Québec science, 1 janvier 2003, Juin
I I 3ER Ul 1BNQ \\ LERTE en au douce es Grands Lacs 3 leur plus bas niveau Eau potable : ce qu’on ie veut pas boire Eaux souterraines : Je précieuses réserves aîv ' ^ .r a '.f ,v I i- r jj Envoi de poste n° 40064577- publications -JH Enregistrement n*08024.525, rue Louis-Pasfeur, | HHHjtoucherville.Québec.Canada J48 8E7 sr 773333019949 Récupération et recyclage des pneus C’est gagnant ! Grâce aux initiatives mises en place par RECYC-QUÉBEC et ses partenaires, plus de 36 millions de pneus ont pu être recyclés.La récupération et le recyclage des pneus, c’est gagnant! DROIT ENVIRONNEMENTAL DE 3$ PAYABLE UNIQUEMENT À L’ACHAT D’UN PNEU NEUF.www.RECYC-QUEBEC.gouv.qc.ca RECYC-QUÉBEC Québec ES ES ES ES f n 0 ; / ¦¦mm SUR LE VIF : MADELEINE FERRIERES l'événement 9 Le SRAS s'arrêtera-t-il ?Il n'a fallu que quelques semaines pour identifier le syndrome respiratoire aigu sévère.Pourra-t-on endiguer l'épidémie ?par Isabelle Cuchet 12 Peau neuve à fy- ^Québec 0 Le Parc de l'Aquarium et le jardin zoologique de 1 Québec sont rénovés.^ Une mise à niveau m qui fait grincer bien des dents, par Gilles Drouin Innovation 14 Jambe bionique L'entreprise Victhom a mis au point la première jambe artificielle motorisée au monde.par Gilles Drouin Planète ADN 16 L'énigme du chimpanzé (1) ¦ L'étude du génome le confirme : I_ ces singes sont bien nos plus proches cousins.Mais chacun sa famille ! par Jean-Pierre Rogel 6 La peur des vivres L’homme n'a jamais eu l'esprit tranquille au moment de porter la fourchette à sa bouche, par Catherine Dubé JUIN 2003, VOLUME 41, NUMÉRO 9 www.cybersciences.com PALEONTOLOGIE 32 Les rescapés de révolution Les fossiles vivants contestent un vieux dogme des \ sciences de la nature : évoluer ou disparaître.par Philippe Chartier TECHNOLOGIE 38 L'auto branchée Puissance, autonomie et prix : la voiture électrique rassemble-t-elle enfin les trois ingrédients du succès ?par Jean-Benoît Nadeau Dossier eau Alerte en eau douce par Isabelle Cuchet, Laurent Fontaine et Mathieu-Robert Sauvé La voie maritime 18 À court d'eau Les Grands Lacs manquent d'eau; le Saint-Laurent écope.Eau potable 22 Les dangers cachés Hormones, médicaments, produits pharmaceutiques : de nouvelles questions planent sur l'eau potable.Nappes phréatiques 26 L'or bleu des profondeurs Les eaux souterraines du Québec sont abondantes mais mal connues.Et pas toujours propres.Dans le monde 29 Les défis de l'eau D'ici 50 ans, plusieurs milliards d'humains manqueront d'eau.De nombreux pays déjà touchés par la crise cherchent des solutions.techno*' pratique Internet 45 Un PC pour quelques roupies Les pays du Sud inventent leur ordinateur pour réduire la fracture 47 Aujourd'hui le futur par Philippe Desrosiers 49 Jeux par Jean-Marie Labrie numérique.par Philippe Chartier Science Culture 48 Le théorème de l'entrechat Si la science est un art, qui de mieux que des artistes pour l’enseigner ?par Mélanie Saint-Hilaire BABG 50 Paru dans.Soixante-dix pour cent des publications scientifiques ne sont pas lues.par Bernard Arcand et Brigitte Gemme ¦ ___________________________________ par Catherine Dubé Les électrochocs, six ans plus tard Le retour des électrochocs », c’est sous ce titre que Québec Science publiait sous la plume de Normand Grondin, en mars 1997, une enquête sur ce traitement psychiatrique controversé.On y apprenait qu’après avoir été mis au ban dans les années 1970, les électrochocs reprenaient du service, surtout auprès des personnes âgées.Fait troublant, les psychiatres interviewés ne s’entendaient ni sur l’efficacité du traitement ni sur ses effets secondaires.Cet article a fait réagir.Sa parution, conjuguée aux demandes de l’Association des groupes d’intervention en défense de droits en santé mentale du Québec, a incité le ministère de la Santé et des Services sociaux à y voir plus clair.Le Conseil d’évaluation des technologies médicales a été mandaté pour faire le point sur la question.C’était au printemps 1997.Presque six ans plus tard, le Conseil - qui est devenu entre-temps l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (AETMIS) -publie enfin son rapport.Pourquoi une si longue attente ?Selon Renaldo N.Battista, le président-directeur général de l’AETMIS, le sujet potentiellement explosif des électrochocs a exigé une évaluation beaucoup plus complexe que ce qui avait été estimé au départ.L’organisme a pris le temps qu’il fallait pour ficeler son rapport.De toute manière, le sujet demeure d’actualité, car le nombre de séances d’électrochocs pratiquées chaque année au Québec continue d’augmenter.Il a plus que doublé de 1988 à 2001.À l’heure actuelle, on pratique autour de 7 200 séances par an, surtout sur des schizophrènes, des gens qui présentent des manies et des dépressifs.Après la consultation d’une multitude d’experts et d’études sur la question, l’AETMIS arrive aux mêmes conclusions que Québec Science sur au moins deux points.D’abord, les scientifiques ignorent le mode d’action des électrochocs.Ensuite, l’Agence reconnaît qu’ils peuvent avoir des effets indésirables, comme causer des problèmes de mémoire chez certains patients.Le rapport conclut tout de même que les électrochocs demeurent un outil nécessaire en psychiatrie.Il semble que, dans les cas de dépression majeure, quand ni les médicaments ni la psychothérapie ne font effet, les électrochocs s’avèrent un traitement salutaire.Dans les cas de catatonie pernicieuse, un étrange syndrome qui rend les malades insensibles à toute stimulation, les électrochocs font parfois la différence entre la vie et la mort.Cependant - et c’est sans doute là-dessus qu’il faut insister -, l’AETMIS juge que pour la schizophrénie, les électrochocs doivent demeurer un mode de traitement d’exception.Car même si on les utilise depuis un demi-siècle chez les schizophrènes, les preuves de leur efficacité demeurent peu convaincantes.Idem pour le traitement des manies.Reste à souhaiter que les psychiatres liront le rapport avec attention.QS Internet et télé : te marlase Québec Le retour des lictess^ain nouvelle Infarctus : un virus en cause?Pour en finir avec l'obésité Mines: que cache , la Côte-Nord?IScience Juin 2003 Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine ifontaine@quebecscience.qc.ca Équipe de rédaction Philippe Chartier (informatique), Isabelle Cuchet (mathématique et section l'événement), Gilles Drouin (génie et industrie), Catherine Dubé (santé, médecine et innovation), Joël Leblanc (biologie, paléontologie et archéologie), Mathieu-Robert Sauvé (environnement), Vincent Sicotte (physique et astronomie), Collaborateurs Bernard Arcand, Philippe Desrosiers, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Jean-Benoît Nadeau, Jean-Pierre Rogel et Mélanie Saint-Hilaire Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Louise Bilodeau, André Caty, Michel Larose, Sylvain Majeau, Yves Provencher, Michel Rouleau, Rémy Simard Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Conseiller, Promotion et médias Hermann Gagnon Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Secteur public : Carole Martin cmartin@quebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur privé : Relations Média inc.info@relationsmedia.ca Tél.: (450) 661-8200 Téléc.: (450) 661-8500 SITES INTERNET www.cybersciences.com www.cybersciences-junior.org Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l’étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chègue à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Messageries Dynamiques Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LMPI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Culture et Communications 11*| Québec SS Canada Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier@QuebecScience.qc.ca -Magazines du Quebec CEGEP de Jonquière P NI B 4 Québec Science - Juin 2003 Jecn-Beocü I à^èr?wGap É 1)843-489?)) 661-8500 Depuis plus de 30 ans, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) appuie les scientifiques des pays du Sud qui cherchent des solutions aux Pour en savoir plus, consultez notre site Internet www.crdi.ca/eau pour trouver : www.crdi.ca/booktique/index_f.cfm L’eau i&cuxutKT .CwsaeracM Des livres La gestion de l'eau selon l'Islam 3SS, J I tae Ji IS23+M4 rii problèmes liés à l’eau.Plusieurs des résultats Wrife ans/ littond ¦ •S» et recommandations s’appliquent autant au Nord qu’au Sud.Des projets de recherche • approvisionnement en eau à petite échelle • épuration et réutilisation des eaux résiduaires • irrigation et aménagement des bassins hydrographiques http://idrinfo.idrc.ca/defaultf.htm Des articles La gestion de l’eau dans les Andes équatoriennes Dans la province équatorienne du Carchi les conflits autour de l’eau sont monnaie courante.On vole même la précieuse ressource.Cependant, l’information réunie par une équipe de chercheurs appuyée par le CRDI a aidé à créer une réaction en chaîne qui a permis de régler un conflit qui opposait deux municipalités; à faire adopter une nouvelle méthode d’allocation de l’eau dans la région; à faire naître un mouvement populaire grandissant en faveur de la protection des hauts plateaux du paramo; à susciter un regain d’intérêt pour améliorer l’infrastructure d’irrigation; et à modifier légèrement, mais sérieusement, la dynamique du pouvoir dans la région.http://www.idrc.ca/explore , .U, L& coKKaissaMx^y et L’utsiovation/ n/ont pas deyfrontières Le Canada l’a compris il y a plus de trente ans en créant le CRDI Canada es vivr L’homme n’a jamais eu l’esprit tranquille au moment de porter la fourchette à sa bouche.propos recueillis par Catherine Dubé Le consommateur d'aujourd'hui, vigilant et soucieux de qualité, a parfois la nostalgie du passé.En traquant les hormones de croissance dans sa viande, il s'imagine que ses prédécesseurs avalaient sans soucis les aliments sains que lui fournissait la nature.Grossière erreur ! Dépourvu de moyens pour invalider ses soupçons, l'homme d'hier était taraudé par la peur de son écuelle.Porc lépreux, pain et pâté empoisonnés, mouton fou : les scandales et les craintes alimentaires, justifiés ou non, existent depuis des siècles.Avec Histoire des peurs alimentaires, du Moyen Âge à l'aube du XXe siècle, l'historienne Madeleine Ferrières convie le lecteur à un voyage dans le temps, parfois peu ragoûtant, mais toujours fascinant.Québec Science : Est-ce que nos ancêtres avaient davantage peur des aliments que nous ?Madeleine Ferrières : Dans le passé, la peur alimentaire numéro un, c’était la peur de manquer de nourriture, plus que la peur des aliments eux-mêmes.Nous, nous vivons le miracle de l’abondance; eux vivaient dans une société de pénurie.Ils ne jetaient pas les aliments, même quand ils étaient mauvais ou malsains.Dans une société de pénurie, on sait qu’il n’y a pas de risque zéro.Alors qu’aujourd’hui, c’est ce que nous visons.6 Québec Science ~ Juin 2003 QS Les gens consommaient donc des aliments malsains en toute connaissance de cause ?MF Oui et c’était vrai surtout pour les paysans, à cause de ce que j’appelle l’autoconsommation de rebuts.La ville, en tout cas en Occident, a toujours été privilégiée, car elle bénéficie d’un encadrement sanitaire qui la protège.Le marché urbain est un lieu officiel et obligatoire, réglementé et contrôlé.Les gens de la campagne ne peuvent pas vendre à la ville des denrées de seconde catégorie ou malsaines comme le lait caillé, la viande salée qui a tourné ou le blé noir qui a fermenté parce qu’il a été coupé trop tôt.Ce qui est invendable reste à la campagne et est recyclé, c’est-à-dire mangé.QS Est-ce que toutes les peurs alimentaires étaient justifiées ?MF J’ ai rencontré tous les cas de figure au cours de mes recherches.Dans le cas des maladies animales transmissibles à l’homme, comme le charbon du mouton, on avait raison d’avoir peur.Dans le cas de l’ergot, un champignon parasite du seigle qui cause une gangrène plus ou moins grave, on avait aussi raison.Mais il y avait également des peurs non fondées, comme celle du pain à la levure de bière.A Paris, au XVIIe siècle, quand on commence à utiliser cette levure pour faire du pain (comme on le fait encore aujour d’hui) plutôt qu’avec