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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Décembre-Janvier 1993
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

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Références

Québec science, 1992, Collections de BAnQ.

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H de serre ui faut-il roire ?A.ilipse de Lune 9 décembre ychosociologie is cadeaux de Noël Æï'" : .j* ’ / c'it ¦r y >**$! .•a-¦'¦r ^ m k :% 3333 01719 1 1 Catherine Potvin, chercheuse en écologie végétale A Université de Montréal Faculté des études supérieures .L’Université de Montréal compte la plus importante faculté des études supérieures au Canada.Elle décerne chaque année environ 260 doctorats et 2 000 maîtrises, certificats et diplômes d’études supérieures spécialisa La Faculté des études supérieures propose 50 certificats et diplômes d’études supérieures spécialisées, 116 programmes de maîtrise, 74 programs de doctorat et un programme d’études postdoctorales dans les secteurs suivants : sciences fondamentales et appliquées • aéronautique (Polytechnique) conjoint avec McGill et Concordia • aménagement a spécialisations • administration (H.E.C.) 7 spécialisations Ph D.conjoint avec UQAM, McGill et Concordia • bibliothéconomie et sciences de l’information • chimie • démographie • éducation 11 spécialisations • environnement et prévention • génie (Polytechnique) 12 spécialisations • génie biomédical conjoint avec Polytechnique • géographie • géologie • informatique et recherche opérationnelle • mathématiques • mathématiques de l’ingénieur conjoint avec Polytechnique • physique • psychologie • sciences biologiques • sciences économiques • sciences humaines appliquées • statistique • toxicologie • urbanisme sciences humaines et sociales sciences administration (H.E.C.) 7 spécialisations Ph D.conjoint avec UQAM, McGill et Concordia anthropologie bioéthique communication Ph.D.conjoint avec UQAM et Concordia criminologie démographie droit éducation 11 spécialisations études allemandes études anglaises études françaises études hispaniques histoire histoire de l’art linguistique et philologie littérature comparée et générale muséologie conjoint avec l'UQAM musique 5 spécialisations philosophie psycho-éducation relations industrielles science politique sciences économiques sciences humaines appliquées sciences médiévales service social sociologie théologie traduction urbanisme 4 spécial!! de la santé administration des services de sar anatomie biochimie bioéthique biologie moléculaire biopathologie cellulaire éducation physique environnement et prévention ergonomie conjoint avec Polytechnique génie biomédical conjoint avec Polytechnique médecine dentaire médecine du travail et de l’environnement médecine vétérinaire 6 spécial! microbiologie et immunologie nutrition optométrie orthophonie-audiologie pharmacie pharmacologie physiologie psychologie réadaptation santé communautaire sciences biomédicales sciences infirmières sciences neurologiques toxicologie virologie conjoint avec l'Institut Armand Frappier 6 spécial!! di Demandes d’information : pour l’Université de Montréal Service des admissions Université de Montréal C.P.6205, succursale A Montréal (Québec) Canada, H3C 3T5 Tél.: (514) 343-6426 pour l’École Polytechnique : Bureau du registraire École Polytechnique de Montréal C.P.6079, succursale A Montréal (Québec) Canada, H3C 3A7 Tél.: (514) 340-4713 pour l’École des Hautes Etudes Commerciales École des Hautes Études Commercial! 5255, avenue Decelles Montréal (Québec) Canada, H3T 1V6 Tél.: (514) 340-6151 Sommaire **, ( 4 Éditorial ,, Effet de serre : la politique de l’autruche M I c O Courrier œil: 48 La dimension cachée Le père Noël chez le psy par Raynald Pépin Actualités 7 Astronomie Éclipse totale de Lune le 9 décembre par Pierre Clmslenay Où, quand, comment observer et photographier cette éclipse, qui sera probablement spectaculaire.9 Pseudo-science r S Dossier 15 22 Sports d'hiver Danger : avalanches ! Effet de serre Un avenir rouge pour la planète bleue ?par Étienne Denis Les conséquences de l’effet de serre pourraient être fort différentes de ce qu’on imagine.Une nouvelle ère glaciaire ?Le C02 toxique pour les plantes ?Climatologues, physiciens, écologistes dressent un portrait pour Québec Science.36 Sida Le vaccin québécois Quand un chimiste se mêle de sociologie par Claire Chabot Une revue scientifique canadienne s’est mis les pieds dans les plats en publiant un article qui n’avait rien de scientifique.Ilfk 1 9 Flashes technologiques 10 lifll I 1 Parcs québécois Le IMord sera protégé par Raymond Lemieux Quatre parcs seront créés au nord du 50e parallèle, une décision importante pour la préservation de la biodiversité québécoise.Muséologie Les musées : temples ou bazars ?par Gérald Baril Un musée doit-il être un heu de méditation ou un lieu d’expression communautaire ?par Raynald Pepin Des torrents de neige dévalent les pentes et ensevelissent les skieurs et les alpinistes.Au Québec aussi ! 29 Universités et entreprises Les mariages de raison par Benoit Chapdelaine Les nouvelles réalités, notamment économiques, forcent les universités à évoluer.Souvent, la collaboration avec l’entreprise est déjà en place.Mais en génie, le Conseil des universités leur attribue la mention : « peut faire mieux ».par Pauline Gravel Une chercheuse de l’Institut Armand Frappier développe un vaccin contre le sida.Les tests sur les animaux sont prometteurs.••• • •• 42 Astrophysique La deuxième vie des étoiles mortes par Jean-Rémi Duquel Dans les brumes des explosions de supemovæ, les astrophysiciens cherchent l’étoile à neutrons qui confirmera les théories d’évolution cosmique.DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 I QUÉBEC SCIENCE 3 Editorial Effet de serre : la politique de l’autruche Faut-il croire au réchauffement planétaire ?C’est un de ces dossiers environnementaux où, assailli d’opinions contradictoires, on ne sait plus quoi penser.Et cette incertitude pousse à l’inaction là où les conséquences pourraient être graves.Deux choses sont sûres : depuis le début de l’ère industrielle, nous émettons de plus en plus de gaz qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère, et les températures moyennes de la planète ont augmenté depuis cent ans.Y a-t-il une relation de cause à effet entre ces deux phénomènes, ou assistons-nous plutôt à une fluctuation naturelle du climat ?C’est encore impossible à déterminer.Cependant, selon les modèles en cours, il y a assez de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour causer le réchauffement actuel.Il est aussi impossible de prédire les conséquences exactes du réchauffement planétaire : les facteurs à considérer, trop nombreux, sont mal connus, et les modèles climatologiques trop rudimentaires, comme vous le lirez dans le dossier-synthèse d’Etienne Denis, à la page 15.Ces conséquences pourraient être graves, pour la nature et pour les humains.Le régime des précipitations, les courants marins et la santé des plantes, pour n’en citer que quelques-uns, pourraient être fortement perturbés.Attendre des certitudes, c’est jouer à l’autruche.Le Canada est un des plus gros émetteurs de C02 par habitant, même s’il n’est responsable que de 2 % des émissions globales, selon Environnement Canada.Il faut bien sûr réduire ces émissions : développer des technologies pour utiliser l’énergie de façon plus efficace, et réduire considérablement l’utilisation des combustibles fossiles comme source d’énergie.Ces changements passent par de nouvelles technologies (sources d’énergie alternatives, efficacité énergétique) mais üs supposent aussi de considérer les facteurs environnementaux au moment de prendre certaines décisions politiques et économiques.Des exemples.Favoriser l’étalement urbain, en subventionnant le développement des nouvelles banlieues et en négligeant QUEBEC SCIENCE La Revue Québec Science : ! 