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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1988, Collections de BAnQ.

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Octobre 1988 3,25$ luméro 2 • .mi iHJÉOÎBf lx.VV vv VV iHOWKNIFE: \ MTRE PU MON SISMlèUE \ %.ROUTE DU PARC \ \ IIS LAURENTIDES: N\ \ )UT UN DËFI TECHNIQUE! Port payé à Québeéy iar de 2e claue, enregistrement n° 1052.>50.Sillery, Québec.Canada GIT 2R1 Loisir, Chasse et Pêche Québec Y ume 27, numéro 2 II SOMMAIRE Octobre 1988 ARTICLES Le vidéotex deviendra-t-il enfin populaire?Le vidéotex veut rendre l’information électronique accessible à tous.Minitel et Alex réussiront-ils à gagner la faveur populaire?Par Jean Lalonde CHRONIQUES 8 LES PIONNIERS Armand Frappier Face au péril de la tuberculose Par Claire Chabot 14 MICROMÉGA Page 24 La guerre contre les armes chimiques L’utilisation des terrifiantes armes chimiques ne cesse de s’accroître dans te monde.Le Canada a décidé d'intervenir.Par Jocelyn Coulon 40 La route du parc des Laurentides: tout un défi technique ! Il y a 40 ans, la construction d’une route devant relier le Saguenay-Lac-Saint-Jean à Québec posait de nombreux défis.Par Élaine Hémond Yellowknife : centre du monde.sismique Le centre sismologique de Yellowknife est l’endroit par excellence pour repérer les essais nucléaires qui ont lieu dans le monde.Par Alain Borgognon QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de PUniversité du Québec.La direction aisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les itres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées .ont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de raduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Quatrième trimestre 1988, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère s Copyright 1988 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Page 48 mm*- Page 32 v- • Page 40 r~ ¦MF Le traitement de document Par Jean Lalonde 16 OPINION Après le virage, le sommet technologique Par Guy Arbour 19 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Ce n’est pas coulé dans le béton ! Des plastiques en trois dimensions Fraîcheur sous surveillance L’ingénieur cybernétique spatial Des animaux sur mesure Le remède miracle des insectes 53 IA DIMENSION CACHÉE D’une marée à l’autre Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 6 COURRIER 55 EN VRAC 57 LU POUR VOUS Notre avenir à tous Le cristal et la chimère 58 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 3 SAVUUHLZ tN IUU I ba SAIbUNb Lb rnUI I UU bAVUlF EN USANT INTERFACE * '¦> m»a *ww! ‘L Y itimÇt WWA S': Beau temps, mauvais temps, INTERFACE vous offre dans chaque numéro une entrevue avec une figure marquante de noti communauté scientifique, des articles de recherche dans toutes les disciplines, des chroniques sur l’actualité scientifiqui un reportage sur un organisme de recherche, ainsi que des informations sur les subventions, les bourses, les prix, k événements à venir, les dernières parutions et les offres d’emploi.De plus, chaque été, INTERFACE publie un Bottin de recherche où plus de 700 institutions et 10 000 noms sont recensés.Abonnement (5 numéros/an plus le Bottin de la recherche) Régulier: 25,00$ Étudiant* : 12,50$ Institution/étranger: 50,00$ ?Master Card ?Visa chèque EU mandat poste comptant N° de la carte Date d’expiration •Joindre une photocopie de la carte d’étudiant INTERFACE NOM PRÉNOM INSTITUTION D’ATTACHE (département ou division) ADRESSE AU TRAVAIL (ou de correspondance) VILLE PROVINCE CODE POSTAL TÉLÉPHONE (AU TRAVAIL) STATUT : professeur-e ?administrateur-e ?étudiant-e ?CHERCHEUR-E ATTITRÉ-E ?JOURNALISTE-RELATIONNISTE ?AUTRE ?SEXE: FÉMININ ?MASCULIN ?DOMAINE D’ACTIVITÉ (en trois mots ou groupe de mots-ciés) Faire parvenir à: Acfas, 2730, Chemin Côte Sainte-Catherine, Montréal (Québec) H3T 1B7.Tél.: (514) 342-1411 QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieur: (418) 657-2271 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.l.liée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, Michel Groulx, Fabien Gruhier.Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pépin, Gilles Provost.Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 :: '' COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ es connaissances actuelles permettent d’ores et déjà de faire tellement de choses que l’on n’a certes pas tort d’être ébahi par les applications spectaculaires que le génie inventif de l’homme a su trouver aux quelques «lois» de la nature qu’il a réussi à décoder jusqu’à présent.À mes yeux, la télématique est l’une de ces merveilles.Pourtant, l’accès à l’information électronique n’est encore le fait que de trop rares «branchés».Aussi, me dois-je d’applaudir à l’initiative de Bell Canada de créer de toutes pièces Alex en réponse à l’arrivée du Minitel français sur le marché pour rendre ainsi l’information électronique accessible à tous.Notre nouveau chroniqueur, Jean Lalonde, journaliste scientifique à Radio-Canada, fait le point sur toute cette question d’une façon claire et précise.Plus loin dans ce numéro, le même Jean Lalonde inaugure une nouvelle chronique consacrée à la micro-informatique et à la télématique: «MicroMéga».S’adressant surtout aux non-initiés, cette chronique permettra également de suivre l’évolution ultrarapide de ce secteur et aussi à nos lecteurs de partager leurs problèmes et leurs découvertes.Elle succède à «Des sciences à loisir» dans le cadre de laquelle Denis Gilbert a su nous faire découvrir et apprécier 11 loisirs scientifiques.Merci Denis! Élaine Hémond, originaire du Lac Saint-Jean, est bien placée pour nous parler de cette route du parc des Laurentides qui a permis à la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean (qui célèbre ses 150 ans cette année) de se «brancher» vraiment sur le reste du Québec.La construction de cette route, qui a 40 ans ce mois-ci, a servi à tester plusieurs des procédés et des techniques auxquels on recourt encore aujourd’hui.C’est aussi parce quelle est «branchée» que, contrairement à ce qu’indique la mappemonde, la capitale des Territoires du Nord-Ouest, Yellowknife, est devenue le centre du monde.sismique.En effet, rapporte Alain Borgognon, dans son article, de par sa position géologique, le centre sismologique de Yellowknife est l’endroit par excellence pour repérer les essais nucléaires quel que soit le point du globe où ils sont effectués.En fait le centre de Yellowknife forme l’un des éléments de l’intervention du gouvernement canadien en matière de désarmement et de contrôle des armements.La réalisation d’un kit de détection des armes chimiques à l’Institut Armand-Frappier de Montréal, en est un autre.Jocelyn Coulon fait le point sur cette guerre à la guerre.Une dure réalité qui fait frissonner.- T Pour abonnement ou changement d’adresse : QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery GIT 2R1 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 5 Ève-Lucie Bourque PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES POUR VOUS Les scientifiques des sciences de la Terre Vous désirez faire carrière dans le domaine des sciences de la Terre?Procurez-vous la bande magnétoscopique intitulée Les scientifiques des sciences de la Terre et constatez la diversité des disciplines qui s'offrent à vous; familiarisez-vous avec les styles de vie que mènent les professionnels des sciences de la Terre.La recherche scientifique dans les sciences de la Terre demande une formation très poussée ainsi qu'une bonne dose de curiosité scientifique.En effet, pour s'adonner à l'étude de la croûte et du noyau terrestres, des océans, de l'atmosphère et de révolution de la planète, vieille de 5 milliards d'années, il faut passablement de connaissances.Des spécialistes des sciences de la Terre étudient d'autres planètes que la nôtre au moyen de satellites de reconnaissance et de télescopes.Aussi voyagent-ils un peu partout dans le monde pour cartographier, enregistrer, analyser et acquérir de l'information.Géophysiciens, géographes, géologues, biologistes, paléontologistes et experts en géodésie s'accordent pour dire que, pour pratiquer leurs professions, il faut aimer travailler en équipe sur le terrain, vivre au grand air et avoir un certain intérêt pour ce qui est complexe.Ils forment des équipes multidisciplinaires qui cherchent à mieux comprendre notre environnement.La géophysique vise à fouiller les profondeurs de la Terre pour lui arracher ses secrets.Cette science demande des études poussées en mathématique et en physique.Pour en savoir plus sur cette science, commandez la production vidéo La lithosphère, cette inconnue.La géographie nous aide à comprendre le processus qui sous-tend les rapports spatiaux existant sur terre, sur l'eau et même dans l'air.Les données obtenues sont reportées sur les cartes géographiques.Elles servent également aux cartographes d'Énergie, Mines et Ressources Canada pour établir L'Atlas national du Canada.Le monde de la géographie a connu une évolution considérable et a su s'adapter à l'ère de l'informatique.L'information géographique peut en effet être présentée sous forme numérique aujourd'hui, et la cartographie électronique offre un éventail de possibilités encore insoupçonnées.Cette science est également traitée dans la production La cartographie : de l'astrolabe au laser.La géologie s'intéresse particulièrement à l'étude des roches et des minéraux terrestres.Elle cherche à mieux connaître la masse continentale canadienne afin de mieux orienter, entre autres, les travaux d'exploration et d'exploitation minières.La production La Commission géologique du Canada .d'hier à aujourd'hui rend un hommage particulier aux pionniers de la géologie canadienne et à leurs successeurs.La biologie a aussi ses applications dans le domaine des sciences de la Terre.Par exemple, l'étude des pollens anciens par les biologistes permet d'établir l'histoire biologique de régions données.Cette science, dont l'outil principal est le microscope, nous aide à pénétrer le monde de l'infiniment petit qui influe sur l'infiniment grand.Autre discipline des sciences de la Terre, la paléontologie étudie la vie passée et sert à déterminer la chronologie de la Terre.Cette science a aussi ses applications pratiques quand, par exemple, il s'agit de faire de la prospection minière ou pétrolière.En géodésie, l'ingénieur topographe interprète les caractéristiques physiques, les processus socio-économiques et l'évolution historique de notre pays pour les besoins de divers utilisateurs.Les travaux des scientifiques de la Terre, en particulier ceux des chercheurs d'Énergie, Mines et Ressources Canada, trouvent des applications dans notre vie quotidienne.Ils ont placé le Canada à l'avant-garde des nouvelles techniques en matière d'exploitation de ressources naturelles et d'énergie.Les sciences de la Terre .pour une carrière fascinante.// est formellement interdit d’utiliser des extraits de ce vidéo afin de les incorporer dans d’autres productions vidéo, sans avoir reçu l’autorisation d'Énergie, Mines et Ressources Canada, et de diffuser ledit vidéo sur les ondes de la télévision privée commerciale.Vous pouvez également vous procurer les productions audio-visuelles suivantes: Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur Des tremblements de terre au Canada ?La Commission géologique du Canada.d'hier à aujourd'hui Les richesses minérales des provinces de l'Atlantique Lithoprobe, 40 km sous terre La cartographie: de l'astrolabe au laser L’océan sans limites — la dorsale Juan de Fuca Les îles au soleil de minuit Pour plus de renseignements veuillez écrire à: Diane Lorenzato Agente de l'audio-visuel Direction des communications Énergie, Mines et Ressources Pièce 971 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Tél.: (613) 992-5198 ¦ H Énergie, Mines et Energy, Mines and H "T ¦ Resources Canada Resources Canada Canada COURRIER l.PROPOS DES PROGRAMMES PIMMUNISATION l’ermettez-moi de vous féliciter, tout i .’abord, pour l’excellence de votre revue, e suis abonnée depuis plusieurs années léjà et votre revue est toujours aussi ntéressante et de qualité.En lisant l’article de Michel Groulx Les vaccins nouvelle cuisine», dans le luméro de mai 1988, j’ai constaté qu’il ’était glissé une erreur dans l’encadré de a page 37 «Les maladies tropicales, des 'accins plus efficaces».On y fait mention, dans le dernier taragraphe, du programme d’immunisa-ion universelle des enfants d’ici 1990, tarrainé par [’UNESCO.J’aimerais pré-:iser que ce grand programme est plutôt tarrainé par l’UNICEL et l’Organisation nondiale de la santé (OMS).Ce sont ces leux organismes qui ont réussi à créer ce noment unique dans l’histoire de l’humanité.En effet, jamais, du moins depuis l’ère moderne, n’a-t-on réussi à rallier tous les gouvernements de ce monde ainsi que les arganismes multilatéraux et non gouvernementaux vers un but unique : diminuer la morbidité et la mortalité des enfants par le contrôle des six maladies infantiles contagieuses: rougeole, polio, tuberculose, diphtérie, coqueluche et tétanos.M.Groulx mentionne également que les pays du Tiers-Monde ne peuvent «se procurer les vaccins à cause de leur coût élevé».J’aimerais ajouter que, si le coût des vaccins est un des obstacles à la mise sur pied d’un programme de vaccination à l’échelle de la planète, ce n’est malheureusement pas le seul.En effet, la conservation des vaccins à température contrôlée, du lieu de production jusqu’au moment de l’injection, est une difficulté majeure et fort dispendieuse à résoudre.À cela, il faut ajouter des besoins importants en formation du personnel, en supervision, en évaluation, en matériel léger et en information.Au total, on évalue le coût annuel pour l’ensemble du monde à 500 millions de dollars.Toutefois, le plus grand obstacle me semble être davantage au niveau de l’infrastructure.En effet, la vaccination est une activité parmi tant d’autres (programmes de santé maternelle et infantile) pour que les enfants non seulement survivent, mais vivent en santé.Cette infrastructure est nettement insuffisante dans la majorité des pays en développement.Je ne peux qu’applaudir à tous les progrès réalisés dans le domaine de la vaccination, tels que décrits dans l’article.Mais, en ce qui me concerne, je crois que la mise au point de vaccins efficaces contre le paludisme (malaria) et contre la lèpre sera la plus importante réalisation de ce siècle.Il ne faut pas oublier que ces deux fléaux sont ceux qui atteignent le plus vaste bassin de population et qui ont les effets les plus graves à l’échelle de la planète.Louise Galarneau Programme canadien d’immunisation internationale Association canadienne de santé publique Bibliothèque nationale du Canada National Library of Canada ÉLARGISSEZ VOS )NS ^^^uels types de services la Bibliothèque nationale offre-t-elle?Voici quelques-uns des services dont vous pouvez profiter : 2 I 3 catalogage information et conseils mise en commun des ressources publications et programmes culturels Canada Pour obtenir des renseignements sur les services décrits ici, veuillez écrire aux: Relations extérieures Bibliothèque nationale du Canada 395, rue Wellington Ottawa (Ontario) K1A ON 4 Téléphone: (613) 995-7969 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 7 LES PIONNIERS ARMAND FRAPPIER Face au péril de la tuberculose par Claire CHABOT * Sobrement imprimé sur presque tous les flacons de vaccins qui circulent dans les laboratoires et pharmacies du Québec, le nom d'Armand Frappier.Depuis 1975, l’Institut de microbiologie et d’hygiène de Montréal porte fièrement le nom de son fondateur, qui, pendant près de 40 ans, a dirigé les destinées du célèbre établissement.La carrière d’Armand Frappier suit la naissance de la microbiologie au Québec.Chercheur reconnu mondialement pour ses travaux sur la tuberculose et le BCG, il a partagé sa vie entre la recherche et la production de vaccins, et l’enseignement universitaire.Ainsi il a donné vie au Département de bactériologie de l’Université de Montréal, où il a créé le premier programme d’études supérieures en microbiologie et ouvert un nouveau champ d’étude : l’immunologie.Déjouant habilement les réticences de la puissante Faculté de médecine à ouvrir un de ses départements à des non-médecins, le Dr Frappier a accueilli en bactériologie des étudiants diplômés de différentes disciplines scientifiques, pavant ainsi la voie à la recherche multidisciplinaire.De plus, il a donné à la médecine préventive ses lettres de noblesse en fondant l’École d’hygiène de l’Université de Montréal, l’actuel Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine, qu’il a dirigée pendant 20 ans.Aujourd’hui à 83 ans, le Dr Frappier porte un regard empreint de modestie sur sa carrière scientifique : «J’ai été favorisé par le progrès des sciences.J’ai vécu son éclatement depuis 50 ans.» - Mais vous aviez tout à bâtir?