Québec science, 1 janvier 1991, Février
a s 3.25$ Volume 29, numéro 6 FEVRIER 1991 69 UEBEC M ES REGI lONTRÉAL T SON ECHNOPj 4P EGARD SUR LOINTAINS [TRES # •AYSi l'EAU i tj, V ” 0 » ^ 0 Ory 4?* 'tyX nOUI au1011' mmmms p»9 AGENDA LOISIR Yvon LECLERC 1989, 326 pages, 24,95$ (TPS incluse: 26,69$) Guide des activités de loisirs qui se déroulent partout au Québec, adresses très utiles.POUR L'AVENIR DU BÉLUGA Sous la direction de Michel GAUQUELIN 1990, 384 pages, 35$ (TPSincluse: 37,45$) Le point sur la population des bélugas et une source d'inspiration pour la conservation des ressources et du milieu.DÉCOUVREZ LE QUÉBEC SOUTERRAIN Daniel CARON, Michel BEAUPRÉ 1986, 256 pages, 21,95$ (TPSincluse: 23,48$) Pour l'amateur spéléologue et l'excursionniste du dimanche.PATIENCE DANS L'AZUR Hubert REEVES 1982, 304 pages, 18,95$ (TPS incluse: 20,27$) 15 milliards d'années d'évolution cosmique décrites avec toute la simplicité et le merveilleux dont est capable Hubert Reeves.CONNAITRE LA MÉTÉOROLOGIE Richard LEDUC, Raymond SERVAIS 1985,320 pages, 32$ (TPS incluse: 34,24$) Toute l'information sur la météo.Tous les phénomènes faciles à comprendre.LA MÉTÉO EN PHOTO Raymond SERVAIS, Richard LEDUC 1986, 96 pages, 10,95$ (TPS incluse: 11,71$) Informations sur les divers phénomènes météorologiques: nuages, instruments utilisés.COMMENT NOURRIR LES OISEAUX AUTOUR DE CHEZ SOI (4‘édition) Normand DAVID, Gaétan DUQUETTE 1982, 72 pages, 8,95$ (TPS incluse: 9,57$) Comment attirer les oiseaux chei soi.LES MEILLEURS SITES D'OBSERVATION DES OISEAUX AU QUÉBEC Normand DAVID 1990,300 pages, 27,95$ (TPS incluse: 29,90$) Description des sites, leurs attraits majeurs, comment s'y rendre, périodes de l'année les plus propices, espèces rares ou inusitées.Sites aménagés.RAMSAR Robert MICHAUD 1989,108 pages, 12$ (TPSiincluse: 12,84$) Les oiseaux migrateurs et la réserve faunique des marais de l'Ile-Verte.Naissance de l'océanologie dans le Bas-Saint-Laurent.LE LANGAGE DE LA CHASSE Richard DOMINIQUE 1989, 208 pages, 18,95$ (TPS incluse: 20,27$) La conception de l'univers et le cycle annuel de l'Amérindien, à travers l'histoire de Michel Grégoire, montagnais.INTRODUCTION À LA PSYCHOBIOLOGIE Timotey J.TEYLER 1989,176 pages, 24,95$ (TPS incluse: 26,69$) Les divisions fonctionnelles du cerveau, les bases biologiques du comportement, les progrès récents dans les recherches mondiales sur le cerveau.COMMENT CULTIVER LA VIOLETTE AFRICAINE Michel TREMBLAY 1987,96 pages, 10,95$ (TPSincluse: 11,71$) Comment obtenir des violettes africaines dignes d'une exposition! PUQ QUÉBEC SCIENCE EN VENTE DANS TOUTE BONNE LIBRAIRIE EDITEUR EDITEUR - Volume 29, numéro 6 SOMMAIRE FÉVRIER 1991 ARTICLES 20 La ronde des régimes Entre la minceur et les rondeurs, où se trouve le bonheur ?Entre l’obésité et la santé, où se trouve la vérité ?Par Bernard Duchesne 27 Paysages d’eau «L’eau doit être pure», déclare l’écologiste Pierre Dansereau.Mais cet impératif est loin d’être satisfait, surtout dans les pays du tiers monde.Par Eve-Lucie Bourque 38 Rire pour guérir?On connaît le vieil adage : « Qui ne vaut pas une bonne risée.» Cette valeur pourrait s’accroître, s’il s’avérait que le rire a des vertus thérapeutiques.Par Claire Gagnon 46 40000 bougies pour l’homme américain?Au plus fort de la course aux innovations technologiques, il y a encore de la place pour les chercheurs intrigués par les énigmes du passé.Par Norman Leavy 52 Un «paradis» de la haute technologie Peut-on faire de la métropole une technopole ?Verra-t-on s'ériger à Montréal, près du mât du Stade olympique, un phare de la technologie ?Par Marie-Noëlle Delatte Page 20 Page 27 Page 38 Page 46 ==m: CHRONIQUES 11 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Sida : la nouvelle hypothèse du Dr Montagnier Un filtre biologique prometteur Les troubles de la prostate : tous en sont frappés Des barrages, oui ou non ?La recherche universitaire : vers un nouveau rattrapage Les sciences au primaire : « une sorte de négligence » « En un clin d’œil » 18 TECHNO-ACTION Sur la route de l’innovation technologique Par Claire Gagnon 58 LA DIMENSION CACHÉE Faits d’hiver Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 60 EN VRAC 61 À LIRE Quand Tocqueville et Siegfried nous observaient.Le phénomène humain et l’évolution L’homnivore 62 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1991, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index de périodiques canadiens.© Copyright 1991 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 3 LE MAGAZINE QUEBEC SCIENCE offre à ses membres une série d'avantages tous plus intéressants les uns que les autres.Chaque page de votre magazine Québec Science peut vous réserver d'agréables surprises.(Pour devenir membre, voyez à la page 45).Portez attention à chacune des annonces publicitaires dans votre magazine Québec Science.Chaque fois que vous verrez, dans une annonce, le symbole de Québec Science, reportez-vous au chiffre qui correspond à celui du symbole dans la liste ci-dessous.Vous y découvrirez un avantage financier substantiel que vous retirerez si vous vous procurez ce bien ou ce service auprès de Québec Science ou, selon le cas, directement chez le fournisseur-coopérateur mentionné.• SEULS LES MEMBRES-ADHÉRENTS DE QUÉBEC SCIENCE[e\ seulement les personnes physiques) PEUVENT PROFITER DE CES AVANTAGES.En devenant membre de Québec Science, vous recevrez une carte de membre qui deviendra en règle lorsque vous l'aurez signée.• Le nom et l'adresse du fournisseur d'un produit vous sera fourni à l'expédition du produit.Ce fournisseur honorera la garantie sur ses produits et effectuera le service après-vente.Nous nous efforçons de choisir des fournisseurs-coopérateurs sérieux et exigeons d'eux un niveau de garantie satisfaisant.• Toute commande doit être accompagnée de son paiement intégral.AVANTAGES 1.Bénéficiez d'une remise de 33 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.2.Bénéficiez d'une remise del 0 % sur le total de la facture, lorsque vous présentez votre carte de membre en règle de Québec Science chez le ou les fournisseurs mentionnés dans l'annonce.3.Obtenez gratuitement le sac banane C et la ceinture-possejrort lorsque vous tansmettez votre commande à Québec Science pour l'achat du parka Kanuk.De plus, vous bénéficiez d'une remise de 10 % sur le prix, taxes incluses ,du parka.Equivalent d'une remise de 27 %.Transport payable sur livraison.Valide jusqu'à épuisement des stocks.4.Obtenez gratuitement le sac bonane A et la ceinture-posseport lorsque vous tansmettez votre commande à Québec Science pour l'achat de super-mouflons Kanuk.De plus, vous bénéficiez d'une remise de 10% sur le prix, taxes incluses, des super-mouflons.Equivalent d'une remise de 25 %.Transport payable sur livraison.Valide jusqu'à épuisement des stocks.5.Bénéficiez d'une remise de 50 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.6.Bénéficiez des tarifs très avantageux du PLAN ROUGE de Tilden offerts aux membres de Québec Science.Présentez chez le locateur Tilden votre carte de membre en règle de Québec Science ainsi que l'auto-collant Tilden que vous remet Québec Science lors de votre adhésion comme membre.7.Bénéficiez d'une remise de 25 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.8.Bénéficiez d'une remise de 40 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.9.Bénéficiez d'une remise de 20 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.N' DE PRODUIT Vous pouvez foire oulonl de copies que vous désirez de ce bon de commande Vol.29, n° 6 NOM _ ADRESSE ___ ^demembrel I Signature________________________ Expédiez à: QUÉBEC SCIENCE, Case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 DESCRIPTION Code postal QUANTITE ?Chèque ?Mondai postal TRANSPORT (taxes incluses) si indiqué à la page 4 PRIX (taxes incluses) TOTAL À PAYER (taxes incluses) ?MasterCard Date d'expiration___ Date de la commande Voir page 4 TOTAL après remise I ;- 4 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854 Rédaction: (418)657-3551 poste 2426 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00100, ou par télécopieur: (418) 657-2096 DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Jacki Dallaire Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Gérard Arguin, Ève-Lucie Bourque, Jacki Dallaire, Richard Hodgson, Gilles Lachance, Yvon Larose, Patricia Larouche, Angèle Tremblay Collaborateurs Ève-Lucie Bourque, Claire Chabot, Françoise Côté, Marie-Noëlle Delatte, Pierre Dubois, Bernard Duchesne, Claire Gagnon, Sylvie Gourde, Daniel Guérin, Élaine Hémond, Monique Lambert.Yvon Larose, Lyne Lauzon, Raymond Lemieux, Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Sylvie Varin Agence Science-Presse (514) 522-1304 PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Typographie Raymond Robitaille Photo couverture Brigitte Ostiguy Séparation de couleurs Les ateliers haut registre inc.Impression Imprimerie l’Éclaireur COMMERCIALISATION Promotion Marie Prince Publicité Jocelyne Savard Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie le gouvernement du Québec de son aide Financière accordée dans le cadre du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique.The Membre de: Audit CPPA Bureau Québec Science est produit gratuitement sur cassette par FAudiothèque, pour les personnes handicapées de l’imprimé.Tél.: (418) 648-2627 Abonnements Au Canada: 1 an (10 numéros) : 28,00$ Groupe (10 ex./même adresse): 25,00$ 2 ans (20 numéros) : 49,00$ 3 ans (30 numéros) : 68.00$ À Punité: 3,25$ À l'étranger: 1 an (10 numéros) : 39,00$ 2 ans (20 numéros) : 68,00$ 3 ans (30 numéros) : 95,00$ À Punité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de: DAWSON FRANCE.B.P.57 91871 Palaiseau, Cedex, France Pour abonnement ou changement d’adresse : QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery G1T2R1 MAIGRIR OU EN RIRE Le temps des fêtes est terminé.Les copieux repas de famille sont déjà chose du passé, mais les kilos en trop, eux, sont bien présents.«La ronde des régimes » risque donc d’en intéresser plus d’un et plus d’une.Riche en observations juteuses sur les divers régimes, cet article de Bernard Duchesne contient aussi quelques remarques au goût philosophique destinées à aider à prendre avec un grain de sel l’idéal de la minceur.Les sommes et les énergies consacrées aux technologies de pointe constituent-elles une autre forme d’obésité?Selon Marie-Noëlle Delatte, les promoteurs du Technoparc de Montréal pensent plutôt que le regroupement donnera plus de muscle au développement scientifique de notre société.Tous les progrès scientifiques ne sont pas destinés à enrichir l’avenir, et certaines disciplines continuent de se nourrir du passé.Ainsi Norman Leavy nous entraîne dans T histoire des premiers Américains, dont des recherches approfondies ont permis de retrouver des traces beaucoup plus anciennes.Le rire peut-il guérir ?On a sérieusement tenté de le démontrer, nous dit Claire Gagnon, et les résultats sont loin d’être ridicules; mais il reste des questions.En attendant, pour y répondre, de nouvelles technologies - encore ! -, on peut voir dans le rire une solution originale au problème des kilos en trop.Une question qui n’est pas drôle du tout est celle des menaces qui pèsent sur la qualité et la conservation de T eau.Dans un autre excellent reportage photo, Eve-Lucie Bourque nous fait voir différentes facettes de ce problème, chez nous, mais aussi dans les pays du tiers monde.Il est évidemment aussi question d’innovation technologique dans «Techno-Action », où Claire Gagnon nous entretient - sans rire - du transport et des routes, et de certaines avenues de recherche prometteuses.« Actualité » fourmille, comme toujours, des sujets les plus divers, mais, au cas où cela ne suffirait pas, Raynald Pepin, avec son humour habituel, nous en met plein la vue avec la dimension cachée de ses Faits d'hiver.On pourra aussi lire.«A lire » et, pour ceux et celles dont l’envie de rire n’ est pas encore tout à fait comblée, la chronique «En vrac ».Joyeuse lecture ! FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 5 L’ANATOMIE A COLORIER Kapit, W.> ‘i&J l' StW tOIMMC, PYRAHKUH, P««FÔ*»tv.- tSu-^o srtxvtalksnt >»ct muWJ»* itHTtaCLf*! WKOTD On pourrait être surpris, au premier abord, d’un livre d’anatomie à colorier qui ne s’adresse pas aux enfants en bas âge; car il ne s’agit pas d’un jeu mais d’une ingénieuse méthode pédagogique qui fait appel au coloriage pour comprendre et mémoriser des concepts, des structures, des organes, des systèmes.Le lecteur participe de façon active et créative à son apprentissage et, de ce fait, mémorise mieux et, surtout, comprend mieux: il y a fort à parier qu’après avoir terminé la page 25 le lecteur n’oubliera pas de si tôt quels sont les «muscles du sourire» et pourquoi le facies de la paralysie du nerf facial est si caractéristique.En plus de détails anatomiques, ce livre enseigne la terminologie.par le coloriage.Sa présentation (feuilles détachables) et son format facilitent la révision des examens.Particulièrement utile aux étudiants (art, médecine, biologie, sciences paramédicales, etc.) cet ouvrage intéressera autant les amateurs de yoga, les sportifs, les esthéticiennes, les curieux et les «amateurs de crayons-feutre».tous ceux qui veulent en savoir plus sur l’anatomie humaine.et l’apprendre en s’amusant.EDISEM, 1987, 142 planches .18,00$ BULLETIN DE COMMANDE Veuillez m’adresser ex.de L’ANATOMIE À COLORIER au prix de 18,00 $ Nom et Prénom (en capitales) Adresse Ville Code postal Date Signature Règlement ci-joint ?Chèque bancaire msn ?Mandat postal ?