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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1989, Collections de BAnQ.

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Janvier 1 989 # MASSE L’UNIVERS DBYE, 1988! NJOUR, 1989! ner de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Que H 250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1 DU QUÉBEC ume 27, numéro 5 Janvier 1989 S ARTICLES Le réseau hydro-québécois Un géant aux pieds d’argile?Comment fonctionne notre réseau hydroélectrique?Et les pannes d’électricité, peut-on les éviter?Par Raynald Pepin (|0 Goodbye, 1988! Bonjour, 1989! Ce test annuel vous permettra de rafraîchir les connaissances acquises au fil des numéros de Québec Science.Par Raynald Pepin 32 Comment en finir avec les BPC Il y a 50 000 tonnes de BPC disséminées au Québec.Quelles technologies utilise-t-on pour les détruire?Par Gilles Parent La masse cachée de l’Univers La matière présente dans l’Univers joue à cache-cache.Environ 90% de sa masse échappe à toute observation.Par Pauline Gagnon UÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 1 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction sse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les très, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées mt dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de ¦aduction et d’adaptation réservés, élex: 051-31623 pôt légal: Bibliothèque nationale du Québec ier trimestre 1989.ISSN-0021-6127 épertorié dans Point de repère Copyright 1989 QUÉBEC SCIENCE RESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC SOMMAIRE Page 20 Page 40 ; çgssglSSgs PB#: et tàSMSWsss Page 42 Page 48 CHRONIQUES 7 OPINION L’hydroélectricité : un pari gagnant Par Jean-Marc Carpentier 8 LES PIONNIERS René Pomerleau : la passion des champignons Par Claire Chabot 15 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Chicoutimi, nouvel épicentre?Le Sommet sur la technologie Le syndrome des bâJments malades La forêt au laboratoire Redorer l’image du charbon Des terminaux blindés 55 MICROMÉGA Les virus en informatique Par Jean Lalonde 57 LA DIMENSION CACHÉE Les V.I.P.de l’électricité Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 59 EN VRAC 61 LU POUR VOUS L’aventure du vivant Le défi alimentaire de la femme 62 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 3 PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES POUR VOUS Des tremblements de terre au Canada?Une aura de mystère a toujours entouré les tremblements de terre, et il n'est donc pas étonnant que les producteurs de cinéma les aient exploités à fond pendant un certain temps.Peu courants au pays, les séismes piquent notre curiosité.Nous avons pu constater, par le truchement de notre téléviseur, l'étendue des dommages que peut causer un séisme à forte magnitude, et nous avons suivi les péripéties des sauveteurs, comme à Mexico en 1985.La production Des tremblements de terre au Canada?mous révélera toutes les incidences découlant d'un séisme dans notre vie quotidienne, et les efforts déployés par les scientifiques canadiens pour assurer notre sécurité.Heureusement, la plupart des tremblements de terre au Canada, au nombre de 2 500 chaque année, sont de faible intensité et se produisent loin des zones abondamment peuplées.Néanmoins, au cours des siècles, on a pu répertorier quelques grands séismes au Canada.Le tout premier de ces séismes est survenu vers 1535, à La Malbaie, près de Québec.En 1929, un violent tremblement de terre au large de Terre-Neuve tua 27 personnes et, enfin, une grande secousse séismique a été décelée dans la baie de Baffin en 1933.L'histoire de la sismologie canadienne nous apprend donc que nous ne sommes pas nécessairement à l'abri d'un tremblement de terre dans la partie méridionale du pays.Le 25 novembre 1988, nous connaissions le tremblement du Saguenay dont la magnitude était de 6,2 à l'échelle Richter.H Les séismes sont causés par le mouvement constant des gigantesques plaques tectoniques qui recouvrent la surface de la planète.Près de 95% des séismes prennent d'ailleurs place le long des arêtes de ces plaques.Au Canada, la majorité des séismes se produisent le long du littoral atlantique, dans la vallée du Saint-Laurent, dans le Haut-Arctique, au Yukon et en Colombie-Britannique.Toutefois, grâce au Réseau sismographique national, mis en place par la Commission géologique du Canada et composé d'une centaine de stations, il est dorénavant possible d'enregistrer toute activité sismique au pays, 24 heures sur 24.Les données recueillies permettent de savoir où, quand et comment se produisent les séismes.Plusieurs facteurs influent sur l'importance des dommages résultant d'un séisme, par exemple le type de sol qui supporte les édifices touchés et la délimitation des couches de sédiments.Le Centre national de recherches a publié en 1953 le Code national du bâtiment.S'inspirant en partie de la carte sismique préparée par les sismologues d'Ënergie, Mines et Ressources, ce document présente les normes de construction visant à contrer les effets dévastateurs des séismes.D'autre part, la présente production vous renseignera sur les précautions de base à prendre pour réduire les risques de blessures et les possibilités de dégâts matériels au cours d'un tremblement de terre.Des tremblements de terre au Canada?1a\t le point sur la sismicité au pays et nous donne un aperçu de toutes les facettes dissimulées sous l'ampleur terrifiante des tremblements de terre.N.B.Il est formellement interdit d'utiliser des extraits de ce vidéo afin de les incorporer dans d'autres productions vidéo, sans avoir reçu l'autorisation d'Ënergie, Mines et Ressources Canada, et de diffuser ledit vidéo sur les ondes de ia télévision privée commerciale.- Vous pouvez également vous procurer les productions audio-visuelles suivantes: • Lithoprobe, 40 km sous terre Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur Les scientifiques des sciences de la Terre L'océan sans limites — la dorsale Juan de Fuca La cartographie: de l'astrolabe au laser La Commission géologique du Canada.d'hier à aujourd'hui Les îles au soleil de minuit Pour plus de renseignements veuillez écrire à: Diane Lorenzato Agente de l'audio-visuel Direction des communications Énergie, Mines et Ressources Pièce 971 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 Tél.: (613) 992-5198 (613)992-0792 Énergie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada 11 L'Hon.Marcel Masse, Mon.Marcel Masse, Ministre Minister Canada N ÇjUÉBE( SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 —Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101.ou par télécopieur: (418) 657-2271 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Eve-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand.Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau.Jean Lalonde.Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet.Raynald Pepin, Gilles Provost.Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Réalisation graphique Line Nadeau Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Fov, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551.poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28.00S Spécial: (2 ans/22 nos): 49,005 Groupe: (1 an/11 nos): 25.005 (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3.255 À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,005 Spécial: (2 ans/22 nos): 68,005 À l’unité: 4,005 I Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE.B.P.40.91121, Palaiseau, Cedex Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery G1T2R1 Oui, vous pouvez vous permettre d’affirmer pendant les réceptions 'des Fêtes qu’en 1989, bien sûr, la Terre continuera d’être ronde, mais que l’Univers dans lequel nous vivons est probablement plat! Qui plus est, la plupart des astronomes s’entendent pour dire que 90% de la matière contenue dans l'Univers a échappé à toute tentative d’observation.Même, on soupçonne cette masse manquante (appelée «matière noire») d’être d’une tout autre nature que la matière ordinaire.Il faut lire l’article de Pauline Gagnon (une Québécoise qui poursuit actuellement des études en physique avancée à San Francisco) qui a réussi la courageuse entreprise de rendre accessibles les hypothèses proposées pour résoudre l’énigme fascinante que pose la «comptabilité» des neutrinos émis par le Soleil.Hélas ! on ne peut pas (pas encore, du moins)précipiter dans ta « matière noire» dont parle Pauline Gagnon les déchets toxiques produits par notre société de consommation.Pour éliminer les biphé-nyles polychlorés (BPC), en particulier, il faudra recourir aux technologies connues actuellement, que décrit le spécialiste des questions environnementales de Québec Science, Gilles Parent (notre photo), des technologies qui sont loin d’être magiques, mais qu’il faut s’attarder à bien comprendre.Le pire est que la plus grande partie de ces BPC dont il faut disposer a été utilisée dans les transformateurs qui convertissent cette électricité dont nous avons tant besoin et qui risque de nous faire défaut au moment même où nous nous croyions à l’abri du besoin.En effet, le remarquable réseau hydroélectrique québécois n’est pas sans faille.Raynald Pepin a scruté à la loupe l’organisation de ce réseau.Claire Chabot, elle, nous présente le pionnier de ce mois-ci, René Pomerleau qui, à 85 ans, vibre encore d’une passion «dévorante» pour les champignons.Premier pathologiste forestier québécois, il a poursuivi pendant plus de 40 ans sa recherche sur les maladies qui attaquent les forêts.Il identifia, le premier au Canada, la maladie hollandaise de l’orme.On ne peut pas terminer une année de Québec Science sans proposer un petit test sur les articles parus au cours de l’année qui s’achève.Un test que Jacques Goldstyn sait rendre amusant et Raynald Pepin, instructif! Enfin, dans sa chronique « MicroMéga», Jean Lalonde propose aux intéressés une nouvelle carrière particulièrement lucrative et en très grande demande: consultant anti-virus.pour ceux qui ont la piqûre de l’informatique, bien sûr ! 