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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2000, Collections de BAnQ.

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' ' ¦ WiM'0 ' ’ ¦ - : ï- ¦ ^ .v-:,__±±Æk l _¦ ¦ _ _ B mm — ¦ B H e»cWS” 110 jours dans une capsule russe volume 38, numéro 11 Septembre 2000,4,35 S www.CyberSciences.com A "'yijjjLyjj üiyy^ 77333301994903 .y J Une c t :v a \ ^ Si grande universit dimension humaine • Des campus accueillants où l'on retrouve tous les services • Un milieu de vie convivial, économique et sécuritaire • Un environnement naturel d'une rare beauté • Des programmes axés sur la formation pratique • Un taux de placement exceptionnellement élevé pour les stages en entreprise • Des liens étroits avec le monde du travail • Un éventail imposant de groupes de recherche et de centres d'excellence • Des domaines de recherche parmi les plus novateurs • Au 1er rang des universités québécoises au chapitre des redevances annuelles pour les découvertes de ses chercheuses et chercheurs Programmes de maîtrise Adaptation scolaire et sociale Administration Administration des affaires (M.B.A) Biochimie Biologie cellulaire Droit de la santé Économique Enseignement Environnement Études françaises Fiscalité Génie aérospatial Génie chimique Génie civil c,, Génie électrique Génie logiciel Génie mécanique Géographie Gérontologie Gestion de l'éducation et de la formation Gestion et développement des coopératives Histoire Immunologie Informatique Intervention sociale : concentration toxicomanie Ingénierie Kinanthropologic Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Orientation Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Psychoéducation Psychologie des relations humaine1 Radiobiologie Sciences cliniques Sciences de l'éducation Sciences humaines des religions Service social Théologie UNIVERSITE DE SHERBROOKE 1 800 267-UdeS www.usherb.ca X ¦ fa fa «d» esde ilW .üfa i«io(|i stf?’ fa1* e fa «ip** / .• « CRPITRL : 525 QQÜ 000 $ PORTEFEUILLE : 170 ENTREPRISES PROMETTEUSES Sociétés d'investissement Innovated! : les spécialistes du financement en haute technologie ?ans le milieu du capital de risque depuis 1992, les sociétés Innovatech, avec un fonds de 525 millions de dollars, comptent 170 entreprises dans leurs portefeuilles combinés.Couvrant tout le Québec, les sociétés Innovatech investissent dans une variété de projets à contenu technologique avec une préférence pour les investissements dans le domaine de l’innovation et du transfert technologique et les premières ou deuxièmes rondes de financement.Pour des renseignements au sujet d’un partenariat fructueux : MONTRERL 2020.rue University Bureau 1527 Montréal H3R 2R5 (514) 864-2929 QUÉBEC 10.rue Pierre-Qlivier-Chauveau Québec GIR yjB (418) 528-9770 SHERBROOKE 455.rue King Ouest Bureau 305 Sherbrooke JIH 6E9 (819) 820-3305 RÉGIONS RESSOURCES 10.rue Pierre-Olivier-Chauveau Québec GIR 4J3 (418) 528-0315 Innovatech Sociétés d’investissement .: ' ¦ ujuuuj.innovatechcapital.com Photo de la page couverture : Laurent Leblanc En couverture L'école ésotérique Quebec Peut-on comprendre ce qui va maintenant se passer dans les écoles ?Certes, les fonctionnaires du ministère de l’Éducation ont travaillé fort pour produire les documents balisant la réforme qui a commencé à s’appliquer, mais quelqu’un peut-il nous expliquer clairement comment les changements vont se produire et ce qu’ils impliquent ?Résumons : pour apprendre aux enfants de la génération Internet à lire, à compter et à réfléchir, les pédagogues de l’an 2000 misent sur l’acquisition de compétences transversales.L’air de rien, ce principe conduira à faire voler en éclats les rituels les mieux établis de l’école traditionnelle : les bulletins, les cours magistraux et le redoublement.Tout ça pour faire place à un idéal dont la pensée est que, par exemple, on peut apprendre le français en faisant de la menuiserie.De la physique en faisant la cuisine.Ce n’est pas tout à fait faux.Il en est de même avec l’outil informatique à partir duquel on peut apprendre énormément.Mais en fait, on demande aux parents et aux enseignants quelque chose qui ressemble à un acte de foi.Car la raison d’être de ces changements — mis à part de vouloir en finir avec le décrochage — demeure pour plusieurs incompréhensible.Les pédagogues ont beau prétendre avoir le souci de la « fécondité pédagogique de l’attention au métacognitif » (dixit le Conseil supérieur de l’éducation), il n’empêche que ce n’est pas cet ésotérisme qui convaincra les parents que leurs marmots sont entre bonnes mains.Après on s’étonne