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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juillet-Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

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Références

Québec science, 1994, Collections de BAnQ.

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Vieux-port de Montréal, quai King-Edward (Entrée au bas de la rue Saint-Laurent, métro Place d'Armes) 13 mai - 18 septembre, tous les jours, de 10 h à 23 h (21 h les dimanches) (23 h les dimanches 22 mai et 4 septembre) INFORMATION: (514) 849-1612 Commentaire De l'utilité des héros Je ne suis jamais allé sur la Lune, mais je suis allé à Houston, l’antichambre de la Lune.C’était en février 1971.J’y ai alors couvert, comme journaliste, le vol Apollo 14 pour un jeune magazine du nom de.Québec Science.Mes souvenirs sont encore frais.Tous les motels remplis par une foule de journalistes européens ou japonais, l’impressionnante boutique de gadgets aux armes de la NASA et, bien sûr, les péripéties du vol dont une panne d’ordinateur de deux heures et demie avant que le module se pose sur la Lune.Bref, le souvenir du premier pas de Neil Armstrong sur la Lune, un an et demi plus tôt, était encore omniprésent et la magie fonctionnait à plein, pour les Européens, les Japonais et moi.Mais déjà, pour les Américains, la page était tournée.Le peuple américain avait applaudi ses héros le 20 juillet 1969.Qui plus est, les Soviétiques avaient été battus de vitesse.Leur remarquable performance avec les sondes automatisées se trouvait banalisée.Après avoir concédé la première manche aux Spoutniks et à Gagarine, les États-Unis d’Amérique avaient pris une revanche éclatante.Ça pouvait suffire.On aura compris que le rêve, réalisé en plus, d’envoyer un humain sur la Lune pour le voir ramasser quelques kilos de roches était plus envoûtant, et plus rentable pour le Congrès bailleur de fonds, que celui d’envoyer une machine robotisée pour y effectuer le même travail.Sans compter qu’un astronaute est autrement plus intéressant à interviewer qu’une sonde entièrement automatisée.Qui n’a pas gravé dans sa mémoire les détails de ce 20 juillet ?Revenant de disputer une compétition de soccer à Burlington dans le Vermont, l’équipe dont je faisais partie s’est arrêtée dans un restaurant un peu avant la frontière pour suivre l’événement à la télévision.Ce que les clients ont spontanément applaudi à ce moment-là, c’est, j’en suis sûr, autant la réussite scientifique que Neil Armstrong et Edwin Aldrin.Incarné, cet exploit scientifique a passionné la Terre entière et généré un intérêt sans précédent pour l’astronautique et la science.C’est pour cela que le 20 juillet est un moment d’histoire.Michel GauqueUn Actualités Neurologie Richard Barnabé : une vie en suspens Une affaire sinistre.Richard Barnabé repose aujourd’hui dans un état neurovégétatif.Un no man’s land médical.Peut-on encore espérer qu’il revienne à une vie normale ?Le point de vue de la science.9 Diététique Certaines vitamines auraient des vertus insoupçonnées Le bienfait des vitamines croît avec l’usage.C’est l’avis d’un médecin chercheur de Montréal qui suggère de prescrire davantage de suppléments vitaminiques.10 Biologie moléculaire L'ARN en 3-D Des chercheurs de l’Université de Montréal ont réussi à reproduire, en trois dimensions, une partie de l’ARN du virus du sida.Un progrès dans la conception de médicaments assistée par ordinateur.14 Environnement Tchernobyl : le réacteur fou est mal scellé Pour stopper la catastrophe de Tchernobyl, on a enfoui le réacteur sous une structure de béton et d’acier.Huit ans plus tard, la carapace se fissure.Le cauchemar n’est pas fini.Chroniques 44 La dimension cachée Beach party Quelques leçons de science à la plage.46 Histoires de science Les 50 ans d'Hydro-Québec, la sagesse de Pierre Dansereau Hydro-Québec a soufflé 50 bougies cette armée.Lui restera- 49 Livres 50 Opinion To publish ou publier ?par Maryse Lassonde 12 Aéronautique Un nouveau Boeing est né ! Un peu balourd, plus performant que le 747, voici le 777 si gné Boeing.Sa particularité : c’est le premier avion entièrement conçu à l’aide d’ordinateurs.1 t-il assez de souffle pour relever J le défi des prochaines années ?Pierre Dansereau, un écologiste scientifique de la première heure, se le demande.4 Québec Science / Juillet-Août 1994 Sommaire 24 Astronautique Il y a 25 ans, les Américains décrochaient la Lune Ce jour-là, sur la mer de la Tranquillité, Neil Armstrong et Buzz Aldrin foulaient le sol lu-inaire.L’image de ces premiers terriens sur la Lune a marqué le siècle.Cette conquête lunai-ire était la raison d’être du pro-Igramme Apollo.Notre journa-liste en souligne les faits ¦Mi saillants.3! 27 t/i Aldrin : il y a une vie après la Lune Une entrevue exclusive avec Buzz Aldrin, le deuxième homme à marcher sur la Lune.Un exploit qui rend un peu philosophe, constate-t-on.siv.w- 28 Biologie L'été de l'oie des neiges L’Arctique : un müieu austère, froid et inhospitalier ?Pas pour les grandes oies blanches ! Depuis 1989, des biologistes se rendent à llle Bylot, dans le Grand Nord, pour en savoir plus sur ces oiseaux.Notre journaliste les a rencontrés.32 Environnement Colombie-Britannique : Entre l'arbre et l'écorce Les forêts anciennes font l’objet d’une âpre dispute entre écolos et compagnies forestières.35 Forêts anciennes : un patrimoine négligé et méconnu au Québec On est encore loin de tout connaître des plus vieilles forêts québécoises.36 Préhistoire À la recherche de l'homme de Néanderthal Obscur et lointain cousin, l’homme de Néanderthal retient l’attention de chercheurs de l’Université du Québec à Montréal.Depuis cinq ans, les paléontologues fouillent une grotte dans le sud de la France.On a, entre autres choses, découvert deux foyers.Là où, imagme-t-on, le cousin faisait rôtir son steak d’aurochs.Génétique Chasseurs de gènes La majeure partie (95 %) des bases qui composent notre ADN humain sont non codantes, c’est-à-dire qu’elles ne constituent pas un gène.Pour les généticiens, l’ADN représente donc une véritable terra incognita.Ils en font actuellement l’exploration.Jean-Pierre Rogel a suivi leurs traces.Voici son carnet de bord.La page couverture a été réalisée par Robin Tremblay, professeur au Centre national d'animation et de design (Cégep de Jonquière), situé à Montréal.Elle a été conçue avec des logiciels de Softimage sur une station de travail Silicon Graphics.Les lettres A, C, G et T constituent les quatre bases qui composent l'ADN (adénine, cytosine, guanine et thymine).Ce sont en quelque sorte les quatre lettres de l'alphabet génétique.Il y a près de trois milliards de bases sur chaque filament d'ADN.La double hélice que l'on voit en page couverture est une représentation stylisée de l'ADN.38 La paléontologie prend un coup de vieux Paléontologues, à vos crânes ! En utilisant une nouvelle méthode de datation, les vestiges de VHomo erectus ont, d’un coup, vieilli de 800 000 ans.L’évolution humaine aurait été plus lente que ce que Ton aurait cru.40 Ergonomie Les éclopés du do La musique adoucit les mœurs, mais fait la vie dure à la santé des musiciens.Les médecins diagnostiquent fréquemment des tendinites, des hernies cer- vicales, des problèmes d’arythmie cardiaque.Toutefois, il y a moyen d’harmoniser santé et gjv ( musique.Québec Science / Juillet-Août 1994 5 Des fleurs pour les protecteurs de la nature Mme Edith Smeesters, Je viens de lire l’article qui souligne le travail du groupe Nature-Action de Saint-Bruno {Québec Science, mai 1994).Je vous félicite pour le travail que votre organisation accomplit.Vous n’intervenez pas seulement pour lutter contre la dégradation des lacs de votre région, mais vous sensibilisez aussi votre communauté.De ce fait, vous encouragez le retour de la faune au parc du Mont-Saint-Bruno.Comptez-vous maintenant étendre vos activités ?Si, selon votre opinion, l’action locale est plus efficace, alors pourquoi n’essayez-vous pas de créer des organisations similaires dans d’autres villes et municipalités ?Je ne suis pas une résidante de Saint-Bruno, mais je sais que plusieurs autres localités auraient besoin d’un bon nettoyage.L’île-des-Sœurs, par exemple.Tamar Tembeck, Montréal Norplant : mensonge ! Vous terminez l’article sur le nouveau contraceptif Norplant {Québec Science, avril 1994) en faisant une brève liste des effets secondaires qui, ose dire l’expert, sont relativement bénins.Mais, encore une fois, ce seront les femmes qui paieront la note pour les inconvénients pendant que chez Wyet-Ayerst, et bien d’autres, on empochera des millions de dollars en profits.(.) Quant au retour immédiat et garanti de la fertilité après l’arrêt du Norplant, c’est un odieux mensonge ! Aucun contraceptif agissant directement sur l’ovulation ne peut garantir cela.Céline Tremblay, consultante en planning des naissances, Chicoutimi.Donnez-nous vos commentaires ! Vous aimez, détestez, contestez un article de Québec Science ?Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Faites-nous le savoir.Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514)843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Erratum Mille excuses à Sabrina Perri.Nous l’avions nommée à tort Sabrina Teri (« Les jeux du Québec de la science «Juin 1994).Quelques honneurs L’Association canadienne des rédacteurs scientifiques a attribué le prix Science et technologie 1993, catégorie magazine, à notre collaboratrice Anne-Marie Simard pour son article intitulé « Mort aux bugs ! » {Québec Science, octobre 1993).Le prix Science et santé, catégorie magazine, a été attribué à Bruno Dubuc pour son texte « L’ablation de la moitié du cerveau » {Québec Science, septembre 1993).Bravo ! Québec PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Recherche iconographique : Joan Laçasse Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb tes ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSES Téléphone : (418) 657-4391 CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L2M7 COMMERCIALISATION Publicité : Jean Thibault, Nathalie Forget Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques PUBLICITE Téléphone : (514) 227-8414 Télécopieur : (514) 227-8995 DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Joan Laçasse RÉDACTION ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) lan (10 numéros) 2 ans (20 numéros) 3 ans (30 numéros) À l'unité Groupe (10 ex./même adresse) Au Canada À l'étranger 34,19$ 43,00$ 59,03 $ 75,00$ 82,05 S 105,00$ 3,93$ 4,50$ 30,77 S Non disponible REDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 81:1ft felt Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec troisième trimestre 1994, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Point de repère et dans Y Index des périodiques canadiens.Coordination à la rédaction : Raymond Lemieux (intérim) Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, Raymond Lemieux, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina, Yanick Villedieu Collaborateurs : Gérald Baril, Benoît Chapdelaine, Isabelle Depocas, Stéphane Gagné, Michèle Gervais, Claire Gravel, Michel Groulx, Marc Jobin, Raymond Lemieux, Isabelle Montpetit, Danielle Ouellet, Raynald Pepin, Olivier Robert, Pedro Rodrigue, Jean-Pierre Rogel Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 © Copyright 1994 - Le Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recj 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science reçoit l'aide financière du gouvernement du Québec (Programme de soutien aux revues de culture scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) l^l Industrie Canada Industry Canada Correction : Natalie Boulanger Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Membre de : The Audit Bureau CPPA >6 Québec Science est produit sur cassette par l’Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone: (418)627-8882 feii, L I h îr- 6 Québec Science / Juillet-Août 1994 ¦- Actualités Neurologie Richard Barnabé : une vie en suspens ia el rà I ' I a Au cours des prochaines semaines, la justice québécoise devra se prononcer sur une affaire des plus délicates : six policiers de Montréal sont accusés de « voies de fait ayant causé des lésions » contre un chauffeur de taxi : Richard Barnabé.Grièvement blessé, Richard Barnabé repose depuis plus de six mois dans un état neurovégétatif.Qu'est-ce que cela veut dire ?Et qu'est-ce que cela implique ?Le point de vue de la science.par Michel Groulx 18, 8 j » 11 ht Physiquement et juridiquement, Richard Barnabé est vivant.Toutefois, il ne peut donner sa version des faits et raconter ce qui s’est passé dans la nuit du 14 décembre 1993 alors qu’il a été arrêté par les policiers de la Communauté urbaine de Montréal pour une histoire de bris de vitre et de délit de fuite.Souffrant d’un traumatisme cérébral sérieux, l’homme de 40 ans est aqjourd’hui plongé dans un no man’s land médical : le coma neurovégétatif.Même s’ils ont conservé plusieurs réflexes, c’est-à-dire des réactions inconscientes et automatiques, les neurovégétatifs ont une conscience et un esprit totalement éteints.Cela fait d’eux des automates incapables de communiquer.Ils n’ont aucune perception visuelle, auditive ou autre de leur environnement.« On croit que s’ils peuvent encore ressentir de la douleur, de la faim ou de la soif, ils n’en sont pas conscients, note Claude Picard, neurochirurgien à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec.Toutefois, selon la plu- llfïl \wm wvfl part des spécialistes, ils ont complètement cessé de penser et d’éprouver des émotions.» D’où le surnom de « morts vivants » qu’on leur donne dans les milieux médicaux.En somme, les neurovégétatifs sont, tout bonnement, des corps vidés de toute conscience.Le drame des neurovégétatifs réside aussi dans la désespérante stabilité de leur état.Contrairement aux patients atteints d’une grave maladie en phase terminale, ils peuvent rester vivants pendant des années.Le record est de 37 ans.Des soins en milieu hospitalier demeurent indispensables, afin de prévenir les complications auxquelles ils sont exposés à cause de leur alitement continuel : infections pulmonaires ou problèmes cutanés comme des plaies de lit.La cessation de traitement est couramment pratiquée dans le cas des neurovégétatifs.Elle consiste à attendre qu’un problème de santé survienne, et à ne pas le traiter.« Plus rarement, on interrompt l’alimentation », explique le Québec Science / Juillet-Août 1994 7 Actualités Cas de conscience Logée dans le tronc cérébral, à la base du cerveau, la formation réticulée (en jaune) joue deux rôles essentiels : elle maintient l'ensemble du cerveau en état de veille et transmet les ordres du cerveau aux muscles du squelette, assurant ainsi la mobilité.Si la formation réticulée est détruite, une perte de conscience et de mobilité irréversible s'ensuit.Selon la pratique médicale courante, les neurovégétatifs sont considérés comme vivants, car ils ne rencontrent pas les critères de la « mort cérébrale », c'est-à-dire de la mort globale du cerveau telle qu'elle est reconnue depuis 1968 (voir l'article « Les morts vivants » paru dans Québec Science, mai 1993).En effet, contrairement aux individus ayant subi une mort cérébrale, les neurovégétatifs respirent habituellement par eux-mêmes et n'ont pas besoin d'être « branchés » à un respirateur.De plus, ils peuvent ouvrir ou diriger leurs yeux, avaler et même refermer leur main sur un objet.L'état neurovégétatif est aussi appelé coma vigile.« En général, il fait suite à des lésions à la formation réticulée, logée dans le tronc cérébral, une structure profonde du cerveau », explique le docteur Claude Picard, de l'hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec.La formation réticulée est notamment responsable de la capacité de conscience de l'être humain.Sans elle, toutes les activités conscientes et les relations de l'organisme avec son environnement cessent.« Par contre, le reste du tronc cérébral, qui est responsable du maintien des fonctions vitales comme la respiration, la pression sanguine et de nombreux réflexes, est encore fonctionnel, poursuit le docteur Picard.Cela explique que ces individus conservent leur vie physiologique, dite vie végétative, mais soient inconscients.» Les causes possibles d'un coma neurovégétatif sont nombreuses : traumatisme crânien, hémorragie cérébrale, asphyxie, etc.Dans le cas de Richard Barnabé, les tribunaux auront la tâche de déterminer la cause de son état.Quant à l'issue de l'état neurovégétatif, elle dépend beaucoup de la nature et de l'étendue des dommages, mais aussi de la durée du coma.« Après trois semaines, les chances de récupération sont d'environ 70 %; après six mois, elles sont à peu près nulles », indique le docteur Picard.docteur Claude Picard.La cessation de traitement est une forme d’euthanasie passive tout à fait légale puisque, selon le Code civil, on ne peut obliger une personne à recevoir un traitement.Mais cette procédure est régie par des règles strictes.