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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1988, Collections de BAnQ.

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2,95$.CO Volume 26, nutÿiére 7 .Mars 1988 ‘ v.' V**V,‘ :V\ »••>/: .f-^’ ;\:L ^>V .v *é, v 'CrCC'- V?:'.W?r;.v V; * ,.¦?.r.v ' - ¦ •"' .¦¦ ";,'‘ :' •,• • ' ‘-'l ' ¦ ' '¦¦'••v'' aav.V:^-.v.:., ¦¦:.m:cmmcc ' '.0'-;':;^:s^:::,;>Y" V- l *v I ' ;vvv>-•-:••¦ •,' i .- - r, V;.PSv'S.-nVr ¦.s ¦•.-•',.m •¦•¦'.if-:- • >';y ^ ;•••:• y-v; -¦ ».••;•:.-• Vr v ; • ¦: ¦¦.;.;*feaK# v •;^ .fcr •h, :,- ’ v 'm _ 1 ^MAJES ES NOUVI ËDICAMi OMETTEI rjfjb *¦ 1er de 2e classe, enregislrement n° 10S2.50.Sillary.Québec.Canada G1T2H1.>ayô a Québec.Pi retour garanti i L’expertise exceptionnelle de CANMET nous aide à augmenter notre rentabilité en nous permettant d’optimiser la récupération du minerai sous terre.Michel Rodrigue, directeur, La Mine Niobec, SAINT-HONORE (Québec) ' A • CANMET, une direction d’Énergie, Mines et Ressources Canada, offre des technologies innovatrices et des services de recherche d’avant-garde aux industries canadiennes d’exploitation des ressources et aux manufacturiers de produits tirés des minéraux et des combustibles fossiles.La Mine Niobec, une des nombreuses sociétés bénéficiant de l’aide de CANMET, se classe au deuxième rang dans le monde pour la production du niobium.Comme l’acier allié au niobium est hautement résistant, on utilise cet alliage principalement pour la construction de pipelines, d’ouvrages architecturaux spécialisés, ainsi que dans les industries aérospatiale et automobile.Grâce à ses exportations élevées au Japon, aux Etats-Unis et au Luxembourg, Niobec s’est approprié 15 % du marché mondial du niobium.Niobec a travaillé de pair avec CANMET dans les domaines du génie géomécanique et de la recherche en métallurgie.CANMET, en collaboration avec le Centre de recherches minérales du gouvernement du Québec, a entrepris une série d’études géomécaniques à La Mine Niobec.Les ingénieurs de Niobec consultent fréquemment leurs collègues de CANMET qui, au dire de M.Michel Rodrigue, sont «les experts les plus fiables dans le domaine et ont la meilleure réputation professionnelle au Canada et partout dans le monde».La collaboration entre CANMET et Niobec remonte à 1980; elle a contribué à faire un succès de cette remarquable entreprise dans le secteur minier.«Avec l’aide de CANMET, qui fournit les meilleurs spécialistes, aucun défi technique n’est impossible à relever», affirme M.Rodrigue.¦ ^ ¦ Énergie, Mines et Energy, Mines and ¦ Ressources Canada Resources Canada L'Hon.Marcel Masse, Mon.Marcel Masse, Ministre Minister Canada CANMET La technologie au service de l’industrie.Pour plus de renseignements sur la façon dont CANMET peut contribuer aux progrès de votre technologie, veuillez communiquer avec : M.Jim Kanasy, CANMET 555, rue Booth, OTTAWA (Ontario) KJA 0G1 (613) 995-4059 Volume 26, numéro 7 SOMMAIRE Mars 1988 16 22 28 ARTICLES La médecine au zoo Les animaux sauvages en captivité exigent compétence et savoir-faire de la part du vétérinaire traitant.Par Yvon Larose Les secrets du Lady-Sherbrooke Du fond du Saint-Laurent, l’épave du vapeur Lady-Sherbrooke témoigne de l’histoire navale du XIXe siècle.Par Louise Gendron Réalisme et fiction dans les simulateurs de vol Le simulateur de vol permet à l'apprenti pilote de se familiariser avec les situations de vol et d’éviter le pire.Par Sylvie Gourde et Ivan Lamontagne : 34 Sa majesté l’orgue 40 a# I À l'ère électronique, l'orgue fascine encore par son architecture complexe et sa capacité polyphonique.Par Raynald Pepin Des nouveaux médicaments prometteurs La nouvelle génération de médicaments qui arrive sur le marché n’a pas fini d'étonner.Par Claude Forand QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1988, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère ° Copyright 1988 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Page 16 Page 22 Page 28 Page 34 CHRONIQUES POUR OU CONTRE?Les fouilles subaquatiques : plus qu’une aventure Par Jean Belisle INTERVIEW Jacques Prescott: un scientifique touche-à-tout Propos recueillis par Yvon Larose ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Du nouveau dans les serres P AXS AT: des satellites pour la paix Le bruit au travail DES SCIENCES À LOISIR L’entomologie amateur Par Denis Gilbert LA DIMENSION CACHÉE Du jus de citron sur les pommes Par Raynald Pepin ENTRE LES LIGNES COURRIER LU POUR VOUS Histoire des sciences au Québec Atlas historique du Canada EN VRAC DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 3 L’ UNIVERSITÉ DU QUÉBEC TROIS-RIVIERES Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établisse ments : six universités constituantes — l’Université du Qué bec à Montréal (UQAM), l’Univer sité du Québec à Trois Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé université (TELUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 78 000 étudiants, plus de 1800 profess’eurs réguliers et 3000 employés non enseignants.L’Université du Québec offre 370 programmes d'études de 1er cycle, 117 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 34 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec LE RÉSEAU DE L’ EXCELLENC QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, François Goulet, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Huguette Guilhaumon, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Claude Lafleur, Yvon Larose, Claude Mardi, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Gilles Provost, Fernand Seguin, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Marc Duplain Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 25,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 44,00$ Groupe: (1 an/il nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité 2,95$ À l’étranger: Régulier: (I an/11 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ eux événements récents viennent confirmer que vous avez bien raison de vous intéresser à la science et à la technologie, et de lire Québec Science: l’attribution, par le ministre québécois des Communications, du prix des Communications 1987 à Félix Maltais et celle du prix Jules-Fournier, par le Conseil de la langue française, à Pierre Sormany.La remise de ces prix à deux communicateurs scientifiques est révélatrice du fait que la culture scientifique et technique est culture tout court ! De Félix Maltais, ilfaut dire que les lecteurs et les lectrices de Québec Science le lisent chaque mois sans le savoir.C’est lui qui commande et révise les textes de la chronique n Actualité» que nous fournit l’Agence