Québec science, 1 janvier 2002, Octobre
AVAIT RAISON ?Drtnhrp 700?4 ^ VIVRE AVEC )N COEUR DE COCHON : POURQUOI PAS?mz, ,\À,\ ^ii/' mmi en C3 ro mIi 'XI -o z; _j OJ a* Zi 08024.525, rue Louis-Pasteur, Boucherville, uébec, Canada J4B8E7 ww.cybersciences.com Ils se cachent sous des plumes 773333019949 hK v IL FAUT SAVOIR SON SAVOIR Depuis plus d’un siècle, Merck Frosst contribue à améliorer la qualité de vie des Canadiens et de gens de partout dans le monde en mettant au point des médicaments qui soulagent la douleur et préviennent la maladie.Notre passion de la découverte dépasse toutefois largement le cadre de nos laboratoires.Chef de file de l'industrie pharmaceutique dans les domaines de la recherche et du développement au Canada, Merck Frosst s'est engagée à appuyer tous ceux qui partagent son enthousiasme pour la recherche, le développement et le progrès scientifique.Merck Frosst reconnaît l'importance d'investir dans l'enseignement scientifique et c'est pourquoi elle parraine de nombreux programmes visant à stimuler l'intérêt des jeunes envers les sciences.En éveillant la passion des sciences chez les jeunes d'aujourd'hui, nous ouvrons la voie à de futures réalisations scientifiques.C'est par la quête de l'innovation que nous faisons évoluer le monde, et en faisant profiter les jeunes de nos ressources, nous espérons encourager les générations futures à réinventer notre monde.Notre pays possède une tradition déjà bien établie en matière d'excellence scientifique et technologique et Merck Frosst est fière d'y contribuer.O MERCK FROSST Découvrir toujours plus Vivre toujours mieux. r': i iefili ™ L’ENTREVUE DU MOIS : FRANÇOIS POTHIER 6 Vivre avec un coeur de cochon : pourquoi pas ?La greffe d’organes d’animaux chez des humains suscite l’espoir mais n’est pas sans soulever des craintes.À tort ?propos recueillis par Catherine Dubé l'événement 9 Et si Montignac avait raison ?Sa méthode ne fait pas seulement maigrir; elle apporterait aussi une solution au diabète et aux maladies cardiagues.par Catherine Dubé 1 14 Du cerf écologiquement modifié Un siècle à peine après son arrivée sur l’île d'Anticosti, le cerf de Virginie forme déjà une « société distincte ».par Sophie Malavoy Il -1- 17 Une « drill » canadienne pour Mars ! IOue recèle le sous-sol de Mars ?Pour le savoir, il faudra forer ! Nos ingénieurs s’en occupent.jo par Vincent Sicotte a s -j g Planete ADN ^ 19 Un cordon pour la vie ! “ Le cordon ombilical peut nous venir en aide bien £ après la naissance ! 5 par Jean-Pierre Rogel LE GRAND TOUR DES (DERNIE 20 Planétomania Les astronomes ne cessent de découvrir de nouvelles planètes en dehors du Système solaire.Parmi elles, y en a-t-il une aussi hospitalière que la nôtre ?par Vincent Sicotte ÉVOLUTION 26 Quand les poules avaient des dents.Les oiseaux descendraient-ils des dinosaures ?Bien des paléontologues croient que oui.par Marie-Pier Elie DOSSIER 31 Québec : Le palmarès des montagnes Les Nations unies ont fait de 2002 l'année internationale de la montagne.Au Québec, voici celles qui valent le détour.par Anne Fleischman •/ LE PATRIMOINE INDUSTRIEL (16e EPISODE) 38 A vos bons soins Comment nous sommes passés des recettes de grand-mère aux milliards de pilules de l’industrie pharmaceutique.par Gaëlle Lussiaà-Berdou - V L.V'ï i 1 technocratique 43 La guerre des pourriels Les spams se multiplient à un rythme affolant.Ils n’ont pas fini de nous « pourrir » la vie.par Philippe Chartier 46 Aujourd'hui, le futur par Marie-Pier Elie La dimension cachée 47 Décadences culinaires Rien ne se perd, tout se transforme.par Raynald Pepin 48 Jeux par Jean-Marie Labrie Science-Culture 49 Biodôme 10 millions de visiteurs par Marie-Pier Elie BABG 50 Grigris de labos par Bernard Arcand et Brigitte Gemme par Laurent Fontaine Fragiles montagnes Il n’y a pas si longtemps, mon épouse et moi avons passé des moments inoubliables dans les Andes boliviennes.Autour de nous, à quelques heures du lac Titicaca et du site archéologique de Tiwanaku, 360 degrés de montagnes.Le ciel sur terre, une impression d’éternité.Sur ces sommets de l’extrême cohabitent les Quechuas, descendants des Incas, et les Aymaras.Des peuples qui ont trouvé comment survivre sur l’Altiplano, à plus de 4 000 m.Les paysans andins, qui n’ont rien pour vivre, ont tout de même eu la sagesse de conserver plus de 200 variétés différentes de pommes de terre indigènes.Parce que la montagne est changeante : on ne sait jamais s’il pleuvra ou non, si la saison sera chaude ou froide, longue ou courte.Alors, quand ils plantent, ces montagnards mélangent les semences.La nature finit toujours par donner quelque chose.Et l’homme par survivre.Enfin, si le climat n’est pas trop changeant.Car ces dernières années, les montagnes vont mal - et avec elles les 600 millions de personnes dans le monde qui vivent sur leurs flancs.Des gens qui, en plus, doivent régulièrement supporter un fléau qui n’a rien de naturel : la guerre.En 1999, les Nations unies ont calculé que 23 des 27 principaux conflits dans le monde avaient pour champ de bataille des régions montagneuses.Le Cachemire, dans [’Himalaya, et les montagnes d’Afghanistan en sont de récents exemples.Ce n’est pas pour rien que les Nations unies ont fait de 2002 l’année internationale des montagnes.Elles ont beau sembler fortes et majestueuses, elles sont des baromètres très sensibles de l’état de l’environnement, à cause de leur altitude et des conditions extrêmes qui y prévalent.Pensons aux répercussions immenses sur la faune et la flore lorsqu’on coupe des forêts anciennes, lorsque l’on ouvre le terrain aux exploitations minières ou encore aux 50 millions de touristes avides d’escapades montagneuses à chaque année.Les messages que les montagnes nous envoient devraient inquiéter les gens des plaines que nous sommes.Chaque jour, une personne sur deux dans le monde étanche sa soif avec de l’eau qui coule d’un sommet.Les montagnes sont le véritable château d’eau douce de la planète.Or partout, de [’Himalaya aux Andes, en passant par les Alpes, les glaciers s’amenuisent à des vitesses ahurissantes.A Lima, au Pérou, 10 millions de personnes risquent actuellement la pénurie d’eau à cause de la fonte accélérée du glacier Quelcaya ! Dans le massif himalayen, des chercheurs du Programme des Nations unies pour l’Environnement ont repéré, à l’aide de relevés par satellite, que 44 lacs et glaciers du Népal et du Bhoutan sont déjà tellement en crue qu’ils risquent de déborder dans cinq ans.Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les habitants des montagnes qui risquent de subir des glissements de terrain et l’érosion rapide des terres déjà difficilement cultivables.Mais ce trop-plein d’eau inquiète aussi les dizaines de millions d’habitants qui vivent le long des fleuves et qui souffriront d’inondations dans un premier temps, puis de sécheresses ensuite.Au Québec aussi, nous avons nos montagnes, heureusement très paisibles.Ce ne sont pas les Rocheuses, mais sur les contreforts des Laurentides ou des Appalaches, ça grimpe tout de même ! L’automne est la période idéale pour admirer leur beauté, leur histoire, leurs ressources.Et nous rappeler que les préserver, ce n’est pas seulement assurer la beauté des paysages.C’est offrir une terre pleine d’avenir à nos propres enfants.LE- l PALMARÈS Ides lONTAGNES ISdence Rédacteur en chef Raymond Lemieux Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine Collaborateurs Bernard Arcand, Philippe Chartier, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Anne Fleischman, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Gaëlle Lussiaà-Berdou, Sophie Malavoy, Raynald Pepin, Jean-Pierre Rogel, Mathieu-Robert Sauvé et Vincent Sicotte Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Robert Baronet, Louise Bilodeau, Martin Côté, Pierre Dunnigan, Michel Larose, Katy Lemay, Sylvain Majeau, Pierre-Paul Pariseau, Rémy Simard Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Conseiller, Promotion et relations avec les médias Hermann Gagnon Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Carole Martin cmartind'quebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Toronto : Warner Shillington Tél.: (416) 323-3069 Téléc.: (416) 323-3725 SITE INTERNET www.cybersciences.com Journaliste Aurélie Deléglise Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LMPI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n’est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l’an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l’imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 0 Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Canada Québec Science reçoit l'aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous recevons aussi l'aide financière du gouvernement du Canada, par l'entremise du Programme d’aide aux publications (PAP), pour nos dépenses d’envoi postai.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 >6 Magazines du Québec CEGEP de Jonguière courrier@QuebecScience.qc.ca 4 Québec Science - Octobre 2002 courrier@quebecscience.qc.ca Objectif Terre : un succès ! En juin dernier, l’équipe de Québec Science vous a offert un numéro spécial, Objectif Terre, un bilan environnemental de la planète 10 ans après le Sommet de Rio.Vous avez été nombreux à apprécier ce numéro.« Mon fils est abonné [.] mais depuis l’arrivée ^’Objectif Terre, c’est moi qui me promène partout avec (mon exemplaire) pour convaincre tout le monde que cette lecture est essentielle, écrit Alain Robert.Par mon travail, je rencontre des dizaines de personnes de tous les milieux.Je n’ai pas de mal à les convaincre, (il suffit) de les laisser feuilleter.Un numéro historique, chapeau ! Maintenant, ne nous laissons plus distraire par les saboteurs de planète, il y a urgence ! » Marie-France Boyaud, de Bromont, partage cet enthousiasme : « Je crois que les différents dossiers ont permis de bien cerner les problèmes imminents auxquels nous allons devoir faire face dans un futur pas si lointain.En tant que jeune travailleuse, je ne peux m’empêcher d’être inquiète au sujet de notre monde industrialisé qui ne semble pas lever le petit doigt devant les défis grandissants posés par la sauvegarde de notre patrimoine planétaire.Ce numéro devrait être sur le chevet de tous les acteurs de la scène politique, voire de tous les jeunes, les travailleurs de demain.» Vous nous permettrez, madame, d’être bien d’accord avec vous.Erreur sur l'arbre L’enthousiasme de nos lecteurs ne nous empêchera pas de nous améliorer.Gaëtan Sirois, un ingénieur forestier, nous signale une erreur dans la fiche botanique de la page 76 d’Objectif Terre : « Dans votre exemple sur l’érable à sucre, vous lui attribuez le nom botanique d’Acer saccharinum, nom qui appartient plutôt à l’érable argenté au lieu d’Acer saccharum marsh qui est bien l’érable à sucre.» Les barrages n'ont pas juste le beau rôle Abondant courrier aussi pour le dossier du mois de juillet-août, Nos lacs et nos rivières, et particulièrement sur la question de notre sondage : « Etes-vous d’accord pour que l’on continue à harnacher des rivières si cela peut contribuer à la lutte contre le réchauffement global ?En tout, 57 % des répondants ont dit oui, et 33 % ont dit non.Sophie Decorwin, présidente du Comité de préservation des rivières de la Fédération québécoise de canot et kayak trouve notre question « tordue ».« La question est clairement biaisée en fonction d’une réponse positive en faveur de l’hydro, écrit-elle.Les résultats n’auront pas de valeur scientifique.» Selon des études récentes, rappelle-t-elle, « les ouvrages hydroélectriques seraient responsables de 4 % de la production de gaz carbonique et de 17 % du méthane, des gaz à effet de serre qui sont responsables du réchauffement global ».« Ce n’est pas la construction de nouvelles centrales à la grandeur du Québec qui réglera le réchauffement de la planète, écrit également Viviane Drolet, pour l’association Chute-libre.Il faut un programme de réduction des besoins énergétiques.Le gaspillage d’énergie chez nos voisins du sud ainsi que chez nous peut amener la destruction de notre patrimoine naturel, alors que des solutions de remplacement sont encore à explorer.» 05 Des commentaires ?/ous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l’adresse suivante : Québec Science, 4388 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2J 2L1 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique : courrier@quebecscience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d’être publiées.La rédaction se réserve le droit d’en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.I I ¦ Ix.tnl-ui ccoLgMiuc Je lu plmctv t'uluuniil.lu "Icnv (v.urra i clic (eprcrvlic mn ?ullL } l'n.kicMcr except xtnnci pou* eumpicmirc le-» enjeux le» plu» .