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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Supplément 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1999, Collections de BAnQ.

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JJ VJ ¦ Explos-Nature -ÉftUCATION RECHfiEfiHt _I :r - ^;; *1 'c; ^L%,onde sous-gnann u oamf-JLaur lu Supplément au magazine Québec Science Explos-Nature ÉDUCATION-RECHERCHE Siège social 50, avenue des Cascades C.P.5070 Beauport (Québec) GIE 6B3 Tel.: (418) 660-0099 Tel.: l-877-Mer-1877 Téléc.: (418) 660-1166 Courriel : explos@videotron.ca Maison de la Mer Campus d’été 302, rue de la Rivière C.P.129 Grandes-Bergeronnes (Québec) GOT 1G0 Tél.: (418) 232-6249 Téléc.: (418) 232-6558 Produit avec la collaboration de science www.cybersciences.com Rédactrice en chef et chargée de projet : Diane Blanchard Rédacteurs : Diane Blanchard, Michel Chouinard, Mathieu Cusson, Jérôme Desrosiers, Joann Doyon, équipe du parc marin du Saguenay—Saint-Laurent, Barbara Genest, Frédéric Guichard, Sophie Leclerc, ministère des Pêches et des Océans du Canada, Julie Morrissette Révision des textes : Fernande Asselin, Claude Auger, France Bernard, Sophie Bérubé, Michel Chouinard, Maire-Noël Coté, Marie-France Dalcourt, Jean Désaulniers, Jérôme Desrosiers, Michel Gauquelin, Frédéric Guichard, Viviane Haeberlé, Christian Laçasse, Sophie Leclerc, Jean Morisset, Hugues Morrissette, Julie Morrissette, Daniel Rosset, Marie-Claude Roy, Robert St-Laurent Révision scientifique : Phillipe Archambault Ulustrations/photos : Aquarium du Québec, Jean Audet, Claude Auger, Steeve R.Baker, Jacques Beardsell, Yves Boivin, Nelson Boisvert, Michel Boulianne, Francesco Di Domenico, Martin-Claude Giasson, Viviane Haeberlé, Christian Harvey, Benoit Laganière, François Lussier, Jean-François Lussier, Daniel Rosset, François Saucier Révision linguistique : Marie Dufour Graphisme : Bleu Outremer outremer@qbc.clic.net Pré-impression et impression : Interweb sature 1999 .-Y Ophiures, Martin-Claude Giasson Notre mission « Faire connaître, principalement aux jeunes d’âge scolaire, les milieux naturels et les gens qui les fréquentent, en utilisant une approche scientifique privilégiant l’observation directe, les contacts et l’expérimentation, de façon à stimuler la curiosité intellectuelle, assurant ainsi chez les jeunes et chez tous ceux qui participent à cette démarche, une meilleure maîtrise de leur propre vie.» Explos-Nature remercie les organismes suivants pour leur participation à la production de ce supplément : Parcs Canada / François Lussier Saint-Laurent Vision 2000 ’V?; PARC MARIN DU Saguenay-Saint-Laurent 1*1 Pêches et Océans Canada Fisheries and Oceans et Aquarium du Québec Parc national Forillon (Parcs Canada) Association des intervenants en plongée sous-marine de Les Escoumins (AIPSME) Croisières AML Fédération québécoise des activités subaquatiques (FQAS) Martin-Claude Giasson ZIP Baie-des-Chaleurs rv e Couverture : Parcs Canada / Christian Harvey Ophiures, Parcs Canada / François Lussier Saint-Laurent : rtams I appellent in j i le fleuve^ n le Me^ autres la mer Par Jérôme Desrosiers, Explos-Nature Le Saint-Laurent constitue un de nos plus beaux joyaux.Des milliers de chercheurs approfondissent leurs connaissances à son sujet.Pourtant, l'abondance des formes de vie que l'on y trouve, la richesse et la diversité de ce cours d'eau continuent de surprendre.Le Saint-Laurent : la plus grande aberration du millénaire Plus on étudie ce cours d'eau, plus cette évidence s'impose à nous : il n'y a pas UN mais DES Saint-Laurent.En réalité, le Saint-Laurent n'est pas plus uniforme que l'Europe.Si on superpose le Saint-Laurent au-dessus de l'Europe, cela ne fait plus aucun doute.En plaçant la limite est du lac Ontario au-dessus de Londres, Montréal se retrouve juste au-dessus de Paris, Rimouski est au Liechtenstein, Gaspé à Venise et le détroit de Cabot à Naples.Si on se transporte sur la rive nord, Baie-Comeau est en Allemagne, Sept-îles en Autriche, la Basse-Côte-Nord en ex-Yougoslavie