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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1990, Collections de BAnQ.

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1.01- 01977 Q i !E ; « ONALE QUEBEC 8T©!#.ffii 3,25$ Volume 28, numéro 10 LES ANIMAUX DE LABORATOIRE JN COMMERCE LUCRATIF 5ALAPAGOS : JOYAU [>U PATRIMOINE VIONDIAL ES MAISONS ONT PEAU NEUVE VIËDECINE ¦T SPORT AUTOMOBILE A SCIENCE ET LES HANDICAPS ’HYSIQUES Courrier de 2e classe, enregistrement n 1062.Port payé à Québec.C.P.250.Sillery.Québec.Canada Gl r , LES MEILLEURS SITES D'OBSERVATION DES OISEAUX AU QUÉBEC Normand David 1990, 300 pages ISBN 2-920073-59-1,27,95$ ?¦ Où peut-on observer les oiseaux au centre-ville de Montréal ?¦ Quand les oies des neiges se rassemblent-elles ?¦ Quels sont les meilleurs sites pour observer de magnifiques spécimens ailés tels le pygargue à tête blanche, le macareux moine ou l’eider à tête grise ?Le lecteur trouvera, dans ce livre, réponse à toutes ces questions et à bien d’autres encore.L'auteur, qui a sillonné le Québec en quête de sites d'observation et de photographies, entraînera chacun d'entre vous dans une visite guidée des plus instructives dans les onze grandes régions répertoriées.Il vous renseignera sur la topographie, les principaux attraits ornithologiques ainsi que les services offerts.Vous découvrirez les toundra de la Gaspésie et les marais tranquilles de la vallée du Saint-Laurent; vous apprendrez comment vous rendre à ces lieux et à quel moment, pour tirer le meilleur parti de votre aventure.De la sortie en famille à l'escapade en dehors des sentiers battus, il y en a pour tous les goûts.• Comment se rendre sur le site • Attraits ornithologiques • Attraits majeurs des sites • Périodes de l'année les plus propices pour l'observation • Espèces rares ou inusitées • Sites aménagés (parcs et centres d'interprétation) • Index des espèces citées • Photographies toutes en couleur.I DU MEME AUTEUR CHEZ QUEBEC SCIENCE ÉDITEUR Comment nourrir les oiseaux autour de chez soi 1982,72 pages, ISBN 2-920073-48-6.7,95 $ 1983, 264 pages.ISBN 2-920073-12-5, 17,95 $ | j Observer les oiseaux au Québec EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE Nom Adresse ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Vous pouvez aussi indiquer le nombre d'exemplaires désiré dans la case placée à côté de chaque titre, et expédier cette annonce avec votre paiement aux : Code postal Tel.( ) ?Chèque Date d'expiration ?Mandat postal ?Visa Numéro ?MasterCard Presses de l’Université du Québec C.P.250, Sillery,Québec, G1T 2R1 Signature P-102 Volume 28, numéro 10 ARTICLES 16 Le lucratif commerce des animaux de laboratoire Chien ou chat, lapin chinchilla ou singe écureuil, les animaux utilisés par les chercheurs ont d abord été les animaux des producteurs ou des fournisseurs.Par Marie-Noëlle Delatte et Monique Lambert 22 L’archipel des Galapagos : joyau du patrimoine mondial Refaire 150 ans après Darwin le périple des îles Galapagos, c’est accomplir un pèlerinage au cœur d’un monde unique.Par Jacques Prescott 28 La construction domiciliaire fait peau neuve La maison connaîtra-t-elle la révolution «high tech»?Panneaux, caissons, blocs et briques de polystyrène sont prêts à être assemblés avec facilité et en un temps record.Par Gilles Parent et Jean Lebrun 34 La science et les handicaps physiques La science n’a sans doute pas réponse à tout, mais elle peut aider les personnes handicapées.Prothèses et appareils de toutes sortes, logiciels et équipements de sport sont désormais à leur disposition.Par Benoît Chapdelaine 40 Médecine et sport automobile Le pilote de formule 1 est un athlète de haut calibre.La recherche qui lui est dédiée pourrait, de plus, servir à tous les automobilistes.Par Bruno Gilbert et Stéphane Billy-Gousse SOMMAIRE Page 22 Page 16 :: *»'*L Page 28 \\ \v V Page 40 CHRONIQUES 1 TECHNO-ACTION Les télécommunications : vers le réseau universel Par Jean-Guy Rens 9 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse L’effet de serre : bien des causes De la biénergie à la cogénération La biofiltration à Boisbriand La lutte aux anglicismes Un centre en productivité végétale 14 MICROMÉGA SimCity : aux commandes d’une ville Par Jean Lalonde 46 LA DIMENSION CACHÉE C’ est l’avion qui nous mène Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 6 COURRIER 48 EN VRAC 49 À LIRE Joseph-Armand Bombardier.Le rêve d'un inventeur Une vie à découvrir.De la double hélice à la mémoire Biographie d’un désert L’homme et les animaux domestiques.Anthropologie d’une passion 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO Les produits chimiques, pas nécessairement dangereux Les médias de demain A-t-on besoin des sciences sociales ?QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1990, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index de périodiques canadiens.© Copyright 1990 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 3 U IM I PRESENTE! DEPUIS PLUS D'UNE GÉNÉRATION, L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC ASSUME UNE PRÉSENCE DYNAMIQUE À LA GRANDEUR DU QUÉBEC.POUR CRÉER CE QUÉBEC DE DEMAIN QUE L'ON BÂTIT AUJOURD'HUI, ELLE OFFRE DES PROGRAMMES D'ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE EN SCIENCES DE LA SANTÉ, EN SCIENCES PURES ET APPLIQUÉES, EN SCIENCES HUMAINES, EN SCIENCES DE L'ADMINISTRATION AINSI QU'EN ARTS ET LETTRES.L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC: UN LEADER DANS L’ÉVOLUTION SOCIALE ET ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC.iàTo^HTS * • • I UNIVERSITÉ OU QUÉBEC EN ABITIBI-TÉMISCAMINGUE 2 UNIVERSITÉ OU QUÉBEC À HULL 3 ÉCOLE DE TECHNOLOGIE SUPÉRIEURE 4 UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL 5 INSTITUT ARMAND-FRAPPIER 6 UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A TROIS-RIVIÈRES 7 SIÈGE SOCIAL B ÉCOLE NATIONALE D'ADMINISTRATION PUBLIQUE 9 INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE 10 TÉLÉ-UNIVERSITÉ II UNIVERSITÉ OU QUÉBEC A CHICOUTIMI 12 UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A RIMOUSKI Êt/ Université du Québec QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551-Abonnements: poste 2854 Redact ion: SCIENCE-IMPACT: (418)831-0790 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00101, ou par télécopieu r : (418) 831 -0009 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION Les Communications SCIENCE-IMPACT Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Jean-Marc Carpentier, Gilles Drouin.Claude Hamelin.Nicole Lemelin, Raynald Pépin, Yves Rousseau Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Françoise Côté, Gilles Drouin.Bernard Duchesne, Claude Forand, Elaine Hémond, Jean Lalonde, Yvon Larose, Marc Ledoux, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Michel Saint-Germain, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Brigitte Ostiguy Séparation de couleurs Graphiscan Impression Imprimerie F Éclaireur PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie les gouvernements du Canada et du Québec de leur aide Financière accordée respectivement dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada et du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique.Membre de: JC\ Z» Bureau CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an / 10 nos) : 28,00$ Spécial: (2 ans/20 nos): 49.00$ Groupe: (1 an/10 nos): 25,00$ ( 10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l'étranger: Régulier: (1 an / 10 nos): 39.00$ Spécial: (2 ans/20 nos): 68,00$ À l’unité: 4.00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de DAWSON FRANCE.B.P.57 91871 Palaiseau, Cedex.France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery G1T2R1 Le facteur humain Pour élaborer leur dossier sur le commerce des animaux de laboratoire, nos collaboratrices Marie-Noëlle Delatte et Monique Lambert ont dû se livrer à une quasi-enquête policière, tant cet aspect pourtant essentiel de la recherche biomédicale est entouré d'un silence complice.En fait, les chercheurs ne sont pas très enclins à ouvrir un dossier qui, une fois encore, dérangerait l’opinion publique.Quant aux sociétés protectrices des animaux, elles préfèrent le flou actuel à une loi qui les obligerait à fournir les laboratoires de recherche.Entre les deux, les heureux fournisseurs n’attendent qu’une chose : que ça ne change jamais.Certains pourraient se vanter d'avoir nagé avec les otaries en plein cœur de Varchipel des Galapagos, mais bien peu ont suivi les traces de Charles Darwin avec un œil aussi averti que celui du biologiste Jacques Prescott, qui signe le reportage et les photographies portant sur ce joyau du patrimoine mondial, les îles Galapagos.Une expérience passionnante, que le directeur par intérim du Jardin zoologique du Québec et président de la Fondation canadienne de la nature a tenu à partager avec les lecteurs de Québec Science.Le retour des beaux jours marque aussi la reprise des travaux de construction domiciliaire.Gilles Parent et Jean Lebrun nous montrent comment la construction est à la croisée des chemins et s’apprête à vivre maintes innovations technologiques.La maison de l’avenir devra tenir compte d’une meilleure planification urbaine, où l'on associera habitation, transport et préservation de l'environnement.Dans un tout autre domaine, beaucoup de gens ont déjà entendu parler de la «main de Montréal », la fameuse main artificielle de l'Institut de réadaptation de Montréal, un modèle unique en son genre, à la fine pointe de la technologie.En plus de présenter cette innovation spectaculaire, Benoît Chapdelaine montre comment un handicap physique n’est pas un obstacle pour la science et la technologie, mais un défi à relever.Sans oublier le côté humain du problème des prothèses.Avec les beaux jours nous reviennent nos deux journalistes scientifiques mordus du sport au tomobile : Stéphane Billy-Gousse et Bruno Gilbert.Cette fois, c’est à l’humain qu’ils s’intéressent eux aussi.En effet, ils montrent comment des chercheurs de VUniversité McGill tentent de comprendre et de «mettre au point» l’élément le plus fragile du sport automobile : le pilote.Côté chroniques, nous sommes invités à voir grand et à être particulièrement actifs : Jean Lalonde nous convie à prendre les commandes d'une ville, Raynald Pepin, à un voyage en avion et Jean-Guy Rens, à la communication universelle.et aussi aux vacances que nous vous souhaitons des plus reposantes! Jean-Marc GAGNON À partir de cette année, le numéro de juin deviendra le numéro d’été.Dorénavant, Québec Science sera publié dix fois par année.Ce répit estival nous permettra de stabiliser le prix de l’abonnement.Il est bien entendu que votre abonnement sera, de ce fait, prolongé d’un mois.Une bonne nouvelle : très bientôt, votre magazine vous arrivera en meilleur état, puisqu’il vous sera expédié sous emballage de plastique.Au nom de toute l’équipe, je vous remercie de votre encouragement, et vous souhaite de très belles vacances.Jacki Dallaire, directeur général ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 5 v,.COURRIER il; À PROPOS DE LA SÉRIE SUR LES FEMMES LES FEMMES EN SCIENCE l'AU QUÉBEC ¦ Bravo pour votre article sur les femmes en science.Je me suis reconnue dans tous les témoignages, à différents niveaux.Il existe une universalité de sentiments et de cheminements chez les femmes en science que je ne soupçonnais pas aussi intense.Nathalie McCarthy Département de physique Université Laval Toutes mes félicitations pour l’article sur les femmes dans le numéro de février 1990.Il ne faut pas oublier que les femmes du Québec sont l’avenir du Canada.E.Sicotte Montréal J’ai su par des étudiantes et des collègues que le numéro de décembre parlait des femmes en science.Je vous félicite pour cet article.J’en profite également pour remercier Ève-Lucie Bourque, la photographe.Elle s’est vraiment donné beaucoup de peine pour réaliser cette photo de moi, qui a été appréciée par plusieurs personnes.Marie-André Bertrand criminologue Université de Montréal J’ai lu attentivement votre article intitulé «Les femmes en science au Québec.Comment vivent-elles l’aventure scientifique ?», paru dans le numéro de février 1990 de Québec Science.Cet article présente assez bien la situation des femmes en science.C’est possible et même très agréable de faire de la science et d’être une femme, de combiner la maternité avec la science.J’en ai justement fait la preuve en amenant nos deux garçons au travail avec moi durant les premiers mois de leur vie.J’ai fait ce geste (que vous rapportez bien dans votre article) de façon tout à fait volontaire, sans me sentir brimée dans ma maternité ni dans ma carrière.Helga Guderley Département de biologie Université Laval J’ai beaucoup apprécié les articles sur les femmes et la science parus dans votre magazine.Je suis fière d’avoir pu y contribuer par mon témoignage.Bravo et plein succès dans tous vos projets ! Monique Lefebvre-Pinard Vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche Université du Québec à Montréal AVANT D’OUBLIER LA NEIGE Dans le numéro de mars 1990, il est mentionné qu’un mélange de 80% de chlorure de sodium et de 20 % de chlorure de calcium rend possible la fonte de la neige jusqu’à une température de - 40 °C.En pratique, le chlorure de sodium agit jusqu’à une température de -10 °C.Par ailleurs, le mélange chlorure de sodium et chlorure de calcium agit jusqu’à -20 °C.La recette recommandée par le ministère des Transports à ses employés et aux entrepreneurs est la suivante : De0°Cà-10oC NaCI au taux de 100 à 225 kg/km De -10°C à - 20°C NaCI + 5 à 10% de CaCl2 au taux de 175 à 300 kg/km À - 20 °C et moins Abrasifs traités Richard Royer, chef de district Ministère des Transports 1 1 au $er noi Te Fai à' le le tes LES ENJEUX ÉCONOMIQUES ET POLITIQUES DE L'If M SOUS LA DIRECTION DE MICHEL LECLERC l’UnivertiM du Quèbac kfMmm 6 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 L’ NOUVELLES TECHNOLOG I ES UN OUTIL EFFICACE À LA COMPRÉHENSION DES ENJEUX DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE.