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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2003, Collections de BAnQ.

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La coupe est pleine Quelles leçons tirer après L'erreur boréale?Cinq nouvelles façons d'exploiter la forêt Septembre 2003 www.cybersciences.com "y i TH£ 9ZH 3Q ^.lOH an J Slü xeSai 4.oaS(î neajng Daqang aiisuoT^'eN anbaq^oxi q/tg ' H 9cI U6I000000 4.75 S .Sot3 o co .ï 06538557547509 c I I avid a décroché un super job d'ingénieur! On vient de le mettre l'KOHf.in Et vous, quand commencez-vous ?www.hydroquebec.com/emplois Hydro Québec Branchée sur la relève ! - iuu f: SUR LE VIF : MARCEL THOUIN 6 La leçon aux maîtres Les enfants aiment les sciences.quand elles sont bien enseignées! par Isabelle Cuchet l'événement 10 Voyage au centre de la Terre On explore bien l'espace, alors pourquoi ne pas envoyer une sonde au s'/VMir An nntrn ' cœur de notre planète?par Dominique Forget 11 Tous Africains Des restes d'homo sapiens sapiens âgés de 160 000 ans renforcent la thèse d'une origine unique de l'homme moderne.Jwr Liüà par Isabelle Cuchet ‘W*?Innovation ^ .if' : 13 Recycleur v de pollution Le dioxyde de soufre est un polluant dangereux.Bien transformé, il permet de fabriquer engrais et déter gents.par Anick Perreault-Labelle Planète ADN 15 Du vin pas piqué des vers La modération a meilleur goût.Pour le vin comme en matière de transgénèse.par Jean-Pierre Rogel SEPTEMBRE 2003, VOLUME 42, NUMÉRO 1 www.cybersciences.com Forêts du Québec 116 La coupe est pleine Nos forêts risquent de finir comme les bancs de morues de l'Atlantique Nord.par Mathieu-Robert Sauvé 25 Gare aux ours noirs! Les rencontres entre les ours et les hommes se multiplient.Trop d'ours ou trop d’hommes en forêt?par Joël Leblanc Agriculture 32 Quand le vin est tiré.Le Québec ne sera jamais la Californie ni la Bourgogne, mais son vin est de mieux en mieux fait.par Raymond Lemieux 38 Épinettes à la une La croissance de la presse à grand tirage des États-Unis a donné le coup d'envoi à l'industrie papetière guébécoise.par Gilles Drouin techno~pratique Internet 45 La grande vadrouille Avec la technologie Wi-Fi, Internet perdra-t-il vraiment son fil à la patte?par Philippe Chartier 47 Aujourd'hui le futur par Philippe Desrosiers Science culture 48 « Fol » d'Einstein «Ce que nous pouvons connaître de plus beau, c’est le mystère», nous enseigne le dernier film de Catherine Fol.par Mélanie Saint-Hilaire 49 Jeux par Jean-Marie Labrie BABG 50 L’exploration de l'espace par Bernard Arcand et Brigitte Gemme A la une par Raymond Lemieux L'erreur méridionale « a fin du monde n’est pas arrivée», dit le biologiste Réjean Gagnon à propos de la forêt boréale québécoise.Ce professeur de l’Université du Québec à Chicoutimi a été l’un des premiers à étudier les particularités de la forêt d’épinettes noires, qui fait tellement ËlÈCI ' \ Tv a .Léonard Otis, sur sa ferme forestière dans le Bas-Saint-Laurent.Il plaide pour une gestion plus éclairée de l'or vert parler d’elle depuis le film-choc L’erreur boréale.La fin du monde n’est pas arrivée, mais ça grogne de plus en plus quand on parle de gestion forestière.Assez pour qu’une Commission d’enquête indépendante soit enfin formée par le gouvernement du Québec afin de comprendre ce qui se passe vraiment dans notre plus grand écosystème (750 000 km2).L’opinion publique associe généralement la grande exploitation forestière au territoire boréal.Toutefois, s’il y a une « erreur » elle n’est, semble-t-il, 4 Québec Science ~ Septembre 2003 pas limitée aux coupes faites au nord du 48e parallèle.Il y a aussi une « erreur » méridionale comme nous le rappelle un des chercheurs interviewés dans notre dossier du mois.Les coupes forestières déraisonnées menacent les forêts « feuillue » et « mélangée ».Ces érables, ces noyers, ces chênes, ces bouleaux ont entre autres choses donné le bois de nos meubles, une flotte à l’empire britannique, les planches des premières maisons coloniales et des bungalows.Cette forêt ceinture la vallée du Saint-Laurent.Elle cohabite de plus en plus mal avec les pressions du monde urbain et agricole.