Québec science, 1 janvier 1998, Mars
Québec Voici Internet 2 flljlIB HllitSi Volume 36, numéro 6 Mars 1998,3,95$ U# ALIUCINATIONS, TRANSE, EllAsE /otre cer.ueau sous S itf^ actenes : bientôt invincibles ?'t.dans l'espace 73333 01994 9 En couverture Etranges décrochages Une personne sur trois halluciné avant de s’endormir.Mieux : on vit des états de transe toutes les 90 minutes en moyenne.Et cela sans drogues, ni séances de vaudou ! Est-ce le cerveau qui décroche ?Bien sûr ! Est-ce qu’il déraille pour autant ?Pas certain, puisque ces « états seconds » de la conscience seraient en fait des événements presque communs, et non réservés aux névrosés, adeptes du yoga ou amateurs de stupéfiants.C’est en tout cas ce qui ressort des rares études sur le sujet qu’a parcourues notre collaboratrice Anne-Marie Simard.Intrigant ?Si « ces phénomènes ont des bases neuronales », comme nous le rappelle un chercheur de l’Université Laval, on se demande encore lesquelles.Les curieux seront déçus, cette question restera vraisemblablement une énigme si on en juge par la réaction de la plupart des chercheurs que nous avons approchés.« Il suffit d’aborder le sujet avec des neurologues, psychiatres ou anthropologues pour se rendre compte que l’on se trouve sur un terrain glissant, raconte notre journaliste.Les demandes d’entrevue sont déclinées avec des rires embarrassés.Untel ne veut pas être cité.Un autre, sourire en coin, nous renvoie à un concurrent.» Il a donc fallu, patiemment, glaner quelques informations ici et là pour produire cet article.Mais il n’en demeure pas moins que les difficultés rencontrées nous ont laissés songeurs : est-ce donc cette démission quasi généralisée des neurologues à aborder cette délicate question de la conscience qui laisse la voie libre à toutes sortes de théories nouvelâgeuses construites par des charlatans et des hurluberlus éthérés trop inspirés ?Chose certaine, ils tiennent là un bon filon.On a qu’à se rendre au Salon annuel de l’ésotérisme pour le constater.Là, on n’hésite pas une seconde à expliquer que ces hallucinations sont des visions, ces moments d’extase, des illuminations, et ces transes, de grands événements ésotériques.Mais pourquoi se contenter de pareilles balivernes ?Certes, on ne sait pas grand-chose du cerveau qui décroche, mais les quelques neurologues et psychiatres nous rappellent ici qu’ü n’y a là rien de bien mystique en fin de compte, juste quelque chose d’énigmatique comme il y en a à profusion en science.Et, à vrai dire, cela rend ces états seconds de la conscience encore plus fascinants.Raymond Lemieux Au moment de mettre sous presse, une bonne partie du Québec était piégée dans la glace et plongée dans l'obscurité, provoquée par une mégapanne d'électricité.Les conséquences ont été désastreuses.Et les ingénieurs, les climatologues, les biologistes, les agronomes, les gestionnaires de crise en mesureront encore longtemps les dégâts.Au cours des prochains mois, Québec Science se promet de faire le suivi de leurs travaux.Histoire de pouvoir tirer des leçons de ce sinistre sans précédent 10 Galaxies : ça cogne dur ! À une vitesse de 700 000 kilomètres à l’heure, deux galaxies d’une centaine de milliards d’étoües chacune sont entrées en collision.Le télescope Hubble a tout vu.par Benoit Villeneuve _> Fossiles : ils sont de retour Les fossiles font aussi partie de notre patrimoine, a tranché le gouvernement.Une cinquantaine de belles pièces originaires de la région de Miguasha, en Gaspésie, vont donc rentrer au bercaü.par Normand Grondin :E1 rViur, t/r * âD rP.fl! V 8 La seconde vie de Hetep Bastet Un film révèle le lointain passé d’une momie égyptienne qui a longtemps accumulé la poussière dans les placards