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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1994, Collections de BAnQ.

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il»! \\TIQ I r^l krH \ ZQK' T'-J ^ [«l'-l lenœ Volume 32, numéro 7 Avril 1994,3,45$ i&m.H al Chercheurs inc.Comment la recherche scientifique se fait privatiser Recettes pour nouveaux médicaments Téléphones illimités wiiiii'i lil'n 77333301994904 1 U ivj y mil .I - r .y y f r I y r rrlü y Kl M X H ri ri hi ^ Ky^’F I rrny '-y- — I c Ç-> ri 5 jJKIiiüO II / / r N r r I yr- _L _/¦ mm y ri Lecole Polytechnique de Montréal, la plus grande institution francophone de génie en Amérique du Nord, met à la disposition de ses 11 disciplines des subventions substantielles pour la recherche et le développement, dont bénéficient les meilleurs candidats inscrits à la maîtrise et au doctorat, venus d’Amérique et d’Europe, pour élargir encore les frontières du savoir.üli m mii mil Génie industriel * Génie civil ECOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL Renseignements: Service des étude supérieures (514) 540-4605 La santé'sécunte des travailleurs, in objet de science L’Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec est un organisme de recherche scientifique voué à l’identification et à l’élimination à la source des dangers et des risques professionnels, et à la réadaptation des travailleurs qui en sont victimes.L’IRSST effectue, commandite et subventionne des recherches qui visent à réduire les coûts humains et financiers occasionnés par les accidents de travail et les maladies professionnelles.irsst Institut de recherche en santé et en sécurité du travail du Québec '¦ l Commentaires Dans un monde idéal Un jour, quelqu’un a décrété que pour enseigner les sciences à l’université, il fallait être un chercheur.Parce que seul un chercheur peut vraiment se tenir à jour, vraiment donner un enseignement de qualité à l’université.Non seulement cette idée est fausse, mais elle nuit énormément à la qualité de l’enseignement universitaire.Sauf exception, les bons chercheurs ne font pas de bons professeurs, et vice versa.Prenons par exemple le cas de Pierre Couillard, qui a été l’un de mes meilleurs professeurs au département des Sciences biologiques à l’Université de Montréal.Cet homme a investi des années pour mieux comprendre, entre autres choses, comment les amibes — ce sont de petits organismes unicellu-laires — déforment leur membrane cellulaire pour se déplacer.Cette spécialisation a forcé monsieur Couillard à se tenir au courant des grands développements de la cytologie, particulièrement de tout ce qui concernait les membranes cellulaires.Mais je l’ai souvent entendu dire qu’il devait laisser en plan ses travaux et lire des publications qui n’ont aucun rapport avec les amibes pour ajouter par exemple la dernière découverte sur le cancer à son cours de physiologie cellulaire donné au baccalauréat.Il a souvent dit que pour préparer ses cours, il négligeait un peu ses recherches.Négliger ses recherches est la dernière chose qu’un professeur d’université doit faire.L’obtention de son emploi, de ses budgets, de ses promotions et de son prestige auprès des pairs ne dépend pas de ses performances devant les étudiants du baccalauréat, mais de ses performances en laboratoire.Le système universitaire est ainsi fait qu’aucune carrière ne dépend de la qualité de l’enseignement au baccalauréat.Bien sûr, il y a les chargés de cours.Mais ils sont mal payés et peu respectés.Et pour décrocher une vraie job de professeur de sciences à l’université, ils doivent d’abord prouver qu’ils sont de bons chercheurs.Pas nécessairement de bons enseignants.Dans un monde idéal, les chercheurs enseigneraient la recherche en maîtrise et au doctorat.Les professeurs, qui ne feraient pas de recherche, donneraient les cours généraux du baccalauréat.Formés comme chercheurs, mais aussi comme pédagogues, ils auraient le temps, le goût et le talent nécessaires pour donner de bons cours.Et pour donner de bons cours, ces nouveaux professeurs devraient bien sûr se tenir au courant des derniers développements des matières qu’ils enseignent.Est-ce si compliqué ?Non.Si les bons journalistes scientifiques parviennent assez facilement à suivre l’évolution de la science, un professeur d’université y arrivera sans difficulté.Mais je parle ici d’un monde idéal.En réalité, les budgets des universités sont coupés.Personne ne veut vraiment investir dans la qualité de l’enseignement.Les cours de sciences au baccalauréat continueront donc d’être donnés par des gens qui n’y trouvent souvent aucun intérêt.La qualité de ces cours restera variable.Étienne Denis Actualités Vive la biodiversité ! Un chercheur montréalais a prouvé que la biodiversité stabilise les écosystèmes.8 La préhistoire en solde.chez l'antiquaire du coin Des statuettes d’une valeur inestimable, datant de la préhistoire, se trouvaient chez un antiquaire du Vieux-Montréal.Une histoire abracadabrante.10 Coup de Soleil Les deux satellites canadiens, Anik El et Anik E2, qui sont tombés en panne en janvier, auraient été victimes i d’une tempête magnétique Anik El est remis sur pied, mais son « jumeau » est toujours muet.12 Longue durée Des implants insérés sous la peau offrent une garantie contre la fertilib pendant.cinq ans ! Pas de soucis, ni d’effets secondaires.Capsules Le fièvre du mercredi Une baleine à pattes au Pakistan À l'écoute d'E.T.Chroniques 48 Livres 50 Histoires de science Les amours d'Albert Einstein, On croyait Einstein froid et distant.Sa correspondance avec Mileva Marie, son amour de jeunesse, nous fait découvrir un jeune homme passionné.par Danielle Ouellet 52 La dimension cachée À la soupe ! Tout sur la digestion d’un morceau de gâteau au chocolat.De la salive qui l’humecte aux acides gastriques qui le dissolvent, jusqu’à l’orifice ultime qui l’expulse.par Raynald Pepin \ Opinion Pourquoi la recherche fondamentale est importante Ce mois-ci, Michael Smith, prix Nobel de chimie 1993, exerce sa plume dans Québec Science ! % 4 Québec Science/Avril 1994 Recherche Sommaire 20 23 !o\ de droits Partager le savoir i qui appartiennent les Démocratiser la science est i ravaux d’un étudiant- partout une priorité.Mais ! :hercheur ?Souvent à sait-on vraiment quelle est la ji 'étudiant.Du moins, s’il fait culture scientifique que les M ,especter ses droits.vulgarisateurs veulent ainsi partager ?^frSSn^lj 14 Chencheups Inc.r.» _ 1 Les scientifiques ont bien changé ! Forcés de trouver de nouvelles sources de revenus, ils « frayent » avec le privé ou fondent leur propre entreprise.Payant.à court terme.La nouvelle arche de Noé Le zoo de San Diego n’est pas iUne prison pour les animaux.|Plutôt un berceau, où des léchantillons génétiques id’espèces menacées sont gardés in vitro.En attendant que les milieux naturels î redeviennent plus hospitaliers.Recettes pour nouveaux médicaments Au lieu de chercher un produit au hasard dans la nature, on tente de déterminer sa structure moléculaire puis de le « construire » sur mesure.On peut aussi faire «évoluer » à la Darwin des substances en éprouvette, jusqu’à ce qu’on obtienne le bon médicament.N, : • ¦ : ' Téléphones illimités On pourra bientôt être rejoint par téléphone au sommet de l’Everest ou au plus profond de la forêt amazonienne.Facile : avec notre appareil à la ceinture et un numéro personnalisé, impossible de manquer un appel ! Québec Science / Avril 1994 5 m&n: s Mercure volant Dans notre numéro de février dernier, nous avons sélectionné les 10 découvertes québécoises de 1993 qui nous semblaient les plus importa?ites.Parmi elles, celle de Marc Lucotte, de l’Uni-versité du Québec à Montréal : à la suite de nombreuses mesures prises au fond des bassins, il concluait que le mercure qui pollue les réservoirs hydroélectriques est en fait arrivé par la voie des airs, avant l’érection des barrages.Jusqu’à l’annonce de ces résultats, Hydro-Québec déclarait que le mercure des réservoirs était d’origine naturelle et espérait ainsi que le problème se règle en quelques décennies.Or, Marcel Ouellet, chercheur à l’INRS-Eau, nous rappelle qu’il a fait cette découverte sur l’origine aérienne du mercure avec un collègue.il y une quinzaine d’années.Voici un extrait de la lettre qu’il nous a fait parvenir.(.) Nos études paléolimnologi-ques des années 70 (Ouellet & Jones) démontraient clairement que les sources principales des métaux lourds (Pb, Hg, Zn) et des polluants précurseurs d’acidification des précipitations (SOx, NOx) découlaient du transport atmosphérique à longue portée ori-ginant des émissions, lors de la combustion des carburants fossiles, de la région duMidWest amé- ricain.Une découverte québécoise que je me suis permis de rappeler à Hydro-Québec à la suite de la parution de la fameuse page de publicité [CATASTROPHE AT JAMES BAY, Destroying a Wilderness the Size of France) du New York Times (21 octobre 91) qui discrédita l’ensemble des Québécois et particulièrement notre communauté scientifique.(.) La contre-publicité d’Hydro-Québec [LOOKING AT FACTS RATHER THAN SYMBOLS) a tout simplement ignoré ces faits.Marcel Ouellet chercheur INRS-Eau Guerre et paix Monsieur Pedro Rodrigue, Je dois vous avouer que votre article Les anti-Nobel, paru dans le numéro d’octobre 1993, m'a laissé perplexe.Premièrement, on est étonné de voir votre publication prendre position dans le tragique conflit qui déchire la Yougoslavie.Deuxièmement, prétendre que Slobodan Milosevic est l’architecte de la solution finale en Bosnie est une accusation gratuite qui ignore aussi bien la rigueur des faits historiques que l’éthique du journalisme professionnel.La solution finale a été inventée par Hitler et les nazis.Pour la réaliser, les ingénieurs allemands avaient inventé des chambres à gaz et des fours crématoires spécialement conçus pour les camps d’extermination.Le but final de cette industrie de la mort était l’extermination des juifs, des Gitans, des Serbes et d’autres races « inférieures ».Il n’y a aucune preuve tangible de l’extermination des musulmans en Bosnie et encore moins de la responsabilité personnelle de Slobodan Milosevic.Je vous rappelle à ce propos que dans les sociétés civilisées, un homme doit être considéré comme innocent tant qu’il n’a pas été trouvé coupable (présomption d’innocence).Ceci dit, je ne suis point un admirateur de Slobodan Milosevic.Mes remarques ne visent pas à défendre Milosevic mais le principe d’une information impartiale.Finalement, on peut se demander si vous ne seriez pas un candidat idéal pour le prix anti-Nobel du journalisme ! Négovan Rajic Trois-Rivières, membre du Pen club international Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Nous ne prenons pas partie pour l’un ou l’autre des belligérants dans cette guerre; nous prenons partie contre cette guerre.Vous conviendrez que Slobodan Milosevic a contribué à déclencher et à entretenir ce conflit armé pendant lequel de très nombreux crimes de guerre ont été commis.R a notamment déclaré: « Je pense que nous sommes au seuil de la solution finale.» Dans l’article, nous avons écrit solution finale entre guillemets.L’utilisation des guillemets indiquait à nos lecteurs que nous n’affirmions pas que le gouvernement de monsieur Milosevic applique à la lettre le plan des nazis.Pour ce qui est de la présomption d’innocence, nous sommes d’accord avec vous que dans une société civilisée, la JUSTICE doit considérer une personne innocente jusqu’à ce qu’elle ait été trouvée coupable.Cependant, nous croyons que l’éthique permet à tous — simple citoyen, journaliste ou membre d’un gouvernement — de dénoncer ceux qui, par leur action ou leur inaction, contribuent à perpétuer n’importe quelle guerre.Étienne Denis rédacteur en chej eS« me fesid iJolii leu ISlfSl nce CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal, Québec, H2L2M7 DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédacteur en chef : Étienne Denis Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Raymond Lemieux, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Éric Bernatchez, René Caissy, Claire Chabot, Benoît Chapdelaine, Pierre Chastenay, Marie-Claude Ducas, Luc Dupont, Jean-Marc Fleury, Laurent Fontaine, Lyne Fréchet, Stéphane Gagné, Claude Lafleur, Raymond Lemieux, Isabelle Montpetit, Danielle Ouellet, Guy Paquin, Gilles Parent, Denyse Perreault, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina Illustrateurs: Christian Hupfer, Pierre-Paul Pariseau Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault, Nathalie Forget Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger lan (10 numéros) 34,67 $ 43,00 $ 2 ans (20 numéros) 59,86 S 75,00$ 3 ans (30 numéros) 83,20$ 105,00$ À l'unité 3,99$ 4,50$ Groupe (10 ex./ même adresse) 31,20$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 REDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1994, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans Y Index des périodiques canadiens.© Copyright 1994 - Le Revue Québec Science 0 Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) total ipari «4 U® «tpi lit fetia Membre de : The Audit Bureau CPPA >6 Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418) 627-8882 6 Québec Science/Avril 1994 Actualités Recherches îve la iodiversité ! l'est maintenant prouvé scientifiquement, îs écosystèmes contenant plus d'espèces sont )lus résistants.)ar Benoît Chapdelaine e Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 a onvaincu beaucoup de scepti-ues de l’importance de la bio-iversité.Mais il restait à le émontrer.C’est ce que croient avoir ’ait John Downing et David Til-nan, deux chercheurs des uni-ærsités de Montréal et du Min-aesota qui ont publié leurs résultats cet hiver dans la prestigieuse revue britannique Nature.Leur expérience attaque sérieusement la thèse opposée selon laquelle il importe uniquement d’avoir des échangions de plusieurs types d’or-'anismes, peu importe le nom-)re total d’espèces.On peut déjà parier que les environne-mentalistes utiliseront abondamment l’étude de Downing et Tilman pour faire valoir leur point de vue.Les deux biologistes ont réalisé leur expérience dans quatre prairies du Minnesota.Ils ont mesuré la quantité et la [variété de la végétation dans 207 échantillons de terrain de trois mètres carrés, avant, pendant et après la grande sécheresse de 1987-1988, la pire qu’ait connue la région en 50 ans.Résultat : les échantillons de terrain abritant moins de sept plantes n’ont pas réussi à se reconstituer complètement quatre ans après la sécheresse.Comme on s’en doutait, les échantillons de terrain qui ont le mieux traversé la sécheresse sont ceux qui comportaient la plus grande variété d’espèces.