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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1987, Collections de BAnQ.

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2,95 S Volume 26, numéro 4 SPÉCIAL ¦RAND MORD ( AN ADI EN 4*.* w Tconquëte fes RESSOURCES TON Ecologie ES HABITANTS K K TECHNOLOGIE IU SKI DE FOND IEWTON: „ 190 BOUGIES DUR LA GRAVITATION # irrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti 250, Sillery.Québec.Canada GIT 2R1.r k i_ a 3 K 6 ZB-131 Le JOURNAL INTIME de Zippy avec clé 9,95$ PAPIER A LETTRES ZIPPY ZB-195 Chandelle ZB-185 Alphabet ZB-190 Crayon ABONNEMENT AU MAGAZINE ZIP 10 numéros (1 an) 20,00 20 numéros 2 ans) 35,00 ZB-400 Le PORTE-CLES Zippy ZB-315 SAC POUR L’ECOLE ZB-160 MONTRE ZIPPY 19,95$ + taxe 6,95$ + taxe COMMANDES TELEPHONIQUES 1-800-463-8956 ZB-310 ETUI et 12 MARQUEURS 6,99$ CODE 241 COUPON D’ABONNEMENT Je désire abonner mon enfant au Magazine ZIP au prix spécial de 20$ pour 10 numéros ?ou 35$ pour 20 numéros ?et l’inscrire comme membre du Zip Club.CHÈQUE ?MANDAT-POSTE ?VISA ?MASTERCARD ?DATE D'EXPIRATION Mode de paiement: CARTE N NOM DE L'ENFANT SIGNATURE DATE DE NAISSANCE IA/M/J) ADRESSE VILLE Payable à : Le Magazine ZIP Adresse de retour PROVINCE TÉL(_______) Le Magazine ZIP Case postale 597 Beauceville (Québec) COM 1 AO CODE POSTAL SIGNATURE père ou mère M ')lume 26, numéro 4 SOMMAIRE Décembre 1987 ARTICLES SPÉCIAL LE GRAND NORD CANADIEN Par Jean-Marc Carpentier 14 18 22 24 26 n 30 34 40 La conquête inachevée de l’Arctique La conquête de l’Arctique, bien qu'incomplète, a révélé plusieurs secrets de cet immense territoire.Comprendre le Nord De nombreux chercheurs travaillent dans le Nord, surtout dans le domaine des mines, de l'énergie et de l’environnement.Une mer de pétrole Un milliard de barils de pétrole de la plus haute qualité attendent sous la mer de Beaufort.Polaris : un rêve glacé Exploiter la mine de zinc et de plomb Polaris, à -40° n’est pas une mince affaire.Les vedettes du Nord L’écosystème arctique est très fragile.Pourtant, une faune très bien adaptée vit dans cette région.Les habitants du froid Peuplant cette contrée depuis des millénaires, les Inuits ont vu leur mode de vie changé par les Blancs.IA TECHNOLOGIE DU SKI DE FOND L’évolution de ce sport a provoqué l’utilisation de nouveaux matériaux et procédés de fabrication.Texte et photos : Ève-Lucie Bourque NEWTON: 300 BOUGIES POUR LA GRAVITATION Héritiers de Newton, nous lui devons, entre autres, une oeuvre maîtresse : les Principia.Par Raynald Pepin Page 14 Page 30 I i Page 34 h CHRONIQUES 7 INTERVIEW David Suzuki: «La science demeure la plus belle expérience de ma vie.» Propos recueillis par Claude Forand 11 POUR OU CONTRE?Les fausses sciences Par Philippe Thiriart 38 FERNAND SEGUIN Sida: entre la vertu et la panique 43 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Les chutes à neige sale Un «pneu» dangereux pour la santé Une main artificielle pleine de promesses 48 DES SCIENCES À LOISIR L’informatique amateur Par Denis Gilbert 5 ENTRE LES LIGNES 10 COURRIER 47 LU POUR VOUS Vision, cœur et raison: l’ingénierie au Canada de 1887 à 1987 La nutrition : l’alliée de la médecine moderne 49 EN VRAC 50 PROCHAIN NUMÉRO Page 40 QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois Tan par les Presses de TUniversité du Québec.La direction laisse aux auteurs Tentière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Quatrième trimestre 1987, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère © Copyright 1987 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 3 RAPPORT AUX ANNONCEURS: ¦ mmm W H M W In to nn to i-ie-un-iw êteerite nom.adhésion absolue à O?J un code üe conduite; probité.L’intégrité est critique C’est l’organisme de pour une publication.vérification de la Elle commence par la diffusion à but non collecte de lucratif le plus ancien renseignements et la et le plus inportant du publication de rapports monde.Plus de 5 000 dans un esprit annonceurs, agences conforme à la de publicité et éditeurs déontologie.Cette ont conjugué leurs attitude s’étend efforts pour faire de également aux ventes l’intégrité de ABC la de publicité.Les norme en matière de annonceurs doivent diffusion.pouvoir se fier à Avant d’acheter de la l’exactitude des publicité, demandez à renseignements sur la voir un exemplaire du diffusion—qui tout dernier rapport de constituent la base des ABC.Nous nous décisions intelligentes ferons un plaisir de d’achat de publicité.vous en envoyer un.C’est pourquoi nous CS ICDEY CSIENTC soumettons nos vjUcDC\3ClcrM dossiers de diffusion à la vérification m ARPn Mem‘>re de indépendante de Audit 10 Alililv DliAUQU of Circulations Bureau of Circulations. QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.liée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, François Goulet, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Huguette Guilhaumon, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Gilles Provost, Fernand Seguin, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Réalisation graphique Line Nadeau Typographie Raymond Robitaille Photo couverture R.Hamburg Travel Arctic, Government of the N.W.T.Séparation de couleurs Les ateliers graphiscan liée Photogravure et impression Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec PUBLICITÉ Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Directeur de la commercialisation René Waty Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos: 25,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 44,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité 2,95$ À l’étranger: Régulier: (1 an/Il nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Surprise ! Ceux et celles qui pensaient que le nouvel habillage de Québec Science (papier glacé partout, un plus grand nombre de pages en couleurs, mise en page renouvelée, etc.) n’allait durer que le temps de souligner le 25e anniversaire, en novembre, se sont trompés.En fait, Québec Science a profité de l’occasion pour mettre fin, entre autres, à une pratique qui durait depuis dix ans: l’utilisation à la fois de papier glacé et de papier mat dans un même numéro.Bien d’autres bonnes surprises attendent encore nos lecteurs au cours de cette année du 25e anniversaire.Non ! la photo de notre collaborateur Jean-Marc Carpentier ci-dessous n’a pas été prise l’hiver dernier, mais bien au mois de.septembre 1987, alors qu’il effectuait un reportage de plus de deux semaines dans le Grand Nord canadien.« Un reportage, affirmait-il avant son départ, ça ne s’écrit pas en restant chez soi.Il faut aller voir sur place!)) Il avait bien raison.Les textes qu’il a écrits et les photos qu’il a prises sont si vivants qu’on s’y croirait presque.Ce grand reportage forme l’essentiel du présent numéro.Le Grand Nord canadien est d’ailleurs un de ces sujets dont plusieurs lecteurs de Québec Science redemandent et ce, depuis des années.Pendant ce temps (décidément, l’idée d’aller au-devant de l’hiver était à la mode chez nos collaborateurs, cet automne !), Ève-Lucie Bourque parcourait le nord de l'Europe.Elle a ramené de Suède un article sur la technologie du ski de fond, article qui, à la veille des Jeux olympiques d’hiver de Calgary, s’avère d’une grande actualité, tout en étant fort instructif.Isaac Newton ne faisait pas de ski de fond lorsque, il y a 300 ans, il a publié ses célèbres Principia.Apparemment, il ne mangeait pas de pommes non plus quand il a énoncé sa fameuse loi de la gravitation universelle.D’après Raynald Pepin, qui a poursuivi de longues recherches avant de rédiger un article — que le manque d’espace nous a contraints d’écourter —, Newton aurait inventé l'histoire de la pomme pour mieux faire comprendre la gravitation.De son côté, Fernand Seguin a choisi de traiter de l’attitude à prendre face au sida, quelque part entre la panique et la vertu.Enfin, ce numéro permettra à nos lecteurs de faire (ou de refaire) connaissance avec la personnalité par excellence de la communication scientifique au Canada anglais, David Suzuki.Si tous les scientifiques savaient être aussi intéressants et clairs que lui, les fausses sciences que dénonce Philippe Thiriart, dans la chronique «Pour ou contre?)) sembleraient sans doute moins alléchantes pour les esprits crédules.Pour abonnement ou changement d’adresse: QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery G1T2R1 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 5 Ü C EST NOTRE FETE / UNE RELIURE OUI.VOUS AVEZ BIEN LU.C'EST NOTRE FÊTE, MAIS C'EST NOUS QUI VOUS OFFRONS UN CADEAU! En effet, à l'occasion de son 25e anniversaire QUÉBEC SCIENCE a décidé d'offrir à tous les abonnés et anciens abonnés qui renouvelleront pour deux ans leur abonnement entre le premier novembre et le 31 décembre 1987, la splendide reliure* illustrée ci-contre.UNE VALEUR DE 7,50$ Mieux encore: cette offre est valable également pour tous ceux qui offriront QUÉBEC SCIENCE en abonnement-cadeau: ils recevront une reliure gratuite.Depuis plusieurs années déjà, nous savions que la plupart des abonnés collectionnaient QUÉBEC SCIENCE.Nous avons donc pensé vous faire plaisir.Et puis, n'est-ce pas normal qu’à 25 ans, une revue pense à se ranger?À 25 ans, QUÉBEC SCIENCE se range enfin ! On peut se procurer des reliures supplémentaires au prix de 7,50$ chacune (taxe incluse) en les commandant directement à: Québec Science, C.P.250, Sillery, Québec G1T 2R1, ou en utilisant le coupon prévu à cet effet au centre du magazine.La reliure pourrait différer de celles ilustrées.: .v INTERVIEWi DAVID SUZUKI : «La science demeure la plus belle expérience de ma vie.» par Claude FORAND 1 i\n \ i wi .« 11' ms W % avid Suzuki est l’un des plus ÊM grands vulgarisateurs scientifiques de notre époque.Il porte continuellement un regard critique sur les grandes questions scientifiques qui ont cours et sur les milieux scientifiques qui y sont confrontés.Bien qu’à ses yeux, la science ne soit pas sans limites, il la considère comme primordiale et comme l’une des activités les plus nobles qui aient jamais été inventées par l’homme.àü !U JE >6' ü( Québec Science — David Suzuki, vous venez de publier votre autobiographie intitulée Metamorphosis: Stages in a Life.À 52 ans, n’êtes-vous pas un peu jeune pour écrire vos mémoires?David Suzuki — (Rires) J’avais plutôt prévu une collection d’essais, mais mon éditeur a insisté! Alors, c’est devenu une autobiographie dont le titre peut vous sembler étrange.Mais n’oubliez pas que j’ai consacré ma carrière de chercheur à l’étude de la mouche à fruit.Son développement fascinant passe par toutes les étapes d’une «métamorphose»: de l’œuf, elle passe au stade larvaire et devient de plus en plus grosse.Puis, c’est un insecte tout à fait différent qui émerge, avec des pattes, des yeux, etc.J’ai transposé ces différentes étapes de croissance dans ma propre évolution, sur les plans professionnel et personnel.Q.S.— L’une de ces étapes, justement, fut votre carrière de chercheur en génétique à l’Université de Vancouver, qui vous a valu une réputation internationale.fiÜJ D.S.