de l’UQAM.par Bruno Dubuc 13 Chronique Internet Si l'avenir vous intéresse par Philippe Chartier 14 Deux temps trois mouvements 7' JT mm 44 La dimension cachée Un thermomètre ne fait pas le printemps par Raynald Pepin 46 Des chiffres et des jeux par Jean-Marie Labrie 48 Livres Des maladies fort étranges par Natalie Boulanger 49 Entrevue avec Bernard Werber Vive les fourmis ! par Laurent Fontaine 2 Québec Science / Mars 1998 Bactéries : plus coriaces et plus dangereuses Les médecins s’inquiètent de la résistance accrue des bactéries aux antibiotiques.Un cas de contamination en série survenu récemment dans un hôpital de Valleyfield confirme leurs appréhensions.par Isabelle Girard Etats seconds Internet 2 au secours de son grand frère iLa circulation est de plus en plus pénible sur le réseau Internet.I C’est pourquoi on a déjà mis en chantier des solutions pour le i désengorger.Bonne nouvelle : le Québec n’est pas en retard ¦dans ce dossier.Mieux encore, il est en avance ! mar Philippe Chartier 16 Dans certaines conditions, un cerveau, n’importe lequel, peut se dérégler et en faire voir de toutes les couleurs à son propriétaire.Voici pourquoi.par Anne-Marie Simard L’image de la page couverture a été produite au Centre national d'animation et de design de Montréal (une composante du Cégep de Jonquière).Vander Caballero, un étudiant, l'a conçue et modélisée.Nicolas Poteet, son professeur, a procédé à la composition et au traitement Ils ont utilisé les logiciels Softimage 3D, version 3.7, et Eddie 3.5.On l’a surnommé l’homme de Kennewick.Il a plus de 9 000 ans, son squelette est exceptionnellement bien conserve er sa pnysionomxe est chéologües veulent l’étudier, mais les Amérindiens exigent qu’on l’enterre à nouveau.Controverse scientifico-politico-religieuse sur fond d’énigme préhistorique.par Normand Grondin Tourbillons : comment ils se forment Superbes manifestations des forces de la nature, les tourbillons constituent un beau sujet d’étude pour les physiciens.par Réqent Bouchard, Claudette Gagné et Paul Lavallée A la ferraille ! C’est en Abitibi, dans une usine de la compagnie Noranda, que vont s’échouer — pour être recyclées — nos machines à puces désuètes.par Jean Benoît Nadeau all ; Québec Science / Mars 1998 3 Deux Noël plus tard Le père Noël n’est plus qu’un vague souvenir dans votre esprit ?Alors, que dire des fêtes de 1996 ?Cependant, nous n’avons pas pu résister à l’envie de publier cette magnifique lettre que nous ont fait parvenir Anne-Marie Gauvin (16 ans) et Mélanie Trudel (15 ans), de Pont-Rouge, dans la région de Québec.Elle concerne un article paru dans le numéro de décembre 1996 où l’on démontrait « scientifiquement » que le père Noël, en regard des moyens disponibles et des lois courantes de la physique, était incapable à lui seul de remplir le lourd mandat qu’on lui a confié.Sauf que Mélanie et Arme-Marie sont « totalement en désaccord » avec nous.« Peut-être vos chiffres sont-ils impressionnants mais, désolées de vous contrarier, le père Noël pourrait effectuer plus d’une tournée.[NDLR : l’article prenait pour acquis que le père Noël effectuait, sans aide, toute sa tournée dans la seule nuit du 24 au 25 décembre.] En effet, en moyenne, les cadeaux arrivent Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 313 Télec.: (514) 843^1897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca sous le sapin aux alentours du 14 décembre.Cela prouve bien notre hypothèse.