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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2000, Collections de BAnQ.

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Le Zyban : un antitabac dangereux pour la santé ?M I.; JVnHPo/nfi 1 I NTERNET m s savent prendre le contrôle votre ordinateur.Ils ont ijà infiltré ceux de la NASA t de plusieurs banques, ui sont-ils ?73e 20,3.1 B 02,1^ 1191 Ppi73e 09,—^^5247 3374e-e-07,5.6150260e-0 12e-09 6.-1.Q02590 le-07,' 19,1.9^ 5173 71459 881e -1.4192.2395 4202,- ji,-7,6.Dr François Loubier L'ivresse de l'Everest V- r Cancer, sida, diabete, Alzheimer comment nous les vaincrons £81# ^ 77333301994903 LL IL 'izm&mvükf (ifiUMkât\m forme aujourd'hui les leaders de demaii L'Université d'Ottawa est une université à forte vocation de recherche et d'enseignement.Pour répondre aux besoins de la société dans le nouveau millénaire, elle a identifié quatre grands axes de développement.%?%; CANADA SANTE V ¦ ¦< b iim - v» # m i MOLECULAIRES Ë*,» î%ài» V T0DHNOLOGIES DE L'INFORMATION BOURSES DES AXES DE DÉVELOPPEMENT Des bourses pour les étudiants de 2e et 3e cycles et les chercheurs postdoctoraux sont disponibles pour ceux et celles qui désirent poursuivre leur carrière dans les domaines connexes aux axes de développement.Pour savoir si vous êtes admissible à l'une de ces prestigieuses bourses, visitez notre site Web : http://www.uottawa.ca/academic/ grad-etudesup/af/dad.htm M Hi r':- I |%i \%t I ¦'i;;:-; h !!l I toi h'*i «ire, 'iirie S P*» H h I ^g|§& Université d’Ottaw University of Ottawi IScience SOMMAIRE VOLUME 39, NUMERO 3 www.CyberSciences.cor r L'ENTREVUE DU MOIS 8 L'ivresse de l’Everest Le corps n'est pas fait pour vivre sur le toit du monde.Le docteur François Loubier en sait quelque chose.propos recueillis par Stéphanie Côté l'événement SANTÉ H Zyban : un médicament antitabac qui peut tuer Le traitement de l'heure en matière d'antitabagisme peut avoir des effets dévastateurs, par Normand Grondin CHIMIE 14 Du calva québécois ?P'têt' ben qu'oui ! On a des racines normandes.On a des pommes aussi.Bref, tout pour faire du calvados.par Ariane Krol ASTRONOMIE T7 Les ruisseaux fantômes de la planète rouge La NASA a photographié des traces de ruissellement sur le sol de Mars.Un phénomène incompréhensible pour le moment.par Vincent Sicotte 21 Planète ADN À qui profitent les tests ?Les examens génétiques sont encore mal compris des patients.et des médecins.par Jean-Pierre Rogel INFORMATIQUE Pirates d'Internet Ils savent prendre le contrôle de votre ordinateur.Ils se sont déjà emparé de ceux de la NASA, de plusieurs centres de recherche, de grandes banques.Oui sont ces cyberpirates que la police surveille ?par Marie-Pier Elie CAP SUR LE FUTUR 9 28 Cancer, sida, diabète, Alzheimer : comment nous les vaincrons Les médecins-chercheurs pensent pouvoir bientôt en finir avec quatre de nos principaux fléaux, par Catherine Dubé __ __ ______ SANTÉ ANIMALE 36 Mystérieuse épidémie chez les abeilles i Le Québec apicole vit en quarantaine depuis quelques années.Raison : un parasite a contaminé les ruches, par Marie-Pier Elie HISTOIRE 40 Pas de science sans paranormal Superstition, sorcellerie, fausse science ont longtemps accompagné les progrès scientifiques.Étrange, dites-vous ?par Fabien Gruhier techno~pratique 43 L'empire des sens Les périphériques sensoriels connectés à votre ordinateur se perfectionnent de plus en plus.On parle même de diffuseurs d'odeurs -128 huiles essentielles - pour PC ! par Philippe Chartier 46 Dimension cachée Drôle de tête Tout ce que dit votre visage quand vous ne dites rien, par Raynald Pepin 48 Jeux par Jean-Marie Labrie 49 Science et culture Petit tour dans les couloirs de l'espace-temps.50 Aujourd'hui, le futur Aussi : Au centre du magazine, votre premier guide contre les virus informatiques.Une panoplie de conseils et d'astuces. X A la une Science par Raymond Lemieux I La vraie revanche des nerds On les redoute et on les craint, les pirates d’Internet.Ces nerds de l’informatique, ces squatters d’ordinateurs, ces voleurs de pixels savent se jouer des faiblesses du fabuleux réseau, voire en profiter.Évidemment, nous sommes les victimes de leurs exploits.Faut-il pour autant les comparer à des Capitaine Kidd ou à de futurs Al Capone du Net ?Chose certaine, ils démontrent que, avec un peu de patience et quelques bons trucs, peu de sites sont à leur épreuve dans le cyberespace.Ni celui de la NASA, ni ceux des gouvernements, ni même ceux des grandes banques ne se trouvent à l’abri de leurs incursions.Mais n’est-ce pas le résultat d’une négligence de la part de ces grandes institutions ?Face aux prétentions des nouveaux développeurs du Web - certains ne vont-ils pas jusqu’à comparer Internet à un sixième continent ?-, ces ados dégourdis ne font qu’envoyer un pied de nez espiègle à la commercialisation effrénée.Et c’est bien servi ! Car il ne faut pas oublier que la circulation de nombreuses informations, telles que les numéros de cartes de crédit par exemple, n’avait pas été envisagée par les concepteurs du Net.Si on ne saisit pas toujours très bien la passion qui anime la génération Internet - ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits -, il n’est pas étonnant qu’on comprenne mal sa délinquance.Mais qu’on se rassure : ces cyberpirates pourront faire un jour de redoutables encrypteurs de données au service de leurs actuelles victimes.Internautes : protégez-vous ! L’occasion était toute trouvée pour vous proposer le premier de notre série de guides pratiques que nous publierons au courant de l’année.Ces produits rédigés par les journalistes et les collaborateurs du magazine entendent répondre à des besoins exprimés par le public, que ce soit par rapport à la science ou à la vie de tous les jours.Lors d’une attaque de virus informatique, on imagine le désarroi du néophyte, qui ne sait pas toujours comment protéger efficacement sa machine ni comment la « soigner » une fois atteinte.Ce guide énumère les trucs essentiels pour mettre son ordinateur à l’abri de Melissa, Chernobyl, ILOVEYOU et d’autres indésirables.L’information scientifique a sa place dans notre quotidien, et c’est ce que démontreront les guides pratiques à l’aide d’un langage clair, précis et accessible.74c c-07,5.6; l’Mfc.i 4 Rédacteur en chef Raymond Lemieux Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine Collaborateurs Philippe Chartier, Stéphanie Côté, Catherine Duré, Marie-Pier Eue, Normand Grondin, Fabien Gruher, Ariane Krol, Jean-Marie Labrie, Raynald Pepin, Mathilde Régnault, Jean-Pierre Rogel, Vincent Sicotte Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Spyros Bourboulis, Marc Cuadrado, Julie Durocher, Caroline Hayeur, Michel Larose, Pierre Manning, Pierre-Paul Pariseau, Yves Provencher, Bruce Roberts, Rémy Slmard Diffusion et promotion Hélène Côté Directeur général Michel Gauquelin Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque PUBLICITE Représentante Carole Martin cmartin@>quebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 SITE INTERNET AY BERSCIENCES La science et la technologie pour tous www.CyberSciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada; 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l’étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 2 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Abonnement par Internet CyberSciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l’ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L’éditeur n’est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l’Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : Québec (41 S) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 ?Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Canada Québec Science reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous recevons aussi l’aide financière du gouvernement du Canada, par l’entremise du Programme d’aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postal.Membre de : The Audit Bureau La Revue Québec Science P 3430, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 3L3 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier@QuebecScience.qc.ca COI____£L La réaction drun élève.Martin Tremblay, 13 ans, n'a pas toujours apprécié le ton du reportage Mon école, ce qui va changer.Il écrit : « Nous en sommes rendus à nous féliciter de donner aux jeunes des accès à Internet en tenant pour acquis que c'est un bien.En suivant ce raisonnement, nous, enfants, devrions cesser d'aller à l'école.(.) Elle permet pourtant de développer la vie sociale en plus de l'apprentissage.Or cette vie sociale, vous êtes en train de la démolir à coups d'ordinateurs, d'Internet, de programmes spécialisés d'enseignement, de réforme scolaire qui empêchent les professeurs un peu dégourdis de faire réellement quelque chose.» explique-t-il en prenant résolument la défense de l'école.La réforme démystifiée « C’est renversant tout ce que vous nous avez appris sur cette fameuse réforme scolaire ! », nous écrit Sylvie Gagnon, de Radisson.(Voir septembre, École : ce qui va changer.) « je ne peux pas croire qu’ils sont convaincus qu’ils enrayeront le décrochage scolaire de cette façon.Ça fait des années que je me tue à dire à tous ceux qui veulent bien l’entendre que l’école, ça commence à la maison et que si les enfants ne sont pas encouragés par leurs propres parents, c’est foutu d’avance ! » Notre lectrice affirme avoir jubilé en lisant les témoignages des élèves.« C’est la dernière phrase écrite par une certaine Fanny qui m’a mise dans cet état.Elle dit et je la cite : “Mais le milieu familial joue encore plus que l’école.Tu ne décrocheras pas à cause d’un prof mêlé, mais si tu n’as personne à la maison pour te soutenir, t’encourager.j’ai des amis qui ont décroché pour ça.” Et vlan dans le portrait de tous ces soi-disant psycho-éducateurs-ministres-pédagogues-sauveurs-d’écoliers ! Vous venez d’avoir la leçon d’une simple étudiante de cinquième secondaire.Bravo Fanny ! » Les parents jouent trop souvent à l’autruche, poursuit Sylvie Gagnon.« Dans le fond, ils sont bien plus préoccupés par leur carrière, leur belle voiture qu’ils peuvent l’être par les difficultés éprouvées par leur enfant.Dans un tel contexte, le travail sera très ardu pour nos orthopédagogues afin de donner ce qui a manqué à ces enfants depuis leur naissance.Alors, imaginez un peu ce qui a pu manquer à un ado de 15 ans en difficulté ! Ils peuvent bien se révolter ces jeunes-là ! Je les comprends dans le fond; ils ont dû se bâtir une carapace au fil des années pour ne pas montrer leur peine et leur souffrance.Hey ! les parents ! Réveillez-vous ! Arrêtez d’acheter vos enfants avec des Pokémons ou des Nintendos ! » La piqûre linguistique Les mots québécois ont de quoi faire jaser.Steve Canac-Marquis, qui travaille à la rédaction du Trésor de la langue française au Québec, a tenu à apporter ces précisions touchant les mots « bibitte » et « maringouin » [On pique ou on pique pas ?juin 2000).Dans une longue lettre qu’il nous a adressée, ce chercheur de l’université Laval rappelle que l’origine du mot bibitte, que l’on applique communément au Québec à tout insecte, est propre à certains parlers régionaux de Des commentaires ?.Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions a l adresse suivante.Québec Science, 3430 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2X 3L3 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique courrier@QuebecScience.qc.ca la France, notamment de la Bretagne et du Maine.Ce sont les colons venus s’établir en Nouvelle-France qui l’ont apporté avec eux.« Il s’agit vraisemblablement d’une variante de “bébête”, mot qui a également eu cours dans de nombreux parlers de la France, mais qui, contrairement à bibitte, est passé dans le français familier.Bébête est lui-même issu de bête, par suite de redoublement expressif, qui est un procédé de formation des mots fréquent dans la langue enfantine (par exemple : chien-chien, nounours, etc.).Ainsi donc, ni bibitte ni bébête ne viennent de “bibet”, comme il est suggéré dans Québec Science.» Et maringouin ?« La diffusion de ce mot remonte aussi loin qu’au XVIe siècle, nous écrit le chercheur.Précisément à l’époque où les Normands ont fait des centaines de voyages au Brésil pour en rapporter des produits exotiques.(.) Dans l’article de Québec Science, on mentionne que le mot serait issu plus précisément du tupi ou du guarani marvi, marvim et mbasarigui, notations erronées des mots marui, maruim et mbarugui que donne le Dictionnaire historique de la langue française de la maison Robert.En dépit de la notoriété des grands ouvrages lexicographiques et étymologiques publiés en France, il ne faut pas croire que tout ce qu’on y rapporte est toujours clair, exact et fiable, surtout en ce qui concerne les mots usités au Québec.(.) En outre, les Normands intéressés par l’aventure brésilienne appliquaient plutôt le mot à des moustiques de la famille des cératopogonidés (notre Québec Science ~ Novembre 2000 5 brûlot) et non à ceux de la famille des culicidés (notre maringouin).» On peut consulter le site Internet du Trésor de la langue française au Québec : http://www.Ciral.ulaval.ca/tlfq Une réaction au courrier « Il est curieux de constater combien de personnes sont préoccupées de savoir si nous sommes vraiment en l’an 2000 », fait remarquer Jacquelin Dumont en lisant la page de courrier de notre numéro de septembre.Il note qu’au VIe siècle, le moine Denys le Petit s’était donné comme objectif de commencer une ère dite chrétienne en faisant coïncider l’an un avec la naissance présumée de Jésus.Il se référait probablement, avance Jacquelin Dumont, à la vie d’Hérode le Grand selon Matthieu.« Malheureusement, il s’est trompé de quatre ans, car Hérode est mort en -4 et non pas en 4 ap.J.-C.comme il est écrit dans votre page de courrier, note-t-il.C’est compréhensible, car Denys le Petit n’avait pas les moyens modernes dont nous disposons aujourd’hui et, malgré cela, l’erreur relative est raisonnable.» M.Dumont poursuit : « Cette différence de quatre ans a porté quelques gens à avancer la date à 2004.Cela est ridicule pour deux raisons : d’abord, toutes les références historiques sont basées sur ce système et il n’y a aucune raison de changer.Ensuite, il n’y a Seuls dans l'Univers ?« Malgré la présence d’un nombre incalculable d’étoiles dans l’Univers (des centaines de milliards peut-être, ou même plus) dont beaucoup doivent sûrement avoir un système planétaire, en venir à la conclusion que notre planète est unique en son genre est tout à fait étonnant » nous écrit Denis Jobin de Toronto.Les éléments énumérés en faveur de l’éclosion de la vie sur Terre sont des plus incroyables, rappelle-t-il.« Tant de coïncidences sont difficiles à imaginer.En lisant le texte, j’en suis venu à contempler la possibilité que tout cela ne pouvait être l’effet du hasard.Je fus enclin à voir là une apparence d’intervention “divine” (faute de trouver mieux comme explication).» personne, absolument personne qui peut prétendre connaître la date de naissance de Jésus en se basant sur les Evangiles, qui sont les seules sources en dépit du fait qu’elles soient contradictoires.Un petit exemple : si on lit Matthieu correctement, à la mort d’Hérode, Jésus était déjà en Egypte.Depuis combien de temps ?Personne ne le sait.Au moins deux ans.Ce qui placerait la naissance à -6.D’un autre côté, Luc place la naissance lors d’un recensement sous Quirinius en +6 ou +7, selon Flavius Josèphe.On fait une moyenne et on n’en parle plus.» Martin au lieu de Bruno Y a-t-il un biologiste appelé Bruno Jean ?Peut-être pas.Dans l’article Perte sèche pour les milieux humides (septembre 2000) le nom du chercheur cité est plutôt Martin Jean.From west Habitant Winnipeg au Manitoba, Vernon L.Dutton tenait à nous envoyer ce petit mot d’encouragement : « Je lis le français beaucoup mieux que je le parle, so I’m going to switch to English right now ! The reason I am writing is simply to tell you how much I enjoyed your issue of Mai, 2000.1 am a retired civil engineer with an interest in electronics as I am an amateur radio operator (a so-called Ham) with the call of VE4VQ.You might be interested to know that, in addition to your magazine, I regularly read Science et Vie, Sciences et Avenir, and La Recherche.Yes, la bibliothèque de Saint-Boniface is one of my favourite libraries.Keep up the fine work ! » QS ÉYBERSCIENCES La science et la technologie pour tous WWW.CyberSciences.com 2 000 nouvelles scientifiques en 3 ans ! 6 Québec Science - Novembre 2000 HOP'' stplutot imnsnmm Design et animation 30 en jeux vidéo Animation 3D et effets visuels en cinéma et télévision Formation haute performance JULIE DUROCHER FRANÇOIS LOUBERT v ¦ m verest Au printemps dernier, le docteur François Loubert a manqué de peu l’ascension du plus haut sommet du monde.Son aventure avec l’expédition Everest Millenium en a appris autant au médecin qu’à l’alpiniste.par Stéphanie Côté 8 Québec Science ~ Novembre 2000 • L'Everest : une aventure dangereuse L’Everest est à la mode.Il existe des dizaines d’expéditions pour conquérir le plus haut sommet du monde, cumulant à 8 850 mètres, et autant de comptes rendus dans les médias.Pour un peu, on finirait par croire qu’escalader l’Everest est presque devenu une promenade de santé ! Il n’en est évidemment rien, comme en témoigne le docteur François Loubert.Au printemps dernier, il a manqué de peu le toit du monde avec l’expédition québécoise Everest Millenium.Son témoignage d’alpiniste-médecin remet les pendules à l’heure : atteindre le sommet tient toujours de l’exploit.Une aventure dangereuse où le corps en prend un sacré coup ! Québec Science : Qu'est-ce qui vous motivait à gravir l'Everest ?Docteur François Loubert : J’ai déjà escaladé plusieurs montagnes : en Alaska, en Amérique du Sud, au Pérou, dans les Alpes, puis le Cho Oyu dans [’Himalaya, le sixième plus haut sommet du monde (8 201 m).L’ascension de l’Everest s’inscrivait dans mon parcours d’alpiniste.11 a quelque chose de symbolique, de mythique; il représente un défi ultime, en même temps qu’une quête de soi-même.Q.S.: Pensiez-vous aux dangers d'une telle aventure?F.L.: Le taux de mortalité dans les ascensions de hauts sommets est de 5 % environ.Des alpinistes ne reviennent pas; on y pense évidemment.Mais il faut faire des activités qui nous tiennent à cœur.Qu’on attaque l’Everest par la voie du sud ou celle du nord, les dangers sont nombreux.Par exemple du côté sud, au Népal, il faut traverser une sorte de mer de glace pleine de crevasses où des blocs hauts comme des maisons de deux à quatre étages peuvent nous tomber sur la tête.C’est un peu comme jouer à la roulette russe.Du côté tibétain, les alpinistes marchent sur une arête longue de deux à trois kilomètres et à une hauteur de 8 000 mètres.Si l’un d’eux tombe, il n’y a pas moyen de l’en sortir vivant.Q.S.; De quelle façon vous êtes-vous adapté à l'altitude?F.L.: Notre expédition est arrivée au Népal à la fin février et nous avons progressé très lentement.Nous avons marché du Népal au Tibet pour passer de 3 000 m à 4 500 m d’altitude, puis nous avons séjourné un mois au pied de la montagne entre 4 500 m et 5 000 m pour laisser à notre corps le temps de s’adapter.La concentration d’hémoglobine a augmenté, ce qui permet à un même volume de sang de transporter plus d’oxygène.Les reins aussi s’adaptent pour équilibrer le pH de l’organisme : le corps s’alcalinise davantage à cause du grand nombre d’expirations en haute altitude, ce qui produit davantage de gaz carbonique, l’équivalent du souffle court.Du côté « mécanique », le rythme et le volume respiratoires augmentent fortement, ainsi que le rythme cardiaque et le volume de sang pompé par le cœur.À cette altitude, le corps peut encore s’adapter, mais au-delà de 6 000 m, l’organisme se dégrade plus qu’il ne peut récupérer.C’est pourquoi, lorsqu’on cherche à s’acclimater, on passe des semaines à une altitude moyenne, mais pas extrême.Q.S.: Avez-vous été victimes du mal de l'altitude?F.L.: Nous n’avons pas eu de véritable problème parce que nous avons monté très progressivement.Toutefois, comme presque toutes les personnes à plus de 3 000 m d’altitude, nous avons souffert du mal des montagnes.Les symptômes comprennent l’insomnie, les céphalées (maux de tête), la perte d’appétit et la lassitude.Chez 2 % des grimpeurs environ, cela peut aller jusqu’à des œdèmes cérébraux ou pulmonaires.Il faut agir vite dans ces situations pour éviter les complications, voire la mort de l’alpiniste.Q.S.: Qu'en est-il des troubles du sommeil que les alpinistes ressentent souvent ?F.L.: En haute altitude, le sommeil est léger, on se réveille souvent; la nuit n’est pas tellement réparatrice.On a des respirations de type Cheyne- Stokes : pendant le sommeil, le rythme respiratoire ralentit au point où on arrête complètement de respirer pendant une quinzaine de secondes.À ce moment, le taux de gaz carbonique dans le sang s’élève et celui de l’oxygène chute considérablement.On se réveille en sursaut et Le mont Everest est situé au cœur de l'Himalaya entre le Tibet et le Népal.Cette montagne mythique Chomolungma pour les Tibétains (« déesse mère des vents ») et Sagarmatha pour les Népalais (« dont la tête touche le ciel ») a perdu son caractère inaccessible.Depuis 1953, année de la première ascension réussie officiellement, un peu moins de 1 000 personnes ont posé le pied sur le toit du monde.Cependant, des milliers d’alpinistes qui ont tenté l’exploit ont dû rebrousser chemin, abandonnant ou repoussant ainsi leur rêve.Environ 160 y ont même laissé leur vie.Pourquoi tant d'appelés et si peu d'élus ?Parce que les obstacles à franchir sont de taille.La montagne elle-même, avec ses vents qui dépassent 200 km/h, ses tempêtes de neige, son froid extrême, ses mers et ses falaises de glace, et ses crevasses ne se laisse pas facilement apprivoiser.Aussi, du haut de ses 8 850 mètres, l'Everest défie tout aventurier de survivre à son air très pauvre en oxygène.Pour en connaître davantage sur la physiologie en haute altitude et les expéditions sur le mont Everest : » Ressources www.everestnews.com www.mnteverest.net www.mountainzone.com www.pbs.org/wgbh/nova/everest www.bernardvoyer.com www.everestmillenium.gc.ca Lectures L'Everest, par Roberto Mantovani et Kurt Diemberger, éd.Gründ Tragédie sur l'Everest, par Jon Krakauer, éd.Presses de la Cité L'envers des cimes, par Marc Batard, éditions Denoël Québec Science - Novembre 2000 9 ,l’entrevue., FRANÇOIS LOUBERT on se met à respirer très vite pour rétablir la situation.Ce scénario se répète continuellement toute la nuit.Q.S.: Du côté psychologique, de la concentration, de la mémoire, avez-vous remarqué des changements ?F.L : A une altitude où on dispose de deux fois moins d’oxygène qu’au niveau de la mer, il est clair que les capacités de concentration et de calcul mental sont affectées.Les hallucinations que vivent les alpinistes donnent souvent lieu à des récits cocasses.Ils sont nombreux ceux qui voyagent avec un compagnon imaginaire ! Au sein de l’équipe, on se rendait bien compte que nous étions moins alertes, plus distraits.Par contre, nous avons pris tout notre temps pour nous adapter à une altitude moyenne; cela a facilité l’oxygénation du cerveau.En comparaison, lors de l’ascension du Cho Oyu, nous n’avions bénéficié que d’une brève période d’acclimatation; en trois semaines, nous étions au sommet.C’est probablement ce qui explique que, un an après mon retour, j’avais encore ten- dance à chercher mes mots, à être lent et parfois confus.Q.S.: À quelles difficultés vous êtes-vous heurtés ?F.L.: C’est le climat qui nous a donné le plus de mal.Il a neigé et venté énormément.Il y avait beaucoup d’embûches, surtout pour une ascension sans oxygène.Alors que des alpinistes avec des bonbonnes d’oxygène peuvent s’installer au camp 4, à 8 300 m d’altitude, pendant quelques jours et attendre une fenêtre favorable pour s’attaquer au sommet, il était impossible de faire la même chose pour des grimpeurs sans oxygène.Notre dernier camp était à une altitude de 7 900 m.