doit appliquer quoi et à quel moment?Pour le savoir, il faudra effectuer davantage de recherche.Pour l’instant, moins de 1 % du budget de recherche d’Agriculture Canada est affecté à l’étude de la dégradation des sols.11 faudra également sensibiliser et former des spécialistes de ces techniques.Autre élément, la communication.Les techniques de lutte à la dégradation des sols sont peu connues.Mais voilà, les brochures, les livres, les vidéos sur ce sujet brillent jusqu’à maintenant par leur absence.Cependant, le 25 juin dernier, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Michel Pagé, annonçait son intention de mettre sur pied un programme d’éducation et de vulgarisation portant sur la conservation du sol en milieu agricole.En outre, il a été question de modifier le Programme Sol-Plus, QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 45 EROSION DES SOLS un programme d’aide aux travaux mécanisés de drainage.Ces travaux aggravent souvent la dégradation des sols s’ils ne sont pas faits correctement.Leur exécution a d’ailleurs été à l’origine de nombreuses querelles entre le ministère de l’Environnement et le MAPAQ.FILTRER LE BORD DE L’EAU Le ministre Pagé annonçait également qu’il voulait s’attaquer au problème de la protection de la bande riveraine.Il est, en effet, avantageux de maintenir la végétation au bord des cours d’eau.Celle-ci agit comme un filtre et empêche les fines particules de sol d’atteindre et de contaminer l’eau.D’ailleurs, il y a longtemps que des groupes de pression réclament une loi-cadre pour préserver la bande riveraine sur l’ensemble des cours d’eau du Québec.Le gouvernement en place a décidé de scinder les responsabilités entre différents ministères selon la vocation des cours d’eau.Ainsi, le MAPAQ légiférerait sur ceux situés en territoire agricole.Avant de modifier la loi sur la protection du territoire agricole, on a cependant entrepris une phase de consultation.Si le ministère de l’Environnement a déjà considéré qu’il fallait protéger une bande d’une quinzaine de mètres, le projet mentionné par le ministre Pagé fait mention d’une bande de trois mètres seulement, et ce sur les seuls 1 500 kilomètres de cours d’eau qui sont aménagés chaque année.Au total, il y a 90 000 kilomètres de cours d’eau en territoire agricole au Québec.CHANGER DE MENTALITÉ Malgré ces adoucissements, l’Union des producteurs agricoles (UPA) voit d’un mauvais œil ce genre d’intervention.«Il est essentiel d’intégrer la protection de la bande riveraine à une politique globale de conservation des sols», affirme Yves Fréchette, directeur de l’aménagement régional à l’UPA.Pour cet organisme, qui veut prendre le leadership en matière de conservation des sols, une attitude LES FORETS D’ETHIOPIE, VOUS CONNAISSEZ?Si vous avez plus de cent ans, vous avez peut-être entendu parler des forêts d’Éthiopie ! À l’époque, elles couvraient la moitié de ce pays.Elles ne représentent plus aujourd’hui que 5% du territoire.Dans les années 1970, l’Éthiopie perdait 1,6 milliard de tonnes de sol arable chaque année.Au Népal, toujours à cause de l’érosion, les fleuves emportent chaque année 240 millions de mètres cubes de terre.Aux Indes, 27 milliards de tonnes de terre arable disparaissent chaque année.Lesotho, Maroc, Jordanie, Salvador, Colombie, partout les statistiques viennent confirmer l’ampleur du problème.Globalement, il se produit une perte de 7% des sols arables, chaque décennie.On dit même que l’érosion des sols serait à l’origine de la chute de l’empire Maya.Dans les pays en voie de développement, certains facteurs contribuent à aggraver la situation.Les sols de pays comme la Somalie, le Soudan ou le Sénégal sont parmi les moins fertiles au monde.Après deux ou trois récoltes, il faut souvent laisser le sol en jachère pendant 10 ou 15 ans avant de le cultiver de nouveau.Pendant la saison sèche, les vents violents soulèvent la terre arable des terrains plats exposés et l’entraînent au loin.Des facteurs socio-économiques se mettent également de la partie.On réserve souvent les meilleures terres aux récoltes commerciales et on redistribue aux agriculteurs les parcelles moins fertiles.Chaque agriculteur ne dispose que d’une petite superficie pour assurer sa subsistance, ce qui n’encourage guère les mesures de conservation.Que ce soit dans les pays industrialisés ou les pays en voie de développement, plusieurs techniques sont à même de résoudre les problèmes de dégradation des sols.Les cultures avec un travail minimal, ou sans travail du sol, les cultures choisies en fonction des sols, les cultures relais et intercalaires ont toutes démontré une certaine efficacité.L’agroforesterie, technique qui consiste à effectuer la plantation délibérée d’arbres sur un terrain utilisé pour la culture et l’élevage, donne particulièrement de bons résultats.L’extraction d’engrais à partir de roches phosphatées d’origine locale est déjà une réalité dans certains pays d’Amérique du Sud.Mais là encore, des problèmes socio-économiques viennent compliquer les choses.Par exemple, il faut tenir compte des besoins immédiats des agriculteurs du Tiers-Monde.Ces derniers résistent mal à la tentation de déboiser une forêt quand ils n’ont pas de bois pour faire cuire leurs aliments.Les sociétés africaines traditionnelles mettaient en pratique toute une gamme de mesures de conservation des sols et de stockage des céréales, mais l’arrivée de colons européens a remis en question ces pratiques que n’ont su rétablir les gouvernements post-coloniaux.Avec la croissance démographique qui s’amplifie, ces derniers ont tout un virage à prendre pour ramener l’équilibre.légaliste n’est pas pertinente.On croit qu’il vaut mieux d’abord et avant tout susciter une prise de conscience des problèmes environnementaux liés aux pratiques agricoles.M.Fréchette avoue que le Québec accuse un certain retard à ce chapitre, mais se dit encouragé par la situation qui prévaut dans la province voisine.«En l’espace de deux ou trois ans, les agriculteurs de l’Ontario se sont tellement engagés dans la conservation des sols que les programmes d’aide gouvernementaux ne sont presque plus nécessaires.» Notons que l’Ontario a déjà investi quelque 25 millions de dollars à ce chapitre.De son côté, le MAPAQ négocie des programmes conjoints avec le gouvernement fédéral.En somme, un double défi attend l’UPA.«Il faut faire prendre conscience aux agriculteurs de l’ampleur de la dégradation des sols et leur démontrer qu’il est économique d’y remédier», précise Yves Fréchette.Dans une dizaine d’années, il faudra observer la couleur de l’eau des rivières, après la pluie, pour savoir si l’objectif a été atteint.?46 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE CERCUEIL UNE INDUSTRIE MORIBONDE ! ~v~ y industrie canadienne du I cercueil est en train de J ' rater le virage technologique.Le récent rapport du Vérificateur généra! du Canada.Kenneth Dye, en aura donné la preuve éclatante en mettant au jour cette triste histoire de la Commission de l’emploi et de l’immigration du Canada (CEIC) qui, de 1982 à 1986, a versé près de 400 000$ pour l’établissement au Cap-Breton d’une entreprise de fabrication et de mise en marché de cercueils en fibre de verre et la création d’emplois permanents.Le rapport du vérificateur généra! rapporte qu’à ce jour, WA-CASCO Ltd.n’a vendu qu’un seul cercueil et qu’il ne reste que deux employés sur les dix postes permanents que l’entreprise devait créer.Technologiquement parlant, l’industrie canadienne du cercueil a un pied dans la tombe et les retards que lui fait prendre le gouvernement fédéral risquent de lui être fatals.