Québec science, 1 janvier 1991, Décembre-Janvier 1992
DECEMBRE 1991 Volume 30, numéro 4 JANVIER 1992 «NOUVEAU MONDE ^ P 73333 01 71 9 isse, enregistrement n° 1052.Port Québec.Canada GIT 2R1 Courrier de C.P.250, Si IA SAGA DES DÉCOUVREURS Un monde nouveau à découvrir Le choix est vaste, il couvre toutes les disciplines du génie.Les programmes regroupent 400 cours que dispensent 250 professeurs et chercheurs.Plus de 1 050 étudiants à la maîtrise et au doctorat bénéficient de l’esprit de recherche qui anime les activités de formation particulièrement aux cycles supérieurs.Plus de 1 000 publications témoignent, chaque année, de la contribution des chercheurs de Polytechnique à l’avancement des connaissances.La recherche représente un budget de 12 millions de dollars.Près de 5 millions de dollars proviennent de contrats avec des entreprises.Le Centre de caractérisation microscopique des matériaux (CM2) dispose des appareils d’analyse les plus puissants du Canada, le Centre de calcul vit à l’ère de la superinformatique grâce à son ordinateur IBM 9000.D’autres ressources techniques sont comparables à celles que l’on trouve dans les industries à la fine pointe.Renseignements: Ecole Polytechnique Service des études supérieures Case postale 6079, succursale A Montréal (Québec) Canada mr ^A7 Tél.: (514) 3404605 Và A- ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Être à la fine pointe, c’est entreprendre des recherches que personne d’autre.Par exemple, ce serait de mettre au point un bloc-note où des lettres et des mots tracés à la main pourraient, grâce à un système électronique, être transformés en caractères typographiques.Le professeur Réjean Plamondon tente de réaliser ce projet de traitement des effluents acides des industries alimentaires en se servant du minimum de tourbe possible comme tente de le faire M.Raymond Mayer et ses collègues de BIOPRO.\ A la fine pointe La fine pointe, se serait de mettre sur pied un système Se placer à la fine pointe, ce serait améliorer les performances des fibres optiques au point de transmettre les messages à la vitesse de la lumière.C’est une telle performance que tentent d’atteindre le professeur Romain Madejko et son équipe.H existe des centaines de projets comme ceux-là à l’École Polytechnique.La plupart illustrent les grandes priorités qu’affiche l’Ecole: le développement de l’informatique, des matériaux, des biotechnologies, des sciences de l’environnement et des communications.Être à la fine pointe, c’est participer à un projet de recherche faire partie d’une équipe, c’est entreprendre.Il .des études supérieures en génie à Polytechnique il) f l À la fine pointe: Micro-électronique.Télécommunications.Matériaux.Biomédecine.Plastiques composites.Aérospatiale.Biotechnologie.Superinformatique.Énergie.Robotique.Intelligence artificielle.La recherche et ses sigles CRASP (CM)2 CRTC GACM GRCT GRM CASTOR LAIMO CCARM GRMIAO BIOPRO IREM GERAD CRT CRIM GIPG 3fB: urne 30, numéro 4 SOMMAIRE DÉCEMBRE 1991-JANVIER 1992 ARTICLES 1492-1992 [8 Nouveau Monde La saga des découvreurs Au moment de célébrer le 500e anniversaire de l'arrivée de Colomb en Amérique, on se demande plus que jamais qui a réellement découvert notre continent.Par Norman Leavy Le fleuve en images Plus que de simples cartes géographiques, les planches de cet atlas à la fine pointe de l’infographie constituent un monde de découvertes sur le fleuve et son milieu.Par Jean Raveneau U e SANTÉ MENTALE 38 La filière génétique île !S b | jais £* 'mif s, is.E» ¦é tatii je, Les médicaments sont impuissants devant la souffrance des schizophrènes et des maniaco-dépressifs, mais les gènes détiennent peut-être la clé.Par Claire Gagnon Les visages de l’émotion Après la littérature, c’est à la science de tenter de « mettre le doigt sur le bobo » et de dire ce que sont les émotions, ces mouvements intérieurs aux effets si puissants.Par Claire Chabot P 50 5!f> fi-\ L’enfance en détresse A l époque des familles monoparentales ou reconstituées, la simple relation mère-enfant ne suffit plus à expliquer les troubles de lenfance.Par Elaine Hémond Page 38 Page 18 A T LA S Page 26 t OLV m m.a n r ipanv wy s or Ht M.•../¦' • 7 's CHRONIQUES 9 ACTUALITÉ LE COLLOQUE DE L’IBRO Que le neurone soit ! Vie et mort de neurotransmetteurs La moelle et la marche Langage et mémoire Du côté de chez Weisel Aluminium et plasma : Une fusion écologique prometteuse La réduction des eaux de drainage acides Le cheval avant la roue ?Une station météo à la ferme « En un clin d’œil » 56 LA DIMENSION CACHÉE La trousse de toilette Par Raynald Pepin 7 ENTRE LES LIGNES 59 EN VRAC 61 À LIRE La vie des insectes sociaux L’état des médias 62 DANS LE PROCHAIN NUMÉRO LES UNIVERSITÉS QUÉBÉCOISES AU CŒUR DE LA RÉALITÉ Publi-reportage 16 pages au centre du magazine Page 44 - V - -.¦ QUÉBEC SCIENCE, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Télex: 051-31623 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Quatrième trimestre 1991, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 1991 - QUÉBEC SCIENCE PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 20%de fibres désencrées (post-consommation) DÉCEMBRE 1991-JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 3 LES AVANTAGES LE MAGAZINE QUEBEC SCIENCE OFFRE À SES MEMBRES UNE SÉRIE D'AVANTAGES TOUS PLUS INTÉRESSANTS LES UNS QUE LES AUTRES.EN VOICI UN EXEMPLE ! PO®®® CALCULAT'D-fftjANClERE FINANCIAL II Non-mW*1642'7,15 MïMBffi 29$ CALCULA IMCL SCltNTIflQUL F-802P Non-niemtoeS7,73$ MEMBRE 29 s CALCULATR'Çe SClENTinQUE F-602 Non-men'bte3A,62S MEMBRE 24 S CALCULATRICE électronique TS-84 H Non-membiel6,'3S MEMBRE U $ CALCULATRICE ¦nduantlagefflon .LC-82-T du temps Non-membre 36,93 S MEMBRE 25$ mm mm mm w'-¦ uelque 18000 étudiants choisissent de profiter de la vie à l'Université de Sherbrooke dans un environnement favorable au travail intellectuel et à l'épanouissement personnel.Un encadrement pédagogique exceptionnel et la dimension humaine des relations entre les étudiants et les professeurs font de Sherbrooke une université où l'enseignement conduit à la réussite.Renseignements sur les programmes: (819) 821-7680 1-800-267-UdeS (sans frais) ry UNIVERSITÉ ** DE SHERBROOKE UN PAYS DE CONNAISSANCE La gestion est au programme L'École des Hautes Études Commerciales offre des programmes d'études universitaires de calibre à qui veut se distinguer dans le monde de la gestion.Soyez du nombre.1er cycle Baccalauréat en administration des affaires (B.A.A.) classes du jour 90 crédits Une formation solide de généraliste doublée d une spécialisation au choix de l'étudiant selon ses objectifs de carrière.Baccalauréat en administration des affaires (B.A.A.) classes du soir 90 crédits Même formation complète que le B.A.A.en classes du jour avec, comme caractéristiques, une pédagogie et un horaire qui conviennent à la personne qui travaille.m ml I IP' Certificats 30 crédits Huit programmes courts qui mettent l'accent sur la pratique de gestion.L'obtention de trois certificats donne droit à un baccalauréat (B.Sc.ou B.A.).• Comptabilité I • Gestion des ressources humaines • Comptabilité II • Gestion du marketing • Gestion d'entreprise • Gestion financière • Gestion des opérations et de la production Informatique pour gestionnaire 2e cycle Maîtrise ès sciences de la gestion (M.Sc.) 48 crédits Une formation poussée pour occuper des fonctions d'analyste ou de consultant, dans un domaine de pointe de l'administration.Maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) 60 crédits Une formation générale complète en administration, axée sur la prise de décision et offrant une spécialisation dans un domaine de la gestion.Diplôme en sciences administratives (D.S.A.) 30 crédits Une formation générale en administration des affaires, de courte durée.Diplôme d'études spécialisées (D.E.Sp.) 30 crédits Un programme de courte durée, taillé sur mesure pour former des r>,; gestionnaires dans un secteur spécifique de la gestion.• Diplôme d'études supérieures spécialisées en gestion de projets | d ingénierie et d'aménagement (programme conjoint H.E.C./ Écolei Polytechnique / Faculté d'aménagement de l’Université de Montréal) • Diplôme d'études supérieures spécialisées en gestion-d'organismes culturels.3e cycle Doctorat en administration (Ph.D.) 90 crédits La formation ultime du chercheur, du professeur ou du spécialiste en gestion (programme conjoint H.E.C./ McGill / Concordia / U.Q.A.M.).Pour connaître les conditions d'admission ou pour obtenir un formulaire d’admission à l'un de ces programmes d'études, communiquer avec le [*!if Bureau du registraire École des Hautes Études Commerciales 5255, avenue Decelles, Montréal (Québec) H3T 1V6 (514) 340-6151 6 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 QUÉBEC SCIENCE «I publié par les Presses de l'Université du Québec 2875, boul.Laurier Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854 Rédaction : (418) 657-3551 poste 2426 Télécopieur : (418) 657-2096 ÉDITEUR Jacki Dallaire RÉDACTION Directeur de la rédaction Pierre Sormany Comité de rédaction Jean-Marc Fleury, Benoît Godin, Pierre Sormany, Patrick Beaudin, Carole Caron, Michel Groulx, Félix Maltais, Danielle Ouellet.Gilles Parent, Raynald Pepin Collaborateurs René Caissy, Claire Chabot, Claire Gagnon, Éric Gagnon, Élaine Hémond, Norman Leavy, Yvon Larose, Guy Paquin, Suzanne Philibert.Jean Raveneau Agence Science-Presse (514) 522-1304 Adjointe à la rédaction Patricia Larouche Révision linguistique Robert Paré PRODUCTION Conception graphique Richard Hodgson Recherches iconographiques Ève-Lucie Bourque Photo couverture William Karel / Sygma - Publiphoto Séparation de couleurs Les ateliers haut registre inc.Impression Imprimerie FÉclaireur COMMERCIALISATION Directeur du marketing Gilles Lachance Promotion Marie Prince Publicité Jocelyne Savard Abonnements Nicole Bédard Distribution en kiosques Messageries dynamiques Québec Science reçoit l’aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) et du réseau de l’Université du Québec.The Membre de: Audit CPPA Bureau Québec Science est produit gratuitement sur cassette par TAudiothèque.pour les personnes handicapées de l’imprimé.Tél.: (418) 648-2627 Abonnements Au Canada: 1 an (10 numéros): 29.96 S TPS incluse - Groupe ( 10 ex./ même adresse) : 2 ans (20 numéros) : 26,75 S 52,43 S 3 ans (30 numéros): 72,76 S A l’unité: 3,25 S A l’étranger: 1 an (10 numéros) : 39.00 S 2 ans (20 numéros) : 68,00 S 3 ans (30 numéros) : 95.00 S A l’unité: 4,00$ Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de DAWSON FRANCE.B.P.57 91871 Palaiseau, Cedex, France Pour abonnement ou changement d’adresse : QUÉBEC SCIENCE C.P.250.Sillery G1T2R1 1492-1992 : DÉCOUVERTE ! DÉCOUVERTE ?T’ ous célébrerons en 1992 le 500e anniversaire de la découverte du / %/ Nouveau Monde par Christophe Colomb.Des expositions, des ” conférences, des écrits nous rappelleront ce mariage entre deux cultures, l’Europe et l’Amérique, qui ne font aujourd’ hui plus qu’une.Il en est d’autres qui contesteront la pertinence de célébrer cet événement charnière qui, bien qu'il permette de dater les débuts de changements au niveau social, ne représente pas vraiment une découverte : bien des navigateurs ont devancé Christophe Colomb.C’est la position défendue ce mois-ci par Norman Leavy.Toute cette problématique soulève de façon directe la même question que celle de la découverte scientifique.À partir de quel moment peut-on considérer qu’il y a découverte ?Suffit-il qu’une personne découvre quelque chose, ou faut-il une convention sociale quelconque qui reconnaisse l’exploit et lui donne une légitimité ?Une seule personne peut-elle réclamer la priorité et l’exclusivité de sa découverte, si d’autres ont été indispensables à l’opération ?Dans quelle mesure la découverte est-elle rationnnelle ou seulement le fruit de conjonctures diverses qu on appelle hasard ?À la limite, dans quelle mesure ce qui a été découvert est-il un simple artifice, quelque chose qui, demain, sera infirmé ?Toutes ces questions sont d’une actualité criante, qu il suffise de penser au problème de la fraude scientifique et aux différends judiciaires qui entourent les brevets.Les amateurs de science sont invités à suivre les manifestations de 1992 sous cet angle.Ainsi, pourront-ils peut-être y repérer, avec étonnement, des parallèles évidents entre la société et la science.La rédaction DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUÉBEC SCIENCE 7 ;¦ Une autre équipe • >•*, ¦•-%’ ¦ î-'ré* mm,-:: mW *$?¦ ¦ WF^- ¦ '• Jh*, ?^0m Bien enracinées sur tout le territoire, les universités québécoises forment actuellement ceux et celles qui construiront notre avenir.Elles mettent au service de la société le formidable réservoir de connaissance et de compétence que représentent professeurs, chercheurs, employés, étudiants ; elles questionnent et mettent à l’épreuve les idées reçues, elles explorent de nouvelles avenues pour mieux exploiter les possibilités d’un monde de plus en plus complexe.Les pages qui suivent présentent quelques exemples de ce travail : ils illustrent la fécondité de la collaboration universitaire avec de nombreux partenaires.Les universités sont au cœur de la réalité québécoise.COMFEREMCE DES RECTEURS ET DES PRINCIPAUX DES UNIVERSITÉS DU QUÉBEC Ajk f* i -r t*.: m ' ' ’i & T” " * ^ #l LES UNIVERSITÉS AU CŒUR DE LA RÉALITÉ Des cadres compétents SOCIALE Le rythme de uie dons la société québécoise actuelle impose une adaptation constante au changement.Les universités aident différents groupes sociaux à s'ajuster aux exigences de ce nouveau cadre de vie.En voici quelques exemples.J* W*' La poésie après la prose L’Université de Sherbrooke a été la première à implanter l’université du troisième âge au Québec.Depuis, des milliers d’hommes et de femmes à la retraite donnent une nouvelle dimension à leur existence en découvrant qu’après la prose de leur vie toutes les poésies sont possibles.L’Université McGill a, pour sa part, inauguré l’Institut d’études à la retraite à l’automne 1989 ; tous les membres peuvent être tour à tour professeurs et étudiants puisque les techniques d’apprentissage par les pairs qui y sont utilisées le permettent.La troupe 50/50 La création théâtrale est un plaisir accessible à tous, que l’on soit handicapé ou non.Sous la direction de Bernie Warren, professeur d’art dramatique à l’Université Concordia, et de George Mager, psychothérapeute et professeur à l’Université McGill, la troupe 50/50 en fait la preuve : francophones et anglophones, professionnels et amateurs de tous âges, leurs comédiens, dont la moitié sont handicapés, partagent avant tout la même passion : la scène ! La création théâtrale, un moyen d abolir les préjugés.Au Québec, plus de 8 000 hommes et femmes occupent des postes cadres dans le réseau de la santé et des services sociaux de même qu’à tous les niveaux d'enseignement et de gouvernement.Leurs lieux de travail sont répartis un peu partout à travers le territoire, et leurs activités sont variées ; pour chacun d’entre eux, les défis de notre société sont une réalité quotidienne.Le Centre de développement des cadres supérieurs de l’École nationale d’administration publique est pour eux un carrefour universitaire.Conjointement associés à la planification des activités du Centre, les cadres supérieurs sont ici partenaires à part entière, tant sur le plan de la détermination de leurs besoins que sur celui de la définition des contenus et du choix des approches appropriées.Apprivoiser la langue Il y a une trentaine d’années, le groupe de recherche linguistique du Département de psychologie de l'Université McGill s’associait au docteur Wilder Penfield et à la municipalité de Saint-Lambert pour lancer un projet révolutionnaire : l’enseignement du français langue seconde par immersion.La méthode appliquée est concluante : les enfants acquièrent beaucoup plus rapidement de l’aisance dans la nouvelle langue ; leurs résultats scolaires dans les autres matières se maintiennent, et leur langue maternelle n’est pas affectée.Depuis lors, la méthode de Saint-Lambert a connu des variantes; elle a été appliquée à d’autres langues, notamment à l’hébreu et au mohawk, et toujours avec le même succès, partout à travers le monde. Urgence rurale Le dimanche 10 mai 1990, 1 500 personnes se sont réunies dans la cathédrale de Rimouski et ont manifesté publiquement leur intention d'agir pour résoudre les nombreux problèmes des petites municipalités du Bas-Saint-Laurent.Ce rassemblement avait été organisé par Urgence rurale, une coalition issue d’un colloque du Groupe interdisciplinaire en développement de l'Est du Québec, rattaché à l’Université du Québec à Rimouski.Soutenus par les chercheurs et les étudiants voués à leur cause, les membres du Groupe collaborent avec l’Union des producteurs agricoles et le Conseil régional de développement à l'élaboration d’une stratégie en vue de mettre un terme à la dégradation du milieu et de relancer l’économie.Apprentissage en douceur Les difficultés d’apprentissage touchent plus de 10 % des Québécois : problèmes moteurs de perception, difficultés de coordination et désordres de mémoire séquentiels apparaissent habituellement au moment de l'apprentissage scolaire.Chaque année, le Centre d'apprentissage du Québec, affilié à l’Hôpital de Montréal pour enfants et aux universités McGill, du Québec à Montréal et Concordia, intervient auprès des enfants concernés par ces problèmes et leur permet ainsi de fonctionner en classe comme les autres.En 1990, 350 élèves ont bénéficié d’un programme de rééducation personnalisé, sans parler des milliers d'autres que le Centre a aidés grâce à ses recherches et à ses services directs aux écoles.La première main artificielle munie d'un poucequis opposeaux autres doigts.Du bout des doigts Le problème de la préhension chez ceux qui sont forcés de vivre avec une main artificielle a été résolu grâce à une équipe de chercheurs de l’École Polytechnique associée à l'Institut de réadaptation de Montréal et dirigée par Gilbert Drouin, avec la collaboration d’Yves Lozac’h et de Robert Vinet.