et le détroit de Belle-Isle aux portes de la Grèce, en Albanie.En fait, on peut affirmer que le fleuve, l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent ont autant en commun que Londres, Vienne et Tirana.Le plat pays qui est le mien S'il était possible de retirer toute l'eau du Saint-Laurent et de marcher dans le fond ainsi asséché, nous serions en mesure de constater que le lit du fleuve est relativement plat avec des collines un peu plus hautes (les îles) et des buttes plus modestes (qui demeurent en dessous de la surface).Ici et là, des fosses et des vallées peu profondes.Ce serait le même paysage pour tout le corridor fluvial (2 km de large en moyenne) de même que pour les estuaires fluvial (largeur moyenne de 4 km) et moyen (largeur moyenne de 17 km).Au tout début de l'estuaire maritime (largeur moyenne de 42 km), on parvient au sommet de la plus importante descente de notre périple vers l'Atlantique.Sur notre gauche, la rivière Saguenay.Nous sommes à la tête du chenal lau-rentien.Le sommet de ce que plusieurs appellent à tort « le mur ».En fait, la pente que nous nous apprêtons à descendre est de l'ordre de 1 à 2 %.Une pente très douce (300 m de dénivellation sur environ 20 000 m), insignifiante même ! Mais aussi absurde que cela puisse paraître, c'est à elle notamment que l'on doit la richesse et la diversité sous-marine de la région du parc marin.Une rivière sous-marine qui remonte le Saint-Laurent Tout au long de son parcours vers l'océan, le Saint-Laurent est de plus en plus large.Il est aussi de plus en plus profond.Cette augmentation de volume se traduit par un manque à gagner par rapport au volume d'eau douce qui descend le Saint-Laurent.Ce « déficit » est comblé par une incursion d'eau plus salée qui remonte le Saint-Laurent vers Tamont.Ce courant plus salé et plus froid (donc plus dense) parcourt le Saint-Laurent vers l'ouest à des profondeurs comprise entre 30 et 300 m, telle une rivière sous-marine.Cette masse d'eau transporte avec elle une grande quantité de petits crustacés (krill, copépodes et autres) qui servent de proies aux capelans comme aux baleines.Ces courants requièrent de 4 à 27 mois, selon la profondeur, pour se rendre à l'embouchure du Saguenay à partir du golfe (une distance de seulement 800 km).Le périple se termine au sommet de la « pente douce » de 1-2 % et ces eaux se mélangent aux eaux de surface (de 0 à 30 m) qui se dirigent de nouveau, à leur tour, vers le golfe.Il semble désertique de sa surface En scrutant la surface du Saint-Laurent à partir du rivage, c'est d'abord sa magnificence qui nous envahit.Sa force et son calme.Un calme qui annonce la tempête.Un calme apparent qui nous donne l'impression d'être en présence d'un désert aquatique.De temps en temps, un phoque brise la surface de Teau et vient chercher un peu d'air frais.Un goéland se jette à Teau pour capturer un capelan.Une baleine émerge la gueule ouverte d'où jaillissent des milliers de crustacés et des centaines de poissons.Ces indices nous permettent d'imaginer (seulement d'imaginer) la richesse de la vie sous-marine.Pour en apprécier véritablement toute l'étendue, il faut percer la surface et traverser dans l'autre monde.Une explosion de formes et de couleurs Tous ceux et celles qui osent pénétrer dans le ventre du Saint-Laurent marin gardent un souvenir impérissable de leur aventure.En franchissant le miroir des eaux, le spectacle devient < c 3 ^ \ T SAINT-LAURENT EN Sept-îles • Pointe-des-Monts •/ Gaspé • Grandes-Bergeronnes Tadoussac ^ • Rimouski îles de Madeleine Québec • Estuaire fluvial Estuaire moyen Estuaire maritime Golfe « LES » Saint-Laurent se définissent les uns par rapport aux autres par le biais de l’influence du milieu marin.La section fleuve du Saint-Laurent est constituée d’eau douce et ne comporte pas de marée significative.L’appellation « estuaire » revient aux portions du Saint-Laurent où la mer commence à se faire sentir.L effet des marées est perceptible dès l’estuaire fluvial, de Trois-Rivières à la pointe est de l’île d’Orléans et ce bien