Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (12)

Références

Québec science, 1990, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LES MEDIAS )U FUTUR (NE VISITE ,lU PRESTIGIEUX MEDIA IAB MIEL AVENIR »OUR LES SCIENCES 1UMAINES t liT SOCIALES?/ A CIVILISATION )U CHIMIQUE .’ACUPUNCTURE iCRUTËE PAR IA SCIENCE l/IOTS CROISÉS )E IA SCIENCE rEST: ÊTES-VOUS JN BON MÉCANICIEN?jrrier de 2" classe, enregistrement n 1052.Port payé à Québec.250.Sillery.Québec.Canada GU 2R1 m Obtenez le chandail de votre choix pour seule ment 8,95 $ en vous abonnant pour un an à CROC Les chandails Plantez un pollueur et Ne perdez pas la boule Une valeur de 17,99 $ (chacun).— Extra-grand seulement mmm m.u m.ip Je m’abonne! Faites-moi parvenir un chandail et 12 numéros de CROC pour seulement 35,90$.Vous trouverezci-jointmon paiement.Cochez le chandail que vous désirez recevoir: ?Pollueur a La boule Nom: Faites votre chèque ou mandat-poste au nom de Ludcom inc.et envoyez le tout à: CROC, 5800, avenue Monkland, Montréal (Québec) H4A1G1.Je veux manifester en couleurs! Faites- moi parvenir____t-shirt(s)au prix de 17,99 $ l’unité.Vous trouverez ci-joint mon paiement.Indiquez le nombre de chandails que vous désirez recevoir: ______________Pollueur ___________La boule Nom: Date de naissance: jour mois: année: I Date de naissance: ioUr mois: année: Adresse: Adresse: App.: Ville: App.: Ville: Prov.: Code postal: 1 | Prov.: Code postal: Tél.(bur.): (dom.): Tél.(bur.): (dom.): Faites votre chèque ou mandat-poste au nom de Ludcom inc.et envoyez le tout à: CROC, 5800, avenue Monkland, Montréal (Québec) H4A1G1. /olume 29, numéro 16 22 28 34 39 43 ARTICLES Le Media Lab : témoin du futur Inventer le futur des médias, voilà la mission des chercheurs de tous horizons réunis dans ce haut lieu de la technologie.Par Jean Lalonde Quel avenir pour les sciences humaines et sociales?Les sciences de l'homme et de la société ont-elles un avenir face à l’actuelle prédominance des sciences dites exactes ?Par Christine Risi La civilisation du chimique Faut-il cher 'her à bannir les produits chimiques de plus en plus présents dans notre société ?Causent-ils réellement des problèmes de santé ?Par Gilles Parent L’acupuncture scrutée par la science Après deux décennies de recherches, on commence à trouver des explications scientifiques à cette technique de la médecine chinoise traditionnelle.Par Étienne Denis Test: Êtes-vous un bon mécanicien?Qu’il s’agisse d’accélération, de trajectoire, de masse, etc.il n’y a pas que les garagistes que ces questions intéressent.Par Raynald Pepin Les mots croisés de la science Pour les amateurs, enfin ! des mots croisés portant sur des éléments et des événements qui concernent la science.Par Normand Beaudoin SOMMAIRE Septembre 1990 Page 16 Page 28 Page 34 9 10 11 12 13 14 15 CHRONIQUES 1 TECHNO-ACTION Le satellite se démocratise Par Jean-Guy Rens 9 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Tourisme archéologique à la Pointe-du-Buisson La réadaptation cardio-vasculaire Séismes au Saguenay Un appareil économe en rayons X 14 MICROMÉGA La télématique en noir sur blanc Par Michel Saint-Germain 46 LA DIMENSION CACHÉE Les cailloux caméléons Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 6 COURRIER 48 EN VRAC 49 À LIRE La contrainte ou la mort.Lettre aux Québécois sur l’avenir de la planète Le tour du monde d’un écologiste Gros temps sur la planète La diététique du cerveau, de l’intelligence et du plaisir La civilisation du gène La construction du cerveau La révolution des quanta 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Troisième trimestre 1990, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index de périodiques canadiens.© Copyright 1990 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Page 43 SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 3 LES 23 ET 24 OCTOBRE, 1990 EXPOSmON ET CONFERENCE PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL OCTOBER 23,24,1990 LABEX 90 mettra en évidence plus de 75 documents portant sur les pratiques et les techniques actuelles de laboratoire.Voici les conférenciers qui ont déjà confirmé leur présence: A.Kuksis Banting and Best Michael J.Bertrand Centre Régional pour la Spectrométrie de Masse Guy Gosselin Min.de l’Énergie et des Ressources Ghislain Dubé Min.de l’Énergie et des Ressources Marcel LaPointe Centre de Recherches en Pâtes et Papiers G.Delmas-Patterson Université du Québec L'exposition réunira plus de 100 stands des plus récents instruments de laboratoire, d’équipement, de biens et de services.I ¦ 1 I I 1 LABEX ’90 will feature over 75 Papers on current laboratory practice and techniques.Among the speakers confirmed to date are: A.Kuksis Banting and Best Michael J.Bertrand Regional Ctr.for Mass Spectrometry Guy Gosselin Min.de l’Énergie et des Ressources Ghislain Dubé Min.de l’Énergie et des Ressources Marcel LaPointe Ctr.of Research in Pulps & Papers G.Delmas-Patterson University of Quebec The Exposition will feature over 100 exhibits of the latest in laboratory instrumentation, equipment, supplies and services.INSCRIVEZ-VOUS À L’EXPOSITION DÈS MAINTENANT ET ÉCONOMISEZ REGISTER NOW FOR THE EXPOSITION AND SAVE: Norn: _____________________________________ Titre: _____________________________ Name: Title: Affiliation:____________________________________________________________________ Affiliation: Adresse:________________________________________________________________________ Address: Ville:______________________ Province:____________________ Code postal: ________ City: Province: Postal Code: No.de téléphone:__________________________ No.Télécopieur:____________________ Phone: Fax: Envoyez cette formule ainsi qu’un montant de 5$ pour les frais d’inscription à l’avance à: Send this with $5.00 to: TO/A LABEX Les Expositions Industrielles et Commerciales Inc.1057, Laurier 0.Outremont, (Québec) H2V 2L2 ?Veuiillez nous envoyer le programme de la conference Please send conference program ?et les formules d’inscription.Please send registration forms.FRAIS DE CONFÉRENCE / CONFERENCE FEES: CCOO Pour 2 jours O3- 2 Days oc 00 Pour une seule journée Single day AROO SUR PLACE - par journée ON-SITE - per day 4 QUÉBEC SCIENCE/SEPTEMBRE 1990 QUÉBEC SCIEHCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854 Rédaction: (418)657-3551 poste 2426 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00100, ou par télécopieu r : (418) 657-2096 DIRECTEUR Jacki Dallaire RÉDACTION Les Communications SCIENCE-IMPACT Rédacteur en chef Jean-Marc Gagnon Adjointe à la rédaction Lise Morin Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Jean-Marc Carpentier, Gilles Drouin, Claude Hamelin, Nicole Lemelin, Raynald Pepin, Yves Rousseau Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Françoise Côté, Gilles Drouin, Bernard Duchesne, Claude Forand, Élaine Hémond, Yvon Larose, Marc Ledoux, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Michel Saint-Germain, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Ève-Lucie Bourque Séparation de couleurs Graphiscan Impression Imprimerie l’Éclaireur PUBLICITÉ ET MARKETING Marie Prince Tél.: (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie les gouvernements du Canada et du Québec de leur aide financière accordée respectivement dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada et du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique.Membre de: 1116 Audit Bureau CPPA Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/10 nos): 28,00$ Spécial: (2 ans/20 nos) : 49,00$ Groupe: (1 an / 10 nos): 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À funité: 3,25$ À l'étranger: Régulier: (1 an/10 nos): 39,00$ Spécial: (2 ans/20 nos): 68,00$ À funité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à Tordre de DAWSON FRANCE, B.P.57 91871 Palaiseau, Cedex, France Pour abonnement ou changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery G1T2R1 MODES ET ANTI-MODES "W'-v ans ce premier numéro de sa 29e année de publication, Québec Science Ê Ê vous propose de passer tout de suite au 21e siècle, en suivant Jean Lalonde dans sa visite du prestigieux Media Lab où sont concoctés les prochains développements, absolument spectaculaires, des médias et, surtout, leur convergence.Une convergence qui passe - on s'y attendait - par la numérisation universelle.Il n’en fallait pas davantage pour que notre chroniqueur informatique s’y intéresse avec la passion et la compétence qui le caractérisent ! Ce numéro dévoile aussi un autre pan du prochain avenir.Christine Risi (petite-fille du pionnier de l’enseignement universitaire de la chimie au Québec, Joseph Risi) a consulté de nombreux spécialistes avertis afin d’évaluer l’avenir des sciences sociales, au sortir d’une décennie difficile pour ces sciences.S’il n’est pas doré, cet avenir n’en est pas moins teinté de rose.Certes, la plupart des problèmes actuels comportent des difficultés technologiques que les sciences de la nature et l’ingénierie peuvent surmonter.Mais tous mettent en cause des facteurs humains et sociaux auxquels les sciences humaines et sociales sont appelées à trouver des solutions efficaces et réalistes.Pour plusieurs d’entre nous, «chimique » égale «dangereux ».Souvent à tort.Gilles Parent a compilé données et opinions autorisées sur la question.Dans un article dégagé de tout parti pris, il constate que s’il existe des produits naturels plus dangereux pour la santé que les produits chimiques, il ne faut pas en conclure que les chevaliers de l’industrie sont moins à craindre que dame Nature.L’article d’Étienne Denis sur l’acupuncture prouve également à quel point il faut toujours considérer les idées reçues ou à la mode avec méfiance et suspicion.Après deux décennies de recherche et d’observation, le défi que pose à la science la médecine traditionnelle chinoise est en bonne voie d’être solutionné', alors qu’au départ, plusieurs considéraient cette médecine comme relevant davantage de la mystique que de la réalité.Trêve d’articles.Deux collaborateurs, Raynald Pepin et Normand Beaudoin (qui sont aussi professeurs de cégep, le premier au Cégep d’Ahuntsic et le second au Cégep de Jonquière), ont préparé un petit test sur la mécanique et des mots croisés scientifiques.Deux petits cadeaux à la fois amusants et informatifs pour marquer l’adieu aux lecteurs et aux lectrices de Québec Science de l’équipe des Communications Science-Impact qui, depuis septembre 1987, était chargée de la préparation des numéros de votre magazine.À compter du prochain numéro, une nouvelle équipe prendra la relève.Jean-Marc GAGNON SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 5 COURRIER DU FŒTUS AUX FEMMES Dans le numéro d’avril de Québec Science, Claire Chabot a écrit un excellent article sur les difficultés qu’ont les filles d’entamer une carrière en science.Entre autres problèmes, Mme Chabot fait particulièrement état de l’absence de modèles de femmes scientifiques et de l’image de la science au masculin.Or, dans le même numéro, on retrouve un article sur la chirurgie effectuée sur les fœtus, où les femmes sont présentées uniquement comme des vaisseaux passifs englobant les « vrais patients ».Tous les scientifiques cités et montrés sont des hommes.Malgré le livre et le film produits par le Conseil du statut de la femme qui questionnent la dépossession du corps de la femme enceinte, vous n’avez choisi d’interviewer aucune des dizaines d’intervenantes sur cette question.Plusieurs d’entre elles (Abby Lippman, Bartha Knoppers, Louise Vandelac, etc.) siègent pourtant à des comités scientifiques de renommée nationale et internationale.Vous n’avez pas choisi d’interviewer non plus les femmes expertes en obstétrique de technologie de pointe (Dre Emily Hamilton, par exemple).Karen Messing, directrice Centre pour l’étude des interactions biologiques entre la santé et l’environnement (UQAM) BALSAC N’EST PAS SEUL Le numéro d’avril 1990 de Québec Science a fait état, aux pages 12 et 13, de l’ambitieux projet (BALSAC) mis de l’avant par le groupe SOREP, rattaché à l’Université du Québec à Chicoutimi, d’étendre d’ici l’an 2000 son fichier informatisé - dont l’essentiel porte actuellement sur la population du Saguenay - à toute la population du Québec, soit depuis le 17e siècle jusqu’à aujourd’hui.Il peut être intéressant de rappeler l’existence d’un tel fichier informatisé de population pour l’ensemble du Québec, des origines à 1765, sa réalisation devant être portée au crédit du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) de l’Université de Montréal.A ce que je sache, le PRDH poursuit toujours son objectif de reconstituer l’ensemble de la population québécoise jusqu’au milieu du 19e siècle.Georges Sénia Montréal DES GAGNANTS HEUREUX Je vous remercie pour le livre L’ours blanc que j’ai reçu pour avoir gagné au concours de la chronique «La dimension cachée».C’est un livre magnifique.Les photos sont de véritables œuvres d’art.Excusez-moi de ne pas vous avoir remerciés plus tôt; j’ai eu des ennuis de santé.Il faut dire que j’arrive à 80 ans.Encore une fois merci ! Marcel Ménage Sainte-Thérèse Je veux remercier toute l’équipe de Québec Science de m’avoir permis de gagner le livre Le loup que j’ai reçu dernièrement.Les photographies sont d’une grande beauté et les textes nous apprennent beaucoup sur ces animaux.Pour terminer, j’ai un petit problème de physique à poser au chroniqueur de «La dimension cachée».A chaque fois que je prépare une tasse de café, je remarque que, lorsque je fais chauffer la tasse d’eau dans le four micro-ondes et que je verse ensuite le sucre dans l’eau bouillante, des bulles d’air remontent à la surface comme si le fait de mettre du sucre dans de l’eau chaude provoquait l’ébullition de ladite eau.Pourriez-vous m’éclairer sur ce qui se passe réellement?Nadine Manset Pierrefonds Continuez à lire la chronique de Raynald Pepin.Il répondra bientôt à votre question.ERRATUM L’article «Compter les fibres d’amiante», paru dans le numéro d’avril dernier, contenait quelques erreurs.Précisons d’abord que la méthode IRSST-243-1 est exclusivement quantitative ; elle dénombre les fibres d’amiante, mais ne les identifie pas.C’est ultérieurement, lors d’examens complémentaires à l’aide de microscopes électroniques ou à polarisation, qu’on reconnaît les types de fibres.Soulignons également que la IRSST-243-1 est née de l’adaptation d’une méthode américaine déjà existante : la NIOSH 7400.N.D.L.R.LA PROTECTION DES BÉLUGAS DU SAINT-LAURENT UNE PRISE EN CHARGE COLLECTIVE ¦ Le point sur la population des bélugas.¦ Le degré de détérioration des eaux et des habitats qu'ils occupent.¦ Le diagnostic sur leur état de santé, exposés qu'ils sont à la pollution.¦ Les préoccupations et les intentions du monde scientifique et environnemental, de l'industrie touristique, des agences gouvernementales, des citoyens.¦ Une source d'inspiration sur une approche de conservation des ressources et du milieu.1990, 384 pages |—, ISBN 2 7605-0550-2,35$ |_______| POUR L’AVENIR DU BÉLUGA FOR THF FUTURE OF THE UFtUGA Compte rendu du Forum internetional pour l’avenir du béluga Proceedings of the inlernational Forum lor the Future of the Beluga EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l’éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Vous pouvez aussi indiquer le nombre d’exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux : Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Nom____ Adresse Code postal______________ Tél.( )________________ ?Chèque DMandat postal DVisa DMasterCard Numéro _______________________________________________ Date d’exp.__________ Signature ______________________ P-l 14-1 6 QUÉBEC SCIENCE/SEPTEMBRE 1990 «f™ TECHNO-ACTION par Jean-Guy RENS Le mot satellite évoque quelque chose de lointain et de coûteux.Il est temps de modifier notre idée à ce sujet.La technologie du satellite obéit exactement à la même évolution que l’ordinateur: elle se miniaturise, ses prix baissent, sa manipulation se simplifie, bref, elle se démocratise.Première illustration de cette tendance, la «valise satellite» que vend depuis un an la compagnie SkyWave Electronics d’Ottawa.Vous allez passer une semaine dans un chalet de chasse, et il n’y a pas le téléphone.Qu’à cela ne tienne, emportez une valise SkyWave.Il suffit de 15 à 20 minutes pour déployer l’antenne satellite de 1,20 mètre qui s’y trouve (n’importe quel amateur peut le faire) et lire les instruments de visée pour la pointer dans la bonne direction.Un petit terminal intégré vous permettra de communiquer par ordinateur, par télécopieur et par téléphone avec n’importe quel point du globe.Les grands reporters se sont déjà emparés de cet instrument.Lors de la chute du mur de Berlin et de la révolution roumaine, la petite valise satellite a gagné ses titres de noblesse: grâce à elle, les grands médias occidentaux ont pu court-circuiter l’encombrement des réseaux ou leur vétusté.Plus près de nous, Hydro-Québec et Ontario Hydro ont déjà fait l’acquisition de leurs valises SkyWave.SUR LA ROUTE AVEC SON SATELLITE Depuis le 1er mai dernier, Télésat Mobile Inc.