À l’étranger, il s'agit pourtant d’un secteur industriel bien vivant.Il suffit de constater les intéressantes innovations brevetées pour s’en convaincre.Parmi les plus récentes, mentionnons ce cercueil muni d'un signal sonore permettant aux enterrés vivants d'appeler à l'aide.Il existe dès à présent des cercueils hautement sophistiqués qui utilisent toutes les ressources de l’électrochimie pour résister à la corrosion.Ces cercueils en bronze sont munis de deux anodes de magnésium qui retardent le transfert d’électrons et d’ions positifs qui causent la rouille.De tels cercueils ne sont pour l’instant cons- PjsaroTYPE XB-Z7 ÜQMl q truits qu’aux États-Unis.La CEIC aurait pu réduire la dépendance technologique canadienne en subventionnant des entreprises d’ici pour quelles acquièrent cette technologie.Des critiques feront valoir que le cercueil antirouille et le cercueil en fibre de verre ont la même garantie de durée de vie, environ 50 ans.Cette garantie ne vaut d’ailleurs que pour le cercueil lui-même, d’autant plus que les garnitures en caoutchouc assurant son étanchéité se décomposent en moins de cinq ans.Mais là n’est pas la question.L’objectif est de développer une industrie techniquement compétitive.Du même coup, l’industrie minière du pays, grande productrice de magnésium, sera stimulée.D’autres critiques répondront qu’en n’étant pas biodégradable, le cercueil antirouille ne permet pas d’empiler autant de dépouilles sur un même lot de cimetière, ce qui augmente la consommation de terre, généralement agricole.Ces «écologistes» sont généralement plus favorables à la crémation des corps.Qu’à cela ne tienne, il s’agit aussi d’un secteur qui connaît de spectaculaires développements technologiques.Une compagnie américaine dirigée par l’ex-astronaute Donald Slayton offrira bientôt de mettre en orbite des cendres funéraires.Elles seront disposées dans des mini-capsules en aluminium de trois centimètres sur lesquelles les noms des défunts seront écrits, ainsi que l’inscription «Among the stars».Coût: 3 900$ U.S.Pour l’instant, l’entreprise est ralentie par des procédures judiciaires.Selon les lois de la Floride, un cimetière doit, en effet, comprendre au minimum six hectares de terrain et doit être desservi par un chemin menant à une autoroute.Sûrement, Donald Slayton trouvera bientôt une solution légale, sinon technique, à ce problème.Car la mise en orbite des cendres funéraires représente un marché plein d’avenir.Nos fonctionnaires devraient même considérer sérieusement la possibilité d’utiliser ce marché pour le financement de la future agence spatiale canadienne.François Goulet QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 47 UNE PILULE ANTI-HERPËS Au risque de vous décevoir, disons tout de suite que la pilule anti-herpès ne vous empêchera pas d’attraper l’herpès génital ou encore ne vous permettra pas de vous en débarrasser.Mais si vous en êtes atteint, l’acyclovir soulagera les nombreuses crises d’éruptions cutanées qui accablent certains pour le reste de leur vie.«Dans cent ans, on regardera l’acyclovir comme une découverte comparable à la pénicilline du point de vue de son impact sur la santé publique», prédit le docteur Marc Steben, du Département de santé communautaire de Verdun.L’acyclovir, dont le nom commercial est Zovirax(R), est déjà utilisé sous forme d’onguent pour les infections primaires de l’herpès.On l’emploie aussi en injection intraveineuse dans les cas graves d’herpès ou lorsque le système immunitaire du patient est considérablement affaibli comme lors des greffes ou chez les grands brûlés.En septembre dernier, la compagnie Burroughs Wellcome a mis sur le marché l’acyclovir sous forme de comprimés, rendant son emploi beaucoup plus facile dans les cas d’herpès génital.Le produit n’est toutefois disponible que sur prescription.Le Zovirax a fait ses preuves lors de tests cliniques qui durent maintenant depuis quatre ans.Selon le docteur Steben, le Zovirax a considérablement atténué la gravité de la première crise d’herpès et des crises subséquentes tout en diminuant la fréquence de celles-ci.Par exemple, des patients qui connaissaient un minimum d’une crise par mois n’en font plus qu’une seule, beaucoup moins forte, par six mois.Lorsque l’acyclovir était administré dès l’apparition des premiers symptômes (le prodrome), les crises étaient particulièrement faibles ou carrément avortées.L’acyclovir agit d’une façon très particulière, il n’est toxique que sur les cellules qui contiennent le virus de l’herpès simplex, responsable de l’herpès génital.Le médicament bloque le processus de reproduction du virus, empêchant celui-ci de se répandre dans les autres cellules.Par contre, il ne tue pas le virus car, comme tous les virus de la grande famille de l’herpès, il a la vie particulièrement dure.Il se loge dans les cellules où il peut dormir toute votre vie.Mais aussitôt que le système immunitaire s’affaiblit, le virus se réveille pour provoquer des éruptions cutanées dont souffrent physiquement et moralement les victimes.Plusieurs conditions, par exemple d’autres infections, une fièvre, une exposition prolongée au soleil, le stress, une mauvaise alimentation ou un manque de sommeil, peuvent favoriser la réactivation du virus.On compte cinq types de virus de l’herpès simplex: le virus d’Epstein-Barr qui entraîne la mononucléose infectieuse; le cytomégalovirus qui provoque aussi la mononucléose et des malformations congénitales; l’herpès zoster responsable de la varicelle et plus tard du zona ; et finalement les types 1 et 2 qui causent respectivement les «feux sauvages» et l’herpès génital.Depuis quelque temps cependant, on soupçonne le virus du type 1 de provoquer lui aussi l’herpès génital.Au Canada, on recense entre 250 000 et 500 000 cas d’herpès génital alors qu’aux États-Unis, le nombre de personnes atteintes pourrait être aussi élevé que 20 millions.Selon le docteur Steben, il y aurait, chaque année, environ 12 500 nouveaux cas d’herpès génital au Québec seulement.Il est toutefois difficile de faire une évaluation précise, principalement parce que les gens ne consultent pas toujours leur médecin lors de l’apparition des premiers symptômes.