Québec science, 1 janvier 1989, Avril
3.25$ Volume 27, numéro 8 Avril 1 989 J ES MINES S LACS l'XIQUE: >PTIQUE A UN TOIT SITES GUIDÉES: XPOSITION ÉLECTRIQUE 1 Ir de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec >0.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1.nmm iv; •'«: mM ' a • « «“•'S Mil • 3 V ¦¦¦ SANS NOUS.i' ¦ H : si L’Institut National d’Optique a une vision éclairée de l’avenir.Une vision qui passe par le laser, la fibre optique, l’holographie, l’optoélectronique.Une vision moderne que nous mettons au service des entreprises québécoises et canadiennes.Avec nous, plus de sombres perspectives.Rien que la lumière.INSTirUT NATIONAL D'OPTIQUE NATIONAL OPTICS INSTITUTE lume 27, numéro 8 SOMMAIRE Avril 1989 20 tl 34 I 40 ; 48 ARTICLES Une collection grandeur nature Forillon, Mingan et de ta Mauricie: des parcs naturels à fréquenter, à connaître et.à sauvegarder.Par Élaine Hémond Visites guidées L’exposition « Électrique » : toute une aventure! Une invitation à découvrir l’électricité à Québec et les sciences naturelles à Montréal.Par Yvon Larose Un nouvel élan pour les mines La robotisation et le contrôle d'équipement à distance contribuent à la relance de l’exploitation minière.Par Raymond Lemieux Les Grands Lacs: un vaste réservoir toxique La décontamination des Grands Lacs se poursuit depuis 20 ans, mais la pollution est loin d’être sous contrôle.Par Alain Borgognon L’optique a un toit Le laser est au cœur des recherches et des nombreux projets du nouvel Institut national d’optique.Par Anne-Louise Champagne Page 34 Page 20 Page 48 i i sanl< euQx.omi t :1 H/tv : ;[ B» !: QUÉBEC SCIENCE.magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Télex : 051-31623 Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1989.1SSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère ® Copyright 1989 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Page 52 CHRONIQUES 6 M1CROMÉGA Le SE/30: un rapprochement entre IBM et Mac Par Jean Lalonde 8 LES PIONNIERS Lionel Boulet: un courant d’énergie innovatrice Par Claire Chabot 15 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Des BPC dans le lait maternel Béton et bitume Des bioessais contre la pollution Télédétection et interprétation Nouvelles brèves 55 LA DIMENSION CACHÉE L’agonie des ampoules Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 56 EN VRAC 57 LU POUR VOUS Histoire mondiale des sciences Le guide Eurêka des innovations, brevets, découvertes de l’année 58 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO Spécial environnement QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 3 UNIVERSITÉ UQ UQAH ENAP UQAT ETS UQAR IAF UQAM INRS TELUQ UQTR UQAC au service Université du Québec QUÉBEC SCIEMCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 — Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieur: (418) 831-0009 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand, Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Gilles Provost, Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Fov, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: «ABC» CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49.00$ Groupe: (1 an/Il nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40.rue de la Prairie 91146 Villebon/Yvette Cedex France Pour abonnement ou changement d’adresse FT ri 1930, le Parlement du Canada adoptait une loi créant les parcs Fr nationaux afin de «sauvegarder à jamais les endroits qui constituent d’importants exemples du patrimoine naturel canadien (.) et de le léguer intact aux générations à venir».Beau programme, alors que l’on ne parle que de pluies acides, de détérioration de la couche d’ozone, des bélugas en péril, du fleuve poubelle et des déchets toxiques ! Mieux que tout plaidoyer, la description que fait Élaine Hémond de ces «joyaux» de la couronne que sont les parcs de Forillon, de Mingan et de la Mauricie, nous démontre toute l’importance de consacrer un maximum d’efforts à la conservation de la nature.Au sous-sol de cette nature, l’or est à la hausse et les moyens de repérer et d’en extraire métaux et minéraux se sont améliorés considérablement.Robotique et informatique sont à l’ordre du jour, rapporte Raymond Lemieux, et le sous-sol québécois est encore plein de promesses.Finie «l’ère de l’autruche» en matière d’environnement : il faut désormais faire face à des réalités désenchanteresses comme celle des Grands Lacs intoxiqués par 60 000 produits chimiques différents.Alain Borgognon, qui a dressé le sombre bilan de la situation présenté à la télévision de Radio-Canada, fait bénéficier les lecteurs de Québec Science de la version écrite de son dossier: les écrits restent.Côté recherche, le Québec vient de faire un pas en avant avec le démarrage de l’Institut national d’optique.« Cette discipline, que l’on disait pourtant vieille il y a une trentaine d’années, s’est considérablement rajeunie avec l’arrivée du laser et est maintenant considérée comme une voie de recherche à privilégier», relate Anne-Louise Champagne qui fait le point sur ce jeune Institut où l’on travaille en collaboration étroite avec l’entreprise privée.Claire Chabot brosse le portrait d’un pionnier y particulièrement important, certainement pour le Québec, mais aussi pour Québec Science (dont il a été l’un des cofondateurs et l’un des promoteurs indéfec- HB tibles): Lionel Boulet.Quel homme «électrique»! "*3F | «Électrique», premier thème de nature scienti-ftque et technique présenté par le Musée de la civili- [HBujigQ sation.Premier sujet abordé par Yvon Larose (notre f : photo) pour inaugurer une série d'articles intitulée BljÉij»!-'' « Visites guidées» et portant sur les expositions scien- |S| tifiques et techniques organisées dans les musées québécois.Dans la rubrique «Actualité», il faut signaler l’ajout d’une colonne de nouvelles brèves rédigées par le journaliste scientifique chevronné Gilles Drouin, afin de mieux rendre compte des activités et des réalisations dans le domaine de la science et de la technologie au Québec.QUÉBEC SCIEMCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551—Abonnements: poste 2854 Rédaction: SCIENCE-IMPACT: (418) 831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieur: (418) 831-0009 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION La coordination rédactionnelle de QUÉBEC SCIENCE est effectuée par Les communications SCIENCE-IMPACT C.S.I.Itée Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Claude Forand.Michel Groulx, Fabien Gruhier, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Claude Marcil, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Gilles Provost, Jean-Guy Rens, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Alain Vézina Séparation de couleurs et photogravure Gravel Photograveur Inc.Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Fov, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Membre de: CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/11 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 49.00$ Groupe: (1 an/Il nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/11 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE, B.P.40.rue de la Prairie 91146 Villebon/Yvette Cedex France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery GIT 2R1 QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 5 MICROMÉGA par Jean LALONDE Toujours plus près, telle semble être la devise d’Apple et d’IBM depuis quelques saisons.La tendance a été donnée en 1987, avec le lancement du Mac II, le premier Macintosh «ouvert» et interconnectable avec le monde IBM, grâce à ses fentes d’expansion et à un lecteur optionnel de disquettes MS-DOS.La même année, IBM effectuait aussi un rapprochement en présentant son système d’exploitation OS / 2 et, surtout, son «Presentation Manager» qui donnera un «look» Macintosh aux nouveaux IBM de la série PS/2.D’une part, Apple se rapproche du marché des affaires avec son ouverture sur IBM.D’autre part, IBM courtise les usagers en mal d’applications conviviales et standardisées.Cette année, Apple rapplique avec un appareil à haute performance de la trempe des Mac II, mais de taille standard : le Mac SE/30.Grâce au dernier-né de la famille des microprocesseurs