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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1996, Collections de BAnQ.

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Québec L'auto virtuelle prend la route ER l-^i BNQ l'une galaxie Le secret [les cellules ! conquistadors »' •e bras droit le Jacques Forest t 6 autres succès le la recherche luébécoise volume 34, numéro 5 Février 1996,3,95 $ %'11 # iô* 4>î v.Si -yn / Tl! K i*4 nc»Mu]f ictioh ?il 9 77333301994902 - ¦’^i‘ r • - ( -)• < I MiMiirairPi^v as mis ami R eu importe ce qui arrive, une chose restera toujours vraie, vous êtes ce que vous savez.C'est une évolution constante, chaque jour vous en apprenez un peu plus.Et le lieu privilégié pour apprendre plus restera toujours l'université.Une université de qualité qui vous offre l'environnement essentiel à l'épanouissement de toutes vos ambitions, une université dont la réputation repose sur la compétence de chacun de ses diplômés, une université comme l'Université de Montréal.Les demandes d'admission sont acceptées jusqu'au i" mars Université de Montréal Venez voir tout ce qu'il y a à savoir à l'Université de Montréal! 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L’Institut de recherche en biotechnologie vous le tend.En affaires, la qualité de votre partenaire ne fait aucun doute.Il doit être jeune mais avoir assez d’expérience pour être digne de confiance.Capable de s’investir dans le travail tout en partageant les risques.Imaginatif sans pour autant se montrer intransigeant.Enfin, productif tout en ayant l’esprit d’équipe.Chef de file de la recherche en biotechnologie au Canada, l’IRB est le collaborateur idéal pour votre entreprise.Parce que nous jouons un rôle clé dans le développement technologique des secteurs pharmaceutique, des bioprocédés et de l’environnement, nous vous offrons ce qu’il y a de mieux: des équipes multidisciplinaires, des équipements de pointe, des formules flexibles de collaborations.Informez-vous dès maintenant de nos capacités de recherche: (514) 496-6374 Institut de recherche en biotechnologie 6100, av.Royalmount Montréal (Québec) H4P 2R2 Télécopieur: (514) 496-5007 Institut de recherche en biotechnologie ¦ Conseil national National Research ^ H ” H de recherches Canada Council Canada %iMf WTfll#r Actualités La vie parfaite Met Mme Davis sont rassurés.Leur poupon naîtra dans quelques semaines et il est « garanti » sans .cancer du côlon.En effet, les Davis avaient demandé et obtenu — et il s’agit là d’une première en médecine — que l’on vérifie si l’embryon conçu in vitro était porteur d’une anomalie, la polypose adénomateuse colique familiale.Si cela avait été le cas, le nouveau-né aurait eu quatre chances sur cinq d’être atteint du cancer du côlon après 40 ans.Certes, le dépistage d’un gène qui cause directement une maladie comme la fibrose kystique ou la dystrophie musculaire peut éviter bien des drames.Mais cette fois on va peut-être trop loin en décidant du sort d’un embryon en fonction de ses prédispositions génétiques.Où sont les garde-fous pour empêcher un quelconque dérapage vers l’épuration génétique ?Les progrès de la recherche en génétique sont prodigieux.(Les lecteurs peuvent d’ailleurs le constater : 3 des 10 découvertes de l’année de Québec Science — incontestables sur le plan éthique celles-là — touchent le monde des gènes.) Au rythme où ces progrès et ces découvertes se font, il est compréhensible que plusieurs aient peine à suivre et à mesurer leur impact social et éthique.C’est d’ailleurs pourquoi, en 1990, la Commission de réforme du droit du Canada (dissoute depuis) réclamait la création d’un Conseil sur l’éthique biomédicale.Son rapport a été mis sur les tablettes.La Commission Baird sur les nouvelles technologies de reproduction a également produit un rapport sur le sujet.Un rapport qui ne cassait rien.La ministre fédérale de la Santé, Diane Marleau, s’est limitée par la suite à imposer un moratoire sur neuf utilisations de techniques de reproduction et de techniques génétiques.Mais aucune balise éthique à propos du dépistage génétique chez les embryons n’a été définie.Le droit de savoir si un embryon est porteur d’un gène pernicieux peut se justifier.Mais où tout cela commence et, surtout, où tout cela va finir ?Il est urgent pour les autorités d’envoyer des signaux très clairs à ce sujet.Pour le reste, on peut bien laisser faire la vie.Porté disparu Le doyen des magazines québécois de vulgarisation scientifique, Forêt conservation, a cessé de paraître cet automne.Cet épisode nous rappelle combien les revues scientifiques spécialisées sont des espèces fragiles.Et comme elles, il faut leur allouer des fonds publics pour leur permettre de se faire une place dans le (trop) petit marché du Québec.Après tout, ce n’est certainement pas dans les revues de la presse étrangère qu’on peut lire des articles de fond sur l’actualité scientifique d’ici ! Il reste maintenant à espérer que la future politique scientifique du gouvernement québécois, qui devrait être divulguée dans quelques semaines, en tienne compte.Raymond Lemieux 11 Bactéries : le retour du pendule Même si certains microbes résistent aux antibiotiques, le prix qu’ils paient pour y arriver est très élevé.Trop, peut-être, selon les lois de l’évolution.par Anne Vézina 7 Jean-Marie Leclerc, chercheur de l'année Nommé chercheur de l’année par l’équipe tes Années-lumière de la radio de Radio-Canada, l’hématologue-oncologue Jean-Marie Leclerc est la bougie d’allumage du Centre de cancérologie Charles-Bruneau.par Normand Grondin 9 Le virtuel prend la route Elle ne sera pas exposée au prochain Salon de l’auto, mais elle est en voie de devenir la coqueluche des ingénieurs chez Ford, GM, Volvo, Volkswagen et les autres : l’automobile virtuelle.par Stéphan Dussault 12 À qui profite le krill?Petit crustacé répandu dans l’estuaire du Saint-Laurent, le krill est le plat de résistance des mammifères marins.Toutefois, il semble plus rare qu’avant.Pourquoi ?par Claude DAstous ?;3li K w ' 14 Chronique Internet Comment monter sa page Web par Jean-Hugues Roy 16 Nouvelles brèves Chroniques 45 Innovations technologiques par l Agence Science-Presse 46 Dimension cachée Dans le coffre à outils par Raynald Pepin 48 Science et culture La vie d'un héros par Bernard Boulad À l'agenda 49 Livres 50 Entrevue avec.David Cohen Il faut revoir la psychiatrie par Rachel Duclos 4 Québec Science / Février 1996 :vXv!\v,Yi'.'vVX\ Dossier C'est pas demain la veille ! Les 10 découvertes de Tonnée La tournée annuelle de Québec Science dans les laboratoires de recherche ! Voici 10 découvertes qu'on y a réalisées et qui nous ont paru des plus surprenantes.Un dossier d’Isabelle Montpetit aidée à la recherche par Marie-Noëlle Marie 26 Géologie L'origine des continents Pour la première fois, on a vérifié comment le mouvement des plaques tectoniques a créé les continents.C'est en Abitibi que la découverte a été faite.Astronomie Comment peser une galaxie On a pesé la galaxie DDO 154.Un précédent.Et DDO 154 pourrait révéler bien d'autres choses aux astronomes.30 Santé Mongolisme : un meilleur dépistage Une méthode sécuritaire permettrait de vérifier si les jeunes femmes enceintes risquent de donner naissance à un enfant trisomique.31 Médecine Des cellules pour soulager les grands brûlés Après le don du sang et le don d'organe, on pourrait faire un don de peau pour aider les grands brûlés.Biologie moléculaire La vie sexuelle des levures Le mécanisme de reproduction des levures a été décortiqué.Farfelu ?Il pourrait nous en apprendre beaucoup sur le rôle joué par les gènes.33 Physique La conspiration des électrons Des nouveaux venus en physique : les skyrmions.Ils confèrent un nouvel état à la matière.36 Mathématiques Jack et les deux Luc Les principes de la physique théorique volent au secours des mathématiques qui à leur tour servent à décrire des phénomènes physiques.Un bel exemple d'interdisciplinarité.38 Génie médical Le bras droit de Jacques Forest Atteint de dystrophie musculaire, Jacques Forest a bricolé une prothèse qui a transformé sa vie.Cancérologie Le secret des cellules « conquistadors » Deux gènes sont associés au développement des cellules cancéreuses.Ce qui pourrait conduire à concevoir une arme thérapeutique pour combattre les métastases cancéreuses.40 Neurologie Embouteillage dans les neurones Sur l'autoroute des fibres nerveuses, c'est une accumulation de neurofilaments qui provoquerait la sinistre sclérose latérale amyotrophique.Voyager dans le temps science ou fiction ?Théoriquement, on sait déjà comment voyager dans le futur.C’est le passé qui pose problème.Dommage pour les nostalgiques.par Félix Légaré F.D., un cas ^ I d'immaculée conception ?Un petit Écossais a été, en partie, conçu par parthénogénèse.Même si on sait que l’Esprit saint n’y est pour rien, le phéno-mème découvert cet automne déroute encore les biologistes.par Michel Groulx 1995, la revue de l'année En vedette : le télescope Hubble, les bâtisseurs de la première station spatiale internationale et les merveilleuses fresques peintes il y a 30 000 ans dans la grotte de Chauvet, en France.par Isabelle Montpetit Québec Science / Février 1996 5 Courrier Billy the Gates Au sujet de l’article de Jean-Hugues Roy sur Bill Gates (numéro d’octobre), Claude Grenier, de Brossard, nous dit qu’il n’a rien contre le contrôle du marché par Microsoft, bien au contraire.« Je travaille comme pigiste et rêve du jour où tous ceux avec qui je dois écha7iger des fichiers auront le même système d’exploitation, le même logiciel de traitement de texte, voire les mêmes polices de caractères.Et Microsoft dominera tout ?Tans pis pour la sacro-sainte concurrence, et tant mieux pour nous ! « De toute façon, il faut se rendre à l’évidence : il est inutile d’essayer de concurrencer Bill Gates ! Il n’y a plus assez de cerveaux.Microsoft les engage tous ! » Donnez-nous vos commentaires ! Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514) 843-4897.Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Bouchon de communication Jean-Pierre Séguin, employé d’Hydro-Québec, croit aux vertus du télétravail et estime que l’Internet est l’outil idéal pour en favoriser l’implantation graduelle.« Le télétravail, mariage de raison entre télécommunications et travail à domicile, permettrait aux cols blancs d’améliorer leur productivité et leur qualité de vie à l’abri des éléments naturels.Les travailleurs de bureau n’auraient plus à utiliser leur “char” quotidiennement », ce qui réduirait la congestion automobile sur les ponts et les dépenses d’entretien du réseau routier.Par contre, ü estime que l’augmentation astronomique du nombre d’internautes augmenterait le risque de débordement du réseau de télécommunications.À quand le premier bouchon électronique ?Œil de lynx Yves Grenon, de Montréal, a littéralement épluché le numéro de novembre de Québec Science d’un couvert à l’autre, dépistant d’un œil expert les (rares !) erreurs qui pouvaient s’y trouver.C’est ainsi qu’il nous fait remarquer que dans l’article sur le moteur-roue électrique, c’est l’administration américaine du président Nixon, et non celle de Johnson, qui a voté en mai 1969 une loi qui devait rendre hors-la-loi le moteur à combustion interne.dès 1975.Il fait également remarquer que la photo d’une main radiographiée que nous utilisons pour illustrer l’article de Danielle Ouellet sur les rayons X ne représente pas la toute première radiographie, comme le mentionne la légende.La véritable première radiographie représentait une main — ceOe de Mme Rôntgen, femme de l’inventeur — qui portait une bague.Il affirme aussi que nous avons commis une erreur en écrivant qu’il y avait moins de chercheurs présents sur le continent Antarctique durant l’été que durant l’hiver.Mais, dans ce cas, notre lecteur doit oublier qu’en Antarctique les mois de juillet et d’août sont les plus froids de l’année; c’est, en fait, l’hiver là-bas.Ce qui ex plique pourquoi les chercheur « émigrent » vers le nord durant cette période._ Suivez toujours le guide.Six mois après son arrivée sur le marché, le Guide Interne) nous vaut encore de nombreux commentaires positifs.Pour ceux qui voudraient se le procurer, mentionnons que des exemplaires de la deuxième édition sont toujours disponibles en kiosque, en librairie et aux bureaux de Québec Science.nce CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue De La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 courrier@QuebecScience.qc.ca DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, Jean-Marc Fleury, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Sarah Perreault, Pierre Sormany, René Vézina Collaborateurs : Bernard Boulad, Claude D'Astous, Rachel Duclos, Stéphan Dussault, Michel Groulx, Félix Légaré, Marie-Noëlle Marie, Isabelle Montpetit, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Jean-Hugues Roy et Anne Vézina lllustrations/photos : Marc Cuadrado, Laurent Leblanc, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique : Film-O-Progrès Impression : Interweb COMMERCIALISATION Promotion : Hélène Lapointe Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger 1 an (10 numéros) 37,60$ 48,00$ 2 ans (20 numéros) 64,95$ 86,00$ 3 ans (30 numéros) 89,91 $ 125,00$ A l’unité 4,50$ 5,25$ Groupe (10 ex./ même adresse) 34,19$ Non disponible ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Communications Publi-Services inc.1, rue Forget, Saint-Sauveur (Québec) JOR 1R0 Géraldine Richard, Jean Thibault Tél.: (514) 227-8414 Télec.: (514) 227-8995 RÉDACTION Téléphone : (514) 843-6888 Télécopieur : (514) 843-4897 Pour abonnement et changement d’adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs I entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1996, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans VIndex des périodiques canadiens.