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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1991, Collections de BAnQ.

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prix du Québec en sciences naturelles et en génie -, il a été récipiendaire de la médaille Claude-Bernard de l’Université de Paris et du Distinguished Scientist Award 1989, attribué par la Sleep Research Society.Depuis 1965, le Dr Steriade est aussi membre d’honneur de la Société de neurologie de Paris.« Je n’arrête pas de me poser d’autres questions, avoue-t-il.Quand le sommeil avec rêve commence, les cellules thalamiques deviennent très excitables, comme elles le sont à l’état d’éveil.Qu’est-ce qui leur induit ce comportement ?Et pourquoi deux états psychologiquement si différents, l’éveil et le sommeil avec rêves, sont-ils similaires du point de vue électrophysiologique ?On constate aussi une augmentation de l’activité des cellules thalamiques bien avant l’éveil comportemental.Mais que se passe-t-il pendant cette période ?Je m’intéresse maintenant à ces quelques secondes et au rôle que jouent, pendant ce court laps de temps, les cellules qui déclenchent l’éveil ou nous préparent au sommeil.» BRUCE G.Prix Léon- TRIGGER Gérin 1991 j -» , % w if ¦ 4 m « LA-TORTUE-QUI-SAIT-COMMENT » « Notre méconnaissance du rôle joué par les peuples autochtones dans l’histoire du Canada est regrettable.Il faut en rejeter le blâme, en partie, sur les historiens et les anthropologues des générations précédentes.Qu’on le veuille ou non, les chercheurs héritent aujourd’hui d’un savoir partial, voire raciste, qui donne l’impression que notre histoire est uniquement l’œuvre de héros blancs.Il faut la réviser et la corriger.» En mettant ainsi en doute l’objecti vité et la véracité des informations relayées par les historiens et les anthropologues.Bruce G.Trigger, professeur d’anthropologie à l’Université McGill et lauréat du prix Léon-Gérin cette année, a ouvert une brèche dans une histoire canadienne trop bien polie, pleine de missions héroïques et glorieuses.Une histoire 8 QUÉBEC SCIENCE / NOVEMBRE 1991 % p qu'on a, en même temps, sciemment «ütl appauvrie en reléguant les Amérindiens au second plan.ik I jj.I L’ŒIL AMÉRINDIEN i'iiui Sans mettre Champlain, Jean Talon, Klililj Dollard des Ormeaux ou Madeleine tou- de Verchères au placard.Bruce G.‘•l-il Trigger s’est consacré à une réécriture ilà®i de l’histoire du pays en y intégrant lÉSif justement le point de vue amérindien.J « Cela a représenté un défi méthodo-itcluti logique, reconnaît-il, car très peu ittjlde témoignages fiables à propos ___Ides Amérindiens et des premiers Européens en Amérique nous sont u.parvenus.« De plus, les documents que nous ont laissés les administrateurs et les missionnaires de là colonie sont empreints de préjugés.Les Blancs y ( i apparaissent comme des gens actifs, ttlengagés dans le projet d’un pays à i: bâtir, tandis que les Amérindiens sont : ; passifs, paresseux, ignorants et ;a sauvages.On a indûment minimisé tji: leur rôle.Les commerçants et les it coureurs des bois sont pareillement ù méprisés et dénigrés.Ce sont ; les exclus de l’histoire coloniale, i C’est seulement en reconsidérant i et en recoupant les données historiques, il ethnologiques et anthropologiques a accumulées çà et là que l’on peut t9t! tenter de faire une lecture moins nm ethnocentrique et colonialiste M de notre passé.» L’anthropologue d’origine onta-nr: rienne l’a patiemment relevé, ce défi méthodologique.Et, en 1985, j l’iconoclaste professeur présente son livre Natives and Newcomers.Fabuleux ! Du coup, c’est tout un pan Uj de l’histoire du pays qu’il venait de reconstruire.L’ouvrage a été traduit en français et publié l’an dernier : par les éditions du Boréal et du Seuil, ¦jjjj sous le titre Les Indiens, la fourrure .i et les Blancs.Ce qui lui vaut d’ailleurs I le prix Victor-Barbeau 1990 de f l’Académie canadienne-française.! « Monsieur Trigger voit les choses ¦ .comme les voyaient probablement ,^1 : les Amérindiens », laisse alors enten- II dre l’historien Marcel Trudel.« Au commencement de la , colonisation, il n’y avait que quelques centaines de Français et au moins 125 000 Amérindiens, qui composaient les diverses nations et tribus dans l’est du Canada, dit Bruce G.Trigger.La survie de la fragile colonie reposait donc en grande partie sur ses relations avec les Amérindiens, qui pouvaient aisément employer la force militaire pour les repousser.» Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?Les Indiens, la fourrure et les Blancs démontre notamment que les premiers contacts européens avec les habitants du nord-est du continent ont d’abord été établis par les commerçants qui marchandaient avec les Amérindiens.Ce qui a créé, au début du 17e siècle, des conditions propices à l’établissement d'une colonie viable le long du Saint-Laurent.Aussi, le professeur fait état des bouleversements sociaux qui devaient alors caractériser les communautés amérindiennes.« Nous héritons aujourd’hui d’un savoir partial, voire raciste, qui donne l’impression que notre histoire est uniquement l’œuvre de héros blancs.Il faut la réviser et la corriger.» LE REGARD SAVANT, L’À.ME HURONNE C'est le peuple huron, les Wendats, jadis installé au sud de l’Ontario, qui a d’abord retenu l’attention de M.Trigger au lendemain de l’obtention de son doctorat à l’Université Yale, au début des années 60.« Cette société iroquoïenne était caractérisée par une organisation non hiérarchisée, égalitaire.Je me questionnais sur la manière dont était réparti le pouvoir dans cette société.» Les travaux du professeur Trigger ont cependant tôt fait de déborder leur cadre initial, et il en est ressorti une œuvre magistrale, publiée en 1976, qui reconstitue l’histoire de ce peuple aujourd’hui décimé : The Children of Aataentsic.Un tournant en sciences humaines, puisque c’est le premier livre entièrement consacré à l’histoire d’une nation amérindienne du Canada.On pourrait affirmer que Bruce Trigger est à l’anthropologie ce que Marshall McLuhan est aux sciences des communications ou John Kenneth Galbraith à l’économie.Les lecteurs francophones ont droit, depuis peu, à une version française, intitulée Les enfants d’Aataentsic et éditée par la maison Libre expression.Remarqué pour sa rigueur intellectuelle, cet ouvrage est le résultat de quatorze années de recherches et de rédaction.Et il ne passe pas inaperçu.En 1979, l’anthropologue reçoit la médaille du « planteur de maïs » pour ses recherches sur les Iroquois et, en 1985, la médaille Innis-Gérin de la Société Royale du Canada.Enfin, c’est l’ensemble de sa contribution aux sciences humaines que le prix Léon-Gérin, prix du Québec en sciences humaines, vient couronner.Toutefois, l’honneur suprême pour ce professeur d’anthropologie est peut-être venu des Hurons eux-mêmes.Le clan de la Grande Tortue, de la Confédération des Wendats, l’a accueilli comme membre adoptif, en lui donnant le nom de « Nyemea », ou « La-Tortue-qui-sait-comment ».« L’étude des premières nations commande un regard différent, de la part de l’anthropologue ou de l’ethnologue, confie Bruce G.Trigger.Mais ce travail est aujourd’hui rendu très difficile, car l’idée d’une science des sociétés dites primitives est elle-même porteuse de condescendance.Les Amérindiens n'en sont pas dupes.Sur le terrain, par exemple, il nous faut maintenant les convaincre que nos recherches sont utiles pour eux.Ils refusent d’être des objets d’études, mais ils veulent être partenaires.» Cela ne biaise-t-il pas le résultat des travaux ?« Ce n’est pas différent des exigences venant des institutions ou des ministères qui subventionnent nos recherches, affirme-t-il.Je pense que l’on gagne à coopérer avec les Amérindiens.Les quelques anthropologues, historiens, ethnologues ou archéologues qui trouvent cela difficile devront s’étudier eux-mêmes.» NOVEMBRE 1991 /QUÉBEC SCIENCE 9 Savourez chaque minute de Thiver, bien au chaud dans un manteau Kanuk /» / mr.' t/m -.^sJW V îlil J P lis :.'.i ¦¦ KiW Le Loup Kanuk Le Castor : Durable et chaud Résistant et chaud léger et chaud seulement 220$î jusqu’à-28°C! 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QUI RÉSISTENT AU SIDA Certaines personnes infectées par le virus du sida ne développent aucun symptôme avant des années, alors que d’autres tombent malades très rapidement.Pourquoi ?Selon Francine Gervais, immunologiste à l’Institut de recherche de l’Hôpital général de Montréal, la réponse est probablement génétique.« Il y a, par exemple, des gens qui résistent à la bactérie responsable de la tuberculose, dit-elle, mais d’autres y sont sensibles.» Pour le sida, on a effectivement des preuves d’une telle résistance génétique.chez une lignée de souris.L’étude de ce phénomène aidera peut-être à comprendre comment certaines personnes séropositives conservent leur santé plus longtemps.Éventuellement, ces recherches pourraient mener à la mise au point d'un traitement permettant aux sidatiques de survivre à leur maladie.Francine Gervais fait le double pari qu’une résistance génétique existe chez les humains et qu’elle fonctionne selon des mécanismes semblables à ceux des souris.Si les recherches futures lui donnent raison, ces cobayes deviendront un excellent modèle pour comprendre le sida, même si cette maladie chez les souris est différente de celle qui affecte les hommes.La maladie des souris, le sida-murin (SIDAM, ou en anglais MAIDS), ne s’attaque pas de la même façon aux cellules « T », bien qu’elle induise aussi une immunodéficience.Malgré tout, les découvertes sur la résistance des souris au SIDAM se révéleront très importantes pour les humains.Si par exemple les sujets résistants produisent une substance X qui est absente chez les souris malades, il serait possible, voire probable, qu’un produit similaire existe aussi chez l’homme.En l’administrant aux séropositifs qui résistent mal à la maladie, on les aiderait peut-être à prévenir l’immunodéficience, évitant ainsi les pneumonies et les autres problèmes qui les affectent.Sans nécessairement tuer le virus du sida, cette « substance X » permettrait alors aux sidatiques de mener une vie normale, un peu comme l’insuline a transformé la vie des diabétiques.La première étape à franchir est donc de savoir comment certaines lignées de souris résistent au SIDAM.En comparant les rejetons issus d’un croisement entre une souris résistante et une souris malade, les chercheurs de l’Hôpital général ont conclu qu’un seul gène permet de combattre le SIDAM.Celui-ci fait partie du système H-2, un groupe de gènes qui contrôle la réponse immune.L’équipe de Francine Gervais travaille actuellement à l’identifier et à le localiser de façon précise.Quel est le rôle exact de ce gène ?Empêche-t-il le virus de se multiplier, bloquant ainsi le développement de la maladie ?Francine Gervais ne croit pas qu’il soit efficace contre la première attaque du virus, ce qui laisserait la maladie affecter la souris.La chercheuse pense plutôt que le gène réagit une fois que l’infection virale a commencé.Il permettrait alors à l’animal d’éliminer les virus à mesure qu’ils se reproduisent.De nouvelles expériences semblent prouver cette deuxième hypothèse.Chose certaine, le système immunitaire des souris résistantes est d’abord affaibli, puis reprend des forces après six semaines.Ce gène permet-il à la souris de vaincre totalement le SIDAM ?« C’est ce que l’on croit », répond Francine Gervais.Elle devra cependant attendre que les souris meurent de vieillesse, pour en avoir la confirmation.Etienne Denis v.pat fit Ci (fell Eli Hita il: il trV'i ffc |[«* -li la pu in m: BIENTÔT DES PORCS EN MEILLEURE SANTÉ ?Environ 20 % des porcs élevés en Amérique du Nord sont victimes d’une maladie appelée hyperthermie maligne.Rarement mortelle, elle entraîne cependant une modification de la texture de leur viande, qui en diminue la qualité.Cette maladie est présente partout dans le monde, davantage en Europe qu’en Amérique.D’où l’importance de la découverte des chercheurs canadiens Peter O’Brien et David MacLennan, qui ont isolé le gène responsable.Ils espèrent pouvoir commercialiser bientôt un test sanguin permettant de diagnostiquer la maladie et croient que, d’ici deux ans, on trouvera un traitement efficace pour l’enrayer.c ' \ F ^ 12 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 EN UN CLIN D’ŒIL LA VIDEOCONFERENCE DE DEMAIN ifurj ¦is Ü :1e I QUAND IL PLEUT, LAPLI TONBE! iseiii CM pi I i fie I K « Lapli tonbe.laglas tonbe.» Vous avez sans doute compris ces deux expressions haïtiennes, puisqu'elles sont formées à partir de mots français.Mais les propriétés sémantiques et syntaxiques du créole haïtien proviennent plutôt de l’Afrique de l’Ouest.C’est ce qu'indiquent les recherches de Claire Lefebvre et de son équipe du Département de linguistique de l’Université du Québec à Montréal.Ainsi, les deux expressions ci-dessus sont calquées sur la forme de la langue du Bénin, le fon.En français, on dit : il pleut, il neige.En fon : ji jâ (pluie tombe) et làglâsi jà (glace tombe).L’équipe de Mme Lefebvre s’intéresse depuis 1989 à l’origine et à la formation des langues créoles - il y en a plus de 200 au monde - en étudiant particulièrement le créole haïtien.tel te SEPT MILLIONS POUR LE VIEILLISSEMENT isde Ml] ;p- tes :oi- mlk Un vaste projet de recherche sur le vieillissement et la maladie d’Alzheimer, auquel iparticipent plusieurs universités (Laval, McGill, Montréal, Ottawa, Toronto), ainsi que Santé et Bien-Etre social Canada, est présentement en cours.Les travaux, au coût de 7 millions de dollars, visent entre i lautres à mieux cerner la prévalence de la idémence sénile et à préciser les facteurs de I risque.Les informations recueillies à travers le pays serviront également à constituer une banque de données pour de futures recherches sur la maladie d’Alzheimer et les autres problèmes du vieillissement.On attend les résultats en 1992.UN QUART DE MILLION POUR LE FRANÇAIS SCIENTIFIQUE Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science versera 289 200 $ aux organisateurs de six colloques québécois et de dix congrès internationaux, tenus dans la province en 1991-1992, cela dans le cadre de son Programme de soutien au français scientifique.Les subventions vont de 3 000 $ (le Colloque sur l'oncologie gynécologique, à Bromont) à 40 000 $ (le 7e Congrès international sur l’enseignement des mathématiques, à Laval, et le 3e Congrès mondial de neuroscience, à Montréal).LES «ARRÊT STOP» REMIS EN QUESTION Si vous empruntez le même parcours urbain depuis quelques années, vous avez sans doute pu constater que de nombreux panneaux d’arrêt y ont été ajoutés au fil des ans.Sont-ils vraiment utiles ?Lors d’un séminaire organisé par l’Association québécoise du transport et des routes, l’ingénieur Benoît Champagne a soutenu que les nombreux arrêts « inutiles » coûtent une petite fortune aux automobilistes (carburant gaspillé, usure prématurée des freins et du moteur), sans pour autant contribuer à la sécurité.Bref, il est peut-être temps d’avoir un débat autre que linguistique sur ces panneaux.Un autre ingénieur a révélé que, souvent, la longueur du cycle rouge-vert des feux de circulation est encore fonction de la densité de la circulation il y a quinze ans ! M.MULRONEY, LA SCIENCE ET L’INFLATION « Les budgets scientifiques fédéraux ne suivent toujours pas l’inflation », titre une dépêche de la Presse canadienne.Les données de Statistique Canada montrent en effet qu'en 1991-1992, les dépenses fédérales pour les activités scientifiques n’augmenteront que de 2,9 %.Où vont les fonds fédéraux ?Pour 59 %, ils sont consacrés aux activités des ministères et agences gouvernementales (principalement le Conseil national de recherches, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, et Statistique Canada).Le secteur privé reçoit 17 % des fonds fédéraux, les universités, 16%.PIERRE ET MARIE CURIE SUR LES PLANCHES Une pièce basée sur la vie de Pierre et de Marie Curie a fait les délices des amateurs de théâtre montréalais tout l’été.Les palmes de M.Schutz, présenté au Théâtre du Nouveau Monde, a fait la preuve qu’on peut rire et s’instruire tout à la fois.Cette mise en scène très romancée de la vie des Curie à l’époque de la découverte du radium a été fort judicieusement subventionnée par Energie atomique du Canada limitée.Pour diminuer leurs frais de déplacement, les entreprises privées et le gouvernement utilisent de plus en plus les conférences par téléphone ou encore les vidéoconférences.À l’Université de Toronto, on travaille à mettre au point un système de téléconférence avec image intégrée.Le principe de ce système est différent des conférences vidéo actuelles, où il n’y a qu’un seul écran et qu'un seul haut-parleur dans chacune des salles.Avec la vidéoconférence de l’Université de Toronto, chaque utilisateur a devant lui un écran et un haut-parleur, pour chacun des participants.Il est ainsi plus facile de savoir qui est en train de parler à qui, comme dans une véritable conférence.Actuellement, la capacité de transmission du système torontois est limitée à un seul édifice.Mais sa performance s’améliore rapidement, et on prévoit d’ici peu établir un tel lien vidéo entre trois universités canadiennes, puis, en 1992, entre celles-ci et des universités européennes.LE STRESS ACCÉLÈRE L’APPARITION DE L’OSTÉOPOROSE Les athlètes féminines qui s’entraînent beaucoup peuvent perdre une partie de leur masse osseuse, ce qui cause l’ostéoporose.On sait aussi que le surentraînement peut retarder ou faire disparaître les règles chez ces femmes.On avait donc conclu que l’exercice intensif perturbe la production de progestérone, hormone de reproduction qui joue un rôle dans la régénération des os.Mais voilà qu’une étude de la Dre Jerelynn Prior, de l’Université de la Colombie-Britannique, montre que la principale cause du déséquilibre hormonal est le stress, qu’il soit relié au sport, à la famille ou au travail.Nous devons donc, indique Mme Prior, revoir notre façon de concevoir et de prévenir l’ostéoporose chez les jeunes femmes.NOVEMBRE 1991/QUÉBECSCIENCE 13 DIAGNOSTIC POUR LE MUGUET BUCCAL La chercheuse Noëlla Deslauriers, du Groupe de recherche en écologie buccale de LUniversité Laval, a mis au point un test destiné au diagnostic de la candidose, une infection de la bouche causée par le champignon Candida albicans.La maladie, la plupart du temps bénigne, est mieux connue sous le nom de muguet buccal.Une compagnie pharmaceutique de Vancouver, Quadralogic, s’intéresse à la commercialisation du nouveau test auprès des médecins et des dentistes.Trois personnes sur quatre sont des porteurs sains de ce champignon naturel de la bouche.Par contre, celles qui ont un système immunitaire déficient, comme les sidatiques, les hémophiles et les asthmatiques, risquent l’infection.Les bébés et les vieillards en souffrent aussi à l’occasion.Dans certains cas, l’absorption d’antibiotiques à large spectre d’action peut également provoquer l’infection.Enfin, les gens qui ont une.prothèse dentaire offrent au Candida albicans un milieu buccal très favorable.Comme beaucoup de porteurs sont sains, il fallait que le test per- mette de quantifier et de qualifier l’infection.Un défi supplémentaire consistait à concevoir un test facile à utiliser, ne nécessitant pas de méthodes fastidieuses de comptage des éléments pathogènes en laboratoire.Le test mis au point procède par colorimétrie et donne un ordre de grandeur de la quantité d’éléments pathogènes, telle couleur correspondant à tel degré d’infection.Le test qualifie aussi l’infection, en distinguant entre les deux grands types du champignon pathogène, l’un de forme ronde, l’autre avec une hyphe (un appendice commun chez les champignons).Enfin, selon Mme Deslauriers, le test est fiable, puisqu’il fonctionne avec les 30 souches ou variantes recensées de Candida albicans responsables du muguet buccal.Le temps d’attente pour l’obtention des résultats du test est de quelques heures.Sur cette lancée, l’équipe dirigée par Noëlla Deslauriers effectuera bientôt une étude épidémiologique du muguet buccal, auprès des patients des hôpitaux de la région de Québec susceptibles de contracter la maladie.D’autres applications de cette recherche sont aussi envisagées en biologie moléculaire et en recherche fondamentale.Pierre Dubois LA GENETIQUE CONTRE LE BRACONNAGE Au cours de récents procès au Canada, on a pu condamner des braconniers grâce aux empreintes génétiques des animaux qu’ils avaient abattus ou capturés.Cette technique permet d’identifier avec certitude l’espèce en cause, et cela à partir d'un très petit échantillon de sang, de plume ou de chair.On peut ainsi combattre plus facilement le trafic illégal d’espèces protégées.Récemment, par exemple, on a fait la preuve qu’une vessie devant être