À ce point, on ne peut attendre très longtemps sans voir notre condition physique se détériorer de façon importante.Aussitôt arrivés là, il fallait vite attaquer la dernière partie du trajet vers le sommet.Cela exigeait donc des conditions météo favorables sur une plus longue durée.Or dame Nature n’était pas de notre côté cette année.Des 40 grimpeurs qui ont tenté l’ascension sans oxygène du côté nord, aucun n’a atteint le sommet.Tandis qu’environ 30 alpinistes avec des bonbonnes y sont parvenus.Q.S.: Que pensez-vous de l'affirmation de l'alpiniste G.L Mallory (mort sur l'Everest en 1924) : « Ce que nous faisons ressemble plus à la guerre qu'à l'aventure » ?F.L.Il y a beaucoup de parallèles entre l’alpinisme de haute montagne et la guerre.Il faut employer des stratégies, utiliser des équipements particuliers.Mais on ne fait pas la guerre à la montagne : on est si petit à côté d’elle, on espère seulement qu’elle nous accepte.Q.S.: Vous n'avez pas atteint le sommet cette année; allez-vous tenter votre chance une autre fois?F.L.: Il est trop tôt pour prendre une décision.Chaque expédition demande énormément d’investissements en temps et en argent — quatre mois sans travail, cette fois-ci.Je ne vis pas de la montagne, mais c’est certain que j’aimerais bien terminer ce que j’ai commencé.On verra ce que l’avenir nous réserve ! OS // Un engagement CLAIR: accroître la capacité de recherche et d'innovation des universités québécoises.S' Un plan d'action CIBLE: accélérer le transfert des connaissances et des technologies afin de rehausser la compétitivité du Québec.VRQ Valorisation-Recherche Québec 3730, rue du Campanile, bureau 103, Sainte-Foy (Qc) G1X 4G6 Téléphone: (418) 657-71 17 • Télécopieur: (418) 657-7751 www.vrq.qc.ca * É 1 0 Québec Science - Novembre 2000 mWs WBtül îiitlllllf lestnirf nett la Btéjp ticiiIetS' [ Ijmon- acceptt' latdiif idretut enunJf | enteif jn> ®' b mon-aim®6 en* O» ,e!05 I "f Zyban : un médicament antitabac qui peut tuer Le traitement de l’heure en matière d’antitabagisme peut avoir des effets dévastateurs.Explications.par Normand Grondin Crises d’anxiété, engourdissement des membres, problèmes de concentration : François Sanche s’est présenté l’automne dernier en clinique privée craignant le pire.Depuis plusieurs jours, il n’était vraiment pas dans son assiette.Mais le médecin qui l’a reçu en avait vu d’autres.En quelques minutes, il a reconnu les symptômes de son patient : une solide réaction au Zyban, le traitement de l’heure en matière d’antitabagisme.Un gros fumeur, ce jeune journaliste.Il avait déjà abandonné la cigarette une première fois sans support médical.Cette fois, il tentait sa chance avec le Zyban, un traitement qui fait sensation aux États-Unis.Durant les premières semaines, tout allait bien; le sevrage était supportable, mise à part une légère euphorie.Puis un matin, François Sanche s’est levé avec une boule d’anxiété dans la poitrine.Deux semaines plus tard, presque incapable de tenir sur ses jambes, il devait quitter son travail en catastrophe.« Le médecin m’a simplement suggéré de cesser le traitement.Trois jours plus tard, j’étais en pleine forme », dit-il.En l’espace de quelques mois, deux autres de ses collègues ont aussi dû prendre plusieurs jours de repos pour la même raison.Après trois ou quatre semaines de traitement, ils se sont mis à pleurer à chaudes larmes sans raison apparente.Curieusement, ni les crises d’anxiété, Le Zyban à la place de la cigarette ?Un traitement qui n'est pas à prendre à la légère.ni l’engourdissement, ni les problèmes de concentration ne figurent sur la liste des effets secondaires du Zyban.Dans le livret d’instructions qui accompagne la prescription, il est surtout question de la sécheresse de la bouche, de troubles du sommeil, d’éruptions cutanées et de tremblements.Un patient sur mille peut souffrir de convulsions, souligne la notice.Pourtant, il est de plus en plus évident que le traitement n’est pas à prendre — et à prescrire — à la légère.En janvier dernier, Santé Canada indiquait que 18 mois après la mise en marché du Zyban au Canada (en avril 1998), les Québec Science - Novembre 2000 11 professionnels de la santé avaient déjà rapporté plus de 400 cas d’effets indésirables.C’est relativement peu si l’on considère le succès de ce produit prescrit à plus de 150 000 Canadiens en deux ans.Mais il s’agit seulement des événements rapportés à Santé Canada.Et dans 256 cas, la situation était franchement grave : problèmes cardiaques, crises d’épilepsie, hypoglycémie, réactions allergiques, réactions psychiques, etc.Trois personnes sont même décédées à la suite d’un infarctus durant le traitement ! Mourir en essayant d’arrêter de fumer ?Le problème numéro un avec le Zyban, c’est l’insomnie », explique le docteur Marcel Boulanger, directeur de la clinique de traitement du tabagisme de l’Institut de cardiologie de Montréal.Un patient sur trois en souffre et la moitié d’entre eux abandonnent le traitement pour cette raison.Sans compter les dangers du mélange alcool-Zyban, un cocktail particulièrement explosif, ce qu’ont souvent tendance à oublier les gens en santé qui ne subissent aucun effet secondaire durant leur traitement.Et les crises d’anxiété ?Selon le médecin, elles sont surtout liées au sevrage de la cigarette elle-même et non pas au traitement : « C’est une période pénible pour les fumeurs.Beaucoup frisent des états dépressifs.C’est un problème de rupture avec la cigarette plus qu’autre chose.» Marcel Boulanger reconnaît cependant que le bupropion, l’ingrédient actif du Zyban, est une substance puissante dont le fonctionnement est encore mal connu.« Ça vient jouer sur les neurotransmetteurs, ce n’est pas banal.Mais en renseignant bien le patient et en assurant un bon suivi durant le traitement, on réduit les risques au minimum », dit-il.Le bupropion n’est pas banal, en effet.Cette substance est utilisée depuis une dizaine d’années sous le nom de Wellbutrin pour soigner les problèmes de dépression majeure.En fait, c’est accidentellement que les chercheurs ont découvert ses effets sur le tabagisme : les psychiatres constataient qu’un nombre important de leurs patients dépressifs cessaient spontanément de fumer ! On a donc coupé la dose de bupropion de moitié (300 milligrammes au lieu de 600), et le voilà maintenant prescrit par la plupart des médecins généralistes ! Le Zyban — ce n’est encore qu’une hypothèse — agirait sur deux messagers chimiques couramment impliqués dans la dépendance à la cigarette : la dopamine et la norédraline, qui agissent sur les neurotransmetteurs associés au plaisir.À chaque fois qu’il grille une cigarette, le fumeur reçoit sa récompense en excitant ces messagers.Le Zyban lui aussi activerait ces centres de plaisir, mais sans l’aide de la nicotine.« C’est un effet semblable à celui de la méthadone, explique le docteur Marcel Boulanger.Tranquillement, le fumeur apprend à dissocier le plaisir de l’objet du plaisir, la cigarette.Le plus curieux, c’est que ce médicament ne provoque aucun effet de dépendance connu.» Durant les essais cliniques, le Zyban s’est montré deux fois plus efficace à court terme que les autres produits antitabac, la gomme à la nicotine et le timbre transdermique (le patch).À long terme, cependant, le taux de rechute est presque aussi élevé.Le docteur Pierre Biron, professeur à l’Université de Montréal, doute de la pertinence de la thérapie : « Cesser de fumer est une excellente chose, dit-il.Mais est-il nécessaire de le faire au risque de sa vie ?» Ce spéciahste en pharmacovigilance rappelle qu’à la suite des essais cliniques du Zyban, sur 1 500 fumeurs à peine, les fabricants ont détecté plus d’une centaine d’effets indésirables.Perte de libido, idées suicidaires, coma, délire, paranoïa, embolies pulmonaires, jaunisse, pancréatite; la liste est longue.Statistiquement faibles, ces effets ne figurent pas sur la notice, mais ils sont inscrits dans la monographie transmise à la Pood and Drugs Administration (PDA).« Je me demande vraiment pourquoi prescrire à un grand nombre de gens un traitement efficace, mais qui comporte de tels risques pour la santé », demande le chercheur.Un autre traitement pourrait bientôt concurrencer le Zyban.En janvier dernier, le fabricant américain Nabi Pharmaceuticals a annoncé qu’il met au point un vaccin antitabac.L’entreprise n’en est encore qu’aux essais cliniques sur des animaux.Le produit enseigne au système immunitaire à réagir en présence de la nicotine comme devant un virus.Le vaccin attache une grosse protéine à la minuscule molécule de nicotine, ce qui l’empêche alors de franchir la barrière qui protège le cerveau.Et donc d’aller activer les centres du plaisir associés à la cigarette.Avec le vaccin antitabac, le fumeur ne serait pas débarrassé des inconvénients du sevrage, mais les risques de rechute deviendraient presque nuis, puisque fumer ne lui procurerait plus aucun plaisir.Pour les non-fumeurs, l’intérêt de cette recherche est aussi évident : vacciné dès l’enfance, comme pour la polio ou l’hépatite, un individu serait dès lors immunisé contre la tentation du tabac.Avis aux parents intéressés.QS DIN 0223 8441 60 COMPRIMÉS "Zyban comprimés à libération prolongée de chlorhydrate de bupropion rCTTF^ (h'-GfhyrifJlp 4- txipfupion/icxrprimô AIDE ANTITABACIQUE GlaxoWelIcome La schizophrénie, maladie à démystifier.Quels sont les remèdes, les traitements disponit ‘‘f-i-Mf" -Peut-on en guérir?opprs zr, Tele-' 1 f b ï 3.La" schizo p h ré nie J g] jeudi 23 novembre 20 h Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Programme «Étalez votre science».Production Icotop inc.1 2 Québec Science - Novembre 2000 tilBOlS list à li i(FDAI.«fM m portti anilflf jitntot îDVItt NaU Bfil11 «(fis91 (inis.t-t itiiieàl1 ce fl® jjïief" Iftft®"11 niisfl11' aiic1111 'àitf'®* .•s# rtfll»0" ?’ lie iie**’ • « : i ^ n • .• • • y • ' w , > xW •* *#*¦** r ••• M • V ^ - .' < * ,J * ' •» • -¦." ., ^ v v .V .