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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1999, Collections de BAnQ.

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Dinosaures : nos grandes vedettes (fi NQ Üj lu can /m L'espace aux rayons X ! Il Le homard dans l'eau bouillante '73333 01994 Volume 37, numéro 9 Juin 1999,4,35 S L '.cybersciences.com 100 ans de science et TV Dinner "L; v com L’actualité quotidienne STS mission Nous avons l'énergie pour défier l'imagination.Nous recherchons et nous développons pour nous maintenir à la fine pointe de la technologie, pour assurer la pérennité de notre savoir, pour créer des emplois et stimuler l'économie.Nous recherchons pour trouver et nous développons pour grandir parce que nous sommes animés par une énergie nouvelle qui n'a pas peur de plonger dans l'inconnu pour y trouver du nouveau.h rl K IREQ WWW.hydroquebeC.com Institut de recherche d'Hyd ro-Q u é bec http//www.ireq.ca Hydro Québec Une énergie nouvelle En couverture Le « pot », un médicament ?D} ici à la fin du mois, la Chambre des communes sera appelée à se prononcer sur une motion proposant de « légaliser l’usage thérapeutique et médical de la marijuana ».Présentée par un député de l’opposition, cette motion a peu de chances d’obtenir l’assentiment du gouvernement.N’empêche que l’opinion publique ne semble pas du tout réticente à cette idée.Selon un récent sondage Angus Reid, près de 83 % des Canadiens accepteraient, pour le bénéfice des malades, de lever l’interdit qui frappe cette herbe.Le cannabis, un médicament ?Il faut rappeler que la prescription d’une drogue illégale n’est pas une nouveauté.Il en existe déjà toute une panoplie : morphine, héroïne synthétique, cocaïne, sans compter tous les barbituriques et les antidépresseurs de la pharmacie des psychiatres.Les défenseurs de la mari en pharmacie avance que le cannabis atténuerait la douleur, les nausées et les spasmes; soignerait le cancer, la sclérose en plaques et l’arthrite; et redonnerait de l’appétit aux sidéens ! Bref, un remède sur mesure pour les baby-boomers qui ont vu filer les années entre deux joints, mais qui sont maintenant gagnés par l’âge et les maux qui viennent avec.Mais n’allons-nous pas un peu vite en affaire en attribuant autant de vertus au « pot » ?La National Academy of Actualités ^ Après la tordeuse, le longicorne ?Un insecte longicorne venu de Chine est à nos portes.Et il pourrait porter un coup fatal à nos érables.par Gilles Drouin 11 Une mégacarte de l'Univers On s’aventure de plus en plus loin dans le cosmos.Une prochaine carte 3-D couvrira plus de deux milliards d’années-lumière.par Vincent Sicotte 12 Deux temps trois mouvements Sciences des États-Unis suggérait récemment d’entamer des recherches pour en connaître la réelle valeur pharmacologique, comme le rappelle le reportage que nous vous présentons à la page 14.Force est de reconnaître que bien peu de recherches ont été effectuées pour connaître le potentiel médicinal du cannabis et des 500 substances qui le composent.On peut alors se demander s’il est normal que l’approbation d’un médicament ne dépende que d’un simple vote à la chanvre des communes.L’initiative témoigne tout de même d’un renversement spectaculaire de perception.La drogue illégale jadis la plus répandue est maintenant présentée comme une bienfaitrice.Même l’Organisation mondiale de la santé considère, selon un document révélé l’an dernier par la revue britannique New Scientist, qu’elle est moins dangereuse que l’alcool.Le cannabis mériterait-il donc d’être réhabilité ?Dans cette optique, la vraie question ne devrait-elle pas plutôt porter sur sa décriminalisation ?Raymond Lemieux Chroniques Dimension cachée Les fleurs ont soif par Raynald Pepin 36 Des chiffres et des jeux par Jean-Marie Labrie ik.L ;; / '! 37 Chronique Internet Bizarre, bizarre.par Philippe Chartier 38 Science et culture Prométhée s'ennuie par Roger Tétreault 4 Québec Science/Juin 1999 Médecine Y 14 Le cannabis : L'espace £\à aux rave aux rayons X Chandra, un supertélescope spatial, tentera de percer les secrets des étoiles.par Vincent Sicotte I® pro-mii 1950-1959 drogue illégale aujourd'hui, médicament demain ?Le THC peut diminuer la nausées causée par la chimiothérapie et stimuler l’appétit des sidéens.Les malades pourront-ils se rouler un joint sans être inquiétés ?par Catherine Dubé La vie, mode d’emploi ACGT, la vie s’écrit en quatre lettres.Les biologistes went l’art d’utiliser ce nouveau langage.par Jean-Pierre Rogel décou- Ifl Le canal lumière Les physiciens ont réussi à dompter la lumière.Et c’est à Valcartier, près de Québec, que l’on raffinera cette technologie du laser.par Jean-Marc Fleury 50 Docteur Stress Un médecin montréalais diagnostique le mal de notre civilisation : le stress.par Annick Duchatel Nos dinosaures : de grandes r vedettes mondiales Portrait des 5 dinos canadiens les mieux cotés par les scientifiques.par Marie Pier Elie m Dans l'eau bouillante Alerte rouge pour le homard.La pêche est encore bonne, mais pour combien de temps ?par Louise Desautels Québec Science/Juin 1999 5 »> f Objets communs La faim du progrès par Bernard Arcand 5684 Bon coup ! Bernard Brais, directeur de l’Institut interuniversitaire de recherches sur les généalogies, tient à féliciter Marie Pier Elle pour son article sur nos racines ( « Nos histoires de famille », avril 1999).« Je crois qu’il résume très bien l’intérêt et les difficultés reliées à l’étude des généalogies, écrit-il.De plus, il fait bien percevoir le potentiel immense des études généalogiques pour la génétique en général et au Québec en particulier.» Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Un meilleur outil Lu dans le forum « La Station spatiale internationale : un projet inutile ?» de Cybersciences (www.cybersciences.com) : « C’est vrai que la Station coûte cher.Mais je ne crois pas que l’argent soit une bonne raison d’arrêter la recherche de connaissances.Beaucoup des découvertes des siècles passés n’avaient pas de but à court terme.Ni même à moyen terme.Ce n’est que plus tard que l’on a pu bénéficier de l’expérience acquise par ces recherches.C’est un peu la même chose avec la Station spatiale.Ce sera surtout utile pour la “technologie” de la chose, pour avoir des expériences de travail plus importantes qu’avec Mir.Quant à investir cet argent pour effectuer des recherches sur la Lune, il ne faut pas oublier que ce projet aurait coûté encore plus cher.» Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.Illustrations : Marc Cuadrado, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Monique Tanguay Travail collectif Michel Letellier se demande pourquoi certaines solutions au jeu n° 55 (Des chiffres et des jeux, déc.-janv.1999) sont pas mentionnées dans les réponses du mois suivant.Tout simplement, avoue Jean-Marie Labrie, le responsable de la chronique, parce qu’il n’a pas toujours toutes les solutions lorsqu’il crée un jeu ! Voici donc « toutes » les solutions pour le jeu n° 55, résultat ; de la contribution de plusieurs lecteurs (les nouvelles réponses sont indiquées en caractères gras).UN X UN = DEUX : 43 X 43 = 1849 ; 69 X 69 = 4761 UN X UN = CINQ OU CENT : 32 X 32 = 1024; 78 X 78 = 6084 ; 82 X 82 = 6724 UN X UN = SEPT : 53 X 53 = 2809 ; 54 X 54 = 2916 ; 57 X 57 = 3249 ; 59 X 59 = 3481 ; 72 X72 = 5184; 79 X 79 = 6241 ; 84 X 84 = 7056.UN X UN = HUIT : 37 X 37 1369 ; 49 X 49 = 2401 UN X UN = ONZE : 73 X 73 = 5329; 89 X89 = 7921.CEGEP de Jonquière lence Publié par La Revue Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 courrier@QuebecScience.qc.ca www.cybersciences.com DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Directeur de l'administration : Marc Côté Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoints à la rédaction : Natalie Boulanger, Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Delisle, Jean-Marc Fleury, Michel Groulx, Jean-Claude Guédon, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina Ont collaboré à ce numéro : Agence Science-Presse, Bernard Arcand, Catherine Dubé, Stéphane Batigne, Philippe Chartier, Gilles Drouin, Louise Desautels, Annick Duchatel, Marie Pier Elie, Jean-Marc Reury, Jean-Marie Labrie, Raynald Pepin, Jean-Pierre Rogel, Vincent Sicotte et RogerTetreault 6 Québec Science/Juin 1999 PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Diffusion et promotion : Hélène Côté Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) 1 an (10 numéros) 2 ans (20 numéros) 3 ans (30 numéros) À l'unité Groupe (10 ex./même adresse) Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57, 91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Tél.: (514)875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 PUBLICITÉ Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Téléc.(514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Téléc.(514) 843-4897 Au Canada À l'étranger 41,35 S 54$ 71,26$ 95$ 98,87 $ 139$ 5,00$ Non disponible 37,60 $ Non disponible Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Deuxième trimestre 1999, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans \'Index des périodiques canadiens.© Copyright 1999 - La Revue Québec Science ® Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) ?Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Industrie Canada Industry Canada The Audit Bureau CPPA >6 Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Ül ! étoile I '«litioiis •a, Wle «tqfl teltsio-sip! i'fesok S,Mil («atlt- Actualités S3XS3 :2!16; iSXSS: 3-®l En 1996, un petit insecte exotique de trois centimètres à peine dévastait les feuillus des villes de Brooklyn et d’Amityville, dans l’État de New York.Deux ans plus tard, le même scénario se répétait dans la région de Chicago.Dans les deux cas, il a fallu abattre des milliers d’arbres infestés dans l’espoir d’éradiquer l’épidémie, ce qui n’est d’ailleurs toujours pas fait.Le longicorne asiatique venait de frapper ! Et il est maintenant à nos portes ! Le plus grave, c’est que le longicorne asiatique, qui s’attaque principalement aux feuillus, a un faible pour l’érable à sucre.Une situation très inquiétante pour le Québec ! Heureusement — pour l’instant du moins —, le longicorne asiatique se tient loin des fo- Après la tordeuse, le longicorne ?Un petit insecte venu de Chine pourrait causer des ravages au Québec.Ce sont nos érablières qui sont menacées.par Gilles Drouin 1 rêts québécoises.Au Canada, on n’a retrouvé l’insecte, venu de Chine par cargos, que dans des ports et des entrepôts, à Waterloo, en Ontario, et en Colombie-Britannique.Mais la menace est bien réelle.« C’est un insecte vraiment terrifiant, reconnaît Robert Lavallée, ingénieur forestier spécialisé en entomologie au Service canadien des forêts.Dans le passé, d’autres insectes exotiques ont causé des dommages à la forêt québécoise, mais une infestation ' .Vi \ > v.; ¦ - Le longicorne asiatique : un amateur d'érable à sucre.Ce serait une peste pour nos forêts de feuillus.par le longicorne asiatique pourrait être catastrophique.» Le longicorne asiatique arbore une vingtaine de petites taches blanches sur le dos et des raies blanches sur ses longues antennes, deux traits qui le distinguent du longicorne noir, une espèce indigène du Québec qui s’en prend aux résineux.Ailé, il peut se disperser, mais son vol lourd n’en fait pas un grand migrateur.« On estime qu’un longicorne asiatique peut parcourir un kilomètre pendant sa vie adulte », Québec Science/Juin 1999 7 ' Menez découvrir en famille le riche patrimoine des plaines d’Abraham avec nos sympathiques personnages d’époque lors de nos grandes journées thématiques.20 JUIN — Grand pique-nique d Abraham Lancement de la programmation estivale PATRIMOINE HISTORIQUE 1 1 JUILLET PATRIMOINE SPORTIF 8 AOÛT PATRIMOINE SCIENTIFIQUE l " 12 SEPTEMBRE PATRIMOINE MILITAIRE INFORMATION: MA.ISONT T3E LA DÉCOUVERTE DUS PLAINES D'ABRAHAM 835, me Wilfrid-Laurier, Québec Tél.: (418) 648-4071 Téléc.: (418) 648-3809 Courriel: ccbn.cantin@videotron.ca Gouvernement du Canada Government of Canada Commission des champs The National Battlefields de bataille nationaux Commission Canada 8 Québec Science/Juin 1999 T précise Robert Lavallée.Cet insecte a aussi tendance à déposer ses œufs sur le même arbre tant que cela est possible.C’est son mode de vie qui le rend très menaçant.La femelle adulte profite de sa courte vie d’une soixantaine de jours pour gruger l’écorce de l’arbre et déposer un œuf dans la cavité.Elle recouvre le tout de ses excréments pour protéger sa progéniture, qui se limitera à environ 80 œufs.Une à deux semaines plus tard, après l’éclosion, la larve commence à creuser des galeries dans lesquelles elle se transformera en pupe, puis en adulte.Le nouvel adulte sort de l’arbre et laisse derrière lui des trous parfois larges comme une pièce de 10 cents.« En creusant des canaux, explique Robert Lavallée, la larve entrave d’abord la circulation de la sève.Elle rend aussi l’arbre plus fragile aux cassures et crée des portes d’entrée à des maladies et à d’autres insectes attirés par les arbres vulnérables.» Ce longicorne a aussi tendance à s’attaquer d’abord à la cime des arbres, à une hauteur où les branches sont suffisamment grosses.Il passe donc une bonne partie de sa vie à l’abri des regards indiscrets, d’autant plus que, contrairement à un insecte comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, il ne s’attaque pas au feuillage.« Il est donc difficile de déceler sa présence avant qu’il ait causé des dégâts relativement importants », souligne Robert Lavallée.Pas surprenant qu’il ait fallu près de 10 ans pour le découvrir dans les deux zones d’infestation connues.Dans les deux cas, ce sont des citoyens inquiets du dépérissement de leurs arbres qui l’ont signalé.Comme tous les insectes exotiques, le longicorne asiatique n’a pas de prédateur naturel connu en Amérique du Nord.En Asie, quelques prédateurs peuvent l’affecter, mais il semble conserver l’avantage.En fait, les Chinois se servent de l’érable à sucre pour détourner l’insecte des plantations de peupliers.Une solution qui serait évidemment impensable au Québec ! Le longicorne s’ajoute à la longue liste des insectes et des maladies en provenance de l’étranger qui menacent nos forêts, comme la spongieuse européenne, le grand hylésine du pin, le charançon du pin, le typographe européen, la mouche du bleuet et la tristement célèbre maladie hollandaise de Forme, qui a causé la quasi-disparition des grands ormes au Québec.L’importation de ravageurs forestiers est-elle à la hausse ?« Nous ne pouvons îswti f|B,l( lipasii •md ai WW7' «SU wMè -•T'A-'i Wr.