- Il fallait profiter de la chance, de ce qui nous passait sous le nez.- Et les risques qu’il vous a fallu prendre?- Évidemment, il fallait être rigoureux dans les contrôles des vaccins et des sérums qu’on produisait.Mais je n’ai jamais senti de stress de ma vie ! » À LA MÉMOIRE DE SA MÈRE Au mois de mai 1923, la mère d’Armand Frappier meurt de tuberculose.Dans le cabinet du médecin, encore bouleversé, le jeune Frappier lui demande pourquoi il n’y a pas de meilleurs traitements à cette maladie.Le médecin répondit: «Mon jeune homme, il n’y a qu’un vaccin qui puisse prévenir la tuberculose.» Je suis sorti de son bureau et, dans la rue, j’ai décidé de devenir médecin et de chercher comment prévenir cette terrible maladie.» Entré à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, Armand Frappier s’intéresse particulièrement à la chimie.Un professeur de chimie de l’époque, Georges Baril, lui obtient un travail dans son laboratoire.Le jeune étudiant entretient l’espoir de devenir son assistant, pour combattre la tuberculose par la chimie.«Dans le fond, j’avais raison! C’est la chimie qui a vaincu la tuberculose, avec les antibiotiques.Mais dans le temps, personne ne pouvait penser ça, loin de là.» En effet, la tuberculose n’était pas considérée comme une maladie d’ori- * La rédaction de cette série d’articles a été réalisée dans le cadre du Programme de soutien aux activités de diffusion de la culture scientifique et technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science.8 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE f ^ *»» Il I II 11 lliillllgl JfVm' Ql'f Bl'C SCIENCE / OCTOBRE 1988 9 .W.¦ .k a.4.1 ‘ 'V a._ ** m' MI»Wk L’Institut Annand-Frippier gine bactérienne.Les espoirs allaient plutôt du côté du vaccin BCG, découvert par Calmette et Guérin en 1908 et administré pour la première fois en 1924.Durant son cours de médecine, Armand Frappier suit avec intérêt les développements du vaccin.Mais la tuberculose fait de tels ravages, en particulier au Québec, qu’il demeure sceptique quant à son efficacité.Un soir de 1931, Armand Frappier, tout en effectuant des analyses pour le service de santé des étudiants, écoute le professeur de physiologie, Édouard-G.Asselin, déplorer la désertion du département de bactériologie, la science de l’avenir! Les deux professeurs de ce département étaient en effet décédés et personne ne se présentait pour les remplacer.Après avoir réfléchi quelques jours, le jeune médecin décide de se spécialiser en bactériologie, discipline dont plus de la moitié provient de la chimie.Avec l’appui du doyen de la faculté, Télésphore Parizeau, il obtient une bourse pour étudier la bactériologie à l’Université de Rochester.Durant son séjour d’un an à New York, le Dr Frappier découvre une université toute nouvelle, jouissant du support de la Rockefeller Foundation et dont le département de microbiologie est très bien organisé.Dans un séminaire présenté devant ses professeurs et collègues, il livre les premiers résultats d’une étude sur le BCG effectuée par le Dr J.-A.Baudoin, professeur d’hygiène à l’Université de Montréal, le premier à faire des essais de vaccination, au Québec, en utilisant le BCG chez les nouveau-nés.«J’avais un air triomphant! avoue Armand Frappier.Aux États-Unis, personne ne faisait état du BCG, dans le temps.J’ai donc exposé les résultats mais ça n’a pas mordu.Au contraire, il y a eu beaucoup d’objections.J’ai alors réalisé ce que c’était que de devoir faire avaler des choses à des scientifiques.Ce n’est pas si facile.C’était une bonne leçon pour un jeune chercheur.Il me fallait des arguments encore beaucoup plus solides et pas seulement sur des travaux en cours.» Pour compléter ses connaissances, Armand Frappier visite différents endroits où on lutte contre la tuberculose, en particulier pour étudier les moyens de diagnostic et les thérapeutiques.Dans les monts Adi-rondacks, on trouve une série de sanatoriums, dont l’École de tuberculose Trudeau.Il y en a pour les pauvres et les riches, les acteurs et les hommes d’affaires.«J’ai fait le diagnostic chez tous ces gens-là.Il n’y avait pas vraiment de traitements spécifiques.Les tuberculeux s’allongeaient, prenaient l’air et mangeaient bien.Au bout de cinq ans, la moitié d’entre eux étaient morts et quelques-uns s’en sortaient.Et quand ils retournaient dans leur famille, souvent plus personne ne voulait les voir», rappelle-t-il.La tuberculose portait bien son surnom de peste blanche.Le directeur de recherche de l’École Trudeau, S.A.Petroff, était l’ennemi juré du BCG.Toute son expérimentation s’appliquait à prouver l’inefficacité du vaccin.Armand Frappier n’a pu que constater ce qu’Albert Calmette, découvreur du BCG, avait lui-même dit à Petroff: on ne peut travailler sur un bacille non virulent ou atténué, comme le BCG, dans un milieu de bacille tuberculeux virulent.«Or, tout le personnel de l’École Trudeau, y compris Petroff, était tuberculeux, raconte le Dr Frappier.[ On y avait tellement travaillé avec le bacille de la tuberculose que sous les hottes de ventilation, on pouvait faire des réactions tuberculiniques.» i Ces réactions ne provenaient pas .nécessairement des bacilles mais aussi des milieux de cultures et pro- ¦ duits de laboratoires.Il était donc : contre-indiqué d’étudier un vaccin [ contre la tuberculose dans de telles ; conditions.LE «B» ET LE «C» DU BCG Dans les années 30, on ne produisait i pas beaucoup de vaccins.Le premier, i celui de la variole, était connu depuis i 100 ans et l’anatoxine diphtérique, ; depuis quelques années seulement.: La méfiance des médecins et des s chercheurs, les Américains en parti- : culier, était grande.Ces derniers, r d’ailleurs, utilisaient un mélange de toxine diphtérique et d’antitoxine, le sérum pour le traitement de la diphtérie.À une certaine température, le mélange se dissociait et devenait une : véritable bombe bactériologique! «Aux États-Unis, explique le micro- : biologiste, la conception de la pré- : vention était différente de celle qui prévalait en France.Pour les Améri- Dessiccation du vaccin BCG.Dans les années 50, on applique la technique de lyophilisation aux vaccins.La dessiccation à froid permet désormais de conserver les vaccins plus longtemps.10 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE Paris, en 1931, il était encore sous le choc.Et il est mort trois mois après mon départ.» SK liait ÏCÉ cams, la vaccination était moins bonne que la thérapie, sauf qu’ils m’avaient pas les moyens de la thérapie.Ils ne l’imaginaient même pas ! » Le bacille Calmette-Guérin (BCG) : faisait peur parce qu’il s’agissait d’un vaccin vivant.Il est préparé à partir d’une souche de bacille tuberculeux bovin, que l’on cultive sur des pommes de terre imprégnées de bile de bœuf.Ce procédé permet d’atténuer la virulence du bacille qui, une fois inoculé, protège de la maladie dans 'tile sr T : à pros ta talei s mi 80% des cas.Entre 1908 et 1924, les bactériologistes Albert Calmette et Camille Guérin, ont étudié la virulence de cette souche bovine.«C’était des observateurs extraordinaires, qui ne laissaient rien passer, raconte Armand Frappier.Ils ont testé la virulence régulièrement, pendant des il «ntl lelà' années, jusqu’à la première guerre, pendant laquelle ils ont protégé leurs recherches des Allemands.» Enfin, Calmette, devenu directeur du laboratoire de tuberculose à l’Institut Pasteur, a commencé, avec son collègue Guérin, les premiers essais de vaccination sur des enfants.Vacciner les adultes, il ne fallait pas y penser.On avait évalué que 75 % de la population était porteuse de la tuberculose et chez plusieurs, la aitM maladie n’avait même pas été diag-ita®! nostiquée.Il n’aurait servi à rien de delife].les vacciner.On a donc choisi les nouveau-nés, victimes faciles qui, nés d’une mère tuberculeuse, devenaient très rapidement infectés.Armand Frappier a séjourné à deux reprises à l’Institut Pasteur de Lille, fondé par Albert Calmette, et à ihlM celui de Paris, pour étudier les tech-tiiOT niques de production et de contrôle is et ^ du vaccin.« En arrivant, raconte-t-il, etl»^ Calmette m’a reçu et m’a demandé: detB£li « D’où venez-vous ?» Je lui ai répondu A rmand Frappier en train de vacciner une jeune A mérindienne de la réserve des Cris, de Mistassini.A u début des années 50, alors que la tuberculose faisait de terribles ravages chez les communautés autochtones, le Dr Frappier, en collaboration avec le ministère des Affaires indiennes, y mena une vaste campagne de vaccination.des souches virulentes.Par suite de l’administration de ce «vaccin», 300 enfants sont infectés et plusieurs d’entre eux meurent de tuberculose.Calmette et Guérin, en aucun cas responsables de cette affaire, subissent le contrecoup : désormais, le BCG a bien mauvaise presse.«Calmette ne s’est jamais vraiment remis de cette affaire, se souvient le Dr Frappier.Quand je l’ai connu, à PRODUIRE DES VACCINS AU QUÉBEC En 1933, l’Université de Montréal subit durement la crise économique: sa plus riche faculté vit «sous le seuil de la pauvreté», comparativement à ses consœurs américaines et européennes.Le professeur Frappier dispose de 600$ pour les frais d’enseignement et de laboratoire du Département de bactériologie.Mais déjà une équipe se forme autour de lui: Victorien Fredette, Lionel Porté, Jean Tassé et Maurice Panisset vont suivre leur maître durant toute leur carrière, dans l’aventure de la microbiologie.Armand Frappier avait rapporté de l’Institut Pasteur une souche de BCG, la même qu’on utilise aujourd’hui pour produire des vaccins.«A l’Université, rue Saint-Denis, se souvient Lionel Porté, on a fait des tests sur des animaux, en particulier chez le cobaye (qu’on appelle aussi le cochon d’Inde), pour s’assurer que les méthodes de laboratoire apprises de Guérin étaient bien appliquées.» À cette époque, la production du BCG était pténotn • Arma nd Nom Date FrapPier et I'eU ?6 n0s’embre field, au - ( de naissant , Saiaberry- e Arrnand Fr“pPb\e de '° Québec- .de la mlC 7^ ^ peBCG.C „ocn'W|1° f., , .Québec et S V''un,v?rs ,.r .u Québec- je f ^ esl cecpubf itul robiol°Sie r ja tubercule^ fonde -Glissement iW * uW que je revenais d’un séjour d’études chez Petroff.Et il m’a dit : «De ça, je ne vous félicite pas ! » Mais, en 1930, il y a l’affaire Lubeck.L’Institut Pasteur envoie en Allemagne une culture de BCG, où un laboratoire de Lubeck doit produire le vaccin.Les Allemands ont alors la maladresse de placer la cul-.M1 ture dans un incubateur qui contient école du le iratntf'11 ¦fitaH de ^onL et est devenu École de •SI '““vr 0 FrapPier a j7'Auiourd hullbde l’Vniversttc „ Ao langue J ^iApcine s° * lAontr éal- QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 11 MIEUX VAUT PREVENIR sa s Le Dr Armand Frappier, au centre, a eu des collaborateurs qui l’ont accompagné fidèlement dans les débuts de la microbiologie au Québec.Il s’agit de gauche à droite de Lionel Porté, Maurice Panisset, Victorien Fredette et de Jean Tassé.Cette photo a été prise en 1963.difficile; c’était surtout une question de technique aseptique.Lorsque le vaccin est vivant, il ne peut pas être chauffé ni contenir d’antiseptique.C’est pourquoi, les conditions de préparation et de contrôle doivent être très rigoureuses.«Le BCGn’était pas dangereux pour les individus, déclare Lionel Porté, c’était les individus qui étaient dangereux pour le vaccin.À l’Institut, le personnel de la production passait régulièrement des examens médicaux et des radiographies, pour éviter la contamination du vaccin.» Inspiré par l’Institut Pasteur, Armand Frappier songe à créer, au Québec, un institut qui permettrait l’autosuffisance et - pourquoi pas?-l’exportation des vaccins.Des petits pays, comme la Norvège, la Belgique et le Danemark, possèdent leur propre institut.Le Québec, lui, doit acheter de différents laboratoires pour 350 000$ de produits biologiques.Le meilleur moyen de financer la recherche, selon le Dr Frappier, est de vendre des vaccins.Le client visé: le gouvernement du Québec.Présenté par le Dr Georges Préfontaine, il reçoit l’appui d’un groupe d’hommes d’affaires influents, dont Armand Dupuis, de Dupuis Frères, Louis Dupire, journaliste du Devoir et Eugène Doucet, imprimeur, qui s’occupent d’intéresser le premier ministre, Maurice Duplessis, au projet d’institut.«Je les ai rencontrés un midi chez Stien, raconte Armand Frappier.Monsieur Dupire parlait avec autorité: «Toi Armand, tu vas fonder une compagnie, et Eugène et moi, on va approcher Duplessis.» Nous demandions un capital de départ de 80 000$ et l’assurance que le gouvernement achèterait nos produits à des prix concurrentiels.» La Société d’administration de l’Université de Montréal offre alors de construire et de louer des laboratoires pour le futur institut dans les locaux inachevés du site de la montagne.«Je crois que c’est le premier ministre qui l’a exigé, explique le Dr Frappier.Duplessis, dans ce temps-là, était roi et maître.On se fiait à lui pour finir la construction de l’Université.Un an après notre installation, en 1941, les départements déménageaient sur la montagne.» Dès le début de l’institut, avec l’aide de ses collègues et bienfaiteurs, Armand Frappier cherche un terrain pour construire d’éventuels laboratoires et animaleries.Ils parcourent 10 000 km bien comptés autour de Montréal.Finalement, c’est Armand Dupuis qui trouve une petite ferme, site actuel de l’Institut, à Laval-des-Rapides.L’achat du terrain, la veille de la déclaration de la guerre, permet de construire rapidement une écurie pour abriter les chevaux nécessaires à la production d’antitoxines diphtériques et tétaniques, utiles surtout en temps de guerre.Sitôt formé, le nouvel institut participe activement à l’effort de guerre; on envoie aux troupes alliées des vaccins pour lutter contre la variole, la typhoïde, la diphtérie et, surtout, le tétanos.L’équipe du Dr Frappier organise un centre de lyophilisation du sang, technique qui consiste à dessécher à froid, sous vide, le sérum sanguin.Ils organisent des cliniques de donneurs de sang et font le tour des hôpitaux pour s’assurer de l’application des techniques de stérilisation efficaces.Le sang lyophilisé est envoyé, entre autres, aux troupes de la France libre, en prévision du jour J.Tout en s’occupant de la production de vaccins, Armand Frappier s’engage dans les campagnes de vaccination, rôle qui sera repris plus tard par sa fille, l’épidémiologiste Lise Frappier-Davignon.Dans le cas du BCG, on a commencé par vacciner les nouveau-nés.Mais il a fallu faire des conférences à travers la province pour convaincre de la nécessité de la vaccination.