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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1998, Collections de BAnQ.

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Volume 37, numéro 2 Octobre 1998,3,95 $ PoiraiMi son résine fonctionne vraiment 163026^ Jour après jour, l'aluminium prend la forme des idées nouvelles.Les recents progrès techniques permettent.par exemple, de réduire repaisseur des canettes d'aluminium à moins de un dixième de l'épaisseur d'un cheveu humain, et de maintenir cette norme extrêmement precise sur toute la longueur d'une bobine standard de 17 km de long.Trois fois plus léger que l'acier, l'aluminium est désormais le matériau par excellence de l'industrie aeronautique.Et devinez en quoi sont faits les plus récents wagons de métro, les trains à grande vitesse et les nouveaux gratte-ciels?Un monde en aluminium prend la forme qu'on veut bien lui donner Avec l'aluminium, l'imagination a du pouvoir L'avenir est si proche.www.alcan.com 9W Depuis 10 ans, vous prenez tout votre temps! Depuis maintenant 10 ans, vous vous fiez à MétéoMédia pour tout savoir sur la météo.Grâce à sa technologie de pointe et à ses météorologues exclusifs, MétéoMédia vous en donne toujours plus côté température.Quand il s’agit d’aller jouer dehors ou simplement de sortir prendre l’air, prenez tout votre temps sur MétéoMédia.Parce que le temps change.Météo Média PARCE QUE L ET E M P S Câble 17.Vidéotron Hull et Ouest de Montréal: câble 39 www.MeteoMedia.com Photo de la page couverture:Emmanuel Scorcelletti/Gamma/PonoPresse En couverture Québec Science Montignac l'Miln a uanMin Un bogue dans le programme î fïlîli h » Michel Montignac et sa femme Suzy Le plaisir dans la balance L5 Amérique veut maigrir comme elle mange : de façon industrielle et excessive.Aux États-Unis, là où la I quantité prend le dessus sur la qualité, là où on s’empiffre plus qu’on ne déguste, il est normal d’appliquer la même règle aux régimes amaigrissants : on veut perdre du poids rapidement, en quantité.et sans plaisir.À preuve, les Weight Watcher, Scarsdale, Fit or Fat et autres régimes « tortures » dont les Américains sont les maîtres.Mais force est de reconnaître qu’ils ont bien peu d’effets sur la masse adipeuse des Nord-Américains.Le pays du fast food est en train de verser dans une tragédie de santé publique : pour la pre-mière fois de l’histoire, l’obésité atteint un seuil d’épidémie.L’alimentation n’est pas une activité banale pour le corps.Les réactions chimiques qui se déroulent dès que les aliments arrivent dans l’estomac ne sont pas encore bien connues.Un magazine français rappelait récemment qu’en 1997 seulement, 60 000 études scientifiques ont été réalisées dans le domaine de l’alimentation.Plus qu’en génétique, une discipline de pointe.En marge de ces études, arrive Michel Montignac qui ne cache pas son intérêt pour le bon pain, le bon vin et ne lève pas le nez sur un foie gras d’oie.Et qui réussit à perdre plusieurs kilos sans se priver à l’excès.Une philosophie qui se situe quasiment aux antipodes des régimes connus.Sa méthode contiendrait-elle une clé manquante en diététique ?C’est bien possible si l’on en juge par les travaux d’une équipe de chercheurs de l’Université Laval, à Québec.Dans son reportage, la journaliste Catherine Dubé a rencontré cette équipe de scientifiques, l’une des premières dans le monde à considérer sérieusement ce régime Montignac.Les chercheurs sont allés de surprise en surprise.Ce qui a fait dire à l’un d’eux que plusieurs concepts avancés par Montignac vaudraient la peine d’être étudiés en profondeur.Le plus remarquable au fond, c’est peut-être que Montignac réussit à passer un message que les nutritionnistes tentent de transmettre depuis bien longtemps : c’est un grand plaisir de bien manger, et l’épicurisme n’est pas un péché.Voire : c’est un plaisir qui ne fait pas grossir.Mais on peut parier qu’il en faudra un peu plus pour ébranler l’empire des McDonald, Burger King et Harveys.L’Amérique tient beaucoup à ses symboles.Et à ses hamburgers.Raymond Lemieiux Actualités / Besoin d'espace Le Planétarium de Montréal a pris de l’âge et perdu quelques étoiles.Faut-il le rénover ?par Philippe Gauthier 9 L'ammoniac, un mal pour un bien ?De plus en plus, l’ammoniac remplace le fréon, ce gaz qui a le fâcheux défaut de s’attaquer à la couche d’ozone.Mais l’ammoniac est mortel.De récents accidents survenus au Québec sont venus nous le rappeler.par Gilles Provost 11 Loch Ness, P.Q.Ils ont vu quelque chose, mais quoi ?par Roger Tétreault 14 Téléportation : c'est parti ! On croit rêver : une expérience de téléportation menée par des chercheurs européens s’est terminée de façon concluante.Explications.par Stéphane Durand, 17 De la coca pour la montée Les Indiens des Andes mâchent des feuilles de coca pour combattre les problèmes liés à l’altitude.En créent-ils d’autres ?par Laurent Fontaine 18 Deux temps trois mouvements Chroniques OU Dimension cachée Docteur, j'ai un problème.par Raynald Pepin 62 Des chiffres et des jeux par Jean-Marie Labrie 63 Chronique Internet Croisière virtuelle par Philippe Chartier 64 Science et culture Ils nous parlent par Anne Vézina 66 Entrevue avec Jean-Bruno Renard La science source de légendes par Olivier Lagueux 4 Québec Science / Octobre 1998 Sommaire lâS» Une auto à vapeur f û fabriquée au Québec I Un véhicule hybride, économique, écologique ?Une entreprise établie au Saguenay a peut-être inventé l'auto du futur:-.Notre journaliste a essayé un de leurs nouveaux prototypes: Il roule, et il roule meme très bien ! ._F I jkCt Imbelle.(kràrû / \ ^ ^ y fto.JF ImÊÊFkf sêb 48 Pousse, mais pousse égal Une agriculture plus performante et sans pesticide, c’est possible.À la condition d’accepter de vivre avec certains risques.qu’on n’a pas encore très bien évalués.par Michel Groulx Un bogue dans le programme ?1 gu g Linux ou comment informatiser intelligemment les écoles Nos ordinateurs scolaires ont coûté près d’un quart de milliard de dollars.Et puis après ?Un observateur attentif du développement des technologies de l’information doute que nous soyons dans la bonne voie.Celle qui permet l’acquisition d’une culture informatique durable.par Jean-Claude Guédon .541,2% Page 52* Supplément -Québec Le problème de la pollution lumineuse astronomie ^eceael 21 Monfignac, ça fonctionne I Des chercheurs de l’Université Laval à Québec ont testé le fameux régime du Français Montignac.Sérieusement, scientifiquement.Les résultats qu’ils ont obtenus les ont eux-mêmes surpris : Montignac, ça marche.Mais pas pour les raisons que l’on croyait.par Catherine Dubé V'Ia ('bon vent On achève de construire ici, en Gaspésie, l’un des plus importants parcs d’éoliennes du monde.Le Québec, une future supeipuissance du vent ?/ y g g par Johanne David , Vg I vg' fg -( \r y v-Kuy.ggy H ' ^ fi \_ I V- rh'/v Québec Science / Octobre 1998 5 D3$D Pas tant que ça ! En réaction à l’article « La modération a bien meilleur goût » (juillet-août 1998), Eric Ainsley, opérateur en traitement des eaux à FUsine de filtration de la Ville d’Alma, nous écrit que les coûts reliés à la transformation des usines dans le but de respecter les normes gouvernementales ne sont pas astronomiques, considérant que c’est une question de santé publique.« La Ville d’Alma a réglé le problème l’année dernière en construisant une usine defiltration au coût de 10 millions de dollars.Si l’on tient compte des économies que la population fait en n’achetant plus d’eau embouteillée, en plus de l’agrément que procure une eau claire et limpide, le coût que chaque citoyen doit absorber pour la construction de l’usine n’est pas si important.» Il profite de l’occasion pour nous signaler une erreur.La norme portant sur les trihalo- méthanes — des sous-produits du chlore qu’on utilise pour désinfecter l’eau — aurait dû se lire 350 pg (soit 0,350 mg) au lieu de 350 mg.Cette erreur s’est glissée pendant le transfert du fichier d’un ordinateur à un autre, la lettre grecque p s’étant malencontreusement convertie en m.Où sont ces tracés ?Dans l’article « Au secours Champollion ! » (juillet-août 1998), nous indiquions que des chercheurs avaient repéré des sites de tracés rupes-tres en Mauricie.Cette infor- mation a mis Stéphane Charette, de Saint-Étienne-des-Grès, sur le qui-vive.Comme il habite la région, il aimerait bien observer de tels tracés de plus près.Mais où ?Un bel exemple peut être aperçu en faisant du canot dans le parc national de la Mauricie.Les responsables du parc sauront vous en indiquer l’emplacement.Il faut toutefois noter que, pour des raisons de conservation, les archéologues communiquent rarement les lieux précis de ces découvertes.De visu Martin O’Gleman a pu constater que les effets de la foudre sont bien tels que les a rapportés Raynald Pepin dans sa chronique « Tonnerre de Brest » (juin 1998).Alors qu’il se trouvait dans sa piscine, la foudre est tombée sur un peuplier situé à environ 35 m de lui.La peur de sa vie ! Et les dégâts sont importants : des lambeaux d’écorce allant de 7 cm de largeur à plus de 3,5 m de hauteur ont été arrachés.« Comme si l’écorce avait explosé », dit-il.(C’est en effet la sève et l’eau qui, chauffées par le courant électrique, se sont vaporisées et ont fait éclater l’écorce.) Reste à savoir si l’arbre survivra, une question qu’il faudrait poser à un horticulteur.Martin O’Gleman s’interroge sur la sécurité qu’offre une piscine : « La toile intérieure en polymère a-t-elle un effet isolant ?» Les risques que la foudre tombe dans une piscine sont faibles, répond Raynald Pepin, puisqu’il y a généralement des objets plus élevés autour.Mais, si c’était le cas, la toile est trop mince pour empêcher le courant de passer.En effet, elle est plus mince que nos semelles de soulier qui sont loin de nous offrir une protection adéquate.Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent.La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.Québec ras science Illustrations : Marc Cuadrado, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Anne-Marie Cloutier PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb ^ =gagsg Publié par ?—-.La Revue Québec Science 1 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 CEGEP de Jonquiere Montréa| (QuébeC) H2X 3L3 courrier@QuebecScience.qc.ca www.cybersciences.com DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Directeur de l'administration : Marc Côté Adjointe administrative : Nicole Lévesque COMMERCIALISATION Promotion : Hélène Côté Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger 1 an (10 numéros) 37,60 S 48,00$ 2 ans (20 numéros) 64,95 $ 86,00 $ 3 ans (30 numéros) 89,91 S 125,00$ À l'unité 4,50 S 5,25$ Groupe (10 exVmeme adresse) 34,19$ Non disponible REDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoints à la rédaction : Natalie Boulanger, Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Delisle, Jean-Marc Fleury, Michel Groulx, Jean-Claude Guédon, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina Ont collaboré à ce numéro : Agence Science-Presse, Philippe Chartier, Êve Christian, Johanne David, Catherine Dubé, Stéphane Durand, Laurent Fontaine, Philippe Gauthier, Isabelle Girard, Michel Groulx, Jean-Claude Guédon, Jean-Marie Labrie, Olivier Lagueux, Raynald Pepin, Gilles Provost, Roger Tétreault et Anne Vézina Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Tél.: (514)875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 PUBLICITÉ Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Téléc.(514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Téléc.(514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Quatrième trimestre 1998, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 1998 - La Revue Québec Science Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) B Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications l+l Membre de Industrie Canada Industry Canada : The Audit Bureau CPPA Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 6 Québec Science / Octobre 1998 Actualités leur.nepii M Besoin d'espace Le Planétarium de Montréal rêve de se moderniser et de déménager ses pénates près du Stade olympique.par Philippe Gauthier .VTTT WBilfl Inauguré en 1966, le Planétarium de Montréal était l'un des plus modernes au monde.Aujourd'hui, située entre une brasserie transformée en université et une ancienne gare devenue le rendez-vous des amateurs de hockey, l'institution étouffe."I" a vie est drôlement faite.Les Expos rêvent -I____.J de quitter le Stade olympique et d’emménager au centre-ville de Montréal.Le Planétarium, de son côté, meurt d’envie de troquer le centre-ville contre les environs du Stade.Situé entre une brasserie transformée en université et une ancienne gare devenue le rendez-vous des amateurs de hockey, le Planétarium étouffe.« Sur le plan de Furbanisme, la présence d’un musée sur ce site est un peu bizarre », admet Pierre Lacombe, directeur de l’institution.Le Planétarium a ouvert ses portes en 1966.À l’époque, c’était l’un des plus modernes au monde, et le planétaire Zeiss, le meilleur qui soit.Cet appareil, qui simule les mouvements célestes sur une coupole, compte 150 lentilles permettant de projeter des diapositives ou de produire des effets spéciaux.Au cœur du système, une quinzaine de moteurs, reliés entre eux par des engrenages complexes, actionnent chacun une planète ou un mouvement de la voûte céleste.Grâce à un programme d’entretien préventif, le planétaire est encore en bon état.Mais c’est maintenant l’un des plus vieux en service.« Jusqu’ici, nous n’avons jamais eu de bris qui nous ait obligé d’annuler une représentation, résume Pierre Lacombe.Mais c’est une mécanique fatiguée.Elle peut nous lâcher n’importe quand.» Il faut donc un nouvel appareil.Et comme il serait bête de l’installer à nouveau dans un coin perdu du centre-ville, on jongle avec l’idée de le rapprocher du Jardin botanique, du Biodôme et de l’Insectarium.L’idée d’un quadrilatère scientifique n’est pas nouvelle.La première esquisse du Biodôme, en 1989, comportait un planétarium.Pierre Bourque, alors responsable des équipements scientifiques devenu depuis maire de Montréal, appuyait le projet.Cinq ans plus tard, la Régie des installations olympiques envisage d’installer une salle Omnimax (l’équivalent sous forme de coupole du cinéma Imax) dans le mât du Stade.Cette salle pourrait héberger le Planétarium, les films alternant avec les représentations du ciel, comme cela se fait dans certaines villes américaines.Jacques Parizeau se dit même prêt à financer le projet.Québec Science / Octobre 1998 7 Actualités L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À HULL S UN CHOIX CALCULÉ ET PASSIONNÉ EN Génie informatique La région de la capitale nationale compte la plus grande concentration d'entreprises de haute technologie au Canada.En effet, l’industrie de la haute technologie de la région : • représente 5 milliards de chiffre d’affaires; • embauche quelque 133 000 personnes; • représente 25 % des exportations totales canadiennes en haute technologie.Nos possibilités de stages, dans des milieux francophones et anglophones, se retrouvent chez des employeurs reconnus, comme Newbridge Mitel, Nortel et Télésat dans des laboratoires de recherche réputés, tel que le Conseil national de recherches du Canada ou auprès d'agences gouvernementales, tel que le Centre de la sécurité des communications Profitez des contacts développés .auprès de ces chefs de file de la région qui contribuent déjà au succès du programme en informatique, cheminement COOP, de l’Université du Québec à Hull.Renseignements: (819) 773-1850ou sans frais le : 1-800-567-1283 poste 1-1850 m/iw.uqah.uquebec.ca «I Université du Québec à Hull Venez étudier en génie informatique dans la région de la capitale nationale, reconnue comme étant la «Silicon Valley du Nord».înOOTÂDÜÀIS Le planétaire Zeiss : il faut le moderniser.Arrive le référendum.Le premier ministre démissionne, et le projet tombe dans l’oubli.Mais le besoin de moderniser l’équipement demeure.« Aux États-Unis et en France, beaucoup de planétariums se sont rajeunis en devenant des musées des sciences, dit Pierre Lacombe.Notre option serait plutôt d’associer le Planétarium au Biodôme.Cela répondrait aux nombreuses questions des gens qui se demandent où est la Terre et quel est son avenir.» Les responsables du Biodôme et du Jardin botanique appuient l’idée.Avec un bassin de 2 millions de visiteurs, on estime que la fréquentation du Planétarium pourrait bondir de 130 000 à 450 000 visiteurs par année.Pierre Lacombe rêve d’un nouveau planétaire Zeiss couplé à un projecteur vidéo sur coupole — une merveille d’informatique appliquée permettant de simuler la traversée de la galaxie, le survol d’une planète ou une jungle virtuelle.Bref, tous les effets auxquels le cinéma nous a habitués.« Comme Montréal est une plaque tournante de l’animation 3D, ce serait une sorte de vitrine technologique », croit-il.Coût du projet : 1,5 million de dollars américains pour le planétaire, 2 millions pour le projecteur vidéo, peut-être 10 millions canadiens en tout, incluant la bâtisse et un espace de musée.Toute la technologie existe déjà, ce qui explique la facture plutôt raisonnable.Reste à convaincre les candidats à la mairie de débloquer des fonds.Le directeur leur lance même un véritable appel de détresse : « Nous ne pouvons plus attendre très longtemps ! » Le Planétarium aura toutefois fort à faire pour être entendu.Québec Science a communiqué avec les équipes de Pierre Bourque, Jean Doré, Jacques Duchesneau et Michel Prescott (les quatre principaux aspirants à la mairie de Montréal).Aucun des candidats n’a daigné faire de commentaires.Le Planétarium ?Pas une priorité.• 8 Québec Science / Octobre 1998 Actualités Environnement L'ammoniac, un mal pour un bien Plusieurs entreprises redécouvrent les vertus de l'ammoniac dans les systèmes de réfrigération.Une solution plus écologique que les CFC, mais aussi plus risquée.par Gilles Provost1 Depuis l’interdiction des CFC en 1996, le fréon, un chlorofluo-rocarbone utilisé dans nos frigos depuis les années 30, a été mis sur la glace.On l’a remplacé par d’autres types de fréon, comme les hydrofluoro-carbones (HCFC), moins nocifs pour l’environnement en général et la couche d’ozone en particulier.Mais nombreux sont ceux qui se méfient de ces solutions de rechange : ces produits n’ont pas fait leurs preuves, dit-on, et leur innocuité n’est pas démontrée, quoi qu’en disent gouvernement et fabricants.Si on s’inquiète, ce n’est pas tant pour nos réfrigérateurs domestiques, mais plutôt, et surtout, pour les systèmes de réfrigération commerciaux et industriels, qui contiennent de < grandes quantités de réfrigé- § rant.L’an dernier, le principal 51 produit de remplacement, le HCFC 123, a d’ailleurs été durement remis en question quand la revue médicale The Lancet a rapporté que plusieurs travailleurs britanniques avaient subi de graves lésions au foie à cause d’une fuite de ce réfrigérant dans leur usine.Les études de toxicité, effectuées uniquement sur des rats, n’avaient rien révélé de tel.Mais, par la suite, on a noté l’apparition de tumeurs chez les rats exposés à long terme.Même s’il ne s’agissait pas de tumeurs cancéreuses, le mal était fait : beaucoup croient maintenant que le HCFC 123 est cancérigène, éclaboussant du même coup tous les produits de cette famille.On se méfie d’autant plus de ces nouveaux fréons dits « écologiques » qu’ils sont complètement incolores et inodores.Indécelables ! On peut donc y être exposé pendant longtemps sans s’en rendre compte.D’où un regain d’intérêt pour la réfrigération à l’ammoniac, un produit bien connu dont la présence est perceptible à des concentrations infimes.En fait, la moindre trace d’ammoniac, à une ou deux parties par million, se remarque à son exquise