« De plus, il y a plusieurs autres personnages mystérieux qui font le même travail que le père Noël aux quatre coins du monde.En Hollande, le bon Saint-Nicolas aidé de son fidèle compagnon Pierre le Noir.En Italie, la sorcière Befana enfourche son balai dans la nuit du 6 janvier (.).En Espagne, les trois Rois Mages apportent les présents aux enfants.En Syrie, c’est un chameau qui distribue les cadeaux.En Suède, tous les enfants espèrent la venue de Youl Tomtem le lutin, qui voyage dans un traî- neau tiré par des chèvres sauvages.Au Danemark, seuls les chats peuvent voir Julnisse, le lutin distributeur de cadeaux.Enfin, en Allemagne, l ’Anklop-felesel, c’est-à-dire l’Âne-qui-frappe-à-la-porte vient chercher les légumes et les remplace par des friandises.« Après toutes ces recherches, nous espérons que vous allez remédier à la situation et, peut-être, effectuer de nouveaux calculs.Ne brisez pas la magie de Noël ! » La main de Dieu Avec une pointe d’humour, Daniel Creusot nous fait part de son étonnement lorsqu’il a constaté que l’article de Roger Tétreault sur les mammifères disparus (« Les grands disparus », novembre 1997) débutait avec une illustration d’un très ancien.oiseau, aujourd’hui éteint.Mais soyons francs : 0 n’est pas le seul à être étonné ! Voici des extraits de sa lettre.« (.) Dans un excellent article bien documenté, Roger Tétreault — un darwiniste convaincu — dresse un émouvant constat, une litanie malheureusement inachevée, des innom- brables espèces mammifères disparues au cours des millénaires.« En dépit de sa qualité, cet article n’aurait pas dû, a priori, soulever de questions épistémologiques sur l’origine clés espèces.C’était sans compter sur une main anonyme, fondamentaliste et créationniste infiltrée au plus haut de la rédaction.Le procédé n’est pas nouveau.R relève des méthodes mises au point par le KGB et la CIA au plus fort de la guerre froide : l’emploi d’images subliminales.« Pour déconsidérer l’excellent article, la première illustration, véritable offrande sacrificielle au créationnisme pur et dur, représente un euryap-terix.Vous avez bien lu : un euryapterix ! « Mais est-ce un hasard ?« Certains avocats de Québec Science ont avancé la concomitance de la parution de la revue avec l’Action de grâces pour expliquer la présence de ce volatile aux allures de dinde.Mais les créationnistes ne désarment pas : ne serait-ce pas plutôt là le subtil rappel de la création d’espèces par un Dieu tout-puissant ?« Restons vigilants.» Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.nce La Revue Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 CEGEP de Jonquiere Montréa| (Québec) H2X 3L3 courrier@QuebecScience.qc.ca www.cybersciences.com DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Directeur de l'administration : Marc Côté Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoint à la rédaction : Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Delisle, Jean-Marc Fleury, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Gilles Parent, Anne-Marie Simard, René Vézina Ont collaboré à ce numéro : Agence Science-Presse, Gilbert Bégin, Régent Bouchard, Philippe Chartier, Bruno Dubuc, Laurent Fontaine, Claudette Gagné, Isabelle Girard, Jean-Marie Labrie, Paul Lavallée, Jean Benoît Nadeau, Raynald Pepin, Anne-Marie Simard et Benoit Villeneuve Illustrations/photos : Vander Caballero, Marc Cuadrado, Pierre-Paul Pariseau, Nicolas Poteet, Rémy Simard Correction : Natalie Boulanger PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Promotion : Hélène Côté Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) 1 an (10 numéros) 2 ans (20 numéros) 3 ans (30 numéros) À l'unité Groupe (10 ex./même adresse) Au Canada À l'étranger 37,60 $ 48,00$ 64,95 S 86,00 $ 89,91 S 125,00$ 4,50$ 5,25$ 34,19$ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57, 91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Tél.: (514)875-4444 Télec.: (514) 523-4444 PUBLICITÉ Soussy.com Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Télec.: (514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Télec.: (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 1998, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 1998 - La Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) ?Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications 1*1 Membre de Industrie Canada Industry Canada : The Audit Bureau CPPA Québec Science est produit sur cassette par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : (418) 627-8882.4 Québec Science / Mars 1998 Actualités s ft S p v;'-' :'iy: ¦ ' 1 Fossiles : ils sont de retour [iiiift' fjllfW' ’piirdM fiiteli11 s#'»" es responsables du Musée de sciences na-.J turelles de Miguasha sont heureux : ils ont fait des pieds et des mains pour qu’une collection privée d’une cinquantaine de fossiles mis à [jour dans la région soit rache- WllP iii i*" i/iiâ 1^ il^t iiî»1 ' tée par le gouvernement québécois, puis exposée au Musée.Et ils ont réussi.Plusieurs pièces sont exceptionnelles », dit Richard Cloutier, le paléontologue du musée.Il mentionne le cas d’un fossile de Bothriolepis canadensis, un poisson qui vivait au dévonien (il y a 370 millions d’années) et dont certaines parties de l’anatomie ont été préservées.« Le poisson a probablement été enseveli très rapidement lors d’une catastrophe naturelle, par exemple, une coulée boueuse résultant d’une pluie torrentielle comme celle qui a frappé le Saguenay en juillet 1996.C’est ce qui pourrait expliquer pourquoi il a été si bien conservé.» La collection comprend également deux fossiles d'Endeiolepis, des poissons sans mâchoires, proches des lamproies, dont , il n’existe actuellement que 17 exemplaires.Bref, il s’agit j d’un magnifique butin.Tous ces fossiles appartenaient à Pierre Gonin, un paléontologue amateur (très) Ironique mais vrai : le Musée de Miguasha doit racheter une collection de fossiles qui proviennent.de Miguasha ! par Normand Grondin Ces trilobites trouvés au Québec vivaient il y a plus de 410 millions d'années.On les a mis aux enchères.En médaillon, une partie du butin de fossiles que le Québec a sauvé in extremis.éclairé, qui a mis en vente à l’encan, en novembre dernier, son imposante collection de minéraux et de fossiles qui comptait plus de 11 000 pièces ! Il a fallu une vingtaine d’années à Pierre Gonin et à sa femme pour accumuler, surtout par la voie des échanges, ce trésor composé de fossiles de poissons, d’insectes, de crustacés, d’invertébrés, d’animaux et de végétaux couvrant le précambrien jusqu’à l’époque récente.Sauf que la tâche de maintenir cette collection était devenue « trop lourde », a reconnu le Québécois d’origine française dans le texte qui accompagnait le catalogue de la vente aux enchères.« Nous avons donc rêvé qu’un jour elle serait exposée ailleurs, non pas à des spécialistes mais au plus grand nombre.» D’accord, mais classer, documenter et surtout mettre un prix sur chaque pièce d’une collection de cette envergure n’est pas de tout repos non plus ! « Monter le catalogue a exigé deux mois de travail et les services d’un évaluateur français considéré comme un des meilleurs dans ce domaine », explique Chantal Montgomery-Schell, de Québec Science / Mars 1998 5 Actualités l’Encanteur légor.On croit d’ailleurs qu’il s’agissait là, si on considère le nombre de pièces, de la plus importante collection scientifique jamais mise à l’encan.dans le monde ! Pendant deux jours, de midi à minuit, sans interruption, le commissaire-priseur a écoulé ces milliers de pièces qu’on remontait des entrepôts dans de grands chariots de boulangerie.Les acheteurs étaient des commerçants, des musées, mais également des amateurs, d’ici ou d’ailleurs, prêts à payer quelques centaines, voire quelques milliers de dollars, pour le simple plaisir de posséder un fossile bien à eux.