«Les gens pensaient que la tuberculose, c’était infaillible, explique le Dr Frappier.Il a fallu leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas obligés de «coucher» avec cette maladie.Mais les mères, intéressées à la santé de leurs enfants, n’étaient pas difficiles à convaincre.» À partir de 1949, la vaccination est étendue à toutes les écoles, et l’Institut se charge d’y envoyer les infirmières.Pour améliorer l’efficacité de la prévention, la clinique BCG, à Montréal, devenue depuis l’hôpital Marie-Enfant, s’organise.«C’était une œuvre sociale, explique le docteur Davignon.Après la vaccination, on gardait les enfants de mères tuberculeuses à la clinique, le temps qu’ils développent leur immunité, c’est-à-dire deux à trois mois.«Mon père avait la vision de 1s médecine préventive, ajoute-t-elle.I regardait la santé de la population er général.Dans le cas de la tubercu lose, on savait qu’une personne et infectait 10 autres; il fallait prendn des moyens intenses et les étendre ; 12 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE mip.-i ItM 1(8 ij Is® I.SBItt 'Fiipi Üeseit idiiipt ml It n erJtfi; tstt is des iprii pa siaï traffit ielaa® «Lk p 0, c'âi iFiappit oute la population, explique l’épi-iémiologiste.Les inconvénients, nomme celui de la tuberculine, niaient minimes.» En effet, le test de auberculine qu’on fait pour vérifier la présence d’anticorps ne permet pas de différencier une personne infectée d’une autre vaccinée.«On a donc monté un fichier sur le BCG, explique le Dr Frappier, de sorte qu’on pouvait retracer toutes les personnes vaccinées au Québec et à Terre-Neuve.Cela nous a aussi permis d’étudier l’efficacité du vaccin.C’est comme ça qu’un jour un chercheur de l’Institut, le Dr Paul Le-monde, a constaté que, chez les souris qui contractaient la leucémie, le taux de mortalité diminuait de moitié lorsqu’on les traitait avec le BCG.» Et en 1970, coup de théâtre sur la scène scientifique ! Le Dr Frappier et sa fille, le Dr Davignon, réussissent à prouver, à l’aide de leur fichier, I qu’il y a 50 % moins de leucémie chez les enfants vaccinés.Depuis, le BCG a trouvé des nouvelles avenues.On l’utilise dans le traitement du cancer de la vessie; le vaccin aurait, dit-on, des effets bénéfiques sur le système immunitaire.Un avenir prometteur.«courtiï de MAIN DE MAÎTRE ^®:1, Armand Frappier a parcouru tout le ®î[ll'at Canada pour étendre la vaccination in'iir' à la population amérindienne, où, jusqu’à récemment, la tuberculose faisait des ravages.Ces collectivités isolées formaient un milieu idéal pour la recherche.Le programme de Ktild ^ ftàMoi*- vaccination, instauré à la demande du Dr Frappier par le ministère des Affaires indiennes, a contribué à la baisse des épidémies des maladies infectieuses.Mais, entre ses périples et le travail de gestion et de production, Armand Frappier surveille l’évolution spectaculaire de son Institut.Il organise les secteurs de recherche en divers comités qu’il dirige.« On tenait des réunions régulières, rapporte le chercheur, où tout était noté par écrit de sorte que je suivais les expériences comme si j’en faisais partie.Et puis, j’allais voir les cultures ! Je ne pouvais pas me séparer de l’expérimentation.C’était ma vie ! » «La rigueur, raconte Lionel Porté, il ne l’imposait pas.Dans les discussions, on se rendait compte que ce qu’il disait, ça ne pouvait pas être autrement.Le patron, comme on l’appelait, était très disponible.Si on avait un problème particulier, il nous encourageait et suggérait des solutions.Il nous est arrivé de travailler pendant un mois et d’avoir à tout jeter et recommencer.» Produire des vaccins n’était pas de tout repos.«On a monté des veaux au huitième étage de l’Université de Montréal, se souvient Lionel Porté.On traversait les corridors pour se rendre au monte-charge.Le travail était exigeant mais on y mettait toute notre énergie.Je me souviens de la veille de Noël 1942, où on avait mis les vaccins en ampoules juste avant la messe de minuit.» Le ministère de la Santé du Québec avait alors un urgent besoin de vaccins et l’Institut, d’argent.«J’ai fait du marketing sans en connaître le nom!» lance ce chercheur qui a jonglé, avec succès, avec les millions.Bien sûr, Armand Frappier a touj ours su se tirer d’embarras ; les problèmes d’argent, il les réglait en travaillant.Pour payer ses études de médecine, en plus d’un travail au laboratoire de chimie, il forme un orchestre de sept musiciens les Carabins.Pour 1,50$ et un repas, les Carabins animent les midis chez Dupuis Frères, le populaire magasin à rayons.Le soir, c’est au restaurant Ker-hulu, rue Saint-Denis, qu’il s’exécute, pour les dîners et les soirées dansantes.«J’ai appris mon anatomie derrière le piano, pendant les pauses de cinq minutes, raconte-t-il.Je faisais un lien entre le sujet scientifique et le morceau de musique, de sorte que, si la question m’était posée sur le sujet scientifique, ça me rappelait la musique qui lui était associée.» Comme son père, le Dr Frappier aurait bien pu faire carrière dans la musique, mais il a choisi de diriger un orchestre de chercheurs.0 Pour en savoir davantage: STANKÊ, Alain, MORGAN, Jean-Louis, Ce combat qui n'en finit plus, Montréal, Les Éditions de l’Homme, 1970, 269 pages, (épuisé).Chartrand, L., Duchesne, R., Gin-gras, Y., Histoire des sciences au Québec, Montréal, Les Éditions du Boréal, 1987, 487 pages.L’Institut Armand-Frappier et ses filiales de même que tout le personnel des institutions du Groupe Frappier rendent hommage au docteur Armand-Frappier à l’occasion du 30e anniversaire de la fondation de l’institution de Laval-des-Rapides qui porte son nom.Université du Québec Institut Armand-Frappier QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 13 MICROMÉGA ¦ Le traitement de document: le contenu et le contenant par Jean LALONDE Vous souvenez-vous du premier document écrit «au traitement de texte» que vous ayez vu?Quelle merveille ! s’extasiait-on à l’époque, malgré le fait que certaines des premières imprimantes donnaient des résultats un peu moins heureux qu’aujourd’hui.Dans les pires cas, les points d’impression étaient tellement gros et distants les uns des autres qu’il était pratiquement impossible de ne pas les distinguer.D’autres avaient la fâcheuse habitude de décaler vers le haut les lettres comme les g et p, dont le jambage doit descendre sous la ligne.D’autres, encore, refusaient systématiquement d’imprimer les caractères français.Un curriculum vitæ réalisé avec l’une de ces premières imprimantes ferait tellement mauvaise impression, aujourd’hui, qu’il ne passerait même pas une première sélection.Les temps ont bien changé.Maintenant, les canons de la beauté en matière de production de documents, passent par l’imprimante à laser et l’édition électronique (l’«éditique»), outils de plus en plus accessibles.On peut se procurer des imprimantes à laser pour moins de 2 000 $ ou encore avoir recours à des services spécialisés, lesquels peuvent imprimer la version finale d’un document pour quelques dollars seulement.Quant aux logiciels d’éditique (aussi appelés logiciels de mise en page), ils se sont multipliés pour Macintosh, où ils ont vu le jour, et pour la famille MS-DOS (IBM-PC et compatibles).Grâce à ces logiciels, dont les plus populaires sont Page Maker et Ventura Publisher, on peut transformer son ordinateur personnel en atelier de typographie et produire des pages semblables à celles que vous êtes en train de lire.Il est en effet possible de déterminer la forme des caractères, d’imprimer un document en colonnes, d’encadrer des portions de texte, d’insérer des graphiques et d’agrémenter le tout d’effets typographiques spéciaux.Il existe cependant des inconvénients à ces logiciels: ils sont dispendieux et difficiles à maîtriser.De plus, il faut en utiliser deux pour la production d’un i document: un traitement de texte à Manuscrit .¦'•¦S.«•Ok,.- f hffr IMtr' 'ossite.6 IJrjBI 'n0inU 'h - jf Ccr‘aJncjg On'JcniédS BT' rnoniren/ *§{ cn9ucstl0n.P05 de 'Alt /« J?*r|| î»! H ''bordon«.v,*esse Hp i •fcSysi C3P*uis~mnv._ ,0 .“—-S- / •Prwi.- w •nnM Graphique rr - '' S* J ¦*- : ûieî' jiiiiii* irt1 ^ image sifii® laii»11 Texte à la verticale numérisée Sur Macintosh, on connaît depuis toujours les changements de polices (jeux de caractères) et l’intégration des graphiques.Microsoft Word a amélioré ces fonctions et y a ajouté, entre autres, les WORD PERFECT 5.0 : FAUT-IL SE METTRE À JOUR?Word Perfect Corp.a connu la gloire dans l’univers MS-DOS où son logiciel de traitement de texte s’est accaparé 40 % du marché.Depuis un an, la compagnie américaine tente d’élargir sa pénétration par une incursion sur le territoire des systèmes aux interfaces graphiques, comme les Macintosh, Atari St et Amiga.Pour les usagers de MS-DOS, la tentative de Word Perfect du côté des «graphiques» a une retombée immédiate : l’exposition au virus WYSIWYG («What You See Is What You Get»).En effet, dans sa plus récente version, MS-DOS, la 5.0 Word Perfect offre un mode graphique de visualisation assez fidèle de ce qui sera imprimé.Signe de la transition, cette nouvelle version ne mesure pas les dimensions de page en nombre de positions ou de caractères, mais en longueur absolue: pouces, centimètres ou points typographiques selon la préférence.Par ailleurs, la version 5.0 permet d’utiliser des styles et des polices de caractères variés.Elle rend possible l’insertion de graphiques et comporte des fonctions de mise en page améliorées.Word Perfect 5.0 peut stocker au-delà de 1 700 caractères, capacité appréciable pour les langues étrangères et les caractères scientifiques.Avant d’acheter le logiciel, il convient cependant de s’assurer de sa compatibilité avec l’imprimante, quitte à apporter celle-ci chez le détaillant pour vérifier.Mais tout cela a un coût ! Pas tellement en argent puisqu’on peut acheter ce logiciel pour à peine un peu plus de 300$, mais plutôt en mémoires de toutes sortes.De la mémoire vive: le dernier Word Perfect accapare environ 400 k, soit deux fois plus que la version précédente.De la mémoire de masse, aussi: livré sur 12 disquettes, il «bouffe» plus de deux mégaoctets sur un disque dur.Enfin, de la mémoire d’usagers : ceux qui accusaient Word Perfect d’être compliqué, ne trouveront pas la dernière version plus simple ! Par contre, ceux qui sont familiers avec les commandes des versions 4.1 et 4.2, ne seront pas dépaysés.Les usagers des anciennes versions doivent-ils absolument se mettre à jour et se procurer la version 5.0?Pour un certain temps, on peut répondre non.Un grand nombre d’utilisateurs n’ont pas le disque dur, pratiquement essentiel à l’utilisation de la dernière version de Word Perfect.D’ailleurs, Word Perfect Corp.a annoncé qu’elle supportera la version 4.2 jusqu’en 1990.Bon nombre d’usagers n’exploitent que le quart des capacités de leur logiciel.Si votre version actuelle vous convient, pourquoi changer?Par contre, si vous avez l’impression d’avoir atteint les limites dp la version 4.2, et si le traitement dé document vous attire, la version 5.0 de Word Perfect vous procurera beaucoup de satisfactions et vous permettra de donner une allure vraiment professionnelle aux documents que vous produirez.colonnes, les encadrés et la fusion de fichiers.Depuis sa version 3.0, ce logiciel offre aussi ce qui a fait la force de certains logiciels d’éditique: les «styles».Un peu comme des étiquettes, les styles permettent d’attribuer automatiquement à des catégories données de texte (titres, sous-titres, citations, notes en bas de page, etc.), une série de caractéristiques comme la police et la taille des caractères, le soulignement et l’espacement des lignes.En plus de l’uniformisation de la présentation, les styles facilitent les modifications globales.Sur MS-DOS, Word Perfect vient de répliquer à son concurrent en incorporant ces fonctions dans sa version 5.0 (voir l’encadré).La rivalité entre ces deux géants du traitement de texte, prolongement en quelque sorte, de la rivalité Apple-IBM, connaîtra une nouvelle étape avec la version Macintosh 4.0 de Word, déjà annoncée par Microsoft.On peut maintenant trouver dans un seul logiciel la puissance requise pour traiter à la fois le contenu et son contenant.Voilà une bien belle nouveauté dans une famille de logiciels qu’on avait déjà cru arrivée à maturité.Tespère que cette première chronique MicroMéga vous a intéressé.Personnellement, j’entreprends celte aventure avec beaucoup d’enthousiasme ! MicroMéga, c’est aussi votre chronique et vos sujets.N’hésitez pas à partager vos découvertes ou à exposer vos problèmes car, malheureusement, en micro-informatique, une découverte est souvent précédée de nombreux échecs.Vous pouvez m'écrire à Québec Science ou par courrier électronique sur Infopuq (code: QC10143) ou CompuServe (code: 76606,671).QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 15 L’ANATOMIE A COLORIER Kapit, W.wmmm?* scw-towitiici, p¥R««»«tc i nmUstm* as* ôscrôcs^ s nèr&ami&*s< ?« mmmûg&i »>»•*>* /?EtMimaJ» P'Kiwvj ew> - .w- •'¦ radx^alkvis ¦¦rtattfilyMarfiVxinta «et r*U»W«IS (iKTÉWEW*« -O - Wt OS t»AW OBOTC On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s’adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s’agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.Le lecteur participe de façon active et créative à son apprentissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le facies de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1987, 142 planches .17,00$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser.ex.de L’ANATOMIE A COLORIER au prix de 17,00 Nom et Prénom________________________________ (en capitales) Adresse______________________________________ Ville ____________________ Date _____________________ Code postal _ .Signature 4 Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?¦¦ÜU ?Date d’expiration _____________________ somabec Ltée 2475, Sylva Clapin, Téléphone: (514) 774-8118 Case postale 295, Montréal: 467-8565 St-Hyacinthe, Québec, J2S 5T5 Télex: 05-830549 TÉLÉ-UNIVERSITÉ • Établissement d’enseignement à distance AVOIR UNE BELLE PLUME, ?Français pour tou», françat» pour tout ?£eritur« raisonnée ?Rédaction fondamental» ?Rédaction administrative ÇA S’APPREND! 