Québec science, 1 janvier 1993, Avril
luébec Adieu maux de tête ! Volume 31, numéro 7 Avril 1993,3,45$ icience lissier avenir technologique Libre-échange L’échiquier echnologique vendre : aison intelligente robot iii ne se perd mais ! sanctuaire flatteras \\ 'v \ 73333 01719 8 101-01977 QTE5 02 G BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 1700 ST DENIS MONTREAL QUE., H2X 3K6 Guillaume Renaud, infographiste, spécialiste de la synthèse numérique d'images tridimensionnelles.Derrière la jeunesse de Guillaume, nous voyons l'adulte décidé qu'il sera.Si cette vision nous pousse à développer des services de plus en plus intelligents, c'est que nous savons que, demain, il sera un client des plus exigeants.Bell des gens de parole Le CR I IN/I, une force mobilisatrice en technologies de l'information Le CRIM est un centre de recherche et développement, de formation et de transfert de connaissances unique au Canada au sein duquel les universités et les entreprises travaillent en collaboration.Corporation privée sans but lucratif, le CRIM est financé par ses membres, par des organismes de financement de la recherche et par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Science du gouvernement du Québec.Le CRIM mobihse les forces du secteur des technologies de l'information, favorise le maillage d'entreprises de haut calibre et le démarrage de projets stratégiques pour la compétitivité des entreprises.L_/\ IVIISSIOINJ DU GRIIN/l Transfert de connaissances Recherche-développement Contribution Exploratoire-Précompétitive- à la formation Contractuelle de 2e et 3e cycles DOIN/I/NIl\lES RFtlORIT/XIRES D ' IINITE RN/EIMTIO I\1 Compréhension Génie logiciel Informatique Téléinformatique et réseaux de la parole et et Centre de génie des processus interprétation des logiciel appliqué industriels et vision signaux (CGLA) artificielle Systèmes Environnements informatisés de à base de parallèles formation et connaissances interfaces personne-système Le CRIIN/I: Lin comptoir Linïc|Lie Le CRIM offre de nombreux services tant à la collectivité qu'à ses membres.Au sen\/ice de la oollectî\/ité: • Service de communications: deux fois par mois, l’Heure du CRIM invite les participants à des présentations en systèmes à base de connaissances, génie logiciel et interfaces personne-système.Publié six fois par année, un bulletin interne, le Crimoscope, rend compte des nombreuses activités du CRIM et de ses membres.• Service de formation: chacun des domaines de recherche du CRIM donne heu à de nombreuses activités de formation (séminaires, cours, etc).• Vitrine technologique: axée sur les environnements informatisés de formation, cette vitrine permet l’évaluation et l'essai des plus récentes technologies en ce domaine.membr'e: Les pnï\/ïlèges c i) Crédit annuel de 10 000 $ ii) Tarifs privilégiés •expertise du personnel et du réseau de spéciahstes du CRIM •cours de formation, laboratoires et Centre de documentation •vitrine technologique en EIF •Réseau interordinateurs scientifique québécois (RISQ) •conférences et sommet informatique annuel du CRIM iii) Accès exclusif •comptes rendus technologiques •programme de haison industrielle du MIT •les Rencontres-privilèges Les réalisations du CRIIVI Le CRIM affirme sa présence dans le secteur des technologies de l'information en participant à plusieurs projets de R-D, notamment les projets mobilisateurs et synergie du Fonds de développement technologique du ministère de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie du Québec et aux Programmes des technologies stratégiques d’industrie, Sciences et Technologie Canada.Par-ticipation du OFCIIN/I aux projets mobilisateurs et synergie du FDT et aux Programmes des technologies stratégiques d’ISTC Fonds de i développement i technologique Industrie, Sciences et Technologie Canada (ISTC) Synergie Un réseau prïv/ïlégïés co nta cts Comptant plus de 60 membres, le CRIM est en liaison étroite avec plusieurs centres de recherche sur les scènes nationale et internationale.Il représente donc un réseau de contacts privilégiés en R-D dans le secteur des technologies de l'information.IVIEIVIBRES 48 entreprises, 9 universités, 4 membres associés.F>/\RTEI\J/\IRES nationaux Centre canadien de recherche en informatisation du travail (CCRIT) Centre de promotion du logiciel québécois (CPLQ) Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) Centre d'études et de recherche en calcul appliqué (CERCA) Centre francophone de recherche en informatisation des organisations (CEFRIO) Conseil national de recherches du Canada (CNRC) Défense Nationale Environnement Canada Fonds de développement technologique IBM's Centre for Advanced Study (CAS) Industrie, Sciences et Technologie Canada Information Technology Research Centre (ITRC) Institut canadien de recherche en télécommunications (ICRT) Institute for Robotics and Intelligent Systems (IRIS) Precompetitive Applied Research Network (PRECARN) Telecommunications Research Institute of Ontario (TRIO) Transports Canada internationaux Brésil: Centre for Software Technology (CITS) France: Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), Laboratoire d'automatique et d'analyse des systèmes (LAAS) Allemagne: German National Research Centre for Computer Science (GMD), Bavarian Research Centre for Science Based Systems (Forwiss) États-Unis: Sotware Engineering Institute (SEI), Massachusetts Institute of Technology (MIT) CRIM Centre de recherche informatique de Montréal 1801, avenue McGill College, bureau 800 Montréal, Québec H3A2N4 Téléphone: (514)398-1234 Télécopieur : (514) 398-1244 Métro : McGill Photo : Tony Bégin Billet Science et plaisir Oui, il y a du décrochage scolaire et c’est grave.Mais il y a aussi de jeunes enthousiastes qui se passionnent pour leurs projets, comme les étudiants en génie qui ont participé à la Grande course de toboggans de béton.Entre leurs cours d’équations différentielles et de résistance des matériaux, ils ont trouvé les heures et les centaines de dollars nécessaires pour concevoir et fabriquer un toboggan.en béton.Que des étudiants débordés investissent autant de temps, d’argent et d’intelligence pour le plaisir éphémère d’une glissade sur la neige, c’est rassurant.J’ai l’impression que les ponts, les routes et les bâtiments que construiront ces ingénieurs auront un petit quelque chose de plus, dont nous avons grand besoin, un mélange de créativité et de générosité.C’est cette attitude que les loisirs scientifiques encouragent.De plus en plus de jeunes montent des projets scientifiques remarquables, qu’ils présentent ensuite à l’Expo-sciences de leur région.Et ils s’amusent ! L’année dernière, le grand gagnant de l’Expo-science pan-canadienne avait inventé un appareil qui mesure à la fois la pression sanguine, la fréquence des pulsations cardiaques, le rythme respiratoire et le taux d’oxygène dans le sang.Rochan Shankar a par la suite breveté son appareil sous le nom de