odeur de purin de porc.Pas ragoûtant dans une cuisine ! Il est aussi plus efficace que les fréons : quand il se vaporise à la pression ambiante, il se dilate énormément (son volume est multiplié par 1 000) et se refroidit beaucoup (voir l’encadré à la page 10).Sa température d’équilibre descend alors à -20 °C, si bien qu’il suffit d’une toute petite quantité d’ammoniac pour obtenir un fort refroidissement.Les installations requises peuvent donc être plus compactes et économiques.Mais il y un hic, autrement plus important que l’odeur nauséabonde qu’il dégage.Au contact de l’eau des yeux, de la gorge et des poumons, le gaz ammoniac (NH3) se transforme en ammoniaque liquide (NH4OH), une base aussi corrosive que la chaux vive ou la soude caustique.Une fois brûlés, les organes ne peuvent plus recevoir aucune greffe.La moindre fuite peut donc causer des dégâts irréparables.On en sait quelque chose.En mars 1997, une fuite d’ammoniac s’est déclarée dans un réfrigérateur industriel chez Montpak, une boucherie en gros du Plateau Mont-Royal, à Montréal.La plupart des employés ignoraient que leur système de réfrigération pouvait être dangereux.Et il n’y avait ni plan d’urgence ni plan d’évacuation.Bilan : 1 mort, 26 employés souffrant de brûlures aux yeux et aux poumons, et certains en garderont des séquelles toute leur vie.Cet incident, qui n’était pas le premier à survenir depuis qu’on se sert de l’ammoniac, a toutefois marqué un point tournant.Le docteur Paul Dionne, coroner dans ce dossier, a obligé tous les organismes publics concernés — Services de santé et de prévention des incendies, Commission de la santé et de la sécurité du travail et Régie du bâtiment, qui doit inspecter et autoriser la mise en marche de tout Québec Science/Octobre 1998 9 Actualités / nouveau réfrigérateur à l’ammoniac — à se réunir en comité pour analyser la situation et renforcer l’application des normes de sécurité.En tout, on a identifié 270 systèmes de réfrigération industriels à l’ammoniac.Ils équipent notamment le tiers des patinoires publiques du Québec.Cinq mois plus tard, les travaux du comité permettaient d’éviter qu’une autre tragédie ne se produise à l’aréna de Westmount, une municipalité à proximité du centre-ville de Montréal.On y a découvert, notamment, que l’ammoniac refroidi circulait directement sous la patinoire dans des centaines de petits tuyaux, contrôlés par plus de 200 robinets, multipliant ainsi les possibilités de fuites.Au moindre bris, toute personne présente dans l’a-réna serait morte en quelques minutes.C’est l’inspecteur d’une compagnie d’assurances qui a alerté les autorités.Deux semaines plus tard, la Régie du bâtiment et la Commission de la santé et de la sécurité du travail intervenaient avec vigueur, mettant brusquement 10 Québec Science / Octobre 1998 des scellés sur le système de réfrigération et exigeant des correctifs immédiats.Depuis, la patinoire de Westmount répond à toutes les normes de sécurité.Mieux contrôlé, l’ammoniac n’est pas sur le point de disparaître.« La demande pour les systèmes à l’ammoniac n’a jamais été aussi forte », affirme Marcel Bineau, président de la compagnie Fix-air, spécialisée dans les gros systèmes de réfrigération.Provigo, Agropur et le Centre Molson se sont dotés d’installations à l’ammoniac.Et les entreprises qui en possèdent déjà devraient être sensibilisées aux risques de ce réfrigérant.Par exemple, la brasserie Molson, située au centre-ville de Montréal juste à côté du pont Jacques-Cartier, a pris des mesures importantes pour éviter la catastrophe : en cas de fuite majeure, les 130 tonnes d’ammoniac de son système de réfrigération — le plus gros du genre à Montréal — pourraient être libérées en 20 minutes seulement, et le panache atteindrait des con- centrations mortelles jusqu’à une distance de 5 kilomètres, sur un demi-kilomètre de largeur.Imaginez le tableau si un vent d’est poussait le panache vers le centre-ville ! Molson a donc subdivisé ses réservoirs d’ammoniac, multiplié les valves de sécurité qui se ferment automatiquement en cas de fuite majeure et installé des détecteurs de fuites raccordés à son centre de contrôle informatisé.Elle a aussi déplacé les tuyaux les plus vulnérables et a tout abrité derrière des garde-fous en acier.De plus, l’entreprise a établi des plans d’urgence en collaboration avec les pompiers de Montréal et s’est dotée de scaphandres étanches qui permettraient à son personnel d’intervenir, même dans des locaux saturés d’ammoniac.Les normes sont si sévères aujourd’hui que les accidents sont très rares, affirment les défenseurs de l’ammoniac.En fait, les dangers de l’ammoniac peuvent se comparer à ceux du gaz naturel.Le problème, déplorait le coroner Paul Dionne, après la tragédie de Montpak, c’est que les systèmes de réfrigération à l’ammoniac sont devenus généralement tellement sécuritaires que leurs propriétaires ont tendance à oublier le danger et à négliger leur entretien.• 1 Gilles Provost est journaliste à Radio-Canada.Avec la réalisatrice Marièle Choquette, il a préparé un dossier sur « Les dangers oubliés de l'ammoniac », qui devrait être diffusé à l'émission Découverte à la fin de septembre 1998.Comment fonctionnent les réfrigérants Un gaz que l'on comprime devient chaud.Pour s'en convaincre, on n'a qu'à toucher le corps d'une pompe à bicyclette pendant que l'on pousse violemment sur la poignée.Inversement, un gaz qui se dilate devient froid : laissez sortir l'air d'un pneu de voiture et vous sentirez la fraîcheur.Ce sont ces deux phénomènes que mettent à profit toutes les « pompes à chaleur » : réfrigérateurs, climatiseurs et compagnie.Première étape : on comprime le réfrigérant (fréon, ammoniac ou autre) pour qu'il devienne très chaud.Deuxième étape : on rafraîchit ce gaz comprimé à la température ambiante pour qu'il devienne liquide en le faisant passer à travers un radiateur.Ce radiateur est souvent situé à l'arrière des réfrigérateurs domestiques ou, dans le cas d'un gros système industriel, sur le toit de l'usine.Troisième étape : on crée le froid en provoquant une dilatation rapide du réfrigérant.Pour cela, il suffit d'un petit trou dans la paroi commune entre le conduit à haute pression, où le gaz est comprimé, et un autre à basse pression.Incidemment, la même pompe crée à la fois les deux zones (haute et basse pression), puisqu'elle aspire le gaz d'un côté pour le refouler, comprimé, de l'autre.Le gaz liquéfié gicle alors par le trou, se dilate violemment et devient ainsi très froid.Comme ces conduits à basse pression sont disposés dans le réfrigérateur, ils refroidissent tout l'espace intérieur.Évidemment, c'est dans la partie à haute pression qu'une fuite d'ammoniac est surtout dangereuse.L'ammoniac sera éjecté plus rapidement, son volume sera multiplié par 1 000, et il deviendra tellement froid qu'il aura tendance à demeurer près du sol au lieu de se disperser tout de suite dans l'atmosphère. fits it En I I (Sir I »i-1 I !i>i k# I I iïrli' I B6IÏ' I tfw I In I ta1!-stejiJ • les W!- incfl- ;[> : ; :s:r’ » ft îles l« I unet I ilJII» I mSedie I ireaiiv I ràtf2' I ; : I I ijiiitj-1 ÊttlCU | jssion.I ¦if' r1* acse,i Inutile de traverser l’Atlantique pour admirer un monstre marin : ici même, dans le lac Champlain, cette vaste étendue d’eau à cheval sur la frontière canado-américaine, se cacherait une bête extraordinaire qui ferait occasionnellement surface pour le plus grand bonheur des amateurs de sensations fortes.Ne riez pas.Pas plus tard que cet été, à la fin du mois de juillet, plusieurs Québécois ont affirmé avoir vu cet animal étrange, évoquant Nessie, la fameuse créature du Loch Ness, en Écosse.Et ces observations s’ajoutent aux nombreuses du genre, recueillies depuis une vingtaine d’années.Parmi les témoins : des capitaines de bateaux, des religieux, des médecins, des professeurs, quelques policiers, un historien, etc.En tout, plus de 300 témoins oculaires.L’animal, surnommé Champ, ne serait pas seul.On chuchote en effet qu’aux tréfonds du lac Memphrémagog habiterait un proche cousin, baptisé Memphrée.Une « société » ayant pignon sur rue à Magog se dévoue même à faire sa promotion ! Sceptiques ?Soyons sérieux, les probabilités que ces délicates créatures existent sont pratiquement milles.En effet, la génétique nous a appris que, pour qu’une espèce puisse se reproduire et survivre durant une longue période, elle doit compter au moins 500 in- Actualités Le monstre Loch Ness, P.Q.Les Écossais ont Nessie, nous avons Memphrée, Ponik et Champ, des monstres marins typiquements québécois.Mais s'agit-il d'authentiques vers géants ou simplement.de vulgaires bouts de bois flottants ?Le cas de Champ nous éclaire.par Roger Tétreault l; v ' '• '-¦ÿ:- v* .' u - Regardez bien, voici Champ.y*wv pi?!# l .V: .'Y;:.w-.