« On téléphonait d’un peu partout dans le monde pour acheter, des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie », dit Chantal Montgo-mery-Schell, qui ajoute que le réseau Internet a beaucoup contribué à internationaliser les événements de ce genre.Finalement, le 9 novembre au soir, tout était vendu pour une somme avoisinant les 325 000 dollars.« C’était la fin d’un véritable marathon ! », se rappelle-t-elle.Avant la vente, le paléontologue Richard Cloutier avait lui-même inspecté tous les spécimens de Miguasha afin de vérifier si certains d’entre eux avaient été restaurés ou modifiés afin d’en augmenter la valeur marchande.On avait aussi prévenu les responsables de l’encan que tous les spécimens avaient fait l’objet d’une demande de classement comme biens culturels.En clair, cela signifie que maintenant que la demande est acceptée.les acheteurs vont devoir retourner les pièces au musée, qui leur remboursera évidemment le prix d’achat.Mais comment de pareils spécimens ont pu se retrouver entre les mains de Pierre Gonin ?Richard Cloutier rappelle que, jusqu’au début des années 90, le Parc de Miguasha ne couvrait pas l’ensemble du .^ ¦ A t r «fa, - - T.Rex vendu ! À qui appartiennent véritablement les fossiles ?À ceux qui les trouvent ?À ceux qui possèdent le terrain sur lequel on les déterre ?Aux autorités publiques ?Ce débat, presque aussi vieux que le sujet lui-même, a connu un nouveau rebondissement le 4 octobre dernier avec la vente aux enchères chez Sotheby's (New York) d'un rare et magnifique squelette presque complet de Tyrannausorus Rex prénommé Sue.L'acheteur, le Field Museum of Natural History of Chicago (assisté de Walt Disney et des restaurants McDonald), a versé à Maurice William, un Cheyenne établi dans le Dakota du Sud, la coquette somme de 8,3 millions de dollars US pour son T.Rex ! Pourtant, Maurice William est rancher, pas paléontologue.Et ce n'est pas lui qui a découvert Sue, mais Susan Hendrickson, employée et amie de Peter Larson, propriétaire d'une entreprise privée d'excavation de fossiles.Mais voilà, l'objet du litige se trouvait sur le terrain de Maurice William, qui a poursuivi Larson devant les tribunaux criminel et civil pour récupérer son dû.William avait un bon avocat, une bonne cause et un adversaire qui manquait de veine — Larson avait quelques déclarations de revenus erronées sur la conscience.Après une série d'imbroglios judiciaires — raid du FBI, contre-attaque des autorités indiennes locales et du département américain de l'Intérieur, etc.—-, Larson a écopé de 18 mois de prison et le rancher, d'une passe gratuite pour se présenter au tiroir-caisse de Sotheby's.Morale de l'histoire ?Les fossiles appartiennent à ceux.qui payent pour les avoir ! Ce qui n'a pas empêché plusieurs scientifiques américains de s'indigner tout haut du marchandage éhonté entourant un objet qui, selon eux, devrait plutôt appartenir d'office au patrimoine mondial.Pour en savoir plus Le (magnifique) catalogue de Sotheby's sur le T.Rex Sue www.sothebys.com:80/sue_trex/homejs.html gisement fossilifère, ce qui a permis à une entreprise privée d’acheter un terrain en bordure du parc et d’effectuer des fouilles extensives sur les plages durant l’été de 1989.Puis, de revendre ses trouvailles à des amateurs ou à des institutions ou de les échanger.Les pièces peuvent également avoir été ramassées par de simples amateurs : encore aujourd’hui, il est impossible de contrôler les allées et venues des visiteurs qui ramènent parfois, illégalement, des fossOes découverts sur les plages du Parc.Il faut ajouter que le rachat de cette collection constitue une première pour les responsables de la protection des biens culturels : jamais, depuis la toute première loi, en 1922, on n’avait « classé » un objet scientifique au rayon du patrimoine.