„ ^ ¦ ?» ' - • • •• ^ .J V r.»— — Du calva québécois ?P'têt' ben qu'oui ! Il arrivera bientôt sur nos étalages, le premier calvados d’ici.Un bon prétexte pour une visite chez son audacieux distillateur.(( L e projet de fabriquer du calvados “distillait” dans ma tête depuis quatre ans », dit Michel Jodoin de Rougemont, propriétaire de la Cidrerie Jodoin, la première distillerie artisanale du Canada.Dès novembre, 3 600 bouteilles de 700 millilitres de Calvajo (de calvados et /odoin) seront produites.La Société des alcools du Québec les mettra en vente pendant le temps des fêtes par Ariane Kroi pour égayer les veillées.Ici, au cœur du pays de la pomme, il y avait déjà des vergers du temps de Jean Talon.Les Normands qui arrivaient en Nouvelle-France avaient sans doute la nostalgie de leur calva, cette eau-de-vie de cidre propre à faire oublier les rigueurs de l’hiver.Peut-être certains se sont-ils improvisés bouilleurs de cru, distillant les surplus de cidre des environs.Cette production, si elle a existé, est cependant demeurée secrète : la tradition du calva n’est pas entrée dans les mœurs de nos ancêtres.À la fin des années 70, un premier producteur, les distilleries Dumont, a commencé à produire du Calvabec.La SAQ en a vendu pendant une dizaine d’années avant de retirer les bouteilles qui s’empoussiéraient sur les tablettes.C’était prévisible.Les Québécois aiment boire en mangeant, mais ils ne sont pas très Québec Science - Novembre 2000 1 3 le calvados québécois séjourne un an en fût de chêne avant d'être mis en bouteille CHIMIE Le défi du distillateur de calvados : conserver tous les arômes de la pomme en bouteille.amateurs de spiritueux.Avec 2,5 litres de consommation par personne et par an, ils en boivent deux fois moins que l’ensemble du Canada.Et le calvados, dans cette mare d’alcool fort, n’est qu’une goutte : 0,15 % des ventes de spiritueux au Québec, environ 2 500 caisses par an.Pourtant, il y a du choix : la SAQ offre 22 variétés de calvados, dont 17 exclusives à la succursale Signature de la rue Peel à Montréal.Il en fallait tout de même plus pour empêcher Michel Jodoin de poursuivre son rêve.« L’an dernier, un visiteur sur cinq nous demandait du calvados », confie le propriétaire de la Cidrerie Jodoin qui a succombé aux charmes de la production de l’alcool fort.La première bouteille de Calvajo n’est pas encore disponible que déjà un fromager en réclame pour produire un fromage à croûte lavée, un chocolatier veut en fourrer des pralines et un charcutier en réserve pour aromatiser ses pâtés.« Il n’y a pas de marché de volume, mais de très belles niches.Et c’est excellent pour le tourisme », dit Michel Jodoin.Sa cidrerie fait déjà des affaires d’or avec les visiteurs qui achètent ses produits sur place.Le Canada ne compte qu’une dizaine de distillateurs, toujours de gros producteurs industriels comme Schenley à Valleyfield ou Corby à Montréal.Pour viser le marché artisanal, Michel Jodoin est donc allé chercher l’expertise en Europe.Il a rencontré de petits producteurs de la région du Calvados en Normandie, visité l’usine Boulard en touriste et magasiné des alambics en Prance, en Italie et en Allemagne.Il a arrêté son choix sur un Jacob Cari Goppingen étincelant qu’il a installé dans une petite pièce de sa cidrerie.C’est avec cet alambic qu’il peut maintenant expérimenter l’un des plus vieux procédés chimiques du monde, la distillation.Tous les distillateurs sont confrontés au même dilemme économique : ils doivent choisir entre la quantité et la qualité.« Au début, j’obtenais beaucoup d’alcool, mais peu d’arôme, explique le pomiculteur.En jouant avec les températures et les plateaux d’arôme de la colonne d’enrichissement, j’ai réduit le degré d’alcool à la sortie, mais les parfums sont plus présents.J’ai aussi essayé trois ou quatre variétés de cidre, mais ça ne changeait pas grand-chose.» Ce qui sort d’abord, c’est l’alcool de tête.Un premier litre qu’il faut jeter pour éliminer les odeurs désagréables.« Le cidre peut contenir de l’acétate d’éthyle, résultat d’une mauvaise fermentation, et de l’acétaldéhyde, lorsqu’il est éventé.Ces deux éléments très volatils se retrouvent au début de la production », explique Ponnak Ang, chimiste à la SAQ.Vient ensuite l’alcool de cœur, qui titre entre 45° et 85°.Michel Jodoin surveille son aréomètre.Lorsque le degré d’alcool passe sous la barre des 45 %, la dernière phase de la production commence.Cet alcool de queue, qui con- tient entre 10° et 45° d’alcool, sera remélangé avec du cidre dans l’alambic et subira une seconde distillation.L’alcool qui sort du condensateur est parfaitement incolore.C’est le vieillissement qui donne sa blondeur à l’eau-de-vie.Les fûts de chêne qu’a choisis Michel Jodoin proviennent des Etats-Unis.Certains ont déjà contenu de l’alcool neutre, donc incolore, d’autres ont été légèrement grillés à l’intérieur pour teinter le bois.Le Calvajo y séjournera un an avant d’être mis en bouteille.Le distillateur laissera vieillir une partie de son eau-de-vie plus longtemps, et il en mettra dans des fûts ayant déjà contenu du sherry.Il essaiera aussi de mélanger l’eau-de-vie à du jus de pomme pour obtenir un alcool similaire au pineau des Charentes (un cognac additionné de jus de raisin).Réglementation fédérale oblige, les barils où vieillit le calva reposent dans une voûte fermée à clé par une grille.Au-dessus du plafond, 20 pieds de terre maintiennent une température constante de 12 °C dans la cave.Plus il fait chaud, plus l’alcool s’évapore durant le vieillissement, une perte que les distillateurs appellent joliment « la part des anges ».Quand Michel Jodoin met son eau-de-vie en fût, elle titre à environ 70°.Un an plus tard, les arômes se sont développés et la teneur en alcool a légèrement baissé.Le distillateur rajoute alors de l’eau pour ramener le Calvajo à 40°.Le goût du produit final reste à découvrir, car le calva que Michel Jodoin nous a fait déguster cet été n’avait vieilli que six mois.Mais déjà le nez de pomme est bien présent et le feu d’une surprenante douceur pour un alcool aussi fort.Le chimiste Ponnak Ang a analysé le Calvajo au laboratoire de la SAQ.Le chromatographe en phase gazeuse confirme que l’alcool contient bel et bien les composantes chimiques d’un calvados.Actuellement en kiosque et profiter d savoir 1 4 Québec Science ~ Novembre 2000 8 2999 aeumt M de J'âUlIB méneiir ucpaiM pi, ri* iiontf® mI* jifpoiir a pineau Wf16 ilH'i1^ •ill?\u-Jeter» tonsm* iicU |e vieil- jllîteU' ans6’’ Lié jan^ aissé’^ ijicr.¦¦¦ fpoff®; ’Bnes»f: aain'f leBier'0"' f #1 Avec une petite réserve : « Il y a un peu d’hexanol-1, qui donne un caractère herbacé pas tout à fait désirable pour une eau-de-vie.Peut-être est-ce dû à la pelure des pommes », indique le chimiste.La SAQ compte lancer l’alcool de Michel Jodoin pour les fêtes.À condition que le litige qui oppose la Cidrerie Jodoin à l’Institut national des appellations d’origine, en France, soit terminé.Les Français ont intenté des procédures judiciaires pour interdire l’utilisation du nom Calvajo, qu’ils considèrent trop proche de l’appellation contrôlée calvados.À la fin de l’été, l’affaire était entre les mains des avocats, et la SAQ ne laissera pas le produit arriver sur ses tablettes tant que la question ne sera pas réglée.Mais fin nez et fin renard, Michel Jodoin a prévu une solution de rechange.« Sur l’étiquette, le v ressemble à un n.On pourrait changer le nom officiel en Calnajo », explique-t-il avec un sourire en coin.Les amateurs se préoccuperont peu d’un n ou d’un v, pourvu que le calva soit bon ! OS L'alambic a été inventé par les Arabes (‘al 'anbiq), ce qui est assez ironique si l'on considère que la religion musulmane interdit de consommer de l'alcool (‘al kuhl).L’alambic sert aussi pour raffiner du pétrole ou fabriquer des parfums, des produits obtenus eux aussi par distillation.Le procédé est aussi très utilisé en pharmacie.La distillation consiste à chauffer un liquide pour en extraire les composés les plus volatils.L'alcool, dont le point d'ébullition est inférieur à 100 °C, s'évapore avant l’eau.Les précieuses vapeurs s'envolent dans la colonne, puis redescendent par le conduit refroidissant où elles se condensent pour ressortir à l'état liquide.Le distillât final est un concentré de l'alcool et des arômes présents dans le liquide de départ.On utilise souvent le mot alambic pour désigner l'ensemble de l'appareil de distillation.En fait, l'alambic n'est que le premier maillon de la chaîne, le ventre de la bête dans lequel on fait bouillir le liquide.Les composés les plus volatils s'élancent ensuite dans la colonne d’enrichissement, passent par le condensateur et sont recueillis sous forme liquide dans le récepteur.Michel Jodoin utilise un cidre à 6,4 % d'alcool, la cuvée Blanc de pépin fait avec des pommes Macintosh.Avec 8 000 litres de cidre, le producteur obtient ainsi 200 litres d'alcool à 69°.Il verse son cidre dans la bouilloire et pousse la température jusqu'à 140 °C.Son alambic carbure au gaz naturel et le condensateur est refroidi à l'eau.L'intérieur de l'appareil est en cuivre, l'extérieur est une armure d'acier inoxydable.« Quand on le démarre, on distille sans interruption pendant 10 jours.En hiver, ça chauffe presque toute la bâtisse », dit-il.Le magazine scientifique de l’heure Animé par Frédéric Loiselle Télé-Québec Avec la participation du ministère de la Culture et des Communications du Québec.Programme Québec Science - Novembre 2000 1 5 ACTUALITES Le chatouillement, c'est cérébral Caféine sans ordonnance gesique.Pourquoi ne peut-on pas se chatouiller soi-même ?Des chercheurs britanniques du University College de Londres se sont sérieusement penchés sur ce phénomène.En utilisant un scanner à résonance magnétique, ils ont pu voir que c’est le cervelet — situé à l’arrière du cerveau — qui distingue les stimuli que nous inflige la plume d’un petit malin de ceux que l’on s’imposerait soi-même.Mais il reste encore à savoir pourquoi le cervelet nous pousse à ne réagir qu’aux interventions des « chatouilleurs ».On l’appelle aussi 1,3,7-tyri-méthylxanthine.C’est un alcaloïde bien connu puisqu’il accompagne chaque matin rôties et bacon.Ce que l’on sait moins, c’est que la caféine entre aussi dans la composition d’une trentaine de médicaments placés sur les étalages des pharmacies, nous rappelle Québec Pharmacie dans son édition d’août 2000.Bien sûr, il y a le Wake-up, bien connu des étudiants retardataires; c’est le seul médicament commercialisé au Québec pour la prévention de la somnolence.Il y a aussi les analgésiques, tels que le 222, Anacin et Tylenol, qui contiennent respectivement 30,32 et 15 milligrammes (mg) de caféine par comprimé.En comparaison, une tasse de café instantané contient entre 30 mg et 120 mg de caféine, et un verre de Coca-cola, 45 mg.Il faut un minimum de 50 mg pour obtenir un effet stimulant sur le système nerveux central.Quel est l’avantage d’ajouter de la caféine dans la pharmacopée ?Sans que l’on sache vraiment pourquoi, il suffit, pour maximiser l’effet d’un analgésique, de l’administrer avec une faible dose de caféine.L’hypothèse est la suivante : la caféine stimulerait les sécrétions d’acide gastrique, lesquelles favoriseraient l’absorption de la substance active de l’anal- « 7 Sondage En septembre dernier Cybersciences vous demandait si, à votre