que cet estuaire soit composé d’eau douce.C’est dans la portion de l’estuaire moyen que le gradient de salinité de l’eau est le plus fort.En particulier, entre l’île d’Orléans et TÎle-aux-Coudres où l’on passe d’une concentration en sel de 1 à 15 %o.Du côté de l’estuaire maritime, la salinité est de 28 à 30 %o, ce qui est très près de celle de la met Le golfe est aussi salé que la mer (de 30 à 33 %o), mais comporte un certain degré d’isolement par rapport à l’océan, ce qui lui confère sa propre identité.Framboise de mer, Parcs Canada / Claude Auger immédiatement saisissant : les fonds sont tapissés de mille et une bestioles aux formes inattendues et parfois hallucinantes.Les noms des animaux sont évocateurs : un soleil de mer par-ci, des concombres de mer par-là, des framboises de mer à droite, une grappe de pêches de mer à gauche.Au-dessus : un papillon de mer.En dessous : toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.Les coloris de ces animaux sont si éclatants que l’on se croirait dans une exposition florale sous-marine.Des éponges jaune vif, des anémones rouge flamboyant, des étoiles de mer mauves et d’autres orange, des oursins verts, des nudibranches rose saumon et une groseille de mer qui émet elle-même une douce lumière par bioluminescence.De quoi couper le souffle du plus blasé ! Toute cette richesse et cette diversité se retrouvent à l’intérieur d’une surface comparable à une chambre à coucher (environ 4 m2), à quelques mètres du rivage et à environ 10 mètres de profondeur.Et ce n’est pas des Caraïbes dont il est question.Il s'agit du Saint-Laurent, de notre Saint-Laurent ! Le soir d'une première plongée, on se sent comme un enfant qui a vu le Père Noël pour la première fois : incrédule et surexcité.Et c'est généralement la première d'une longue série de visites dans la planète Mer ! Le mot de la fin Jean O'Neil, écrivain, poète et amoureux du Saint-Laurent conclut : « Une maman fière de son enfant ne l'habille pas en guenilles pour aller à la parade.Quand nous aimerons le Saint-Laurent assez pour qu'il soit notre fierté, les problèmes se régleront d'eux-mêmes.» Parcs Canada / Francesco Di Domenico 4 Buccin, Parcs Canada / Yves Boivin et Christian Harvey ¦VF’.Un milieu d'une lenteur extrême Si vous pensiez que la vie au ralenti est le propre des pays chauds, détrompez-vous ! Il en est de même sous les eaux glaciales du Saint-Laurent qui se situent entre -1 et 4 °C en deçà de 30 m.En fait, le Saint-Laurent, c'est lent sans bon sens ! Les proies sont lentes et les prédateurs le sont aussi.Un peu comme si on se retrouvait dans un système où les prédateurs étaient des tortues et les proies, des limaces.Prenons un exemple concret : celui des oursins verts qui broutent les algues qu'ils rencontrent sur leur passage, telle une armée de travailleurs forestiers.Leur progression est lente, à raison de 12 m/heure.Un de leurs prédateurs, le soleil de mer épineux, les recherche activement.S'il en trouve, il les pourchasse aussi vite qu'il le peut, ce qui est bien relatif car la scène semble se dérouler au ralenti.Comme si les acteurs se remettaient d'une anesthésie générale.Chez les oursins verts (de peur ?), c'est la panique générale, bien que ce soit totalement imperceptible.Éventuellement, le prédateur coince une proie qui, impuissante, se fait littéralement envelopper puis avaler en entier.Le prédateur digère ensuite le contenu de l'oursin, puis rejette le contenant vide (l'enveloppe d'un oursin est appelée « test »).Les enzymes digestifs du soleil de mer ont la particularité de colorer le test de l'oursin en mauve.Ainsi, si vous trouvez un tel indice sur le rivage, vous serez en mesure de déterminer la cause du décès.