Québec science, 1 janvier 1990, Janvier
3,25$CJ Volume 28.numéro 5 JANVIER 1990 > v'iiiir: FECIAL NERGIE H REGARD JR L’AVENIR DÉCENNIE DES ENJEUX >FFRE ET IA DEMANDE I ÉLECTRICITÉ JS D’EFFICACITÉ, OINS DE POLLUTION k « ÉNERGIVATEURS .’ŒUVRE ' ÏDROGÈNE: ^ WRE IA RËALITË f L’ILLUSION - ner de 2e classe, enregistrement n 1052 Port payé à Québec ' 250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1 Le défi mondial, c'est aussi notre avenir.ALCAN wÆM llume 28, numéro 5 - SOMMAIRE Janvier 1990 ARTICLES iis SPÉCIAL ÉNERGIE Plus d’efficacité, moins de pollution L’heure n’est plus aux grands travaux, mais aux petites mesures d’économie et d’efficacité énergétique.C’ est le prix de la protection de i’ environnement.Par Gilles Parent 24 Le difficile art de prévoir Est-il possible de prévoir avec précision les surplus de demande pouvant mener aux pannes électriques ?L’expérience montre que c’est plutôt difficile.Par Michel Corbeil 28 La décennie des enjeux Au cours de la dernière décennie, la consommation accrue d’énergie a engendré de sérieux problèmes environnementaux.Que nous réservent les années 90 ?Par René Vézina 34 L’hydrogène Entre la réalité et l’illusion L’hydrogène, l’élément le plus simple et le plus abondant de l’Univers, peut aussi être une source d’énergie propre.Encore faut-il commencer à s’y intéresser.Par René Vézina 41 Goodbye, 1989! Bonjour, 1990! Un test pour vérifier si vous avez bien suivi les actualités scientifiques.Par Raynald Pepin 43 Les énergivateurs à l’œuvre Pour économiser l’énergie et protéger l'environnement, il faut innover.Et les idées ne manquent pas chez ces innovateurs que l’énergie inspire.Par Gilles Drouin Page 18 irtl/i Théoriciens Radicaux -Associés Contre les Acronymes SciENTiFÎQUES B ^ CHRONIQUES 9 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Les réseaux de l'excellence Des bactéries pour déjeuner Le sauvetage du Saint-Laurent La flore et la faune : des indicateurs de toxicité Le Biodôme de Montréal 14 MICROMÉGA Dix ans de télématique nord-américaine Par Michel Saint-Germain 46 LA DIMENSION CACHÉE L’énergie qui tombe pile Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 7 COURRIER 48 EN VRAC 49 À LIRE L’énergie en héritage : Le pétrole et le gaz Atlas énergétique du Québec L’énergie au Québec L'énergie, force motrice du développement économique Energie : L’horizon canadien Energie, vers l’an 2000 Dompteurs de rivières : L’expertise du Québec en hydroélectricité 1 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 11 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1990, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l'Index de périodiques canadiens © Copyright 1990 QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC JANVIER 1990 / QUÉBEC SCIENCE 3 Une série de vulgarisation sur la science et la technologie a la fine pointe du savoir contemporain.À la portée de tous, chaque émission présente un thème unique (conquête de l'espace, atome, génétique, astronomie.) abordé sous trois aspects différents, prenant la forme de vidéoclips.* Omni science Avec Claire Pimparé .Lundi 19h30 Samedi 18h30 Radio Québec QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551-Abonnements: poste 2854 Rédaction:SCIENCE-IMPACT: (418)831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieu r : (418) 831 -0009 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION Les Communications SCIENCE-IMPACT Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Jean-Marc Carpentier, Gilles Drouin, Claude Hamelin, Nicole Lemelin, Raynald Pepin, Yves Rousseau Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Gilles Drouin, Bernard Duchesne.Claude Forand.Louise Gendron, Michel Groulx, Élaine Hémond, Madeleine Huberdeau, Jean Lalonde, Yvon Larose, Marc Ledoux.Félix Maltais.Danielle Ouellet, Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Michel Saint-Germain, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Brigitte Ostiguy Séparation de couleurs et photogravure Graphiscan liée Impression Interweb inc.PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie les gouvernements du Québec et du Canada de leur aide financière accordée respectivement dans le cadre du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique et du Programme Sciences et Culture Canada.The Membre de: Audit CPPA Bureau Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/l 1 nos): 28,00S Spécial: (2 ans/22 nos) : 49,00S Groupe: (1 an/l 1 nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À Funité: 3,25$ À l’étranger: Régulier: (1 an/l 1 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/22 nos): 68,00$ À l’unité : 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE.B.P.40, rue de la Prairie 91146 Villebon/Yvette Cedex France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE CP.250.Sillery G1T2R1 L’horizon énergétique Ce numéro de Québec Science est entièrement consacré aux questions énergétiques.L’énergie au quotidien, qui préfigure celle de demain, à travers les différents articles de nos collaborateurs.A bien y penser, la lecture de ces articles vous insufflera de l'énergie, plutôt que d’en réquisitionner! C’est ainsi que Gilles Parent élargit les nombreux gestes apparemment anodins qui composent une journée normale.Du réveil jusqu’au coucher, nos besoins en énergie pèsent lourd dans la balance environnementale.L'auteur remet en perspective le fragile équilibre entre l’énergie et F environnement.Ce grand débat aura d’ailleurs constitué le cœur du 14e congrès de la Conférence mondiale de l’énergie qui s’est tenu F automne dernier à Montréal.Des milliers de délégués de tous les coins du monde sont venus partager leur vision du développement durable, ce nouveau slogan à la mode.René Vézina, coordonnateur de ce numéro (photo), rend compte des forces parfois surprenantes qui proposent aujourd’hui leurs services pour arbitrer ce duel entre les impératifs économiques et écologiques.Quel sera le visage de F énergie de demain et, tout d’abord, y aura-t-il encore de l’énergie ?Voilà d’ailleurs une question que doivent se poser fiévreusement les planificateurs d'Hydro-Québec, coincés entre les pluies qui ne sont pas venues et le froid qui ne s'est pas fait attendre.Les turbines nous fourniront-elles l’électricité dont nous aurons besoin dans quelques jours, lorsque la demande atteindra son point culminant?Miche! Corbeil, journaliste au quotidien Le Soleil, interroge minutieusement la boule de cristal d’Hydro-Québec.Vous sentez-vous réconfortés, par les matins de grand fi-oid, de sentir que F automobile ou l’autobus dans lequel vous circulez contribue selon toute vraisemblance au réchauffement de la planète ?Les hydrocarbures mis en accusation, l’hydrogène attend en coulisse qu’on lui donne l’occasion de faire ses preuves.René Vézina explique, qu’à ce propos, la vertu seule ne suffit pas au royaume de F énergie.Serions-nous donc en train de piétiner, au moment où s’amorce la montée vers l’an 2000?Que non, s’il faut en croire les exemples de percées technologiques retenus par Gilles Drouin.L’esprit inventif des Québécois semble trouver matière à inspiration du côté de F énergie et des enjeux vitaux qui _y sont rattachés.Avec les chroniques habituelles, c’est là le menu énergisant que Québec Science vous propose en ce début d’année 1990, que nous vous souhaitons belle, bonne, et rayonnante! Jean-Marc GAGNON JANVIER 1990 / QUÉBEC SCIENCE S Qu’est-ce que le LUPUS Le Lupus est.une maladie inflammatoire chronique dont la cause est inconnue et qui peut frapper n'importe qui.Tous les organes du corps peuvent être atteints et la maladie, bénigne en certains cas, peut être grave au point de mettre la vie en danger.Pour plus d’information et pour connaître le groupe le plus près de chez vous écrivez à LUPUS CANADA C.P.3302, Succursale B Calgary, Alberta T2M 4L8 Nom Adresse Ville Code Postal Province — CANMET Centre canadien Canada Centre for de la technologie des Minerai and Energy minéraux et de l’énergie Technology L’information vaut son pesant d’or! Prenez connaissance des plus récentes techniques ayant cours dans les industries minière et minérale grâce aux quatre bases de données spécialement créées à [ cette fin par le Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET).MINTEC et MINPROC sont des bases de données bibliographiques qui contiennent des résumés d’articles publiés à l’échelle internationale dans une centaine de revues techniques faisant autorité en matière d’exploitation minière et de minéra-lurgie.Elles renferment également des renseignements sur les brevets, sur les ; rapports publiés par les laboratoires du gouvernement et de l’industrie ainsi que sur les principales présentations faites à l’occasion de conférences.Les bases de données RESMIN et RESPROC sont des répertoires annuels des projets de recherche en cours au Canada sur l’exploitation minière et le traite- ; ment des minérais.Chaque projet est classé à la fois d’après son titre et le nom 1 du responsable, la catégorie à laquelle il appartient et le produit visé.Le nom i d’une personne-ressource pour chacun des projets apparaît également.Ces bases de données sont accessibles en direct par l’entremise de QL Systems Limited, et du réseau de communication DATAPAC.CANMET fournit des ser- ; vices de recherche documentaire et, le cas échéant, des exemplaires intégraux des textes.Profitez des services d’information qui vous sont offerts.Pour plus de renseignements, s’adresser à : Division des services de bibliothèque et de documentation CANMET 555, rue Booth OTTAWA (Ontario) K1A0G1 Téléphone : (613) 995-4059 Télécopieur : (613) 952-2587 ou QL Systems Limited 275, rue Sparks, suite 901 OTTAWA (Ontario) KIR 7X9 Téléphone : (613) 238-3499 ¦ ^ ¦ Énergie, Mines et Energy, Mines and ¦ ” ¦ Ressources Canada Resources Canada L'hon.Jake Epp, Hon.Jake Epp, Ministre Minister r L'ÉNERGIE DE NOS RESSOURCES Canada NOTRE FORCE CRÉATRICE EPtLEPSY CANADA ÉPILEPSIE CANADA EPILEPSIE Participez avec nous dès maintenant Communiquez avec voire association locale 6 QUÉBECSCIENCE/JANVIER 1990 COURRIER MSPECTS (SOULÈVE DES PROTESTATIONS L’insertion dans votre édition d’octobre 1989 du publi-reportage Aspects m’a beaucoup étonné et déçu.Je présume que ia principale raison de l’y inclure était les revenus publicitaires pour Québec Science.Cela m’inquiète parce que Aspects est rédigé et publié par Energie atomique du Canada Limitée et que, par conséquent, toute l’information sur l’énergie nucléaire 'qu’il contient est biaisée et nettement cpronucléaire.Cet état de fait ne cadre Spas du tout avec l’impartialité et l’objec-itivité scientifique qu’on a su maintenir .ndans Québec Science jusqu’à présent.Le [jmagazine a-t-il une position éditoriale cpronucléaire?J’ai trouvé que cette bro-nchure n’était pas suffisamment différenciée du reste du numéro et je pense qu’elle .1 a pu amener plusieurs lecteurs à le con-‘ sidérer sur le même pied que les reportages scientifiques parus dans le même numéro.Je m’attends à ce que Québec Science m’aide à départager l’information contradictoire sur le nucléaire.Qui, par exemple, entre Énergie atomique du Canada et le professeur Rosalie Bertell, auteure de Sans danger immédiat, présente le plus d’infor- mation objective et impartiale?Qui dit vrai?Jacques Dumont Hull Je me suis aperçu, en recevant le numéro d’octobre de Québec Science, qu’on y avait joint une brochure d’Énergie atomique du Canada.Il m’est rapidement apparu que cet encart n’était qu’un outil de pure propagande.Je peux comprendre qu’une entreprise fasse la promotion de ses services par des moyens peu honnêtes, même si je trouve cela illégitime et totalement abject.Ce que je comprends moins, c’est qu’une revue comme Québec Science, qui a pour objectif d’informer le mieux possible ses abonnés, appuie une pareille campagne de désinformation.Un lecteur est alors en droit de se poser de sérieuses questions.Il est possible que le fait d’insérer Aspects dans votre revue ait pu rapporter une somme d’argent importante.Mais alors, il faut se demander si Québec Science peut troquer sa mission informative, et par extension éducative, contre la poignée de dollars que peut lui rapporter la diffusion de tissus de propagande grossière, telle qu’en contient Aspects.On ne peut se faire une opinion sûre qu’à partir d’informations indépendantes et complètes.Philippe Roy Sainte-Praxède La publication Aspects insérée dans l’édition d’octobre 1989 de Québec Science doit être considérée comme du contenu publicitaire.Par conséquent, elle ri engage aucunement la rédaction de Québec Science/ac e aux problèmes soulevés par la production d’énergie nucléaire au moyen de la filière canadienne CANDU ou autrement.À l’instar de la très grande majorité des magazines du monde occidental, Québec Science accepte l’insertion de matériel publicitaire de la part d'annonceurs qui désirent faire connaître leurs produits ou leurs services aux lecteurs.Nous estimons que l’insertion cf Aspects dans l’édition d’octobre 1989 de Québec Science ne prêtait aucunement à confusion.Elle apparaissait comme une publication absolument distincte et, d’ailleurs, excédait d’un bon centimètre les exemplaires de Québec Science dans lesquels elle était insérée.N.D.L.R.# 5 LA DIMENSION ÉCONOMIQUE DU DÉVELOPPEMENT ÉNERGÉTIQUE.Au Québec et à l’extérieur, SOQUIP est présente dans le domaine énergétique.Par des actions et des projets stratégiques, SOQUIP voit à utiliser les hydrocarbures comme levier important de notre développement économique.SOQUIPS PARTENAIRE DANS LE DÉVELOPPEMENT JANVIER 1990 / QUÉBEC SCIENCE 7 PUBLI-REPORTAGE L’ATLAS NATIONAL DU CANADA: Une tradition d’excellence qui se perpétue %- i J» l’avant-garde de la technologie géographique que, soit la version informatisée de \'Atlas national.A depuis près d’un siècle, le Canada, après la Conçu pour satisfaire les besoins des utilisateurs qui Finlande, fut le deuxième pays à publier un atlas possèdent leurs propres moyens d’affichage infor- national.matisé, Y Atlas électronique sera constitué de toutes Les deux premières éditions furent publiées en les données géographiques de Y Atlas national, en plus 1906 et en 1915.À cette époque, le Canada comp- de renseignements réunis par un nombre important tait quelque 7 millions d’habitants et on chiffrait à d'organismes gouvernementaux et privés.15 le nombre de villes dont la population dépassait L'Atlas électronique offrira toute une gamme de 25 000 habitants.L’économie canadienne reposait nouvelles possibilités.Entre autres, l’utilisateur pourra alors sur l’agriculture et les exploitations minière et choisir n’importe quelle composante d’une carte et la forestière.L’essor économique du pays dépendait de combiner avec des renseignements puisés d’autres l’existence et du développement d’un réseau de trans- sources d’informations.En plus d’assurer une mise à port adéquat, ainsi que d’une augmentation du nom- jour plus rapide des données, l’usage dynamique de bre de travailleurs.Conçues de façon à faciliter l’ac- l’information géographique permettra de recréer et cès à l’information nécessaire à la prise de décisions d’animer des images du passé, de modeler le présent judicieuses, les premières parutions de L’ATLAS et de planifier l’avènement des changements géogra-NATIONAL DU CANADA montrent un intérêt parti- phiques de l’avenir.culier pour les transports, les communications, ainsi En ce qui concerne la gestion précise et inno- que la densité et la constitution de la population.vatrice de l’information géographique, le Canada jouit En 1958, année de publication de la troisième d’une renommée internationale.Certes, le gouverne- édition, la population canadienne s’élevait à 16 millions ment canadien continuera à développer et tenir à jour et demi d'habitants, le réseau de transport s’était con- les bases de données du S.LA.N., mais la diffusion et sidérablement développé, tout comme l’activité indus- l’utilisation maximales de ce service nécessitent une trielle et les populations urbaines.participation plus active du secteur privé.En ce sens, Au cours des années suivantes, plusieurs secteurs l’élaboration d’information sur mesure et la distribution d’intérêt national éprouvent certains problèmes ou se de données dispensées par le S.LA.N.représentent lancent dans de nouveaux défis, ce qui met en évi- d'excellentes occasions pour conclure des affaires, dence la nécessité de recueillir davantage d’informa- Si le S.LA.N.travaille déjà avec des entrepreneurs tions, surtout à l’égard des questions environnemen- désireux de tirer parti de l’information et de la techno- taies et socio-économiques.Pour répondre à ces be- logie géographiques, il entrevoit avec beaucoup soins, le gouvernement canadien publie la quatrième d’intérêt la perspective d’une participation sans cesse édition de L’ATLAS NATIONAL DU CANADA en 1974.croissante avec le secteur privé.Une telle situation Depuis 1906, toutes les éditions de L’ATLAS NA- favorisera le développement de nouvelles technologies TIONAL DU CANADA ont été publiées sous forme de de pointe et engendrera la création de nouveaux volumes reliés.Parue en 1986, la dernière édition dif- marchés et de nouveaux services, ce qui sera aussi fère des précédentes, car elle s’efforce d’être plus bénéfique au monde des affaires qu’à l’ensemble des réceptive à la réalité contemporaine caractérisée par Canadiens, une évolution fulgurante des technologies de l’informa-tion et des communications.Dans cet esprit, L’ATLAS NATIONAL DU CANADA sera dorénavant une collée- Pour de plus amples renseignements, tion de cartes distinctes traitant collectivement de tous adressez-vous à: les aspects importants de la géographie canadienne.Les consommateurs peuvent donc se procurer ces Energie, Mines et Ressources Canada cartes à l’unité ou en série et les conserver dans une 580, rue Booth boîte prévue à cet effet.En tout et pour tout, Y Atlas Ottawa (Ontario) national comprendra quelque 100 cartes.