Québec science, 1 janvier 1990, Octobre
numéro 2 I il k*i '.fl I PUBLI-REPORTAGE LE DERNIER CRI DE LA TECHNOLOGIE DANS LE CHAUFFAGE RÉSIDENTIEL M ; est souvent difficile de choisir, parmi les différents modèles de calorifères vendus sur le marché, celui qui répondra le mieux aux besoins d'une maison.Les scientifiques d’Énergie, Mines et Ressources Canada (EMR) élaborent présentement une technologie de fabrication de calorifères résidentiels plus efficaces.Faudra-t-il développer davantage les systèmes classiques de chauffage au gaz naturel ou au mazout, voire même au bois, auxquels on pourrait éventuellement ajouter une pompe thermique?Quels en sont les critères?Calorifères au gaz naturel Le calorifère au gaz naturel, qu'il soit en activité ou non, laisse constamment échapper, par la cheminée, l'air chaud de la maison.Le rendement saisonnier d'un tel système n'est que de 60% ou moins.Cependant, si un ventilateur de tirage est installé, des économies de 3 à 10% sont alors réalisées.Mais, en revanche, qu'un chauffe-eau classique au gaz naturel soit relié à la même cheminée et ces économies disparaissent aussitôt car le système d'évacuation par la cheminée toujours ouverte laisse échapper l'air chaud de la maison.Le rendement d'un calorifère équipé d’un ventilateur de tirage est toutefois supérieur de 25% aux modèles classiques et le rendement saisonnier atteint alors 80%.Le calorifère au gaz naturel à condensation, actuellement sur le marché, offre le meilleur rendement.Comparé aux modèles classiques, il permet des économies de combustible variant de 26 à 38%.Les scientifiques d’EMR en ont conçu un modèle amélioré adapté aux systèmes classiques.Le rendement saisonnier de ce modèle est de 90%.De plus, il ne nécessite pas de cheminée.Le gaz non consumé s'échappe par un évent situé à l'extérieur de la maison.Cependant, le coût est l'obstacle majeur.En utilisant un matériau moins coûteux comme le plastique plutôt que l’acier inoxydable, les scientifiques d'EMR espèrent rentabiliser l'opération.Calorifères au mazout Cependant le chauffage au mazout demeure encore très utilisé.Les modèles courants de calorifères au mazout équipés d'un brûleur avec gicleur en fonte offrent un rendement saisonnier de 60%.Le remplacement de ce type de brûleur par le modèle à tête de retenue et à injection sous pression mis au point par EMR, aura une forte incidence sur le rendement de ce calorifère.Il permettrait une économie de combustible de 20% et même davantage.Les modèles à condensation ne permettent pas toujours d'obtenir un tel rendement élevé de la combustion du mazout.EMR cherche actuellement à concevoir un prototype de système à tirage induit ou forcé qui éliminerait l'utilisation d'un registre barométrique et porterait le rendement saisonnier du calorifère au mazout à presque 90%.principales et secondaires, contribuent très peu à l’approvisionnement énergétique de la maison.En effet, le rendement de cet ajout qui égaye nos soirées varie de moins 5% à 5%.Un grand volume d'air provenant de l'intérieur de la maison, nécessaire pour assurer une combustion efficace du bois, est la cause de ce rendement médiocre.Un poêle hermétique de bonne conception, installé dans la principale pièce de la maison, pourrait être approprié.Il suffirait alors de relier directement le tuyau du poêle à la cheminée du foyer.De plus il importe de savoir que les plus gros modèles ne sont pas nécessairement les meilleurs.Un petit poêle de conception perfectionnée et équipé de portes de verre, a un rendement saisonnier de 65% supérieur à celui d'un calorifère classique au gaz naturel ou au mazout.Une norme de rendement et des émissions applicable aux systèmes de chauffage au bois et aux poêles à bois a été fixée par EMR.Elle sert de base à la standardisation, en dernière étape de préparation, élaborée par l'Association canadienne des normes et règlements (ACNOR) à des fins d'approbation et d'étiquetage.I Pompes thermiques Les pompes thermiques, dont la propriété est d'absorber la chaleur de la terre, représentent un autre ajout important aux systèmes classiques de chauffage.Très efficaces lorsque la température se situe au-dessus du point de congélation, ces pompes le sont toutefois moins quand le degré de température baisse.Un autre système, électrique ou alimenté au moyen d'un combustible fossile, est alors nécessaire pour assurer le chauffage résidentiel.Il ne faut pas, par conséquent, oublier ce complément nécessaire lorsqu'on choisit ce système de chauffage.Ces nouvelles pompes thermiques sont efficaces durant la saison de chauffage.Malheureusement, le prix d'achat de ce modèle est élevé.Ainsi, quel que soit le système de chauffage choisi, qu'il s'agisse de calorifères au gaz naturel ou au mazout, d'un poêle à bois ou d'une pompe thermique, il ne faut pas oublier que même si l'utilisation des combustibles fossiles est à l'origine des changements observés dans l'atmosphère, tels que le réchauffement de la planète, l’amincissement de la couche d'ozone et l'effet de serre, ces combustibles seront encore longtemps utilisés.C'est pourquoi il importe de perfectionner ces systèmes de chauffage.Un meilleur rendement énergétique contribuera à réduire l’utilisation de ces combustibles et favorisera très certainement l'environnement.Pour en savoir plus long sur le sujet, adressez-vous à: Energie, Mines et Ressources Canada Direction des communications 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Chauffage au bois Bon nombre de Canadiens utilisent toujours le bois comme principale source de chaleur.Cependant on ignore souvent que les foyers classiques, si populaires dans les résidences Kl A 0E4 ¦ ^ Énergie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada Canada m ' toSfef! E ' )lume 29, numéro 2 SOMMAIRE Octobre 1990 ARTICLES 16 Les blessés du sport.La médecine à la rescousse Faut-il faire de i exercice et du sport pour avoir une meilleure santé ou cesser d'en faire pour ta consen’er?Là aussi, la modération.Par Y von Larose 22 L’école Fernand-Seguin.Semer des questions pour récolter des réponses Apprendre aux élèves de tous âges à s’interroger ensemble sur un problème donné et à formuler leurs propres réponses, voilà qui est nouveau.Par Élaine Hémond 26 Les oies blanches: de l’extinction à l’invasion Au printemps surtout, 500000 d’entre elles s’abattent sur les champs de trèfle et de luzerne, principalement dans la région de Kamouraska et de Montmagny.Par Eve-Lucie Bourque 30 La lente gestation d’un parc marin Quel beau mammifère que la baleine blanche ! Et quelle tristesse de la voir menacée de disparition.Le Parc marin du Saguenay ne sera sûrement pas de trop.Par Danny Desbiens 40 Le papier de l’an 2000 Entre l’obsession du blanc si pur et la préoccupation écologique, l’industrie du papier attend des consommateurs le signal du renouveau.Par Marie-Noëlle Delatte Page 16 : Page 22 Page 26 CHRONIQUES 7 TECHNO-ACTION U ne fraîcheur qui dure Par Élaine Hémond 9 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse En biotechnologies : place aux jeunes ! Santé environnementale : dioxine, plomb et champ magnétique Diabète et sports : prudence ! Hydro-Québec et l’effet de serre Vieilles et autonomes Prothèses: vive la nature ! Obésité : un changement de perception s’impose 46 LA DIMENSION CACHÉE Des plantes impressionnistes Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 6 COURRIER 48 EN VRAC 49 À LIRE Les patients du docteur Cameron Paul Broca, explorateur du cerveau Familles d’oiseaux Le guide floral du Québec Notre Voie lactée et les autres galaxies 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Troisième trimestre 1990, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index de périodiques canadiens.