Ça se passe pour ainsi dire dans notre cour.La Commission qui entreprendra bientôt ses travaux fournit l’occasion que l’on attend depuis très longtemps pour discuter publiquement de la gestion forestière.Et mettre les pendules à l’heure du développement durable.Si le dossier que nous vous proposons insiste sur le malaise de plusieurs chercheurs face à l’ensemble québécois, il révèle aussi les expériences que l’on y a menées afin de créer un véritable modèle de gestion forestière bien de chez nous.Car à y regarder de près, il y a manifestement un souci de la part de certains gestionnaires de tirer bénéfice de la forêt sans tout saccager.On constate ainsi qu’il n’y a pas que des erreurs, il y a aussi des réussites boréales - et méridionales.Elles seront sûrement une source d’inspiration pour la Commission.Ces expériences nous montrent que si nous n’avons plus droit à l’erreur dans ce domaine - la marge devient étroite -, nous n’en sommes toutefois pas à quelques jours de la fin du monde.QS Science Septembre 2003 Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine ifontaine@quebecscience.qc.ca Équipe de rédaction Philippe Chartier (informatique), Isabelle Cuchet (mathématique et section l'événement), Gilles Drouin (génie et industrie), Catherine Dubé (santé, médecine et innovation), Joël Leblanc (biologie, paléontologie et archéologie), Mathieu-Robert Sauvé (environnement), Vincent Sicotte (physique et astronomie), Collaborateurs Bernard Arcand, Philippe Desrosiers, Dominique Forget, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Manon Lessard, Anick Perreault-Labelle, Jean-Pierre Rogel et Mélanie Saint-Hilaire Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Robert Baronet, Christian Fleury, Michel Larose, Sylvain Majeau, Yves Médam, Michel Rouleau, Rémy Simard Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Conseiller, Promotion et médias Hermann Gagnon Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Secteur public : Carole Martin cmartin@quebecscience.qc.ca Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur privé : Relations Média inc.info@relationsmedia.ca Tél.: (450) 661-8200 Téléc.: (450) 661-8500 SITES INTERNET www.cybersciences.com www.cybersciences-junior.org Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 41,35 $, 2 ans = 71,26 $, 3 ans = 98,87 $.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: (514) 875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LMPI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l’Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (dl8) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 et Communications Québec can Canada Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l’aide financière du ministère de la Culture et des Communications (Programme de soutien aux intervenants et événements majeurs en culture scientifique et technique).Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d’envoi postal et nos coûts rédactionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 JÇj _______ courrier@QuebecScience.qc.ca ÈÊ CEGEP de Jonquière T courrier science.qc.ca ALERTE en eau douce L'eau potable Richard Fontaine, directeur adjoint de la station d’épuration des eaux usées de la ville de Montréal, apporte trois précisions dans notre article Les dangers cachés de l’eau potable publié en juin 2003.D’abord, il nous fait remarquer que la photo des inter-cepteurs, publiée dans l’article, se regarde mieux tournée comme ci-contre.Ensuite, il fournit des chiffres : « Vingt-huit mètres cubes d’eaux usées et traitées par seconde, c’est le volume d’eau rejeté par temps sec, et cela représente une fois et demie le volume du Stade olympique.Par temps de pluie, le débit monte à 88 m3 par seconde, soit trois fois et demie le volume du Stade.» Enfin, en ce qui concerne les systèmes de désinfection que la ville doit installer pour se conformer aux nouvelles normes de ttaitement des eaux, il signale que les tests auront lieu l’an prochain, et non cette année comme nous l’écrivions.La différence d'un détail Dans le dernier paragraphe de son texte sur les différences génétiques entre l’homme et les chimpanzés (juin 2003), Jean-Pierre Rogel écrit : « Mettre un chiffre sur notre similarité génétique avec le chimpanzé n’est pas inutile.Mais le véritable enjeu est de non ver ce qui nous distingue.L’énigme est là : nous sommes proches cousins - sur le plan morphologique et génétique - mais si distincts.Comment se fait-il qu’avec un profil si proche, l’homme ait des capacités si notablement différentes ?» Pour Clovis Simard, le président de Fermat Biotechnologie, il n’y a pas vraiment de mystère.