Québec science, 1 janvier 1989, Mars
S BOITES N< MOINS FIDÈLES S TRAGÉDIES AÉRIENNES M «J LLUTION OMESTIQUE CHASSE RADON x 4 tel NOUVELLE iNTISTERIE 1ADE STATISTIQUE !ENDA MILNER LES ABÎMES i LA MÉMOIRE L’ UNIVERSITÉ DU QUÉBEi n)OIS-RIV!Ef!ES Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l'Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements : six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois Rivières (UQTR), l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH).l’Université du Québec en Abitibi Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé université (TELUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 78000 étudiants, plus de 1 800 professeurs réguliers et 3000 employés non enseignants.L’Université du Québec offre 370 programmes d’études de 1er cycle, 117 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une commu nauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 34 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec LE RESEAU DE L’ EXCELLENC urne 27, numéro 7 SOMMAIRE Mars 1989 * 31 ARTICLES Les secrets bien gardés des boîtes noires Témoins des tragédies aériennes, les boîtes noires permettent souvent d’en dévoiler les mystères.Par Ivan Lamontagne La nouvelle dentisterie Les techniques et les matériaux se multiplient et se raffinent davantage en médecine dentaire.Par Claude Forand Pollution domestique • Imprévisible radon ! .L’air de la maison La chasse au radon et la ventilation : des moyens de préserver la qualité de l’air des maisons.Par Gilles Parent Page 26 Page 20 38 Salade statistique Des données statistiques sur le Canada d’aujourd’hui présentées de façon.très digestible.Par Élaine Hémond 12 Des stages en France Des jeunes Québécois découvrent, outre-mer, d’autres facettes de la communication scientifique.Par Élaine Hémond 3UÊBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction aisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1989, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère ® Copyright 1989 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC CHRONIQUES 8 LES PIONNIERS Brenda Milner: dans les abîmes de la mémoire Par Claire Chabot 15 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Tous les chemins mènent aux oncogènes Un deuxième code génétique ?Vers la voiture électrique La maison au «solaire passif)) E.T.phones Canada Art et nouveaux matériaux Alerte dans les porcheries Pour des mines moins polluées De l’amiante dans les poumons 45 LA DIMENSION CACHÉE Du pain et des toasts Par Raynald Pepin 46 MICROMÉGA La comptabilité personnelle sur micro-ordinateur Par Jean Lalonde 5 ENTRE LES LIGNES 6 COURRIER 48 EN VRAC 49 LU POUR VOUS Sans danger immédiat ?Soleils éclatés 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE / MARS 1989 3 LA s :(® UNE RESSOURCE A VALORISER À l'origine, le Soleil et la photosynthèse, l'oxygène, le carbone et l'hydrogène.Le résultat, la biomasse.Néologisme créé par les écologistes, le concept de biomasse englobe toute matière vivante qu'elle soit végétale ou animale.Du plancton au poisson, du champignon à l'arbre, de la graine au pommier, la biomasse occupe pleinement la biosphère.L'abondance et la nature même de la biomasse lui confèrent une valeur économique indéniable.Au Québec seulement, la forêt, l'agriculture et la pêche fournissent un emploi, directement ou indirectement, à plus de 300 000 personnes et génèrent des milliards de dollars en revenus.Toutefois, dans l'ensemble nous ne mettons en valeur qu'une faible partie du potentiel économique de la biomasse.Par exemple, il y a quelques années, Rexfor estimait que seulement de 40% à 50% de la biomasse forestière était utilisée.Chaque année, environ 9 millions de tonnes de résidus forestiers seraient disponibles pour une transformation en produits.La tourbe constitue un autre exemple d'une biomasse qui pourrait rapporter beaucoup plus qu'elle ne le fait déjà.Elle est largement employée dans le domaine horticole, mais ses intéressantes propriétés d'adsorption, la capacité à retenir des particules, pourraient en faire un excellent filtre des émissions polluantes de nos usines.Dans cette optique, le Centre québécois de valorisation de la biomasse (CQVB) a reçu le mandat de promouvoir la recherche et le développement (R-D), en vue d'utiliser la biomasse comme matière première pour la production de biens commerciaux par le biais d'un développement technologique.Cette corporation, qui a commencé ses opérations en 1986, relève du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Science, Monsieur Claude Ryan.Le CQVB est avant tout un organisme qui identifie les besoins industriels en R-D et repère les équipes de recherche en mesure d'y répondre.Il agit comme un promoteur en favorisant la concertation entre les milieux de la recherche gouvernementaux, universitaires et industriels.Des recherches sont en cours pour mettre en valeur les diverses biomasses.La biomasse forestière comprend les différentes essences de bois qui sont transformées en papier ou en matériaux de construction, mais aussi les résidus de coupe comme les branches, les écorces ou les souches.Elle constitue la plus importante biomasse au Québec.Par exemple, les rési- dus de l’exploitation forestière pourraient entrer dans la production de produits chimiques ou cosmétiques ou servir d'agents de charge capables d'accroître la résistance des matériaux composites.La biomasse agricole inclut toutes les cultures et productions, des champignons aux fruits et légumes en passant par les fleurs et les fines herbes sans oublier les plantes fourragères et les céréales, de même que le lait et le bétail.Fertilisants, inoculants, éthanol, colorants et additifs naturels ne sont que quelques-uns des produits de mise en valeur de cette biomasse.Les océans, les lacs et les cours d'eau sont la source de l'importante biomasse aquatique.On y retrouve bien sûr les poissons et crustacés, mais aussi les végétaux et le plancton.L'aquiculture, l'extraction de saveur, la production d’aliments fermentés pour animaux sont quelques éléments qui pourraient augmenter le potentiel économique de ce secteur.Tous les déchets que nous produisons comptent aussi comme biomasse.Les boues des usines d'épuration pourraient servir d'engrais.La production de méthane est aussi possible.Enfin, la tourbe constitue une forme particulière de biomasse.Elle est composée de résidus organiques qui proviennent de la décomposition incomplète de plantes.Outre ses qualités absorbantes, la tourbe pourrait, entre autres, entrer dans la fabrication d'un compost, ou servir à la production de protéines d'organismes unicellulaires pouvant entrer dans l'alimentation animale.Le CQVB finance les projets de recherche les plus prometteurs qui lui sont proposés par ses partenaires industriels, universitaires ou gouvernementaux.En 1987-1988, 3 millions de dollars ont ainsi été consacrés à la R-D dans la valorisation de la biomasse.u {fi h II siM h CENTRE QUÉBÉCOIS DE VALORISATION DE LA BIOMASSE 3180, chemin Sainte-Foy Sainte-Foy G1X1R4 Tél.: (418)657-3853 I ( PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 —Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieur: (418) 831-0009 I Plat:| qi|e I MU.enl !• :ion j esui leiil DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.liée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Gilles Provost, Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Réalisation graphique Line Nadeau Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49,00$ Groupe: (1 an/11 nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40, rue de la Prairie 91146 Villebon/Yvette Cedex France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery G1T2R1 ?ia maison sur la couverture de notre numéro de février n’est certes pas un modèle à imiter pour ventiler votre domicile.mais, plutôt, une vision fantaisiste de la situation imaginée par les deux concepteurs habituels de la page couverture de Québec Science.Ces deux créateurs, le graphiste Richard Hodgson et le photographe Alain Vézina (notre photo), ne manquent ni d’imagination, ni d’humour! Les menaces à la qualité de l’air de nos domiciles ne se limitent pas à celles décrites le mois dernier.S’y ajoute, entre autres, un nouvel ennemi qui, tout naturel soit-il, n’en est pas moins pernicieux puisque radioactif: le radon.Inutile de s’alarmer, pour l’instant du moins.Mais il est essentiel de se tenir informé sur la question et de recourir aux bons moyens pour le détecter.Un article exclusif de Gilles Parent à lire absolument.Les autres articles sont plus légers.L’un d’entre eux traite de la reconstitution des catastrophes aériennes grâce aux données enregistrées par les «.boîtes noires)) placées dans chaque aéronef.Si, pour vous comme pour moi, le fonctionnement de ces témoins a toujours été un peu mystérieux, l’article d’Ivan Lamontagne, un jeune reporter qui ne laisse rien au hasard, vous intéressera sûrement.Après le radon dans l’air et le plomb dans l’aile, un peu de plomb dans vos dents.