« Les gens croient que la maladie est disparue parce qu’ils n’ont plus d’éruptions», explique le docteur Steben.Le gouvernement fédéral a autorisé l’usage du Zovirax pour une période de 12 mois consécutifs au maximum.Le docteur Steben estime toutefois que cette période pourrait être portée à 36 mois prochainement puisque le Zovirax s’est montré efficace et sans danger lors des études en laboratoire.Jusqu’ici, aucun effet secondaire significatif n’a été relié à ce produit.Une bonne hygiène pré- et post-coïtale de même que l’utilisation du condom représentent toujours les meilleurs moyens de prévention contre l’herpès génital.De récentes études laissent croire que les crèmes spermicides contenant du nonoxy-nol-9 pourraient offrir une certaine protection contre le virus.L’acyclovir pourrait bien représenter une arme très efficace contre l’ensemble de la famille de l’herpès.De nombreuses équipes de recherche explorent présentement ce filon prometteur.Gilles Drouin FORMER POUR VENDRE Téléglobe Canada, Bell Canada International, Northern Telecom, Télécom, Telesat et Microtel Learnings System financeront à parts égales avec le gouvernement fédéral la création d’un institut de formation en télécommunications pour les gestionnaires des pays en voie de développement.L’institut de quatre millions de dollars sera installé à Montréal.Il servira également à familiariser ses futurs acheteurs avec la technologie canadienne de télécommunication.48 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE ie wnmisTE 1= LE ZÈLE DES LEUCOTRIËNES Le docteur Marek Rola-Pleszczinsky, spécialiste des leucotriènes, qui a reçu le prix du jeune chercheur de l’année.Le LTB4, ça vous dit quelque chose?Non, ce n’est pas un nouveau modèle de voiture, mais plutôt un des leucotriènes, substances libérées dans le sang dès que se produit une inflammation.Les leucotriènes, dont le LTB4 est sans doute le plus puissant, sont impliqués dans le mécanisme immunitaire.Paradoxalement, ces substances peuvent être néfastes pour l’organisme en amplifiant l’inflammation, mais elles peuvent également renforcer considérablement les défenses immunes.Pour des problèmes comme l’asthme ou les allergies, les leucotriènes font en quelque sorte un excès de zèle en entretenant une inflammation trop forte.C’est un peu la même chose qui se produit lors de greffes d’organes.Les leucotriènes sont alors un peu trop efficaces dans leur lutte contre un corps étranger.Dans ces cas, on cherchera donc à en diminuer la présence.Ailleurs, on devra faire tout à fait le contraire.Ainsi l’équipe du docteur Marek Rola-Pleszczinsky, de l’Université de Sherbrooke, a été la première à démontrer que le LTB4, en renforçant les défenses de l’organisme, pouvait faire régresser des tumeurs cancéreuses et aussi lutter efficacement contre certaines infections virales.Selon le docteur Rola-Pleszczinsky, qui vient de recevoir le prix du jeune chercheur attribué par le Club de recherches cliniques du Québec, il faudra poursuivre les recherches biochimiques encore quelques années avant de pouvoir maîtriser l’action du LTB4.Il reste à mettre au point des substances qui inhiberont l’action du LTB4.On devra également trouver des substances analogues qui auront le même impact que le LTB4 mais sans ses effets secondaires.Un beau défi pour l’industrie pharmaceutique.Gilles Parent IMPORTANT CONTRAT POUR L’INRS-SANTÉ L’INRS-Santé et la National Collegiate Athletic Association, responsable du sport collégial et universitaire aux États-Unis, ont signé en octobre dernier une entente contractuelle de 600 000$ pour une période de trois ans.L’INRS-Santé aura à mettre au point des méthodes systématiques de détection des médicaments dopants.L’INRS-Santé est l’un des deux seuls laboratoires dans les deux Amériques à être accrédités par le Comité international olympique.VOIR CA DE PLUS PRES AVEC * \ Il $ IESCHENBACH IOPTIK $89, 50 MIE-001 60X 500X-3 objectifs MIE-002 PRIX: $ 99,50 60X 500X 3 objectifs avec 15 accessoires MIE-003 90X 500X-3 objectifs Disponible en ensemble de 15 et 30 accessoires CATALOGUE GRATUIT LIVRAISON GRATUITE AVEC ACHAT DE $40.ET PLUS.4.rue de l'Eeêché esl Rimouski (Québec).Canada G5L 1X4 Tel.'(418) 724 6622 1 ¦800¦463•0870 |E MTimiSTE Québec science • décembre i9S6 49 LES SUPERCORDES DE L’UNIVERS Depuis quelques mois, deux événements «font jaser» le monde de la physique théorique.Le premier concerne un énoncé de Galilée qui stipule que, dans le vide, deux corps de composition et de masse différentes, lâchés d’une même hauteur, atteindront le sol au même instant.Accepté et vérifié avec une certaine précision par ses successeurs, le principe de Galilée est aujourd’hui mis en doute.Des physiciens du Brookhaven National Laboratory (New York) le contestent.Les scientifiques basent leurs affirmations sur des mesures de la gravité effectuées dans des mines profondes d’Australie et sur le comportement bizarre de certaines particules subatomiques.De plus, en réexaminant des résultats obtenus au début du siècle, les chercheurs se rendirent compte que les écarts observés étaient suffisants pour s’interroger.À l’époque, le scientifique les avait attribués à l’imprécision de ses instruments de mesure.Pour expliquer ces anomalies, les physiciens américains supposent l’existence d’une force répulsive qu’ils nomment hypercharge.Beaucoup plus faible que la gravité, cette force n’exercerait son action qu’à l’intérieur de distances inférieures à 250 mètres.Elle s’opposerait à la gravité en repoussant les protons et neutrons formant un corps, de ceux constituant un autre corps.Il ne s’agit que d’une hypothèse.L’hypercharge devra se manifester lors d’autres vérifications, avant de s’ajouter aux quatre forces connues: les forces gravitationnelle, électromagnétique, nucléaire faible et nucléaire forte.Le deuxième événement qui agite le monde des physiciens concerne ces quatre forces et, plus précisément.50 leur réunion à l’intérieur d’une seule théorie.Depuis plus de 30 ans, les théoriciens rêvent d’une théorie unique qui offrirait une description complète de l’univers; une théorie qui intégrerait les deux branches principales de la physique moderne: la relativité et la mécanique quantique.Jusqu’à maintenant, toutes les tentatives s’étaient soldées par des échecs ou, au mieux, des demi-succès.Avec la nouvelle théorie des «supercordes», les théoriciens Michael B.Green, du Queen Mary College de Londres, et John H.Schwarz, du California Institute of Technology, ont peut-être réussi l’exploit.La théorie décrit les particules élémentaires comme des objets étendus et infiniment minces.des cordes, d’où son nom.Si on pouvait observer une de ces cordes, on verrait un objet à une seule dimension.Elles sont tellement petites qu’auprès d’elles, les quarks, les plus petites particules connues formant les protons et les neutrons, font figure d’objets immenses.