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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1997, Collections de BAnQ.

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ircheologie : longée dans ( mi u i y y 4 Roswell : (L nous sommes allés voir BNQ es victoires le la médecine 77333301994903 «Je veux bien te prêter ma planète si tu me la rends en bon état.» L’environnement, c’est la vie.C’est aussi un héritage que nous léguons aux générations futures.Pour le protéger, Alcan applique une politique environnementale rigoureuse.L’entreprise a amélioré ses installations et ses procédés, construit de nouvelles usines moins énergivores et réduit du tiers le volume de ses déchets solides.L’environnement, c’est les gens.Au Saguenay, Alcan s’est associée sans réserve au mouvement de solidarité qui a permis à la population de se relever du déluge de juillet 1996.Ailleurs, en Jamaïque, elle s’est engagée auprès de la communauté pour transformer d’anciens sites d’extraction en exploitations agricoles.Au Brésil, elle a reboisé plus de 700 hectares sur ses sites de la forêt amazonienne.L’environnement, c’est le quotidien.Des gestes moins spectaculaires mais tout aussi importants se posent chaque jour dans les installations.Ils visent, entre autres, la sécurité du personnel, l’assainissement de l’air et de l’eau, et la recherche sur le recyclage.Parce que la gestion de l’environnement fait partie des activités d’Alcan.Pour assurer une meilleure qualité de vie, Alcan agit.L’AVENIR EST SI PROCHE ALCAN Billet L'Univers autrement L9 Univers d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui, immuable, qu’avait imaginé Aristote.Au contraire, là-haut rè-I gne un indicible tumulte.Des planètes, des étoiles et des galaxies naissent; d’autres meurent, s’entrechoquent ou explosent.Et il semble qu’on est loin d’avoir tout vu, car de nouveUes zones d’ombre du ciel nous seront bientôt révélées par l’œil perçant du télescope spatial Hubble.Dans ce numéro, l’astrophysicien Benoit Villeneuve nous explique les attentes que la nouvelle mission d'Hubble suscite chez les scientifiques.Le détecteur d’infrarouge ultraperfectionné dont on l’a doté permettra en effet de lire un spectre plus large de la lumière émise il y a plusieurs centaines de millions d’années.On espère ainsi assister presque en direct à la formation des étoiles, des galaxies et — pourquoi pas ?— de l’Univers.Il y a fort à parier que les nouveaux Aristotes seront également rivés sur les images transmises par Hubble.Les sempiternelles questions philosophiques du type d’où-venons-nous-et-où-allons-nous ?sont maintenant des questions d’astrophysique.Comme le faisait récemment remarquer un célèbre chercheur américain, la science est devenue « aussi valable que la religion et la philosophie pour donner un sens à notre existence et nous aider à vivre ».C’est un précédent dans l’histoire de l’humanité de s’en remettre à des faits plutôt qu’à l’imaginaire ou à la mythologie pour donner du sens à la vie.N’empêche que si on est fait de poussières d’étoiles recomposées, cela n’explique pas pourquoi nous sommes là.Pas encore.Moisson d'étoiles Plusieurs journalistes de Québec Science ont été honorés ce printemps.Jean-Pierre Rogel a obtenu le prix du meilleur article « Technologie, environnement et sciences physiques » dans la catégorie magazine, attribué par l’Association canadienne des rédacteurs scientifiques.Son texte intitulé « Tchernobyl : le nucléaire tue encore » (avril 1996) nous ramenait, 10 ans plus tard, sur les lieux de la plus importante catastrophe nucléaire civile.Cet article a aussi été finaliste dans la catégorie reportage du concours de la Fondation nationale des prix du magazine canadien (FNPMC).Notre collaborateur Jean-Marc Fleuiy a, quant à lui, obtenu une mention honorable de l’Association canadienne pour la recherche médicale pour son texte « L’apoptose : le suicide programmé des cellules » (mars 1996).Enfin, le journaliste Michel Groulx a vu deux de ses textes retenus comme finalistes dans la catégorie « Science, santé et médecine » du concours de la FNPMC.Il s’agit des « Secrets de la conscience » (avril 1996) qui faisait état des recherches avancées en neurosciences et de « Sommes-nous seuls ?» (un dossier publié avec Claude Lafleur, en juin 1996).Cet excellent texte fait le point sur les probabilités de vie extraterrestre.Bravo ! Raymond Lemieux ^ nous Science flfUnivers invisible Actualités 7 Café à la carte On a réalisé la carte génétique du caféier.Sera-t-on tenté d’améliorer la saveur du café en trafiquant quelques gènes ?par Michel Groulx 8 25 cœurs vivants sous observation Une première : des chercheurs ont observé en labo des cœurs d’embryons humains.Éthique ?par Mathieu-Robert Sauvé 10 En avoir ou pas Obliger les cyclistes à porter un casque ?La SAAQ serait-elle tombée sur la tête ?par Stéphan Dussault 11 La cité aux 100 000 volts Shawinigan a son musée sur l’industrialisation.On y attend 100 000 visiteurs par année.par Isabelle Hachey Le danger croît avec l'usage Mauvaise nouvelle : de plus en plus de gens seraient allergiques aux produits en latex.par Normand Grondin Chronique Internet Volcans : ils crèvent l'écran Les volcans sont magnifiques.à distance.Internet permet de s’en approcher sans se brûler.par Philippe Chartier 18 Nouvelles brèves bu i- ' fet Chroniques 39 Innovations par l’Agence Science-Presse 40 La dimension cachée Toutes couleurs unies par Raynald Pepin 42 Livres Les nouveaux guides par Natalie Boulanger Cédérom Une encyclopédie de la dissuasion par Michel Bélair À l'agenda 44 Des chiffres et des jeux par Jean-Marie Labrie 46 Entrevue avec Maurice Strong Le Sommet de la Terre, cinq ans plus tard par Serge Beaucher Si®; 4 Québec Science/Juin 1997 y.Sommaire La nouvelle mission de Hubble: 3 I l'Univers invisible Le nouvel œil magique du télescope Hubble permettra d’en savoir beaucoup plus sur la lumière infrarouge, qui contient des informations cruciales pour les astronomes.Hubble n’a pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs.par Benoit Villeneuve Et Roswell créa la soucoupe C’est dans le bled perdu de Roswell, au Nouveau-Mexique, qu’est né il y a 50 ans un des plus grands mythes de l’après-guerre : celui des soucoupes volantes.Notre journaliste s’est rendu sur place.La petite ville, a-t-il constaté, se prépare à une autre invasion : celle des touristes.par Félix Légaré Québec : d'Ia visite rare Des ovnis au Québec ?À partir de 1975, le groupe UFO-Québec a mené l’enquête, mais a cessé ses activités une dizaine d’années plus tard, en panne de carburant.par Claude Lafleur La vie qui bat Les grands bonds de la médecine du cœur En une vingtaine d’années, le nombre de décès causés par les maladies du cœur a diminué de 40 % au Québec.Mais la bataille des cardiologues est loin d’être terminée.par Anne-Marie Simard et Stéphan Dussault Archéologie : le retour de l'amiral Phips Échoué il y a plus de 300 ans au large de la Côte-Nord, un navire de la marine anglaise a été mis à jour l’an dernier.Les fouilles reprennent de plus belle cet été.par Martin Paquet Québec Science / Juin 1997 5 En ligne Rendez-vous sur http://www.cybersciences.com Une invitation virtuelle de Québec Science à ne pas manquer ! Jour après jour, vous avez désormais accès aux plus récents développements scientifiques et technologiques survenus au Québec, au Canada et dans le monde.Le quotidien électronique Cybersciences rend disponible, en ligne, de l’information scientifique et technologique vulgarisée et destinée au grand public à l’adresse suivante : http://www.cvbersciences.com.Inscrivez-la dans votre répertoire de sites favoris.Si le projet du quotidien Cybersciences provient du magazine Québec Science, il n’est pas sa