-nliijucxilu XXl'Mtrlc ObjectifTERRE Vous êtes maintenant 345 000* à nous lire chaque mois et à suivre l'actualité scientifique avec nous.Merci.Vous pouvez ainsi apprécier à leur juste valeur les progrès de la recherche, de la science et de I Miœ - la technologie bataille OGM Québec Science vous invite à commémorer les 40 ans de sa fabuleuse aventure au pays de la connaissance.Au programme : une édition spéciale du magazine, des causeries, des conférences et un rassemblement en novembre.Ne manquez pas ces rendez-vous de la passion et du savoir ! Surveillez le programme des événements dans le prochain numéro, et sur notre site Internet : www.cyberscience.com.Québec Science - Octobre 2002 5 FRANÇOIS POTHIER Vivre avec un coeur de cochon : pourquoi pas ?Le débat sur la xénotransplantation est loin d’être clos.François Pothier, spécialiste de la transgenèse animale et professeur à l’Université Laval, y voit une des plus belles applications de la science.Mais il pose sur ce débat le regard à la fois enthousiaste et inquiet d’un scientifique responsable.Les risques que la xénotransplantation représente sont-ils insurmontables ?Chercheur et cofondateur de TGN Biotech, une entreprise dédiée à la production de porcs transgéniques destinés à la synthèse de médicaments, François Pothier est aussi membre de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie qui relève du Conseil de la science et de la technologie.Québec Science : Malgré les avancées scientifiques annoncées régulièrement, la xénotransplantation n'est pas encore au point.Arrivera-t-on à régler les problèmes de rejet que l'on constate?François Pothier : En août, la société britannique PPL Therapeutics annonçait avoir réussi à désactiver chez quatre porcelets le gène responsable du rejet hyperaigu, capable de détruire l’organe transplanté en moins de 30 minutes.Avant elle, d’autres compagnies y étaient parvenues par des approches différentes utilisant aussi la transgenèse.Tout cela est encourageant, mais ne règle pas le problème de rejet chronique - également présent quand on transplante un cœur humain -, qui force le receveur à prendre des médicaments immunodépresseurs à long terme.Une des conséquences positives de l’étude de la xénogreffe, c’est par contre qu’on en apprend beaucoup sur le système immunitaire de l’humain.QS Les virus semblent représenter un obstacle encore plus important.FF Cet obstacle paraît en effet insurmontable.Le génome du porc contient naturellement des séquences de rétrovirus qui ne le rendent pas malade, mais présentent un risque potentiel pour l’être humain.En transplantant un cœur de porc à un humain, on donnerait la chance aux rétro-virus qui sommeillent de se réveiller et de se recombiner avec des séquences du génome humain.On risquerait alors de voir apparaître des maladies nouvelles, comme c’est arrivé avec le sida.Puisque le système immunitaire des receveurs serait affaibli par les médicaments, le risque que ces virus échappent à sa surveillance serait grand.Pour l’instant, on ignore si ces rétro-virus seraient capables de se répliquer dans les cellules humaines - in vitro, au moins deux d’entre eux semblent l’être.On ignore aussi le type de maladies qu’ils seraient susceptibles de causer.Il pourrait s’agir de maladies tout à fait bénignes, mais aussi de maladies aussi graves que le sida.Vous imaginez la catastrophe.Pour éviter une épidémie, rien ne sert de mettre les patients en quarantaine après une transplantation, car cela peut prendre des années avant qu’une infection causée par un rétrovirus ne se déclare.Pour limiter les risques de propagation, les Britanniques ont proposé un protocole exigeant que la personne greffée ne puisse pas avoir d’enfants, qu’elle s’engage à ne pas avoir de relations sexuelles non protégées, qu’elle ne voyage pas, etc.C’est utopique de penser que de telles mesures puissent être efficaces.Bien sûr, il ne faut pas être alarmiste, mais comme il s’agit d’un risque que l’on est incapable de mesurer, je crois qu’il est préférable d’agir avec prudence.Il est encore trop tôt pour passer à l’étape des études cliniques.QS En début d’année, l'Association canadienne de santé publigue (ACSP) a publié un rapport à la suite d’une consultation publigue sur la xénotransplantation.Elle recommande gue le Canada ne l'autorise pas pour l'instant.Avec les risgues gue vous décrivez, vaut-il mieux mettre cette voie thérapeutigue de côté ?FF Non, parce qu’il n’y a pas de solutions comparables, à part le don d’organes humains.Il faut bien sûr continuer d’étudier les autres options, comme le souligne l’ACSP.Par exemple, on peut faire attention à ce qu’on mange et arrêter de fumer, pour préserver ses organes; mais pour les maladies génétiques qui touchent les enfants, ça ne va pas.On peut aussi continuer la recherche sur les organes artificiels; le cœur mécanique est bien avancé, mais on est loin d’un rein ou d’un foie mécaniques.Ensuite, les cellules souches vont nous permettre de 6 Québec Science ~ Octobre 2002 Je trouve injuste qu'un enfant de quatre ans meure parce qu'il n'a pas l'organe qu'il lui faut • • • mW W J f 'mé.Je préférerais avoir un cœur de porc ! Le cœur d'un donneur humain, on ignore dans quel état il se trouve.Le cœur de porc, lui, serait tout neuf ! - François Pothier, spécialiste de la transgenèse animale V .1 j-Cï: fll m „ m.réparer des organes, mais pas de les reconstruire en entier, du moins pour l’instant.Cette possibilité m’apparaît encore plus lointaine que la xénogreffe.Il faut donc continuer la recherche sur la xénotransplantation.Il est tout à fait possible que l’on découvre des façons de faire nouvelles qui permettront le transfert d’organes d’animaux aux humains.QS Est-ce que l'on pourra en venir à retirer les séquences de rétrovirus du génome du porc ?FP Je crois que oui.Ce serait une chirurgie de l’ADN très fine, mais on peut imaginer que l’on pourra retirer ces séquences de l’ADN du porc.On a aussi trouvé des lignées de porcs qui ne semblent pas porteuses des deux rétrovirus les plus susceptibles d’infecter les cellules humaines.On ne peut aller de l’avant tant que l’on n’aura pas éliminé ou du moins beaucoup réduit les possibilités d’infection.Si ce risque était limité au receveur, ce dernier pourrait décider pour lui-même s’il veut le courir.Mais présentement, le danger Québec Science - Octobre 2002 7 s’étend à l’entourage de cette personne et à la population entière.Je ne sais pas si nous arriverons un jour à suffisamment réduire les risques d’infection pour pouvoir utiliser la xénotransplantation, mais je demeure convaincu que c’est une des plus intelligentes applications de la transgenèse.Je trouve injuste qu’un enfant de quatre ans meure parce qu’il n’a pas l’organe qu’il lui faut.Si on est capable de réparer les erreurs de la nature, je crois qu’il faut le faire.Mais comme j’ai beaucoup de respect pour l’embryon humain, je n’interviendrai pas dans sa destinée par une manipulation génétique.La xénogreffe s’avère donc une meilleure solution, selon moi.Certains ne peuvent concevoir de vivre avec un organe de porc.Pour un biologiste comme moi, un cœur, c’est une simple pompe.Je n’aurais donc pas de mal à vivre avec un tissu animal.On abat des millions de porcs chaque année au Québec; l’utilisation de cet animal ne me semble donc pas problématique d’un point de vue éthique.C’est dommage pour le porc, mais c’est l’humain qui tient le microscope.S’il était plus intelligent que l’humain, c’est nous qui mangerions de la moulée ! QS L'ACSP recommandait l’adoption de lois et règlements pour encadrer de futurs essais cliniques sur la xénotransplantation.Est-ce nécessaire selon vous ?FP Ce ne serait peut-être pas mauvais de le faire.Mais je crois que les comités d’éthique présents dans les hôpitaux représentent déjà une barrière importante, car ils n’accepteraient jamais une telle manipulation à l’heure actuelle.Je ne pense pas qu’un médecin ou un chercheur sérieux risqueraient leur carrière pour cela.Afin de réaliser la xénogreffe, il faudrait se procurer des porcs transgéniques.Au Canada, il n’y en a pas beaucoup - l’université de Guelph en Ontario en possède.QS Vous jugez donc que l’autorégulation suffit.FP Au Canada, oui.QS Comme il y a des risques de pandémie, est-ce que l’on n’aurait pas besoin d’ententes internationales?FP Les ententes internationales, c’est bon pour les démocraties, mais dans un petit coin perdu, n’importe qui peut tenter une xénotransplantation.Si cela survient, il sera déjà trop tard quand on le saura.Et c’est possible : on peut penser que des gens seraient prêts à payer des millions de dollars pour une xénotransplantation qui sauverait leur enfant.La preuve, c’est que le trafic d’organes existe bel et bien.QS Certains avancent que si la xénotransplantation est utilisée un jour, on aura deux types de greffés : les riches qui auraient des cœurs humains et les pauvres qui recevraient des cœurs de porc.Qu’en pensez-vous ?FP Ce serait probablement l’inverse, parce qu’un cœur humain, ça ne coûte rien, alors qu’un cœur de porc a déjà été estimé à 40 000 dollars, compte tenu des manipulations génétiques nécessaires, de l’élevage et de la préparation de l’animal.De toute façon, moi, je préférerais avoir un cœur de porc ! Le cœur d’un donneur humain, on ignore dans quel état il se trouve; le donneur fumait peut-être, l’organe peut avoir manqué d’oxygène ou être usé.Le cœur de porc, lui, aurait été bien préparé et serait tout neuf ! QS TQ I - ^ J Une équation gagnante ! D.E.C.technique* + Bac ÉTS + Stages en entreprise rémunérés = Ingénieur 1 I .Æ, IQ L’École de technologie supérieure est le seul établissement universitaire qui offre des programmes de baccalauréat en ingénierie conçus spécifiquement pour les titulaires d’un diplôme d’études collégiales en techniques physiques ou en informatique.5 programmes de baccalauréat •Génie de la construction «Génie de la production automatisée «Génie électrique •Génie logiciel «Génie mécanique et des programmes de maîtrise et de doctorat en génie et en technologie.Axée sur le génie appliqué, l’ÉTS offre dans le cadre de ses programmes d’études plus de séances de laboratoire et de travaux pratiques que tout autre établissement d’enseignement du génie au Québec.*en informatique ou en techniques physiques Bureau du registraire (514) 396-8888 ou sans frais 1 888 394-7888 admission@etsmtl.ca École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3C 1K3 www.etsmtl.ca "l Université du Québec École de technologie supérieure 8 Q uébec Science - Octobre 2002 SANTÉ iSdence Et si Montignac avait raison ?La méthode Montignac ne ferait pas seulement maigrir : elle serait une solution au diabète et aux maladies cardiaques.par Catherine Dubé La méthode Montignac fait maigrir et permet de rester mince.Demandez à ceux qui la suivent sans tricher.Mais ce n’est pas tout : elle semble aussi abaisser le taux de cholestérol, de triglycérides et d’insuline dans le sang, une bonne façon de tenir à distance le diabète et les maladies vasculaires.A ce chapitre, elle serait même plus efficace que le régime préconisé par la prestigieuse American Heart Association ! Ce n’est pas l’auteur de la méthode, Michel Montignac, qui le dit, mais des chercheurs de l’Université Laval à Québec.Le cardiologue Jean G.Dumesnil s’est intéressé à la méthode du célèbre Français parce qu’il avait lui-même du poids à perdre - comme ses patients.Six mois après avoir adopté la méthode Montignac, il avait fondu de 21 kg.Des kilos qu’il n’a pas repris, cinq ans plus tard.Et il bénéficie d’un « effet secondaire » extrêmement intéressant : il a réglé son problème de cholestérol avec une efficacité surprenante.Avant de commencer le régime, ses taux de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol) et de triglycérides avaient déjà diminué grâce à des médicaments.En suivant la méthode, il a noté une diminution additionnelle de 29 % du mauvais cholestérol et de 86 % des triglycérides.Impressionnant ! En prime, son taux de « bon » cholestérol (HDL-cholestérol) a augmenté de 39 %.« Quand on réussit à l’augmenter de 10 % grâce à des médicaments, on considère que c’est une victoire extraordinaire ! » souligne le docteur Dumesnil.-i/ Michel Montignac Pourquoi Montignac fait maigrir Voici une des révélations-chocs de l'étude de l’Université Laval, et rapportée dans Québec Science en octobre 1998 : en suivant la méthode Montignac, les gens mangent 25 % moins de calories, sans même s'en rendre compte ! C'est pour cette raison qu’ils maigrissent.Dur coup pour Montignac, pour qui le concept même de calories est une fumisterie.Pourquoi mangent-ils moins ?Parce que la méthode Montignac laisse une large place aux protéines et aux fibres, qui ont un grand pouvoir rassasiant.En « mangeant Montignac », on consomme spontanément une fois et demie plus de protéines, moitié moins de glucides et 20 % moins de lipides.Le plus fantastique, c’est que l’on ne ressent pas la faim.La dernière semaine, les sujets de l'étude ont suivi encore une fois la diète de l'AHA, mais cette fois, en limitant le nombre de calories consommées pour qu'il ne dépasse pas celui de la semaine Montignac.Les pauvres avaient l'estomac dans les talons ! Québec Science - Octobre 2002 9 Curieux de mettre la méthode à l’épreuve scientifiquement - Mon-tignac est un « nutritionniste » autodidacte, pas un chercheur -, le docteur Dumesnil a convaincu des collègues réputés, Angelo Tremblay, nutritionniste, et Jean-Pierre Després, spécialiste mondial des maladies lipidiques, d’élaborer un projet de recherche dont les résultats ont été publiés dans le British Journal of Nutrition il y a quelques mois.Douze volontaires de 47 ans en moyenne, obèses mais par ailleurs en bonne santé, ont accepté de servir de cobayes.Ils ont d’abord suivi la diète de l’American Heart Association (AHA) durant six jours : ils pouvaient manger autant qu’ils le voulaient mais en limitant la proportion de lipides à 30 %.Après avoir accordé deux semaines de repos à Qu'est-ce que l'index glycémique ?L'index glycémique permet de classer les aliments selon leur capacité à faire monter le taux de glucose dans le sang (la glycémie).Un fruit fera par exemple monter le taux de glucose à 1,20 gramme par litre (g/l) de sang; un bonbon, à 1,80 g/l.Plus le taux est élevé, plus l'insuline doit travailler longtemps pour que le sucre soit absorbé.Dans les années 1970, le scientifique canadien David Jenkins a mis au point le concept des index glycémiques : il a accolé un chiffre aux aliments selon l'augmentation de glucose qu'ils induisent dans le sang.Du riz blanc instantané, qui augmente beaucoup la glycémie, reçoit un index glycémique de 90, alors que le riz brun complet, qui augmente beaucoup moins la glycémie se mérite un 50.Montignac recommande de ne consommer que des glucides dont l'index glycémique est de 50 et moins, comme des fruits, des légumes, des légumineuses, des céréales et des pâtes complètes.i#® I apii»1 i leur métabolisme, les volontaires ont « mangé Montignac » pendant six jours : ils ont banni sucres et farines raffinés et préféré les bons gras, les fibres et les aliments à index glycémique bas (voir l’encadré sur l’index glycémique).La méthode interdit de s’alimenter en glucides et en lipides au cours d’un même repas, mais permet de manger autant qu’on veut.Au début et à la fin de chaque période de régime, les volontaires ont subi des prises de sang.A la suite de la semaine Montignac, le taux de triglycérides (un important facteur de risque cardiovasculaire) des sujets avait chuté de 35 %, au?aim cerf Le pte W Un pavé dans la mare Montignac persiste et signe.Et cette fois, le docteur Jean G.Dumesnil cosigne ! Pour ébranler les colonnes du temple de la nutrition.Le docteur Jean G.Dumesnil considère que les résultats obtenus avec la méthode Montignac sont dignes de mention.Assez pour qu’il décide de publier un livre avec le célèbre Michel Montignac.