À l’aide d’un programme informatique tridimensionnel, ils ont créé la main Palmer : les doigts plient, le pouce bouge.Pour saisir des objets, bien sûr, mais aussi pour écrire.Au secours des jeunes Au Québec, le suicide chez les jeunes de 15 à 24 ans est alarmant : 200 victimes par année.Ont-elles manqué de soutien ?Aurait-on pu prévenir leur suicide ?Le Laboratoire de recherche en écologie humaine et sociale de l’Université du Québec à Montréal s'est posé la question.Les résultats des travaux de Michel Tousignant révèlent qu'une dynamique familiale déficiente était le plus important facteur de déséquilibre chez ces jeunes.Des centres d’aide conçus pour accueillir les jeunes aux prises avec des conflits familiaux et des groupes de formation pour les parents seraient, selon ce chercheur, des mesures préventives appropriées.Pour sa part, Brian Mishara, un autre membre de ce laboratoire, a mis sur pied un centre d’écoute téléphonique, Suicide-Action Montréal, qui fournit une aide immédiate aux personnes suicidaires en état de crise.L’école réinventée Povungnituk et Uvujwik : deux communautés inuit du Nord québécois étroitement associées à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue en vue de façonner une école à leur image.Former des maîtres en milieu inuit, mettre sur pied un cursus scolaire selon des orientations qui refléteront leur culture sociale, comprendre et résoudre le problème de l’abandon “scolaire dans leurs communautés, tels sont les objectifs définis par les Inuit.Leurs représentants sont les maîtres d’œuvre du projet en cours.L’Unité de recherche, de formation et de développement éducationnels en milieu inuit et amérindien de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue y apporte son savoir-faire et les ressources pédagogiques requises.La plus belle aime Quel que soit le pays oû ils se trouvent, les militaires et leur famille, les réservistes et les retraités francophones des Forces canadiennes peuvent suivre des programmes de premier cycle offerts à l’Université du Québec à Hull.Télé-université leur assure cet enseignement à distance et le soutien pédagogique requis de même que les services connexes, depuis l’orientation jusqu’à l’évaluation. msm m —, ; LES UNIVERSITES AU CŒUR DE LA REALITE LA SANTE L’espérance de uie des Québécois est parmi les plus élevées au monde.Le taux de mortalité infan- tile, un des plus bas.Les universités québécoises s’intéressent à la santé du public en recherchant des moyens de prévention et de nouveaux modes de traitement.En voici quelques exemples.Patrimoine génétique et maladie Le patrimoine génétique québécois a été reconstitué, à partir d'archives médicales et foncières et de registres de l’état civil, par les experts de l’Université du Québec à Chicoutimi, de l’Université McGill et de l’Université Laval collaborant au Centre interuniversitaire sur les populations.Leur fichier englobera bientôt tout le Québec et remontera jusqu’au XVIIIe siècle.Quelques sujets de recherche du Centre : À l’université Laval, la thalassémie, une forme d’anémie grave, et la dystrophie myoto- •rNji Le cœur et le dos nique de Steinert, une dégénérescence musculaire ; à l’Université McGill, les mutations génétiques liées à la consanguinité ; à l’Université du Québec à Chicoutimi, la maladie cardiovasculaire, la tension artérielle systolique et l’hypertension.Un projet de recherche pancanadien apportera bientôt de nouveaux éléments à notre connaissance des fondements génétiques de la maladie : les chercheurs des universités de Montréal, Lavai, McGill, du Québec à Chicoutimi et de l’Institut de recherches cliniques de Montréal participent à ce projet.Prévention dès la naissance Depuis plus de 20 ans, tous les enfants nés dans les hôpitaux du Québec et porteurs de gènes anormaux décelés à partir d'analyses de sang et d’urine sont traités sur-le-champ.Une douzaine de maladies génétiques entraînant des déficiences physiques et mentales sont ainsi évitées.C’est le cas de la thyroïdite, dont la méthode de dépistage mise au point par le docteur Jean H.Dusseault, du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), est aujourd’hui répandue dans les pays industrialisés.Les docteurs Claude Laberge, du CHUL, et Charles Scriver, de l'Hôpital de Montréal pour enfants, ont fondé le Réseau de médecine génétique du Les travailleuses en buanderie fournissent un effort cardiaque aussi intense que les mineurs ; toutefois, les normes d’exposition à la chaleur n’en tiennent pas compte.Ce fait a été établi par le Centre d’étude des interactions entre la santé et l’environnement (CINBIOSE) de l'Université du Québec à Montréal.Le tri mécanique du courrier Lait égaiemen 11 objet d'une étude ergonomique menée en collabora tion avec la Société canadienne des postes.Debout et courbées au-dessus de leur caisse enregistreuse, les caissières des supermarchés souffrent fréquemment de maux de dos.Nicole Vézina, ergonome A ce laboratoire, travaille avec des designers en vue de créer à ieur intention un siège qui réglera ce type de problème.I Québec, qui administre ce programme de prévention grâce à la collaboration des généticiens des universités de Montréal, de Sherbrooke, Laval et McGill.Rompre la solitude Sida : le virus, le malade, son entourage À l’Institut Armand-Frappier, des chercheurs tentent de contrôler l’expansion du sida et de résoudre son énigme scientifique : leurs objectifs sont de créer des outils de dépistage rapide et précoce, et d’établir des méthodes de production des composantes Les personnes qui soignent un proche atteint de la maladie d’Alzheimer souffrent d’isolement.Pour alléger le fardeau familial et faciliter le maintien du malade à domicile, Dolores Gold, psychologue au Centre de recherche en développement humain de l’Université Concordia, préconise les moyens suivants : faire appel à une aide extérieure pour donner les soins requis, connaître tous les services communautaires accessibles, se familiariser avec les techniques d’accompagnement et apprendre à soulager le malade du sentiment de désespoir caractéristique de son état.É j Le virus VIH.l'énigme \ dusyndromede I Immuno-déficience acquise.!\ r pour commercialiser cet appareil, assure le finance ment d’un autre projet : un implant qui permettra aux personnes sourdes depuis leur naissance d'entendre la musique.du virus VIH à partir de techniques du génie génétique en vue de produire un vaccin.Ils cherchent également à comprendre la structure moléculaire du virus et les mécanismes de défense des sidéens.Un nouvel éclairage est apporté à cette maladie à partir de l’observation de souris et de bovins atteints par un virus spécifique semblable au VIH.Comment peut-on assurer le respect des droits des personnes atteintes du sida ?Lorsque gouvernements, tribunaux, hôpitaux et sociétés pharmaceutiques sont confrontés à ce genre de question, ils se tournent fréquemment vers Margaret Somerville et son équipe d'experts au Centre de médecine, d'éthique et de droit de l’Université McGill pour obtenir un avis éclairé.À la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal, on a déterminé les besoins des parents dont un enfant est atteint du sida : une information sur la maladie, les moyens d’en préserver les autres membres de la famille, de fermes soutiens tant matériels que moraux et des assurances d’aide pour l’avenir.La fin d’un mythe Le système nerveux peut croître et se régénérer : cette découverte récente ouvre la voie à l'étude des troubles de la dégénérescence du cerveau.À cette fin, une centaine de chercheurs canadiens se sont récemment rassemblés en un réseau dirigé par le docteur Alberto Aquayo de l’Université McGill ; s'y côtoient des neurologues des universités de Montréal, ') McGill, Concordia et Laval.En s’appuyant sur les techniques de la biologie moléculaire et du génie génétique, ils visent la mise au point de substances stimulatrices de la régénération neurale et celle de médicaments favorisant la réadaptation fonctionnelle.Laboratoire des grands brûlés Au Canada, la première transplantation cutanée in vitro a eu lieu en 1986 au Laboratoire des grands brûlés de l’Université Laval sous la direction du docteur François Auger.Ce laboratoire a vu le jour grâce à la Fondation des pompiers du Québec et du Centre des grands brûlés de 'hôpital Saint-Sacrement.La puce à l’oreille Une équipe de psycho-acousticiens, d’ingénieurs en audiologie et de chirurgiens de l’Université de Sherbrooke a consacré dix ans de recherche à la conception d’un appareil révolutionnaire : l’implant cochléaire à huit canaux, que l’on fixe ijû, dans l’oreille interne - près du nerf auditif.Contrôlé par un logiciel qui active une puce électronique reliée à un décodeur de la parole, il restaure à 80 % la capacité auditive du porteur.Cosem Neurostim, entreprise créée Se délecter sans danger Sous la direction du docteur Gilles Lamoureux, les chercheurs de l’Institut Armand-Frappier ont mis au point une trousse diagnostique pour le dépistage des toxines dans les fruits de mer et les poissons.Cette trousse est utilisée dans les laboratoires de contrôle du gouvernement et dans l’industrie.Contraception masculine et cancer Depuis plus de 20 ans, le docteur Fernand Labrie et son équipe du Centre hospitalier de l’Université Laval mènent des études sur l'hormone LHRH, précurseur des hormones sexuelles autant chez l’homme que chez la femme.Résultats de leurs travaux : une nouvelle méthode de contraception masculine ainsi que des traitements pour les cancers du sein et de la prostate dont l’efficacité a été confirmée en 1989 par une vaste étude clinique américaine. LES UNIVERSITES AU CŒUR DE LA REALITE ECOLOGIQUE Le Québec produit choque année 3,5 millions de tonnes de déchets domestiques et 1,3 million de tonnes de déchets dangereux.Les universités participent au grand effort de nettoyage collectif et de préservation de l'environnement.En voici quelques exemples.La collecte des déchets, une opérationqui soulève aujourd’hui des questions écologiques, juridiques, économiques et technologiques.La guerre aux BPC Des 600 millions de kilos de BPC (biphényles polychlorés) utilisés en Amérique du Nord depuis 1929, 90 % n'auraient pas encore été détruits.Encore utilisé, entreposé ou abandonné dans la nature, ce polluant redoutable peut maintenant être détecté, même en quantité infime, par le Centre régional de spectrométrie de masse de l’Université de Montréal.Pour leur part, les chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont mis au point le procédé Pyral, qui permet de détruire les BPC dans les huiles contaminées par simple réaction chimique.Après l’opération, l’huile est propre et réutilisable.La simplicité du procédé permet d’éliminer ainsi les BPC sur les lieux mêmes de leur entreposage.Il sera bientôt possible de décontaminer tous les sites touchés par les BPC : l’eau, le sol et les sédiments.Des résultats prometteurs ont déjà été obtenus dans les laboratoires de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Santé), où l’on utilise des bactéries pour les biodégrader à peu de frais.Des déchets utiles Cinq Québécois sur six habitent la ville ; la gestion des déchets domestiques devient donc une préoccupation majeure.Pour faciliter cette opération à Montréal, les experts de l’Université du Québec à Montréal ont mis au point un système informatique : collecte sélective, compostage, recyclage et incinération y sont traités selon leur effet sur le transport, sur l’espace disponible dans les sites d’enfouissement et sur la pollution.Plus des deux tiers de nos déchets en plastique sont recyclables.Musa R.Kamal et David B.Cooper, du Département de génie chimique de l'Université McGill, expérimentent des techniques en vue de les transformer, à coût raisonnable, en produits chimiques, en carburants et en nouvelles matières plastiques.Éden québécois C’est par milliers que les Québécois se rendent en toute saison au domaine Gault de l’Université McGill, situé sur le mont Saint-Hilaire.Le lac Hertel, six types de forêts peuplées de 178 espèces d’oiseaux, 35 espèces de mammifères et I 7 espèces d’amphibiens et de reptiles font partie des merveilles de cette réserve de la biosphère reconnue par l’UNESCO.: Sur les terrains de l’Université Bishop, le projet Peter Curry a été réalisé : c’est un habitat de nidification pour la sauvagine créé en collaboration avec Canards illimités Canada.L’Inventeur écologiste Produire de l’éthylène pour remplacer le pétrole à partir des déchets végétaux de l’industrie forestière à moindre coût que par les procédés habituels ; convertir l’amiante en chrysozéolite, un catalyseur sûr et non polluant, pour rem- l=- placer les phosphates dans les détergents ou, encore, l’utiliser comme technique d’irrigation puisqu’elle retient l’eau pendant des semaines.Impossible ?Ce sont pourtant des réalisations du professeur Raymond Le Van Mao, scientifique et inventeur à l’Université Concordia. Le fleuve Saint-Laurent : un écosystème fragile Affecté par les marées sur plus de 1 000 kilomètres à l’intérieur des terres et par le gel durant l’hiver, l’estuaire du Saint-Laurent est un des plans d’eau les plus complexes au monde.Le pronostic d'un déversement pétrolier exige une modélisation poussée qui tienne compte d’un grand nombre de facteurs : position, vitesse des courants, chimie des eaux, direction du vent, température.Tel est le système expert créé par l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Océanologie) afin de faciliter, le cas échéant, l'intervention des équipes d’urgence.Le Centre océanographique de Rimouski (Université du Québec à Rimouski et 1NRS-Océanologie) entreprend de son côté la synthèse d’un groupe d'agents chimiques capable de réduire les propriétés d’adhérence du pétrole.L'équipe de jocelyne Pellerin et Émilien Pelletier utilise un écosystème expérimental pour évaluer l'efficacité de ses composés et leur toxicité pour la flore et la faune marines.Climats et forêts Le Centre d’applications et de recherches en télédétection de l'Université de Sherbrooke participe au programme international Géosphère-biosphère : la transformation du globe, qui réunit des scientifiques du monde entier.Les recherches en cours permettront de déterminer les effets des changements climatiques sur la forêt boréale et sur l’économie forestière du Québec.L'étude des graines des épinettes noires à la limite des forêts du Nord peut-elle nous éclairer sur les répercussions qu'aura le réchauffement de la planète sur la biosphère ?Le Centre d'études nordiques de L on estime qu 'ily a 25 000 espèces d’insectesau Québec, dont 10%sontnuisibles.Une meilleure connaissance de leur répartition sur le territoire permet d'en faire des alliés pour la gestion de l’environnement.S » l'Université Laval aborde cette question dans le cadre du programme The International Institute for Applied Analyses.Des sites à restaurer Le tiers de la centaine de sites d’entreposage minier au Québec sont potentiellement générateurs d’acidité dans la nappe phréatique.Leur caractérisation et leur restauration constituent une entreprise fort coûteuse : les travaux du Centre d’études sur les ressources minérales de l’Université du Québec à Chicoutimi visent à optimiser ces opérations.Régénérer les arbres Surexploitées au XIXe siècle, les forêts représentent un capital précieux dont on perçoit aujourd'hui la fragilité.Depuis plus de 25 ans, la forêt Montmorency, située dans la réserve faunique des Laurentides, est sous le micro-scope de la Faculté de foresterie et de géomatique de l’Université Laval.Les renseignements recueillis ont permis d’élaborer un modèle d’aménagement efficace ; la production de matière ligneuse est ici deux fois plus élevée qu’ailleurs dans la réserve.Le Groupe de recherche en écologie forestière de l'Université du Québec à Montréal tente de maximiser la régénération des feuillus, qui comptent aujourd’hui pour moins de 25 % de nos forêts.Les chercheurs entretiennent plusieurs plantations expérimentales dans le sud du Québec.Quant à William Hendershot et ses collègues du campus Macdonald de l’Université McGill, ils ont découvert un moyen d’améliorer la santé des érables à sucre : de petites doses de chaux et de fertilisants contenant du potassium, du calcium et du magnésium.Une plage en cadeau En appliquant ses connaissances de génie hydraulique et de régénération biologique, Pierre Godbout, professeur à l'Institut de génie énergétique de l’École Polytechnique, a redonné aux Montréalais, avec l'appui de la Ville, les plaisirs de la baignade dans le Saint-Laurent.Située à quelques pas d’une station de métro, la plage de TÎle Notre-Dame peut accueillir 5 000 personnes.•4 Des insectes herbicides Dans le cadre du programme de lutte biologique contre les plantes adventices de l’Université McGill, on cherche des moyens écologiques pour venir à bout des mauvaises herbes.Comment ?Par la dispersion dans la nature de vers parasites ou d’insectes friands de cette végétation.À l’Université du Québec à Chicoutimi, au Laboratoire de biosystémique, les chercheurs élaborent une banque de données sur tous les insectes du Québec en vue d’une meilleure gestion de l’environnement.E NOTRE-DAME M : (fTSh m vf-\V -.v m mm* LES UNIVERSITES AU CŒUR DE LA REALITE ECONOMIQUE La forte concurrence économique internationale impose désormais l’excellence comme condition de suruie.Les universités collaborent avec de nombreux partenaires pour maintenir et développer la richesse collective, et hausser le niveau de vie des Québécois.En voici quelques exemples.Vision panoramique Impossible de planifier le développement régional sans y intégrer le tourisme, activité économique majeure et pourtant peu structurée.Les recherches menées au Département d’études urbaines et touristiques de l'Université du Québec à Montréal visent à combler cette carence : cycle de vie des produits touristiques, dimensions sociales, mesures d’accessibilité, dimensions juridiques et stratégies de planification sont l’objet des travaux.L’UQAM offre aussi un baccalauréat en gestion et intervention touristiques, dont l’objectif est de relever la qualité de notre industrie touristique.Routes, ponts, barrages et béton Bon nombre de routes, ponts et barrages hydro-électriques du Québec atteindront un âge critique en l’an 2000.Les experts du Centre de recherche sur la chimie des matériaux de l’Université de Sherbrooke et du Centre de recherche interuniversitaire sur les bétons à haute performance (qui compte, entre autres, les spécialistes des universités McGill et Laval) explorent diverses solutions pour les réparer sans interrompre leur utilisation.Ils sont associés à cette fin aux chercheurs du ministère des Transports du Québec, d’Hydro-Québec et de certaines industries.En créant un superplastifiant que l’on incorpore au béton pour lui donner une résistance herculéenne (un record mondial : 140 mégapascals), Pierre-Claude Aïtcin et Carmel Jolicœur, du Centre de recherche sur la chimie des matériaux de l'Université de Sherbrooke, ont permis à une entreprise de La Prairie, Produits chimiques Handy Itée, d'étendre ses activités au marché mondial.Aller-retour Depuis une dizaine d’années, Jacques Desrosiers et son équipe, du Groupe d’études et de recherche en analyse des décisions (École des Hautes Études Commerciales, École Polytechnique, Université McGill), se penchent sur les problèmes d’optimisation d'itinéraires et d’horaires dans le domaine du transport.Ils ont conçu le logiciel GENCOL facilitant la préparation des horaires d’autobus, l’organisation du transport scolaire et celui des personnes handicapées.Des travaux d’envergure touchant les horaires des personnels d’équipage se poursuivent en collaboration avec de grandes sociétés aériennes.Fenêtre intelligente Conçue par les scientifiques de l’Institut national de la recherche scientifique (1NRS-Énergie), la fenêtre «intelligente» sera recouverte d'une mince couche de polymère (plastique), dont l'opacité augmentera lorsqu’on lui appliquera un faible courant électrique.Ainsi, durant l’été, on conservera la fenêtre sous tension afin de la rendre plus opaque ; en hiver, on lui redonnera sa transparence en interrompant l’alimentation électrique.Cette invention permettra des économies d’énergie considérables et révolutionnera la conception énergétique des immeubles.le,.pi Le cercle vicieux y a plus de 25 ans, Université de Sherbrooke a mis en oeuvre une formule originale : ie régime coopératif, selon lequel la formation universitaire s’accompagne d’un stage rémunéré en milieu de travail. Aujourd'hui, plus de 3 000 étudiants effectuent chaque année des stages dans l’une des 500 entreprises participantes réparties à travers le Québec, le Canada et le Japon.Le cercle vicieux — sans expérience, pas d'emploi et sans emploi, pas d'expérience - est rompu.Quant à elle, l’entreprise s’acquitte d'un rôle social en contribuant à la formation universitaire.