¦HH] ?Bsfi ?Date d’expiration i somabec Ltée i 2475, Sylva Clapin, Téléphone: (514) 774-8118 i Case postale 295, Montréal: 467-8565 St-Hyacinthe, Québec, J2S 5T5 Télex: 05-830549 i 1 BAROMETRE « CLASSIC» Voici un baromètre électronique où les changements atmosphériques sont indiqués par une petite diode lumineuse.Pressez le bouton.• Lumière verte : pression atmosphérique à la hausse, belle température, stable.\iHM>aujai OUNCE vuiUMi: RSCFV RUN mtr lhermo C hygro % rel MET-1703 • Lumières verte et jaune : changement de température plutôt à la baisse.• Lumière rouge : baisse de la pression atmosphérique, température devenant ou demeurant mauvaise.• Lumières rouge et jaune : changement de température plutôt à la hausse.Avec un hygromètre et un thermomètre.Prix: 84,50$ (Taxes incluses: 97,64$) BOUSSOLE PROFESSIONNELLE Eschenbach fabrique des boussoles de qualité supérieure.Chaque modèle est étudié afin d'en simplifier la manipulation.BOUSSOLE DE SPORT • Plaque transparente 60 x 105 mm, avec une échelle de mesure O en mm et une loupe./ x • L'ajustement de * / '^4 la déclinaison se I \ v fait par un cadran ¦ ?* •- > * ?TT placé sous le boitier.• Un stabilisateur sur ^ l'aiguille facilite la lecture.P • Deux alésages avec croix de centrage, aiguille de plan 1=25 000'.• Cadran: à lignes Nord et déclinaison réglable.• Couvercle de plastique rouge facilement repérable, miroir intérieur et ligne de visée.• Pieds en caoutchouc.Prix: 48,50$ (Taxes incluses: 56,04$) GEO-6648 6 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 ¦ [le QUÉBEC SCIEHCEI r ETES-VOUS MEMBRE DE QUÉBEC SCIENCE^ L’effort d’adhésion de tous les membres de Québec Science (membres-gouverneurs, membres-fournisseurs, membres-parrains et membres-adhérents) porte déjà ses fruits.Par votre contribution, Québec Science appuiera, en qualité de commanditaire, les activités du Conseil de développement du loisir scientifique, un organisme qui travaille concrètement sur le territoire du Québec pour donner aux jeunes le goût de la science.WÉBEC SCIENCE, L’INFORMATEUR DE PREMIERE LIGNE Québec Science, pionnier en matière de vulgarisation scientifique au Québec, élargit ses horizons et lance un mouvement visant à promouvoir et à diffuser à une plus grande échelle l’acquisition des connaissances technologiques et scientifiques.Depuis vingt-huit ans, Québec Science, par l’entremise de sa dynamique équipe de journalistes, renseigne et informe les Québécois sur l’actualité scientifique dans des secteurs aussi variés que l’environnement, la santé, l’informatique, l’énergie, la psychologie, etc.Québec Science, c’est LE mensuel scientifique à l’affût des nouvelles technologies.Québec Science de concert avec son miliei Québec Science prend un nouvel essor; son image prestigieuse, attribuable d’une part à sa qualité rédactionnelle et d’autre part à sa qualité matérielle, en fait un véhicule de premier choix pour la promotion des sciences auprès des Québécois de tout âge et de toute souche.Québec Science se repositionne donc sur le marché de la science en cherchant de nouvelles clientèles, dans le but avoué de sensibiliser tous les Québécois à la cause de la diffusion au plus grand nombre - et par le fait même de la formation et de l’information - des connaissances scientifiques et techniques.joignez-vous à Québec Science et contribuez au mieux-être de la collectivité Québec Science s’est donné une mission sociétale et sollicite la collaboration de chacun et la solidarité de tous pour que des résultats optimaux soient atteints.Dans cet esprit, une stratégie dynamique et stimulante a été envisagée : l’adhésion de quatre catégories de membres à la mission.FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE Les Gouverneurs, triés sur le volet, se compteront parmi les personnalités les plus importantes et les plus influentes de notre société en matière de développement scientifique.Leur rôle, primordial, consistera à appuyer Québec Science financièrement, moralement et socialement, et à le guider dans ses grandes orientations.Ils joueront donc un rôle philanthropique très actif et veilleront à la promotion de Québec Science soit individuellement, soit collectivement.En adhérant à la cause de Québec Science, ces philanthropes prendront eux aussi une part active dans l’enrichissement du savoir de chacun de leurs concitoyens et recevront de Québec Science, en contrepartie, une grande visibilité.Les Parrains seront au nombre des entreprises, organismes ou institutions sensibilisés au projet éducatif de Québec Science.Leur contribution sociale consistera à souscrire, pour un montant minimal de 1 000$, des abonnements individuels au prix de 55$ chacun pour leurs employés, clients, amis, etc.Ceux-ci seront alors inscrits comme membres-adhérents et pourront ainsi bénéficier de tous les avantages financiers en plus de s’instruire sur le plan scientifique et technologique.Les Parrains accompliront de ce fait une œuvre philanthropique louable que la communauté ne pourra que souligner.Les Fournisseurs-coopérateurs seront quant à eux sélectionnés en fonction de la personnalité, des besoins et des attentes des membres de Québec Science.Divers articles et services attrayants et de valeur variable seront offerts à des prix réduits, de beaucoup inférieurs à ceux du marché.Québec Science prendra des ententes commerciales avec des fournisseurs et fera bénéficier ses membres de rabais substantiels à l’achat de produits et services spécifiques.Les fournisseurs s’assureront ainsi un marché élargi et un potentiel de ventes important, tout en participant à l’édification d’une structure de diffusion de connaissances scientifiques à l’échelle nationale.Les Membres-adhérents s’associeront à Québec Science pour plusieurs raisons.Certains seront profondément convaincus du bien-fondé d’une telle démarche d’éducation collective et, de ce fait, n’hésiteront pas à joindre les rangs des inconditionnels de Québec Science.D’autres seront séduits, outre la mission sociale, par les avantages financiers qu’ils retireront en s’associant à Québec Science.Finalement, les uns et les autres y trouveront leur compte.Les abonnés actuels bénéficieront de mesures transitoires avantageuses s'ils veulent devenir membres-adhérents de Québec Science.iTft- Une formule où tout le monde gagne Québec Science est unique en son genre.Il a navigué sur des eaux troubles et a su malgré tout se maintenir à flot.Québec Science revient en force et ses projets en font foi.Québec Science ne vise rien de moins que pénétrer tous les foyers québécois.En qualité de promoteur de la culture scientifique au Québec, il jouera un rôle prépondérant en cultivant le goût de la science chez les Québécois, et particulièrement chez les jeunes, en les invitant par là même à poursuivre des études et des carrières en sciences.Associé à l’Université du Québec, Québec Science pourra ainsi accomplir sa mission éducative plus facilement et bénéficiera du déploiement en réseau de cette institution.Il pourra s’assurer une visibilité partout au Québec qui facilitera sa pénétration du territoire.8 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 Juébec Science lance un cri de ralliement Philanthropes, unissez-vous et participez au développement de la culture scientifique chez vos semblables.Aidez notre jeunesse à s’assurer un avenir.Contribuez à la formation de la main-d’œuvre scientifique pour l’avenir économique de notre pays.Parrains, manifestez votre intérêt pour vos semblables.Participez à leur développement en leur offrant la possibilité de choisir et de prendre leur avenir en main.Soyez des guides pour que, ensemble, les Québécois prennent conscience de leur environnement et de leur responsabilité sociale.Fournisseurs-coopérateurs votre collaboration sera d’autant plus appréciée qu’elle permettra à Québec Science d’offrir à ses membres divers articles et services susceptibles de les intéresser, et ce à des prix inférieurs à ceux du marché.Vous en retirerez un avantage certain en grossissant votre potentiel de ventes.Les publicitaires tireront certes profit des retombées d’une telle stratégie promotionnelle : le nombre croissant de membres reflétera également celui qui aura été touché par un message publicitaire dans Québec Science.Membres-adhérents, potentiels, actuels et futurs, vous y gagnerez aussi en contribuant à l’effort collectif de diffusion de la culture scientifique au Québec; vous retirerez des avantages financiers non négligeables qui vous permettront de faire vos frais très rapidement.Québec Science, une nouvelle formule sociétale! Le Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS) est un organisme à but non lucratif, qui œuvre depuis 1968 à la promotion et au développement des activités de loisir scientifique au Québec.Il a à cœur de développer une culture scientifique et technique de qualité pour l’ensemble de la population.Ses services s’adressent donc à toute personne désireuse de s’adonner à une discipline scientifique, que ce soit au sein d’un club-sciences, d’une association, d’une expo-sciences, d’un camp de sciences ou tout simplement à titre individuel.Fait à noter, les jeunes sont particulièrement visés par ses programmes.En devenant membre-adhérent de Québec Science, vous contribuez à aider le Conseil de développement du loisir scientifique à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.En effet, Québec Science versera au CDLS, 10% du montant que vous déboursez.UX FOURNISSEURS-COOPÉRATEURS Après 28 ans d'existence, le magazine Québec Science a décidé de renouveler son approche auprès de la clientèle.Ainsi, en plus de développer une nouvelle image et de nouveaux contenus dans son magazine, Québec Science ajoute à ses abonnés une nouvelle catégorie de clients: ses membres.Les membres de Québec Science sont maintenant recrutés systématiquement par une équipe de représentants qui couvrira bientôt toute la province.Québec Science recrutera comme membre toute personne qui veut étendre son champ de connaissances ou qui s’intéresse à l’éducation et à l’élargissement des connaissances scientifiques et techniques dans la population.Québec Science me donc en premier lieu les leaders d’opinion et les personnes qui cherchent de l’information sur les questions plus scientifiques et technologiques en vue d’améliorer leur culture scientifique.Pour susciter l’adhésion de futurs membres et créer un fort sentiment d’appartenance et de fidélité à l’organisme, Québec Science veut, entre autres choses, offrir à ses membres un avantage significatif à incidence scientifique ou technologique, et financière.Québec Science veut offrir à ses membres la possibilité d’acheter à des prix réduits une foule de produits de consommation ou services plus nouveaux reliés à la science et à la technologie et qui peuvent être associés sans hésitation au profil de cette clientèle.Les clients de Québec Science sont jeunes, plus scolarisés que la moyenne, à revenu élevé et résidant davantage dans les villes.Les hommes sont plus nombreux que les femmes.Les domaines privilégiés sont l’environnement, la santé, les sports, l’informatique, l’énergie, la technologie, la psychologie, la communication, etc.En tant que fournisseur, vous pouvez contribuer à la mission de Québec Science et bénéficier vous-mêmes des retombées d’affaires importantes.La clientèle de Québec Science (tirage de 26000 par mois), grâce à ce virage majeur, est appelée à croître très rapidement.Elle deviendra une cible privilégiée pour vos affaires, toute regroupée qu’elle est et à la recherche de produits semblables à ceux que vous offrez.Nous avons identifié des produits de votre catalogue que nous aimerions offrir à notre clientèle, ou, advenant le cas où vous aimeriez vendre à notre clientèle certains de vos produits qui respectent les critères énoncés plus haut, nous vous demandons de communiquer avec nous pour connaître en détail nos méthodes de vente ainsi que nos conditions d’achat, d’expédition et de facturation.En collaborant ainsi avec Québec Science, enplusde vendre vos produits à des conditions avantageuses, vous faites vous aussi œuvre d’éducation et vous facilitez l’adhésion à Québec Science de toute personne qui aime se dévouer au transfert des connaissances et à l’amélioration de la culture scientifique au Québec, par le biais d’un magazine de qualité et de prestige.Québec Science mobilise les gens; vous pouvez réaliser avec lui une relation d’affaires prometteuse pour les deux organisations.