Élément plus étonnant encore, dans la théorie des supercordes, il faut ajouter six dimensions aux quatre que nous connaissons déjà.L’hypothèse d’un espace-temps à dix dimensions peut sembler quelque peu farfelue pour décrire un monde quadridimensionnel.Selon la théorie, ces six dimensions supplémentaires ne se manifesteraient qu’à l’échelle de la dimension des cordes, soit 10~33 centimètre.Elles s’enrouleraient l’une sur l’autre pour former une structure si petite qu’elle ne pourrait être observée directement.Dans ce monde, un jeu constant d’interactions s’exercerait entre les cordes.Ces mouvements donneraient à l’ensemble des propriétés qui nous les feraient voir comme des particules de matière (électron, quark, etc.) ou des particules de force (photon).Un peu comme la corde d’un violon qui peut vibrer dans une série d’harmoniques, ces cordes pourraient changer de niveau de vibrations; elles seraient alors perçues comme de nouvelles particules dotées de propriétés (masse, spin, charge, etc.) différentes.La nouvelle théorie unitaire semble pouvoir rendre compte de la majorité des connaissances actuelles de la physique.Par exemple, pourquoi il est possible d’observer certaines particules subatomiques et comment la théorie de la gravitation d’Einstein et la théorie quantique peuvent être unifiées.Un mariage que toutes les autres tentatives d’unification n’ont su réaliser.Elle prédit également l’existence d’une matière «cachée», identique à celle que nous connaissons, mais qui ne serait détectable que par la faible force gravitationnelle qu’elle exercerait sur la matière ordinaire.Il s’agit peut-être de cette masse manquante que les astronomes cherchent pour rendre compte des forces gravitationnelles que subissent les galaxies?La théorie des supercordes n’est-elle qu’une curiosité physico-mathématique ou décrit-elle réellement l’univers que nous connaissons?La dimension temps devrait permettre aux physiciens de répondre à la question.Claude de Launière DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE npsàâ i)iid(|iit :nl qui SCOfJtS, s'eurou-ifonuei l’clle »t slit its uienifiil qiliBOIB llticillts (te.) ou ;on).Un ctapt strait»! oivtlb i (mast.i.unitaire itjJtla titoa- fltaiio» antif iiariaS 5 d’uni- fprtdii UîlitK sur11 tuKl" (jilt If* rt»^ jiitl® :s»,jSl' lldirt»1 ,»s,L> #'lff , Jla ijiiiif" 9^1 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays pourquoi pas vous?Pour ^ le chercheur, l'étudiant, l'universitaire, La Recherche cons- Offre spéciale Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 36 dollars canadiens au lieu de 46,75 dollars (prix de vente au numéro).Un délai minimum de huit semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.nom adresse pays — à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.* offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.H4ISI 1S2 i N/mmiSTE COMBINAISON THERMOMETRE HYGROMETRE/BAROMETRE 50 MET-169 Fabrication allemande (175x85mm) COMBINAISON THERMOMETRE HYGROMETRE/ BAROMETRE ELECTRONIQUE $7 9 5° MET-1703 PRIX: $ 79,50 A trois diodes 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les sociétés pétrolières PAREX et SOQUIP, la Commission géologique du Canada (CGC) ainsi que le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le fonds FCAR.En outre, des ententes sont en cours avec le Centre de UN RS et le Centre de recherches minérales du MERQ en regard de la recherche et des services analytiques.La recherche Les chercheurs poursuivent actuellement des travaux géoscientifiques au Nouveau-Québec (au nord de Schefferville), en Gaspésie, dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, en Nouvelle-Écosse et sur la Côte Atlantique.Les projets s'articulent autour de trois thèmes majeurs: l'évolution et la diagenèse des bassins sédimentaires, les minéralisations des bassins sédimentaires, les combustibles fossiles.La recherche sur ces différents thèmes fait intervenir plusieurs disciplines telles la palynologie, la pétrographie des matières organiques, la minéralogie des argiles, la géochimie minérale et organique, la métallogénie, la gîtologie, la sédimentologie et la stratigraphie.Les équipements Les laboratoires spécialisés du Centre sont dotés d'instrumentation moderne pour épauler les secteurs de recherche précités: microscope électronique à balayage avec microanalyseur, spectro-photomètre d'absorption atomique, réflectomètre, microspectrofluoromètre, analyseurs par activation neutronique, luminoscope, etc.Ces équipements s'avèrent disponibles à la communauté scientifique, selon certaines conditions.Invitation aux étudiants diplômés Bien que le Centre ne possède pas ses propres programmes de 2e et de 3e cycles, il offre un encadrement de recherche aux étudiants inscrits à d'autres universités.¦ SL-:’ ‘TW*, - Renseignements Pour tous renseignements supplémentaires sur le centre de recherche INRS-Géoressources ainsi que sur les six autres centres de l'INRS, on communique avec : Le Secrétariat général INRS Case postale 7500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Téléphone: (418) 654-2564 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique NOUS AVONS LU POUR VOUS ADRIEN POULIOT IMKIMUk BimaCE Sl’R SW TEMPS ADRIEN POULIOT Un homme en avance sur son temps Danielle Ouellet Éditions Boréal, Montréal 1986, 214 pages, 14,95$ Adrien Pouliot est de nouveau parmi nous.Celui que l’on accompagnait de son bureau à la salle de cours — afin d’être certain qu’il aboutisse dans la bonne salle —, le professeur de mathématiques qui ne dédaignait pas retrouver ses élèves dans les bistrots du Vieux-Québec, le personnage sur lequel circulaient tant de légendes, il revit dans un livre de l’éditeur Boréal.Les étudiants qui l’ont connu seront heureux de voir enfin rassemblée la foule d’anecdotes de l’ample tradition orale qui l’entourait.Tous prendront plaisir à lire la biographie de Danielle Ouellet, professeure de mathématiques.En même temps, le lecteur apprendra des pages importantes de notre histoire, non seulement scientifique mais aussi culturelle.Adrien Pouliot a enseigné les mathématiques à des centaines d’élèves; il a aussi enseigné la science à toute une nation.Né sur l’île d'Orléans, fils d’un pilote du fleuve, étudiant au Séminaire de Québec, Adrien Pouliot a intensément vécu le Québec.Il a été l’intime des politiciens et des religieux, ce qui ne l’a pas empêché d’utiliser son énergie débordante et ses I_______________________________ talents d’organisateur à bousculer les idées les plus fondamentales de la société cana-dienne-française du début du siècle.Danielle Ouellet nous décrit l’homme.Étudiant turbulent, d’abord nul en calcul, puis auquel un professeur perspicace révèle sa bosse des mathématiques.Et quelle bosse ! 11 ne perd plus un point au cours de ses deux dernières années au séminaire.Il obtient son baccalauréat en sciences appliquées de l’École polytechnique de Montréal en 1919.Sa carrière de professeur de mathématiques à l’Université Laval, à Québec, débute en 1922 et se terminera seulement 50 ans plus tard.Il aura alors été doyen de la Faculté des sciences pendant 16 ans et aura piloté la création de départements de biochimie, de mathématiques, de physique, de génie chimique, de génie civil et de génie métallurgique.C’est aussi à lui que Laval doit son renommé département d’actuariat.Plus libre que le frère Marie-Victorin, qui avait sonné le réveil scientifique du Canada français avant lui, Adrien Pouliot utilisa toutes les tribunes afin de promouvoir l’enseignement des sciences.Il contribua, entre autres, après une dizaine d’années d’âpres débats, à l’avènement de l’option latin-sciences pour les élèves du cours classique.Il fallut alors laisser tomber l’enseignement du grec.Dans le contexte de l’époque, il s’agissait d’une brisure radicale.Danielle Ouellet devient excellente historienne, en plus d’être biographe, en nous rappelant les affirmations de hauts dignitaires du clergé : « Laissons les sciences,.aux Américains.Nous, notre mission est de faire avancer la foi.» Elle avance des hypothèses pour expliquer que les Canadiens français soient si longtemps demeurés pratiquement absents de la recherche industrielle et qu’ils n’aient représenté que 3% des ingénieurs et scientifiques à l’emploi du gouvernement fédéral, en 1933.Selon l’auteure, une grande part de responsabilité