du levain, les gens ont peur d’être empoisonnés.Pour les médecins, il s’agit d’un additif suspect.Un procès est même intenté.Il y a aussi les cas où on aurait dû avoir peur, à cause d’un danger réel, mais qu’on ignorait.Le botulisme, une maladie causée par un parasite se développant dans les charcuteries et les conserves, a été identifié au Canada seulement en 1870.Il est certain qu’il existait avant, mais s’il faisait des victimes, on les attribuait à des coliques ou à des accidents mortels.QS Jusqu'à quel point la rumeur amplifiait-elle la peur?MF La rumeur est très importante parce qu’on est dans une civilisation orale.Beaucoup de ces peurs sont urbaines et liées au prêt à manger.Le pâtissier qui prépare des petits pâtés remplis de hachis de viande fait particulièrement peur, parce qu’on ne sait pas vraiment ce qu’il peut cacher dans ces pâtés.On craint surtout la viande de chat, que l’on dit vénéneuse.Comme aujourd’hui, plus le circuit suivi par l’aliment est long, et plus il y a d’intermédiaires entre l’aliment et le consommateur, plus ce dernier a peur.La rumeur vit longtemps quand elle a une apparence de vraisemblance.En • dans le passé, la peur alimentaire numéro un, c'était la peur de manquer de nourriture • • • 1522, les statuts des pâtissiers parisiens précisent qu’il est interdit d’utiliser des chairs corrompues dans la fabrication I des pâtés.En montrant toutes les choses I calamiteuses qu’on peut y mettre, les J pâtissiers donnent prise à la rumeur, I même s’ils disent en même temps, « nous, I nous faisons de bons pâtés ».D OS La viande a de tout temps été suspecte, jj n'est-ce pas ?I MF L être humain a toujours eu peur des zoonoses, et je dirais même davantage auparavant que maintenant.Les zoonoses existent, les hommes du passé le savent et ils les croient plus nombreuses qu’elles ne le sont en réalité.Aussitôt qu’une maladie animale et une maladie humaine éclatent I en même temps, et pour peu qu’elles I présentent les mêmes symptômes, par I exemple la rougeole chez l’homme et la cla-H velée chez le mouton, on suspecte une K transmission, même quand il n’y en a pas.À cause de cette peur, on élimine de la consommation toutes sortes de viandes que l’on n’éliminerait pas aujourd’hui, comme on le voit dans le règlement de la boucherie de la ville de Mirepoix, en 1303.La viande de chèvre est interdite, car cet animal a la voix tremblante; sûrement car elle est fiévreuse, croit-on.On sait aujourd’hui que la fièvre de Malte ou brucellose, se transmet bel et bien à l’homme, mais que la viande d’un animal atteint ne présente pas de risque.Le porc fait également l’objet d’une étroite surveillance, car on pense que les kystes trouvés dans sa chair transmettent la lèpre.En fait, il s’agissait de larves de ténia, des vers désagréables, mais pas mortels.OS Pourtant, on n'a pas peur du lait, qui est aussi d'origine animale.Pourquoi ?MF Pendant très longtemps, le lait n’a pas suscité de peur particulière.Il est Pour Madeleine Ferrières, la peur des OGM s'inscrit dans un courant vieux comme le monde.blanc, donc pur.On ne fait pas non plus le lien entre ce qu’on appelle la pul-monie des vaches et la phtisie des hommes, qui sont toutes deux la tuberculose, parce que la contagion n’est ni constante ni générale, et à incubation lente.Puis, au tournant du XXe siècle, on comprend que la tuberculose humaine, la maladie la plus importante à ce moment, peut être transmise par le lait des vaches.Pour la première fois, le lait fait peur.Heureusement, la riposte ne se fait pas attendre : on propose la pasteurisation.Mais Pasteur n’est pas prophète dans son pays, car en France on a beaucoup moins peur du lait cru qu’en Amérique.Avec cet exemple, on voit que les peurs ont des frontières géographiques.QS À la lecture des règlements entourant l'abattage des animaux, on comprend que la traçabilité a été inventée il y a très longtemps.MF Oui.Dès le Moyen Age, les animaux doivent entrer à pied en ville; c’est une garantie pour le consommateur qui peut ainsi vérifier que la bête est saine, sans signe visible de maladie.Elle n’est tuée qu’après un contrôle sanitaire.Les villes gardent leurs abattoirs en leur centre, près du grand marché, pour que le tout se déroule sous l’œil du public.Les premiers abattages massifs, pour freiner la propagation de maladies contagieuses dans les troupeaux, comme la peste bovine, sont aussi anciens.Le premier connu a lieu en 1714.OS Les végétaux ont causé moins de crainte, eux.MF Ce sont les plantes nouvelles qui font peur.Cette « néophobie » est innée et elle a été renforcée par des expériences malheureuses, comme celle du manioc, mangé par le peuple Taïnos des Antilles.L’écorce d’une des variétés de manioc contient de l’acide prussique, une sorte de cyanure.Les Taïnos l’épluchaient, mais les Espagnols n’ont pas pris cette précaution.Les plantes « nouvelles » sont donc automatiquement, suspectes.Aux yeux des Européens, la pomme de terre a longtemps été considérée comme dangereuse pour la santé.On croyait entre autres qu’elle donnait la lèpre.QS Quels sont les progrès scientifiques qui ont Québec Science ~ Juin 2003 7 le plus contribué à diminuer les risques alimentaires ?MF II y a bien sûr la conservation par le froid, les découvertes de Pasteur dans les années 1860 à 1880, la stérilisation aussi.Mais d’abord l’invention du microscope, ainsi que la recherche expérimentale et la microbiologie, qui contribuent à élucider beaucoup de mystères.Pour la première fois, on peut analyser les aliments et vérifier s’ils sont empoisonnés ou pas.Un exemple : en 1818, en Vénétie, les galettes de maïs virent au rouge vif.Les paysans y voient un acte de sorcellerie, mais un étudiant en pharmacie arrive à reproduire la métamorphose en laboratoire dans une atmosphère humide et à une température précise.Il est le premier à cultiver une bactérie en laboratoire.QS Pourtant, au début de la microbiologie, la découverte des agents pathogènes semble amplifier les peurs.MF Pour les savants, c’est un espoir de découvrir, en 1882 par exemple, que la tuberculose humaine et la