¦¦ dividus en bonne santé.On sait également que le territoire vital d’un animal (son garde-manger) est proportionnel à sa taille.Il peut s’étendre sur des milliers de kilomètres carrés.Imaginez les ravages que cau- seraient un demi-millier de Champ dans un plan d’eau douce, aussi vaste soit-il.Resterait-il encore une seule perchaude vivante dans le lac ?Et puis, comment expliquer que la présence de bêtes de cette envergure nous ait échappée jusqu’ici ?Qu’on n’ait jamais découvert le moindre bout d’os (ou d’arête) signalant leur présence ?ne hypothèse scientifique intéressante pourrait cependant expliquer la persistance du mirage Champ.Elle nous vient du physicien américain Robert Prigo et de son collègue, le géologue Thomas Manley, tous deux du Middlebury College, au Vermont.Selon eux, Champ ne serait en fait qu’une « seiche », c’est-à-dire un phénomène relié à la mécanique des fluides.Le lac Champlain est long, La bête prend du poids Le premier témoignage écrit au sujet de Champ remonte au mois de juillet 1609.Samuel de Champlain aurait alors aperçu le monstre lors de son expédition contre les Iroquois : « .Un serpent de 20 pieds [environ 6 m], au corps aussi gros qu'un baril, avec une tête de cheval.» Cependant, en près de quatre siècles, Champ a pris pas mal de poids.Aujourd'hui, la bête mesurerait de 12 à 15 m de longueur et pèserait de 1,5 à 2,5 tonnes.Rendons au moins hommage aux préoccupations écologiques de cet animal : à ce rythme, il ne croît que d'un centimètre environ par année.Québec Science / Octobre 1998 11 Actualités étroit et profond.Au cours de l’été, les eaux de surface se réchauffent jusqu’à une profondeur d’environ 20 m.Sous cette couche, la masse aquatique demeure froide.Il se forme donc deux nappes de liquide de densité légèrement différente.Un peu comme du vinaigre sur de l’huile.En surface le vent, qui prédomine habituellement dans une direction, répartit la chaleur et crée l’équivalent d’une vague permanente de quelques centimètres de hauteur.Cette vague se déplace toujours dans la même direction, causant ainsi une accumulation régulière d’une plus grande masse d’eau à une extrémité du lac.Par frottement, ce mouvement se transmet à toute la masse d’eau plus chaude.Avec le temps, cette légère accumulation d’eau chaude exerce une pression plus grande sur la masse d’eau froide située sous elle.Cet excès régulier de poids provoque une oscillation, analogue mais de sens contraire, dans la masse d’eau froide.Une sorte d’écho inverse.Curieusement, alors que l’ampleur du mouvement de surface ne change à peu près pas, celle de la vague de fond, par un effet d’amplitude cumulative, peut prendre des proportions littéralement « mons- trueuses » : sa hauteur varie de 10 à 100 m ! Le phénomène d’oscillation peut durer de 4 à 10 jours avant de se résorber.Et, bien sûr, le mouvement s’amplifie lorsque le mauvais temps se met de la partie.Selon les deux chercheurs, cette énorme vague de fond pourrait faire jaillir à la surface des troncs d’arbres ou d’autres gros débris, normalement échoués au fond du lac et appelés à y retourner peu de temps après.Avec un peu d’imagination et de bonne volonté, il est facüe de transformer une « pitoune » détrempée en un monstre terrifiant.Les deux Américains tiennent cependant à nuancer leur théorie.Si le phénomène est reconnu scientifiquement, on n’a pas encore fait la preuve qu’il puisse survenir dans un immense plan d’eau comme le lac Champlain ou le Loch Ness.« Il faudrait effectuer des vérifications expérimentales plus approfondies », affirment-ils.Le phénomène de la seiche serait plus susceptible de se produire vers la fin de la saison chaude, soit en août et en septembre.Or, comme par hasard, ce sont justement les moments où l’on signale le plus souvent la présence de notre monstre marin local ! • îabonne adresse technologique La Domi s d'avant-gai a e Des S O I U I - .nr^ http://«>llegebdeb.qc.ca poste 313 Télépho„e: 15U) 332-3000 Le prospectus http://collegebdeb.qc.co/prospectus/bdeb.htm Formation continue et Services aux organisations http://www.collegebdeb.qc.ca/fcso/arbre5.html Observatoire du multimédia de formation http://obs.cetnet.com/obs/ Vitrine sur les applications pédagogiques de l'ordinateur (APO) http://vitrine.collegebdeb.qc.ca Étudiants bien branchés http://ebb.collegebdeb.qc.ca/ Internautes Poivre et Sel http://poivresel.collegebdeb.qc.ca IDclic (orientation et information scolaire) http://idclic.collegebdeb.qc.ca DEC en développement d'application ou en gestion du réseau http://collegebdeb.qc.ca/Dranches/info Centre éducation et technologies (CÉT) http://centre.collegebdeb.qc.ca Le collège virtuel http://virtuel.collegebdeb.qc.ca DEC en sciences de la nature http: //collegebdeb.qc.ca/prospectus/science, htm poste 346 poste 260 poste 190 poste 116 poste 567 poste 204 j poste 313 j < poste 226 V - V - » «Y ‘ poste 223 poste 313 t Û.; v V'- >jr a*’** ©Collège de Bois 30, de Bois-de-Boulogne 1968-1998 à façonner l'avenir 12 Québec Science/Octobre 1998 \mmwm *v.:W; >•>;.d’œdème pulmonaire — de l’eau s’accumule dans les poumons en raison du changement de pression.Ou encore d’œdème cérébral (1 % des cas) : le malade peut succomber dans les deuxjours qui suivent l’apparition des premiers symptômes s’il ne redescend pas rapidement ! Au pied de chaque montagne, avant chaque effort, les paysans des Andes mâchent donc Yaculli de coca.Portée aux nues au siècle dernier avec le vin Mariani, produit avec de la coca, la feuille est vite deve- nue l’objet de critiques en Occident, une fois que les effets de la cocaine ont été connus.Et tous les Pablo Escobar de ce monde n’ont pas aidé à la dédouaner, si l’on peut dire ! Aussi, pour faire la part entre la drogue et l’usage traditionnel — et vérifier l’efficacité réelle des traditions —, l’Institut bolivien de biologie en altitude s’est intéressé à la plante et a publié les résultats de ses recherches en 1997.Conclusions ?Primo, les feuilles mâchées transmettent bien de la cocaine dans le sang, mais à des doses très légères, c’est-à-dire de 10 à 40 fois inférieures à celles qu’ingèrent les toxicomanes.Utilisée à la façon indienne, la cocaine agit longtemps mais en douceur, tandis que les cocaïnomanes recherchent l’effet instantané.Secundo, contrairement à ce que pensent les Andins, la coca n’augmente pas leur force, mais seulement leur résistance à l’effort : ils ne travaillent pas plus fort, mais plus longtemps, aux champs ou dans la chaleur des mines.Tertio, la coca stimule bien les voies respiratoires, ce qui assure une meilleure oxygénation.Elle freine également la consommation des sucres.L’ensemble de ces effets permet de mieux supporter les efforts à une altitude pauvre en oxygène.Le docteur' Trempe déconseille évidemment aux voyageurs occidentaux de mâcher Yaculli, ne serait-ce que pour éviter les problèmes liés à l’ingestion de végétaux ou de légumes cnrs.Passe encore pour le matté, le thé à base de coca.« Pour éviter le mal d’altitude, il y a le Diamox », dit-il.Le hic, ce sont les effets secondaires, fort gênants quand on voyage pendant des heures dans des minibus bondés qui ne s’arrêtent jamais : le Diamox provoque un besoin répété d’uriner.• Pour en savoir plus www.bolnet.bol.coca Le site Web bolivien CocaExpo retrace l'histoire de la coca.Québec Science / Octobre 1998 17 mâvfi Déprimé en chien Les chiens peuvent être déprimés.Laissé seul toute la journée, un chien sur huit frôle l'hystérie.La firme pharmaceutique Novartis a pensé à eux et a conçu un premier antidépresseur pour traiter les angoisses canines.Après deux mois de traitement, toutou devient plus calme.Et parions que le maître aussi s'en porte mieux ! iwywk^ntendu P I Le hoquet vient de vous surprendre.U .Habituellement, il passe aussi rapidement qu'il survient.Toutefois, il arrive que l'on en fasse une maladie.« Il est dit chronique s'il persiste plus de 48 heures ou se produit sous forme de crises répétées, précise la revue Québec Pharmacie du mois de juillet 1998.La fréquence du hoquet varie considérablement selon les individus, allant de 2 à 60 par minute.Le hoquet chronique est un phénomène rare qui peut entraîner des effets indésirables tels que l'insomnie, l'épuisement, l'amaigrissement ainsi qu'une dépression réactionnelle.» Hic ! 18 Québec Science / Octobre 1998 À quand l’été des Indiens?e sol a pourtant gelé, mais soudain, entre la ____fin septembre et la mi-novembre, voilà cette > 1.::o période de redoux magnifique et flamboyant : l'été des Indiens.Le mercure grimpe alors de 4 à 6 °C .ŒsâC'.>'¦ au-dessus de la normale pendant au moins 3 jours; les matinées sont brumeuses, les journées, enso-' ^ ; -ÿ.leillées, et les nuits, près des normales.Mais qu'est-ce qui pousse donc la météo à nous ,-T.' ' 'uu offrir un dernier répit avant l'hiver ?Ce phénomène, s propre à l’hémisphère Nord, est tout à fait aléatoire P: ' ¦ .et repose sur la conjonction de conditions météo par- ticulières ; un flux d'air du sud-ouest, qui transporte vers nos régions la chaleur et l'humidité du golfe du Mexique, doit se combiner à un anticyclone qui s'installe sur l'est des États-Unis, entraînant une circulation d'air en provenance du sud pendant quelques jours.Résultat ; un ciel dégagé, un vent léger et peu ou pas de précipitations.En d'autres mots, de la chaleur et du beau temps, mais aussi plus de pollution en raison de la faiblesse du vent et des risques accrus d’incendie de forêt à cause du temps sec.Quelles sont nos chances de bénéficier de ce sursaut de l'été cette année ?Tout dépend d'où l'on se trouve.À Montréal, il se produit en moyenne 4 années sur 10.Mieux, 1 année sur 4, il en survient 2.Comble du bonheur : tous les 25 ans, on peut profiter de 3 périodes de redoux ou plus.À Québec, il se produit en moyenne 1 année sur 2 et, 1 année sur 7, il y en aura 2.Généralement, on peut l'attendre autour du 10 octobre.Mais ne désespérez pas : en 1953, on a déjà eu droit à un été des Indiens aussi tardif que le 18 novembre ! Ève Christian L'innovation du mois Le pédalier du futur Trois ans de travail et 400 000 dollars pour mettre au point un pédalier de vélo ?Et 150 000 dollars de plus uniquement pour créer un produit commercialisable ?Pourtant, y a-t-il quelque chose de plus simple, de plus banal, qu'un pédalier ?Tellement simple en fait que, depuis sa naissance, il y a quelques siècles, personne n'a vraiment songé à l'améliorer.Mais ce pédalier-ci, on s'en doute, n'est pas un pédalier ordinaire.Son inventeur le décrit comme « révolutionnaire » et affirme que plusieurs compagnies de vélo le considéreraient comme le meilleur qu'ils aient jamais vu.Quiconque a déjà fait du vélo pendant plusieurs heures d'affilée sait que, après un certain temps, les muscles des jambes se mettent à protester : une petite côte prend des allures himalayennes.La solution ?L’effet de levier, explique l'inventeur, Olivier Pellegrin, de la firme Synergie Industries, à Rivière-du-Loup.D'une part, la manivelle sur laquelle est fixée la pédale s'allonge ou se rétracte à chaque tour.Lorsque le pied descend — ce qu'on appelle la « phase de propulsion », c'est-à-dire quand l'énergie déployée par le cycliste fait avancer l'engin —, la manivelle s'allonge de 42 mm et atteint 217 mm plutôt que les 175 d un pédalier normal.Lorsque le pied remonte, la manivelle se rétracte jusqu'à 137 mm.D'autre part, on a « désynchronisé » les points morts.Sur un pédalier conventionnel, les pieds sont placés à 180° ; lorsqu'un des pieds est en haut et l'autre, en bas, il n’y a plus d'énergie de déployée.Sur le pédalier de Synergie Industries, les pieds se trouvent plutôt à 220°.Résultat : les deux pieds ne sont pas au point mort en même temps, d'où un gain d'énergie que l'on peut d'ores et déjà mesurer en laboratoire.Ce gain d'énergie pourrait certes se traduire par une vitesse accrue.Mais Olivier Pellegrin ne vise pas pour l'instant le marché de la compétition, mais celui de l'endurance.