À Montréal, l’École de technologie supérieure s’est donné la même orientation avec la collaboration de General Motors et de nombreux autres partenaires.Résultat : 1 700 étudiants profitent de ce régime.Centres de haute technologie Présence et leadership de LUniversité Laval dans son environnement régional sont mis en évidence par le Centre de haute technologie, implanté avec la collaboration des chambres de commerce, du Centre de recherche industrielle du Québec et de l’Institut national de la recherche scientifique.Principales implantations : Institut national d’optique, Institut de recherche sur le magnésium, Bureau de valorisation des applications de la recherche de l'Université Laval et Centre de développement d’entreprises de haute technologie.La Chambly pourrait remplacer les fraises importées par milliers de tonnes chaque année par l'industrie alimentaire.Une fraise pure laine Phénomène intéressant : les sols sablonneux du comté de L’Assomption, traditionnellement consacrés à la culture du tabac, sont également propices à celle des fraises.Inspirée par ce changement de vocation, Deborah Buszard, professeure à la Faculté d’agriculture et des sciences de l'environnement sur le campus Macdonald de l'Université McGill, a croisé deux variétés de fraises bien implantées au Québec pour créer la première fraise typiquement québécoise : la Chambly.À partir du quartier développement économique et communautaire du Grand Plateau ainsi que l’Association communautaire de Montréal.Avec l'aide du gouvernement du Québec, ces deux organismes garantissent aux personnes démunies du quartier l’accès à la formation, aux moyens techniques et aux fonds nécessaires pour la création d'entreprises communautaires.L’expertise sur quatre roues jean-Louis Chaumel, professeur au Département d’économie et de gestion de l’Université du Québec à Rimouski, a réalisé, avec l’aide du gouvernement fédéral, un projet audacieux et novateur : la tournée régionale des PME par un groupe de spécialistes à bord d’une unité mobile munie d’équipement informatisé.En trois ans, l'équipe a participé à une centaine de projets dans les domaines des pêcheries, de la foresterie et du transport.À l'autre extrémité de l’axe Québec-Montréal, l’Institut Armand-Frappier s’est associé à la Ville de Laval pour créer le Parc scientifique de haute technologie de Laval.L'Institut se tourne résolument vers le transfert technologique selon une formule de partenariat avec l’entreprise.Dans le quartier Saint-Louis de Montréal, 30 % des citoyens vivent sous le seuil de la pauvreté et 20 %, dans la pauvreté chronique.Le projet a mobilisé les ressources communautaires des universités McGill, Concordia, du Québec à Montréal et de Montréal afin de créer à leur intention le Centre de Des porcs et des hommes Le tiers des porcs vendus au pays proviennent des élevages du Québec.Toutefois, chaque porc coûte 3 $ en antibiotiques au cours de sa vie ; entre leur naissance et le moment du sevrage, 100 000 porcelets, soit 10 %, meurent à la suite d'une maladie infectieuse ; pendant la période d’engraissement, 80 000 autres subissent le même sort.Les pertes se chiffrent à des dizaines de milliers de dollars chaque année.L’équipe de Guy-Pierre Martineau, à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, étudie les moyens d’enrayer ces maladies.Des alliages Besoins de l’industrie et intérêt scientifique se sont conjugués pour donner naissance à une chaire industrielle consacrée aux problèmes de solidification et de fonderie de l’aluminium.Dès le départ, les partenaires (l'Université du Québec à Chicoutimi et sa Fondation, Alcan et le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada) ont déterminé les axes de recherche : alliages avancés, méthodes de coulée, modélisation des alliages.Objectifs : concevoir de nouveaux outils pour les pièces moulées et créer des conditions favorables à l’éclosion de PME technologiques. LES UNIVERSITÉS AU CŒUR DE LA RÉALITÉ CULTURELLE Les voleurs culturelles du Québec se reflètent dans la richesse de ses modes d’expression, entre autres par la littérature, le théâtre, la musique, la peinture, la danse.Pôles culturels régionaux irremplaçables, les universités contribuent fortement à leur diffusion.En voici quelques exemples.Pleins feux sur les arts Chaque année, des milliers de personnes profitent des activités culturelles offertes sur les campus : expositions, conférences, projections de films, pièces de théâtre et concerts de tous genres.Bon nombre d’établissements ouvrent leurs bibliothèques au public et contribuent au rayonnement de la culture à travers l’édition ; d’autres donnent accès à leurs installations sportives.La salle de concertde l'Université Concordia.Ainsi, le Centre culturel de l’Université de Sherbrooke et le Centennial Theatre de l'Université Bishop sont au cœur de la vie artistique de l’Estrie.Par ailleurs, la nouvelle salle de concert de l’Université Concordia met à l’affiche chaque année une centaine de spectacles montés par des groupes communautaires.Quant à elle, l’Université du Québec à Montréal a donné naissance à l’Agora, un lieu de création et de diffusion exclusivement consacré à la danse, grâce à la collaboration étroite des professionnels du milieu et de la Ville de Montréal.De plus, son département de musique fera partie de la corporation qui administrera la future Salle de concert et de danse de Montréal, située sur le campus.Une nouvelle identité D’ici 1995, le Québec accueillera chaque année 50 000 immigrants.Anne Laperrière, sociologue à l’Université du Québec à Montréal, s’intéresse à l’intégration des enfants et des adolescents en milieu scolaire.Les échanges interethniques qui s’y déroulent amènent une nouvelle définition de l’identité québécoise, plus ouverte et plus tolérante.L’UQAM a par ailleurs mis sur pied le Centre de profrancisation, qui vise à faciliter l’intégration des immigrants scolarisés ; ce service s’ajoute aux programmes déjà offerts en immigration et relations internationales de même qu’en éducation interethnique.Est-il possible de rapprocher les francophones de souche et les communautés culturelles qui ont choisi de vivre surtout en anglais au moment de leur immigration à Montréal ?Le programme d’études canadiennes-françaises de l’Université McGill tente de le faire à travers des échanges entre Juife ashkénazes anglophones et francophones de souche en vue d’atteindre un meilleur consensus social.Le musée imaginé Au Québec, le nombre des musées a doublé au cours des vingt dernières années.L’Université du Québec à Montréal et l’Université de Montréal forment ensemble les administrateurs, conservateurs et chercheurs de l’avenir dans ce domaine : le Centre de design et la Galerie de l’Université du Québec à Montréal, ouverts au public, font partie de leurs espaces d’expérimentation.Une chorale à l’université La Chorale dé l’Université du Québec à Montréal, dirigée par Miklos Takacs, compte 250 chanteurs, dont plus du tiers sont recrutés à l’extérieur de l’Université.Un concert présenté au Carnegie Hall de New York et un autre donné avec le chœur de la Ville de Laval à la cathédrale de Salzbourg lui ont mérité une reconnaissance internationale. Gestion des arts de I ethnologue Robert-Lionel Séguin.Les treize De plus en plus de gestionnaires du domaine des arts se tournent vers l’École des Hautes Études Commerciales pour parfaire leur formation.Elle est reconnue pour son programme d'études supérieures en gestion d'organismes culturels et pour les travaux de la Chaire de gestion des arts, dirigé par François Colbert, qui a récemment organisé une conférence internationale sur le sujet.La poésie dans les rues Chaque automne, toute la ville de Trois-Rivières célèbre la poésie d’ici et d’ailleurs.Créé en 1985, son Festival international de la poésie est en voie de devenir une tradition dans toute la francophonie.Cet événement est l’œuvre de Gaston Bellemare, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui fait appel à ses collègues et aux étudiants universitaires pour le réaliser.Des musiques traditionnelles à l'électro-acoustique Les professeurs de la Faculté de musique de l’Université de Montréal partageaient le même rêve : faire connaître au public les résultats de leurs recherches en création, interprétation et ethnomusicologie.Us ont donc lancé une collection de disques, Ummus, où l’on retrouve toutes les tendances musicales : des œuvres actuelles allant du jazz à l'électro-acoustique ; des musiques traditionnelles comprenant entre autres les jeux vocaux des Inuit, qui font l’objet des recherches du musicologue Jean-Jacques Fondée en 1949 par Jacques Duchesne, alors étudiant en lettres, la troupe de théâtre Les treize, de l’Université Laval, n’a pas cessé depuis d’exprimer son dynamisme.Des Treize sont sortis les premiers administrateurs du Trident ; plusieurs troupes professionnelles y ont puisé leurs racines, et des artistes de premier plan - Gilles Vigneault, Jean Barbeau, Marie Laberge, Nicole Leblanc et Dorothy Berryman, entre autres - y ont fait leur apprentissage.!* Nattiez ; des œuvres classiques interprétées par des artistes québécois.Élément du patrimoine mondial Reconnue comme faisant partie du patrimoine mondial de la culture par l’UNESCO, la ville de Québec a fait appel au Département d’histoire et à l'École d’architecture de l’Université Laval pour sa mise en valeur.Réalisations : aménagement du site du Palais de l’intendant, rédaction de textes de promotion et visites guidées par les étudiants.Voyages à travers le temps L’univers, la Terre, les origines et l’évolution de l'homme, tels sont les thèmes d’exposition Chaque année, des milliers d'écoliers visitent les musées universitaires.au Centre muséographique de l’Université Laval, qui accueille chaque année des milliers de visiteurs.Le Musée d’archéologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, sous la direction de René Ribes, est consacré à la préhistoire du Québec et à la culture amérindienne.Les résultats des fouilles entreprises par ses chercheurs dans les lacs de la Mauricie et de la Haute-Mauricie de même qu’aux alentours de Trois-Rivières y sont exposés.Une autre réalisation de cette université, le Musée des arts et traditions populaires du Québec, met en valeur l'imposante collection -v .¦ J iü- Le Musée McCord de l’Université McGill a fait peau neuve : ethnologie et archéologie archives photographiques Notman, costumes et textiles, arts décoratifs, peintures, estampes et dessins, imprimés, tout y raconte l'histoire du Canada.À guichet fermé Des ateliers littéraires à guichet fermé, voilà ce qu’ont réussi ensemble Gilles Raymond et Danyelle Morin, du village d’Esprit-Saint, avec l’aide de Rénald Bérubé, directeur du Département des lettres de l'Université du Québec à Rimouski.Le projet : le camp Félix.Encouragés par le succès de la première année, ils projettent d’organiser des colloques sur les auteurs de la région et des rencontres internationales d’amateurs de littérature.Danse et arts visuels En intégrant 1a danse à son programme d'enseignement dès sa création, l'Université du Québec à Montréal faisait preuve de leadership.C’est aujourd’hui un lieu de formation et de diffusion de première importance grâce, notamment, au travail de Paul-André Fortier, Jean-Pierre Perreault et Iro Tembeck.Dans le domaine des arts visuels, l’UQAM était aussi destinée à un rayonnement majeur puisqu’elle héritait de l’École des Beaux-Arts de Montréal.Au Département d’arts plastiques, plusieurs professeurs sont des créateurs reconnus : les sculpteurs Yves Trudeau, Georges Dyens et Michel Goulet, les peintres Giuseppe Flore et Robert Wolfe ainsi que Pierre Ayot, fondateur de la galerie Graff, pour n’en nommer que quelques-uns. LES UNIVERSITES AU CŒUR mfâm ÎW %-M y t '.ïf-'}.%\ T' é\>'A K ^i| f'-V»'- 1 >' «¦ - dgy ^ /r -?/ iVî^ •r :'ë*t- V :¦>.•T./ m Wl : y 4- 'Ç>i > ' > c' 'V ^ < Æ'WTs .f;tv m 'r* ¦ •fjV ;«-¦ yyyYj-'y A*St‘4m Xi!; JrT, ?.MiVr*'' Vs-.V ¦ 'V>-T?¦ & r* 'Y - wm® LENNOXV1LLE m: mm SHERBROOKE ' ;¦ f -i I'' , : ', y ; 4», 'J^'Y si W .- ^ • DE LA RÉALITÉ QUÉBÉCOISE ABITIBI-TÉMISCAMINGUE MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN OUTAOUAIS Université du Québec en École des Hautes Études Université du Québec à Hull AbWbl-Témiscamingue Commerciales 170, rue Hôtel-de-Ville 42, rue Monseigneur-Rhéaume 5255, avenue Deœlles C.P.1250, Succursale B C.P.700 Montréal (Québec) H3T 1V9 Hull (Québec) J8X 3X7 Rouyn-Noranda (Québec) J9X 5E4 Téléphone: (514)340-6299 Téléphone : (819) 595-3960 Téléphone: (819)762-0971 Télécopieur : (819) 797-9707 Télécopieur : (514) 340-6314 École de technologie supérieure Télécopieur : (819) 595-3924 4750, rue Henri-Julien QUÉBEC MÉTROPOLITAIN BAS-SAINT-LAURENT - Montréal (Québec) H2T 2C8 GASPÉSIE Téléphone: (514)289-8800 École nationale d’administration Télécopieur : (514) 289-8950 publique Université du Québec à 945, rue Wolfe Rimouski École Polytechnique Sainte-Foy (Québec) GIV 3)9 300, allée des Ursulines 2500, chemin Polytechnique Téléphone: (418)657-2485 Rimouski (Québec) G5L 3A1 Campus de l'Université Télécopieur : (418) 657-2620 Téléphone : (418) 724-1427 de Montréal Télécopieur : (418) 724-1525 C.P.6079, Succursale A Institut national de la recherche Montréal (Québec) H3C 3A7 scientifique (INRS) Téléphone: (514)340-4711 2635, boul.Hochelaga, 6e étage ESTRIE Télécopieur : (514) 340-5836 C.P.7500 Sainte-Foy (Québec) GIV4C7 Université Bishop Université Concordia Téléphone: (418)654-2500 Rue du Collège 1455, boul.De Maisonneuve Ouest Télécopieur : (418) 654-2525 Lennoxville (Québec) JIM 1Z7 Montréal (Québec) H3G 1M8 Téléphone: (819)822-9600 Téléphone: (514)848-4880 Télé-université Télécopieur : (819) 822-9661 Télécopieur : (514) 848-2814 2635, boul.Hochelaga, 7e étage C.P.10700 Université de Sherbrooke Université de Montréal Sainte-Foy (Québec) G1V4V9 2500, boul.de l'Université 3750, rue Jean-Brillant Téléphone: (418)657-2262 Sherbrooke (Québec) JIK 2R1 Bureau 490 Télécopieur : (418) 657-2094 Téléphone: (819)821-7385 C.P.6128, Succursale A Télécopieur : (819) 821 -7900 Montréal (Québec) H3C 3J7 Université du Québec Téléphone: (514)343-6030 (siège social) Télécopieur : (514) 343-5976 2875, boul.Laurier MAURICIE Sainte-Foy (Québec) GIV 2M3 Université du Québec à Montréal Téléphone: (418)657-3551 Université du Québec à 400, rue Sainte-Catherine Est Télécopieur : (418) 657-2132 Trois-Rivières Pavillon Hubert-Aquin 3351, boul.des Forges C.P.8888, Succursale A Université Laval C.P.500 Montréal (Québec) H3C 3P8 Pavillon Félix-Antoine-Savard Trois-Rivières (Québec) G9A 5H7 Téléphone : (514) 987-3447 Cité universitaire Téléphone: (819)376-5110 Télécopieur : (514) 987-3251 Sainte-Foy (Québec) G1K 7P4 Télécopieur : (819) 376-5012 Téléphone : (418) 656-2131 Université McGill 805, rue Sherbrooke Ouest Pavillon Burnside, Bureau 105 Télécopieur : (418) 656-2809 Montréal (Québec) H3A 2K6 Téléphone: (514)398-6555 SAGUENAY - LAC-SAINT-JEAN Télécopieur : (514) 398-7364 Université du Québec à Chicoutimi 555, boul.de l'Université Institut Armand-Frappier Chicoutimi (Québec) G7H 2B1 531, boul.des Prairies Téléphone: (418)545-5011 Laval (Québec) H7N 4Z3 Téléphone: (514)687-5010 Télécopieur : (514) 686-5501 Télécopieur : (418) 545-5012 Cette brochure a été réalisée par le Comité de l'information et des relations publiques de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec avec la contribution des organismes suivants : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Science Hydro-Québec Bell Canada Conception et rédaction : On peut obtenir des Comité de l’information et des exemplaires de cette brochure relations publiques en s’adressant à : Révision : Services d’édition Guy Connolly Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec 300, rue Léo-Pari seau Bureau 1200 C.P.952, Place-du-Parc Montréal (Québec) H2W 2N1 Graphisme : Le Groupe Studio Bi Photographie : Jean-François Bérubé, Michel Brunelle, Bombardier inc.(Canadair), Canards illimités, Gheri Téléphone: (514) 288-8524 Célin, René de Carufèl, Maurice Télécopieur: (514) 288-0554 Descôteaux, Robin Edgar, Graphisme BGH Planning (photo Philippe Albert), Institut Pasteur, Paul Labelle, Louise Leblanc, Jonas Papaurelis, Marc Robitaille, Jean-Guy Thibodeau, Troupe Les treize, Ville de Montréal Impression : Imprimerie Trans-Continentale N° de publication: 91-06 Dépôt légal - 3e trimestre 1991 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISBN 2-920079-07-7 Imprimé au Canada LE SAVOIR EN ACTION mïM ,V;v^> L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue tient en haute considération la mission qui lui a été confiée par le Gouvernement du Québec.C'est pourquoi elle rappelle, au coeur de son plan de développement, cette mission qu'elle axe sur la croissance et le développement des personnes avant tout.Son action au cours des prochaines années sera marquée prioritairement par l'attention qu'elle accordera à la qualité de l'enseignement au premier cycle et au deuxième cycle, par des activités de recherche appliquée et le soutien d'équipes de recherche, par une contribution scientifique particulière dans le domaine minier.Par-dessus tout, elle place ses étudiantes et ses étudiants, ainsi que la qualité professionnelle de son personnel, au coeur de ses préoccupations.L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, c'est le savoir en action.Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue 42, rue Mgr Rhéaume Est, case postale 700, Rouyn-Noranda, Québec J9X 5E4 Téléphone: (819) 762-0971 Télécopieur: (819) 797-4727 DÉCEMBRE 1991 -JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 33 / / DE L'ETUDIANT ENSEMBLE VERS L’EXCELLENCE LES PROGRAMMES if 0 j) D'ETUDES AVANCEES PROGRAMMES DE 3e CYCLE DOCTORATS Doctorat en éducation (collaboration UQAH, UQAM, UQTR, UQAR, UQAT) Doctorat en ressources minérales Doctorat en ingénierie (entente Université de Montréal) Doctorat en théologie (extension Université de Montréal) PROGRAMMES DE 2e CYCLE MAÎTRISES DE RECHERCHE (45 crédits) Maîtrise en arts plastiques (extension UQAM) Maîtrise en éducation concentrations enseignement et administration scolaire Maîtrise en études littéraires (extension UQTR) Maîtrise en études régionales Maîtrise en gestion des petites et moyennes organisations Maîtrise en ingénierie Maîtrise en linguistique (extension Université Laval) Maîtrise en médecine expérimentale (extension Université Laval) Maîtrise en ressources renouvelables Maîtrise en sciences de la Terre Maîtrise en théologie (extension Université de Montréal) MAÎTRISE PROFESSIONNELLE (45 crédits) Maîtrise en gestion de projet (programme réseau UQ) DIPLÔME DE 2e CYCLE (30 crédits) Diplôme de 2e cycle en français langue maternelle "I Université du Québec à Chicoutimi 555, boulevard de l'Université, Chicoutimi (Québec), G7H 2151 Téléphone: (418) 545-5011 X Depuis 1 974, nous formons cies spécialistes en mge \ nierie d'application.Par notre formule d'enseigne X^ ment coopératif et les liens étroits qui nous unissent X0\ au monde industriel, nos bacheliers sont devenue des participants actifs au développement de l'industrie d'ici.Maintenant, suite à l'accréditation de tous nos programmes par le Bureai canadien d'accréditation des programmes d'ingénierie du Consei canadien des ingénieurs, nos bacheliers en ingénierie son directement admissibles c l'Ordre des ingénieur; du Québec.Les ingénieurs de TÊTS.