425, rue De La Gauchetière Est, CEGEP de Jonquière Montréal, Québec, H2L2M7 ADMINISTRATION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédactrice en chef : Isabelle Montpetit Collaborateurs : Gérald Baril, Claire Chabot, Suzanne Champoux, Benoit Chapdelaine, Pierre Chastenay, Étienne Denis, Jean-Rémi Duquet, Pauline Gravel, Raynald Pepin.Photo de la page couverture : Cari Valiquet Photographes : Normand Blouin, Cari Valiquet Illustrateurs : Caroline Mérola, Rémy Simard, Yayo Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Étienne Denis, Jean-Marc Fleury, Félix Maltais, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu PRODUCTION Graphisme : Normand Bastien Séparation de couleurs et pelliculage électronique: Les ateliers haut registre inc.Impression : Imprimerie L'éclaireur, Groupe Québécor COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs Au Canada (taxes incluses) : lan (10 numéros) 32,36$ Groupe (10 ex./même adresse) 28,89$ 2 ans (20 numéros) 56,62 $ 3 ans (30 numéros) 78,58$ À l'unité 3,75 $ À l'étranger : lan (10 numéros) 39,00$ 2ans (20 numéros) 68,00 $ 3 ans (30 numéros) 95,00 $ À l'unité 4,00 $ Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de DAWSON FRANCE, B.P.57, 91871, Palaiseau, Cedex, France d’améliorer la qualité de la vie urbaine contribue directement à l’effet de serre.Il y r peut-être des arguments économiques poui augmenter les coûts du transport en corn mun, mais c’est une décision à courte vue cai elle hypothèque l’avenir.Même si des mesures vigoureuses étaienl prises dès maintenant, Environnement Canada prévoit que la quantité de C02 doublera dans l’atmosphère.Comment nous adapterons-nous aux conséquences d’un tel doublement ?On suggère déjà de planter des arbres pour rafraîchir les villes et les bords des cours d’eau, et aussi comme brise-vent dans les champs cultivés pour réduire la sécheres se.Mais il faudra absolument raffiner nos modèles climatiques pour avoir une idée plus précise des régions affectées.Comment planifier l’agriculture des prochaines décennies si on ne sait pas si le sud du Canada sera plus chaud.ou plus froid ?Mieux connaîtfe la dynamique et les conséquences du réchauffement planétaire nous immunisera aussi contre la politique de l’autruche ! Isabelle Montpetit REDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-3551, poste 2854 Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) Membre de : The Audit Bureau CPPA & Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : (418) 648-2627 4 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 "I Université du Québec École de technologie supérieure L’ETS : le génie pour l’industrie Pour faire face aux défis de plus en plus complexes qu’elle rencontre, l'industrie québécoise a plus que jamais besoin d’ingénieurs qui connaissent ses exigences particulières.À l’ÉTS, nous formons ces hommes et ces femmes.S’adressant spécifiquement aux personnes qui détiennent un DEC en techniques physiques, nos programmes d’enseignement sont axés sur la pratique, l’expérimentation et la réalisation de projets.De plus, grâce à notre formule d’enseignement coopératif, tous nos étudiants acquièrent dès leurs études une expérience et une connaissance des réalités de l’industrie dont bénéficieront grandement leurs employeurs.Les ingénieurs de l’ÉTS.des participants actifs au développement de l’industrie d’ici.École de technologie supérieure, 4750, avenue Henri-Julien, Montréal, H2T 2C8, (514) 289-8800 UNIVERSITÉ DU QUÉBEC A C PLUS PRES DE L'ÉTUDIANT ENSEMBLE VERS L'EXCELLENCE LES PROGRAMMES D’ÉTUDES AVANCÉES PROGRAMMES DE 3e CYCLE DOCTORATS Doctorat en éducation (collaboration UQAH.UQAM.UQTR.UQAR.UQAT) Doctorat en ressources minérales Doctorat en ingénierie (entente Université de Montréal) Doctorat en théologie (extension Université de Montréal) PROGRAMMES DE 2e CYCLE MAÎTRISES DE RECHERCHE (45 crédits) Maîtrise en arts plastiques (extension UQAM) Maîtrise en éducation concentrations enseignement et administration scolaire Maîtrise en études littéraires (extension UQTR) Maîtrise en études régionales Maîtrise en gestion des petites et moyennes organisations Maîtrise en ingénierie Maîtrise en linguistique (extension Université Laval) Maîtrise en médecine expérimentale (volet génétique) (extension Université Laval) Maîtrise en ressources renouvelables Maîtrise en sciences de la Terre Maîtrise en théologie (extension Université de Montréal) MAÎTRISE PROFESSIONNELLE (45 crédits) Maîtrise en gestion de projet (programme réseau UQ) DIPLÔME DE 2e CYCLE (30 crédits) Diplôme de 2e cycle en français langue maternelle "I Université du Québec à Chicoutimi 555.boulevard de l'Université, Chicoutimi (Québec).G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5011 Courrier Une page couverture qui dérange Vous avez choisi de vendre le numéro d’octobre de Québec Science ; l’aide d’une couverture qui lui permet de passer pour Penthouse ou Play boy.De plus, l’article qu’elle prétendait annoncer, sur les dangers des prothè ses mammaires, ne questionne pas du tout les stéréotypes de beauté mammai re qui ont amené tant de femmes à risquer leur vie.(.) Nous avons été témoins de la bataille menée par des travailleuses pou que les murs de leurs milieux de travail ne soient pas tapissés de pin-ups qu les rendent mal à l’aise.Ce genre de représentation des femmes dans les en droits consacrés aux hommes relègue les femmes à un rôle d’objet et nuit à 1; productivité de l’équipe.(.) Notre milieu scientifique est aussi un « ghetto d’emploi masculin » que nou avons de la difficulté à pénétrer.Nous (.) ne voulons pas que les murs de no milieux de travail soient couverts de pin-ups.Nous espérons au contraire qui la nouvelle équipe de Québec Science fera un effort pour faire reconnaître h contribution scientifique des femmes et pour apporter une critique féministi dans les articles où ce sera pertinent.Karen Messing, Ph.D., Donna Mergler, Pli.D., Nicole Vézina, D.Erg.Lucie Dumais, Ph.D., Suzanne Bélanger, M.Sc., Ana Maria Seifert, M.Sc.Céline Chatigny, B.Sc., Micheline Boucher, B.Sc., Gail Ouellette, M.Sc chercheures de CINBIOSE (Centre pour l’étude des interaction) biologiques entre la santé et l’environnement) Du jargon dans Québec Science Nous fûmes fort surpris de lire en page 25 de la livraison d’octobre 1992 di magazine Québec Science « un micron » alors que cette unité fut rejetée au plan international par la résolution 7 de la 13e Conférence générale des poids et mesures (1967).Cette position se retrouve également dans la norme canadienne CAN/CSA-Z234.1-89 (page 28).(.) Il nous semble intolérable de la part d’un tel magazine de perpétuer des termes de jargon laborantin.Nous devons vous concéder que cette régression est moindre que celle notée dans votre numéro de septembre 1992, en page 23, où vous avez utilisé l’orthographe « feignant » pour un terme où l’orthographe « fainéant » est préférée depuis au moms le XVe siècle ! Sans vouloir verser du vitriol, nous vous rappelons que le nom de la rue où: vous êtes actuellement doit s’écrire De La Gauchetière.(Voir Commission de: toponymie).(.) Guy W.