« Il faut se rappeler que le génome a son équivalent mathématique : l’invariant, écrit-il.Une des propriétés d'un invariant est son élasticité.Il n’y a rien de linéaire sur un invariant.La plus petite variation sur sa surface en anneau a des répercussions très grandes sur les propriétés macroscopiques.Il n’y a donc pas de mystère : sur l’invariant universel qu’est le génome, la plus petite des variations (élasticité) a des répercussions énormes sur le plan morphologique et génétique.» Toronto n'est pas l'Ontario Tout l’Ontario n’est pas contaminé par la pneumonie atypique, nous rappelle Martin d’Anjou qui habite Ottawa : « Une revue Des commentaires ?vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l'adresse suivante : Québec Science, 4388 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2J 2L1 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique : courrier@quebecscience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d’en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.scientifique doit s’en tenir aux faits, et les faits sont que l’épidémie est limitée à certams endroits de la région de Toronto », dit-il à la suite de note article Le SRAS s’arrêtera-t-ilI publié en juin.L’épidémie est effectivement concentrée dans la région de Toronto.Au printemps dernier, il y avait de sérieuses craintes de voir le virus se répandre en Ontario.Ce qui n’a heureusement pas eu lieu.Laval dans le ciel Robert Lamontagne nous apprend que l’union astronomique internationale (UAI) a récemment accordé le nom de Laval à l’astéroïde (14424) 1991 SR3.Ce baptême du ciel fait suite aux efforts de l’astrophysicien Yvan Dutil, qui travaille actuellement pour ABB solution analytique de pointe à Québec.En marge des festivités entourant le 150e anniversaire de son université, Yvan Dutil a découvert que plusieurs astéroïdes étaient associés aux noms d’institutions canadiennes, telles les universités de Toronto, Queen’s, Acadia, Saint Mary ou, McGill.Plusieurs autres astéroïdes représentaient déjà le Québec au firmament: Levy (3673), Mégantic (4843), Montréal (6714) et même Hubertreeves (9631) ! Yvan Dutil a donc entamé le processus pour faire placer l’Université Laval au firmament.Robert Jedicke, professeur à l’Insti-mt d’astronomie de l’Université d’Hawaii et Peter Jedicke, du Fan-shawe College ont déniché (14424) 1991 SR3, un astéroïde sans nom relevé une première fois en 1983, mais inscrit comme tel en 1991.Laval possède un diamètre compris entre 9 km et 22 km.Il se déplace autour du Soleil sur une orbite elliptique en 2 041 jours, à une distance moyenne 3,15 fois plus grande que celle de la Terre au Soleil.Les chiens du Nunavik Christian Klein, qui habite aujourd’hui à Whitehorse, est très étonné des informations contenues dans le texte d’Isabelle Dubois, En avant, en avant!, sur l’abattage des chiens (avril 2003) : « Durant mes huit années et demie dans les villages de Kangiq-sujuaq, Ivujivik, Puvirnituq et Umiujaq, entre 1969 et 1977, je n’ai souvenir que de trois chiens abattus par la police.Bien plus d’animaux ont été éliminés par la faim, pris dans la glace de l’évier sous la maison, ou tués par les jeunes adultes du village après qu’un enfant eut été mordu.Durant ces mêmes années, je n’ai vu et filmé qu’un attelage à chiens partir à la chasse.Au printemps 1973, le shaman d’Ivujivik est parti avec son jeune fils et un autre adulte pour trois semaines de trappage.C’était un événement très spécial pour les Inuits du village.Il en est revenu avec près de 100 fourrures de renard.L’argent lui a permis d’acheter.une motoneige.Aucun agent du gouvernement ne l’a forcé à faire cette transition ! » OS Québec Science - Septembre 2003 5 MARCEL THOUIN Les enfants adorent les sciences.