« On a ouvert une porte », pense Henri-Paul Thibault, responsable du registre des biens culturels du ministère de la Culture et des Communications.Un seul pépin : l’Encanteur légor a permis aux acheteurs de repartir avec leurs précieux objets.Or, en principe, la collection au complet aurait dû rester dans l’entrepôt de l’encanteur jusqu’à ce que la demande de classement soit réglée.Maintenant que le gouvernement a accepté de racheter la collection, il faudra cogner à la porte de chaque propriétaire pour récupérer le lot, dispersé un peu partout au Québec et en Ontario.Beaucoup de travail en perspective ?« On fera ce qu’ü faudra.», philosophe Richard Cloutier, qui a simplement hâte de voir tout son monde rentrer au bercail.• Pour en savoir plus Encanteur légor www.auction-iegor-encheres.com/home.htm Parc de Miguasha www.mef.gouv.qc.calf ripa rc_ que/miguasha/r_miguas.htm 6 Québec Science / Mars 1998 ! I I IC^XISTE ! E UNIV, „ S PI T^, • - _ i __SÉ.__4_k____ D ETUDES SUPEKEURES STIMULENT VRAIMENT LES NEÜRONES.PROFESSEURS ACCESSIBLES • DOMAINES DE RECHERCHE VARIÉS • PROGRAMMES DE BOURSES ET DE SOUTIEN AU REVENU INOLOGIES D'AVANT-GARDE PARTOUT SUR LE CAMPUS • QUALITÉ DE VIE EXCEPTIONNELLE DE LA RÉGION DE QUÉBEC UNIVERSITE LAVAL LE SAVOIR DU MONDE PASSE PAR ICI Faculté des études supérieures Cité universitaire, Québec, Canada G1K 7P4 Tél.: (418) 656-2464 ou 1 800 561-0478 Courrier électronique : fes@fes.ulaval.ca Actualités Vedette de l'écran La seconde vie de Hetep Bastet L'UQAM avait un squelette dans son placard : une momie égyptienne en mauvais état qu'un cinéaste a entrepris de dépoussiérer.par Bruno Dubuc La momie égyptienne de l'ancienne École des beaux-arts est devenue le clou d'un film documentaire sur.une occupation étudiante de 1968 ! «S Certaines personnes ont un destin exceptionnel.C’est le cas de la momie de Hetep Bastet (prononcez « Étèpe Bass »).Embaumée en Égypte à l’époque des pharaons, Hetep Bastet est devenue, trois millénaires plus tard, la première momie vedette d’un film québécois ! Les mauvaises langues pourront même dire qu’elle joue nue puisque, pour les besoins du film, une radiographie au scanner hélicoïdal a permis de reconstruire son corps en trois dimensions.mais sans ses bandelettes ! Offerte à l’École des beaux- arts de Montréal par le musée du Caire, la momie est arrivée au pays en 1927.Quelques mois plus tard, elle se retrouve sous les feux de la rampe lorsque Léo Parizeau, médecin à l’Hôtel-Dieu de Montréal, la radiographie.La dépouille desséchée et embaumée trône ensuite fièrement et durant de longues années dans le hall de l’École des beaux-arts.En 1968, elle est même témoin de la longue occupation de l’École par les étudiants, qui contestaient alors les méthodes d’enseignement de l’institution.En 1969, coup de théâtre : un jeune en colère contre la direc- Le docteur Pierre Robillard de l'Hôtel-Dieu de Montréal examine une radiographie du bassin de Hetep Bastet.8 Québec Science / Mars 1998 Actualités J ' Très endommagé, le sarcophage n'a pu être utilisé dans le film.m.ftf ! h tion de l’École qui, l’aimée précédente, avait fait peu de cas des revendications étudiantes se rue vers le sarcophage et le projette contre le sol.La momie est sérieusement endommagée.Le cinéaste Claude Laflamme, alors étudiant à l’École, se souvient du triste spectacle : « Le sarcophage et la cage de verre le contenant ont volé en éclats, tout était répandu par terre et on pouvait von distinctement