« Ça sent bon, qu'est-ce qu'on mange ?» Dans le Saint-Laurent marin, la visibilité est généralement médiocre.Elle peut atteindre 10 m, mais elle est parfois en deçà de 1 m.Cette piètre visibilité s'explique par la richesse des eaux en plancton et en éléments nutritifs.Rien à voir avec les eaux claires (et pauvres) du sud.Dans de telles conditions, l'odorat est de loin le sens le plus utile pour plusieurs animaux.Par exemple, c'est grâce aux messages chimiques qui sont véhiculés par les courants que les moules bleues, mâles et femelles, parviennent à se synchroniser, afin de larguer leurs semences simultanément dans le Saint-Laurent et de maximiser leurs chances de fécondation.Les effluves des fonds marins sont aussi parfois ceux de cadavres en décomposition qui font la joie des buccins.Ces derniers sentent les eaux à la recherche d'indices qu'ils peuvent détecter sur 100 m si les courants sont favorables.Certains crustacés gammaridiens (de la taille d'un macaroni) se ruent si vite sur les cadavres que ceux-ci deviennent rapidement invisibles sous le nuage de prédateurs affamés.Pour cette raison, les pêcheurs évitent de poser leurs filets sur les fonds riches en « puces de mer » qui ont tôt fait d'entamer (et de gâter) les poissons capturés.Soleil de mer qui mange un oursin, ¦ • Martln-C lande (Jiasson ' .iSpSKpiSB tm w ennchissa par Joann Doyon, Explos-Nature Évoquer la mer suscite parfois des images contradictoires.En surface, sa vaste étendue s'apparente au désert, mais au cœur de son ventre, une multitude de gros animaux et de plus petits se côtoient.La mer foisonne de vie : vie appréciée et convoitée.La mer fait travailler et tient un rôle majeur sur la scène économique.Par contre, ses ressources renouvelables ne sont pas inépuisables.La mer a d'ailleurs montré d'évidents signes de ses limites.Effets de la mondialisation Depuis les années 1980, le secteur de la pêche connaît de profonds bouleversements.Mentionnons la chute dramatique des stocks de poissons de fond, les efforts déployés pour trouver de nouvelles espèces à pêcher et à commercialiser, l'ouverture des marchés mondiaux.Au Canada, malgré la crise du poisson de fond, la valeur des débarquements et de la transformation de produits marins demeure stable.Ceci est possible grâce à l'augmentation des débarquements et aux prix élevés obtenus à l'échelle internationale pour quelques espèces comme le crabe des neiges et la crevette nordique.À ces pêches dites traditionnelles s'ajoutent de nouvelles espèces auparavant considérées sans valeur.C'est le cas notamment de l’oursin vert, de la mac-tre de Stimpson, du maquereau, de l'holothurie (concombre de mer) et de quelques espèces de crabe.Encore peu connus et appréciés chez nous, ces produits trouvent preneurs sur les marchés d'Europe, du Japon et de certains autres pays en bordure du Pacifique.Parallèlement, les techniques de transformation, de conservation et de transport de produits marins se sont beaucoup améliorées, contribuant à l'essor des produits canadiens sur les marchés mondiaux.Pêcherie, Aquarium du Québec / Benoit Laganière Cueilleurs de fonds L'exploitation de certaines espèces exige des compétences particulières.Par exemple, la cueillette d'oursins est souvent effectuée par des plongeurs.Cette technique permet de sélectionner les individus de bonne taille et réduit l'impact sur les habitats et les communautés biologiques qui y sont associés.Pour exploiter ft - jx .des oursins, les plongeurs doivent découvrir un site où ces animaux abondent et procéder au nettoyage.Il s'agit de retirer les vieux oursins, qui sont plus gros.Ceux-ci ralentissent le développement des plus jeunes en s'accaparant une bonne partie des ressources alimentaires disponibles.De plus, ces vieux oursins sont moins rentables, car ils renferment proportionnellement moins de gonades.Ces glandes sexuelles sont les seules parties consommées.Après un an ou deux de préparation, le site est exploitable.A ce jour, au Québec, cette richesse demeure sous-exploitée.En 1994, à peine huit tonnes métriques (tm) d'oursins ont été recueillies dans tout le Saint-Laurent marin, soit l'équivalent du poids de quatre camionnettes.En 1996, les débarquements sont passés à 110 tm d'oursins.Pour ces mêmes années, dans les Maritimes, on a recueilli respectivement 2 406 tm et 3 673 tm d'oursins.Considérant que la consommation mondiale est de 66 000 tm d'oursins par