© Copyright 1996 - La Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Quebec Science reçoit l'aide financière du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) ?Gouvernement du Québec Ministère de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie 1*1 Industrie Canada Industry Canada Membre de : The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit sur cassette par l'Audiothèque, pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : (418) 627-8882 ^6 6 Québec Science / Février 1996 aaitiiè Misait inÉpdmil itltalk Actualités ellaiÉ IkCtp mm é.iuiïH toujours ItlHtWt îJtliiW lisait» utiiai® p# F»«» fis» els® nuiirip I [Si£ tijid'lt» ifi- .SRI?1™ Lorsque le docteur Jean-Marie Leclerc a joint les rangs de l’hôpital Sainte-Justine, en 1985, l’institution était reconnue d’un bout à l’autre du pays pour la qualité de ses traitements contre le cancer.Mais Sainte-Justine, le deuxième établissement pour enfants en importance au Canada et l’un des plus gros en Amérique du Nord, n’était pas « sur la carte » de la recherche.Ni clinique, ni fondamentale.« Sainte-Justine faisait ses affaires dans son coin, se rappelle l’hémato-logue-oncologue.Elle n’occupait certainement pas la place qui lui revenait.» En janvier 1995, au moment même où des portes se ferment un peu partout dans le réseau de la santé, Sainte-Justine ouvre celles du Centre de cancérologie Charles-Bruneau.Un pavillon de cinq étages spacieux et doté d’équipements high tech, où cohabitent des chercheurs, des cliniciens et des patients et où la recherche occupe à plein temps une soixantaine de personnes.Jean-Marie Leclerc, chef des activités cliniques et fondamentales du Centre, est l’un des grands responsables de ce succès.C’est lui qui a orches- Jean-Marie Leclerc, chercheur de l'année Le docteur Jean-Marie Leclerc, directeur du programme d'oncologie du Centre de cancérologie Charles-Bruneau de l'hôpital Sainte-Justine, a été choisi chercheur de l'année par l'émission Les années-lumière de la radio de Radio-Canada.Un coup de chapeau bien mérité.par Normand Grondin Jean-Marie Leclerc « Il ne faut jamais g oublier pour qui on 1 travaille : les ï enfants.» ai ___________ WÊÊÊÊÊÊÊKÊ (Z tré les efforts de Sainte-Justine pour devenir membre à part entière des deux plus importants groupes nord-américains de recherches cliniques sur le cancer pédiatrique — le Pediatric Oncology Group (POG) et le Children Cancer Group (CCG).Un must pour tous ceux qui espèrent suivre la cadence infernale des développements en recherche clinique et fondamentale.C’est également lui qui a recruté une équipe de chercheurs en leur démontrant que Sainte- Justine faisait maintenant partie des ligues majeures.« On avait le devoir de tout faire pour donner les meilleurs traitements à nos enfants, dit-il.Et c’est ce qu’on a fait.» Jean-Marie Leclerc parle vite, marche vite et consulte sa Québec Science / Février 1996 7 Actualités montre fréquemment.Il ne descend pas les escaliers, il les dévale.Puis, il remonte les marches deux par deux, sans reprendre son souffle.En entrevue, il veut tout expliquer d’un trait.Et il rappelle constamment que tout cela — le Centre, les recherches, les ententes avec les institutions américaines, les succès médicaux — n’aurait jamais été possible sans un travail d’équipe.La « cause » doit passer avant tout, insiste-t-il, en ajoutant qu’il ne faut jamais perdre de vue qu’on ne travaille pas seulement pour guérir des en- TVA et père de Charles Bruneau, décédé en 1988 d’une leucémie.Il voit dans le jeune médecin « un humaniste doublé d’un fonceur ».Et quel fonceur ! Dans les semaines qui ont suivi la célèbre « affaire Poisson », au début de 1994, Jean-Marie Leclerc s’est retrouvé malgré lui dans l’eau chaude en apprenant par des collègues que le National Institute of Health (NIH), qui surveille les milieux de recherche américains, considérait les chercheurs de Sainte-Justine guilty by association, parce que, tout comme le docteur « On est quand même passé au travers sans aucun pépin », se rappelle-t-il avec satisfaction.Jean-Marie Leclerc a commencé sa carrière en recherche à l’Hôtel-Dieu de Montréal, en 1978.Puis, il se déniche un poste en laboratoire à FUniversité de Caroline du Nord, à Chapel Hill.Lui, un M.D., se retrouve parmi un groupe de Ph.D.qui travaille sur la purification d’enzymes.C’est là qu’il apprend que le travail de recherche fondamentale n’est pas seulement important.mais également « frustrant et ingrat ».« Quand Jean-Marie Leclerc a su rallier une équipe de chercheurs qui a permis au Centre Charles-Bruneau d'entrer dans les ligues majeures de la recherche en oncologie.fants, mais pour guérir tous les enfants.« C’est notre bulldozer », explique le docteur Jocelyn Demers, fondateur du Centre.Après avoir travaillé d’arrache-pied pour trouver les 19 millions de dollars nécessaires pour créer le pavillon (90 % des fonds proviennent de dons privés, un exploit en soi !), Jocelyn Demers a finalement passé le flambeau à celui qui le secondait depuis plusieurs années.Un choix qu’il ne regrette pas.« Jean-Marie ne démissionne jamais, dit-il, et devant un obstacle, il ne s’arrête pas, il passe tout simplement au travers ! » « C’est notre Jocelyn Demers II », ajoute en riant Pierre Bruneau, journaliste à Poisson, ils étaient francophones, affiliés à l’Université de Montréal et membres du POG ! « Ça n’avait pas de bon sens, dit-il.J’avais tout mis là-dedans, mon coeur, mes jours et mes nuits.Et ça risquait de s’effondrer.» Il a donc demandé très rapidement une vérification du NIH, une procédure très stricte de contrôle des pratiques de recherche.Quelques semaines plus tard, ils seront les premiers membres du POG à passer à l’inspection.Sauf que le NIH n’y est pas allé de main morte : en plus des vérificateurs réguliers, il a engagé une firme privée pour surveiller le travail des vérificateurs.Des inspecteurs d’inspecteurs ! tu travailles pendant des mois à purifier une enzyme pour t’apercevoir finalement que tu l’as tellement purifiée qu’elle ne fonctionne plus, c’est très décourageant.» De retour au Québec, il travaille encore quelques années en recherche fondamentale à Sainte-Justine, puis s’engage dans le gros projet du docteur Demers.Il amène rapidement l’institution à conclure plusieurs ententes avec les principaux centres de recherche américains, dont le Dana Faber Cancer Institute et le St.Jude Research Hospital, deux Mecques de la recherche en cancer pédiatrique.Les résultats ne se font pas attendre.Par exemple, entre 1985 et 1989, Sainte-Justine traite 125 enfants atteints de leucémie lymphoblastique avec un taux de survie, 6 ans après le diagnostic, de 50 %.Après l’adhésion au protocole de traitement du Boston Group pour ce type de leucémie, le taux de survie des 173 enfants traités bondit à 90 % ! Avec l’ouverture du Centre Charles-Bruneau, c’est un de ses vieux rêves qui commence à se réaliser.« J’ai été formé en hémato-oncologie adulte, dit-il, et j’étudiais en espérant pouvoir faire un jour de la recherche fondamentale.Je voulais comprendre pourquoi l’être humain développe des tumeurs et pourquoi les médecins ne guérissent pas tous les patients tout le temps ! C’était un peu simpliste, mais c’était mon rêve.» Aujourd’hui, il prépare le terrain pour la deuxième étape du projet du Centre : développer le secteur de la recherche fondamentale.« Je veux prouver qu’on n’a pas besoin d’attendre les Américains pour avancer et qu’on a ici le génie qu’il faut pour le faire.» Mais il sait également que, pour y arriver, il doit d’abord parvenir à attirer et à garder des chercheurs.Et jusqu’ici, il a atteint son objectif, disent ses proches collaborateurs.« Un de ses grands talents, pense le chimiste Richard Béliveau, qui travaille avec le Centre sur les mécanismes associés à la résistance à la chimiothérapie, c’est d’avoir réussi à faire le pont entre les chercheurs et cliniciens.» « Jean-Marie sait combien la barrière est haute entre les deux groupes, constate Daniel Synett, généticien et l’un des assistants du directeur.Mais il a quand même réussi à mettre tout le monde sur le même pied.» L’été dernier, le Centre a mis en branle un projet de recherche qui devrait s’échelonner sur une période d’au moins H il l G bt» biaftî fcmifÉ ifcl ïif.t'j'i ' Ifïflt % 8 Québec Science / Février 1996 Actualités ! cinq ans.On tente de vérifier s’il existe des prédispositions héréditaires au développement d’un cancer.Les chercheurs essaient donc d’identifier des gènes qui pourraient indiquer qu’un individu court des risques de développer certaines formes de cancer.Une partie des travaux seront réalisés en collaboration avec des chercheurs du Saguenay— Lac-Saint-Jean, une région où les familles présentent, pour les scientifiques, d’intéressantes particularités sur le plan génétique.À plus long terme, explique Jean-Marie Leclerc, on espère arriver à mettre au point, avec des collègues américains, une thérapie génique ou un vaccin contre le cancer.Mais prévenir le cancer, alors qu’on a toutes les peines du monde à le guérir, est-ce vraiment possible ?Tout récemment, rappelle-t-il, on a démontré en laboratoire, avec certains modèles, qu’il était possible d’empêcher la formation d’un cancer chez les animaux en modifiant leur bagage génétique.Et qu’on pouvait même diminuer leur sensibilité à certaines formes de la maladie en les immunisant grâce à un vaccin fait à partir de leurs propres cellules tumorales.Mais il faut maintenant fame la démonstration que cela pourrait fonctionner chez les humains.« Un jour, espère-t-il, il sera peut-être possible de mettre au point des cellules génétiquement parfaites pour prévenir tel ou tel type de cancer.Ainsi, à la naissance, on pourra suggérer aux parents d’un enfant chez qui on aurait détecté une prédisposition à un cancer de simplement le faire vacciner.» Si jamais la médecine nous permet de nous rendre jusque-là, Jean-Marie Leclerc pourra crier victoire : comme il l’aura souhaité, tous les enfants pourront guérir du cancer.• Automobile Le virtuel prend la route La recette de l'automobile virtuelle est l'un des secrets les mieux gardés de l'industrie.Mais, en insistant, notre collaborateur a réussi à mettre le pied dans la porte d'entreprises comme Volvo, Mercedes-Benz et GM.par Stéphan Dussault Concevoir une automobile coûte une fortune.Ford, par exemple, a mis 3 ans et dépensé 3,7 milliards de dollars pour redessiner son modèle Taurus 1996.C’est pourquoi plusieurs grands constructeurs tentent maintenant d’abaisser leurs coûts de production en créant des prototypes virtuels.Ces véhicules en trois dimensions permettent aux ingénieurs d’en modifier les composantes à leur guise, d’en revoir les dimensions et d’en améliorer le design sans subir les contraintes de production liées à la construction d’un véritable prototype.Les investisseurs immobiliers utilisent déjà une technologie semblable pour visualiser les bâtiments qu’on s’apprête à construire.À l’aide de lunettes spéciales et d’une manette pour se diriger, ils peuvent visiter un édifice dans ses moindres recoins.Les couloirs ne sont pas assez larges ?Les fenêtres trop petites ?Pas de problème, on n’a qu’à modifier le plan avant de poser la première brique.Jusqu’ici, seul General Motors semble avoir réussi à appliquer cette technologie à grande échelle.Les modèles 1997 et 1998 de GM ont été en partie mis au point grâce à deux logiciels.Le premier, baptisé SurfSeg, transforme les Essai d'un prototype chez GM : seuls le volant et le siège sont réels, tout le reste est virtuel.données mathématiques en images 3-D, que les ingénieurs et les designers peuvent ensuite modifier sur l’écran de leur ordinateur.La plupart des grands fabricants utilisent un logiciel qui offre ce genre de possibilités.Le second, VisualEyes, un logiciel unique en son genre, a été mis au point par GM.Il permet aux concepteurs de prendre place dans un prototype presque entièrement imaginaire.Seuls le volant et le siège sont réels, tout le reste est virtuel.