revient à l’Église catholique qui se voulait maître à penser de ses fidèles, tandis que l’Église anglicane se voyait plutôt comme leur servante.L’irruption des sciences dans l’enseignement, entièrement sous la responsabilité d’institutions catholiques jusqu’en 1960, était perçue comme une menace à l’emprise du clergé sur les consciences.Un professeur de mathématiques sympathique qui a joué un grand rôle dans la révolution culturelle québécoise.Ceux qui ne le connaissent pas auront l’occasion de faire sa connaissance; ceux qui ont été ses amis auront énormément de satisfaction à le retrouver.Et dire qu’il l’a finalement publié son fameux lexique fran-çais-grec ! Merci à Danielle Ouellet de nous avoir ramené Adrien Pouliot.Jean-Marc Fleury L’HÉRITAGE DE LA LIBERTÉ De l’animalité à l’humanitude Albert Jacquard Le Seuil, collection Science ouverte, Paris, 1986 215 pages, 19,95$ Voici donc le dernier livre d’Albert Jacquard, déjà connu pour sa défense ardente de la différence entre les individus, et pour ses interrogations sur la valeur de la science.Cette fois, le généticien français s’en prend à la sociobiologie, cette discipline neuve qui prétend expliquer le comportement humain et animal grâce aux principes issus de la théorie de l’évolution.Disons immédiatement que Jacquard se démarque de la critique démagogique à laquelle nous avait habitués certains de ses savants compatriotes (par exemple, Thuillier: Les biologistes vont-ils prendre le pouvoir?).Le ton est posé, le style plus proche de celui du traité que de l’essai (ce qui fait, en revanche, que la lecture requiert parfois des connaissances de niveau universitaire).Mais la critique que Jacquard adresse à la sociobiologie n’en demeure pas moins profondément défectueuse: de la brièveté de l’analyse naît l’inexactitude des conclusions.Il faudrait, en effet, aligner à son tour 200 pages de réfutations tant ce livre est semé de demi-vérités, de pseudo-démonstrations.En fait.Jacquard réussit surtout à faire la preuve de sa méconnaissance de la sociobiologie et de son abondante littérature.Quelques exemples.La sociobiologie, dit avec raison l’auteur, présente les comportements «comme les aboutissements de chaînes causales ayant leur source dans la nature».Mais il poursuit: «Une telle doctrine, dès qu’elle est appliquée à l’espèce humaine, est fondamentalement politique.Affirmer que la xénophobie, le sens de la propriété ou le besoin de dominer sont «naturels», c’est prendre partie en faveur d’une certaine structure sociale.» Affirmer que le cancer, la rougeole ou la gravitation universelle sont des phénomènes naturels consiste-t-il à prendre partie en faveur de leur maintien?Combien de temps les sociobiologistes devront-ils encore s’époumoner à déclarer que leur théorie n’a aucune valeur normative mais seulement explicative?Car ils le font depuis déjà dix ans, et l’affirmation qui précède ne peut relever que de l’ignorance ou de la désinformation.Dans une envolée plus technique, Jacquard «découvre», en 1986, que la stratégie du gène égoïste peut fonctionner entre Québec science • décembre i986 53 73^1 non-apparentés, et considère donc le principe de la sélection parentale comme trivial.On le renvoie en 1976 à Dawkins (Le gène égoïste) pour l’énoncé de cette difficulté, et en 1979 au même auteur (Twelve Misunderstandings of Kin Selection) pour sa solution.De même, les pénibles digressions sur les problèmes de l’inné et de l’acquis et de l’héritabilité, questions aujourd’hui considérées comme largement résolues, sont d’un intérêt marginal.Mais il y a plus grave.Partout, Jacquard martèle l’idée que l’homme échappe à la science parce qu’il est animé de projets: «L’explication déterministe perd son pouvoir sur ces pseudo-faits imaginaires», dit-il, puisqu’ils sont tournés vers un avenir qui n’existe pas encore.Nous devons donc renoncer à tout expliquer, «mais est-ce trop cher payer, alors qu’il s’agit d’ouvrir un espace à notre possible liberté?» Vite quelqu’un pour expliquer qu’une représentation mentale — fût-elle tournée vers l’avenir — existe biochimique-ment dans le cerveau présent et constitue donc un déterminisme à part entière.Et que la vraie liberté ne peut s’arracher que de la connaissance systématique de toutes les contraintes, fussent-elles désagréables, plutôt que de l’affirmation mystique de leur inexistence.Daniel Pérusse L’HEURE DE S’ENIVRER L’univers a-t-il un sens?Hubert Reeves Le Seuil, collection Science ouverte, Paris, 1986 280 pages, 19,95$ Il y a deux ans, lorsque j’ai rencontré Hubert Reeves, il m’avait dit que son prochain livre parlerait de responsabilité sociale des scientifiques et des dangers de la science.Avec L’heure de s’enivrer.Reeves nous offre une réflexion bien mûrie non seulement sur ce thème mais aussi sur la beauté de la vie et sur la complexité de l’univers, cet univers que nous habitons comme une maison hantée, effrayés que nous sommes par son immensité, son silence et ses inconnus.Reeves nous convie à une histoire de la matière, depuis le Big Bang jusqu’à l’éclosion, aujourd’hui, de la conscience et de l’intelligence.En ouvrant son livre sur l’histoire de LA bombe, il nous annonce que l’autodestruction semble inscrite dans les destins de l’humanité.Avec L’heure de s’enivrer, il ne nous dit pas qu’il vaudra mieux être complètement soûl lorsque ça pétera.Il nous invite plutôt à découvrir, avec le concours des sciences, toute la beauté complexe de la vie et de l’univers et de s’en griser.Son message est clair: c’est le devoir de l’être humain de donner un sens à l’univers, à la vie.Il écrit : « Il ne s’agit pas de fuir la réalité, mais de la vivre avec passion.L’éveil de la jubilation est, je crois, l’antidote le plus efficace contre l’absurde à tous les degrés.» L’histoire de l’univers est le récit du combat entre une pulsion de vie et une pulsion de mort.Pour faire triompher la vie, Reeves nous propose de nous mettre à l’enseigne du «penser globalement, agir localement» de René Dubos.Ainsi, chaque individu peut prendre conscience de l’importance de ses gestes dans son quotidien.Le respect de la vie est une somme de petits et de grands émerveillements.Avec L’heure de s’enivrer, Reeves ne déroge pas à sa réputation de magnifique conteur.Soucieux de faire passer son message, il nous indique même les passages plus techniques qui pourraient nous donner envie de fermer le livre avant la fin.Précaution presque inutile car l’homme est aussi un vulgarisateur de fort calibre.Au total, le dernier livre de Reeves est très stimulant.