tuberculose animale sont une seule et même maladie.Les microbiologistes se disent : « maintenant qu’on a isolé le bacille de Koch, nous allons pouvoir avancer ».Mais pour le commun des mortels, ce n’est pas rassurant de savoir que l’on a affaire à la même maladie, et surtout qu’elle peut se transmettre des animaux aux hommes.C’est au contraire la grande panique ! Le progrès qui calme cette panique, c’est l’arrivée des vaccins.On peut alors agir et immuniser les animaux contre la tuberculose, le charbon, etc.Mais à mon sens, le plus grand progrès s’avère plutôt la possibilité de sortir enfin de la société de pénurie vers les années 1880, L'histoire des peurs ali-mente/resn'estpasqu’un récit de scandales et de rumeurs infondées.C’est aussi une histoire de la science.En compagnie de Madeleine Ferrières, le lecteur revoit la préhistoire de la diététique et de l’anatomie.Pour l'homme du Moyen Âge, la digestion est une série de cuissons par lesquelles les aliments deviennent des humeurs : le phlegme, le sang, la bile ou la mélancolie, dont le déséquilibre engendre la maladie.Il y a aussi deux types d’estomac, celui du riche et celui du pauvre.Ce surtout dans les pays anglo-saxons.On s< débarrasse ainsi de la peur numéro un, cells de manquer de nourriture.C’est à partir ds ce moment que la peur numéro deux, celle de l’aliment malsain, prend le dessus.QS Puisque la société de pénurie existe encore ailleurs sur la planète, on peut affirmer que la peur de l'aliment malsain est un luxe ?MF C est un luxe occidental, en effet, mais un luxe qu’on continuera à se payer, car on ne peut se passer d’avoir peur, semble-t-il ! CE dernier est heureusement plus solide et peut supporter la nourriture de moins bonne qualité.L’historienne emprunte aussi quelques chemins peu visités, comme celui de l’usage des drogues rustiques.Bien que l’on ait soupçonné l'ergot, un parasite du seigle, de causer la gangrène dès 1597, les paysans ont continué à manger des grains ergotés pendant deux siècles, beaucoup dans les années de disette, mais quand même un peu dans les années fastes.On sait aujourd'hui que l'ergot contient des alcaloïdes assez proches du LSD.Se pourrait-il que les villageois aient cherché à définir une dose tout juste suffisante pour provoquer des hallucinations et leur apporter une sensation d’ivresse ?HS1CSRE C£S PEURS AÎJBÆNTA1IFES l Minée Bio sphère Venez découvrir en famille les mers et les océans les Grands Lacs et le Saint-Laurent et mieux comprendre les grands enjeux environnementaux MuséÜ’eau m rSiËTBÔ JEAN-D*A?=AL' (514) 283-5000 www.biosphere.ec.gc.ca 1*1 Environnement Environment Canada Canada mosphère Canada 8 Québec Science - Juin 2003 ¦ 'I ^ànirtirl foasttem ‘itilllliKi) tpeur, WsimSL Ë Science ilSll SANTE il» il (eu joufflip ffiptH lapis «I ileiale itap Le SRAS s'arrêtera-t-il ?Il n’a fallu que quelques semaines pour identifier le syndrome respiratoire aigu sévère.Mais pourra-t-on endiguer l’épidémie ?par Isabelle Cuchet 15** r r •h.î'j ui-chu Kwan, 78 ans, a été la première victime du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) au Canada.De retour d’un voyage de 10 jours à Hong Kong, elle est décédée le 5 mars dernier, à son domicile de Toronto.Sa mort est survenue une semaine environ avant l’avis d’alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au sujet de la propagation, en Asie, d’un nouveau virus mortel.Avant de mourir, Sui-chu Kwan a eu le temps de transmettre le virus à son médecin de famille et à plusieurs de ses proches, dont son fils, qui a contaminé son voisin de chambre dans un hôpital torontois.Ce dernier est décédé quelques jours plus tard.En quelques semaines, la maladie s’est ainsi répandue dans la capitale ontarienne, puis dans l’ensemble de la province.« La pneumonie atypique est moins contagieuse que la grippe et a un faible taux de mortalité, autour de 3 % ou 4 % des cas, dit Brian Ward, microbiologiste à l’Université McGill à Montréal.Mais étant donné que nous ne disposons d’aucun traitement ni de vaccin, le virus du SRAS sera sans doute plus mortel que la grippe.» Les mises en quarantaine et l’isolement des patients à l’hôpital font penser à des époques que l’on croyait révolues en Occident : celles de la peste ou de la variole.« En l’absence de traitement, ce sont pourtant les seules mesures effi- caces que nous pouvons et devons prendre », dit Brian Ward.Si la Chine avait réagi dès le mois de novembre, au moment de l’apparition des premiers cas dans la province du Guangdong, une pandémie aurait sans doute pu être évitée, ont répété les scientifiques de l’OMS.« Désormais, il est trop tard; le virus ne pourra sans doute plus être éradiqué et la maladie risque de devenir endémique, c’est-à-dire permanente; comme la tuberculose ou le paludisme », estime le microbiologiste.Selon un comité d’experts réuni au mois d’avril à Toronto, même si les autorités parviennent à contenir l’épidémie au Canada, les pays asiatiques comme l’Inde ou la Chine Québec Science - Juin 2003 9 Nous avons fait nos devoirs et nous sommes à nouveau certifié s IS0900I et 14001 _-r / U**" WÊÊÊÊ* s e\ .) Desjardins Conjuguer avoirs et êtres Aider la faune j fait du bien ! ,V-, ît.5 caisses Desjartfos du Ogèbec et la Fcndafion de la «aura du Quebec usagers autaisés Un magazine d ici avec des antennes de par le monde m bien profiter du plein air Abonnez-vous pour trois ans et obtenez gratuitement «Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger » de M.André Hade.Une valeur de 19,95$! Science Nos ats Abonnez-vous pour un an et obtenez gratuitement notre tout nouveau Guide Plein Air 2003 Science ?1 an (10 numéros) 41,35 $ ?2 ans 71,25$ ?3 ans 98,87 $ Taxes incluses, tarifs valables au Canada seulement jusqu'au 27 juin 2003.Détachez et expédiez à Québec Science ou remplissez le coupon à l'intérieur Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : www.cybersciences.com/abonnement Offres spéciales Nom Adresse app.ville code postal téléphone courriel ED Chèque CD Visa Chèque à l’ordre de Québec Science N° de carte MasterCard Facturez-moi Date d’expiration / Signature WWW.CYBERSCIENCES.COM RÉMY SIMARD INTERNET par Philippe Chartier philippe.chartier@cybersciences.com ¦que Un PC pour quelques roupies Les pays du Sud inventent leur ordinateur pour réduire la fracture numérique.S don les chiffres du Computer Industry Almanac (1), la planète compterait aujourd’hui plus de 660 millions de micro-ordinateurs en opération.Pas mal, si l’on considère que ces engins sont apparus il y a 25 ans à peine.Cependant, plus des deux tiers (448 millions) se concentrent dans une douzaine de pays représentant moins de un milliard d’habitants, dont près du tiers (31 %) se trouvent chez nos voisins du sud (voir le tableau).Si l’on compare les 214 millions d’ordinateurs « restants » à la population des autres nations, soit environ 5,3 milliards de personnes, on obtient une maigre moyenne de 40 micro-ordinateurs pour 1 000 habitants.Dans les pays du Sud, divers projets sont en chantier pour lutter contre cette disparité.Objectif : développer et commercialiser des appareils spécialement conçus pour les habitants des pays pauvres.L’Inde est particulièrement fertile en initiatives de ce genre.Dans ce pays de un milliard d’habitants, pourtant réputé pour son industrie du logiciel en pleine effervescence, on trouve moins de 10 millions de micro-ordinateurs ! L’an dernier, après deux ans de recherche, un groupe de scientifiques et d’ingénieurs indiens procédait au lancement officiel du Simple Inexpensive Multilingual People’s compUTER, ou Sim-puter (2).De la taille d’un assistant Micro-ordinateurs en opération (en millions) % Population (en millions) % États-Unis 205,6 31,0 280 4,4 Japon 58,3 8,8 127 2,0 Allemagne 38,1 5,7 83 1,3 Royaume-Uni 30,0 4,5 60 1,0 France 23,9 3,6 60 1,0 Canada 19,5 2,9 32 0,5 Italie 17,0 2,6 58 0,9 Australie 11,9 1,8 19,5 0,3 Pays-Bas 9,4 1,4 16 0,3 Espagne 8,5 1,3 40 0,6 Russie 10,7 1,6 144 2,3 Corée-du-Sud 15,9 2,4 48 0,8 Total 448,8 67,7 967,5 15,4 Total (mondial) 662,9 00% 6300 1 00% Sources : Computer Industry Almanac/Etforecasts /CIA World Factbook personnel de type Palm ou iPaq, ce « sim- ple ordinateur » est destiné aux villageois des régions défavorisées de l’Inde.Doté d’un microprocesseur Intel Strong-Arm, de 32 Mo de mémoire RAM et de 16 Mo de mémoire Flash, ainsi que d’un modem 56 K, il est suffisamment puissant pour surfer sur le Net et envoyer des courriels.Au lieu de piles rechargeables trop coûteuses, il est alimenté par trois piles AAA relativement faciles à trouver, même dans la campagne indienne.Par souci d’économie, le Simputer roule avec le système d’exploitation libre GNU/Linux (voir « Vive le logiciel libre ! », Québec Science, mai 2002).D’ailleurs, et ceci est assez inédit, même la quincaillerie du Simputer est « libre ».Les plans et spécifications techniques de l’appareil sont à la disposition de tous, et quiconque peut y apporter des améliorations à condition de les partager avec la communauté des utilisateurs.N’importe qui peut également produire et vendre l’appareil.La fondation chargée de la promotion du Simputer demande uniquement le paiement, la première année seulement, d’une licence initiale de 25 000 dollars américains pour les pays en voie de développement ou de 250 000 dollars américains pour les pays développés.Entre 35 % et 55 % de la population indienne est illettrée, et 90 % ne maîtrise pas l’anglais.Pour que le Simputer soit utile au plus grand nombre, ses concepteurs l’ont équipé d’un écran tactile et son interface fait principalement appel à des icônes facilement identifiables.Autre atout : il « parle » ! Grâce à une banque Québec Science-Juin 2003 45 ;• 1 de 1 200 phonèmes, il peut lire à haute voix des pages Web, des courriels ou tout autre texte affiché à l’écran.Pour l’instant, il sait s’exprimer en langues hindi, tamoul et kannada.Deux sociétés indiennes, Picopeta (3) et Encore Software (4), sont chargées de commercialiser l’appareil.Son prix de vente a été fixé autour de 20 dollars américains.Mais dans un pays où le salaire mensuel tourne autour de 30 dollars américains, cela représente une fortune ! C’est pourquoi ses concepteurs ont doté l’appareil d’un lecteur de carte à puce (voir « Les puces en affaires », Québec Science, octobre 2000).Pour 50 à 100 roupies (1 à 2 dollars) un villageois pourra se procurer une carte à puce qui conservera ses données personnelles.Un même appareil pourra donc être utilisé successivement par plusieurs personnes.Des projets pilotes ont été mis en place pour tester certaines applications et montreraient déjà des résultats prometteurs.Des fermiers de l’État de Karnataka utilisent le Simputer pour suivre le cours des marchés et ainsi vendre leurs récoltes à meilleur prix.Ils s’en servent également pour effectuer des transactions bancaires et imprimer des formulaires administratifs - ce qui, dans les deux cas, leur évite des déplacements inutiles à la ville.Dans l’État de Chattishgargh, des écoles rurales expérimentent avec l’éducation à distance grâce au Simputer, qui sert aussi pour le courriel et l’écoute de la radio sur le Web.Déjà, le Simputer fait des émules.Toujours en Inde, la société Inablers planche sur un terminal d’accès Internet bon marché, baptisé iStation (5), tandis que Infomart propose son Kaii (6), un assistant numérique haut de gamme, mais à bas prix (selon les normes des pays riches), »Cyber Ressources (1) Computer Industry Almanac www.c-i-a.com (2) Simputer________ www.simputer.orq (3) Picopeta www.picopeta.com (4) Encore Software www.ncoretech.com (5) iStation (Inablers) www.inablers.com (6) Kaii (Infomart) www.kaii.info (7) Jhai PC www.jhai.orq/ jhai_remotelT.html que ses inventeurs souhaitent voir rivaliser avec les produits similaires des grands fabricants occidentaux.Comme le Simputer, le Kaii (qui veut dire « main » en langue kannada) utilise GNU/Linux comme système d’exploitation.’autres pays en voie de développement imaginent aussi des systèmes informatiques inédits, mieux I 'BW adaptés à leur contexte.Au Laos, le projet Jhai PC (7) vise à mettre au point un ordinateur tout-terrain, résistant à la poussière, à