^ 0E4 Le Service d’information de YAtlas national (S.I.A.N.) S’affaire présentement à la mise sur pied des Énergie.Mines e, Energy.Mmes and Pancrl'â1 bases de données qui constitueront LAf/aS é/eefron/- B" Ressources Canada Resources Canada IdLld 8 QUÉBECSC1ENCE/JANVIER 1990 Actualité par l’Agence Science-Presse l'W' es quatorze réseaux de centres I d’excellence, dont le ministre J1 A d’État en sciences et technologie, William Winegard, avait annoncé la formation à la fin d’octobre, regroupent maintenant une imposante masse critique des meilleurs cerveaux du Canada, soit quelque 500 cher-: cheurs de 34 universités participantes maillées avec des laboratoires des ; secteurs public et privé.Le Québec a i obtenu la direction de 5 des 14 réseaux let environ 27 % du budget, bien qu’il m’ait soumis que 21 % des projets.Au lieu de concentrer, comme d’ont fait les États-Unis, les meilleures têtes dans une même institution, Ottawa a choisi la formule du réseau qui associe plusieurs universités ainsi ‘.que des laboratoires privés et gouvernementaux.Le programme fédéral sera doté d’un budget de 240 millions de dollars réparti sur cinq ans.Cette formule, inspirée de deux expériences réussies (l’une de l’Institut canadien de recherches avancées, l’autre du gouvernement ontarien), tient compte des réalités régionales du pays.Lors de la divulgation des 14 réseaux choisis, le ministre Winegard a souligné que « toutes les régions du Canada et presque toutes les grandes universités font partie des réseaux sélectionnés».De ces 14 réseaux, la moitié concerne les sciences biologiques et médicales, l’autre moitié, les sciences physiques et le génie.L’Université McGill assume, tout comme l’Université de la Colombie-Britannique, la direction de trois réseaux.Pour sa part, l’Université Laval est l’université francophone qui participe au plus grand nombre de réseaux, soit 10, avec 28 chercheurs.L’Université McGill suit immédiatement avec une participation à neuf réseaux, et l’Université de Montréal (École Polytechnique et Institut de recherches cliniques de Montréal) avec sept.L’Université du Québec et - ses constituantes participent à cinq : réseaux, Concordia et Sherbrooke, ! à deux chacune.Les réseaux de l’excellence 1 Les universités et les laboratoires privés et gouvernementaux du Canada mettront en commun leurs meilleurs chercheurs en sciences.L’Université Laval (notre photo) participe à 10 de ces réseaux de centres d’excellence nouvellement formés.L’unique réseau de centres d’excellence en recherches spatiales sera celui présenté et administré par l’Université de Calgary, qui regroupe 36 chercheurs, six universités, cinq entreprises et trois laboratoires fédéraux.Fort d’un appui financier de près de 1,7 million de dollars de la part de l’industrie, ce projet incluait un budget de 27 millions de dollars.Il sera axé sur l’étude des processus et phénomènes qui se produisent dans les atmosphères moyenne et supérieure.C’est la grande cohésion du groupe, dont plusieurs membres ont déjà travaillé ensemble, ainsi que son minutieux plan de gestion, qui semblent avoir impressionné favorablement le jury d’experts internationaux.Par contre, deux importants aspects semblent avoir fait défaut au projet Organisation canadienne de recherche en aérospatiale (OCRA) parrainé conjointement par l’École Polytechnique de Montréal et l’Université de Toronto.Un chercheur bien au fait de la sélection des réseaux, qui préfère garder l’anonymat, a dit qu’OCRA avait eu le désavantage d’être mal ciblé et d’avoir vu trop grand, mettant dans un même projet la médecine de l’aviation, le droit aérien et spatial, le génie aéronautique ainsi que les technologies spatiales.Le nouveau programme des réseaux de centres d’excellence veut développer avant tout la recherche thématique afin de ne pas faire double emploi avec la recherche subventionnée par les trois conseils fédéraux (CRSH, CRM et CRSNG).Françoise Cote JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 9 Université Laval DES BACTERIES POUR DEJEUNER —~7T .il \ Bientôt, des yogourts aptes à enrayer la constipation et les gastro-entérites feront leur apparition sur le marché.Très populaire au Japon et en Europe, le yogourt aux bifidobactéries fera son apparition sur notre marché d’ici quelques années.Des chercheurs du Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA) d’Agriculture Canada, à Saint-Hyacinthe, travaillent en effet à la production de yogourts et de laits fermentés à base de bifidobactéries, des bactéries très utiles pour lutter contre la constipation et les gastroentérites.C’est là un projet qui intéresse particulièrement les grandes compagnies laitières.Les bifidobactéries se retrouvent surtout à l’intérieur du système digestif.Chez les nouveau-nés alimentés au sein, la flore intestinale est même dominée par les bifidobactéries.Mais à mesure que le bébé vieillit et que son alimentation change, la flore varie.Chez l’adulte, cette population devient très restreinte.Biologiquement, les bifidobactéries favorisent l’élimination des matières fécales et sont donc très utiles pour prévenir la constipation.L’activité bactérienne acidifie l’intérieur du tube digestif.«Cette acidification engendre un mouvement ondulatoire de la paroi digestive.Cette onde se dirige vers l’anus et pousse le contenu intestinal vers l’extérieur», explique le Dr Denis Roy, du CRDA.Dans le cas d’un laxatif naturel comme le lactulose, les bactéries ont la capacité de transformer ce sucre qui est normalement indigestible chez un adulte.La baisse de l’acidité qui en résulte entraîne l’élimination des matières fécales récalcitrantes.Selon le spécialiste, les bifidobactéries combattent également les levures ainsi que d’autres bactéries pathogènes qui pourraient prendre le contrôle du système digestif.On croit même qu’elles activent le système immunitaire et qu’elles ont des propriétés antitumorales.Au Centre de recherche de Saint-Hyacinthe, le Dr Roy travaille sur quatre espèces de bifidobactéries d’origine humaine.Son objectif: bien les connaître afin de pouvoir les identifier rapidement et les cultiver à grande échelle.L’expertise acquise par Agriculture Canada servira à toute l’industrie laitière.«Il faut mettre au point des méthodes de classification et de multiplication afin que les espèces les plus performantes soient utilisées dans la production de yogourts et de laits maternisés», précise-t-il.De tels yogourts, en plus de diminuer la constipation, auraient aussi des effets secondaires très positifs.Par exemple, le métabolisme des bifidobactéries produit des vitamines qui sont libérées puis absorbées par le tube digestif.Pour les personnes âgées, cet apport vitaminique n’est pas sans intérêt.Depuis trois ans, les yogourts aux bifidobactéries ont pris la plus grande part du marché en France.Ce n’est sans doute qu’une question de temps avant que nous en fassions autant.Alan Mc Leai ! I U’AUTOBUS RETROUVE SON ÉNERGIE Une énergie énorme est perdue chaque fois qu’un autobus freine.Et les autobus freinent souvent ! Or, voici que des ingénieurs de la firme Volvo ont mis au point un système qui permet de récupérer cette énergie Baptisé Cumulo, ce système capture l’énergie de la rotation de l’arbre de transmission lorsque l’autobus freine, l’emmagasine dans un accumu lateur hydraulique, puis la restitue lorsque l’autobus démarre.Lorsqu’un autobus plein de passagers freine de 45 à 0 km/h, Cumulo emmagasine suffisamment d’énergie pour propulse l’autobus jusqu’à 35 km/h.Après quoi, le moteur prend la relève.Selon Volvo, Cumulo réduit la consommation d’essence de 30%.Le système a été testé sur 20 autobus suédois cet automne, et pourrait être sur le marché dès l’an prochain.10 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 1 LE SAUVETAGE DU SAINT-LAURENT 21» 1.s En matière de restauration du fleuve ion i Saint-Laurent, nous ne sommes pas [rendus bien loin.En fait, les spécialistes n’en sont qu’à l’ébauche d’un bilan de la dégradation du fleuve, a-t-on constaté lors d’un récent r symposium organisé à Montréal par l’Association des biologistes du Québec et le Centre Saint-Laurent d’Environnement Canada.Malgré , lies milliers de données récoltées sur le Saint-Laurent, les chercheurs n’ont pi5encore qu’une faible idée de ses ota ressources biologiques, des éléments toxiques qu’il recèle, des zones polluées ainsi que des habitats critiques pour la faune et la flore.Mais les chercheurs sont tous conscients qu’il faut agir: «L’approche scientifique consistant à mesurer la pollution en parties par million est totalement dépassée.La seule chose à faire, c’est d’arrêter de polluer avant qu’il ne soit trop tard», affirme Michel Lamontagne, du Centre Saint-Laurent.L’action la plus directe pour améliorer la qualité du fleuve, c’est de réduire la pollution à la source.L’objectif des ministères fédéral et provincial est d’amener les industries à I [tSll r:.fesl I kC £.O;.i® « Klj* Jll® t IIS ï» 1K 1 pour la section «messages») ou une lettre a (par exemple: , pour «retour au menu ri précédent » ou pour « top menu » ou 1 menu principal).Comme pour une con-versation téléphonique, on déconnecte 'I avec .Plusieurs logiciels ont été créés pour ij guider l’utilisateur et lui permettre de tirer n meilleur parti du service.Conçus pour ) compatibles IBM, TAPCIS (75 SUS) et 7 AUTOSIG (gratuit) automatisent l’entrée 1 et la mise à jour dans les forums choisis: à partir d’une seule commande, le logiciel les à parcourt à toute vitesse, ramasse le courrier 1 et fait un bilan des frais d’accès encourus.I II permet ainsi de lire les messages et d’y à répondre en différé et, dans un troisième £ temps, d’expédier les réponses dans le ou : les forums correspondants.Il signale égale-; ment les nouveaux documents et logiciels r inscrits depuis le dernier accès.CompuServe commercialise son propre (.logiciel pour compatibles IBM, Profes->i sional Connection (49.95SUS), qui est un 1 logiciel de communication honnête.La 3' version Macintosh, appelée Navigator t (99,95$ US), est dotée d'une interface et de fonctions plus avancées, et peut même t fonctionner en arrière-plan.CompuServe s’apprête toutefois à mettre en marché le CompuServe Information Manager, un nouveau logiciel qui.dit-on, n'aura rien à n envier à TAPCIS et autres.INFOPUQ: CINQ ANS DÉJÀ ; Les utilisateurs québécois de la télématique ne sont pas en reste.Depuis cinq ans.INFOPUQ, le service télématique des - Presses de l’Université du Québec, leur offre des forums sur la géographie, les loisirs scientifiques, la toponymie québécoise et la sexualité, de même que des jeux-questionnaires.Banque multiformat, INFQPUQ INFOPUQ donne également accès à tous les services ALEX de Bell Canada, même en dehors de la région montréalaise.INFOPUQ permet de commander des disquettes de logiciels du domaine public, et ses téléconférences du mardi provoquent des débats sur des questions sociales ou techniques.Notre collaborateur, Jean Lalonde, répond d’ailleurs en direct, le premier mardi du mois, à des questions sur la micro-informatique.Le serveur assume la liaison avec des banques françaises d’information scientifique et technique.Le service Télécote donne les cours des bourses nord-américaines.SIGIRD, la banque de données bibliographiques de l’Université du Québec, est également au menu.Fait plutôt rare, le courrier électronique d’INFOPUQ permet l'utilisation de caractères accentués.Il y a deux façons de rejoindre INFOPUQ: au moyen d’un terminal ALEX (ou de son logiciel d’émulation), ou à l’aide d’un micro-ordinateur équipé d’un logiciel de communication.Les frais d’adhésion au service INFOPUQ sont de 35$ elles frais mensuels, de 1 $.Selon l’application et l’heure de la journée, les tarifs d’utilisation peuvent varier de 6$ à 15$ l’heure.ET LE PLUS JEUNE : AMI l INFORMATIONS Accessible directement pour les utilisateurs de la région de Québec, et par interurbain pour les autres, le service AMI a été lancé en décembre 1988 par un ex-collaborateur de Québec Science, François Picard (qui a d’ailleurs mis sur pied INFOPUQ).Science, technologie, santé et micro-informatique figurent au menu.Le service offre la possibilité de télécharger des logiciels et des dessins.Le service de courrier électronique accepte, lui aussi, les caractères accentués et effectue même leur conversion FL M automatique entre les différents types d’ordinateurs.AMI est doté de capacités graphiques et offre une messagerie en direct.L’abonnement est de 60$ par année et donne droit à 20 minutes d’utilisation par jour (ou davantage, moyennant un supplément de 5$ l’heure).Les utilisateurs d’un IBM PC ou d’un compatible reçoivent, gratuitement, un logiciel de communication avec éditeur intégré.Par interurbain, une heure de communication avec AMI, tous frais compris, revient entre 4$ et 14$, à partir de 23 h, un prix concurrentiel avec celui des autres services, y compris le vidéotex.LE FAX D’ALEX Si vous avez un besoin occasionnel de télécopie mais que vous hésitez à acheter un appareil, TéléFax vous permet de le faire sur ALEX 3.Au moyen du terminal ALEXtel ou d’une version modifiée du logiciel d’émulation, version IBM, il est possible de télécharger vos messages à raison de 0,30$ la minute.La première minute étant gratuite, le coût est fort avantageux si l’on transmet de courts fichiers.Il est important de rédiger son texte à l’avance et de se familiariser avec les touches de fonction.Contrairement aux autres services analogues (CompuServe, CNCP, etc.), TéléFax permet l’envoi de textes accentués.Pour en savoir davantage: CompuServe Information Services Dept.L Box Ail P.O.Box 18161 Columbus, OH 43272-4630 (614) 457-0802 INFOPUQ 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V2M3 (418) 657-3551 AMI Picsha enr.C.P.240 Saint-Isidore (Québec) G0S 2S0 (418) 882-5214 TéléFax S.E.I.B.inc.1213, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2L 2H1 (514) 597-1542 et 523-3854 Vous pouvez m’écrire à Québec Science ou par courrier électronique sur INFOPUQ (code QC10143) et CompuServe (code: 76606,671).JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 15 1 Chaque anneed pu affaires pour s’associe au milieu récompensent décerner d®s P exceptionnelle a la d'unec'a^neteso'^^J^'^^ accordes une bourse de 2 5uu $ Université de Montfêal professeur titulaire eeneurocirutp Université de Montréal GILLES FONTAINE Ktroptrg* “«Suffis - Lauréat Taos.JEAN-MARC ROU5S^0l|œSeÏÏ'S1Se p.t de Pfotesseur wuiai^ Université de Montrée Le Devoir ruv ROCHER, sociologue GUY Prolesieurtituarre HENRI 00RI0N Musée de la civilisation Prix d’excellence étudiants-chercheurs Laureate 1989- FRANCINE GODIN, étudiante prjX d’excellence I é‘Udian‘t"s9:| FRANCOIS BÉOARO, étudianl eteentredfrSSS liW Canada rcscTtéürpCsont destipes du Canada p,i, Michel-Jurdent Lauréats 1989il0RÉlESS|ER,Ctiimii PETER G.C, CAMPBELL, ^""prolesseure ctie BB'mm îiïïrfmünsp Sel vSoa r V,ères tfaitribiitionjet Critère fj: .^r.- ,M^es-4n-eartl f ^grfJninditaÇM U^t^^nQuébéc) I ^ ^ 342-1411 H3T1B7 SainWcatnerine Mean Itee Que nous réservent les années 90 en matière énergétique?Qu’en pensent les principaux acteurs et décideurs publics?Quelle sera l’importance de l’électricité dans le bilan énergétique du Québec?Y a-t-il des moyens de contrer les effets souvent néfastes sur l’environnement qu’engendre la production d’énergie?Qui emportera la partie: l’économie ou l’écologie?Que penser des innovations qui se réalisent dans les coulisses de l’énergie?Et cette avenue, l’utilisation de l’hydrogène, est-elle digne d’intérêt?Ce numéro spécial veut répondre à ces grandes questions de l’heure, des questions qui prennent forme au coeur du quotidien même. PLUS D’EFFICACITE, MOINS DE POLLUTION L’efficacité énergétique est maintenant synonyme d’économie et.de conservation de l’environnement.Après les grands chantiers, il faut maintenant multiplier les petites mesures énergifficaces.par Gilles Parent Depuis juin dernier, la ville de Montréal a trouvé une façon de protéger l’environnement tout en économisant 14 millions de kilowattheures par année, une affaire de 1,6 million de dollars.La solution ?Il s’agit tout simplement de changer les luminaires qui éclairent les rues.Les ampoules des modèles actuels fonctionnent au mercure, tandis que les nouveaux modèles, beaucoup plus sobres (ils consomment environ 50% moins d’énergie), utilisent le sodium à haute pression.