(TMI) a lancé un système de messagerie électronique par satellite basé sur le même principe que le téléphone cellulaire.Pour l’instant, le système fonctionne de façon assez rudimentaire, car on ne peut émettre que de courts messages.Mais déjà des flottes de camionnage l’utilisent au Canada.Désormais, il sera possible de rester en contact 24 heures sur 24 grâce au KIT routier de Télésat (KIT est un acronyme anglais qui signifie keep in touch).A la différence de la valise satellite, le KIT routier a une antenne omnidirectionnelle que l’on n’a pas besoin de pointer vers le satellite et que l’on peut faire fonctionner tout en roulant.Technologie supérieure, donc, mais qui nécessite un satellite plus puissant.C’est pourquoi, aujourd’hui, le KIT routier ne peut envoyer et recevoir que des petits messages de 40 caractères au maximum.À la fin de 1993, un satellite spécialisé appelé MSAT sera lancé, qui permettra à l’utilisateur de passer un coup de fil, de son camion ou de son auto, exactement comme Le satellite se démocratise D’installation facile et de prix abordable, la valise portable créée par SkyWave Electronics permet à quiconque d’effectuer des communications par satellite, quel que soit l’endroit où il se trouve.’XL pÈSâÇgili à partir d’un téléphone cellulaire.Pourtant le téléphone satellite ne sera pas vraiment concurrent de Bell Cellulaire et de Cantel.En ville, les gratte-ciel projettent des zones d’ombres qui gênent les communications.Par contre, le KIT routier couvrira toute l’Amérique du Nord, y compris les montagnes et les îles perdues au large des côtes.Il existe d’ailleurs un KIT de brousse (télésurveillance d’un barrage ou d’une forêt) et un KIT maritime (communications à partir d’une plate-forme de forage).DES RÉSEAUX INSTANTANÉS Il y a des années qu’on parle «des stations à très petite ouverture d’antenne» (STPA), ces petites antennes analogues à celles qu’on utilise pour capter les émissions de télévision.La ressemblance n’est qu’apparente, car une STPA peut aussi émettre des signaux.Les STPA transmettent aussi bien les communications informatiques que téléphoniques, ainsi que les images unidirectionnelles.La fragmentation de l’industrie américaine des télécommunications a peut-être donné sa chance aux STPA, et Chrysler vient de se constituer un réseau complet de 6 000 d’entre elles.Ainsi, le géant de l’automobile a pu se créer un réseau de données intégré.Le Canada n’a pas démantelé son réseau terrestre de télécommunications, mais la Banque Nationale vient de commander 55 STPA à Télésat, ce qui est un signe annonciateur.Or, Télésat n’est pas seule dans le marché des STPA : CNCP et Nous remercions le gouvernement du Canada de l’aide financière accordée pour la réalisation de cette chronique, dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada.Cancom offrent aussi le service.Une des applications les plus prometteuses de cette technologie est la formation à distance.Le STPA offre un outil relativement peu coûteux et à déploiement instantané.DES IMAGES AUX YEUX BRIDÉS Enfin, la grande promesse du satellite est sans nul doute la télévision à haute définition (TVHD).On sait que la télévision actuelle fait figure de parent pauvre comparativement au cinéma et même à la vidéo et, de plus, ces piètres films analogiques coûtent cher à produire.Les Japonais et les Européens travaillent depuis des années à mettre au point une technologie numérique qui permette d’offrir à la télévision la qualité des films de 35 mm, à des coûts de production inférieurs de 30 %.Pendant que Japonais et Européens se livrent une guerre des normes, Télésat a imaginé une manière originale de prendre part à la course à la TVHD : créer un studio de production de films numériques.Depuis avril dernier, un studio mobile arpente les routes canadiennes afin de produire des films TVHD, studio qui, d’ici peu, sera complété par une station émettrice et un réseau satellite en circuit fermé afin de tester la technologie.Quelle norme a choisi Télésat?La norme japonaise, car c’est le seul pays au monde où il y a déjà une demande pour films TVHD.Les premiers films canadiens seront donc vus uniquement par des yeux japonais.Mais cela ne présage en rien de l’avenir, s’empressent d’ajouter les dirigeants de Télésat et si, d’aventure, les Américains optaient pour la norme européenne ou une troisième norme, le Canada saurait rectifier le tir.SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 7 SkyWave Elecronics PUBLl-REPORTAGE LE MILIEU GEOCHIMIQUE ET SON INFLUENCE SUR LA SANTÉ LJ influence du milieu géochimique sur la santé humaine est maintenant bien reconnue dans les ¦ milieux scientifiques.La première découverte importante en ce sens a été faite lorsqu’on a remarqué que les personnes atteintes d’un goitre habitaient, curieusement, des régions dont l’environnement présentait un faible taux d'iode.Il a été alors facile de remédier à cette carence au Canada en mettant sur le marché du sel iodé.Les scientifiques de la Commission géologique du Canada, un secteur d’Énergie, Mines et Ressources Canada (ÉMR), ont repéré les régions où se manifeste un manque ou un excès d’éléments traces dans le milieu naturel en analysant la composition chimique des eaux souterraines et des sols, des roches et de la végétation.Or, l’on sait maintenant que ces déséquilibres géochimiques de l’environnement suscitent certaines maladies humaines.Une compréhension plus poussée de l’environnement s’avérera donc favorable à la santé humaine.Les chercheurs ont observé, par exemple, dans les régions dont les eaux souterraines présentent un fort taux de sodium, mais peu de magnésium et de calcium, que la population souffrait davantage de maladies cardiaques.Autre fait important à signaler: des troubles sanguins pouvaient résulter d’une carence en zinc, cuivre, calcium, cobalt et en fer.Ils ont aussi noté que le plomb, le thallium et le mercure provoquaient des maladies du système nerveux.Certains cancers devraient même être imputés, soutenaient-ils, à la présence d’éléments radiogéniques tels que l’uranium, le radium et le radon, et de métaux toxiques comme l’arsenic et le cadmium.Récemment, les recherches portant sur le fluoré ont suscité l’attention de l’opinion publique.Rien d’étonnant à cela si l’on considère que 80% du fluorure nécessaire à l’être humain provient de l’eau qu’il boit.Cependant, bien qu’il soit certain que le fluorure prévienne efficacement la carie dentaire, il est non moins certain qu’un excès de fluorure provoque l’apparition de la fluorose dentaire et, pis encore, si le sujet présente des lacunes alimentaires, de la fluorose des os causant la paralysie.En revanche, de récentes études médicales ont démontré que des doses élevées de fluorure de sodium pouvaient arrêter la progression de l’ostéoporose, voire la faire disparaître.Cette maladie se caractérise par un état d’affaiblissement général et une perte de la masse osseuse.Fréquente chez les personnes âgées, elle entraîne des coûts élevés en soins de santé au Canada.De concert avec divers organismes œuvrant dans le domaine de la santé, les scientifiques d’ÉMR étudient attentivement les régions dont les eaux souterraines présentent naturellement un taux élevé de fluorure afin de déterminer la fréquence de l’ostéoporose chez les habitants de ces régions.Un traitement précoce comportant une dose quotidienne admissible de fluorure chez les adultes, inférieure toutefois à celle qui déclencherait une fluorose des os, constituerait une mesure prophylactique de cette maladie.L’évaluation du taux de phosphore dans les eaux souterraines et les eaux de ruissellement de diverses régions fait aussi l’objet de recherches.Les scientifiques tentent de déterminer le degré d’accumulation des pluies acides.Au-delà d’un certain degré de concentration, les acides augmentent la solubilité et la mobilité des métaux toxiques comme le plomb, le cadmium et l’arsenic provenant du socle rocheux et des systèmes domestiques de plomberie.La présence de ces métaux dans l’eau potable en réduit dangereusement la salubrité.Il est évident que ces recherches sont importantes et fort prometteuses pour l’avenir.Elles contribuent à évaluer l’impact de l’environnement géochimique sur la santé humaine.Elles ont permis, par exemple, d’établir une comparaison entre les régimes de soins de santé et les groupes socio-économiques, relativement semblables, des provinces de l'Atlantique et des Prairies.Il est probable que les différences géochimiques soient responsables d’une plus grande fréquence des maladies cardiaques dans les provinces de l’Atlantique que dans celles des Prairies.De même, un taux plus élevé de cancer dans les régions maritimes par rapport aux régions des plaines centrales pourrait s’expliquer par une carence régionale de sélénium, élément essentiel de la prévention de certains cancers.Les recherches scientifiques débouchent sur de nouveaux horizons.L’intérêt d’hier pour les maladies transmissibles, telles que la typhoïde et la diphtérie, s’estompe quelque peu au profit d’une étude des maladies non infectieuses liées au vieillissement et à l’environnement, comme les déficiences cardio-vaèculaires, l’ostéoporose et le cancer.Dans un effort conjoint pour mieux comprendre l'influence de la géochimie et de la géologie de l’environnement sur la santé humaine, ÉMR veut s’associer à Santé et Bien-être social Canada, Statistique Canada et certaines universités canadiennes.Les chercheurs pourront alors étudier les maladies reliées au milieu géochimique, chacune sous un angle différent mais complémentaire, en considérant simultanément les composantes génétiques, les facteurs socio-économiques et les milieux de travail, de même que les quantités absorbées par l’être humain d’éléments principaux et d’éléments traces lors du processus nutritif.Ils pourront ainsi étudier les facteurs de risques pour la santé dans l’environnement canadien et tracer les grandes lignes d’une meilleure politique en matière de prévention des maladies.Pour en savoir plus long sur le sujet, adressez-vous à : Énergie, Mines et Ressources Canada Direction des communications 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 ¦ ^ Énergie, Mines et Energy, Mines and ¦ ^ Ressources Canada Resources Canada Canada 8 QUÉBEC SCIENCE/SEPTEMBRE 1990 Le plus ancien établissement connu au Québec, aujourd’hui, aurait 5 000 ans ! C’est en tout cas ce que démontrent les centaines de milliers de pièces déterrées à la Pointe-du-Buisson par les archéologues depuis 1977.Mais ce qui attire également bien des curieux au parc archéologique de la Pointe-du-Buisson, c’est qu’on peut y voir les archéologues au travail et même faire un brin de causette avec eux.Situé à environ 45 minutes du centre de Montréal, sur,1a rive sud, dans la municipalité de Melocheville, le site de la Pointe-du-Buisson fait face à un Saint-Laurent aux eaux rapides.Dans les temps anciens, ces rapides imposaient un portage.De plus, cette portion du fleuve étant riche en poissons et la végétation de la pointe étant particulièrement diversifiée, le lieu était on ne peut plus propice aux établissements amérindiens.Dès la première saison de fouilles systématiques, le site révéla un immense potentiel archéologique.Les chercheurs y mirent à jour 50 000 objets.Selon Norman Clermont, responsable des activités scientifiques du parc, le grand intérêt de la Pointe-du-Buisson réside dans l’occupation presque ininterrompue de cet espace depuis le troisième millénaire avant notre ère, et dans l’abondance et la diversité des traces de cette occupation.Entre autres, on y a catalogué, à ce jour, environ 250000 tessons de poterie et autant d’éléments en pierre, parmi lesquels on a identifié des pointes, des grattoirs, des perçoirs, des couteaux et des haches.Les objets trouvés témoignent de passages ou de campements ayant duré quelques minutes (lors de portages) ou quelques jours, ou s’étant répétés pendant plusieurs étés.«Les plus infimes vestiges d’occupation peuvent nous aider à comprendre les systèmes d’adaptation de ces populations dans leur milieu», de dire Norman Clermont.par l’Agence Science-Presse Tourisme archéologique à la Pointe-du-Buisson A 1/ À l’instigation d’une société regroupant des gens de Melocheville et des archéologues de l’Université de Montréal, le ministère des Affaires culturelles a fait de la Pointe-du-Buisson un parc ouvert au public depuis 1986.Norman Clermont est très fier d’être associé à cette réalisation car, selon lui, «c’est un devoir de l’archéologie de sortir de sa tour d’ivoire et de parler au monde».Aussi, chaque été le parc est ouvert au public du 1er mai au 1er octobre.Les fouilles se déroulent du 15 mai au 1er septembre et de façon plus «intensive» au mois d’août, alors qu’une douzaine d’archéologues sont à l’ouvrage.Outre le chantier archéologique, on peut y visiter un pavillon d’exposition, où de nombreux objets sont mis en contexte à l’aide de maquettes, de peintures et de moyens audiovisuels.Un animateur de la Pointe-du-Buisson explique les techniques de fabrication de la poterie préhistorique à des visiteurs.En mortaise, un archéologue au travail sur le site.Le parc de la Pointe-du-Buisson fait régulièrement des démonstrations, entre autres sur les techniques anciennes de cuisson de la poterie ou sur la taille des outils de pierre.On y trouve aussi des tables à pique-nique et près de trois kilomètres de sentiers aménagés, où l’on peut voir notamment des caryers, une espèce d’arbre qui ne se retrouve habituellement que plus au sud.C’est donc un endroit où l’on peut profiter du grand air et, à l’occasion d’une excursion champêtre, découvrir comment des gens comme Norman Clermont et ses collègues parviennent à reconstituer le passé en creusant des trous, en excavant les « déchets » laissés derrière eux par les groupes qui nous ont précédés sur ce territoire.Pour toute information supplémentaire: Parc archéologique de la Pointe-du-Buisson Tél.: (514) 429-7857 Gérald Baril SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 9 ¦ LA RÉADAPTATION CARDIO-VASCULAIRE Groupe de personnes pratiquant des activités postopératoires sur ergocycles au Centre de médecine préventive et d’activité physique de l’Institut de cardiologie de Montréal.