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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1999, Collections de BAnQ.

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Découverte système solaire Volume 38, numéro 1 Septembre 1999,4,35 $ BNQ m ience L'école casse-tête Réussir en classe ?Terrible pour les uns, « full » facile pour les autres.Voici pourquoi.Le secret de Cléopâtre Aussi vrai qu'un diamant au Canada i cybersciences.com 100 ans de science 773333019949 56 Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 Le Journal/Revue Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 LA découverte du siècle : à vous la parole ! Québec Science achève de parcourir les 100 dernières années de science.Les lecteurs auront pu mesurer la somme inouïe de découvertes qui ont transformé la société depuis le début du XXe siècle.Faut-il le rappeler : cette explosion de connaissances et d’innovations est unique dans l’histoire humaine.Notre époque aura été résolument scientifique.Et on est tenté de se demander quelle découverte a le plus profondément changé notre quotidien, notre société.Le grille-pain ?L’avion ?Le nylon ?La télé ?La pilule anticonceptionnelle ?L’ADN ?Le tracteur ?La relativité restreinte ?La conquête de la Lune ?Le Tupperware ?Le transistor ?Quelle est, selon vous, la découverte du siècle ?Nous serions intéressés à connaître votre opinion à ce sqjet.Faites-nous part de votre choix et dites-nous brièvement pourquoi.Le fruit de vos réflexions sera publié dans un prochain numéro de Québec Science.Cette « image » du siècle constituera un véritable témoignage pour ceux et celles qui se demanderont dans 25,50 ou 100 ans ce que nous avons retenu des années 1900.Envoyez-nous vos réponses avant le 30 septembre 1999 par courrier électronique (rlemieux@mlink.net) ou par la poste à l’adresse suivante : Québec Science, Un siècle de science, 3430, rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2X 3L3.Une erreur muséologique ?Au moment où ce numéro allait sous presse, le Centre muséographique de l’Université Laval était sur le point de fermer.Et cela pour une période d’au moins deux ans.Il s’agit pourtant du seul grand musée de sciences naturelles à l’est d’Ottawa, relève la Société zoologique de Québec.Son président, Conrad Bernier, nous a envoyé une lettre dans laquelle il nous fait part de son étonnement et de sa déception devant une telle fermeture, précisant qu’elle constitue une déplorable erreur muséologique.« Aucune autre université au Québec ne peut se vanter d’avoir sur son campus un musée d’une telle richesse de collections, notamment en minéralogie, en paléontologie, en entomologie, en archéologie et en anthropologie.La réalisation du Centre muséographique a nécessité des efforts de con- Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca ception échelonnés sur un quart de siècle et des investissements de plusieurs millions de dollars pour rendre accessible à la communauté universitaire, au milieu scolaire et au grand public une portion importante de ces collections, qui dans une certaine mesure font partie du patrimoine.(.) La décision du Conseil exécutif de l’Université Laval de fermer le Centre muséographique, même si ce n’est que pendant deux ou trois ans, nuira considérablement à la reprise de la fréquentation par une clientèle qui en aura oublié l’existence.» Nous acceptons de temps à autre de communiquer notre liste d'abonnés à des organismes et des entreprises quand nous croyons que leurs produits ou services peuvent intéresser nos abonnés.Cependant, les demandes qui nous sont adressées sont acceptées avec parcimonie à la lumière de la bonne réputation des requérants et de l'intérêt des produits et services qu'ils offrent La plupart de nos abonnés apprécient ce service.Si vous ne souhaitez pas que votre nom figure sur cette liste, faites-le-nous savoir par écrit en nous indiquant votre nom, votre adresse ainsi que votre numéro d'abonné.nce CEGEP de Jonquière Publié par La Revue Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 courrier@QuebecScience.qc.ca www.cybersciences.com DIRECTION Directeur général : Michel Gauquelin Directeur de l’administration : Marc Côté Adjointe administrative : Nicole Lévesque RÉDACTION Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Adjoints à la rédaction : Natalie Boulanger, Normand Grondin Comité de rédaction : Patrick Beaudin, Jean-Marc Carpentier, André Delisle, Jean-Marc Fleury, Michel Groulx, Jean-Claude Guédon, Rosemonde Mandeville, Isabelle Montpetit, Anne-Marie Simard, Pierre Sormany, René Vézina Ont collaboré à ce numéro : Bernard Arcand, Emmanuelle Bergeron, Catherine Dubé, Stéphane Batigne, Philippe Chartier, Johanne David, Gilles Drouin, Louise Desautels, Marie Pier Elie, Louis-Gilles Francœur, Fabien Gruhier, Jean-Marie Labrie, Raynald Pepin, France Picard, Jean-Pierre Rogel et Vincent Sicotte Illustrations : Marc Cuadrado, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Dominique Boucher PRODUCTION Direction artistique : Normand Bastien Séparation de couleurs, pelliculage électronique et impression : Interweb COMMERCIALISATION Diffusion et promotion : Hélène Côté Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques ABONNEMENTS Tarifs (taxes incluses) Au Canada À l'étranger 1 an (10 numéros) 41,35 S 54$ 2 ans (20 numéros) 71,26$ 95$ 3 ans (30 numéros) 98,87 S 139$ À l'unité 5,00$ Non disponible Groupe (10 ex./même adresse) 37,60 $ Non disponible Pour abonnement et changement d'adresse QUÉBEC SCIENCE Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : DAWSON FRANCE, B.P.57,91871, Palaiseau, Cedex, France Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.ABONNEMENTS ET CHANGEMENTS D'ADRESSE Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 PUBLICITÉ Carole Martin Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 RÉDACTION Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Troisième trimestre 1999, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans ['Index des périodiques canadiens.© Copyright 1999 - La Revue Québec Science Imprimé sur papier contenant 50 % de fibres recyclées et 40 % de fibres désencrées (post-consommation) Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme Revues de vulgarisation scientifique et technique) et du gouvernement du Canada (Programme Sciences et Culture Canada) ?Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications 1+1 Industrie Canada Industry Canada & Membre de : The Audit Bureau CPPA Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 4 Québec Science / Septembre 1999 Actualités Le secret de Cléopâtre La coquetterie des Égyptiens fait craquer L'Oréal.La grande multinationale de la beauté a scruté le fond des petits pots égyptiens conservés au musée du Louvre de Paris pour connaître le secret de leurs cosmétiques.par Catherine Dubé La porteuse d'Auge.Ce buste exposé au musée du Louvre de Paris montre l'emploi des cosmétiques en Égypte ancienne.Ce qui suppose une maîtrise de la chimie.Les Égyptiens ont mis la chimie au service du charme et de la beauté.La preuve était figée par les siècles dans une cinquantaine de petits récipients d’albâtre, de marbre, de céramique et de roseau conservés au Louvre et provenant de sites de sépulture de l’Antiquité.Leur contenu n’a pas fini d’étonner les chercheurs de L’Oréal et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) qui en ont fait l’analyse.Les petits pots, trouvés il y a une centaine d’années, proviennent de sites de sépulture datés de 2000 à 1200 avant notre ère.Apparemment, ils contenaient tous de la galène et de la cérusite, composés de plomb qu’on savait présents dans la trousse de maquillage de Néfertiti, Ramsès et Cléopâtre.D’ailleurs, la galène, un minéral noir, est encore l’ingrédient principal des khôls employés dans certains pays d’Orient, d’Asie et d’Afrique du Nord.On la trouve telle quelle dans la nature, et les Égyptiens l’extrayaient d’un site d’exploitation assez important situé sur leur territoire.Quant à la cérusite, un composé de plomb simplement plus oxydé, on la trouve fréquemment près des filons de galène.Ce minéral blanc était l’ingrédient principal des fards égyptiens de teinte plus claire.Qu’a révélé l’examen des petits flacons ?L’analyse au microscope électronique à balayage a montré que « des traces de composés de plomb plus complexes semblaient aussi présents dans les prélèvements de poudre », dit le chimiste Philippe Walter, directeur du projet de recherche au CNRS.En fait, une méthode d’analyse plus fine, la diffraction des rayons X, a permis d’identifier deux composés de plomb blancs qu’on ne s’attendait pas du tout à voir là : la laurionite et la phosgénite.Ces minéraux sont en effet très rares dans la nature.On les observe parfois dans les résidus de la corrosion d’objets en plomb.La phosgénite est un peu plus courante que la laurionite, car elle se forme naturellement par oxydation des minéraux de plomb lorsqu’ils entrent en contact avec des eaux contenant des carbonates ou du chlore.Mais la présence de la laurionite et de la phosgénite dans la nature est trop faible pour supposer que les Égyptiens les ont extraites et utilisées dans leurs cosmétiques pendant huit siècles.Comment les obtenaient-ils ?« Nous croyons que les Égyptiens avaient trouvé le moyen de synthétiser la laurionite et la phosgénite », indique Philippe Walter.Bref, au pays des Pyramides, on savait faire de la chimie.Des textes écrits au premier siècle après Jésus-Christ par Pline l’Ancien, un naturaliste romain, et Dioscoride, un médecin grec, expliquent d’ailleurs comment faire de la laurionite.La recette aurait donc été perpétuée pendant deux millénaires.À l’époque, cette substance était utilisée pour soigner la peau et les Québec Science / Septembre 1999 5 Actualités Explorez de NOUVEAUX Horizons.Une carrière en sciences naturelles ou en génie vous intéresse?Vous pourriez obtenir une bourse pour faire de la recherche.Le CRSNG (Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada) est chargé de promouvoir et d’appuyer la recherche universitaire et d'y effectuer des investissements.Une bourse de recherche, du premier cycle au niveau postdoctoral, peut donner un essor à votre carrière et contribuer à votre réussite professionnelle.CRSNG NSERC Investir dans les gens, la découverte et l'innovation Investing in people, discovery and innovation Pour obtenir plus de renseignements, dont les dates des concours et les échéanciers, veuillez vous adresser à la : SKR mmt C'est en examinant les restes de fards dans des petits pots exposés au musée du Louvre depuis plusieurs années que les chercheurs ont pu comprendre la composition chimique des produits de beauté de l'ancienne Égypte.yeux : la présence de chlore dans la laurionite en faisait peut-être un désinfectant, croient les chercheurs.La recette était à base d’« écume d’argent purifiée » (en fait, de l’oxyde de plomb), résidu minier des mines de galène argentifère des empires grec et romain.Les Égyptiens, eux, passaient sans doute la galène au feu pour obtenir cette « écume », car leur mine n’était pas argentifère.L’oxyde de plomb était broyé puis mélangé avec de l’eau et du sel gemme (qui donnait son atome de chlore, com-prend-on aujourd’hui).On devait ensuite filtrer le tout et changer l’eau tous les jours pendant plusieurs semaines pour stabiliser le pH, jusqu’à ce que le mélange rouge au départ devienne complètement blanc.Pour faire de la phosgénite, on ajoutait du natron (principalement des carbonates de sodium) au mé- lange au début de l’opération.Les chercheurs de L’Oréal et du CNRS ont refait ces manipulations.Ce qu’ils ont obtenu ?Des produits semblables à ceux contenus dans les petits pots du Louvre.S’il est impossible d’affirmer que les Égyptiens utilisaient les méthodes citées par Pline l’Ancien pour fabriquer les fards noirs, gris et blancs avec lesquels hommes et femmes s’ornaient les yeux — après tout, il s’est écoulé autant de temps entre la préparation des fards égyptiens et la rédaction des textes de Pline qu’entre Pline et nous —, leurs procédés devaient y ressembler beaucoup.Reste à voir maintenant si L’Oréal les reprendra pour lancer une nouvelle gamme de produits.On voit la pub d’ici : « Maquillez-vous comme Cléopâtre ».Tous les Jules César du monde en seront bouleversés.• Division des programmes de bourses CRSNG 350, rue Albert Ottawa (Ontario) K1A 1H5 Téléphone : (613) 995-5521 Télécopieur: (613) 996-2589 Consultez notre site Web : www.crsng.ca Canada Pour mieux les granités questions de l'heure www.aiibersciences.com 6 Québec Science / Septembre 1999 ^ Certains ne grandissent jamais.Et c’est tant mieux ! Ce sont des personnes toujours habitées par la flamme de la découverte.Des personnes, qui comme lorsqu’elles étaient enfants, veulent encore savoir « Pourquoi ?» et « Comment ?Des personnes qui sont maintenant des chercheurs canadiens chevronnés dans le domaine de la santé.Des personnes qui, toujours avides d’en apprendre plus sur la vie humaine, repoussent les frontières de l’inconnu.Des personnes qui font progresser les connaissances, préviennent la maladie, découvrent des traitements et trouvent des remèdes.À ces personnes, nous disons : « La prochaine fois qu’on vous dira de grandir.Restez donc comme vous êtes ! >> Les enfants qui posent les bonnes questions trouvent les bonnes réponses.CRMRO Conseil de recherches Medical Research médicales du Canada Council of Canada Visiter notre site Web : www.crm.gc.ca Canada Actualités Alimentation Du sucre pour la mémoire Le glucose est un carburant pour le cerveau.Et même plus ! Il jouerait un rôle dans la mécanique des souvenirs.par Louise Desautels Sucre et mémoire font bon ménage.Ce qui ne veut pas dire que .se bourrer de chocolat avant d’étudier améliore la performance scolaire : ce n’est pas tant la quantité de glucose qui est enjeu que la qualité de son absorption par les cellules nerveuses.