Motorola, le 68030, le nouveau Mac travaille quatre fois plus rapidement que le Mac SE standard.Le premier Macintosh, lancé en 1984, était livré avec un processeur 68000.Le Mac II a été le premier micro-ordinateur à adopter le 68020.Cette fois, le Mac SE passe directement au 68030, un microprocesseur 32 bits de 16 mégahertz, qui intègre un système de gestion de la mémoire vive hautement amélioré.CENT FOIS PLUS VITE EN CALCUL Selon un expert d’Apple à Montréal, Marc Leclerc, le Mac SE/30 sera plus performant encore que le Mac IL Ce dernier, explique M.Leclerc, est ralenti (façon de parler!) par la taille de son écran (13 pouces) et par la gestion des couleurs de l’écran.Le SE/30, lui, conserve l’écran de 9 pouces noir et blanc des anciens modèles Macintosh.Pour les amateurs de prouesses mathématiques et des applications graphiques numériques, le Mac SE/30 dispose d’un coprocesseur à virgule flottante 68882, qui peut multiplier jusque par 100 la puissance de calcul du Mac SE.Ses capacités le destinent, entre autres, à la fonction de tête de réseau et aux utilisations multitâches.Dans un tel environnement, un seul usager (ou plusieurs, à différentes stations d’un réseau) peut faire exécuter à l’ordinateur plusieurs tâches simultanées, ce qui est d’un intérêt certain.Le SE/30: un rapprochement entre IBM et Mac Macintosh’ igaeg Au premier coup d’oeil, le Mac SE/30, dernier-né d’Apple, ressemble aux modèles standard de Macintosh.Dans les faits, il est quatre fois plus rapide à l’affichage, 100 fois plus puissant en calcul et son lecteur de disquettes peut lire des données provenant d’un appareil IBM.UN SUPERLECTEUR UNIVERSEL Dans les bureaux, on appréciera surtout le lecteur de disquettes universel du SE/30 (on le surnomme le «superlecteur»), qui peut lire, enregistrer et formater des disquettes à étui rigide 3,5 pouces dans une demi-douzaine de formats.Ces disquettes, conçues par Sony et lancées avec le premier Macintosh, s’imposent graduellement comme un nouveau standard, autant dans les familles Apple, IBM (et compatibles), que chez Atari, Amiga et les autres.Cette possibilité de lire des données sur des disquettes provenant d’un appareil IBM donne un sérieux avantage au Macintosh SE/30.De plus, une firme indépendante offre un logiciel d’émulation qui transforme (temporairement.) votre Macintosh SE/ 30 en un compatible IBM {SoftPC, Insignia Solutions, 595$ US).Par ailleurs, Apple distribue un logiciel de conversion qui permet d’échanger des fichiers, comme des documents de traitement de texte ou de chiffrier électronique, des fichiers de données, conçus sur IBM (en MS-DOS, PC-DOS ou OS/2), et de les utiliser avec des applications similaires sur Macintosh.Voilà qui constitue un argument de plus pour les partisans du Mac dans les entreprises déjà équipées d’appareils IBM ou compatibles.Signalons, enfin, deux particularités matérielles du Mac SE/30.Ses fentes d’expansion peuvent recevoir de nouveaux périphériques vidéo, sonores ou de communication à grande vitesse.Par ailleurs, une puce de sonorisation intégrée à la carte principale permet la production de sons stéréo à quatre voix.Selon Apple, le nouveau Mac accepte la vaste majorité des applications actuelles du Mac SE standard.Cependant, les ‘cartes d’expansion des SE et des SE/30 sont incompatibles.Une dernière question de compatibilité, peut-être : celle du prix avec votre portefeuille ! Le Mac SE/30 avec 1 mégaoctets de mémoire vive et un disque rigide de 40 mégaoctets coûte environ 6 300$ (prix au détail).C’est près de 2 000$ de plus que le SE standard.Les propriétaires de Mac SE standard pourront faire mettre leur appareil à jour.Le coût de l’opération (installation du nouveau processeur, du nouveau lecteur et d’une nouvelle façade) n’avait pas encore été déterminé au moment d’écrire ces lignes.6 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE int Prévenir les virus Si la chronique du mois de janvier sur les B virus informatiques a soulevé des doutes I.: jquant aux logiciels contenus sur vos ; disquettes ou sur votre disque rigide, des programmes spécialisés peuvent vous aider à déceler d’éventuels vandales avant il qu’ils n’entrent en action.Voici quelques-1 : luns des nombreux programmes non B commerciaux disponibles actuellement.SUR MACINTOSH \Rx Virus, distribué gratuitement avec les nouveaux Macintosh, examine les disques et en fait le diagnostic.Il pointe du oigt les programmes ou fichiers suspects ^t, si cela est nécessaire, il conseillera ’enquêter plus à fond sur l’un ou l’autre ’entre eux.Le fichier de documentation ibontient aussi des conseils judicieux afin d’aider les utilisateurs à se prémunir contre les virus.On peut se le procurer hez les détaillants Apple.Virus Detective est un accessoire de bureau qui inspecte un ou plusieurs fichiers, à la recherche de certains virus connus.La liste de virus à rechercher peut être mise à jour.SUR IBM ET COMPATIBLES Fixed Disk File Integrity Check, Vac-'ine, VCheck, Check Up, Validate et No Virus vérifient si les fichiers du sys-ème d’exploitation d’une disquette de iilaritt mise en marche de l’ordinateur (COMMAND.COM ainsi que les fichiers invi-id» sibles IBMBIO.SYS et IBMDOS.SYS) «oui sont intacts.Le programme BombSquad, lui, est jiists du type préventif.Chargé en mémoire (oltt avant d’exécuter un programme douteux, 1 reste à l’affût et intercepte toute opéra-jccifltion de lecture ou d’écriture qui pourrait lactb endommager le disque.Enfin, Chk4Bomb «Check for bomb») lit les messages con-iS£l: enus dans un programme et repère les nstructions qui pourraient être dange-euses pour les données.rîf Î* OÜ SE LES PROCURER?«dl Ces logiciels utilitaires sont des program-jÿ mes non commerciaux et on ne peut se les |fltS: procurer chez les détaillants de logiciels.1s sont disponibles sur les «babillards» électroniques ou sur les systèmes de communication comme The Source, ompuserve ou GEnie.Les personnes qui n’ont pas le modem requis pour contacter ces serveurs, peuvent, de façon tout fait légale, copier ces programmes, si elles connaissent quelqu’un qui en possède.Les clubs d’utilisateurs de microordinateurs sont également un bon canal de distribution pour les programmes antivirus.Ces logiciels sont ou bien gratuits ou bien à contribution volontaire.Dans ce dernier cas, l’auteur donne son adresse dans un fichier de documentation qu’on trouve sur la disquette du programme et invite les utilisateurs à lui envoyer une certaine somme d’argent (entre 5$ et 20$).En terminant, il est important d’insister sur un point déjà mentionné : même si on a pris toutes les précautions requises contre les virus informatiques, il ne faut jamais négliger de faire régulièrement une copie de sûreté des données enregistrées.On est ainsi à l’abri de tous les types d’accidents (et pas seulement les virus) susceptibles d’affecter un système.Nouvelle brève UN «Z» POUR HYPERCARD À la suite de l’article du mois de février, il convient de préciser que la version anglaise à'HyperCard qui manipule correctement les dates du système canadien-français est la version internationale Z-l.2.2.Oui, le «Z» est important! Au moment de lire ces lignes, la version française 1.2.2 devrait être disponible.RRIER COURRIER COURRIER COURRIER CO UN PROGRAMMEUR EN QUÊTE DE VITESSE J’écris des programmes en BASIC et je cherche un logiciel (ou plutôt un compilateur) qui transformerait mes travaux en langage assembleur ou en un autre langage, plus rapide que mon cher BASIC.Cela ne doit pas être difficile de trouver un langage qui travaille plus vite que le BASIC, lequel ne fonctionne qu’à 1/80 de la vitesse de l’assembleur.J’utilise un Tandy 1000 EX 256 kilo-octets (compatible IBM) et le BASIC Tandy, version 2.02.Sylvain Girard, Laterrière Permettez-moi d’abord d’éclairer les lecteurs et les lectrices qui pourraient se demander ce que sont le BASIC, le compilateur et l’assembleur.Le BASIC est le premier langage de programmation qui soit apparu sur les microordinateurs dans les années 70.C’est un langage interprété, c’est-à-dire qu’il lit, une à la fois, les instructions d'un programme dans un fichier de texte, les traduit en langage machine (une longue suite de 0 et de 1 savamment agencés) et les exécute.Ce fonctionnement (une instruction à la fois) facilite le travail de programmation et de mise au point des programmes.Le langage BASIC présente aussi l’avantage d’utiliser des mots anglais courants: IF.THEN, GO TO, INPUT, PRINT, etc.