À l’aide d’un pistolet, ils peuvent choisir une pièce en particulier, la déplacer, la faire disparaître ou modifier sa couleur.GM travaille depuis trois ans sur VisualEyes.Randall C.Smith, informaticien au Technical Centre de GM à Détroit, admet que le logiciel n’est pas encore totalement au point, mais refuse de donner plus de détails.« On va bientôt réussir à éliminer la fabrication de prototypes aux étapes préliminaires des travaux », dit-il.Chez Mercedes-Benz, on croit que la réalité virtuelle permettra de réduire de moitié le temps de conception.En 1992, Chrysler, moins téméraire, estimait qu’une économie de 20 % serait déjà considérable.Car, qui dit prototype, dit Québec Science / Février 1996 9 Actualités aussi construction de matrices pour fabriquer chacune des pièces.Tout cela pour un produit qui, dans bien des cas, ne verra jamais le jour.« D’ici peu, plus rien ne pourra être mis en chantier sans l’aide de l’ordinateur », estime Bernd Hector, directeur du groupe Advanced Vehicle Design de Mercedes-Benz, situé à Sindelfmgen, en Allemagne.L’ambitieux projet du constructeur prévoit l’utilisation de la réalité virtuelle à toutes les étapes de production : élaboration des croquis, design des pièces, tests d’endurance et de précision et fonc- ¦¦¦ ; • Équipé d'un casque 3-D et de gants munis de senseurs, le client pourra tester plusieurs modèles de voitures sans quitter la bâtisse du concessionnaire.tionnement de systèmes complexes, comme la combustion de l’essence dans les cylindres, qui pourra être simulée en trois dimensions sur l’écran cathodique.Même les clients pourront bientôt se payer une balade fictive chez le concessionnaire ! Au centre de recherche de Mercedes-Benz à Berlin, huit ingénieurs se consacrent d’ailleurs exclusivement à ce projet.Si l’échéancier est respecté, dès 1998, il sera possible de conduire l’un de ces luxueux véhicules sur plusieurs kilomètres, sans même quitter la bâtisse du concessionnaire.Équipé d’un casque 3-D et de gants munis de senseurs, le client pourra choisir entre plusieurs modèles de voitures et le tester sur une route sinueuse ou encore sur une des fameuses autobahn allemandes.Le client pourra également enregistrer son expérience virtuelle sur disquette ou vidéocassette et revoir le tout à la maison, ajoute Frank Appenzeller, du département des ventes de Mercedes à Stuttgart.En fait, le constructeur projette de doubler le nombre de ses modèles d’ici cinq ans et espère ainsi alléger le travail de ses vendeurs et aider les concessionnaires dont la salle n’est pas assez grande pour présenter tous les véhicules.Mais est-ce qu’un essai virtuel sera suffisant pour Chez GM, on a réussi a transformer des données mathématiques en images de véhicules 3-D, que les ingénieurs et les designers peuvent ensuite modifier sur l'écran de leur ordinateur.convaincre un client ?Sachant, par exemple, que le programme n’est pas encore en mesure de simuler la tenue de route du véhicule.Qui donc voudra passer à la caisse sans avoir apprécié le comportement de la suspension ?« Ce serait bien d’avoir une plate-forme électronique pour que le conducteur puisse sentir la voiture », croit Dennis Saluâar, directeur du projet de réalité virtuelle chez Volvo, à Gôteborg, en Suède.Depuis 1992, le groupe de recherche Cognitive Ergonomics de Gôteborg tente d’améliorer la sécurité des voitures.Pas en ajoutant des barres de sécurité aux portières ou en améliorant les sacs gonflables, mais en tentant de mieux comprendre les réactions des automobilistes.Jusqu’ici, une soixantaine de cobayes ont emprunté la copie virtuelle d’une route de sept kilomètres qui se trouve non loin du centre de recherche.Pour que les conducteurs aient vraiment l’impression de faire corps avec le véhicule — une donnée essentielle si on veut vérifier leurs réactions avec précision —, on n’a rien ména- gé pour que l’effet soit le plus réel possible.Le champ visuel ; des lunettes 3-D peut couvrir 120° (notre champ visuel oscille entre 110° et 180°) et la résolution de l’image (1280 X 1024 pixels) est quatre fois supérieure à celle d’un écran d’ordinateur.Les résultats préliminaires montrent que cette technologie atteint un niveau de précision inégalé.En effet, une série i de senseurs branchés sur les membres du pilote permettent d’enregistrer tous ses mouvements, y compris ceux des yeux.De plus, les casse-cou peuvent s’en donner à cœur joie sans crainte de se blesser en prenant une courbe à une vitesse trop élevée, car même les tonneaux sont fictifs.Ces conditions sécuritaires permettent ainsi aux chercheurs d’entraîner les conducteurs dans des situations trop dangereuses sur une vraie route.Pourquoi ne pas utiliser un programme semblable pour former les apprentis conducteurs ?La simulation pourrait effectivement pallier plusieurs lacunes des écoles de conduite, ti conclut une étude préparée en £ 1995 par Mario Tétrault, Michel i Gou et Saed Ehsani, des ingénieurs de l’École de technologie supérieure et de l’École Polytechnique de Montréal.« Le développement d’un simu- f 10 Québec Science / Février 1996 Actualités J® te» J®!®8 àM lis*16 jiUlB*8 S(0* t#1®' -Smp [î«,® |**< )®ir,,, lateur, écrivent-ils, poui'rait aider l’apprenti conducteur à visualiser les trajectoires désirées entre les limites de la route, l’anticipation, la prédiction, et, indirectement, la dynamique du véhicule.» Quelques écoles de conduite suédoises sont intéressées à commercialiser ce genre de produit, dit Dennis Saluâar, qui croit que si elle était produite à grande échelle, cette technologie serait rentable.« Notre programme a été mis au point en trois ans et a coûté aussi peu que deux millions de dollars.» Au Québec, pour l’instant, aucune entreprise ne s’est montrée intéressée à développer cette idée.Il faut dire qu’il reste plusieurs problèmes techniques à régler.Et pas des moindres.Par exemple, il est toujours très difficile de générer plus de 20 images à la seconde, en comparaison avec la télévision qui nous envoie 30 images/seconde.Aussi, lorsque le paysage informatique défile à 130 km/h, on peut parfois percevoir l’enchaînement d’images.Soudainement, l’utilisateur se croit dans une vulgaire salle d’amusement vidéo.« Faire un juste compromis entre la qualité de l’image et l’interaction est l’un des problèmes informatiques les plus difficiles à résoudre », constate Dennis Saluaar.Dans l’ensemble, la mise au point des prototypes virtuels d’automobiles coûte très cher.Chez Volvo, on estime que les 3 géants américains — Ford, Chrysler et GM — ont, seulement en 1994, dépensé près de 20 millions de dollars en recherche et développement dans ce secteur.Alors que Volvo doit se contenter d’un budget annuel de 600 000 dollars.Mais ce n’est rien en comparaison des 150 millions de dollars que le Pentagone a investi afin de dessiner, simuler et tester sa nouvelle flotte marine.• Biologie Bactéries : le retour du pendule Certaines bactéries ont « appris » à se défendre contre les antibiotiques.On se demande maintenant si on ne pourrait pas donner un coup de pouce à celles qui n'y résistent pas.par Anne Vézina §: im < Sj&ü .• V-.YsJig#!- i .7,4 .,-v: : mmmM fit.,,v tir?*.'¦'¦J mmë ans l’euphorie qui a suivi la découverte des antibiotiques, on croyait avoir remporté la guerre contre les bactéries.Toutefois, l’utilisation des antibiotiques a favorisé l’émergence de bactéries qui pouvaient résister à ces potions miracles.Comme quoi les bactéries n’échappent pas aux lois de l’évolution.Toutefois, contrairement à une croyance populaire, l’évolution n’est pas le fruit de la survie du plus fort.Le succès ne se mesure pas en terme de temps passé en vie, mais en nombre de descendants.Les bactéries ne font pas exception.En éliminant les souches sensibles, les antibiotiques laissent le champ libre à la multiplication des bactéries qui avaient déjà dans leur bagage génétique les gènes de la résistance.Peut-on aujourd’hui renverser la vapeur et encourager le développement de souches sensibles aux antibiotiques ?C’est la question à laquelle s’attarde Rustom Antia, biologiste moléculaire à l’Université Emory à Atlanta, qui était récemment de passage au Québec.Il essaie de prédire, à partir d’expériences en laboratoire et de modèles mathématiques, l’évolution des microorganismes pathogènes.Bien que le modèle qu’il a mis au La bactérie Escherichia coli, que l'on voit ici, paie cher sa résistance aux antibiotiques.Comme elle, les bactéries qui résistent à un antibiotique se multiplient moins bien que celles qui y sont vulnérables.point sur la résistance aux antibiotiques ne s’applique pas à tous les types d’infections bactériennes, il permet d’explorer de nouvelles avenues de recherche.« Les biologistes de l’évolution, dit-il, se posent des questions auxquelles ne pensent pas les chercheurs des compagnies pharmaceutiques et les médecins.» En règle générale, on estime qu’en arrêtant d’utiliser un Québec Science / Février 1996 11 CNRI/Publiphoto Actualités antibiotique on va de nouveau favoriser les souches bactériennes sensibles à ce médicament, mais personne ne sait combien de temps cela pourrait prendre.Les travaux de Rustom Antia, menés en collaboration avec des chercheurs du groupe de Bruce Levin, de la même université, suggèrent que plus le « coût » associé à la résistance est élevé pour la bactérie, moins cela prendra de temps pour que les souches sensibles aux antibiotiques prédominent de nouveau.Ce coût, Véronique Perrot et Stephanie Schrag l’ont mesuré en observant la vitesse à laquelle se multipliaient des cultures d’Escherichia coli, une bactérie intestinale commune.Les deux chercheuses ont comparé la croissance de souches sensibles aux antibiotiques avec celle de souches résistantes à la streptomycine, à la spectinomyci-ne et à l’acide nalidixique.Dans deux cas sur trois, les bactéries résistantes se reproduisaient moins vite que les souches sensibles.Ce qui laisse croire qu’une partie de leurs ressources étaient détournées de la reproduction vers la résistance à l’antibiotique.Elles payaient donc un tribut plus élevé pour arriver à ce résultat.Rustom Antia donne l’exemple d’une bactérie qui lutterait contre un antibiotique, comme la pénicilline, en sécrétant une enzyme qui désactive l’antibiotique.La production de cette enzyme, dit-il, pourrait entraver, pour des raisons qu’on ne connaît pas, la capacité de la bactérie à se reproduire.Selon les résultats de Véronique Perrot et Stephanie Schrag, la bactérie Escherichia coli paie cher sa résistance à la streptomycine, c’est-à-dire que les bactéries qui résistent à l’antibiotique se multiplient moins bien que celles qui y sont vulnérables.Toutefois, le coût est nul pour les souches résistantes à l’acide nalidixique et intermédiaire pour celles qui résistent à la spectino-mycine.Parmi les trois possibilités testées, c’est donc la sensibilité à la streptomycine qui risque de réapparaître en premier.En dehors des laboratoires, on commence effectivement à observer l’apparition de souches sensibles à certains antibiotiques.La pénicilline, par exemple, est de nouveau efficace pour traiter certaines souches de la bactérie responsable de la blennorragie (gonorrhée).Mais dès qu’on va recommencer à utiliser un antibiotique, va-t-on encore se retrouver aux prises avec des souches résistantes ?Pas nécessairement, pense Rustom Antia.Du moins, si on est attentif à ne pas dépasser un certain seuil, c’est-à-dire à ne pas traiter avec le même antibiotique plus d’une certaine proportion des patients infectés.Ce seuil, le chercheur ne le connaît pas et il n’est même pas certain qu’il existe vraiment, même si son modèle mathématique en fixe un.Des données sur la prévalence des bactéries résistantes en fonction de l’utilisation des antibiotiques dans certains pays devraient toutefois donner du poids à cette hypothèse.Mais rien n’est gagné.Rustom Antia souligne que les bactéries peuvent également évoluer de façon à réduire le coût associé à la résistance aux antibiotiques.Avec les micro-organismes pathogènes, on peut espérer remporter des batailles, mais jamais la guerre.