Québec science, 1 janvier 1994, Mai
U0|j0Q | Le temps estime flèche Volume 32, numéro 8 • .Mai 1984, 3.45» • • En virpniiemeiit lu global au'local is grandes, causes I r î fonctionneftjt plus 'f îs petites,ouf ;i s monstres iméotiques / 'V*A I ¦ U ¦ 'vMk •V v; : y • • îwtor>, le dernier bs magicjens r ^ m m klipsg solaire j 10 mai fi 73333 8 Commentaire Dilemme Le leitmotiv environnementaliste « Penser globalement, agir localement » ne fonctionne pas.Du moins pas pour moi.Car mes idéaux de préservation de l’environnement sont régulièrement mis à l’épreuve.Voici comment.Après 200 000 kilomètres de loyaux services, ma vieille Toyota Tercel rendra bientôt l’âme.J’aimerais bien la remplacer par un camion 4x4 tout neuf, plutôt que par une autre petite auto.Je n’ai plus le goût qu’on vienne me faire la morale en me disant que le camion pollue beaucoup plus.Je le sais.Le camion consommera environ 10 000 litres de pétrole de plus.D’où mon dilemme de consommateur : le plaisir et l’utilité du 4 x 4 contre le moindre impact environnemental de la petite auto.Je m’en confesse, le 4 x 4 gagne haut la main.Sauf sur un détail.Ces 10 000 litres supplémentaires de pétrole me coûteront plus de 5 000 dollars.Ce qui me fait réfléchir.Mon portefeuille devient alors une sorte de conscience environnementale : il risque de choisir une autre Tercel.Face à un tel dilemme, ce sont souvent les intérêts personnels qui font pencher la balance.En d’autres termes, quand vient le temps de décider, je « pense localement » à mes intérêts.Pourtant, ces intérêts personnels dépendent d’actions globales, comme les taxes sur le pétrole.Mon choix serait ainsi beaucoup plus facile si chaque véhicule consommant plus de 9 litres au 100 kilomètres était frappé d’une taxe spéciale de, par exemple, 1 000 dollars.À 11 litres, la taxe spéciale pourrait monter à 3 000 dollars.Oui, je sais, tout le monde est écœuré des taxes.Imaginez cependant que cet argent n’irait pas dans les poches du gouvernement, mais serait retourné aux acheteurs de véhicules peu polluants.Je ne sais pas si une telle mesure serait vraiment efficace.Je pense cependant que quelques lois de ce genre ont plus fait pour l’environnement que l’ensemble des campagnes de sensibilisation.Par exemple, le taux de plomb dans la neige qui tombe au Groenland a diminué à mesure que différents pays passaient à l’essence sans plomb.Les actions globales ont simplement des effets globaux.Doit-on changer le leitmotiv pour « Penser localement, agir globalement » ?Étienne Denis Actualités 6 Astronomie Mode d'emploi pour observer l'éclipse Les réponses à la plupart de vos questions au sujet de l’éclipse solaire du 10 mai 1994.8 Paléontologie Les premiers « vrais » Québécois Un siècle après le début des explorations minières en Abitibi, des géologues viennent de découvrir une curieuse formation calcaire d’origine.vivante.10 Santé Les protéines du diabète Les diabétiques ont un probli me de sucre, mais aussi de protéine.Leur régime alimen # taire est remis en question, «p! imiisti ilsi Brèves • Confidentiels, les travaux de recherche Pas sûr.• Les maux amérindien; • Robots lunaires Chroniques 45 Livres 46 Histoires de science Le dernier des magiciens Étude des textes bibliques, recherche d’un langage universel, travaux d’alchimie.Isaac Newton ne s’intéressait pas qu’à la physique et aux mathématiques.par Danielle Ouellet 17^— La dimension cachée Oh ! le bel arc-en-sol ! La science d’une flaque d’hu le et d’eau permet la fabrication de nouveaux billets de banque.par Raynald Pepin 50 Opinion La fraude scientifique On attribue aux chercheurs 1 j rigueur, l’objectivité et l’honnêteté.Pourtant, les cas de ¦ fraude sont nombreux.par Serge Larivée Mg I % 2 Québec Science / Mai 1994 Sommaire SH 12 Génétique Les monstres homéotiques ^ I Une simple mutation, et une i mouche peut se transformer en monstre : des pattes pous-lllr ,., , , .i sent a la place de ses anten- nés.Derrière cette curiosité, ; -1 < : les gènes homéotiques.Depuis trois ans, on commence à i comprendre leur importance.' jim 38 Fernand Seguin Le savant imaginaire Fernand Seguin a d’abord été un chercheur.Mais c’est comme communicateur qu’il a été connu.Québec Science présente deux extraits de sa biographie.SH, U-) *tiWf Kidit®5! [flÜ 42 llya Prigogine Le temps est une flèche Newton, Einstein et Hawking se trompent.Ilya Prigogine, Prix Nobel de chimie, soutient que le temps est une flèche qui ne peut inverser sa direction.Rencontre avec l’un des plus grands penseurs de la science.Québec Science / Mai 1994 3 Réconfortant Nous avions sélectionné la découverte du rôle de l’endonucléase G dans la multiplication des mitochondries à l’intérieur des cellules parmi les 10 découvertes de l'année (voir Québec Science,/ém'er 1994).Nous venons de recevoir une petite note de remerciement de l’un des chercheurs, qui ajoute ce commentaire : J’apprécie beaucoup la reconnaissance de nos travaux par la communauté scientifique internationale et locale.Cela est réconfortant surtout quand, malgré l’intérêt que notre article a soulevé dans le monde de la mitochondrie, l’Institut national du cancer du Canada qui subventionnait ces recherches vient de nous couper les fonds ! Adolf Ruiz-Canillo, Ph.D.Professeur titulaire de l’Université Laval Moulins à vent L’Association Canadienne de l’Énergie Éolienne (AGEE) déplore la représentation négative de l’énergie éolienne dans la série d’articles sur le dossier énergie du mois de mars de la revue Québec Science.Madame Montpetit y écrit : « La production d’énergie éolienne prend beaucoup d’espace : environ 1 km2 par mégawatt ! » En Californie, dans la passe Altamont, on a installé près de dix fois cette densité de puissance.De plus, l’utilisation du sol par l’éolien n’est que de 1 à 3 % de la surface du bassin exploité.La vocation du territoire reste donc pratiquement inchangée.Un tableau montre les coûts de production de l’électricité : pour l’éolien, on mentionne de 6,1 à 7,6 cents/kWh.Ces chiffres sont représentatifs de l’état de développement de la filière éolienne du milieu des années 1980.En décembre 1993, un promoteur privé (Kenne-tech) a signé un contrat pour vendre de l’énergie éolienne à Hydro-Québec au coût évité du complexe de Grande-Baleine tel qu’estimé en 1991.L’état actuel de la technologie donne plutôt un coût de 3,6 à 5 cents/kWh, selon le choix du site.