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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Été
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1991, Collections de BAnQ.

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Mm .WM 3 1, 3 I-( : ! i i P .,• D I h :a#.' 4f Volume 29.numéro 10 liCN/ ïMjv- 3 ffiEEW ïïimm LE CERVEAU SOUS L’ŒIL DU NUCLEAIRE ourrier de 2° classe, enregistrement n ' 1052.Port payé à Québec.P.250.Sillery.Québec.Canada GU 2R1 SALEMENT TOUTES LES SCIENCES Cs^we- gestion de^Bo:O0^\ 5a'e|llle wf0",0Q'(w'"'e ^"",p,ev° , eTsW0te9'ei'ia1 4P* * Agronomie, élevage, écologie • Climatologie, météorologie, hydrologie, géographie • Pédologie, géologie • Urbanisme, aménagement du territoire, architecture rurale • Santé de l'homme et de l'animal, nutrition • Biologie, génie génétique • Sciences de ''ingénieur • Education, communication • Droit international (4 numéros/an) Bulletin d'abonnement Veuillez m'abonner au tarif : Particulier (US$ 75) ?Institution (US$ 130) Etudiant (US$ 55) Je joins un chèque à l'ordre de : John Libbey Eurotext, Sécheresse Nom Fonction Adresse Retournez ce bulletin à : John Libbey Eurotext - AU PE LF/U RE F, Monsieur Bertrand PIREL -BP 400, succursale Côte des Neiges, Montréal - Québec - CANADA - H3S 2S7 SOMMAIRE ÉTÉ 1991 Volume 29, numéro 10 ARTICLES 14 Féerie sous le Saint-Laurent La vie, dans les eaux froides du Saint-Laurent comme partout ailleurs, prend les formes et les couleurs les plus diverses, inlassablement.Par Robert La Salle 20 Le chemin des vacances Il n’y a pas que les vendanges pour griser.Tant de choses, en ville comme à la campagne, sous terre ou en montagne, peuvent procurer des vacances enivrantes.Par Jeanne Morazain 28 Redécouvrir les plantes médicinales Elles ne seront peut-être jamais une vraie panacée, mais au moins cesseront-elles d’être considérées comme de vulgaires recettes de tisanes.Par Raymond Lemieux 34 Le cerveau sous l’œil du nucléaire Le nucléaire, ce n’est pas que les centrales.De nouvelles techniques, très raffinées, permettent aussi d’utiliser l’atome pour mieux explorer le cen’eau.Par Marie-Noëlle Delatte 40 Les hauts et les bas des microclimats Si le climat nous réserve souvent des surprises, ce n’est rien en comparaison des microclimats, qui sont des phénomènes aux multiples facettes.Par Yvon Larose > 1 Page 34 Page 20 Page 28 ~ ' ¦ ^ il! I CHRONIQUES 7 ACTUALITÉ Par l’Agence Science-Presse Du nouveau sous le soleil ! Dénutrition et troisième âge Machinerie et environnement L’optométrie des athlètes Les dangers du sommeil Un chercheur stressé et stressant Médicaments kamikazes Des millions pour les cerfs d’Anticosti L'auto recyclable s’en vient Marteaux d’eau pour fracasser le roc Des chercheurs au cégep Le syndrome de la truie grasse « En un clin d'œil » 46 LA DIMENSION CACHÉE Le vélo dans le vent Par Raynald Pepin 5 ENTRE LES LIGNES 48 EN VRAC 49 À LIRE Les origines de la recherche scientifique au Canada.Le cas des physiciens Une étrange passion ; une vie pour les insectes 50 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1991, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 1991 - QUEBEC SCIENCE PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 20 % de fibres désencrées (post-consommation).ÉTÉ 1991/QÜÉBECSCIENCE 3 LES AVANTAGES D'ETRE MEMBRE DE QUEBEC SCIENCE LE MAGAZINE ÜUEBEC SCIENCE offre à ses membres une série d'avantages tous plus intéressants les uns que les autres.Chaque page de votre magazine Québec Science peut vous réserver d’agréables surprises.(Pour devenir membre, voyez à la page 45.) Portez attention à chacune des annonces publicitaires dans votre magazine Québec Science.Chaque fois que vous verrez, dans une annonce, le symbole de Québec Science, reportez-vous au chiffre qui correspond à celui du symbole dans la liste ci-dessous.Vous y découvrirez un avantage financier substantiel que vous retirerez si vous vous procurez ce bien ou ce service auprès de Québec Science ou, selon le cas, directement chez le fournisseur-coopérateur mentionné.SEULS LES MEMBRES-ADHÉRENTS DE QUÉBEC SCIENCE (el seulement les personnes physiques) PEUVENT PROFITER DE CES AVANTAGES.En devenant membre de Québec Science, vous recevrez une carte de membre qui deviendra en règle lorsque vous l'aurez signée.Le nom et l'adresse du fournisseur d'un produit vous seront fournis à l'expédition du produit.Ce fournisseur honorera la garantie sur ses produits et effectuera le service après-vente.Nous nous efforçons de choisir des fournisseurs-coopérateurs sérieux et exigeons d'eux un niveau de garantie satisfaisant.Toute commande doit être accompagnée de son paiement intégral.AVANTAGES 1.Bénéficiez d'une remise de 33 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous tronsmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport inclus.2.Bénéficiez d'une remise del 0 % sur le total de la facture, lorsque vous présentez votre carte de membre en règle de Québec Science chez le ou les fournisseurs mentionnés dans l'annonce.5.Bénéficiez d'une remise de 50 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport payable sur livraison.6.Bénéficiez des tarifs très avantageux du PLAN ROUGE de Tilden offerts aux membres de Québec Science.Présentez chez le locateur Tilden votre carte de membre en règle de Québec Science ainsi que l'autocollant Tilden que vous remet Québec Science lors de votre adhésion comme membre.7.Bénéficiez d'une remise de 25 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport payable sur livraison.8.Bénéficiez d'une remise de 40 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport payable sur livraison.9.Bénéficiez d'une remise de 20 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport payable sur livraison.10.Bénéficiez d'une remise de 33 % sur le prix, taxes incluses, lorsque vous transmettez votre commande à Québec Science.Valide jusqu'à épuisement des stocks.Transport payable sur livraison.11.Bénéficiez d'une remise de 15 % sur le total de la facture, lorsque vous présentez votre carte de membre en règle de Québec Science chez le ou les fournisseurs mentionnés dans l'annonce.12.Bénéficiez d'une remise de 20 % sur le total de la facture, lorsque vous présentez votre carte de membre en règle de Québec Science chez le ou les fournisseurs mentionnés dans l'annonce.BON DE COMMANDE SATISFACTION GARANTIE Vous pouvez retourner ou fournisseur qui vous expédiera le produit commandé, toute marchandise (sauf un produit personnalisé) pour un remboursement complet, à condition de le faire dans les quinze (15) jours suivant la réception.L'article doit être retourné dans son emballage original, en parfait étal et accompagné d'une copie de la facture.Vous devez également ocquilter les frais de tronsport.AUCUN COLIS EXPÉDIÉ PORT DÛ NE SERA ACCEPTÉ.N" DE PRODUIT DESCRIPTION QUANTITÉ Voir annonce Voir page 4 N° page Taille Couleur PRIX (taxes incluses) REMISE TOTAL après remise Vous pouvez faire autant de copies que vous désirez de ce bon de commande Vol.29, n° 10 NOM TRANSPORT (taxes indusesl si indiqué à la page 4 TOTAL À PAYER (taxes incluses) Adresse mode de pa|EMENt , .?Chèque ?Mandat postal ?MasterCard ?Visa CodePos,al N° de carte Date d'expiration Tél • ( ) N’de membre 1 Signature Dale de la commande Expédiez à: QUÉBEC SCIENCE, Case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 4 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 QUÉBEC SCIENCE 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tel.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854 Rédaction: (418)657-3551 poste 2426 On peut rejoindre la rédaction de Québec Science par courrier électronique, au numéro Infopuq QS 00100, ou par télécopieur: (418) 657-2096 DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Jacki Dallaire Révision linguistique Robert Paré Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Comité de rédaction Gérard Arguin, Eve-Lucie Bourque.Jacki Dallaire.Richard Hodgson.Gilles Lachance.Yvon Larose, Patricia Larouche, Angèle Tremblay Collaborateurs Ève-Lucie Bourque, Claire Chabot, Françoise Côté.Marie-Noëlle Delatte, Pierre Dubois, Bernard Duchesne, Claire Gagnon, Sylvie Gourde.Daniel Guérin.Élainc Hémond.Monique Lambert, Yvon Larose.Lyne Lauzon, Raymond Lemieux.Gilles Parent, Raynald Pepin, Jean-Guy Rens, Sylvie Varin Agence Science-Presse (514) 522-1304 PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Photo couverture Robert La Salle Séparation de couleurs Les ateliers haut registre inc.Impression Imprimerie FÉclaireur COMMERCIALISATION Promotion Marie Prince Publicité Jocelyne Savard Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science remercie le gouvernement du Québec de son aide financière accordée dans le cadre du Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique.XA The Membre de: Audit CPPA Bureau Québec Science est produit gratuitement sur cassette par FAudiothèque, pour les personnes handicapées de l’imprimé.Tél.: (418) 648-2627 Abonnements Au Canada: 1 an (10 numéros): 29,96 $ TPS incluse - Groupe (10 ex./même adresse): 26.75 S 2 ans (20 numéros) : 52,43 S 3 ans (30 numéros) : 72,76 S A l'unité: 3,25$ A l’étranger: 1 an (10 numéros) : 39,00$ 2 ans (20 numéros) : 68,00$ 3 ans (30 numéros): 95,00$ A l’unité: 4.00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de : DAWSON FRANCE.B.P.57 91871 Palaiseau.Cedex.France Pour abonnement ou changement d'adresse : QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery G1T2R1 UNE SAISON A DECOUVRIR L • été, vieux cliché, c’est le temps des vacances.Mais ce peut être aussi celui ^ des découvertes.Québec Science propose donc, pour son numéro d’été, quelques sentiers nouveaux, afin d’explorer cette facette.fascinante, mais méconnue, de la belle saison.Au fil des déplacements, pendant les vacances, certains phénomènes climatiques risquent de surprendre.La moindre observation révélera qu’ils sont très limités dans l’espace et dans le temps, et contrastent nettement avec le reste des conditions météorologiques.Ce sont les microclimats, dont nous entretient Yvon Larose, dans un article aussi passionnant qu une aventure.L’aventure, voilà bien ce à quoi nous invite Robert La Salle, dans « Féerie sous le Saint-Laurent », où l’on découvre qu’il n’y a pas que dans les mers du Sud que la vie marine a belle forme et belle couleur.Un voyage pour le plaisir des yeux, qui ravira tant les plongeurs que les non-initiés.De façon plus explicite, Jeanne Morazain nous propose de prendre « Le chemin des vacances », pour explorer les nombreux mondes du Jardin botanique de la Ville de Montréal, nous engouffrer dans les grottes du Québec ou observer la province du haut des montagnes, ou simplement rester sur le plancher des vaches et visiter la ferme, ou encore attendre les vendanges et prendre la « route des vins ».Québec Science met quand même quelques sujets sérieux dans ses bagages pour l’été.Ainsi, c’est à /’ exploration du cerveau et de ses maladies que nous convie Marie-Noëlle Delatte, grâce à une nouvelle utilisation du nucléaire très prometteuse.Raymond Lemieux, pour sa part, traite de la redécouverte du pouvoir de guérison des plantes, ce qui devrait intéresser les vacanciers botanistes en herbe.Quant aux chroniques, les « Actualités » constituent toujours une aventure en soi, alors que Raynald Pepin, qui ne cache pas son sens de l’humour, a déjà enfourché son vélo et nous entraîne dans un tourbillon de données surprenantes sur le monde à deux roues, un sujet idéal pour l’été s’il en fut.Enfin, pour les passionnés de lecture en vacances, la chronique « A lire » a aussi quelques beaux voyages à proposer.L’été, pour beaucoup, c' est les baignades et les grillades - dans tous les sens du terme.et du corps.Ce sont les belles salades fraîches du jardin.Ce sont aussi les ballades et les promenades, et parfois l’escalade.C’est presque toujours la rigolade, bien méritée après la longue saison froide.Alors, bonnes vacances à tous et à toutes, et revenez-nous vite en septembre ! ATTENTION! Veillez prendre note Z!Znméni'ÿ“ib,cSci'K‘ paraîtra en septembre 199 J.ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 5 À s I L'exposition choc de l'été - 31 mai • 22sept.INTERACTIVITE une exposition qui réagit sous vos doigts V ' CINEMA PAR ORDINATEUR des images vertigineuses VOYAGE DANS LE CORPS HUMAIN une découverte époustouflante ALLEMAGNE : pays invité d'honneur Ouvert tous les jours.31 mai - 18 août : 10h-23h (21 h dim., sauf les 23 et 30 juin).19 août - 22 sept.: 12h-22h (21 h dim., sauf le 1er sept.).I : • Tarif famille • Restaurant Renseignements : (514) 849-1612 « Vf' 0 vv L DK ««TS TT MS «OUVÉUK iCKOLOOmS OB MONTBBW.TOSHIBA ¦ Gouvernement ¦ du Canada ^ LeVieux-Poi wLiébeC SS Ville de Montréal deMontréa ¦ Actualité par l’Agence Science-Presse La maison solaire de l’architecte Richard Côté, située à Saint-Canut près de Mirabel, a suscité beaucoup d’intérêt lors du premier colloque annuel de l’Association Québec-Solaire, tenu à Montréal l’hiver dernier.Si cet engouement se confirme, le consommateur pourra désormais compter sur des technologies beaucoup plus raffinées que par le passé.L’un des concepts originaux présentés par l’architecte est la « façade solaire intégrale ».Dans une maison solaire, on privilégie l’orientation sud, plus exposée au rayonnement, et en conséquence on place dans cette direction plus des deux tiers de la fenestration.M.Côté a décidé d’aller plus loin en utilisant la totalité de sa façade pour capter l’énergie.Pour cela, il recouvre tout l’espace disponible hors des fenêtres d’un revêtement métallique noir.« La tôle forme des conduits qui couvrent le mur de bas en haut, réchauffant l’air qui y circule, explique le scientifique.Je fais ainsi de toute ma façade un gigantesque capteur.» Pour emmagasiner et redistribuer cette chaleur, M.Côté installera bientôt dans son grenier et sa cave des matériaux à changement de phase, « dix fois plus performants que les matériaux d’emmagasinage dits à masse thermique élevée, comme le béton, la brique et la céramique, actuellement utilisés ».Un matériau à changement de phase est un corps capable d’emmagasiner et de libérer de l’énergie en passant d'un état (ou phase) à un autre, telle la paraffine.À ce sujet, des chercheurs de l’École Polytechnique de Montréal travaillent sur des panneaux de gypse à base justement de paraffine, avec lesquels ils ont réussi à réduire, donc à emmagasiner, près de 60 % de la surchauffe causée par l’ensoleillement.On a également effectué, au colloque, un survol des derniers développements en matière de fenêtres à haut rendement énergétique.DU NOUVEAU SOUS LE SOLEIL ! -A ~ -it -Wîs&g L’un des produits les plus intéressants de l’heure est déjà sur le marché : il s’agit de la fenêtre avec gaz inerte.La cavité créée par un vitrage double ou triple est remplie d’un gaz non conducteur de chaleur, le plus souvent de l’argon.Très stable, non toxique et non décomposable lorsqu’il est exposé au rayonnement solaire, ce gaz bloque les fuites de chaleur.L'efficacité énergétique d’une telle fenêtre est de 50 % supérieure à celle d’une fenêtre ordinaire.Aux États-Unis, on met actuellement au point un prototype de « fenêtre sous vide », c’est-à-dire sans air, ni gaz, ni pellicule isolante dans l’espace intercalaire entre les vitres.Cet état de vide donnerait des capacités isolantes énormes.Bref, l’optimisme était général au colloque de l’Association Québec-Solaire, où on avait le sentiment que la vague environnementale allait redonner une nouvelle popularité à l’énergie solaire.Luc Dupont MÉDICAMENTS KAMIKAZES Il y a des médicaments qui sont comme certains invités : ils restent trop longtemps ! Un exemple probant est celui de l’héparine, un anticoagulant utilisé pour combattre les caillots sanguins qui bloquent l’apport d’oxygène au cœur et au cerveau.Après son action, l’héparine demeure dans le corps pendant des heures.empêchant toute coagulation et pouvant causer des hémorragies graves.C’est pourquoi les chimistes sont en train de mettre au point des médicaments kamikazes, c’est-à-dire qui se détruisent en touchant leur cible.Un anticoagulant de ce type a été testé chez des lapins ; sitôt sa mission accomplie, il était disparu ! ÉTÉ 1991/QUÉBECSC1ENCE 7 R.Côté DENUTRITION ET TROISIÈME ÂGE Souvent associée à la vieillesse ou à la maladie, la perte de poids peut cependant masquer un tout autre mal : la dénutrition.Une personne est dite en état de « dénutrition protéino-énergétique » lorsque son corps n’arrive plus à combler ses besoins en protéines et en énergie.Or, selon des résultats d’enquêtes compilés par la Dre Marie-Jeanne Kergoat, du Centre hospitalier Côte-des-Neiges, à Montréal, 7 % des personnes âgées vivant à domicile souffriraient de dénutrition.La proportion grimpe facilement à 30 ou 35 % chez les aînés hospitalisés.Pour différentes raisons, la personne âgée est plus sujette et, en même temps, plus vulnérable qu’une autre aux déficits nutritionnels.D’abord, les deux tiers des gens de plus de 75 ans sont affectés par la perte totale ou partielle des dents.Il arrive aussi qu’en vieillissant, un certain resserrement des conduits naturels entraîne une déglutition douloureuse.Puis la constipation, fréquente à cet âge, pousse les personnes âgées à consommer plus de laxatifs, ce qui nuit à l’absorption complète de certains nutriments.Enfin, d’autres facteurs sont en jeu, comme des défauts d’ordre purement biochimique, qui nuisent à l’assimilation des aliments, ou encore la pauvreté.La dénutrition a ses conséquences les plus graves lorsqu’elle interagit avec la maladie, plus fréquente à cet âge.Par exemple, la dénutrition accroît la sensibilité à l’infection ou entrave les mécanismes naturels de cicatrisation.« Ce qui est encore plus sérieux, déplore la Dre Kergoat, c’est que très souvent la dénutrition échappe au médecin.Elle se camoufle derrière les maladies souvent présentes à cet âge, par exemple le cancer, ou derrière les symptômes dits normaux du vieillissement.» Selon la spécialiste.les médecins eux-mêmes ne sont pas assez sensibilisés à ce problème et posent entre autres des gestes inhérents à leur pratique sans en réaliser les conséquences sur l’équilibre nutritionnel de leurs patients.Reconnaître un état de dénutrition n’est pas chose facile.Un indice, cependant, peut aider : « L’ampleur et la rapidité d’une perte de poids est révélatrice, indique la Dre Kergoat,.Deux organismes voués à la protection de la faune et trois ministères québécois et canadiens investiront 2,6 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour améliorer l’habitat des cerfs de Virginie dans Pîle d’Anticosti.Pour établir ses quartiers d’hiver, le cerf a besoin de boisés composés à la fois d'arbres résineux matures, qui lui servent d’abri, et de jeunes pousses de feuillus, qui constituent l’essentiel de sa nourriture durant la saison froide.même si ce n’est pas le seul facteur.Une perte de poids de 5 % sur un mois ou de 10 % sur six mois devrait alerter le médecin.Encore faudra-t-il que le corps médical soit sensibilisé davantage à l’incidence des maladies nutritionnelles, et qu’il y ait, en milieu hospitalier, des spécialistes qui prennent en compte le facteur nutrition.» Le programme d’aide subventionnera certains types de coupes forestières qui amélioreront l’habitat du cerf.Par ailleurs, une étude récente du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche a permis d’estimer à 120 000 - deux fois plus que les estimations précédentes - le nombre de cerfs de Virginie qui vivent sur cette île de 8 000 km2.Ce nouveau dénombrement pourrait autoriser les chasseurs à tuer 12 000 cerfs chaque année, au lieu des 8 000 actuels.Luc Dupont DES MILLIONS POUR LES CERFS D’ANTICOSTI i' Da if ad at coi Je de ira pli al 55 1» fil coi le| loi Jl l Le di lol il ta fri le Le co 11 de P et jl! SOI La «i de: 8 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 MACHINERIE ET ENVIRONNEMENT 7r: -.y _ ^ ’v fSr mmm • 3£M L’AUTO RECYCLABLE S’EN VIENT Dans une carcasse de voiture, il n’y a guère que le métal qui est actuellement recyclé.Mais l’augmentation du nombre de pièces en plastique force les constructeurs d’automobiles à repenser leurs procédés.Ainsi, l’Association des constructeurs allemands propose de diminuer de 20 à 5 le nombre de types de plastiques utilisés, de marquer chaque pièce, et de rendre plus facilement démontables les tableaux de bord, garnitures de portes, pare-chocs, etc.D’ici dix ans, estime un représentant du constructeur Opel, 95 % des composants d'une voiture pourront être recyclés.Verra-t-on enfin les fabricants d’automobiles considérer leurs produits comme le paysan considère son cochon : tout est bon là-dedans, il n’y a rien à jeter ?MARTEAUX D’EAU POUR FRACASSER LE ROC Le Conseil national de recherches du Canada met actuellement au point, en collaboration avec un consortium d’entreprises minières, une technologie de projection de jets d’eau à très forte pression.Cette méthode remplacerait le dynamitage pour fracturer la surface rocheuse avant l’extraction mécanique du minerai.Le projet de recherche prévoit la conception et l’essai de différents types de gicleurs capables de projeter des jets d’eau à des pressions atteignant 1 400 kg par centimètre carré et à des vitesses d’impact allant jusqu’à mille mètres par seconde, soit de deux à trois fois la vitesse d'un avion à réaction.La technologie des « marteaux d’eau » contribuera à améliorer la sécurité dans les mines et à augmenter la rentabilité des exploitations minières.Lors d’un colloque sur la machinerie lourde et l’environnement, tenu à Québec en mars, André Delisle, vice-président du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), a souligné l’impact négatif qu’ont souvent ces mastodontes d’acier sur le milieu naturel.Mais, heureusement, dans ce domaine aussi des préoccupations écologiques naissent, qui se traduisent par des équipements moins dommageables pour l’environnement.Les débusqueuses {skidders) servent à transporter les arbres du lieu d’abattage au chemin carrossable.En terrain tourbeux, leurs roues creusent des ornières très profondes, ce qui rend plus difficile la régénération forestière.Une solution partielle à ce problème est de munir les débusqueuses de pneus larges.L’inventeur québécois Edouard Martin-Comellas et la compagnie Terreveh, de Pointe-Claire, offrent une solution de rechange.Il s’agit de remplacer les roues de la débusqueuse par des chenilles permettant une meilleure répartition du poids et une meilleure traction.Les chenilles Supertrack peuvent également s’installer sur diverses machines forestières ou agricoles.Une autre innovation intéressante, qui vient de la Finlande, est l’excava- trice amphibie Watermaster, surnommée la grenouille verte.Une seule est utilisée actuellement au Québec, et on s’en est servi cet hiver pour venir à bout de l’embâcle sur la rivière Saint-François, à Drummondville.L’excavatrice Watermaster peut flotter à partir d’une profondeur de 40 cm d’eau, mais elle travaille aussi bien en eau moins profonde que dans des marécages.Munie de caissons de flottaison étanches et de deux larges flotteurs de stabilisation, on la dit insubmersible.Ses systèmes hydrauliques fonctionnent à l’huile végétale, réduisant sensiblement l’impact écologique d’un bris mécanique.Un godet-pompe s’installe sur le mât articulé, permettant à cette machine d’effectuer des travaux de dragage tout en minimisant la remise en suspension des sédiments dans l'eau.Les efforts sont encore timides, mais de plus en plus les milieux agricoles et forestiers, tout comme les six ministères à l’origine de l’événement, sont sensibilisés au problème.Malheureusement, parmi les quelque mille participants au colloque, il y avait peu d'entrepreneurs et d’opérateurs de machinerie lourde.Pierre Dubois ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 9 JGF / Ministère des Forets -— ùi ftùuiête JEU DE SOCIÉTÉ STRATÉGIQUE ET ÉDUCATIF POUR 2 JOUEURS ET PLUS SAUVONS * _ LA s©® PLANÈTE O â\; - O TOUT EN VOUS AMUSANT, AGRANDISSEZ VOTRE EVEIL AUX PROBLÈMES PLANÉTAIRES D’AUJOURD’HUI.SAUVONS LA PLANÈTE COMPOSANTES DU JEU : • Une planchette à jouer constituée par une carte du monde représentant 162 pays (dimension : 54 cm X 40 cm).