« Jusqu’à maintenant, on savait que le glucose était un carburant normal du cerveau, mais on sous-estimait son rôle et celui de l’insuline dans les mécanismes de la mémoire », explique Claude Messier, professeur de psychologie et de neurosciences à l’Université d’Ottawa.Ses expériences sur des souris et sur des humains indiquent même que ce rôle serait déterminant.Deux découvertes européennes ont mis Claude Messier sur la piste.D’abord, la détection récente de transporteurs de glucose sensibles à l’insuline dans le cerveau, les glatit.Contrairement aux cellules musculaires ou adipeuses, les neurones n’étaient pas censés absorber leur glucose grâce à ces transporteurs.Or, ces glut-4 ont été localisés dans le cortex et dans l’hippocampe, deux régions étroitement associées à la mémoire, rappelle le chercheur.La seconde découverte est la présence de nombreux récepteurs d’insuline un peu partout dans le cerveau, récepteurs dont on ignore la fonction.« On savait déjà que les dia- 8 Québec Science/Septembre 1999 Quelques sucreries augmenteraient-elles la capacité mémorielle des gourmands ?bétiques éprouvaient des problèmes de mémoire, souligne le chercheur, mais on invoquait d’autres explications, comme l’artériosclérose ou des pathologies vasculaires.» Le diabète dit de type II se caractérise par une mauvaise régulation du glucose.Claude Messier a donc voulu savoir si des jeunes dans la vingtaine non diabétiques, mais avec une capacité variée à absorber le glucose, réussiraient plus ou moins une épreuve de mémoire selon la quantité de sucre ingérée.Son équipe a d’abord réparti 36 étudiants de niveau universitaire en 2 groupes en se fondant sur leurs résultats au test classique de glycémie qui mesure la persistance du sucre dans le sang.Les deux groupes ont ensuite passé une première épreuve de mémoire à jeun et, plus tard, une seconde épreuve après avoir bu une limonade très sucrée.Résultat : lors du premier test de mémoire, ceux qui avaient une bonne régulation du sucre ont obtenu une note supérieure de 8 % à ceux qui avaient des déficits d’absorption.Après l’ingestion de sucre, les notes étaient égales dans les deux groupes.« On voit donc que lorsqu’une personne n’a pas de problèmes de régulation du glucose, elle a une mémoire constante, souligne le chercheur.Cette petite expérience nous apprend surtout que l’absorption de sucre est un élément clé dans les mécanismes de la mémoire et tend à corroborer l’hypothèse formulée à partir de travaux sur les souris.» En effet, l’équipe de l’Université d’Ottawa avait constaté la même variation de mémoire selon qu’une souris provenait ou non d’une souche présentant une bonne capacité d’absorption du sucre.Le glucose apporté par une diète normale serait donc suffisant pour alimenter les cellules nerveuses.Certains problèmes de mémoire seraient plutôt associés à une mauvaise absorption du glucose, soit parce que les transporteurs sont trop lents, soit parce que les récepteurs ne jouent pas leur rôle adéquatement.C’est à cette échelle que des neurotransmetteurs comme l’acétylcholine et une hormone comme l’insuline entrent en jeu.Ils font maintenant l’objet des travaux de Claude Messier, menés en collaboration avec l’Hôpital royal d’Ottawa.Le nombre de diabétiques de type II augmente en Amérique du Nord, notamment chez les jeunes.On assiste aussi à une augmentation du nombre de personnes ayant une mauvaise régulation du sucre sans qu’on puisse parler de diabète.Une origine commune à ce mal de fin de millénaire : le manque d’activité physique.En effet, les muscles en action stimulent l'absorption du glucose, y compris, croit-on maintenant, dans les cellules du cerveau.En fin de compte, sucre et mémoire font bon ménage.surtout chez les personnes actives ! • Actualités i ill î filllili 1 .I SOI® I ! ifdiî ai®e ,id- id ,«19» ait® 0 ,)|e# I»»0’ [J®1' i t#1, .id# Neurologie Le cerveau, chef d'orchestre Plus qu'un simple divertissement, la musique serait une nécessité pour l'être humain.Notre cerveau a même développé des mécanismes spécialisés pour la décoder, a constaté une chercheuse québécoise.par France Picard « La musique répondrait véritablement à un besoin biologique.» La musique a toujours existé.Et dans toutes les civilisations connues, on fait appel à la musique pour des motifs religieux, spirituels, guerriers ou autres.Mais pourquoi existe-t-elle ?Est-ce un simple jeu de l’esprit, au même titre que les cartes ou les échecs ?Isabelle Peretz, professeure-chercheuse au département de psychologie de l’Université de Montréal, pense au contraire qu’elle répond à un besoin biologique chez l’être humain.Si l’on considère que tout ce qui est inutile pour la survie de l’humain n’a pas été retenu au cours de l’évolution, on peut conclure que la permanence de la musique constitue une première preuve de sa nécessité.Mais ce n’est pas tout.Les travaux de recherche d’Isabelle Peretz ont clairement démontré que le cerveau humain renferme une zone de perception spécifiquement reliée à la musique.« Le fait qu’on retrouve dans le cerveau des mécanismes et des régions spécialisés pour la musique nous amène à penser que la musique répondrait véritablement à un besoin biologique », dit la chercheuse.Isabelle Peretz a aussi mis en évidence l’existence de deux mécanismes distincts impliqués dans la perception de la musique : l’un traiterait les aspects émotionnels de la musique; l’autre, ses aspects cognitifs — la reconnaissance, l’identification ou la mémorisation d’un air, par exemple.En d’autres mots, notre réponse émotionnelle à la musique n’impliquerait pas les mêmes circuits cérébraux que notre réponse cognitive.Pour en arriver à ces conclu- sions, elle a travaillé avec des paramètres bien précis, soit le tempo (rapide/lent) et le mode (majeur/mineur).On sait qu’un tempo rapide et le mode majeur sont généralement associés à la gaieté alors qu’un tempo lent et le mode mineur évoquent la tristesse.Or, la chercheuse a remarqué qu’une dame ayant subi une lésion dans la région auditive du cerveau était incapable de recon- naître ou de mémoriser quelque mélodie que ce soit mais qu’elle en percevait l’émotion.Plus précisément, cette dame pouvait déceler la gaieté ou la tristesse d’une mélodie et déterminer le tempo et le mode, mais elle était incapable de reconnaître un air qu’on lui faisait entendre deux fois de suite ou de détecter la présence d’une note discordante.Notre cerveau percevrait donc la musique de deux façons, sur le plan émotionnel et sur le plan cognitif, en utilisant des réseaux neurologiques distincts.« Tous ceux qui ont fait des études dans ce domaine jusqu’à maintenant, précise la chercheuse, ont considéré la musique comme un langage non verbal possédant des règles strictes qu’on peut manipuler, changer, modifier.Ce qui est nouveau dans mes recherches, c’est de changer de perspective et de voir la musique comme un langage qui communique et induit des émotions.» • Une sortie scolaire innovatrice destinée aux jeunes de S^et 6'année et de 1“' secondaire où les expériences sont adaptées afin de compléter les apprentissages en classe.Les séjours auront lieu du 4 octobre au 16 juin 2000, à Sherbrooke, et pourront être d'une durée de 1 à 5 jours.Pour plus d'informations: Composez sans frais le (877) 553-0033 ou par courriel: cenfrearisfole@abacom.com Pour initier les jeunes à la recherche scienlilique Québec Science / Septembre 1999 9 Luyu,entendu I m'est permis de croire qu'aussitôt que l'on connaîtra ce que j'ai écrit dans cet ouvrage sur les mouvements de la Terre, on criera haro sur moi », avait noté Copernic dans Le monarque affecte par le maïs transgènique Grand migrateur, le papillon monarque digérerait très mal le maïs transgénique que l'on cultive au Québec et dans le nord-est du continent.Ce maïs mis en marché par des entreprises comme Novartis produit une toxine qui s'attaque à un insecte nuisible : la pyrafe du maïs.Jusque-là, tout va bien.Sauf que les larves du papillon monarque -des prédateurs de la pyrale - sont affectées par cette toxine.Et c’est sérieux : jusqu'à 44 % des larves qui y ont été exposées ont succombé, révèle la revue Nature.Bien que ces résultats aient été observés en laboratoire, les autorités agroalimentaires européennes ont estimé que trop de doutes pesaient sur l'innocuité du maïs transgénique.Ils ont annoncé au printemps dernier la suspension des procédures d’accréditation qui auraient permis la commercialisation de ce maïs.Un espoir pour les trisomiques la préface de son livre qui démontrait pour la première fois que la Terre tournait autour du Soleil.De fait, en 1616, l'ouvrage fut mis à l'index.La science avait maille à partir avec les autorités ecclésiastiques qui persistaient à placer la Terre au centre du cosmos.Aujourd'hui, Copernic est-il mieux compris du Vatican ?De passage à Cracovie, la ville où a habité l'illustre astronome, le pape Jean-Paul II a dit « regretter l'opposition apparue à l'époque de la Renaissance entre la raison et la foi, ce qui a causé des dommages irréparables non seulement à la religion mais aussi à la culture ».Pour les excuses, Copernic devra attendre.Néanmoins, on a remis au souverain pontife une édition complète des oeuvres de l'astronome.Suivez l'actualité scientifique au jour le Jour sur Cybersciences, le site Internet de Québec Science.www.cybersciences.coni 10 Québec Science / Septembre 1999 4 I y a longtemps que les chercheurs ont remarqué une similitude, sur le plan neurologique, entre la maladie d'Alzheimer et le syndrome de Down, aussi appelé trisomie 21.La revue américaine Lancet rapporte les résultats d'une étude clinique, très modeste mais encourageante, au cours de laquelle on a administré à quatre trisomiques du donepezil, un médicament que l'on prescrit habituellement aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.Les médecins-chercheurs ont observé, au cours des trois premiers mois de l'expérimentation, une amélioration sur les plans de l’attention, de la stabilité de l'humeur et de l'expression verbale.Bien que préliminaire, cette recherche se révèle très pertinente quand on sait qu'il n'existe actuellement pas de médicament pour traiter la trisomie 21.Sursis pour un virus LJ Organisation mondiale de la santé se dé-cidera-t-elle à détruire les derniers Ji stocks de virus varioliques ?Elle avait promis de trancher au printemps.Mais les experts médicaux de TOMS ne savent pas encore sur quel pied danser et se donnent trois ans -soit d'ici 2002 - pour peser le pour et le contre.On se demande s'il ne vaudrait pas mieux étudier ce microbe - et son bagage génétique -avant de l’exterminer.D'autant plus que la variole pourrait représenter un intérêt stratégique pour les spécialistes de la guerre bactériologique.C’est en 1980 que l’OMS a annoncé que le virus était complètement éradiqué de la planète : il s'agit d’une des plus belles victoires de la médecine.Le dernier cas de variole affectant un humain a été signalé en 1977 en Somalie.;v LE CHIFFRE Dü MOIS I l ^ /?'% mètres.C'est la profondeur qu'attei- gnent les baleines à bec.Un record W Kl mondial à inscrire dans le Guinness des mammifères marins, selon les deux chercheurs de l’université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse qui ont mesuré cette performance.Ce n'est pas tout : les plongées des cétacés qu'ils ont suivis pouvaient durer de 25 à 70 minutes.Vraiment imbattable ! • -V-v ' - ''¦W 'vÊS»’ ., • ' ¦ t >1 -» Diamants non taillés.Dès centres de coupe se développent partout au pays.À Montréal et à.ftlatane notamment.C’est la ruée.Des dizaines de prospecteurs et d’entreprises montent vers le grand nord pour aller prospecter.Mais chercher une gerbe de diamants éparpillée sur un continent est une tâche ardue.En terrain glaciaire, la prospection s’effectue à l’aide d’une tramée de minéraux indicateurs.Harvey Thorleifson, chercheur à la Commission géologique du Canada, a participé depuis 1988 à plusieurs prospections diamantifères.« Pour chaque diamant logé dans une kimberlite se trouvent des grenats, des ilménites, des chromites et des diopsides par milliers dont les propriétés chimiques et visuelles sont distinctes, explique-t-il.Cette signature minéralogique permet de retracer une kimberlite et éventuellement son potentiel diamantifère.» D’énormes sacs d’échantillons de sable et de gravier sont prélevés sur des plages et dans des cours d’eau, puis analysés en laboratoire.Chaque grain de sable est inspecté puis identifié.Si la chimie des minéraux indicateurs est favorable, on prend la décision d’effectuer un forage.Une carotte d’une centaine de kilogrammes suffit pour confirmer qu’il s’agit d’une kimberlite.Cependant, dit-il, il faut analyser des roches « à la tonne » pour déterminer le vrai potentiel commercial d’un gisement.Dans les Territoires du Nord-Ouest, les travaux de prospection sur des minéraux traceurs ont été effectués sur une superficie de 30 000 kilomètres carrés ! À l’aide d’une foreuse de grand diamètre, on extrait des « mini-échantillons » qui pèsent une centaine de tonnes.Comme les cheminées de kimberlite sont le plus souvent situées sous de petits lacs, on procède La taille d'un diamant.C'est la coupe, la clarté, la couleur et les carats qui conféreront à la pierre sa valeur sur le marché de la joaillerie.Québec Science / Septembre 1999 25 (VJ ggjuuiHMMa (Vujijfi j Pierres de léoeede Convoités, les diamants les plus célèbres nécessitent des mesures de sécurité toutes particulières.Ici, le diamant Hope (42,52 carats 200 millions de dollars US) est remis à une bijouterie new-yorkaise pour un nettoyage.La plupart des diamants ont une teinte que seul un spécialiste averti aidé d'une lumière appropriée peut apprécier à sa juste valeur.Les pierres totalement transparentes et sans aucune imperfection sont d’ailleurs rares et très précieuses.Et quelques diamants sont si spectaculaires qu'ils font maintenant partie de la légende.C'est le cas de Hope, le diamant bleu taillé en forme de coeur qui a appartenu à Marie-Antoinette et qui avait la triste réputation de porter malheur à ses propriétaires.Il est maintenant exposé au musée de l'Institut Smithsonian.Le Diamant vert de Dresde fait partie des joyaux de la couronne de Saxe depuis 1742 et le Tiffany, de couleur jaune canari, trône dans la vitrine d'une des plus célèbres bijouteries de New York.Le plus gros diamant jamais trouvé au monde est le Cullinan : 3000 carats.C'est Abraham Aascher, célèbre lapidaire néerlandais, qui a découpé ce fameux cristal jaune en deux grosses pièces — la Grande et la Petite Étoile d'Afrique du Sud— et sept autres plus petites qui sertissent maintenant la couronne britannique.La plupart des diamants canadiens sont vendus aux enchères sur le marché d’Anvers, où l’on rencontre les lapidaires les plus doués.Mais des centres de coupe se développent peu à peu à Vancouver, Edmonton, Yellowknife, Montréal et Matane.Même pour les géologues qui ne sont pas à la recherche de minéraux précieux, les diamants ont une importance particulière.