(.) L’Association Canadienne de l’Énergie Éolienne est en désaccord avec les propos de M.Vézina lorsqu’il dit « nos tentatives d’harna-cher le vent n’ont pas été fructueuses : les éolienne québécoises ne fonctionnent pas » et « après avoir englouti des millions en pure perte pour harnacher le vent.».Ces propos sont très surprenants, car ils ne mettent pas en perspective la différence entre la B & D et l’exploitation.Bernard Saulnier, président Association Canadienne de l’Énergie Éolienne Répliques Lors d’une entrevue téléphonique, le 31 janvier dernier, je vous ai demandé si ce chiffre d’un mégawatt par kilomètre carré vous semblait réaliste.Vous m’avez répondu qu’il l'était, pour l’Est du Québec, où les vents viennent de plusieurs directions.Vous m’avez aussi expliqué que si les vents sont directionnels, comme en Californie, on peut augmenter le nombre d’éoliennes par unité de surface et produire plus de mégawatts par kilomètre carré.D’autre part, comme le mentionne mon article, il est vrai qu’on peut pratiquer certaines activités, comme l’agriculture, sous les éoliennes.Mais vous conviendrez avec moi que la vocation du territoire s'en trouvera quand même changée : construiriez-vous votre maison au milieu d’un parc d’éo- ; tiennes ?Finalement, l’article mentionne également le contrat d’achat d’électricité qu’Hydro-Québec a signé avec te fabricant d’éoliennes Ken-netech, au coût évité du projet Grande-Baleine.Le tableau comparatif des coûts des différentes filières de production d’électricité a été établi à partir de données fournies par Hydro-Québec, et la source était clairement indiquée.Isabelle Montpetit journaliste R faut icifaire la différence entre les promesses d’un « immense potentiel » et la dure réalité.Dans les faits, je le rappelle, tes deux plus importantes éoliennes jamais mises en place au Québec ont failli.Celte des îles-de-la-Made-leine n’est plus qu’une relique touristique, alors que celte de Cap-Chat attend toujours qu’on la consolide sur son socle, après avoir consacré plus de 30 millions de dollars à sa mise en place.Force est de reconnaître que, jusqu’à présent, lèvent n’a pas su, ou n’a pas pu, changer grand-chose dans le paysage énergétique proprement québécois.René Vézina, journaliste Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l’adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal, Québec, H2L2M7 DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION Rédacteur en chef : Étienne Denis Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Raymond Lemieux, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Éric Bernatchez, René Caissy, Claire Chabot, Benoît Chapdelaine, Pierre Chastenay, Marie-Claude Ducas, Luc Dupont, Jean-Marc Fleury, Laurent Fontaine, Lyne Fréchet, Stéphane Gagné, Claude Lafleur, Raymond Lemieux, Isabelle Montpetit, Danielle Ouellet, Guy Paquin, Gilles Parent, Denyse Perreault, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina Les journalistes de Québec Science sont indépendants.Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault, Nathalie Forget Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger lan (10 numéros) 34,67 S 43,00 $ 2 ans (20 numéros) 59,86 S 75,00$ 3 ans (30 numéros) 83,20$ 105,00$ À l'unité 3,99$ 4,50$ Groupe (10 ex7 même adresse) 31,20$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1994, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans \'index des périodiques canadiens.© Copyright 1994 - Le Revue Québec Science Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) Membre de : The Audit Bureau CPPA & Québec Science est produit gratuitement sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418) 627-8882 4 Québec Science / Mai 1994 ïrf» Le Parc Safari évolue et vous ïffre un monde de découvertes oar les enfants \js t surtout.our toute la famille! VA7VZ£Z a 3 arc Safari est un lieu de sauvegarde Parcourez le Safari automobile.visitez la Ferme de Mathurin, le Sentier des chevreuils, la passerelle et les enclos.Voyez "Justice", 15 comédiens, 60 animaux savants.Rafraîchissez-vous dans la Crique magique.regardez les enfants s'amuser dans faire de jeux et dans les manèges.Redécouvrez le Parc Safari.espèces animales menacées et un unique de récréation et de plaisir ar toute la famille.% h NOUVEAU! Le Kikuyuzoo fera rire et rebondir les enfants!.PLUS.pour les petits de 18 mois à 8 ans.un lac pour la baignade égayé d'un "lave-auto pour enfants" d'où ils ressortiront propres, propres et prêts à se resalir aussitôt! PLUS.15 nouvelles espèces animales (75 espèces en tout) dont.en première au Québec.les bongos! FORFAITS PAS CHERS Hôtel Best Western / Saint-Jean-sur-Richelieu (514) 348-7376 ou 1-800-667-3815 Motel National / Brassard (514) 466-6756 ou 1-800-465-0041 Hôtel Delta / Valleyfield (514)373-1990 Motel Parisienne / Valleyfield (514) 373-9837 Motel La Colonie / Brassard (514) 466-2186/ 1-800-565-2186 Le prix du forfait indu: 1- l'hébergement (occupation quadruple) 2- l'entrée au Parc Safari (automobile et passagers) 3- nuit additionnelle: 50$ Le Parc Safari amélioré.un espace récréatif naturel pour toute la famille I ¦ ¦ ¦ UNE ENTRÉE GRATUITE ADULTE À 17$ avant le 30 juin 94 Durant la saison 1994 Maximum 1 coupon par voiture Visitez le Parc Safari avant le 30 juin 94 et recevez un coupon rabais Coupon rabais ou^ j1© sur tout achat de 20$ et plus à la Boutique Safari Avant le 30 juin 1994 Maximum 1 coupon par famille valable lors d'une seconde visite au Parc Safari durant la saison 1994 ; g Parc Safari, Hemmingford, à 30 minutes au sud de Montréal, direction New York.1.800-465-8724 /1-514-247-2727 Ouvert tous les jours à compter de lOh dès le 21 mai. Actualités Astronomie Mode d'emploi pour observer l'éclipse Voici les réponses à la plupart de vos questions au sujet de l'éclipse solaire du 10 mai 1994.par Pierre Chastenay Le 10 mai, en début d’après-midi, « le Soleil a rendez-vous avec la Lune » dans le ciel du Québec.L’événement est rare : ce n’est pas avant 40 ans que les Québécois auront à nouveau la chance d’assister à une telle rencontre céleste.Les éclipses de Soleil sont sans doute les phénomènes astronomiques les plus spectaculaires qui soient, et des dizaines de milliers d’amateurs n’hésitent pas à s’envoler pour le bout du monde afin de se tenir pendant de courtes minutes dans l’ombre de la Lune.Heureusement pour nous, et si la météo collabore, nous pourrons profiter du spectacle sans même nous déplacer ! Il se produit une éclipse de Soleil lorsque la Lune s’interpose entre la Terre et le Soleil et projette son ombre sur notre planète.Les éclipses de Soleil se produisent donc nécessairement à la nouvelle lune.Mais pourquoi n’y a-t-il pas une éclipse de Soleil à chaque nouvelle lune ?En réalité, la situation n’est pas aussi simple.Si l’orbite de la Lune autour de la Terre était dans le même plan que l’orbite de la Terre autour du Soleil (le plan de l’écliptique), chaque nouvelle lune 6 Québec Science / Mai 1994 provoquerait à coup sûr une éclipse de Soleil.Mais l’orbite de la Lune est inclinée de 5° par rapport à l’écliptique.La plupart du temps, la nouvelle lune se trouve donc un peu au-dessus ou un peu en dessous du plan de l’écliptique.L’ombre de la Lune passe alors trop loin au-dessus ou en dessous de la Terre pour produire une éclipse.Mais l’orbite de la Lune croise celle de la Terre en deux points, appelés les nœuds de l’orbite de la Lune.Deux fois par année, la ligne imaginaire qui relie les nœuds pointe vers le Soleil.C’est au cours de ces périodes, que l’on appelle les saisons d’éclipses, que les éclipses peuvent se produire.En effet, lorsque la nouvelle lune se produit à proximité d’un nœud, et donc près du plan de l’écliptique, son ombre peut alors attein- dre la Terre et provoquer une éclipse de Soleil.Cette éclipse de Soleil ne sera toutefois pas visible par tous les habitants de la planète en même temps.Le diamètre de l’ombre que la Lune projette sur Terre n’est en effet pas très large, à peine la distance entre Montréal et Québec.Au cours de l’éclipse, l’ombre de la Lune balaie la surface terrestre, traçant un long couloir large d’à peine 300 kilomètres, que l’on appelle la bande de totalité.Seuls les chanceux habitant à l’intérieur de cet étroit couloir, qui ne couvre au total que 1/2 de 1 % de la surface terrestre, assistent à une éclipse totale.Jusqu’à une distance de 3 500 kilomètres de part et d’autre de la bande de totalité, les observateurs assistent à une éclipse partielle, d’autant plus profonde qu’ils sont proches de la bande de totalité.