Cardiogauge.Surveillez ces jeunes à l’Expo-science pan-québécoise, qui se déroule à Saint-Jérôme, du 15 au 18 avril, et à la pan-canadienne de Rivière-du-Loup, le 17 mai.Ils vous surprendront et je vous promets que vous apprendrez beaucoup de choses.Isabelle Montpetit Chroniques 6 Courrier 46 La dimension cachée Une fièvre de cheval par Raynald Pepin Rhume ou grippe, quelle est la différence ?48 À lire 49 Histoires de science Les débuts de l'arôme artificiel d'érable par Danielle Ouellet Les premières recherches qué-J; bécoises en chimie étaient biei 5 concrètes : on voulait découvrii -les secrets de l’arôme du sirop d’érable.Actualités 7 Astronomie Hubble a-t-il photographié un trou noir ?par Laurent Fontaine Le télescope spatial Hubble a envoyé la photo du centre d’une galaxie.Les astronomes y reconnaissent peut-être un trou noir.10 Évaluation scientifique Les trois « meilleurs » chercheurs au monde étaient québécois par Marie-Claude Ducas En 1992, parmi toutes les études scientifiques effectuées sur la planète, aucune n’a été aussi souvent citée que celle de Walter Spitzer, Samy Suissa, et Pierre Ernst, de l’Université McGill.12 Vie étudiante Grande course de toboggans en.béton ! par Jeanne Morazain C’est un défi annuel lancé aux apprentis ingénieurs : construire un toboggan en béton.Une course de vitesse, d’intelligence et de créativité.Brèves par Pedro Rodrigue • Dinosaures punk • Attachez vos ceintures : le Big Crunch s'en vient ! • Les jeux interdits • Le cheval et le magnétomètre • Bientôt sur cette page • L'explosion d'un astéroïde pierreux • Tcherno-bibittes • La fierté d'être à l'heure 4 Québec Science / Avril 1993 18 itelligence artificielle es robots ont es fourmis dans s jambes ar Pedro Rodrigue 'abriquer un robot qui se déplace par lui-même dans un en-ironnement inconnu, c’est un éfi de taille.En effet, dès u’on les sort de leur milieu, les obots actuels sont perdus.r a ! PM3 Sommaire Dossier technologie W/, „ Mouvements sur l'échiquier 22 Habitat À vendre : maisons intelligentes par Stéphane Gagné Les maisons intelligentes, c’est pour très bientôt.Quelques-unes sont déjà en construction au Québec.42 Maux de tête De la résignation au soulagement par Bruno Dubuc Non, il n’y a pas de maux de tête normaux ! Une nouvelle approche médicale soulage 70 % des patients.28 Technologie et libre-échange Lucrative matière grise par Sylvie Dugas La haute technologie est une pièce maîtresse sur' l’échiquier commercial.L’accord de libre-échange nord-américain changera les règles du jeu.Le Canada pourrait en profiter pour moderniser son économie.36 Parcs technologiques Le bon voisinage par Yvon Larose Comment concilier développement technologique et développement régional ?Une solution : créer des parcs technologiques."It .A V IP ______________:______________ 44 Tourisme ornithologique Hatteras, plaque tournante des migrations d'oiseaux par Bernard Samson LHe d’Hatteras, en Caroline du Nord, est envahie d’oiseaux.et d’ornithologues.Québec Science / Avril 1993 5 Photo : D.Ouelette/Publiphoto - Être femme.attention danger ! À propos des articles « N’y penser qu’à tous les trois mois ! » et « Un vaccin contre la grossesse », du numéro de février 1993.Avec toutes les connaissances que l’on possède maintenant sur le cycle féminin et le rôle des hormones naturelles, ü est aberrant que la médecine ne propose pas davantage aux femmes une meilleure connaissance d’elles-mêmes.La raison ?Les gros sous des compagnies pharmaceutiques et des professionnels de la santé en souffriraient.Depuis bien avant nos grand-mères, on racontait auxjeunes füles la même histoire qu’aujourd’hui : le cycle est un « paquet de troubles », planifier ou limiter les naissances est compliqué, la fécondité doit à tout prix être neutralisée.C’est l’ennemi à abattre.La preuve : on travaille même sur un vaccin contre la grossesse.Pour une fertilité qui n’est présente que quelques jours par mois, on arrête le fonctionnement d’un fragile mécanisme.Pas étonnant que nos cliniques de fertilité débordent de femmes ayant de la difficulté à concevoir.Tant que la mentalité médicale, pharmaceutique et scientifique demeurera ainsi, c’est-à-dire voir la fécondité comme une maladie, un problème qu’il faut enrayer, ce seront les femmes qui paieront la note, et dans tous les sens du terme ! Louise Tremblay, Chicoutimi Consultante en planning des naissances Le courrier de Raynald Pepin À l’occasion, Raynald Pépin, qui est professeur de physique au cégep et qui écrit la chronique La dimension cachée, répondra à vos questions dans cette page.Envoyez-lui vos colles ! QLes élèves de Marie-SyMa Desherres voudraient savoir comment agissent les désinfectants.R N’importe quel produit qui réagit avec les constituants de la cellule peut tuer une bactérie.et aussi des cellules saines.En fait, les mécanismes d’action de chaque désinfectant ne sont pas connus avec précision, dit Louis Cartilier, professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.Voici deux mécanismes qui sont proposés.| Le désinfectant peut attaquer les) lipides et protéines de la membrane cellulaire et détruire ainsi l’enveloppe de la cellule, ou enco ' re passer à travers la membrane et inactiver les protéines qui sont à l’intérieur de la cellule, blo quant le métabolisme cellulaire.C’est probablement par leur groupement chimique hydroxyle (OH) que les alcools agissent, mais ce n’est pas certain.Le peroxyde d’hydrogène (H202), un oxydant faible, attaque surtout les liaisons insaturées entre dei atomes de carbone des molécule) organiques de la cellule.Mais comme il se décompose rapidement en solution, il n’est guère utilisé maintenant.Quant aux substances de la famille des halo gènes (le chlore, l’iode), elles sont bactéricides parce que ce sont de forts oxydants.Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal, Québec H2L2M7 CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal, Québec, H2L2M7 ADMINISTRATION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédactrice en chef : Isabelle Montpetit Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Étienne Denis, Jean-Marc Fleury, Félix Maltais, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Étienne Denis, Bruno Dubuc, Marie-Claude Ducas, Sylvie Dugas, Laurent Fontaine, Yvon Larose, Jeanne Morazain, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Bernard Samson.Illustration de la page couverture : Luc Melanson Illustrateurs : Luc Melanson, Josée Morin, Yayo.PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs et pelliculage électronique : Les ateliers haut registre inc.Impression : Interweb COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs Au Canada (taxes incluses) : lan (10 numéros) 34,67$ 2 ans (20 numéros) 59,86$ 3 ans (30 numéros) 83,20 $ À l'unité 3,99 $ Groupe (10 ex./même adresse) 31,20$ À l'étranger : lan (10 numéros) 43$ 2ans (20 numéros) 75$ 3 ans (30 numéros) 105$ À l'unité 4,50 $ Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France REDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-3551, poste 2854 Membre de : The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418) 648-2627 Pl t Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) 6 Québec Science / Avril 1993 Actualités Astronomie Hubble a-t-il hotographié un rou noir ?t, perrière les anneaux incandescents de cette photo ie cache sans doute un trou noir.C'est en tout cas ('hypothèse avancée par les astronomes pour expliquer :e cliché du télescope spatial Hubble.Une première ! aar Laurent Fontaine i v A 610 kilomètres au-dessus de .t\_ nos têtes, soustrait aux in-(ïuences des turbulences atmosphériques, Hubble sonde le cos-nos depuis avril 1990.Le 19 novembre dernier, le télescope spa-;ial a envoyé au Space Telescope Science Institute, à Baltimore {Maryland), des images du cen- tre de NGC 4261, une des douze galaxies les plus brillantes situées dans l’amas de la Vierge, à 46 millions d’années-lumière de la Terre.Surprise : ü y a de très fortes chances que Hubble nous ait livré la première « image » d’un trou noir.La photo montre un disque de A gauche, la galaxie NGC 4261 photographiée par un téléscope terrestre.À droite, le centre de cette galaxie photographié en lumière visible par le téléscope spatial Hubble.Les astronomes croient qu'il s'agit d'un trou noir.gaz et de poussière large de 300 années-lumière.La matière y tourbillonne comme si elle était prise dans un grand typhon, elle s’échauffe au fur et à mesure qu’elle s’approche d’un centre invisible.Seule la présence d’un trou noir masqué derrière ces disques permet aujourd’hui d’expliquer ce phénomène.Ce n’est évidemment pas la photo du trou noir lui-même, invisible et masqué derrière la matière captive.Mais on s’en approche.La fin d'une étoile Les trous noirs sont des points dans l’univers dont la force d’attraction gravitationneOe est telle que rien ne peut échapper à leur emprise, pas même la lumière.Les astronomes les appellent des « singularités », c’est à dire des événements célestes où le temps et l’espace échappent aux règles de la physique relativiste traditionnelle.En d’autres mots : ce qui s’y passe nous échappe complètement.Mais comment se forme un trou noir ?Pour le comprendre, ü faut parler de la vie des étoiles.Une étoile naît lorsqu’une grande quantité de gaz se contracte et s’effondre sur elle-même à cause de l’attraction gravitationnelle, explique Anthony Moffat, professeur d’astronomie à l’Université de Montréal.Pendant cette contraction, le gaz se réchauffe, jusqu’à ce qu’il devienne si chaud que des réactions nucléaires fusionnent les atomes d’hydrogène pour former de l’hélium.C’est l’excès de chaleur produite par cette réaction qui fait briller Tétoüe.Cette chaleur additionnelle augmente également la pression du gaz vers l’extérieur Québec Science / Avril 1993 7 Photo : Walter Jaffe / Observatoire de Leiden, Holland Ford / JHU / STScl, et NASA Photo : Société zoologique de Calgary Actualités :-oSS-ss: S de l’étoile, jusqu’à ce que cette force contrebalance l’attraction gravitationnelle.Le gaz cesse alors de se contracter, et l’étoile reste stable.Qu’arrive-t-il à une étoile qui a brûlé toutes ses réserves ?Elle peut devenir une naine blanche, une super-nova ou une étoile à neutrons (voir Québec Science de décembre 1992) « Mais si sa masse est égale ou supérieure à trois fois celle du soleil, la force d’attraction gravitationnelle l’emporte sur toute autre force », explique Anthony Moffat.L’étoile s’effondre sur elle-même, et toute la matière se contracte en un point infime d’une densité extraordinaire.Si la terre devenait un trou noir, toute sa masse serait concentrée dans une bille d’un centimètre de diamètre ! La force gra-vitationneOe devient alors si intense que le point de matière aspire tout ce qui est dans son entourage, y compris les particules de lumière.C’est ce que l’astronome américain John Wheeler a appelé un trou noir en 1969.Voir un trou noir ?Le trou noir n’a cependant qu’une existence théorique : comment l’observer si même la lumière ne peut échapper à son attraction ?On peut quand même « voir » l’influence qu’il a sur son entourage.En effet, un trou noir doit en théorie modifier le comportement d’autres astres.Par exemple, dans le cas d’un système double formé d’une étoüe et d’un trou noir invisible, le trou noir devrait aspirer la matière de l’étoile.Toujours selon la théorie, la lumière qui passe à proximité du champ d’action d’un trou noir est déviée.De plus, un trou noir devrait émettre de grandes quantités de rayons X, témoins de l’écrasement de la matière en son sein.Les astrophysiciens ont effectivement détecté de tels phénomènes.Mais les scientifiques ne possédaient pas encore la preuve « lumineuse » la plus visible de l’existence de ces objets dévoreurs de matière : les trous noirs, pensaient-ils, devraient provo- Dinosaures punks Pourquoi se représente-t-on les dinosaures habillés d'une peau semblable à celle des éléphants ?Difficile à dire, puisque personne n'en a jamais rencontré.Le premier naturaliste qui a eu l'idée de dessiner un dinosaure l'a sûrement habillé de la peau d'un éléphant parce que c'était la plus grosse bête qu'il connaissait.Pourtant, la plupart des sauriens actuels, des iguanes aux crocodiles, ont la peau recouverte d'écailles.Même les oiseaux, qui descendent des dinosaures, sont recouverts de plumes, qui ne sont en somme que des écailles modifiées.Il serait donc logique de croire que la peau des dinosaures ressemblait davantage à celle d'un crocodile qu'à celle d'un éléphant.Le paléontologue amateur américain Stephen Czerkas gagne sa vie d'une manière assez originale : il assemble pour les musées des squelettes de dinosaures.Comme la mode est aux reconstitutions complètes de ces étranges bêtes, Czerkas reçoit de plus en plus de commandes pour des squelettes « habillés ».Très bien, mais comment faire ?Pour être le plus réaliste possible, il a donc cherché des indices dans plusieurs gisements fossilifères et, au grand étonnement des paléontologues, il en a trouvé.Ainsi, dans une carrière du Wyoming, il a découvert des épines auxquelles personne avant lui n'avait prêté attention.Certaines étaient même encore reliées à un bout de la queue d'un dinosaure apparenté au diplodocus.Cette trouvaille, de quer d’intenses rayonnements dans leur entourage.Les gaz qui tournoient autour des trous noirs pour s’y engouffrer accélèrent jusqu’à des vitesses presque égales à celle de la lumière.Ils forment des disques de matière compacte : des disques d’accré-tion.Ces gaz s’échauffent, s’ionisent, se transforment en plasmas, et émettent un rayonnement intense.En d’autre mot, il existe près des trous noirs une zone tampon, un « horizon », une sorte de rebord où la matière est sur le point de s’engouffrer, mais d’où les particules peuvent encore s’échapper.Comme dans le cas d’un typhon, on ne peut pas voir ce qui se passe