Écrivez-nous tout de suite et faites-nous part des produits et services que vous fabriquez ou vendez, et de votre intérêt à participer à notre démarche.Vous pourrez conclure avec Québec Science une entente commerciale qui vous fera membre-fournisseur de Québec Science.Québec Science Case postale 250 Sillery (Québec) G1T2R1 Vous pouvez également communiquer avec Madame Marie Prince, au (418) 657-3551, poste 2426.FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE ifitggaHæœ swmi 'iËsmmâmM Sst mm Entreprises, institutions, organismes Vous pouvez encourager d’une façon toute spéciale la cause de la diffusion des connaissances scientifiques et techniques entreprise par Québec Science et profiter d’une publicité de prestige pendant un an (10 numéros).Vous pouvez devenir membre-parrain en offrant en cadeau à vos employés ou à vos clients une carte de membre-adhérent de Québec Science (seules les personnes physiques peuvent devenir membre-adhérent).Toute l’année, les personnes que vous avez choisies, ainsi que vous-même, recevront le magazine de qualité Québec Science et des informations privilégiées sur les activités du Conseil de développement du loisir scientifique que votre contribution aura permis de soutenir.De plus, elles pourront bénéficier à leur guise de tous les avantages financiers permanents ou ponctuels offerts par Québec Science toute l’année à tous ses membres-adhérents.Si vous contribuez pour 1 000$ et plus à la cause de Québec Science, le nom de votre entreprise figurera visiblement toute l’année (10 numéros mensuels) au tableau d’honneur des membres-parrains des entreprises qui contribuent au développement des connaissances scientifiques dans la population.Ce tableau d’honneur indiquera le nombre de membres introduits par votre organisation et sera mis en évidence de façon particulière.Avec votre contribution, remettez-nous une liste des personnes que vous voulez inscrire comme membres.Chaque tranche de 55$ permet d’inscrire un membre.HVTÜfüfflfflUTÜP'PV ail.MJ-.UIRlWll imuniquez avec Québec Science ou avec notre représentant régional BOûebec Si Case posé ÆlleGrïîH -Aux PUBLICITAIRES Québec Science diffuse les connaissances scientifiques et techniques auprès du grand public depuis 28 ans et a apporté une contribution exceptionnelle au développement de la culture scientifique et technologique au Québec.Aujourd’hui, Québec Science se renouvelle.Il a décidé d’élargir sa clientèle et ses cadres en ajoutant à ses abonnés une nouvelle catégorie de clients : celle de ses membres, et de se doter d’une nouvelle approche et d'une équipe de représentants à travers la province.De plus, il raffine son image et développe de nouveaux contenus en conformité avec les désirs de sa clientèle actuelle.Québec Science est donc appelé dans les prochains mois à une progression intéressante.En tant que publicitaire, si vous vous associez à Québec Science, une clientèle privilégiée et plus nombreuse vous permettra une meilleure visibilité.Une approche dynamique et incitative auprès du public pour obtenir l’adhésion de nombreux nouveaux clients ne peut être que favorable à votre entreprise.Profitez de ces moments privilégiés d’exposition au public pour joindre votre développement à celui de Québec Science.Faites-vous auprès de notre clientèle une image d’entreprise solidaire du projet social de Québec Science et gagnez la fidélité de cette clientèle privilégiée.Faites-vous connaître à elle et faites-lui connaître vos produits ou services.Cette clientèle représente un potentiel important pour votre entreprise: elle est jeune, leader d’opinion, possède un niveau d’instruction et un revenu plus élevés que la moyenne des gens.Son style de vie en fait aussi un groupe de consommateurs très recherchés.De plus, cette clientèle est avide d’apprendre et cherche à profiter pleinement des retombées personnelles avantageuses que lui offre Québec Science sur les plans technologique et financier.Donc, une occasion unique pour vous ! par l’Agence Science-Presse Sida : la nouvelle hypothèse du Dr Montagnier ¦PP®/ ' ¦ " Le Dr Luc Montagnier, le spécialiste français qui a découvert le virus du sida, était de passage à Montréal, l’automne dernier, pour y recevoir un doctorat honorifique de l’Institut Armand-Frappier.Il en a profité pour faire le point des recherches sur le sida.« Depuis un an, a déclaré le Dr Montagnier, on assiste à un tassement de la progression des cas de sida chez les groupes à risques, notamment les homosexuels.Par contre, le nombre de femmes infectées augmente, ainsi que le nombre de nouveaux cas, qui a grimpé à 45 000 cette année.» On assiste aussi à une explosion très rapide de l’épidémie dans l’Asie du Sud-Est, dans les grandes villes de l’Inde et en Amérique du Sud, essentiellement attribuable à la transmission hétérosexuelle.Dans les pays développés, par contre, les campagnes d’éducation portent leurs fruits, sauf dans certaines classes, notamment les adolescents et les toxicomanes, qui ne se sentent pas concernés.Le Dr Montagnier a rapporté quelques nouvelles encourageantes quant à l’élaboration d’un vaccin contre la maladie.Deux équipes, l’une américaine, l’autre française, ont pu montrer que des chimpanzés étaient protégés contre une souche du virus par l’injection d’une protéine provenant de cette souche.Mais, pour que le vaccin soit efficace, il faudrait injecter aux gens des protéines correspondant aux souches majeures du virus.«Il faudra attendre au moins deux ans avant d’avoir un vaccin qui soit opérationnel», a précisé le Dr Montagnier.En ce qui concerne le traitement de la maladie, on attend bientôt de nouveaux médicaments antiviraux, qui seraient plus actifs et moins toxiques que ceux qui sont utilisés actuellement, tel l’AZT.Depuis deux ans, le Dr Montagnier a orienté une partie de ses recherches vers son hypothèse que le virus, ou tout au moins certaines souches, est relativement peu dangereux sans l’appui de certains cofacteurs.Le chercheur pense qu’une infection mycoplasmique peut activer le virus et aggraver la maladie en facilitant la production du virus.Les mycoplasmes sont des petites bactéries qui vivent à la surface des cellules, sans pourtant y pénétrer.«Nous sommes partis d’une observation, explique le Dr Montagnier, selon laquelle les antibiotiques diminuent l’effet tueur du virus sur des cellules infectées.Puis nous avons constaté que les antibiotiques agissaient en fait sur les mycoplasmes, et non sur le virus.Depuis, des résultats récents en laboratoire montrent que les mycoplasmes augmentent non seulement l’effet tueur du virus, mais aussi la multiplication du virus dans des cellules infectées.» Autre découverte curieuse : les mycoplasmes de sidéens sont des mutants, c’est-à-dire des nouvelles souches qui n’existent nulle part ailleurs.Cette mutation a peut-être été causée par l’utilisation massive d’antibiotiques pendant les 15 dernières années.Selon l’hypothèse du Dr Montagnier, cette nouvelle souche de mycoplasmes (venue des États-Unis) aurait pu, en entrant en contact avec le virus du sida africain, activer ce dernier et le rendre plus pathogène.Cela expliquerait pourquoi le virus existait depuis longtemps en Afrique sans créer d’épidémie, et aussi pourquoi l’épidémie a éclaté simultanément en Afrique et aux États-Unis.Si les mycoplasmes sont partiellement responsables, les antibiotiques devraient constituer un bon traitement de la maladie, puisqu’ils affaiblissent les bactéries.Le chercheur et son équipe ont donc administré de la tétracycline à une vingtaine de patients pendant trois mois : les signes cliniques du sida (diarrhée, perte de poids) ont diminué pour un tiers des malades.FÉVRIER 1991/QUÉBEC SCIENCE 11 Sergio Gaudenti / KIPA mais il n’y a pas eu de changement des paramètres virologiques.Cette nouvelle souche semble en effet très résistante aux antibiotiques.Cependant, l’amélioration est telle que le scientifique pense maintenant à une combinaison de médicaments antiviraux et antibiotiques pour soigner la maladie.« Le fait que les infections opportunistes puissent augmenter la production du virus pendant la phase asymptomatique justifie le fait qu’on veuille les prévenir le plus tôt possible, explique-t-il.On recommande donc aux séropositifs de se mettre à l’abri des infections bactériennes, de bien manger et de se reposer.» « Mais il est encore trop tôt pour recommander aux malades de prendre des antibiotiques», ajoute le Dr Montagnier.En effet, d’autres experts ont leurs doutes sur cette théorie et expliquent l’épidémie par la mutation du virus, en Afrique, en une souche plus virulente, qui serait venue, peu de temps après, aux États-Unis.Juliette Patterson UN POMPIER AVERTI ARRIVE PLUS VITE Après le détecteur de fumée, voici le téléavertisseur d’incendie.Semblable à un détecteur de fumée conventionnel, le téléavertisseur est directement relié au téléphone.Quand éclate l’incendie, l’appareil transmet automatiquement un signal à une centrale de gestion.Celle-ci se charge d’appeler les pompiers et d’avertir par téléphone l’occupant de la maison d’où provient l’alarme.De plus, une fiche signalétique apparaît à l’écran de l’ordinateur de la centrale, renseignant les services de secours sur la situation à laquelle ils devront faire face (type de bâtiment, nombre d’étages et d’occupants, etc.).Déjà, 5 000 systèmes de la compagnie Télé Alarmes Microtec sont installés à Québec.UN FILTRE BIOLOGIQUE PROMETTEUR La petite station d’épuration d’Orford, conçue par l’ingénieure Alexandra Kantardjieff, du Groupe Teknika, et en fonction depuis avril 1988, a remporté le deuxième prix Cellule d’un filtre biologique aéré, en opération v'n d’excellence de l’Association des ingénieurs-conseils du Canada, juste derrière le.Skydome de Toronto ! C’était la première fois, depuis la création de ces prix en 1967, que le projet d’une femme était primé.Depuis l’entrée en fonction de l’usine d’Orford, Mme Kantardjieff a conçu la station d’épuration de Sherbrooke, la plus grande au monde à utiliser le principe du lavage à contre-courant ; elle a aussi réalisé le design préliminaire de l’usine de l’Île-Perrot.CITÉES Les facultés de médecine canadiennes qui ont le plus progressé sont celles des universités francophones.Tel est le verdict du Science Watch, l’organisme américain qui compile les statistiques sur le nombre d’articles publiés dans les 3 200 principales revues scientifiques et sur le nombre de fois où une recherche est citée dans ces publications.Ainsi, pour les citations, entre 1981 et 1988, l’Université Laval Toutes ces usines ont un point en commun : le fameux filtre biologique aéré.Rapide, peu coûteux à utiliser, comparativement au charbon activé, et prenant très peu de place, ce filtre est composé de schiste expansé, de petites pierres concassées de 3 à 6 mm sur lesquelles s’attachent des microorganismes pour digérer les déchets, ce qui permet de sauter l’étape de la séparation de la boue et des microorganismes, puisque ceux-ci demeurent attachés au schiste.Mme Kantardjieff applique maintenant l’utilisation de ce filtre à une usine de pâtes et papiers.L’efficacité du procédé a été largement démontrée, à l’occasion d’un projet pilote mené à l’usine de pâtes thermomécaniques Kruger, à Bromptonville.Le procédé a permis une réduction allant de 65 à 97 % de la demande biologique en oxygène de l’effluent, d’abaisser la teneur en matières en suspension à 83 % et d’éliminer jusqu’à 98 % des acides résiniques.L’eau a grandement été détoxiquée, ainsi que l’ont prouvé les essais sur la survie des truites arc-en-ciel.Mieux encore, le coût serait environ 20 % inférieur à celui des techniques conventionnelles.On saura bientôt si Kruger ira de l’avant avec cette nouvelle technologie, mais, chose certaine, l’industrie des pâtes et papiers a besoin de telles innovations pour nettoyer sa cour.Carole Brodeur CITÉES est passée de la 12e à la 6e place, l’Université de Sherbrooke de la 10e à la 7e et l’Université de Montréal de la 1 Ie à la 10e.Tant pour les articles que pour les mentions, c’est l’Université de Toronto qui est la première, suivie de McGill.Et savez-vous quel est le chercheur le plus cité au Canada?C’est le Dr Fernand Labrie, de Laval, avec 10504 citations depuis le début de sa carrière.12 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 ENTREPRISE - UNIVERSITÉ Dans le but d’établir de nouveaux De son côté, l’Université de partenariats en recherche et développement entre les universités et les entreprises, la firme Bell a réuni, en octobre dernier à Montréal, plus de 200 scientifiques de l’industrie et sept universités québécoises et ontariennes, dans un colloque sur l’ingénierie de la qualité des logiciels.Des chercheurs de l’École Polytechnique et des universités McGill et