0^ \ w O- QUÉBEC SCIENCE JANVIER 1989 5 COOPOLY vous présente le MULTISPEED de MEC.Un ordinateur portatif qui allie performance et rapidité sans trop amincir votre portefeuille.Fiche technique — 2 lecteurs 3.5", capacité de 720 Ko — Écran LCD Supertwist — Batterie rechargeable, autonomie de 4 à 6 heures — Processeur H PC V30 — Vitesses d'horloge interne : 4.77 et 9.54 MHZ — Horloge/calendrier — Clavier 85 touches avec clavier numérique séparé — Port série et parallèle — Sortie vidéo CQA couleur intégrée — Sortie pour lecteur de disquette 5.25 ou pour le transfert direct de données à un PC — Mémoire vive de 640 Ko — Mémoire ROM de 512 Ko incluant les logiciels suivants : - NOTEPAD éditeur de texte - FILER carnet d'adresses - OUTLINER agenda - DIALER répertoire téléphonique - TELCOM logiciel de communication et émulateur de terminal - SETUP sélection de paramètres de configurations — Logiciel MS-DOS - version 3.2 Tous ces logiciels sont disponibles en anglais seulement NEC Les prix éducationnels sont offerts à tous les étudiants et au personnel des cégeps et universités.Le MULTISPEED est garanti un an, pièces et main d'oeuvre.De plus Coopoly est dûment autorisé à effectuer le service sur les produits MULTISPEED.DES ARGUMENTS DE POIDS QUI LE RENDENT TOUT À FAIT IRRÉSISTIBLE ! Les prix sont sujets à changements sans préavis.Les commandes postales sont acceptées.coopoly Succursale informatique 5000, rue Jean-Talon Ouest bureau 120 Montréal, H4P 1W9 (514)340-4487 GROUPE, POUVOIR ET COMMUNICATION présente des concepts fondamentaux pour comprendre les comportements de l'individu dans un groupe ou dans une organisation.Cet ouvrage traite de plusieurs objets de la psychologie, notamment de la dynamique du comportement, de la relation humaine, des processus d'influence et des structures sociales.Jean-Pierre HOGUE, Denis LÉVESQUE, Estelle M MORIN avec la collaboration de B.LÔPEZ-GONZÀLEZ 1988, ISBN 2-7605-0499-9, 256 pages, 18$ En vente chez votre LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551, poste 2860 6 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE I OPINION par Jean-Marc CARPENTIER ’ IS I Il y a dix ans, nous étions en pleine crise de l’énergie.On parlait de pétrole à 35$ et même à 50$ le baril, et de réserves qui allaient être épuisées au début du siècle prochain.Les consommateurs américains faisaient la queue devant des stations-service en manque de ravitaillement.Au bord de la panique, les autorités américaines parlaient d’un certain «droit continental» sur les réserves canadiennes d’hydrocarbures et évoquaient la nécessité d’un marché commun énergétique nord-américain.Un simple refus d’alimenter les États-Unis en gaz naturel canadien aurait sans doute été suffisant pour voir déferler des contingents de («marines» sur les plaines d’Alberta.Aujourd’hui, ce sont plutôt les producteurs canadiens d’énergie qui sont soulagés d’être enfin protégés par un traité de libre-échange canado-américain.Les producteurs américains ne viendront plus les accuser d’inonder le marché américain avec du gaz canadien vendu à des prix de dumping et exiger des droits de douane pour freiner cette concurrence déloyale.Hydro-Québec se dit également soulagée par ce traité qui lui garantit de pouvoir vendre sans contrainte son électricité au sud du 45e parallèle.Ici aussi la situation a bien changé.Le gouvernement du Québec fait des pieds et des mains pour attirer les industries les plus énergivores et pour exporter autant d’électricité que possible.Fini le rêve d’une société tout à l’électricité où le pétrole et le gaz, devenus hors de prix, ne seraient réservés qu’à des usages exotiques.Les cerveaux de nos inventeurs avaient pourtant été appelés à la rescousse.On a bâti des gazogènes capables de transformer en gaz combustible à peu près toute matière organique, du lisier de porc à la betterave à sucre en passant par les déchets domestiques et l’herbe des pelouses.L’usine de méthanol de Saint-‘Just-de-Bretonnière devait être la première d’une série d’installations capables de transformer en carburant les résidus de notre industrie forestière.Cette usine n’a plus sa place dans une société où le prix du pétrole international a du mal à dépasser les 15 $ le baril et où Gaz Métropolitain vient d’annoncer un gel de ses tarifs, alors que ses fournisseurs ont été contraints à baisser leurs prix de 15% pour être concurrentiels.Il ne faut cependant pas oublier que les réserves mondiales d'hydrocarbures n’ont pas augmenté depuis les années noires de la crise de l’énergie.Ce sont plutôt les conflits entre pays producteurs pt la difficulté de certains états à faire face L’hydroélectricité : Un pari gagnant ¦R fis, à leurs dettes qui ont amené les pays de l’OPEP à ouvrir le robinet et provoquer l’effondrement des prix.Nous avons malheureusement la mémoire trop courte et nous avons recommencé à gaspiller une énergie fossile précieuse, dont la quantité est toujours aussi limitée.Dans un contexte de fluctuation des prix, l’hydroélectricité devient une forme d’énergie particulièrement vulnérable.Alors que le prix du pétrole peut passer du simple au double en quelques jours, le coût des aménagements hydroélectriques s’amortit sur des décennies et exige des tarifs stables.Il ne fait cependant aucun doute qu’à long terme le choix de l’hydroélectricité ne peut être qu’un pari gagnant.L’énergie de l’eau est inépuisable et sera toujours disponible au cours des siècles à venir.Le fait d’exporter de l’électricité dans le cadre de contrats à terme permet de construire dès maintenant des installations dont nous aurons besoin plus tard.Il faut d’ailleurs se rappeler que, même si on en fait grand état, l’exportation d’électricité reste encore modeste et ne devrait pas dépasser le dixième de notre consom- ' ^ m im m mation au moment où tous les contrats à long terme entreront en vigueur.Hydro-Québec devra être capable de «livrer la marchandise» aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du marché québécois.Les pannes des derniers mois ont cependant semé beaucoup d’incertitude chez les clients d’Hydro-Québec.Les déclarations de différents groupes d’employés de la société d’État ont ajouté à cet état de psychose quant à la fiabilité du réseau hydroélectrique québécois.11 ne faut cependant pas oublier que le syndicat des ingénieurs d’Hydro-Québec est actuellement en négociation avec la direction et que les techniciens luttent pour empêcher les entreprises de sous-traitance de s’accaparer l’entretien du réseau électrique québécois.Il est encore difficile d’affirmer que les installations d’Hydro-Québec sont en piètre état.Il est cependant plus évident que la société d’État a perdu une partie du prestige et de la cohésion qu’elle affichait autrefois.* Jean-Marc Carpentier est journaliste scientifique.QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 7 Hydro-Québec par Claire CHABOT* Émerveillé devant son dynamisme, attentif à ses souffrances, ému par sa beauté, René Pomerleau a consacré sa vie entière à connaître la forêt.Ses excursions scientifiques prenaient quelquefois des allures bucoliques quand il découvrait, sur l’écorce d’un érable, un Pleurote en huître ou, au pied d’une épinette, une Chanterelle.Auteur de la Flore des champignons au Québec, il est reconnu aujourd’hui comme le père de la mycologie québécoise.RENE POMERLEAU : la passion des champignons Premier pathologiste forestier de la province, René Pomerleau a aussi fait œuvre de pionnier dans ce domaine en menant, sur plusieurs fronts, des recherches pour combattre les maladies qui attaquent nos forêts.Il est le premier à avoir remarqué et identifié la maladie hollandaise de Forme au Canada, ce qui lui a valu une renommée internationale.Cofondateur du Laboratoire de biologie forestière du ministère de l’Agriculture du Canada devenu, en 1960, Factuel Centre de foresterie des Laurentides, il y a poursuivi ses recherches jusqu’à sa retraite; depuis, il se consacre entièrement à ses champignons.René Pomerleau est allé puiser aux sources de la tradition scientifique française; il en est revenu avec une méthodologie scientifique rigoureuse, une vaste culture et un amour pour la langue, qui transparaît encore aujourd’hui dans son léger accent.«Faire la description des champignons demande un sens de l’observation aigu et un vocabulaire extrêmement précis», nous dit André Fortin, directeur du Centre de biologie forestière de l’Université Laval, et initié à la mycologie par le chercheur.«Je crois que les champignons Font surtout attiré par leur aspect esthétique; René Pomerleau avait le culte de la beauté.» C’est avec une précision remarquable qu’il décrit l’Amanite tue-mouches, le «champignon divin de l’immortalité», une espèce très vénéneuse, connue pour ses propriétés hallucinogènes: «Elle se présente sous la forme d’un parapluie de grande taille et de couleurs vives variant du rouge orangé au jaune pâle.De plus, son pied bulbeux porte, à la base, des lambeaux d’une membrane jaune qui l’entourent comme des desquamations.Près du sommet de la tige, on remarque aussi un anneau formé d’un voile mince rabattu comme une robe.Le chapeau, rouge au centre et jaune sur le pourtour, parsemé d’écailles fugaces et blanchâtres, est sillonné sur le rebord.Ses lamelles blanches, libres près du pied, ventrues au centre et effilées à chaque extrémité, rayonnent sous le chapeau», écrit le mycologue.tic x.o NAISSANCE D’UNE PASSION Au cours de l’une de ses promenades champêtres, le jeune Pomerleau aperçoit, à Forée d’un bois, un magnifique champignon.À son père qui l’initiait à l’identification des plantes, il demande le nom de ce drôle de spécimen sans feuilles, ni fruits.«NeB touche pas à ça, c’est le «pain du diable!» Mais un beau jour, il voit l’un de ses professeurs, un frère des b Écoles chrétiennes récemment arrivé B: de France, cueillir des champignons k dans une plate-bande de fleurs en- re graissée avec du fumier de cheval.Ils I en feront un festin mémorable dont se souviendra ce mycologue.Intéressé par la botanique, René Pomerleau s’inscrit à l’École d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Poca-tière.«Il fallait commencer par connaître les plantes, mais je voyais des 10 tgs ¦00 io: t ; 10' 8 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE * La rédaction de cette série d’articles a été réalisée dans le cadre du Programme de soutien aux activités de diffusion de la culture scientifique et technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science. S- « > .^ « \\ - ¦s- v ¦, vi.r »>„ V.; « SBH K 1 champignons dont je voulais aussi savoir le nom.Hélas! mes professeurs ne connaissaient absolument rien aux champignons charnus.Cependant, nous étudiions les fungi, champignons microscopiques qui causent des maladies aux plantes comme la rouille du blé, le mildiou de la pomme de terre ou l’ergot du seigle», raconte le chercheur.Déjà, il s’intéresse plus particulièrement aux champignons qui croissent sur les arbres; il choisit la phytopatho-logie forestière.Après avoir complété une maîtrise sur le sujet à la Faculté d’agriculture de l’Université McGill, il reçoit une bourse d’études du Secrétariat de la Province de Québec et s’embarque pour la France.À la Sorbonne, René Pomerleau s’initie à la cytologie des champignons dans le laboratoire de P.A.Dangeard, l’illustre mycologue qui a élucidé la sexualité des champignons supérieurs, les ascomycètes et basi-diomycètes.Auprès de ce maître, il acquiert des méthodes de recherche et l’esprit scientifique européen.Pour compléter sa formation de pathologiste forestier, il suit un cours à l’École nationale des Eaux et Forêts de Nancy, l’École française des ingénieurs forestiers.