« De toute évidence, sur le plan de la prévention nutritionnelle, on fait fausse route depuis 25 ans, estime le médecin.Quand j'ai commencé à pratiquer la cardiologie, je soignais surtout des fumeurs.Aujourd'hui, ce sont des obèses et des diabétiques.Leur nombre est en progression constante ! » Depuis des décennies, les organismes de prévention des maladies cardiaques font la chasse aux gras.Puisqu'il faut bien continuer à manger, les gens ont remplacé les graisses par des glucides.parfois sans s'en apercevoir : les aliments allégés en graisses sont souvent bourrés de sucre.Résultat : le taux de cholestérol des Nord-Américains a diminué, mais l'obésité est devenue galopante.« Ces organismes suggèrent du bout des lèvres de privilégier les céréales entières, mais ne mettent pas en garde contre les sucres et farines raffinés », dénonce le docteur Jean G.Dumesnil : « Sur le plan de la prévention nutritionnelle, on fait fausse route depuis 25 ans.» Æm Dumesnil.Autre écueil : les organismes de prévention tardent à intégrer dans leur discours la notion d'index glycémique pour classer les glucides.« Dans leurs dépliants destinés au grand public, ils parlent encore de glucides simples et complexes - un classement selon la complexité de la molécule qui n'a rien à voir avec la vitesse d'absorption par le système digestif.Ils recommandent aux gens de consommer des glucides complexes, comme l'amidon.Les gens mangent donc des pâtes alimentaires et du riz blancs qui font grimper leur glycémie en flèche.Exactement le contraire de ce qu’ils devraient faire ! » » ira to Ise (fi! U « li p Ifi sr ¦ h II B [ é 1* 1 O Québec Science ~ Octobre 2002 *1(1)11 j NlCOStj! hïj *Kt*M '(¦pltes.«epéné itséifc a semait cndeslm atdiovas-‘JeJil une amélioration plutôt spectaculaire après une période aussi courte.« Avec Montignac, on mange 25 % moins de calories, note Jean-Pierre Després, c’est probablement ce qui explique la chute des triglycérides.» (Voir Québec Science, octobre 1998 et l’encadré Pourquoi Montignac fait maigrir.) Par contre, les résultats du régime de PARA, spécialement conçu pour prévenir les maladies cardiovasculaires, ont de quoi inquiéter.Le taux de triglycérides a augmenté de 28 % et le HDL-cholestérol (le « bon » cholestérol) a diminué de 10 %, exactement l’inverse du résultat souhaité ! Et dire que les hôpitaux nord-américains incitent leurs patients à suivre ce régime depuis 3 0 ans !.Les chercheurs ont observé un autre phénomène qui intéressera les hommes bedonnants.Les personnes dont le sur- ; 1î # S W îtëfl i!i Dans les pages de Bon poids, bon cœur avec la méthode Montignac, le docteur Dumesnil ne mâche pas ses mots : « Si j'ai décidé de participer à ce livre, c'est en grande partie pour lancer un cri d'alarme concernant les effets pervers et toujours grandissants des sucres raffinés dans notre alimentation [.].Je pense gu’on verra un jour le sucre comme la nicotine du XXe siècle.» Le docteur Dumesnil souhaite donc de grands remaniements dans les recommandations nutritionnelles.Pourguoi condamner tous les gras plutôt gu'apprendre aux gens à les choisir, maintenant qu'on sait que ce sont surtout les gras saturés et trans qui sont nuisibles ?Pourquoi ne pas faire une plus large place aux protéines, traditionnellement limitées à n'occuper que 15 % de notre assiette ?La méthode Montignac n’est pas une panacée, souligne le cardiologue, qui tenait à ce que les résultats de l'étude de l'Université Laval soient publiés dans une revue savante -et donc reconnus par la communauté scientifique - avant d'écrire ce livre.« Bien des aspects de la méthode restent à valider sur le plan scientifique.Mais ce que l'on sait, c'est qu'elle fonctionne.» Pour un cardiologue qui rencontre des patients obèses tous les jours, rien ne sert d'attendre avant de l'appliquer! Jean G.Dumesnil Michel Montignac | poids cœur avec la méthode Montignac plus de poids se concentre à l’abdomen ont souvent des taux de cholestérol et de triglycérides tout à fait normaux.C’est autre chose qui cloche : leur sang contient trop de petites particules denses de LDL-cholestérol.Lin phénomène complexe que les scientifiques commencent à peine à comprendre, mais qui semble être un pas de plus vers la crise cardiaque.Or, à la fin de la semaine Montignac, la taille de ces particules avait déjà augmenté.Jean-Pierre Després a été surpris.« Ce n’est pas banal, une augmentation aussi rapide de la taille des particules », note-t-il.La dernière journée des régimes, les participants ont accepté - pour la science - de se soumettre à des prises de sang, toutes les heures, pour mesurer leur taux de glucose sanguin et d’insuline.C’était une vérification de la plus haute importance pour le docteur Dumesnil, car la surproduction d’insuline (hyperinsulinisme) est associée à un risque très accru de maladies cardiovasculaires.L’hyperinsulin-isme conduit aussi souvent à l’obésité et au diabète de type II, qui ouvrent la porte aux maladies cardiovasculaires.Rappelons d’abord le rôle de l’insuline : quand on consomme des glucides, le taux de glucose dans le sang (la glycémie) augmente.Le pancréas sécrète alors de l’insuline pour que ce glucose soit assimilé.Plus les aliments avalés ont un index glycémique élevé, plus la glycémie augmente et plus une quantité importante d’insuline est nécessaire pour faire redescendre le taux de glucose sanguin à la normale.Montignac affirme qu’à force de manger des aliments à index glycémique élevé, notre système se détraque, et produit toujours plus d’insuline, pourtant de moins en moins efficace - une affirmation avec laquelle les diététistes sont d’accord.Les résultats des prises de sang des volontaires tendent aussi à la confirmer.Avec le régime de l’American Heart Association, chaque repas est suivi d’une montée vertigineuse de la glycémie, ce qui exige la production de beaucoup d’insuline.À la fin de la journée, vers 20 h 00, les taux de glucose et d’insuline des participants étaient encore anormalement élevés.Avec la méthode Montignac, le petit-déjeuner (un repas surtout composé d’aliments glucidiques comme des céréales ou du pain) est suivi d’une montée de la glycémie et de l’insuline.Mais après les repas du midi et du soir, plutôt composés de lipides et de protéines, la production d’insuline demeure admirablement basse.Au coucher, les sujets avaient un taux de glucose et d’insuline aussi bas qu’à jeun.Mieux, durant leur semaine Montignac, les volontaires présentaient un taux d’insuline à jeun plus bas que durant la semaine AHA.L’ingestion d’aliments à index glycémique bas semble donc bel et bien prémunir contre l’hyperinsulinisme.Bien des questions restent en suspens à la suite de cette étude pilote.« On ignore si l’effet bénéfique de la méthode Montignac repose sur la composition du régime ou sur le simple fait que l’on mange moins en la suivant », dit Jean-Pierre Després.Quant à la dissociation des glucides et des lipides préconisée par Montignac, elle laisse le spécialiste plutôt sceptique.L’équipe de chercheurs poursuit en ce moment une étude de même nature, mais qui porte cette fois sur plusieurs dizaines de volontaires et durera près de six mois.Assez pour mesurer les effets à plus long terme.et voir si les participants maigriront vraiment.QS Tout sur la science au i Ai il SsgJjJNIOR WWW.cybersciences junior.org/ Québec Science ~ Octobre 2002 11 Tendances ACTUALITES VUES PAR CYBERSCIENCES.COM £n hausse Les aires protégées au Québec.Dix-neuf mille kilomètres carrés de nature au Nunavik, 13 000 km2 sur la Basse-Côte-Nord.Jamais le Québec n'a statué d'un coup sur la protection d'une aussi grande portion de son territoire.Le massif des monts Groulx et llle René-Levasseur, dans la région de la Manicouagan, font partie des sites que le ministère de l'Environnement soustrait désormais à l’appétit des industries minières et forestières, ainsi qu'aux convoitises des promoteurs de centrales hydroélectriques.Les groupes environnementaux, tels le Fonds mondial pour la nature (WWF), se réjouissent que la portion de territoire protégé au Québec atteigne ainsi 4,8 % de sa superficie (soit 80 000 km2).Une déception : l'absence presque totale d'aires protégées dans la forêt boréale soumise à l’exploitation forestière.À venir ?£n baisse Les glaciers de l'Alaska.Ces formations fondent à toute vitesse ! Chaque année, le volume du glacier de Béring, dans les monts Saint Elias, recule de trois mètres, et celui de Colum-; la baie de Prince , recule de huit Et ce ne sont pas Entre 1950 et Icientifiques de Se géophysique ffversité de l'Alaska nesuré les variations ! volume d’une soixantaine de glaciers.Ils ont constaté que 85 % d'entre eux fondent à un rythme inquiétant.Est-ce le résultat du réchauffement climatique ou plutôt l'effet d'une modification temporaire des vents et courants chauds du Pacifique?Le géologue Keith Echelme-yer, dont les travaux sont publiés dans Science, n'a pas voulu se prononcer.Un OGM contre le paludisme?L’arme du futur pour lutter contre le paludisme sera-t-elle.un moustique ?C’est ce qu’espère une équipe de l’université Case Western Reserve de Cleveland, en Ohio, qui travaille à la « création » d’un cousin transgénique de l’insecte piqueur.Plasmodium, le parasite responsable de la malaria - une des maladies les plus mortelles sur Terre - se reproduit dans l’intestin de certains moustiques.C’est la piqûre de l’insecte porteur du parasite qui contamine les humains.Les chercheurs ont introduit dans l’ADN de ces mini-vampires un nouveau gène qui rend leur intestin inhabitable pour plasmodium.Les résultats de leur expérience, rapportés dans Nature, sont encourageants : dans un tel « environnement », plasmodium a 80 % moins de chances de se rendre de l’intestin jusqu’à la salive du moustique piqueur.Fini, les allergies À l'avenir, on pourra éviter les réactions allergiques plutôt que de traiter leurs effets, comme les yeux rouges et le nez qui coule.Des chercheurs du King's College, en Angleterre, ont découvert que les anticorps IgE, responsables de la réaction allergique, sont repliés sur eux-mêmes.Ils se déplient juste au moment de s’accrocher aux mastocytes, les cellules des muqueuses qui déchargent dans l’organisme les substances irritantes qui font éternuer et pleurer les victimes du rhume des foins.Un médicament empêchant l'an- sous le nom de Xolair, le produit doit cependant être injecté et il est encore bien plus cher que les classiques antihistaminiques.Mach 7,6 en fusée Terrier Orion Mk-70 est la première fusée hypersonique.A ticorps de se déployer préviendrait sa fixation aux mastocytes et ses désagréables effets.L'équipe britannique a déjà mis au point une molécule, l'o-malizumab, qui agit sur les IgE, sans toutefois qu'on sache exactement comment.Vendu 25 millions.C'est le nombre de pneus hors d’usage entassés dans les 700 sites d’entreposage du Québec.Fort heureusement, aucun pneu ne vient plus s’y ajouter ! Recyc-Québec prend désormais en charge les 6,6 millions de pneus jetés chaque année, et en pige même deux millions de plus dans les montagnes déjà accumulées.Ces rebuts deviennent des revêtements de terrains de jeu, des pneus neufs, des panneaux d'insonorisation, des dos d'âne amovibles ou du combustible.Quinze pour cent d’entre eux ne sont pas transformés, mais exportés vers l’Amérique latine et l'Afrique, où ils peuvent encore rouler un peu.Malgré l'état des routes ! 300 km d'altitude, elle atteint 7,6 fois la vitesse du son.Autre particularité : elle est propulsée par de l'oxygène que les moteurs puisent directement dans l'air avant de le mélanger à de l'hydrogène.Plus besoin de gros réservoirs de carburant ! La fusée, mise au point par l'université du Queensland et par le ministère australien de la Défense, a réalisé un premier vol concluant au cours de cet été, dans le cadre du programme HyShot.À quoi servira un tel engin ?Au lancement de satellites, entre autres choses.Les chercheurs veulent également utiliser cette technologie pour construire un superjet qui relierait Londres à Sydney en deux heures, au lieu de 22 heures.Attachez vos ceintures ! kprodim Wet il cler (|ii( "iiitliies, t atteint iniiitre itopitlsée i»te« ansh i de IV de 8® t! oint pi1 slaitdet jeu Jett tinier ml tceréit.«taniffli 3 tie si ltl« -aitlil eiires,111 ¦¦ LIVRE S • rr».k Km.^ rtf 'unf‘ > / 2- rîfw.- 4 ' ^ v g.» îîr o n, r QSrtM.‘W‘ ^HwuUwr « n & j ÜtLjéb n.