Concordia, de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Waterloo y ont présenté les résultats de leurs recherches financées par Bell.En 1990, la « Maurice Richard » du téléphone a octroyé 3,6 millions de dollars aux chercheurs institutionnels.Sherbrooke a inauguré en octobre dernier ses deux laboratoires IBM en télédétection de l’environnement, grâce à une entente de coopération de deux millions de dollars conclue l’an dernier avec la « Gordie Howe» de l’informatique.Les laboratoires IBM seront utilisés l’un pour l’enseignement, l’autre pour la recherche en télédétection, en graphisme numérique, en modélisation environnementale et en développement international.De plus, un troisième laboratoire subventionné par IBM servira à l’enseignement de l’infographie moléculaire aux étudiants de chimie et de biochimie.QUE LE MEILLEUR TAUREAU SE LÈVE ! - Pour assurer la reproduction de son troupeau, un éleveur de bovins désire toujours utiliser les meilleurs géniteurs mâles possible.Or l’examen de la généalogie et des caractères physiques des taureaux ne permet pas de déceler leurs problèmes de fécondité.Aussi, pour éviter aux éleveurs des pertes de temps et d’argent, les scientifiques d’Agriculture Canada ont mis au point de nouvelles techniques permettant d’évaluer avec précision la fécondité des taureaux.Par exemple, en utilisant des techniques de thermographie, on mesure très précisément la température à l’intérieur même des testicules de la bête.Si cette température est anormalement élevée, ce qui peut être l’indice d’une maladie, on poursuit l’examen plus à fond en ayant recours aux ultrasons.On sait alors si le taureau peut être utilisé pour la reproduction ou non.LES TROUBLES DE LA PROSTATE : TOUS EN SONT FRAPPÉS La presque totalité des hommes auront en vieillissant des troubles de la prostate, a-t-on appris au dernier congrès de l’Association des urologues du Québec.Même que, selon le spécialiste américain David Paulson, la moitié des hommes de 60 ans sont atteints d’un cancer de la prostate.La plupart, cependant, mourront d’autres maladies avant même que les tumeurs n’aient atteint une taille suffisante pour qu’un cancer soit détecté.Le cancer de la prostate est le deuxième en importance chez l’homme, après celui du poumon.Lorsque le patient éprouve des douleurs aux os, dans le dos, ou des douleurs arthritiques, il est déjà trop tard : le cancer de la prostate a développé des métastases.Par contre, si les symptômes se limitent à la diminution de l’activité sexuelle et à la difficulté d’uriner, le cancer est encore limité à la prostate.Que faire alors ?Le Dr Paulson est catégorique: il faut retirer les tissus cancéreux.Après l’opération, le patient pourra uriner normalement.Quant aux érections.«ça dépend de l’âge du patient et de la taille de la tumeur», indique l’urologue américain.S’il faut régler ce problème, le Dr Paulson propose des injections stimulantes ou une petite pompe manuelle, qui permet de simuler l’érection.Le Dr Norman Sullivan, président de l’Association des urologues du Québec, n’essaie pas de dorer la pilule : « Lorsque le cancer est avancé, aucun traitement ne parvient à prolonger la vie du patient.» Mais, s’il est détecté à temps, il peut être combattu.D’où l’intérêt, pour tous les hommes de plus de 50 ans, de subir un examen annuel.Pour ceux qui échappent au cancer, il y a d’autres mauvaises nouvelles : à partir de 40 ans, la prostate prend du volume.lentement mais sûrement.Cette hypertrophie FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 13 GROS TRACTEURS ET PETITS POUMONS bloquera peu à peu l’urètre, et l’homme éprouvera des difficultés à uriner.Une autopsie de tous les hommes morts à un âge avancé révélerait une hypertrophie de la prostate dans neuf cas sur dix, estiment les spécialistes.L’hypertrophie de la prostate n’empêche pas de vivre, sauf s’il y a des complications (difficultés d’uriner, vessie abîmée sous trop de pression, insuffisance rénale).La solution conventionnelle, encore largement utilisée, est la chirurgie.À l’aide d’un instrument introduit dans l’urètre, l’urologue enlève des fragments de tissus.De son côté, le Dr Boccon-Gibod indique qu’en France de nouveaux traitements sont à l’essai : dilatation de l’urètre, destruction par la chaleur des tissus hypertrophiés, approche pharmacologique.Mais, pour le moment, ces traitements ne sont pas aussi efficaces que la chirurgie.Anne-Marie Simard Si un jour vous assistez à ces compétitions de tracteurs et de Big Wheels, apportez votre masque à oxygène ! L’air que l’on respire dans les amphithéâtres fermés où ont lieu ces compétitions peut en effet contenir jusqu’à 13 fois la concentration maximale permise de monoxyde de carbone.Telle est la constatation des chercheurs du département de santé de la ville de Winnipeg qui ont analysé l’air intérieur lors de deux compétitions de tracteurs.Le monoxyde de carbone est un gaz mortel dégagé par les moteurs à combustion.C’est pourquoi les scientifiques de Winnipeg recommandent aux autorités médicales des villes canadiennes d’être très prudentes lorsqu’elles autorisent de telles compétitions.DES BARRAGES, OUI OU NON?La demande d’électricité va croître d’au moins 2% annuellement au cours des prochaines années, selon le plan de développement d’Hydro-Québec.Par conséquent, malgré les programmes d’économies actuels et à venir, les prévisions justifient pleinement, selon la société d’État, la phase II du développement de la baie James, soit les complexes Grande-Baleine (en fonction vers 1998) et NBR (vers 2003), ainsi que la construction de la centrale de la rivière Sainte-Marguerite (prévue pour l’an 2000).Ces conclusions sont toutefois mises en doute par divers groupes écologistes et autochtones, comme on a pu le constater au 15e congrès de l’Association des biologistes du Québec, tenu en novembre à Sainte-Foy.« La rivière Moisie pourrait être sauvée si de sérieux programmes d’économies étaient appliqués», a soutenu Daniel Girard, vice-président de l’Association de protection de la rivière Moisie.La rivière Moisie se trouve sur la Côte-Nord.La future centrale de la rivière Sainte-Marguerite obligera à détourner deux de ses affluents, dont la Moisie.Or, selon Gaétan Guertin, de la vice-présidence environnement chez Hydro-Québec, des études d’impact ont déjà démontré que les effets de cette centrale sur l’environnement seront minimes - on parle d’une perte maximale de 6% pour les habitats utilisés par les tacons et de pertes nulles pour les aires utilisées par les alevins, étant donné la création d’aires nouvelles à la suite du détournement des deux rivières.Le biologiste Richard Verdon, également attaché à la vice-présidence environnement d’Hydro-Québec, abonde dans le même sens.En s’appuyant sur les résultats fournis depuis 1977 par un réseau mis en place pour évaluer les changements causés par le complexe La Grande, M.Verdon conclut que les modifications de la qualité de l’eau furent temporaires et de faible ampleur, et que la variété de la faune aquatique locale a même augmenté.De son côté, le seul intervenant autochtone au congrès, Edmon Malec, vice-président du Conseil Attikamek-Montagnais, est revenu sur la nécessité d’un «large débat public sur toute la question énergétique au Québec.Nous sommes aussi contre l’exportation d’énergie et demandons avant tout des mesures concrètes pour diminuer le gaspillage et accélérer la recherche de solutions de rechange.» Pascal Lapointe r s I Il [ U il fî ü I ti I tf I pi I ¦' i11 »! t!(L % .14 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE : VERS UN NOUVEAU RATTRAPAGE En moins de 30 ans, le Québec a rattrapé le net retard qu’il accusait en matière de recherche universitaire par rapport aux autres provinces.Les politiques et les stratégies adoptées il y a 20 ans se sont montrées efficaces, mais elles ne constituent plus une garantie pour l’avenir.À l’heure de la concurrence internationale, il devient donc impératif de revoir ces stratégies, afin de garantir au Québec une place dans la course effrénée à l’excellence.Voilà quelques-uns des constats présentés par M.Camille Limoges, au terme de la journée de réflexion sur la recherche universitaire, organisée en novembre par le Fonds FCAR, à laquelle participaient une centaine de gens d’affaires, hauts fonctionnaires, dirigeants d’universités et chercheurs.Malgré les progrès accomplis depuis 30 ans, la situation inquiète.Le secteur des sciences naturelles, où le taux de diplômes décernés ne cesse de diminuer depuis 1980, accuse toujours un net retard : sa part des principaux programmes de subvention n’a guère augmenté depuis 1970.Quant au secteur des sciences sociales et humaines, s’il a progressé rapidement, il risque maintenant de plafonner, victime de sous-financement et de cloisonnement.Le grand gagnant de ce rattrapage ?Le secteur des sciences biomédicales, qui à lui seul accapare 33 % des fonds de recherche universitaire, alors qu’il ne regroupe que 15 % de l’ensemble des professeurs d’universités.Mais ce secteur stagne, aujourd’hui, et son avenir est compromis.Il devra s’ajuster à la concurrence internationale, à l'intérieur de laquelle n’ont d’avenir que les secteurs répondant aux critères de l’excellence.Qui dit excellence dit vitalité et dynamisme.Or si plusieurs chercheurs québécois ont acquis une réputation internationale, ils appartiennent aujourd’hui à un corps professoral vieillissant.L’âge moyen des professeurs d’universités dépasse en effet 45 ans et on prévoit, dès 1995, avoir besoin d’environ 600 professeurs par année.La relève est-elle présente?Le nombre d’étudiants aux cycles supérieurs semble insuffisant, et déjà on note une pénurie de main-d’œuvre spécialisée dans certains secteurs, comme les télécommunications et la robotique.Selon M.Limoges, la faible motivation des étudiants face à la science nous mène tout droit à un constat d’échec.Le rattrapage devra désormais s’effectuer au sein des institutions secondaires et même primaires.Depuis 30 ans, la recherche universitaire québécoise a parcouru un long chemin, qui a mené ses meilleurs établissements jusqu’au 100e rang des universités nord-américaines.La première d’entre elles est la célèbre Université Johns Hopkins qui, à elle seule, dépense plus du double des sommes consacrées à la recherche par toutes les universités du Québec réunies.De quoi attirer plusieurs de nos jeunes et excellents chercheurs.Sarah Perreault GARE À LA CRISE ÉNERGÉTIQUE La consommation mondiale d’énergie doublera d’ici 30 ans, surtout à cause d’une augmentation de la consommation dans le tiers monde.Malgré cela, la consommation moyenne par habitant, dans les pays du sud, sera cinq fois moins grande que la nôtre.1Ü C’est du moins ce qu’ont prédit les experts mondiaux réunis au colloque «Energie et développement économique du tiers monde», tenu récemment à Québec.Cette augmentation de la consommation d’énergie doublera la production de bioxyde de carbone, ce qui pourrait entraîner des changements climatiques dramatiques.Que faire?Améliorer la performance énergétique et se tourner vers des sources d’énergie nouvelles comme l’énergie solaire, ont répondu les experts.LES SCIENCES AU PRIMAIRE : «UNE SORTE DE NÉGLIGENCE» Dans un avis remis en octobre aux ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et de la Science, le Conseil supérieur de l’éducation demande qu’un sérieux coup de barre soit donné pour améliorer l’éducation scientifique des enfants.FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 15 in Celle-ci est devenue indispensable dans notre société, souligne le Conseil, mais le bilan qui peut en être fait n’est guère satisfaisant: le programme des sciences de la nature au primaire n’est pas facile à interpréter, les écoles n’y consacrent pas toutes le temps prévu, les activités de supervision et de soutien des enseignants sont souvent insatisfaisantes, voire inexistantes, bref « l’éducation scientifique passe souvent au second plan des préoccupations et s’exprime dans les faits par une sorte de négligence».Pourtant, souligne le Conseil, l’initiation des jeunes du primaire aux sciences comporte des enjeux éducatifs de première importance.Au point de vue social, elle permet « aux enfants de s’ouvrir à la dimension scientifique d’un grand nombre de réalités de la vie quotidienne».Ensuite, au point de vue cognitif, «les sciences permettent d’aider l’enfant à comprendre et à organiser sa demande d’exploration.C’est au développement de la pensée qu’elles contribuent par les questions qu’elles suscitent.» Enfin, au point de vue éthique, les sciences «permettent à l’enfant de faire des liens entre l’univers, la nature et l’homme».De plus, ajoute le Conseil, « les sciences de la nature ont l’avantage de susciter l’intérêt spontané et l’engagement actif des enfants».Plusieurs organisations - médias, musées, clubs de loisir scientifique-contribuent à l’éducation scientifique, reconnaît le Conseil, mais