Science-Presse, dont il est le directeur-fondateur.Cependant, le plus grand mérite de l’infatigable et discret Félix Maltais est certainement d’avoir «.inventé» le professeur Scientifix et créé le Club des petits débrouillards, la collection de livres du même nom et la revue Je me petit-débrouille.Bravo et merci au nom de la génération montante ! Pierre Sormany, quant à lui, est sans doute le communicateur scientifique québécois le plus polyvalent et le plus talentueux de sa génération.Même si, à cause d’obligations contractuelles, sa présence s’est faite beaucoup plus rare dans Québec Science, au cours des dernières années, Pierre Sormany a été, depuis 1973, l’un des piliers de la rédaction du magazine, et aussi un journaliste économique et un professeur hors pair.Plus encore que son talent, cependant, c’est la très grande simplicité de Pierre Sormany qui étonne.Félicitations et bienvenue dans les pages de Québec Science / Après cette louangeuse entrée en matières, il nous reste bien peu de place pour vous présenter le numéro de mars 1988.Un numéro particulièrement diversifié et qui, encore une fois, montre à quel point science et technologie font désormais partie de la vie courante, qu’il s’agisse de plonger dans les profondeurs du fleuve Saint-Laurent pour découvrir les secrets du vapeur Lady-Sherbrooke et reconstituer l’évolution de la technologie des bateaux à vapeur, de s’émerveiller devant Sa Majesté l’orgue, de simuler les pires tragédies aériennes en montrant aux apprentis pilotes comment les prévenir, de prodiguer des soins vétérinaires aux pensionnaires griffus ou venimeux des jardins zoologiques, ou de mettre au point une nouvelle génération de médicaments dont nous commençons à apprécier les premiers effets.kfl 2 en train de devenir la Pour abonnement ou changement d’adresse : QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery GIT 2R1 QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 S POUR OU CONTRE?Les fouilles subaquatiques : plus qu’une aventure par Jean BELISLE Si d’aventure, vous demandez à quelqu’un le nom d’un archéologue célèbre, il y a de fortes chances pour qu’on vous réponde le docteur Indiana Jones.Cette réponse cache une méconnaissance profonde de la discipline scientifique qu’est l’archéologie.Si le physicien et le chimiste offrent au public l’image de chercheurs en blouse blanche au milieu d’un laboratoire rempli d’ordinateurs et d’appareils scientifiques de toutes sortes, l’archéologue, en revanche, demeure l’aventurier perdu au fond de la jungle.L’aspect scientifique de son travail est complètement absent de la perception populaire.Il va sans dire que les médias et une certaine presse sont en partie responsables de cet état de fait.Pour la plupart des gens, la vie se résume au présent et au futur immédiat, alors que l’archéologue, lui, se penche sur le passé et sort ainsi de la réalité quotidienne.Pour le commun des mortels, le passé, tout comme le futur lointain, est du domaine du rêve, donc de l’inaccessible, et vouloir le reconstituer, c’est tenter l’aventure avec un grand «A».L’archéologue se trouve ainsi classé, sans le vouloir, dans la catégorie des aventuriers.Mais il y a plus, car le type d’archéologie qui nous intéresse ici, l’archéologie subaquatique, se pratique sous l’eau.Or le monde sous-marin a toujours été et demeure impénétrable pour la majorité des individus.Avant l’invention du scaphandre autonome Gagnan-Cousteau, à la fin des années 40, très peu de personnes pouvaient se vanter d’avoir été sous la mer.Et, même avec cette invention capitale, il n’y a toujours que fort peu d’initiés.Le monde sous-marin demeure un lieu plein de mystères.Il n’y a pas si longtemps, à l’époque de Christophe Colomb, le monde subaquatique était un univers interdit à l’homme et peuplé de monstres tous plus extraordinaires les uns que les autres.Par conséquent, on avait peur de l’océan et on n’y allait que si on était forcé.Cinq cents ans plus tard, cette peur du milieu marin, existe toujours.Il suffit de voir la réaction des gens à la projection du célèbre film de Spielberg, Jaws, pour s’en V*.> > l convaincre.On raconte même qu’à la sortie du film, les plages de Nouvelle-Angleterre ont été désertées.Cette peur atavique de la mer et de ses mystères se perpétue donc encore de nos jours dans l’inconscient collectif.Ainsi, pour l’homme de la rue, l’archéologue subaquatique est l’aventurier qui, pour atteindre le trésor du galion espagnol, devra affronter les requins, le calmar géant et (naturellement !) au moins une éruption volcanique sous-marine.Et, là encore, les médias vont jouer un rôle amplificateur: la majorité des documentaires sur «l’archéologie subaquatique» présenteront des personnages comme Mel Fisher, perdu sous une montagne de lingots d’argent provenant de VAtocha, ou bien l’ouverture du coffre-fort vide du Titanic et ce, en direct! Comment être surpris que, dans ces conditions, cette spécialité soit si mal perçue?L’archéologue subaquatique, même s’il n’a jamais trouvé une pièce d’or de sa vie, demeure prisonnier de l’image du chercheur de trésor.BIEN LOIN D’INDIANA JONES Si ce n’est pas une chasse au trésor, qu’est-ce que l’archéologie subaquatique?L’archéologue, qu’il travaille sur terre ou sous l’eau, est avant tout un chercheur.Son but principal est de reconstituer le passé «physique» de l’homme par une observation scientifique des vestiges et des déchets accumulés au cours des âges.L’archéologue a recours à toute une batterie de méthodes et de techniques scientifiques telles que la dendrochrono-logie, le dessin assisté par ordinateur, l’analyse chimique, etc.Le but de l’archéologue n’est pas de s’enrichir, loin de là.D’ailleurs, si on considère le nombre de nos collègues actuellement en chômage, on se doit de constater que cette discipline scientifique nourrit difficilement son homme.Alors pourquoi être archéologue?L’archéologue est une personne qui a une soif inextinguible de connaissances, veut faire reculer les frontières du savoir et cherche à comprendre les mécanismes qui ont amené l’homme là où il est actuellement.Ainsi, sur le plan des motivations, il n’y a pas de différences entre l’archéologie terrestre et l’archéologie subaquatique.La seule distinction réside, bien sûr, dans le milieu de travail ! Une fouille subaquatique se déroule toujours lentement.Les gestes sous l’eau sont plus difficiles, sinon gauches.L’enregistrement des données est souvent gêné par un manque de visibilité et par la pollution.La conservation des artefacts est également plus délicate ; une pièce de bois sortie de l’eau va rapidement se décomposer, si on ne