|SE^ Kuujjuak, 13H45 «RiM Sept-iles, 13H51 Mitai Québec, 13H43 Mrô Encore plus au nord ou plus au sud, l’éclipse n’est pas visible du tout.Vue de ces régions éloignées, c’est comme si la Lune passait complètement au-dessus ou en dessous du disque du Soleil.La Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais elle est également 400 fois plus proche de la Terre, ce qui lui confère un diamètre apparent semblable à celui du Soleil.Les éclipses totales de Soleil sont donc le résultat d’une coincidence extraordinaire, unique dans tout le système solaire.Mais l’orbite de la Lune autour de la Terre n’est pas un cercle parfait, plutôt une ellipse.La distance entre la Terre et la Lune varie donc de 360 000 à 405 000 kilomètres, selon la position de la Lune sur son orbite, ce qui entraîne une variation du dia- W lull-ottawa, 13H33 rois-Rivières, 13H40 M3 Sherbrooke, 13H41 La Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais elle est également 400 fois plus proche de la Terre, ce qui lui confère un diamètre apparent semblable à celui du Soleil.Montréal, 13h38 Burlington (Vermont), 13h38 œs mètre apparent de la Lune.Si il une éclipse se produit lorsque la Lune est proche de la Terre, le diamètre apparent de la ! Lune est égal ou supérieur à iiü celui du Soleil.L’éclipse est alors totale : tout le disque so-ipe- laire est caché par la Lune, ce 'Si qui provoque une véritable nuit îlü artificielle pendant quelques ire minutes.On voit alors apparaî-fe- tre la couronne, un spectacu-f laire halo blanc autour du i# disque solaire, ainsi que les « planètes et les étoiles qui ; brillent en plein jour! Mais si l’éclipse se produit (È au moment où la distance entre la Terre et la Lune est plus grande, le diamètre apparent de la Lune est plus petit que ] celui du Soleil.L’éclipse est ri alors annulaire : au plus fort de l’éclipse, la Lune cache le cen-i tre du disque solaire, mais lais- se paraître le bord extérieur du Soleil.On ne voit plus du Soleil qu’un mince anneau lumineux.L’éclipse du 10 mai 1994 sera annulaire pour tous les observateurs qui se trouveront directement dans l’axe Soleil-Lune.La bande d’annularité longera le sud de la frontière entre le Québec et les États de la Nouvelle-Angleterre.Pour toutes ces régions, la Lune cachera 89 % de la surface du Soleil.L’anneau de Soleil encore visible sera très mince.Vue du Québec, l’éclipse du 10 mai sera partielle.Le Soleil apparaîtra sous la forme d’un mince croissant, d’autant plus mince que nous nous trouvons près de la zone d’annularité.Pour les localités situées près de la frontière canado-améri-caine, comme Montréal, Sherbrooke ou Drummondville, la Lune cachera 88 % de la surface du Soleil.L’éclipse sera moins profonde vue de localités plus au nord.À Chicoutimi, par exemple, seulement 80 % de la surface du Soleil sera éclipsée; à la Baie-James, la Lune cachera un peu moins de 60 % de la surface du Soleil.À Montréal, l’éclipse débutera à 11 h 55 (HAE) et atteindra son maximum à 13 h 38.À partir de ce moment, les mêmes phases se dérouleront à l’envers, jusqu’à ce que l’éclipse se termine à 15 h 17.L’ombre de la Lune se déplace d’ouest en est à près de 2 000 kilomètres à l’heure par rapport à la surface terrestre.L’éclipse débutera donc un peu plus tard pour les localités situées à l’est de Montréal, plus tôt pour celles plus à l’ouest.L’observation d’une éclipse de Soleil, surtout d’une éclipse partielle, doit être entourée de beaucoup de précautions.Au cours d’une éclipse, la luminosité du Soleil diminue au point où son observation directe à l’œil nu peut devenir supportable.Malgré cette impression de confort, suffisamment de rayons solaires pénètrent encore l’œil pour causer de graves brûlures à la rétine, brûlures souvent irréversibles.Il est donc impératif de protéger adéquatement ses yeux tout au long de l’éclipse {voir l’encadré ci-dessous).Si vous possédez un petit télescope ou des jumelles montées sur un trépied, pointez-les vers le Soleil en minimisant leur ombre — ne regardez jamais à travers l’instrument, il concentre la lumière comme une loupe ! Plusieurs personnes à la fois peuvent ainsi regarder l’image du Soleil projetée sur le sol ou sur un écran.Peu importe la méthode d’observation utilisée, exercez-vous un peu avant l’éclipse pour vérifier si votre technique est au point.Une fois prêt, il ne vous restera plus qu’à souhaiter un ciel sans nuages.Sinon, armez-vous de patience : la prochaine éclipse de Soleil de cette importance, visible du Québec, aura lieu le 8 avril.2024 ! • Pierre Chastenay est astronome au Planétarium de Montréal.Les dangers d'une éclipse Trou d'un millimètre de diamètre Il ne faut jamais regarder directement une éclipse.Jamais, à moins d'avoir un filtre suffisant.Qu’est-ce qu'un filtre suffisant ?Il en existe deux sortes : le verre de soudeur numéro 14 (rien de moins), disponible dans certaines quincailleries, et le mylar aluminisé, que vous trouverez dans les boutiques d'astronomie.Pensez également aux enfants de votre entourage ! La technique de la boîte à chaussures permet d'observer en toute sécurité l'image du Soleil, projetée au fond d'une longue boîte fermée.Morceau de papier blanc Ouverture pour l'œil Québec Science / Mai 1994 7 Actualités Paléontologie étude menée par le paléontologue Hofmann a confirmé que ' J-*'.I?Y (tjfji|temps imaginaire, ce Ilf [qui signifie spatialiser [le temps, le rendre ut (WI semblable à une di-.Jmension géométrique.¦.jCurieusement,sonli-Ivre Une brève histoire ffpl ^jfj.| du temps est une bis- Ïïfm ,„],(! : toire de la négation du temps.Mon professeur i Théophile De Donder, i de l’Université de V ig J Bruxelles, s’intéres-i! sait à la thermodynamique.Or, la thermo-jj dynamique, c’est la science évolutive par ,.|i excellence, c’est la première image évolu-, ; i.j tive du monde.Et l’entropie, c’est la flè-!l'ï ]J che du temps.