c’est l’école qui doit jouer le rôle principal.Après un sombre diagnostic et une brillante défense et illustration de l’éducation scientifique, le Conseil donne une série de recommandations concernant le programme, la formation des enseignants, etc.Plus fondamentalement, le Conseil souligne «la nécessité d’affirmer, comme choix social, l’importance de la culture scientifique chez les jeunes ».La balle est donc dans le camp des deux ministres, Mme Rémillard et M.Pagé.Félix Maltais VERS LE MAGNÉTOSCOPE IDÉAL La firme japonaise Mitsubishi vient de lancer une nouvelle gamme de magnétoscopes superperformants, qui vont se détailler dans les 1 000$ et plus.Ces appareils ont une vitesse de rebobinage 100 fois supérieure à la vitesse de déroulement normal.Pendant le visionne-ment, on peut augmenter la vitesse graduellement, jusqu’à 14 fois la vitesse normale.Il est également possible de copier une cassette enregistrée en effaçant toutes les séquences indésirables (les spots publicitaires entre autres) sans que rien ne paraisse.Il reste cependant encore à inventer le magnétoscope idéal pour sportif de salon pressé : cet appareil n’enregistrerait que l’action, de sorte qu’une partie de hockey de 60 minutes durerait 60 minutes, et une partie de football.moins d’un quart d’heure ! ODOa i 16 QUÉBEC SCIENCE/FÉVRIER 1991 EN U DIX DANS UN «Le premier défi que doit relever l’Institut des sciences de l’environnement est celui de l’interdisciplinarité », a déclaré M.Jean-Pierre Revéret, directeur de cet institut que vient de créer l’Université du Québec à Montréal.Le défi est de taille, car l’Institut regroupe les dix unités d’enseignement et de recherche en environnement de l’UQAM (comme le Laboratoire de recherches en toxicologie de l’environnement et le Groupe de recherche en écologie forestière).DE TÉLÉ-MÉTROPOLE À L’UQAM L’Université du Québec à Montréal a inauguré dernièrement son Centre de recherche en communication informatique J.-A.-De Sève, cela grâce à une contribution de 350000$ de la succession du fondateur de Télé-Métropole.Les travaux des six professeurs et assistants de recherche du Centre, théoriques et appliqués, et portant, nous dit un communiqué, sur «les domaines clés de la communication informatique, sont les hypermédias, l’interface, l’interactivité, la formation et la vulgarisation informatique».DE L’ACDI À L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Avec le nouveau choc pétrolier causé par l’invasion du Koweit, les chercheurs du tout nouveau Centre d’excellence en analyse des politiques de développement et d’ajustement structurel économiques ont déjà du pain sur la planche.Et leur nerf de la guerre, 5,6 millions de dollars pour cinq ans, ces chercheurs des universités Laval et de Montréal l’ont obtenu de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).[ 1 m 11 'i"; X\ iïis I I le: ¦k mmmam ÇA CHAUFFE A L’UQAC i’- BIOLOGIE VEGETALE: DE MONTRÉAL.Nouvellement créé par la Ville et l’Université de Montréal, l’Institut de recherche en biologie végétale prend la relève de l’Institut botanique, fondé par le frère Marie-Victorin il y a 50 ans.Regroupant 15 scientifiques et une trentaine d’étudiants-chercheurs, l’IRBV s’intéresse, entre autres, à la situation des arbres en milieu urbain et à la création de nouvelles plantes horticoles et ornementales, ainsi qu’aux façons de les multiplier rapidement.Dans deux ans, l’Institut aura de nouveaux locaux au Jardin botanique, un investissement de huit millions de dollars assumé principalement par les trois palliers de gouvernement.A QUEBEC La Vieille Capitale pourrait (elle aussi) devenir un pôle d’excellence en biologie végétale, si on pouvait rassembler tous les chercheurs des divers ministères et facultés universitaires de la région, a déclaré le vice-recteur de l’Université Laval, M.Denis Gagnon.Un premier pas dans cette direction a été franchi récemment par la signature d’une entente de collaboration (portant sur la formation et la recherche) entre Forêts Canada et la faculté de foresterie et de géomatique de Laval.Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, la compagnie Alcan et la Fondation de l’Université du Québec à Chicoutimi investiront au total deux millions de dollars au cours des cinq prochaines années dans une nouvelle chaire industrielle à l’UQAC.Cette chaire, dont le titulaire est le professeur Rung Tien Bui, sera consacrée « au transfert de chaleur dans les procédés industriels à l’intérieur d’enceintes à hautes températures».Ou, si l’on veut, comment mieux chauffer son four, avec moins d’énergie, pour obtenir un meilleur gâteau.DE LA RECHERCHE AUX AFFAIRES.Ce n’est pas tous les jours que la recherche médicale est honorée par un prix d’excellence en affaires.C’est pourtant ce qui est arrivé au Centre de recherche en endocrinologie moléculaire de l’Université Laval, qui a reçu l’un des prix, catégorie innovation, remis cet automne par le ministère fédéral de l’Industrie, des Sciences et de la Technologie.Cela grâce à la découverte, par l’équipe du Dr Fernand Labrie, d’un nouveau traitement pour le cancer de la prostate.ET A LA POESIE «Nascunt poetae, fiunt oratores», dit le vieux proverbe latin.Dans le cas du chercheur Claude Hamelin, de l’Institut Armand-Frappier, on devrait dire : « On naît poète, on devient scientifique.» Ce réputé chercheur vient en effet de publier, sous le titre Fables des Quatre-temps, un recueil de poèmes.Hier auteur inconnu de 100 articles scientifiques, M.Hamelin est aujourd’hui un poète dont on voit la photo dans Echo-Vedettes et dans Le journal de Montréal, sans oublier Télé-Métropole.MIN1-SUN LITE Une lampe de poche à peine plus grosse qu'un stylo, mais que son optique de pointe rend 70 fois plus lumineuse que les lampes de même dimension.Longueur: 14,6 cm l5,75po) Poids: Moins de 56 gr (2 onces) SUN-001 Prix : 12,95$ (Taxes incluses: 14,95$) Voir page 4 THERMOMETRE ÉLECTRONIQUE MET-0900 c/m ¦/&r~-rrr, ! f /,/ //// / / / «»wn au-,st»,.mm.• Thermomètre électronique intérieur/extérieur • Possède une mémoire • Enregistre des températures minimales et maximales • Échelle de -40 à +50 Celsius • Câble sonde de 3 mètres Prix : 49,90$ (Taxes incluses: 57,66$) [8»S] FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 17 iTECHNO-ACTIONi par Claire GAGNON Dans leur quête toujours plus poussée de la performance, les chercheurs s’intéressent tout particulièrement au transport, qui est d’une importance cruciale dans un territoire aussi vaste que le Canada.Leurs préoccupations vont d’abord au développement de nouveaux matériaux, vital pour les fournisseurs de l’automobile.Depuis plusieurs années, les fabricants se voient obligés d’alléger le poids des voitures pour répondre aux normes, toujours plus sévères, visant à réduire l’émission des polluants et à diminuer la consommation de carburant.En réponse à ces nouvelles exigences, le magnésium, le dernier à grossir les rangs des métaux ultralégers utilisés dans l’industrie automobile, pèsera lourd dans la balance.Déjà, on lui accorde les meilleures notes comme substitut à l’aluminium, à l’acier, au zinc et même aux plastiques composites.LE MAGNESIUM, MATÉRIAU DE L’AVENIR Plus léger que tous les métaux commercialisés, le magnésium surclasse le favori chez les poids plume : l’aluminium.Le fait qu’il soit 35 % moins dense que ce dernier n’enlève rien à la résistance du magnésium.Ses grandes aptitudes de malléabilité en font un matériau plus facile à usiner que les autres métaux : sa cadence de production, lorsqu’il est moulé, est jusqu’à 25 % plus rapide.Depuis cinq ans, les applications du magnésium dans le domaine du transport gagnent du terrain.Ainsi, les ingénieurs de Pratt & Whitney, à Longueuil, ont mis au point des composantes en alliage de magnésium utilisées dans les moteurs d’avions.Les fabricants d’automobiles ont aussi commencé à explorer les possibilités de ce métal.General Motors, Ford, Volkswagen, Daimler-Benz et Honda ont élargi leur éventail de pièces en Sur la route de l’innovation technologique l-AÏ %ij & A Pose d’un enrobé bitumineux auquel on a incorporé un liant polymère.Actuellement à l’essai, un tel bitume pourrait contrer les problèmes de fissuration et d’orniérage des chaussées., magnésium, que ce soit pour les roues, les couvercles de soupapes, les boîtiers d’embrayage ou encore les boîtes de transfert.En fait, les statistiques sur l’utilisation des pièces moulées en magnésium prédisent un taux de croissance annuel de 10%.Et l’on croit que son emploi devrait augmenter considérablement et atteindre 35 à 50 kg par voiture d’ici 10 ans.Les nouvelles avenues qu’offre le magnésium sont d’autant plus intéressantes pour le Canada que le pays deviendra un des principaux producteurs de ce métal.Des pas importants ont été franchis: l’établissement récent d’un complexe de production de magnésium primaire au Québec (Norsk-Hydro, à Bécancour) et celui du Parc technologique de Sainte-Foy.Ce dernier a accueilli un nouveau venu en 1989: l’Institut de la technologie du magnésium.L’Institut vise l’expansion des marchés pour les produits du magnésium, à l’échelle internationale, ce qui fait dire à Anne Martineau, de l’Institut, que «le Québec est très bien placé pour relever le défi prometteur du magnésium ».DES CONTRÔLEURS DE LA CIRCULATION Dans un autre ordre d’idées, celui de la gestion de la circulation urbaine, le Québec avait bien du retard à rattraper.Une absence totale de produits québécois dans le domaine des contrôleurs de feux de circulation et la vétusté des appareils installés ont incité Pocatec, une petite firme de La Pocatière spécialisée dans la technologie électronique de pointe, à mettre au point son propre produit.Résultat?« Un contrôleur de circulation de programmation simple, compact et adapté aux rigueurs de notre climat», explique l’ingénieur Cari Cassista, directeur général de l’entreprise.Une centaine de ces unités de fabrication québécoise sont déjà installées aux quatre coins de la province.18 QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1991 I Quant au problème de vieillissement du revêtement routier - la majorité des chaussées, construites il y a 20 ans, ont atteint leur limite d’âge-, l’entreprise montréalaise Bituflex propose une technologie française pour la fabrication de bitume polymère.L’utilisation de nouveaux matériaux performants, dans la fabrication du béton bitumineux (asphalte), vise à contrer les causes majeures de détérioration des chaussées que sont la fissuration et l’orniérage (sentiers creusés dans l’asphalte par le passage des roues de voitures).D’un côté, les températures hivernales rendent le bitume plus fragile et cassant, d’où le problème de fissuration, et de l’autre, en saison chaude, le bitume devient trop mou pour supporter le trafic, d’où l’orniérage.Ces impératifs contradictoires ont poussé des chercheurs à mettre au point un bitume pouvant résister à l’orniérage sans devenir sujet à la fissuration en période froide.L’ASPHALTE SUR MESURE Le bitume polymère est une solution parmi d’autres pour régler cet épineux problème.L’ingénieur Yves Poissant, de Bituflex, explique : «En incorporant > au béton bitumineux un liant polymère, on améliore ses propriétés à basse et à haute température.Sa susceptibilité thermique abaissée, le bitume conserve, en été, une consistance élevée, et en hiver, son élasticité.» On dira d’un tel bitume qu’il est doté d'une «mémoire élastique» courte, c’est-à-dire qu’il a la capacité de reprendre sa forme d’origine.Depuis 1987, plusieurs centaines de kilomètres de bitume polymère ont été appliqués sur les routes québécoises, entre autres sur un tronçon des autoroutes Métropolitaine et Décarie, à Montréal.On devrait bientôt en savoir plus sur le comportement de ce type de chaussée de haute technicité.C’est dire que les automobilistes circulent déjà sur la route de l’innovation technologique ! |J Nous remercions le gouvernement du Canada de l'aide financière accordée pour la réalisation de cette chronique, dans le cadre du Programme Sciences et Culture Canada.LL________________________________________ KANUK PM! mmm Les Super-mouflons Kanuk Ils gardent les pieds au chaud jusqu'à -50° C, même immobiles! • Tissus extérieur microporeux.• Laçage interne qui maintient, sans le comprimer, l'isolant Polarguard.• Épaisse semelle intérieure en mousse à 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d’un CLSC de l’est de Montréal, une dizaine de femmes prennent place autour d’une large table.Huit d’entre elles, aux prises avec des problèmes de poids, se confient.« Cette semaine, dit Renée, je me suis battue avec un sac de chips.Dieu ! que j’en avais envie et pendant plus d’une heure je me suis promenée dans les allées du supermarché avec mon panier vide.Evidemment, c’était seulement des chips que je voulais ! » - Rires.- « Quel combat j’ai livré!» En sortant du supermarché, Renée n’avait pas de croustilles mais elle va tomber, chuter à nouveau.