la traite pas par des moyens élaborés.Somme toute, la fouille subaquatique est très complexe sur le plan de la logistique et coûte relativement plus cher qu’une fouille terrestre.Le milieu marin recèle des vestiges que, généralement, on ne retrouve pas sur terre.Il y a, bien entendu, les épaves, mais aussi les sites de villages engloutis, les vestiges d’aménagements portuaires, les villages lacustres, etc.L’archéologie subaquatique est un champ très vaste.Aussi, la plupart des archéologues se spécialisent et évitent de fouiller n’importe quoi.Par exemple, le spécialiste en architecture navale tentera de trouver l’épave charnière présentant un développement technologique important.Nous sommes bien loin des préoccupations du Dr Jones.Jean Belisle est historien maritime et codirecteur du Comité d’histoire et d’archéologie maritime du Québec.Il enseigne à l’Université Concordia.I 6 MARS 1988 / QUÉBEC SCIENCE I COURRIER i LE GRAND NORD Votre revue est très intéressante et instructive.Bravo ! J’ai particulièrement aimé votre numéro spécial sur le Grand Nord canadien, paru en décembre.L’article que j’y ai le plus apprécié a été: « Polaris: un rêve glacé».Mon mari et moi travaillons dans le Nord : lui, dans les mines et moi, dans un camp de recherche pétrolière, d’où cet intérêt.Isabelle Paquet, Dawson Creek Colombie-Britannique LES LOISIRS SCIENTIFIQUES Quelques mots de félicitations pour les efforts déployés à remodeler Québec Science depuis quelques mois.Nous apprécions aussi grandement la place plus importante accordée aux amateurs de loisirs scientifiques [.].Michel Bois, directeur général Conseil de développement du loisir scientifique OUI, POUR LA VIE EXTRATERRESTRE Une fois de plus, j’ai dévoré votre revue.Dans l’article « La vie intelligente extraterrestre », j’ai appris, entre autres choses, que la présence d’un seul soleil est chose plutôt exceptionnelle.Cette observation oblige à ajouter aux approches physiques de l’exobiologie (astronomie, chimie, biologie, etc.) des considérations psychologiques.L’une des conséquences de notre soleil unique, accompagné de son contraire, la lune, c’est d’imposer des cycles à tout ce qui est vivant.Les cycles les plus connus sont les saisons, les marées et autres phénomènes facilement observables [.].Joseph A.Soltész Saint-David-d’Yamaska Je suis abonné à Québec Science depuis deux ans.J’aime son contenu, en particulier les articles qui traitent de l’astronomie.À propos du «Pour ou contre?» du numéro de janvier sur les civilisations extraterrestres, je partage les points de vue des Cari Sagan, Hubert Reeves et autres scientifiques qui croient à l’existence d’autres civilisations dans notre Galaxie.Il est très probable, avec les milliers de soleils de notre galaxie, qu’il y ait quelque part des formes de vie intelligente.Ces civilisations vivent sans doute dans des conditions différentes des nôtres et n’ont pas les mêmes moyens que nous pour survivre.Il ne faut pas prendre pour acquis que nous sommes seuls et préserver notre Terre pour, qui sait?peut-être un jour accueillir des visiteurs d’un autre monde.Mario Màtte, Québec LES RELIURES DE QUÉBEC SCIENCE Voilà une excellente initiative et une façon géniale de souligner le 25e anniversaire de la revue Québec Science: le cahier-reliure.Enfin, mes exemplaires se tiendront debout sur les rayons de ma bibliothèque ! Lucie Olivier, Lachine :: ; sttl V' )S: L’ÉNIGME DES CLÔTURES À NEIGE À la question posée par Raynald Pepin, responsable de la chronique «.La dimension cachée)), dans le numéro de janvier dernier : pourquoi les lattes de bois des clôtures à neige sont-elles espacées ?bien des lecteurs ont avancé des explications très intéressantes que nous avons résumées et regroupées ci-dessous.— Pour des raisons d’ordre pratique Leur construction est conçue pour «leur assurer légèreté et maniabilité», «pour permettre une plus grande flexibilité lors de leurs installation», pour «faciliter leur rangement (les rouler et les remiser facilement) ».— Pour des raisons économiques «Leur conception requiert moins de bois lors de leur fabrication», et ainsi elles «coûtent moins cher à l’achat».— Pour des raisons climatiques Elles sont ainsi construites «pour empêcher la formation d’un microclimat à l’intérieur des clôtures à neige», ou encore «pour permettre à la neige de s’accumuler autour des arbustes et les protéger, grâce à cet isolant, contre le gel et la dessiccation».— Pour des raisons qui relèvent de la physique L’espace entre les lattes des clôtures facilite «leur action sur les mouvements du vent, qui est de diminuer la vitesse de celui-ci et de favoriser l’accumulation uniforme de la neige».«L’efficacité de ces brise-vent dépend de leur densité, c’est-à-dire du rapport entre les parties pleines et les parties vides, et leur hau- teur.Pour obtenir les meilleurs résultats, les clôtures à neige doivent avoir une densité de 75% à 80%, ce qui explique la conception particulière des clôtures à neige.» Voir la réponse de Raynald Pepin dans le numéro de février et le nom du gagnant dans la chronique du présent numéro.Cette figure nous a été fournie par un lecteur qui a cherché à résoudre l’énigme des clôtures à neige: M.Yves Bossé, de Montréal.PALISSADE CONTINUE DENSITÉ 85% DENSITÉ 70% DENSITÉ 50% PALISSADE A CLAIRE-VOIE Congère à proximité de palissades pleines et à claire-voie.La hauteur est H et la longueur de l’amas de neige est exprimée en multiple de H.QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 7 PUBLI-REPORTAGE LA LITHOSPHERE, cette inconnue Les profondeurs de la Terre recèlent des secrets difficiles à percer.Pourtant, des gens audacieux ont mis sur pied un projet d'envergure dont le but est d'étudier et de comprendre les phénomènes qui façonnent notre planète.Dans le passé, l'imagination, la superstition, et non la science, servaient à expliquer les phénomènes physiques.En ce temps-là, les dieux faisaient la pluie et le beau temps, ouvraient des vallées, faisaient surgir des montagnes et punissaient les humains en appelant des cataclysmes destructeurs, question de passer leur mauvaise humeur.Avec les siècles, la fiction est devenue science.Nous connaissons de mieux en mieux notre univers; nous en connaissons la topographie, l'atmosphère et l'espace dans lequel il évolue.Mais les entrailles de la Terre demeurent énigmatiques.Les scientifiques canadiens cherchent, dans le cadre du projet Lithoprobe, à en connaître davantage sur la lithosphère, cette tranche de terrain relativement rigide, englobant l'écorce terrestre et une partie du mateau supérieur.Ils se servent d'une technique géophysique, la sismique-réflexion, pour sonder le sous-sol canadien jusqu'à des profondeurs de 40 km afin d'en établir une représentation tridimensionnelle.On comprend mieux l'envergure du projetquand on le compare aux projets classiques et aux distances en présence: le forage le plus profond au monde n'atteint que 12 km et la lithosphère a une épaisseur de l'ordre de 70 à 150 km.Qui dit projet d'envergure, dit aussi équipement ^ d'envergure, à la fine pointe de la technologie! Les scientifiques disposent de lourds camions peu communs.Chaque camion est muni d'une plaque métallique qu'on peut presser contre le sol et faire vibrer au moyen d'un système à air comprimé.Les ondes de chocs ainsi produites sont transmises au sol, elles frappent les couches du sous-sol et reviennent vers la surface avec une description des couches qu'elles ont traversées.