„> Un faux réussi La carte du Vinland, un document prouvant que les Vikings ont découvert l’Amérique vers l’an 1000 est une contrefaçon [voir Québec Science de septembre 2001).Les « enquêteurs », Robin Clark et Katherine Brown, chimistes au University College de Londres en Grande-Bretagne, sont formels : une des encres utilisées sur la carte, l’anastase, n’a été synthétisée pour la première fois qu’en.1923 ! Grâce à un appareil de spectroscopic, les chimistes ont découvert des traits d’anastase, une substance jaune, sous l’encre noire utilisée pour tracer les frontières.Le faussaire a probablement voulu ainsi jaunir artificiellement le document pour lui donner un air médiéval, expliquent-ils dans la revue Analytical Chemistry.Il y a peu de chances que l’anastase se < - soit formée naturellement; les cartes médiévales ne contiennent que peu ou pas d’anastase et la substance est toujours associée à d’autres éléments comme l’ilménite, ce qui n’est pas le cas pour la carte du Vinland.Cela n’ôte rien aux exploits des Vikings : des vestiges archéologiques découverts à l’Anse-aux-Meadows montrent qu’ils ont bel et bien découvert l’Amérique cinq siècles avant Christophe Colomb.Rouge homard Pourquoi le homard est-il bleu-vert quand il est dans l’eau de mer et rouge-orange dans l’eau bouillante d’un chaudron ?Ce mystère vient d’être élucidé après plus de 50 ans de recherche ! La responsable est une protéine présente dans la carapace du crustacé, la béta-crustacyanine.Un changement de sa structure, causé par la chaleur, agit sur une autre molécule, l’as-taxanthine qui pigmente la carapace du homard.Cette dernière absorbe la lumière différemment selon qu’elle est liée à la béta-crustacyanine (elle a alors une couleur bleu-vert) ou qu’elle est libre (elle est alors rouge-orange).Lors de la cuisson, la béta-crustacyanine se déforme de façon telle que l’astaxanthine demeure dans sa forme libre et prend la couleur rouge.L’énigme a été résolue par des chercheurs de l’Im-perial College de Londres et des universités de Manchester et de Londres, en Grande-Bretagne.Nos lacs, ces méconnus L’abondance de lacs dans le Bouclier canadien aurait dû faire des Québécois les spécialistes mondiaux de l'écosystème lacustre.Pourtant, rares sont ceux qui connaissent les phénomènes qui régissent leur fragile équilibre.Dans la préface du livre d’André Hade, Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger, l’écologiste Pierre Dansereau invite les gens à « plonger » dans les lacs pour mieux faire connaissance.Ils peuvent aussi « plonger » dans ce livre.Ils découvriront la complexité d'un écosystème grouillant d'activité chimique, microbienne, végétale et animale.Cet ouvrage devrait être lu par tous les propriétaires de chalet gui s'acharnent à entretenir un tapis-gazon en bordure de leur plage aménagée au bouteur.Il est bon de leur rappeler qu'il faut renouveler les eaux souterraines et un siècle pour remplacer celle des lacs.Cela signifie que les phosphates, l'azote et les dépôts acides qui s'y jettent ou y ruissellent sont là pour longtemps.De son côté, le villégiateur bien intentionné peut se sentir impuissant face à la pollution atmosphérique -on ne lui demandera pas de signer le Protocole de Kyoto -, mais il est en revanche en première ligne de l'action directe.Les solutions sont d'une simplicité désarmante : conserver des bandes végétales sur les rivages, bien entretenir les fosses septiques, limiter la pollution anthropique (voirie dossier noir des lacs, Québec Science, juillet août 200Z).Le vocabulaire scientifique abonde dans cet ouvrage remarguable.Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter.Des mots comme épilimnion, benthos, lixiviat, oligotrophe, entre autres, sont toujours clairement définis.Les chapitres sont courts, agréablement illustrés.Huit années ont été nécessaires à ce professeur de chimie de l'Université du Québec à Montréal pour terminer son livre.On sent que l'auteur aime profondément son sujet, et il affirme à plusieurs reprises que l'homme est le seul espoir de l’homme.Après avoir mesuré notre ignorance à propos de nos lacs, nous en ressortons assurément grandis.(M.-R.S) André Hade, Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger, Fides, Montréal, 24,95$.Québec Science - Octobre 2002 1 3 P.G.ADAM/PUBLIPHOTO ECOLOGIE des?until111 Jesc COStifa ante® Hiwc JtanH ; seul® •2.; Ur Ï.-V" -ti - /&* ¦ ¦ -Vi-^ mi jr^-v 'M0 ¦ i ¦* par Sophie Malavoy Tous ceux qui ont foulé Pile d’Anti-costi vous le diront : des cerfs de Virginie, il y en a partout dans les bois, le long des routes, au bord des rivières.Par contre, oubliez tout ce que vous savez sur ce charmant cervidé qui ravit les touristes et encore plus les chasseurs.« Quand on arrive sur l’île d’Anticosti, il faut pratiquement jeter tous les livres sur le cerf de Virginie », dit Jean Huot, directeur de la Chaire de recherches Produits forestiers Anti-costi-Université Laval.À partir de 1896, le riche chocolatier français Henri Menier, alors propriétaire de l’île, y a introduit 220 cerfs du Bas-Saint-Laurent.Cent ans après, le cerf d’Anticosti est déjà différent de ses cousins du continent ! La première différence marquante concerne le régime alimentaire.« En 20 générations, le cerf a tellement proliféré sur l’île qu’il en a modifié la végétation, explique Jean Huot.Ses plantes de prédilection, comme les feuillus, les herbacées ou les arbustes, ont tout simplement disparu.Il a donc dû changer progressivement son alimentation pour s’adapter à la flore disponible.» Résultat : alors que le cerf continental n’inclut que 10 % a 15 % de sapin baumier dans sa diète, et encore uniquement l’hiver, le cerf d’Anticosti en fait son plat principal (75 % à 80 % de son alimentation) durant toute l’année, faute de mieux.Dommage pour le cerf, mais aussi pour la forêt ! Car le cervidé broute essentiellement les semis de sapins, ce qui empêche la régénération des arbres tombés sous le coup de la vieillesse ou de l’exploitation forestière.Les sapinières, qui en 1902 couvraient 40 % de l’île, ne représentent plus que 20 % du territoire, une chute inquiétante qui justifie les nombreuses recherches effectuées actuellement.Même physiquement, le cerf d’Anticosti a changé.Il est plus petit de 30 % et plus gras que son cousin continental.« En l’absence de prédateurs, ce qui est le cas sur l’île, le cerf a avantage à rester petit pour mieux accumuler des graisses, commente Jean Huot.Ces réserves lui permettent de traverser l’hiver où les conditions d’alimentation deviennent extrêmement précaires.» Fait à noter, l’absence de prédateurs entraîne aussi une différence de comportement chez l’animal qui n’hésite plus à s’éloigner des lisières de la forêt pour aller brouter à découvert les semis de sapins au centre 1 4 Québec Science - Octobre 2002 aurw vage, i dwell 1 mean ffiOOÏ auQ# au dé! demi des grandes zones de coupe.Toutes ces particularités amènent évidemment les biologistes à se poser une question fondamentale.Ces nouvelles caractéristiques sont-elles réversibles ou permanentes ?Si le cerf d’Anti-costi faisait un retour sur la terre de ses ancêtres, redeviendrait-il progressivement comme eux ?« Il est possible, croit Jean Huot, que l’on ait, après un siècle seulement, une population de cerfs génétiquement différente de celle d’origine.Au fil des ans, les cerfs qui étaient les mieux adaptés aux conditions de vie sur l’île auraient été sélectionnés.» Une hypothèse que les chercheurs comptent vérifier à la fois par des analyses d’ADN et par l’élevage, dans les mêmes conditions, de cerfs d’Anticosti et du continent.Mais un autre phénomène intrigue les chercheurs.Il y aurait entre 130 000 et 200 000 cerfs aujourd’hui sur l’île.Comment expliquer ce succès sur une terre recouverte d’une végétation boréale, alors que le cerf continental n’a jamais réussi, au Québec, à occuper un tel milieu ?« Si, au début du siècle dernier, on avait demandé leur avis aux écologistes, beaucoup auraient dit que le cerf n’aurait Qui chasse qui ?Le cerf d'Anticosti n'a pas de prédateurs ?Il serait plus exact de dire qu'il n'en a plus.Il y avait, avant son arrivée dans rîle, des ours noirs.Mais l'histoire a mal tourné pour eux.Non seulement les ours furent chassés par l'homme, mais les cerfs eux-mêmes se sont chargés d'éliminer leurs prédateurs en broutant tous les arbustes fruitiers jusqu'à leur disparition.Sans sa principale nourriture, l’ours pouvait difficilement survivre.¦i ¦•iijfiaïuiui .'Jllillû, nsisæ lermere pete rut tuée en 15>78.oill comment une proie, d'ap jamais d’avenir sur l’île d’Anticosti, ajoute Jean Huot.De toutes les espèces introduites par Henri Menier, l’orignal était celle qui aurait dû connaître le plus de succès.C’est un animal typique de la forêt boréale.» Il aurait dû prospérer, mais ce ne fut pas le cas.Les quelques centaines de bêtes restantes se trouvent même dans un état presque précaire.lusieurs facteurs permettent d’expliquer cette étrange situation.Le taux de reproduction du cerf est beaucoup plus élevé que celui de l’orignal.Il est possible qu’il ait, dès le départ, utilisé cet avantage pour occuper le territoire, et ce, d’autant plus facilement qu’il n’avait pas ou peu de prédateurs sur l’île [voir encadré).Ses besoins alimentaires sont par ailleurs plus faibles que ceux de l’orignal : de 1 kg à 5 kg de matière sèche par jour pour le premier, contre 3 kg à 8 kg pour le second.« On pense aussi à l’effet d’un parasite retrouvé à la surface du cerveau d’environ 60 % des cerfs adultes, poursuit Jean Huot.Ce parasite n’a aucune action sur eux, mais il peut se transmettre à l’orignal chez qui il provoque une tumeur.» Anticosti ne deviendra donc jamais le paradis de la chasse à l’orignal.Restera-t-il celui de la chasse aux cerfs ?« Chose certaine, il est difficile de penser que le cerf va disparaître de l’île, dit Jean Huot.Sa capacité d’adaptation s’est révélée si grande qu’il va réussir à survivre d’une manière ou d’une autre.>> (S Étudier en sciences à Rimouski, , , .c est génial Vous recherchez une université.• reconnue pour la qualité de ses programmes d’enseignement et de recherche en sciences La faune et ses habitats, l'océanographie côtière, la chimie de l'environnement, le génie des systèmes électromécaniques, les biotechnologies appliquées au domaine marin, l'énergie éolienne, l'informatique appliquée.* accessible aux étudiants qui ont de l’ambition Des programmes non contingentés, des bourses d'excellence, un encadrement et des subventions pour ceux et celles qui ont des projets innovateurs.en liaison avec le marché du travail et le monde de la recherche Des stages rémunérés, un excellent taux de placement, des programmes d'échanges avec l'étranger.Pour une visite à LLIOAR ou des renseignements sur les programmes offerts 1 800 51 1 -3382, poste 1 446 • www.uqar.qc.ca Québec Science ~ Octobre 2002 1 5 GT Et vous, quand commencez-vous ?www.hydroquebec.com/emplois Québec Branchée sur la relève ! Une « drill » canadienne pour Mars ! Que recèle le sous-sol de Mars ?On veut forer la planète rouge pour le savoir ! par Vincent Sicotte Grâce à leur leadership dans deux domaines apparemment éloignés - la robotique spatiale et l’exploration minière -, des ingénieurs canadiens travaillent à la mise au point d’une foreuse destinée à la planète Mars.Ce forage ne ferait pas qu’un petit trou dans le permafrost martien : il représenterait pour l’industrie minière du Canada un pas de géant ! « Le sous-sol martien intéresse beaucoup les scientifiques », explique Alain Berinstain, directeur du programme d’exploration de Mars, à l’Agence spatiale canadienne (ASC), située à Saint-Hubert.Les chercheurs voudraient vérifier la présence - éventuelle - d’une forme de vie primitive qui aurait survécu g en restant à l’abri du mortel rayon- g nement ultraviolet du Soleil.De plus, § le premier mètre du sol martien, au pôle 2 Sud, renferme à lui seul de grandes quantités de glace, comme l’a révélé la sonde Mars Odyssey, en mai dernier.Les défis de l’exploration du sous-sol de Mars sont énormes et nombreux.La consommation électrique réduite et une limite de poids dérisoire pour l’appareil (10 kg) sont des contraintes de conception sévères pour une industrie habituée à la lourde quincaillerie énergivore, explique Dale Boucher, responsable de la conception de prototypes au Northern Centre for Advanced Technology (NORCAT), à Sudbury en Ontario.« Mais le défi le plus grand que nous ayons relevé est sans doute le forage à sec », précise-t-il.Pour forer sur Terre, les compagnies minières utilisent un lubrifiant, le plus souvent de l’eau, pour refroidir le trépan et expulser la roche pulvérisée.Sur Mars, le froid intense et la très faible pression atmosphérique empêchent la présence d’eau liquide, tout comme d’huile, pour les systèmes hydrauliques.Le prototype mis au point par NORCAT, en association avec la firme ontarienne MD Robotics (le constructeur des Canadarm), est un mécanisme électrique qui n’utilise aucun fluide de forage.C’est un procédé unique au monde, qui possède d’ailleurs un très grand potentiel de commercialisation.Contrairement à l’exploration terrestre, on ignore dans quel type de sol la foreuse martienne devra travailler.La sonde qu’elle équipera pourrait atterrir sur un plateau granitique, un lit de sable, une coulée volcanique ou une stratification de ces roches.Habituellement, on utilise des trépans différents selon le type de sol.La solution qui sera retenue pour résoudre ce problème dépendra du design final de la mission vers Mars.À l’ASC, on espère envoyer la foreuse avec la mission Smart Lander, de 2009, qui emportera un rover mobile sur lequel l’outil pourrait être monté.Le prélèvement d’échantillons se ferait selon un carottage multiple : plusieurs trous de 1 m à 2 m de profondeur.D serait aussi possible de changer le trépan.Mais selon les résultats scientifiques obtenus d’ici là, les planificateurs de mission de la NASA pourraient préférer une foreuse fixe, qui reste sur la sonde et creuse un trou unique, plus profond (10 m à 20 m).Dans ce cas, le trépan ne pourrait pas être changé.A cet effet, un trépan hybride est en cours de conception chez NORCAT; il serait capable de percer des roches dures ou friables.Mesurant 0,5 cm de diamètre, la carotte obtenue par forage sera remontée dans l’appareil.Ensuite, le SSAH (Sub-surface Sample Acquisition and Handling System) se chargera de trier et de caractériser les segments de la carotte, avant de les couper ou de les pulvériser en vue des expériences scientifiques.