© Copyright 1990 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Page 40 OCTOBRE 1990 / QUEBEC SCIENCE DECOUVREZ les 3 PARTAGEZ LES BIOTECHNOLOGIES! Avec vos mains et votre tête.Votre de sciences ou vos élèves.Votre club-sciences ou votre ami-e de cœur ! UNE INVITATION LANCÉE AUX 14-20 ANS par trois professeurs-chercheurs du Collège de Rivière-du-Loup et animateurs du camp-école en biotechnologies.DECOUVREZ LES BIOTECHNOLOGIES.par Luc Bouchard, Fernand Gagné et Jean-Jacques Minville.Préface du Dr Armand Frappier.132 pages, 34 figures.Format approx.: 13,5x20,5 cm.Prix: 13,95$.Editeur: Conseil de développement du loisir scientifique Collaborateur spécial à la publication: Collège de Rivière-du-Loup Distributeur: Coopérative du Cégep de Rivière-du-Loup La publication de cet ouvrage a été rendue possible notamment grâce au soutien financier du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science du Québec.BON D E COMMANDE Nous désirons .exemplaires(s) du volume « Découvrez les biotechnologies » au coût de 13,95$ l’unité.Frais de manutention en sus.Nom de l’organisme:____________________ Adresse:_______________________________ Code postal: _ Tél.: Personne responsable: Coût total:____________ .S Chèque ci-joint ?Payable sur facturation ?RETOURNER A: Coopérative du Cégep de Rivière-du-Loup a/s de Madame Pierrette Couillard 80, rue Frontenac Rivière-du-Loup (Québec) G5R1S8 INRS INSTITUT NATIONAL DELA RECHERCHE SCIENTIFIQUE LA FORCE DE LA SCIENCE URBANISATION Nos villes bougent.Des quartiers changent de vocation.Les déplacements de population amènent des modifications dans les structures résidentielles et économiques.À Montréal, l'INRS-URBANISATION est au coeur de ce mouvement.Par une entente intervenue avec la Ville de Montréal en octobre 1987, le Centre est devenu le carrefour des chercheurs montréalais dans le domaine urbain.Un partenariat fructueux entre la municipalité et la recherche universitaire, pour une meilleure connaissance de la ville de demain.De même, la récente désignation de l’INRS-URBANISATION comme Centre d’excellence en développement international en fait le point d’ancrage d’un programme conjoint regroupant les principales institutions montréalaises intéressées au développement urbain.Les programmes de recherche à ITNRS-URBANISATION .La ville et les transformations de la société urbaine.La région et la dynamique des échanges interrégionaux.La population et l’impact des changements sociaux-démographiques.L’enseignement L'INRS-URBANISATION offre un programme de maîtrise en analyse et en gestions urbaines à l'intention des personnes qui font déjà carrière dans ce domaine.Ce programme est offert en collaboration avec l'Université du Québec à Montréal et l'École nationale d'administration publique.Renseignements: Téléphone: Montréal 15141 499-4000 Québec (4181654-2500 "I Université du Québec TOUT POUR OBTENIR SA LICENCE DE PILOTE PRIVÉ OU SE TENIR AU FAIT DES DERNIÈRES CONNAISSANCES DU MILIEU.André TREMBLAY, pilote professionnel 1990, 263 pages, ISBN 2-9801787-0-5, 59,95 $ LA LICENCE DE PILOTE PRIVÉ Veuillez indiquer le nombre d'exemplaires désirés dans la case placée à côté Nom du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux : Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1, Tél.: (418) 657-3551 Adresse Code Tel.: ( 1 ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Date d'exo.Numéro Signature bfai P-127 I QUEBEC SCIENCE/OCTOBRE 1990 / TV 55907873 QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854 Rédaction: (418)657-3551 poste 2426 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00100.ou par télécopieur: (418) 657-2096 DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Jacki Dallaire Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Gérard Arguin, Ève-Lucie Bourque, Jacki Dallaire, Richard Hodgson, Gilles Lachance, Yvon Larose, Patricia Larouche, Angèle Tremblay Collaborateurs Jean-Marc Carpentier, Claire Chabot, Françoise Côté, Gilles Drouin, Bernard Duchesne, Claude Forand, Élaine Hémond, Yvon Larose, Marc Ledoux, Félix Maltais, Danielle Ouellet, Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Michel Saint-Germain, René Vézina.PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Brigitte Ostiguy Séparation de couleurs Graphiscan Impression Imprimerie PÉclaireur PUBLICITÉ ET MARKETING Promotion Marie Prince Publicité Jocelyne Savard COMMERCIALISATION Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie les gouvernements du Canada et du Québec de leur aide financière accordée respectivement dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada et du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique.Membre de: lhc Audit Bureau CPPA Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l’imprimé.Tél.: (418)648-2627.Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/10 nos) : 28,00$ Spécial: (2 ans/20 nos) : 49,00$ Groupe: (1 an /10 nos) : 25,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’unité: 3,25$ À l'étranger: Régulier: (1 an / 10 nos): 39,00$ 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Fernand-Seguin.Marie-Noëlle De latte fait un tour d’horizon sur ce que sera le papier de Van 2000 ; elle relate les principaux travaux des chercheurs sur le sujet.Un dossier à suivre pour vous et pour nous.La survie du béluga a déjà fait l’objet de plusieurs reportages dans la presse populaire et les chroniques scientifiques.Danny Desbiens traite ici le sujet en relation avec le nouveau Parc marin du Saguenay qui sera créé dans un proche avenir ; ce parc servira de laboratoire pour régénérer P écosystème du Saguenay et du Saint-Laurent.Comme il comprendra la majeure partie de L habitat du béluga, il sera possible d’en étudier les mœurs et les maladies qui déciment le troupeau.S’il faut, d’une part, protéger le milieu marin pour sauver le béluga, les scientifiques doivent, d’autre part, éloigner les oies blanches pour préserver le milieu