À la surface du sol, elles sont captées par de véritables oreilles électroniques, des géophones, disposées le long d’une ligne de plusieurs kilomètres.À partir des informations ainsi recueillies, les scientifiques dressent une représentation tridimensionnelle de la portion étudiée de la lithosphère.Cette représentation ne manquera pas de susciter beaucoup d'intérêt, puisqu'elle permet de mieux orienter les travaux d'exploration en vue de découvrir les minéraux et les hydrocarbures.1 + Énergie, Mines et Ressources Canada L'Hon.Marcel Masse, Ministre Energy, Mines and Resources Canada Mon.Marcel Masse, Minister Canada 1 L'Institut Armand-Frappier 1938-1988 une université de recherche au service de la santé publique./ 1 LJ Université du Québec Institut Armand-Frappier LA RECHERCHE: microbiologie appliquée, épidémiologie et médecine préventive, immunologie, médecine comparée, sciences appliquées à l'alimentation, virologie,immunochimie médicinale.LES PROGRAMMES: Maîtrise en microbiologie appliquée Maîtrise en virologie Doctorat en virologie Bureau du registraire, Institut Armand-Frappier, 531, boulevard des Prairies, Laval (Québec) J7N 9Z9 Téléphone: (514) 687-5010 8 MARS 1988 / QUÉBEC SCIENCE INTERVIEW! ¦n - I al- an di Ik eis lies ées h- BIS sot tile ede ! /- JACQUES PRESCOTT: un scientifique touche-à-tout par Yvon Larose u fil des ans, ses livres, articles de revues, émissions de radio et prises de position ont fait de Jacques Prescott une personnalité scientifique de premier plan au Québec.Il s’est particulièrement signalé par son action incessante en faveur de la faune et de la fore menacées par l’activité humaine.Québec Science l’a rencontré à ce sujet.Québec Science — Quelle est l’ampleur du problème des espèces menacées à l’heure actuelle?Jacques Prescott — Les spécialistes s’accordent à dire que nous vivons en ce moment une période d’extinction massive d’espèces végétales et animales semblable à celle qui, il y a 65 millions d’années, a balayé les dinosaures de la surface de la terre.En fait, nous assistons à la disparition définitive d’une à trois espèces vivantes chaque jour.Q.S.— À combien évalue-t-on le nombre d’espèces vivant sur le globe ?J.P.— Entre 10 et 30 millions.Uniquement pour les plantes supérieures, le nombre se situerait quelque part entre 275 000 et 400 000 espèces.Selon l’entomologiste Terry Erwin, du Musée national d’histoire naturelle de Washington, il y aurait plus de 25 millions d’espèces d’invertébrés! Cette nouvelle évaluation est basée sur des études récentes menées dans les tropiques.Bref, la diversité du monde vivant est étonnante et on en sait très, très peu de chose.“* .n'v .Jacques Prescott, biologiste au Jardin zoologique du Québec.Q.S.— Est-il trop tard pour faire marche arrière?J.P.— Non, il n’est jamais trop tard.Mais le meilleur temps pour faire de la conservation, c’est tout de suite.On sauvera ce qu’on pourra.Cela dit, même si des mesures draconiennes étaient prises à l’instant même à l’échelle mondiale, je dirais que les dommages sont déjà faits.Dans un avenir rapproché, nous vivrons dans un environnement beaucoup plus simple où prédomineront les espèces animales et végétales les plus opportunistes telles que les mouches domestiques, les goélands à bec cerclé, les moineaux domestiques, les souris, les rats et les pissenlits.Q.S.— Comment s’amorcerait, selon vous, un mouvement de conservation de la nature?J.P.— Cela se ferait d’abord en écoutant attentivement ce que nous dit la nature à travers les espèces menacées, lesquelles sont l’expression ultime de l’ensemble des problèmes reliés à la détérioration de l’environnement.Il y a quelques années, le faucon pèlerin, qui ne pondait plus que des œufs non viables, nous a mis en garde contre le DDT, un pesticide utilisé dans la lutte contre les insectes; depuis, nous avons interdit l’usage de ce produit.Actuellement, c’est le béluga du Saint-Laurent qui nous dit de faire attention aux BPC (biphényles poly-chlorés) et aux HaP (hydrocarbures alpha Pyrène).Q.S.— Quelle serait la cause première de la dégradation de la nature?J.P.— Aux yeux des «conservation-nistes», le problème mondial numéro un résulte de la conjonction de deux facteurs : la surconsommation d’énergie et de biens, dans les pays développés, et l’explosion démographique, dans les pays en développement.Toute acticité humaine étant une forme d’exploitation de la nature, tant et aussi longtemps que la population du globe ira en augmentant, la demande exercée sur l’environnement ne pourra, elle aussi, qu’augmenter.Je précise tout de suite que je ne suis pas contre une exploitation rationnelle de la nature par l’homme.Sauf que, à l’heure actuelle, notre façon d’exploiter les ressources naturelles se trouve être complètement décrochée des principes écologiques de base.Cela dit, je crois qu’il est possible de développer de nouvelles QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 9 modalités de vie commune avec la nature.La formule des réserves de la biosphère est un pas concret dans cette direction.Q.S.— De quoi s’agit-il précisément?J.P.— La réserve de la biosphère est une entité géographique dans laquelle vivent des humains et où l’on trouve des ressources naturelles vivantes et inanimées.L’exploitation de ces ressources y est gérée en collégialité par tous les usagers.Autrement dit, il est possible d’en arriver à une convivialité avec la nature.Les meilleurs exemples à ce propos nous viennent actuellement de certains pays en voie de développement.Chez nous, le parc national du lac Waterton, en Alberta, constitue un bon exemple de réserve de la biosphère.Q.S.— Comment évaluez-vous le degré de «conscientisation» de la population à propos de l’environnement?J.P.