(Voir l’encadré sur la ther-I modynamique et l’entropie.) lijj À cette époque, les travaux en thermo-' [J dynamique étudiaient essentiellement les phénomènes d’équilibre.Un système évolue, disait-on, mais il évolue vers l’équilibre.Un café chaud posé sur une table V' Égl V.T.U et.; 40 20.:vr r* » i n’était donc un sujet d’étude valable, pour la physique, qu’au moment où le café atteignait un point d’équilibre, soit la température ambiante.On disait que la thermodynamique n’est intéressante que lorsqu’elle étudie les phénomènes à leur point d’équilibre, que le reste n’est que du verbiage.Or l’équilibre n’a pas de flèche du temps.Mon maître De Donder pensait au contraire que l’évolution d’un système est tout aussi importante.Il avait développé une méthode qui permettait de s’écarter un peu de la situation d’équilibre et de considérer l’équilibre comme un cas particulier du non-équilibre.J’ai ensuite voulu pousser plus loin ses travaux sur l’application de la thermodynamique aux phénomènes de non-équilibre.C’était une approche très nouvelle, et aussi très combattue, parce que cela ne correspondait pas à la vision habituelle.Québec Science : Pour le commun des mortels, il semble pourtant évident que le temps a un rôle à jouer dans la nature, dans l'évolution des systèmes.Pourquoi cette approche était-elle décriée ?Ilya Prigogine : Parce que l’idéal de la science était d’atteindre la certitude, et que la certitude s’exprime par des lois déterministes et réversibles dans le temps, comme la loi de Newton.En réalité, Québec Science / Mai 1994 43 Newton a donné la première formulation mathématique d’une idée qui remonte, je crois bien, à Descartes.Dans un monde ravagé par les guerres de religion, dans un monde malheureux, Descartes rêvait de certitudes acceptables par tous, catholiques, protestants ou autres.Cet idéal de certitude se retrouve aussi dans les deux grandes révolutions du 20e siècle, la relativité et la mécanique quantique.Un tel idéal de certitude conduit au dualisme cartésien, c’est-à-dire à une vision divisée de TUnivers.Il y a d’une part les événements qui obéissent aux lois fondamentales, réversibles dans le temps, comme celle de la chute des corps de Newton.Mais si vous voulez appliquer les lois fondamentales à la vie, par exemple, qui présente évidemment une flèche du temps, vous obtenez un système tellement complexe qu’il vous donne l’apparence de l’irréversibilité.La physique actuelle oublie que l’Univers n’est pas seulement un passage vers le désordre, c’est aussi un passage vers le cohérent.Elle néglige la moitié de l’Univers, celle qui nous intéresse le plus.Québec Science : Vous dites qu'Eins-tein s'inscrit dans cette ligne de pensée qui conduit au dualisme cartésien.Pourtant, ne recherchait-il pas l'unité ?Ilya Prigogine : Il recherchait l’unité dans un sens plus technique, entre le champ électromagnétique et la gravitation.Mais il ne recherchait pas l’unité de l’Homme et de la nature.C’est tout à fait étranger à sa pensée.Pour lui, la science devait dépasser le complexe, le tragique de l’existence.Dans une certaine mesure, cette tradition de la certitude hors de la vie est une tradition pessimiste.En morcelant les phénomènes pour les étudier et les décrire, la science classique a créé la division.Québec Science : Était-il nécessaire jusqu'à maintenant d'adopter une telle vision divisée de l'Univers pour faire de la science ?Ilya Prigogine : Les résultats de cette approche typiquement occidentale sont Thermodynamique et entropie i , 73 out le monde comprendra que du lait froid mélangé à du café chaud ,es évoluera rapidement pour devenir un café au lait un peu moins chaud et que, laissé à lui-même, ce mélange ne redeviendra jamais à son état initial de lait froid et de café chaud séparés.La thermodynamique est la partie de la physique qui s'intéresse à ce genre d'échanges de chaleur.L'un de ses principes fondamentaux veut que les systèmes évoluent vers une entropie maximale, c'est-à-dire vers un désordre toujours croissant.Reprenons cet exemple de lait et de café.Imaginons que les molécules qui composent le lait sont de grosses billes et que celles qui composent le café sont de petites billes.Imaginons également que ces billes ont une particularité bien spéciale : froides, elles prennent la couleur bleue; chaudes, elles deviennent rouges.En ajoutant de grosses billes bleues à un sac de petites billes rouges et en brassant suffisamment longtemps, on obtiendra un mélange de petites et grosses billes plus ou moins mauves.Le système était d'abord ordonné : les grosses billes bleues étaient séparées des petites billes rouges.Puis, il a évolué vers un désordre maximal.Cette évolution vers le désordre est ce qu'on appelle l'entropie.Même en brassant très longtemps le sac de billes, elles ne se sépareront jamais d'elles-mêmes en grosses billes bleues et en petites billes rouges.La physique quantique voit les choses autrement.En théorie, il n'est pas impossible que le lait froid se sépare à nouveau du café chaud.à condition qu'on laisse suffisamment de temps au système.Et en physique quantique, « suffisamment de temps » peut être plus long que l'âge de l'Univers.De fait, tout dépendrait de l'évolution de l'Univers.Après la longue phase d'expansion qui suit le Big Bang, il est possible que l'Univers commence une phase d'implosion.Plusieurs physiciens quantiques.Hawking en tête, croient que le temps pourrait s'inverser au cours de cette phase d'implosion.En d'autres termes, le lait froid pourrait spontanément se séparer du café chaud.C'est ce que Ilya Prigogine appelle « nier la flèche du temps ».Il rappelle qu'il n'y a pas que des systèmes qui évoluent vers le désordre, il y a aussi des systèmes qui évoluent vers une plus grande organisation, ne serait-ce que les cellules qui deviennent un être humain.: ~1' ne» pu C’ti *É É its'e Pour en savoir plus sur ces concepts, nous vous suggérons la lecture d'Une brève histoire du temps, de Stephen Hawking, ou de Qui êtes-vous mister Hawking ?, édité par Stephen Hawking.Ces livres sont destinés au grand public.évidents, car elle permettait d’étudier des systèmes simples, comme la chute d’un corps.La science chinoise a procédé différemment.Elle a certes obtenu des résultats magnifiques, notamment la découverte du champ magnétique.Mais elle n’a pas conduit à cette relation que nous faisons entre le modèle théorique et la vérification expérimentale.Les Chinois voyaient la complexité du monde, et cette vision les empêchait de trouver des lois quantitatives.Il ne leur serait pas venu à l’idée de jeter une pierre et de mesurer son trajet avec une montre.Cela n’avait aucun intérêt : unjour elle tomberait rapidement, un autre jour moins vite, en fonction du degré d’humidité, de la température ou du vent.Pour eux, l’Univers est un tout, il est inutile de le décomposer.Notre science est née, par contre, de l’idée que dès que l’on connaîtra le plus petit, l’élémentaire, la trajectoire, la fonction d’onde, on pourra comprendre les choses.Même la vie.Québec Science : Y a-t-il un espoir de réconciliation entre l'irréversibilité, où la flèche du temps joue un rôle, et les lois fondamentales qui nient cette flèche du temps ?Ilya Prigogine : Deux découvertes mathématique; permettent d’essayer de réconcilier le temps avec les lois fondamentales.La première est la non-intégrabilité démontrée par aeij Poincaré en 1889, dont on n’a compris les conséquences que récemment.Sans entrer dans les détails mathématiques, elle implique qu’il existe des systèmes dont on connaît l’équation mais dont la trajectoire devient aléatoire.Pensez, par exemple, au « décalage de Bernouilli » : prenez n’importe quel nombre entre 0 e 1, multipliez-le par deux et chaque fois que le résultat dépasse 1, enlevez l’unité et recommencez : 0,11; 0,22: 0,44; 0,88; 0,76; 0,52; etc.Un