avis, les millions de dollars dépensés pour doter les écoles d'ordinateurs et pour les brancher au réseau Internet représentaient un bon moyen de lutte contre le décrochage scolaire.oui.43,5 % non.52,3 % Vous avez été 455 à participer à notre sondage.Notre question ce mois-ci fait écho à notre reportage sur les cyberpirates.Les /jac/ters devraient-ils être jugés comme de véritables criminels ?Vous pourrez répondre sur entre le 30 octobre et le 5 novembre.Profitez-en pour nous transmettre vos commentaires quant au reportage sur les cyberpirates, ainsi que sur le guide pratique que nous avons réalisé.'J \! £n hausse Jusqu'alors professeur à l'université Laval, l'astronome Jean-René Roy vient de prendre les rênes du télescope Gemini nord.Ce n'est pas rien.Un gigantesque appareil situé à Hawaï qui pourrait bientôt transmettre les premières images de planètes extrasolaires, pense le chercheur.Gemini nord a récemment été mis en opération.Il est financé conjointement par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, l'Australie, le Chili et l'Argentine.Jean-René Roy dirigera une équipe de 17 chercheurs.l’atir Kom ^Pül; I €n baisse L'image de marque de l'industrie Ispat Sidbec de Contrecœur qui a rejeté en 1998 près de 2 700 tonnes de contaminants (du zinc et des composés apparentés) soit une augmentation de 26 % comparativement à l'année précsr dente.Ces données en font le principal pollueur du Québec selon le dernier Inventaire national de rejets des polluants.Cet inventaire permet au gouvernement fédéral de faire un suivi des matières cancérigènes.Ispat Sidbec précise toutefois que ses « poussières d'aciérages contenant du zinc sont entreposées à l'extérieur dans des cellules dotées d'une membrane synthétique ».Quatre cent quarante-cinq usines québécoises participent à l'inventaire.Toutes les données sont accessibles sur Internet à l'adresse suivante : wmv.ec.gc.ca/pdb/inrp.1rs, *1 ¦Joi 'totielsd Hie» À .Mttsi,, %!! lu, n|n «in Ha J» s JSq IQ 1 6 Québec Science ~ Novembre 2000 Les ruisseaux fantômes de la planète rouge L’atmosphère de Mars empêche l’eau de rester à la surface de la planète.Comment expliquer que la NASA vient d’en trouver des traces ?par Vincent Sicotte C’était le blockbuster de l’été : l’eau coule sur Mars ! La nouvelle a provoqué un raz-de-marée médiatique avec ses enflures inévitables.Une fois les vagues passées, on a pu la relire avec toutes ses nuances : l’orbiteur Mars Global Surveyor de la NASA a photographié de petits ravins sur Mars, formés par les écoulements torrentiels d’un liquide.Une nouvelle qui est en soi toute une énigme.Depuis très longtemps, l’eau ne peut plus couler sur Mars, les conditions de température et de pression l’interdisent.La solution pour comprendre la présence d’eau à la surface de Mars pourrait venir d’une curieuse petite source, qui jaillit à travers le permafrost d’une île perdue dans l’Arctique canadien.Les images de la NASA montrent des ravins, apparemment creusés par de l’eau, ainsi que des dépôts terreux et rocheux qu’elle aurait transportés.Ces formations sont toutes situées sur des terrains pentus Les scientifiques nourrissent Cette imecje obtenue par la sonde Mers Globâl Surveyor, montre des traces de ruissellement récentes, peu de doutes : « Nous croyons observer Y des "aPPes Pratiques dans le sous-sol martien ?les signes d’une réserve d’eau souterrai- seulement une limite supérieure.» ter sur Mars.Si 1 on y transportait un ne », indique Michæl Malin, le scien- Cette découverte est néanmoins fon- verre d’eau, son contenu gèlerait et se tifique responsable de la caméra de la damentale, selon lui, car l’activité mettrait à bouillir en même temps ! La sonde et coauteur de l’étude parue dans géologique ainsi que les conditions de pression atmosphérique martienne est Science en juin dernier.pression et de température de Mars 100 fois plus faible que la pression ter- Ces ravins ont été formés tout au n’ont pas changé depuis des milliards restre.Le point d ébullition de I eau, plus il y a quelques millions d’années, d’années.« Cela veut dire que, sur la qui dépend de la pression de 1 air, plonge ou peut-être hier.« Il est impossible de surface froide et sèche de la planète, donc lui aussi jusqu à s approcher dater la surface plus précisément », l’eau peut couler, dit Christopher du point de congélation.L eau, sur explique Christopher McKay, plané- McKay.Il s’agit maintenant d’expli- Mars, ne peut donc exister qu’à l’état de tologue au Ames Research Center de quer comment ! » vapeur (1 atmosphère en contient un la NASA.L’absence d’impacts météo- On sait depuis quelque temps déjà peu) ou sous forme de glace (les calottes ritiques sur ce terrain nous donne que l’eau à l’état liquide ne peut subsis- polaires en témoignent).UAL y V ¦ '4y mm m.V':.A : Québec Science - Novembre 2000 1 7 Pour expliquer la formation de ces ravins, les scientifiques croient qu’un « bouchon de glace », à l’affleurement de la source ou juste sous le sol, fait monter la pression jusqu’à ce qu’il « saute » et que l’eau jaillisse comme d’un geyser.Elle se met alors à bouillir violemment et s’évapore tout en dévalant la pente.Chacun de ces ravins aurait été excavé par 2 500 mètres cubes d’eau (peut-être en plusieurs éruptions), soit l’équivalent d’une dizaine de piscines publiques.Par ailleurs, les sourciers de la NASA ont découvert avec surprise ces ravins dans les régions les plus froides de la planète.Certains se retrouvent jusqu’à 70° de latitude, où la température de l’air oscille entre -70 °C et -100 °C, et où le sol est gelé en permanence jusqu’à 3 km de profondeur.Comment l’eau perce-t-elle cette chape de glace ?Les scientifiques n’iront pas vérifier sur Mars avant un certain temps.Mais ils trouvent des éléments de réponse sur des terrains analogues dans le Grand Nord canadien ! Sur l’île Axel Heiberg, à 80° de latitude nord, il fait en moyenne -20 °C et le sol est gelé en permanence jusqu’à 500 mètres de profondeur.Pourtant, à huit kilomètres de la côte ouest de l’île, deux sources uniques au monde laissent couler de l’eau à l’année.« La clé, c’est le sel », explique Wayne Pollard, directeur de la station de recherche de l’université McGill établie à cet endroit.L’eau qui s’écoule de ces sources pérennes est 5 à 10 fois plus salée que l’eau de mer.Divers sels minéraux abaissent le point de congélation de l’eau, qui peut ainsi rester liquide, bien qu’elle passe à travers les fissures d’un sol toujours gelé.Selon Wayne Pollard, un grand lac ou un glacier situé à proximité fournit la pression nécessaire au jaillissement des sources.Sur Mars, on ignore encore la cause de la pression : activité volcanique interne ou impact météoritique, peut-être.De plus, si les sels minéraux des sources arctiques proviennent d’un ancien océan, d’où viendraient ceux qui maintiennent l’eau à l’état liquide sur Mars ?Les ravins de la planète rouge sont trop distants les uns des autres pour avoir été recouverts par un océan unique.Gageons que la NASA va s’intéresser davantage à ces ravins.Car dans le Grand Nord canadien, les dépôts minéraux laissés par les sources d’Axel Heiberg emprisonnent et fossilisent efficacement les micro-organismes.« De telles sources seraient un excellent endroit pour chercher des fossiles martiens », dit Wayne Pollard.05 De l'eau sur Mars ?Les scientifiques pensent en trouver l’explication en étudiant les glaces du Grand Nord canadien.1 8 Québec Science ~ Novembre 2000 UjH MICRO.INTEL ! m,CRO-INTEL tWj micro Intel "Une vie de micro-intel 10 à 14 ans une vie ae ^ — ZmgïmL- MICRO-INTEL «fa?* MIC R 0 - I N T EL 1200, menue Popineou Bureau 301 Montréal (Québec) H2K4R5 Tél.: (800) 530-8789 (514) 528-1905 Téléc.: (514) 528-1770 tHÊrntt Prix Mühius Quchvc-Canadn 99 Sciences r L "PH'/SiQUE 1 Une Oiie.sl.ion rie Prinf.'i]je|; XYJrl paraître t w — # r _ 1 >-intel.com ACTUALITES Le confort et l'indifférence Une enquête qui vient d'être publiée aux États-Unis révèle quelques faits troublants sur les mœurs scientifiques des Américains.Intitulée Science & Engineering Indicators 2000, cette étude, effectuée tous les deux ans, a sondé l'attitude et la connaissance du public à l'égard des sciences et de la technologie.Or, les résultats démontrent que 9 Américains sur 10 sont peu intéressés par les découvertes scientifiques, les technologies et leurs applications.Les trois guarts d'entre eux ignorent même ce qu'est la démarche scientifique.Néanmoins, la majorité se dit confiante envers la science et la technologie.Paradoxal ?Rappelons que cette appréciation se rencontre également chez nous, comme nous l’avions constaté à la lumière des résultats du sondage mené en décembre dernier par Québec Science et la firme Léger et Léger.Une dent contre le mercure On savait que les cabinets dentaires de Montréal étaient responsables de plus du quart des rejets de mercure — un contaminant très dangereux — dans les égouts de la métropole.D’ici l’été 2002, ils devront mettre en place des moyens pour enrayer cette pollution.La Communauté urbaine de Montréal vient d’adopter un règlement à ce propos.Une première au Canada.Les amalgames de mercure sont utilisés pour effectuer des obturations.En effet, 40 % de l’amalgame est composé de ce métal.On compte aussi 35 % d’argent, 9 % d’étain, 6 % de cuivre et 1 % de zinc.Les dispositifs que devront acquérir les dentistes sont appelés séparateurs d’amalgames.Ils permettent de retenir le mercure qui sera par la suite récupéré et traité par des firmes spécialisées.Cette mesure coûtera l’équivalent de 50 cents par patient, avance le service de l’environnement de la CUM.Le jour Mars Le 14 janvier 2014 serait la journée idéale pour le lancement d’une mission habitée vers Mars.Un ingénieur de l’université Purdue en Indiana a calculé que la configuration des planètes, permettrait à ce moment-là l’envoi d’une mission en toute sécurité vers la planète rouge.Une telle occasion ne se représentera pas avant 10 autres années après cette date.Si le vaisseau spatial se trouvait en difficulté à un moment donné, il pourrait, selon ce plan, utiliser la gravité martienne pour bifurquer vers Vénus, où un autre « ricochet » le renverrait vers la Terre.Cette technique d’assistance gravitationnelle est couramment employée pour diriger les sondes spatiales, mais exige d’énormes calculs.Internetown Un grand producteur de pétrole est en train de se convertir à Internet.L’émirat de Dubaï, situé sur la Côte des pirates dans le golfe Persique, a entrepris la construction de la première ville tout Internet.Les résidences des futurs cybercitoyens seront reliées grâce à une infrastructure technologique de pointe.Cette ville, dont on commencera bientôt la mise en chantier, devrait aussi accueillir des centres de recherche et une université Internet.L’émirat de près de 500 000 habitants veut aller jusqu’à se doter d’un gouvernement électronique d’ici la fin octobre 2001.nnnwimgg|H| Internetown : sur la Côte des pirates ?Chiffire du mois 75 OOO C'est le nombre de neurones artificiels que la société Starlab a réussi à connecter pour constituer le plus puissant cerveau électronique.Cet organe high-tech a été conçu pour équiper la tête d'un chat robot.L’objectif des ingénieurs de cette société japonaise est maintenant de construire un cerveau de un milliard de neurones artificiels.Il n'y a pas de crainte à y avoir : on est encore loin du compte avant de rivaliser avec un cerveau humain qui en contient environ 50 milliards.Québec Science - Novembre 2000 1 9 FESTIVAL INTERNATIONAL DU T SPOILT HSEc raPHNOLPPD Aqi DOCUMENTAIRE SCIENTIFIQUE LU LU LU.TELESCIENCE.QC.CA ffllWj Quai King-Edward, Vieux-Port de Montreal, C;iiuda AU PIED DE LA RUE SAINT-LAURENT, (MÉTRO PLACE-D'ArMES) Gouvernement du Quebec Ministère de la Culture et des Communications Science Tous! rjp Télé-Québec planèteadn par Jean-Pierre Rogel A qui profitent les tests ?s A quoi sert un test génétique si on ne fournit pas d’explication au patient ?Dans les années à venir, nous allons affronter un défi colossal : faire comprendre au grand public la portée des informations que la génétique moderne lui fournit — à commencer par les personnes concernées par une condition génétique particulière.» Voilà ce que me déclarait le docteur André Boué, en 1993, un pionnier français du diagnostic prénatal.Le docteur Boué avait contribué à mettre au point les premiers tests de dépistage prénatal.Il en avait expliqué les résultats, personnellement, à des milliers de couples.Il avait d’abord travaillé sur les tests impliquant l’examen physique des chromosomes, puis sur ceux fondés sur une analyse biochimique.Il abordait les nouveaux tests de biologie moléculaire avec un peu d’appréhension.Déjà, en ce domaine, il fallait constamment recourir à des probabilités, et ce n’était pas facile à saisir.