que les parents (autant que leurs enfants) aient pu se désintéresser de participer à l’avenir de leur école.Cela dit, on a tout de même des raisons de croire que le jeu de cette réforme en vaut la chandelle.C’est ce que souligne la neuropsychologue Sylvie Daigneault dans une entrevue qu’elle nous a accordée à ce sujet et où elle trouve le moyen de nous expliquer pourquoi.Mais est-ce que cela aurait trop compliqué la vie des fonctionnaires de l’Éducation de faire le même effort ?Peut-être est-ce le souci de vulgariser qui leur manque ?Ils pourraient prendre conseil auprès des nombreux scientifiques qui ont à travailler avec un langage tout aussi spécialisé, mais qui se font souvent un devoir de communiquer leur savoir avec clarté.Ce ne serait pas un luxe : cela aiderait à épurer les sciences de l’éducation de leur jargon et — qui sait ?— à mieux préparer l’école, les enseignants, les parents et leurs enfants aux changements qui s’imposent.Raymond Lemieux Actualités 12 Prions pour les siècles des siècles L’évolution nous a fait un sinistre cadeau : les prions.Plus terribles que les microbes.par Catherine Dubé 8 Les musées : scientific circus ! Les musées proposent maintenant toutes sortes de manières de communiquer la science.Mais leur approche comporte des risques selon Normand Bail-largeon, notre invité du mois.par Sophie Payeur 16 Deux temps, trois mouvements À 18 Planète ADN Princesse et Minou font les clones par Jean-Pierre Rogel 10 Plat comme une crêpe L’Univers n’a rien à voir avec l’œuf de Christophe Colomb.C’est un projet appelé Boomerang qui l’affirme.par Vincent Sicotte Chroniques 44 Dimension cachée Plongeons olympiques Quelques secondes de physique inusitée qui font toute la différence sur le podium.par Raynald Pepin 50 Eurêka Une nouvelle chronique : quelques flashes sur les innovations technologiques.46 Internet La guerre des revues savantes par Philippe Chartier 48 Jeux par Jean-Marie Labrie 49 Science et culture Les trilobites contre l'atome 14 Perte sèche pour les milieux humides Des marécages, des tourbières, des étangs sont encore rayés de nos cartes.Malgré les bonnes intentions écologiques.par Louise Desautels l! 4 Québec Science / Septembre 2000 I f OIS Éducation 19 École : ce qui va changer Fini les bulletins, le redoublement et les cours magistraux.L’école québécoise traverse une période de transformations comme jamais elle n’en a connues depuis la fameuse réforme des années 60.Pour mieux se mettre au diapason de la génération Internet ?par Marie-Pier Elie O j Judith Lapierre : 110 jours dans O une capsule spatiale russe Une mission particulière : vivre quatre mois dans un espace très restreint sans en sortir.par Vincent Sicotte le siecle des lumières 'J Elle annonce la prochaine révolution informatique.La photonique permettrait à l’information de mieux voyager dans nos ordinateurs.Et plus vite aussi.C’est notamment à Québec que se fait la recherche de pointe à ce sujet.par Louise Desautels 6 Membre de : The Audit Bureau CPPA Magazines du Québec Le contenu de ce magazine est produit sur sen/eur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Rédacteur en chef : Raymond Lemieux Ont collaboré à ce numéro : Philippe Chartier, Louise Desautels, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Jean-Marie Labrie, Sophie Payeur, Raynald Pepin, Jean-Pierre Rogel, Mathieu-Robert Sauvé et Vincent Sicotte Photos/illustrations : Marc Cuadrado, Julie Durocher, Christian Fleury, Laurent Leblanc, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Correction : Luc Asselin 6 Québec Science / Septembre 2000 clinique et dépeint un portrait plutôt sombre des comités d’éthique de la recherche (ci-après cér).Or, les propos de M.Sauvé méritent quelques précisions à la lumière des documents publics, publiés récemment par les Trois Conseils de recherche canadiens (CRM, CRSNG, CRSH) et le ministère de la Santé du gouvernement québécois.Premièrement, l’article de M.Sauvé mentionne, à juste titre, que la composition des comités d’éthique de la recherche ne fait l’objet d’aucune législation spécifique.Cependant, l’existence des comités d’éthique, dans le cadre de l’expérimentation sur des mineurs et majeurs inaptes, a été officiellement reconnue par le législateur avec l’entrée en vigueur du Code civil du Québec en 1994 (voir l’article 21 ).Déplus, bien qu’il ne s’agisse pas d’un document ayantforce de loi, la composition des comités d’éthique de la recherche doit respecter, du moins pour les établissements qui reçoivent des fonds publics, la règle 1.3 de l’Énoncé de politique des Trois Conseils.