— Au Canada, les gens sont très sensibilisés et disposés à agir.Des sondages ont démontré que les citoyens ordinaires sont prêts à donner de l’argent pour améliorer l’environnement, quitte à se priver sur d’autres points.C’est la même chose du côté des industriels: plusieurs accepteraient d’investir des sommes importantes dans la conservation de la nature.Ce qui manque, c’est une stratégie globale de conservation mise de l’avant par les gouvernements.Q.S.— En janvier 1987, vous avez séjourné aux îles Galapagos en compagnie d’une poignée de spécialistes.Dans quel contexte cette expédition a-t-elle été organisée?J- P- — Ce voyage s’inscrivait dans la logique de mon action visant à protéger le patrimoine biologique.À l’heure actuelle, la dégradation de l’environnement nous oblige à mettre sur pied un réseau de refuges, de réserves et de parcs naturels si l’on veut protéger la diversité de notre faune et de notre flore.Pour me «Dans un avenir rapproché, nous vivrons dans un environnement beaucoup plus simple où prédomineront les espèces animales et végétales les plus opportunistes.» familiariser davantage avec cette question, j’ai planifié quelques voyages, notamment en Argentine, aux îles Galapagos, en Équateur et dans quelques régions du Canada.Q.S.— Parlez-nous de votre action quotidienne au Jardin zoologique du Québec.J.P.— Au Jardin zoologique du Québec, je suis responsable des programmes d’éducation et de recherche, et, par ailleurs, je participe à l’aménagement des cages et des enclos.D’autre part, j’ai beaucoup travaillé, ces derniers temps, sur la mission et les objectifs éducatifs et scientifiques ! de notre institution.Mes activités sont donc centrées sur deux idées- GESTIONNAIRE, ACTIVISTE, CONSEILLER SCIENTIFIQUE ET VOYAGEUR !' U Jacques Prescott a vu le jour à Montréal en 1953.En 1971, il s’inscrit au baccalauréat en écologie animale à l’Université de Montréal.C’est au contact du professeur Paul Pirlot, qui se réclamait de l’école anatomiste évolutionniste, que l’étudiant prit véritablement goût à la science zoologique.Quelques années plus tard, Jacques Prescott couronnait ses études de maîtrise en éthologie par une thèse axée sur le comportement maternel et le développement du comportement social chez les écureuils roux.Un sujet qui, parce qu’il traitait d’animaux en captivité, préparait on ne peut mieux le jeune universitaire aux tâches qui l’attendaient à compter de juin 1976 au Jardin zoologique du Québec.Outre ses activités de gestionnaire de la faune, Jacques Prescott milite depuis plusieurs années au sein d’organismes à but non lucratif voués à la protection de l’environnement.Il fait aujourd’hui partie des instances décisionnelles de la Fondation pour la sauvegarde des espèces menacées (FOSEM), de l’Union québécoise pour la conser/ation de la nature (UQCN) et de la Fédération canadienne de la nature (FCN).Ce goût pour l’action corporative, Jacques Prescott l’a découvert durant son passage à l’Université de Montréal.C’est à cet endroit qu’il fonda avec des collègues, en 1975, la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement.Mais c’est au sein de l’Association des biologistes du Québec, dont il fut le président en 1983 et 1984, que M.Prescott s’est véritablement initié à la problématique de la conservation de la nature.Devenu spécialiste en la matière, il créait, en 1985, la Fondation pour la sauvegarde des espèces menacées.Entre temps, Jacques Prescott faisait la connaissance d’Harvey Mead, actuel président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature.Il agit, depuis, à titre de conseiller scientifique auprès de cet organisme.Par l’entremise de M.Mead, Jacques Prescott entrera, en 1985, à la Fédération canadienne de la nature.Gestionnaire, activiste, conseiller scientifique, Jacques Prescott est aussi un grand voyageur.Il raconte qu’étant étudiant, il avait déjà en tête « de voir le monde avec [ sa ] biologie ».Marié à une personne qui partage sa passion des voyages, M.Prescott parcourt le monde depuis une dizaine d’années en prenant bien soin toutefois d’intégrer ses multiples destinations dans sa démarche professionnelle.Dans cette perspective, il peut par exemple prendre une partie de ses vacances annuelles pour assister à un congrès ou visiter un parc naturel.Jacques Prescott se définit comme «un ardent défenseur de l’homme dans la nature ».« Quand je parle de la nature, dit-il, j’inclus toujours l’espèce humaine.Celle-ci en fait partie.» t* le tl Qi tl it, la L't d» fri (üi (ii'i ff tti, IJtt « fci ttiis lilioi ill iiJi !î.IN '¦njn ton I%(j *0ll| s s % 10 MARS 1988 / QUÉBEC SCIENCE iï !C lî« bt* ïi" jrf :o# 10# K*11 (.' forces, soit la mise en valeur d’un établissement à caractère muséolo-gique et la conservation de la nature.En fait, je me définis souvent, pour ce qui est de mon travail, comme celui qui fait le lien entre le visiteur et l’animal en cage.Q.S.— Les programmes d’éducation représentent-ils une partie importante de votre travail?J.P.— Oui, bien sûr.En 1976, j’ai d’ailleurs été engagé précisément pour mettre sur pied des programmes éducatifs, c’est-à-dire pour faire en sorte que les visiteurs apprennent quelque chose en venant au Jardin zoologique.Cet objectif tient au fait qu’un zoo est ni plus ni moins qu’un musée vivant.Avec le temps, nous avons élaboré un système qui consiste à former les professeurs, les animateurs et les chefs de groupes.Dans la région de Québec, les clubs 4-H, les louveteaux et jeannettes ainsi que les élèves des 3e, 4e, 5e et 6e années du primaire bénéficient actuellement de ce service.L’originalité de la formule réside dans le fait que l’écolier de niveau primaire, par exemple, verra à chaque année des choses différentes lorsqu’il se présentera au Jardin zoologique.Cette approche éducative m’a par ailleurs amené à publier deux volumes, en 1982, sur les mammifères du Québec.Depuis, nous avons aussi produit des fiches d’information sur les soins à donner aux animaux; nous mettons également à la disposition du public des fiches d’information sur les animaux de la collection du Jardin zoologique.Q.S.— Informer constitue donc une priorité pour vous?J.P.— Et comment! En fait, j’ai toujours pensé que la communication était un aspect essentiel du métier de scientifique.Au fond, pourquoi ferait-on de la recherche si on ne publie pas?Nous recevons chaque année des étudiants stagiaires dont les résultats de recherche sont régulièrement publiés dans des revues «La conservation se fera d’abord en écoutant attentivement ce que nous dit la nature à travers les espèces menacées.» scientifiques internationales.Plus globalement, je crois que toute action scientifique, éducative, de gestion ou de conservation doit être assortie d’une dimension de communication.Q.S.