au cœur, mais on distingue clairement ses rebords où l’eau tourbillonne, prisonnière de l’orbite.C’est ce phénomène que Hubble a photographié pour la première fois, du moins selon l’hypothèse la plus généralement admise des astrophysiciens.D’ailleurs, le télescope rehausse peu à peu sa réputation avec cette photo, comme avec celles d’une tempête sur Saturne ou de la naissance et de la mort d’étoiles.On se rappellera qu’il avait commencé ses missions en décevant les scientifiques, car des im perfections mécaniques, et surtout la forme incorrecte du miroir primaire amoindrissaient se performances.Une erreur de deux millièmes de millimètre seulement sur un miroir de 2,4 mètres de diamètre empêchait en effet les faisceaux de lumière de se concentrer au foyer, en un seul point.Résultat : l’image finale était floue.Des modifications aux programmes de commandes et l’emploi de nouvelles techniques de correction d’images ont heureusement redonné à Hubble une sensibilité égale à celle des meilleurs télescopes terrestres et un pouvoir de résolution meilleur.Lors d’un vol de la navette spatiale, à la fin de cette année, la NASA effectuera une correction optique par un système de lentilles.• ;¦ à- ' / mm mm •‘M.*.v Les parcs d'attraction devront-ils refaire les maquettes de leurs dinosaures pour que leur peau soit plus conforme à la réalité ?même que d'autres indices, ont permis à Czerkas de déduire que la peau des grands sauriens du Crétacé était probablement recouverte d'écailles d'environ trois centimètres et armée d'épines dont certaines pouvaient atteindre une vingtaine de centimètres.• * | : V 8 Québec Science/Avril 1993 Actualités Attachez vos ceintures : le Big Crunch s'en vient La fuite apparente des galaxies nous indique que l'Univers est en pleine expansion.Le sera-t-il indéfiniment, ou finira-t-il par retomber sur lui-même comme un soufflé oublié dans un courant d'air ?Alors que la plupart de ses confrères optent pour la première solution, l'astrophysicien américain Edward Harrison penche plutôt pour la seconde.Selon la théorie qu'il a élaborée, l'âge actuel de l'Univers ne serait pas de 10 ou 15 milliards d'années, comme on le croit généralement, mais bien de 35.Il croit de plus que l'Univers continuera de s'étendre durant les 22 prochains milliards d'années, après quoi il se dégonflera durant les 57 suivants, si bien que, 114 milliards d'années après le Big Bang, on devrait assister au Big Crunch.Comment cet astrophysicien arrive-t-il à des résultats aussi différents de ceux de ses confrères et surtout aussi précis ?En principe, estimer l'âge de l'Univers n'est pas très compliqué, mais la réponse est peu précise.On suppose qu'à l'instant du Big Bang, l'Univers entier était concentré en un seul point.En sachant à quelle vitesse les autres galaxies s'éloignent de la nôtre et à quelle distance elles se trouvent, on peut calculer le temps qu'elles ont mis pour arriver jusque-là.Ce temps, c'est âge de l'Univers.En calculant l'effet Doppler subi par leur rayonnement, selon un principe semblable à celui du radar, on arrive à mesurer la vitesse de fuite des galaxies avec une assez grande précision.C'est la seconde inconnue de l'équation, la distance de ces galaxies lointaines, qui est beaucoup plus difficile à déterminer.On essaie de l'évaluer en mesurant l'intensité de la lumière de certaines étoiles situées dans ces galaxies.Cette méthode est à peu près aussi précise que de mesurer la distance à laquelle se trouve une automobile qui roule dans la nuit en mesurant l'intensité de ses phares avec un posemètre, sans trop savoir si les phares sont en position de route ou de croisement, si ce sont des halogènes et même si l'auto en question roule dans le brouillard.Le rapport entre la vitesse de fuite des galaxies et la distance qui nous en sépare, c'est la fameuse constante de Hubble, qui donne tant de cheveux blancs aux astronomes.Les astrophysiciens s'entendent — façon de parler ! — pour attribuer à cette constante une valeur qui oscille entre 50 et 100 kilomètres par seconde pour chaque mégaparsec d'éloignement (1 mégapar-sec équivaut à 3,26 millions d'années-lumière).Voilà donc comment ils arrivent à déterminer l'âge approximatif de l'Univers.Edward Harrison, pour sa part, a estimé à 10 la valeur de la constante de Hubble, ce qui concorde avec certaines observations.C'est pourquoi son modèle de l'Univers lui donne un âge aussi vénérable.Mais la constante de Hubble sert également à déterminer la densité globale de l'Univers, densité que l'on exprime par le symbole oméga (fl).Si la valeur d'fl est inférieure à 1, comme le croient la plupart des astrophysiciens, l'Univers n'est pas assez dense pour que sa gravité le ramène à son état initial.Plus la constante de Hubble est faible, plus la valeur d'fl est grande, si bien que les calculs d'Harrison conduisent à attribuer à fl une valeur supérieure à 1, ce qui aurait pour effet de nous conduire tout droit vers le Big Crunch.Attachez vos ceintures, l'avenir nous le dira ! • UNE EXPÉRIENCE RECONNUE MONDIALEMENT DANS LE SECTEUR INDUSTRIEL, EN ÉNERGIE, EN INGÉNIERIE GÉNÉRALE ET EN ENVIRONNEMENT.LA SYNERGIE DE QUELQUE 5 500 CERVEAUX VOUÉS À LA QUALITÉ.LE RÉSULTAT: UN CHEF DE FILE DANS UN MONDE SANS FRONTIÈRES.?» SNCLAVALIN Un monde de génie, tourné vers l’avenir ?2, Place Félix-Martin Montréal (Québec) H2Z 1Z3 Téléphone (514) 393-1000 Télécopieur (514) 866-0795 Québec Science / Avril 1993 9 Photo : Christopher Morris Actualités mm.: - mm iÉÉÉ àsiMlk t Selon le nombre de citations de l’ISI En 1992, les trois « meilleurs » chercheurs au monde étaient québécois.Au hockey, on classe les joueurs selon le nombre de points marqués.En science, l'un des critères est plutôt le nombre de fois que les travaux d'un chercheur sont cités par d'autres scientifiques.En 1992, parmi toutes les études effectuées sur la planète, aucune n'a été aussi souvent citée que celle de Walter Spitzer, Samy Suissa, et Pierre Ernst, de l'Université McGill.par Marie-Claude Ducas L’abus des broncho-dilatateurs aggrave l’asthme.Cette recherche, conduite par une équipe de l’université McGill, à Montréal, s’est vue décerner le titre de l’étude la plus citée en 1992.Ce palmarès est établi par YIntemational Scientific Institute (ISI), un organisme privé de Philadelphie qui recense chaque année les études les plus souvent mentionnées dans les comptes-rendus de recherche publiés partout sur la planète.Il s’agit avant tout d’un indicateur : on conclut qu’une expérience a été vraiment importante si ses résultats sont souvent utilisés, et donc cités, par des chercheurs un peu partout dans le monde.Les trois lauréats de McGill sont les épidémiologistes Walter Spitzer, Samy Suissa et Pierre Ernst, ce dernier étant aussi pneumologue.Selon leur étude, les asthmatiques qui abusent des bronchodilatateurs, ces médicaments administrés par inhalation au Un article écrit par le pneumologue Pierre Ernst (photo) et ses collègues Walter Spitzer et Samy Suissa remporte le palmarès du nombre de citations pour 1992.moyen de petites pompes, s’exposent à la longue à de graves attaques, et même à la mort.En analysant les dossiers médicaux d’asthmatiques de la Saskatchewan, la seule province où toutes les dépenses de médicaments sont remboursées par l’État, les chercheurs ont conclu que le risque double pour chaque pompe supplémentaire utilisée tous les mois.Une pompe sert à environ 200 inhalations.Une étude effectuée en Nouvelle-Zélande était déjà arrivée à une conclusion similaire, mais elle ne s’attardait qu’à un produit, le phé-naterol, alors que les chercheurs de McGill ont aussi tenu compte d’un autre produit tout aussi répandu, le salbutamol.