agricole.Eve-Lucie Bourque s’est rendue dans la région du Bas-Saint-Laurent et nous présente un reportage photographique sur les méthodes d’effarouchement mises en place.Et pour finir sur une note de fraîcheur, Elaine Hémond nous convie à une visite guidée d’écoles primaires ayant adopté une démarche scientifique dans la formation des jeunes.Les écoles Fernand-Seguin, l’une à Sainte-Foy, L autre à Montréal, privilégient L apprentissage innovateur des sciences et des technologies.Bonne lecture ! OCTOBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE S COURRIER STRESS AVEC DÉTRESSE (À propos de la chaire de biologie moléculaire Hans-Selye, Québec Science, mai 1990, page 13) Hans Selye, auteur de Stress sans détresse, méritait-il cet hommage posthume que lui rend encore TUniversité de Montréal en instituant la chaire de biologie Hans Selye?Permettez-moi d’en douter! [.] Mis à part son discours, dont la cohérence ne semblait d’ailleurs pas toujours évidente, Selye n’aura découvert ni mécanisme biochimique, ni médicament nouveau.Mais il aura enseigné que nous sommes «stressés» au lieu d’être fatigués ou tendus.L’envers du décor, c’est que ce carriériste n’aura pas hésité à supplicier, pour les fins de ses vaines recherches, des régiments d’animaux qui auront subi, sans promesse de paradis, les tortures les plus démentielles.Par exemple, le traitement cardiotoxique au 9-alpha-fluorocortisol (par injection), au phosphate de sodium et aux lipides (par gavage), que j’ai moi-même dû étudier, était d’une cruauté atroce.MEA CULPA! [.] Dans un autre type de supplice, comme le stress de contrainte, la bête martyre était ligotée sur une planche, provoquant un tel stress qu’elle en arrivait parfois à se dévorer les pattes pour se libérer[.] Selye affectionnait le «tambour de Noble-Collip» destiné à produire des chocs traumatiques chez les animaux.Quand l’animal est retiré, ses intestins sont sens dessus dessous, son corps meurtri, ses os et ses dents brisés; il souffre d’hémorragies internes, traumatismes crâniens, éclatement du foie (Marcel Duquette, Hurlements, Michel Quintin Éditeur, 1989; Hans Ruesch, Ces bêtes qu'on torture inutilement, Civis, 1980).Voilà la contribution de Selye à la science médicale: la torture de millions d’animaux dont les résultats ne peuvent s’extrapoler à l’humain (heureusement!), l’élaboration de traitements dangereux, et l’invention du mot «stress» dont on cherche encore le sens.[.] Albert Daveluy Ph.D.(biochimie) Québec LA PLACE DES FEMMES EN SCIENCE Je trouve aberrant qu’après avoir inclus dans votre publication un excellent dossier sur les femmes en science au Québec, nous montrant comment intéresser, attirer et surtout garder les filles dans nos classes de science, vous nous fassiez retomber à la case départ dans ces vieux stéréotypes éculés.Vous me direz, certes, que l’homme dans ce dessin (Faire la vaisselle avant, «En Vrac», avril 1990) participe en essuyant la vaisselle.Moi, je vous répondrai de regarder plus attentivement la posture de la «laveuse de vaisselle».Sophie Demers Professeure de science Northern C.I & V.S.Sarnia Ontario Nous faisons amende honorable et, nous aussi, «espérons que de telles erreurs ne se reproduisent plus».N.D.L.R.LA PROTECTION DES BÉLUGAS DU SAINT-LAURENT UNE PRISE EN CHARGE COLLECTIVE • Le point sur la population des bélugas.• Le degré de détérioration des eaux et des habitats qu'ils occupent.• Le diagnostic sur leur état de santé, exposés qu'ils sont à la pollution.• Les préoccupations et les intentions du monde scientifique et environnemental, de l'industrie touristique, des agences gouvernementales, des citoyens.• Une source d'inspiration sur une approche de conservation des ressources et du milieu.1990, 384 pages i—i ISBN 2 7605-0550-2, 35$ I_______I ______________ POUR L'AVENIR DU BÉLUGA EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l’éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Vous pouvez aussi indiquer le nombre d’exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux : Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Nom__________________________ Adresse______________________ Code postal________________________ Tél.( )_______________________ ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Numéro ____________________________ Date d’expiration__________________ Signature _________________________ P-114 6 QUÉBEC SCIENCE/OCTOBRE 1990 TECHNO-ACTION • - B I I JiCs I ::JlI I M31 M,.I oi.j;| I fdJ aii! I "'“I u JÎ par Elaine HEMOND Des fraises en janvier à Québec, des calmars à Winnipeg ou des feuilles de vigne farcies à Sept-îles n’étonnent plus personne.En plus de rechercher la variété des aliments, les consommateurs exigent désormais leur fraîcheur; ils les veulent exempts de produits de conservation et de substances chimiques, faciles à cuisiner, faibles en calories et, de préférence, pas trop chers.Rien de moins ! Du côté de l’industrie, on parle de zéro défaut, zéro perte et zéro stock.À un bout de la chaîne, des critères nutritionnels, épicuriens et hédonistes, à l’autre, d’étroits créneaux de rentabilité.Entre les deux ; technologies et R-D.Pour prendre la relève des procédés de conservation thermique traditionnels, qui altèrent saveur, couleur et éléments nutritifs, plusieurs industries agro-alimentaires québécoises adoptent des techniques de conservation plus douces, en atmosphère contrôlée, des procédés sous vide et de lyophilisation.Dans ce créneau fraîcheur, Robert Marcoux, responsable de la promotion industrielle au ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec, estime que l’irradiation des aliments a aussi un bel avenir devant lui.si les consommateurs cessent d’en avoir peur.I Ô TEMPS, SUSPENDS TON VOL.E ! « La conservation en atmosphère contrôlée prolonge la vie des fruits et des légumes de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines.Cette technique freine la maturation des aliments en dosant, directement dans les emballages ou en entrepôt, le taux de gaz carbonique, d’oxygène et d’humidité.Les produits dits de 4e gamme sont issus de cette technique.La compagnie Socadia, de Saint-Rémi de Napierville, prépare et conditionne des salades prêtes à servir.Parées et coupées, les salades sont lavées sous de puissants jets d’eau avant d’être immergées en eau chlorée, rincées à fond, égouttées et ensachées.Le maintien d’une température constante à 4°C assure la conservation pendant plusieurs jours.Quant à la cuisine sous vide, cette technique préserve les qualités organoleptiques des produits par une cuisson prolongée, à une température habituellement inférieure à 70° C.Selon mH Une fraîcheur qui dure ^ ^ ê Ç.