• Quatre cent vingt (420) questions réparties en six (6) catégories : - Histoire de l’homme - Monde géographique - Problèmes environnementaux - Ressources et production - Sciences naturelles - Terre et univers • Cinq (5) paquets d’une soixantaine de jetons.• Cinquante-deux (52) cartes à jouer.(Principalement fabriquées à partir de matières recyclées) Age recommandé : Toute personne intelligente de 10 ans et plus Prix régulier : 40,39 $ taxes incluses (34,95 $) MEMBRE DE QUÉBEC SCIENCE : 27,06$ taxes incluses (23,42 $) Les profits des ventes seront investis dans ia cause environnementale.Un jeu de conquête fascinant, à philosophie constructive.Le but d’une partie consiste à implanter une politique de protection de l’environnement dans chaque pays du monde.Pour gagner, un joueur doit étendre sa politique sur un plus grand nombre de pays que ses concurrents.Il doit être rusé et mettre ses connaissances en valeur.Le but de tous les joueurs est commun : sauver la planète ! Un jeu qui instruit, éveille et amuse.DEVENEZ AMI DE LA FONDATION QUÉBÉCOISE EN ENVIRONNEMENT Tout montant de 25,00 $ et plus permet de le devenir et de recevoir le bulletin d’information l’Enviroscope.Pour plus d'informations 1-800-361-2503 ERRATUM Une erreur s’est glissée dans la publicité de TEMBEC, publiée en deuxième couverture du numéro de mai de Québec Science.En effet un malentendu a occasionné la publication de cette annonce en deux langues alors qu’elle aurait dû, bien évidemment, paraître exclusivement en français.Nous offrons toutes nos excuses à TEMBEC.10 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 PERFECTIONNEMENT SUR MESURE DANS VOTRE MILIEU Pour groupes d’enseignants, service de garderie, CISC ou groupes de parents Ateliers de perfectionnement pour apprendre aux enfants de 0 à 5 ans et de 5 à 12 ans à devenir autonomes de jour en jour Par l’auteure du livre L’éducation psychomotrice paru aux Presses de l’Université du Québec.FRANCINE LAUZON Psychoéducatrice Pour toute demande de renseignements, communiquez avec Francine Lauzon au (514) 389-9063 L’OPTOMÉTRIE DES ATHLÈTES Il est prouvé, aujourd’hui, que les meilleurs athlètes sont aussi ceux qui ont les meilleures aptitudes visuelles.Pas surprenant que l’on ait mesuré chez Wayne Gretzky une capacité de vision périphérique exceptionnelle.Pas étonnant non plus que les organisations sportives et les entraîneurs d’élite aient de plus en plus recours à cette nouvelle spécialité qu’est l'optométrie sportive.Réunis récemment à Montréal au 14e Symposium annuel de l’Association des optométristes du Québec, les rares spécialistes québécois de la question ont tracé un portrait de la spécialité.Fondée aux États-Unis au début des années 80, l’optométrie sportive s’est associée depuis à divers sports : soccer, boxe, basket-ball, course automobile, athlétisme, baseball.Aux traditionnels examens de l’optométrie classique, se sont ajoutés une quarantaine de paramètres extrêmement pointus, qui ont pour la plupart comme caractéristique d’intégrer le « mouvement » à la vision.Cela va de la vision périphérique à l’acuité visuelle dynamique, de la binocularité à la coordination œil-main.Pour le test d’acuité visuelle dynamique, par exemple, on mesure la capacité de l’athlète à discriminer les détails lorsqu’il y a mouvement soit de la cible, soit de l’individu ou des deux simultanément.Et l’on n’a qu’à penser ici au quart-arrière du football.« Les organisations sportives nous demandent de détecter les lacunes visuelles de leurs joueurs, afin d’établir, au besoin, un entraînement visuel correcteur », indique le Dr Alain Bois, qui a acquis ses compétences en travaillant avec les optométristes américains à l’emploi des Expos de Montréal.La première expérience d’optométrie sportive au Québec a eu lieu en 1989 avec des joueurs des Ducs de Longueuil, de la Ligue de baseball junior majeure.« L’un de nos objectifs était d’établir un bilan visuel de chaque joueur en vue d’en arriver à une sélection et, le cas échéant, à une utilisation maximale des aptitudes de chacun », précise Louis-Philippe Grenier, entraîneur des Ducs.La majorité des joueurs ont montré des aptitudes visuelles supérieures.Parmi eux, 70 % avaient une vision parfaite, ce qui est un taux normal pour l’élite ; 20 à 30 % montraient cependant quelques lacunes.L'un d’eux souffrait par exemple d’un problème d’exophorie, occasionné par un mauvais alignement oculaire, qui l’amenait à pércevoir les choses plus près de lui qu’elles ne l’étaient en réalité.Résultat : ce frappeur laissait passer les bonnes balles au coin intérieur du marbre parce qu’il les percevait.hors cible ! Le joueur fut donc soumis à une rééducation visuelle spéciale, selon le principe qu’on peut entraîner la vision, au même titre que les autres facultés.L’Association des optométristes du Québec croit qu’il existe un fort potentiel pour l’optométrie sportive dans la province.« L’idéal serait que l’on ait des optométristes dans chaque région à la disposition des organisations sportives locales, des fédérations, des écoles », affirme Steven Carrier, responsable du comité de la vision dans les sports.Les gens qui éprouvent des problèmes au tennis ou au golf pourront peut-être un jour recevoir l’aide de leur optométriste sportif.Luc Dupont DES CHERCHEURS AU CÉGEP Le groupe ECOBES du Cégep de Jonquière, reconnu pour ses travaux sur l’état de santé de la population saguenéenne, deviendra peut-être sous peu le premier centre de recherche spécialisé en sciences sociales au niveau collégial.Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science a en effet accordé - pour une période de deux ans - une subvention de 140 000 $ au groupe de chercheurs.En plus, l’Office de planification et de développement du Québec (OPDQ) contribuera pour une somme de 100 000 $ au perfectionnement de son équipement informatique.Le groupe ECOBES entreprend actuellement une vaste recherche sur les problèmes d’éducation régionale en analysant « les nouveaux problèmes d’accès aux études et d’abandons scolaires ».ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 11 EN UN CLIN D’ŒIL PETIT DÉBROUILLARD CHERCHE AMI SCIENTIFIQUE Depuis l’été dernier, une vingtaine d’étudiantes et d’étudiants de l’École Polytechnique entretiennent une correspondance toute scientifique avec des jeunes de 12 à 15 ans, sous les auspices du magazine Je me petit-débrouille.L’idée était de permettre à des enfants d’avoir un parrain ou une marraine qui les soutient et les conseille dans leur cheminement scientifique.Le projet pilote a eu un tel succès auprès des enfants, des parents et des étudiants que le professeur Scientifix et ses adjoints l’ont établi sur une base permanente et étendu à tous les domaines scientifiques.iinai f ' .Cela, grâce à une subvention de la société Alcan.Les étudiants universitaires intéressés à devenir l’« ami scientifique » d’un enfant peuvent s’adresser à Bruno Lajeu-nesse.Agence Science-Presse, 3995, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, H1W 2G7, téléphone (514)522-1304.CHAMPLAIN À L’HONNEUR Le Dr Jacques de Champlain, de l’Université de Montréal, est l’un des trois récipiendaires des prix commémoratifs Izaak-Walton-Killiam - 50 000 $ chacun -décernés chaque année par le Conseil des Arts du Canada, pour souligner « les réalisations d’envergure mondiale des Canadiens dans une discipline des sciences naturelles, des sciences de la santé et du génie ».Le Dr de Champlain est reconnu pour ses travaux de recherche clinique et fondamentale sur les relations entre le système nerveux autonome et l’hypertension artérielle.Les deux autres lauréats sont l’ingénieur civil Walter H.Dilger et le professeur de biologie médicale Gordon H.Dixon, tous deux de l’Université de Calgary.LES SCIENCES EN CULOTTES COURTES À la suite du succès remporté par ses camps de jour en sciences, durant le congé scolaire de février, le Conseil de développement du loisir scientifique relance les petits débrouillards de la Mauricie, de l’Outaouais et de Montréal en organisant cet été des nouveaux camps de jour d’une ou deux semaines.Coût : 75 $ par semaine.Pour renseignements : (514) 252-3027.L’Association étudiante de l’École Polytechnique et l’Université Laval entrent elles aussi dans la ronde.« Sciences en folie », à Polytechnique, vise les jeunes de 5e et 6e année.Coût : 125 $ par semaine.Pour renseignements : (514) 340-5856.A l’Université Laval, « Sciences et Contes» s’adresse aux enfants de 10 à 14 ans et offre le logement sur le campus aux jeunes de l’extérieur.Coûts : 145 $, plus 105 $ pour le logement.Pour renseignements : (418) 656-2807, poste 4934.UN LOGICIEL POUR 123 PAYS Un logiciel créé par des chercheurs du Centre de géomatique de l’Université Laval sera distribué dans 123 pays, cela, grâce à une entente avec le groupe suisse Leica.Le logiciel de photogrammétrie DVP permet de remplacer les appareils d’analyse de photos aériennes par un système informatisé.CHAIRES CHÈRES À LAVAL Grâce à une subvention de plus de deux millions de dollars du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, l’Université Laval vient de créer trois nouvelles chaires industrielles, l’une en géomatique appliquée à la foresterie, une autre en exploitation minière souterraine et la troisième en biotechnologies de la reproduction.A la mise de départ, des partenaires industriels ajouteront 1,6 million de dollars.Il s’agit respectivement d’un consortium d’entreprises forestières, de Cambior et de Semex Canada.« Le partenariat entre les milieux universitaire et industriel est essentiel pour assurer notre compétitivité économique et notre avenir même sur la scène internationale », a déclaré la Secrétaire parlementaire du ministre fédéral des Sciences, Mme Suzanne Duplessis.LES DANGERS DU SOMMEIL Les personnes approchant de la soixantaine et qui ronflent de plus en plus fort pourraient souffrir bientôt d’apnée nocturne.On estime que 30 % de la population sexagénaire québécoise est atteinte de cette maladie, parfois mortelle, dont la gravité augmente avec l’âge.L’apnée nocturne est plus fréquente chez les hommes, les femmes ménopausées et les personnes obèses.Dans les cas graves, elle peut évoluer vers l’hypertension artérielle et pulmonaire.Il n’est donc pas surprenant que plus de la moitié des recherches entourant le sommeil portent sur l’apnée nocturne.On définit l’apnée comme un arrêt de la respiration par obstruction ou par disparition de la commande nerveuse.Elle peut être volontaire (dans le cas de la plongée sous-marine) ou involontaire (pendant le sommeil).Un cas est considéré pathologique quand il y a plus de cinq arrêts respiratoires supérieurs à dix secondes par heure de sommeil.Dans les cas les plus graves, la séquence continue peut atteindre 80 pauses par heure.D’où une diminution importante de la quantité d’oxygène distribuée aux tissus par le sang.Plusieurs études cliniques tentent actuellement de mesurer les effets de l’anoxie cérébrale sur les fonctions psychomotrices.Contrairement à ce que les chercheurs prévoyaient, le manque d’oxygène affecte les habilités motrices de manière irréversible.Après traitement, en effet, les troubles moteurs persistent, ce qui conduit à penser qu’ils seraient liés à des lésions des lobes frontaux.L’anoxie cause aussi des troubles de la mémoire et la somnolence.Associés aux fonctions des lobes temporaux, ces troubles sont réversibles dans les six mois, grâce à des traitements.En général, on commence un traitement quand la proportion 01' M son JlO I lie JB nu M I W ! ;î ma dév des P tien a des eiv Clli] le ii 1*1 pos Le; tel lesi uni (pi (été Eni s j ( a s d 1 8 12 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 d’oxygène dans les globules rouges est inférieure à 80 %.Chez un sujet normal, elle oscille entre 94 et 97 %.Pourtant, chez certains malades, on enregistre des taux inférieurs à 20 %, alors que nos chances de survie sont déjà bien maigres à 50 %.Jacques Montplaisir, directeur de la clinique du sommeil à l’hôpital du Sacré-Cœur, explique : « Ces malades sont souvent d’anciens ronfleurs qui ont évolué lentement vers l’apnée nocturne.Leur organisme a pris le temps de s’habituer au manque d’oxygène et a probablement développé, à l’instar des otaries ou des phoques, qui peuvent avoir des pauses respiratoires de plusieurs heures, des mécanismes d’adaptation caractérisés par un accroissement des processus anaérobies.» Malgré tout, les traitements demeurent indispensables.Depuis environ deux ans, on préfère à la chirurgie - pas toujours efficace -le traitement par ventilation.Le patient porte sur lui, la nuit, un petit respirateur qui lui insuffle des bouffées d’air sous une pression positive d’environ 10 cm d’eau.Le seul effet secondaire de ce traitement, c’est qu’il assèche les muqueuses.On utilise également un médicament, la protriptyline, qui réduit la durée des apnées et reconditionne les centres respiratoires.En attendant de réveiller l’otarie qui sommeille en nous.Marie-Noëlle Delatte UN CHERCHEUR STRESSE ET STRESSANT Le cinéaste Jacques Godbout vient de réaliser, pour l’Office national du film, un portrait sans complaisance du Dr Hans Selye, décédé en 1982.Le film situe très bien le contexte du travail scientifique du Dr Selye dans la société québécoise des années 50 et 60 et nous révèle le rayonnement international des facultés de médecine des universités McGill et de Montréal.Le cinéaste utilise de nombreux extraits d’interviews du Dr Selye.Celui-ci a beaucoup vulgarisé ses recherches sur le stress, qu’il définissait comme « le phénomène d’usure de la machine humaine ».LE SYNDROME DE LA TRUIE GRASSE Parce qu’ils craignent le « syndrome de la truie grasse », les producteurs de porcs tendent à sous-alimenter leurs bêtes, ce qui accroît la mortalité des porcelets.C’est la conclusion à laquelle est arrivée Suzanne Robert, une scientifique d’Agriculture Canada.Actuellement, sur les 10 porcelets que constitue une portée normale, 8,5 petits en moyenne survivent.Mais avec le syndrome de la truie grasse, qui se manifeste par un ensemble de maladies, telle la mammite, le taux de survie est plus bas.Comme solution, Mme Robert propose l’ajout de fibres alimentaires à la diète porcine, ce qui a l’avantage d'augmenter la ration en volume, sans pour autant hausser l’apport en calories.Les séquences le montrant à l’œuvre, dans les années 50, à son institut de l’Université McGill, entouré d’une centaine de chercheurs et de collaborateurs de divers pays, sont éloquentes quant à son style de direction « Spartiate ».Il se servait d’une clochette, comme à la petite école, pour convoquer les réunions et les pauses café de ses proches collaborateurs.Ses journées de travail commençaient à quatre heures du matin.Les médecins qui continuent aujourd’hui son œuvre, à l’Institut international du stress, soulignent que Hans Selye était un très grand scientifique, mais en même temps un être profondément « stressé et stressant » pour ceux qui avaient « la chance » de travailler avec lui.Le drame de sa vie fut de n’avoir jamais reçu le prix Nobel de médecine, malgré la reconnaissance de tous les milieux scientifiques internationaux.Pour l’amour du stress est disponible dans les bureaux régionaux de l’ONF et dans certaines bibliothèques publiques.Pierre Demers ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 13 Office national du film du Canada FEERIE sous LE SAINT-LAURENT HHHHHHHHHHHHHSHHHHHHHHHHHHHHBHHHHIHHHHHHHBHHflHHHHHHHflHi Une faune parfois insolite, parfois trompeuse, mais toujours éclatante de couleur, étonnante, telle est la vie marine.Texte et photographies de Robert La Salle Du haut d’un rocher de l’anse aux Basques, située aux Escoumins, je jette un coup d’œil à la surface de l’eau.Déjà je frissonne, car elle est extraordinairement claire, signe que notre plongée sera certainement très froide.A des profondeurs variant de 50 à 100 mètres, il existe à la grandeur du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent une nappe d’eau froide intermédiaire.Il s’agit d’un résidu des eaux de surface qui ont été refroidies et mélangées aux couches plus profondes pendant les tempêtes de l’automne et de l’hiver.Végétaux et animaux morts tombent constamment vers les couches d’eau froide inférieures.Pendant leur descente et à leur arrivée au fond, des armées de bactéries les décomposent en éléments nutritifs.Par un phénomène appelé « affleurement ou remontée des eaux profondes », il arrive qu’à certains endroits de l’estuaire et du golfe l’eau glaciale des couches inférieures soit forcée de remonter à la surface.Cela peut survenir lorsque la masse d’eau des couches inférieures, déplacée par la marée, se heurte à des pentes sous-marines très raides.Il se crée alors un mouvement ondulatoire d’une amplitude pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres.Parfois cette amplitude est si grande qu’elle rejoint la surface.Au large des Escoumins se termine le chenal laurentien.Ce chenal très profond naît au détroit de Cabot, traverse le golfe et l’estuaire et vient mourir sur une pente raide près de l’embouchure du Saguenay.Sur une distance d’environ 10 kilomètres, le fond, à cet endroit, passe de 350 à 25 mètres de profondeur.Ce gigantesque goulot fait remonter vers la surface des milliers de mètres cubes d’eau provenant des couches inférieures et, avec elle, un volume considérable d’éléments nutritifs.Une fois dans les eaux claires de la surface, ces éléments 14 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 #(# ^ A ül Wfj NI nutritifs favorisent la croissance des végétaux, éléments de base essentiels de la chaîne alimentaire.Du même coup, les eaux d’affleurement remontent des quantités importantes de petits crustacés habitant les eaux profondes, qui composent le krill et servent de nourriture aux capelans et aux baleines.L’inattendu, ce qu’on croirait réservé aux mers du Sud, se trouve ici, dans le Saint-Laurent, sous quelques mètres d’eau.Il se présente ici sous la forme d’une anémone plumeuse (Metridium senile) et de nudibranches, dont le nom latin est Alabellina salmonacea (ci-contre).ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 15 ÉPONGES, ÉTOILES, CHOUX-FLEURS ET CONCOMBRES Une fois équipé et agenouillé dans l’eau, je mouille mon visage afin de réduire les possibilités de buée sur la vitre de mon masque.Je constate que l’eau est effectivement très froide aujourd’hui.Dans les instants qui suivent, mon compagnon de plongée et moi disparaissons, ne laissant derrière nous qu’une traînée de bulles à la surface de l’eau.Après seulement quelques minutes, je sens le froid traverser ma combinaison et le thermomètre attaché à ma console d’instruments confirme cette sensation en m’indiquant -1 °C.Mais quelle visibilité ! Normalement, pendant la saison estivale, elle est d’environ 4 à 8 mètres ; aujourd’hui, elle dépasse les 25 mètres.Quand les conditions sont telles, j’équipe ordinairement un de mes appareils photo d’un objectif grand-angulaire, afin de mieux capter le panorama sous-marin.J’utilise des appareils photo terrestres, que j’introduis à l’intérieur de boîtiers étanches en aluminium.Afin de redonner des couleurs vives et éclatantes à mes sujets, j’ai aussi recours à des flashs sous-marins.Mon premier sujet est une immense éponge marine.Sur le plan évolutif, les éponges sont les animaux multicellulaires les plus simples qui existent.Parce que leurs formes et leurs couleurs peuvent varier selon l’environnement, ils sont toutefois difficiles à identifier jusqu’à l’espèce.Pour y parvenir, on doit prélever des morceaux de l’animal.Ce n’est qu’en examinant au microscope les spicules composant son squelette qu’on peut arriver, avec de l’expérience, à déterminer l’espèce.Fermement agrippée à l’éponge, se trouve une étoile de mer sanguinolente (Henricia sp.), prédateur dont on croit qu’il se nourrit exclusivement d’éponges.Ce sont de petites étoiles à cinq bras, dont la couleur peut varier du rouge au jaune, en passant par l’orange et même le rose.Je signale ensuite à mon compagnon de plongée que je me dirige vers un petit plateau, où se trouvent plusieurs spécimens de corail mou ou « chou-fleur de mer » (Gersemia sp.).J’adore examiner de près ces animaux qui vivent en colonie.Avec un peu d’attention on peut facilement voir au bout de chaque branche une série de polypes munis chacun de huit tentacules.J ' ¦' - V .-• .v ^ i 't ’ .r* ' %* •• ^ - V .- - ~ - - ¦ .¦ -¦ ' i-â-v.• ¦ ¦ • - -Q-r 4- ¦* * .~ , J .V • ; « - J - ' * V « ^ O' , .’T' ¦ .¦ Parmi les merveilles que le plongeur découvre, on retrouve : 1) de petites étoiles de mer très fragiles, les ophiures (Ophiopholis aculeata) ; 2) des stomphias rouges (Stomphia coccinea) ; et 3) des méduses ; cette beauté transparente est appelée Phacello Phora Cantschatica./O 'k 16 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 xiC’.* ¦ -?rV.3 4 À chaque plongée, je prends la peine de retourner quelques pierres.Sous la première, je découvre quelques ophiures (Ophiopholis aculeata).Ce sont de petites étoiles de mer très fragiles, qui n’apprécient guère être à découvert.Elles ne laissent dépasser que l’extrémité de leurs bras grêles, dont elles se servent agilement pour capturer des particules organiques.Je prends soin de bien replacer la première pierre, avant d’en retourner une deuxième.Cette fois, je découvre une petite sigouine de roche (Pholis gunneüus).Après avoir bien voulu poser pour moi pendant quelques secondes, ce petit poisson anguiforme file ensuite tout droit vers un lieu sûr.Un mouvement attire soudain mon attention.J’aperçois, à quelques centimètres devant moi, un autre petit poisson, dont la posture en forme de S et le corps tacheté me suggèrent qu'il s’agit d’une stichée arctique (Stichaeus punctatus).En évitant tout mouvement brusque, j’arrive à la toucher, mais comme un éclair elle disparaît aussitôt.UNE FAUNE ARCTIQUE Mon compagnon de plongée me signale qu’il est maintenant temps de faire demi-tour.En revenant, je m’arrête un instant au-dessus d’un concombre de mer (Cucumaria frondosa).Lorsque ses tentacules sont rétractés, on peut, moyennant une bonne dose d'imagination, voir effectivement chez cet animal une certaine ressemblance avec le légume.Pour se nourrir, le concombre de mer se sert de ses dix tentacules branchus, avec lesquels il piège des particules organiques en suspension dans l’eau.Il les introduit ensuite dans sa bouche, un à un, afin d’en retirer la nourriture.De retour près de notre point de départ, je m’arrête à une profondeur de trois mètres afin de libérer lentement l’azote accumulé dans mon système.Il s’agit d’une pure mesure de précaution, car nous étions bien en deçà des temps permis par notre table de plongée.A cette profondeur il y a toujours des algues à proximité.C’est incroyable, toute la vie marine qui s’y accroche ! Immanquablement, on y retrouvera des caprelles (Caprella sp.).Ces petits crustacés squelettiques très étranges s’agrippent aux algues par leurs pattes arrière et, à l’aide de pinces situées sur la partie antérieure à l’avant de leur corps, capturent d’autres petits crustacés nageant dans leurs parages.ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 17 Mon manomètre m’indique qu’il est maintenant temps de refaire surface.L’étagement de la vie marine dans nos eaux froides se fait de façon similaire à l’étagement de la végétation en montagne.A mesure qu’on monte, on rencontre des étages de végétation dont les caractéristiques se rapprochent constamment de celles des régions nordiques.De même, dans nos eaux, la composition de la faune change avec la profondeur : elle devient de plus en plus arctique, à mesure qu’on s’enfonce.Par exemple, en observant la concentration de certaines espèces d’anémones de mer, on aura une bonne idée de la profondeur à laquelle on se trouve.Sur les fonds rocheux des Escoumins, la plus grande concentration d’anémones plumeuses (Metri-dium senile) se trouve près de la surface, entre 5 et 15 mètres.De 10 à 20 mètres, il y aura beaucoup d’anémones rouges du nord (Tealia felina) et de stomphias rouges {Stomphia coc-cinea).De 20 à plus de 50 mètres, ce sera l’anémone noduleuse (Hormathia nodosa) qui dominera.Les algues, selon les espèces, s’établissent aussi à différentes profondeurs, car leurs besoins en lumière sont différents.En général, les algues vertes ont besoin d’une grande quantité de lumière : elles seront donc très communes près de la surface.Elles sont suivies des algues brunes, qui aiment l’éclairement moyen, et des algues rouges, qui peuvent survivre à de plus grandes profondeurs, leurs besoins en lumière étant les plus faibles.JEUNES PLONGEURS MÉDUSÉS Il y a quelques années, j’expliquais à un autre photographe sous-marin, Jean Lalibert, que je n’avais jamais encore photographié de gorgonocéphale (Gorgonocephalus arcticus), une grande et magnifique étoile de mer orange à bras ramifiés, que l’on ne trouve généralement qu’à de grandes profondeurs.« Je sais où en trouver une, me dit-il.Il y a des années qu’elle est au même endroit.Pour la trouver, tu dois partir en face du petit chalet situé sur la pointe ouest de l’anse aux f ¦ s ' À de plus grandes profondeurs, une grande et magnifique étoile de mer, la gorgonocéphale (Gorgonocephalus arcticus), se laisse parfois admirer.Basques et filer tout droit jusqu’au bout du plateau.Tu descends ensuite la pente jusqu’à une profondeur d’environ 30 mètres à marée haute, puis tu vas vers la gauche.Tu longeras une série de pierres et, lorsque tu en verras une plus grosse que les autres, tu t’arrêtes à sa base.Là tu devrais voir l’étoile.Elle est sublime.» Quelques jours plus tard, avec beaucoup de scepticisme, j’ai suivi ces instructions à la lettre, et, à ma grande surprise, l’étoile était exactement là où me l’avait indiqué Lalibert.Je fus étonné de l’agilité avec laquelle elle bougeait ses bras.Elle se sert apparemment de minuscules tentacules collants situés sur ses bras afin de capturer des particules organiques.Il est fréquent, chez les plongeurs novices, de prendre certains animaux marins pour des plantes.J’ai pu constater que ce sont les membres du phylum des Cnidaires, plus particulièrement de la classe des Hydrozoaires, qui sont le plus souvent victimes de cette erreur.Plusieurs espèces d’Hydrozoaires passent par deux stades morphologiques très différents, au cours de leur existence.Il y a le stade sexué des méduses et le stade asexué des polypes.C’est lors de ce dernier que ces animaux ressemblent à des plantes.Les méduses de la classe des Hydrozoaires se nomment hydroméduses.Ce sont elles qui produisent et libèrent ovules et spermatozoïdes dans la mer.Au gré des courants, certains ovules seront féconds et deviendront de petites larves ciliées, qui finiront par se fixer sur le fond.Chacun se développera en une colonie de nouveaux polypes.Certains de ces polypes se spécialisent en produisant des bourgeons qui, à maturité, deviennent des méduses nageuses et sexuées.Et le cycle recommence.Encore aujourd’hui, on ignore souvent à quelles espèces de polypes appartiennent certaines hydroméduses : pour le savoir, il faudrait pouvoir observer la libération des méduses par leur colonie de polypes, soit en plongée, soit par élevages en aquarium.Près de l’épave du Bergeronne Trader, coulé à l’anse aux Basques, j’ai pu photographier à plusieurs reprises des Hydrozoaires au stade polype, dont le nom vernaculaire est hydroïde solitaire (Hybocodon pendu-la).Malheureusement, je n’ai jamais encore pu observer la méduse associée à cette espèce.Apparemment, il s’agirait d’une petite hydroméduse ayant une ombrelle de 5 mm de haut et ne portant qu’un long tentacule.Je me demande ce que je rencontrerai lors de la prochaine plongée.Peut-être aurai-je la chance de photographier cette petite hydroméduse à tentacule unique ?C’est là le genre de perspective qui rend les plongées très excitantes.?18 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 Prenez les routes de l'énergie ! Hydro-Québec vous propose cinq circuits de visites que vous pouvez faire à l'occasion d'une balade ou intégrer à un voyage plus long.Profitez-en, c'est gratuit! Nos guides et animateurs connaissent parfaitement tous les détails de l'installation qu'ils font visiter.Venez, on vous attend ! Au fil de l'eau et de l'histoire Centrale de Beauharnois, Centrale de Carillon et Centrale de la Rivière des Prairies : (514) 286-2217 La technologie et l'environnement Centrale de Gentilly 2 : (819) 372-3801 ou 294-5205 L'Électrium (514) 652-8977 ou 652-8978 Les monuments de la Révolution tranquille Centrale de Manie 2 : (418) 294-3923 Centrale de Manic 5 : (418)294-3923 Pour de plus amples renseignements, procurez-vous la brochure Les routes de l'énergie, Guide de visite des installations d'Hydro-Québec - 1991.Outre la description de chaque circuit, vous y trouverez de l'information sur les structures d'accueil d'Hydro-Québec et sur certains attraits touristiques avoisinants, ainsi que quelques adresses utiles.Vous pouvez également vous renseigner sur les visites offertes aux groupes, les visites scolaires et les autres activités d'accueil, en composant le (514) 289-2215.a Hydro-Québec L'électricité d'hier et d'aujourd'hui Centrale de Shawinigan 2: (819) 372-3801 Centre d'information de Grondines: (418) 268-5497 Centre d'information de Lotbinière (418) 268-8005 poste 239 Le charme austère du Moyen Nord Centrale de La Grande 2 et Poste Radisson sur réservation : (514) 289-2215, ou (819) 638-8486 LE CHEMIN DES VACANCES par Jeanne Morazain Du Jardin botanique aux Sentiers de l’Estrie, en passant par l’île Notre-Dame fleurie, les fermes accueillantes ou les cavernes mystérieuses, pas besoin d’attendre les vendanges pour avoir des vacances grisantes.Avez-vous visité ie Jardin botanique de la Ville de Montréal récemment ?Non ?Il y a fort à parier que vous seriez ébahis.L’institution fondée en 1931 par le frère Marie-Victorin a connu, au cours des dix dernières années, une croissance phénoménale.Aujourd’hui, le Jardin botanique de la Ville de Montréal est le deuxième en importance au monde après Kew Gardens, le célèbre jardin de Londres qui, lui, existe depuis 150 ans.Le Jardin, qui accueille près de 2 millions de visiteurs par année, n’a pas pour autant renié les missions culturelle, éducative et scientifique définies par son fondateur.L’INSECTARIUM En février 1990, un insecte géant - c’est ce que suggère l’architecture du bâtiment - se posait au Jardin botanique de la Ville de Montréal.Il est vite devenu la coqueluche du public.En un an, plus d’un demi-million de visiteurs l’ont exploré avec curiosité, ravissement, émerveillement et amusement.L’Insectarium de Montréal leur a révélé la beauté, la richesse et l’utilité du monde des insectes, un monde méconnu, qui repousse et fascine tout à la fois.Agricotours ir \ •S\ 'l •K- 'à! ¦to * '* r ' * .«.nB£«R * •• .Jb: ' M; ;A ' ' 1# r Æ' ./â Æ / ¦ £vsjm ?>- - ;?•'ir :, -.¦£¦ .- ,•.KSS'® 1 Visuel, dynamique et interactif, l’Insectarium de Montréal est un musée de notre temps.Il faut voir les enfants se regrouper pour entonner en chœur des oh ! et des ah ! admiratifs, se tordre afin de multiplier les angles, observer, avec force commentaires, les insectes des volières et des vivariums, ou contempler en silence certains spécimens étonnants ou d’une beauté renversante.Petits et grands prennent plaisir à se livrer à des jeux d’associations, de manipulation ou d’assemblage, sont captivés par les présentations multimédias et le travail dans les laboratoires vitrés d’élevage et de montage.L’Insectarium est un musée écologique, qui met chaque espèce en rapport avec son milieu, l’une des six zones biogéographiques de la planète.Les relations entre l’homme et les insectes, utiles ou nuisibles, les avantages de certains échanges - la pollinisation des plantes ou la décomposition des matières organiques, par exemple - sont tous mis en lumière.Un jardin extérieur, où sont cultivées des plantes qui attirent les insectes par leurs couleurs, leurs odeurs et leurs structures, entoure l’Insectarium.Aucun danger de se faire piquer : seuls les ÉTÉ 1991 /QUÉBEC SCIENCE 21 mâles sont attirés par les sucs et les nectars.Or, ce sont les femelles qui piquent : elles viennent chercher dans notre sang une protéine essentielle au développement de leurs œufs.Une ruche d’observation, bien protégée, vient d’être installée, et une volière à papillons ajoute à l’intérêt de ce jardin, qui intègre également un parc d’amusement, aux jeux en forme de coccinelle, d’escargot, d’abeille.L’Insectarium de Montréal est le seul musée en Amérique du Nord consacré uniquement aux insectes.Par l’ampleur et la qualité de sa collection, • il est de la classe des plus grands insectariums du monde, ceux du Japon notamment.Sa collection de quelque 350 000 insectes a été constituée à partir de dons d’entomologistes qui ont pris soin d’identifier et de décrire chaque insecte, de noter les dates et lieux de capture.Le plus important legs (250 000 spécimens) est celui du notaire Georges Brossard.Le frère Firmin Laliberté a légué 100 000 spécimens, et Gilles Delisle, un millier de papillons à ailes d’oiseaux (ornithop-tères) d’une splendeur à couper le souffle.Ils sont maintenant des vedettes du musée au même titre que les Morphos, le Scarabée d’or, la grande cigale de Malaisie, le sphinx à tête de mort, le Goliath royal ou le Monarque, emblème de l’Insectarium, qui accueille le visiteur de façon spectaculaire dès l’entrée.Une collection synoptique, comprenant un mâle et une femelle de chacune des espèces d’insectes du Québec, permet aux visiteurs d’identifier leurs captures.Apportez vos insectes ! La naissance de l’Insectarium tient du conte de fée.« On m’avait dit que le notaire Brossard avait quelque chose à me montrer, raconte Pierre Bourque, directeur du Jardin botanique.J’ai été bouleversé.Par la beauté et l’unité de sa collection, par la passion de l’homme qui venait de consacrer dix ans de sa vie à la créer.Une telle collection ne pouvait rester dans le sous-sol d'un bungalow ! » Une première exposition, à l’été de 1986, montre l’intérêt du public.Une campagne de financement populaire rapportera la jolie somme de 700 000 $, du jamais vu dans le domaine de la muséologie au Canada.->A: >; ¦ir^T-vs- Lorsque les ouvriers chinois repartiront, outre les pavillons aux toits denteles du « Jardin du lac de rêve », c’est tout un univers de culture orientale qui sera accessible aux visiteurs, et ce dès le 20 juin prochain.LES JARDINS ORIENTAUX À quelques minutes de l’Insectarium, deux jardins orientaux font, à juste titre, l’orgueil du Jardin botanique : le Jardin japonais, inauguré il y a trois ans, et le Jardin de Chine, qui reçoit ses premiers visiteurs cet été.Le Jardin japonais a été réalisé par l’un des plus grands architectes paysagers nippons.Chaque arbre, chaque plante, chaque pierre a été sélectionné et étagé avec art et minutie, selon la tradition sansui.La péridotite, pierre de couleur verdâtre caractéristique de l’Estrie, domine.Des cascades, des ruisseaux, un étang où nagent des carpes colorées, véritables fleurs vivantes, animent ce jardin, considéré comme l’un des plus beaux hors d’Asie.La sérénité des lieux invite à la méditation.Que diriez-vous de participer à la traditionnelle cérémonie du thé ?Au salon de thé du Pavillon japonais, des hôtesses en kimono servent, selon le rituel, un thé vert aux visiteurs agenouillés sur des tatamis.Ce pavillon comprend également deux salles d’exposition et une bibliothèque sur l’art et la culture de l’Empire du Soleil levant.Il donne aussi sur trois petits I i ja jardins.Le jardin de thé et sa fontaine d’ablutions ; le jardin zen de sable et de pierres ; le jardin de bonsaïs, où sont exposés ces petits arbres « sculptés », dont l’âge varie de 25 à 350 ans.La collection du Jardin botanique est l’une des plus complètes et des plus variées de tout l’Occident.Le Jardin de Chine, quant à lui, dévoile ses splendeurs pour la première fois cette année.Bâti selon la tradition classique Ming, il a été réalisé par 50 ouvriers de Shanghai, qui ont apporté avec eux de nombreux éléments préparés en Chine même.Ce Jardin de Chine, le plus grand d'Amérique, marie architecture, minerais, eau et plantes.Il comprend sept pavillons finement ouvrés, aux toits dentelés, dont un magnifique bateau de marbre et une tour hexagonale, qui se reflètent dans le Lac de rêve.Ces reflets se juxtaposent à celui de la tour du Stade olympique.L’effet est saisissant.Ces pavillons servent de salles d’expositions ou, tout simplement, de haltes.La pierre est devenue sculpture en plusieurs endroits.Celle provenant de l’île Sainte-Hélène prendra, avec le temps, une chaude teinte de bronze orangé, qui s’harmonisera avec les touches jaune pâle de la pierre blanche 22 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 iîi du lac Tai, près de Shanghai.Bambous, lotus, chrysanthèmes, pivoines de Chine et pins confèrent au Jardin sa personnalité.Certaines plantes du nord de la Chine sont introduites pour la première fois sous nos climats.SERRES ET JARDINS À PERTE DE VUE LTnsectarium et les deux jardins orientaux occupent moins de 7 hectares sur les 73 que compte le Jardin botanique.Il reste donc beaucoup à voir.Les dix serres d’exposition et la trentaine de jardins extérieurs abritent quelque 30 000 espèces et variétés de végétaux.D’une serre à l’autre, le climat change, et avec lui la végétation.La grande serre présente des expositions accordées aux saisons.A l’extérieur, le promeneur traverse divers aménagements : la roseraie, les jardins aquatique et alpin, le sous-bois, l’Arboretum, les jardins à la française et à l’anglaise.Ce dernier est découpé par un ruisseau fleuri d’iris, de pivoines, d’hémérocalles et autres vivaces, qui offrent, de juin à octobre, toute la gamme des coloris.Cette incroyable variété de plantes attire les oiseaux, d’autant plus que tout a été mis en œuvre pour faciliter leur venue : les berges ont été naturalisées, des abris et des nichoirs ont été mis en place, des microclimats ont été créés.Près des plans d’eau, les lève-tôt surprendront peut-être les grands hérons à leur toilette matinale.En tout, plus de 130 espèces différentes ont déjà été recensées, et des panneaux explicatifs sont installés aux endroits stratégiques.LE JARDIN BOTANIQUE HORS LES MURS Le Jardin botanique est responsable de l’aménagement de tous les parcs sur le territoire de la Ville de Montréal.Il est le maître d’œuvre de certaines réalisations audacieuses, qui ont fait de l’île Notre-Dame un havre champêtre sur fond de gratte-ciel.Vous souvenez-vous des Floralies internationales de 1980 ?Le Parc floral créé pour l’occasion sur l’île Notre-Dame est toujours là, incluant la tour- bière de la baie James et ses plantes carnivores.La balade sur les canaux, à travers des îlots fleuris, constitue un plaisir pour l’œil.Non loin, une plage accueille les baigneurs, depuis l’été 1990.L’eau du lac, puisée à même le fleuve, est filtrée grâce à trois bassins, de profondeur différente, qui sont autant de marais d’eau douce.L’eau est nettoyée en circulant, pendant un peu plus de deux jours, à travers les plantes aquatiques.Les tiges, les feuilles, les racines, les bactéries et autres micro-organismes arrêtent, absorbent ou captent les particules à éliminer.Ce système de filtrage a été mis au point par une équipe du Jardin botanique.« Un autre projet de fou ! Comme la tourbière », commente en riant Pierre Bourque.Ce marais-filtre est vite devenu l’habitat de nombreux oiseaux, insectes, mammifères, poissons ou amphibiens, et des sentiers d’interprétation ont été aménagés.Dans un an, le Biodôme de Montréal ouvrira ses portes sous la magnifique verrière de l’ancien Vélodrome.Ce musée de l’environnement hébergera les plantes et les animaux des quatre écosystèmes d’Amérique : la forêt tropicale, la forêt laurentienne, le Saint-Laurent marin et le monde polaire.Ce nouveau musée promet d’être aussi visuel, dynamique et interactif que l’Insectarium.