version électronique.Les contenus sont originaux; mais, rassurez-vous, des extraits de Québec Science seront encore offerts en ligne.En plus de suivre l’actualité scientifique et technologique, le quotidien présentera des analyses approfondies des grandes questions scientifiques et technologiques.Dès maintenant, les lecteurs de Cybersciences peuvent faire le point sur les nouvelles technologies de l’information et des communications, les biotechnologies ainsi que l’aérospatiale.Durant l’année, d’autres grands dossiers s’ajouteront à ces derniers.Le quotidien Cybersciences est aussi un outil de référence interactif précieux pour les internautes curieux.Grâce à sa foire aux questions, les visiteurs pourront profiter de l’expertise de l’équipe de Cybersciences et de ses collaborateurs pour obtenir des réponses à leurs questions.Vous vous demandez pourquoi le ciel est bleu, comment trouver de l’or, comment se prénommaient les astronautes de la mission Apollo XIII ou qui a découvert la supraconductivité ?Ne cherchez plus.Cybersciences répond à vos questions, des plus savantes aux plus ésotériques.Alors, rendez-vous à l’adresse http://www.cvbersciences.com.Cybersciences : la science et la technologie pour tous ! Michel Damais Robert Cassius de Linval Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.Donnez-nous vos commentaires ! Vous avez des commentaires et des suggestions sur le magazine ?Écrivez-nous à l'adresse suivante, ou envoyez-nous une télécopie au (514)843-4897.Québec Science 425, rue de La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca plclt (N lllustrations/photos : Marc Cuadrado, Laurent Leblanc, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Natalie Boulanger nce CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 425, rue de La Gauchetière Est Montréal (Québec) H2L2M7 courrier@QuebecScience.qc.ca http://QuebecScience.qc.ca DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Delisle, Jean-Marc Fleury, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Pierre Sormany, René Vézina Ont collaboré à ce numéro : Agence Science-Presse, Serge Beaucher, Michel Bélair, Natalie Boulanger, Philippe Chartier, Rachel Duclos, Stéphan Dussault, Michel Groulx, Isabelle Hachey, Jean-Marie Labrie, Claude Lafleur, Félix Légaré, Martin Paquet, Raynald Pepin, Pedro Rodrigue, Mathieu-Robert Sauvé, Anne-Marie Simard et Benoit Villeneuve PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Promotion : Hélène Côté Abonnements : Nicole Bédard Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) 1 an (10 numéros) 2 ans (20 numéros) 3 ans (30 numéros) À l'unité Groupe (10 ex./même adresse) Au Canada À l'étranger 37,60 S 48,00 $ 64,95$ 86,00$ 89,91 $ 125,00$ 4,50$ 5,25$ 34,19$ Non disponible ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Téléphone : (418) 657-4391 PUBLICITÉ Soussy.com Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Télec.: (514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Télec.: (514) 843-4897 Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery (Québec) GIT 2R1 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1997, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans Y Index des périodiques canadiens.© Copyright 1997 - La Revue Québec Science ©Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) if kl’OE ?1*1 Gouvernement du Québec Ministère de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie n).ami]?! Industrie Canada Industry Canada >6 Membre de: The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit sur cassette par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : (418) 627-8882.6 Québec Science/Juin 1997 Dimm (fini es! I fait I I ft I p if- Les Américains le préfèrent instantané, les Irlandais rehaussé d’un doigt de whisky et, d’après les connaisseurs, on peut difficilement le faire meilleur qu’en Italie.Mais ce sont les Français, amateurs d’express nerveux et bien tassés, qui ont su percer le secret le mieux gardé du café.Après 30 ans de recherches sur le terrain et 5 ans de travail minutieux dans un laboratoire de Montpellier, une équipe de scientifiques vient de dresser la première carte génétique du caféier.Cette découverte — qui rappelle le but de l’ambitieux projet « génome humain » — n’est pas une lubie de chercheurs.« La plupart des grandes plantes cultivées ont déjà leur carte génétique, mais on avait boudé le café, qui est pourtant le premier produit agricole d’exportation au monde », explique le biologiste Philippe Lashermes, de l’ORSTOM (Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération).La consommation annuelle de café atteint 400 000 tonnes et, bon an mal an, elle augmente de 5 %.Les généticiens ont également choisi de s’attaquer au génome du caféier parce qu’il n’a subi presque aucune domestication — donc peu d’améliorations — depuis sa mise en culture, dit Philippe Lashermes.En effet, à côté des Actualités Café à la carte Tous les peuples qui boivent du café sont convaincus de faire le meilleur.Seuls les Français ont entrepris de retourner aux sources et d'améliorer l'essence même du café, c'est-à-dire son code génétique.par Michel Groulx "’Sp"'1 M » rtlif-t-Ï-A m ?>.maw ¦ • .-yA.ç autres espèces agricoles dont la culture remonte souvent à plusieurs milliers d’années, le café a une histoire récente.On en cultive deux espèces : le Cqffea arabica, appelé simplement Arabica, et le Coffea canephora, qu’on surnomme Robusta.À la fin du XVIIe siècle, les premiers plants d’Ara-bica, originaires du Yémen, ont été embarqués sur un navire de la compagnie des Indes occidentales pour être transplantés à Java (le port d’embarquement s’appelait Moka, d’où l’appellation d’une variété populaire d’Arabica).Quant au Robusta, qui provient du Zaire, sa culture par les colonisateurs remonte à la fin du XIXe siècle.Contrairement au maïs et au blé, qui n’ont presque rien à voir avec leurs ancêtres sauvages, le café cultivé aujourd’hui est presque identique à celui Le café : premier produit agricole d'exportation dans le monde.qui pousse dans son habitat naturel, les forêts d’Afrique et de Madagascar.Par contre, s’il n’a pratiquement pas changé sur le plan génétique, on ne peut pas en dire autant de son habitat.Dispersé dans les sous-bois des forêts tropicales, Coffea était protégé des parasites : il ne l’est plus dans les ca-féières, ces cultures intensives très propices aux proliférations de nématodes, de champignons et d’insectes ravageurs.C’est ainsi qu’au Kenya la lutte contre l’anthracnose des baies, une maladie fongique, fait augmenter les coûts de production de 40 %.Et malgré tous les mécanismes de protection employés, le parasite entraîne jusqu’à 50 % de pertes.Les applications massives de pesticides, qui polluent les nappes phréatiques, ont évidemment un coût environnemental.Les chercheurs croient d’ailleurs qu’une catastrophe écologique est imminente au Viêtnam, où la culture intensive se développe à toute allure au mépris de l’environnement.Pour les biologistes, la solution passe par l’amélioration des variétés de café.Mais, jusqu’à présent, elle se heurtait à un obstacle incontournable : le caféier est un arbre, et un arbre.ça ne pousse pas vite ! En parcourant les serres de l’ORSTOM, où poussent des dizaines de variétés de Coffea, Philippe Lashermes désigne un plant mature.