exportée en Orient, et que son propriétaire prétendait avoir prélevée sur un porc, provenait en réalité d’un ours.Les empreintes génétiques sont si précises qu’elles permettent même d’identifier un animal particulier à l’intérieur d’une espèce.Ainsi, dans un autre procès, on a pu établir que des traces de sang, retrouvées dans une zone interdite à la chasse, provenaient en fait d’un chevreuil que des chasseurs prétendaient avoir abattu dans une région où la chasse était permise.Bref, les braconniers devront être de plus en plus subtils ! UNE SERRE AU FOND D’UNE MINE À 1 400 mètres sous le sol, dans une mine de Sudbury, en Ontario, 55 000 plants de pins poussent tranquillement.Les avantages de la culture à une telle profondeur sont nombreux : l’énergie venant du noyau terrestre maintient l’endroit à 24°C toute l’année, peu d’insectes y vivent, et l’eau et l’électricité sont déjà sur place, grâce aux activités passées de la mine de nickel.Il ne reste donc qu’à fournir la lumière nécessaire à la croissance des plants.C’est ce que la compagnie Inco avait entrepris de faire en 1978, en convertissant ses galeries abandonnées en serres de reboisement.Son but : réparer les dommages à l’environnement causés par ses activités minières, dont les rejets acides avaient rendu infertiles et dénudé 10 000 hectares de sol.Au point que les habitants ont longtemps dit que l’endroit ressemblait à un paysage lunaire.Mais treize ans après le début de cette expérience horticole, le paysage dévasté des environs de la mine a commencé à changer, car 3 000 hectares de terrain ont déjà été reboisés avec les pins « venus d’en-dessous » tandis que 1 500 autres devraient l’être au cours des cinq prochaines années.Sudbury redevient lentement une ville verte.14 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 S UVJ): tllliljlï ide l ainsi nfit a fil! ii«| i ifkii ils SB sa» «ï- ffllK-l sud» J :iaies I # I La saga estivale du satellite Anik E2, dont les réflecteurs (antennes) sont restés coincés trois mois, illustre de façon dramatique les risques inhérents à l’exploitation de l’espace.Les spécialistes de l’espace, contrairement aux autres ingénieurs, n’ont pas le iloisir d’expérimenter leur produit en cours de production et ont peu de chances d’aller corriger là-haut leurs erreurs ! De plus, on ne construit généralement qu’un ou deux exemplaires d’un engin spatial.Dans ces conditions, le produit doit être parfait.Et cela n’empêche pas qu’il peut toujours se poser un problème tout à fait imprévu, comme dans le cas A'Anik E2.Tout avait débuté par un lancement parfait, le 4 avril dernier, à bord de la fusée Ariane-44, à la base de Gourou, en Guyanne française.Puis le satellite s’est séparé de la fusée, pour se diriger vers son orbite géosynchrone, à 35 800 km d’altitude au-dessus de l’équateur.L’enthousiasme était grand chez Spar Aérospatiale, à Sainte-Anne-de-Bellevue : la moitié des ingénieurs et techniciens qui ont travaillé au satellite sont des Québécois francophones, pour qui c’est la première expérience du genre.Le 12 avril, après 72 heures de manœuvres intensives, un premier réflecteur, celui de la bande Ku, se déploie.Mais le second, le réflecteur de la bande C, reste coincé.Pour comprendre le problème, il faut savoir qu’au moment du lancement les deux réflecteurs et les deux panneaux solaires se trouvent repliés contre les parois du satellite, où ils sont retenus par des câbles.Quand l’engin a atteint son orbite, les câbles sont coupés, au moyen de petites charges explosives qui servent de cisailles, afin de permettre le déploiement.Mais que faire devant un réflecteur qui s’obstine à rester coincé ?Heureusement, le satellite An/Tr £7 se trouvait toujours à Ottawa, au laboratoire David Florida, pour des tests avant son lancement.« Nous l’avons utilisé pour faire des simulations, explique l’ingénieur Roger Bélanger, de Spar.Nous nous sommes demandé quelle couverture thermique pouvait s’être accrochée, à quel endroit, et quelle force serait nécessaire pour déployer le réflecteur sans l’endommager.» La couverture thermique du satellite, qui le protège des chauds rayons solaires, consiste en de très minces feuilles de Kapton, semblables à du cellophane, sur lesquelles on dépose de l’aluminium.Fixée au moyen d’attaches de type velcro, la couverture ne s’ajuste pas parfaitement à la forme du satellite.Soumise à de fortes vibrations lors du décollage, elle peut se déplacer un peu.C’est ainsi que le réflecteur s’y serait trouvé accroché.C’est finalement le 3 juillet que le réflecteur récalcitrant s’est déployé, au moment où le réchauffement de la couverture thermique lui aurait permis de se décrocher.Trois jours plus tard, ce fut le déploiement sans histoire des deux panneaux solaires.Présenté comme « le plus gros et le plus puissant satellite de télécommunications nationales au monde », Anik E2 remplace depuis cet automne Anik C et Anik D, qui assuraient tous les services de télévision au Canada.Avec l’équivalent de 56 canaux de télévision, Anik E2 peut couvrir non seulement l’ensemble du Canada, l’Arctique compris, mais également les États-Unis presque au complet.Quant à Anik El, qui doit être lancé sous peu, il servira à l’acheminement de conversations téléphoniques et à la transmission de données.Françoise Côté LE RETOUR DE LA SANGUINAIRE LAMPROIE DE MER Les efforts pour dépolluer les Grands Lacs commencent à porter fruit : les truites et les saumons ont été réintroduits, et la pêche redevient florissante.Mais un nouveau problème refait surface : les lamproies de mer, un poisson qui ressemble à une anguille et qui se nourrit du sang des autres poissons.On avait l’habitude de combattre ce parasite en versant du poison sur ses lieux de ponte, mais cela est coûteux et risque de détruire d’autres espèces de lamproie moins nuisibles.Un nouveau programme vient donc d’être mis sur pied par la Commission des pêches des Grands Lacs.Il consiste à capturer des lamproies au moment de la reproduction, à détruire les femelles et à stériliser les mâles.Ainsi, ces derniers iront s’accoupler avec les femelles qui restent, produisant alors des œufs non fécondés.De plus, un modèle sur ordinateur devrait permettre à la Commission de suivre le développement des différentes communautés de poissons des Grands Lacs et ainsi d’améliorer son intervention.NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 15 SPECIAL POUR UN ESPACE SCIENTIFIQUE FRANCOPHONE Marie-Noëlle DELATTE Journaliste La francophonie, plus que la simple rencontre au sommet de dirigeants préoccupés de développement culturel et socio-économique, doit devenir l’occasion de promouvoir la science et la technologie en français.La communauté francophone est inquiète.Sa langue, son identité, sa culture et, par là même, son pouvoir sont menacés.Même si elle est à l’étroit dans ses vieux modèles, rien ne doit entraver sa croissance.À l’heure des industries lourdes de la communication, l’isolement est le plus sur des périls, ce qui, en cette fin de 20'-' siècle, conduit les États à chercher des prétextes au regroupement.La francophonie est un exemple de ce type de rassemblements où coexistent solidarité et défense des positions respectives.Depuis 1986, une quarantaine de chefs d’État et de Gouvernement ayant en commun l’usage du français se réunissent, à l’occasion de sommets de la francophonie, pour mettre en place des projets de développement Nord-Sud au sein de la communauté francophone.Objectif : faire de la francophonie une réalité linguistique, culturelle, économique, mais aussi scientifique et technologique.Un programme ambitieux, qui intéresse principalement la France, l’Afrique, le Canada-Québec.À l’orée du quatrième sommet, qui aura lieu à Paris, au palais Chaillot, au mois de novembre, qu’en est-il des programmes liés à la science et à la technologie ?L’UNIVERSITÉ SANS MURS En 1987, à Québec, une question importante anima les discussions des principaux acteurs de la francophonie : 1[ Comment consolider l’espace scienti- I -fique de langue française, alors que la i recherche s’internationalise et obéit t toujours plus aux impératifs économiques et technologiques des grandes J puissances ?L’Association des universités par- a, tiellement ou entièrement de langue js française (AUPELF) regroupait déjà il depuis près de trente ans l’ensemble 1< .des établissements d’enseignement ;¦ supérieur et de recherche utilisant le j français.Puisqu’elle disposait d’une S base solide, il fut décidé de la doter | d’un nouvel outil : l’Université des ré- I-seaux d’expression française (UREF).! I Désignée comme « opérateur privilégié » des sommets, pour l’ensemble > des projets relatifs à la recherche et à l l’enseignement supérieur, l’UREF fut 1 —- 16 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 -j { En 1987, la deuxième Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement ayant en commun l’usage du français entérinait la création de l’Université des réseaux d’expression française ( UREE).On reconnaît, de gauche à droite, le président sénégalais et président du Sommet de Dakar, Abdou Diouf le président français François Mitterand, le premier ministre du Canada, Brian Mulroney et le premier ministre du Québec, Robert Bourassa.Le prochain sommet aura lieu à Paris en novembre 1991.ait il mandatée pour « mailler en réseaux la communauté scientifique et technique d'expression française ».Certains comparent TUREF à une « université sans murs », où les laboratoires, les chercheurs et les ressources documentaires et didactiques de l’ensemble des universités francophones sont mis en réseaux.L’UREF est financée entièrement par les sommets et dispose d’un budget annuel de plus de six millions de dollars (4,4 millions provenant de la France, 1,2 million du Canada-Québec, le reste de la Suisse et de la Belgique).Cela lui a déjà permis d’élaborer vingt programmes autour de trois grandes priorités : l’information scientifique et technique (1ST), la recherche et la formation partagée.« Il s’agit pour nous, explique Jacques Bretteville.directeur des programmes de recherche, de répondre tout d’abord aux besoins de nos partenaires africains.LTST.par exemple, circule vraiment mal entre le Nord et le Sud.C’est pourquoi nous tentons de développer au maximum l’édition et la diffusion de tous les supports d’information scientifique et technique en français, qu’il s’agisse des livres, des revues ou encore des nouveaux supports transportables, comme les disques compacts à mémoire fixée et les vidéodisques.» *>J C’est pour essayer de pallier l’inadaptation des moyens de communication du Sud qu’il a été notamment décidé, aux sommets de Québec et de Dakar, de développer dans ces pays NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 17 l'usage du mode vidéotex, afin que les universités et les centres de recherche puissent accéder « aisément aux banques de données reliées aux serveurs francophones ».Ainsi, depuis trois ans, l’UREF forme les chercheurs, les bibliothécaires et les documentalistes en ce sens et veille à ce que le matériel soit bien installé.Le système a ceci de particulier qu’il repose sur la technologie de la carte à mémoire.Chaque unité de consultation est équipée d’un lecteur de carte connecté à un Minitel.La carte est créditée de 120 unités de consultation, et LUREF offre aux utilisateurs qui interrogent les bases de données universitaires un certain nombre d’heures gratuites.Le système donne accès, notamment, à des données génériques sur la francophonie et aux bases de données créées par LUREF (Répertoires des chercheurs africains, de la Caraïbe et de l’océan Indien ; des institutions d’enseignement supérieur et de recherche ; des thèses et des mémoires ; etc.).TOUS LES SUPPORTS Mais il y a un hic : le système ne fonctionne qu’avec des Minitel et est incompatible avec Alex, par exemple.Ce qui veut dire que les Africains ne peuvent pas communiquer avec nos banques de données en Amérique.Tout doit passer par Paris.« Nous devons procéder par étapes, confie Jacques Bretteville.La prochaine démarche consistera à décentraliser les banques de données en aidant les Africains à constituer les leurs.Ainsi, ils ne seront plus obligés de passer par la France.Il en sera de même pour le Québec, qui pourra prochainement interroger les banques de données de l’AUPELF-UREF sur le système Alex.» Mais l’axe central du développement de l’information scientifique et technique concerne l’aide à l’édition et à la diffusion de tous les supports d’IST en langue française, qu’ils soient écrits ou informatiques.C’est ce qui explique que LUREF ait lancé la collection « Universités francophones », dont trente titres ont été publiés depuis deux ans, dans les domaines de la Pr'JÔOè médecine - un ouvrage sur le sida -, de l’agronomie et des sciences de l’ingénierie, entre autres.Manuels universitaires et de référence de troisième cycle, ces ouvrages sont vendus à moitié prix dans les pays du Sud, ce qui permet une large diffusion dans toute la francophonie.S’il apparaît indispensable de favoriser la diffusion de livres, de revues, de banques de données et de résultats de recherche, consolider l’espace francophone scientifique et technique revient, avant tout, à développer les échanges entre les chercheurs.C’est l’objectif que se fixent les dix réseaux thématiques de recherche de l’UREF, qui couvrent les thèmes suivants : sida, biotechnologies végétales et animales, paludisme, télédétection, entrepreneuriat et mobilisation de l’épargne, littératures francophones, lexicologie-terminologie-traduction, démographie, étude du français en francophonie.Deux ont leur siège au Québec : la télédétection à l’Université de Sherbrooke et la lexicologie-terminologie-traduction à l’Université de Montréal.L’objectif de ces réseaux est d’établir une coopération entre équipes de recherche, laboratoires universitaires et instituts du monde francophone.En organisant des journées scientifiques ou en encourageant la production en langue française de manuels, monographies ou banques de données, LUREF se donne le mandat de rompre, en particulier, l’isolement des chercheurs du Sud.De même, un programme de bourses d’excellence a été mis en place pour] permettre à des étudiants de niveau postdoctoral, du Sud et du Nord, de sej spécialiser et d’enrichir leur formation dans des laboratoires, des entreprises ou des universités d’autres pays francophones.Et, pour éviter la dangereuse fuite des cerveaux du Sud vers lel Nord, les études sont validées dans lefl pays d’origine.Enfin, pour renforcer les troisièmes cycles universitaires, l’UREF a eu l’idée d’élaborer un programme de formation à distance par satellite, appelé UNISAT (université et satellite).La distance entre les universités des deux hémisphères est ainsi réduite, ce qui devrait contribuer à mettre en place des filières francophones d’enseignement.I) |ïe I F | 1 H DU CAVIAR A LA LOUCHE i ; Avec l’UREF est née une notion | d’association entre chercheurs des j pays du Sud et du Nord.Mais peut-on | parler de partenariat ?Marc Gentilini est coordonateur des réseaux sida et | paludisme, à l’AUPELF-UREF, et président de l’Organisation panafricaine I de lutte contre le sida.Selon lui, il est I très difficile, voire impossible, de mener des travaux de recherche sur le sida avec des partenaires africains.« Le partenariat, explique-t-il, exige un même niveau de communication, c’est-à-dire de connaissances.Si nous p i 18 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 Les nouvelles technologies en informatique et en télécommunications devront être implantées pour favoriser le développement.Présentement, dans un espace francophone relativement faible en infrastructures de communication - 10 % de l’espace audiovisuel mondial -, la chaîne TV5 est la seule réussite dans ce domaine, même si les émissions africaines y sont encore trop peu diffusées.: I Will te 41 10® ï.flf ijfii» *i aft* voulons associer les universités africaines à nos recherches, il faut commencer par leur donner les moyens d’améliorer leur formation.Certains chercheurs africains ont déjà les compétences requises, mais ils sont trop peu nombreux.» Ce spécialiste français des maladies infectieuses ne mâche pas ses mots : formation insuffisante, (structures de recherche inadaptées, mauvais salaires.Selon lui, « dans les mêmes conditions de gestion et d’incohérence, nous ne ferions certainement pas mieux ».Il confiait d’ailleurs à la revue Jeune Afrique (décembre 1990) : « On ne corrigera pas le sous-développement en donnant de la science à la petite cuiller aux Africains.Il leur faut dans ce domaine du caviar à la louche.L'Afrique est à l’heure de sa vérité ou de sa disparition.» Oui, mais le caviar, ça coûte cher, très cher.Avons-nous les moyens d’en offrir à la louche ?« On se pose moins de questions sur notre santé financière lorsqu’il s’agit de faire la guerre, rétorque Marc Gentilini.Que devons-nous faire face aux redoutables ennemis publics que sont le sida, le paludisme, la malaria ou la famine ?Continuer de nous laisser brimer par des budgets notoirement insuffisants, alors que nous pourrions être réellement plus efficaces ?Un réseau sert normalement à éditer et à diffuser des livres, des revues, des banques de données, à octroyer des bourses d’excellence, à organiser des stages d’un pays à l’autre, à former à distance par satellite.Pensez-vous que l’on puisse le faire fonctionner efficacement avec à peine 200 000 $ par an ?J’estime que les budgets devraient être au moins dix fois supérieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui.Sinon, il faudra se demander sérieusement si les travaux effectués au sein de la francophonie sont vraiment utiles.» Doit-on s’attendre à ce que les budgets de l’UREF soient révisés à la hausse lors du prochain sommet ?« Impossible de se prononcer sur la décision du sommet, rétorque Jacques Bretteville, mais l’AUPELF-UREF soumettra une demande de budget annuel de 22 millions de dollars, ce qui constitue un saut de plus de 16 millions par rapport au budget actuel.» DES BOURSES POUR TOUS Cet argent devra servir à consolider les vingt programmes existants.Citons notamment les deux programmes d’attribution de bourses.Chaque année, 60 bourses permettent à des étudiants d’effectuer une partie de leur scolarité à l’extérieur de leur pays et, pour les inciter à revenir, d’en obtenir la validation dans leur université d’origine.On estime qu’il en faudra désormais 200.De même, au lieu de 40 bourses d'excellence, ce sont désormais 100 qui devront être remises à des chercheurs ayant obtenu récemment leur doctorat.Pour le moment, ces bourses profitent essentiellement aux chercheurs des pays du Sud (74 % en 1990), qui peuvent ainsi parfaire leur spécialisation dans des laboratoires du Nord.Mais, selon le Dr François Chièze, de l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris, elles devront aussi aider des chercheurs d’autres zones, dont le Canada et l’Europe.Mais l’augmentation du budget ne devra pas servir seulement à consolider les programmes.Elle permettra également de répondre aux nouvelles priorités du sommet - on pense notamment à d’autres programmes, dans les domaines du droit et de l’environnement -, ainsi qu’à celles de l’UREF : « référencement » des publications, circulation des thèses et des mémoires du Sud vers le Nord.« A l’issue du prochain sommet, précise Jean-Louis Roy, secrétaire général de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) depuis décembre 1990, je demanderai que soient améliorées et consolidées les structures de recherche au Sud et que soit favorisée la circulation de LIST.Pour le moment, les travaux entrepris par l’UREF et l’ACCT ont tout intérêt à être complémentaires.C’est la raison NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 19 pour laquelle, à l’Agence, contrairement à TUniversité, nous ne nous intéressons qu’à l’application de la recherche et à la diffusion de l’IST hors université.» M.Roy prend pour exemple une collection d’ouvrages, dont environ 70 titres spnt déjà parus, dans le domaine de l’environnement.Il s’agit non pas d’ouvrages universitaires, mais de conseils pratiques, destinés à aider les travailleurs dans plusieurs disciplines.« Les Africains, poursuit-il, nous disent eux-mêmes que, pour se développer, ils ont besoin d'avoir accès aux écrits.La tradition orale a beau être forte, ce n’est pas une raison pour les priver de cet indispensable outil qu’est le livre.On ne peut les priver d’aucun des services que nous jugeons indispensables pour nous.» Pour le moment, avec un budget de près de 60 millions de dollars par an, l’ACCT finance, tous secteurs confondus, une soixantaine de projets, dont environ 5 % sont des projets pilotes.