— Cela remonte à 1962.Je m’intéressais à une catégorie de mutations qui n’avait jamais été étudiée chez la mouche à fruit.Dans certaines conditions, les mouches semblaient parfaitement normales.Dans d’autres, les mutations provoquaient la mort.La variable en cause était la température.Après avoir étudié 250 000 mouches, nous avons découvert que le processus était réversible, selon que l’on augmentait ou abaissait la température.La sensibilité à la température démontra clairement que l’environnement exerce une action conjointement avec les gènes pour produire un résultat final.Notre découverte a soulevé beaucoup d’intérêt chez les généticiens.Ç.S.— Pourquoi, alors, avoir abandonné la recherche pour une carrière à la télévision?D.S.— C’est un peu par hasard.Lorsque j’enseignais à Vancouver, j’ai eu l’occasion d’animer une émission diffusée le dimanche matin sur le canal communautaire.Vous voyez le genre! Mais je pouvais parler des sujets qui me tenaient à cœur.C’est là que j’ai perçu le pouvoir énorme de la télévision pour sensibiliser le grand public à l’importance et aux implications de la science.Je pensais, bien naïvement, que j’arriverais à développer le sens critique du public envers la science.V.— Et ça a marché?D.S.— Pas du tout ! Avec 25 ans de recul en vulgarisation scientifique, j’avoue être assez déçu de constater que la télévision ne transforme pas les gens.C’est un médium superficiel.Le téléspectateur moyen regarde plusieurs heures d’émissions à chaque jour, pour passer le temps et se laisser distraire.Alors, il ne se rappelle que de vagues détails, peu importants.Le message global lui échappe.Récemment, un type m’a abordé pour me QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 7 Société Radio-Canada - «Je crois réellement que la science constitue l’une des activités les plus nobles de l’intelligence humaine.» féliciter d’une émission que nous n’avons jamais présentée! Mais je reste convaincu que The Nature of Things aide à former le sens critique d’une fraction de l’auditoire.C’est la raison qui m’encourage à continuer.Q.S.— Dans votre autobiographie, il est beaucoup question de l’influence qu'a eue votre père sur votre carrière.D.S.— Oui.Mon père était un passionné des activités de plein air, comme le camping ou la pêche.C’est lui qui m’a appris à aimer la nature.Il fut mon inspiration, mon héros et mon modèle.Encore aujourd’hui, il n’hésite pas à critiquer mes émissions s’il les trouve ennuyeuses ! Q.S.— Dans vos conférences, vous tapez sur les scientifiques et les politiciens, et l’on vous fait des ovations debout! Comment expliquez-vous cela?D.S.— C’est probablement à cause de mon attitude très sceptique, très critique face aux milieux scientifiques.Et parce que j’explique les choses dans un langage simple.Les scientifiques se cachent derrière un jargon technique et sont incapables de s’en détacher lorsqu’ils s’adressent au grand public.Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles! Ce n’est pas pour rien que Cari Sagan et Stephen Jay Gould sont les scientifiques les plus appréciés du public.Ils parlent dans un langage clair qui laisse passer leurs émotions.Q.S.— Avec une telle attitude, vous ne devez pas être très populaire dans les milieux scientifiques?D.S.— En effet.Mais c’est à eux qu’il faudrait en parler.Lorsque j’ai décidé d’expliquer la science au grand public, je crois que les chercheurs m’ont considéré comme un scientifique de troisième ordre, un traître à la science.C’est à la fin des années 70, lorsque les subventions en recherche ont diminué, qu’ils ont soudain compris que leur survie comme chercheurs dépendait de l’appui de la population envers leurs travaux.Depuis, ils sont devenus plus ouverts pour expliquer leurs recherches.Malgré tout, beaucoup d’entre eux me considèrent encore comme une sorte de danger public.L’un des spécialistes en biologie moléculaire les plus éminents au Canada, un homme que j’admire énormément, m’a affirmé à plusieurs reprises que je cause un tort énorme, parce que le grand public se retourne contre la science.Je suis en désaccord total avec lui.Je crois au contraire que la science profite d’une telle attitude critique, parce que les individus parviennent à mieux la comprendre et à mieux se mêler aux débats en cours.Q.S.— Vous avez souvent déploré le manque de «responsabilité sociale» des scientifiques dans leurs travaux.D.S.— Et je continue à le faire.Beaucoup d’entre eux militent activement contre la guerre nucléaire, mais j’attends encore qu’ils admettent leur responsabilité dans la situation actuelle.Je ne crois pas que les bombes à neutrons, les lasers sophistiqués, etc., viennent de l’imagination fertile des stratèges militaires.Ces appareils sont conçus par des hommes de science et assemblés par des ingénieurs.Des individus qui sont souvent nos collègues et nos étudiants.Malheureusement, les questions d’éthique et de morale en science ne font pas partie de la formation reçue.Personne n’est entraîné à réfléchir à ces questions pourtant SCIENTIFIQUE ET VULGARISATEUR Qui ne connaît pas David Suzuki?Il y a près de 25 ans, ce docteur en génétique, spécialiste de la mouche à fruit, a quitté son laboratoire austère de l’Université de Vancouver pour rejoindre le public, par le truchement de la radio et de la télévision, au réseau anglais de Radio-Canada (CBC).Et ce fut un succès.Le Dr Suzuki a reçu en 1986 le prix Kalinga, équivalent d’un prix Nobel en communications, qui reconnaît le travail exceptionnel d’un vulgarisateur scientifique.Avant lui, cette distinction avait été attribuée à des communicateurs aussi exceptionnels que Bertrand Russell, Margaret Mead et Fernand Seguin.Son talent pour expliquer clairement des enjeux scientifiques souvent complexes lui a valu d’autres honneurs.Une vingtaine de doctorats honorifiques et de distinctions importantes lui ont été attribués au fil des années.David Suzuki a eu la piqûre de la vulgarisation scientifique en réalisant une série d’émissions pour un canal communautaire, au début des années 60, alors qu’il était professeur.Ses émissions les plus appréciées furent Suzuki on Science, une série télévisée de 40 épisodes, à l’antenne de la CBC, consacrée à des entrevues avec d’éminents chercheurs canadiens et américains.Suivirent, de 1975 à 1980, Science Magazine, ainsi que Quirks and Quarks (1976-1979) à la radio.Ces trois programmes ont servi à façonner le style de David Suzuki et son talent, confirmés dans des émissions plus récentes telles que The Nature of Things et A Planet for the Taking.En raison de ses origines asiatiques, ce Nippo-Canadien de troisième génération a aussi connu l’humiliation des camps de travail de Vancouver, lorsqu’il était enfant pendant la Deuxième Guerre mondiale.Une expérience qui l’a marqué et qui explique qu’il ait milité activement dans les causes portant sur les droits de la personne, depuis ses années de collège.Pour les besoins de la télévision, David Suzuki passe la moitié de son temps à l’étranger.Il a malgré tout trouvé le temps de publier son autobiographie '.1.Metamorphosis : Stages in a Life, Stoddard, 1987, 302 p.I s 8 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE essentielles, envisager un science.Peut-être faudrait-il code d’éthique en Q.S.— C’est la raison pour laquelle vous fondez tant d’espoirs sur les jeunes?D.S.— Oui.Je viens de publier une série de livres — « Looking at.» — destinés à mettre les enfants en contact avec leur propre corps, les plantes, les insectes, et à leur faire découvrir que tout cela est fascinant, pas répugnant ! C’est intéressant de constater que, même en bas âge, les préjugés familiaux sont déjà présents.Mettez une fillette de six ans en présence d’une araignée.Brrr ! Elle va mourir de peur.Quant au garçon, il veut l’écraser à tout prix.Mais lorsqu’on les prend à la maternelle, les enfants ont encore ce pouvoir de curiosité et d’émerveillement face au monde extérieur.C’est à cet âge qu’on a le plus de chance de passer le message et d’en faire des adultes respectueux de l’environnement.Malheureusement, ça ne semble pas être l’attitude des gouvernements, lorsque vient le temps d’allouer des ressources budgétaires.Q.S.— Quel message faites-vous passer à vos propres enfants?D.S.— Ma famille tente de conserver des liens avec la nature.Nous faisons des promenades dans la nature, ramassons des coquillages sur la plage, des roches, etc.J’essaie de maintenir intact leur pouvoir de fascination, ce qui commence d’ailleurs à me causer de sérieux problèmes! Lorsque nous voyageons, mes deux fillettes tiennent absolument à avoir avec elles leur ménagerie: un chat, deux lapins, trois salamandres, sept poissons rouges, deux cochons d’Inde et deux hamsters.Et, en plus, elles voudraient avoir un chien! Q- S.— Voyez-vous la science comme le remède à tous nos maux?D.S.— Surtout pas ! La science a fait un excellent travail en faisant reculer la superstition et l’ignorance qui entouraient notre univers physique.rm ***• « La science a fait un excellent travail en faisant reculer la superstition et l’ignorance qui entouraient notre univers physique.Mais il ne faut pas confondre la capacité d’expliquer notre univers avec la capacité de tout expliquer !» Mais il ne faut pas confondre la capacité d’expliquer notre univers avec la capacité de tout expliquer! Par exemple, la science est impuissante devant les grandes questions de l’heure liées à l’usage des nouvelles technologies médicales: l’euthanasie, la conception artificielle, la manipulation génétique, etc.Or, ce sont justement les questions les plus importantes, auxquelles devront faire face les milieux scientifiques dans les années à venir.Q.S.— Êtes-vous encore en rapport avec le milieu universitaire?D.S.— Indirectement, oui.Mais plus comme professeur.J’ai longtemps enseigné à temps partiel tout en faisant de la vulgarisation scientifique à la télévision et à la radio, car je croyais ce lien nécessaire.Maintenant, j’habite à Toronto durant l’année et à Vancouver l’été, où je donne des conférences sur l’importance de l’enseignement supérieur.Je le fais pour le compte de l’Université de Vancouver.Q.S.— La science conserve encore une place de choix dans votre vie?D.S.