à condition qu’elles soient bien enseignées.par Isabelle Cuchet La leçon a Les élèves du primaire s’ennuient à mourir pendant leurs cours de sciences ?C’est la faute aux profs, affirme sans hésiter Marcel Thouin, professeur de didactique des sciences à l’Université de Montréal.Et aussi à l’université qui ne les forme pas correctement.Physicien et ex-enseignant, Marcel Thouin est l’un des seuls spécialistes québécois de didactique des sciences au primaire.Il publie régulièrement des livres d’enseignement destinés aux éducateurs.Son dernier ouvrage, qui paraît aux édirions Multimondes, Explorer l’histoire des sciences : activités, exercices et problèmes, voudrait aider les enseignants à livrer une matière vivante, imaginative et surtout non dogmatique.Québec Science : À partir de quand un enfant doit-il être initié aux sciences ?Marcel Thouin : La chimie, la physique, la biologie, la technologie, etc., sont des composantes essentielles de la formation.Aujourd’hui, n’importe quel adulte responsable dans un régime démocratique doit être en mesure de comprendre les grands enjeux de la société, et notamment ceux qui sont d’ordre scientifique.Je pense par exemple aux questions de l’environnement, de l’alimentation et de l’eau.L’enseignement des sciences doit commencer dès l’école primaire, en même temps que l’histoire, le français ou les maths car cette période de l’éducation est primordiale pour l’avenir intellectuel, cognitif, social et culturel des enfants.QS Quelle est la situation actuelle dans les écoles?MT Les sciences ne sont pas assez prises au sérieux.C’est bien simple : dans 30 % à 40 % des classes, les enfants ne reçoivent pas de cours sur ces matières, ou alors pas comme il faut.Par exemple, on leur fait visionner une vidéo, on leur demande de faire une recherche sur Internet, de lire un texte ou d’en écrire un sur un thème scientifique.Mais on leur demande très peu d’expérimenter ou de résoudre des problèmes.Dans bien des écoles, les boîtes de matériel scientifique n’ont jamais été ouvertes.QS D’où vient cette lacune de l'éducation?MT Les sciences ont toujours été considérées comme des disciplines de deuxième ordre par rapport au français et aux mathématiques.D y a encore 10 ans, les étudiants qui se destinaient à devenir enseignants au primaire n’étaient pas obligés de suivre un cours de didactique des sciences.Des générations entières d’enseignants n’ont ainsi aucune formation dans ces domaines.Aujourd’hui, ces cours sont obligatoires.Il reste que la plupart des futurs éducateurs ont d’abord étudié en sciences humaines et n’ont pour la plupart qu’une faible culture en sciences fondamentales.QS La réforme scolaire de la rentrée 2000 a-t-elle amélioré le sort des sciences dans les écoles primaires?MT Le gouvernement a annoncé son intention d’en prévoir plus au programme.Les écoles doivent aussi recevoir de l’argent pour renouveler leur matériel expérimental.Mais la réforme n’a pas répondu à deux problèmes.Le premier est l’évaluation des élèves : à la fin du primaire, le ministère de l’Education prévoit des examens en français et en maths, mais aucune vérification des connaissances n’est faite en sciences.Le message reçu par les enseignants est que la matière est sans importance, même si elle fait officiellement partie du programme.L’autre gros problème de la réforme, c’est le perfectionnement des éducateurs.Comment un adulte qui n’a jamais appris à enseigner les sciences, ou qui n’a aucune connaissance scientifique, va-t-il se transformer d’un coup en excellent prof dans ces matières ?Le gouvernement devrait financer des séances de formation.QS Quelle est la meilleure façon d’initier un enfant aux sciences?MT D’abord, un bon éducateur, qu’il soit enseignant ou parent, doit connaître le niveau de culture scientifique des enfants auxquels il s’adresse.C’est un point de départ primordial.Ces dernières années, on a réalisé que les adultes ne tiennent pas assez compte des conceptions scientifiques souvent erronées des plus jeunes.Un enfant ignorant tout du monde qui l’entoure fait appel à son bon sens.Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest; donc, il tourne autour de la Terre.On attrape la grippe en hiver et non en été; donc, les grippes sont causées par le froid.H y a une logique naturelle derrière ces concepts erronés.Si l’adulte ne tient pas compte de ce que pense l’enfant, ce qu’il enseigne sera tout simplement inutile.Les élèves retiendront par cœur les notions qu’on 6 Québec Science ~ Septembre 2003 des classes, les enfants ne reçoivent pas de cours de sciences, ou alors pas comme il faut.5- maîtres U mtsiîl pme.