« Ce sont nos outils de travail », explique Louise Corriveau.En fait, les trois quarts des diamants actuellement récoltés dans le monde sont utilisés à des fins industrielles.Ils servent d’abrasifs pour l’équipement qui perce, coupe, broie et polit les roches, les métaux, le verre ou le ciment.Même les lapidaires et les joailliers utilisent de la poudre de diamant ou des lames diamantées pour exercer leur art.La première mine de diamant au Canada, Ekati, a ouvert ses portes en octobre 1998.La mine souterraine et à ciel ouvert exploitera cinq dépôts diamantifères pendant au moins 20 ans.au forage depuis une barge ou en posant les installations sur la glace, en hiver.Si les résultats sont encourageants, l’entreprise extrait un échantillon massif de 1 000 à 10 000 tonnes, généralement par creusement d’une galerie souterraine à partir d’une rampe plutôt que d’un puits vertical.Une teneur d’environ un carat, soit 0,2 gramme de diamant par tonne de minerai, est nécessaire pour qu’un gisement soit exploitable.Déplacer des tonnes de roches implique évidemment des bouleversements qui perturbent les écosystèmes de la toundra.Avant de mettre le projet de mine définitivement en branle, les sociétés Dia Met et BHP ont dû mener une série d’études d’impact environnemental.Le lac de Gras est une route de migration pour les caribous et un habitat fréquenté par les grizzlys, les loups, les renards et les carcajous.De plus, comme les diamants se trouvent sous les sédiments, certains lacs ont dû être asséchés, ce qui déloge plusieurs espèces de poissons, dont le touladi et l’ombre arctique.Les sociétés exploitantes se sont donc engagées à altérer l’habitat le moins possible et à réhabiliter la terre une fois la mine exploitée.26 Québec Science / Septembre 1999 Façonner un diamant requiert un grand savoir-faire.Les pierres sont taillées en facettes afin que la réflexion et la réfraction des rayons à l’intérieur de la pierre produisent un jeu de lumière optimal.Selon la maison Brinkhaus, le premier joaillier à vendre des diamants canadiens, les standards de qualité d’un diamant se mesurent par un juste équilibre des quatre C : coupe, clarté, couleur et carats.Du synthétique ! La production des diamants de synthèse, appelés polycristallins parce qu'ils constituent un assemblage de cristaux, coûte encore très cher.Jusqu'à maintenant, on était incapable de reproduire les monocristaux de carbone naturels.Or, en cherchant à produire des matériaux conducteurs plus performants, des scientifiques français du Commissariat à l'énergie atomique de Saclay ont constaté que leurs chaînes d'atomes de carbone avaient la même structure que le diamant.Ce nouveau diamant pourrait éventuellement avoir des applications dans les domaines de l'industrie nucléaire et spatiale./ Anvers, le plus grand marché diamantaire.On y retrouve les lapidaires les plus doués.Juste en face de celle-ci, de l’autre côté du lac de Gras, un autre projet de mine est à l’étape finale d’évaluation.Selon les promoteurs, la mine Diavik devrait être en activité dès l’an 2002.De nouveaux gisements prometteurs ont également été découverts dans plusieurs provinces canadiennes, dont l’un dans le nord-ouest du Québec.Le Québec, un nouveau Yukon ?On peut toujours rêver.• Pour en savoir plus Minéraux et pierres de collection.Gemmes et joyaux, vol.10, Éditions Atlas, 1996.La recherche de diamants au Canada.Commission géologique du Canada, dossier public 3228, 276 p.Centre géoscientifique de Québec : www.inrs.uquebec.ca/cgq BHP Diamonds Inc : www.bhp.com.au/ mineralsldiamondslindex.htm iidubon, Deietre et écologiste Le grand peintre animalier Audubon, écologiste avant ( l'heure, a visité le Québec au XIXe siècle.Son séjour nous a permis de consen/erde magnifiques images d'oiseaux aujourd'hui disparus.par Johanne David u début du XIXe siècle, Jean-Jacques Audubon A/ rêvait de dessiner tous les oiseaux d’Amérique, du premier au dernier.Ce colossal projet va amener l’ornithologue à parcourir 80 000 kilomètres en 20 ans et à réaliser 435 planches représentant 1 065 oiseaux.Une œuvre magistrale.Aujourd’hui, ses toiles s’arrachent à prix d’or, et les musées du monde se gonflent d’orgueil de détenir au moins une de ses aquarelles.« Ce qu’il y a de révolutionnaire chez Audubon, explique David Lank, historien de l’art, c’est qu’à l’encontre des représentations classiques — les tableaux de chasse, par exemple —, où la bête est représentée sous le joug de l’homme, l’animal occupe la place qui lui revient.» Québec Science/Septembre 1999 27 Au cours de son long périple, Jean-Jacques Audubon, naturaliste d’origine française installé depuis longtemps aux États-Unis, a également visité la Basse Côte-Nord, le Labrador et Terre-Neuve en 1833.Un voyage d’où il a rapporté d’étonnantes observations et de magnifiques dessins.C’est durant l’été 1833 qu’Audubon quitte Eastport, dans le Maine, à bord d’un schooner, le Ripley.Son fils et quelques amis l’accompagnent.Le Ripley navigue le long des côtes de la Nouvelle-Écosse et poursuit sa route entre les îles-de-la-Madeleine et l’île-du-Prince-Édouard.Le 14 juin, il approche les falaises du rocher aux Oiseaux.Audubon croit voir un rocher enneigé.Il se trompe : il s’agit plutôt d’une nuée de fous de Bassan sagement assis sur leurs œufs.Dans le ciel, le peintre observe, stupéfait, les splendides têtes jaunes des oiseaux de mer qui plongent à plus de 40 mètres de hauteur.I 4 Wé Jean-Jacques Audubon peint par son fils John Woodhouse.La toile a été réalisée au Labrador.Les estampes d'Audubon représentent les oiseaux avec une précision inouïe et, surtout, en grandeur réelle.Ainsi, la planche du grand héron fait 125 centimètres, même si l'oiseau est penché ! Mais l’artiste a peu de temps pour peindre ces « modèles vivants », car les oiseaux vont bientôt quitter les lieux.Après la période de reproduction et de nidification, les oiseaux migrateurs originaires des régions tempérées et arctiques recherchent des contrées plus chaudes à la fin de l’été.En clair, ils repartent vers le sud ! Or, l’été est court et frais le long de la Côte-Nord.En moins de 3 mois, Audubon va peindre 17 aquarelles.Pour observer et dessiner les volatiles, Audubon n’a ni jumelles ni appareil photo (le premier appareil portatif est inventé par Eastman en 1888).11 n’a donc pas le choix : il doit les abattre ! Des centaines d’oiseaux vont ainsi être sacrifiés pour répondre aux exigences de l’artiste, car il tient à dénicher le spécimen parfait.Taxidermiste de formation, Audubon fixe habilement les membres de l’oiseau (la tête, les pattes et les ailes) à l’aide de morceaux de fil de fer, puis donne à l’animal une pose aussi réaliste que possible.Audubon est le premier peintre animalier à dessiner les oiseaux dans leur habitat naturel et, surtout, grandeur Le 27 juin, après avoir contourné file d’Anticosti, le chalutier accoste au port de Petit-Mécatina, sur la Côte-Nord.Il s’arrêtera ensuite dans tous tous les petits villages côtiers — American Harbour (aujourd’hui Natashquan), Hamilton Harbour et Blanc-Sablon.Le peintre est fasciné par les colonies de macareux, de grands cormorans et de grands pingouins qui nichent sur les falaises maritimes et les îles rocheuses.Sur les côtes, les forêts clairsemées de conifères abritent des passereaux, dont des mésanges.Au sommet des montagnes dénudées de la toundra, nichent des gerfauts et autres rapaces.Dans les baies, les lacs et les étangs, Audubon observe les canards et les huarts, puis, dans le ciel, le vol gracieux des sternes arctiques et les nuées de tourtes survolant la côte, une espèce aujourd’hui disparue.n doit à Audubon l’identification de nombreuses espèces d’oiseaux.La plus connue : le bruant de Lincoln, nommé ainsi en l’honneur de Thomas Lincoln, jeune membre de l’équipage qui lui rapporta un jour ce passereau jusque-là inconnu.Au fil des ans, Audubon rédige l’équivalent du premier Guide Peterson des oiseaux d’Amérique.L’ouvrage, qui s’intitule Ornithological Biography, fournit des descriptions détaillées du ¦pi pf: preii fs te Hesta B «ifitii » nature.La planche du grand héron, par exemple, atteint 125 centimètres, et cela même si l’oiseau a le cou replié ! Avec une précision scientifique presque obsessive, Audubon reproduit également l’environnement qu’il a sous les yeux.Au total, il va ainsi dessiner plusieurs milliers de végétaux, ce qui fait de son ouvrage une véritable flore illustrée ! Ces arrière-plans sont si fidèles qu’on peut encore aqjourd’hui reconnaître les lieux visités par le peintre en regardant les aquarelles.C’est le cas d’une planche célèbre de la collection qui montre une île recouverte de macareux : il s’agit d’une des îles de l’archipel d’Audubon.Il doit cependant travailler dans des conditions difficiles : bien que l’aquarelle sèche rapidement, la température lui donne parfois du fil à retordre.Quand ce n’est pas le nordet qui souffle, c’est la brume, la pluie, le crachin ou une tempête de neige tardive qui s’abat sur lui.28 Québec Science / Septembre 1999 i Je % ailes fc aleœ Ete§ (flff istta- itlà, ilelei^ »teJe fiÉe m's» -] pteto ; l[«tf! isien ¦ sle ! »! aïKwi «lit- 1 siel'ii- (icliti : imÉi; milite m s)il* left çlltift Jessiiî' ijlîlil- uss-*1, m ni.Kii#r ;J|ll® ajtJe^ le l^1 comportement de la faune ailée d’Amérique.Au XIX' siècle, il y a peu d’informations ornithologiques disponibles en Europe — le premier livre consacré aux oiseaux date de 1555 —, et encore moins en Amérique.Son ouvrage est donc bien accueilli.C’est au cours de son expédition au Québec que le naturaliste prend conscience des interrelations entre espèces, notamment entre proies et prédateurs.L’un de ces prédateurs est l’homme.Même si Audubon est lui-même un chasseur invétéré, il n’en est pas moins préoccupé par le sort réservé aux oiseaux, par exemple aux fous de Bassan.Dans son journal de bord, Audubon décrit d’ailleurs une scène où des gens de la région viennent récolter les œufs de ces oiseaux.C’est un véritable carnage : la colonie d’oiseaux est si dense que, pour se frayer un chemin, ils doivent écraser des centaines de nids pleins d’œufs.Quelques années plus tôt, en Nouvelle-Orléans, Audubon relate une chasse aux pluviers pendant laquelle il estime qu’en une seule matinée près de 48 000 oiseaux sont abattus.Le peintre a également immortalisé sur toile plusieurs oiseaux aqjourd’hui disparus, tels que la tourte, le canard du Labrador (éteint en 1878) et le grand pingouin, chassé de façon intensive par les pêcheurs qui s’en servaient pour appâter la morue dans les eaux du Golfe.Avant d’entreprendre son périple dans la région du Labrador, Audubon retourne en Angleterre, en 1826, avec sous le bras, 10 estampes d’oiseaux.L’exposition connaît un immense succès.Et pour cause : pour la première fois, les Européens ont sous les yeux des images grandeur nature du continent américain, un premier contact avec la vie « sauvage » du Nouveau Monde.Un critique parisien du journal Le Monde de l’époque écrit, au sujet de l’exposition : « Imaginez-vous : tout un hémisphère sauvage dessiné par la main de Dieu.» Le public est fasciné par la beauté de l’œuvre, mais ce sont les arrière-plans qui retiennent l’attention.Vv v,v ^ O) ^ Harfangs des neiges.Lors de son expédition au Québec, le naturaliste prend conscience des interrelations entre proies et prédateurs.Québec Science sur cédérom Toute l'actualité scientifique et technique publiée dans le magazine Québec Science àe 1989 à 1997 Des informations utiles, fiables et passionnantes.Dossiers, reportages, nouvelles, chroniques, suppléments.2 500 articles ! • Un outil d'information et de référence essentiel pour tout savoir sur une foule de sujets : espace, santé, environnement, innovations technologiques, recherche fondamentale et appliquée, etc.• Une navigation électronique de haute performance.Recherche par mots clés, liens hypertextes, images agrandies, interface conviviale, animations, etc.