« Un écosystème, dit John Downing, c’est un peu comme un portefeuille financier bien équilibré, avec un mélange d’actions et d’obligations ayant chacune ses forces et ses faiblesses et qui rapporteront bien selon les conditions du marché.Les espèces, comme les actions et les obligations, ont des forces et des faiblesses uniques.Moins le portefeuille est diversifié, plus U risque la catastrophe.» À son avis, le résultat devrait être similaire pour n’importe quel type d’écosystème, ce que des expériences ultérieures devraient démontrer.Le biologiste recommande donc de ne pas semer ou planter une seule espèce de gazon ou de plante chez soi.Même si nos étés sont généralement chauds et ensoleillés, il faut prévoir une espèce pour les temps frais et pluvieux.Il applique le même raisonnement aux industries forestières qui ne devraient pas remplacer les arbres qu’ils coupent par une seule espèce.Quand on lui fait remarquer qu’il ne serait pas nécessairement rentable pour une compagnie forestière de planter des bouleaux là où elle coupe des épinettes, le chercheur passe à l’attaque : « Ces forêts sont à nous, pas à MacMillan Bloedel ! » dit-il, faisant référence à une grande compagnie forestière qui oeuvre dans l’Ouest canadien.Et Downing de dénoncer les visées à court terme de l’industrie et de faire valoir les économies à long terme, quand une forêt est en santé et traverse avec succès les périodes difficiles.John Downing souligne que 12 % des plantes sont considérées comme étant rares ou menacées aux États-Unis, contre 1 % au Canada.Mais il est tentant de toujours accuser l’humanité de la destruction de la nature.André Fortin, le directeur de l’Institut de recherche en biologie végétale à Montréal, appuie les travaux de Downing et Tilman, mais rappelle l’épisode malheureux des érablières québécoises.Au début des années 80, on en avait que pour les pluies acides AüMidWest américain, qui venaient empester nos lacs et forêts et mettre en péril un symbole national.« On voulait rendre les Américains responsables du dépérissement des érablières », se souvient Fortin.Or, il a finalement été démontré que les érables (et la production de sirop) ont été affectés surtout par le dégel brutal de Thiver 1981, une cause tout à fait naturelle.• Québec Science / Avril 1994 7 Actualités Archéologie La préhistoire en solde.chez l'antiquaire du coin Des statuettes d'une valeur inestimable ont été retrouvées par pur hasard à Montréal.par Luc Dupont Des sculptures de la préhistoire, restées jusqu’à maintenant cachées de la communauté scientifique internationale à cause de circonstances on ne peut plus rocambo-lesques, viennent d’être découvertes chez un antiquaire du Vieux-Montréal.C’est ce qu’ont annoncé en février dernier à Montréal deux archéologues, Michael Bisson de l’Université McGill et Randall White de l’Université de New York.Ces sculptures, sept statuettes qui datent du paléolithique supérieur (préhistoire récente : de -40 000 à -12 000 ans), représentent en majorité des corps de femmes.« Elles sont importantes, car elles font vraisemblablement partie du plus vieux groupe de statuettes féminines jamais sculptées par l’homme », affirme le professeur Bisson.Les sept statuettes, taillées dans la serpentine (une roche verte) et l’ivoire de mammouth, sont émouvantes à plus d’un titre.D’abord par leur taille : les plus petites font à peine plus d’un centimètre et tiennent dans le creux de la main ! Émouvantes aussi par leur sujet : ce sont pour la plupart (six sur sept) des femmes enceintes, nanties d’attributs sexuels hyperdéveloppés : seins démesurément gros, hanches et fesses proéminentes.Toutes sont aveugles, c’est-à-dire qu’elles ne portent aucun détail facial.« J’ai été sidéré lorsque je les ai vues pour la première fois, raconte l’archéologue dans son petit bureau du Pavillon Leacock à l’Université McGill.Sidéré, non seulement par leur grande beauté, mais également par la manière dont elles me sont parvenues.» En octobre 1993, un jeune Montréalais contacte le département d’anthropologie de TUniversité McGill ' dans l’espoir de faire évaluer des statuettes achetées quelques années plus tôt chez un antiquaire.Les universitaires disent habituellement non à ce genre de demande.Mais le jeune homme, lui-même sculpteur, insiste, se disant fortement touché par la force et le style qui se dégagent de ces pièces.«y- « Alors, venez », dit à la fin Michael Bisson, qui ne se doute pas encore qu’il est à deux doigts de faire la découverte de sa vie.C’est alors le choc.« J’ai tout de suite vu que c’était des pièces de grande valeur, explique le préhistorien.Je reconnaissais précisément des paramètres du paléolithique supérieur, et déjà je pouvais estimer leur âge entre -20 000 et -25 000 ans ! » Mais que diable un tel trésor faisait-il chez un antiquaire de Montréal ?« Ces statuettes sont les pièces manquantes d’une collection de 15, que l’on croyait perdues depuis 100 ans, explique le chercheur.Elles ont appartenu à un archéologue amateur français, Louis Jul-lien, qui les avait découvertes lors de fouilles en 1883 et 1884 dans les Grottes de Grimaldi, un célèbre site préhistorique non loin de Menton à la frontière franco-italienne.» L’archéologue avait remis au Musée national des antiquités de France la moitié de sa collection; mais, pour des raisons diverses, principalement politiques, il avait gardé pour lui l’autre moitié, c’est-à-dire les sept plus belles statuettes.Ce sont celles-là mêmes qui se retrouveront, à la suite du déménagement de l’archéologue au Québec et de quelques péripéties, chez cet antiquaire du Vieux-Montréal ! Les œuvres, maintenant officiellement authentifiées, sont importantes car elles témoignent de l’une des plus brillantes périodes du passé de l’humanité.C’est en effet au paléolithi- que supérieur, période durant laquelle s’achève la dernière grande glaciation (celle dite de Wurm), qu’apparaissent les premiers Homo sapiens sapiens : nos ancêtres anatomiques et culturels.À cette époque, les hommes sont des chasseurs-cueilleurs.Ils ont des outils de pierre et connaissent le feu.Premiers humains dotés d’une véritable pensée symbol! que, ils donnent surtout à l’humanité ses premières formes d’art.Les statuette dont il est ici question I I sont plus vieilles que : les peintures pariétale ! de la célèbre Grotte de nü Lascaux (-17 000 ans), découvertes en Franc* au milieu du siècle.« Chose certaine : ellel ^ sont parmi les plus vieilles représentation! féminines jamais dé- j ¦ sf couvertes sur la terre », souligne Michael Bisson.Depuis octobrt l’archéologue mène, en collabo ration avec un spécialiste de TUniversité ! de New York, Randall White, les premiers travaux d’études et de publ cations touchant ces statuettes.Il est difficile pour l’instant d’en dégager la symbil lique.« Les statuettes connue[l de cette époque représentent! i % des femmes.Et on ne s’e I plique pas encore cette quasi-exclusivité, souligne Michael Bisson.Pourquoi cette hypertrophie des organes sexuels, ces ventres énormes ?Peut-être est-ce des symboles de fé condité, d’autant plus que cer taines pièces sont peintes en j rouge, symbole de vie.» L’absence de détails faciam suscite aussi des interrogations.« Dans certains cas, on voit que les visages ont été vo1 _ lontairement mutilés, comme | si le sculpteur, une fois son 8 Québec Science / Avril 1994 Actualités .ouis Jullien, qui a découvert es statuettes en 1883 et 1884.fîi .a moitié de sa collection était onsidérée comme perdue.si I æuvre achevée, avait voulu les rM dépersonnaliser.Il est diffici-tiB ; le, avec nos schèmes du pré-utiiij sent, de reconstituer les cul-sijii tares d’humains qui ont vécu M si loin de nous », estime le chercheur montréalais.! i Contrairement à l’ethnolo-flotij gue de nos sociétés, Farchéolo-ne J gue ne peut interroger d’infor-lalimateurs vivants.Seuls demeu-sJtent pour lui quelques rares [sitjlartéfacts, corps aveugles, im-jjl perturbables, qu’il persiste à ,lr(;iinterroger à 250 siècles de distance.• Ji- LOGIC IBM J Le Ponctueur Le seul logiciel de ponctuation vous permettant d'apprendre à contourner !" lespiègesde la ponctuation.Lu Ponctueur ü m è ü ^ ^ Le ponctueur est un logiciel-outil multimédia utilisant l'écrit et le son Le ponctueur est organisé autour de trois niveaux de difficulté: débutant, intermédiaire et avancé.Pour chacun de ces niveaux, on propose de traiter un ensemble de signes de ponctuation: Configuration requise ^ ^ 'i/ ! * g 1 IBM PC ou compatible; 640 k; disque rigide; carte VGA; Carte de son Sound Blaster ou compatible.E La fièvre du mercredi Les congés refroidissent la planète.Du moins, c'est ce qu'a constaté un chercheur australien après avoir analysé 5000 jours de données météorologiques obtenues par satellite.Il a ainsi remarqué que les samedis et dimanches sont les jours les plus froids de la semaine.La journée la plus chaude ?Le mercredi.La hausse de la température est associée à l'activité industrielle et au transport, soutient Adrian Gordon du Flinders Institute for Atmospheric and Marine Sciences, en Australie, dans une lettre adressée à la revue britannique Nature.« Les samedis et dimanches, plusieurs usines cessent leur production et les autos restent au garage; c'est pourquoi, les week-ends, la température décline.» Les relevés météorologiques montrent que le dimanche est, en moyenne, la journée la plus froide.Ils indiquent également un réchauffement graduel pendant les jours qui suivent.Mais à partir du jeudi, le thermomètre recommence à descendre.Pourquoi ?Le jeudi et le vendredi sont pourtant des journées de travail.C'est qu'elles coïncident souvent, a remarqué Gordon, à des congés fériés ! La différence entre la moyenne des dimanches et la moyenne des mercredis est exactement de deux centièmes de degré Celsius.À moins d'être très sensible aux variations de la température, il n'y a pas de quoi s'emmitoufler davantage le dimanche ! Raymond Lemieux -’irv.IELS ÉDUCATIFS Lirebel IBM J Sac à Mots ^ MACj L 'importance du saroir lire Lirebel permet, par la diversité des activités proposées, d’évaluer les capacités de lecture des apprenants et de leurfournirune méthodologie de structuration de leur lecture.Lirebel est un outil d’utilisation simple et facile.L’ensemble des 200 activités a été élaboré à partir d’exercices ou de textes dont le vocabulaire appartient à la liste des mots qui doivent être acquis aux deux cycles du primaire.Des motspour jouer?Le Sac à Mots en est rempli! 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CRAPO LOGICIELS I Veuillez me faire parvenir votre .catalogue GRATUIT! * Nom: __________________________ | Adresse: .Ville:____ _ Code postal: I Ordinateur: ?PC ?Macintosh J Québec Science / Avril 1994 9 Actualités Une baleine à pattes au Pakistan Difficile d'imaginer une baleine avec des pattes, même en sachant que ce mammifère a commencé par vivre sur terre avant de s'adapter à la vie marine.Des paléontologues américains et pakistanais viennent de découvrir au Pakistan le premier fossile complet du genre.La créature savamment appelée Ambulocetus date de 50 millions d'années.Elle était de la taille d'une otarie et pesait environ 300 kilos, quatre pattes incluses.À l'époque, ses petites pattes se terminaient par de très gros pieds.Elle se déplaçait sur terre très maladroitement et nageait sans doute plus facilement qu'elle marchait, selon les paléontologues.Avant d'adopter son « look » contemporain, la baleine est passée par une étape de transformation : il y a 40 millions d'années, elle ressemblait à un énorme serpent de 16 mètres qui rampait plus qu'il marchait.Peu à peu, les pattes avant se sont transformées en nageoires et les pattes arrière sont disparues.La dernière découverte laisse croire que les premières baleines ont vu le jour au Pakistan.On avait déjà trouvé dans ce pays quelques morceaux de crâne d'une baleine de 52 millions d'années.Benoît Chapdelaine 50 cm À l’écoute d’E.T.Des mécènes américains veulent entendre les appels d' E.T.Ensemble, ils ont versé 4,4 millions de dollars pour relancer le programme de recherche de signaux extraterrestres, abandonné l'an dernier par le Congrès américain.La NASA avait demandé 12 millions de dollars pour rester à l'écoute de l'Univers pendant les 10 prochaines années.Trop coûteux, au goût des congressistes.D'autant plus que cette recherche s'apparente à un jeu de hasard : il n'y a pas moins de 100 milliards de canaux possibles pour la transmission de communications extraterrestres.Bien que le super récepteur, inauguré en 1992 par la NASA, puisse syntoniser 10 millions de canaux — ce qui est très appréciable —, les chercheurs n'ont qu'une chance sur 10 000 de capter un signal d'E.T.Quelque peu « débiné » par le retrait obligé de la NASA de ce programme, l'Institut SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) a entrepris de cogner à d'autres portes.Avec succès : parmi les donateurs, on retrouve David Packard et William Hewlett, fondateurs de Hewlett-Packard, Paul Allen, cofondateur de Microsoft, et Arthur C.Clarke, le célèbre écrivain de science-fiction.La NASA, de son côté, a légué à l'Institut le matériel déjà développé pour mener cette recherche.Raymond Lemieux II Télécommunications Coup de Soleil En janvier dernier, Télésat Canada a perdu l'usage de ses deux satellites de télécommunication.On blâme le Soleil.par Claude Lafleur Vers la fm de la matinée du 20 janvier dernier, les techniciens du centre de contrôle de Télésat Canada, situé en banlieue d’Ottawa, constatent qu’Anik El tournoie sur lui-même.Problème, car pour bien orienter ses antennes vers la Terre, le satellite doit rester absolument immobile.Après avoir analysé les données télémétriques transmises par le satellite, ils diagnostiquent un arrêt inopiné du gyroscope.Robert Provencher, spécialiste du contrôle des satellites à Télésat Canada, explique qu’un satellite utilise un système inertiel — ou gyroscope — pour conférer à l’engin spatial une stabilité parfaite.Ce système est principalement constitué d’une roue qui tourne 6000 fois à la minute, conservant ainsi sa stabilité à la manière d’une toupie pivotant sur elle-même.De ce fait, le gyroscope sert de point de référence pour l’orientation du satellite.Lorsque l’engin dévie légèrement de son orientation, on le rétablit en transférant au satellite une partie de l’énergie emmagasinée dans la roue d’inertie.Les professeurs de physique auront ici reconnu une apphca-tion du principe de la conservation du moment angulaire : lorsqu’on ralentit la roue iner- Les astronautes pourraient-ils réparer Anik E2 ?Réponse : Non, car ces satellites sont hors de portée.Anik El et Anik E2 tournent autour de la Terre à 36 000 km d'altitude, alors que la navette américaine ne dépasse guère les 500 km.tielle, le moment angulaire se transfère au satellite.D’ailleurs, c’est ce qui s’est produit le 20 janvier : lorsque la roue d’inertie a cessé ses 6000 révolutions/minute, Anik s’est mis à pivoter sur lui-même à raison de 2 tours à la minute.Après avoir diagnostiqué le problème, les contrôleurs de vol ont mis en marche le gyroscope de remplacement, et Anik El a eu tôt fait de retrouver sa position fixe Puis, à peine une heure plus tard, c’était au tour d’Anik E2 d’éprouver la même défaillance ! Les contrôleurs ont alors ordonné la mise en service du second système inertiel mais, cette fois, sans succès.Malgré toute; les télécommandes lancées e: direction du satellite, impossible de mettre en fonction l’un ou l’autre de ses gyroscopes ! Depuis ce jour, Anik E2 pivote sur lui-même et est, par conséquent, inutilisable.Comment expliquer que des gyroscopes se trouvant à bord de deux satellites tombent en panne quasi simultanément ?Selon les analyses effectuée; par des experts canadiens et américains, ces pannes résulte raient d’un immense bombardement de particules magnétiques en provenance du Soleil.