(.) Les cér ont le pouvoir d’approuver, de modifier, de stopper ou de refuser toute proposition ou poursuite de projet de recherche faisant appel à des sujets humains.Déplus, le chercheur qui ne respecterait pas une directive du cér pourrait se voir sanctionner par le conseil d’administration de l’établissement.(.) Deuxièmement, il est mentionné dans l’article que les projets de recherche se sont jamais refusés par les comités d’éthique de la recherche et que, tout au plus, ceux-ci recommandent des modifications au formulaire de consentement.On obtient cependant un son de cloche différent à la lecture du Rapport d’enquête concernant les activités des comités d’éthique clinique et des comités d’éthique de la re- cherche au Québecpara en septembre 1999.En effet, le rapport indique que sur un total de 37 cér qui ont répondu au questionnaire envoyé, 28 ont déjà imposé un refus d’approbation à un protocole de recherche.Même chose en ce qui concerne les demandes de modifications substantielles aux protocoles de recherche qui, selon l’auteur, seraient rarissimes.Contrairement à ce que peut en penser M.Sauvé, il estfréquent d’observer des chercheurs devant modifier plusieursfois leur protocole afin de rencontrer les exigences des cér les plus expérimentés.Troisièmement, l’article parle d’une « épuration éthique » dans la révision des protocoles de recherche caractérisée par l’absence d’évaluation des principes de justice et de bienveillance du corps médical.Cette épuration serait faite au profit du seul principe d’autonomie expnmé par le formulaire de consentement, fruit d’une médecine américainefortement teintée par la crainte des poursuites.L'auteur oublie cependant de mentionner que plusieurs cér comptent, à titre de membre ad hoc, des experts qualifiés (biostatisticiens, scientifiques, médecins spécialistes, éthi-ciens) dont le mandat est justement d’éclairer et d’aviser le comité lors de l’examen de protocoles portant sur des domaines de recherche particulièrement complexes tels que le VIH/SIDA et les maladies cardiovasculaires.(.) À la lumière de l’article paru dans le numéro d’avril, la plume acerbe de M.Sauvé met en exergue, il est vrai, nombre de problèmes importants sur lesquels une réflexion plus approfondie s’impose.Cependant, à l’image de certains médias de masse, son message prêche par l’exemplarité du sensationnalisme.R est important que la population soit informée que le travail effectué par les membres de ces comités d’éthique estfait de façon bénévole.La préparation des réunions nécessite de nombreuses heures de travail en raison du nombre et de la complexité des protocoles qui ne font que s’accroître.Lefonctionnement des cér ne pourra reposer indéfiniment sur la bonne volonté et le bénévolat des personnes qui les composent.Déplus, s’ajoute le manque chronique de ressources dont disposent les cér non seulement pour organiser leurs activités defonctionnement mais également pour tenir des activités de formation et d’éducation aux membres.L’organisation et le fonctionnement des cér ne sont peut être pas parfaits, faut-il en convenir.Même si la recherche biomédicale a longtemps été sous-financée au Canada, une partie des budgets alloués à celle-ci ne devrait-elle pas inclure les fonds nécessaires pour assurer le volet éthique des activités de recherche avec des sujets humains ?Le réel problème qui se cache derrière les propos deM.Sauvé semble davantage relever d’un manque de volonté politique.» Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante.Québec Science 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca Réponse de l'auteur Je ne suis pas seul à m’inquiéter de l’état de la recherche clinique au pays.Au dernier congrès de l’ACFAS, Richard Carpentier, du Conseil national d’éthique en recherche chez l’humain, déclarait : « Nous savons avec exactitude combien de rats, souris et autres animaux de laboratoire sont utilisés chaque année pour la recherche au Canada, mais nous ignorons combien de gens ont participé à des recherches cliniques.» Récemment, à la suite de la mort de deux personnes participant à des expériences de thérapie génique aux États-Unis, le NIH a découvert plusieurs irrégularités dont d’autres décès.Qu’en est-il chez nous ?On n’en sait rien.Et le public, au nord de la frontière, n’est pas incité à exiger des comptes de ses chercheurs.Mon but, en publiant L’éthique et lefric, était de lancer quelques débats dans ce sens.Bien sûr, la recherche clinique permet des découvertes scientifiques importantes, mais certaines zones d’ombre inquiètent.Jean-Philippe Lavoie me donne l’occasion de revenir sur une