à 450 000 tours à la minute! C’est à cette vitesse que tourne désormais la fraise du dentiste, soit des milliers de fois plus vite qu’il y a 20 ans.La dentisterie est en train de connaître une mini-révolution technologique.Claude Forand a fait le tour des spécialistes pour faire le point sur la question.Il nous décrit ces nouvelles techniques indéniablement plus efficaces, esthétiques et.sans douleur.Mais il reste encore à convaincre les quelque 40% de la population qui, sauf urgence, ne vont jamais chez le dentiste ! Légère également est la sauce avec laquelle Élaine Hémond a apprêté la salade statistique qu’elle nous sert dans ce numéro.Elle a trouvé ainsi une manière fort originale de rendre digestibles les données plutôt sèches des dernières statistiques disponibles sur le Canada et ses habitants.Elaine Hémond nous offre également un petit dessert rafraîchissant en relatant l’expérience passionnante vécue en France par deux groupes de jeunes lors d’un stage en communication et en muséologie scientifiques.Enfin, retour aux boîtes noires.Cette fois, il s’agit d’une vraie: la mémoire — phénomène mystérieux s’il en est — dont la mécanique complexe échappe encore à la science actuelle.Claire Chabot présente l’une des pionnières les plus chevronnées de la recherche québécoise en ce domaine, Brenda Milner, une femme étonnante et admirable qui a transformé la neuropsychologie en une science expérimentale.0^- f QUÉBEC SCIENCE / MARS 1989 5 I COURRIER i LE SLOWPOKE DÉRANGE Je me permets de vous faire une brève remarque concernant l’article paru dans la chronique «Actualité», du numéro de décembre dernier et intitulé: «Le Slowpoke contesté à Sherbrooke».On associe les autorités de l’Université de Sherbrooke et ses dirigeants à ce projet.C’est plutôt un projet du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) qui est un établissement autonome.Il s’agit donc de l’Hôpital et non de l’Université.Aidée Cabana, recteur Université de Sherbrooke Depuis plusieurs années, je suis une lectrice assidue de votre revue.Vous ajoutez à ma fierté de Québécoise.J’aimerais bien que vous publiiez un jour un article sur les réacteurs nucléaires.En attendant, je me demande si beaucoup de gens sont au courant du projet d’implantation du Slowpoke à Sherbrooke?Quant à moi, à la lumière de mes connaissances sur le sujet, je suis contre ce projet, d’autant plus qu’on peut très bien se procurer des isotopes autrement.Liliane Coderre, Sherbrooke Votre magazine, qui est des plus intéressants, m’a rendu furieux lorsque j’y ai lu que des scientifiques veulent installer un Slowpoke, une véritable bombe, à l’hôpital de Sherbrooke.Oui, une bombe nucléaire — tout aussi dangereuse que celle de Tchernobyl, de Three Mile Island et de combien d’autres de par le monde.Si on traduisait le terme Slowpoke en français, peut-être que tous les Québécois comprendraient et se réveilleraient.Ils comprendraient que ce Slowpoke veut dire bombe à retardement.Mais à quoi pensent donc nos scientifiques pour en arriver ainsi à vouloir nous imposer ces engins de malheur?Ils ont probablement dépassé les limites de l’intelligence et sont sans doute rendus près de la folie ?Quand vont-ils arrêter de vouloir se détruire et nous détruire?