« Ce genre de tempête n’est pas exceptionnel, souligne HtP fejHj 10 Québec Science/Avril 1994 Actualités Robert Provencher.Il y en a même assez fréquemment mais, habituellement, elles ne durent que quelques heures, voire quelques p jours.Toutefois, la tempête de la mi-janvier a duré neuf jours.C’est au septième jour Eli l'que nos satellites ont flanché », précise-t-il.Il semble que des charges négatives au- raient saturé les circuits électroniques des satellites.Les gyroscopes sont particulièrement vulnérables, rapporte monsieur Provencher, puisqu’ils sont situés à l’extérieur des satellites et se trouvent donc beaucoup plus exposés que l’équipement protégé par les parois des engins.Quoi qu’il en soit, Télésat Canada est actuellement privé de l’un de ses deux satellites de télécommunication.Conséquence : des régions entières du nord du Québec ne reçoivent plus certains canaux de télévision.Les responsables de la mission ont heureusement trouvé une solution de rechange; ils sont en train de mettre en service un réseau de stations terrestres qui scruteront les signaux du satellite, ce qui permettra d’évaluer avec précision son orientation.Puis, à l’aide de nouveaux logiciels, les contrôleurs télécommanderont l’allumage des petits moteurs-fusées dont est doté Anik E2 afin de faire les ajustements nécessaires.Une telle opération consommera cependant une portion non négligeable des réserves de carburant d’Anik E2, ce qui aura pour résultat de réduire la vie utile du satellite de 10 à 7 ans environ.Robert Provencher précise néanmoins que cette solution de secours pourra également servir si le gyroscope d’Anik El tombe lui aussi en panne.Télésat Canada estime que cette tempête magnétique lui aura fait perdre en tout de 10 à 20 millions de dollars.• 3 4 E C O N F E R E N C E ANNUELLE DE L’ANC MONTRÉAL - 5 AU 8 JUIN 1994 tsE conférence annuelle de LA SNC Parmi les sujets traités Le marketing international Les réacteurs avancés Les nouveaux règlements en matière d'environnement L'industrie et les médias Invités de marque : Son Honneur Jean Doré, maire de Montréal M.Claude Grandmaison d'Hydro-Québec M.Don Anderson d'Ontario Hydro Nuclear M.Bernard Michel de Cameco M.Mike McKay, astronaute M.Bruce Howe, président d'EACL M.Guy Saint-Pierre, président de SNC-Lavalin Inc.et de nombreux autres Pour de plus amples renseignements, s'adresser à l'Association nucléaire canadienne 144, rue Front ouest, bureau 725, Toronto (Ontario) Canada, M5J 2L7 ; téléphone : (416) 977-6152 ou télécopieur (416) 979-8356.Québec Science / Avril 1994 11 Actualités Contraception Ces implants, insérés sous la peau, inhibent l'ovulation pendant cinq ans.Longue durée Le nouveau contraceptif Norplant — dont l'effet dure cinq ans — suscite la controverse.On parle entre autres choses d'effets secondaires inconnus.Or, de l'avis des experts, ce risque est pratiquement exclu.par Isabelle Depocas La compagnie pharmaceutique Wyeth-Ayerst vient de commercialiser le système Norplant, un contraceptif de longue durée.Six implants de 3,4 cm insérés sous la peau du bras libèrent pendant cinq ans du lévonorgestrel, une hormone de synthèse de la progestérone.Les principales actions de cette hormone sont d’inhiber l’ovulation et d’épaissir le mucus cervical pour bloquer l’entrée des spermatozoïdes.Norplant a ceci de commun avec certains contraceptifs oraux, comme la « minipilule », d’être composé essentiellement de cette hormone de synthèse.D’autres contraceptifs 12 Québec Science/Avril 1994 oraux combinent plutôt les actions de la progestérone et des œstrogènes.Les implants sont insérés lors d’une opération mineure effectuée sous anesthésie locale.Ils peuvent être retirés n’importe quand, et le retour à la fertilité est immédiat et garanti.Le contraceptif a été testé pendant 20 ans sur 55 000 femmes de 48 pays.Deux millions de femmes l’utilisent, dont la moitié sont américaines, Norplant étant en usage depuis 1990 aux États-Unis.Quels sont les avantages de ce contraceptif ?Un certain pourcentage de femmes tolè- rent mal les œstrogènes contenus dans les contraceptifs de composition mixte.Elles souffrent alors d’effets secondaires plus importants.Norplant, qui ne contient pas de cette hormone, serait pour elles une option avantageuse.Mais le principal avantage de l’implant est sans aucun doute son action à longue durée.En éliminant le facteur oubli associé à la pilule, il réduit les risques de grossesse non désirée ainsi que l’anxiété qui y est liée.C’est pourquoi le fabricant de Norplant le recommande particulièrement aux groupes chez qui le risque d’oubli est plus élevé : les fem- mes qui sont peu instruites, qui ont des problèmes psychosociaux ou qui sont atteintes d’un léger handicap mental tout en étant aptes à donner un consentement éclairé.Autre avantage du contraceptif : son coût.À 495 dollars, il revient à la longue moins cher que les contraceptifs oraux.D’autre part, la quantité d’hormone libérée par les implants est moindre qu’avec des comprimés oraux.En effet, les hormones absorbées par voie orale sont en majeure partie éliminées par le foie, d’où la nécessité d’en augmenter les doses.Enfin, la méthode est sûre, réduisant la probabilité d’une grossesse à moins de 1 % par année pour une femme qui a régulièrement des relations sexuelles vaginales sans autre moyen contraceptif.Toutefois, le docteur Bernard Leduc, directeur général du Centre de recherche et développement cliniques chez Wyeth-Ayerst, note que le taux de succès des implants repose grandement sur la qualité de l’insertion.C’est pourquoi un programme de formation est mis à la disposition des médecins qui prévoient appliquer cette nouvelle méthode.En dépit de tous ses attraits Norplant suscite la controverse) La méthode est récente, et plusieurs redoutent ses effets à long terme.Sur ce point, les experts se font rassurants.Selon Mark Boyd, directeur du Service de gynécologie à l’hôpital Royal-Victoria et vice-président du Département d’obstétrique-gynécologie de l’Université McGill, les effets secondaires de Norplant, à court ou à long terme, sont relativement bénins : dérègle ments menstruels, nervosité, nausées et maux de tête.Ils ne diffèrent donc en rien de ceux des autres contraceptifs à base de progestérone couramment utilisés.• .PRATT&WHITNEY CANADA ÀSSi > ‘r •, La privatisation de la recherche - ; / Éïl m w «i 0^ CtNQ - FIVE SPÉCIMEN Chercheurs inc.Les règles du jeu ont changé : nos gouvernements jettent la recherche scientifique entre les mains de l'entreprise privée.État de crise ou moteur pour l'économie ?par Guy Faquin Jusqu’en 1987, c’était presque exclusivement l’État qui finançait la recherche universitaire.Mais, comme un père traditionaliste ne voulant plus avoir à nourrir sa grande fille, l’État lui chercha un prétendant prospère.Il y avait bien l’entreprise privée, mais elle tardait à se déclarer.Le paternel décida de l’encourager par la promesse d’une belle dot, qui prit la forme de généreux crédits d’impôt.Non seulement l’État rembourserait-il 40 % des investissements de l’entreprise privée dans la recherche universitaire, mais aussi jusqu’à 60 % des sommes engagées par l’entreprise privée pour sa propre recherche et son propre développement ! Devant une telle générosité, que vouliez-vous que fasse le timide prétendant ?Qu’il se marie, bien sûr.Le mariage est maintenant consommé, et la dot mise à contribution.D’un huitième, la part du financement de la recherche universitaire par le secteur privé est passée à un tiers.remboursée à 40 % par l’État, répétons-le.De toute façon, la jeune mariée n’avait pas vraiment le choix : son père étatique avait gelé ses vivres.14 Québec Science/AvriM 994 En effet, depuis trois ans, les fonds provenant des grands conseils fédéraux — la principale source de financement de la recherche scientifique — sont les mêmes.« Ce n’est pas compliqué, il y a de plus en plus de jeunes chercheurs universitaires (NDLR : le personnel de recherche — étudiants gradués et salariés — augmente de 10 % par année), alors que les sommes allouées à la recherche stagnent, explique André de Léan, directeur du département de pharmacologie de l’Université de Montréal.Les argents disponibles par chercheur diminuent donc constamment.» Quant aux contrats de recherche provenant des ministères, ils sont eux aussi en décroissance.Pire, le chercheur se fait maintenant « parasiter » ses contrats.Il y a 5 ans, un scientifique recevant un contrat de 100 000 dollars d’un ministère utüisait la totalité de la somme pour financer sa recherche.Ces belles armées sont terminées.Aujourd’hui, à l’Université Laval par exemple, un contrat de 100 000 dollars obtenu par un chercheur se partage comme suit : 21 000 dollars au Christian Hupfer rectorat (en théorie pour payer les « frais indirects » occasionnés par la recherche, comme l’électricité, le chauffage et l’administration), 2 400 dollars à la faculté du chercheur, 8 000 dollars à son département.« Sous le nouveau régime, soupire Christian Roy, chercheur en génie chimique à l’Université Laval, un contrat de 100 000 dollars laisse 68 000 dollars à la recherche proprement dite.Si j’ai vraiment besoin de 100 000 dollars, je dois donc trouver un moyen de gonfler la facture totale à 165 000 dollars.» Mais avec ce genre de contrat, l’université doit au départ assumer la moitié des coûts de la recherche.Dans un contrat de 165 000 dollars, elle paie donc 82 500 dollars de sa poche.Même en récoltant au passage ses 40 % de frais indirects, soit 65 000 dollars, elle ne récupère pas toute sa mise.Seule issue à ce jeu où il ne peut y avoir que des perdants : le secteur privé.La comptabilité du secteur privé permet de gonfler la facture des frais indirects : frais de représentation, utilisation d’espace.« Les ministères provinciaux comme fédéraux acceptent cette parade aux nouvelles règles et l’entreprise accède donc aux juteux crédits fiscaux », dit Christian Roy.L’ingénieur commente ce système : « Absurde.» Encore faut-il que les travaux du chercheur aient une application commerciale pour qu’ils soient financés par l’entreprise privée.Les scientifiques universitaires qui font de la recherche fondamentale, ceux qui n’essaient pas de produire un nouveau médicament, un carburant plus propre ou une peinture qui dégouline moins, sont inquiets.« Avec la création d’un nombre de plus en plus grand de chaires universitaires industrielles, il y a un risque important de commercialiser la recherche fondamentale », prévient André de Léan.Sa position est claire : « Dans ma conception de l’université, un professeur-chercheur est capable de convaincre les membres du jury du Conseil de recherche en médecine du Canada, mais pas nécessairement le conseil d’administration de Sandoz Canada.» Roger Prichard, doyen de la recherche à l’Université McGill, tremble aussi à l’idée que le financement Québec Science / Avril 1994 15 « Ça va tuer les nouveaux chercheurs, ceux qui n'ont pas eu les années 80 pour s'équiper.Faute d'argent et de crédibilité, ils n'auront d'autres choix que de travailler pour les patrons de labos déjà bien équipés.Et là, gare aux requins ! » Christian Roy de la recherche fondamentale passe aux mains des industriels.« Ce serait une catastrophe si les grands conseils fédéraux abandonnaient le fondamental.» Spéculation oiseuse ?En 1993, le Conseil de recherche en médecine a bouclé une entente avec les compagnies pharmaceutiques et les fabricants canadiens d’équipement médical.Total de la contribution des industriels : plus de 40 millions de dollars, dont 20 millions pour des chaires universitaires industrielles.« Ça, c’est de l’argent dont le donateur va nécessairement orienter l’usage », commente le doyen Prichard.Emploi=À stratégique^ .parce que la concurrence n’attend pas.Vous désirez accroître ou entreprendre des activités de recherche-développement industrielle, de contrôle de la qualité, de design, d’ingénierie de production et de transfert de technologie.Pour ce faire, vous avez besoin de nouvelles ressources en personnel technique et scientifique.Ou encore, votre personnel doit mettre à jour ses compétences technologiques par des stages de formation.Nous mettons une mesure d’aide à votre portée : le SOUTIEN À L’EMPLOI STRATÉGIQUE.Nous pouvons payer, pendant trois ans, une partie du salaire d’un diplômé de cégep ou d’université que vous embaucherez.Nous rembourserons, d’autre part, une partie des frais de stages de votre personnel dans les centres collégiaux de transfert de technologie.Renseignez-vous auprès des représentants de la direction régionale du MICST de votre territoire.Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie Québec s s André de Léan nuance : « Dans le cadre des chaires industrielles créées avec ces fonds, la propriété intellectuelle des découvertes éventuelles continue d’appartenir au chercheur.Reste que le donateur exige un accès privilégié aux résultats et tient à être informé avant publication.C’est ici que le risque de glissement du fondamental vers l’utilitaire me paraît le plus évident, mais je crois que c’est, dans les circonstances actuelles, un risque hélas inévitable.» Les chercheurs n’en veulent pas aux industriels.« Nous avons toujours pensé qu’au stade de développement final d’une recherche fondamentale, au moment où commencent à poindre les possibilités d’applications pratiques, l’industrie est to talement bienvenue, spécifie Roger Prichard.Nous ne connaissons pas les marchés, les industriels oui.Nous ne sommes pas des experts des procédés industriels, eux oui.Et pour d’évidentes questions de sous, le secteur privé est à la fois capable d’aider nos chercheurs à rester dans leur labo et à sortir de leur tour d’ivoire.» Mais voilà ce qui se passe.Un chercheur voulant s’assurer d’avoir de l’argent pour travailler a maintenant intérêt à se concentrer sur cette phase finale de la recherche qui intéresse les industriels.Car en comparaison avec la recherche fondamentale, cette recherche appliquée est un véritable paradis fiscal.Au ministère du Revenu du Québec, on vous offre 40 % de crédits d’impôt remboursables sur la totalité de la dépense de R et D, un crédit remboursable sur 20 ou même 40 % des salaires, un congé fiscal pour tout chercheur venant de l’étranger et tutti quanti.Selon le ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Tech nologie, une PME qui dépense 100 dollars en R et D au Québec ne paie que 40 dollars de sa poche.Le beau-père fédéral fournit 35 dollars et la belle-mère provinciale, 25 dollars.Les plus désintéressés des scientifiques en font les yeux bien ronds.Comble de l’étrangeté en terre québécor se, les nouvelles règles fiscales ont provoqué l’entrée à l’université des plus surprenantes recrues qui soient : les sociétés de capital de risque.À titre d’exemple, l’Université de Montréal signait en 1991 une sé rie de contrats avec des sociétés comme Medvédent et Lomédic, contrats qui faisaient entrer 100 millions de dollars pour 3 ans dans la caisse de recherche de Tinsti-| tution.Il va de soi que cet investissement jouissait entièrement des prérogatives fiscales en cours.Pas mal.Mais les règles fiscales ont changé et de- 16 Québec Science / Avril 1994 La manne venue du fisc )uis 1993 les sociétés de capital de risque m’ont plus un accès aussi facile aux réduc-ïiions d’impôt.« On ne reverra pas un pa-feil contrat de sitôt, déplore Maurice Lüaint-Jacques, vice-recteur à la recherche de l’Université de Montréal.Maintenant que cette partie du parapluie fiscal est disparue, je m’interroge sérieusement sur «’avenir du financement de la recherche imniversitaire.» - « Mon problème, c’est de trouver des /projets.Il n’y a pas une douzaine d’entre-iprises de biotechnologie au Québec », dit Normand Balthazar, qui dirige Biocapital, /une société de capital de risque spéciali-pée dans les biotechnologies et l’équipement médical.