— L’objectif premier d’une chirurgie cardiaque consiste à redonner au patient les capacités physiques qui lui sont nécessaires pour retourner à ses activités normales.Or, les recherches montrent qu’en général ce retour au travail ne s’effectue que dans 70% des cas.Quels sont les principaux facteurs en cause ?Selon le Dr Gilles Dupuis, de l’Institut de cardiologie de Montréal, qui a examiné plusieurs variables dont l’âge, le tabagisme avant la chirurgie, l’effort à l’épreuve, le niveau de scolarisation et le revenu, les facteurs les plus importants sont le degré d’anxiété ou la sévérité de la dépression vécue par le patient, de même que la durée d’inactivité préopératoire.Le Dr Dupuis recommande donc de limiter à trois mois ou moins cette période préparatoire, puis d’offrir des programmes d’information et d’activités physiques postopératoires.Il est important que le patient comprenne bien tous les aspects de sa maladie afin de contrôler, d’une certaine façon, ses facteurs de risque.L’intérêt de tels programmes de réadaptation a été démontré dans une étude menée par le chercheur Jean John, de l’École des sciences infirmières de l’Université Laval, auprès de 111 victimes d’infarctus.Divisés en quatre groupes, les patients suivaient tous un programme d’activités physiques minimal.Les membres du deuxième groupe ajoutaient 90minutes d’exercices par semaine, ceux du troisième groupe suivaient une séance hebdomadaire d’identification et de contrôle des émotions, ceux du quatrième groupe, une combinaison de ces deux volets.Après 10 semaines, tous les patients avaient augmenté leur capacité maximale de travail physique (9 % pour ceux qui ne faisaient que de la marche, 23 % pour ceux qui faisaient en plus les 90 minutes d’exercices).De même, ces derniers ont augmenté davantage que les autres leur consommation maximale d’oxygène.Il reste maintenant à généraliser de tels programmes de réadaptation cardiaque sans oublier, ajoute la diététiste Mireille Ouellet, de l’Hôtel-Dieu de Québec, la dimension alimentaire.Lyne Lauzon LES FILLES PASSENT EN DERNIER Une enquête menée dans 898 villages du Tiers-Monde montre une tendance généralisée à satisfaire les besoins alimentaires des hommes avant ceux des femmes.C’est ainsi que des chercheurs ont remarqué qu’en Inde les filles étaient moins longtemps nourries au sein que les garçons.En fait, près de deux fois plus de filles que de garçons sont sevrées avant l’âge de quatre mois.De plus, l’étude montre que si les filles mangent autant de riz et de légumes que les garçons, elles reçoivent par contre moins 1 - d’œufs, de lait et de beurre.Cette discrimination touche aussi l’accès aux soins de santé.En Corée, autant de filles que de garçons étaient vaccinées contre les oreillons lorsque ce service était gratuit.Lorsqu’une somme d’argent fut demandée, il y eut quatre fois moins de filles vaccinées que de garçons.10 QUÉBEC SCIENCE/SEPTEMBRE 1990 «ce llï le les ide lait s, iB Il ' SÉISMES AU SAGUENAY Le Saguenay a déjà subi, outre celui de novembre 1988, deux séismes importants, d’une magnitude d’au moins 6,0 à l’échelle Richter.La nouvelle, qui corrobore les soupçons de certains spécialistes quant à l’existence d’un épicentre à Chicoutimi, a été divulguée lors du congrès annuel de l’Association professionnelle des géologues et des géophysiciens du Québec.Jusqu’ici, on n’avait aucune preuve de ces importantes activités sismiques anciennes.Les archives restaient muettes, puisque les tremblements de terre auraient eu lieu alors que l’endroit était peu habité et avant que le réseau canadien de sismographes soit assez étendu.Il a donc fallu se fier au témoignage des sols qui, à leur manière, enregistrent les effets d’un séisme.C’est ce à quoi s’est appliquée la géologue américaine Martitia Tuttle de l’Université Columbia à New York.Le témoin principal dans cette affaire fut une butte de sable formée lors du séisme de 1988 au Saguenay.De tels petits volcans de sable sont produits par un des effets des séismes sur les sols, qu’on appelle liquéfaction.Jean-Yves Chagnon, de l’Université Laval, qui a collaboré aux travaux de Mme Tuttle, explique le phénomène: «La liquéfaction se manifeste dans les sols granulaires saturés d’eau.Lorsqu’elle est soumise aux contraintes cycliques d’un séisme, la pression de l’eau augmente et isole les grains de sable entre eux.En se liquéfiant ainsi, le sol perd sa capacité de supporter une charge.Or si les secousses du tremblement de terre sont suffisamment fortes pour liquéfier une couche en profondeur, le poids sur le sol va chercher à s’enfoncer.Ce faisant, il crée des fissures par lesquelles l’eau et le sable vont être expulsés en surface, produisant ainsi de petits volcans de sable.» C’est en excavant une de ces buttes fraîchement formées par le séisme de 1988 que Mme Tuttle Excavation d’un volcan de sable dans la région de Ferland-Boileau, à la suite du séisme du 23 novembre 1988.La section verticale laisse entrevoir le conduit d’alimentation.fit une découverte inattendue.En réalité, le petit volcan en cachait deux autres, enfouis sous la terre ! «Ces trois monticules superposés indiquent qu’il y a eu trois épisodes de liquéfaction, explique M.Chagnon.Outre le séisme de 1988, le Saguenay aurait déjà été secoué par deux autres tremblements de terre assez puissants pour engendrer de tels volcans.Ce qui suppose un épicentre rapproché.» Quand ces séismes ont-ils eu lieu?On a déjà partiellement répondu à la question, grâce à la méthode de datation au carbone 14, qu’on a appliquée à la matière organique retrouvée dans les volcans.Résultat : les deux tremblements de terre se sont produits à l’intérieur d’une durée maximale de 2300 ans.La géologue américaine tente présentement d’obtenir des dates plus précises par l’application d’autres méthodes.Cette découverte change les données.M.Chagnon le reconnaît : « On peut maintenant penser que les épicentres sont situés non plus uniquement dans Charlevoix, mais également à Chicoutimi.Et je crois même que certains des séismes qu’on a attribués à Charlevoix provenaient en réalité du Saguenay.» Il est donc possible que d’autres séismes frappent la région, mais quand?«Le cycle peut être de 150 ou 250 ans, avance M.Chagnon.On ne le sait pas vraiment.Les travaux de Mme Tuttle nous éclaireront peut-être.» Une histoire à suivre ! Claire Gagnon LA MÉTHODE VAN CAFOUILLE La méthode destinée à prévoir les tremblements de terre et mise au point par trois scientifiques grecs suscite la controverse.Selon ces scientifiques, tout séisme est précédé d’un signal électrique anormal, lequel apparaît de 6 à 115 heures avant le tremblement de terre et dure de 1 à 90 minutes.Il suffit donc, selon cette méthode, de capter le signal à l’aide d’électrodes enfouies dans le sol pour pouvoir prédire un tremblement de terre dans les cinq jours suivants et dans un rayon de 120 km.Appelé méthode VAN, d’après les noms des trois chercheurs (Varotsos, Alexopoulos et Nomikos), ce système est à l’essai depuis sept ans en Grèce.Jusqu’ici, les résultats ne sont guère convaincants.Des scientifiques français estiment pouvoir obtenir le même taux de succès en lançant des prédictions au hasard ! SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 11 J.Locat T UN APPAREIL ÉCONOME EN RAYONS X Des chercheurs français ont mis au point un appareil de radiographie dentaire qui utilise cinq fois moins de rayonnement que les appareils conventionnels.Le Dr Denis Forest, de la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal, fut le premier en Amérique du Nord à tester le radiovisiographe (RVG).ment des solutions chimiques en augmentant le rayonnement.» Dès la fin de la brève émission de rayons X, l’image apparaît sur un écran à haute résolution couplé à un ordinateur.Le dentiste peut préciser certains détails en ajustant le contraste.Il peut aussi agrandir une portion de l’image à l’aide d’une fonction « zoom » et il est également en mesure d’inverser le noir et le blanc.Enfin, l’écran du moniteur peut se diviser en cinq fenêtres, pour comparer différents clichés ou agrandissements.Toutes ces manipulations facilitent d’autant l’interprétation des radiographies.De plus, les images étant plus grandes et plus claires, elles sont très utiles lors des explications aux clients.Une imprimante thermique complète le système.En cinq secondes, elle produit sur papier une excellente Le Dr Denis Forest de l’Université de Montréal explique à une patiente les résultats de l’examen dentaire obtenus par radiovisiographe.«Avec le RVG, explique le Dr Forest, la dose tombe de 250 à 50 millirontgen et le rayonnement s’effectue à l’intérieur d’une seule impulsion électrique, soit un soixantième de seconde.C’est spectaculaire ! » Mais là ne s’arrêtent pas les avantages du RVG.Une mini-caméra intra-orale remplace le traditionnel film que l’on glisse dans la bouche et qui nécessite un développement en chambre noire.Avec le RVG, il n’y a plus d’attente, plus de chambre noire à entretenir et plus d’erreurs causées par le développement.« Mieux encore, précise le Dr Forest, le dentiste n’est pas tenté de compenser le vieillisse- reproduction de la radiographie.Le dentiste n’a plus qu’à glisser l’imprimé dans le dossier du patient.L’image peut aussi être gardée sur un support magnétique: le dentiste est ainsi en mesure de la rappeler sur son écran quand bon lui semble.Mieux, une radiovisiographie peut être envoyée par télécopieur ou par modem à un collègue ou.à un fonctionnaire de la Régie de l’assurance-maladie.Aboutissement de 14 années de recherche, cette technologie française est si avancée que même les Japonais ont abandonné l’idée de la concurrencer et préfèrent la commercialiser sous licence.Actuellement, la France produit 300 appareils par mois.Le RVG se vend 25 000$, soit trois à quatre fois plus cher que les appareils conventionnels.Claude D’Astous LA GRANDE DAME DERRIÈRE EINSTEIN LE YETI : UNE ABOMINABLE SUPERCHERIE C’est en 1951, lors d’une expédition dans l’Himalaya, que la découverte d’étranges empreintes dans la neige par l’alpiniste anglais Eric Shipton accrédita et popularisa la légende du yeti ou « abominable homme des neiges».À l’époque.Sir Edmund Hillary, le premier homme à vaincre l’Everest, soupçonna Shipton d’avoir IL K Des papiers d’Albert Einstein retrouvés récemment laissent entendre que sa première femme, Mileva Marity, aurait joué un rôle majeur dans ses travaux qui ont révolutionné la physique.Les premières publications d’Einstein, les plus importantes, étaient en effet signées par elle et par lui.Etudiante, comme Einstein, à la prestigieuse Ecole Polytechnique de Zurich, Mileva Marity a collaboré aux travaux les plus créatifs de son mari.D’ailleurs, une clause de leur divorce stipulait que l’argent du prix Nobel que Monsieur recevrait serait versé à Madame, ce qui fut fait.On ignore cependant quel fut le rôle exact de Mileva dans les découvertes de son génial mari.12 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 E me pat lui-même fabriqué les empreintes.Or voici qu’une étude récente des photos prises par Shipton confirme les soupçons de Sir Hillary.Ainsi, le haut et le bas de l’empreinte n’auraient pas été imprimés au même moment.De plus, l’empreinte est plus profonde aux extrémités qu’au centre, comme si le yeti avait eu des pieds concaves.Or, comme l’indique l’anthropologue John Napier, aucun animal ne pourrait marcher avec de tels pieds ! Il semble donc que le yeti ne soit pas une créature de l’Himalaya, mais plutôt une création de l’imagination.ns il o sa son FEUX DE BROUSSE ET CHEMINÉES D’USINES ^ ' v La pratique agricole consistant à brûler le sol pour l’enrichir cause beaucoup de pollution.Ainsi, des données recueillies par satellite révèlent que les niveaux d’ozone au sol, dans certaines régions agricoles de l’Afrique de l’Ouest, de l’Indonésie et du Brésil se comparent à ceux des régions industrialisées de l’Est des Etats-Unis.Quant aux pluies acides, celles qui tombent sur le Congo, la Côte-d'Ivoire et l’Amazonie n’ont rien à envier à celles des pays industrialisés.En plus, la combustion de la biomasse contribue de façon importante au réchauffement de la planète.Les scientifiques présents à la première conférence internationale sur ce sujet ont incité les pays à la modération dans ce domaine.NOUVELLES BRÈVES VIVRE AVEC LE CANCER L’Association pour les enfants atteints de leucémie et autres formes de cancer (LEU-CAN), en collaboration avec l’Hôpital Sainte-Justine, a publié un livre intitulé Vivre avec le cancer.des ados se racontent.Il s’agit d’un recueil de textes manuscrits dans lesquels des jeunes atteints de cancer, ou dont un proche est malade, confient leurs impressions sur différents thèmes comme l’amitié, l’amour, l’école, l’hôpital.On y apprend beaucoup sur la maladie et sur ceux qui la vivent.Le tout est écrit dans un style simple et émouvant.Pour renseignements : (514) 731-3696 ou (418)654-1123 MÉDECINE DU TRAVAIL Du 22 au 28 septembre, Montréal accueillera le 23e Congrès international de la médecine du travail.Cet événement, qui se déroulera pour la première fois au Canada, sera commandité entre autres par l’Institut de recherche en santé et en sécurité du travail (IRSST) et la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).Placé sous l’égide de la Commission internationale de la médecine du travail, ce congrès devrait réunir plus de 3 000 participants provenant de plus de 50 pays.TÉLESCOPE ULTRAVIOLET Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) collaborera avec la NASA à la conception du télescope Lyman Far Ultraviolet Spectroscopic Explorer, dont la mise en orbite est prévue pour 1997.Les scientifiques du CNRC concevront, d’une part, un déflecteur de lumière parasite qui permettra au télescope d’observer les étoiles et les quasars faibles, et, d’autre part, une partie du système de guidage qui servira à maintenir l’instrument pointé avec précision.Ces deux éléments seront construits par des compagnies canadiennes.Le télescope permettra d’étudier les longueurs d’ondes situées entre la limite des ultraviolets détectés par le télescope Hubble et les rayons X captés par d’autres satellites orbitaux.Il devrait faire avancer les connaissances sur les planètes extérieures du système solaire, la formation des étoiles et l’évolution de notre Galaxie.À LA DÉCOUVERTE DES BIOTECHNOLOGIES Trois professeurs du Cégep de Rivière-du-Loup, Fernand Gagné, Luc Bouchard et Jean-Jacques Minville, ont publié un ouvrage de vulgarisation et d’animation scientifique sur les biotechnologies intitulé | Découvrez les biotechnologies.Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science a subventionné l’ouvrage édité par le Conseil de développement du loisir scientifique, en collaboration avec le Cégep de Rivière-du-Loup.Les auteurs ont puisé à même la solide expérience d'initiation et de vulgarisation qu’ils ont acquise lors des camps-écoles en biotechnologies qu’ils animent depuis 1987.On retrouve donc dans ce livre d’excellentes explications des mécanismes à la base de la vie.Des expériences assez élaborées complètent l’ouvrage.Celles-ci nécessitent toutefois un matériel qu’on ne retrouve facilement qu’en milieu scolaire.UNE AGRICULTURE VIABLE Le Conseil des sciences du Canada a entrepris une étude de deux ans sur la viabilité de l’agriculture canadienne.Cette étude portera sur les conflits qui opposent l’agriculture et l’environnement et formulera des recommandations quant aux mesures politiques qui doivent être prises pour l’avenir.Parmi les problèmes qui menacent à long terme la viabilité de notre agriculture, mentionnons la perte des terres agricoles au profit des villes, la contamination des sols et des sources d’eau, l’érosion, la résistance des insectes aux pesticides chimiques, le réchauffement climatique.Le Conseil des sciences étudiera le système agro-alimentaire dans son ensemble.SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 13 par Michel SAINT-GERMAIN Pour répondre aux demandes de nombreux lecteurs, nous vous présentons une revue des publications de l’année sur la télématique et le vidéotex.LES CONTRATS EN TÉLÉMATIQUE Guide pratique pour diffuser une banque d’informations Ministère des Communications du Québec Direction générale de l’information électronique et de la télématique 1 500-B, boul.Charest Ouest, 1er étage, Sainte-Foy (Québec), GIN 2E5 175 pages 24,95$ La mise en disponibilité de grandes quantités d’informations entraîne des responsabilités chez les producteurs comme chez les diffuseurs.Ce guide met en contexte chacune des étapes du processus et propose des contrats types entre producteur, fournisseur, serveur, distributeur et courtier.LA MULTINORMALISATION EN TÉLÉMATIQUE Bernatchez, Yvon Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 20 pages Gratuit En tant que producteur de services, doit-on aller sur Alex, sur Minitel, sur Vidéoway, sur les trois ou sur aucun?Ce court document aborde l’approche multinorme, en faisant ressortir la fiche technique de chacun des standards.La télématique en noir sur blanc PROFIL DES BANQUES DE DONNÉES AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC David, Richard et Martin, André Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 130 pages Gratuit Tout ce qui s’appelle liste, bottin, description, répertoire produit par un ministère a été inventorié, répertorié et décrit dans cette brochure.Beaucoup sont disponibles sur support électronique, beaucoup ne le sont pas du tout à l’extérieur des ministères, et certains documents sont produits à partir de bases de données.La plus connue : Info Montréal, le système d’information touristique du Palais des congrès de Montréal.La plus rentable (potentiellement) : le Fichier central des entreprises.INTERVENANTS EN INFORMATION ÉLECTRONIQUE ET EN TÉLÉMATIQUE Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 37 pages Gratuit Le who’s who de l’industrie.LA DEMANDE EN INFORMATION GOUVERNEMENTALE David, Richard et Martin, André Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 25 pages Gratuit Il s’agit des résultats d’une enquête menée par le Bureau de la statistique du Québec auprès des entreprises québécoises sur les pratiques et les besoins en matière d’information gouvernementale.Cette étude peut être considérée comme un baromètre de la volonté des entreprises de payer pour l’information qu’elles reçoivent de Québec.Elle révèle que 43 % d’entre elles sont disposées à payer, mais un faible pourcentage (6%) consultent des banques d’information de source gouvernementale ou privée.LA TELEMATIQUE EN QUESTION En collaboration Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 49 pages Gratuit Si quelqu’un vous demande ce qu’est un terminal vidéotex, un service d’information électronique, quelle est la part du marché des différentes applications, etc., voici le document de base sur lequel il faut se référer.Cependant, les remous de la dernière année ont fait disparaître certains acteurs du jeu, et ce portrait de l’industrie n’est plus tout à fait conforme à la réalité actuelle.