«Un jour, dans la forêt de Hay, dans les Vosges, notre professeur, M.Guinier, nous enseignait à reconnaître les maladies des arbres.C’est alors qu’il nous a dit: «Quand vous voyez un arbre qui semble dépérir, demandez-vous en premier lieu non pas quel parasite ou quel insecte est responsable de sa maladie, mais quelles sont les conditions qui l’entourent.» Ces premières notions d’écologie vont influencer son approche de la pathologie forestière.En 1930, la pathologie forestière est une science encore toute jeune.Au milieu du XIXe siècle, Anton de Bary, le père de la phytopathologie, avait démontré que certains champignons causaient des maladies chez les plantes.Se fondant sur les cycles vitaux des hôtes, il avait créé deux catégories de champignons : les parasites et les saprophytes.Reprenant ces notions quelques années plus tard, Robert Hartig, célèbre pathologiste forestier, les appliquera aux champignons des arbres qui causent plus de ravages que les insectes et les feux de forêts réunis.Au Québec, les premiers travaux de recherche ont été faits, au début des années 20, par un professeur de l’Université de Toronto, Joseph H.Faull qui y fit poursuivre par l’un de ses étudiants une recherche sur les caries des sapins.À cette époque, le fondateur du Service forestier du Québec et de l’École de génie forestier, G.C.Fiché, avait créé une pépi- prénom'- Kene Nom-Date et l»eU f0mefeau de naissance: le 27 avril 1904, k cornté ae » Lnt-Ferdinandf" Je Québec.de Uègantic' S» la rouille canada, la les caries ^coa^^remer au du peuple ¦ des Mycologues entrepn‘ de l’orme.premiers cetc ^ sa retrai ’ QUébec.i Pomerleau aJJJ.vernent en 1950^ ries champi&n Rene la rédaction de son |a Flore des < nière pour le reboisement, mais bientôt des affections graves s’étaient manifestées dans les semis.LA MALADIE HOLLANDAISE DE L’ORME AU QUÉBEC De retour au Québec, en 1930, René Pomerleau entreprend des recherches à la Pépinière provinciale de Ber-thierville où il établit un laboratoire des plus rudimentaires.Cette pépinière avait un sérieux problème: de 30 à 50% des semis étaient régulièrement détruits par la «fonte des semis», un champignon microscopique du sol.En appliquant des méthodes dites «écologiques», telles l’acidification du sol et la germination hâtive, René Pomerleau parvient à améliorer de façon considérable la production de la pépinière.Ce n’est que dans les années 50 que le problème sera résolu par l’utilisation de fongicides pour les semences et de techniques de stérilisation du sol.À cette époque, René Pomerleau entreprend un travail de pionnier en recueillant des données en vue de présenter un inventaire annuel des maladies des arbres du Québec.Presque aucune information n’avait été rapportée jusqu’à ce jour; la plupart des observations que le pathologiste forestier allait rapporter se trouvaient donc inédites.Mentionnons en particulier que l’analyse de plus de 20 000 arbres dans diverses régions du Québec a permis d’identifier les champignons responsables de la décomposition du bois, les caries des conifères, et de mettre au point des formules d’aménagement des forêts plus rationnelles.René Pomerleau a démontré que l’étendue des pertes causées par les caries variait de 5 à 50% selon l’âge des arbres, donnée importante qu’ignoraient les exploitants forestiers.Entre ses excursions en forêt à travers la province, il prépare sa thèse de doctorat sur le Gnomonia ulmea (un champignon qui attaque les feuilles de forme), sotls la direction du frère Marie-Victorin, qui lui servira de modèle dans sa carrière scientifique.«Cette thèse a été utile en Europe, surtout en France et en Depi CIC NPo j a»! T ùj ht: ùî; ! m tod n Un Irtj It b '«OK Eff Ki ait lit Jo OSCOfr miio ste mtiot mil abltt >n’8 It pro limé stlè sol.iitrlE initie st 4 itlilî c.Pitf at® plnpji Italie.J’ai rencontré des pathologistes forestiers qui ont étudié à la Sorbonne et à Turin et m’ont dit avoir découvert leur vocation en lisant ma thèse ! », raconte fièrement René Pomerleau.Décidément, l’orme l’aura rendu célèbre! En effet, en 1944, le phyto-pathologiste découvre le premier spécimen affecté par la maladie hollandaise de l’orme au Canada, un arbre centenaire planté devant le manoir de Saint-Ours, près de Sorel.«Tout le monde le savait sauf moi! J’avais cru reconnaître les symptômes de ce mal, mais j’ai expédié quelques rameaux au laboratoire américain chargé de ce diagnostic, au New Jersey, pour confirmer mon opinion», raconte le chercheur.Alarmé par ce premier cas d’infection au Canada, le laboratoire a cru bon de faire suivre la nouvelle par les voies hiérarchiques de l’administration américaine.C’est finalement à travers les branches qu’il entend dire qu’il avait identifié la maladie hollandaise de forme : deux mois plus tard, on lui communique ce résultat des États-Unis ! Depuis que la maladie européenne avait été signalée en Ohio, en 1930, René Pomerleau surveillait les moindres signes de faiblesse des ormes, afin de lutter contre cet envahisseur.Au Canada, l’importation du bois d’orme des pays européens avait été prohibée en 1928.Par contre, la maladie a pu échapper à la quarantaine; Pomerleau a isolé le Ceratosto-mella ulmi dans du bois servant à l’emballage trouvé à Sorel.Ses recherches sur les différents aspects de la maladie et les moyens de la combattre se poursuivirent jusqu’à sa retraite.LA MORT EN CIME Au début des années 40, une catastrophe s’est abattue sur les forêts de l’est du Canada, entraînant la mort de milliers de bouleaux qui ont continué de succomber à cette attaque jusqu’en 1956.«Le spectacle désolant que présentaient ces arbres au cimier desséché et, plus tard, la multitude de squelettes aux bras dressés I Centre de foresterie des Laurentides qui témoignaient du passage de ce fléau, attira l’attention de la population et des forestiers sur l’importance des maladies des arbres dans un pays comme le nôtre», écrit le pathologiste forestier.À l’encontre des entomologistes, des écologistes et de ses collègues, il formule l’hypothèse que les hivers sans neige seraient la cause de ce désastre, appelé la «mort en cime».Certains prétendaient qu’il s’agissait d’un virus, théorie qui n’a jamais été démontrée; d’autres croyaient qu’une augmentation de la moyenne des températures avait tué les myco-rhizes des bouleaux, ces champignons qui échangent des éléments nutritifs avec leur hôte.«Quand j’étais étudiant, j’ai travaillé avec M.Pomerleau un été.Il vérifiait alors l’hypothèse des mycorhizes.Je me souviens encore des bouleaux qu’il sortait des boîtes et qui sentaient le champignon à plein nez.Il me montrait les racines couvertes de ces champignons», raconte André Fortin.«J’ai vu les expériences dans les années 60, les protocoles expérimentaux où la neige était enlevée systématiquement.Les arbres mouraient.C’est tout le problème du dépérissement que l’on vit actuellement dans les érablières.À l’hiver 1980, on a eu trois semaines sans gel avec un sol gorgé d’eau.Pendant une nuit, le sol a gelé en profondeur.Les gens avaient entaillé leurs érables, dans la région de Plessisville, et tout le cambium était en sève dans l’arbre; quand la glace a pris, les racines ont été coupées.L’été suivant, il y eut une sécheresse qui a duré des premiers jours de juin jusqu’à la fin du mois d’août.Il ne faudra pas oublier que cette idée du dépérissement, causé par les hivers sans neige, était de Pomerleau.Je suis convaincu que l’idée va prendre une importance beaucoup plus grande et je ne suis pas sûr qu’on lui en attribuera la paternité», déclare André Fortin.Mais cette reconnaissance ne saurait tarder.«À tout bout de champ, on se réfère aux travaux de Pomerleau.Dans une prochaine conférence sur l’impact des précipitations acides, à Rochester, je vais me référer à ces travaux sur le dépérissement des bouleaux», dit Denis Lachance, pathologiste forestier au Centre de foresterie des Laurentides.«Ce n’est pas la seule contribution importante de M.Pomerleau qui va demeurer: la liste des noms français des maladies des arbres au Canada en est une autre», affirme Denis Lachance.Cette liste propose une nomenclature française où il fallait concilier, dans certains cas, les noms scientifiques répandus en France avec ceux utilisés depuis plusieurs années par les forestiers québécois.Des choix souvent difficiles, QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 11 Claude Moffet/CFL jmL* é**- ; ^t hn %1± > km ., • ¦:.#¥.*¦ ^w./Cf 1 I t/7 r/ par exemple lorsqu’il fallait adapter une version française de la nomenclature anglaise.«Vous savez, on a cité mes travaux à l’Académie des sciences.Il y avait un phytopathologiste qui discourait sur la maladie d’un pommier en utilisant son nom anglais.Le président de l’Académie, Roger Heim, s’est alors exclamé: Monsieur René Pomerleau a un nom français pour cette maladie.Allez voir ses travaux ! Vous trouverez la traduction en très bon français de tous les termes anglais», nous raconte fièrement le chercheur.Pour ses anciens collègues, René Pomerleau est un «homme de vision ».Selon Denis Lachance, le doyen des pathologistes forestiers était, un travailleur acharné et un scientifique rigoureux.Il se souvient de ses exigences: «Quand M.Pomerleau était ici, les pathologistes forestiers devaient sortir tout l’été dans le bois; il n’acceptait pas qu’on puisse travailler dans nos laboratoires!» Une exi- René Pomerleau ne manquait pas une occasion de ramener des champignons lors de ses expéditions en tant que pathologiste forestier.Il les a décrits A gauche: une Oronge américaine.Ce champignon fut nommé Amanita jacksoni par M.Pomerleau en l’honneur de H.A.C.Jackson qui fut le dessinateur de son premier guide.gence qui, pour René Pomerleau, a porté fruit.UNE RECOLTE FABULEUSE Forcé de prendre sa retraite en 1970, René Pomerleau délaisse ses recherches en foresterie pour se consacrer entièrement à sa grande passion : la mycologie.À 66 ans, c’est une deuxième vie qui commence.Enthousiaste et fort de ses 40 années d’expérience, il entreprend la rédaction de sa Flore des champignons au Québec.C’est dans les années 20, lors de son séjour en Europe, qu’il fait la rencontre d’amateurs de champignons sauvages.«Durant l’été 28, lors d’un séjour au Laboratoire champêtre, à Besse-en-Chandesse, dans le Massif central, le directeur de cette institution, le professeur Fernand Moreau, nous nommait tous les champignons récoltés lors des excursions.Ainsi, j’ai vu et apprécié un connaisseur de ce monde singulier qui donnait les traits distinctifs des champignons, leur classification scientifique et leurs propriétés gustatives ou nocives.C’était formidable ! De retour chez nous, j’ai voulu apprendre à les connaître», raconte le mycologue.René Pomerleau entreprend alors une correspondance soutenue avec des mycologues américains et devient, l’année de sa fondation, en 1932, membre delà Myco-logical Society of America, qui réunit les plus grands spécialistes.C’est à une réunion de la Myco-logical Society, à Hanover, au New Hampshire, qu’il fait la rencontre de H.A.C.Jackson, un artiste naturaliste montréalais dont on retrouvera les dessins dans le premier livre de Pomerleau.«Il avait exposé ses magnifiques aquarelles de champignons.J’étais tellement emballé de voir tous ces gens qui connaissaient si bien les cryptogames que, pendant la séance d’identification, j’ai eu l’audace de les inviter à Duchesnay, au Québec.» L’année suivante, quelque 60 mycologues américains et canadiens se retrouvent donc dans ce petit village du Québec, leur panier sous le bras.