À l’opposé, un assembleur lit des textes contenant des codes de programmation très proches du langage machine (XOR, MOV, CMP, J N A, etc.).Le texte est lu en entier et compilé en langage machine, mais n’est pas exécuté par l’assembleur.L’utilisateur doit demander l’exécution du programme par la suite.Les avantages: le programme compilé se déroule beaucoup plus rapidement et n’a besoin d’être traduit en langage machine qu’une seule fois.L’inconvénient: le langage assembleur est très rébarbatif et la mise au point est allongée par le cycle compilation-vérification-correction-recompilation.Entre les deux, se trouvent les langages compilés dont les plus populaires sont le Pascal et le C.Ici, les instructions d’un programme sont plus proches du langage naturel (en l’occurrence, l’anglais).Cependant, le compilateur traduit ces instructions en langage machine de la même façon qu’un assembleur.Ces langages allient donc la rapidité d’exécution et une facilité de programmation.Pour en revenir à votre question, il existe des compilateurs pour le langage BASIC.Ceux-ci lisent le texte des programmes interprétés et les transforment en fichiers exécutables.Les programmes nécessitent parfois des ajustements mineurs (surtout si on fait appel à des commandes avancées).Deux compilateurs sont très en vogue: le QuickBASIC version 4.0 (Microsoft, 100$) et le TurboBASIC (Borland, 150$).Dans votre cas, le TurboBASIC s’impose, puisqu’il s’accommode de 256 kilo-octets de mémoire vive.Le QuickBASIC, lui, requiert 320 kilo-octets.Le compilateur de Borland, quoiqu’il soit plus cher, présente l’avantage d’être beaucoup plus rapide, tant à la compilation qu’à l’exécution des programmes.Faites-nous partager vos découvertes informatiques.Écrivez-moi à Québec Science ou par courrier électronique sur Infopuq (code: QC10143) et CompuServe (code: 76606,671). LES PIONNIERS un courant d’énergie innovatrice par Claire CHABOT * DES CHIFFRES ET DU GENIE Beauharnois, Mani-couagan, Outardes, Baie-James: des œuvres grandioses qui ont nourri notre imaginaire collectif.Au moment où Hydro-Québec modifiait le paysage québécois et se préparait à réaliser des projets d’une envergure jamais vue, un homme a eu une vision de notre avenir: Lionel Boulet.Si l’électricité allait devenir la source vitale de notre développement, il s'avérait essentiel de créer un champ d’expertise scientifique au Québec.Fondateur de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), en 1967, Lionel Boulet a fait de ce centre de recherche en génie électrique, reconnu mondialement pour l’excellence de ses chercheurs et de leurs travaux, le porte-étendard de la science au Québec.Rêvant que son institut devienne le chef de file mondial en ce domaine, M.Boulet a créé des réseaux de relations avec les universités, les autres centres de recherche, les industries et la communauté scientifique internationale, et a fourni l’expertise à la plus prestigieuse société d’État québécoise: Hydro-Québec.Un tour de force qui a permis à l’IREQ de devenir, avec ses 300 chercheurs, ce chef de file mondial de la recherche en génie électrique.Encore plein d’énergie à 70 ans, même si, selon ses propres termes, il a été «mis à la retraite» à l’âge fatidique de 65 ans, Lionel Boulet ne cesse d’être sollicité, que ce soit comme expert-conseil pour l’industrie ou comme gestionnaire de recherche pour des instituts de toute nature.« Lionel Boulet est un homme très cultivé, qui connaît la nature et la dynamique interne de la recherche», affirme Ashok K.Vijh, maître de recherche et Tun des plus brillants chercheurs de l’IREQ.«Il est un grand pionnier, mais aussi ce que j’appelle un «aristocrate intellectuel», capable, non seulement de distinguer les idées et les découvertes de grande valeur, mais aussi d’en reconnaître le prix.» Dans la vie de Lionel Boulet, il n’a jamais été question de faire autre chose que «des sciences».Son père, comptable agréé, lui avait donné le goût des mathématiques.«Mais j’aimais mieux les hautes mathématiques que les mathématiques de comptable, révèle l’ingénieur.Comme je dis souvent, un comptable éclaire la route, mais ne conduit pas, et moi je voulais conduire la voiture.» Déjà, au Séminaire de Québec, le jeune Boulet subit l’influence de son professeur de mathématiques, l’abbé Alexandre Larue.Quelques années plus tard, il s’inscrit au Département de génie de l’Université Laval où il suit les cours de mathématiques d’Adrien Pouliot, personnage pittoresque dont se souviennent des générations d’étudiants québécois.Si plusieurs n’ont retenu du mathématicien que sa distraction légendaire, le futur ingénieur est profondément impressionné par sa vigueur à enseigner et à promouvoir l’enseignement des sciences au Québec.Alors que la guerre fait rage en Europe, Lionel Boulet reçoit son diplôme d’ingénieur.N’ayant pas la condition physique requise pour s’engager dans l’armée, il est embauché par une importante compagnie, RCA Victor, pour mettre au point un radar destiné aux chars d’assaut.«Un échec! s’exclame l’ingénieur dans un grand éclat de rire.Aucun commandant ne voulait enlever son canon pour mettre notre radar.Et, * La rédaction de cette série d’articles a été réalisée dans le cadre du Programme de soutien aux activités de diffusion de la culture scientifique et technique du ministère de l’Enseignement II supérieur et de la Science.8 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE WV ^ ¦> ' * r *» '/ .« i!1 ft ^ iija* A gauche, le laboratoire du Département de génie électrique de l’Université Laval dans les années 40.À droite, Lionel Boulet, entouré du directeur et d’un étudiant, à la même époque.Lionel Boulet a participé aux débuts de la recherche dans ce département dont il fut le directeur entre 1954 et 1964.Le développement fulgurant de l’électronique durant la Deuxième Guerre mondiale a servi d’amorce à la recherche en ingénierie.k plu comme on ne pouvait pas mettre les deux.» C’est grâce à son «génie» et à sa nature avant-gardiste que M.Boulet a pu participer à quelques-unes des grandes innovations technologiques de ces années de guerre.Entre autres, il a travaillé au développement du train d’atterrissage automatique au Québec, ce qui l’a conduit à bord du premier appareil équipé de ce nouveau système.Le petit avion à hélices s’est posé, après trois essais, sur la piste de l’aéroport de Saint-Hubert, un pilote inquiet à ses commandes.À la même époque, Lionel Boulet participe à la conception de l’émetteur MF de Radio-Canada.Les ingénieurs de RCA Victor ne réussissaient pas à mettre en exploitation la technologie de la modulation de fréquence, très prometteuse et déjà présente aux États-Unis.Lionel Boulet, lui, y est arrivé.«Je peux même vous dire, raconte-t-il, qu’on devait l’installer le Vendredi saint parce que RCA Victor avait garanti que l’émetteur serait en fonction à Pâques.Le vice-président était venu nous avertir que, s’il n’était pas installé à temps, on prendrait tous la porte le lundi suivant.» Bien sûr, l’émetteur a été installé à temps et il se dresse toujours sur le mont Royal.«Parce qu’il fonctionne bien ! », ajoute M.Boulet.En 1945, Lionel Boulet part poursuivre ses études supérieures en génie électrique aux États-Unis.Admis au prestigieux Massachussetts Institute of Technology, l’ingénieur québécois doit finalement laisser la place aux nombreux soldats américains de retour au pays.Qu’à cela ne tienne, il s’inscrit à l’Université de ITllinois, réputée pour son département de génie électrique.