^ Les ravages du longicorne asiatique ne sont pas très apparents.Il faut ôter l'écorce pour constater véritablement les dégâts. Actualités v/.ÿ w* ¦ '4 ;i I,, Weis t lions tU Comme tous les insectes exotiques, le longicorne asiatique n'a pas de prédateur naturel connu en Amérique du Nord.pas parler d’augmentation, mais il est certain que la situation est plus inquiétante avec l’ouverture des marchés mondiaux, répond Yves Proulx, agronome régional à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).Les marchandises peuvent transiter par plusieurs pays et elles proviennent de plus en plus de pays dont les normes phytosanitaires varient énormément.» Avec l’arrivée du longicorne asiatique, on a pris conscience d’une dimension particulière du problème.« Normalement, les ravageurs sont associés à une marchandise précise, que ce soit des fruits, des légumes, des plantes, de la terre, des bulbes ou encore des rhizomes, indique Yves Proulx.Notre inspection portait donc surtout sur les produits.Maintenant, nous savons que le bois utilisé pour l’emballage, l’arrimage et le calage des marchandises peut aussi transporter des insectes et des maladies.» V A l’instar des Américains, le Canada a donc émis deux directives à la fin de 1998 et au début de 1999 pour réglementer l’usage du bois.Une première directive stipule que tous les matériaux en bois non manufacturé utilisés pour les pièces d’arrimage et d’emballage (sauf ceux qui proviennent de la partie continentale des États-Unis) doivent être totalement exempts d’écorce, de parasites visibles et de signes indiquant la présence de parasites vivants.De plus, les pièces d’arrimage ne peuvent être utilisées à l’extérieur du port de destination au Canada.La seconde directive vise plus particulièrement le longicorne asiatique et les importations de la Chine et de Hong Kong.Dans ce cas-ci, le bois utilisé pour l’arrimage et l’emballage doit être traité selon des méthodes reconnues par l’ACIA (fumigation, imprégnation chimique et traitement thermique).Les importations en provenance de la Chine sont d’ailleurs dans le collimateur de FACIA.« Actuellement, précise Yves Proulx, tous les conteneurs dans les ports de Vancouver, d’Halifax et de Montréal sont examinés et, pour certains d’entre eux, nous procédons à une inspection plus systématique.Toute anormalité est signalée et fait l’objet d’une analyse en profondeur.Nous allons aussi porter une attention particulière aux arrivages de certains produits arrimés avec du bois en provenance de pays européens tels que l’Italie, l’Allemagne et les pays Scandinaves.D’ici la fin de l’an 2000, cette procédure devrait être étendue à toutes les importations qui font usage de bois.» L’ACIA forme la première ligne de défense contre les maladies et les insectes venus de l’étranger.Elle travaille en étroite collaboration avec d’autres organismes, dont le Service canadien des forêts et le ministère des Ressources naturelles du Québec, afin de prévenir une éventuelle infestation.« Notre système de contrôle est assez efficace pour intercepter la plupart des insectes ou des maladies, estime Yves Proulx.Mais les frontières ne sont pas étanches.Si l’insecte peut voler sur de grandes distances, rien ne l’empêchera d’entrer au pays.Et s’il est déjà présent aux États-Unis, il pourra se répandre ici par voie aérienne.» • Pour en savoir plus Le site de l'ACIA : www.cfia-acia.agr.ca ACCUEIL CHALEUREUX CONFORT • REPAS SANTE A FORTE SAVEUR RÉGIONALE INTERPRÉTATION PAR DES GUIDES-NATURALISTES Ecotours découvertes de 5 à 8 jours : 8 Archipel de Mingan; • île d'Anticosti; • Villages de la Basse-Côte-Nord; • Parcs nationaux de l'est du Québec; Ecotours fantaisie : • Les oiseaux du Saint-Laurent du 10 au 15 août 1999 Colonies d'oiseaux pélagiques aux îles Mingan, aux îles Sainte-Marie, à l'île d'Anticosti et à l'île Bonaventure en Gaspésie.• Kayak dans les îles Mingan et à l'île d'Anticosti du 23 au 28 août 1999 Itinéraires sur mesure de 2 à 8 jours pour des groupes de 35 à 44 passagers.Dates de départ, information, brochure et réservation : 418-724-6227 ou 1-888-724-TOUR (8687) Fax.:418-724-2527 http//www.ecomertours.com e-mail : ljones@globetrotter.net 606, des Ardennes, Rimouski, QC G5L 3M3 Québec Science/Juin 1999 9 .*«• *! Dupuis 10 ans, vous prenez tout votre temps! Depuis maintenant 10 ans, vous vous fiez à MétéoMédia pour tout savoir sur la météo.Grâce à sa technologie de pointe et à ses météorologues exclusifs, MétéoMédia vous en donne toujours plus côté température.Quand il s’agit d’aller jouer dehors ou simplement de sortir prendre l’air, prenez tout votre temps sur MétéoMédia.Parce que le temps change.Météo Média PARCE QUE LE TEMPS cnmnae.Câble 17 www.MeteoMedia.com Actualités Cosmologie Une mégacarte de l'Univers Avec le 2dF Galaxy Redshift Survey, les astronomes vont cartographier les galaxies sur une distance de plus de deux milliards d'années-lumière.par Vincent Sicotte La cartographie de l'espace en 3-D révèle un univers organisé en structures compliquées.« Un peu comme une ruche d'abeilles », dit un astrophysicien.Il s’agit du plus ambitieux projet de cartographie de TUnivers.D’ici deux ans, une équipe anglo-australienne i dirigée par Matthew Colless, du Mount Stromlo & Siding j Spring Observatories, en i Australie, devrait avoir terminé : une carte en évaluant la distance de 250 000 galaxies individuelles.Le 2dF Galaxy Redshift Survey permettra de dresser cette carte en trois dimensions d’une portion de TUnivers en forme de cône, s’étirant à plus de deux milliards d’années-lumière de la Terre.Les chercheurs détermineront la distance des galaxies en calculant leur redshift, c’est-à-dire le décalage vers le rouge de la longueur d’onde de leur lu-| mière, causé par l’expansion de l’Univers.Plus une galaxie est loin, plus son redshift est élevé.Cet exploit technologique est ; rendu possible par un dispositif de fibres optiques, le 2dF (pour 2 degree field), placé au foyer du télescope de 3,9 m de l’observatoire anglo-australien.Ce dispositif ressemble à une plaque trouée dans laquelle des fibres optiques, positionnées par un robot, pointent chacune vers une galaxie.Grâce au 2dF, 400 galaxies peuvent être observées simultanément.Ce qui fait plusieurs milliers de galaxies en quelques bonnes nuits ! Ce projet de cartographie est loin d’être le seul du genre : une dizaine sont actuellement en cours dans le monde.Par exemple, le IRAS PSC Redshift Survey, un projet anglo-allemand dirigé par Will Saunders, à Édimbourg, vise à déterminer le redshift de 15 000 galaxies.L’approche ici est différente : au lieu de « creuser » une pe-itite région de l’espace, la carte couvrira plus des trois quarts du ciel (83 %), mais à une distance plus modeste.Si le nombre de galaxies semble peu élevé par rapport au 2dF, la carte IRAS PSC est néanmoins la plus étendue.Le Sloan est un autre projet d’envergure, digne du XXL siècle.Réalisé par une association d’universités américaines, le Sloan Digital Sky Survey aura établi dans 5 ans les redshifts de 1 million de galaxies de même que la position et la luminosité de 100 millions d’astres du ciel boréal.Au total : 40 millions de mégaoctets d’information seront colligés, soit l’équivalent de 80 000 cédéroms ! Qu’est-ce qui donne aux astronomes de telles idées de grandeur ?« Tout a commencé avec une carte réalisée dans les années 80 par le Harvard-Smithsonian Center for Astro- physics », explique Ermanno Borra, astrophysicien spécialisé en cosmologie à l’Université Laval.Cette carte rassemblait pour la première fois un grand nombre de redshifts de galaxies, dans le simple but de constituer un catalogue.« Ce fut une grande surprise ! » Les scientifiques se sont alors aperçus que l’Univers n’était pas uniforme, mais organisé en une structure assez compliquée : de longs « filaments » de galaxies, des « murs » séparés par de grands vides.« Un peu comme une ruche d’abeilles », ajoute l’astrophysicien.Cette structure à grande échelle est maintenant devenue un objet d’étude.Les scientifiques tentent de comprendre sa formation et son évolution, un domaine « encore spéculatif et assez mal compris », selon Ermanno Borra.L’Univers, explique-t-il, s’est probablement formé selon le modèle du big bang.Déjà, au tout début, la matière n’était pas répartie uniformément.Les régions où elle était concentrée constituaient les « semences » qui ont donné naissance aux galaxies.En 1992, grâce au satellite COBE, on a pu vérifier l’existence de ces fluctuations de densité dans le rayonnement fossile à 3 °K, qui est en quelque sorte un écho du big bang.L’objectif des astrophysiciens donne le vertige : « Établir un lien entre ces deux structures », indique Ermanno Borra.C’est-à-dire reher l’image du rayonnement fossile, alors que l’Univers était encore embryonnafte, à ces cartes de la structure à grande échelle de l’Univers, maintenant à l’âge adulte.« Cela nous permettrait de comprendre des choses fondamentales sur l’Univers », affirme-t-il.Voire d’écrire son histoire : une description de la croissance de ces « semences » jusqu’aux galaxies et aux amas de galaxies observés aujourd’hui.Cependant, pour tirer des conclusions sur l’Univers, il faut en étudier une partie représentative, suffisamment grande.Est-ce le cas ?« Il est très difficile de répondre à cette question, car les avis divergent », précise Ermanno Borra.C’est pourquoi, selon lui, il est important de continuer à cartographier l’Univers de plus en plus loin, avec toujours plus de précision.Il rappelle que tout a commencé un peu par hasard, lorsqu’on a dressé la première carte importante de ce genre.« On ignore ce qu’on trouvera », dit-il.Comme quoi l’Univers est encore, à bien des égards, une Terra incognita.• Québec Science/Juin 1999 11 Luyupntendu | epuis 100 ans, on assiste ! à une explosion de connaissances.Or, tout se passe comme si la littérature, la philosophie et les sciences humaines étaient dans un monde à part, imperméable à ces progrès des connaissances.C'est une véritable catastrophe culturelle, car les écrivains et les intellectuels sont souvent les mieux placés pour faire ressortir toute la dimension culturelle de la science », souligne le philosophe québécois Laurent-Michel Vacher, auteur de La passion du réel (Liber, 1998).Il participait à une discussion organisée par Québec Science et la Société française de physique dans le cadre des bars de science qui se tenaient récemment au Salon du livre de Paris.Et que propose ie philosophe pour suppléer à cette lacune culturelle ?Une formation minimale en science pour tous.C'est même selon lui une « urgence éducative ».Reste à voir s'il y a des philosophes aussi sensibles à cette question au ministère de l'Éducation.ST 1 Laurent-Michel Vacher Suivez l'actualité scientifique au jour le jour sur Cybersciences, le site Internet de Québec Science.www.cybersciences.coi]i cigarettes moins nocives ?Tout le monde sait que la cigarette est néfaste pour la santé.Ce qu’on sait moins, c'est qu'il existe des dizaines de façons de la rendre moins nocive.Mais les fabricants de tabac, eux, étaient au courant.Pire : plusieurs de ces procédés ont été brevetés par divers producteurs sans jamais être développés.C'est ce qu'affirme un rapport publié par Action on Smoking and Health (ASH) et imperial Cancer Research Fund (ICRF), deux organismes antitabac anglais.Selon leur enquête, les fabricants évitent volontairement de mettre ces dispositifs sur le marché, car ils reconnaîtraient ainsi les dangers du produit qui les fait vivre.« Jour après jour, nous déposons des brevets, se défend John Carlisle, porte-parole de l'Association des fabricants de cigarettes.Mais ce n'est pas parce qu'une idée est brevetée qu'elle sera efficace et adoptée par les consommateurs.» Voici quelques-unes de ces idées avortées : • filtre chimique permettant de réduire la teneur en cyanure d'hydrogène des cigarettes (Liggett and Meyers, États-Unis, 1972); • produit à fumer obtenu en chauffant des hydrates de carbone et en les mélangeant avec une pâte de tabac.Il génère moins de goudron et de nicotine (Philip Morris, États-Unis, 1981); • utilisation de micro-organismes éliminant les composés azotés les plus toxiques du tabac (Fabriques de tabac réunies, Suisse, 1986); * cigarette contenant un système qui réduit le taux de goudron (Japan Tobacco, Japon, 1987); * technique préservant le goût de la cigarette tout en réduisant la quantité de goudron (Rothmans, Benson and Hedges, Canada, 1996).Dans le feu de l'action A l'écran, Han Solo fait prendre un virage serré au Millenium Falcon.Au même moment, votre siège bascule sur la gauche, comme si vous étiez à bord de l'engin spatial.Et, à mesure que se déroule le film, vous êtes ainsi secoué, balancé, agité, ce qui ajoute une toute nouvelle dimension au cinéma.Cette technologie, qui existe déjà dans certaines salles de cinéma et depuis plus longtemps dans les arcades, pourrait bientôt se retrouver dans votre salon, si l'on en croit les chercheurs Bruno Paillard, Peter Kabald et Pierre Vittecoq, des universités de Montréal, McGill et de Sherbrooke, travaillant chacun sur une composante du système Odyssée.Le principe est tout simple : il suffit d'installer sous votre fauteuil préféré une plate-forme dotée de quatre pieds mobiles.Chacun d'entre eux comporte une puce électronique reliée à un ordinateur, placé sur votre téléviseur.C'est l'ordinateur qui envoie aux « pieds » les signaux nécessaires pour les actionner : en haut, en bas, à gauche, à droite.La compagnie D-Box, de Longueuil, travaille à son projet Odyssée depuis le début de 1998.Récemment, elle l'a présenté à Las Vegas au prestigieux Consumer Electronic Show : on estime que le marché potentiel (c'est-à-dire les maniaques de cinéma maison), aux États-Unis seulement, dépasserait le milliard de dollars.D-Box entrevoit déjà le moment où les gens, en louant un film au club vidéo du coin, obtiendront deux cassettes : la bande vidéo et la « bande de mouvements », à insérer dans l'ordinateur.Agence Science-Presse 12 Québec Science/Juin 1999 A4B LE CHIFFRE DU MOIS 3 C’est le rang qu'occupent les bleuets au palmarès des fruits qui prolongeraient la vie.On leur attribue en effet un indice élevé d’absorption des radicaux libres, qui contribueraient au vieillissement de nos cellules.Ce sont des chercheurs du Centre de vieillissement de Boston qui ont trouvé un petit goût d’immortalité à nos bleuets.Au classement, les célèbres petits fruits du Lac-Saint-Jean arrivent tout juste derrière les raisins secs et les pruneaux.Du côté des légumes, la palme revient au chou frisé.Loch Net FORWARD ! f PAUSE Le photon et la tortue LJ être humain serait désormais capable de voyager aussi