les bandelettes de lin brunâtres de la momie.» On se contente alors de ramasser les débris dans une grande boîte et de les remiser dans une voûte de l’immeuble qui deviendra par la suite la propriété de l’UQAM.Vingt ans plus tard, Claude Laflamme prépare un documentaire sur l’occupation de l’École des beaux-arts et décide d’accorder à la momie un important rôle symbolique dans son film.Après de longues démarches, le producteur, Vent d’Est Films, obtient l’autorisation de l’UQAM de filmer et de scanner Hetep Bastet.Des experts du musée McCord de Montréal sont chargés d’améliorer les conditions d’entreposage de la momie.Le magnifique sarcophage de bois couvert de hiéroglyphes, trop endommagé pour les besoins du film, doit être mis de côté.Quant à la momie, dont les pieds et la tête sont détachés du corps, elle est nettoyée et installée dans une caisse de transport fait de matériaux stables.Puis, on la transfère à l’Hôtel-Dieu de Montréal, où elle se retrouve pour la deuxième fois sous les rayons X.Pierre Robillard, chef du département de radiologie de l’Hôtel-Dieu, constate alors que Hetep paraît plus vieille que son âge.« On a l’impression d’avoir affaire au squelette d’une personne de 80 ans, alors qu’on sait que les anciens Égyptiens vivaient rarement plus de 40 ans.» Le squelette présente en effet un grand nombre de fractures, la plupart causées par l’acte de vandalisme, mais aussi plusieurs datant du vivant de Hetep, dont une sérieuse fracture du bassin.S’agit-il des restes d’un Égyptien ou d’une Égyptienne ?On ne saurait le dire.Les égyptologues considèrent cependant que le nom attribué à la momie a une consonance plutôt féminine.L’analyse du bassin — la structure clé pour déterminer le sexe d’un squelette — semble également valider cette hypothèse.Par contre, le médecin reste prudent : « La densité de la résine employée pour l’embaumement était si voisine de celle des os que le scanner n’a pu les dissocier numériquement.On n’a donc pas pu en faire une reconstitution en trois dimensions, ce qui aurait permis de se prononcer sans équivoque.» Homme ou femme, la momie de l’École des beaux-arts aura droit dès ce printemps à une seconde vie, cette fois-ci sur les écrans de la province.• Photo de star CHOISIR PSYCHOLOGUE 738-1223 1 800 561-1223 - C’est facile! Un simple coup de fil et vous obtenez les coordonnées de 3 psychologues sélectionnés selon les critères qui sont importants pour vous.Gratuit et confidentiel Le Sendee de référence ORDRE DES PSYCHOLOGUES DUQUÉBEC Photos : Brad Whitmore (STSci), et NASA Actualités Crash dans l'espace Galaxies : ça cogne dur ! De l'incroyable choc causé par la collision de deux galaxies naîtraient des étoiles par millions.* V* Les plus récentes photographies obtenues avec le télescope spatial-ffw&frfe ont révélé aux astronomes plus de 1 000 amas d’étoües jeunes.Le plus spectaculaire dans cette découverte, c’est que ces amas se seraient vraisemblablement formés à la suite de la collision entre deux galaxies, NGC 4038 et NGC 4039.Tentons de reconstituer le déroulement de cet extraordinaire événement.Deux grandes galaxies spirales, probablement assez semblables à la nôtre et contenant chacune environ 100 milliards d’étoiles, se déplacent, emportées par l’expansion de l’es- par Benoit Villeneuve : -•L'i- plusieurs galaxies, les astrono- fciiEei | Mtst mes tentent maintenant de mieux comprendre les différents types de collision.Mais il est difficile de valider ces modèles à partir des observations.En effet, chaque galaxie irrégulière ne nous laisse voir qu’un instantané du choc dont elle est victime.La découverte Hubble sera ici d’un secours inestimable : pour chaque col- j / lision où on détectera des amas