« INFO-REVOLUTION : USAGES DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION» Carré, Dominique et collaborateurs, dans Autrement n° 113, mars 1990, 348 pages 41$ Banques de données, vidéotex, fibre optique, numérisation : la galaxie télématique et informatique est en mutation.Ce dossier rassemble des résultats d’enquêtes sur la recherche et les applications de ces technologies dans différents secteurs économiques, principalement en Europe, aux États-Unis et au Japon.Un bilan des enjeux actuels qui s’adresse à quiconque suit de près l’évolution des technologies de l’information à l’échelle mondiale.14 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 ÉVÉNEMENTS D'INTÉRÊT EN TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION 1990-1991 Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 138 pages Gratuit Un calendrier annuel de la télématique, de l’informatique et de l’intelligence artificielle.Pour chaque événement, les dates, le thème, l’emplacement exact, avec un contact et un numéro de téléphone ou de télécopieur.«DIX ANS DE VIDÉOTEX» En collaboration Dans Technologies de T information et société Presses de l’Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 vol.2, n° 1, 147 pages 18$ L’industrie du vidéotex ne fonctionne-t-elle bien qu’en France?C’est ce qu’on est porté à croire à la lecture de ces sept analyses.Jean-Claude Guédon, professeur à l’Université de Montréal, intitule la sienne « Les avatars de Télidon au Canada».Avatars, ici, doit s’interpréter dans ses deux sens : « métamorphose » et «mésaventure».Le projet Télidon de 1978 a donné naissance à une norme technique qui sera reprise 10 ans plus tard avec Alex.Fort bien documenté, l’essai de M.Guédon retrace le parcours erratique du vidéotex canadien: ainsi, le gouvernement fédéral a vendu un système technique (matériel) comme une norme d’accès interactif (logiciel); en outre, on l’a testé comme s’il s’agissait d’une mise en marché, alors qu’il aurait fallu mener une véritable expérience sociale, comme ce fut le cas en France à la naissance du Minitel.Les autres études de ce numéro portent d’ailleurs sur ce lancement réussi et sur l’échec du vidéotex en Angleterre et en Allemagne.LE PORTRAIT DE L’INDUSTRIE DE LA TÉLÉMATIQUE Guérin, Yves et Martin, André Ministère des Communications du Québec Direction générale des technologies de l’information 20 pages Gratuit Définitions de base, types de services d’applications et d’intervenants.Portrait sommaire de l’industrie en France, aux États-Unis et au Canada.Nombreux tableaux.LA TÉLÉMATIQUE/ SERVICES VIDEOTEX/ TERMINOLOGIE Bell Canada, Services linguistiques Centre de terminologie et de documentation, bureau 25N2 700, rue de La Gauchetière Ouest, Montréal (Québec) H3B 4L1 128 pages 15$ Il faut féliciter Bell d’avoir produit cet outil de référence clair et bien illustré, qui présente 120 définitions françaises et anglaises et un lexique bilingue de 1 100 entrées anglaises et 1300 françaises sur les thèmes de la télématique et du vidéotex.La iélèmat'(1ue Vidsote* .S&rtlzCiS fenitWf fcrrw»*-** LE VIDÉOTEX : D’ABORD COMMERCIAL ?« "W" 9 objectif ultime des promo- I71 leurs du vidéotex grand public ^ J au Québec - comme ailleurs en Amérique du Nord - semble bien être l’implantation du «video-home-shopping», qui vise à transformer le foyer en centre commercial individuel électronique par catalogue, accessible en tout temps du jour et de la nuit.Dans un tel contexte, le vidéotex apparaît de moins en moins comme un dispositif de communication débouchant sur une nouvelle sociabilité, et davantage comme une simple affaire de marketing.» Telle est la conclusion lapidaire d’une communication que Serge Proulx, professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), a prononcée cet été lors d’une conférence internationale à Bled, en Yougoslavie.En effet, l’aspect marketing du vidéotex grand public semble prendre une place de plus en plus prépondérante dans l’avenir de cette technologie - un avenir qui est loin d’être assuré en Amérique du Nord.L’expérience américaine du Minitel, notamment à Houston, a pris fin le 21 mars dernier.Southwestern Bell avait investi environ 10 millions de dollars US dans cette expérience pilote, dont 3 millions pour l’achat de termi- naux, et n’aura touché que 2 millions en revenus.Après la période d’essai gratuit, un grand nombre d’utilisateurs ont retourné leur terminal.Ce manque de profits à court terme, affirme le Wall Street Journal, ainsi que l’existence d’occasions d’investissements plus profitables comme la téléphonie cellulaire l’emportent sur les ambitions télématiques de ces petites sociétés de services publics.Ailleurs, un tel raisonnement passerait pour une forme de myopie puisqu’on France même, le programme Télétel commence à peine à faire ses frais: à la fin de 1987, 8 milliards de francs avaient été investis (dont 80 % dans la production de terminaux), somme qui devrait être récupérée cette année - France Télécom projette une rentabilité à long terme, de 1984 à 1995.Du côté montréalais, Alex pique du nez: certaines sources indiquent que le nombre de terminaux et d’émulateurs en usage a diminué d’au moins 50 % par rapport à l’an dernier.À Toronto, le 30 avril dernier, Bell a lancé un essai gratuit du service Alex auprès de 4 000 utilisateurs.Par ailleurs, à peine quatre mois après son lancement en janvier dernier, Vidéoway comptait 17 000 abonnés qui recevaient le service gratuitement.Vous pouvez m’écrire à Québec Science ou par courrier électronique sur INFOPUQ (code: QC10I43) et CompuServe (code : 76606,671).SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 15 MEDIA LAB: TÉMOIN DU FUTUR par Jean LALONDE Ils viennent de tous les milieux, tant scientifiques qu’artistiques ; ils se sont donnés les moyens de rapprocher leurs points de vue respectifs pour l’avenir des médias.Qui sont-ils?Les chercheurs du Media Lab du MIT.LJ immeuble a l’allure futuriste du siècle prochain.En y regardant de plus près, il dégage une im-¦ pression d’éphémère.Au-delà du hall d’entrée soigné, un atrium éclairé, calme et aéré, c’est la frénésie d’une course folle au changement.Ici, les systèmes sont mis en place pour montrer les derniers progrès de la technologie médiatique.Ils ne sont pas là pour durer, mais seulement pour être vus.L Pour la plupart d’entre nous, un média est un moyen de communication avec le grand public.Le mot «média» vient de l’expression anglaise mass media.Au Media Lab, on renverse le courant pour revenir au sens latin de média, qui est «moyen», «intermédiaire ».Dans cet esprit, tout moyen de communication, de la poste au grand quotidien en passant par le téléphone et la télévision, est un média.Celui-ci ne véhicule donc pas nécessairement un seul message pour une masse de récepteurs passifs.Il peut s’adresser à chacun selon ses propres goûts ou besoins.la fine pointe des nouvelles technologies compte parmi les joyaux de cette institution universitaire.L’immeuble, le Weisner Building construit pour le Media Lab en 1985, est une installation qui a coûté 50 millions de dollars.Quatre étages de fantasmes technologiques annoncent la révolution que vivra - que vit déjà -l’industrie de la communication au tournant du 2Iesiècle.logics électroniques de communication, celles qui permettent aux humains de communiquer plus vite ou plus largement, tout en offrant une plus grande personnalisation de la communication.Au fil des ans, une douzaine de groupes de recherche se sont constitués au Media Lab.Ils s’intéressent à la publication électronique, à la synthèse de la parole, à la télévision intelligente, au cinéma du futur, à l’animation, au graphisme et à la musique par ordinateur, à l’interface personne-machine et à l’école du futur.Ces groupes se composent de chercheurs et d’étudiants d’horizons divers.De multiples câbles courent sous les tapis ou pendent entre les cadres de porte.Les boîtes vides, qui contenaient mille et un appareils électroniques, s’entassent ici et là.Jamais trop loin, car une fois l’installation mise au point, analysée, vue, admirée ou critiquée, la danse des câbles et des emballages reprend pour que la vedette d’hier fasse place à de nouvelles merveilles technologiques.On retrouve, au cœur des travaux de tous ces chercheurs, un outil commun : l’ordinateur.De l’ordinateur central aux micro-ordinateurs, en passant par les multiples puces cachées dans le ventre des téléviseurs, synthétiseurs et autres appareils électroniques, dans chaque recoin du Media Lab se cache une unité de traitement numérique, un microprocesseur.LE MÉDIA DES MÉDIAS Cette folie du changement se vit au Media Laboratory, la Mecque de la recherche sur les médias électroniques.Installé au cœur du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge près de Boston, ce laboratoire à Le Media Lab s’intéresse plus particulièrement aux nouvelles techno- ¦ 16 QUÉBECSCIENCE/SEPTEMBRE 1990 rrfrffrff^ rrrrrrrrrr rrrrrnTff' Le Media Laboratory du Massachusetts Institute of Technology.C’est dans cet immeuble que se poursuivent depuis cinq ans des projets de recherches qui annoncent l’avenir des médias au 21e siècle. Traditionnellement, chaque famille de médias a un moyen d’entreposage ou de transport de l’information qui lui est propre: c’est ce qu’on appelle son «support».Pour les journaux et les livres, c’est le papier; le cinéma et la photographie utilisent la pellicule, tandis que le contenu de la radio et de la télévision voyage sur ondes hertziennes et est stocké sur ruban magnétique.L’avènement de la numérisation du texte, de l’image et du son, bref la conversion de toute information en bits informatiques, est en train de changer tout cela.De plus en plus, les médias partagent les mêmes supports, qui sont numériques et, par conséquent, davantage intégrés.La musique qui s’écoute maintenant sur disque compact est numérisée.Les mélomanes apprécient sa qualité sonore.Le disque compact peut tout aussi bien transporter des images (les vidéoclips se vendront bientôt en disques compacts) ou des données utilisables par un ordinateur.Actuellement, un disque compact peut transporter jusqu’à un demi-milliard de caractères, c’est-à-dire 300 000 pages de texte.Avec l’apparition des multimédias, on regardera, lira et écoutera un amalgame d’images fixes ou animées, de sons, de musique et de texte, tout cela numérisé sur un disque compact relié à un ordinateur.La numérisation de l’information permet aussi des manipulations d’information qui étaient impensables jusqu’à maintenant.Imaginez un écran grand comme un paquet de cigarettes ! Des chercheurs du Media Lab sont en train d’y installer un cinéma de poche.Il s’agit du projet Paperback Movies dirigé par Andrew B.Lippman.Le défi, ici, c’est de mettre au point des algorithmes pour comprimer la représentation numérique de l’image et le son.Grâce à cette compression, on pourra transmettre les «films de poche» à une très grande vitesse.Ainsi, les «projections» pourraient être expédiées par téléphone et décodées directement par votre « écran de poche».A la limite, la numérisation de l’information permettra la mise au point de canaux de transmission assez intelligents pour comprendre l’information qu’ils transportent.mm fc.' • _ Vü.T&0 ' mMmmm .,1 .'i ri ¦ \ -y, ¦ i f %- I Le système NewsPeek du Media Lab propose à l’utilisateur un journal personnalisé, construit à partir d’informations provenant des stations de télévision (telle cette séquence tirée du bulletin des nouvelles du soir d’ABC), des téléscripteurs, des agences de presse et des banques de photos.L’utilisateur construit son journal au fur et à mesure, selon ses goûts et son intérêt.Pour ce faire, il touche les rubriques et les titres lumineux, qui s’ouvrent tel un calendrier d’événements, révélant d’autres nouvelles.«L’ordinateur, c’est le média des médias », affirme le Québécois Mario Bourgouin, chercheur en épistémologie (l’étude de la connaissance) du groupe École du futur dirigé par Seymour Papert.«L’ordinateur peut contrôler tous les autres médias.C’est aussi une machine extrêmement flexible, qui peut s’adapter aux besoins de la personne qui l’utilise.C’est pourquoi l’ordinateur est l’interface de choix pour tous les systèmes élaborés ici.» DU SUR MESURE Interface.Le mot magique est lancé.Les médias informatisés sont de plus en plus puissants.Ils peuvent en montrer plus.ou moins, selon la préférence.Chose certaine, ils le font mieux.Et ils se laissent contrôler I NAMIBIA or- ÏÜ?m ' Joh**»«xîB A 7 xAâ SOUTH Arn»CA ^ 4WLr Te .~ ^SOTHO Town Today j The New iüS SAYS appeal f RESCIND , nf, GERAI- /ïfhUe Hou= ‘i>at Presidi South Afrie Hected a pi /Resident Be /ondan end î0 C err>oreenc A1* off‘oials 7ïSto1* that ARmmstraUo *earine thin,' /manner thev d ' 0bsti'>ate"'an< comme aucun de leurs ancêtres n’a pu le faire.Mais le prix à payer pour toute cette puissance, c’est la complexité.Comment rendre la puissance des nouveaux médias accessible au commun des mortels?C’est la question qui est au cœur de toutes les recherches du Media Lab.«Lorsqu’on étudie ou met au point de nouveaux médias, on doit toujours être préoccupé par la façon dont ceux-ci seront utilisés, dit Mario Bourgouin.Dans ce contexte, l’ordinateur est très utile, car cette machine n’est pas là pour commander à l’utilisateur, mais plutôt pour répondre à ses demandes.L’ordinateur a même la capacité de se mouler aux désirs ou aux besoins de la personne qui l’utilise.Il permet donc de contrôler des systèmes si complexes qu’il serait difficile de les utiliser sans son aide.» York 18 QUEBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 L’ordinateur possède aussi la capacité d’emmagasiner une foule d’informations, puis de faire des sélections.Un des projets du Media Lab illustre bien cette aptitude des nouveaux médias.C’est le système NewsPeek de Walter Bender.Imaginez un appareil qui lirait tout ce qui s’écrit sur les téléscripteurs des grandes agences de presse, qui enregistrerait tout ce qui passe à la télévision et qui vous offrirait la possibilité de ne consulter que les éléments qui vous intéressent.Au début, c’est vous qui effectueriez la plupart des choix, puis de jour en jour, le système retiendrait les préférences que vous exprimez.Au fil des semaines, il en viendrait à vous présenter une première page faite sur mesure.Par exemple, un matin, vous pourriez y lire les résultats du titre boursier que vous venez d’acheter, un reportage du bulletin national de nouvelles de la veille sur la hausse des taux d’hypothèque (alors que vous devrez renouveler la vôtre dans un mois) et un compte rendu d’un tournoi européen de natation auquel participe une athlète allemande.qui est justement votre belle-sœur! Tout cela coiffé des grands titres du système de courrier électronique qui vous livre vos nouvelles person- today th; U 1 from train! I(ie stale t™.who est la es- lia les IB nit 10 I It- I K I II- ' es I la H !» H III I et ] ill I nelles.Sans ordinateur, on imagine le nombre d’opérations qu’une armée de recherchistes devrait effectuer chaque jour, la complexité de la tâche du rédacteur en chef, qui devrait sans cesse s’assurer que le tout répond à vos préoccupations et à vos goûts.Eh bien, ce type de service existe depuis plusieurs années déjà ! Et c’est à l’ordinateur et à son intelligence que nous le devons.«Dans tout ce que j’ai lu sur l’intelligence artificielle et parmi tous les programmes que j’ai eu l’occasion d’utiliser, souligne le directeur du Media Lab, Nicholas Negroponte, je n’ai jamais vu un système expert qui prétende être un expert sur Y utilisateur du système.NewsPeek le fait.» CONVERGENCE DE CHERCHEURS Nicholas Negroponte a mis sur pied le Media Lab.Ce scientifique de 47 ans, d’origine européenne, est renommé tant pour ses qualités de chercheur que pour ses relations mondaines dans toutes les grandes capitales.Avec Jerome Weisner, ancien président du MIT, il a mis sept ans pour réunir les millions de dollars nécessaires au lancement du Media Lab.Pour promouvoir son projet, Negroponte montrait sans cesse les deux mêmes diapositives.Sur la première, datée de 1978, on voit trois cercles qui se recoupent légèrement, indiquant les intersections entre trois industries : les médias électroniques (radio-télé) et le cinéma, l’édition (journaux, magazines et livres) et l’informatique.La deuxième diapositive montre les trois mêmes cercles en l’an 2000.Ils se recouvrent presque entièrement, témoignant de la fusion de ces trois industries (voir le schéma).Parmi les chercheurs qui se sont joints à Negroponte et à Weisner, citons Marvin Minski, expert en intelligence artificielle, Seymour Papert, l’inventeur du langage informatique LOGO, et Alan Kay, un des gourous californiens de la micro-informatique.Ces trois personnalités sont bien connues du monde informatique.Mais le Media Lab regroupe aussi des experts des deux autres domaines cités par Negroponte.De plus, les étudiants 1978 Télé Radio Cinéma Édition Publication Informatique du MIT sont venus enrichir l’équipe de même que des centaines de chercheurs invités venant d’institutions américaines, canadiennes, japonaises ou européennes.Ces chercheurs ont une occasion unique de travailler ensemble et de faire de l’aventure du Media Lab un succès - ou un échec.