année, l'industrie québécoise a intérêt à exploiter cette avenue.Les Japonais consomment environ 90 % de la production mondiale.Reste à souhaiter que les Québécois découvrent et apprécient, un jour, ce mets de choix.Comment gérer ces exploitations ?Au début d'une nouvelle exploitation d'espèce marine, Pêches et Océans Canada accorde un nombre limité de permis exploratoires, afin d'obtenir de l'information sur la répartition et l'importance de la ressource.Des scientifiques vérifient alors les aspects touchant la biologie et l'écologie des différents stocks.L'histoire démontre qu'une approche de conservation efficace repose sur la mise en place d'un minimum de mesures de gestion de la ressource, dès le début d'une nouvelle pêcherie.Afin d'éviter un effondrement éventuel des stocks, on peut favoriser une technique de pêche sélective, pour ne recueillir que l'espèce visée sans perturber l'habitat.On peut aussi instaurer une taille minimale légale afin de protéger le potentiel reproducteur et limiter l'effort de pêche à certains secteurs.Les prises des pêcheurs, leurs observations et les recommandations des scientifiques permettent de réajuster, si nécessaire, le nombre de permis émis.À long terme, les données servent à évaluer l'évolution de l'exploitation et permettent une meilleure gestion de la ressource.Ainsi, on pourra compter sur la mer encore longtemps.Oursins verts, Parcs Canada / Michel Boulianne I A l! I SI Les plongeurs — y.pourraieet-ils devenir victimes .| de leur propre engouement ?: ! ne s'agit Pas de freiner à tout kmI'SSkwS Prix ^es activités subaquatiques, mais bien de permettre le développement de cette activité, en tenant compte de la conservation des écosystèmes marins.W Anémones plumeuses, Martin-Claude Giasson 2- Dénudée Non dénudée Fréquenté Non fréquenté di Les plongeurs nuisent-ils à l’abondance et à la diversité des organismes marins ?De 1996 à 1998, une équipe de biologistes a appliqué un plan d’échantillonnage rigoureux, afin de déterminer les espèces les plus sensibles à la présence des plongeurs.Les résultats montrent avec constance que l’abondance de l'anémone plumeuse (Metridium senile), espèce dominante sur les sites à l'étude, est diminuée par la présence des plongeurs.Les résultats montrent également que la recolonisation d'un fond marin perturbé, c’est-à-dire artificiellement dénudé d'organisme, est ralenti par la présence des plongeurs.Cette présence nuit à la recolonisation et au développement de l'anémone plumeuse, permettant à d'autres espèces de maintenir une plus grande abondance relative.On se rend donc compte que l’abondance de l'anémone plumeuse, conférant à Les Escoumins sa réputation auprès des plongeurs, est menacée par une fréquentation trop élevée des sites.À long terme, la connaissance approfondie du rôle de L'abondance des anémones plumeuses est plus faible sur les sites fréquentés par les plongeurs.De plus, la présence des plongeurs ralentit la recoloni-sation par les anémones sur les surfaces artificiellement dénudées.l'anémone plumeuse dans l'écosystème marin permettra d'utiliser cette espèce comme bioindicateur de l'état de santé des communautés benthiques.Comment ces résultats peuvent-ils aider à gérer les activités subaquatiques ?En comprenant la relation entre les plongeurs et certaines espèces sensibles, il devient possible d'encourager un comportement de la part des plongeurs réduisant la détérioration des habitats (voir éthique), de déterminer les zones sensibles lors de l'ouverture de nouveaux sites aux activités subaquatiques et de prédire la détérioration des habitats en fonction du plan d'exploitation de ces activités.Un des grands objectifs encore à atteindre dans le cadre de ce projet demeure de faire participer les plongeurs dans les activités scientifiques de suivi à long terme des sites de plongée.En bout de piste, ne sont-ils pas les grands gagnants d'une gestion durable des habitats marins ?Plongeur au travail, Martin-Claude Giassgfl" ;¦ m â - V All/ « i,
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