question essentielle, soit le fonctionnement des comités d’éthique de la recherche (cér).L’étude qu’il cite (Rapport d’enquête concernant les activités des comités d'éthique clinique et des comités d'éthique de la recherche au Québec) ne trace pas un portrait rassurant de la situation.L’équipe de l’université Laval affirme par exemple : « Il s’avère difficile de comprendre le fonctionnement réel des comités d’éthique de la recherche, et encore plus difficile de poser un jugement sur leur efficacité et la qualité de leur travail.» Le document ne dit pas, de plus, que certains centres de recherche, comme celui de l’hôpital Royal Victoria de Montréal, ont refusé de répondre à leur questionnaire qui portait pourtant le sceau du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec ! C’est une telle attitude qui me fait dire que les cér fonctionnent parfois comme des sociétés secrètes.Mathieu-Robert Sauvé Québec Science / Septembre 2000 7 Invité du mois * K : nus wU'is?:g circi Normand Baillargeon : « L'approche muséale comporte des risques quant à une véritable culture scientifique.» 8 Québec Science / Septembre 2000 Julie Durocher La science occupe une place grandissante dans les musées.Les expositions interactives se multiplient.Cela permet-il aux visiteurs d’être plus sensibilisés aux enjeux scientifiques ?Nous avons posé la question à Normand Baillargeon, professeur en éducation et en muséologie à l’Université du Québec à Montréal.propos recueillis par Sophie Payeur Québec Science : Quel devrait être le rôle d'un musée scientifique en l'an 2000 ?Normand Baillargeon : Avant de vous répondre, il faut faire un bref retour en arrière.Pendant la Renaissance, les gens amassaient des objets pour leur beauté ou leur aspect bizarre et les exposaient dans des lieux qu’on appelait « cabinets de curiosités ».À partir de la Révolution française, on a voulu donner un sens à ces collections.Les artefacts ont été présentés en lien avec leur passé, dans des lieux où est née la vision classique des musées.Puis, vers la fin des années 60, les musées ont connu un boum.Pour la première fois, les expositions ont posé des questions, abordé des problématiques contemporaines.La conservation et le rapport au passé sont moins importants aujourd’hui : les musées sont de plus en plus des lieux de réflexion.Les « collections » sont plus vivantes : pensons au Biodôme ou aux expositions interactives.À l’intérieur de cette mutation, on a demandé aux musées de jouer un rôle social afin d’alimenter la culture scientifique.Q.S.: Comment les musées s'acquittent-ils de cette tâche ?Les gens y apprennent-ils vraiment quelque chose sur la science ?N.B.: Il y a peu de moyens de le savoir.Une recherche effectuée en 1990 a révélé que un adulte sur deux ne saurait dire si la Terre tourne autour du Soleil ou vice versa.Je crois qu’il y a énormément d’éducation scientifique à faire.Les musées possèdent désormais toutes sortes de façons de transmettre la science.Les visiteurs peuvent expérimenter, visionner, lire et même goûter, et c’est chouette.Mais selon moi, l’approche muséale comporte des risques quant à une véritable culture scientifique.Q.S.: Lesquels ?N.B.: Comme disait Frank Oppenheimer, fondateur de l’Exploratorium à San Francisco : « On peut échouer dans un cours de science, mais on ne peut pas échouer dans un musée scientifique ! » Les musées ne doivent pas être des lieux d’éducation foraine où l’animation et le caractère événementiel des expositions priment sur le souci d’intégrer réellement des concepts • scientifiques.Le savoir ne jaillit pas de l’expérience.Pour saisir un concept dans sa globalité, il faut faire des liens, approfondir.Il faut un suivi.Et le musée scientifique, souvent, ne dépasse pas la phase de l’expérimentation.D’autre part, des conflits d’intérêt sont à craindre.Prendrait-on au sérieux un musée sur les biotechnologies financé par Monsanto ?Que penser du Bradbury Science Museum, à Los Alamos au Nouveau-Mexique, qui glorifie les brillants créateurs de la bombe atomique mais ne dit rien des milliers de victimes d’Hiroshima et de Nagasaki ?Les musées sont des lieux formidables pour réfléchir aux enjeux des développements scientifiques.S’ils veulent sérieusement susciter un discours critique, ils doivent protéger farouchement leur autonomie institutionnelle.Enfin, il existe des tensions entre différents courants éducatifs.D’un côté, le relativisme dit que la science n’est qu’une façon d’apprendre à connaître le monde.De l’autre côté, le scientisme prétend que la science est la seule et unique façon d’y arriver.L’une et l’autre de ces conceptions sont valables, en partie; les musées doivent éviter de verser dans les extrêmes.