la chaleur et pouvant même endurer une immersion dans l’eau, et tout de même suffisamment sophistiqué pour permettre l’accès à Internet et au courrier électronique.Avec une consommation prévue inférieure à 20 watts - et 70 watts lorsque l’imprimante fonctionnera -, il sera alimenté par une batterie rechargée par un générateur électrique actionné en pédalant ! Au Sri Lanka et au Kenya, des tests sont menés pour évaluer la viabilité du PDAVillaqe (8), une sorte d’assistant numérique minimaliste dont le coût ne dépasserait pas 50 dollars américains.Comme le Simputer, le PDAVillage est conçu pour être partagé par plusieurs utilisateurs d’un village et se veut davantage un « assistant communautaire » qu’un assistant personnel à l’occidentale.Grâce à une liaison sans fil Bluetooth, une douzaine de PDAVillage peuvent accéder simultanément à un serveur branché sur Internet, donnant accès au courriel et à diverses applications.Cependant, dans les pays riches, où la course aux micro-ordinateurs hyper-performants commence à s’essouffler, des projets de machines plus (8) PDAVillaqe www.villaqepda.com (9) Morphy One www.morphyone.orq (10) Alphasmart www.alphasmart.com (11) Grameen Bank www.qrameen-info.orq (12) TIMEasia.com www.time.com/time/asia/ diqital/maqazine/0,9754,10 7313,00.html 9©«®eeeoe ¦Snoorrcrrc' modestes et abordables voient également! le jour.Au Japon, une petite équipe tente de donner vie au Morphy One (9), une sorte d’assistant numérique encore au stade virtuel.Par contre, aux États-Unis, la société Alphasmart (10), créée par d’anciens ingénieurs d’Apple, semble avoir trouvé un créneau viable, voire enviable, dans la commercialisation d’engins à faible coût et à grande autonomie.A mi-chemin entre l’ordinateur portable et l’assistant personnel, son Alphasmart 3000, par exemple, est doté d’un véritable clavier et d’un petit écran à cristaux liquides de 4 lignes à 40 caractères.Il est à même de stocker une centaine de pages de texte que l’on peut ensuite transférer vers son micro-ordinateur (PC ou Mac), ou envoyer directement à une imprimante, via son port parallèle ou infrarouge.Selon le fabricant, avec ses trois piles AA, l’appareil peut fonctionner jusqu’à 700 heures ! Vendu au coût de 200 dollars américains, il a trouvé sa place dans plusieurs écoles élémentaires des États-Unis pour initier les enfants à l’informatique.En effet, pour le prix d’un seul ordinateur portable standard, on peut acheter pratiquement une dizaine d’Alphasmart 3000.En novembre dernier, la société annonçait avoir vendu, depuis sa création en 1993, un million d’appareils ! Bref, à côté des super-micro-ordinateurs, il y a apparemment de la place aujourd’hui, même dans les pays riches, pour des solutions plus modestes.Cependant, lorsqu’on connaît les innombrables et urgents problèmes que connaissant les populations du tiers-monde, on peut tout de même se demander si ces Simputers, PDAVillage et autres « ordinateurs populaires » sont vraiment une priorité.A quoi bon le courriel lorsqu’on manque d’eau potable ou de nourriture ?Les concepteurs de ces appareils semblent fermement convaincus que leurs créations pourront contribuer à améliorer le sort de leurs compatriotes.Selon Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank (11) -surnommée la « Banque des pauvres » -, cité dans Time Asia (12), le Simputer sera une « lampe d’Aladin entre les mains des pauvres ».On ne peut que le souhaiter ! QS 46 Québec Science ~ Juin 2003 ' (]]]Ç % Wore n pUéeepar scmlilç '^b’oireai.faiioiij’iipj utonomie, 1 ¦ lordinattif PtraniKl,»! ^MpetittcrÉ *à#aac- 'ûckrmfcej- “tl’onpaiten- mpirifOü icant, a\ec pfoitaaion-kœlVdij dollars aura-; sa place dans ¦ cbiGjirii sd'imdor-e standard, or dijiiiniciir: ismandll eraierjaso; avoir vendiij ij.imniW aicKHirfa le laptop pavs Du vieux avec du neuf La compagnie Digisette a mis au point un lecteur-enregistreur gui tente de faire le pont entre la belle épogue de l'analogigue et celle, actuelle, des lecteurs MP3.Le Duo-DX 496 a l'apparence d'une cassette audio.Si on y regarde de plus près, on est frappé par le fait gu'elle est O ~>Uopx €> nclics, s modestes] «ait les® oblènies# liisd «me*'HI OiVillapeel laires’*| ijiioiltett j'fjiipt®^ fmcnt co» lortdeH iistl'W Panltl111'! spaiieteS'i ];éiiiipo,er| lient* ^ .penif1 entièrement faite d'aluminium et gu'on y retrouve de tout petits boutons.Une prise pour écouteurs complète le tout.À l'intérieur, le traditionnel ruban magnétigue a été remplacé par de la guincaillerie électronigue.Mi-baladeur, mi-dictaphone, le Duo-DX 496 est un lecteur MP3 gu'on peut à la fois glisser dans ses poches et dans notre bon vieux lecteur de cassettes.Détail amusant, on peut encoder directement en format MP3 en pesant sur la touche d’enregistrement de la platine cassette.La communication intergénérationnelle a cependant un prix, il faut débourser près de 400 dollars pour mettre la main sur la cassette électronigue.www.vnunet.com/Products/ Hardware/1138560 Bonne note Karaoké signifie « orchestre vide » en japonais.Pour ce loisir de plus en plus populaire, on fait entendre la version instrumentale d'une chanson généralement connue, et le brave - ou l'inconscient - en chante les paroles au grand désespoir des spectateurs.La compagnie IVL Technologies vient de mettre au point le TV Star, gui vise à corriger la voix de ceux gui faussent.L'appareil, auguel on a donné la forme d'un microphone, change la hauteur de la voix pour gu'elle s'accorde à celle gu'il faut adopter en chantant l'une ou l'autre ritournelle.Le TV Star peut transformer une voix grave en voix aiguë, ou l'inverse, pour permettre de pasticher tour à tour Britney Spears et Frank Sinatra.Il coûte environ 120 dollars et contient déjà 50 chansons.On peut en télécharger jusgu'à 100 autres au coût de 1,50 dollar chacune.La machine permet également de chanter en duo.avec soi-même.www.ivl.com au dragon Vous avez peur de laisser votre chez-vous sans surveillance ?Vous hésitez entre un système d'alarme ou un chien ?Combinez les deux en vous offrant un système électronigue de surveillance à guatre pattes.Sanyo a lancé le Banryu, ce gui veut littéralement dire « dragon de garde » en japonais.Il ressemble à un jouet, mais agit comme un gardien de sécurité.Il est éguipé de capteurs de mouvement, de son et de température pour pouvoir être à l’affût d'une guelcongue présence étrangère dans votre foyer.Son nez électronique détecte les odeurs de fumée.Avec les senseurs de ses pattes, il peut franchir des obstacles de moins de 10 cm.Si votre dragon décèle une incongruité, il appelle illico votre sans-fil pour donner l'alerte.Il peut aussi se mettre en mode toutou, de quoi épater la galerie.