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UNE FAÇON DIFFÉRENTE D’ÉTUDIER Pour plus d'informations, communiquez: à Québec: 657-2262 ou 1-800-463-4722 (sans frais) à Montréal: 522-3540 ou 1 -800-361 -6808 (sans frais) Vous étudiez à domicile grâce à une documentatior écrite.Un tuteur évalue vo; travaux et communique avec vous par téléphone.Université du Québec Télé-université 2635, boulevard Hochelaga 7e étage Case postale 10700 Sainte-Foy, Québec, Canad i G1V4V9 a c La Fondation canadienne du rein Signez une carte de don d’organes., dès maintenant.Le don d’organes, un cadeau vital! b î 1 : : : 1 ¦ ii ~ ¦ : : SJ ft, fiai fol ut 16 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE Après le virage, sommet technologique «Sfd eut* « I nsi less'fl -j:7 I àin cu«n Étal; Ullfî] lî.1 j mtè | WriHcol $0 «5, par Guy ARBOUR, Un grand branle-bras s’organise présentement en vue du Sommet québécois de la technologie, les 12, 13 i:t 14 octobre prochains, à Montréal.Ce h supercolloque», qui sera présidé par le premier ministre du Québec, semble ievoir faire écho à la Conférence natio-rale sur la technologie et l’innovation Drganisée en janvier dernier à Toronto sous les auspices de Brian Mulroney.Un «Plan d’action 1988-1992» intitulé La maîtrise de notre avenir technologique: un défi à relever, a été soumis au préalable à la consultation publique.Les mots «technologie» et «technologique» y apparaissent 181 fois, le mot «entreprise» (singulier et pluriel), 151 fois, le sigle R-D, 147 fois, et les mots «gouvernement», «université» et «science», respectivement, 83, 28 et 35 fois.Autres mots-clés: «excellence», «économie», «défi».Cette cartographie verbale fait surgir quelques pics autour du Sommet.Les doléances du plan d’action semblent interpeller particulièrement les entreprises, -ainsi que [’«autre gouvernement».Celui-ci «sous-financé» traditionnellement la recherche québécoise, tandis que celles-là ne forment pas suffisamment leur personnel, ne s’automatisent pas assez vite, n’acquièrent pas assez de brevets et boudent les chercheurs universitaires.Le défi?Atteler la technologie au char de l’économie ! L’État québécois a bonne conscience, dans cette diligence, puisqu’il dépensait déjà, en 1985, 37% des fonds déboursés par les gouvernements provinciaux en cette matière.On annonce un audacieux programme d’informatisation de l’administration gouvernementale (3 milliards de dollars), d’avantages fiscaux (875 millions de dollars), de financement de la recherche universitaire (447 millions de dollars), de subventions à l’essor technologique des entreprises (442 millions de dollars), d’appui à l’automatisation et à l’informatisation des entreprises (364 millions de dollars), d’appui à l’entrepreneuriat technologique (217 millions de dollars), et de transferts et de diffusion technologiques LA MAÎTRISE DE NOTRE AVENIR TECHNOLOGIQUE , UN DÉFI ARELEVER Plan d'aclion Document de consultation Québec (190 millions de dollars).On ne manque pas de chevaux pour tirer l’équipage.Les imprécations hautement technologiques qu’on récite aujourd’hui, en faveur de l’économie de demain, me semblent occulter le moteur principal de celle-ci: la prospérité individuelle.Or, en économie de libre-échange international des technologies et des capitaux, il faudra, pour prospérer, travailler davantage (et mieux), et payer moins d’impôt, ce qui ne semble pas être la tendance actuelle.Après avoir harnaché deux fois la Baie James, il était normal de se tourner vers la science et la technologie, au Québec.Des deux, la science semble faire figure de parent pauvre: on ne s’y intéresse que dans l’imprévisible mesure où elle se métamorphose en «technologie», pour devenir payante.Cela ne constitue sans doute qu’un mouvement du balancier: l’intérêt pour la recherche fondamentale devrait renaître du perfectionnement des technologies acquises.On pourrait par ailleurs assister, lors de ce Sommet, à la mobilisation du monde de «l’entrepreneuriat scientifique» québécois, en vue de réclamer du gouvernement fédéral sa portion congrue des 1,3 milliard de dollars à la science et à la technologie promis en janvier dernier par M.Mulroney.Certains directeurs de recherche québécois semblent particulièrement inquiets de voir s’échapper leur part des 240 millions de dollars qu’investira le nouveau ministère de M.de Cotret (Industrie, Science et Technologie Canada) dans la création d’un réseau de centres d’excellence à travers le Canada.Puis il y a aussi cette fameuse agence spatiale que les Conservateurs livreront sans doute à Montréal, à la faveur de ce Sommet et des élections qui suivront.Il manque à tout cela un ou deux mégaprojets.Il est bon, d’abord de se rappeler que 9 des 10 plus importants ouvrages de génie du dernier siècle, au Canada, ont été financés par des fonds publics.Pour l’avenir, j’en entrevois au moins deux.On pourrait, d’une part, consacrer 2 milliards de dollars à la recherche sur le cancer et, d’autre part, concevoir (et réaliser), pour Montréal, un mode de transport urbain, par véhicules électriques individuels sur rails, ce qui aurait le triple avantage de décongestionner la ville, de maximiser l’économie de nos ressources et de développer un secteur-clé de notre économie.Il faudrait évidemment aussi penser à une forme quelconque de mégafinancement.J’en entrevois aussi deux.La première nous échappe: il s’agirait de reconvertir le budget de la défense nationale (9 milliards de dollars) en fonds de recherche.La seconde apparaît éminemment réalisable : on pourrait prélever une taxe nominale sur l’hydro-électricité produite au Québec, en vue de financer des projets rattachés à la recherche scientifique ou au développement technologique.Le précédent existe, au Canada: le Heritage Fund fait fructifier l’or noir albertain au profit des générations futures.Mettre l’«or blanc» de la Baie James au service de la matière grise québécoise?Dans ce cas, l’ironie de l’histoire consacrerait Robert Bourassa comme fils spirituel de René Lévesque et amènerait peut-être un jour les Japonais à invoquer le miracle québécois ! * L’auteur est ingénieur et communicateur scientifique.QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 17 Aujourd'hui, Edison lui-même travaillerait chez nous 1^ ijona1 mi itralj orasii ¦it Qiitk Mtè façot riait Lt Mti Mal Sloii- Certains des plus grands chercheurs dans le domaine de l’électricité travaillent en effet à l'IREQ, l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.L’IREQ regroupe dans ses laboratoires ultra-modernes un personnel hautement qualifié.En association avec des partenaires industriels, on y met au point de nouveaux produits d’une grande efficacité énergétique: l’Institut a ainsi participé récemment à la conception d’un four à infrarouge destiné au séchage industriel.Au Québec et à l’étranger, l’IREQ s’impose plus que jamais comme leader technologique.La recherche, pour Hydro-Québec, c’est un autre moyen d’améliorer notre qualité de vie.Sri* iltt DOlllÇj rit pii tonpi loiit Itllî! L'ÊLECTRIFFICACITÊ a fit® ttflaii ri liii Hilt, par l’Agence Science-Presse haque année, à l’occasion des expo-sciences, de nombreux ^jeunes réalisent des projets ientifiques et les présentent au ablic.Les expo-sciences locales, :gionales, provinciales et la pan-inadienne sont suivies avec intérêt ir un public sans cesse croissant, our souligner la qualité et l’effort re vulgarisation manifestés à cette ccasion, l’Association des com-mnicateurs scientifiques du iiuébec (ACSQ) et Québec Science nt décidé de faire ressortir de içon particulière la valeur communicative» des projets résentés à l’expo-sciences provin-lale de 1988 en demandant à un i iry impartial de désigner l’un es projets.Le projet retenu est celui de ulie Trudel, de Rock Forest, lembre du club-science du Collège i lont-Notre-Dame de Sherbrooke ù elle étudie, Julie a eu l’idée de on projet en regardant l’émission •’cience-Réalité à Radio-Canada.11 y était question, nous a-t-elle éclaré, de recherches sur un ouveau type de béton plus ésistant.Ma curiosité a aussitôt té piquée.» Au départ, Julie avait deux bjectifs : d’abord étudier la omposition et les propriétés du 'éton, puis de vérifier en labora-ÿ-.lpire les différences entre le ciment, ; béton armé, le béton pré-[ticpl ontraint, etc.«Pour réaliser mon Temier objectif, j’ai consulté un ertain nombre d’encyclopédies et le# le livres traitant du sujet.insuite, j’ai rencontré un spécialiste lu domaine, professeur à :e* Université de Sherbrooke, qui, n plus de m’éclairer au niveau héorique, m’a proposé de faire les tests de résistance en com-iression avec l’équipement du Département de génie civil de université.» Ce n’est pas coulé dans le béton! Ce rïest pas cou CLINKÉRISATION dans te BETON I «*' BÉTON t ! /)C/£7?CHifllE [XJ ÙflENr TWUND Chimique SJ.J.3U0.5iQ, C.S SJ,A aaso.c.s u TMCTtC*! ,0 U tiViHculii U-1.-A-A-.CaAE La course sfî «./IPakI Par ailleurs, Julie tenait à partager ses observations et ses découvertes avec le public.Pour attirer celui-ci, elle n’a pas hésité à soigner l’apparence de son stand à l’expo-sciences.Afin de l’intéresser, elle a utilisé des objets courants pour illustrer les principes de base, par exemple, de la colle et des élastiques pour démontrer le principe du béton précontraint.Elle a fait manipuler des cubes de mortier aux visiteurs, montré les diverses poudres utilisées dans la fabrication du béton et illustré, à l’aide de schémas et de photos, tantôt des réactions (hydratation, résistance à la compression, etc.), tantôt les produits et les sous-produits du béton.Réaliste, Julie a bien vite mesuré les contraintes de son Julie Trudel, lauréate du prix de la relève en communication scientifique.projet.«Pour réaliser une telle démarche, il faut utiliser des appareils complexes qu’il est bien rare de trouver dans une école secondaire!» constate-t-elle.Mais elle ajoute, optimiste: «J’ai pu voir à quel point les possibilités de développement, dans le domaine du béton, étaient grandes.» Julie Trudel, 17 ans, de Rock Forest (Québec), une preuve de plus (s’il en faut encore!) que le désintérêt des filles pour les sciences n’est pas coulé dans du béton.Lise Morin QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 19 CDLS DES PLASTIQUES EN TROIS DIMENSIONS Le laboratoire en ingénierie des polymères assistée par ordinateur (LIPAO) de l’Université Laval a reçu deux importantes subventions, l’une du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (438 000$) et l’autre de la compagnie Control Data (553 000$) pour la mise au point de logiciels de simulation d’écoulement des plastiques fondus.veut surtout produire un logiciel qui puisse calculer rapidement un grand nombre de données, à l’aide d’ordinateur ayant une puissance de calcul limitée.Ce genre d’appareil doit en effet demeurer à la portée des PME.L’industrie des plastiques est en pleine croissance.Au Canada, c’est un marché de 12 milliards de dollars par année.Le Québec compte à lui seul 400 petites et moyennes entreprises oeuvrant dans ce secteur.Toutefois, la plupart d’entre elles n’ont pas les ressources pour se mettre à l’heure des technologies de pointe en conception Iffil» L’écoulement des fluides visqueux, comme le plastique en fusion, est un problème crucial dans l’industrie des plastiques.Pour améliorer la qualité du produit, il est important de façonner des moules qui se remplissent bien, évitant la formation de bulles d’air ou la surchauffe du matériau.Or, actuellement, les logiciels de fabrication des produits plastiques ne permettent de concevoir que des formes simples.C’est pourquoi, l’équipe du LIPAO vise à concevoir un logiciel capable de simuler, en trois dimensions, des écoulements dans des moules complexes.On Image produite par un logiciel de simulation de l’écoulement despalstiques dans un moule.assistée par ordinateur (CAO).Le LIPAO entend donc jouer un rôle de soutien dans la grande région de Québec.Cette année, le LIPAO lancera sur le marché un logiciel de simulation en deux dimensions de l’écoulement des plastiques.Un logiciel en trois dimensions est déjà utilisé par l’équipe du LIPAO.Une version commercialisable pourrait être disponible d’ici un an ou deux.Gilles Drouin m RENDEZ-VOUS AU SALON Du 13 au 19 octobre 1988, se tiendra le Salon Éducation Science Technologie au Vélodrome olympique de Montréal.Lieu privilégié de rassemblement et de sensibilisation du public à l’utilité de la science et à ses enjeux, le Salon offrira près de 400 stands d’exposition aux quelque 100 000 personnes qui y sont attendues.De nombreux établissements d’enseignement et de recherche, ainsi que la plupart des ministères et des grandes entreprises (Hydro-Québec, Bell Canada, Northern Télécom, etc.), y participeront.Au moment d’aller sous presse, le programme d’animation n’était pas encore arrêté, mais les visiteurs peuvent s’attendre, entre autres, à assister à des expériences de supraconductivité, à voir défiler des robots de toutes les spécialités et à suivre le premier concours international de micro-souris de Montréal.Ce concours fera appel à l’habileté des participants pour tirer d’embarras une micro-souris perdue dans un labyrinthe.Au pavillon de la faune et de la flore, les activités de sciences naturelles et d’écologie ne seront pas en reste également.Le Planétarium et le Jardin botanique y représenteront la ville de Montréal et la C.U.M.fera de l’environnement son thème privilégié.Le Salon proposera une conférence par jour sur un thème de grande actualité.Une journée complète sera consacrée à l’aérospatiale.(À noter que toutes les industries de ce secteur participeront au Salon.) Enfin, en hommage à Fernand Seguin, la direction du Salon a décidé de mettre sur pied le Gala des prix Fernand Seguin au cours duquel des plaques à l’effigie de notre plus grand communicateur scientifique viendront souligner les mérites de certains pionniers de la science et de la technologie.20 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE FRAICHEUR SOUS SURVEILLANCE L’INGENIEUR CYBERNETIQUE SPATIAL l'îtin trts, I Its Itstli mt® æ premier élément de la station fflttt patiale américaine a être mis en rbite, vers 1995, sera canadien, s’agit du Système d’entretien et e réparation mobile (MSS), ppelé aussi «L’ingénieur cyber-i étique canadien».Estimé à B ,2 milliard de dollars, le projet a lakfe lté confié à la firme ontarienne ilpar Aérospatiale.La division montréalaise de Spar et la firme "AE Électronique, de Montréal, ont également engagées dans I entreprise, jeton! Placé sur orbite à 500 km de Pla«:j|i Terre, le MSS jouera d’abord in rôle clé dans la construction de a station spatiale.Il sera ensuite itilisé pour son entretien et ses xpansions futures.Le principal élément du Système l’entretien et de réparation mobile era le télémanipulateur.De même .intension que le «Canadarm» de a navette américaine, soit 17,6 m le longueur, il pourra cependant 'oulever des charges trois fois plus mposantes, jusqu’à 100 000 kg.1 pourra même manipuler la pavette elle-même, lorsqu’elle ’approchera de la station, tous les jrois mois, pour l’approvisionner.Le télémanipulateur sera doté i= le caméras qui permettront à ’opérateur de voir de près l’objet manipulé.Ces caméras font égale- lonW ¦oiff- Il £ U \\ Une délégation d’experts, de diplomates et de journalistes étrangers examinent les différents types d’armes chimiques mis à la disposition de l’armée soviétique.L’URSS et les États-Unis ont manifesté leur intention de réduire leur production d’armes chimiques.Actuellement, seuls les États-Unis et l’URSS admettent posséder des armes chimiques et sont présentement engagés dans un processus de modernisation, tout en souhaitant une réduction des stocks.Toutefois, la France ne veut pas signer un traité qui «consacrerait le désarmement des désarmés » et elle a officiellement annoncé qu’elle se doterait d’une capacité minimale de dissuasion chimique.Selon M.Gordon Vachon, du ministère canadien des Affaires extérieures et spécialiste mondialement reconnu des armes chimiques, «la position particulière de la France soulève une question importante: comment assurer la sécurité de ceux qui sont désarmés pendant la période de mise en vigueur d’une éventuelle convention d’interdiction?» Mais les menaces qui planent sur le traité ne viennent pas principalement des pays industrialisés.