• L’exploitation économique de la recherche • L’État dans la promotion de l’innovation • L’industrie dans la filière de l’innovation 1990, 312 pages, ISBN 2-7605-0552-9, 25$ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Vous pouvez aussi indiquer le nombre d’exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux : Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Nom ______________________________________________________________________________________ Adresse___________________________________________________________________________________ _______________________________________Code postal______________Tél.( )_______________ ?Chèque ?Mandat postal DVisa ?MasterCard Date d’expiration____________ Numéro _______________________________________Signature___________________________________ P-113 25 in tu Di ic ill Itl li su t vii if ft Ht TECHNO-ACTION par Jean-Guy RENS II n’y aura bientôt plus besoin de s’abonner séparément à une compagnie de téléphone et à un câblo-distributeur; un seul réseau, de préférence en fibre optique, pourra satisfaire tous nos besoins présents et futurs en communications.L’époque où chaque service correspondait à un réseau distinct est révolue.Auparavant, le texte était acheminé par le réseau télégraphique, la voix, par le réseau téléphonique, et l’image par le câble.Déjà, aujourd’hui, les compagnies de télégraphe et de téléphone acheminent aussi bien des données informatiques (du texte) que la voix.La fusion de technologies différentes au sein d’un même réseau va modifier les services de télécommunications.Quatre nouveautés en témoignent au Canada: le Réseau numérique à intégration de services (RNIS) actuellement mis à l’essai par Bell Canada, l’Alberta Government Telephone (AGT) et le New Brunswick Telephone (NB Tel) ; le service de vidéotex Alex, déjà commercialisé à Montréal et à Toronto, par Bell Canada également; le service Vidéoway, commercialisé sur la Rive-Sud et à Montréal par Vidéotron; le projet Consortel, qui sera bientôt testé à Rimouski par Québec-Téléphone.L’AVENIR AU RNIS Toutes ces innovations sont basées sur le même principe: l’interpénétration des technologies et des services.Ainsi, le RNIS permettra de brancher un micro-ordinateur sur une ligne RNIS sans modem et tout aussi facilement qu’on branche un téléphone (voir «RNIS : des communications sur mesure », dans Québec Science, janvier 1988).Dans un premier temps, le RNIS se présente sous la forme d’une ligne à 3 ou à 25 circuits (deux circuits voix-données et un circuit données à faible débit; 24 circuits voix-données et un circuit données).Un grand nombre d’applications sont actuellement à l’essai de façon intensive, dont les plus populaires sont peut-être la télécopie à grande vitesse et le partage d’écrans entre deux ordinateurs.Dans un deuxième temps, on verra apparaître un RNIS à large bande passante sur fibre optique, qui permettra également de brancher un téléviseur ou une caméra vidéo dans la prise de télécommunications, afin de recevoir ou d’émettre des images.On devine alors le foisonnement de services nouveaux destinés au marché résidentiel.Les télécommunications : vers le réseau universel ALEX ET VIDEOWAY: FAUX DÉPARTS?Le vidéotex consiste à acheminer, par fil téléphonique, le texte et des graphiques.Les Français ont lancé, avec le succès que l’on sait, le vidéotex au début des années 80.La clé de cette réussite : la gratuité du terminal.Le Canada a attaqué une première fois le marché avec Télidon, également au début des années 80, et tous les essais furent abandonnés faute d’avoir pu déceler un public disposé à payer pour les nouveaux services.Depuis décembre 1988, Bell tente une nouvelle fois l’expérience avec Alex.Il faut bien dire que cette expérience est jusqu’à présent décevante.L’application qui remporte le plus de succès est le courrier électronique qui, précisément, ne nécessite pas de graphiques.Bell a cependant fait preuve d’imagination quand elle a entrepris de relancer la demande en distribuant gratuitement des logiciels d’émulation qui permettent de transformer des micro-ordinateurs IBM et Macintosh en terminaux.Alex n’a donc pas dit son dernier mot et il sera peut-être un jour possible d’utiliser son propre microordinateur pour renouveler l’immatriculation de la voiture ou effectuer des transactions bancaires.Vidéoway est différent d’Alex, car il utilise le câble au lieu du fil téléphonique; il peut donc acheminer des images fixes ou des images vidéo au lieu de Nous remercions le gouvernement du Canada de l’aide financière accordée pour la réalisation de cette chronique, dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada.Le RNIS, mis à l’essai actuellement par Bell Canada, est un réseau universel qui permet de transmettre rapidement et simultanément voix, données et images au moyen d’une simple ligne téléphonique et d’une prise murale courante.simples graphiques.Il utilise simplement l’écran de télévision au lieu d’un terminal spécialisé ou d’un micro-ordinateur comme Alex.Mais il n’offre encore que peu de nouveaux services; la télévision interactive et des jeux vidéo offerts par Loto Québec.C’est maigre comme service, mais le prix de location, lui, ne l’est pas.C’est durant la phase 2 du projet que toutes les potentialités de Vidéoway seront exploitées, grâce à l’ajout d’un capteur d’images et d’un clavier.Il sera alors possible d’interagir avec le système et de faire du courrier électronique et peut-être même des transactions bancaires.Vidéoway deviendra ainsi un concurrent pour Alex, ce qu’il n’est pas aujourd’hui.LES GRANDS ESPOIRS DE CONSORTEL Autre scénario, dans le Bas-du-Fleuve: la compagnie de télécommunications et le câblodistributeur ont décidé d’unir leurs forces.Québec-Téléphone et Cogéco Télécom ont créé un consortium nommé Consortel, afin de câbler en fibre optique 25 abonnés à Rimouski.Depuis le printemps 1990, cette artère optique donne accès à la fois au téléphone et à la câblodistribution.De nouveaux services seront ajoutés progressivement: vidéotex de type Alex, radio à haute fidélité, RNIS, télémétrie, etc.Mais la câblodistribution de Consortel est d’un genre particulier: entièrement numérique, elle permet à l’utilisateur de payer à l’écoute, et il sera bientôt possible d’émettre des images aussi bien que d’en recevoir.Consortel est sans aucun doute la voie de l’avenir pour les télécommunications canadiennes.Ce projet, comme Vidéoway, Alex et le RNIS, révèle la nature des changements qui s’annoncent dans les télécommunications.La révolution viendra, non pas de nouvelles technologies, mais des nouvelles applications rendues possibles par les chevauchements technologiques.ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 7 PUBL1-REP0RTAGE ROULER AU GAZ NATUREL mmmmmmrnm- Au Canada, les problèmes d’approvisionnement en pétrole et les préoccupations à l’égard de l’environnement sont en train de provoquer des changements dans notre vie quotidienne.L’un des plus draconiens touche un objet particulièrement représentatif du confort et de la technologie modernes : le véhicule automobile.En effet, le carburant classique de propulsion, l’essence, se voit maintenant contesté sur son propre terrain par d’autres plus gazeux, soit le propane et le gaz naturel.Rouler au gaz naturel ne s’inscrit désormais plus dans les limites de la science-fiction.Sans prétendre que la majorité des conducteurs se sont « convertis » à ce nouveau carburant, il faut quand même considérer que le gaz naturel représente la ressource énergétique la plus abondante au Canada.On a en effet déterminé que les réserves prouvées s’établissaient à 2,5 billions de mètres cubes et les réserves probables à 7 billions.Le gaz naturel, dont le méthane, un hydrocarbure simple, constitue le composant principal, ne recèle aucun additif, tout en disposant d’un indice d’octane relativement élevé.À l’intérieur d’un moteur, sa combustion est de près de 10% plus efficace que celle de l’essence.Toutefois, les dimensions et le poids des réservoirs de gaz naturel exigent de faire le plein plus souvent.Il est aisé de «convertir» au gaz naturel un véhicule alimenté à l’essence.Après avoir vérifié l’état du moteur, un mécanicien habilité se charge d’installer le système de carburation au gaz naturel.Une telle adaptation d’un véhicule nécessite l’installation d’un bon système d’alimentation et quelques modifications à l’allumage du moteur.À cause de l’autonomie que procure le gaz naturel et du nombre réduit de postes de ravitaillement, la plupart des conducteurs optent pour des systèmes à alimentation mixte.Les coûts d’adaptation au gaz naturel s’établissent actuellement entre 2600 et 3 000 dollars.Le Programme des véhicules au gaz naturel, parrainé par Énergie, Mines et Res- sources Canada, aide à couvrir ces coûts en accordant des subventions de 500 dollars pour chaque véhicule qui fait l’objet d’une transformation.D’une part le prix du carburant, le kilométrage annuel, l’état du moteur et l’âge du véhicule détermineront la rentabilité d’une telle opération.Règle générale, une période de recouvrement de moins de deux ans représente un rendement appréciable.D’autre part, l’adaptation au gaz naturel est particulièrement indiquée pour les véhicules de service comme les taxis et les fourgonnettes de livraison.Finalement, le gaz naturel comme carburant présente deux autres avantages non négligeables : il n’est pas polluant et comporte peu de risques en cas d’accident.En effet, il ne contient pas de plomb et sa combustion produit habituellement très peu de monoxyde de carbone et d’émanations d’hydrocarbure.Cette propriété en rend l’usage particulièrement intéressant en ville où la circulation dense contribue à la pollution.De plus, les conséquences d’une fuite et les risques d’incendie ou d’explosion lors d’une collision sont moindres avec le gaz naturel qu’avec l’essence.En effet, étant plus léger que l’air, le gaz naturel se disperse dans l'atmosphère une fois libéré de son contenant, et il ne s’enflamme qu’à une température élevée.Son odeur très caractéristique permet également de détecter toute fuite très rapidement.