« La plupart du temps, ¦poursuit-il, je suis donc forcé de transfor-wner des recherches universitaires en IjPME.» Nous y revoilà.Quand le projet est assez avancé et assez prometteur, d’autres investisseurs y articipent.La recherche accède alors aux ligues majeures du financement : le i Fonds de solidarité de la FTQ, la Société I de développement industriel, mais surtout la Caisse de dépôt et placement, assise sur ses 40 et quelques milliards de dollars.Et réjouissez-vous, chercheurs et pa-tenteux, la Caisse ne jure plus elle aussi que par la R et D.Normand Provost est vice-président aux participations nationales de la Caisse.Nous avons appris à financer en fonction du potentiel d’un promoteur et non plus seulement en fonction des garanties données par celui-ci, dit-il.Nous considérons comme très important le pourcentage des revenus réinvestis par la compagnie en recherche et développement.Ceux qui ne font pas de R et D doivent dire adieu à l’argent de la Caisse.» Est-ce à dire que seuls les secteurs de pointe et de haute technologie recevront des sous de la Caisse dans l’avenir ?« Absolument pas, répond son vice-président.Nous visons non seulement les produits de haute technologie, mais aussi les procédés de production de haute technologie.Nous avons mis une bonne somme dans le business d’un fabricant de cercueils, un secteur.euh.d’avenir, parce que le propriétaire de la compagnie avait compris que pour survivre à l’abolition des tarifs douaniers, il devait passer à l’étape de robotisation et d’informatisation de ses activités.Tous les secteurs ont besoin de R et D.» Où donc la Caisse aurait-elle envie d’investir ses techno-dollars, à part dans les rites funéraires ?« L’environnement est de toute évidence LE secteur de future prospérité.Les solutions aux problèmes Au Québec en 1987, année d'instauration des avantages fiscaux pour les compagnies qui font de la recherche, le secteur privé a réclamé 212 millions de dollars en déductions et crédits d'impôt aux fins de la recherche et du développement.En 1992, la somme se situe quelque part entre 700 et 800 millions.En renonçant ainsi à des revenus fiscaux, l'État assume environ la moitié des coûts de R et D des entreprises.Quelles sont ces entreprises qui se sont lancées en recherche et développement en faisant du surf sur la vague des privilèges fiscaux ?On parle, au Québec, d'environ un millier de compagnies, selon Pierre-Étienne Grégoire, économiste au ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie.« Parmi elles, 70 % sont des entreprises manufacturières », dit-il.Selon le ministère québécois du Revenu, le secteur de l'avionnerie domine à ce chapitre.Suivent les bureaux de services en tout genre, dont l'informatique, puis le matériel de transport, la pharmacologie et les télécommunications.LE TRANSFERT DU SAVOIR, SOURCE D’INNOVATION M KM B IRES UNI VE RS '(TA I RES Depuis près de huit ans, le Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM) appuie le développement des technologies de pointe, en insérant le transfert au cœur même de la R-D et de la formation.Fidèle à son rôle de mobilisateur dans le domaine des technologies de l'information, le CRIM favorise la formation d'alliances stratégiques entre ses membres corporatifs et universitaires.Près de 40 projets sont actuellement en cours au CRIM.Plus de 75 % de ces projets sont réalisés en collaboration avec les universités membres.Grâce à ses partenaires universitaires, le Centre a su créer un véritable réseau scientifique et technologique qui galvanise l'esprit d'innovation des entreprises membres et soutient le dynamisme de toute l'industrie canadienne.ENTREPRISES MEMBRES MEMBRES ASSOCIÉS Fier de contribuer ainsi à l'essor de nos entreprises, le CRIM salue l’expertise de ses partenaires universitaires.Une force mobilisatrice en TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION & 0ï' mm tjfSî ÿ?giyS* .?.•,,(* •• v*^ -.”5* ; ->»?'rW r IÉBROUjLLARDS LE MAGAZINE DROLEMENT SCIENTIFIQUE DES 7 À HANS vous propose en avril : Un extra-terrestre au Québec ! Depuis quatre mois, un visiteur de l'espace se cache au Québec ! L'âge des grandes premières La puberté, c'est aussi dans la tête que ça se passe.Profession : chevalier de l'environnement Quand une catastrophe écologique menace la Côte-Nord, c'est Guy Desbiens qu'on appelle ! L'évadé de la zone sombre Prisonniers dans l'univers des inventions, les jumeaux Gémeaux seront-ils happés par un trou de mémoire ?Loupe de secours Vous avez oublié votre loupe ?Utilisez un trombone ! En plus : Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, des fiches à collectionner, des bandes dessinées, la rubrique des correspondants et plus.52 pages de découvertes ! Les Débrouillards est en vente dans tous les dépanneurs des chaînes Proprio et Provi-Soir, ainsi que dans les bonnes librairies, au prix de 2,95$.Pour s'abonner (1 an, 10 numéros, 26$) s'adresser à: Magazine Les Débrouillards 25, boul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park (Québec) J4V 2G8 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable): (514) 875-4444.Toute la difficulté consiste à identifier et à caractériser les sites récepteurs.C’est là que l’ingénierie des protéines joue un rôle clé (voir l’article « Une nouvelle technologie de la vie », Québec Science, octobre 1992).En effet, ces macromolécules organiques, faites de plusieurs milliers d’atomes, interviennent dans la plupart des processus biochimiques qui régissent notre organisme.Les protéines sont constituées de très longues chaînes d’acides aminés repliées sur elles-mêmes en amas (on les compare souvent à des pelotes de laine).Chaque protéine a sa structure tridimensionnelle propre.Dans l’organisme, les fameux récepteurs de Ehrlich sont le plus souvent des protéines, ou plus précisément des sites sur une protéine correspondant à certains replis de la longue chaîne d’acides aminés.Le médicament, lui, est une petite molécule qui vient s’insérer dans le site récepteur et inhiber l’action du site récepteur de la protéine.Par exemple, le virus du sida utilise une enzyme, la transcriptase inverse, pour transmettre son information génétique aux lymphocytes.La plupart des substances antivirales présentement à l’étude sont des molécules qui inhibent l’action de cette enzyme en bloquant son site actif.Lorsque la serrure est de forme connue, la découverte de la clé correspondante est relativement simple.Toutefois, la forme de la serrure était jusqu’à ces dernières années presque impossible à déterminer, du moins dans des délais raisonnables ! Aujourd’hui encore, seule la structure de quelque 300 protéines est connue sur les milliers existantes.En effet, la forme de la macromolécule dépend de la séquence des acides aminés, ou plus précisément des interactions physicochimiques multiples entre les milliers d’atomes la constituant.Un casse-tête à peu près impossible à résoudre par un cerveau humain entre sa naissance et sa mort ! Au début des années 80, l’ordinateur est venu au secours des chercheurs.Mais il n’est vraiment utilisé de façon régulière dans les laboratoires que depuis deux ou trois ans.La modélisation moléculaire, ou conception de molécules assistée par ordinateur, a considérablement accéléré la découverte de la structure de nouvelles protéines.Grâce à l’accroissement de la puissance des ordinateurs, on a mis au point des logiciels qui intègrent les différentes théories de la chimie et permettent aux chercheurs d’en savoir plus sur le site actif pour lequel ils doivent concevoir un inhibiteur.Dans une première étape, les chercheurs entrent dans le programme des données sur la protéine cible (ou sur d’autres molécules comme des anticorps, par exemple) provenant d’expériences passées, de publications scientifiques ou de toute autre source d’information.Ils peuvent aussi fouiller dans des banques de données de molécules.Pour dé- ’ terminer la structure tridimensionnelle de la molécule, les chercheurs calculent ensuite l’énergie emmagasinée dans la molécule.En effet, la protéine s’organise dans l’espace en occupant des positions privilégiées (on parle de conformations), dans lesquelles son énergie physico-chimique est minimale.Gervais Dionne, de Biochem Thérapeuti- ! que, raconte comment la modélisation a permis de dévelop-i per un nouvel anticoagulant : « L’hirudine est une protéine qui présente des proprié-: tés très intéressantes pour éviter la forma-J tion de caillots dans le sang.Mais elle est impossible à synthétiser et, à l’état natu- | rel, elle n’est présente que chez la sangsue.À l’aide de la modélisation, nous avons pu accéder à la structure tridimen- ¦ sionnelle de l’hirudine et identifier son site actif.Grâce à cela, nous avons mis au j point une nouvelle classe de molécules, plus petites et plus faciles à synthétiser que Thirudine, et plus sélectives car nous j n’avons gardé de la protéine que son site actif contre la coagulation.» Lorsque la protéine apparaît finalement n Lorsque la serrure est de forme connue, la découverte de la clé correspondante est relativement simple.L'annonce a été faite en janvier : pour la première fois des chercheurs créaient l'image tridimensionnelle de la PGHS-1, une enzyme cible de l'aspirine.Selon Michael Gararito, de l'Université de Chicago, qui a contribué à la découverte, cette image permettra peut-être de concevoir de l'aspirine avec moins d'effets secondaires.38 Québec Science/Avril 1994 Allergies Pn eti m crrrie-baeté-rreime-Diabète juvénile Fibrose kystique Ôtpb4é£ie_ ^Ftrbereu+ose— Malaéte de Parkinson Méningite baoténienBe— -RrrbéûIeL ADrekbefis -Gtetteofflo- -Rougeole Wmrnmm Emphysème t+eti Itn Rtrarrratrsme Artluite % 1 Iv'-^ionsiou ! thyroïdi «Ilil WMm- ii,.,.vC cari -Hépatite B— Migraines Asthme Psoriasis C'est une liste impressionnante, n'est-ce pas! Il n'y a pas tellement longtemps, les chances qu'aurait eues ce nouveau-né de grandir normalement et de mener une vie saine auraient été très minces.Heureusement, grâce aux progrès de la médecine, ses chances sont bien meilleures aujourd'hui.Encouragé par la nouvelle loi qui vise à stimuler la recherche sur les médicaments au Canada, Merck Frosst travaille plus fort que jamais pour faire disparaître la maladie.Dans cette lutte pour sauver des vies et améliorer le sort des malades, il faut investir.Il faut aussi des gens courageux, décidés et surtout convaincus qu'ils arriveront à enrayer bon nombre de ces maladies.?4 MERCK FROSST Merck Frosst Canada Inc., Kirkland, Québec à l’écran, le chercheur peut la faire tourner dans tous les sens et même observer ses sites actifs : le simple fait de voir la molécule en trois dimensions peut l’aider beaucoup dans son raisonnement.Mais aujourd’hui, le stade de la simple visualisation est dépassé.De nouveaux logiciels peuvent désormais calculer la plupart des propriétés physico-chimiques de la molécule, ou faire réagir deux molécules ensemble et reproduire la réaction à l’écran.Et tout cela sans qu’aucun produit n’ait encore été fabriqué ! Grâce à la modélisation, on estime qu’envi-ron un tiers des synthèses inutiles peuvent être évitées.Les économies sont donc considérables.Une fois le site actif caractérisé, les chimistes n’ont plus qu’à inventer une molécule capable de le bloquer, puis de trouver une façon de la synthétiser.La molécule est ensuite confiée aux bons soins des toxicologues et cliniciens qui vérifieront son efficacité, s’assureront qu’elle n’est pas toxique, etc.it B ï : Une autre façon de concevoir de nouveaux médicaments consulter des chamans amérindiens ! Centre spécialisé de technologie physique du Québec inc.STAGES D’INITIATION AUX TECHNOLOGIES DE POINTE Le Centre spécialisé t’offre l’occasion de découvrir diverses technologies de pointe, parmi lesquelles la robotique, l’électronique et l'acoustique, dans un contexte d’études et de loisirs entre jeunes de 14 à 17 ans.Dates : 27 juin au 1er juillet 1994 4 juillet au 8 juillet 1994 11 juillet au 15 juillet 1994 Prix : 189,18$ tout compris (taxes, hébergement, repas, cours et activités) Inscription ou information : C.S.T.P.Q.inc.a/s Sandra Morneau 140,4e Avenue LA POCATIÈRE (Québec) GOR 1Z0 Tél.: (418) 856-1525 Téléc.: (418) 856-3458 Date limite : 27 mai 1994 Pour réduire davantage le nombre de molécules à fabriquer et à tester avant de tomber sur l’oiseau rare, des chercheurs du Harvard Medical School, à Boston, et de rUniversité d’Indiana ont décidé d’aller plus loin.Ils ont opté depuis deux ou trois ans pour une tout autre stratégie.S’inspirant des théories de Darwin sur l’évolution des espèces, ils font « évoluer » des macromolécules biologiques dans des tubes à essais pour obtenir progressivement des propriétés sur mesure.En fait, les molécules subissent les techniques de sélection génétique utilisées depuis longtemps par les agronomes et les éleveurs : pour obtenir des bégonias plus roses ou des porcs plus gros, par exemple, les chercheurs ne conservent comme reproducteurs que les individus présentant le plus intensément ces caractères.Les biochimistes font de même avec des macromolécules biologiques comme l’ADN : pour obtenir des substances ayant des propriétés particulières, ils sélectionnent et isolent, parmi une vaste population de molécules, celles qui ont en partie la propriété recherchée.À partir de ces molécules triées sur le volet, ils répètent ce cycle de sélection et de reproduction pour obtenir finalement des molécules conformes à leurs souhaits.« L’évolution moléculaire dirigée est envisageable seulement parce qu’un très grand nombre de molécules peuvent être synthétisées et testées simultanément », explique Robert Ce-dergren, professeur au département de biochimie de l’Université de Montréal.La première étape de cette nouvelle approche consiste à construire de manière aléatoire des molécules d’ADN comportant un nombre de nucléotides bien déterminé.Une machine se charge de cette tâche.Comme il n’existe que quatre nucléotides différents, A, T, G * et C (pour adénine, thymine, guanine et cytosine), si l’on veut des molécules d’ADN comportant 10 bases par exemple, le milieu comportera 410 combinaisons différentes, soit exactement 1 048 576 molécules ! « On fait alors l’hypothèse que dans ce mélange, on a de grandes chances qu’une molécule d’ADN ait une activité proche de celle que l’on recherche », dit Robert Ce-dergren.L’étape suivante est la sélection.« Si l’on cherche un produit agissant sur une protéine donnée, on fixe cette protéine sur une résine insoluble, et on fait passer tout le mélange de molécules d’ADN dessus ».Les scientifiques cherchent en fait des séquences d’ADN pouvant lier spécifiquement la protéine.Ne sont alors retenues sur le site actif de la protéine que les molé cules dont la structure est proche de l’inhibiteur parfait.« La proportion de molécu les qui collent peut être très variable, mais on peut s’attendre par exemple à une sur un milliard », dit le chercheur.Les scientifiques récoltent alors sur la résine des molécules d’ADN ayant des structures proches les unes des autres.C’est là que l’outil vedette de la biologie moléculaire, la réaction par polymérisatior en chaîne — ou PCR — (voir Québec Science, mars 1993) entre enjeu.À l’aide d’une enzyme baptisée polymérase, les chercheurs multiplient les brins d’ADN et obtiennent en quelques heures des milliards de copies identiques.Cette technique ne peut être utilisée qu’avec de F ADN et de l’ARN.Une fois que les molécules d’ADN qui avaient collé sur la résine ont été multipliées par cette technique, les chercheurs recommencent un nouveau cycle de sélection.Le mélange de molécules sera alors un peu plus spécifique pour la protéine.L’opération doit être répétée plusieurs fois afin d’éliminer les indésirables.