— Poursuit-on des travaux de recherche scientifique au Jardin zoologique du Québec?J.P.— Oui.Les travaux touchent autant à la recherche pure qu’à la recherche appliquée.Ici, le vétérinaire Robert Patenaude et moi-même sommes les deux spécialistes à travailler en ce sens.En ce qui me concerne, compte tenu de ma formation en éthologie, je mets l’accent sur le comportement des animaux.La vie en captivité présente, sur ce plan, un réel avantage sur la vie sauvage puisqu’elle permet d’étudier certains aspects du comportement qui autrement seraient difficiles à suivre en milieu naturel.Q.S.— Pourriez-vous nous donner un exemple de recherche fondamentale que vous avez menée?J.P.— En 1980, j’ai entrepris une étude fort intéressante sur les étapes du développement social et individuel de jeunes bis ons nés en captivité.Par la même occasion, je voulais savoir de quelle façon le jeu était intégré dans ce développement et dans quelle mesure il servait de mode d’intégration.La cueillette de données quotidienne a duré quatre mois.À l’analyse, je me suis rendu compte que l’animal ne jouait pas aux mêmes jeux aux différents âges de sa vie.À la naissance, il va surtout s’adonner à des jeux individuels liés à la locomotion.Un peu plus tard, préadolescent, il va commencer à participer à des jeux sociaux.Donc, par le jeu, le jeune bison va s’intégrer à son groupe social.Q.S.— Alors que s’érige peu à peu le village planétaire annoncé par MacLuhan, comment voyez-vous votre rôle en tant que scientifique sur le plan International?J.P.— Dans le domaine des jardins zoologiques, mon action s’appuie déjà sur un réseau constitué de trois villes: Québec, Paris et Washington.L’origine de ce réseau remonte à 1985.Cette année-là, j’ai travaillé pendant près de deux mois comme chercheur invité au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris.Un de mes sujets d’étude portait sur un cerf de Thaïlande gardé au Parc zoologique de Paris.Par après, j’ai appris qu’un collègue du Zoo national de Washington travaillait lui aussi sur cette espèce.Nous nous sommes rencontrés et nous avons jeté les bases d’un projet commun portant sur l’animal en question.Je crois, par ailleurs, que les scientifiques francophones du Québec, de par leur appartenance à la culture nord-américaine et leurs vieilles racines européennes, ont la possibilité de jouer un rôle majeur dans le développement de relations et de projets scientifiques entre l’Europe et l’Amérique.?QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 11 Jules Dufour CTUALITE par l’Agence Science-Presse Les chercheurs du Centre de spécialisation des cultures abritées de rilniversité Laval, en collaboration avec ceux des Tourbières Premier, compagnie de Rivière-du-Loup productrice de tourbe et de produits dérivés, ont mis au point un nouveau substrat à base de tourbe pour la culture en serre.Les résultats préliminaires révèlent que la production des plants de tomates croissant dans cette tourbe a été d’environ 10% supérieure à celle de plants où on a utilisé la laine de roche.De tels résultats pourraient bien renverser une certaine tendance à l’utilisation de la laine de roche, jusque-là jugée plus productive que les substrats de tourbe habituels.De plus, ce nouveau produit s’est avéré un milieu peu propice au pour-ridie fusarium, maladie qui cause des dégâts importants aux plants de tomates.Ces résultats constituent les premières réalisations concrètes obtenues dans le cadre d’un programme de recherche-développement mis sur pied par le Centre québécois de valorisation de la biomasse (CQVB) et les Tourbières Premier.Le programme SUBITO (substrat biologique de tourbe) vise la création de nouveaux produits à base de tourbe.L’an prochain, les chercheurs de l’Université Laval essaieront d’éta-blir la meilleure recette de fertilisants pour mélanger à la tourbe.Ils détermineront également les besoins précis en irrigation.Au Québec, la production de légumes et de fleurs en serre est encore embryonnaire, bien qu’elle ait connu une augmentation régulière depuis quelques années.«Aujourd’hui, les serres couvrent une superficie de 180 hectares», estime André Gosselin, directeur du centre de spécialisation de l’Université Laval.Aux Pays-Bas, où les serres sont reines, on compte au moins 800 hectares.Du nouveau dans les serres X La mise au point d’un nouveau substrat à base de tourbe a permis d’augmenter la production de la culture des tomates en serre de 10%.Par ailleurs, Hydro-Québec a accordé l’été dernier une subvention de recherche de 400 000$ au Centre de spécialisation.La recherche vise à établir les meilleures conditions d’utilisation de l’éclairage d’appoint, tout en évaluant la contribution optimale de l’éclairage au chauffage de la serre.L’éclairage artificiel, largement étudié par les chercheurs de l’Université Laval, permet d’augmenter la photopériode, c’est-à-dire la période où les plantes sont éclairées.En allongeant cette photopériode ou en entrecoupant les périodes d’éclairage et de repos pour la plante, les chercheurs ont démontré que le rendement augmentait considérablement, jusqu’à deux fois dans certains cas.Dans la production de fleurs, par exemple, l’éclairage artificiel s’est avéré très avantageux.Des expériences menées avec la coopération des Serres Jean-Luc Lussier, à Saint-Nicolas, en banlieue de Québec, ont permis de doubler la productivité des rosiers.Les recherches actuelles portent sur les légumes.Les premiers résultats montrent qu’un niveau d’éclairage de 30 watts par mètre carré augmente la productivité des tomates et des concombres de façon très appréciable.Hydro-Québec a d’ailleurs mis sur pied un programme de biénergie tins tltn itt is r fila 12 MARS 1988 / QUÉBEC SCIENCE :• ¦¦ •• " . Le bruit au travail pour le chauffage des serres, un facteur clé au Québec.Le producteur peut utiliser un système de chauffage ayant recours à l’électricité et à une autre source d’énergie (bois, huile ou gaz naturel).L’électricité ainsi consommée en dehors des heures de pointe est vendue à un taux préférentiel.La chaleur dégagée par l’éclairage contribue aussi au chauffage de la serre.Pour Hydro-Québec, le marché des serres représente un débouché important.Selon plusieurs producteurs, les serres pourraient couvrir une superficie de 800 hectares dans 10 ans.Or Hydro-Québec estime que, si la moitié de cette surface recevait 20 W/m2 d’éclairage d’appoint, la consommation électrique de cette industrie pourrait atteindre un milliard de kW/h.Gilles Drouin LE SIDA ET LA SANTÉ MENTALE Le sida n’affecterait pas seulement la santé physique des personnes qui en sont atteintes, mais pourrait aussi détruire leur équilibre mental.De plus en plus de médecins constatent qu’une proportion élevée de sidatiques sont victimes de troubles neuropsychologiques graves : problèmes de mémoire et de coordination, et trqubles de comportement pouvant aller jusqu’à la démence.En fait, ces symptômes pourraient être les tout premiers à apparaître, bien avant l’affaissement du système immunitaire qui caractérise le sida.C’est parce que le virus élit domicile dans le cerveau, avant d’infecter le reste du corps, que surviennent ces problèmes.Mais on ignore toujours comment le micro-organisme réalise ses méfaits.