« À moins qu’au préalable l’individu n’ait formulé clairement ses volontés, seul le représentant légal du patient peut exiger une cessation de traitement », explique Me Pierre Deschamps, chercheur au Centre de droit privé et comparé de l’Université McGill et membre du comité d’éthique de l’hôpital Notre-Dame-de-la-Merci, à Montréal, où Richard Bamabé est hospitalisé.« Dans les cas les plus complexes, la famille peut faire appel aux recommandations du comité d’éthique.Celui-ci doit alors se demander quel est le meilleur intérêt de l’individu : vivre ou.mourir ?» Il existe en ce domaine deux points de vue.D’une part, la majorité des grandes associations médicales n’hésitent pas à préconiser la cessation de traitement dans le cas des neurovégétatifs.« Nombre de neurologues américains estiment que la perte définitive de la conscience équivaut à la mort et qu’en son absence, le res- pect de la dignité humaine justifie la cessation de traitement », explique Pauline Lesa-ge-Jarjoura, professeure de droit et de médecine à l’Université de Sherbrooke.Par contre, plusieurs spécialistes en éthique estiment qu’il est dangereux de retirer aux neurovégétatifs leur statut de personne, même s’ils reconnaissent que leur état de « non-vie » est peu enviable.« En droit, on est soit une personne, soit un bien, explique Me Deschamps.Si on admet que les neurovégétatifs ne sont plus des personnes, ils deviennent des biens.Cela ouvre la porte aux pires abus, par exemple, à leur utilisation comme banques vivantes d’or- ganes.» D’ailleurs, les familles ont souvent beaucoup de mal à opter pour la solution finale.« Devant un parent qui répond à certaines stimulations, qui respire ou qui ouvre les yeux quand on lui parle, on a tendance à croire — ou à espérer — qu’il subsiste chez lui une étincelle de conscience », admet Pauline Lesage-Jarjou-ra.Dans ce contexte, il s’écoule souvent de trois à cinq ans avant que la famille prenne une décision.La professeure ajoute : « Il faut dire que l’issue de l’état neurovégétatif n’est jamais certaine et que la possibilité d’une récupération, même infime, doit, pour les autorités médicales, toujours être envisagée.» Comme des funambules entre la vie et la mort, les neurovégétatifs soulèvent un débat délicat pour la société : notre définition de la mort, basée sur X^mephysique de l’individu, devrait-elle inclure la notion de vie psychique ?La justice ne répondra probablement pas à cette question dans le cadre du procès Barnabé, mais elle ne pourra négliger que l’infortuné chauffeur de taxi n’est plus que l’ombre de lui-même.• 8 Québec Science / Juillet-Août 1994 Actualités Diététique Certaines vitamines auraient des vertus insoupçonnées Des recherches récentes indiquent que les suppléments vitaminiques ne se bornent pas à contrebalancer les effets de carences alimentaires.Certaines vitamines pourraient même contrecarrer l'affaiblissement du système immunitaire et les dommages occasionnés par le vieillissement.H H ut H "T'Ves experts en nutrition ii I comme John Hoffer, in-s : terne à l’hôpital Royal Victoria, proposent de réviser les recommandations en matière de vitamines.Ainsi, les doses de vitamines C et E et celles de bêta-carotène, qui se convertit en vitamine A dans l’organisme, devraient être supérieures à celles qui sont prescrites dans le Guide alimentaire canadien.De récentes études américaines suggèrent que, prises en plus grande quantité, ces vitamines aideraient à contrer les effets du vieillissement et l’affaiblissement du système immunitaire et, conséquemment, les différentes maladies qui en découlent.par Isabelle Depocas ¦ Les vitamines C, E et le bêta-carotène sont dits antioxydants, car ils s’attaquent aux dommages causés par l’oxydation dans l’organisme.Le coupable : l’oxygène.Bien qu’il soit un élément essentiel au fonctionnement de l’organisme, l’oxygène peut provoquer des réactions indésirables lorsqu’il est converti en radicaux libres, les grands responsables du processus de vieillissement.Le docteur John Hoffer établit cette comparaison entre le corps humain et une voiture : « Au bout de quelques années, l’oxydation endommage la voiture en produisant la rouille.De même, avec le temps, l’oxydation causée par les radicaux libres endommage les lipides, les protéines et les acides nucléiques et peuvent, par exemple, causer le cancer.Or, les suppléments de vitamines antioxydantes sont capables d’inac- LOGICIELS EDUCATIFS BOTANIQUE L'herbier Marie-Victorin Prix innovation technologique ’93 Explorez le monde végétal à l’aide de l’encyclopédie interactive.Apprenez à construire votre.propre herbier! 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CRAPO Produits disponibles chez MICRO-BOITIQIE WW Détaillant autorisé APPLE | Veuillez me faire parvenir votre .catalogue GRATUIT! 1 Nom: ____ | Adresse: Ville:_____ I Province:, _ Code postal: _ Ordinateur: ?PC ?Macintosh .J Québec Science / Juillet-Août 1994 9 Actualités tiver les radicaux libres.» Outre le cancer, les radicaux libres peuvent provoquer les cataractes en réagissant avec les verres de contact et même engendrer des malformations congénitales par le biais de la transmission génétique.Comme les pathologies causées par les radicaux libres sont nombreuses, de multiples recherches sont en cours sur le sujet.Une étude épidémiologique menée auprès de 40 000 sujets, pâme en mai dernier famlz New England Journal of Medicine, suggère que la vitamine E réduirait l’incidence des infarctus du myocarde, à condition qu’elle soit prescrite à une dose de plus de 13 fois supérieure à la dose actuellement recommandée.Les effets secondaires de la vitamine E seraient également inoffensifs, contrairement aux médicaments administrés pour abaisser les taux de cholestérol.De plus, elle coûterait moins cher et son action serait plus efficace.Ces données ont ranimé l’intérêt que les vitamines avaient suscité lors de leur découverte dans les années 20 et 30.Des chercheurs s’appliquent à déterminer si des suppléments de vitamine E, en plus de renforcer le système immunitaire chez les individus vieillissants et de réduire les risques d’infarctus, peuvent vraiment aider à prévenir le cancer et les cataractes.Jusqu’à tout récemment, on croyait que le seul intérêt des vitamines était de prévenir ou de traiter les maladies liées à une carence vitaminique, comme le scorbut, le béri-béri et le rachitisme.On ignorait que les vitamines antioxydantes pouvaient recéler d’autres vertus.Mais, encore aujourd’hui, plusieurs médecins hésitent à prescrire des suppléments vitaminiques, car il est scientifiquement prouvé que certaines vitamines prises en trop grande quantité sont toxiques pour l’organisme.Selon une autre étude américaine menée auprès de 29 133 hommes, des capsules de bêta-carotène augmenteraient les risques de cancer du poumon.Mentionnons toutefois que tous les sujets de cette étude étaient des fumeurs.« L’impact réel de la vitamine E et des autres vitamines antioxydantes sera connu dans environ cinq ans, à l’issue des nombreuses études cliniques nord-américaines menées par les compagnies pharmaceutiques, à leur tour gagnées par le regain de popularité des vitamines », affirme Guylaine Ferland, professeure au département de nutrition de l’Université de Montréal.D’après le docteur Hoffer, certaines vitamines non antioxydantes mériteraient elles aussi de faire l’objet d’investigations.Ce serait le cas de la vitamine D.Depuis l’ajout de cette vitamine dans le lait, on ne trouve plus de cas de rachitisme au Québec.Cependant, le chercheur estime que les doses de vitamine D absorbées par les Québécois seraient encore insuffisantes, car cette vitamine est en grande partie métabolisée par l’effet des rayons solaires.Avec nos hivers rigoureux et la faible exposition au soleil durant cette saison, il se pourrait que notre population ne métabolise pas la dose nécessaire de vitamine D.Là encore, des études devront le confirmer, mais il n’est pas impossible que les recommandations contenues dans le Guide alimentaire canadien à propos des vitamines soient modifiées.• La vitamine E réduirait l'incidence des infarctus du myocarde.Cependant il faudrait que la dose prescrite soit 13 fois supérieure à celle recommandée actuellement.i Biologie L'ARN en 3-D La molécule d'ARN est habituellement représentée par un long filament.Sa structure est néanmoins beaucoup plus complexe.Des chercheurs de l'Université de Montréal ont réussi à voir, en trois dimensions, une petite partie de l'ARN du virus du sida.Cette percée pourrait aider la conception de futurs médicaments.par Isabelle Montpetit Les virus sont des structures tellement primitives que les biologistes ne les considèrent pas comme des êtres vivants.Le matériel génétique d’un virus comme le VIH, le virus qui cause le sida, est 100 000 fois moins complexe que celui des humains.Mais cette simplicité n’est qu’apparente.Le bagage génétique du VIH est infiniment plus complexe que n’importe quelle molécule non vivante.Et on connaît encore mal sa structure.Grâce à un programme informatique, deux chercheurs de l’Université de Montréal, Robert Cedergren et son étudiant Fabrice Leclerc, en collaboration avec Andrew Ellington, de l’Université d’India-na, ont pu représenter, en trois dimensions, une partie du matériel génétique du VIH en décodant la structure d’un aussi gros fragment d’ARN viral.Le bagage génétique du VIH est contenu dans une longue molécule d’acide ribonucléi-que (ARN), un long ruban qui peut s’entortiller sur lui-même.Ce ruban est un assemblage d’environ 10 000 sous-unités, ou ribonucléotides, placées bout à bout comme les perles d’un collier.Ici et là, sur le ruban, certaines sous-unités s’associent entre elles, comme si À gauche, en bleu, la région de l'ARN à laquelle se lie la protéine Rev.À droite, un fragment de la protéine Rev (en jaune) s'est lové dans un des sillons de la molécule d'ARN.le ruban était parsemé de morceaux de velcro.Ces bouts de velcro prennent spontanément la forme d’une hélice.Les régions qui ont moins d’affinités entre elles prennent la forme de boucles.Les hélices et les boucles du ruban peuvent ensuite se replier et adopter une 10 Québec Science/Juillet-Août 1994 rme à trois dimensions.Cet structure finale ne se cons-it pas au hasard, car elle ue un rôle crucial dans le on fonctionnement de l’AEN.L’équipe de Robert Ceder-ren s’intéresse à une petite égion de l’ARN du VIH.Cette égion, qui contient 30 sous nités, a une grande affinité vec Rev, une protéine essen-ielle à la maturation du VIH our bien jouer son rôle, Rev oit absolument s’attacher à 'ARN du virus.Mais cornent ?Les chercheurs ont d’abord abriqué en laboratoire diffé rentes versions du brin d’ARN qui les intéressait.Puis, ils changeaient quelques sous- I unités par rapport à l’ARN nor-I mal.Ils ont découvert que cer-I tains brins d’ARN artificiel at-I tiraient encore plus Rev que I l’ARN normal.Toutes les modifications de I ces superbrins se trouvent I dans une petite boucle d’ARN.I La nature et l’agencement de I ces modifications suggèrent qu’elles influencent la forme de la boucle.Mais pour élucider la véritable structure de I cette boucle, il fallait un autre outil : l’ordinateur.Fabrice Le-1 clerc a patiemment compilé Actualités tout ce qu’on connaissait sur cette région de l’ARN du VIH.Il a soumis ces données à un programme informatique, mis au point dans le laboratoire de Robert Cedergren, qui a proposé plusieurs façons expliquant comment la protéine pouvait s’insérer dans la boucle d’ARN.Fabrice Leclerc a dû par la suite raffiner ces modèles en tenant compte des propriétés physiques des atomes de TARN et de la protéine.Le modèle final montre six points d’ancrage entre la protéine et TARN.Peut-on faire confiance à un modèle informatique pour décrire la réalité ?« Nos résultats sont conformes à ceux qu’on obtient par résonance magnétique nucléaire (RMN) », répond Fabrice Leclerc.La RMN est une technique qui donne aussi des informations sur l’organisation des atomes dans une molécule.De plus, le modèle informatique explique l’action d’un antibiotique, la néomycine, qui empêche Rev de s’attacher à TARN.En éprouvette, la néomycine se fixe dans la même boucle d’ARN que la protéine Rev.L’antibiotique déloge la protéine, ce qui nuit à son fonctionnement et pourrait empêcher la maturation du virus.Malheureusement, la néomycine est trop toxique pour qu’on l’administre à des personnes atteintes du VIH.« Mais on pourrait éventuellement améliorer son efficacité », explique Robert Cedergren.On pourrait en effet modifier la néomycine pour qu’elle ait encore plus de points d’ancrage sur l’ARN et qu’elle soit moins toxique.« C’est ce qu’on appelle la conception rationnelle de médicaments, poursuit le chercheur.Notre modèle s’y prête très bien.Toutefois, nos travaux ont jusqu’ici été considérés comme étant trop théoriques pour être subventionnés dans le cadre de la recherche appliquée sur le sida.» • Le progrès n'arrête PAS LA ROUILLE.La rouille d'hier à aujourd'hui Une étude fournie par le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), nous démontre qu'avant les années 50 la rouille catastrophique n'existait pas sur les véhicules automobiles.Elle apparaît vers 1955 et ne cesse de progresser pour atteindre son point culminant vers les années 80.Cette progression est étroitement liée à l'augmentation du sel utilisé sur les routes et de la propagation des polluants atmosphériques SO2 (dioxyde de soufre) et NOx (oxyde d'azote), principaux responsables des pluies acides.Ces éléments accentuent la conductivité du milieu et modifient le pH de l'air ambiant, résultat les véhicules rouillent toujours.Corrosion: 2 catégories A.—La corrosion générale: Est causée par l'action combinée de l'eau et de l'oxygène, sa progression est lente et dépend du temps pendant lequel la surface reste humide.Soyez tout de même vigilant car la salinité du milieu peut vous réserver des surprises.B.—La corrosion localisée: Voilà le mal qui ronge les véhicules d’aujourd'hui.Sont logées à la même enseigne la corrosion de fissures, la corrosion sous les dépôts, la corrosion des petits trous et la corrosion galvanique.Ces types de rouille affectent tous les mêmes points d'un véhicule, soit le châssis, le dispositif de freinage, la direction, la suspension, les montants et les bas de caisse.V°>23°Z!Z2iZZ L'attaque de ce type de rouille est concentrée, virulente et rapide! Lutte contre la corrosion Les fabricants introduisent de nouveaux matériaux comme les plastiques (polymère), cependant ils ont une mauvaise tenue en température, une stabilité dimensionnelle moyenne et leur durabilité sous des conditions de stress complexes est incertaine, ajoutez à tout cela force et rigidité moins grande et recyclage impossible, leur utilisation se limite donc aux pièces décoratives.Facilement recyclable et plus performant à tous les points de vue incluant la sécurité, l'acier demeure le matériau privilégié dans la construction des véhicules, seul point négatif, faible résistance à la corrosion.Un bilan de la situation nous amène donc à conclure que d'un côté on tente de produire des véhicules plus résistants à la rouille mais que dans la même foulée les pluies acides et les polluants sont capables d'attaquer les tôles recouvertes de zinc, cela nous ramène au niveau zéro.Comment briser ce cercle vicieux?Les idées les plus simples sont souvent les meilleures, et l'Antirouille à l'huile Métropolitain est l'exemple concret.Mis au point par les chercheurs du CRIQ, sa fluidité lui permet de s'infiltrer partout dans les interstices, replis de tôle et sous les dépôts comblant les fissures, les petits trous et inhibant la corrosion galvanique.Sa pellicule protectrice est efficace à 100% pour au moins un an, il suffit de répéter l'application à tous les ans et la rouille n'aura jamais d'emprise sur votre véhicule.à l'huile Métropolitain ça ne rouille pas c'est GARANTI! 