«J’étudiais sous la direction de Robert Everett qui était à ce moment-là l’as mondial en électronique, se rappelle M.Boulet.On a travaillé ensemble avec la marine américaine sur l’un des premiers calculateurs électroniques: l’Uliac 2.Il était construit avec des tubes qui consommaient 100 kilowatts et occupaient trois fois une grande salle de conférences.Maintenant, on peut faire la même chose avec une puce de la grosseur du doigt.» C’est à cette époque que démarre la recherche en génie, au Québec.Jusque-là, les laboratoires de physique étaient les seuls à avoir des programmes de recherche bien implantés; les départements de génie se contentaient de former de futurs ingénieurs.La guerre aura été un élément déclencheur, notamment à cause du développement explosif de l’électronique; les officiers qui avaient travaillé dans les programmes de l’aviation et de l’armée sont revenus enseigner dans les départements de génie et ont amorcé la recherche dans ce domaine.L’AVENIR ÉLECTRIQUE DU QUÉBEC De retour à Québec, son doctorat sous le bras, Lionel Boulet obtient un poste de professeur auxiliaire au Département de génie électrique de l’Université Laval.Gravissant les échelons à une vitesse foudroyante, il devient, à 36 ans, directeur du Département.À partir de cette époque, l’excellence de l’enseignement et l’encouragement à la recherche ont fait du Département de génie électrique de l’Université Laval un pôle d’attraction pour les étudiants et les chercheurs.Aux commandes d’un département de plus en plus réputé, Lionel Boulet se découvre de nouvelles aptitudes; déjà bon chercheur et bon professeur, il se révèle, en plus, excellent «meneur d’hommes» et administrateur hors pair.Au début des années 60, le Québec vit sa «révolution tranquille»; les mots progrès, science et technologie sont sur toutes les lèvres.L’État nationalise les grands réseaux privés d’électricité et Hydro-Québec devient du même coup la plus importante société d’État.C’est aussi le début des grands projets hydroélectriques sur les rivières aux Outardes et Mani-coüagan.On inaugure les premières lignes de transport d’électricité à 735 000 volts, la plus haute tension jamais utilisée dans le monde! 10 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE V,: ote: iaiiü iijiiii am :0J* Hi H Mil! tkif it ill Ilf IS il tsfi lip* ii il il fl »t (]1* It'! Ill* it '¦f Hltf P 0! P liiii' litil Si la prise en charge par le Québec de son potentiel électrique met la province sur la voie du progrès technologique, la recherche scientifique n’a pas suivi — pas plus qu’elle n’avait précédé.Hydro-Québec était obligée de faire réaliser la recherche, essentielle à son développement, par des laboratoires étrangers.Depuis dix ans, raconte M.Boulet, je disais à Hydro-Québec qu’il fallait ouvrir un centre de recherche.On m’invitait au Club Saint-Denis, on me payait un bon repas et on me disait: «Tu reviendras l’année prochaine!» Mais, quand on a une idée en tête, la chance peut se présenter et, alors, il faut s’en emparer.À l’inauguration du barrage Manie 5, au printemps de 1964, j’étais avec les invités d’Hydro-Québec et je leur répétais qu’il faudrait bien fonder un centre de recherche.Jean-Paul Gignac, commissaire à Hydro-Québec, me dit alors qu’il se rendait en Suède visiter un des principaux instituts de recherche électrique.À son retour, il me téléphone de l’aéroport : «Lionel, viens vite me voir à mon bureau: on va ouvrir un centre de recherche ! » Le ministre de l’Énergie de l’époque, René Lévesque, et son sous-ministre, Michel Bélanger, convoquent aussi l’ingénieur Boulet et lui demandent de fonder le centre de recherche à Québec.Sur le coup, Lionel Boulet est d’accord, mais, lorsqu’il se met à étudier le dossier, il se rend à l’évidence que le centre doit être construit dans la région de Montréal où se trouvent la majorité des ingénieurs, et près d’un poste de transformation capable de fournir l’énorme quantité d’énergie requise.«J’avais choisi Varennes, explique l’ingénieur, parce que c’était à proximité du poste de transformation de Boucherville et que, même si Hydro-Québec devait construire un poste encore plus gros à Laval, les terrains y étaient aussi deux fois plus chers.» Le premier ministre Lesage avait accepté le projet, mais tenait, malgré tout, à ce qu’il se réalise à Québec.Puis il y a eu élection et le vent a tourné.À la surprise générale, le chef de l’Union nationale, Daniel Johnson, fut élu premier ministre.«M.Johnson cherchait un discours d’ouverture pour la Semaine de l’électricité commençant le 7 février 1967», raconte Lionel Boulet.Je lui ai «suggéré» d’annoncer l’ouverture du centre de recherche d’Hydro-Québec ! Quand il m’a demandé si j’avais une raison pour choisir Varennes, je lui ai expliqué qu’ailleurs, ça coûterait deux fois plus cher.» Il faut dire que le premier ministre Daniel Johnson était député de Bagot : Québec ou Varennes, ça lui faisait ni chaud, ni froid.LTREQ: LE PLUS BEAU DES LABOS «Déjà, en 1965-1966, écrit Lionel Boulet, le Québec ressentait le besoin de ralentir sa marche en avant et d’apprivoiser les changements qui s’étaient accumulés.À ce moment, la création d’un centre de recherche modeste aurait peut-être été plus facilement acceptée.Proposer un centre de recherche d’envergure internationale frôlait la folie.» À l’encontre du courant nationaliste qui émerge, le directeur de 1TREQ, Lionel Boulet, rêve de créer le plus grand centre de recherche en électricité au monde et d’y inviter les meilleurs chercheurs.Le Québec n’avait, de toute évidence, pas suffisamment de spécialistes dans les différents domaines de la recherche en électricité pour les besoins d’un tel institut.Lionel Boulet fait donc venir le directeur du Laboratoire de haute tension de Suède, Niels Hylten-Caval-lius, puis des physiciens, chimistes, mathématiciens et ingénieurs de toutes disciplines.À l’inauguration des premiers laboratoires, en 1970, ils sont 24 chercheurs, dont 18 viennent des États-Unis, de France, d’Angleterre, de Suisse, de Pologne, de Hongrie, de Suède, du Vietnam, de Tchécoslovaquie, de l’Inde, du Liban.et parlent, à eux seuls, plus de 50 langues et dialectes.Le premier problème auquel s’attaque le directeur de 1TREQ est.l’apprentissage du français.Pour leur faire l’oreille, il envoie les chercheurs étrangers suivre des cours d’immersion dans les Laurentides.Les cours dispensés par Hydro-Québec à l’Institut font le reste.«Je n’ai pas eu de Loi 101, explique M.Boulet, mais j’ai eu la volonté d’imposer le français dans l’Institut.Là-dessus, c’est le chercheur suédois, Cavallius, qui m’a donné la meilleure leçon.Il m’a dit: «Nous, en Suède, quand on engage des gens qui viennent travailler chez nous, on leur donne un salaire et, quand ils parlent notre langue, on leur donne leur vrai salaire.» Parallèlement, l’Institut envoie des étudiants québécois, avec le sup- Prénom: Lionel r.c.—» "Æsr- à Montreal .,e y Université Laval, de Directeur du ^ou^ QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 11 ¦¦¦¦ 'iv-: port financier d’Hydro-Québec, parfaire leur formation scientifique dans les grands centres de recherche.«Évidemment, affirme Ashok K.Vijh, on a cherché à créer des emplois pour les gens d’ici, et c’est normal.Mais on doit souligner qu’on n’a jamais pris des gens d’ici sans qu’ils ne soient tout aussi qualifiés que les autres.Il fallait maintenir des conditions standard élevées.» À peine 15 ans plus tard, il y a plus de 90 % de chercheurs d’origine québécoise à l’Institut.Le premier mandat de l’IREQ est d’améliorer le système hydroélectrique d’Hydro-Québec.Les ingénieurs de la société d’État signalent une foule de problèmes aux chercheurs qui trouvent des solutions, améliorent l’équipement.En cours de recherches, souvent, de nouveaux produits sont mis au point, mais alors on vend la licence de fabrication.Par la suite, les nouveaux équipements sont testés pour répondre aux normes de la société d’État.Au début des années 70, les chercheurs de l’IREQ se consacrent presque autant à la recherche fondamentale qu’à la recherche appliquée.Originaire de l’Inde et frais émoulu de l’Université de Toronto, Sarma Maruvada, spécialiste de la haute tension, se souvient du défi de cette époque.