« C’est déjà un musée du 21e siècle », affirme Pierre Bourque.Des projets, il y en a d’autres.Il y en aura tant que Pierre Bourque, un homme de vision, sera à la barre.Il parle de la création, au Jardin, d’une onzième serre réservée aux plantes médicinales, de la mise sur pied d’un centre d’« hortithérapie », d’un pavillon d’interprétation pour l’Arboretum, du rapatriement du Planétarium.Véritable carrefour des sciences naturelles, le complexe Jardin botanique - Parc olympique se développe sur de solides assises scientifiques.Il abrite deux centres de recherche, l’Institut botanique et le Centre de recherche en biologie végétale, tous deux affiliés à l’Université de Montréal.Quelque 700 personnes, dont de nombreux chercheurs et spécialistes, y travailleront après l’inauguration du Biodôme.Parallèlement, le rôle culturel, éducatif et social du Jardin botanique de la Ville de Montréal ne cesse de s’affirmer.« Ce rôle public fait l’originalité et la force du Jardin botanique de Montréal et lui confère un caractère unique », conclut Pierre Bourque.JARDIN BOTANIQUE DE LA VILLE DE MONTREAL Heures d'ouverture : de 8 h au coucher du soleil.Prix : Insectarium, serres et jardins extérieurs 7.00 $ pour les adultes 5.00 $ pour les handicapés et les 65 ans et plus 4,75 $ pour les 6 à 17 ans Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.Jardins extérieurs seulement : gratuit.Train miniature (avec audio-guide) : 1,50 $ pour les adultes 1.00 $ pour les 5 à 17 ans et les 65 ans et plus.Parc floral : gratuit.Location de Pédalos : 7 $ l’heure, TPS incluse.Parc Plage : 7 $ (3,50 $ pour les détenteurs de la carte Accès Montréal).Téléphone : (514) 872-1400 ÉTÉ 1991 /QUÉBEC SCIENCE 23 ême si la nature s'affiche à ulme Po” un labe^salson'^ SyfXhés‘intéressantes ne manquent pas.I!‘iSSé^rement tnsohtes, qui ne hemanhen, ni aptttuhes particulières ni équipement sophistique.Quel enfant des villes n’a jamais rêvé de s’approcher des veaux, des vaches, des cochons, des lapins, des chevaux, de conduire un tracteur ou de sauter dans le foin ?Les fermes membres d’Agri-cotours l’ont compris.Elles ouvrent leurs portes aux citadins.Pour un séjour de quelques jours, une nuit en passant, une visite d’une journée ou un repas, quelle que soit la formule, les hôtes se font un point d’honneur de servir des produits de leurs fermes, apprêtés sur place.La Fédération des Agricotours publie un guide qui précise la nature des services disponibles, les prix (entre 25 et 60 $ par jour, par personne) et les activités offertes à la ferme et dans la région (artisanat, musée, théâtre, site historique, baignade, pistes cyclables, pêche, promenade en bateau.).Une conversation téléphonique permet de découvrir la personnalité des familles hôtesses et de se découvrir des atomes crochus.Certaines familles accueillent les enfants non accompagnés.Les participants du programme « Promenades à la ferme » offrent des excursions d’une journée à prix raisonnable (moins de 5 $ par personne, pour les activités de base).Ces excursions réservent de belles surprises : tonte des moutons, élevage du sanglier, dégustation de hamburgers de bison, traite des vaches, rencontre avec toute la gent volatile (paons, tourterelles.faisans, pintades, colombes, bemaches, outardes.), fabrication du beurre.Tous ont prévu de l’animation.Certains ne lésinent pas sur les moyens, allant jusqu’à utiliser des marionnettes.Plusieurs n’acceptent que les groupes.Qu’à cela ne tienne ! Rien n’empêche d’y aller en « famille élargie », ou à trois ou quatre familles amies.Certaines fermes tiennent des journées « portes ouvertes », qui n’exigent pas de réservations.LA ROUTE DES VINS Le Québec, enfin, a aussi sa route des vins.Elle chevauche TEstrie et la Montérégie et s’étire, de part et d’autre du Richelieu, de Magog à Sainte-Barbe, près de Valleyfield.En tout, onze vignobles, trois cidreries et trois « hydromelleries », où l’on fabrique un vin de miel.Qu’il soit vigneron, cidriculteur ou hydromelier, le producteur-artisan donne à son elixir une personnalité, un caractère distinctif qu’il présente avec amour et fait apprécier avec plaisir, en espérant que vous repartirez avec quelques bouteilles.Certains vignobles servent des repas, la plupart mettent des tables à pique-nique à la disposition des visiteurs.La visite est gratuite et les éléments d’intérêt varient selon les saisons, le point culminant étant les vendanges qui ont lieu de la mi-septembre à la mi-octobre.FEDERATION DES AGRICOTOURS Téléphone: (514) 252-3158 Certains kiosques d’information touristique fournissent aussi des renseignements.8.30 $.TPS incluse 5.30 $, TPS incluse Dépliant gratuit Carte-dépliant gratuite dans les kiosques Gîtes du passant et Gîtes à la ferme : Tables champêtres : Les Promenades à la ferme : La Route des vins : i Saviez-vous qu’il est possible de marcher, par monts et par vaux, de Kingsbury, près de Windsor, jusqu’à la frontière du Vermont ?Ce corridor, hors parc, entretenu et balisé par des bénévoles et long de 120 kilomètres, se nomme Les Sentiers de TEstrie.L’aventure, commencée en 1968, se poursuit.Des négociations sont en cours pour permettre la traversée par les crêtes du Parc provincial du mont Orford ; des boucles et des embranchements se greffent chaque année au corridor principal.Ce réseau unique, presque entièrement aménagé sur des terres privées, est divisé en sept grandes zones.Les Sentiers de TEstrie ont publié un Topoguide, très bien fait et indispensable.Le parcours, les distances, les dénivellations, les croisements, les repères, les points d’intérêt, les accès, les facilités de stationnement et d’hébergement, les possibilités de camping, tout y est.Le guide contient des conseils pratiques sur les aliments, les vêtements, l’équipement.Il rappelle les règles de prudence et les comportements écologiques.Pour leur sécurité, les randonneurs sont invités à s’inscrire lorsqu’ils rencontrent une boîte d’enregistrement, en laissant leur adresse et leur numéro de téléphone.Ils indiquent ainsi qu’ils sont prêts à contribuer, financièrement ou par une corvée, au maintien des Sentiers.Les Sentiers de TEstrie comptent plusieurs points d’accès.La randonnée VOIR LES CH 24 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 •- peut ne durer que quelques heures ou s’étirer sur plusieurs jours.La variété des paysages est infinie.Ici, le promeneur traverse une forêt, là, il longe une rivière.Ailleurs, la montée vers les sommets passe par des plateaux dénudés.Sur les crêtes, des vues panoramiques procurent euphorie et sérénité.Partout, le contact avec la nature est intense.La zone des monts Sutton termine en beauté ce parcours peu commun.« C’est la section la plus montagneuse, mais la vue au sommet vaut l’effort, affirme Daniel Martin, responsable de zone.Ici, à Sutton, le promeneur peut aussi emprunter les sentiers du Parc d’environnement naturel de Sutton.Des pourparlers préparent la jonction de cette zone frontalière avec la Long Trail du Vermont », laquelle est elle-même reliée à [’Appalachian Trail.La jonction ajouterait 3 200 kilomètres aux Sentiers de TEstrie ! FEDERATION QUEBECOISE DE LA MARCHE Téléphone: (514) 252-3157 Topoguide Les sentiers de TEstrie Prix : 9,95 $, (TPS en sus) pour les non-membres et dans la plupart des boutiques de plein air.8,95 $.(TPS en sus) pour les membres.Frais additionnels de 2 $ pour les commandes postales.UNE EXPÉRIENCE Habituellement, un frisson nous parcourt à l’idée de nous engouffrer dans une grotte ou une caverne.La peur noire de rester coincé, de faire des rencontres désagréables nous habite.« La spéléologie, c’est d’abord s’affronter soi-même », convient Michel Labrie de la Société québécoise de spéléologie (SQS).Il promet toutefois, à ceux qui surmonteront leur crainte, de belles découvertes et une grande satisfaction personnelle, même si les stalagtites (ceux qui tombent) et les stalagmites (ceux qui montent) sont plutôt rares dans l’hémisphère Nord.« Les cavernes ont souvent de très belles formes, mises en relief par les veines de la pierre.On y trouve une grande variété de roches et même du marbre rosé, comme à Lusk.En hiver, cristaux et glaçons leur donnent une allure féérique.Une caverne est un milieu très serein, hors du temps, loin du bruit, sauf celui de l’eau.» Toutes les régions ont leurs cavernes.La SQS a publié des fiches-guides sur huit d’entre elles : Lusk dans TOutaouais, Saint-Urbain dans Charlevoix, Saint-Léonard à Montréal, le Trou du diable de Saint-Casimir-de-Portneuf, le Trou de la fée dans Lanau-dière, le Speos de la fée en Gaspésie, la caverne Thomassin à Sainte-Brigitte-de-Laval, près de Québec, et Boischa-tel, également près de Québec, la plus importante avec ses trois kilomètres de galeries.La spéléologie ne requiert pour tout équipement que de vieux vêtements chauds, des gants, de bonnes bottes, un casque protecteur (un casque de construction, par exemple), une lampe de poche avec des piles neuves, des vêtements propres pour se changer à la fin de l’expédition.Car, pour faire de la spéléo, il faut être prêt à se mouiller et à ramper.La plupart des grottes sont accessibles au grand public.Plusieurs entrées sont situées sur des terrains privés, et il faut demander l’autorisation du propriétaire.Celle de Boischatel ne peut être visitée que par l’intermédiaire de la SQS.Celle de Lusk, par EN PROFONDEU contre, permet de jumeler descente sous terre, randonnée pédestre et baignade sur les plages du lac Philippe.On ne s’aventure pas seul dans une caverne inconnue.Encore moins, lorsqu’on est novice.La SQS a des correspondants dans toutes les régions, qui organisent des excursions de groupe.On peut aussi former son propre groupe et demander à la SQS de fournir un guide-animateur.Le prix : 100 $ par jour pour un groupe de dix personnes, plus 2 $ par participant.Les réservations doivent être faites au moins deux semaines à l’avance.D’abord mystérieux, le monde souterrain devient vite familier et fascinant.La spéléologie se transforme en biospéléologie (observation de la flore et de la faune), en géospéléologie, en minéralospéléologie, en explospéléo-logie, etc.Les esprits curieux y greffent constamment de nouveaux intérêts.FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DE SPÉLÉOLOGIE Téléphone : (514) 252-3006 Télécopieur : (514) 251-8038 pour obtenir la liste des responsables de zones et des activités.Fiches-guides : 3 $ pour les membres 4 $ pour les non-membres ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 25 SACS A DOS ET VALISES LE VOYAGEUR (60 litres) Pour l'expédition (Vert) 279,00 $ (322,41 $ taxes incluses) KANUK L’ESCAPADE (40 litres) Valise transformable en sac à dos (Violet et bleu) 144,00 $(166,41$ taxes incl.) LE PETIT VOYAGEUR Pour l’avion ou le voyage (Marine) 109,00$ (125,96$ taxes incl.) LE PLUME Idéal pour le voyage ! Se replie dans une pochette (Marine et mauve) Grand 32,00 $ (36,98 $ taxes incl.Moyen 28,00 $ (32,36 $ taxes incl.LE GRAND DUC (24 litres) Pour les étudiants (Vert) 94,00$ (108,63$ taxes incl.) L’HIRONDELLE (16 litres) Le plus mignon (Bleu, rose et jaune) 50,00 $ (57,78$ taxes incl.SACS DE COUCHAGE MOMIE NIMBUS 200 -4°C, 1,5 kg 290.00 $ (335,12$ taxes incl.) MOMIE NIMBUS 300 -12°C, 2 kg 362.00 $(418,33$ taxes incl.) NIMBUS KARRÉ TROIS SAISONS 300 -8°C, 2,1 kg - Taille Moyen ou Grand 310,00$ (358,24$ taxes incl.) Ces sacs peuvent se lier ensemble, même un Karré avec une Momie./ MEMBRES DE QUÉBEC SCIENCE, VOIR AVANTAGE N° 10.26 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 CROISIÈRES SPECTACULAIRES DÉCOUVREZ LES BALEINES u départ de Baie Sainte-Catherine à 70 km de La Malbaie, une excursion-découverte de trois heures vous permettra d’explorer un très important refuge de baleines, l’embouchure du Saguenay.À cet endroit, les cétacés s'ébattent en toute quiétude, et on peut y observer à loisir plusieurs espèces dont le béluga, le rorqual commun, le petit rorqual et, à l'occasion, plus de cinq autres espèces.Nos naturalistes vous fourniront toute l’information nécessaire concernant l’anatomie, les mœurs et les adaptations particulières de ces mammifères marins.Le Cavalier des Mers et le Cavalier Royal, des navires conçus pour cette découverte du monde aquatique, vous y feront participer en tout confort et sécurité.Avant votre départ, procurez-vous le volume Biologie et écologie des baleines en nous téléphonant.DÉPARTS Tous les jours, de la fin mai à la mi-octobre De Baie Sainte-Catherine : 10h, 13h15, 14h30*, 16h30 De Tadoussac : 9h45, 12h45, 14h45*, 16h15 ' Croisière supplémentaire en haute saison, de la mi-juillet au début septembre.Adultes : 30 $ Enfants de 14 ans et moins : 15 $ Membres de Québec Science : Réduction de 15 % Nous organisons aussi des croisières sur le Saguenay CROISIERES NAVIMEX INC.2S, Plate Monlié Champlain Suite 101 Québec Qc G1K4H2 (418) 692-4643 en saison:(418) 237-4274 Vo ir page 4 GAGNEZ UN SÉJOUR de 3 jours et 2 nuits pour deux personnes à l'hôtel Tadoussac et une croisière d'observation des baleines.£^9 vous avez acheté ce magazine chez un détaillant, remplissez le coupon ci-dessous, puis découpez et remettez-lui cette annonce complète (les fac-similés ne sont pas acceptés).Vous courrez ainsi la chance de gagner une fin de semaine pour deux à l’hôtel Tadoussac au cours de laquelle vous aurez l’occasion d’aller observer les baleines à l’embouchure du Saguenay.Sauvez un béluga ! La vente de ce numéro de Québec Science et votre participation à ce concours rendront possible l’adoption d’un béluga par les agents distributeurs de Québec Science, en collaboration avec les Messageries Dynamiques.Vous pourrez constater à chaque numéro de Québec Science, sur la silhouette ci-dessous, la progression des résultats visant le sauvetage de ce béluga.Estampe du détaillant Remettez cette annonce au détaillant qui vous a vendu ce numéro de Québec Science Nom______________________ Adresse Ville__________ Code postal Tél.{_______) Cochez si vous désirez des renseignements sur la Fondation Québec Science ?Route ÉTÉ 1991 /QUÉBEC SCIENCE 27 REDECOUVRIR LES PLANTES MÉDICINALES par Raymond Lemieux Les plantes ont su gagner la faveur de la médecine moderne.Seront-elles panacée du futur ?De récents travaux en pharmacologie tendent à confirmer les attributs thérapeutiques que le savoir populaire avait déjà prêtés depuis des lustres à certains de ces végétaux.Malheureusement, parmi ces derniers, plusieurs sont aujourd’hui en voie de disparition.«' Herbes de Chine », avise une enseigne défraîchie qui surmonte l’entrée d’une pharmacie de la me Lagauchetière à Montréal.Une pharmacie ?Pas du type de celles où l’on propose, pêle-mêle, croustilles, vitamines, parfums et aspirines, non.Ici, les quelques étalages débordent plutôt de bocaux remplis de racines, de feuilles séchées, de graines.Minutieusement classifiés, ces morceaux de végétaux entreront éventuellement dans la composition d’un baume, d’une tisane, d’un onguent, d’un tonique dont le vieil apothicaire a le secret.Une pharmacopée séculaire encore vivace, en Chine comme dans tous les Chinatowns du monde.Une pharmacopée que la médecine moderne est maintenant en train de redécouvrir.Les Chinois ne sont pas les seuls à miser sur les plantes pour se soigner ; huit personnes sur dix, sur tous les continents, ont recours aux plantes médicinales.Un marché dont le chiffre d’affaires dépasserait 43 milliards de dollars, selon les Nations Unies.Les entreprises pharmaceutiques ont donc une bonne raison de garder un pied dans le jardin, même à Père des scanners, des greffes d'organes et des lasers.Mais elles en ont au moins une autre : 700 des 2 500 plantes médicinales connues sont aujourd’hui utilisées dans la production de médicaments modernes.Une ressource indispensable.Et on n’aurait encore rien vu.« C’est bien peu, déclare Dunkan Pedersen, en regard du potentiel médical que représente le capital botanique de la planète.On estime qu’il existe plus de 250 000 plantes qui recèlent des propriétés curatives.» M.Pedersen est médecin et anthropologue et travaille au Centre de recherche pour le développement international (CRDI), à Ottawa.UNE CHIMIE FASCINANTE Ce sont les récentes avancées en pharmacologie, qui ont permis de mesurer réellement les effets thérapeutiques des végétaux.Le vieil apothicaire chinois de la rue Lagauchetière, qui n’en a jamais douté, en rit peut-être, il n’empêche ; quitte à leur ôter un peu de poésie, les laboratoires arrivent enfin à décortiquer la chimie de ces plantes et à démystifier passablement leurs effets sur la santé humaine.« Je vois d’abord les plantes comme des ensembles de composées chimiques, confie Romano Salvador, chimiste et professeur à la Faculté de pharmacologie de l’Université de Montréal.Par le fait même, leur action pharmacodynamique me paraît tout à fait intéressante et pertinente à vérifier.» L’effet thérapeutique d’une plante est obtenu grâce à l’une ou plusieurs des substances chimiques qu’elle renferme.On nomme ces substances 28 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 m ai _JL_ ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 29 UNE MEDECINE TRANSCULTURELLE ?« principes actifs ».Le défi de la pharmacologie est donc de dépister ces principes actifs, ces molécules, qui agissent seuls ou en association avec d’autres, conférant ainsi aux préparations galéniques un pouvoir curatif ou préventif.La méthode employée par les laboratoires pour isoler ces principes actifs est relativement simple.Il s’agit, grosso modo, de broyer la plante, de la réduire en poudre, pour ensuite la mélanger avec du méthanol.« Puis, bouilli et filtré, le produit obtenu est soumis à la lecture du chromatographe, qui indiquera quelles molécules le composent et en quelles quantités », explique Romano Salvador.Enfin, pour mieux comprendre leur action et pour mesurer leur seuil de toxicité, on reproduit in vitro la réaction des principes actifs sur les récepteurs de nature protéinique.C’est notamment ce que réalise l’Institut de recherche en biologie végétale, situé au Jardin botanique de la Ville de Montréal.Dans le cadre d’une entente conclue en 1987, entre les villes de Montréal et de Shanghai, l’Institut compilera, selon chaque espèce de végétaux, les analyses caractérisant près de trois cents plantes médicinales utilisées en Chine.On pense aussi créer une banque de données qui permettra éventuellement des recoupements avec les analyses touchant d’autres plantes.« Peut-être pourrons-nous alors prévoir que certaines plantes québécoises ont les mêmes vertus que des plantes de la même espèce déjà très utilisées en Asie », avance Réjean Harvey, un biologiste qui participe à ce projet.UN ART DE GUÉRIR VENU DU FOND DES ÂGES Les chercheurs des laboratoires seraient donc ainsi en train de renouer avec un savoir quelque peu déprécié, discrédité et abandonné aux élucubrations des thérapeutes de tout acabit.Cette rupture n’est pas récente.Un jésuite de la Nouvelle-France témoignait, au 17e siècle, du combat que devaient mener les colonisateurs contre les rites des guérisseurs autochtones.« Nous les discréditions, faisant Quatre milliards de personnes ont recours aux services des sorciers, des chamans, des prêtres, des herboristes pour être soignées.En clamant haut et fort son objectif de « santé pour tous », au début des années 80, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a en même temps admis qu’il fallait bâtir des ponts entre la médecine moderne et les médecines traditionnelles.On parle alors de médecine « transculturelle ».Le guérisseur du village vêtira-t-il ainsi la blouse blanche ?Pas si sûr.S’il demeure plus facile, pour contrecarrer une maladie, d’administrer vaccin ou un analgésique que de préparer minutieusement une potion de racines et d’écorce macérées pendant plusieurs heures ou plusieurs jours, les médecins et la pharmacopée modernes sont cependant loin d’être accessibles à toutes les populations de la planète.Surtout dans les pays du tiers monde.D’abord, on rencontre les disciples d’Hippocrate principalement dans les centres urbains, loin des terroirs.Puis, les soins qu’ils prodiguent sont parfois trop coûteux pour des familles qui souvent vivent dans la misère.Tel est le constat de l’OMS.De là, la nécessité de réconcilier les pratiques ancestrales et la médecine moderne.En revanche, Dunkan Pedersen craint le « bricolage » qui pourrait en résulter.