À lire pour bien terminer l’année de la paix et pour en commencer une autre avec un bon esprit.Gilles Drouin "Au commencement (ou presque) était la curiosité.Le fait est que l’étre humain normal possède une curiosité intense et irrésistible.S’il n’a pas la possibilité de la contenter de façon immédiatement utile, il la satisfera par d’autres moyens - y compris par les plus regrettables”.Isaac Asimov > O Un livre scientifique qui ne relève pas essentiellement de la vulgarisation, mais qui propose les tout derniers développements en matière d’astrophysique, biologie, médecine.Un ouvrage qui a réussi, aux États-Unis, la gageure de se faire apprécier par les spécialistes et de devenir en même temps un best-seller.L’univers de la science par Isaac Asimov Relié sous jaquette, 960 pages, 77 photos N.B., 89 dessins au trait 75,00$ Él InterEditions Diffusion Oiffulivre Inc.2973, rue Sartelon, Saint-Laurent, Qué.H4R 1E6 Tél.: (514) 336-2663/337-5150 en vente en librairie 54 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE ISAAC IA < LA SCIENCE À L’ECRAN LA TV EN STEREO : MODE D’EMPLOI REQUIS Ce qu’on appelait il n’y a pas si longtemps un vendeur de télévision se prononce maintenant «conseiller en audio et vidéo ».Pour ce qui est de se faire conseiller, on en a bien besoin quand il s’agit de télévision en stéréo.Il est même recommandé de se démêler un peu avant de rencontrer un conseiller, histoire de lui poser les bonnes questions.Les premiers à faire pression pour «stéréophoniser» la télé ont été les fabricants d’appareils.La raison est simple, les ventes de téléviseurs étaient stagnantes depuis que presque tout le monde avait son poste couleur.Alors, bien avant que les diffuseurs embarquent dans le mouvement, les téléviseurs capables de capter un signal stéréo sont apparus sur le marché.Puis, les diffuseurs, d’abord les américains, ont commencé à émettre en stéréo.Au Québec, CFCF a été le chef de file, modifiant les équipements audio de ses studios avant les autres.Au nouveau canal Quatre-Saisons, les installations mises en place ont été prévues pour la diffusion en stéréo dès le départ.Dans tous les cas, on fonctionne en Amérique du Nord selon la norme «MTS» (Multi Television Sound).Faisons tout de suite la distinction entre stéréo «simulcast» et système «MTS».Le «simulcast» est simplement la diffusion simultanée d’une émission en stéréo par un canal télé et un canal radio FM.Tandis qu’avec le système MTS, synonyme de son TV stéréo, on élimine le relais radio et le signal sonore est transmis par les mêmes voies que l’image vidéo.Puisque maintenant la majorité des gens ont leur petit écran branché sur le câble, il fallait que ce maillon de la chaîne s’adapte aussi.Chez Vidéotron, les équipements ont été mis en place depuis quelques mois et sont maintenant prêts à transmettre toute nouvelle diffusion MTS.À l’heure où vous lisez ces lignes, il doit être possible de capter les canaux suivants en stéréo (au moins à Montréal): Much Music.Super Ecran/ First Choice, Quatre-Saisons, CFCF.WPTZ (Plattsburgh) et WEZF (Burlington).Étant donné que les autres vont emboîter le pas, ça vaut la peine de s’équiper pour en profiter.À moins que vous ne fassiez partie des happy few qui ont acheté récemment un téléviseur muni d’un décodeur MTS, il vous faut soit vous procurer ce décodeur, soit acheter un nouveau téléviseur.C’est le même problème, si vous voulez, que pour la radio au moment où la FM s’est mise à diffuser en stéréo et que la plupart des gens avaient des récepteurs mono.Le décodeur MTS n’a rien à voir avec un câblosélecteur; il ne vous en dispense pas non plus.C’est une «bébelle» à ajouter à votre quincaillerie électronique.Des compagnies comme Sony et RCA en offrent actuellement pour 200$ à 300$.Mais attention, ce n’est pas tout de recevoir le son; il faut aussi le reproduire adéquatement.C’est là qu’entrent enjeu l’amplificateur et les haut-parleurs.Pour résoudre le problème sans trop encombrer votre coin télé, la compagnie québécoise Synthedata a mis au point, en collaboration avec Vidéotron, deux petites enceintes avec ampli intégré.On les appelle «D-Box» et elles coûtent environ 200$.Cependant, si vous optez pour cette solution, vous pouvez attendre que Vidéotron se mette à distribuer d’ici quelques mois son kit stéréo qui comprendra une paire de D-Box, un câblo-sélecteur Jerrold avec télécommande sans fil et un décodeur MTS Jerrold.Il sera alors moins coûteux d’acheter l’ensemble que chacune des pièces séparément.Si votre téléviseur est âgé de dix ans, vous pouvez en profiter pour le changer contre un appareil entièrement équipé pour la stéréo.C’est la façon radicale de régler le problème, au coût de 1 000$ à 1 700$ pour un écran de 50 à 70 centimètres.Par contre, s’il n’a pas plus de cinq ou six ans, la meilleure solution, selon Langis Bérubé, mon conseiller de chez Atlantique Image et Son, est de faire un saut dans le monde de la vidéo en achetant un magnétoscope doté du décodeur MTS.Un tel magnétoscope devient la pièce maîtresse de votre système et vous pouvez y relier une paire de haut-parleurs amplifiés ou, peut-être, la chaîne stéréo que vous possédez déjà.Enfin plusieurs grands fabricants d’appareils audio et vidéo ont mis sur le marché depuis plusieurs mois des ensembles intégrant toutes les composantes d’une chaîne audio/vidéo.Par exemple, les systèmes «Access» de Sony et «Di-mensia» de RCA regroupent, dans un meuble spécialement conçu, un téléviseur de type moniteur avec câblosélecteur et décodeur MTS, deux enceintes acoustiques placées de part et d’autre de l’écran, un amplificateur, un magnétoscope, une radio AM/FM, une platine, un magnétophone à cassette et j’en oublie sûrement.Le prix : 5 000 $ à 6 000 $.Ceux que la fièvre n’a pas encore gagné pourront se procurer dans un avenir rapproché des appareils encore simplifiés et à de meilleurs prix.En attendant, chacun doit opter pour la solution qui lui convient le mieux.Et à ceux qui choisiraient de s’équiper dès maintenant, je prédis de belles soirées nostalgiques à «écouter» les vieux films et les reprises d’anciennes émissions car, c’est normal, seulement le matériel récemment enregistré selon les nouvelles normes peut être diffusé en stéréo.QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 55 LES TITS MOTS D E L A F I N T^müüëll! PAUVRE HAMLET! Hamlet n’a pas fini de faire parler de lui.Cela fait un siècle et demi que les psychiatres se penchent sur son cas.Tous les grands noms de cette discipline s’y sont intéressés, jusqu’à ce cher docteur Freud.Aujourd’hui, c’est le docteur Eliot Slater, un psychiatre britannique de pointe, qui ajoute son grain de sel: selon lui, le «problème» Hamlet serait d’avoir découvert que lui et Ophélie avaient eu des relations incestueuses.Pauvre Hamlet, il ne devait pas s’en douter! Mais peut-être que ça ne lui fait ni chaud ni froid d’entendre de telles colonnes.Il s’est dit tellement de choses sur son compte! Tour à tour, les psychiatres ont diagnostiqué la mélancolie, la manie dépressive, l’hystérie et même la dégénérescence! Seuls quelques critiques littéraires lui ont fait la bonté de le considérer comme sain d’esprit.VIVANT ET.RICHE Ne vous étonnez pas si votre compagnie d’assurance exige un de ces jours d’avoir vos empreintes digitales et dentaires avant de vous vendre une assurance-vie.C’est le moyen qu’elles ont trouvé pour se défendre contre un type de fraude qui leur fait perdre beaucoup d’argent.De plus en plus d’assurés disparaissent chaque année à l’étranger, obtiennent des certificats de mortalité que délivrent contre monnaie sonnante certains pays du Tiers-Monde et s’arrangent pour faire verser l’indemnité sur leur compte en banque.Mais maintenant, les compagnies exigent souvent une «pièce à conviction».Qu’à cela ne tienne.Des fonctionnaires des morgues de certaines grandes villes des Philippines ont monté un petit commerce très lucratif: celui des cadavres congelés qu’ils revendent à bon prix aux