«Le Media Lab est un endroit fantastique, dit Jean-Pierre Schott, électronicien de la télévision du futur.Il a la qualité unique de réunir sous un même toit des personnes très différentes.Vous y trouvez des artistes qui ne s’intéressent qu’à l’aspect artistique du média, d’autres qui sont des supertechniciens et, entre les deux, des personnes qui travaillent au niveau du concept, qui essaient d’intégrer l’artistique et la technique.» Le calcul est simple : la technique supporte la création artistique.En échange, la création artistique sert de référence ou de guide au développement technique.On vise donc l’intégration totale des différentes branches.«C’est une expérience, ajoute Jean-Pierre Schott, car personne ne peut prédire comment vont réagir des personnes d’horizons aussi divers.Mettons-les dans une même pièce.On verra ce qui va en émerger.» « Le Media Lab est un monstre à plusieurs têtes, dit pour sa part Mario Bourgouin.Le but de ce laboratoire est de joindre plusieurs disciplines disparates, pour former une seule discipline qui permettra l’étude des médias.Les différents groupes travaillent sans 2000 Télé Édition Radio Publication Informatique SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 19 relâche à trouver les liens entre leurs propres points de vue et cherchent comment les utiliser.» DUO MUSICIEN ET ORDINATEUR Quant à Nicholas Negroponte, il estime que « ce qui fera fonctionner et durer un projet comme le Media Lab, pour aussi longtemps qu’une telle expérience puisse durer, c’est le contexte, l’espace intellectuel du MIT et l’enthousiasme de ses jeunes étudiants.Par exemple, si le Département de psychologie de l’Institut tient une conférence sur la vision artificielle, notre monde en entendra parler et se précipitera pour y assister».Sans cette interaction entre spécialistes et étudiants de différentes disciplines, les recherches pourraient tourner en rond et les chercheurs s’essouffler.Tod Macho ver est compositeur et chercheur au groupe Musique.«La clé du Media Lab, explique-t-il, c’est la compréhension de la créativité et de l’expression humaine.Ce qui est intéressant ici, c’est qu’on attaque ce problème de plusieurs points de vue.D’une part, on s’y intéresse du point de vue théorique.Pourquoi et comment un être humain est-il créatif?Qu’est-ce qui se passe dans son cerveau lorsqu’il a une idée?Qu’est-ce qui se passe quand on transforme cette idée en théorie, en œuvre artistique ou en échange entre deux personnes?Ça, c’est la théorie.D’autre part, on essaie de comprendre les principes et de trouver les outils qui peuvent faciliter la créativité.» Le groupe de Tod Machover a mis au point un ensemble de détecteurs électroniques capables d’enregistrer les mouvements d’un musicien pendant une performance.L’objectif théorique de l’exercice est de comprendre les signaux que s’échangent des musiciens pendant l’exécution d’une pièce ou d’une improvisation.Sur le plan pratique, on utilise ces 20 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 jri informations pour améliorer les « hyperinstruments » mis au point par le même groupe.Les hyperinstruments sont des ordinateurs instrumentistes qui ont la capacité d’accompagner des musiciens et même d’improviser avec eux.L’étude théorique des mouvements sert ici à raffiner la synchronisation de l’ordinateur et du musicien.Le groupe de Mario Bourgouin, lui, utilise les blocs Lego pour étudier la manière dont les enfants les agencent pour créer de petits robots motorisés.En analysant le processus d’invention, on découvre le cheminement d’une idée jusqu’à sa réalisation.L’INDUSTRIE Y ACCOURT Au-delà de ces considérations philosophiques ou technologiques, le Media Lab doit faire face à des considérations plus terre à terre : la machine fonctionne aussi à coups de millions de dollars.C’est l’industrie privée qui lui fournit la majeure partie de son finan- Le projet de vidéodisque « Aspen Movie Map» (1978) illustre les capacités d’interactivité d’un média.Sans vraiment prendre la route, j*' l’utilisateur peut visiter une ville, ici Aspen, comme s’il était au volant (en haut).H décide à chaque coin de rue de la direction qu’il prendra, choisit de visiter tel ou tel édifice et consulte, à volonté, les cartes électroniques (ci-contre).cernent: six des sept millions de dollars du budget annuel, en 1987.De partout dans le monde, les organismes subventionnaires visitent le laboratoire à la recherche d’un projet à soutenir financièrement.«En deçà de 200 000$, cela ne vaut pas vraiment la peine de se déranger», souligne le directeur Nicholas Negroponte.Les entreprises qui participent à l’expérience doivent aussi accepter les règles du jeu : au Media Lab, il n’y a pas de secret ni de propriété exclusive de la recherche.Les résultats de tous les projets peuvent être connus et utilisés par tous les commanditaires du Media Lab.Cela explique pourquoi, par exemple, Apple et IBM financent un même projet sur l’ordinateur à l’école, de Seymour Papert, tout comme les grands de l’industrie cinématographique américaine injectent conjointement un million de dollars dans des concepts comme celui du cinéma de poche.Certains commanditaires hésitent, mais la plupart y voient L’ordinateur est le média par excellence au Media Lab.Le domaine musical profite également de ce support.Ainsi, ce piano Bdsendorfer, considéré comme l’un des meilleurs instruments d’enregistrement musical au monde, est jumelé à un ordinateur qui enregistre chaque nuance musicale à sa source, c’est-à-dire au point de rencontre des marteaux et des cordes.tout de suite leur avantage.Pour quelques centaines de milliers de dollars seulement, le Media Lab leur offre le résultat de plus de six millions de dollars de recherche par année.Hors de la compétition commerciale et de la politique partisane, la recherche peut se permettre des préoccupations à long terme et d’envergure internationale.Par exemple, le groupe sur la télévision de demain que dirige Nicholas Negroponte, peut étudier ce que sera la télévision lorsqu’on lui aura injecté un soupçon d’intelligence informatique sans se préoccuper des standards de transmission ou des normes d’affichage à l’écran.Le consortium formé des géants américains de la télévision qui y a investi un autre million de dollars saura bien un jour mettre en pratique le fruit de ces recherches.Negroponte, lui, courra déjà d’autres lièvres technologiques.«Nous travaillons avec des compagnies qui nous regardent comme étant la pointe de l’exploration vers ce que sera le futur, explique Mario Bourgouin.Au Media Lab, nous travaillons sur des idées, des prototypes et des concepts.Nous ne mettons pas au point des produits finis.Tant que nous pouvons développer des concepts et y intéresser des compagnies, nous réussissons notre objectif.C’est ensuite à elles de décider si ces produits seront un jour commercialisés.» Le Media Lab célébrera en octobre prochain son cinquième anniversaire.Pendant deux jours, on présentera au public le résultat des recherches du laboratoire.On lui montrera ses plus récentes merveilles.Des chercheurs de différentes disciplines échangeront sur leurs visions de ce que devraient être les médias de demain.Des spécialistes du monde entier viendront se délecter de technologies et d’applications de pointe.Ils fêteront cinq ans de prospection et de collaboration.Mais cinq ans d’échanges entre chercheurs de différentes cultures et spécialistes de différentes disciplines, est-ce suffisant pour conclure au succès du Media Lab?«Je crois qu’il est un peu tôt pour se faire une idée de l’ampleur de la coopération, répond Jean-Pierre Schott.Pour être partis de zéro, cinq ans c’est quand même très court.Il a fallu organiser les groupes, mettre en place les ressources techniques et humaines.Et, au départ, chaque groupe devait d’abord remplir ses engagements antérieurs avant d’entreprendre de nouvelles recherches.Je crois qu’il faut se donner encore quelques années avant de voir si l’expérience est un succès total ou mitigé, ou s’il n’y a pas eu vraiment la cristallisation espérée.» Mais le personnel et l’équipement sont là.Avoir réussi à réunir toute cette matière grise et tout ce matériel, c’est déjà une réussite.?Pour en savoir davantage : BRAND, Stewart The Media Lab, Inventing the Future at MIT 1987, Vicking (Penguin Book Canada, Markham, Ontario).Des extraits d’entrevues avec Nicholas Negroponte ont été tirés de cet ouvrage.La terre de nod enfante Un film de )ean Chartier avec la participation spéciale de Jean Besré et David Suzuki musique originale de Serge Laporte Un grand dossier environnemental sur la Baie James Versions: Française - Anglaise Formats: 16mm coul.- VHS - Beta Durée: 56 min.PRÉSENTEZ CE FILM DANS VOTRE VILLE! Pour information: Concept Jean Chartier - Tél.: (514) 383-0926 SEPTEMBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 21 Non, les sciences humaines et sociales ne sont pas en voie de disparaître ! Même qu’elles ont un bel avenir en perspective, à la condition qu’elles mènent à bien certaines tâches, comme s’attaquer aux problèmes actuels et aiguiser leurs outils d’analyse.l’approche de l’an 2000, la société québécoise est aux prises avec de nouveaux types de problèmes : gestion des catastrophes écologiques, vieillissement de la population, traitement des déchets industriels, diversification ethnique, gestion de l’innovation, urbanisation intensifiée, etc.Plusieurs de ces défis comportent des difficultés technologiques que les sciences de la nature et l’ingénierie peuvent surmonter.Mais tous mettent en cause des facteurs humains et sociaux qui peuvent bloquer le développement de la société, s’ils demeurent inconsidérés.Les sciences humaines et sociales sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la recherche de solutions efficaces et réalistes aux problèmes contemporains; elles offrent donc d’excellentes perspectives d’avenir.«L’utilisation civile du nucléaire est un bon exemple de ce nouveau genre de problème, explique Camille Limoges, professeur et 22 QUÉBECSCIENCE/SEPTEMBRE 1990 Santé Société Les sciences humaines et sociales auront à jouer un rôle de plus en plus important dans la recherche de solutions aux problèmes contemporains tels que le vieillissement de la population, la pollution ainsi que la délinquance et le chômage chez les jeunes.' ¦f SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 23 Normand Rajotte Camille Limoges, professeur et chercheur au Centre de recherche en évaluation sociale des technologies : « L’apprentissage de la gestion publique des controverses s’impose d’urgence si l’on veut arriver à une conduite socialement reconnue comme prudente et responsable.» Rodolphe de Koninck, géographe, professeur à l’Université Laval : m «Aucune des disciplines ne possède l’exclusivité de l’explication mais, surtout, aucune ne peut se passer des autres à cause de la complexité et de la globalité de l’objet.» chercheur au Centre de recherche en évaluation sociale des technologies (CREST).Dans les années 50, l’énergie nucléaire était considérée comme une source quasi gratuite et propre.Nous réalisons aujourd’hui qu’elle coûte autant sinon plus cher que d’autres sources d’énergie.La gestion des déchets nucléaires n’a toujours pas de solutions technologiques satisfaisantes.Nous ne sommes pas préparés à la mise sous cellophane des vieilles centrales nucléaires.Hautement radioactives, comment peuvent-elles être démantelées de façon sécuritaire ?On ne le sait pas.» Ce sont là des obstacles technologiques de taille, mais ils n’expliquent pas à eux seuls le dérapage d’une technologie que l’on considérait comme prometteuse il y a à peine 40 ans.Les réactions humaines et sociales engendrées par cette innovation technologique n’ont pas été suffisamment considérées.Pour les avoir négligées, nos sociétés dites développées payent maintenant le prix : un développement social bloqué par une inhibition de l’action.GÉRER LES CONTROVERSES «Depuis 1978, il n’y a eu aucune demande de permis pour construire de nouvelles centrales nucléaires aux États-Unis.On ne sait pas gérer les controverses», dit Camille Limoges qui s’intéresse à ce phénomène social.«Or, l’apprentissage de la gestion publique des controverses s’impose d’urgence si l’on veut arriver à une conduite socialement reconnue comme prudente et responsable.Pour cela, il faut savoir identifier les groupes d’acteurs et il y en a souvent plusieurs, précise Camille Limoges.Il faut également savoir repérer les enjeux ; ils sont non seulement techniques et économiques, mais aussi d’ordre financier, juridique, organisationnel, psychologique et culturel.» Les décideurs publics sont davantage conscients que les solutions aux problèmes contemporains dépassent largement le champ d’expertise des scientifiques et des ingénieurs.« Même la grande entreprise s’adresse à l’ensemble des praticiens des sciences - \ humaines et sociales», fait remarquer Christiane Querido, présidente du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR).La culture d’entreprise, le design des organisations, les études de marché, les habitudes de consommation, les relations de travail et la protection de la vie privée sont des questions de plus en plus préoccupantes dans le milieu des affaires.Celui-ci est donc plus ouvert à la contribution de professionnels formés en sciences humaines et sociales.Lorsqu’il s’agit de s’adapter aux besoins changeants de la grande entreprise et de participer à l’innovation et à la recherche de solutions à long terme, une formation générale ainsi que des habiletés dans la conduite de recherches axées sur la compréhension de cas particuliers plutôt que sur la découverte de lois universelles sont des atouts majeurs.DES LIMITES HEUREUSEMENT FLOUES A première vue, on se demande ce que la géographie peut avoir en commun avec la psychologie, la criminologie, l’économie, la sexologie et la démographie.Toutes ces disciplines possèdent une originalité propre, qu’elles tirent de l’examen d’un aspect ou d'un autre de la vie d’une société: relations 24 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 DES SCIENCES UTILES ET PERTINENTES es T- iî li- ts t avec le milieu naturel ou avec d’autres groupes humains, évolution et transformation dans le temps ou l’espace à travers les conflits, les institutions ou les valeurs.Bref, c’est à partir des multiples expressions collectives qui constituent, au fond, l’identité culturelle d’un groupe humain que chaque discipline construit son objet d’étude.Avec la mondialisation des échanges, l’organisation et le fonctionnement des sociétés sont de plus en plus complexes, et cette complexité appelle la spécialisation.Une quinzaine de disciplines et un nombre sans cesse grandissant de sous-disciplines ultra-spécialisées s’efforcent, chacune avec ses théories, ses méthodes et ses modèles, de comprendre les relations de toutes sortes, engendrées par des êtres humains vivant en société: échanges économiques, tractations politiques, relations culturelles, rapports interpersonnels, etc.Mais «cette spécialisation par discipline est un arrangement commode, estime Rodolphe de Koninck, professeur de géographie à l’Université Laval.Par exemple, l’explication de l’effondrement du communisme dans les pays de l’Europe de l’Est doit-elle venir de la science politique, de la sociologie, de l’histoire ou de l’analyse géographique?Aucune de ces disciplines ne possède l’exclusivité de l’explication mais, surtout, aucune ne peut se passer des autres à cause de la complexité et de la globalité de l’objet.» Henri Dorion, également géographe de formation et directeur de la recherche et de la conservation au Musée de la civilisation, est du même avis: «Ces limites sont heureusement floues.Au Musée de la civilisation, tous les projets