« Un tel syncrétisme, dit-il, passerait à côté de la dimension symbolique qui accompagne parfois les traitements.Ces médecines traditionnelles s’accordent avec les cultures et les visions du monde qui caractérisent chaque peuple de la planète.La méde- cine moderne ne peut pas toujours prendre cela en compte .» Les quelques expériences réalisées en Afrique occidentale lui donnent raison.Les guérisseurs qui avaient été invités à collaborer avec les médecins se sont vus piégés dans une position d’auxiliaires.Un désastre, selon les témoignages entendus lors d’un congrès international tenu à Lima au Pérou, l’an dernier, sur les médecines traditionnelles.Gilles Bibeau, dans un livre à paraître prochainement, vitupère d’ailleurs cette façon quelque peu paternaliste de considérer le savoir médical traditionnel.En outre, il affirme que « l’efficacité des recettes doit être saisie au sein d’une réflexion sur les liens entre les composés galéniques et les conceptions physiologiques des guérisseurs ».Autrement dit, l’interprétation que l’on fait du fonctionnement du corps humain et les soins de santé constituent un ensemble indissociable.Et tout le problème commencerait ici : cette interprétation culturelle à la base de nombreuses médecines traditionnelles ne concorde pas toujours avec la science médicale des pays industrialisés.Reste que les quelques expériences pilotes en cours sous l’égide de l’OMS permettront probablement de mieux mesurer l’impact de cette rencontre entre deux médecines.L’organisation mondiale souhaite malgré tout cette rencontre car elle considère comme crucial, surtout dans le cas d’une politique de soins primaires, d’en arriver à un minimum de complémentarité.En ce sens, la « santé pour tous » sera transculturelle ou ne sera pas.En Equateur, un herboriste-guérisseur vend des plantes médicinales.7-—x- *L**- % 30 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 voir que toutes leurs jongleries, dont ils se servent afin de guérir les malades, ne sont que des sottises et des impertinences.» On avait peut-être déjà oublié que Jacques Cartier avait profité des vertus du thuya pour contrer le scorbut, lors de son deuxième hiver passé dans le Nouveau Monde.C’était pourtant un remède iroquois.Plus près de nous, dans la région du Richelieu au sud de Montréal, on a eu longtemps recours à la « chasse-pareille » comme plante médicinale.Pour soigner les blessures, par exemple, il fallait en appliquer une feuille sur la plaie, ce qui permettait d’accélérer la cicatrisation.Cette plante, appelée salsepareille dans les livres de botanique, faisait aussi valoir ses qualités pour faciliter la digestion, si on en mâchait les racines après le repas.Il y avait également le sapin baumier, auquel on reconnaissait des — propriétés antiseptiques, le thé des bois, utile contre les excès de table, la tisane d’herbes à dinde, qui faisait baisser la fièvre causée par les oreillons, et même les graines de citrouille, pour éliminer le ver solitaire.Sottises, que tout ça, recettes de grand-mères ?C’est pourtant ce savoir empirique de plus en plus oublié chez nous, que les anthropologues, biologistes et médecins tentent aujourd’hui de recueillir, dans les contrées reculées du globe, en discutant avec les sorciers, chamans et autres guérisseurs.Objectif ?Connaître leurs recettes, dans la perspective d'ajouter de nouveaux remèdes à leur propre trousse.« Les grands laboratoires parcourent donc les jungles et les savanes de la planète, de l’Amazonie au Népal, raconte Dunkan Pedersen, pour repérer les spécimens qui pourraient être utiles à la conception de nouveaux médicaments.Avouons que ça pourrait donner lieu à des surprises.» Mais n’est-ce pas aussi une sorte de pillage du savoir populaire ?Une plante s’appauvrit chaque fois que son emploi est enseigné, pensaient les Amérindiens du Québec, qui faisaient un usage I Sapa Chadej, chercheuse à l’Institut de recherche en biologie végétale, est photographiée avec des pervenches de Madagascar.Cette plante est utilisée fréquemment comme traitement contre la leucémie chez les enfants et contre le cancer du sein.thérapeutique de quelque 800 espèces de plantes.L’HERBIER DU PHARMACIEN N’empêche que, déjà, la liste des médicaments modernes issus de plantes est passablement longue.C’est en isolant les principes actifs du pavot, que l’on a obtenu, au siècle dernier, la morphine et la codéine.La quinina, une plante tropicale, sert encore dans la médication contre le paludisme.De la belladone, une plante vénéneuse d’Europe, on a tiré l’atropine, une molécule aujourd’hui synthétisée par les fabricants de médicaments.h’ephedra, qui pousse sur le littoral atlantique du vieux continent, contient un alcaloïde qui entre dans la composition de certains médicaments, dont le théralème.La rauwolfia serpentina, que l’on rencontre dans les forêts humides du sud asiatique, sert de base à de nombreux tranquillisants et est un médicament utile contre l’hypertension et la schizophrénie.Enfin, on ne peut oublier le saule blanc, qui produit l’acide acétylsalicylique, aujourd’hui synthétisé et mieux connu sous le nom d’Aspirine.Mais au palmarès de la médecine moderne, c’est la pervenche de Madagascar qui remporte tous les honneurs.Appelée « violette des sorciers », on en tire un principe actif, la vincristine, très utilisé dans les traitements contre la leucémie chez les enfants et contre le cancer du sein.« En règle générale, si on n’avait pas les plantes médicinales à notre disposition, les recherches dans le domaine du cancer seraient ralenties », glisse Romano Salvador, en ajoutant avec une pointe d’ironie : « Bien que, dans une certaine mesure, la médecine moderne ait intégré l’usage des plantes médicinales, il ne faut pas trop le dire.Ça ne ferait pas glorieux ! » L’approche tentée par la médecine moderne à l’égard des médecines anciennes pourrait s’avérer trop « techni-ciste », fait remarquer Gilles Bibeau, directeur du Département d’anthropologie de l’Université de Montréal et auteur de plusieurs monographies sur la médecine traditionnelle.« Ce ne sont pas des plantes individuelles, qui sont médicinales, dit-il, mais plutôt des recettes que composent plusieurs plantes et divers solvants.En limitant leurs analyses phytochimiques à des plantes particulières, les pharmacologues passeraient à côté du composé chimique complexe avec lequel le guérisseur travaille en réalité.» On parle ici de potions ou d’onguents autrement plus difficiles à préparer qu’une tisane.UNE BONNE COMPRÉHENSION DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE À cet égard, l’ethnologie serait indispensable pour interpréter correctement la parole des guérisseurs encore détenteurs de ce savoir.Réunis l’an dernier à Metz, en France, par Jean-Marie Pelt, pharmacien et botaniste, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation, 200 chercheurs ont donc fait le pari d’une nouvelle science : l’ethnophar- ÉTÉ 1991 / QUÉBEC SCIENCE 31 macologie.Il s’agit de recenser les connaissances médicales ancestrales et d’évaluer l’efficacité des remèdes traditionnels qui sont composés presque exclusivement de végétaux.« Il ne faut pas oublier, prévient M.Pelt, que les plantes médicinales ont beaucoup de particularités chimiques qui, mises ensemble, peuvent avoir des effets différents.Certains d’entre eux peuvent notamment favoriser l’absorption de la plante.C’est pour cela qu’il faut aussi chercher à comprendre le rôle de substances adjuvantes qui accompagnent parfois les principes actifs.» Car les substances adjuvantes peuvent renforcer, affaiblir ou modifier l’effet des principes actifs.La chimie des plantes pourrait donc être plus complexe qu’elle n’en a l’air.Un médicament vaso-dilatateur très vendu en France, le Tanakan, fournit à cet égard un bon exemple.Issu d’une plante asiatique, le ginkgo biloba, il agit sur la circulation sanguine du cerveau sans que l’on sache trop comment.On n’a toujours pas réussi à isoler la molécule qui lui confère cette propriété.« Il résulte fort probablement de l’interaction des principes actifs, poursuit Jean-Marie Pelt, mais cela, c’est bien plus difficile à reproduire en laboratoire.» UNE RESSOURCE EN PÉRIL Avant même qu’on sache bénéficier de tout son potentiel, la trousse pharmaceutique mise à notre disposition par Dame Nature s’épuise.La demande des laboratoires et des herboristes dépasse ce qu’elle peut réellement fournir.L’histoire se répète ?Une espèce de ginseng qu’on pouvait cueillir au Québec, au 18e siècle, a presque totalement disparu à cause de la trop forte demande qu’elle a suscitée.Les aristocrates de la métropole s’étaient littéralement rués sur cette plante, rapportée par les commercants, pour profiter des vertus toniques promises.Résultat : il n’en existe plus que quelques rares spécimens au Québec.« On peut noter une augmentation de la consommation des plantes médicinales ces dix dernières années, fait remarquer Dunkan Pedersen.Cela crée un nouveau problème : la surexploi- tation.C’est inquiétant, d’autant que certaines de ces plantes médicinales sont très rares.» Certes, la pervenche de Madagascar a des propriétés louables, mais il faut tout de même cueillir 15 tonnes de feuilles pour obtenir 30 grammes de vincristine.Une dose comme celle-là se vend ensuite 7 000 fois plus cher que l’or, chaque gramme valant 100 000 $ sur le marché de la pharmacie ! Ce n’est pas tout : on craint l’érosion du capital botanique des forêts tropicales, là où s’enracinent la moitié de toutes les espèces végétales du globe.Et, au rythme où on déboise, 20 à 25 % des végétaux auront carrément été rayés de la carte planétaire d’ici l’an 2000, selon les estimations des Nations Unies.Ce qui priverait l’humanité de nouveaux médicaments, pense Jean-Marie Pelt.Face à ce péril qui plane sur le monde botanique, la plupart des pays industrialisés tentent actuellement de constituer des réserves génétiques qui sont en fait de véritables banques de gènes.Parallèlement, plusieurs entreprises se sont lancées dans des programmes de culture domestique de plantes médicinales et ont accéléré les recherches de dépistage sur le terrain.Au point d’ouvrir une véritable chasse aux plantes, selon Dunkan Pedersen du CRDI.LA CHASSE AUX PLANTES La firme Upjohn, à l’exemple de l'Institut de recherche en biologie végétale de Montréal, sillonne l’Empire du milieu en souhaitant arriver à mieux comprendre l’usage des remèdes chinois élaborés à base de plantes.De son côté, l’Institut national du cancer des États-Unis finance, depuis l’an dernier, un important programme de collecte de plantes tropicales.Les scientifiques qui y travaillent ont une mission bien claire : expédier chaque année aux laboratoires de l’Institut 1 500 plantes susceptibles de soigner le cancer ou le sida.Plus près de nous, la multinationale Matol essaie d’introduire au Québec des espèces européennes de passiflore, de thym, de camomille, de maroute, d’angélique et de pissenlit, à des fins de commercialisation.Matol, dont les bureaux sont installés à Varennes, s’occupe de transporter près de 600 tonnes de plantes séchées d’Europe en Amérique.Les ventes de cette firme lui ont rapporté 140 millions de dollars l’an dernier.« Seulement, affirme un porte-parole, on commence à avoir des difficultés d’approvisionnement en Europe.Plusieurs de ces plântes étaient en effet récoltées à l’état sauvage dans les montagnes.Cette manière de faire contribuait à raréfier la ressource.» Associée au Centre de recherche en horticulture de l’Université Laval, la firme Matol espère donc mettre au point des techniques culturales pour permettre la production de ces plantes au Québec.De plus, on souhaite élaborer des méthodes de culture qui favoriseraient davantage le développement de principes actifs.« Il s’agit, explique Chantal Bergeron, chercheure au Centre, d’évaluer les réactions de la plante en fonction de la lumière, de la durée du jour et de la température, et de définir les conditions optimales pour produire le principe actif recherché.» Cela non seulement résoudra les problèmes d’approvisionnement, mais garantira aussi un certain niveau de qualité de la production.« En attendant, déplore Romano Salvador, aucun contrôle de qualité n’est institué par les autorités gouvernementales.On pense encore que les plantes médicinales ne servent qu’à faire des tisanes.» De fait, à l’heure où les plantes pourraient s’avérer une solution d’avenir, il paraît urgent, selon ce pharmacologue, de mettre un peu d’ordre dans le commerce de ces herbes vertueuses.D’ailleurs, les plantes ne sont pas toujours aussi inoffensives qu’elles ne paraissent.« Tout est une question de dosage, conclut M.Salvador, mais encore faut-il bien les apprivoiser.» ?Pour en savoir davantage : Fortin, Daniel et Lacoursière, Estelle, L’herbier médicinal, Québec Science Éditeur, 1983.Pelt, Jean-Marie, La médecine par les plantes.Fayard, 1981.32 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 NOUVEAU co 03 •• ••••• ••••••••••••••• •• •• •• •••••••••••••••• • ••••••••••••••••••• • ••• • • •••••••••••••A •• •••• •••••••••••••a »•••• •• ••••••••• ••••••• >••••••• ww wW WWWWWWWWWWWWWWWI •••••• •• ••• •••••••••••••••• »•••••• •• ••••••••••••••••••••« •••••••• ••••••••••••••••••••••••• »••••••••••••••••••••••••••••••••••« »••••••••••••••••• •••••••••••••••••' •••••••••••••••« »••••••••••••••« «••••••••••• Pour un développement durable Symposium international du 23 au 26 septembre 1991 L'importance des biotechnologies sur la gestion de l’environnement, l'économie, l’agriculture et la santé.L’interaction nécessaire entre la gestion de l’environnement et le développement économique.FRAIS AVANT APRÈS D'INSCRIPTION le 30-06-91 le 30-06-91 Participant régulier 150 $ 175 $ Étudiant plein temps 50 $ 50 $ INFORMATION : 343-5873 Université de Montréal UNfSCO Collaboration 1*1 Industrie, Sciences et Technologie Canada Une trousse d'initiation à la télématique qui comprend: •un guide d'initiation • un logiciel de communication et de formation (Pour compatible PC, DOS 3.1 requis) • une visite de quelques heures sur le serveur INFOPUQ pour expérimenter des services de: - messagerie - banques d'informations - forum - conférence transfert de fichiers •un coupon rabais de 10$ opplicable sur un abonnement à INFOPUQ Disponible au prix de: Prix spécial aux étudiants et aux personnels du réseau de l’Université du Québec (atteslation requise) Prix spéciaux de groupe (10 et plus) La TPS est incluse dans les prix affichés INFBPUQ Le service télématique de PUniversité du Québec Contactez-nous dès maintenant pour commander ou obtenir plus de renseignements sur la trousse TÉLESUP et sur nos services.INFOPUQ, 2875 boulevard Laurier, Sainte-Foy, Québec, G1V 2M3 Téléphone: (418) 657-3551 poste 2632, Télécopie: (418) 657-2132 En mai dernier, Québec Science se proposait de vous offrir des bicyclettes à prix avantageux.L'entente projetée ne peut prendre effet pour le moment.Nous vous proposons plutôt ce mois-ci comme de couchage et des sacs à dos.Vous pouvez obtenir ces articles à meilleur prix si vous êtes MEMBRE de Québec Science.Pour devenir membre, complétez le coupon à la page 45.AVISAUXMEMBRES UN OUTIL POUR COMPRENDRE ET MAÎTRISER LA TÉLÉMATIQUE iNFRFua jçrr: ! ^ (i la I ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 33 LE CERVEAU SOUS L’ŒIL DU NUCLÉAIRE Malgré les craintes qu'elle inspire toujours, l'énergie atomique fait bien partie de nos vies.Les atomes radioactifs alimentent maintenant une nouvelle technique d'exploration du cerveau et de détection des maladies.par Marie-Noëlle Delatte Depuis quelques mois, lorsqu’il plaide, l’avocat ne trouve plus ses mots.De même, la traductrice est subitement incapable de s’exprimer en anglais.Du moins parle-t-elle anglais avec un fort accent français.Dans les deux cas, les techniques classiques d’imagerie médicale, telle la résonance magnétique nucléaire, ne révèlent aucune anomalie cérébrale de type anatomique.La question se pose, dès lors, de savoir s’il ne s’agit pas d’une perturbation métabolique inférant, notamment, une modification du débit sanguin.Le seul moyen de s’en assurer est de recourir à la médecine nucléaire en effectuant une perfusion cérébrale.Contrairement aux autres moyens d’investigation, cette discipline médi- cale est en effet la seule à ne pas fournir uniquement une image anatomique des organes ou des tissus.Sa grande originalité est de mesurer et de quantifier l’état fonctionnel des tissus, c’est-à-dire de renseigner sur le métabolisme de la région étudiée.Pour cela, on administre au patient, par voie orale ou intraveineuse, quelques noyaux d’atomes radioactifs à des doses infinitésimales, de l’ordre de quelques millièmes de gray.L’atome le plus utilisé est aujourd’hui le technétium 99M (Tc99M), parce qu’il est facile à détecter.Ces radio-isotopes émettent spontanément un rayonnement en se distribuant dans les tissus où ils sont phagocytés, métabolisés ou éliminés, selon leur activité physiologique.Le rayonnement émis par la substance reçue est détecté par une 34 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 caméra et se traduit par une multitude de points de scintillement qui forment une image sur un écran.Les examens de médecine nucléaire sont simples, rapides et sans douleur.Ils ne nécessitent aucune hospitalisation et se pratiquent à tout âge.Pour le moment, grâce à une expérience de près de 40 ans, comme tient à le souligner le Dr Jean-Paul Soucy, de l’Hôpital Notre-Dame de Montréal, on ne leur attribue aucune allergie ou effets secondaires.On les déconseille seulement aux femmes enceintes ou à celles qui allaitent.LA BARRIÈRE HÉMO-ENCÉPHALIQUE Pour la traductrice et l’avocat, on voit une diminution localisée du débit cérébral au niveau des régions impliquées dans le processus de la mémoire.Dans le cas de la traductrice, cette variation est attribuable à un petit infarctus, c’est-à-dire à un accident, alors que chez l’avocat, on a pu vérifier que la diminution était liée à une médication inadaptée.Dans ce dernier cas, on a pu corriger le défaut, car il était réversible.Comment expliquer ce phénomène de variation du débit cérébral ?Tout repose en fait sur les propriétés physico-chimiques de la barrière hémoencéphalique.Cette frontière unique entre la circulation générale et le cerveau est hautement sélective et permet le passage des substances liposolubles, tout en limitant celui des substances hydrosolubles.Chez un sujet normal, l’alcool, la caféine, la nicotine ou l’héroïne, très solubles dans les lipides, franchissent aisément cette barrière physique et se retrouvent ainsi concentrés dans le cerveau, où ils peuvent être détectés.On dit de ces substances qu’elles sont dotées d’un fort coefficient de partition lipidique.| Le cerveau garde encore les secrets g de son fonctionnement.| Mais pour combien de temps ?I.En effet, en permettant de pénétrer J plus intimement le cerveau, ï la technique nucléaire laisse présager ^ des développements majeurs S.dans la détection des maladies.È ÉTÉ 1991 / QUÉBEC SCIENCE 35 Partant de ces propriétés, on choisit une radiosubstance qui se fixe sélectivement sur le tissu cérébral : soit le xénon 133, soit des iodo-amphétamines marquées à l’iode 123 ou, plus récemment, le HMPAO marqué au Tc99M (M pour métastable).Les études au xénon radioactif permettent d’établir le débit cérébral régional et de détecter précocement les phénomènes vasculaires cérébraux, dont les accidents cérébro-vasculaires ou ACV.Par ailleurs les deux autres agents, grâce à une meilleure instrumentation, évaluent à la fois le flot régional et le métabolisme du tissu cérébral et permettent de visualiser les phénomènes vasculaires liés aux migraines, aux anévrismes et à la recherche des foyers épileptiques.Selon le Dr Jean-Paul Soucy, aucune allergie ou effet secondaire ne peut être attribué aux examens effectués en médecine nucléaire.Hormis les substances liposolubles, on utilise, pour les détections, des substances hydrosolubles qui, comme l’aspirine, ont un coefficient de partition lipidique très faible.Ces substances, en temps normal, ne franchissent pas la barrière hémo-encéphalique ; mais, lorsque celle-ci subit des dommages attribuables à un ACV, à un traumatisme ou à des lésions tumorales ou inflammatoires, elles passent «l’obstacle» et s’accumulent dans le tissu cérébral.Les substances qu’on emploie pour de telles propriétés sont le pertechnetate, le glucohepto-nate (GH) ou le DTPA marqués au Tc99M.S -• Il s’agit là d’un excellent moyen de détection des lésions tumorales.À titre d’exemple, le GH, un analogue du glucose - dont le cerveau est friand -, se concentrerait de façon active au niveau des cellules à croissance rapide, telles les cellules tumorales.Mais ce n’est pour le moment qu’une hypothèse, remarque le Dr Soucy.LES YEUX DU NUCLÉAIRE La capacité de la médecine nucléaire d’évaluer débit cérébral et métabolisme permet d’ores et déjà de localiser les zones de certains désordres pathologiques.On a pu ainsi établir que les maladies de Parkinson et d’Huntington, ainsi que la schizophrénie étaient liées à une altération fonctionnelle au niveau de la région basale du cerveau, appelée striatum, riche de ce neurotransmetteur aujourd’hui mieux connu qu’est la dopamine.De la même façon, il a été possible de montrer que le lobe temporal était le siège de plusieurs crises d’épilepsie, que le lobe frontal était impliqué dans les psychoses et la schizophrénie, alors que le lobe pariétal était profondément altéré dans la maladie d’Alzheimer.La technique nucléaire, non invasive, permet de pénétrer plus intimement et de mieux comprendre le fonctionnement cérébral, et d’affiner le traitement des maladies mentales.Pour le moment, explique Albert Gjedde, de l’Institut et de l’Hôpital neurologiques de Montréal, on pense que la schizophrénie correspondrait à une augmentation fonctionnelle anormale de la dopamine au niveau du striatum, alors qu’inver-sement la maladie de Parkinson se caractériserait par une diminution.En observant le métabolisme du glucose dans certaines régions cérébrales, grâce à des molécules de glucose radioactives, on a pu montrer qu'une personne obsessive compulsive augmentait sa consommation de glucose dans les régions frontales, contrairement à une personne déprimée.Dans le cas de l’épilepsie, on constate une dépression du métabolisme entre les crises, c’est-à-dire une moindre consommation de glucose dans le cortex.C’est actuellement l’une des seules indications dont disposent ses praticiens pour tenter de trouver le foyer de la maladie.Selon M.Gjedde, on observe aussi, toujours entre les crises, une augmentation de la dopamine dans la région temporale.L’imagerie nucléaire ne permet pas encore de distinguer les différents types de démence ni les différentes caractéristiques des pathologies.Si le praticien peut aujourd’hui localiser les lésions, il ne peut toujours pas mettre en évidence leurs spécificités.Le problème vient du fait que les lésions, chez une personne atteinte de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer, ou souffrant de dépression, sont identiques.Ce qui donne à penser, explique le Dr Jean-Paul Soucy, que plusieurs formes de maladies cérébrales seraient liées à des processus dégénératifs semblables.36 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 Albert Gjedde t- — *>?,r- W\ W ¦ Les progrès de la médecine nucléaire sont liés à ceux des systèmes de détection : celui de gauche, utilisé en 1966, fait maintenant place à ceux de détection tomographique SPECT et TEP, bien que ce dernier soit encore peu répandu.LES AGENTS MARQUEURS À l’heure actuelle, la perfusion cérébrale ne permet pas d’identifier l’origine des désordres.Elle sert cependant à confirmer ou à infirmer un diagnostic clinique préalablement établi par le médecin ou le psychiatre, à partir de grilles d’évaluation mises au point, notamment, par des chercheurs américains.Ces grilles auraient un taux de fiabilité supérieur à 80 %.Le problème est alors de savoir de quelle façon la médecine nucléaire pourrait aider le praticien à différencier les lésions caractérisant les démences, la maladie de Parkinson, les dépressions et les apnées du sommeil.Une voie, pleine d’espoirs, commence à s’imposer.Elle consiste à mettre au point de nouveaux agents dont la fonction est de « marquer » les quelque 60 à 80 récepteurs cérébraux aujourd'hui connus.