«Le risque d’utilisation des armes chimiques est présent dans toutes les zones actuelles de conflit, souligne M.Gi-zewski.C’est déjà chose faite dans le Golfe et ce fut sans doute le cas en Asie du Sud-Est.Demain, peut-être, les utilisera-t-on en Amérique centrale, au Moyen-Orient, en Afrique australe ou entre le Tchad et la Libye.» En décembre, le gouvernement tchadien a averti la communauté internationale des agissements de la Libye et a acheté 2 000 masques à gaz pour ses forces armées.L’Inde, le Pakistan, la Chine, le Viêt-nam, l’Égypte, la Syrie, l’Afghanistan, l’Afrique du Sud et bien d’autres pays possèdent, ou sont sur le point d’acquérir, des armes chimiques qu’ils peuvent utiliser grâce à leur aviation.Selon la plupart des spécialistes, tous les pays capables de fabriquer des pesticides ou des détergents sont en mesure de produire des armes chimiques simples comme l’ypérite ou les gaz neurotoxiques (sarin, tabun, soman) qui s’attaquent au système nerveux.En plus de leur savoir-faire, ces pays se dotent de missiles de courte et moyenne portée qui pourront livrer leur charge chimique en quelques minutes sur la plupart des gran- des villes de l’ennemi.Ainsi, dans la «guerre des villes», l’Irak utilise des missiles soviétiques Scud-B pour attaquer Téhéran, qui réplique à Bagdad avec le même type d’arme.Les deux belligérants n’ont pas encore utilisé d’ogives chimiques mais cela pourrait survenir bientôt.L’Arabie Saoudite a acheté des missiles chinois CSS-2 qui peuvent toucher l’Inde ou la Grèce; la Syrie, des SS-21 ; la Libye négocie avec le Brésil l’achat d’un missile qui pourrait frapper Israël, alors que l’Inde met au point un missile sol-sol très précis.Tous ces engins ont la capacité de frapper rapidement et de transporter, non seulement des charges conventionnelles, mais aussi des charges nucléaires ou chimiques.BIENTÔT LES ARMES GÉNÉTIQUES?Les manipulations génétiques et les biotechnologies représentent aussi de nouvelles inconnues.Les laboratoires militaires des deux superpuissances travaillent sur l’ADN «recombinant» et le clonage des gènes pour fabriquer des armes bactériologiques plus sophistiquées et plus «contrôlables».Ainsi, il serait possible de créer des armes ethniques ou génétiques, qui s’attaqueraient à une catégorie spécifique de la population ou au matériel génétique d’humains ou d’espèces animales.La guerre biologique n’est plus une vue de l’esprit mais est désormais considérée comme un « outil » de plus lors d’un conflit.Le Pentagone a consacré 40 millions de dollars l’an dernier, à des recherches en biotechnologie et on estime que l’Union soviétique suit de près.Malgré les obstacles qui se dressent et la course à l’arme chimique, le Canada pense qu’il est possible de stopper le mouvement.«En prouvant que des techniques de vérification, comme la trousse sur les myco-toxines, fonctionnent adéquatement, on installe le doute dans l’esprit des utilisateurs d’armes chimiques, déclare M.Vachon.Lors des conférences internationales, on ne pourra plus invoquer, pour ne pas signer un traité, le manque de moyens de vérification, car nous serons là pour dire : c’est possible, voici le fruit de nos recherches.» ?Pour en savoir davantage: Groupe de recherche et d’information sur la paix de Bruxelles, Les armes chimiques reviennent, dossier n° 13, Hiver 1987, 46 pages.RICHE, Daniel, La guerre chimique et biologique, Éditions Belfond, Paris, 1982.Robinson, Julian, Guillemin, Jeanne et MESELSON, Matthew, «Yellow Rain: The Story Collapses», Foreign Policy, n° 68, Automne 1987, pages 100-117.GlZEWSKI, Peter, Biological Weapons Control, Centre canadien pour le contrôle des armes, exposé n° 5, Ottawa, 1987,47 pages.36 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE & Oiseaux de l'AmèrKjue du Nord ARBRES du Canada GUIDE D'IDENTIFICATION DES OISEAUX DE L'AMÉRIQUE DU NORD National Geographic Society Un livre unique ! Plus de 800 espèces identifiées.Superbes illustrations en couleurs pour chaque oiseau.Aires de distribution.Tous les oiseaux.Le plus beau et le plus complet.484 pages.20,4 x 12,8 cm 29,95$ GUIDE D'IDENTIFICATION DES ARBRES DU CANADA Jean Lauriauit Toute la forêt I Un superbe ouvrage qui permet d'identifier rapidement les arbres indigènes et ornementaux qui nous entourent.Très bien présenté.Facile à consulter.Le plus complet! Abondamment illustré.Un livre de grande qualité! 551 pages.20,2 x 12,6 cm 24,95$ SAUVONS LES PAPILLONS Hozberger, Blab, Esche, Ruckstuhi Un véritable livre d'art.Un voyage haut en couleurs, fascinant.Des photos saisissantes! Un cri d'alarme pour la sauvegarde de ces magnifiques lépidoptères et de l'environnement.Superbe! Plus de 400 illustrations en couleurs I 192 pages.19,5 x 27 cm 39,95$ GUIDE des de FAMÉRIQUE du NORD Gu*» tf-,ï«fK:'»tâUor.W'''- NOUVELLE EDITION BEVUE ET AUGMENTÉE lrc«w I GUIDE DES OISEAUX DE L'AMÉRIQUE DU NORD Chandler S.Robbins Un guide qui a fait ses preuves! Descriptions détaillées de chacune des espèces répertoriées sur notre continent.Aires de distribution.Chaque oiseau est illustré en couleurs.Un livre dont on ne peut se passer! 368 pages.19*11,8 cm 19,95$ L’ALIMENTATION DES OISEAUX PETEK LANE L'ALIMENTATION DES OISEAUX Peter Lane Conçu pour le Québec.Comment, pourquoi, quand et où?Quel type de nourriture offrir à chaque oiseau.Quelles espèces fréquentent les mangeoires?Quels arbres attirent les oiseaux?Superbes photos en couleurs! 185 pages.21,5 * 14 cm 19,95$ L'OBSERVATION “i” OES OISEAUX L'OBSERVATION DES OISEAUX Guy Huot Partout et pour tous, à toutes heures et en toutes saisons! Comment identifier les oiseaux, les observer, établir des listes cumulatives d'observations.Plus qu'un simple loisir, c'est une source d'émerveillement! 214 pages.21 * 14 cm 14,95$ OUVRAGES DISPONIBLES EN LIBRAIRIE, CENTRE DE JARDINAGE OU CHEZ L'ÉDITEUR lions i4; ri* ?iok* IfJ!1 Pour recevoir notre catalogue écrivez ou téléphonez à: ÉDITIONS mon C.P.310.Æ oqucT La Prairie, Qué., J5R 3Y3 (514) 659-4819 QUÉBEC SCIENCE OCTOBRE 1988 37 USEZ L’AMENm 'u?îS!Ux>® ?-JW PD % ot ans QU6u6C QUEBEC SCIENCE, f Se s'adresse aux "on^.de « ttarte une «es 9'an .de p^s en plus §âs:«sSrrrÆ 1 *».fsc»»-.l«;2SwpW.»«Te «K'SÊ.^Sî'tt-ï»® magazine du Club d P 4 ans pUi veulent estle rendez-vous des < ^ ^ numéros, iïiîWV'Q'» /! wl i si l'i Il 1 Karen Mesam^ i la tecnerurw- SS“»'S»S5 .mûrir le oavs de la reci .h„ nous?«s.?3&wî i§r^=- favau^ wo.irc?Pour »e savun.,cnn'au Ie' iulllet 1989 vigueur lusqu au _ Veuillez abonner.auW magazinels) suivanUsV wrESSE QUÉBEC SCIENCE /0umcEwSgEEg c00EP0STM Etc-NOHO O c.est un abonnement-cadeau FORÊT CONSER^JION ?de la part de.¦ ~A.il W*âZ FORÊT C0NSE«JJTO».a7tous les doman comprendre le presen Venvl(onnement la nés qui touchent la tore ¦ lortatlon et la l animale ^Sr es Vndammen irarisr2f«,cs* r, lorestiére québécoise).TEL.r«a«j sr«eKS"3 3 la Pe«onne chanceuse’ oses Cette ?n™']a particfpàhon bnaw Pie grace a la JfJr ^mnnemer" Sïetde la Science du Oue> mm Pour informations; Ministère des Transports Direction de la recherche 700, boulevard Saint-Cyrille Est, 23e étage Québec (Québec) G1R 5H1 Tél.(418) 643-6355 1410, rue Stanley, 11e étage Montréal (Québec) H3A 1P9 Tél.(514) 873-4266 Transports Québec prend les devants et investit dans la recherche • Aide à la recherche-développement en transport.• Bourses d’études et de recherche dans le domaine des transports.• Action concertée sur l'entretien et la réhabilitation du réseau routier au Québec.• Entente auxiliaire Canada-Québec sur le développement des transports.If Transports il Québec Québec s? LA ROUTE DU PARC DES LAURENTIDES TOUT UN DÉFI TECHNIQUE ! « Il y a 40 ans, le Québec préparait le «projet du siècle»: la construction d’une route qui relierait le Saguenay-Lac-Saint-Jean à Québec.Les obstacles et les défis ne manquaient pas.par Élaine HÉMOND Chicoutimi, faubourg de Québec ! C’est l’espoir qu’exprimait le journal Le Régional de Chicoutimi, dans un article du 9 juillet 1948.Antonio Talbot, ministre de la Voirie et député du comté de Chicoutimi, venait de dévoiler au public le plus grand chantier routier jamais entrepris au Québec.Quarante ans plus tard, alors que le défi technique de ce projet colossal a été oublié, la route du parc des Laurentides fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive au Saguenay-Lac-Saint-Jean.Voie de la libération.Chantier du siècle.Coup de maître électoral.Toutes ces expressions qualifiaient le boulevard Talbot en 1948.Fichue route, dangereuse, mal entretenue, voilà ce que l’on entend maintenant à Chicoutimi, au sujet de cette route qui est pourtant la carotide de la région.L’ARBRE QUI CACHAIT LE CHANTIER Le tracé de la route de service fut réalisé au cours de l’hiver 1944-1945.Toutefois, le projet ne fut présenté à la presse que le 3 juillet 1948, à la veille des élections du 28 juillet.Il stupéfia par son envergure.Ce n’était pas l’arbre qui cachait la forêt, mais la forêt qui cachait une opération d’ingénierie inédite, véritable bravade à une nature hostile.Personne n’imaginait l’ampleur des moyens mis en oeuvre et la qualité de la voie de communication envisagée.Malgré la cabale électorale de ses détracteurs, Antonio Talbot fut réélu et la route ouverte à la circulation le 28 octobre de la même année.Le trajet Chicoutimi-Québec fut dès ce jour effectué en 2 h 20 min, soit la moitié du temps mis jusqu’alors en passant par les routes de Saint-Siméon ou de Saint-Urbain! Les résultats dépassaient les espoirs et cette voie, prévue pour être abordée à 96 km/h, tenait ses promesses avant même d’être pavée.Les fougueux conducteurs de l’époque y fonçaient dans un nuage de poussière.La vie venait de changer pour les habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean : il était maintenant possible de sortir de la région dans des conditions passablement moins éprouvantes.Cette nouvelle route dépassait par ses normes de confort et de sécurité tout ce qui s’était fait au Québec.Les ingénieurs du ministère de la Voirie s’étaient inspirés des techniques mises au point par les Américains pour la route de l’Alaska.Ce chantier monumental, réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale, permit de relier Dawson Creek et Fairbanks sur 2 400 km.Les conditions géographiques et climatiques y étaient semblables à celles qu’on allait rencontrer dans le parc des Laurentides.Pergélisol, tourbières, roc, réseau hydrographique dense, montagnes et forêt vierge constituaient en effet des obstacles parsemant tout le parcours.Et pourtant ! «On a imaginé tout de suite une voie de communication d’un niveau supérieur», dit Gédéon Legault, l’un des pionniers du projet.Aujourd’hui à la retraite, M.Legault était alors l’ingénieur responsable, au ministère de la Voirie, des régions Saguenay-Lac-Saint-Jean, Charlevoix et Côte-Nord.De Québec, il coordonnait les opérations du projet, qui avait été divisé en deux secteurs géographi- Silg te K.40 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE da ujourd’hui comme hier, le boulevard albot, alias la route du parc des aurentides fait beaucoup parler, 'histoire de cette route est presque ne épopée! •* v- f' efftii «te»* îioi)i; ni»» G# liipt») .Li.®1 )0®^ srÿ1 Cd an» ues et confié à deux entrepreneurs istincts.Les contrats initiaux dépas-ient les sommes de 2 500 000$ et onstituaient le plus important mon-mt jamais accordé par le ministère e la Voirie.LA SAGA DES COMMUNICATIONS TERRESTRES i’il est connu que la moindre histoire 'eut devenir une épopée, au Sague-iay-Lac-Saint-Jean, il n’en reste pas noins vrai que le développement des oies de communication terrestre est éritablement une saga dans cette égion.Dès 1676, un sentier, ouvert vec l’aide des Hurons, permettait ux missionnaires et aux coureurs les bois de traverser la forêt entre itoneham et Saint-Jérôme (Méta-letchouan) en moins de trois jours.Mise en service alors que les Iroquois se montraient belliqueux envers ceux qui s’aventuraient sur les eaux près de Tadoussac, cette piste a permis, au XVIIe siècle, l’acheminement de matériel et même de bétail.En 1865, cette sente aurait déjà servi à dessiner un projet de route Québec-Métabetchouan.Ce «chemin Gosford» fut cependant abandonné en 1883 au profit de la construction du chemin de fer.À la suite de campagnes et d’interventions épiques des différents groupes de pression du Saguenay, les projets routiers s’orientèrent le long de la rivière Saguenay.En 1929 et 1931, deux routes permettaient enfin une sortie à peu près carrossable par Saint-Siméon et par Saint-Urbain.Mais, alors que la distance à vol d’oiseau entre Québec et Chicoutimi est d’à peine 160 km, ces deux tracés imposaient des voyages de 330 km et 250 km, respectivement.En somme, jusqu’en 1948, aucune voie de communication satisfaisante n’avait été proposée aux gens du Saguenay, encore moins à ceux du Lac-Saint-Jean.Entre temps, la construction d’une route entre Hébertville et Sto-neham avait quand même été décidée par le Gouvernement du Québec.Cependant, ce n’est qu’au retour de Maurice Duplessis à la tête du Gou- QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 41 vernement en 1944, que le projet se dessina dans sa forme finale.Dans ce dossier, le ministre de la Voirie dut souvent affronter en Chambre les questions de l’opposition.M.Legault se souvient d’y avoir accompagné quelquefois le ministre Talbot afin de lui fournir les éléments techniques pour défendre ce chantier.Relatant l’une de ces séances d’explication, M.Legault raconte qu’un jour le premier ministre Duplessis fit taire M.Talbot en lui lançant: «Ça va, tu leur en as assez dit ! » Ce projet constituait, bien sûr, un bon cheval de bataille électoral pour le ministre Talbot, mais, si sa position était parfois délicate, son mandat, lui, était très clair.«Pourquoi crois-tu que je t’ai nommé ministre de la Voirie?» lui avait demandé Duplessis, au lendemain des élections de 1944, alors qu’Antonio Talbot exprimait quelques scrupules à entreprendre «sa» route.«Tout ce qui touche la voirie revêt une importance symbolique», explique Gilles Chomel, du ministère des Transports du Québec.Préposé aux communications et historien de formation.Monsieur Chomel a pu vérifier le prestige légendaire des gens de voirie.Les Romains, ces grands colonisateurs et civilisateurs, ne commençaient-ils pas toujours par la construction des routes?Les ministres de la Voirie oublient rarement les routes de leur comté.Le député libéral de Saint-Hyacinthe, Télesphore Damien Bouchard, ministre de la Voirie entre 1939 et 1944, avait mis sur pied un projet de route entre Montréal et Québec.qui traversait Saint-Hyacinthe.Ce chantier, cependant, ne bénéficiait pas des techniques de pointe utilisées pour le boulevard Talbot.Quelques années seulement avant le chantier de la route du parc des Laurentides, les voitures à chevaux, les pics et les pelles constituaient encore la panoplie de base des constructeurs de routes.MIEUX, MAIS PLUS LONG En 1988, malgré le perfectionnement des techniques, l’informatisation des 42 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE TÉMOIGNAGE DU CHANTIER Un film très éloquent a été tourné au cours du chantier du parc des Laurentides.Ces images en couleurs d’une précision remarquable racontent le défi gigantesque et le haut niveau technologique du projet.Tourné par Jean Major, arpenteur-géomètre alors responsable pour la Voirie de la section nord du chantier, ce film était une commande du ministère.Fier du projet et soucieux de tourner pour les archives ces images des techniques de pointe en ingénierie, le ministère remboursait à M.Major le coût des.bobines.Le film est aujourd’hui disparu des archives du ministère des Transports.Il a cependant refait surface grâce à la famille de M.Major qui en avait gardé une copie.La Société historique du Saguenay l’a reproduit sur bande vidéo; elle entend le conserver et le faire connaître.Armand Demers, qui a suivi de près le chantier en tant que secrétaire particulier du ministre Talbot, commente le document en y apportant des précisions techniques et culturelles.calculs, le décuplement de la capacité des engins et la précision des études, «les délais de construction des routes sont plutôt allongés», révèle Pierre Robitaille, ingénieur à la Division des plans et devis du ministère des Transports.