« Au début, explique fièrement Claude Cossette, ingénieur, chef de la Division circulation au Service des travaux publics à la ville de Montréal, notre programme de conversion graduelle s’échelonnait sur 20 ans.Nous avons décidé de donner un coup de barre et avons ramené cette échéance à un an.» D’ici le printemps prochain, tous les luminaires de la métropole fonctionnant au mercure, soit quelques 45 000 unités, auront fait peau neuve.L’investissement de presque 8 millions de dollars sera amorti en moins de sept ans.L’initiative est intéressante sur le plan économique; mais comment réussit-on à protéger l’environnement en changeant un luminaire?D’abord, il faut dire que la ville de Montréal n’a pas agi uniquement pour protéger l’environnement.«Les bénéfices pour l’environnement ne faisaient pas partie de l’étude de faisabilité que nous avons remise aux dirigeants de la ville, mais nous avons souligné cet avantage d’une manière verbale», précise Claude Cossette.C’est à un niveau plus global que les choses se passent.«Il est impossible de produire et de consommer de l’énergie sans causer de sérieux dommages à l’environnement», explique pour sa part Sohell Zariffa, directeur du Bureau d’efficacité énergétique d’Énergie et Ressources Québec.«Alors la solution la plus simple s’impose d’elle-même: moins consommer pour moins polluer.» o CD O UNE JOURNÉE ÉNERGÉTIQUE Vous avez des doutes sur l’énergie qui pollue?Il suffit de passer en revue quelques-unes de nos activités quotidiennes sous l’angle environnement-énergie.Dès le début d’une journée type, après la sonnerie du réveille-matin, entre la douche et le café, l’électricité rend les petits matins plus agréables.En mangeant ses rôties, on ne se doute sûrement pas qu’à des milliers de kilomètres de chez soi, des autochtones ont dû modifier leur régime alimentaire à cause des barrages hydroélectriques.Le fait d’inonder d’immenses superficies touche en profondeur les écosystèmes.Dans les réservoirs nouvellement créés, des échanges chimiques libèrent 18 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 IIP il leifüflL ‘ J eotiHII iieniSj jjOlPI le cft [jifc'l L(;j |i#j i),Slt|lî| le mercure présent à l’état naturel dans le sol.Les poissons sont contaminés et le mode de vie traditionnel des autochtones est bouleversé.Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que ceux-ci s’objectent au harnachement d’autres rivières, même si on leur offre des compensations monétaires.Il est temps de quitter la maison pour se rendre au travail.En sortant, on jettera peut-être un coup d’œil rapide à cette ligne à haute tension qui masque le paysage.Partant des vastes étendues nordiques pour se rendre jusqu’à nos maisons, les lignes de transmission et de distribution causent une série de problèmes, allant de la pollution visuelle jusqu’à l’empiétement sur les terres agricoles, en passant par les tensions parasites qui affectent parfois le bétail.Et il n’y a pas que le bétail.On croit que les gens habitant à proximité des lignes de transmission électriques pourraient être plus susceptibles de développer certaines affections allant jusqu’au cancer.Des études se poursuivent à ce sujet.Par ailleurs, sans vouloir tourner le fer dans la plaie et revenir sur l’incendie de Saint-Basile-le-Grand, il faut savoir qu’une grande partie des BPC qui y étaient entreposés provenait d’Hydro-Québec.Voilà pour l’énergie propre, propre, propre.GRANDEUR ET MÉFAITS DU PÉTROLE Le moteur V-6 turbocompressé de votre voiture démarre au quart de tour.Claude Cassette, ingénieur à la ville de Montréal, est responsable de l’installation des luminaires fonctionnant au sodium à haute pression, une initiative qui offre des avantages à la fois économiques et environnementaux.Pendant le trajet, vous aurez tout le temps de réfléchir aux impacts environnementaux de l’utilisation du pétrole, surtout si vous vous faites prendre dans un de ces bouchons de la circulation.D’abord, il y a l’inévitable monoxyde de carbone, qui nous affecte d’une manière ponctuelle et dont la présence se fait surtout sentir le long des voies très empruntées.11 ne faut pas oublier non plus les hydrocarbures imbrûlés et le benzène, deux types de cancérigènes connus.Il y a ensuite les JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 19 polluants issus de transformations chimiques subséquentes: l’ozone, un oxydant qui affecte autant la santé humaine que les productions végétales, et les oxydes d’azote, qui sont associés à un fléau bien connu au Québec : les pluies acides.Et, bien sûr, le dernier mais non le moindre, le gaz carbonique (C02), associé à l’effet de serre.Vous voilà enfin engagé sur un des nombreux ponts qui enjambent le Saint-Laurent.Au cours de l’une de ces traversées, le printemps dernier, on vous avait appris à la radio la catastrophe de VExxon Valdez : 35 000 tonnes de pétrole déversées dans un environnement arctique très vulnérable.S’il fallait qu’un pétrolier s’échoue dans le Saint-Laurent et en pollue les rives sur des dizaines de kilomètres, la catastrophe serait terrible.Et il n’y a pas que les déversements majeurs.Pendant les huit premiers mois de 1989, une soixantaine de déversements pétroliers de moindre importance ont été enregistrés à la station d’épuration de Rivières-des-Prairies qui traite les eaux usées de la Communauté urbaine de Montréal.L’unité d’Urgence-Environnement, qui couvre le territoire de la métropole, répond également à plus de 200 appels par année pour ce genre de problème.Avec un léger retard, vous entamez maintenant votre journée de travail.À l’heure du lunch, les conversations des collègues de travail, toutes axées sur la consommation de biens, vous laisseront peut-être croire que les économies d’énergie sont choses du passé.Ce n’est pas tout à fait faux, car on a réussi à économiser environ 30% de la consommation énergétique entre 1975 et 1987.La consommation de 1988, elle, accuse une hausse de 11 %.La crise de l’énergie paraît déjà loin.TRACY LA MAL-AIMÉE Déjà deux heures ! Il vous faut filer en vitesse vers Sorel pour un rendez-vous d’affaires.En passant à Tracy, il est facile de remarquer un bâtiment massif, flanqué de quatre immenses cheminées.Il s’agit d’une centrale thermique où l’on brûle du pétrole pour actionner des turbines géantes qui produisent à leur tour de l’électricité.Les Québé- : -AA: cois, champions de l’hydroélectricité, en sont maintenant réduits à brûler des combustibles fossiles pour produire de l’énergie électrique ! On manque d’eau dans les réservoirs parce que les précipitations sont beaucoup moins considérables que prévu.Les barrages ne suffisent plus à la demande.Le problème le plus évident à Tracy, c’est qu’en brûlant tout ce pétrole, la centrale produit suffisamment d’anhydride sulfureux pour remettre en question la réalisation de nos objectifs de réduction de ce polluant, dans notre lutte aux pluies acides.Les liens entre énergie et environnement deviennent ici plus complexes.Si la centrale de Tracy cause une pollution évidente, l’ensemble du réseau est, de son côté, victime des rejets polluants.En fait, il pourrait s’agir d’un cercle vicieux: en utilisant massivement des combustibles fossiles, à travers le monde, on a provoqué un réchauffement de la planète, une baisse des précipitations dans les Le 24 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s’échouait à quelques kilomètres du port de Valdez, dans l’Arctique.Le déversement de pétrole qui a suivi a provoqué une catastrophe environnementale encore jamais vue.réservoirs et un manque à gagner dans la production d’énergie.On doit alors, au Québec, se tourner vers la centrale thermique de Tracy laquelle, en brûlant du pétrole, boucle la boucle et aggrave la situation.La centrale de Tracy ne sera-t-elle en activité que quelques mois, le temps de voir les niveaux d’eau remonter dans les réservoirs, ou bien s’agit-il d'un début d'effet de serre, annoncé par les sécheresses et les températures clémentes des dernières années ?«Il est possible qu’il s’agisse d’un phénomène passager, comme la sécheresse des années 30.Mais, même si la situation revenait à la normale, l’effet de serre aura un jour des 20 QUÉBEC SCIENCE /J AN VIER 1990 Sygma conséquences sur le fonctionnement des barrages hydroélectriques», explique Richard Gilbert, de la firme Météoglobe.Cette entreprise, spécialisée dans les études climatiques, s’est justement vu confier le mandat, par Environnement Canada, de préciser ces conséquences pour les 13 principaux bassins du réseau situés au nord du 49e parallèle.L’ÉNIGME DES RÉSERVES D’EAU Trois modèles mathématiques ont été utilisés.L’augmentation des températures varie entre 3 °C et 7 °C, selon les hypothèses, tandis que celle des précipitations se situerait entre 6% et 14%.Cependant, la hausse des températures et des précipitations peut être compensée par une évaporation accrue au-dessus des bassins qui contribue à la baisse du niveau d’eau.Résultat: dans deux cas sur trois, le bilan équivaut à une baisse de 5 % de l’apport net en eau des bassins (ANEB) tandis que le troisième modèle conclut plutôt à une hausse de 6% de T ANEB.Une diminution des besoins de chauffage l’hiver et une hausse de la climatisation en été pourraient cependant influencer ces données.«L’effet de serre pourrait nous rendre la vie plus facile en diminuant les pointes d’hiver», affirme Gaétan Guertin, chef de service à la vice-présidence Environnement chez Hydro-Québec.«A part les dommages possibles à certains barrages dans le sud, si le niveau des eaux augmente, nous n’entrevoyons pas de problèmes majeurs.» De son côté, Richard Gilbert se fait plus prudent et n’écarte pas le spectre des bassins insuffisamment remplis à cause d’un réchauffement climatique.Reste à voir si Hydro-Québec donnera suite à l’initiative d’Environnement Canada, en précisant par d’autres études les effets du réchauffement des climats sur le niveau d’eau des bassins.Indépendamment de son influence sur la production d’hydroélectricité, le CO,demeure l’ennemi public numéro un.Sa concentration dans l’atmosphère a augmenté plus vite au cours des dernières décennies que pendant les siècles qui ont précédé.Cancers de la peau, sécheresses, inondations sont au nombre des fléaux associés à sa présence.En 1988, les plus grands spécialistes de la question se sont réunis à Toronto.Leur conclusion : il faut diminuer de 20% la quantité de CO, émise.MÉGAWATTS OU «NÉGAWATTS»?Comment y parvenir?Certains optent pour le nucléaire sans trop savoir comment payer la note et faire face à l’effet Tchernobyl.Il y a l’hydrogène, mais ce n’est pas pour demain.«Presque les trois quarts de la diminution suggérée lors du colloque de Toronto peuvent être obtenus avec les économies d’énergie, lance Sohell Zariffa.Notre parc automobile est deux fois moins efficace que celui des Européens.» Des moteurs plus performants, la pose de déflecteurs sur les camions semi-remorques, une meilleure planification des trajets sont au nombre des mesures qui nous permettraient d’atteindre cet objectif.«Il est possible d’économiser 80 % de tout le pétrole et 75 % de toute l’électricité consommée à l’heure actuelle aux États-Unis», affirme pour sa part Amory Lovins, le gourou américain des économies d’énergie.Au niveau de la planète, une augmentation de seulement 2% de l’efficacité énergétique suffirait à freiner la hausse des concentrations de gaz carbonique.Depuis 13 ans, M.Lovins parcourt le monde pour convaincre les décideurs de comparer les coûts d’une meilleure utilisation de l’énergie, dont nous disposons déjà, au coût d’une production accrue.Il arrive à des chiffres renversants : économiser un baril de pétrole coûte 2,50$US, six à sept fois moins cher que la production du même baril; économiser un kilowattheure d’électricité coûte un demi-cent américain, au moins 10 fois moins cher qu’un kilowattheure vendu.Présentement, aux États-Unis, lorsqu’une entreprise de services publics se rend compte que la demande risque d’excéder l’offre, le nec plus ultra est d’aller en soumission pour demander à des entreprises privées ou publiques de proposer différents projets d’économie ALERT H.W.T./T.N.-J SABLE ISLAND N.8./N.E.IIAUNA 1085 YEAR / ANNEE Résultats des prélèvements des échantillons d’air effectués par Environnement Canada à trois stations.Ces relevés indiquent que la concentration en gaz carbonique en parties par million (ppm), à l’échelle mondiale, augmente de façon continue depuis 1958.L’accroissement du C02suscite de vives inquiétudes puisqu’il favorise l’effet de serre et modifie le climat mondial.L’utilisation de mazout, de gaz et d’essence pour répondre à la demande d’énergie, et le déboisement du globe contribuent grandement à cette augmentation.JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 21 Environnement Canada d’énergie, au lieu de la construction de nouvelles centrales.Que pense Amory Lovins de la situation québécoise?«Le Québec a deux avantages importants : il possède des barrages construits et payés depuis longtemps qui fournissent de l’énergie à bon marché, et.une mauvaise efficacité énergétique ! Il serait possible d’économiser suffisamment d’énergie pour constituer des surplus à revendre aux Américains avec un maximum de profit», explique-t-il.DES BÉNÉFICES POUR L’ENVIRONNEMENT Et l’environnement dans tout ça?Eh bien, si on appliquait un remède semblable aux régions du Midwest où l’on brûle du charbon pour produire de l’électricité, la pollution diminuerait de façon radicale tout comme les retombées acides qui affectent entre autres nos érables.Incroyable l’effet que peut avoir une seule de ces nouvelles ampoules fluorescentes compactes de 18 watts remplaçant une ampoule traditionnelle de 75 watts.Pendant sa durée de vie, qui est de 13 fois supérieure à celle des ampoules actuelles, elle peut empêcher une centrale au charbon typique de dégager une tonne de CO,, huit kilos d’anhydride sulfureux, ainsi qu’une quantité appréciable d’oxydes d'azote et de métaux lourds.Si la centrale fonctionne au pétrole, comme celle de Tracy, on parle d’une économie d’énergie de 200 litres (1,25 baril).Bien sûr, on ne peut ainsi éliminer toutes les centrales au charbon.Mais les sommes économisées seraient telles que les centrales qui resteraient en activité pourraient être dotées des meilleurs équipements antipollution, sans qu’il en coûte quoi que ce soit.Quelle que soit la filière suivie, les bénéfices pour l’environnement de l’efficacité énergétique sont impressionnants.Malgré tous ces avantages, le réflexe de favoriser l’efficacité énergétique avant le développement de nouvelles sources d’approvisionnement tarde à se manifester.Par exemple, lors du congrès de la Conférence mondiale sur l’énergie, qui s’est tenu à Montréal 3^, ¦ Amory Lovins, gourou américain et ardent défenseur des économies d'énergie : «Il serait possible, pour le Québec, d’économiser suffisamment d’énergie pour constituer des surplus à revendre aux Américains avec un maximum de profit.» en septembre dernier, il y avait moins de 10 experts en efficacité énergétique sur.3 000 participants.Au ministère québécois de l’Énergie et des Ressources, on ne cesse de diminuer les budgets consacrés aux économies d’énergie.L’équivalent ontarien du Bureau d’efficacité énergétique a des budgets sept fois plus élevés que son pendant québécois.Chez Hydro-Québec, on sent qu’un tournant s’amorce.«L’efficacité énergétique, précise Gaétan Guertin d’Hydro-Québec, est sans doute la meilleure façon de protéger l’environnement.Jusqu’à maintenant, nous nous sommes moins préoccupés de ces questions parce nous avions des surplus à écouler.Ce n’est plus le cas actuellement.» Il serait intéressant de voir la société d’État comparer les coûts de construction d’un barrage comme l’Ashuapmushuan, contesté par les environnementalistes, avec l’économie d’une quantité d’énergie comparable.Ou encore de consacrer des sommes à la conversion des luminaires au sodium à haute pression comme le fait Hydro-Ontario.DES MESURES QUI FONT BOULE DE NEIGE Un des obstacles au développement de l’efficacité énergétique est que celle-ci repose sur des centaines de petites mesures décentralisées.11 est souvent plus tentant de promouvoir la construction d’un gros ouvrage en béton, plus facile à visualiser, que le changement de milliers de luminaires, de contrôles électroniques, de matériaux isolants éparpillés à gauche et à droite.Par exemple, on obtient plus facilement un prêt pour acheter une nouvelle chaudière en montrant au gérant de banque une brochure quatre couleurs ! illustrant l’objet en question, qu’en parlant d’une dizaine de petites inter- j vendons difficiles à comptabiliser.«On doit tout simplement s’habituer à I appliquer une multitude de petites mesures, affirme Amory Lovins.En plus des avantages économiques, on obtient des résultats sûrs et rapides qui compensent les inconvénients.» C’est justement ce que continue de faire avec acharnement Claude Cossette, dans son bureau situé à quelques dizaines de rues et quelques centaines de lampadaires du siège social d’Hydro-Québec à Montréal.Après la conversion au sodium, cet ingénieur a trouvé le moyen de rationaliser davantage.