«i me,c’tst bCob- jppffii iapBî \ ' i - f - ?êemm peint ^ I iaan^' 1 isntp® r i«{fs j bof OlKtW .ÿàl’61 f Ujl# ilivffft iS# îdenfet naiip ctpuil Jisf" & ¦ ¦ fi Souvent, les conceptions des élèves sont les mêmes que celles qu'on avait au Moyen Âge ou à la Renaissance.Mais si les éducateurs eux-mêmes ne connaissent pas les étapes que la communauté scientifique a franchies au cours des siècles, et l'évolution de la pensée, comment pourront-ils anticiper les difficultés des élèves ?S'ils n'y arrivent pas, ils seront tentés par un enseignement dogmatique.voudra leur inculquer et les oublieront tout aussi vite.Pour que des jeunes intègrent les vraies notions scientifiques, l’éducateur doit leur lancer des défis, les rendre actifs, les faire participer Cest quand un enfant est dans une situation qui le surprend qu’il peut changer ses conceptions.QS Pourriez-vous donner un exemple?MT Voici un problème amusant : il s’agit de demander à des enfants de distinguer un verre d’eau douce et un verre d’eau sucrée sans y goûter.La réponse spontanée de bien des jeunes est que cette énigme est impossible à résoudre.Il faut goûter au moins à l’un des deux liquides pour y répondre.Il existe pourtant une multitude de façons de procéder.L’eau sucrée est plus collante que l’eau douce, la viscosité des deux contenus n’est pas la même quand on les laisse couler dans une paille.Si on verse un peu de liquide dans une assiette, les abeilles ou les fourmis seront plus nombreuses à se diriger vers l’eau sucrée.Pour résoudre ce genre d’énigme dans un cours de sciences, les enfants sont regroupés en équipes.Ils apprennent ainsi l’aspect socio-constructif des sciences : c’est en interaction que l’on apprend.Chaque élève arrive avec ses solutions, les enfants en discutent, font des compromis, etc.Et finalement ils aboutissent à des solutions, différentes selon les équipes.OS Comment réagissent les élèves à une telle façon d'enseigner les sciences ?MT Ils adorent ça.Je suis convaincu qu’on pourrait même concevoir des écoles primaires à vocation scientifique destinées non à l’élite, mais aux enfants de milieux défavorisés.Ce serait une excellente façon de motiver davantage les élèves qui risquent de décrocher car avec de telles approches les jeunes sont actifs.Ils ont le droit de parlet, de bouger, d’aller dehors, de renverser de l’eau, d’utiliser des produits chimiques, des fusées et des catapultes.Malheureusement, plus de la moitié des enseignants du primaire n’utilisent pas le côté ludique des sciences.QS II faut donc bien préparer les profs.Comment faire?MT Dans bien des cas, les futurs enseignants suivent des cours de didactique.On leur apprend à être constructifs, à laisser les LA FORÊT BORÉALE ET SES MULTIPLES RESSOURCES.notre milieu de vie et notre laboratoire - - - i ¦¦ - h! ' ‘A *4^ J ' y1 j j g ¦.é (J t:kl * LES DISCIPLINES Biologie, chimie, physique.LES PROGRAMMES D’ÉTUDES Certificat en sciences de l’environnement Baccalauréat en biologie Baccalauréat en chimie Maîtrise en ressources renouvelables Diplôme d’études supérieures spécialisées en éco-conseil Doctorat en sciences de l’environnement LA RECHERCHE Nos activités se font en partenariat avec les différents utilisateurs de la forêt: industrie, gouvernements et milieu socio-économique.Nous abordons les thèmes suivants: Dynamique naturelle et régénération de la forêt boréale.Chimie des produits naturels d'origine végétale et leur potentiel pharmacologique.Dynamique des écosystèmes aquatiques et étude de la faune terrestre en forêt boréale.Méthodes et techniques d'inventaire et de mesure.Thermotransformation des produits du bois.K B/J Université du WWW.Québec à Chicoutimi uqac.ca 8 Québec Science - Septembre 2003 élèves redécouvrir les concept par eux-mêmes.Les fumrs profs connaissent la terminologie, mais ils ne comprennent pas la logique derrière cette approche.Pour qu’ils assimilent correctement leur rôle, il faut qu’ils aient des notions dans plusieurs disciplines : la philosophie des sciences et leur sociologie, ainsi que leur histoire.En s’en imprégnant, les fumrs éducateurs apprennent comment aider leurs élèves à remettre en question les théories.Car souvent, les conceptions des élèves sont les mêmes que celles qu’on avait au Moyen Age ou à la