«Il faut compter pratiquement 10 ans avant qu’un projet de route n’aboutisse!» Les études de faisabilité, les consultations diverses, les plans préliminaires, constituent des préalables laborieux et complexes.«Les routes ont en effet un impact direct sur la vie économique d’une région et sur son environnement, poursuit M.Robitaille.Des études aux différents paliers gouvernementaux doivent donc apporter plus de précision et harmoniser intérêts et solutions.La moindre construction ou réfection peut nécessiter des expropriations foncières, des ouvrages de pont, des déplacements d’infrastructures publiques (égouts, électricité, aqueduc), des arrangements avec les compagnies de chemin de fer, etc.» Yvon Tremblay, retraité depuis quelques années seulement du ministère des Transports, a suivi de près l’évolution de ce secteur.«À l’époque, les responsabilités techniques d’un projet reposaient souvent sur les épaules d’un seul homme», dit-il, en précisant malicieusement qu’il s’agissait presque d’un one man show.Rattaché au district de Chicoutimi, à la fin des années 40, M.Tremblay rappelle que «les ingénieurs devaient alors être polyvalents.Aujourd’hui, il faut souvent plusieurs équipes de spécialistes pour remplacer un homme: les responsabilités sont parta- À une époque où les chevaux, les pics et les pelles prédominaient dans les travaux de voirie, les entrepreneurs responsables de la construction de la route du parc des Laurentides ont pu profiter d’équipement efficace et robuste provenant de surplus de la Deuxième Guerre mondiale.m Ns 'Jtldi Bit BSti, tail tes, H gées.L’ingénieur responsable devait être partout à la fois.Je me souviens d’avoir parcouru plusieurs dizaines de kilomètres à pied, en pleine forêt, avec le divisionnaire de Chicoutimi, à qui le ministre Talbot avait demandé d’aller explorer le terrain en vue de la définition du trajet entre l’embranchement du lac Jacques-Cartier et Hébertville.» Un autre ingénieur aurait parcouru à pied trois fois le trajet Québec-Chicoutimi.Malgré la technique ancestrale de la bonne semelle, c’est à l’occasion de ce chantier que l’émergence d’une machinerie lourde est venue révolutionner la construction des routes au Québec.Les entrepreneurs avaient en effet pu acheter, dans les surplus de guerre, des camions et des jeeps à quatre roues motrices.Les grues, bennes-pelleteuses, Létourneaux (carryall), compresseurs, forges portatives, introduits à ce moment-là, constituent depuis ce temps l’outillage de base (perfectionné et décuplé en puissance et en capacité) utilisé de nos jours.En dépit de cette mécanisation, jusqu’à 600 hommes ont travaillé à la construction de la route du Parc.«Les entrepreneurs sous-traitaient la coupe du bois, qui était débité et scié sur place.Au fur et à mesure qu’on avançait, les arbres coupés étaient délignés et transformés en panneaux qui servaient à construire des camps tous les 16 km», raconte Jean-René Bourgault, qui fut surveillant de travaux sur ce chantier.«C’était bien pensé et très organisé, ajoute-t-il.Les cahiers des charges étaient précis.Il ne fallait pas détériorer le paysage ni laisser le terrain sens dessus dessous.Même les chambres d’emprunt de matériaux (carrières), ouvertes à plusieurs endroits du parcours, ont été remises en état après le chantier.» Des ingénieurs du monde entier sont venus pendant plusieurs années visiter cette route d’avant-garde.DES TECHNIQUES À LA FINE POINTE Sous le titre «Québec: pionnier des grandes routes», le journal britanni- Pour respecter le tracé de la route et tenir compte de la densité du réseau hydrographique de cette région, plus de 200 ponceaux et ponts, comme celui-ci, ont dû être érigés.que professionnel Highways Bridges & Aerodromes du 4janvier 1950 faisait état des performances de la route Chicoutimi-Québec.Parmi de nombreuses considérations techniques, le journaliste anglais remarquait l’excellente visibilité du parcours, qui dépassait généralement les 300 m, 200 m étant le minimum.«Nous avions en effet prévu, dès le départ, des pentes qui ne dépasseraient pas 7,5% de dénivellation et des courbes maximales de 6 °, précise Gédéon Legault.Il fallait que la route, dans son ensemble, soit carrossable, agréable et sécuritaire, à une vitesse de 96 km/h.L’assiette totale de la voie avait été définie à 12 m, dont 8 de pavage d’asphalte sur une épaisseur de presque 8 cm.» M.Legault précise que, malgré de nombreuses difficultés de terrain, ces spécifications préliminaires ont toutes été respectées, et même dépassées dans la plupart des pentes et des courbes.Les tourbières font partie des difficultés rencontrées.Alors que les procédés habituels consistaient à recouvrir ces terrains gorgés d’eau avec des branchages ou du bois, avant de faire passer la route, les ingénieurs ont préféré, pour accroître la sécurité, vider ces savanes et les combler avec des matériaux secs.Plus d’une douzaine de tourbières ont ainsi été évidées et près de 400 000 m3 de terre noire ont été remplacés par du roc, du gravier et de la terre d’emprunt.Le pergélisol fut une autre surprise que la nature réservait à ces pionniers.En effet, le déboisement amenait parfois le soleil en des endroits restés à l’ombre depuis des millénaires.M.Armand Demers (voir l’encadré «Témoignage du chantier»), raconte que le pergélisol est venu surprendre les équipes de travail sur des pentes exposées au nord, parfois à moins de 3 m de profondeur.Ces terrains gelés ralentissaient le travail, car il fallait attendre plusieurs semaines, en plein mois de juillet dans certains cas, avant que le sol soit dégelé.C’est un des premiers chantiers de construction de routes où l’on a utilisé les photos aériennes pour définir le tracé préliminaire.Un chemin de pénétration, le long des pylônes électriques qui amenaient l’électricité d’Isle-Maligne à Québec, a facilité le tracé à partir de Québec.Mais après, il fallait que les arpenteurs ouvrent carrément la forêt.Dans cette vaste opération de réorganisation des éléments de la nature, de façon à permettre le déplacement des hommes, les montagnes furent grugées de près d’un QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 43 Jean G.Major LA ROUTE DU FROID million et demi de mètres cubes de terre et 200 ponts et ponceaux furent construits pour dompter le réseau hydrographique.Le chantier fut en fait le coup d’envoi de l’essor routier au Québec.Alors qu’en 1944 il n’y avait environ que 6 000 km de routes asphaltées dans la province, ce chiffre était passé à près de 14 000, 10 ans plus tard.L’hiver, les routes déneigées sont passées durant cette période de 6 000 km à près de 50 000 km.Si, comme on le dit volontiers, cette époque était celle de la «grande noirceur», au Québec, sur les routes, en tous cas, les lumières du génie brillaient.DU GEL 8 MOIS SUR 12 Alors que les préoccupations environnementales ont acquis leurs lettres de noblesse, au ministère des Transports, Pierre De Montigny, chef de la Division des structures de chaussées, explique que le gel, dans le parc des Laurentides, constitue toujours un problème majeur affectant la chaussée pendant près de huit mois par année (voir l’encadré: «La route du froid»).Il est particulièrement éprouvant pour le support routier.«Si on refaisait cette route-là maintenant, dit-il, on chercherait sûrement encore plus qu’à l’époque à s’éloigner de la nappe phréatique qui, en gelant, déforme le revêtement.Cependant, nous avons apporté et apportons continuellement des améliorations.Sur cette route, comme sur les autres de la province.On évalue régulièrement l’état du pavage et du drainage, la qualité de roulement et la force du support.Le but est de déterminer non seulement les secteurs qui requièrent un entretien, mais également le type d’intervention requis.» Monsieur De Montigny précise que c’est sur la Route 175 que l’on a expérimenté les techniques d’isolation avec du polystyrène expansé.En 1974-1975, la Voirie a ainsi pu venirà bout de plusieurs soulèvements rébarbatifs.Alors que les méthodes traditionnelles auraient demandé un creusage important, peut-être du Pierre De Montigny, chef de la Division des structures de chaussées au ministère des Transports, a effectué une étude sur les réactions du revêtement bitumineux de la Route 175 en hiver.Particulièrement exposée au froid, cette route subit en effet une pénétration du gel de 2,25 m et même 2,50 m de profondeur.Étape A ?Retrait Étape B Étape C Étape D «Sous l’effet du froid, explique M.De Montigny, le revêtement bitumineux se contracte.Son coefficient de retrait thermique est d’environ deux fois et demie celui du béton ou de l’acier.Cela est suffisant pour qu’apparaissent les fissures.Elles sont normalement perpendiculaires à la contrainte maximum, laquelle s’exerce forcément dans une direction parallèle à la route.Lorsque la distance entre deux fissures consécutives devient moindre que la largeur de la route, la contrainte maximale tend à changer de direction pour devenir perpendiculaire à l’axe de la route.Des fissures longitudinales apparaissent alors et finissent par créer un réseau formé de quadrilatères.» Le sel est aussi, d’après M.De Montigny, un agresseur du revêtement de la route.En faisant fondre la neige, il crée une solution saline qui demeure liquide, même à des températures très basses.Cette solution s’écoule en surface dans une direction parallèle à l’axe de la route et rencontre les fissures transversales, dans lesquelles elle pénètre à des profondeurs variables.«Le matériau granulaire adjacent aux fissures dégèle, explique l’ingénieur, et on obtient finalement des blocs gelés, plus ou moins séparés les uns des autres par des bandes malléables et saturées d’eau.» Plus tard, une baisse de température congèlera à nouveau ces masses saturées, qui se dilateront pour occasionner une protubérance aux fissures.Ces deux facteurs, alliés au passage des poids lourds sur un matériau devenu saturé et instable par les gels et dégels consécutifs, expliquent en bonne partie les dégâts causés à la Route 175 l’hiver.St *l( Des travailleurs préparant un dynamitage dans le parc des Laurentides.Environ 600 hommes ont participé à la construction de cette route, de l’hiver 1944-1945 jusqu’à l’été 1948.44 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE ¦- pa* i; dynamitage, l’isolation avec ces feuil-les de plastique a énormément limité les travaux et les coûts.Cependant, «maigre son pouvoir isolant iresinte-tunK | ressant (une épaisseur de 4 cm de iinis- polystyrène réduit la profondeur de Mm gel d’environ 70 cm), cette technique ne constitue pas une solution univer-j selle.Il faut même éviter de l’utiliser dans les courbes ou les côtes, car le matériau peut provoquer du givrage, ,sous certaines conditions de tempé-iioi rature.De plus, on ne peut isoler un tctiot : secteur très court, puisqu’une zone j de transition minimum d’environ 5 m jb1s' s’impose à chaque extrémité, afin d’éviter des dénivellations trop abruptes en hiver.» La réalisation du boulevard Talbot et, dans les années 50, de Fem-sml-} branchement d’Hébertville a rappro-itot I ché le Saguenay-Lac-Saint-Jean du ¦ - reste de la province.«Dès les premiers mois de 1949, un événement sportif matérialisait ce nouveau voi-sinage », raconte Yvon Tremblay, qui njj), se souvient que, le Colisée de Québec tîlid ; ayant brûlé, le championnat junior il ti provincial de hockey avait été déplacé s*11 à Chicoutimi.«Plus de 3 000 personnes empruntèrent la nouvelle route -— pour assister au match des Citadelles contre les Royal de Montréal.Joueurs, spectateurs et journalistes ne manquèrent pas de louer les bienfaits de cette nouvelle voie de communication.» Une autoroute à quatre voies pour Chicoutimi-Québec fait partie des discours actuels des habitants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Après 40 ans, le bon vieux boulevard Talbot, alias route du parc des Laurentides, alias Route 175 n’a pas fini de faire parler de lui.?Pour en savoir davantage : Demers, Armand, «Le boulevard Talbot a trente ans», Saguenayensia, Société historique du Saguenay, nov.-déc.1978, p.165 à 170.Giroux, Thomas-Edmond, «De Québec au Lac Saint-Jean», Publication #32, So-: ciété historique du Saguenay.Un vidéo réalisé par Jean Major et intitulé La route de Chicoutimi est disponible à la 10 Société historique du Saguenay, C.P.456, 111 i Chicoutimi (Québec), G7H 5C8.Connaissez-vous la roujlle ?La rouille c'est quoi?Larousse donne de la rouille la définition suivante : «Rouille : oxyde ferrique hydraté d’un brun roux, qui altère les objets de fer exposés à l'air humide.» En matière d'air humide nous sommes bien servis au Québec, sans compter les pluies acides, le calcium et les abrasifs qui sont régulièrement répandus sur nos routes 1 La rouille coûte cher! Des études ont démontré que la rouille coûte environ 2 000$ par famille chaque année au Québec, soit quelque 4 milliards de dollars, une grande part de ces coûts étant imputables au domaine de l'automobile.La rouille est un problème sérieux et notre climat difficile nous force à prendre les précautions nécessaires pour des raisons d'économie et surtout de sécurité.Les sortes de rouilles.La rouille s'attaque à nos voitures de différentes manières.Il y a d'abord la rouille de surface, la plus visible.Ensuite, celle qui perce les tôles de la carrosserie.Cette corrosion provient inévitablement de l'intérieur, elle finit par perforer la tôle, entraîne des réparations coûteuses et diminue grandement la valeur de revente.Enfin, la rouille qui affecte la sécurité des voitures en s'attaquant au système de freinage, à la suspension, à la direction, au châssis, aux attaches des ceintures de sécurité et des sièges, aux ancrages du réservoir d'essence, au réservoir lui-même, etc.L'ennui avec cette rouille, c'estqu'elle n'est pas visible et se révèle difficile à atteindre.C'est ce qui explique beaucoup d'accidents graves, causés notamment par la rupture des freins ou le blocage de la direction.Les remèdes au problème.En ce qui concerne la rouille de surface, il suffit d'un minimum d'entretien et de surveillance pour éviter son apparition trop rapide et sa propagation.Lavage régulier, cirage, retouches sur les petits écaillages de peinture éviteront des ennuis plus graves.Le vrai problème, c'est la rouille qui vient de l'intérieur, celle qui ne se voit pas, celle qui perce la tôle, celle qui affecte la sécurité.Si cette rouille est difficile à atteindre et à percevoir, est-il possible de freiner sa propagation?Lorsque M.Ovide St-Onge commença ses recherches en collaboration avec le CRIQ (Centre de recherche industrielle du Québec) pour tenter de résoudre ce problème, une formule à base d'huile lui parut évidente.Une formule composée de deux huiles dont les chaînes moléculaires de longueurs différentes assurent la fluidité qui permet l'infiltration dans les moindres coins et recoins, plis et replis du châssis et de la carrosserie d'une auto.Cette base additionnée de produits chimiques scientifiquement choisis et dosés qui assurent une adhérence au métal et aux tôles est suffisante pour une année complète.C'était l'Antirouille à l'huile Métropolitain 1, dont la formule fut par la suite brevetée.Formule améliorée! L'Antirouille à l'huile Métropolitain 1 a fait, au cours des 12 années suivantes, la preuve de sa formidable capacité à freiner la rouille sur les voitures traitées chaque année.Il demeurait cependant de légers inconvénients, comme certaines odeurs d'huile plus ou moins fortes, de même que l'égouttement normal après traitement.Nos laboratoires, en étroite collaboration avec le CRIQ, ont alors mis au point l'Antirouille à l'huile Métropolitain 2, une formule améliorée qui conserve toutes les propriétés anticorrosives de l'huile Métropolitain 1.Les grandes améliorations consistent en l'élimination quasi totale des odeurs d'huile, de même qu'en une réduction de 50% de l'égouttement après traitement.Voyez et sentez la différence! Vous pouvez, sans obligation de votre part, constater la différence en vous rendant à l'un ou l'autre de nos centres de services; des kiosques de démonstration y sont spécialement aménagés.Quand faire traiter sa voiture?L'Antirouille à l'huile Métropolitain a mis au point une technologie permettant le traitement des voitures quelle que soit la température ou la saison.Un traitement à l'Antirouille à l'huile Métropolitain appliqué chaque année protégera votre voiture, cet investissement qui dépasse souvent les 12 000$.Savoir compter et se protéger débute par une petite dépense de 54,95$.ET COMME ON DIT: «GROUILLE AVANT QUE ÇA ROUILLE!» Métropolitain /IlllipOUlllb.