« Ces marqueurs ont la propriété, explique le Dr Jean Léveillé, chef du service de médecine nucléaire à l’Hôtel-Dieu de Montréal, de traverser la barrière hémo-encéphalique et de se fixer en fonction du débit cérébral, mais, surtout, de la densité et du degré d’activité du récepteur directement impliqué dans la maladie.» La recherche actuelle consiste à mesurer la production de neurotransmetteurs par la méthode du marquage.Pour la maladie de Parkinson et l’épilepsie, on effectue le marquage au fluor 18 de l’acide aminé dopa, précurseur de la dopamine.La molécule F18-dopa ainsi constituée se trans-forme en dopamine au niveau du striatum, où elle demeure prisonnière en raison de la charge radioactive qui modifie ses propriétés.Alors que les autres substances continuent de circuler, la dopamine s’accumule dans le striatum, de sorte qu’une heure et demie après l’injection - temps nécessaire à la conversion de l’acide aminé en dopamine -, il ne reste que ce seul neurotransmetteur.Il suffit alors de compter le nombre de molécules restantes.À l’Institut neurologique de Montréal, le Dr Gjedde explique que les chercheurs s’intéressent notamment aux maladies d’Alzheimer et de Parkinson.Ils tentent de marquer des neuroleptiques qui ont la caractéristique de reconnaître spécifiquement les récepteurs de la dopamine, dont certains ont déjà été identifiés et appelés DI et D2.Pour le moment, les chercheurs utilisent comme radio-isotope le Cl 1 (carbone 11), qu’ils fixent au raclopride ou au SCH-23320, deux neuroleptiques spécifiques des récepteurs de type Dl.Pour les récepteurs D2, l'isotope vient se fixer sur une molécule appelée N-Methylpiperone.UNE NOUVELLE ÈRE DE DÉTECTION Dans le cas de la schizophrénie - qui pourrait être causée par des récepteurs de dopamine défectueux -, des chercheurs français, à Orsay, viennent de mettre au point une molécule qui permettrait d’évaluer la progression de la maladie et d'ajuster le traitement en conséquence.Il s’agit d’un progrès important puisque la principale difficulté technique, qui limite le nombre de marqueurs cérébraux utilisables, est la création d'une molécule qui soit spécifique à une maladie, mais qui ne perde pas ses propriétés lorsqu’elle est fixée à un radio-isotope.À petits pas, on commence à relever ce arand défi.visant la visualisation, grâce à l’imagerie nucléaire, des effets d'un médicament tout au long de son trajet.Le clinicien pourra alors renseigner le médecin traitant ou le psychiatre sur l’action de la médication prescrite et lui permettre de réajuster, le cas échéant, sa posologie.Comme le souligne Jean Léveillé, nous entrons dans une nouvelle ère, où l’on pourra bientôt déterminer par l’imagerie la localisation et l’activité des neurotransmetteurs.Lorsqu’on aura atteint ce stade, tous les espoirs seront permis.Il deviendra possible de détecter très tôt toute anomalie affectant le fonctionnement cérébral, mais également de renseigner le clinicien, donc le neurochirurgien, sur les régions à risque.La médecine nucléaire a déjà levé le voile sur un certain nombre de mystères.Dans le cas de l’épilepsie, par exemple, longtemps appelée la « danse du diable », il a été démontré qu’en plus de causes liées à des tumeurs ou à des cicatrices cérébrales, l’origine pouvait tenir à une mauvaise irrigation cérébrale ou à un foyer infectieux mal cicatrisé, produisant des émissions électriques responsables des mouvements désordonnés du malade.De même, il a été établi que l’origine de l’autisme était de nature métabolique, et non pas relié, comme on l'a cru pendant des années, à un comportement maternel distant ou froid.Néanmoins, plusieurs questions demeurent.Pour quelle raison, en particulier, le cerveau féminin réagit-il différemment de celui de l’homme à un même stimulus ?A défaut de réponse, on tend à croire, pour la première fois, qu’il existe une différence majeure entre les deux cortex.Si la médecine nucléaire est appelée à un développement important d’ici Pan 2000 dans la prévention des pathologies, son avenir demeure toutefois étroitement lié aux progrès rapides de la technologie (voir l’encadré).LE QUÉBEC À LA REMORQUE ?Quand on fait le point sur la situation actuelle, on constate que l’ensemble des maladies mentales représente une ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 37 mmm 1 part importante du budget de la santé au Québec.Selon certaines sources, les dépenses dépasseraient le milliard de dollars, et plus de 50 000 personnes (1 % de la population) subiraient les effets d’un désordre mental au moins une fois dans leur vie.La situation est semblable dans le reste du Canada, rappelle Jean Léveillé, où les personnes atteintes de schizophrénie occupent 40 % des lits psychiatriques.Lorsqu’on sait qu’elles sont aussi nombreuses que les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et six fois plus nombreuses que celles atteintes de sclérose en plaques, on comprend les inquiétudes des chercheurs québécois qui se disent mal équipés.Seul l’Institut neurologique de Montréal dispose d’un système TEP (tomography emission positron).Tous les autres centres se contentent de leurs vieux systèmes scintigraphiques ou tomographiques à une tête, à l’exception du Centre hospitalier de Saint-Jérôme qui vient de s’équiper d’un système à trois têtes.Ce qui fait des envieux à Montréal ! Pendant ce temps, les États-Unis continuent d’équiper leurs centres des meilleurs appareils.Selon Daniel Desautels, directeur de la compagnie d’équipements Sopha médical, si le Sénat américain se prononce en faveur du remboursement des examens effectués au système TEP, le monde scientifique international s’engagera vraisemblablement dans cette voie.Les risques que le Québec reste figé dans son développement sont d’autant plus sérieux qu’il pourrait être ainsi « déconnecté », sur le plan international, des travaux pointus en recherche fondamentale.Cela serait regrettable, car le potentiel intellectuel existe.Rappelons qu’à l’Hôtel-Dieu, en 1987, l’équipe du Dr Léveillé a mis au point et testé sur des humains, avec le concours d’une équipe belge, un nouvel agent radioactif de mesure du débit sanguin cérébral.Une première mondiale.Un autre facteur d’inquiétude, pour Jean Léveillé, est l’absence de formation et même de la volonté de formation d’un personnel spécialisé.On a beau clamer que notre expertise clinique est une des plus avancées au m i Actuellement, l’imagerie médicale permet de localiser les lésions, mais non de mettre en évidence leurs spécificités.Elle sert donc à confirmer ou à infirmer un diagnostic préalablement établi.monde, nos psychiatres, neurochirurgiens, neurologues ou psychologues n’ont pas encore, pour la plupart, pris conscience de l’enjeu majeur que représente la médecine nucléaire.Le résultat, remarque le Dr Léveillé, est qu’aujourd’hui, si l’on introduisait une nouvelle molécule au Québec, peu de personnes sauraient l’utiliser.Ce serait comme de posséder une formule 1, que personne n’aurait appris à piloter, à réparer ou à entretenir.L'IMPULSION DU SECTEUR PRIVÉ D’où la nécessité de sensibiliser également le milieu politique, qui ne semble pas réaliser les conséquences du retard actuel du Québec.Comment justifier que la grande majorité des chercheurs ne dispose que d’un équipement obsolète, en tout cas inadapté, qu’elle n’ait pas de centres d’essais et soit à la merci des compagnies privées ?Celles-ci sont pour leur part très actives.C’est le cas notamment de Dupont-Pharma, qui a confié à l’Hôtel-Dieu et à l’Hôpital Notre-Dame la tâche de développer un agent de perfusion cérébrale destiné à évaluer les ACV.En fait, explique le représentant de la firme, Cyrille Villeneuve, le mar- ché ne se situe plus à ce niveau, mais plutôt à celui des maladies mentales.Si, au cours des tests - on en est à la dernière phase de l’élaboration -, ce nouveau produit (qui devrait être commercialisé sous le nom de neurolite d’ici deux ou trois ans) s’avérait efficace pour visualiser les sites des migraines, des dépressions ou des maladies mentales, il entrerait en concurrence directe avec le ceretec - produit britannique -, le seul actuellement disponible sur le marché.L’un des avantages du neurolite serait sa grande stabilité.Il est en effet urgent, dans les cas d’épilepsie, par exemple, d’injecter la substance radioactive dès l’apparition de la crise.Le ceretec, n’étant pas stable, doit être préparé en toute hâte dès le début du processus de crise, ce qui n’est pas toujours aisé.Ce problème serait résolu avec le neurolite, que l’on pourrait préparer plusieurs heures à l’avance.Pour le moment, une difficulté majeure retarde la mise en marché du nouveau produit - une mise en marché dont on estime le coût à près de 100 millions de dollars.Il est en effet très difficile d’accrocher le Tc99M à une molécule, car le récepteur marqué perd de sa spécificité et ne passe plus la barrière hémo-encéphalique.38 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 t INSTRUMENTATION 1) La scintigraphie, réalisée grâce à une caméra à rayons gamma.Mise au point dans les années 70, cette technique est encore utilisée pour identifier les lésions vasculaires, tumorales et inflammatoires, ainsi que les phénomènes traumatiques.2) Le système de détection tomographique SPECT (single photon emission computerized tomography).Élaboré au début des années 80, ce système permet d’effectuer des coupes cérébrales.Une ou plusieurs caméras à rayons gamma ou à têtes multiples (beaucoup plus puissantes) tournent autour du patient et reconstituent une image sous différents angles.Les isotopes utilisés ont une demi-vie physique de quelques heures.La caméra à une tête vaut 350 000 $ ; la caméra à quatre têtes en vaut 1 million.3) Le système tomographique TEP (tomography emission positron).Apparu récemment, c’est le nec plus ultra de l’imagerie nucléaire.Contrairement au système SPECT, qui émet directement sous forme de photons, le TEP détecte la radioactivité émise par le patient directement sous forme de positons.Il s’agit d’électrons positifs qui, au contact des électrons, émettent deux photons à 180° l’un de l’autre.On obtient un pic de haute énergie - 511 keV (kilo-électronvolts) - qui permet de quantifier très précisément la radioactivité émise dans de toutes petites régions du cerveau.Par comparaison, le champ d’application en SPECT se situe entre 50 et 400 keV.ce qui ne permet qu’une quantification limitée de la radioactivité locale.Avantage déterminant : le système TEP fournit la preuve de la relation entre le débit régional et le métabolisme cérébral.Inconvénient : le dispositif nécessite un cyclotron - accélérateur de particules élémentaires - pour produire sur place les radio-isotopes, dont la période physique est très courte, de Tordre de quelques minutes seulement.Prix total : 4 millions de dollars auxquels s’ajoutent 3 millions de dollars pour les frais d’installation.À ce qu’il semble, la compétition est tellement vive, que seules les compagnies privées décident des choix et des grandes orientations.Pas les i universités.Ni les gouvernements ! LA CRAINTE DU NUCLÉAIRE L’un des obstacles au développement de la médecine nucléaire est certainement la crainte que le nucléaire inspire depuis Hiroshima et, plus récemment, depuis Tchernobyl.Cette peur des radiations s’est installée dans l’inconscient collectif, et a fait naître des résistances et des blocages.De plus, on sait que les radiations ionisantes participent à la destruction des tissus endommagés par le cancer.D’où cette perception de puissance destructrice, par ailleurs invisible.Il importe, par conséquent, de tenter de faire le point sur le danger réel que représente la médecine nucléaire.On évalue à deux millisieverts (2 mSv = 200 mrem) la dose annuelle des radiations d'origine naturelle reçue par la population nord-américaine.Toutefois, rappelle René Lévesque, président québécois de la Commission de contrôle d’énergie atomique du Canada (CCEA), on estime d’après les données de Nagasaki que les radiations commencent à entraîner des modifications dans le sang - trop de cellules détruites en même temps - à partir de 200 mSv par an.À 1 000 mSv, apparaissent les premiers symptômes (vomissements, brûlures.).A 3 000 mSv, c’est la moitié de la population qui meurt à brève échéance, tandis qu’à 10 000 mSv, c’est la condamnation générale en quelques mois.La situation est cependant très différente en médecine nucléaire.La substance radioactive inoculée est présente dans l’organisme à l’état de traceur et s’élimine totalement quelques heures après l’injection.Contrairement à ce que Ton pourrait croire, le patient n’encourt aucun risque.Sauf, bien sûr, s’il change de médecin et accumule les examens sans prévenir personne ! Ce qui arrive, hélas, parfois.Par contre, explique René Lévesque, il convient que le personnel hospitalier, qui est soumis quotidiennement à des radia- tions, respecte scrupuleusement les recommandations des organismes de protection nationaux et internationaux.Au Canada, l’usage des produits radioactifs, des centrales nucléaires jusqu’aux hôpitaux, est contrôlé par la CCEA, dont le siège social est à Ottawa.Des groupes d’inspection s’assurent au moins une fois par an que le personnel hospitalier ne vit pas dans un environnement contaminé, qu’il se tient à une distance raisonnable - environ deux mètres - des patients sous examen, que les cuvettes d’urine chargées de radioactivité sont aussitôt vidées.Normalement, chaque hôpital doit confier cette tâche de supervision quotidienne à un agent de radioprotection.À l’Institut de cardiologie de Montréal, c’est Louis Renaud qui supervise la radioprotection.Celui-ci constate que l’accoutumance engendre certaines négligences de la part du personnel.C’est pourquoi il s’efforce lui-même d’organiser des séances d’information pour accroître la sensibilisation du personnel hospitalier.De même, s’il n’y a pas lieu de s’alarmer, René Lévesque estime cependant que les inspections devraient être plus fréquentes.Mais pour cela il faudrait un budget accru.« MAÎTRE CERVEAU SUR SON HOMME PERCHÉ » Que d’efforts déployons-nous pour inverser cette tendance brillamment énoncée par Paul Valéry ! On connaît presque tout de Tanatomie cérébrale mais à peu près rien de son fonctionnement.On prévoit pourtant que, d’ici Tan 2000, la neurologie connaîtra une véritable révolution, grâce à la médecine nucléaire.Celle-ci devrait permettre de mesurer précisément la circulation cérébrale et l’action des médicaments, ainsi que de localiser les sites des maladies mentales.Et peut-être un jour permettra-t-elle de localiser, compter et recenser tous les récepteurs cérébraux, comme on a commencé à le faire aujourd'hui avec les gènes.Il est donc à prévoir que, dans les dix prochaines années, de nouvelles questions d’ordre éthique enflammeront nos cerveaux.?ÉTÉ 1991 /QUÉBEC SCIENCE 39 LES HAUTS ET LES BAS DES MICROCLIMATS par Yvon Larose Rien n’est simple, dans la nature.On le savait déjà du climat, mais lorsqu’on découvre l’omniprésence et la complexité des microclimats, on va de surprise en surprise.Pourtant, il s’agit peut-être là d’une nouvelle richesse naturelle à exploiter.Chaque printemps, un curieux phénomène se produit au centre de ski du mont Sainte-Anne, près de Québec.Alors que sur le versant sud on a cessé toute activité depuis la mi-avril, le versant nord continue d’accueillir son lot de skieurs, et ce, aussi tard que le 15 mai.Selon Pierre-André Dubé, agrométéorologiste et professeur au Département de phytologie de l’Université Laval, cet étalement de la saison de ski s’explique principalement par la présence, sur le flanc nord de la montagne, d’une zone microclimatique.« Il s’agit d’un microclimat associé au rayonnement solaire, dit-il.Il résulte de l’orientation de la montagne par rapport à la position du soleil.De par son orientation, le versant nord d’une montagne reçoit en tout temps moins d’énergie solaire que les autres versants.» En climatologie, la notion de microclimat renvoie à des caracté- ristiques climatiques propres à une zone géographique homogène très restreinte (île, lac, champ).En matière d’échelle, le microclimat vient après le macroclimat (océan, continent) et le mésoclimat (vallée, côte).Sous ce type d’appellation, on regroupe les facteurs (ensoleillement, vent, masses d’eau et températures minimales) qui exercent une influence sur les variations de température au sol.Ces variations de température sont principalement attribuables au mécanisme d’échange radiatif (ou échange d’énergie).Pendant le jour, le sol conserve une partie du rayonnement solaire sous forme de chaleur, qu’il réémet la nuit.Si le ciel est dégagé, l’énergie se perd, et la température à la surface du sol baisse, au point de devenir plus froide que l’air ambiant.A l’inverse, par temps couvert, la température du sol se maintient près de celle de l’air ambiant parce que les émissions d’énergie du sol sont captées puis renvoyées par les nuages.LE VENT, LES MASSES D’EAU.Les microclimats se comptent par milliers au Québec, en raison notamment de la topographie très accidentée du territoire.En fait, ces phénomènes se produisent à peu près partout.Par exemple, on peut trouver autant de microclimats, dans une simple cour 40 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 Mr* ' r I ^*>* , m;mm ¦ _•*«.&'¦ arrière, qu’il existe de situations d’en-r( soleillement à cet endroit.Selon M.Dubé, on trouve en Gaspésie deux beaux cas de microclimats associés au vent, soit les petites vallées situées dans les secteurs de Mont-Louis et de Mont-Saint-Pierre.« L’étroitesse de ces vallées, soutient le chercheur, fait en sorte que les vents du nord ne peuvent à peu près pas s’y engouffrer.Parce qu’elles sont abritées, ces zones bénéficient d’un printemps hâtif, soit deux à trois semaines plus tôt qu’au bord de la mer.» Par ailleurs, toute masse d’eau de moindre importance produit des phénomènes microclimatiques, à proximité immédiate de ses rives.Ces phénomènes surviennent à partir du moment où l’eau et le sol sont dégelés.Un microclimat associé à une masse d’eau se manifeste de façon plus marquée durant une période de refroidissement nocturne, lorsqu’il y a risque de gel et que se produit un début d’inversion thermique.Cette réaction sera cependant très faible, en raison de la grande quantité de vapeur d’eau dans l’air, avoisinant le point de saturation.Au contact de l’air plus froid ' ÉTÉ 1991 / QUÉBEC SCIENCE 41 &mk m > Les petites vallées situées dans le secteur de Mont-Saint-Pierre, en Gaspésie, sont un exemple de microclimats associés au vent.circulant à sa surface, l’eau cède une partie de la chaleur emmagasinée durant le jour.Cet air, saturé d’humidité, s’étend ensuite graduellement sous forme de brouillard au-dessus des terres environnantes.Le brouillard bloquera le rayonnement thermique du sol, en l’absorbant et en le réémettant vers son point de départ, comme le ferait un nuage très bas, ce qui empêche le refroidissement et annule le risque de gel.Pierre-André Dubé affirme que n’importe quel petit lac ou zone humide va produire de tels phénomènes.« Par temps clair, explique-t-il, un brouillard nocturne va se former sur le lac ou au-dessus de la surface humide et s’étendre un petit peu de chaque côté.On peut alors avoir, dans la zone riveraine, sur une bande de 10 à 100 mètres, deux, trois ou quatre degrés de plus que 500 mètres plus loin.La dimension du microclimat dépendra de la force de l’inversion thermique et de la topographie, la bande de brouillard ne s’étendant que sur quelques mètres, dans un relief très accidenté.» L’agrométéorologiste se rappelle avoir observé, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des riverains du lac Labre-que tirer avantage de leur microclimat.