à votre service I jr* m f t ffUf \ \ \ \ N \ K h H * ¦Hü ' -• i l; .1 Wrrrrirrnn J' -Æ K ¦ '•-« T S jT'f / - Université du Québec École de technologie supérieure Él le génie pour l'Industrie I Claire Gagnon Journaliste, lauréate du « prix des novices » 1990 de l’Association canadienne des rédacteurs scientifiques De plus en plus populaire en recherche médicale, la piste génétique permettra-t-elle de découvrir la cause profonde de la schizophrénie ?Il faut l’espérer, car les médicaments seuls ne peuvent pas grand-chose contre le calvaire des personnes atteintes.w est comme une tempête ' dans le cerveau.» Voilà comment une mère illustre la maladie de son fils atteint de schizophrénie.Ce mal dévastateur se classe en tête de liste des maladies mentales les plus dramatiques, suivi de près par la psychose maniaco-dépressive.Ils sont nombreux à vivre l’enfer des psychoses majeures au Canada : plus de 200 000 personnes souffrent de schizophrénie et près de 300 000 autres sont victimes de psychose maniaco-dépressive, soit environ 2 % de la population.Et ces statistiques se répètent chez les autres peuples occidentaux.Le problème, c’est que ces maladies demeurent un mystère pour la science.Personne n’a encore pu mettre le doigt sur leurs véritables causes.Mais un coin du voile pourrait bientôt être levé.Les espoirs sont tournés vers une nouvelle technique d’exploration du cerveau, la psychiatrie génétique.Son objectif : traquer la maladie sur son propre terrain et dépister les gènes prédisposant aux psychoses graves.Une aventure scientifique fascinante, qu’a entreprise une équipe de chercheurs québécois.Si les origines des troubles mentaux demeurent énigmatiques, leurs ravages et leur étendue, du moins, sont très bien cernés.La schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive ont ceci d’affligeant qu’elles attaquent leurs victimes dans la fleur de l’âge - entre 15 et 35 ans - pour les arracher à ce qu’elles étaient.La schizophrénie a frappé Paul alors qu’il était âgé de 18 ans.Le brillant étudiant voué à une carrière scientifique perd graduellement sa capacité de concentration, se referme sur lui-même et abandonne ses études.La maladie ne fait pas qu’une seule victime, mais afflige aussi les proches.« Mon mari et moi avons dû faire le deuil du fils que nous connaissions et nous adapter à une nouvelle personne », confie la mère de Paul.LA TEMPÊTE DANS LE CERVEAU La famille reste impuissante devant les comportements bizarres du malade.Un comportement guidé par un cerveau en rupture, qui emprisonne la personne dans un monde à part.« En crise aiguë, le cours de la pensée est gravement perturbé, et le malade est en proie à des hallucinations et à des délires, c’est-à-dire à une forme de pensée qui ne connaît pas de frontière entre l’imaginaire et la réalité », explique le psychiatre Michel Maziade, directeur scientifique du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard.Les hallucinations, souvent terrifiantes, amènent à voir des images et à entendre des voix menaçantes.Il arrive que les délires soient de type paranoïde.Par exemple, la personne est convaincue que, victime d’un complot international, la GRC I a implanté un ordinateur dans son i cerveau afin de voler ses pensées.Lorsque la tempête de la psychose s’est acharnée à plusieurs reprises, les ravages sont considérables, notamment une grande vulnérabilité au stress, le retrait social, la dépression et l’absence de motivation, d’intérêt et d’énergie.La psychose maniaco-dépressive laisse des lésions moins graves que la 36 QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 -JANVIER 1992 WM V : ^ jSS 4,7 •.V l ¦H DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 37 LES FAMILLES QUÉBÉCOISES, UNE RICHESSE GÉNÉTIQUE schizophrénie, « parce qu’elle attaque moins sévèrement la personnalité », rappelle le Dr Maziade.Mais les symptômes de la maladie sont tout autant source d’une grande souffrance et demeurent très déroutants pour les proches.C’est comme si le cerveau jouait au yo-yo avec l’humeur de la personne.« L’humeur oscille entre une extrême hyperactivité physique et intellectuelle, la phase de manie, et une phase de dépression.» Par exemple, l’état euphorique pourra occasionner des idées de grandeur chez la personne, l’amener à se prendre pour un milliardaire et à conclure des achats excessifs.À l’opposé, la période de dépression enferme le malade dans une grande détresse émotionnelle.Psychose maniaco-dépressive ou schizophrénie, il n’est pas rare que les victimes mettent fin au cycle infernal de leur maladie.par le suicide.L’HÉRÉDITÉ COMPLICE DU DRAME À la lumière des connaissances actuelles, force est d’admettre que les maladies mentales sont incurables.Dans l’ignorance des causes, les traitements ne visent qu’à camoufler les symptômes (voir l’encadré « La ronde des médicaments »).« Et si le cerveau a si bien gardé ses secrets et que nous en savons si peu sur les maladies mentales, ce n’est pas parce que nous n’avons pas trouvé, c’est plutôt parce que nous n’avons pas cherché », s’empresse d’expliquer le Dr Maziade.En effet, la recherche sur la santé mentale enregistre un retard immense comparativement aux autres champs médicaux.« Nous en sommes au même stade que la recherche sur le cancer il y a quinze ans.Pourtant, les psychoses majeures affectent deux personnes sur cent, comparativement à la fibrose kystique, par exemple, dont le gène vient d’être isolé et qui atteint trois personnes sur 10 000.Cette disproportion provient de ce que la maladie mentale est méconnue et entourée de préjugés », déplore le chercheur.Le Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard, de Québec, veut rattraper le retard et a entrepris, il y a un an, un vaste programme de recherche Sur le grand échiquier de la recherche internationale, les scientifiques québécois occupent une position privilégiée, dans leur quête des gènes prédisposant aux maladies mentales.Pourquoi cette longueur d’avance ?« En raison de la qualité génétique exceptionnelle des grandes familles québécoises », précise l’épidémiologiste et généticien Marc De Braekeleer, chargé du volet généalogique du programme de recherche en génétique de la schizophrénie et de la psychose maniaco-dépressive.« Près de 150 familles provenant de l’est du Québec ont été identifiées (de la Beauce et du Saguenay, aux Iles-de-la-Madeleine et au nord du Nouveau-Brunswick, en passant par le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie).Une trentaine de ces familles, représentant près de 1 000 personnes, ont généreusement accepté de participer au programme.Plusieurs de ces familles, qui possèdent jusqu’à 350 membres apparentés, ont été fortement éprouvées par la maladie sur des générations successives.Certaines d’entre elles comptent parfois jusqu’à six frères et sœurs atteints, sur une fratrie de 18 enfants ! », note le Dr Michel Maziade.En comparaison, les chercheurs de l’État du Maryland, eux aussi sur la piste des gènes de susceptibilité des maladies mentales, n’ont pu répertorier que 36 familles dont plus de deux membres sont atteints de troubles psychiatriques.Ce n’est pas que la prévalence de la maladie soit plus élévée au Québec, mais bien parce que la taille des familles québécoises est plus imposante que celle des familles américaines.Le Dr De Breakeleer donne une bonne explication à cela : « La population canadienne-française s’est développée très rapidement, en termes de natalité, passant de quelques milliers d’individus à plus de six millions en l’espace de 350 ans.Il y a à peine 50 ans, les couples fondaient une famille de dix enfants en moyenne.En plus de la stabilité et de l’homogénéité des familles québécoises, cette forte natalité confère à la population québécoise une qualité génétique unique, reconnue sur la scène scientifique internationale.» C’est que la grande dimension des familles représente une exigence fondamentale de la recherche génétique.« Plus la taille des familles est importante, plus l’analyse de liaison génétique est fiable », note le Dr Vincent Raymond.A cet égard, les chercheurs québécois sont intervenus juste à temps pour immortaliser les lignées cellulaires, car en fan 2000, ces grandes familles seront chose du passé ! •- s fa : .-jî :s .sie .ife M 61 Cî Lil Ml en génétique de la schizophrénie et de la psychose maniaco-dépressive.La stratégie du groupe de recherche : s’attaquer directement aux racines génétiques du fléau.Car si les vrais coupables de la maladie demeurent inconnus, ces derniers ont tout de même laissé des indices compromettants.Des indices qui démontrent clairement que, dans une forte proportion des cas, l’hérédité joue un rôle de premier plan dans l’apparition des psychoses majeures.Premier élément de preuve : le risque de développer la schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive est d'environ 2 % dans la population en général.Mais ce risque est en moyenne cinq fois plus élevé si un membre de la famille est atteint.Seconde preuve, et elle est des plus convaincantes : si un jumeau monozygote, qu’on appelle aussi identique, souffre de la maladie, son frère ou sa sœur, avec qui il partage le même matériel génétique, court environ 50 % de risques d’être atteint du même mal.Cette probabilité n’est plus que de 10 % à 20 % lorsque les jumeaux sont dizygotes, c’est-à-dire qu’ils ne partagent plus que la moitié environ du bagage héréditaire.Ces études ont mis fin définitivement aux théories psychanalytiques qui connurent leur apogée dans les années 60, à savoir que le climat familial, notamment la relation mère-enfant, serait le principal responsable de la schizophrénie.Théorie pour le moins culpabilisante pour les parents ! Une question vient tout de suite à l’esprit, lorsqu’on analyse ces dernières constatations.Si les jumeaux identiques possèdent le même bagage génétique, comment se fait-il que, dans environ un cas sur deux, son « vis-à-vis » ne développe pas la maladie ?C’est là qu’apparaît toute la complexité des troubles mentaux.Le Dr Maziade explique : « Les psychoses majeures héréditaires sont des maladies dites n.38 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 « complexes et à pénétrance variable ».L’altération génétique ne condamne pas forcément à la maladie.“.Des facteurs environnementaux, qui linteragissent avec les facteurs génétiques, sont nécessaires à son déclen-¦ chement.Il est donc plus exact de parler de gène de susceptibilité.» Cela explique pourquoi il arrive que la maladie saute une génération.Autre point obscur des maladies mentales : les chercheurs n’ont pas encore démêlé cet écheveau inextricable de facteurs déclencheurs, souligne le Dr Maziade.« Est-ce un facteur périnatal (des dommages au cerveau lors d’une naissance difficile, par exemple), une (composante infectieuse ou biologique (un virus), ou s’agit-il d’une vulnéra-libilité psychologique ou de facteurs de rstress socio-environnementaux ?» La question reste entière.UNE AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN ¦ La découverte de l’anomalie génétique ( permettra d’élucider cette question, et : c’est ce qu’a entrepris de faire l’équipe du Laboratoire de neurogénétique Le Dr Michel Maziade, directeur scientifique du Centre de recherche j[(j Université Laval Robert-Giffard, analyse une lignée génétique.moléculaire du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard.Son premier objectif : dépister les familles québécoises les plus fortement éprouvées par la schizophrénie ou la psychose maniaco-dépressive (voir l’encadré « Les familles québécoises, une richesse génétique unique »).Second objectif : effectuer une ponction veineuse chez tous les membres d’une même famille, afin d’extraire l’ADN des globules blancs (toutes les cellules du corps humain renferment le même code génétique, exprimé par l’ADN).Comme la recherche peut s’étendre sur plusieurs années et que les familles comptent de nombreuses personnes âgées, on prend soin de perpétuer les lignées cellulaires, afin d’obtenir une source inépuisable d’ADN.Il suffit d’infecter les globules blancs du virus Epstein-Barr (souche du virus atténué de la mononucléose), lesquels acquièrent alors la propriété de se multiplier à volonté.Le but du périple : remonter la filière génétique et cerner le gène déficient parmi les 100 000 qui commandent le développement humain, un défi scientifique et technologique de longue haleine.Le territoire à explorer est immense.« C’est comme chercher une faute d’orthographe dans 23 livres aussi volumineux que le Nouveau Testament ! », propose le biologiste 'h DECEMBRE 1991 -JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 39 moléculaire Vincent Raymond, directeur du Laboratoire de neurogénétique moléculaire.Un vrai travail de bénédictin.Évidemment, on ne passera pas en revue chacune des « pages » de l’ADN.Les chercheurs adopteront plutôt une stratégie sélective : d’abord, détecter le « livre » qui contient l’erreur.À l’échelle moléculaire, il s’agit d’identifier laquelle des 23 paires de chromosomes, où s’échelonnent les gènes, renferme l’anomalie.PLUSIEURS GÈNES SUSPECTS EN LICE L’équipe du Dr Vincent Raymond est déjà sur une piste.« Nous avons découvert une translocation chromosomique chez deux personnes d’une même famille souffrant de schizophrénie.Un bras du chromosome 2 se retrouve sur le chromosome 18, et vice versa.» Cette anomalie serait-elle liée à la présence du gène déficient ?Pour vérifier cette hypothèse, le chercheur a étendu son analyse à tous les membres de la famille.Surprise : deux personnes saines montrent la même translocation, et deux autres, atteintes de la maladie, affichent un caryotype (arrangement des chromosomes dans une cellule) normal.Que penser ?« Malgré les apparences, nous n’avons pas éliminé cette hypothèse.Il faudra étendre nos recherches à d’autres familles, avant de tirer des conclusions trop hâtives.» C’est que les scientifiques doivent redoubler de prudence en raison d’un phénomène dit d’hétérogénéité génétique propre aux maladies à transmission complexe.Le Dr Raymond explique : « Il n’y a pas qu’un seul gène de susceptibilité qui soit en cause, mais plusieurs.La schizophrénie et la psychose maniaco-dépressive résultent d’au moins deux gènes déclencheurs et de moins de dix.Au-delà, les études statistiques indiquent que le mélange génétique aurait tout simplement fait disparaître la maladie.» Un gène spécifique détermine une forme différente de la maladie, comme il y a plusieurs types de cancer (par exemple, la schizophrénie de type paranoïde ou les troubles schizo-affectifs).Il y a donc plusieurs gènes responsables et, conséquemment, plusieurs ¦;/3 fib tell Dynamique et reconnue enseignement et recherche de pointe en génie, en médecine, en sciences, en sciences naturelles et en sciences de la santé programmes de bourses d’études partenaire recherché par les gouvernements, l’industrie et la haute technologie au coeur d’une région culturelle, politique, scientifique ettechnologique Renseignements: Service de l’admission, Université d’Ottawa 550, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) KIN 6N5 Tél.: (613) 564-3928 ï» NI li mli Lisi Sla K pi fcp, p;i l«! fee Ap: fêb-w-m L’environnemént du savoir Premier cycle et études supériéures de 2e et 3e cycles sont offerts en : Génie Sciences / Sciences de l’agriculture et de renvironnement &WÊ0ÊÉ _ — 20 4 :iit :s chromosomes candidats en lice.mais peu d’élus.En effet, seuls quelques chromosomes susceptibles d’abriter une mutation génétique ont déjà été identifiés par les chercheurs étrangers.Premier suspect dans l’affaire de la schizophrénie, le chromosome 5, qui présente, chez certaines personnes atteintes de la maladie, une anomalie au niveau du bras long.Quant à la psychose maniaco-dépressive, ce sont les chromosomes 11 et X qui sont mis sur la sellette.L’équipe du Dr Raymond est à vérifier si on les accuse à tort.Le problème, c’est que si l’enquête des chercheurs québécois-se révèle vaine (ce qui est arrivé à d’autres équipes), cela n’indique pas pour autant que ces chromosomes ne soient pas coupables.Si les résultats sont différents, c’est à cause du principe d’hétérogénéité génétique.Ce qui complique les choses.Une personne souffrant de la maladie ne portera pas nécessairement le même gène déclencheur qu’une autre atteinte du même mal, mais d’un sous-groupe différent.Après l’identification du livre contenant l’erreur d’orthographe (le chromosome), reste à trouver le chapitre (la région chromosomique proche du gène).Mais comment localiser une mutation génétique lorsqu’on ignore totalement le signalement du coupable ?Il faut d’abord savoir que les gènes occupent des emplacements précis, les loci, sur les chromosomes.UN FILON PROMETTEUR Les chromosomes et les gènes sont constitués d’une longue molécule, l’ADN, matière première du génome humain.Cette structure en double hélice contient les unités élémentaires de l'information héréditaire, les nucléotides, qui sont en fait les lettres avec lesquelles est écrit tout le code génétique.Le génome humain contient environ trois milliards de ces lettres.Pour y détecter le locus où loge le gène déficient (qui peut contenir de 1 000 à un million de nucléotides, selon sa taille), les chercheurs n’y vont pas à l’aveuglette, mais ont recours à des « espions », les marqueurs génétiques.« Ces bornes sont tout simplement des fragments d’ADN, d’une séquence de six à huit Le Dr Vincent Raymond, biologiste moléculaire, est directeur du laboratoire neurogénétique du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard.LA RONDE DES MÉDICAMENTS La découverte des gènes prédisposant aux psychoses majeures permettra de mettre au point des traitements pharmacologiques ayant non seulement une action symptomatique mais aussi curative.Car pour l’instant les malades n’ont d’autre choix que d’absorber des médicaments palliatifs pour combattre les symptômes de leur mal.Des médicaments qui ont une portée thérapeutique certaine, tient à souligner le psychiatre Christian Shriqui, clinicien-chercheur du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard.« Les progrès pharmacologiques considérables réalisés au cours des dernières décennies ont aidé des centaines de milliers de personnes à travers le monde à conserver un niveau de fonctionnement social et occupationnel adéquat et même normal dans certains cas.Il n’est pas rare que la pharmacothérapie contribue directement à une rémission complète de la maladie.» Mais les mécanismes d’action de ces médicaments demeurent obscurs.« Bien que la majorité des personnes souffrant de psychose maniaco-dépressive répondent bien au lithium, qui est un régulateur de l’humeur, on ignore toujours son fonctionnement biologique », admet le Dr Philippe Barutch, du département de psychiatrie de l'Hôpital de l’Enfant-Jésus.Les effets secondaires potentiels, eux, sont bien connus : dérèglement de la thyroïde, troubles des reins, tremblements, malformation du fœtus, etc.En ce qui concerne les neuroleptiques, utilisés pour maîtriser les comportements psychotiques de la schizophrénie, les mécanismes d’action sont un peu mieux cernés.« La plupart des neuroleptiques bloquent l’action d’un neurotransmetteur, en particulier la dopamine, qui joue un rôle important dans l’apparition des hallucinations et des délires.D'où l’hypothèse que la maladie est reliée à un excès de dopamine dans le cerveau », explique le Dr Shriqui.Mais environ 10 à 20 % des patients sont réfractaires à ces médicaments, et des effets secondaires surviennent chez certains d’entre eux, dont la dyskinésie tardive (mouvements involontaires répétitifs), syndrome potentiellement irréversible et d’une prévalence importante (15 à 20 % des patients).Le Dr Shriqui poursuit des recherches sur plusieurs nouveaux neuroleptiques dont la clozapine, un antipsychotique qui agit non seulement sur les symptômes positifs de la schizophrénie (hallucinations, délires), mais aussi sur les symptômes négatifs, ceux qui apparaissent souvent après la phase aiguë de la maladie (dépression, absence de motivation, d’intérêt et d’énergie).Sauf que la clozapine, comparée avec les neuroleptiques standard, augmente de 10 à 20 fois le risque d'agranulocytose (diminution du nombre des globules blancs, ce qui favorise l’apparition d’affections graves pouvant être mortelles).C’est pourquoi ce médicament est utilisé avec une très grande prudence, et seulement chez les bénéficiaires qui ne répondent pas aux traitements standards.