• En vente dans tous les bons magasins : 49,95 S plus taxes.Commandez dès maintenant ! Région de Montréal : (514) 875-4444 Partout au Québec : 1 800 667-4444 Configuration requise: • Ordinateur personnel doté d’un microprocesseur 386X ou supérieur (486 recommandé) • Lecteur de cédérom • Système d'exploitation Windows version 3.1,3.11,95 ou ultérieure • • 4 mégaoctets de mémoire vive ( 8 mégaoctets recommandés) • OU • Ordinateur de type Macintosh • Lecteur de cédérom • Système d'exploitation MacOS version 7 ou ultérieure • 8 mégaoctets de mémoire vive • Produit par Québec Science et Les Logiciels de Marque inc.Québec Science/Septembre 1999 29 Canards colverts.Audubon est le premier peintre animalier à dessiner les oiseaux dans leur habitat naturel.c (O \*iïrrrA u a A ; La Société Audubon La Société Audubon (National Audubon Society) est un organisme voué à la protection et la conservation de la nature et des oiseaux en particulier.La Société a été fondée en 1881 par l'éditeur George Bird (!) Grinnell.Elle connaît une popularité immédiate : en moins de trois mois, 38 000 membres y adhèrent ! Quelques années plus tard, le premier lobby écologiste américain voit le jour : un puissant groupe de pression composé exclusivement de femmes.Elles dénoncent le génocide du gibier à plumes auprès du gouvernement et refusent de porter un chapeau ou tout autre accessoire orné de plumes de volatiles.La nouvelle se répand comme une traînée de poudre et quelques années plus tard, la New York State Audubon Plumage Law est votée.Cette législation interdit dorénavant la vente de plumes d'oiseaux indigènes dans l'État de New York.La Société a désormais la cote, non seulement auprès du public, mais aussi auprès des hautes instances décisionnelles.En 1924, on délimite un immense sanctuaire de 150 kilomètres carrés en Louisiane : c'est une fois et demie la superficie de la Ville de Montréal ! L'organisme jouit également d'une réputation internationale.Elle subventionne de nombreux projets de recherche et, à partir des années 60, la Société intervient dans tous les débats environnementaux de l'heure.L'un de ceux-là est le projet hydroélectrique de Grande-Baleine, en 1990.La Société Audubon s'oppose à la réalisation du mégaprojet et parle même du Québec comme d'un véritable Brésil du Nord ! Tant pis pour les oiseaux ! Montagnes, rivières, fleuves, lacs et forêts : voilà ce qui frappe l’imaginaire des Européens ! Si les éloges sont nombreux, les acheteurs, eux, se font rares.Pour poursuivre son projet, Audubon doit trouver un éditeur et des souscripteurs désireux de financer son œuvre.Or, la reproduction des aquarelles est un processus coûteux et il doit couvrir ses frais de voyage.La souscription s’élève à un peu plus de 1 000 dollars (ce qui équivaut à plusieurs centames de milliers de dollars aujourd’hui !).Même la famille Rothschild — les banquiers les plus riches d’Europe — retire sa souscription.Audubon obtient finalement l’appui d’un graveur londonien de renom : Robert Havell.Celui-ci va consacrer 12 ans de sa vie à la reproduction des Oiseaux d’Amérique.L’artiste devra patienter jusqu’à la « retraite » pour voir le nombre de souscripteurs atteindre un chiffre respectable (soit plus de 6 000).Au milieu du XIXe siècle, Audubon est consacré l’artiste animalier le plus célèbre du monde.Hélas, les trompettes de la renommée se font entendre un peu trop tardivement.Le peintre a 60 ans lorsqu’il fait l’acquisition de sa première demeure, une maison située à l’orée d’une forêt au bord de l’Hudson.Le site est devenu aujourd’hui le parc Audubon sur File de Manhattan.Affecté par des troubles de la mémoire et du langage, le naturaliste s’éteint en 1851 à l’âge de 66 ans.Cinquante-cinq ans plus tard, un neuropathologiste décrira cette maladie dégénérative du cerveau : la maladie d’Alzheimer.• Pour en savoir plus La palette sauvage d'Audubon : les oiseaux du Canada, par David M.Lank.Sogides, 1999.www.audubon.org 30 Québec Science / Septembre 1999 l’^îiîTïr «ta savoir Regardez Tous les soirs de la semaine Débutant le septembre de 21h30 à 22h30 Météo Média PARCE QUE L ET E M P S Câble 17 QUOI D I E N N E La dimension cachée LA SCIENCE DANS ' Bon anniversaire ! Sur l'air de « Happy Birthday to You » ou de « Gens du pays ».C'est lui : François Pepin, 6 mois.C9 est l’anniversaire, ce mois-ci, d’environ 8 % d’entre vous (une personne sur douze) et de François, mon dernier rejeton (sa première bougie).Pour marquer l’événement, j’ai eu l’idée d’organiser une petite fête.Outre que tripoter le glaçage a des effets bénéfiques sur le développement de la motricité fine des bambins, une fête d’anniversaire comporte quelques aspects scientifiques.Songez par exemple à la langue de belle-mère : on souffle dedans, on entend de la belle «musique», un tube se déroule et se rigidifie.Un œil averti ne peut manquer de voir là un phénomène de turgescence, comme ce qui se passe dans les végétaux et les organes sexuels.Dans une plante bien arrosée, les vacuoles (sorte de « sacs ») des cellules végétales accumulent suffisamment d’eau pour atteindre leur volume maximal.Ce faisant, la pression interne rigidifie les parois cellulaires externes, ce qui assure le soutien de la plante.tout comme l’air allonge et rigidifie la langue de belle-mère.Quand l’eau manque, les vacuoles se rétractent et la plante devient molle même si ses parois sont encore en bon état.Quand on arrive au bout de son souffle et que la pression de l’air diminue dans la langue de belle-mère, celle-ci s’enroule de nouveau.Les ballons d’hélium sèment aussi la joie lors des fêtes.tant qu’un enfant ne lâche pas la ficelle à l’extérieur, ce qui déclenche plutôt les pleurs ! Ils flottent dans l’air de la même fa- çon qu’un morceau de bois flotte à la surface de l’eau, parce que l’hélium est moins dense (sept fois moins) que l’air.Cet hélium-là vient de loin.L’hélium est l’élément le plus abondant dans l’Univers après l’hydrogène : il constitue 25 % de la masse de l’Univers.Mais sur Terre, c’est une autre histoire : l’hélium constitue moins de 0,0001 % de l’atmosphère.Ses légères molécules se déplacent si vite qu’elles s’échappent dans l’espace malgré la gravité terrestre.À une telle concentration, il est difficile d’isoler l’hélium.Heureusement, il en existe d’autres sources, souterraines celles-là.Les noyaux radioactifs qui se désintègrent dans la croûte terrestre rejettent des particules alpha constituées de deux protons et de deux neutrons.Après union avec deux électrons, la particule alpha devient un atome d’hélium.Cet atome se diffuse lentement dans la roche et une partie se retrouve dans des dépôts de gaz naturel; certains gisements en contiennent jusqu’à 2 %.On extrait l’hélium du gaz naturel en refroidissant et liquéfiant, par compression et détente, les divers composants du gaz, jusqu’à ce qu’il ne reste que l’hélium sous forme gazeuse (l’hélium se liquéfie à -269 °C).L’hélium est utilisé dans les ballons, bien sûr, mais aussi pour la soudure, en plongée sous-marine et surtout comme réfrigérant dans les laboratoires scientifiques et dans les hôpitaux, par exemple pour refroidir les aimants supraconducteurs des appareils de résonance magnétique nucléaire.Hélas, les ballons à l’hélium auront déjà la mine basse le lendemain de la fête.Ils se dégonflent beaucoup plus vite que des ballons remphs d’air parce que Tatome d’hélium est deux fois et demie plus petit que les molécules d’azote et d’oxygène.L’hélium sort ainsi plus facilement par les pores microscopiques du ballon.Voici maintenant l’instant solennel du gâteau.Pour impressionner la galerie, garnissons-le au max.D’abord quelques bougies ordinaires, puis un étinceleur, et enfin une bougie chantante.Quand on allume les bougies, la mèche s’enflamme et la chaleur fait fondre la paraffine voisine.La paraffine est constituée d’hydrocarbures à chaînes plus longues que pour l’essence, ce qui la rend solide à température ambiante.En fondant, la cire s’élève dans la mèche par capillarité puis est vaporisée par la chaleur de la flamme.La vapeur chaude, moins dense que l’air, monte par convection pendant que de l’air frais vient la remplacer, assurant l’apport d’oxygène.La combustion se produit à l’interface de la zone riche en vapeur de cire et de la zone extérieure, riche en oxygène; cette interface forme le bord apparent de la flamme.Les longs hydrocarbures se dissocient et forment diverses espèces chimiques intermédiaires avant de se transformer ultime- 32 Québec Science / Septembre 1999 Dans le prochain numéro i ment en eau et gaz carbonique.Dans une flamme de bougie, la combustion n’est pas complète.Des particules de carbone se forment; chauffées à environ 800 °C par la flamme, elles deviennent incandescentes et émettent une lumière ¦I liaune-orange.Un étinceleur contient en général du nitrate de baryum, de la poudre d’aluminium et de la limaille de fer, mêlés à des dextrines (molécules de même nature que l’amidon mais plus petites) et de l’eau pour former une pâte dont on entoure un fü de métal.« L’aluminium brûle très bien et génère les [étincelles, dit Gilles LeRouzès, chimiste chez Orika Canada I - (anciennement ICI).Le ni-.1, trate de baiyum [BatNCDa] fournit de l’oxygène à la combustion.» Les bougies chantantes, c’est vraiment le gadget des gadgets.Tout à côté de la mèche se trouve une étroite et mince bande de matériau pié-soélectrique recouverte, sur deux côtés, de bandes métalliques servant d’électrodes.Quand on allume la bougie, la chaleur déforme le matériau piézoélectrique, ce qui génère une tension électrique entre les deux électrodes.Cette ten-ion alimente un circuit inté-¦é et un haut-parleur minia-iUre situés dans la base de la lougie.Quand on éteint la J# bougie, le son arrête.La bougie quej’ai achetée jouait Happy Birthday to You, bien sûr.Il n’y en avait pas avec Gens du pays.Bizarre.Avant de s’empiffrer de gâteau, il ne reste plus qu’à éteindre les bougies.Pourquoi souffler éteint-il les chandelles ?En soufflant, après tout, on fournit plus d’oxygène à la flamme; on procède d’ailleurs ainsi pour ranimer un feu de bois moribond.Pour que la combustion se produise, il faut un carburant (ici, la paraffine), de l’oxygène et de la chaleur, nécessaire pour amorcer et entretenir la combustion.« En soufflant sur les bougies, on refroidit assez l’environnement pour tomber sous la température de production d’une flamme, qui est d’environ 300 °C pour une bougie », explique Richard Ménard, lieutenant-enquêteur au Service des incendies de la Ville de Montréal.Pour essayer de vérifier cette explication, j’ai tenté d’éteindre une bougie avec le flux d’air sortant d’un pistolet dé-capeur, dont la température peut dépasser 300 °C dans la buse (tuyau de sortie) de l’appareil.La bougie s’est éteinte.mais il est possible que la température de l’air chute très vite en sortant du pistolet.• del* Jude, i# jnf, es- La question du mois Dans le numéro d'hiver 1999 de L'Attracteur (www.physi-que.usherb.ca/attracte), bulletin du département de physique de l'Université de Sherbrooke, le physicien David Sénéchal propose une expérience intéressante.Fixez une petite bougie dans un bocal transparent, allumez-la puis fermez le couvercle.La bougie brûle durant quelques secondes puis s'éteint faute d'oxygène.Rallumez la bougie, fermez le couvercle et, cette fois, laissez tomber le bocal (sur une hauteur d'un mètre, mettons).La bougie s'éteint immédiatement ! Pourquoi ?Solution ¦jnaïuesade ua sed pnpojd as au auwueij.e/ ap uap -ajiua,) e ajiessaaau snssaaojd un,nb aajed iuiaia,s aiBnoq e/ : aa/puj up 'auuioine iaa pjei sn/d asuodaj e/ lejiujnoj.shoa af 'anBai/OD uolu ap siaya sa/ « ja/ruq » sed au ap uopsanQ Ans de tempêtes sebires Le Soleil serait-il plus menaçant que le bogue de l’an 2000 ?Les retombées des sursauts électromagnétiques prévus dans quelques mois soulèvent bien des craintes.La dernière fois, ils avaient causé une panne d’électricité générale au Québec.par Vincent Sicotte.L'appel du loup Comment sauver à la fois le loup et le caribou ?C’est à ce dilemme que font face les biologistes dans la région de Charlevoix.par Normand Grondin Montréal s'amuse Derrière les jeux vidéo : de l’informatique, des mathématiques et des programmeurs particulièrement doués.Et plus qu’ailleurs dans le monde, c’est à Montréal qu’on les rencontre.par Marie Pier Elie 100 ans de science : 1900-1989 L’avant-dernier épisode de notre feuilleton.VIH : la peste du siècle Ils sont aujourd’hui des millions à porter, dans leur sang, ce virus fatal et dévastateur.Encore une chance que la biologie moléculaire ait été assez avancée pour le dépister rapidement.par Emmanuelle Bergeron La fin des dinosaures b On découvre que c’est la chute d’une météorite géante qui a anéanti presque toute la vie au Crétacé.C’est ce qui permet aujourd’hui d’expliquer la disparition des dinosaures.par Philippe Chartier .; Québec Science / Septembre 1999 33 Des chiffres et des Jeux 100 (ans de science Une grande aventure - 100 événements et découvertes qui ont marqué le XXe siècle 1900.1909 1910.1919 1930.1939 3-1959 1920-1929 1970-1979 a- e* i^a sérié aibun souvenir 1990-1999 Science O Pratt & Whitney Canada L'affiche Ai siècle 100 découvertes et événements marquants du XXe siècle Format : 18 po x 36 po Magnifiques photos couleurs Livrée chez vous en tube postal Seulement 6,95 $ k (8,95 $ + taxes pour les non-abonnés) 1 800 667-4444 Montréal : (514) 875-4444 Offre valide jusqu'à épuisement des stocks par Jean-Marie Labrie Jeu n° 69 Un peu d'algèbre Le produit de deux entiers positifs moins leur quotient est égal à 120.Quels sont ces deux nombres ?'Sd&cjL Jeu n° 70 Pêche en famille Pouvez-vous résoudre l'alphamétique suivant ?PÈRE MÈRE FRÈRE + SOEUR SAUMON Solutions de juillet-août Jeu n° 67 Quelle heure est-il ?