}êj£ jt9E Ces aliments lyophilisés doivent leur belle forme à l’action lente de la sublimation des glaces ; les produits ne dégelant pas au cours du procédé, ils ne subissent pas de rétraction.La lyophilisation entraîne toutefois une diminution de leur poids allant jusqu 'à 90 %.Gérard Bilodeau, agent de développement au ministère de l’Industrie et du Commerce, la vogue modérée de ces produits s’explique, entre autres, par les difficultés techniques liées à la rigueur des paramètres (qualité des produits, hygiène, températures) qui sous-tendent ce procédé.LE MOUCHARD VENU DU FROID Comme pour les produits surgelés, la fiabilité de ces deux procédés dépend de l’infaillibilité de la chaîne du froid.Nous remercions le gouvernement du Canada de l'aide financière accordée pour la réalisation de cette chronique, dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada.Selon Michel Do, spécialiste en matériaux et procédés au Centre de recherche industrielle du Québec, cette contrainte pourrait être contrôlée par une technologie très simple, déjà utilisée aux Etats-Unis, le Fresh Check System.Une pastille réactive, visible par la fenêtre de l’emballage, change irrémédiablement de couleur si la chaîne du froid subit une rupture ou si le produit est trop vieux.Toujours dans l’objectif de prolonger les caractéristiques du frais, la lyophilisation est aussi prometteuse.« Ce procédé de séchage à froid est particulièrement intéressant pour les produits à forte valeur ajoutée ou pour la préparation de mets destinés à des OCTOBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 7 RECHERCHE usages précis, par exemple les repas des randonneurs », explique Serge Breault, vice-président de la compagnie Lyo-San de Lachute.Préalablement congelé, l’aliment est séché sous vide pendant une quinzaine d’heures.L’eau passe alors directement de la phase solide à la phase gazeuse sans que le produit ne dégèle.Parallèlement à cette offensive fraîcheur, l’automatisation des procédés de fabrication tend à assurer la constance des produits.et la rationalisation des entreprises.Chez Culinar, à Sainte-Marie de Beauce, on a adopté un système intégré de fabrication des pâtes feuilletées.Selon Gérald Lamontagne, chef du Secteur des procédés, cette installation a réduit de 14 heures à 2 heures le temps de fabrication et accru de 10 à 25% la production.Entrées à un bout de la chaîne, les matières premières (farine, matière grasse, eau, etc.) sont mélangées et la pâte est ensuite façonnée et laminée sans intervention humaine.Un ordinateur effectue les différents contrôles de la qualité.L’automatisation touche aussi l’industrie fromagère, particulièrement sensible aux fluctuations de l’environnement.Ainsi, à Saint-Benoît-du-Lac, la Fromagerie des Moines optimise sa production grâce à un système de fabrication assistée par ordinateur (FAO).DEMAIN, LA BOUFFE.Relevant d’Agriculture Canada, le Centre de recherche et développement en agro-alimentaire de Saint-Hyacinthe est l’un des moteurs de l’évolution des technologies alimentaires.«En trois ans, plus de 300projets pour le développement de produits ou de procédés nous ont été soumis par 150 PME canadiennes», explique Steve Bittner, agent de transfert technologique.Parmi les plus prometteurs, la récupération de protéines dans le lait par procédés de filtration par membranes promet des aliments très ciblés sur le plan diététique.Ainsi, un produit de remplacement de la matière grasse, le Simplexe, qui a été mis au point aux États-Unis, allégera bientôt crèmes glacées et autres gourmandises.Il y a fort à parier qu’après l’actuel syndrome fraîcheur, c’est la rigueur nutritionnelle qui guidera nos fourchettes.BRAVO AUX CHERCHEURS DU CRIQ! Pour l'extraordinaire amélioration apportée à l'huile Métropolitain, le produit antirouille le plus souvent utilisé aujourd'hui.Suzanne Coulombe, André Tremblay et Marc Carreau du CRIQ ont travaillé à ce projet.La rouille Parmi les problèmes auxquels doivent faire face les automobilistes, la rouille en est un de taille.La rouille, hydroxyde de fer, produit de la corrosion du fer en présence de l'oxygène de l'air et en milieu humide est un mal naturel qui affecte les véhicules.Il existe deux types de rouille: la rouille de surface et la rouille interne.La première origine de la disparition de la couche de peinture protectrice et la deuxième, beaucoup plus grave, ronge le métal à partir du dessous de la carrosserie.La recherche En partant du principe qu'il fallait protéger le métal de l'action néfaste de l'eau, de l'humidité et du calcium avec un mélange d'huile, il se révéla important de considérer les caractéristiques du produit à mettre au point.La formulation d'huile devait être bien adhérente aux surfaces traitées, aussi limpide que possible ou mieux encore incolore, inodore ou du moins d'odeur agréable.Au début des années 80, le CRIQ s'est impliqué dans la mise au point d'un produit antirouille pour la firme l'Antirouille à l'huile Métropolitain inc.Cette entreprise a maintenant pignon sur rue à Saint-Louis-de-France (Trois-Rivières), Québec, Longueuil, Laval et Saint-David-de-l’Auberivière (Lévis).Le CRIQ, toujours associé à l'amélioration de ce produit, a de nouveau été sollicité en 1988 pour une révision majeure de sa formulation.Les travaux, entrepris par le CRIQ et poursuivis par la firme elle-même, ont permis la mise au point d'une formulation antirouille nettement améliorée: meilleure adhérence au métal, meilleure protection contre la corrosion et pratiquement sans odeur.Le travail de l'huile sur le métal L'huile chauffée à (52°C) est projetée sous pression et pénètre aisément dans tous les replis de la carrosserie, et ce aussi facilement que l'eau peut le faire.Lors de son application, on peut remarquer que l'huile Métropolitain ressort toujours par les mêmes interstices que l'eau.Cette huile imbibe les tôles et pénètre vraiment les pores du métal, assurant ainsi une protection maximale.Un investissement sûr! Un calcul simple permet de constater que pour un investissement de moins de (60$) par an, vous évitez des réparations majeures à la carrosserie, vous pouvez facilement retarder de quelques années l'achat d'un autre véhicule et obtenir une meilleure valeur de revente, si l'on tient compte des taux d'intérêt élevés, cela représente une économie de plusieurs milliers d£ dollars, ce qui fait de l'Antirouille à l'huile Métropolitain un placement sûr! Maintenant cinq succursales L’Antirouille à l'huile Métropolitain a maintenant cinq succursales à travers la province: à Québec, au 2655, boul.Wilfrid-Hamel, tél.(418) 687-5660, à Saint-Louis-de-France (Trois-Rivières), au 1600, boul.Saint-Louis, tél.(819) 378-8222, à Longueuil, au 340, boul.Roland-Therrien, tél.(514) 651-5531, à Laval, au 600, boul.Saint-Martin Est, tél.(514) 668-9883, et Saint-David-de-l'Auberivière (Lévis), au 3760, boul.de la Rive-Sud, tél.