« Dans l’attente de la découverte éventuelle des causes génétiques, les recherches psychopharmacologiques se poursuivent à l’échelle mondiale afin de soulager la souffrance des malades », souligne le Dr Shriqui.Christian Desjardins nucléotides, disposés à tous les 5 à 10 millions de nucléotides en moyenne.Actuellement, 3 000 marqueurs délimitent la carte du génome humain », indique le Dr Raymond.Mais la longueur des fragments d’ADN varie très légèrement d’une personne à l’autre, puisque la distribution du code génétique est spécifique à chacun (c’est le polymorphisme).Selon le Dr Raymond, ces particularités sont très informatives.« Elles permettent de suivre le mode de transmission des marqueurs, de génération en génération.Si un fragment est commun à la grand-mère, à son fils et à sa petite-fille, tous atteints de la maladie, on peut penser que cette portion d’ADN aura co-migré avec le gène déficient.C’est ce qu’on appelle l’analyse de liaison génétique par étude de polymorphismes.» Une fois la région chromosomique identifiée, il ne reste plus qu’à détecter le gène déficient et à « lire » l’erreur de copie génétique (une altération du nombre de nucléotides ou un échange entre deux bases azotées, par exemple).Il suffit de déchiffrer la séquence, l’ordre d’enchaînement des nucléotides, du gène suspect et de la comparer avec les gènes d’une personne en santé.Mais cette perspective est encore loin, reconnaît le chercheur.« Si nous ne découvrons rien de douteux sur les régions chromosomiques soupçonnées et sur les gènes candidats (les gènes qui sont exprimés spécifiquement au cerveau), nous devrons, en dernier recours, couvrir systématiquement tout le génome humain.» Lorsqu’on connaîtra l’origine profonde du mal, il sera possible de prévenir l'éclosion de la maladie (par des tests de dépistage à la pouponnière), d’effectuer d’une façon plus fiable le difficile diagnostic des maladies mentales et de développer des traitements curatifs (en corrigeant, à l’aide d’une molécule ou d’une hormone par exemple, l’expression du gène de susceptibilité).« Nous ignorons quand nous arriverons au bout de notre course.Dans cinq, dix, quinze ans ?Une chose est certaine, confirme le Dr Maziade, la psychiatrie génétique représente un filon prometteur, un véritable espoir d’enrayer la maladie.» ?Les entreprises et institutions dont les noms apparaissent ici ont décidé d'investir dans la formation de la relève.Elles ont accepte de parrainer certains etudiants parmi les plus méritants afin de les aider dans la poursuite de la formation scientifique et technique qu'ils ont entreprise.Ces futurs chercheurs, ingénieurs ou scientifiques tiennent à leur exprimer leurs remerciements Ont parrainé 60 étudiants MINISTERE DE L EDUCATION MINISTERE DE L'INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE LA TECHNOLOGIE PARRAINE ZU ETUDIANTS PRATT ET WHITNEY QUEBEC TELEPHONE UNIVERSITE DU QUEBEC A RIM0USKI L’avenir du Québec repose sur la science et la technologie Il faut tout mettre en œuvre pour promouvoir leur développement.Merci1 QUEBEC SCIENCE TABLEAU • D H 0 N N E U 42 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - J AN VIER 1992 pour améliorer la qualité de rie Relevant du ministre de la Santé et des Services sociaux, le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) a la fonction de promouvoir et d'aider financièrement la recherche et la formation de chercheurs dans le domaine de la santé.Pour être informé régulièrement sur les recherches soutenues par notre organisme, sur les femmes et les hommes qui les réalisent et sur les structures à l'intérieur desquelles oeuvrent ces scientifiques, abonnez-vous gratuitement à la publication trimestrielle INFO-FRSQ.Prière d'écrire ou de téléphoner au Service des communications.FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC 550, rue Sherbrooke ouest Bureau 1950 Montréal, Québec H3A 1B9 (514) 873-2114 Élaine Hémond Journaliste Les émotions sont-elles des moteurs ou des conséquences du comportement ?Plus que jamais, la recherche se penche sur les diverses composantes (psychologiques, physiologiques.) de ces « mouvements » aux effets si puissants.ouge de colère, blanc de peur, vert de jalousie sont des descriptions bien concrètes, tout comme : muet d’admiration, tremblant de rage, fou de joie, malade d’angoisse ou bavant d’envie.Nous avons également tous eu le souffle coupé, la chair de poule, les poils hérissés et la digestion perturbée par l’émotion.Nous fuyons les problèmes, tentons de faire durer le plaisir et essuyons discrètement une larme en écoutant certaines chansons.Nous nous sentons attirés par telle personne et rebutés par telle autre.Nous dissimulons souvent nos émotions, mais n’hésitons pas à en feindre parfois.Conseillés par les spécialistes en communications, nos leaders politiques cherchent à toucher la corde sensible susceptible de gagner nos votes, les brasseurs jouent avec maestria de l’association plaisir-cervoise pour assurer leur chiffre d’affaires.Même les médecins, traditionnellement peu enclins à composer avec les émotions, ont utilisé le concept à pleines pages pour défendre leurs positions face à la réforme du système de santé, le printemps dernier.Les émotions ?Elles trament littéralement nos vies, et notre expérience quotidienne nous porte à croire que nous en perçons tous les mystères.Mais détrompons-nous.JE T’AIME.MOI NON PLUS.« Bien que l’émotion apparaisse comme un élément fondamental à considérer pour toute analyse voulant définir ce que serait la nature humaine, nous en savons encore relativement peu de choses », admet le professeur Gilles Kirouac, de l’École de psychologie de l’Université Laval.Faisant partie de ces quelques dizaines de chercheurs québécois qui se penchent sur la psychologie de l’émotion, M.Kirouac précise que, si dans la pratique nous savons déceler l’émotion, identifier sa coloration subjective, la communiquer et même l’utiliser pour atteindre nos fins, plusieurs questions de fond restent en suspens.Entre autres : Comment se déclenche l’émotion ?Comment la mesurer ?Quels sont exactement les mécanismes biologiques qui interagissent, et comment se fait cette interaction ?Les réponses physiologiques sont-elles des déterminants, des concomitants ou des conséquences de l’émotion ?Quels sont les liens entre la cognition et les émotions ?En fait, peut-on espérer comprendre un jour le système émotionnel de façon à le mieux maîtriser, à le mettre au service de notre bien-être individuel et, pourquoi pas, de l’avancement social ?« Oui, estime Pierre Gosselin, chercheur en psychologie de l’émotion et professeur associé au département de psychologie à l’Université du Québec à Montréal.Mais pas demain.A long terme, on peut espérer que les stratégies des chercheurs fondamentalistes et des cliniciens se rejoignent.En effet, les chercheurs, utilisant la méthode expérimentale, travaillent par le bas, en ce sens qu’ils étudient les phénomènes émotionnels les plus simples (par exemple, les émotions pures : joie, peur, surprise).Quant aux cliniciens, ils travaillent par le haut, en s’intéressant à des phénomènes émotionnels 44 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 DECEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUEBEC SCIENCE 45 46 plus complexes et plus proches de la réalité (les relations entre la personnalité et l’expression des émotions, entre ces dernières et certaines maladies physiques).» Si nous sommes encore loin de la transparence du concept de l’émotion, la psychologie des émotions a toutefois énormément progressé, depuis 1975.À peine quelques dizaines dans le monde il y a vingt ans, les chercheurs sont aujourd’hui des centaines, pour ne pas dire des milliers, à se pencher sur les différentes facettes de l’émotion en tant que phénomène subjectif, mais également sur ses liens avec la santé, l’éducation, la communication, le pouvoir, la vie en général.Un sociologue européen, Norbert Elias, a même récemment écrit que la civilisation était en fait un processus constant de domestication des émotions.ÉMOTION : MOTIVATION ?ÉMOTION : PERTURBATION ?Au Québec, plusieurs équipes, dont celle de Gilles Kirouac, effectuent des recherches en psychologie de l’émotion.« Dans l’histoire de la psychologie scientifique, explique le chercheur, les progrès des connaissances sur l’émotion s’avèrent lents et laborieux.Des opinions contradictoires persistent toujours quant à la nature et à l’importance des émotions.Alors que de plus en plus de gens reconnaissent son rôle d’organisation, de soutien et de motivation du comportement humain, certains prétendent toujours que l’émotion perturbe et désorganise ce même comportement.Un bon exemple de ces divergences fondamentales est le fait que des psychothérapeutes prônent l’utilité de faire disparaître ou de maîtriser certaines réponses émotionnelles, tandis que d’autres parlent de libérer les émotions afin qu’elles interagissent facilement et librement avec les autres composantes de la personnalité.» Pourtant, la préoccupation pour les émotions n’est pas nouvelle.Aristote s’y intéressait déjà, notamment en ce qui concerne la façon dont les hommes politiques pouvaient les utiliser pour convaincre et influencer les gens.Après les philosophes de toutes les époques et de toutes les tendances, qui ont fait une grande place aux émotions.Darwin, en 1872, dans sa démarche pour asseoir sa théorie de l’évolution, a étudié et comparé l’expression des émotions chez les animaux et chez l’être humain.Il a alors décrit avec précision les différentes mimiques du visage, les modifications et les attitudes corporelles, ainsi que les changements physiologiques associés, entre autres, à la peur, à la colère, à la joie et à la honte.MON FOSSILE ÉMOI.Ce faisant, Darwin a ouvert la voie non seulement aux psychologues de l’émotion, maintenant nombreux à se pencher sur l’expression faciale des émotions, mais également aux éthologues, qui reconnaissent aujourd’hui que la peur, la crainte et peut-être la colère font partie des émotions les plus primitives.Leurs manifestations (hérissement des poils, modifications du rythme cardiaque, de la tension musculaire) seraient génétiquement programmées et constitueraient, en quelque sorte, des fossiles de l’instinct de survie face à un prédateur ou à un environnement hostile.Selon Gilles Kirouac, toutefois, l’histoire moderne de la psychologie de l’émotion commence avec l’Américain William James qui, en 1884, jette un pavé dans la marre en décrétant que l’émotion est la conséquence des réponses corporelles.D’après lui, il ne faut pas dire « Je vois un ours, j’ai peur et je me sauve », mais « Je vois un ours, je me sauve et j’ai peur.» Suit alors une véritable période de confusion, et bientôt tout est remis en cause, même l’intérêt du concept de l’émotion en psychologie.A partir des années 60, avec la révolution cognitive, les choses prennent cependant une autre tournure, et les théories cognitives exercent un impact majeur et stimulant sur l’étude des émotions.« Jusqu’à tout récemment, précise M.Kirouac, à cause des aspects non directement observables de l’émotion, du manque de définitions satisfaisantes et d’outils, il y avait une réticence à mettre les émotions à l’agenda de la *«« umi li«!| h là ses K iomaii iiifi(]i depk Mi l Iptrfi s, a pré ! « PAS ÉTONNANT QU’ELLE SOIT TOMBÉE MALADE, AVEC TOUS LES SOUCIS QU’ELLE A.» s*; Slllii liais li tes « ffiss: Le langage populaire reflète très bien la vieille suspicion du rôle des émotions dans l’évolution des maladies.Louise Lemyre, professeure et chercheuse à l’École de psychologie de l’Université Laval, est associée à la Dre Rosemonde Mandeville, de l’Institut Armand-Frappier, pour tenter de cerner l’effet des états émotionnels et du stress sur le système immunitaire de femmes en cours de diagnostic pour un cancer du sein.Ce projet se déroule dans le cadre de la thèse de doctorat de Lise Fillion.Si, selon Mme Lemyre, le stress est un état plus étalé dans le temps que les émotions, ces dernières, qu’elles soient positives ou négatives, nourrissent très souvent le stress.Les femmes que suivent la psychologue et la chercheuse en immunologie ont une masse suspecte au sein ; elles sont en attente du résultat de la biopsie.Anxieuses, elles vivent des émotions intenses et craignent souvent le pire.Comment réagit leur système physiologique hormonal, notamment sur la réponse immunitaire ?Dans la foulée d’études américaines et anglaises, qui démontrent un affaiblissement des réponses immunitaires en de telles circonstances, Mmes Lemyre et Mandeville veulent mesurer avec précision les corrélations entre le niveau de stress et les immunoglobulines, entre autres, qui combattent les cellules cancéreuses dans le sang.Des médecins de l’Hôpital Notre-Dame et de l’Hôpital Saint-Luc, de Montréal, sont associés à cette recherche pluridisciplinaire.Louise Lemyre explique : « Il y a actuellement dans le milieu médical une ouverture prometteuse à l’hypothèse de l’interaction émotions-réponses immunitaires.Mais nous devons en faire la démonstration scientifique, validée et rigoureuse pour en cerner les modalités et, éventuellement, intégrer ces résultats dans nos approches thérapeutiques et préventives.» feu Illl» Sees nées., ¦faciil h so; tat,i «tl'JO laiton ® Go: l“M «it so (pmi QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 .V ' ¦ Émotion ressentie, émotion simulée.Pour l’étude des expressions faciales liées aux émotions, Pierre Gosselin a fait appel aux comédiens et comédiennes.Parmi ces photos, tirées des cassettes vidéo produites lors de ces expériences, seule celle où on lit la surprise sur le visage de la comédienne illustre une émotion feinte.acmaj iiiMioj m.pià ipecisi l'tmoli isfaia I syslti aiiea iiaffi iuiffsfl eiiwe Kfta iïfl»* )lfi@ :|\\C Lie, * iteifli leiii# jief-®1 jolie* n« J* jClfllltô KIC® 1 science pure.Mais actuellement, les choses ayant évolué, notamment dans le domaine de la psychologie, les scientifiques sont plus à l’aise avec ce type de phénomènes.Il y a eu un changement des mentalités, les outils se sont perfectionnés, et on ne refuse plus, a priori, de faire appel à des données subjectives, même si l’on connaît leurs limites.» Mais les émotions en tant qu’expé-riences conscientes n’étant toujours pas accessibles directement, les scientifiques, pour les approcher, s’en tiennent pour l’instant à leurs indices mesurables, internes ou externes.TON VISAGE, COMME UN LIVRE OUVERT L’expression faciale s’avère ainsi un extraordinaire baromètre de l’émotion.A l’Université Laval, Gilles Kirouac et son équipe effectuent des recherches dans ce sens depuis une quinzaine d’années.Après avoir étudié l’expression faciale en fonction du sexe, du milieu socioculturel et du niveau de scolarité, l’équipe québécoise tente de cerner, toujours avec plus de précision, ce qui constitue un véritable langage.Pierre Gosselin, ancien membre de l’équipe de M.Kirouac, vient notamment de soutenir une thèse qui apporte des éléments nouveaux à l’étude de l’expression faciale.Il démontre que les configurations faciales de la joie, de la peur, de la colère, de la surprise, de la tristesse, du dégoût se différencient clairement les unes des autres.Il confirme scientifiquement ce qu’on soupçonnait déjà instinctivement : les paroles sont souvent superflues pour identifier l’état émotionnel d’un vis-à-vis ! De plus, si l’Américain Ekman, avec sa grille d’analyse complexe, avait mis en évidence des corrélations entre l’action musculaire de différentes parties du visage et certaines émotions, dont la joie, jamais les différentes combinaisons musculaires faciales n’avaient été attribuées à une aussi grande variété d’émotions spécifiques.Les études de M.Gosselin permettent également d’identifier d’ores et déjà quelques mouvements faciaux qui distinguent les expressions liées à des émotions ressenties de celles liées à des émotions simulées.Cependant, si Pierre Gosselin ne donne pas encore de recette permettant de discerner avec certitude l’émotion ressentie et l’émotion feinte, il y a fort à parier qu’en poussant plus loin les études, notamment sur la vitesse et la durée des réponses faciales, il sera un jour possible de départager sur le visage la véritable émotion de la comédie.Les menteurs n’ont qu’à bien se tenir.S’ÉMOUVOIR POUR LA SCIENCE Simple, étudier les expressions faciales ?Loin de là ! Et Pierre Gosselin en sait quelque chose.Ainsi, induire des émotions à des sujets tout en respectant les règles de déontologie n’est pas toujours évident.Les comités d’éthique des universités sont rigoureux : attention ! on ne joue pas avec les émotions, surtout avec celles qui sont négatives.Pour contourner le problème, Pierre Gosselin a opté pour des expériences avec des acteurs.Ces derniers, formés non seulement à communiquer l’émotion mais aussi à la ressentir véritablement, constituent des sujets de premier ordre.À partir de différents scénarios, le chercheur demandait aux comédiens tantôt de ressentir une émotion, tantôt de la feindre.Une vingtaine de cassettes vidéo de ces scènes, où le visage des acteurs est filmé en gros plan, ont été produites.Différentes démarches de vérification (notamment des questionnaires quant à l’intensité de l’émotion ressentie par l’acteur) ont ensuite permis d’identifier avec précision quelques séquences où l’émotion était véritablement ressentie ou totalement feinte.Des séances de visionnement à l’intention de sujets extérieurs ont ensuite mené à la validation de la thèse de l’identification des différentes émotions par les humains, et de la distinction, plus difficile toutefois, entre expressions ressenties et expressions simulées.Le plus fastidieux du travail de M.Gosselin a été de décomposer l’ac- DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 47 tion musculaire des visages coléreux, gais, surpris et autres, de façon à répertorier les fines combinaisons musculaires associées à telle ou telle émotion.« Actuellement, confirme de chercheur de l’UQAM, s’il n’y a toujours pas de définition satisfaisante de l’émotion, on s’entend toutefois pour lui attribuer trois dimensions : la dimension subjective (ce que l’on ressent intuitivement - la dimension la plus difficile à étudier), la dimension expressive (ce que l’on peut lire de l’état émotionnel de l’autre - visage, attitude corporelle, voix, geste) et les changements d’ordre biologique (rythme cardiaque, sudation, changements hormonaux, nerveux, etc.).A partir des descriptions de ces composantes, nous espérons arriver à mieux définir l’émotion.» À l’Université de Montréal, l’équipe de Jean-Pierre Blondin et de Jacques Bergeron s’intéresse à la troisième dimension de l’émotion, c’est-à-dire aux changements physiologiques qu’elle induit.La question sous-jacente est, là aussi, de savoir ce qu’est réellement l’émotion.À quoi ressemble cette coloration émotionnelle ?Comment varie-t-elle d’une personne à l’autre et pourquoi ?LES MESURES POUR LE DIRE M.Blondin explique : « La seule façon d’avoir accès à ces réalités, c’est pour l’instant de mesurer ce qui est observable et de se fier à ce que les gens disent.» Là encore, rien n’est facile.Les gens utilisent des étiquettes nombreuses et très variées, pour parler de leurs émotions.Us ne diront pas toujours directement : « J’éprouvais de l’anxiété » ; ils diront : « Je me sentais mal », « J’étais opprimé » ou « J’étais inquiet.» « Us nous faut donc déduire de ces rapports verbaux les émotions ressenties par nos sujets, ajoute le chercheur.Parallèlement à ces évaluations verbales, nous étudions les comportements observables et mesurables : la fréquence cardiaque, la tension artérielle, la sudation, la coloration du visage.» À l’Université de Montréal, on s’intéresse particulièrement aux situations qui se rapprochent de l’anxiété.Depuis dix ans, Jean-Pierre Blondin se penche, entre autres, sur les réactions à la compétitivité.Y a-t-il un prix à payer pour cette recherche de la performance ?La motivation s’accom-pagne-t-elle de changements physiologiques et de réactions psychologiques et émotionnelles ?En laboratoire, des sujets sont donc invités à réaliser des épreuves sous certaines pressions de temps.