À chaque heure, un écart de 15 minutes se creuse entre les deux horloges.Puisqu'il y a 90 minutes d'écart entre les deux, on peut déduire que l'une avance de 60 minutes et que l'autre retarde de 30 minutes.Il est donc 16 h 15.Jeu n° 68 Trouvez l'intrus ! Chaque chaîne d'opérations met en relation des palindromes.C'est donc le numéro 6 qui est l'intrus puisqu'on n'y retrouve pas le palindrome de 1234, soit 4321.Niveaux de difficulté : débutant : intermédiaire : expert 34 Québec Science/Septembre 1999 Internet Chiens verts et autres chefs-d'œuvre Un animal transgénique peut-il être considéré comme une œuvre d'art ?Existe-t-il des raisons empêchant a priori un artiste de manipuler du matériel génétique ?L’art qui touche les sciences de la vie constitue-t-il une forme d’art spécifique ?Un être transgénique peut-il être considéré comme une œuvre d’art ?Ce sont là quelques-unes des épineuses questions qui seront débattues au festival Ars Electronica (1) ce mois-ci.Du 4 au 9 septembre, scientifiques, universitaires et artistes sont réunis à Linz, en Autriche, oour discuter des rapports complexes qu’entretiennent 'Art, la Technologie et la Société.Fort couru, Tévéne-'ment est également devenu ’occasion de récompenser les artistes de l’interactif et du numérique.L’an dernier, deux Canadiens ont reçu une mention d’honneur dans la catégorie « Musiques numériques » aour leur Symphonie pour im-orimantes matricielles.Il s’agissait d’une pièce musicale « interprétée » par 12 vieilles imprimantes en réseau ! Cette année, à l’occasion de son 20' anniversaire, le festival a pour thème la biotechnologie t le génie génétique.Sous le nom de LifeScience (2), un symposium déjà en marche sur Internet depuis le mois de mai nropose d’examiner l’avenir à a lumière des récents progrès le l’informatique et de la bio-echnologie.Tous les enjeux — shilosophiques, socio-politi-jues, voire métaphysiques — mgendrés par ces technologies ;ont au menu.On examinera particulière-nent les questions éthiques lue soulèvent de nouveaux courants artistiques comme l’« art trangénique « (3).Pprofesseur adjoint à la School of the Art Institute de Chicago, Eduardo Kac suggère d’utiliser les techniques du génie génétique pour transférer des gènes d’une espèce à une autre ou, mieux encore, implanter des gènes entièrement synthétiques dans le code génétique d’un animal ou d’une plante.Le but ?Créer de nouvelles formes de vie, des hybri- des plante-animal, animal-humain, etc.L’artiste a déjà un projet bien concret dans ses cartons : le GFP K-9, soit GFP pour Green Fluorescent Protein (protéine fluorescente verte), « K-9 » étant un jeu de mots sur l’adjectif anglais canine.La protéine GFP est normalement produite par une méduse que Ton retrouve dans le Pacifique.Exposée aux rayons ultraviolets, elle émet une vive CyberRessources (1) Festival Ars Electronica web.aec.at/ (2) Symposium LifeScience web.aec.at/lifescience/indexv4.html (3) Transgenic Art www.ekac.orgAransgenic.html (4) The Island of Doctor Moreau www.literature.org/authors/weils-herbert-george/ the-island-of-doctor-moreau/ lumière verte.En implantant le gène GFP — totalement inoffensif selon l’artiste-cher-cheur — dans le code génétique d’un chien, Eduardo Kac espère obtenir un animal en santé mais vert fluorescent ! Cela ne fera pas avancer la science, dites-vous, mais, faut-il le rappeler, l’une des premières plantes transgéniques était un plant de tabac auquel on avait implanté un gène de luciole.Selon l’artiste, cette démarche a pour but d’encourager le questionnement sur les biotechnologies et les manipulations génétiques.« Il n’y a pas, dit-il, d’art transgénique sans un profond sens de responsabilité vis-à-vis la nouvelle forme de vie.[.] Les animaux résultant de l’art transgénique doivent être des créatures en bonne santé et capables d’un développement normal comme n’importe quel membre d’une espèce apparentée.Ces créatures doivent être aimées et soignées comme n’importe quel animal.» Au-delà de l’intérêt « artistique » de la chose, Eduardo Kac croit qu’il s’agit aussi d’une façon d’enrichir le bassin génétique mondial : « Comme au moins une espèce menacée disparaît tous les jours, je suggère que les artistes contribuent à accroître la biodiversité en inventant de nouvelles formes de vie.» Au fond, le docteur Moreau (4) — le célèbre personnage du roman de H.G.Wells qui bricolait des animaux étranges -—, était peut-être simplement un artiste avant-gardiste et incompris ! • Québec Science / Septembre 1999 35 Elles ont tourmenté et tourmentent encore des générations d’étudiants.Elles brisent les carrières de ceux qui ne savent pas les apprivoiser, chuchote-t-on dans les coulisses.Bref, les mathématiques ont bien mauvaise réputation.Dans ces conditions, qui aurait l’idée saugrenue de les mettre en scène dans un roman ?Ne serait-ce pas là un fiasco garanti ?Pourtant, depuis un an, le roman de Denis Guedj s’est vendu à plus de 115 000 exemplaires en France et 17 traductions sont en préparation.En plus d’être romancier, journaliste, scénariste et comédien à ses heures, Denis Guedj enseigne l’histoire des sciences à l’Université Paris VIII.À première vue, roman et mathématiques semblent plutôt incompatibles.Denis Guedj : Le roman est un genre que j’aime bien et je trouvais intéressant d’en faire un avec les maths et non sur les maths.Plus je voulais mettre de maths, plus il fallait que la fiction soit forte.Si le contenu romanesque est fort, il emporte avec lui les difficultés.À un certain moment, je pensais qu’il fallait alléger le contenu mathématique et enlever des formules.L’éditeur a dit non.Je suis finalement bien content puisque cela n’a pas arrêté les gens.Plusieurs lecteurs m’ont dit qu’ils l’ont lu et relu.C’est un livre sur lequel il faut passer du temps.On dit souvent que les gens adorent le léger, les choses faciles et rapi- 36 Québec Science / Septembre 1999 Le théorème de Guedj Un polar à saveur mathématique peut-il devenir un best-seller ?Avec son dernier roman, Le Théorème du perroquet, Denis Guedj tente de réhabiliter les mathématiques, la reine — mal-aimée — des sciences.Propos recueillis par Philippe Chartier des.C’est faux.Si j’ai milité, ce n’est pas pour les maths mais contre ce préjugé.Les gens veulent comprendre et sont prêts à travailler pour y parvenir.Le roman est-il un bon outil de vulgarisation ?D.G.: Je n’aime pas beaucoup la « vulgarisation ».Je sais qu’il y a toiyours une ambiguïté autour de ce mot.Si on appelle « vulgarisation » le fait de prendre un contenu et de l’édulcorer pour le rendre compréhensible, je suis totalement opposé à cette manière de faire.Je crois même que c’est un mauvais travail.Évidemment, la plupart des vulgarisateurs vous diront que ce n’est pas ce qu’ils font.D’ailleurs, dans mon roman, je n’ai pas pu inclure certains faits — même s’ils étaient importants dans l’histoire des maths — parce qu’ils ne faisaient pas avancer l’histoire et que j’aurais dû faire trop de concessions.Ce qui m’intéresse, c’est de considérer un contenu et de voir en quoi il peut devenir un champ dramatique.Les mathématiques, c’est un peu comme dans un roman : on ne demande pas que ça soit vrai, mais simplement que ça se tienne, qu’il y ait une cohérence interne.Bien sûr, la nécessité romanesque n’est pas du même ordre que la nécessité mathématique.Heureusement, d’ailleurs ! Pourquoi les maths ont-elles mauvaise réputation ?D.G.: Il y en a qui n’aiment pas le caviar sans savoir ce que c’est et d’autres qui, connaissant le caviar, ne l’aiment pas non plus.C’est la même chose pour les mathématiques.Elles mettent enjeu un certain nombre de choses, comme la rigueur et la démonstration.Certaines personnes y sont hostiles.Elles n’aiment pas ça et elles ont le droit de ne pas aimer ça ! Il ne sert à rien de les culpabiliser.Il faut ajouter qu’aujour-d’hui, le statut de l’enseignement des mathématiques est particulier.Avec le français, les mathématiques sont considérées comme la matière la plus importante.On peut comprendre que l’on accorde beaucoup d’importance à l’enseignement de la langue maternelle.Les maths, par contre, sont beaucoup moins proches de la vie quotidienne.D’une certaine façon, elles sont même devenues un outil de coercition : si on n’est pas bon en maths, on va avoir des ennuis, on n’aura pas une bonne scolarité, etc.Conséquence : on a peur et on ne comprend pas.Et plus on a peur, moins on comprend.Y aurait-il trop de maths à l'école ?D.G.: En France, on fait des mathématiques durant toutes ses études.Jusqu’au baccalauréat, cela fait plus de 12 ans.Elles ne devraient pas être obligatoires si longtemps.Ou on devrait changer la manière de les faire.Apprendre à résoudre des équations du second degré, est-ce si important ?D’une certaine manière, cela ne sert à rien — au sens où les gens disent servir —, mais cela peut être très utOe : qu’est-ce qu’une équation ?Que sont ces inconnues, ces petits a: ou ces petits a ?On passe trop vite sur l’apprentissage de ces notions, alors que c’est très difficile à comprendre.Au lieu de mettre l’accent sur l’accumulation des connaissances, on devrait consacrer plus de temps aux mécanismes des mathématiques, comme la logique, la rigueur, etc.En fait, il faudrait inculquer une culture mathématique plutôt que faire des maths.La culture mathématique, ce serait lire ou écrire les maths : je t’écris des maths et tu me dis ce que ça dit.C’est important.Vous pouvez faire de l’histoire ou de la géographie sans écrire, mais ce n’est pas le cas pour les mathématiques — du moins, dans les maths de notre culture grecque.• Le Théorème du perroquet, par Denis Guedj, Paris, Éditions du Seuil, 1998, 528 p., 39,95 $. Quebec Science vous offre le cadeau du siècle ! ente nCêi, Abonnez-vous à Québec Science et vous recevrez gratuitement le magnifique album souvenir f 00 ans de science ! isa il >¦ ils s.Ou 0 ài®»' 100 pages de chronologies, de portraits, d'entrevues avec des scientifiques et d'articles sur les grandes réalisations, événements et découvertes qui ont marqué le XX8 siècle Une réédition complète de la série « 100 ans de science » présentée en 10 épisodes dans le magazine Québec Science en 1999 0 «(6 I» lift ;;i! En plus, des articles, des photos et des informations inédites ! 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TVQ : 1013609086 Je m’abonne et je reçois l’album 100 ans de science* Nom Prénom Adresse n° rue app.ville province code postal Profession téléphone Ci-joint mon paiement : Chèque [^] Visa Chèque à l'ordre de Québec Science MasterCard N° de carte Date d'expiration / Signature Québec Science / Septembre 1999 37 QS-09-99 e.cenfre Centre de formation en imagerie électronique t flnimation 3D mouvements în entreprise centre nédiaSphère Bell 335.boul.de Ueisonneuve Est.bureau 300 Nonlréal [Ouébec] Canada OOXIBI tel: 1.514.200.3447 luleruel: wiuui nad qc ca le Centre HUD - formation haute performance 36 €BWBS €§€» 1970-1979 Les années de la Terre Les premières photos relayées par les satellites en orbite en font craquer plus d’un.Bleue, emmaillotée de nuages, flottant dans l’infini, la Terre prend la vedette.Comme si, après avoir décroché la Lime (un astre mort, pauvre et rocailleux), on découvrait la splendide et intrigante unicité de notre planète.Mais on s’aperçoit aussi qu’elle est fragile.En mesurant les profonds changements qu’entraînent les activités humaines, on s’interroge : quelles sont les limites écologiques de la planète ?Un examen de conscience sans précédent s’imposait.Un examen à la fois savant et social.Il était temps.La planète est notre habitat, voire « notre vaisseau spatial ».Et cela depuis certainement trois millions d’années nous apprendra une aïeide devenue célèbre : Lucy.Notre « retour à la Terre » des aimées 70 aura donc été doublé d’un retour \ a nos origines.H m M-H H I __ A Québec Science / Septembre 1999 39 5684 €tn»s tic Elle s’appelle aujourd’hui Lucy, elle est connue dans le monde entier mais n’avait reçu aucun nom de baptême lorsque, misérable australopithèque anonyme, elle naquit puis mourut, il y a 3,18 millions d’années, noyée dans l’Afar, un territoire désormais désertique de l’actuelle Éthiopie.Il lui a fallu tout ce temps — une véritable éternité — pour devenir une authentique vedette et « la star inégalée du monde du spectacle de nos origines », dit le Français Yves Coppens, l’un des trois « co-découvreurs » de ses ossements, en 1974.Flash-back : en 1974 donc, dans le désert éthiopien de l’Afar, une trentaine de jeunes chercheurs en paléontologie humaine mettent au jour dans une coulée de sable quelques restes hominiens.Rendons-lui justice : c’est Tom Gray, un étudiant américain, qui exhuma le premier ossement, assez banal d’ailleurs.On continua de creuser, on ratissa le sable tout autour, et on se retrouva avec 52 os plus ou moins entiers, qui tous provenaient du même squelette et représentaient environ 40 % de son total.Fantastique découverte : il s’agissait du squelette préhumain (australopithèque) le plus complet jamais mis au jour.Immédiatement alertés, en bonne logique universitaire, les trois « patrons » des équipes de jeunes « fouilleurs », Yves Coppens, Daniel Johanson et Maurice Taieb, s’empressèrent de si- Miss Monde 1974 Comment une australopithèque appelée Lucy a conquis les paléontologues.Et a relancé le débat sur nos origines.par Fabien Gruhier gnaler au monde entier qu’ils étaient les trois « co-décou-vreurs » du précieux squelette.Squelette auquel il fallait donner un nom.Alors, dans le camp et dans l’euphorie de la découverte, un soir, sous la tente, en déconnant (comme font tous les jeunes, paléontologues ou non), quelqu’un (plus personne ne sait qui) a proposé.Lucy.