À part les composantes électroniques, qui seront chauffées, le SSAH devra affronter une température moyenne de -60 °C.Les joints et les engrenages seront protégés de la poussière et du sable omniprésents par un blindage léger.Finalement, il y a la distance.Dotée d’un système informatique capable de prendre des décisions devant les problèmes qui surviennent, la vaillante petite foreuse devra faire preuve d’une bonne dose d’autonomie.Autant de défis que NORCAT et MD Robotics s’échinent à relever.Car la compétition est féroce : des firmes italienne et américaine bûchent fermement sur des projets similaires de foreuse.Au meilleur, la carotte.martienne.QS Québec Science ~ Octobre 2002 1 7 Parce qu’on a aussi une famille.Chez Pfizer, nous cherchons à découvrir les remèdes de demain.Nous cherchons à guérir l’alzheimer de votre père, la maladie du cœur de votre sœur et le diabète de votre meilleur ami.des maladies qui touchent nos familles.Nos chercheurs canadiens en collaboration avec les hôpitaux et les centres de recherche de chaque province, ainsi que nos 12 000 autres scientifiques et professionnels de la santé des quatre coins du monde se penchent sur les traitements de demain.Pourquoi?Parce qu’on a aussi un père, une sœur et un meilleur ami.Notre passion, la vie www.pfizer.ca ILLUSTRATION : KATY LEMAY par Jean-Pierre Roqel Un cordon pour la vie ! Le cordon ombilical peut nous venir en aide bien après la naissance ! Quelle petite merveille que le cordon ombilical ! Dans le ventre de la mère, il apporte au fœtus tous les éléments nutritifs donc celui-ci a besoin pour vivre.Mais il perd son utilité après la naissance, alors qu’il est bourré de précieuses cellules sanguines.Pourrait-on le conserver pour des traitements ultérieurs, soit de la personne qui a donné ce cordon, soit pour d’autres ?Cela fait longtemps que cette idée a émergé, et elle fait son chemin depuis.Dans plusieurs hôpitaux d’ici ou d’ailleurs, il est de plus en plus courant que les médecins proposent à la mère, après l’accouchement, de conserver le sang du cordon de son bébé.Partout, se constituent des banques de sang de cordon.Ce sang est surtout riche en cellules souches qui pourraient être utilisées pour traiter les cancers ou certaines maladies héréditaires.Les chercheurs parlent même d’obtenir un jour une guérison complète pour certaines formes de leucémies et de maladies métaboliques héréditaires.On le sait, chez l’adulte, il existe des cellules souches sanguines dans la moelle osseuse.Elles forment le réservoir qui garantit le renouvellement permanent de notre sang et de notre système immunitaire.Ces cellules sont principalement utilisées, depuis des décennies maintenant, dans le traitement des leucémies.Mais il faut alors procéder à un délicat prélèvement de moelle osseuse chez un donneur, suivi d’une greffe au malade.La transfusion de sang provenant de cordon ombilical présente un énorme potentiel comme solution de remplacement à la greffe de moelle osseuse.Les cellules souches sont présentes en très grand nombre dans le sang de cordon; et elles sont immédiatement accessibles.Une aubaine ! En outre, la transplantation de ces cellules souches entraîne moins de réactions de rejet que la greffe de moelle osseuse.Il n’est pas nécessaire que le donneur et le receveur correspondent de manière très précise sur le plan immunologique, car les caractéristiques des cellules souches du fœtus ne sont pas encore pleinement développées.Elles sont, en somme, plus « universelles ».Mais il y a encore mieux.Le sang de cordon pourrait réparer des cerveaux endommagés, si on en croit certaines recherches récentes sur des modèles animaux.On y voit un espoir de traiter aussi bien des accidents vasculaires cérébraux (AVC), que des maladies dégénératives comme la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer.Là encore, ce sont les cellules souches, avec leur capacité à se différencier en plusieurs types de tissus, qui sont au cœur du processus thérapeutique.L’an dernier, on a ainsi guéri de leur AVC des rongeurs.Des essais cliniques sont en cours chez l’homme.Contrairement aux cellules souches obtenues à partir d’embryons, l’utilisation de telles cellules ne pose pas de graves \problèmes éthiques, car on ne détruit pas de vie potentielle pour le faire.Bien entendu, d’autres questions éthiques se posent, notamment le danger de commercialisation de ce type de sang ou d’exploitation des donneuses.C’est pourquoi il convient d’entourer de règles strictes la constitution de banques de sang de cordon, comme cela se fait d’ailleurs au Canada et en Europe.Comme souvent, les États-Unis font bande à part et permettent presque n’importe quoi.Des sociétés privées stockent le sang de cordon de votre bébé.En échange, elles font miroiter l’espoir que ce sang serve à reconstituer les organes de l’enfant, le jour où, devenu vieux, il en aura besoin.Le magasin des pièces de rechange, quoi ! Les cellules souches sont une des plus belles surprises de la biologie moderne.Il y en a chez l’embryon, chez le fœtus et chez l’adulte.Chaque jour, on en apprend un peu plus sur leur potentiel thérapeutique.Pour les personnes frappées de maladies héréditaires, elles portent la promesse de traitements nouveaux.Au sein de la panoplie des cellules souches, celles venant du cordon n’ont pas la vedette, mais elles le mériteraient.Et il est fascinant de voir ce qu’on peut faire de nos jours avec ce qu’on a toujours considéré, culturellement, comme un déchet; le dernier lien qui relie l’enfant à la mère, le fil qu’il faut couper pour vivre.CS .;• Québec Science ~ Octobre 2002 19 NASA/LYNETTE COOK Cxtrasclaire Les astro cessen I ^sieme, solaire.îll il eues, y en a-nuina aussi nospifaliere a par Vincent Sicotte Un télescope qui ressemble à un instrument d’amateur, planté au bout d’un stationnement condamné, dans un cabanon rudimentaire : il faut bien le dire, à l’ère des grands télescopes ultra-modernes et des observatoires spatiaux, l’instrument de Dave Charbonneau fait piètre figure.« Le miroir est grand comme ça », dit-il, en formant avec ses doigts un cercle de la taille d’un pamplemousse.Ce jeune thésard de Harvard n’a pas eu besoin de plus pour devenir une star de l’astronomie : il a fait faire un pas de géant à la science des planètes extrasolaires.En astronomie comme au cinéma, le site du « tournage » est crucial.C’est au sommet des hautes montagnes isolées et dans les déserts les plus secs que se trouvent les meilleurs observatoires.Dave Charbonneau s’est installé à deux pas du centre-ville de Boulder, Colorado; dans un stationnement derrière le National Center for Atmospheric Research (NCAR).A côté, une carcasse d’auto rouillée.L’arrière d’un vieux camion militaire sert de « salle de contrôle » à son instrument.Pourquoi ce décor ?L’explication vient de l’ouest, où un Découverte cet été : une planète géante qui gravite autour de l'étoile Cancri 55 à 41 années-lumière de nous.Il s’agit - évidemment -d’un dessin.Jupiter Notre système solaire Cancri 55 coucher de soleil royal surplombe les Rocheuses au loin.Ces montagnes bloquent l’humidité du Pacifique.Située à 1 600 m d’altitude, la ville de Boulder a un climat exquis à longueur d’année.Résultat : ce soir, comme tous les soirs, Dave se frotte les mains.« Une bonne nuit pour observer », dit-il, tout sourire.Le soir tombe, quelques étoiles commencent à poindre.Pendant qu’il programme pour la nuit son télescope automatisé, Charbonneau explique que le projet STARE (STellar Astrophysics & Research on Exoplanets) tente de mettre en évidence des planètes en orbite autour des points brillants du ciel.« Lorsqu’une planète extrasolaire passe entre son étoile et nous, cela produit une petite éclipse.C’est cette diminution de l’éclat stellaire que nous tentons d’observer.» Ce transit, comme l’appellent les astronomes, est un événement très rare.« Nous observons jusqu’à 10 000 étoiles à la fois.Sans succès jusqu’à maintenant », précise l’astronome de 25 ans, natif d’Ottawa.Un petit coup de pouce du hasard aura été nécessaire.À son arrivée au NCAR pour un stage, Charbonneau savait, grâce à un collègue de Harvard, qu’une planète tournait autour de l’étoile HD 209458.Il a donc entré ses coordonnées dans la liste d’astres « sous surveillance ».Et durant deux nuits de septembre 1999, son vaillant petit télescope a vu l’étoile, distante de quelque 150 années-lumière, baisser légèrement d’intensité.Comme un clin d’œil de connivence vers le jeune astronome zélé.et chanceux ! (( 20 Québec Science - Octobre 2002 Cette découverte a été extrêmement importante, explique Timothy Brown, astronome au NCAR et concepteur du projet STARE.Elle a prouvé hors de tout doute l’existence de ces planètes en orbite autour d’autres étoiles.» En effet, toutes les planètes extrasolaires ont été découvertes par effet Doppler.Cette méthode indirecte permet de mesurer la légère oscillation que fait subir la planète à son étoile au cours de sa révolution.Comme un chien en laisse qui tire sur son maître en courant autour.La confirmation par une méthode indépendante prouvait qu’on n’était pas devant des erreurs d’instrumentation ou quelque caprice inconnu de la nature.Il s’agissait bien de planètes comme celles du Système solaire.Certaines d’entre elles seraient-elles propices à la vie ?Tout d’un coup, l’humanité s’est sentie moins seule dans l’Univers ! « Ce transit représentait également une occasion unique d’étudier de façon plus pointue la planète elle-même », ajoute Timothy Brown.C’est seulement dans un tel cas que le diamètre et la masse de la planète, donc sa densité, peuvent être évalués précisément.(La méthode Doppler ne donne qu’une valeur approximative pour la masse seulement.) D’après la diminution de lumière observée, la planète en question, que les astronomes appellent HD 209458 b, serait une geante gazeuse, avec une masse équivalant à 70 % de celle de Jupiter.Forts de ce succès, ils n’allaient pas s’arrêter en si bon chemin.Comme la planète orbite devant son étoile, une infime fraction de la lumière stellaire passe à travers son atmosphère.Cette lumière, qui nous parvient, devrait garder « l’empreinte » des gaz rencontrés.Au printemps 2000, Dave Charbonneau et Timothy Brown ont réussi l’incroyable tour de force de capter et d’analyser cette précieuse lumière.Non Québec Science - Octobre 2002 21 Cxtra&claire pas cette fois avec leur modeste instrument, mais avec le joujou le plus sophistiqué des astronomes : le télescope spatial Hubble.« Le résultat le plus encourageant et le plus significatif est que Hubble possède la précision requise pour mesurer un phénomène aussi subtil », explique Dave Charbonneau qui a publié ses résultats dans The Astrophysical Journal du 28 novembre 2001.Du sodium a été détecté dans l’atmosphère de HD 209458 b, mais en quantité moindre que ce que prévoyaient les modèles théoriques.Pour l’expliquer, les auteurs ont suggéré que des nuages en altitude absorbaient partiellement la lumière.Quoi qu’il en soit, ces remarquables observations ouvrent la porte à l’étude directe de la composition physique et chimique des planètes extrasolaires : un nouveau chapitre dans l’étude de ces « nouveaux mondes ».Il n’est donc pas étonnant que cette analyse du premier échantillon d’atmosphère extrasolaire ait suscité l’admiration dans la communauté astronomique.« Charbonneau et Brown sont d’une extraordinaire méticulosité, s’exclame Geoffrey Marcy, astronome à l’université de Californie à Berkeley.Leurs travaux me font le même effet que la danse d’une ballerine : c’est parfait, élégant.et cela semble tellement facile ! Or, il n’y a pas une demi-douzaine d’astronomes dans le monde qui auraient pu faire ce qu’ils ont fait ! » Ces éloges sont d’autant plus flatteurs venant de ce chasseur de planètes émérite.Membre de la prestigieuse Académie américaine des sciences, Marcy dirige le California & Carnegie Planet Search (CCPS), le groupe le plus actif dans la recherche et l’étude des exoplanètes.La majorité de celles qui ont été découvertes jusqu’à maintenant portent le « label » CCPS.La clé de son succès ?« Nous avons été très, très chanceux ! » dit-il humblement.En effet, l’affiliation à l’université de Californie donne au groupe un accès privilégié à de très bons observatoires, dont le plus grand du monde, le télescope Keck de 10 m, situé à Hawaii.Mais un tel succès ne repose pas uniquement sur la chance.Les compliments qu’il adressait à Charbonneau et Brown pourraient fort bien s’appliquer à lui.« Il est vrai que lorsque j’ai commencé à chercher des planètes avec mon collègue Paul Butler, en 1985, les gens nous trouvaient complètement fous ! » Malgré leur persévérance, l’honneur de la première découverte est revenu à Michel Mayor et Didier Queloz, de l’observatoire de Genève.En octobre 1995, ces astronomes suisses annonçaient la découverte historique d’une planète en or- Pisces.Zenith* .* V.«T / * .Andromeda .• » * • • Pegasus .Cepheus - • « Aquariu; ^ / .• • • ./N.• v / Cygnus • V ' • *'• ;• • HD 209458 b V .jd-ouest .'•f /* ouest *•.nord-ouest bite autour d’une étoile semblable au Soleil, 51 du Pégase.La planète, appelée 51 Peg b, a une masse équivalant à environ 50 % de celle de Jupiter.Fait étonnant, cette grosse boule de gaz gravite dangereusement près de son étoile, à 0,05 unité astronomique (UA); une UA étant la distance entre la Terre et le Soleil.Soit 20 fois plus proche que la Terre ne l’est du Soleil ! L’avalanche a rapidement suivi.70 de la Vierge, 47 de la Grande Ourse, 55 du Cancer, Tau du Bouvier.Des exoplanètes par dizaines ont été découvertes durant les mois et les années suivants, principalement par le groupe de Genève et le groupe californien (bien qu’il existe aujourd’hui une trentaine d’équipes dans le monde).Le nombre total de planètes connues dépasse aujourd’hui la centaine.En outre, 11 systèmes planétaires, comportant deux ou trois planètes, sont connus à ce jour.