« Ce ne sont pas les produits eux-mêmes qui sont dangereux, rappelle Samy Suissa.Ils sont en quelque sorte victimes de leur efficacité.» Les bronchodilatateurs servent à « relaxer » les bronches contractées lors d’une crise d’asthme.Cependant, le malade doit aussi s’attaquer au problème fondamental, notamment en prenant des anti-inflammatoires, explique le chercheur.Mais puisque les broncho-dilatateurs sont efficaces, certains patients négligent les autres traitements, ce qui augmente les risques de complications.Ces asthmatiques négligents auront de plus en plus de crises, et consommeront donc plus de pompes.Un critère encore peu utilisé L’étude a été citée en moyenne huit fois tous les deux mois en 1992, plus souvent qu’aucune autre.L’intérêt a donc été réel, mais pas seulement chez les chercheurs.Les membres de l’équipe de McGill ont reçu de nombreux remerciements d’asthmatiques et de médecins.Quel est l’impact réel d’avoir produit l’étude la plus souvent citée ?« Même si nous avons été très contents de recevoir le communiqué de l’ISI, je ne crois pas que, concrètement, cela changera beaucoup de choses pour nous, dit Samy Suissa.Cela fait tout de même plaisir, ça démontre un certain niveau de reconnaissance ».Fausse modestie ?Le nombre de citations compilé par l’ISI ne semble pas, pour l’instant, très utilisé au Québec, ni ailleurs au Canada.Mais on songe de plus en plus sérieusement à l’ajouter aux critères d’évaluation de la performance d’une équipe de recherche.Et cette performance compte pour beaucoup lors de l’attribution des bourses et des subventions.« C’est un outil qui gagne du terrain », dit Bernard Condas, associé de recherche au laboratoire d’endocrinologie moléculaire du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), qui s’est intéressé de près aux questions d’évaluation et aux banques de données sur la recherche.« On l’utilise déjà beaucoup de façon informelle, dit-il.Lorsqu’un comité de chercheurs de l’extérieur est chargé d’évaluer un pair, comme c’est souvent le cas, beaucoup vont d’eux-mêmes vérifier le nombre de citations qu’ont suscité les travaux de ce Muer •tiniitf pitiiri m, ‘((«% Wi,P0 N loir 10 Québec Science/Avril 1993 Actualités hercheur.C’est sans doute un iiritère qui sera implanté de fanion plus formelle.» ! Il faut savoir que par le passé, n évaluait souvent la perfor-nance d’un chercheur en comp-tjant le nombre de rapports de Recherche qu’il avait publié.Au-uourd’hui, la quasi-totalité des iirganismes qui octroient des iubventions ont cessé de se fier iiveuglément aux nombres de mblications : il était trop facile ||)Our un chercheur d’augmenter H;a « cote » en publiant frénéti-•quement des articles.En effet, uleux études publiées dans une relie de dernier ordre « valaient » )lus qu’une recherche percutan-jjie qui a su rencontrer tous les Iritères des grandes revues.Évaluer un chercheur ?Difficile ! ême en tenant compte de la ualité et de la réputation des evues, on n’élimine pas tous les oroblèmes : des articles sont oarfois signés par plus d’une di-îaine de personnes, y compris les gens qui n’ont contribué que le façon minime à la recherche.1» Beaucoup de comités d’évaluation divisent désormais le nom-l*® fore de publications qu’un cher-Wjpheur s’attribue par le nombre d’auteurs sur chacune ! Ça n’est pas pour autant un critère par-ifait, mais c’est déjà beaucoup mieux », dit Michel Leclerc, responsable du service des indica-Uteurs de politiques scientifiques iau ministère de l’Enseignement ^supérieur et de la Science.*1 Le nombre de fois qu’une recherche est citée s’ajoute aux autres critères d’évaluation de la performance d’un scientifique.Mais comme tous les autres critères, il faut savoir le traiter avec un grain de sel.Ainsi, ceux qui oeuvrent dans un domaine où les publications abondent, comme celui de la recherche médicale, ont beaucoup plus de chances d’accumuler les citations que ceux qui explorent des champs d’activité moins connus, par exemple la supraconductivité.« Si nous avons été tellement cités, c’est que l’asthme est une maladie extrêmement répandue », dit Samy Suissa.« Et les citations n’indiquent pas forcément qu’une recherche est pertinente ou percutante, ajoute Michel Leclerc.Une étude peut être citées parce que, au contraire, elle donne des résultats très peu surprenants, conformes à ce que tout le monde attendait ou voulait entendre.» Il faut aussi voir si une recherche sera autant citée dans quelques années.Dans ce sens, la « demi-vie » d’une étude est, à la longue, un meilleur indicateur que le nombre de citations dans une année.Bien des études, très citées au moment de leur parution, ont finalement un impact éphémère.« En fait, lorsqu’il s’agit d’évaluer les chercheurs, on est toujours réduits à des compromis un peu malhabiles », dit Michel Leclerc.• Un index de citations : ;;:'j Il y a une vingtaine d'années, I'Institute for Scientific Information commençait à publier un index pour aider les chercheurs à retracer toutes les études faites dans un domaine donné ou sur un sujet précis.Pour ce faire, l'ISI a dû commencer à retracer systématiquement toutes les publications qui ont cité telle ou telle étude.« Avec le temps, le nombre de citations, ou plutôt la moyenne sur une période donnée, est apparue comme un bon instrument pour évaluer l'impact d'une recherche ou de certains chercheurs », explique Michel Potier, directeur scientifique au Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), qui attribue des bourses de recherche pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.Le nombre de citations semble un très bon indicateur de grandes tendances, permettant par exemple de mesurer l'impact d'un pays dans un domaine de recherche.