« Il a fallu cinq ans pour que ce caféier fleurisse et fructifie, et il faudra trois ans de plus pour évaluer ses qualités agronomiques », dit-il.Or, un programme de sélection nécessite plusieurs générations de croisements entre plantes filles et plantes mères.Il n’est donc pas étonnant que les recherches, qui ont commencé dans les armées 70, n’aient pas encore donné de résultats.La carte obtenue par les généticiens français est rm moyen de court-circuiter ce long processus.Grâce à cet outil, on pourra identifier sur une simple pousse, à peine sortie de la graine, la présence d’un ou de plusieurs gènes intéres- Québec Science/Juin 1997 7 Actualités Recherche avec des fœtus 25 cœurs vivants sous observation Première mondiale : des Américains ont étudié des coeurs humains qui battaient seuls dans des éprouvettes.Certains cardiologues approuvent, d'autres se demandent si on n'est pas allé trop loin.par Mathieu-Robert Sauvé sants et déterminer, par exemple, sa résistance à une ou à plusieurs maladies (voir l’encadré ci-dessous).En somme, il ne sera plus nécessaire d’attendre la maturité du plant.Ce nouvel outil permet d’envisager la création prochaine d’un super café, alliant les qualités de l’Arabica et celles du Robusta.Comme son nom l’indique, le Robusta est une plante très résistante aux maladies.Par contre, il produit des fruits plus amers et peu savoureux, qu’on utilise surtout pour la préparation des cafés instantanés et dans les mélanges.L’Arabica, qui constitue 80 % de la production mondiale, fournit les meilleurs breuvages, soit la plupart des appellations d’origine comme les Moka-Java, Colombien et Kenya.En contrepartie, il est beaucoup plus vulnérable aux attaques des pathogènes.« Cette fragilité s’explique par la faible diversité génétique de cette plante, précise le biologiste.La totalité des caféiers Arabica proviennent en effet d’une dizaine de plants tout au plus.» Pour combiner le meilleur des deux mondes, on envisage de transférer, par croisements successifs, certains des gènes de résistance du Robusta à l’Arabica.Un travail beaucoup plus facile à effectuer avec une carte génétique, puisqu’elle permet de contrôler très finement le passage d’un gène d’un groupe de plantes à l’autre.L’équipe française tente actuellement le transfert du gène de résistance à l’anthrac-nose des baies du Robusta à l’Arabica.La même approche pourrait servir à créer des caféiers produisant des grains sans caféine, ce qui permettrait de les vendre au même prix que les cafés réguliers.Ce projet stimulant sera facilité par la grande diversité des caféiers dans la nature.On en a dénombré au moins 80 espèces, dont certaines ne produisent pas de caféine.Le bémol : elles donnent une boisson imbuvable ! Cela dit, Philippe Lashermes estime que le transfert du ou des gènes impliqués est « certainement une possibilité ».Par contre, le chercheur ne croit pas qu’on parvienne un jour à transférer au Robusta les gènes des arômes de l’Arabica.La raison en est simple : il existe pas moins de 500 arômes différents dans le café — « une complexité comparable à celle du vin », indique Philippe Lashermes en désignant fièrement, de son bureau, les coteaux ensoleillés du Languedoc.Comme pour le vin, le terroir a une influence considérable sur le goût du café, de même que la torréfaction et la préparation.C’est sans doute pourquoi les cafetiers parisiens ne parviennent pas encore à rivaliser avec leurs confrères romains ! • Durant plusieurs heures, des chercheurs américains ont observé in vitro les battements de 25 cœurs humains prélevés sur des fœtus afin d’étudier les effets d’un anticorps durant la grossesse.« C’était la première fois qu’on observait des cœurs humains dans des conditions de laboratoire, et certains battaient encore après huit heures », explique l’auteur de l’étude, Mohamed Boutjdir, de la State University of New York.Depuis une trentaine d’années, on sait que les femmes qui souffrent de maladies autoimmunes (le lupus érythémateux, par exemple) peuvent donner naissance à des enfants atteints d’un bloc auri-culo-ventriculaire, une maladie incurable qui oblige le nouveau-né à porter un stimulateur cardiaque.L’étude du docteur Boutjdir, publiée en mars dernier dans Circulation Research, la plus importante revue de cardiologie, démontre qu’un anticorps maternel (l’anti-52-kD SSA/Ro) traverse la membrane placentaire entre la IB" et la 24r semaine, causant cette cardiopathie.Un bébé sur 20 000 en est atteint dans la population en général, mais l’incidence est 1 000 fois plus élevée chez les enfants nés de femmes souffrant de maladies auto-immunes.Dans le cadre de cette étude, on a d’abord extrait le cœur de 25 fœtus normaux provenant d’avortements effectués dans 3 hôpitaux new-yorkais.L’âge des fœtus variait entre 15 et 24 semaines.Les organes ont été transportés dans la glace en laboratoire où fis ont été perfusés afin qu’on leur inocule l’anticorps.On a ensuite observé l’effet de l’anticorps sur l’activité cardiaque.À l’aide d’électrocardiogrammes, l’expérience a clairement démontré que l’anticorps provoquait des arythmies, puis un bloc auriculo-ventriculaire identique à celui observé en clinique chez des enfants malades.Les cœurs « atteints » cessaient de battre alors que les « témoins » continuaient.« Quelques-uns étaient si solides qu’on a dû les arrêter nous-mêmes à la fin de l’expérience », relate le chercheur.Ravi des résultats, le docteur Boutjdir admet que la manipulation de cœurs humains en laboratoire peut susciter des réactions émotives, d’autant plus que la question de l’avortement est encore vivement débattue aux États-Unis.Les gènes du café La carte génétique réalisée à l'ORSTOM représente les 11 chromosomes du caféier (on en compte 23 chez l'homme).On y a localisé la position d'un certain nombre de séquences d'ADN, matière constitutive des chromosomes.Ces séquences, appelées « marqueurs », ne sont pas des gènes d'intérêt agronomique.Elles servent plutôt de balises permettant de repérer des gènes intéressants.Si l'on constate que toutes les plantes possédant une caractéristique intéressante, comme la résistance à une maladie, sont porteuses d'un même marqueur, on peut conclure que le gène à l'origine de ce caractère est localisé tout près du marqueur.Il suffit donc, pour déceler le gène, de rechercher le marqueur déjà connu.8 Québec Science/Juin 1997 Actualités « Toute l’équipe a eu un choc quand, pour la première fois, nous avons vu un cœur fœtal battre sous nos yeux, confie-t-il.Dans certains cas, le rythme a atteint celui d’un cœur normal, soit 130 battements à la minute.Nous savions la chose théoriquement possible, mais cela n’avait jamais été observé chez l’humain.» dus, mais je suis mal à l’aise avec la méthodologie.Utiliser les parties d’un fœtus avorté qu’on a laissé mourir, c’est une chose.Manipuler des cœurs qui battent, c’en est une autre, même si les fœtus ne sont pas viables.» Le docteur Boutjdir rappelle que les chercheurs ont utilisé les cœurs après avoir obtenu le cette maladie pose un problème aux cliniciens, car la seule prescription connue est une médication à la cortisone dont on doute ouvertement de l’efficacité.« Elle ne donne pas grand-chose, dit-il.L’enfant naîtra avec un rythme cardiaque de 30 à 40 battements à la minute au lieu de 120 et il devra porter un sti- - ^ Le docteur Stanley Nattel, I directeur du centre de recherche de l’Institut de cardiologie de Montréal, émet de sérieuses réserves sur cette recherche, même s’il ne conteste pas sa valeur scientifique.« Ça m’a \ beaucoup choqué, dit-il.Si le II cœur bat, peut-on parler d’un | fœtus mort ?» F I ( amilier avec la procédure expérimentale sur j ¦ des animaux, le doc-I teur Nattel estime que le fait ¦' d’extraire un cœur humain d’un thorax pose de graves problèmes de conscience, même à un médecin spécialiste.« Je i comprends qu’on veuille consa-f crer à la science des tissus per- consentement des mères et l’approbation des comités d’éthique des trois hôpitaux — un processus complexe qui a duré six mois.Ces organes, fait-il valoir, sont destinés à la pathologie.Pourquoi ne pas les « recycler » ?Déjà, des équipes de recherche récupèrent des tissus du cerveau et d’autres organes.