— Ça demeure la plus belle expérience de ma vie ! Je crois réellement que la science constitue l’une des activités les plus nobles de l’intelligence humaine.Mais nous avons atteint un point où les scientifiques ne peuvent plus ignorer la portée de leurs découvertes.QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 9 Société Radio-Canada COURRIER UN CRATÈRE À VISITER J’enseigne dans une école inuit, au nord du Québec.Mes collègues et moi aimerions nous rendre au cratère du Nouveau-Québec, celui-ci n’étant pas très loin de notre village.Nous aimerions avoir des renseignements d’ordre géologique, géographique et historique concernant ce fameux cratère.Guy Bordeleau Wakeham Bay Le cratère du Nouveau-Québec est situé à 480 km, au nord-ouest de Kuujjuaq.Il a un diamètre de 6 km et occupe la position géographique suivante: latitude: 61° 17', longitude: 73° 40'.Selon M.Daniel Lamothe, géologue au ministère québécois de l’Énergie et des Ressources, le cratère du Nouveau-Québec aurait environ 5 millions d’années.Il est l’un des rares cratères météoriques qui soit bien préservé et l’un des plus récents.H aurait été creusé par la chute d’un météorite d’un diamètre estimé entre 160 et 300 m.Cette masse de plusieurs milliards de tonnes arrivant à une vitesse de 15 à 20 km/sec., soit 10fois celle d’une balle de fusil, explique toute la puissance de l’énergie dégagée (l'équivalent d’au moins 300 bombes atomiques comme celle d’Hiroshima).Le météorite n'avait pourtant pris qu’une demi-seconde environ pour traverser l’atmosphère.Bien que moins spectaculaire qu’en été, la visite du cratère du Nouveau-Québec en hiver est plus facile et moins dispendieuse car on peut s’y rendre en motoneige.Le grand intérêt de cette visite, est la forme parfaitement circulaire du lac, phénomène géologique que l’on peut observer de très près, en se tenant sur le bord du cratère.Bon séjour ! LE SIDA EN AFRIQUE J’aimerais formuler quelques remarques au sujet de l’article de Jean-Marc Carpentier, intitulé «L’Afrique face au sida» et publié dans le numéro de septembre 1987.Il est sans doute exact d’écrire que le sida est devenu la première cause de décès au département de médecine interne de l’hôpital Marna Yemo, mais il aurait été aussi important de souligner que cela ne signifiait pas pour autant que le sida est la première cause de décès dans le pays.Contrairement à ce qui se passe dans notre pays, au Zaïre comme dans la majorité des pays en développement, les gens, lorsqu’ils sont malades, ne vont pas nécessairement à l’hôpital.De toute façon, les données statistiques provenant de ces pays sont peu fiables.C’est pourquoi il est impossible, pour l’instant, d’avoir des données exactes sur les causes de morbidité et de mortalité dans ces pays.M.Carpentier affirme également que «l’inquiétude est telle qu’on songe même à remettre en question certaines campagnes de vaccination, de peur de propager les maladies plutôt que de les enrayer».J’aimerais vous informer que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF ont ppis des mesures importantes pour que la vaccination ne devienne jamais un vecteur de transmission du sida.Entre autres, on a renforcé et amélioré les techniques de stérilisation du matériel.De plus, la politique admise et appliquée maintenant, dans la plupart des pays, est d’utiliser une seringue par personne vaccinée, alors qu’auparavant on utilisait la même seringue pour plusieurs personnes.Jusqu’à maintenant, il n’y a aucun cas prouvé de sida contracté lors d’une vaccination.J’ai rencontré les responsables des programmes élargis de vaccination de seize pays en développement (majoritairement africains et parmi les plus touchés par le sida), au cours des dix derniers mois, et dans aucun de ces pays, on n’a fait mention de la possibilité de remettre en question la vaccination à cause du sida.Tous sont très conscients: 1.que la vaccination n’est pas en cause dans la transmission du sida jusqu’à maintenant ; 2.que l’arrêt de la vaccination causerait encore plus de tort que sa continuation; 3.qu’il est important de prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que la vaccination ne devienne jamais une cause de transmission du sida.Quoi qu’il en soit, comme il est mentionné dans l’article de M.Carpentier, c’est d’abord et avant tout par relations sexuelles que se transmet le sida en Afrique et on ne demande pas pour autant aux gens de mettre fin à leurs relations.Louise Galarneau, M.D.directrice adjointe Programme canadien d’immunisation internationale Une publicité dans QUÉBEC SCIENCE rejoint près de 100 000 lecteurs Contactez Mme Marie PRINCE (418) 657-3551 poste 2842 L'Institut Armand-Frappier 1938-1988 une université de recherche au service de la santé publique.Université du Québec Institut Armand-Frappier LA RECHERCHE: microbiologie appliquée, épidémiologie et médecine préventive, immunologie, médecine comparée, sciences appliquées à l'alimentation, virologie,immunochimie médicinale.LES PROGRAMMES: Maîtrise en microbiologie appliquée Maîtrise en virologie Doctorat en virologie Bureau du registraire, Institut Armand-Frappier, 531, boulevard des Prairies, Laval (Québec) J7N 9Z9 Téléphone: (514) 687-5010 10 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE POUR OU CONTRE?.up il ut F- Z Les fausses sciences par Philippe THIRIART Il est trompeur de dire que le but de la connaissance scientifique est l’explication des événements.Les religions et les philosophies ont produit des quantités d’explications depuis toujours, mais elles ne sont pas des sciences.Ce sont la prédiction et la maîtrise des événements qui caractérisent la connaissance scientifique.Cette prédiction et cette maîtrise ont donné naissance à une technologie dont chacun tire profit sans toujours la comprendre.Les gens respectent la science pour son efficacité objective dans la prédiction et la maîtrise des phénomènes.Apparemment, les partisans des pseudo-sciences, de l’ésotérisme, du para-normal et des médecines parallèles endossent cette conception de la science.Ils considèrent que leurs approches leur permettent de mieux prédire et de mieux maîtriser les événements.Ils affirmeront, souvent sincèrement, avoir expérimenté — ou plus exactement «expériencé» — ces approches avec succès.Ainsi, ils considèrent que l’expérience vécue et l’intuition suffisent pour décider de ce qui est réel ou pas, de sorte que la lourde méthodologie scientifique leur paraît abstraite, artificielle et inutile.L’être humain ne peut-il pas se fier à lui-même pour savoir ce qui est réel ou pas?Eh bien ! justement, non ! L’expérience vécue et l’intuition ne suffisent pas pour savoir ce qui est réel ou pas.Cette insuffisance est une constatation banale en psychologie et en médecine.Les effets placebos nous le rappellent sans cesse.En particulier, une expérience récente l’illustre de façon remarquable.Imaginez-vous devant une boîte munie d’un bouton et d’une ampoule.Vous désirez allumer l’ampoule le plus souvent possible, car à chaque fois vous gagnez 25 e, sans savoir si pour cela vous devez appuyer sur le bouton ou vous abstenir d’y toucher.En effet, chaque fois qu’un signal vous est présenté, vous devez décider d’appuyer ou non sur le bouton, à la suite de quoi l’ampoule s’allumera ou ne s’allumera pas.Vous disposez de 40 essais pour découvrir comment agir avec le bouton afin de maximiser vos profits.En fait, l’appareil est programmé pour que l’ampoule s’allume la moitié des fois où vous appuyez sur le bouton, ainsi que la moitié des fois où vous n’y touchez pas.Que vous appuyiez ou non sur le bouton, cela ne change rien.Votre degré de contrôle sur l’apparition de la lumière est nul.À la fin des 40 essais, l’expérimentateur vous demande quel degré de contrôle vous pensez avoir exercé sur l’apparition de la lumière.Que répondrez-vous?Si vous êtes un sujet déprimé (sélectionné initialement au moyen d’un test valide de dépression), vous vous apercevrez le plus souvent de la réalité: vos actions n’ont pas d’influence sur l’apparition de la lumière.Si vous êtes un sujet «normal» (non déprimé), vous allez habituellement croire, à tort, que vous possédez un certain pouvoir sur l’apparition de la lumière.Ainsi, cette expérience suggère qu’être normal c’est s’illusionner à propos de son influence sur le réel.Cette expérience fait comprendre combien il est facile de devenir superstitieux et d’utiliser des processus magiques objectivement inefficaces.Nous achetons et utilisons en quantité des remèdes qui sont considérés comme inutiles, et même parfois nocifs, d’après les recherches médicales expérimentales.Nous consommons certains traitements psychologiques dont l’efficacité n’a jamais été objectivement démontrée et qui sont potentiellement nocifs.Tout comme leurs clients, les spécialistes sont victimes de cette illusion de contrôle dans leur pratique.Notre intuition et notre expérience vécue ne suffisent pas pour savoir ce qui est réel ou non, car elles nous aident justement, entre autres, à conserver notre motivation devant l’action et la vie en général, en déformant la réalité si nécessaire.Mais comment pourrions-nous vivre sans nous fier, la plupart du temps, à notre intuition et à notre expérience vécue?Nietzsche n’a-t-il pas écrit: «Toute extrême circonspection à conclure, toute tendance sceptique constituent à elles seules un grand danger pour la vie»?Dans la vie, le plus souvent, il est préférable d’agir, même quand les informations sont incomplètes, ce qui est fréquent.De plus, il est souhaitable d’oublier que nos décisions reposent sur des informations incomplètes et que les conséquences de nos actions sont peu prévisibles, autrement l’anxiété nous rongerait.Il nous faut donc échapper à l’indécision et à l’angoisse de l’incertitude.Dans ce but, nous appelons à l’aide les fausses sciences et la superstition.Le faux scientifique ou le devin nous suggéreront une ligne de conduite et nous la suivrons avec espoir et avec confiance.Si le sorcier fait preuve de sens commun, ses conseils ne seront ni meilleurs ni pires que ceux des amis ou des voisins.Mais s’il se croit investi d’un don supérieur, il risque d’imposer ses fantasmes pour le malheur de son client.En un sens, c’est lorsque les sorciers croient en leurs propres pouvoirs qu’ils sont le plus dangereux.Sûrs d’eux-mêmes jusqu’à l’arrogance, ils peuvent donner des conseils fantasmatiques, imposer des traitements aberrants ou des exigences outrancières à leurs clients ou clientes, à leurs disciples.Ainsi demeure le problème de l’exploitation de l’humain par l’humain.Nombreuses sont les personnes qui placent leur confiance et leur argent dans les mains de guérisseurs, d’astrologues, de devins, de gourous et autres thaumaturges.En outre, ces sorciers prétendent souvent disposer de connaissances scientifiques nouvelles et extraordinaires.Face à ces prétentions abusives, nous ne pouvons pas rester passifs.Nous nous devons de défendre la pensée scientifique en adoptant activement une position sceptique.Pour Robert Pirsig, «le véritable but de la méthode scientifique n’est-il pas de s’assurer qu’on ne s’imagine pas savoir ce qu’en fait on ignore»?(Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes).Philippe Thiriart est professeur de psychologie au collège Édouard-Montpetit à Longueuil et membre fondateur des «Sceptiques du Québec» C.P.96, Sainte-Élisabeth (Québec), JOK 2J0 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 11 LE GRAND N Un dossier de Jean-Marc CARPENTIER * faut surtout éviter de romancer le Nord», m’avait dit un fonctionnaire fédéral à Ottawa.Il avait sans doute raison.Pourtant, comment ne pas succomber à la magie de ce monde arctique situé aux confins de notre planète ?De ce monde où la vie semble avoir poussé jusqu’aux limites les plus absolues sa prodigieuse capacité d’adaptation ?Comment ne pas être ému par le peuple inuit qui, après avoir mis des siècles à se tailler une place dans un écosystème inhospitalier, a dû faire face à une colonisation méprisante et avilissante ?En même temps qu’ils cherchent à retrouver leur équilibre social, les Inuits doivent maintenant passer de l’âge de pierre au XXIe siècle.Ce qui frappe dans le Nord, c’est cette omniprésence de la nature à l’état pur.Une nature où l’être humain reprend sa place de simple animal intelligent qui doit lui aussi lutter pour sa survie.L’écosystème nordique est ténu et sa trame limpide le rend encore plus spectaculaire.Il faut d’abord comprendre ce territoire si particulier, comprendre que, loin d’être un désert blanc, ce monde est vivant et fragile.Le Nord, c’est la toundra dont le territoire commence au-delà de la ligne des arbres.Le froid intense, le manque d’humidité et la présence de pergélisol empêchent les arbres de croître dans l’Arctique.Ceux qui réussissent à imposer leur présence ont presque l’allure de bonsaïs.C’est ainsi qu’on peut compter jusqu’à 200 anneaux, qui représentent autant d’années, dans un petit tronc de la grosseur du doigt.Dans l’Arctique, le temps et l’espace semblent perdre toute réalité.On se surprend à revivre en pensée les épopées des explorateurs du siècle dernier qui ont affronté dans un match inégal les dangers du monde arctique.On scrute, malgré soi, l’horizon de cet océan glacé en espérant peut-être y voir le fantôme du Terror ou du Erebus.C’est à bord de ces deux navires que Sir John Franklin et ses 129 marins partirent à la recherche du passage du Nord-Ouest en mai 1845.Emprisonnés par les glaces, harcelés par le froid et torturés par la faim, les équipages luttèrent plus de deux ans avant de se résoudre à abandonner leurs navires pour regagner le sud par la terre ferme.A ucun des hommes ne devait revenir vivant de cette aventure dont le dénouement reste mystérieux encore aujourd’hui.Le Nord, c’est le dernier «far-west» canadien où la nature refuse de s’en laisser imposer par l’humanité conquérante.C’est aussi une réserve extraordinaire de richesses minières et pétrolières dont l’exploitation posera des défis à la fois technologiques, environnementaux et sociaux.Sans tomber dans le piège d’un exotisme complaisant, il faut s’efforcer de respecter les particularités de ceux qui ont été les premiers à y vivre.Le Nord, enfin, c’est un territoire dont le Canada n’a pas encore achevé la conquête politique; un territoire où il doit imposer sa présence et sa souveraineté face aux États voisins.* La rédaction de cette série d'articles a été réalisée dans le cadre du programme de sensibilisation du public aux sciences et à la technologie du gouvernement du Canada. DC AN ADI Wmmm.1 ‘ ¦&0sm mm3 êmwêfëg&zt mi-MÆ M mm ^‘-' • fê; £jr: * V • Vv- fiMm fïm§m grSnd nord Après plus de quatre siècles et à la suite d’expéditions nombreuses et souvent funestes, la conquête de l’Arctique, bien qu’encore incomplète, a révélé la moindre parcelle de cet immense territoire.I Arctique canadien est resté 1 un monde pratiquement inconnu jusqu’à il y a moins de 100 ans.Les Vikings y ont sans doute circulé vers l’an 1000.Ils auraient même débarqué sur la terre de Baffin et établi un campement à Terre-Neuve.Les morutiers anglais, bretons et basques sont venus pêcher sur les bancs de Terre-Neuve depuis au moins le XVe siècle sans trop se préoccuper de savoir jusqu’où s’étendaient les terres avoisinantes et qui y vivait.En 1497, le Vénitien Jean Cabot, alors au service d’Henri VII d’Angleterre, explora les côtes de Terre-Neuve et clama, à son retour en Angleterre, qu’il avait atteint ce qu’il pensait être les rives de la Chine.Pour les Anglais, la possibilité de se rendre en Extrême-Orient par mer et via un passage qu’ils seraient les seuls à contrôler revêtait une importance stratégique considérable.La recherche de ce fameux passage du Nord-Ouest allait devenir la force motrice de l’exploration de l’Arctique pendant plus de quatre siècles.Un peu moins d’un siècle après Cabot, Martin Frobisher monta une série d’expéditions au cours desquelles il explora la terre de Baffin et y découvrit la baie qui porte encore son nom.De son expédition, financée principalement par des marchands, il ramena en Angleterre près de 1 500 tonnes de minerais sans valeur qu’il croyait contenir de l’or.C’est cependant John Davis qui, quelques années seulement après Frobisher, cartographia en détail les côtes du Labrador et du Groenland, et explora le sud de la terre de Baffin.Il établit de nombreux contacts avec les Inuits et fit même du troc avec eux.C’est également à cette période que Henry Hudson découvrit la baie qui porte maintenant son nom et sur laquelle William Baffin réussit à naviguer jusqu’au 78e degré nord.À LA RECHERCHE DU PASSAGE DU NORD-OUEST is Comme celles de leurs prédécesseurs, les cartes de Davis, de Hudson et de Baffin étaient imprécises.En effet, jusqu’à l’invention du chronomètre, en 1735, il était impossible d’établir précisément la longitude géographique.En mesurant le décalage horaire entre deux régions, le chronomètre permettait de calculer facilement la longitude.Comme la latitude était facile à définir en fonction de la position des astres, les navigateurs purent donc, à partir de 1735, établir précisément leur position sur la planète et dresser ainsi des cartes beaucoup plus précises.L’expédition la plus fructueuse, après l’invention de ces moyens plus modernes de navigation, a sans aucun doute été celle de William Parry en 1819.Au cours d’un voyage de deux ans, il explora le détroit de Lancaster, contourna le pôle nord magnétique et atteignit une longitude de 112 degrés ouest, ce qui correspond à la ligne séparant l’Alberta de la Saskatchewan.Combinées aux découvertes effectuées par voie terrestre par Samuel Hearne et Alexander Mackenzie en 1770 et 1789, les observations de Parry donnèrent une idée assez juste de la géographie du territoire arctique.Le fameux passage du Nord-Ouest restait cependant toujours in-franchi.En 1845, Sir John Franklin quittait Londres avec deux navires et 129 hommes d’équipage.Leur but: suivre la route empruntée par Parry et tenter d’atteindre la mer de Béring, de l’autre côté de l’Amérique.Personne ne devait les revoir vivants.Nous savons aujourd’hui qu’après avoir exploré le canal Wellington, ils redescendirent vers le sud dans le détroit de Victoria.C’est là qu’ils furent coincés par des banquises de glace dont ils ne devaient jamais réussir à se libérer.Franklin et 21 de ses marins moururent au cours du deuxième hiver passé dans les glaces.l'qt M » H :b.iftu iPi IM ml.ta» a: ai a üii 3b iaj Uil pi :ts N H Ê i;; |Vt|] % Ci- % n 14 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE BEAUFORT -T=0\ PÔLE NORD N.MAGNETIQUE ^ PARRY 1819-20 FRANKLIN 1845-47''-.W/ Tuktovaktuk VICTORIA L'exploration du Grand Nord canadien s’est poursuivie pendant plus de quatre siècles Les grands explorateurs de l’Arctique, entre autres, William Parry (~) et Sir John Franklin (-) recherchèrent à leurs risques et périls, le passage du Nord-Ouest qui devait relier l'A tlantique au Pacifique en passant par l’Arctique canadien.Finalement, ce fut un Danois, Roald Amundsen, (• •) qui le franchit le premier en passant au sud de nie Victoria, en 1906 Iqaluit FRANKLIN 1 81 9-22'5M'l'e"°wkmfe QUEBEC BAIE D’HUDSON pit S3lb k up- pi # pa J- ü IV t Ayant compris qu’ils ne pourraient jamais dégager leurs navires, les survivants partirent le printemps suivant pour tenter de regagner le sud par la terre ferme.Ils moururent un à un de froid, de faim et de désespoir.En 1848, sans nouvelles de l’expédition depuis trois ans, l’amirauté britannique sonna l’alarme.Au cours des dix années qui suivirent, une quarantaine d’expéditions furent lancées à la recherche de Franklin et de ses hommes.Même si aucune ne réussit à retrouver les explorateurs perdus, elles contribuèrent considérablement à la connaissance du territoire arctique.Explorant les moindres îles à la recherche d’indices pouvant révéler le destin de l’expédition perdue, cette nouvelle vague d’explorateurs cartographia en détail une grande partie du territoire arctique.LE NORD ENTIÈREMENT CARTOGRAPHY Malgré quatre siècles d’efforts de la part de l’amirauté britannique, la première expédition à franchir le passage du Nord-Ouest ne fut pas anglaise.C’est plutôt le Danois Roald Amundsen qui réussit le premier cet exploit en 1906, alors que l’Américain Robert Peary arrivait le premier au Pôle Nord, trois ans plus tard.La région polaire constitue sans doute la partie de la planète dont l’exploration aura été la plus longue et la plus difficile.En fait, on peut même dire que l’œuvre colossale entreprise par les explorateurs de l’Arctique vient à peine d’être achevée.Car c’est seulement l’été dernier que les services de cartographie de l’armée canadienne ont terminé l’analyse géographique détaillée de cette région, qui constitue plus du tiers du territoire canadien.Un travail qui aura pris plus de vingt ans.Ces nouvelles cartes viennent compléter un ensemble de 13 000 qui représentent la totalité du territoire canadien à l’échelle de 1:50 000 (un cm sur la carte représente 500 m de territoire).Ce nouveau jeu de cartes remplacera la génération précédente dont la résolution était cinq fois moins grande.Les nouvelles cartes du Nord sont donc maintenant assez détaillées aussi bien pour servir de trame à l’exploitation minière ou touristique de cette région que pour guider avec précision les militaires sur le terrain.L’armée, qui s’intéresse de plus en plus au Grand Nord, poursuivra dorénavant son travail en cartogra- phiant les fonds des principaux passages sous-marins qui unissent les masses d’eau de l’Arctique.Ces cartes, qui resteront probablement secrètes, permettront aux futurs sous-marins nucléaires canadiens de naviguer en toute sécurité dans cette région, comme le font les Américains et, probablement, les Soviétiques depuis une trentaine d’années.De son côté, le Service hydrographique canadien poursuit sa cartographie des eaux navigables à l’aide de plus de 180 embarcations de toutes sortes.On teste également, depuis 1985, un système aéroporté de bathymétrie qui utilise des rayons laser pour établir rapidement la profondeur des eaux survolées.Toutes ces cartes sont essentielles au développement des régions arctiques, lequel repose nécessairement sur une utilisation massive du transport maritime.DES EXPLORATEURS MIEUX ÉQUIPÉS Mais, selon le capitaine Flint du M.V.Arctic de la Canarctique Ltée, c’est d’abord et avant tout la glace qui complique la navigation dans l’Arctique.