« Lorsqu’il s’agit de leur santé ou de leur vie, les gens ont du mal à comprendre le langage abstrait des chiffres, disait-il.Que signifie une probabilité de 10 % ou 20 % d’être atteint d’une maladie, ou de transmettre tel ou tel défaut génétique ?Est-ce beaucoup ou est-ce peu ?Comparé à quoi ?» demandait-il.Par ailleurs, même lorsque le test génétique donne une réponse sûre à 100 % (la personne testée a, ou n’a pas, telle mutation), le médecin n’est pas pour autant en mesure de se prononcer sur l’apparition réelle ou sur la sévérité future d’une atteinte génétique.« Si on ajoute à cela l’impact sur les autres membres de la famille d’une telle information, les modes de transmission, et qu’on tient compte de l’extraordinaire diversité des maladies génétiques, vous voyez qu’on vogue allègrement vers l’ultra-complexe ! » Comme la plupart de ses collègues généticiens, André Boué ne craignait pas la complexité.Ni même de devoir, patiemment, vulgariser de telles notions et les expliquer à des personnes venues dans son cabinet chercher une information.Tout cela dans les règles de l’art, et en respectant une stricte éthique professionnelle.Non, ce qui dérangeait le plus le docteur Boué, c’est que le système médical était débordé et qu’on ne prenait pas le temps de bien faire les choses.« Le dépistage génétique, qu’il soit prénatal, postnatal ou auprès des adultes, ce n’est pas simplement de dire : “Vous êtes plus, vous êtes moins, vos chances sont de tant.”, il faut voir les gens et leur parler.Un des problèmes provient actuellement de ces tests qui se développent dans le privé, sous pression commerciale, et qui se traduiront par l’envoi d’un résultat par la poste.Mais c’est scandaleux ! Il faut parler aux gens, il faut les écouter, leur expliquer clairement ce qui en est, avant comme après le test.» Ce pionnier du dépistage appréhendait la vague des tests du privé — et il suffit d’une recherche rapide sur Internet pour se rendre compte que la vague a envahi les États-Unis, et s’étend rapidement.Il craignait encore plus la diminution des ressources des systèmes de santé publique, qui se traduirait par le manque de temps pour mener correctement une consultation.« Ou pire, par une incompétence de ceux qui font du conseil génétique improvisé », disait-il.Le docteur Boué n’avait pas tort de s’inquiéter.L’équipe de recherche de la sociologue Virginia Lapham, de l’université Georgetown à Washington, conclut que 80 % des professionnels de la santé interrogés (diététiciens, physiothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux) n’ont reçu aucune formation en génétique médicale.De ceux-ci, 80 % disent connaître peu ou très peu le projet Génome humain.Une étude précédente de la même équipe avait établi que la majorité des professionnels hospitaliers font du conseil génétique malgré un manque évident de formation.La sociologue américaine lance un cri d’alarme : « Il faut investir dans la formation de base et dans la formation continue dans ce domaine, et de façon urgente.» Curieusement, alors qu’on entend le même son de cloche alarmant en Europe, personne ne semble réellement se préoccuper de la question au Canada.Avons-nous assez de personnel qualifié pour bien expliquer les tests génétiques aux gens concernées ?Les professionnels de la santé se sentent-ils assez compétents en ce domaine ?Quels sont les réels besoins du public ?À peine entend-on quelques mots à ce sujet dans les couloirs d’hôpitaux ou en marge des congrès d’ordres professionnels.Pas d’enquête en cours, pas de task force à l’œuvre.Tout cela pendant qu’un wagon de découvertes en génétique médicale — ou plutôt, un train entier — nous fonce dessus à grande vitesse.Je vois André Boué, aujourd’hui à la retraite, secouer la tête de découragement.Et je l’entends encore : « En France comme au Canada, partout le problème est flagrant.Quand va-t-on se réveiller ?» Sa question date de 1993.QS Le dépistage génétique ?Oui, mais il faut aussi « voir les gens et leur parler ».Québec Science - Novembre 2000 21 Intcrmatique L PRATES « Cet ordinateur est possédé par le démon.» L'inscription clignote sur l'écran tandis qu'un rire sardonique éclate dans les haut-parleurs.Pas de doute : un pirate a pris le contrôle de mon PC.par Marie-Pier Elle Messages ironiques (FBI warning : you are being observed !), clavier dont les touches s’activent toutes seules, lecteur de cédérom qui s’ouvre et se ferme comme pris de folie, ordinateur qui s’éteint et redémarre sans que j’y pose un doigt.Pas de doute, me voilà victime d’un cheval de Troie, un virus qui contrôle mon ordinateur à distance.Ce virus, c’est Back-Orifice, lancé il y a deux ans par les « Dévots de la vache morte » (Cult of the Dead Cow), un regroupement de pirates américains.Depuis son ordinateur, le hacker peut lire tout ce que j’écris, accéder à mon courrier électronique, à mes codes et mots de passe, et me bombarder de sons et d’images bien choisis.Terrifiant ! 2 2 Québec Science - Novembre 2000 Je souris.Victime consentante d’un pirate (autant le préciser !), je me rends à l’évidence : les « Dévots » ont bel et bien tiré profit des failles du système d’exploitation Windows.Un internaute un peu doué n’a qu’à télédécharger BackOrifice sur Internet et l’envoyer à sa cible par courrier électronique ou lors d’une séance de bavardage.Un document attaché suffit : l’individu un peu naïf mord à l’hameçon, double-clique sur l’icône.et le voilà contaminé à son insu, victime de ce que les véritables hackers appellent avec mépris le consumer level hacking, le degré zéro du piratage.Qui sont ces flibustiers du cyberespace, à qui j’étais prête à livrer mon PC « pieds et poings liés » le temps de ce reportage ?J’ai navigué en eaux troubles sur la Toile, jusqu’à un de leurs nombreux repaires, le site de Montréal 2600, un regroupement de hackers du Québec.Ils acceptent une rencontre.J’imagine un rendez-vous top secret avec de vrais délinquants, prêts à semer la zizanie, à infiltrer incognito la NASA, à fouiller les dossiers du Pentagone et à faire trembler d’effroi Bill Gates en personne sous mes yeux.Déception.Ils me fixent rendez-vous dans un endroit commercial du centre-ville de Montréal.En face de moi, quelques jeunes qui n’ont pas tous 20 ans, timides, en tout cas l’air inoffensifs.Tous des gars; le hacking est un monde masculin.Aucun n’a d’exploit croustillant à révéler, mais ils en savent très long sur l’informatique et cherchent à en connaître toujours plus.« Nous sommes les hérétiques du XXe siècle », ironise Daniel avant de me TIN lUiru] Éf W /ATT 7 .yv jiiuw w .{ i uui jv r~ * 1 M 1 «e 7 c/ ' j-20.3 02,i; o f /A •(jfllfl I If# 4699 nr.nl frf ^ 1 I 374e-e-07,5.61 2e*jp9.'6,4 >8,1.06.971459.-18,-2.40» 5,3.51 5,5.7420881c -13,-1.4192 résumer plus sérieusement ce qu’est, selon lui, un hacker : un explorateur qui, à sa manière, va aux limites de la connaissance informatique pour les repousser et développer de nouveaux outils.« Les gens de plus de 40 ans ont peur, ils n’aiment pas être déstabilisés, dit-il : c’est inhabituel de voir un domaine où les jeunes peuvent en faire plus que leurs aînés qui croient tenir les rênes.» Mathieu, un autre membre du groupe, renchérit : « Notre but n’est pas de détruire l’informatique mais de l’explorer.» Plusieurs de ces jeunes ont été séduits par l’univers obscur des hackers.« Ce qui attire d’abord, c’est le côté plus délinquant du piratage, mais à un mo- dies, véritable plaie de la communauté hacker.et chouchous des médias ! Les préoccupations du script kiddy sont à mille lieues de l’exploration des méandres de la programmation.Pour obtenir ce qu’il souhaite, il lui suffit de naviguer sur la grande Toile et de connaître quelques mots d’anglais.Il peut ensuite utiliser à loisir les programmes élaborés par d’autres pour paralyser, par exemple, les sites Yahoo, eBay et Amazon durant quelques heures, puis s’en vanter un peu partout.au risque de se faire pincer par la GRC, comme ce fut le cas de cet adolescent qui a défrayé les manchettes en février dernier.« Mafia-boy n’est pas un hacker », laisse tomber Maxime.Un jugement unanime du groupe qui a très mal pris la mauvaise tionne leurs pseudonymes ! Et ils ne se font pas prier pour partager leurs exploits : « Pornographie infantile, matériel raciste ou nazi, j’ai piraté des sites dont le contenu ne mérite pas d’être sur le Web », dit Harmfull, qui se vante d’avoir aussi piraté quelques sites de gouvernements.et effacé les dossiers d’un de ses profs de secondaire qu’il détestait ! Et ainsi de suite ! Les « mauvais » pirates ont beau représenter une minorité, ils existent bien pourtant et font de vrais dégâts.Les récits de leurs exploits pullulent sur Internet.Untel, qui réussit à pénétrer le réseau informatique militaire d’un grand pays industrialisé; un autre qui réclame des centaines de milliers de dollars à une grande banque pour ne pas di- .> £ TS / L .-.*** - '»x - Mil hackers de 2600 Montréal : pas des cybercrimineisLeur LÏT > ?Explorer > > ‘s .ment donné il faut évoluer.» explique Enrique.« Il y a des problèmes bien plus intéressants à résoudre que de chercher comment entrer illégalement dans un système », dit Vincent.Des exemples ?Avec leurs compères, en terrain connu dans leur matière forte, ils se mettent à parler un cyberjargon incompréhensible, duquel se démarquent pêle-mêle des expressions tels switch et routeurs, backbone, LAN, IPX/SPX, Perl et autres.Les membres de 2600 Montréal en ont assez qu’on confonde leurs activités avec celles des cybercriminels.Ils veulent clairement se démarquer des script kid- publicité que ce script kiddy a faite aux hackers ! Pour que la confusion soit moins grande, la communauté hacker a d’ailleurs créé un vocabulaire spécifique.Ses membres qui ont basculé du côté sombre de la force, elle les désigne sous les termes de crackers, de trashers, black hat hackers, un jargon hermétique qui l’aide à distinguer les nobles hackers des vils pirates ! Un autre trait qui les distingue : les cybercriminels ont une réelle soif de prestige.