assurés qui veulent prouver leur décès.et vivre grassement.FEMMES SAGES, MARIS VOLAGES Il ne suffit pas d’être sage pour être à l’abri de maladies transmises sexuellement, comme l’herpès, le cancer du col de l’utérus ou la syphilis.Mieux vaut aussi ne pas avoir pour compagnon un coureur de jupons.C’est la constatation qu’a faite une équipe de l’école de santé publique de Berkeley, après avoir étudié et interrogé 78 femmes hispanophones de la région de San Francisco (dont la moitié souffrant d’un cancer du col).Les chercheurs en sont venus à la conclusion que la femme ayant un cancer du col de l’utérus a cinq fois plus de chance que celle qui ne l’a pas d’être mariée à un homme ayant eu 20 partenaires sexuelles et plus (jusqu’ici les études incriminaient surtout le nombre de partenaires qu’avaient les femmes).Cela expliquerait pourquoi l’Amérique latine présente la plus forte incidence de cancers du col, même si les femmes y ont très peu de partenaires sexuels.Ce sont des pays où la fidélité des femmes est très valorisée, et le donjuanisme très bien vu chez les hommes.LE YING ET LE YANG DE LA SCIENCE En novembre, une Française, Nicole M.Le Douarin, de l’Institut d’embryologie, et un Américain, G.Evelyn Hutchinson, de l’Université Yale, ont reçu, à Kyoto, un nouveau prix scientifique.Ce prix, créé l’an dernier par le fondateur d’une très grosse société japonaise de céramiques, ne se distingue pas seulement par le montant exceptionnellement élevé qui lui est assorti: 300 000$.Son autre originalité est de récompenser des chercheurs qui ont atteint l’équilibre entre la qualité de leurs travaux scientifiques ou technologiques et la maturité psychologique et émotionnelle.En somme, l’équilibre entre le ying et le yang.A VOS MESURES! Le Journal of Personnality and Social Psychology fait part d’une expérience qui porte à réfléchir sur l’imagination et l’originalité des jeunes mâles américains.On a demandé à 150 étudiants de race blanche de classer par ordre de préférence 50 photos de visages de femmes.Les visages jugés les plus beaux présentaient de façon précise et constante un certain nombre de dimensions et de proportions communes.En voici quelques exemples: largeur des yeux: 3/10 de la largeur du visage à la hauteur des yeux; longueur du menton: 1/5 de la hauteur du visage; distance entre les yeux et les sourcils: 1/10 de la hauteur du visage; largeur de la pupille: 1/14 de la distance entre les deux pommettes; et surtout, le nez ne devait pas occuper plus de 5% de la surface du visage! Il paraît que l’ensemble de ces caractéristiques correspond à l’image de santé et de fertilité qui rassure l’homme sur ses chances d’avoir une descendance! À se demander s’il en mérite une.ELLES COURENT, ELLES COURENT Elles font peut-être moins de jogging, mais les femmes marchent plus et plus vite que les hommes dans leurs activités quotidiennes.Une étude récente portant sur 200 adultes a en effet révélé que les femmes marchaient à une vitesse moyenne de 77 mètres par minute, tandis que les hommes traînaient derrière à 73 mètres par minute.De plus, chaque fois qu’une femme se déplace, elle parcourt une distance plus grande que les hommes.Ces déplacements font en moyenne 0,89 kilomètre et ceux des hommes, 0,72.56 DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENC FIS ! PRIX NOBEL Si John Polanyi était, il y a quelques mois, peu connu du grand public, il a depuis acquis une renommée internationale grâce au prix Nobel de chimie qu’il vient de recevoir.Claude Forand, à Toronto, a recueilli les propos de ce scientifique canadien TEST Pour finir l’année 1986 en beauté et bien commencer 1987, un petit jeu questionnaire qui vous permettra de vous remémorer les grands moments de la science de l’année qui se termine.Et cela grâce à la plume humoristique de Jacques Goldstyn ¦iitJSm : upéwtt ; amenais aals de118 n de F® de feu®5 aiHfiéset- «liante10 ISildtf»' ESPACE Un an après la tragédie de Challenger, où en est la NASA et qu’est devenu son programme de lancement?Un article de Claude Lafleur ici 1]# ;;}]!) it ï jrd6!“': la lait* si»' isiiitontJ asdei^ iiifrj effllKSf: fertilité d6 jces^ de K* P115'!:, lit»11 entef01 evi< efoisd1^ ,01#, Æ ofl VOUS DÉMÉNAGEZ?Collez, dans l'espace disponible, l'étiquette qui se trouve sur la page couverture de votre magazine c 3 ° S EL ï ¦ 13 " C o te o N II 3 0 °: d û) o o- c o < D CD 3 = 0 0 ^ 0 w û)" CO a * Û.c Q) 3 CD CD 3 û) Q- ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CECOUPON D'ABONNEMENT Au Canada : ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 25$ 44$ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros) Abonnement spécial (2 ans/24 numéros) 35$ 61 $ En France: ?Abonnement régulier (i an/12 numéros) Abonnement spécial (2 ans/24 numéros) 1 80 FFt.t.c.300 FFt.t.c.?Abonnement ?Réabonnement ?1 .i i i i i i l 1 1 1 1 1 1 1 ! Changement d'adresse i i i i i i i—i—i— 1 1 31 NOM 1 1 1 1 | i i i i i i i i i i 1 1 .J- xJ LBJ 60 LU 61 PRÉNOM | ! ! 1 | i i i i i i i i i—i— i i i— 80 , 1 7 8 9 NUMÉRO RUE i i 1 1 1 1 1 1 1 1 APP 1 1 1 28 i | 1 | 29 VILLE PROVINCE 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 l_ 48 u TÉLÉPHONE 1 1 1^1— 68 69 CODE 74 ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n°- ?Mandat postal Date d'expiration- Signature- Faites votre chèque à l'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Pour informations: 657-3551, poste 2854 Pour la France, faites votre chèque i l'ordre de: DAWSON FRANCE.B.P.40.91121.Palaiseau.Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 1er juin 1987 QUÉBEC SCIENCE • DÉCEMBRE 1986 57 L’univers de David Suzuki Des ouvrages captivants David Suzuki m Lés insectes David Suzuki, scientifique de renommée internationale, nous guide dans un merveilleux voyage au coeur de la science.Grâce à des expériences faciles et captivantes, il sensibilise les jeunes au monde des sens et à l'incroyable variété des insectes et des végétaux.Ces précieux documents sont indispensables à la maison comme à l'école.Disponibles chez votre libraire ou chez l'éditeur.Bon de commande postale Veuillez m'expédier: Prix Quan- Total tité • Les plantes________9,95$___________ • Les insectes_______9,95$___________ • Lessens____________9,95$___________ ?Chèque ?Mandat Au montant de_______ Portez à mon compte ?Visa-Carte n°________ Nom:_________________ Institution: Adresse:_____ Tél.: I Frais de poste et de manutention (minimum 1,76$) Prix sujets à changement sans préavis Éditions Études Vivantes 6700 chemin Côte de Liesse Saint-Laurent (Québec) H4T 1E3 tél.: 341-6690 58 «PONIK» SE MANIFESTE N.D.L.R.: Depuis le 19esiècle, les témoignages au sujet de «Ponik», le monstre du lac Pohénégamook, n’ont cessé de s’accumuler.En voici un dernier que l’on nous a fait parvenir récemment.Si du point de vue scientifique, Ponik a une existence douteuse, laissons-lui la chance de peupler notre imaginaire.Le 3 août dernier, à 19 h 30, Michel et moi étions témoins du fabuleux phénomène du lac Pohénégamook.Un léger vent faisait onduler le lac à ce moment.Cependant, à 400 mètres de nous, de grosses vagues attirèrent notre attention (surtout qu’il n’y avait pas d’embarcation motorisée à l’horizon.).En regardant attentivement au centre de ces eaux agitées, nous apercevions un «objet» d’environ 6 mètres de longueur et sorti en surface d’environ 40 centimètres ; cela avait l’aspect d’un canot renversé.