• 12 Québec Science / Février 1996 Environnement À qui profite le krill?Où va le krill, va la baleine.Or, cette année, bien des touristes ont vainement attendu les baleines à Tadoussac.Où donc était passé le krill ?par Claude D'Astous L9 an dernier, à Tadoussac, les amateurs de baleines étaient au rendez-vous.mais pas les baleines.Au début d’août, on ne comptait qu’une quinzaine de rorquals communs dans les eaux de l’estuaire.C’est que le krill, le plat de résistance des baleines, ne s’est pas présenté.En effet, les rorquals viennent passer l’été dans Testuaire du Saint-Laurent d’abord et avant tout pour se nourrir de ce petit crustacé translucide, long de quatre centimètres et semblable à une crevette.Or, lorsqu’il y a beaucoup de krill dans la région, c’est la fête, et les baleines viennent en grand nombre, comme c’était le cas durant l’été 1994.Mais s’il y a peu de krill, les mammifères ma- Petit crustacé translucide, long de quatre centimètres et semblable à une crevette, le krill semble aujourd'hui déserter l'estuaire du Saint-Laurent.rins restent au large de Tadoussac et des Escoumins.Pour l’instant, la quasi-désertion du krill demeure une énigme.D’autant plus qu’on ne connaît que peu de choses sur ces crustacés.On sait qu’ils sont grégaires et qu’une fois adultes ils s’assemblent en énormes bancs pouvant contenir des dizaines de millions d’individus.Ils ont aussi une sainte horreur de la lumière.Le jour, ils se protègent sous 50 à 200 mètres d’eau.La nuit, ils remontent à la surface pour se nourrir des algues microscopiques qui y prospè L pætM jiffii Isidi ¦^ta "% t% », L'hi Actualités rent.Le krill est aussi bioluminescent : s’il est dérangé, il produit de petits éclairs de lumière.On a répertorié 85 espèces de krill.Les deux plus courantes dans nos eaux sont le Meganyctiphanes nomegica, qui se tient à une profondeur d’environ 150 mètres, et le Thysanœssa raschi, que l’on rencontre à 75 mètres de profondeur.La distribution du krill dépend de la température, de la salinité de l’eau et du taux de lumière.« Le krill du golfe et celui de l’estuaire du Saint-Laurent ne quittent jamais le fleuve », dit Yvan Simard, chercheur à l’Institut Maurice-Lamontagne.Durant tout leur cycle, qui dure deux ans, soit de l’œuf aux différentes mues le menant au stade juvénile puis adulte, ils vivront dans les eaux salées du Saint-Laurent.Jeune, le krill se laisse flotter près de la surface de l’eau alors qu’adulte il préfère les eaux plus profondes.Une femelle pond 1 000 œufs au cours de sa vie et un seul de ces œufs deviendra un krill adulte.Pourquoi le krill s’assemble-t-il au large de Tadoussac ?Selon Yvan Simard, c’est une question de courants marins et de relief.Le krill se laisse porter par les courants.Or, si les eaux de surface du fleuve coulent vers la mer, c’est moins vrai des eaux de profondeur.Ainsi, des courants profonds d’eau froide remontent le Saint-Laurent jusqu’à Tadoussac.Ces courants suivent une vallée sous-mari-ne, le chenal laurentien, et entraînent avec eux des quantités importantes de krill.La fin de cette vallée sous-marine se trouve près de Tadoussac.À cet endroit, le plancher marin remonte brutalement, le chenal laurentien se termine en cul-de-sac et les courants s’échappent vers la surface.Mais le krill, qui craint la lumière, reste au fond.Il se retrouve donc piégé et s’accumule progressivement, au plus grand plaisir des baleines.On s’explique mal pourquoi il y a de bonnes et de moins bonnes années de krill.Peut-être est-ce la conséquence de bonnes et de moins bonnes années de reproduction.Ou d’un cycle biologique ou climatique qui s’étend sur plusieurs années.Ou encore de courants irréguliers qui, parfois, transportent le krill ailleurs, comme à Percé.En fait, le krill suscite beaucoup plus de questions — que de réponses.Le plus étudié des krills, YEu-phausia superba, que l’on retrouve au large de l’Antarctique, a d’ailleurs longtemps mystifié les chercheurs.Avant 1980, on croyait qu’il vivait à peine 2 ans : maintenant, on parle de 5 à 10 ans.On estimait également que la femelle pondait 2 000 œufs par année, alors qu’on s’est rendu compte que, pendant l’été austral, elle en pondait la même quantité presque chaque semaine.Quant aux œufs de YEu-phausia superba, ils ne flottent pas, ils coulent.Les espèces de nos régions pourraient bien, elles aussi, étonner nos chercheurs.Pourquoi les filets des scientifiques ne ramènent-ils parfois que des mâles ou des femelles ?Pourquoi le krill remonte-t-il parfois à la surface en plein jour, colorant la mer de rouge ?Est-ce que les adultes hibernent ?Le petit crustacé n’intéresse pas que les scientifiques.Les pêcheurs commencent aussi à le reluquer.En Antarctique, où on estime le poids total du krill à 1,35 milliard de tonnes, soit 5 fois la masse de la population humaine, on en pêche déjà 300 000 tonnes par année.Reste qu’il serait surprenant que les baleines du Saint-Laurent disputent un jour le krill aux filets des pêcheurs.D’abord, l’industrie touristique, par ricochet, en souffrirait.Moins de krill signifie moins de baleines et donc moins de touristes.Et puis, pêcher ce petit crustacé n’est pas une mince affaire.Comme il contient une grande quantité d’enzymes autolytiques qui contaminent rapidement sa chair après la mort, et que sa carapace est riche en fluor, le krill doit être traité en moins de trois heures pour la consommation humaine.Il faut du savoir-faire et un investissement important pour parvenir à ce résultat.Mais, surtout, le krill est presque à la base de la pyramide alimentaire.Le récolter, c’est priver de nourriture les espèces de poissons dont on souhaite un jour rétablir les stocks.Pour les pêcheurs, ce serait vraiment la prise du désespoir.• CD-ROM H U LT IME DIA Tout ce que avez toujours voulu savoir sur le corps humain ! 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Pro, HTML HyperEdit, HTML Writer, HTMLed, etc.Mais, de l’avis de tous ceux qui les ont essayés, aucun n’est parfait et l’apprentissage du HTML demeure la clé de la réussite pour réaliser un site qui sort de l’ordinaire.Cependant, la maîtrise du HTML ne suffit pas toujours.Il llfllt* .- • • ¦'."UH ïf/ii! A;1': Aï'ï fotfifS; «ip'ihi Désormais,VOUS pOU fT6Z voyager sur j ^ ^ q f fl G t Notre service GlobeTrotter vous ouvre toutes grandes les portes du monde Internet.Trois-Rivières I ~ H il À l’aide d’une longue aiguille qu’on insère dans le ventre de la mère, on prélève un peu du liquide dans lequel baigne le fœtus, puis on observe les cellules du fœtus au microscope afin de compter les chromosomes.Malheureusement, on ne peut pratiquer cet examen avant le deuxième trimestre de la grossesse.Et ce prélèvement comporte des risques.Dans environ un cas sur 400, l’amniocentèse entraîne une fausse couche ou des malformations congénitales chez le bébé.C’est pourquoi on la réserve aux femmes dont le risque d’avoir un enfant atteint de mongolisme est élevé.Ce risque augmente avec l’âge de la mère : à 20 ans le risque de mettre au monde un enfant mongolien est de 1 sur 1 500; à 35 ans, il est de 1 sur 385; à 40 ans, de 1 sur 110.Pour le moment, on ne pratique l’amniocentèse que sur les femmes de 35 ans et plus, car, à cet âge, le risque lié à l’intervention est à peu près équivalent au risque de donner naissance à un enfant trisomique.Toutefois, 3 fois sur 4, les enfants trisomiques naissent de femmes ayant moins de 35 ans, tout simplement parce qu’elles sont beaucoup plus nombreuses à enfanter.« Nous voulions élaborer une stratégie de dépistage qui s’adresserait à toutes les femmes, quel que soit leur âge, et qui s’appliquerait dès le premier trimestre de la grossesse », dit le docteur Jean-Claude Forest, qui a dirigé l’étude de l’Université Laval.Il fallait pour cela identifier d’autres facteurs permettant de déceler cette maladie.Ces facteurs existent.Ainsi, pendant la grossesse, plusieurs substances sont produites par le placenta et se retrouvent en petites quantités dans le sang de la mère.Lorsque le fœtus est trisomique, certaines de ces substances sont trop abondantes, d’autres pas assez.Un bon nombre d’entre elles n’apparaissent qu’au deuxième tri- 30 Québec Science / Février 1996 mestre alors que quelques-unes sont présentes dès la neuvième semaine de grossesse.Ce sont en quelque sorte des marqueurs de la trisomie 21.Cependant, avant d’en arriver au test diagnostique, il faut réussir à démontrer que l’abondance de ces marqueurs dans le sang d’une femme peut réellement être associé à la maladie.C’est l’objectif que s’est fixé le docteur Forest et son équipe.Les chercheurs ont donc prélevé du sang à plus de 14 000 femmes enceintes de moins de quatre mois.« Un véritable travail de fourmis », se rappelle Jean-Claude Forest.Les échantillons ont ensuite été congelés en attendant l’issue de la grossesse.En tout, 18 bébés trisomiques sont nés, et l’analyse des échantillons de sang de leur mère a révélé qu’ils contenaient tous des quantités anormales des marqueurs de la trisomie 21.Mais attention ! Même si le sang de la mère comporte de tels marqueurs, cela ne signifie pas automatiquement que l’enfant est mongolien.« Cela nous permet plutôt de calculer plus précisément le risque », précise Jean-Claude Forest.Le calcul de ce risque tient compte de l’âge de la mère et de la quantité de chacun des marqueurs dans son sang.Par exemple, à l’âge de 20 ans, le risque mathématique d’avoir un enfant trisomique est de 1 sur 1 500.Mais si le sang de la femme contient des quantités anormales de marqueurs, le risque peut passer à 1 sur 200.On recommandera alors une amniocentèse pour vérifier si l’enfant est trisomique.À l’inverse, une femme de 35 ans pourra voir son risque réduit à 1 sur 1 000 si les marqueurs sont en quantité normale.Elle pourra donc éviter l’amniocentèse.Le docteur Forest estime qu’il pourrait détecter 60 % des cas de trisomie 21 avec une prise de sang au premier trimestre et une recommandation d’amniocentèse aux femmes dont le risque est élevé.Actuellement, avec l’amniocentèse seulement, on ne détecte que 25 % des fœtus trisomiques.Selon lui, si les résultats de cette étude sont confirmés, le test diagnostique de la trisomie 21 au premier trimestre sera offert au public d’ici deux ans.Entre-temps, d’autres marqueurs pourraient être utilisés.Son équipe tente, par exemple, de recueillir des cellules du fœtus directement dans le sang de la mère, au lieu de passer par le liquide amniotique.On s’intéresse aussi au pli de la nuque, plus prononcé chez les fœtus trisomiques, qui pourrait éventuellement être perçu lors de l’échographie.« Notre objectif ultime, dit Jean-Claude Forest, est de diagnostiquer 80 % des cas de trisomie au premier trimestre.» • Médecine Une découverte importante, car elle pourrait réduire considérablement les souffrances des grands brûlés Des cellules pour soulager les grands brûlés Tout comme on peut faire un don de sang, il sera peut-être bientôt possible de faire un don de peau aux grands brûlés.Jusqu’au début des années 80, une personne dont la peau était brûlée à plus de 50 % était vouée à une mort presque certaine.Aujourd’hui, à partir d’un petit fragment de peau intacte d’un grand brûlé, on réussit à fabriquer plusieurs mètres carrés d’épiderme qu’on peut ensuite lui greffer.Mais il faut attendre des semaines, voire des mois, avant d’obtenir suffisamment de peau pour couvrir toutes les brûlures.Des semaines de souffrance intense pour le patient, sans compter de graves risques d’infection et de déshydratation.D’ailleurs, 10 % des grands brûlés ne survivent pas à cette attente.Une découverte de l’immunologiste Mahmoud Rouabhia et de ses collègues du Laboratoire de recherche sur les grands brûlés à Québec pourrait permettre de réduire considérablement ce délai si on réussit à l’utiliser chez l’humain.En effet, en mélangeant différents types de cellules de souris, les chercheurs ont réussi à produire et à greffer de l’épiderme beaucoup plus rapidement qu’avec la méthode classique.Normalement, pour fabriquer de l’épiderme de culture, il faut prélever sur le patient un morceau de peau saine de la taille d’un timbre-poste.On sépare ensuite les cellules les unes des autres et on les place dans un cocktail de substances nutritives et d’hormones qui stimulent leur prolifération.Après plusieurs jours, le fond du flacon est recouvert d’un feuillet d’épiderme qui ressemble à un mouchoir de papier mouillé.On sépare de nouveau les cellules de ce feuillet, on les répartit dans plusieurs flacons et on répète cette procédure jusqu’à l’obtention de plusieurs dizaines de feuillets d’environ 50 centimètres carrés chacun.L’équipe de Mahmoud Rouabhia a légèrement modifié cette technique.Ils ont mélangé des cellules d’épiderme de deux souris différentes avant de les mettre en culture.Ils ont pu greffer sur une souris de l’épiderme qui contenait jusqu’à 75 % de cellules allogéniques, c’est-à-dire qui provenaient de la peau d’une autre souris.De plus, il a fallu quatre fois moins de temps pour produire cet épiderme de culture qu’avec la technique habituelle ! Pendant longtemps, on a tenté de greffer aux grands brûlés de la peau allogénique provenant de cadavres humains, ou encore de la peau de porc.Ce type de greffe tient quelques jours sans être rejeté, car le système immunitaire d’un grand brûlé est très affaibli.Mais le corps finit par se ressaisir, et il détruit cette peau d’origine étrangère.Le système immunitaire des souris se débarrasse lui aussi d’un épiderme qui ne contient que des cellules allogéniques.Mais la présence d’un petit nombre de Québec Science / Février 1996 31 10 découve Les 10 découvertes de cellules de la souris hôte suffit à retarder ce rejet.En fait, Il ou 12 jours après la greffe, les cellules allogéniques disparaissent et sont remplacées par les cellules de la souris hôte.