« À vitesse égale, un cycliste produira 13 % moins d'efforts avec notre pédalier.» Agence Science-Presse JÜ&il WÊÊËtèk 'ËÊÉ&MÊÈÊ&MËÊÊÈIwBÈt .*** LE CHIFFRE Dü MOIS C’est le nombre de cas de polio déclarés en 1996, selon les derniers chiffres de l'Organisation mondiale de la santé.Un chiffre bête, mais qui cache une excellente nouvelle : si la tendance se maintient, ce fléau sera éradiqué de la planète en l'an 2000.Il faut dire que l’OMS a décidé de mettre les bouchées doubles pour en finir avec la polio.Depuis 1988, près d'un milliard d’enfants ont été vaccinés.Avant cette vaste campagne, 40 000 cas de poliomyélite étaient détectés chaque année.Besoin de lunettes ?On a démontré depuis longtemps que les problèmes de ventilation dans les grands édifices sont responsables d'une foule de problèmes de santé.Malgré cela, une étude menée auprès de 4 000 fonctionnaires britanniques révèle que le Sick-Building Syndrome (SES) n'est pas vraiment pris au sérieux par les dirigeants d'entreprises.La raison : les patrons passent beaucoup de temps à l'extérieur de leurs bureaux.Comme ils ressentent moins les effets néfastes du SES, ils continuent d'ignorer que ce dernier affecte, à des degrés divers, 80 % de leurs employés.Les journées allongent La perturbation des courants éoliens causée par El Nino cette année aurait provoqué le ralentissement de la rotation de la planète.C'est du moins ce qu'a découvert John Gibson, un chercheur de la NASA.Par voie de conséquence, les journées ont allongé en moyenne d'un petit 0,8 milliseconde par jour.ETOILES / Le tourisme spatial fait déjà rêver Shimizu, le grand groupe hôtelier japonais.Il envisage de construire un complexe spatial qui sera en service en 2030.Idéal pour une lune de miel ?Sauf qu'il ne sera pas à la portée de n'importe quel touriste, aussi romantique, aventurier et excentrique soit-il : entre 85 000 et 100 000 dollars la nuitée (transport inclus, quand même !).Off ! SOÜJOKK, OLsmi J€V1€USD€ rme we ex:p€fleuc€ eKrmisMme i ffl€P,J'/)l APPLIQUÉ 5KP C£TT€ FÉHILLÉ D€ popiék.nue 50UTI0K) D'Acroes à ctfflwes rtyDKoPüoses.CT je m mione imméme !.L'm GLISSE DESSUS.C'EST EU Dm/m CE HDTIU QUE J'DI COUSTATÉ LE SUCCÈS DE L'EtfEZlEUCE.IHDGIUE TOUTES LES «TIUSATIOtdSPOSSISLeS; DES MASAZWéS A Liœ SOUS LD DOUCHE, DES COUCHES-CULOTTES C0MM€K)T Llfl Dlf& QUE, ffl€£50l£, JDIZEUVEZSÉ Québec Science / Octobre 1998 19 :ï: ALCAN PRÉSENTE LE Salon ÉDUCATION FORM/177G/V Une porte ouverte sur le troisième millénaire Dans le cadre du Salon Éducation Formation qui se tiendra À la Place Bonaventure du 1 5 au 18 octobre 1998, faites un détour au Pavillon Sciences et Technologies Alcan, une ACTIVITÉ EN COLLABORATION AVEC QUÉBEC SCIENCE ET MÉTÉOMÉDIA.VOUS Y VERREZ LES PROJETS LES PLUS INNOVATEURS DANS LE DOMAINE DES SCIENCES, PAR LE BIAIS DE RÉALISATIONS D'ÉTUDIANTS DES NIVEAUX SECONDAIRE, COLLÉGIAL ET UNIVERSITAIRE.Les SCIENCES: UN secteur de formation prometteur d’emploi BENOITÇgjROMERO (514) 272-8885 PLACE P>üï\AL:J EïLÏUPL - fj\ü NT P.L AL Le Salon Éducation Formation, un plus pour / ALCAN é Gouvernement : v : du Québec ê Éducation ?Québec Puœ Emploi Jeunesse Canada Youth Employment Puce La Pre: Régime Montigm ca fonc nac, actionne S par Catherine Dubé Que l’on connaisse ou non sa méthode, nous avons tous entendu parler de Michel Montignac.En appliquant les principes décrits dans son best-seller, Je mange donc je maigris, des milliers de gens ont perdu du poids et, surtout, ne l’ont pas repris par la suite.C’est, en soi, un exploit digne de mention dans le monde de la diététique ! Comme si ce n’était pas suffisant, les adeptes peuvent manger tant qu’ils le désirent, sans avoir à peser les portions, compter les calories ou couper les matières grasses.Jean Dumesnil, cardiologue à l’hôpital Laval, à Québec, s’est intéressé à la méthode du célèbre Français parce qu’il avait lui-même du poids à perdre.Vingt et un kilos en moins plus tard, Jean Dumesnil a bien été obligé de se rendre à l’évidence : la méthode est efficace.Pour un médecin qui passe son temps à mettre des patients cardiaques au régime, il s’agissait d’une très bonne nouvelle ! À force d’en discuter avec d’autres spécialistes, le docteur Dumesnil a constitué une équipe dont l’objectif était d’amener un début de réponse à la grande question : pourquoi au juste cette méthode fonctionne-t-elle ?Les chercheurs disposaient de quelques pistes.En effet, sans être un chercheur lui-même — la seule science qu’il ait étudié est la science politique ! —, Montignac s’appuie sur une argumentation scientifique pour présenter les principes de sa méthode.Son régime réussit.mais pas nécessairement pour les raisons qu’il avance.Précisons d’abord que, s’il est vrai que l’on peut manger à satiété avec le régime Montignac, on ne peut toutefois pas manger n’importe quoi.Michel Montignac condamne irrémédiablement le sucre et tout ce qui en contient, de même que les aliments à base de farines raffinées.C’est donc dire que le pain blanc, le riz blanc, les Spécial K et autres céréales du même acabit en prennent pour leur rhume.Autres aliments honnis qui, pour notre plus grand malheur, trônent sur les tables québécoises depuis belle lurette : les pommes de terre et le maïs.Ce choix n’est pas gratuit : tous ces aliments présentent un index glycémique (voir l’encadré à la page 23) élevé, c’est-à-dire que leur ingestion fait augmenter de façon importante la quantité de glucose dans le sang.Pour assimiler ce glucose, l’organisme commande au pancréas de sécréter de l’insuline.Cette hormone a en ef- fet le pouvoir de faciliter l’entrée du glucose dans les cellules, où il est converti en énergie.Lorsque le pancréas est en bonne santé, la quantité d’insuline sécrétée correspond exactement à la quantité néces-saire pour faire redescendre le glucose présent dans le sang à un taux normal.Mais, selon Michel Montignac, si le pancréas a été sollicité à l’excès pendant longtemps par une alimentation trop sucrée — ce qui est, croit-il, le cas de la majorité d’entre nous —, il a tendance à sécréter beaucoup plus d’insuline que nécessaire.Si nous n’avons mangé que des glucides, pas de problème : la quantité d’insuline produite diminue à mesure que le taux de sucre dans le sang baisse.Mais si nous avons ingéré des lipides, l'insuline résiduelle continue son travail et cause le stockage des acides gras présents dans le sang en graisses de réserve.Selon Michel Montignac, c’est pour cette raison que l’on Québec Science/Octobre 1998 21 grossit.Et sa théorie n’est pas farfelue : l’insuline a en effet la propriété de stimuler une enzyme présente à la surface des cellules adipeuses, la lipoprotéine lipase (LPL), qui migre alors vers les capillaires.Dans le sang, la LPL dégrade les triglycérides (le gras obtenu de l’alimentation) en glycérol et en acides gras.Une autre enzyme se charge de diriger les acides gras vers les tissus adipeux, où ils sont stockés.Les nutritionnistes savent aussi qu’une fois nos stocks de glycogène refaits (sucres de réserve des muscles et carburant du cerveau), le glucose supplémentaire se transforme en graisses de réserve.Or, en se nourrissant d’aliments à index glycémique élevé, l’apport en glucose dépasserait presque toujours nos besoins.La solution que Montignac propose ?Bannn les « mauvais glucides », c’est-à-dire ceux à index glycémique élevé (sucre et farine raffinée), et éviter le plus possible de manger des lipides en même temps que des glucides (mêmes les « bons », si on veut vraiment maigrir) pour s’assurer de ne pas fabriquer de graisses de réserve.Ces principes, Michel Montignac en fait des règles de vie.