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Voici le 777.C'est le premier avion conçu par ordinateur.Avec cet appareil, Boeing lorgne directement le marché de son concurrent européen Airbus.par Benoît Chapdelaine a grande famille de Seattle a baptisé le petit dernier 777.Il devrait avoir effectué sa première envolée en juin.Si les essais sont positifs, United Airlines sera la première compagnie aérienne à en accueillir dans sa flotte en mai 1995.Pour Boeing, cet appareil plus petit que le 747 mais plus gros que le 767 répond à un besoin du marché qui, jusqu’alors, servait bien son grand rival Airbus : celui des avions de 300 à 400 passagers.Chez Boeing, le seul nom du consortium européen fait augmenter la pression, car on ne digère pas que le lointain compétiteur soit largement subventionné par les gouvernements d’outremer et ose vendre en territoire yankee.Boeing a donc mis le paquet pour plaire à un maximum de clients.Le Boeing 777 est le premier appareil commercial dont l’ex- trémité des ailes se plie vers le haut à l’atterrissage afin de s’adapter à certains aéroports.Plus de 10 % de chaque aile de 60 mètres va donc piquer vers le ciel à l’atterrissage.Si on était habitué à voir une telle scène sur des porte-avions, on ne l’était pas du tout dans l’aviation commerciale.Aussi, c’est le premier de Boeing qui contiendra des composantes électriques plutôt que de vétustes câbles mécani- ques pour actionner le gouvernail et les volets.Airbus avait déjà adopté cette technologie plus digne des années 90.On a beau vivre à l’ère de l’informatique, le Boeing 777 est le premier appareil commercial du constructeur de Seattle entièrement conçu par ordinateur.Chaque ordinateur est relié à un réseau de telle sorte qu’une équipe peut travailler séparément sur un même plan et le modifier à 7 life y Aidons les bélugas Nom : Adresse : __________._________________________ Rue Ville ;,;yA Province Code postal du Saint-Laurent! En vous procurant le timbre de conservation ou la reproduction à tirage limité de la Fondation de la faune du Québec, tirés d'une oeuvre originale de Daniel Grenier, vous contribuerez aux programmes de recherche sur les bélugas et leur habitat.La FFQ remettra quatre fois le montant de votre mise au GREMM, pour chaque article acquis aux endroits suivants : • BiôdSme de Montréal • CIMM à Tadoussac • Naturalium de Québec • Par commande postale (avec le coupon ci-dessous) L'enjeu est important.Nous devons sauver les bélugas ! GREMM Ie Gaoupe- de RtcltERckE ci ÉducAiioN sur Ie Mill eu Marin C.P.223, Tadoussac (Québec) GOT 2A0 Téléphone : (418) 235-4701 Télécopieur : (418) 235-4325 -X - Tel.résidence ?Timbre ?Timbre signé ?Feuillet de 4 timbres ?Feuillet signé ?Reproduction et un timbre ?Reproduction et un timbre signé ?Reproduction en édition de luxe Frais de livraison Tel.bureau ____X 7,49 $ ____X 12,84$ ____X 29,96$ ____X 35,31 $ ____X 221,28$ ____X 226,63$ ____X 436,35 $ 2,31 $ _____$ _____$ _____$ _____$ _____$ _____$ _____$ 2,31 $ FONDATION DE LA FAUNE DU QUÉBEC 140.rue Grande Allée Est.bureau 860 Québec (Québec) Canada G1R 5M8 Téléphone: (418)644-7926 Télécopieur : (418) 643-7655 Les prix affichés incluent les taxes Total $ Vous pouvez transmettre le bon de commande par télécopieur.i ^!i 12 Québec Science/Juillet-Août 1994 Actualités volonté.« Nous avons trouvé cette façon de fonctionner tellement efficace que nous l’avons adoptée pour concevoir- nos prochains modèles », dit Greg Hunter, porte-parole de Boeing pour le modèle 777.Concrètement, cela signifie que l’époque des planches à dessin est révolue chez Boeing.Il est tellement plus facile de modifier un dessin sur l’ordinateur que de tout recommencer ! Cela dit, les gens de Boeing sont peut-être riches et célèbres, mais ils ont eu besoin des Japonais, des Français et même (eh oui !) des Canadiens pour mettre au point le 777.Des fii-mes japonaises ont fourni une grande partie du fuselage et des portes, la compagnie française Dassault, le système informatique en trois dimensions, et le Canada, une partie du train d’atterrissage.« C’est le premier train d’atterrissage en Occident qui aura six roues, dit Larry DeFields, de Menasco Aerospace, à Oakville en Ontario.Le Boeing 747, par exemple, en a quatre.C’est aussi le plus grand : il mesure 16 pieds de haut.» Le Boeing 777 portera-t-il le logo d’Air Canada ou de Canadien ?Rien n’est moins certain puisqu’aucun transporteur canadien n’a jusqu’ici commandé de Boeing 777.• Mais la spéléo c'est encore mieux.C'est une expérience hors du temps, hors du monde connu.C'est un voyage au fond de soi, c'est la communion de la science avec une nature exigeante.Pour vivre une expérience unique, entouré d'explorateurs chevronnés communiquez avec nous.La Société québécoise de spéléologie organise toute l'année des sorties dans les grottes les plus passionnantes des régions de Québec, Montréal et Hull.SpéléO Société québécoise de ' spéléologie 4545 ave Pierre-De Coubertin Case postale 1000, succursale M Montréal, Québec H1V3R2 Téléphone: Montréal et environ: 252-3006 Reste du Québec: 1-800-338-6636 Québec Science/Juillet-Août 1994 13 Environnement Tchernobyl : le réacteur fou est mal scellé Le sarcophage couvrant le réacteur nucléaire accidenté vieillit mal et trop vite.Il devait durer 30 ans, il montre déjà des signes de corrosion.par Raymond Lemieux C9 est le 25 avril 1986 que le foutu réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explosait.Tous les tubes contenant le combustible avaient alors rompu.L’accident a provoqué, on le sait, des rejets importants d’éléments radioactifs dans l’environnement.Pendant des jours et des semaines, les équipes d’interven- tion ont travaillé à confiner la catastrophe.Près de 600 000 personnes auraient ainsi été mobilisées pour construire un sarcophage afin de sceller le réacteur détraqué.En novembre 1986, le sarcophage est achevé.On l’a nommé oukry-tie, c’est-à-dire « protection » en russe.La construction, haute de 50 mètres, est un composite de béton et d’acier.Mais voilà, l’Institut de protection et de sûreté nucléaire, un organisme français qui dresse chaque année un bilan de la situation à Tchernobyl, se montre particulièrement préoccupé de ce qui se passe à l’intérieur du sarcophage.D’autant plus que la quantité de combustible restant, principalement sous la forme de lave, est mal connue.Dans un document publié en avril dernier, l’Institut rapporte de façon très sibylline que « le risque de criticité que constitue une reprise locale de la réaction nucléaire au hasard d’un arrangement favorable de combustible et d’eau en inquiète certains ».Une accélération du comptage neutroni-que — signe de radioactivité accrue — a d’ailleurs été Les ont développé tout un numéro La Corporation professionnelle des psychologues du Québec offre un service de référence téléphonique pour toutes les personnes à la recherche d’un professionnel pouvant les aider.Un simple coup de téléphone et vous obtiendrez le nom de trois psychologues offrant, tout près de chez-vous, les services particuliers que vous recherchez.Qu’il s'agisse d’améliorer votre qualité de vie familiale, personnelle ou au travail, un simple coup de fil au service de référence est un premier pas vers la bonne solution.Un service rapide efficace et sans frais.(514) 738-1881 1-800-561 -1223 CORPORATION PROFESSIONNELLE" DES PSYCHOLOGUES DUQUÉBEC â' •; i îarif te! te! te! k.ï 14 Québec Science / Juillet-Août 1994 Actualités fc'l '*» •;^::**-r- ;^7â' .gr-rÿ>ïK ¦ir=VT- ; as&ài ^tk - ' • constatée.Et ce phénomène n’a pas été expliqué.Enfin, le sarcophage vieillit mal et trop vite.Il devait durer de 20 à 30 ans, mais déjà les parties métalliques montrent des signes de corrosion et doivent être renforcées tandis que le béton perd son étanchéité.Bref, les experts de l’Institut estiment aujourd’hui la durée de vie du sarcophage à, au plus, 10 ans.En 1992, l’Ukraine a lancé un appel pour obtenir une aide financière pour ajouter une autre carapace à Tchernobyl.Elle attend toujours une réponse.• Pour stopper la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, on a recouvert le réacteur détraqué d'une carapace de béton et d'acier (en noir sur la photo).Québec Science facile à consulter La reliure Québec Science a belle apparence.De plus, elle est solide, pratique, facile d'entretien.Un grand nombre (84,7 %) des abonnés de Québec Science disent qu'ils conservent leur magazine*.La reliure est l'outil idéal pour garder intacts vos Québec Science et retrouver rapidement les dossiers, articles ou chroniques qui vous intéressent.Chaque reliure peut contenir 12 numéros de Québec Science.*Enquête QS-CREST, mai 1991 Tarifs 1 reliure : 10,75 $ 3 reliures : 25,97 S 5 reliures : 37,96 $ (TPS, TVQ et frais d'expédition inclus pour le Canada) Veuillez prévoir environ quatre semaines pour la livraison.Cette offre expire le 31 août 1994.Je désire recevoir reliure(s) au prix de Nom Prénom Adresse app.Ville Province Code postal Pays 1 Chèque [I] Mandat-poste O Visa O MasterCard Chèque ou mandat-poste à l'ordre de Québec Science N° de carte Date d'expiration Signature Détachez et expédiez à Québec Science, C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Québec Science / Juillet-Août 1994 15 QSM 1994-07/08 § LES JUMEAUX \ SOUS LA LOjUPE - x A DÈS CHERCHEURS „ V \ L'ORBIANC \ DE L'INDUSTRIE -AUTOMOBILE, J DES CACHALOTS BECl.AU QUEBEC UN FABULEUX ROYAUME SOUS^HARIN: J LES ÉPAVES UN MINI BOTANIQUE âé1 ?Juin 1993 Le Guide des vacances Hibernia Les vélos high tech Henri Atlan Lj Mai 1993 Dossier déchets Réseau informatique Internet Le diagnostic de la mort ?Avril 1993 Libre-échange et technologie Parcs technologiques Les robots ?Mars 1993 Dossier énergie La vie secrète du Biodôme Les modèles économiques ?Février 1993 Dossier télé, radio, vidéo Le prix d'une marée noire Chirurgie pour nos routes ?Décembre-janvier 1993 Effet de serre Sida: le vaccin québécois Les étoiles mortes Novembre 1992 (30e anniversaire) 30 experts imaginent l'avenir Médecine génétique La morue moribonde ?Octobre 1992 Dossier biotechnologies Implants mammaires ?Septembre 1992 Le marché de la naissance artificielle Les voitures électriques Télescopes, cloches ?Juillet-août 1992 Dossier Biodôme Dossier découvrir l'univers Les jumeaux, le magnésium ?Juin 1992 Spécial environnement Dossier Biodôme ?Mai 1992 Spécial innovation Les nouveaux gourous de l'économie Les 25 ans de l'IRCM C] Mars 1992 Objectif Mars Michel Serres Les trains ultrarapides Les animaux malades de nos gènes Il vous manque un Québec Science ?Le voici.Complétez votre collection.Retrouvez le dossier ou l'article qui vous intéresse.Plusieurs numéros de Québec Science sont encore disponibles.Certains sont en nombre très limité.Commandes honorées jusqu'à épuisement.Commandez dès maintenant.LZi Mai 1989 Spécial environnement Lj Avril 1989 Forillon, Mingan, Mauricie Les Grands Lacs L'exploitation minière ?Mars 1989 Les boîtes noires des avions La nouvelle dentisterie Brenda Milner: la mémoire LD Février 1989 Pollution domestique L'équipe spatiale du Canada Lj Janvier 1989 Le réseau hydro-québécois En finir avec les BPC La masse cachée de l'univers ?Février 1992 La fusion nucléaire Les insectes sociaux ?Décembre-janvier 1992 Dossier Santé mentale La saga des découvreurs Le fleuve en images ?Novembre 1991 Spécial francophonie ?Octobre 1991 Les premiers habitants du Québec Radarsat Grande-Baleine ?: I Septembre 1991 Mâle ou femelle L'arthrite Les cavernes du Mexique LD Été I Eté 1991 Féerie sous le Saint-Laurent Les plantes médicinales Les microclimats ?, Mai 1991 Spécial environnement ?, I Avril 1991 L'océanographie Jean-René Roy, astrophysicien La mathématique du chaos ?, Mars 1991 Danger au labo L'agriculture durable Le chaos ordonné ?, I Février 1991 Les régimes amaigrissants Rire pour guérir L'archéologie américaine ?, Décembre 1990 Les vêtements high tech La transfusion sanguine Le téléphone de poche I Octobre 1990 La médecine sportive Les écoles Fernand-Seguin Le parc marin du Saguenay ?; I Septembre 1990 Les médias du futur L'avenir des sciences humaines L'acupuncture ?Ét Eté 1990 Les animaux de laboratoire Les Galapagos Science et handicaps physiques DL Mai 1990 Spécial environnement ?Avril 1990 La médecine prénatale La muséologie scientifique Pierre Dansereau: agir ?Mars 1990 Les pompiers high tech Les malades du sommeil Les couleurs LD Janvier 1990 Spécial énergie ___] Décembre 1989 Les femmes en sciences Fernand Seguin Les avions hypersoniques ___ Novembre 1989 Spécial Espace ?Juillet-août 1989 La chauve-souris Les peaux ridées La dendrochronologie ___ Juin 1989 Horticulture: Métis, Quatre Vents La nature au musée Les causes de l'Alzheimer ' Novembre 1988 La sclérose en plaques Satellite ou fibre optique?Les roches lunaires _____Septembre 1988 Course auto et technologie La navette soviétique La microchirurgie ?Juillet-août 1988 Le bronzage Les entreprises et l'environnement Imax et Omnimax ?Juin 1988 Les ponts du Québec La santé mentale Les feux d'artifice DL Février 1988 L'imagerie médicale Les radioamateurs Les adolescents québécois _____ Janvier 1988 La vie extraterrestre L'ozone Le mal de tête Également disponibles : (Encerclez) 1988 : mars, avril, mai, octobre, décembre 1989 : septembre, octobre 1990 : février, novembre 1991 : janvier 1992 : avril Cochez les numéros désirés, remplissez le coupon et retournez cette page avec votre paiement à: Québec Science, CP 250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Je commande_________numéros à 4,30 $ Total: (poste, manutention et taxes incluses) TPS : 0,26$ TVQ : 0,26$ Nom Adresse no rue app.ville province code postal téléphone Je paye par 1 Ichèque 1 Ivisa LD MasterCard (à l'ordre de Québec Science) No de carte Date d'expiration / Signature Offre valide au Canada, jusqu'au 31 décembre 1994, selon la disponibilité.Étranger: tarifs sur demande.TPS: R 1335 97427 TVQ: 1013609086 16 Québec Science/Juillet-Août 1994 Chasseurs de pes On a entrepris le repérage des 100 000 gènes de l'homme.Quelles retombées peut-on en espérer ?Et qui va profiter des futurs progrès de la génétique ?Chose certaine, intrigues et rivalités ne manquent pas dans cette course aux gènes » comme nous le montre Jean-Pierre Rogel.Journaliste à la télévision de Radio-Canada, notre collègue a suivi de près cette course.De Nice à Boston, en passant par Paris, Salt Lake City et Montréal.Voici son carnet de bord.par Jean-Pierre Rogel «a * • 3r;' n congrès scientifique sur la côte d’Azur, ça ne fait pas sérieux.Les palmiers alignés le long de la corniche, les hôtels rétro aux façades rose et ocre, les odeurs d’été en plein automne, voilà qui pousse plutôt au farniente qu’à l’exercice des petites cellules grises.Pourtant, c’est bien pour exercer leurs méninges qu’ils sont venus, et de très loin.Quatrième congrès mondial Génome humain, annonce la pancarte clignotante du Palais des congrès.Le chauffeur de taxi me demande s’il y a beaucoup de Japonais, excellent pour les pourboires, précise-t-il avec un clin d’œil.Désolé pour lui, mais ce sont surtout des Européens et des Américains : 250 chercheurs, l’élite des généticiens sur la petite planète bleue.L’amphithéâtre est moderne, les fauteuils confortables, et le spectacle est réglé comme du papier à musique : 10 minutes par communication, 5 minutes de questions, merci et au suivant.Comme toujours, Faction se situe dans les coulisses.Dans le hall d’entrée, par exemple, près d’une série de tableaux dressés sur leurs pattes métalliques.C’est là que certains ont affiché les résultats de leur toute dernière expérience: « communication par poster », comme disent les Québec Science / Juillet-Août 1994 17 Français.À côté, on discute ferme au milieu des kiosques commerciaux qui couwent les deux tiers du hall.Beaucoup de machines chères, beaucoup d’argent enjeu.Et moi qui croyais assister aux Olympiques de la pensée pure ! Le héros du congrès s’appelle Daniel Cohen.C’est le directeur scientifique de Généthon, un grand labo mis sur pied il y a trois ans grâce à l’argent des téléthons de l’Association française de lutte contre les myopathies.Il y a dix jours, la presse française a annoncé avec fracas une percée de Généthon dans le déchiffrage du génome humain, grâce à une technique robotisée.« Un formidable coup d’accélérateur », ont titré les médias.De quoi s’agit-il ?En deux mots, disons que le génome humain est un casse-tête de trois milliards de lettres.Pour le déchiffrer, il faut établir deux types de cartes.L’une, dite carte génétique, vise à localiser précisément les gènes le long des chromosomes (essentiellement, on y arrive en plaçant des sortes de fanions appelés marqueurs).L’autre, dite carte physique, vise à déterminer la séquence, c’est-à-dire la succession précise des bases A, T, C, G des gènes (éventuellement, de tous les gènes).Généthon a trouvé un raccourci pour lever une première carte génétique valable, ce qui permet d’envisager que le séquençage se fera plus vite que prévu.Grand, 42 ans, tout en rondeurs, le crâne dégarni, Daniel Cohen se promène en chemisette et parle en avalant ses mots.pense-t-il trop vite, ou a-t-il trop hâte de convaincre ?Il y a trois jours, nous l’avons juste croisé lorsque nous sommes allés filmer Généthon en banlieue de Paris (j’en retiens la salle des robots dévorant les plaques d’ADN et l’enthousiasme communicatif de ce lieu où se côtoient chercheurs et malades en chaise roulante).À Nice, Cohen a plus de temps.Nous montons sur le toit pour l’interview.Il ne claironne pas victoire : « J’ai eu de la chance, c’est tout; alors que les Américains s’attaquaient au génome en le débitant en 23 chromosomes, un par labo, nous avons trouvé une méthode globale, pouvant être automatisée.Ça nous donne la première carte de l’ensemble du génome, qui permet d’aller plus vite dans le repérage et le traitement des quelque 3 000 maladies héréditaires.» Sa modestie est de mise.La veille, j’ai interrogé un Américain qui a explosé, deux minutes avant l’interview, lorsque j’ai parlé d’exploit scientifique à propos de Généthon.