-Richard Erratum Dans le numéro de novembre de Québec Science (Histoires de pêcheurs.et de scientifiques), les propos de Monsieur Jean Boulva sur les rorquals à bosse et la morue ont été déformés.En fait, Monsieur Boulva a affirmé qu’aucune étude ne démontre que les rorquals à bosse mangent effectivement de la morue.Nos excuses à Monsieur Boulva et au joumahste René Caissy.Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue de la Gauchetière Est Montréal, Québec H2L 2M7 6 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 Actualité Astronomie wfe «ml 3lfe| oiînit: lew Eclipse totale de Lune le 9 décembre a Lune passera dans 'ombre de la Terre au cours je la soirée du mercredi 9 décembre 1992.L'éclipse sera probablement à la fois spectaculaire et facile à M observer.¦il fflfc SÏT M Md iilei» «te trf :r: iriK tbï irtt Et sar Pierre Chastenay, astronome au ^anétarium Dow de la \/ille de Montréal L î yi ’éclipse totale de Lune du 9 décembre sera « démocratique » : même ceux qui devront se lever tôt le lendemain rourront l’observer sans empiéter ;ur leurs précieuses heures de sommeil ! L’éclipse se déroulera en dérut de soirée, de 16h à 21h30.Lors d’une éclipse, la Lune entre dans l’ombre que la Terre, éclairée rar le Soleil, projette dans l’espace, r Lors d’une éclipse totale, toute la r Lune est obscurcie pendant près de trois reures.> Les éclipses de Lune ne peuvent se produire qu’à la pleine lune, de la même fa-jon que les éclipses de Soleil ne se produisent qu’à la nouvelle lune.Mais il n’y a pas d’éclipse à chaque mois ! L’orbite lunaire -St en effet inclinée par rapport à l’orbite de la Terre autour du Soleil.La Lune passe donc habitellement au-dessus ou en-dessous du cône d’ombre de la Terre.Ce n’est que lorsque la Terre, le Soleil et la pleine Lune se trouvent dans le même plan qu’une éclipse de Lune est possi-|ple(vo!> l'illustration de la page suivante).L eclipse débute lorsque le bord lunaire npénètre dans la zone de pénombre.Mais les changements les plus spectaculaires se produisent plus tard, lorsque la Lune passe L'éclipse totale de Lune du 6 juillet 1982.de la pénombre à l’ombre.On distingue alors nettement le profil de la Terre projeté sur le disque lunaire.On dit que Platon, au quatrième siècle avant Jésus-Christ, s’est convaincu de la sphéricité de la Tenu en observant l’ombre incurvée de notre planète s’avancer sur la Lune ! En théorie, une fois que la Lune a complètement pénétré dans le cône d’ombre, plus aucune lumière ne devrait l’atteindre.Elle reste pourtant faiblement éclairée.L’atmosphère terrestre dévie en effet la lumière solaire, un phénomène physique simple connu sous le nom de réfraction.Une certaine quantité de lumière est ainsi dirigée vers l’intérieur du cône d’ombre, où elle éclaire notre satellite.Cette lumière n’est pas blanche.L’atmosphère laisse surtout passer les rayons rouges, absorbant plus de rayons bleus (ce qui explique la couleur du ciel le jour).La Lune prendra donc une teinte rougeâtre de plus en plus prononcée au fur et à mesure qu’elle s’avancera dans le cône d’ombre.L’éclipse de Lune de décembre pourrait toutefois être bien plus rouge et sombre que les autres.En juin 1992, l’éruption du volcan philippin Pinatubo a projeté dans la stratosphère une grande quantité d’acide sulfurique et de suie.Cette poussière pourrait bloquer une bonne partie de la lumière qui illuminerait normalement la partie du disque plongée dans l’ombre de la Terre.Quand observer L’éclipse débute à 15h55 (heure normale de l’est), alors que le disque lunaire est encore sous l’horizon est.En effet, la Lune ne se lève qu’à 16h04, peu de temps avant le coucher du Soleil à 16hl7.Mais les changements les plus spectaculaires dans l’apparence de la Lune ne se produiront qu’à partir de 16h59, lorsqu’elle commencera son voyage dans le cône d’ombre.C’est à ce moment que vous devriez commencer à observer le phénomène.Dès lors, l’ombre de la Terre s’avancera lentement sur le disque lunaire.Le crépuscule devrait se terminer vers 18h, juste à temps pour le début de la phase de totalité, qui commencera à 18h07.À partir de ce moment, la Lune ne sera plus éclairée que par la lumière réfractée par l’atmosphère terrestre.Le maximum de l’éclipse surviendra à 18h44, et la phase de totalité se terminera à 19h21.La Lune quittera définitivement DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 / QUÉBEC SCIENCE 7 l’ombre à 20h29, et l’éclipse prendra fin à 21h33.En tout, l’événement aura duré cinq heures et trente-huit minutes.Comment observer L’observation d’une éclipse de Lune ne présente aucun danger pour les yeux, contrairement à une éclipse de Soleil, dont les rayons ultra-violets peuvent très sérieusement endommager la rétine de l’oeil si aucune précaution n’est prise.Pour réunir les meilleures conditions d’observation, choisissez un endroit sombre, préférablement dans un parc ou à la campagne, où l’horizon en direction nord-est est bien dégagé.Le phénomène pourra également être observé en ville, mais la pollution lumineuse vous y empêchera peut-être de distinguer le disque à l’intérieur de la zone d’ombre.Dans tous les cas, munissez-vous d’une paire de jumelles ou d’un petit télescope.Vous pourrez observer les montagnes et les cratères lunaires glisser lentement dans l’ombre : c’est un spectacle saisissant ! Il est même possible de photographier l’événement (voir l’encadré).Habillez-vous chaudement et.bonne éclipse ! • Orbite de la lune Pénombre Soleil Ombre Terre ^ ~~ Pénombre K Une éclipse de Lune est le résultat du passage de la Lune dans l'ombre de la Terre Ce schéma n'est pas à l'échelle.Photographier l'éclipse Les photographes qui voudront fixer l'événement sur pellicule auront avantage à utiliser un film couleur rapide.En effet, le mouvement apparent de la Lune (causé par la rotation de la Terre sur elle-même) la fait se déplacer dans le ciel de la moitié de son diamètre en une minute.Il faut donc ajuster les temps de pose à 10 secondes ou moins.Sinon, ce mouvement deviendra apparent sur la photo.Le tableau donne les temps de pose et les ouvertures recommandées à divers moments de l'éclipse et pour divers types de films.Le posemètre de votre appareil vous permettra peut-être de déterminer la durée de l'exposition sans recourir au tableau.Envoyez-nous vos photos de l'éclipse.Nous publierons la meilleure.Le Planétarium Dow de la Ville de Montréal présente un spectacle spécial intitulé Moment de l'éclipse Vitesse du film ISO 100-125 200 400 1000 « Éclipse 92 », du 5 au 9 décembre à 13h15, 15h45 et 20h30.Si le temps le permet, il y aura également une session Pleine Lune 1/250 f/11 1/250 f/22 1/250 f/22 1/500 f/22 d'observation organisée au Planétarium le soir de l'éclipse.Le Planétarium est si- Pénombre 1/60 1/60 1/125 1/250 tué au 1000, rue Saint-Jacques, à l’angle de la rue Peel (métro Bonaventure, sortie f/11 f/16 f/16 f/16 Ombre 1 1 1/2 1/4 gare Windsor).Renseignements et réser- vations : (514) 872-4530.f/2.8 f/2.8 f/2.8 f/2.8 91-92-105 J Pour une profession en demande partout! Entreprenez dès l'automne 1993, le nouveau programme de Baccalauréat en sciences infirmières (formation initiale) Université du Québec à Hull mmniriwmmr Pseudo-science Quand un chimiste se mele de sociologie Le Canadian Journal of Physics publiait en 1990 un article dénué te tout fondement scientifique, 3Ù l'auteur dénonçait les femmes pui travaillent, le divorce, la 3ublicité.La Société Royale du Canada proteste.par Claire Chabot Depuis 20 ans, les étudiants universitaires trichent de plus en plus aux examens.Pourquoi ?Un chimiste de l’Université d’Alberta, Gordon U Freeman, est convaincu que le problème