« Pour accroître la probabilité de trou 40 Québec Science / Avril 1994 'er le produit idéal, on introduit des erreurs pendant la multiplica-iion des brins d’ADN par les techniques de PCR.On imite ainsi les nutations que l’on retrouve dans l’évolution naturelle des espèces.Bêla nous laisse une chance de tomber par hasard sur une autre amille de molécules, ayant une structure voisine, et qui peut être ;out aussi intéressante », explique Robert Cedergren.' Gerald Joyce, de l’Institut de recherche Scripps en Californie, Èst un des pionniers de l’évolution moléculaire dirigée.Il applique depuis trois ans cette technique à des molécules d’ARN et dit avoir éussi à obtenir, en une dizaine de cycles de sélection, amplifica-; ion et mutation, des ARN capables de détruire spécifiquement ’ADN d’un virus de bactérie, qui s’intégre au génome de cellules ’.aines.Ces résultats sont toutefois préliminaires, et certains chercheurs sont encore sceptiques quant aux succès de la méthode.Malgré l’apparition de ces stratégies d’avant-garde, la recherche le molécules dans la nature ne s’est pas arrêtée pour autant.Elle a volué.Là aussi, le hasard a fait place à une recherche plus ciblée.Vu lieu de passer au crible des milliers de molécules au hasard lans la nature, les grands groupes pharmaceutiques recherchent : «les molécules dans des familles connues pour leurs capacités thé-¦apeutiques.Ils s’intéressent donc particulièrement aux plantes nédicinales — celles de nos grand-mères ou des sorciers amérin-î! liens.Selon l’Organisation mondiale de la santé, la médecine tra-: litionnelle est utilisée encore aujourd’hui par près de 80 % de la , jopulation du globe.L’ethnopharmacologie se penche sur les recettes à base de planes médicinales.Par exemple, en Californie, une petite société La c9é et la sertw© Le produit actif vient se fixer sur un récepteur spécifique.L'action efficace d'un médicament résulte de l'interaction « idéale » entre le principe actif et son récepteur biologique.La stratéggï© classisgu© Dans cette approche, on part d'une molécule faiblement active qu'on modifie jusqu'à ce qu'elle « colle » parfaitement au récepteur.La conceptioin rationneHl© Conception rationnelle ?Découverte des interactions médicament-récepteur Le récepteur est identifié, sa structure et son fonctionnement sont élucidés.Le médicament est conçu en fonction de ses interactions avec le récepteur.baptisée Shaman Pharmaceuticals se spécialise depuis quatre ans dans l'enregistrement et l’analyse des recettes préconisées par les sorciers guérisseurs — les chamans — de diverses tribus amérindiennes.Il y a deux ans, les chercheurs de Shaman Pharmaceuticals ont réussi à isoler, dans une plante médicinale utilisée par les communautés Waorani et Shaur en Équateur, un composé actif contre les virus de l’herpès et de l’influenza (un type de grippe).La société a déposé un brevet pour ce composé, actuellement en phase d’essais cliniques.S’il s’avère efficace, les dirigeants de la société se sont engagés à promouvoir la conservation de la forêt tropicale et verseront une partie des profits aux villages d’où sont originaires les chamans.Autrefois considérées comme l’enfer vert, les forêts tropicales sont ainsi en voie de devenir un paradis perdu pour les géants de l’industrie pharmaceutique.Car chaque hectare de forêt qui disparaît est susceptible d’héberger des molécules intéressantes pour la recherche pharmaceutique.Une stratégie « rationnelle » de conception de médicaments consiste alors à ne pas laisser disparaître toutes ces espèces qui pourraient receler la clé de nombreux médicaments.• DELACHAUX et NIESTLE vous propose ETOILES PLANETES Guide des étoiles et planètes 72 cartes pour l’observation du ciel, 52 planisphères célestes détaillées, 230 photos dont 82 en couleurs, un outil essentiel pour l’astronome amateur.475 pages 48.75$ W.SCHAFFMER Les Plmb Médicinales LEURS PROPRIÉTÉS Manuel d'herboristerie f * Les plantes médicinales Un manuel d’herboristerie à la fois simple d’utilisation et solide par son contenu scientifique touchant 99 espèces médicinales.Plus de 500 illustrations en couleurs.215 pages 49.50$ Les défis de la vie De David Attenborough, un ouvrage prestigieux sur le royaume animal et en particulier sur le comment et parfois le pourquoi du comportement des espèces.317 pages 39.95$ La vie sauvage au SAHARA La vie sauvage au Sahara Un vaste panorama sur la faune saharienne qui fera date par la perspicacité des textes et la splendeur de la photographie.240 pages 86.95$ Disponibles en librairie Pour informations ou catalogue llll*- Diffusion Raffin 7870 Fleuricourt St-Léonard, Québec H1R 2L3 Tél.: 325-5553 Fax: 325-7329 Québec Science / Avril 1994 41 Nouvelles technologies Fatigué des boîtes vocales ?Epaté par le cellulaire ?Vous n'avez encore rien vu, rien entendu.L'évolution de la téléphonie ne fait que commencer.par Stéphane Gagné Mous sommes au début du 21e siècle.Un géologue explore Hie Ellesmere, à mi-chemin entre la mer de Baffin et le pôle Nord.Il n’y a personne à des centaines de kilomètres.Le géologue a besoin d’informations que détient un collègue.qui assiste à un congrès — lequel est-ce ?— quelque part en Amérique, en Europe, ou peut-être en Asie.Le géologue décroche le même téléphone « ordinaire » qu’il porte sur lui tous les jours à Montréal.Il signale le numéro personnel de son collègue, qui répond.Même s’il est en Afrique du Sud.Dans quelques années, beaucoup d’entre nous utiliserons de tels téléphones numériques sans fil.Vous posséderez alors un numéro de téléphone grâce auquel vous pourrez être rejoint partout sur la planète, plutôt qu’à une seule adresse.C’est l’intelligence artificielle du système téléphonique qui se chargera de vous trouver.en autant que vous désirez être rejoint.Sinon, un ordinateur prendra poliment le message.Les communications téléphoniques seront aussi multimédias : on pourra vous faire parvenir le son d’une voix, une photo ou un texte, ou encore des données pour votre ordinateur.Tout cela sans fil.Vos appels seront acheminés par un réseau cellulaire au sol, beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui, ou par satellite.Le téléphone conventionnel est donc appelé à devenir une antiquité, un siècle après son invention.Pauvre Graham Bell ! Qu’à cela ne tienne, déjà, le radiotéléphone portatif commence à le remplacer.Très populaire auprès du public, il a connu une ascension fulgurante depuis sa création en 1978, lorsque la American Telephone and Telegraphs (AT&T) a mis en service, sur une base expérimentale, le premier système multicellulaire de téléphone pour la voiture.Quatre ans plus tard, les États-Unis adoptaient la première norme de téléphonie cellulaire (cette norme est une série de spécifications techniques pour les émetteurs, les récepteurs et la structure du réseau).D’autres normes ont suivi : une pour le Japon et plusieurs pour l’Europe.Ainsi s’est implantée la première génération de téléphones cellulaires, encore en fonction aujourd’hui.« Elle fonctionne selon le principe de la réutilisation des fréquences », dit Charles Despins, professeur et chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS-Télécommunications) à l’Ile-des-Soeurs.D’un côté, une même fréquence d’onde est utilisée par plusieurs usagers; d’un autre, un usager changera continuellement de fréquence en se déplaçant en voiture.Le réseau est subdivisé en cellules, qui correspondent aux zones couvertes par une antenne.À la campagne, ces cellules ont un rayon d’environ 20 kilomètres.En ville, où le nombre d’utilisateurs oblige les compagnies à multiplier les cellules, la zone couverte par une seule antenne peut se limiter à moins d’un kilomètre de rayon.Dans certaines zones peu peuplées, comme dans le sud-est de la Beauce, les téléphones cellulaires ne fonctionnent tout simplement pas : il n’y a pas d’antenne assez proche pour diffuser les ondes.Ce système est aujourd’hui implanté dans tous les pays occidentaux.Il est cependant saturé dans plusieurs centres urbains comme Los Angeles, New York ou Chicago.La demande est trop forte pour le nombre d’antennes; souvent les communications sont coupées.Multiplier le nombre de cellules n’est pas toujours une solution dans ces villes.Quand trop d’usagers utilisent les mêmes fréquences, le brouillage des ondes cause de sérieux problèmes.Autre défaut du système actuel de téléphonie cellulaire : le manque de confidentialité des conservations.Avec un équipement simple et peu cher, il est très facOe de capter des conversations.Rappelons-nous l’affaire Wilhelmy lors de la campagne référendaire de 1992, où les commentaires échangés par téléphone cellulaire entre deux hauts fonctonnames avaient faits la manchette pendant des jours.La solution à tous ces problèmes : la transmission numérique, caractéristique de la deuxième génération de téléphones cellulaires.Le système actuel est analogique, c’est-à-dire que le signal radio-électrique est transmis sous la forme d’une onde continue.Les sons que nous entendons ou l’enregistrement d’un disque en vinyle sont des signaux analogiques.Avec le sys- P tème numérique, la transmission se fait en mode binaire; la voix est codée dans le combiné lors de l’émission, voyage sous 42 Québec Science / Avril 1994 forme de bits jusqu’à la réception, puis est décodée avant d’être entendue.) Ce système permet de compresser le signal de la parole, c’est-à-dire d’éliminer les sons inutiles, comme les fréquences trop aiguës, imperceptibles à d’oreille.On peut ainsi supprimer jusqu’à 84 % des données.Cela permet de réduire le nombre de cellules et d’augmenter la fiabilité des liaisons.À l’aide du numérique, on peut maintenir la : qualité de la liaison même en présence d’interférences accrues.La séquence de bits peut en effet être codée de telle façon que les erreurs provoquées par les interférences sont corrigées à la réception.La transmission numérique permet également d’assurer la confidentialité des conver- ¦s est» L isations grâce à un autre type de codage appelé cryptographie.Les conversations sont alors impossibles à décoder sans des installations très sophistiquées.« Le système numérique est bien adapté à la transmission de la parole, dit Charles Despins.Comme un tiers du temps consacré à une conversation est composé 1 de silence, l’exploitant .peut profiter de ces pério-.'des pour transmettre d’au-.ij très sources.» Enfin, la technologie numérique facilite la transmission des images vidéo ou de texte.Les compagnies de téléphone pourront donc plus facilement offrir ces sendees à leurs abonnés.Cette deuxième génération arrivera-t-elle bientôt ?En France, en Allemagne et dans quelques autres pays européens, ces systèmes exclusivement numériques sont déjà en activité.Ils suivent la norme commune GSM (pour Groupe Spécial Mobile), qui permet l’utilisation d’un seul type de radiotéléphone à travers l’Europe.L’Amérique du Nord et le Japon possèdent également leurs normes.La norme IS-54, choisie ici, fonctionnera en mode mixte : ana-logique-numérique.Pourquoi ce choix ?Parce que le réseau cellulaire, qui fonctionne en mode analogique, est bien implanté.« Les exploitants ont donc préféré le conserver et instaurer progressivement le nouveau réseau numérique, explique Charles Despins.Les zones avec une plus faible densité conserveront sans doute la norme analogique alors que la transmission numérique s’implantera dans les régions fortement peuplées, où la demande est plus forte.» La deuxième génération élargira aussi le marché de la radiotéléphonie, jusqu’ici conçu surtout en fonction des véhicules.Offrant de nombreuses possibilités, le téléphone numérique sans fil sera sans aucun doute plus répandu au travail, dans les commerces et les résidences.Le combiné lui-même sera plus pratique : avec de nouvelles normes et un plus grand nombre de stations émettrices, la pile du combiné — et donc le combiné lui-même — sera de plus petite taille.Ces appareils remplaceront les téléphones sans fil analogiques de première génération.Ces derniers, utilisés surtout dans les résidences, ne peuvent pas desservir un grand nombre d’utilisateurs à l’intérieur d’un immeuble puisqu’ils ne fonctionnent pas à l’aide d’un système cellulaire.Bell Canada et Northern Telecom, son manufacturier, ont déjà développé des produits et services pour répondre à ces nouveaux marchés commercial et résidentiel.Ainsi, l’automne dernier, Northern Telecom a commencé à vendre au Canada le système de communication sans fil Companion.La composante de base du système est un téléphone cellulaire, adapté aux besoins d’un travailleur d’usine ou de commerce, qui fonctionne à l’intérieur d’un seul bâtiment.Le combiné est notamment plus léger et peut se glisser dans la poche d’une chemise.Du combiné, la communication est acheminée à l’une des antennes fixées aux plafonds ou aux murs de l’immeuble.Ces antennes sont moins puissantes mais plus nombreuses Québec Science / Avril 1994 43 que celles des systèmes cellulaires actuels.La communication, transmise à un contrôleur central, suivra le chemin inverse pour rejoindre un autre utilisateur du système.Lorsqu’un des utilisateurs se déplace, la communication passe par une autre antenne.Un employé peut ainsi être rejoint au même numéro, peu importe où il se trouve à l’intérieur de l’entreprise.Quand le contrôleur est branché sur le réseau conventionnel de téléphone, l’utilisateur du système Companion peut aussi rejoindre n’importe quel abonné.« C’est le premier appareil de ce type à être commercialisé dans le monde, dit Alain Bourget, agent de relations publiques chez Northern Telecom.Plus de 1000 systèmes Companion ont déjà été exportés en Asie et en Europe.« Les entreprises ne sont pas les seuls clients potentiels.Northern Telecom prévoit éventuellement installer de tels systèmes dans certaines rues commerciales, des hôtels, des centres commerciaux.Dans une autre phase de mise en marché, la compagnie offrira aussi ce service pour les résidences, dit Alain Bourget.Quatre compagnies — Cantel, Bell Canada, Tele-zone et Canada Popfone — ont obtenu un permis les autorisant à implan- À trois dollars la minute, le système Iridium sera plus économique que certains interurbains.ter un service de téléphonie sans fil dans les lieux publics au Canada.Elles devront y installer des antennes de faible puissance, comme celles du système Companion.« La mise en service d’antennes de faible puissance dans tous les lieux publics de File de Montréal pourrait coûter environ 100 millions de dollars pour une seule de ces compagnies », estime Louis Gilbert, agent en planification stratégique chez Bell Québec.« Aucune ne pourra offrir un service complet, seules deux compagnies subsisteront », prédit-il.Quel est donc le but ultime de toutes ces manoeuvres ?« Rendre possible la transmission de la parole, des données et des images vidéo n’importe où et à tout moment, selon les exigences du client », dit Louis Gilbert.Nous entrerons alors dans une ère des communications multimédias accessibles à tous, principe même de la troisième génération de téléphones.Le défi est de créer un grand réseau parapluie qui permettrait d’intégrer tous les sous-systèmes radiotéléphoniques et liL'tt i Jr ' ::: :i ai t, I .3b Un avant-goût des nouvelles technologies Dans quelques semaines — si ce n'est déjà fait au moment où vous lirez ces lignes —, Bell Canada pourra vous donner un avant-goût des nouveaux systèmes téléphoniques.Avec le service Accès Total, l'ordinateur de Bell Canada vous acheminera l'appel que vous soyez au bureau, à la maison ou au chalet.et seulement si vous l'avez d'abord demandé.