« Exploit, mon œil ! Écoutez : ils ont mis des robots en série, c’est tout ! Leur carte est incomplète, probablement contaminée par la foutue levure dans laquelle ils ont fourré le génome.» Un sourire, puis : « Bien sûr, je ne dirai pas cela devant votre caméra, mais c’est ce que 80 % de mes collègues pensent ici.» Retour à Cohen.L’interview terminée, l’équipe partie, il semble avoir tout son temps.Il parle des États-Unis et du Québec, qu’il connaît bien, dont il apprécie la chaleur humaine.Je lui rapporte à demi-mot les critiques entendues la veille.Il réfute l’accusation, dit que la déception des Américains va passer et qu’il veut collaborer avec eux.Pas de cocorico français sonore.Ce type est vraiment un chercheur peu conventionnel.Plus tard, je découvre avec surprise que nous avons fréquenté les mêmes milieux étudiants à Paris en 1970-72, les classes préparatoires aux grandes écoles, auxquelles nous avons tourné le dos pour des raisons semblables.« Un milieu froid et snob.Je ne voulais pas entrer dans le moule.J’ai choisi médecine par refus, puis j’ai rencontré Jean Dausset qui m’a permis d’explorer à mon rythme.La recherche, c’est la liberté, mais faut trouver sa niche.» D’accord, Dr Cohen, et l’avenir ?« On a fait un catalogue, c’est tout.Un premier instrument de repérage, mais on ne sait presque rien du génome humain, on ne sait pas le lire, on ânonne, on balbutie ! L’avenir, c’est la géographie structurelle des gènes, les mécanismes d’interaction, l’organisation du cerveau.» AG- y.i- [n V * ¦aies*.gefègÉiiËjtàgjg mm Etape à Paris avant le retour vers Montréal.À l’aéroport, je croise un participant notoire du congrès de Nice.Craig Venter, costume bleu sombre, mallette sous le bras, se dirige vers la salle d’attente du Concorde, flanqué de sa secrétaire de presse.Hier soir, je l’ai interviewé, alors qu’il venait de semer la zizanie dans la petite république des généticiens.Le fond de l’histoire est simple, même si les détails sont byzantins.Depuis six mois, grâce à ime nouvelle technique, on peut déchiffrer la séquence précise de morceaux de gènes.Et cela, même si on ne sait pas encore à quoi servent ces gènes.Alors, cet Américain nommé Craig Venter s’est mis à demander des brevets pour tous les morceaux de gènes qu’il découvrait : 3 500 au total.Il a fait cela au NIH, un organisme fédéral américain, puis dans une compagnie privée qu’il a fondée.Si on lui accorde des brevets, cela veut dire que toute application, test, médicament, etc.passera par lui.On lui devra des redevances.« Inadmissible, contraire à l’esprit de coopération scientifique », disent la majorité des chercheurs.Hier, Craig Venter, the bad guy, était à Nice pour défendre son point de vue sur la libre entreprise.The good guys lui sont tombés dessus.Ils ont fait circuler une pétition disant que les séquences de gènes appartiennent à tout le monde.Charles Auffray a fait symboliquement don de toutes celles de Généthon à l’Unesco.Fin du premier round, je crois.Tout de même, il faut reconnaître que Venter est sur un filon : les gènes du cerveau.Ce n’est pas un hasard s’il ne travaille que sur les gènes qui s’expriment dans le cerveau.D’abord, ils forment peut-être 50 ou 60 % de tout le génome.Et puis, c’est là que s’expriment des supergènes, des gènes qui contrôlent les processus complexes : cancer, douleur, vieillissement.la mine d’or de futurs médicaments issus de la génétique, c’est là qu’elle se trouve ! 18 Québec Science/Juillet-Août 1994 y lïïj ill v " Le ciel est intensément bleu, les montagnes alentour sont enneigées, l’air embaume de mille odeurs de fleurs.Devant cette oasis dans le désert, comment ne pas retrouver l’allégresse des pionniers arrivés en chariot en 1847 ?« Ce sera ici », aurait dit sobrement Brigham Young, le leader et prophète, en descendant d’Altamont Pass.Apjourd’hui, quatre millions de Mormons prospères et bons citoyens peuvent vous raconter cette aventure.Ils ne fument pas, ne boivent pas, mais ils causent religion.C’est probablement la seule ville au monde où on vous demandera votre opinion sur le sort des âmes après la mort, comme ça, juste pour prolonger la conversation.Au centre, l’immense Temple Square, avec l’église couronnée de Fange doré, mariages et baptêmes chaque jour à partir de 5 h du matin, le Tabernacle avec ses chœurs télévisés et un centre d’accueil des visiteurs, dominé par un Jésus illuminé de 7 mètres de haut, « annonçant au monde Sa Victoire sur la mort ».Deux kilomètres plus loin, changement de décor.L’Université de FUtah est un des hauts lieux de la recherche en génétique.Notamment, le Howard Hughes Institute.C’est un élégant immeuble de trois étages, dont le secret est au sous-sol.Stockées dans une dizaine de gros congélateurs, des cellules dans l’azote liquide : un échantillon d’humanité servant à l’étude du génome humain.Ce sont les globules blancs de 32 grandes familles de Mormons, portant sur trois ou quatre générations, recueillis ici dans les an- nées 70.Grâce à la mise au point d’une technique pour’ les préserver indéfiniment et les reproduire à volonté, ces cellules sont aujourd’hui disponibles pour les chercheurs du monde entier.À peine 36 heures de décongélation, et on peut en extraire l’ADN.On m’explique que c’est d’ici que l’aventure du projet Génome humain est partie, de la collaboration entre l’Américain Ray White et le Français Jean Dausset dans une chasse aux grandes familles.Car la génétique est affaire de familles.Puisqu’il faut étudier la transmission des gènes de génération en génération, il faut de grandes familles.Chez les Mormons, on rencontre des familles de 10 à 12 enfants dont les grands-parents sont encore vivants.On peut donc recueillir leur ADN et travailler avec ces échantillons de référence.Mais la situation présente un deuxième avantage.Ici, comme au Saguenay, les hasards de la géographie et de l’histoire ont longtemps isolé ces populations du reste du monde.Le brassage génétique a donc été faible et on peut suivre la transmission de traits héréditaires particuliers.C’est la voie d’accès à l’identification des mutations responsables des maladies héréditaires, les erreurs de frappe dans le code génétique.Ici, on quitte un moment les fondamentalistes du génome-dans-son-ensemble, pour suivre les praticiens du biomédical, les tra-queurs de gènes.J’ai rendez-vous avec un jeune chercheur, Louis Ptacek.Ce neurologue suivait en clinique depuis quelques années des patients Québec Science/Juillet-Août 1994 19 atteints d’une maladie assez rare, la paralysie hyperkalémique périodique; HYPP, pour les intimes.Elle se manifeste par des faiblesses musculaires occasionnelles, chez des individus par ailleurs normaux.Parfois, sous l’effet d’un stress ou à la suite d’un effort musculaire intense, ces personnes peuvent se trouver momentanément paralysées; quelques angoissantes secondes ou minutes, puis cela passe.Ptacek a convaincu ses patients mormons de donner quelques gouttes de sang pour la recherche, puis il a fait la demande à tous les membres vivants de leur famille et, sautons par-dessus les techniques de labo, il a fini par identifier la mutation génétique responsable.La beauté de la chose, c’est qu’il s’agit d’une variante d’un gène codant pour la fabrication d’une protéine très universelle de la membrane des cellules musculaires.Du coup, bien que HYPP soit une condition rare, cette découverte jette un éclairage nouveau sur le fonctionnement des muscles et est utile à l’étude de toutes les dystrophies musculaires.Ce genre de surprise est monnaie courante dans la chasse aux gènes.Le voisin de Ptacek à l’Institut Howard Hughes, Jean-Marc La-louel, en sait quelque chose.L’an dernier, il a découvert un gène impliqué dans l’hypertension.Il y a deux semaines, il a réussi à prouver que ce gène était directement responsable de l’éclampsie de la femme enceinte.« Cela confirme que la génétique peut renouveler l’étude de problèmes physiologiques complexes comme celui-là, sur lequel il ne se faisait pratiquement plus de recherches, dit-il.On peut désormais attaquer d’un œil neuf des conditions très répandues comme l’hypertension ! » Étonnant personnage, ce Lalouel.Encore un qui parle plus vite que son ombre.Et quel C.V.! Descendant de nobles bretons, né en Afrique, diplômé médecin en France, généticien à Hawaï puis en Utah, marié à une Japonaise.À 48 ans, il dirige une des meilleures équipes au monde en génétique médicale.Son français reste excellent, mais l’accent tonique est complément déplacé, ce qui crée un effet tout à fait étonnant.Conduisant d’une main sa jeep dans les collines autour de la ville, il me donne sa version du projet Génome humain.« Au début, il y a eu une polémique sur l’objectif.Nombre de biologistes étaient contre, non pas tellement parce qu’ils pensaient que cela allait siphonner des fonds que pour des raisons de méthode.À quoi bon s’attaquer à l’ensemble du génome humain, si seulement 10 % est “ utile ’’ et si on n’a aucune idée du rôle des autres 90 %, la partie silencieuse, non codante, du génome ?Cela ne semblait pas très rationnel.Mais on a fait valoir que l’autre solution, c’est-à-dire s’attaquer uniquement à l’ADN exprimé dans les cellules, était tout aussi hasardeuse.En fait, on sait qu’il y a plein de gènes qu’on ne connaîtra jamais si on ne séquence pas systématiquement tout le génome.Tant et si bien que, finalement, les pangénomistes comme Cohen ont gagné.» Temps mort dans la jeep.Lalouel négocie quelques virages serrés.Nous grimpons vers Altamont Pass, dominant la ville et le Grand Lac salé.« Mais, pour faire ça, tout ce que ça prend, c’est une industrialisation de procédés connus.Une organisation industrielle pour un gigantesque casse-tête de trois milliards de morceaux.C’est essentiellement de la technologie, ce n’est pas de la grande science.» Un autre temps mort.Nous arrivons à un belvédère, il coupe le moteur.« Mais c’est utile, ajoute-t-il.Les gens qui, comme moi, veulent élucider les mécanismes biologiques fondamentaux gagnent un temps fou en utilisant les marqueurs polymorphes du type Géné-thon.» Lalouel rêve toutefois de nouveaux horizons pour la biologie, au-delà de ce qu’il appelle la génomique.Quoi donc ?« Suivre le gène dans la protéine, la contrôler dans ses dérèglements.Le retour de la belle biologie, quoi ! » 20 Québec Science / Juillet-Août 1994 ¦¦ ' ' S.• Ia nouvelle est arrivée sur le fil de Associated Press précédée d’un double tintement de clochettes, signal d’alerte d’une nouvelle importante.« Des chercheurs américains ont identifié le gène responsable de la chorée de Huntington, une maladie dégénérative et fatale qui se déclenche le plus souvent dans la quarantaine.» Le problème, c’est que simultanément, à Vancouver, des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique sont en train de faire une conférence de presse pour annoncer.qu’ils ont découvert la cause génétique de cette même maladie ! Or, ce ne sont pas des collaborateurs du groupe de Boston.Que se passe-t-il ?Qui a raison ?L’affaire m’intéresse.Depuis un mois, je prépare un dossier télé d’une heure sur les aspects éthiques de la génétique.Voilà un beau cas de dilemme éthique : on tient le gène, donc on peut tester les personnes à risque pour savoir s’ils ont ou pas la mutation, mais que faire de cette information, puisque que la maladie reste incurable ?Qui est intéressé à savoir, à 30 ans, qu’il va sûrement mourir dans 15 ou 20 ans de cette forme de démence ?Ce qui m’intéresse ici, c’est ce que cette découverte va changer pour les personnes à risque, les enfants de malades choréiques qui peuvent désormais savoir.Mais avant d’attaquer la question éthi- B \à, P! » it » ifl: b if js ài !'r ¦ i\ 6; s.; I.K :¦ v : ;¦ I ¦ m!I Wmm - .v '£/.v que, je dois saisir la dimension scientifique.Réflexe numéro un : lire les articles scientifiques des deux équipes.Je saute sur le télécopieur.Deux heures plus tard, le schéma commence à émerger.Dans ce cas, indubitablement, les Américains ont fait la grande percée.Grâce à l’étude de grandes familles du Venezuela, là encore, les grandes familles sont la clé du succès, leur groupe aux ramifications internationales a réalisé la découverte principale.Les Canadiens ont annoncé une découverte secondaire, une variante du phénomène découvert par les Américains (une sorte de bégaiement du gène, c’est-à-dire la répétition multiple d’un triplet CAG au milieu de la séquence du gène).Le journalisme étant l’art de surfer sur l’éphémère, nous décidons d’intégrer cet élément à notre dossier en préparation.Huit jours plus tard, j’interview le cherchem principal, Michael Hayden, dans son labo de Vancouver.Encore un jeune, du moins pour un chercheur de ce calibre : milieu de la quarantaine, les yeux vifs, un sourire charmeur.La poussière est retombée : Hayden ne revendique pas la primeur de la découverte du gène.Il parle d’un travail collectif, son groupe collaborant avec celui de Boston.Ce que j’ai glané de quelques appels téléphoniques me dit cependant qu’il n’y a aucune collaboration, mais plutôt une rivalité farouche.Qu’importe, Hayden a l’œil sur le futur, non sur le passé : « C’est une étape décisive.On va pouvoir offrir un test de dépistage complètement fiable.Mais il faut maintenant savoir comment ce gène provoque la maladie : ce sera long, mais on n’aura aucun traitement avant d’y arriver.» Je tente un peu d’explorer le contentieux : pourquoi avoir précipité cette annonce, la semaine passée ?Hayden s’esquive habilement.Plus tard, un membre de l’équipe me fournit discrètement une réponse, sans doute une bonne part de la vérité.« Les subventions.elles sont renouvelables dans deux mois, il nous fallait marquer le coup.Tout ce que les politiciens vont lire, c’est les manchettes.» Paresse des vacances sur la plage.le soleil est chaud, les cris des enfants arrivent comme dans un coton ouaté.Ce matin, le bain était presque parfait.Mais hop, cascade, direction Boston ! Pas de pitié pour les travailleurs de l’information en congé : j’ai appelé S.hier, elle m’a donné rendez-vous à 15 hemes.Un long retour de Cape Cod vers Boston, et me voilà devant un vieux bâtiment au bord de la rivière Charles.L’annexe de l’Institut Whitehead du fameux MIT s’occupe non de technologie, mais de biologie.Elle abrite le plus important centre de recherche sur le génome aux États-Unis.Plusiems célébrités de la science ont fréquenté ces murs.Parmi ces agités en short et t-shirt qui grouillent dans les labos, accrochés à lems deux mètres carrés de paillasse, U y a de la graine de Prix Nobel, c’est sûr.Après mes excursions au pays des chasseurs de gènes (ou bio-merdicaux, ai-je entendu dire méchamment en France), me voilà de retour chez les fondamentalistes, ou pangénomistes selon La-louel.Étudiante, S.a décroché un stage d’été dans cette équipe prestigieuse qui travaille sur le génome de la souris : « Géniales, les souris ! Elles se multiplient facilement, on obtient vite plusieurs générations.» S.m’explique qu’il y a des régions entières de leur génome où leurs gènes se retrouvent dans le même ordre que les gènes humains correspondants.«C’est renversant, dit-elle avec enthousiasme.Malgré 75 millions d’armées qui nous séparent dans l’évolution, nos gènes et ceux de la souris sont remarquablement semblables.C’est pour ça qu’une fois qu’on a isolé un gène de souris, on s’en sert comme sonde pour aller à la pêche dans le génome humain, pour isoler le gène correspondant.» Alentour, des tubes et des petites machines, leurs écrans digitaux qui clignotent.Deux types bricolent une machine.Un autre remplit patiemment une trentaine de mini-tubes avec une pipette.« Notre travail est plus concret qu’on ne le pense.On est des artisans.» Des artisans avec des ordinatems.S.essaye de m’expliquer comment ces engins analysent les données des manipulations.Elle me perd dans Québec Science / Juillet-Août 1994 21 les détails, mais je saisis que rien ne serait possible sans cette puissance d’analyse.Un peu groggy, je vois tout à coup des mutants autour de moi : une nouvelle espèce de biologistes, férus d’informatique, ordinateur d’une main, pipette de l’autre.Toujours enthousiaste, la jeune mutante fait apparaître à l’écran le séquençage d’un gène de souris, les lignes vertes continues formées des quatre bases A, T, C, G défilant sans cesse: TAGCGT-CAAATCGTCGATGC.En m’habituant à cette curieuse danse à quatre lettres, je finis par distinguer deux lignes identiques.« Celle du dessous représente le gène homologue humain.Tu vois, c’est pareil.Tiens, ici, il y a une différence : deux séquences qu’on ne retrouve pas chez la souris.» Et à quoi ça sert, demande le novice ?Eh bien, on ne sait pas, on étudie.Repassez dans un an ou deux, s’il vous plaît ! Un grand centre de recherche, c’est aussi un réseau de rumeurs.En ce début de juillet, la rumeur de Whitehead, c’est la fondation d’une société privée, Millenium Pharmaceuticals, de l’autre côté de la rivière Charles.Un investissement majeur en capital de risque.Ses deux conseillers scientifiques sont le directeur du White-head, Eric Lander, et Daniel Cohen, directeur de Généthon en France.Y a-t-il conflit d’intérêts ?Les intéressés prétendent que non, car ils ne reçoivent pas de salaire de Millenium, et cette firme n’aura accès à aucune exclusivité ou primeur de la recherche de leurs labos, qui est de toute façon accessible à tous.Mais S.n’en démord pas : « C’est indécent de leur part ! Ils devraient s’abstenir.