Émile Paradis, Saint-Mathieu-de-Beloeil LES SCIENTIFIQUES QUÉBÉCOIS Bravo à Québec Science et à Claire Chabot pour l’article sur Thérèse Gouin Décarie! Je suis toujours très heureux lorsqu’on reconnaît le talent scientifique québécois.Nos universités regorgent de gens talentueux qui se distinguent, entre au- tres, lors des congrès internationaux annuels et il me semble que l’on se doit, en tant que société qui cherche constamment à s’affirmer, de reconnaître l’effort de ces gens qui, plus souvent qu’à leur tour, travaillent dans l’ombre.Tentons donc de les reconnaître un peu plus, de découvrir leur cheminement et, surtout, offrons-les en exemple à tous ces jeunes qui songent à entreprendre une carrière scientifique.Compte tenu des budgets ridicules qui leur sont alloués, nos chercheurs se défendent très bien, tant au niveau national qu’au niveau international.Hélas ! alors que nous devrions tous en être fiers, il arrive trop souvent que nous ne soupçonnions même pas leur existence.J’encourage donc très fortement Québec Science à présenter des profils ou des entrevues avec nos chercheurs québécois.Mais, de grâce, n’attendons pas qu’ils gagnent un prix Nobel ou un prix Léon-Gérin avant de les applaudir ! Guy Déragon Montréal LE PROGRAMME SHAD VALLEY J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre reportage sur le programme Shad Valley.Ce programme d’été pour les jeunes « talentueux », offert pour la première fois dans un milieu francophone, a été très apprécié des participants et du personnel.Nous répéterons certes l’expérience, car elle s’est avérée extrêmement positive.Aidée Cabana, recteur Université de Sherbrooke RICKETTSIES ET SCLÉROSE EN PLAQUES Qu’en est-il des résultats des recherches du Dr Morrisset sur les rickettsies, résultats que celui-ci devait livrer lors du congrès des microbiologistes canadiens, à Vancouver?Léo Gagné Sainte-Foy Québec Science a fait état, dans le numéro de novembre 1988, des travaux amorcés plus tôt dans l’année par le Dr Richard Morrisset, chef du Département de microbiologie et des maladies infectieuses de l’Hôtel-Dieu de Montréal, sur le lien possible entre la présence de rickettsies dans l'organisme et la sclérose en plaques.Cette étude — la première du genre — consistait en l’analyse des sérums san- guins de 53 personnes atteintes et d’un groupe témoin de 51 personnes saines.\ Les rickettsies ont été dosées selon deux méthodes: celle dite micro-agglutination de Giroux, que quelques centaines de Québécois ont utilisée l’an dernier, et une méthode plus moderne, recommandée par l’Organisation mondiale de la santé: l’immunofluorescence indirecte.Les résultats ont permis de démon- n trer, d’une part, que la micro-agglutina- :t tion de Giroux ne permet pas d’obtenir des résultats fiables, et que, d’autre part, g les dosages effectués par immunofluorescence indirecte montraient une cer- | laine relation entre la sclérose en plaques jr et un dosage élevé de rickettsies dans le t sang.Alors que les sérums dosés selon p la première méthode affichaient autant | de diagnostics positifs dans les deux b groupes, le dosage par immunofuores- j.o cence indirecte indiquait la présence | d’anticorps des rickettsies chez deux fois plus de malades que de personnes saines.• Ces résultats sont encourageants h pour les milliers de personnes qui espèrent voir se confirmer l’hypothèse défen- k -due depuis 30 ans par le médecin français : Paul Le Gac, selon laquelle une sorte de bactérie, les rickettsies, serait à l’origine de la maladie associée jusqu'ici à une cause neurologique.Mais le Dr Morrisset estime que s l’échantillonnage retenu pour cette pre- ¦ mière expérience est trop faible pour k établir scientifiquement ce lien.C’est k.pourquoi, grâce à une nouvelle subven- | tion de la Fondation Pierre Saintonge, il , entreprendra cette année un deuxième f programme de dosage des rickettsies s dans le sang, avec un groupe plus consis- # tant : environ 300 personnes atteintes de sclérose en plaques et un groupe témoin k moitié moins nombreux.Ce n’est que si les résultats de cette [ï deuxième étude confirment ceux de la première que les milliers de personnes \\ touchées sauront si elles ont raison ou |> non d’espérer.Marc Ledoux, journaliste Une publicité dans QUÉBEC SCIENCE rejoint près de 100 000 lecteurs Contactez Mme Marie PRINCE (418) 657-3551 poste 2842 6 MARS 1989 / QUÉBEC SCIENCE Calgary 1988.Le centre de dépistage du dopage de l’INRS-Santé a joué un rôle crucial dans toutes les compétitions.Il a soumis à ses contrôles 425 athlètes, dont tous les médaillés.Il est l’un des trois laboratoires accrédités par le Comité international olympique.C’est grâce à ses recherches poussées en pharmacologie, sur le métabolisme des médicaments, que l’INRS-Santé a mis au point des techniques de dépistage des substances dopantes, reconnues et utilisées dans le monde entier.La santé et la sécurité de nos jeunes sportifs seront ainsi mieux protégées.