«On s’attend à une diminution de l’énergie de 39% et à des économies de 1,6 million de dollars tout en améliorant la qualité de l’éclairage.» Finis les modèles de lampadaires peu efficaces qui éclairent vers le ciel.Bientôt, Claude Cossette s’attaquera aux feux de circulation qui j seront dotés de nouveaux contrôles électroniques.Les temps de parcours -seront diminués, et il y aura économie d’énergie.?Pour en savoir davantage : Plusieurs fiches techniques sont disponibles au : Bureau d’efficacité énergétique 425, rue Viger Ouest Montréal (Québec) H2Z 1W9 Tél.: (514) 873-5463 Différents documents techniques sur l’efficacité énergétique, dont un bulletin destiné aux gestionnaires et intitulé Competitek, sont disponibles en anglais au centre de recherche d’Amory Lovins : Rocky Mountain Institute 1739, Snowmass Creek Road Old Snowmass Colorado 81654-9199 USA QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 L ÉNERGIE WjlT* ^ mÆf - Tri DU DÉVELOPPEMENT ECONOMIQUE Québec Énergie et Ressources Québec ¦5*P*S* • * ¦ Pour un développement durable Photo; Hydro Québec LE DIFFICILE ART DE PREVOIR Il semble difficile, voire impossible d’anticiper avec justesse les besoins en électricité.Il faut pourtant continuer d’essayer afin de limiter les coups durs.par Michel CORBEIL Chaque année, Hydro-Québec déploie un bataillon d’experts pour prévoir la demande d’électricité.Chaque fois, la société d’Etat semble perdre la guerre : d’un plan de développement à l’autre, ses savants calculs sont déjoués.Ainsi, au début des années 80, Hydro-Québec a systématiquement surestimé les besoins à satisfaire.Depuis 1984, elle a sombré dans le mal contraire.Selon les plans de développement élaborés par M.Danny Bélanger, membre du Groupe de recherche en économie d’énergie et ressources naturelles (GREEN) de l’Université Laval, Hydro-Québec a vendu, entre 1981 et 1983, 14,6 térawattheures (TWh) -14,6 milliards de kilowattheures ! -de moins que les besoins prioritaires prévus.Mais de 1984 à 1988, la réalité a dépassé cette fois de 28,3 TWh les pronostics sur les besoins québécois -le même élément n’a pu être isolé exactement.Jeu d’intellectuels?Dans le domaine de l’énergie, il s’écoule une décennie entre le début d’un projet et sa mise en production.De quoi hypothéquer l’avenir d’une collectivité, s’il y a faute grave.A court terme, si les erreurs de tir ne compromettent pas nécessairement l’approvisionnement en énergie des clients d’Hydro-Québec, elles coûtent cher à cette vache à lait du Trésor québécois.Faute de pouvoir la produire elle-même, Hydro-Québec a commencé à acheter, en 1989, de grandes quantités d’électricité à ses voisins.Une manne de 100 à 200 millions de dollars, répartie sur deux ans, dont bénéficieront, entre autres, le Nouveau-Brunswick et des compagnies privées des États-Unis.Pour économiser l’eau de ses bassins, Hydro-Québec a aussi été contrainte de remettre en grande vitesse la centrale thermique de Tracy.Bien sûr, ce n’est pas de l’hydroélectricité propre, propre.Ce qui risque de faire mal davantage à la Société, c’est la facture: 126 millions de dollars en 1990.Imaginez: pour 1989, Hydro-Québec avait alloué un petit budget de 8 millions de dollars à la centrale mue t immai fff fl4 • • •««•¦••IM »• Ttm » C l*i **• I •M f «ow.-bp Ka *« MJ Ht t m.» tiii ¦ ¦¦¦HB * ¦* «B» v.¦BBasgss ‘ • »» t rtr^f a r ft nujprjcpEnr - Lr-*/ au combustible fossile, prévision cinq fois inférieure à ce que les installations devraient avoir brûlé pendant l’année.Les dépenses imprévues s’expliquent par les ventes québécoises toujours très fortes, mais aussi par les faibles précipitations enregistrées depuis cinq ans sur les vastes réservoirs qui alimentent les barrages.Même si elle jouit du monopole au Québec, Hydro-Québec n’a pas le pouvoir de faire pleuvoir.Ce qui ne la met pas à l’abri de la critique : certains se rappellent qu’il y a quelques années à peine, des plans de développement, comprenant la construction de te % % 24 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 M ill ir.- •-*«.> -Wh.-¦».Mil * MU I»! t mt_ I.KII i«»rr«- »l> 1 • • a < i • • “MWc•< V -1 IMVm mm" ««4M «f «¦¦.iPitf.j i " imr «I «w »• 1 •• *«•*•1 m'** pi,4r»« p»»!* f »—H-^.i.iy |i 11-111 ¦ » Ml , riîiüîàUri'*-M • •• ui hiiiv ti i m i*iwm .“ ••• MOT » » « "• * ~ nmrvt «¦»>"•'¦ • «.• r««n**r«* h m a • ** ^ •4'm* , h.i* • «H*».» - • ,’«*• Mi: * • - ••¦'«ii.>M ¦¦ I ¦ t.1 ¦ ii T ¦ I I jfii'j: P^I s^l jfrljl )fO|el| Pi f1* I cetui ¦sJoP| icWIt ] ilio»! barrages qui nous seraient bien utiles maintenant, ont été mis de côté.UNE BONNE MARGE D’ERREUR S’il existe une consolation pour Hydro-Québec, c’est bien de ne pas être seule dans l’erreur.Dans un article récent de la revue Energy Journal, des chercheurs signalent que le taux de croissance de l’électricité prévu par le North American Electric Reliability Council s’est révélé chaque année trop élevé.depuis 1974.Et ce, en dépit des différentes méthodes utilisées au fil des ans.Pas étonnant que les experts de l’organisme de contrôle américain NEEPOOL appréhendent pour le nord-est des États-Unis une pénurie pouvant atteindre 8 000 mégawatts (MW) au milieu de la décennie, soit l’équivalent de la production de la Baie-James.Comment Hydro-Québec lit-elle, au juste, dans l’avenir?Au début des années 70, ses modèles étaient d’ordre tendanciel, ce qui donnait peu d’éléments explicatifs.Se sont ajoutées des formules économétriques qui multipliaient les paramètres.Au début des années 80, l’approche analytique s’est imposée, décortiquant Vue de la ville de Montréal.Le Québec est sans doute l’une des sociétés industrialisées où l’électricité joue le rôle le plus important.à un niveau très détaillé les composantes à étudier.Pour la donnée «chauffage», par exemple, une foule d’éléments entreront en ligne de compte, du nombre de ménages à la consommation d’eau chaude en passant par les conversions anticipées du mazout vers l’électricité.«La marge d’erreur demeure importante et ne se différencie pas JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 25 LA CONSOMMATION D’ÉLECTRICITÉ AU QUÉBEC tellement des anciens modèles», explique Mme Danielle Lapointe, chef de l’analyse et des prévisions de l’économie et de la demande chez Hydro-Québec.«Le grand avantage réside dans la transparence des hypothèses et dans la sensibilité des scénarios.» Mme Lapointe constate, elle aussi, que « les erreurs de prévision [des dernières années] sont du même ordre dans tous les réseaux électriques».Ceux qui s’occupent de gaz naturel se retrouvent dans la même situation, dit-elle en soulignant que la marge d’erreur a même été plus grande dans le secteur du pétrole.«Compte tenu des difficultés de faire des prévisions, poursuit-elle, notre performance est raisonnable.Ce serait prétentieux de dire que nous faisons mieux que les autres.Mais nous ne sommes pas pires qu’ailleurs.Nous pouvons nous tromper sur le scénario moyen, mais quand on tient compte des scénarios d’encadrement, les écarts sont faibles.» VICTIME DE SON SUCCÈS Telle n’est cependant pas l’opinion de tous les observateurs.«Les autres réseaux prédisent une faible croissance d’ici l’an 2000, soutient M.Jean-Thomas Bernard, directeur du groupe GREEN, parce que la population vieillit et que les industries ne sont plus en expansion.Hydro-Québec s’est contentée de suivre la vague.Elle devrait se démarquer davantage.» Car le contexte québécois est tout à fait particulier: l’électricité représente plus de 40 % du bilan énergétique de la province, le niveau le plus élevé au monde après la Norvège.Si la société d’État estime que cela multiplie les embûches, M.Thomas croit plutôt que cela devrait faciliter les prévisions.«Les chocs pétroliers ne se prévoyaient pas, explique-t-il.La récession du début des années 80, difficilement.Mais Hydro-Québec semble lente à apprendre.Par exemple, la demande croît plus vite qu’elle ne le pensait et, pourtant, elle envisageait la conversion au chauffage électrique de 20000 foyers.Au milieu de l’été, le nombre dépassait 60 000.Elle est victime de son succès.» Le professeur Autres Producteurs privés 14,3% 0,7% Autres Producteurs privés 14,2% Général et institutionnel \ 17,3% Industriel 36,2% Domestique 27,7% Livraisons nettes Général et institutionnel \ 18,3% Industriel 34,7% Domestique 28,9% Livraisons nettes 0,8% 1987 1988 L'énergie au Québec, numéro 40, juillet 1989, ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec En TWh Scénario 1986-2006 Historique 1.L'énergie au Québec, édition 1987 2.MÉDEE 3 Scénario 3, La demande d’énergie finale au Québec : Scénarios à l'horizon 2006.mai 1987 La consommation québécoise d’électricité devrait croître de 50% d’ici 2006.Affichant un bilan énergétique déjà fortement électrique, le Québec verra sa demande d’électricité passer de 139 TWh à 208 TWh, pendant la période 1986-2006.Les experts estiment que le taux de croissance annuel moyen de la demande atteindra 1,6 % entre 1986 et 1996, et 2,4% entre 1996 et 2006.La pénétration continue de l’électricité touchera à la fois les secteurs domestique, commercial et industriel.faisait allusion aux programmes de conversion, qui marchent trop bien au goût même de la Société.« Ce qui est malheureux, reprend M.Bernard, c’est qu’Hydro-Québec ne publie pas le modèle qu’elle utilise pour élaborer ses prévisions.On en connaît les résultats et les hypothèses, mais on ne peut les critiquer.Pourtant, nous avons en main celui de l’Office national de l’énergie; nous pouvons l’analyser et le soumettre à nos propres simulations.» L’HYDROÉLECTRICITÉ SOUS INFLUENCE Mais, au-delà des formules mathématiques, il y a les influences politiques qui peuvent contrecarrer les plus belles démonstrations.Le dernier plan de développement échafaudait ses prévisions en prédisant l’implantation d’une seule aluminerie, industrie «énergivore» par excellence.«Hydro-Québec a hérité de deux alumineries et demie, rapporte Mme Lapointe.Québec a tiré 26 QUÉBEC SCIENCE /J AN VIER 1990 Pour des loisirs à votre mesure - v -la Agenda Loisir Yvon Leclerc avec la collaboration de Gisèle Poirier Québec Science Éditeur 336 p., 120 photos 1989, 24,95$ Planifiez vos loisirs Utilisez votre agenda pendant cinq ans Quoi visiter : les parcs, réserves, musées et attractions touristiques au Québec.Quand observer: les champignons, astres, oiseaux et papillons.Où aller : les testivals, carnavals et fêtes tout au long de l'année.Plus une foule de renseignements pratiques en spéléologie, histoire, arts, jardinage, sciences naturelles, une liste d’adresses des plus complètes et de nombreuses photographies.Un cadeau original pour vos amis, enfants, parents, employés, collègues.En vente chez votre libraire ou chez Québec Sc/ence Éctteur C.P.250, Sillery, G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551, poste 2860 LES COMMUNICATIONS QUATRE NOUVELLES PARUTIONS coutcnuN COMMUNICATION ET SOCIÉTÉ UNE INTRODUCTION À hb im wê nfSfl UNE INTRODUCTION à la COMMUNICATION Danielle Charron Colleaion Communication et société 272 pages ISBN 2-7605-0525-1 20S Ce livre analyse les différents processus de communication propres à notre société.Il vise à comprendre la nature, la dynamique et les mécanismes de cette artivité complexe qui, en même temps, nous est si familière.‘ ' X ,J''* i fÂSS-MEDWIQUE ANSt/Tfl Atl QUÉBEC .\ UN CADRÉ SOaO-POllïlOUt Alain Lararaôè - \ LA COMMUNICATION MASS-MÉDIATIQUE AU CANADA ET AU QUÉBEC Teto-univ»»» Alain Laramée Collection Communication et société 366 pages ISBN 2-7605-0544-8 28$ Ce livre présente les théories classiques de la communication de façon chronologique.Il tente d'expliquer le contexte social et intellectuel dans lequel elles surgissent; il expose leur contenu, leur méthode, leurs preuves et leurs conséquences; puis il montre les critiques qu'on peut leur adresser.COMMUNICATION ET SOCIÉTÉ BS DE HISTOIRE, CONTEXTE, POUVOIR Prwia» M rUmrtnüe i THEORIES DE LA COMMUNICATION Histoire, contexte, pouvoir Paul Attallah Collection Communication et société 320 pages ISBN 2-7605-0526-X 26$ Les technologies modernes de la communication envahissent de plus en plus notre vie.Surtout, peu d'entre nous sont en mesure d'évaluer l'impact de ces médias modernes sur la-société.Ce livre élabore des moyens et des connaissances qui faciliteront l'évaluation de ces impacts sociaux et politiques sur la culture et l'accessibilité démocratique à l'information.COMMUNICATION ORGANISATIONNELLE UNE INTRODUCTION THÉORIQUE ET PRAGMATIQUE Ce volume vise à initier à la dynamique de la communication dans une organisation.Cette compréhension devrait améliorer votre pratique communicationnelle et vos compétences à identifier des problèmes et à leur trouver des solutions.A** LA COMMUNICATION DANS LES ORGANISATIONS Une introduction théorique et pragmatique Alain Laramée Collection Communication organisationnelle 302 pages ISBN 2-7605-0545-6 25$ CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur à 657-3551, poste 2860 ou indiquez le nombre d'exemplaires désiré dans la case prévue sous chaque titre, et expédiez cette page avec votre paiement aux: Presses de l'Université du Québec, Case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 NOM ADRESSE CODE POSTAL TEL ?Chèque ?Mandat postal DVisa ?MasterCard Numéro:_________________________________________ Date d'expiration_______________________________ Tarifs en vigueur jusqu'au 31 mai 1990 Signature.' - PREMIER SYMPOSIUM CIRCUMPOLAIRE SUR LA TÉLÉDÉTECTION APPLIQUÉE AU MILIEU ARCTIQUE A L’HÔTEL EXPLORER, YELLOWKNIFE, T.N.O., DU 1ER AU 3 MAY 1990 Premier symposium, consacré entièrement aux applications de la télédétection dans les environnements nordiques.Forum international pour la présentation de travaux sur les régions circumpolaires dans les domaines suivantes: - Gestion de la faune et protection de l’habitat - Gestion des terres et de l’eau - Surveillance de l’environnement - Traitement des données - Changement global - Exploration minière, pétrolière et gazière - Foresterie et gestion des fôrets - Neige et glace - Océanographie - Systèmes d’information géographique - Contrôle de la pollution - Archéologie Parrainé par: Ministère des Ressources Renouvelables, Government des Territoires du Nord-Ouest et Centre canadien de télédétection, Énergie, Mines and Ressources, Canada Les personnes désirant présenter des documents doivent faire parvenir un résumé de 300 mots ou moins, en deux exemplaires, en français ou en anglais, à l’adresse ci-dessous, au plus tard le 1er décembre 1989.Veuillez indiquer: le nom de l’auteur son affiliation son adresse ses numéros de téléphone et de télécopieur Si vous désirez obtenir plus de renseignements (en anglais ou en françias) au sujet du symposium, veuillez remplir la formule apparaissant ci-dessous et la faire parvenir au: Centre de télédétection de T.N.-O.Ministère des Ressources Renouvelables des Territoires du Nord-Ouest Case postale 1320, Yellowknife, T.N.-O., Canada, X1A 2L9 Téléphone: (403)920-3329 Télécopier: (403)873-0221 Télex: 034-45528/31 NOM_________________________________________________________________________________ ADRESSE_____________________________________________________________________________ VILLE_________________________________________________________PROV./ÉTAT____________ PAYS_____________________________CODE POSTALE/ZIP_______________TELEPHONE (_________) J’aurai recours au service d’interprétation simultanée______ Souffrant d’un handicap, j’aurai besoin de certains dispositifs spéciaux (précisez)_ DONNEZ A VOS AMIS; LE CADEAU IDEAL.et faites-vous plaisir en recevant un exemplaire du pratique guide de 70 pages, d'une valéur de 7,95$ «COMMENT NOURRIR LES OISEAUX AUTOUR DE CHEZ SOI» f^orrna' q/XV/D t Gaétan L autouf de chez soi O*»* GR «Un instrument d'information et de formation de haute qualité!» «Un regard critique sur les travaux scientifiques de l'heure!» «Des dossiers passionnants!» «Un langage simple, accessible à tous!» «Un excellent cadeau à recevoir pour une famille qui a soif d'apprendre!» Ce sont des remarques qui a c c o m p a -gneront les remerciements que vous recevrez si vous donnez un abonnement à QUÉBEC SCIENCE en cadeau.JVTUVÎ Un cadeau qui s'apprécie toute l'année.Chaque début de mois le rappelle.Détachez et expédiez à QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 J'offre un abonnement-cadeau et je recevrai GRATUITEMENT le pratique guide «COMMENT NOURRIR LES OISEAUX AUTOUR DE CHEZ SOI».?Abonnement régulier (1 an /11 numéros): 28$ ?Abonnement spécial (2 ans/22 numéros): 49$ Votre nom: NOM (Monsieur.Madame.Mademoiselle) PRÉNOM NUMÉRO RUE APP VILLE PROVINCE TÉLÉPHONE ?Chèque Numéro D Mandat postal D Visa CODE ?Mastercard Date d'expiration_______________________ Signature________________________________ Tarifs en vigueur jusqu'au 1er juin 1990.faites votre chèque à l'attention de QUÉBEC SCIENCE S'il vous plaît, veuillez expédier un abonnement-cadeau à QUEBEC SCIENCE à: Veuillez remplir en lettres majuscules NOM (Monsieur.Madame.Mademoiselle) M 1 1 M 1 1 1 1 1 1 1 1 J LbJ 60 UJ PRÉNOM M M 1 II 1 1 1 80 1 1 1.