Énergie, Mines et Ressources Canada Direction des communications 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 I* Énergie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada Pour en savoir plus long sur le sujet, vous pouvez obtenir la publication intitulée Le gaz naturel, un carburant de rechange en vous adressant à : Canada Itc à U! 8 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 par l’Agence Science-Presse L’effet de serre: bien des causes Comme en témoignent les glaciations, le climat est susceptible de varier de façon naiurelle.Sans minimiser le rôle du gaz carbonique dans le réchauffement global, il y a lieu d'étudier d’autres phénomènes - courants marins chauds, variation de l’inclinaison du globe sur son axe, mouvement des plaques tectoniques -, qui influent également sur les climats.Tel est l’essentiel du message qu’ont livré les astrophysiciens, géologues, océanographes et paléoclimatologues réunis en mars dernier au 3e Symposium des étudiants diplômés en sciences de la Terre de l’Université du Québec à Chicoutimi, dont le thème était : « Réchauffement de la planète : changement naturel ou effet de l’activité humaine?» D’un point de vue astronomique d’abord, on sait que c’est l’inclinaison de l’axe de rotation de la planète qui cause les variations saisonnières de température.«Mais ce qu'on sait moins, explique Gilles Beaudet, astrophysicien à l’Université de Montréal, c’est que cette obliquité, en moyenne de 23,5 degrés, varie.» En fait, les scientifiques ont établi qu’elle pouvait jouer entre 21,8 et 24,5 degrés.«Cela veut dire, poursuit le chercheur, qu’une partie de la Terre, à un moment donné, peut se retrouver dans un angle tel qu’elle recevra plus ou moins d’énergie.» D’où le lien maintenant établi entre les glaciations passées et des inclinaisons probablement défavorables à l’insolation.« Un autre mégasystème agit sur les climats, ajoute Denis Gilbert, océanographe-physicien à l’Université Dalhousie à Halifax, et on en tient trop peu compte : ce sont les océans.» Les océanographes travaillent actuellement à inclure dans les nouveaux modèles informatisés de prédiction climatique la donnée «océan», car dans les modèles actuels, le rôle de stimulateur ou de régulateur thermique des océans est à toutes fins utiles oublié.«Si on en tenait compte, explique l’océanographe, cela pourrait changer considérablement les données du problème.Ainsi, il ne serait pas impossible que les océans ralentissent le réchauffement de la planète, peut-être d’un degré par rapport aux cinq degrés d’augmentation prévue, en absorbant eux-mêmes une grande partie de la chaleur engendrée par l’effet de serre.» Grant M.Young, géologue à l’Université Western Ontario, étudie de son côté les climats anciens.Il a découvert un lien entre les périodes glaciaires et les mouvements des plaques tectoniques.À certaines époques, l’augmentation de la superficie des continents aurait entraîné une libération accrue de sels minéraux qui, atteignant la mer, se seraient liés au C02 pour former des précipités de calcaire.Résultat : réduction du contenu total en gaz carbonique, perte de l’effet de serre normal essentiel à la stabilisation climatique, glaciation.Dans la problématique de réchauffement global, ce phéno- mène est révélateur, dans la mesure où il montre l’importance du CO., dans les variations de température.En définitive, ces nouveaux éléments changeront-ils quelque chose à l’effet de serre et au réchauffement prévu?Ce que l’on sait, en tout cas, c’est qu’il y a une hausse réelle des moyennes de température, à l’échelle du globe, de 0,5 à 0,7°C.Le recul des grands glaciers (celui d’Athabaska, en Alberta, a reculé d’un kilomètre depuis 1917) en est un indice fiable.Ensuite, on a une corrélation (l’augmentation du CO, atmosphérique) qui, sans être reconnue hors de tout doute, est très forte.Pour l’astrophysicien Beaudet, les nouvelles pistes de recherche ne justifient pas qu’il faille attendre avant d’agir: «Tout en recherchant d’autres causes possibles à ce réchauffement, agissons sur ce que nous pouvons contrôler : notre activité propre.» Luc Dupont ÉTÉ 1990/QUÉBEC SCIENCE 9 Grant M.Young / University of Western Ontario DE LA BIENERGIE A LA COGENERATION Le turbomoleur du système de cogénération à l’usine de Cascades, en Estrie.^ .y.Il ne manque qu’un élément pour que fleurisse la cogénération au Québec : une nouvelle hausse des tarifs d’électricité ! Sans quoi, les entreprises continueront de gaspiller l’énergie, a déploré M.Alain Lemaire, vice-président de Cascades inc., lors du quatrième congrès de l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie, tenu dernièrement à Bromont.La cogénération est le contraire de la biénergie.Alors que cette dernière combine deux sources de combustibles (huile et électricité) pour produire de la chaleur, la cogénération en emploie une seule pour produire de l’électricité et de la chaleur.Il existe plusieurs types de cogénération.Dans le cas le plus courant, un alternateur est entraîné par une turbine à gaz pour produire de l’électricité.La turbine produit aussi des gaz d’échappement très chauds qui se perdent dans l’atmosphère.La cogénération consiste à récupérer l’énergie thermique de ces gaz afin de l’utiliser dans un procédé industriel ou pour le chauffage des locaux.L’efficacité énergétique d’une turbine est d’environ 30%.Avec la cogénération, elle peut s’élever jusqu’à 80%.La turbine à gaz peut être remplacée par une turbine à vapeur ou par un moteur à combustion.Ainsi, en hiver, lorsqu’on chauffe l’habitacle de l’automobile, on fait sans le savoir de la cogénération ! En Europe, où l’énergie est dispendieuse, la cogénération est à l’honneur depuis des décennies.Aux États-Unis, au début des années 80, le coût élevé de l’énergie a amené le gouvernement à établir différents programmes pour favoriser la cogénération.Ainsi, les «cogénérateurs» privés peuvent se brancher sur les services publics et vendre leurs surplus d’électricité.Au Québec, les entreprises énergivores n’ont pas encore envisagé sérieusement la cogénération.Selon Alain Lemaire, Hydro-Québec vend l’électricité si bon marché qu’il est plus rentable de la gaspiller que d’investir pour l’économiser.Malgré cela, Cascades a installé un système de cogénération à son usine de Kingsey Falls, en Estrie.L’usine sera alimentée par deux turbines à gaz de 10 MW et la chaleur récupérée sera utilisée pour sécher le papier.Selon Michel Gourdeau, de Gaz Métropolitain, le système actuel de distribution du gaz au Québec est sous-utilisé.Les livraisons annuelles de gaz pourraient être augmentées de 55 % par an, soit l’équivalent des deux tiers de la production de la centrale LG2.Michel Labonté, d’Hydro-Québec, voit lui aussi plusieurs avantages à la cogénération.L’implantation d’un système prend peu de temps ; à court terme, l’électricité de la cogénération permettrait de faire face à une situation de faible hydraulicité ; la cogénération est la méthode thermique de production d’électricité qui utilise le plus efficacement les combustibles fossiles.Enfin, la cogénération se fait à proximité des marchés de consommation, d’où une économie de transport.C’est pourquoi Hydro-Québec serait prête à acheter l’électricité produite par cogénération.M.Labonté pense que le potentiel de l’énergie produite par cogénération en 1997 serait de 300 MW.Pour sa part, Gaz Métropolitain parle d’une production à long terme de 750 MW, les deux tiers venant du secteur des pâtes et papiers.De quoi remettre en question certains projets de barrage.Claude D’Astous L’OCCASION FAIT LE LARRON Pendant des siècles, la criminalité augmentait lors des périodes de disette et de pauvreté.Depuis la Deuxième Guerre mondiale, c’est le contraire qui se produit: en période de récession économique, le crime diminue, en période de croissance économique, il augmente.C’est ce que révèle une étude menée par Maurice Cusson, professeur en criminologie à l’Université de Montréal.Ainsi, à partir de 1960, la criminalité a augmenté jusqu’à la récession économique du début des années 80, où l’on a assisté à un fléchissement de la criminalité.Depuis 1985, elle semble vouloir augmenter de nouveau. LA BIOFILTRATION À BOISBRIAND L’usine d’épuration de la Ville de Boisbriand, entrée en fonction en avril, est la deuxième au Canada à utiliser le procédé « Biocarbone» de biofiltration.« Dans ce procédé, explique Alain Silverwood, biologiste chez John Meunier inc., des microorganismes fixés sur un lit de schiste captent les polluants les plus difficiles à éliminer dans les eaux usées.» En général, les eaux usées provenant du réseau d’égouts sont d’abord débarrassées des matières grossières à travers des grilles; on laisse ensuite décanter les matières polluantes plus fines en suspension dans l’eau.Mais il reste à éliminer quelques centaines de produits indécantables, que l’on ne doit pas rejeter dans le milieu naturel, au risque de débalancer l’écosystème aquatique par une accumulation trop importante de matière organique.Afin d’éliminer ces derniers récalcitrants, il suffit d’accélérer, en usine, le processus naturel de dégradation de la matière organique par les microorganismes normalement présents dans les lacs et rivières, grâce à l’apport d’oxygène et d’une grande quantité de ces organismes vivants.Or, à cette étape, le procédé de biofiltration serait plus avantageux que le traitement conventionnel par « boues activées ».Les bactéries et autres microorganismes sont fixés sur des granules de schiste poreux, au lieu d’être laissés en suspension dans l’eau d’une cuve lors du traitement, puis décantés.«Ainsi, en cas de très fort débit, par exemple, ces milliards de microorganismes vivants ne risquent jamais de se retrouver dans la rivière réceptrice», fait remarquer M.Silverwood.«De plus, ajoute Louis Divet, expert chez John Meunier, à coûts comparables, le rendement du procédé est de 10 % supérieur à celui des boues activées, et le temps de séjour de l’eau à cette étape varie de une à deux heures, au lieu de 10 à 16 heures.» L’installation du biofiltre requiert environ 10 fois moins d’espace que les cuves à boues activées, qui peuvent mesurer de 200 à 300 mètres de longueur.C’est pour cela que le biofiltre est très populaire au Japon, où les prix des terrains sont exorbitants.Selon M.Divet, la biofiltration est appelée à remplacer le procédé des boues activées.Quelque 80 usines d’épuration équipées du système de biofiltration sont déjà en service dans le monde.Chez nous, la ville de Sherbrooke emboîtera le pas en 1991.Michelle Dubuc LES CANARDS NE SAVENT PAS CE QU’ILS MANQUENT Les canards connaissent très bien les marécages où dominent les quenouilles.C’est là qu’ils se nourrissent durant leur migration.Mais qu’en est-il des marécages trop pauvres en nourriture pour attirer les canards?Une étude menée par Paul Keddy, un écologiste de l’Université d’Ottawa, indique que ces marécages recèlent une grande variété de plantes, certaines étant très rares.En fait, d’après Paul Keddy, plus un marécage est fertile, moins il recèle d’espèces végétales.Certains marécages très riches sont constitués uniquement de quenouilles.Par contre, plus un marécage est pauvre, plus la diversité génétique est grande.Selon M.Keddy, il est aussi important de préserver les marécages pauvres que ceux où foisonnent les quenouilles et les canards.NOTRE GALAXIE EST PLUS PETITE L’astronome René Racine de l’Université de Montréal et son collègue W.E.Harris de l’Université McMaster ont réussi à mesurer la dimension de notre Galaxie avec une précision record de plus ou moins 4%.Ixurs calculs révèlent que l’orbite de notre soleil autour du centre de la Galaxie a un rayon de 245 000 années-lumière, une distance inférieure de 20% à ce qu’on croyait jusqu’à maintenant.Selon les deux scientifiques, ce nouveau calcul suppose que l’on devra aussi réviser à la baisse la masse de la Voie lactée, ce qui modifiera considérablement notre compréhension de la structure galactique.Photomicrographie montrant Vaccrochage des bactéries (X 15000) sur du schiste expansé.Ce matériau sert de milieu filtrant et de support aux bactéries, tout au cours du processus de dépollution des eaux usées par le procédé Biocarbone.