« Il ne faut pas attendre pour agir, ni lésiner sur les jnoyens, remarque Jean-Louis Roy.C’est pourquoi, depuis un an et demi, nous incitons les organisations non gouvernementales (ONG) à développer leurs activités au sein de l’espace francophone, conjointement avec nos propres programmes.L’an dernier, par exemple, la Banque mondiale a arrêté un nouveau fonds pour financer des programmes de protection et de rénovation de l’environnement.» MAILLER L’ESPACE ERANCOPHONE Selon Jacques Lyrette, sous-ministre à Communications Canada et ancien responsable du réseau Culture et Communications - réseau intégré à l’ACCT depuis le dernier sommet-, si l’espace scientifique et technologique se structure, on pourra faire sauter les pays du Sud par-dessus certaines étapes technologiques historiques et implanter les meilleures technologies du moment, en fonction de leurs priorités de développement.M.Lyrette rappelle à cet égard que l’implantation de l’avion ou du train, en Afrique ou en Asie, sont des exemples éloquents.« Je pense qu’il faut commencer par offrir des outils sophistiqués aux capitales.C’est le premier maillon de la chaîne du développement.» Mais comment structurer et « mailler » efficacement l’espace francophone ?Jacques Lyrette n'hésite pas : il faut miser sur la communication, car « c’est la pierre angulaire du développement des cultures de l’espace francophone ».Ce qui revient à « occuper les espaces vitaux que sont la radio et la télévision, avant que d’autres ne le fassent pour nous et à notre détriment », écrivait-il dans un document de réflexion intitulé Perspectives 1989-1991.Il s’explique, plus loin, en rappelant que « l’espace francophone est relativement faible en infrastructures de communication.Les Anglo-Américains, les Japonais et les Soviétiques posséderaient respectivement 45, 12 et 10 % de l’espace audiovisuel mondial, tandis que les francophones se contenteraient de 10 %.» Pour le moment, la chaîne TV5 est la seule réussite des programmes de la francophonie des sommets dans ce domaine, même si les émissions africaines y sont encore trop peu diffusées, faute, dit-on, d’une qualité suffisante.Pour que la francophonie ressemble vraiment à un rassemblement des forces, il est nécessaire de développer les échanges au moyen des nou- Jean-Louis Roy, secrétaire général de l'Agence de coopération culturelle et technique.velles technologies informatiques et de télécommunications, c’est-à-dire la télématique.Selon le sous-ministre, « on oublie trop souvent qu'une des grandes menaces pour la francophonie est l’assimilation douce par l’informatique, anglophone de nature.C’est pourquoi j’ai proposé que l’on crée un secrétariat pour l’informatique en français.Au Québec, on a de gros joueurs qui, comme Bell Canada ou Hewlett Packard, se préoccupent de la place du français.Mais la France, qui se sent finalement peu menacée, n’a pas mordu à l’hameçon.» QUELLES LANGUES POUR LA SCIENCE ?Selon de récentes statistiques, 80 du potentiel mondial d’informations scientifiques serait entre les mains des Anglo-Saxons.Cela est d’autant plus inquiétant que les Américains n’apprennent pas les langues étrangères et, pour reprendre l’expression de Jean-Marc Léger, sont fondamentalement « francophobes ».Alain Decaux, ministre délégué, chargé de la francophonie (France), écrivait dans la revue Universités (mai 1990) : « Il faut mener un combat incessant non contre l’anglais [ .] mais d’abord contre ceux qui, par laxisme ou défaitisme, se refusent à faire l’effort de s’exprimer en français ou de mettre en place, dans les congrès scientifiques internationaux, des systèmes de traduction simultanée, permettant à [.] chaque francophone d’exprimer sa pensée dans sa propre langue.» Ce qui n’empêcherait pas, selon Jean-Louis Roy, de favoriser une francophonie fondée sur le multilinguisme.« La plupart des pays sont en situation de multilinguisme, remarque-t-il, alors que la France cherche à rester unilingue.Il est nécessaire de renforcer la place du français, certes, mais rien ne nous empêche de profiter des multiples langues de l’Europe.» 20 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 DES OUTILS POUR DECOUVRIR ET COMPRENDRE ! I v j •c'e j I;.I I c I I «t:.! Yi- Ht.j lit J Cn PS il' H u!; S Y,' I J';.' I BY.I S SI."Y.5 ! lui (ipsl ih®,î lYY'-i I | .'J I l’S'lY'l BUSHNEtL J _i BUSHNEtUt.Light Optics ""prop.l» loml*™ ., «¥**¦ 5s > ASTROMACHINE n° ioo4o • Véritable planétarium économique • Projette au plafond ou sur le mur plus de 300 étoiles et constellations • Met en évidence les étoiles visibles selon la date • Pointeur lumineux, guide et cassette (piles non incluses) Prix régulier : 55,35 $ Membres : 33,21 $ s ENSEMBLE D'OBSERVATION ASTRONOMIQUE n° 10043 • Une série d'outils pour identifier facilement les étoiles, planètes et constellations • Guide rempli d'informations sur l'exploration de l'univers Prix régulier : 49,11 $ Membres : 29,45 S *: s > ENSEMBLE DE DÉCOUVERTE DES PROPRIÉTÉS DE LA LUMIÈRE • Construisez votre propre microscope N° 10042 • Utilisez l'étonnant hologramme • Fabriquez une lunette astronomique • Inclut un guide du ciel illustré Prix régulier : 44,95 S Membres : 29,95 S r*:io>j MICROSCOPE n° ioo4i • Visionnement individuel ou en groupe, par projection ou pour traçage • Oculaire 10-20 X zoom • Mise au point par pignon et crémaillère • Objectifs 7,5 X (75 à 150 X) 20 X (200 À 400 X) 45 X (450 À 900 X) • Inclut 24 accessoires et un guide proposant 29 expériences Prix régulier : 92,33 $ Membres : 55,40 $ liyij MULTIMÈTRE N° 10044 • Affichage digital • Format : 150 x 80 x 35 mm • Pour le bricoleur en électricité et en électronique DCV : 200mV, 2V, 20V, 1000V ACV : 20V, 200V, 750V OHM : 200, 2K, 20K, 200K, 2M, 20M DCA et AC A : 2mA, 20mA, 200mA, 10A Prix régulier : 69,22 $ Membres : 51,90 $ *: / CHRONOMÈTRE n° 10045 • Pour les joggers et autres sportifs • Indique les centièmes de seconde • Possède une alarme • Inclut la fonction « fractionnement du temps » • Sert aussi de montre Prix régulier : 17,28 $ Membres: 11,50$ K10» Les prix indiqués incluent les taxes de vente POUR COMMANDER, REMPLISSEZ LE BON DE COMMANDE À LA PAGE 4 DE CE MAGAZINE NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 21 9 SPECIAL TELEDETECTION : UN TRAIT D'UNION SCIENTIFIQUE Ferdinand BONN Directeur du Centre d'applications et de recherches en télédétection (CARTEL) de l’Université de Sherbrooke Du premier ballon aux satellites les plus modernes, de la première pellicule aux plus récentes applications radar, la télédétection permet désormais un inventaire de la Terre de plus en plus détaillé et précis.Les téléspectateurs, les lecteurs de revues scientifiques de grande diffusion et même le grand public sont de plus en plus souvent confrontés avec des images prises par les satellites d’observation de la Terre.On en a vu dans la presse écrite lors de la crise du golfe Persique, on en a vu à la télévision à l’occasion de certaines catastrophes naturelles, comme les éruptions volcaniques, on en voit régulièrement quand il s’agit d'illustrer la déforestation en Amazonie ou le déversement de nappes de pétrole en mer.Les couleurs peuvent parfois sembler bizarres aux personnes non habituées : les forêts y apparaissent en rouge, par exemple, les villes en bleu et l’eau dans toutes les nuances, allant du noir au turquoise.Mais toutes ces images ont un point commun : elles sont le résultat d’une science, un peu particulière et assez récente, qui s’appelle la télédétection.Il s’agit d’une discipline qui regroupe l’ensemble des connaissances et des techniques utilisées pour l’observation, l’analyse, l’interprétation et la gestion de l’environnement, à l’aide de mesures et d’images obtenues à partir de plates-formes aéroportées, spatiales, terrestres ou maritimes.Comme son nom l’indique, elle suppose l’ac- 3 MARS 1991 22 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 Les puits de pétrole du Koweït, vus par le Thematic Mapper de Landsat.En haut, avant le début de la guerre du golfe ; au centre, une partie seulement des puits avaient été allumés ; en bas environ 600 puits étaient en feu.Les petites traces rouges visibles dans la zone noire de cette dernière image correspondent à une saturation temporaire des détecteurs, à cause de la très forte luminance des puits en feu.quisition d’information à distance, sans contact direct avec l’objet détecté.La télédétection moderne est née de la photographie aérienne, dont la vue générale et verticale a modelé nos façons d’inventorier, de cartographier et de surveiller l’environnement et les ressources depuis plus d’un siècle.Elle intègre les développements plus récents de la recherche spatiale, de la physique et de l’informatique, pour constituer aujourd’hui un outil des plus puissants et flexibles, dans la gestion du milieu, la planification et le développement économique.Comme elle fait appel à des techniques en évolution rapide dans un monde changeant, le nombre de ses applications croît constamment, et l’on découvre de plus en plus de domaines où elle peut avantageusement remplacer des méthodes traditionnelles, longues, coûteuses et fastidieuses, ou devenir un outil complémentaire, améliorant l’efficacité des méthodes classiques éprouvées.Elle apporte aussi une information nouvelle, différente et spatialement localisée.En particulier, la télédétection est la principale source d’information pour étudier la transformation du globe dans le cadre des programmes internationaux.A ce titre, elle intervient directement dans le développement de la conscience écologique de nos sociétés.VOIR L’INVISIBLE La télédétection devint possible le jour du premier vol en ballon, en 1783.Cet événement historique, jumelé à l’invention de la plaque photographique, permit de prendre, en 1858, la première photographie aérienne de Paris.Puis, grâce aux nombreux développements survenus dans le domaine de ¦ NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 23 l’aviation, à partir du début du 20e siècle, il fut possible de sillonner le ciel et d’obtenir une vision d’ensemble de notre milieu.Parallèlement, de nouveaux capteurs furent conçus.Dès 1855, le physicien Maxwell envisage de réaliser des photographies en couleurs, en se servant de trois surfaces respectivement sensibles aux couleurs fondamentales : le rouge, le vert et le bleu.La première pellicule couleur fut mise au point en 1895, mais il a fallu attendre jusqu’en 1935 pour voir la sortie du premier film couleur commercial de la société Kodak.Jusqu’à l’avènement de l’aviation, la perception que nous avions de notre environnement était limitée.Dans un premier temps, la photographie aérienne nous a donc surtout apporté un autre point de vue, une vision plus globale, mais sans étendre le spectre des couleurs perçues.Pourtant, les physiciens savaient depuis plusieurs années déjà que la lumière est une onde électromagnétique que les yeux ne perçoivent que de façon très limitée.Les rayons X, l’ultraviolet, la lumière visible, l’infrarouge et les micro-ondes ne sont que des manifestations différentes d’une même famille d’ondes, qui ne diffèrent les unes des autres que par la fréquence (ou la longueur d’onde), de la même manière qu’une lumière jaune diffère d’une lumière rouge.L’exploration des domaines non visibles a connu une histoire presque parallèle à celle du visible, puisque le rayonnement infrarouge a été découvert par Herschel en 1800.On a commencé à pouvoir le mesurer en 1880, et ce n’est qu’en 1931 qu’a été mis au point le premier film sensible au proche infrarouge, pour le compte de l’armée américaine.En 1942, celui-ci a été commercialisé, et, en 1960, on a commencé à l’utiliser pour l’étude de la végétation.Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les techniques de télédétection aéroportée ont été améliorées grâce au développement des capteurs radars, dont le principe avait été formulé par Hertz en 1889.Lin brevet avait été décerné, en 1903, pour un équipement destiné à la détection des bateaux de pêche lorsque la mer est couverte de brouillard.Cependant, ce n’est qu’après la bataille de Pearl Harbour que ces LE SPECTRE ELECTROMAGNETIQUE Longueurs d’onde (l) Fréquences (Hz) 300 000 km 30 000 km 1 Hz 10 Hz 3 000 km 100 Hz 300 km 1 KHz 30 km 10 KHz 3 km 100 KHz 300 m 1 MHz 30 m 10 MHz 3 m 100 MHz 30 cm 1 GHz 3 cm 10 GHz 0,3 cm 100 GHz 300 gm 1012Hz 30 gm 3 gm 10,4Hz 0,3 gtn 300  10l6Hz 30 À 3  10,eHz 0,3  0,03  1020 Hz Audio LF MF Bandes radio HF VHF UHF Hyperfréquences Infrarouge Lointain Thermique Moyen Proche Ultraviolet Visible Rayon X Rouge Orange Jaune Vert Bleu Violet - 0,7 nm 0,4 |im Rayon Gamma if p appareils ont vraiment été pris au sérieux par les militaires.Les premiers radars imageurs ont été mis au point en Angleterre, pour augmenter la précision des bombardements nocturnes.Comme on le voit, c’est d’abord à des fins militaires que la plupart des techniques de télédétection ont été mises au point, et une partie du vocabulaire utilisé de nos jours reflète encore cette origine martiale : on parle de cibles pour désigner les surfaces visées, et les fréquences sont encore décrites par des codes en lettres qui n’ont rien à voir avec les longueurs d’onde.Dans bien des pays, d’ailleurs, les topographes relèvent directement de l’armée, et leurs cartes ne sont pas toujours du domaine public.LAN DS AT, UNE ÉTAPE DÉTERMINANTE L’utilisation de pellicules photographiques sensibles au proche infrarouge (jusque vers 0,95 micromètre de lon- gueur d'onde), pour représenter sous forme d’images les variations dans l’espace de divers domaines spectraux, a rendu des services inestimables à la cartographie de la végétation et à la détection de ses maladies.Mais on s’est vite aperçu que la photographie ne permettait pas d’aller très loin dans l’infrarouge.Pour détecter des variations de température de la surface terrestre et des océans, il faut des capteurs sensibles aux ondes thermiques d’environ dix micromètres.On a donc dû concevoir des détecteurs électroniques, couplés à des systèmes à balayage (scanners) : la combinaison du déplacement de l’avion ou du satellite et de la rotation ou de l’oscillation d’un miroir génère une image où les teintes de gris correspondent à des températures de la surface étudiée.D’abord imprimées directement sur pellicule photographique, les images ainsi créées ont ensuite été enregistrées sur un support magnétique analogique, puis numérique.„ b - ! ! iU i k |%! f 24 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 Enregistreur (•) (•) T lî'j Amplificateur Barrette de détecteurs Ligne de balayage Tache élémentaire ^ ^ ,ûg7 \a Fran- e" •" '"'-s': Bn des universités f*rt ,es activités d en- iLennn de dAUPEL^UWe Ldel'Un'.e^ CTp«.™»fcr to “n"er“j“sCdd* I’"?Pre"’i" Principe de fonctionnement d'un système à barrette de détecteurs.Le balayage est réalisé longitudinalement à la manière d’un balai que l’on pousse.par la surface terrestre est suffisante.La composition des détecteurs varie beaucoup selon le domaine spectral, mais les principes de base se ressemblent, ’agisse d’un satellite •n capteur aéroporté Qr*tc»iir o c t h a Ki ti i.Le détecteur est habitu- vient ne “CT a surtout s0”'“"^“eMitils aux S«- irees en eau.ar extension, les capteurs ues ont été appliqués à plu-res régions du spectre in-isible, du moins dans toutes ’énergie réfléchie ou émise délimitent le spectral, et d’ optique, l’angle ellement précédé d’un ou de plusieurs filtres, qui Hpiirmfpm le domaine un système qui détermine i angic instantané de prise de vue.En général, plus le domaine spectral est étroit, plus le système doit être sensible pour obtenir un rapport signal / bruit intéressant.La reconnaissance des objets étant basée surtout sur leurs propriétés spectrales, des bandes nombreuses et fines peuvent améliorer la capacité d’un système de télédétection, mais elles sont et multiplient la quantité d’informations à manipuler dans le traitement des images.A partir de 1960, sont apparues les photographies à haute altitude, à partir de ballons ou d’avions comme les U2, puis les images envoyées à partir de plates-formes orbitales, comme les capsules Mercury.Gemini et Apollo.La série de photographies multibandes obtenues par Apollo-9 est particulièrement intéressante, parce qu’elle annonce en quelque sorte la configuration spectrale du satellite ERTS-J.lancé le 23 juillet 1972 et rebaptisé ultérieurement Landsat-l.C’est vraiment Landsat qui a lancé la télédétection à l’échelle internationale, en offrant, à des coûts raisonnables, une grande quantité de données numériques.Celles-ci ont aussi permis le développement des systèmes de traitement d’images qui, à l’époque, nécessitaient des ordinateurs volumineux.Au cours de son évolution, la télédétection est ainsi passée du simple mode d’acquisition d’informations à distance, sous une forme surtout visuelle, à une approche plus scientifique, ayant ses principes physiques et ses méthodes originales d’extraction de l’information.L’évolution technique et la miniaturisation des détecteurs a permis, au cours des années 70, l’apparition des capteurs à barrettes, qui observent d’un coup une ligne complète de l’image, sans recours à un balayage mécanique, ce qui élimine toutes les pièces mobiles du système.Des capteurs de ce type équipent le satellite français SPOT et le capteur aéroporté canadien ME/S-ll (Multispectral Electro-optical Imaging Scanner).Bien que l’étendue spectrale de SPOT soit, pour l’instant, moins intéressante que celle du Thematic Mapper de Landsat-5, l’avenir semble se trouver du côté des capteurs à barrettes, avec une meilleure séparation spectrale et des bandes de plus en plus fines.LE PLUS PETIT PIXEL POSSIBLE L’atmosphère et, dans le cas du visible, l’éclairement de la surface observée représentent les principales NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 25 limitations des capteurs passifs utilisés dans le domaine optique.Pour dépasser ces limites, il faut utiliser des capteurs actifs dans le domaine des micro-ondes, où les radars à antenne synthétique permettent d’observer la Terre à travers les nuages, de jour comme de nuit.Bien que beaucoup de recherches restent à faire pour comprendre ce que signifie exactement la rétrodiffusion des ondes radar sur la surface terrestre, le potentiel des satellites ERS-1 et Radarsat est considérable, en particulier pour les régions arctiques et équatoriales, où la couverture nuageuse et l’absence d’éclairement rendent impossible toute autre forme de détection pendant une grande partie de l’année.Et les possibilités se multiplient, dans le domaine spectral.Il n’est pas absurde d’imaginer, pour le début du 21e siècle, l’apparition de spectro-mètres imageurs à bord de satellites, qui fourniront aux usagers, sur demande, les canaux les plus appropriés à leurs applications spécifiques.Au fil du développement de la télédétection, on a toujours cherché à concilier deux objectifs opposés : voir le plus de territoire possible, avec la plus grande précision.Dans le domaine photographique, le développement des objectifs grands-angulaires est allé de pair avec celui des films à grain très fin, qui permettent une bonne résolution, même à partir de photographies à très haute altitude.Les Soviétiques utilisent encore beaucoup ces procédés, à partir de satellites, pour l’observation de la Terre, mais la nécessité de transmettre rapidement les images a vite conduit à l’amélioration de la limite de résolution spatiale pour les images numériques.Ainsi, à partir de satellites en orbite polaire à des altitudes de 800 à 1000 km, on est passé des limites de résolutions de quelques kilomètres pour les Nimbus, en 1970, à 80 m pour Landsat-MSS (MultiSpectral Scanner), en 1972, puis à 30 m pour Landsat-TM (Thematic Mapper), en 1983, et enfin à 10 m pour SPOT-J, en 1986.Bien qu’il soit techniquement possible d’obtenir des résolutions plus fines (comme le font les militaires), il semble que cette dernière limite soit actuellement compatible avec une politique d’accès universel aux données, compte tenu des réglementations restrictives de certains pays sur l’usage public des cartes et des photographies aériennes.Une résolution de 5 m est cependant envisagée pour Landsat-7.La recherche d’une limite de plus en plus fine a cependant des inconvénients.La quantité de données, qui augmente alors en fonction du carré du nombre d’éléments d’image (ou pixels) par côté, pose un problème sérieux au niveau de la transmission, du stockage et du traitement de l’information.De plus, les images à résolution très fine soulèvent des problèmes d’échelle qui rendent caduques les méthodes d’analyse et de traitement conçues pour des données plus grossières.Par contre, l’apparition de données satellites à haute limite de résolution ouvre la porte à toute une série d’applications autrefois réservées aux photographies aériennes, comme la cartographie topographique ou les études urbaines.La région de Baie Comeau, au Québec.Il s’agit de la première image du satellite français ERS-1 reçue, le 9 août 1991, à la station de réception canadienne de Gatineau.EN PRIME : LA STÉRÉOSCOPIE Les objectifs d’une résolution spatiale de plus en plus fine interdisent à la fois une vision globale du paysage et une grande répétitivité des observations : plus l’image sera petite, moins le satellite ne pourra repasser souvent au-dessus d’un même site.De plusieurs images par jour pour les satellites météorologiques, ou NOAA, on passe à une image tous les 16 jours pour Landsat et à une tous les 26 jours pour SPOT.Toutefois, pour ce dernier, le dépointage programmable permet de compenser cette faible répétitivité en obtenant, pour un site donné, la possibilité théorique d’une image tous les deux ou trois jours.La fréquence des passages est particulièrement importante pour toutes les applications qui étudient des phénomènes en évolution rapide : suivi de la croissance des cultures, prévision des récoltes, dérive des glaces, épidémies et incendies de forêt, surveillance des inondations, humidité des sols, etc.Pour la plupart des satellites utilisés dans le domaine optique, le principal obstacle à la répétitivité des observations, dans beaucoup de régions du globe, est la couverture nuageuse.