À 24 000 dollars, il serait en effet dommage de ne jamais le montrer.www.banryu.jp I IVL.COM science/culture par Melanie Saint-Hilaire Enapprf Le théorème de l'entrechat Si la science est un art, qui de mieux que des artistes pour l’enseigner ?M quoi pense une ballerine au mo-Êm ment de s’élancer dans les airs ?Sûrement pas à la loi de la gravi-® té.Pourtant, elle la maîtrise mieux que n’importe quel physicien.La preuve : demandez donc à un savant de faire un entrechat ! Notre culture tend à considérer l’art et la science comme deux manières mutuellement exclusives de saisir le monde.Et si elles constituaient les deux oculaires d’une même jumelle ?Voilà sans doute ce qui trottait dans la tête de Peter Simon, président du Conservatoire royal de musique, lorsqu’il a fondé le programme Apprendre par les arts (APLA), en 1994.Son dada : envoyer des artistes dans les écoles pour enseigner aux enfants, à travers leur discipline, les matières de base - dont les mathématiques, la biologie, l’écologie, etc.Ainsi, un sculpteur explique les principes physiques régissant la construction d’un pont en faisant bâtir un modèle réduit aux jeunes.Et une danseuse illustre le système solaire par une chorégraphie où chacun incarne une planète ! « Les enfants ont tellement de plaisir qu’ils oublient qu’ils sont en train d’apprendre.La matière entre dans leur tête en passant par le corps », dit Pascal Auclair, qui coordonne le programme au Québec.Cette année, 800 élèves de 3 écoles primaires de la Riverside School Board, sur la Rive-Sud de Montréal (St.Lambert, Mount Bruno et Champlain) ont goûté à cette méthode d’enseignement.Un « modèle d’avenir » selon l’Unesco.Pour l’instant, elle est réservée aux tout-petits de la maternelle jusqu’à la deuxième année.Auclair espère l’étendre à la troisième et à la quatrième année, en 2004, et aux classes de cinquième et de sixième, en 2005.Sa voix vibre de joie anticipée.Comédien d’expérience (on l’a vu au cinéma, dans 2 secondes, et à la télévision, dans Virginie), Pascal Auclair est fou de ce type d’enseignement.En avril, il présentait un nouvel atelier d’écologie.D a conté aux enfants un scénario terrifiant : et si le Soleil disparaissait ?« On a identifié ce que ça changerait dans nos vies, puis écrit une ode pour l’inviter à revenir.» Après trois visites d’une heure, les gamins pouvaient discourir sur le rôle du Soleil dans le cycle des saisons, et sur la longueur des ombres selon sa position dans le ciel.De ces jeux éducatifs, simplets en apparence, les enfants retiennent plus de concepts abstraits qu’on pourrait le penser.lilt!; :: Ife; ' - 48 Québec Science ~ Juin 2003 11 par Jean-Marie Labrie D’après une étude menée par Rena Upitis, ex-doyenne de la faculté de l’éducation à l’université Queen’s, en Ontario, les écoliers ayant suivi le programme APLA pendant trois ans ont obtenu en moyenne 11 % de plus que leurs camarades des classes régulières lors de tests en mathématiques.Mieux : 9 parents sur 10 affirmaient que cela les avait motivés à apprendre.Même dans les écoles des quartiers défavorisés.Ces jeunes changent, observe Auclair : « Us prennent confiance en eux, développent leur curiosité et leur créativité.» Certains de ses anciens élèves suivent maintenant des cours de théâtre.En apprenant les sciences, ils s’ouvrent l’esprit aux arts.Cela stimule tout le monde, à commencer par leurs parents, qui n’hésitent plus à se pointer au vernissage d’un moniteur ! Et leur professeur, ravi, développe un enseignement plus créatif.Après deux ans de l’approche APLA au Québec, Pascal Auclair dresse un bilan positif, mais demeure prudent : « Le programme se développe tranquillement.» En Suède, en Italie, et même à Singapour, les instituteurs l’ont adopté plus spontanément.Comme au Canada anglais : en novembre dernier, environ 40 000 petits Canadiens « apprenaient par les arts » dans 170 écoles, de North Vancouver, Colombie-Britannique, jusqu’à Western Newfoundland, à Terre-Neuve-et-Labrador.Chez nous, pendant ce temps, la danseuse Teresa Penafiel enseigne une chorégraphie inspirée des tables de multiplication ! Dans une salle au plancher couvert de nombres, une vingtaine de petits rats sautent sur les multiples de deux, tournent sur ceux de trois, etc.Cela fera-t-il d’eux des scientifiques ?Bien sûr que non.Mais ces enfants, contrairement à bien d’autres, garderont un souvenir heureux de leurs cours de maths.CB ; T À visiter : Le site Internet www.apla.ee Insondables énigmes Pourquoi l'Univers est-il silencieux ?Où se trouve le siège de l'âme ?Plusieurs énigmes titillent la curiosité des scientifiques, et dans certains cas depuis des décennies ! À découvrir dans notre numéro d'été.par Isabelle Cachet, Gilles Drouin, Catherine Dubé, Mathieu-Robert Sauvé et Vincent Sicotte Le Québec d'avant Cartier Qui étaient les premiers habitants de cette terre qu'on appelle le Québec ?D'où venaient-ils ?Comment vivaient-ils ?I Après 40 ans de recherches, les archéologues commencent à trouver des réponses à l'histoire | amérindienne de notre coin d'Amérique.un dossier de Joël Leblanc Virus du Nil Deux morts et-HTcas/ d'infection : le virus du Nil a bel et bien fait son entrée au Québec l'an dernier.Cet été sera chaud pour contenir l'épidémie.par Catherine Dubé Rimouski, la recherche Du 19 au 23 mai, plusieurs de nos journalistes se rendent à Rimouski.Ils n’y vont pas seulement pour goûter le printemps dans la ville océane; ils vous en ramènent le meilleur des 2 400 présentations scientifiques du soixante et onzième Congrès de l’ACFAS, l'Association francophone pour le savoir.C'est plus facile à dire qu'à faire ! Résoudre le cryptogramme suivant.Le chiffre « O » ne doit pas commencer un nombre.UNE + DEMI + FINALE FACILE v \ Un champ modifié ! Un terrain de forme rectangulaire a un contour de 994 m.