(Source: New Scientist) De 1981 à 1986, les départements de santé au travail des D.S.C.et des C.L.S.C.du Québec ont effectué une vaste enquête afin de dépister l’amplitude de la surdité d’origine professionnelle dans dix secteurs d’activité, examinant ainsi quelque 37 500 travailleurs, dans 1 377 entreprises.Les résultats sont alarmants : 1-43,9% des travailleurs ont une audition anormale, d’origine professionnelle.Il s’agit d’un problème irréversible, et qui croît avec l’âge lorsque les expositions persistent.2- 59,4% des travailleurs examinés sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs aux normes québécoises (90 décibels sur une période de huit heures d’exposition, ou 100 décibels pendant moins de deux heures).Les secteurs des forêts et scieries et celui des produits du métal remportent la palme concernant la plus ferme proportion de travailleurs exposés à des bruits dépassant le plafond fixé par la loi.i" - ' ET.Beaucoup de travailleurs québécois sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs aux normes établies.La surdité d’origine professionnelle a plus d’ampleur qu’on ne le soupçonnait.3 - 17,3% des travailleurs sont exposés à des doses de bruit supérieures à 100 décibels et ce pendant huit heures d’affilée.Cette surdité est la cause du plus grand nombre de demandes d’indemnisation auprès de la Commission de la santé et de la sécurité du travail, soit 40% de toutes les réclamations en 1986.Les Dr Raymond Hétu, du Groupe d’acoustique de TUniversité de Montréal, et Pierre Bielmann, de l’Institut de recherche en santé et sécurité du travail (IRSST), travaillent sur les effets physiologiques à court et à long terme de l’exposition au bruit.Selon leurs recherches, des niveaux sonores supérieurs à 75 décibels provoquent diverses réactions du système de défense de l’organisme tant au niveau du système cardio-casculaire qu’à celui de l’oreille.Ainsi, en réponse à un stimulus bruyant, il y a augmentation rapide du rythme cardiaque et de la tension artérielle.Cette réponse peut être persistante tout au long de l’exposition ou présenter des variations transitoires chroniques.Des individus sujets à l’hypertension réagissent davantage aux bruits que les autres.Or, l’hypertension peut avoir une influence sur l’apparition de la surdité.D’autre part, une équipe de chercheurs de l’Université de Toronto étudie présentement la nocivité des bruits «impulsifs», comme des coups de feu ou des coups de marteau.Selon cette étude, ces bruits, même s’ils ne durent que quelques millièmes de seconde, seraient plus dommageables pour l’oreille qu’un bruit continu, comme celui d’une presse d’imprimerie ou d’un marteau pneumatique.Un bruit bref de plus de 120 décibels provoque des dommages irrémédiables, et la perte d’audition peut survenir dans les jours suivants.Sylvie Gourde QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 13 PAXSAT: des satellites pour la paix La paix est une affaire trop importante pour être laissée entièrement entre les mains des deux superpuissances.C’est pourquoi le Canada a proposé un «troisième système» de contrôle du désarmement aux 40 pays représentés à la Conférence de Genève sur le désarmement.Ce système prendrait la forme d’un traité multilatéral régional — en l’occurrence, pour l’Europe — doté d’un duo de satellites-radar pour le contrôle et la vérification de l’accord.Tel est le concept PAXSAT, qui repose, d’une part, sur une intense recherche juridique, quant à l’infrastructure d’un tel traité, effectuée par le Centre de recherche en droit aérien et spatial de l’Université McGill, et, d’autre part, sur des recherches à la fine pointe de l’innovation en télédétection, faites à SPAR Aerospace, de Sainte-Anne de Bellevue, pour la mise au point des deux satellites.Le concept PAXSAT se veut une approche globale de la question du désarmement.«Il s’agit d’un troisième système, mais pas d’un troisième partenaire », de préciser le lieutenant-colonel Ron Cleminsion, de la direction des armements et du désarmement aux Affaires extérieures.Pour sa part, le Dr F.Osborne, directeur des systèmes avancés à SPAR Aerospace, explique que l’un des avantages de PAXSAT sera de permettre aux deux Grands de disposer d’un troisième système capable de détecter les violations des accords de désarmement, sans avoir à les dénoncer eux-mêmes.évitant ainsi de révéler certains mécanismes sophistiqués de leurs opérations de télédétection respectives.Le «troisième système» représente donc une capacité de vérification que les superpuissances n’exploiteront Lorsqu’il sera mis en orbite, le satellite PAXSAT A, encore sur les planches à dessin chez Spar Aerospace, servira à détecter les violations des accords de désarmement.pas en exclusivité, mais auquel elles pourront avoir accès si elles sont signataires du traité multilatéral, dont PAXSAT sera partie intégrante.Ce n’est pas la première fois qu’un système de vérification du désarmement est proposé à la Conférence de Genève.En 1978, la France avait déjà suggéré que l’Organisation des Nations Unies établisse une Agence internationale de satellites de contrôle du désarmement (ISMA).Il s’agissait d’un système planétaire, dont le coût aurait dépassé le budget total de l’ONU.Le projet PAXSAT est beaucoup plus modeste, car il s’inscrit dans un cadre régional.Le concept comprend initialement deux satellites-radar: — Le premier, PAXSAT «A», serait un engin spatial doté de plusieurs détecteurs, dont un système d’imagerie en lumière visible, un système d’imagerie thermique, un récepteur permettant de mesurer les signaux de communication, ainsi que des capteurs chimiques et de rayonnement; bref il s’agit d’un satellite «espace-espace», capable de déterminer la fonction d’un objet spatial, plus précisément d’un système d’armes dans l’espace ; — Le second satellite, PAXSAT « B », est encore à l’étape de l’étude de faisabilité.Il vise à permettre la télédétection au sol d’armements classiques