œs smm MM®: T*- ' ,'V;X p'UiWi iü VL'- • .'JL m ¦•if*.mm.26 QUÉBEC SCIENCE / NOVEMBRE 1991 1 si Ik »lL ; 9 4 .J 4:1 Ollll .J [£ j J -t Par exemple, dans l’est du Canada, Landsat ne peut fournir que deux ou trois bonnes images d’un même site par année, car on exclut l’hiver, qui est généralement plus ensoleillé, mais où la couverture neigeuse masque en grande partie les informations recherchées sur l’utilisation du sol.Par ailleurs, certaines années particulièrement pluvieuses, il se peut qu’il n’y ait aucune image de certains sites.Cette situation est encore pire dans les régions tropicales humides, où certains secteurs d’Amérique latine et d’Afrique n’ont encore jamais pu fournir d’images sans nuages.Pour ces régions, un satellite comme Radarsat constitue la solution de l’avenir, bien que, théoriquement, SPOT puisse être pointé sur demande vers les zones sans nuages.Mais, il faut, dans ce cas, environ deux semaines d’avis pour programmer le satellite, et les techniques météorologiques actuelles ne permettent pas une prévision fiable de la couverture nuageuse aussi longtemps d’avance.La possibilité de dépointer SPOT fournit cependant une capacité inconnue jusque-là sur un satellite à haute limite de résolution : la vision stéréoscopique.Cette propriété permet de combiner deux images du même territoire, prises sous des angles différents, compris entre plus ou moins 27 degrés par rapport à la verticale.Bien qu’il faille toujours compter au moins une journée entre deux prises, la vision stéréoscopique ouvre la voie à toute une gamme d’applications cartographiques, topographiques et géologiques, inimaginables avec les satellites précédents.Toutes ces images constituent un défi considérable pour les chercheurs et les spécialistes, qui doivent développer de nouvelles méthodologies pour l’analyse des données.DE L’ŒIL À L’ORDINATEUR ET À L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Pour analyser les images obtenues par télédétection, on a d’abord procédé de façon visuelle, par l’interprétation de photographies aériennes (la photo-interprétation), dans un grand ail au mmm 3»'y ’jT’-ÿR «IiMlIV **«# 49 «94 »,*« i Pour sensibiliser le public aux économies d’énergies, le gouvernement canadien a utilisé des thermographies nocturnes obtenues par scanner aéroporté, comme celle de gauche.Les toits de maisons les moins bien isolées apparaissent en clair.Ci-dessous, une photographie aérienne du même secteur prise le lendemain.l*S ¦ i' nombre de disciplines.Parallèlement, la mesure précise des formes et de la localisation des objets (la photogrammétrie) s’est développée, grâce essentiellement à la vision stéréoscopique, assistée de divers instruments optiques, en particulier pour les cartes topographiques.Avec l’arrivée des images numériques, les systèmes d’analyse utilisant divers types d’ordinateurs ont commencé à faire leur apparition.Leur développement a suivi celui, très rapide, de l’informatique, tant du point de vue du matériel que de celui des logiciels.Les premiers systèmes étaient lourds et encombrants, nécessitaient un environnement spécial et climatisé, et n’étaient pas faciles à utiliser.De plus, les possibilités des premiers logiciels se limitaient à quelques opérations relativement simples de rehaussement et de classification.Les recherches menées un peu partout dans le monde, mais en particulier au Canada, ont amené progressivement le développement de systèmes de traitement d’images à l’aide de mini, puis de microordinateurs ne nécessitant pas d’environnement physique particulier et dont les logiciels sont de mieux en mieux adaptés aux besoins des usagers.La plupart des logiciels commerciaux ont été conçus autour des propriétés spectrales des pixels indi viduels, ce qui convenait bien dans le cas de Landsat-MSS et donnait d’ex- cellents résultats pour l’évaluation des surfaces agricoles de grandes dimensions.Mais cette approche fonctionne beaucoup moins bien dans le cas du Thematic Mapper et encore moins pour SPOT.En effet, le passage à des résolutions plus fines, de 20 et 10 mètres sur SPOT, permet à plusieurs éléments de l’image d’être concentrés sur un seul élément du paysage, comme une rue, une pelouse ou un toit.Une classification spectrale de données SPOT, appliquée par exemple à un quartier résidentiel, ne donnera donc pas une classe, comme le ferait MSS, mais plusieurs classes et un grand nombre de pixels mixtes mal classés.Aussi, les méthodes basées sur les seules propriétés spectrales des pixels ne sont plus vraiment adaptées aux capteurs de la dernière génération, quand on sait qu’un photo-interprète, même novice, identifierait le type de quartier du premier coup d’œil.NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 27 Il faut donc apprendre aux ordinateurs à décoder les images de la même façon que le cerveau humain, en tenant compte non seulement des couleurs, mais aussi des textures et des formes.C’est là qu’interviennent les procédés d’intelligence artificielle visant à associer les caractéristiques des objets observés à leur fonction.Cela amène toute une série de questions sur les notions d’échelle dans les paysages, les fréquences spatiales, la dimension fractale de l’environnement et les relations entre les formes et les fonctions de l’utilisation du sol.Comme on est encore loin d’avoir trouvé une réponse satisfaisante à toutes ces questions, on utilise aussi la puissance des ordinateurs pour produire des images plus faciles à interpréter visuellement.Il existe, dans la panoplie informatique, toute une gamme de rehaussements d’images, telles les améliorations de contraste et les composantes principales.Cependant, les procédés les plus intéressants font appel à des combinaisons d’images de résolutions différentes, ou même de satellites différents, en utilisant astucieusement les propriétés spectrales et spatiales de la vision humaine.On peut alors parler d’interprétation assistée par ordinateur, qui combine les facultés humaines au traitement informatique.DE L’ANALYSE À L’INTERPRÉTATION ET À LA GESTION L’analyse des images de la télédétection a toujours pour but l’interprétation, qu’il s’agisse de la position des objets, de leur nature ou de leur fonction.Le processus d’interprétation, qu’il soit visuel ou automatique, transforme les données contenues dans l’image en éléments d’information rattachés à une localisation géographique.De là à intégrer les informations recueillies par la télédétection à des systèmes d’informations à références spatiales, il n’y a qu’un pas, car ces informations peuvent alors être utilisées dans un processus de gestion des ressources, en combinaison avec des données d’autres sources, socio-économiques ou écologiques par exemple.Cette intégration n’est pourtant pas facile, car les images de la télédétection et les systèmes d’informations géographiques s’appuient suides univers informatiques différents : celui des données matricielles, pour les images, et celui des données vectorielles, pour les cartes.Le passage de l’un à l’autre n’est pas simple, et très peu de systèmes le font de façon efficace et élégante.Néanmoins, c’est là que le potentiel de développement des applications de la télédétection est le plus grand, car on pourra tirer profit de la nouvelle génération des supermicro-ordinateurs à fortes capacités graphiques, ce qui permettra de décentraliser la gestion des ressources au niveau local.Les systèmes d’informations géographiques, aussi appelés systèmes d’informations à références spatiales, se situent au confluent de plusieurs disciplines, telles la cartographie, la géographie, la topographie, la photo-grammétrie, la télédétection, les statistiques, l’informatique et autres, que l’on pourrait sans doute regrouper sous le vocable « géomatique ».Le concept de système d’informations géographiques (SIG), dont le cœur est une base de données à références spatiales, permet de réunir les techniques et méthodes d’acquisition d’informations, le codage sous forme vectorielle ou matricielle, l’organisation en banque de données, ainsi que les divers traitements et procédures destinés à adapter ces dernières à leur utilisation.De plus en plus, les applications de la télédétection se font dans le cadre de systèmes d’informations géographiques, qui permettent de combiner ces données à toute une gamme d’informations diverses.Par exemple, pour prévoir et modéliser l’érosion dans un bassin versant, il faut combiner des données météorologiques, topographiques, des données sur la végétation, sur les types de sol et sur les pratiques agricoles, dans un système où la modélisation et divers scénarios sont possibles.Seule une portion des données est dérivée directement des images de la télédétection, mais elle est indispensable à l’identification des secteurs d’intervention prioritaires pour les gestionnaires de la conservation des sols.LA TÉLÉDÉTECTION : UN MACROSCOPE AU SERVICE DE L’HUMANITÉ L’avenir de la télédétection en tant que discipline scientifique s’inscrit dans une double démarche, qui tient à la fois de la vision globale de notre environnement et de la recherche d’une information spectralement et spatialement très détaillée.La télédétection est donc un « macroscope », selon la terminologie de Joël de Rosnay, qui intègre aussi bien la haute technologie que les sciences de l’environnement.Les satellites du futur seront de plus en plus complexes, et l’acquisition des images ne se fera plus de manière automatique, comme pour Landsat, mais plutôt selon une programmation correspondant aux besoins de l’usager.Cette nouvelle orientation est déjà amorcée avec SPOT et s’accentuera encore pour correspondre le plus possible aux besoins des utilisateurs.On peut très bien imaginer, d’ici une quinzaine d’années, un cultivateur interrogeant le satellite à partir de son micro-ordinateur pour savoir où il doit irriguer, appliquer des engrais, ou bien pour identifier les secteurs de sa ferme atteints par des parasites, ou encore pour prévoir le volume de ses récoltes.Un spécialiste en télédétection.probablement un consultant privé, établira les besoins du client (bandes spectrales, fréquence de prises de vue, production de sous-images correspondant aux besoins de l’usager, prétraitements) et effectuera la programmation nécessaire sur l’ordinateur de l’usager.Celui-ci pourra alors poser i au système des questions simples, comme : Quelle est ma surface de maïs ?Où sont les zones les plus sèches de mes champs ?Quel est le tonnage de luzerne dans tel champ?Les réponses obtenues permettront au cultivateur de mieux gérer son territoire.De plus, on peut très bien imaginer qu’un code de déontologie régisse | la télédétection, de manière à garantir la qualité des services offerts aux clients.?ï s ie J îè liu I; F ai 28 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 Ill «11.J: IS I I : 111: fill; ;o;, !eJ ,Si on IIU d(' i(s *' il:; f(i' is:.vi- iF: 16 d IT fit 'll III r It: lit UNE PRIORITÉ INTERNATIONALE ET NATIONALE 'filers Les efforts réalisés par certains pays pour développer le marché et l’industrie de la télédétection sont le reflet de priorités nationales.Aux États-Unis, pionniers dans ce domaine, le programme Landsat de la | National Aeronautics and Space Administration (NASA) et les programmes de satellites de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA) ont nécessité des investissements de plusieurs milliards de dollars, qui ont encouragé la création de toute une industrie de matériel de réception, de traitement des images et de services aux utilisateurs.Ces programmes de la NASA et de la NOAA ont fait, depuis plusieurs années, l’objet d’une privatisation partielle, ce qui illustre bien le rôle de plus en plus important de l’industrie.Parallèlement, certaines universités américaines, comme Purdue, l’Université du Michigan, l’Université de Californie à Santa Barbara, l’Université de Boston et quelques autres, ont rnis en place des centres d’excellence en télédétection, soit dans des départements qui existaient déjà, soit sous forme de centres ou de laboratoires interdisciplinaires autonomes.En Europe, l’Agence spatiale européenne (ESA, European Space Agency), organisme regroupant treize pays, assure la coopération entre les États membres, dans les domaines de la recherche et de la technologie spatiales et de leurs applications à l’étude des ressources terrestres.L’Agence est le maître d’œuvre de nombreux projets en télédétection, dont la mise en orbite du satellite ERS-I.Le Canada participe aux travaux de LESA à titre d’État coopérant.En France, le programme SPOT (Satellite pour l’observation de la Terre) a mobilisé une partie importante des énergies du Centre national d’études spatiales (CNES), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l’Institut géographique national (IGN), de l’industrie et des universités, pour mettre au point un produit appelé à devenir commercialement rentable.11 est difficile d’évaluer le budget total du programme, mais il dépasse le milliard de dollars, car le CNES, après le succès de SPOT-I en 1986, a déjà commencé à fabriquer SPOT-2 et SPOTS et s’est engagé à mettre en chantier les modèles 4 et 5 au début des années 90.La continuité des données SPOT sera donc assurée jusqu’en l’an 2000.Sur le plan de la formation, l’Université de Paris VII a mis en place, en 1984, un programme de troisième cycle (DEA et thèse) en méthodes physiques de la télédétection, et l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg a élaboré un programme similaire, incluant la physique et le traitement numérique des images.Un organisme parapublic, le Groupement pour le développement de la télédétection aérospatiale (GDTA), qui réunit les ressources de plusieurs agences gouvernementales engagées dans la télédétection, a mis sur pied, en banlieue de Toulouse, un véritable campus de formation dans cette discipline, destiné aux professionnels et aux représentants de pays étrangers.Les sessions de formation y sont du même typesqu’à l’International Institute for Aerospace Surveys and Earth Sciences (ITC), avec la participation des principaux intervenants du CNES, du CNRS et du milieu universitaire de la région toulousaine, qui ont entrepris récemment un regroupement physique de leurs laboratoires.D’autres organismes français, comme le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Office de recherche scientifique et technique d’outre-mer (ORSTOM), ont installé des laboratoires et des centres de télédétection de très haute qualité, dont les travaux sont reconnus à l’échelle internationale.Divers pays d’Asie ont mis sur pied des centres de télédétection, dont la Thaïlande, l’Inde et le Japon.Ces deux derniers possèdent depuis peu leurs propres satellites et mettent présentement en marché des produits dérivés.En Afrique, plusieurs centres de télédétection ont été créés par des instances nationales ou régionales, pour assurer la formation et la sensibilisation des usagers virtuels.C’est en effet dans les pays en développement que les possibilités d’application de cette technique sont les plus nombreuses, parce que les ressources naturelles y sont mal connues et que les cartes disponibles, souvent anciennes et inexactes, ne reflètent pas les changements démographiques et économiques rapides des dernières années.Au Canada, les efforts industriels ont porté sur la technologie des stations de réception (60 % du marché mondial), les systèmes de traitement numérique d’images et l’industrie des services.Le Centre canadien de télédétection (CCT), en accord avec les centres provinciaux, a mis en place plusieurs programmes de transfert de technologie vers les utilisateurs chargés de la gestion des ressources naturelles.La décision récente de mettre en marche le programme Radarsat, projet de 450 millions de dollars touchant quatre provinces et plusieurs ministères fédéraux, indique bien à quel niveau de priorité le pays a placé la télédétection.Le Conseil des sciences du Canada considère la télédétection comme un des six domaines de pointe où le pays peut assumer un rôle de premier plan à l’échelle internationale.Au Québec, enfin, l’essentiel des activités de télédétection est concentré dans les universités (Sherbrooke, Laval, INRS-Eau et Montréal) et les entreprises privées, avec le soutien de quelques ministères utilisateurs, réunis autour du Centre de télédétection gouvernemental du ministère de l’Énergie et des Ressources.La télédétection fait partie du « virage technologique », concept qui a guidé une bonne part des investissements gouvernementaux destinés aux universités et aux entreprises depuis 1980.Les industries québécoises sont présentes dans la fabrication des satellites, dans les services et dans les logiciels.Celles qui ont percé réussissent assez bien, en particulier dans les contrats à l’extérieur du Québec et sur la scène internationale.NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 29 SPECIAL LE TIERS MONDE ÉNERGÉTIQUE Bernard DUHAMEL Directeur exécutif de !’ Institut de l’énergie des pays ayant en commun l'usage du français.Trente-cinq des quarante et un pays de la francophonie appartiennent au tiers monde.Comme dans presque tous les domaines, leurs besoins énergétiques sont criants, alors que formation et information, financement et investissement trop souvent manquent.Üg rr; i UK >- j: « is-moi combien tu consommes d’énergie, je te dirai de quelle partie du monde tu es.» Voilà une maxime tout à fait appropriée, aujourd’hui, dans un monde divisé par un développement inégal et caractérisé par d’énormes disparités de consommation.L’expression « tiers monde » fut forgée au début de la guerre froide par A.Sauvy pour définir ce vaste ensemble composite de pays qui, comme autrefois le « tiers état » de Sieyès, siégeant modestement - mais en nombre - aux côtés de la noblesse et du clergé, éprouvent des difficultés à se faire entendre dans le concert des puis- sances.Le tiers monde réunit, à quelques exceptions près, les pays que l’on peut qualifier de « pauvres » (sauf les monarchies du Golfe) ou qui appartiennent au « Sud » (sauf l’Australie ou la Nouvelle-Zélande).L’expression convient particulièrement pour désigner les pays de la francophonie qui ne sont ni d’Europe, ni d’Amérique du Nord.Le tiers monde francophone rassemble nombre de pays que l’ONU range aussi dans la catégorie des « moins avancés » et qui, dans le cadre des objectifs de « solidarité » et de « complémentarité » de la communauté francophone, font l’objet d’une attention particulière de la coopération bilatérale ou multilatérale.LA MISERE DE L’ENERGIE Comme le montre le tableau de la page de droite, la faiblesse de la consommation énergétique du tiers monde est particulièrement manifeste pour les énergies conventionnelles (pétrole, gaz, charbon).Les chiffres indiquent la consommation en Kep (kilogrammes équivalent pétrole) par habitant, en 1987, de plusieurs pays francophones.L’écart est considérable, de l’ordre de 1 à 60 entre la moyenne du Sahel et celle de la France, mais de 1 à 500 entre le Burkina Faso et le Canada ! 30 QUÉBEC SCIENCE / NOVEMBRE 1991 *- •_.— .dË*^'"::1 %.