« Notre procédé semble duper le système immunitaire des souris », constate le docteur Mahmoud Rouabhia.Il soupçonne qu’après la greffe les cellules allogéniques produisent des substances qui stimulent la prolifération de leurs voisines.« Lorsque le système immunitaire est activé, les cellules allogéniques ont déjà joué leur rôle et peu- Biologie moléculaire Une découverte importante, car elle aide à comprendre le langage des cellules Lo vie sexuelle des levures vent alors être éliminées », ajoute-t-il.Si cette technique fonctionne chez l’humain — et cela reste à démontrer —, on pourrait mettre sur pied des banques de cellules d’épiderme humain.Lorsqu’un grand brûlé aurait besoin d’une greffe d’épiderme, on prélèverait un fragment de sa peau pour isoler ses cellules, on y ajouterait des cellules allogéniques de la banque et on mettrait le tout en culture de façon à obtenir rapidement des feuillets d’épiderme à greffer.« Plus on pourra faire la greffe rapidement, plus on réduira les risques d’infection et de perte de liquide », conclut le docteur Mahmoud Rouabhia.• Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la sexualité de la levure.et ses étranges relations avec les gènes ! « S h'- La maîtrise des intangibles LEGER ROBIC RICHARD Avocats ROBIC i quelqu’un m’avait dit il y a quelques années qu’une compagnie pharmaceutique s’intéresserait un jour à la sexualité des levures, je lui aurais ri au nez », s’exclame le généticien David Thomas, de l’Institut de recherche en biotechnologie de Montréal.Pourtant, la multinationale britannique Glaxo finance aujourd’hui une partie de ses travaux, qui visent à comprendre comment la levure réagit aux phéromones, des signaux qu’émet son partenaire avant l’accouplement.Et les recherches portent fruit : l’équipe de David Thomas a identifié cette année des étapes cruciales du déclenchement de l’activité de certains gènes par ces signaux d’accouplement.En fait, les compagnies pharmaceutiques veulent comprendre comment une cellule répond à un signal extérieur, une hormone, par exemple.En effet, un grand nombre de nos gènes semblent associés à la communication entre cellules.« Environ 17 % des gènes connus jouent un rôle dans l’émission et la réception de signaux », affirme David Thomas.Certaines maladies pourraient être causées par des défectuosités de ces gènes.Mais pourquoi étudier la levure ?Ce n’est après tout qu’un champignon primitif sans aucun raffinement ! N’empêche que la plupart des êtres vivants partagent un grand nombre de gènes avec la levure.Y compris l’espèce humaine ! C’est une des coquetteries de l’évolution.« La levure est peut-être une cellule idiote, mais elle donne toutes les réponses », répond David Thomas, qui se défend bien d’être chauvin.Il est vrai que la levure a plusieurs avantages.D’abord, chaque individu est composé d’une seule cellule qui peut se diviser un grand nombre de fois pour donner des rejetons tous identiques.Une levure peut aussi s’accoupler avec ses congénères.Finalement, il est très facile d’obtenir des mutations précises de gènes en exposant la levure à des substances chimiques ou à des rayons ultraviolets.Ces caractéristiques en font une candidate idéale pour identifier le rôle de certains gènes.Lorsqu’une levure doit s’accoupler, elle émet une phéromone dans l’atmosphère.Sa voisine, recevant le signal, lance alors une sorte de bras pour s’approcher de sa partenaire.En anglais, les chercheurs disent qu’elle prend la forme d’un Shmoo, du nom d’un personnage de bande dessinée d’un journal de Chicago.Un francophone la comparerait plutôt au chapeau d’un Schtroumpf ou à une poire ! À ce moment, un bataillon de gènes s’active, ce qui amène les deux cellules à se fusionner.Comment le signal de la phéromone se rend-il jusqu’au noyau de la cellule, là où se trouvent les gènes ?Un peu comme dans une course à relais.D’abord, la phé- ttcelà ¦delate t!®!lHHie fte, appelé làLàiei le celle ïÉiesI «delà ti wtowî ¦trip n Agents de brevets et marques Protection des droits de propriété intellectuelle Depuis 1892 55 St-Jacques, Montréal (Québec) H2Y 3X2 Téléphone : 98ROBIC Fax: (514) 845 7874 32 Quebec Science / Février 1996 romone se fixe à un récepteur à la surface de la cellule.Le récepteur transmet alors le message à la protéine 6, située à l’intérieur de la cellule.La protéine G, à son tour, transmet le signal à une autre protéine, appelée STE20.Ce manège se répète de protéine en protéine, jusqu’à ce que le message parvienne au noyau de la cellule.Là, une dernière protéine, propre à chaque gène et appelée facteur de transcription, déclenche l’activité du gène.Une cellule contient des milliers de protéines différentes.Comment les partenaires de la course à relais réussissent-ils à se trouver ?L’équipe de David Thomas a montré que la protéine G et une série d’autres protéines prennent place le long d’un genre de quai d’amarrage qui est, en fait, une protéine STE5.Lorsque la levure se transforme en chapeau de Schtroumpf, elle doit modifier toute son armature interne.Cela se fait par le biais des protéines (encore !) du cytosquelette (le préfixe cyto signifie cellule).Or, David Thomas et ses collègues ont montré que les protéines STE5, STE20 et une troisième appelée DEMI s’amarrent aussi au cytosquelette.La course à relais qui déclenche l’activité d’un gène a donc lieu exactement à l’endroit où la levure se transforme pour mieux s’accoupler.Il semble donc que tous les éléments du mécanisme de communication aient été élucidés.Ou presque, dit David Thomas.« Pour en être vraiment sûr, il faudrait mettre le gène et toutes les protéines dans une éprouvette et vérifier si la présence de la phéromone réussira à activer le gène.» Chez l’humain, il existe au moins 200 systèmes de communication qui font intervenir une protéine G.Cette dernière joue, par exemple, un rôle dans la régulation du rythme cardiaque.La compréhension des mécanismes cellulaires de l’humble levure pourrait donc nous révéler bien des choses sur nous-mêmes.• Physique Une découverte importante, car elle permet d'avancer d'un pas dans l'étrange univers quantique La conspiration des électrons La solidarité existe chez les électrons.dans certaines conditions.On avait déjà remarqué dans l’Antiquité que lorsqu’on frotte de l’ambre (qui se dit elektron en grec) avec de la laine, il attire les petits objets comme les morceaux de papier ou les cheveux.Aujourd’hui, on sait que ce phénomène est dû à l’électricité statique, mais ce n’est qu’à la fin du siècle dernier qu’on a formellement identifié les électrons, des particules élémentaires chargées négativement qui s’assemblent en nuages autour des noyaux des atomes.Depuis, les mouvements et les propriétés des électrons n’ont cessé d’occuper les physiciens.René Côté, du département de physique de FUniversité de Sherbrooke, ainsi que des collègues américains et espagnol s’intéressent aux comportements des électrons dans les semi-conducteurs, les matériaux de base de la microélectronique.Leurs travaux ont confirmé que, dans certaines conditions, les électrons cessent d’agir en particules individualistes et adoptent plutôt des comportements coopératifs.On appelle « skyrmion » cet agencement d’électrons qui collaborent.Lorsqu’on place un cristal formé de plusieurs couches de semi-conducteurs aux alentours de -270°C et qu’on le soumet à un très fort champ magnétique, des électrons viennent se loger entre deux couches, formant ainsi un gaz d’électrons à deux dimensions (GE2D).« Dans ce genre de gaz, dit René Côté, il peut y avoir cent milliards d’électrons par centimètre carré.» Ces électrons ont des propriétés étranges : ils obéissent aux lois de la mécanique quantique, un imivers où l’on ne peut se fier à aucun des repères fournis par nos sens.En plus d’avoir une charge électrique négative, les électrons ont une autre propriété qu’on appelle \espin.« Lespm ne correspond à rien de ce qu’on connaît, dit René Côté.Toutefois, on pourrait comparer l’électron à un petit aimant et \zspin, au sens du champ ma-¦ gnétique de cet aimant.» Lorsque ce champ est dans le même sens que celui du système, on dit que lespm zstup, et lorsqu’il est dans l’autre sens, on dit qu’il est down.Les physiciens représentent le 1501, boulevard Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P9 Téléphone : (514) 652-4651 Télécopieur : (514) 652-4182 Le centre d’innovation sur le transport d’énergie du Québec conjugue les ressources d’Hydro-Québec et d’ABB pour la recherche appliquée et le développement de nouveaux produits : des solutions d’avenir.A III! Québec Science / Février 1996 33 EÉOUÎLLARDS Le magazine drôlement scientifique des 9 à 14 ans vous propose en février: Aimer l'hiver.à la planche ! Ce mois-ci, lo chronique Débrouillards en action met en vedette Gwenoelle Savard, 12 ans.Elle nous présente son loisir favori : la planche à neige.Les camps de vacances Vous envisagez d'inscrire votre jeune à un comp de vacances l'été prochain ?Ce spécial « comps de vacances » lui donnera un avant-goût de ce qui l'attend.Conçu sous la forme d'un article-jeu, ce dossier invite les jeunes à découvrir différentes facettes de la vie dans un camp de vacances.Le Soleil du 26 juillet Un miniroman à saveur « archéologique » de Paule Brière (suite et fin).J'ai lu, j'ai vu, j'ai entendu Notre chroniqueuse Marie-Andrée Amiot propose ses meilleurs choix de livres, d'émissions de télé, de CD-ROM, d'expositions.scientifiques, bien sûr ! Des BD scientifiques En plus : Des expériences amusantes à faire à la maison, des concours, des jeux, des fiches à collectionner, la rubrique des correspondants.52 pages de découvertes ! Les Débrouillards est en vente dans tous les dépanneurs des chaînes Proprio et Provi-Soir ainsi que dans les bonnes librairies, au prix de 2,95 S.Pour s'abonner (1 an, 10 numéros : 28,43 S), s'adresser à : Magazine Les Débrouillards 25, haul.Taschereau, bureau 201 Greenfield Park (Québec) J4V 3P1 Commande téléphonique (carte de crédit indispensable) : (514) 875-4444/1-800-667-4444 Oc CP 5 7 VaJ 34 Québec Science / Février 1996 Électron intermédiaire Electron down Électron up En plus d'avoir une charge électrique négative, les électrons ont une autre propriété qu'on appelle le spin.Le spin se compare au sens du champ magnétique d'un aimant.Quand il est orienté dans le même sens que le système, on dit qu'il est up.Dans l'autre sens, il est down.Chacun est ici représenté par une flèche.premier par une flèche qui pointe vers le haut et le second, par une flèche qui pointe vers le bas.Lorsque les électrons s’accumulent entre les deux couches de semi-conducteurs, ils cherchent à se placer et à orienter leur spin de façon à former une structure qui a la plus faible énergie possible.Comme la configuration up est celle qui a l’énergie la plus faible, les premiers électrons qui s’installent devraient donc être up.Mais suivant les lois de la mécanique quantique, seul un nombre limité d’électrons up peuvent se loger à un endroit donné.Une fois ce nombre atteint, les suivants doivent s’orienter dans la position down.Théoriquement, au moment de cette transition, il devrait y avoir une foule d’électrons up et un seul électron down.« Mais ce n’est pas du tout ce qu’on constate », dit René Côté.Le premier électron down force tous les autres à se réorienter.Les électrons up qui entourent l’électron doz/m adoptent des spins intermédiaires.Les flèches qui les représentent ne pointent ni vers le haut ni vers le bas, mais sur le côté.Au bout du compte, le niveau d’énergie totale est moindre.« En fait, au lieu d’agir en individualistes, les électrons semblent adopter un comportement coopératif, dit René Côté.Tout comme s’il y avait une conspiration d’électrons pour produire une nouvelle structure qui agirait comme une seule particule, même si elle est formée d’un grand nombre d’électrons.» Cette particule est baptisée « skyr-mion », du nom de Tony Skyrme, le physicien qui en a eu l’idée en 1958.Jusqu’en 1995, les skyrmions sont demeurés une curiosité théorique, car aucun des moyens techniques disponibles ne permettait de les détecter.Mais, grâce à un ingénieux dispositif expérimental, des physiciens américains ont fait certaines observations qui suggèrent qu’ils existent réellement.En analysant les données de cette expérience, René Côté et ses collègues ont démontré qu’il se forme en fait plusieurs ) skyrmions dans le gaz d’électrons à deux j dimensions.« Ils se déplacent constamment, ce qui oblige les électrons voisins à changer sans cesse leur spin pour s’adapter à la nouvelle configuration du skyrmion », explique René Côté.Le physicien avoue qu’on ne s’est pas encore penché sur les éventuelles applications technologiques des skyrmions.