globulaires, il sera possible de dater l’instant de la collision puisqu’il est relativement facile de déterminer l’âge des étoiles situées au sein de ces amas.Pour la première fois, on pourra calibrer les simulations et découvrir l’échelle de temps réelle de ces processus.Mieux encore, si la collision déclenche des naissances en cascades, il sera possible, toujours en datant les amas globulaires, de reconstituer plus d’une étape de la collision ! Maintenant qu’il est acquis que les collisions entre les galaxies ont joué un rôle important dans l’évolution de l’Univers, la plus récente découverte A'Hubble risque de modifier une fois de plus la belle histoire de nos origines.• H C (ironique n erne Actualités PAR PHILIPPE CHARTIER* chartiep@quBbec.net Si Tavenir vous intéresse Quel sera le futur de l'humanité ?Peur le savoir, consultez Internet : le meilleur y côtoie le pire.et le carrément ridicule.! jisst tli« P \0 ¦Pjill lie* iiü8 tw le»?r i’ je.r K* I vec l’arrivée de Fan 2000, chacun y va allègrement de ses prédictions.Mais ne vous laissez par ber-I Iner par les astrologues et au-ij Itres diseurs de bonne aven-llture : il vaut mieux — paraît-il Il— se ^er ^ un “ futurologue ».I|À ne pas confondre avec le llterme anglais futurism et le llmouvement artistique italien ildu même nom, la « futurolo-ilgie » ou « prospective » est l’é-i jtude de l’évolution de l’huma-’Inité sous ses différences facet-Ites — scientifique, économi-Ique, sociale, technique, etc.Quelle différence entre le futurologue et les astrologues et Ijdevins en tout genre ?Plutôt |que de scruter les étoiles, le marc de café et les entrailles d’animaux, le futurologue substitue la méthode scientifique à l’art divinatoire : il épluche les statistiques, tente d’identi-Ifier les tendances, échafaude des scénarios et émet des pré-i dictions étayées d’arguments | scientifiques.Les résultats sont-ils plus |j convaincants ?Hum.Disons que certains futurologues ne manquent pas de clients dans le monde de la N finance et des assurances, tout i comme chez les stratèges mili-! tabes et les politiciens.Pour saisir l’ampleur du marché, il faut jeter un coup d’œil du côté de la World Future Society (1), un organisme sans but lucratif qui compte 30 000 membres dans plus de 80 pays (sociologues, scientifiques, urbanistes, éducateurs, étudiants et utopistes de tout acabit).On trouve sur leur site une partie de leurs publications, un répertoire de consultants ainsi que le palmarès des 10 meilleures prédictions rete- 'sf >• ^ jM Z- •y * éyT ¦ .y::^; ••' 5-, .en dépression l’hiver est arrivé, les dépressions atmosphériques aussi.Et quand on veut aller jouer dehors, mieux vaut savoir ce que le temps nous réserve.Doté d’une technologie de pointe et de météorologues exclusifs, MétéoMédia vous en donne toujours plus côté température.Avec la météo locale aux dix minutes, notre chronique ski, celle de plein air, les conditions des routes, les conditions de ski, l’indice d’activité grippale et toutes nos autres chroniques, vous obtenez toujours les meilleures conditions pour profiter de l’hiver sans déprimer.Météo Média PARCE QUE LE TEMPS cn^n^e Câble 17, Vidéotron Hull et Ouest de Montréal: câble 39 www.lVleteolVledia.com Wi t Programmi de maîtrise : et de doctcj Maîtrises Adaptation scola et sociale Administration Administration 11 / des affaires (Mb4 Administration » Biochimie Biologie Biologie cellulait Chimie Droit de la santé Économique* Enseignement Environnement Études françaiseti Fiscalité Génie aérospatial Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie logiciel Génie mécanique Géographie Gérontologie Gestion et déveloi des coopératives! 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