À la suite d’un appel lancé sur leurs groupes de discussion, ceux qui ont répondu voulaient absolument que Québec Science men- vulguer les codes de ses clients.Chaque jour, des pages d’accueil de sites Web sont modifiées, des mots de passe volés, des fichiers effacés.Le terrain est si propice que divers groupes d’activistes se sont même convertis à l’informatique pour défendre leur cause.Ils deviennent des hack-tivistes.comme le Pakistan Hackerz Club, un groupe qui revendique une multitude de cyberat-tentats sur des sites Web très achalandés pour attirer l’attention sur la guerre du Cachemire.Plus spectaculaire encore : Maxim, un jeune pirate russe, offrait en janvier dernier une liste de quelque 25 000 nu- 24 Québec Science ~ Novembre 2000 YVES PROVENCHER méros de cartes de crédit volés dans la banque de données de la société CD Universe de Wallingford, au Connecticut.Maxim avait volé les références de quelque 300 000 acheteurs en ligne.Pendant une quinzaine de jours, les internautes aguerris ont pu se servir sur le site Web Maxus Credit Card Pipeline.Les dirigeants de CD Universe auraient pu éviter cette gifle en acceptant le chantage de Maxim : payer une rançon de 150 000 dollars.Ils ne l’ont pas cru.Inutile de chercher ce fameux « pipeline » à numéros de carte de crédit sur un quelconque engin de recherche : il n’existe plus.Par contre, il est toujours relativement facile, bien qu’illégal, de disposer d’un budget virtuel illimité pour n’importe quel cyberfaussaire qui s’en donne la peine.Certains sont passés maîtres dans l’art de générer des numéros de carte de crédit valides ! Pa-pyruss, un étudiant québécois en informatique, a trouvé là une intéressante source de revenus : « Je peux fournir des accès à des sites payants aux clients qui me le demandent.Il suffit d’un numéro de carte existant, volé ou trouvé sur un reçu de transaction.Mon programme génère ensuite des numéros, qui sont valides dans 85 % des cas.» Certains regroupements de hackers exigent même que les postulants fournissent cinq numéros de carte de crédit obtenus sur le Net, une sorte de condition préalable pour que le candidat soit officiellement accepté ! Les activités des cybervoleurs débordent d’ailleurs largement du Net.Plusieurs pirates délaissent l’univers cybernétique pour s’intéresser aux bonnes vieilles lignes téléphoniques.Ils pratiquent ce que l’on appelle le phreaking.La légende raconte que le premier des phreakers le serait devenu par accident, dans les années 60, grâce à un petit sifflet offert dans une boîte de céréales Captain Crunch.Surprise : à 2 600 mégahertz, la fréquence du sifflet était exactement celle des commutateurs de télécommunication.Aujourd’hui, aucun phreaker n’attend les cadeaux surprises des boîtes de céréales, mais ils s’inspirent de cette idée pour contourner les systèmes de sécurité des compagnies et téléphoner « à l’œil ».Là encore, selon les pirates, la curiosité plus que le gain est le vrai motif de leur action.« Je suis plus intéressé par l’aspect électronique de la technologie que par l’idée d’économiser quelques sous sur les interurbains », affirme En-drix, un phreaker prompt à me vanter ses exploits ! D’ailleurs, assure-t-ü, sa curiosité profite finalement plus aux grosses compagnies qu’elle ne leur coûte d’argent.« Les hackers sont essentiels, car ils aident les compagnies à détecter les failles des systèmes », dit-il.Un ar- gument que les compagnies de téléphone balayent du revers de la main : « Quelques petits futés réussiront toujours à contourner les systèmes, rétorque Caroline Trépanier, porte-parole de Bell Canada.Mais ce n’est certainement pas grâce à eux que la technologie avance.» Pourtant, les pirates, toutes catégories TECHNIQUES D'ABORDAGE Le piratage social Mieux connue sous le nom de social engineering, cette méthode consiste à exploiter les failles de l’être humain plutôt que celles de la machine.Le plus commun des « bogues humains » ?La naïveté ! Les pirates en profitent et demandent à un employé de la compagnie ciblée son mot de passe, en prétendant être l’administrateur du système informatique.Il semblerait que la plupart des employés n’hésitent pas à servir cette précieuse information sur un plateau d’argent.Le « crackage » de mots de passe La méthode classique : essayer un à un des milliers de mots de passe.Évidemment, ces tentatives ne sont pas faites à la mitaine, mais grâce à des programmes habilement conçus par les hackers eux-mêmes.Ces programmes sont en quelgue sorte de gigantesques dictionnaires informatisés permettant de tester des centaines, voire des milliers de mots de passe par seconde.Conseil de hacker: choisir un mot de passe contenant des chiffres et des lettres, des majuscules et des minuscules ainsi que des caractères non alphanumériques (comme le signe du dollar [$] ou de pourcentage [%]).Dans la mesure du possible, on suggère même de ne pas employer de mots qui existent.Par exemple, un mot de passe Le (Québec) J4B8E7 Date d'expiration ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 m Nom Adresse App.Ville Code postal Tél.Nom Adresse App.Ville Code postal Important Nous pouvons vous expédier une carte-cadeau que vous glisserez sous le sapin le jour de Noël.Pour cela, votre demande devra nous être parvenue avant le 30 novembre.I I Oui je désire recevoir une carte-cadeau.Tél.Je m'abonne au prix régulier de 41,35 $ (taxes incluses) ?Paiement ci-joint ?Facturez-moi Montréal : (514) 875-4444 Ailleurs au Québec : 1 800 667-4444 Offre valide au Canada jusqu'au 31 janvier 2001 QS11-00 PIERRE-PAUL PARISEAU la dimensioncachée par Raynald Pepm Drôle de tête Le langage du visage nous apprend une grande vérité faire la tête est tout un art ! «ten fork] Etre du .- Les gros yeux, les yeux doux : notre tête en dit souvent plus que nous le voudrions.La bouche s’exclame ou sourit, le nez se retrousse et les sourcils froncent; le visage entier fait la moue ou la grimace.Il est le théâtre d’un vrai sémaphore, un livre ouvert qui parle ! La nuit dernière, vous avez fait la fête et vous vous êtes couché tard.« Tu as les yeux cernés », vous disent les collègues ce matin.« Les cernes et les poches sous les yeux sont des phénomènes conjoints, mais ce n’est pas la même chose, dit Louise Duranceau, présidente de l’Association des spécialistes en chirurgie plastique du Québec.Les cernes sont liés à 46 Québec Science - Novembre 2000 l’épaisseur de la peau, très mince sous les paupières.Les muscles, rougeâtres à cause du sang, confèrent une légère coloration à la peau sous les yeux.» Les yeux pochés, c’est autre chose.« L’œil repose sur un coussin de graisse.Lorsque la peau et les muscles sont trop lâches, à cause du vieillissement ou de l’hérédité, la graisse est moins bien contenue dans l’orbite.Elle pousse sur les tissus de la paupière, ce qui produit ce gonflement qu’on appelle poche.Le gonflement est souvent plus prononcé lors de situations qui favorisent une enflure des tissus ou quand la pression sanguine fluctue.» Vous frottez-vous les yeux quand vous êtes fatigué ?Il m’arrive de le faire, bien que ça soit surtout typique des jeunes enfants.J’avais déjà lu que cette question était liée au réflexe oculocardiaque : une pression sur le globe ou les muscles oculaires diminue le rythme cardiaque.Se frotter les yeux nous préparerait ainsi au sommeil.» Le réflexe oculocardiaque existe bel et bien, dit Michel Laflamme, ophtalmologiste au Centre hospitalier de Lachine, et nous devons nous en méfier lors de certaines opérations de l’œil.Mais je doute qu’il ait un tel effet dans des circonstances normales.En se frottant les yeux, on se fait simplement un petit massage et on relaxe.» La fatigue influence les yeux d’une U,1 „ n, autre façon.On a observé que les personnes fatiguées ou anxieuses clignent davantage des yeux que les personnes reposées.D’autres facteurs jouent aussi : par exemple, le rythme de clignement diminue lorsqu’on effectue des tâches demandant de l’attention.Par exemple, un automobiliste cligne moins des yeux en conduite urbaine que sur une route de campagne peu fréquentée.Le rythme de clignement est donc lié à l’activité mentale.Un clignement des yeux dure environ 0,25 seconde.La paupière supérieure descend d’environ 1 centimètre en 0,1 seconde, puis remonte un peu plus lentement.La paupière inférieure bouge surtout horizontalement, se déplaçant en direction du nez d’environ deux millimètres.En même temps, l’œil s’enfonce dans l’orbite d’environ un millimètre durant le clignement.La plupart du temps, les yeux ne se ferment pas complètement.On cligne des yeux entre 6 et 10 fois par minute en moyenne, le rythme variant selon la personne, l’activité, l’anxiété, etc.On peut arrêter de cligner (c’est un jeu classique), ce qui montre que le mouvement des paupières est en partie volontaire, remarque Michel Laflamme.Lors du clignement, la paupière balaie la cornée, un peu comme un essuie-glace, tassant les débris et étendant une couche de larmes sur la cornée.« Le film de larmes est un mélange complexe, qui comporte trois couches différentes, dit Michel Laflamme.On retrouve en surface une couche lipidique, qui réduit l’évaporation, puis une couche aqueuse, et enfin une couche de mucus, en contact avec la cornée.» La couche aqueuse est de loin la plus épaisse, avec un « bon » sept micromètres de liquide (0,1 micromètre pour la couche lipidique).Les glandes lacrymales d’un œil sécrètent environ un centimètre cube de liquide par jour, à moins qu’on éprouve un grand chagrin ou qu’on prépare une tarte à l’oignon ! Le liquide contient du glucose, plusieurs ions, de la vitamine A et diverses protéines.Certaines de ces dernières, comme les lysozymes, protè- Un clignement des yeux dure environ 0,25 seconde.En même temps, l'œil s'enfonce dans l'orbite d'environ un millimètre.La plupart du temps, les yeux ne se ferment pas complètement.gent les yeux des infections en détruisant les membranes des bactéries; d’autres protéines atteignent le même but en se liant au fer dont les bactéries ont besoin.