« On ne grossit pas parce que l’on mange trop, mais parce que l’on mange mal », écrit-il dans Je mange donc je maigris.Après l’amaigrissement, il n’est donc pas question de retomber dans ses vieilles habitudes.Montignac permet toutefois un « écart » de temps en temps, en autant que l’on soit capable de le « gérer » en respectant les règles pendant le reste du repas.Il insiste d’ailleurs sur ce point : la méthode Montignac n’est pas un régime, c’est un « recentrage des habitudes alimentaire », qui demande de se défaire des idées reçues, notamment celle qui prône le régime hypocalorique pour maigrir.Selon lui, il est naïf de croire qu’un simple équilibre mathématique entre les calories ingérées et celles qui sont dépensées garantisse un poids stable.Présentés ainsi, les principes de la méthode sont cohérents.Pourtant, le doute subsistait chez quelques collègues du docteur Dumesnil.L’un d’eux, Angelo Tremblay, professeur au département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, s’est demandé s’il était possible que l’on mange moins quand on suivait la méthode Montignac.C’est principalement pour vérifier cette hypothèse qu’ils ont entrepris l’expérience, menée conjointement avec des professionnels de la santé en milieux universitaire et hospitalier.Les chercheurs ont soumis 12 volontai- m •a Y K À proscrire selon Montignac : les aliments à base de farines raffinées et les pommes de terre.res obèses ou avec un fort embonpoint à 3 régimes alimentaires différents, d’une durée de 6 jours chacun.Sur une aussi courte période, le but visé n’était pas de faire maigrir les volontaires, mais plutôt de comparer une méthode comme celle de Michel Montignac et un régime plus traditionnel, en analysant l’apport calorique, la composition en macronutriments des aliments et la satiété.Bref, de qualifier et quantifier ce qui serait mangé.Durant la première session, les volontaires pouvaient manger sans restriction de quantité, sauf les matières grasses (lipides), qui ne devaient pas dépasser 30 % de l’apport alimentaire (cela correspond aux recommandations du Guide alimentaire canadien).Pour s’assurer que cette condition soit remplie, les chercheurs ont préparé des mets comprenant tous 30 % de matières grasses; de cette façon, la proportion était respectée peu importe la quantité de nourriture avalée.Les volontaires venaient manger à l’hôpital, et on pesait et notait tout ce qui leur était présenté.C’est en pesant les restes et en faisant la différence avec les quantités de départ que l’on évaluait le nombre de calories ingérées par chaque personne ainsi que la proportion de protéines et de glucides de ses repas.La deuxième semaine, les participants suivaient la méthode Montignac.Ils pouvaient donc encore une fois manger à satiété, en évitant toutefois les aliments défendus.Comme pour la première session, les chercheurs calculaient a posteriori les macronutriments et les calories consommés durant les repas.Durant la troisième session, les 12 hommes devaient manger la quantité de calories ingurgitées pendant la semaine Montignac, mais en suivant la composition en nutriments de la première session.En calculant les données des deux premières semaines, les chercheurs ont fait toute une découverte : durant la session Montignac, les volontaires avaient consommé 25 % de calories en moins par rapport à la première semaine, sans s’être préoccupés des quantités.Ils étaient ainsi passés d’une moyenne quotidienne de 2 800 calories pendant la première semaine à environ 2 100 calories durant la semaine Montignac.Dur coup pour Montignac qui s’applique à démolir systématiquement la théorif des calories dans son livre ! Les chercheurs n’étaient pas au bout de leur surprise.Tout au long des trois sessions, ils ont demandé aux volontaires de remplir des questionnaires standardisés pour évaluer la sensation de faim et de satisfaction avant et après chacun des repas.Alors que, durant les deux premières semaines, tous les volontaires s’étaient déclarés rassasiés après les repas, à la troisième semaine, tous avaient encore faim en terminant leur assiette, et ce, même s’ils mangeaient exactement le même non bre de calories que durant la deuxième session.« Certains voulaient même lâcher satK deft 1® El*- ètà ipiijiiioii éiiEb tîi’iiit s pif' - liiwne BBSS' iKîfc.|jroCf; (1*3- jîSIfP iîlSfS I# je fi1 mil» pp tellement ils n’en pouvaient plus », raconte Jean Dumesnil.En analysant la proportion des nutriments ingérés, les chercheurs se sont rendu compte que, durant la semaine Montignac, les participants avaient mangé une fois et demie plus de protéines que durant la première semaine et moitié moins de glucides.C’est donc dire que la nature des aliments proposés par Montignac permettrait de manger moins tout en ne ressentant pas la faim.Selon Angelo Tremblay, les protéines sont les grandes responsables.Quelques études ont effectivement rapporté que les protéines auraient un effet plus rassasiant que les glucides et les lipides, bien qu’on ne puisse pas encore expliquer pourquoi.Quant aux fibres, il est bien connu que leur expansion dans le système digestif entraîne une sensation de satiété.La seconde hypothèse qui permettrait d’expliquer pourquoi on n’a pas faim entre les repas avec la méthode Montignac, c’est que l’on ne fait plus d’hypoglycémie réactionnelle, une baisse de sucre dans le sang causée par une trop grande sécrétion d’insuline à la suite d’un repas riche en mauvais glucides.la nutrition et l’un des instigateurs du projet, de même qu’Angelo Tremblay sont convaincus que c’est la quantité moindre de calories qui explique l’amaigrissement.« C’est la loi de Lavoisier, affirme Jean-Pierre Després.Rien de perd, rien ne se crée ! La cause de l’obésité, ce n’est pas uniquement l’alimentation, c’est surtout la sédentarité.» Selon lui, une alimentation hyperglycémiante peut effectivement causer un hyperinsulinisme qui conduira même éventuellement au diabète, mais il est extrêmement important de considérer l’obésité globalement, et pas seulement en adoptant le point de vue du régime alimentaire.L’expérience a en tout cas permis de comprendre pourquoi la méthode Montignac fonctionne à long terme : les gens qui l’adoptent consomment moins de calories pour le restant de leur vie, sans en ressentir d’inconvénients.Le danger de reprendre des kilos en se remettant à manger comme avant est écarté puisqu’ils ne ressentent pas le besoin de retourner à leurs anciennes habitudes.L’équipe de médecins et de nutritionnistes ne compte pas s’arrêter là.Plusieurs concepts évoqués par Michel Montignac valent la peine d’être étudiés, surtout qu’il n’existe pas d’autres études sur la méthode, pas plus que de statistiques sur son taux de réussite.Des aspects comme l’hypercholestérolémie et la diminution des facteurs de risque liés aux maladies coronariennes sont également abordés dans les ouvrages de Montignac et mériteraient qu’on s’y attarde, croit le docteur Dumesnil.Pour l’instant, les chercheurs sont cependant certains d’une chose à propos de Montignac.c’est qu’ü n’a pas fini de faire parler de lui ! Qu’est-ce que l’index glycémique ?Bien des questions restent en suspens, la première étant de savoir si l’amaigrissement que procure la méthode est dû uniquement à la diminution de calories ou s’il est causé également par l’arrêt du stockage des graisses par l’insuline, comme le croit Montignac.« Nous savons que la lipoprotéine lipase (LPL) aide au stockage des graisses, explique Sylvie St-Pierre, une nutritionniste de l’Université Laval qui a participé à l’élaboration de l’expérimentation.Nous savons également que l’insuline stimule la LPL.Mais ce qu’il faut déterminer, c’est si les aliments à index glycémique élevé peuvent être la cause directe de sécrétions d’insuline assez importantes pour entraîner le stockage de graisses.» Jean-Pierre Després, professeur au département des sciences des aliments et de L?index glycémique d’un aliment renseigne sur l’augmentation de glucose que cet ali-i ment induit dans le sang.Les différentes molécules de glucides n’ont pas le même pouvoir sur la glycémie, c’est-à-dire la quantité de glucose dans le sang.À jeun, le taux de glycémie est habituellement de 1 g de glucose par litre de sang.Le fructose contenu dans un fruit fera monter la glycémie jusqu’à 1,20 g/l, tandis que le saccharose contenu dans un bonbon la fera monter jusqu’à un pic de 1,80 g/l.À mesure que l’insuline élimine le sucre dans le sang, la glycémie retrouve son taux normal.Pour calculer l’index glycémique d’un aliment, on trace un graphique de la quantité de glucose dans le sang en fonction du temps, après son ingestion.On calcule ensuite la surface située sous la courbe obtenue et on la divise par la valeur de référence, soit la surface sous la courbe de glycémie induite par le glucose.On multiplie ensuite par 100, l’index glycémique donné arbitrairement au glucose.Ainsi calculé, l’index glycémique des pois chiches est de 30 et celui d’une pomme de terre au four est de 95.Pourquoi l’index glycémique du blé raffiné est-il plus élevé que l’index glycémique du blé entier ?Le blé entier contient davantage de fibres, qui agissent un peu comme une barrière : le glucose est libéré moins vite dans le sang et en moins grandes quantités, ce qui fait moins augmenter la glycémie.Bien que de plus en plus répandue, l’utilisation des index glycémiques n’est pas acceptée d’emblée par tous les nutritionnistes.« On ignore notamment ce qui se passe lorsque l’on mange en même temps des aliments à index glycémique élevé et d’autres à index glycémique bas », explique la nutritionniste Sylvie St-Pierre.Québec Science / Octobre 1998 23 : H ¦ ¦ . Montignac répond Michel Montignac a suivi avec intérêt l’étude menée par l’équipe de chercheurs de Québec, dont les résultats ont été dévoilés lors du dernier congrès international sur l’obésité.Il nous livre ici ses commentaires.Québec Science : Comme le montre l’étude des chercheurs de Québec, la quantité de calories absorbées lorsqu’on suit la méthode Montignac est plus basse que lorsqu’on mange « normalement ».Cela vous surprend-il ?Michel Montignac : L’équipe des docteurs Tremblay, Dumesnil et Després a probablement raison de dire que c’est l’apport moins élevé en calories qui permet de ne pas reprendre de poids.Mais, selon moi, le problème des calories n’a pas vraiment d’importance.Q.S.: Mais la quantité de calories doit quand même av oir un certain effet puisque la plupart des gens grossissent lorsqu’ils mangent trop.M.M.: Oui, bien sûr, mais la théorie des calories qui dit qu’il doit y avoir un équilibre entre l’apport énergétique et les dépenses n’est pas totalement vraie.C’est une erreur de croire que toutes les calories qui entrent dans le coips sont soit immédiatement utilisées comme source d’énergie, soit stockées en réserve.Le corps est très complexe.En comptant simplement les calories, on ne tient pas compte d’une foule de facteurs importants, comme l’influence des hormones, les particularités individuelles et le moment de la journée où l’on mange.Notre métabolisme ne fonctionne pas de la même façon à toute heure du jour.De plus, le corps s’adapte à l’énergie qui lui est fournie en modifiant son métabolisme.Ce n’est donc pas parce que Ton consomme moins de calories que Ton maigrit.Pour perdre du poids de cette façon, il faut vraiment