À cause de la chanson des Beatles (Lucy in the Sky with Diamonds), très en vogue à l’époque, qui faisait partie d’un stock de cassettes de musique apportées sur place.Lesquelles, dit aujourd’hui Yves Coppens, « constituaient la seule alternative aux émissions islamiques de Radio Khartoum, pas très marrantes, que l’on captait là-bas ».Dans le langage codé de la jeunesse d’alors, Lucy in the Sky with Diamonds voulait dire.LSD.Cette façon de nommer le squelette, c’était donc une manière de placer d’emblée Lucy, et tous ses bouts d’os, dans une perspective légèrement allumée.Et fort peu islamique.Le gouvernement éthiopien a d’ailleurs protesté contre ce nom nettement trop occidental : il aurait préféré un patronyme plus local, comme « Birkinesh » ou « Dinki-nesh » —, cette dernière appellation figurant d’ailleurs üj Les vestiges de Lucy trouvés dans le désert éthiopien en 1974.sur les timbres-poste éthiopiens consacrés à la petite fe melle fossile.N’empêche, c’est bien sous le nom de Lucy qu’elle a conquis la célébrité mondiale.Les chercheurs ont donc bien ri lorsqu’ils ont lu, dans une dépêche de presse, que ce nom avait été très savamment attribué à partir du latin lux, lacis — la lumière —.le squelette de Lucy étant supposé faire toute la lumière sur les origines de l’homme.Sur le coup, il est vrai, on avait cru que la lignée Homo (tous les humains, donc) I n descendait en M droite ligne de la i w famille d’australo- pithèques dont Lucy constitue la figure emblématique (Australopithecus afarensis).On se retrouvait ainsi avec le squelette le plus complet du genre d’un de nos supposés ancêtres directs.On bombarda Lucy des titres enviables de « grand-mère de toute l’humanité » et de « plus vieille femme du monde ».II n’en faut pas plus pour lancer une carrière planétaire, et dans son dernier livre, Le Genou de Lucy (éditions Odile Jacob), Yves Coppens n’a pas réussi à dresser le catalogue complet (tant il est vaste) de tous les films, chansons, nouvelles, I ah % Pits 40 Québec Science / Septembre 1999 5684 thèses, articles scientifiques et autres « produits dérivés » inspirés par sa fameuse co-découverte.Très vite, on a su qu’on avait tout faux.Que si le genre humain descend bien d’un australopithèque, ce n’est pas de celui-ci.Et que d’autres restes du même type, ou d’autres australopithèques, déjà exhumés et étudiés, sont plus anciens que ceux de Lucy, qui n’est donc ni notre ancêtre ni même la plus ancienne de nos anière-cousines.Reste le caractère relativement complet du squelette, inégalé à ce jour pour un australopithèque, et qui a permis de se livrer à des reconstitutions assez réalistes et vraisemblables de la physionomie de notre (fausse) ancêtre.< Accrocher des muscles à un squelette, ce n’est pas compliqué, dit Yves Coppens.Lorsqu’on ajoute la peau, on ne peut non plus guère se tromper.Après, il y a les poils, et surtout le regard.Et là, c’est une pure , question d’interprétation.» D’où les différences très notables que le paléontologue s’est amusé à relever entre les Lucy de différents musées, de Londres à Genève en passant par New York, la plus aguichante de toutes étant, paraît-il, une irrésistible Lucy italienne.Mais peu importe.Car, grâce au squelette éthiopien, on a pu, pour la première fois, donner un corps à peu près plausible à un préhominien.Comme il s’agissait en plus d’une.préhominienne, un peu hâtivement baptisée femme », elle avait davantage de chances de séduire les paléontologues, majoritairement masculins.Elle était petite (1 m 10), donc présumée mignonne.Très vieille — plus de trois millions Tannées —, ce qui donne le vertige.Et en même temps très jeune — vingt ans au ¦Vav.-^a .lo.'¦* ¦ ¦"*•«1- ¦ r - Si-Pv -, y: y'/.If moment de son décès, l’âge de la séduction.Tous les ingrédients du succès se trouvaient décidément réunis.D’autant que cette créature à la démarche qu’on imagine gracieuse et de plus capable de grimper aux arbres toute nue (le rêve) nous changeait des modèles préhistoriques habituels — ces grosses brutes mâles, velues, agressives, genre Cro-Magnon.Ajoutez la magie de ce prénom, par hasard tellement bien trouvé, dont la poésie ¦ tp| V.1 L 4:; r •Vf kV - Î4,Y y ’m r>s n 3 fonctionne dans toutes les langues, latines, anglo-saxonnes ou autres : la gloire de Lucy était bien assurée.Surtout que, réfléchit Yves Coppens avec un quart de siècle de recul, « nous sommes tombés au bon moment, à une période de désaffection religieuse où, dans sa quête de sens, dans son interrogation sur ses origines, l’homme contemporain ne trouvait plus de réponse satisfaisante dans les mythes ou dans la foi ».Il ne pouvait alors que se réfugier dans la paléontologie, laquelle, selon certaines phrases relevées sur l’un de Québec Science/Septembre 1999 41 Karin Daher/Gamma/PonoPresse ces livres d’or que l’on trouve à la sortie des expositions, « redonne une cohérence à notre appartenance à l’Univers », ou encore « nous rassure sur le plan métaphysique, alors que personne ne nous dit plus d’où l’on vient ».Le mythe Lucy, bien qu'un peu faux puisqu’il ne s’agit pas de notre grand-mère, a ainsi suscité, ou accompagné, un immense intérêt du grand public pour la paléontologie humaine, laquelle n’était auparavant qu’affaire de spécialistes.Ce même mythe a eu, de plus, une grande vertu pédagogique, car il a permis aux enseignants d’intéresser leurs élèves à cette discipline austère : rares sont les écoliers qui ne connaissent pas le nom de Lucy.Enfin, il a eu un immense retentissement sur la paléontologie elle-même, en suscitant des vocations et en poussant les décideurs à al- • Accès 56K • à ** Crâne reconstitué d'Australopithecus afarensis.Les chercheurs reconnaissent aujourd'hui que cette espèce n'est pas celle de nos vrais ancêtres.louer des crédits de recherche.C’est ce qui a sauvé la carrière du très médiatique Yves Coppens : traditionnellement, en France, dans cette discipline comme dans plusieurs autres, on n’aime pas beaucoup les chercheurs qui se montrent trop à la télé.Mais la grande épopée de Lucy a fait tellement de bien à la paléontologie humaine que rien n’a pu empêcher Coppens d’accéder aux chaires et aux fonctions scientifiques les plus prestigieuses.Bien sûr, aujourd’hui, Lucy, c’est fini : cette vedette du 20” siècle a livré la quasitotalité de ses secrets.Les précieux ossements reposent au musée national d’Addis Abeba et, pour en tirer quelques informations supplémentaires, découvrir ce que Lucy mangeait par exemple, il faudrait en détruire une partie afin de l’analyser — ce qu’interdit le statut de trésor national de la relique.Mais la relève semble assurée : actuellement, à Sterkfontain, en Afrique du Sud, on dégage de sa gangue calcaire avec d’infinies précautions, millimètre par millimètre, un squelette d’australopithèque beaucoup plus complet que Lucy, et même, selon toute vraisemblance, absolument complet, et dont le crâne est intact.Ce protohumain va-t-il jouir à son tour d’une célébrité mondiale ?Alors, il serait indispensable, et urgent, de lui trouver un nom accrocheur.Mais pour le moment, on n’a rien trouvé de mieux que StW573, alias Little Foot.• Mti \m (F' CF jlel'a et.Je* Liens dédiés • LNPA • Cybercommerce • Hébergement "1 ; Lienlftl incluant link internet tJWiiréüi : 500, bout Floné-Lévesque O.Bureau 1000, Montréal (Québso) la boucle locale ^11/1 LL f Mk et;: T-888-Mlink-56 Fax.: 1 -800-Mlink-84 info@Mlink.NET http://www.Mlink.NET • Montréal • Québec • Hull • Ottawa • Toronto • Calgary • Vancouver • 42 Québec Science / Septembre 1999 er-ce Irfeor Science et environnement même combat Mais la gjjl mk ïd'in- limèlif La défense de T environnement soulève des passions.En très peu de temps, elle saura acquérir ses lettres de noblesse scientifiques.par Louis-Gilles Francœur iflïtle V.ft ! v ly «il à r'"'1 elai diflif.Peu de sciences contemporaines ont évolué parallèlement à de vérita-oles mouvements sociaux et Dolitiques, si bien qu’il devient parfois difficile de les distinguer.C’est pourtant le :as de l’écologie — que plusieurs désignent maintenant sous le vocable de « sciences ie l’environnement » tant îlles englobent de disciplines, le spécialités et d’explora-ions intellectuelles novatrices — , que l’on confond souvent rvee l’écologisme, soit la mon-:ée du mouvement écologiste.En fait, pendant que l’éco-ogie se structurait en tant que science (voir Vencadré à la mge 44), le mouvement écologiste se développait dans La prise de conscience des problèmes écologiques a entraîné le développement d'un savoir-faire important dans les techniques de dépollution.Ici, un nettoyage des eaux affectées par une marée noire.¦•V'v' Un oiseau englué de mazout un classique de la galerie de « photos vertes ».des cercles restreints mais influents pour devenir ce puissant mouvement social et politique qui porte un germe aussi subversif pour le capitalisme et les sociétés productivistes que les idéologies dites de gauche dans la première moitié du siècle.Déjà, à la fin du XIX' siècle, la création de Yellowstone et de quatre autres parcs aux États-Unis institutionnalise l’idée que les humains dévastent le milieu naturel.Faute de mieux, on met à l’abri ses maillons les plus représentatifs dans des territoires protégés.Cette vision, qui oppose Nature et Culture, écosystèmes et sociétés humaines perturbatrices, ne date pas d’hier.À son point culminant, elle a engendré des conceptions écologistes rigoristes où la Nature se défend en rejetant cette espèce humaine indésirable par la peste, le VIH et autres calamités ! Puis des dizaines de conférences internationales condui-•sent progressivement la communauté internationale à protéger ses phoques (Paris, 1883), les oiseaux utiles aux récoltes (Paris, 1895) et les paysages (Paris, 1909).En 1948, à l’occasion d’une conférence internationale conjointe de l’UNESCO, de sociétés savantes et de conservation, on crée l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui, deux ans plus tard, publie son premier Québec Science / Septembre 1999 43 5684 L’écologie, la science On doit le terme Oekologie à Ernst Haekel, disciple de Darwin, qui l'utilise pour la première fois en 1866 pour désigner « la totalité de la science des relations de l'organisme avec l'environnement, comprenant au sens large toutes les conditions d'existence ».Le concept était lancé, mais la discipline ne devait apparaître que plus tard avec l'évolution de plusieurs domaines de recherche.Si, dès 1805, Humbolt met en relief les rapports entre le vivant et son milieu, pour plusieurs historiens, Eugen Warming est le véritable fondateur de l'« écologie » moderne, mot dont il coiffe son traité de géobotanique générale en 1895.Au tournant du siècle, les travaux de Clements et de Cowles sur la botanique des successions consolident cette vision et débouchent, grâce à la sympathique coccinelle, sur le concept de « biocénose » (ensemble viable d’animaux et de végétaux limité par des facteurs externes) et sur le champ, très fécond au début du siècle, de la lutte biologique aux insectes ravageurs.L'idée de successions végétales conduit d'autres chercheurs, comme V.E.Shelford, à celle des successions biotiques, qui elle-même mène à celle d'écologie animale.Aux États-Unis, un chercheur autodidacte, Charles Valentine Riley, responsable de la lutte biologique au Missouri, réussit avec ses équipes à neutraliser un parasite de la vigne et un autre qui écume les plantations d'agrumes de la Californie.Il s'attaque ensuite à des ravageurs forestiers en recréant patiemment les niches écologiques essentielles aux agents infectieux ou aux prédateurs des ravageurs ciblés.Ces chercheurs ont mis au point des méthodes d'observation et d'analyse dont on s'inspire encore aujourd'hui.On se rend compte désormais que plantes, insectes et animaux supérieurs obéissent à des relations complexes et que leurs rapports conflictuels ou de coopération constituent une véritable « sociologie ».En 1928, Josias Braun-Blanquet publie d'ailleurs Plant Sociology, qui servira de pont vers le concept plus synthétique de « communautés » que vont adopter les écologues pour décrire ces ensembles structurés dont les dynamiques tendent vers des situations d'équilibre.La stabilité des groupements identifiés dans ces sociétés de plantes est telle qu'on commence à les utiliser, entre les deux guerres, comme indicateurs dans des applications agroécologiques.Cet enrichissement progressif des liens intra- et inter-espèces dans des ensembles stables va mener au concept clé de l'écologie actuelle.Élargissant la recherche aux animaux supérieurs, Charles Elton s'intéresse, dans son ouvrage Animal Ecology aux relations proies-prédateurs.Il découvre qu'il suffit de déterminer combien de proies sont nécessaires à la survie d'un prédateur pour établir un modèle.La mathématique pénètre ainsi dans l'univers de la biologie, qu'elle n'est d'ailleurs pas près d'évacuer ! Le décor conceptuel est alors planté pour qu'apparaisse pour la première fois, en 1935, le concept d'« écosystème » dans un article de A.G.Tansley.Ce dernier ajoute aux relations déjà identifiées par la phyto-sociologie et la biocénotique (les mathématiques applicables au contrôle des populations, par exemple) les facteurs abiotiques, déjà implicitement présents dans les vieux travaux de Humbolt.C'est la pièce manquante du puzzle ! Mais c'est Raymond Lindeman qui jette les bases de l'écologie contemporaine en ramenant les éléments disparates des écosystèmes à un élément commun : il est le premier à convertir les différents niveaux tropiques d'un écosystème en valeurs calorimétriques.