vient du déclin de la famille tradition-lelle comme unité de base de la société.I a bien droit à ses opinions, direz-vous.Vlais de là à les publier dans une revue cientifique, il y a un pas.qu’il a fait.Il publiait en effet en 1990, dans le -aimdian Journal of Physics, un article intitulé Kinetics of nonhomogeneous pro-:esses in human society : unethical beha-nor and societal chaos.Il y affirme sans létour que les familles où les deux pa-'ents ont un emploi à l’extérieur de la maison ne fournissent pas aux enfants me éducation adéquate ; ils risquent donc de devenir des adultes sans éthique et sans motivation, de prendre de la drogue, et d’être irresponsables sur le plan sexuel.Pour M.Freeman, cela pourrait expliquer le meurtre des 14 jeunes étu- diantes de Polytechnique.Il tire ses conclusions d’entrevues faites avec des étudiants et de son expérience d’enseignant de 1958 à 1983.L’auteur s’attaque au féminisme, au divorce, à la publicité et à la recherche sur les médicaments.Tout y passe ! Que Gordon R.Freeman cherche une tribune, c’est son droit.Mais qu’une revue scientifique lui ouvre ses pages et fasse passer cette opinion pour de la science, il y a encore un pas.que le Canadian Journal of Physics a fait ! L’été dernier, la Société royale du Canada adressait un blâme au Canadian Journal of Physics.« Ce périodique a fait preuve d’un manque de responsabilité éditoriale et scientifique.L’article est en effet dénué de contenu scientifique et son titre est aussi inapproprié que trompeur.» On comprend mal qu’une revue de physique ait accepté de publier un article qui n’a aucune valeur scientifique.Un tel comportement est de nature à jeter un discrédit sur le processus éditorial des revues scientifiques canadiennes.Quant au chimiste, espérons qu’il a délaissé la sociologie pour des molécules moins complexes ! • Flashes technologiques Le Contramid est une molécule qui permettra d'étaler la libération d'un médicament dans l'organisme pendant une quarantaine d'heures.Selon l'un de ses créateurs, Alexandra Mateescu, de l'UQAM, le Contramid pourrait être disponible dans à peine deux ans.La compagnie pharmaceutique Rougier en fera la mise en marché.• • • La navette spatiale américaine n'est pas seule à faire progresser la recherche sur la haute atmosphère.Le satellite suédois FREJA, lancé cet automne par une fusée chinoise, transporte deux appareils canadiens qui étudieront les aurores boréales et les tempêtes magnétosphériques causant notamment des pannes de courant majeures.• • • Le capitaine Novolin est le héros d'un jeu Nintendo.Il est fort, courageux.et diabétique.Ce jeu Nintendo veut aider le jeune diabétique à mieux vivre avec les restrictions imposées par sa maladie.Capitaine Novolin est distribué par Connaugh Novo Nordisk, de Mississauga en Ontario.Novolin est aussi le nom d'une de leurs marques d'insuline.• • • Une quarantaine d'étudiants de l'Université d'Ottawa se creusent les méninges pour concevoir une automobile mue par énergie solaire (mais aidée d'une pile, il faut le dire).Leur objectif : gagner la course Sunrace 93, qui aura lieu en juin prochain.Trente-six équipes universitaires s'y affronteront sur un parcours de 1600 kilomètres.• • • La guerre coûte cher.La compagnie ontarienne Garette Canada doit inventer un système de régulation de la pression dans la cabine d'un avion militaire.Montant de la subvention : plus de 2 millions de dollars ! DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 / QUEBEC SCIENCE Illustration Caroline Mérola Photos : Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec, Gaétan Vachon, Fred Klus, Monts Otish : Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue Parcs québécois Le Nord sera protégé Les parcs nordiques protégeront plusieurs régions naturelles du Québec.Les amateurs de plein-air y profiteront de paysages spectaculaires comme celui de la rivière Témiscamie.- —î'' Dix ans après en avoir manifesté l'intention, le ministère du Loisir de la Chasse et de la Pêche s'est décidé à entreprendre les premières démarches pour créer des parcs nordiques.par Raymond Lemieux Il y aura bientôt des parcs provinciaux au nord du 50e parallèle.C’est du moins la volonté exprimée par le ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec (MLCP), Gaston Blackburn, dans son récent plan d’action sur les parcs.Pourquoi créer des parcs à une telle latitude ?Avec les projets d’exploitation de ressources dans les contrées nordiques (développement hydroélectrique, projets d’extraction minière, etc.), la protection de certains espaces naturels est devenue impérative.Dès 1982, des biologistes du MLCP quadrillaient le Québec en 43 régions naturelles, distinctes par leur rehef, leur hydrographie, leur géologie et leur végétation, et le Ministère s’engageait à organiser un réseau de parcs québécois à partir des sites les plus représentatifs pour chacune de ces régions.Dix ans plus tard, aucune des 20 régions naturelles nordiques n’avait encore de sites protégés, ce qui valait au Québec la médiocre note « E » attribuée l’an dernier par le Fonds mondial de la nature.Le MLCP s’est donc résolu, cette année, à rattraper son retard.Près de 57 000 kilomètres carrés représentant globalement 18 territoires ont été mis en réserve par voie d’ententes administratives avec le ministère de l’Énergie et des Ressources et le ministère des Forêts.Ces territoires sont ainsi soustraits à l’exploitation minière et forestière.et le Québec est remonté dans l’estime des écologistes, qui lui donnent maintenant une cote verte de « C+ ».Les quatre parcs nordiques seront délimités à même cette réserve de terres publiques protégées.Les sites identifiés sont : le cratère du Nouveau-Québec, les monts Torngat et la rivière Koroc, les monts Otish et, enfin, le lac Albanel et la rivière Témiscamie.Avant de créer ces parcs, il faudra toutefois tenir des consultations publiques auxquelles les communautés locales et amérindiennes seront invités à participer, et où on évaluera les coûts de ces projets.Un gain indiscutable « Ces parcs seront un gain indiscutable pour le patrimoine naturel et la biodiversité québécoise, commente Roch Allen, responsable du dossier au MLCP.Ces sites sont déjà prisés pour le tourisme d’aventure.Le statut de parc permettra de mieux contrôler ces activités ».Parti- cularité de ces parcs nordiques : en vertu H de la Convention de la B aie-James et du Nord québécois, les Amérindiens pour-ront continuer à y pratiquer la chasse,: une activité habituellement interdite dans i ir les parcs du Québec.En plus des parcs nordiques, le plan d’action du ministère prévoit d’ajouter au réseau quatre autres parcs au sud du SÛ : parallèle : le Mont Mégantic en Estrie, la réserve faunique Plaisance dans l’Ou- j.taouais, le massif du mont Valin au Sa- : guenay-Lac-Saint-Jean, et la rivière Vau- ; réal sur Pile Anticosti.La délimitation du i.parc marin du Saguenay est également inscrite à l’ordre du jour.Actuellement, les 16 parcs du réseau vert québécois couvrent 4 194 kilomètres carrés soit 0,4 % du territoire.À titre de 1 comparaison, 3,4 % du territoire canadien est protégé ! • 10 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 Le cratère du Nouveau-Québec Les monts Torngatt et la rivière Koroc ^ j| ®l*|[ 3 CW id I Le cratère du Nouveau-Québec Il a été creusé par la chute d'un météorite.On y trouve une population isolée d'ombles chevaliers difformes dont on ne connaît pas l'origine, puisque le lac du cratère n'est alimenté par aucun tributaire.Le lac Albanel et la rivière Témiscamie C'est le seul site accessible par voie routière.L'alcalinité du lac est favorable à la reproduction de plusieurs espèces de poissons.La rivière est particulièrement intéressante pour le canotage.BAIE D'UNGAVA MER DU LABRADOR BAIE D'HUDSON - ‘n-.