«C’était attrayant pour un chercheur; on était dans les laboratoires les plus grands et les mieux équipés du monde, et on s’avançait dans des domaines inexplorés.Déjà, en 1969, on planifiait le projet hydroélectrique de la Baie-James et on croyait devoir augmenter la tension des lignes de transport à plus de 1 000 kilovolts.On a poussé la recherche et le développement jusqu’à 1 500 kilovolts, mais Hydro-Québec a choisi d’utiliser une technologie éprouvée: le 735 kilovolts.» SE PRÉPARER AU 21e SIÈCLE Créer un centre de recherche de cette envergure, avec les installations coûteuses que cela exige, est impensable pour un marché aussi petit que le Québec.Dès les débuts, il fallait s’ouvrir sur d’autres marchés pour Dans les années 60, Lionel Boulet rêvait de créer le plus grand centre de recherche en électricité au monde et d’y faire venir et travailler les meilleurs chercheurs.Il réalise son rêve en 1967, alors qu’il fonde l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.offrir des services de recherche au secteur public des pays producteurs d’électricité et à l’industrie électrique.Tout un défi que lançait Lionel Boulet, au moment où les Québécois venaient à peine de se prendre en main ! Mais ce n’était pas par témérité que le fondateur de 1TREQ avait élaboré de tels plans.Bien au contraire, il est allé au bout de son rêve en toute lucidité; les années 70 s’annonçaient sous le signe des grands développements hydroélectriques.Aussi bien les pays occidentaux que les pays en développement désiraient augmenter leur capacité énergétique.Il y avait trop peu de centres de recherche électrique dans le monde: le Québec devait se tailler une place dans ce marché florissant.«Aux États-Unis, raconte M.Boulet, l’Electric Power Research Institute (EPRI), qui regroupe tous les services publics américains, voulait construire un laboratoire.Ils ont engagé des consultants pour visiter ceux du monde entier.Leur conclusion: 1TREQ est le meilleur laboratoire, mais pour en construire un semblable, il faudrait près de 300 millions de dollars.» L’EPRI est devenu l’un des plus importants clients de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.Désormais reconnu mondialement pour sa compétence, l’IREQ participe à la création de eu: l, ¦- ki-l 111 «i, k» m : ’H: a: k® 1" *!! laboratoires en Algérie et au Brésil, et offre aujourd’hui sa compétence à plus d’une vingtaine de pays, sur tous les continents.«L’aspect innovateur que M.Boulet a développé à l’IREQ, explique le chercheur Sarma Maruvada, c’est un statut indépendant qui nous permet d’avoir des contrats avec différents manufacturiers, souvent concurrents.On fait de la recherche, mais aussi des essais sur les nouveaux produits des fabricants en assurant la nature confidentielle du projet de développement.» Au moment où Lionel Boulet quitte son poste de directeur en 1982, l’IREQ détient pour 20 millions de i.:l) dollars de contrats avec l’étranger.Et ce n’est pas le seul caractère innovateur de l’IREQ.Issu du milieu universitaire, Lionel Boulet a vite compris qu’il serait profitable d’entretenir des relations réciproques avec les universités et leurs centres de recherche.Des liens étroits se sont établis, en particulier avec l’INRS-Énergie, dont les locaux sont situés à quelques mètres de l’IREQ, avec l’École Polytechnique de l’Université de Montréal, avec l’Université McGill et avec l’Université de Sherbrooke.Plusieurs chercheurs dispensent des cours dans ces établissements, et dirigent des thèses de maîtrise et de doctorat, dans le but de créer un réseau d’expertise dans le domaine «Il 11! «fl «Jll 11 - s *!:i ‘itï 12 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE ¦ •à ï itk Be lew 's: ïFf ertc IKK siè iis* eco: •»PF loi* iélectrique au Québec.Tout comme Jdans les centres de recherches universitaires, on encourage les cher-icheurs de 1TREQ à participer à des iconférences internationales et à publier dans les revues scientifiques les plus reconnues.Résultats : chaque année, plusieurs chercheurs de l’ins-jtitut reçoivent un nombre impressionnant de doctorats honorifiques, prix et fellowships des plus prestigieuses associations.Au début des années 70, la crise du pétrole secoue fortement les pays occidentaux.Au Québec, les réseaux ; hydroélectriques assurent une certaine sécurité énergétique, mais l’Institut croit bon d’investir dans la recherche de nouvelles énergies.Plusieurs domaines sont explorés: des capteurs solaires à la tourbe, en passant par les éoliennes — celles des îles-de-la-Madeleine et de Matane, et l’éolienne à axe vertical de la Place Ville-Marie.«Mais on s’est rendu compte, explique M.Maruvada, que les énergies «douces» ne pourraient servir que dans des cas spécifiques, par exemple au Nouveau-Québec où la consommation n’est pas très élevée.Le réseau hydroélectrique produit une quantité abondante d’énergie; il ne serait pas logique de lui substituer des formes d’énergie peu rentables.» La plus grande éolienne fournit 4 mégawatts, tandis qu’une petite centrale comme Beauharnois en produit 2 000.Néanmoins, les chercheurs continuent à centrer leurs efforts sur d’autres formes d’énergie nouvelle, en particulier la pile à combustible utilisant l’hydrogène.Cette pile offrira une grande efficacité pour la production d’hydrogène, mais elle pourrait aussi servir à stocker l’énergie produite la nuit sur le réseau électrique, afin de mieux faire face à l’augmentation de la consommation pendant les heures de pointe.De plus, Hydro-Québec collabore avec le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et plusieurs universités, à un projet de recherche sur la fusion nucléaire, la source ultime d’énergie.On estime que, d’ici 20 ou 30 ans, Hydro-Québec pourrait utiliser la fusion nucléaire sur ses réseaux.C’est pourquoi la société d’État compte rester dans la course sur le plan de la recherche.Ainsi, le Tokamak, réacteur à confinement magnétique d’une grande puissance, a produit son premier plasma en 1987, mais on est encore très loin du jour où il pourra être mis en exploitation.Ashok K.Vijh, électrochimiste, est l’un des chercheurs invités par Lionel Boulet à participer à la création de l’IREQ.A u Québec depuis 20 ans, M.Vijh a reçu de nombreux prix dont le prestigieux prix Killam, et a été décoré chevalier de l’Ordre du Québec.« C’est un des plus petits tokamaks du monde, explique Ashok K.Vijh.Ce n’est pas un petit jouet ! Si on avait voulu un plus gros projet, il n’y aurait pas, au Canada, assez de physiciens pour y travailler.Le projet de Varennes est tout de même important.Il faut un projet d’envergure pour retenir et entretenir nos physiciens.» LA CULTURE SCIENTIFIQUE ET LA GESTION La recherche en ingénierie électrique est peut-être l’un des seuls domaines scientifiques où le Québec peut se vanter de jouer un rôle de premier plan dans le monde.Mais à quoi attribuer un tel succès?À la volonté des dirigeants de soutenir la recherche dans le domaine de l’électricité, alors que celle-ci est devenue le moteur du développement économique du Québec.Bien sûr! Selon Lionel Boulet, la formule du succès réside dans l’excellence des chercheurs et non dans le rôle du directeur.«Choisir les meilleurs, confie-t-il, c’est la seule façon d’y arriver.Je ne pense pas qu’il soit possible d’ouvrir un centre de recherche avec des jeunes, en pensant qu’ils vont se former d’eux-mêmes.Il faut aller chercher les meilleurs chercheurs, pour former adéquatement les plus jeunes.» L’ancien directeur est trop modeste.De l’avis des chercheurs, le succès de 1TREQ repose en grande partie sur son fondateur et premier directeur: il était bon chercheur, il connaissait bien le milieu universitaire et en plus, en excellent gestionnaire, il savait choisir ses enjeux et ses collaborateurs, ce qui n’était pas une mince affaire! «Il était très au courant des recherches, se rappelle le Dr Vijh, un pionnier de la physique électrochimique.