€'¦ - nne^deia ~1 Dans la mesure où le tiers monde connaît une très forte croissance démographique - ce qui est le cas des pays mentionnés dans le tableau -, tout progrès enregistré dans l’augmentation de la disponibilité énergétique est absorbé par le surcroît de population ; d’où la difficulté pour ces pays de sortir d’une situation de « misère » énergétique.D’où aussi la persistance d’une consommation d’énergies traditionnelles (bois et charbon de bois, surtout) qui permet de satisfaire des besoins essentiels, principalement pour la cuisson des ali- ments, mais aussi pour le chauffage ainsi que les usages artisanaux, telles les forges de village.Depuis que la conscience universelle en a été saisie, notamment de façon incidente à la conférence des Nations Unies sur les sources d’énergie nouvelles et renouvelables (Nairobi 1981), la question du bois de feu revient dans tout débat sur l’évolution énergétique du tiers monde.En règle La consommation de bois de feu, « énergie de survie » s’il en est, montre bien la misère énergétique du tiers monde.générale, plus la consommation d’énergie conventionnelle par habitant est faible, plus la part des combustibles ligneux dans le bilan énergétique national est élevée.Ainsi, elle est d’environ 60 % au Sénégal, mais de 90 % au Burkina Faso.Et pourtant la connaissance du volume consommé annuellement reste encore très imprécise.Estimée, par exemple, à 1 m-1 par personne et par an au Vietnam, mais à 2 m3 au Laos voisin (certes moins peuplé et plus boisé), cette consommation dépend beaucoup en effet des quantités de bois accessibles, tant il est aisé de gaspiller un tel combustible dans les équipements rudimentaires partout utilisés.La consommation de bois de feu, « énergie de survie » s’il en est, montre la misère énergétique du tiers monde.Elle représente aussi le risque que la pauvreté fait courir à l’environnement, puisqu'elle est l’une des multiples causes de la déforestation.Mais l’importance de cette consommation, sa répartition entre zones rurales et urbaines, une économie de production des combustibles ligneux - analogue à la « cueillette » - prise dans des rapports sociaux encore proches du féodalisme introduisent le concept de « dualité » dans la compréhension des systèmes énergétiques du tiers monde.LA NÉCESSAIRE MODERNISATION La dualité énergétique ne tient pas tant au caractère « commercial » ou « non commercial » des sources considérées, car le bois et le charbon de bois font de plus en plus l’objet de transactions onéreuses, mais elle tient surtout aux systèmes de tarification.D’un côté.NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 31 DIFFUSER LA CONNAISSANCE L} Institut de l’énergie des pays ayant en commun l’usage du français (IEPF) a été créé sur décision du Sommet de Paris (1986).Depuis juin 1988, il siège à Québec, ce qui est une première pour cette ville, dans le cas d'un organisme statutaire international.Sur le plan institutionnel, l’IEPF est rattaché à l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), organe séculier de la francophonie et opérateur principal des sommets francophones.La mission de 1TEPF a été définie dans les statuts adoptés en décembre 1987 par la Conférence générale de l’ACCT.Si sa vocation générale est de « diffuser la connaissance » dans l’espace francophone pour tout ce qui concerne l’énergie, cette mission prend forme à travers différentes catégories d’intervention, qui définissent autant de champs d’action ou programmes : la formation, l’information, la recherche et le transfert technologique, les réseaux.Les orientations et le programme d’action de l’Institut sont adoptés par une instance décisionnelle qui lui est propre et qui réunit en conseil treize représentants des pays membres (selon un système de représentation rotatif), ainsi qu’un représentant de l’ACCT.Le fait que 35 des 41 pays de la francophonie soient des Etats du tiers monde a orienté Faction de 1TEPF, dont l’expérience se traduit par une sensibilité particulière aux besoins des pays en développement.Une première réalisation a été la mise sur pied d’un groupe de travail international, composé d’experts reconnus, sur la question du bois-énergie et plus précisément sur la faisabilité économique d’une exportation à partir des pays excédentaires (Côte-d’Ivoire, Congo) vers les zones déficitaires (la métropole dakaroise).Ce faisant, c’est l’articulation des sous-systèmes énergétiques, dans le cadre du dualisme évoqué, qui était abordée et analysée à travers les prix.D’autres groupes de travail ou réseaux sont venus s’ajouter au Groupe Bois-Énergie.Quatre sont à l’œuvre actuellement : l’électrification rurale, l’énergie solaire, l’interface énergie-environnement et l’élargissement de la compétence du Groupe Bois-Énergie à toute la biomasse.À travers ces groupes de travail, qui mettent en relation permanente des experts de toutes les régions de la francophonie, c’est une concertation internationale (Nord-Sud et Sud-Sud) qui peut s’exprimer.Cette « nébuleuse » d’experts associés a permis à l’Institut d’aborder de façon approfondie la problématique énergétique du tiers monde.La réflexion, entreprise sur le bois-énergie, s’est élargie à la biomasse, à l’hydro-électricité, aux énergies nouvelles et renouvelables, et même à la question du nucléaire.Ce processus ne fait que commencer et la question des hydrocarbures, par exemple, sera aussi abordée.Dans le même temps, 1TEPF animait plusieurs volets d’action, toujours à la mesure de ses moyens qui, comme ceux de la francophonie d’ailleurs, sont comptés.Pour répondre aux besoins de formation, l’Institut a organisé plusieurs sessions spécialisées, sur la politique énergétique, la mise en œuvre des diverses filières énergétiques, le traitement des données, la gestion des entreprises.En 1990-1991, ces sessions ont touché plus de 200 cadres, en provenance de 25 pays de la francophonie.Actuellement, 1TEPF élargit sa vocation, avec le soutien de ses partenaires, dont Hydro-Québec International, de façon à toucher la formation des techniciens (le premier thème abordé concernera l’informatique de gestion).L’analyse même du besoin de formation des pays du tiers monde a été menée par des enquêtes systématiques, de façon, d’une part, à identifier les possibilités de réponse locales et, d’autre part, à préciser les méthodologies appropriées.L’Institut s’est adjoint en l’occurrence un groupe d’experts dont l’expérience couvre aussi bien l’évaluation des formations concernées par l’énergie que la mise en œuvre de programmes spécifiques.Ce programme de formation est lui-même rattaché à un effort important en vue de pallier le manque d’information dans le tiers monde francophone.Cet effort continu s’appuie sur la publication et la diffusion dans plus de 50 pays d’une revue où les thèmes majeurs de la problématique de l’énergie sont abordés par des auteurs de tous les pays de la francophonie, à côté d'articles permettant une meilleure connaissance de la situation énergétique du monde francophone.Plus de 70 auteurs (38 du Sud, 32 du Nord) ont contribué aux 12 premiers numéros de Liaison Energie Francophonie (LEF), qui est devenue ainsi une véritable tribune francophone où, selon les termes du premier éditorial, « prenant langue, on crée du lien ».Parallèlement à cet effort permanent, soucieux de contenu et de qualité, l’orientation générale de l’Institut a été de faire connaître, mettre en valeur ou renforcer les systèmes énergétiques déjà produits dans la francophonie et de constituer un système d’information accessible propre à la « francophonie énergétique».Le cadre du système d’information est fonction d’un certain nombre de caractéristiques.Ainsi, Fin-formation élaborée a un coût relativement élevé, surtout depuis qu’elle est traitée par des technologies coûteuses.Par ailleurs, le fait que la francophonie soit étendue pose la question de l’accès à l’information et à la documentation.De plus, les besoins en information sur l’énergie sont multiformes.Enfin, l’évolution favorise les systèmes qui intègrent plusieurs produits, afin de mieux répondre aux besoins variés d’information.Sur la base de ce constat et sachant qu’il ne peut produire un nouveau système, l'Institut vise à intégrer des modules permettant de mettre en valeur les systèmes existants : banque de données documentaires (relativement limitée parce que ne répondant pas directement à un besoin), banque de données factuelles et banques de données numériques et statistiques (projet qui répond à des besoins très importants et vise dans un premier temps à constituer les bilans énergétiques de façon cohérente et fiable). Certaines sources potentielles d'énergie, telle l'énergie solaire dont les pays du Sud sont largement pourvus, sont encore sous-utilisées.ÆUiBÊazam •V ' / les prix des combustibles ligneux sont iN i naturellement subventionnés, puisque pot.; , le coût de renouvellement de la res-ft i i source (reforestation) n’est pas pris en r* ii j compte.Par ailleurs, l’État exerce, géné-il { râlement sans trop de retenue, son pouvoir de taxation sur les prix des énergies con-.i - ventionnelles (pétrole, électricité).La dualité tient aussi à l’organisa-sit ü tion de la distribution des produits ; les ai I) filières d’approvisionnement en com-* i buslibles ligneux - aussi « tradition- ¦ nelles » que la source elle-même - sdf I i i échappent aux règles de gestion et j au calcul économique « modernes ».:: Enracinées dans l’économie dite :[,.i « informelle », ces filières résistent à K i toute réglementation ou réforme qui ® ' favoriserait, par exemple, la substitution des combustibles ligneux par des produits modernes, tels que le gaz ou le kérosène.Il n’y a ainsi rien de com-parable entre la consommation de bots du Canada ou de la France - dont on «-b redécouvre l’importance - et celle des sjr t pays du tiers monde.La spécificité des systèmes énergétiques du tiers monde est bien connue.Elle se traduit par l’évolution d’usages et de pratiques très différencies et a plusieurs vitesses, dont la rationalité ne peut être saisie que par une analyse i fine des besoins.L’éclairage et la radio solaires côtoieront longtemps encore 1 la cuisson au feu de bois, dans les villages, tandis que l’utilisation du manège animal, pour puiser l’eau ou moudre le grain, pourrait faciliter un passage rapide à la pompe diesel, par un réinvestissement judicieux des profits d’une production agricole plus 1141 j intensive (comme dans certaines communautés rurales du Sénégal).Marqués par l’archaïsme des structures d’approvisionnement et des pra-jjjsj i tiques de consommation, les systèmes énergétiques du tiers monde semblent « en transition », sans que l’on puisse " dessiner leur état futur.La technologie moderne permet d’utiliser, à des conditions de plus en plus économiques, de multiples sources, du vent qui fournit de l’énergie mécanique ou de l’électricité, à l’énergie solaire thermique ou photovoltaïque, en passant par divers systèmes de biogaz ou par l’uti-t lisation d’huile de purghère comme i substitut au carburant diesel.Par ailleurs, les pays du tiers monde sont encore faiblement équipés pour exploiter leurs propres ressources énergétiques concentrées, tels les chutes et cours d’eau et les différents gisements d’énergies fossiles.Ces exploitations pourraient produire de l’électricité à des conditions économiques et déboucher sur des interconnexions régionales, permettant de les rentabiliser en élargissant les marchés.Et c’est là précisément l’un des défis de l’avenir énergétique du tiers monde.Tout système énergétique s’inscrit dans un territoire diversement peuplé, réparti entre villes et campagnes.La densité des consommateurs est parfois faible, car en dépit de leur dynamisme démographique, les pays du tiers monde sont encore individuellement peu peuplés, parfois élevée, parce que le taux de croissance de l’urbanisation est bien supérieur à celui de la population.Pourtant, le problème à résoudre est celui de l’alternance de la programmation d’équipements centralisés (barrages, centrales thermiques) et d’équipements décentralisés (biodigesteurs, éoliennes, panneaux solaires).Dans l’un et l’autre cas, la rentabilité n’est pas acquise, n’étant ni immédiate, ni directe.Dans des pays où de nombreuses infrastructures sont encore à construire, l’orientation micro-économique et les pratiques budgétaires étroites qui l’accompagnent généralement ne sont guère de mise.C’est à l’État d’intégrer la politique énergétique à une politique générale de développement, de façon à ce que l’approvisionnement serve des objectifs socialement déterminés.LE TRAVAIL : FORMATION ET INFORMATION Pour la modernisation de leur système énergétique, les pays du tiers monde ont au moins deux catégories de besoins : l’aptitude à collecter, recevoir et traiter l’information, et la capacité d’agir et de contrôler le secteur énergétique ; la mobilisation et la gestion des capitaux.L’intégration des politiques suppose que la politique générale de développement existe comme stratégie et non comme une série de mesures urgentes, en réponse à la conjoncture.Elle suppose aussi une approche réaliste et une compréhension objective du système énergétique du pays, exigeant une information complète, quantifiée et continuellement remise à jour.D’où NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 33 l’importance pour ces pays de se doter de bases de données, permettant au moins de comptabiliser les flux.Les bilans énergétiques sont encore rares, dans le tiers monde, et généralement peu fiables.Autrement dit, les outils d’une politique de l'énergie font défaut, et cette carence affecte le contrôle exercé sur l’évolution nécessaire du système énergétique, dans le passage d’ùn dualisme archaïque à une utilisation diversifiée et cohérente des ressources.La formation des ressources humaines est d’une importance décisive pour la définition et la poursuite d’une politique énergétique.Dans ce domaine, plusieurs niveaux sont concernés, que ce soit la conception des mesures à prendre ou la conduite (pilotage et maintenance) des équipements, souvent sophistiqués, qui transforment et utilisent l’énergie.La formation, dans le domaine énergétique, relève des sciences exactes.Or, c’est précisément ce qui fait défaut au tiers monde.Le problème n’est pas tant dans les carences d'une formation en « énergie » (en électricité, dans les hydrocarbures ou le chauffage) que dans une carence générale à maîtriser à ces fins les sciences de l’ingénieur.L’Afrique et le tiers monde manquent cruellement d’ingénieurs et de techniciens maîtrisant les techniques modernes, que ce soit en production ou en gestion.L’informatique est par exemple encore trop peu répandue dans les entreprises de production d’électricité, à l’heure où se généralise, dans les pays industrialisés, l’utilisation de systèmes experts.LES CAPITAUX : FINANCEMENT ET GESTION Une autre contrainte, celle du financement, se révèle un obstacle difficile à surmonter par les pays du tiers monde.Leurs besoins en capitaux sont énormes, particulièrement dans le secteur énergétique, où la contrainte financière constitue un obstacle presque infranchissable.L’énergie compte pour plus de 20 % de la dette extérieure de ces pays, contre près de 12 % de leur investissement total.Le financement de l’électri- cité se fait pour moitié environ par emprunt de capitaux étrangers.Aggravée par la détérioration des termes de l’échange, au cours de la décennie 1980-1990, la situation financière du tiers monde francophone ne laisse pas d’être préoccupante.Les capitaux disponibles se sont faits encore plus rares et le risque d’une dégradation généralisée du secteur de l’énergie fait peser une menace lourde de conséquence sur les efforts de développement.C’est, par exemple, la survie même du service public d’électricité qui est en cause.Une large majorité des entreprises publiques de ces pays sont déficitaires, dans ce domaine, même si les tarifs pratiqués sont très élevés (le kWh est environ dix fois plus cher au Sénégal qu’au Québec).Or, la gestion de ces entreprises, très liées aux pouvoirs publics, n’est guère autonome, ce qui a certainement favorisé, entre autres, l’accumulation des impayés.À l'heure actuelle, une réforme institutionnelle s’impose pour maintenir la continuité des fournitures d’énergie électrique, essentielles à la compétitivité économique.En Côte-d’Ivoire, par exemple, l’entreprise d’électricité EECI a gardé la propriété des immobilisations, mais la gestion du service a été confiée à une firme créée pour la circonstance, avec des capitaux privés et étrangers, la Compagnie ivoirienne d’électricité, laquelle verse à l’EECI une partie de ses recettes d’exploitation.Cette restructuration s’est accompagnée d’une baisse des tarifs.Le besoin d’une bonne gestion pour la production et la vente de l’énergie, particulièrement évidente dans le secteur électrique, est en effet parallèle à la levée de la contrainte financière.UNE CULTURE TECHNIQUE PARTAGÉE L’Institut de l’énergie des pays ayant lu en commun l'usage du français (IEPF) {g n’a pas les moyens - ni la vocation, r,u d’ailleurs - d’intervenir dans la sphère jh du financement du secteur énergétique Li et de sa restructuration.Sa mission, la « diffusion de la connaissance », est ; .plus d’ordre intellectuel que matériel (voir l’encadré).Reconnaissant les besoins et agissant par la mobilisation des consciences, 1TEPF contribue à préparer l’ouverture du tiers monde francophone à des activités économiques plus vives.Pour définir une politique énergétique cohérente, il faut d’abord établir le bilan énergétique du pays concerné.Malheureusement, dans les pays du tiers monde, les données nécessaires font souvent défaut.34 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 II! L’Institut n’a pas pour mission d’agir sur la compétitivité économique elle-même, mais d’en favoriser les conditions externes.En ce sens, la concertation qu’ani-jme l’IEPF à travers ses réseaux de partenaires et d’experts cherche à devenir opérationnelle (ainsi le travail du Groupe Bois-Énergie, exposé à Dakar en avril 1991, débouche-t-il sur des possibilités de contrat).Il ne s’agit pas :de discuter de concepts, mais de projets ; le débat n’est pas théorique, mais porte sur les problèmes concrets du développement énergétique du tiers monde.Significative à cet égard est la délégation à l’Institut de la coordination du PRISME (Programme international de soutien à la maîtrise de l’énergie), qui vise, en constituant des équipes interministérielles, à sensibiliser les dirigeants à l’urgence des actions destinées à améliorer l’efficacité énergétique.Car, si l’énergie relève du domaine technique, elle concerne en fait tous les secteurs.Et, bien que la francophonie ne puisse se fonder sur aucune particularité énergétique, elle peut se doter d’assises plus solides, grâce au développement d’une culture technique partagée, ce à quoi œuvre l’IEPF.?Pour en savoir plus : Liaison Energie Francophonie (LEF), la revue de l’Institut de l'énergie des pays ayant en commun l'usage du français, est publiée depuis la fin de 1988 (numéros I à 12).Les récents numéros ont porté sur : - Les pays du Sahel (n11 7), - Energie-Environnement (n“ 8), - Cambodge, Laos.Vietnam (n“ 9), - Information et politique énergétique (n" 10), - Afrique centrale et équatoriale (n° 11 ), - Financer et maîtriser l'énergie (n” 12).Depuis le début de 1991.LEF contient aussi un bulletin d'information sur le programme PRISME.Par ailleurs, plusieurs ouvrages ont été publiés avec le soutien de l’IEPF dont : Rapports sur l’énergie internationale Éditions Économica, n" 1 ( 1988-1989), n1' 2 ( 1989-1990) et n° 3 (1990-1991); Economie de l'Energie Jacques PERCEBOIS, Éditions Économica.CHAQUE MOIS, RECHERCHE SUIT, POUR VOUS, L'ACTUALITÉ INTERNATIONALE DE TOUTES LES DISCIPLINES SCIENTIFIQUES PHYSIQUE, ARCHÉOLOGIE, BIOLOGIE, CHIMIE, MATHÉMATIQUES, SCIENCES DE LA TERRE, INFORMATIQUE, ETC.RECHERCHE COUVRE TOUS LES CHAMPS DELA SCIENCE MODERNE 11 NUMÉROS PAR AN DONT UN NUMÉRO SPÉCIAL P - - - OFFRE PRIVILÉGIÉE D'ABONNEMENTf Rmoc US PULSARS ULTRA RAPIDES • LES INSECTICIDES EN ECHEC LA PHYSIQUE DE LA SEDIMENTATION • L'ART PREHISTORIQUE «ttlll UMMm '.V i ^ * ¦ ISîiââ® tesiil arbre atteigne sa valeur maximale lorsqu'il n’en reste plus qu’un ! Il y a trois dimensions à partir desquelles on peut orienter le développement : les dimensions économique, écologique et sociale.Si on favorise une des dimensions du développement d’une société, cela se fera au détriment des autres.» Économie et écologie, faut-il le rappeler, ont une même racine grecque, oikos, qui veut dire maison.En somme, il s’agit de bien connaître et de bien gérer notre maison, en tenant compte des gens qui y vivent et qui y vivront, à S.11 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 Pour y arriver, il faut se contenter des intérêts sans toucher au capital.IDES ÎLES SAUVÉES DU NAUFRAGE Jean Bédard a choisi de protéger le capital Saint-Laurent.Claude Villeneuve, le capital Saguenay-Lac-Saint-Jean.Des menaces de dilapidation planent sur d’autres régions, mais les écologistes veillent.A partir d'un modèle de développement qui subordonne toute activité à la conservation de la faune et à la préservation de l’équilibre du milieu naturel, Jean Bédard a sauvé du naufrage huit îles, en face de Rivière-du-Loup.La première bataille s’est toutefois déroulée en terrain économique.L’histoire commence en 1979.L’île aux Lièvres est convoitée par des promoteurs, ce qui menace les archipels voisins des Pèlerins et du Pot à l’Eau-de-vie, sanctuaires d’oiseaux où niche entre autres l’eider commun.Jean Bédard conçoit le projet d’acheter Le sauvetage des îles du Saint-Laurent, entrepris en 1979 par Duvetnor, a été complété en 1986 par l’achat de l’île aux Lièvres.ces îles, dont les abords sont fréquentés par les phoques et les bélugas.Pour réaliser son rêve, il fait appel à des amis qui, avec lui, ont fait échec au projet de centrale d’Hydro-Québec sur la Jacques-Cartier.Le groupe crée Duvetnor, une société privée sans but lucratif qui recueille, sous permis, le NOVEMBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 37 duvet d’eider, très recherché par les Allemands.La récolte rapporte entre 10 000 $ et 30 000 $ par année.En 1981, Duvetnor perd une option d’achat sur l’île aux Lièvres : la société n’a pu réunir les 300 000 $ nécessaires.Elle doit donc chercher des partenaires financiers.Et les trouve.Les cinq îles Pèlerins sont acquises en 1984.Suivent, en 1985, deux des trois îles du Pot.Reste l’île aux Lièvres.