À ce moment-là, le ciel était légèrement couvert et nous avions le dos au soleil, ce qui nous permettait de discerner sa teinte noirâtre.Le tout demeurait stable à la surface.Soudain, nous apercevions à quelques mètres plus loin, un autre «objet» mais dans la position opposée.Nous n’avons vu ni nageoire ni queue qui puissent nous aider à identifier ces «choses» comme étant les géants marins traditionnels.Alors, avec quelques frissons, nous avons conclu que c’était «PONIK» le monstre du lac Pohénégamook refaisant surface avec son «AMIE».Rino Levasseur Michel Levasseur Saint-Éleuthère LE PRIX DU GINSENG Permettez-moi de vous signaler que, dans l’article sur les plantes que vous avez publié dans votre numéro du mois d’août dernier, il y a une erreur dans la façon dont les propos du frère Marie-Victorin ont été rapportés: «l’empereur de Chine payait trois fois son poids d’argent» et non «son prix d’argent».Malgré ces petites poussières, il n’en demeure pas moins que votre revue est excellente.À chaque mois, je me félicite d’y être abonné.Michel Léveillé Trois-Rivières De la collection «Monographies de psychologie> L'ABUS DES DROGUES Les programmes de prévention chez les jeunes Line BEAUCHESNE 108 pages, 9,95 $ De plus en plus de personnes sont sensibilisées aux problèmes de la drogue chez les jeunes.Les données des enquêtes sur l'usage et l'abus des drogues chez les jeunes au Québec permettent-elles de saisir la problématique de la consommation et de prévenir les abus?Les mesures des résultats des programmes de prévention sont-elles suffisantes pour juger de I efficacité des programmes?Les programmes à stratégies multiples d'intervention auprès des jeunes sont-ils vraiment plus efficaces que ceux à stratégie unique?Les lois ont-elles un impact sur la réduction de l'abus des drogues?Ce livre permet un retour sur la définition même du problème à prévenir et invite à une réflexion renouvelée sur ce que doit constituer une action préventive dans le domaine de l'abus des drogues chez les jeunes.DAIMS LA MÊME COLLECTION: L'INSOMNIE Traitement comportemental Robert LADOUCEUR et Yves GROS-LOUIS 66 pages, 1984, 7,95$ LES FEMMES ET L'ALCOOL en Amérique du Nord et au Québec Louise NADEAU.Céline MERCIER et Louise BOURGEOIS 184 pages, 1984, 14,95$ L'INTELLIGENCE ANIMALE Recherche piagétienne Claude DUMAS et François-Y.DORÉ 112 pages, 1986, 9,95$ En vente chez votre LIBRAIRE ou chez l'éditeur: Les Presses de l’Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 K DÉCEMBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE FAITES LE PLEIN DE CONNAISSANCES I Les revues québécoises d’information scientifique: un carburant essentiel! INTERFACE QÜEBECSCIEItL TECHNOLOGIE 7 LES CULTIVATEURS SOUS LA MERi_ l S! 1 Québec Science, le magazine sans frontières, vous propose des articles accessibles ei complets sur les problèmes cruciaux auxquels la science s'intéresse.Joignez les quelque 100 000 lecteurs qui font de Québec Science leur source privilégiée d'information scientifique.Un an.12 numéros.25 S.Deux ans.44 S.2 Interface.De l'astronomie à la zoologie.Interface vous fait parcourir le pays de la recherche.Quels sont les travaux importants effectués au Québec et au Canada?Qui sont nos chercheurs?Pour le savoir, lisez Interface.Cinq numéros par année, plus le Bottin annuel de la recherche.Un an.15 S (Étudiants: 7.50 S.Instimtions'Étrangen 30 S).3 Dimensions Science et Technologie, le magazine national de l'actualité scientifique.Chaque mois.64 pages abondamment illustrées: inventions.innovations et découvertes du Québec, du Canada et du monde entier.Avec la collaboration de Fernand Seguin.Un an.Il numéros.24 S: 2 ans: 39.95 S.4 Forêt Conservation, le magazine de la forêt, de l'environnement et des sciences naturelles.Tout ce qu'il faut savoir sur les aspects écologiques.économiques et sociaux de la foret.Publié par l'Association forestière québécoise et les Clubs 4-H.Un an, 10 numéros, 25 S (inclut le membership à l'AFQ).5 Franc Nord.Pour ceux qui aiment le Québec, la nature, le plein air ou qui sont préoccupés par la qualité de l'environnement.Franc Nord, la revue de l'Union québécoise pour la conservation de la nature, vous séduira par ses pages abondamment illustrées de photos couleurs et son style à la portée de tous! Un an, 4 nos: 12 S.2 ans, 22 5.6 Je me petit-débrouille.Expériences «scientifix».jeux, bandes dessinées, reportages et chroniques (astronomie, animaux, ordinateurs, etc.).U magazine du Club des petits débrouillards est le rendez-vous des 7-14 ans qui veulent s'instruire en s'amusant.Un an.11 numéros.14 S (carte de membre incluse).Deux ans, 26 S.7 Vos adolescents n'aiment pas les sciences?Abonnez-les à La Puce à l’oreille, ils changeront d'avis! Musique, gadgets technologiques.vidéos.'orientation scolaire, informatique.santé.ne sont que quelques-uns des thèmes abordés par ce magazine amusant, divertissant, dynamique, humoristique et.scientifique.Un an.4 numéros, 10 S: 2 ans.18 S.Oui.je veux faire le plein! Veuillez m'abonner au(x) magazine(s) suivant(s): 1 Québec Science ?2 Interface ?3 Dimensions Science et Technologie ?4 Forêt Conservation ?5 Franc-Nord ?6 Je me petit-débrouille ?7 La puce à l’oreille ?Votre commande sera traitée rapidement.et scientifiquement! -1 Nom_______________________________________________________________________ Adresse___________________________________________________________________ Code postal-Tel.:- Ci-joint un chèque de____________à Tordre du: Service Hebdo-Science 2730, Côte Sainte-Catherine Montréal (Québec) OS 86 H3TIB7 UN LIVRE CADEAU , Par\e^t0\r tèm°petbe vo'ura^e et Un sUo de 'a^^^usat116, r 'eua n\ mê"te araos archltec- s0UV,eo" e l°^°C site Wstot'- VhSe^P^^etQuébec-.^ilsStrlsS" ÎS-'SS»”1 d°CUn'h\ée naü°aa'e 204 Pa9« 34,95 l^ec-sW^ toa23^o- ^de^l^êcessa'-ino^eUdes 'a r et p'uS- cott'9ee.P rAin'feg22 pa9es gl&ï 9.95 Éga'erfie , ang'^s'G^ lhOQ23064-9 5SS««ÜÎÏ5*.oUvta9e __into avertis s.adresse oUvta9e érr>0u'es'3,au, CoroP':°'r H\an9'e dp, s couve caWf"e;^Quessu)e^eSi ^P^'^rang'e dpelsUc“ôûverts d'exetc^^^arcorre, Dpoaf°^^ 8,95 $ Cu\s'ne^tsCdu Québec Ptus de oides PeT:"S- 39.95 s, 49.95 S Bon de commande postale (A compléter en lettres moulées S.V.R) Code postal Quant.Code EOQ Titre Prix unitaire Total 22722-3 L’Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire 34,95 $ 22934-4 Le guide des aînés 9,95 $ 22724-9 Les armoires et les comptoirs 8,95 $ 21299-3 Cuisiner avec les produits du Québec 14,95 $ 19900-0 Le Musée du Québec (Édition cartonnée) 39,95 $ 19935-6 Le Musée du Québec (Édition de luxe) 49,95 $ Retourner à: Les Publications du Québec Case postale 1005 Québec (Québec) G1K 7B5 Important: Paiement par chèque ou mandat-poste Cartes de crédits acceptées ?(Ü Date d’échéance: Banque:___________ Signature:________ Nom du titulaire : _ Grand total En vente dans nos librairies, chez nos concessionnaires, par commande postale et chez votre libraire habituel.Les Publications du Québec C.P.1005 Québec (Québec) G1K 7B5 TOUTE COMMANDE EST PAYABLE À L’AVANCE À L’ORDRE DE «LES PUBLICATIONS DU QUÉBEC»
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