« Le processus fondamental de la dynamique des relations tropiques est le transfert d'énergie d'une partie de l'écosystème à un autre », écrit-il.Ce concept est la base de toutes les études contemporaines sur la productivité des grands écosystèmes — marins, terrestres ou aquatiques — que dynamise l'énergie solaire.Cette vision beaucoup plus unifiée de la matière et de l'énergie profitera beaucoup de l'invention de la cybernétique par Norbert Wiener.Elle rend compte des ré- troactions dans chaque système qui, dès lors, tourne par et pour lui-même.En 1953, The Fundamentals of Ecology des frères Odum reprend, dans un texte encore étudié aujourd'hui, le concept de Lindeman sur les transferts de matière et d'énergie, mais il l'élargit — nouveauté ! — à l'espèce humaine.L'écologie propose alors une vision organique globale de la vie sur Terre en stimulant autant la création de nouvelles disciplines (microbiotique, radio-écologie, écologie agricole, lutte biologique, etc.) qu'en empruntant elle-même à la plupart des autres sciences, sociologie comprise.Toutefois, l'intégration des humains dans cette dynamique pose et continue de poser bien des problèmes aux chercheurs.Plusieurs écoles de pensée, dont la célèbre école de Chicago, ont tenté avec plus ou moins de bonheur d'intégrer l'humain, ses besoins, voire ses villes, dans l'écosystème global d'une planète qui se voit pour la première fois de l'espace et prend ainsi conscience de son unicité et de sa fragilité sur le « vaisseau spatial Terre ».Mais encore et toujours, cette vision du grand écosystème terrestre intègre mal les œuvres de la Raison.La culture a les allures d'un corps étranger dans cette dynamique globale de matière et d'énergie.Malgré son approche désormais holistique, la puissance de ses nouveaux outils et l'effervescence qu'elle suscite dans les autres domaines du savoir, l'écologie demeure, étrangement, une science de terrain qui a su s'élargir et se consolider par le savoir des autres sans prétendre devenir la science mère.Ancrée irrémédiablement dans la biologie, elle reste une science de la Nature dont les trois règles incontournables vont demeurer au-delà des techniques : admirer et aimer pour mieux comprendre.ÊhljPji ¦ :>s - 7' f f i-'M'j J [y ¦ I •-.*% Ernst Haeke^ disciple de Darwin, a inventé le mot « écologie ».tejd In1 peu fl}-: raé taire son h Pesti 3% Ces,, %, N [% Hjry.K 0 i '0 % ™]j, I, 44 Québec Science / Septembre 1999 LES ANNÉES 1970-1979 îtal de la protection de la na-ure dans le monde.Con-dusion : une remise en ques-•P ion des sociétés productivis-es de l’époque et de plusieurs echnologies présentées un reu hâtivement comme les nerveilles du siècle.Mais c’est la publication en 1962 de The Silent Spring qui 'a éveiller brutalement les mnsciences : le public nord-iméricain est soudain alerté lu danger que représente la tt lispersion des produits toxi-jues dans la chaîne alimen-aire (ce livre culte allait avoir ion pendant européen en itjW ét» ?îtl texte de catastrophe.Les médias découvrent une recette miracle.Et certains écologistes deviendront de grands chefs dans l’art d’assaisonner les reportages de la presse internationale.Un an plus tard, l’ONU consacre une première conférence internationale d’experts à la dégradation tous azimuts de la planète, conjointement avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la Food and Agriculture Organization (FAO) et l’UICN.Dans les années 1970, le débat sur la pollution prend zmQ - .La crise du pétrole de 1973 piciusse plusieurs chercheurs à examiner d'autres scénarios énergétiques.Ici, maison solaire à l'Ile-du-Prince-Édouard, ^ t#.ittf' esoii siil* .liais l965 avec Avant que nature re meure, de Jean Dorst).lachel Carson prédit l’anivée l’un printemps sans oiseaux ¦ j à leur reproduction continue l’être compromise par la con-amination des œufs par les ; resticides organochlorés et mtres substances toxiques, le sujet, qui fait entrer le p-and public dans le débat mvironnemental, figurait pourtant au programme du rremier congrès international ;ur la protection de la nature, :n 1923, à Paris ! Mais c’était in congrès de spécialistes et le missionnaires.Et les com-nunications planétaires se li-nitaient au morse.Ce n’est plus le cas en 1961 orsque la télévision s’empan le l’épave du pétrolier Torre') Canyon et fait connaître au mblic le problème de la pol-ution des mers dans un con- fies proportions spectaculaires, et l’écologisme gagne les sphères politiques.La conférence de Stockholm de 1972 traduit l’aboutissement et les limites de l’action internationale en environnement, note Pascal Acot dans son Histoire de l’écologie.Les Soviétiques, qui battent en secret tous les records de pollution, quittent la conférence après avoir participé aux travaux préparatoires sous prétexte que la République fédérale allemande (RFA) supplante la République démocratique allemande (RD A) sur le plancher.Cette conférence, qui jette les bases d’une législation environnementale internationale, identifie les dangers du nucléaire, militaire et pacifique, et de la pollution industrielle et agricole.La même année, le Club de 1970 Code à barres.Il a fallu attendre l'arrivée du lecteur laser pour que cette invention des années 1940 soit enfin utilisée.Une empreinte pour chaque objet de consommation.Etude d'impacts.Fini le développement aveugle ?L'écologiste Pierre Dansereau établit une façon d'évaluer l'impact sur l'environnement d'un grand projet, en l'occurrence le futur aéroport international de Mirabel, près de Montréal.C'est à se demander si les décideurs l'avaient bien lu.Système métrique au Canada.Un mètre correspond aux dix millionièmes d'un quart de la circonférence terrestre.Tout le monde pouvait le vérifier.L'Académie des sciences de France propose, en 1792, d'en faire la mesure universelle.Mais il faudra près de deux siècles pour que le Canada et le Québec en soient convaincus.1971 Microprocesseur Intel.On lui trouvera des applications multiples, des instruments scientifiques aux systèmes de son.Station orbitale.Mode in USSR.Avec Salyut, les Soviétiques veulent tout savoir sur l'apesanteur.Deux ans plus tard, les Américains entreprendront à leur tour la construction d'une station.Skylab sera abandonnée en 1979.Chaos déterministe.Un tout petit phénomène (comme un battement d'ailes de papillon) peut avoir des répercussions énormes (comme un cyclone).Ainsi, ce qui peut nous sembler aléatoire, suggèrent deux mathématiciens, pourrait découler directement de microphénomènes très simples mais indécelables.C'est pourquoi on avance que même le chaos serait déterminé.Gentilly 1.La première centrale nucléaire québécoise et le premier citron radioactif : la centrale ne fonctionnera que six mois.Baie James.Un ambitieux projet de développement hydroélectrique est amorcé.Les Québécois veulent devenir les Arabes de l'électricité.1972 Club de Rome.Un pavé dans la mare de l'économie : les ressources naturelles ne sont pas illimitées, rappelle un club sélect d'économistes.Et si l'on n'adopte pas une autre façon de gérer la planète — axée sur la croissance zéro —, celle-ci court à sa perte.TGV.Un train presque plus rapide que l'avion.Il fait toujours l'orgueil des Français.Mais qui sait que les Québécois en sont les deuxièmes plus grands producteurs mondiaux ?Québec Science / Septembre 1999 45 1972 Un satellite braqué sur la Terre.11 s ap pelle ERTS 1, alias Landsat 1.Ce premier satel lite de télédétection observera les transformations de la nature : recul des forêts, avancée des déserts, courants marins )l )l )i II K II \\ >1 «I K r i » ¦') >3 Il II i 1973 Crise du pétrole.Les fournisseurs d'or noir appliquent la célèbre règle : « Plus un produit est rare, plus il est cher.» Ce qui entraîne une spectaculaire pénurie de pétrole à l'échelle mondiale.On cherche des solutions de remplacement comme l'énergie solaire et l'énergie éolienne.Séquençage de l'ADN.Le long fil de l'ADN se coupe.Les ciseaux ?Des enzymes dites de restriction dont on vient de découvrir l'utilité.Ce sont les débuts du génie génétique.L'année suivante, un important groupe de savants de l'Académie des sciences des Etats-Unis propose un moratoire sur ces recherches afin de mieux en mesurer les répercussions.Scanner NMR et MRI.Un chercheur anglais trouve un moyen fiable de sonder l'intérieur du cerveau.La cartographie du continent cérébral pourra commencer.r • 1974 Lucy.Notre grand-maman à tous a plus de trois millions d'années.La découverte de ses restes dans la brousse éthiopienne obligera les paléontologues à redessiner l'arbre généalogique de l'être humain.Les CFC au pilori.On démontre que les chlorofluo-(CFC), communément employés pour .- ____Ojration, peuvent détruire la couche d'ozone, sorte de bouclier physico-chimique situé NB^-53 Les CFC au p 1 ' _ .:¦ rocarbones ^ la réfrigér dans la haute atmosphère qui nous protège des rayons ultraviolets.HFnrn.1975 Pourtant, elle tourne ! On mesure la vitesse de rotation de la Voie lactée : 500 kilomètres par seconde.Ordinateur personnel.L'Altair 8800 n'avait ni clavier ni moniteur et seulement 256 bits de mémoire.Aujourd'hui, cette dernière se compte en millions de bits.Essence sans plomb.Pour augmenter le rendement des moteurs à explosion, on ajoutait depuis les années 20 des alkyles de plomb à l'essence.Il a fallu 50 ans pour constater les importants dommages neurologiques qu'ils pouvaient causer.Premier rendez-vous spatial.Les vaisseaux Soyouz 19 et Apollo s'arriment à 225 kilomètres au-dessus du globe.Les astronautes américains Stafford et Slayton rendent visite aux cosmonautes russes Leonov et Koubassov.Rome élargit le débat à la gestion des ressources naturelles, dont il prédit l’épuisement en raison de l’exploitation sauvage.Son rapport, qui deviendra vraiment d’actualité avec la première crise pétrolière un an plus tard, tente d’identifier les limites de la consommation planétaire et du poids insoutenable de la surpopulation.En réaction à ces bilans plutôt sombres, on assiste à une effervescence scientifique et culturelle avec le retour à la terre, en Amérique comme en Europe.James Lovelock lance alors sa théorie de Gaïa, la « planète vivante » dotée d’organes vitaux dont le fonctionnement repose sur de complexes échanges d’informations.Lovelock a un discours rassurant : la planète, dit-il, a survécu à des catastrophes comme les glaciations et les sécheresses.Elle saura bien réagir contre cette lèpre de cinq milliards de cellules humaines en pleine explosion démographique.Miles Island, Tchernobyl, etc.Comme, ici, les BPC de Kenora ou de Saint-Basile.À ces catastrophes ponctuelles vont s’ajouter les grands dossiers montés par les écologistes.Les pesticides et insecticides qui tuent les humains du tiers-monde et les aigles américains.Les pluies acides qui réduisent la vitalité des écosystèmes aquatiques et forestiers d’Amérique et d’Europe.La découverte de l’effet de serre dont l’hypothèse sera formulée au début des années 1970.La destruction de la couche d’ozone.La pollution des mers par les déchets industriels.Le stockage et l’élimination irresponsable de déchets toxiques dans les pays et régions « poubelles ».Il faut ajouter à cela la toute récente découverte des imposteurs endocriniens, ces molécules pouvant confondre le code génétique en lui passant des commandes suicidaires, et les organismes modifiés génétiquement, des merveilles que Une succession de catastrophes écologiques vont, au cours des années 70 et 80, stigmatiser l'opinion publique.L'accident nucléaire de Three Miles Island en 1979 provoquera notamment une véritable commotion aux États-Unis.mm w»’ Les écoles de pensée écologistes vont par la suite évoluer au rythme des drames successifs qui contribuent à l’éducation environnementale de la population du « village global » : les dioxines et furannes de Seveso, la catastrophe de Bhopal, les puits de pétrole mexicains hors de contrôle, la pollution du Rhin, les marées noires des superpétroliers comme VExxon Valdez, Three l’on dit aujourd’hui aussi sûres pour la santé et l’environnement que l’étaient, il y a 50 ans, les BPC.Et que l’on doit parfois aux mêmes producteurs industriels ! Sans doute l’action des écologistes militants a réussi à stimuler la recherche et a poussé les gouvernements à l’action dans une synergie sans précédent entre science et société.Toutefois, les 46 Québec Science / Septembre 1999 1976 1977 Viking 1 sur Mars.Le premier laboratoire à se poser sur une autre planète.Déception : la surface martienne est désespérément déserte et sans vie.A moins que les Martiens ne se soient cachés.Gène artificiel.Une équipe de l'université Harvard aux Etats-Unis réussit à synthétiser un gène de mammifère, celui de l'hémoglobine d'un globule rouge de lapin.Premier pas vers la fabrication de la vie ?Premiers cas supposés de sida.Un cas rare de cancer, qui affecte deux homosexuels de New York, intrigue les médecins.La maladie ne sera reconnue qu'en 1981.Angioplastie.Une méthode pour débloquer les artères.Elle constituera dans plusieurs cas une solution de remplacement aux pontages.Fernand Seguin à l'honneur.Le prix Kalinga, sorte de prix Nobel de la vulgarisation scientifique remis par l'UNESCO, est décerné au populaire communicateur québécois.^ifï' n 1998, Greenpeace installait une bannière au-dessus des chutes Niagara pour la sauvegarde des forêts centenaires de l'Ouest anadien.L'action des écologistes militants a réussi à stimuler la echerche et à pousser les gouvernements à l'action dans une ; ynergie sans précédent entre science et société.Phéromones.On savait qu'il y avait un langage chimique dans le monde animal.Trois chercheurs français démontrent que les phéromones jouent aussi un rôle de communication chez les mammifères supérieurs comme la vache et l'homme.1978 icr négaproblèmes d’environne-ijnent, comme la contamina-ion des mers, de Fatmos-11 phère, la destruction de la touche d’ozone et les changements climatiques, posent des défis imprévus à la science, jui n’arrive plus à fournir des certitudes empiriques aux décideurs politiques.La science officielle » doit désonnais donner des réponses qu’elle ne peut pas vérifier, définir des remèdes à des maux, comme l’effet de sen'e d’origine humaine, dont l’existence n’est pas démontrée mais for-f tement anticipée.Paradoxalement, l’entrée des écologistes et du public sur la scène environnementale a aussi stimulé le développement des techniques de désinformation.de contrôle de l’o-, pinion et de relations publiques.En fait, il s’agit d’une ' ilf» réaction des élites politiques et économiques à la mise en place de nouvelles institutions, dites de « démocratie directe », sur lesquelles s’appuient les citoyens pour avoir voix au chapitre quand les technocrates, privés ou publics, font atterrir de grands projets dans leur cour.Ces interactions n’ont pas été sans conséquences : les écologues entretiennent souvent, et heureusement, beaucoup de méfiance envers les écologistes qui déforment parfois leurs conclusions.Tout comme les écologistes se méfient des écologues, qui sombrent parfois dans le scientisme et qui se laissent souvent asservir par les nouveaux bailleurs de fonds, privés ou publics, plus souvent qu’au-trement coincés sur le banc des accusés ! • Bébé-éprouvette.Angoisse chez les cigognes : on annonce une nouvelle façon de faire des enfants.Louise Brown sera le premier bébé conçu dans de la vaisselle de laboratoire.Sauvons le Saint-Laurent.Décrit comme un égout à ciel ouvert et un déversoir de produits chimiques, le grand fleuve devient l'objet d'une supercure.L'heure du sauvetage a sonné.1979 Téléphone portatif.L'entreprise suédoise Ericsson propose le premier modèle de téléphone cellulaire, système téléphonique qui utilise les ondes hertziennes pour acheminer les communications.