Renaissance.Mais si les éducateurs eux-mêmes ne connaissent pas les étapes que la communauté scientifique a franchies au cours des siècles, et l’évolution de la pensée, comment pourront-ils anticiper les difficultés des élèves ?S’ils n’y arrivent pas, ils seront tentés par un enseignement dogmatique.QS On a l'impression qu'il faut revoir tous les 10 ou 20 ans la façon d’enseigner les sciences aux enfants.Ne pourrait-on pas trouver une solution une fois pour toutes ?MT Notre façon de concevoir les sciences évolue elle aussi sans cesse.Dans les années 1950, on parlait beaucoup de « démarche scientifique ».On enseignait alors à l’élève l’observation; on lui demandait d’émettre des hypothèses à partir de ce qu’il voyait, puis d’imaginer une expérience pour vérifier cette hypothèse et enfin énoncer des conclusions.C’était toujours la même recette, répétée à l’infini.Aujourd’hui, on parle plutôt de « résolution de problèmes ».On place les élèves devant une question qui les intrigue et on leur demande de la résoudre.On leur donne du matériel et il doivent imaginer par eux-mêmes une solution.Souvent, plusieurs chemins mènent à la réponse.Les enseignants ne donnent plus de recettes mais orientent simplement les élèves.L’important, encore une fois, c’est que l’enfant soit actif et que sa conception du monde évolue.La créativité et l’imagination sont très importantes.On essaye de faire vivre aux jeunes ce qu’on pense aujourd’hui être l’essentiel du travail scientifique : interroger la nature.Il s’agit de répondre à une question non pas en cherchant dans les livres, mais en faisant des essais, des erreurs et en tentant différentes expériences.QS Vache folle, réchauffement climatique, clonage, etc.Pensez-vous qu’on puisse aborder très tôt ces questions avec les enfants ?MT Contrairement à beaucoup de collègues, je pense qu’on ne devrait pas d’emblée initier les enfants à toutes sortes de problématiques qui sont débattues dans la communauté scientifique ou dans la société en général.Il y a un danger de donner une vision apocalyptique des sciences aux jeunes.Si on ne leur parle que du SRAS, d’Ebola, des changements climatiques et des risques causés par l’anthrax, leur vision des sciences va devenir bien sombre.Avant de les amener à discuter, on doit leur enseigner des concepts de base.Qu’est-ce que le Soleil ?Comment pousse un fruit ?D’où viennent les œufs ?Nous-mêmes, adultes, avons besoin de comprendre le monde qui nous entoure avant de nous lancer dans de grands débats.Nous devons savoir que l’effet de serre est indispensable à la vie sur Terre avant de discuter des changements climatiques.Bref, il faut savoir de quoi on parle.C’est l’un des objectifs de base de l’éducation scientifique à l’école primaire.QS 1 h les visages d'une industrie EN CONSTANTE évolution Grâce à des investissements de 8 milliards de dollars en 10 ans et au travail de centaines de chercheurs, d'ingénieurs, d'informaticiens, de chimistes et de physiciens, l'industrie papetière a tiré pleinement profit de l'essor technologique.Les développements techniques ont permis aux industriels de réduire leurs besoins énergétiques, d'assainir leurs effluents, de diversifier leurs sources d'approvisionnement et de lancer des produits adaptés aux nouvelles exigences des consommateurs ! www.cifq.qc.ca • (418) 657-7916 • info@cifq.qc.ca Conseil de l'industrie forestière du Québec Québec Science - Septembre 2003 9 GEOLOGIE ISdence The Core, le film Voyage au centre de la Terre On explore bien l’espace, alors pourquoi ne pas envoyer une sonde au cœur de notre planète ?par Dominique Forget Le scénario du récent film The Core est abracadabrant: au péril de leur vie, les héros descendent au centre de la Terre pour relancer le mouvement du magma autour du noyau terrestre.D en va de la survie de la planète, bien évidemment.Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette histoire a inspiré un article publié dans l’édition de mai de la revue Nature.David Stevenson, un éminent astrophysicien a présenté un projet fabuleux pour les uns, loufoque pour les autres : envoyer une sonde au cœur de la Terre à 3 000 km de profondeur.Le chercheur propose en effet d’ouvrir une faille dans la croûte terrestre grâce à une petite explosion nucléaire.Une sonde, de la grosseur d’un pample mousse, descendrait dans le gouffre, entraînée par une énorme coulée de fer en fusion.