sur un territoire géographique precis.En réalité, il s’agirait d’un Radarsat canadien (ou d’un Landsat américain, ou d’un SPOT français) plus perfectionné, capable d’obtenir une résolution suffisamment fine pour pouvoir distinguer un char d’assaut d’un camion.Même si ces satellites ne sont encore que sur les planches à dessin, le Dr Osborne estime que «ça ne prendra pas plus de temps à Spar pour les construire qu’aux juristes pour rédiger le traité multilatéral».Selon lui, il sera préférable que ces satellites soient mis en orbite par un lanceur « neutre », ni américain ni soviétique.Depuis cinq ans, le Canada a déployé de grands efforts dans les recherches sur la vérification du désarmement.Il n’a cependant pas l’intention de mettre au point seul des systèmes de vérification comme ceux du concept PAXSAT.Parce qu’il estime que la nature même des efforts exige une collaboration multinationale, le gouvernement canadien a diffusé largement, parmi les 40 pays de la Conférence de Genève, tous les résultats de ses études et recherches, espérant que la réalisation de PAXSAT sera un effort de plusieurs pays.St I a kl in lai iK fi* fin 'lift '«lit, Françoise Côté 14 MARS 1988 / QUÉBEC SCIENCE LES CHARIOTS-ROBOTS Dans nos usines et nos entrepôts, se promèneront peut-être bientôt de curieux engins: des chariots industriels autoguidés.Ces équivalents de la brouette ou du diable, n’ont pas besoin d’être conduits par des humains.Ils se déplacent tout seuls, ayant mémorisé, grâce à leur cerveau électronique, une carte de l’endroit où ils travaillent.Ils sont munis d’un laser qui sait reconnaître des repères placés le long de l’itinéraire, ce qui permet d’ajuster la trajectoire.Ils sont aussi forts qu’«intelligents» et peuvent déplacer sans peine des grandes quantités de caisses.(Source: High Technology Business) RECHERCHE: LE CANADA EN RETARD Avec un déficit commercial de douze milliards de dollars, au chapitre des produits de haute technologie, le Canada tire la jambe, en matière de recherche fondamentale et appliquée.Selon le président du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), le Dr Larkin Kerwin, le pays doit en arriver à un consensus sur l’importance d’investir dans les sciences.«Non seulement cela rapportera financièrement, mais cela va nous sauver d’un désastre économique», estime le président du CNRC.(Source: Edmonton Journal) FAUTEUIL ROULANT «HIGH TECH» Le fauteuil roulant n’est plus ce qu’il était.Certains modèles récents sont dotés de raffinements technologiques.Ainsi, plusieurs firmes confectionnent maintenant ces appareils à partir de matériaux ultralégers à haute performance, normalement réservés aux navettes spatiales et aux lanceurs de satellites.Une compagnie ontarienne commercialise un modèle équipé d’un ordinateur «de bord» qui détermine la vitesse et la trajectoire optimales de l’engin, et d’un système de pilotage automatique qui permet au «commandant» de se reposer.(Source: High Technology Business) À QUAND LE VRAI CŒUR ARTIFICIEL?La nature est inimitable.Prenez le coeur, par exemple, cette simple pompe chargée de faire circuler le sang dans l’organisme: depuis des années, on a englouti des millions de dollars pour en fabriquer des équivalents artificiels qui soient aussi efficaces, fiables et durables.en vain.Mais les compagnies d’appareils biomédicaux, alléchées par un marché poten '"“'tiel de plusieurs milliards de dollars, continuent à concevoir des prototypes de prothèses cardiaques portatives.L’un des favoris de la course est Cora, pompe rotative rigide d’origine française.On espère tester ce cœur dès 1990.et, compte tenu du nombre de patients au cœur détérioré, il devrait être facile de trouver des cobayes.(Source: High Technology Business) ATTENTION AUX ENGRAIS CHIMIQUES ! Les fermiers qui utilisent des fertilisants inorganiques (chimiques) pourraient bien mettre leur sol en péril.Une étude américaine vient de révéler que ces fermiers perdent quatre fois plus de terre de surface (terre fertile) que ceux qui utilisent des engrais organiques.Au cours des 37 dernières années, l’érosion a réduit la couche de terre de surface de 21 cm, chez les fermiers qui utilisent des engrais chimiques, contre seulement 5 cm pour les autres.Selon les chercheurs, les terres fertilisées avec des engrais inorganiques pourraient pratiquement disparaître d’ici à 50 ans aux États-Unis.(Source: New Scientist) MÉTAUX À MÉMOIRE D’ÉLÉPHANT T ordre par mégarde une des branches de vos lunettes à monture métallique ne sera plus irréparable désormais.Grâce aux «métaux qui ont de la mémoire», il vous suffira de placer la tige tordue sous l’eau chaude du robinet et elle reprendra aussitôt sa forme originale ! En mélangeant des quantités judicieuses de titane et de nickel, des ingénieurs ont en effet obtenu un alliage qui, lorsqu’on le réchauffe, retrouve sa forme originale.On envisage déjà de nombreuses applications, toutes indispensables, pour cet étonnant matériau comme des pommes de douche efficaces et sûres qui se tordent et interrompent l’arrivée d’eau lorsque celle-ci est trop chaude.(Source: Popular Science) QUÉBEC SCIENCE / MARS 1988 15 Vacciner, radiographier ou opérer des animaux sauvages en captivité, ces activités exigent compétence et savoir-faire de la part du vétérinaire traitant.par Yvon LAROSE « I-N ique dedans plus perpendiculairement!» Ce matin- n J là, un spectacle hors de l’ordinaire s’offrait au jour-U I naliste venu assister à l’examen général d’un fauve | -J dans la clinique de Robert Patenaude, vétérinaire clinicien du Jardin zoologique du Québec qui est L-J situé à Charlesbourg, en banlieue de Québec.Couchée sur le dos, la bête — un puissant couguar femeüe de quatre ans — dormait paisiblement tandis que le vétérinaire et sa jeune stagiaire, Denise Philibert, cherchaient entre son ventre et l’une de ses pattes arrière la grosse veine qui leur permettrait de faire cinq prises de sang.Sécurité oblige, un tube relié à un appareil à anesthésie était introduit dans la gueule entrouverte de l’animal Totalement inconscient, celui-ci respirait un mélange d’oxygène et d’isoflurane, un gaz volatil couramment utilisé en médecine humaine. s .r - .‘ • ^ -> ¦ >- « ¦¦ ' \ .' a V ' \ ‘ ' ^ ^ ¦ ¦ - "\rS:C ù ÆlMS* - ¦ v-: j:;?v *; %: ' ¦ _ : ’ '• ' • ¦¦ .’ ¦¦ '¦/ _ • ÿ : i : ' .J ' .*¦" '• •* ' •*’ ’ .« / Vv '" '"•••¦ ' " • • ¦ * v“ ¦ ¦ ; .fÿ,.ïï'r-Vr'-u'^pfy.¦ v- ¦ .J ¦.• Zs-ïJ-i/y ,v > ¦ ¦ J ' ¦'r* *Vfl.~ 1 .4 ' X w • - j fiSS!-.:4 ivA-'^Vv 1 ,:v': | V,' , ' ;/ -•¦ .• -t '«'.•"J i' ' fl U.t.¦ - ¦ .- ‘‘ M f.,-.¦ •' v f r,.:'' i il ï v
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