ÉTÉ 1990/QUÉBEC SCIENCE 11 Canards illimités Canada LA LUTTE AUX ANGLICISMES pEiNTUKe ANTi- 4NGlA.iS Les Québécois ont toujours été très préoccupés par les anglicismes.De fait, la lutte intensive contre la contamination de la langue française par l’anglais a commencé au milieu de 19e siècle.C’est ce qu’indique une étude réalisée par Chantal Bouchard, du Département de langue et littérature françaises de l’Université McGill.Mme Bouchard a analysé l’attitude des Québécois à l’égard des anglicismes par l’étude des chroniques portant sur la langue et parues dans la presse montréalaise entre 1879 et 1970.Ses observations démontrent que les dénonciateurs de l’« anglicisation » perçoivent ce phénomène comme un symptôme de la faiblesse de la nation canadienne-française et de sa situation de dominée.Aussi le rejet est-il très violent, et les Québécois se sentent-ils coupables des emprunts qu’ils font à l’anglais.Ce sentiment de culpabilité est d’autant plus accentué que les élites canadiennes-françaises prennent conscience de l’écart grandissant entre le français du Québec et le français standard.Jusqu’au milieu du 19e siècle, la mode est aux emprunts intégraux avec assimilation phonétique.Cette pratique produit, par exemple, les mots « bécosse » (back house), « empailleur » (umpire), « drave » (drive), «mitaine» (meeting), sans parler de plusieurs noms de lieux, qui ajoutent à la litanie des saints quelques personnages improbables comme Sainte-Folle (Stanfold), Sainte-Morissette (Somerset).Chantal Bouchard fait remarquer que cette assimilation était quand même reconnue comme la plus souhaitable, car les emprunts se fondent ainsi dans la langue et peuvent dès lors se conformer à sa phonétique, à son orthographe, à sa morphologie et à sa syntaxe.Cependant, l’assimilation phonétique se fait de plus en plus rare vers la fin du 19e siècle.Jusqu’aux années 50, par exemple, des mots modernes tels « tire » ou « windshield » conservent leur phonétique étrangère.Mais de tous les emprunts, ce sont les «faux amis» et les calques qui sont jugés les plus dangereux.«Un faux ami, explique Chantal Bouchard, est un mot dont la forme est française et le sens, anglais.L’emploi du mot «opportunité» dans le sens anglais (occasion) illustre bien ce phénomène.Le calque, lui, est l’emploi de tournures imitées de l’anglais; par exemple, «être sous l’impression» (to be under the impression) pour «avoir l’impression».Selon la chercheuse, les Québécois sont moins agressifs à l’égard de l’anglicisation depuis les années 60 à cause de leur perception plus favorable de la langue française - phénomène qu’elle attribue à l’évolution politique et économique de la collectivité québécoise.La lutte aux anglicismes reste toutefois une histoire sans fin.«D’une part, explique Chantal Bouchard, on constate que lorsque certains anglicismes finissent par disparaître à force d’être condamnés, de nouveaux prennent la relève.D’autre part, les conditions géographiques et démographiques sont telles qu’on sera toujours en contact étroit avec les anglophones.Pour éviter un phénomène trop important d’anglicisation, les Québécois sont donc condamnés à une lutte continuelle.» Claire Gagnon UN PIÈGE À FRÉON Soupçonné de détruire la couche d’ozone, le fréon aura la tâche moins facile à l’avenir.Une scientifique canadienne, Dasanka Filipovic, »' -y6.— .«** mm mm fig-Sg vient en effet d’inventer un système qui récupère le fréon des réfrigérateurs et des climatiseurs.Le nouvel appareil a l’aspect d’une bonbonne bleue, de la dimension d’une grosse bouteille de boisson gazeuse.Il contient un tamis moléculaire dont les mailles emprisonnent les CFC.Chaque cylindre bleu est capable de récupérer le fréon de trois réfrigérateurs domestiques, lequel peut, par la suite, être réutilisé.L’invention de Mme Filipovic est la première du genre au monde et devrait être sur le marché d’ici un an.La couche d’ozone ne s’en portera que mieux.12 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1990 Canapress Photo Service UN CENTRE EN PRODUCTIVITÉ VÉGÉTALE F?rsr-s-'&p 'Wv- -v L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) vient de donner le feu vert à la création d’un centre de recherche en productivité végétale.On y effectuera de la recherche fondamentale, principalement sur la régénération et la croissance de la forêt boréale commerciale.Depuis quatre ans déjà, les chercheurs de l’UQAC ont développé une expertise dans le domaine des connaissances forestières ; ils ont publié 30 publications ainsi que 70 rapports de recherche.Les travaux actuels sont fort positifs, tant sur le plan de la recherche que de la formation.Un programme de maîtrise en ressources renouvelables a été offert aux étudiants en septembre 1988.Une douzaine de projets de recherche se poursuivent actuellement sur la dynamique de la régénération de la forêt boréale commerciale, la télédétection des microclimats agroforestiers, la productivité chimique des ressources végétales et la valorisation du bleuet nain.Un consortium auquel participent les principales entreprises forestières de la région sera chargé de la collecte des fonds et participera à l’orientation du Centre de recherche.Pierre Demers NOUVELLES BRÈVES UNE CHAIRE SUR UES COMMUNICATIONS Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), la Société IDACOM Electronics et le Centre canadien de recherche sur l’informatisation du travail (CCRIT) du ministère des Communications du Canada se sont associés avec l’Université de Montréal pour créer une chaire de recherche industrielle sur les protocoles de communication.La chaire, dirigée par le chercheur G.V.Bochman, bénéficiera d’une subvention de deux millions de dollars pour effectuer des recherches sur des méthodes de spécification, de conception et d’implantation de protocoles de communication destinés à la téléinformatique.FEMME, SCIENCES ET GÉNIE Malgré des gains très importants au cours des 15 dernières années, les femmes demeurent sous-représentées dans le secteur du génie et des sciences appliquées.Selon dés statistiques publiées par l'Association des universités et collèges du Canada (AUCC), on ne compte qu’une seule femme sur huit étudiants à temps plein et en mathématiques et en sciences physiques, les femmes ne constituent que 27 % de la clientèle étudiante.Devant cette réalité, l’AUCC, le Conseil canadien des ingénieurs, le Congrès des étudiants en génie du Canada, le ministère de l’Emploi et de l’Immigration et le ministère de l’Industrie, des Sciences et de la Technologie du Canada se sont associés pour réaliser pendant 18 mois une étude qui portera sur les moyens d’attirer et de retenir les étudiantes en génie.GÉNIE BIOMÉDICAU General Motors du Canada a octroyé une subvention de 500 000$ au chercheur lan Hunter de l’Institut sur l’intelligence artificielle et la robotique de l’Université McGill.Spécialiste du génie biomédical, M.Hunter s’intéresse au fonctionnement mécanique des muscles, dans le but de mettre au point des robots dont la dextérité puisse égaler celle d’un être humain.L’ENVIRONNEMENT URBAIN Dans le cadre d’une entente de collaboration établie l’an dernier, la Ville de Montréal accordera une subvention de 800 000$ pour les travaux de trois équipes de chercheurs en environnement de l’École Polytechnique de Montréal.Les études porteront sur l’identification des meilleurs fondants pour les rues et trottoirs en hiver, sur les techniques d’échantillonnage et les modes d’élimination des neiges usées les plus efficaces.UNE SEULE TERRE Le groupe écologiste Les Ami(e)s de la Terre de Montréal vient de publier neuf fiches éducatives qui portent sur des thèmes environnementaux.Six fiches de six pages traitent chacune de l’atmosphère, de l’agriculture, de l’énergie, des forêts, des océans et du défi urbain.Trois autres fiches sont consacrées aux thèmes de là paix, de la sécurité et du développement durable.UNE CHAIRE EN ENVIRONNEMENT Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) versera une subvention de plus d’un million de dollars à l’Université du Québec à Montréal pour la création d’une chaire de recherche en environnement.Cette somme s’ajoute aux deux millions qu’Hydro-Québec consacrera à cette chaire au cours des cinq prochaines années.Les recherches porteront entre autres sur les interactions entre l’eau, l’air, le sol et la biosphère dans les réservoirs de grands aménagements hydroélectriques.ÉTÉ 1990/QUÉBEC SCIENCE 13 par Jean LALONDE Imaginez-vous assis dans le fauteuil de maire d’une ville à bâtir.Sur votre bureau, un écran, un clavier et une souris sont vos seuls outils.Aucun conseiller municipal, aucun spécialiste des travaux publics ou de l’urbanisme ne viendra à votre aide.Vous devez agir seul, prendre les bonnes décisions et les mettre en application vous-même sur votre module de contrôle.Voilà la situation dans laquelle vous place SimCity, jeu de simulation urbaine qui connaît beaucoup de succès, tant auprès des adultes que chez les plus jeunes.Même les urbanistes reconnaissent la qualité de ce jeu d'ordinateur.LES ALÉAS DU ZONAGE Au début de la partie, le terrain est vierge.Seuls sont identifiés les espaces verts et les étendues d’eau déterminés au hasard.Première tâche : définir le zonage.En vous déplaçant sur une carte à l’écran, il vous faut choisir la vocation résidentielle, commerciale ou industrielle de chaque parcelle de terrain.Si la ville est attirante, les habitants de SimCity, les Sims, trouveront des emplois, construiront des maisons, installeront des industries et des commerces qui apparaîtront aussitôt, respectant le zonage établi.Vous devez offrir aux Sims un certain nombre de services essentiels, tels une centrale électrique, un poste de police, de pompier, etc.Plus tard pourront s’ajouter un centre commercial, un stade, un aéroport.Chaque initiative entraîne un débours de la part de la trésorerie municipale.Pour financer ces activités, vous aurez recours à une taxe dont le taux se situera entre 0 et 20%.Attention! Une taxe trop basse assèche la caisse, ce qui entraîne une diminution des services, tandis qu’une taxe trop élevée fait fuir les résidants, ce qui peut affecter tout autant le trésor municipal.Pour vous aider à prendre vos décisions, vous avez accès à des cartes géographiques qui mettent en évidence certaines particularités de votre ville : la densité de population, le prix des maisons, les services en loisir, le taux de croissance démographique, la pollution, la criminalité, le réseau routier, etc.De plus, un dossier statistique vous informe des caractéristiques de la population actuelle et des résultats de sondages sur votre popularité comme maire et sur les préoccupations des Sims.aux SimCity: commandes d’une ville j‘ i c ’ DISfiSTERS w C( c in SC cc d cc cc C av \\\VI7 File Options Game Speed Disasters Ulindoms Ste-Simu ee ' i".' i-r'; : 2001 Sf> FWJU/IT/TO, San St ot.mta ¦¦ POPULflTl 2(I PUBLIC OPINi: lî th» minor doing « IK 59* Yes 41* No th?vortl pip 15* TAXES 14* POLLUTION 10* HOUSINGC 4* CRIME POUR BIEN ADMINISTRER UNE VILLE Le secret du succès d’une bonne administration municipale est la planification, la patience et aussi la chance - mais le hasard joue un rôle peu important dans les résultats de la simulation.Comment une partie finit-elle?Si ça va mal, la partie s’arrête lorsque tous les Sims ont quitté la ville et que la caisse est à sec.Si, au contraire, tout va bien, si la ville est bien gérée et si les catastrophes qui peuvent arriver à tout moment (tornade, inondation, incendie, écrasement d’avion, etc.) ne l’affectent pas trop, la partie se poursuivra tout simplement.Vous pourrez sauvegarder « vos plus belles villes » sur une disquette et les comparer avec celles de vos amis.Aux gens qui aiment les défis, SimCity propose aussi un choix de scénarios préétablis.On peut ainsi se retrouver maire de Boston à la veille d’une catastrophe nucléaire ou maire de San Francisco en 1906, juste avant le fameux tremblement On doit s’attendre à tout avec SimCity, jeu de simulation de l’activité urbaine.Lorsque le taux de pollution devient trop élevé, on peut même voir Godzilla surgir des eaux.Sur la copie d’écran, on aperçoit une partie de la petite ville de Sainte-Simulée.On y distingue les postes de police et de pompier, un stade et une centrale électrique.