«On a récolté, pendant quatre jours, 1 000 espèces de champignons ! Ça ne s’était jamais vu auparavant aux États-Unis et au Canada, ni avant, ni après », se souvient le mycologue.Une récolte miraculeuse! «Il faut dire que j’ai profité d’un climat.Ici, à Québec, nous sommes au point de convergence des grands types forestiers ; la chênaie, qui s’étend vers le nord-est jusqu’à FÎle-aux-Grues, des variétés de l’érablière, de la forêt boréale et, dans le parc des Lauren-tides, des étendues de taïga et de toundra.» En 1945, Jacques Rousseau, alors directeur du Jardin botanique de Montréal, invite René Pomerleau à donner des cours sur les champignons charnus.N’y croyant guère, le mycologue est le premier surpris devant le nombre de personnes venues assister à ses leçons.Il faut dire qu’à cette époque, l’influence naturaliste du frère Marie-Victorin est encore vivace.C’est dans cette foulée que René Pomerleau fonde le premier cercle de mycologues, en 1950, à Montréal, et celui de Québec, l’année suivante.«J’ai connu M.Pomerleau au Cercle des mycologues à Québec, en fast Î æ Eli.\ "U pC I 12 JANVIER 1989 / QUÊÉEC SCIENCE Ml! 1954.On allait en excursion en autobus.Quand on revenait avec nos paniers de champignons, les gens se donnaient des coups de coude.Ils nous demandaient si on pouvait attraper des verrues en touchant aux champignons.Cette croyance a duré jusque dans les années 60», se souvient René Cauchon, mycologue au Centre de foresterie des Laurentides, qui déclare: «J’ai été mordu! C’est à ce moment-là que je me suis orienté vers une carrière scientifique en mycologie.» André Fortin, lui aussi, a connu René Pomerleau au Cercle des mycologues du Québec.À 14 ans, il accompagnait sa tante, une Française passionnée de champignons.«Il m’avait fasciné.Pour chaque chose, il y avait un nom : pour la texture, la couleur, l’odeur.Les champignons, pour moi, sont devenus des organismes extraordinaires ! Par la suite, je suis venu à la mycologie par une préoccupation, non pas économique, mais profonde au niveau des sentiments.M.Pomerleau m’a transmis cette approche philosophique», raconte André Fortin, un mycologue qui jouit aujourd’hui d’une réputation internationale.DES CHAMPIGNONS DANS NOTRE ASSIETTE La Flore des champignons au Québec.avec ses descriptions et ses illustrations de quelque 1 400 espèces, constitue, à elle seule, l’œuvre d’une vie.René Pomerleau a rédigé la Flore à l’âge de la retraite: elle est l’aboutissement de plusieurs années de travail.comme mycologue.René Pomerleau profitait de toutes les occasions et de toutes ses expéditions de pathologiste forestier pour rapporter des champignons.En tout, il a laissé 30 000 spécimens dans l’herbier du Centre de biologie forestière; quelques-uns de ces spécimens ont IglM* ®u ada.tu# «!que ^omtxiSl Cône en céramique Chambre de mélange réglable Duivens Pour la Corporation de développement de Tîle du Cap-Breton, cet équipement permettra la mise en valeur des ressources charbonnières de la Nouvelle-Écosse.Et au CNRC, on cherche des débouchés à cette nouvelle technologie sur les marchés internationaux et, en même temps, on étudie la possibilité de l’utiliser avec d’autres combustibles, telles les huiles brutes et résiduaires contenant du sable et d’autres impuretés.Félix Maltais 'KlIS Stc % f*!jt 16 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE LE SOMMET SUR LA TECHNOLOGIE «ire léet- sur te Si le Sommet québécois sur la technologie, tenu à Montréal à la mi-octobre, n’a pas accouché d’un ou de quelques «grands projets technologiques mobilisateurs», il aura fourni au gouvernement de nombreuses pistes pour la formulation d’une politique globale de développement technologique, en plus de permettre à des industriels de tous les milieux d’établir des contacts fructueux entre eux et avec les universitaires.C’est en ce sens que le ministre du Commerce extérieur et de la Technologie, Pierre MacDonald, s’est réjoui des résultats du Sommet, où les quelque 450 représentants des milieux industriels, universitaires et gouvernementaux ont dégagé certains consensus : - Concentrer les efforts de recherche scientifique dans certains domaines où le Québec excelle déjà, plutôt que de semer à tout vent.- Ajuster les mesures d’aide gouvernementale, tels les stimulants fiscaux, pour les rendre plus attrayants aux petites et moyennes entreprises.- Accroître le financement des universités, pour qu’elles améliorent la formation des étudiants ainsi que leurs efforts de recherche.Sur cette dernière question de la recherche universitaire, le prix Nobel John Polanyi a fait entendre un son de cloche différent.Le chercheur de l’Université de Toronto s’est en effet élevé contre une conception partagée par plusieurs industriels et politiciens, selon laquelle la recherche universitaire devient un maillon de la chaîne industrielle.«Si on avait jugé mes projets de recherche selon le critère de leurs applications pratiques, on les aurait tués dans l’œuf», a affirmé M.Polanyi.Le chercheur a aussi souligné qu’une restriction du financement de la recherche fondamentale risque d’entraîner le départ de nos plus brillants cerveaux.Dès l’ouverture du Sommet, le premier ministre, M.Robert Bourassa, a annoncé la création d’un fonds de trois cents millions de dollars, étalé sur cinq ans, pour le développement technologique.Ce fonds s’ajoute aux quelque 760 millions de dollars qui seront versés, sous forme de mesures fiscales, aux entreprises qui font de la recherche et développement.«Nos interventions seraient cependant plus efficaces si le Québec obtenait sa juste part des fonds alloués par le fédéral à la recherche et développement, a déclaré M.Bourassa.Ainsi, en 1986-1987, le Québec n’a obtenu que 15,4% de ces fonds, comparativement à 57,3% pour l’Ontario».À l’heure du libre-échange et de l’internationalisation des économies, nos industries doivent absolument — et rapidement — prendre ce fameux virage technologique.En rappelant à tous cette nécessité, et en permettant aux premiers intéressés, les industriels et les chercheurs, de se parler et de lui parler collectivement, le gouvernement québécois a atteint son premier objectif.La prochaine étape consistera à maintenir le momentum et à dégager, à travers toutes les recommandations formulées dans les quinze ateliers sectoriels du Sommet, les pistes les plus prometteuses pour l’avenir du Québec.Félix Maltais DES SUPERBARILS POUR LES BPC Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL) semble avoir résolu une fois pour toutes le problème de l’entreposage et du transport des matières dangereuses: elle a mis au point des barils «indestructibles».Ces superbarils sont constitués d’une couche d’un matériau antichoc prise en sandwich entre deux feuilles d’acier.Lors d’une démonstration, l’un d’eux a survécu à une chute de neuf mètres de haut et à une tentative d’écrasement par une lourde plaque d’acier, tandis qu’un baril ordinaire était complètement écrabouillé.Ce baril résiste aussi au feu et à la rouille.Son coût élevé est son seul défaut: 4 000$ à 5 000$ l’unité.À ce prix-là, EACL admet qu’elle n’en vendra pas beaucoup, à moins.qu’elle n’en baisse la qualité.Décidément, on n’en sortira jamais.CHERCHEURS DE DINOSAURES Les paléontologues canadiens et chinois continuent de faire d’intéressantes découvertes en territoire chinois.L’été dernier, ils ont trouvé au même endroit les squelettes de cinq petits dinosaures, décédés à l’âge approximatif de six mois, il y a 75 millions d’années.Ces petits étaient de l’espèce Ankylo-saure (ces dinosaures qui portent une sorte d’armure sur le dos).On pensait que les Ankylosaures vivaient en solitaires, mais cette découverte démontre plutôt qu’ils vivaient en groupe.L’an prochain, les paléontologues canadiens retourneront en Chine, où ils sont les seuls savants occidentaux à pouvoir faire des recherches sur les dinosaures.QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 17 LE SYNDROME DES BÂTIMENTS MALADES «Les politiques d’économie d’énergie se sont avérées des armes à double tranchant.Bien sûr, nous avons économisé de l’énergie, mais du même coup, il en est résulté une augmentation de produits toxiques dans l’air.» C’est ce qu’a affirmé l’architecte new-yorkais William McDonough, au colloque «L’air malade dans les bâtiments malsains», organisé à Québec, en septembre dernier, par la Confédération des syndicats nationaux (CSN).Le nombre croissant de personnes malades et l’apparition de nouvelles maladies reliées au problème de la qualité de l’air intérieur, le «syndrome des bâtiments malades» (SBM), présagent que cette question constituera le problème de santé au travail des années 90.Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 10 à 30% des édifices nouvellement construits ou rénovés dans le monde sont atteints du SMB.En appliquant ces estimations au Québec, l’ingénieur conseil Maurice Beaudet n’hésite pas à affirmer qu’à Montréal, 300 000 personnes souffriraient de malaises causés par une piètre qualité de l’air.Serait-ce la faute des fumeurs?Non, a répondu le professeur T.D.Sterling, de l’Université Simon Fraser (C.-B.).«Les enquêtes révèlent que la cigarette est responsable dans seulement 3% des cas.Les coupables sont plutôt la piètre qualité de la ventilation et l’emploi inconsidéré de certains matériaux.» D’autre part, un ingénieur de Travaux publics Canada, Ludvic Cyfracki, a affirmé que les mesures du Programme d’économie d’énergie avaient contraint bon nombre d’ingénieurs à oublier les règles de l’art de la ventilation.Quant aux matériaux, les architectes et les ingénieurs ne penseraient «qu’en termes de performance et de profit, sans tenir compte de leurs dangers potentiels lorsqu’ils sont utilisés dans des conditions moins idéales», affirme William McDonough.L’émission de produits toxiques, comme le formaldéhyde, l’amiante ou les solvants, est d’autant plus dangereuse que ces produits ont tendance à se concentrer du fait de la plus grande recirculation de l’air vicié.La mauvaise qualité de l’air coûte cher.Elle serait responsable d’une bonne partie des 150 millions de journées de travail manquées aux États-Unis en 1987 (une perte de 59 milliards de dollars), selon un représentant de l’ASHRAE (American Society of Heating, Refrigerating and Air Conditioning Engineers).Il n’est pas surprenant que, dès 1987, le Parlement européen ait condamné les politiques d’économie d’énergie comme de «fausses économies».Plus près de nous, à l’Hôpital Saint-François-d’Assise de Québec, une épidémie causée par des moisissures dans le système de ventilation a touché 200 personnes depuis 1980.La qualité de l’air dans les hôpitaux pose d’ailleurs des problèmes particuliers.