« Sur le plan éthique, je n’ai aucun problème, explique-t-il.Si, par cette étude, nous pouvons aider des gens dans l’avenir ou apporter une pierre de plus à l’édifice des connaissances, je juge que c’est valable.» À l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal, le cardiologue Jean-Claude Fouron confirme que mulateur toute sa vie.s’il ne meurt pas en bas âge.» Bien que la recherche du docteur Boutjdir soit fondamentale, il n’est pas interdit d’imaginer la mise au point d’un anticorps qui combattrait l’anticorps maternel responsable de la maladie durant la période critique de la grossesse, au moment où le bloc auri-culo-ventriculaire se développe.Le médecin refuse cependant d’évaluer la durée de cette recherche pharmaceutique, mais il admet que cela pourrait être long.Au Québec, aucun cœur humain ne bat en laboratoire.Pour sa part, le docteur Claude C.Roy, président du Comité d’éthique pour la recherche de l’hôpital Sainte-Justine, ne condamne pas d’éventuelles recherches sur les cœurs de fœtus avortés, « à condition que les mères y consentent ».Cependant, selon la loi canadienne, ce genre de recherche est criminel puisque le fœtus vivant, même s’il n’est pas viable, est considéré comme un être humain par le Code criminel, « qu’il ait respiré ou non, ou que le cordon ombilical ait été coupé ou non ».Sur le plan légal, les principes qui s’appliquent aux enfants s’appliquent aussi aux fœtus.Se pose également la question du consentement.Les avortements tardifs (jusqu’à six mois) sont souvent demandés par de très jeunes filles ou des adolescentes qui ont cherché à cacher leur grossesse à leur entourage le plus longtemps possible.Dans le cas de ces mères qui n’ont pas atteint l’âge de la majorité, qui a la responsabilité légale d’offrir le fœtus à la science ?La jeune fille ?Ses parents ou tuteurs ?S’agit-il alors d’un consentement éclairé ?À ces questions s’ajoutent des dimensions morales — l’image d’un cœur qui bat est symboliquement très chargée.Les médecins semblent pourtant s’entendre sur un point : un fœtus avorté est un « déchet » biomédical.Alors pourquoi ne pas l’utiliser au profit de la médecine ?« Vous savez, le cœur, c’est peut-être le siège de l’amour pour les poètes, mais, sur le plan biologique, c’est simplement un muscle qui envoie du sang dans les veines, dit le docteur Fouron.À la limite, on peut le remplacer par une pompe, et ça marche.Mais je ne connais encore rien qui remplace le cerveau ou les capacités cognitives.La vie, c’est beaucoup plus qu’un cœur qui bat.» • Québec Science/Juin 1997 9 Actualités Sécurité à vélo En avoir ou pas Paradoxe : comment l'obligation de porter un casque à vélo peut-elle à la fois sauver des années de vie active et en faire perdre ?L'Australie l'apprend à ses dépens.par Stéphan Dussault L9 an dernier, le ministère des Transports du i Québec a créé passablement de remous dans le monde cycliste en parlant d’imposer le port du casque à vélo.Plusieurs organismes, dont Vélo Québec, se sont fortement opposés à l’idée; d’autres ont plutôt suggéré qu’on oblige les cyclistes à ne pas tomber sur la tête ! Le ministère a finalement reculé.« La majorité des gens du milieu s’objectaient à une telle loi », dit Louise Bouchard-Accolas, l’attachée de presse du ministre Jacques Brassard.Or, dit-elle, il est difficile d’atteindre ses objectifs sans l’appui de la population.« Nous préférons d’abord sensibiliser les gens.Lorsque la majorité des cyclistes porteront volontairement le casque, nous pourrons y aller d’un projet de loi.» Mais ce n’est pas demain qu’on y arrivera, semble-t-il.L’an dernier, le Groupe de recherche interdisciplinaire mobilité, environnement, sécurité (GRIMES), de l’Université Laval, a sondé un millier de jeunes cyclistes de 12 à 16 ans.Résultat : à peine 5 % d’entre eux portent toujours leur casque et 70 % n’en ont jamais porté ! Actuellement, seule l’Australie oblige tous ses cyclistes à se protéger la tête.Aux États-Unis, une quinzaine d’États imposent le port du casque à des mineurs d’âges différents.Au pays, trois provinces (Colombie-Britannique, Ontario et Nouveau-Brunswick) ont des règlements similaires.(V (U E «TJ mmk TV' C ; Si- ^ üli W :'-/L »! ¦' v'- i i'- .v v.wa’ja '1 i^rawiJ Le casque obligatoire ?Une mesure qui pourrait s'avérer excessive.Mais l’obligation de porter un casque a sa contrepartie, soit l’abandon de ce sport par ceux qui refusent de se plier à la règle.C’est ainsi que les Australiens ont observé une baisse importante du nombre de cyclistes après l’adoption de la loi, en 1992.Un groupe de chercheurs avaient interrogé 8 000 cyclistes une première fois en 1991, puis une seconde en 1993.C’est à ce moment qu’ils ont découvert que 25 % d’entre d’eux avaient abandonné le cyclisme ! Par ailleurs, en 1993, des chercheurs britanniques ont conclu que les gains en années de vie dus à la pratique régu- lière du vélo étaient 20 fois plus élevés que les années perdues pour cause de mortalité et de blessures ! Au Québec, sur le plan statistique, l’équivalent d’une quinzaine de cyclistes de 30 ans meurent chaque année, ce qui représente environ 700 années perdues (en supposant que chacun vive 75 ans).En appliquant la même logique que les Britanniques, Vélo Québec estime que nos quelque 3,5 millions de cyclistes gagneraient pas moins de 14 000 années de vie grâce aux effets bénéfiques du vélo (soit une moyenne annuelle de 1,4 jour pour chacun d’eux).Conclusion : si seulement 1 % des cyclistes abandonnaient cette activité, « un taux très conservateur » selon Michel Labrecque, de Vélo Québec, plus de 5 000 années de vie seraient perdues.« La démonstration scientifique des Britanniques n’est pas très éloquente, juge Claude Sicard, chef de la promotion de la sécurité routière à la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ).Mais il y a indéniablement des avantages pour la santé à pratiquer le vélo.» Une chose est certaine : le port du casque ne réduira pas le nombre d’accidents entre automobiles et cyclistes, la cause de 95 % des décès de cyclistes.« Le principal fléau demeure l’alcool au volant, particulièrement chez les jeunes », | reconnaît Louise Bouchard-Accolas.Pour sauver la vie de nos jeunes cyclistes, vaut-il mieux leur mettre un casque sur la tête ou serrer la vis aux ivrognes ?! • Its itii Hitt te] '•tes 'Ifei] •'%] 10 Québec Science/Juin 1997 Actualités Un autre musée La cité aux 100 000 volts Même si les heures de gloire de Shawinigan-la-besogneuse sont derrière elle, son nouveau et ambitieux musée industriel nous en fera revivre quelques-unes.par Isabelle Hachey La tour de la Cité de l'énergie un nouvel attrait touristique pour Shawinigan.'Ve';.: -v* Grondines est un paisible village du comté de Portneuf.Mais, en 1989, la construction d’un énorme pylône électrique reliant le village à Lotbinière a troublé la tranquillité de cette petite municipalité.Les citoyens ont donc manifesté et signé des pétitions, et Hydro-Québec a fini par plier et par aménager, à grands frais, ime ligne souterraine.Sauf que le pylône était toujours là.Pas bêtes, les gens de Shawinigan ont récupéré la charpente pour en faire une tour d’observation.Les promoteurs de la Cité de l’énergie, le parc thématique de 28 millions de dollars qui ouvrira ses portes le 21 juin 1997 et relatera l’épopée industrielle de Shawinigan, comptent en faire le principal attrait touristique du parc.Elle deviendra la « marque de commerce » du parc et le symbole de la grandeur passée de la ville.Il est vrai que du haut de ses 115 mètres, la tour offre une vue imprenable.Au nord, le Saint-Maurice s’étend paresseusement à l’horizon.