« Chérie, je suis dans l'auto, j'arrive pour le souper » deviendra très in.Règne humain.Tout bien calculé par les démographes, il y aurait eu près de 80 milliards d'humains sur la Terre.Fin du monde, répétition.Le 9 novembre, le réseau d'alerte stratégique de NORAD déclenche l'alerte n° 1.Les ordinateurs ont détecté une salve de missiles communistes en direction des Etats-Unis.L'alerte durera 15 minutes.C'était une erreur de programmation.Québec Science / Septembre 1999 47 r tiat *i cf«» L’appel du Nord Dans les années 70, à la veille des grands travaux de développement hydroélectrique, les scientifiques ont envahi le territoire de la haie James.Mais leurs études ont-elles vraiment hien servi la science ?Le géographe et écologiste Serge Payette en doute.Propos recueillis par Gilles Drouin Directeur du Centre d’études nordiques (CEN) de l’Université Laval, le géographe et écologiste Serge Payette a consacré les 30 dernières années à mieux comprendre le Nord québécois et sa végétation.Il est sans doute l’un des chercheurs québécois qui a le plus bourlingué dans ce vaste territoire.• • • « J’ai eu le coup de foudre pour le Nord lors de mon premier séjour, en 1966.Je travaillais alors comme étudiant avec Louis-Edmond Hamelin, qui avait fondé le CEN en 1961.J’étais donc un jeune chercheur lorsque les travaux entourant les aménagements hydroélectriques à la baie James ont démarré.Je n’y ai pas participé, car je m’intéressais surtout aux territoires situés plus au nord, dans la région de la baie d’Hudson.« Dans les années 70, nous commencions à prendre connaissance du milieu nordique, un milieu difficile d’accès dont l’étude est très coûteuse.Il y avait peu de précédents et peu de gens vraiment compétents dans ce domaine.Mais, dans le secteur de la baie James, les moyens étaient vraiment impressionnants.Malheureusement, cela n’a pas eu d’effet stimulant sur la recherche et n’a pas permis de comprendre davantage le milieu.« C’est que la tendance en sciences naturelles était sur- m - UM •*.rSKig': :;N La toundra québécoise, un environnement encore mal connu.( vJ-jy*1 - , -, tout à l’inventaire.Partout au Québec, et principalement dans le Nord, nous classifions la nature sans nécessairement chercher à la comprendre.Cette obsession du classement a placé notre façon de pensée dans un carcan qui nous empêchait — et j’en étais — d’utiliser notre imagination.Il a fallu plusieurs années pour sortir de cette camisole de force.E/L' « Même si les inventaires réalisés par et pour Hydro-Québec étaient intéressants, leurs buts étaient très précis : ce n’était pas pour la science, mais pour résoudre les problèmes des ingénieurs.Comme le tout devait se dérouler dans des délais très courts — mais tout de même avec de bons moyens —, cela a donné des inventaires de qualité inégale.Compte tenu du contexte, il était normal d’obtenir ce genre de résultats.« Les travaux à la baie James ont tout de même permis aux chercheurs québécois d’acquérir une expertise en géomatique.Quelques bonnes recherches ont aussi été réalisées sur le caribou et sur l’hydraulicité des barrages.Mais, dans l’ensemble, el particulièrement dans le domaine de l’écologie, cette grande période d’inventaire Y Vi ÜL J-J ' V •: 48 Québec Science / Septembre 1999 Nord québécois.« C'est surtout la persévérance quelques chercheurs et leur passion pour le Nord i ont permis de mieux comprendre la végétation environnement de ce territoire.» i^ c«!if l’est pas vraiment le point de lépart de grandes recherches Je] lordiques.« C’est surtout la persévérance de quelques chercheurs et leur passion pour e Nord qui ont permis de nieux comprendre la végéta-ion et l’environnement de ce enitoire.Grâce à eux, le EN est devenu une plaque ournante de la recherche en jl sciences naturelles dans le tord du Québec.malgré de \ ^ sérieux problèmes de finan-ement.En fait, il n’y a ja-11 ai s eu ici de programmes ie subventions pour les études nordiques.« La dynamique des écosystèmes forestiers est l’un des principaux domaines à ivoir profité de l’ouverture du ord aux scientifiques.En 1970, on parlait peu des feux de forêt.Aujourd’hui, aucun spécialiste ne niera le rôle capital que jouent les catastrophes, comme les feux et les épidémies, dans l’évolution de la forêt.Maintenant, ce sont des chercheurs formés par le CEN qui appliquent ces résultats plus au sud.« Nous en avons aussi appris beaucoup sur le pergéli-sol, grâce aux travaux de mon collègue Michel Allard.On peut aussi mentionner les études du niveau d’eau dans les réservoirs et l’installation de stations météorologiques pour analyser les variations climatiques.« Mais, à mon avis, tout cela se serait réalisé même s’il n’y avait pas eu de grands barrages.» • forum Partagez votre opinion sur des sujets de pointe, i f Participez au forum de www.cybersGiences.com LIEUX CE SCIENCE I à Quelle famille ! Le CIAQ, à Saint-Hyacinthe, est l'un des leaders mondiaux de l'insémination artificielle bovine.Grâce à un taureau exceptionnel, mais aussi à des techniques de plus en plus raffinées.par Stéphane Batigne Ce n'est un secret pour personne à Saint-Hyacinthe : un fantôme flotte sur les bâtiments du Centre d'insémination artificielle du Québec (CIAQ).Un fantôme cornu et viril pesant plus d'une tonne et mesurant près de deux mètres de haut : Hanoverhill Starbuck, le plus célèbre reproducteur de la race Holstein, mort à l'automne 1998 à l'âge de 19 ans.Face à l'entrée du centre, une pierre commémorative sur sa sépulture rappelle la carrière aussi longue que fertile de ce taureau exceptionnel : 1 203 séances de récolte, 685 000 doses de semence vendues dans 45 pays, 200 000 filles, plus de 600 descendants mâles sélectionnés comme reproducteurs.Qui dit mieux ?Malgré sa disparition, Starbuck est encore le meilleur agent promotionnel du CIAQ auprès des éleveurs du monde entier.Mais sa renommée n'aurait sans doute pas dépassé les frontières du Québec sans la mise au point de plusieurs techniques de conservation de semence et d'insémination dans les années 60 et 70.Car si le CIAQ existe depuis 1948, ses méthodes étaient alors plutôt artisanales.Certes, on avait déjà compris que le froid constitue le meilleur moyen de conservation, mais on se contentait encore de ballons remplis d'eau gelée pour refroidir le sperme.Résultat : la semence ne gardait son pouvoir fécondant que deux jours tout au plus.C'était un délai raisonnable pour fournir les éleveurs les plus proches, mais il ne pouvait être question d'exportation.Encore moins de bâtir une banque de semences.L'utilisation d'azote liquide réglera dans un premier temps le problème de la conservation.Le remplacement des ampoules de verre par des paillettes de 0,5 millilitre permettra quant à lui d'accroître le nombre de doses obtenues à partir de chaque récolte, donc d'améliorer la rentabilité des taureaux.En effet, il ne faut pas croire qu'une récolte de sperme ne donne lieu qu'à une seule fécondation.Loin de là : un bon « donneur » peut fournir plusieurs centaines de doses à chaque séance.Mais pour cela, les quelques centilitres de sperme doivent passer par un processus rigoureux et complexe : récolte aseptisée, analyse microscopique de la vigueur des spermatozoïdes, dilution de la semence, remplissage et contrôle des paillettes, puis refroidissement progressif dans un bain d'azote liquide.Paradoxalement, certains aspects du processus paraissent particulièrement anachroniques, tels que l'utilisation d'un jaune d'œuf comme agent diluant ou encore la récolte manuelle au moyen d'un vagin artificiel.On le voit, la technologie n'est pas tout dans ce domaine.Il faut bien conserver un geste d'amour !• Québec Science / Septembre 1999 49 Objets communs Barrés à vie Savez-vous comment fonctionne mi code à barres ?par Bernard Arcand ^ % V Vf JÊméitÊàHSÊi tVf - :__:______- Le brevet du code à barres fut attribué en 1949, mais il fallut attendre les années 70 et le développement du lecteur laser, puis l’invention du code alphanumérique, pour que l’usage de ce petit détail de la vie moderne se généralise.De nos jours, le commerce ne pourrait plus s’en passer, et les petits bâtonnets sont désormais visibles sur les livres de beurre ou en papier, sur les pommes et les arbalètes, même sur les étiquettes d’arbustes que l’on appelle « sauvageons ».Les codes à barres indiquent des millions de fois par jour l’essentiel d’une vente : le prix du produit.Dans un monde où pratiquement tout peut se trans-former en marchandise, le succès de cet objet devenu parfaitement commun s’étendra sans doute bientôt au secteur des services : sous peu, plombiers, avocats et garagistes auront leur propre code à barres de tarifs professionnels et de garanties douteuses.Certains visionnaires prétendent même que, dans quelques années, chaque citoyen portera au poignet son code à barres individuel révélant du même coup son dossier médical, sa limite de crédit, son droit de vote et son testament.Bref, fidèle à sa fonction, le code à barres dira ce que l’individu « vaut » sur le marché.L’utilisation généralisée du code à barres est à l’image de celle d’une variété d’objets communs du XXe siècle.Il s’agit d’un petit détail de la vie courante qui passe sous nos yeux et fait « bip » des dizaines de fois par semaine, mais qui reste largement incompris.Rares sont les clients ou vendeurs capables d’expliquer comment, au juste, fonctionne cette merveilleuse lecture du code à barres.La plupart n’en savent rien et sont apparemment satisfaits de savoir que le bi- dule fonctionne, qu’il est commode et qu’on doit lui faire confiance.Il vaut la peine de redire à quel point il en allait naguère autrement.C’est d’ailleurs là une des leçons encore trop mal connues de l’ethnographie.On croit généralement que le travail de l’ethnographe consiste à se rendre dans des contrées lointaines pour visiter des sociétés autres dans le but de les comprendre.Ce qui suppose qu’on les observe et leur pose des questions.50 Québec Science / Septembre 1999 Par contre, on sait moins que l’ethnographe doit également répondre à un nombre encore plus grand de questions sur sa propre société.C’est alors qu’il découvre un paradoxe.Si les Indiens, par exemple, répondent à chacune de ses questions et lui expliquent en long et en large chaque outil, tradition et croyance, l’ethnographe, en retour, prend conscience de sa propre ignorance de son univers familier.Très peu d’ethnographes sont en mesure d’expliquer pourquoi le transistor fonctionne mieux durant la nuit, comment fabriquer un moteur d’avion ou un chaudron en aluminium, pourquoi on travaille tant, pourquoi on se refuse à épouser ses cousins et cousines, et puis comment on ne peut être certains de l’existence de notre Dieu.L’ethnographe doit reconnaître qu’il demeure chez lui en terrain franchement inconnu.Les critiques de la vie moderne ont parlé d’aliénation pour décrire le sentiment d’être étranger à une société qui ne nous appartient plus.Quand une pomme devient un « bip » sur le comptoir et que l’achat est réglé par paiement direct, reste le plaisir de la croquer, mais on s’éloigne encore du pommier.Con elusion : les progrès technologiques nous rendent chaque J jour un peu plus ignorants.I m*lK- JSÊ' j Réchauffez votre poulet à distance.' Ss^ j|rTT7f\i^HS i (m) affaires"' I - [j De nos jours, pour être compétitives, ’ .jOk les fermes sont automatisées.Tempé- MtP' rature, humidité, débit de l'eau, tout ; _ est contrôlé électroniquement.Mais ¦Bg| fv W X si le chauffage vient à flancher pendant W que l'aviculteur est en ville?Pas de r problème: un message l'avisant de l'anomalie apparaîtra aussitôt à l'écran de son téléphone numérique.Un coup de fil au voisin et hop! la volaille est \ wÊj Pp 1* ‘^-iIMm'iu rNf r'.rt "1 Joli sauvée.Garder le contrôle où que vous soyez: voilà l'avantage que vous procure la@)obilité en affaires.Dès aujourd'hui, Bell Mobilité met son réseau numérique au service des gens d'affaires (et des poulets) du 21e siècle.1 888 4MOBILE www.bellmobilite.ca â J Col BgH MobUitG Communiquez comme personne K,c Marque de commerce de Bell Mobilité Cellulaire Inc.MO Marque déposée de Bell Canada.Utilisée en vertu d'une licence. CATIA et |ii^- ^^ quand une innovation donne naissance à une autre.Le bloc-notes ThinkPad'10 a été développé par IBM avec l’aide de CATIA'10, une solution de conception et de fabrication assistées par ordinateur dont nous assurons la mise en marché.Voilà deux produits innovateurs qui façonnent l’histoire de la technologie au Québec et de par le monde.Des solutions pour une petite planète” I 800 IBM-2255 IBM, ThinkPad et « Des solutions pour une petite planète » sont des marques déposées d’international Business ^qqVTnMfdmiK üee’ Tous les autres noms de produit ou marques appartiennent à leurs détenteurs respectifs.© IBM Corporation, 1999.© IBM Canada Ltee, 1999.Tous droits reserves
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