^ LABRADOR BAIE JAMES 50° PARALLELE Les monts Torngatt et la rivière Koroc La chaîne de montagne qu'on y rencontre culmine avec le mont Iberville à plus de 1 600 mètres.Parois vertigineuses, neiges éternelles, cirques glaciaires, c'est un paysage unique dans l'est de l'Amérique du Nord.Les monts Otish Ils coïncident avec le lieu de partage des eaux de plusieurs grandes rivières qui s'écoulent dans les trois bassins hydrographiques québécois (vers le Saint-Laurent, la baie d'Ungava et la baie d'Hudson).Ils recèlent un important potentiel uranifère, selon les géologues.Le lac Albanel et la rivière Témiscamie Les monts Otish m- "» :•* *•*¦*•.- ¦ .L.* .** ' fvS- ' i WW*\ T.yt .}¦% DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 / QUÉBEC SCIENCE 11 Muséologie Les musées : temples ou bazars ?Entre la vision « élitiste » du musée comme lieu de méditation et l'approche populaire qui en fait un lieu d'expression de la communauté, le cœur des muséologues balance.Pourtant, les deux approches ne sont pas nécessairement incompatibles.par Gérald Baril Un vent de retour à la tradition soufflait sur les muséologues du monde entier réunis à Québec, en septembre dernier, lors de l’événement ICOM 92.Après les efforts de démocratisation et l’éclatement des pratiques dans les années 70 et 80, on cherche aujourd’hui à définir un nouvel équilibre de l’institution muséale.Sans nier les acquis de l’expérimentation, on voudrait préserver ce qui a fait la spécificité du musée depuis ses origines.Le choc de la démocratisation « Nous avons connu un véritable boom muséologique, et une donnée essentielle de ce mouvement a été un effort colossal pour rejoindre le public », note Michel Côté, directeur de la diffusion et de l’éducation au Musée de la Civilisation à Québec.Il fallait s’y attendre, en allant vers le grand public les musées ont dû se transformer.Les idées et les activités sont devenues aussi importantes que les collections, les objets eux-mêmes se sont mis à voyager et on les a représentés par des imitations ou par des images virtuelles.Les musées de sciences et de techniques ont souvent été à l’avant-garde du renouvellement de l’expérience du visiteur.Sur les traces du Ontario Science Centre, véritable modèle à l’échelle internationale dans les années 70, sont nés des projets québécois originaux.Le pavillon H2Q conçu pour les fêtes de Québec 84 et £ i p/y/eft' les éditions successives d’Expotec au Vieux-Port de Montréal depuis 1987 en sont de brillants exemples.Les sciences humaines ont aussi pris de l’ampleur et sont devenues plus interactives à travers la muséologie.Dans ce domaine, l’écomusée a adopté une approche vraiment révolutionnaire.Un musée sans domicile fixe L’écomusée est un musée d’écologie sociale.Selon cette formule, apparue dans les années 70, le patrimoine n’est plus la chasse gardée d’un conservateur; il est au contraire préservé et interprété en action, | par une communauté qui se prend en | 12 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-J ANVIER 1993 s $$! i Uj I ft il charge.Dans cette optique, on conteste le fait même de sortir des objets de leur contexte pour les mettre dans des musées.Poussée à son extrême, la formule débouche sur une négation du musée, ce qui n’est pas pour sourire à la majorité des muséologues.Le pionnier au Québec, l’Écomusée de la Haute-Beauce, né en 1978, se répartit aujourd’hui en sept lieux d’activités et d’expositions situés dans la région Chau-dière-Appalaches.11 s’intéresse autant à la mise en valeur d’une collection d’outils de menuiserie qu’à l’organisation d’un symposium d’art ou qu’à la réalisation d’une exposition sur la dérive des continents.A Montréal, l'Écomusée de la Maison du Fier-Monde anime le quartier Centre-Sud depuis 1984.Les gens du quartier contribuent à faire leur musée en livrant eurs témoignages ou en prêtant des ob-ets de collection.Ils peuvent même participer directement à la réalisation des expositions.Les écomusées sont peu connus.Cela tient entre autres au manque de ressources.L’Écomusée de la Haute-Beauce semble le plus prospère, avec une trentaine d’employés dont le plus haut salarié touche.8 000 dollars par an ! Même écho à la Maison du Fier-Monde, qui dépend de projets ponctuels en raison de l’absence de subvention régulière de fonctionnement.Le sacré et le profane La culture doit-elle absolument être populaire ?Selon Margit Rowell, conservatrice d’art moderne au Centre Georges Pompidou à Paris, il faut distinguer culture et « Disney-machins ».« Il ne sert à rien de faire voir des oeuvres à la chaîne à des foules malmenées par des agences touristiques », ajoute-t-elle.Margit Rowell, comme bien d’autres, en a contre la consommation de culture sous pression, mais malgré les apparences, ce discours ne s’oppose pas à celui des musées communautaires.Bien sûr, entre un écomusée et le Musée des Beaux-Arts de Montréal, par exemple, il y a une marge énorme.Ces deux types de musées correspondent pourtant à deux conceptions qui coexistent actuellement chez les muséologues du monde : l’idée plus ancienne du musée comme lieu de méditation et l’idée plus récente du musée comme expression de la communauté.Ce dont on se rend compte maintenant, c’est qu’il n’y a pas nécessairement de contradiction entre les grands musées étatiques et les petits musées communautaires.Les deux types d’institutions offrent des expériences différentes et c’est tant mieux.Dans les faits, certains musées participent un peu des deux mondes.C’est le cas du Musée de la Civilisation, à Québec, une sorte de musée communautaire de l’ensemble du Québec.Le malaise vient plutôt du fait que le Musée de la Civilisation est installé dans un imposant temple moderne, tandis que l’Écomusée de la Maison du Fier-Monde loge au troisième étage d’une vieille école.• MICRO-INFORMATIQUE SCOLAIRE C’EST RENDU GROS! i 50000 Oit DINA T EU OS 180 DEMIS (Centres d'enrichissement en micro-informatique scolaire) 7e CONCOURS APOLOG (Applications pedagogiques à l'ordinateur d'un logiciel original gagnant) Trophée Charlemagne bourse de 6000$ N’oubliez pas de vous procurer la fiche d’inscription auprès du responsable du concours, M.Robert Bibeau, de la remplir et de lui retourner avant le 3 mars 1993.Les gagnants du concours APOLOG 1993 seront connus au 11e Colloque annuel de l’AQUOPS* l'Auberge des Seigneurs, à Saint-Hyacinthe, du 6 au 8 avril 1993.#! :v.-| , Pour plus d'information: M.Robert Bibeau (Concours APOLOG) Direction des ressources technologiques de formation Ministère de l'Éducation 600, rue Fullum, 8e étage Montréal (Québec) H2K 4L1 Tél.: (514) 873-7678 AQUOPS: Association québécoise des utilisateurs de l'ordinateur au primaire et au secondaire.Gouvernement du Québec Ministère de l'Éducation Québecss DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993/QUÉBECSCIENCE 13 Organise par l Acfas Pour qui?•Les professeures et professeurs des cégeps et universités (y compris les chargées et chargés de cours, ainsi que toute autre personne ayant un statut non permanent); •Les chercheuses et chercheurs des centres publics et privés de recherche; • Les étudiantes et étudiants universitaires de 2e et 3e cycles.Prix: Six prix de 2000 $ dans les trois catégories de participantes et participants, ainsi que la publication des textes primés.Date de clôture du concours: 1er février 1993 Comment participer?