«Les systèmes de ventilation devraient être pratiquement considérés comme de l’appareillage médical, et entretenus comme tels», a avancé le professeur Claude Molina, spécialiste français.Il n’est donc pas surprenant de voir la CSN enfourcher ce cheval de bataille.Afin d’améliorer la qualité de l’air dans les bâtiments, le président Gérald Larose a demandé, entre autres mesures, que le gouvernement hausse considérablement ses normes quant au débit d’entrée d’air neuf, pour le faire passer de 2,5 L par seconde par personne à 20 L par seconde.A lain Rajotte SUS AUX MÉNÉS! CL U -1 s Le professeur Pierre Magnan, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, a reçu une subvention du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche pour trouver des moyens efficaces, écologiques et peu coûteux de lutter contre les compétiteurs de l’Omble des fontaines (truite mouchetée).Certains poissons — surtout des ménés — ont été introduits par les pêcheurs qui s’en servaient comme appâts.Conséquemment, la population de truites mouchetées a diminué dramatiquement dans de nombreux lacs où, autrefois, ce poisson était roi et maître.Ainsi, une étude a révélé que dans 15 lacs de la réserve de Mastigouche, en Mauricie, la récolte de truites mouchetées avait baissé de 66%.De quoi justifier amplement la recherche du professeur Magnan.18 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE Planlules de cèdre blanc italr •.fj, aV'-j W, tS,(H M fi ie:; .M; :cf laisti IA FORET AU LABORATOIRE Notre forêt est en piètre état.Plusieurs années de coupes successives ont éliminé les meilleurs spécimens, laissant sur place des arbres génétiquement inférieurs, sensibles aux maladies, fragiles, et produisant un bois de mauvaise qualité.Or, ce sont ces arbres qui assurent la régénération naturelle de notre forêt.Ce pénible constat a été dressé par le chercheur albertain Trevor Thorpes, lors du colloque «La biotechnologie et les plantes, une révolution verte», tenu cet automne à l’Université McGill.Comme solution, le Dr Thorpes suggère d’améliorer nos conifères par les biotechnologies et la culture de cellules végétales.«Lorsqu’on transfère un bourgeon dans un bouillon nutritif, ses cellules se multiplient par milliers.En variant la nature chimique du milieu, en ajoutant une hormone par exemple, chaque cellule se transforme en embryon puis en plantule», explique le Dr Thorpes.Grâce au génie génétique, le bagage héréditaire des cellules peut être modifié avant leur transformation en embryons.Par microinjection ou par infection bactérienne contrôlée, de nouveaux gènes sont introduits dans les cellules, conférant de nouvelles caractéristiques aux arbres futurs: croissance plus rapide, meilleure résistance à la sécheresse, au gel, aux infections, aux insectes, et capacité de produire des fibres conformes aux besoins industriels.«Des milliers de plantules dérivées de cultures cellulaires croissent déjà dans les forêts de France, des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande.Au Canada, nos plantules sont encore au laboratoire», affirme le spécialiste de l’Université de Calgary.La compétition internationale ne permet plus au Canada d’attendre.«En utilisant une stratégie de micropropagation, nous pourrions produire en 7 ans des conifères aux propriétés désirées, contre 26 ans ou plus avec la reproduction sexuelle normale», estime le Dr Thorpes.La production industrielle de plants par micropropagation est trop onéreuse pour le moment, mais cette technique devrait, au rythme des nouvelles percées technologiques, devenir avantageuse.A/an McLean NOTRE DEUXIEME PLANTE NATIONALE nuin iir iwi ftt fci 11 mi>i Quelle est la deuxième plante agricole en importance au Canada?Le canola, une variété de colza utilisée dans l’industrie alimentaire (huile végétale) et dans l’alimentation du bétail.Avec un marché de un milliard de dollars par année, le canola se porte bien.En fait, pas si bien que ça puisque mauvaises herbes et champignons pathogènes causent des pertes variant entre 85 et 100 millions de dollars chaque année.Aussi, l’Université Laval, Agriculture Canada et la firme Allelix Agriculture ont-elles décidé d’unir leurs efforts pour trouver les moyens d’améliorer le canola.Comment?Par les voies nouvelles du génie génétique, c’est-à-dire en incorporant dans le canola des gènes qui permettront à cette plante de lutter naturellement contre les herbicides et les champignons.MI-BLE MI MAIS Depuis quelques an- ’^^^^nées, des animaux et des plantes étranges voient le jour dans les laboratoires de génétique: des chèvres-moutons, des tomates-pommes de terre, des lions-tigres.et puis, le dernier arrivé dans cette joyeuse bande, le blé-maïs.Des chercheurs de l’Université Laval ont réussi à croiser ces deux espèces, pourtant très différentes au point de vue génétique, à partir des fleurs de l’une et du pollen de l’autre.Curieusement, la plupart des espèces obtenues étaient, sur le plan botanique, des plants de blé.Elles ne possédaient en effet aucun des chromosomes du maïs.Toutes, sauf une.Et c’est surtout celle-là qui intéresse les généticiens de Laval: elle pourrait avoir une résistance accrue à certaines maladies ou un taux de croissance plus élevé que le blé pur.Et qui sait, ce blé aura peut-être un petit goût de maïs.QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 19 .•• Ariane Plourde / Agric.Canada U RESEAU HYDRO QUEBECOIS UN GEANT AUX PIEDS DARGILE?Le fonctionnement du réseau électrique est un véritable chef-d’œuvre technologique.qui peut hélas ! avoir des ratés.par Raynald PEPIN œne chiquenaude sur l’interrupteur.et la lumière s’allume, tout naturellement.Naturellement?En fait, pas vraiment.11 suffit d’une bonne panne pour nous en convaincre: adieu lumière, adieu ordinateur, adieu télévision.Vous êtes-vous imaginé ce qui arriverait si l’électricité n’existait pas?Nous ne prenons conscience de la complexité du transport et de la distribution de l’électricité que lorsque, parfois, un rouage se grippe dans la gigantesque machine.Tout le monde s’impatiente quelques heures, jusqu’à ce que la chaleur et la lumière magiques reviennent.Puis, nous oublions .jusqu’à la prochaine panne.Dans les coulisses, pourtant, il se passe des choses fascinantes.Comment fait-on pour répartir l’électricité?Pourquoi utiliser des très hautes tensions?Qu’est-ce qui provoque les pannes et comment fait-on pour les éviter ou les diminuer?Manquerons-nous d’électricité cet hiver?Si cette question se pose, alors pourquoi en exporter aux États-Unis?Le présent article se propose de faire un peu la lumière sur le réseau de transport d’Hydro-Québec.LES EFFETS D’UN BON SOUPER Vous commencez à vous préparer un bon petit souper et vous allumez les quatre feux de votre cuisinière en même temps, ce qui exige une puissance d’environ 5 000 W.Que va-t-il se passer?«Tout ce que nous pouvons faire, avance Clément Ouellet, responsable de la direction Conduite du réseau à Hydro-Québec, est d’observer que la cuisinière a été allumée et exige davantage d’électricité.Il nous faut réagir à cette demande et fournir plus d’électricité, sinon la tension dans les circuits baissera.» Cet exemple est un peu exagéré, bien entendu, les 5 000 W de votre cuisinière ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan des 29 000 MW que doit fournir Hydro-Québec lors des périodes de pointe.La réaction du réseau à une si faible demande est pratiquement imperceptible.Mais quand 100 000 personnes préparent leur repas en même temps, les effets sont plus marqués.20 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE m: // La loi oblige Hydro-Québec à fournir une tension alternative variant entre 108 et 132 V, la valeur idéale étant 120 V; en pratique, Hydro-Québec ne s’écarte pas de cette valeur de plus de 5%.Si la tension est trop forte, les ampoules à incandescence et les divers appareils électriques se détériorent plus vite et si la tension est trop faible, la lumière fournie par les ampoules jaunit, les écrans de télévision rapetissent.Pour éviter ces variations, une seule solution: équilibrer constamment l’offre et la demande.Si la demande d’électricité augmente sans que la production croisse en conséquence, non seulement la tension du réseau baissera, mais la fréquence du courant alternatif diminuera aussi légèrement.Par exemple, elle peut passer de 60 Hz à 59,98 Hz.«Quand cela se produit, explique Jacques Gauthier, ingénieur à la direction Conduite du réseau, les régulateurs fréquence-puissance disposés dans les différentes centrales corrigent la situation en commandant aux alternateurs de produire plus.Les vannes laissent alors passer davantage d’eau dans les turbines ; les alternateurs, connectés aux turbines, fournissent plus de puissance.» La production et la demande s’équilibrent ainsi.Hydro-Québec doit respecter des normes non seulement quant à la tension, mais aussi en ce qui concerne la fréquence.Les règles du North-East Power Coordinating Council (NPCC), organisme qui coordonne la distribution de l’électricité dans le nord-est de l’Amérique du Nord, exigent que la fréquence passe par 60 Hz au moins une fois à toutes les QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 21 10 secondes.Comme il est impossible d’éviter les fluctuations momentanées et que ces écarts peuvent s’additionner pour atteindre plusieurs cycles, Hydro-Québec corrige chaque jour l’écart accumulé en faisant tourner durant un certain laps de temps tous les alternateurs, soit un peu plus vite, soit un peu plus lentement.Le réseau fournit exactement 5 184 000 cycles pendant 24 heures, et les horloges électriques, dont l’exactitude dépend de la fréquence du courant, indiquent ainsi l’heure de façon précise.«Pour la régulation de la fréquence, Hydro-Québec est un modèle en Amérique du Nord, croit Clément Ouellet.Les autres réseaux sont beaucoup plus lents à réagir que le nôtre.» En effet, Hydro-Québec produit 97% de toute son électricité à partir de centrales hydroélectriques.Il est facile de contrôler les vannes pour faire passer plus ou moins d’eau dans les turbines d’une centrale hydroélectrique en équilibrant ainsi production et charge.Les autres réseaux, ne disposant pas de ressources hydrauliques importantes, utilisent au contraire surtout des centrales thermiques ou nucléaires.Chauffer davantage d’eau pour augmenter la production nécessite toujours un certain délai.Mais les centrales hydroélectriques n’ont pas que des avantages, comme nous le verrons plus loin.DE LA CENTRALE À LA MAISON Le courant produit par les gigantesques alternateurs des centrales électriques en sort avec une tension de 13,5 kV.Des transformateurs portent cette tension à 345 kV, puis à 735 kV, avant le transport du courant vers les centres de consommation.Hydro-Québec a été l’une des premières compagnies d’électricité au monde à utiliser des tensions aussi élevées.Non pas par plaisir d’être en avance sur le plan technologique, mais bien parce que les particularités de son réseau l’y obligeaient.En effet, les centrales hydroélectriques sont généralement fort éloi- gnées des centres de consommation, ce qui impose l’utilisation de très longues lignes de transport, atteignant, par exemple, 1 000 km entre la baie James et Montréal et 1 400 km entre Churchill Falls et Montréal.Plus la ligne électrique est longue, plus sa résistance électrique est élevée, ce qui augmente les pertes par dégagement de chaleur.Il existe une seule solution à ce problème: augmenter la tension.En effet, une hausse de tension permet de réduire le courant et donc les pertes d’énergie.tout en minimisant leurs pertes.La proximité des centres de consommation et de production permet aussi d’augmenter le nombre de lignes de transport (cela est difficile au Québec, une seule ligne baie James-Montréal coûtant plus de 1 milliard de dollars).Quand il y a beaucoup de lignes, quand le réseau électrique est bien «maillé», les probabilités de défaillance grave diminuent et il est plus facile de remédier à la perte temporaire d’une ligne.Au Québec, il n’y a que cinq grandes lignes venant ni ) g ut )a si 10 01 Wwrjr-iàî «*tk ?