À ce sujet, le philosophe Emmanuel Kant a fait la distinction entre « disputer » et « discuter ».Disputer de quelque chose repose sur un savoir scientifique : en disputant, il y a moyen de savoir qui a raison, en quelque sorte.Discuter, toutefois, implique une réflexion, des valeurs, des conceptions qui n’émergent pas toujours des connaissances.Les progrès scientifiques génèrent de plus en plus de questions et d’enjeux à propos desquels il faut discuter.Les musées doivent établir des barrières claires mais non étanches entre les deux démarches.Ils doivent être en mesure de faire la part des choses pour promouvoir une réflexion sociale crédible sur les enjeux scientifiques.Q.S.: Le centre interactif des sciences (Centre iSci) qui vient d'ouvrir ses portes à Montréal veut « susciter des carrières » en science.Croyez-vous que les expositions à caractère scientifique peuvent déclencher un tel intérêt chez les jeunes ?N.B.: Si les musées véhiculent la science pour susciter les carrières, ils risquent d’imiter les méthodes d’enseignement modernes, qui s’apparentent à la soumission intellectuelle.Plusieurs lauréats du prix Nobel étaient des savants qui, grâce à une démarche originale, ont ébranlé des concepts bien établis.Ils ont jeté par terre ce qui était connu et reconnu.Que font les musées du plaisir d’apprendre ?Ce manquement explique peut-être que les jeunes boudent les sciences aujourd’hui.Cependant, les musées peuvent être des voies originales pour communiquer l’amour des sciences.Il serait dommage de passer à côté de cet énorme potentiel des musées en les confinant à une simple fonction utilitaire.Q.S.: Est-ce à dire que les musées scientifiques n'atteindront pas leurs objectifs ?N.B.: Il y a quelques années, les musées n’étaient pas pensés pour recevoir les groupes d’écoliers.Aujourd’hui, lorsque la visite des élèves est planifiée à la fois par le prof et le musée, qu’elle est bien préparée et qu’elle fait Tobjet d’un suivi, le musée devient un lieu de réflexion très intéressant.Personnellement, j’applaudis à cette démocratisation.Mais les musées ne remplaceront jamais l’école.Pas plus qu’ils n’enseigneront la science ou qu’ils ne combleront les lacunes des gens en matière de culture scientifique.• Québec Science / Septembre 2000 9 Actualités Plat comme une crêpe Les Anciens n'avaient pas totalement tort : l'Univers est bel et bien plat.Certes, la Terre est ronde et elle tourne.Mais l'Univers, décrit tantôt comme une selle d'équitation tantôt comme un ballon de plage, semble lisse comme une mer d'huile.par Vincent Sicotte Oubliez le ballon de plage et la selle d’équitation.Un petit télescope embarqué dans la nacelle d’une montgolfière indique que l’Univers est plat.Simplement.Les formes biscornues inventées par les astrophysiciens pour décrire la géométrie de l’espace n’ont plus cours.En apparence banale, la découverte voulant que l’Univers se décline en deux dimensions constitue l’une des plus remarquables avancées de la cosmologie moderne.Les cosmologues sont arrivés à cette étrange conclusion en regardant très, très loin dans le passé.« Nous avons pris un cliché de la prime enfance de l’Univers », explique Richard Bond, directeur du Canadian Institute for Theoretical Astrophysics (CITA), à Toronto.De ce portrait de famille ressort une moisson de photons parmi les plus anciens jamais vus, véritable écho du Big Bang.Le projet Boomerang (observations en ballon de la géomagnétique et des radiations extragalactiques millimétriques), riESTj gy Dixit Dcus: ^ Fiant Juminaria in fïrma^ mentOccvIijUtdiuicUt djcm ac noctcm, & fine IN SIGNA & v tcmpora,&dies& annos, , ut luceim in fnrnamcco jÊZ ||pï8vccdi,& illuminent Jmt tcrl ¦ Jÿny/2/A Gen t./Pawwl Tïvh ¦JyZJ- dont les résultats ont été pubüés dans la revue AWwre, a permis d’enregistrer une image plus précise du rayonnement fossile.Fin 1998, plus de 10 jours durant, un ballon stratosphé- rique a transporté un télescope à 40 kilomètres au-dessus de la station McMurdo, en Antarctique, pour recueillir cette noble lumière.Les frères de Montgolfier sont donc venus à la rescousse de la cosmologie du XXIe siècle.À cette altitude, le télescope domine 99 % de l’atmosphère : voilà une place de choix pour scruter les deux.