sont pilotés par des équipes d’une douzaine de personnes provenant de diverses disciplines.Il s’agit d’amener à une même table des scientifiques et des artistes et, entre ces deux pôles, tous les tenants des sciences humaines et sociales.Le boum muséologique auquel on assiste actuellement s’explique par un souci croissant de rapprocher la science et l’art.Tout le plaisir d’apprendre tient de ce rapprochement.» Le bilan de santé des sciences humaines et sociales québécoises est satisfaisant.Contrairement à ce que plusieurs ont pu penser, ce secteur de la connaissance scientifique n’est ni en voie de disparition ni surdéveloppé.Sa vitesse de croisière est atteinte et ses contributions sont notables.En matière de programmes de recherche libre, par exemple, les performances «voisinent l’excellence».C’est ce qui ressort du diagnostic rendu par le comité sectoriel mandaté par le Conseil des universités à l’automne 1986.Dirigé par le sociologue Louis Maheu, le comité a publié en avril 1988 un rapport préliminaire brossant un tableau de la situation dans une douzaine de disciplines: anthropologie, criminologie, démographie, géographie, psychologie, récréologie, relations industrielles, sciences économiques, science politique, service social, sexologie et sociologie.A bien des niveaux, la situation de ces disciplines se compare avantageusement à celle de l’Ontario, du reste du Canada et des États-Unis.Il reste cependant plusieurs points à améliorer : programmes trop spécialisés, carences considérables dans la formation fondamentale, mauvais arrimage entre les collèges et les universités, cloisonnement des disciplines, fragmentation du secteur d’étude, etc.Le Conseil des universités a transmis en mars 1990 un avis au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science concernant la performance de ce secteur d’études.A partir des conclusions centrales du rapport Maheu, l’avis du Conseil souligne la nécessité de situer le diagnostic et toute action à venir dans « le contexte des politiques, des dispositifs, des pratiques et des perceptions qui ont cours dans l’ensemble du système d’éducation».Parmi les 13 recommandations de l’avis, on note celle qui concerne la révision du jeu des options et des préalables, qui joue un rôle déterminant dès le 3e secondaire.Les disciplines des sciences naturelles sont des options gagnantes ouvrant toutes les portes.On y retrouve automatiquement la plupart des élèves les plus forts.Ce jeu de préalables qui s’appliquent systématiquement dans le secteur des sciences naturelles entraîne une dévalorisation objective des sciences humaines et sociales.L’avis recommande également de favoriser des programmes d’études plus thématiques pour surmonter le cloisonnement des disciplines.Resserrer les objectifs de formation et la durée des études de maîtrise, connaître davantage les divers profils de la clientèle étudiante sont également des objectifs particulièrement appropriés.Enfin, la pertinence et l’utilité scientifiques et sociales de ce secteur de connaissances sont aussi réaffirmées dans le rapport Maheu.FAIRE TOMBER LES MURS Les grandes découvertes scientifiques se font rarement au cœur des disciplines, mais à leur périphérie, au contact d’autres disciplines.«Dans les groupes de recherche que subventionne le Fonds FCAR, affirme Christiane Querido, on trouve de plus en plus des représentants des diverses disciplines.La conception disciplinaire tend à s’estomper.En fait, sans cet éclatement des frontières, il ne peut y avoir de véritables pratiques scientifiques.» Pourtant, il y a un obstacle à ce décloisonnement disciplinaire.Les universités québécoises sont administrées par départements.Ce système de gestion a fait ses preuves à bien des égards.Mais au plan de la connais- sance, il force les disciplines à un repli sur elles-mêmes.Camille Limoges croit que cette autarcie départementale nuit à la formation d’experts aptes à gérer les grands problèmes des sociétés modernes.«Les problèmes réels ne sont pas dépendants de la façon dont sont structurées nos universités, précise-t-il.Si l’on continue de faire passer le découpage institutionnel avant l’exploration de la diversité des dimensions d’un problème, on va constamment former des gens en sciences sociales qui ne sont pas préparés à aborder les dimensions scientifiques et technologiques, et des scientifiques et ingénieurs qui ne saisissent pas les complexités sociales et politiques.» La nécessité de décloisonner, notamment les programmes de 1er cycle SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 25 Christiane Querido, présidente du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche : «Même la grande entreprise s’adresse à l’ensemble des praticiens des sciences humaines et sociales.» dans les universités francophones, est l’une des conclusions centrales du rapport Maheu (voir l’encadré «Des sciences utiles et pertinentes»).Dans son avis au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, le Conseil des universités estime que ce décloisonnement constitue une visée stratégique.Il s’agit de «développer des programmes d’allure thématique, axés sur des champs de problèmes, voire sur des aires géographiques ou culturelles plutôt que sur les disciplines elles-mêmes».Il considère ce décloisonnement comme «l’un des critères de son évaluation des projets de nouveaux programmes».UN OBJET QUI ROUSPÈTE Les sciences humaines et sociales éprouvent beaucoup de difficulté à acquérir leur légitimité.Leur pratique est souvent comparée à celle des sciences naturelles, prises comme modèle de la «vraie» science.On évoque souvent le laboratoire et les équations mathématiques pour caractériser les sciences dites exactes.Du coup, les sciences humaines et sociales sont jugées peu sérieuses, trop littéraires, pas assez rigoureuses.La psychologie est pourtant réputée pour ses pratiques expérimentales et l’économie pour ses batteries de statistiques et ses calculs savants.« Le domaine électoral est un autre exemple, explique Vincent Lemieux, politicologue et professeur en science politique à l’Université Laval.Il se prête bien à la mesure et à l’utilisation de modèles statistiques.Mais de là à réduire la vie politique aux élections, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir.Les résultats peuvent être élégants, mais non significatifs.De toute façon, ce que l’on quantifie n’est pas le plus important dans ce qu’étudient les sciences humaines et sociales.» L’objet de ces sciences de la société est, en fait, un sujet.Un objet qui parle, crée, réagit, tient un discours sur lui-même, ce qu’aucun objet des sciences naturelles ne fait.Les faits naturels ne requièrent pas le même type d’objectivité que les phénomènes humains et sociaux, étant donné qu’ils ne sont pas du même genre.Peu importe la représentation que les physiciens donnent de la matière, le cours des réalités physiques et naturelles ne s’en trouvera pas modifié.Une mauvaise prévision météorologique ou une hypothèse géologique erronée n’empêcheront jamais la pluie de tomber, ni la terre de tourner.Il en va tout autrement des phénomènes humains, car ce sont des relations entre des êtres conscients, capables de projets et pour qui la signification de tel ou tel geste joue un rôle déterminant.«Rien de plus difficile à saisir qu’un objet qui rouspète, s’exclame Rodolphe de Koninck.C’est l’objet le plus imprévisible qui soit.Prévoir la vie d’une société?Jamais de la vie ! » Une société ne s’explique pas, elle s’interprète, tout au plus, en regard de ses choix, de ses valeurs, de ses projets.UN PONT À CONSTRUIRE Il sera toujours plus frappant pour l’esprit de voir une navette spatiale propulsée dans l’espace que d’apprendre qu’il existe des différences phonétiques entre deux classes sociales.La performance économique va continuer à intéresser les décideurs publics, mais ceux-ci auraient tort de croire que seules les sciences de la nature et le génie peuvent y contribuer.La mission des sciences humaines et sociales est d’établir un pont entre le pouvoir et la population, en obligeant l’un et l’autre à jouer leur rôle tout en tenant compte des intérêts et des contraintes de chacun.Pour cela, elles devront nécessairement rénover leur image en mettant une sourdine à leurs ambitions théoriques.Les praticiens de ces sciences doivent s’attaquer à des problèmes réels et localement circonscrits.Ils doivent également aiguiser leurs outils d’analyse pour comprendre suffisamment les enjeux et les acteurs en présence.Ils doivent construire le pont qui permettra aux divers acteurs sociaux d’agir de concert, d’imaginer des solutions socialement acceptables et de savoir maintenir des décisions afin de sortir de l’impasse des controverses.Si les sciences humaines et sociales se mettent à cette tâche, leur avenir est assuré.?26 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 HARRAP «kp^À SHORTER «Approuvé par le ministère de l'Éducation» 350 000 traductions 34,95 $ CONCISE «Pour l’étudiant» 19,95 $ (vinyle) 22,95 $ (cartonné) POCKET «Plusieurs exemples d'expressions familières» 9,95 $ MINI «Idéal pour le voyage» 5,95 $ TINTIN AU PAYS DES MOTS 2 000 vignettes en couleurs 2 300 entrées «Apprenez tout en vous amusant» 34,95 $ STANDARD (4 volumes) «600 000 mots, entrées, phrases et expressions» 59,95 $ chacun GUIDES DE CONVERSATION «Pour aller plus loin» 18 sections de phrases usuelles — transports, restaurants et hôtels, plage et loisirs, problèmes de santé, téléphone — .anglais, allemand, espagnol, italien, grec, turc, portugais, serbo-croate.3,95 $ GUIDES D'APPRENTISSAGE Verbes, grammaire, vocabulaire — anglais, allemand, espagnol 4,95 $ SCIENCE 30 000 mots de tous les domaines 49,95 $ La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous ?l'universitaire La Recherc econs- Je désire souscrire un abonnement d'un an (il numéro») à La Recherche au tarif de 49 dollars canadiens au lieu de 65,45 dollars (prix de vente au numéro).Un délai minimum de huit semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.nom __________________________________________________________________ adresse ______________________________________________________________ pays _________________________________________________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 27 LA CIVILISATION DU CHIMIQUE Il existerait des produits naturels plus dangereux pour la santé que des produits chimiques.Mais de là à prétendre que les chevaliers d'industries sont moins à craindre que dame Nature.par Gilles PARENT 0 n en compte quelque cinq millions.Chacun de nous est susceptible d’entrer en contact avec environ 30 000 d’entre eux.Plusieurs centaines s’ajoutent chaque année.Certains sont très toxiques, d’autres moins.De plus en plus, ils suscitent la méfiance.Ils ont souvent des noms étranges.On les appelle « produits chimiques ».Ils sont partout et se déplacent parfois de façon surprenante.Par exemple, on soupçonne fortement un résidu de pesticide utilisé au Texas et retrouvé dans le gras des humains et des animaux du Grand Nord canadien d’avoir eu recours aux courants aériens pour se rendre à destination.Même la couche d’ozone n’est pas à l’abri de substances chimiques.Le phénomène de la «consommation verte », la demande de fruits et légumes biologiques et l’existence d’un réseau de commerces d’aliments naturels, voilà autant d’indices d’une volonté populaire de se tenir à l’écart des produits chimiques.« Dans le cas des fruits et légumes, le risque d’y trouver des résidus de pesticides est si peu élevé qu’il faut se demander si la crainte du public n’est pas exagérée», s’interroge Donald J.Ecobichon, professeur au Département de pharmacologie de l’Université McGill.Comment départager les actions symboliques de celles qui ont un impact réel ?Les produits chimiques causent-ils réellement des problèmes de santé?Répondre à ces questions, c’est susciter tout un débat.En passant, l’expression produits de synthèse est plus appropriée que « produits chimiques » pour décrire ces substances dont la fabrication origine de l’homme.1 t 28 QUÉBECSCIENCE/SEPTEMBRE 1990 LE DANGER AU NATUREL Il y a quelques années, le chercheur californien Bruce Ames a jeté un pavé dans la mare.des écologistes.Après avoir mis au point un test pour identifier les substances mutagènes et cancérigènes, il en est arrivé à des conclusions étonnantes.Selon lui, boire un verre de bière, par exemple, avec ses 700 parties par milliard de formaldéhyde et ses 50 millions de parties par milliard d'alcool, présente mille fois plus de risques que l’eau du robinet, même si celle-ci contient des traces de produits chimiques.Voici d’autres exemples.Les arachides contiennent souvent une toxine naturelle cancérigène, l’aflatoxine.Il y aurait 4 000 parties par milliard de deux substances cancérigènes naturelles dans le café.Le métabolisme normal, tenez-vous bien! produirait environ 3 000 parties par milliard de Pesticides, additifs alimentaires, cosmétiques, produits industriels, etc.font partie des cinq millions de produits chimiques en circulation actuellement dans le monde.On commence à peine à évaluer les effets de ces produits de synthèse sur la santé et Venvironnement.formaldéhyde dans le sang humain.Un gramme de basilic par jour pourrait constituer un risque sérieux de cancer SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 29 à cause de l’estragole que contient cette herbe fine.Mais voilà qu’une équipe de la Columbia University School of Public Health est venue jeter quelques bémols sur les conclusions de Bruce Ames.Les chercheurs se sont aperçus que, dans plusieurs cas, on ne tenait pas suffisamment compte des doses quotidiennes moyennes.De plus, Ames aurait quantifié certains risques associés aux résidus de pesticides dans l’eau à partir de traces de DDT, sans préciser que ces traces étaient beaucoup plus importantes il y a quelques années avant que l’on bannisse le puissant insecticide.De plus, les substances cancérigènes naturelles utilisées par M.Ames provenaient souvent de produits exotiques peu susceptibles d’être consommés par le Nord-Américain moyen comme du calmar séché ou les racines de consoude.Finalement, la présence d’aflatoxines dans les arachides et le beurre d’arachides s’expliquerait, en partie, par des mauvaises pratiques de récolte et d’entreposage.Une fois revues et corrigées, les méthodes d’analyse de Bruce Ames offrent tout de même des conclusions qui portent à réflexion.Par exemple, l’alcool demeure l’un des produits qui présentent un risque très élevé comparé à plusieurs autres substances synthétiques avec une exception notable, la formaldéhyde, souvent présente dans l’air au bureau et à la maison (voir Québec Science, mars 1985).Selon Donald J.Ecobichon, on s’est également rendu compte que certains tests de Bruce Ames réagissaient un peu trop facilement.Il y avait confusion entre les substances mutagènes et les substances cancérigènes.« Le test est toujours utilisé, commente M.Ecobichon, mais il fait partie d’une batterie de tests, plus nombreux, dont tous les résultats sont analysés pour déterminer la toxicité des produits.Toutefois, je crois que, sur le fond, M.Ames a raison de souligner les risques des produits naturels par rapport aux produits chimiques.» GARE À L’EAU! Que pensent les écologistes des risques de dame Nature par rapport à ceux des produits de synthèse?«L’eau représente un risque incroyable.On demeure sous l’eau quelques minutes, et c’est la mort.On plonge un chandail de laine dans l’eau chaude et il rétrécit.À cause de l’eau, les pompiers courent un risque énorme en combattant les incendies ! » Daniel Green ironise en reprenant l’essentiel d’un éditorial des Chemical Engineering News.« Il est certain qu’à la limite tout peut représenter un risque.N’empêche qu’on s’est fait jouer de mauvais tours avec certains produits chimiques comme le DDT ou les BPC.» Par ailleurs, M.Green souligne que le fait d’opposer produits naturels et produits chimiques relève d’une analyse incomplète.Il faut tenir compte des éléments présents dans la nature, mais considérablement transformés par l’homme.