•Soumettre un article composé d'un maximum de cinq feuillets à interligne double, accompagné d'un bref curriculum vitae.•La qualité de la rédaction, le souci de vulgarisation et l'originalité du traitement seront les critères çte base retenus par le jury pour la sélection des gagnantes et gagnants.Modalité: Un guide de vulgarisation scientifique qui énonce les grands principes de ce type de communication est disponible sur demande.Pour tout renseignement et l'obtention du guide, s'adresser à: Association canadienne-française pour l'avancement des sciences 425, rue De La Gauchetière Est Acras ™ Montréal (Québec) H2L 2M7 Tél.: (514)849-0045 Dossier effet de serre Un avenir Les prédictions impossibles jW j)i 31) ji iis< {; ;m jt )hok ran ififn 03 n nv jn -i :i.t 3TJ U ’1ÎI "T"e croyez aucune prédiction sur I les conséquences de l'effet de serre.Ne croyez pas ceux qui innoncent des saisons de ski plus courtes, tu une agriculture devenue plus facile, ^es scientifiques sérieux ne prétendent tas savoir.Certes, la planète se réchauf-era, mais la couleur du temps changera îelon les régions.Par endroit, l’avenir tourra être rouge, avec la création de touveaux déserts et la disparition massive espèces.Mais ailleurs, l’avenir pourrait tien virer au vert, l’effet de serre pouvant tarfois favoriser la croissance des plantes.’autres régions pourraient même con-taître un avenir couleur de neige, car le échauffement va peut-être causer une expansion des glaces polai res.pour la planète Meue ?Des certitudes : les gaz à effet de serre augmentent dans l'atmosphère, et la température moyenne aussi.Mais les conséquences exactes de ces deux phénomènes sont impossibles à prédire.Elles pourraient être fort différentes de ce qu'on imagine.Plus de glace aux pôles ?Des plantes empoisonnées par le C02 ?Des sécheresses ?Des tempêtes plus violentes ?par Étienne Denis Au mieux,les prédictions des climatologues-s’appliquent à l’ensemble d’un continent.« Pas à une région précise », dit le physicien Jean-Pierre Blanchet, de l’Université du Québec à Montréal.Les simulations par ordinateur indiquent par exemple que le centre de l’Amérique du Nord se réchauffera plus que la moyenne planétaire.Mais il est encore impossible de situer ce réchauffement : dans le Midwest américain ?Autour des Grands Lacs ?À la baie d’Hudson ?Aucun climatologue ne sait si le sud du Québec sera plus chaud.ou - pourquoi pas ?-plus froid.Impossible, donc, de prédire la longueur des saisons de ski.Les simulations par ordinateur prévoient malgré tout que la Terre se réchauffera de 3 °C au cours du prochain siècle.Vous auriez tort de croire que c’est peu.Quelques degrés font une énorme différence au niveau planétaire.Lors de la dernière ère glaciaire, alors que Montréal et Moscou flP co2 étaient recouvertes d’au moins un kilomètre de glace, la température moyenne de la planète était de 5 °C plus froide.En effet, ce n’est pas le réchauffement de 2 ou 3 °C lui-même que les climatologues craignent, mais ses conséquences.Les simulations « annoncent » que la hausse de température modifiera les précipitations, les vents, et probablement les courants marins.Le climat sera perturbé.On peut s’attendre à des canicules plus chaudes, des tempêtes plus violentes, des sécheresses plus longues.Le réchauffement sera plus marqué près des pôles et en hiver, indiquent les modèles.En Arctique, la saison froide pourrait être jusqu’à 10 °C plus chaude.C’est énorme ! Règle générale, l’air au-dessus des terres se réchauffera plus que celui au-dessus des masses d’eau.Les centres des continents pourraient bien s’assécher.Le niveau des océans augmentera de 60 centimètres en un siècle, mais pas vraiment à cause d’une éventuelle fonte des glaces situées en mer ou sur les continents.L’eau plus chaude occupe simplement un plus grand volume.Point de non retour En réalité, l’ampleur de ces perturbations est loin d’être sûre.Les différentes simulations par ordinateur ne prévoient pas exactement les mêmes climats (voir les cartes en page 18).La tâche est en effet très complexe.Par exemple, les experts ne savent pas si les nuages qui seront produits accéléreront ou ralentiront le réchauffement.Ils ne s’entendent pas plus sur la distribution des précipitations, un facteur très important du climat.Certains facteurs sont simplement incalculables.Tout le sol de la moitié nord du Canada ou de la Russie est gelé en permanence, jusqu’à 300 mètres de profondeur à certains endroits.C’est le pergélisol, où d’importantes quantités de matière organique sont conservées.Si une partie du per-géüsol dégèle, cette matière organique se décomposera, ce qui libérera d’énormes quantités de méthane.Nous pouvons ici envisager un scénario carrément apocalyptique : l’emballement.Les gaz libérés par la fonte d’une partie du pergélisol pourraient être suffisants pour continuer à réchauffer le climat.et ainsi faire fondre plus de pergélisol, libérant plus de gaz, etc.Il existe peut-être un tel point de non retour à partir duquel des systèmes de rétroaction entretiendraient le réchauffement, même si toute émission humaine cessait.Ce n’est pas que pour le climat que les prédictions sont incertaines.Même en connaissant exactement quel serait le climat du prochain siècle, les scientifiques auraient peine à en imaginer les conséquences pour l’écologie, l’agriculture, l’économie.Les prairies canadiennes et le Midwest américain souffrent déjà de sécheresse.Ce problème sera-t-il aggravé par une baisse des précipitations, ou au contraire réduit par une augmentation de la rétention d’eau des CFC 11 et 12 17% 15% te par exemple une communauté d’érables rouges située beaucoup plus au nord que son aire de distribution normale.Ces arbres se sont implantés lorsque le climat était plus chaud, puis se sont reproduits sans problème.« Cette forêt est là depuis probablement plus de 5000 ans !, lance le chercheur.Il y a des tourbières autour de Montréal qui datent de l’époque post-glaciaire, alors qu’il faisait plus froid.» De nouvelles tourbières n’apparaîtront pas, mais celles qui sont là vivent très bien.Évidemment, les écosystèmes les plus résistants aux changements climatiques auront plus de temps pour migrer.Mais certains écosystèmes pourraient être très fragiles.Une fonte partielle des glaces, que plusieurs n’hésitent pas à annoncer, réduirait légèrement la température des eaux au large de Terre-Neuve, déjà très froides.Selon une hypothèse, la baisse de quelques degrés serait suffisante pour saper toute la chaîne alimentaire.Au bout de cette chaîne : la morue, et les pêcheurs qui en vivent.L’interdiction actuelle de la pêche à Terre-Neuve, causée par une pêche trop intensive, donne une idée des problèmes humains qui sont causés par une chute de la population de morue.autres CFC oxyde nitreux riane Plusieurs gaz d'origine humaine contribuent à l'effet de serre.plantes, un effet bénéfique d’une atmosphère riche en C02 (voir la section Un avenir vert pour les plantes ?) ?La réaction des écosystèmes naturels est encore plus difficilement prévisible.On dit par exemple que nos forêts migreront vers le nord.En effet, selon les simulations par ordinateur, la zone actuellement occupée par la forêt boréale aura dans à peine 40 ans un climat propice à la forêt tempérée.Mais ces forêts ne peuvent se déplacer de 100 à 200 kilomètres par décennie ! Vont-elles s’assécher à mesure que le climat se réchauffera ?Plusieurs craignent que oui.mais des chercheurs en écologie végétale comme Yves Bergeron, de l’Université du Québec à Montréal, ne sont pas d’accord.