«L’important, dit-elle, c’est que je suis débarrassée de la fixation de la bouffe et du pèse-personne.Je me dis que j’ai pris 16 ans à devenir grosse et que ça va en prendre au moins autant pour redevenir mince.» Maigrir.Qui d’entre nous n’a pas déjà essayé de maigrir, de perdre ces quelques kilos disgracieux et qui dérangent tant?De fait, il y aurait, selon Santé et Bien-être Canada, un adulte canadien sur deux, seulement.qui affiche un poids satisfaisant.Conclusion: près de 50% des gens souffrent d’un quelconque embonpoint, alors que d’autres ont un poids jugé trop faible.Pas étonnant que les diètes, régimes et solutions miracles abondent sur le marché des calories.Les Américains y engouffrent 33 milliards de dollars annuellement, tandis que chez nous les Québécois dépenseraient la même proportion, soit environ 875 millions de dollars ! Neuf fois sur dix, c’est une femme qui entreprend un régime, bien que souvent (sept fois sur dix) son poids puisse être considéré comme normal.Il ne se passe donc pas une semaine sans qu’un artiste ou une personnalité quelconque ne vienne «grossir» les rangs des «nouveaux maigres ».Et en profite immanquablement pour faire l’éloge d’un nouveau produit ou d'une nouvelle méthode « révolutionnaire ».Quelle est la valeur des différents régimes amaigrissants?Les spécialistes, on s’en doute, ne s’entendent pas toujours sur les bienfaits de ces méthodes et produits.De fait, ils forment un véritable fouillis où se côtoient, pêle-mêle, des gens sérieux et des fumistes.Pas étonnant que le commun des mortels ne puisse s’y retrouver.QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1991 Oeuvre de Céline Lecompte / Effets spéciaux de Ève-Lucle Bourque ~;Pr O'ë: y' f.¦ • FÉVRIER 1991 / QUÉBEC SCIENCE 21 : v .C» */,r- -if.vtm, ¦,W7i LES SUBSTITUTS DE REPAS Les substituts de repas constituent sans doute le régime amaigrissant le plus en vogue actuellement.Vendus sous forme de tablettes repas, de lait fouetté ou de biscuits, ces produits ont d’abord été commercialisés aux Etats-Unis.Ils ont d’ailleurs obtenu des succès commerciaux indéniables, et des personnalités comme l’entraîneur des Dodgers de Los Angeles, Tommy Lasorda, en ont vanté les mérites.Lasorda avait offert une contribution de 20000$ à une œuvre de charité, si quelqu’un parvenait à lui faire perdre 20 1b (environ 9 kg).Selon l’histoire racontée, il aurait perdu 16 kg et une communauté de religieuses aurait hérité d’un nouveau couvent! Les produits vendus au Québec, sous forme de sachets à diluer dans un verre de 250 ml de lait entier, contiennent - malgré des écarts entre les différentes marques - 240 calories, 13 g de protéines, 23 g de glucides, 9 g de matières grasses (lipides) ainsi que des minéraux et des vitamines.Or le lait au chocolat maison contient environ 235 cal, 10 g de protéines, 27 g de glucides et 10 g de gras ! Si ces produits ne sont pas dangereux, ils sont généralement déconseillés.Selon Christiane Maes, diététiste au Centre hospitalier Saint-Michel, à Montréal, « leur teneur en protéines, vitamines et minéraux se rapproche des limites inférieures pour une saine alimentation ; ils ne contiennent par ailleurs que très peu de fibres».Les plans d’amaigrissement proposés avec ces produits seraient trop restrictifs et n’apporteraient que peu de variété.« Mais surtout, dit-elle, ce genre de programme ne permet pas d’acquérir des habitudes alimentaires saines et durables.» Selon la diététiste, les substituts de repas sont inadéquats pour les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et qui allaitent.Les médicaments, tels les amphétamines, qui stimulent le système nerveux central, les diurétiques, qui augmentent la sécrétion urinaire, les extraits de glande thyroïde et toutes les substances laxatives vendues en pharmacie sont considérés comme nui- sibles à la santé.« Ce ne sont que des béquilles qui nuisent à l’équilibre du métabolisme humain », affirme Aline Lauzière, chargée de cours en nutrition à l’Université Laval.«L’estomac, dit-elle, n’est pas fait pour recevoir des pilules et de l’eau ! » Quant aux régimes qui prônent la consommation d’un aliment prétendu «mange-graisse», comme l’ananas ou le pamplemousse, ils seraient tout simplement à balayer du revers de la main, tout comme les aliments réputés « coupe-faim », du type algues marines.« Il faut, dit Mme Maes, que les gens acceptent le fait qu’il n’existe aucun aliment dans ce monde qui ait le pouvoir de «brûler» ou de faire disparaître les graisses.Si c’était le cas, il y aurait belle lurette que l’obésité aurait été enrayée de la planète ! » Pourtant, la logique de l’ananas «mange-graisse» était séduisante : la tige du fruit renfermerait, selon cette théorie, de la broméline, une enzyme protéolytique qui a la particularité de désagréger le tissu fibreux - le collagène — qui entoure les cellules adipeuses.Une fois libérées, ces cellules seraient plus facilement brûlées par l’organisme.DES SOLUTIONS CONTROVERSÉES Il existe des solutions beaucoup plus controversées.Le jeûne est de celle-là.Cette thérapie connut une vogue, il y a quelques années, mais depuis que la documentation scientifique a rapporté plusieurs cas de décès dans des cliniques de jeûne, dont quelques-uns au Québec, la mode s’est estompée largement.Selon Christiane Maes, le corps, lorsqu’il est privé de toute alimentation, subit une série de transformations catastrophiques.«Il y a d’abord une déplétion des réserves, une adaptation métabolique puis une détérioration rapide entraînant la mort de l’individu.» La diététiste voit dans le jeûne une série d’effets secondaires particulièrement dramatiques: déshydratation, chute du potassium, nausées, vomissements, crampes musculaires, déminéralisation des os, dépression, invasion bactérienne et un coma conduisant à une mort certaine.Même s’il est vécu sur une courte période, la diététiste refuse le jeûne.« Les pertes de poids viennent alors de la diminution du tissu musculaire et de la déshydratation », explique-t-elle.Cela n’est pas du tout l’avis de Pierre Normandeau, hygiéniste, qui a fondé à Québec l’Institut de médecine hygiéniste.«Un jeûne de deux semaines permet l’élimination des toxines accumulées dans les cellules et conduit à une perte d’environ cinq à sept kilos.Mais attention, dit-il, il faut créer des conditions favorables à l’élimination.Le jeûneur devra être en repos complet : sensoriel, physique, émotif et sexuel.» Pour M.Normandeau, le jeûne est la façon la plus intelligente de perdre du poids.«On régénère l’organisme et on rétablit l’équilibre endocrinien», soutient-il.Aline Lauzière a, sur le sujet, un avis partagé.« Un jeûne de quelques jours, dans des conditions de repos total et sur recommandation médicale, ne peut pas faire de tort, mais ce n’est pas une bonne façon de perdre du poids.» LES RÉGIMES DE PROTÉINES LIQUIDES Les protéines forment avec les hydrates de carbone et les lipides, les 22 QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1991 o';>' C A'"- * m Avec l’indice de masse corporelle (IMC), le poids d’une personne en santé couvre un éventail accru.Mais, parallèlement, le choix des aliments allégés, des substituts de repas et des régimes miracles semble proliférer.trois groupes de macronutriments essentiels à l’organisme humain.On les retrouve dans les tissus musculaires, où ils réagissent avec l’eau du corps pour former des acides aminés.Or, dans les diètes sévères ou les jeûnes, la perdition en protéines est très grande, ce qui met en péril la santé.C’est pourquoi plusieurs médecins spécialistes traitent les cas d’obésité par des régimes sévères, mais associés à des suppléments protéiques.Ces régimes sont généralement constitués d’une diète hypocalorique d’environ 400 ou 500 cal par jour et d’un supplément de protéines liquides contenant près de 300 cal.Mais, comme l’explique la Dre Réjeanne Gougeon, de l’Université McGill, « si on considère que les patients trichent un peu, en consommant environ 200 cal de plus, les régimes de protéines liquides représentent malgré tout un apport de plus de 1 000 cal par jour».La Dre Gougeon rappelle du même souffle que le Guide alimentaire canadien recommande des régimes amaigrissants constitués de 1 400 cal par jour, soit à peine plus.Cette pratique des régimes de protéines liquides est largement répandue chez les médecins qui traitent l’obésité.Or plusieurs diététistes contestent vertement cette approche.«La perte de poids est trop rapide, dit Christiane Maes, et «l’épargne protéique» est douteuse, à cause de la très grande variété de réponses à ce traitement.» Des gens perdraient, en effet, beaucoup de tissus maigres (musculaire et osseux) à cause de la restriction énergétique du régime.Les protéines, sans apport calorique important, seraient fort mal assimilées par l’organisme.«Les lacunes sont telles qu’une patiente peut s’attendre à vivre les mêmes effets secondaires que pour le jeûne, mais sur une plus longue période.» D’autres diététistes, comme Aline Lauzière, estiment que ces régimes entraînent des arythmies et autres problèmes cardiaques et des pertes importantes en minéraux.« Il faut, dit-elle, avoir parlé aux femmes victimes de ces régimes pour comprendre le danger qu’ils représentent.» MAIS ALORS, QUEL RÉGIME SUIVRE?Sans faire l’unanimité, certaines cliniques privées de perte de poids feraient du bon travail.Les «thérapies de groupe», à l’image des regroupements d’Alcooliques anonymes, sont reconnues pour proposer des régimes simples, sans gras, et qui s’adaptent aisément aux divers patients.La formule serait néanmoins trop standardisée, et, aux dires de Mme Maes, le niveau calorique demeure trop restrictif pour la majorité des obèses.Depuis quelques années, de nouvelles «cliniques minceur» ont ouvert leurs portes.Franchises œuvrant sous la bannière de grandes chaînes, ces T entreprises proposent des régimes généralement équilibrés, conçus par des diététistes et qui misent beaucoup sur le suivi de la clientèle.Ces cliniques sont en croissance exponentielle au Québec.L’une de ces chaînes, complètement absente il y a trois ans, possède une trentaine de succursales en province, dont 13 dans la région de Montréal.En 18 mois, six cliniques ont été ouvertes dans la seule région de Québec.A tout le moins, une formidable réussite commerciale ! Cette chaîne de cliniques minceur propose des rencontres par petits groupes, où l’on aborde des questions comme les habitudes alimentaires, les émotions et les problèmes de communication.Ici, on mise beaucoup sur la responsabilisation des patientes (plus de 80 % des clients sont des femmes) et sur le suivi de celles-ci, une fois qu’elles ont réussi à perdre le poids escompté.«Notre crédibilité, explique la responsable des communications, se base sur le programme de maintien : pendant plus de six mois, nos clientes doivent revenir périodiquement, afin de s’assurer que les nouvelles habitudes alimentaires ont été bien suivies.Nous demeurons convaincues que le programme, qui s’échelonne sur plus d’un an, permet aux femmes d’adopter finalement de nouvelles habitudes de vie.» Seule ombre au tableau, le programme ressemble à un embrigadement : on doit respecter à la lettre une diète constituée de repas préparés par la clinique.Portant le nom de l’entreprise, ces repas diététiques contiennent peu de gras, peu de sucres, mais beaucoup de protéines.On y retrouve même des croustilles, des bonbons et du maïs soufflé pour les « collations », mais, de l’avis de Lyne Mongeau, diététiste au CLSC Rosemont, ils rendent la femme esclave de ces produits.«Il faut voir aussi les coûts de ce programme, c’est scandaleux ! » Les salles de rencontre de cette clinique sont tapissées de ces photos «avant-après» bien connues.On voit les principes de motivation qui sont appliqués : ceux du renforcement positif.À chaque étape, à chaque tranche du programme, les clientes obtiennent une gratification : elles sont invitées à signer un registre, elles FÉVRIER 1991/QUÉBEC SaENCE 23 Johanne Fortin-Lemire, travailleuse sociale (à gauche) et Lyne Mongeau, diététiste-nutritionniste font partie du Collectif action alternative du CLSC de Rosemont, qui s’est fixé comme objectif de responsabiliser la personne à l’égard de son poids.reçoivent un macaron, elles sont applaudies par le groupe, etc.LA MOTIVATION, LA CLEF DU SUCCÈS?« La diète, les régimes, ce sont des aspirines ; ce sont toutes des recettes qui fonctionnent, et, en même temps, aucune n’est efficace», dit le président de l’Association des médecins traitant l’obésité, le Dr Maurice Larocque, médecin spécialiste.Selon le Dr Larocque, le régime ne pourra jamais, à lui seul, régler des problèmes de comportement.« Après trois mois de diètes sévères, le patient qui aura perdu du poids va se dire une seule chose: aïe! là maintenant je vais me faire plaisir!» Pour le Dr Larocque, le régime est accessoire.