« L'abonné peut ainsi prendre uniquement des appels urgents ou les appels de personnes qui possèdent son code d'accès personnel », affirme Muriel Gestin, chargée du marketing de ce service chez Bell.Plusieurs options pourront s'ajouter à ce genre de service.Avec l'option Mise en contact par exemple, le propriétaire d'un télé-avertisseur pourra entrer directement en contact avec la personne qui l'appelle.Cette dernière sera simplement mise en attente pendant quatre minutes, le temps que son éventuel correspondant trouve un téléphone.s.:" iii; 3', (il liifK stiff fiat ¦'.iii1.:v.ScrUefteE 0^ tootete/ Concour s scient i fi que et technique i nt e rc o l lé g i a l Aprè/ La MachiNe à /aire toMber Le/ crayoki/.Le défi 1993• 1994 Fabriquer un véhicule à propulsion gravitationnelle Et prouver que l'énergie gravitationnelle offre des possibilités totalement révolutionnaires.La finale provinciale de Science, on tourne! réunissant les véhicules les plus performants conçus par les étudiantes et les étudiants du collégial aura lieu le 11 avril 1994 sur la grande place du Complexe Desjardins, à Montréal.Elle constituera l'événement d'ouverture du colloque international Quand la science se fait culture.Science, on tournel est organisé par la Fédération des cégeps, en collaboration avec la Société pour la promotion de la science et de la technologie, ('Association des professeurs de sciences du Québec, l'Association des collèges privés du Québec, le Regroupement collégial pour la concertation et le développement des activités socioculturelles intercollégiales, le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, le Cégep de Bois-de-Boulogne, le Cégep de Chicoutimi, le Cégep de Drummondville, le Cégep François-Xavier-Garneau, le Cégep de Maisonneuve, le Cégep de Rivière-du-Loup et le Cégep de Saint-Hyacinthe.Ordre ] des ingénieurs du Québec Agence Québec/Wallonie-Bruxelles pour la jeunesse Ce concours est rendu possible grâce au soutien financier du ministère de l'Éducation et de la Science dans le cadre de son programme Etalez votre science.Àd bi tence Groupe Mutuelle des Fonctionnaires 1*1 Gouvernement du Canada Programme Sciences et Culture Canada OFFICE FRANCO-QUEBECOIS w(- la leanest* Government of Canada: Science Culture Canada Program 44 Québec Science/Avril 1994 I téléphoniques : systèmes portatifs de faible !¦ I puissance, systèmes pour véhicules de puissance élevée, appareils fixes avec filage, systèmes pour avions et trains, et réseaux t de satellites pour les régions isolées.Mais beaucoup de recherches devront être réalisées avant de pouvoir trans-üï-I mettre voix, images et données par-i tout sur la planète.L’utilisateur qui fait un appel peut se déplacer où il iffliijveut, niais quand il faut lui ache-iei 'i miner un appel, cela se compli-; que.« On développera l’intelligence •a;J artificielle qui déterminera rapidement m où l’appel doit être acheminé », affirme (I i Louis Gilbert.D’autres problèmes touchant les émet-teurs-récepteurs et les nouvelles fréquences porteuses devront être résolus.« La transmission d’images et de données par radiotéléphonie et le désir d’avoir plus d’utilisateurs nécessiteront des débits de transmission beaucoup plus élevés que iceux des systèmes de deuxième génération », estime Charles Despins.Une équipe de l’INRS-Télécommunications s’intéresse à ce type de recherche.Un autre axe de recherche vise à définir les caractéristiques de propagation des ondes millimétriques, qui seront utilisées pour la transmission des communications futures.On les appelle ainsi parce que cha- Les ondes et la santé que onde a une longueur de 10 millimètres, plus courte que les ondes actuellement utilisées.Elles sont situées à des fréquences de 20 à 60 GHz, de 22 à 133 fois plus élevées que les fréquences des téléphones cellulaires de première génération.L’utilisation de fréquences aussi élevées a des avantages, mais aussi des inconvénients.Si elles logent dans un spectre très disponible, peu encombré d’ondes d’autres provenances, on connaît peu leurs caracté- Centre de récherchés sur les communicatlor Le téléphone Companion de Northern Telecom est l’équivalent d’un téléphone cellulaire « ordinaire » et fonctionne à l’intérieur d’une seule entreprise.ristiques de propagation.et leurs effets sur la santé (voir encadré).Malgré ces inconnus, de nouvelles technologies seront bientôt implantées.Dans quelques années, le réseau Iridium, composé de 66 satellites de télécommunication, rendra la radiotéléphonie accessible sur toute la planète.Pourquoi Iridium ?Comme à l’origine le projet devait comporter 77 satellites, on a choisi le nom du métal rare qui porte le numéro 77.Ce projet de 3,4 milliards de dollars est piloté par la compagnie américaine Motorola qui, avec un chiffre d’affaires de 13,3 milliards en 1992, est l’un des plus importants fabricants de téléphones cellulaires, de semi-conducteurs et de systèmes électroniques sophistiqués.Mais comment transmettre texte, données informatiques et images sur le même système ?« La technologie est encore en développement sur cet aspect », dit Maurice Rompré, directeur de la planification des affaires pour Iridium Canada inc.Communications Research Centré Des policiers américains avaient l’habitude de placer leur radar entre leurs jambes.Certains d’entre eux sont devenus stériles.« Sans doute à cause des champs électromagnétiques émis par ces appareils », croit Gilles Delisle, de l’INRS-Télécommunications.Que sait-on des effets des ondes à haute fréquence sur la santé ?On les soupçonne d’affecter les yeux et la peau, d’augmenter le stress.L’équipe de Gilles Delisle étudiera les caractéristiques de l'électromagnétisme des ondes à haute fréquence, alors que celle de sa collègue Andrée Roberge, de l’INRS-Santé, s'attardera sur les effets de ces ondes sur la santé des rats.Des travaux financés en partie par Bell Canada.« Il s'agit de la seule recherche sur les effets des ondes millimétriques à haute fréquence au Canada », dit Gilles Delisle.Et elle nécessitera la construction de deux nouveaux laboratoires.« Ces ondes peuvent toutefois avoir des effets positifs, que nous étudierons également, ajoute-t-il.On sait par exemple que vivre sous une ligne haute tension a des effets bénéfiques pour la santé.» Par exemple, on a remarqué que les vaches laitières produisent plus de lait lorsqu'elles broutent sous les lignes de haute tension.CIE DU SUCCES Le Centre de recherches sur les communications a en réserve plus d'une centaine de technologies qui attendent d'être exploitées Nos compétences, nos installations et nos technologies sont à la disposition des Canadiens.Domaines de recherche : .technologies audio, vidéo et multimédia • circuits intégrés micro-ondes et hybrides miniatures • technologies de traitement et dispositifs microélectroniques • composants et systèmes de communications optiques • communications par radio (intérieures et mobiles) .communications par satellite (fixes et mobiles) • réseaux de communications (avec ou sans fil) • propagation radio et prévisions • modulation, codage et accès multiple Communiquez avec le Bureau de l'expansion commerciale.Tel: (613)990-4267, fax: (613) 998-5355 lndustrie Industry Canada Canada Québec Science / Avril 1994 45 Indium s’accaparera d’une part des revenus en téléphonie des compagnies nationales de téléphone à travers le monde.Car l’utilisateur d'indium pourra communiquer soit par réseau cellulaire terrestre ou par satellite, s’il n’y a pas de réseau cellulaire là où il se trouve.Pour que les compagnies de téléphone ne se sentent pas lésées, Motorola les a invitées dès le début à investir dans le projet.Plusieurs se sont montrées intéressées.Les 11 grands groupes d’investisseurs dans le projet proviennent d’Amérique, d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie.Des consortiums de compagnies transnationales en font partie.Au Canada, on compte BCE Mobile et BCE Telecom International, toutes deux filiales des entreprises Bell Canada et Motorola Canada.Elles y investiront 40 millions de dollars US, ce qui leur donnera le droit d’exploiter et de gérer les services/hdmra offerts au Canada.Un premier 800 millions de dollars US a été amassé, cet automne, pour assurer le démarrage du projet.Grâce à ce financement, Indium est le seul projet de communications téléphoniques par satellite (parmi les cinq autres projets américains recensés) en voie d’implantation.Indium innove aussi sur le plan technologique.Ses 66 satellites seront lancés à basse orbite, une première mondiale.Alors qu’un satellite géostationnaire habituel tourne autour de la terre à une altitude de 32 000 km, un satellite/nrfmm évoluera à une altitude de 780 km.Cette basse altitude offre plusieurs avantages.Elle permet de fabriquer des satellites Indium plus petits et moins pesants, car le poids des batteries sera moindre, explique John Gutpell, responsable de la promotion du projet Indium chez BCE Mobile.La légèreté des satellites permet de réduire les coûts de lancement dans l’espace.« Une fusée pourra en effet en transporter jusqu’à cinq », poursuit John Gutpell.En général, une fusée ne peut lancer qu’un seul satellite géostationnaire.Cette orbite à basse altitude pose cependant un problème.« Plus l’orbite des satellites est basse, plus leur couverture de la Terre est réduite », dit Maurice Rompré.Un plus grand nombre de satellites sera donc nécessaire pour couvrir toute la planète.Les 66 satellites d'indium pourront communiquer entre eux, comme les cellules d’un réseau cellulaire terrestre.La communication entre satellites géostationnaires n’ayant pas encore d’application civile, ces liens inter-satellites est un autre aspect original d'iridium.Ils permettront d’accroître la rapidité de transmission en limitant les transits par une base terrestre.Voici comment le réseau Iridium fonctionnera.Imaginez que vous venez de signer un important contrat, et que vous êtes pressé d’apprendre la bonne nouvelle à votre patron.Vous composez son numéro de téléphone sur votre combiné/nefcm.L’appel est aussitôt transmis au satellite le plus près et voyage à travers le réseau de satellites jusqu’au centre de distribution des appels d'iridium, situé au sol.À ce centre, un ordinateur confirmera que vous avez composé le bon numéro et cherchera dans sa base de données les endroits les plus probables où pourrait se trouver votre patron.Une fois ces opérations complétées, l’appel sera retourné au ciel et voyagera une fois de plus à travers le réseau de satellites.Le voyage se terminera lorsqu’un des satellites localisera votre patron.La communication sera alors établie.Ce système de communication unique a exigé le développement d’une intelligence artificielle peu ordinaire, d’abord développée par Motorola pour la défense américaine.Y a-t-il un marché pour un tel système de communication ?Les promoteurs d'iridium prévoient deux millions d’utilisa- teurs potentiels en 2002.« Plus de la moitié de ces usagers proviendront de l’Amérique du Nord, de l’Europe de l’Ouest et de l’Asie », estime Maurice Rompré.Ce sera surtout des hommes d’affaires en voyage, des géologues, des représentants, des industriels des secteurs minier, forestier et pétrolier, des guides de voyages d’aventure et des reporters.Il croit aussi qu’un marché existe dans les pays en voie de développement.Car, encore aujourd’hui, plus de la moitié de la population de la planète vit à plus de deux heures du plus proche téléphone.« Dans plusieurs zones rurales des pays du Sud, la population est trop clairsemée, trop isolée ou trop pauvre pour être branchée sur un réseau téléphonique, croit monsieur Rompré.L’installation d’un poste Iridium par village pourrait alors être la solution la plus économique pour ces régions.» Maurice Rompré croit aussi que la tarification favorisera le développement du réseau.« À trois dollars la minute partout dans le monde, il sera très souvent plus économique de communiquer par Iridium qu’avec l’interurbain, compte tenu de la tarification internationale », dit-il.L’arrivée de concurrents sur le marché pourrait même faire baisser les prix.À ce jour, le projet proposé par Inmarsat semble le plus sérieux.Inmarsat est l’acronyme de l’Organisation internationale de communications maritimes par satellite, qui regroupe 71 pays.Son réseau de satellites assure déjà les communi-i cations de la parole et des données pour la navigation maritime.« L’organisation souhaite étendre ses services à la téléphonie grand public, dit Maurice Rompré.Une des options étudiées est le déploiement d’un réseau d’une quinzaine de satellites naviguant à moyenne orbite, soit à environ 10 000 km d’altitude.» On prévoit cependant qu'Mdium sera déjà en fonction lors de la venue de ses concurrents.Les premiers lancements devraient avoir lieu en 1996.Et deux ans plus tard, le système devrait être en activité complète.Si on compte bien, dans quatre ans, nous entrerons dans cette nouvelle ère des télécommunications.• Les 66 satellites du réseau Iridium permettront de rejoindre une personne n'importe où sur la planète.I 46 Québec Science/Avril 1994 m Bell offre un des meilleurs SERVICES DE TÉLÉCOMMUNICATIONS AU monde! à Sul top si hjn lorn mEttl I s».le» nelwl mi % ^ ^ \ m % Bell Retour sur les bancs d'école Physique des phénomènes mécaniques, par Régent Bouchard, Montréal, Lidec, 1993, 348 pages, 23,75 $ Physique des phénomènes lumineux, par Régent Bouchard, Montréal, Lidec, 1992, 294 pages, 23,75 $ L5 enseignement des scien-I ces n’est plus ce qu’il était, et c’est tant mieux pour les étudiants d’aujourd’hui.Je suis tombée par hasard sur ces manuels d’enseignement de la physique pour les élèves de secondaire 5 et j’ai été séduite.;cul Bouchard Ah ! si mon époque avait été plus lumineuse, j’aurais certainement apprécié les photos couleur et surtout l’approche pédagogique concrète et vivante, axée sur la technologie et les préoccupations sociales ac- tuelles.Les éclipses de Lune ou de Soleil, le modèle de l’oeil selon Léonard de Vinci ou les techniques actuelles de microchirurgie sont autant de prétextes pour parler des phénomènes lumineux, tandis que les réacteurs d’avions, les planches à voile ou les combinaisons spatiales servent à expliquer la mécanique.En plus des rappels historiques, des articles de vulgarisation scientifique sont reproduits et permettent de raccrocher les notions scolaires à la « vraie vie ».Ces livres sont tellement invitants qu’ils méritent de sortir des salles de classe et d’être lus par le grand public.Pour l’instant, la plupart des commissions scolaires de la région de Montréal les utilisent, mais on en retrouve aussi dans tout le Québec et dans plusieurs écoles francophones du Canada.Danielle Ouellet L'abc de la bioéthique Les mots de la bioéthique, sous la direction de Gilbert Hottois et Marie-Hélène Parizeau, Montréal, ERP! Science, 1993, 376 pages, 49,95$ Le choix du sexe, les banques de sperme, d’organes ou d’embryons, la location d’utérus, le transsexualisme, les cobayes humains, la cartographie du génome humain : la recherche en biologie a le vent dans les voiles, mais ses conséquences posent souvent des problèmes éthiques.Cette « première encyclopédie de bioéthique en langue française » fait le point.Chaque entrée donne la définition, l’histoire, la problématique ainsi qu’une bibliographie reliée au