« Ces communautés sont très très résistantes aux changements », précise-t-il.Il exis- te paradoxe des prédictions Toutes ces prédictions dépendent d’une même donnée : la quantité de gaz que nous produirons.Le réchauffement global de 3 °C part de l’hypothèse que nous continuerons à produire au même rythme le C02, le méthane, les CFC et les autres gaz responsables de l’effet de serre.C’est le scénario appelé Busi-ness-as-usual, issu de Y Intergouvememental Panel on Climate Change (IPCC), un regroupement d’experts du monde entier.Si au contraire nous adoptions massivement l’énergie nucléaire au milieu du 21e siècle, si nous bannissions les CFC et si nous limitions les émissions de méthane dues à Aucun scientifique sérieux ne se risque à prédire les conséquences exactes de l'effet de serre.Les facteurs à considérer sont trop nombreux et imprévisibles.La botaniste Catherine Potvin, de l'Université McGill, s'intéresse aux effets de l'augmentation de CO2 sur les plantes.16 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992.JANVIER 1993 OiC: X Vv ' é&L «ï H ¦ vi DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 / QUÉBEC SCIENCE 17 2 °C à 4 °C 4 °C à 6 °C Zl 6 °C à 8 °C 8 °C à 10°C 10 X à 12 X 4 X à 6 X 6 X à 8 X 8 X à 10 X 10 X à 12 X 4 Si la quantité de CO2 dans l'atmosphère doublait, il ferait plus chaud en hiver, comme l'illustrent ces deux cartes.Quelle serait l'augmentation réelle de la température pour chacune des régions ?Les différentes simulations ne donnent pas les mêmes résultats.En haut, le modèle du Centre climatologique canadien, en bas, celui du Goddard Institute for Space Studies.Ces modèles ne sont pas des prédictions, car ils ne tiennent pas compte de tous les facteurs, comme l'effet des océans, par exemple.De plus, il est fort possible que la quantité de CO2 dans l'atmosphère dépasse ce seuil de doublement.l’agriculture, le réchauffement ne dépasserait pas 1 °C.Les perturbations climatiques seraient beaucoup moins importantes.Il y a ici un paradoxe.Les climatologues vont peut-être réussir à surmonter toutes les incertitudes et élaborer une prédiction climatique à la fois sûre et détaillée.D’autres chercheurs vont peut-être en identifier précisément les répercussions sur l’environnement et sur les sociétés humaines.Bref, nous aurons peut-être bientôt une prédiction fiable sur l’effet de serre et ses conséquences.Mais dès qu’une telle prédiction serait rendue publique, les gens forceraient l’instauration de mesures sévères de contrôle des gaz.Les pressions locales et internationales seraient assez fortes pour que la production de C02 et de méthane diminue un peu partout sur la planète.Le réchauffement prévu ne se produirait pas.La prédiction, d’abord sûre, ne se réaliserait jamais ! Un avenir blanc comme neige ?’effet de serre peut-il déclen-cher une nouvelle ère glaciai-re ?La question n’est pas aussi farfelue qu’elle le semble.Des chercheurs comme Gifford Miller, de l’Université du Colorado, et Anne de Vernal, de l’Université du Québec à Montréal, ont étudié les conditions climatiques au début des ères glaciaires.Différents projets de recherche indépendants arrivent à la même conclusion : les deux dernières ères glaciaires n’ont pas débuté lorsque le climat arctique était plus froid, mais plutôt lorsqu’il était légèrement plus chaud qu’actuellement, par-ticulièrement en hiver.C’est exactement les températmes que les modèles climatiques prédisent pour le prochain siècle ! Ces modèles ne disent pourtant pas que la glace s’accumulera.D’où vient la contradiction ?Selon l’hypothèse généralement avancée par les paléo-climatologues - les experts du climat passé - un réchauffement ferait fondre la glace en périphérie du pôle, mais y augmenterait également les chutes de neige, actuellement presque milles.L’accumulation de cette neige serait alors plus rapide que la fonte des glaces, ce qui causerait une expansion des glaciers.Cela n’est pas vraiment en contradiction 18 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-JANVTER 1993 J : avec les modèles climatiques, qui sont très : imprécis au niveau régional.Si la fonte est un peu moins importante que prévue, et si les précipitations sont au contraire un peu plus abondantes, la glace polaire s’accumulera.La plus grande incertitude vient des courants océaniques, dont l’influence sur les glaces est énorme.Les simulations par ordinateur ne tiennent pas encore compte des couches profondes des océans.Consé-®r!l quence, les modèles climatiques couplant ttlcr océans et atmosphère ne réussissent pas spi: vraiment à prévoir.le climat actuel ! On Mr corrige cette erreur en apportant des ajustements aux modèles.Mais ces ajustements devront eux-mêmes être corrigés à mesure que le climat se réchauffera.Le hic, c’est que les climatologues ignorent la valeur exacte de cette deuxième correction.C’est ¦ml entre autres pourquoi la modélisation des océans et des glaces est « rudimentaire » et « assez primitive », dit l’IPCC.Les modèles laissent malgré tout entrevoir d'importantes perturbations des courants.Un réchauffement de l’atmosphère au-dessus des pôles changerait par exemple la température de l’eau, ce qui réduirait le brassage des couches de différentes pro-¦jil;; J fondeurs.Un siècle et demi serait alors suf-r lisant pour faire basculer le climat euro-péen.poursuivent les experts de l’IPCC.i5l:i Une modification des courants océaniques ; changerait également le cycle du carbone, modifiant ainsi la première cause de l’effet h de serre.Impossible d’en prévoir les effets.[Kj; Face à de telles perturbations, la paléo-cli-:S matologie indique simplement un éventail des conséquences possibles.Un retour à une expansion des glaces nordiques est l’une d’elles.Le cycle du carbone lé# Avenir vert pour les plantes ?L ¦F es plantes se nourrissent de C02.Leurs parties vertes font de la photosynthèse, transformant ce gaz en différents sucres.L’augmentation prévue de C02 favorisera donc la croissance des plantes.Certains annoncent même une bonne nouvelle : l’Abitibi serait transformée en zone agricole ! L’Intergouvememental panel on Climate Change (IPCC), qui réunit les meilleurs A: u début des années 80, les chercheurs mesuraient environ 335 ppm ; de C02 dans l'air (soit 335 molécules de C02 par million de molécules composant l'air).Aujourd'hui, ils observent plutôt 350 ppm.C'est l'un des rares faits incontestables dans ce dossier : les concentrations de C02 et des autres gaz à effet de serre augmentent.Et augmentent vite, de 1 % tous les deux ans.Notre atmosphère contient déjà 25 % plus de C02 et deux fois plus de méthane qu'à la fin du 18e siècle.Pourtant, même si les pires prédictions pour le prochain siècle se réalisaient, le C02 que nous aurons envoyé dans l'atmosphère ne représentera que 2 % du carbone en circulation dans la nature (le carbone suit un cycle où il est incorporé dans différentes molécules, le C02 étant la forme la plus courante du carbone gazeux).Nous aurons en effet lâché dans l'air 1500 milliards de tonnes de carbone, mais les océans en contiennent déjà 25 fois plus.Nous produisons actuellement environ 8 milliards de tonnes par années (en incluant le déboisement et l'agriculture).Les océans en envoient dix fois plus dans l'atmosphère.Comment une si petite intervention humaine aura-t-elle autant d'impact qu'on le dit ?C'est parce que nos 8 milliards de tonnes sont les seules qui ne sont pas compensées.L'atmosphère retourne autant de C02 à l'océan qu'elle en reçoit ; l'ensemble des êtres vivants retournent à la terre et à l'air autant de carbone qu'ils leur en prend.Mais Homo sapiens, nouveau venu, a bouleversé le système.Certes, le cycle planétaire du carbone retrouvera un nouvel équilibre, il se stabilisera.Mais entre temps, l'atmosphère se sera enrichie de C02.Elle conservera alors mieux la chaleur, et la planète se réchauffera.Avec toutes les conséquences que nous pouvons imaginer.climatologues de la planète, se demande même si les plantes qui pousseront plus vite capteront plus de C02 atmosphérique, ce qui ralentirait l’effet de serre.C’est une vision optimiste.Elle est probablement exagérée.Ou carrément fausse.Plusieurs botanistes ont testé cette hypothèse.Leurs résultats ne sont pas clairs.En laboratoire, la photosynthèse devient beaucoup plus efficace si on double su bitement la concentration de C02 dans l’air autour d’une plante., et qu’on lui fournit des conditions idéales de fertilisation, d’humidité et de lumière.La plante produit alors plus de sucre que nécessaire, et l’entrepose sous forme d’amidon.Mais à partir de ce point, les expériences montrent quelques problèmes.