À l’est, le découpage des rues de Shawinigan rappelle qu’elle fut la première ville entièrement planifiée du pays.Plus bas, à l’ouest, les cheminées d’une aluminerie crachent leur fumée, comme pour prouver que, malgré son déclin catastrophique, l’activité industrielle ne s’est pas encore tout à fait éteinte.Au sud, de puissantes chutes se déchaînent.Ce sont elles qui ont valu à Shawinigan le surnom de « Niagara de l’Est » et qui, au début du siècle, ont consacré l’avènement du Québec dans le monde industriel moderne.orsque le ministre Bernard Landry a visité le site l’an dernier, il a déclaré : « C’est ici que tout a commencé ».Ses paroles ne pouvaient être plus justes.Au début du siècle, des industries d’aluminium, d’électrochimie et de pâtes et papiers ont w le jour autour du premier grand barrage hydroélectrique du Québec, celui de la Shawinigan Water and Power Company.La ville se résumait alors à quelques bâtiments et chantiers boueux, mais, en moins de cinq ans, elle allait devenir un creuset technologique unique au pays.C’est cette révolution industrielle que raconte l’exposition permanente de la Cité de l’énergie.Le concept est original : dans la pièce centrale d’un bâtiment circulaire, un spectacle multimédia fait office de machine à remonter dans le temps.« On projette des images sur un écran circulaire, et les gens sont installés sur une plate-forme tournante », explique l’artiste Michel Lemieux, qui a conçu le spectacle avec Victor Pilon.Les visiteurs sont d’abord transportés en 1897, puis ils sont invités à traverser des chutes virtuelles (une simulation par holographie dont seuls les deux artistes montréalais maîtrisent la technique).Derrière les chutes, l’exposition est divisée en quatre salles représentant au- tant d’époques marquantes du développement de Shawinigan.Les visiteurs empruntent alors un chemin circulaire qui les ramène en 1997.Durant la visite, on apprend pourquoi, au début du siècle, des entrepreneurs américains décident de s’installer dans ce coin de pays un peu perdu.Si, à l’époque, les centrales hydroélectriques sont habituellement aménagées à proximité des villes, la puissance des chutes de Shawinigan attire ces hommes d’affaires qui veulent utiliser l’hydroélectricité à des fins industrielles.Comme plusieurs autres chutes du Québec, celles-ci sont mises en vente, raconte l’historien Benoît Gauthier, spécialiste du patrimoine industriel québécois.Le coût n’est pas trop élevé : 10 000 dollars pour se porter acquéreur.» Mais, en 1897, l’arrivée au pouvoir des libéraux de Félix Gabriel Marchand, qui promettent de bouleverser les politiques de développement économique du Québec, fait monter les enchères.Le prix des chutes atteint 50 000 dollars, et l’acheteur est soumis à des conditions exorbitantes ; obligation d’investir 4 millions de dollars en moins de 3 ans, en plus de verser 200 000 dollars par année en salaires.Le gouvernement ne reçoit qu’une seule proposition, celle d’un groupe d’hommes d’affaires de Boston.Leur compagnie, la Shawinigan Water and Québec Science / Juin 1997 11 Actualités il 4s.Power, doit donc rapidement trouver des « clients » pour cette électricité qu’elle compte produire en quantité.industrielle.Elle réussit à attirer une papeterie belge (Belgo Canadian Pulp Co.), une alu-minerie américaine (Pittsburgh Reduction, qui deviendra Alcan) et une usine de production de carbure de calcium (Carbide).Puis, elle dresse entièrement les plans d’une ville de 40 000 habitants.Shawinigan Falls était née.Entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, tous les entrepreneurs de Shawinigan font des affaires d’or.Une deuxième aluminerie ouvre ses portes, la première n’arrivant plus à répondre à la demande.Mais ce sont surtout les industries chimiques qui bénéficient de la manne.« Pendant la Première Guerre mondiale, on a produit des milliers et des milliers de tonnes de produits chimiques; on fabriquait notamment les vernis utilisés pour recouvrir les avions en toile et les composantes des explosifs », explique Jean-Marc Un musée qui rappelle les grandes étapes de l'industrialisation du Québec.Carpentier, responsable du concept muséologique et du contenu thématique de la Cité de l’énergie.Après la guerre, la technologie se raffine et un important laboratoire de chimie est mis sur pied.En 1926, on y découvre un procédé pour fabriquer de l’acétate de vinyle.« Toutes les matières de vinyle et de plastique découlent aujourd’hui de cette importante découverte », rappelle Benoît Gauthier.Le complexe chimique emploie alors quelque 2 000 personnes, et les produits sont exportés dans le monde entier.L’expansion industrielle de Shawinigan atteint son apogée.Shawinigan est alors le lieu de grandes batailles syndicales — la ville offre, dans les années 50, les salaires les plus élevés au pays.Ces batailles pourraient expliquer, en partie, le déclin industriel de la ville.De même que la nationalisation de l’électricité, en 1963.Mais c’est surtout le pétrole qui est pointé du doigt : en effet, le remplacement systématique de l’électrochimie par la pétrochimie à travers tout le Québec explique la Écologie : zone sinistrée râce aux photos aériennes, on voit qu'à une certaine époque il y avait plein de petites val-vJ lées qui descendaient vers le Saint-Maurice.Dix ou quinze ans plus tard, c'est devenu un beau grand plateau de dix mètres de haut, tout le long de la rivière.On devine que toutes les dépressions ont été remplies.» Remplies de quoi ?De déchets toxiques dangereux.Guy Fortin, du bureau de la Mauricie du ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec, explique que Shawinigan est l'une des villes québécoises les plus touchées par la pollution industrielle.Et selon le Groupe d'étude et de restauration des lieux d'élimination des déchets dangereux (GERLED), au moins deux sites sont considérés comme « hautement dangereux » à Shawinigan, alors que de nombreux autres présentent encore des risques importants.La plupart sont situés près des zones urbanisées, à moins de 100 mètres du Saint-Maurice.« Du point de vue de l'environnement industriel, dit Guy Fortin, c'est une zone sinistrée.» En bordure de la rivière, un banc de chaux de 35 acres — et d'une épaisseur moyenne de 8 mè-1x65 ¦ — contient une large palette de contaminants : mercure, zinc, cyanure, cuivre, chrome et plomb.Des travaux de restauration ont été effectués entre 1987 et 1990 par Gulf Canada, le nouveau propriétaire du lieu.Par contre, la méthode utilisée par la compagnie pour régler le problème — recouvrir d'argile le banc de chaux — est efficace pour réduire le largage des contaminants dans la rivière, mais sans plus, affirme Guy Fortin.« On ne procéderait pas de la même façon aujourd'hui.» Un autre site classé hautement dangereux servait aux compagnies CIL et Dupont de lieu d'élimination du chlore et de la soude caustique.Il est devenu par la suite un dépotoir de neiges usées et menacerait, lors de la fonte des neiges, de contaminer au mercure les rivières Shawinigan et Saint-Maurice.Cette contamination, estime le GERLED, « pourrait constituer un risque indirect pour la santé publique ».perte d’intérêt des grandes usi-1 nés pour l’énergie hydraulique de Shawinigan.« Le procédé électrochimique, qui consiste à utiliser de l’air chaud et du charbon pour obtenir du carbure de calcium et, ensuite, de l’acétylène, a été remplacé par la filière du pétrole (produisant de l’éthylène), qui remplit les mêmes fonctions à moindres coûts », explique Jean-Marc Carpentier.Mil mit if iSLl La dernière portion de l’exposition dresse un bilan de l’industrialisation et tente de définir les « perspectives d’avenir- » de la ville.