« On espère arriver à dresser un répertoire des réponses non verbales qui accompagnent l’anxiété.» Jean-Pierre Blondin et son équipe ont déjà observé que, chez la majorité des sujets, l’anxiété s’exprime d’abord le plus souvent par la voix ou par des perturbations dans le discours (pauses, erreurs, lapsus).Une autre expérience, promise à un bel avenir auprès des gestionnaires des ressources humaines (et des syndicats), consiste à évaluer une charge de travail en fonction des réponses physiologiques il'ém»1 ivilédî uk à a aillés ei éta 0VÈJÉI3 Oïl I® peoni :tld® to* ttlinka ceiiiui k b no» isjüol itéal ï toriaai 5 veilla itaffii: ieféii Ssonl ilirleo il dev :pæp nine I' liom; ;; N.ous croyons à 1 ’oeuvre du Centre de recherche T-Jnlversité La-vol Robert-Gifford, la psychiatrie de l'espoir.N X ^ ous croyons ou développement de projets qui ont un impoct significotif et positif sur 1 ' o von cernent et le mieux-être des orgonisotions, des ossociotions et des collectivités qui les constituent.N.OUS croyons lo responsobilité sociole en motière de lo p romot ion de son té.C'est pourquoi nous sommes les portenoires du Centre de recherche Université Lovol Robert-Gifford.STRATÉGIE ET MANAGEMENT GABINET-CONSEIE EN AFEAIRES ««CBEIQCES Sk CORRORATTVES «532S Ire Avenue, suite lOO, Charlest>our$», Québec, CÏ1II «»X5 't éléphone: (418) 622-3QS5, Télécopieur: 0418) 22-3«>02 CREATRICE D'AVENIR L’étude des sciences à Rimouski L’Université du Québec à Rimouski offre des programmes d’études e sciences aux trois cycles universitaires.Ces programmes présentent de i particularités uniques au Québec, et ce même au premier cycle.iieractii Étioi Vous vous intéressez à l'un des champs d’études suivants: • l’environnement • la faune • la gestion des ressources maritimes • l’informatique • l’océanographie te tim ilépet Pour plus de renseignements sur les programmes en sciences de l'Unive sité du Québec à Rimouski et sur les programmes de bourses offerts ce secteur, communiquez avec le personnel du: dai 'Usavci Service des communications Université du Québec à Rimouski 300, allée des Ursulines Rimouski (Québec) G5L 3A1 Téléphone: (418) 724-1427 "# Université du Québec à Rimouski «Side 11118 li iii m ^¦Plljl klatljj, 48 QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 «real, ainsi ïamj I»* wi Un P Aeit is'acci pkys» ni sort mes * Ooesp lûilf i acton eBloi tra (| lami «eut k du sus), nisei demi et de l’émotion suscitée.Des indices de l’activité du système neurovégétatif (fréquence cardiaque, changements de l’activité dermale) sont corrélés avec la charge à accomplir.En modulant les difficultés et la vitesse de l’épreuve, on a pu vérifier les concomitants physio-neurovégétatifs, en particulier de l’effort mental.M.Blondin et son ,q équipe ont ainsi pu vérifier qu’à vitesse et difficulté égales, un sujet réagit avec beaucoup moins d’anxiété et de perturbations physiologiques s’il exerce un contrôle sur l’exécution de la tâche.Un nouveau projet du département de psychologie de l’Université de Montréal se fonde sur l’ancienne (et très contestée) hypothèse de William James voulant que le fait de ressentir ces changements physiologiques déclenche l’émotion.En laboratoire, des j sujets sont actuellement entraînés à ressentir leur activité cardiaque, dans le but de vérifier ultérieurement si cette perception les rendra aptes à reconnaître l’anxiété et les réactions émotionnelles.Peut-être pourra-t-on se dire demain : « Attention, mon cœur bat vite, je sens que je vais avoir peur ! » Grâce entre autres aux outils de mesure des expressions faciales, gestuelles et même verbales qui ont été perfectionnés ces vingt dernières années, on voit désormais apparaître des modèles qui prennent en compte 5fity les interactions entre les composantes psychologique, somatique et cognitive de l’émotion.Parallèlement aux recherches en psychologie, des physiologistes étudient les mécanismes nerveux et hormonaux liés aux émotions.Intégrer les émotions aux autres connaissances sur la nature humaine : tout un programme ! ?Pour en savoir plus : KJROUAC, Gilles, Les Émotions, Presses de l’Université du Québec, Monographies de psychologie Sillery, 1989.Sous la direction de RIMÉ, Bernard, et SCHERER, Klaus, Les Émotions, Textes de base en psychologie, écrits par Charles Darwin, Jean Piaget, Jean-Paul Sartre et autres, Delachaux et Niestle, Neuchâtel et Paris, 1989.lit- INRS LA FORCE DE LA SCIENCE Energie, ressources naturelles, santé, communications, urbanisation.des domaines où l'Institut national de la recherche scientifique excelle et offre une expertise diversifiée.Reconnus internationalement pour le calibre de leurs travaux, les chercheurs des sept centres de l'INRS apportent une connaissance fondamentale et une vision multidisciplinaire des secteurs qu'ils étudient.Orientées directement vers les enjeux actuels et futurs de la société, les recherches amènent les scientifiques de l'INRS à collaborer avec des gestionnaires et des entre prises dans le cadre de projets conjoints.Les centres de recherche de l'INRS, sept champs de savoir et d'expertise : ¦ Eau • Énergie ¦ Géoressources ¦ Océanologie ¦ Santé ¦ Télécommunications ¦ Urbanisation Renseignements : Tél.: Québec (418) 654-2500 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique L’AUTOMOBILE ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES SYSTEME ANTIBLOCAGE DES FREINS Par l'équipe 1ST / UQAC Les auteurs proposent un outil en quatre volets: le Guide pédagogique, orienté vers la maîtrise d’habiletés intellectuelles ; le Tutoriel sur micro-ordinateur, un moyen qui allie souplesse, efficacité et fiabilité ; le Cahier technologique qui contient une description exhaustive des composants du système d'injection électronique et le Cahier de laboratoire, qui permet aux élèves de développer leurs habiletés d’observation et d'interprétation.Vous pouvez vous procurer les livres et le tutoriel aux Presses de l'Université du Québec 2875, boulevard Laurier, Sainte-Foy (Québec) G1V 2M3 • Tél.: (418) 657-3551 - Téléc.: (418) 657-2096 LES 3 CAHIERS ET LE TUTORIEL 1990, ISBN 2-7605-0655-X, 150$ LE CAHIER DE LABORATOIRE SEULEMENT 64 pages, ISBN 2-7605-0653-3,10 $ LE CAHIER TECHNOLOGIQUE SEULEMENT 142 pages, ISBN 2-7605-0654-1,15 $ DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 49 I Claire Chabot Journaliste Les troubles de l’enfance sont-ils à la croisée des chemins ?L’heure des bilans a sonné, et on s’aperçoit que l’évaluation psychologique de l’enfant doit dépasser la simple relation avec sa mère, pour s’étendre à l’interaction avec son milieu.^ ¦¦ n dépit des apparences, la condition de l’enfant n’a guère varié depuis quatre mille ans », disait Françoise Dolto.Les changements des dernières décennies ne seraient-ils que des illusions ?L’enfant n’est-il pas plus heureux qu’hier, moins prisonnier du carcan de l’éducation, de l’autorité parentale et des tabous sociaux ?Victimes de notre société, trop d’enfants québécois vivent les drames de la famille éclatée, de la violence familiale, de la pauvreté et du chômage, dans l’un des sept pays les plus industrialisés du monde.Quels sont les impacts réels de ces problèmes sociaux sur la santé mentale des enfants ?Au cours du 20e siècle, les chercheurs ont mis en lumière les étapes des développements cognitif, social et affectif de l’enfant, reconnaissant même aux nouveau-nés des capacités et des compétences insoupçonnées.Sur le plan physique, la neurobiologie a mis en évidence la spécificité de l’enfant ; son système nerveux, très sensible aux chocs de son environnement, est doué d’une grande plasticité, c’est-à-dire d’une capacité de récupération et d’adaptation impensable à l’âge adulte.À partir des connaissances du développement normal de l’enfant, la recherche expérimentale s’oriente aujourd’hui vers la création d'outils efficaces de diagnostic, d’intervention et de prévention des problèmes de santé mentale.La psychiatrie a toujours été en retard par rapport à la médecine, et la recherche en santé mentale s’est penchée sur les adultes bien avant les enfants.« Anciennement, les recherches se limitaient aux enfants confiés aux départements psychiatriques des hôpitaux, explique Jean-François Saucier, psychiatre à l’Hôpital Sainte-Justine et anthropologue.On n’y voyait pas tant un reflet de la pathologie des enfants, que celui de l’exaspération des parents.» On ne reconnaissait pas à l’enfant en détresse d’autres souffrances que celles qui dérangaient son entourage.L’hyperactivité et l’agressivité étaient plus aisément diagnostiquées que les phobies, l’anxiété, l’angoisse de séparation et la dépression.LE NERF DE LA GUERRE Le problème posé par l’évaluation de la santé mentale est devenu évident durant la Deuxième Guerre mondiale.Les psychiatres militaires chargés d’évaluer les hommes, dans les centres de recrutement, se sont aperçus que le taux de réforme variait dans des proportions importantes, allant de 0,5 % à plus de 50 %, alors que les mêmes critères étaient appliqués dans tous les centres.« Cette constatation n’a pas préoccupé les gouvernements et les responsables de la santé publique jusqu’au milieu des années 70, moment où la santé mentale a commencé à coûter de plus en plus cher », dit Jean-Pierre Valla, épidémiologiste au Centre hospitalier Rivières-des-Prairies.Les chercheurs ont mis au point des instruments de mesure de la santé mentale qui devaient d’abord être fidèles ; un bon test d’évaluation doit donner le même résultat d’une fois à l’autre, peu importe l’évaluateur.Aujourd’hui, on peut compter sur le système de classification internationale de l’Organisation mondiale de la 50 QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 •> .'F DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUÉBEC SCIENCE 51 V/Vl '-V^v v-V* >Vo.>l'rvv n ,sra,« «i._ - Illustration de quelques situations contenues dans le questionnaire élaboré par Jean-Pierre Valla, et auxquelles les enfants doivent s’identifier.BT-Œ»* santé et sur le Diagnostic Interview Schedule for Children (DISC), conçu au New York State Psychiatrie Institute et qui est en voie de devenir le « code civil » de la santé mentale des populations.Les grandes enquêtes épidémiologiques, menées en Hollande, en Nouvelle-Zélande, à Porto Rico, en Norvège et au Canada, ont révélé l’ampleur du problème : 17 % des enfants sont en difficulté.L’enquête Offord, une des meilleures, réalisée en Ontario au début des années 80 et qui portait sur les enfants de quatre à quinze ans, confirme ce résultat.Au Québec, on a peu de données sur la santé mentale des enfants et on ne peut se fier uniquement aux études effectuées ailleurs.C’est pourquoi le ministère des Affaires sociales a décidé d’entreprendre cette année une vaste enquête afin de mesurer l’ampleur des problèmes de santé mentale chez les enfants de six à quinze ans, de les diagnostiquer et d’étudier les facteurs de risque.« Pour créer des programmes de santé, le Ministère ne disposait que des registres de mortalité et des statistiques d’hospitalisation.On avait donc de bonnes données sur les pathologies graves : autisme, schizophrénie, psychoses et déficiences.L’enquête va permettre de faire un portrait de la population », dit Jean-Pierre Valla, qui en a conçu le protocole, « afin de mettre en place des programmes de prévention et de prendre des décisions éclairées.» La contribution la plus importante de cet épidémiologiste est d’avoir mis au point un outil de diagnostic qui permet de mieux évaluer les enfants de six à douze ans.« Le problème principal avec les jeunes enfants, explique-t-il, c’est qu’ils ne disent pas deux fois la même chose ; ils répondent autant à l’interviewer qu’à la question.» C’est pourquoi les enquêtes, comme celle d’Offord, évaluaient les jeunes enfants à partir des témoignages des parents et des professeurs.Se basant sur le DISC américain, M.Valla a construit un questionnaire qui illustre comme une bande dessinée des situations auxquelles les jeunes doivent s’identifier.Le personnage principal, Dominique, interprète des comportements et des réactions problématiques chez les enfants, qui permettent de poser un diagnostic des troubles mentaux, que ceux-ci soient temporaires ou chroniques : angoisse de séparation, opposition, hyperanxiété, phobie, troubles de la conduite, dépression et hyperactivité.Cet outil de diagnostic, facile d’utilisation pour les professionnels, est utile pour évaluer aussi bien un enfant en consultation qu’une population cible.UNE ENFANCE BOULEVERSEE La révolution des mœurs qui a touché le plus directement les enfants, depuis près de vingt ans, est sans aucun doute l’éclatement de la famille : 20 % des familles québécoises ont vécu une séparation parentale.On estime qu'un enfant sur quatre vit dans une famille réorganisée.Cette situation n’est plus marginale ; les familles séparées ou divorcées ne sont plus stigmatisées par la société.Il reste que durant les pre- 52 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 v. \ I ll «IS I ieili ïtii layi :.w elk slit, sioi jtii ifl* \1R » a! » i 01 £f net n's jilt mières années de leur vie, un nombre important d’enfants doivent s’adapter à différentes situations familiales.Les étapes peuvent être nombreuses et sources de stress intense : conflit parental, séparation, procédures de divorce, vie en famille monoparentale, changement possible de formule de garde, arrivée d’un conjoint potentiel, famille reconstituée.« Dans les années 60, observe Jean-François Saucier, on disait que tous les enfants du divorce étaient condamnés à la délinquance, alors qu’actuellement, parce que le phénomène du divorce est étendu et bien accepté, on croit à tort qu’il n’y a plus de problèmes.On savait qu’au moment du départ il y avait nécessairement une crise et qu’au bout d’un an tout revenait à la normale.» On estime aujourd’hui que 35 à 40 % des enfants montrent des signes de détresse, de peur et d’anxiété ou des troubles de comportement : opposition, manque de concentration, agressivité.Plusieurs chercheurs ont soutenu que l’âge des enfants au moment du divorce déterminait l’importance de leurs problèmes de santé mentale ; la petite enfance et la période entre trois et six ans semblaient être critiques.Selon les recherches menées par le psychiatre Jean-François Saucier, ce n’est pas tant l’âge de l’enfant au moment du divorce, que des périodes critiques du développement, soit entre six et neuf ans pour les filles, et entre treize et seize ans pour les garçons.Les études ont démontré qu’un des facteurs les plus nocifs pour l’équilibre psychologique des enfants est le conflit familial.Les parents essaient d’engager les enfants dans leur propre discorde, leur demandent de prendre parti et leur inculquent leur haine de 1 autre conjoint.Ces enfants, qui souffrent de la séparation de leurs parents, prendront plus de temps à s’en remettre s’ils n’ont pas de relations suivies avec le parent absent.« S’il disparaît, c est épouvantable ! Mais la présence de l’autre parent ne se mesure pas en ternies de fréquence des visites, explique le psychiatre.Ce qui peut faire toute la différence, c’est si l’enfant peut compter sur lui en tout temps.» On a souvent noté que, longtemps après le divorce, parfois même à l’âge adulte, les enfants de parents divorcés continuent à espérer que ceux-ci se réconcilient et reprennent la vie conjugale ; ceci indique bien l’intensité de la perte dont ces enfants souffrent.LA VIOLENCE PHYSIQUE AU MASCULIN La violence familiale qu’on nous révèle depuis quelques années, ainsi que la violence véhiculée dans les médias sont autant de modèles propres à influencer les enfants.Le pourcentage de jeunes inculpés pour des crimes avec violence a augmenté de plus de 50 %, entre 1981 et 1987.Le taux de suicide, violence ultime tournée contre soi, atteint 18,5 pour 100 000 jeunes, ce qui nous place au deuxième rang des pays industrialisés.Les enfants se ressemblent les uns les autres, sauf qu’ils sont soumis à des stress différents ; leur environnement, leurs conditions de vie et même leurs parents ont changé.Les causes précises de l’utilisation de la violence sont difficiles à cerner, puisqu’il s’agit d’interactions complexes entre des facteurs biologiques et sociologiques, le résultat de l’interaction entre le système nerveux et les conditions du mi- lieu, dont l’éducation.Rares sont les études sur la violence et la criminalité qui se sont penchées sur les signes précurseurs de la violence au cours de l’enfance ou qui ont suivi le développement des comportements violents précoces jusqu’à l’âge adulte.Les recherches ont montré que la majorité des adolescents et des hommes violents avaient été des enfants plus agressifs que les autres.« Mais on sait aussi que la moitié des garçons les plus agressifs entre l’âge de huit et dix ans ne deviennent pas des adultes reconnus pour leur violence physique », affirme Richard Tremblay, professeur à l’École de psycho-éducation de l’Université de Montréal et directeur du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP).« On a donc entrepris des recherches pour comprendre pourquoi certains garçons maintiennent leurs comportements agressifs jusqu’à l’âge adulte, et d’autres pas.» Depuis 1984, 10 000 enfants parmi les plus agressifs à la maternelle, soit 5 000 garçons et 5 000 filles, ont été suivis année après année.Parmi eux, les chercheurs du GRIP ont sélectionné 916 garçons francophones, fréquentant des maternelles en milieu Le Dr Jean-François Saucier, psychiatre à l'Hôpital Sainte-Justine : « Dans les années 60, on disait que tous les enfants du divorce étaient condamnés à la délinquance, alors qu’actuellement, parce que le divorce est étendu et bien accepté, on croit à tort qu'il n’y a plus de problèmes.» DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUÉBEC SCIENCE 53 Ève-Lucie Bourque 54 g të+fjp&ïty.MÈMÈ :a*%§Sr-S ¦ ?« HL?- - V ; a-:- -;:.:r-.k.'S?5ï^ w2arr' .défavorisé, à Montréal.« Les garçons présentent beaucoup plus de problèmes de violence et ont plus de comportements asociaux, explique Richard Tremblay.C’est aussi dans les quartiers de Montréal où vivent les familles à faibles revenus que les enfants sont les plus violents.» Les garçons les plus susceptibles de devenir des adolescents délinquants et des adultes violents ont accusé, entre six et onze ans, un comportement violent stable et des difficultés d’adaptation scolaire et sociale importantes, durant leurs études primaires.« Mis à part le plus haut facteur de prédiction qu’est la pauvreté, les garçons qui proviennent de familles monoparentales ou reconstituées, dont la mère a eu son premier enfant à l’adolescence, font partie d’un groupe à risque élevé », dit le chercheur.L’étude a démontré que le profil de comportement des enfants à la maternelle permet de prédire les problèmes de santé mentale à l’âge de douze ans.Durant deux ans, les chercheurs du GRIP ont fait des interventions multiples auprès d’un sous-groupe d’enfants, de leurs parents et de leurs professeurs.Les intervenants ont appris aux parents à bien observer leurs enfants et les événements qui entouraient les comportements agressifs, à récompenser les bons coups et à contrôler fermement l’escalade de l’agressivité, sans user eux-mêmes de violence.Les psycho-éducateurs ont aussi rencontré les professeurs pour les aider à mieux réagir face à l’enfant agressif.Les chercheurs ont découvert que les enfants ayant reçu un soutien professionnel étaient moins violents que ceux du groupe témoin durant les deux années qui ont suivi l’intervention.