vite que la lumière.du moment qu’on ralentit la vitesse des photons.Poury parvenir, Lene Vestegaard Hau, une physicienne danoise de l’université Harvard, et son équipe ont semé d’embûches le parcours d'un rayon lumineux afin de réduire son impressionnante vitesse de 300 000 km/s à 17 m/s (61,2 km/h).L’équipe a réussi cet exploit en faisant traverser le flux de photons dans un gaz de sodium frôlant le zéro absolu, c'est-à-dire dans une espèce de mélasse correspondant à un état très particulier de la matière (condensation de Bose-Einstein), où la densité des atomes est considérablement accrue.Véritable incursion dans la vie privée (si vie il y a.) du légendaire monstre du Loch Ness, une caméra filmera 24 heures sur 24 le lac qui lui sert de demeure.On espère diffuser en direct une éventuelle apparition de la star écossaise.Les internautes peuvent satisfaire leur curiosité à l'adresse suivante : www.lochness.scotland.net.Ceux qui n’ont pas la patience de faire le guet pendant des heures peuvent laisser leur adresse électronique : on les préviendra dès que Nessie pointera le bout de son nez.Chevalier, .en perd Quelques centaines d'individus.C’est tout ce qu'il reste de la population du chevalier cuivré, ce poisson qui vivait jadis en abondance dans les rivières de la plaine du Saint-Laurent.Mais la contamination de ces cours d’eau a considérablement nui à sa reproduction.Son cas est maintenant si grave qu’on lui a accordé un statut légal de protection au Québec.Il s'agit d’ailleurs de la première espèce faunique à recevoir un tel statut.Bien que la chair du chevalier cuivré ne soit pas recherchée, on n'a pas pris de chance : toute exploitation par la pêche sportive ou commerciale est maintenant interdite dans ses habitats connus.Lm/'i Québec Science/Juin 1999 13 Photo : Martin Bond/SPL/Publiphoto Médecine Le cannabis IF a drogue illégale aujourd'hui, médicament demain Le cannabis, un outil thérapeutique ?Cela semble une piste prometteuse.Mais la mari ne sera pas en vente libre pour autant ! par Catherine Dubé ne n’est pas demain qu’un médecin prescrira de la marijuana à un patient atteint de la sclérose en plaques ou du cancer.Pourtant, même U si des preuves manquent encore au dossier, son potentiel thérapeutique semble de plus en plus évident.On sait maintenant que la principale molécule active de la marijuana, le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC), peut diminuer les nausées causées par la chimiothérapie et stimuler l’appétit des sidéens.Deux médicaments contenant du THC synthétique ont d’ailleurs été mis au point pour traiter ces affections — le nabilone et le dronabinol.Commercialisés sous les noms respectifs de Cesamet et de Marinol, ils existent depuis une quinzaine d’années et sont disponibles au Canada.C’est l’une des raisons pour lesquelles bien des malades réclament maintenant le 14 Québec Science/Juin 1999 droit de prendre leur THC autrement qu’en comprimé, c’est-à-dire en fumant leur joint tranquillement.Il est vrai que les médicaments pris oralement agissent lentement : ils doivent traverser l’estomac puis le petit intestin avant de circuler dans le sang et d’atteindre finalement le cerveau.Inhalé, le THC agit plus rapidement puisque les alvéoles des poumons lui permettent d’avoir un contact direct avec le sang.De plus, les patients qui souffrent de nausées sont parfois incapables d’ingérer les pilules.Certains malades affirment même que le THC synthétique n’est pas aussi efficace que la bonne vieille marijuana.Ce qui n’empêche pas que le tiers des patients à qui les médecins avaient déjà prescrit du Marinol ou du Cesamet à fortes doses disent ressentir à peu près les mêmes effets qu’avec du véritable cannabis ! Des études américaines comparatives en- tre le THC et d’autres médicaments ont également révélé que certains patients n’appréciaient pas ces effets secondaires peu banals.Il faut dire que, dans certains cas, les malades ont souffert d’hallucinations et de confusion mentale.En fait, le THC synthétisé en laboratoire ne reproduit pas parfaitement les effets du cannabis, qui compte au moins 480 produits actifs, dont certains sont probablement eux aussi bénéfiques.Marc Desgagné, professeur de pharmacologie à TUniversité Laval, à Québec, ajoute, à la défense du cannabis, que fumer lentement une cigarette peut procurer un bien-être plus grand qu’avaler une pilule.« La prise de n’importe quel médicament a un petit effet placebo, rappelle-t-il.Et ceux qui réclament le droit de fumer de la marijuana pour se soigner en fumaient souvent pour le plaisir avant d’être malades.» sttitai® it# ite,!» Itiiffli®! lie# .W"* i ml*® isl# jaiij»®1* 4P algré ses vertus, le cannabis demeure une drogue illégale.Une drogue douce, certes, mais une drogue quand même.Fumer les feuilles ou la résine (haschisch) du chanvre indien provoque une modification des perceptions sensorielles et de la pensée : sensibilité tactile et auditive accrue, modification des perceptions cognitives, diminution des réflexes, légers troubles psychomoteurs, etc.Selon les individus, une légère sensation de bien-être — ou de malaise — s’installe pendant environ deux heures.Le cannabis a aussi plusieurs effets pervers.Il peut notamment causer des dommages aux poumons, souligne Chantal Trépanier, responsable de projet à Santé Canada, qui rappelle qu’aucun médicament n’est pris sous forme de cigarette.Donald Tashkin, un chercheur de l’univer- sité de Californie à Los Angeles, a suivi durant 15 ans un groupe de 130 fumeurs de marijuana.En comparant ses résultats avec ceux obtenus avec un groupe de fumeurs de cigarettes et un groupe de non-fumeurs, il a conclu que les fumeurs de marijuana présentaient autant de problèmes pulmonaires que les fumeurs, comme la toux et de fréquentes bronchites.Sur le plan cellulaire, les dommages étaient comparables dans les deux groupes de fumeurs : noyaux des cellules anormaux et mutations génétiques susceptibles de causer le cancer.Pourtant, les fumeurs de marijuana ne consommaient que trois ou quatre joints par jour, alors que les fumeurs grillaient une vingtaine de cigarettes.La raison : la fumée de cannabis est inspirée plus profondément et plus longtemps que celle de la cigarette.Or, le cannabis contient lui aussi sa part de goudron.« Il faut appliquer au cannabis les mêmes règles qu'aux autres médicaments, dit un chercheur.Avant d'être approuvés, les médicaments doivent démontrer que leurs bénéfices surpassent les risques qu'ils présentent.» « Pour contrôler la douleur, nous avons déjà des médicaments efficaces et plus faciles à doser », indique le docteur Joseph Ayoub, oncologue à l’hôpital Notre-Dame, à Montréal.La morphine, l’hydromor-phone ou le fentanyl, par exemple, permettent, la plupart du temps, de traiter même les cas les plus récalcitrants alors que la concentration en THC varie tellement d’un plant de cannabis à un autre qu’un dosage précis est très difficile.En inhalant la fumée de marijuana, on s’expose également à une panoplie de substances actives et inconnues.On a d’ailleurs rapporté des cas d’infections pulmonaires causées par des bactéries ou des champignons qui se trouvaient sur la plante.« Il faut appliquer au cannabis les mêmes règles qu’aux autres médicaments, dit Marc Desgagné.Avant d’être approuvés, les médicaments doivent démontrer Québec Science/Juin 1999 15 que leurs bénéfices surpassent les risques qu’ils présentent.» Dans cet esprit, Unimed, la compagnie américaine qui fabrique le Marinol, veut éventuellement offrir son médicament sous forme de vaporisateur nasal ou encore d’inhalateur afin d’accélérer son effet sans qu’il présente les dangers du véritable cannabis.On songe également à un gel nasal et à une préparation sublinguale.auf que synthétiser un produit aussi complexe que le THC n’est pas une mince affaire.On sait depuis longtemps que les effets psychotropes et physiologiques du cannabis se font sentir dès que le THC atteint le cerveau.Les molécules se fixent alors sur des récepteurs situés sur les neurones.La protéine G, qui se trouve à l’intérieur du neurone, est activée et inhibe l’adénylate cyclase, une protéine responsable de la production de messagers cellulaires, entraînant une perturbation de la communication entre neurones.C’est ce qui est à l’origine des différentes sensations que l’on éprouve en fumant du cannabis.On a jusqu’ici découvert deux types de récepteurs du THC : les CEI, situés dans différentes parties du cerveau, et les CB2, présents dans certains organes, comme la rate, et sur les cellules du système immunitaire.Les récepteurs CB1 sont très abondants dans le cerveau, 10 fois plus nombreux en fait que les récepteurs mu, responsables des effets de la morphine.De plus, les CB1 et CB2 ne sont pas uniquement sensibles au THC, mais à tous les cannabinoïdes, c’est-à-dire toutes les substances qui entraînent des effets similaires à ceux du THC.Puisque tous les mammifères, de même que certains invertébrés, possèdent ces récepteurs, cela signifie que l’organisme produit lui-même des cannabinoïdes.En 1992, une équipe israélienne dirigée par Raphaël Mechoulam, celui qui avait isolé le THC une trentaine d’années auparavant, a d’ailleurs découvert que l’anan-damide (du mot sanscrit ananda, qui signifie « félicité »), un neurotransmetteur produit à très petites doses dans le cerveau, a les mêmes effets que le THC, même si sa structure chimique est fort différente.Par contre, sa durée d’action est beaucoup plus courte : comme tous les neurotransmetteurs, elle se dégrade rapidement, ce qui permet au cerveau d’exercer un contrôle serré sur les messages.Que dit la loi ?Un médecin canadien peut, à l’heure actuelle, prescrire légalement du cannabis à la condition de prouver que l’état de son patient l’exige.Le problème, c’est que le patient ne peut s’en procurer de façon légale ! Si le gouvernement canadien décide d’accorder un statut légal à la marijuana utilisée à des fins médicales, l'approvisionnement pourra être assuré par une compagnie pharmaceutique qui en fera la culture ou l’importation en garantissant l’innocuité et la qualité du produit.Pour l’instant, seulement deux ou trois fabricants dans le monde ont la permission de produire de la marijuana, dont l’université du Mississippi et la compagnie britannique GW Pharmaceuticals.Quel est son véritable rôle dans l’organisme ?On l’ignore toujours.Des recherches sur les cannabinoïdes naturels pourraient un jour permettre la production d’un THC synthétique efficace sur le plan thérapeutique, mais sans ses effets euphorisants.Le problème, c’est Gaétan Martin du Cap-de-la Madeleine est l’heureux gagnant de notre grand concours.Il a eu droit au forfait suivant : le transport aérien aller-retour de Montréal à Daytona une voiture de location, modèle compact, pour la durée du séjour l’hébergement pour 4 nuits à Cocoa Beach deux laissez-passer pour assister au lancement de la navette sur le site du Kennedy Space Center deux laissez-passer pour une visite guidée du Kennedy Space Center deux billets pour le cinéma IMAX du Galaxy Center Le concours était ouvert à tous les abonnements et réabonnements inscrits entre le 4 janvier et le 31 mars 1999 ainsi qu’aux participants qui se sont qualifiés au jeu-concours de www.cybersciences.com entre le 16 et le 18 décembre 1998 cimcriccincidci 16 Québec Science/Juin 1999 le, l CM ¦ 9 que les deux fonctions du THC, psychologique et physiologique, semblent passer par l’activation des mêmes récepteurs.Ces deux fonctions sont probablement indissociables.La localisation des récepteurs CB1 nous éclaire cependant sur Faction des canna- binoïdes.La plus forte densité de récepteurs se trouve dans les ganglions de la base, responsables en grande partie de la maîtrise des mouvements.L’hypothalamus, qui contrôle les sensations de faim et de soif, en contient lui aussi.On en retrouve également dans l’hippocampe, une des régions associées à l’apprentissage, à la mémoire et au stress, ce qui expliquerait la diminution de la mémoire à court terme causée par le cannabis.Les conversations décousues que tiennent parfois les consommateurs de marijuana découleraient du fait qu’ils ne se souviennent pas des phrases qui ont été prononcées quelques instants auparavant.ais qu’en est-il de la valeur médicale réelle de la marijuana ?Les études sur cette question sont peu nombreuses.Jusqu’à maintenant, on a surtout tenté de démontrer les dommages qu’elle peut causer, pas le contraire ! Dans un volumineux rapport publié en mars dernier, la National Academy of Sciences a passé en revue 15 ans de littérature médicale et a mené une vaste consultation auprès des scientifiques américains.Ses conclusions : sans recommander l’usage médical de la marijuana, on estime que le THC présente un fort potentiel et que la recherche doit se poursuivre.Des conclusions similaires à celles de quatre autres rapports sur le même sujet, rendus publics au cours des dernières années aux États-Unis et en Grande-Bretagne.TOUTES LES MISSIONS JUSQU'EN 2004 LA MISSION DE JULIE LE COMPTE À REBOURS LANCEMENT: LES DANGERS LA VIE À BORD DE LA STATION LA PREMIÈRE COMMUNAUTÉ SPATIALE LE GRAND MECCANO Le Guide de La Station spatiale internationale jm LES s GRANDS ‘DOSSIERS 4,35 $ plus taxes en kiosque Québec Science/Juin 1999 17 ar/juana Arresting Patients for MEDICAL marijuana Si, dans le passé, on a fait la preuve que les cannabinoïdes diminuent la douleur chez les animaux, les études sont encore trop rares pour tirer les mêmes conclusions pour l’humain.Cependant, on est de plus en plus convaincu que les cannabinoïdes naturels sont impliqués dans le contrôle de la douleur, régulé par le système nerveux central.Pour le prouver, on a utilisé le SR 141617A mis au point par les laboratoires Sanofi, une substance que l’on dit antagoniste, car elle se fixe aux récepteurs voulus mais sans activer de réponse (les récepteurs ne sont donc plus disponibles pour les substances qui les auraient normalement activés).Des expériences menées sur des animaux ont montré que, lorsqu’on bloque l’action des cannabinoïdes naturellement produits dans le cerveau en administrant un antagoniste, la sensibilité à la douleur augmente.Ce qui signifierait que l’anandamide est un analgésique.Les cannabinoïdes en général, et la marijuana en particulier, pourraient donc aider les patients tolérants aux opioïdes, comme la morphine, ou trop sensibles à leurs effets secondaires, comme les nausées.Ils pourraient également être utiles pour calmer les nausées des personnes qui subissent des traitements de chimiothérapie et stimuler l’appétit des personnes atteintes du sida.Donald Abrams, de l’université de Californie à San Francisco, mène d’ailleurs une étude clinique pour vérifier l’efficacité de la marijuana fumée sur la douleur, les nausées et l’anxiété chez les sidéens.L’utilisation de la marijuana par les sidéens soulève toutefois quelques réticences, car on connaît peu ses effets sur le système immunitaire.Selon les doses et le type de cellules immunitaires observées, on sait que le THC induit un accroissement ou une diminution de la réponse immunitaire, mais on ne sait rien des conséquences à long terme.Il faut aussi reconnaître que le cannabis a encore à faire ses preuves en ce qui concerne le traitement des désordres neurologiques tels que la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et l’épilepsie.Même si les récepteurs de cannabinoïdes sont nombreux dans les régions du cerveau associées à la maîtrise des mouvements, les études ne sont pas concluantes quant à leurs bienfaits pour ces maladies.Toutefois, les quelques rapports — anecdotiques — à ce sujet ne ferment pas complètement la porte : comme les désordres de ce type sont souvent amplifiés par l’anxiété et le stress, la marijuana serait utile pour procurer une certaine forme de détente.Jusqu'à maintenant, on a surtout tenté de démontrer les dommages que le cannabis peut causer, pas le contraire ! Certains malades revendiquent aujourd'hui le droit de fumer pour se soigner.Le cannabis n’est pas plus intéressant pour soulager le glaucome : la pression intraoculaire diminue seulement si le patient est presque constamment sous l’effet du THC ! En fait, les Américains semblent disposés à autoriser l’utilisation de la marijuana pour un nombre très restreint de cas : pour soulager les malades en phase terminale ou ceux chez qui les autres solutions ne font pas effet.