Ça fait ruée vers l’or dans le Wild West.Ils vont recevoir des dividendes ou des parts : ils ont désormais un intérêt financier à la réussite d’une entreprise.Ce genre d’attitude va jeter à terre la collaboration internationale.» •sa np.\ [i# y ]i«tai .la f »ir,« 1st® It tas, Mi tidsi Huit mois de calme relatif sur le front génome.Bien sûr, il y a eu les confirmations des travaux en cours.En décembre, tout le monde a applaudi la présentation de la carte de Généthon.Mais c’était une étape attendue.Selon la presse, Craig Venter est devenu multimillionnaire et une poignée de chercheurs de renom tentent en ce moment de l’imiter.C’était aussi prévisible.La bonne nouvelle pour la recherche est qu’il ne semble pas y avoir d’hémorragie pour l’instant.¦J Éi isi Publireportage Les technologistes médicaux et la recherche Depuis la nuit des temps, l’homme n'a cessé sa quête de connaissances.D’un naturel curieux, ce bipède doué de la pensée a su découvrir et expliquer des mystères.La science possède une histoire et de grands noms y sont associés tels que Boyle, Pasteur, Metchni-koff, Curie.Dans cet ensemble homogène de chercheurs, les techniciens sont invisibles, mais combien leur travail est important dans la conceptualisation de la recherche.Un des rares techniciens dont l’histoire fait mention se nomme Denis Papin, un Français qui fut au service de Boyle.C’est pourtant lui qui déblaya le terrain pour donner naissance à l’autoclave.On peut aussi voir sur des gravures du XVIIe siècle, des techniciens, sous la forme de petits anges ou de putti qui servent le chercheur.Cet aspect historique du XVIIe siècle donne matière à réflexion.Le technicien en recherche est donc présent depuis longtemps dans l’histoire de la science, mais il demeure méconnu.Heureusement, de nos jours, les techniciens en recherche sont vus avec beaucoup plus de considération, mais la polyvalence de leur expertise est rarement utilisée à 100 %.La technologie de laboratoire médical est une discipline des Sciences de la santé qui forme des professionnels aptes à remplir des tâches inhérentes au diagnostic médical ainsi qu’à la recherche biomédicale.Aujourd’hui connu sous le nom de technologiste médical, il s’avère aussi un partenaire de choix dans la recherche puisque son habilité technique, son sens critique et la pertinence de sa formation en font un chercheur consciencieux et persévérant.La formation collégiale en technologie de laboratoire médical est d’une durée de trois ans et conduit à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales en Technique de laboratoire médical.Comme le technologiste médical est avant tout un scientifique, il sait que son apprentissage ne s’arrêtera pas au bout des trois années de son programme d’études.C’est un professionnel de la santé toujours prêt à actualiser ses connaissances au fil des changements et des progrès de la science moderne.Partenariat et aide en recherche, voici des rôles que les technologistes médicaux sonts prêts à remplir.Dans un monde de changements constants et en pleine effervescence, le technologiste médical s’avère un partenaire de choix notamment dans la recherche biomédicale et cli- ^¦>, nique.Sa vision de la science et de la vie de même sa formation technique est d’une aide pré- cieuse.Ceux qui travaillent dans l’ombre sont souvent oubliés, les technologistes médicaux travaillent pour vous, leur présence est essentielle ! Sylvain Marchand, T.M.C.P.T.M.Q.1-800-567-7763 22 Québec Science / Juillet-Août 1994 Nous avons aussi eu droit aux annonces de découvertes de mutations responsables de maladies.Elles tombent maintenant de façon régulière, c’est normal.Ici même à Montréal, deux belles à McGill.Le gène de la maladie de Lou Gehrig pour l’équipe de Guy Rouleau.Et un gène causant certaines formes d’Alzheimer pour l’équipe de Judes Poirier.Alors, est-ce une année féconde pour la génétique ?Bien sûr, mais 1992 l’était tout autant.Quelque chose comme le début d’un âge d’or.Puisque l’actualité se calme un peu, allons-y d’un bilan provisoire.Compétition ?Elle est forte entre les équipes, mais c’est une constante dans la science contemporaine.L’historien Kevles : « La recherche est une course compétitive aux frontières du savoir; cette émulation est saine et productive, lorsque par ailleurs les canaux de communication restent ouverts.» Or, c’est encore le cas, même s’il y a des menaces à l’horizon.Si la non-publication de découvertes pour des raisons commerciales devenait la règle, c’en serait fini du projet Génome humain et de son esprit d’universalité.De ce point de vue, l’épisode Craig Venter est inquiétant.D’un autre côté, il y a la menace des conflits industriels entre nations.La protection d’eqjeux stratégiques nationaux peut-elle nuire à la libre circulation des infos ?Réponse provisoire : pas pour l’instant.Le congrès de Nice, notamment, a montré que la communauté des chercheurs est plus unie que jamais en ce qui concerne la collaboration et la transparence.Mais rien n’est joué.Big Science ?Avec le projet Génome, on peut accuser la biologie de devenir une science à forte base technologique, pour gros laboratoires.On change d’échelle.C’est sans doute la fin des chercheurs isolés dans leur labo.Mais la biologie ne souffrait-elle pas d’être restée artisanale ?L’évolution n’était-elle pas nécessaire, au-delà d’une vision romantique ?Il est vrai qu’il y a une autre version de cet argument : Big science = big money.Mais a-t-on mesuré de quoi on parle, au-delà du cliché médiatique d’un supposé programme Apollo de la biologie ?Aux recherches génomiques, le Congrès américain consacre en ce moment 220 millions de dollars par an; le parlement français, 50 millions; le parlement canadien, 5 millions.Dans ces trois pays, cela ne fait jamais plus de 3 % du budget annuel de recherche.À peine quelques dizaines de kilomètres d’autoroute.et l’avenir ?Leurs premières cartes publiées, les explorateurs du génome humain ont du pain sur la planche.Il faut raffiner ces inventaires, détailler ce continent génomique.Mais trouver la signification de cette masse d’information, comprendre comment elle s’exprime dans la cellule au niveau de la protéine, voilà le défi qui va occuper des générations de biologistes.La-louel a sans doute raison : les vraies prouesses de la biologie sont encore à venir.Elles découleront de l’impulsion que donnera la génétique à la capacité d’analyser la fonction des protéines, à accéder à une compréhension fine de la complexité du vivant.Décidément, Paris Match a tort : ces scientifiques n’ont pas « déchiffré le secret de la vie ».Ils n’ont fait que jeter les bases d’une nouvelle exploration du vivant, à une autre échelle que celle que nous maîtrisions jusqu’ici.Le mot de la fin revient à Daniel Cohen : « Il faut bien se rendre compte que le gène, pas plus que le génome, n’est une fin en soi.Mais c’est le tremplin des recherches biologique et médicale à venir, leur passage obligé.» • ^QüILlfc^ Si l'harmonie de l’être passe par le corps, la nourriture du corps doit passer par l'esprit.Nous avons tous un rythme de vie différent, donc des besoins nutritifs spécifiques.Alors, ce qui importe, c'est l'équilibre.La recherche et la stabilité de cet état requièrent un savoir, une expertise.Les diététistes-nutritionnistes peuvent vous aider à obtenir et à maintenir cet équilibre, nous guidant ainsi vers une meilleure santé globale.Corporation professionnelle des diététistes du Québec 5 1 4 • 393 • 3 733 Québec Science / Juillet-Août 1994 23 Astronautique Il y a 25 ans.les Méricains décrochaient la Lune Avec la mission Apollo 11, les États-Unis gagnaient leur pari : marcher sur la Lune.Si l'empreinte de la semelle de Neil Armstrong sur le sol lunaire a, en pleine guerre froide, signifié un pied de nez aux Soviétiques, ce pas a constitué un exploit scientifique et technologique marquant le siècle.Toutefois, la Lune garde encore des secrets.Et les rêves d'exploration lunaire refont surface.?ï par Olivier Robert juillet 1969,22 h 56 min 20 s, heure de Montréal.Plus de 600 millions de personnes de tous les continents ont les yeux rivés sur le petit écran, guettant, via la caméra du module lunaire, le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune.L’astronaute, avançant prudemment son pied gauche lourdement chaussé, tâte avec hésitation le terrain, puis se décide à le poser sur un sol poussiéreux et parsemé de cailloux.« C’est un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l’humanité », prononce-t-il avec son accent typique de l’Ohio.La courte histoire des hommes vient de franchir une nouvelle étape de son évolution : on marche sur la Lune ! Ces premiers pas dans un monde nouveau, hors du berceau terrestre, marquaient l’aboutissement du plus vaste programme technologique jamais conçu jusqu’alors.Armstrong s’empresse ensuite de ramasser un peu de sol lunaire qu’il met dans une poche de son scaphandre, au cas où il aurait à remonter rapidement dans le module lunaire.Quinze minutes plus tard, Edwin « Buzz » Aldrin le rejoint.Ils installent un réflecteur laser destiné à mesurer avec précision la distance entre la Terre et la Lune, un détecteur sismique et un appareil servant à analyser les couleurs des objets photographiés.À la NASA, on préparait cette expédition Le logo de la mission Apollo 11 : un aigle américain sur la Lune.depuis le début de la décennie.Juste avant d’envoyer le premier américain dans l’espace, le président Kennedy avait consulté son entourage : « Qu’est-ce qui nous donne le plus de chances de battre les Russes : lancer un laboratoire autour de la Lune ou, encore mieux, faire marcher un homme sur la Lune ?» Ce sont James Webb, l’administra-teur de la NASA, et Robert McNamara, le secrétaire à la Défense, qui ont rédigé la réponse à cette question.Leur rapport, remis le 8 mai 1961, concluait sans équivoque que, pour s’imposer dans l’espace, les États-Unis devaient tout mettre en œuvre pour envoyer des humains sur la Lune.Ils recommandaient donc au président d’amorcer le plus rapidement possible un projet lunaire.Le 25 mai 1961, au cours d’un discours devenu mémorable, le président Kennedy proposait à la nation américaine de « s’engager à réaliser l’objectif de faire atterrir un homme sur la Lune, puis de le ramener sain et sauf sur Terre, avant que cette décennie ne s’achève ».On a consacré 20 milliards de dollars à l’aventure lunaire.En 1961, bien des problèmes techniques restaient encore à résoudre, mais les connaissances de base permettant la concrétisation du programme Apollo s’accumulaient depuis déjà une dizaine d’années grâce à des visionnaires comme l’ingénieur allemand Wernher von Braun.Il fallait notamment comprendre le comportement humain en apesanteur, évaluer la faisabilité du rendez-vous de deux véhicules spatiaux dans l’espace et envisager les problèmes inhérents au retour d’une capsule spatiale dans l’atmosphère terrestre.De surcroît, il fallait être capable de lancer une énorme fusée, d’une masse supérieure à 120 tonnes, soit 10 fois plus que le véhicule qui avait servi à lancer un cosmonaute dans l’espace.Deux stratégies étaient mises de l’avant pour conquérir la Lune.D’une part, celle de von Braun qui suggérait un rendez-vous en orbite terrestre nécessitant la construction de stations orbitales où serait li 24 Québec Science / Juillet-Août 1994 Photos NASA, collection Olivier Robert ÿjA \ • * -v 4 • *t ‘SjfTW-’ Québec Science / Juillet-Août 1994 25 Photos historiques.À droite : Buzz Aldrin.Cest lui que l'on voit descendre du module lunaire.En bas : Neil Armstrong, le premier homme à marcher sur la Lune.v-r:-.¦.va! ¦ vv, 4 -n'-vi r^t‘7 ; + „ » assemblé et d’où partirait le train spatial à destination de la Lune.D’autre part, celle défendue par un certain John Houbolt, alors chef de la division de mécanique théorique au Langley Research Center de la NASA.Houbolt défendait la méthode du rendez-vous en orbite lunaire, beaucoup plus expéditive.C’est ce scénario qui a été retenu, car il permettait de rencontrer plus rapidement l’échéance fixée par le président Kennedy.Près de 88 000 acres de marais ont alors été asséchés pour faire place au complexe de lancement de la fusée Satum, constitué des rampes de lancement 39 A et 39 B ainsi que d’un immense bâtiment d’assemblage, de la hauteur d’un édifice de 44 étages.À noter que le complexe de lancement 39 sert encore de nos jours à la préparation et au lancement de la navette spatiale.Le train spatial Apof lo utilisé pour les missions lunaires habitées comprenait trois éléments.D’abord, la gigantesque fusée Saturn V, d’une hauteur de 111 m (un édifice de 30 étages), dont le premier étage développait à lui seul quelque 3,4 millions de kg de poussée.Ensuite, le module lunaire qui se séparait du module de commande lorsque le vaisseau avait adopté une orbite de « stationnement » autour de la Lune et emportait deux des trois astronautes de l’équipage sur le sol lunaire.Enfin, le module de commande prolongé par un module de service, qui demeurait en orbite lunaire au cours de la mission.Le module de commande était le seul élément à revenir sur Terre, après avoir largué le module de service, juste avant la retour dans l’atmosphère.À son retour, la capsule ApoMo devait être assez solide pour effectuer une entrée dans l’atmosphère à une vitesse de quelque 40 000 km/h.Deux missions en orbite terrestre (Apollo 7 et 9) et deux autres en orbite lunaire (8 et 10) ont permis de tester les équipements avant le jour J de la conquête lunaire.Et, après Apollo 11, les astronautes de cinq expéditions ont foulé le sol lunaire.Seul Apollo 13 a dû rebrousser chemin ren- du à 322 000 km de la Terre à la suite de l’explosion d’un réservoir d’oxygène dans le module de service.Eugene Cernan a été le dernier homme à quitter le sol lunaire le 17 décembre 1972.Il a laissé derrière lui une plaque proclamant la fin de la première vague d’exploration de la Lune par l’homme.Trois autres missions devaient normalement suivre Apollo 17.Elles ont été annulées à cause des contraintes budgétaires imposées par la guerre du Vietnam.Qu’a-t-on rapporté de ces expéditions ?Un peu plus de 380 kilogrammes de roches lunaires ainsi que des milliers de photos et de données recueillies au corns des mis- La planète Terre vue pour la première fois dans sa globalité.Un legs de l'épopée Apollo.sions Apollo.Mais, au bout du compte, la connaissance de la Lune demeure bien limitée.C’est un peu comme si, au siècle dernier, on avait effectué six expéditions d’une semaine sur le continent africain (dont la superficie se compare à celle de la Lune) et qu’on ait arrêté là son exploration.Retourner sur la Lune ?Plusieurs scénarios sont à l’étude pour y installer une base permanente.On sait que la Lune contient beaucoup d’oxygène sous forme d’oxydes ainsi que de nombreux métaux qui, traités sur place, seraient plus économiques à utiliser lors de l’assemblage de structures spatiales mises en orbite autour de la Terre.De quoi intéresser la NASA.On trouve aussi sur la Lune de l'hélium 3 en abondance alors que, sur Terre, on ne peut le produire qu’en petite quantité.Cet isotope pourrait être un élément essentiel à la production d’énergie par fusion nucléaire.L’avantage : l’équivalent d’une soute de navette spatiale remplie d’hélium 3 extrait du sol lunaire serait suffisant pour alimenter le Canada en énergie électrique pendant 10 ans.Par ailleurs, la face cachée de la Lune serait un endroit idéal pour installer des observatoires astronomiques qui ne seraient pas affectés par les perturbations lumineuses et les ondes radio en provenance de la Terre.Actuellement, la NASA étudie l’emploi conjugué de la navette spatiale et de fusées russes, américaines et européennes pour transporter en orbite les différents éléments d’un train spatial à destination de la Lune.Leur mission lunaire (d’une durée de 45 jours) accomplie, les astronautes se dirigeraient d’abord vers la station spatiale internationale, puis une navette les ramènerait sur Terre.En attendant une nouvelle conquête de la Lune, le commun des Terriens pourra bientôt s’imaginer faire une balade sur notre satellite.Grâce à un petit robot d’exploration spatiale conçu par une équipe de Carnegie Mellon University pour le compte d’une petite firme d’Arlington, LunaCorp, il lui sera possible, d’ici trois ans, d’explorer les sites d’atterrissage à’Apollo 11 et AApollo 17.À partir des signaux de télévision transmis par le robot, l’astronaute amateur pourra contrôler les mouvements à distance au moyen de systèmes de téléprésence et de réalité virtuelle.Le robot aura aussi la tâche, plus sérieuse, d’étudier les effets de trois décennies d’exposition aux rigueurs de la Lune sur les son&zs Ranger 8, Surveyor 5 etLunakhod2.Le robot de LunaCorp sera attaché à un module lunaire russe dont le lancement, sur une fusée de type Proton, est prévu en 1997.