concept.On y apprend que les premiers dons de sperme, qui remontent à la fin du 19e siècle, sont encore aujourd’hui réprouvés par l’Église catholique, notamment parce qu’elle s’oppose à la masturbation.Le recrutement et l’anonymat du donneur (certains parents préfèrent ignorer So^ilaarKtiaria* Gilbert Hottois et Marie-Hélène Parizeau Les mots de la bioéthique Un vocabulaire encyclopédique l’identité du donneur) et la gratuité du don (le corps doit-il rester hors commerce ?) posent aussi des problèmes d’éthique.D’autres technologies sont encore à venir.C’est le cas de l’ectogé-nèse qui permettrait de développer un fœtus entièrement en laboratoire, sans hébergement dans un organisme humain.Ce mythe, qui remonte à Adam et Ève, alimente encore la science-fiction d’aujourd’hui.Certaines questions, comme les droits de l’enfant, le droit au suicide, à la mort, à la santé, ont une saveur plus juridique.Les mots de la bioéthique se feuillette à temps perdu, mais méfiez-vous, vous pourriez y consacrer plus de temps que prévu ! C’est un ouvrage de référence passionnant.Danielle Quelle Futur révisé L'avenir n'est plus ce qu'il était par Michel Saint-Germain, Montréal, Éditions Québec/Amérique, 1993,320 pages, 22,95 $ En 1927, le très respectable New York Times concluait péremptoirement que la télévision n’avait pas d’avenir.D’autres ont cru, par contre, que les robots allaient nous préparer le souper ou que le journal imprimé était voué à la disparition dès les années 80.Sans compter les astrologues et autres prophètes de malheur qui font leur beurre en annonçant périodiquement la fin du monde.Prévision, que de crimes on commet en ton nom ! Michel Saint-Germain a trouvé là matière à une compilation originale, amusante et fortement documentée qui montre que de toutes les sciences la futurologie n’est sûrement pas la plus exacte.Il s’agit en fait de plusieurs livres en un seul, l’auteur passant en revue théories, mythologies et technologies d’hier à demain.Les parties les plus intéressantes sont probablement celles où il allonge avec un plaisir évident la liste des errances divinatoires.Les anecdotes sont nombreuses, et heureusement replacées dans leur contexte social, ce qui tempère l’envie de conclure à la myopie chronique de nos prédécesseurs.Il fait aussi largement état des inventions actuelles et de leurs ambitions.Enfin, il propose ses propres analyses du futur — ou du présent — qui pèchent parfois par manque de rigueur, comme lorsqu’il interprète librement l’attitude des gens face à certains grands enjeux scientifiques.L’abondance des faits et l’ampleur du tour d’horizon, dans le temps et dans l’espace, font néanmoins de ce livre une référence de choix, ce qui rend cependant plus frustrante l’absence de tout index.À l’approche de l’an 2000, au moment où les chantres de l’Apocalypse ou du bonheur technologique commencent déjà à nous casser les oreilles, l’exercice demeure rafraîchissant.Les sceptiques ne seront pas confondus ! René Vézina L'AVENIR N'EST PLUS CE QU'IL ETAIT iiuiEisiiiï-smuiil 48 Québec Science/Avril 1994 ISM Le magazine nee Fiable et passionnant ! Toute l'actualité en environnement, santé, énergie, éducation, Itîif, communications, espace, biotechnologies, transports, innovations technologiques, recherche fondamentale au Québec et dans le monde.Québec Science présente les faits, explique, met en perspective, avec les nuances nécessaires, pour aider à comprendre les grands enjeux de notre société.À lire : reportages, entrevues, chroniques, dossiers fouillés, suppléments, illustrations détaillées.Voulez-vous découvrir, en savoir plus, mieux comprendre ?Québec Science répond à vos questions, vous permet d’aller plus loin, jusque dans le futur.Kl Ht, dt«- iM «elts « la site.¦ IfM É, limit! î " - r» ml eOuefe; Abonnez-vous • Réabonnez-vous Économisez jusqu'à 30 % Abonnez-vous, réabonnez-vous || et recevez votre cadeau : w t \r:A 'll sé - 1 reliure pour un abonnement de deux ans 2 reliures pour un abonnement de trois ans Cette offre expire le 30 juin 1994.f tllï I ï# ifjtttal 1*» it3 «lits*1 iti OUI Numéro d’enregistrement de la TPS : R-1335-97427 Numéro d’enregistrement de la TVQ : 1013609086 Je m’abonn# à Québec Science I I je me réabonne ?1 an (10 nos) 34,67 $ TTC I I 2 ans (20 nos) 59,86 $ TTC I I 3 ans (30 nos) 83,20 $ TTC (Étranger, voir les tarifs en page 6) Détachez et expédiez à Québec Science C.P.250, Sillery (Québec) G1T2R1 Tél.: (418) 657-4391 Téléc.: (418) 657-2096 Je vous demande de me faire parvenir (Allouez 4 semaines pour l'expédition) 1 1 Les deux reliures (abonnement de trois ans) Nom Prénom Adresse no rue app.ville province code postal Profession téléphone ?chèque ?Mandat-poste Dvisa ?MasterCard Chèque ou mandat-poste à l'ordre de Québec Science N° de carte Date d'expiration / Signature QSM 1994-4 Histoires de science 1 par Danielle Ouellet L • histoire a retenu la y relative indifférence avec laquelle Albert Einstein divorça d’avec Mileva Marie en 1919 pour se remarier peu de temps après avec la fille de son cousin, Eisa Einstein.La correspondance entre Albert et Mileva, mise en lumière par leur petite-fille Evelyn, en 1986, vient nuancer le portrait plutôt négatif des premières amours du savant.Sous le titre Aeffres d’amour et de science, le Seuil vient de publier la version française de 54 lettres d’amour échangées par les deux jeunes gens, dont 11 furent écrites par Mileva.On y apprend qu’Albert Einstein n’a pas toujours été un savant concentré sur ses travaux au point de négliger sa famille : il l’est devenu.En 1896, Albert et Mileva entrent tous deux à l’École polytechnique fédérale suisse (ETH).La jeune fille a 21 ans.Originaire de Kac, un petit village de Hongrie (aujourd’hui en Serbie), elle vient d’une famille très à l’aise.Son père est magistrat dans la fonction publique.Très douée pour les mathématiques, elle s’était rendue en Suisse avec l’intention de devenir médecin.Pour des raisons inconnues, elle abandonne ses études médicales et entre à l’ETH, où elle compte obtenir une licence en enseignement.Elle tient à gagner sa vie.Albert, de trois ans son cadet, admire son indépendance et accepte volontiers son aide en mathématiques.Les amours d'Albert Einstein La correspondance entre Albert Einstein et Mileva Marie nous fait découvrir un jeune homme tendre et passionné.Voilà qui détruit le mythe du savant froid et distant ! pE ;v:-: P- î-ü l|E’: ¦ M La publication de la correspondance des amoureux et, surtout, de leurs échanges scientifiques a suscité de vives réactions chez certaines féministes américaines.Pour les unes, Mileva aurait largement contribué au célèbre article sur la relativité.Pour d'autres, elle en serait l'unique auteur ! La correspondance retrouvée ne permet toutefois pas de prouver de telles affirmations.La jeune fille aux cheveux noirs, menue et déterminée, plaît chaque jour davantage à Albert, lui-même plutôt évasif avec les gens.Le contraste entre les deux étudiants est tel que leurs amis n’y voient qu’une explication : les contraires s’attirent ! Mileva passe l’année suivante à l’Université d’Heidelberg, comme auditrice libre.L’amitié se poursuit malgré la distance, par correspondance.Coquine, Mileva se moque gentiment d’Albert, qui lui avait fait promettre de n’écrire que si elle s’ennuyait.Et comme elle ne s’ennuie jamais, elle manque parfois à sa parole.Mileva lui décrit ses promenades et ses réflexions solitaires dans la forêt allemande et lui raconte avec humour les maladresses de son professeur de théorie cinétique des gaz.Albert la traite amicalement de « petite fugueuse » et l’enjoint de revenir à Zurich au plus tôt en lui promettant de lui prêter ses notes de cours.Mileva et Albert se retrouvent avec bonheur en avril, partageant avec tout autant de plaisir une excursion en montagne qu’une discussion scientifique.Mileva souhaite vivement qu’il rencontre son père tandis qu’Albert veut éblouir sa mère en lui montrant une photographie de la jeune fille.Il se décrit lui-mê me comme son « brave collègue et compagnon de beuveries caféiques ».Albert partage ses lectures scientifiques avec Mileva.Il s’intéresse plus aux travaux des physiciens contemporains sur la propagation de l’électricité qu’à ses cours à l’université.Mileva, de son côté, prépare ses examens avec le plus grand sérieux.Son correspondant, affectueux et attentionné, lui promet de l’aider : « Si jamais je pouvais vous apporter un peu de soutien, ne serait-ce qu’en vous changeant un peu les idées, soit dans vos études, soit en étant votre Johann (serviteur) tout dévoué avec tous les petits riens que cela comporte.» À partir de 1900, le vouvoiement est chose du passé entre les amoureux.Celle qu’Albert appelle avec affection « sa coquine, sa gamine des rues, sa drôlesse » lui est devenue indispensable.Il se dit heureux d’avoir trouvé « quelqu’un en tout point égal à moi, aussi fort et autonome que moi-même ».Il se sent seul avec tous sauf avec Mileva et lui compose même des poèmes.Tous deux souhaitent se marier aussitôt qu’il aura trouvé un emploi, mais leur projet ne fait pas l’unanimité chez les Einstein.Sa mère, Pauline, clame que cette jeune fille n’a sa place ¦f: il ïA «a :i.a tpi a: » 'i' a;! V’r.Biln F- 50 Québec Science / Avril 1994 MIS toi- dans aucune famille convenable : « Elle, c’est un livre comme toi, alors que c’est une femme qu’il te faudrait ! » Albert subit ces remontrances régulièrement et décrit dans les détails la scène de sa mère lorsqu’il lui annonce son mariage prochain : « Maman s’est jetée isur son lit, s’est enfoui la tête dans les coussins et s’est mise à pleurer comme un enfant.» Albert a plutôt le goût de réinventer les relations entre les hommes et les femmes.Il en a assez de voir la femme être pour l’homme « un luxe que celui-ci ne peut s’offrir qu’une t fois son existence bien assurée ».Une telle attitude signifie, à son avis, que « Tunique différence entre une épouse et une putain, c’est que la première, grâce à des conditions de vie plus favorables, est capable d’extorquer à l’homme un contrat pour la vie ».Il nuance en disant que ce sont des existences comme celles plu jjde ses parents qui ont rendu la îs]*J sienne possible.Il veut les ménager sans pour autant céder sur ce qui lui semble important, son amour pour Mileva : « Quand je ne suis pas avec toi, écrit-il, j’ai l’impression de ne pas être entier.» Il fait preuve de détermination : « Papa et maman sont de grands flegma-S|it tiques.Ils ont moins de tenaci-L té dans tout leur corps que je n’en ai dans mon petit doigt.» Mais sa mère n’en démord jKit pas : « Si elle tombe enceinte, tu seras dans de beaux draps », dit-elle à son fils.Et c’est ce qui arrive ! Au printemps 1901, Mileva attend un bébé.Albert a déjà obtenu sa licence de TETH depuis près d’un an, mais il n’a toujours pas trouvé de travail intéressant.Ses espoirs d’être engagé comme professeur acjjoint aussitôt ses études terminées ont été déçus.Il a même essayé d’entrer dans l’armée, mais on n’a pas voulu de lui en raison de sa mauvaise santé : par négligence, il s’était sous-alimen- lïè .sit té pendant des mois.Lorsqu’il apprend la grossesse de Mileva, il lui promet de ne jamais l’abandonner et de tout faire pour arranger les choses.En désespoir de cause, il accepte un poste d’enseignant de physique générale dans un lycée à Schaffhausen, une ville suisse sur la rive droite du Rhin.Son salaire peut à peine le faire vivre.Impossible dans ces conditions de soutenir une famille.Malgré son calme apparent, Mileva est inquiète.Est-ce cette situation qui lui fait échouer ses examens de licence au cours des premiers mois de sa grossesse ?La vie d’Albert n’est pas facile non plus.Les difficultés financières de sa famille le laissent presque sans le sou et des gens qu’il croyait ses amis parlent de sa « vie de débauche ».Il encourage Mileva du mieux qu’il peut et lui fait miroiter le jour où « ses soucis d’aujourd’hui seront balayés pour laisser place à beaucoup de bonheur ».Il attend l’ouverture d’un poste à Berne et se dit tellement heureux à l’idée de la retrouver sous peu qu’il en a le vertige.Mais l’emploi tarde, et Mileva termine sa grossesse chez ses parents.La petite Lieserl naît au début de Tannée 1902, loin de son père.C’est donc par lettre qu’il s’informe de la santé de la mère et de la fille : « Je Taime tant, et je ne la connais pas encore.» Peu après, Einstein perd son emploi au lycée, ses méthodes d’enseignement étant jugées trop peu conventionnelles.Son père meurt au même moment, et Albert consacre ses derniers sous à l’achat d’un billet de train pour Milan.Ce n’est qu’en 1903 que le couple peut enfin se marier après qu’Albert ait déniché un emploi au Bureau des brevets.Entretemps, Mileva a dû se résoudre à laisser à d’autres le soin d’élever sa fille.Des recherches ultérieures n’ont pas réussi à retracer Tenfant qui a probablement été adoptée.Apprenant que sa femme est de nouveau enceinte peu après le mariage, Einstein se réjouit : « Après tout, tu ne peux pas te voir refuser ce qui est le droit de toutes les femmes.» C’est à ce moment que se termine la correspondance retrouvée.Au cours de Tannée 1904, Einstein attend impatiemment la venue au monde de son fils aîné, Hans-Albert, mais il est de plus en plus préoccupé par ses réflexions qui aboutissent, en 1905, à la théorie de la relativité et à de profonds bouleversements de la physique théorique.La naissance d’un second fils, Edward, en 1909, survient peu de temps avant le déménagement de la famille à Prague, où Einstein a finalement obtenu un poste de professeur à l’université.Depuis longtemps, la complicité intellectuelle entre Mileva et Albert n’est plus ce qu’elle était.En 1913, le couple s’établit à Berlin, malgré l’opposition de Mileva qui redoute Tul-tranationalisme.Son mari y voit plutôt un poste très bien payé où il pourra réfléchm à sa guise.Mileva, de son côté, se cantonne à la maison d’où elle ne sort pratiquement jamais.Partie avec les enfants en vacances à Zurich juste avant la guerre en 1914, Mileva ne retournera pas dans la capitale prussienne.Cinq ans plus tard, Einstein demande le divorce.Sa passion du travail compte désormais plus que tout, y compris sa femme et ses enfants.Il habite dans une petite mansarde, louée dans la maison de son cousin.La fille de ce dernier, Eisa, y vit depuis la mort de son mari.Albert est souvent très malade, et Eisa le soigne.Enfermé pendant des jours dans sa chambre monacale, Albert ne pense plus qu’à ses théories.Eisa dépose ses plateaux de nourriture à la porte.Un jour, elle lui dit qu’ils devraient se marier pour éviter les commérages.Einstein accepte.Mileva passera le reste de sa vie à Zurich, à s’occuper seule d’Edward, leur second fils, en proie à de violentes dépressions.Albert Einstein, le jeune amoureux, n’aura pas réussi à faire durer la complicité amoureuse et scientifique dont il rêvait au moment de sa correspondance avec Mileva.• Danielle Ouellet est docteure en histoire des sciences.Québec Science / Avril 1994 51 par Raynald Pepin Jouer aux échecs, déchiffrer une sonate de Chopin, sauter en parachute.que ces plaisirs sont compliqués ! Alors que la vie nous offre une activité toute simple, facile à partager et si agréable : manger.Que diriez-vous d’un bon morceau de gâteau au chocolat ?Si vous n’avez pas faim, manger ce morceau de gâteau peut être pénible.