« La Vladi Private Islands Agency, chargée de sa vente, exige 1,2 million de dollars.Après de très dures négociations, le prix est ramené à 660 000 $.Nous l’achetons en 1986.» Les îles sont sauvées : les titres de Duvetnor interdisent tout aménagement incompatible avec l’objectif primordial de conservation.Puis c’est au tour de Duvetnor de subir des pressions.Les différentes missions de développement économique et touristique de la région mettent l’accent sur l’accès au fleuve et aux îles.« Un accès incontrôlé aurait rendu difficile la gestion de la faune.En 1989, nous décidons d’ouvrir les îles, mais à nos conditions et en mettant l’accent sur l’éducation.» Duvetnor offre aujourd’hui des excursions en bateau autour des Pèlerins et accueille des visiteurs sur les îles aux Lièvres et du Pot à l’Eau-de-vie, où l’ancien phare a été restauré.Toutefois, les visiteurs ne s’approchent pas des colonies d’oiseaux durant la saison de nidification.Il est question de permettre un camping sauvage « très encadré » et la chasse à la sauvagine sur l’île aux Lièvres.Cette dernière perspective soulève des protestations.Duvetnor paie, dit-on, son dû au Fonds national des Sportsmen, qui a contribué à l’achat des îles.« Je suis personnellement un antichasseur, mais il me faut reconnaître que la chasse est un outil de gestion de la faune », rétorque Jean Bédard.Et ce n’est pas la seule controverse qui entoure le biologiste.La cueillette du duvet d’eider, responsable de 5 % des atteintes dont sont victimes les œufs, de même que la participation de M.Bédard à un programme de limitation de la population de cormorans sont des gestes anti-écologiques, affirment ses détracteurs.« Je suis un Jean Bédard : « Je suis personnellement un antichasseur, mais il me faut reconnaître que la chasse est un outil de gestion de la faune.» « conservationiste », mais aussi un biologiste de la faune.Si une espèce détruit son milieu, il faut trouver des moyens de gérer cette situation.» De tels débats font partie de la problématique du développement durable.UNE REGION LABORATOIRE Les gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont leur façon bien à eux de faire les choses : ils ont donc assis les adversaires autour de la même table et canalisé leurs énergies dans une aventure de concertation régionale sans précédent, un Laboratoire régional de développement durable (LRDD).Claude Villeneuve est le père reconnu de cette créature unique.Plusieurs événements ont présidé à sa naissance.Novembre 1988 : des états généraux de l’environnement débouchent sur la publication d’un bilan régional, intitulé Pour que demain soit, signé par des représentants de tous les secteurs d’activité et de tous les niveaux d’intervention.Juin 1989 : un colloque réunit 120 porte-parole de tous les groupes socio-économiques.Elus municipaux, groupes communautaires, grandes et petites entreprises, syndicats, institutions culturelles, CLSC, enseignants, scientifiques, universitaires, écologistes, agriculteurs, etc., tous y sont.Les discussions ont lieu à huis clos « pour éviter, nous dit Pierre Tremblay, président du Conseil régional de l’environnement, que le colloque soit utilisé comme une tribune politique ou de relations publiques ».Au terme de ces assises, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se déclare Laboratoire régional de développement durable.Février 1991 : le sommet socioéconomique régional place le LRDD au premier rang (sur 65) dans l’échelle des priorités, ce qui lui assure une subvention provinciale.Celle-ci représente 16 % d’un budget de 620 000 $ sur trois ans.La population est le plus important bailleur de fonds du Laboratoire, avec le tiers des coûts.Suivent les institutions financières et les entreprises, dans une proportion de 20 % pour chaque groupe.Qui dit laboratoire dit expériences à déroulement contrôlé et mesure des résultats.Or, la région se prête bien à cette approche expérimentale.« Son isolement géographique relatif, affirme le document de présentation, rend facile la mesure des entrées et des sorties de biens et de services.Son unité écologique et administrative permet d’identifier la source des dégradations environnementales et d’en prendre la responsabilité.Sa structure économique, dont les forces agissantes iUV! pf M llw PE.' feu fjori ttiilti feu pus fei Î9lit I lu St lit* FU 38 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 lâsont peu nombreuses et facilement identifiables, permet de faire le point «rapidement sur les impacts écono-umiques de nouveaux modèles de développement.La région est un milieu 'rjhumain riche où le tissu social est serré i|f;t le sentiment d’appartenance très iarésent.Enfin, l’existence de nom-jirreuses études économiques, histo-! 'iques et même génétiques rendent oossible les comparaisons.» « La région deviendra une im-:'nense éprouvette naturelle, précise j Claude Villeneuve.Nous y étudierons ii ’interaction de l’économie, de l’éco-i ogie et du social.L’équilibre entre tes trois pôles définit la qualité de .nt des populations.Il n’y a pas de léveloppement viable sans qualité ilie vie.» M.Villeneuve insiste sur la te mobilisation générale et l’éducation.jI< Le développement durable implique I me modification en profondeur des tomportements de toute la société.» Des ententes de principe à la mise :n œuvre, le chemin est souvent ardu.1 aura fallu un an pour concilier les Ljl/ues, dénouer les luttes de pouvoir et ii ; nettre en place le Secrétariat du déve-oppement durable, chargé de coordon-ter l’action, lequel est finalement entré :n fonction le 13 septembre dernier.PENSER GLOBALEMENT, AGIR LOCALEMENT Vutour du lac comme sur les rives lu fjord, des expériences sont déjà nscrites à l’agenda du Laboratoire, m groupe de recherche Écobes du :égep de Jonquière s’intéresse aux iens entre les conditions de vie des )opulations et leur bilan de santé.< Nous cartographions les données nédicales et sociales par quartiers l’environ 350 ménages et faisons essortir les liens entre les deux, explique Michel Perron, le sociologue loordonnateur du groupe.Le milieu nédical pourra adapter ses stratégies de prévention s’il sait, par ;xemple, où se trouvent les indi-ddus à risque pour certaines naladies et quelles sont leurs îonditions socio-économiques.pJotre modèle informatique permet également de mettre en dation des indicateurs sociaux et des indicateurs démographiques.Une analyse fine des faits et des tendances aide à mieux comprendre la dynamique d’une société et à mieux préparer l’avenir.» Le Laboratoire régional de développement durable profitera des résultats des recherches de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).Il aura aussi un impact sur les chercheurs.« Le Laboratoire créera une synergie, facilitera la mise en commun des ressources, établira des ponts entre les disciplines, rapprochera les chercheurs de leur milieu, espère Daniel Lord, directeur du module de biologie et membre du groupe de recherche en productivité végétale.Ces convergences vont forcément orienter les recherches.» L’UQAC a été le théâtre d’une première mondiale, cet été, avec la tenue de l’Université d’été franco-québécoise sur l’environnement et le développement durable, organisée en collaboration avec l’Office franco-québécois pour la jeunesse.Dans le cadre d’une session de cinq semaines, une trentaine d’étudiants du Québec et de la France ont bénéficié d’une formation théorique et pratique, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, puis en Franche-Comté.La qualité des étudiants, tant français que québécois, a étonné Daniel Lord.« Plusieurs avaient atteint le niveau de la maîtrise ou du doctorat.» Dès qu’il est question de pollution et de dégradation du milieu naturel, Alcan et les papetières sont pointées du doigt.« Nous ne cherchons pas à nier notre responsabilité, affirme Michel Huot, porte-parole d’Alcan.Nous faisons tout, cependant, pour cesser d’être la cible de telles critiques dans les années à venir.» La société multiplie donc les mesures internes, afin de relever les défis environnementaux énormes du secteur de l’alu-minerie.Elle participe à des programmes externes de correction, de prévention, de recyclage.Elle aménage et gère les forêts et les terres dont elle est propriétaire dans une optique à long terme.Alcan soutient depuis ses tout débuts le projet de région laboratoire.« Le Laboratoire nous apporte une meilleure compréhension de la problématique du développement et une mesure des résultats.Nous sommes conscients qu’il va contribuer à accroître les pressions pour que nous en fas- « Le développement durable implique une modification en profondeur des comportements de toute la société.» Pour illustrer cette idée, quoi de mieux que l’engagement du biologiste Claude Villeneuve au Laboratoire régional de développement durable, mais surtout l'action de la population et des organismes du Saguenay Lac Saint-jean NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 39 Louis Langevin / MLCP ¦ ' ¦ .ttiliil sions encore plus.» Mais la multinationale ne semble pas craindre cette perspective : elle « élève » elle-même les environnementalistes de demain (voir l’encadré « La Société de demain, j’y travaille »).QUAND TOUT LE MONDE SE FAIT CHERCHEUR Le Laboratoire veut faire la preuve de la faisabilité du développement durable.Pour cela, il a besoin de la participation de tous et de toutes.D’un ingénieur comme Réjean Villeneuve, qui concentre sa pratique dans le secteur environnemental, développe des méthodes naturelles de traitement des eaux usées, gère son cabinet-conseil selon des principes écologiques stricts, donne du temps à la cause du LRDD.D’un architecte comme Gérard Gosselin, qui a convaincu les agriculteurs de Saint-Prime de collaborer à la régénération d’un ruisseau pollué par le drainage de leurs terres.Bientôt, la truite mouchetée retrouvera son habitat, et la plage municipale, sa transparence, au grand plaisir des pêcheurs et baigneurs de la petite municipalité, et cela, sans que les cultivateurs soient perdants.Le Laboratoire a aussi besoin d’une PME comme la GIVA (gestion intégrée des véhicules automobiles), qui vise l’élimination des carcasses de voitures et une gestion intégrée des pièces dangereuses pour l’environnement et des liquides toxiques.La nouvelle entreprise devrait voir le jour en 1992 et inclure un centre de travail adapté qui procurera de l’emploi à des personnes handicapées, ce qui fait de GIVA un bel exemple d’intégration des dimensions économique, écologique et sociale.Enfin, le LRDD a besoin du groupe Écologie en action en Sagàmie, qui prépare une carte, des affiches, un jeu et deux vidéos, afin de susciter chez les jeunes des attitudes et des comportements responsables à l’égard de l’environnement.L’Unesco contribue financièrement à la réalisation de ce matériel didactique qui, bien qu’adapté à la situation locale, n’aura pas de frontières pédagogiques.Quel que soit le projet, une constante ressort : le recours à une métho- dologie rigoureuse et reconnue, qui permet de créer des modèles exportables.Aux yeux de Michel Perron, c’est fondamental pour un laboratoire et cela rend l’expérience plus stimulante encore.CAPITAL NATUREL EN FIDUCIE Notre capital naturel, c’est aussi le long de la frontière américaine, entre les lacs Champlain et Memphrémagog, qu’il s’effrite sous la poussée des promoteurs qui veulent profiter de la proximité de Montréal.Leurs pressions, liées à des intérêts puissants, sont de plus en plus fortes.Les groupes écologiques réagissent, mais ont de la difficulté à leur faire contrepoids et à vaincre les résistances des pouvoirs publics.La bataille du mont Pinacle a mis ces tensions en évidence.Les résidents qui s’opposent à l’aménagement de pentes de ski, d’un terrain de golf et de résidences de luxe n’ont pu empêcher les promoteurs d’obtenir un dézonage.Leur riposte se déploie maintenant sur deux fronts : ils contestent la décision devant les tribunaux et créent une fiducie foncière dont le but est d’assurer, par l’acquisition de propriétés, de droits ou de servitudes, le main- tien et la restauration des ressources naturelles et du caractère sauvage du mont Pinacle.La fiducie entend toutefois permettre l’utilisation non destructive des terres sous son contrôle et promouvoir les activités éducatives et scientifiques.Quelques kilomètres plus à l’ouest, à Mansonville, sur le versant sud du mont Sutton, la Fiducie foncière de la vallée de Ruiter, établie depuis cinq ans, poursuit des objectifs similaires.Elle est propriétaire de 400 acres, détient des servitudes sur 20 acres adjacents et dispose d’un fonds de réserve.La Fiducie s’est associée à Parc Sutton et au Canton de Sutton pour assurer une vocation douce (randonnées pédestres, équestres ou à ski, activités d’interprétation, etc.) à la zone du massif des monts Sutton, située au pied du mont Écho.Cette alliance inhabituelle donne du poids aux négociations amorcées avec la papetière Domtar, dont le territoire de coupe chevauche la zone visée.Le Canton de Sutton met dans la balance pour fins d’échange les 800 acres de terrain et les 3 000 acres de droits de coupe dont il est propriétaire, la Fiducie, son fonds de réserve, et Parc Sutton, ses droits de passage et son expertise.)Ti ! IJU M Mu iép ¦b land?[aia!« àtpri 'Bel su sia film La i'àiii «su Dans la région du mont Pinacle, des citoyens se sont heurtés à la difficile réalité de concilier économie et environnement."% 40 QUÉBEC SCIENCE / NOVEMBRE 1991 TTaiT « DESSINE-MOI UNE VILLE » Hi; Sil; «: i*.f i )* J P Ils ont nom Jean-Benoît, Véronique, Marc-André, Sarah.Leurs têtes dépassent à peine.Leurs pieds ne touchent pas à terre.Autour de la grande table du Manoir Saguenay, ils étudient les rapports financiers et réévaluent le plan d’affaires de leur entreprise, La Société de demain, j’y travaille.Spécialisée dans la récupération et le recyclage, cette entreprise a son siège à l’école primaire Saint-Pierre d'Alma.Les jeunes membres du conseil d’administration constatent avec satisfaction que la production de cartes de Noël a généré un volume de ventes de 2 000 unités et des profits de I 352,39 $.Et cela, malgré un taux de malfaçon élevé, durant la période de mise au point du procédé de recyclage à partir du papier récupéré dans l’école.Il est maintenant temps de songer à une diversification : cartes pour d’autres occasions, signets, pochettes, etc.La division récupération des canettes d’aluminium progresse bien également : elle a recueilli, en 13 semaines, 27 000 canettes consignées, alors que l’objectif est de 26 000 en 26 semaines.La décision de commencer les activités avant les Fêtes, afin de profiter de la consommation élevée des produits en canettes à cette période, se révèle profitable.Encouragé, le conseil confirme que la récupération des sacs d'épicerie débutera comme prévu à la mi-mars.Il donne aussi le feu vert à la mise en terre des semis de fleurs et d'arbres qui serviront à embellir le quartier.Une entreprise n’a-t-elle pas un rôle social à jouer?Des résultats aussi spectaculaires n'auraient pas été possibles sans la collaboration des 700 élèves des 26 classes de l’école Saint-Pierre, de la maternelle à la sixième année.En fait, l’entreprise.c’est l’école.Chaque classe est actionnaire et obtient un rendement proportionnel à sa participation aux profits.Le conseil d’administration est formé des présidents des troisième, quatrième, cinquième et sixième années.Ceux-ci sont assistés par des représentants du milieu des affaires, de l’école, des parents et de conseillers en gestion travaillant dans les centres d’aide aux entreprises.Les activités de production sont réparties dans toute l’école.La gestion est assumée par les élèves des niveaux supérieurs.La troisième année est responsable de la production, la quatrième de la publicité et du marketing, la cinquième des finances, et la sixième de la direction générale.Des documents de soutien, financés par Alcan, guident leur apprentissage.En plus de sensibiliser les jeunes aux questions environnementales, la micro-entreprise leur apprend le fonctionnement de l’économie, le travail d’équipe, la collaboration avec d’autres groupes.« Ses retombées éducatives dépassent largement le cadre de l’école, fait remarquer Mano Capano, engagée au nom d’Alcan dans ce projet, comme dans le Laboratoire régional de développement durable.Grâce au pouvoir d’entraînement des jeunes, tout le quartier est mobilisé, des réseaux de récupération, regroupant les parents, les grands-parents, les oncles, les voisins, etc., se sont formés.Mais il y a plus.Ces jeunes seront demain des citoyens exigeants, qui auront appris la participation et acquis le sentiment de pouvoir changer les choses.» La Société de demain, moi j’y travaille a reçu le Prix d’excellence 1991 de la Fédération des commissions scolaires pour l’innovation pédagogique.Un peu plus au nord, à Ville de Lac-Brome, Gilles Decelles s’est fait élire à la mairie en promettant de dessiner avec les citoyens l’avenir de la municipalité.« Je crois au développement, à la condition qu’il suive une éthique et un ordre dicté par la population, non par les promoteurs.» L’opération, une première dans les annales municipales, s’appelait Imaginaction.À l’automne de 1988, quelque 140 personnes de toutes tendances se mettent au travail, et un plan d’action est déposé au printemps de 1989.Quelle évaluation Gilles Decelles fait-il de l’exercice ?« Des recommandations ont été suivies rapidement, tels la création de commissions sur l’environnement ou la récréation, des changements de zonage pour empêcher l’étalement du secteur commercial, l’achat de cinq marais en bordure du lac, etc.La majorité des recommandations se retrouvent dans le plan d’urbanisme.Mais ce n’est pas parce que les citoyens veulent une chose qu’elle est possible ! Certaines propositions sont au-dessus de nos moyens.D’autres s’avèrent difficiles à concrétiser.Par contre, le processus lui-même a eu un impact énorme.Des personnes aux vues diamétralement opposées ont appris à se parler, les citoyens ont apprivoisé la participation, se sont familiarisés avec la gestion municipale et la planification.Ils sont devenus vigilants.» Sur ce point, l’optimisme de Gilles Decelles est partagé par d’autres.