« Mais ceux à base de protéines liquides, dit-il, sont quasiment trop efficaces.Je laisse néanmoins le choix au patient, après avoir diagnostiqué son état.Je peux lui prescrire un régime de 1 000, 1 200 ou 1400 cal par jour, avec ou sans suppléments protéiques.L’important est de s’adonner au «jogging mental» en réalisant des exercices de motivation afin de garantir le maintien de son poids.» De fait, M.Larocque a publié de nombreux ouvrages sur cette question de la motivation par autohypnose, relaxation ou conditionnement personnel.«Je compare toujours notre conditionnement mental aux efforts publicitaires.Il y a quelques années.Coke avait décidé de ne plus investir dans des campagnes de publicité.Après cet arrêt de motivation de sa clientèle, les ventes ont littéralement chuté, au profit de son concurrent.Pour le maintien du poids, c’est la même chose.Dès que nous abandonnons notre motivation, et cela peut arriver en moins de trois semaines, nous reprenons nos mauvaises habitudes.» fi £iv;su«a=- m»»> ’.Ttàaar.Concrètement, les techniques de relaxation du Dr Larocque sont simples et accessibles à tous.Une fois en état de relaxation, la technique propose de répéter certaines phrases suggestives du type: «J’aime maigrir», «Je me • sens plus jeune», «J’aime maigrir et j’aime être bien».Les thèmes abordés par cette technique d’autosuggestion sont illimités, mais M.Larocque en propose une vingtaine, qui vont de la « programmation » pour l’activité physique à celle pour le maintien du poids ou pour l’élimination du goût du sucre.SAVOIR SE PRÉPARER Les diététistes qui travaillent dans les CLSC accueillent souvent «en première ligne» des gens victimes d’embonpoint et n’ont pas toujours le soutien, les ressources et la préparation nécessaires pour intervenir efficacement.C’est un peu pour combler cette lacune que le Collectif action alternative en obésité a été créé.«On s’est rendu compte que la modification à long terme des habitudes de vie (alimentation et sédentarité) est bien difficile à réaliser», explique Lyne Mongeau.C’est pourquoi les spécialistes de ce Collectif (diététistes, psychologues, travailleurs sociaux, etc.) ont adopté l’approche holistique, cherchant à tenir compte de la personne dans son ensemble : comportements, facteurs physiologiques, psychologiques et sociaux.Le programme du Collectif se base sur des rencontres en petits groupes, chaque semaine pendant près de quatre mois.«Lors de ces rencontres, dit la diététiste, nous abordons tous les aspects de la vie de la personne : sa situation sociale et familiale, ses relations avec les autres, ses rapports avec son corps, son image corporelle, etc.» Cette méthode est très tolérante.Au CLSC de Rosemont, pas de régime ni d’objectifs de perte de poids; on cherche d’abord à savoir comment la personne fonctionne et comment elle est venue à prendre du poids.«Notre objectif central, dit Johanne Lemire, travailleuse sociale, est de responsabiliser la personne à l’égard de son poids, sinon toute tentative d’amaigrissement est vouée à l’échec.Mais surtout, nous abordons la perte de poids non pas comme une lutte ou une bataille, mais comme une démarche individuelle.» Finie, donc, la culpabilité, et vive l’affirmation de soi ! « On va par exemple suggérer aux femmes de «s’offrir» une belle marche de santé après le souper.» Le soir même, nouvelle rencontre au sous-sol du CLSC.Lyne Mongeau et Johanne Lemire attendent le groupe de femmes.De quoi discutera-t-on ?Des avantages qu’il y a à rester grosse ! Au départ, aucune des femmes ne semble y voir d’aspects positifs, puis, petit à petit, elles en découvrent plusieurs ! «Ma grosseur m’isole du reste du monde, dit l’une d’elle, je suis certaine d’avoir la paix ! » D’autres, 24 QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1991 Ève-Lucie Bourque L’EFFET YO-YO : VÉRITÉ OU FUMISTERIE?Plusieurs spécialistes en diététique prétendent qu'il n’y a pas plus dangereux et dommageable pour la santé que les régimes sévères.Ainsi, selon la diététiste Lyne Mon-geau, les cures, les jeûnes et les régimes hypocaloriques perturbent complètement l’organisme humain.Selon ce point de vue, le métabolisme basal - l’énergie consacrée aux activités vitales de l’organisme comme la respiration, la digestion, la circulation sanguine - s’atrophie, se met à tourner au ralenti et devient « paresseux».Plus la disette sera sévère et plus l’organisme deviendra économe du faible apport énergétique qu’il reçoit.Lorsque l’individu revient à une alimentation plus abondante- ou même normale - ou dès qu’il «triche» pendant son régime, l’organisme considère cet apport alimentaire comme un excès et le stocke.C’est la logique même : le moteur tourne au ralenti, il consomme moins.Un métabolisme qui brûlait 1 800 calories par jour - en dehors des activités physiques - en brûle beaucoup moins s’il n’en reçoit que 500.Fatalement, l’organisme reprend toutes les graisses perdues et même davantage.Ce principe ferait que toutes les femmes soumises à une diète sévère se retrouvent, 15 ou 20 régimes plus tard, au même point ou dans une situation qui s’est détériorée.C’est le principe dit du yo-yo.Pire encore, ces régimes successifs feraient perdre d’abord de l’eau et de la masse musculaire, plutôt que les graisses accumulées.Selon Lyne Mon-geau, des anthropologues ont même conclu que l’être humain se serait développé et serait devenu de plus en plus gras à la suite des périodes successives de famine et d’abondance.Or il n’y aurait aucune évidence scientifique de ce phénomène.Au contraire, selon le centre de nutrition clinique Dunn, à Cambridge, les populations rurales de la Gambie subissent annuellement une terrible disette durant la « saison de la faim », celle qui précède la récolte, alors que les réserves de la saison précédente sont épuisées.Les adultes perdent alors plus de 50% de leur graisse accumulée, pour reprendre ensuite leur poids dans les semaines qui suivent.Curieusement, on ne retrouverait aucun signe d’obésité chez ces populations.Qui plus est, la mesure de leur masse musculaire est comparable à celle des Européens, qui n’ont pas à subir cette disette annuelle.Le même centre de nutrition a soumis 11 femmes obèses à des cycles répétés de régimes sévères et d’alimentation ad libitum.Résultat?Les femmes ont finalement perdu du poids (une moyenne de 5,9 kg, plus ou moins 2,33 kg), dans la masse de gras plutôt que dans les tissus maigres.Selon le chercheur Claude Bouchard, du département d’éducation physique de l’Université Laval, la notion de «l’effet yo-yo» était séduisante parce qu’elle expliquait bien des écarts et des échecs, mais les études scientifiques tendent à infirmer l’hypothèse.Son confrère, Jean-Pierre Després, prétend qu’il faut se demander quel poids auraient affiché les femmes qui se disent victimes des diètes sévères, si elles n’avaient suivi aucun régime.«Elles auraient sans doute continué à prendre du poids, pour atteindre les mêmes niveaux.» À cela il faut ajouter un comportement bien naturel, quoique néfaste: après un interdit de manger, beaucoup de gens seront tentés de faire de la surcompensation.Les personnes qui font appel aux spécialistes sont donc des experts de la rechute, qui manifestent une grande susceptibilité à l’embonpoint.«C’est là, dit le médecin et thérapeute Jean-Guy Boileau, que la névrose de l’échec s’installe.» Il faut alors chercher à effacer ce lourd sentiment de vulnérabilité et d’inefficacité qui se développe chez l’obèse.Une tâche parfois irréalisable.comme Renée, y voient une bonne protection contre les hommes.Certaines sont convaincues d’être plus tolérantes envers leurs proches, et Marie estime être choyée par son entourage, qui se charge de nombreuses tâches qu’elle ne peut pas faire.«Si j’étais mince, dit-elle, j’aurais plus de responsabilités.» Les résultats du Collectif se mesurent moins au niveau de la perte de poids qu’à celui de l’acceptation et de l’affirmation de soi.Plusieurs femmes (27 %) ont décidé de ne plus essayer de maigrir et d’abandonner les programmes conventionnels de perte de poids.Certaines ont plus de facilité à se regarder dans un miroir, et plus de 50 % d’entre elles ont conservé leur marche quotidienne - quelles que soient leurs tâches familiales.LA THÉRAPIE ANALYTIQUE Pour le Docteur Jean-Guy Boileau, médecin et thérapeute, l’approche du Collectif est un pas dans la bonne direction.«C’est une incitation à la thérapie, estime-t-il, mais on doit se rappeler qu’il faut beaucoup de temps pour qu’un obèse puisse révéler ce qui se cache derrière son déguisement.» Selon ce spécialiste, les différents régimes amaigrissants ne sont qu’une vaste fraude et une exploitation généralisée des personnes victimes d’embonpoint.«Un spécialiste honnête, dit-il, devrait avoir le courage d’admettre que trois personnes obèses - ou victimes d’embonpoint - sur quatre sont intraitables.» Pourquoi ?« À cause des résistances biologiques et psychologiques.D’un point de vue analytique, les personnes grosses sont des enfants incapables de s’investir.Elles auront toujours besoin d’un autre.Pour les traiter adéquatement, il faut qu’elles soient prêtes à faire un long pèlerinage intérieur.» Pour M.Boileau, les techniques actuelles ne font que «vider» le sens symbolique de l’aliment.«Or, dit-il, l’aliment est inscrit au plus profond de nous-mêmes depuis notre naissance.Le sens symbolique de l’aliment, c’est la Mère, le premier aliment nourricier.» '' -fl FÉVRIER 1991/QUÉBEC SCIENCE 25 Il faut donc, selon lui, «désymp-tomiser» l’aliment dans la vie de l’individu.«Il faut d’abord évaluer la portée du symbole de l’aliment dans sa propre vie.On ne pourra jamais lui enlever la part affective qu’il inscrit dans l’aliment, mais on peut lui apprendre à vivre avec elle et à la contrôler.» Une fois cela fait, la personne sera mieux disposée à maigrir.Le hic, c’est qu’une thérapie semblable peut prendre des mois, voire des années.Pour plusieurs médecins traitants, les personnes grosses ne veulent pas se faire psychanalyser, elles veulent perdre du poids, et vite ! Pour le Dr Larocque, il n’y a pas plus d’un cas sur quatre qui est vraiment perdu d’avance.«Les autres personnes qui viennent me voir réclament de l’aide, et je sais que je peux leur en apporter.Je n’ai donc pas le droit de leur refuser cette aide.» LA TOUR DE BABEL On le voit bien, les principes, les philosophies associés aux régimes amaigrissants sont nombreux.Et souvent contradictoires.Il faut admettre que l’embonpoint et l’obésité sont des choses complexes, difficiles à traiter.C’est pour cela que les techniques se multiplient, personne n’ayant découvert la «recette miracle».Mieux vaut encore se rappeler un vieux principe : il est toujours préférable de perdre du poids graduellement, en modifiant ses habitudes de vie.Bref, on n’a toujours pas trouvé mieux que l’exercice et une saine alimentation pour retrouver une taille plus fine.Le plus sage serait encore de modifier sa perception des rondeurs ; les tableaux de l’illustre peintre Renoir représentaient souvent des «femmes bien en chair», ni laides ni malades ! Au CLSC Rosemont, il est maintenant dix heures.Renée, avant de quitter la rencontre, lance d’un trait: «Je sais que je ne suis pas «fine, fine» tous les jours et que je «mange souvent mes émotions», mais je commence à m’aimer comme je suis.Je suis capable de me regarder dans le miroir et de me dire : ma fille, tu ne seras jamais mince.» ?Le Loup de Kanuk Passez vos dix prochains hivers au chaud avec un Kanuk KANUK 1111 v\ IS V* \ % s;; n 'is 's » ¦¦ fl, a: ii k B S i'il 110 !»• li® ¦to fi » t»! )# |ü'9 itii Voici un ouvrage qui présente deux personnages importants de la société canadienne : Alexis de Tocqueville et André Siegfried.Fort connus des étudiants des collèges classiques d’autrefois, ces deux auteurs ont inscrit dans leurs œuvres le destin politique du Canada français, le premier, un peu avant la rébellion de 1837-1838, le deuxième, au temps de Laurier et d’Henri Bourassa, alors que débutait la marche vers l’indépendance de la colonie.Gérard Bergeron, éminent professeur à l’École nationale d’administration publique, fait, dans son ouvrage, un parallèle Gérard Brwrori QUAND TOCQUEVILLE SIEGFRIED NOUSOKSf.KVAIENT.BERGERON, Gérard Quand Tocqueville et Siegfried nous observaient.Presses de l’Université du Québec, Sainte-Foy 1990, 208 pages, 24 $ ISBN 2-7605-0571-5 lit! entre ces deux écrivains politiques, qui ont porté un double regard historique sur notre peuple, à des périodes distinctes.Il met en relief, par des analogies et des contrastes, la pensée et la conception des deux essayistes sur la société canadienne, chacun en son temps.Les quatre premiers chapitres de l’ouvrage sont consacrés à la pensée de Tocqueville après son séjour au Bas-Canada, en 1831.A partir de ses écrits, on peut conclure qu’il tenait en haute estime les premiers Canadiens.