^ 7 8 NUMÉRO RUE |9| 1 1 1 1 1 1 1 1 APP 28 Il II 1 1 1 1 1- MM- 1 1 1 Ml VILLE 29 1 1 1 M M 1 II PROVINCE 48 Mill TÉLÉPHONE IM 1 1 1 1 1 49 68 69 CODE POSTAL 74 Ce cadeau ne fait pas que faire plaisir à votre ami.Il contribue à la diffusion des connaissances scientifiques.La science aujourd’hui fait partie de notre vie quotidienne.Une personne peut-elle vivre sans connaître ce qui tisse sa vie de tous les jours? CALCULS D'UN SOIR D’HIVER.Le jeudi 18 janvier, vers 17 h Les bureaux ferment leurs portes.Les centres commerciaux et les industries ne l’ont pas encore fait.Trois millions d’Hydro-Québécois vont bientôt tourner le bouton du chauffage et ceux de leur cuisinière.Et il fait un de ces froids.À Montréal, le Centre de conduite du réseau de la société d’État suit, minute par minute, la poussée de fièvre que subit le gigantesque réseau d’Hydro-Québec, capable de produire tout près de 30000 mégawatts (MW).Si tout se déroule -malheureusement- tel que prévu plus tôt par un comité de cinq personnes, le répartiteur abaissera la tension dans tous les foyers de Québec et de Montréal, une première dans notre histoire, pour économiser à peine 300 MW.Mais gérer la demande d’électricité en période de pointe est devenu ce genre d’exercice d’équilibre.Le comité, qui comprend notamment deux vice-présidents, a même dû envisager la plus impopulaire des décisions, aujourd'hui : si la demande ne faiblit pas, Tordre de débrancher des milliers d’abonnés sera lancé aux centres d'exploitation régionaux.Triste scénario, mais scénario possible en 1990.Ce n’est pas que cette «pointe» de la demande soit difficile à mesurer, commente M.Gilbert Neveu, directeur de la planification de l’exploitation du parc d’équipement.Avec un modèle extrêmement sophistiqué, tenant compte notamment du vent, de l’angle du soleil, de l’ennuagement, des fronts froids et des précipitations -la neige crée des pertes sur les lignes-.des ficelles dans ce dossier mais, ajoute-t-elle, les troubles politiques au Venezuela, au début de 1989, ont écarté ce pays de la course aux investissements pour ce type d’entreprise.» Les interférences politiques sont justement une des difficultés avec lesquelles la société d’État doit composer.M.Bernard souligne qu’à la veille du référendum, la haute direction a été prise à partie pour avoir baissé le niveau de son programme d’investissement.L’universitaire rappelle aussi qu’un certain Robert Bourassa a déjà promis d’exporter 12000 MW aux États-Unis.La société Mieux vaut prévenir que.souffrir les pannes ! Hydro-Québec peut voir venir le danger quelques heures à l’avance.Un danger se présentant entre 7 h et 9 h, et entre 17 h et 19 h, au moment où le soleil n’est pas toujours au rendez-vous et qu’il y a de l’activité aussi bien dans les foyers que dans les commerces et in-dusb'ies.La difficulté d’Hydro-Québec, c’est de freiner les appétits énergivores des Québécois, un penchant qu’elle a pourtant longtemps encouragé.Par rapport à l’an dernier, satisfaire cette demande de pointe exigera 1 200 MW de plus.La pointe record de 1989 s’était produite le 4 janvier et elle avait plafonné à 26750 MW -grâce à un hiver relativement clément et par une journée tranquille.Qu’en sera-t-il cette année, avec un réseau qu’on dit mal en point?Pour faire face à la situation, la société d’État a prévu l’arrêt des ventes d’énergie «interruptible», l’achat à des réseaux voisins, l’abaissement de tension et, en dernier recours, des délestages de quinze minutes dans des quartiers non critiques.Heureux seront ceux qui vivent près des hôpitaux ! d’État s’en est heureusement tenu à un objectif de 3 500 MW.La politique, c’est aussi la politique interne d’Hydro-Québec.«Nous avons toujours dit que les prévisions étaient dignes des cartomanciennes, lors du passage à la direction de l’équipe de Guy Coulombe», estime M.Louis Champagne, président du Syndicat professionnel des ingénieurs d’Hydro-Québec.«La demande a été sous-évaluée pour ne pas bâtir d’équipement et ne pas investir sur le réseau.» « Oui, il n’y a pas eu autant de pluie que prévu.Mais les ventes massives d’électricité des années 1986 et 1987 ont fait très mal à nos réserves d’eau.Maintenant, après avoir fait accroire qu’on avait de l’électricité à satiété, à l’infini, Hydro-Québec essaiera de nous vendre l’économie d’énergie», 3 lance le président du Syndicat, qui | tient le discours de la conservation “ depuis plusieurs mois.J “ SE PRÉMUNIR AU CAS OÙ.Au cours des prochaines semaines, faire face à la demande de pointe, sans panne, promet d’être un défi de taille.D’ici deux ans, le démarrage des alu-mineries viendra gonfler les besoins québécois.Au même moment, les premiers contrats fermes d’exportation aux Américains débuteront.Après avoir été bousculée par l’offre et la demande, Hydro-Québec aimerait bien se donner un filet de sécurité.La «flexibilité d’adaptation face à la demande» a marqué le dernier plan comme un leitmotiv : il comportait un important programme d’études d’avant-projet des rivières pouvant être aménagées.Si la demande faiblit, Hydro-Québec aura moins le loisir de retarder les travaux.Depuis quelques mois, tous les travaux de construction qui pouvaient être devancés l’ont été.Les experts de la Société se penchent également sur la possibilité de construire des centrales thermiques pour répondre aux demandes de pointe.Après avoir bloqué littéralement la pénétration du gaz naturel, en mettant sur pied ses programmes d’énergie excédentaire, Hydro-Québec songe à inciter les industries à produire jusqu'à 300 MW en utilisant ce combustible, et pense lancer un ambitieux programme pour nous amener à être moins dépensiers avec notre or blanc.Tout en affirmant continuer de bouder l’énergie nucléaire, Hydro-Québec a même entrepris de réactualiser une étude datant du début de la décennie, comparant les coûts de l’électricité, selon qu’elle provient de l’eau des barrages ou de l’atome.Juste au cas où?Mais rappelons-nous que la construction d’une centrale avec le nouveau réacteur nucléaire CANDU requiert à peine quatre ans.?JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 27 LA DECENNIE DES ENJEUX Dans les années 70, on parlait de pénurie et d’économie en matière d’énergie.Au cours de la dernière décennie, l’abondance étant revenue, la consommation accrue d’énergie a engendré de sérieux problèmes environnementaux.Que nous réservent les années 90?par René VÉZINA Economie ou écologie?Le dilemme ainsi formulé aura probablement remporté la palme des débats à la mode, ces dernières années.Voici maintenant qu’il se fait doubler, en parallèle, par une autre confrontation qui oppose cette fois-ci l’énergie et l’écologie.L’importance des enjeux explique la forte participation enregistrée lors du 14e congrès de la Conférence mondiale de l’énergie qui s’est déroulé en septembre dernier à Montréal.Cet événement, dont le thème était L’énergie de demain, a rassemblé 4000 délégués représentant plus de 90 pays.Les assises sont terminées depuis quelques mois, mais les conclusions qui s’en dégagent révèlent des mouvements importants, qui devraient se répercuter jusque dans notre vie quotidienne.Voilà 15 ans, l’énergie devenait une arme politique, et le «village global» vivait sous la menace de la pénurie des ressources.Les nations ont pris les bouchées doubles pour régler le problème.La consommation immo- dérée d’énergie aura eu des effets néfastes sur l’environnement.L’idéal d’un développement durable, qui réconcilie progrès et protection de l’écosystème, bat de l’aile.À l’époque, les prix du pétrole avaient grimpé au point où il devenait impératif de lui trouver des substituts, sinon la crise économique allait ébranler nos sociétés.Les nations développées se sont serré la ceinture ; un gigantesque effort technique a permis la mise en activité de gisements non conventionnels, et l’hypothèse d’une pénurie s’est dissipée.Dommage, diront certains : c’était là une belle occasion de modifier en profondeur nos comportements et de restreindre l’omniprésence des hydrocarbures.En fin de compte, la crise n’a fait que changer de nom, heurtant de plein fouet l’écologie plutôt que l’économie.bien qu’à la limite, les deux univers se rejoignent impitoyablement, comme l’ont démontré les travaux de la commission Brundtland, mise sur pied par les Nations-Unies.» 75 "0 =r o 3 O -o » 5’ 3 DE PLUS EN PLUS ÉNERGIVORES Le Québec fournit un bon exemple de ce qui se passe un peu partout dans le monde.D’après l’évolution des tendances, le bilan énergétique québécois i devait vivre un tournant historique, en 1988: l’électricité allait dépasser le pétrole comme forme d'énergie la plus utilisée.Sa course s’est soudainement I brisée au profit du pétrole, qui a depuis consolidé sa première place avec plus * de 43% du bilan énergétique de la province, quelques points devant l’électricité.Il peut d’ailleurs paraître étonnant que le Québec recoure au 28 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 A CÉiurchill urmciewski Palmer [OP' pétrole dans une proportion sensiblement plus forte que la moyenne canadienne, qui se situe actuellement à 36%.Les Québécois seraient-ils redevenus énergivores?Force est d’admettre qu’ils n’ont jamais cessé de l’être, à l’image d’ailleurs de tous les Canadiens.Le premier ministre Brian Mulroney l’admettait lui-même d’entrée de jeu, lors de l’inauguration du congrès de Montréal : nous consommons en moyenne deux fois plus d’énergie que les Japonais ou les Européens de l’Ouest.Il y a quand même eu progrès: en 1986, l’économie québécoise utilisait 30% moins d’énergie qu’en 1971 pour produire une même quantité de richesse.Sur un plan plus large, des recherches menées par Électricité de France pour le compte de la Conférence mondiale font état d’une consommation mondiale d’énergie en hausse de 65 % d’ici 30 ans.Le CO, issu du charbon et du pétrole devrait augmenter en parallèle, ce qui laisse présager le pire quant à l’effet de serre.La situation pourrait même s’aggraver, puisque le scénario repose sur une amélioration de l’efficacité énergétique pour les pays en voie de développement, qui ont évidemment bien d’autres chats à fouetter.L’automne dernier, Montréal accueillait les 4000 délégués de la Conférence mondiale de l’énergie.Au cours de ce congrès, les grandes questions portant sur les ressources énergétiques et l’usage que l’on fait de ces ressources ont été débattues.L’ATOME: LE RETOUR DU VILAIN Devant ces sombres perspectives, la porte semble s’ouvrir toute grande pour un acteur de poids qui s’est fait très discret au cours des dernières années: l’atome.Catastrophes et JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 29 protestations avaient relégué l’énergie nucléaire au rôle de vilain, ces dernières années.Voici maintenant qu’elle effectue sa rentrée, encadrée d’une manchette qui eût paru invraisemblable, il n’y a pas si longtemps: «L’énergie nucléaire au secours de l’environnement» ! À Montréal, le coup d’envoi de cette campagne de réhabilitation aura été donné dès l’ouverture du congrès.Deux des plus éminents conférenciers invités ont joué la carte environnementale pour prédire un bel avenir à l’énergie nucléaire.Lord Marshall of Goring, président du Central Electricity Generating Board de Grande Bretagne, et le président d’honneur du congrès Marcel Boiteux, d’Électricité de France, sont tour à tour venus dire aux délégués que telle était la solution logique à la pollution atmosphérique et à la raréfaction des ressources.Les craintes du public ?« Artificielles, incorrectes et incohérentes compte tenu des circonstances», déclarait sans ménagement Lord Goring, en soutenant que l’industrie nucléaire avait su se réajuster depuis les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl.Bien sûr, l’épineuse question des déchets demeure, « mais les scientifiques y travaillent».Que l’appel vienne d’Européens ne surprend guère.Les trois quarts des besoins énergétiques de la France, par exemple, sont comblés par l’énergie nucléaire.La lutte y est toujours farouche entre partisans et adversaires, et la poussée des partis verts à tous les échelons politiques alimente le débat.Aux États-Unis, la reprise est prévue pour le milieu des années 90, notamment en réaction contre la pollution atmosphérique.Albert Weinberg, de la Oak Ridge Associated Universities, a même présenté un scénario établissant à 60% la participation de l’énergie nucléaire au bilan énergétique global d’ici 100 ans, c’est-à-dire trois fois et demie sa part actuelle.Ici, au pays de l’or blanc, avec une seule centrale en activité, de tels propos paraissent incongrus.Le sont-ils vraiment?Au moment où Hydro-Québec connaît des ratés qui se traduisent par une baisse marquée de la confiance du public, selon les derniers sondages, RÉPARTITION DE LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE PAR FORME Électricité 41,7% Électricité 40,3% Charbon 1,4% Pétrole 42,1% Gaz naturel 14,8% Charbon 1,4% Pétrole 43,4% Gaz naturel 14,9% 1987 1988 W j 1st nais En 1988, la consommation énergétique du Québec s’esl accrue de 7,1 % par rapport à 1987.Cette très forte croissance de la consommation d’énergie est considérée comme la plus élevée des quinze dernières années.On a enregistré une hausse dans la consommation du pétrole et un léger tassement en ce qui concerne l’électricité.La répartition ne tient pas compte des énergies non conventionnelles.L'énergie au Québec, numéro 40, juillet 1989, ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec %, La centrale nucléaire Pickering.L’option nucléaire sort de la brume où catastrophes et protestations l’avaient reléguée.Face à la demande énergétique croissante, le Québec se laissera-t-il tenter par ce choix ?l’option nucléaire sort de la brume.Énergie atomique du Canada, qui n'a pas vendu un seul réacteur à l’étranger depuis 10 ans, a d’ailleurs entrepris une nouvelle offensive, l’an dernier, pour présenter son dernier-né, le CANDU 3, à de possibles clients, y compris Hydro-Québec.Simultanément, une campagne publicitaire vigoureuse reprend l’argumentation environnementale, soulignant l’avance technologique canadienne dans ce domaine.Dans son catalogue énergétique, EACL met aussi de l’avant le Slowpoke, ce mini-réacteur destiné aux besoins plus modestes, et n’oublie pas de préciser qu’elle se charge elle- même du combustible usé pour l'acheminer vers les sites de stockage.Il n’y a qu’à tendre la main, ou presque.LE QUEBEC À L’HEURE DES CHOIX Hydro-Québec se défend déjà d’avoir des ambitions nucléaires.Elle aurait pour l’instant mauvaise grâce à le faire, puisque la politique énergétique québécoise, adoptée en 1988, se fait elle-même très réservée sur la question.L’énergie nucléaire ne vaut qu’un paragraphe, sur les quelque 120 pages de l’énoncé de politique.Et c’est précisément dans le chapitre sur 30 QUÉBEC SCIENCE /JANVIER 1990 «- K Wi it 11* K.11! )K id'i* Ile n®' ¦jce i ^ ft!# Is# 0( i!# P# pi* * l’environnement qu’on règle son sort, en mettant en évidence les risques et la controverse qui les entoure.Depuis cette déclaration de principes, le niveau d’eau des barrages a baissé, Hydro-Québec rencontre de l’opposition partout où elle veut implanter de nouvelles centrales hydroélectriques de la Baie-James à la Côte-Nord, en passant par le Lac-Saint-Jean, et nous apprenons avec stupeur que la fameuse marge de manœuvre n’est pas plus forte que celle de notre compte bancaire, dans le temps des Fêtes.Si l’énergie est vraiment la force motrice de notre développement économique, et que les alumineries et autres industries grandes consommatrices matérialisent ici leurs projets de développement, il faudra peut-être couper la soupe à l’eau.Déjà, Hydro-Québec a dû mettre en marche, bien plus tôt que prévu, sa centrale thermique de Tracy, pour récolter 600 précieux MW, et ce, au moment où le Québec se faisait le champion d’une nouvelle politique visant à réduire de 20% les émissions de CO., au Canada d’ici l’an 2000.Au ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec, on résume ainsi l’enjeu.«Les Québécois peuvent compter sur l’une des formes d’énergie les plus propres qui soit avec l’hydroélectricité.Par habitant, nous émettons actuellement deux fois moins de C02 qu’en Ontario.Nos réserves hydroélectriques aménageables équivalent à celles des 18 pays européens membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).Tout n’a pas été fait pour améliorer notre efficacité énergétique.Mais au bout de la ligne, il nous faudra choisir pour répondre à l’augmentation de la demande.Et ce choix est simple: hydroélectricité d’un côté, centrale thermique de l’autre, y compris le modèle nucléaire.» Amenée de cette façon, la réponse aurait été sans équivoque, au temps des certitudes.Le sujet était tabou, ou presque.Tout indique maintenant que le débat est à la veille de rebondir.Hydro-Québec doit à la fois satisfaire le public, verser des dividendes au gouvernement, vendre à l’étranger, alimenter de nouvelles usines voraces.En privé, on raconte que la prochaine version de la politique énergétique québécoise pourrait ne pas écarter l’atome aussi rapidement.LES ÉNERGIES NOUVELLES : LOIN DU FOLKLORE.C’est ici qu’interviennent les tenaces partisans des énergies nouvelles.Populaires dans les années 70, leur élan a été stoppé par la chute des prix du pétrole.Comme on faisait miroiter, à l’époque, les avantages économiques des formes d’énergie locales, par rapport à un baril à 60$ tenu en otage au Moyen-Orient, le réveil a été brutal.Les gouvernements canadien et américain n’ont pas aidé, en diminuant ymmmmmtE, mwMi.