« Dans un rayon de 50 années-lumière de la Terre, nous avons sans doute trouvé toutes les planètes orbitant proche de leur étoile », résume Marcy.C’est maintenant confirmé : elles sont exotiques, ces exoplanètes ! Très massives, certaines 10 fois plus que Jupiter, elles orbitent extrêmement près de leur étoile.Par comparaison, notre Jupiter est à 5 UA environ du Soleil.La quasi totalité des exoplanètes orbitent plus près que 3 UA de leur étoile, et la moitié d’entre elles, plus près que la Terre du Soleil (à 1 UA).Le record appartient à l’heure actuelle à HD 83443 b, qui orbite autour de son étoile 10 fois plus près que Mercure ne l’est du Soleil ! Les étranges « Jupiter chaudes », comme les appellent les astronomes, ont bousculé plusieurs théories.En effet, ces planètes orbitent autour de leur étoile dans la même région où, dans notre système, seuls de « petits cailloux » comme Vénus, la Terre et Mars ont pu se former.Pourtant, bon nombre de ces exoplanètes sont 1 000 fois plus massives que la Terre ! D’où ont-elles tiré la matière pour se former ?La plupart des chercheurs admettent aujourd’hui que ces planètes ont vu le jour plus loin, à des distances comparables à Jupiter ou Saturne.Elles auraient ensuite migré vers leur étoile, dans un lent mouvement en spirale.La friction entre la planète en formation et le disque de gaz et de poussière dont elle est issue provoquerait cette migration.Par ailleurs, durant ce déplacement, le colosse 2 2 Québec Science - Octobre 2002 If® Les systèmes comme le nôtre, permettant l'apparition lement de la vie, seraient-ils des cas rares ?« Nous sommes peut-être les monstres du zoo planétaire.» Geoffrey Marcy, astronome à l’université de Californie à Berkeley * .¦mm * planétaire a probablement écarté sans ménagement les petites planètes qui se trouvaient sur son passage, à la façon d’un chasse-neige.En outre, la plupart des exoplanètes plus distantes (de 1 UA à 3 UA) montrent une trajectoire elliptique (ovale).Encore une mauvaise nouvelle.Ce type d’orbite est comme une cicatrice - le signe d’un passé violent.Circulaires à l’origine, ces orbites ont dû devenir ovales au fur et à mesure des violentes interactions gravitationnelles entre les planètes d’un système.Plusieurs d’entre elles ont pu être éjectées.Il va sans dire que les petites « Terre » n’auront pas survécu à ce pinball planétaire.Ainsi, jusqu’à maintenant, très peu des systèmes planétaires connus n’offrent de place au soleil à une petite planète.Pour Geoffrey Marcy, c’est la découverte « la plus fondamentale et la plus effrayante » que l’on a faite dans ce domaine.Les systèmes comme le nôtre, havre de paix où les planètes suivent des orbites circulaires, stables, permettant l’apparition et le développement de la vie, seraient-ils des cas rares ?« Nous sommes peut-être les monstres du zoo planétaire », dit-il.« Dans mon travail, j’utilise des maths avancées et des ordinateurs superpuissants, poursuit Geoffrey Marcy.Et quand je m’exprime, c’est toujours de façon conservatrice et prudente.Mais autour d’une bouteille de vin, entre amis, je ne cache pas que, fondamentalement, je veux savoir si la vie existe dans l’Univers, ailleurs qu’ici - et pas seulement une vie primitive, mais une vie complexe, évoluée.Pour cela, il faut sans doute une planète pas trop grosse, avec une surface solide, orbitant dans la zone habitable de son système, c’est-à-dire ni trop près ni trop loin de son étoile.Une Terre, en quelque sorte.» Existe-t-il, dans notre coin de Galaxie, des systèmes ressemblant au nôtre ?Après 15 ans de recherche, les astronomes peuvent enfin répondre par l’affirmative.Coup sur coup, à quelques jours d’intervalle à la mi-juin, les deux équipes rivales ont annoncé la découverte d’un système semblable à notre « chez-nous » dans l’Univers.Le 13 juin dernier, dans un battage médiatique dont elle a l’habitude, la NASA annonçait la découverte d’une planète qui montre un air de famille avec Jupiter.Dénichée par l’équipe de Geoffrey Marcy (qui est financée par l’Agence), la planète en question orbite à 5,5 UA de son étoile, sa période est d’environ 13 ans - comparable à celle de 12 ans de Jupiter.Cependant, elle a une orbite légèrement plus ovale et a une masse trois à cinq fois plus élevée.En outre, elle n’est pas seule.Deux autres géantes l’accompagnent, très près de l’étoile, rendant ce système finalement assez différent du nôtre.Mais quelques jours après, le 18 juin, l’équipe de Genève a de nouveau « scoré » dans cette drôle de compétition, en annonçant, cette fois, la découverte d’une véritable Jupiter extrasolaire.Près de l’étoile Gliese 777A, une planète de la même masse que Jupiter évolue sur une orbite circulaire à 3,7 UA.Fait remarquable, elle est la seule géante à orbiter son étoile.Beau jeu, les Suisses ! Ce n’est pas une coïncidence si l’on commence aujourd’hui à découvrir des planètes dont la période est de l’ordre de la décennie.La précision nécessaire pour détecter des exoplanètes n’existe que depuis ce temps.Et il faut les observer pendant un tour complet pour que les résultats aient une certaine validité.« Il est possible que les Jupiter chaudes que nous découvrons depuis 1995 soient la La chasse aux planètes avec des jumelles?Le projet STARE peut donner l'impression que tout astronome amateur un peu zélé peut se mettre à la chasse aux planètes.Après tout, Timothy Brown a lui-même poli le petit miroir dans le garage de sa maison.Et presque tous les objets requis par STARE se trouvent dans un bon magasin d'astronomie près de chez vous.« Mais deux ou trois astronomes professionnels travaillent à temps plein à l’analyse des données », précise Dave Charbonneau.Par ailleurs, découvrir une planète lors d'un transit s'est révélé « beaucoup plus difficile que prévu », note Timothy Brown.Depuis la mise en opération du projet en novembre 1997, quelque 25 000 étoiles ont été scrutées par le modeste instrument.Le tiers a été analysé.Total des planètes découvertes par transit : zéro.Sans la confirmation de l'existence de HD 209458 b, découverte par effet Doppler, à peu près personne ne parlerait de STARE.Mais Timothy Brown y croit, lui, à son instrument.En juillet 2001, il l'a déménagé aux îles Canaries, en Espagne, pour bénéficier d'une météo encore meilleure.Deux autres exemplaires sont en construction : un en Arizona, l'autre au mont Palomar, dans le sud de la Californie.Leur éloignement sur le globe permettra d'assurer un suivi plus régulier des étoiles, ce qui est crucial.Car pour bien caractériser un transit, il faut mesurer l'éclat de l'étoile plusieurs fois par heure, avant, pendant et après l'événement.Et ce, pour au moins deux transits.Alors, hors de portée des amateurs, les transits ?Peut-être.Mais pas la méthode Doppler.L'homme d'affaires américain Torn Kaye, fabricant de fusils-jouets, est passionné d'astronomie.Il est à la tête de Spectrashift.com, un groupe d'amateurs équipé pour faire de la spectroscopie.Grâce à trois semaines d'observation au début de Tan 2000, en Arizona, ils ont réussi à confirmer l'existence de la planète accompagnant l'étoile Tau du Bouvier.Geoffrey Marcy, qui avait découvert cette planète en 1997, a qualifié l'exploit de « vraiment spectaculaire ».Avec un plus gros télescope, qui est en construction, ils veulent maintenant tenter de découvrir une planète bien à eux.Québec Science - Octobre 2002 23 v Cxtrasolaire pointe de l’iceberg, affirme Geoffrey Marcy.Nous sommes peut-être sur le point de découvrir toute un population de planètes plus éloignées.» La découverte d’un système semblable au nôtre est très importante, puisque c’est dans un tel système que les chances de découvrir une autre “Terre” sont les plus élevées », explique Jean Schneider, astronome à l’Observatoire de Paris.Dans le cas de Gliese 777A, la circularité de l’orbite et la distance plus élevée jusqu’à l’étoile indiquent que ce système n’a pas souffert d’un passé trop violent.Des petites planètes sur des orbites circulaires ont pu survivre jusqu’à aujourd’hui.Mais les technologies actuelles ne permettent pas de les détecter.La plus petite planète extrasolaire connue est HD 49674 b, dans la constellation du Cocher.Figurant au tableau de chasse de juin dernier, elle a 12 % de la masse de Jupiter - c’est-à-dire 38 masses terrestres.Si elle fait figure de naine chez ses consœurs, cette planète est pourtant trop grosse pour ressembler à la Terre.Dès qu’une planète naissante dépasse 10 masses terrestres, elle est assez lourde pour capturer des lambeaux de gaz et devenir une géante gazeuse, sans surface, où la vie est impossible.Et les techniques actuelles ne permettent pas de dénicher des planètes beaucoup plus petites.Avec la méthode par effet Doppler, les planètes plus petites que 30 masses terrestres restent invisibles, car elles ne « tirent » pas assez sur leur étoile.La méthode du transit, quant à elle, ne verrait rien du minuscule point noir causé par une Terre passant devant son étoile.Sauf s’il est observé depuis l’espace, ce qui est pour bientôt.La mission française COROT (COn-vection, ROtation et Transits planétaires) scrutera les étoiles à la recherche de transits planétaires.Ce petit télescope spatial de 30 cm d’ouverture servira également à l’étude de la variabilité stellaire.Son lancement, prévu pour 2005, surviendra après celui de deux instruments plus petits, mais similaires : MONS, qui sera lancé par le Danemark en 2003; et MOST, par le Canada [voir encadré).Le projet le plus ambitieux reste toutefois la mission Kepler, de la NASA.Ce télescope spatial sera spécifiquement conçu pour déteaer des transits causés par une planète de taille terrestre, orbitant dans la zone habitable de son système.Pendant quatre ans à partir de 2006, Kepler scrutera sans relâche 100 000 étoiles semblables au Soleil dans notre voisinage.Selon les scientifiques du projet, ces observations devraient révéler des « Terre » par centaines.Ainsi, selon toute probabilité, une autre Terre aura été dénichée dans le cosmos avant la fin de cette décennie.Évidemment, la question suivante sera de savoir si elle porte la vie.Pour y répondre, il faudra attendre vers 2015, alors que sera lancé le télescope le plus puissant jamais conçu par l’homme.Il n’existe pour l’instant que sur les tables à dessin, en deux versions similaires.Une pour la NASA (Terrestrial Planet Finder) et une pour l’Agence spatiale européenne (Darwin).D’ailleurs, compte tenu de la nature très ambitieuse des projets, une collaboration est possible pour la construction d’un unique appareil.Cet instrument ultrapuissant combinera le signal de plusieurs télescopes spatiaux volant en formation.La lumière qu’il recueillera en provenance d’une Terre lointaine sera alors analysée, en vue de détecter l’empreinte des molécules de gaz trahissant l’activité biologique, comme l’oxygène.A ce moment, Dave Charbonneau pourra se souvenir avec fierté qu’il avait découvert, selon le même principe, un peu de sodium dans l’atmosphère d’une planète extrasolaire.C’était un pas de géant, dans la quête d’une autre Terre.Une quête qui répondra peut-être à la question que nous nous sommes tous posés, une nuit ou l’autre, en levant la tête vers le ciel étoilé.« J’ai peine à croire que l’humanité en est rendue à se payer quelques scientifiques qui travaillent jour après jour avec d’énormes instruments ultrasophis-tiqués, pour tenter de recueillir un peu de lumière de ces mondes lointains, dit Geoffrey Marcy.Je me sens très chanceux d’en faire partie, mais c’est un mystère qui me dépasse ! Quelle est cette force incroyable qui nous pousse à nous interroger sur nos origines et sur notre connexion avec le reste de l’Univers ?» QS Le Canada dans la course Des astronomes canadiens seront-ils les premiers au monde à voir une planète extrasolaire ?C'est le pari de Jaymie Matthews.Cet astronome de l'université de la Colombie-Britannique est le scientifique responsable de MOST, le premier télescope spatial du Canada.Cet instrument, que Matthews appelle aussi le Humble Space Telescope, sera le plus petit jamais lancé.La devise de l'équipe ?« La taille n'a pas toujours de l'importance.» « Le télescope MOST"(Microvariabilités et Oscillations STellaires) sera semblable à un photomètre très sophistiqué et ultraprécis, en orbite autour de la Terre », explique Jaymie Matthews.Il est conçu pour mesurer des changements de luminosité infimes, de quelques parties par million.« C'est le changement que vous noteriez si, en regardant un lampadaire à 1 km de distance, vous reculiez la tête d'un demi-millimètre.Jusqu'à maintenant, personne n'a réussi à faire un instrument aussi sensible », ajoute-t-il.Et pourquoi s'intéresser à d'aussi subtiles variations ?« L'objectif principal de MOST est la sismologie stellaire, c'est-à-dire l’étude des vibrations de la surface des étoiles.Cela permet d'en sonder l’intérieur qui est inaccessible à l'observation », explique-t-il.Un peu comme l'analyse des séismes donne aux géophysiciens accès aux profondeurs terrestres.En étudiant l'intérieur des étoiles, les astronomes peuvent déterminer leur composition et, surtout, leur âge.Ce paramètre est très important pour reconstituer l'évolution de la Galaxie.Mais l'étude des exoplanètes, sujet à la mode s'il en est, a été mis au programme vu l'extraordinaire sensibilité de MOST.L'idée est simple : lorsqu'une planète tourne autour de son étoile, elle réfléchit un peu de sa lumière vers nous, de la même façon que Vénus nous renvoie un peu de la lumière du Soleil.MOST pourra détecter cette légère addition au cours de la révolution de la planète.C’est ce que Matthews appelle « voir » une planète extrasolaire.En analysant la lumière reçue, les astronomes pourront étudier la composition chimique et physique de l’atmosphère planétaire.Toutefois, il est hors de question d'utiliser MOST pour la chasse aux planètes, puisqu'il fonctionne en fixant une étoile à la fois pendant plusieurs semaines.Ce sont plutôt les planètes connues jusqu'à maintenant qui seront prises comme cibles.Le projet de 10 millions de dollars devrait être opérationnel bientôt, le lancement étant prévu pour avril 2003, par une fusée russe Rockot.Ce minitélescope spatial de 15 cm d'ouverture sera un atout important pour les astronomes canadiens, qui sont déjà des leaders dans l'étude de la variabilité des étoiles.24 Québec Science - Octobre 2002 H rff.Ml •£ .y .