«Il y a ici tous les éléments d’un grand peuple, écrit-il.Les Français d’Amérique sont aux Français de France ce que les Américains sont aux Anglais.En un mot, ils ont en eux tout ce qu’il faudrait pour créer un grand souvenir de la France dans le Nouveau Monde.Toutefois, il leur faudrait préalablement reconquérir complètement leur nationalité ce qui est probable sans malheureusement être assuré.» Dans son ouvrage classique, De la démocratie en Amérique, Tocqueville revient sur un thème analogue, mais d’une façon furtive et plus enveloppée, puisque l’œuvre porte d’abord sur l’évolution de la démocratie américaine.Pour sa part, André Siegfried, dans ses deux ouvrages.Le Canada, les deux races et Le Canada, puissance internationale, traitera plus explicitement du Canada et de la société canadienne, ouvrant ainsi la voie à des études postérieures sur l’avenir de notre pays.Gérard Bergeron étudie l’homme et l’écrivain en se fondant sur ses deux ouvrages fondamentaux, mais aussi sur des documents complémentaires.Dans Le Canada, les deux races, Siegfried peint la situation des deux cultures et la domination de l’une (anglaise) sur l’autre.Dans son deuxième ouvrage, il démontre l’évolution de la colonie canadienne vers l’indépendance et vers un statut de puissance internationale.En écrivant ce nouveau livre, Gérard Bergeron apporte une précieuse contribution à la science politique canadienne.A l’heure où le Québec s’interroge sur son avenir constitutionnel, cet ouvrage peut jeter un éclairage historique sur cette évolution.¦ Jadis, le philosophe Héra-clite clamait que « tout coule et tout change» et qu’«on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve».Dans le Phénomène humain et l’évolution, Yvon Pageau, à la suite de Teilhard de Chardin, démontre que la vie est l’expression de l’évolution et que l’homme est le fruit et le fleuron de cette longue marche de la terre vers son devenir.Il présente son œuvre en trois mouvements, un peu à la manière d’une symphonie.Dans le premier mouvement, il décrit la genèse de la vie jusqu’à l’arrivée des Australopithèques, qui se distinguent par la bipédie.Les premiers hominidés étaient nés après plus de trois millions d’années d’une lente évolution.Et puis vint le passage à un stade supérieur avec la libération de la main, qui s’est faite avec et par les premiers pas.mm mm Ptfe Kv.v.vv 'f- .-V VvV: .•*> i Le deuxième mouvement chante justement l’importance de la main, dont l’exercice révèle le cerveau et l’apparition de l’homme, car ce qui distingue ce dernier de l’animal, c’est d’abord la main, cette main intelligente qui fabrique les premiers outils avec les pierres primitives en vue de s’en servir pour des fins précises.L'Homo hahilis, vieux de deux millions d’années, faisait donc son apparition suivi de près par les Pithécanthropes de Java et les Sinanthropes de Pékin, qui se caractérisent par un accroissement crânien supérieur par rapport à leurs ancêtres hominidés, les Australopithèques.Et puis vinrent le Néanderthalien et l’homme de Cro-Magnon (découvert dans la vallée de la Dordogne).Le volume crânien de ce dernier dépasse celui de Y Homo erectus.Cette complexification du cerveau le rend probablement apte à l’évolution de la parole et à l’utilisation du langage.L’homme d’hier et d’aujourd’hui était né.Le troisième mouvement amplifie les grandes acquisitions humaines: la main intelligente, le système nerveux fabuleux, le système immunitaire fantastique et le génome mystérieux.Il décrit aussi les agressions et les maladies qui guettent l’homme aux diverses phases de sa vie.Cette partie se termine sur une plus grande concrétisation de l’homme qui transcende la matière et aboutit au point Oméga de Teilhard de Chardin, point de rencontre de toute la création.Une intéressante conclusion reprend le thème des trois mouvements et invite l’homme au dépassement, à prendre la mer et à partir à la découverte de nouveaux continents jusqu’au monde de l’au-delà, un peu comme Christophe Colomb dans la pièce de Claudel.«J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et il n’y avait plus de mer.» Ce remarquable ouvrage, écrit dans un style accessible à tout lecteur averti, nous fait découvrir, en même temps que l’origine de l’homme, les moyens d’enrichir l’univers et de lutter contre un environnement insalubre.PAGEAU, Yvon Le phénomène humain et l’évolution Éditions du Méridien, Montréal Coll.Vision globale 1990, 520 pages, 34,95 $ ISBN 2-89145-011-3 À SIGNALER FISCHLER, Claude L’Homnivore Éditions Odile Jacob, Paris 1990, 416 pages, 29,95$ ISBN 2-7381-0101-1 Sociologue et chercheur au CNRS, l’auteur travaille sur l’évolution des mœurs alimentaires dans les sociétés développées.Il démontre avec brio et humour qu’à l’âge de l’abondance, nous sommes sans doute plus menacés par la cacophonie diététique que par ce que contiennent nos assiettes.Il explique aussi comment la civilisation moderne, l’évolution des modes de vie et l’industrialisation ont transformé notre rapport avec l’alimentation et, du même coup, avec nous-mêmes.FÉVRIER 1991/ QUÉBEC SCIENCE 61 SANTE DANS LE PROCHAIN NUMERO VERS L’AGRICULTURE DURABLE?(Élaine Hémond) En même temps que les agriculteurs nous assurent d’une certaine autonomie alimentaire, ils sont les légataires d’une très grande partie de notre patrimoine naturel.De plus en plus évidente, cette double mission de production et de conservation est celle qui échoit aux jeunes qui choisissent de s’orienter vers cette profession.Mais s’improvise-t-on encore agriculteur?Élaine Hémond répond à cette question en nous présentant ces nouveaux agriculteurs qu'elle a rencontrés.TECHNOLOGIE SOUS-FLUVIALE (Claire Gagnon) Au-delà des discordes politiques, la ligne sous-fluviale Lotbinière-Grondines, visant à acheminer de l’électricité de la baie James aux États de la Nouvelle-Angleterre, représente un véritable défi technologique.Par ce projet, Hydro-Québec mettra au point la première traversée mondiale sous-marine de câbles électriques à haut voltage en courant continu et inaugurera le premier réseau multiterminal au monde.Claire Gagnon nous décrit la technologie requise pour le creusage du tunnel et le fonctionnement de cette singulière ligne électrique.L’ÉTHIQUE EN RECHERCHE (Claire Chabot) L’expérimentation chez l’humain des applications multiples qu’entraîne le développement rapide de nouvelles technologies et les progrès de la recherche dans le domaine de la génétique, en particulier, font de l’utilisation de la personne en recherche une question très actuelle.Comment s’assurer du respect de ses droits fondamentaux lorsqu’on fait l’objet d’une recherche?Claire Chabot lève le voile sur les pratiques des chercheurs et sur l’éthique à laquelle ils se soumettent.K.- '¦ ' , Vr.v KM ; i _ a é di ni QUÉBEC SCIENCE ÉDITEUR GUIDE DES NOUVELLES THÉRAPIES Les outils de l’espoir Marquita Riel, Luc Morissette 1984, 288 pages 25,95 $ (TPS incluse : 27,76 $) Une présentation des diverses thérapies qu’on trouve aujourd’hui, qu’elles soient à caractère symbolique, spirituel, social ou corporel.Conseils au «futur participant».MICHEL PAGE EUX! EUR En vente dans toute bonne librairie.__________________________________ I, S( il Ci LE CANCER : MALADIE DE LA VIE Michel Ragé 1984, 184 pages 18,95 $ (TPS incluse : 20,27 $) Histoire, nature et causes des diverses formes de cancer.Notions fondamentales sur les diverses thérapies pour mieux guérir.Avjï I Hi PC 62 QUÉBEC SCIENCE / FÉVRIER 1991 Location d’autos et de camions MEMBRES DE QUÉBEC SCIENCE, VOYAGEZ À MOINS CHER.au Canada et à travers le monde.Grâce à votre carte de membre de Québec Science, profitez des tarifs corporatifs très avantageux accordés aux organisations à fort volume de location.mi I ou Pii jj fei • Kilométrage illimité dans toutes les grandes villes du Canada.• Réduction de 50% sur les prix de plus de 150 hôtels participants. PUBLI-REPORTAGE Lac Huron, que caches-tu en ton fond?Tous les Canadiens connaissent l’existence des Grands Lacs, mais combien savent ce qui se cache au fond de la partie sud du lac Huron ?En août 1990, une grande structure circulaire présentant des anomalies magnétiques et gravimétriques y a été découverte par une équipe de chercheurs de la Commission géologique du Canada (CGC), un secteur d’Énergie, Mines et Ressources Canada.Cette découverte a été faite lors d’études géologiques de base de la province géologique de Grenville, qui s’étend sous le sud du Québec et le sud-ouest de l’Ontario.Cette structure, d’un diamètre de 50 à 100 kilomètres, présente des anomalies de forme circulaire avec un point de symétrie au centre du cercle et d’autres anomalies à l’extérieur de l’anneau principal.Dans la province de Grenville, les structures en forme de cercle complet sont rares ; par contre, celles en forme de demi-cercle sont chose courante.Mais la très grande dimension de la structure en cause est encore plus étonnante.L'étendue réelle de cette structure est difficile à imaginer.Fait surprenant, l’étude du fond marin ne laissait nullement présager l’existence d’une telle structure à cet endroit.Ce n’est qu’après avoir effectué des levés gravimétriques et aéromagnétiques que les chercheurs se sont aperçu que la forme des anomalies en courbe suivait avec précision la côte ouest du lac Huron.Cette structure, ressemblant à un cratère, pourrait avoir été causée par l'impact d’un météorite.Les levés magnétiques et gravimétriques indiquent que la teneur en fer des roches de la structure est très élevée, mais surtout que la force de l’impact a altéré la disposition du fer dans les roches.Ces roches remontent au Précambrien, car celles du Paléozoïque ne contiennent que peu de fer.La formation de cette structure remonte à plusieurs millions d’années, mais pour déterminer son âge réel et l’ère géologique à laquelle elle appartient, il faudrait forer et examiner des échantillons de roches de la province de Grenville.Toutefois un accord international, conclu entre le Canada et les États-Unis, interdit, pour des raisons environnementales, tout forage sous les Grands Lacs.Au moment présent, les chercheurs de la CGC ne sont pas absolument certains que la structure découverte sous le lac Huron résulte bien d’un impact de météorite.Cette structure pourrait soit provenir d’une éruption volcanique, soit être l’effet d’un phénomène tectonique propre au front de Grenville, ou encore avoir été causée par l’intersection du front de Grenville et du fossé médio-continental.À l’avenir, la CGC compte entreprendre des recherches dans le but d’établir la nature exacte de la structure.Ces recherches devront faire l’objet d’ententes spéciales et de programmes conjoints entre le Canada et les États-Unis, car cette structure chevauche la frontière.D’ailleurs, les détails concernant la répartition du travail, la gestion des ressources financières et humaines et le partage des responsabilités restent encore à être précisés.Pour l’instant, les chercheurs de la Commission géologique du Canada souhaitent traiter encore une fois les données obtenues par sismique-réflexion pour découvrir des éléments nouveaux afin de poursuivre leurs recherches.Pour de plus amples renseignements à ce sujet, communiquez avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A0E4 Téléphone: (613) 995-3065 I* Energie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada Canada 9 LES LEADERS POLITIQUES DU QUÉBEC CONTEMPORAIN Vous pouvez vous procurer le bilan de la contribution de chacun de ces leaders politiques en achetant dès maintenant la collection complète (7 volumes), au prix de souscription de 150$ au lieu de 200$."Une t:co*°j!1 TROIS TITRES SONT DEJA PARUS : Aucun frais d’expédition eel GEORGES-EMILE LAPALME GEORGES-EMILE LAPALME Sous la direction de Jean-François Léonard 1988, 312 pages ISBN 2-7605-0477-8 22$ I OUA TRE A UTRES SONT A PA RAITRE : JEAN LESAGE ET L’ÉVEIL D’UNE NATION Sous la direction de Robert Comeau 1989, 368 pages ISBN 2-7605-0530-8 26$ JEAN LESAGE ET L'EVEIL D’UNE NATION ANDRE LAURENDEAU Un intellectuel d’ici Sous la direction de Robert Comeau et Lucille Beaudry 1990, 320 pages ISBN 2-7605-0561-8 24$ DANIEL JOHNSON 1991 I I RENE LEVESQUE 1992 I I THERESE CASGRAIN 1993 I I •V à JEAN MARCHAND 1994 I I Le prix des sept titres vendus séparément totalisera 200$.Les prix des titres à venir seront établis lors de leur parution et les exemplaires commandés vous seront aussitôt acheminés.La collection est en vente immédiatement chez l'éditeur: Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 ou téléphonez à (418) 657-3551, Service à la clientèle Je désire recevoir la collection complète sur les sept leaders au montant de 150$ - au lieu de 200$.Je réalise ainsi une économie de 50$ ou de 25%.Expédiez-moi le nombre d’exemplaires indiqué dans la case placée à côté de chaque titre (Chaque titre paru est aussi en vente en librairie.) TOTAL Nom Adresse Code postal_ Téléphone ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Date d'expiration___________________Numéro___________________________ Signature.
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