«3 AH! CES MESURES Pour mieux vous y retrouver, voici la signification des symboles et des préfixes utilisés dans cet article.Les unités de mesure du Système international (SI): A: ampère (unité de base pour le courant électrique) Hz : hertz (fréquence dont la période est de une seconde) s: seconde (unité de base pour le temps) V : volt (tension ou potentiel électrique) kV : kilovolt (un kilovolt équivaut à 1 000 volts) W : watt (unité de puissance qui produit un joule par seconde) MW : mégawatt (un mégawatt équivaut à 1 000 000 watts) -ii -iï Ni* ':s : .3 i; :::: ii: 7:' Le réseau hydroélectrique du Québec a été l'un des premiers au monde à utiliser des tensions aussi élevées que 735 kV.L'éloignement des centrales hydroélectriques des centres de consommation impose l’utilisation de ces lignes à très hautes tensions.Comme la plupart des autres réseaux électriques américains ou canadiens génèrent leur électricité à partir de centrales thermiques ou nucléaires situées près des centres de consommation, leurs lignes de transport sont plus courtes.Il leur est alors possible d’utiliser des tensions plus faibles que celles retenues au Québec, de la baie James (complexe La Grande) et cinq venant de la Côte-Nord (Churchill Falls et Manicoua-gan).Les pannes générales sont donc plus fréquentes chez nous que dans les réseaux voisins, simplement à cause de l’étendue du réseau de transport.Les lignes de transport à 735 kV convoient du courant triphasé.En règle générale, elles sont formées de trois faisceaux de quatre fils, chaque faisceau correspondant à une phase.Le courant alternatif transporté par chacun des faisceaux est déphasé d’un tiers de cycle (1/180 s) par rapport aux deux autres.La somme des trois L» •?iijii I ' iii ; L I ' I ^ i I |4S0 |4t B G I I ! ¦'nÎ; 1 22 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE Qu«b«c n V .• ___ ^.^11 Hiv.ère Mbimq NUmc S l*ui*quip«m* Outardtfi Dut.wdrrt 3 !jjrT\N \ X\ • •.\ Chibou^amau SaoMnay i -J lautcrtti [ Jacqlm-CaniBf .biintiay ' ) .••/ N,col«l \T>acy sjjN 2 L • • V.-m'oO Centrale de 500 MW et plus en construction Ligne à ± 450 kV à courant continu Future ligne à ± 450 kV à courant continu Poste à 735 kV Futur poste à 735 kV Centrale de 500 MW et plus Ligne à 765 kV Ligne à 735 kV [X] Interconnexion fûlll I Au Québec, le réseau hydroélectrique possède cinq grandes lignes provenant de la baie James et cinq autres originant de la Côte-Nord.L’étendue du réseau de transport rend celui-ci plus vulnérable aux bris.et aux pannes.tid qui- # 'H ialts) courants est nulle en tout temps, ce qui évite la pose d’autres fils pour le retour du courant et diminue ainsi les coûts de la ligne.Les faisceaux sont suspendus aux pylônes par des isolateurs, pour éviter que le courant ne passe des fils aux pylônes, puis à la terre, et soit perdu.; *¦ LES ÉLECTRONS EN FONT À LEUR TÊTE Les lignes de transport à courant alternatif (CA) sont le siège de phénomènes qui paraissent un peu étranges de prime abord.«En période de faible demande et sans postes de transformation répartis le long de la ligne, souligne Jacques Gauthier, la tension serait plus élevée à Montréal qu’à la baie James ! » En effet, les fils et le sol forment l’équivalent d’un gigantesque condensateur.De plus, le fait que les fils courent parallèlement les uns à côté des autres constitue une importante inductance, comme les spires d’une énorme bobine.Les lignes sont donc le théâ- tre d’effets capacitifs et inductifs : la tension n’est pas nécessairement en phase avec le courant.Plus la ligne est longue, plus ces effets prennent de l’importance.La tension et la puissance fournies par la ligne dépendent de la combinaison de tous ces facteurs.«Quand la charge (la demande d’électricité) est faible, poursuit Jacques Gauthier, le courant l’est aussi, la tension inductive (qui dépend du courant) ne compense plus la tension capacitive et il en résulte une augmentation de tension due à l’effet capacitif.» Comme on peut le constater, la gestion d’un réseau électrique n’est pas d’une simplicité enfantine.La régularisation de la tension est effectuée par les postes de transformation disposés le long des lignes, au moyen d’équipements comme des transformateurs, des compensateurs et des condensateurs ou des inductances énormes.Ces équipements de correction, souvent très coûteux, ne sont requis que sur les lignes à 735 kV, pour les- quelles les distances et les courants très élevés amplifient les effets capacitifs ou inductifs.Sur les lignes à courant continu (CC), il n’y a aucun effet de ce type parce que le courant est constant.Ces lignes ne nécessitent pas de postes de transformation.Toutefois, l’établissement de postes convertisseurs CA-CC et CC-CA à chaque bout rend une ligne à courant continu plus coûteuse qu’une ligne à courant alternatif.Comment la puissance est-elle répartie entre les différentes régions du Québec?«On ne peut pas contrôler le flux des électrons dans un fil comme celui de l’eau dans un tuyau, prévient Jacques Gauthier.Le réseau électrique est constitué d’une multitude de fils interconnectés; les électrons se répartissent selon la charge.L’architecture du réseau est planifiée de façon à ce qu’il n’y ait pas de surcharges de lignes ou de transformateurs.» La limite thermique des lignes de la baie James, par exemple, est telle qu’elles peuvent porter 6 000 A sous une tension de 735 kV.Au-delà de cette limite, la ligne surchauffe, les fils s’allongent et peuvent même toucher le sol! En pratique, des problèmes de stabilité apparaissent si le courant dépasse 2 000 A ; on le limite donc à ce chiffre dans des conditions d’exploitation normales.Il faut s’assurer que, même si une ligne est mise hors circuit, les autres puissent prendre la relève temporairement, sans causer une panne générale.L’HEURE DE POINTE, PAS SEULEMENT SUR LES AUTOROUTES! La capacité de production d’Hydro-Québec est rarement utilisée au maximum.Des travaux d’entretien font que certaines lignes, certains alternateurs ou transformateurs sont retirés du réseau durant des durées variables.Mais l’hiver, il y a des moments où la consommation d’électricité atteint des sommets élevés.Il pourrait arriver qu’elle dépasse les capacités de production! Tous les jours, à 17 h 30, c’est la pointe.La majorité des travailleurs viennent de rentrer chez eux : ils allu- QUÊBEC SCIENCE / JANVIER 1989 23 ment les lumières, prennent une douche, font cuire leur repas en regardant la télévision.Le chauffage, réduit durant la journée, est sollicité au maximum.Pendant ce temps, les installations de la grande industrie (aciéries, alumineries, usines de pâtes et papiers, etc.), qui consomment beaucoup d’électricité, continuent à fonctionner 24 heures sur 24, car c’est la seule façon de rentabiliser les immobilisations coûteuses.Bref, on consomme abondamment: la demande a ainsi atteint 27 000 MW, le 14 janvier dernier.Hydro-Québec est alors au bout de ses énergies.Contrairement au début des années 80, où des prévisions erronées avaient conduit à l’établissement d’une capacité de production d’électricité nettement supérieure à la demande, les prévisions ont cette fois sous-estimé la croissance économique récente et la demande d’électricité.L’an prochain, la centrale de pointe Manie 5 PA, qui «s’abreuve» au même réservoir que Manie 5, fournira 1 500 MW supplémentaires au moment de la pointe (cette centrale ne servira que 500 à 600 heures par année).Le problème sera réglé pour l’hiver 1990.Mais qu’arrivera-t-il cet hiver-ci?La situation pourrait être critique, à moins que la température ne soit particulièrement clémente.Pour empirer les choses, le taux de remplissage de certains réservoirs (baie James, Manicouagan, Churchill Falls) n’était que de 60 % de sa valeur habituelle cet automne, à cause d’une pluviosité plus faible cette année (en Abitibi et en Mauricie, Fhydraulicité est plus forte que la normale).Comme la hauteur de chute diminue, la puissance fournie par les alternateurs devient légèrement plus faible.Selon Jacques Gauthier, elle est plus basse d’environ 100 MW sur l’ensemble du réseau, soit moins de 1 % de la puissance totale.Cet écart ne cause-aucun problème en temps normal, mais il pourrait entrer en ligne de compte lors de la pointe.Voilà un des inconvénients de l’hydroélectricité auquel on ne pense pas habituellement: elle dépend de la pluie.«Si la situation se prolongeait, prédit Clément Ouellet, % de i» demande Apports naturels et demande énergétique et des apports annuels 22-]- Apports hydr iuliques naturels Dem unde énerg étique 0 Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Comme l’illustre ce shéma, les quantités d’eau sont à leur maximum au printemps et à l’automne, à cause de la fonte des neiges et des pluies, alors que la demande est au plus fort en hiver.Comme l’électricité ne peut être stockée, Hydro-Québec doit établir l’équilibre entre l’offre et la demande.Pour ce faire, la Société emmagasine l’eau en amont d’une centrale et augmente la production des turbines lorsque la demande s’accroît.Si celle-ci est très forte, on fait appel temporairement à un réseau voisin.nous pourrions avoir des problèmes l’an prochain.» Hydro-Québec a différents tours dans son sac pour passer au travers des périodes de pointe.Au moment crucial, elle demande aux gros consommateurs qui le peuvent de chauffer leurs chaudières à l’huile plutôt qu’à l’électricité, en les subventionnant (par une baisse de tarifs subséquente) pour compenser les coûts supérieurs encourus.Bien entendu, durant les périodes de pointe, les centrales thermique (celle de Tracy: 600 MW) et nucléaire (Gentilly 2: 685 MW) et les turbines à gaz (La Citière: 200 MW et Cadillac: 162 MW) fonctionnent pleinement, malgré leurs coûts de production plus élevés.Hydro-Québec peut aussi acheter de l’électricité aux producteurs autonomes, comme Alcan, MacLaren et quelques grandes entreprises.Cet hiver, la société d’État envisage aussi de baisser la tension de 5% lors de la période de pointe, dans les secteurs où il y a de grosses charges et où la tension est bonne.La charge totale du réseau pourrait ainsi être diminuée de 300 MW.Si la tension est réduite de 5%, la puissance fournie à un abonné résidentiel diminuera de 10%, et il faudra alors à celui-ci 10% plus de temps pour faire chauffer l’eau de son thé, par exemple.Hydro-Québec achète également des réseaux voisins, d’abord au Canada (Ontario, Nouveau-Bruns wide) puis aux États-Unis.La société d’État pourrait importer jusqu’à 890 MW de puissance de pointe, si la chose était nécessaire, cet hiver.