-ilAjüiik livi 'fr, A l'occasion de l'annee internationale de la montagne, ¦ij JW, *^c ' ^jHL dSSpL une tournée québécoise de 21 hauts lieux de nature.¦T’gg- «i Eviter de divulguer votre adresse, que ce soit dans un forum de discussion ou sur votre site Web.Les spammeurs auront tôt fait de la dénicher.Si nécessaire, utilisez une adresse temporaire que vous pourrez détruire par la suite.> Avant de remplir un formulaire en ligne, lisez attentivement la politique du site concernant la confidentialité de votre adresse.Une mention du genre « Notre politique peut changer ultérieurement.» signifie habituellement que l'on ne se gênera pas pour vendre votre adresse au plus offrant.> Éviter d'utiliser une adresse trop facile à deviner, comme bob@monserveur.ca.Avec leurs générateurs d'adresses, les spammeurs la découvriront en un rien de temps.> Ne répondez jamais à un spammeur, même si c'est pour demander d'être retiré de sa liste d'envoi.Vous confirmerez ainsi que votre adresse est valide.et accroîtrez la quantité de pourriels à venir.> Même si vous êtes superstitieux, ne répondez jamais aux chaînes de lettres.Souvent lancées par les spammeurs eux-mêmes, elles leur offrent un lot d'adresses fraîches lorsqu'une copie revient en leur possession.> Malgré ces précautions, des pourriels envahissent votre boîte aux lettres ?Il faut alors « filtrer ».La plupart des logiciels de courriel permettent d'établir des règles pour filtrer les messages reçus.Définissez-les pour bloquer les adresses des spammeurs à répétition ou, encore mieux, selon les mots clés qu'ils affectionnent, tels mortgage, viagra, etc.Plutôt que les détruire, envoyez les messages suspects dans un répertoire spécifique où vous pourrez aller faire le tri et vous assurer qu'il n'y a pas de « faux positifs », c'est-à-dire des messages légitimes accidentellement passés à la trappe.> Pour plus d'efficacité, procurez-vous un logiciel antispam, comme Spam Buster, Mail Washer ou Kill the Spams.Comme les antivirus, l'éditeur du logiciel se charge de mettre à jour les règles afin d'éliminer les nouvelles souches de pourriels dès qu'elles apparaissent.> Pour éliminer le pourriel avant qu'il arrive dans votre boîte aux lettres, abonnez-vous à un service de filtrage, comme SpamCop ou MailShell.Ou optez pour un fournisseur d'accès Internet offrant ce service à ses abonnés.Renseignez-vous tout de même sur le taux de « faux positifs » du service considéré.SpamBuster www.contactplus.com/ products/spam/ MaiIWasher www.mailwasher.net Kill the Spams www.zipstore.com SpamCop www.spamcop.net MailShell www.mailshell.com 44 Québec Science - Octobre 2002 (ité, pro- ie ips jéfciir lînfltre füiier idepr iOS LACS oms RIVIÈRES : Hrt» ) üv iMtMtr»dÉ| ' Le tascinart parcours i'un média hautement technologique k télévision ¦#•00 J?0 Suivez toute l'actualité santé publique et médecine, écologie, génie et technologie, nanotechnologies, astronomie, archéologie.Les Découvertes de l'année.Lisez les opinions de grands scientifiques et de personnalités sur la génétique, l'histoire de l'humanité, le SIDA, les OGM, l'éthique, le Ritalin.plein air^ Science iratuits avec votre abonnement, les prochains guides de la collection Québec Science pratique.'il pOffiîl Mire llB!’ if, «il «s» [»!(! îintint «si» Offre spéciale* > Abonnez-vous pour trois ans et obtenez gratuitement le magnifique ouvrage publié par Éditions Fides « Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger » de M.André Hade, professeur de chimie à l'Université du Québec à Montréal.Une valeur de 24,95 $ ! 1 an (10 numéros) 41,35 $ 2 ans 71,25 $ 3 ans 98,87 $* Nom _ * " Taxes incluses, tarifs valables au Canada seulement usqu'au 15 janvier 2003.Tout abonnement souscrit dès naintenant est admissible à la prochaine promotion.Détachez et expédiez à Québec Science 1 Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : i(514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : www.cybersciences.com/abonnement Adresse app.ville code postal téléphone courriel I Chèque [U Visa Chèque à l'ordre de Québec Science 1 1 MasterCard Facturez-moi N° de carte Date d'expiration / cô Signature ?Valable jusqu'à épuisement des stocks de Québec Science de cet ouvrage Vps valise Une soif qui hurle son besoin d'être étanchée ?Un appel qui ne peut attendre ?Une envie soudaine de se déhancher sur de la musique techno ?Un paysage Sans fil mais ultrabranché.On en rêvait sans doute depuis les premières cavernes poussiéreuses, mais ce sont les Suédois et les Suisses qui en profiteront d'abord.Le premier aspirateur entièrement autonome se promène en effet déjà dans quelques salons là-bas, puis devrait ensuite conquérir les Français et, espère-t-on, les Nord-Américains.Fabriqué par Electrolux, le Trilobite est pourvu d'un capteur à ultrasons lui permettant d’éviter les obstacles, ainsi que d’un ordinateur planifiant chacun de ses déplacements.Et si tout le dépoussiérage n'est pas accompli en 60 minutes (la durée d'autonomie de sa batterie), il se rend lui-même à son chargeur et se refait des forces] en deux heures.On l'attend de pied ferme.et on souhaite que son prix (2 400 dollars environ) baisse un peu.http://trilobite.electrolux.se/ qu'il faut à tout prix immortaliser ?Pour ça, les femmes ont depuis longtemps domestiqué le sac à main rempli à craquer.Mais, en un coup de fermeture éclair, ces messieurs peuvent dorénavant eux aussi accéder à la bouteille d'eau, au téléphone cellulaire, au lecteur CD, à l'appareil photo ou n'importe quel objet « indispensable » pouvant loger dans l'une ou l’autre des 15 poches de la Scott e Vest.Oui, oui, QUINZE poches ! De quoi dérouter les pickpockets.www.scottevest.com Poisson téléguidé > Le professeur Jens G.Balchen, de l'université de Trondheim, en Norvège, consacre son savoir et ses énergies à concevoir un système permettant de contrôler les poissons à distance.Il veut créer d’authentiques poissons en chair et en arêtes téléguidés ! Il a tenté sa chance avec la morue, mais il est vite tombé sur un « os » : têtue et capricieuse, elle se réfugiait au fond de l'eau sans bouger et levait le nez sur la nourriture toute prête qu'il lui offrait.Les essais avec le saumon se sont eux aussi avérés décevants.Puis, vint le colin.Ce poisson ne supporte pas d'être touché.Excellent : c'est même là le principe qu'exploite Jens G.Balchen.En installant de petites ailettes motorisées sur les parties les plus sensibles de l'animal, il peut contrôler ses allées et venues simplement en les activant au moyen d'ultrasons.Un petit coup sur la droite et hop, le poisson dévie vers la gauche.Les déplacements verticaux, eux, sont un peu plus complexes : il faut agir directement sur le système nerveux du colin en lui fournissant des informations erronées concernant la profondeur à laquelle il se situe.Mais le professeur Balchen assure qu'il détient la solution et s'apprête même à breveter sa méthode.Tout ça pourquoi ?Comme leurs confrères mécanisés, les vrais poissons télécommandés pourraient inspecter les pipelines sous-marins, rassembler des bancs que l’on souhaite pêcher ou même trimballer une minicaméra pour filmer des images aquatiques.Mais leur a-t-on demandé leur avis ?ISdence ^ o S La revanche des guérisseurs ?Le yoga pour les asthmatiques, le taï pour les personnes âgées, l'acupuncture contre la douleur.Le recours aux médecines douces intéresse au plus haut point l'Organisation mondiale de la santé.Un revirement pour l'auguste institution qui n'a longtemps juré que par la médecine « à l'occidentale ».par Fabien Gruhier Patrimoine industriel (17e partie) Richesse des profondeurs L'or, l'amiante, l'argent, le cuivre et le fer ont littéralement galvanisé le développement de plusieurs régions du Québec.Leur histoire est une épopée mais qu'en reste-t-il aujourd'hui ?par Joël Leblanc La filière du maïs L'industrie du porc est mise à l'index.On sait moins que son activité est étroitement fiée à celle de la culture du maïs.Parce que les cochons se nourrissent de blé d'Inde.Mais surtout parce que c'est la seule céréale qui pousse bien dans des champs recouverts de lisier.Enquête.par Mathieu-Robert Sauvé 46 Québec Science ~ Octobre 2002 P 3 T m A 8 1 la dimensioncachée par Raynald Pepin Décadences culinaires Rien ne se perd, tout se transforme.r-y*" Dans le grand cycle de la vie où nous passons, manger est essentiel, car la nourriture nous fournit de l'énergie.Le problème, c'est la compétition : celle de fiston qui mange tout le gâteau au chocolat sans rien laisser; celle d'innombrables microbes qui tentent sans vergogne de s'approprier le pain durement gagné à la sueur de notre front; celle de réactions chimiques pernicieuses qui transforment nos aliments dans le mauvais sens.Dans le genre microbe antipathique, il y a Escherichia coli, bien sûr, mais aussi Clostridium botulinum.Cette bactérie anaéro-bique qui produit la célèbre toxine botulique peut élire domicile dans les conserves mal stérilisées ou mal protégées.« Botulisme » vient du latin botulus, qui signifie « boudin », parce que les premiers cas clairement identifiés, au XIXe siècle, étaient dus à des saucisses contaminées.La toxine botulique, qui est en fait un mélange de plusieurs substances, inactive des protéines intervenant dans la libération d'acétylcholine.Ce neurotransmetteur est impliqué dans la circulation de l'influx nerveux vers les muscles.La toxine a donc un effet paralysant, qui va de la paralysie oculaire (difficulté à voir nettement, vision double) à celle des muscles respiratoires.D'ailleurs, on l'utilise en der-Smatologie pour atténuer les rides |causées par la contraction de petits ^muscles, et en ophtalmologie pour ^éliminer les spasmes des paupières ou |corriger le strabisme.« En bloquant El'action de certains muscles, on peut rééquilibrer la coordination musculaire et l'orientation de l'œil, explique Patrick Hamel, ophtalmologiste à l'hôpital Sainte-Justine, à Montréal.Mais l'effet de la toxine ne dure que quelques mois; il faut refaire d'autres injections.Il existe des solutions plus durables.» Est-il vrai que Clostridium botulinum hante les boîtes de conserve bosselées que nos épiciers laissent obligeamment sur leurs étalages ?« C'est possible si un choc a forcé le serti qui assure l'étanchéité de la boîte, répond Pierre Gélinas, microbiologiste au Centre de recherche et de développement sur les aliments de Saint-Hyacinthe.Une boîte bosselée uniquement sur le côté n'est pas dangereuse.Le contenu des conserves commerciales, qui a été chauffé à 120 °C lors de la fabrication, est vraiment stérile et le reste durant des années si la boîte est étanche.» Si le serti est endommagé, des bac- téries, inoffensives pour la plupart, peuvent pénétrer dans la boîte.Notons que la plupart des intoxications alimentaires dans ce domaine, y compris les intoxications botuliques, se produisent avec des conserves domestiques mal stérilisées.Au Québec, la Direction générale de la santé publique a recensé 17 cas de botulisme au cours des 4 dernières années, tous survenus dans le nord du Québec où les autochtones consomment souvent des aliments fermentés de façon traditionnelle, sans cuisson.es fruits et légumes frais subissent aussi diverses dégradations.Laitue rouil-lée, bananes brunies, oignons pourris à l'intérieur, brocolis jaunis, etc.« Ces produits sont toujours vivants, ils respirent.et vieillissent », dit François Castaigne, directeur du département des sciences des aliments à l'Université Laval.Inexorable destin.« Dans le brocoli qui vieillit, les cellules meurent et la chlorophylle se dégrade, ce qui laisse apparaître les pigments de couleur jaune », explique Joseph Arul, spécialiste de la conservation des fruits et légumes à l'Université Laval.C'est la même chose qui se passe quand les feuilles jaunissent à l'automne ! La laitue qui « rouille » et la banane dont la pelure noircit, subissent un processus analogue au brunissement des pommes coupées.Des enzymes appelées polyphénoloxydases, normalement contenues dans les compartiments des cellules, se retrouvent dans le milieu cellulaire quand les membranes se dégradent et laissent échapper leur contenu.En présence Québec Science ~ Octobre 2002 47 la dimensioncachée d'oxygène, ces enzymes réagissent avec des composés appelés phénols et forment de nouvelles substances de couleur foncée.Je connais des gens qui déchiquettent leur laitue à la main pour éviter que « le fer du couteau ne fasse rouiller la laitue.» De nombreux fruits et légumes résistent mal au froid.