« Pour des patients sidéens très malades, la préoccupation des effets nocifs à long terme ne pèse pas lourd dans la balance, indique le docteur Réjean Thomas, de la clinique L’Actuel, à Montréal.Plusieurs de mes patients prenaient déjà de la marijuana ou d’autres drogues dures avant d’être malades.Lorsqu’ils me disent que la mari leur fait du bien, je ne leur interdis pas d’en prendre.» Le docteur Thomas refuse cependant de se faire l’apôtre de la légalisation de la marijuana.Selon lui, l’usage thérapeutique I du cannabis sert trop souvent d’argu-| ment à ceux qui voudraient simple-1 ment lever l’interdit sur cette drogue.ÿ Aux États-Unis, plusieurs États, dont 5 la Californie, ont reconnu par référendum l’usage thérapeutique de la marijuana.Au Canada, les demandes insistantes de malades, soutenus par des députés et des groupes de pression, ont fait céder le ministre fédéral de la santé, Allan Rock, qui a promis des essais cliniques sous peu.En attendant, il aurait le pouvoir de permettre l’usage de la marijuana « par compassion » aux malades qui lui ont présenté des demandes il y a quelques mois et qui attendent toujours sa réponse.On pourrait aussi découvrir d’autres vertus à la marijuana puisqu’on soupçonne le THC et le cannabidiol, une autre substance du cannabis, de pouvoir limiter les dommages causés au cerveau lors d’une attaque cérébrale : ils fourniraient des électrons aux radicaux libres produits massivement à cette occasion.Le THC pourrait même prévenir la migraine et soulager les gens qui souffrent de la maladie d’Alzheimer.L’herbe folle des années 70 sera-t-elle la panacée du prochain siècle ?Sûrement pas, mais elle deviendra peut-être un excellent traitement palliatif.• Ql gui iteti efti vit 6gi 200 lev 104 (Toi coir Lee été Grati I^uaii etj Les m^ossiers Qinif Di«i, Di,, Pour mieux comprendre les grondes questions de l’heure S;l MlJtta"'i www.cybersciences.com 18 Québec Science/Juin 1999 W:la ®se4| iNttt&l «Je la nu.'Mltilll ilafem suite I Québec /cieNce vou/ /ouhaite un boN été eN Notre coMbogNie ! iliinl b Jt its iBli- JtSltlll tfat jenth Jairi- aptip itd'aii- ¦I till Étalsii ni» Ida» .paiots itssip ipasii»' itlpiits jiaiia rté a»a« feel#-iWiid rlesSt Its» >itit|* Ia AboNNez-vou/à Québec /cieNce et recevez votre cadeau e/tival : Le guide de/ vacaNce/iqqq • 6 grands circuits thématiques • 200 destinations triées sur le volet • 104 pages d'informations sur la programmation, les heures d'ouverture, les tarifs • des cartes, des photos, un index complet des sites, etc.Le compgqNon iNdi/peN/abLe pour uN été de découverte/ ! 4,95 $ + taxes en kiosque Gratuit avec l'abonnement à Québec Science Offre valable au Canada seulement, jusqu'au 15 septembre 1999 je M’oboNNe au Magazine Québec /cieNce et je reçoi/ gratuiteMeNt Le guide de/ vacaNce/ 1999 ! lisMÉvertes 4,95 Swww.cybersciences.co Qlan(10n“) 35,95 $+taxes: 41,35 S ?2 ans (20 n“) 61,95 $ + taxes : 71,26 $ O 3 ans (30 n") 85,95 $ + taxes : 98,97 S Offre valide au Canada jusqu'au 15 septembre 1999 Détachez et expédiez à Québec Science Service des abonnements, 525, rue Louis-Pasteur Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Courriel : AQcourrier@abonnement.qc.ca Numéro d'enregistrement de la TPS : R-1335-97427 Numéro d'enregisuement de la TVQ : 1013609086 Nom Prénom Adresse n° rue app.ville province code postal Profession téléphone Ci-joint mon paiement : 1 Chèque Q Visa Chèque à l'ordre de Québec Science i MasterCard N° de carte Date d'expiration / Signature QS-06-99 Astronomie Le«grand télescope Chandra, qui sera bientôt en orbite, nous permettra enFin de raconter l’histoire écrite * » dans le ciel par les rayons X.Une* histoire tourmentée, violente et inédite.par Vincent Sicotte L_ V.aux rayons X Calme, la nuit ?Paisible, la grande voûte étoüée ?Bien au contraire ! Dans l’espace, des étoiles se disloquent en tombant dans des trous noirs supermassifs, de la matière chauffée à des millions de degrés tourbillonne autour d’étoiles à neutrons, des supernovæ éjectent des coquilles de matière ultrachaude, des galaxies s’arrachent mutuellement d’immenses lambeaux de gaz.En fait, l’Univers n’est que violence.Mais si toute cette fureur se dérobe à nos yeux, c’est qu’elle se présente sous forme de rayons X.Comme notre œil y est insensible, il ne perçoit du ciel que son aspect impassible.De plus, l’atmosphère terrestre est une véritable éponge à rayons X — elle les absorbe tous avant même qu’ils atteignent le sol.Pourtant, ces photons contiennent, au même titre que la lumière visible et les ondes radio, une riche information sur plusieurs phénomènes astronomiques assez peu étudiés.20 Québec Science/Juin 1999 C’est pourquoi la NASA mettra en orbite, le 9 juillet prochain, le Chandra X-ray Observatory, spécialisé en astronomie X.Ce télescope qui a coûté la rondelette somme de 1,3 milliard de dollars américains (plus que notre célèbre Stade olympique !) est le troisième des « grands observatoires » de l’Agence spatiale américaine, après le télescope spatial tfwûûfe, lancé en 1990, et le Compton Gamma-Ray Observatory, en orbite depuis 1991.Il fera sans aucun doute honneur à sa famille ! « Chandra est le télescope X le plus précis et le plus puissant jamais construit », affirme Martin Elvis, astrophysicien au Chandra X-ray Center (CXC), situé au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, dans le Massachusetts.Fruit de 20 ans d’efforts, ce télescope permettra d’observer le tumulte de l’Univers avec une acuité inégalée.Ses images seront jusqu’à 100 fois plus précises que les meilleures images X jamais obtenues, et ü pourra décomposer l’énergie qu’il re- çoit pour en analyser des détails jusqu’à 100 fois plus fins.Selon l’astrophysicien du CXC, Chandra fera progresser l’astronomie X autant que le télescope//w&ôte a révolutionné l’étude de la lumière visible.«Je crois que la plupart de nos théories as-trophysiques des rayons X vont être complètement bouleversées ! » dit-il.Découverts en 1895 par le physicien allemand Wilhelm Rôntgen, les rayons X sont rapidement devenus célèbres en raison de leur capacité à traverser la matière.On se rappellera l’étonnante photo de la main de l’épouse du physicien allemand, où l’on distingue le contour flou du membre, puis les os des doigts, plus foncés, et finalement un cercle noir sur un doigt, sans doute son alliance.De cette première radiographie de l’histoire, on peut déduire que les rayons X traversent assez bien la peau (qui contiennent beaucoup de petites molécules d’eau), assez mal les os (un réseau compact de calcium) et Chandra sera le plus grand satellite jamais transporté.Il est constitué de 4 surfaces réfléchissantes en forme de cylindre emboîtées les unes dans les autres.pas du tout le métal (sans doute de gros atomes d’or).L’absorption des rayons X par la matière dépend donc des atomes qui la composent et de leur grosseur.Comment expliquer que l’atmosphère terrestre bloque les rayons X ?Les molécules d’ozone, d’oxygène et d’azote qui la composent sont très espacées, c’est juste, mais elles sont également extrêmement nombreuses.Aussi, pour un photon X en provenance de l’espace, l’atmosphère représente l’équivalent d’un mur de béton de cinq mètres d’épaisseur ! Le fait qu’aucun photon X ne parvienne au sol a forcément retardé l’essor de ce champ d’étude.Ce n’est qu’en 1949 qu’on a détecté pour la première fois des rayons X en provenance du ciel grâce à des fusées V2 et des ballons-sondes voyageant dans la haute atmosphère.Les rayons X qui atteignent cette altitude sont très énergétiques, car ils ont réussi à se faufiler à travers plusieurs kilomètres d’atmosphère.Ils possèdent une énergie comparable à celle des rayons X des appareils de radiographie.Mais, pour détecter des photons de moindre énergie, il faut aller plus haut, au-dessus de l’atmosphère.Au début des années 70, la NASA a donc lancé le premier véritable satellite X : Uhuru.Bien que rudimentaire (son détecteur était semblable à un compteur Geiger), Uhuru détecta de nombreuses émissions de rayons X : des indices de trous noirs près des étoiles à neutrons, dans les amas de galaxies.Les astronomes en avaient l’eau à la bouche ! L’observatoire a aussi permis d’établir' la première carte X du ciel en localisant 7 000 sources de rayons X.Ce nombre allait être porté à plus de 60 000 par le télescope allemand iüosaf, lancé en 1990.Depuis, l’astronomie X a pris un véritable essor avec des satellites de plus en plus puissants et spécialisés : le japonaisAACA en 1993, l’américainÆZTE' en 1995 et l’italien ÆqrpoSAJ en 1996 (encore en activité).aifi* I «(b™ let» lti»| :le toi ikD* | üitoitfi j*i(! I Le rayonnement X que voit actuellement Hubble (à gauche) pourrait être beaucoup mieux défini avec Chandra.Le même coin de cosmos (montré à droite) aurait cette apparence selon les simulations.Einstein, le premier observatoire X capable d’imagerie, a suivi peu de temps après, en 1978.Il a offert aux astronomes émerveillés les premières images des sources de rayons X : filaments d’étoiles éclatées, vastes nuages de gaz ultrachaud dans les galaxies et les amas de galaxies.« Malgré cela, l’astronomie X en est encore à ses débuts », affirme Martin Elvis.Les grands télescopes optiques nous ont habitués à des surfaces collectrices de plusieurs dizaines de mètres carrés.En rayons X, on n’a jamais fait mieux que 200 centimètres carrés, une surface grande comme une fiche.« C’est minuscule », ex-plique-t-il.On commence à faire un peu mieux avec Chandra, qui aura une surface cinq fois plus grande, soit l’équivalent d’une feuille de papier.De plus, selon lui, la qualité des images X était jusqu’ici « lamentable », car la résolution était très faible.« Un astronome amateur peut faire mieux avec un petit télescope ! » Par contre, Chandra aura une résolution d’une demi-seconde d’arc, ce qui, en pratique, permettrait de lire un journal à un kilomètre de distance ! Autre amélioration notable : les détecteurs du télescope seront sensibles à des photons de 0,1 à 10 kiloélectronvolts (keV), soit une bande d’énergie deux fois plus large que celle de tous ses prédécesseurs (voir l’encadré « Qu’est-ce qu’un keV?» à la page 22).Finalement, le télescope Chandra permettra de faire de la spectroscopic X puisqu’il pourra décomposer le rayonnement reçu en ses différentes longueurs d’onde.Cet étalement de l’énergie rend possible l’étude des détails de l’émission X, détails qui renseignent sur les phénomènes physiques qui se déroulent à la source.Au lieu d’obtenir une image de \& source de rayons X, on obtient une image de l’énergie des rayons X, qu’on appelle un spectre.« Jusqu’à maintenant, la spectros-copie X était très primitive, affirme l’astrophysicien.Avec Chandra, nous aurons accès à la structure fine des spectres qui se sont révélés, grâce à la physique atomique, d’une richesse inouïe.» Le Advanced X-ray Astrophysics Facility (AXAF) a été rebaptisé Chandra l’an passé en l'honneur du physicien d’origine indienne Subrahmanyan Chandrasekhar, spécialiste de l’évolution stellaire et Prix Nobel en 1983.Le télescope sera lancé lors de la mission STS-93, la première mission de l’histoire commandée par une femme, EOeen Collins.Columbia amènera Chandra — le plus grand satellite jamais transporté : 0 pèse près de 5 tonnes et Québec Science/Juin 1999 21 mesure plus de 13 mètres —jusqu’à l’orbite basse.Puis, après six ou sept tours de Terre, la mise à feu d’une fusée à deux étages le propulsera jusqu’au tiers de la distance Terre-Lune.Pourquoi si haut ?« Pour sortir des ceintures de Van Allen », explique Martin Elvis.Ces immenses boucles du champ magnétique terrestre gardent prisonnières des particules chargées circulant à grande vitesse.Ces particules, source de bruit pour les détecteurs de Chandra, noieraient les rares rayons X du ciel de la même façon que les lumières de la ville, la nuit, font disparaître les étoiles.Le télescope décrira une immense trajectoire elliptique, entre 10 000 et 140 000 km de la Terre.Les trois quarts de cette ellipse seront hors des ceintures de Van Allen, permettant une bonne cinquantaine d’heures d’observation à chaque révolution.Une fois les tests de calibrage terminés, trois semaines après le lancement, le volet protecteur s’ouvrira et les premiers photons X frapperont le miroir, un véritable bijou d’ingénierie.« Ce miroir, c’est la clé de Chandra », insiste le chercheur.En effet, comme la propriété des rayons X est de traverser la matière, un photon X arrivant droit sur un miroir devrait tout bonnement passer à travers, comme un caillou fend la surface d’un lac.Cependant, on sait que le même caillou ricochera sur la surface de l’eau si on le lance obliquement.