« Il faudra d’abord étudier comment la présence de skyrmions change les propriétés physiques des semi-conducteurs, comme leur conductivité ou leurs propriétés optiques », conclut-il.Par contre, la coopération entre électrons — comme entre humains, d’ailleurs ! — donne parfois des résultats spectaculaires.Dans les matériaux supraconducteurs, par exemple, les électrons ont aussi un comportement coopératif : en s’appariant, ils facilitent le passage du courant électrique, une propriété qui pourrait favoriser le transport de l’électricité et la puissance des électroaimants.En attendant de trouver de telles applications aux skyrmions, c’est dans l’ambiance éthérée des laboratoires que les détectives-physiciens vont continuer à démasquer les conspirations des électrons.• 64® CONGRES RE L’ACFAS du 13 au 17 mai 1996 • Université McGill • Montréal Mathématiques Une découverte importante, car elle met en relief la simplicité et l'élégance des mathématiques Jack et les deux Luc Coup de poker : deux as québécois de la physique battent les mathématiques à leur propre jeu.for r>\ü^ clg.T"hcofCrvu;, i N.\, Ti-.t)*®-) Luc Lapointe et Luc Vinet.Ils étudient des théories aux noms surréalistes : chaos quantique, modèles de matrices, théorie des cordes, etc.R voir su ce que je sais maintenant, dit Luc Lapointe, je n’aurais probablement jamais osé me lancer là-dedans ! » Étudiant au doctorat en physique, Luc Lapointe s’acharnait depuis plusieurs mois, avec passablement de succès, à résoudre une question de physique théorique.Jusqu’à ce que se présente un défi à sa mesure : prouver une conjecture, c’est-à-dire un énoncé mathématique que l’on présume vrai, mais sans jamais avoir réussi à le confirmer rigoureusement.Plusieurs mathématiciens — et pas les moindres ! — s’étaient déjà cassé les dents sur cette conjecture, formulée pour la première fois en 1988.Mais cela, ni Luc Lapointe ni Luc Vinet, son directeur de thèse au Centre de recherches mathématiques de l’Université de Montréal, ne le savaient.Pourtant, six mois plus tard, elle était prouvée.Il faut préciser que Luc Lapointe et Luc Vinet ne sont pas des mathématiciens.Ils gravitent plutôt dans le monde de la physique théorique, une discipline qui cherche, notamment, à élaborer et à tester des modèles pour décrire le monde physique.Et c’est en utilisant des méthodes de la physique théorique qu’ils ont réussi là où les mathématiques échouaient.Luc Lapointe et Luc Vinet s’intéressaient à un modèle particulier, celui de Calogero-Sutherland, qui décrit un ensemble de particules en interaction.Ce modèle sert de « laboratoire » en physique théorique pour explorer certaines idées et phénomènes aux noms surréalistes : chaos quantique, modèles de matrices, théorie des cordes, effet Hall quantique fractionnel, supraconductivité à haute température.Un système de particules peut adopter différents états selon son niveau d’énergie.L’état fondamental est celui où l’énergie est la plus basse.Lorsque l’énergie est plus élevée, on parle d’état excité.La mécani- que quantique ne décrit pas ces états avec des mots.Elle utilise plutôt des fonctions mathématiques appelées fonctions d’onde.Ainsi, l’état fondamental et les états excités ont chacun une fonction d’onde qui leur est propre.Les deux chercheurs ont démontré que, dans le modèle de Calogero-Sutherland, on peut obtenir les fonctions d’onde des états excités en modifiant la fonction d’onde de l’état fondamental, en « l’habillant » en quelque sorte.Ces fonctions d’onde « habillées » font intervenir ce que les mathématiciens appellent les polynômes de Jack, du nom du statisticien qui les a découverts il y a une vingtaine d’années.Ces polynômes sont des entités difficiles à manipuler, et on ne parvient pas à les décrire de façon explicite.« Il existe bien une recette pour les calculer un à un, dit Luc Vinet.Mais ce calcul fastidieux dépasse rapidement les capacités des ordinateurs.» En « habillant » les fonctions d’onde dans le modèle Calogero-Sutherland, Luc Lapointe et Luc Vinet ont du même coup trouvé une nouvelle formule pour les polynômes de Jack.« La recette est maintenant beaucoup plus belle ! », précise Luc Lapointe en souriant.Peu connus des physiciens, les polynômes de Jack sont des objets familiers poulies spécialistes de l’analyse combinatoire, une branche des mathématiques qui étu- die différentes configurations de systèmes.Les applications de l’analyse combinatoire sont aussi diverses que l’élaboration des horaires des pilotes d’une compagnie aérienne ou la classification des méandres d’une rivière.Un problème simple en combinatoire consiste à trouver tous les arrangements que l’on peut faire avec trois billes rouges et deux billes noires.À force de triturer les polynômes de Jack, les mathématiciens ont identifié certaines de leurs propriétés, sans toutefois réussir à les prouver toutes.Parmi ces propriétés, se trouve la conjecture de Macdonald et Stanley, qui décrit la composition du polynôme.Après avoir trouvé une nouvelle formule pour les polynômes de Jack, Luc Lapointe et Luc Vinet ont pu prouver, très simplement, la conjecture de Macdonald et Stanley.Pour les deux Luc, élégance et simplicité vont forcément de pair avec vérité.Les deux chercheurs ont en effet une confiance presque absolue en la puissance des mathématiques.Ils sont convaincus qu’elles ne sont pas simplement une création de l’esprit : « Le monde réel supporte les mathématiques, etvice-versa », affirme Luc Vinet.Ce point de vue est étayé par l’histoire des sciences.Il est arrivé à plusieurs reprises que des formules mathématiques apparemment inutiles deviennent, des années plus tard, l’outil naturel pour décrire des phénomènes physiques.La coqjecture de Macdonald et Stanley fait intervenir des nombres entiers qui pourraient servir à compter quelque chose.un jour.On ne sait pas encore quoi, ni dans quel domaine.Mais les deux physiciens ont confiance que, dans l’avenir, leurs résultats serviront à quelque chose ! « Déjà, notre méthode a permis de résoudre plusieurs problèmes en physique et en mathématiques », rappelle Luc Vinet.• 36 Québec Science / Février 1996 Le point de départ, c’est votre idée.Elle est géniale.Sa réalisation est longue, la mise en marché encore plus.Vous avez maintenant l'assurance qu’elle restera unique.Depuis une centaine d'années, SMART & BIGGAR* s'est donné comme mission de protéger et de défendre les idées originales de l'entreprise locale et étrangère.Qu'il s'agisse de l'obtention d'un brevet d'invention, d'une marque de commerce, d'un dessin industriel, d’un droit d’auteur, de la protection d’un secret de fabrique, d'un litige ou des aspects contractuels reliés à l'une ou l'autre de ces matières, ses quelques 50 avocats et agents de brevets pratiquant dans l'un ou l'autre de ses bureaux de Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver, ont la fonnation et l'expérience requises pourvous conseiller, notamment dans les domaines suivants: “ le génie mécanique - l'électricité et l'électronique - l'informatique - la chimie et la biochimie - la biotechnologie - la métallurgie SMAR T & BIGGAR se veut votre partenaire dans la protection de vos idées.Pour de plus amples renseignements, communiquez avec nous sans frais au 1 800 363-4347.SMART & BIGGAR * En partenariat avec Fetherstonhaugh & Cie NOUS prOtégCOIlS VOS idéeS Originales. Les 10 découvertes de Génie médical Une découverte importante, car elle pourrait transformer la vie des personnes lourdement handicapées Le bras droit de Jacques Forest Jacques Forest, atteint de dystrophie musculaire, n'avait pas assez de son seul pouce gauche pour tout faire.Il s'est donc forgé un bras mécanique à sa mesure.Depuis son enfance, Jacques Forest est cloué à un fauteuil roulant.Il ne peut bouger que la tête et le pouce gauche, et encore, sans beaucoup de force.La dystrophie musculaire a pétrifié le reste de son corps.Cela ne l’a pas empêché de mettre au point un bras articulé avec lequel il peut sortir une assiette du frigo, la mettre au micro-ondes et en manger le contenu avec une cuillère ou une fourchette.Le bras, baptisé Manipulo, lui permet aussi d’insérer une disquette dans l’ordinateur, de taper un texte à l’aide d’une paille et même de se peigner, de se raser et de se brosser "mm les dents.En fait, cette invention a complètement transformé son existence.« Je peux séparer ma vie en deux époques, dit-il en riant.Avant et après le bras, comme on dit avant et après Jésus-Christ ! » Fixé sur le côté du fauteuil roulant motorisé, Manipulo est articulé comme un véritable bras, avec une épaule, un coude, un poignet et deux doigts qui peuvent saisir des objets.Ces articulations peuvent effectuer des rotations et des mouvements dans plusieurs directions.Chaque mouvement est commandé par un câble relié à un des huit petits moteurs camouflés sous le siège et alimentés par la pile du fauteuil.Sous le pouce de Jacques Forest, un clavier à huit touches permet d’actionner chacun des moteurs.Trois petites manettes contrôlent la vitesse des mouvements.« La commande sera adaptée aux besoins de Tutilisateur, explique l’inventeur.Elle pourra être actionnée par l’épaule, le pied, la bouche et, éventuellement, par la voix ou le souffle.» Pour le moment, Manipulo est encore un prototype « bricolé avec du matériel qu’on peut trouver chez Canadian Tire ou Rona ».Des parents et amis ont offert leur aide pour l’assembler.On a utilisé des matériaux hétéroclites — moteurs d’essuie- Jacques Forest, l'inventeur du bras Manipulo : « Le bras devait pouvoir ramasser un objet par terre, porter quelque chose à ma bouche tout en étant fiable, silencieux et rapide.» glaces, câbles de vélo, pouhes taillées dans le plastique et même quelques morceaux d’une bouteille de vinaigre en plastique.Le bras proprement dit est constitué de la tige d’une lampe articulée; les deux doigts, d’une pince à maïs habillée d’un gant de caoutchouc; et le tout est revêtu d’un collant noir pour lui donner meilleure allure ! Mais, bientôt, Manipulo aura un style plus raffiné.L’inventeur a en effet conclu une entente avec un designer pour concevoir un prototype précommercial.Pour le moment, seul le financement pose encore problème.Jacques Forest n’a aucun diplôme technique — « seulement une sixième année enrichie ! » —, car il a dû abandonner l’école avant le secondaire, à cause de son handicap.Il a pourtant trouvé des solutions fort ingénieuses aux problèmes que lui posait Manipulo.Par exemple, le poids.Il fallait à tout prix éviter que le fauteuil ne bascule lorsque le bras en pleine extension soulève un objet assez lourd.La solution : un ressort compensateur, comme celui qu’on utilisait pour le bras de lecture d’un tourne-disque.Il a également conçu des accessoires d’appoint : des ciseaux pour couper la nourriture, un ouvre-canette-de-Coke, un ouvre-porte-de-four-à-micro-ondes.Il a aussi l’intention d’intégrer la commande de son fauteuil roulant à celle de Manipulo, plutôt que d’utiliser deux commandes séparées, com- me c’est le cas actuellement.Avant d’acquérir la dextérité nécessaire pour maîtriser le clavier à huit touches et les trois manettes, l’utilisateur doit cependant faire preuve d’une bonne dose de patience.C’est sans doute la principale faiblesse de ce bras articulé.Par contre, son mécanisme simple lui confère un avantage de taille : l’appareü se vendra probablement autour de 5 000 dollars.Ce n’est pas cher quand on considère son impact sur la vie d’une personne handicapée et les économies qu’il permettra de réaliser sur les soins à domicile.« Grâce à lui, croit Jacques Forest, une personne lourdement handicapée pourra poursuivre des études ou occuper certains emplois.» Prudent, il évalue toutefois le marché potentiel de Manipulo à 5 % des utilisateurs de fauteuils roulants motorisés.En Amérique du Nord, cela représente tout de même près de 17 000 personnes.Le seul autre type de bras articulé pour handicapés est informatisé et actionné à l’aide d’un manche à balai (joystick).Mais ce modèle, d’origine hollandaise, est très encombrant et coûte environ 50 000 dollars.Après avoir passé 12 ans dans la tête de son inventeur, Manipulo est maintenant un objet bien concret.Pendant toutes ces années, Jacques Forest a dû affronter le scepticisme de son entourage.On lui a souvent reproché d’avoir des critères aussi stricts.« Les gens ne comprenaient pas à quel point c’est important que le bras soit silencieux, par exemple.On me disait d’être plus conciliant.Mais si le bras fait tellement de bruit que je n’ai pas envie de m’en servir, je l’aurai construit pour rien ! » Il s’agit maintenant d’en faire un objet commercialisable.Et ce n’est pas une mince tâche.« Je me rends compte qu’il est plus difficile de mettre quelque chose en marché que de l’inventer.» • |k 38 Québec Science / Février 1996 jUk.