« Jusqu’à récemment, le développement de Shawinigan était fondé uniquement sur la présence de la grande industrie », constate l’historien Benoît Gauthier.Les temps ont toutefois bien changé.Le chômage fait rage — 55 % des emplois industriels ont été perdus — et la ville s’est dépeuplée, passant de 40 000 à 20 000 habitants ! La révolution technologique a fait le reste.Des entreprises comme Alcan, qui employait près de 1 300 travailleurs à la fin de la Seconde Guerre mondiale, produisent autant avec moitié moins d’effectifs.« Avec la Cité de l’énergie, on veut montrer qu’il est possible de sortir du cercle infernal du déclin industriel », lance Benoît Gauthier avec optimisme.En fait, le complexe touristique entend bien devenir « la nouvelle énergie de Shawinigan », attirant au passage les vacanciers qui font route vers le lac Saint-Jean.Le site offre des expositions permanentes et temporaires, deux spectacles multimédias, une imposante collection de machines industrielles et plusieurs autres attractions touristiques.Il est érigé à l’endroit même où les usines se sont implantées.Certaines sont désaffectées; d’autres, comme Shawinigan 2, sont toujours en activité.Créée ai C«pn «pit mipai pif] lit nrojf Ids; taui lobeit ta ai foui tiondi pouvoi 4,S mil Wntc Ifrtioii tas 'étréat «sine j la G ftHj aitoée t in peu Pom ai Ifudel.Montré 'Püinté 'Me 'forced1 îlOlifl, "«inn H 12 Québec Science/Juin 1997 ¦Ï'W «(lié ifiè lia- J'.'B èi- rf |i|:| B» .(r :>'t BU ' :v, !t' .«!!.!( rll IB îÜf -¦ : ; ii-Ji .t: .ï ««B Bil" is if.f 'B : B !-if' $ : iff •B' -Vf îiS fi ' :/¦ lV en 1911, cette dernière est d’ailleurs la plus ancienne centrale toujours en fonction d’Hydro-Québec.Les visiteurs peuvent aussi emprunter « la route de l’eau » dans une vieille conduite de la Northern Aluminium Company.Les architectes ont même aménagé une terrasse sur les décombres d’une ancienne aluminerie.Ce projet, les gens de la région en entendent parler depuis près de 20 ans et avaient fini par abandonner tout espoir de le voir se réaliser.Bien sûr, les 250 emplois directs et indirects créés par le complexe touristique ne pèsent pas bien lourd dans la balance.Mais c’est un début.Et ce sera l’occasion, pour les Shawiniganais, de se rappeler qu’ils habitent une ville pionnière qui, à en croire Gilles Dessureault, directeur des communications de la Cité de l’énergie, figurait dans les plans de bataille des Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale.« On dit que si Hitler avait eu à bombarder une ville canadienne, il aurait choisi Shawinigan ! » • Le spectre du Cosmodôme Projet de grande envergure, la Cité de l’énergie risque-t-elle de se transformer en un autre Cosmodôme de Laval ?Bien que les concepts muséologiques des deux sites touristiques soit semblables et que Shawinigan soit éloignée des centres urbains, le directeur général de la Cité de l’énergie, Robert Trudel, se dit confiant.Même avec un coût de construction totalisant 28 millions de dollars et un budget d’exploitation annuel de 1,65 million, il prévoit déjà obtenir un surplus budgétaire de 300 000 dollars en 1998.Pour atteindre le seuil de rentabilité, on a créé une fondation dès 1995 en espérant amasser de 2 à 3 millions de dollars afin de générer environ 200 000 dollars de revenus de placement par année, explique le directeur général.Il ajoute pouvoir compter sur de « gros partenaires » comme Hydro-Québec, qui a investi 9,1 millions dans le projet.Les gouvernements provincial et fédéral, qui ont respectivement fourni 4,5 millions et 4,6 millions pour la construction et l’aménagement de la Cité de l’énergie, ont cependant annoncé leur intention de ne pas investir un dollar de plus dans le projet.L’ensemble des revenus du musée ne suffiront évidemment pas à assurer le renouvellement des expositions, essentiel pour stimuler l’intérêt des visiteurs dans les années à venir.Les promoteurs envisagent donc d’aménager, d’ici trois ans, un parc récréatif et un complexe industriel sur le site de l’ancienne usine Saint-Maurice d’Alcan.La Cité de l’énergie réussira-t-elle à atteindre rapidement son objectif de 100 000 visiteurs (entrée : 5,50 $) ?« Elle n’est située qu’à une heure et quart de voiture de Québec (NDLR : un peu moins de deux heures de Montréal).Ce n’est pas loin pour aller voir quelque chose d’intéressant », estime Robert Trudel.Il ajoute que Shawinigan est située à mi-chemin entre Montréal et le lac Saint-Jean, un itinéraire fréquemment emprunté par les touristes français.Et puis, la Mauricie compte déjà deux musées nationaux qui pourraient constituer une force d’attraction, celui des arts et des traditions populaires, à Trois-Rivières, et celui des religions, à Nicolet.« Il y a d’immenses lacunes à combler en muséologie scientifique », affirme François Lachapelle, président de l’Association des musées québécois.Il croit que le projet, bien que risqué dans le contexte économique actuel, est réalisable.Le problème, dit-il, c’est que même s’il est justifié de s'inquiéter, « au Québec, on est allergique aux grosses institutions.» Actualités Latgx «agi a »v DrG.5oe>o Le danger croît avec l'usage En principe, on porte des gants de latex pour se protéger.En pratique, ils causent parfois autant de tort que de bien.par Normand Grondin es années 80, celles du sida, des condoms et des gants de caoutchouc, nous ont amené un nouveau poison : le latex.En effet, peu fréquente dans le passé, l’allergie au caoutchouc naturel est maintenant en progression.Selon une récente étude américaine, réalisée à partir des échantillons de sang d’un millier de donneurs anonymes de la région de Détroit, 6,4 % de la population réagirait au contact d’un produit en latex.Dix ans plus tôt, ce taux était d’à peine 1 %.Dans les milieux de la santé, où l’on trouve de gros consommateurs de produits en latex, cette proportion serait d’au moins 10 %.Les symptômes ?Ils vont d’une simple inflammation de la peau à la crise d’asthme, en passant par l’urticaire, la rhinite et la conjonctivite.Dans le pue des cas, le latex peut provoquer un choc anaphylactique, c’est-à-dire une réaction allergique violente qui peut entraîner la mort.L’alarme a été sonnée pour la première fois en 1990, aux États-Unis.La Food and Drug Administration (FDA) a alors fait le lien entre l’utilisation Québec Science/Juin 1997 13 Actualités de gants chirurgicaux en latex et le décès sur la table d’opération de 16 personnes atteintes de spina-bifida, une malformation congénitale de la colonne vertébrale qui exige de fréquentes interventions chirurgicales.On sait maintenant qu’au moins le tiers des gens atteints de cette maladie sont sensibles au latex.« C’est devenu un problème de santé suffisamment important pour attirer l’attention des autorités médicales », constate l’allergologue québécois John Weisnagel.La FDA et, au pays, Santé Canada, ont d’ailleurs émis plusieurs directives à ce sujet dans le passé.« Il faudra être en mesure d’identifier les gens allergiques avant qu’ils se retrouvent dans les salles d’opération si on veut éviter des drames », constate le médecin.Dans la population, les personnes les plus vulnérables sont celles qui sont quotidiennement en contact avec des produits en latex : les ouvriers de l’industrie du caoutchouc, les médecins et infirmières, les dentistes et leurs assis- / tants de même que les policiers.Ce sont évidemment les produits de consommation courante, comme les condoms et les gants chirurgicaux (on en utilise plus de deux millions de paires par année dans un grand hôpital !), qui sont les principaux responsables de l’augmentation vertigineuse du nombre de cas d’allergie.Au départ, les symptômes sont souvent bénins : de simples rougeurs aux mains ou quelques boutons vite disparus.Si bien qu’on met du temps à identifier la source du problème qui risque alors de s’aggraver.L’allergie serait causée par une (ou plusieurs) des nombreuses protéines que contient la sève de l’hévéa, l’arbre à caoutchouc.Laquelle précisément ?On l’ignore toujours.Mais on sait que, durant le procédé industriel de vulcanisation du caoutchouc, qui améliore sa résistance tout en lui permettant de conserver son élasticité, la chaleur intense modifie la structure moléculaire de cette protéine et la rend allergène.L Les gants en latex dans les hôpitaux : une personne sur dix y serait allergique.Prenez la route des vacances avec Québec Science iwMëm En kiosque actuellement 3,95 $ Livré gratuitement à nos abonnés es protéines allergènes se mêlent ensuite à la très fine poudre de fécule de maïs qui tapisse l’intérieur de la plupart des gants chirurgicaux.Ainsi, chaque fois qu’on enfile ou qu’on enlève un gant, le mélange de fécule et de protéines est propulsé dans l’air ambiant, où il croise éventuellement le chemin d’un organisme allergique.En fait, l’air des centres hospitaliers est littéralement « infecté » par ce mélange.