À droite, deux fenêtres de SimCity permettent de suivre l’évolution de la ville et de connaître les opinions de ses citoyens.de terre.On disposera d’un certain nombre d’années (à l’échelle des Sims) pour sauver la ville.En cas d’échec, c’est la fin du règne du maire.Amusant au point d’oublier l’heure, SimCity permet aussi «aux joueurs » de se sensibiliser aux grandeurs et aux misères 14 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1990 de la gestion municipale.Ce jeu pourrait être utile entre autres aux enseignants.Après avoir goûté au pouvoir municipal, un joueur ne verra plus «sa» ville du même œil.CE QU’EN DIT LE CONCEPTEUR Will Wright est le programmeur qui a conçu SimCity.11 vit à Berkeley, en Californie.Comme plusieurs programmeurs, il travaille surtout à la maison, le soir et la nuit.Il ne va au bureau qu’à l’occasion, pour rencontrer son équipe composée de programmeurs, de recher-chistes et de spécialistes.Will Wright consulte régulièrement le service de communication informatique CompuServe, où il entretient des conversations avec des collègues et des utilisateurs de son logiciel.C’est à partir de nos domiciles respectifs et grâce au courrier électronique, que nous avons réalisé cette entrevue.Québec Science-\ l’origine, êtes-vous un urbaniste qui s'est adonné à la conception de jeux vidéo ou un programmeur qui a choisi l’urbanisme comme sujet ?Will Wright - Je suis d’abord un programmeur qui s’est intéressé à la planification urbaine et qui, après avoir fait un peu de recherche, a été fasciné par le sujet.Q.S.- Vous êtes-vous d’abord intéressé à l’urbanisme pour faire de la programmation «sérieuse»?W.W.- Il est difficile de départager la programmation sérieuse de la conception de jeux.Avec SimCity, ma première idée était de créer un jeu.Mais plus je travaillais et plus j’étudiais le domaine, plus je cherchais à mettre au point une bonne simulation de l’activité urbaine.Q.S.- SimCity est un jeu très divertissant.Par ailleurs, il s’agit d’une excellente initiation à la gestion municipale.Considérez-vous ce programme d’abord comme un jeu vidéo ou comme un programme éducatif?W.W.- C’est une question embêtante.Je crois qu’en général, ce qui fait évoluer le jeu, c’est son aspect éducatif, et la meilleure formation est celle que l’on reçoit en s’amusant.Il semble qu’à un moment donné, nous ayons oublié que le jeu et l’éducation sont intimement liés.Souvent, nous sommes portés à croire que l’instruction doit nécessairement être ennuyante et que le jeu est une perte de temps.Q.S.- Avez-vous été surpris du succès de SimCity ?W.W.- Oui.Je croyais qu’il n’atteindrait qu'un public limité.Jamais je n’aurais cru que des enfants de 10 ans allaient s’intéresser autant à ce jeu.C’est pourtant ce qui se produit.Q.S.- J’ai vu un garçon de huit ans apprivoiser SimCity en 10 minutes et commencer tout de suite à bâtir sa première ville.Et il ne lit même pas l’anglais! S’il a pu le faire, c’est sans doute à cause de l’approche très imagée de SimCity.W.W.- J’ai voulu que SimCity soit le plus graphique possible.Les images s’adressent à la partie droite du cerveau, la partie intuitive de notre esprit.En plus, elles assurent une bonne communication au-delà des barrières de la culture ou de l’âge.Je n’aime pas les jeux qui inondent l’écran de centaines de chiffres, obligeant l’utilisateur à scruter l’écran pour y trouver les quelques informations dont il a vraiment besoin.Q.S.- Quand des enfants utilisant SimCity vous demandent «comment ça marche», que leur répondez-vous?W.W.- Je leur explique que SimCity est un jouet-logiciel avec lequel on joue, on expérimente et on essaie de nouvelles idées.Contrairement aux châteaux de sable ou aux blocs de construction, SimCity est «vivant», grâce à sa population simulée, les Sims.Si les citoyens aiment la ville que vous leur avez inventée, elle prospérera.Sinon, les Sims partiront et vous vous retrouverez maire d’une ville fantôme.D’un point de vue plus technique, SimCity est constitué de deux programmes.Le premier s’occupe du dialogue avec l’utilisateur; il est responsable des entrées-sorties, des graphiques, du son, etc.Le second programme réalise la simulation elle-même.Ces deux parties fonctionnent simultanément, de sorte que l’usager ne soupçonne même pas l’existence de ces deux composantes.Le système passe de l’une à l’autre 60 fois par seconde.Nous avons séparé le programme en deux tâches simultanées, car certaines opérations de simulation exigent des calculs tellement complexes que l’ordinateur pourrait être entièrement mobilisé pendant des dizaines de secondes.Pour ne pas briser l’impression que la ville est un système vivant, nous donnons la possibilité à l’utilisateur de prendre des décisions et d’agir sur le système, même lorsque le programme effectue ses longs calculs en arrière-plan.Q.S.- Et comment fonctionne la simulation elle-même?W.W.- SimCity consigne, dans une quinzaine de tableaux, les propriétés de chaque quartier de la ville, comme la densité de la population, la criminalité ou la valeur des terrains.Ces données sont présentées sous forme de cartes géographiques.Cependant, l’utilisateur n’a pas d'emprise directe sur les données; tout ce qu’il voit, c’est le résultat de ses actions.Vous pouvez m'écrire à Québec Science ou par courrier électronique sur INFOPUQ (code : QC10143) et CompuServe (code: 76606,671).résultats déterminés par ce qu’on appelle les règles de la simulation.Q.S.- SimCity est-il un des premiers logiciels du genre?W.W.— J’ai étudié plusieurs autres programmes professionnels de simulation urbaine.Tous étaient centrés sur un seul aspect de la dynamique urbaine, comme la circulation ou l’emploi.À ma connaissance, SimCity est le premier essai de simulation de tous ces facteurs en un seul programme.Je crois qu’il s’agit d’une nouvelle tendance, pas seulement pour l’étude des sujets eux-mêmes, mais aussi pour l’étude des «propriétés émergentes» et des comportements complexes en général.Q.S.- Qu'entendez-vous par «propriétés émergentes» ?W.W.- Il s’agit des comportements qui émergent de l’interaction entre des règles simples dans un modèle.C’est le contraire des événements inscrits dans un scénario prédéterminé.Par exemple, dans SimCity, il n’y a pas de règle sur le déclin d’une ville.Pourtant, j’ai été surpris de constater que ce comportement émerge de l’interaction entre la criminalité et la valeur des terrains, deux éléments distincts, simulés par la modélisation.Q.S.- Connaissez-vous d’autres logiciels de simulation grand public qui étudient des comportements complexes comme le fait SimCity?Les seuls autres programmes de simulation que je connaisse sont les «Flight Simulators» et autres jeu de pilotage.W.W.- Les autres programmes de simulation que j’ai étudiés ne sont pas vendus comme jeux vidéo.Plusieurs idées intéressantes sont venues de l’étude de la vie artificielle, une des ramifications de l’intelligence artificielle où de nombreux biologistes commencent à imiter les systèmes vivants avec des modèles informatiques.Q.S.- Quels sont vos projets pour les prochains mois?Travaillez-vous à l’amélioration de SimCity ou préparez-vous un autre jeu de simulation?W.W.- Je ne peux vous donner trop de détails pour l’instant.Mais je peux dire que nous travaillons actuellement à un jeu de simulation planétaire, qui incluera la géologie, la modélisation climatique, l’évolution et l’action, de l’homme sur la planète.Ce jeu devrait être lancé cette année.Pour en savoir davantage : SimCity est disponible pour les utilisateurs d’ordinateurs Macintosh, MS-DOS (IBM et compatibles : écran EGA requis) et Amiga.Au Canada, SimCity est distribué par BroderBund Software.On peut se procurer ce logiciel dans la plupart des magasins d’informatique à des coûts variant entre 60$ et 100$, selon les différentes versions.ÉTÉ 1990/QUÉBEC SCIENCE 15 LE LUCRATIF COMMERCE DES ANIMAUX DE LABORATOIRE Marie-Noëlle DELATTE et Monique LAMBERT De la souris blanche au singe vert, du porc miniature au singe écureuil.Les animaux de laboratoire, si utiles aux chercheurs, font l’objet d’un commerce lucratif, aux exigences particulières.maginez que vous soyez chercheur et que vous travailliez sur un projet qui, selon - vous, nécessite un modèle animal.Quel fournisseur contacteriez-vous?Charles River Canada, Cunipur, Laka, ou une compagnie étrangère?Sachez pourtant que vous trouverez au Québec assez de modèles animaux pour mener à bien vos recherches.En produisant chaque année un million et demi de rongeurs, exempts de tout contact viral, Charles River Canada, de Saint-Constant, détient 90% du marché canadien.Il est le roi incontesté des fournisseurs d’animaux de laboratoire.Ceux qui osent toucher à ce marché, F.Cimon de Loretteville ou Ani-lab de Sainte-Foy, s’orientent prudemment vers les écoles et les cégeps, pour qui les rongeurs «assainis» de Charles River sont un luxe inutile.Pour sortir de l’ombre de ce géant, il est donc préférable d’occuper les créneaux qu’il a délaissés.C’est le cas de Cunipur, à Saint-Hyacinthe, qui produit chaque année 18 000 lapins S.P.G.F.(Specific Pathogen Germ Free), dont 5 000 sont destinés à la recherche, c’est-à-dire aux universités, aux hôpitaux et aux laboratoires privés québécois.Quant au commerce des chiens et des chats de laboratoire, l'histoire est plus trouble, mais le marché lucratif.Un jour, la petite entreprise de Saint-Constant est devenue assez grosse pour qu’un géant américain l’achète.Charles River Canada devenait alors l’une des 18 filiales du plus important fournisseur mondial d’animaux de laboratoire, Charles River (Massachusetts).Vingt-deux millions d’animaux seraient préparés chaque année dans les laboratoires de la maison mère, dont le chiffre d’affaires atteignait 100 millions de dollars en 1988.Une mère généreuse, qui nourrit sans trêve ses filiales disséminées aux Etats-Unis, au Canada, en Europe et au Japon.Souris obèses, lapins angoras, primates hémophiles, Charles River regorge d’animaux étranges que les filiales peuvent commander à tout moment pour établir de nouvelles colonies.LE ROI DES RONGEURS Dans les laboratoires du siège social, des vétérinaires qualifiés procèdent à des dérivées par césarienne (voir l’encadré «Petit lexique de l’animal de laboratoire ») dans des conditions d’asepsie maximale.Les animaux sont alors recueillis dans des bulles stériles et acheminés jusqu’à la filiale qui en a fait la demande.Là, ils sont aussitôt isolés dans une chambre de production hermétiquement protégée de l’air ambiant, où ils côtoieront des animaux qui, comme eux, n’ont jamais été mis L’entreprise Charles River est le plus gros fournisseur d’animaux de laboratoire au monde.À Saint-Constant, au Québec, la filiale canadienne produit à elle seule un million et demi de rats élevés dans des conditions sévères d’asepsie, afin de répondre aux exigences des laboratoires de recherche.16 QUÉBECSCIENCE/ÉTÉ 1990 ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 17 en contact avec des germes de rongeurs.Ils sont dits assainis.«Avec mille souris accouplées par semaine, nous faisons rarement appel au siège social, confie Jocelyn Goyer, directeur général de l’entreprise canadienne.À moins que nous ne voulions recycler une chambre de production ou établir une colonie attendue de nos clients.» Cent cinquante mille rongeurs peuplent en permanence les huit chambres de production de l’élevage de Saint-Constant.Une chambre peut produire à elle seule 18 000 souris et l’une de ces chambres, commencée en 1981 à partir de quelques couples venus du siège social, n’a pas été renouvelée depuis.Mais avec les rongeurs tout va très vite.Dix couples de souris CD1, lesquelles sont réputées pour être les plus prolifiques, donnent 130 souriceaux au bout de trois semaines.