À la veille de son départ, il m’a demandé des renseignements dans un domaine tout à fait nouveau, la photoélectrochimie.Personne n’en avait encore entendu parler ici.Le lendemain, il m’a rappelé pour me poser des questions très pointues.C’était fantastique, un vrai plaisir!» «Presque toute la recherche, explique M.Vijh, est gouvernée par des gens qui n’ont pas le temps de penser à l’avenir de notre collectivité.Ils se préoccupent, comme des comptables, de balancer les livres à court terme, sans comprendre que, si l’on ne sème pas, on n’aura pas d’arbres, ni de fruits.Certains croient qu’en mettant 100 chercheurs sur un problème on va trouver une solution.Notre plus grande tâche est d’introduire, dans notre entreprise, la culture scientifique et technologique pour le 21e siècle.» Homme d’avant-garde et de grande culture scientifique, Lionel Boulet a su marier l’industrie et la recherche universitaire, tout en gardant à cette dernière une certaine autonomie intellectuelle.Du même coup, il a prouvé qu’il est possible au Québec d’atteindre l’excellence scientifique.QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 13 PUBLIREPORTAGE PRODUCTIONS AUDIO-VISUELLES POUR V O U Lithoprobe, 40 km sous terre Dans le passé, l'imagination, la superstition, et non la science, servaient à expliquer les phénomènes physiques.En ce temps-là, les dieux faisaient la pluie et le beau temps, ouvraient des vallées, faisaient surgir des montagnes et punissaient les humains en appelant des cataclysmes destructeurs, question de passer leur mauvaise humeur.Avec les siècles, la fiction est devenue science.Nous connaissons de mieux en mieux notre univers; nous en connaissons la topographie, l'atmosphère et l'espace dans lequel il évolue.Mais les entrailles de la Terre demeurent énigmatiques.La production Lithoprobe, 40 km sous terre vous rivera à vos sièges car, en l'espace de quelques minutes, elle vous fera voyager à un rythme époustouflant.De la nuit des temps, vous passerez au tréfonds de la planète, surgirez dans les profondeurs océaniques et grimperez sur les Rocheuses, ces remparts évocateurs des forces colossales qui animent notre Terre.Cependant, et avant toute chose, vous vous souviendrez du projet Lithoprobe.Les scientifiques canadiens cherchent, dans le cadre du projet Lithoprobe, à en connaître davantage sur la litho-phère, cette tranche de terrain relativement rigide, englobant l'écorce terrestre et une partie du manteau supérieur.Ils se servent d'une technique géophysique, la sismique-réflexion, pour sonder le sous-sol canadien jusqu'à des profondeurs de 40 km afin d'en établir une représentation tridimensionnelle.On comprend mieux l'envergure du projet quand on le compare aux projets classiques et aux distances en présence: le forage le plus profond au monde n'atteint que 1 2 km et la lithosphère a une épaisseur de l'ordre de 70 à 150 km.Qui dit projet d'envergure, dit aussi équipement d'envergure, à la fine pointe de la technologie; voyez-le en action! Les scientifiques disposent de lourds camions peu communs.Chaque camion est muni d'une plaque métallique qu'on peut presser contre le sol et faire vibrer au moyen d'un système à air comprimé.Les ondes de chocs ainsi produites sont transmises au sol, elles frappent les couches du sous-sol et reviennent vers la surface avec une description des couches qu'elles ont traversées.À la surface du sol, elles sont captées par de véritables oreilles électroniques, des géophones, disposées le long d'une ligne de plusieurs kilomètres.À partir des informations ainsi recueillies, les scientifiques dressent une représentation tridimensionnelle de la portion étudiée de la lithosphère.Cette représentation ne manquera pas de susciter beaucoup d'intérêt, puisqu'elle permet de mieux orienter les travaux d’exploration en vue de découvrir les minéraux et les hydrocarbures.Lithoprobe, 40 km sous terre, une production vulgarisée et haute en couleurs, rend compte d'un projet scientifique d'importance, entrepris par des gens dont l'audace et l'esprit de collaboration a de quoi vous rendre fiers.N.B.// est formellement interdit d'utiliser des extraits de ce vidéo afin de les incorporer dans d'autres productions vidéo, sans avoir reçu l'autorisation d'Ênergie, Mines et Ressources Canada, et de diffuser ledit vidéo sur les ondes de la télévision privée commerciale.Vous pouvez également vous procurer les productions audio-visuelles suivantes: Pour plus de renseignements veuillez écrire à: Les explosifs ne sont pas des jouets ni à la maison, ni à l'extérieur Les scientifiques des sciences de la Terre L'océan sans limites — la dorsale Juan de Fuca Les îles au soleil de minuit Des tremblements de terre au Canada?La cartographie: de l'astrolabe au laser La Commission géologique du Canada.d'hier à aujourd'hui Diane Lorenzato Agente de l'audio-visuel Direction des communications Énergie, Mines et Ressources Bureau 971 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A0E4 Tél.: (613) 992-5198 (613)992-0792 Énergie, Mines et Energy, Mines and Si la Ressources Canada Resources Canada Canada Actualité par L’Agence Science-Presse Le lait maternel des femmes inuit de six villages à l’est de la baie d’Hudson contient en moyenne cinq fois plus de biphényles polychlorés (BPC) que celui des autres Québécoises.Alors que ces dernières, comme la majorité des femmes des pays industrialisés, présentent en moyenne 0,7 partie par million (ppm) de BPC dans leur lait, le taux moyen chez les mères inuit est de 3,5 ppm.Ces chiffres alarmants ressortent d’une étude réalisée récemment par le Département de santé communautaire (DSC) du Centre hospitalier de l’Université Laval auprès de 48 femmes du sud du Québec et de 24 femmes inuit du Nouveau-Québec.Les biphényles polychlorés ont la particularité de se concentrer dans le lait maternel qui devient alors un baromètre idéal pour mesurer le degré de contamination des populations.«Les BPC affectent les animaux et les humains essentiellement par voie alimentaire», explique le Dr Éric Dewailly, qui a dirigé cette étude.«Comme les autres organochlorés, les BPC se solubilisent dans les graisses et s’installent dans les tissus adipeux.» On retrouve ainsi les BPC dans le gras animal, et le phénomène d’accumulation s’accroît au fil de la chaîne biotique, particulièrement dans le domaine aquatique.À partir des sédiments contaminés des fonds marins, les BPC passent aux crevettes, aux poissons et aux mammifères marins; ces derniers (poissons, phoques et narvals) constituent jusqu’à 60% du poids total des aliments ingérés par la population inuit.Le lait maternel étant le maillon ultime de la chaîne alimentaire, les BPC s’y retrouvent dans leur concentration maximale.avant de passer au nourrisson.En moins de huit mois, le nourrisson peut Des BPC dans le lait maternel ri 2 S* Les méfaits des biphényles polychlorés touchent le Nouveau-Québec.En huit mois seulement, les nourrissons des femmes inuit atteignent la même concentration que leur mère en BPC.atteindre la concentration corporelle en BPC de sa mère qui, elle, aura mis 25 ou 30 ans à accumuler la même quantité de toxiques.«Ce problème est particulièrement alarmant lorsque les proportions de BPC retrouvées dans le lait maternel atteignent, comme ce fut le cas dans cette étude, des taux très élevés qui peuvent aller jusqu’à 15 ppm», explique M.Dewailly en ajoutant que le seuil «tolérable» admis par Santé et Bien-Être Canada est de 1,5 ppm.«En fait, poursuit-il, ces doses ressemblent beaucoup aux doses pour lesquelles des effets négatifs sur la santé ont été observés à la suite d’accidents d’intoxication aux BPC ou d’expositions professionnelles.» Le Dr Dewailly associe la forte concentration de BPC surtout aux problèmes immunitaires évidents chez les Inuit, populations où foisonnent, entre autres, gastroentérites, pneumonies et otites.Plusieurs dilemmes se posent.Malgré ces points d’interrogation inquiétants, le Dr Dewailly juge le mode d’alimentation des Inuit très bénéfique en général pour les adultes.«À cause des BPC qu’elle contient, la chair des poissons et des mammifères marins augmente les risques de cancer de 20 pour mille, mais ce même aliment présente peut-être, par ses caractéristiques alimentaires, un niveau de protection de 300 pour mille, contre le cancer.» Le Dr Dewailly ajoute que ces populations sont complètement exemptes de maladies cardio-vasculaires.> QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 15 Fred Bruemmer Quant à l’allaitement, qui se présente comme un moyen trouvé par la nature pour «décharger» les femmes de leurs BPC, le Dr De-wailly n’en préconise pas l’arrêt systématique.Selon le toxicologue, priver un enfant du lait de sa mère entraînerait plus d’inconvénients que d’avantages pour le nourrisson.Pour l’instant, un programme de surveillance, visant à dépister les BPC chez les mères particulièrement exposées et à les conseiller sur la conduite de leur allaitement, a été proposé au ministère de la Santé et des Services sociaux.Alors que des aliments aussi secondaires que les confitures, la bière et les chocolats doivent répondre à des normes strictes de qualité, aucune règle ne régit le lait maternel, aliment essentiel et, sans doute, le plus consommé au monde par les enfants en bas âge.Chaque année, au Québec, 40 000 bébés se nourrissent exclusivement de lait maternel pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.