système déterministe peut donc créer un monde aléatoire.Il s’agit d’un premier échec de la théorie newtonienne.La seconde découverte qi réconcilie le temps et les lois fondamentales est celle du chaos dynamique et partici patif.Cette découverte signifie qu’il n’exis-| te pas que des systèmes intégrables, c’est- ¦>1» * d» kim: lût j Itm à-dire dont l’évolution est prévisible, mais aussi des systèmes dont on ne peut prévoir l’évolution.Québec Science : C'est donc dire qu< les lois fondamentales ne sont pas suf fisantes pour décrire le monde.Il y ai rait une limite à réduire, à décomposeï en parties : il faut aussi tenir compte du temps ?Ilya Prigogine : On ne peut plus rédui re le monde complexe à une trajectoire.Il faudra donc mathématiser le temps, c’est-à-dire établir des lois fondamentales géné ralisées.Nous arriverons alors à une visior qui unifie vraiment notre Univers.La visio à laquelle nous aboutissons est un peu uni combinaison de l’Orient et de l’Occident ; nous voulons mathématiser et quantifier comme Newton, mais nous voulons aussi voir les choses globalement et non pas découpées en petits morceaux.• j'tti ¦’«P h- 1 44 Québec Science / Mai 1994 Le sang jaune juigt ! Le sang jaune de Bombardier, la gestion de Laurent :(rr ' Beaudoin, par Miville Tremblay, Presses de l'Université du ¦ | Québec, Presses HEC, Québec, 1994, 132 pages.{trill «U Q uand on se coupe, on s saigne jaune.» Le laune moutarde les premières lai® iits spt LS» Élt iplip motoneiges Ski-Doo.C’est ainsi que les vieux employés de l’usine Bombardier à Val-court ont Phabitu-® Ipe de s’exprimer, ^Indiquant « leur appartenance et leur fidélité » VÉt l’entreprise.L’auteur du ^W\mng jaune de Bombardier, Mk Miville Tremblay, MBA et jour-® naliste à La Presse, présente iltit: !des morceaux choisis de Phis-iire à succès d’une entreprise iife Iquébécoise.Le pivot de son ré-i- |cit, Laurent Beaudoin, est à la AUNE BOMBARDIER u Gestion de Laurent beaudoin fois le beau-fils de Joseph-Armand Bombardier et son héritier à la tête de l’entreprise depuis 1964.Il n’a alors que 26 ans, et le marché de la motoneige est extrêmement prometteur.Miville Tremblay retrace son œuvre, ses audaces, ses difficultés, ses échecs.La technologie n’est pas la seule clé de la réussite, il faut aussi un solide sens des affaires.L’ouvrage, court et écrit en toute simplicité, réussit à rendre vivant un sujet plutôt rébarbatif au départ.Danielle Ouellet ri La notoriété de Laurent Beaudoin dépasse les frontières du Québec.et de l’industrie du transport terrestre.Aviation Week & Space Technology, auquel se réfèrent tous les professionnels de l’industrie aérospatiale, a abondamment vanté l’administrateur québécois dans son édition du 24 janvier dernier.Le magazine spécialisé rappelle à ses lecteurs que Laurent Beaudoin a mis sur pied, entre 1986 et 1992, un véritable géant — le groupe aéronautique de Bombardier vaut aujourd'hui 2,5 milliards de dollars.En faisant l'acquisition successive des firmes Canadair, Short Brothers, Learjet et de Havilland, il a « non seulement démontré sa maîtrise de l'art de faire des acquisitions, mais également son talent pour sortir du pétrin des entreprises en difficulté », estiment les rédacteurs.« Trouver une valeur sous-utilisée dans l'organisation Bombardier demanderait beaucoup d'efforts ! » écrivent-ils.Claude Lafleur Prélude à l'été Fougères, prêles et lycopodes.Guide d'identification Fleurbec, Fleurbec, auteur et éditeur, Québec, 1993, 512 pages, 36,95 $.Quoi de plus agréable qu’une promenade printanière en forêt, surtout après un hiver aussi rigoureux que le nôtre ?Ce guide, Fougères, prêles et lycopodes, vous la rendra encore plus exquise.Il s’agit d’un petit livre tout à fait délicieux, abondamment illustré de photographies en couleurs des multiples espèces de fougères et de leurs parentes, les prêles et les lycopodes.Très différentes des autres plantes, elles ont notamment en commun leur absence totale de fleurs.Elles représentent « les premiers pas, les premières tentatives de la vie végétale dans le sens de la diversification des racines, des tiges et des feuilles », et viennent tout juste après les mousses dans l’échelle de l’évolution.Chaque plante est décrite avec force détails, sous une plume à la fois légère et érudite, souvent humoristique.Des encadrés en marge des textes agrémentent la lecture en présentant l’histoire de l’utilisation de certaines plantes, ou même des légendes les concernant.Ainsi, la fougère- aigle commune aurait été condamnée par Dieu à ne plus fleurir après qu’elle n’eut pas, comme les autres plantes de la crèche, offert ses plus belles fleurs pour la Nativité.On lui attribue par contre la médaille d’honneur pour services rendus à l’humanité : ses feuilles, attachées au sac à dos d’un campeur, feraient fuir les moustiques, tandis qu’on en fait du papier en Angleterre et en Malaisie, des cordages au Japon et des cordes de violon à Bornéo ! De nombreuses cartes indiquent la fréquence des différentes plantes en Amérique du Nord.Pour plus de précision, les auteurs ont ajouté un glossaire et une échelle graduée qui aide à lire les cartes.Un répertoire des plantes curatives permet de trouver rapidement celle qui vous sera utile, paraît-il, pour soigner une bronchite, une hémorragie, l’incontinence urinaire, la toux et même les douleurs menstruelles.Le souci du détail n’enlève rien à la simplicité de l’exposé.À lire absolument, vous vous délecterez.D.O.Claude liellavance SHAW1NICAN WATER AND POWER Eomation « déclin aun groupe induund *u Quebec Quand l'électricité était privée Shawinigan, Water and Power, 1898-1963.Formation et déclin d'un groupe industriel au Québec, par Claude Bellavance, Boréal, Montréal, 1994, 448 pages.Ce livre paraît à point, juste à temps pour le cinquantième anniversaire de l’existence d’Hydro-Québec, célébré en 1994.Il faut dire que, pendant des années, les activités de la société d’État et de la Shawinigan, Water and Power ont été étroitement liées.L’auteur, profes- seur d’histoire économique du Québec à l’Université du Québec à Trois-Rivières, effectue une étude détaillée de l’évolution de cette entreprise pionnière.Son histoire se confond avec celle de l’électricité au Québec, et l’ouvrage de Claude Bellavance y ajoute un volet inédit.D.O.Québec Science / Mai 1994 45 Isaac Newton Le dernier des magiciens .Etude des textes bibliques, recherche d'un langage universel, travaux d'alchimie.Isaac Newton ne s'intéressait pas qu'à la physique et aux mathématiques.Isaac Newton a détruit la plupart de ses textes personnels.Sauf quelques manuscrits, qui ont été conservés dans une malle que ses héritiers se sont transmise pendant plus de 250 ans.En 1936, on ouvrait la malle.Elle contenait beaucoup de choses étonnantes sur Newton.En fait, des historiens ont vu en Newton à la fois le premier des physiciens et le dernier des magiciens.Esprit curieux, notre célèbre Anglais était aussi un théologien passionné et un alchimiste convaincu.Si certains textes à caractère scientifique ont été, par la suite, régulièrement édités par ses descendants, plusieurs autres ne sont toujours pas publiés.C’est le cas de milliers de pages consacrées à la théologie et à la chronologie, dont la majeure partie se trouve aujourd’hui à l’Université de Jérusalem, en Israël.Quant à ses travaux alchimiques, qui comptent environ un demi-million de mots, la plupart sont aujourd’hui gardés à l’Université de Cambridge, en Angleterre.Pourquoi Newton a-t-il dissimulé ses manuscrits ?Louis Ver-let, physicien théorique, philosophe et historien des sciences, voit dans le « bouclage de la malle » par Newton la création de la frontière essentielle qui a permis à la science moderne d’émerger.