Québec science, 1 janvier 1997, Supplément 1
Institut Maurifnz-LamontagnB s ci un ces ci b fa mur Pour mieux cnn naître nns océan5r,.A Le 12 juin 1987, le gouvernement du Canada inaugure un important centre de recherche en sciences de la mer à Mont-Joli, près de Rimouski.L’Institut Maurice-Lamontagne vient s’ajouter au réseau des instituts de recherche du jf ministère des Pêches et des Océans (MRO).j Il est doté des équipements les plus modernes et la flotte de navires scientifiques du MRO \ * lui est accessible.' 'tijW F Pi'' Krill [Euphauside] jù1 L’équipe initiale était formée d’une quarantaine de scientifiques et techniciens qui travaillaient au Centre JJ* Champlain des sciences de la mer de Québec.En 1992, on y Hi intègre le personnel de la Station de biologie arctique à 7u Sainte-Anne-de-Bellevue près de Montréal.Dix ans plus 11 tard, l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) abrite près de 250 ) chercheurs, professionnels, techniciens, stagiaires et administrateurs dont les efforts conjugués se déploient dans les divers domaines des sciences de la mer.La recherche sur les pêches, l’océanographie, l’étude de l’environnement marin et de l’habitat de la faune aquatique, la production de cartes marines et autres documents nautiques sont au programme.I Ses équipes de recherche sillonnent, été comme hiver, l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent qui comptent les eaux les plus poissonneuses de l’est du pays.Elles explorent les profondeurs du fjord du Saguenay et les eaux glacées des baies James, d’Hudson et d’Ungava ainsi que du détroit d’Hudson.Elles cartographient les eaux navigables du Québec.Par leur travail, elles contribuent à élargir les connaisances actuelles sur les océans qui couvrent 71% du globe et leurs ressources.Les résultats obtenus, les découvertes inédites dévoilent de nouvelles facettes du merveilleux monde sous-marin qui mérite d'être mieux connu.Place, donc, aux sciences de la mer! 1*1 Pêches et Océans Canada Fisheries and Oceans Canada Canada Il n’y a pas si longtemps encore, on pouvait croire que les ressources de la mer étaient inépuisables et les efforts de recherche visaient alors principalement à accroître le rendement des pêches commerciales.L’effondrement de nombreux stocks de poissons de fond, tels la morue et le sébaste, nous a sensibilisés davantage à la fragilité des stocks et à leur susceptibilité aux fluctuations du milieu.î Aussi l’objectif actuel de la recherche sur les pêches est-il d’acquérir une meilleure connaissance de la biologie et de l’écolo- y ¦¦ gie des espèces de poissons, d’invertébrés et de mammifères marins exploités commercialement, afin de définir les normes si ¦.de conservation requises par chacune de ces espèces et de conseiller adéquatement les gestionnaires et l’industrie de la 1 pêche sur la conservation des ressources ainsi que sur les stratégies d’exploitation.Ainsi, au cours de ces dix ans, les scientifiques ont suivi annuellement l’évolution des populations exploitées en relation avec » r la performance des pêches.Ils ont entrepris de développer des indices de prévision de l’abondance de la ressource à court mi ' ou moyen terme, d’excellents outils permettant à l’industrie de mieux planifier sa stratégie de récolte.Ils ont cherché égale- lu ment à évaluer la condition des individus et des populations, leur structure génétique et démographique, la structure des corn- munautés et les relations avec les autres espèces et leur habitat afin d’ajouter une nouvelle dimension aux estimations quantitatives de l’abondance et ainsi, être en mesure d’évaluer plus complètement l’état des populations.ili En 1334, des projets de pêche scientifique ont été instaurés pour permettre aux biologistes de sui\/re l’état des stocks de morue maigre la fermeture de la pêche commerciale.Parmi ces projets, certains ont été initiés avec des pêcheurs utilisant des engins commerciaux.Les pêcheurs participants reçoivent une formation donnée au début du projet.Ils deviennent en quelque sorte des observateurs de la ressource qui fournissent aux biologistes toutes les informations nécessaires pour identifier les tendances de plusieurs variables biologiques importantes.À bord de leur bateau, les pêcheurs doivent peser et mesurer leurs captures, prélever l'estomac, récolter les otolithes des morues [petits os situés dans la tête des poissons et qui permettent d'en déterminer l'âge] et effectuer des mesures de température de l'eau.Les données recueillies sont ensuite transmises à l'IML, où elles sont anaigsées.Les résultats obtenus, combinés avec les données des relevés scientifiques, fournissent des renseignements précieux sur la taille, la croissance, la condition, l’alimentation des morues et le nombre de poissons capturés (morue, sébaste, turbot et autres espèces] par activité de pêche.- y f v* V S:'"' lÉ&tÉàsi m page S Institut Maurice-Lamontagne j ' ic :::: ; Les hauts Et Ies bas du crabs des neiges L’exploitation du crabe des neiges a débuté dans le golfe du Saint-Laurent vers 1965, puis vers 1980 elle a connu une expansion rapide jusqu’à devenir une des plus importantes pêches commerciales.En 1988, des signes de fléchissement des captures sont notés et le programme de recherche multidisciplinaire GROCRABE (Génétique, Reproduction et Ontogénie du crabe des neiges) est alors amorcé.Le programme est basé principalement sur le suivi d’une population exploitée de crabe des neiges dans la Baie Sainte-Marguerite près de Sept-îles, d’une autre population commercialement inexploitée dans le fjord du Saguenay, ainsi que sur des études expérimentales en bassins.