« Si la température est trop basse, la fluidité des membranes cellulaires de certains fruits et légumes diminue.Ceci altère leurs propriétés ainsi que des protéines, enzymes et récepteurs situés au sein des membranes, avec pour résultat que le produit se dégrade plus vite.Ce processus est à la source du brunissement accéléré de la pelure des bananes mises au réfrigérateur et peut causer ‘pourriture” interne de l'oignon.par Jean-Marie Labrie La plupart des fruits tropicaux sont sensibles au froid parce que la composition lipidique de leurs membranes est différente de celle des fruits des régions tempérées.Idéalement, on ne devrait donc pas garder les avocats, les mangues et même les tomates au réfrigérateur, mais plutôt les conserver à une température variant entre 10 °C et 15 °C.Pas facile, à moins d'avoir une chambre froide ! Les aliments qui contiennent du gras, comme le beurre ou la margarine, les craquelins et les céréales, vieillissent eux aussi.Dès que le sac ou que le pot est ouvert, son contenu est exposé à l'air.L'oxygène peut remplacer un atome d'hydrogène d'un lipide et, en se liant à un atome de carbone, engendrer un peroxyde de ce lipide.La molécule contient alors deux atomes d'oxygène liés entre eux et à d'autres atomes, comme dans le peroxyde d'hydrogène (HOOH).Le peroxyde, instable, se décompose en d'autres molécules souvent volatiles, qui donnent une odeur et un goût désagréables : l'aliment rancit.Ces réactions sont accélérées par la lumière et la chaleur.Pour éviter une telle oxydation, plusieurs aliments riches en gras sont additionnés.d'antioxydants (logique), comme l'hydroxytoluène butylé (BHT), l'hy-droxyanisol butylé (BHA) et le tocophérol (vitamine E).Ces molécules s'oxydent plus facilement que les lipides, et leur présence limite donc l'oxydation des gras.Le tocophérol est présent dans les huiles végétales, ce qui limite naturellement leur oxydation.Même les petites gâteries ne sont pas à l'abri du vieillissement.Les biscuits contiennent du sucre qui se lie facilement à l'eau.Un biscuit mal emballé absorbe l'humidité de l'air (il s’alourdit !), s'amollit et devient moins croustillant.Le chocolat, lui, peut se parsemer de taches blanchâtres si on le garde trop longtemps, surtout s'il subit des variations de température.C'est parce que le beurre de cacao contenu dans le chocolat se liquéfie, se diffuse progressivement vers la surface et recristallise.Cela affecte l'aspect, mais heureusement pas la saveur, du chocolat.Tous ces problèmes seraient réglés si on pouvait faire comme certains serpents et vivre sur nos réserves après avoir mangé d'un coup toute l'épicerie de la semaine ! GS Rectangle découpé Les côtés d'une feuille rectangulaire mesurent respectivement 36 cm et 16 cm.Découper cette feuille en deux morceaux isométriques de façon à refaire à l'aide de ces deux morceaux une feuille de forme carrée.Solutions 131 La quadrature du rectangle Solutions suggérées : 1er cas : soit le papier rectangulaire (1X2) suivant découpé en 4 triangles congrus, on découpe les figures triangulaires et on les dispose de la façon suivante : «I 2e cas : soit le papier rectangulaire (1X3) suivant découpé en 4 triangles congrus et un carré, on découpe les 5 figures et on les dispose de la façon suivante : 133 Une partition unique ! Solution suggérée : lOMC Un cl blii 132 Utilisation des nombres carrés Solution suggérée : 1) 95 X 155 = 95 X (95 + 60) = 952 + 95 X 60 2) 95 X 60 = 60 X (60 + 35) = 602 + 60 X 35 3) 60 X 35 = 35 X (35 + 25) = 352 + 35 X 25 4) 35 X 25 = 25 X (25 + 10) = 252 + 25 X 10 5) 25 X 10 = 10 X (10 + 15) = 102 + 10 X 15 6) 10 X 15 = 10 X (10 + 5) = 102 + 10 X 5 7) 10 X 5 = 5 X (5 + 5) = 52+ 52 Donc, on peut écrire 95 X 155 comme une somme des 8 nombres es 1 6 7 3 2 4 5 2 4 6 5 1 3 7 3 2 5 7 4 6 1 4 5 1 6 7 2 3 5 7 2 4 3 1 6 6 1 3 2 5 7 4 7 3 4 1 6 5 2 48 Québec Science ~ Octobre 2002 Niveaux H débutant intermédiaire : expert MICHEL TREMBLAY/BIODOME DE MONTREAL science /culture EXPOSITION Biodôme : 10 millions de visiteurs a serait le fun qu'il y ait encore plus d'animaux.» Le 'verdict de Camille, six ans, est sans appel.Oui, elle a aime saTisite au Biodôme.Mais s'il n'en tenait qu'à elle, pour son dixième anniversaire, elle offrirait à l'institution encore plus de perroquets, de singes, de castors, et de porcs-épics.« et des éléphants, et des girafes, et des ours.mais pas de loups.Trop méchants ! » Pourtant, les animaux n'étaient pas la priorité lors de l'ouverture du Biodôme, en 1992, et ils ne le sont toujours pas aujourd'hui.On les adore, on les chouchoute, on améliore leurs habitats, mais on ne tient pas plus que ça à les multiplier pour combler les petites Camille de ce monde.« Ici, les vedettes sont les écosystèmes, pas les animaux ! Dès le départ, on a tout bâti en fonction des végétaux, en créant d'abord l’environnement, puis en y intégrant les bêtes », explique Jean-Pierre Doyon, directeur de cette « maison de la vie » {bios : vie; domos : maison).Un choix qui s'avère plus judicieux que jamais, en ce dixième anniversaire, selon lui.« Avec le temps, souvent, un exhibit se détériore à cause de la prédominance des animaux, et il faut consacrer énormément d'énergie à réaménager.» Il n'empêche que faire pousser des palmiers et voler des perroquets dans un ancien vélodrome, ça demande pas mal d'entretien.et une bonne dose d'ingénierie ! Ainsi, sous les pieds des touristes, plus de quatre millions de litres d'eau circulent dans un vaste enchevêtrement de par Marie-Pier Elie tuyaux afin d'alimenter le Saint-Laurent marin, irriguer les sols et faire grimper l'indice humidex de la forêt tropicale.Chaque jour, 4 212 animaux doivent trouver de quoi manger (heureusement, il y en a de plus frugaux que d'autres.).Et il faut fournir un éclairage adéquat à toute cette verdure avide de lumière.Dans la forêt tropicale, il fait « soleil » de 11 à 13 heures par jour.La forêt laurentienne reproduit même fidèlement le cycle des saisons.Coût total annuel de la facture d'élec- tricité : 2 millions de dollars, environ ! Tout ça pour représenter le plus fidèlement possible quatre « portions de planète » , quatre écosystèmes bien distincts : la forêt tropicale, la forêt laurentienne, le Saint-Laurent marin et le monde polaire.Évidemment, on parle de « représentation », et non pas de « reproduction » , et Jean-Pierre Doyon insiste sur cette nuance.« On ne retrouvera jamais en nature exactement ce qu'on voit au Biodôme ! Dans un écosystème, on parvient à condenser différents stades de la nature en un seul tableau, un peu comme une œuvre de Monet qui n'a rien à voir avec la réalité, mais dans laquelle on a néanmoins le sentiment de se retrouver.» Et comme tous les grands artistes, ceux qui ont esquissé le Biodôme ont commis quelques erreurs de parcours.Jean-Pierre Doyon se remémore ces petits oiseaux mystérieusement disparus dans la forêt laurentienne.C'est alors qu'on a constaté que les lynx, bien qu'ils eurent toujours vécu en captivité, avaient conservé leurs instincts prédateurs.« Depuis, on a installé un filet au-dessus de leur habitat.» Il y a aussi ce bel oiseau tropical qui a un jour malencontreusement atterri dans la bouche d'un caïman et les prolifiques tamarins pinchés qui se sont reproduits à qui mieux mieux malgré la pose d'implants prétendument contraceptifs.Même sous verre, la nature impose ses lois ! Cet automne, le Biodôme devrait accueillir son dix millionième visiteur.Pour intéresser à nouveau ces 10 millions de paires d'yeux, envisage-t-on la construction d'un cinquième écosystème dans les prochaines années ?« On commence à érudier la faisabilité d'un tel projet », affirme Jean-Pierre Doyon.Les idées ne manquent pas : désert, marais, montagne.Il songe à un écosystème polyvalent, qu'on pourrait remplacer tous les 3, 5 ou 10 ans.Pour l'instant, l'équipe du Biodôme se penche sur des questions purement techniques reliées à la filtration et la climatisation, bien avant l'élaboration du futur paysage de rêve.« On pourrait rester tel quel, mais ce serait une gageure risquée.Et on ne peut se permettre de la perdre.Moi, je veux que le Biodôme soit encore là dans 50 ans.» Q5 Québec Science ~ Octobre 2002 49 MICHEL LAROSE Grigris de labos Les scientifiques ne devraient pas être trop superstitieux.Enfin, touchons du bois pour qu’il en soit effectivement ainsi !.Brigitte Gemme : Les scientifiques se sont dicté un certain nombre de règles et de normes à suivre afin d'assurer la qualité et la rigueur de leur travail.L'une d'entre elles, c’est le scepticisme organisé.Il s’agit d’une théorie selon laquelle les scientifiques ne devraient pas reconnaître de différence entre le sacré et le profane, refusant ainsi de mettre en veilleuse leur esprit critique devant des phénomènes impliquant la foi, par exemple.C'est ce qu'en disent les sociologues classiques.Moi, je les appelle les sociologues naïfs ! Bernard Arcand : La recherche scientifique exige, par définition, une plongée dans l’inconnu, avec l’espoir d’y trouver du nouveau.Tous les chercheurs dignes de ce nom, qui ne se satisfont pas de reproduire pour la centième fois les enquêtes de leurs ancêtres, savent que leur entreprise est incertaine.Découvrir, en science, est presque aussi improbable que de tirer le bon numéro à la loterie.La science est une aventure où la marge de réussite est mince et celle de l’insuccès pratiquement infinie.BG Heureusement, on ne peut pas dire qu'il y ait beaucoup de pattes de lapin dans les laboratoires.On sait par contre que d’illustres savants ont participé à des séances de spiritisme, et pas toujours pour en dénoncer l’imposture ! Charles Richet, prix Nobel de médecine en 1913, était convaincu de l’existence des fantômes et jurait en avoir photographié.Plus récemment, un ancien professeur de l’université de Californie a fondé un réseau de soutien pour scientifiques ayant vécu des expériences transcendantes.Il recueille les témoignages de scientifiques ayant expérimenté des rêves prémonitoires, des perceptions extrasensorielles et des rencontres avec des dragons.Si les revues à potins s’intéressaient aux grands chercheurs d’aujourd’hui, on apprendrait peut-être que plusieurs d’entre eux visitent une voyante avant de soumettre un article pour publication ! BA La superstition arrive à point et permet de surmonter les limites de l’interprétation scientifique.Elle répond à des questions incontournables mais franchement impossibles : d’où vient l’intuition ?pourquoi cette découverte aujourd’hui et non hier ?pourquoi lui et pas moi ?L’anthropologue Evans-Pritchard en avait fait un élément de preuve de la rationalité des peuples si souvent traités de « primitifs » et capables d’expliquer de manière tout à fait logique comment, par exemple, le pied a heurté la pierre et provoqué la chute.Pour eux, la magie fournit le supplément nécessaire afin de comprendre aussi pourquoi l’accident s’est produit à cet endroit et à cet instant précis.Notre science, par contraste, ne peut offrir que des calculs de probabilité bien peu convaincants.B G Quelques grands ont quand même tenté de dénoncer, sous le sceau de l'humour, la superstition de leurs collègues.Niels Bohr, par exemple, relatait avoir vu un fer à cheval cloué au-dessus de la porte d'un collègue qui pensait que l'objet attirait la chance même si on n'y croyait pas.Comme par vengeance, la blague s'est retournée contre lui et de très nombreux sites Internet appartenant à des physiciens racontent allègrement que Bohr lui-même avait un fer à cheval dans son laboratoire ! BA Que les scientifiques se consolent ! Faire une certaine place à la superstition contredit de manière un peu honteuse les principes élémentaires de leur pratique professionnelle.Mais cela sert, par contre, à les admettre dans la communauté des êtres humains normaux.Dès lors, les gens de science apprécient davantage le sportif qui se demande encore, quatre ans plus tard, comment le ballon a pu frapper les deux poteaux des buts.Sans parler du grand chêne qui, hier, s’est suicidé chez moi en se couchant là où, la journée précédente, je m’étais allongé.Pour la science, la superstition demeurera toujours une grande leçon de modestie.CS WM Brigitte Gemme terminera sa maîtrise en sociologie à l’UQAM si les astres lui sont favorables (mais elle s’en fout).Bernard Arcand se demande encore comment l’équipe française a pu être éliminée du Mundial de football en juin dernier.50 Québec Science - Octobre 2002 combiner résultats de recherche universitaire et projets d'affaires d’oinient Wilier; Ajutrde ïnient, t b pierre ireusja Bits-issipour-luitàcei i Notre loirirpiie erappat- tntalf- aronfï 'certàej peu Ion-ofesioB' isbco»- Jeniande jjoiitii* per#011 .05 J# ) « L'objectif est d'accroître le nombre d'innovations transférées des universités au milieu des affaires.Les professionnels développent un plan de valorisation adapté à la technologie retenue.» Les sociétés de valorisation sollicitent des partenaires pour développer le volet économique et commercial du projet.Plusieurs innovations scientifiques présentent un bon potentiel de commercialisation.s entreprises dérivées oeuvrent ans des secteurs de pointe et sont mératrices d'emplois spécialisés isant appel à de la main-d'œuvre lutement qualifiée.Par les licences d'exploitation, les entreprises existantes peuvent profiter des innovations technologiques qui émergent des universités.Au savoir-faire des chercheurs-fondateurs s'ajoute l'expertise des spécialistes en transfert technologiques des sociétés de valorisation.Faire fructifier les actifs intangibles que constitue la propriété intellectuelle, voilà le défi réel., 866 //TtSltS/ VRQ Valorisation-Recherche Québec mm NIER (EN VOIE D APPROB/ \RTS DE LA SCÈNE ET [ TÉRATURES IES DE L'ORIENTATION JRE ET MOLÉ! )GIE DES FRANCOPHONE! )E LA MÉtALLURGIE • GÉI GIE (AGRICUL! Je suis une visi re.Je veux promouvoir mes idées.Je veux faire avancer les connaissances.Je veux atteindre mes objectifs et inventer ma carrière.L'Université Laval m'offre le meilleur environnement d'études et de recherche.Première université francophone en Amérique i Parmi les 10 plus grandes universités de recherche au Canada I Plus de 225 chaires, instituts, centres et groupes de recherche I Plus de 1 100 chercheurs I Environ 170 programmes de formation dont plusieurs avec Profil international I 230 millions de dollars en fonds de recherche I Bourses, stages, programme études-travail et soutien financier à la réussite Faites des études de 2e et de 3e cycle Le monde s'ouvre à vous.Jusqu'où irez-vous?À vous de choisir.www.ulaval.ca ïïiîî UNIVERSITÉ LAVAL Aujourd’hui Québec, demain le monde
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