À peu près de la même façon — et même si un photon n’est pas un caillou, vous diront les théoriciens ! —, un rayon X sera réfléchi s’il arrive sur le miroir presque parallèlement, soit avec une incidence rasante.Le miroir de Chandra exploite ce phénomène.Constitué de quatre surfaces réfléchissantes à peu près cylindriques et insérées l’une dans l’autre comme des poupées gigognes, le miroir ressemble à un grand entonnoir.Ses surfaces en Zérodur recouvert d’iridium réfléchiront les photons rasants jusqu’aux instruments de mesure, au bout du télescope.Ces miroirs ont une géométrie bien précise : la première moitié est une surface parabolique, comme un miroir de télescope, à courbure très prononcée, et l’autre moitié est une surface hyperbolique.Un photon X doit être réfléchi une fois sur chaque surface avant d’arriver au plan focal.« Il faut des maths avancées pour démontrer cela », dit Martin Elvis.Pesant près d’une tonne, cet assemblage fait 1,2 mètre de diamètre et 80 centimètres de long.Ces miroirs sont, dans leur genre, les plus grands et les plus lisses ja- 22 Québec Science/Juin 1999 mais construits.Il le fallait, car la moindre irrégularité de la surface absorberait les photons X, comme les vaguelettes sur l’eau empêchent le caillou de ricocher.La plus grande bosse du miroir ne dépasse pas trois angstroms, soit quelques atomes d’hy drogène de haut.Si la surface de la Terre était aussi lisse, aucune montagne ne dé passerait deux mètres ! Amas globulaires • de galaxies Qu'est-ce qui émet des rayons X ?Presque .tout, mais il faut que la température atteigne le million de degrés.On trouve un tel brasier dans la couronne solaire, les trous noirs, les étoiles à neutron et les supernovæ (photo en arrière-plan).En ce qui concerne le Soleil, ce sont les études d'éclipses et les observations à l'aide de Chandra qui pourront en apprendre un peu plus aux astrophysiciens, car on ne sait toujours pas pourquoi la température y .est si élevée.mènes va-t-on étudier au juste ?Qu’est-ce qui émet des rayons X dans l’espace ?« Presque tout ! » s’exclame Martin Weisskopf, le scientifique responsable du projet Chandra au Marshall Space Plight Center de la NASA.Selon lui, une des plus importantes découvertes en astronomie moderne a été faite à l’aide de 1’observa-toire A’fwstem, dans les années 70, lorsqu’on s’est rendu compte qu’à peu près toutes les classes d’objets astronomiques étaient des sources de rayons X.« Ce fut une très grande surprise », se rappelle le scientifique, qui travaille sur Chandra depuis le début du projet, en 1977.Même les étoiles les plus banales, comme notre Soleil, en émettent.« À l’époque, cette observation nous avait renversés », dit Martin Weisskopf.En effet, les 6 000 °K de la surface du Soleil produisent essentiellement des photons de lumière visible.Les photons X, de 100 à 1 000 fois plus énergétiques que leurs collègues visibles, ne sont émis que lorsque la température atteint le million de degrés.Où trouve-t-on un tel brasier ?Dans la ciu e^L-ce qu un Kev : En astronomie, on mesure habituellement la longueur d’onde du rayonnement en angstroms (Â), soit 10"10 m, ou en microns (10'6 m).Cependant, comme l’énergie des rayons X est considérable, on utilise plutôt le keV, une unité de mesure empruntée à la physique des particules.A titre d’exemple, un photon X de 1 keV a une longueur d’onde de 10  environ, c’est-à-dire beaucoup plus petite que les quelque 6 000  des photons de lumière visible.L’ énergie des rayons X utilisés par les médecins est d’environ 100 keV. couronne, cette immense région de gaz raréfié, très, très chaude, située autour du Soleil et visible lors des éclipses.« On observe ce genre d’émission dans beaucoup d’étoiles normales, ajoute-t-il, mais on ne comprend pas tout à fait pourquoi la couronne est chauffée à une telle température.» Les supernovæ sont une autre source de rayons X.Lorsqu’une étoile explose, elle éjecte des coquilles de gaz qui, en raison du choc avec les particules du milieu interstellaire, sont chauffées à plusieurs millions de degrés.La supernova devient alors un puissant émetteur de rayons X.Ce phénomène intéresse tout particulière- ment les astrophysiciens qui étudient la genèse des éléments chimiques.On sait en effet que les éléments lourds (carbone, azote, oxygène, etc.) sont créés au cœur des étoiles massives, puis dispersés dans l’Univers lorsque celles-ci explosent.L’étude de ces rayons X permettra de mieux comprendre les mécanismes d’enrichissement du milieu interstellaire en éléments lourds, qui sont en fait les briques avec lesquelles s’est construite la vie.Ensuite, continue Martin Weisskopf, il y a les systèmes plus « exotiques » : étoiles à neutrons et trous noirs.D’une densité incroyable (une noisette d’étoile à neutrons pèse 200 millions de tonnes !), ces objets engendrent une attraction gravitationnelle inouïe.Les particules de matière passant à proximité sont capturées et gravitent autour d’eux, formant éventuellement un disque aplati en rotation très rapide.La friction causée par les chocs intenses et répétés échauffe ces particules à plusieurs millions de degrés, et elles deviennent alors émettrices de rayons X.Le gaz ultra-chaud qui tombe dans un trou noir est d’ailleurs l’une des sources de rayons X les plus intenses de l’Univers.Un trou noir central semble également être la source de l’intense rayonnement d’un quasar, qui serait des millions, voire des milliards de fois plus massif que le Soleil.« Un quasar peut engloutir des étoiles entières », note Martin Weisskopf.Il génère autant d’énergie qu’un millier de galaxies, et une bonne part de cette énergie est émise en rayons X.La résolution de Chandra permettra une étude plus précise que jamais de ces objets lointains et mystérieux, et des phénomènes violents qui s’y déroulent.Finalement, les scientifiques espèrent que Chandra fera un peu de lumière sur une des plus troublantes questions de l’astronomie moderne : la matière non lumineuse.L’essentiel de FUnivers serait composé de cette matière mystérieuse, dont on déduit l’existence par ses effets gravitationnels sur la matière observable.Les amas de galaxies, en particulier, en contiendraient des quantités phénoménales, soit jusqu’à 90 % de leur masse ! Les amas se composent, hormis les galaxies, d’un gaz très chaud qui représente également une formidable source de rayons X, affirme Martin Weisskopf.Le télescope Chandra pourra réaliser des cartes décrivant le mouvement de ce gaz chaud dans un amas.Comme ce mouvement est régi par la gravité, ces cartes permettront de déterminer où et comment est distribuée la matière non lumineuse.« La connaissance précise de la distribution de la matière non lumineuse est une des clés pour déterminer sa nature », dit-il.Martin Weisskopf est lui aussi persuadé que l’ère Chandra marquera l’astronomie X d’une pierre blanche.« C’est souvent le cas lorsqu’on a tout à coup un instrument beaucoup plus précis que tout ce qu’on avait auparavant.Chandra va ouvrir des perspectives complètement neuves, affirme-t-il.Je m’attends à beaucoup de nouveautés.» • Pour en savoir plus Chandra X-ray Observatory Center : chandra.harvard.edu Québec Science/Juin 1999 23 H M v >•• tfâà *^v\: Tyrannosaurus Rex ill 'mm -*t:L üœ***®.¦t =>•'* .1 S§S3 .: •' .W.r .,*•**»?¦À Badlands, Alberta La valbrilée des dinosaures «« i ^ i mm h'-ea pPigap ^ ?Dans l’eau bouillante ?Certains indices laissent croire que le homard est en danger.Pourtant, depuis 20 ans, la pêche n’a jamais été aussi bonne.par Louise Desautels Si l’on se fie aux casiers qui coiffent l’auto de certains touristes revenant de la Gaspésie ou des Maritimes, la pêche au homard n’a pas changé depuis les 125 ans qu’on la pratique : même cage de bois en forme de demi-lune, même filet disposé en entonnoir et terminé par un anneau faisant office d’ouverture.Pourtant, l’équipement de pêche s’est considérablement amélioré au corns des années 80.La technologie est venue appuyer l’instinct et l’expérience du pêcheur, qui est ainsi devenu un prédateur presque infaillible : tout Homarus ameri-canus, du Labrador jusqu’à la Caroline du Nord, est maintenant capturé aussitôt parvenu à maturité.Cette situation en inquiète plus d’un.Avec une pêche aussi active, le homard ne risque-t-ü pas de connaître le même sort que la morue ?Les statistiques montrent qu’après une augmentation constante du nombre de prises depuis la fin des années 70, les débarquements de homards ont atteint un plateau dans les années 90.« Après, y aura-t-il une pente abrupte vers le bas ?se demande Louise Gendron, biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne, à Sainte-Flavie.Récemment, on a noté une baisse des débarquements de homards, bien qu’üs demeurent dans la moyenne des 25 dernières années.La grande question est : quel risque courons-nous ?» Il est difficile de faire preuve d’optimisme quand plusieurs indices laissent croire que l’animal se trouve à la limite de sa capacité de survie d’un bout à l’autre de son aire de répartition.Les plongées effectuées par les biologistes du ministère fédéral des Pêches et des Océans confirment que les gros homards sont rares, que la Québec Science/Juin 1999 29 L’aquiculture : un problème de marque Rien de plus facile que de pêcher un homard.Mais, pour Le reproduire en bassin, c'est une autre histoire ! Pourtant, L'Association des pêcheurs-propriétaires des ÎLes-de-La-Madeleine n'a pas abandonné son projet d'ensemencer des homards au nord des îles.L'aquiculture du homard se pratique peu dans Le monde.Deux problèmes expliquent cette faible popularité : la complexité du cycle de vie du homard et la difficulté de mesurer les résultats de tout ensemencement.Les biologistes Bernard Sainte-Marie et Patrick Ouellet ont élevé, à petite échelle, des larves et des juvéniles dans Les bassins de l'Institut Maurice-Lamontagne.Cette expérience n'a pas été facile.« Au stade des larves, ça se passe bien, rapporte Bernard Sainte-Marie.Mais dès qu'on a des juvéniles, des problèmes de cannibalisme surviennent.Il faut leur fournir une nourriture très riche pour empêcher qu'ils ne s'entre-dévorent.» Ce qui implique qu'il faut aussi élever de petits organismes qui serviront de nourriture auxjuvéniles., L aquiculture ¦ pourrait-elle assurer la pérennité de 'la ressource 1 « hormardienne » ?'¦cayij»- '¦ Lorsque la production se fait à grande échelle, comme c'est actuellement Le cas au Japon, chaque juvénile est enfermé dans un cubicule qui se déplace en boucle dans un grand bassin et qui passe périodiquement au poste d'alimentation.Les Japonais raccour-cissent La période de développement du juvénile en jouant sur la température de l'eau et les hormones qui déclenchent les mues, car ils cherchent à produire rapidement un jeune homard, qui se retrouvera sur la table avant d'avoir atteint l'âge adulte.Une chose impensable dans les pays de l'Atlantique où l'on ne pourrait distinguer les petits homards pêchés illégalement de ceux produits en bassin ! Ailleurs, certaines expériences visaient plutôt l'ensemencement du milieu à partir de juvéniles de bonne taille.Ainsi, aux États-Unis, on a relâché des centaines de milliers de juvéniles.sans se donner la possibilité d'en mesurer les effets.Pour cela, il aurait fallu marquer chaque individu — comme on l'a fait en Norvège à la fin des années 80 à la suite de La quasi-disparition de l'espèce —, et cela coûte très cher.Comme le homard se débarrasse régulièrement de sa carapace, il faut avoir recours à des micromarques et faire passer tous les homards capturés au détecteur magnétique ! Une autre solution au problème du marquage serait de produire, pour les îles-de-la-Madeleine, une souche de homard bleu.Ce parfait Homarus americanus^e.retrouve naturellement, mais très rarement, sur Les fonds rocheux.On peut observer sa coloration spectaculaire à l Aquarium de Québec, qui en garde deux spécimens.structure démographique est artificielle (les adultes de taille commerciale sont sous-représentés) et que le nombre de femelles porteuses d’œufs est très faible.Ce dernier facteur est pour le moins inquiétant.« Des analyses récentes montrent que la ponte de la plupart des populations de homards du Canada atlantique ne représente, au mieux, que 1 ou 2 % de ce qu’elle pourrait être si les femelles n’étaient pas pêchées », pouvait-on lire, en 1995, dans le rapport du Conseil canadien de ressources halieutiques (CCRH), un organisme formé de pêcheurs, d’industriels et de scientifiques qui fait des recommandations au gouvernement fédéral.Une ponte aussi basse comporte des risques très élevés pour la survie de l’espèce.« Cette production pourrait être trop faible pour assurer un recrutement élevé dans des conditions environnementales et écologiques moyennes, indique-t-on dans le rapport.Et elle pourrait mener à un échec du recrutement dans des conditions défavorables.» Un problème généralisé de reproduction, causé, par exemple, par de mauvaises conditions, comme de fréquentes tempêtes, ou par un manque d’individus sexuellement matures, devrait influencer les débarquements huit ans plus tard, période nécessaire pour qu’une larve fraîchement éclose devienne un homard adulte (voir l’encadré à la page 32).Or, près de 20 ans après l’essor des techniques de pêche, les débarquements de homards demeurent toujours dans la moyenne.« Nous n’arrivons pas à dire pourquoi les débarquements se maintiennent alors que la pêche exerce une forte pression sur les populations », avoue Louise Gendron.Si la pêche est devenue plus abondante dans les années 80, ce n’est pas parce qu’il y avait davantage de pêcheurs ou de casiers : permis, nombre de casiers, saison de pêche et taille minimale des prises sont réglementés depuis des décennies au Canada.« Ce qui a changé, c’est l’intensité de la pêche », explique Martin Turbide, qui pêchait déjà le homard avec son père en 1978 et qui a repris le bateau à son compte il y a cinq ans.Les nouveaux bateaux sont dotés de moteurs puissants qui permettent de sortir par très grands vents.La brume ne garde plus les pêcheurs à terre, grâce aux nouveaux instruments de navigation comme le radar et, surtout, le GPS.Ce dernier leur permet non seulement de localiser rapidement leurs bouées, mais aussi de 30 Québec Science/Juin 1999 ïtieie t»ii «titlt- Les petits bateaux sont les mêmes, mais la pêche aux homards n'est plus ce qu'elle était.Les pêcheurs sont maintenant pourvus en instruments.Ils connaissent la dynamique des populations et communiquent entre eux par radiotéléphone.Ils savent donc rapidement où les casiers se remplissent et s'y dirigent.i; /* •.'£ >, ipoi-1 hfek («Mn.inplitl *ii« r suite-1 J® It • -Ni.