« Ils avaient appris, raconte-t-il, à utiliser un microclimat typique de la physiographic de leur secteur.Les gens avaient pris l’habitude de faire leur jardin dans le pourtour immédiat du lac.Quand survenait un risque de gel, on voyait tout de suite le brouillard apparaître sur le lac et se déplacer vers les rives.Leur jardin était épargné, tandis que tout pouvait geler, 10 ou 20 mètres plus loin.» .ET LES TEMPÉRATURES MINIMALES Proportionnellement, les microclimats les plus fréquents sont ceux associés aux risques de gel, donc aux températures minimales.Ces phénomènes sont observables un peu partout sur le territoire.Les gelées, au printemps et à l’automne, sont le résultat d’une inversion de température.Celle-ci se manifeste par nuit claire, sous un vent léger ou sans vent, de concert avec un centre de haute pression.En présence de microclimats radiatifs favorables, on assiste, au printemps, à un réveil hâtif de la végétation.Les agriculteurs du sud de l’île d’Orléans, près de Québec, savent de quoi il s’agit, eux dont le microclimat leur permet de lancer leur production une bonne semaine avant leurs collègues de la partie nord de l’île.Mais, selon Pierre-André Dubé, ces printemps hâtifs, compte tenu du climat québécois, ne favorisent habituellement pas les cultures.« De tels phénomènes, précise le spécialiste, en faisant débourrer trop rapidement les plantes, les rendent sensibles aux températures fraîches.Or, les probabilités de gel sont d’une chance sur deux, aussi tardivement que le 25 mai, pour la région de Montréal, et le 12 juin, pour la région de Québec.» Bref, si un microclimat favorise un départ hâtif des cultures, il serait sage de se prémunir et de prévoir un système de protection contre la possibilité de gel.Même des arbres comme le pommier et des plantes comme le bleuet ont une fleur très sensible au gel.À moins, suggère M.Dubé, d’y aller avec des plantes comme le chou et autres crucifères.« Le chou, dit-il, est très résistant au froid et peut facilement tolérer une température de - 3 ou - 4 °C, durant quelques heures.De même, des céréales relativement robustes, comme l’avoine, l’orge, le blé, et autres graminées, seront peu sensibles au gel.» DES TROUS D’AIR FROID En géomorphologie, la cuvette est un abaissement du sol, fermé de tous les côtés.Le long des pentes, l’air froid, par sa densité, s’écoule lentement, puis stagne aux points les plus bas de la dénivellation.La cuvette devient donc un « trou d’air froid », où il y aura des risques de gel, même au cœur de l’été.Au Québec, un des plus beaux exemples de ce phénomène microclimatique est la cuvette de Béarn, au sud-ouest de Ville-Marie, au Témiscamingue.Pierre-André Dubé, qui a visité les lieux, souligne que les agriculteurs de l’endroit évitent de cultiver dans leur potager les plantes sensibles au gel.Ils font plutôt cela « au village », c’est-à-dire sur l’élévation au-delà de la cuvette, où les risques de gel sont moindres.42 QUÉBEC SCIENCE / ÉTÉ 1991 ¦Lr- Laurent Dardelet / Explorer / Publiphoto UN MICROCLIMAT POUR UNE PRODUCTION DE FRAISES SUPÉRIEURE Raymond Boudreault est ie seul producteur commercial de fraises de l’Abitibi.Ce résident du village de Clerval, en Abitibi-Ouest, attribue son succès au microclimat produit par le lac Abitibi.Immense masse d'eau, longue de 130 kilomètres et large de 50, ce lac longe plus de 220 hectares de terres cultivables, dont 17 sont la propriété de M.Boudreault.Ce producteur maraîcher décrit les circonstances dans lesquelles il a découvert « son » microclimat.« Cela remonte à sept ou huit ans, raconte-t-il.Ayant appris qu’il avait gelé à La Sarre, à une trentaine de kilomètres de chez moi, je me suis demandé pourquoi notre village avait été épargné.J’ai commencé à me documenter et à faire mes propres expériences.Je me suis alors rendu compte qu’il y avait 1,5 °C d’écart entre la température moyenne de la région et celle qui baigne plus de 300 mètres de terres à partir de la berge du lac Abitibi.Or, cette différence a une influence majeure quand on cultive des fruits ou des légumes.» Au bord du lac Abitibi, plus une terre cultivable est haute par rapport au niveau de l’eau, plus elle bénéficie du microclimat.C’est le cas des terres de Raymond Boudreault, qui dominent à plus de six mètres.En revanche, plus une terre est basse, moins elle reçoit l’air chaud du lac, puisque cet air se stabilise à une certaine hauteur après avoir fait contact avec l’air froid ambiant.Selon M.Boudreault, on observe là aussi une différence de température de 1,5 °C entre les hautes et basses terres jouxtant le lac, une différence « amplement suffisante pour éviter bien des gelées d’automne ».L’hiver, une couche de glace d’environ 1,5 mètre d’épaisseur recouvre le lac Abitibi.Compte tenu du temps nécessaire au dégel et au réchauffement de l’èau, ce n’est qu’à compter du mois de mai que le microclimat profite aux plants de fraises de Raymond Boudreault.Quant aux gelées, elles sont assez fréquentes au mois de mai et au début de juin, ainsi que dans la première moitié de septembre.Grâce à la protection offerte par le microclimat, les plants de fraises s’enracinent plus longuement à l’automne.Cet étirement de la période de culture fait que les plants produiront potentiellement davantage de fleurs au printemps suivant.Pour cela, et compte tenu que le microclimat ne peut pas intervenir, en tant que tel, avant le mois de mai, on utilise un système de protection du type irrigation par aspersion.Selon M.Boudreault, le microclimat apporte une contribution exceptionnelle à sa production annuelle de fraises.« Si on cultivait ce fruit à six ou huit kilomètres du lac, souligne-t-il, la récolte serait au moins 50 % moins importante qu’ici.» Raymond Boudreault cultive la fraise sur une superficie de 2,4 hectares.Il cultive aussi du maïs sucré sur 1,5 hectare.Avec cette culture, l’effet microclimatique est immédiat.«À l’automne, explique le maraîcher, le maïs sucré est extrêmement fragile, puisqu’il gèle à 0, mais, comme le microclimat le protège, il peut continuer à se développer.Sinon, la récolte pourrait être perdue en une seule nuit de gel.» Enhardi par ses succès, M.Boudreault s’est lancé dans la culture expérimentale, à laquelle il consacre quelques mètres carrés de ses terres.A ce jour, les résultats semblent très encourageants du côté de la mûre, du sapin de Noël et du bleuet géant.« Fin septembre, Lan dernier, rapporte-t-il, j’ai récolté environ 30 % de ma production de mûres, le reste ayant gelé.Malgré cela, les agronomes n’en revenaient pas ! On m’a aussi dit qu’il était impossible d’avoir du bleuet géant.Et j’en ai eu ! » La cuvette la plus célèbre au monde est sans doute le fameux Sinkhole de Gstettneralm, près de Lunz, en Autriche.Cette dépression en forme d’entonnoir, située à une hauteur de 1 270 mètres, accuse une dénivellation de 150 mètres, dans une montagne de calcaire.Le gradient de température, qui est de -1,8 °C au sommet de la cuvette, atteint -28,8 °C au fond ! Avec un tel écart, une végétation de type toundra recouvre le fond, et les quelques herbes et arbustes résistant au gel qu’on y trouve s’apparentent à ceux qu’on rencontre au sommet des montagnes.Puis, en remontant les parois de la cuvette, la végétation se compose d’abord de sapins rabougris, ensuite de roses alpines tenant compagnie à de majestueux sapins, et enfin de grands arbres.L’été, le brouillard baigne fréquemment le fond de la cuvette, et on y observe de fréquentes gelées nocturnes.LES MICROCLIMATS URBAINS Les villes sont, elles aussi, le théâtre de phénomènes microclimatiques.Sur le territoire de la communauté urbaine de Québec, deux microclimats ont retenu l’attention de M.Dubé au cours des dernières années : celui du ciné-parc de Beauport et celui de l’édifice du ministère du Revenu du Québec, à Sainte-Foy.Selon le professeur, les promoteurs du ciné-parc n’ont vraisemblablement pas tenu compte de deux facteurs importants, au moment du choix de leur site, au milieu des années 70.Ces facteurs sont l’écoulement d’air froid en provenance de la Réserve faunique des Laurentides, et la petite dépression formée par le site en question.« Or, explique M.Dubé, cet air qui arrive des montagnes et qui circule de la plaine vers le fleuve se trouve justement retenu au niveau du ciné-parc par une espèce d’épaulement.Le site est une sorte de réservoir où s’accumule l’air froid.Résultat : par nuit fraîche, il y a un risque de condensation sur les vitres des voitures.» Sérieux inconvénient, dans un ciné-parc.Cette observation a été faite dans le cadre d’une campagne de mesures de ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 43 LE GEL PRINTANIER, UNE MENACE POUR LES SEMIS FORESTIERS 51 * La pépinière Pampev, située près de Saint-Louis-de-Blandford dans le comté de Lotbinière, cultive des semis d’épinette et de pin pour le reboisement de la forêt québécoise.Occasionnellement, ses six millions de semis livrables sont exposés à d’importants phénomènes de gel.Du type continental, ces microclimats, lorsqu’ils se manifestent au printemps, endommagent le bourgeon terminal chez près de 30 % des semis.Comme l’explique le président, Luc Godin, ces phénomènes microclimatiques ne se limitent pas aux quelque 15 hectares de la pépinière.« Elle est située dans une plaine, dit-il ; le relief est très plat, donc l’air froid s’écoule plus ou moins bien en une masse très dense.De plus, le sol est sablonneux, ce qui entraîne beaucoup de pertes radiatives.Un vaste secteur est affecté par ces phénomènes, qui se manifestent surtout par ciel clair, au mois de mai.» Les spécialistes de la pépinière Pampev ont observé que la température du microclimat environnant peut descendre aussi bas que -8 °C, au niveau des bourgeons des semis.Au cours des trois années de croissance en pépinière, la hauteur des plants passe de 0 à 25 cm.On a également constaté une gradation rapide de la température au-dessus des semis.En effet, des couches d’air plus chaud viennent se superposer aux couches d’air très froid du sol et peuvent dépasser le point de congélation à moins de deux mètres en hauteur.Certaines essences d’arbres souffrent du gel printanier, tandis que d’autres, comme le pin, passent normalement au travers.M.Godin souligne qu’une exposition au gel, tout en endommageant le bourgeon terminal, ne cause pas la mort du plant.« Le semis, précise-t-il, remplace le bourgeon endommagé par un autre, grâce à un mécanisme de défense naturel aux arbres.» Selon le président, toutefois, ce phénomène conduit fréquemment à l’apparition d’une deuxième tige, une situation inacceptable en pépinière.« Les semis, explique-t-il, doivent être livrés au printemps, aux lieux de reboisement, et correspondre à des critères de forme qui excluent tout dédoublement de la tige principale.L’opération de taille qui s’ensuit, au cours de laquelle il faut trier toute la production dans un délai très court, coûte 60 000 $ annuellement.» A la pépinière Pampev, l’effet négatif d’une manifestation microclimatique n’est ressenti qu’au printemps, au moment où la pousse terminale très tendre des plants commence à éclore.En revanche, les gelées pouvant survenir à l’automne contribuent à endurcir les semis alors en dormance et dont les bourgeons sont formés, recouverts d’écailles et prêts à affronter l’hiver.Depuis cette année, Luc Godin et ses collaborateurs ont à leur disposition des toiles géotextiles, dont ils recouvrent leurs semis en cas de gel.« Il s’agit de notre principale mesure de protection, conclut-il.Les toiles empêchent les pertes de radiation infrarouge émise par les plants.De plus, elles agissent comme une barrière isolante entre l’air froid et les semis.» température et d’humidité, menée le 22 août 1979 par la Société de météorologie de Québec, en collaboration avec le ministère de l’Environnement du Québec.La région étudiée couvrait une superficie d’environ 20 km2.Ce soir-là, entre 22 h et 23 h 30, sous un ciel dégagé, des observateurs en automobile ont sillonné 10 circuits prédéterminés.On effectua également des mesures sur le pont d’un bateau naviguant sur le fleuve Saint-Laurent.Munis d’un psychromètre fronde, instrument formé de deux thermomètres et servant à mesurer l’humidité de l’air, les observateurs enregistrèrent 109 mesures du thermomètre mouillé et 112 mesures du thermomètre sec.L’analyse isothermale des données indiqua l’existence de deux pôles : celui du centre-ville de Québec, avec plus de 20 °C, et celui d’un vaste champ dans la municipalité de Beau-port, avec plus de 11 °C.Dans leurs conclusions, les chercheurs soulignaient que le climat de la ville de Québec, comme celui de nombreuses autres villes, est le résultat complexe d’un agencement de microclimats locaux.Il y a une dizaine d’années, les administrateurs du nouvel édifice du ministère du Revenu, à Sainte-Foy, faisaient appel à Pierre-André Dubé pour trouver une explication aux problèmes de santé de certaines plantes aménagées autour de l’édifice.« Nous avons fait un échantillonnage et pris des mesures, pour découvrir qu’il s’agissait d’un microclimat radiatif associé aux fenêtres de l’édifice, raconte-t-il.De par sa position et celle du soleil, l’édifice reflétait une charge radiative supplémentaire sur des plantes déjà exposées au rayonnement naturel.Dans certains cas, la double charge de chaleur cuisait la plante, et lui donnait des formes bizarres ; d’autres plantes mouraient.» Ce dernier exemple de microclimat urbain montre bien que ces phénomènes climatiques n’en sont pas moins omniprésents, très complexes et de nature changeante.Par ailleurs, une connaissance approfondie des microclimats nous permettrait sans doute d’en tirer avantage de multiples façons.?44 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 PROFITEZ DE NOS OFFRES SPECIALES Si vous devenez membre Une offre pour l'été Si, au cours de l'été (1er juin au 31 août), vous devenez membre de la Fondation Québec Science, vous recevrez GRATUITEMENT le livre GRATUIT®?^ PATIENCE DANS L'AZUR l'évolution cosmique de Hubert Reeves, véritable magicien de la vulgarisation scientifique.Un livre de plus de 300 pages, vendu à 200 000 exemplaires, où sous vos yeux 15 milliards d'années d'évolution se déroulent.Une valeur de 18,95 $ Si vous êtes déjà abonné(e) Un reçu de charité couvrant environ la moitié des frais d’inscription comme membre sera émis à votre nom par la Fondation Québec Science N.B.En plus de vous faire profiter de l'offre de livre GRATUIT lorsque vous devenez membre, Québec Science ajoute une autre offre spéciale pour ceux qui se sont abonnés avant le 1er février 1991, en considération de leur grande fidélité.Si vous êtes de ceux-là, en prolongeant votre abonnement actuel d'un an ou plus, au tarif de membre, vous devenez immédiatement membre de la Fondation Québec Science et pourrez ainsi profiter de tous les avantages accordés aux membres (voir page 4).Remplissez le coupon ci-dessous Les escomptes de 10 à 50 % sur les produits et services annoncés dans Québec Science sont offerts exclusivement aux membres de la Fondation Québec Science.TARIFS Q U É B E C SCIENCE MEMBRE ABONNÉ au Canada seulement Base avec TPS Base avec TPS 3 ans (30 n“| 135 $ 139,76 $?68 $ 72,76 S ?2 ans (20 n"!) 98 S 101,43 S ?49 $ 52,43 S ?1 an (10 n°!| 55 S 56,96 S ?28 $ 29,96 S ?RELIURES: 1 ?8,66 S (taxes incluses) 3 ?21,37 S (taxes incluses) 5 ?31,20 S (taxes incluses) ?Veuillez m'inscrire comme membre de la Fondation Québec Science ?CADEAU: veuillez inscrire comme membre de la Fondation Québec Science la personne suivante: ?Veuillez m’inscrire comme abonné régulier ?Veuillez m’expédier___________reliures Pour abonnement à l'étranger, voir la liste de prix en page 5 de ce magazine.Abonnements seulement.?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Libellez votre chèque ou mandat postal à l'attention de Québec Science Date d'expiration Signature _________ NOM 1 I 1 1 1 1 1 1 1 1 1 l l l SEXE: MD FD PRÉNOM 1 l l l l l 1 J 1 1 1 L L 1 1 1 1 1 1 1 1 1 i i i i NUMÉRO 1 1 1 1 1 1 1 RUE i i i i i APP.,,,ll PROFESSION 1 1 1 i i i i 1 1 1 1 VILLE 1 l l 1 1 1 l I I i i J 1 1 TÉLÉPHONE 1 1 1 1 1 PROVINCE CODE POSTAL Si vous offrez une carte de membre de la Fondation Québec Science en cadeau, veuillez fournir vos coordonnées: NOM ADRESSE Détachez et expédiez à QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-3551 poste 2854 -Télécopieur : (418) 657-2096 ÉTÉ 1991/QUÉBECSCIENCE 45 LA DIMENSION CACHÉE par Raynald PEPIN est durant un voyage à vélo au Nouveau-Brunswick, il y a une dizaine d’années, que j’ai compris l’importance de la résistance de l’air.Au bord de la mer, un très fort vent debout semblait déterminé à m’empêcher d’avancer.Je peinais pour atteindre une ridicule vitesse de 10 km/h.Au bout d’une journée de pédalage à épuiser un Eddy Merckx, j’avais parcouru à peine 65 kilomètres ! Maigre consolation, il n’y avait pas de moustiques au camping le soir.« L’aérodynamique est un facteur crucial pour les bicyclettes, plus que pour n’importe quel autre véhicule >>, avance Kevin Cooper, physicien à l’Institut national d’aéronautique du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), à Ottawa.« Par rapport à son poids, la surface frontale de l’ensemble vélo-cycliste est grande, et la résistance de l’air prend alors beaucoup plus d’importance que pour une auto ou un train.» La bicyclette est soumise à deux forces retardatrices.La résistance de roulement, qui résulte des frottements et déformations dans les pneus, les roulements à bille, etc., ne varie que très peu en fonction de la vitesse.La résistance de l’air, ou traînée, dépasse la résistance de roulement dès que la vitesse de l’air par rapport au cycliste atteint 15 km/h (les forces aérodynamiques sont semblables, que le cycliste fende l’air à 15 km/h ou que l’air s’écoule à 15 km/h autour d’un cycliste immobile).A 35 km/h, une allure que des cyclistes en forme peuvent soutenir, la résistance de l’air compte pour plus de 80 % de la résistance totale.La traînée est causée par deux facteurs.La friction de l’air glissant sur l’objet, dans une mince couche d’air appelée la couche limite, produit de la chaleur et induit donc une perte d’énergie.Mais, dans le cas des cyclistes, c’est surtout la traînée causée par la pression qui compte.« Contrairement à une aile d’avion, un cycliste et son vélo sont mal profilés, explique Kevin Cooper.L’écoulement d’air n’arrive pas à suivre leurs contours et s’en sépare.Conséquemment, la pression de l’air est plus faible à l’arrière du corps qu’à l’avant ; il en résulte une force qui retarde le cycliste.» La bicyclette contribue à la traînée pour environ 30 %, le reste étant attribuable au cycliste même.La traînée T est proportionnelle à la densité de l’air d, à la surface S, perpendi- Le vélo dans le vent ¦ SSSêsm - ^ - culaire à l’écoulement d’air, ainsi qu’au carré de la vitesse apparente de l’air va : T = 1/2 Cx d S va2 Le coefficient de traînée, le fameux Cx, dépend de la forme du corps en mouvement.Cx vaut environ 0,3 pour une auto bien dessinée et 0,9 pour un coureur cycliste penché sur son guidon.La vitesse va est la vitesse relative du cycliste par rapport à l’air.Pour un cycliste roulant à 20 km/h, avec un vent de face de 10 km/h, va vaut 30 km/h.Si un vent de même force arrive de l’arrière, va vaut 10 km/h, et la traînée devient donc le quart de ce qu’elle serait sans vent.On peut comprendre pourquoi la traînée varie comme le carré de la vitesse relative.Quand sa vitesse double, le cycliste rencontre deux fois plus de molécules d’air, à une vitesse deux fois plus grande : la force exercée par l’air est donc quadruple.Rouler à vélo durant une journée chaude et humide, l’été, est souvent une expérience des plus éprouvante : l’air semble « lourd ».Quel est l’effet de l’humidité sur la traînée ?En fait, la densité de l’air varie très peu quand son taux d’humidité augmente.A 30 °C, la densité de l’air passe de 1,172 à 1,198 gramme par litre quand l’humidité relative passe de 20 à 100 %, une augmentation de 2 % difficilement perceptible.L’inconfort ressenti provient plutôt du fait que la sueur s’évapore mal et que le corps se refroidit moins vite.Par contre, la diminution de la densité avec l’altitude est bien réelle : plusieurs records cyclistes ont été établis à Mexico, à 2 260 mètres d’altitude, où la densité de l’air est inférieure de 20 %.La puissance que doit fournir le cycliste correspond au produit de la traînée par la vitesse par rapport au sol.La vitesse varie donc, approximativement, en fonction de la racine cubique de la puissance.Un cycliste dépensant soudainement deux fois plus d’énergie ne passe ainsi que de 25 à 32 km/h ! Un petit calcul tenant compte des résistances causées par l’air et le roulement permet de voir qu’à puissance de pédalage égale, la perte de vitesse causée par un vent debout est à peu près de grandeur égale au gain de vitesse produit par un vent arrière.Un cycliste roulant normalement à 20 km/h sera ralenti à environ 15 km/h par un vent longitudinal contraire de 10 km/h, mais accéléré à 25 km/h par un vent favorable de même vitesse.Vitesse air-vélo Vent apparent ^ Vent réel Les cyclistes savent bien que, même quand le vent arrive de côté à 90°, la résistance de l’air est plus grande que s’il n’y avait pas de vent du tout.C’est que la traînée dépend de la vitesse va du « vent apparent », qui est égale à la somme vectorielle de la vitesse du vent réel et de la vitesse de l’air causée par le déplacement du vélo.Même quand le vent réel souffle latéralement, le vent apparent provient de l’avant, à un angle 0 qui dépend de la direction du vent réel, de la vitesse du vent et de la vitesse du cycliste.De plus, la vitesse du L'i qui K fc tel ati ï eal I!Ji en 46 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 vent apparent peut être plus grande que la vitesse relative de l’air causée par le seul mouvement du vélo.Pis encore, selon Kevin Cooper, le coefficient de traînée, et donc la traînée, augmente quand l’angle d’incidence 0 du vent apparent augmente (à va égale).D’après ses mesures en soufflerie, quand 0 passe de 0 à 4°, la traînée augmente d’environ 6 % ! Le coefficient de traînée croît ainsi avec l’angle du vent jusque vers les 20°, avant de diminuer et de devenir nul pour un angle de 90°.Il n’est donc pas nécessairement avantageux d’avoir un vent de côté.Comme on le constate, il faut un vent réel assez fort, venant de l’arrière, pour réduire la traînée à zéro.Il faut, pour réduire la traînée, diminuer la surface frontale et le coefficient Cx, qui dépend de la forme de l’objet.