¦ à l'huile 1600, boul.Saint-Louis, Saint-Louis de France (Québec) G8T 1 G4 2655, boul.Wilfrid-Hamel, Duberger (Québec) G1Q2H9 340, boul.Roland-Therrien, Longueuil (Québec) J4H 3V9 600, boul.Saint-Martin Est, Laval (Québec) H7M 4M8 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 45 Procurez-vous la reliure QUÉBEC SCIEnCE Cette reliure vous permet de conserver soigneusement 12 numéros de Québec Science et de les consulter de manière pratique et rapide.Je désire recevoir: ?1 reliure pour 7,50 S (taxe incluse) ?3 reliures pour 18,50 S (taxe incluse) ?5 reliures pour 27,00$ (taxe incluse) Hors Canada, veuillez ajouter 10% pour frais d’expédition.Nom Adresse Code postal Faites votre chèque à l’ordre de: QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2854 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays : pourquoi pas vous?Pour „ le chercheur, l'étudiant, l'universitaire, La Recherche cons- est une revue internationale publiée en français.Ses articles sont écrits par des chercheurs du monde Offre spéciale Je désire souscrire un abonnement d'un an (il numéros) 0 ‘gp 5 i L YELLOWKNIFE POLYGONE D'ESSAIS DU NÉVADA \ (États-Unis) O j:;: :Pai lement la plupart des tremblements de Is® terre.Par exemple, de 1979 à 1984, plus de 12 000 phénomènes sismiques ont été MURUROA (France) him captés à Yellowknife.Grosso modo, les ondes souterraines voyagent à iissf: près de 1 000 kilomètres à la minute; tjotf 11 faut donc au moins dix minutes ick® pour capter les explosions nucléaires (jtf'ifrançaises du Pacifique.£ti jJS________________ # DES ESSAIS NUCLÉAIRES cap1'- OD^ 1 CAMOUFLES s esp L’est en 1963, qu’a été signé le [tiitÉ?premier traité interdisant les essais L’ensemble sismologique de Yellowknife est très bien situé pour détecter et déterminer la provenance et l’intensité des secousses sismiques provoquées par des essais nucléaires effectués n ’importe où sur la planète.Il se trouve dans un rayon de 10 000 km de tous les principaux polygones d’essais nucléaires souterrains.5 OOO km 10 OOO km nucléaires dans l’atmosphère et sous l’eau.Depuis, un autre traité, ratifié en 1976, limite les explosions souterraines à 150 kilotonnes, soit 7,5 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima.On estime que, depuis 1945, pas moins de 1 200 explosions souterraines ont eu lieu.Ces derniers mois, le centre de Yellowknife a enregistré des essais à la cadence de 1 à 2 par quinzaine.«Chaque fois que les militaires miniaturisent une arme ou mettent au point un nouveau détonateur, explique Bob North, ils doivent effectuer entre 15 et 30 essais souterrains.» QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 49 Énergie, Mines et Ressources Canada 50 SOB ,;-Wi '• 5?sm-:; mû Préparation d’une caverne souterraine (à gauche) qui abritera des instruments de mesure.On y recueillera des données sur les ondes sismiques qui caractérisent les explosions nucléaires.L'ensemble de Yellowknife fait partie d’un réseau qui comprend une centaine de stations sismographiques au Canada.L’ensemble sismologique de Yellowknife est situé dans une région plutôt inhospitalière (à droite), mais avantagée par la géologie du Bouclier canadien loin des villes, des océans et d’autres sources de bruits qui peuvent gêner la détection des ondes sismiques.Le rythme des tests est donc une indication importante de ce qui se passe dans le monde du nucléaire militaire.Dans cette optique, en distribuant les résultats de ses observations aussi bien à la Maison-Blanche qu’au Kremlin, l’ensemble sismique de Yellowknife joue un rôle de surveillance majeur.L’œil du scientifique distingue assez facilement la différence entre une explosion nucléaire et un tremblement de terre.Les nouveaux sis-momètres installés à Yellowknife facilitent encore davantage l’analyse des données recueillies.Il n’en reste pas moins que certaines explosions peuvent encore échapper à leur détection.Celles de moins d’une kilo-tonne sont plus difficiles à capter parce que très faibles.Les militaires — aussi bien soviétiques qu’américains — essaient également de tricher.«Ils ont tenté, indique M.North, dé faire exploser des bombes dans des régions à forte activité sismique, en espérant les faire passer pour de légers tremblements de terre.» Bob North ajoute cependant que les résultats n’ont pas été très concluants, «car il n’est pas facile de synchroniser parfaitement les essais avec des tremblements de terre».Mais la méthode préférée des militaires qui veulent être «discrets» consiste à faire exploser leur bombe dans une grande caverne, une mine de sel abandonnée par exemple.Des essais ont démontré qu’une cavité de 50 mètres de diamètre peut décupler, en l’étouffant, le bruit d’une explosion.Mais là encore, selon Bob North, cela demande une logistique importante et pas toujours discrète.CONTROLE ET EFFICACITE ACCRUS Il y a aussi le problème des explosions nucléaires dites «pacifiques».Elles servent à excaver des canaux de surface, à détourner des eaux, à créer des cavernes souterraines pour entreposer des produits pétroliers, etc.L’Union soviétique aurait procédé à près de 100 explosions de ce genre, contre une quarantaine pour les États-Unis.Il n’y a cependant pas grand monde, dans la communauté scientifique, qui pense que les mili- taires ne profitent pas de ces explosions «pacifiques» pour évaluer la qualité de leurs arsenaux ! Mais plus les militaires deviennent astucieux pour contourner l’esprit ou la lettre des traités internationaux, plus les sismomètres se perfectionnent ! Les nouveaux appareils de détection — déjà plus efficients — sont maintenant installés dans des cavernes plutôt qu’en surface, ce qui augmente encore leur efficacité.Les méthodes d’analyse des résultats, grâce aux ordinateurs, font également des progrès considérables.De plus, la collaboration entre plusieurs grands centres de détection (Canada, Australie, Scandinavie et Amérique du Sud) permet une couverture quasi complète de la planète.Selon Bob North, à l’heure où les dirigeants américains et soviétiques s’entendent pour réduire leurs arsenaux nucléaires, le Canada dispose donc à Yellowknife d’un outil de contrôle privilégié et qui, jumelé à l’efficacité du travail des scientifiques, peut «forcer» les deux grands à se faire un peu plus confiance.P OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE 11! Sf.is: CS WÎ! ¦ e sf lui s: ::s 'îll 6 lie lf L incroyable aventure du CERVEAU L incroyable aventure du CERVEAU RobertOmsCfin Richiud Thompson lllusir.tlionsde IXwkI M.u.iuKiv 230 pages, relié (£ InterEditions .au coeur de l’aventure, nous nous trouvons confrontés au grand défi des sciences neurologiques.HïK- Cîlliï ilS ¦ i,S£ [foil .un livre très clair, pédagogique, et magnifiquement imagé.Science et avenir .une sorte de vingt mille lieues dans les méandres et les merveilles de l’encéphale humain.Voyage aidé par une excellente illustration.Libération , Un voyage fantastique à travers notre cerveau, le seul objet au monde à pouvoir s’observer, s’étudier et se décrire lui-même.cf p Stitf» Jl# (Ê InterEditions (DIFFUSION: DIFFULIVRE INC.) 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CENTRE COMMERCIAL LAVOISIER 1990, BOULEVARD CHAREST OUEST, bureau 117 QUÉBEC (QUÉBEC), GIN 4K8 TéL: (418) 527-1414 POUR COMMANDER SANS FRAIS: 1-800-463-6848 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 51 L’ UNIVERSITÉ DU QUÉBE IROIS-RIvIERES Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établisse ments : six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l'Université du Québec en Abitibi Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand Frappier (1AF); un établissement de formation à distance — la Télé université (TELUQ).L'Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 78000 étudiants, plus de 1800 professeurs réguliers et 3000 employés non enseignants.L'Université du Québec offre 370 programmes d’études de 1er cycle, 117 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une commu nauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 34 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec LE RÉSEAU DE L’ EXCELLENC LA DIMENSION CACHÉE D’une marée à l’autre par Raynald Pepin La compréhension de leur mécanisme n’est vieille que de trois siècles.C’est Kepler qui en identifia la source : la gravitation exercée par la Lune: «Les marées sont un mouvement des eaux vers les régions où la Lune se tient au zénith».Une explication partiellement juste, car il y a généralement deux marées par jour, l’une du côté de la Terre situé le plus près de la Lune et l’autre du côté opposé.On croit généralement que c’est la grande force d’attraction exercée par la Lune sur la Terre qui cause les marées.Non seulement cela n’explique pas les deux marées quotidiennes, mais en plus cette idée se heurte à une contradiction : la Lune exerce sur la Terre une force 175 fois plus faible que celle du Soleil, comme on peut le vérifier avec la loi de la gravitation, F=GM| M2/d2.Est-ce donc le Soleil qui devrait être à l’origine des marées?Quoique le Soleil ait effectivement une influence importante sur les marées terrestres, la Lune en est l’agent principal.Car ce n’est pas la grandeur de la force de gravitation qui compte, mais l’ampleur de sa variation entre les deux faces opposées de la Terre (voir l’illustration).La Lune exerce une force plus grande sur les parties de la Terre les plus proches d’elle: la force en A est plus grande que la force en C, elle-même plus grande que la force en B.La force résultante, par rapport au centre de la Terre, déforme donc celle-ci vers la droite en A et vers la gauche en B, créant des «bourrelets», donc des marées, en ces deux points opposés du globe.Comme la Terre tourne, les marées se produiront en tout point à environ 12 heures d’intervalle.TERRE LUNE Force KM En fait, puisque la Lune se déplace aussi sur son orbite, les marées «retardent» d’environ 53 minutes de jour en jour.Un point terrestre particulier doit en effet «rattraper» la Lune qui, au bout de 24 heures, a parcouru 1/27,3 de son orbite; le retard de la Terre est donc 1/27,3 de 24 heures, soit 53 minutes.D’autre part, les marées se manifestent avec un certain délai par rapport au passage de la Lune au zénith, le déplacement de l’eau n’étant pas instantané.Ce retard peut aller de quelques minutes à quelques heures selon la forme des côtes, du fond de la mer, etc.UNE HISTOIRE DE BOUTEILLES N’est-il pas bizarre que la belle couleur ambrée de la bière ne soit pas rmise en valeur par des bouteilles transparentes?Pourquoi les bouteilles de bière sont-elles toujours de couleur brune ou verte?Envoyez votre réponse, avec vos nom et adresse à: LA DIMENSION CACHÉE Raynald Pepin a/s Québec Science 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec)-G1V 2M3 La personne gagnante du numéro de juillet-août 1988 est: M.Michel Asselin, 893, 4e Boulevard, Amos (Québec), J9T 2W3 - Pour sa réponse à la question «L’été en retard », cette personne recevra un exemplaire du Dictionnaire thématique visuel (une valeur de 39,95 $), gracieuseté des Éditions Québec Agenda.Les règlements de ce concours sont disponibles à l’adresse de Québec Science Comme les océans, la Terre se déforme, elle aussi, n’étant pas parfaitement rigide.L’amplitude des marées solides peut atteindre 30 centimètres à l’équateur, alors que celle des marées océaniques peut dépasser les 10 mètres, si elle est favorisée par une géographie particulière, comme dans la baie de Fundy en Nouvelle-Écosse.On peut calculer, toujours avec la loi de la gravitation, que les forces causant les marées exercées par le Soleil valent environ 5/11 de celles qu’exerce la Lune.Ces forces s’additionnent vectoriellement, en tenant compte des directions respectives de la Lune et du Soleil.Par exemple, lors de la pleine lune, la Terre est entre la Lune et le Soleil, les deux forces, opposées, s’annulent en partie et la marée est plus faible que lorsque la Lune est alignée avec le Soleil à la nouvelle lune.Quand la Lune est en quadrature, au premier ou au dernier quartier, les marées (dites de morte-eau) sont encore plus faibles que celles qui se produisent à la pleine lune.Par ailleurs, les marées ont des conséquences .astronomiques.À cause de la turbulence et du frottement engendrés par les déformations, surtout dans les bassins océaniques peu profonds, une certaine quantité d’énergie se perd sous forme de chaleur, ce qui réduit l’énergie de rotation de la Terre.La durée du jour augmente d’environ 0,002 seconde par siècle ! RÉPONSE Pourquoi les oiseaux perchés sur un fil ne sont-ils pas électrocutés ?Pour qu’un courant passe à travers un objet, il doit y avoir une tension électrique, ou différence de potentiel, entre les points d’entrée et de sortie possibles pour le courant.C’est ce qui arrive, par exemple, quand on touche la borne neutre (à 0 volt) d’une prise de courant en même temps que la borne vivante dont la tension (alternative) varie de +170 à -170 volts.Les oise ux ne sont pas électrocutés s’ils ont les deux pattes sur le même fil, donc au même potentiel.QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 53 ENERGIE Avec la création du Centre canadien de fusion magnétique, le Tokamak de Varen-nes est entré de plain-pied dans sa phase d’exploitation scientifique.Depuis les débuts de ce projet d’étude de la fusion thermonucléaire par confinement magnétique des plasmas, les chercheurs de l’INRS-Energie ont apporté une contribution scientifique massive tant à la conception du Tokamak qu’à sa réalisation L’équipe scientifique du centre, constituée de chercheurs de l’INRS-Énergie, de l’IREQ, de MPB Technologies Inc.et de l’Université de Montréal, assure un leadership certain au Canada dans le domaine du confinement magnétique.Actuellement, un tiers de l’effectif de recherche affecté au Tokamak provient du programme Études en fusion par confinement magnétique de l’INRS.La qualité et la quantité des travaux de cette équipe font qu’elle joue et continuera de jouer un rôle primordial dans le développement de ce projet essentiel pour l’avenir énergétique du pays.La recherche à l’INRS-Energie ?