- Les jeux interdits Ah, les enfants ! Ceux de Vancouver se brûlent plus souvent qu'à leur tour en allumant des feux d'artifice; à Québec, ils se blessent en jouant au hockey.Mais à Montréal, comment font-ils, dites-moi, pour se retrouver à l'urgence à cause d'un accident de .chariot d'épicerie ?Depuis trois ans, dix hôpitaux pédiatriques canadiens ont uni leurs efforts pour créer une banque de données informatisée réunissant de précieuses statistiques relatives aux accidents subis par les jeunes Canadiens.Ce Programme des hôpitaux canadiens pour la déclaration et la prévention des traumatismes permet de repérer les principales causes de blessures chez les jeunes et de compiler des statistiques qui seront fort utiles pour trouver des solutions aux problèmes les plus courants.On demande aux parents des jeunes blessés (ils étaient près de 1500 en 1991) admis à l'urgence des hôpitaux participants de remplir un court questionnaire sur la nature des traumatismes et les circonstances dans lesquelles ils se sont produits.C'est le docteur Barry Pless, directeur du Centre de prévention des blessures de l'Hôpital de Montréal pour enfants, qui a été l'instigateur de ce programme.Les données ont été analysées au moyen d'un logiciel fourni gracieusement par la société Hewlett-Packard, de façon à détecter les ressemblance entre certains types d'accidents.Elles ont déjà permis de déceler des dangers qui seraient autrement passés complètement inaperçus.Ainsi, on a récemment remarqué une forte incidence, chez les jeunes intrépides, de blessures parfois très graves qui se produisent lorsque les jeunes jouent à passer sous les portes de garage automatique avant qu'elles ne se referment.• Le cheval et le magné lom être Les Hellènes qui s'acharnent durant dix ans, la belle Hélène qui se moque de leur poire, des héros quasi mythologiques qui se tapent dessus jusqu'à l'apothéose, et le fameux coup du cheval.Homère et les classiques, c'est bien beau, mais la Guerre de Troie a-t-elle vraiment eu lieu ?En 1870, contre toute attente, l'archéologue allemand Heinrich Schliemann découvrit sur un promontoire d'Asie Mineure dominant le détroit des Dardanelles (dans ce qui est aujourd'hui la Turquie), les ruines d'une citadelle correspondant assez bien à la description que fit Homère de la ville de Troie.La ville légendaire sortait donc de la légende.Mais Troie n'avait pas encore livré tous ses secrets.L'archéologue allemand Manfred Korfmann, de l'Université de Tübingen, a eu l'idée de promener un magnétomètre au-dessus des ruines de Troie, pour voir s'il n'existe pas d'autres éléments du décor.Pourquoi un magnétomètre ?Parce que pour construire un mur, on utilise des pierres qui, tout comme le reste de l'écorce terrestre, sont marquées par le magnétisme.Or les Troyens n'ont certainement pas pris la précaution d'orienter les pierres de leurs fortifications selon les lignes de champ du magnétisme terrestre.Comme prévu, l'expérience a permis de localiser les assises d'un mur épais de trois à quatre mètres et long de 120, situé à environ 340 mètres au sud de la citadelle que l'on connaît déjà.Armés de pelles et de patience, les chercheurs pourront maintenant se lancer à la poursuite des guerriers de Priam et d'Agamemnon.• Québec Science/Avril 1993 11 Photos : Tony Bégin mil !!¦ Actualités Vie étudiante Grande course de toboggans en.béton ! C'est un défi annuel lancé aux apprentis ingénieurs : construire un toboggan en béton.Des équipes s'affrontent ensuite dans une course où c'est l'imagination et la créativité qui déterminent les gagnants.par Jeanne Morazain La foule qui se presse au fil d’arrivée applaudit à tout rompre une spectaculaire embardée.L’arrêt brutal du toboggan a laissé une rainure profonde dans la neige granuleuse.À peine les « pelleteux » ont-ils réparé la piste, qu’un autre toboggan arrive en trombe.Freinage raté : l’équipage s’empile dans les bottes de foin.Nous sommes le 23 janvier 1993 au Mont Belle-vue à Sherbrooke.La Grande course nordique de toboggans de béton des étudiants en génie bat son plein.Cette drôle de course, la 19e du genre, a des racines américaines.h'American Concrete Institute (AGI) parraine une course de.canoës en béton, dont s’est inspirée la section de l’Alberta dans l’Ouest canadien.La première année, en 1974, sept équipes se sont affrontées.Cette année, il y en avait 41:14 du Québec, 9 du reste du Canada, 6 des États-Unis et 2 de France.Au total, 431 étudiants en génie y ont participé, dont une quarantaine de filles, incluant l’équipe entièrement féminine du Georgian College de Barrie en Ontario.Vous êtes étonnés qu’on puisse courser avec un toboggan en béton ?Les experts le sont tout autant.« Le défi consiste justement à utiliser un matériau complètement inadéquat », explique Pierre-Claude Aïtcin, président d’honneur de la Course 1993.En théorie, un bon toboggan est construit avec un matériau super-léger, non rigide et qui glisse facilement.« Le contraire du béton quoi ! », s’exclame ce professeur à l’Université de Sherbrooke, qui est aussi directeur du Réseau de centres d’excellence sur les bétons à haute performance.Le béton est en effet un matériau lourd, qui casse si on le tire ou le plie trop.« Or dévaler une côte, c’est aller de bosses en creux et soumettre le toboggan à des forces contraires de traction et de flexion qui s’exercent en même temps », explique Marie Bellemare, étudiante en génie civil et membre de l’équipe Avalanche de l’École Polytechnique de Montréal.Tout un défi ! Les toboggans de la Grande course ne sont pas faits entièrement de béton.Seuls les skis, la dalles ou toute surface en contact avec la neige doivent être faits de béton, plus précisément un béton à base de ciment Portland {voir lexique).D’autres matériaux peuvent être utOisés pour la coquille, les bancs et les autres parties du toboggan.Mais les participants doivent respecter des spécifications strictes.La masse totale de l’engin ne doit pas dépasser 136 kg.Le système de freinage doit être mécanique, c’est-à-dire sans aucune compo- te] santé électrique ou électronique.Le toboggan doit être muni ¦ d’un arceau de sécurité, et dépourvu d’éléments tranchants ou saülants.L’addition au béton de matériaux de renforcement et d’adjuvants industriels est permise, de même que l’usage de cire, de sOicone, de graphite, etc., pour améliorer la glisse.Le premier défi est de construire un toboggan « léger ».Le béton, un mélange d’agrégats soudés à l’aide d’un ciment, ne semble pas vraiment adéquat ! Les étudiants utilisent des agré gats moins lourds, du gravier plus petit ou du sable par exemple.Ils réduisent aussi la structure du toboggan à sa plus simple expression, tout en ayant recours à des matériaux comme la fibre de verre ou l’aluminium pour toutes les parties où le béton n’est pas obligatoire.Le deuxième défi est de faire glisser et accélérer cette masse impressionnante.Pour cela, la dalle et les skis en béton doivent présenter une certaine courbure.Leur surface doit être réduite pour minimiser la friction, mais assez large pour être porteuse.Comment obtient-on un béton qui résiste aux chocs de la descente ?On dose avec soin le mélange.On utOise du béton armé et même précontraint.On ajoute certains produits, des fibres à base de plastique notamment, fe'- lefois «fsta Petit lexique du béton Adjuvant : produit que l'on ajoute à un matériau pour l'améliorer.Béton : mélange artificiel