« On s’étonne encore de constater qu’une quantité aussi infime de protéines provoque une réaction aussi grave », dit Andrew Douglas, agent de normes au Bureau des instruments médicaux de Santé Canada et membre d’un groupe de travail sur le latex.Plusieurs directions d’hôpitaux prennent déjà des précautions pour limiter les dégâts, indi-que-t-il.Lorsque c’est possible — et surtout pas trop coûteux ! —, on remplace tout simplement les produits en latex par des produits synthétiques.On peut également opter pour des latex qui contiennent beaucoup moins de protéines et qui, de ce fait, réduisent presque à néant le risque de réaction allergique.En effet, on note d’importants écarts entre les concentrations de protéines des différentes marques de gants chirurgicaux offertes sur le marché : certaines affichent des taux jusqu’à mille fois plus élevés que d’autres ! Les prix varient en conséquence : les gants peuvent coûter de 50 cents à 5 dollars la paire.Andrew Douglas souhaite également qu’on rende obligatoire l’étiquetage de tout matériel médical.Les Américains y songent déjà et, s’ils ouvrent la voie, il est probable que les Européens et les Canadiens suivront.Combinées à de larges campagnes d’information auprès du personnel médical et du grand public, ces initiatives permettraient de réduire le nombre de cas plus dramatiques.Ce ne sera pas un luxe.Encore aujourd’hui, bien des gens du milieu de la santé ne font pas le lien entre les boutons, les rougeurs ou les problèmes d’asthme qu’ils connaissent et les gants de latex qu’ils enfilent 10 fois par jour ! • Pour en savoir plus Guide de Santé Canada pour les patients allergiques au latex http://hpb1 .hwc.ca:8300:T737 ou 1 800 267-9675 (sans frais) Association des allergologues et immunologues du Québec http://www.allerg.qc.cal Groupe de support américain sur l'allergie au latex h ttp://www.la tex.org/index.html 14 Québec Science/Juin 1997 V et bottes de cuir wtr: « Après la pluie le beau temps! Mais pour en être bien certain, regardez MétéoMédia.Avec près de 30 météorologues exclusifs et la plus récente technologie, MétéoMédia vous renseigne sur le temps qu’il fait et le temps à venir.Alors avant de sortir votre chapeau melon et vos bottes de cuir pour aller faire une danse de la pluie, planifiez vos sorties estivales avec MétéoMédia.Parce que le temps change.Météo Média PARCE QUE L ET E M P S ch^nae Câble 17, Télécâble Laurentien-Hull eî CF Câble Montréal: câble 27 www.MeteoMedia.com Actualités Chronique| üifernef PAR PHILIPPE CHARTIER •chartiep@quebec.net Volcans : ils crèvent l'écran Les films catastrophes sont bel et bien de retour ! Si l’été 1996 a été emporté par la tornade Twister, celui de 1997 sera balayé par les foudres des volcans.Vous voulez être au cœur de Faction ?Comme tout film hollywoodien qui se respecte a désormais son site Internet, Dante’s Peak (1) et Volcano (2), les deux films à succès de la saison estivale, offrent aux amateurs du genre leur ration de flammes, d’explosions et de démesure.Les sites scientifiques consacrés à la volcanologie n’ont ce- Le sol tremble quelque part ?La terre crache du feu à l'autre bout du monde ?Le réseau peut vous brancher directement et rapidement sur n'importe quel point chaud de la planète.pendant rien à leur envier.La page des volcans du Michigan Technological University (3) et le site The Volcanic Homepage (4) permettent d’étudier les volcans sous toutes leurs coutures et dans tous leurs états : superbes photographies en couleurs, séquences vidéo de leurs plus récents exploits, enregistrements sonores qui permettent d’entendre leur Martin, 12 ans internaute Richard, 43 ans père de famille, enseignant «Moi, rai eu l'Internet et mon père t t un mois ÇJKcltU ït avec la trousse d'Internet Microtec.» «Ici, il y a toujours quelqu'un qui veut s'amuser sur Internet.L'accès illimité à coût fixe chez Internet Microtec me permet de planifier mon budget sans casse-tête.» Téléphonez dès maintenant pour obtenir votre trousse d’accès incluant un mois gratuit ! Profitez de notre plan accès illimité pour seulement 26,95$ par mois ! UTILISEZ L'UN DE CES 2 MODES DE BRANCHEMENT! PAR LA TROUSSE D’INTERNET MICROTEC : Téléphonez-nous afin de recevoir rapidement votre trousse d'accès au monde d'Internet, au montant de 26,95 $, vous donnant: un mois gratuit, un guide d'installation et plusieurs logiciels dont les navigateurs web Microsoft Internet Explorer et Tango, ainsi que les logiciels PointCast et SécurNat.PAR MODEM : 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.• Montréal : (514) 861-3535 • Québec : (418) 691-0500 «Appuyez deux fois sur la touche RETOUR au moment de la connexion et suivre les instructions.» Il IM TT E R IM ET IGROTEG Une technologie humanisée''* 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Accès illimité mu (5 1 4) 388-1 144 que.: (4 I 8) 683-2523 www.microtec.net sourd ronflement (ou est-ce une scène de ménage entre Héphaïstos, dieu du feu, et Aphrodite, son épouse ?).Sur le site du Michigan Technological University, vous trouverez également le récit des plus célèbres éruptions de l’histoire, comme celle du Vésuve, en 79 de notre ère, responsable de la destruction de Pompéi, d’Herculanum et de Stabies.On pourra aussi consulter la section terminologique pour apprendre à différencier les types de volcans et s’informer sur les derniers développements de la recherche en volcanologie.Grâce aux caméras omniprésentes sur le Net, il est désormais possible d’observer, de minute en minute, les brusques changements d’humeur de ces monstres à demi-endormis : épiez l’Etna et le Stromboli en Italie (5), ou encore le mont Ruapehu (6) en Nouvelle-Zélande (lors de sa dernière colère, en septembre CyberRessources (1) Dante's Peak http://www.dantespeak.com/ (2) Volcano http://www.volcano.com/ (3) Michigan Technological University Volcanoes Page http://www.geo.mtu.edu/volcanoes/ (4) The Volcanic Homepage http://www.aist.go.jp/GSJ/-jdehn/v-home.htm (5) Institute Internazionale di Vulcanologia htt p ://www.iiv.ct.cnr.it/ (6) Volcano-Cam/Mt.Ruapehu http://www.cybercorp.co.nz/ruapehu/ (7) Volcano World http://volcano.und.nodak.edu/ (8) Programme canadien de séismologie des tremblements de terre http://www.seismo.nrcan.gc.ca/welcome_f.html (9) National Earthquake Information Center http://wwwneic.cr.usgs.gov/current_seismicity.shtml (10) Caltech/USGS SeismoCam on the WWW http://www.scecdc.scec.org/seismocam/SeismoCam.html 16 Québec Science/Juin 1997 Actualités m., Éxam 1995, il expulsait des rochers en fusion de la taille d’une voiture !).Le site du MTU présente aussi la liste des volcans sous surveillance aux quatre coins du globe.Par contre, lors de vos séances d’observation, il faudra tenir compte du décalage horaire car, la nuit, tous les volcans sont