\ '^2 ’'’-h' )li ^tmm| jp \ HlB-1 fentes- I -tUffejl sei» isolai les P® finiesi Il Je li gal® fie il'1 0 0 \'r- V.repérer facüement les meilleurs sites et d’y revenir.Ainsi, plus besoin d’aligner, à quatre kilomètres de telle falaise, la maison jaune et le clocher de l’église ! « Le repérage à vue, indique Martin Turbide, c’est bon seulement quand il fait beau.» L’échosondeur est une autre nouveauté qui facilite le travail sur le plateau madelinien.Comme la roche n’affleure que sur seulement 20 % du territoire et que ces fonds rocheux constituent le milieu de vie privilégié des homards, sonder les fonds a permis de dénicher de nouveaux secteurs de pêche.« Autrefois, on pratiquait une pêche d’interception, plutôt passive, explique Louise Gendron.Aujourd’hui, c’est une pêche de poursuite.Les pêcheurs sont bien pourvus en instruments, connaissent la dynamique des populations et communiquent entre eux par radiotéléphone.» Ils apprennent donc rapidement où les casiers se remplissent le mieux et s’y dirigent.Cependant, selon la biologiste, l’intensification des efforts de pêche n’explique pas à elle seule l’augmentation des prises dans les années 80.Plusieurs autres facteurs pourraient affecter le développement des populations de homards et contribuer au maintien des débarquements.Pour comprendre ce qui influence la suivie du homard pendant les premières phases de sa vie, deux biologistes de l’Institut Maurice-Lamontagne, Bernard Sainte-Marie et Patrick Ouellet, V .\ ' •v Ps- participent depuis trois ans à une étude menée dans la zone atlantique du Canada.« Nous évaluons principalement deux facteurs : les larves et les habitats côtiers », indique Bernard Sainte-Marie.Les données préliminaires, recueillies aux îles-de-la-Madeleine, montrent d’abord que les petites larves, qui forment une soupe planctonique à la surface des eaux, sont fortement soumises aux conditions climatiques.Si ces dernières sont favorables, les larves, une fois devenues juvéniles, regagneront les fonds rocheux où elles sont nées.Par contre, si de grands vents les poussent trop au large, elles ne pourront pas trouver de fond propice pour s’établir.D’autre part, même si les homards produisaient plus d’œufs et que plus de larves atteignaient le stade de juvéniles, il n’y aurait pas nécessairement plus de homards, car leur habitat est restreint.En effet, les fonds rocheux situés à moins de 10 mètres de la surface — là où s’établissent les juvéniles — sont limités et deviennent vite saturés.Les plongeurs ont d’ailleurs noté que les petits homards sont très sélectifs.« On n’a retrouvé aucun juvénile à plus de 10 mètres de profondeur; le plus souvent, ils étaient établis entre 1 et 5 mètres », précise Bernard Sainte-Marie.L’étude a aussi permis de déceler un patron de circulation chez les homards.Ainsi, de forts courants amènent vers le sud les larves écloses au nord des îles.Cette dernière zone, presque dépourvue de juvéniles, est par contre colonisée par de jeunes adultes, Québec Science/Juin 1999 31 Petit homard deviendra grand Le crustacé commence sa vie sous forme d'œuf : une femette en pond plus de 7 000 à ta fois, qu'elle garde entre ses pattes et ne relâche qu'au moment de l'éclosion, un an plus tard.Les larves, de la grosseur d'un moustique, remontent alors vers la surface où elles subissent leurs trois premières mues.Après cette période de très grande vulnérabilité (98 % des larves ne survivent pas), qui dure de deux à trois semaines, la larve prend l'allure d'un petit homard d'environ deux centimètres de long.Le « juvénile », qui peut maintenant se déplacer, s'empresse de gagner le fond.Là, il se nourrit de petits organismes marins puis, en vieillissant, de vers et d'oursins.Le crabe commun compose une bonne partie de la diète d'un adulte, ce qui rend le gouvernement canadien très prudent dans l'attribution de permis de pêche au crabe.Dans le golfe du Saint-Laurent, ce n'est qu'après huit années et une douzaine de mues que le homard atteint l'âge de la reproduction.Mais sa croissance ne s'arrête pas là : il peut devenir gigantesque ! L'Aquarium de Québec a hébergé un tel géant, il y a cinq ans.« Il devait bien faire un mètre, de la tête à la queue, rapporte Michel Lagacé, conservateur de l'Aquarium.Nous l'avons mis dans un bassin avec des homards plus petits : la première nuit, il a sectionné les pinces de trois d'entre eux et s'est établi dans un coin d'où il n'a plus bougé.Les homards ont l'esprit territorial ! » Heureusement, les pinces se régénèrent d'elles-mêmes, autant la petite, pouvant découper avec précision, que la grosse, qui sert à broyer.Quel âge avait ce monstre ?Impossible de le déterminer à partir d'indices anatomiques.Seule une toute nouvelle technique mise au point en Europe et consistant à évaluer la concentration d'un pigment des cellules nerveuses, la lipofuscine, pourrait le dire.Le plus vieux homard soumis à cette analyse avait une cinquantaine d'années.probablement venus du sud.Cette découverte, qui montre que les homards exploitent au maximum un habitat somme toute limité, vient aussi alimenter l’idée des pêcheurs des îles-de-la-Madeleine d’ensemencer le nord des îles, une zone favorable à l’espèce, mais sous-utilisée ('mr l’encadré à la page 30).Aux résultats préliminaires de cette étude s’ajoutent d’autres hypothèses pour expliquer la survie de l’espèce.Par exemple, la hausse des températures pourrait avoir stimulé la production de nourriture, entraînant la présence de larves en meilleure « santé ».On soupçonne également une diminution du nombre de prédateurs du homard, notamment du chaboisseau et de la tanche.Mais comme il ne s’agit pas d’espèces commerciales, leur cycle d’abondance n’est pas étudié, et les interactions entre ces espèces sont encore peu connues.Autre facteur qui pourrait avoir son importance : la colonisation de zones surpêchées par des larves dispersées au gré du vent ou par des adultes moins sédentaires — au Nouveau-Brunswick, des homards marqués ont parcouru jusqu’à 100 kilomètres ! — provenant de secteurs peu fréquentés par les pêcheurs.ASTRONOMIE & ASTROPHYSIQUE Marc Séguin ¦ Benoît Villeneuve C est à une fascinante odyssée à travers l'espace et le temps que vous convie cet ouvrage d'introduction à l'astronomie et à l'astrophysique.Des sphères de cristal des anciens Grecs à l'Univers en expansion de la théorie du Big Bang, des observations mésopotamiennes au télescope spatial Hubble, de la découverte de sphéricité de la Terre à l'exploration robotisée des confins du système solaire, de la chute de la pomme de Newton à l'anéantissement du temps à la surface d'un trou noir, ce livre présente l'histoire de l'astronomie et ses découvertes récentes.Dans toutes les bonnes librairies 550 pages 450 illustrations et photographies en couleurs Index analytique 4u //[.d’AstronomiE Haute Maurienne/Vanoise France Festival de l'Astronomie 1996 % EDITIONS AU RENOUVEAU 1 I PEDAGOGIQUE ï 5757, RUE CYPIHOT, SAINT-LAURENT (QUÉBEC] H4S 1R3 TÉLÉPHONE: |5]4| 334-2690 • TÉLÉCOPIEUR: (514| 334-8470 S COURRIEL: informalion@erpi.com -a 32 Québec Science/Juin 1999 ‘fctt 'roir itps I w I is titt I b I is»! (IK- NS ii# Aux îles-de-la-Madeleine, on prend au sérieux les dernières statistiques qui semblent indiquer un problème de surexploitation du homard.Les pêcheurs des îles ont été les premiers à déposer un « plan de gestioa» du homard, il y a 3 ans.' H « Autrefois, il existait sans doute des “pochettes" non pêchées, à partir desquelles se reconstruisaient les populations des environs », avance Louise Gendron.Cette hypothèse a récemment été mise à l’épreuve par Terre-Neuve qui a interdit la pêche à l’intérieur d’une certaine zone.Au Québec, la mesure pourrait éventuellement s’appliquer dans des secteurs où la densité de grosses femelles est forte.ême si la pêche au homard n’est pas encore compromise, les deux principales zones québécoises de pêche, les Îles-de-la-Madeleine et la Gaspésie, prennent au sérieux les chiffres alarmants du ministère des Pêches et Océans.« La conservation de l’espèce est primordiale, car le homard est le moteur économique des îles, soutient Léonard Poirier, directeur général de l’Association des pêcheurs-propriétaires des Îles-de-la-Madeleine.Pour nous, une diminution durable des débarquements signifie la faillite ! » Les pêcheurs des îles ont donc été parmi les premiers, en 1996, à déposer un plan de gestion du homard, suivis l’année suivante par les autres régions.La principale mesure consiste à augmenter graduellement la taille des homards pêchés : dans le cas des Îles-de-la-Madeleine, de 1997 à 2000, le homard rapporté au quai sera passé de 76 mm (longueur du céphalothorax) à 80 mm.« Cela n’a pas été trop difficile à accepter parce nous devrions nous rattraper sur le poids l’année suivante », remarque Martin Turbide.En effet, le homard de 76 mm laissé sur place aura, un an plus tard, atteint la nouvelle taille réglementaire.Entre-temps, la femelle aura peut-être pondu une seconde fois.Les pêcheurs des îles ont également proposé de chômer le dimanche et de ne plus utiliser de gros casiers.Au moins, et contrairement à la crise de la morue, on n’attend pas que la situation soit désespérée pour agir.Autre point positif : scientifiques et pêcheurs semblent se parler.et se comprendre ! • mnaissez-vo./ ?les moi, oui.L on je suis pour la santé ! environnement, ?nsojue ! un Mon environnement s’est amélioré.En effet, la dépollution de mon milieu, menée depuis une dizaine d'années, a réduit les polluants qui s'y trouvaient.Dans plusieurs cours d'eau du Québec et dans le Saint-Laurent, la contamination chimique par les métaux lourds, les BPC et autres contaminants a grandement diminué, ce qui a eu pour effet d’améliorer ma qualité de vie, et donc la vôtre.J’ai des propriétés nutritives remarquables et je suis digne de la plus fine gastronomie.Je suis riche en protéines et en vitamines, donc très nutritif.Je contiens des acides gras essentiels de type Omega-3 qui sont bénéfiques pour la santé.—"^UNE IIIRTE Jéjuster.our me Il n’y a aucune restriction pour les poissons d’eau douce comme le grand corégone, l'omble de fontaine et les autres truites.Il n'y en a pas non plus pour l'éperlan arc-en-ciel, le saumon de l’Atlantique, le poulamon et l’alose savoureuse; c'est aussi le cas pour les espèces marines comme la morue, le flétan, la sole et la plie.Par contre, je vous conseille de ne pas manger plus d’une fois par semaine de la barbotte, du crapet, de l'esturgeon, de la lotte, du meunier ou de la perchaude.Enfin, je vous recommande de ne pas consommer plus de deux fois par mois du doré, du brochet, de l'achigan, du maskinongé ou du touladi (truite grise).B Gouvernement du Québec Ministère de la Santé et des Services sociaux Québec a a a a Québec Science/Juin 1999 33 La dimension cachée par Raynald Pepin Dure vie que celle de jardinier amateur ! En mai, on s’inquiète d’un gel éventuel; en juin, des bibittes; en juillet, des champignons.Et durant tout l’été on craint les grandes chaleurs : on a peur que nos fleurs n’aient le rosier sec.Heureusement, la technologie moderne nous a pourvus d’un attirail anti-sécheresse sophistiqué : pistolets et tuyaux d’arrosage, arrosoirs et autres arroseurs oscillants ou rotatifs.Arrosons donc notre pelouse qu’on aimerait aussi verte que celle du voisin.On ouvre le robinet, et l’eau coule au bout du tuyau.À une vitesse de quelques mètres par seconde, elle ne va pas très loin.C’est parfait pour arroser le pied d’un arbre, mais pas tout le jardin.Plaçons maintenant notre pouce sur le bout du tuyau.L’eau sort en un jet en éventail qui se rend beaucoup plus loin.Pourquoi l’eau jaillit-elle ainsi ?Lui donne-t-on de l’énergie ?Non, on ne donne pas une « poussée » à l’eau.En plaçant le pouce sur l’orifice du tuyau, on obstrue l’écoulement et on réduit le débit d’eau; en fait, on arrose plus loin mais moins ! J’ai vérifié : il me fallait 37 secondes pour remplir un seau en laissant l’eau couler librement et 64 en mettant le pouce au bout du tuyau.Si on diminue le débit, l’eau coule moins vite à l’intérieur du tuyau, ce qui diminue le frottement entre l’eau et la paroi interne du tuyau.Comme l’eau perd moins d’énergie, la pression au bout du tuyau est plus grande.En sortant du tuyau, la pression de l’eau L A SCIENCE DANS L A V I E QUOTIDIENN Les fleurs ont soif Sortons nos tuyaux et nos arrosoirs ! Tout ce qu'il nous faut, c'est de l'eau., et un peu de pression.chute à la pression atmosphérique et l’énergie liée à la pression de l’eau se transforme en énergie cinétique, augmentant la vitesse du jet.Plus la pression à l’intérieur du tuyau est élevée, plus la chute de pression est grande et plus l’eau jaillit rapidement.Arroser avec le pouce est pin@collegeahuntsic.qc.ca).Pour le moment, contentons-nous de constater ce curieux phénomène.Trimbaler l’arrosoir dans tous les coins du jardin est une tâche plutôt pénible.Le pistolet d’arrosage semble une bien meilleure solution.Là encore, le jardinier doué d’un bon sens tuyau.Comme on l’a vu précédemment, quand l’eau coule, la pression à l’extrémité du tuyau diminue : le tuyau est donc moins gros.Quand l’eau ne coule pas, la pression est maximale — elle est identique à celle du système de distribution d’eau —, et le tuyau se gonfle au maximum.' très fatigant pour les muscles fléchisseurs de ce doigt.Essayons l’arrosoir.En le remplissant, on remarque un phénomène curieux : quand on approche le bout du tuyau du fond de l’arrosoir, on a l’impression que le tuyau est légèrement aspiré vers le fond.J’ai consulté deux spécialistes de mécanique des fluides à ce sujet.La cause du phénomène ne semble pas évidente : tourbillons, effet Bernouilli, etc.?Si vous en savez plus, écrivez-moi (raynald.pe- de l’observation remarque un phénomène intéressant : quand il appuie sur la détente du pistolet, le tuyau se contracte.Quand il relâche la détente, le tuyau se gonfle.Pas de beaucoup : avec un pied à coulisse, j’ai mesuré une variation d’environ 0,1 millimètre, en faisant la moyenne de différents points du tuyau.Et encore, je ne garantis pas l’absence de biais expérimental.Ces contractions et gonflements résultent des variations de pression à l’intérieur du Une autre option encore moins fatigante est d’installer un arroseur automatique.Pour le placer bien au centre du jardin, on le traîne, alors qu’il fonctionne, en tirant sur le tuyau.Mais il m’est déjà arrivé de déplacer une section du tuyau vers l’endroit où se trouvait l’arroseur en le poussant.