« Les gouttes pour les yeux simulent plus ou moins la composition et le rôle du film lacrymal, dit Michel Laflamme.Les “larmes artificielles” lubrifient la cornée.Certains produits, comme MurineMD et Clear EyesMD, contiennent cependant un décongestionnant faible qui induit une vasoconstriction, ce qui diminue la rougeur.C’est efficace sur le plan esthétique mais pas idéal pour les yeux.» Les clignements poussent une partie du film de larmes vers le coin intérieur (coin « nasal » ) de l’œil, où le liquide s’écoule dans de petits canaux, puis dans le sac lacrymal.Ce dernier se décharge dans le nez via le canal lacrymo-nasal.C’est pourquoi, quand les larmes sont abondantes, le nez coule.Sous les yeux et le nez, la bouche a aussi son.mot à dire.Avez-vous déjà observé une personne qui sort légèrement la langue entre les lèvres alors qu’elle se concentre pour réfléchir ou accomplir une tâche délicate ?Courant chez les enfants, ce comportement se produit moins chez les adultes.Selon un neuropsychologue que j’ai consulté, rire, pleurs et autres expressions faciales instinctives sont contrôlées par le tronc cérébral, la région du cerveau située au-dessus de la moelle épinière.Le cortex contrôle aussi les parties inférieures du visage mais de façon volontaire; c’est lui qui nous permet par exemple de simuler la surprise, le dégoût ou le rire.Placer la langue entre les lèvres quand on se concentre constituerait ainsi une réaction motrice automatique, du même type que froncer les sourcils.Le cortex des adultes exerce un contrôle plus grand, ce qui inhibe souvent cette réaction.Bref, une personne dont la langue sort un peu et qui cligne peu des yeux doit avoir besoin de tranquillité.Ne la dérangez pas, sinon vous pourriez vous retrouver avec un œil poché et de grands À lire en décembre Guide du temps des fêtes Nez rouge en sait quelque chose : les partys de Noël peuvent avoir des conséquences physiologiques redoutables chez les fêtards.Y a-t-il des mélanges d'alcool à éviter ?Y a-t-il des trucs pour combattre les lendemains de veille ?Qu'est-ce qu'une intoxication ?Un petit guide de biochimie pratique à lire avant d'atteindre le niveau de 0,8.par Catherine Dubé Supertélescopes pour superastronomes Plus haut et plus loin c'est, dirait-on, la devise des astronomes.Au programme : nouvelles planètes, nouvelles comètes, nouvelles étoiles, nouvelles galaxies.par Vincent Sicotte Enfin la motoneige écolo ! Véritable peste pour les uns, plaisir incommensurable pour les autres, la motoneige pourrait-elle être plus silencieuse et moins polluante ?par Daniel Chrétien En plus : Cégeps, universités, écoles de formation : les meilleurs choix.Le coup de pouce attendu pour ceux et celles qui s'orientent vers une carrière scientifique.un dossier préparé par Laurent Fontaine cernes autour ! QS Québec Science ~ Novembre 2000 47 courrier@cvbersciences.com vos questions • •• nos ré renonces Pourquoi certains matériaux sont-ils transparents et d'autres non ?Question venant de : frédéric ditbrattOO@aol.com Selon les principes de la mécanique quantique, on peut aussi considérer la lumière autant comme une particule (photon) que comme une onde d’énergie électromagnétique.Certains matériaux laissent passer les ondes ou photons de la lumière sans interférence, tandis que d’autres les absorbent.Pourquoi ?C’est une question d’interaction entre photons et électrons, et surtout de « quanta ».D’abord, rappelons qu’un atome est constitué d'un noyau autour duquel gravitent des électrons.Un peu comme s’ils étaient sur les barreaux d’une échelle, ces électrons peuvent adopter différents niveaux d’énergie.La plupart du temps, ils se trouvent au niveau d’énergie le plus bas : c'est leur « état fondamental » ou « état au repos ».Pour grimper d’un échelon, un électron doit absorber de l'énergie sous la forme d’un photon.Il se trouve alors dans un « état excité ».Cependant, les niveaux d’énergie où un électron peut se trouver sont discontinus.Il peut se trouver sur le niveau 2 ou le niveau 3, mais tout niveau intermédiaire lui est interdit.Dans le langage des physiciens, on dit que l'énergie de l'électron est « quantifiée », c'est-à-dire qu'elle ne peut varier que par quanta ou paquets d’énergie.Pour passer à un niveau d'énergie supérieur, un électron ne peut donc absorber que les photons dont l’énergie correspond exactement à l'écart d'énergie entre deux niveaux permis.Par conséquent, si les électrons ne peuvent absorber les photons qui passent à leur portée - parce que l’énergie de ces photons ne leur convient pas -, les photons traversent alors sans encombre le matériau qui nous paraît transparent.Au contraire, si les électrons peuvent capter des photons au passage pour sauter à un niveau d'énergie supérieur, le matériau devient plus ou moins opague.Certains matériaux, tels les métaux, peuvent absorber et réémettre les photons : ils sont alors réfléchissants.Pour terminer, mentionnons qu’un matériau n'est pas nécessairement transparent pour toutes les longueurs d’onde de la lumière.(La longueur d'onde est inversement proportionnelle à la quantité d'énergie : plus la longueur d'onde est courte, plus son énergie est grande.) Le verre ordinaire, par exemple, laisse passer la lumière visible, dont les longueurs d'onde se situent entre 400 et 800 nanomètres.Par contre, il bloque les ondes lumineuses dont la longueur d’onde est inférieure à 300 nanomètres, tels les rayons ultraviolets.D'autres matériaux, comme le quartz, sont transparents à la fois à la lumière visible et aux ultraviolets.P.C.par Jean-Marie Labriei X ?96 Grille de deux couleurs ! Sur une grille 3 X 7, on colorie aléatoirement chaque case en vert ou en rouge.Montrer que cette grille contient au moins un rectangle (2 X 2) dont les quatre coins sont de la même couleur.97 Lran 2000 qui s'achève ! A l'aide de neuf chiffres différents, remplis une grille 3 X 3 de façon que la somme des trois nombres horizontaux et la somme des trois nombres verticaux aient une somme égale à 2 000.La solution n’est pas unique.98 ^70 Une identité remarquable Résoudre l'équation suivante: (xxx) : x2 = x7 N.B.xxx : nombre de trois chiffres identiques x2: x au carré, x7 : nombre de deux chiffres Solutions 94 où est l'intrus ?a.L'intrus est : 3 Tous ces nombres, sauf 3, s'écrivent en français avec quatre lettres seulement.b.L'intrus est : 3 Tous ces nombres, sauf 3, proviennent d'une factorielle; 1! = 1; 2! = 2; 3! = 6; 4! = 24 et 5! = 120.c.L'intrus est: (31,13) Tous ces nombres, sauf (31,13), donnent une différence entre eux, un nombre non positif.95 Un alphamétique dans les nuages ! Solution suggérée : S OTEDPFLUR 4 918237506 4 9 11 8 4 ¦{-2 9 3 8 8 4 7 8 5 0 6 8 Niveaux I débutant ^intermédiaire expert 48 Québec Science - Novembre 2000 DENIS FARLEY science/culture EXPOSITION Petit tour dans les couloirs de l'espace-temps rence Ce sont de véritables œuvres d’art.Ces globes terrestres sont en plus bourrés d’informations scientifiques et historiques.Le musée Stewart de Montréal, nous en présente une collection remarquable.Une exposition qui démontre à quel point, au fil des siècles, la Terre a bien changé dans l’imaginaire des hommes.par Mathilde Régnault Un écran géant sur lequel un planisphère se fait découper en rondelles pour devenir, sous nos yeux, un globe terrestre.Première image de l’exposition du musée Stewart, sur l’île Sainte-Hélène.Il suffit d’écarter le rideau pour se retrouver.au beau milieu des étoiles.Un véritable plongeon dans la, galaxie et dans le temps qui commence en 1492 et s’achève avec le XXe siècle.Des esquisses plus ou moins grotesques aux ’ reproductions les plus fidèles de la planète bleue, l’exposition, orchestrée par Jean-François Gauvin et Edward Dabi, décrit les différentes étapes qui ont conduit au globe que nous connaissons.L’objet n’est plus aujourd’hui qu’un banal instrument mais il a eu son heure de gloire.« Le globe est bien plus fiable qu’une simple carte, parce que la géographie n’est pas déformée », explique Jean-François Gauvin.Quarante-sept de ces précieuses sphères sont présentées au musée Stewart.La première, un fac-similé, a été dessinée en 1492, juste avant que Christophe Colomb découvre l’Amérique.Seules l’Europe, l’Afrique et l’Asie apparaissent, mais déjà, les scientifiques de l’époque ont une idée assez précise des contours du vieux continent grâce aux calculs de latitude.Dès le XVIe siècle, les Hollandais dominent le marché.Grands voyageurs, ils ont en leur possession plus d’informations que les explorateurs d’autres pays.Par la suite, l’Italie puis la France auront elles aussi leur heure de gloire.Chaque fois, le globe terrestre est accompagné du globe céleste, représentant les constellations connues.Des instruments de mesure de l’époque sont également présentés avec des fiches explicatives.Au XVIe siècle, l’arba-lestrille permet aux marins de s’orienter.L’instrument mesure l’altitude de l’étoile polaire, ce qui aide ensuite à déterminer la latitude.Plus tard, le quartier de Davis, puis l’octant et le sextant, fourniront les mêmes informations avec ^ plus de précision.« Les globes ne servaient à rien pour les scientifiques puisqu’ils sont .l’accumulation de données que l’on [connaît déjà.N’empêche qu’au-] jourd’hui, ils sont une mine de ren-j seignements sur les découvertes et les croyances de l’époque », note Jean-François Gau- t vin.La précision est telle qu’en plus de la cartographie, des textes explicatifs et des dessins décrivent les peuplades des contrées découvertes par les voyageurs.Certaines sphères possèdent même un cadran grâce auquel on peut déterminer l’heure approximative n’importe où sur la Terre.Outre l’aspect scientifique, les globes avaient valeur de symbole.Très coûteux, ils étaient réservés à l’élite intellectuelle et bourgeoise de la société.Au XVIIIe siècle, leur aspect décoratif intéressait au moins autant que leur côté didactique.Aujourd’hui, ce sont des témoins du passé, tout comme cette phrase d’Aristote, prononcée voilà 2 500 ans et reproduite sur le mur du musée, juste avant la sortie : « D’après la manière dont les astres se montrent à nous, il est prouvé que non seulement la Terre est ronde, mais même qu’elle n’est pas très grande.» OS •i» L'exposition Oui ! la Terre est ronde ! se tient au Musée Stewart, au Vieux Fort de l’île Sainte-Hélène, jusqu'au mois de mars 2001.Ouvert du mercredi au lundi, de 10 heures à 17 heures.Renseignements : (514) 861-6701.Québec Science - Novembre 2000 49 mi.'-.• 1 I / Du cinéma portable comme un walkman ! Voici venir les vidéo-baladeurs.Connecté à une sorte de casque vidéo, un lecteur DVD portable permet maintenant de visionner des films dans le métro ou l’autobus.Cependant, il coûte encore un peu cher, soit environ 2 500 dollars.Et puis, il n’est pas trop conseillé de le porter en faisant du patin à roulettes ou du vélo.La superpile air-aluminium Une combinaison intelligente pour motoneigistes Un manufacturier de textile finlandais a réussi à intégrer un système électronique de sécurité aux habits de motoneigistes.Ce système permet entre autres choses de mieux répartir la chaleur sur le corps grâce à des fibres conductrices.Le vêtement peut aussi émettre un signal si la personne se trouve en difficulté./ Il faudrait que vous parliez au téléphone pendant huit heures avant que cette nouvelle pile tombe à plat, un record sur le marché des téléphones portables.Constituée d’air et d’aluminium - le fabricant Aluminium Power de Toronto ne donne pas plus de détails - elle stocke 75 fois plus d’énergie que les traditionnelles piles en lithium.En outre, cette innovation ne nécessite des recharges qu’à tous les cinq jours.50 Québec Science ~ Novembre 2000 m J s ' ¦ ¦ differentz la télé du futur Rencontres avec l'au-delà jeudi Star Trek: la nouvelle génération samedi X Files samedi mmm Bungee pour l'esprit ! longez tete premiere dans un tourbillon d’innovations, d’aventures et de découvertes au nouveau centre iSci.Pour tous les âges et pour tous les goûts, iSci vous invite à découvrir, de façon amusante, le monde captivant de la science et de la technologie.Venez jouer avec la science au centre iSci.Trois salles d’EXPOSITIONS scientifiques interactives Un cinéma IMAX® Un cinéma interactif IMMERSION, en première canadienne Des boutiques, des restaurants, des promenades et des places publiques (514) MnL - ISCI 1 Ô77 4nb-ISCI www-isci-ca Le nouveau centre iSci au Vieux-Port de Montréal Sciences • Divertissements • Boutiques • Restos Canada Hydro Québec
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