«Le plomb, le mercure, le zinc ne causent pas de problèmes, si on les laisse à plusieurs dizaines de mètres sous le sol.Mais si on extrait ces métaux lourds, les manipule ou les pulvérise dans Pair comme ce fut le cas pour le plomb contenu dans l’essence, on s’expose à de sérieux risques.» Au Québec, les risques associés à un taux de plombémie trop élevé sont mieux connus depuis l’incident de la Balmet à Saint-Jean-sur-Richelieu.Pour compliquer les choses, certaines substances comme les dioxines et les furannes jouent les agents doubles.Elles peuvent aussi bien être émises lors d’un feu de forêt, on ne peut plus naturel, que sortir de la cheminée d’un incinérateur municipal ou se dissimuler dans le carton d’un litre de lait.Dans ce dernier cas, il s’agit de LES RISQUES POUR LA SANTÉ ASSOCIÉS À DIFFÉRENTS PRODUITS CHIMIQUES Catégorie Grandeur Moyenne de produits de l'échantillon estimée en % 0 f K ï I Ü Pesticides et substances inertes 3 350 de composés pesticides Cosmétiques 3 410 Médicaments et expédients utilisés 1 815 dans les médicaments Additifs alimentaires 8 627 Produits chimiques industriels Production d'au moins 12 860 453 000 kg par année Produits chimiques industriels Production inférieure à 13 911 453 000 kg par année Produits chimiques industriels Origine inconnue ou 21 752 information insuffisante Capacité totale d'établir les risques pour la santé Capacité partielle d'établir les risques pour la santé Un minimum d'informations toxicologiques disponibles Informations Aucune toxicologiques information sur la marginales toxicité disponible disponibles Source .Toxicity Testing.Strategies to Determine Needs and Priorities, Commission on Life Sciences, Netionel Acedemy Press, Washington, D.C., 1984.il II ni f; 30 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 sous-produits dégagés lors du blanchiment du carton à l’aide de chlore.L’origine des substances n’étant pas un indice du niveau de risque qu’elles présentent, il ne suffit plus d’opposer produits naturels et produits chimiques pour départager ceux qui sont nocifs de ceux qui ne le sont pas.ET LA SANTÉ, DANS TOUT ÇA?On ne progressera guère davantage en voulant associer trop rapidement les produits de synthèse et le nombre sans cesse croissant de cancers.«Contrairement à ce qu’on croit, précise Donald J.Ecobichon, le nombre de cancers n’a pas vraiment augmenté au cours des dernières années, si on tient compte de l’augmentation de la population.Il n’y a pratiquement qu’un seul type de cancer qui soit toujours en hausse, soit le cancer des poumons, qui est directement associé au tabagisme.» Il y a même des types de cancers, comme celui de l’estomac, qui sont en régression.Plus surprenant encore, certaines substances cancérigènes, comme les BPC, pourraient diminuer considérablement le potentiel cancérigène d’autres substances ! Daniel Green admet que le nombre général des cancers n’augmente pas, mais rétorque que l’on voit apparaître des cancers nouveaux, spécifiques, reliés à un produit chimique particulier comme le cancer du système lymphatique et le 2.4-5 T.De plus, affirme-t-il, « il ne faut pas rechercher seulement le nombre de décès, il faut aussi penser à l’affaiblissement du système immunitaire, de la fonction hépatique et rénale, etc.On a vu une baisse importante du taux de fécondité associée à l’introduction sur le marché des orga-nochlorés ».Voilà justement l’exemple d’un produit de synthèse associé à un problème de santé.Les fabricants de peintures industrielles pour métaux utilisent les isocyanates comme agent durcisseur.Or on s’est aperçu que ces produits causaient de l’asthme, entre autres aux employés des nombreux ateliers de réparation de carrosserie d’auto qui appliquent ces peintures au fusil.D’ailleurs, ce sont les isocya- La consommation des produits naturels n’est pas exempte de risques.Ainsi, les arachides, le basilic et le café contiennent des substances cancérigènes naturelles qui, dépen-demment des conditions de culture et d’entreposage ainsi que de la quantité consommée, peuvent être dangereux pour la santé.nates qui ont fait que l’asthme soit reconnue comme une maladie associée au milieu de travail.Non seulement un travailleur frappé par cette maladie doit-il souvent quitter son emploi, mais il arrive fréquemment qu’il demeure très sensible au produit, longtemps après avoir cessé d’y être exposé.L’asthme professionnel est une maladie dont le nombre de cas augmente très rapidement dans les pays industrialisés.Voilà donc un exemple qui ne changera pas la courbe d’espérance de vie ni celle des cancers, mais qui est susceptible d’occasionner de sérieux problèmes à plus d’un travailleur.À LA RECHERCHE DE PREUVES FORMELLES Un phénomène semblable affecte également ceux qui souffrent du « syndrome des tours à bureau », causé par de trop grandes réductions de l’apport d’air frais et par la présence de produits toxiques dans les matériaux de construction, dans les colles à tapis et dans les meubles en aggloméré.Cependant, comme c’est toujours le cas en environnement, il y a beau- coup de preuves circonstancielles, mais peu de preuves formelles.« Les études épidémiologiques sont longues et coûteuses, explique Antoine Fournier, président de l’Ordre des chimistes, sans compter que les produits chimiques se transforment à l’intérieur du corps humain, pour former des métabolites qui peuvent avoir d’autres effets tout en étant difficiles à identifier.» La même situation prévaut autant pour le potentiel cancérigène des produits de synthèse que pour leur potentiel tératogène, c’est-à-dire le risque de causer des malformations chez l’embryon.Autre difficulté : la synergie.Qu’arrive-t-il lorsque le résidu de pesticide se mélange avec l’additif alimentaire, puis se combine avec un troisième produit, et que ce genre de mixture circule dans le tube digestif pendant des décennies?La réponse est simple : personne ne le sait.De toute évidence, la lumière que la science peut apporter dans ce dossier n’est pas suffisante pour résoudre de telles énigmes.Tout au plus est-il possible de chercher à identifier les substances les plus dangereuses. UN TRAVAIL DE MOINE C’est un peu ce qu’a voulu faire, au milieu des années 80, le National Research Council américain.Puisqu’il était impossible d’étudier les quelque cinq millions de produits, on s’est d’abord limité à une sélection de 65 725 produits parmi les plus susceptibles de se retrouver dans l’environnement américain, pour se rendre compte qu’on savait peu de choses sur la toxicité de ces produits.Par la suite, le groupe de recherche a limité ses études à un échantillonnage de 675 produits, puis à un sous-échantillonnage de 100 substances qui ont fait l’objet d’une étude plus approfondie.Quelques années plus tard, des études de l’Environnemental Protection Agency permettaient de conclure qu’à chaque année, l’industrie rejetait dans l’environnement plus de trois milliards de kilogrammes de produits de synthèse faisant partie d’une liste des 328 produits les plus toxiques.Le Canada a également amorcé une recherche semblable.Selon John Buccini, d’Environnement Canada, il y aurait environ de 25 000 à 35 000 substances toxiques susceptibles de se retrouver dans l’environnement canadien.Mais si on retire celles qui sont peu utilisées ou ne présentent pas de risque pour la santé ou l’environnement, on se retrouve avec environ 250 produits.Environnement Canada a alors formé un comité, dont faisaient partie Daniel Green et Donald J.Ecobichon, afin de dresser une liste des 50 substances qui présentent, à leurs yeux, les risques les plus élevés.Après de longues discussions, on s’est finalement entendu sur 44 substances ou familles de substances jugées les plus dangereuses.Les responsables de cette recherche ont ensuite créé 26 groupes de travail qui se sont partagés la tâche d’étudier les substances en question.Le premier groupe à rendre son verdict l’a fait en mai dernier.Il s’est penché sur le cas des dioxines et des furannes.Il a conclu à la nécessité d’un contrôle plus strict, autant dans les incinérateurs municipaux que dans l’industrie des pâtes et papiers.32 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 Antoine Fournier, chimiste et président de l’Ordre des chimistes du Québec: «Les études épidémiologiques sont longues et coûteuses, sans compter que les produits chimiques se transforment à l’intérieur du corps humain, pour former des métabolites qui peuvent avoir d’autres effets, tout en étant difficiles à identifier.» LA BIO-ACCUMULATION Lorsque les résidants de Saint-Basile-le-Grand, à la suite du tristement célèbre incendie d’un dépôt de BPC, ont exigé du gouvernement la norme zéro, soit une décontamination qui aurait retiré 100% des BPC dans l’environnement, ils ignoraient sans doute que les tissus adipeux de chacun d’entre eux recelaient des traces de ce produit de synthèse de même que certains métaux lourds.La stabilité de plusieurs produits de synthèse, ce qui constitue leur principal avantage aux fins pour lesquelles ils ont été conçus, représente également un désavantage de taille au chapitre de la toxicité.C’est l’envers de la médaille.Par exemple, un pesticide dont les composantes ne se dégradent pas rapidement peut avoir un effet prolongé pour tuer des insectes, mais si des résidus de ce produit se retrouvent dans le ruisseau, leur chaîne moléculaire ne se brisera pas et ils se retrouveront tôt ou tard dans notre assiette pour s’accumuler ensuite dans nos tissus adipeux.C’est souvent le cas des produits qui contiennent du chlore.La courbe de leur présence dans les organismes vivants tend invariablement vers un sommet qui sera franchi dès le moment où, après s’être aperçu du problème, le produit en question aura été banni.Par exemple, les courbes illustrant la présence de DDT et de BPC dans les gras sont en déclin parce qu’on en a arrêté la production.Le Dr Gaétan Carrier, qui se spécialise en médecine environnementale, affirme cependant que si on avait attendu 20 ans de plus avant de bannir les BPC, il y aurait eu lieu de s’inquiéter.Le cas des dioxines et des furannes est d’ailleurs plus préocupant.Leur courbe ne s’est pas encore stabilisée.Même si la quantité totale de dioxines émises dans l’environnement par l’industrie est très faible, ce sont les substances les plus cancérigènes qui soient.Les types de dioxines émises par l’industrie, des dérivés du chlore, sont encore plus toxiques que celles qui sont dégagées lors de la cuisson d’un bifteck sur charbon de bois.Elles sont, en outre, plus toxiques parce qu’elles se dégradent beaucoup plus lentement.Dans les régions nordiques, cette situation revêt un caractère plus dramatique.Plusieurs animaux ont des couches de graisse plus volumineuses afin de se protéger du froid.En haut de la chaîne alimentaire, l’homme de ces vastes régions écope davantage et devient un témoin de tous les souvenirs chimiques laissés par les sociétés industrielles du Sud. Une autre avenue pour limiter les risques consiste à effectuer un contrôle plus strict des nouveaux produits mis sur le marché.À chaque année, on en compte environ 2 000 aux États-Unis et 350 au Canada.Dans le cas du Canada, il ^ ne s’agit pas toujours de nouvelles substances, mais souvent de produits utilisés pour la première fois par une entreprise donnée.D’ici peu, le ministère fédéral de l’Environnement exigera des entreprises un test de toxicité complet avant la mise sur le marché de nouvelles substances.Déjà, on prend des dispositions pour éviter que des produits trop stables soient introduits dans le cycle de production.RATIONALISER.Mais avant même que toutes ces démarches soient terminées, et malgré l’absence d’une liste précise de tous les problèmes de santé associés aux nombreuses substances utilisées dans les sociétés modernes, écologistes et scientifiques semblent d’accord sur une chose: il y a exagération dans la consommation de plusieurs de ces produits.Même le président de l'Ordre des chimistes voit d’un bon œil une diminution de la consommation de certains produits.«Il est acceptable, dit-il, d’avoir recours à l’acide sulfurique dans les batteries d’auto, mais pas comme débouche-tuyau.Ce n’est pas toujours la solution appropriée, et il existe d’autres moyens moins nocifs.» Selon Antoine Fournier, il en va de même pour les entreprises qui offrent des services d’entretien des pelouses.«Les entreprises qui offrent de tels services ont souvent mal fait leur diagnostic.Pour être certain du résultat, on pulvérise alors beaucoup plus de pesticides qu’il n’est nécessaire.» Donald J.Ecobichon, de son côté, représente la ligne dure.Il ne croit pas que les CFC puissent endommager la couche d’ozone ou que la fumée de cigarette affecte la santé des non-fumeurs ! Malgré cela, il suggère toutefois une rationalisation axée surtout sur des technologies plus performantes qui minimisent les problèmes de contamination.Toujours dans le cas des pelouses, il affirme qu’il existe des technologies qui peuvent faire le même travail avec trois fois moins de pesticides.Pour Daniel Green, « le marketing et la publicité forcent la consommation de plusieurs produits qui ne sont pas nécessaires.Il faut systématiquement se demander si les produits de synthèse sont essentiels.Il faut revoir nos stratégies industrielles et remplacer, par exemple, le chlore utilisé pour le blanchiment du papier».Un autre point sur lequel tout le monde s’entend: on ne peut pas, à court terme, bannir complètement les produits de synthèse.Mais le milieu industriel acceptera-t-il d’effectuer un virage à 180 °, par exemple en modifiant ses processus et en ayant davantage recours à des produits de substitution?Bref, y aura-t-il une diminution notable de la production des produits chimiques?Et, alors que les spécialistes commencent à peine à identifier et à mieux contrôler les produits chimiques les plus dangereux, le consommateur, lui, saura-t-il faire les choix appropriés qui lui permettont d’éviter les produits réellement nuisibles à sa santé et à l’environnement?L’ANATOMIE À COLORIER Kapit, W.s m ûmm I pv***iûau pmmmuo rmrszA, m&mmet cs»»ô ûs* as cmma» B MéTACAOTCtt» ‘ S» SWS&f i&iStr.FSu i4 pmimmsi -L Mtaùiikz) >>K«rpf>3;wy);WtfW ! /S1 çiwtmate «CtMlt-OT 1 f 11 n fl vut os prord.On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s’adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s’agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.Le lecteur participe de façon active et créative à son apprentissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le facies de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1987, 142 planches .18,00$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser_____ex.de L’ANATOMIE À COLORIER au prix de 18,00$ Nom et Prénom______________________________________________ (en capitales) Adresse____________________________________________________ Ville___________________________________Code postal________ Date____________________________Signature _________________ Règlement ci-joint I v/si | ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?Date d’expiration somabec Ltée 2475, Sylva Clapin, Téléphone: (514) 774-8118 Case postale 295, Montréal: 467-8565 St-Hyacinthe, Québec, J2S 5T5 Télex: 05-830549 SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 33 On peut douter de l’existence du yin et du yang, des méridiens et de l’«énergie vitale».On peut considérer qu’ils ne sont que des archaïsmes chinois relevant plus de la mystique que de la réalité.C’est là un point de vue scientifique confortable pour qui préfère entendre parler de choses facilement observables, comme les nerfs et les hormones, par exemple.Pourtant, la médecine traditionnelle chinoise lance un sérieux défi à la science: comment expliquer (à l’aide de ces mêmes nerfs et les hormones) qu’une aiguille plantée entre les orteils puisse soulager une migraine ?Comment expliquer que l’acupuncture puisse faire baisser la tension artérielle, voire atténuer une rage de dents ?L'ACUPUNCTURE SCRUTÉE PAR LA SCIENCE L’acupuncture est-elle une affaire de yin, de yang et de Qi, ou de nerfs, d’hormone et de sang ?Quel est le « méridien » qui pourrait relier la médecine traditionnelle chinoise et la théorie scientifique ?par Étienne DENIS Des histoires de charlatans, tout ça?Non, des faits reconnus par la science elle-même.Et les arguments du genre: «C’est psychologique, il suffit d’y croire» ne tiennent plus.À preuve, l’acupuncture fonctionne aussi chez les animaux, où toute influence psychologique est bien peu probable ! Le défi pour la science est donc de taille : comment expliquer les effets de l’acupuncture tout en rejetant yin, yang, méridiens et «énergie vitale » ?Femmes et hommes de science se sont penchés sur la question, et leurs réponses, semble-t-il, sont intéressantes.Première réponse intéressante, en 1971.On s’est alors aperçu que, si l’«énergie vitale» existe réellement, elle doit circuler dans les nerfs.Pourquoi ?Parce qu’un point d’acupuncture devient totalement inactif si on coupe les nerfs de cette région.Pour ceux qui ne croient pas au yin et au yang, un début de réponse scientifique était enfin disponible: l’acupuncture fait appel au système nerveux.Trois ans plus tard, une autre expérience démontrait que le sang a aussi un rôle à jouer, du moins dans l’analgésie par acupuncture.On a d’abord relié les systèmes sanguins de deux lapins de façon à ce que le même sang circule d’un animal à l’autre.Puis on a pratiqué l’acupuncture sur un seul des deux lapins.Résultat?Tout deux étaient analgésiés ! Quelque chose dans le sang peut donc transporter l’effet de l’acupuncture.34 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 DES AIGUILLES, DES POINTS ET UN FIL CONDUCTEUR S Elizabeth Lapierre, coordinatrice du Département d’acupuncture au Cégep de Rosemont, constate que le type de thérapie proposé par la médecine scientifique vise plus souvent à soulager le symptôme qu’à enrayer la cause du trouble.