diminuer sa consommation de calories sous la normale.Or, 2 000 calories par jour, comme avec ma méthode, c’est somme toute encore normal.Par contre, ce qui est bien lorsque l’on mange Montignac, c’est qu’il est impossible de trop manger, parce que l’on atteint la satiété avant.Le niveau de satiété, c’est cela qui est important.Et l’avantage avec la méthode Montignac, c’est qu’on arrive plus vite à la ré-plétion.Avec une alimentation hyperglycémiante contenant du pain blanc, du riz blanc et du cola, on atteint moins vite la satiété parce qu’elle contient moins de protéines et moins de fibres.En plus, avec une telle alimentation, on fait davantage d’hypoglycémie réactionnelle, ce qui aggrave encore plus la faim.Les protéines, elles, présentent un double avantage : en plus de nous permettre d’aniver à satiété plus rapidement, leur digestion demande plus d’énergie que celle des glucides et des lipides, ce qui peut contribuer indirectement à l’amaigrissement.Q.S.: Comment avez-vous mis au point cette méthode ?M.M.: Il y a une vingtaine d’années, je me suis intéressé à la recherche en nutrition parce que j’avais moi-même du poids à perdre.Quelques chercheurs avaient montré que des diabétiques qui mangeaient des aliments à index glycémique bas amélioraient leur sort et perdaient du poids.En 1979, B.Jeanrenaud a prouvé un lien entre Thyperinsulinisme (une trop grande sécrétion d’insuline) et l’obésité.Seulement, il croyait que Thyperinsulinisme était une conséquence de Tobésité.Selon moi, c’était une erreur : je crois plutôt que c’est Thyperinsulinisme qui est la cause de Tobésité.En 1981, j’ai fait un régime en évitant les aliments à index glycémique élevé et j’ai perdu 16 kilos.C’est le fondement de la méthode : privilégier les aliments à index glycémique bas.De cette façon, on n’induit plus dans notre sang une hyperglycémie contrebalancée par Thyperinsulinisme.Il y a 20 ans, ce que j’avançais n’était pas totalement prouvé, mais mon hypothèse a tenu la route, et plusieurs études confirmant ce que je pense se sont ajoutées.On me traîne dans la boue depuis la parution de mon premier livre, il y a 10 ans, mais je prédis que d’ici 2 ans mon hypothèse sera définitivement confinnée.Ce sera une bombe qui révolutionnera la façon de concevoir l’alimentation.Je crois vraiment que Thyperinsulinisme est la cause de Tobésité et, en fait, cela me surprend que des chercheurs ne l’aient pas encore affirmé avec tout ce qui a été trouvé en ce sens.Une autre étude sur la méthode Montignac est en cours actuellement à Mayence, en Allemagne.Un chercheur a soumis, pour une durée de huit semaines, deux groupes de gens à deux régimes semblables en tout point, sauf en ce qui concerne la nature des glucides.Les deux groupes mangent exactement la même quantité de calories, les mêmes proportions de nutriments, excepté que le premier groupe mange des aliments à index glycémique élevé et le second, des aliments à index glycémique bas.Nous verrons ainsi de façon très précise l’influence des aliments à index glycémique élevé sur le poids.• Propos recueillis par Catherine Dubé Michel Montignac : « Je prédis que d'ici deux ans mon hypothèse sera définitivement confirmée.Ce sera une bombe qui révolutionnera la façon de concevoir l'alimentation.» 24 Québec Science / Octobre 1998 Québec Science sur cédérom Québec US LOCICIStS m ' ¦is d'envoi Toute l'actualité scientifique et technique publiée dans le magazine Québec Science de 1989 à 1997 • Des informations utiles, fiables et passionnantes.Dossiers, reportages, nouvelles, chroniques, suppléments.2 500 articles ! • Un outil d'information et de référence essentiel pour tout savoir sur une foule de sujets : espace, santé, environnement, innovations technologiques, recherche fondamentale et appliquée, etc.• Une navigation électronique de haute performance.Recherche par mots clés, liens hypertextes, images agrandies, interface conviviale, animations, etc.• En vente dans tous les bons magasins 49,95 $ plus taxes.Configuration requise: • Ordinateur personnel doté d'un microprocesseur 386X ou supérieur (486 recommandé) • Lecteur de cédérom • Système d'exploitation Windows version 3.1,3.11,95 ou ultérieure • • 4 mégaoctets de mémoire vive ( 8 mégaoctets recommandés) • OU Ordinateur de type Macintosh • Lecteur de cédérom • Système d'exploitation MacOS version 7 ou ultérieure • 8 mégaoctets de mémoire vive Produit par Québec Science et Les Logiciels de Marque inc.Commandez dès maintenant : Région de Montréal : (514) 875-4444 Partout au Québec : 1 800 667-4444 lïg vaut le coût de s'abonner ! Seulement l'exemplaire avec l’abonnement de 3 ans Prix en kiosque : 3,95 $ En plus GRWIW • Le Guide des vacances • L'index annuel des sujets • Des suppléments thématiques Abonnez-vous < Montréal : (514) 875 Offre valide jusqu'au 30 novembre 1998.?je m'abonne à Québec Science Détachez et expediez a Québec Science Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 OU 1 800 667-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Courriel : AQcourrier@abonnement.qc.ca Numéro d'enregistrement de la TPS : R-1335-97427 Numéro d'enregistrement de la TVQ : 1013609086 KOSWflfl La nouvelle mission d Hubble ÏÏCë ifn du Le Guide des offfrez-le en cadeau ! • Ailleurs : 1 800 667-4444 Prénom Adresse province téléphoné code postal Profession Date d'expiration N° de carte Signature Prénom Offert par : Nom Adresse province telephone code postal ?je me réabonne ?je l'offre en cadeau ?1 an (10 n”) 37,60 $ TTC H 2 ans (20 nos) 64,95 $ TTC D Chèque L, Mandat-poste ?Visa G MasterCard Chèque ou mandat-poste à l'ordre de Quéùec Science ?3 ans (30 n”') 89,91 $ TTC Tarifs valables au Canada seulement.Allouez 4 semaines pour l'expédition. V.V.y.-; ¦ AUTOMNE 1998 • VOLUME 8, NUMERO 3 ir'w.'i .Trr.* >**> r*.•• N* e \ / lA' g:.TJ \ HÊ s O: i l i 'i 3D Québec Science / Octobre 1998 53 Linux, pour sa part, constitue probablement à ce jour la réalisation la plus spectaculaire de la philosophie des logiciels dont les sources sont libres3.3.Quels sont les avantages de Linux ?Concrètement, Linux est un clone d’Unix doté de sources libres et enraciné dans un vaste mouvement de collaboration.Les protocoles de base d’Internet ont aussi été conçus dans cet esprit.Il ne faut donc pas sous-estimer la portée de ce mouvement que le hacker de haute volée, Eric Raymond, a récemment décrit de manière percutante dans un texte devenu célèbre dans tout Internet : La cathédrale et le bazar*.Linux constitue un exemple parfait de ce que l’auto-organisation et l’intelligence distribuée, répartie ou partagée peuvent produire.À la différence de la plupart des autres systèmes d’exploitation, Linux tourne sur un nombre impressionnant de puces et de plates-formes : des microprocesseurs Intel et de leurs clones aux microprocesseurs Motorola (Macintosh en particulier) en passant par les stations Sun, Silicon Graphics et Hewlett-Packard5.Linux offre un système d’exploitation unique pour une gamme remarquablement variée de puces et d’appareils.Ceci permet de créer aisément des réseaux avec des ensembles d’ap pareils complètement hétérogènes.Linux peut donc redonner cohérence à l’ensemble hétéroclite d’appareils que les écoles abritent déjà et que la politique d’amortissement accéléré, suggérée plus haut, aura tendance à entretenir.Jacques Gélinas, à l’École des Trois-Soleils6, au nord de Montréal, a montré comment un ordinateur modeste, doté d’un Pentium cadencé à 133 MHz et d’une mémoire vive de 64 mégaoctets, pouvait piloter 4 vieux ordinateurs (3 appareils 386 et 1 appareil 486).En utilisant donc du matériel désuet, en traitant ces vieux ordinateurs comme des terminaux X, quatre étudiants pouvaient travailler en parallèle, comme s’ils disposaient d’ordinateurs beaucoup plus puissants.Les qualités multitâches et la mémoire protégée de Linux permettent donc de gérer chaque terminal comme s’il s’agissait d’un ordinateur indépendant.Résultat ?Le coût d’informatisation d’une classe baisse considérablement.En utilisant judicieusement Linux, le coût Brush Selection moyen d’équipement pour un poste de travail peut donc descendre à moins de 500 dollars, écran compris.La première objection que l’on oppose généralement à FutOisation de Linux porte, bien sûr, sur la difficulté d’utilisation de ce système.Pourtant la situation a beaucoup évolué et ne cesse de progresser.Bientôt, Linux offrira plusieurs interfaces graphiques, au choix de Futilisateur, telles que KDE, déjà stable, ou encore Gnome, actuellement en cours de développement7.Linux est donc beaucoup plus convivial qu’on ne le dit généralement.Et, rappelons-le, une fois à l’intérieur d’un logiciel, on n’est plus dans Linux, mais bien dans ce logiciel.En d’autres mots, la courbe d’apprentissage de Linux s’est adoucie au point qu’elle permet désormais d’envisager l’utilisation de Linux à tous les (7 X 7) Circle Fuzzy Normal Opacity -, >' bpacing: Refresh Close Deuxième type d’argument souvent invoqué : il n’existe pas assez de logiciels pour Linux.D’abord, présentée ainsi, la question n’est pas bien posée.En ef- M r l igL.How.lmLiMiiirt Greaics'bmisu;»' STEVEN PINKER An extremely valuable book Et cela nuit nettement à la compréhension du comportement animal, comme on peut le constater dansiSï les lions pouvaient parler (Quarto Gallimard, 1998,49,95 $), un recueil d’essais sur la condition animale dirigé par Boris Cyrulnik.Dans la section sur l’intelligence animale, par exemple, Alain Gallo et Fabienne de Gaulejac écrivent que « la condition animale a longtemps été.soit réduite à l’expressior d’une détermination génétique rendant les êtres aveugles, c’est-à-dire purement guidés Jtfect 64 Québec Science / Octobre 1998 miii .