« Cette étude ouvre une nouvelle ère, celle de la cosmologie de haute précision », affirme Richard Bond, l’un des 36 coauteurs du papier.Prédit par la théorie dès les années 40, le rayonnement fos- sile est détecté pour la première fois en 1965 de façon accidentelle, par Arno Penzias et Robert Wilson.Cette découverte, qui vaut le prix Nobel aux deux radioastronomes américains, corrobore de façon éclatante la théorie controversée du Big Bang.Cette radiation laissée par « l’explosion » initiale aurait été refroidie par l’expansion de TUnivers jusqu’à 10 Québec Science / Septembre 2000 sa température actuelle : 2,73 degrés kelvins (-270 °C).Ces photons originels baignent tout l’Univers.L’antenne de votre télé les reçoit cinq sur cinq, la neige de l’écran est en partie due à cette lumière du passé.En 1989-1990, le satellite Gobe (explorateur du fond cosmique) met en évidence la non-uniformité du rayonnement fossile : par endroits, il est plus chaud ou plus froid, de 0,0001 °K en moyenne.Le ciel vu par Gobe est tacheté comme une peau de léopard.Heureusement.S’il avait été uniforme, les premiers atomes ne se seraient jamais agglomérés pour former les galaxies, les étoiles et les planètes.Pour l’astrophysicien Stephen Hawking, il s’agit de la découverte du siècle.Ce n’est pourtant qu’un début.« Boomerang et Gobe, c’est le jour et la nuit ! » soutient le directeur du CITA.Les détecteurs installés dans la nacelle ont une finesse de détection 60 fois supérieure à ceux de Gobe.Les fluctuations de température qui avaient été décelées par Gobe sont scrutées à la loupe par Boomerang, qui réussit même à les mesurer.Résultat : ces « taches » ont une taille de un degré dans le ciel, soit le double de la pleine lune vue de la Terre.Ce résultat est confirmé, un mois plus tard, par un projet similaire mais indépendant de l’université Berkeley en Californie, appelé Maxima.Bébé Univers avait des taches de rousseur deux fois grosses comme la lune.Et alors ?« La taille des fluctuations du rayonnement fossile permet de déduire la géométrie de l’Univers », explique Richard Bond.Des simulations informatiques montrent que la taille naturelle de ces taches est de un degré — exactement ce qu’a vu Boomerang.L’image de ces taches n’a donc pas été déformée.Un espace courbe infléchirait la trajectoire des rayons lumineux.Dans un Univers de courbure positive (l’équivalent en trois dimensions de la surface d’un ballon), les fluctuations seraient apparues plus grandes que un degré.À l’inverse, dans un espace à courbure négative (en selle d’équitation), elles apparaîtraient plus petites.Un peu le même effet que les miroirs déformants des parcs d’attractions, qui nous réfléchissent en maigrichon étiré ou en obèse bouffi.Les résultats de Boomerang indiquent que l’Univers est exactement entre les deux : il est plat, c’est-à-dire l’équivalent tridimensionnel d’une feuille de papier.Les droites parallèles ne s’y croisent jamais, la somme des angles d’un triangle fait 180°, etc.Bref, la bonne vieille géométrie euclidienne.De tous les cas de maigreur et d’obésité, n’est-il pas inattendu que l’Univers ait exactement.son poids-santé ?Pas vraiment.C’est exactement ce que prédit la théorie de l’inflation, un ajustement de la théorie du Big Bang développé par Alan Guth, chercheur au MIT, dans les années 80.Cette théorie soutient que l’Univers, immédiatement après le Big Bang, aurait connu une phase très courte d’expansion extrêmement rapide.(Pour ceux qui aiment les chiffres : en 10-35 s, l’Univers aurait gonflé d’un facteur 1 050.) Cette phase d’inflation aurait permis l’apparition des légères fluctuations dans le rayonnement fossile, celles-là mêmes qu’ont observées Gobe et Boomerang.Très élégante, l’idée d’inflation demeurait toutefois hypothétique —jusqu’à la présente étude, qui lui donne son premier appui important.La géométrie de l’Univers peut également nous dire comment toute cette histoire finira.Un espace en forme de ballon — dit fermé—contient assez de matière pour ralentir l’expansion universelle jusqu’à l’inverser : c’est le fameux « Big Crunch ».À l’inverse, un Univers ouvert ne contient pas assez de matière pour ralentir l’expansion, qui se continuerait éternellement.Dans notre Univers plat, la densité de matière est juste suffisante pour ralentir lente- ment l’expansion, sans jamais l’arrêter.C’est ce qu’on croyait encore il y a deux ans.En 1998, deux études indépendantes sur des supernovæ lointaines indiquent que l’expansion, loin de ralentir, est en train d’accélérer ! Cette découverte stupéfiante, encore controversée, a complètement changé la donne.Pour expliquer cette accélération, les scientifiques sont forcés de faire appel à une mystérieuse « énergie du vide », une force inverse à la gravitation, dont la nature est encore « tout à fait inconnue », selon Richard Bond.Pourtant, malgré ces boule- Une image obtenue