À la fin du sevrage, qui dure également trois semaines, la femelle est remise en production, tandis que ses souriceaux deviendront bientôt, eux aussi, d’actifs reproducteurs (à l’âge de six ou sept semaines).Quant à Cunipur, propriété de Pierre Pilon, on y produit 5 000 lapins de laboratoire exempts de huit maladies.La majorité de ces lapins sont néo-zélandais.Ces albinos, les plus utilisés en recherche, servent généralement à produire des anticorps.L’éleveur vend également quelques lapins chinchillas.Ces lapins gris aux yeux colorés sont surtout utilisés pour les recherches ophtalmologiques.LA LOI DU PLUS SAIN «L’inconvénient de l’animal S.P.G.F., c’est que l’on sait de quoi il est exempt, mais pas nécessairement de quoi il est porteur», fait remarquer Pierre Pilon.Aujourd’hui, on a sélectionné une dizaine de maladies chez le lapin.Ceux de Cunipur pourraient donc encore être assainis ! Mais est-il souhaitable de faire des lapins quasiment axéniques?Charles River Canada a déjà caressé l’idée d’établir un élevage de lapins «presque parfaits» au Québec.La compagnie pensait même acheter des souches développées par le Conseil national de recherches du 18 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 PETIT LEXIQUE DE L’ANIMAL DE LABORATOIRE DÉRIVÉE PAR CÉSARIENNE C’est la première étape de la mise au point d’une souche d’animaux assainis.On sacrifie la mère pour éviter d’affaiblir les petits par l’anesthésie.On extrait l’utérus entier et on le trempe dans un désinfectant.Il est ensuite placé dans un bac antiseptique où l'on récupère les nouveau-nés.Pour éviter toute contamination, ceux-ci seront nourris par une femelle déjà assainie.AXÉNIQUE Se dit d’un animal constamment gardé en milieu stérile.On a rarement recours à ces animaux fragiles, dont le système immunitaire n’est pas développé.VIRAL ANTIBODIES FREE (V.A.F.) Animaux exempts d’anticorps connus.C’est le cas des rongeurs de Charles River auxquels on donne une flore bactérienne à la naissance.Contrairement aux animaux axéniques, les V.A.F.sont plus résistants à l’air ambiant.SPECIFIC PATHOGEN GERM FREE (S.P.G.F.) En fonction de certains critères, on fait une liste d’agents pathogènes spécifiques dont seront exempts les animaux.Il s’agit généralement des maladies les plus dommageables, les plus fréquentes et les plus contagieuses.Les lapins de Cunipur, également désignés par le terme « assainis », sont ainsi traités.CONDITIONNÉ Les chiens et les chats dits conditionnés sont débarrassés de tout parasite interne et externe dès leur arrivée ; on les vaccine contre les principales maladies affectant leur espèce et ils sont gardés sous observation entre 28 et 35 jours respectivement.CCPA Le Conseil canadien de protection des animaux est un organisme constitué essentiellement de scientifiques.Il énonce un certain nombre de principes concernant l’utilisation des animaux de laboratoire et veille à leur application.Canada (CNRC) ou d’autres venues du Japon.Les animaux auraient été exempts d’une ou de deux maladies supplémentaires, par rapport à ceux de Cunipur, et revendus 150$ l’unité.De plus, pour un élevage comparable à celui de Pierre Pilon, la compagnie aurait dû investir près d’un million de dollars.Finalement, le marché du lapin «de luxe» n’existant pas au Canada, Charles River s’est prudemment ravisé.Car la guerre au microbe coûte cher aux fournisseurs, même lorsqu’il s’agit de petits rongeurs.À Saint-Constant, huit animaux sont régulièrement pris au hasard dans chacune des huit chambres et envoyés au laboratoire de Boston, où une trentaine de vétérinaires en contrôlent la qualité.Les résultats des tests de bactériologie, de sérologie et de parasitologie sont compilés dans un bulletin de santé destiné aux clients.Chaque animal contrôlé coûte à la compagnie environ 150$.DES CHAMBRES DE 2 MILLIONS « Nous avons éliminé la concurrence par la qualité », déclare Jocelyn Goyer.Mais à quel prix?Pour chacune des -jinfejgrjf Lapine et lapereaux assainis, chez Cunipur.huit chambres de production, la compagnie investit près de deux millions de dollars.Selon le directeur de Charles River Canada, une chambre contaminée ferait perdre un million de dollars et douze mois de production.L’élevage devrait alors être totalement détruit et la salle désinfectée.Depuis 13 ans, cela ne s’est produit qu’une seule fois à Saint-Constant.Un véritable arsenal de précautions est déployé pour éviter tout risque de contamination.Chaque chambre de production a son propre système de contrôle (air, pression, température, hygrométrie), mais également ses employés attitrés.Ainsi, avant d’entrer dans la chambre A, les employés A (qui ne rencontreront jamais ceux de la chambre B) doivent traverser cinq salles, d’où ils sortent lavés et vêtus d’uniformes préalablement désinfectés à l’autoclave.De 7 h à 15 h, ils séjournent dans un système clos, strictement interdit à tout étranger et maintenu sous pression positive pour empêcher l’air extérieur de pénétrer (mais on y effectue 15 à 18 changements d’air à l’heure).Malgré son apparente perfection, le système semble pourtant bien fragile.Les petits rongeurs, protégés des microbes depuis leur naissance derrière d’épaisses barrières de béton stérilisé, sont finalement vendus et doivent être expulsés de leur paradis artificiel.Chaque lot commandé est donc poussé dans des boîtes de carton non stérilisées, situées à l’extérieur de la chambre de production.Le premier contact avec l’air ambiant est brutal, et les animaux seront exposés à une multitude de microbes pendant le transport.De plus, aucun des clients de Charles River Canada n’est équipé pour maintenir les animaux dans les mêmes conditions que le fournisseur.La chaîne de protection est donc brisée dès la sortie de la chambre de production.«Mais nous avons fait notre travail, dit en s’excusant Jocelyn Goyer.Le reste ne nous regarde plus.» En fait, la qualité profite davantage au fournisseur qu’au chercheur.En éliminant le moindre microbe, Charles River annule presque totalement le taux de mortalité de ses animaux et augmente ainsi son volume de production.Enfin, les modèles vendus sont plus chers et les chercheurs satisfaits.LES ANIMAUX VOYAGEURS Lorsqu’ils arrivent au Canada, les animaux en provenance des États-Unis sont soumis à un contrôle très rapide.On considère en effet que, de part et d’autre de la frontière, ils souffrent des mêmes maladies.Le douanier se contente donc d’un certificat de bonne santé, signé par le fournisseur américain.«Mais il ne s’agit pas d’un document officiel, explique Danielle Lagrenade, vétérinaire, surveillante régionale à l’importation pour Agriculture Canada.Le fournisseur y indique simplement que ses animaux ne sont pas malades.» Dans le cas contraire, il devra demander un permis d’importation pour animaux infectés, émis par Agriculture Canada.Quant aux fournisseurs étrangers, autres qu’américains, ils doivent obligatoirement obtenir ce permis, même si leurs animaux sont sains.Quatre inspecteurs et un vétérinaire reçoivent les livraisons au port d’entrée de Mirabel.En cas de force majeure, un inspecteur des douanes fait appel au vétérinaire, mais son déplacement coûte 80$ l’heure en dehors des horaires normaux.Les animaux de laboratoire ne sont soumis à aucune quarantaine.Par contre, deux inspecteurs d’Agriculture Canada se rendent chez le client dans les 48 heures, pour vérifier si les animaux sont bien arrivés et si les cages et les litières ont été désinfectées ou détruites, selon le règlement.Comme on le voit, tout semble se passer cordialement et dans la plus grande souplesse.Danielle Lagrenade explique qu’il est très difficile de contrôler des boîtes de rongeurs fermées.A l’occasion, on percera un petit trou pour voir s’il n’y a pas de décès.Mais la principale lacune concerne les postes frontières du Québec, dont aucun n’est équipé pour l’inspection.«Depuis 10 ans, souligne Danielle Lagrenade, les inspecteurs vétérinaires réclament qu’une station d’inspection soit installée à Lacolle, le seul des 15 postes frontières qui fonctionne régulièrement.Mais depuis 10 ans, les fonds restent bloqués.» Heureusement, les ports d’entrée de Mirabel, de Dorval et de Québec sont mieux organisés ! De janvier à novembre 1989, 291 773 amphibiens, rongeurs, chiens J _ .Chez Cunipur, à Saint-Hyacinthe, on produit annuellement 5000 lapins destinés aux laboratoires d’hôpitaux et d’universités.Ils y sont utilisés pour la recherche en ophtalmologie et pour la production d’anticorps.L’éleveur effectue régulièrement des contrôles de qualité, afin de garantir que ses lapins sont exempts des huit grandes maladies qui peuvent les affecter.ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 19 et primates, dont 184 324 en provenance des États-Unis, ont été importés au Canada.Ces statistiques incluent les espèces en voie de disparition, pour lesquelles un certificat particulier est requis.Quant aux conditions d’accueil, elles peuvent être modifiées à tout moment; il suffit d’un virus pour que les règles changent, allant parfois jusqu’à l’embargo.C’est ce qui s’est passé après la découverte de la V.H.D.{Viral Haemorrhagic Disease) des lapins, maladie apparue en Chine en 1984.Après que la pneumonie eut décimé de nombreux élevages européens, le Canada refusa, dès le printemps 1989, tous les lapins en provenance d’autres pays que les États-Unis.Au début de l’hiver 1989, «des mesures draconiennes furent prises à l’égard des primates», nous dit-on à Agriculture Canada.Mais l’embargo ne fut pas déclaré.Pourtant, la maladie d’Ébola, ou fièvre hémorragique d'Ébola, transmissible à l’homme, a causé de nombreux décès humains en Afrique depuis 1976.Mais à Agriculture Canada, on nous rassure en nous affirmant que, depuis cet hiver, un seul singe mort suffirait à renvoyer l’expédition entière.CHIENS PERDUS SANS COLLIER On distingue au Québec deux sortes de fournisseurs de chiens et de chats, soit les conditionneurs et les revendeurs.La première catégorie ne réunit.qu’un seul éleveur.Situé à Saint-Basile-le-Grand, le chenil Laka est le seul à conditionner des animaux, c’est-à-dire à les vacciner et à les débarrasser des parasites avant de les revendre aux laboratoires.Puis il y a les revendeurs.Ceux-ci, par l’entremise des fourrières, des marchés aux puces ou parfois même, selon les dires, de certains contrôleurs municipaux, achètent des chiens et des chats en grande quantité et les revendent directement aux chercheurs (environ 80$), en prélevant au passage un profit substantiel.Dans les couloirs, on murmure que tous les fournisseurs s’approvisionnent de la sorte.«Les NÉS POUR LA SCIENCE VARIÉTÉ UTILISATION PRIX OU PROVENANCE Rat Long-Evans Études de comportement 3,86$ à 13,25$ Rat Zucker Études sur l'obésité.Parmi ces rats, 25% sont obèses, les autres sont utilisés comme groupe témoin Modèle obèse: 42,03$ à 72,85$ Modèle régulier: 11,76$ à 22,05$ RatSHR (consanguin) Animal hypertensif.Sert également gourdes recherches en néphrologie 14,75$ à 40,56$ Souris GDI La plus prolifique et la plus répandue, elle est utilisée à des fins diverses l,15$à 1,68 $ Souris B6C3F1 Souris hybride présentant des lésions néoplasiques (tumeurs) spontanées 6,60$ à 9,96$ Cobaye nu Animal sans système immunitaire, sert aux recherches sur le cancer de 28,32 $ (sexe non spécifié) à 95,70$ (sexe spécifié) Hamster LVG Effets des médicaments sur l'embryon et le fœtus 3,77$ à 7,62$ Hamster consanguin Études sur les MTS 11,82$ à 20,51$ Porc miniature Cardiologie 150$ Lapin S.P.G.F.Production d'anticorps et recherches ophtalmologiques 15 $ à 75$ Primates Cynomolgus Psychologie, oncologie, recherche dentaire, virologie * Sud-est asiatique Babouin Techniques chirurgicales, transplantation d'organes, radiations, médicaments * Afrique de l'Est Singe vert africain Production de vaccins, culture cellulaire, toxicologie * Afrique de l'Est Singe écureuil Artériosclérose, virologie, horloge biologique, fièvre jaune ‘Afrique de l'Est Chats Neurochirurgie Environ 80$ Chiens Chirurgie et transplantation d'organes Environ 80$ Plusieurs paramètres, tels l'âge, le poids, la quantité d’animaux requise ou une gestation précisée font varier les prix.* Le prix des singes varie de 300$ pour le singe écureuil à 2000$ pour le singe rhésus élevé en Floride.preuves manquent, mais pas les faits», souligne Marcel Duquette, auteur du livre Hurlements, paru aux Éditions Michel Quintin.«Un marché très lucratif, poursuit M.Duquette, et alléchant pour les fournisseurs sans scrupules.D’ailleurs, même les Américains viennent voler des chiens au Canada.» Selon l’auteur, le trafic toucherait 5 000 chiens et 3 000 chats chaque année.Pourquoi?Parce que dans 13 États américains, proches du Québec, les fourrières ne peuvent pas fournir les laboratoires de leurs régions.Des camions entiers passeraient ainsi la frontière, grâce à des certificats signés d’une traite par un vétérinaire pressé d’en finir.En raison de sa proximité, de son dollar inférieur et de son absence de loi, le Québec serait donc l’endroit idéal pour la spéculation canine ! 