«Dans la mer de Beau-fort, il n’y a pas de terres pour arrêter les bancs de glace qui descendent de QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 15 KHHH Un nom, deux époques.C’est avec ce bateau de bois, /’Arctic, que le capitaine Joseph-Elzéar Bernier prit possession de tous les territoires arctiques au nom du gouvernement du Canada, en 1909.Quel contraste avec le brise-glace M.V.Arctic conçu pour naviguer dans plus d’un mètre de glace, géant d’acier équipé d’un véritable laboratoire flottant ! F^— la banquise polaire.Quand la glace arrive, les navires doivent partir.Dans l’Arctique de l’Est, ce sont surtout les icebergs qui posent des problèmes.» Le M.V.Arctic est le seul cargo canadien capable de naviguer de façon continue dans plus d’un mètre de glace (classe IV).Ce navire est sans doute le meilleur exemple du type de bâtiment sur lequel le Canada devra compter pour mettre en valeur les richesses de l’Arctique et desservir adéquatement la soixantaine de communautés éparpillées sur cet immense territoire.Le M.V.Arctic reprend d’ailleurs le nom du navire sur lequel le capitaine J.E.Bernier a effectué ses nombreux voyages dans l’Arctique au début du siècle.Le vieux bateau de bois du capitaine Bernier avait cependant bien peu de choses en commun avec le cargo d’acier de 220 m qui sillonne l’Arctique depuis bientôt dix ans.En fait, le M.V.Arctic )ont le double rôle de cargo et de navire laboratoire.Il est farci de détecteurs qui mesurent le stress subi par sa coque et la déformation de celle-ci quand elle brise la glace.Le profil de l’étrave a d’ailleurs été complètement redessiné à deux reprises afin d’optimiser la fonction brise-glace du cargo qui peut maintenant sillonner l’Arctique sans l’escorte de la garde côtière canadienne.Pour ce qui est de la navigation, l’équipage du M.V.Arctic a à sa disposition des équipements que n’auraient même pas pu imaginer les grands explorateurs du siècle dernier.En plus de disposer de moyens de communication par radio et de radars capables de percer les brouillards les plus épais, des navires modernes comme le M.V.Arctic se servent des satellites pour connaître instantanément leur position.Leur timonerie peut également recevoir des photos des différentes régions de l’océan Arctique qui sont retransmises quotidiennement par les satellites américains et soviétiques.Ces images indiquent les zones d’eaux libres et montrent la position des principales banquises à éviter.Compilées sur plusieurs années, ces observations permettent de déduire le comportement général des glaces et de recommander certains trajets où les rencontres désagréables sont moins probables.Les données retransmises par les satellites sont cependant trop globales pour guider le navire avec précision.«Pour des images plus détaillées, précise le capitaine Flint, on peut demander à un avion d’aller voir de plus près.» Ces avions sont équipés de radars et peuvent donner une image détaillée des conditions de glace et ce, même dans l’obscurité ou sous une couverture de neige.Les radars permettent même d’évaluer l’âge et donc la dureté des plaques de glace qui dérivent sur l’océan.«Il ne faut pas, explique le capitaine Flint, se faire coincer entre deux plaques.» C’est pour éviter ce genre d’ennuis que le Service de l’environnement atmosphérique d’Environnement Canada vient d’investir plus de 75 millions de dollars dans la modernisation de son système d’analyse des glaces qui devient du même coup le plus perfectionné du monde.Ainsi, les données recueillies par les différents satellites et les avions de reconnaissance seront transmises instantanément, via un satellite Anik, vers le Centre des glaces à Ottawa, pour être intégrées et traitées graphiquement avant d’être retransmises en moins de six heures sous forme de cartes et de prévisions.Le lancement du satellite canadien de télédétection Radarsat, prévu pour le début des années 90, viendra ajouter une nouvelle source de données à ce dispositif déjà impressionnant.Les timoneries des navires modernes qui sillonnent l’océan Arctique regorgent d’équipements électroniques permettant aux navigateurs d’affronter les dures conditions nordiques dans un match un peu plus égal qu’autrefois.Confortablement installé dans le poste de pilotage d’un navire de la trempe du M.V.Arctic, on ne peut s’empêcher de penser aux explorateurs du siècle dernier qui disparaissaient dans les brumes arctiques pour n’en ressortir que quelques années plus tard après avoir affronté le froid, la faim, la maladie et la peur, quand ils en ressortaient.?16 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE Arctic: Jean-Marc Carpentier > £v_ / r En avez-vous assez de subir les intempéries?Découvrez la nouvelle génération Chlorophylle .Voici une nouvelle génération de vêtements et équipements spécialisés qui vous aideront à mieux apprécier votre séjour en plein air.C’est le fruit de centaines d’heures passées en montagne, en rivière, sur la mer ou sous la terre, partout à travers le monde."y -cr La recherche de matériaux de plus en plus efficaces et le souci d’apporter une contribution au monde du plein-air constituent une part importante des préoccupations de notre équipe.L’innovation est la philosophie de base de Chlorophylle.Les nouveaux produits sont mis à l'épreuve dans les environnements climatiques les plus rigoureux, afin d’en assurer les qualités de construction et de design.Que ce soit pour les loisirs ou le travail peu importe, au fond ce que nous voulons c’est que vous gardiez le 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d’arbre entouré de quelques souches.On comprend son étonnement quand on sait que cette île se trouve à une latitude d’environ 80 degrés, soit à plusieurs milliers de kilomètres au nord de la ligne des arbres, là où seuls quelques lichens réussissent habituellement à survivre.Après avoir posé son hélicoptère, Paul Tudge constata qu’il venait de découvrir une forêt entière complètement fossilisée.Au cours des deux étés suivants, le géologue James Basinger de l’Université de Saskatchewan retourne sur Les géologues James Basinger et Jane Francis de l’université de Saskatchewan examinent la souche encore enracinée d’un séquoia qui devait avoir plus d’un mètre de diamètre, il y a 45 millions d’années.Dans cette forêt fossilisée de l’tle Axel-Heiberg, on a retrouvé des centaines de souches très bien conservées et d’autres vestiges d’une vie qui semble s’être figée dans le temps.l’île pour étudier cette curieuse forêt peuplée de séquoias, de sapins et d’autres variétés d’arbres qui n’existent plus de nos jours.Même si cette forêt est morte depuis plus de 45 millions d’années, certaines souches sont encore parfaitement enracinées et le sol est jonché de branches qui peuvent atteindre jusqu’à 10 m de longueur.Il suffit également de gratter le sol pour découvrir des feuilles tombées longtemps avant que les ancêtres des premiers humains ne soient apparus sur terre.Les chercheurs ont même découvert des insectes, des champignons et des petits vertébrés dans ces arbres qui devaient atteindre plus de 50 m de hauteur.Contrairement aux autres forêts fossilisées, celle de l’île Axel-Heiberg ne s’est pas pétrifiée.Les troncs d’arbres peuvent même être coupés et brûlés.Tout est comme si le temps s’était tout simplement arrêté sur cette île.JADIS, UN CLIMAT TROPICAL L’île d’Ellesmere, qui fait partie de la même formation géologique, vient également d’être le théâtre d’autres découvertes tout aussi fascinantes.On y a, par exemple, trouvé un squelette de rhinocéros et des palourdes géantes fossilisées de plus d’un mètre de long.Selon George Hobson, directeur de l’Étude du plateau continental polaire (ÉPCP) à Énergie, Mines et Ressources Canada, toutes ces découvertes confirment que la région a déjà joui d’un climat tropical semblable à celui que connaît actuellement la Floride.Il s’agit en fait d’une très belle confirmation de la théorie de la tectonique des plaques.Si on remonte dans le temps et qu’on inverse le mouvement de dérive des continents, on constate que cette région se trouvait effectivement à peu près à 20 degrés de latitude il y a une cinquantaine de millions d’années.George Hobson est bien placé pour tout savoir sur la recherche polaire.La plupart des chercheurs qui s’aventurent dans l’Arctique passent nécessairement par ses services.D’abord créée pour étudier le plateau continental polaire, l’ÉPCP est peu à s ï ü Sï 1»! î : :: t 18 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE RESOLUTE MER DE BE AUE OR T INUVIK •— ¦¦' ¦ • * 5sy5:-;iij*r;- .: V.v»; Kÿt'IStj ¦ •' -.*.i.aie l_^di L mr*.•• peu devenue une structure d’accueil et de support pour tous les chercheurs qui s’intéressent au Nord.Les recherches qu’elle supporte vont de l’écologie des baleines à la géologie des fonds marins, en passant par l’archéologie, la physique de l’atmosphère ou l’histoire de l’exploration polaire.Grâce à un budget annuel d’environ six millions de dollars, l’ÉPCP offre l’hébergement, le transport et le soutien logistique à environ 1 000 chercheurs engagés dans plus de 200 projets différents.L’ÉPCP dispose de deux bases d’opération situées à Resolute et à Tuk.Depuis cinq ans, les chercheurs ont même accès à un campement flottant installé sur un bloc de glace de 20 km2 dérivant doucement sur l’océan Arctique.C’est à partir d’un camp de ce genre qu’une équipe de géophysiciens canadiens a recueilli, en 1983, de nombreux échantillons du fond océanique polaire.Dirigée par Hans Weber, d’Énergie, Mines et Ressources Ca- II y a environ 50 millions d’années, la région de nie d’Ellesmere aurait connu un climat tropical semblable à celui de la Floride.Des découvertes archéologiques récentes confirmeraient ainsi la théorie de la tectonique des plaques.nada, cette équipe a alors réussi à montrer que la dorsale Alpha, qui se trouve sous la calotte polaire, s’est formée à partir du plateau continental canadien.Une telle démonstration vient évidemment renforcer considérablement la légitimité de toute demande canadienne en vue d’imposer sa souveraineté sur cette région du monde.DES CHERCHEURS DE PARTOUT Eddie Chapman est responsable du camp de l’ÉPCP à Tuk.À la fin du mois de septembre, il se prépare à fermer son camp et à aller passer l’hiver à Ottawa comme il le fait depuis près de 30 ans.Comme tous les étés précédents, celui qui se termine a été fort bien rempli pour lui et son équipe: «On a souvent eu en même temps plus d’une centaine de chercheurs sur le terrain:'des Japonais, des Allemands, des Français, des Belges et évidemment beaucoup de Canadiens.Il faut les contacter par radio quotidiennement pour nous assurer qu’ils n’ont besoin de rien et que tout va bien sur le terrain.» Contrairement aux bases de l’ÉPCP, qui sont fermées pendant l’hiver, les Centres de ressources scientifiques sur le Nord, du ministère des Affaires indiennes et du Nord, fonctionnent toute l’année.Ces deux centres, qui sont situés à Inuvik dans le delta du Mackenzie et à Iglolik dans l’Arctique de l’Est, accueillent annuellement plus de 200 chercheurs, dont les intérêts, selon le directeur, David Sherstone, ont passablement évolué depuis le début des années 60.QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 19 MacNeil/Travel Arctic, Government of N.W.T. • sm ïèSëï}.' 't3^t mmSk Lors d’une expédition scientifique, on a exhumé, à Hie Beechey, en 1984, le corps parfaitement conservé de John Torrington.Membre de l’expédition Franklin, ce jeune officer de la marine britannique était décédé 139 ans plus tôt, au cours de l’hiver 1846.Les formes de terrain les plus curieuses du pergélisol sont les «pingos », des buttes composées de matériaux soulevés par un noyau de glace.Certains «pingos» ont plus de 30 m de haut et jusqu’à 400 m de diamètre.