• 26 Québec Science / Juillet-Août 1994 flldrin : il y a une vie après la Lune Il a été le deuxième homme à marcher sur la Lune.Il avait alors 39 ans.Par la suite, Buzz (Edwin) Aldrin a tenu à rester actif dans le domaine spatial.Il dirige aujourd'hui une firme qui a développé des plans de mission d'exploration spatiale basés sur un système perpétuellement en orbite autour de la Terre ou de Mars.Reste que ses missions dans l'espace l'ont rendu quelque peu philosophe.Québec Science l'a rencontré.Québec Science : En plus d'avoir conquis la Lune, les astronautes d'Apollo n'ont-ils pas contribué à forger une conscience planétaire.Vous nous avez montré notre Terre dans sa globalité.Buzz Aldrin : C’est parce que l’industrie des communications s’est développée parallèlement aux technologies du vol spatial.Les deux domaines ont pris leur essor grâce au développement de circuits électroniques toujours plus performants, que ce soit dans les ordinateurs, dans les caméras vidéo ou dans les appareils de transmission de données.Québec Science : Ça donne une autre manière de voir l'exploration.Buzz Aldrin : Vous savez, dans le passé, les pionniers, les explorateurs étaient loin de leur foyer et personne ne se préoccupait d’eux parce que personne ne savait exactement ce qu’ils faisaient.D’ailleurs, c’est ce type de réflexions qui me traversaient l’esprit alors que nous marchions sur la Lune : nous étions allés plus loin qu’aucun être humain jusqu’alors et, pourtant, il y avait plus de gens — tellement plus de gens — qui s’intéressaient à ce que nous faisions.Quand nous sommes revenus sur Terre, quand nous avons revu la couverture télévisuelle de notre mission, j’ai dit à Neil [Armstrong] : « On a manqué party.L’excitation, l’enthousiasme, l’esprit, le partage, la célébration, tout ça, ç’a eu lieu ici, sur Terre.» Les humains ont alors participé à quelque chose de si important dans leur vie qu’ils se souviennent exactement où ils étaient à ce moment-là.En même temps, ils ne se rappellent pas vraiment ce que nous avons fait sur la Lune.Leur sentiment n’avait rien avoir avec le fait que nous ayons rapporté des roches ou obtenu des connaissances nouvelles sur l’évolution de la Lune.Québec Science : À la suite de votre mission lunaire, vous avez connu des problèmes personnels, que vous avez d'ailleurs décrits dans votre autobiographie, Return to Earth.Quelle a été votre vie après cette mission lunaire ?Buzz Aldrin : Il me semblait que l’exploit d’avoir accompli quelque chose en tant qu’individu m’apporterait une vie agréable.Nous ne savions pas réellement que les chanteurs rock et les joueurs de basketball ou de hockey étaient beaucoup plus populaires que nous, les astronautes.Québec Science : La force de l'imagination est un thème qui revient souvent dans votre discours.Est-ce cela qui nous mettra pour de bon sur la route spatiale.Buzz Aldrin : Ça et l’esprit humain.Oui, l’esprit humain.(Propos recueillis par Olivier Robert) Hommage au premier Canadien dans l'espace L astronaute canadien Marc Garneau participait, en octobre 1984 à bord de la navette Challenger, à une mission spatiale au cours de laquelle il réalise une série d'expériences canadiennes.Marc Garneau a pavé la voie à la présence de Canadiens dans l'espace.Sa contribution à l'exploitation spatiale franchit les barrières du temps et elle s'impose comme modèle aux générations futures.¦ Agence spatiale Canadian Space | ¦ canadienne Agency à Québec Science / Juillet-Août 1994 27 mû ¦ ¦¦¦*#&?¦ ' , ;¦;• **#'k — ' •' .¦ .-c' .- - , , -.t- ; ¦ i La Colombie-Britannique est la région du monde où la superficie des forêts anciennes est la plus grande.Mais pour combien de temps encore ?plusieurs points de vue.Elles abritent des espèces végétales et animales exclusives, dont certaines sont menacées.Leurs arbres sont exceptionnels si on considère leur âge et leur taille.Hélas, selon le groupe écologiste Sierra Club, les véritables forêts anciennes protégées ne représentent que 3 % du total de la superficie des forêts côtières, soit 200 000 hectares.La Colombie-Britannique est pourtant la région du monde où la superficie de ces forêts est la plus grande.Mais pour combien de temps encore ?Au rythme actuel de coupe, les forêts vierges auront disparu d’ici un siècle.Pour illustrer l’ampleur des coupes, les groupes écologistes utilisent souvent la photographie aérienne.Ainsi, du haut des airs, les territoires ressemblent à de vastes courtepointes brune (forêts coupées à blanc) et verte (forêts jeunes ou vierges) où le brun prédomine souvent sur le vert.Ces photos sont aussi utiles pour alerter l’opinion publique internationale sur les « mauvaises pratiques forestières en vigueur au Canada », expression polie pour signifier coupes à blanc.Ces arguments et ces tactiques n’émeuvent pas l’industrie forestière.Pour elle, une trop grande superficie de forêts protégées se traduirait par des pertes d’emplois et de revenus.La forêt est, en effet, vitale pour l’économie de la Colombie-Britannique.Un cinquième des travailleurs de la province (environ 250 000 personnes) dépendent directement ou indirectement de la forêt.Et le bois représente près de la moitié de la valeur des exportations de la province.Le bois provenant des anciennes forêts côtières occupe une place importante dans ce bilan, car il contient une matière ligneuse très recherchée dans le domaine de la construction.Ainsi, un seul arbre géant peut valoir jusqu’à 40 000 dollars et permettre la construction d’une à deux maisons ! La demande est donc forte : ce bois est exporté en quantité industrielle aux États-Unis, en Europe et au Japon.Pour sensibiliser le public, les groupes écologistes encouragent les citoyens à visiter les forêts de grands arbres.Le Western Canada Wilderness Committee, un groupe écologiste très actif, a même pris l’initiative d’y tracer des sentiers pour les rendre accessibles.Une fois sur les lieux, on se sent minuscule devant de tels « monuments historiques naturels ».Selon les espèces, les arbres ont une durée de vie de 600 à 1000 ans et leur hauteur varie de 70 à 90 mètres.Au Québec, un arbre dépasse rarement 30 mètres et son espérance de vie est, dans les meilleures conditions, de 300 ans.Depuis quelques années, la fascination qu’inspirent ces grands arbres gagne la population.Alors qu’au Québec on se déplace sur la Côte-Nord pour observer les baleines, ici, on se rend sur File de Vancouver pour admirer les grands arbres.Ainsi, le parc Cathedral Grove, sur File de Vancouver, attire chaque année plus de 300 000 personnes provenant des quatre coins du monde.« Cet engouement du public pour la protection des forêts anciennes date de 5 à 10 ans au plus, souligne Louise Goulet, directrice de la planification au ministère des Parcs de la Colombie-Britannique.Pour répondre aux attentes du public, le gouvernement a produit, il y a un an, une stratégie de gestion des forêts anciennes.» On y mentionne trois moyens de gérer ces forêts : la protection, la gestion dite « spéciale » (la coupe des arbres est permise, mais les principales caractéristiques de la forêt ancienne sont préservées) et la gestion intégrée des ressources (l’accent est mis sur l’exploitation « durable » des ressources de la forêt).Enfin, le document répertorie 16 arguments en faveur de leur protection (maintien de la biodiversité, attraits touristique, récréatif, scientifique et éducatif, esthétique, etc.).Un seul argument va dans le sens de son exploitation — et il est de taille — : son potentiel économique.N’empêche, si tant d’arguments font pencher la balance en faveur de la protection des forêts anciennes, comment expliquer que si peu soient préservées ?Louise Goulet est bien placée pour répondre.« Lors de la création d’un parc ou d’une réserve écologique, le gouvernement doit acquérir les arbres au prix de leur valeur' marchande et racheter les droits de coupe concédés aux compagnies forestières.On Québec Science / Juillet-Août 1994 33 comprend que c’est une initiative souvent très coûteuse compte tenu de la valeur marchande de ces arbres géants.« En 1988, la création de la réserve écologique de Nimpkish, sur Ule de Vancouver, a nécessité une mise de fonds de 909 000 dollars, poursuit-elle.Comme la terre appartenait déjà à la province, cette somme n’in- ^ dut que l’acquisition des arbres (de grand sapins Douglas) à la valeur réelle du marché, sur une superficie de 18 hectares.Avec les restrictions bud- g gétaires que le gouverne- JL ment impose à notre mi- K nistère, les possibilités d’acquisition sont très limitées.» À ce prix, où seront situés les futurs parcs ou réserves écologiques de forêts anciennes ?« Dans la région des Rocheuses, six forêts anciennes ont été sélectionnées en vue d’être transformées en réserves écologiques; il n’y en a aucune sur la côte du Pacifique », affirme Louise Goulet.Précisons également qu’à travers un réseau de 134 réserves écologiques, seulement 14 contiennent des forêts tempérées humi- des.En étendue, elles ne représentent que 5 % de la superficie totale des réserves écologiques de la province.Bien que la Colombie-Britannique se soit engagée à protéger 12 % de son territoire d’ici l’an 2000 en créant d’autres Les groupes écologistes encouragent les citoyens à visiter les forêts de grands arbres.Ici, une installation permettant l'accès aux sentiers forestiers.parcs et réserves écologiques, très peu d’entre eux seront situés dans la région de la forêt côtière.Une situation regrettable aux yeux des écologistes.Selon eux, des sites d’une superficie d’au moins 50 000 hectares sont nécessaires pour assurer une protection adéquate de la biodiversité.Trop petite, l’étendue protégée est plus vulnérable aux effets du vent.De forts vents peuvent ainsi arracher les cimes ou déraciner les arbres situés en bordure du site protégé.De plus, les écologistes constatent avec amertume que le gouvernement a exclu la majorité des zones forestières clés qu’ils avaient retenues dans leur propre processus de sélection de sites.Ils déplorent aussi qu’une trop grande superficie de territoires à l’étude soit située dans des zones subalpines, de roches ou de glacier, sans aucune valeur commerciale pour l’industrie.« La protection d’une grande étendue de forêts côtières telle que Clayoquot Sound est souhaitable, d’abord pour sa rareté, affirme Daniel Gagnon, professeur en écologie végétale à l’Université du Québec à Montréal et auteur d’une thèse sur la forêt côtière de l’île de Vancouver.Mais il faut être réaliste.Aucun écosystème n’est à l’abri du feu ou d’autres catastrophes naturelles qui pourraient anéantir sa richesse à jamais.» • VIVA.LES VACANCES EN FAMILLE! LES PARENTS! Passez toute la journée en famille, ou laissez chacun s'occuper de ses propres activités.ET HOPV LES ENFANTS! Un monde d'activités pour les enfants., et juste pour eux! • Les Petits Vacanciers (3-5 ans) • Les Explorateurs (6-8 ans) • Les Aventuriers (9-11 ans) • Les Adofolies (11 et plus) Pour réserver ou pour vous renseigner sur l'un des villages de vacances animés VIVA.Voyages Vacances-Familles Baie-Comeau : Chicoutimi : LA FAMILLE! Mille et une occasions de plaisir en famille, pour se faire des amis et découvrir de nouvelles régions.• Les récréatours • Les jeux aquatiques • Les soirées animées m%viva ^Sùtg RÉSEAU DE VILLAGES VACANCES ANIMES Greenfield Park : Hull: Laval : Montréal (Est) : Montréal (Ouest) : Sainte-Foy: Rimouski : Saint-Félicien: Saint-Georges: Sherbrooke: Trois-Rivières: (418) 589-1208 (418) 545-9166 1 800 361-9166 (514)926-1333 (819) 772-2224 1 800 361-2224 (514) 975-2713 1 800 267-2530 (514) 251-8811 1 800 465-2711 (514) 286-5411 (418) 657-7030 1 800 461-8482 (418) 722-4933 (418) 679-8242 (418) 227-0088 (819) 823-5511 (819) 371-3731 V O Y A G ES VACANCES-FAMILLES inc LA FORMULE-VACANCES «TOUT ANIMEE» POUR LA FAMILLE! 34 Québec Science / Juillet-Août 1994 Forêts anciennes : un patrimoine négligé méconnu au La valeur écologique des forêts anciennes ne fait pas de doute, mais que reste-t-il de ce patrimoine au Québec ?Il y a sept ans, tout à fait par hasard, un chercheur en écologie forestière, Jacques Brisson, découvre une forêt exceptionnelle au sud-ouest de Montréal : la forêt Muir de Huntingdon.Âgée de plus de 300 ans, c'est sans doute la plus vieille forêt de feuillus au Québec.La présence de cette forêt dans une région agricole et soumise aux coupes forestières a de quoi surprendre.Sa préservation est redevable aux propriétaires successifs du terrain — les Muir — qui avaient un esprit conservationniste avant l'heure.Sans eux, la forêt aurait été défrichée depuis longtemps, comme l'a été la quasi-totalité des forêts de la région.Le caractère unique de cet espace fournit une foule de renseignements sur la dynamique forestière et la biodiversité.« Par exemple, on a toujours pensé que le dernier stade de développement de la forêt tempérée — le climax — arrivait lorsque la forêt dominée par l'érable à sucre, affirme Daniel Gagnon, directeur de la recherche au Biodôme de Montréal et professeur d'écologie à l'UQAM.Or, le cas de la forêt non perturbée d'Huntingdon semble contredire cette thèse.Dans cette forêt, le hêtre et la pruche sont en voie de remplacer l'érable à sucre.» Ces deux espèces d'arbres représenteraient-ils donc le véritable climax de la forêt tempérée du Québec ?Beaucoup d'écologistes le croient maintenant.Cependant, pour mieux comprendre l'écologie de cette forêt, il faudrait poursuivre les recherches.Aussi, ce petit espace de 12 hectares devrait être acquis par le gouvernement et constitué en réserve sous peu, indique Léopold Gaudreau, responsable de par Stéphane Gagné ï 1 - B, W .XV* wmm mù* ¦ • es* .BS fi.l V-i- V la direction du patrimoine écologique au ministère de l'Environnement du Québec.Y a-t-il d'autres forêts anciennes au Québec ?« On estime qu'au moins cinq réserves écologiques possèdent des forêts anciennes sur leurs territoires », affirme Léopold Gaudreau.Ainsi, la réserve du lac Duparquet en Abitibi contient deux îles sur lesquelles vivent des cèdres âgés de plus de 800 ans ! Mais on est loin de tout connaître des forêts anciennes.« C'est un domaine d'études nouveau où beaucoup reste à faire, admet le biologiste.Il n'existe même pas d'inventaire des forêts anciennes sur le territoire québécois.» Pour Daniel Gagnon, il est même difficile de déterminer leur étendue globale.« À l'œil, dans une forêt boréale ou tempérée du Québec, il y a peu de différences entre un arbre de 100 ans et un autre de 300 ans en termes de taille et de hauteur, car les arbres croissent beaucoup plus lentement que sur la côte ouest.» Cela dit, les forêts anciennes sont rares en sol québécois.« Le défrichement et la colonisation expliqueraient en partie ce phénomène, soutient Daniel Gagnon.De même que la fréquence des feux de forêts en zone boréale, attribuable à un climat estival plus sec que celui de la Colombie-Britannique.» En somme, les forêts anciennes qui restent devraient être considérées comme des perles.Comme la forêt Muir.LE MILIEU NATUREL DE LA VILLE 345 Boul.Ste-Rose, Ste-Rose, Laval, Autoroute 15, sortie 16 ’ ; ¦ œ • CENTRE D'INTERPRÉTATItWÿ • RANDONNÉES GUIDÉES • LOCATION (canots, kaya chaloupes, pédalos) INFO: (5(14) 66>*242 Québec Science / Juillet-Août 1994 35 P Préhistoire tfSt! ' I tlfi^ («rtm *#*3Æ i fits Ces ; «*!% M pœ Æ r.v.; !W , 1 m Vaste abri sous roche, le Bau de I sier, dans le sud de la France- ira1 ne par son aspect monumentalf .présente ÿft.espace d'habitat r et Je plus de ta m * «Il ^ycarüs-' À la rencontre de l'homme de Néanderthal fa plif Qi Il maîtrisait le feu, marchait sur deux pieds, savait tailler la pierre, mais il n'est pas notre ancêtre.L'Homo Neandertalensis pose une énigme aux paléontologues.Un chercheur de l'UQAM s'intéresse à cet obscur et très vieux cousin.Il a retracé un site où cet homme préhistorique a vécu.par Michèle Gervais Jusqu’à récemment, on croyait que l’homme de Néanderthal n’était pas très habile, ni très cultivé.Or, la mise à jour récente, dans le sud de la France, de deux os taillés pourrait contribuer à défaire les idées reçues sur ce lointain cousin.En fait, ces os pourraient bien être d’anciens outils, voire la représentation d’un certain symbolisme.Révélateur ?Cela démontrerait que VHomo Neandertalensis avait probablement une vie culturelle et spirituelle.Cette découverte a été faite par une équipe de chercheurs québécois dirigée par l’archéologue Serge Lebel, professeur à rilniversité du Québec à Montréal.Depuis 1988, il fouille le site du Bau de l’Aubésier, une immense caverne située à une soixantaine de kilomètres d’Avignon en France.Repéré au début du siècle, ce site possède un grand potentiel archéologique.