de cailloux, de gravier et de sable réunis entre eux au moyen d'un ciment.Béton armé : béton auquel on ajoute une armature de tiges métalliques, de fibres d'acier ou de fibres de verre pour le rendre plus résistant.Béton précontraint : béton dont l'armature est tendue pendant la coulée puis relâchée une fois que le béton est pris.En se comprimant, l'armature crée une contrainte interne permanente qui compense les contraintes extérieures.Ainsi traité, le béton résiste mieux aux forces externes auxquelles il est soumis.Ciment : matière en poudre à laquelle on ajoute un liquide et qui a la propriété de durcir en séchant.Ciment Portland : ciment résultant de la mouture (broyage) du produit de la cuisson d'un mélange de silice, de chaux, d'alumine et d'oxyde de fer.Contrainte : pression plus ou moins forte s'exerçant sur un corps.12 Québec Science/Avril 1993 ¦ iour le rendre plus flexible.En-sinij in, on utilise la structure et la « oque du toboggan pour absor-£«¦1 1er les tensions subies par le bé-ii on.Marie Bellemare explique : oilett Le banc de notre toboggan est upporté par des tiges diagona-è(i es vissées à la dalle de béton, ldi® Jne partie des efforts qui s’exer-djjii :ent sur la dalle de béton est mioiti insi transférée aux barres et au )anc.» Une fois lancée, une telle mas-le est difficile à arrêter.Cela ïxige un système de freinage ef- ficace, solide et sécuritaire pour les passagers.C’est l’autre grand défi de la course.La grande course aux commanditaires « Ce qui m’impressionne le plus, dit le professeur Aïtcin, c’est l’imagination et la créativité des étudiants.À partir d’un même cahier de charges, ils ont conçu 41 toboggans très différents.Ils ont fait appel à des principes techniques différents, à des recettes de béton différentes.Les résultats prouvent qu’il n’y a pas de défi qui ne puisse être relevé.» Il faut beaucoup de travail pour constraire ces toboggans.Et des sous que les étudiants n’ont pas.Il y a donc une première course, une course aux commanditaires, pour obtenir des matériaux, des locaux, réaliser des essais.Les laboratoires de l’université sont envahis.La Grande course 1993 a donné lieu à une lutte très serrée.Moins d’un demi point séparait les trois premières équipes.Les Actualités Big Bears de {'University of Alberta ont raflé les honneurs, suivis par Avalanche, l’une des six équipes de Polytechnique, et par Terrapin Flyer, une équipe du Maryland.Pourtant, lesM?Bears n’ont battu aucun record avec leur vitesse de 28 kilomètres/heure et leur arrêt en 7,85 mètres.Ils sont loin des 50 kilomètres/heure atteints par l’équipe de Calgary et du freinage en moins de 1 mètre réussi par certains adversaires.Big Bears se sont toutefois classés premiers pour le design d’ensemble, la conception du système de freinage et la qualité du béton, les trois catégories cumulant le plus de points.Chris Jordan, leur capitaine, dévoile quelques secrets.« Notre toboggan glisse sur une unique dalle rainurée sur les côtés, ce qui donne un meilleur contrôle.Nous avons préféré, à un béton ultra-léger, un béton de haute résistance que nous avons précontraint et auquel nous avons ajouté de la fibre d’acier.Pour réduire le poids, la coquille est en fibre de verre et le système de freinage en aluminium.La coquille a la SMART & BIGGAR AVOCATS FETHERSTONHAUGH & CIE AGENTS DE BREVETS ET DE MARQUES DE COMMERCE 4 Place Ville Marie, 6e étage, Montréal, Québec, Canada H3B 2E7 Téléphone: (514)954-1500 • Sans frais: 1-800-363-4347 Fac-similé: (514) 954-1396 BREVETS Tous les domaines incluant l’électronique, l’informatique, la biotechnologie, la chimie et la mécanique ?MARQUES DE COMMERCE, DESSINS INDUSTRIELS, DROIT D'AUTEUR ?RECHERCHES EN MATIÈRE DE BREVETS, MARQUES DE COMMERCE ET DESSINS INDUSTRIELS avec l’appui d’une équipe de recherchistes sur place au Bureau des brevets et des marques de commerce ?ÉVALUATION DE DROITS EN PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE, PRÉPARATION ET NÉGOCIATION DE CONTRATS RELATIFS À LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE, INCLUANT LES CONTRATS DE LICENCES ET DE FRANCHISAGE ?TOUT LITIGE AFFÉRENT À LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE MONTREAL OTTAWA TORONTO VANCOUVER Québec Science/Avril 1993 13 Actualités Les Big Bears de VUniversity of Alberta sont arrivés premiers, grâce à la qualité de leur design d'ensemble, la conception de leur système de freinage et la qualité de leur béton.[ IébrouIllards j LE MAGAZINE DRÔLEMENT SCIENTIFIQUE Vous propose en avril: Les jumeaux: pareils ou pus pareils?Rencontre avec deux couples de jumeaux: l'un identiques, l'autre non identiques.Les ocariens Leur corps est couvert de poils, leurs pinces claquent dans l'air, on dirait de petits monstres.Ils sont partout autour de nous! Le porte-avions Comment un pilote se pose-t-il sur un porte-avions qui roule et tangue sur une mer déchaînée?Tragédie à Pompéi En ce 24 août de l'an 79, vers midi, un énorme nuage noir s'échappe du Vésuve.Puis, c'est l'explosion.Gigantesque! L'amer déchaîné Le mini-journal des poissons qui font des vagues.En plus: des expériences amusantes à faire à la maison, des jeux, des fiches à collectionner, des bandes I dessinées, la rubrique des correspondants et plus.52 pages de découvertes! Les Débrouillards est en vente dans plusieurs kiosques au prix de 2,95$.Pour s'abonner (un an, 10 numéros, 24,42$) s'adresser à: Magazine Les Débrouillards 25, boul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park, Québec J4V2G8 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable): 875-4444.Gcces-r Va/ forme aérodynamique d’un bobsleigh.Elle est retenue à la dalle par du velcro et se détache dès qu’il y a choc.Les freins à air comprimé peuvent freiner brusquement ou, au contraire, graduellement.Nous avions cru pouvoir améliorer la glisse en insérant dans la dalle de béton un élément chauffant.L’expérience n’a pas été concluante.» Les 15 membres des 57^ Bears ont déboursé 800 $ pour leur petite merveille, le reste étant fourni par des commanditaires.Un joyeux carnaval Bon joueur, Philippe Legault, le capitaine d’Avalanche, reconnaît la supériorité technique et innovatrice fas, Big Bears.Toutefois, l’énorme bulle de fibre de verre violet de son équipe a attiré tous les regards.Avalanche a mérité le prix du public.Le capitaine est fier des trouvailles de son équipe à sa deuxième année de participation : les barres d’armature du béton faites en fibre de verre, la dalle centrale étroite avec ses deux petits skis stabilisateurs, le frein à ressorts qui se déclenche avec force.« La constraction du banc et de la bulle en fibre de verre a représenté un véritable défi.