« A notre grande surprise, les bienfaits se sont prolongés, affirme Richard Tremblay.On a observé un écart encore plus significatif trois ans après la fin des rencontres.» Les garçons, qui avaient sept et huit ans, au moment où ils bénéficiaient du pro- gramme de prévention, ont ainsi évité la période critique des onze-douze ans, durant laquelle les comportements agressifs s’intensifient et se mêlent aux problèmes sérieux de mésadaptation sociale.Les résultats positifs des interventions faites auprès des jeunes garçons agressifs devraient encourager l’élaboration d’une stratégie d’intervention dans les maternelles.Selon le psychoéducateur, l’intervention devrait même se faire encore plus tôt : auprès des femmes enceintes et des adolescents.« Ce devrait être une priorité de notre système scolaire que d’apprendre aux jeunes à devenir des parents ! » LES FILLES DOCILES ET DÉPRESSIVES La plus grande révélation des études épidémiologiques sur la santé mentale des enfants a été l’ampleur des troubles psychologiques des filles.Une réalité bien cachée, puisque les médecins de famille ont toujours adressé deux fois plus de garçons aux pédopsychologues et psychiatres.« La nature même des problèmes psychologiques que vivent les filles empêche leurs parents et leur entourage d’en détecter les symptômes, explique Jean-François Saucier.Ces filles sont dociles et souffrent d’anxiété, de phobies et de dépression.» Les états dépressifs peuvent être passagers chez les jeunes enfants, mais ils deviennent plus critiques à l’adolescence.Plusieurs recherches ont démontré le lien entre la dépression et l’abus physique et sexuel.De même, l’enfant dont un des membres de la famille décède et qui ne reçoit pas le soutien moral nécessaire se sentira responsable de cette mort et perdra le peu d’estime qu’il a de lui.Les événements qui ouvrent la porte aux déséquilibres mentaux peuvent être nombreux et complexes.Les filles qui ont des problèmes psychologiques proviennent plus souvent des milieux défavorisés.À l’âge de quinze ans, la moitié d’entre elles abandonnent le milieu scolaire, principalement parce qu’elles sont enceintes ou veulent se marier.Dans le but d’aider ces filles à risque à devenir plus expressives et sûres d’elles-mêmes, la psychologue Claire Chamberland, professeure au Département de service social de l’Université de Montréal, a élaboré un projet de prévention, dans le quartier Saint-Henri de Montréal, à l’intention des filles de neuf à douze ans.Après la classe, les fillettes des deux écoles primaires du quartier étaient invitées à se rendre dans un local où se déroulaient des activités structurées, à caractère scientifique.« On ne voulait pas stigmatiser les filles en choisissant celles chez qui on aurait diagnostiqué des troubles psychologiques », explique Claire Chamberland.Près de la moitié des élèves ont participé aux activités pendant les quatre années que dura le projet.À leur arrivée dans le local des « scientifines », elles devaient, entre autres, démonter et remonter des serrures ou chercher le fonctionnement d’un appareil inusité.Les activités scientifiques permettent à l’enfant d’affronter l’inconnu et de résoudre des problèmes, sans se décourager devant ses échecs.« Les filles ont tendance à avoir des jeux qui leur permettent de mieux se développer socialement, affirme Claire Chamberland.Leur rapport avec l’environnement physique est beaucoup plus faible.Le contact qu’on établit avec son environnement physique, que ce soit par le hockey, les casse-tête, le bricolage, mil pi' kféus ilfc IG elopp1 es en é»l'e la® leée il.tàà les vis s mil itlés imhprl UIlliCli ides :: sioei; tais ouU eu fil Pliisiei lesim irfce ira es )ien,e Iles ai ils DM »aim aie les lectiei hi ai ftea n»s ivdel; il De ri' Mss .® le 'Cr$Ç[|; Mm Hütinr Si Qaiie ity ip tveinp r;,.QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 ' HêÈmmÈmm ISI(P M'i tes «1 iei Mil fournit plus d’expériences de maîtrise et de réussite, lesquelles participent à l’équilibre mental.» AGIR SUR LE MILIEU La grande majorité des études sur le développement de l’enfant ont été faites en laboratoire, où on a « atomisé » l’enfant, le réduisant à sa relation avec sa mère.Inspirées de l’approche écologique du développement (ecology of human development) de Bronfenbrenner, les recherches actuelles visent à intervenir sur les différents milieux de l’enfant.« Dans les sociétés industrielles, explique Claire Chamberland, l’enfant se développe avec des influences et des stimulations multiples.Les parents ne sont plus considérés comme les seuls intervenants dans leur apprentissage.Aujourd’hui, on ne se demande plus si l’enfant est développé, mais si le milieu est développant et si la relation est à risque.» Plusieurs recherches ont démontré que les interventions pouvaient aussi avoir des effets néfastes.« Si une intervention est assez puissante pour faire du bien, elle est assez puissante pour faire du mal, déclare Richard Tremblay.Si on laisse entendre à des gens qu’on peut les aider et qu’ils s’aperçoivent qu’ils ont toujours des problèmes, ils en arrivent à croire qu’ils ne valent rien.» Un phénomène inquiétant qui a mené les chercheurs à s’orienter vers des recherches où les interventions portent aussi bien sur l’enfant que sur son environnement.« Agir sur le milieu » semble être devenu le leitmotiv de la psychologie du développement.De même que les neurobiologistes attribuent à l’enfant une plasticité, sur le plan physique, les chercheurs lui reconnaissent une capacité d’adaptation, sur le plan psychique, capable de renverser la vapeur grâce à des influences positives.« Mais le paradoxe de la prévention, et ce pourquoi elle est si dure à vendre, c’est qu’elle vise à empêcher que quelque chose se passe », dit Claire Chamberland.Que serait devenu cet enfant si on n’était pas intervenu ?La science pourra-t-elle un jour répondre à cette question ?Programmes de maîtrise et de doctorat à l'Université de Moncton Située au coeur de l’Acadie, l’Université de Moncton est la plus grande université canadienne, entièrement de langue française, à l’extérieur du Québec.Doctorat Études françaises Maîtrises ¦ Administration des affaires ¦ Administration publique ¦ Biologie ¦ Chimie ¦ Droit / Administration des affaires (programme combiné LLB-MBA) ¦ Droit / Administration publique (programme combiné LLB-MAP) ¦ Économie ¦ Éducation -administration scolaire -enseignement - orientation - psychologie éducationnelle - enseignement aux déficients auditifs Études familiales Études françaises Génie civil Génie industriel Histoire Nutrition Philosophie Physique Psychologie Service social Bourses : Des bourses d’études variant de 2 500 $ à 6 000 $ sont disponibles aux candidats et candidates inscrits à temps complet.Les étudiants et étudiantes ont aussi accès à des postes d’assistants ou d’assistantes d’enseignement et de recherche.Renseignements : Université de Moncton Bureau de liaison Moncton, Nouveau-Brunswick E1A3E9 UNIVERSITE DE MONCTON Téléphone : (506) 858-4443 Sans frais : 1 -800-561-3996 (indicatifs 506,418,709 et 902) ATTIREZ LES OISEAUX CHEZ VOUS CET HIVER Normand DAVID et Gaétan DUQUETTE 1991,72 pages, ISBN 2-920073-48-6 9,57 $ TPS incluse MT Nomsna OA VIO #1 OMUn OUOUtTll Comment nourrir les oiseaux autour de chez soi tornoN EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou chez l'éditeur au (418) 657-3551, poste 2860.Télécopieur: (418) 657-2096 Presses de l'Université du Québec, C.P.250, Sillery, (Québec) GIT 2R1 Adresse Code postal ?MasterCard Quantité ?Chèque ?Mandat postal Date d'exp.Numéro Signature n vise DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUÉBEC SCIENCE 55 LA DIMENSION CACHEE La trousse de toilette par Raynald PEPIN Fêtes de famille, parties de bureau.décembre est un mois durant lequel on se pomponne un peu plus que d'habitude.Produits de toilette et cosmétiques viennent à la rescousse pour mettre en évidence certaines caractéristiques corporelles.ou les dissimuler.Aux États-Unis, les fabricants sont tenus, depuis 1976, d’indiquer la composition de leurs produits sur l’emballage.Cette politique américaine permet aux consommateurs de savoir si un produit contient un ingrédient auquel ils sont allergiques ou, simplement, de savoir ce qu’ils utilisent.Un tel règlement n’est toujours pas en vigueur au Canada.Toutefois, Marcel Chartrand, porte-parole de la Direction générale de la protection de la santé à Ottawa, rappelle qu’un « projet de proposition » a été soumis pour consultation aux fabricants, en novembre 1989, et qu’il y a une volonté politique d’ajouter la liste des ingrédients sur les emballages.En attendant, la Direction générale s’abstient de divulguer la composition des produits de toilette.Mais que cachent, justement, ces produits ?Sans prétendre ici répondre à cette vaste question, voici tout de même un aperçu de la composition de certains d’entre eux, parmi les plus courants.LA PATE DENTIFRICE Avec le savon, le dentifrice est sûrement le produit de toilette le plus utilisé.De quoi se compose-t-il ?Tous les dentifrices contiennent un abrasif, des agents liants, moussants et mouillants, un édulcorant (substance sucrante) et une essence.L’abrasif aide à déloger les substances alimentaires.Parmi ceux utilisés, on retrouve les carbonates de calcium (craie), l’oxyde d’aluminium, la silice hydratée (sable).« L’abrasif aide à rendre la dent plus blanche, commente Diane Lamarre, pharmacienne et chargée de cours à l’Université de Montréal, mais il détériore un peu l’émail.» Les agents liants, généralement polymériques, assurent au dentifrice une consistance homogène et lui donnent du « corps ».On en retrouve souvent plusieurs dans un dentifrice : pectine (aussi utilisée dans la préparation des confitures), alginate, amidon, gomme de xanthan, etc.Cette dernière, utilisée dans plusieurs dentifrices, est un polymère de sucres simples, produit par des bactéries en culture.Les agents mouillants, par exemple la glycérine ou le sorbitol (ainsi qu’un peu d’eau), gardent la pâte fluide et l’empêchent de sécher trop rapidement lorsqu’elle est exposée à l’air.Le sorbitol, alcool dérivé du glucose, est obtenu à partir de la fécule de maïs.Un surfactant assure l’uniformité du mélange, empêchant les substances hydrophobes et hydrophiles de se séparer.Souvent, ce surfactant est aussi un détergent, qui contribue au nettoyage des dents et forme, lors du brossage, une mousse appréciée des utilisateurs.Le détergent le plus utilisé est le laurylsulfate de sodium.Pierre Desautels, professeur de médecine dentaire à l’Université de Montréal, considère comme essentielle l’utilisation du dentifrice, d’une part pour son apport en fluor et d’autre part parce que le détergent aide à déloger la nourriture et la plaque.Par ailleurs, comme le détergent n’est pas agréable au goût, les fabricants ajoutent à la pâte dentifrice une essence, telle la menthe, ainsi que des édulcorants.Le prix de ces additifs (essence et édulcorants) peut compter pour le tiers du coût du dentifrice ! Beaucoup de pâtes comportent aussi du dioxyde de titane, pigment blanc utilisé dans les peintures.Celui-ci augmente la blancheur des dents, au moins pendant les premières heures suivant le brossage.Enfin, un colorant donne sa couleur finale au dentifrice même.Sur les étiquettes, aux États-Unis, les colorants sont identifiés par les lettres FD&C {food, drugs and cosmetics) ou D&C {drugs and cosmetics), selon qu’ils sont autorisés dans la nourriture, les médicaments et les cosmétiques ou dans les deux derniers seulement.Ces lettres sont suivies de la couleur et d’un numéro.Le Canada utilise les mêmes dénominations.Les gels dentifrices, quant à eux, comportent une plus grande quantité d’agent mouillant et moins d'abrasif, ce qui est préférable pour l’émail des dents.Ainsi, pour que le gel soit transparent ou translucide, les indices de réfraction de l’abrasif et de l’agent mouillant doivent être similaires, autour de 1,46-1,47 dans les produits utilisés actuellement ; autrement, la lumière est diffusée par les particules abrasives, et le dentifrice apparaît opaque.Pour la même raison, la formation de petites bulles d’air doit être évitée pendant la fabrication du gel.La popularité des gels tient d’ailleurs à leur transparence, car beaucoup de personnes l’associent à la propreté et à la fraîcheur.» nils î Lcsi llir çd «fier H po® |Wll its 11 8,lei l'eoi ilia, ’m sie 'Pli 56 QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 -JANVIER 1992 It ::T: pen ffi itlllfi ip •ii:S SM ¦fl rfl1 yu ift II t3 'ii" iel’i ;e:« ilJ :* LE RINCE-BOUCHE Autre produit conçu pour les fines bouches, le gargarisme, aussi appelé rince-bouche, vise à réduire les odeurs buccales (la mauvaise haleine) à l’aide d’antiseptiques et d’essences fortes.Un rince-bouche comporte de 60 à 80 p/c d’eau et de 5 à 25 % d’alcool éthylique dénaturé.Ce dernier agit comme antiseptique, tout en solubilisant certaines essences et en rehaussant l’arôme du produit.« L’alcool dénaturé est de l’alcool rendu imbuvable par l'ajout de substances qui lui donnent un arrière-goût affreux, explique Norman Pound, de la Direction générale de la protection de la santé à Ottawa.Si cet alcool n’était pas dénaturé, le fabricant aurait à payer des droits d’accise supplémentaires, comme sur l’alcool de consommation.» L’alcool présente toutefois l’inconvénient d’être irritant pour les muqueuses.« Quand on souffre d’un ulcère buccal, il vaut mieux ne pas utiliser de gargarisme, prévient Diane Lamarre, car l’alcool retarde la cicatrisation.Il est préférable de se rincer la bouche avec une solution saline.» Les rince-bouche contiennent un agent mouillant, comme la glycérine ou le sorbitol, qui augmente la viscosité et, souvent, donne un goût sucré au produit.On retrouve aussi dans le gargarisme un surfactant, comme dans le dentifrice, pour aider au nettoyage et produire de la mousse, ainsi qu’une essence (menthe, wintergreen) et des colorants.Enfin, un « ingrédient actif » complète la recette, généralement un antiseptique : bromure de domiphène, chlorhexidine, huiles volatiles (menthol, eucalyptol), composés phénoliques.Les rince-bouche n’éliminent pas vraiment la mauvaise haleine ; ils ne font que la « rafraîchir » temporairement.Quand on mange de l’ail ou de l’oignon, il ne faut pas compter sur les rince-bouche pour masquer l’odeur.Les molécules odorantes de ces végétaux imprègnent l’haleine à partir non pas de débris buccaux, mais du sang : elles se diffusent dans l’air en provenance du fond des poumons, et ce n’est pas le rince-bouche qui peut les en empêcher.LE ROUGE À LÈVRES Après l’intérieur de la bouche, l’extérieur.Charnues ou minces, expressives ou fermées, les lèvres retiennent l’attention.Elles peuvent constituer un important signal sexuel, que les femmes renforcent en les enduisant de rouge, de rose ou de mauve.Qu’y a-t-il dans ce fard ?La liste de certains rouges comporte plus de vingt ingrédients - de quoi faire fuir plus d’un prétendant.Tout fard à lèvres contient principalement des corps gras, huiles et cires, lesquels constituent une base de consistance ferme qui s’applique facilement sur les lèvres.Ainsi, certains rouges contiennent de l’huile de ricin (qui est aussi un purgatif), de la lanoline (graisse extraite de la laine) acétylée, de l’huile végétale hydrogénée (ou shortening), du polybutène, de la cire de candelilla et de la cire de carnauha, extraite des feuilles d’une plante brésilienne.Plusieurs de ces substances se retrouvent dans de nombreux rouges sur le marché.On utilise également de la cire d’abeille, de la vaseline et de la paraffine.Un rouge à lèvres contient aussi, bien sûr, des pigments, surtout organiques mais parfois inorganiques, par exemple des oxydes de fer (la rouille en est un.).L’ajout de fines particules de mica et de dioxyde de titane donne de la brillance.On retrouve également dans tout fard à lèvres un léger parfum et, pour empêcher les graisses de rancir, un agent de conservation et un antioxydant (BHA, BHT).LA MOUSSE À RASER Quant aux hommes, c’est autour des lèvres qu’ils doivent s’attarder.Durant sa vie adulte, un homme passe une centaine de jours à se raser.Or, le rasage n’a rien de doux pour la peau et se traduit par des milliers de coupures microscopiques et par une éruption cutanée.Un rasoir électrique endommage moins la peau, mais coupe les poils moins ras.Outre le savon, la mousse à raser est un des rares produits de toilette qu’achètent la plupart des hommes.Appliquée avant le rasage, la mousse amollit les poils.L’absorption d’eau et d’huiles fait gonfler les poils, ce qui les rend plus faciles à couper.La mousse retient l’eau sur la peau et réduit la friction du rasoir.Autre avantage, la mousse sert de guide : les endroits où il en reste n’ont pas été rasés.Une mousse à raser comprend généralement de l’eau, des émollients (acides gras, huile minérale, lanoline, huiles végétales), un surfactant (comme le laurylsulfate de sodium) et souvent du savon.Un fabricant bien connu vend sa mousse à raser sous trois formes différentes : aérosol, crème en pot et crème en tube.Selon Margaret Bowden, de Procter & Gamble, la mousse en aérosol est principalement un savon doux.La crème en pot, émulsion d’eau et d’huiles, est idéale pour les peaux sensibles, alors que la crème en tube est généralement la plus efficace pour les peaux ordinaires.La très grande majorité des mousses à raser vendues sont des aérosols.Pourtant, l’aérosol requiert les mêmes gestes que la crème en tube (mouillage du visage et application par friction), coûte nettement plus cher et est plus dommageable pour l’environnement, même si les gaz propulseurs ne sont plus des chlorofluoro-carbones.L’attrait de l’aérosol, c’est sa belle mousse légère.Mais, quand on y pense, le centimètre de mousse qui n’est pas en contact avec la peau ou les poils ne sert strictement à rien.Le mois prochain, nous continuerons avec la lotion après-rasage, la poudre, le shampooing et l’antisudorifique.D’ici là, joyeuses Fêtes ! ONCOURS*CONCOURS*CONCOUR LA POUTRE DANS L’ŒIL D’HERGÉ Il est encore temps de nous faire parvenir votre réponse à la question de novembre.Vous courez ainsi la chance de gagner un exemplaire de l’ouvrage Une passion : la science, de Claire Chabot, gracieuseté des Éditions MultiMondes.Une valeur de 19,95 $.La question est : Q : Dans l’album Le secret de la Licorne, Tintin veut défoncer un mur à l'aide d’une poutre.Il arrive à peine à décoller du sol une des extrémités de la poutre.Il passe alors une «corde» dans un anneau fixé au plafond, puis attache cette corde au milieu de la poutre.En tirant sur la corde, notre héros réussit à soulever la poutre à la hauteur de sa taille.Qu’est-ce qui cloche dans cette histoire ?"PilWONDES Les règlements de ce concours sont disponibles à l’adresse de Québec Science. ¦ ¦ I Kl LE CARREFOUR UNIVERSITAIRE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE - DEPUIS PLUS DE 20 ANS L’ENAP CONTRIBUE AU DÉVELOPPEMENT DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE 1295 diplômé-e-s de la maîtrise en administration publique.111 diplômés des nouveaux programmes en administration publique et en administration internationale.Le Centre de développement des cadres supérieurs.Le Séminaire d'été pour la haute direction.Le Programme intégré de management pour les cadres étrangers.Les Conférences de l'ENAP.Des programmes spécifiques d’activités gérés en concertation avec le Conseil exécutif du gouvernement du Québec : • le Forum ENAP, pour les sous-ministres ; • le Cercle ENAP, pour les sous-ministres adjoints ; • le Programme d’intégration des titulaires d’emplois supérieurs.L’ENAP EST FIERE DE CES REALISATIONS «Ê Université du Québec École nationale d'administration publique kiif ^JU' üilft.