«Nous vendons de l’énergie excédentaire durant toute l’année, précise Clément Ouellet, mais nous pouvons aussi acheter de la puissance lors des périodes de pointe.Il y a beaucoup d’entraide entre les réseaux.Quand on prévoit de très grands froids, les responsables des réseaux se communiquent leurs capacités de produc tion, les prévisions, le déroulement anticipé de leur pointe respective.On mentionne que ça nous prend 150 MW 24 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE - W h™ de telle heure à telle heure et on les achète au réseau qui peut nous les fournir au meilleur prix possible.» Ces achats coûtent toujours nettement plus cher que l’électricité produite au Québec, parce que la production d’électricité à partir des centrales thermiques ou nucléaires des voisins est plus coûteuse et aussi parce qu’il faut y ajouter le coût du transport (pertes, usure des équipements, immobilisations).Mais ce qui compte, c’est de passer la pointe.«On a toujours trouvé un compromis où tous les réseaux étaient bien servis, poursuit Clément Ouellet.Par exemple, si la pointe se produit en Ontario une demi-heure après la nôtre, à cause du soleil et des habitudes de vie différentes, Hydro-Ontario nous fournira de l’électricité durant notre pointe et nous leur retournerons l’équivalent durant leur pointe.» C’est la grande fraternité de l’électricité.«En pareil cas, nous gardons toujours une réserve, remarque Clément Ouellet, mais parfois ce n’est pas suffisant.Il faut comprendre qu’il est facile de se tromper de 500 MW dans les prévisions, sachant par exemple que chaque degré Celsius de moins à l’extérieur correspond à une puissance de 300 MW requise en supplément.Quel météorologue peut prédire avec certitude la température à deux degrés près tous les jours?» L’existence d’une pointe aussi marquée constitue un inconvénient majeur: elle peut obliger la compagnie d’électricité à construire des centrales qui ne servent qu’à cette occasion, ce qui en affecte notablement la rentabilité.C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet (encore à l’étude) d’Hydro-Québec de double facturation.En diminuant les tarifs de l’électricité consommée hors pointe (ou en augmentant ceux de l’électricité durant la pointe?), on espère inciter les Québécois à limiter leur consommation pendant les heures cruciales.LE COURANT NE PASSE PLUS Le fonctionnement du réseau électrique, comme toute technologie complexe, est sujet à des ratés.La qualité du service peut être affectée par des interruptions rendues nécessaires par des travaux ou de l’entretien (cause la plus fréquente), par la défaillance d’équipements ou par des causes naturelles, comme la foudre, le ion s :oim: Jîiai: cilK Bofe socitti «if inte,s hi® # ptecis )|1Ï0* oisif «CO»! (]#i iis.lf| #1 Iflüflj i4; ¦m Le cerveau qui commande l’opération du réseau d'Hydro-Québec se trouve au Complexe Desjardins, à Montréal.Le Centre de conduite du réseau (CCR) gère l’ensemble des charges et des équipements de production du Québec.Sa mission est d’équilibrer en tout temps production et charge, tandis que la distribution de l’électricité est effectuée par les centres d’exploitation régionaux.Le Centre de conduite contrôle l’immense réseau que l’on voit schématisé sur le grand mur.O ¦O X verglas, les oiseaux, les feux de forêt.Ces derniers cas peuvent provoquer des courts-circuits: le courant s’établit entre deux endroits portés à des tensions différentes.Dans le cas d’une ligne de transport, ce peut être entre une phase et une autre, ou entre une phase et un pylône (il y a alors mise à la terre, car le pylône est conducteur d’électricité).Les feux de forêt, par exemple, ionisent l’air qui devient conducteur: une décharge électrique peut alors se produire plus facilement.La foudre va aussi créer une surtension, provoquer des courts-circuits et amener la mise à la terre momentanée d’une phase.Sur les pylônes des lignes à haute tension, on retrouve deux «fils de garde», reliés au sol à chaque pylône, qui ont pour rôle d’intercepter le plus possible les éclairs et de limiter les dégâts.Quand il se produit un court-circuit (un «défaut», dans le jargon du métier), le courant dans la ligne s’élève considérablement.Pour éviter d’endommager les équipements, un disjoncteur coupe automatiquement le courant dans la partie en cause.La décharge électrique, source du mal, s’éteint alors en quelques cycles (1 cycle équivaut à 1/60 s) et le réenclenchement de l’équipement se fait ensuite automatiquement.Généralement, la cause du court-circuit est alors disparue, tout revient à la normale et les clients d’Hydro-Québec sont peu touchés.Mais, parfois, le problème est plus sérieux: le système de protection se redéclenche et le courant ne peut être rétabli automatiquement.Il faut inspecter la ligne, repérer la défectuosité, ce qui n’est pas toujours une mince affaire, surtout en pleine forêt.«Heureusement, explique Clément Ouellet, nous pouvons déterminer, presque au pylône près, à quel endroit le problème s’est produit.» Le réseau d’Hydro-Québec est conçu de façon à ce qu’il puisse résister à la perte d’une ligne 735 kV sans s’effondrer.La puissance transite alors par les autres lignes disponibles.S’il le faut, des automatismes commandent des délestages et des rejets de production: il s’agit de QUÉBEC SCIENCE / JANVIER 1989 25 xf W A J i ' *tl*t*tr LA GRANDE NOIRCEUR Le 18 avril dernier, à 20 h 08, des courts-circuits causés par de la glace fondante autour des isolateurs ont successivement mis hors tension deux barres conductrices au poste Arnaud, près de Sept-fles.Selon Jacques Gauthier, les deux barres ont court-circuité presque en même temps, hasard qui se produit très, très rarement.Les mécanismes de protection ont donc ouvert les trois lignes venant de Churchill Falls qui passent au poste Arnaud, ce qui constitue une «contingence extrême».Le réseau n’a pas été planifié pour faire face à une telle situation.Tout n’était pas perdu, car les automatismes auraient pu délester des charges (l’équivalent de la production de Churchill Falls) pour réduire la demande et assurer la stabilité du réseau.Ces automatismes n’ont pas fonctionné à cause d’une défectuosité dans les communications entre les équipements du Centre de conduite du réseau.Deux secondes plus tard, par suite d’une tension nulle, des tronçons de lignes de la baie James lâchaient à leur tour, et trois transformateurs de La Grande 4 étaient endommagés par des courts-circuits.Le reste du réseau s’effondrait en une quinzaine de secondes.Il a fallu plus de six heures pour compléter la remise en charge du réseau, compliquée par des bris d’équipements et des problèmes à la centrale de Beauharnois.Le lendemain matin, d’autres courts-circuits, encore au poste Arnaud et toujours à cause de la glace, provoquent de nouveau la séparation de Churchill Falls.Une fois réparé, l’automatisme de délestage retranche des charges de 3 200 MW de façon cyclique dans tout le Québec, durant plus de quatre heures; les réseaux voisins fournissent plus de 2 000 MW et la panne générale est cette fois évitée.Bilan : la panne a entraîné des coûts dépassant 16 millions de dollars (achats d’électricité, pertes de revenus et frais de réparation).Au poste La Vérendrye, au nord de Mont-Laurier, 128 thyristors (appareils qui servent à redresser, à changer la fréquence) ont brûlé sur deux compensateurs statiques; le nombre de thyristors en réserve n’était pas suffisant pour les réparations et il a fallu trois mois pour en obtenir.Une panne qu’on n’a pas oubliée.rejeter, en les débranchant du réseau, des circuits de distribution et des alternateurs (toujours l’équilibre) pour ne pas surcharger et déstabiliser le réseau.«Ces interruptions sont effectuées par les Centres d’exploitation régionaux, rapporte Clément Ouellet.Ces derniers choisissent les charges non prioritaires, les installations où l’impact social et économique est le plus faible, comme certaines chaudières industrielles et le secteur résidentiel.Les délestages se font de façon précise : une rangée de maisons, où vit une personne sous dialyse, sera épargnée alors que l’on coupera le courant dans une rangée de maisons voisines.» De tels délestages pourraient se produire cet hiver si Hydro-Québec manque d’énergie lors de la pointe.Quand plus d’une ligne est mise hors tension et qu’en plus, les automatismes ne fonctionnent pas, le réseau est déstabilisé et il peut en résulter une panne générale, comme celle qui a plongé le Québec dans la noirceur, le 18 avril dernier (voir l’encadré: «La grande noirceur»).Ces sombres événements ne se produisent plus très fréquemment.«Durant la décennie 70, souligne André Mercier, vice-président à la planification des équipements chez Hydro-Québec, il se produisait près d’une panne générale par année.Après 1978, il y en a eu une en 1982, puis une autre en avril 1988.Cette amélioration est due à la mise en service du complexe La Grande.Avant, notre réseau n’était formé que d’un seul axe, celui constitué par les lignes allant vers la Côte-Nord.Le réseau était beaucoup plus facilement perturbé.Maintenant, le second axe peut supporter le premier.» «Depuis 10 ans, précise Clément Ouellet, nous avons aussi ajouté beaucoup d’équipements de stabilisation: des réactances, des compensateurs et des automatismes.» Il ne nous reste plus qu’à espérer que toute cette quincaillerie fonctionne bien ! Si l’on en croit les statistiques, la prochaine panne majeure ne devrait pas survenir avant cinq ans.Mais, comme pour la loterie, on peut aussi bien gagner la semaine prochaine que dans 5 ou 100 ans ! ?26 JANVIER 1989 / QUÉBEC SCIENCE SPÉCIAL CAHIER UNIVERSITES Comme vous.Claude Valois est copropriétaire du plus grand réseau financier au Québec avec 1400 entreprises et plus de 28 000 employés.Comme vous, Claude Valois est membre d'une caisse Desjardins.' oSv/' Des gens en mouvement @ Desjardins v,> ' ' • V.' - "S'A I mmrnm Champ d’études Activité physique (sciences de I') Administration (sciences de I') Administration scolaire Aménagement du territoire et développement régional Analyse des politiques Anglais Anthropologie Archéologie classique Architecture Arts et traditions populaires Biochimie (sciences) Biologie Biologie cellulaire et moléculaire (médecine) Biologie végétale Chimie Communication publique Développement rural intégré Didactique Droit Economie rurale Économique Espagnol Etudes anciennes Français 1 m W Champ d’études Champ d’études Français, langue seconde m Pharmacie d’hôpital Génie chimique m j Philosophie ¦ Li Génie civil ¦ ?Physiologie (endocrinologie) ¦ ?Génie électrique m m Physique ¦ a Génie mécanique m u Psychologie m a Génie rural m Psychopédagogie ?