« En se penchant le plus possible sur le guidon, souligne Kevin Cooper, le cycliste réduit sa surface frontale, et, en même temps, la position devient plus aérodynamique, le cycliste perturbe moins l’air et le Cx décroît.L’idéal est d’utiliser le nouveau guidon, qui permet au cycliste de s’appuyer les avant-bras, les poignées étant situées au-dessus de la roue avant, près de l’axe du vélo (photo).La position est davantage aérodynamique et, de plus, ramène les épaules vers l’intérieur, réduisant la surface frontale.» Par rapport à la traînée obtenue en roulant avec un guidon droit (corps à la verticale), rouler le corps incliné à 45° (avec un guidon de course, mains appuyées sur les articulations des poignées de frein) permet de réduire la traînée de 20 à 30 % ; rouler en position de course, les mains au creux du cintre, de 40 % ; et rouler avec une position très inclinée, comme avec le nouveau type de guidon, de 50 %.« Le cycliste ordinaire, reprend Kevin Cooper, a intérêt à s’acheter ce genre de guidon plutôt que de se payer au prix fort des accessoires ou un cadre « aéro ».Ces pièces profilées réduisent un peu la traînée, mais le gain est si faible qu’il n’est important que pour les coureurs, pour qui quelques secondes peuvent faire la différence entre une victoire et une défaite.» - Vélo de montagne - Vélo de cyclotourisme (Mains au haut du guidon) - Vélo de cyclotourisme (Mains au creux du guidon) - Vélo de course aérodynamique Résultats pour une personne de 75 kg 15 Vitesse (km / h) En matière d’efficacité énergétique, le vélo de montagne, pourtant très à la mode, constitue un joli recul.« Avec ses gros pneus, remarque Kevin Cooper, la résistance de roulement est plus grande.De plus, la position du cycliste est moins bonne que celle obtenue avec un guidon de course : le cycliste est presque droit et ses épaules sont écartées au maximum.» Comme le montre le graphique, pour rouler à 30 km/h, sur un vélo de montagne, un cycliste doit dépenser pas mal plus d’énergie que sur un vélo de cyclotourisme ou de course.Outre l’adoption d’une position la plus allongée possible, les cyclistes ont d’autres tours dans leurs sacoches pour diminuer la traînée.Porter des vêtements bien ajustés permet de réduire la surface frontale ; chez les coureurs, la mode est à la combinaison une-pièce, plus aérodynamique.Durant une descente à grande vitesse, les pros adoptent une position très efficace : menton collé sur le guidon, coudes et genoux rentrés, pieds à la même hauteur de façon à ce que les jambes présentent une surface frontale la plus faible possible.On peut facilement atteindre des vitesses de 70 à 80 km/h avec cette méthode.Rouler en file contribue à diminuer notablement la traînée.pour ceux et celles qui roulent derrière, bien sûr ! En roulant à moins de 0,5 mètre d’un autre vélo, ce qui, avec un peu d’entraînement, n’est pas dangereux, un cycliste peut réduire sa traînée d’environ 30 %.Traînée ou pas, sentir l’air s’écouler sur la peau est un des plaisirs du cyclisme, et la bicyclette demeure un moyen de transport efficace et agréable.Le destin de Jocelyn Lovell, cycliste canadien de réputation internationale, qui a participé à des tests d’aérodynamique au CNRC, nous rappelle toutefois que les fragiles cyclistes ne sont pas uniquement en butte à la résistance de l’air.Frappé par un camion en 1983, Jocelyn Lovell est aujourd’hui quadraplégique.Il est le reflet d’une société où c’est l’automobile, qui règne en maître, et non la mal-nommée « petite reine ».ONCOURS»CONCOURS*CONCOURS-CONCOURS*CONCOURS-CONCOURS*C La personne gagnante du numéro d’avril 1991 est: M.Nicolas Dupuis C.P.395 Rivière-au-Renard (Québec) G0E 2A0 Pour sa réponse à la question « La soupe chaude », cette personne recevra un exemplaire de l’ouvrage Une passion : la science, de Claire Chabot, gracieuseté des Editions Multi-Mondes (une valeur de 19,95 $).RÉPONSE À LA QUESTION DU NUMÉRO D’AVRIL faltiopiers iiuébétfiis x .MUlfl/VîOiVDES DESCENDRE AU FRAIS Ah ! Vive l’été ! Enfin, le Soleil nous inonde de ses chauds rayons.Mais, quand les grosses chaleurs deviennent difficiles à supporter, on aime bien, à l’occasion, descendre à la cave.Pourquoi fait-il plus frais au sous-sol ?Les règlements de ce concours sont disponibles à l’adresse de Québec Science.Q.Pourquoi est-il difficile, quand on marche, de garder stable le liquide transporté dans un bol ?R.Le liquide oscille parce que la vitesse de la personne qui marche n’est pas constante.Par exemple, quand une jambe arrive au sol en avant, elle ralentit le reste du corps.Le liquide dans le bol continue à se déplacer vers l’avant et sa surface s’incline vers l’arrière. EN VRAC CROIRE OU DOUTER ?Suffit-il de comprendre pour croire ?L’esprit humain non seulement veut savoir, mais veut croire.Selon Aristote, il est plus facile de croire que de douter, ce que ne tendent à faire que les gens plus cultivés.Descartes devait en être, puisqu’il croyait, lui, que l’esprit emmagazine automatiquement les nouvelles idées, pour les approuver ou les rejeter plus tard.Spinoza, par contre, croyait qu’une personne devait, afin de compren- dre une idée, l’accepter simultanément comme vé P* rité, quitte à la rejeter ensuite.Qui croire ?Certaines expériences tendraient à démontrer que nous sommes de naïfs cartésiens - et qui suis-je pour en douter, dites-moi ?CONTRACEPTION POUR HOMMES Une étude internationale récente a démontré l’efficacité d’une technique de contraception masculine marginale: l’injection de testostérone par voie intramusculaire.Durant un an, 157 volontaires en bonne santé, âgés de 21 à 45 ans et mariés à des femmes fertiles n’utilisant aucun contraceptif, ont reçu chaque semaine une injection de 200 mg de cette hormone masculine.Les concentrations injectées, en bloquant l’action de substances hormonales sécrétées par le cerveau, ont entraîné une suspension de l’activité des gonades, ce qui a tari la production de spermatozoïdes.Cette technique est, bien entendu, réversible ! QUEL SQUELETTE ! Ce n’est pas tous les jours qu’on découvre un squelette presque complet d’animal préhistorique, surtout s’il s’agit d’un mastodonte.La découverte a eu lieu récemment dans une tourbière de l’État de New York, lors de travaux d’excavation.Enfoui à 1,5 m de profondeur, le squelette serait celui d’un mâle pesant cinq ou six tonnes et ayant la taille de l’actuel éléphant de l’Inde d’aujourd’hui.Les mastodontes de la préhistoire, eux, portaient parfois quatre défenses.Ces mammifères ont disparu à la fin de l’ère glaciaire il y a environ 12 000 ans.Voilà une découverte de poids ! LA PASSION DU JEU Selon une étude récente, le Québec compterait entre 20000 et 70 000 joueurs pathologiques.Considérée comme une maladie psychiatrique aux États-Unis, la manie du jeu consiste en une incapacité chronique et croissante à résister aux pulsions qui portent à jouer.Généralement inconscients de leur état, les joueurs pathologiques, surtout des hommes, jouent depuis leur adolescence.L’enquête québécoise semble confirmer l’existence de deux catégories de ces joueurs: les moins de 30 ans, qui jouent pour gagner des sommes substantielles, et ceux qui, dans la quarantaine, jouent plutôt pour le plaisir que leur apporte le jeu.Ce qui les distingue?Le salaire ! UN CHAT MITEUX Depuis 1984, les abeilles américaines ont un sérieux problème de « chat dans la gorge».En fait, il s’agit d’une mite, VAcarapis woodi, qui accapare les voies respiratoires des abeilles pour en faire leur foyer.Cette occupation forcée produit chez l’insecte infesté l’équivalent de l’emphysème humain, réduisant de beaucoup la quantité d’énergie absorbée.Les moyens chimiques ayant échoué, une abeille britannique, la Buckfast, pourrait venir au secours de ses consœurs américaines.Produite par un moine de 92 ans, cette souche résiste à la mite trachéale et pourrait, par croisement, éliminer totalement la petite peste du continent.L'AUTO-VALISE Les Français avaient sorti la microvoiture (« En vrac », QS, mars 1991), ils vont bientôt faire.rentrer la voiture pliable dans leurs bagages de camping.Ses dimensions seront de 1,7 m sur 1,4 m, elle ne pèsera que 60 kg, et son moteur de mobylette poussera des pointes jusqu’à 30 km/h — attention aux zones scolaires ! Le prix de cette malle-mobile, qui doit être mise au point conjointement par les élèves de deux lycées professionnels, devrait se situer aux alentours de 35 000 FF (6 000 à 7 000 $).En attendant, où met-on les bagages, dans cette voiture ?Et quelle sera la prochaine étape : la voiture de poche ?DES FUSÉES EN TERRE ABORIGÈNE À compter de 1995, des fusées spatiales de fabrication soviétique pourraient mettre en orbite des satellites à partir de la péninsule septentrionale de Cape York, en Australie, où une base de lancement privée est présentement en construction dans une petite baie.Situé à 12 degrés Sud de l’équateur, le site favorisera l’envoi de satellites de communications sur des orbites géostationnaires.Il devrait aussi permettre une économie de carburant, compte tenu de la vitesse de rotation terrestre maximale que l’on trouve à l’équateur.Deux tribus aborigènes s'opposent toutefois au projet, car elles considèrent la baie comme un lieu sacré.Quand l’ère spatiale et l’âge de pierre s’entrechoquent.POÉSIE ET GÉNIE Des professeurs de science et de génie ayant accepté de participer à une classe expérimentale d’une semaine en poésie ont constaté la différence entre les deux mondes.Ainsi, ces « étudiants » spéciaux ont dû s’adapter à des professeurs de littérature qui parlaient beaucoup, mais n’écrivaient presque rien au tableau - encore moins des formules.Ils ont pourtant retenu que la recherche de « couches de sens », typique de la poésie, pourrait aider en enseignement des sciences, lequel pourrait aussi être rendu plus attrayant.Dans la situation inverse, les spécialistes de la poésie, eux, auraient-ils appris à mieux compter les pieds de leurs vers ?48 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 AIM ares sont les ouvrages ë-^ en langue française sur X V l’origine et l’évolution de la science.Il y a bien eu, en 1987, L’histoire des sciences au Québec, sous la plume de Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras, mais à part quelques autres monographies, la documentation en ce domaine est plutôt restreinte.Yves Gingras LES ORIGINES DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE AU CANADA Boreal GINGRAS, Yves Les origines de la recherche scientifique au Canada.Le cas des physiciens Boréal, Montréal 1991.299 pages, 24,95 $ ISBN 2-89052-359-4 C’est donc avec grand intérêt qu’il faut souligner l’ouvrage d’Yves Gingras sur Les origines de la recherche scientifique au Canada.Le cas des physiciens, car, à travers son étude sur l’origine de la science et de la recherche, c’est l’émergence d’une discipline scientifique, la physique, qu’il décrit, et la formation des départements de physique des principales universités canadiennes, de même que l’origine des associations scientifiques et des conseils de recherche.Au fil des sept chapitres de l’ouvrage, l’auteur nous livre sa pensée sur le passage de l’enseignement à la recherche dans les universités, la croissance et la diversification des activités de recherche, et 1 ’ institutionnalisation de la recherche, avec l’appui d'organismes comme la Société royale du Canada et le Conseil national de recherches du Canada.M.Gingras précise l’influence qu’ont pu avoir les revues scientifiques, notamment le Canadian Journal of Research, sur l’évolution de la science.L’ouvrage se termine sur la problématique, discipline et profession, où sont décrites les luttes entre les universitaires et les professionnels quant à leur rôle respectif à l’égard de la discipline.Bien que cette étude apporte un nouvel éclairage sur l’évolution d'une science comme la physique, elle peut de plus servir de modèle à l’émergence d’autres disciplines, comme la chimie, la biologie, les sciences politiques et sociales.En effet, à travers l’histoire et l’évolution de la physique, l’ouvrage présente un système d’analyse et d’exploration d’un champ d’étude, pour mieux en connaître l’origine et la fonnation, de même que la constitution de son corpus scientifique.L'auteur, professeurd’histoire à l'Université du Québec à Montréal, écrit dans une langue didactique, accessible à l’ensemble des amateurs de science.C'est un livre remarquable, qui va certainement contribuer à une meilleure connaissance du monde des sciences au Canada.CHAUVIN, Rémy Une étrange passion ; une vie pour les insectes Le Pré aux Clercs, Paris 1990, 259 pages, 33,95 $ ISBN 2-7144-2477-5 Oui, rare et étrange, une vie entière consacrée à l’étude et à l’amour passionnés des insectes.C’est pourtant cette vie, sa propre vie, que raconte Rémy Chauvin dans son magnifique livre Une étrange passion.L’ouvrage est en quelque sorte une autobiographie, marquée d’anecdotes, d’études, d’expérimentations fascinantes sur le monde des insectes.Son récit va de ses vertes années, où il fait l’expérience delà pauvreté et des richesses de la nature, jusqu’à la maturité professionnelle, où il s’adonne à la recherche et à l’écriture de ses découvertes scientifiques.Sa vie entière a été consacrée à l’observation des insectes.Le cafard, les abeilles et les fourmis, pour n’en citer que quelques-uns, ont été les sujets préférés de ses expériences.Dans un cadre narratif, M.Chauvin nous présente leur vie étonnante, leur instinct mystérieux et leurs comportements individuels et collectifs, qui dépassent souvent notre entendement.L'intérêt de l’ouvrage vient du fait que fauteur a su intégrer ses diverses observations et expérimentations scientifiques à l’intérieur des péripéties de sa vie d’homme de science, d’époux et de père de famille.Une autobiographie, donc, qui associe, dans un même discours, l’événement per- sonnel et anecdotique à d’exaltantes réflexions sur la science entomologique et le monde du très petit.Le style est narratif, imagé, rempli d’humour et de bonhomie, et donne un livre d'une lecture agréable qui meuble bien une fin de semaine.L’auteur, bien connu pour ses œuvres antérieures, notamment Les surdoués (1975), Dieu des fourmis.Dieu des étoiles (1988), est docteur ès sciences et enseigne la psychophysiologie à l’Université de Strasbourg et la sociologie animale à la Sorbonne.À SIGNALER IL ETAIT UNEFOISLUIE.I.F, SPRCTAÇLH INACHEVÉ SËÉ*'; i LAVOIE, Jean-Guy Il était une fois la vie.Le spectacle inachevé Institut pour la recherche et l’éducation en matière de conservation, Sainte-Foy 1991, 154 pages, 14,45$ ISBN 2-9802187-0-7 Un livre sur la fragilité des espèces vivantes et des écosystèmes, pour ceux et celles qui se préoccupent d’écologie et de conservation.l’Irak, comment et pourquoi le MOSSAD a décidé de l’assassiner, comment le Pentagone veut aujourd'hui utiliser les supercanons de technologie Bull et comment les futures bases humaines sur Mars et sur la Lune pourraient être ravitaillées à coups de supercanon.PELLANT, Chris Roches, minéraux et fossiles La Maison Rustique.Paris 1991, 180 pages, 61 $ ISBN 2-7066-1221-5 De nombreuses photographies en couleur présentent en gros plan ou dans leur paysage d’origine un très large éventail de roches, minéraux et fossiles.L’ouvrage en décrit aussi les caractéristiques et constitue un guide des sites géographiques où on les retrouve.Complété par un glossaire et une bibliographie, ce livre représente un outil de référence, pour les collectionneurs éclairés comme pour les amateurs enthousiastes.LESTER, Normand L'affaire Gerald Bull.Les canons de l’Apocalypse Editions du Méridien, Montréal 1991, 215 pages, 19,95$ ISBN 2-89415-036-9 Il reste encore des énigmes dans l’affaire concernant Gerald Bull, ce génie canadien de la balistique.Cependant, l’enquête de Normand Lester révèle, entre autres, comment Bull a conçu trois types de supercanons pour CHRIS PELLANT Roches, minéraux et .fossiles ÉTÉ 1991/QUÉBEC SCIENCE 49 ¦DANS LE PROCHAIN NUMERO r SPELEOLOGUES QUEBECOIS DANS LES GOUFFRES MEXICAINS (Jean Benoît Nadeau) Jean Benoît Nadeau a accompagné un groupe de spéléologues québécois, qui depuis quatre ans se rendent régulièrement en décembre et janvier, explorer la Sierra Negra.Il nous fait part des résultats impressionnants des explorations du groupe.Spéléologie, cela signifie découverte de nouveaux puits, faune cavernicole et données hydrogéologiques, certes, mais également contacts avec les populations locales, auxquelles il faut expliquer les raisons de la présence de ces étrangers sur leur territoire.LES SOMMETS DE LA FRANCOPHONIE (Marie -Noëlle Delatte) Parmi les projets élaborés dans le cadre des sommets de la francophonie, quels sont ceux qui ont été effectivement mis en marche ?Quels sont ceux qui se sont avérés des réussites ?Y a-t-il eu des échecs ?Quel est l’intérêt des chercheurs pour ces projets pilotes de développement ?Marie-Noëlle Delatte dresse un bilan de la participation des scientifiques québécois, après dix ans de francophononie.UN DECONGESTIONNANT ELECTRONIQUE POUR LA CIRCULATION ROUTIÈRE (Étienne Denis) De retour de vacances, les automobilistes retrouvent leur « enfer quotidien », la congestion routière des heures de pointe.Mais nous sommes à l’aube d’une révolution électronique, dans le domaine de la gestion de la circulation.Etienne Denis traitera de ces innovations qui, tout en améliorant la circulation, devraient réduire les besoins de nouvelles infrastructures et diminuer la pollution.IMAGES- ^ FUTUR '9i L'EXPOSITION CHOC DE L'ÉTÉ À MONTRÉAL EXPOSITION INTERNATIONALE, du 31 mai au 22 septembre Vieux-Port de Montréal IMAGES DU FUTUR, c'est la plus grande exposition du genre au monde.Depuis sa création en 1986, jeunes et adultes, professionnels et grand public y ont découvert l'oudoce, l'innovotion, le délire visuel, l'humour, dons un chomps encore en devenir, celui des nouvelles technologies (ordinateur, loser, synthétiseur, etc.) appliquées à fort et aux communications : holographie, cinéma por ordinateur, images de synthèse, musique numérique, vidéo, images scientifiques, télématique, design industriel.IMAGES DU FUTUR '91 aura comme thèmes vedettes : INTERACTIVITÉ - Une exposition qui réagit sous vos doigts CINÉMA PAR ORDINATEUR - Des images vertigineuses VOYAGE DANS LE CORPS HUMAIN - Une découverte époustouflante MEMBRES DE QUÉBEC SCIENCE : RÉDUCTION DE 20 % [S/®S1 LOGICIELS ET APPLICATIONS SCIENTIFIQOES INC UN ALLIÉ SÛR, POUR LA GESTm DES RESSOURCES! Des outils informatiques appliqués aux sciences telles que l'environnement, l'aménagement, la foresterie, l'ingénierie et l'urbanisme.Une technologie d'avant-garde adaptée aux budgets d'aujourd'hui.Système d'information Géographique Logiciels sur mesure Base de données Modélisation Simulation visuelle Logiciels et Applications Scientifiques Inc.2713, rue Beaubien est Montréal, QC H1Y1H1 Fax: (514) 727-8236 Tél: (514) 727-8055 50 QUÉBEC SCIENCE/ÉTÉ 1991 NOUS SERONS LUS COMME DES POISSONS DANS L'EAU! Tembec s'esl donné pour objectif de devenir d'ici 1995 l'un des leaders de l'industrie des pâtes et papier en matière d'environnement, de santé et de sécurité.De fait, Tembec aura alors investi 216 millions $ pour améliorer sa performance environnementale.Concrètement, entre 1975 et 1990 Tembec a déjà fait des progrès appréciables en réduisant de 87% les émissions de bioxyde de soufre (SOi) dans l'air, ainsi que les rejets dans l'eau de «demande biochimique en oxygène 5 jours» (DBOg) et de «matières en suspension» (MES) de 67% et de 83% respectivement.En prenant 1989 comme année de référence, à la fin de 1993 Tembec aura encore réduit de 86% les rejets de DBO5, qui seront inférieurs à 20 TM/j comparativement à 245 TM/j en 1980.Société cotée en bourse, reconnue à maintes reprises pour son sens de l'innovation, exportant sa production dans le monde entier, Tembec est particulièrement Itère de sa contribution à l'enrichissement socio-économique de l'Abitibi-Témiscamingue où elle est née et où elle a prospéré.Plus que toute autre considération, c'est notre volonté d'assurer un avenir sain et florissant à notre région qui est la base de notre politique environnementale.nous faisons notre part pour que la performance passe au vert. >.' rvu^tâeh^&iArfC' ! Vn environnement marin unique à la rencontre du Saguenay et du Saint-Laurent.Laissez-vous éblouir par les beautés du fjord et du fleuve, la présence des nombreux mammifères marins et la richesse de la mystérieuse vie marine.PARC MARIN S • MARINE PARK 1^1 Environnement Canada Service des parcs Environment Canada Parks Service Canada
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