‘•S f l* l0r> 'aS¦ - A'1 .vJSlg WRBSÏV r , —¦«» au ' Richard Champagne.Créé en 1982, le Conseil regroupe une cinquantaine d’entreprises productrices ou utilisatrices d’hydrogène.Jusqu’ici, ce sont les industries chimiques, pétrochimiques, pétrolières et métallurgiques qui recourent d’abord et avant tout à l’hydrogène, lequel est utilisé dans la production d’ammoniac et de méthanol, ainsi que pour le raffinage du pétrole et la transformation des métaux.Le secteur est en pleine expansion et les projets sont nom- L’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), situé à Varennes.Cet établissement regroupe toutes les installations nécessaires à la recherche sur l’hydrogène que certains désignent comme l’énergie du 21e siècle.breux.Les noms d’Hydrogénal, de Canox, d’Oxychem, de Prodair sont actuellement synonymes d’investissements qui dépassent les 100 millions de dollars, de Bécancour à Saint-Augustin.Des projets intéressants.JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 35 mais strictement liés à la transformation.Pour son grand rôle énergétique, l’hydrogène attend toujours dans les coulisses.«Ce qu’il nous faut, soutient M.Champagne, c’est une véritable mission nationale qui reconnaisse le potentiel énergétique de l’hydrogène.Une mission nationale avec orientations claires et soutien financier significatif de la part du gouvernement fédéral.» Quelques pièces du puzzle sont déjà en place.Dans l’Ouest canadien, l’hydrogène joue déjà un rôle de soutien pour les hydrocarbures.L’hydrocraquage, par exemple, permet de raffiner le pétrole lourd, qui souffre d’un excès de carbone ; pour rétablir un ratio normal, il faut oxyder le pétrole, ce qui libère du dioxyde de carbone, ou lui rajouter de l’hydrogène, solution qui gagne en popularité.À noter que cet hydrogène est d’abord tiré du gaz naturel qu’on traite avec de la vapeur, laissant le carbone se dégager dans le processus.Le recours à l’électrolyse neutraliserait cette émission, mais le prix de revient est plus élevé, puisqu’il faut beaucoup d’électricité.Et le gaz naturel ne coûte pas cher, dans les Prairies.LE SECRET EST DANS LA PILE Richard Champagne reste malgré tout convaincu que le meilleur est à venir.«Voilà pourquoi, poursuit-il, nous devons investir ici dans la recherche pour maximiser nos avantages, car l’électrolyse repose sur une transformation propre et permet du même coup d’entreposer l’électricité.Littéralement.» Le secret, c’est la pile à combustible, qui rend possible, en bout de ligne, la reconversion de l’hydrogène en énergie -pour boucler la boucle.Le procédé offre des perspectives nouvelles pour le stockage de l’électricité, en période d’abondance, pour mieux gérer la pointe.Il permet du même coup de fascinantes possibilités pour le transport.Sur terre, on peut imaginer un pipe-line acheminant l’hydrogène sur de grandes distances jusqu’en plein centre-ville d’une grande agglomération, là où une pile à combustible se chargerait de le recon- DE L’EAU À L’HYDROGÈNE RÉACTION GLOBALE 2H20-2H2 + 02 OXYGÈNE HYDROGÈNE Électrode1 positive ^ 'Électrode négative ALIMENTATION ÉLECTRIQUE COURANT CONTINU ÉLECTROLYTE SÉPARATEUR R L'hydrogène peut être produit par Electrolyse de l’eau, c’est-à-dire par sa décomposition chimique obtenue par le passage d’un courant électrique.Ce courant continu libère de l’oxygène et de l’hydrogène en dissociant les molécules d’eau.La grande quantité d’eau douce et d’électricité qu’on retrouve au Québec sont des atouts importants dans la production d’hydrogène.vertir en électricité.Par ailleurs, l’élec-trolyse ouvre tout aussi bien la voie à l’exportation outre-mer, puisque l’hydrogène, à la différence de l’électricité, peut être transporté par bateau ! Mis à part l’option carburant, c’est la contribution la plus prometteuse de l’hydrogène à la cause de l’énergie.Encore faut-il surmonter les problèmes techniques, et les résultats sont à cet égard inégaux.Les chercheurs ont atteint, lors d’expériences, un niveau d’efficacité de 85 % durant l’électrolyse, qui ne laisse ainsi échapper que 15% de l’énergie utilisée.En revanche, le taux de reconversion avec les piles à combustible atteint à peine 50 à 60%, ce qui permet finalement de récupérer, dans la meilleure des hypothèses, la moitié seulement de l’énergie de base.Il faut raffiner les méthodes, mettre au point de nouveaux équipements, investir dans la recherche et le développement.Et il semble bien que le taux de conversion des bonnes intentions en réalisations soit beaucoup plus faible encore.DE LA DÉTRESSE À L’ENCHANTEMENT L’Institut de recherche d’Hydro-Qué-bec (IREQ) possède, à son centre de Varennes, toute la chaîne des installations nécessaires: une usine d’électro-lyse d’un côté, une pile à combustible de.l’autre, avec entre les deux des équipements pour le stockage intermédiaire.Ces installations fonctionnent aujourd’hui au ralenti parce que l’abolition du Programme énergétique fédéral, en 1984, a privé 1TREQ d’une partie importante de ses subventions à la recherche.Pour l’année courante, le budget d’exploitation et d’immobilisation se situe autour de 500000$.«C’est trois fois moins que dans les bonnes années», reconnaît Guy Bélanger, de 1TREQ.«La conjoncture a changé.Comme centre de recherche d’Hydro-Québec, il nous faut répondre aux priorités immédiates.L’hydrogène repose sur une technologie en émergence, c’est une filière énergétique à long terme.» La pile à combustible, léthargique depuis quelques années, •: Si .j r»: % QUÉBEC SCIENCE /JANVIER 1990 i /’"ï'Tt Cellules d’électrolyse industrielles à l’Institut de recherche d'Hydro-Québec.On retrouve ce modèle de cellules électrolytiques à Bécancour et à Sao Paulo, au Brésil.m » HIGH VOLTAGE J fl tri.ii» ÿiif a# Une pile à combustible de 40 kW, à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec.Pièce maîtresse de la recherche sur l’hydrogène, la pile à combustible permet la reconversion de l'hydrogène en énergie.ne devrait pas être réactivée cette année, tandis que le sort de l’usine d’électrolyse est toujours en suspens.Les partisans de l’hydrogène ont donc applaudi, l’automne dernier, quand le ministère de l’Énergie et des Ressources du Québec a annoncé la création de trois chaires universitaires pour soutenir la recherche et le développement dans le domaine.Des subventions de près d’un million et demi de dollars, échelonnées sur cinq ans, insuffleront une vigueur nouvelle aux travaux en cours à l’École Polytechnique, à McGill et à Sherbrooke.Les besoins sont nombreux: il faut créer une nouvelle génération d’électro-lyseurs, améliorer les techniques de stockage et les matériaux utilisés, raffiner les piles à combustible.C’est là, tout le moins, un signal qui laisse croire que l’hydrogène ne connaîtra pas le triste sort du métha-nol, relégué aux oubliettes depuis la baisse des prix pétroliers.L’usine expérimentale de Saint-Just-de-Brete-nières a même été démantelée discrètement, il y a quelques années, les problèmes techniques venant faire déborder le vase.Une perte sèche de quelque 30 millions de dollars pour le gouvernement provincial et un pas en arrière dans les ambitions d’autonomie énergétique.Totalement dépendant de l’extérieur pour les hydrocarbures, le Québec ne s’accroche-t-il pas à une illusion plus tenace avec l’hydrogène?DES AUTOBUS À L’HYDROGÈNE Si la chaîne électrolyse-pile à combustible en est toujours au stade de la recherche, les possibilités de voir l’hydrogène alimenter en carburant d’autres véhicules que la seule navette spatiale ont de meilleures chances de se réaliser, et le Québec a de bonnes cartes dans son jeu.En fait, la partie se joue loin d’ici, en Europe, là où l’influence des partis écologistes commence à provoquer des changements.Pour l’instant, les yeux se tournent vers Hambourg, cet important centre industrialo-portuaire allemand où les Verts ont décidé de prendre les grands moyens pour abaisser le niveau de JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 37 : pollution.À leur initiative, les autorités politiques de cette ville envisagent maintenant de convertir leurs autobus urbains à l’hydrogène.La société Daimler-Benz teste présentement un nouveau véhicule et, si les résultats sont concluants, Hambourg donnera le coup d’envoi d’un virage écologique.«L’aspect le plus important», explique Elie Saheb, administrateur du groupe T Al (Technologie et Affaires internationales) d’Hydro-Québec, «c’est que les citoyens de Hambourg semblent prêts à additionner au prix du pétrole les coûts de la pollution.Et ce calcul redonne à l’hydrogène une position concurrentielle».M.Saheb suit de très près l’évolution de la situation, puisque le Québec a signé il y a un an une entente stratégique avec la Communauté économique européenne concernant l’hydrogène.L’étude, qui coûte 4 millions de dollars, est financée à parts égales par les deux parties et considère les possibilités de produire, à Sept-îles, de l’hydrogène liquide destiné au marché européen.Si les conclusions s’avéraient positives, la Côte-Nord pourrait accueillir un autre mégaprojet évalué à 500 millions de dollars.L’ÉNERGIE DE L’AVENIR OU VŒUX PIEUX?Une vingtaine d’industries, 14 européennes, cinq québécoises et une ontarienne participent au projet.Les données devaient être rassemblées dès le mois de mars, pour permettre une évaluation finale à la fin de 1990.«Ce serait là un pas décisif pour le Québec, estime Elie Saheb.Nous avons la technologie et les ressources en eau et en électricité pour produire de l’hydrogène à un coût avantageux pour les Européens, même en comptant le transport.Si les Allemands sont prêts à payer leur billet d’autobus un peu plus cher pour respirer un air moins pollué, nous pouvons les aider à alléger la facture.» Schéma d'un autocar fonctionnant à l’hydrogène.Ce véhicule de deuxième génération, qui est à l’essai chez la compagnie allemande Daimler-Benz, annonce peut-être l’avenir dans les transports urbains.On remarquera, à l’avant-plan, le réservoir d’hydrogène.Les flèches indiquent la circulation de l’air chaud dont l’hydrogène a besoin pour être libéré.Au premier rang des intéressés, le Conseil de l’industrie de l’hydrogène suit évidemment le dossier de très près, ce qui ne l’empêche pas de concocter d’autres initiatives de son cru en matière de recherche et développement.En collaboration avec l’Université du Québec à Trois-Rivières, il vient, par exemple, de déposer une demande de subvention auprès du gouvernement québécois, pour étudier les grandes lignes d’un centre de recherche qui s’occuperait des questions de stockage, de transport et de sécurité reliées à l’hydrogène.Énergie atomique du Canada se dit déjà disposée à prêter de l’espace dans ses anciennes installations de Laprade, à Bécancour.Du même souffle, Richard Champagne précise que l’industrie canadienne se propose d’investir 75 millions de dollars au cours des 10 prochaines années pour soutenir un programme canadien de recherche-développement.pour autant qu’Ottawa fasse sa part et donne le signal aux autres provinces.«L’hydrogène, dit M.Champagne, sert déjà dans l’Ouest; le Québec explore quant à lui d’autres créneaux.Il est grandement temps que le gouvernement fédéral assume son leadership et réactive la filière de l’hydrogène.» Vœux pieux?À Bécancour, Sept-îles, Varennes, Sherbrooke, partout où l’hydrogène attend l’avènement de l’ère de l’énergie, on espère que non.Les indices sont malheureusement équivoques.Lors du 14e congrès de lai Conférence mondiale de l’énergie, tenu à Montréal en septembre dernier, ji Énergie, Mines et Ressources Canada lançait un document de prestige sur le paysage énergétique canadien.Abon-;;j damment illustré, bien documenté,|j Énergie: L’horizon canadien proclame la richesse, la diversité et le potentiel de nos ressources énergé-j! tiques.N’y cherchez cependant pas|i de panégyrique sur l’hydrogène: en| 120 pages, cette énergie du 21e siècle n’est pas mentionnée une seule; fois.Qi 38 QUÉBEC SCIENCE /JANVIER 1990 LA GAZEIFICATION, UNE TECHNOLOGIE ÉNERGÉTIQUE AU SERVICE DE L’ENVIRONNEMENT Él irniir I in .I Face au problème grandissant de disposition et d’élimination des déchets urbains, le Centre québécois de valorisation de la biomasse (CQVB) considère qu’il devient urgent de développer des technologies qui puissent s’insérer dans une approche intégrée de réduction, recyclage et valorisation des déchets, adaptable à chacune des municipalités.Dans cette optique, le Centre québécois de valorisation de la biomasse s'est associé à la compagnie Transformation Distech R-D inc.de Drummondville et à l’Université de Sherbrooke en vue de créer un centre de démonstration de production d'énergie à partir de déchets municipaux triés par procédé de gazéification.L’énergie produite servira à chauffer un vaste complexe serricole destiné à la culture de la rose.La gazéification.L’énergie produite servira à chauffer un vaste complexe serricole destiné à la culture de la rose.La gazéification est un procédé qui se différencie de l'incinération en ce qu’il ne brûle pas les déchets mais les transforme en un gaz à faible ou moyen pouvoir calorique.En plus de s’adapter aux installations existantes de production de vapeur ou de chaleur, cette technologie ouvre la porte à la cogénération d’électricité et de chaleur.Par ailleurs, la gazéification est un procédé propre qui permet de réduire considérablement les volumes de gaz à nettoyer en plus d’exercer un meilleur contrôle des émissions de contaminants tels les dioxines, furanes et métaux lourds.Le Québec possède une expertise unique dans le domaine de la gazéification de la biomasse, compétence développée dans le cadre de l’important projet Biosyn.Cette expertise représente pour le Québec une occasion réelle de développement que ce soit pour ses besoins propres ou pour l’exportation d’une technologie qui réponde aux exigences les plus actuelles ; efficacité, propreté et économie.étdl itsin , , A #1 CENTRE QUEBECOIS DE VALORISATION DE LA BIOMASSE 'IX H ne ^ (B 3180, chemin Sainte-Foy Sainte-Foy G1X1R4 Tél : (418) 657-3853 Jean-Marc Carpentier L'ÉNERGIE EN HÉRITAGE Le pétrole et le gaz — sapuip, L’ENERGIE EN HÉRITAGE LE PÉTROLE ET LE GAZ Le premier volume de vulgarisation scientifique à présenter l’histoire du pétrole et du gaz.Il nous fait vivre la formidable aventure de la transformation de la matière vivante en pétrole et en gaz.Il nous explique finalement les différents aspects de la recherche, de la production et de la transformation de cette matière essentielle à la vie de la planète.Ce livre constitue également un excellent document de référence et d’enseignement.L’auteur, Jean-Marc Carpentier, est un journaliste de formation œuvrant dans le domaine de la communication scientifique depuis 15 ans.216 pages 100 illustrations en couleurs 29,95 $ Bon de commande Veuillez me faire parvenir____exemplaires de L’Énergie en héritage au prix de 29,95 $ T otal______ Nom :_______________________________________ Ad resse :__________________________________ ÉDITIONS DU MÉRIDIEN 1980, rue Sherbrooke ouest, bureau 1000 Montréal (Québec) H3H 1E6 Tél.