« La faim et la satiété sont des phénomènes complexes, contrôlés par de nombreux facteurs, explique Jean-Marc Lavoie, professeur à l’Université de Montréal et spécialiste du foie.L’hypothalamus, situé à la base du cerveau, intègre les informations physiologiques : taux de glucose dans la sang, concentration de nombreuses hormones, distension de l’estomac, nutriments absorbés par l’intestin.Mais des facteurs sensoriels (ça sent bon ou mauvais) et psychologiques (c’est l’heure du souper ou je vais grossir) jouent aussi.» La quantité de glucose emmagasiné sous forme de glycogène (un polymère de glucose) dans certains organes comme le foie importe davantage que le taux de glucose sanguin.« Dans certaines expériences, on maintient de façon artificielle le taux de glucose dans le sang, dit Jean-Marc Lavoie.Malgré cela, lorsque les réserves de glycogène diminuent, la personne ressent la faim.» La satiété est un phénomène encore plus complexe que la faim.En effet, on arrête généralement de manger avant que les nutriments ingérés aient L A SCIENCE DANS L A V I E QUOTIDIENNE À la soupe ! fi*1 m L'itinéraire mouvementé d'un morceau de au chocolat, du stade oral au stade anal.gâteau i* gagné la circulation sanguine ! « Dans une expérience, la nourriture absorbée par des animaux sortait par une canule juste avant d’atteindre l’estomac, explique Jean-Marc Lavoie.Les animaux arrêtaient quand même de manger après un certain temps, sans avoir l’estomac plein.Inversement, si on court-circuite l’œsophage et qu’on injecte la nourriture directement dans l’estomac, les animaux mangent plus qu’à l’habitude.» La bouche, l’œsophage et l’estomac recèlent donc des senseurs qui, alertés mécaniquement (par i’étirement) ou biochimique-ment, envoient au cerveau des signaux sur l’ingestion de nourriture.Revenons à notre gâteau.Vous en prenez une bonne bouchée, avec beaucoup de glaçage.Votre fourchette rejoint le centre de votre bouche ouverte, un exploit neuromusculaire (il suffit de voir les bébés s’y essayer).Vos mâchoires commencent à écraser la bouchée afin de la réduire en morceaux plus petits et donc plus faciles à digérer, car la surface accessible aux enzymes devient plus grande.Votre langue ramène prestement sous la guillotine les parcelles de gâteau qui s’échappent, votre salive dissout les miettes encore intactes.Chaque jour, votre bouche reçoit une quantité de salive variant entre un et deux litres ! La majeure partie provient de glandes salivaires se trouvant sous la mâchoire ou sous le lobe des oreilles.Tout ce liquide n’est pas produit Kf1 ¦pie que pour faciliter les french kiss.Il favorise le malaxage et la lubrification de la nourriture et contient plusieurs enzymes qui entament la digestion, en direct dans votre bouche ! « Une amylase découpe les glucides en sucres plus simples, explique Victor Gavi-no, biochimiste à TUniversité de Montréal et spécialiste de la digestion des lipides.D’autres enzymes salivaires hachent certains lipides formés de courts acides gras.Ces enzymes parviennent dans l’estomac, mais là, l’acidité les dégrade et les rend inactives.» L’amylase salivaire digère tout de même de 20 à 40 % des glucides.Avant d’enfourner une autre bouchée, il faut avaler.Un centre du tronc cérébral (à l’extrémité inférieure du cerveau) contrôle la déglutition : il met en fonction l’aiguillage qui empêche la bouchée d’emprunter le mauvais tuyau.La respiration arrête, le larynx (haut de la trachée) remonte, l’épiglotte (un clapet cartilagineux) bascule et ferme le larynx.La langue pousse alors la bouchée mastiquée dans le pharynx et les muscles entourant le pharynx chassent la nourriture dans l’œsophage.Tout ceci ne se produit (essayez pour voir !) que si la bouche est fermée, ce qui explique que je me noie dans ma salive chaque fois que je vais chez le dentiste.Dans l’œsophage, la bouchée est poussée automatiquement par des contractions successives de muscles lisses (mouvement péristaltiques), qui agissent un peu comme une main poussant le lait hors du trayon JfBl M lifta If R| pli ten Mati Néii, 52 Québec Science/Avril 1994 ii’une vache.Ça fonctionne nême si, histohe de faire original, vous mangez la tête en bas |[j’ai essayé).Pas de niaisage : ru bout de 10 secondes, la nour-riture pénètre dans l’estomac.; Halte ! C’est ici que commen-Ice la vraie digestion, c’est-à-dire la transformation des nutri-sments complexes en molécules limples, assimilables.Durant Maestracci, spécialiste de la digestion à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.De plus, il active une enzyme, la pepsine, qui coupe les grosses protéines en chaînes d’acides aminés plus courtes.» Évidemment, l’acide, ça brûle.« Quand on vomit, illustre Victor Gavino, la bouche et l’œsophage font mal parce Iplusieurs heures, la nourriture lest soumise à un brassage mé-icanique et à l’action chimique d’enzymes et d’un acide très actif, avant d’être relâchée petit à ispetit dans l’intestin.Extensible, l’estomac peut contenir d’un à deux litres d’une bouillie appelée chyme.Il n’y a pas de quoi se péter les bretelles quand on pense que chez une vache, le volume des 4 parties de l’estomac peut atteindre 200 litres ! Dans la paroi de l’estomac, divers types de cellules sécrètent jusqu’à trois litres par jour de suc gastrique.Certaines cellules libèrent, avec de l’eau, des ions chlore et hydrogène : „ i cet acide chlorhydrique (dont J le pH = 1) est 100 fois plus acide que du vinaigre.« L’acide détruit un grand nombre de ¦ bactéries ingérées, dit Dominic qu’ils sont exposés à l’acide de l’estomac.» Comment l’estomac ne se digère-t-il pas lui-même ?C’est que d’autres cellules sécrètent un mucus alcalin qui tapisse l’intérieur de l’estomac.« Le mucus contient des glycoprotéines complexes, très stables face à l’acide.» De l’estomac, le chyme passe à l’intestin grêle, un canal long d’environ trois mètres qu’il parcourt en trois ou quatre heures.L’intestin grêle effectue la majeure partie de la digestion et de l’absorption.Le duodénum constitue les premiers 25 centimètres de l’intestin grêle.D’importants affluents se jettent ici dans le fleuve principal.Du foie et de la vésicule biliaire se déverse la bile : cette solution, grâce à des sels agissant un peu comme du savon, émulsionne les li- pides, ce qui en facilite la digestion.Du pancréas arrive un liquide contenant de l’eau, des ions bicarbonate (qui neutralisent l’acidité) et des enzymes attaquant les lipides, les glucides, les protéines et les acides nucléiques.L’alimentation « hygiéniste », en vogue chez certains adeptes des médecines douces, consiste à associer dans un même repas des aliments « compatibles », c’est-à-dire qui requièrent un même type d’enzyme pour être digérés.Ainsi, des noix (protéines) et du pain (glucides) ne seraient pas compatibles (moi qui ai toujours cru que les beurrées de beurre de pinottes constituaient un bon repas !).« À ma connaissance, aucune publication scientifique ne supporte ces assertions », commente Victor Gavino.Il est vrai que la composition du suc pancréatique s’adapte au régime alimentaire, mais pas à court terme.Par exemple, une diète riche en lipides entraîne une sécrétion accrue de lipases, une enzyme attaquant les lipides.mais l’adaptation nécessite plusieurs dizaines d’heures ! La paroi interne de l’intestin grêle est formée de replis dont la surface présente des excroissances, les villosités.La membrane des cellules des villosités comporte elle-même de minuscules tentacules d’environ un micromètre de longueur, les microvillosités.L’existence de toutes ces ramifications augmente considérablement la surface interne de l’intestin, et donc les possibilités d’absorption : la surface résultante atteint 200 mètres carrés, presque celle d’un terrain de tennis ! Dans l’intestin grêle et dans les cellules qui l’entourent, les enzymes libèrent des molécules simples, facilement absorbées par les cellules : du glucose (à partir des glucides), des acides aminés (des protéines), des acides gras et du glycérol (des lipides), des vitamines, de l’eau et des ions (sodium, calcium, etc.).Certaines protéines résistent aux enzymes, comme la kératine, un constituant des poils; si on avale un cheveu, il ressortira à peu près intact à l’autre bout du tube digestif.« Les lipides et les protéines sont digérés et récupérés à 99 %, dit Victor Gavino.Mais certains glucides, comme les fibres de cellulose, ne sont pas directement digestibles pour les humains, et la proportion de glucides absorbés est variable.» Les cellules de l’intestin grêle récupèrent également près de 90 % de l’eau qui y passe.Les nutriments traversant la surface des cellules aboutissent dans les capillaires sanguins qui parcourent l’intérieur des villosités.Le sang enrichi (environ un litre à la minute) se rend ensuite au foie, qui contrôle la concentration des nutriments dans le sang et entrepose ou transforme ces nutriments.Le gros intestin ou côlon, long d’environ 1,5 m, se termine par le rectum et l’anus.Il absorbe encore un peu d’eau, avec des ions, même au niveau du rectum, ce qui justifie l’emploi des suppositoires (la voie rectale évite aux médicaments d’être dégradés par l’acidité de l’estomac).Il accueille aussi de nombreux micro-organismes, dont quelques bactéries dont le métabolisme produit de l’hydrogène, du méthane, du gaz carbonique et certaines molécules odorantes contenant du soufre et de l’azote, qui se mêlent à l’air qui s’est rendu jusque-là après avoir été avalé.De un à deux jours après avoir été dégusté, notre morceau de gâteau en arrive au stade anal.La porte de sortie est heureusement contrôlée par un muscle annulaire volontaire.Parfois, c’est une sortie d’urgence ! • Québec Science / Avril 1994 53 par Michael Smith Prix Nobel de chimie 1993 Pourquoi la recherche fondamentale est importante Le prix Nobel de chimie, que Kaiy Mullis et moi-même avons reçu l’an dernier, est une reconnaissance de l’importance de la recherche fondamentale en biologie moléculaire moderne.Et, bien sûr, la série de prix Nobel en physiologie, médecine et chimie qui ont été décernés depuis 40 ans (incluant celui qu’ont reçu Crick, Watson et Wilkins pour la structure de l’ADN et celui remis à Holley, Khorana et Ninenberg pour le code génétique) fournissent une démonstration encore plus évidente que la recherche fondamentale née de la curiosité du chercheur est essentielle pour acquérir de nouvelles connaissances et avoir une meilleure compréhension du monde biologique.Dans le cas précis de la génétique moléculaire, la recherche fondamentale a produit un ensemble complet d’outils qui permettent d’isoler des gènes spécifiques, de définir leurs fonctions, de les Michael Smith est né le 26 avril 1932 dans un quartier ouvrier de Blackpool en Angleterre.Élève appliqué au primaire, il reçoit une bourse pour étudier à l'école secondaire privée de son voisinage.Les sciences, bien sûr, sont ses matières fortes, et son professeur de chimie lui accorde une attention toute spéciale.Grâce à un soutien financier, il est admis en chimie à l'Université de Manchester.Une autre bourse d'État lui permet ensuite de compléter un doctorat, qu'il obtient en 1956.Cet été-là , il apprend qu'un jeune professeur de Vancouver, Go-bind Khorana, cherche un assistant.Avec son nouveau groupe, Smith travaille sur la synthèse des ribo-oligonucléotides, qui était selon son expression « le problème le plus excitant de l'heure en chimie des acides nucléiques ».V •'iïsiiil;.% contrôler et de comprendre le principe de production des protéines géniques.Ces développements techniques ont entraîné deux grands bénéfices.Le premier : une compréhension beaucoup plus profonde de la biologie subcellulaire et des mécanismes de > plusieurs maladies, incluant le cancer.Le second : le développement de l’industrie de la biotechnologie, qui a fait ses j preuves dans le domaine de la santé et qui a un grand potentiel en agriculture.Qui aurait j pu prédire la découverte des outils de la biotechnologie, et que ces outils auraient un impact aussi grand sur la connaissance humaine et l’économie ?Ces découvertes ont été possibles parce que de jeunes scientifiques ont eu les ressources nécessaires pour suivre leurs instincts chaque fois qu’ils orientaient leurs études vers la biochimie et l’enzymo-logie de l’ADN, de TARN et des protéines.• En 1966, Michael Smith est nommé associé de recherche médicale au Conseil de recherche médicale du Canada.Attaché au département de biochimie, c'est au cours de cette période qu'il développera la technique de mutation génétique dirigée qui lui vaudra le prix Nobel de chimie 1993.Depuis 1981, il a été nommé cofondateur scientifique de la compagnie américaine de biotechnologie Zymos, directeur du nouveau Laboratoire de biotechnologie de l'Université de Colombie-Britannique, puis directeur scientifique du réseau national des Centres d'excellence en génie des protéines, fondé en 1990.« J'ai bien hâte de me départir de mes nombreuses responsabilités administratives, confie-t-il, pour pouvoir me livrer complètement à mes premières amours scientifiques : travailler dans un laboratoire.» Anne-Marie Simard 54 Québec Science / Mars 1994 NOUS CROYONS L’AVENIR! ¦/- /yy, Chaque année, nous investissons près d'un milliard de dollars dans la recherche d'avant-plan et la formation de chercheurs dans les universités canadiennes.Notre rôle est d'assurer l'épanouissement d'un milieu de recherche dynamique qui favorise la synergie et le transfert du savoir entre les secteurs universitaire, privé et gouvernemental.Au fil des ans, notre engagement envers la créativité et l'excellence de la communauté universitaire s'est traduit par un appui soutenu aux chercheurs canadiens.Notre priorité est d'offrir des programmes d'aide à la recherche adaptés aux besoins des chercheurs et suffisamment souples pour permettre la poursuite des meilleures avenues de recherche.L'avenir, c'est l'exploration scientifique et la réflexion sur nos sociétés.C'est aussi le rapprochement entre les établissements et les disciplines.En mettant l'accent sur la collaboration et la multidisciplinarité, des initiatives d'envergure nationale — comme les programmes Éco-recherche, du Génome humain ou des Réseaux de centres d'excellence — laissent déjà entrevoir un avenir prometteur.Les conseils subventionnaires fédéraux rendent hommage aux chercheurs dont les travaux permettent de repousser les frontières du savoir et contribuent au bien-être des Canadiens et Canadiennes.Voire engagement et votre persévérance sont notre raison d'être.1*1 Conseil de recherches en sciences humaines Conseil de recherches médicales Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie Canada NOUVEAU MONDE.NOUVELLE VISIO 4^: -M O, & mm.pii» ; Le monde ne change pa^le monde a changé.De la consommation nous passons à la conservation et de l’insouciance, nous passons à la responsabilité.À l’heure où les marchés se globalisent, les entreprises doivent relever de nouveaux défis.Elles doivent toujours être solides, sainement gérées, offrir un produit de qualité à un coût concurrentiel et chercher constamment à innover.Elles doivent aussi voir de près à instaurer avec leurs partenaires - employés, clients, fournisseurs - une relation basée non seulement sur la valeur ajoutée mais sur des valeurs partagées.Dorénavant, il ne s’agira plus de gérer des marques sur des marchés locaux mais de gérer les valeurs universelles d'un produit sur des marchés mondiaux.Forte d’un produit d’avenir - léger, durable et recyclable, l'aluminium offre des possibilités illimitées -Alcan connaît déjà les impératifs de cette nouvelle vision mondiale.ALCAN Y
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