20 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 SUV SANS FOI NI LOI Mais cette absence de contrôle ne satisfait ni les chercheurs ni les sociétés de protection des animaux - pour des raisons antinomiques, on s’en doute.Selon Benjamin Simard, directeur des animaleries de l’Université de Montréal et ancien membre du CCPA (Conseil canadien de protection des animaux), cette grande faiblesse pourrait être résolue, au moins en partie, si les fournisseurs relevaient du Conseil.Ce dernier établirait des règles concernant notamment la qualité d’entretien des animaux, auxquelles tout fournisseur devrait se conformer.En contrepartie, le CCPA assurerait un débit d’animaux aux fournisseurs satisfaisant aux normes.L’Université McGill, l’UQAM, l’Université de Montréal, l’Université Laval et l'Université de Sherbrooke se sont déjà prononcées en faveur d’une telle surveillance.Elles demandent, de plus, que les fourrières municipales et les sociétés protectrices soient obligées d’offrir jusqu’à 50% de leurs animaux aux laboratoires.Une telle loi existe déjà en Ontario.«Il est hors de question que la S.C.P.A.(Société canadienne de protection des animaux) se métamorphose en fournisseur d'animaux de laboratoire, réplique Louis McCaan, directeur des enquêtes au Département inspection et faune de la S.C.P.A.Si tel était le cas, notre société serait riche depuis longtemps, car nous sommes les seuls à ramasser les animaux errants sans en tirer profit», ce à quoi Les singes sont utilisés dans plusieurs domaines de recherche, allant de la transplantation d’organes à Vévaluation de drogues et de médicaments.les chercheurs répondent qu’ils vivent régulièrement des périodes de pénurie et que, pour cette raison, la S.C.P.A.devrait fournir aux laboratoires les 50 000 animaux qu’elle supprime annuellement.«Nous ne serons jamais complices d’un système qui traite les animaux comme on traite des ordures », rétorque Louis McCaan.Les rongeurs de Charles River n’ont pas un bel avenir, mais ils ont au moins une vie de pensionnaire correcte.Une vie qu’apprécieraient certainement les chiens, les chats, les primates et autres animaux destinés aux mêmes fins et moins bien traités par les fournisseurs.Une fois de plus, on s’émeut en constatant que les abus concernent davantage les animaux domestiques ou sauvages.Pourquoi les fournisseurs d’animaux de laboratoire ne sont-ils toujours pas soumis à une réglementation?En fait, les chercheurs ne sont pas très enclins à ouvrir un dossier qui, une fois encore, dérangerait l’opinion publique.Quant aux sociétés protectrices, elles préfèrent le flou actuel à une loi qui les obligerait à fournir les laboratoires de recherche.Entre les deux, les heureux fournisseurs n’attendent qu’une chose: que ça ne change jamais.?MAINTENANT DES NÔTRES.Disponibles dans nos librairies Vente et intormation (418) 643-5150 (Sans frais) 1-800-463-2100 Télécopieur (418) 643-6177 S Québec Vt sâaàS 1 ITS En plus de ses nombreux titres, Les Publications du Québec offre maintenant à sa clientèle une quantité considérable d’ouvrages publiés par le gouvernement du Canada.Dans les domaines de l’environnement, mentionnons entre autres: • Manipulation des pesticides -manuel de sécurité ¦ Maîtrise des PCB contenus dans le matériel électrique ¦ Lexique -Précipitations acides et pollution atmosphérique ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 21 L'ARCHIPEL DES GALAPAGOS JOYAU DU PATRIMOINE MONDIAL Texte et photos de Jacques PRESCOTT Le biologiste Jacques Prescott a visité l’archipel des Galapagos à la tête d’une équipe multidisciplinaire de scientifiques québécois parrainée par la Fondation pour la sauvegarde des espèces menacées.Il nous livre ses observations sur ce monde fascinant.Jf en rêvais depuis longtemps.Je nage enfin parmi les otaries de l’île Rabida, en plein cœur de l’archipel des Galapagos.Curieuses et enjouées, une dizaine de jeunes pinnipèdes virevoltent autour de moi, alors que je tente sans succès de les saisir par les nageoires.Soudainement alerté par des cris provenant de la plage, je lève la tête juste à temps pour apercevoir une énorme otarie mâle foncer vers moi, furieuse sans doute de voir un bipède à masque de verre transgresser les limites de son territoire.Sans attendre la suite, je nage prestement vers la rive, évitant de justesse les dents pointues de l’animal.Je n’aurais jamais cru pouvoir «apprécier» de si près une otarie de 300 kilogrammes.L’idée d’une expédition aux îles Galapagos avait germé dans mon esprit lors d’une visite au British Museum, où l’on présentait une exposition sur Charles Darwin.En 1835, en effet, le célèbre naturaliste anglais passa près de cinq semaines à explorer l’archipel des Galapagos à bord du Beagle.Parti de Londres quatre ans plus tôt.Darwin découvrait ces îles « enchantées » après avoir tour à tour sillonné les îles du Cap-Vert, le sud du Brésil, la Patagonie et la côte chilienne.Fasciné par le paysage primitif et la diversité des plantes et des animaux trouvés aux Galapagos, Darwin écrit dans son journal qu’il se trouva alors confronté «au mystère des mystères, celui de l’origine de la vie sur la terre».Ses observations sur les diverses variétés de tortues géantes et de pinsons ont joué un rôle significatif dans l’ébauche de sa théorie de l’évolution des 22 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 1.Les îles Galapagos doivent leur nom aux tortues géantes (galapagos) qui peuplent cet archipel.2.Des opuntias, plantes de la famille des cactées, sur l’île Plaza Sur.3.Otarie allaitant son petit sur une plage de l’île Rabida.4.Un pinson des cactus se nourrit de pollen sur l’île Plaza Sur.• -,- .«• mm > ri'- mm — T.â&s ¦ ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE 23 mmÊïmm espèces, théorie qui devait bouleverser notre compréhension du monde vivant.Les îles Galapagos doivent une bonne partie de leur renommée à Charles Darwin.Plus de 150 ans après son bref séjour, cet archipel du Pacifique est en effet devenu l’une des destinations les plus recherchées des naturalistes amateurs ou professionnels.PAYSAGES LUNAIRES Situées de part et d’autre de l’équateur (voir la carte), les îles Galapagos, au contraire des îles paradisiaques de l’Océanie, paraissent bien austères.On y compte pas moins de 15 volcans importants, situés pour la plupart sur les îles Isabela et Fernandina, et près de 2000 cônes de dimensions diverses.Une activité volcanique régulière ponctue l’évolution de l’archipel.La dernière éruption importante remonte à 1984.Sous un soleil de plomb, le thermomètre indique 42 °C.L’anse sablonneuse de la baie Sullivan, au sud-est de l’île Santiago, s’ouvre au vaste champ de lave noire ondulée qui craque sous nos pas.Les Hawaïens appellent cette lave pahoe-hoe, à cause de sa forme de cordages.Il y a 80 ou 100 ans, s’écoulant lentement des entrailles de la terre, la lave s’est figée au contact de l’air, comme l’épais glaçage d’un gâteau.Au loin, d’immenses collines de cendres et de scories rougeâtres se dressent, déserts arides et stériles.Sur l’île Fernandina, nous découvrons un deuxième type de lave caractéristique, le aa.Cette lave à écoulement rapide est couverte d’aspérités qui rendent la marche difficile et toute chute douloureuse.A certains endroits, des bulles de gaz, en explosant à la surface du flot de lave, forment des petits cônes que les Équatoriens appellent hornitos.Sur l’île Seymour, au contact de la mer, la lave en fusion a brusquement figé par blocs, formant par endroits de véritables « orgues » basaltiques.Mais nulle part ailleurs qu’à l’île Bartolomé, le relief volcanique des L'ARCHIPEL DES GALAPAGOS q Darwm O Marchena - OCEAN ATLANTIQUE Situé de part et d'autre de l’équateur, à quelque 1000 kilomètres à l’ouest des côtes de l’Amérique du Sud, l’archipel Galapagos comporte 13 îles principales, une vingtaine d’îlots et environ 50 rochers d’origine volcanique, englobant une superficie totale de 8 000 kilomètres carrés.AMERIQUE DU SUD OCEAN PACIFIQUE QUEBEC SCIENCE/ ETE 1990 Galapagos n’est à ce point spectaculaire.C’est ici, dominant un paysage lunaire, que se dresse l’aiguille rocheuse la plus photographiée du monde.UN DÉSERT COLONISÉ PAR UNE VÉGÉTATION TROPICALE Émergées du Pacifique il y a tout au plus 5 millions d’années, les îles Galapagos ont été lentement colonisées.Des semences dispersées par le vent ou transportées par les oiseaux et les courants marins ont trouvé dans les fissures des rochers volcaniques et dans le sable des plages le peu d’humidité nécessaire à leur développement.De façon générale, on note sur chaque île un net gradient de la végétation, du littoral jusqu’au sommet des volcans, dont le plus haut culmine à 1 700 mètres d’altitude.En bordure des rivages, les palétuviers allongent leurs longues racines adventives en un réseau inextricable.Sur les plages poussent en fourrés des Cryptocarpus, sous lesquels s’abritent les otaries durant les heures chaudes de la journée.Plus haut, dans la zone sèche, croissent des cactus.Opuntias ouhra-chicereus, des acacias et le fameux bois de santal, le palo santo à l’écorce argentée.En gravissant les collines de l’île Santa Cruz ou les flancs du volcan Sierra Negra, sur l’île Isabela, nous découvrons ensuite, à 300 mètres d’altitude, une végétation véritablement tropicale.Les troncs et les branches des arbres de cette zone sont littéralement couverts de plantes épi-phytes, surtout des mousses et des hépatiques, mais aussi des fougères, des orchidées et des broméliacées.Abreuvée par les nuages qui viennent éclater sur le flanc des volcans, cette forêt luxuriante est dominée par le scalesia, un arbre de la famille des composées.A 600 mètres, les scalesias cèdent la place aux bosquets denses de miconias et aux fougères.Les arbres disparaissent progressivement et, à 700 mètres, on ne trouve plus qu’une pampa extrêmement fertile, arrosée certaines années par plus de 2,5 mètres d’eau.La végétation est grandement influencée par les deux saisons principales.De janvier à juin, la température se situe en moyenne entre 26 et 32°C, et le ciel est généralement clair, malgré des ondées occasionnelles.De juillet à décembre règne la saison du gai na.Des vents dominants du sud-est rendent la mer plus difficile et baignent l’archipel d’une sorte de brouillard humide.Durant cette saison, le courant froid de Humbolt, provenant des côtes du Pérou, frappe les îles, abaissant la température moyenne entre 24 et 27° C.AU PAYS DES IGUANES L’action saisonnière de ce courant froid explique la présence dans ces îles tropicales de quelques espèces d’origine antarctique, tels l'otarie à fourrure et le manchot des Galapagos.Mais c’est surtout au courant chaud issu du bassin panaméen que l’on doit l’arrivée de la plupart des animaux terrestres dans l’archipel.On imagine, au cours des millions d’années écoulées depuis l’émergence de ces îles volcaniques, des tortues, des iguanes, des lézards, des insectes et des petits mammifères transportés malgré eux sur des « radeaux » de végétation arrachés par la crue aux forêts côtières d’Amérique centrale et rejetés par les courants sur ces terres hostiles, après des semaines de dérive en pleine mer.Au fil des générations.sous l’action de la sélection naturelle, ces naufragés se sont progressivement adaptés à leur nouveau milieu, se transformant au point de ne garder de leurs ancêtres continentaux qu’une vague ressemblance.Sur les rochers de la baie James, au nord-ouest de l’île Santiago, je passe de longues heures à observer les iguanes marins en train de brouter les algues vertes que la marée baissante découvre, telle une prairie.Plus loin, sur le sable de la plage, deux reptiles s’affrontent, chevaliers antédiluviens cherchant à défendre leur territoire de reproduction.