à notre patience, raconte Philippe Legault.Imaginez, deux journées entières de sablage rien que pour donner la forme à la bulle et la préparer à recevoir sa couleur.» Les 14 membres d’Avalanche ont recueilli environ 2 500 $ pour louer un garage et payer les frais de transport, de séjour et d’inscription.Les matériaux et les essais ont été financés par des commanditaires.Deux équipes de l’Institut supérieur de la construction de Grenoble avaient été invitées par l’École de technologie supérieure à participer à la Grande course.L’une d’elles a remporté le prix du meilleur combiné vitesse/distance de freinage.Leur bolide rouge a dévalé la piste à 19 kilomètres/heure et s’est arrêté en 1,2 mètre.Vêtus de capes de coccinelles rouges à points noirs, les coureurs français ne cachaient pas leur joie d’avoir relevé le défi d’équilibrer dimensions et résistance, même s’ils ont dû couper des morceaux de patins pour ne pas dépasser le poids réglementaire.Ils n’ont que des bons mots pour le « superbe accueil » qu’ils ont reçu, et des frissons en pensant au froid sibérien qu’ils ont connu.D’ailleurs, la course à peine terminée, ils mettaient en vente leur coccinelle afin, prétendaient-ils, de recueillir des fonds pour rentrer en France.Les 20 ans de la Grande course seront célébrés à Edmonton chez les vainqueurs, après trois ans dans TEst.Pierre-Claude Aïtcin espère convaincre les pays Scandinaves d’y participer, et Chris Jordan annonce fièrement l’inscription d’une équipe allemande.Qu’est-ce qui fait courir ainsi les futurs ingénieurs ?Plusieurs choses : le défi peu commun, le plaisir d’appliquer les théories apprises, l’esprit d’équipe et enfin la longue fin de semame de compétition qui a toutes les allures d’un joyeux carnaval.Malgré la fête, l’œil technique reste vif.« Vous avez vu ce système de freinage ?demande mon voisin, François Tessier de l’équipe Azimut de TUniversité de Sherbrooke.Les skis s’écartent pour permettre à la dalle de béton de s’écraser au sol avec tout le poids des cinq occupants.Ingénieux et efficace.» • 14 Québec Science/Avril 1993 Actualités Bientôt sur cette page.: a !*j Les mentions « secret » et « confidentiel » qu'on indique sur des dossiers, des enveloppes, des classeurs, ne sont pas très efficaces.Pire, le plus souvent, elles attirent les curieux.Ne dit-on pas que la meilleure garantie de confidentialité des documents dans un bureau, c'est le désordre ?Agents secrets, diplomates, industriels et chercheurs n'auront bientôt plus de problèmes de confidentialité.En effet, un groupe de recherche du Conseil de recherche en pâtes et papier du Canada, dirigé par Ronald C.Fischer, vient de fermer définitivement la porte aux indiscrets.Les chercheurs ont mis au point une encre invisible et.programmable.Il s'agit d'une encre d'imprimerie dont la composition chimique permet de faire apparaître — et même disparaître — le message à un moment déterminé à l'avance, le tout avec une étonnante précision.L'impression se fait par jet d'encre, au moyen de deux couches superposées qui réagissent l'une avec l'autre au bout d'un temps prédéterminé pour faire apparaître le message.Il existe pour l'instant deux variétés de cette encre.La première, lorsqu'elle devient visible, le demeure indéfiniment, ce qui permet de conserver en archives les documents imprimés de la sorte.La seconde variété ne demeure visible que pour un temps limité, lui aussi programmable, dont la durée varie de quelques minutes à une dizaine d'heures environ.Les agences gouvernementales — on s'en doute — seront parmi les premières à bénéficier de cette invention.Cette encre a d'ailleurs été testée par la Direction des négociations constitutionnelles du mi- Voici l'aspect initial qu'aura un document imprimé au moyen de la nouvelle encre.Le message sera visible pendant une seule journée, entre le 31 mars et le 2 avril 1993.À ne pas manquer.nistère québécois des Affaires intergouvemementales à la fin de l'été dernier.Il s'agissait de protéger les avis des experts québécois sur les projets de réforme constitutionnelle présentés par Ottawa.Prévus pour n'être visibles que pendant deux jours, juste avant la rencontre des premiers ministres à Charlottetown, ces textes sont malheureusement restés visibles, par suite d'une erreur de dosage dans la composition chimique de l'encre.On se souviendra que cette bévue, dont a profité notre confrère l'Actualité, a fait couler beaucoup.d'encre dans les jours qui ont précédé le référendum du 26 octobre dernier.• Goudreau Gage Dubuc & Martineau Walker AGENTS DE BREVETS ET MARQUES DE COMMERCE DESSINS INDUSTRIELS - DROITS D’AUTEUR Chantal Desjardins Jean H.Dubuc Roger Goudreau Denise Huberdeau François Nadeau Gaétan Prince Isabelle Jomphe Alain Leclerc L.L.B.s B.Sc.App.Electricité B.Sc.Chimie Ph.D.Pharmacologie M.Sc.Chimie s B.Sc.App.Electricité L.L.B.B.Sc.App.Chimie, L.L.B., L.L.L.Tour de la Bourse, Bureau 3400, 800 Place-Victoria Montréal, Canada H4Z 1E9 Téléphone 514/397-7602 Sans frais 1-800-361-6266 Télécopieur 514/397-4382 ou 7600 Québec Science / Avril 1993 15 Illustration : Yayo Actualités La fierté d'être à l'heure C'est sans doute une manie qui date de l'époque héroïque de l'aéropostale.Ce qui rend un commandant de bord le plus fier c'est de respecter à la lettre son plan de vol et, surtout, la partie la plus sacrée de ce plan, l'ETA.L'ETA, dans le jargon de l'aviation, c'est l'heure prévue d'arrivée (Estimated time of arrivai).Ne croyez pas que c'est facile, car tout se ligue contre le pilote qui veut tenir son pari.Il y avait déjà la météo et les vents contraires, mais aujourd'hui s'ajoute une brochette complète d'impondérables causés par la densité de la circulation aérienne : attente en bout de piste, altitudes interdites, couloirs aériens et délais parfois interminables pour atterrir et accéder à la zone du débarcadère.Heureusement, il y a aussi un beau côté à cette médaille, car la quincaillerie est beaucoup plus fiable aujourd'hui.Un biplan devait contourner un orage; un Boeing passe par dessus.De plus, les appareils modernes sont équipés d'un ordinateur de bord capable d'optimiser les paramètres de vol.Toutefois, ce Flight Management System ou FMS, fort utile pour les économies de carburant, n'est pas d'un grand secours lorsque vient le temps d'analyser l'effet des vents contraires ou l'encombrement de l'aéroport de destination.Voilà pourquoi l'ingénieur en aéronautique Gary Wagner, qui est aussi pilote chez Air Canada en poste à Montréal, s'est associé au chercheur Renwick Curry, du Massa- (A J : J [jtli! I wl ) 111M I K Bf y >\ y ç .ne ¦ tea chusetts Institute of Technology, pour mettre au point un logiciel avancé de planification des vols.Appelé Variable Cost Index Plan ou VCIPIan, ce logiciel, dont l'ordinateur d'exploitation est au sol, communique continuellement avec les avions du transporteur afin de fournir à leur FMS les données essentielles qui leur échappaient auparavant.Air Canada est ainsi en mesure de calculer avec précision ses ETA et, surtout, de les respecter.Si seulement on pouvait équiper de la sorte.les taxis qui vont à l'aéroport ! • Stage de formation toutes 993 %; %t(] obtenir rim
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