« C’est rare de trouver des sites néander-thaliens aussi riches.Mais, pour y avoir accès, on a dû jouer du coude », note Serge Lebel.Chasse gardée française, il a fallu l’intervention du ministre des Affaires extérieures du Canada pour que le gouvernement français autorise pour la première fois, en 1987, un Québécois à fouiller son sol.Un an plus tard, en 1988, Serge Lebel y établissait l’école de fouilles de l’UQAM.Depuis, chaque été, une douzaine d’étudiants de l’UQAM, armés de pioches et de marteaux-piqueurs, viennent s’initier à l’archéologie tout en cherchant de nouveaux indices qui permettraient de brosser un meilleur portrait de l’homme — et de la femme — de Néanderthal.Parti du Proche-Orient, il y a près de 150 000 ans, l’homme de Néanderthal avait réussi à maîtriser le feu.De plus, il taillait le silex, chassait l’aurochs et le cheval, mais pas d’équivoque : ce n’est pas un ancêtre.Tout au plus un cousin.Il aurait tout de même voisiné les premiers 36 Québec Science / Juillet-Août 1994 Homo sapiens sapiens, nos vrais ancêtres.Les derniers indices de son existence remontent à 50 000 ans.Après, on perd sa trace.Et sa disparition est aujourd’hui une énigme.A-t-il été exterminé par YHomo sapiens sapiens ou y a-t-il eu métissage entre ces deux préhistoriques ?Le Bau de l’Aubésier pourrait fournir des éléments de réponse.Ce sont de vieux, très vieux restes de table, encore intacts, qui retiennent l’attention de Serge Lebel et de ses étudiants.Ces vestiges qui ont traversé les siècles pourraient nous renseigner sur la vie et l’œuvre de l’homme de Néanderthal.Déjà plus de 150 000 pièces — os, silex et dents humaines — ont été trouvées sur le site, dont les deux os taillés qui confirment l’habileté de l’homme de Néanderthal puisque l’un d’eux porte des incisions géométriques.L’équipe d’étudiants de Serge Lebel a également dégagé deux foyers néandertha-liens qui suggèrent que YHomo Neanderta-lensis savait organiser son environnement, structurer son espace.Bref, qu’il était peut-être moins bête ou plus humain qu’on ne le croit.« Ce n’est pas parce qu’il n’avait pas de bijoux qu’il était incapable de symbolisme.Il le représentait peut-être par d’autres types de signifiés qui ne sont plus là pour nous », soutient l’archéologue.Certes, YHomo Neandertalensis a laissé des vestiges plutôt ténus de son passage.Et cela prendra sans doute encore quelques années pour découvrir ses talents cachés.Mais il faut miser sur l’acharnement de Serge Lebel et de son équipe d’étudiants : les résultats obtenus jusqu’à présent sont si impressionnants que les autorités françaises ont désormais classé le Bau parmi les premiers sites français du paléolithique.• Ce reportage a été rendu possible grâce à l’appui financier de l’Office franco-québécois pour la jeunesse.vr-r .-y ; 'V ¦ 'iV-V L'histoire du site est inscrite dans les dépôts sédimentaires.La longue séquence de couches superposées constitue l'intérêt majeur de ce gisement préhistorique : on y trouve des traces de nombreuses occupations par les Néanderthaliens, dont les plus anciennes remontent à 100 000 ans.La fouille a mis en évidence un foyer (ci-contre) dans les niveaux inférieurs, datés de 90 000 ans.L'étude des objets, vestiges de combustion, constitue l'un des moyens de comprendre l'organisation de l'espace domestique, la maîtrise et l'usage du feu chez les Néanderthaliens.En médaillon : un des plus remarquables résultats des recherches au Bau de l'Aubésier a été la découverte d'outils et de restes de débitage en os.Comme celui que nous voyons ici.Québec Science / Juillet-Août 1994 37 BSIP/ Publiphoto Préhistoire La paléontologie prend un coup de vieux Des chercheurs américains ont réévalué l'âge de fragments d'os attribués à l'Homo erectus.Ils sont 800 000 ans plus vieux qu'on ne l'avait cru.par Pedro Rodrigue Tout paraissait tellement simple et logique.Homo erectus, arrière-petit-fils de Lucy, était né en Afrique voilà près de deux millions d’années.Il lui avait ensuite fallu 400 000 ans pour apprendre à façonner ses admirables bifaces, les outils de pierre taillée de la civilisation acheuléenne, et quelques centaines de millénaires de plus pour partir, ainsi armé, à la conquête du monde.Les assez rares fragments d’os découverts jusqu’ici par les paléontologues semblaient d’ailleurs confirmer cette théorie, permettant même de jalonner les étapes de cette préhistorique diaspora.Les restes trouvés au cours des années 50 à Koobe Fora, au Kenya, remontent en effet à 1,77 million d’années; ils étaient jusqu’ici réputés être les plus anciens fossiles d'Homo erectus.Ceux que l’on a découverts au Moyen-Orient et en Europe ne dépassent guère le million d’années, alors que ceux de Java, aux portes de l’Asie, atteignent tout juste cet âge.Ajoutez à cela le fait que l’on ne trouve nulle part ailleurs qu’en Afrique les ancêtres présumés ÿHomo erectus et vous obtenez ce qu’il faut pour écrire un chapitre fort crédible de l’histoire de l’humanité.Voilà du moins ce qu’on croyait jusqu’au début de cette année.Puis, tout à coup, des pages d’un numéro de Science de la fin de février, tombe un immense pavé dans la mare des paléontologues.Les géologues américams Carl Swisher et Garniss Curtis, géochronologistes réputés du très crédible Institute of Human Origins de Berkeley, en Californie, annoncent qu’ils viennent de 38 Québec Science / Juillet-Août 1994 En utilisant une nouvelle méthode de datation, les vestiges de l'Homo erectus ont, d'un coup, gagné 800 000 ans.L'évolution humaine aurait été plus lente que ce que l'on avait cru.redater des fragments d’os trouvés dans deux sites de fouilles de Java.La calotte crânienne de l’« enfant de Mojokerto », découverte en 1936 et dont l’âge était estimé à un million d’armées, serait plutôt, selon les nouveaux calculs, vieille de 1,8 million d’années.Un second crâne, trouvé il y a une quinzaine d’années à Sangiran et auquel on attribuait un âge compris entre 700 000 et 800 000 ans, prend lui aussi un coup de vieux, car il aurait en réalité 1,66 million d’années.À partir d’une datation effectuée sur des échantillons de pierre-ponce trouvés dans les sédiments entourant ce fossile, Curtis avait, dès 1970, attribué au crâne de Mojokerto un âge de près de deux millions d’années.Sauf que personne, alors, ne l’avait cru.Les nouveaux chiffres proviennent d’une méthode de datation très fiable qui repose sur l’étude de la dégradation de l’argon 40 radioactif en argon 39 stable dans les roches d’origine volcanique.Comme ces résultats ont été confirmés par une étude du paléomagnétisme de l’ensemble des deux sites, la plupart des experts sont maintenant d’avis qu’ils reflètent la réalité.Si c’est vraiment le cas, comment les paléontologues qui avaient auparavant daté ces fossiles ont-ils pu se tromper par une si grande marge ?C’est, avouent les géochronologistes, parce que l’étude de la stratigraphie de Java est loin d’être aussi précise que celle de la vallée du Rift africain, si bien que pour dater les fragments d’os de Mojokerto et de Sangiran, on avait dû se contenter d’une approximation reposant sur l’âge des fossiles d’animaux éteints trouvés dans les mêmes couches sédimentaires.La nouvelle datation démolit-elle l’hypothèse de l’origine africaine d’Homo erectus ?« Pas nécessairement, explique Cari Swisher.Peut-être venons-nous au contraire de résoudre l’une des énigmes les plus coriaces de l’histoire de l’humanité.Pourquoi//omo erectus aurait-il en effet attendu un million d’années pour partir à la conquête du monde ?» Ce qui prend un coup de vieux en même temps que l’enfant de Mojokerto, toutefois, c’est la théorie un peu décousue qui voulait qn’Homo erectus ait eu besoin de ses outils de pierre acheu-léens pour entreprendre sa célèbre migration.Après tout, on trouve bien des bifaces en Afrique et en Europe, mais ils sont absents d’Asie.« Les éléphants ont, eux aussi, quitté l’Afrique.Et à plusieurs reprises, précise Swisher.Pourtant, ils ne disposaient pas d’outils de pierre ! » • Les techniciens ettechniciennes en radiologie utilisent des instruments toujours plus perfectionnés pour voir au-delà des apparences et contribuer au diagnostic ou traiter plusieurs maladies.Leur formation et leur compétence protègent en tout temps la santé et les intérêts du patient comme son bien-être, dans des circonstances souvent délicates.-^ IXdUIUIUJ Québec Ordre des Techniciens en Radiologie du Exiger des soins dispensés par un professionnel, c'est mettre toutes les chances de son côté. Tendinites, tensions musculaires, hernies cervicales, arythmies cardiaques sont autant de fausses notes sur le bulletin de santé des musiciens.Pourtant musique et santé pourraient s'harmoniser.par Claire Harvey / i la musique adoucit les / mœurs, sa pratique n’est pas une "—S sinécure.Le stress, une posture contraignante, les mouvements répétitifs provoquent plusieurs problèmes musculo-tendineux et des maux de dos.Bref, la concentration observée sur le visage d’un violoniste ou d’un pianiste lors de l’interprétation d’une symphonie de Beethoven ou d’une sonate de Mozart masque peut-être une douleur endurée avec stoïcisme.Mal en point, les instrumentistes ?Selon une étude effectuée en 1986 par l’International Conference of Symphony and Opera Musicians, 76 % des musiciens professionnels souffrent d’un traumatisme assez sérieux pour affecter leur performance : 65 % d’entre eux ont d’ailleurs failli mettre un terme à leur carrière.Les blessures sont, en outre, plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes.Les étudiants en musique ne sont pas épargnés.En effet, selon une enquête effectuée en Ontario et publiée dans la revue Kinésithérapie scientifique, en 1992, 57.4 % des pianistes, 42,1 % des violonistes, 36.4 % des violoncellistes et 35 % des autres ont les mêmes problèmes de santé.Le docteur Michel Dupuis, physiatre à l’hôpital Notre-Dame de Montréal et spécialiste de l’appareil locomoteur pour les musiciens, distingue les étudiants des professionnels.« Ces derniers ont développé la musculature nécessaire pour la pratique de leur art.Ils développeront certains maux lors d’une augmentation subite de travail : durant les séances d’enregistrement ou au cours d’une tournée.» Chez les étudiants, certains n’ont pas encore la constitution physique adéquate pour entreprendre une carrière musicale.Les moins robustes flancheront lors de la Illustrations Yayo préparation des examens ou d’une audition.Ils atteignent alors leurs limites anatomiques et n’accéderont jamais au degré de virtuosité nécessaire à une carrière musicale.Bien qu’il ait tenté d’en sauver plusieurs, le docteur Dupuis a dû suggérer à quelques éclopés de la musique de réorienter leur carrière.La liste des maux des musiciens est longue.Et ceux qui jouent des instruments à cordes sont les plus vulnérables, estime le physiatre.Par exemple, les violonistes et les altistes souffriront de tendinites, de pincements des nerfs du cou, de douleurs au dos et aux bras et de dégénérescence des tissus du cou et de la mâchoire.Les violoncellistes auront des problèmes de dos et de cou à cause du poids de l’instrument.À cela s’ajoutent des douleurs à la mam droite, celle qui tient l’archet.Les joueurs de cuivres développent aussi des maux, en raison des efforts fournis pour souffler dans l’instrument et soutenir les notes.L’hernie cervicale (la bulle apparaissant sur le cou de Louis Armstrong), les arythmies cardiaques, les problèmes buccaux et dentaires en guettent plus d’un.Le clarinettiste, quant à lui, ressent des douleurs à l’articulation du pouce droit qui soutient entièrement le poids de l'instrument tandis que le tromboniste a le coude droit qui flanche.Les percussionnistes ne sont pas épargnés.Une tendinite chronique accompagnée de douleurs diffuses dans l’avant-bras et dans la région de l’épaule constitue le lot de certains.Les pianistes, eux, souffriront en plus de crampes aux mams, semblables à celles des écrivains.Et si ces crampes dégénèrent, le geste devient impossible.Comme pour Raoul Sosa, pianiste virtuose, qui ne joue plus que de la main gauche.Enfin, le syndrome de surmenage fonctionnel, de loin le plus répandu chez les musiciens, coiffe souvent tous ces maux {voir encadré page 43).Les mouvements répétitifs sont les grands responsables des traumatismes de l’appareil locomoteur chez le musicien.Ils agissent un peu comme une mitraillette sur les tendons, les muscles et les gaines des tendons.On parle de travail répétitif lorsqu’un mouvement ou une série de mouvements est effectué à l'intérieur d’un cycle très court, soit de 2,4,10 ou 20 secondes, à une cadence pouvant atteindre jusqu’à 25 000 cycles par jour.Observons un violoniste qui exécute un passage d’un concerto de Paganini.Ses doigts bougent très rapidement et pressent les cordes dans les passagesforte.Son poignet gauche exécute les mouvements dans une position de flexion.Et le musicien Québec Science / Juillet-Août 1994 41 LE MAGAZINE DROLEMENT SCIENTIFIQUE DES 7 À HANS vous propose en juin, juillet et août : Le parapente Suspendus à une aile de nylon, des humains planent comme des oiseaux.Des vacances scientifiques Même en vacances, un débrouillard rêve de découvertes ! Nous lui proposons des jeux et des activités.Jean Cousineau, directeur de l'école Les Petits Violons : « Une mauvaise façon de tenir l'instrument cause les tendinites et les douleurs musculaires.Il faut développer une kinesthésie.» Les empreintes digitales Poser les doigts sur un objet, c'est y apposer sa signature ! Mon Ami Scientifique Vous faites tout pour échapper aux mouches noires et aux maringouins ?Jean-Pierre Bourassa, lui, leur court après ! Boîtes magiques ?Non, boîtes scientifiques Fabriquez trois boîtes « magiques » qui utilisent les propriétés des miroirs.I Le Journal des correspondants Un supplément de 16 pages pour les jeunes qui cherchent un correspondant.En plus : Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, des fiches à collectionner, des bandes dessinées, la rubrique des correspondants et plus.52 pages de découvertes ! Les Débrouillards est en vente dans tous les dépanneurs des chaînes Proprio et Provi-Soir ainsi que dans les bonnes librairies, au prix de 2,95 $.Pour s'abonner (1 an, 10 numéros, 27,68 S), s'adresser à : Magazine Les Débrouillards 25, boul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park (Québec) J4V 2G8 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable): (514) 875-4444.OOLV57 VaJ répète cette activité tout au long de la journée de travail.« Les mouvements répétitifs chez ceux qui jouent des instruments à cordes et du piano causent, entre autres problèmes, le syndrome du canal carpien, bien que la force exercée soit aussi un facteur important », dit le spécialiste.Les particularités anatomiques de la main constituent aussi un point faible pour le musicien.« Vu l’interdépendance des doigts, il devient difficile, voire impossible, d’isoler certains mouvements, comme plier la dernière phalange ou étendre l’annulaire lorsque le majeur et l’auriculaire sont fléchis, précise le docteur Dupuis.La main, parfaite pour les activités de la vie quotidienne, a ses limites dans l’exécution de pièces musicales.La performance musicale exige donc des choses contre nature.» Michael Carpenter, violoncelliste pendant 18 saisons à l’Orchestre symphonique de Montréal et directeur du personnel musicien depuis 1983, estime que les difficultés liées à l’exécution des pièces du répertoire romantique provoquent des tensions musculaires.« La longueur de certaines oeuvres, la multitude des trémolos des symphonies de Mahler ou Bruckner mettent les cordes au supplice.» Les musiciens subissent aussi beaucoup de pression.« Constamment soumis à la critique, notre prestation se doit d’être excellente, évoque le corniste Pierre Savoie, traité actuellement pour des maux de dos.Peu importe notre forme physique, nous ne pouvons nous permettre une défaillance et de fausser lors d’un concert.Le stress qui en résulte se répercute sur notre état de santé.» Pour subvenir à leurs besoins, plusieurs cumulent les emplois.« Ils enseignent ou jouent dans plusieurs formations musicales, précise Gisèle Fréchette, directrice de la Guilde des musiciens du Québec.Ils travaillent pratiquement tous à la pige et n’ont aucune sécurité d’emploi.Dans un domaine hautement compétitif, une défaillance physique est une menace à la poursuite de leur carrière.Craignant de perdre leur gagne-pain, ils demeurent souvent sourds aux signaux d’alarme émis par leur corps.» Ces artistes devraient pourtant réduire leurs activités à l’apparition des premiers symptômes.« Peu y consentent, déplore le docteur Dupuis.Ils sont passionnés par leur profession.Le repos, essentiel à la guérison, est une pilule difficile à avaler.De plus, plusieurs ne consulteront un médecin qu’en dernier recours, lorsque leur état de santé sera vraiment détérioré.Inutile de dire que les traitements, les médicaments, les thérapies de reconstitution des tissus ou les médecines douces seront moins efficaces.Surtout lorsque le mal est devenu chronique.» Musique et santé pourraient pourtant s’harmoniser.Jean Cousineau, directeur et pédagogue à l’école Les Petits Violons à Montréal, n’a déploré aucune blessure chez ses étudiants en 28 ans d’enseignement.