« La science s’est constituée et développée à partir de la fermeture de la malle, en excluant et en disqualifiant son contenu », écrit-il dans son récent ouvrage intitulé La malle de Newton.En somme, soutient-il, Isaac Newton a mis de côté ses réflexions théologiques, religieuses et alchimiques pour que sa théorie de la gravitation universelle et son écriture mathématique puissent vivre.Un des carnets sauvegardés nous apprend que Newton s’est voué à l’élaboration d’un « langage universel ».Le sujet était alors à la mode.En effet, le latin perdait de plus en plus de popularité au profit de langues parlées plus couramment par le peuple, mais peu adaptées aux concepts nouveaux et complexes des scientifiques.Plusieurs d’entre eux cherchaient donc à élaborer un langage plus précis qui correspondait mieux aux nouvelles réalités.Certains proposaient l’utilisation de symboles, comme les idéogrammes chinois, mais d’autres, comme Newton, voulaient créer un langage tout à fait original où chaque terme découlerait directe- KIM ilefe ie]ii ment des propriétés de 1 objet nommé.Toutefois, si Newton corn prend rapidement les limites de son projet — la langue ne se laisse pas construire de manière absolue —, son inté rêt linguistique se retrouve sous diverses formes dans son œuvre.Notamment, dans son étude du langage mystique.En effet, convaincu que les mots des prophètes ont un HtOUilUltDSe LE MAGAZINE DROLEMENT SCIENTIFIQUE DES 7 À MANS vous propose en moi (sens, malgré leur hermétis-iüifflme, il est résolu .)|à le découvrir : il li« Si l’on devait iif line jamais les üjicomprendre, à ; nquelle fin Dieu trilles aurait-il révélés ?» note-t-il.jll pose donc comme hypothèse que Jean, Daniel, Isaïe et les autres s’expriment jtous dans un langage com-, mun.Pour chacune des expressions ou des figures de style qu’ils utilisent, Newton décide de fixer une signification « certaine et définitive ».Pendant 50 ans, il s’emploie à traduire des textes bibliques et de nombreux autres à la lumière du code qu’il a mis au point.La conclusion de Newton est sans équivoque : le message du langage mystique est politique.Et, selon lui, les prophètes ont de tout temps annoncé les événements de l’histoire de humanité.Son interprétation scientifique des prophéties, à partir desquelles il produira un dictionnaire, lui révèle même la fin du monde toute proche.Outre la parole des prophètes qu’il interprète et le langage mathématique qu’il met au point pour sa théorie de la gravitation, Newton applique la linguistique à ses travaux d’alchimie.L’alchimie n’est, pour lui, qu’une autre manière de décoder la nature.Les alchimistes ont sa faveur et il en rencontre régulièrement, en secret, à Londres.Il n’échappe pas au rêve de produire un « mercure philosophal qui permettrait de dissoudre tous les métaux, y compris l’or ».Chaque jour, il observe différents phénomènes alchi- miques qu’il reproduit avec une fascination toujours renouvelée.Seulement, de ses fourneaux s’échappent des vapeurs extrêmement toxiques d’antimoine et de mercure qu’il respire quotidiennement pendant des semaines, au point que des analyses récentes de ses cheveux font état d’un taux de mercure de 10 à 40 fois plus élevé que celui d’un homme d’aujourd’hui.Mais la fameuse malle reste muette sur la période de sa vie qui est la mieux connue : l’anecdote de la pomme.En 1666, réfugié chez sa mère dans le Lincolnshire, dans le nord-est de l’Angleterre, loin de la ville où sévissait la peste, Isaac Newton se promène dans un verger.Un pomme tombe d’un arbre.Illumination ! Et si la force qui attire la pomme vers la Terre était de même nature que celle qui s’exerce entre la Lune et la Terre ?se demande-t-il.Newton formule par la suite sa loi sur la gravitation universelle, jetant ainsi les bases d’une véritable révolution scientifique.Mais cette histoire de pomme que Newton se plaisait à raconter à la fin de sa vie, l’aurait-il inventée de toutes pièces ?Peut-être.Nous ne le saurons probablement jamais.• Danielle Ouellet est docteure en histoire des sciences.Pour en savoir plus : La malle de Newton, par Louis Verlet, Éditions Gallimard, 1993, 488 pages.Les olympiques des robots-araignées Alexis, un robot québécois à quatre pattes, affronte une dizaine de robots-oraignées américains à Pittsburgh.Station Berri-Uqam Coup d'œil inusité sur la station de métro Berri-Uqam, où passent chaque jour 1440 trains transportant 180 000 personnes.Mystérieux naufrages Seuls ou en groupe, des mammifères marins s'échouent sur les côtes.Pourquoi ?A l'heure solaire Fabrique un cadran solaire de poche ! Mon Amie Scientifique Casque bleu, épais manteau vert et bottes à haute sécurité, Christine Brochu assiste à une coulée d'aluminium.Portrait d'une ingénieure-métallurgiste.En plus : Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, des fiches à collectionner, des bandes dessinées, la rubrique des correspondants et plus.52 pages de découvertes ! Les Débrouillards est en vente dans tous les dépanneurs des chaînes Proprio et Provi-Soir, ainsi que dans les bonnes librairies, au prix de 2,95$.Pour s'abonner (1 an, 10 numéros, 26$) s'adresser à: Magazine Les Débrouillards 25, boul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park (Québec) J4V 2G8 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable): (514) 875-4444.—c?— Québec Science/Mai 1994 47 par Raynald Pepin Après une ondée, on peut parfois — avec un peu de chance et du soleil — apercevoir un délicieux arc-en-ciel flottant dans l’azur.Mais aussi, il est facile d’observer un « arc-en-sol », une flaque d’eau irisée.Ces belles couleurs annoncent la présence d’huile sur l’eau.Une pollution.Pas trop poétique, hein ?La présence des couleurs résulte d’un phénomène appelé, en physique, interférence.Une interférence se produit chaque fois que des ondes de même fréquence se superposent.Les ondes lumineuses peuvent alors « s’additionner » ou se « soustraire », ce qui change l’intensité ou la couleur de la lumière.Ce phénomène donne lieu à quelques applications, comme les enduits antireflets des verres fumés et, plus récemment, les vignettes de sûreté accolées aux billets de banque.Examinons d’abord un cas simple.Le schéma représente une couche d’huile d’épaisseur uniforme (dans le vrai monde, l’épaisseur peut varier).Cette couche d’huile est éclairée par une lumière ne comprenant qu’une seule couleur (la lumière solaire, elle, contient toutes les couleurs).Ce qui suit nécessite un peu de.réflexion.On dira que la lumière est réfléchie lorsqu’elle rebondit sur une interface, un peu comme la lumière qui nous revient d’un