À la suite d'un recoupage, on a modifié les dimensions de ce terrain.La largeur est augmentée de 15 m et la longueur est diminuée de 9 m.On observe que l'aire du terrain modifié surpasse celle de l'ancien de 1 440 m2.Quelles sont les dimensions de l'ancien terrain ?Solutions 143 Le rectangle parfait le plus petit Solutions suggérée : Voici ce rectangle 18x18 15 x15 7x7 8 x 8 14x14 4x4 10x10 9x9 144 Expression à simplifier ! Solutions suggérée : Il suffit de remplacer la valeur de x par y + 7 : (y + 7)(y + 7 + 2) + y(y - 2) -2(y + 7)y +1 ce qui donne : y2 + 16y + 63 + y2 -2y - 2y2 - 14y +1 Après simplification, on obtient 64.La racine carrée positive de 64 est 8.Erratum jeu 8140 L'erreur était d'avoir partagé le côté en 4 segments isométriques.Il y a 8 triangles rectangles isométriques qui ont un angle de 30°.Dans l'un de ces triangles, si l'hypoténuse mesure 2b, alors le côté opposé à l'angle de 30° mesure « b ».L'autre côté de ce triangle est donc b\/3.L'aire de ce triangle est donc : \/3b2/2.La mesure du petit côté du carré du coin à droite est égale à b\/3; l'aire du petit carré est 3b2.Si on enlève 2 fois l'aire du triangle rectangle qui a un angle de 30° : V3b2, on obtient l'aire de la figure dans le coin à droite : b2(3 - \/3).En comparant l'aire de la figure du coin avec celle du triangle rectangle, on obtient la fraction suivante : b2 (3 - \/3 ) / V3b2/2 ou 1,46 environ.Ce qui ne donne pas 2 comme on le voit dans la solution de Québec Sc/ence d'avril 2003.Niveaux H débutant ^ intermédiaire expert Québec Science - Juin 2003 49 dance des temps La concor Paru dans.Soixante-dix pour cent des publications scientifiques ne sont pas lues.Bernard Arcand : Au cours de mes longues années de vie universitaire, j’ai connu des milieux de travail qui incitaient à publier à tout prix, et même n’importe quoi, au risque de perdre son emploi.Et d’autres dans lesquels des professeurs pouvaient survivre richement en ne publiant que 6 petits articles mineurs en 30 ans, au coût, pour la société, d’environ 5 000 dollars le paragraphe.Toute discussion est superflue, l’un et l’autre modèles semblent parfaitement inadéquats.Brigitte Gemme : À tort ou à raison, il n’est plus possible pour les jeunes chercheurs, aujourd’hui, d’écrire six articles dans une vie, car il faut déjà en avoir davantage à son crédit pour être embauché ! Cependant, il demeure possible de publier des « découvertes » | parfaitement insignifiantes en autant qu’elles soient à peu près démontrables.Personne ne prendra la peine d’écrire un contre-article pour critiquer des inepties, à moins qu’il ne s’agisse de grossières faussetés proférées par un scientifique au moins aussi imposant que son mensonge.En exigeant autant de publications de la part des nouveaux diplômés qui cherchent un poste de professeur, les scientifiques se sont eux-mêmes enterrés sous la tonne de revues savantes fondées pour absorber autant de nouvelles « vérités ».BA La diffusion du savoir a depuis iâj quelques années emprunté le f| chemin de l’hyper-spécialisation.Les bibliothécaires s’inquiètent, les si budgets stagnent et les revues scientifiques se multiplient.Doit-on acheter Adansonia, revue consacrée à l’étude de la biodiversité des plantes vasculaires, s’il faut pour cela annuler notre abonnement à J’automatise, qui traite des automatismes industriels ?Maintenir l’édition traditionnelle ou opter plutôt pour Internet ?Ces questions urgentes n’émanent ni de l’évolution de la science ni du progrès des moyens de communication.Une brève visite chez un vendeur de revues suffit pour comprendre que la modernité propose 30 revues là où, hier, 2 suffisaient.En horticulture ou en aménagement paysager, en pornographie comme en discographie, le consommateur moderne est confronté à des choix qui l’obligent à préciser ses préoccupations à l’extrême.BG Et pourtant, on revient toujours aux mêmes revues : Science et Nature restent les grands temples au sein desquels tous les scientifiques rêvent d’être immortalisés, un fantasme que seule une infime minorité réaliseront, le nombre de pages dans ces revues demeurant limité pour en préserver le prestige.Il est possible de publier ailleurs que dans les revues dominantes de chaque discipline, mais rien n’indique qu’on sera lu, encore moins qu’un lecteur trouvera l’article assez intéressant pour le citer dans le prochain papier qu’il écrira à son tour.Mais malgré tout, combien d’entre nous rêvent de fonder leur propre revue, celle dont ils seront à la fois directeur, éditeur et rédacteur en chef, celle qui fondera leur école et diffusera les meilleures idées ?Une autre qui viendra grossir les rayons empoussiérés des sombres bibliothèques universitaires.¦'NA\ BAJ’ ai lu quelque part que 70 % des articles scientifiques ne sont jamais lus.En bibliothèque, certains gros ouvrages n’ont été empruntés qu’une fois en 72 ans.Alors pourquoi publier ?Au-delà des mesquineries de la performance justifiant l’emploi et les subventions, au-delà de la confiance de voir un jour une seule personne consulter notre livre et en être transformée, on ne peut négliger l’espoir prétentieux de laisser une trace.L’œuvre et l’enfant demeurent nos meilleures illusions face à la mort.(S Brigitte Gemme aime les lancements de nouvelles revues, surtout si un cocktail les accompagne.Bernard Arcand publie comme d'autres achètent des crèmes contre les rides.50 Québec Science - Juin 2003 PIEin DE RDBDIS R LH [RRTE ! Obtenez 1B$ de rabais sur vntre.billet de train de VIA Rail Canada en vous procurant votre carte ISIC.Présentez-la et obtenez 35 % de rabais en tout temps sur un billet en classe économique.OJ __ 3 im \v Kl Fî^a SOI -J Fondation Hydro-Québec pour l'environnement
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.