\ lin monde à votre portée! Disciplines offertes au premier cycle: • les arts et lettres • l’informatique • l’orthopédagogie • la psychoéducation • les relations industrielles • les sciences de l’administration • les sciences comptables • les sciences de l’éducation • les sciences sociales • les sciences infirmières • le travail social À celà s'ajoutent les programmes le de 2e cycle suivants: du'Sec à Hull avenir prcrniefîeur andragogie • éducation éducation spécialisée géronto-thanatologie gestion de projet management des services publics régionaux • relations industrielles Et un programme de 3e cycle en • éducation «tetoi I % 58 QUÉBEC SCIENCE/DÉCEMBRE 1991 -JANVIER 1992 6 DES PECTORAUX SUR DEMANDE | Après les prothèses mammaires, voici les pectoraux en silicone pour hommes ! Inventée par un chirurgien plastique renommé et vivant en Californie, la prothèse thoracique, faite de silicone est insérée sous la peau et vient grossir les muscles pectoraux, transformant du même coup la poitrine d’hommes maigrichons en poitrine d’athlète.Faite sur mesure, cette prothèse nécessite une intervention chirurgicale mineure et quelques semaines de convalescence.Ces opérations ainsi que celles qui consistent à implanter des mollets en silicone sont courantes sur la côte ouest des Etats-Unis.La loi du moindre effort.à l’américaine.(La Presse, 16/9/91) ÉCHEC ET MAT POUR UN PROBLÈME INSOLUBLE Un roi, aidé d’une tour et d'un fou, peut-il l’emporter sur le roi adverse soutenu par deux cavaliers ?Mine de rien, cette situation constituait jusqu’à tout récemment un problème réputé insoluble dans le petit monde des échecs.Or, voici qu’un étudiant en informatique américain vient de prouver que la combinaison roi-tour-fou pouvait, en 223 coups, l’emporter sur la combinaison roi-cavalier-cavalier.Ce résultat fut obtenu à l’aide d’un ordinateur, qui mit cinq heures à analyser 100 milliards de mouvements.Quelle partie ! (AP, in La Presse, 29/10/91) UN NÉANDERTHALIEN CARNIVORE Des chercheurs français ont analysé un fragment osseux ayant appartenu à un homme de Néanderthal et ils ont découvert que celui-ci était un carnivore strict, c’est-à-dire un très gros mangeur de viande.Vieux de 40 000 ans, le fragment avait été trouvé dans une grotte de Marillac, dans l’ouest de la France.La méthode scientifique utilisée était appliquée pour la première fois à des fossiles aussi anciens.Elle consistait à faire l’analyse isotopique du collagène, une protéine très résistante, conservée dans les fossiles.Le goût de la viande est une passion durable.(AFP, in La Presse, 6/9/91 ) UNE PREMIÈRE EN LAPAROSCOPIE Une équipe de chirurgiens d’un hôpital de Québec a réalisé une première canadienne en opérant, par laparoscopie, une femme de 52 ans souffrant d’un ulcère à l’estomac.Cette technique consiste à introduire dans le corps du patient, par des incisions d’un centimètre, un tube muni d’une caméra vidéo et des instruments chirurgicaux.Quelques mois auparavant, les chirurgiens ont eu recours à cette technique pour la première fois dans le traitement d’une hernie dans la région de l’aine.Entre autres avantages, la laparoscopie réduit le temps de récupération et les douleurs postopératoires.Une petite révolution chirurgicale.(PC, in La Presse, 17/9/91) J LE POULS DE LA TERRE Dans le cadre de la mission Planète Terre, la navette spatiale américaine Discovery a mis en orbite un satellite de la NASA chargé d’étudier durant 18 mois la couche d’ozone de la Terre.Cette couche protège la planète des rayons ultraviolets nocifs contenus dans la lumière solaire.Les quatre instruments installés à bord du satellite permettront de mesurer avec précision la dimension et la dynamique du « trou » observé, pendant quelques mois chaque année, dans la couche d'ozone située au-dessus de l'Antarctique.D’ici 15 ans, d’autres satellites mesureront l'impact de phénomènes tels que le réchauffement planétaire, la déforestation et la désertification.La pètite planète bleue, une patiente à suivre de près.(Time, 16/9/91) UNE PLANTE AUX EFFETS RENVERSANTS Je suis très petit, je porte un chapeau grisâtre d’environ deux centimètres de diamètre, et mon milieu de vie est bien souvent le.fumier.Qui suis-je ?La réponse à cette devinette est le psilocybe semilanceata, le champignon hallucinogène le plus répandu en Amérique du Nord.Au Québec, la découverte de ce champignon, en Estrie, remonte à environ trois ans.La plutée du saule, une autre espèce de champignon « magique », pousse également au Québec.Dans l’un et l’autre cas, l’agent actif est la psilocybine, un alcaloïde qui agit sur les neurones du cerveau.Une fois ingurgitées, ces plantes donnent notamment le vertige et des nausées, augmentent l’acuité auditive et créent un état d’euphorie.On est loin de l’omelette aux champignons ! {La Presse, 3/10/91) n DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 / QUÉBEC SCIENCE 59 Le Magazine Québec Science UN BON AMI ! V / Un ami qui vous renseigne sur l'actualité scientifique nationale et internationale qu'elle soit en provenance du monde anglophone ou du monde francophone, du Nord comme du Sud, qu'elle soit reliée aux sciences physiques comme aux sciences humaines; istf dessi ptetj le J U n ami qui prend soin de vous en vous présentant un regard humain et critique sur les développements scientifiques et technologiques d'intérêt; Un ami qui vous enrichit en vous procurant, à vous et aux vôtres, des pratiques fidèles de lecture, en accroissant vos connaissances et en élargissant vos horizons sur la francophonie et sur le monde.ABONNEZ-VOUS Vous recevrez 10 numéros du magazine Québec Science par année.Ou MIEUX, DEVENEZ MEMBRE de la Fondation Québec Science Vous recevrez 10 numéros du magazine Québec Science par année.Vous bénéficierez d'avantages financiers exceptionnels sur une foule de produits et services annoncés dans le magazine Québec Science ou dans son catalogue.Facile à lire nm ZZQ ro®' K, im UM ta li D Vous supporterez le développement des connaissances scientifiques chez les jeunes et contribuerez à la relève.Tout abonné actuel peut devenir membre en faisant un don annuel de 25 $ * Un instrument AUt°formation.¦s:.: collai tem T A R I F S AU CANADA SEULEMENT MEMBRE ABONNÉ ABONNÉ VOULANT DE LA FONDATION RÉGULIER DEVENIR MEMBRE Prix avec TPS Prix avec TPS Prix avec TPS 3 ans 139,76 $ * ?72,76 J ?75,00 S * ?2 ans 101,43 $ * ?52,43 $ ?50,00 S * ?1 an 56,96 $ * ?56,96 $ ?25,00 S * ?pli Half, «wgli ifnrm.iiiijllp BlM l’iifoi POUR LES TARIFS À L'ÉTRANGER, VOYEZ EN PAGE 7 DE CE MAGAZINE ?Chèque ?Mandat postal ?Visa ?MasterCard Libellez votre chèque ou mandat postal à l'attention de Québec Science N° de carte _________________________________ Date d'expiration Signature ________ ?Veuillez m'inscrire comme membre de la Fondation Québec Science (Tarif MEMBRE seulement) ?Veuillez m'inscrire comme abonné régulier ?Je suis déjà abonné, je veux devenir membre de la Fondation Québec Science ?Je désire seulement recevoir le Catalogue des avantages i i i i i i i i CbiCOii lois il NOM 1 1 1 1 1 i 1 1 1 1 1 1 PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 , 1 1 , , 1 ADRESSE 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 APP.1 1 1 1 1 J VILLE 1 1 1 1 1 1_ I SEXE: M ?Il F ?1 1 1 1 L PROVINCE 1 1 1 1 1 1 1 : >i»S «Ui Won J ¦ hot tain liret CODE POSTAL TELEPHONE ft( iWé * Un reçu de charité est émis pour la potrion don de votre paiement Détachez et expédiez à QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillcry, Québec, GIT 2R1 Téléphone : (418) 657-3551 poste 2854 • Télécopieur : (418) 657-2096 folUi ¦r* etit catéchisme de l’in-formation et la commu-nication ?Pas du tout ! Mais L'état des médias révèle les dessous du clergé médiatique et jette une vive lumière sur les artefacts de l'information.LETATDES MEDIAS ssas la directisn de Jean-Marie Chaton mt U cVjSnvu a* Rxue Soroya» CHARON, Jean-Marie (direction), SAUVAGEAU, Florian (collaboration) et al.L’état des médias Boréal - La Découverte - Médiaspouvoirs - Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) Montréal, Paris 1991.462 pages, 29,95 $ ISBN 2-89052402-7 Plus d’une centaine d’auteurs et de collaborateurs jettent des ponts entre des domaines tels la sociologie, l’économie, le droit, l’informatique, les sciences politiques, les télécommunications, d’une part, et le monde de l’information et de la communication, d’autre part.Cette riche mosaïque de points de vue est aussi l’occasion d’une heureuse collaboration franco-québécoise ; en effet, des Québécois du milieu, la plupart bien connus, comptent pour le quart des collaborateurs.Florian Sauvageau, journaliste et professeur à l’Université Laval, assure d’ailleurs la coordination des travaux pour l’Amérique du Nord.L’ouvrage est d’une facture en tous points semblable à l’annuaire économique et géopolitique qu’est L’état du monde, auquel l’éditeur nous a habitués : un format compact, une mise en page serrée en double colonne, des tableaux et des schémas, un index général et thématique, le tout suavement illustré par Tignous.Les quelque cent quatre-vingt articles sont inégalement distribués en sept parties.La première, « Enjeux », avec ses deux articles, fait figure d’introduction.Les trois parties suivantes (« Information, programmes, contenu », « Matériels et techniques » et « Le public des médias ») traitent respectivement de ce qu’on pourrait appeler le contenu, le contenant et le consommateur.Chacune de ces trois parties ratisse, de son point de vue particulier, les mêmes secteurs : télévision, radio, presse, édition et télécommunications.La cinquième partie, « Société, économie, politique », plus touffue celle-là, traite des liens heureux et malheureux entre les médias et la culture, le pouvoir et l’argent.Une sixième partie rassemble des articles sur les métiers et formations du domaine de l’information et des communications.La dernière, « Courants de recherche », ne comporte étrangement qu’un seul article, signé Serge Proulx, co-auteur de L’Explosion de la communication.Intéressant, mais un peu maigre ; où sont donc les chercheurs ?La communication ne se pratique pas de la même façon sur le Vieux Continent que dans le Nouveau Monde ; L’état des médias en a tenu compte.On met bien en parallèle, au fil des articles ces deux pôles majeurs.Néanmoins, L’état des médias, c’est avant tout l’état des médias français.Puis vient la situation nord-américaine, seconde en importance.Quelques autres régions du monde (Extrême-Orient.Italie, URSS, Afrique du Nord, Brésil) font l’objet d’une considération particulière.L’ouvrage peut-il alors prétendre à l’universalité, comme le titre et le format semblent l’annoncer ?C’est néanmoins un tour d’horizon saisissant, que L’état des médias offre à son lecteur.La diversité des points de vue et des sujets donne une perspective horizontale des plus fertiles en pistes de réflexion, en plus de l’information brute et à jour.Des chiffres, des idées, des événements, des faits, des explications : on attend un peu de tout, de ce genre d’ouvrage, et on est en l’occurrence bien servi.A mi-chemin entre l’encyclopédie et le rapport, L’état des médias a visiblement été conçu pour être lu et apprécié par un large public.Un petit chef-d’œuvre de vulgarisation et de synergie.Eric Gagnon — —- A IA Of COIMRU Dt t UNIVERS La vie des insectes sociaux ABEILLES.F0URM1S.TERMITES Daniel Lebrun * IBM '.fferfï' rv*' ¦_ /: V sR ¦ LEBRUN, Daniel La vie des insectes sociaux : abeilles, fourmis, termites Éditions Ouest-France, Rennes 1991,158 pages, 24,95 $ ISBN 2-7373-0673-6 La vie des insectes sociaux est un ouvrage qui présente les aspects les plus saisissants des mœurs de certaines sociétés d’insectes, notamment les termites les abeilles et les fourmis.Très diversifié et traitant des dimensions tant anatomiques que comportementales, ce livre donne une vision globale de la vie des insectes sociaux.Le sens de l’orientation chez les abeilles, la climatisation de la ruche, le langage des fourmis ou la digestion du bois chez les termites sont quelques exemples de thèmes abordés dans une langue qui, tout en restant accessible, révèle un souci constant de précision.Par exemple, la première partie du volume, consacrée aux abeilles, nous apprend que celles-ci ont des yeux « composés », chacun étant formé de 9 000 petites unités identiques, les ommatidies, et que ces yeux particuliers permettent à l’insecte de distinguer 300 images par seconde, comparativement à 24 pour l’homme.Mais cette vision n’est d’aucune utilité au moment de la « danse des abeilles », car ce comportement, utilisé par une butineuse pour indiquer une source de nectar à ses congénères, a lieu dans une ruche obscure.Dans ce cas, la perception de l’information n’est pas de nature visuelle mais chimique.L’univers des insectes sociaux est donc un monde de communication, où les sécrétions chimiques jouent un rôle déterminant.Faisant d’abord connaissance avec le nom des différentes glandes responsables de ces sécrétions chez les abeilles ou les fourmis, le lecteur apprendra ensuite le rôle spécifique de ces glandes.Leurs sécrétions (appelées phéromones), sortes de molécules messagères, influencent grandement l'organisation des colonies d’insectes.En abordant ce thème, l’auteur fait valoir les progrès dont a bénéficié l’entomologie au cours des dernières années.Dus surtout à l’apport de nouvelles disciplines, comme la microbiologie ou la biochimie, ces progrès ont révélé l’existence des phéromones et permis d’appréhender l’univers des insectes sociaux avec une vision neuve.Qu’il s’agisse de parler des phéromones, de définir l’anatomie d’un insecte en particulier, d’expliquer comment la reine bloque le développement ovarien de ses ouvrières ou d’analyser la structure de ces sociétés, l’auteur utilise toujours un langage accessible.L’ouvrage comporte plusieurs illustrations, obtenues par microscope électronique à balayage, qui permettent de renforcer la description des nombreux détails morphologiques étudiés dans le texte.René Caissy DÉCEMBRE 1991 -JANVIER 1992/QUÉBEC SCIENCE 61 IDANS LE PROCHAIN NUMERO FUSION THERMONUCLEAIRE (Guy Faquin et Marie-Noëlle Deiatte) En novembre dernier, une équipe européenne produisait pour la première fois une réaction de fusion.Guy Faquin et Marie-Noëlle Deiatte se sont alors demandé ce que l’on peut attendre du Tokamac de Varennes.LE VIVANT SOUS BREVET (Jean-Marc Fleury) Trois ans après les États-Unis, l’Europe vient de breveter le premier organisme vivant supérieur, une souris.Les inventeurs canadiens peuvent déjà breveter des lignées de cellules microbiennes, animales ou humaines.Jean-Marc Fleury décrira les enjeux de la « brevetabilité » du vivant et quelques-unes des techniques du génie génétique qui justifient ces brevets.LES INSECTES SOCIAUX (RenéCaissy) René Caissy propose au lecteur une incursion au cœur de la fourmilière et de la ruche, afin de découvrir les mécanismes qui sont à l’origine de ces organisations sociales complexes.Posez un geste pour sauver notre béluga ! En achetant ce numéro de Québec Science en kiosque et en participant au concours, vous rendrez possible l’adoption d'un béluga par les agents distributeurs de Québec Science, en collaboration avec les Messageries Dynamiques.Vous pourrez constater sur la silhouette ci-contre, qui paraît dans chaque numéro de Québec Science, la progression des résultats visant le sauvetage de notre béluga.Plus de 125 bélugas ont été photo-identifiés par les chercheurs de l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent et 63 d’entre eux ont été adoptés.Au cours de l’été 1991, les biologistes de l’Institut ont revu 25 de ces animaux.Seul un patient travail de longue haleine permettra de connaître le sort qui leur est réservé.GAGNEZ UN SEJOUR de 3 jours et 2 nuits pour deux personnes à VHôtel Tadoussac et une croisière d'observation des baleines.En plus d'aider à sauver notre béluga, votre geste vous donnera la chance de gagner une fin de semaine pour deux à l'Hôtel Tadoussac, au cours de laquelle vous aurez l’occasion d'aller observer les baleines à l'embouchure du Saguenay et, qui sait, peut-être d’y apercevoir notre futur adopté ! Si vous avez acheté ce magazine chez un détaillant, remplissez tout simplement le coupon ci-dessous, puis découpez et remettez-lui cette annonce complète (les fac-similés ne sont pas acceptés).Vous serez ainsi automatiquement inscrit au concours.Estampe du détaillant Remettez au détaillant qui vous a vendu ce numéro de Québec Science Nom Adresse Ville___ Code postal Cochez si vous désirez des renseignements i i sur la Fondation Québec Science |___________| Route ?62 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1991 - JANVIER 1992 PLEINS FEUX SUR LES LAUREATS RECHERCHES BELL-NORTHERN (meilleure production québécoise) «Bombe «A» à Montréal», Conodo, 1991, Pierre Buron Azinamé international INSPEC-SOI ENVIRONNEMENT (meilleur film environnement) «L'île aux flamants», France, 1990, Thierry Thomas, Janine Mira Service du Film de Recherche Scientifique (SFRS) Le Festival international du film scientifique du Québec, qui s'est déroulé à Québec et à Montréal du 21 au 27 octobre dernier sous les thèmes des communications et de l'environnement, félicite les gagnants de sa deuxième édition.En plus du Grand Prix Northern Telecom et des mentions spéciales, six autres prix ont été attribués: GRAND PRIX NORTHERN TELECOM 1 «Le chant des harmoniques», France, 1989, Hugo Zemp CNRS Audiovisuel 1ER PRIX NORTHERN TELECOM «Avoir du panache», Canada, 1989, Jean-Louis Frund Les productions Jean-Louis Frund 2E PRIX NORTHERN TELECOM «Intelligences artificielles», France, 1989, Dominique Lecuivre Culture production MINISTÈRE DES COMMUNICATIONS (institutionnel ou entreprise) «Réseau 2000», Canada, 1990, Patrick Clune Cléo 24 pour Bell Canada PRIX DU PUBLIC (meilleur reportage scientifique québécois de télévision) «Bébés et langage», Canada, 1990, Francine Charron Société Radio-Canada (Série Découverte) MENTIONS SPÉCIALES «The Tide of War», Grande-Bretagne, 1991, John Bulmer Survival Anglia «Todeszone: après la catastrophe nucléaire de Biblis», Allemagne, 1991, Joachim Faulstich, Georges M.Hofner Hessischer Rundfunk Société pour la promotion de la science et de la technologie Ville de Montréal MUSÉE DE LA CIVILISATION Enseignement supérieur et Science Québec Québec mexiers de la Le réseau de l'Université du Québec veut répondre aux besoins croissants de dével oppement scientifique ettechnologio^.e du Québec.Ses activités d'enseignement et de recherche en sciences pures et appliquées offrent aux jeunes leur place dans le marché du travail des prochaines années.LES NOUVEAUX CHEFS DE FILE Les établissements du réseau sont engagés collectivementdans des "projets mobilisateurs" qui préparent aujourd'hui les métiers de demain.Voici un aspect des sec-teursen émergence.L'Université du Québec est prête à vous y accueillir.UQAIVI SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT UQTR TECHNOLOGIE INDUSTIELLE UQAC GÉNIE UNIFIÉ UQAR INGÉNIERIE UQAH SCIENCES DE L'INFORMATION -GÉNIE INFORMATIQUE UQAT GÉNIE UNIFIÉ INRS SCIENCES DES MATÉRIAUX IAF VACCINS ET INNOVATION TECHNOLOGIQUE ETS TECHNOLOGIE DES SYSTÈMES TELUQ INFORMATIQUE COGNITIVE Université du Québec
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