(418) 833-3411.iiRUpiik 9 I à l'huile Métropolitain # 8 QUÉBEC SCIENCE/OCTOBRE 1990 Actualité fis Ml mis tie, le iple œ in i par l’Agence Science-Presse En biotechnologies: place aux jeunes ! Hélène Drouin dans le laboratoire d’Aquabiotech, à Grande-Rivière.Comment lancer une entreprise de biotechnologie quand on sort de l’université avec plein d'idées mais pas d’argent?C’est pour répondre à cette question que trois ^jeunes entrepreneurs ont été invités au dernier congrès de l’ACFAS (Association canadienne-française ipour l’avancement des sciences).Hélène Drouin est présidente d’Aquabiotech, qui met au point des filtres biologiques épurateurs à partir d’une méthode d’immobilisation bactérienne.L’eau pure obtenue permet d’élever des poissons et des crustacés SPF {specific pathogen free) plus rapidement et avec très peu d’eau.Richard Painchaud, président de Biolix, offre aux compagnies minières une méthode de traitement des métaux précieux grâce à une souche bactérienne améliorée.Yvon Brosseau est i directeur de la commercialisation de Bio-Expert.Cette compagnie fournit des instruments de contrôle qui permettent aux utilisateurs de bioréacteurs d'introduire dans leur logiciel leurs propres données de contrôle.Aujourd’hui, les trois entrepreneurs se débrouillent bien.Mais le passage de l’université au monde des affaires a été difficile.Selon eux, l’université n’est pas un bon incubateur, car elle n’enseigne pas à développer l’expertise nécessaire à la recherche de capitaux.Les trois chefs d’entreprise ont dû miser sur les études de marché et.convaincre les investisseurs.Autant de temps perdu, qui aurait pu être consacré à monter l’entreprise.C’est finalement une importante compagnie minière québécoise qui a permis à Biolix de faire ses premiers pas, en investissant 400000$ dans un procédé qui s’appliquait particulièrement bien à son minerai.Aujourd’hui, | cette même compagnie leur ouvre des i marchés à l’étranger.«Sans elle, i confie Richard Painchaud, nous n’existerions pas».Bio-Expert, par contre, a rapide-i ment bénéficié d’une aide gouverne- mentale de 750000$.Après deux ans, la jeune entreprise compte une dizaine de clients au Canada et s’ouvre des marchés aux Etats-Unis.Yvon Brosseau prévoit un chiffre d’affaires de 1,5 million de dollars d’ici un an.L’aide accordée aux jeunes entreprises est parfois à double tranchant.Hélène Drouin a reçu 100000$ pour mettre au point la première phase de son projet.L’organisme subventionnaire est prêt à poursuivre son aide sous forme de prêt à risque, qu’il faudra rembourser au moment où le produit sera commercialisé, mais.en double, un risque qui demande d’avoir les reins solides ! Les jeunes entrepreneurs devraient-ils pouvoir compter sur les entreprises déjà en place?Gervais Dionne, d’IAF Biochem, y va d’une réponse prudente : « On pourrait penser à des formules de parrainage, mais la jeune entreprise devrait être spécialisée dans un domaine connexe au nôtre.» La jeune compagnie ne risquerait-elle pas, alors, de se faire absorber?L’épineuse question est demeurée en suspens.Les jeunes entrepreneurs aimeraient bien pouvoir compter sur leurs aînés pour se développer.Le manque de capital de risque, la timidité des compagnies établies à travailler avec eux, les prêts à double tranchant sont autant de handicaps à un développement rapide.On a beau dire que les difficultés sont formatrices.Marie-Noëlle Delatte OCTOBRE 1990/QUÉBEC SCIENCE 9 DIOXINE, PLOMB ET CHAMP MAGNÉTIQUE Relation entre les champs magnétiques et le cancer, détection de la contamination des humains par les dioxines, présence de plomb dans le sang des enfants.Au congrès de l’ACFAS, plusieurs chercheurs ont lié étroitement santé et environnement.Ainsi, le Dr Gilles Thériault, de l’Université McGill, a parlé de son étude sur l’épidémiologie des risques liés au champ magnétique.Au voisinage des corridors de lignes de transport d’énergie ou près des Après avoir pris connaissance de ces études, le Dr Thériault s’est intéressé aussi aux travailleurs de l’électricité exposés aux champs magnétiques.Les électriciens, les électroniciens et les travailleurs de l’aluminium courraient de 18 à 45 fois plus de risques de contracter une leucémie que le reste de la population.Il y a quelques années, selon le Dr Thériault, la science ne croyait pas à cette relation entre le cancer et les champs magnétiques.De récentes recherches en laboratoire tendent à confirmer la possibilité biologique du phénomène.Mais du côté des recherches épidémiologiques, il est difficile de mesurer exactement .\»-y Si mesurer le degré d'exposition au champ magnétique reste difficile, la relation entre cancer et champ magnétique, elle, se confirme.transformateurs, le corps humain est soumis à un champ magnétique.Des études américaines, britanniques et suédoises ont examiné le lien entre ces champs magnétiques et l’apparition de certaines formes de cancer chez les enfants.Deux études sur trois ont montré une association du champ magnétique avec le cancer du cerveau, et deux études sur cinq, un lien avec la leucémie.le degré d’exposition au champ magnétique.D’autre part, le chercheur John Jack Ryan, de Santé et Bien-être social Canada, a rapporté que cet organisme propose de détecter la présence des dioxines et furannes dans le corps humain à partir de l’analyse du plasma sanguin.Il s’agit là d’une solution de rechange à l’analyse des tissus adipeux, plus onéreuse.Cette étude du gouvernement fédéral indique une corrélation entre la teneur en dioxines et en furannes dans le sang et les quantités de ces contaminants réellement présentes dans les tissus.Selon M.Ryan, ces résultats sans équivoque allégeront les procédures de détection.Enfin, une étude effectuée par le Dr Gérald Létoumeau, du DSC de l’Abitibi-Témiscamingue, et portant sur les enfants qui demeurent à moins de 1 kilomètre de la fonderie de Rouyn, montre que leur exposition au plomb serait inversement proportionnelle au degré de scolarité des parents.Comment?Les enfants de parents moins scolarisés, généralement aussi moins favorisés économiquement, s’amusent en des lieux plus contaminés, tels les terrains de sable et de gravier.