« La photosynthèse ralentit généralement après seulement quelques jours et redevient normale », dit David Hilbert, de l’Université du Québec à Montréal.Pourquoi ?Tout est une question d’équilibre entre la production d’amidon et son utilisation, croient les botanistes.Plus la plante utilise son excès d’amidon, plus elle tirera de bénéfices d’une augmentation de C02.Si au contraire elle ne réus- sit pas à brûler ses surplus d’amidon, ses feuilles subiront des dommages.Les grains d’amidon s’y accumuleront, bloquant les rayons solaires et détruisant des cellules.La photosynthèse devient alors beaucoup moins efficace.Conséquence, souvent l’augmentation de C02 aide à peine la croissance, bien que les résultats varient beaucoup selon les expériences.Fin de la vision optimiste.Aussi, la réaction de la plante est proportionnelle à la concentration de C02.Tripler le C02 peut être beaucoup plus bénéfique que simplement le doubler.ou beaucoup plus dommageable.Le chercheur américain Evan Delucia a fait pousser du coton à 1000 ppm de C02, une concentration prévue en 2100 environ, selon le scénario Business-as-usual.Ses plants faisaient moins de photosynthèse qu’à des taux normaux de C02 ! Les feuilles étaient décolorées, fragiles et ondulées, raconte-t-il.Il existe probablement pour chaque espèce un tel seuil au-delà duquel l’excès de C02 devient nuisible.Mais ce seuil variera aussi selon le stade de croissance, les conditions climatiques, les fertilisants, etc.DÉCEMBRE 1992-JANV1ER 1993 / QUÉBEC SOENCE 19 Souvent, la photosynthèse se sera pas inhibée quand la plante est en phase de reproduction sexuée, période pendant laquelle elle brûle son amidon pour fabriquer ses fruits et ses graines.Mais en phase végétative, alors que les surplus d’amidon ne sont pas utilisés, la même plante fera moins de photosynthèse.Pourquoi la plante en phase végétative n’utilise-t-elle pas ses surplus d’amidon pour fabriquer, par exemple, de nouvelles racines, qui ne font pas de photosynthèse et qui ne produisent donc pas d’amidon ?Plusieurs facteurs peuvent l’en empêcher.La plante a notamment besoin d’azote pour produire des racines.Un manque d’azote bloque alors tout effet bénéfique de l’augmentation de C02.Ce facteur limitant peut être très important.Là où les plantes poussent plus vite, la demande en azote augmenterait, ce qui causerait rapidement des pénuries.Puis, la croissance des plantes chuterait.Les bénéfices du C02 seraient finalement peu importants.D’autres facteurs limitant cités par les scientifiques font sourire.Le chercheur hollandais WJ.Arp a relu les rapports de très nombreuses expériences sur le C02 et les plantes.Selon lui, le plus important facteur limitant en laboratoire est.la grosseur du pot dans lequel la plante pousse.L’observation, sérieuse, est soutenue par une analyse statistique rigoureuse.Plus le pot est grand, plus la plante améliore sa photosynthèse à la suite d’une augmentation du C02.L’explication du chercheur ?Les plantes vivant dans un plus gros pot peuvent étendre leur réseau de racines.(C’est souvent comme ça que les débats progressent en science.) Des serres sans toit Les rares expériences effectuées en nature, où en théorie aucune barrière physique ne limite la croissance des racines, semblent donner raison au chercheur hollandais.En effet, depuis deux ou trois ans les botanistes qui étudient l’adaptation à l’augmentation du C02 commencent à sortir des laboratoires pour s’installer à l’extérieur.Ils fabriquent des serres direc- „ tement sur le terrain, au-dessus des plan- f tes.Dans certaines serres, le C02, la tem- I pérature et l’humidité sont contrôlés pour •§ simuler le climat prévu à une date donnée s du prochain siècle.D’autres serres n’ont £ Le physicien Jean-Pierre Blanchet et son équipe travaillent à améliorer la précision des modèles climatiques, de façon à pouvoir faire des prédictions pour des régions précises.au contraire pas de plafond, permettant à la pluie, à l’ensoleillement, et aux autres facteurs de rester « normaux ».La seule variable modifiée est le C02.D’importantes quantités de ce gaz sont en effet constamment soufflées à l’intérieur de ces serres ouvertes, le C02 qui s’échappe vers le haut étant immédiatement remplacé.Le bilan de toutes ces recherches : les plantes poussent plus quand on augmente le C02, conclut le chercheur britannique D.W.Lawlor.Mais cette conclusion est bien imparfaite.La majorité des expériences ne s’étendent pas sur plus de deux ou trois ans, et ne concernent souvent que des plantes utilisées en agriculture : le soya, la carotte, le coton.Ces plantes ne sont pas soumises à la compétition constante des écosystèmes naturels, où chaque individu lutte pour la lumière, l’eau et les rares fertilisants, remarque la botaniste Catherine Potvin, de l’Université McGill.Il y a un monde entre les conditions de vie dans un champ cultivé et dans un champ en friche ! Quand on étudie la végétation « sauvage », l’augmentation de la croissance due au C02 est alors beaucoup moins importante qu’en agriculture.La végétation de la toundra est légèrement stimulée par une augmentation du C02, mais sa croissance retombe rapidement à un rythme normal.Dans les climats plus chauds cependant, les plantes semblent mieux profiter du C02.Autre faiblesse de ces expériences, elles rÿi [Si K L-jf • A L te fh ifisi P[»i D'après les expériences de Line Rochefort les plants de moutarde exposés à un excès de CO2 grandissent plus, mais ils sont moins résistants au froid.Sur la photo de droite, les deux plants ont poussé dans une atmosphère de 350 ppm de CO2.Sur la photo de gauche, ils ont poussé dans une atmosphère de 700 ppm de CO2.Sur chacune des photos, le plant de droite a passé 4 heures à -3,5° C.Les quatre plants ont exactement le même âge.k ¦u [ Li lui p Ns.k y 20 QUÉBEC SCIENCE / DÉCEMBRE 1992-JANVIER 1993 mitai K s'a OS IL- [ :SfL: J iJaJ «psi iiiü.f aïs (il laissent généralement de côté les plus grosses plantes.On commence à peine à tester des arbres.Les premiers résultats seront disponibles dans un an ou deux.Comment les érables réagiront-ils après 25 ans de CO2 élevé ?Réussiront-ils à brûler leurs excédents de produits photosynthétiques pendant toute cette période ?On peut craindre que leurs racines atteignent assez vite un seuil au-delà duquel elles ne pourront plus croître et se ramifier.L’amidon s’accumulerait alors dans les feuilles, pouvant ainsi les détériorer et ralentir la croissance.Ijij npr i
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