par Boomerang.3* j 0 300 //K -300 fjK Actualités versements, une remarquable cohérence émerge.La densité de l’Univers est mie mesure de la quantité de matière et d’énergie qu’il contient.Dans un univers plat comme le nôtre, elle est égale à un.On l’appelle densité critique.Or, les observations montrent que toute la matière visible et invisible (galaxies, trous noirs et compagnie) constitue 30 % de cette densité critique.Les observations de supernovæ lointaines indiquent quant à elles que l’énergie du vide constitue 70 % de la densité critique.La densité totale est la somme de ces deux dernières : 0,3 + 0,7 = 1.Exactement la conclusion de Boomerang ! Si l’on assemble les pièces du puzzle, l’histoire se déroulerait ainsi.Dans un univers âgé de 15 milliards d’années, la gravité domine pendant 9 milliards d’armées, et l’expansion se ralentit.Puis, à mesure que cet univers se dilate, que les corps s’éloignent, la force répulsive prend le dessus sur la gravité et l’expansion, au lieu de continuer à ralentir, se nret à accélérer pendant les derniers six milliards d’années.Mais on ne peut prédire la suite.« Le mou théorique du modèle du Big Bang se resserre chaque jour davantage », écrit Peter Coles, cosmologue à l’université de Londres, dans le même numéro de Nature.Les moyens mis en œuvre y sont pour beaucoup.Deux projets très ambitieux de cartographie du cosmos sont en cours.Aussi, d’ici 10 ans, les satellites MAP (américain) et Planck (européen) iront scruter de plus près le rayonnement fossile.Des théories plus étranges encore seront peut-être nécessaires pour rendre compte de ces nouvelles données, écrit Peter Coles, des théories qui ne seraient même pas basées sur la relativité générale.« Pour plusieurs d’entre nous, ajoute-t-il, c’est la plus excitante des possibilités.» • Québec Science / Septembre 2000 11 Biologie Prions pour les siècles des siècles L'évolution nous a fait un sinistre cadeau : les prions.Remontant à la nuit des temps, ces protéines affectent les humains et les vaches, mais étrangement pas les oiseaux ni les tortues.par Catherine Dubé Les maladies à prions, telles que la maladie de la vache folle (appelée Creutzfeldt-Jakob sous sa forme humaine), pourraient bien être un vestige du temps où la Terre n’était encore peuplée que d’unicellulaires.Trois jeunes chercheurs, Isabelle Barrette, Guylaine Poisson et Patrick Gendron, suivent cette piste au Laboratoire de biologie informatique et théorique, dirigé par François Major à TUniversité de Montréal.Pour émettre cette hypothèse, les chercheurs ont d’abord analysé sous toutes ses coutures la structure de la protéine prion humaine et ont ensuite identifié la structure de TARN messager qui produit cette protéine.« Jusqu’à maintenant, la communauté scientifique s’est beaucoup attardée à la structure même du prion.Mais peu de chercheurs se sont intéressés à TARN impliqué dans sa production », explique Guylaine Poisson.C’est de ce côté qu’elle et ses collègues ont porté leur attention.L’objet de leur recherche est le prion responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob de type familial.Par opposition à la maladie de type sporadique, qui survient sans que Ton sache trop pourquoi, les victimes de la forme familiale ayant dans leur code génétique une anomalie qui les prédispose à la maladie.L’ARN est un duplicata de Le magazine scientifique de l’heure Télé-Québec % B Animé par Frédéric Loiselle PTEMBRE! Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Programme « Étalez votre science ».Production Icotop inc.12 Québec Science / Septembre 2000 Actualités .«Y .m La maladie de la vache folle.Un héritage des temps très anciens ?* l’information contenue dans l’ADN du noyau cellulaire.Tel un messager, il transporte jusqu’aux organelles de la cellule la recette qui permet de construire les protéines.En regardant de plus près l’ARN messager du prion humain, les chercheurs ont noté la présence de plusieurs éléments particuliers, dont un repli de la séquence appelé pseudonœud.« Cet élément a probablement des conséquences sur le processus de production de la protéine prion », dit Isabelle Barrette.Tel un grain de sable dans un engrenage, le pseudonœud ralentirait la traduction et induirait un « défaut de fabrication » dans le produit fini.Cela expliquerait la conformation particulière de la forme maligne du prion.Les informations obtenues ont été comparées à celles contenues dans des bases de données sur des millions d’autres organismes.Les chercheurs ont ainsi découvert que le pseudonœud se trouve chez tous les organismes dont on connaît le séquençage du gène du prion, sauf chez les oiseaux et les tortues.Fait intéressant, les oiseaux et les tortues ne développent pas la maladie.Parmi les organismes où le pseudonœud a été retrouvé, on note la levure, un micro-organisme qui compte parmi les plus anciennes formes de vie ! Jusqu’à maintenant, aucune éprouvette n’a franchi le seuil du laboratoire de biologie informatique des chercheurs.Mais cela ne saurait tarder.Dès cet automne, une expérience leur permettra de vérifier si leur hypothèse tient la route.