(514) 932-9037 JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE 39 WYNN KAPIT / LAWRENCE M.ELSON (L0(SEl(Mr©K]D( .sem-itfMMRCi rvfjmiML.i MtTACABf t£K& % On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s'adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s'agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.Le lecteur participe de façon active et créative à son-appren-tissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le facies de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l'anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1987, 142 planches.17,00$ Dans la même collection.LA BIOLOGIE HUMAINE À COLORIER.10,80$ LA ZOOLOGIE À COLORIER .18,50$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser L’ANATOMIE À COLORIER 3U prix de 17,00$, LA BIOLOGIE HUMAINE À COLORIER 3U prix de 10,80$ LA ZOOLOGIE À COLORIER 3U prix de 18,50$ Nom et Prénom Adresse^ Ville ___ Date_____ .Code postal Signature Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?l ?Date d’expiration .somabec Liée 2475, Sylva Clapin, Case postale 295, St-Hyacinthe, Québec, J2S 7B6 Téléphone: (514) 774-8118 Montréal: 467-8565 Télex: 05-830549 40 QUÉBEC SCIENCE /JANVIER 1990 TRAVAILLER EN AFRIQUE, VIVRE L’AFRIQUE! Pour toute jeune femme intéressée à un milieu de vie international et à l’Afrique ILel dut Choix de 16 pays d’Afrique Par petits groupes de 3 à 5 femmes de différentes nationalités Engagées dans des projets multiples Milieu de croissance psychologique, sociale et spirituelle Pour renseignements téléphonez au (514) 355-1471 ou retournez le coupon-réponse ci-joint.Informations écrites envoyées à toute jeune femme de 17 ans et plus.M TRAVAIL EN AFRIQUE - Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique C.P.64 Boucherville Québec J4B 5E6 Nom.:- Adresse:-Ville:___ Code postal:.Tél.:.Votre âge:. Goodbye, 1989! Bonjour, 1990! Texte: Raynald Pepin/Illustrations: Jacques Goldstyn LES ACTUALITÉS 1989 Un petit retour en arrière sur des sujets abordés en 1989 dans Québec Science.Pour chaque question, choisissez la ou les bonnes réponses.1.Le tremblement de terre du 25 novembre 1988, dans la région du Saguenay: ?a) a atteint une magnitude de 7,9 (échelle de Richter) ; ?b) a été causé par le poids trop élevé des légendaires bleuets de la région ; ?c) a été du même ordre de grandeur que celui de San Francisco le 17 octobre dernier; ?d) s’est produit à la jonction de deux plaques tectoniques.2.Certaines personnes accumulent d’épais coussins d graisse à l’abdomen.Selon des recherches récentes ?a) ce problème concerne surtout des mâles amateui bière et de sports télévisés ; ?b) les personnes âgées sont touchées dans une plus forte proportion ; ?c) la graisse abdominale se dépose immédiatement sous la peau ; ?d) les personnes touchées sont plus susceptibles de développer le diabète.3.Les «boîtes noires» font parler d’elles à chaque accident aérien.Ces dispositifs: ?a) enregistrent les conversations des pilotes et des passagers ; ?b) peuvent résister à un impact de 1 000 g ; ?c) sont placés dans la cabine de pilotage ; ?d) enregistrent les paramètres de vol, comme le nombre de personnes présentes dans les toilettes et la quantité de consommations servies.le KlfcHTfpf?evrr 4.Les chauves-souris sont-elles vraiment chauves?Ces «oiseaux de nuit » : ?a) sont en fait des mammifères et non des oiseaux ; ?b) s’orientent dans l’obscurité grâce à leurs très grandes pupilles; ?c) émettent et captent des ondes radio pour appréhender leur environnement ; ?d) sortent la nuit pour éviter les problèmes de peau associés au soleil.JANVIER I990 / 0UÉBEC SCIENCE 41 5.La maladie d’Alzheimer frappe durement les personnes âgées.Cette maladie: ?a) n’est pas mortelle mais seulement dégénérative; ?b) touche plus de 20% des personnes âgées de plus de 65 ans; ?c) se caractérise par des neurones atrophiés dans le cerveau ; ?d) se développe pour des raisons inconnues.6.Les Québécois peuvent maintenant satisfaire leur passion pour le vin en savourant des crus indigènes.?a) Les producteurs de vin sont surtout installés près de la frontière américaine, pour faciliter la contrebande.?b) Les plants de vigne sont enterrés durant l’hiver pour les protéger des grands froids.?c) La production atteint près d’une bouteille par Québécois.?d) Les vignes sont réchauffées à l’aide d'un hélicoptère.DES GENS DE LETTRES, LES SCIENTIFIQUES?La science regorge de mots et de formulations hermétiques.Pouvez-vous retrouver les expressions à la source de ces acronymes scientifiques?LASER ATP SONAR FORTRAN BCS TNT CRSNG ADN RADAR RMN PH BTU L’ESPRIT SCIENTIFIQUE 1.L’huile flotte sur l’eau parce que sa densité est plus faible.Pour vérifier cet énoncé, il faudrait : ?a) brasser vigoureusement un mélange d’eau et d’huile durant plusieurs minutes, puis laisser reposer; ?b) essayer de mélanger à l’eau d’autres liquides ayant également une densité plus faible que celle de l’eau (par exemple de l’éthanol, dont la densité vaut 0,79 g/cm3) ; ?c) il n’y a rien à prouver, c’est évident; ?d) étudier si cette propriété n’est pas plutôt reliée au caractère organique de l’huile, opposé à la nature inorganique de l’eau.2.Selon certaines personnes, les pyramides sont réputées avoir des effets énergisants sur les êtres vivants.L’expérience suivante a permis de le prouver.Placée sous une petite pyramide en plexiglas, une orange était encore en bon état après deux semaines, alors qu’une orange identique laissée à l’air libre se flétrissait.Donc: ?a) il faudrait répéter la même expérience avec d’autres êtres vivants, par exemple des souris; ?b) l’expérience décrite ci-dessus prouve bien l’effet de la pyramide; ?c) la diagonale de la pyramide doit être alignée nord-sud pour que ça fonctionne; ?d) il faudrait effectuer la même étude avec un récipient de forme quelconque renversé sur l’orange.Réponses à la page 47 t| 42 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 LES ÊNERGIVATEURS  L’ŒUVRE Économiser et recycler semblent être des maîtres mots pour ces innovateurs du verre à opacité variable, de la biomasse combustible, du chauffage à l’eau froide, etc.par Gilles DROUIN ÉCONOMIES DANS LES SERRES ¦5^5.: Une équipe du Centre de spécialisation des cultures abritées de l’Université Laval, sous la responsabilité de Laurent Gauthier, expérimente actuellement plusieurs méthodes de chauffage pour les serres.Mettant à profit le coût peu élevé de l’électricité, les chercheurs étudient notamment la contribution de l’éclairage artificiel au chauffage de la serre et à l’amélioration de la productivité des plants.Environ 80% de l’énergie consommée dans l’éclairage artificiel se dégage sous forme de chaleur, ce qui permet certaines économies.Les chercheurs étudient aussi différentes méthodes de stockage de la chaleur afin de n’utiliser celle-ci qu’au meilleur moment.JANVIER 1990/QUÉBEC SCIENCE '"S;: i J.m ^ ^ UNE FENÊTRE ECONOME Vous avez sans doute déjà vu ou porté des lunettes de soleil dites «photochromiques», c’est-à-dire dont l’opacité varie selon l’intensité lumineuse.À l’INRS-Énergie, des chercheurs tentent de mettre au point une fenêtre intelligente, qui fonctionnerait selon le même principe.Celle-ci pourrait s’adapter automatiquement aux conditions climatiques extérieures, afin d’empêcher la chaleur de pénétrer dans les édifices en été et, à l’inverse, de profiter de l’énergie du soleil en hiver.Cette fenêtre permettrait des économies d’énergie notables, autant pour la climatisation que pour le chauffage.DES PILES DE SOLEIL Des chercheurs de l’INRS-Énergie travaillent à la mise au point de piles photovoltaïques pour emmagasiner l’énergie solaire.Les piles actuelles reposent sur une propriété des cristaux de silicium, lesquels lorsqu’ils sont frappés par la lumière, libèrent des électrons qui engendrent un courant électrique.Toutefois ces piles, déjà répandues, ont un rendement de conversion de l’énergie lumineuse plutôt faible, soit entre 10% et 15%.En collaboration avec des chercheurs de l’Université Concordia, l’équipe de l’INRS-Énergie met à l’essai des piles fabriquées avec de l’arséniure de gallium.Grâce à ce matériau, il est actuellement possible d’atteindre un taux de conversion de l’ordre de 30%.y y 'j _ jJ w cassas ™ + 10.131H1 v DC !- —Jr- .£~ J ® ^& H LES PILES DU FUTUR e:£ Une équipe de 1TREQ, dirigée par Michel Gauthier, travaille à la mise au point d’un nouveau type de pile à base de lithium et de polymères (plastiques).Dans ces piles, le plomb est remplacé par du lithium, tandis que l’électrolyte est constitué par un polymère conducteur.Le lithium étant beaucoup plus léger que le plomb, ces nouveaux accumulateurs permettent, à poids égal, de stocker cinq fois plus d’énergie que les types conventionnels.L’objectif à long terme de ces travaux est la mise au point d’accumulateurs pour véhicules électriques.À court terme, on pourrait bientôt trouver sur le marché des piles pour l’alimentation des calculatrices et des cartes de crédit intelligentes.L’INCINÉRATEUR À MODULATION D’AIR Les Industries Pyrox fabriquent un incinérateur, appelé Pyrotek, constitué de deux chambres de combustion et fonc- L tionnant selon le principe de la modulation d’air.Dans la j première chambre, la combustion est incomplète grâce à un débit d’air contrôlé.L’effluent de cette combustion accède à la deuxième chambre où se produit une oxydation thermique.La modulation d’air assure une combustion complète des j déchets, tandis que l’oxydation thermique ne produit que du gaz carbonique et des vapeurs d’eau.Ce type d’incinération est plus complet et beaucoup moins polluant et, à son incinérateur, la compagnie ajoute un récupérateur de chaleur.L’Hôpital Notre-Dame, à Montréal, utilise un tel incinérateur. DE LA BIOMASSE AU COMBUSTIBLE LE SÉCHOIR RECYCLEUR i, in-pi s fis is ill Jit, li La firme montréalaise BioShell exploite un procédé qui permet de transformer, sur une base commerciale, la biomasse en combustible économique.Connu sous le nom d’Énergex, ce combustible peut être utilisé dans les chaudières à chargement mécanique et remplacer le charbon sans qu’il soit nécessaire j de procéder à une conversion du système.Pour le substituer |au mazout et au gaz naturel, il faut cependant adapter la chau-¦¦jdière.Propre, Énergex ne requiert pas de système antipollu-'!J|® don coûteux.Sa combustion ne produit à peu près pas de feni ait» soufre et émet peu de particules.UN NOUVEAU CAPTEUR SOLAIRE Uraken, une compagnie de Saint-Eustache, fabrique des séchoirs (surtout à bois) fonctionnant selon le principe des thermopompes.Le séchoir Uraken comprend une cellule où sont entreposés les produits à sécher, et une salle mécanique abritant la pompe à chaleur.L’air humide de la cellule est aspiré par l’unité et forcé à travers un évaporateur froid qui condense l’humidité, tandis qu’un condenseur chaud augmente la température de l’air.L’énergie récupérée par la réfrigération est utilisée pour réchauffer l’air de la cellule de séchage.Le produit sèche donc avec le même air, continuellement recyclé, ce qui permet une économie d’énergie appréciable.18 apiKli ill» Dus li La compagie Fournelle Énergie Technologie a mis au point un nouveau capteur solaire.11 s’agit d’un convertisseur photothermique à tube sous vide et d’un «caloduc» (qui achemine la chaleur) constitué d’une enveloppe de verre où est maintenu le vide.À l’intérieur de cette enveloppe est placée une surface absorbante sélective, destinée à recueillir l’énergie captée.À l’extrémité du caloduc se trouve le condenseur qui sert d’élément chauffant.L’énergie solaire traverse l’enveloppe de verre et est absorbée par la plaque noire, où elle est transformée en énergie thermique.Ainsi chauffé, le liquide qui circule dans les tubes s’évapore et cette vapeur monte jusqu’au condenseur, où elle redevient liquide.La chaleur ainsi dégagée est récupérée.Ce système peut être utilisé pour chauffer l’eau des piscines.La firme montréalaise commercialise aussi un système complet qui permet de chauffer l’eau domestique.SE CHAUFFER À L’EAU FROIDE Marc-André Paradis et Gilles Faucher, de l’Université Laval, ont mis au point une pompe thermique à eau, qui peut aussi produire de la glace.Le système est unique, en ce sens que l’eau en ressort à une température de -2° C sans qu’on ait à utiliser d’antigel.La glace, qui a la consistance de la neige mouillée, se forme lorsque l’eau est déversée dans un réservoir.Tout le système fonctionne comme une pompe thermique normale.L’eau, même très froide, transmet une partie de sa chaleur au fréon, qui la diffuse à son tour dans la pièce environnante.Outre le chauffage et la climatisation d’immeubles ou d’ensembles résidentiels, cette pompe thermique pourrait, entre autres, servir à la dépollution et à la désalinisation de l’eau.¦i ' — i: M W Z' LA DIMENSION CACHÉE L’énergie qui tombe pile par Raynald PEPIN Sans piles électriques, les montres s’arrêteraient, les enfants n’arriveraient plus à additionner 2 + 2 et nous raterions la moitié des photos.Il faudrait encore démarrer les autos à la manivelle, un exercice dangereux pour les cardiaques qui ne disposeraient plus de pacemakers.Rendons donc grâce à Luigi Galvani et Alessandro Volta qui, il y a deux siècles, nous ont évité cette pénible destinée.La «pile voltaïque», formée de paires de rondelles de zinc et d’argent superposées (d’où le nom de pile) et séparées par des couches de carton imbibé d’eau salée agissant comme électrolyte, produisait effectivement un courant électrique lorsqu’on reliait ses deux extrémités par un fil.Les piles ont constitué la seule source d’électricité pratique jusqu’à l’invention de la dynamo en 1860.Comme un moteur à combustion, une pile transforme l’énergie stockée sous forme chimique en énergie électrique.Pour un moteur, ce sont les molécules d’hydrocarbures qui contiennent l’énergie.Dans une pile, l’énergie provient des constituants de la pile et est libérée par les réactions qui se produisent entre eux.Les produits de la réaction possèdent une énergie chimique inférieure à celle des constituants originaux.laite! «Met Couvercle métallique Boîtier de zinc (électrode négative) Collecteur de courant -en carbone Contact métallique négatif Contact métallique positf it IS« 1' Enveloppe iseun es pu mpooli udïiit Papier poreux imprégné d’électrolyte Étfdl Mélange Mn02, poudre de carbone et électrolyte ImJ ipr ¦pli IlipiL piiiiî.I b tari IMlii Dans une pile ordinaire, un cylindre de zinc constitue l’électrode négative et sert en même temps de boîtier pour les autres ingrédients.Une tige de carbone, située au centre de la pile, sert de collecteur de courant pour l’électrode positive, dont le produit actif est du dioxyde de manganèse (MnO,).Au sein de ce dernier, un électrolyte, sous forme de gelée pâteuse de chlorure d’ammonium (NH4C1), de poudre de carbone et d’eau, assure la conduction du courant sous forme d’ions.Une couche de papier poreux, imprégné d’électrolyte, sépare les électrodes positives et négatives.Les atomes de zinc se dissolvent dans l’électrolyte et forment du Zn(NH3)2Cl„ le à lisse» Ben® es coi v’o'5 RETROUSSONS NOS MANCHES Quand un médecin mesure la tension artérielle d’un sujet, il installe mr toujours le brassard relié au manomètre autour du bras.Pourquoi ne pas le ~ mettre au poignet ou sur la jambe?Envoyez votre réponse, avec vos nom et adresse à: LA DIMENSION CACHÉE Raynald Pepin a/s Québec Science 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V2M3 Les règlements de ce concours sont disponibles à l’adresse de Québec Science.RÉPONSE Pourquoi le pain aux raisins ne grille-t-il pas autour des raisins ?La surface du pain ne grille que si sa température dépasse 150°C.Lorsqu’ils sont chauffés, les raisins exsudent de l’eau, laquelle humidifie le pain autour des raisins.La présence de l’eau garde nécessairement le pain à une température inférieure ou égale à 100°C et empêche le pain de griller tant que l’eau n’est pas évaporée.46 QUÉBEC SCIENCE / J AN VIER 1990 lallûlylc piw aissant chacun deux électrons sur l’élec-rode de zinc qui devient chargée négati-ement (l’électrolyte ne conduit pas les lectrons).Il s’établit ainsi une tension lectrique entre les deux électrodes ; cette ension ne dépend que de la nature des ;onstituants des électrodes et non de la >rosseur de la pile.Si on relie les élec-rodes par un fil, par exemple un filament îi’ampoule, les électrons migrent vers ’électrode de MnO, où ils sont recyclés lans d’autres réactions.Le déplacement des électrons dans le constitue un courant électrique.Si la pile débite du courant assez longtemps, sans nterruption, la tension électrique à ses romes diminue.C’est pourquoi, la lumière d’une lampe de poche allumée longtemps affaiblit.Cette condition, appelée polarisation, découle de l’appauvrissement des éactifs près des électrodes.Les réactions >e font plus lentement, la résistance interne le la pile augmente et la tension extérieure diminue.En laissant reposer la pile quelques heures, la concentration des réactifs ;e rétablit par diffusion et la tension élec-rique remonte.Puisque lors du fonctionnement de la )ile le z ne se dissout dans l’électrolyte, 'A'1' ’épaisseur du boîtier diminue avec le JiiM»" emps.Normalement, à la fin de la vie de la Ipile.env ron 25 % du zinc a été utilisé et le ikïWü ^îtier conserve son étanchéité.Il arrive jlatlï toutefois que le zinc soit perforé à cause de ' la présence d'impuretés qui le corrodent en formant des mini-piles voltaïques avec le zinc.On recommande de ne pas laisser dans leur appareil des piles inutilisées durant plusieurs mois, pour éviter que la pile ne coule et que son contenu n’endommage l’appareil.Lorsque l’électrolyte est formé d’un produit alcalin, comme l’hydroxyde de potassium (KOH), la résistance interne est plus faible.La pile alcaline peut débiter plus de courant qu’une pile ordinaire, ce iqui est utile, par exemple, dans les jouets et les flashes électroniques.Pour ne pas avoir à rester branché à un fil, on paie le gros prix.Une pile « D », |coûtant 0,60$, peut fournir une quantité d’énergie équivalant à 10 wattheures.Le coût du kilowattheure avoisine donc 60$, alors que la même quantité d’énergie, achetée à Hydro-Québec, coûte moins de 0,04$ ! En plus, une fois déchargée, la pile contribue à remplir les dépotoirs -à moins que les réactions chimiques mises à contribution ne soient réversibles, ce qui rend la pile rechargeable.Réponses au test (de la page 41) LES ACTUALITES 1989 1.c) —Le séisme du Saguenay était de magnitude 6,4 (échelle de Richter).Celui de San Francisco, de 7,1, n’était donc que cinq fois plus fort.Les régions du Saguenay et de Charlevoix font partie de la grande plaque tectonique nord-américaine.2.b) et d) —Le surplus de graisse se dépose aussi en profondeur à l’intérieur du péritoine, perturbe le métabolisme et rend la personne plus vulnérable aux troubles cardiaques et au diabète.3.d) —Les « boîtes noires » (qui sont orange.), enregistrent les conversations et les bruits de la cabine, ainsi qu’une vingtaine de paramètres de vol.Elles sont placées dans la queue de l’appareil, l’endroit le plus sûr en cas d’accident.4.a) et d) — Les chauves-souris émettent et captent des ultrasons pour s’orienter dans l’obscurité.Si elles sortaient au soleil, leurs membranes alaires se dessécheraient très vite 5.d) —Les causes de la maladie d’Alzheimer, qui touche de 5 à 10% des personnes âgées de plus de 65 ans, sont encore inconnues.La mort survient entre 5 et 10 ans après le diagnostic.6.b) et d) —La production a dépassé 200 000 bouteilles en 1989.Un hélicoptère peut servir à rabattre l’air chaud au sol.DES GENS DE LETTRES, LES SCIENTIFIQUES?LASER: ATP: SONAR : FORTRAN : BCS : TNT: CRSNG: ADN: RADAR: RMN: pH: BTU : Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation Adénosine TriPhosphate SOund NAvigation Ranging FORmula TRANslator (langage informatique) Bardeen-Cooper-Schrieffer (théorie de la supraconductivité) TriNitroToluène (explosif) Conseil de Recherches en Sciences Naturelles et en Génie du Canada Acide DésoxyriboNucléique RAdio Detection And Ranging Résonance Magnétique Nucléaire potentiel d’Hydrogène British Thermal Unit (unité de mesure de chaleur) L’ESPRIT SCIENTIFIQUE 1.b) —On se rendrait ainsi compte que l’éthanol est soluble dans l’eau, malgré sa densité plus faible et sa nature organique.L’huile flotte à la surface de l’eau parce que ses molécules sont hydrophobes, et non polaires, et parce que sa densité est plus faible.La densité plus faible n’est donc qu’une explication partielle.2.a) et d) —Pour infirmer ou appuyer une théorie, il faut étudier l’effet d’une seule variable à la fois, ici la forme du récipient ou l’espèce vivante.La pyramide n’a pas d’effets très positifs sur la souris qui y est enfermée sans réserve d’oxygène.