Étonnamment, l’eau a coulé moins fort que la normale pendant un bref instant, puis plus fort pendant un autre instant aussi bref.lir.T ¦ T- 34 Québec Science/Juin 1999 Dans le prochain numéro •«ïi i'ie •4» r''.t- Pourquoi ?Commençons par une analogie.Si vous marchez vers l’avant dans un autobus qui accélère, votre vitesse par rapport à l’autobus diminue.De la même façon, l’écoulement de l’eau ralentit temporairement dans la section du tuyau que l’on met en mouvement.Si l’eau ralentit dans cette section, la pression diminue en aval et augmente en amont, toujours temporairement.Ces zones de basse et de haute pression se propagent dans le tuyau, en suivant l’écoulement de l’eau.Quand la zone de monté le mien car il était bloqué; contrairement à mon habitude, j’ai réussi à le remonter et à le faire fonctionner.C’est une belle mécanique.L’eau arrivant du tuyau passe d’abord dans une turbine (roue à aubes) avant de se rendre dans le bras oscillant.La turbine actionne une série de vis sans fin et de roues dentées formant engrenage.La dernière roue dentée fait tourner une tige qui contrôle le mouvement de l’arbre oscillant.Plusieurs arroseurs rotatifs sont encore plus simples.L’eau entre dans l’arroseur et monte 'ou If mil illÉ basse pression arrive à l’extrémité, l’eau coule moins fort.Évidemment, quand on décé-llère la section du tuyau pour ¦l’immobiliser, tout est inversé et une zone de pression élevée projette l’eau plus loin, encore temporairement.Il existe différents types d’arroseurs automatiques : os-.cillants, rotatifs, canons, etc.ü L’arroseur oscillant classique comporte un tuyau métallique a horizontal percé de trous qui va et vient lentement.Comment ça marche ?J’ai dé- vers la tête rotative, dont elle sort par des tuyaux courbés.La portion courbe des tuyaux exerce une force sur l’eau pour infléchir sa trajectoire; en réaction, l’eau pousse sur les tuyaux et fait tourner la tête rotative, ce qui permet un arrosage circulaire.Finalement, si l’arroseur ne convient pas lui non plus, 0 reste la pluie ou le fusil à eau.C’est cette dernière solution que préfèrent mes enfants, mais ils n’arrosent pas que le jardin.• L'aventure, c'est l'aventure Parler aux extraterrestres, vivre avec les ours, découvrir la vie des cannibales.La science prend parfois l’allure d’une aventure.Sinon, c’est l’aventure qui cache une bonne dose de science.Les explorateurs d’aujourd’hui en savent quelque chose.Nous avons recueilli leur témoignage.Indiana Jones peut aller se rhabiller.Un dossier de Philippe Chartier, Louise Desautels, Catherine Dubé, Marie Pier Elie, Normand Grondin et Vincent Sicotte.Le bon usage du soleil On le sait : un bain de rayons UV n’est pas sans risque, et U y a même des écrans solaires à proscrire.Voici votre premier vrai guide d’utilisation du soleO par Catherine Dubé Le rendez-vous de l'Acfas 1999 Chaque année, le congrès de la vénérable Association cana-dienne-française pour l’avancement des sciences constitue une occasion unique d’échanges entre chercheurs.Et, comme chaque année, Québec Science y a dépêché une équipe de journalistes.Ils nous rapportent les nouvelles les plus percutantes sur le front de la recherche.100 ans de science : 1060-1000 La conquête de l'espace Un monde jusque-là inaccessible sera conquis avec éclat.Puis, le 20 juillet 1969, c’est l’apothéose : on marche sur la Lune.par Vincent Sicotte Cœur de rechange Les médecins tentent de greffer un nouveau cœur à un patient.Le témoignage du docteur Grondin qui a effectué cette première opération à Montréal.par Emmanuelle Bergeron Québec Science/Juin 1999 35 ans science ure 100 événements et découvertes qui ont le ZXe siècle marque 1900.1909 1910.1919 to «lUtotvw.to u-togrMto.uns W.tos un mnrntoUu.tos ctuomosonici rjivj^'hcv to Fan) T.la i>t>0Tnyi*pn«an cûidninL la i 1940-194* ‘^7% 1970.1979 >0*1959 La série 100 souvenir .(en., o».Science CI Pratt & Whitney Canada L'affiche du siècle 100 découvertes et événements marquants du XX® siècle Format : 18 po x 36 po Magnifiques photos couleurs Livrée chez vous en tube postal Seulement 8,95 $ ¦¦¦: (6,95 $ + taxes pour les abonnés) 1 800 667-4444 Montréal : (514) 875-4444 Offre valide jusqu'à épuisement des stocks es et des jeux par Jean-Marie Labrie Jeu n° 65 Un triangle en morceaux Dans un triangle quelconque ABC, tracez 3 segments de droite à partir du sommet A, 5 à partir du sommet B et 4 à partir du sommet C.Les segments de droite rejoignent le côté opposé à chaque angle, et aucune intersection n'est commune à plus de deux segments de droite.En combien de régions distinctes le triangle est-il partagé ?Jeu n° 66 Une série infinie.un nombre fini ! Montrez que, dans la série suivante, la somme est égale à 2.La lettre n correspond au rang du terme dans la série.1 + 1/2 + 1/6 + 1/12 + 1/20 + .+ 1/n(n+1) + .Solutions de mai Jeu n° 63 Le plus grand produit 964X8 753 = 8 437 892 Notez que les chiffres des deux nombres sont en ordre décroissant.En fait, on les choisit de la façon suivante : 1" nombre 9 96 964 2e nombre 8 87 875 8753 Jeu n° 64 Cinq coups de crayon ! A D 5 cm 5 cm 5 cm Les triangles AGB, AGE et AEC ont la même aire : ils ont la même hauteur et des bases qui ont la même mesure.Les triangles ACF, AFH et AMD ont aussi la même aire : ils ont la même hauteur et des bases qui ont la même mesure.Par conséquent, les aires du triangle ABE, du quadrilatère AECF et du triangle AED sont équivalentes.Erratum Dans le numéro d'avril, une erreur s'est glissée dans la solution du jeu n° 60 (un des triangles n'était pas acutangle).Voici la vraie solution.Niveaux de difficulté : débutant ; : intermédiaire : expert 36 Québec Science/Juin 1999 «laine C (ironique Infernet iWlllt jmeots PAR PHILIPPE CHARTIER • chartiep@cybersciences.com Bizarre, bizarre.La convergence technologique conduit parfois à quelques extravagances.Futilité ou avant-gardisme ?test terne «P: Rien ne semble à l’épreuve d’Internet.Des caméras aux téléphones Internet, en passant par les stations de radio et de télé qui diffusent maintenant sur le Web, Internet s’approprie tranquillement tout ce qui est à sa portée.Dans les cercles branchés, on appelle ce phénomène « convergence technologique ».Dans la lancée, des réalisations pour le moins curieuses apparaissent.PoIiceScan-ner.com (1), par exemple, donne un accès direct aux échanges radio des forces policières de New York, de Los Angeles et de Dallas.Un grand pas dans la diffusion de l’information ou, plus vraisemblablement, un coup de marketing ?Si on peut s’interroger sur l’utilité de certaines initiatives, d’autres réussissent malgré tout à susciter notre étonnement — sinon à nous faire sourire — devant le savoir-faire technologique déployé par leurs auteurs.Ainsi, 0 y a quelques années, un informaticien désoeuvré — de son propre aveu — avait « mis en ligne ».sa voiture.Les internautes pouvaient ainsi consulter en tout temps l’odomètre de sa Chevrolet Cavalier 1986.(Mais rien n’est parfait en ce bas monde : aucune option ne permettait aux visiteurs de conduire eux-mêmes le véhicule.) Cette expérience insolite de convergence Web-automobile semble toutefois terminée.Dommage.Heureusement, des esprits valeureux ne cessent de repousser les limites de la technologie.et parfois du bon goût.Au prestigieux MIT, des petits rigolos ont branché sur Internet les laveuses et sécheuses de leur dortoir (2).D’un clic de souris, on peut savoir si l’une des machines est libre.Évidemment, à l’exception des pensionnaires de l’immeuble, les adeptes de ce site risquent d’être peu nombreux.Mais il faut tout de même souligner l’audace et l’ingéniosité technique de ce projet.La palme de la convergence tous azimuts revient indéniablement à Alex van Es, un informaticien hollandais d’Appeldorn.En plus des huit caméras Internet installées aux quatre coins de son domicile, ce dernier a mis en place une batterie d’ordina-teurs qui mesurent, enregistrent et analysent les moindres faits et gestes de sa vie quotidienne.Chaque coup de sonnette à l’entrée est enregistré et présenté sur son site — baptisé Icepick (8) —, avec la photo du visiteur qui fait le pied de grue devant la porte.En plus d’afficher diverses statistiques, comme le plus grand nombre de sonneries dans une journée, Cyber Ressources (1) PoliceScanner.com : www.PoliceScanner.com (2) Random Hall Laundry : spleen.mit.edu/LAUNDRY/index.html (3) Icepick : www.icepick.com/ (4) Yahoo - Interesting Devices Connected to the Net dir.yahoo.com/Computers_and_lnternet/lnternet/lnteresting_ Devices_Connected_to_the_Net/ le site comprend un graphique qui montre leur distribution selon l’heure de la journée.Les habitudes alimentaires de Blackie, le chat de la maison, sont également minutieusement recensées et décortiquées, tout comme celles de son maître : chaque ouverture de la porte du réfrigérateur est enregistrée et photographiée.La poubelle est aussi sous étroite surveillance : un ordinatem- prend note des codes à barres de tous les emballages jetés.Répondant au défi lancé par ses admirateurs, Alex van Es a même branché ses toilettes sur le Web.La connexion aurait posé quelques problèmes, raconte l’inventeur, les toilettes n’étant pas tout à fait compatibles avec le Web.Un tableau présente donc les 20 dernières fois où il a tiré la chasse d’eau et d’autres statistiques sur ses activités digestives.« De cette manière, dit-il, vous pouvez établir un lien direct entre ce qu’il y a dans mon frigo, ce que j’ai jeté à la poubelle (c’est-à-dire ce que j’ai mangé) et ce qui en est ressorti.» Vous avez dit Big Brother ?Si ce genre de machinations numériques vous intéresse, le répertoire Yahoo a recensé toute une panoplie de bidules (du lecteur de disques compacts au train électrique) reliés à Internet (4).Et avec la venue de la technologie Jini (voir la chronique Internet de novembre 1998), ces initiatives aux frontières de l’étrange et de la futilité risquent d’être encore plus fréquentes.Mais, qui sait, peut-être en surgira-t-ü une (autre) révolution technologique ?• Québec Science/Juin 1999 37 Science et culture Prométhée s'ennuie Un survol un peu rapide des grandes contributions de la science à l'évolution de notre société.par Roger Tétreault Au début des années 80, Jean-René Roy, astrophysicien et professeur au département de physique de FUniversité Laval à Québec, nous avait offert l’un des meilleures ouvrages historiques en français sur l’astronomie : L’astronomie et son histoire (PUQ, 1982).Le livre présentait magistralement le contenu et le développement de cette science.Un travaü impeccable de vulgarisation.Les héritiers de Prométhée qu’il vient de signer ne soulève pas le même enthousiasme.Le propos du livre est ambitieux : exposer la nature de la démarche scientifique, en esquisser les effets sur la société et en évaluer le rôle dans le développement de la civilisation et de la culture.Tout un programme ! Jean-René Roy place son ouvrage sous le patronage du mythe de Prométhée, ce héros de la Grèce antique puni par les dieux pour avoir apporté la connaissance aux hommes.Il y aurait beaucoup à dire sur les mythes et l’utilisation souvent pernicieuse que nous en faisons.Ce n’est pas la place ici.Mais une première remarque s’impose : l’association d’une certaine culpabilité à la connaissance est une névrose exclusive à la tradition religieuse judéo-chrétienne (donc, occidentale).Elle n’a rien d’universel, comme l’auteur semble le prétendre.Dans les mythes fondateurs de la plupart des grandes civilisations, chez les Mésopotamiens, les Égyptiens, les Chinois, les Toltèques et les Mayas, pour ne citer que ceux-là, c’est tout le contraire que nous constatons.La connaissance est célébrée, et ceux qui symbolisent son avènement sont élevés au rang de grands ancêtres bienfaiteurs.Le livre est jalonné de questions pertinentes et de préoccupations fort actuelles qu’il n’est jamais vain de rappeler.Mais, de la part d’un astrophysicien compétent qui aborde régulièrement les grands enjeux de la connaissance, la nourriture intellectuelle proposée est plutôt frugale.Parce qu’une « nourriture intellectuelle » substantielle va au-delà d’une simple énumération de résultats ponctuant une chronologie historique où tout contexte a été évacué.Si un lexique décrit une langue, il n’en est pas sa littérature.Dès les premières pages du livre, nous sommes propulsés à la vitesse d’un TGV dans une course à obstacles où s’accumulent, pêle-mêle, des dates historiques, des découvertes scientifiques, des applications techniques, des questions d’éthique du savoir et des bribes de philosophie des sciences.Les ponts d’une idée à l’autre prennent souvent l’allure de sauts quantiques (je dirais d’« effets tunnel »).Par exemple, les esquisses des théories de la relativité et de la mécanique quantique sont trop sommaires et trop floues pour faciliter notre compréhension.Un choix plus restreint d’exemples, et élaborés plus judicieusement, aurait pu améliorer sensiblement le contenu du livre.a culture scientifique de notre société est encore très mince, bien que l’idée contraire soit le plus souvent véhiculée.Le propos de l’auteur, qui oscille entre l’almanach des sciences et l’homélie sulpicierme, n’aide pas la cause.Le parcours nous laisse un arrière-goût de travaü bâclé : utüisation de termes peu expliqués (« heuristique négative », p.77), confusion méthodologique dans les exemples proposés (p.62), télescopages verbeux qui escamotent l’essentiel en deux coups de cuillères à pot (p.98), quand ce n’est pas tout simplement des platitudes morales (p.160).Un peu plus de rigueur dans la réflexion aurait permis d’éviter des clichés du type « l’astrophysique a ramené la dimension cosmique de l’humain au rang d’insignifiance » (p.180).Le verdict est un peu hâtif : un glissement graduel, au fil du développement de nos connaissances, vers de nouveaux horizons de signification n’équivaut pas à un constant d’insignifiance.Sommes-nous si certains, déjà, de notre identité ?La philosophie des sciences est un sujet marécageux parce que très exigeant.Si on veut transcender le propos de café en tout cas.On sait depuis longtemps déjà que la phiïoso-phie est fondamentalement l’expression de notre perception de la réalité extérieure et de ses rapports avec nous.Cette perception est intimement liée à notre façon de l’exprimer dans un langage choisi.Dans le champ de la connaissance scientifique, les relations entre tous ces termes sont particulièrement névralgiques.On ne peut réfléchir sur la science en évacuant son contenu épistémologique.Des dizaines d’ouvrages en anglais destinés au grand public ont su rendre accessibles et stimulantes des réflexions de haut niveau sur la science.Je ne vois pas pourquoi le public québécois ne pourrait bénéficier, dans sa langue, de lectures de même qualité.