Étude en fusion par confinement magnétique ?Interaction laser-matière ?Énergies nouvelles Enseignement: ?Programme d’études supérieures conduisant aux diplômes de maîtrise et de doctorat en sciences de l’énergie.Renseignements: Tél: Québec (418) 654-2500 Varennes (514) 468-7700 L’INRS LE SCEAU DE QUALITÉ EN RECHERCHE ORIENTÉE Université du Québec Institut national de la recherche scientifique 54 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE mmm LA MER À BOIRE Les spécialistes sont formels : les sondes spatiales l’ont démontré, il y a de l’eau sur Mars, sous une forme ou sous une autre, que ce soit la vapeur d’eau de l’atmosphère ou la glace d’une calotte polaire — qui fond au printemps d’une année de 687 jours.On croit généralement que l’eau devait être abondante sur la «planète rouge», lors de la naissance du Cosmos, entre autres parce que ces grandes quantités d’eau ont laissé des traces de rivières ou de mers, et que, d’autre part, l’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’Univers.Aujourd’hui, pourtant, cet H20 est rarissime \ sur Mars.MAKE EKïYHRAEüM Mors où sont passés les océans martiens ?Jne hypothèse veut que l’eau sur Mars (oit maintenant dans Mars, gelée en urface et liquide plus en profondeur.Ce tourrait même être une eau tiède favo-able à l’éclosion de la vie, qui sait?Des >etits hommes, nés des eaux bleues de la tlanète rouge seraient-ils verts?UNE CHANCE 3U ON A LA MALCHANCE Si les œufs ne collent plus dans la poêle, e matin, c’est à cause d’une expérience scientifique qui a mal tourné — comme es œufs, à l’époque —, il y a 50 ans.Un :hercheur de la firme américaine Du 3ont, Roy, Plunkett, avait alors, par nadvertance, fait la découverte du tétra-iluoroéthylène (Téflon).La structure l’atomes de fluor regroupés autour d’un loyau de carbone rend cette matière ilastique résistante à toute interaction i chimique, ce qui en fait un matériau de shoix pour les artères artificielles ou 'emballage des puces électroniques, entre mtres.Mais le Téflon avait d’abord servi P emballer les matières radioactives mtrant dans la fabrication de la première lombe atomique.Il y a de quoi en faire in plat.EN VRAC EVE EN AFRIQUE, ADAM EN ASIE?La controverse entourant le lieu d’origine de l’ancêtre des humains ne semble pas prête de s’éteindre et ce, malgré de récentes études sur l’ADN effectuées par des biologistes.Au lieu d’ossements, ce sont des fragments d’ADN de 147 personnes vivantes qu’ont étudiés ces chercheurs, pour en arriver à la conclusion que VHomo sapiens (l’homme moderne) est né en Afrique.Mais pour différentes raisons, entre autres de méthode, leurs conclusions ne viennent en rien élucider le mystère de notre origine.De l’Australopithèque (premier singe debout) à VHomo habilis (tailleur de pierre) ou à YHomo erectus, son fils, pas de problème.Après, à la suite de migrations en Afrique du Nord, au Proche-Orient, en Asie, on ne sait plus si YHomo sapiens est né à différents endroits à la fois ou s’il est né de l’un de ces migrateurs, pour ensuite émigrer à son tour.On ne s’entendait déjà pas entre paléontologues.La pomme d’Ève est encore une pomme de discorde.CANCER DE LA MEMOIRE Il y a quelques années, des informaticiens, pour jouer, se sont mis à lancer sur disquette des petits programmes qui avaient la propriété de se dupliquer à l’infini — comme des cellules cancéreuses.Le jeu consistait à introduire deux de ces programmes appelés worms (vers de terre) dans le même ordinateur, pour voir lequel mangerait l’autre.Ces petits programmes, on le devine, dévorent rapidement l’espace de mémoire disponible, engendrent des erreurs, détruisent les données emmagasinées, etc.Les inventeurs du jeu prenaient des précautions pour ne pas endommager les systèmes, mais d’autres, moins bien informés ou mal intentionnés, ont transmis le virus, par copie de disquettes, rendant parfois inutilisables des réseaux informatiques tout entiers.Ce qui n’était qu’un jeu risque de tourner à l’épidémie.Un seul remède, la prévention: n’utiliser que des programmes de source bien définie, sinon le ver sera dans la pomme.LA TERRE EST EN RETARD Dans notre siècle de vitesse, il est étonnant de constater qu’il manque à la Terre une petite seconde par-ci par-là pour boucler l’année, parce que certaines de ses journées sont trop longues.En effet, différents facteurs jouent les empêcheurs de tourner en rond et retardent parfois de quelques poussières la vitesse de rotation de la planète sur elle-même.Différents calculs ont démontré que les mouvements de l’atmosphère, de l’océan et du noyau terrestre, mais aussi la Lune, ralentissent la Terre, forçant le Bureau international de l’heure (BIH) à ajuster sa montre (et les nôtres!) de temps à autre.Ainsi, la durée du jour a augmenté de trois heures en 500 millions d’années.Peut-être pourrions-nous donner un petit coup de pouce à notre Terre : si tous les joggeurs du monde se donnaient la main, pour faire leur course à pied en même temps, en direction de l’Est.- QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 55 Illustrations: Jacques Goldstyn CANMET Le fait de s’informer ne constitue pas une dépense mais bien un investissement ! MINPROC, SOURCE D’INFORMATION SUR LE TRAITEMENT DES MINERAIS La base de données MINPROC comprend une sélection d’articles tirés de plus d’une centaine de périodiques techniques, des plus populaires à l’échelle internationale, qui portent sur le traitement des minéraux.Cette base de données contient plus de 17 000 références à la documentation scientifique qui a été publiée depuis 1969.La base de données MINPROC est à votre disposition.Vous pouvez l’utiliser pour la recherche directe au moyen de QL Systems.Les personnes qui le désirent peuvent avoir recours aux services de recherche de CANMET ou à QL Systems.Pour plus d’information ou pour utiliser les services de recherche, veuillez téléphoner ou écrire à : Division de l’information technologique CANMET Energie, Mines et Ressources Canada 562, rue Booth OTTAWA (Ontario) K1A 0G1 Téléphone: (613) 992-3930 ou à: QL Systems Limited Suite 901 275, rue Sparks OTTAWA (Ontario) KIR 7X9 Téléphone: (613) 238-3499 (QL Systems possède également des bureaux à Kingston, Toronto, Calgary, Halifax et Vancouver.) Energie.Mines et Ressources Canada L'Hon.Gerald S.Merrithew.Ministre d'État (Forêts et Mines) Energy, Mines and Resources Canada Kii ¦f 1 Ça, ça fait Hu bien! Canadâ Hon.Gerald S.Merrithew Minister of State (Forestry and Mines) PDRTICIPDCTIOn^ Ce INFDPUQ un univers de services télématiques SUNIST INFOPUQ .—— Banques d'information Messageries Conférences • Forums BADADUQ BOURSE INFOPUQ, 2875,boulevard Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Téléphone: (418) 657-3551 56 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE LU POUR VOUS NOTRE AVENIR À TOUS La Commission mondiale sur ( environnement et le développement chimère NOTRE AVENIR À TOUS La Commission mondiale sur l’environnement et le développement Éditions du Fleuve, Les Publications du Québec, Montréal, 1988, 454 pages, 19,95$, ISBN 2-89372-011-5 Les gens qui croient encore que les environnementalistes ne sont que des alarmistes ou des prophètes de malheur feraient bien de jeter un coup d’œil au rapport de la Commission Brundtland, organisme chargé par le Secrétaire général des Nations Unies de faire le point sur la situation de l’environnement et du développement.Résultat de trois années d’enquêtes sur les cinq continents, ce rapport est à la fois riche d’informations et fort inquiétant.Depuis un siècle, la production industrielle a été multipliée par 50 et 80 % de cette augmentation est survenue depuis 1950.On a défriché, en 100 ans, une surface plus grande que l’ensemble des terres défrichées depuis l’apparition de l’homme sur terre.Tous les ans, six millions d’hectares sont réduits à l’état de désert.Nul doute que ces réalités ont un lien avec le développement des pays du tiers monde où 1,7 milliard de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et où 1,2 milliard manquent d’installations sanitaires appropriées.Dans ces pays, c’est le nombre de robinets d’eau situés à proximité d’une communauté qui indique le mieux l’état de santé de la population plutôt que le nombre de lits d’hôpitaux.Selon la Commission, la pauvreté réduit la capacité des gens à utiliser les ressources de manière pondérée.L’abondance n’amène guère plus de sagesse, puisque les populations des pays riches consomment la majorité des ressources de la planète.L’extraction des ressources minières, la fabrication de produits chimiques et la combustion des sources d’énergie fossiles causent des problèmes de pollution qui étaient à peine imaginables il y a 15 ans.Le rapport, malgré certaines répétitions et un style passablement aride, a l’immense mérite de bien cerner les différents problèmes environnementaux et de présenter des solutions techni- ques et institutionnelles, comme tenir compte de l’environnement à l’intérieur de certains accords commerciaux et accroître le rôle d’organismes internationaux, tels que l’ONU.Mais l’application de ces solutions dépend, bien sûr, d’une meilleure collaboration internationale et d’un changement d’attitude des pays riches envers les pays pauvres.À ce sujet, la Commission n’a pas indiqué comment s’annonçaient les nouvelles orientations.Quant au financement de ces solutions, remettre le navire à flot coûtera des milliards de dollars.Mais, où ira-t-on les chercher?En partie dans les 900 milliards de dollars de dépenses militaires mondiales qui se font annuellement?Voilà quelques-uns des nombreux sujets de réflexion que suscite la lecture du rapport Brundtland.Gilles Parent LE CRISTAL ET LA CHIMÈRE Fernand Seguin Les Éditions Libre Expression, Montréal, 1988, 216 pages, 16,95$, ISBN 2-8911-311-X Le Cristal et la chimère de Fernand Seguin réunit plus d’une cinquantaine de chroniques qui s’organisent autour de six grands thèmes: la vie, les animaux, la terre, les nourritures, le corps et le cancer.Auteur à la plume charmeuse, habile et séductrice, celui qui est devenu la conscience scientifique du Québec nous entraîne, une fois de plus, à la découverte de sa pensée.Son expérience personnelle est largement mise à contribution, notamment lorsqu’il met en garde contre les croyances naïves des plus vieux selon lesquelles «il nous suffit désormais d’entrer en sagesse pour entrer en santé».Avec un humour parfois mordant, Fernand Seguin dé- nonce inlassablement l’éloignement d’une science à visage humain.Les statistiques n’ont que rarement sa faveur, particulièrement celles fournies par l’épidémiologie, cette science, au gré de l’auteur, «trop exclusivement axée sur les aspects quantitatifs de l’existence, aux dépens des apports intellectuels ou culturels d’un citoyen à la collectivité».Par contre, lui-même n’hésite pas à s’amuser avec les chiffres qu’il utilise volontiers à ses propres fins: ainsi, il affirme que «le risque individuel d’avoir le cancer s’établit à zéro pour cent tant que vous ne l’avez pas, et à cent pour cent dès que vous l’avez».Au lecteur d'exercer son sens critique.L’immense succès de son premier livre, La bombe et l’orchidée, a constitué, selon le préfacier du second, Jean-Marc Carpentier, l’une des plus grandes satisfactions professionnelles de l’auteur.Si l’homme n’est plus, sa pensée demeure.Le cristal et la chimère, moins léger que le précédent, captivera sans doute, lui aussi, des milliers de lecteurs et de lectrices qui garderont de Fernand Seguin le souvenir d’un homme intègre et d’un penseur audacieux.Danielle Ouellet QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1988 57 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO CES ROCHES VENUES DE LA LUNE (Sylvie Gourde et Ivan Lamontagne) Les quelque 2 000 échantillons de roches lunaires ramenés de la Lune entre 1969 et 1972 nous ont permis d’en apprendre un peu plus sur ce satellite de la Terre et de corriger certaines théories que l’on croyait sûres.Sylvie Gourde et Ivan Lamontagne se sont rendus au Lunar Laboratory de Houston, au Texas, où l’on conserve et analyse ces précieux échantillons.L’ARCHITECTURE SUR UNE AUTRE LANCÉE (François Beaulieu) La façon de planifier et de concevoir un bâtiment a bel et bien changé avec l’apport de l’informatique.De logiciels plus raffinés les uns que les autres, naissent des dessins à deux ou à trois dimensions, avec vision en perspective, etc.François Beaulieu présentera la conception et le dessin assistés par ordinateur (CDAO), et la révolution qu’elle a suscitée en architecture.SATELLITE ET FIBRE OPTIQUE EN DUEL (Jean-Guy Rens) Depuis toujours, les télécommunications sont divisées entre les tenants du câble et ceux des ondes radio.Qui va gagner?Alexander Graham Bell ou Guglielmo Marconi?Jean-Guy Rens décrira cette bataille entre le satellite et la fibre optique, et présentera les forces et les limites de chacune des deux techniques.Nous verrons en quoi elles profitent aux usagers.» Tout sur les manipulations génétiques expliqué en termes simples: leurs principes, leurs mécanismes, leurs applications, leur avenir.SOMMAIRE 1.Le génie est sorti de sa bouteille 2.L'organisation du vivant 3.Les mécanismes de la transplantation de gènes 4.Des usines à protéines 5.Le gène : outil de diagnostic 6.Thérapie du gène et génie cellulaire 7.Les vaccins du futur 8.Les gènes esclaves de la technologie 9.L'industrie de l’ADN 10.Des scientifiques qui jouent à Dieu 11.Le génie génétique et l’intérêt public 12.Des horizons lointains Glossaire Bibliographie Index BON DE COMMANDE Veuillez m’expédier____________exemplaires de GÉNIE GÉNÉTIQUE au prix de 24,50 $.J’ajoute 2 $ par commande pour couvrir les frais d’envoi.?Ci-joint mon règlement au montant de__________________$ ?Carte Visa ?MasterCard N°_______________________________________________ Exp.:- Signature- Nom _____________________________________________________________________________ Adresse _________________________________________________________________________ Ville- Code postal __________________ Décarie Éditeur 233, avenue Dunbar, Ville Mont-Royal, Qué., H3P 2H4 (514) 342-8500 G.NOSSAL iïüm RÉALITÉS ET PROMESSES DECARIE MASSON • 218 pages • Format 131/2 x 21 cr • Illustrations • Glossaire • Bibliographie • Index • 24,50 $ • ISBN : 2-89137-104-6 58 OCTOBRE 1988 / QUÉBEC SCIENCE Délicat.Comment concilier concurrence mondiale, fluctuation des marchés, activités industrielles, niveau d'emploi et protection de l'environnement.Tout un défi! Depuis la naissance d'Alcan, la conscience écologique et les connaissances technologiques ont progressé à pas de géant.Au Saguenay-Lac-St-Jean, Alcan a investi plus d'un milliard de dollars, depuis 1970, dans un processus de modernisation où la dimension environnement constitue une des priorités.Une équipe de 75 spécialistes veille sans relâche à réduire l'impact de nos activités sur l'environnement, sans oublier les nombreux projets éducatifs et programmes de protection faunique auxquels nous participons pour le bénéfice de la collectivité québécoise.Les problèmes sont délicats mais Alcan demeure vigilant.L'environnement est un élément-clé de notre stratégie d'entreprise.La qualité de la vie, c'est aussi un de nos produits. )VW'%9>£ *m La qualité de la vie, c'est aussi un de nos produits.ALCAN is •.> \ - ' * ’V;- Je*”' '*>.^-Sn.•ELsJ*' -?*-.ytri ¦œi* jj fr.j ' ^0^
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