« Une mauvaise façon de tenir l’instrument cause les tendinites et les douleurs musculaires.Il faut développer une kinesthésie.Les musiciens travaillent souvent en mauvais mécaniciens et consacrent trop d’énergie physique à l’apprentissage ou à l’exécution d’un passage d’une pièce musicale.Ils pratique- 42 Québec Science / Juillet-Août 1994 I ont pendant des heures plutôt que d’essayer de comprendre le pourquoi de l’erreur.» Pour éviter les maux de dos, M.Cousineau recommande de jouer jj|lebout.« C’est la station normale pour une activité physique.Le 1 nusicien équilibre ainsi les mouvements qu’effectue le haut du orps avec ses jambes, évitant que la colonne vertébrale et le cou f ibsorbent le choc.Ceux qui jouent des cuivres et des instruments à rent dilatent leurs poumons et préviennent les étourdissements.» Un apprentissage de techniques musicales plus efficaces évite-ait aussi plusieurs de ces troubles.Monique Poirier, professeure | de piano à l’École de musique Vincent-d’Indy, conseille aux étudiants de se détendre et d’utiliser la force nécessaire pour jouer sans forcer.« Pour une de mes élèves, commencer les premières Ssjj mesures d’une étude de Chopin était une aventure périlleuse qui menait presque inévitablement à une demi-cacophonie, note-,-elle.En l’observant bien, je me suis aperçue à quel point elle était tendue par l’effort.Je lui ai proposé de s’arrêter au moment où elle commençait à jouer.Cette suggestion l’a amenée à commencer l’œuvre avec beaucoup moins de tensions et à réussir le passage difficile.» La meilleure façon de prévenir les problèmes de santé consiste encore à se tenir en bonne forme physique.Les musiciens demandent un travail d’athlète à leurs muscles alors qu’ils se perçoivent comme des intellectuels.La crainte de se blesser aux mains les porte aussi à mener une vie sédentaire.Le docteur Dupuis leur recommande donc de pratiquer la marche ou la natation.Enfin, il suggère d’ajuster leur instrument, d’éviter le surmenage, de demeurer à l’écoute de leur corps.« Ce n’est pas normal d’avoir mal, et les musiciens s’y résignent trop souvent.» • Allez, debout l'orchestre ! Ça devrait être la posture normale pour jouer.Le musicien équilibre ainsi les mouvements qu'effectue le haut du corps avec ses jambes, évitant que la colonne vertébrale et le cou absorbent le choc.Le syndrome de surmenage fonctionnel «¦ e syndrome de surmenage fonctionnel survient lorsque le k travail demandé à un tissu excède sa capacité physiologique, explique le docteur Dupuis.Comme la tendinite, il est attribuable aux traumatismes répétitifs.Il atteint non seulement le muscle-tendon, mais certains tissus avoisinants.» Des douleurs diffuses dans plusieurs parties de l'anatomie l'accompagnent.Ce syndrome évolue sournoisement.« Au début, le musicien n'éprouve qu'une sensation de raideur ou de fatigue, explique le spécialiste.Par la suite, la douleur franchit cinq stades : douleur bien localisée cessant au repos; douleur plus étendue mais disparaissant au repos; douleur persistante accompagnée de perte de coordination; douleur provoquée par d'autres activités; enfin, douleur continue et aggravée par tous les mouvements de la région touchée.» Pour les trois premiers stades, le docteur Dupuis recommande le repos partiel, c'est-à-dire de s'abstenir de toute activité manuelle et de se limiter à de courtes pratiques de 5 à 10 minutes par jour.« Pour les autres degrés, il faut vraiment cesser de jouer et éviter tout ce qui provoque de la douleur.» Et ce, parfois, pendant plusieurs mois.Applications de glace, anti-inflammatoires, injections de cortisone, physiothérapie et même utilisation d'une attelle sont parfois nécessaires pour soulager le patient.Lorsque la douleur disparaîtra durant au moins une journée et à la palpation de la région touchée, il pourra lentement recommencer à pratiquer.À petites doses d'abord.Et en misant sur l'improvisation musicale, qui permet de briser les tensions provoquées par le style rigide de la musique écrite.LA REFERENCE EN JUMELLES LA CUSTOM COMPACT B a U SC H & LO MB 1 LA REFERENCE EN PRIX 1990 Boul.Charest Ouest, suite 106 Québec, (Québec) Canada GIN 4K8 SANS FRAIS: 1 (800)463-6848 Fax.:(418) 527-1970 FRAIS D'EXPEDITION INCLUS (TPS tN iUHrLUÏ} Québec Science / Juillet-Août 1994 43 par Raynald Pepin LA SCIENCE DANS LA VIE QUOTIDIENNE Beach party L'été est chaud en ville ! On ramasse le parasol, la glacière, les bermudas et on saute dans l'auto pour faire le tour d'Ia Gaspésie ! Allons à la rencontre de l'écosystème marin (sous-entendu : on va foirer sur la plage).Qu'est-ce que l'horizon ?La ligne où le ciel rencontre la terre ?En fait, l'horizon est constitué des points où notre ligne de visée est tangente à la surface de la Terre.À cause de la courbure de la Terre, on ne voit rien au-delà, à moins que l'objet soit lui-même à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer.Pour nous, heureux bipèdes, l'horizon se trouve à plusieurs kilomètres, selon la hauteur de nos yeux, au-dessus du niveau de la mer.Vous pouvez calculer la distance de votre horizon en utilisant le théorème de Pytha-gore.Comme votre hauteur h est beaucoup plus faible que le rayon terrestre R, la distance de l'horizon L se calcule de la façon suivante : L = la racine carrée de 2Rh.Sur la plage, avec des yeux à 1,70 mètre au-dessus du sol, l'horizon est à moins de 5 km.Mais si, sur le bord de la mer, vous grimpez au sommet d'une montagne de 500 mètres, votre horizon passe à 80 km (la réfraction dans l'atmosphère augmente légèrement cette distance).Le goût de l'eau Nous voilà dans la mer.Un peu d'eau entre dans notre bouche et une évidence s'impose : l'eau est pas mal salée.Les océans, c'est environ mille milliards de milliards de litres d'une solution rince-bouche à 3,5 % de sel.Mais d'où vient tout ce sel ?Et toute cette eau ?Le goût salé de l'eau marine résulte de la présence importante d'ions sodium et chlore, mais ces ions ne sont pas les seuls : l'eau de mer contient plus de 70 éléments différents ! La pluie et le ruissellement extraient une bonne partie de ces substances du sol des continents.L'eau entraîne ensuite les minéraux et ions dans les rivières et fleuves qui se jettent dans la mer.Autrement dit, même l'eau que l'on appelle « douce » n'est pas pure; elle contient aussi du sel et d'autres ions, mais en quantités très faibles.D'autres éléments sont injectés dans les océans aux endroits où deux plaques tectoniques s'éloignent l'une de l'autre (les dorsales médio-océaniques).Du magma, provenant du manteau terrestre, monte remplir l'espace entre les deux plaques et libère de l'eau contenant divers éléments comme du chlore, de l'iode, de l'azote.Malgré ces apports continus, la salinité de l'océan est stable, comme le montre l'analyse de sédiments vieux de centaines de millions d'années.Il faut donc que certains processus soustraient à l'eau diverses substances.Par exemple, le calcium est utilisé par des organismes marins pour fabriquer des coquilles, qui tomberont éventuellement au fond de l'eau et formeront plus tard, en se compactant, du calcaire.Le potassium s'intégre à l'argile du fond de l'océan qui, sous des pression et température élevées, se transformera en une roche dure.Le sodium suit un peu le même chemin, mais beaucoup plus lentement : c'est pourquoi il en reste davantage dans l'eau.44 Québec Science / Juillet-Aoûtl 994 —r Ill 5 Paul Pai'seau La vie de chateau Le sable est un important matériau de construction.Par exemple, on peut en faire des pâtés et des châteaux.Sans être expert en génie civil, on peut observer que la cohésion du sable varie beaucoup selon sa teneur en eau.Du sable sec ne colle pas du tout, du sable un peu mouillé adhère mieux tandis que du sable détrempé est inconsistant.La cohésion du sable humide est évidemment due à l'eau, mais le phénomène ne semble pas encore parfaitement compris.On croit que des interactions électriques entre la surface des grains et les molécules d'eau immobilisent l'eau voisine des grains de sable.Comme la fluidité de l'eau diminue, les grains glissent peu l'un sur l'autre.Quand il y a trop d'eau, par contre, une bonne partie de l'eau est trop loin de la surface des grains pour être retenue électriquement.Le mélange eau-sable est plus fluide, et les grains de sable glissent les uns sur les autres.La nouvelle vague Quand les vagues approchent de la plage, leur vitesse diminue parce que la profondeur décroît.Si l'une d'entre elles arrive obliquement, la portion la plus proche de la plage ralentit avant le reste de la vague.Résultat : la vague pivote et tend à s'aligner plus ou moins parallèlement avec le rivage, quelle que soit sa direction initiale ! Près du rivage, le fond déforme et ralentit le mouvement des molécules d'eau.Le front des vagues devient plus raide, et la crête finit par s'effondrer dans le creux de la vague.Si on aime jouer dans les vagues, c'est le moment le plus amusant ! Le souffle du large C'est le vent qui engendre les vagues, quand il souffle au-dessus de grandes étendues d'eau.Le vent perturbe l'eau et la « soulève » en certains endroits; l'eau retombe à cause de la gravité, la pression repousse l'eau vers le haut et c'est parti ! Les vagues peuvent avoir diverses longueurs d'onde : les plus courtes atteignent une hauteur maximale puis se brisent sous l'action du vent; les plus longues peuvent atteindre de plus grandes amplitudes sans déferler.Plus le vent souffle longtemps, plus les longues vagues sont favorisées.Des vagues provenant de deux directions différentes peuvent aussi se rencontrer et interférer.Si les crêtes coïncident, une vague géante peut se former.Dans le Pacifique, on a déjà observé une vague de 34 mètres (10 étages) de haut ! Les pieds dans le sable S'il y a du sable, c'est à cause des actes de vandalisme de l'eau.« Dans nos régions, le sable des plages océaniques provient de l'érosion par l'eau des roches côtières, explique Michel Lamothe, géologue et professeur à l'UQAM.En Gaspésie, le sable est surtout constitué de grains provenant de roches granitiques : les grains de quartz (SiQ2) sont vitreux, les grains de feldspath sont de couleur chamois.Dans les régions tropicales, il arrive aussi que les grains de sable soient des débris de coraux ou de coquillages, constitués de carbonate de calcium.Si ces grains sont majoritaires, la plage est blanche ! » Dans nos lacs, les vagues sont faibles, il n'y a pas de marées.Ainsi, les plages, peu développées, sont constituées de sable laissé par les glaciers.D'autre part, sur une plage marine, contrairement à ce que l'on croit souvent, les grains de sable ne sont pas apportés par la mer.« En fait, les grains sont des matériaux d'origine continentale en voie d'être amenés dans la mer, dit Michel Lamothe.Plus ils sont petits, plus les grains sont entraînés facilement par les vagues.Les plus fins restent en suspension longtemps et sont transportés très loin, les plus gros restent sur la plage.» Si une plage est souvent balayée par des vagues très fortes, il peut n'y rester que des galets.Québec Science / Juillet-Août 45 par Danielle Ouellet Les 50 ans d'Hydro-Québec, sagesse de Pierre Dansereau Ensi d'it jgau lettif Ve»! il» P' Hydro-Québec est en train de s’engourdir.C’est l’avis de Pierre Dansereau, un écologiste scientifique de la première heure.Il reproche à la société d’État ainsi qu’au gouvernement du Québec de s’être arrêtés en plein élan.Le Québec est actuellement le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, mais le projet de société qu’a incarné Hydro-Québec et qui a donné aux Québécois confiance en leur pouvoir économique et technologique a perdu des plumes en cours de route, soutient Pierre Dansereau.L’écologiste a formulé cette critique lors du colloque « Hydro-Québec (1944-1994) et la société québécoise : les grands enjeux » qui se tenait à l’Université du Québec à Montréal au printemps dernier.Pourtant, l’histoire d’Hydro-Québec est haute en faits saillants, reconnaît-il.Dès sa création, en 1944, la Commission hydroélectrique du Québec, connue sous le nom d’Hydro-Québec, a multiplié les exploits scientifiques et techniques, au point de devenir le modèle par excellence de la réussite québécoise.Ainsi, alors que la nationalisation de l’électricité est mise en branle, en 1963, la 3e phase du complexe hydroélectrique de Beauharnois est déjà terminée et la construction des installations de Manicouagan-Ou-tardes bat son plein.Des initiatives qui ont permis aux firmes de génie-conseil d’acquérir un savoir-faire unique au monde grâce aux contrats d’Hydro- in'r-*-.î : - Québec.De son côté, l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), créé en 1967, prenait solidement pied sur la scène internationale, surtout dans les domaines de la production et du transport de l’électricité, en mettant au point des lignes de transport à haute tension de 735 kV, une première mondiale.Enfin, le développement de la baie James, dans les années 70, a été une autre source d’exploits technologiques, surtout en ingénierie : construc- tion de ponts de glace pour traverser des rivières en hiver, réalisation de plates-formes de glace, ouvrages de retenue réalisés à partir de matériaux disponibles sur place, travaux d’excavation et de bétonnage originaux, conception d’un nouveau type d’arbre reliant la turbine au rotor ainsi que développement, dans les années 80, de nouvelles technologies pour le traitement des eaux usées.Aujourd’hui, selon Pierre Dansereau, le développement de l’infrastructure de production électrique devrait se faire avec plus de parcimonie et être planifié plus adéquatement.C’est un problème central auquel est confronté Hydro-Québec car, ajoute-t-il, la société d’État se trouve « subordonnée à un gouvernement qui n’a aucun projet de société et qui refuse d’instituer un forum sur l’énergie ».À son avis, des projets de l’envergure de Grande-Baleine ne doivent être réalisés qu’à l’intérieur d’un vaste plan d’ensemble qui tient compte des besoins du milieu.« En plus des montants alloués aux installations hydroélectriques, on a assisté à des investissements massifs pour la construction de routes, la correction des dommages environnementaux, la protection d’animaux sauvages, la compensation aux habitants autochtones, l’urbanisation et la communication, sans intention de durabilité.» Ce nouveau projet de société hydroélectrique doit, pour Pierre Dansereau, prendre en compte la polyvalence du territoire nordique.À l’instar de l’Alaska et de la Sibérie, il suggère d’y développer une agriculture indépendante du sol et du climat, un tourisme éducatif et récréatif qui pourrait offrir des revenus intéressants ainsi que des installations et des activités de chasse et de pêche contrôlées, respectueuses des traditions autochtones et génératrices d’emplois.Une association avec les autochtones, plutôt que l’octroi sa !i 46 Québec Science / Juillet-Août 1994 L'Université Hydro-Québec ?En science, Pierre Dansereau souligne le rôle accru d'Hydro-Québec.Au point que la société d'État s'est lentement substituée, dans son domaine, à l'université.« La formation académique de son personnel, l'accueil qu'elle fait aux stagiaires en ont fait un centre d'information, de recherches et d'interprétation tellement exceptionnel qu'elle assume maintenant une fonction que l'on reconnaît aux programmes de deuxième et troisième cycles.» Repenser la mission d'Hydro-Québec impliquerait-il aussi revoir celle de l'université ?de compensations financières, serait hautement souhaitable : « Les autochtones d’aujourd’hui ne sont pas tous destinés à la chasse et à la pêche, pas plus que les Canadiens français des années 1920 à 1950 n’étaient voués à l’agriculture et aux professions libérales », dit-il.Leur participation aux décisions concernant les ressources de leur région et leur exploitation serait à coup sûr bénéfique, voire incontournable.Pierre Dansereau reste convaincu que nous pourrions signer un nouveau pacte avec les autochtones.D’ailleurs, il s’agit là de conditions essentielles pour relever le défi du Nord québécois.Un défi à travers lequel Hydro-Québec pourrait jouer un rôle majeur.Un défi pour les 50 prochaines années ?• Danielle Ouellet est docteure en histoire des sciences.Le monoxyde d'azote : un gaz vedette chez les biologistes Encore controversée, la théorie selon laquelle le monoxyde d’azote jouerait un rôle essentiel à la vie gagne de plus en plus de biologistes.Sans ce gaz qui agirait comme neurotransmetteur, nous serions, soutiennent maintenant plusieurs neurologues, tous malades, hypertendus, amnésiques et impuissants.Québec Science fait le point sur le sujet.L'école de l'an 2000 : quels élèves ?quels enseignants ?quel enseignement ?Initiatives en faveur de la réussite scolaire, lutte au décrochage, perfectionnement des enseignants, réforme de l’enseignement collégial, le monde de l’éducation est en pleine effervescence.Les sciences de l’éducation aussi.Quelle pédagogie cela nous promet-il, en particulier en enseignement des sciences ?Un reportage qui vous fera voir la rentrée scolaire d’un autre œil.Un pou d'âcfîfdâ le pare - 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