« Le rapport est là.C’est un outil de référence important, affirme Chris Severs, propriétaire d’une galerie d’art.Si les élus s’en écartent trop, il y aura des questions.» Marc Decelles, de l’Association pour la conservation du lac Brome, a vécu le processus de participation comme une « expérience fantastique », mais se dit déçu des résultats concrets : « Ils sont bien en deçà des espoirs suscités par le rapport synthèse.Dans trop de domaines, les politiciens ont retenu uniquement ce qui allait dans le sens des intérêts qu’ils défendent.» Ici et là, donc, dans ce milieu naturel très riche mais convoité, des groupes réussissent à soustraire des NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 41 parcelles de territoire à l’appétit de promoteurs sans vision.Chez les groupes soucieux de préserver ce poumon vert, on commence à réclamer une solution globale.Parc Sutton souhaite la création d’un parc naturel régional éclaté, dans la MRC de Brome-Missisquoi, parc qui coifferait la vallée de Ruiter, les monts Pinacle et Écho, les marais, les berges des rivières Sutton, Missisquoi et Yamaska, et le sommet rond du mont Sutton, une zone des plus fragiles et toujours non protégée.D’autres envisagent de faire du bassin québécois du lac Champlain une réserve de la biosphère, agréée par l’Unesco, réserve qui serait la prolongation de celle qui existe déjà du côté américain.Mais l’argent manque pour soutenir ces propositions : les subventions se font rares, les milieux politiques et d’affaires sont lents à réagir.Les forces écologiques devront faire front commun et déclencher une mobilisation générale.avant qu’il ne soit trop tard.LES VILLES EN PÉRIL Les grandes villes influencent directement le développement durable.Les problèmes y sont multipliés et amplifiés ; les diverses cultures s’y rencontrent ; les centres de décision s’y logent ; les gros intérêts s’y heurtent.Pour des raisons, bien sûr, différentes, les villes, celles des pays industrialisés comme celles du tiers monde, sont dans un piètre état.Les premières font face à une dégradation de leur infrastructure et de leur environnement et à une paupérisation croissante de leur population.Les secondes doivent résoudre les problèmes d’habitation, de santé et de pollution engendrés par d’énormes pressions démographiques et un développement physique et industriel incontrôlé.Les premières pourraient, par des choix fiscaux, politiques et économiques, rétablir l’équilibre.Les secondes n’ont pour ainsi dire pas de marge de manœuvre.Cet automne, c’est à Montréal que les villes tentent de définir les balises de leur développement futur, à l’occasion du troisième Sommet des grandes villes du monde.Le document de présentation rappelle aux maires des gran- des agglomérations les trois « E » du développement durable selon (’Unesco : l’Efficacité économique ; l’Environnement et l’intégrité de ses ressources biophysiques et sociales ; l’Équité à l’intérieur des populations, entre les populations et d’une génération à l’autre.Cette rencontre est vue comme une étape préparatoire au premier vrai Sommet de la Terre, la conférence de Rio, au Brésil, prévue pour juin 1992.Selon de récents sondages, les populations des pays industrialisés semblent avoir pris conscience de la nécessité d’agir maintenant.Les milieux économiques et politiques sont-ils à l’écoute ?Y a-t-il des raisons d’espérer que l’hu- Le développement durable exige, en plus d'une diminution de notre niveau de consommation, un partage de la richesse.manité s’engage sur la voie du développement durable ?Pierre-Marc Johnson, président du comité consultatif international du troisième Sommet des villes du monde, se montre relativement optimiste, tout en admettant qu’il connaît des « jours de grande déprime ».Optimiste, parce qu’il constate la présence de facteurs d’accélération.« Les États ont pris conscience de la dimension globale des problèmes et de la collaboration forcée que nécessite leur solution.Par conséquent, les dossiers sont traités au plus haut niveau, car ils touchent des secteurs stratégiques, comme l’énergie et les ressources.Les États utilisent de plus en plus des politiques économiques et des mécanismes du marché pour régler les problèmes environnementaux.» M.Johnson donne comme exemple de cette nouvelle convergence la notion de responsabilité rétroactive.Il y a deux ans, Québec stipulait que le propriétaire d’un terrain contaminé doit nettoyer son bien avant de le vendre, même si la contamination est le fait d’un propriétaire antérieur.Les institutions prêteuses qui prennent des terrains en garantie ont vite compris qu’il leur fallait ouvrir l’œil.Cette mesure n’a pas seulement influencé la façon de faire des affaires, elle a suscité de l’activité économique : les entreprises spécialisées dans l’évaluation et la décontamination des sols connaissent une forte croissance.L II L’OMBUDSMAN DE L’AVENIR « La vraie question, conclut Pierre-Marc Johnson, ce n’est pas de savoir qui va payer, mais comment l’argent va se déplacer.Les gagnants seront ceux qui disposent de technologies avancées.Il y aura déplacement de l’argent vers les technologies liées à la problématique environnementale.» Mais certains constats tempèrent l’optimisme de M.Johnson.« Les États de nos sociétés démocratiques ont tendance à répondre à des stimulations immédiates.Pour les politiciens, l’éternité dure quatre ans ! Il faut prendre cela comme une donnée et trouver des mécanismes pour compenser.» Pierre-Marc Johnson propose la création d’instituts préoccupés par le long terme et invite les scientifiques à prendre part au débat.« Ils sont appelés à jouer, au cours des quinze prochaines années, le rôle que les sciences sociales ont joué au début des années 60.Et ce rôle, ils devront le jouer dans les entreprises, les gouvernements, les instituts, les médias.» La conscience des liens entre nos intérêts et ceux du tiers monde est encore peu répandue.« Or, il y a une équation très nette entre la pauvreté et la diminution de certaines ressources : c’est parce qu’ils sont pauvres que les gens détruisent les ressources.Le développement durable exige, en plus d’une diminution de notre niveau de consommation, un partage de la richesse.» Puisque nous sommes appelés à vivre uniquement des intérêts du capital, M.Johnson nous souhaite donc à tous une « frugalité joyeuse » et espère une multiplication des forums de discussion.« Il n’y aura pas de développement durable sans concertation.» Et pourquoi pas un « ombudsman des générations futures », chargé de veiller sur le capital destiné à nos enfants ?Mtïi IAT Spi îi Kan tli ÉM lia p-’9 42 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 j LA LICENCE '* DE PILOTE PRIVÉ flit: l’éfll te| n tPis le su lï! IS Si! noli; Bli liai à ill \ndré Tremblay, pilote professionnel .990.ATS Uni/Corn Inc.: !63 pages, ISBN 2-9801787-0-5 i 54^ $ ^ 1 ^ INCLUSE Y LA LICENCE DE PILOTE PRIVÉ /' !l!£.«r I0 U .U' r;.oT |U: SOIS )e livre couvre l’ensemble des con-laissances théoriques nécessaires iour l’obtention delà licence de pilote irivé.Il s’appuie sur toutes les der-ilères connaissances du milieu.Instrument d’auto-apprentissage, il aborde les questions de droit térien, de communications, de con-laissances générales sur les avions, le météorologie, de navigation, de sécurité aérienne, etc.Il comporte >lus de 200 illustrations et se com-)lète par un test en vue de l’examen îcrit de Transports Canada.ueH 'Wf1 t P EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Télécopieur: (418) 657-2096 Vous pouvez aussi indiquer le nombre d'exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux: Presses de l'Université du Québec, C.P.250, Sillery, (Québec) G1T2R1 tdresse Cl* I iod postal J Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard late d'exp._________ Numéro______________________________ ignature_________________________________________________ TAHHII • D'HOIMO Les entreprises et institutions dont les noms apparaissent ici ont décidé d'investir dans la formation de ta relève.Elles ont accepté de parrainer certains étudiants parmi les plus méritants afin de les aider dans la poursuite de la formation scientifique et technique qu'ils ont entreprise.Ces futurs chercheurs, ingénieurs ou scientifiques tiennent à leur exprimer leurs remerciements.Ont parrainé 60 étudiants MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE LA TECHNOLOGIE Ont parrainé 20 étudiants PRATT ET WHITNEY ASSOCIATION DE LAJEUNESSE RURALE DU QUÉBEC BELL CANADA HYDRO-QUÉBEC INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE PARC TECHNOLOGIQUE DU QUÉBEC MÉTROPOLITAIN QUÉBECTÉLÉPHONE TÉLÉ-UNIVERSITÉ UNIVERSITÉ DU QUÉBEC UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À RIMOUSKI L’avenir du Québec repose sur la science et la technologie.Il faut tout mettre en œuvre pour promouvoir leur développement.Merci ! QUÉBEC SCIENCE TABLEAU • D'HONNEUR NOVEMBRE 1991/QUÉBEC SCIENCE 43 « par Raynald PEPIN e trois fait le mois », « mains froides, cœur chaud ».Les croyances populaires abondent, sages, ironiques ou gentiment fausses.A force de les entendre, on finit par les admettre, sans s’interroger davantage.Que valent certaines de ces croyances touchant au domaine scientifique ?IL FAIT FROID I .PARCE QUE L’AIR EST HUMIDE Plutôt que d’augmenter les pertes de chaleur du corps humain, l’humidité devrait les réduire très légèrement, parce que l’évaporation de la sueur est plus faible dans l’air humide.En pratique, lors d’une expérience sur des volontaires exposés, nus, à une température de 9°C durant deux heures (brrrrr !), des biophysiciens ont observé que la température de la peau restait à peu près la même, que l’humidité soit faible ou élevée.La sensation de froid et le frissonnement des sujets étaient toutefois plus importants quand l’humidité était faible.Une autre expérience, en Ontario, a démontré que notre perception de l’humidité relative de l’air est généralement erronée, quand il fait froid.Nous croyons que l’air est sec s’il fait soleil, même si l’humidité relative (mesurée avec un hygromètre fiable) est très élevée.De façon semblable, l’air nous apparaît humide quand le ciel est couvert.L’étude a montré qu’il n’y a pas de corrélation entre le degré d'humidité réel et la sensation de froid éprouvée par les individus.2, L’ETE DES INDIENS VA BIENTÔT ARRIVER Dernier répit avant l’hiver, l’été des Indiens amènerait le soleil et des températures plus élevées que la moyenne saisonnière.« L’été des Indiens n’est pas un phénomène particulier, dit Jacques Derome, chercheur en météorologie de l’Université McGill.L’atmosphère est un système physique dont les caractéristiques, température, humidité, mouvement, fluctuent fortement : à n’importe quel moment de l’année, la température peut grimper ou baisser de dix ou quinze degrés en 24 heures.La neige fond en janvier ou tombe en juin ! Il se peut ainsi qu’un sys- I LA DIMENSION CACHEE Science ou fiction ?tème de haute pression (lié au beau temps) se stabilise au-dessus de nos régions pour quelques jours, vers la fin d’octobre, mais ça ne se produit pas à toutes les années.» Bref, la notion d’été des Indiens est bien poétique, mais il ne faut pas s’attrister si la fluctuation ne se produit pas.5.FROTTER LE BOUT D’UN CONCOMBRE LE REND MOINS AMER 3, LA TERRE EST PLUS ÉLOIGNÉE DU SOLEIL L’HIVER QUE L’ÉTÉ Il fait plus froid l’hiver, mais ce n’est pas parce que la Terre est plus loin du Soleil.Au contraire, c’est au début de janvier que notre planète passe le plus près du Soleil (le périhélie).A ce moment, la distance entre les deux est inférieure de 2 % à sa valeur moyenne.Le temps froid résulte plutôt de la brièveté du jour et de l’incidence oblique des rayons solaires dans notre hémisphère, ce qui diminue l’intensité du rayonnement reçu à la surface du sol.4 COUPER UN POIL .LE FAIT REPOUSSER PLUS VITE Michel Lassonde, dermatologue montréalais, croit que cette idée résulte probablement de ce que l’on prend l’effet pour la cause.« En fait, il faudrait plutôt dire que plus le poil pousse vite, plus on le coupe ! » Le concombre est-il vraiment amer ?Quoi qu’il en soit, beaucoup de gens en coupent le bout, situé près du pédoncule, qu’ils frottent ensuite sur la chair du concombre laissée à vif.Sur les conseils d’une amie, j’ai suivi cette pratique, il y a quelques années.Mais Katrine A.Stewart, agro nome et spécialiste en physiologie des plantes à l’Université McGill, ne voit pas comment le fait de frotter le bout du concombre peut éliminer les composés indésirables (s’il y en a).Alors, c’est peut-être moi, le concombre ! 6.ARROSER LA PELOUSE QUAND IL FAIT SOLEIL PEUT LA FAIRE BRÛLER Les gouttes d’eau, en jouant le rôle de loupes.; concentrent les rayons du Soleil et brûlent les brindilles et les feuilles.Cette conception est si répandue, que deux préposées aux renseignements horticoles du Jardirj botanique de Montréal me l’ont prestemenij confirmée.Pourtant, au Jardin botanique! on arrose souvent en plein jour ! Pierre Sauriol, du Bureau de renseigne-; ments agricoles du ministère de l’Agricul-; QUEBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 »'!( ifflCOt tilt.l'I tow i'iine a fl «ail.ioloeif ifïfil «iiiJn osaii^ ü pi' ildt» fii’® iJ»!11 ipii'i” ^njii fr.» ture, des Pêches et de rAlimentation du Québec, met en doute l’effet « loupe ».S’il conseille aux maraîchers de ne pas arroser en plein soleil, c’est plutôt pour éviter que le vent et le soleil n’évaporent une grande partie de l’eau avant que celle-ci ne pénètre dans le sol.Pour résoudre la question, j’ai entrepris une série d'expériences complexes avec mon.pistolet à eau.Je me suis aperçu qu'en demeurant sur le feuillage l'eau forme des structures très variées : miniflaques, calottes hémisphériques, gouttelettes presque sphériques, etc.Naturellement, les formes sont plus complexes si la feuille n’est pas à l’horizontale.Quelques calculs approximatifs, basés sur la loi de la réfraction, permettent d'évaluer que, sous une goutte hémisphérique, une certaine portion de la feuille est soumise à une intensité lumineuse supérieure de 50 à 75 % à ce qu’elle serait s’il n'y avait pas d'eau.(En pratique, les gouttes sont généralement moins bombées, et la concentration des rayons est plus faible.) Selon Vincenzo De Luca, bio- chimiste à l’Institut de recherche en biologie végétale de l’Université de Montréal, une telle intensité n’a pas d’effet nocif sur une plante.Le cas le plus dangereux pour la feuille est probablement celui des petites gouttelettes de moins d'un millimètre de diamètre, car elles sont presque sphériques.Les rayons réfractés parcourent proportionnellement une plus grande distance à l’intérieur des gouttelettes, et l'intensité peut probablement être multipliée huit à dix fois en certains points.Par contre, ces petites gouttelettes, à cause de leur grand rapport surface-volume, s’évaporent très vite.J’ai aussi effectué un « essai clinique », en arrosant pendant plusieurs jours consécutifs, en plein midi, un bout de gazon et quelques fleurs, sans noter aucun dommage chez les végétaux ainsi traités.Bref, l’effet loupe des gouttes d’eau fait aussi partie du folklore.Sur six croyances choisies au hasard, il n’y en a pas une qui soit vraie ! La fameuse sagesse populaire n'est finalement peut-être pas si sage que ça.O N C O U R S CONCOURS-CONCOUR LA QUESTION DU MOIS REPONSE À LA QUESTION DU NUMÉRO D'OCTOBRE Q.Pourquoi une girouette pointe-t-elle son nez dans la direction d'où vient le vent ?R.Pour que la girouette tourne avec le vent, elle doit présenter une plus grande surface d’un côté de son pivot que de l’autre.De cette façon, la poussée du vent sur le côté offrant la plus grande surface est supérieure à celle sur la petite surface, et le vent imprime à lagirouette un mouvement de rotation.La girouette tournera tant qu’elle ne sera pas parallèle au vent : àcemoment, elle n’offreaucune prise.Lorsque la girouette est immobile, son plus petit côté (généralement la tête de l’animal - coq, castor, poisson.) pointe en direction du vent.LA POUTRE DANS L’OEIL D’HERGÉ Dans l’album Le secret de la licorne, Tintin veut défoncer un mur à l’aide d’une poutre.Il arrive à peine à décoller du sol une des extrémités de la poutre.Changeant de stratégie, il passe alors une « corde » dans un anneau fixé au plafond, puis attache cette corde au milieu de la poutre.En tirant sur la corde, notre héros réussit à soulever la poutre à la hauteur de sa taille.Qu’est-ce qui cloche dans cette histoire ?La personne gagnante du numéro d’octobre est : Mme Violette Bélanger 279, rue des Diamants Fleurimont (Québec) ,|1 G 4A1 Pour sa réponse à la question « Les instruments à vent », cette personne recevra un exemplaire de l'ouvrage Une passion : la science, de Claire Chabot, gracieuseté des Éditions MultiMondes (une valeur de 19,95$).Les règlements de ce concours sont disponibles à l'adresse de Québec Science.THÉORIE ET PRATIQUE EN ORGANISATION COMMUNAUTAIRE Sous la direction de Laval DOUCET et Louis FAVREAU 1991,486 pages ISBN 2-7605-0666-5 OQ 96 dj _______ Ce livre traite de l'ensemble des pratiques d'organisation communautaire et, de ce fait, s'adresse aux étudiants des différentes disciplines de l'intervention sociale, notamment en travail social, en psychologie, en récréologie et en gérontologie sociale.Il intéresse également les intervenants sociaux travaillant dans les CISC avec des groupes populaires et communautaires, ainsi qu'avec des groupes de femmes et des groupes écologiques.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Télécopieur.(418) 657-2096 Vous pouvez aussi indiquer le nombre d'exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux: Presses de l'Université du Québec, C.P.250, Sillery, (Québec) G1T2R1 Nom Adresse Code postal_____________Tél.( )___________ ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Dated'exp._________ Numéro___________________ Signature____________________________________ NOVEMBBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 45 LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENC UN BON AMI ! ijii ' il*' ABONNEZ-VOUS • Vous recevrez 10 numéros du magazine Québec Science par année • Vous vous constituerez une véritable encyclopédie scientifique qui s'enrichit et s'actualise à chaque numéro DEVENEZ MEMBRE nlfl' pile il«l flicaii mif DE LA FONDATION QUÉBEC SCIENCE Vous recevrez 10 numéros du magazine Québec Science par année Vous supporterez le développement des connaissances scientifiques chez les jeunes et contribuerez à la relève Vous bénéficierez d'avantages financiers exceptionnels sur une foule de produits et services annoncés dans le magazine Québec Science.! ii«i du CHAQUE MOIS QUÉBEC SCIENCE EST.Ms A : ' un ami qui vous renseigne sur l'actualité scientifique nationale et internationale qu'elle soit en provenance du monde anglophone ou du monde francophone, du Nord comme du Sud, qu'elle soit reliée aux sciences physiques comme aux sciences humaines; un ami qui prend soin de vous en vous présentant un regard humain et critique sur les développements scientifiques et technologiques d'intérêt; un ami qui vous enrichit en vous procurant, à vous et aux vôtres, des pratiques fidèles de lecture, en accroissant vos connaissances et en élargissant vos horizons sur la francophonie et sur le monde.QUEBEC SCIENCE Le seul magazine québécois d'actualité scientifique Facile à lire, accessible à toi4 tant par son contenu que par son bas prix.Un instrument d'autoformation pmss; Ki».ÏÏIU OBI p flœ rot.Hftiq |*stri ?ii d’i Kim '¦Hi TARIFS QUÉBEC SCIENCE AU CANADA SEULEMENT MEMBRE DE LA FONDATION Prix avec TPS ABONNÉ RÉGULIER Prix avec TPS 3 ans (30 n“) 139,76 $?72,76 $ ?2 ans (20 rT) 101,43 $ ?52,43 $ ?1 an (10 n“) 56,96 $ ?29,96 $ ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Libellez votre chèque ou mandat postal à l'attention de Québec Science N° de carte ______ Date d'expiration Signature ________ ?Veuillez m'inscrire comme membre de la Fondation Québec Science {Tant MEMBRE seulement) ?Veuillez m’inscrire comme abonné régulier J I\^I I l L NOM 1 1 1 1 1 1 l 1 1 1 1 1 1 1 1 1 SEXE: MD FD i i i i i i i i i PRÉNOM 1 1 1 1 l l l l 1 1 1 1 i 1 1 l 1 J NUMÉRO l l l l l l RUE l l l I l APP.,1,11 PROFESSION i i i i i i i i i VILLE 1 1 1 1 1 1 1 1 l l 1 L l 1 1 1 TÉLÉPHONE 1 1 1 1 , .1 PROVINCE CODE POSTAL Détachez et expédiez à QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-3551 poste 2854 •Télécopieur : (418) 657-2096 *»j m Éesî »îIr [fills 46 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 ¦ IEN VRAC! UN DIAMANT DE POINTE Le diamant naturel possède une structure cristalline presque parfaite, ce qui lui confère une conductivité thermique très supérieure à celle des autres matériaux.Pour tenter de corriger ses rares petits défauts de structure, une équipe de chercheurs américains a mené une expérience sur sa composition isotopique.Résultat : le ÏIJOU TEFIE C.DÜTOC sm m- d ! diamant synthétique obtenu est isotopiquement pur et frise la perfection.Sa conductibilité surpasse de 50 % celle des diamants naturels.Une fois commercialisé, il pourrait notamment entrer dans la fabrication de miroirs pour lasers de puissance.Une découverte.«précieuse ».FIN TRAGIQUE POUR DES CRÉATURES DE CAUCHEMAR Des chercheurs américains ont récemment étudié un bassin circulaire de 180 kilomètres de diamètre, enfoui sous 1 100 mètres de calcaire dans la péninsule du Yucatan, au Mexique.L’analyse d’échantillons de matériaux, notamment de cristaux de quartz striés, et de fossiles confirme qu’il s’agit d’un cratère créé par un impact majeur, qui se serait produit à moins de cinq millions d’années de la période d’extinction des dinosaures.Cette découverte vient renforcer la théorie voulant qu’une comète géante d’environ huit kilomètres de diamètre se soit écrasée sur Terre, il y a 65 millions d’années.Projetés dans l’atmosphère, quelque 1 700 kilomètres cubes de débris pulvérisés auraient bloqué les rayons solaires durant des mois à l’échelle de la planète.La photosynthèse cessant, des espèces entières de plantes et d’animaux, dont les dinosaures, auraient disparu dans le froid et l’obscurité.L’apocalypse avant la lettre.