miroir.En arrivant à l’interface r L A SCIENCE DANS L A V I E QUOTIDIENNE Oh! Hlltfli state le bel arc-en-sol ! La science d'une flaque d'huile et d'eau permet la fabrication de nouveaux billets de banque.r ,iv l[é nj» lia 11 tri ii TJ:.iœl paii «e imp ut il air-huile, les rayons lumineux A et B sont ainsi partiellement réfléchis sur la surface d’huile, formant les rayons réfléchis Aj et Bj.Lorsque la lumière traverse l’interface, on dira plutôt qu’elle est réfractée, ce qui en change la direction.C’est à cause de la réfraction qu’un bâton planté dans l’eau semble plié vis-à-vis la surface de l’eau.Dans le schéma, le rayon transmis A est réfracté dans l’huile; il devient alors le rayon A2.Remarquez que ce rayon sera à son tour partiellement réfléchi sur l’interface huile-eau, formant ainsi le rayon A3, et partiellement réfracté dans l’eau, formant le rayon A5 (ce dernier rayon sera ensuite absorbé par l’asphalte).Le rayon A3 sera à nouveau réfracté en traversant l’interface huile-eau, formant le rayon A4.Ce n’est pas fini ! Le rayon A3 sera aussi réfléchi sur cette interface; c’est le rayon Ag de notre schéma.Ce rayon sera à son tour réfléchi, réfracté, ré fléchi, réfracté.Quand tout cela arrête-t-il ?En pratique, assez vite, car l’intensité lumineuse décroît à chaque étape.Supposons maintenant que vous êtes au-dessus de la fla- que d’huile.Deux rayons lumi- neux, B1 et A4, se dirigent vers votre rétine.Ces deux ondes interfèrent, mais l’effet de l’interférence dépend du décalage entre les ondes.Si le décalage est égal à un nombre entier de longueurs d’onde (égal à une fois, deux ft '«i % 48 Québec Science/Mai 1994 I rois, trois fois la longueur : fonde), on dit que les ondes I sont en phase.L’interférence i test alors constructive : les on-ies « s’additionnent » et l’onde résultante est plus in-! .sense que chacune des deux fondes originelles.Cela se pro-(fcuit lorsque le film d’huile nporrespond par exemple à l’épaisseur d’une demi-: longueur d’onde : l’aller-retour (dans l’huile provoque un re- !tard d’une longueur d’onde.Mais si les ondes Bj et A4 sont décalées d’une demi-' i longueur d’onde, plutôt que d’une longueur d’onde, les «'¦maximums d’une onde se superposent aux minimums de ita i’autre onde : les deux ondes ¦fas’annulent.Si les ondes sont identiques et que le décalage est parfait, la lumière disparaît ! On dit alors que l’interférence est destructive, car Fin-terférence des deux ondes engendre une onde moins intense que les deux ondes initiales.C’est ce qui arrive lorsque le film d’huile a l’épaisseur d’un quart de longueur d’onde : l’aller-retour dans l’huile provoque alors un retard d’une demi-longueur d’onde.Si le décalage est différent des deux cas limites mentionnés, l’intensité de Fonde résultante est intermédiaire.Et l’« arc-en-sol « ?La couleur d’une lumière, c’est tout simplement sa longueur d’onde.Si l’huile est éclairée avec de la lumière blanche, contenant toutes les couleurs, et donc toutes les longueurs d’onde, il est possible qu’une longueur d’onde donnée — une couleur — soit favorisée, alors qu’une autre est défavorisée, et cela avec une même épaisseur d’huile.En choisissant l’épaisseur et les caractéristiques physiques de l’huile, il est donc possible de faire disparaître la lumière réfléchie dans une longueur jj d’onde donnée, j; Les enduits antireflets pour .ÿ les lentilles et lunettes exploi- tent ce principe de l’interférence destructive.On conçoit généralement les enduits pour que la lumière jaune-vert, qui est la plus intense dans notre environnement, soit éliminée.Les autres couleurs restent partiellement réfléchies, car l’épaisseur des couches de l’enduit n’est pas parfaitement adaptée à ces dernières.La réflexion est d’autant plus grande que la couleur est éloignée du vert dans le spectre visible.Sans un tel enduit, au moins 4 % de la lumière est réfléchie en passant de l’air au verre ou du verre à l’air.C’est gênant si, portant des lunettes, vous voulez mettre vos beaux yeux en valeur.Comment élimine-t-on ces reflets ?Évidemment, on ne met pas d’huile sur une lentille, mais les fabricants de lentilles peuvent recouvrir le verre ou le plastique d’une mince pellicule qui joue le même rôle.« En général, les enduits antireflets sont constitués de plusieurs couches de différents matériaux », explique Rafiqul Alam, ingénieur chimique chez Pro-Optics, une compagnie d’optique montréalaise.« On réduit ainsi davan- tage la réflexion que si on n’avait qu’une seule couche.» Parmi les matériaux utilisés, on retrouve le fluorure de magnésium et des oxydes inorganiques, déposés par évaporation sous vide.L’épaisseur des différentes couches peut aller de 10 à 300 nanomètres (milliardièmes de mètre).« Les réflexions sont éliminées jusqu’à ce qu’une proportion de seulement 0,1 % (pour le vert ou le jaune) à 0,5 % (pour le bleu ou le rouge) de la lumière incidente soit réfléchie », mentionne Rafiqul Alam.L’autre facteur empêchant l’élimination totale de la lumière réfléchie est l’angle d’arrivée de la lumière.Plus la lumière arrive obliquement, plus la distance parcourue à l’intérieur de la couche mince augmente.L’interférence destructive complète se produit alors pour une longueur d’onde plus grande que celle éliminée à incidence normale.Revenons à notre flaque d’eau huileuse.Les rayons que nous observons proviennent de différents points de la flaque.Ils ont été réfléchis à des angles divers et ont donc encou- ru des décalages différents en passant dans l’huile.La couleur favorisée par interférence constructive varie donc selon la zone qu’on observe.D’où « l’arc-en-sol ».L’épaisseur variable du film influence aussi la répartition des couleurs.La vignette de sûreté, dans le coin supérieur gauche des billets de 20, 50,100 et 1 000 dollars canadiens, constitue une application concrète de ce jeu d’interférences.« La vignette est constituée de cinq couches minces où alternent l’oxyde de zirconium et l’oxyde de silicium », note William Murphy, conseiller scientifique à la Banque du Canada à Ottawa.Son épaisseur totale est d’environ 800 nanomètres.L’épaisseur des couches est choisie pour que la lumière réfléchie aux interfaces interfère constructivement dans le jaune-vert, une couleur facilement perçue.Comme pour la flaque d’huile, la couleur de la lumière réfléchie par la vignette varie en fonction de l’angle.Ce dispositif, inventé au Conseil national de recherches du Canada, rend la contrefaçon beaucoup plus difficile.Et la vignette ne coûte que deux cents par billet ! Quant aux bulles de savon observées en lumière blanche, leurs couleurs sont également issues d’interférences.Ici, l’angle d’incidence de la lumière varie à cause de la sphéricité de la pellicule de savon.De plus, à cause de la gravité, l’épaisseur de la bulle varie de haut en bas, ce qui contribue aussi à engendrer des couleurs différentes.Un dernier point.Pourquoi ces phénomènes n’apparais-sent-ils que pour des couches minces ?C’est que, pour une couche épaisse, plusieurs longueurs d’onde très différentes peuvent interférer constructivement en même temps.La lumière réfléchie comporte alors plusieurs couleurs et apparaît blanche.