«Us Cancérologie Une découverte importante, car elle pourrait permettre un jour de contrôler l'apparition des métastases cancéreuses.Le secret des cellules «conquistadors» Certaines cellules cancéreuses ont un comportement plus « agressif » que d'autres, a constaté Féridoun Babaï.C'est à celles-là qu'il a décidé de livrer combat.Une personne sur trois sera frappée par le cancer durant sa vie.Malgré des efforts de recherche herculéens, on comprend encore mal cette maladie.Chaque type de cancer est différent, et l’évolution d’un même cancer varie d’une personne à l’autre.Les travaux du professeur Féridoun Babaï et de ses collègues Luc Daigneault, Rachelle Beaulieu, Mario Filion, Louis Gaboury et André Royal, du Groupe de recherche en oncogénétique du département de pathologie de l’Université de Montréal, viennent jeter un peu de lumière sur une facette importante du cancer : ils ont identifié des gènes associés à l’apparition de métastases.Le cancer naît dans un organe — poumon, foie, cerveau, muscle ou autre —- où des cellules se multiplient anarchiquement pour former une tumeur.Après un certain temps — mais pas dans tous les cas —-, certaines cellules cancéreuses se comportent en « conquistadors ».Elles s’échappent de la tumeur, empruntent les vaisseaux sanguins ou lymphatiques et vont coloniser de nouveaux organes où elles forment des tumeurs secondaires, les métastases.À ce stade, il devient très difficile de soigner le cancer.D’où l’intérêt de comprendre le processus d’apparition des métastases, pour éventuellement être en mesure de l’interrompre.Le biopathologiste Féridoun Babaï s’intéresse à cette question depuis les années 70.Au cours des 10 dernières années, il a élaboré ce qu’il appelle un « modèle expérimental » de la métastase.« En injectant du sulfure de nickel dans des muscles de rats, nous avons provoqué la formation de tumeurs, ce qui nous a permis d’isoler plusieurs types de cellules cancéreuses », explique-t-il.En injectant ces cellules dans les muscles d’autres rats, il a pu les classer selon leur capacité à former des métastases.Après l’injection, certaines cellules se logent dans le muscle, y forment une tumeur, paraennent à s’en échapper sans toutefois Féridoun Babaï.Avec son équipe de chercheurs, il a identifié des gènes associés à l'apparition de métastases.V \ former de métastases.D’autres cellules ont exactement les mêmes propriétés, mais elles peuvent en plus former des métastases.Le simple fait de conserver ces lignées de cellules constitue un travail colossal, car les cellules cancéreuses sont très instables.Il faut donc vérifier régulièrement si elles ont conservé leurs propriétés.Cette tâche réserve parfois d’heureuses surprises.Après un certain temps, on s’est aperçu que quelques cellules métastatiques d’une des lignées étaient redevenues des cellules cancéreuses ordinaires.Ces cellules « révertantes » n’étaient plus invasives ni métastatiques.Pourtant, mis à part ces deux propriétés, elles étaient identiques à leurs consœurs.Pourquoi ces cellules jumelles ont-elles des comportements si différents ?Selon le dogme de la biologie moléculaire qui domine aujourd’hui les sciences biologiques, c’est parce que leurs gènes s’expriment différemment.Féridoun Babaï s’est donc associé à des biologistes moléculaires pour dépister les différences génétiques entre les cellules.La collaboration a été fructueuse ! Plusieurs gènes avaient un comportement intéressant, mais deux d’entre eux en particulier étaient de 5 à 15 fois plus actifs dans les cellules métastatiques que dans les autres.Les chercheurs les ont baptisés smf-7 et smf-61.Ces deux gènes sont-ils responsables de la formation des métastases dans les cancers humains ?Il est encore beaucoup trop tôt pour le dire.D’un cancer à l’autre et d’une espèce à l’autre, le même gène peut jouer un rôle tout à fait différent.Soulignons toutefois que smf-7 et smf-61 sont actifs dans certaines tumeurs métastatiques humaines.Mais comme ces tumeurs renferment toute une panoplie de cellules différentes, il est difficile de savoir précisément dans quelles cellules les gènes smf-7 et smf-61 sont vraiment actifs.C’est là toute la beauté du modèle de Féridoun Babaï : on peut maintenant étudier les rôles indispensables au processus de la métastase puisque chacun est assigné à une lignée cellulaire en particulier.• Québec Science / Février 1996 39 Les lO découvertes de Les 10 découvertes de l'année umBB ¦iiB— Neurologie Une découverte importante, car elle jette un éclairage nouveau sur la maladie qui touche le plus souvent les neurones moteurs Embouteillage dans les neurones Sur l'autoroute des fibres nerveuses, le moindre embouteillage de cellules peut éventuellement causer la mort.La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurologique dont on ignore la cause exacte et pour laquelle il n’existe aucun traitement.Elle débute à l’âge adulte par des moments de faiblesse musculaire, puis la parole devient moins claire, les bras et les jambes perdent toute force, et la paralysie gagne peu à peu du terrain.Un jour, on ne peut plus avaler, ni parler, mais on ne perd jamais contact avec la réalité.La mort survient en moins de cinq ans.C’est également une maladie extrêmement pénible — Sue Rodriguez en souffrait tellement qu’elle a voulu qu’on l’aide à se suicider.L’équipe du biologiste Jean-Pierre Julien, du Centre de recherche en neurosciences de FUniversité McGill, vient d’identifier une des causes de cette maladie.Selon les résultats, les cellules nerveuses des personnes atteintes seraient détruites par une accumulation excessive de neurofilaments.Pour que vous puissiez bouger votre gros orteil, votre cerveau doit d’abord émettre un signal __________ vers votre moelle épinière.Ce signal franchit ensuite les longues fibres nerveuses de vos jambes jusqu’à votre pied, où il ordonne à vos muscles de se contracter.Les fibres nerveuses sont constituées de faisceaux de cellules, les neurones moteurs, qui mesurent jusqu’à un mètre de longueur.Chez les personnes attemtes de SLA, ces neurones dégénèrent et cessent de transmettre leurs ordres aux muscles.Le centre de contrôle d’un neurone moteur se trouve du côté de la moelle épinière.C’est là que la cellule fabrique les constituants de sa structure et les vivres dont elle a besoin pour se maintenir en vie.Ces substances sont ensuite expédiées dans l’axone, c’est-à-dire le prolongement du neurone.Parmi ces substances, les neurofilaments servent de fondations à la cellule.« Ils donnent du volume à l’axone, comme la pâte dentifrice donne du volume au tube », explique Jean-Pierre Julien.Depuis son doctorat, ce chercheur se consacre exclusivement à l’étude des neurofilaments et a réussi à isoler les gènes qui les fabriquent.Pour mieux comprendre le rôle des neurofilaments, Jean-Pierre Julien et ses collègues ont inséré une copie supplémentame d’un de ces gènes dans des ovules de souris.Les neurones des souriceaux produisent On avait toujours cru que les enchevêtrements de neurofilaments étaient une conséquence de la sclérose latérale amyotrophique.En ayant recours à un modèle animal, on a trouvé qu'ils pourraient être une cause de cette maladie.À gauche : souris normale; à droite : souris atteinte de sclérose donc une double dose de neurofilaments.Résultat, à l’âge de quelques mois, ces souris présentent des symptômes semblables à ceux des personnes qui souffrent de SLA : tremblements, réflexes anormaux, difficultés respiratoires, faiblesse musculaire, puis la mort.En examinant au microscope leurs neurones moteurs, on a constaté que les neurofilaments y forment des masses enchevêtrées entre le corps de la cellule et l’axone.« Ces enchevêtrements de neurofilaments bloquent le transport vers l’axone », dit Jean-Pierre Julien.Les axones sont ainsi privés de mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule, et des autres substances indispensables à leur survie.Affamé, affaibli et asphyxié, l’axone dégénère et les symptômes neurologiques apparaissent.On savait déjà que chez les personnes qui souffrent de SLA, de telles masses de neu-rofilaments s’accumulent dans la partie supérieure des axones.Mais on ignorait que cela créait un pareil embouteillage.« On avait toujours cru que les enchevêtrements de neurofilaments étaient une conséquence de la maladie, souligne Jean-Pierre Julien.Nos résultats suggèrent plutôt qu’ils en sont une cause.» Le chercheur fait remarquer que certaines personnes qui souffrent de SLA sont porteuses d’une mutation du gène des neurofilaments.« Mais cela ne représente que 1 % des cas », précise-t-il.En fait, la SLA semble avoir plusieurs causes.En 1993, par exemple, Guy Rouleau, lui aussi du Centre de recherche en neurosciences de McGill, avait identifié le gène mutant SOD, responsable de certains cas héréditafres de SLA.On a aussi mis à jour d’autres mécanismes de la maladie.Toutes ces causes pourraient être associées à une défectuosité du transport le long de l’axone.Ce qui fait dire à Jean-Pierre Julien que « la maladie a sans doute plusieurs causes, mais qu’elles pourraient dépendre d’un mécanisme commun : le transport ».Par ailleurs, des facteurs individuels et environnementaux semblent jouer un rôle important dans l’apparition de la SLA.Certaines personnes sont en effet porteuses de mutations du gène SOD ou du gène des neurofilaments sans jamais développer la maladie.Le vieillissement pourrait être un facteur déclencheur, car le transport de matériaux dans les axones diminue considérablement avec l’âge.Les applications thérapeutiques de cette découverte ne sont pas pour demain puisqu’on n’a pas encore identifié un médicament qui permettrait de diminuer la production de neurofilaments.C’est d’ailleurs l’un des projets que mijote Jean-Pierre Julien.• 40 Québec Science / Février 1996 BioChem Pharma une entreprise mondiale vouée à la santé Fondée en 1986, BioChem Pharma figure parmi les jeunes entreprises biopharmaceutiques les plus importantes en Amérique du Nord.Par l'entremise de ses trois filiales, BioChem Thérapeutique inc., BioChem ImmunoSystèmes inc.et IAF BioVac inc., BioChem Pharma est engagée dans la recherche, le développement et la commercialisation de produits thérapeutiques ainsi que dans la recherche, le développement, la fabrication, la distribution et la commercialisation de produits diagnostiques et de vaccins pour une vaste gamme de maladies humaines.BioChem Pharma 275, boul.Armand-Frappier Laval (Québec) Canada H7V4A7 Téléphone : (514) 681-1744 Télécopieur : (514) 978-7755 Éphémérides la revue de ¦^wf miblà! Les oh ! et les ah ! du monde de la science en 1995.Le domaine spatial occupe une place importante, surtout en raison des exploits du télescope Hubble et des nombreux rendez-vous spatiaux américano-russes.par Isabelle Montpetit Janvier : les plus vieux dessins au monde if'-,.*'*4' Les plus vieux dessins au monde Des spéléologues amateurs découvrent en Ardèche, dans le sud de la France, la plus vieille —et sans doute la plus belle! —collection d'art rupestre au monde.La grotte Chauvet regroupe quelque 300 peintures et autant de gravures réalisées sur une période de 10 000 ans, dont les plus anciennes datent de 32 000 ans.Une douzaine d’espèces animales y sont représentées dont la hyène, la panthère et le hibou.La terre tremble au Japon La ville de Kobe au Japon est dévastée par le plus puissant tremblement de terre jamais enregistré dans ce pays.Bilan : 5 000 morts.Le séisme est causé par le glissement de la petite faille Nojima, où aucun tremblement de terre d’envergure ne s’était produit depuis 1 000 ans.Janvier: le Japon tremble «PS*1’ Collision dans l'espace Le télescope Hubble est témoin d'un « accident » astronomique : la collision entre deux galaxies.Un gigantesque 0 • * * La banquise est pleine On compte maintenant plus de cinq millions de phoques dans l’est du Canada.Et cinq millions, c’est trop compte tenu des stocks actuels de poissons, disent les pêcheurs.Il faut faire quelque chose.Mais quoi ?par Normand Grondin Le nouveau temple de la Sainte-Flanelle Plus grand et plus spacieux, le nouveau Forum de Montréal sera inauguré dans quelques semaines.Sa construction a présenté un beau défi aux ingénieurs.par Claire Gagnon Naître ou ne pas naître criminel Naît-on violent et agressif ?Existe-t-il un gène du crime ?Si oui, pourquoi fait-il partie de notre bagage génétique ?par Anne Vézina et Martine Turenne Une révolution en pharmacologie La découverte du mécanisme de la mort cellulaire, ou apoptose, l’an dernier au Québec a ouvert la voie à une nouvelle génération de médicaments.Ils pourraient entrer dans les traitements médicaux contre le cancer et le syndrome d’Huntingdon.par Jean-Marc Fleury Québec Science / Février 1996 47 1505 Science et culture À l'agenda La vie d'un héros Au Musée de la civilisation de Québec, (418) 643-2158 Ce castor légendaire Traqué pour sa fourrure, le castor a grandement alimenté le folklore canadien.Au-delà des mythes, l'exposition nous fait découvrir la vie et les mœurs de ce gros rongeur.Du 14 février au 28 avril 1996.Au Planétarium de Montréal, (514)872-4530 Quel âge a l'Univers ?Quinze milliards d'années ?Dix milliards ?Huit milliards ?Les astronomes font aujourd'hui face à diverses hypothèses.On nous explique pourquoi.Du 2 février au 24 juin 1996.