À l’inverse, la pelouse offre une meilleure protection aux enfants des familles plus aisées, le plomb migrant en profondeur sous l’effet de la pluie, ce qui diminue les possibilités de contact.Pierre Dubois fe NOS ADOLESCENTES PRENNENT LEUR PILULE Les Québécoises de 15 à 19 ans ont un taux de grossesse quatre fois plus bas que les jeunes Américaines, et deux fois plus bas que les autres Canadiennes.L’étude du professeur Robert Gemme, de l’UQAM, montre que ni la composition ethnique, ni le nombre de mariages, ni la situation socio-économique, ni la fréquence des rapports sexuels n’expliquent cet écart.La cause serait plutôt le recours aux méthodes contraceptives, beaucoup plus fréquent au Québec qu’ailleurs.Cela parce que notre société voit avec un œil plus permissif les rapports sexuels entre jeunes.m leii «ïî! tttt ks 10 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1990 DIABETE ET SPORTS : PRUDENCE ! Le sportif diabétique doit tenir compte de l’« apport » supplémentaire d’insuline résultant de l’activité physique.s I U.I 11 Les diabétiques doivent être prudents, lorsqu’ils entreprennent un programme d’activités physiques.Et c’est surtout chez les diabétiques de type 1, soit les gens de moins de 30 ans, chez qui le diabète s’est présenté de façon brutale, par la destruction soudaine du pancréas, que les dangers sont élevés.C’est ce qui ressort d’une communication du Dr André Nadeau, du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL).Selon des travaux réalisés avec un modèle animal par l’équipe du Dr Nadeau, l’exercice physique accroîtrait la sensibilité de l’organisme à l’insuline et, par le fait même, favoriserait une meilleure utilisation du glucose sanguin.«Cela, mentionne le Dr Nadeau, expliquerait que l’on puisse mesurer dans l’organisme de certains athlètes en santé de 50 à 60% moins d’insuline que chez les gens non entraînés mais également en bonne santé.» Cet accroissement de la sensibilité à l’insuline découlant de la pratique d’une activité physique, qui peut, à première vue, s’avérer bénéfique pour le diabétique, peut cependant devenir problématique.Car, en plus d’être temporaire, son effet se produit parfois à retardement (la nuit, par exemple).Or si le diabétique n’y prend garde et qu’il s’injecte la quantité d’insuline habituelle, laquelle ne tient pas compte de l’effet de l’activité physique, son glucose sanguin risque cette fois d’être surutilisé, d’où il résulterait de l’hypoglycémie.Et une hypoglycémie trop sévère peut provoquer des convulsions ou des lésions cérébrales, et même entraîner la mort.En général, on note chez les diabétiques une fragilité accrue des capillaires oculaires (ces petits vaisseaux sanguins irriguant les yeux).Au niveau des membres inférieurs (jambes et pieds), la sensibilité est au contraire très souvent estompée.C’est pourquoi les principales blessures auxquelles s’exposent les sportifs diabétiques affectent plus souvent ces parties.Il est donc fortement recommandé aux personnes souffrant du diabète d’être très prudentes lorsqu’elles s’adonnent à une activité physique.Ces personnes devraient également éviter de pratiquer un sport solitaire.Tout cela dans le but de bénéficier au maximum du bien-être psychologique et de l’effet préventif associés à la pratique d’activités physiques, face, entre autres, aux maladies cardio-vasculaires.Lyne Lauzon LA MECANICIENNE ET LE MOTEUR Après avoir comparé le travail d’une mécanicienne à celui d'un collègue masculin, le Groupe de recherche-action en biologie du travail de l’UQAM a conclu que ce métier par une femme que par un homme.Selon Karen Messing, l’arrivée des femmes à des postes traditionnellement masculins devrait cependant «s’accompagner d’un ajustement pouvait tout aussi bien être exercé de la tâche ».-r OCTOBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE 11 HYDRO-QUEBEC ET L’EFFET DE SERRE On a discuté «chaudement» de l’effet de serre, au dernier congrès de l’ACFAS .Les chercheurs Pierre-David Trudel, Bhawan Singh et Alain Viau, du Département de géographie de l’Université de Montréal, ont présenté les résultats de leurs recherches sur une éventuelle variation, attribuable au réchauffement climatique, du cycle de l’eau dans les rivières ou dans les réservoirs des barrages d’Hydro-Québec.Le résultat de la recherche, qui portait sur sept bassins hydrographiques (tels ceux des rivières Churchill, Saint-Maurice et La Grande), montre un faible 10% de variation, plus ou moins, d’ici 60 ans.Pour obtenir ce résultat, les chercheurs ont mis en relation, dans un modèle de prédiction, différents paramètres du cycle hydrologique, tels la température, les précipitations et le rayonnement solaire.Ils en ont déduit que les superficies relatives des zones terrestres et lacustres demeureront identiques sur toute la période étudiée.Mais, selon les chercheurs eux-mêmes, il faut être très prudent avec ces résultats.Les chiffres, comme le 10% de variation, indiquent plus une tendance qu’une valeur absolue.Cette prudence, selon Alain Viau, est dictée par le grand nombre d’impondérables.Les chercheurs ont par exemple une certaine difficulté à évaluer précisément l’ampleur, dans les nouvelles conditions climatiques, de l’évapo-transpiration des végétaux.De plus, les calculs actuels ne peuvent tenir compte des conditions spatiales et édaphiques (du sol), propres à modifier le régime hydrique.Invitant à plus de prudence encore, les climatologues ont étudié l’approvisionnement net en eau des rivières concernées pour la période de 1951 à 1980.La variation observée est de plus ou moins 20%, alors que les bassins hydrographiques ont été modifiés par l’action humaine, c’est-à-dire la construction de barrages.On sait aussi que les réservoirs des barrages sont à un très bas niveau, étant donné les faibles précipitations et le temps particulièrement sec qui favorisent l’évaporation.i i ii-H'irin'ifnrt- n sa,:, .Le bas niveau des réservoirs des barrages d’Hydro-Québec n’a rien à voir avec l’effet de serre.Selon Jean-Marc Dessureault, porte-parole d’Hydro-Québec, cela n’a cependant rien à voir avec l’effet de serre.Ces variations «naturelles» des trois dernières décennies viennent donc nuancer la différence potentielle de 10% que pourrait causer l’effet de serre.Pour les chercheurs, l’étude montre tout de même que, si la tendance se maintient, si leurs hypothèses sont réalistes, le changement global du climat influencera peu l’apport en eau et donc la production d’électricité.Pierre Dubois LA PEINTURE AU SANG L’homme des cavernes utilisait du sang humain comme pigment rouge pour peindre sur les parois des grottes.Des scientifiques canadiens et australiens ont en effet découvert des protéines de sang humain dans les dessins de deux sites : l’un à Laurie Creek, en Australie, et l’autre à Cavern Judds, en Tasmanie, les deux cavernes qui furent découvertes en 1987.Les dessins de Laurie Creek dateraient de 20000 ans et ceux de Cavern Judds de 10000 ans.L’emploi de sang humain plutôt que de sang d’animaux laisse supposer que cet usage était lié à des rites religieux.VIEILLES MAIS AUTONOMES Les vieux de demain seront surtout des.vieilles, mais celles-ci seront moins pauvres, moins isolées et plus autonomes que celles d’aujourd’hui, parce qu’elles auront eu accès à une éducation aussi poussée que les hommes, et que leur participation au marché du travail aura également été extraordinairement accrue.Telle est la vision qu’a présentée Nicole Marcil-Gratton, du Groupe 12 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1990 :?de recherche sur la démographie québécoise (Université de Montréal), lors du dernier congrès de l’ACFAS.En 1961, on comptait déjà 112 femmes pour 100 hommes, dans la population âgée de 65 ans et plus, et ce ratio passait à 145 femmes pour 100 hommes en 1986.