• Bi + A4 Interface Huile Interface Asphalte Québec Science / Mai 1994 49 par Serge Larivée Science impur Un politicien trop féru de transparence et qui ne saurait magouiller ferait-il long feu ?Un homme d’affaires qui, à l’occasion, ne saurait cacher quelque profit pourrait-il tenir longtemps ?La logique du droit n’incite-t-elle pas les avocats plaideurs à tout mettre en branle pour gagner leur cause indépendamment, souvent, de la vérité objective ?Un groupe d’Inuit de la Colombie-Britannique ont d’ailleurs traduit le mot avocat par « celui qui ment pour nous ».Par contre, que la fraude envahisse le monde de la science choque.À peu près tout le monde, les scientifiques y compris, attribue aux chercheurs la rigueur, l’objectivité et l’honnêteté.De fait, l’activité scientifique n’est-elle pas centrée sur la quête de la vérité en vue d’accumuler un savoir fiable ?Certains vont s’empresser de voir un acte isolé chez le docteur Roger Poisson.Oncologue de l’hôpital Saint-Luc affilié à l’Université de Montréal, il est accusé d’avoir falsifié des données lors de recherches sur un traitement du cancer du sein.Mais son cas n’est pas une exception.Depuis 1950, près de 170 fraudes scientifiques connues ont été recensées, dont 60 % proviennent du monde médical.Les conséquences de la fraude scientifique sont plus ou moins graves selon le type de fraude et le domaine de recherche.Un plagiat a probablement un impact moins dom- LH SCIENCE RU-DESSUS • OUCOUAMMktKMOt auniA ¦MUKMOl /HônOien mageable pour la communauté scientifique que la fabrication de données.De même, des résultats biaisés concernant l’efficacité d’un médicament risquent d’entraîner des conséquences sociales nettement plus graves que la fabrication de données en géologie.Par exemple, des contrôles effectués par la Food and Drug Administration américaine ont déjà révélé qu’environ le quart des essais cliniques présentent de sérieuses lacunes quant à l’authenticité des données et la valeur des protocoles expérimentaux.Les rapports parfois litigieux entre la science et l’industrie pharmaceutique peuvent aboutir à la commer- cialisation de produits dont la toxicité n’a pas été correctement évaluée.Dans ces cas, la santé des citoyens est littéralement prise en otage.Pas très rassurant.Dans l’esprit de bien des collègues, seul un désordre de la personnalité peut expliquer un comportement frauduleux de la part d’un chercheur.Sans nier cette éventualité, je pense que la fraude scientifique découle plutôt d’une perversion du fonctionnement de l’activité scientifique et, dans la majeure partie des cas, la compétence des chercheurs n’est pas en cause.Il faut rappeler que la recherche s’est transformée en véritable PME et que la compétition pour l’accès Professeur titulaire à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal, Serge Larivée est coauteur de La science au-dessus de tout soupçon.Enquête sur les fraudes scientifiques, publié aux Éditions du Méridien (Montréal, 1993).aux ressources s’est sensiblement accrue.Dans la course indue qui s’ensuit pour obtenir des subventions de recherche ou pour pouvoir publier les résultats de travaux dans la meilleure revue scientifique, certains craquent.Afin de résoudre ce problème, le regrou pement des chercheurs dans un secteur donné peut être ju dicieux.Je suis même d’avis que ces chercheurs qui fraudent contribuent plus à sensibiliser le public au fonctionnement de la science que s’ils avaient passé le reste de leur vie à faire de la recherche honnête.En effet, une connaissance plus précise du revers le moins noble de l’activité scientifique pourrait assez paradoxalement occasionner moins de vénération béate à l’égard des scientifiques et provoquer chez les citoyens une attitude plus acti ve et plus critique face à la recherche et à ses applications.Je crains cependant que cet te éventuelle attitude critique ne se retourne contre la science.En grugeant la crédibilité et la légitimité de la science, les fraudes scientifiques contribuent à l’essor des croyances de tout acabit.Il serait encore plus dommage que le terrain laissé vacant par la recherche puisse alors être occupé par les tenants des « sciences » dites occultes qui véhiculent un discours antiscientifique tout en exploitant sans vergogne la misère, la souffrance ou la naïveté des citoyens.• 50 Québec Science / Mai 1994 Le magazine nce Fiable et passionnant ! (oute l'actualité :n environnement, santé, énergie, éducation, ommunications, espace, biotechnologies, transports, inovations technologiques, recherche fondamentale lu Québec et dans le monde.}uébec Science présente les faits, explique, met en lerspective, avec les nuances nécessaires, pour aider à îomprendre les grands enjeux de notre société.t lire : reportages, entrevues, chroniques, dossiers ouillés, suppléments, illustrations détaillées.huiez-vous découvrir, en savoir plus, mieux iomprendre ?Québec Science répond à vos questions, 'ous permet d’aller plus loin, jusque dans le futur.Abonnez-vous • Réabonnez-vous Économisez jusqu'à 30 % Abonnez-vous, réabonnez-vous et recevez votre cadeau : 1 reliure pour un abonnement de deux ans 2 reliures pour un abonnement de trois ans Cette offre expire le 31 août 1994.•ui Je m'abonne à Québec Science Je vous demande de me faire parvenir (Allouez 4 semaines pour l'expédition) O La reliure (abonnement de deux ans) I Numéro d’enregistrement de la TPS: R-1335-97427 Numéro d’enregistrement de laTVQ : 1013609086 I | je me réabonne ?1 an (10 nos) 34,67 $ TTC I I 2 ans (20 nos) 59,86 $ TTC ?3 ans (30 nos) 83,20 $ TTC (Étranger, voir les tarifs en page 4) Détachez et expédiez à Québec Science CP.250, Sillery (Québec) G1T2R1 Tél.: (418) 657-4391 Téléc.: (418) 657-2096 1 1 Les deux reliures (abonnement de trois ans) Nom Prénom Adresse no rue app.ville province code postal Profession téléphone O Chèque O Mandat-poste divisa d MasterCard Chèque ou mandat-poste à l'ordre de Québec Science N° de carte Date d'expiration / Signature O L’ENVIRONNEMENT EN TÊTE Les herbiers aquatiques de la baie James demeurent toujours l’aire de migration et de nidification privilégiée de la bernache du Canada.tL fV'S: * * - - Wm .ïT-, : A **• v / * ¦' Y: '¦m ¦ t la Société d’énergie de la Baie James, le souci de tenir compte des impératifs environnementaux remonte à plus de 20 ans, bien avant que ce sujet, toujours délicat, ne devienne à la mode.-N otre préoccupation de protéger l’environnement humain, faunique et floral dans le Moyen Nord québécois remonte à lO-7!, lorsque la SEBJ fut mandatée pour gérer les travaux d'aménagement des projets hydroélectriques du territoire de la Baie James.Et nous sommes fiers de ce que nous avons accompli depuis.I Résultats : nous avons contribué au développement de l’énergie la plus propre qui soit, qui répond aux besoins énergétiques du Québec et qui fait l’envie de bien des pays.À * la SEBJ, la priorité de protéger l’environnement quel qu’il soit et notre expertise en matière de développement des richesses hydroélectriques du Québec vont de pair.Il n’y a rien de plus naturel.* 1 Société d'énergie de la Baie James
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