• Les héritiers de Prométhée, par Jean-René Roy.Presses de l'Université Laval, 1998, 202 p., 25 $.rlÂfi iS ÉÊ/Lj' Jean-René U' 4 de bore tes!» dans le: baifii beauto «ous in estate niitiitioi lajast Québet Ain avait sa laberge tettetài kfiiai IHitk > iistntj rinfam l'eir [îp)(sa jwidep tes.les ®elong Peisqe années nodes n «oecé 'aller, i; If Drirn, i “lentes o tonvei US! Srai)( % 38 Québec Science/Juin 1999 À signaler v’iüm ¦tJF'lï- «lai defti- a:-;- ¦il lit wde dtsitfi- M't, lt», lilt! sam pp iiorai dtpffi / ; .sitœ- K ii K ii;11-' ¦ a.¦ptalif- ittitfl- ejiiiiéri’ ¦ .Pique-niques extraordinaires Cuisiner dehors ?Un bonheur pour la nutritionniste Odile Dumais, qui a eu la bonne idée de regrouper de bons conseils et quelques recettes faciles à réaliser, que l'on soit dans les monts Torngat ou sur une banquise de l'Arctique.Mais La gastronomie en plein air est beaucoup plus qu'un simple livre de recettes.L'auteure nous initie au « bien-manger » pour pagayer, pédaler ou escalader en mettant à profit les connaissances en nutrition.La gastronomie en plein air, par Odile Dumais.Éditions Québec Amérique, 1999, 234 p., 24,95 $.>leinair .ijrïîj Au-delà des apparences Les images d'indiens à plumes font souvent office de clichés.Mais comment étaient-ils donc vraiment vêtus, tatoués, maquillés et coiffés, ces premiers Américains ?Un grand ménage des idées reçues sur les « Indiens » s'imposait.D'autant plus que l'on peut présumer que chaque nation amérindienne avait sa propre culture d'apparat.L'anthropologue Marc Laberge et l'illustrateur François Girard se sont attelés à cette tâche pour le peuple algonquien dans Affichets, ma-tachias et vermillon.Par la même occasion, ils réécrivent un peu l'histoire du Canada et du Québec.Chose certaine, les films rappelant l'époque de la Nouvelle-France ne pourront plus user de clichés sur les Algonquiens.Affichets, matachias et vermillon, par Marc Laberge (illustrations de François Girard).Éditions Recherches amérindiennes au Québec, 1999, 228 p., 25 $.Marc Laberge ffiquets, matachias et vermillon L'empire du gel Le paysage québécois a été en grande partie sculpté par les glaces.Les Laurentides, la Côte-Nord, la Gaspésie porteront encore longtemps la marque de ces hivers qui ont duré des milliers d'années.Le livre Les grandes glaciations est consacré à ces périodes pendant lesquelles le Québec était tout à fait inhospitalier.Le sujet est fascinant, mais le propos, écrit par un professeur au département des sciences de la Terre de l'Université du Québec à Montréal, est plutôt du genre savant.Les géologues, archéologues, géographes ou ceux et celles qui entendent le devenir y trouveront néanmoins leur compte.Une référence.Les grandes glaciations, par Pierre Pagé.Éditions Guérin, 1999, 492 p., 55,50 $.•¦rr rl U -Inaisrst “.I.I I”,.,;: MH III» Pierre Piuic 1 MYIWIti 111 VI tOLC » VI ¦MS 9www.cyberaclencfla.com 7e édition „• Kr-rck® Science Plus de : bonnes adi > Jlr 6 grands circuits thématiques 200 destinations triées sur le volet 104 pages d'informations sur la programmation, les heures d'ouverture, les tarifs des cartes, des photos, un index complet des sites, etc.4,95 $ plus taxes en kiosque Le dernier-né des populaires guides de Québec Science Il est sorti ! f Internet*Le." 19911 LE GUIDE Quebec Science/Juin 1999 41 5684 Le samedi 7 mars 1953, il y avait de l’ambiance au pub Eagle, près du campus de l’université de Cambridge, en Angleterre.Profitant d’un moment de calme relatif, Francis Crick se redresse fièrement, demande la parole et déclare à la ronde en levant son verre de bière : « À votre santé et à la nôtre ! Jim et moi venons de découvrir le secret de la vie ! » Le secret de la vie ?Crick exagérait peut-être, mais si peu.Ce matin-là, lui et Jim Watson (qui racontera plus tard cette anecdote) avaient mis la dernière main à une maquette représentant la structure d’une molécule très singulière, celle de l’acide désoxyribonucléique, ou ADN.La maquette était plus haute qu’un homme.Faite de bouts de fil de fer et de laiton disposés autour d’une tige verticale, elle ressemblait à une sorte d’escalier en colimaçon, aérien et compliqué.C’est Watson-le-maladroit qui l’avait montée, sous l’œil ironique de Crick.Achevée, elle avait l’air d’un caprice de bricoleur.Néanmoins, pour un spécialiste, cette double hélice fournissait la réponse à deux questions fondamentales qui La vie, f ¦ itao»' allai ce mode d’emploi Dans la seconde partie du siècle, la biologie devient la discipline reine grâce à James Watson et à Francis Crick, qui élucident la structure de l’ADN.En avril 1953, devant un parterre de scientifiques, Watson en était presque sans voix : « Elle est belle, voyez-vous, elle est tellement belle ! » Ce mystère fondamental déchiffré, la biologie moléculaire pouvait décoller.ifivanti at»®?(failed1 tBiilami tperten tiiMiit par Jean-Pierre Rogel OHe* James Watson (à gauche et Francis Crick : « Nous venons de découvrir le secret de la vie.» piécéec' Ik, elle le IlaW leïalsoi Mit mai fieleapp "¦dés itatliren fesiiil» Celle stmet Matière; r 42 Québec Science/Juin 1999 5604 «reine lure Je ison en lemenl aire obnubilaient les chercheurs depuis plusieurs décennies : comment la vie se transmet-elle au niveau le plus fondamental, celui des molécules du vivant ?Comment les gènes sont-ils transmis, de génération en génération ?En proposant cette structure pour l'ADN, l’Américain Watson et le Britannique Crick venaient de percer ces deux mystères et de mériter au passage le prix Nobel de médecine, qui leur sera attribué en 1962 (de concert avec Maurice Wilkins).Dans les jours suivant ce 7 mars 1953, les quelques chercheurs qui défilèrent dans leur petit laboratoire à Cambridge en furent convaincus : ce modèle était meilleur que tous ceux qui l’avaient précédé; c’était la bonne solution, elle tenait la rampe.À la fin de mars, la sœur de Watson dactylographia un court manuscrit de 900 mots, qu’elle apporta elle-même à la revue Nature.Publié dans l’édition du 25 avril, l'article commençait sobrement : « Nous désirons proposer une structure pour le sel de l’acide désoxyribonucléique (ADN).Cette structure possède des caractères nouveaux d’un intérêt biologique considérable.» La formulation est plutôt modeste pour deux jeunes chercheurs — Crick a 36 ans, Watson, 25 qui viennent d’effectuer la découverte la plus sensationnelle du siècle en biologie.Mais, après tout, il est peut-être préférable d'être modeste dans son milieu professionnel, quitte à se vanter dans un bar, vene à la nain es historiens ont coutume de décrire cette -i découverte comme un tournant dans l’évolution des sciences de la vie, notamment m génétique.Le XX‘ siècle tioïncide justement avec la raissance de la génétique : en 1900, on redécouvre les tra-aux du moine Gregor Mendel.L'ADN, tel que vu par les microscopes à effet tunnel.Le botaniste autrichien a laissé des lois générales qui rendent compte de la transmission des caractères héréditaires.Sa découverte la plus essentielle est que chaque caractère observé (la couleur d’un pois, par exemple) est gouverné par deux facteurs reçus, l’un du père, l’autre de la mère.Mais Mendel ne sait pas ce que sont ces facteurs, ni de quoi ils sont faits.En 1911, le Danois Wilhelm Johannsen baptise « gènes » les portions de chromosomes qui, dans chacune de nos milliards de cellules, portent les caractères génétiques.En 1944, un médecin d’origine canadienne, Oswald Avery, établit que les gènes sont faits d’un acide dit désoxyribonucléique.Désoxyribo, parce que cet acide contient un sucre ribose auquel il manque un atome d’hydrogène, et nucléique, parce qu’il se trouve dans le noyau de la cellule.La scène étant ainsi posée, les historiens présentent en général James Watson et Francis Crick comme le brillant duo qui « découvre la structure de l’ADN et déchiffre le code génétique ».Outre que la dernière partie de la phrase est une exagération (le code génétique sera déchiffré un peu plus tard, en partie par Crick et en partie par- Marshall Nirenberg), cette façon de présenter les choses éclipse un phénomène unique à ce siècle : une formidable convergence de la physique et de la chimie avec la biologie.Ce n’est sans doute pas un hasard si Crick était physicien de fonnation et si Watson s’intéressait à des questions plutôt en marge des grands courants de la biologie.Après avoir passé sa maîtrise à 19 ans, le jeune prodige américain s’était intéressé aux phages, des virus qui infectent les bactéries.Intrigué par les acides nucléiques de ces virus, il avait décidé d’explorer un peu plus leur biochimie, science dans laquelle il professait être plutôt ignorant.Son stage postdoctoral à Copenhague en biochimie fut, précise-t-il avec sa franchise habituelle, « un flop total » sur les plans personnel et professionnel, mais il lui laissa du temps pour courir les congrès scientifiques.James Watson raconte aussi avec quel émerveillement il a découvert, sous le chaud soleil de Naples (il a 23 ans, et les femmes sont belles.), les progrès récents de la cristallographie aux rayons X.Cette technique, initialement mise au point par les physiciens poulie monde inanimé, commençait à servir pour l’exploration des protéines.Pour le jeune Watson, c’est une révélation.Si on arrivait à cristalliser les gènes, se dit-il, on accéderait au niveau le plus fondamental de la cellule, celui des atomes.Francis Crick, lui, avait fait le chemin inverse.En tant que physicien expérimenté, il connaissait bien la cristallographie, mais il n’était pas familier avec ses applications dans le domaine des protéines.Il s’intéressait, disait-il dans sa demande de fonds de recherche, « aux distinctions entre le vivant et le non-vivant au C'est un médecin d'origine canadienne, Oswald Avery, qui a établi que les gènes sont faits d'un acide désoxyribonucléique ou ADN.Québec Science/Juin 1999 43 niveau atomique », ce qui en faisait un physicien hors de l’ordinaire.Il avait été fasciné par la lecture de Qu est-ce que la vie ?d’Erwin Schrodinger, un des fondateurs de la mécanique quantique.Avec ces parcours opposés mais remarquablement convergents, les deux hommes étaient faits pour s’entendre.A Cambridge, dès leur première rencontre, ils tombent d’accord : la clé de l’hérédité au niveau moléculaire est accessible par des techniques physico-chimiques raffinées, et c’est l’ADN qui va la livrer.Sur ce dernier point, leurs idées sont à contre-courant de celles de la majorité des biologistes de l’époque, qui pensent que le secret de l’hérédité se cache dans les protéines et non dans les acides du noyau.Mais, pour Watson et Crick, la question est réglée depuis les travaux d’Oswald Avery à New York, et la suite démontrera qu’ils avaient raison.C9 est sur ces prémisses qu’ils se lancent dans une chasse qui va durer deux ans.Outre la composition chimique de l’ADN (sucre, phosphate, bases azotées), les indices dont ils disposent viennent essentiellement de clichés de diffraction aux rayons X d’ADN, clichés dus principalement à Maurice Wilkins et à Rosalind Franklin, du King’s College de Londres.En élaborant successivement plusieurs modèles moléculaires, Watson et Crick finiront par trouver une structure qui satisfait à toutes les données physiques et biochimiques.Le parcours est toutefois semé d’embûches et de déceptions.En novembre 1951, Watson assiste à une conférence éclairante de Rosalind Franklin, à Londres.Il en revient très excité et convainc Crick que la solution est à la portée de la main.Les deux hommes s’enferment pour résoudre de nou- malaoies ARTE Les 6 mots clés de la biologie moléculaire ADN (acide désoxyribonucléique) : molécule servant de support à l'hérédité, constituée de l'enchaînement de nucléotides et capable d'auto-réplication.Chaque nucléotide est formé d'un sucre, d'un groupement phosphate et d'une des quatre bases, représentées par les lettres A, C, G et T.Code génétique : manière universelle dont les êtres vivants emmagasinent l'information génétique; correspondance entre des triplets de bases de l'ADN et les acides aminés.Gène : unité fondamentale de l'hérédité.Séquence d'ADN, localisée sur un chromosome, qui commande (sauf rares exceptions) la production d'une protéine particulière.Génie génétique : ensemble de techniques qui permettent de modifier l'information héréditaire d'une cellule vivante afin de lui faire accomplir des fonctions différentes; le génie génétique conduit à une « reprogrammation » cellulaire.Génome : patrimoine génétique ou ensemble des instructions génétiques d'un organisme donné portées par les gènes.Initialement estimé à 100 000 gènes, le génome humain compterait plutôt, selon un récent estimé, autour de 70 000 gènes.Ce n'est pas énorme; celui du triton, par exemple, est 15 fois plus gros ! Protéine : molécule tridimensionnelle dont la synthèse est commandée par un gène.Cheville ouvrière de l'organisme, elle est formée de chaînes d'acides aminés et repliée sur elle-même en une forme caractéristique.Ses fonctions sont très variées.velles équations physico-chimiques et croient toucher au but.La modélisation est intéressante, car elle permet de traduire la disposition des atomes en trois dimensions, tout en concrétisant l’architecture de l’ensemble.Avec des matériaux bricolés, Watson se lance donc dans une première maquette, mais le résultat n’est pas convaincant.Ce modèle, une triple hélice, ne respecte pas les liens hydrogènes connus et n’explique pas comment la molécule pourrait se reproduire.Bref, ça ne marche pas.En fait, Watson a commis plusieurs erreurs, les plus importantes étant dues au fait qu’il n’a pas pris de notes lors de la conférence de Rosalind Franklin et qu’il a mal compris ce qu’elle a dit.Les tentatives suivantes, quelques semaines plus tard, ne sont pas plus fructueuses.Cette fois, le patron du laboratoire intervient et leur intime de se consacrer à autre chose.De mauvais gré, les deux trouble-fête font mine de ranger leur matériel, mais ils ne cessent de discuter de la fameuse structure : quelles forces relient les groupes phosphates au reste ?Combien d’hélices y a-t-il ?Comment les bases sont-elles disposées ?Il y a plusieurs modèles possibles, et une course est entamée dans le monde.À l’automne 1952, les deux complices obtiennent la permission de reprendre leurs travaux.Les indices sont désormais plus nombreux, et ils élaborent une autre structure, toujours sans succès.Puis, fin février 1953, c’est la percée.Cette fois, le modèle reflète toutes les données expérimentales, il explique bien l’autoréplication de la molécule, tout est là ! La structure consiste en deux brins enroulés, constitués d’un squelette de sucres et de phosphates, auquel sont attachées, vers l’intérieur, les quatre bases azotées (A pour adénine, T pour lfc|» sera» ¦CêSSiiti pmli» 44 Québec Science/Juin 1999 I W
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