«Avant 1970, nous recevions surtout des anthropologues, des sociologues et beaucoup de spécialistes des sciences humaines.Depuis le début des années 70, nous voyons beaucoup plus de chercheurs dans les domaines des mines, de l’énergie et surtout de l’environnement.» LE PERGÉLISOL A LA COTE D’AMOUR Tout au long de ces années, l’étude du pergélisol est cependant restée un des secteurs de recherche les plus populaires.Le pergélisol, c’est-à-dire le sol gelé en permanence, constitue un des principaux problèmes techniques associés à toute construction nordique.Ceci est particulièrement vrai au Canada dont la moitié du territoire est constituée de pergélisol, mais aussi en URSS, en Chine, au Japon et dans la plupart des pays nordiques.Le problème est simple: si le pergélisol se réchauffe et dégèle, il perd sa consistance et s’affaisse sous la moindre charge.Cela a failli se produire il y a deux ans à l’aéroport d’Inuvik.La piste d’atterrissage avait pourtant été construite selon les règles de l’art et une généreuse couche de gravier avait été placée entre le pergélisol et la bande d’asphalte.Cette couche d’isolation s’est cependant révélée insuffisante et la piste a commencé à s’affaisser au cours d’une «vague de chaleur estivale.» de 15 °C! On a réglé le problème de façon temporaire en peignant tout simplement la piste en blanc.Le soleil se trouvait ainsi réfléchi, plutôt qu’absorbé, et la température de la piste a baissé suffisamment pour permettre au sol de geler à nouveau.LJ Arctique, où il n’y a pourtant pratiquement pas d’industries, est pollué.Les animaux qui y vivent sont contaminés par le mercure, les BPC, les pesticides et une grande variété d’éléments organochlorés.Même si l’usage du DDT est interdit depuis plus de dix ans en Amérique du Nord, on en découvre encore dans les oeufs de nombreuses variétés d’oiseaux arctiques.Qu’on le veuille ou non, la pollution est devenue une réalité planétaire à laquelle même l’Arctique n’échappe plus.Depuis une dizaine d’années, les chercheurs sont particulièrement préoccupés par un nouveau phénomène de pollution saisonnière qui prend la forme d’un immense nuage de brouillard couvrant l’ensemble du territoire arctique.Chaque hiver, cette masse considérable d’air pollué réduit même la distance de visibilité aérienne qui passe alors d’environ 200 km à moins d’une trentaine.La brume arctique est essentiellement formée de sulfates, de suie et d’hydrocarbures.On y retrouve également des traces de la plupart des principaux sous-produits de l’activité industrielle du Sud.Cette pollution provient surtout d’Europe, d’Union Soviétique et, pour une moindre part, du nord-est des États-Unis.L’absence C’est pour éviter ce type de problème que toutes les constructions sur pergélisol sont juchées sur des pilotis.Le vent circule alors librement entre le plancher et le sol qui reste donc parfaitement gelé tout au de précipitations et de soleil, combinée au régime particulier des vents qui soufflent dans le Grand Nord canadien, pendant l’hiver, fait que les particules de pollution s’accumulent dans l’atmosphère polaire.Len Barrie d’Environnement Canada a réalisé des forages dans des glaciers et montré que la présence de contaminants dans l’environnement arctique a commencé dès le début du siècle pour augmenter considérablement au cours des 30 dernières années.Selon ces relevés, il y a une relation directe entre la quantité de pollution produite en Europe et en Union Soviétique et la présence de dépôts polluants dans les glaces de l’Arctique.L’intensité de cette pollution reste heureusement encore inférieure à celle que nous connaissons dans le Sud.11 faut cependant se rappeler que l’environnement arctique est relativement fragile et qu’il repose sur un équilibre instable.Selon les scientifiques qui ont étudié la brume arctique, ce phénomène pourrait faire augmenter de deux degrés la température moyenne enregistrée dans cette région.Une telle modification serait suffisante pour favoriser la fonte des glaces du pôle avec des conséquences que personne ne peut prévoir.TOUT BLANC ET.POLLUE 1 jj! O1 (luit ffill au !8ît [iitt.pii films pu it un a S « |1S \flt ¦ S B lis 20 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE •• Oê long de l’année.Pas question non plus de passer les tuyaux d’aqueduc et d’égout dans le sol.Ils courent hors terre, dans des enveloppes bien isolées et chauffées, d’un bâtiment à l’autre.DES ÉTUDES INTÉRESSÉES?On a beaucoup étudié le Nord depuis 50 ans.Les régions dont on envisage le développement, comme la mer de Beaufort ou le delta et la vallée du Mackenzie, ont bénéficié d’un plus grand nombre d’études.En fait, les habitants du Nord reprochent aux chercheurs qui viennent chez eux d’être davantage motivés par les intérêts du Sud que par les besoins nordiques.Selon Andy Thériault, maire d’Iqualuit (Frobisher Bay), «il y a une forme d’arrogance dans l’attitude des chercheurs qui viennent dans le Nord.Nous avons été étudiés à outrance et les résultats de cette recherche ont très souvent été utilisés contre nous.» Sans nécessairement partager un tel point de vue, David Sherstone est bien conscient de la nécessité de s’attaquer également à des questions plus concrètes: «Nous n’avons pas encore trouvé de solution à des problèmes aussi élémentaires que l’élimination des déchets dans le Nord.» Et pourtant, une vingtaine de ministères et d’organismes fédéraux, et plus de 30 universités canadiennes poursuivent des travaux de recherche dans l’Arctique depuis de nombreuses années.Cet effort de recherche manque malheureusement de cohésion et souffre d’une absence chronique de communication entre les chercheurs.Un groupe de travail chargé récemment d’étudier toute cette question de la recherche polaire a d’ailleurs déconseillé la création d’un nouvel institut de recherche, recommandant plutôt de mettre en place une commission chargée de donner une perspective globale à cette activité tout en favorisant une meilleure circulation des résultats de ces travaux et une meilleure prise en compte des besoins particuliers des populations locales.?LES MATÉRIAUX PRÉGLACIAIRES AURIFÈRES: un filon à exploiter Abandonnée il y a vingt ans, l'extraction de l'or pourrait bientôt reprendre en Estrie-Beauce.Depuis quelques années, cette région est le théâtre d'opérations de prospection menées par des sociétés minières dans le but de trouver de l’or.C'est pour faciliter ces recherches que le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources (EMR) a réalisé divers programmes, dont un projet de 750000$ baptisé «Évaluation des placers souterrains dans la région de la Chaudière, province de Québec».Ce projet visait à décrire les caractéristiques des matériaux préglaciaires aurifères, c'est-à-dire ceux qui contiennent de l'or, afin que les sociétés minières soient en mesure de les repérer au cours de leurs prospections.On trouve vraisemblablement de tels matériaux sous les sédiments glaciaires des vallées de plusieurs rivières en Estrie-Beauce.Une des caractéristiques les plus intéressantes de ces sols est qu'ils contiennent beaucoup plus d'or que les sédiments glaciaires.Ces matériaux préglaciaires étaient depuis longtemps exploités par les prospecteurs et les compagnies minières.Cependant, il a fallu attendre la fin du XIXe siècle avant de voir des géologues de la Commission géologique du Canada produire des rapports attribuant une origine préglaciaire à ces matériaux.C'est en se fondant sur ces rapports, et sur les expériences des prospecteurs et des sociétés minières, que les géologues d'EMR ont choisi la rivière Gilbert comme un des sites du projet d'évaluation des placers souterrains.Pour ce qui est des autres sites, c'est-à-dire la rivière Noire, le ruisseau Mining et la rivière Haute-Chaudière ainsi que ses tributaires, les géologues d'EMR les ont choisis en fonction du potentiel qu'ils semblaient offrir.Au cours de différents essais, les géologues d'EMR se sont rendu compte que parmi les deux types de foreuses couramment utilisées, l'une était incapable d'extraire des carottes intactes de ces matériaux non consolidés, tandis que l'autre n'extrayait les échantillons qu'à faible vitesse et à des coûts très élevés.La foreuse Rotasonic, machine jusque-là employée uniquement en Ontario et dans l'Arctique, ne comporte aucun de ces inconvénients.Aussi a-t-elle été choisie par les géologues d'EMR pour forer 46 trous d'échantillonnage, travaux indispensables à l'étude des différentes couches de terrain.Cependant, on a aussi fait ce choix dans le but d'encourager les sociétés minières à se servir de la foreuse Rotasonic dans leurs travaux d'exploration en Estrie et en Beauce.En plus de leurs forages, les géologues d'EMR ont fait de nombreuses analyses.De fait, pour n'omettre aucun minéral, ils ont dû analyser chacune des carottes extraites au moyen de deux techniques différentes.Premièrement, ils ont procédé à un examen visuel des échantillons pour en établir les caractéristiques géologiques.Ensuite, dans le même but, les géologues d'EMR ont effectué de nombreuses analyses chimiques sur ces mêmes échantillons.Grâce aux résultats de ces analyses, les géologues d'EMR ont pu dresser des profils qui indiquent les concentrations des métaux dans les sédiments à différentes profondeurs.En outre, ils ont pu tracer des coupes géologiques montrant la position relative des matériaux préglaciaires par rapport aux sédiments plus jeunes.Bien sûr, ces renseignements se sont avérés fort précieux pour les géologues qui font la stratigraphie des sédiments préglaciaires et glaciaires de la région.Cependant, c'est surtout aux sociétés minières que de telles études profiteront.Les forages exécutés à la rivière Noire dans le cadre du projet ont révélé la présence d'un matériel préglaciaire aurifère encore inexploité.Cette découverte semble confirmer les chances de trouver des matériaux semblables dans les vallées de plusieurs rivières de la région.D'autre part, on prévoit que plusieurs sociétés minières tireront parti des techniques et procédés utilisés dans le projet.Une société canadienne emploie déjà la foreuse Rotasonic pour ses forages d'essai dans la région de la rivière Saint-François.Cette même société s'inspire également des modèles d'analyse stratigraphique employés dans le projet pour identifier les matériaux préglaciaires aurifères.Pour plus de renseignements sur le projet d'évaluation des placers souterrains de la région de la rivière Chaudière, s'adresser à: Commission géologique du Canada 601, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A0E4 Énergie, Mines et Ressources Canada L'Hon.Marcel Masse, Ministre Energy, Mines and Resources Canada Mon.Marcel Masse, Minister Canada QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 21 grand CANM#tN Un milliard de barils du pétrole de la plus haute qualité attendent sous la mer de Beaufort.Le Twin Otter de Ken Borek prend son envol à partir de la piste d’Inuvik et s’oriente immédiatement vers le nord-est en direction du Tukto-yaktuk.Au loin, on aperçoit les innombrables méandres du fleuve Mackenzie et son immense delta marécageux.L’avion progresse vers l’est et traverse presque aussitôt la ligne des arbres.Vu du hublot de l’avion, le sol n’est plus alors qu’une suite de lacs, de marécages et de terres rocailleuses recouvertes de lichens.On est soudainement frappé par la présence de lignes très droites marquant le sol, seule trace humaine dans un paysage qui pourrait être celui d’une autre planète.Ces pistes sont les vestiges du passage des prospecteurs qui sillonnent l’Arctique à la recherche d’énergie et de matières premières.Un peu comme les traces de la jeep que les astronautes améri- cains ont utilisée sur la lune, les tracés suivis par les prospecteurs arctiques sont là pour des siècles.Tuktoyaktuk apparaît finalement à l’horizon.On voit d’abord le village inuit avec ses quelques dizaines de maisons qui entourent sagement l’église des oblats, le magasin de la Compagnie de la Baie d’Hudson et le poste de la Gendarmerie royale du Canada.Les trois forces qui ont régi la colonisation de l’Arctique restent toujours aussi présentes.Un peu plus à l’est, en marge de la communauté inuit, c’est le futur qui prend forme.Les constructions modernes qui abritent les pétroliers semblent venues d’un autre monde.Nal-luk, le camp de base de Gulf Canada Resources, n’a d’inuit que le nom.Il s’agit en fait d’un campement ultramoderne capable d’abriter plus de 200 personnes dans un confort qui n’a rien à envier aux grands hôtels du Sud.Construit entièrement sur pilo- ¦ < tis, l’édifice est comme suspendu au-dessus du pergélisol.C’est là que je rencontre Jim Guthrie, gérant des opérations de Gulf dans l’Arctique.Après avoir pratiquement cessé toute activité dans la mer de Beaufort à la fin de 1986, Gulf est revenue en force cette année et compte bien mettre les premiers puits de la merde Beaufort en production d’ici un an ou deux.