«Le Bureau de la statistique du Québec (BSQ) estime que cet écart devrait se maintenir jusqu’au début du siècle, pour ensuite amorcer une baisse, rapporte la démographe.Pour un bon moment encore, le visage de la vieille femme continuera de s’imposer dans notre paysage social.» Le tableau va cependant changer.Ainsi, on estime qu’à partir de 2021, les cohortes qui fêteront leurs 65 ans ne compteront que 5 % d’analphabètes fonctionnels, contre plus de 50% aujourd’hui.D’autre part, alors qu’entre 1986 et 1990 seulement 35 femmes pour 100 hommes atteignaient 65 ans avec un diplôme universitaire en mains, entre 2021 et 2026 le rapport sera plutôt de 85 pour 100, soit un rattrapage presque complet.«L’instruction, poursuit Mme Marcil-Gratton, donne accès aux meilleurs emplois et permet de mener une vie moins dure pour la santé.Et surtout, elle équipe l’individu en attitudes et comportements qui en feront plus aisément un citoyen autonome.» D’où une meilleure qualité de vie pour les aînées de demain.La chercheuse soulignait cependant que les progrès réalisés, à ce jour, cachent encore des inconvénients particuliers aux femmes, comme leur participation souvent chaotique au marché du travail (en raison des grossesses) et leurs emplois eux-mêmes qui, dans l'ensemble, ne sont pas encore économiquement équivalents à ceux des hommes.Malgré cela, Mme Marcil-Gratton demeure optimiste.«L’importance et la rapidité des progrès accomplis, conclut-elle, nous indiquent que, cette fois, le temps travaille en faveur des femmes.» Lyne Lauzon A LA SANTE DES TRAVAILLEUSES La majorité des métiers à risques sont occupés par des hommes.Mais les femmes ont, elles aussi, leur lot de maladies professionnelles, ont souligné Renée Bourbonnais et Chantal Brisson, de l’Université Laval, lors d’un colloque sur la santé et la sécurité des travailleuses.Chez les infirmières, par exemple, plus la charge de travail est élevée, plus on s’absente pour raison de maladie.Et, chez les opératrices de machine à coudre, celles qui ont travaillé cinq ans et plus sous le régime de la rémunération à la pièce risquent quatre fois plus que les autres d’avoir à visiter le médecin plus de neuf fois par année.Les problèmes de santé des travailleuses sont cependant sous-estimés, avance Céline Tremblay, du DSC de l’Hôpital du Saint-Sacrement.« Au cours des trois dernières années, rapporte-t-elle, l’Institut de recherche en santé et sécurité du travail a alloué 71 % de son budget à des projets s’adressant aux hommes, comparativement à 11 % pour les femmes.» PROTHESES : VIVE LE NATUREL Chaque année, au Canada, on effectue quelque 18 000 interventions chirurgicales au niveau des artères.Mais la tendance est à la baisse, depuis dix ans, en raison notamment de meilleures habitudes de vie.Si les greffes connaissent aujourd’hui un vif succès, il en est autrement de certaines prothèses synthétiques, dont il faut de toute urgence améliorer le matériau.C’est ce qu’a soutenu le Dr Robert Guidoin, de l’Université Laval, lors du dernier congrès de l'ACFAS.Selon lui, le meilleur moyen de remplacer une artère obstruée reste la greffe effectuée à partir d’une veine du patient.En Amérique du Nord, 99 % des pontages coronariens se font à partir de l’artère mammaire ou de la veine saphène (dans la jambe).Cependant, lorsqu’il est impossible d’utiliser les veines du patient, on a recours aux prothèses synthétiques.Pour les artères coronaires, on utilise surtout le téflon microporeux, un matériau qui donne d’excellents résultats.Par contre, les prothèses synthétiques implantées au niveau de la jambe sont en dacron.Mais ce matériau entraîne de nombreuses infections et ne favorise pas la cicatrisation.Il est donc en régression et pourrait bientôt être remplacé par le polyuréthane.La majorité des prothèses vasculaires sont implantées chez des personnes de 50 à 75 ans.Toutefois, on constate une baisse régulière du nombre d’interventions, surtout parce OCTOBRE 1990/QUEBEC SCIENCE 13 que « les gens font davantage attention à leurs artères », selon le Dr Guidoin.Les médicaments et les nouvelles techniques de dilatation des artères, qui sont à l’essai dans plusieurs hôpitaux du Québec, devraient contribuer aussi à cette baisse.Les biomatériaux n’ont pas connu l’expansion prévue.Selon Robert Guidoin, ils ont encore un avenir dans quelques rares domaines, comme en ophtalmologie, où l’on continue d’implanter de nombreuses lentilles intraoculaires.Marie-Noëlle Delatte OBESITE : UN CHANGEMENT DE PERCEPTION S’IMPOSE Il serait plus juste d’établir le poids idéal d’une personne ou encore de juger du succès d’un programme d’amaigrissement en se basant sur des critères métaboliques plutôt qu’esthétiques.Telle est l’opinion qu’a émise le physiologiste Angelo Tremblay, de l’Université Laval, lors d’un colloque sur l’activité physique et la santé.L’étude du Dr Tremblay portait sur quinze femmes obèses qui ont suivi pendant quinze mois un programme d’exercices.Résultats : avec ce programme de natation, de marche vigoureuse, de «work-out» adapté, de bicyclette ergométrique et de badminton, les participantes ont perdu en moyenne 8,4 kg, passant d’environ 94 kg à un peu moins de 86 kg.Quatre des quinze femmes ont demandé de prolonger l’expérience: six mois plus tard, elles avaient abaissé leur poids à 77,5 kg.Mais la suite de l’expérience est moins drôle pour ces quatre volontaires : huit mois plus tard, leur poids moyen remontait à environ 81 kg.En définitive, ces femmes avaient réussi à perdre de façon nette une douzaine de kilos.Mais elles demeuraient obèses, car leur taux d’adiposité atteignait tout de même 41 % (comparativement à 49 % au début de l’étude), alors que le taux idéal se situe, pour les femmes, aux environs de 30%.«Et puis après?demande le Dr Tremblay.Les résultats de différents tests, comme la tolérance au glucose, la sensibilité à l’insuline, Les tables de poids idéal (celui qui favoriserait la longévité) sont-elles à la veille d’une nouvelle révision qui tiendrait compte de critères métaboliques plutôt qu’esthétiques?les lipides sanguins, ont démontré que le profil de santé de ces femmes s’avérait très satisfaisant, c’est-à-dire comparable à celui de personnes non obèses.Pourquoi faudrait-il les harceler davantage, si elles éprouvent malgré tout d’énormes difficultés à perdre du poids?» L’obésité résulte d’un déséquilibre entre l’apport et la dépense énergétiques.Selon l’hypothèse mécaniste, l’équilibre lipidique étant associé à l’équilibre énergétique, il suffit d’agir sur le premier (c’est-à-dire éliminer les graisses) pour modifier le deuxième et donc perdre du poids.