À l’Insectarium de Montréal, (514)872-0663 Collections d'hier, mémoire d'aujourd'hui Une exposition qui nous fait découvrir l'utilité d'une collection d'insectes, à travers la vie et l'œuvre des pionniers de l'entomologie au Québec.Jusqu'en septembre prochain.Au Zoo de Granby, (514) 372-9113 L'ère glaciaire revisitée Depuis le mois de janvier 1996, le zoo a mis à l'affiche une activité spéciale qui nous apprend comment les animaux vivent lorsque le mercure tombe au-dessous de zéro.Un autre façon de visiter ce célèbre zoo.Au Musée de la Pointe-à-Callière à Montréal, (514)872-9114 Underground ! Pour améliorer les conditions de vie et d'hygiène des citadins, les villes ont entrepris de construire, au siècle dernier, un réseau d'aqueducs et d'égouts.Suivez cette fabuleuse histoire.Du 7 février au 20 mai 1996.Pour annoncer des événements d'éducation scientifique d'intérêt général dans cette colonne, faites parvenir vos communiqués de presse à Québec Science (rubrique « À l'agenda »), 425, rue de la Gauchetière Est, Montréal (Québec) H2L 2M7.La rédaction se réserve le droit de sélectionner les événements à mettre à l'agenda.Armand Frappier — Pasteur, mon violon, ma mère et moi.Pasteur, mon violon, ma mère et moi est une œuvre maîtrisée et bien documentée sur la vie du microbiologiste Armand Frappier que l'on voit ici dans son laboratoire, en 1952.Le Québec dans les années 20, c’est pratiquement le Moyen Âge.Un enfant sur trois meurt avant l’âge d’un an, emporté par les épidémies de tuberculose, de diphtérie et d’autres maladies infectieuses et contagieuses.Les médecins, privés d’antibiotiques et de vaccins, sont impuissants.La volonté d’un seul homme permettra de changer l’état des choses et de faire entrer le Québec de plain-pied dans la pratique de la médecine moderne.Cet homme exceptionnel, c’est Armand Frappier, dont la mémoire est saluée dans le film documentaire de Nicole Gravel, intitulé Amcrod Frappier — Pasteur, mon violon, ma mère et moi.Le regard que pose la réalisatrice sur le père de la vaccination au Québec est rempli d’admiration, et les nombreux témoignages qu’elle a recueillis de ses anciens collaborateurs abondent dans le même sens : Armand Frappier était un être déterminé, généreux et animé d’une passion dévorante pour son travail.Son œuvre est immense.Le film nous rappelle ainsi que c’est lui qui a mis sur pied, en 1927, les laboratoires de l’hôpital Saint-Luc.C’est aussi Armand Frappier qui a fondé l’Institut de microbiologie et d’hygiène de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, l’École d’hygiène publique ainsi que l’Institut qui porte aujourd’hui son nom, spécialisé dans la recherche médicale, l’enseignement et la production de vaccins.Bref, son apport au développement de la santé publique et de la médecine au Québec est impressionnant.Mais l’une de ses plus importantes contributions restera sans aucun doute l’introduction au Québec et la fabrication du vaccin antituberculeux, le BCG, découvert par les disciples de Pasteur.C’est autour de cette initiative que tourne le scénario de Nicole Gravel.Elle nous montre Frappier dans son laboratoire de la rue Saint-Denis, manipulant un morceau de pomme de terre ensemencé par le bacille atténué de la tuberculose, qu’il avait rapporté de Paris.Lejeune médecin de 29 ans rêvait alors de venger sa mère et son petit frère emportés par la terrible maladie.Il avait fait de ce combat une affaire personnelle.La mise au point du vaccin allait faire de lui un véritable héros.Nicole Gravel retrace les grands moments de sa vie à travers les souvenirs de sa fille, épidémiologiste, de ses anciens élèves et de ses compagnons de route.Mais ce sont aussi ses mémoires, qu’il a terminés juste avant sa mort, survenue en 1991 alors qu’il avait 87 ans, qui serviront à saisir l’homme qui se cache derrière cette forte personnalité.Pasteur, mon violon, ma mère et moi est une œuvre maîtrisée et bien documentée qui raconte une aventure humaine et une page d’histoire captivante.On demeure toutefois sur notre appétit, car, à la fm de ces 52 minutes, on n’a pas l’impression d’avoir vraiment percé le mystère de cet homme de génie, excellent violoniste par ailleurs.Peut-être est-ce dû au fait qu’on ne le voit jamais s’exprimer devant la caméra.On restera tout de même impressionné par la grandeur du personnage.Bernard Boulad 48 Québec Science / Février 1996 Livres ai ®!e rstffl Jute iïii1®i 1 * ! liiiii® jlISlMl flillf lllJî ttlî if i P iti i# ?;# 'in»- jiis* itlS lllt.1»'!» lllltf11 [Hin”1 »î# et# le# ^iH Techniques de chasse pour astronomes néophytes Impact Jupiter: The Crash of Comet Shoemaker-Levy 9, par David H.Levy.Plenum Press, 300 p., 78 photos, 25,95 $ US.Juillet 1994.La comète SL-9 percute la planète Jupiter.L’événement fait sensation : c’est la première fois qu’on assiste à une collision semblable à celle qui, il y a 65 millions d’années, a vraisemblablement entraîné la disparition des dinosaures.Dans un ouvrage paru récemment, Impact Jupiter, David Levy, un astronome amateur et l’un des découvreurs de cette comète, nous entraîne dans le monde fascinant de la chasse aux comètes.Il sait de quoi il parle : il a, en plus, débusqué une vingtaine d’autres objets célestes.Abondamment illustré, Impact Jupiter se lit comme un roman.Il démontre que, muni d’un simple télescope (et de beaucoup de patience !), n’importe qui peut encore aujourd’hui faire une découverte astronomique.De quoi faire rêver l’astronome amateur qui sommeille en nous.Claude Lafleur THE CRASH OF COMET SHOEMAKER-LEVY 9 DAVID H.LEVY Une histoire comprimée Histoire contemporaine des médicaments, par François Chast Éditions La Découverte, Paris, 1995, 45,95 $.On ne dissocie plus la médecine des médicaments.En fait, c’est la maîtrise des principes chimiques qui a conduit à la possibilité d’extraire et de purifier plusieurs de ces substances curatives.Et de songer à la fabrication industrielle de médicaments.Cette épopée pharmaceutique est racontée dans VHistoire contemporaine des médicaments.Une épopée au demeurant fascinante.Un livre à mettre à côté du fameux Compendium des spécialités pharmaceutiques, auquel se réfèrent régulièrement médecins, pharmaciens et infirmières.de la Terre la poliliqut Ai État! : Terre ! Terre ! Atlas de Terre, par de Joni Seager.Éditions Autrement, 1995, 127 p., 54,95 $.Un ensemble de 35 cartes très bien faites et hautement instructives.Les différences entre le Nord et le Sud sautent aux yeux, notamment en ce qui concerne la consommation de viande, l’accès à l’eau potable, le tourisme et l’utilisation d’engrais agricoles.Un ouvrage pédagogique d’excellent calibre.Raymond Lemieux orientation • matern étrangère • école sp* bureautiqr Iforma spécial* Lcat form Ion “ 1 de l'Éducation L'Éducation, un passeport pour la réussite ! au ^ uni ^ par v v • foui éduca profess • univer informati Lcorre L'unique salon exclusivement consacré à l'éducation, oureaütique • formati Sous la présidence d'honneur de M.Paul Gérin-Lajoie.Du 20 au 24 mars 1996 au Palais des Congrès de Montréal y F étrangère • école spécialisée • éducal bureautique • formation professionne administration scolaire • associations par correspondance • informatique & • primaire • secondaire • cégep • uni • éducation aux adultes • cours par c Porte-parole du Salon: M,Pierre Légaré Palais des Congrès de Montréal Entrée gratuite pour les étudiants 5,00$ pour les adultes S Pour informations, contactez M.Gingras.Tél.: (514)521-1878 Télécopieur : (514) 521-3556 Québec Science / Février 1996 49 48 Il faut revoir la psychiatrie David Cohen Beaucoup de gens croient que les médicaments comme le Prozac ou le lithium guérissent l’âme aussi simplement qu’un antibiotique vient à bout d’un mal de gorge.Pourtant, rappelle le sociologue et travailleur social David Cohen, l’origine biologique des maladies de l’âme n’a jamais été prouvée, et l’efficacité des médicaments psychotropes est limitée.Professeur à l’Université de Montréal, David Cohen vient de publier le Guide critique des médicaments de l’âme (Éditions de l’Homme), conjointement avec la journaliste Suzanne Cailloux-Cohen et l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ).Dans ce guide, David Cohen remet en question l’approche psy-chiatrique actuelle.Québec Science : Faut-ii revoir tout ce qui se fait actuellement en psychiatrie ?David Cohen : Absolument.Il faut tout changer ! On est à une étape où les psychiatres ne savent pas très bien ce qu’ils font et connaissent peu leurs médicaments.Et les patients, eux, souffrent constamment, car les médicaments ne fonctionnent pas.On tourne en rond.Lorsqu’on va aux sources et qu’on compare l’énorme incertitude des recherches à la certitude et l’arrogance des discours sur l’origine biologique de la maladie mentale, on s’aperçoit que quelque chose ne va pas.Toutes les stratégies de recherche génétique sur la schizophrénie n’ont encore rien donné.Elles fournissent seulement des pistes suggérant qu’il y a peut-être quelque chose.Alors, lorsqu’un psychiatre me reproche de nier la composante biologique, je lui réponds : « Mais de quelle composante biologique s’agit-il ?» La psychiatrie actuelle tente de faire face à un grave problème en utilisant une technique.Or, la maladie mentale n’est pas simplement un problème technique.Q.S.; Est-ce à dire que les maladies mentales seraient essentiellement des maladies sociales ?D.C.: Ce n’est pas aussi simple.Je ne suis pas prêt à affirmer que les causes des maladies sont toutes sociales.Et ça ne m’embêtera pas qu’on découvre un jour le fameux gène de la schizophrénie.Mais, en attendant, ce n’est pas en faisant uniquement de la recherche sur le cerveau et les nouveaux médicaments qu’on va résoudre ce problème.Ça fait 70 ans qu’on entend ce dis- cour, et la marchandise n’a pas encore été livrée.^ O- S.: Comment faudrait-il envisager la maladie IA mentale ?D.C.: Il faut com-I Ëk mencer par regar- der les personnes Y qu’on appelle « malades mentales » comme des personnes atteintes de manque de pouvoir et non (•onune des personnes atteintes de maladie.Il faut les voir comme des citoyens qui n’ont pas certaines capacités et certains moyens de se faire entendre et de se représenter.Cela signifie qu’il faut cesser d’accueillir le psychotique en crise, qui arrive à l’hôpital en disant « Je ne peux pas me contrôler, la GRC me poursuit », en lui répondant « Tu as raison » et en lui dormant une pilule ! L’impuissance de la personne est confirmée par l’approche de la psychiatrie biologique.Q.S.; On dit qu'un maniaco-dépressif doit, par exemple, prendre du lithium toute sa vie.Est-ce un mythe ?D.C ; Si l’on se fie aux recherches médicales, c’est un mythe.Par contre, les mythes sont très importants pour les individus et les sociétés.À une personne qui me dit : «J’ai pris du lithium et ç’a changé ma vie», je réponds : « Félicitations ! » Mais, pour chaque individu qui soutient cela, un autre prétend que le lithium a eu des effets négatifs.Plusieurs psychiatres ont d’ailleurs affirmé que les taux de succès du lithium sur la maniaco-dépression sont équivalents à ceux qu’on observait avant l’introduction de ce médicament en psychiatrie.On a également observé que, sur 100 personnes qui commencent à prendre du lithium, 40 cessent dès la première armée et que c’est efficace pour seulement 60 % des 60 autres personnes.Et encore, parmi ces gens-là, une personne sur trois se porte mieux simplement à cause de l’effet placebo du médicament ! On arrive donc à un taux d’efficacité décourageant.(N.D.L.R.: Au total, à peine une personne sur quatre bénéficierait du lithium.) Q.S.: Devrait-on alors continuer à prescrire des psychotropes ?D.C.: Seulement si un patient bien informé pense qu’il en a besoin.Le médecin pourrait dire au patient : « Tu peux prendre tel médicament, voici les effets.Qu’en penses-tu ?» Je parie que les patients utiliseraient les médicaments mieux que les médecins les prescrivent aujourd’hui ! Il y a un déséquilibre majeur du pouvoir entre, d’un côté, les proches, l’industrie pharmaceutique, l’État et les hôpitaux et, de l’autre, les patients.À tous les niveaux, le patient est celui qui a le moins d’information et le moins d’influence.Mais, cela dit, je ne suis pas contre l’usage des médicaments en psychiatrie.C’est la façon dont le médicament est étudié, mis en marché, discuté et même louangé qui n’a presque aucun rapport avec la réalité.• Propos recueillis par Rachel Duclos.50 Québec Science / Février 1996 • Logiciels inclus • Formation Gratuite • Conception et hébergement de sites et de pages Web Abonnement à partir de 9,95 par mois 3 mois /18,95/mois/15 hres d'utilisation par mois 6 mois /$200/60 hres d'utilisation par mois 12 mois/$365/60 hres d'utilisation par mois 1 50 millions de personnes vous attendent.WEB:www.lastation.com VOX:(418) 527-7120 FAX:(418) 527-4373 mm & connaissance I à terre?À l'Université de Sherbrooke, l'innovation fait partie de la tradition.r Elargissez vos horizons! Pour découvrir UN MONDE A INVENTER .va I
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