- KM ¦ "Kï: i'KK.B«tt.oiipoit*' • lis !;S :kU: .y r o jiJfS.par leur instinct, soit caractérisée par des capacités d’apprentissage simples consistant en des liaisons conditionnées entre des événements.» Pour échapper à la dichotomie instinct/apprentissage, ils proposent une autre voie : une programmation comportementale où l’expérience se glisse « dans les vides ménagés de la programmation génétique ».Toutefois, les auteurs n’expliquent pas comment les « vides » du programme génétique peuvent intégrer l’information qui provient de l’expérience.Au début du livre, l’éditeur assure au lecteur qu’il aura droit au dernier état du savoir à travers des contributions originales et des extraits empruntés à diverses sources : Aristote, Zola, Flaubert, Genet et même Jean-Paul II.Un choix pour le moins surprenant qui, de plus, exclut les théories formulées par les dar-winistes ! Le tout est enveloppé dans une prose souvent empesée qui camoufle tantôt une absence d’idée, tantôt des évidences.Un exemple entre mille : les récentes découvertes en paléoanthropologie sembleraient « nous distraire du vecteur généalogique ada-mique traditionnel pour nous plonger dans tout un ensemble de nappes simiennes bourgeonnantes et buissonnan-tes.» En d’autres termes, nous descendons de primates plutôt que d’Adam et Ève.Si on ne s’entend toujours pas sur le langage, on imagine mal comment on s’accordera sur la question de la morale.Pourtant, dans Ae bon singe (Bayard, Éditions sciences, 1997,47,95 $), le primatologue Frans de Wall s’est donné pour mission de démontrer que « les animaux peuvent faire preuve de bienveillance et qu’il existe chez eux, comme dans la morale humaine, des règles et des prescriptions ».Pour ceux la direction de lioris Cyndnlk Essais sur la condition animale POUVAIENT PARLER QUARTO G A L LI M A R O que l’idée rebuterait, il se fait rassurant.La longue histoire évolutive de l’empathie et du sens moral est une excellente nouvelle, dit-il.Si notre sens moral n’était pas enraciné dans la nature humaine, où trouverions-nous l’énergie et l’ingéniosité pour- combattre un ennemi aussi redoutable que notre propre nature ?Afin d’illustrer son propos, l’auteur utilise la métaphore du jardin et du jardinier.Pour À Tagenda Un congrès en éthologie C’est sur le thème « Distributions animales : au delà de la distribution libre idéale » que se déroulera le 235 congrès annuel de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement, les 6, 7 et 8 novembre prochain à l’Université Concordia.Fondée en 1974 par un groupe d’étudiants diplômés en éthologie de l’Université de Montréal, cette association vise à promouvoir l’étude scientifique du comportement animal en favorisant les échanges entre gens de science.Le site Web (rana.uqam.calsqebc.htm) présente les résumés des communications soumises au congrès de l’an dernier, à l’UQAM.Sur le Web La cyberplanète des singes Les primates font bonne figure sur le Web.Dans le site Primate Gallery (www.selu.com/~bio/PrimateGallery/ main.html), on peut visionner des photos et des séquences animées de primates et même écouter leurs vocalises.On y trouve également des liens vers plusieurs sites (tous en anglais sauf un), dont celui du Chimpanzee & Human Communication Institute fondé par Roger Fouts (www.cwu.edu/~cwuchci/).Le site « Primates Web » français (www.cybsnack.mnet.fr/gorilla.htm) est l’un des rares sites en français sur les primates.Il offre de l’information sur trois organismes qui s'intéressent à la protection de nos cousins et de leur milieu naturel.d’aucuns, la morale est l’opposé de la nature humaine.Elle est comme le jardinier qui lutte continuellement pour maintenu' l’ordre dans son jardin.Ce à quoi Frans de Wall rétorque que le jardinier travaille autant avec la nature que contre elle.Après avoir démontré que le sens moral n’est pas une innovation, « et encore moins un habillage servant à dissimuler une nature bestiale et égoïste », le primatologue conclut que le jardinier et le jardin ne font qu’un.Un livre remarquable qui marie agréablement anecdotes, réflexions philosophiques et résultats d’expériences scientifiques.• Pour toute la famille ! Les Dimanches Pécouverte du Centre muséographique Le Musée des origines Quel insecte sera élu emblème b “Québec Dimanche 4 octobre 13 h 30 Venez voter après avoir entendu des spécialistes vous présenter les 5 insectes en lice.Visitez ensuite la galerie des insectes.Toutes les expositions du Centre (Univers, Terre, Vie, Humain) seront accessibles de 12 h à 16 h.Droits d’entrée : 3,00 $ étudiants et aînés : 1,50 $ gratuit pour les moins de 6 ans.Stationnement gratuit le dimanche.Pavillon Louis-Jacgues-Casault Avenue du Séminaire Université Laval, Québec Tél.: (418) 656-7111 naa université Tel LAVAL LE SOLEIL lienee Québec Science / Octobre 1998 65 Entrevue avec Jean-Bruno Renard La science source de légendes Spécialiste de la sociologie des croyances, Jean-Bruno Renard s’intéresse au fantastique, aux soucoupes volantes et aux extraterrestres.Ce professeur de sociologie de l’Université Paul-Valéry, à Montpellier en France, est Fauteur du livre Les extraterrestres : une nouvelle croyance religieuse (Éditions Cerf, 1988).Depuis la fin des années 80, il s’intéresse aux rumeurs et aux légendes modernes.Il est, avec Véronique Campion-Vincent, le coauteur de Légendes urbaines : rumeurs d’aujourd’hui, récemment réédité chez Payot.Québec Science : Que veut dire l'expression « légendes urbaines » ?Jean-Bruno Renard : L’expression date du début des années 80.Avant, on utilisait plutôt les termes « mythes modernes » ou « légendes modernes ».Q.S.: Le terme « urbaines » renverrait ainsi à la modernité ?J.-B.R.: Exactement.La ville est emblématique de la modernité.Auparavant, les légendes se situaient dans des forêts ou des villages et portaient sur le surnaturel.Il y avait intervention d’entités fantastiques comme les revenants ou le Diable.Ce n’est plus le cas dans les légendes urbaines.Q.S.: Qu'est-ce qui leur confère le caractère de légendes ?J.-B.R.: Les légendes sont des histoires qui mélangent le vrai et le faux et auxquelles les gens croient.Les légendes urbaines se présentent comme des récits rationnels et naturels.Bien qu’elles soient inso- 66 Québec Science / Octobre 1998 lites, elles ne font jamais appel au surnaturel.On peut donner comme exemple cette histoire qui raconte que les égouts de New York sont surpeuplés d’alligators.Cela vient du fait que les reptiles étaient, à un moment donné, des animaux de compagnie très populaires auprès des New-Yorkais.Mais, effrayés par la taille que leurs petits animaux atteignaient, les propriétaires les ont souvent jetés aux toilettes.Et on croit maintenant qu’ils se multiplient dans les égouts.Q.S.: La science est un élément important de notre modernité.Inspire-t-elle de tels récits ?J.-B.R.: La dimension scientifique mais surtout technologique se retrouve en effet un peu partout dans mon dernier livre.Songeons à l’histoire de la jeune femme qui s’est soumise aux UVA d’un salon de bronzage et qui s’est retrouvée bien bronzée à l’extérieur, mais avec des organes internes complètement cuits ! On a simplement confondu micro-ondes et ultraviolets, qui se situent à l’opposé du spectre.Les microondes agissent de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui n’est pas le cas des rayons ultraviolets.Le fait que des ondes invisibles puissent cuire a suscité des craintes à propos du bronzage et de bien d’autres technologies.On a dit récemment que le téléphone pouvait provoquer la cuisson du cerveau ou encore un cancer de l’oreille ! Q.S.: Est-ce la peur des gens à l'égard de la science qui est responsable de ces légendes ?J.-B.R.: Une légende sur dix seulement reflète Fespoir d’une découverte miraculeuse (le moteur à eau, par exemple).Neuf fois sur dix, les nouvelles techniques engendrent des « techno-peurs » qui peuvent faire référence à un appareil mal utilisé, à un appareil bien utilisé mais défectueux, des portent surtout sur la technologie omniprésente.Q.S.: Certains mythes sont quand même fondés sur l'activité scientifique.Pensons à la fameuse pomme de Newton et à la baignoire d'Archimède.Qu'est-ce qu'ils signifient ?Véronique Campion-Vincent Jean-Bruno Renard Légendes urbaines Rumeurs tf aujourd'hui ou même à un appareil normal bien utilisé.Dans un monde où on invente de nouvelles choses tous les ans, les techno-peurs sont constamment ravivées.Q.S.: L'activité scientifique est-elle en elle-même un terrain fertile pour les rumeurs ?J.-B.R.: Non, car le laboratoire est un endroit distant, peu connu du grand public.C’est même une chose un peu abstraite, tout comme les idées scientifiques.Comme le folklore s’appuie toujours sur des éléments concrets, les légen- J.-B.R.: Dans la mentalité populaire, on croit que l’ins-piration est due au hasard et tombe un peu du ciel.L’inspiration est vue comme un phénomène religieux; c’est le hasard qui fait naître une idée géniale chez le savant.Mais on sait bien aujourd’hr qu’une découverte scientifiqm demande plus de transpiratioi [NDLR : et de subventions] que d’inspiration.Propos recueillis po Olivier Lagueu Dès octobre.Jeudi.19h30 er national en formation et en y' cherche dans les domaines de ungei et des sciences fi en Bül 1 C3 Q O o> 2500 1® Ihî I '7 / ECOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL L'Ecole Polytechnique de Montréal propose une formatioi axée sur les grands secteurs d'avenir.Nos diplômés contribuent au développement des entreprises de haute technologie et participent à la création de PME d'avant-garde Étudier à Polytechnique, c'est se donner les moyens de ses ambitions.Baccalauréat en ingénierie • 10 spécialités du génie • Programmes coop • Stages en entreprise • Bac-maîtrise intégré • Taux de placement inégalé Etudes supérieures • Concept unique de maîtrises modulaires • 11 programmes de doctorats) • Équipes de recherche d'envi gure internationale parmi les mieux subventionnées au pa]| Formation continue • Certificats • Formation en entreprise • Cours sur mesure Faites aujourd'hui votre demande d'admission ! 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