« s Géographie m s Relations industrielles ¦ Géologie ¦ H Relations internationales m Histoire ¦ a Santé au travail ?Histoire de l’art ¦ Science politique ¦ m Informatique ¦ Sciences de l’orientation m m Linguistique ¦ m Sciences du bois ¦ a Mathématiques m m Sciences et technologie des aliments ¦ a Médecine expérimentale ¦ ?Sciences forestières a a Mesure et évaluation ¦ a Sciences géodésiques a m Microbiologie ¦ ¦ Sciences humaines de la religion a Microbiologie-immunologie (médecine) ¦ a Sciences infirmières a Mines et métallurgie ¦ ¦ Service social B B Muséologie ¦ Sociologie B B Musique Sols Neurobiologie Technologie de l’enseignement Nutrition Terminologie et traduction Pédagogie universitaire des sciences de la santé Théologie Zootechnie Pharmacie Certiticat ou diplôme, 2e cycle 11 Maîtrise ¦ Doctorat : COUPON-REPONSE Veuillez me faire parvenir ?Des renseignements sur le programme de: ?maîtrise en__________ ?doctorat en__________ ?Des renseignements sur les sujets suivants .UN1YI H LAVA ?Des renseignements sur les programmes d’aide financière ?Un formulaire de demande d’admission Nom_____________________________________________________ Adresse.Code postal.Retournera: École des gradués Pavillon Jean-Charles-Bonenfant Université Laval, Québec G1K7P4 Téléphone: (418) 656-2464 Université de Montréal L’Université de Montréal compte la plus importante faculté d’études supérieures au Canada.Elle décerne environ 200 doctorats et 1 500 maîtrises chaque année.La Faculté des études supérieures vous propose ses programmes de maîtrise et de doctorat dans le domaine des: sciences sciences sciences fondamentales et appliquées humaines et sociales de la santé ¦ aéronautique ¦ administration (H.E.C.) ¦ administration des (Polytechnique) conjoint 6 spécialisations services de santé avec McGill et Concordia Ph.D.conjoint avec U.Q.A.M., ¦ anatomie ¦ aménagement McGill et Concordia ¦ biochimie 3 spécialisations ¦ anthropologie ¦ biologie moléculaire ¦ administration (H.E.C.) ¦ communication ¦ biopathologie cellulaire 6 spécialisations Ph.D.conjoint avec ¦ éducation physique Ph.D.conjoint avec U.Q.A.M., U.Q.A.M.et Concordia ¦ génie biomédical conjoint McGill et Concordia ¦ criminologie avec Polytechnique ¦ bibliothéconomie et ¦ démographie ¦ médecine dentaire sciences de l’information ¦ droit 4 spécialisations ¦ chimie ¦ éducation 10 spécialisations ¦ médecine du travail et de ¦ démographie ¦ études anciennes et l'environnement ¦ éducation 10 spécialisations modernes ¦ médecine vétérinaire ¦ génie (Polytechnique) ¦ études allemandes 5 spécialisations 14 spécialisations ¦ études anglaises ¦ microbiologie et ¦ génie biomédical ¦ études françaises immunologie conjoint avec Polytechnique ¦ études hispaniques ¦ nutrition ¦ géographie ¦ histoire ¦ optométrie ¦ géologie ¦ histoire de l'art ¦ orthophonie-audiologie ¦ informatique et ¦ linguistique et philologie ¦ pharmacie 5 spécialisations recherche opérationnelle ¦ littérature comparée et ¦ pharmacologie ¦ mathématiques et générale ¦ physiologie statistique ¦ muséologie conjoint avec ¦ psychologie ¦ mathématiques de l'Ü.Q.A.M.¦ réadaptation l’ingénieur ¦ musique 4 spécialisations ¦ santé communautaire conjoint avec Polytechnique ¦ philosophie ¦ sciences biomédicales ¦ physique ¦ psycho-éducation ¦ sciences infirmières ¦ psychologie ¦ relations industrielles ¦ sciences neurologiques ¦ sciences biologiques ¦ science politique ¦ virologie conjoint avec ¦ sciences économiques ¦ sciences humaines appliquées ¦ urbanisme ¦ sciences économiques ¦ sciences humaines appliquées ¦ sciences médiévales ¦ service social ¦ sociologie ¦ théologie ¦ traduction ¦ urbanisme l’Institut Armand Frappier Certains programmes Dates limites pour déposer Université de Montréal: n'ont pas de doctorat, une demande d’admission à 1er lévrier 1989: d’autres offrent plusieurs un programme de 2e ou de 3e École Polytechnique et spécialisations à la maîtrise, au doctorat, d’autres encore présentent des diplômes spécialisés ou professionnels.Pour toute information: 343-6426.cycle.École des Hautes Études commerciales 1er avril 1989: À la fine pointe de la recherche universitaire: une maîtrise ou un doctorat à le choix de l’excellence À l’Université de Sherbrooke, la recherche connaît, depuis une décennie, une croissance spectaculaire et les perspectives de développement y sont des plus intéressantes.En 1988-1989, les dépenses de recherche atteindront 25 500 000$; elles représentent 20% du budget de fonctionnement de l’Université, ce qui place Sherbrooke au deuxième rang des universités québécoises sous ce rapport.Le développement récent des centres et des équipes de recherche; la réputation du corps professoral et la qualité des installations; la taille moyenne de l’établissement — 15 000 étudiants de toutes les régions du Québec et d’ailleurs; le caractère moderne mais champêtre du campus, qui favorise le travail et l'étude; la proximité des grands centres urbains de Montréal et de Québec; voilà autant de raisons qui font de Sherbrooke l’université à choisir pour entreprendre une carrière en recherche scientifique.UNIVERSITE DE SHERBROOKE Administration Maîtrise en administration Éducation Maîtrise en sciences de l’éducation Éducation physique et sportive Kinanthropologie Lettres et sciences humaines Maîtrise: économique, géographie, gérontologie, histoire, philosophie Maîtrise et doctorat: études françaises, littérature canadienne comparée Médecine Maîtrise et doctorat: biochimie, biologie cellulaire, microbiologie, pharmacologie, radiobiologie, sciences cliniques Sciences Maîtrise et doctorat: biologie, chimie, mathématiques, physique Sciences appliquées Maîtrise et doctorat: génie chimique, génie civil, génie électrique, génie mécanique Théologie Maîtrise: sciences humaines des religions, théologie Pour obtenir des renseignements sur l’un ou l'autre programme de maîtrise de recherche ou de doctorat offert à l'Université de Sherbrooke, communiquer avec la faculté concernée à l'adresse suivante: Université de Sherbrooke 2500, boulevard de l’Université Sherbrooke (Québec) J1K2R'l Ecole des Hautes Études Commerciales Affiliée à l'Université de Montréal Pour élargir ses horizons: les programmes d'études supérieures 2e cycle Maîtrise ès sciences de la gestion (M.Sc.) 48 crédits Un programme de formation poussée ainsi qu'une initiation à la recherche appliquée dans un domaine de l'administration.Date limite d'admission pour le trimestre d'automne 1989 15 mars 1989 Maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) 63 crédits Un programme complet en gestion, axé sur la prise de décision, à laquelle s'ajoute une Ie' avril 1989 spécialisation dans un domaine de la gestion.Diplôme en sciences administratives (D.S.A.) 30 crédits Une formation générale de base en gestion, de courte durée, pour combiner la gestion à 1" avril 1989 une formation première dans une autre discipline.Programmes spécialisés de 2e cycle 30 crédits Une formation en gestion liée à un secteur d'activité ou à une problématique spécifique.1er avril 1989 •Gestion de projets d'ingénierie et d'aménagement •Gestion d'entreprises pétrolières •Gestion d'organismes culturels 3e cycle Doctorat en administration (Ph.D.) 90 crédits La formation ultime du chercheur, du professeur ou du spécialiste en gestion.15 mars 1989 (Programme conjoint H.E.C./Concordia/McGill/UQAM) L'École des Hautes Études Commerciales Un nom réputé internationalement, synonyme d'excellence dans les domaines de l’enseignement et de la recherche en gestion.Première école de gestion de niveau universitaire à ouvrir ses portes au Canada en 1910, l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal constitue, depuis, un lieu de convergence des idées et de l'action, à l'écoute de l'entreprise.Pour obtenir plus d'information: École des Hautes Études Commerciales 5255, avenue Decelles Montréal (Québec) H3T1V6 (514) 340-6151 L'esprit d'entreprise Voulez-vous le savoir ?AUTOMNE 1989 : PROGRAMMES D'ÉTUDES AVANCÉES Dates limites de présentation des demandes d'admission l8'février Doctorat ' Psychologie, Ph.D., D.Ps.(extensionné à l'UQTR) Maîtrise * Sexologie, M.A.15 février Doctorat * Éducation, Ph.D.(en association avec l'UQAC, l'UQAH, l'UQAR, l'UQAT et l'UQTR) l" mars Doctorats Communication, Ph.D.(conjointement avec l'Université de Montréal et l'Université Concordia) * Philosophie, Ph.D.(extensionné de l'UQTR) Maîtrises * Communication, M.A.Éducation, M.A., M.Éd.* Muséologie, M.A.(conjointement avec l'Université de Montréal) Philosophie, M.A.1*' avril Doctorats Sciences de l'environnement, Ph.D.Sociologie, Ph.D.Maîtrises ' Administration des affaires, M.B.A.(profil avec mémoire) * Arts plastiques, M.A.* Enseignement au primaire, M.Éd.* Études des arts, M.A.Sociologie, M.A.V* mai Doctorats * Administration, Ph.D.(en collaboration avec les HÉC, l'Université Concordia et l'Université McGill) Histoire, Ph.D.Linguistique, Ph.D.Mathématiques (concentration en mathématiques combinatoires), Ph.D.Ressources minérales, Ph.D.(programme de l'UQAC avec la participation et la collaboration de l'UQAM) Sciences des religions, Ph.D.(conjointement avec l'Université Concordia) Science politique, Ph.D.Sémiologie, Ph.D.Maîtrises Analyse et gestion urbaines, M.A.(conjointement avec l'ÉNAP et l'INRS) Art dramatique, M.A.Biologie, M.Sc.Chimie, M.Sc.* Droit social et du travail, LL.M.Économique, M.Sc.Études littéraires, M.A.Géographie, M.Sc.* Gestion de projet, M.Sc.(conjointement avec l'UQAC, l'UQTR, l'UQAH, l'UQAT et l'UQAR) Histoire, M.A.* Informatique de gestion, M.Sc.A.Kinanthropologie : approfondissement des connaissances; recherche, M.Sc.Linguistique, M.A.Mathématiques, M.Sc.Sciences de la terre, M.Sc.Sciences de l'atmosphère, M.Sc.Sciences de l'environnement, M.Sc.Science politique, M.A.Sciences religieuses, M.A.Diplômes de deuxième cycle Études américaines contemporaines (conjointement avec l'UQTR) Intégration de la recherche à la pratique éducative * Météorologie l” juin Maîtrise * Sciences comptables, M.Sc.I" août Diplôme de deuxième cycle * Études interdisciplinaires sur la mort ‘ Programme contingenté Renseignements : Registrariat Service aux clientèles universitaires 870, boul.de Maisonneuve Est Local T-3600 C.P.8888, succursale A Montréal (Québec) H3C 3P8 Tél.: (514) 282-3121 Université du Québec à Montréal UQAM Le savoir universitaire, une valeur sûre! Photo N.Breton Maîtrises gestion de projet gestion petites et moyennes organisations études littéraires arts plastiques linguistique sciences de la terre (géologie du Précambrien) ressources et systèmes (ingénierie) éducation ressources renouvelables études régionales médecine expérimentale (volet génétique) théologie éthique et déontologie professionnelle Doctorats éducation ressources minérales théologie (études pastorales) Université du Québec à Chicoutimi 555, boulevard de l'Université Chicoutimi, Québec, G7H2B1 (418) 545-5011 Université du Québec à Chicoutimi sppw ma/M ¦4am.* ¦ vFtüwæ ;4 •.>*•» .•V J.iV iÿt+vr .-Xf?' ; a?¦ .:¦>- ¦"•»¦ > -i ¦ •C •- » v- ;• •, ¦ - k-:~ 'Xt'v '-v WtÊm ¦
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