(tiw.1/7(91) DES FORETS EN ANTARCTIQUE Le 25 décembre dernier, des scientifiques australiens ont mis au jour des fossiles de feuilles de hêtre, à quelque 400 kilomètres du pôle Sud.Cette découverte laisse croire qu’il y a environ trois millions d’années la température en Antarctique était de quinze à vingt degrés Celsius plus élevée qu’aujourd’hui.Le paysage devait alors ressembler à celui de l’Alaska, soit un ensemble de vastes forêts et de glaciers.Quant aux fossiles, ils s’apparentent aux feuilles d’arbres poussant en Terre de Feu et dans certaines îles de la Tasmanie.Cela dit, l’Antarctique reverdira-t-il grâce à l’effet de serre ?(Presse canadienne-Reuter.in La Presse, 2/2/91) L’IGUANE COMME FREIN AU DÉBOISEMENT Récemment, une scientifique allemande et ses assistants ont libéré 2 000 iguanes dans une réserve forestière de 285 hectares, au Costa Rica.Les reptiles avaient été préalablement incubés et élevés dans une ferme spécialisée.Le but premier de l’expérience consiste à augmenter de six à dix fois le nombre d’iguanes par hectare de forêt, pour faire de cet animal une nouvelle source de nourriture pour les populations rurales pauvres.L’autre but visé consiste à ralentir les activités de déboisement, objectif qui sera atteint indirectement si l’on protège le milieu de vie de la population d’iguanes ainsi implantée.Un bel exemple d’interdépendance.(Presse canadienne-Associated Press, in La Presse, 5/1/91) LE DILEMME DE LA COLLATION Est-il préférable de glisser une pomme plutôt qu’un paquet de croustilles dans le sac d’école de son enfant ?Du point de vue nutritif, la réponse n’est pas aussi évidente que cela.Des études scientifiques ont démontré que les deux produits ont une valeur à peu près égale en vitamines et en minéraux.En outre, la croustille trouve dans son huile de friture une source de vitamine E que la pomme n’a pas.En revanche, celle-ci contient des fibres, ne produit que 81 calories, contre 105 pour un petit paquet de dix croustilles, et ne contient ni sel, ni gras.Malgré cela, pour être un fruit de.calibre, la pomme doit être réduite en jus, puis enrichie de vitamine C.Pomme ou croustille, rien n’est parfait en ce monde.(!m Presse.4/6/9 ! ) 'i L’ÉCLIPSE SOLAIRE, UN SPECTACLE COURU Le 11 juillet dernier, une éclipse solaire totale de près de sept minutes a plongé la ville de Mexico dans l’obscurité.En tout, ce phénomène céleste a duré 3 heures 25 minutes, alors que l’ombre de la Lune parcourait l’hémisphère Sud de la Terre sur 15 000 kilomètres.Grâce à l’informatique, on sait que 31 éclipses totales ou annulaires se produiront d’ici l’an 2010.Environ 50 millions de personnes auraient assisté au « spectacle » cette année.Que de chemin parcouru depuis les grandes paniques religieuses du Moyen Âge ! {Le Monde, sélection hebdomadaire du 11 au 17 juillet 1991) DES STÉRÉOTYPES PHYSIQUES POUR DES RÉGIONS DISTINCTES Une enquête, menée auprès de 23 000 Canadiens par l’Institut canadien de recherche sur la condition physique et le mode de vie, révèle que les citoyens de l’Est du pays, dont les Québécois, ont tendance à être plus petits et en plus mauvaise condition physique que ceux de l’Ouest.De plus, ces derniers fument moins que les habitants de l’Est et y'n —jfe suivent da- ( vantage de diètes.Enfin, c’est en Ontario qu’on observe la plus forte tendance à l’obésité.Comparés à leurs voisins ontariens, les Québécois sont moins gras, mais ils ont tendance à être de gros fumeurs.Distincts, même dans le plaisir ! (Presse canadienne, in La Presse, 5/8/91) COUPER LES JETS EN QUATRE Une technologie connue, celle de la découpe par jet d’eau extrêmement fin et puissant, est désormais mieux adaptée aux besoins et aux moyens des petites entreprises.« Sans bavures » - si ce n’est son prix, qui est à la mesure de sa puissance : des pressions de 5 000 bars, soit deux à trois fois la vitesse du son -, le couteau à eau fonctionne maintenent à des pressions inférieures de 600 bars (pour le cuir, le carton, le tissu, le nougat) à 2 000 bars (pour les surgelés, le plastique, le bois), suffisantes pour les besoins des petites entreprises, moins fortunées.On a fait du chemin, quand même, depuis le fusil à eau.(« Échos de l’industrie ».Science & Vie, juin 1991] NOVEMBBRE 1991 / QUÉBEC SCIENCE 47 L’ENTREPRISE DE PRESSE ET LE JOURNALISTE Aurélien LECLERC 1991,428 pages ISBN 2-7605-0615-0 LENTREPRISE DE PRESSE JOURNALISTE Al'RELIEN LECLERC avec la collaboration de Jacques Guay ^r/eQu( no 89 Dans nos sociétés contemporaines, l’information est devenue un produit de consommation courante et sa diffusion, une activité économique.C’est ce donttraitel’auteurdans la première partie de l’ouvrage.Par la suite, il explique les techniques de base pour maîtriser progressivement le métier de journaliste: comment trouver ses sources d’information; quels éléments d'information privilégier; comment trouver un titre accrocheur; comment rédiger une nouvelle, un éditorial, etc.En somme, cet ouvrage fournit au lecteur tous les éléments nécessaires pour faire un apprentissage complet du journalisme.INRS LA FORCE DE LA SCIENCE Pour faire face à la compétition internationale et relever plusieurs défis souvent complexes que rencontrent les sociétés modernes, le Québec doit pouvoir compter de plus en plus sur des ressources humaines ayant une solide formation en sciences appliquées.L’INRS participe à la formation de cette main-d'œuvre essentielle.Il offre une expertise diversifiée et apporte une vision multidisciplinaire dans les domaines de l'eau, de l'énergie, des géoressources, de l'océanologie, de la santé et des télécommunications.L’obtention d'un diplôme de maîtrise ou de doctorat à l'INRS vous permettra dedevenir un partenaire dynamique et de vous tailler une place de choix dans ces domaines hautement prioritaires.Les études en sciences appliquées à l'INRS Renseignements : ¦ Maîtrise en sciences expérimentales de la santé (514) 630-8800 ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de l'eau (418) 654-2524 ¦ Maîtrise et doctorat en sciences de l'énergie (514) 468-7700 ¦ Maîtrise et doctorat en télécommuni- 1 cations (514) 765-7844 ¦ Accueil pour études en océanologie et en géoressources (418) 654-2517 ¦ Stages et études postdoctorales (418) 654-2517 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique il tit isai il; 110 151 K' 1 [1515.'frai «ilj »!.: k: IL il.iilil Ih lieu te i * a ll;l iDll B]' ion i’ii m;: llion ¦ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Télécopieur (418) 657-2096.Vous pouvez aussi indiquer le nombre d'exemplaires désiré dans la case placée à côté du prix, et expédier cette annonce avec votre paiement aux: Presses de l'Université du Québec, C.P.250, Sillery, (Québec) G1T2R1 Nom_____________________________________________________ Code postal _ Tél.( )____________________ ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Date d'exp.________Numéro________________________________ Signature________________________________________________ yComment nourrir les oiseaux autour de chez soi |6 IllUI ATTIREZ LES OISEAUX CHEZ VOUS CET HIVER Nourrir les oiseaux en hiver autour de chez soi?Rien de plus simple, si on apprend à le faire de façon appropriée.Deux ou trois soirées de bricolage pour fabriquer une mangeoire, une bonne dose de patience, et le tour est joué! Ce guide pratique, abondamment illustré de photographies en couleur, nous introduit aux us et coutumes de plus d’une cinquantaine d’espèces d’oiseaux susceptibles de venir visiter les postes d’alimentation préparés à leur intention.par Normand DAVID et Gaétan DUQUETTE 1991,72 pages, ISBN 2-920073-48-6 pf! (fill 9,R$ 48 QUÉBEC SCIENCE/NOVEMBRE 1991 s l.\(t i ft a |« j-j mi$ urtest^ iinrî Ma «tel tifeï ItmM R’3! JIM «a névitablement, les sciences qui passent du stade descriptif au stade explicatif et prédictif ont souvent un saut qualitatif à réaliser.Tel fut le cas de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la cosmologie : on ne saurait se contenter d'expliquer l’Univers actuel sans tenter des hypothèses sur son passé et sur son origine.L’évolution humaine Lewin, Roger L’évolution humaine Seuil.Paris 1991,408 pages, 15,95$ ISBN 2-02-012616-8 «a (0* IsiM 1111® nia l jonil itlie :£l«i ;:3- lïE Il en va de même de la biologie.Le saut qualitatif fut ici initié par Darwin, grâce à la théorie de l’évolution.Mais l’unanimité n’est toujours pas faite entre les biologistes sur cette question, particulièrement sur la théorie de la sélection naturelle.Au gradualisme de Darwin, qui tente d'expliquer l’évolution par l’adaptation graduelle des espèces à l’environnement, S.J.Gould, par exemple, oppose le « ponc-tuationisme » : la sélection s’exerce sur des bases génétiques et anatomiques représentant des contraintes évolutives.C’est le mérite de Lewin, lauréat du prix de vulgarisation scientifique Lewis Thomas Award, aux États-Unis en 1989.que de montrer dans ce livre une science, ou une théorie, non pas achevée mais en gestation, donc pleine de controverses.Publié originellement en anglais en 1984, L'évolution humaine est une fresque de l'homme en trente courts chapitres.Elle présente l’histoire de l’homme, depuis l’apparition des premiers hominidés, il y a 18 millions d’années, jusqu’à VH onto sapiens sapiens, il y a 100 000 ans, en tentant de répondre à quatre grandes questions : quand et comment sont apparus la bipédie, la raison, la culture et le langage ?On pourrait répondre que la bipédie est apparue avec VAustralopithecus, il y a 3,5 millions d'années.Lucy, dont le squelette est conservé à 40 %, est le prototype bien connu de cette lignée.On pourrait aussi répondre que la raison se développa avec Homo hahilis, il y a 2 millions d’années, et que la culture apparaît avec Homo sapiens, il y a 300 000 ans.Les réponses de Lewin sont plus nuancées.D’abord, parce que les traces fossiles sont incomplètes, mais aussi parce que les chercheurs eux-mêmes sont divisés sur ces questions.L’homme est-il plus près du chimpanzé que du gorille ?Est-il apparu simultanément en plusieurs endroits du globe ou, localement, en Afrique ?Comment et quand s’est réalisée la migration vers le Nouveau Monde ?Lewin préfère voir l’histoire de l’homme comme une mosaïque.Les caractéristiques actuelles de l’espèce humaine sont apparues progressivement, et aucun prédécesseur ne peut prétendre à l’exclusivité d’un caractère : les premiers hominidés ont des caractéristiques à la fois du grand singe et de l’homme ; Homo hahilis est bipède, mais grimpe aussi aux arbres.Chacun possède certains traits de son prédécesseur et des traits nouveaux en émergence.Chacun est une mosaïque de traits, qui progressivement évoluent sous diverses pressions sélectives.En fait, il n’y a pas de progrès, mais seulement des changements.En effet, l’évolution se construit sur des bases déjà acquises, inévitablement, donc, à partir de formes anciennes et moins complexes.De plus, cette évolution est erratique et imprévisible : l'homme n’a été qu’une possibilité de l’évolution parmi d’autres.Il n’est pas la finalité de l’évolution.Un livre, donc, qui refuse l’anthropocentrisme, qui rejette l’unicausalité et qui remet en question les hypothèses actuelles.Il fallait pour cela une bonne maîtrise de l’actualité scientifique : une bibliographie très à jour en fait foi.Il fallait aussi, pour bien rendre la matière, un traitement accessible : l’abondance des illustrations - peut-être excessive - en témoigne.Un détail, cependant : les considérations épistémologiques et méthodologiques, qui constituent la première moitié du livre (p.9 à 155), auraient pu facilement apparaître en deuxième partie.Un lecteur averti pourra, à sa discrétion, lire l’ouvrage dans l’ordre qu’il préfère.Benoît Godin JOHN BOSLOUGH L’UNIVERS DE STEPHEN HAWKING Boslough, John L’univers de Stephen Hawking Belfond, Paris 1991,204 pages, 24,95 $ ISBN 2-7144-2684-0 L'Univers n’est pas statique.Il est en expansion, et il a donc eu un début.On appelle ce commencement Big Bang.Au moment du Big Bang, l’Univers est censé avoir été infiniment chaud.Au fur et à mesure qu’il s’est dilaté, la température a décru.Des particules se sont formées, puis des atomes, des étoiles, des galaxies.Les étoiles, formées par interaction de gaz sous l’effet de la gravité, en se refroidissant se contractent.C’est alors qu’elles peuvent exploser (c’est le cas des supernovae par exemple) ou devenir des naines blanches, des étoiles à neutrons ou des trous noirs.Le physicien Stephen Hawking croit qu’au cœur des quasars, des pulsars et des systèmes binaires existent des trous noirs qui attirent la matière.Ces trous noirs expliqueraient la vitesse de rotation des galaxies.Telle est l’histoire que Hawking raconte en détail dans son livre Une brève histoire du temps.Ces travaux ayant profondément modifié notre vision de l’Univers, on attend donc énormément d’un ouvrage qui prétend vulgariser la démarche du physicien.C’est le défi que s’est donné John Boslough en écrivant L’univers de Stephen Hawking, que les éditions Belfond viennent de publier.Or, on referme le livre profondément déçu.Certes, les différentes théories suscitées par les trous noirs sont fascinantes, et leur survol permet de situer la contribution de Hawking dans la physique contemporaine.Mais sans plus.Le texte est bâclé, superficiel.Les citations que l’auteur a conservées des entrevues réalisées avec le physicien sont d’une banalité et d’une insipidité navrantes.Le livre n’a pas beaucoup de style et est truffé de commentaires déplacés.Boslough va jusqu’à décrire Hawking comme « la créature la plus développée cérébralement de toute la planète » ou encore comme « l’homme le plus curieux », tout en expliquant l’infirmité qui le handicape.Bref, de la vulgarisation scientifique de bas étage.En somme, la meilleure façon de comprendre le travail de Stephen Hawking, c’est encore de lire son propre ouvrage, publié il y a quelques années : Une brève histoire du temps.Raymond Lemieux et Benoît Godin NOVEMBBRE 1WI/QUÉBEC SCIENCE 49 iDANS LE PROCHAIN NUMERO 1492-1992 : DECOUVERTE DU NOUVEAU-MONDE Norman Leavy - Jean Raveneau Alors qu’on s’apprête à fêter le 500e anniversaire de l’Amérique, Norman Leavy nous rappelle que le sol était habité bien avant que les Occidentaux n’y mettent les pieds.Le Saint-Laurent fut néanmoins la porte d’entrée en Amérique.Que connaît-on de ce grand fleuve ?De son côté, Jean Raveneau nous présente le projet de VAtlas environnemental du Saint-Laurent.SANTE MENTALE Claire Gagnon - Elaine Hémond - Claire Chabot En 1989, le Québec se dotait d’une nouvelle politique de santé mentale.Ce concept englobe désormais tant les désordres mentaux les plus répandus - ceux répertoriés dans le DSM-III {Diagnostic and Statistical Manuel, 3e édition) - que de multiples problèmes sociaux.Le dossier que vous présentera Québec Science le mois prochain fait le point sur certaines recherches, réalisées ici, dans ce vaste champ de la santé mentale : la schizophrénie, par Claire Gagnon ; les émotions, par Elaine Hémond ; la santé mentale chez l’enfant, par Claire Chabot.NOUVELLES PARUTIONS ?ÉLÉMENTS D’ÉCONOMIE POLITIQUE 2e édition masson, Claude 1991,352 PAGES, ISBN 2-7605-0662-2 27 $ Le problème économique de toute société ET LES MOYENS DE LE RÉSOUDRE ?LE SYSTÈME COMPTABLE (ÉTUDE DE CAS EN VÉRIFICATION) 2E ÉDITION CORMIER, DENIS 1991,218 PAGES, ISBN 2-7605-0670-3 25 $ UN LIVRE QUI PORTE SUR LES ÉTAPES DE LA VÉRIFICATION INTÉRIMAIRE.H LES SIX MOIS QUI ONT ÉBRANLÉ ^ LEMONDE SOUS LA DIRECTION D'ALBERT LEGAULT 1991,316 PAGES, ISBN 2-7605-0637-1 ' 30 $ LE POINT SUR LES GRANDS CHANGEMENTS SURVENUS EN EUROPE DE L’EST.H QUÉBEC.UNEVILLEETSAPOPULATION — AU TEMPS DE LA NOUVELLE-FRANCE GAUVREAU, DANIELLE 1991,258 PAGES, ISBN 2-7605-0567-7 30 $ ÉTUDE DÉMOGRAPHIQUE.H INTERNATIONAL DIRECTORY OF ACADEMIC l—1 INSTITUTIONS IN LEISURE, RECREATION AND RELATED FIELDS D'AMOURS.MAX 1991, ISBN 2-7605-0679-7 35 $ RÉPERTOIRE INTERNATIONAL.H SOUVERAINETÉ ET PROTECTIONNISME ^ EN MATIÈRE CULTURELLE SOUS LA DIRECTION DE DAVEATKINSON, IVAN BERNIER ET FLORIAN SAUVAGEAU 1991,448 PAGES, ISBN 2-7605-0656-8 33 $ La circulation des produits TÉLÉVISUELS ET LEUR IMPACT SUR LES CULTURES NATIONALES.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE OU CHEZ L 'ÉDITEUR au (418) 657-3551, poste 2860 Vous pouvez aussi indiquer le nombre d'exemplaires désiré dans la case placée à côté du titre du livre, et expédier cette annonce avec votre paiement aux: Presses de l'Université du Québec, C.P.250, Sillery (Québec) Canada, GIT2R1 Nom ou par télécopieur au (418) 657-2096 Adresse Code postal Pays Tel.( ) ?Chèque ?Mandat postal Signature ?Visa ?MasterCard Date d'exo.Numéro Au Canada ajoutez la TPS (7 %) : ?THÉORIE ET PRATIQUES EN ORGANISATION COMMUNAUTAIRE SOUS LA DIRECTION DE LAVAL DOUCET et Louis FAVREAU 1991,486 PAGES, ISBN 2-7605-0666-5, 28 $ Le développement local, l’action sociale ET LE PLANNING SOCIAL.UN LIVRE QUI S’ADRESSE AUX DIVERS INTERVENANTS DE L’ORGANISATION COMMUNAUTAIRE.rn LE PROBLÈME DE L’HOMME ^ CHEZ JEAN-JACQUES ROUSSEAU NGUYEN, VINH-DE 278 PAGES, ISBN 2-7605-0629-0 25 $ [—] L’ENTREPRISE DE PRESSE ^ ET LE JOURNALISTE LECLERC, AURÉLIEN 1991,428 PAGES, ISBN 2-7605-0615-0 27 $ UN APPRENTISSAGE COMPLET DU JOURNALISME.F] INITIATION AU LANGAGE C SIROIS-DUMAIS, RENÉE 1991, 128 PAGES, ISBN 2-7605-0652-5 1 3 $ H PÉDAGOGIE ET THÉRAPIE.— CONVERGENCE DES CHEMINS Sous la direction de Robert FÉGER 1991,324 PAGES, ISBN 2-7605-0663-0 26 $ Pour un enfant que vous aimez Un abonnement à Je me pefif-débrouille cadeaux Dans chaque numéro ?des expériences scientifiques amusantes à faire à la maison • des reportages illustrés sur l'espace, les inventions, la technologie, le corps humain, l'environnemen1 ?nature, les animaux, etc.• des chroniques auxquelles les enfants peuvent participer ?des jeux • des bandes dessinées • des concours • des fiches cartonnées à collectionner • en tout, 52 pages de découvertes S’abonner, c’est avantageux En s'abonnant à Je me petit-débrouille, l'enfant reçoit ¦ une carte de membre en couleurs du Club des débrouillards ¦ un porte-clés représentant la grenouille Beppo ¦ l'album de bandes dessinées «Les aventures des petits débrouillards» (64 pages), s'il s'abonne pour deux ou trois ans ¦ des rabais important sur plusieurs livres et objets scientifiques ¦ Un rabais sur le prix d'entrée au Jardin Botanique, à l'Insectarium et au Planétarium de Montréal Nous lui ferons aussi parvenir une carte- cadeau mentionnant votre nom.miitd Les débrouillards à la télé Tous les vendredis à 16h30, sur le réseau de Radio-Canada, Grégory Charles et Marie-Soleil Tougas animent la populaire série télévisée «Les débrouillards».Au moyen de reportages, de sketches amusants, de gags, d'expériences, et surtout d'une présentation dynamique et rythmée, «Les débrouillards» offrent aux jeunes téléspectateurs un regard neuf suri les sciences.A ne pas manquer! Ueuillez abonner Tentant suivant à Je me pefif-débrouille : Nom de l'abonné Date de naissance Adresse.Prénom.V_______/- app.ville province code postal téléphone Abonnement offert par Nom Prénom Nouvel abonnement ?Renouvellement ?Mode de paiement : chèque ?carte de crédit : Visa ?Numéro de la carte_________________________ Date d'expiration _ Mastercard ?/______/- Signature.Postez ce coupon et votre chèque à : Télépb âne.tan ?(10numéros)21,40$,Uneéconomiede28%surleprixenkiosque 2 ans ?(20 numéros) 40,66 $, Une économie de 30% sur le prix en kiosque, PLUS l'album «Les aventures des petits débrouillards» en prime 3 ans ?(30 numéros) 58,85 $, Une économie de 35% sur le prix en kiosque, PLUS l'album «Les aventures des petits débrouillards» en prime QS91 Club des petits débrouillards 4545, avenue Pierre-de-Coubertin Case postale 1000, succursale M Montréal, Québec H1V3R2 Téléphone: (514) 252-3027 ALCAN POUR REPONDRE AUX GRANDES QUESTIONS, IL FAUT POSER DE GRANDS GESTES.Il y a 50 ans, nos prédécesseurs étaient fiers de leurs usines.Les Québécois aussi.À l’avenir, certaines répondront de plus en plus difficilement aux attentes environnementales.Dans les prochaines décennies, elles seront démolies ou modernisées.Le processus de reconstruction est enclenché.L’investissement requis: plus de 3 milliards $.Mais au-delà des dollars, il y a une politique.Non seulement corrective mais préventive.De l'utilisation réfléchie des matières premières et de l’énergie jusqu’au recyclage • du produit fini, Alcan s’impose des nonnes environnementales rigoureuses.Cette façon d’agir est le propre d’Alcan.Elle trace la voie d'une évolution sensible.Elle est surtout le signe manifeste de son engagement et du sens de la direction qui l'anime.ALCAN.UNE FORCE SENSIBLE.PUBLICITÉ BLOUIN COULOMBE DUBE
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