« Nous, en médecine traditionnelle chinoise, on cherche l’origine du problème », dit-elle, précisant que médecine scientifique et traditionnelle chinoise se complètent mutuellement, sans s'opposer.Mais au Cégep de Rosemont, on n’enseigne que la médecine traditionnelle chinoise.Selon cette médecine, l’acupuncture s’explique par des variations du Qi, l’énergie vitale.Cette énergie circulerait par différents canaux, les méridiens.Les points d’acupuncture, situés sur ces méridiens, permettent dé moduler le Qi.Aux différents méridiens correspondent différents organes internes.Pour influencer le fonctionnement de ces organes, on n’a qu’a stimuler les points d’acupuncture en y plantant une aiguille.La stimulation est soit mécanique (on tourne un peu l’aiguille sur elle-même), soit électrique (on fait passer un léger courant électrique dans l’aiguille).On peut aussi chauffer légèrement le point à l’aide d’un moxa, une sorte du «cigare» d’herbes.Des théories ont été avancées par certains scientifiques pour intégrer la médecine traditionnelle chinoise à la médecine occidentale.Selon ces théories, l’organisme humain fonctionnerait avec deux systèmes parallèles et indépendants : le premier met en cause les nerfs et les hormones ; le second, yin, yang et Qi.Mais, selon le Dr James Foster, aucun fait scientifique ne soutient vraiment ce genre de théorie.C’était là les deux premières pièces de ce qui allait devenir un intéressant casse-tête scientifique qui - après deux décennies - n’est pas encore complètement solutionné.«Mais on n’en est plus au stade des hypothèses », explique Hugues Germain, chef anesthésiste de l’Hôpital Saint-Luc à Montréal.QUATRE SORTES DE POINTS Par exemple, selon le Dr Germain, on sait maintenant qu’il existe quatre sortes de points d’acupuncture: ceux qui se trouvent là où il y a plusieurs terminaisons nerveuses (extrémités des nerfs), comme dans la main ; ceux qui se trouvent là où les nerfs sont près de la surface de la peau, comme au poignet; ceux qui sont là où beaucoup de nerfs entrent dans un tendon, comme au genou; et, enfin, les points où les gens ont souvent mal, comme à l’arrière du cou et autour des omoplates.Le moins que l’on puisse dire, c’est que les points d’acupuncture sont liés à la présence de nerfs.Les terminaisons nerveuses sont d’ailleurs nombreuses dans les points eux-mêmes.De plus, on y comptera toujours plusieurs vaisseaux sanguins.Les liquides, comme le sang, favorisant les courants électriques, l’électricité circule mieux au travers des points d’acupuncture qu’ailleurs dans la peau.On utilise cette caractéristique pour trouver facilement les points d’acupuncture à l’aide d’un appareil qui mesure la conductivité électrique de la peau.Et puisqu’on les trouve si facilement, on s’est demandé si les points d’acupuncture n’étaient pas des structures anatomiques bien précises et différentes, comme le sont, par exemple, les muscles ou les os.Mais ce fut une déception : selon James Foster, de l’Hôpital St.Bartholomew de Londres, aucune expérience en ce sens n’a donné les résultats espérés.Le point d’acupuncture serait donc composé de peau «normale»; on ne peut même pas en tracer les limites précises.Résultat décourageant?Non.En réalité, le mot «point», qui suppose quelque chose de bien précis et délimité, serait une très mauvaise traduction du concept chinois xue wei.Selon le Dr Ding-Zong Wu, du Collège de médecine traditionnelle chinoise de Shanghai, le xue wei ferait plutôt référence à une sorte de trou ou de fosse.Rien qui puisse s’apparenter à une structure anatomique précise et délimitée.Le fait que la science ne soit pas capable de trouver quelque chose de vraiment différent dans les points d’acupuncture serait donc tout à fait conforme aux concepts originaux de la médecine traditionnelle chinoise.DE LA MORPHINE! Seul le nombre de terminaisons nerveuses et de vaisseaux sanguins distingue donc, pour l’instant, le point d’acupuncture du reste de la peau.Or on sait déjà que les nerfs et le sang ont un rôle à jouer.Est-ce un indice de la manière dont fonctionne l’acupuncture?On a tenté une expérience pour vérifier le rôle du sang.et on a été déçu.Si on place un garrot coupant toute circulation sanguine au niveau d’un point d’acupuncture, celui-ci restera tout aussi efficace.Là n’est donc pas l’explication du fonctionnement de l’acupuncture, le sang intervenant autrement.Mais à quel niveau?Lorsqu’on pense à un effet analgésique transporté par le sang, comme lors de l’expérience des deux lapins aux systèmes sanguins reliés, il est normal de penser aux drogues.On a donc analgésié un lapin par acupuncture, puis on lui a injecté différentes substances qui bloquent les effets de certaines drogues.L’analgésie a disparu avec l’injection de naloxone, une sorte d’« antimorphine L’organisme peut-il produire, sous l’acupuncture, quelque chose qui ressemblerait à la morphine ?Oui.Pas surprenant alors que le lapin soit analgésié.D’où peut venir cette drogue produite par l’organisme?On sait que le cerveau fabrique de l’endorphine, une hormone de la famille de la morphine.Et c’est effectivement l’endorphine qui est en cause dans l’analgésie par acupuncture.Une pièce importante du casse-tête avait trouvé sa place.Restait plus qu’à trouver le lien entre le point d’acupuncture et l’hypophyse, la glande du cerveau qui produit l’endorphine.Du Mai (méridien gouverneur)! Les trois réchauffeurs 36 OUÉBECSC1ENCE/SEPTEMBRE 1990 REPARTITION SCHEMATIQUE DES MERIDIENS Du Mai (méridien lendien de la vessie gouverneur Ren Mai (méridien directeur) Méridien des poumons Méridien du péricarde Méridien du cœur Méridien de l’intestin rôle Méridien de l’estomac Méridien de la rate Méridien du foie Méridien des reins Méridien de la vessie Source : JING, Chen, Atlas anatomique des points d’acupuncture, Éditions scientifique et technique du Shandong, Jinan, Chine, 1984, 265 pages.Selon la médecine traditionnelle chinoise, les 14 méridiens, circuits répartis un peu partout à travers le corps humain, laissent passer l’énergie vitale.Celle-ci circulerait entre les points d’acupuncture répartis le long du parcours des méridiens.C’était là une tâche relativement facile.On savait que des nerfs étaient impliqués et on connaissait déjà très bien le chemin suivi par les nerfs pour se rendre au cerveau: le nerf entre dans la moelle épinière, située dans la colonne vertébrale, et, de là, monte directement jusqu’à la tête.L’analgésie par acupuncture fonctionne donc ainsi : l’aiguille plantée dans le point d’acupuncture excite les nombreuses terminaisons nerveuses qui s’y trouvent, ce qui stimule le nerf de la région.Cette stimulation se rend à la moelle épinière, puis au cerveau et à l’hypophyse.C’est à ce niveau que le sang intervient: l’hypophyse libère ses endorphines dans le sang, et tout l’organisme est alors analgésié, un peu comme si on avait consommé une petite dose de morphine.Sans les effets secondaires néfastes, bien sûr ! BLOQUER LA DOULEUR Mais ce « chemin » nerveux suivi par l’acupuncture ne rejoint pas seulement l’hypophyse.Il se rend aussi ailleurs dans le cerveau, ce qui correspondrait à d’autres effets d’acupuncture.Parfois même, tout peut se passer à l’endroit où le nerf entre dans la moelle épinière.Les aiguilles de l’acupuncteur miment alors un phénomène que nous connaissons tous.On sait que la chaleur ou un massage peuvent soulager la douleur.Si on se frappe l’avant-bras contre un meuble, par exemple, on est spontanément porté à le frotter.Pourquoi?Au niveau de la moelle épinière, les nerfs qui transportent les messages de pression sur la peau et de température bloquent l’action de ceux qui transportent les messages de douleur.L’acupuncture peut tout simplement utiliser ces mêmes nerfs qui bloquent la douleur.Ainsi, des aiguilles plantées un peu partout dans la main bloquent au SEPTEMBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 37 Les points d’acupuncture à la face antérieure du tronc.Environ 2 000 points de ce genre se situent le long des méridiens, près des terminaisons nerveuses.Lorsque l’acupuncteur stimule un de ces points (photo), la personne ressent une sensation qui circule le long du méridien correspondant.niveau de la moelle épinière une douleur à l’épaule.Ce système d’inhibition de la douleur peut aussi être utilisé d’une autre façon.Par exemple, les joueurs de hockey qui se font littéralement écraser contre la bande de la patinoire n’ont, souvent, pas aussi mal qu’on pourrait le croire.Leur douleur est donc inhibée quelque part et c’est l’intense activité physique qui est responsable de cette inhibition.Les nerfs qui descendent du cerveau vers les muscles bloquent, eux aussi, les messages de douleur en passant dans la moelle épinière.Comme le fait remarquer Hugues Germain, lorsqu’on se frappe l’avant-bras contre un meuble, une autre réaction est d’utiliser ces nerfs qui vont aux muscles en se secouant la main.On pense que l’acupuncture utilise aussi ce genre d’itinéraire nerveux.En plantant une aiguille dans certains points d’acupuncture, un message se rendrait jusqu’au cerveau, par les nerfs et la moelle épinière, puis serait transféré à un autre nerf qui, lui, redescendrait dans la moelle pour bloquer les messages de douleur.Et selon une hypothèse qui gagne en popularité, l’acupuncture peut aussi bloquer la douleur directement dans le cerveau lui-même.La plupart des effets de l’acupuncture pourraient d’ailleurs s’expliquer par ce genre d’action directe au cerveau.Selon le Dr Germain, l’acupuncture active les régions du cerveau qui contrôlent un peu tout ce qui se passe dans l’organisme.Par exemple, l’acupuncture fait baisser la tension artérielle en influençant la région qui contrôle le diamètre des vaisseaux sanguins.Toutefois, si on sait quel est le nerf impliqué, on ignore toujours de quelle façon il est activé.PIQUÉS À VIF A vrai dire, plusieurs points fonctionnent d’une manière dont la science n’a aucune idée.« Par exemple, demande le Dr Germain, pourquoi est-on capable de soulager une migraine en piquant entre deux orteils?» Mystère et défi pour la science.Pour relever ce défi, il faut réunir les médecines scientifique et traditionnelle chinoise.Pourtant, plusieurs semblent rejeter toute forme de lien.Les uns ridiculisent aisément une médecine qu’ils considèrent comme archaïque; les autres critiquent ou craignent le pouvoir de la médecine scientifique.Pourtant, même les méridiens, ces lignes où l’«énergie vitale» circulerait entre les points d’acupuncture, méritent toute l’attention de la science.«Quand on stimule un point, fait remarquer le Dr Hugues Germain, les gens ressentent souvent une sensation qui court le long d’un méridien.» Les anciens Chinois auraient donc parlé de méridiens pour tenter d’expliquer ce phénomène bien réel.Selon une hypothèse que le Dr Germain qualifie d’élégante, cette sensation qui est à l’origine des méridiens serait provoquée par la moelle épinière, à la manière de la fausse douleur au bras causée par un trouble cardiaque.Ignorer les méridiens et le reste de la médecine traditionnelle chinoise n’est peut-être pas une attitude vraiment scientifique, mais c’est une attitude courante.Même si le potentiel thérapeutique de l’acupuncture semble tout simplement énorme, la recherche clinique est rare.L’acupuncture se pratique donc encore selon une série de recettes, dont l’efficacité a rarement été testée de façon rigoureuse.Rien, en médecine scientifique, n’est aussi artisanal.Même si on comprend mieux comment l’acupuncture fonctionne, les futurs médecins n’y sont pas sensibilisés.Au mieux, ils en entendent à peine parler à l’université.Comme si science et médecine traditionnelle s’opposaient.?Pour en savoir davantage : PEPIN, Raynald, «Des aiguilles qui soulagent», Québec Science, juillet 1983, p.36-41.CHU, Luke W., Acupuncture Manual, a Western Approach, Marcel Dekker, New York.38 QUÉBEC SCIENCE / SEPTEMBRE 1990 par Raynald PEPIN .ou une bonne mécanicienne?Rassurez-vous, il n’est pas question ici de soupapes, de carburateurs ou de roulements à billes, mais bien de physique.Car la mécanique, c’est aussi la partie de la physique qui traite du mouvement des objets.Quoi de plus simple, alors qu’il est question actuellement de chromodynamique quantique, de génie génétique et de fractals?Mais notre intuition et les apparences nous trompent plus souvent qu'on ne le pense.Voici quelques questions toutes simples, aux réponses «évidentes», pour vous aider à déterminer si vous avez de la graine de Newton en vous ?Pour chaque question, une ou plusieurs bonnes réponses sont possibles.Vous lancez une balle verticalement vers le haut (négligez la résistance de l’air).Après avoir quitté votre main, lors de sa montée, a) la balle ne subit plus aucune force ; b) la balle n’est soumise qu’à la force de gravitation (vers le bas) ; c) la balle est soumise à deux forces : une force qui la tire vers le haut et la gravité qui la tire vers le bas.Au moment où la balle est arrivée au sommet de sa trajectoire, a) son accélération est nulle ; b) la balle n’est soumise à aucune force durant un bref instant ; c) sa vitesse est nulle.Soit six balles semblables, lancées en l’air à des temps différents et de façons différentes, « photographiées » au même instant.(Les flèches représentent la vitesse et la direction du mouvement à cet instant.Négligez la résistance de l’air.) Quel énoncé est vrai ?a) Les balles 1,5 et 6 sont soumises à une force dirigée vers le haut.b) Aucune force ne s’exerce sur la balle 3 à ce moment.c) La balle 4 subit temporairement une force horizontale.d) La force s’exerçant e) La grandeur de la force s’exerçant sur la balle 2 est la même que la grandeur de la force s’exerçant sur la balle 1.sur la balle 5 est plus grande que la force s’exerçant sur la balle 1.O ; bro1 -iïî|S NINON RICARD Chercheure-Consultante en droit Membre du Barreau du Québec te là* ta, life; «¦liF 556, Carré Lépine, Québec, Qc G1K6L4 Tél.: (418) 522-2078 Téléc.: (418) 522-0228 LES MOTS CROISES DE LA SCIENCE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 tiri «fi !btc HORIZONTALEMENT 15.Il a provoqué un raz-de-marée informatique.Massif montagneux d'Allemagne (Max Planck mourut à ses pieds.-Recouvre l'ivoire de la dent.- Un des deux composants du sel de table (symbole).Peut être de blé ou de maïs.- Son nom signifie « tempête de neige » et représente l’URSS dans la conquête de l’espace.- On n’arrive pas à identifier tout ce qui le pollue.Dispositifs de contrôle.- (Vf 936)/4 =.- Accompagne la bouteille.Décrétées.- Arme de l’agresseur et outil du médecin.Amoureux.- Surnom donné par un musulman à un catholique.-Nous entrerons bientôt dans celle du Verseau.Elle aime se faire impressionner.- Mot abrégé, supposé en dire long ! Voyelles de prévenir.- Elle peut être sonore ou lumineuse.-Acide constituant de l'aspirine (abrév.).Métal blond et précieux (symbole).- Mme Thérèse Lavoie-Roux a eu en charge ce ministère.- Une des nouvelles méthodes de reproduction.Côtes du poisson.- Une société québécoise d’investissements (sigle).- Suit le docteur.Préparer le futur.- Un proverbe nous prévient que, lorsqu’on en a un, on n'a plus besoin d'ennemis.On l'a derrière la tête.Passionné.- À froid, elle fait beaucoup jaser depuis l'hiver 1989.-Gaz dont le grand-père est l’uranium et le père le radium (symbole).Ils exportent leurs pluies acides chez nous (sigle).- Pierre précieuse de la famille des silices.- Un tel parc est en voie de réalisation sur le Saguenay.Le Français surnomme ainsi l'Italien.- On l'utilise dans les cellules photo-électriques (symbole).- Conifère qui fut attaqué par la tordeuse il y a quelques années.VERTICALEMENT 1.Qui a perdu la tête.- Il fabriqua le premier un vaccin contre la rage.2.Pour compter ses pas.- Entre khi et oméga.3.Qualifie une arme employée pendant la guerre Iran-Irak.-Le Koweit en est un.4.Marie et Pierre Curie le découvrirent (symbole).- Il s’intéresse aux « humeurs » de ses clients.5.
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.