«&&» If - * * * * * "a A l’INRS-Santé, une recherche de pointe pour le mieux-être de la société: Renseignements: ?Santé et sécurité dans les sports Tél.: Québec (418) 654-2500 ?Applications biomédicales de peptides Montréal (514) 630-8800 ?Toxicologie de l’environnement ?Étude de la maladie d’Alzheimer L’INRS-Santé offre un programme de maîtrise en pharmacologie.LINRS LE SCEAU DE QUALITÉ EN RECHERCHE ORIENTÉE Université du Québec Institut national de la recherche scientifique LES PIONNIERS par Claire CHABOT * Dans l’univers de la science, il subsiste encore quelques «boîtes noires», des énigmes qui, lorsqu’on croit en avoir enfin compris les mécanismes, témoignent du gouffre profond de notre ignorance.La mémoire est l’un de ces phénomènes mystérieux dont la mécanique complexe nous échappe.Cette faculté du cerveau, si précieuse pour la pensée humaine, a captivé l’esprit scientifique de Brenda Milner, neuropsychologue.8 MARS 1989 / QUÉBEC SCIENCE BRENDA MILNER: dans les abîmes de la mémoire Fondatrice et actuelle directrice du Département de psychologie de l’Institut neurologique de Montréal, Brenda Milner a transformé la neuropsychologie en une science expérimentale.Ses études sur les patientes et les patients de l’Institut, opérés pour des problèmes graves d’épilepsie, ont aidé à fournir des diagnostics plus précis, mais ont aussi grandement contribué à accroître les connaissances sur le fonctionnement du cerveau.Par ses travaux, Mme Milner a réussi à cerner le rôle de l’hippocampe dans le processus de mémorisation et à démontrer l’importance du lobe temporal droit au niveau des perceptions visuelles et auditives.Ces dernières années, la neuropsychologue a élucidé les fonctions d’organisation temporelle des lobes frontaux, l’une des régions du cerveau les plus difficiles à mettre en relation avec le comportement humain.À 70 ans, et à la veille de fêter ses 50 ans de carrière, Brenda Milner est parmi les chercheurs canadiens les plus susceptibles de recevoir le prix Nobel.Assise, toute menue, sur sa petite chaise de bois, Mme Milner parle de ses recherches comme s’il s’agissait d’un roman policier.Elle s’anime et son discours, sérieux, est parfois entrecoupé de petits rires de jeune fille.Mais sa grande curiosité pour l’être humain n’a plus rien d’enfantin; c’est un esprit cartésien qui porte son regard sur la vie.«Ce qu’il y a d’extraordinaire chez elle, c’est cette curiosité si particulière», raconte son collègue Michael Petrides, professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université McGill.«Son intérêt suprême dans la vie est de recueillir des données de ses malades et de les examiner, passionnément, quelques fois jusqu’aux petites heures du matin.Et quand surgissent des données vraiment intéressantes, elle devient tout excitée, comme un enfant avec un nouveau jouet.» EN ROUTE VERS LA RECHERCHE La vie de Brenda Milner, née Langford, n’a rien d’un labyrinthe.Elle s’est tracé une voie, bien droite, vers un but: l’excellence.Déterminée, elle n’a pas eu peur du risque.A 18 ans, à l’encontre des désirs de sa mère qui la destinait à l’étude des langues, elle choisit d’étudier les sciences à l’université la plus réputée à cette époque : l’Université de Cambridge.Malgré la forte concurrence, elle est la seule à n’avoir pas formulé de demande d’admission ailleurs, pas même à Oxford.Trois ans plus tard, c’est comme première de classe qu’elle obtient le B.A.anglais en psychologie expérimentale.« Mais c’est parce que j’avais un but, explique Mme Milner.Je voulais faire de la recherche et il fallait pour cela que je reçoive une bourse.J’y ai mis toute mon énergie.» Elle semble vouloir convaincre que sa réussite ne dépend pas de son intelligence supérieure.Son raisonnement de spécialiste ne la quitte donc jamais : elle connaît bien le rôle nr tn * La rédaction de cette série d’articles a été réalisée dans le cadre du Programme de soutien aux activités de diffusion de la culture scientifique et technique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science. »•« V ' «J * i* 0 é'iW v.
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