______________________________________________________________________________ J AN VIER 1990 / QUÉBEC SCIENCE 47 Jacques Goldstyn EN VRAC MILICE DE L'INTERIEUR ALLUME, JE VEUX DORMIR ! OU EST LA CLE DES CHAMPS?Qu’on le veuille ou non, toute activité humaine pollue, même à l’intérieur.Heureusement, nous ne sommes pas dépourvus de moyens pour lutter contre la pollution de ces petites usines que sont nos maisons : nous avons comme alliées nos propres plantes d’intérieur.Selon une étude sérieuse de la NASA, ficus, philodendrons, marguerites, chrysanthèmes et quelques autres de ces petits soldats verts nous aident, par l’action purificatrice de leurs feuilles et de leurs racines, à combattre notre pollution intérieure.Mais ce qui fonctionne à l’intérieur pourrait-il être efficace à l’extérieur?Imaginez, un peu, une belle cheminée d’usine, fleurie de marguerites.Des recherches tendent à démontrer que l’insomnie serait due à un dérèglement de l’horloge intérieure qui régit les cycles du sommeil, de l’éveil et autres fonctions biologiques.Après avoir étudié, chez certains sujets, la température endogène (non affectée par l’activité et révélatrice de l’horloge biologique), on a constaté que les insomniaques entraient dans la phase sommeil environ trois heures plus tard que les dormeurs normaux (1 h au lieu de 22 h).Les chercheurs croient qu’un éclairage brillant pourrait remettre l’horloge à l’heure.LE BAL DES LENTILLES Les gens souffrant d’astigmatisme doivent porter des lentilles épousant parfaitement la forme non sphérique de leur cornée.Malheureusement, le mouvement de rotation qu’entraîne le battement des paupières a des conséquences gênantes ; les lentilles se déplacent régulièrement, ne serait-ce qu’un peu, et la vision s’en trouve constamment affectée.Mais une équipe de recherche en optométrie, de l’Université de Montréal, grâce à un magnétoscope, va filmer et décomposer ce mouvement de rotation, à chaque battement, pour tenter d’en apprendre davantage.Il reste à espérer que la lentille du magnétoscope, elle, restera bien en place.LES EFFET: des cham: /AAGNETIQI ÉLECTRIQU] Eps» I [t La moindre utilisation d’un appareil élec-| trique engendre deux champs: le champ électrique, dû au voltage, et le champ magnétique, dû au courant.Dans la vie quotidienne, l’intensité du champ électrique dépasse rarement 1 kilovolt par mètre et celle du champ magnétique varie entre 6 et 2 000 microtesla à la source, selon les appareils.Même si les faibles décharges électriques provoquées par ces champs sont normalement imperceptibles, on est en droit de se demander s’ils ont un effet sut la santé.Mais toutes les études à ce jour se contredisent et on ne parvient toujours pas à faire la lumière sur cette question.Pourtant ne dit-on pas que du choc.?fe;:i Ri n lu E" es api Kick JhSR MAIN FROIDE, COUDE CHAUD SEXE SECRET OISEAUX EN PROIE Nous aurons peut-être bientôt le choix, pour garder nos mains au chaud l’hiver.Il y a, bien sûr, les bons vieux gants doublés.On a aussi essayé les gants électriques (oui ! comme les couvertures !), mais on n’a pas encore trouvé de pile assez légère et durable.La nouveauté, ce pourrait être quelque chose de plus.traditionnel encore: le «gant calorifère».On a mis au point un long gant muni de tuyaux reliés au coude, qui est plus chaud que les doigts, et remplis de fréon 12; celui-ci, par un jeu d’évaporation, de pression et de condensation, part réchauffer les doigts, puis revient au coude.Dommage qu’on ne fabrique pas encore de bottes ! * ' Pour enrayer le sida, il faut faire davantage d’éducation sur les comportements sexuels.Mais les connaissances concernant ceux-ci sont dépassées et il n’est pas facile d’interroger les gens sur ce sujet.Les spécialistes cherchent donc les meilleures formules d’enquête pour obtenir des statistiques sexuelles remises à jour, et aussi plus précises et explicites.Ainsi, on se demande si on doit envoyer un questionnaire ou procéder par entrevue, rencontrer les gens chez eux ou en clinique, si on peut prendre n’importe qui comme enquêteur, etc.On a même songé à des réponses codées à certaines questions -pour ne pas faire rougir les enquêteurs ?Si les oiseaux se cachent pour mourir, ce ne sera certainement pas la faute de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.Celle-ci vient de mettre sur piec| une clinique de soins pour oiseaux de proie en détresse.Grâce à l’aide du gouvernement et des jardins zoologiques, et au bénéi volât des vétérinaires et des citoyens, la clinique admet annuellement plus dej 150 rapaces -de la bonne espèce, ceux-là: Comme l’homme, l’oiseau de proie st trouve au bout de la chaîne alimentaire, lil où se fait la bioconcentration des pol Liants - parlez-en au faucon pèlerin Apprendre à le secourir, c’est en fairs autant pour nous-mêmes.fcc la té I f5.“Si pfe.il Pli il I fc|| I HllÉ Sa: F'iiie i liieli liieaii.Illustrations: Jacques Goldstyn 48 QUEBEC SCIENCE/JANVIER 1990 ¥ ippiKll! fülîÉ el le th .Dus lu [le nie en uiee.seM lesdeetof [ ces cta Mes.ou (Si miiiefe les ice p nés» fi niwii.t*1 e mois-ci, nous suggérons quelques ouvrages qui devraient permettre ’en apprendre davantage sur énergie.¦ Dans un style clair et précis, communicateur scientifique ean-Marc Carpentier propose, vec L’énergie en héritage, un ilan intéressant des enjeux ropres aux secteurs du pétrole et u gaz.Dans un contexte histo-ique bien situé, l’auteur brosse n tableau des perspectives ’avenir des hydrocarbures et es sources d’énergie de rem-dacement, sans en oublier les intensions sociales, économi-ues et environnementales.Che-nin faisant, il prend soin d’ex-liquer ce que sont les hydrocar-mres et ce qu'on en fait, le tout ans un langage accessible à ous.On est ici très loin des cénarios apocalyptiques qui ont uivi le choc pétrolier de 1973.Dans ce livre parrainé par a Société québécoise d’initia-ives pétrolières (SOQUIP), ean-Marc Carpentier démontre ue les réserves planétaires l’hydrocarbures sont très abondantes, sous plusieurs formes.Toutefois, il sera de plus en plus difficile et onéreux à tous les Itoints de vue de les tirer du sous-vol.Il faudra commencer à se 'aire à cette idée et à se préparer i relever de nouveaux défis.La lecture de L'énergie en héritage instituerait, justement, un bon début.Je» Mire Cirptier L'ÉNERGIE EN HÉRITAGE «0* r" ¦ Le ministère de l’Énergie et des Ressources (MER) vient de publier la première édition d’un Atias énergétique du Québec.Les lecteurs y trouveront une représentation géographique des principales caractéristiques du secteur énergétique du Québec.De façon très schématique et factuelle, une dizaine de cartes tracent un portrait intéressant de l’univers énergétique québécois.On y trouve, entre autres, la liste des centrales hydroélectriques en service ou encore la production et la consommation de gaz naturel de la province.Québec 3! Ministère de l’Énergie et des Ressources Atlas énergétique du Québec Québec, 1989, 24 pages ISBN 2-550-19670-8 ¦ Le MER publie aussi un recueil annuel de statistiques sur la consommation et la production de l’énergie au Québec.Intitulé simplement L’énergie au Québec, ce document est probablement le plus complet et le plus accessible pour tous ceux qui veulent connaître en détail la situation québécoise.L’édition 1988 est actuellement disponible, alors que l’édition 1989 devrait paraître au printemps 1990.Ministère de l’Énergie et des Ressources L’énergie au Québec (édition J 988) Québec, 1989, 115 pages ISBN 2-550-19347-4 Carpentier, Jean-Marc L’énergie en héritage Le pétrole et le gaz Éditions du Méridien (et SOQUIP) Montréal, 1989, 216 pages .ISBN 2-920417-80-0 ¦ Toujours au MER, L’énergie, force motrice du développement économique constitue le maître document de la politique énergétique québécoise.A lire pour tous ceux qui veulent connaître la place que le gouverne- ment actuel accorde à l’énergie dans le développement économique.Ministère de l’Énergie et des Ressources L’énergie, force motrice du développement économique Politique énergétique pour les années 1990 Québec, 1988, 121 pages ISBN 2-550-18779-2 U Énergie : L’horizon canadien est un livre magnifique, qui met en relief la situation énergétique canadienne et la grande diversité des sources d’énergie du pays.Réalisé en collaboration par Énergie, Mines et Ressources Canada, le Centre d’édition du gouvernement du Canada, Approvisionnements et Services Canada, cet ouvrage souligne, entre autres choses, l’importance d’accorder la nécessité énergétique avec l’objectif d’un environnement sain.V.N E K ( i I H L’horizon canadii-n Énergie L’horizon canadien Fitzhenry & Whiteside Canada, 1989, 100 pages ISBN 0-88902-107-4 ¦ La revue Forces a publié l’été dernier, sous la direction de Jean-Marc Carpentier, un numéro spécial consacré à l’énergie.On y aborde différents thèmes reliés à la problématique de notre avenir énergétique.Il est question, notamment, de l’énergie nucléaire, du pétrole, de l’énergie verte, de la vision des jeunes sur l’énergie et du rôle de l’énergie dans l’histoire.Une entrevue a aussi été réalisée avec John Ciaccia, alors ministre de l’Énergie et des Ressources.Énergie, vers l’an 2000 Forces, numéro 86, été 1989 Pour renseignements : (514) 286-7600 ¦ La Société d’édition de la revue Forces a également publié un numéro hors série sur l’expertise du Québec en hydroélectricité.Intitulée Dompteurs de rivières, cette publication bilingue présente, bien sûr, Hydro-Québec et ses réalisations, mais aussi les compagnies québécoises, ou ayant des bureaux au Québec, qui ont participé à l’aménagement hydroélectrique du Québec.Dompteurs de rivières vise principalement à vanter les mérites du savoir-faire québécois en la matière et non à évaluer dans le détail la place qu’occupent nos firmes sur la scène mondiale.D’ailleurs, quelques-unes des sociétés présentées dans ce document sont des filiales de multinationales comme Westinghouse, Bechtel, Hewitt et Asea Brown Boveri.L’intérêt de cette publication, c’est qu’elle permet de savoir qui fait quoi, dans le secteur de l’hydroélectricité, tout en découvrant les fleurons technologiques véritablement québécois.Dompteurs de rivières constitue un bel outil de travail pour les promoteurs du Québec, pour les journalistes et pour toute personne effectuant des recherches sur le sujet.du outtxi an hrdroHtanntt River (dîners Qurbrci t>pa>Mr tn htérodaOrioty lOSOb Dompteurs de rivières L’expertise du Québec en hydroélectricité Numéro hors série de la revue Forces Société d’édition de la revue Forces, Montréal, 1989 ISBN 2-920738-01 JANVIER 1990 / QUÉBEC SCIENCE 49 DANS LE PROCHAIN NUMERO UNE QUÉBÉCOISE CHEZ LES GORILLES (Claire Chabot) Vous avez vu le film Gorilles dans les brumes'! Saviez-vous qu’à la suite de la primatologue Dian Fossey, une Québécoise, Pascale Sicotte, continuait les recherches portant sur les gorilles des montagnes, au Rwanda?Fascinée par les travaux de la première chercheuse, Claire Chabot a suivi à la trace les travaux de la seconde, qu’elle nous présente avec beaucoup d’intérêt.L’HYPNOSE EN MÉDECINE (Emmanuèle Garnier) Les dentistes, les psychologues et les médecins québécois commencent à s’intéresser à l’hypnotisme.L’utilisation de cette technique, de plus en plus fréquente aux États-Unis et en Ontario, permet de soulager la douleur, de préparer les malades à une intervention, etc.Emmanuèle Garnier explique comment et pourquoi l’hypnose peut répondre à certains besoins.UN PATRIMOINE TECHNOLOGIQUE INDUSTRIEL À CONNAÎTRE (YvonLarose) Yvon Larose nous guide à travers les sites, les vestiges et les objets qui témoignent du patrimoine industriel québécois.C’est comme si on y était.Au musée Bombardier, admirez le génie inventif du roi de la motoneige, revivez l’âge d’or des pâtes et papiers à la pulperie de Chicoutimi et apprenez, au musée de Sutton, comment les premières communications téléphoniques se sont établies au siècle dernier.if t vvj m m m Vous aimez les expositions scientifiques?Nous aussi ! Depuis plusieurs années, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science épaule d’ailleurs le milieu québécois de la muséologie scientifique.O-', : ' - Par un premier volet de son nouveau programme de soutien EXPOSITIONS « SM ISSStSfiS jSj&jwf ' SCIENTIFIQUE S ET TECHNIQUES le Ministère favorise désormais la circulation d’expo- ., ,,, A ., ; ¦ ; ¦ •- • ¦¦ ' ' " 'T-.; v'.¦ Ritionç avant rlpia fait leiirç nrPitvftR 1000, route de l’Église, 5e étage Sainte-Foy (Québec) G1V 3V9 S (418) 644-4734.sitions ayant déjà fait leurs preuves.Un second volet s’adresse aux organismes souhaitant rejoindre le grand public à l’occasion de salons ou d'expositions temporaires d'envergure québécoise.___________ / VLV''_______________________ Les subventions peuvent atteindre 35 000 $ et les demandes doivent parvenir au Ministère d’ici le 15 février 1990 (premier volet) ou trois mois avant la tenue de l’événement {second volet).Pour savoir si votre projet est admissible ou pour obtenir plus de précisions sur ce programme, il suffit de communiquer avec Richard Grenier Direction du développement scientifique Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science — — Gouvernement du Québec Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science Québec 50 QUÉBEC SCIENCE/JANVIER 1990 LA FORCE DE L'ENERGIE selon un siège social Quand Madame fait pierre neuve Il est vrai que la vénérable institution que j'abrite me confère un statut privilégié dans le monde de la finance et de l'immobilier.Voyez-vous, la vieille bâtisse que je suis loge le siège social de Power Corporation.Le respect ça se gagne, vous savez! Ainsi, c'est par respect que mes propriétaires ont décidé de me rénover de la cave au grenier.Je leur ai fait part de mes recommandations: un nouveau chauffe-eau au gaz naturel pour remplacer le chauffe-eau électrique, des appareils de cuisson à la cafétéria, deux chaudières neuves alimentées au gaz naturel.le leur ai fait valoir les avantages du gaz naturel en comparaison aux autres sources d'énergie: grand confort, entretien minimum et sécuritaire, suppression de l'entreposage de carburant, propreté et respect de l'environnement, réduction des coûts d'exploitation et diminution des frais de rénovation par rapport à l'électricité.Ils sont avisés, mes administrateurs, vous savez! Il ont opté pour le gaz naturel.Grâce à eux, j'aurai fait pierre neuve tout en conservant mon naturel.EGaz Métropolitain FACE A FACE PROFITABL Le choc des connaissances.La créativité qui mène à l'innovation.Enseignants et entreprises deviennent des partenaires de progrès en mettant en commun théorie et pratique des nouvelles technologies.Depuis 25 ans, le service des stages du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science crée ces face à face profitables entre des entreprises et des enseignants du secondaire, du collégial et de l'enseignement universitaire par: • des cours en milieu de travail; • des stages de perfectionnement; • des stages-projets.Une réponse aux besoins concrets dec partenaire.En 1988-1989, 372 entreprises ont al 794 enseignants, ce qui représente f jours-personnes d'échange de connais Gouvernement du Québec Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science POUR RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTION Service des stages 454, place Jacques-Cartier Bureau 500 Montréal (Québec) H2Y 3W3, Tél.: (514) 873-2072 Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science
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