« Ce qu’il faudrait peut-être comprendre, souligne le physiologiste, c’est que, pour les lipides, chacun semble posséder son propre seuil de mise en disponibilité.Quoi qu’il fasse, l’individu ne peut donc brûler qu’une certaine quantité de graisses, selon son métabolisme propre.» Lyne Lauzon NOUVELLE UN CONSORTIUM SANS HANDICAP 41 D( L’Université Laval, l’Hôpital de l’Enfant-Jésus et quatre centres de réadaptation de la région de Québec ont récemment formé le Consortium de recherche en réadaptation de l’Est du Québec.L’objectif premier est de rapprocher la recherche universitaire de la pratique clinique.On y étudiera autant les aspects psychologiques et sociaux que les dimensions physiologiques des incapacités ou handicaps.Une subvention provinciale de 125000 $ a permis de lancer le Consortium.UN OCÉAN UES UNIT KŒ to: il, fli.U t A» É toi L’Université du Québec à Rimouski et l’Institut national de la recherche scientifique viennent de créer le Centre océanographique de Rimouski.Cette mise en commun de ressources humaines et physiques devrait fournir une «masse critique » suffisante pour le développement d’une recherche océanographique de haut niveau.Son directeur est le Dr Alan Walton, un spécialiste international d’origine britannique.fc!: :: 5: p;: f-1 V:: 400 KM AU LITRE ! éï Life! I C’est Sirius, un véhicule construit par des étudiants de la faculté des sciences appliquées de l’Université de Sherbrooke, qui a remporté la palme de l’économie d’énergie lors d’une compétition organisée par la Society for Automotive Engineering, à Detroit.Cela, grâce à une performance étincelante : 400 km au litre ! Déjà, les vainqueurs se préparent, afin que Sirius rafle tous les honneurs en 1991.Kiii 14 QUÉBEC SCIENCE/OCTOBRE 1990 Ici a«M «tim fife » Iffl isii a K ü ;Ü fi ; L; Ali i:.""•'I ’uf «THE»FRANCO-AMÉRICAINS La CEF AN (Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord) a lancé lors de son premier colloque, portant sur les francophones de la Nouvelle-Angleterre, un projet d’envergure, soit la publication d’un guide du chercheur en histoire franco-américaine.Yves Roby, de l’Université Laval, et Yves Frenette, du Glendon College, en sont les instigateurs.Mais ils devront faire vite: en 1976, dans les Etats du Maine, du New Hampshire et du Vermont, moins de 20% des Franco-Américains nés au Québec parlaient encore le français dans leur vie quotidienne.DES DIVISIONS AUX INSTITUTS B R E V ES Dans le cadre d’un remaniement de son organisation, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) a créé cinq nouveaux instituts (sciences moléculaires, chimie de l’environnement, technologies de l’information, sciences des microstructures et étalons nationaux de mesure).Ces instituts poursuivront les activités de recherche des anciennes Divisions de physique, de chimie et de génie électrique, dont le personnel a été affecté aux nouveaux instituts, tous situés à Ottawa.Le CNRC compte maintenant 16 instituts de recherche.MIEUX QUE LA 6/49, POUR LE DR LABRIE À la 6/49, il est rare que le gros lot atteigne les huit millions de dollars.Même chose pour les subventions du Conseil de recherches médicales du Canada.C’est pourtant ce montant qu’ont obtenu (pas « tout d’un coup», mais sur six ans) le Dr Fernand Labrie et son équipe du laboratoire d’endocrinologie moléculaire du CHUL (Centre hospitalier de l’Université Laval).Il faut dire que, dans la recherche sur le cancer de la prostate et sur le cancer du rein, cette équipe possède la combinaison gagnante ! Aux dernières nouvelles, le Dr Labrie est « demeuré le même » avec son supérieur, ses collègues.La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous ?Pour ^ Wy le chercheur, l'étudiant * l'universitaire La RecheK he cons-itue une synthèse Anseelle de tout ce Je désire souscrire un abonnement d'un an (il numéro*) à La Recherche au tarif de 49 dollars canadiens au lieu de 65,45 dollars (prix de vente au numéro).Un délai minimum de huit semaines interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L’abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.nom -—- adresse - pays - à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 • offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.OCTOBRE 1990 / QUÉBEC SCIENCE f 5 BLESSES [dû] _ Sport LA MEDECINE A LA RESCOUSSE par Yvon LAROSE Qu’elle soit sportive d’occasion ou athlète d’élite, amateure ou professionnelle, la personne qui s’entraîne s’expose aux blessures.De nos jours, une batterie de spécialistes, épaulés par une technologie de pointe, remettent sur pied les victimes de l’exercice et du sport.Pierre était un mordu du tennis.Deux soirs par semaine on pouvait le voir sur le court retourner avec un bel enthousiasme et une habileté consommée les balles que lui servait son partenaire.Or, un beau jour, et sans raison apparente, une vive douleur à la partie externe du coude l’obligea à consulter un médecin.Diagnostic ' Pierre souffrait d’une épicondylite, c’est-à-dire d’une inflammation des tendons, consécutive aux microtraumatismes provoqués depuis des années par des milliers de mouvements répétés d’extension et de pronation-supination de son avant-bras.Chaque année, plus de 200000 Québécois et Québécoises se blessent ainsi dans le cadre d’une activité sportive.La Régie de la sécurité dans les sports du Québec (RSSQ), qui a mené une enquête sur le sujet en 1987, évaluait alors à 37 millions de dollars les coûts des services médicaux et paramédicaux reliés aux activités sportives.Avec 33 000 cas, le hockey sur glace présentait le nombre le plus élevé de blessures.Suivaient le ski alpin (29 000 cas), les sports de balle (17000 cas) et le tennis (14 000 cas).LA RÉVOLUTION DE L’EXERCICE Ces chiffres démontrent de façon négative l’importance qu’a prise l’exercice physique dans la société postindustrielle.Selon le Dr Jacques Duranceau, physiatre spécialisé en médecine de l’exercice et du sport, nous vivons depuis une génération la révolution de l’exercice.«L’impor- tance de cette révolution, explique-t-il, est comparable à celle des grandes révolutions sociomédicales de l’histoire, dont l’apparition des systèmes d’hygiène, organisés vers la fin du 19e siècle, et l’avènement des antibiotiques durant les années 40.» Le médecin insiste sur les nombreux bienfaits de l’exercice physique.«Il est prouvé aujourd’hui que l’exercice améliore de beaucoup le maintien du système cardio-vasculaire et combat certaines formes d’hypertension et aussi de diabète.On sait également que l’exercice agit comme un fort antidépresseur.Quant aux risques inhérents à la pratique de tout sport, ils sont compensés par des bienfaits encore plus grands.» Aujourd’hui, la médecine de l’exercice et du sport peut traiter avec succès la plupart des blessures subies 16 QUÉBEC SCIENCE / OCTOBRE 1990 r M'ë - • /•AVwSW-/-^ S'»/ •.'%• V •
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