gris.Volcano World (7) nous fait connaître tous les volcans du monde et même les formations volcaniques observées sur d’autres planètes du Système so- laire, notamment sur Vénus et sur Mars.On peut aussi consulter la liste des éruptions volcaniques en cours ou celle des « parcs volcaniques » où l’on peut, semble-t-il, passer ses vacances.Rocky, la mascotte du site, suggère aux enfants quelques recettes pour fabriquer leur propre volcan format réduit avec éruption à base de vinaigre, de soda à pâte et de colorant alimentaire.Aux plus ingénieux, on propose des plans de volcans à piles et de volcans pneumatiques dont les effets sont, dit-on, tout à fait spectaculaires.Est-ce la rareté des volcans en terres francophones qui expliquerait la quasi-absence de sites en français sur le sujet ?Pour se consoler, toujours au rayon des phénomènes telluriques, le site du Programme canadien de séismologie des tremblements de terre (8), où l’on recense les plus récents tremblements de terre au Canada, fera sûrement vibrer quelques cordes sensibles.Quant aux séismes dans le monde, le National Earthquake Information Center (9) est l’endroit tout indiqué pour obtenir plus de renseignements.Finalement, ceux qui attendent toujours le Big One, ce tremblement de terre d’une envergure apocalyptique qui doit im jour rayer la Californie de la carte, pourront visiter le site Caltech/USGS SeismoCam on the WWW (10), qui offre en tout temps les données des sismographes chargés d’enregistrer la violence du cataclysme.La mise à jour est faite toutes les 30 secondes ! • Visitez www.infinit.net La première communauté virtuelle au Québec www.infinit.net Vidéotron Vive le monde.libre! In conimnimiilô rirlur/lr www.infinit.net Québec Science/Juin 1997 17 Actualités lilouifelles TTST ¦ Aérodynamique Fore ! Pourquoi les balles de golf sont-elles couvertes de petits cratères ?Probablement pour contredire les lois de l’aérodynamique, qui disent qu’une surface lisse oppose moins de résistance à l’air.En fait, l’inégalité de la surface des balles de golf a commencé à s’imposer vers le milieu du siècle dernier, lorsque les joueurs se sont aperçu que leurs vieilles balles tout écorchées portaient plus loin que les neuves.Les aérodynamiciens n’ont résolu cette énigme que depuis peu.C’est la turbulence créée par les petits cratères qui pousse la balle plus loin.Évidemment, cette découverte a incité les fabricants à concevoir des balles qui comportent de plus en plus de petits cratères.De 336 en moyenne au cours des années 50, leur nombre est passé à près de 500 aujourd’hui, et les fabricants cherchent maintenant le moyen d’en entasser davantage.Comment y arrivent-ils ?En fabriquant des balles dont la surface est plus grande, puisque les règlements ne précisent pas la grosseur maximale d’une balle de golf ! Pedro Rodrigue ¦ Automobile Des missiles recyclés ! D’ici quelques années, ce sont des moteurs de missiles de croisière qui vont mouvoir les voitures de General Motors ! La firme américaine Williams a en effet réussi à réduire la taille des moteurs de ses missiles de croisière pour en faire des moteurs hybrides d’automobile.Ce moteur à turbine est lui-même issu des moteurs d’avions à réaction.Dans les années 70, les chercheurs ont miniaturisé le moteur des jets pour qu’ils puissent lancer les missiles de croisière.Quelques centaines de bombes plus tard, Williams s’attaque aux moteurs de voiture.Selon les responsables de General Motors, qui a acquis les droits de commercialisation, ce moteur devrait devenir leur cheval de bataille dans le futur marché des moteurs hybrides.Le moteur des missiles de croisière fonctionnera à l’aide de l’essence diesel.Il aura pour fonction d’emmagasiner de l’électricité dans une batterie.Le second moteur, électrique celui-là, générera 40 kilowatts, l’équivalent d’environ 55 chevaux-vapeur.Stéphan Dussault %, tf ¦SUBI ans.C'est l'âge de la plus vieille gomme à mâcher, découverte dans un marécage de Suède.Selon les observations des paléontologues, l'objet présenterait même des traces de dents d'adolescent fossilisées ! Ce qu'il mâchait ?De l'écorce de bouleau.Un ingrédient entièrement naturel, mais dont l'intérêt gastronomique reste encore à démontrer.R / ¦ Biochimie Les « bienfaits » de la vache folle À quelque chose malheur est bon : un chercheur de l'Université du Québec à Montréal pourrait tirer profit des inquiétudes causées par la maladie de la vache folle.En effet, Serge Saint-Pierre, professeur au département de chimie, espère être bientôt en mesure de fabriquer du collagène synthétique, un produit qui pourrait avantageusement remplacer le collagène naturel qu'on obtient en faisant bouillir les os, la peau et les tendons du bœuf.Or, on sait que la maladie de la vache folle se transmet à partir de produits bovins ou de leurs dérivés — les prions, ces protéines mutantes responsables de l'encéphalopathie spongiforme bovine, se logeraient dans les tissus du bœuf.On craint donc, mais sans pouvoir encore le démontrer, que l'humain attrape la maladie en utilisant un sous-produit de vache contaminée.Le collagène naturel fait partie de la vie courante et entre dans la fabrication d'une multitude de produits : crèmes de beauté, colles biologiques qui servent à souder les cicatrices, injections sous-cutanées antirides, implants dentaires.Le collagène synthétique, lui, est obtenu en mélangeant de la résine à des acides aminés provenant de l'humain.Il n'y a donc aucun risque de contamination.Utilisé en médecine, il aurait l'avantage de ne provoquer aucune réaction de rejet de la part du système immunitaire.Malléable, il pourrait également servir en chirurgie esthétique de même que pour la fabrication de lentilles cornéennes et de prothèses mammaires.Le produit est actuellement testé sur des animaux pour en déterminer la toxicité et l'antigénicité.Serge Saint-Pierre est le seul chercheur en Amérique du Nord à travailler dans cette direction.Rachel Duclos 18 Québec Science/Juin 1997 Les visiteurs lathe L'affaire Roswell, la plus formidable histoire d'ovnis, aura 50 ans cet été.Mais un demi-siècle de dénégations et l'absence totale de preuves tangibles n'ont pas suffi à tuer ce mythe plus coriace que le Bonhomme Sept Heures.Nous nous sommes rendus sur place par Félix Légaré oswell, 50 000 habitants, est une sorte de Granby plantée comme j un cactus au beau milieu d’un plateau désertique du Nouveau-Mexique.On n’y parvient qu’après avoir parcouru 320 km de routes filiformes à partir d’Al-buquerque, en longeant de majestueux décors du Far-West.Si les échos de la cavalerie sont loin, ceux de l’armée américaine se font toujours entendre.C’est sur ce territoire qu’a été conçue et qu’a explosé la première bombe atomique.Les militaires ont également colonisé plusieurs des villes de l’État, et la région de White Sands, située au sud de Roswell, abrite une importante base de missiles nucléaires.Les routes environnantes sont d’ailleurs bordées d’affiches dont le message est sans équivoque : « Préparez-vous à une évacuation immédiate en cas d’essais de missiles.» Un climat particulier, qui explique peut-être la méfiance chronique des gens de cette portion de l’Amérique à l’endroit de tout ce qui rappelle, de près ou de loin, la présence du gouvernement.« Some of our most famous visitors came from out of state », clament les feuillets touristiques de Roswell.Ici, les ovnis constituent l’attrait Pt««» »-»“• o,"‘« »•« 'SST ua\ C\a\ms MW Urt&On Indiono S.n»*0' ___ ^clylngSauc^ ïKXF Ca^r RosweW &e9,on - Ranch 0 , s:=-SIS rSSaSê* urne Hart'" »'&'$&&¦ - .SÏÏ ., » ».rt oi,k S**B >'•-rtvnc» - - -T IrOtn “ ^o;Y hom ü»»' -¦'° jïï >n.- n; & ï ^ Z oZ"«' 't communion n#rvo LuP*^ , on
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