À l’issue du combat, le perdant rejoint un groupe de congénères qui se prélassent au soleil, tandis que de minuscules lézards leur grimpent sur le corps à la recherche de petits parasites.Les îles Galapagos constituent un véritable paradis pour les amateurs d’oiseaux.Bien qu’on y dénombre à peine 57 espèces résidantes, 26 d’entre elles ne se trouvent nulle par ailleurs dans le monde et sont par conséquent très rares.La pointe de lave de Punta Espinoza, sur l’île Fernandina, nous permet d’apprécier, réunis dans un même lieu, le héron et la mouette de lave, au plumage sombre, le cormoran aptère qui, en l’absence de prédateurs, a perdu la capacité de voler, et le moqueur, volatile sans gêne, qui se perche sans crainte sur votre tête ou tente de s’envoler avec la boucle de vos souliers.Les oiseaux marins abondent dans ce décor insulaire.Au large, les pétrels cherchent à capturer d’invisibles insectes à la surface de la mer, tandis que les frégates s’appliquent à subtiliser aux pélicans le fruit de leur pêche.Sur le rivage, les huîtriers transpercent le sable de leur long bec écarlate, à la recherche de quelque animalcule, suivis de près par les toume-pierres et les maubèches.DES PINSONS AUX MŒURS PARTICULIÈRES Les falaises, qui bordent la plupart des îles et rendent leur accès difficile, abritent, quant à elles, une multitude de mouettes à queue d’aronde, de fous à pattes bleues et de paille-en-queues, oiseaux immaculés à la queue bordée de longues plumes fines.Plus avant dans les terres, une douzaine d’espèces de pinsons, sans doute issues d’un même ancêtre, semblent défier les ornithologues.On ne les différencie les uns des autres que par la forme de leur bec et leurs habitudes alimentaires.Sur l’île Wolf, certains de ces oiseaux se nourrissent du sang des fous masqués qu’ils récoltent en picorant le croupion de leur victime.Dans les buissons de Santa Cruz, le pinson charpentier utilise une épine ou L'iguane marin des îles Galapagos, grande attraction touristique, est la seule espèce d’iguane vraiment aquatique.ZT & - - -> rT- -¦ ÉTÉ 1990/QUÉBEC SCIENCE 25 une petite branche pour déloger les larves d’insectes.À Tagus Cove, sur l’île Isabela, un petit pinson noir picore l’écorce des arbustes tel un pic, pour s’abreuver de sève.Et l’on pourrait parler longuement des flamants roses, des grands hérons, des buses et des albatros qui fréquentent plusieurs îles de l’archipel.La vie marine des Galapagos recèle des richesses insoupçonnées.Des cohortes entières de crabes rouges, de crabes bleus et de crabes violonistes patrouillent les plages et les rochers, au milieu des iguanes et des otaries.Sous l’eau, un monde fascinant s’offre au plongeur.Raies dorées, géantes et tachetées, tortues marines, langoustes, murènes, anémones et corail noir comptent parmi les vedettes du milieu sous-marin.A chaque plongée, des otaries viennent vous saluer tandis que les requins vous rappellent leur discrète présence.Autour des rochers de la Couronne du Diable et à maints autres endroits, des courants puissants peuvent rendre la plongée hasardeuse pour quiconque ne respecte pas les règles de sécurité habituelles.LES EFFORTS DE CONSERVATION Depuis quelques années, ce paradis des naturalistes devient de plus en plus accessible.Grâce à l’initiative des autorités du parc national, dont les limites englobent près de 90% de l’archipel, plus de 45 sites répartis sur 16 îles peuvent accueillir des visiteurs.Sur les îles San Cristobal et Santa Cruz , quelques petits hôtels bien tenus offrent un gîte et un couvert convenables.Mais c’est en bateau que se visite l’archipel.Plus de 80 navires, du paquebot de luxe pouvant accommoder 90 passagers jusqu’au bateau de pêche rénové, transportent d’une île à l’autre les 22 000 personnes qui visitent annuellement l’archipel.L’affluence touristique, malgré son impact positif sur l’économie des Galapagos et de l’Equateur -chaque visiteur du parc doit payer un droit d’entrée de 30$ US -, pose un sérieux problème aux gestionnaires du parc.Ces dernières années, on remarque en effet que les animaux, autrefois insen- -vTTTi ;.£.£• -'.T,.sibles à la présence des humains, deviennent de plus en plus craintifs.Les sentiers de promenade s’érodent sous les pas des visiteurs et les récifs sous-marins sont pillés par les plongeurs.Heureusement, chaque groupe de visiteurs est obligatoirement accompagné d’un guide-naturaliste spécialement formé.Celui-ci veille au respect des règlements très stricts du parc qui interdisent, par exemple, de franchir les limites des sentiers, de toucher ou de nourrir les animaux et de recueillir quelque spécimen que ce soit.La visite de chaque site est précédée d’une courte présentation didactique, et des informations sont dispensées tout au long de l’excursion.S’il dispose d’un bateau rapide et pouvant naviguer de nuit, un visiteur intéressé doit prévoir trois bonnes semaines pour visiter l’ensemble des sites accessibles au public.La population résidante compte aujourd’hui plus de 6 000 personnes réparties principalement sur trois îles.Alimentée par une immigration régulière en provenance du continent, cette population croît rapidement, exerçant sur le milieu naturel une pression sans cesse grandissante.En plus de profiter du tourisme, les insulaires pratiquent l’élevage du bétail et s’adonnent à la culture vivrière.Les animaux domestiques et les plantes cultivées ne restent malheureusement pas confinés aux champs et aux villages.Partout dans l’archipel, les chats, les chiens, les chèvres et les porcs échappés d’élevage et redevenus sauvages s’attaquent aux espèces les plus fragiles, et détruisent la végétation naturelle.Voyant leurs nids ravagés par ces nouveaux prédateurs, pétrels, iguanes et tortues terrestres sont menacés d’extinction.Des plantes envahissantes, comme la Les groupes de touristes qui visitent les îles Galapagos doivent obligatoirement être accompagnés d’un guide-naturaliste.Cette politique vise à protéger le parc de l’affluence touristique - 22 000 personnes annuellement -, laquelle n ’est pas sans effets sur les espèces animales et végétales qui y vivent.goyave et l’herbe à éléphants, menacent insidieusement plusieurs plantes locales.DARWIN Y VEILLE Depuis la création du Parc national des Galapagos en 1959, la communauté scientifique internationale appuie les actions du gouvernement équatorien par l’entremise de la Fondation Darwin.Au fil des années, on s’est attaqué à éradiquer de certaines îles les chèvres et autres animaux introduits par l’homme, qui mettent en péril la végétation et la faune locales.À Puerto Ayora, chef-lieu de Tîle Santa Cruz, la Station de recherche Darwin accueille depuis plus de 20 ans des experts provenant des quatre coins du monde.La station comporte un petit centre d’interprétation que les touristes inscrivent obligatoirement à leur itinéraire.On y trouve aussi des laboratoires et des enclos d’élevage pour les diverses espèces d’iguanes et de tortues terrestres qui font l’objet d’un programme de réintroduction.En collaboration avec six universités équatoriennes, les autorités de la station de recherche et du parc national ont entrepris un ambitieux programme de gestion intégrée des activités agricoles, touristiques et scientifiques.Leur but avoué est de s’assurer que les activités socio-économiques locales et les efforts de recherche se développent dans le respect de l’intégrité naturelle des îles et dans un souci de conservation de ce joyau du patrimoine mondial.De fait, cette Mecque des naturalistes est devenue un véritable laboratoire naturel où s’ébauchent aujourd’hui les politiques de conservation de l’avenir.?26 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1990 r CLUB AVENTURE ÉCOTOURISME : GALAPAGOS Les diamants du Pacifique, 2 semaines, S 125 $ tout compris 47 autres destinations, 5 continents, 1 3 nouveaux circuits plein-air ( Hollande, France, Italie, Écosse et Angleterre, Mont Blanc, Amsterdam-Rome, Corse, Espagne, Islande, Californie, Hawaii ) PRIX À PARTIR DE 1 950 $ Sherbrooke Place Andrew Patton, suite 18 85 Belvédère J1H4A7 (819) 822-1223 Détenteurs d'un permis du Québec et de l’Ontario.Montreal/Trois-Rivières 1221 Saint-Hubert H2L 3Y8 (514) 286-9290 Québec 935, Chemin Ste-Foy GIS 2L3 (418) 687-9043 Ottawa 115, avenue Parent K1N 7B5 (613) 236-5006 Pour recevoir gratuitement notre brochure et le dossier technique du voyage que vous désirez entreprendre, veuillez retourner ce bon complété à un bureau régional du Club Aventure Voyages.NOM___________________________________________ PRÉNOM _______________ ADRESSE CODE POSTAL___________________________TÉLÉPHONE : RÉS.______________BUR.___________ DESTINATIONS 1 : ____________________________ 2 : ___________ LA PROTECTION DES BÉLUGAS DU SAINT-LAURENT UNE PRISE EN CHARGE COLLECTIVE POUR L'AVENIR DU BÉLUGA EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez I éditeur au (418) 657-3551, poste 2860 Vous pouvez aussi indiquer le nombre d’exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix et expédier cette annonce avec votre paiement aux Presses de l’Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Code postal Tél.( ) ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCarc Numéro 1990, 384 pages ISBN 2 7605-0550-2, Date d’expiration Signature ÉTÉ 1990 / QUÉBEC SCIENCE Le point sur la population des bélugas.Le degré de détérioration des eaux et des habitats qu'ils occupent.Le diagnostic sur leur état de santé, exposés qu'ils sont à la pollution.Les préoccupations et les intentions du monde scientifique et environnemental, de l'industrie touristique, des agences gouvernementales, des citoyens.Une source d'inspiration sur une approche de conservation des ressources et du milieu. LA CONSTRUCTION DOMICILIAIRE FAIT PEAU NEUVE Gilles Parent Recherche : Jean Lebrun La construction domiciliaire est à la croisée des chemins et s’apprête à suivre la voie technologique.Les nouveaux matériaux et les nouvelles façons de construire présentent un intérêt certain.Qui n’a jamais vu un chantier où on était en train de construire une de ces maisons typiques, comme on en voit des milliers en banlieue?Une fondation de béton, un premier plancher terminé, une ossature de montants de bois autour de laquelle s’affairent une demi-douzaine d’ouvriers au son strident des scies électriques.Ce tableau familier risque de changer au cours des prochaines années.La composante de base de la maison unifamiliale conventionnelle, le bon vieux 2x4', commence à souffrir d’une certaine concurrence.«Les solutions, dont le niveau technologique est supérieur, risquent de déclasser les méthodes conventionnelles, car elles offrent une excellente qualité tout en permettant de diminuer les coûts », 1.Certaines données ont été volontairement exprimées selon le système anglais, des considérations économiques empêchant toujours la conversion en système métrique.Si vous croyez encore à la conversion systématique, essayez de demander au commis de votre centre de matériaux de construction un montant de 5,07 cm sur 10,14 cm — autrement dit, un 2 x 4 ! explique Jocelyn Duff, de la Direction de l’analyse et de la recherche à la Société d’habitation du Québec.Mais avant de parler de virage technologique de la construction et de la manière dont il s’effectuera, il faut d’abord se poser la question : la maison unifamiliale a-t-elle un avenir?«En milieu urbain, même s’il n’y a aucune logique à favoriser ce genre de construction, il est malheureux de constater que le mouvement en faveur de la maison unifamiliale est loin d’être arrêté», déplore Luc Gagnon, vice-président de l’Union québécoise pour la conservation de la nature.Mais qu’est-ce que les écologistes ont à reprocher aux tranquilles rues de banlieue bordées de maisons unifamiliales?Tout simplement les autos.«Les banlieues sont conçues pour l’automobile, une source importante de pollution qui nécessite entre autres la construction d’autoroutes urbaines», explique M.Gagnon.Dans les banlieues à faible densité de population, le transport en commun devient prohibitif, de même que toutes les infrastructures, de la construction des trottoirs jusqu’aux conduites d’eau souterraines, en passant par la collecte des ordures.Luc Gagnon précise : «Tous ces coûts, incluant ceux associés à la pollution, ne sont pas assumés entièrement par les banlieusards.» En somme, les subventions des paliers supérieurs de gouvernement et le jeu de la fiscalité municipale font en sorte que les résidants des secteurs plus densément peuplés, comme le Plateau Mont-Royal, ou ceux des régions éloignées de l’Abitibi, par exemple, subventionnent les banlieusards en périphérie de Montréal et de Québec ! «Il est évident qu’avec le temps on verra de moins en moins des secteurs entiers se développer avec des densités de trois à sept maisons par hectare, comme c’était la norme dans les Ce chantier de construction n’a rien de traditionnel.Les éléments de base: des caissons modulaires préusinés, préisolés, matériaux légers et vite assemblés.Peut-être annonce-t-il l’avenir en construction domiciliaire ?28 QUÉBECSCIENCE/ÉTÉ 1990 Thermomat .V V Jæ i» • -.V- v^.-?¦ s?-'S?5n sæmcéiîi , :?ti\- r.' V^v-_ .-o *4 S6PW!^6»g :%ÿ>^ ^ .V>rr inc.les éditions françaises 1411, rue Ampère, Boucherville (Québec) J4B 5W2 (514) 641-0514 • 871-0111 • 1-800-361-9635 • FAX: (514) 641-4893
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