• la» r 'T ' Collège de Bois-de-Boulogne Une formation reconnue PROGRAMMES PREUNIVERSITAIRES • Arts et Lettres • Programme intégré en Sciences, Lettres et Arts • Sciences de la nature • Sciences humaines PROGRAMMES TECHNIQUES • Soins infirmiers • Soins infirmiers pour infirmiers et infirmières auxiliaires • Technigues de bureautique • Techniques administratives • Techniques de l'informatique (514) 332-3000 poste 104 www.bdeb.qc.ca ortuireu ( Laissez- Laissez-vous vous raconter.raconter.sur l'ile Sainte-Hélène terre Visite combinée Mllôl’X .STKWAU'T AU F’OQT 26$ famille 12$ adulte 7,50 $ étudiant (7 ans et +) °losphère l't: i.ïi.1.-.MN'ir mn m (514) 283-5000 (514) 861-6701 Québec Science / Septembre 2000 13 Environnement Perte sèche pour les milieux humides Des observations sur 30 ans confirment la diminution des milieux humides sur les rives du Saint-Laurent.Les spécialistes s'inquiètent pour la faune et la flore de cet écosystème fragile.par Louise Desautels '•¦Z* : 'ue aerienne de la marina de Pointe-aux-Trembles, lorsque le niveau d'eau est à son plus bas.En 1980, une étude révélait que, sur les rives du Saint-Laurent, près de 10 % des milieux humides avaient disparu depuis les années 50.Vingt ans plus tard, « les milieux humides du corridor fluvial ont continué de régresser en superficie et en qualité », soutient le biologiste Bruno Jean, du Centre Saint-Laurent.Que s’est-il donc passé ?L’urbanisation, l’agriculture et l’industrialisation ont fait leur œuvre : drainage, remblais, aménagement de routes, etc.« Et ce ne sont pas les zones densément peuplées qui ont été les plus affectées puisque le mal y était déjà fait », constate Bruno Jean.Trois facteurs semblent avoir altéré un grand nombre de milieux humides : les variations du niveau du Saint-Laurent, imposées au gré des utilisateurs des Grands Lacs, l’apport trop riche des engrais et des égouts, qui modifie la végétation des milieux humides, et la multiplication des plantes envahissantes, comme la salicaire pourpre, qui étouffent les espèces indigènes.La localisation des dépôts de dragage est également mise en cause.C’est grâce à la télédétection que le chercheur en est arrivé à ce constat.Les images provenant de photo- graphies aériennes et des observations du satellite Landsat composent une carte précise des 4 000 kilomètres de berges du Saint-Laurent.Ces images sont si précises que les scientifiques peuvent identifier les familles de plantes, ou du moins les formes de croissance (plantes à feuilles étroites ou larges, etc.).À Kamouraska, dans le Bas-Saint-Laurent, la zone de haut marais — c’est-à-dire la terre que seules les très hautes marées inondent — est passée de 468 hectares (ha), en 1978, à 218 ha, en 1996.Intrigués par ce recul important, Bruno Jean et son équipe se sont rendus sur le terrain.Ils ont constaté que des aboiteaux, mécanismes traditionnels pour garder au sec des terres cultivées en bordure de mer, avaient été rénovés et remis en fonction à la fin des années 70.Au parc des îles de Boucherville, près de Montréal, les bas marais ont presque complètement disparu.La terre régulièrement inondée a perdu 83 % de sa superficie, passant de 410 ha, en 1978, à 68 ha en 1996 ! « Sur place, les responsables ont confirmé la situation », rapporte Bruno Jean.Auparavant, les visiteurs pouvaient régulièrement circuler en canot dans le chenal sud de l’archipel; désormais, on peut s’y rendre sans se mouiller les pieds.Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer une telle perte, mais la plus probable inquiète Bruno Jean : des dépôts de dragage le long de la batture auraient modifié le drainage de ce secteur.Au printemps dernier, une nouvelle observation aérienne a permis de recueillir des images récentes des rives du fleuve.Les chercheurs du Centre Saint-Laurent ont ainsi en main tous les éléments pour dresser un portrait de la situation sur trois décennies.Le Centre Saint-Laurent en diffusera les résultats avant la fin de l’année 2000.• 14 Québec Science / Septembre 2000 Bungee pour l'esprit !
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