Élaine Hémond L’AVENIR EST AUX PROTÉINES Un «bureau d’ingénieurs» nouveau genre a ouvert ses portes à Ottawa.Ses employés ne construiront ni ponts, ni voitures, ni centrales nucléaires, mais.des molécules.Le Conseil national de recherches du Canada a en effet mis sur pied un laboratoire où 40 chercheurs tenteront de mettre au point des protéines améliorées.Les protéines sont les molécules de l’avenir: elles accélèrent les réactions chimiques, combattent les maladies, ont une valeur nutritive, etc.Un des programmes de recherche majeurs portera sur la mise au point de nouveaux produits pour combattre les parasites des cultures et les mauvaises herbes.Un autre programme s’attardera à la conception de vaccins et d’outils pour diagnostiquer les maladies.BÉTON ET BITUME Les routes en béton de ciment sont plus sécuritaires que les routes asphaltées.C’est du moins ce qui ressort des assises de l’American Concrete Institute tenues à Montréal l’automne dernier.Pour les avocats du béton, ce matériau présente d’abord un avantage la nuit: «Une chaussée en béton de ciment réfléchit en moyenne 40% plus de lumière qu’une chaussée d’asphalte», indique l’ingénieur Michel Lair, de l’Association canadienne du ciment Portland.«Une telle propriété serait, par exemple, très avantageuse aux intersections, où se produisent la majorité des accidents urbains.» Les routes de béton seraient plus sécuritaires et plus résistantes que celles en asphalte.\ ., Un autre facteur d’accident est l’aquaplanage, ce phénomène de flottement des pneus au contact de l’eau.«Présentement, l’«orniérage» est le problème numéro 1 au Québec», affirme M.Lair.Cette déformation permanente, due à l’affaissement de l’asphalte sous l’effet de la chaleur et du passage de véhicules lourds, se produit dans le sentier des roues.L’eau s’accumule dans ces canaux routiers, rend inefficace toute pente de drainage et augmente considérablement les risques de perte de contrôle.«Les chaussées de béton de ciment ne se déforment que très peu : l’orniérage n’a pas prise sur le béton», soutient M.Lair.De plus, une «texturation» de la chaussée, par de minuscules sillons transversaux, facilite l’évacuation de l’eau.Une chaussée texturée fournit une adhérence supplémentaire dans les pentes raides, aux intersections, en zone scolaire ou près des passages piétonniers.De plus, une texturation sélective peut servir d’avertisseur sonore.«En variant l’espacement entre les sillons, la fréquence sonore se modifie et les pneus se mettent à chanter», indique Michel Lair.On pourrait ainsi inciter les conducteurs à ralentir à l’approche d’un site dangereux.«En passant d’un son grave à un son plus aigu, explique l’ingénieur, le conducteur a l’impression que son véhicule a accéléré, il a donc naturellement tendance à ralentir.» Le béton de ciment est plus résistant que l’enduit bitumineux.«Le ministère des Transports du Québec estime entre 7 et 10 ans la durée de vie d’une chaussée d’asphalte, affirme M.Lair, tandis qu’on parle de 25 ans pour la chaussée de béton de ciment.» Le béton supplantera-t-il l’asphalte un jour?Jusqu’ici, au Québec, seuls quelques tronçons de route, comme l’autoroute A-573, entre Val-Bélair et Valcartier, près de Québec, sont en béton.Mais, si ce matériau tient toutes les promesses de ses fabricants, on pourrait voir son usage se répandre.Le chef de la Divison des structures de chaussées au ministère des Transports du Québec, M.Pierre DeMontigny, considère de son côté que le béton serait avantageux à long terme, même si ce matériau a certains inconvénients.«La réparation des chaussées en béton nécessite des équipements complexes et coûteux, ainsi que des entrepreneurs et une main-d’œuvre qualifiés, qui ne sont pas toujours disponibles dans toutes les régions», souligne-t-il.16 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE B B-1 ,! t' ï J;:, s !Ofl! 1 t ent sc t;:: les CCS: 111 f CS lie1-1 «lie i De plus, lorsque le sol s’affaisse, les dalles de béton ne sont plus supportées uniformément, ce qui nécessite des réparations.Plus malléable, l’asphalte supporte mieux de tels affaissements.Alors, asphalte ou béton?La question semble controversée au ministère des Transports, où les fabricants de béton font valoir que leur produit est 100% québécois, ce qui n’est pas le cas du bitume.Le dossier scientifique des deux matériaux concurrents se double donc d’un aspect politique dont on entendra sûrement parler bientôt.Alan Mc Lean DES BIOESSAIS CONTRE IA POLLUTION Pour savoir si un cours d’eau ou un affluent industriel ou municipal est pollué, il suffit d’y plonger une truite: si elle meurt, il y a pollution.On appelle ces tests «bioessais» et ils sont de plus en plus utilisés en analyse de l’eau.Les cobayes des scientifiques sont parfois des truites ou des moules, mais ce sont surtout des petits organismes, comme des bactéries, des algues microscopiques ou des micro-crustacés, dont on sacrifie la vie pour notre mieux-être.Les bioessais sont souvent plus utiles que les méthodes physicochimiques, lesquelles révèlent la présence de tel ou tel polluant en particulier.«Les polluants agissent simultanément sur les organismes», explique le Dr Émilien Pelletier, de l’INRS-Océanologie, à Rimouski.«Or, contrairement à l’analyse physico-chimique, le bioessai tient compte des interactions de tous les polluants et montre leur effet global.» Il y a 10 ou 20 ans, les bioessais n’étaient pas standardisés et n’avaient donc aucune valeur légale en matière de contrôle environnemental.«Mais, depuis quelques années, constate Claude Tellen, du ministère de l’Environnement du Québec (MENVIQ), les gestionnaires semblent très intéressés à revenir vers ces outils intégrateurs, surtout parce que les rejets industriels et municipaux sont de plus en plus complexes et que les bioessais simplifient l’évaluation environnementale.» Ces algues microscopiques, premier maillon de la chaîne alimentaire marine, sont utilisées pour nourrir les moules lors des expériences sur la contamination.M.Tellen donne l’exemple de la bactérie Microtox: «Lorsque la bactérie est placée dans des conditions stressantes, un milieu pollué par exemple, la quantité de lumière qu’elle émet diminue en fonction du niveau de stress : plus le milieu est pollué, moins le micro-organisme est luminescent.» Le bioessai avec Microtox permet de détecter les effets toxiques tant de substances rares que de substances communes comme les SPC, le mercure ou le cyanure.Le test ne permet pas d’identifier l’élément polluant, mais il assure une localisation rapide des échantillons toxiques.Ces derniers peuvent ensuite être analysés en laboratoire pour déterminer la nature chimique des agresseurs.Le dernier avantage des bioessais n’est pas le moindre: «Selon les normes environnementales actuelles, souligne Claude Tellen, un bioessai coûte environ deux fois moins cher qu’un test physico-chimique.» Alan Mc Lean L’ŒIL DE DEUX MILLIARDS DE DOLLARS Les astronomes canadiens sont au septième ciel.Ils auront en effet accès aux informations recueillies par le télescope spatial Hubble, qui sera mis en orbite par les Américains dans un an.Parce qu’il ne sera pas perturbé par l’atmosphère terrestre, ce télescope donnera aux astronomes des renseignements beaucoup plus précis sur les planètes, les trous noirs, les galaxies lointaines, etc.«Cet instrument va révolutionner l’astronomie», a déclaré l’astronome Jim Hesser, du Conseil national de recherches du Canada (CNRC).Ce Centre est à mettre sur pied un réseau de transmission pour que tous les astronomes canadiens puissent avoir accès, dans leur université même, aux données pertinentes à leurs recherches.L’opération est évaluée à 1 million de dollars, ce qui est très peu quand on pense que le projet de ce télescope spatial coûtera près de 2 milliards aux Américains.ATTENTION AUX CALORIES GRASSES! Les diététiciens ont toujours cru que les calories avaient les mêmes effets sur la prise de poids, quelle que soit leur provenance.Mais un nombre croissant d’études semble indiquer que les calories provenant des graisses sont plus «engraissantes» que d’autres.Ainsi, dans deux études faites aux États-Unis, on a vainement tenté de relier la consommation totale de calories au poids corporel.Par ailleurs, ces études ont démontré une corrélation très nette entre le degré d’obésité et la proportion de calories provenant de graisses.> QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 17 D’après des expériences effectuées à TUniversité du Massachusetts, l’explication serait la suivante : lorsqu’on consomme 100 calories d’hydrates de carbone, 23 sont brûlées pour assimiler les autres, alors qu’il ne faut que 3 calories pour digérer 100 calories de graisse.Cela veut-il dire que les régimes du genre «mangez tous les hydrates de carbone ou les sucres que vous voulez, mais pas de graisse» sont efficaces?Pas nécessairement, car pour maigrir, il faut absolument dépenser plus de calories qu’on en consomme, ce qui, selon les chercheurs, n’est pas toujours le cas dans ce type de régime.TELEDETECTION ET INTERPRÉTATION «Après 16 ans d’utilisation, la télédétection par satellite est encore loin d’avoir tenu ses promesses», constate Jean Baubien, chercheur au Centre de foresterie des Lauren-tides (CFL), à Sainte-Foy.M.Baubien estime que scientifiques et utilisateurs de données ont trop misé, au départ, sur le traitement automatique des images.Cet objectif s’est rapidement avéré trop élevé, compte tenu de la quantité astronomique d’informations transmises par les satellites.C’est pourquoi Jean Baubien se consacre à la mise au point d’une méthode simple d’utilisation de ces données qui permettrait de les employer dans le secteur forestier.En orbite à 400 kilomètres d’altitude, les satellites d’observation, comme les Landsat américains, transmettent des photographies de la surface terrestre dans les bandes spectrales du rouge, du proche infrarouge et du moyen infrarouge.Il n’est cependant pas facile d’interpréter ces clichés, c’est-à-dire de savoir à quel phénomène une couleur donnée correspond sur le terrain, quand on songe que ces images peuvent compter jusqu’à 16 millions de couleurs différentes.Jean Baubien, qui travaille en collaboration avec plusieurs organismes et compagnies, cherche à simplifier l’interprétation.Il faut d’abord accentuer les couleurs, de façon à faciliter la distinction des zones.Ensuite, il est essentiel de réduire le nombre de ces couleurs en établissant une classification selon l’usage qu’on désire faire des données.L’exercice n’est pas simple et il faut trancher considérablement.RES ,,A+BU (~ErNl RES -C“ (~EPN> RES "A+B" MEL RES (~EPB) JEUC EPB dansa REG RES • y*1* .KSrWaÆjP /^g.i JS >sp^ SttinB &J&* "f * _w' >” h.:.;iii S '¦'1 ' î «s.• '" jf." * .• * ^ V'° ^J-'08^'000*" Æ "o84^o'”a^,'e .cO"" .C°^^«r.t*> °-.oO1 CoO'* „ ^"y;^5r 'Un ouvrage remarquable." -Alvine Bélisle Des livres et des jeunes Des photos couleurs de grande qualité.devrait faire partie de vos bagages." -Pierre Gingras La Presse "Un outil dont les amateurs de plein air ne sauraient se passer'.' -Humus LE GUIDE DES SITES NATURELS DU QUEBEC Magnifiquement illustré de photos couleurs et de cartes, ce guide vous pilote à travers les plus belles régions du Québec et vous propose 90 destinations.Aux descriptions vivantes s'ajoutent des renseignements sur les activités, les services, l'accès et les coûts ainsi qu'une foule d'informations variées.Indispensable! GUIDE DES SITES NATURELS DU QUÉBEC par Serge Tanguay, 12,5 x 20 cm, 256 pages.24,95 S Bon de commande GUIDE DES SITES NATURELS DU QUÉBEC x 24,95 $ = FRAIS D’ENVOI = 0$ TOTAL = Nom_ Adresse.Tél.Code postal_____ Mode de paiement ?chèque ?VISA Carte n° ?mandat ?Master Card Date d’expiration , Signature__________ Veuillez faire votre paiement à l’ordre de Éditions Michel Quintin C.P.340, Waterloo, Québec JOE 2N0 En vente en librairie ÉDITIONS MICHEL QUINTIN x Rosalie Bertel I PRIX NOBEL ALTERNATIF IMH6 SANS DANGER IMMÉDIAT ?L'AVENIR DE L’HUMANITE SUR UNE PLANÈTE RADIOACTIVE * '«iiitafc, w ROSALIE BERTELL Prix Nobel alternatif 1986 Les enjeux et les risques du nucléaire sont passés sous silence par l’establishment scientifique, politique ou militaire.Pourquoi?«Il n’y a aucun danger», «C’est la solution de l’avenir» clament les slogans publicitaires des ministères et des agences gouvernementales.Pourtant les recherches du Docteur Rosalie Bertell, Prix Nobel Alternatif 1986, et spécialiste de la question des effets biologiques des radiations de faible intensité, démontrent que l’usage accru des matières fissiles et l’accumulation des déchets radioactifs ont déjà causé et continuent de causer des dommages irréparables aux organismes vivants.La planète est en danger! Demandez à votre libraire cet essai remarquablement documenté.690 pages — 29.95$ les éditions de la pleine lune Les Editions SAINT-YVES, inc.PSYCHOTHÉRAPIE auprès des personnes âgées Bob KNIGHT (traduction: Josée Labelle) 1989, ISBN 2-89034-033-3, 21 2 pages, 24,95 $ Un livre qui fait le point sur la nature de la thérapie avec les personnes âgées en tenant compte des connaissances, des habilités et de la nature de la tâche thérapeutique.psychothérapie AUPRÈS DES PERSONNES ÂGÉES ET LE Divorce ta^çc MC \n\rakdiM pouf les parents-) LES ENFANTS ET LE DIVORCE (avec une introduction pour les parents) Richard A.GARDNER (traduction: Les traductions Sidac, inc.) 1988, ISBN 2-89034-028-7, 180 pages, 20$ Pour aider les enfants à mieux s'entendre avec leurs parents divorcés.VERS UNE MEILLEURE ÉCOUTE James J.FLOYD (traduction: Les traductions Sidac, inc.) 1988, ISBN 2-89034-032-5, 192 pages, 1 9,95 $ Êtes-vous un bon ou un mauvais auditeur?vers une meilleure ECOUTE taall* En vente chez votre LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université du Québec Tél.: (418) 657-3551, poste 2860.28 AVRIL 1989 / QUÉBEC SCIENCE gaëtan morin éditeur L'informatique.à la portée de tous.t/ORDlNATLUH ET APRÈS L’ordinateur et après : 16 thématiques sur l’informatisation de la société.Vitalis, Carrier, Hoffsaes, Blanchet, Assié, Hudon ISBN 2-89105-299-4, 302 p, 23$ Un ouvrage traitant de l'informatique comme phénomène social : impact sur l'emploi, modification des conditions de travail, impact culturel, coûts et risques, etc.La gestion de l’informatique par DBASE III Plus Decoste, Garnier, Plaisent ISBN 2-89105-291-9, 279 p., 22 $ Ne requérant aucune connaissance de base, ce livre présente le logiciel DBASE III Plus dans un langage simple et de façon extrêmement détaillée.gestion dbase in riuc Comprendre et maîtriser Lotus 1-2-3 Marion, Plaisent, Decoste, Bernard ISBN 2-89105-308-7, 373 p., 26 $ Grâce à des concepts fondamentaux clairement expliqués et des chapitres soutenus par des exercices, ce volume rend le logiciel Lotus 1-2-3 plus accessible.Microsoft Word 4.0, manuel d’applications pour IBM-PC et compatibles.Decoste, Lavoie ISBN 2-89105-307-9, 313 p., 26 $ On vous expose l'utilisation du WORD à la fois par le clavier et la souris ; une méthode pas-à-pas appuyée par de nombreux exemples de sorties d’imprimante.Roson wotu> gaëtan morin éditeur CP.180.BOUCHERVILLE, QUE., J4B 5E6 TEL.: (514) 449-2369 BON DE COMMANDE ?chèque ?payable à la livraison ?L’ordinateur et après.23 $ Nom : ?DBASE III Plus 22 $ Adresse : ?Lotus 1-2-3 26 $ ?Word 4.0 26 $ Ville : TOTAL : $ Province : Code postal : Québec-Science QUÉBEC SCIENCE / AVRIL 1989 29 Les Presses deüUniversité d’Ottawa DICTIONNAIRE DE L'AMÉRIQUE FRANÇAISE C.Dufresne, J.Grimard, A.Lapierre, P.Savard, G.Vallières Le Dictionnaire de l'Amérique française est une véritable petite encyclopédie sur la francophonie nord-américaine hors-Québec.L’ouvrage contient une douzaine d'articles de synthèse ainsi que quelque 1 850 articles portant sur des noms de lieux, de personnes, sur des institutions et des événements importants.Le Québec, principal foyer des francophones d'Amérique et centre de dispersion vers les États-Unis et le reste du Canada, est évoqué tout au long du Dictionnaire de l'Amérique française 392 pages, relié, 34,95$ (¦'L'AMERIQUE
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