«Quand nous avons fermé, à la fin de 1986, nous croyions bien que c’était pour quelques années.Mais le prix du pétrole a recommencé à monter et je crois que nous serons ici pour longtemps.» 22 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE Of BCAUFORI Tuktoyaktuk Y(>* P I DE L’OR NOIR SOUS LA MER DE BEAUFORT En fait, Gulf a décroché le gros lot en 1984 avec la découverte du champ pétrolier Amauligak à 200 km au nord de Tuktoyaktuk.Par 4 000 m sous la mer de Beaufort, un milliard de barils de pétrole attendent d’être récupérés.Selon Jim Guthrie, il s’agit d’un pétrole de très haute qualité qui se compare avantageusement aux meilleurs pétroles du Moyen-Orient.En 1986, des tests de production ont permis d’extraire plus de 300 000 barils qui ont été livrés par bateau sur le marché japonais.En janvier dernier, Gulf annonçait son intention d’entreprendre un programme de forage afin de délimiter précisément son gisement et de le mettre en production.Ce programme, qui coûtera 200 millions de dollars, inclut le forage de deux nouveaux puits.On prévoit ainsi que deux millions de barils seront extraits d’Amauligak dès l’an prochain et acheminés vers le sud, par bateau.La mise en production complète du gisement pourrait se faire dès le début des années 90 et impliquer ultérieurement la construction d’un oléoduc de 120 cm de diamètre pouvant transporter 150 000 barils par jour.Depuis quelques années, Gulf a misé gros sur la mer de Beaufort.Avec un coût total de 675 millions de dollars, son système de forage y est le plus important investissement de l’histoire de la compagnie.Terminé en 1984, il inclut quatre brise-glace, deux plates-formes de forage et le camp de base de Tuktoyaktuk.KULLUK ET MOLIKPAQ À 200 km au large, la plate-forme de forage Kulluk trône au milieu des glaces.Cette plate-forme semi-submersible permet à Gulf de réaliser des forages de plus de 6 000 m sous près de 200 m d’eau.Comme la plus grande partie de la masse de la plateforme est sous l’eau, l’effet des vagues sur son équilibre est pratiquement négligeable.Ce navire étrange est maintenu en place à l’aide de douze câbles bien ancrés sur fonds marins.Une fois son forage terminé, le navire est tout simplement remorqué vers un nouvel emplacement.Le nom Kulluk, qui signifie tonnerre en inuk-tituk, a été proposé par des écoliers inuits et veut sans doute rappeler le bruit que la glace fait en se brisant sur la structure de la plate-forme.Grâce à sa forme circulaire et à sa quille conique de 18 m de hauteur, la plate-forme peut résister aux contraintes formidables engendrées par le mouvement des glaces au début de l’hiver et au printemps, ce qui permet d’allonger considérablement la saison de forage, d’une centaine de jours à au moins sept mois.Construite au Japon, Kulluk a été remorquée à travers le Pacifique, pour effectuer son premier forage dans la mer de Beaufort en août 1983.La nouvelle plate-forme a alors dû affronter des conditions de glace qui comptent parmi les pires de l’histoire de la prospection dans l’Arctique.Elle a tenu bon jusqu’à la mi-décembre avant de battre en retraite dans ses quartiers d’hiver de l’île Herschel dans la zone ouest du delta.Cette région offre un havre naturel où les baleinières passaient également l’hiver il y a une centaine d’années.PRODUCTION PRÉVUE POUR 20 ANS ET PLUS Mais, cet hiver, Gulf n’a pas l’intention de se laisser repousser par les glaces.Contrairement à Kulluk, la plate-forme Molikpaq est bien assise au fond de l’océan et peut résister aux glaces les plus destructrices.On s’y prépare à affronter l’hiver 1987-1988 dans de véritables conditions de siège.Les navires de ravitaillement ont amené sur la plateforme des tonnes de matériel, de carburant et de nourriture qui permettront à plus d’une centaine de travailleurs de continuer à forer pendant tout l’hiver sans avoir à refaire le plein.Seul l’hélicoptère géant Sikorsky maintiendra un lien avec la terre ferme et assurera la relève des équipes de travailleurs.Un premier test de production pourra être effectué à partir d’un nouveau puits avant même la fin de l’année.Pour l’instant, le pétrole sera tout simplement brûlé sur place.Plusieurs autres puits pourront également être forés à partir de Molikpaq qui a été conçue pour servir éventuellement de plate-forme de production.Là-dessus, Jim Guthrie est catégorique: «Si le prix du baril de pétrole se maintient autour des 20$ US et que la réserve est aussi bonne qu’on le prévoit, Amauligak deviendra le premier gisement à être mis en exploitation régulière dans la mer de Beaufort, une production qui pourrait durer plus de 20 ans».?QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 23 Comment on exploite une mine de zinc et de plomb à -40° Eette mine est un rêve ! C’est sans doute le gisement le plus facile à exploiter du monde.» Voilà ce que Mark Freberg, surintendant à la concentration de Polaris, pense de sa mine.Le gisement de zinc et de plomb de Polaris, formé il y a plus de 450 millions d’années, semble effectivement avoir été créé dans le seul but de devenir une mine.Le gisement, qui totalise 24 millions de tonnes, est riche, très riche même, avec ses 14% de zinc et ses 4% de plomb.La mine est compacte et peu profonde, soit entre 50 et 250 m sous la surface du sol.Son minerai est très friable et donc facile à extraire et à transformer.Enfin, toute cette richesse se trouve à moins d’une centaine de mètres du bord de l’eau, où des navires de grande capacité peuvent accoster pratiquement à l’entrée de la mine.Mais il y a un «mais».Ce gisement a été baptisé Polaris parce qu’il se trouve à plus de 1 600 km au nord du cercle arctique, plus précisément sur la Petite île de Cornwallis.Il est complètement gelé de part en part et la mer qui le borde n’est navigable que dix semaines par année.Disons, pour compléter le tableau que, dans cette région, l’hiver est essentiellement constitué d’une longue nuit de plus de trois mois, pendant laquelle la température se maintient avec une déconcertante stabilité autour de -40 ° Fahrenheit ou Celcius, à vous de choisir.UN PARI DE 145 MILLIONS DE DOLLARS L’exploration physique du gisement a été terminée dès 1973.Il a ensuite fallu plus de cinq ans d’études pour développer un concept d’exploitation satisfaisant, aux points de vue tant technique qu’environnemental ou économique.À la fin de 1979, la compagnie Cominco décidait d’aller de l’avant et consacrait un crédit de 145 millions de dollars pour mener à bien l’exploitation du gisement de Polaris.Il n’était cependant pas question de construire, dans des conditions aussi difficiles, une usine de transformation.Elle fut donc assemblée dans le Sud et transportée sur place en un seul bloc.Une barge de 122 m de longueur sur 30 de largeur fut donc commandée aux chantiers maritimes Davies de Lauzon et transportée à Trois-Rivières pour y recevoir tous les équipements de l’usine.C’est finalement une usine complète de 20 m de hauteur qui prit la mer en direction de l’Arctique, le 24 juillet 1981.Tirée par deux remorqueurs et accompagnée d’un brise-glace, la barge de 12 000 tonnes ne mit que 20 jours pour atteindre sa destination.Trois mois plus tard, l’usine de concentration recevait son premier minerai.Mais on ne gère pas une mine dans l’Arctique comme on le ferait dans le Sud.Selon le surintendant de la mine, Dennis Bergen, tout a été mis en œuvre pour automatiser le travail au maximum.C’est ainsi que deux équipes d’une vingtaine de mineurs, se relayant sur deux quarts de douze heures, réussissent à extraire 3 000 tonnes de minerai par jour.VIVRE AVEC LE FROID Ici, au fond de la mine, c’est le royaume du froid, au point que la chaleur devient une ennemie.Que la température, en effet, dépasse le point de congélation et c’est la catastrophe.Le minerai, qui est poreux et saturé d’eau, est très dur lorsqu’il est gelé.Une fois réchauffé, il s’effrite comme un château de sable.C’est pour éviter ce type de catastrophe que la mine Polaris dispose du plus grand système de climatisation jamais installé dans l’Arctique.D’ailleurs, qui d’autre voudrait d’un tel équipement dans cette région?Contrairement aux mines conventionnelles, où régnent la grisaille et la poussière, Polaris fait penser à un élégant labyrinthe de glace.La 31 N !S ' Si Si ; | ¦' 1 ¦' 24 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE y ®| » J ilii: ï it It: t: E t: JC £¦ k| 11 if- (¦ K •*; > tSVî.petite Ile OE CORNWALLIS Min oe aeAutour ARCTIC fiiüiü ¦ Pour exploiter une mine à plus de 1 600 km au nord du cercle arctique comme la mine Polaris, il faut savoir affronter bien des obstacles tels, par exemple, une mer navigable dix semaines par année et une température qui se maintient autour de -40 ° C.moindre trace d’humidité se condense sur les murs de pierre gelée et y forme une mince couche de glace brillante.La froidure de Polaris n’a de toute évidence rien à envier à la chaleur humide des mines conventionnelles.Le froid devient même un atout dans l’exploitation de la mine.C’est ainsi qu’on utilise tout simplement de la roche additionnée d’un peu d’eau comme matériau de consolidation.Une fois gelé, ce mélange devient aussi solide que du roc et remplace avantageusement le ciment et les poutres d’acier.Au fond d’une galerie, un immense tracteur arrache le minerai fraîchement dynamité et l’accumule près d’un point de chargement.Plus loin, un camion décharge du minerai dans un immense concasseur actionné par une jeune femme.Le gravier qui en sort est tout simplement transporté à l’usine de concentration sur un tapis roulant.C’est là que le minerai est concentré par simple flottation dans des bassins où il est mis en solution en présence de réactifs chimiques.La plus grande partie de l’eau entrant dans le processus est réutilisée et les résidus de minerai sont entreposés au fond d’un lac stratifié non loin de la mine.L’essentiel de la production doit être emmagasiné en attendant la saison de navigation.Chaque semaine, au cours de cette courte période de deux mois, un plein cargo de concentré quitte Polaris pour prendre le chemin des raffineries d’Europe et des États-Unis.Bon an mal an, c’est plus de 250 000 tonnes de concentré de zinc et de plomb qui sont ainsi arrachées au sous-sol du Pôle.