À partir de ces travaux, l’existence de fluctuations naturelles d’abondance dans les populations de crabe des neiges de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, selon un cycle d’une période d’environ huit ans, a été démontrée de façon probante.Ce cycle permet d’expliquer les succès et les déboires consécutifs qu’a connus la pêche depuis 1968.Mentionnons d’abord que la portion exploitée de la population de crabes, celle qui est capturée par les pêcheurs, est constituée uniquement de mâles âgés de neuf ans ou plus; les femelles beaucoup plus petites, ainsi que les crabes plus jeunes, s’ils sont présents sur les lieux, se faufilent généralement à travers les mailles des casiers.Ainsi, ce ne serait pas la surpêche qui aurait occasionné l’effondrement de la pêche à partir de1987.La rareté des gros mâles de neuf ans et plus, nettement perçue dans la pêche de 1987 à 1989, est surtout attribuable à une diminution naturelle de leur abondance.En effet, l’analyse de la structure d’âge des populations vient confirmer qu’il y a eu une baisse du recrutement des juvéniles dans la population dix ans plus tôt, c’est-à-dire en 1977-1979.De même, la diminution de rendement observée en 1995-1997 serait liée au faible recrutement des années 1985-1987.Les relevés au chalut à perche montrent également que 1993-1995 constituent aussi des années de faible recrutement, ce qui laisse entrevoir une autre période de faible abondance du crabe des neiges de taille commerciale en 2003-2005.-—____________________________I r-:/:/ , § «5 14 1E IO Les fluctuations cycliques des rendements de la pêche au crabe des neiges de 1387 à 1398 dans l’estuaire mmm n ¦ I 4JJJJJJJJ J J 1987 1988 1989 1990 1991 1998 1993 1994 1995 I99E Échantillonnage de crabes des neiges .S3- SfcÂV'* r-—î .w, S .5 mm mm.mm Pi mm ‘.¦'i'ii'ÿ, mm, WÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊË ¦ yjjmj : / - ¦> :: Institut Maurice-Lamontagne page 3 J il La condition des morues Une autre équipe de chercheurs s’est penchée sur la question de la diminution dramatique des stocks de morue dans le golfe du Saint-Laurent depuis le milieu des années 1980.Bien que l’exploitation commerciale ait contribué à l’effondrement des stocks, des facteurs environnementaux ont pu accentuer les effets de la surpêche et ralentir le rétablissement des stocks de morue.Sous nos latitudes, la croissance se réalise au cours de l'été; durant l’hiver la morue doit puiser à même ses réserves énergétiques accumulées.Celle-ci n'a donc que quelques semaines pendant lesquelles elle doit migrer du détroit de Cabot vers l'intérieur du golfe, se reproduire, se nourrir et accumuler les réserves énergétiques qui lui seront nécessaires pour passer l'hiver.Si les conditions du milieu lui sont défavorables, la morue devient plus vulnérable, notamment dans un contexte d’exploitation intensive.En rassemblant les mesures de la température de l’eau de mer récoltées pendant plusieurs années, on a mis en évidence d’importantes fluctuations de la température dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.Le refroidissement marqué enregistré depuis 1985 pourrait affecter l’alimentation, la croissance et la reproduction des morues.On a effectivement observé que la condition de plusieurs poissons capturés par les pêcheurs durant cette période était très mauvaise, voisine même de celle mesurée chez des morues mortes de faim en laboratoire.Cela laisse supposer que des mortalités naturelles importantes reliées à cette déplorable condition ont dû se produire, ce qui pourrait expliquer partiellement les diminutions de recrutement.De plus, le refroidissement de l’eau est probablement responsable des changements de distribution observés à la même époque chez les juvéniles et les adultes partis à la recherche d’eaux plus propices à leur survie.L’importance relative des effets directs et indirects de ces diminutions de température sur la physiologie et l’écologie de la morue est toujours à l’étude.J ua i 0.35 K 0.90 J Variations annuelles Q de la condition des morues capturées au début de l'hiver dans le nord du golfe du 5ain t-L auren t 9 -¦/; •-= vC-vV.V ¦/’u • •>¦tT&enyz'Arj.tb- < < < < < 34 35 BE 87 88 ¦ ,0 * «* ev * Ai * > y Pendant les années 1990, années du déclin des stocks, les morues qui connaissaient de fort mauvaises saisons estivales de croissance ou des hivers rigoureux, voyaient leurs chances de survie diminuer.En fait, il n’était pas rare de rencontrer, au printemps, des morues presque mortes d’inanition.À la lumière de ces observations, il apparaît que les facteurs qui contrôlent l’accumulation et l'utilisation des réserves énergétiques _ peuvent limiter la capacité ' de production des stocks de poisson.94 || "¦•wîTïb ____ Morue en bonne condition et morue qui a connu 3 mois de jeûne en laboratoire.La condition de cette dernière t est comparable à celle des morues du golfe du Saint-Laurent pêchées au printemps du milieu des années 1990.page 4 Institut Maurice-Lamontagne ti&Jt ft Les mammifères marins Terre-Neuve Nouveau Brunswick o/oi 00/03
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