À ce rythme, il faudra encore une vingtaine d’années de travail pour récupérer l’ensemble du gisement de Polaris.DOUZE HEURES DE TRAVAIL PAR JOUR Il suffit de visiter le campement de Polaris pour constater que rien n’a été négligé pour créer un cadre de vie agréable.Chaque employé dispose d’une chambre individuelle avec salle de bain et a accès à divers équipements comme une piscine, un sauna, un gymnase, une bibliothèque, etc.En hiver, il faut être très prudent quand on s’aventure à l’extérieur.L’obscurité, le froid, le vent et, surtout, les ours polaires représentent de véritables dangers.Mais on va à Polaris surtout pour gagner de l’argent et on travaille donc beaucoup.La journée de travail dure douze heures et, même s’ils ont la possibilité de faire relâche pour la fin de semaine, la plupart des employés choisissent de travailler sept jours sur sept.Après neuf semaines, ils ont droit à trois semaines de congé qu’ils passent généralement avec leur famille dans le Sud.Cominco a cependant innové en recrutant des couples pour venir travailler dans le Nord.On compte donc, parmi les 250 employés de Polaris, une trentaine de couples qui bénéficient chacun d’une petite suite où ils peuvent mener une vie normale.Comme l’explique le directeur de la mine, Tony Keen, la présence de femmes n’est sûrement pas étrangère à la qualité de l’ambiance qui règne à Polaris.?QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 25 LES VEDETTES DU NORD Le monde arctique a des vedettes qui occupent notre imaginaire et gardent vivantes de nombreuses légendes.Voici les plus caractéristiques de cette région polaire.LE BŒUF MUSQUÉ (Oomingmak en inuktituk, ce qui veut dire «le barbu») Les bœufs musqués n’ont presque pas évolué depuis qu’ils sont venus d’Asie, il y a environ 90 000 ans.On en compte actuellement de 40 000 à 50 000, qui vivent jusque dans les parties les plus nordiques de l’Arctique canadien.Ils sont particulièrement bien adaptés au froid avec leur double couche de laine dont la partie intérieure se compare au cachemire le plus fin.Lorsqu’ils se sentent menacés, les bœufs musqués adoptent une formation serrée derrière laquelle les femelles et leurs rejetons trouvent refuge.LES CÉTACÉS Les baleines (bowhead, arviq) ont constitué la première ressource arctique exploitée par les Européens.Elles peuvent atteindre une longueur de 20 m et un poids de 25 t.La population de baleines de l’Arctique de l’Ouest, évaluée à 2 000 ou 3 000 bêtes, est la plus importante du monde.Ce type de baleine est maintenant considéré comme une population en danger et leur chasse est rigoureusement interdite.Le béluga (qilalugaq) est la variété de baleine la plus répandue dans l’Arctique.La population canadienne de bélugas est estimée à 30 000.Le narval (tuugaalik) dont on voit un groupe sur la photo, ressemble au béluga.Il est cependant doté d’une défense d’ivoire pouvant atteindre 2 à 3 m de longueur.Au Moyen Âge, les défenses de narvals, que l’on croyait provenir de licornes, se vendaient 20 fois leur poids d’or.La population de narvals de l’Arctique est estimée à 20 000 et son exploitation est réglementée.LE MORSE Le morse adulte peut peser jusqu’à 1 400 kg et arborer des défenses de 60 cm de longueur.C’est d’ailleurs le poids d’un animal et la dimension de ses défenses qui déterminent son rang social dans le groupe auquel il appartient.Même s’il a été chassé de façon intensive dans le passé, le morse ne constitue pas pour autant une espèce menacée.L’OURS POLAIRE (Tôrnûrssuk, «celui qui donne la puissance») Malgré un poids qui peut atteindre 500 à 600 kg, les ours polaires peuvent courir jusqu’à une vitesse de 40 km/h.Ils ne seraient en fait que des ours bruns adaptés à l’environnement arctique.Cette adaptation a cependant été si rapide et complète que le comportement et la morphologie des deux variétés sont maintenant bien différents.Dans l’Arctique, l’ours est sans doute le seul animal qui puisse représenter un danger pour les humains.L’inverse est également vrai, puisque qu’une chasse abusive a réduit radicalement la population d’ours polaires.Heureusement, ces derniers sont maintenant protégés et la chasse en est rigoureusement contrôlée.LE CARIBOU (Tuktuk en inuktituk) On compte quatre sous-espèces de caribous dans les Territoires du Nord-Ouest.Les caribous de la toundra sont les plus nombreux et les plus importants sur le plan économique.Ils sont de grands voyageurs.Environ deux millions d’entre eux franchissent chaque année les centaines de kilomètres qui séparent leurs quartiers d’hiver, près de la ligne des arbres, de leurs zones de mise bas, dans la toundra.Les caribous sont également d’excellents nageurs et peuvent traverser des étendues d’eau d’une dizaine de kilomètres.Outre les insectes, qui les harcèlent constamment pendant les mois d’été, les loups constituent le principal ennemi des caribous.On estime qu’ils tuent annuellement 5% de la population adulte et de 20% à 30% des nouveau-nés.LE LOUP On retrouve des loups sur tout le territoire arctique.Ils vivent en meutes et leur hiérarchie sociale est clairement établie.Ils chassent surtout le caribou, selon une technique très développée où plusieurs individus jouent un rôle très précis.Il n’y a pas de programme de gestion de la population de loups de l’Arctique car, même abondants, ils ne semble pas menacer sérieusement les autres espèces animales. ï | ç < W ' PM v5“.; •TV-T*^ >- jrr**- -r-t>'.:; feaæ r-V:?; :*"».s.r.-î. I1W»1 UN RÉSEAU NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQU Centre Domaine INRS-Eau Sciences de l’eau M j INRS-Énergie Sciences de l’énergie M j INRS-Santé Pharmacologie M » INRS-Télécommunications Télécommunications M I J INRS-Urbanisation Analyse et gestion urbaines M(1> INRS-Océanologie Ces deux centres, comme les autres centres INRS-Géoressources de l’INRS, peuvent accueillir, en stages de recherche, des étudiants inscrits à différentes universités.(1) Ce programme est offert conjointement avec l’École nationale d’administration publique et l’Université du Québec à Montréal1 28 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE NOUVEAU T r^w /UT: f \ fi mr f t Æ: ( 1 .l[ kj.f m&m*\ i -.j i jummm »U Dfis à relever Implication dans des domaines de pointe.L’asso-iction à des équipes scientifiques multidisciplinaires.L réalisation de travaux de recherche axés sur des pblèmes d’actualité au Québec.L’interaction avec lii milieux privés ou publics et industriels.Nurses tis bourses sont disponibles pour les étudiants insets aux programmes d’études de l’INRS.enseignements: li Registraire de l’INRS Hse postale 7500 Üiinte-Foy, Québec G1V 4C7 l'iléphone: (418) 654-2606 ENTRAINEMENTS À COURANT CONTINU par Géza JOÔS et Edward D.GOODMAN en collaboration avec Jude LEVASSEUR En raison de contraintes liées à l’automatisation de la production industrielle, les entraînements à vitesse variable prennent une part de plus en plus importante du marché, qui est encore dominé par les entraînements à courant continu.Le manuel rassemble les différents aspects et éléments des entraînements employant des machines à courant continu et les présente d’une façon unifiée en vue d’une meilleure compréhension de leur fonctionnement, des critères de choix des éléments, et de la conception et de l’ajustement des boucles de commande.L’ouvrage s’adresse à ceux qui désirent se familiariser avec le fonctionnement des entraînements à courant continu, qu’il s’agisse d’étudiants en formation technologique ou d’ingénieurs et de techniciens travaillant dans le domaine.En vente chez votre LIBRAIRE ou chez l’éditeur, en postant ce coupon: • ENTRAÎNEMENTS À COURANT CONTINU 32S ______S 368 pages Toute commande doit être accompagnée de son paiement intégral.* Prix sujet à changement sans préavis.?Chèque ?Mandat postal ?Mastercard ?Visa n°_______________________________ Date d’expiration_______________Signature ____________ Nom __________________________________________________ ENTRAINEMENTS À COURANT CONTINU Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Adresse Code postal Expédiez à: Presses de l’Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1987 29 Peuplant cette contrée de froid et de glace depuis des millénaires, les Inuits ont vu leurs racines coupées par trois siècles de colonisation.près avoir vécu dans l’Arctique pendant des millénaires, les Inuits sont entrés en contact avec les Européens, il y a moins de 300 ans.Cette rencontre a eu un impact à la fois radical et irréversible sur cette civilisation qui a dû passer brutalement de l’âge de pierre à l’ère moderne, une transition qui n’est toujours pas achevée et dont les séquelles sont encore nombreuses.Les premiers humains à habiter l’Arctique seraient venus d’Asie, il y a environ 25 000 ans, alors qu’un pont de terre reliait le nord-est de l’Asie à l’Alaska.Ces premières peuplades vivaient essentiellement de chasse et suivaient les troupeaux de mammouths, de chameaux, de bisons à grandes cornes et de caribous qui peuplaient à ce moment le nord du continent et dont les premiers humains tiraient leur subsistance.Il y a environ 5 000 ans, les glaces polaires se retirèrent rapidement vers le Nord.Les troupeaux avancèrent alors sur ces nouvelles terres, entraînant dans leur sillage les premiers habitants de l’Arctique.Profitant du réchauffement considérable de la température, la première culture inuit se répandit très rapidement sur l’ensemble du territoire arctique.Cette occupation humaine était cependant très ténue et on estime que l’ensemble de ce territoire était alors occupé par environ 500 personnes.Ces premiers habitants de l’Arctique allaient tenir le coup pendant plus de 2 000 ans, avant de devoir retraiter vers le Sud, fuyant un nouveau refroidissement climatique.AVANT L’ARRIVÉE DES BLANCS C’est également à la faveur d’une «vague de chaleur», survenue il y a 2 800 ans, qu’une nouvelle culture inuit, appelée Dorset, se développa et supplanta rapidement la précédente.&S;'ïHv- i jrf- ' Ug g- ¦?$ «* r#.; .1 Disposant de meilleurs outils et étant mieux adaptés au froid, les Dorsets repeuplèrent l’Arctique de l’Est.Ils construisirent les premières maisons de neige et connurent leur développement maximal au cours d’une longue période de refroidissement de l’Arctique.Une autre période de réchauffement du climat, survenue il y a environ 1 000 ans, favorisa une nouvelle révolution culturelle dans l’Arctique.Venue de l’Alaska, la culture Thulé progressa rapidement vers l’est.Les Thulés étaient d’abord des chasseurs de baleine et possédaient des traîneaux à chien et des kayaks.En moins de quelques géné- 30 DÉCEMBRE 1987 / QUÉBEC SCIENCE • .•• .%&.m.ap
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