« Un peu comme un volcan inversé», précise David Stevenson.En voyageant à cinq mètres par seconde, la sonde arriverait à destination en une semaine.La faille pourrait être créée en n’importe quel endroit du globe où deux plaques tectoniques s’éloignent l’une de l’autre.3Pourquoi pas dans un volcan?«J’ai vite I écarté cette possibilité, dit le chercheur.?La “tuyauterie” qui se trouve en-dessous j est très complexe.La sonde s’y perdrait ê probablement.» Cet article, le professeur Stevenson l’a écrit en six heures à peine, le 31 décembre 2002.L’idée lui est venue un an plus tôt, quand Jon Amiel, réalisateur du film, l’a appelé à son bureau du California Institute of Technology.« H voulait des conseils pour son scénario, se souvient le professeur.Je ne suis pas un spéciaHste de la Terre.Mes intérêts sont plutôt tournés vers l’espace.En bref, j’étudie les données recueillies par des sondes spatiales pour mieux comprendre la structure de planètes telles que Saturne et Jupiter.» L’appel de Jon Amiel a fait réfléchir 1 ’ a s t r o -physicien.« Les scientifiques s’in-téressent beaucoup à l’espace, mais ils ne connaissent pas grand-chose à la structure de la Terre », dit-il.On sait que la croûte terrestre recouvre notre planète d’une couche de 30 km.Sous cette croûte se ttouve le manteau, d’une épaisseur de 2 900 km.Le noyau externe, qui renferme le magma, prend la relève jusqu’à 4 980 km de profondeur.Le noyau interne occupe 0,7 % du volume de la planète.Son centre se situe à 6 370 km de la surface.2 900 km •4 980 km Noyau interne Croûte continentale (< 50 km) ¦6 370 km Croûte océanique {< 10 km) M is à part ces quelques chiffres, on sait peu de choses de ce qui se passe sous nos pieds.La composition et les tempéra- tures de ces différentes couches n’ont jamais été mesurées.«Nous ne comprenons même pas les mécanismes qui se cachent derrière le champ magnétique », dit David Stevenson.Pour concrétiser ce qu’il qualifie de « modeste proposition », David Stevenson estime qu’il faudrait investir 13,5 milliards de dollars - cinq fois plus qu’il n’en a fallu pour construire la navette Endeavour.Le coût exorbitant n’est pas le seul frein à la réalisation du projet.Il faut encore trouver un pays qui accepterait d’utiliser une bombe nucléaire pour créer une fissure dans la croûte terrestre.même au nom de la science.D’autant que rien n’assure que la sonde survivrait aux conditions extrêmes dans le magma : des températures dépassant les 1 500 °C et une pression capable de déformer le diamant.Aucun matériau connu à ce jour ne peut résister à de tels supplices.En outre, on ignore si les ondes sonar générées par la sonde pourraient remonter jusqu’à la surface.Le professeur Stevenson demeure impassible : «Je trouve absolument incroyable qu’on ait dépensé des milliards de dollars pour la conquête de l’espace et à peu près rien pour étudier l’univers sous nos pieds.Le record actuel est un forage russe qui n’a atteint que 12 km.» La « modeste proposition » du professeur Stevenson a fait sourire la communauté scientifique.« On ne saura pas avant 10, voire 20 ans si elle est réalisable », dit-il.Lorsque Arthur C.Clarke a parlé de stations spatiales dans les années 1950, on le trouvait fantaisiste.Aujourd’hui, les artisans de la Station spatiale internationale lui doivent une fière chandelle.» QS 1 0 Québec Science - Septembre 2003 PALÉONTOLOGIE its n’oit ne cornus fii se aie Je I Siéra-13^ ml-liisqa'il ime&i-l’est pas i croûte science.patledf naténan à Je tels iilson-le pont-ace.ente»-lenti les mil-inéteJ' éniJict aattein1 Jnpf°' la coœ-)iiiapÿ st réali- s les*11' ist^"' ionsPa’ rnefi^ Tous Africains Des restes humains âgés de 160 000 ans renforcent la thèse d’une origine unique de l’homme moderne.par Isabelle Cuchet Dix mille générations nous séparent; pourtant, ils nous ressemblent presque comme des frères.Les trois squelettes découverts en 1997 près du village de Herto, à 230 km au nord-est d’Addis-Abeba, en Éthiopie, viennent d’être classés Homo sapie?is par l’équipe du paléontologue Tim White, de l’université de Californie à Berkeley.Âgés de 160 000 ans, ces os proviennent des plus vieux hommes modernes jamais identifiés.La découverte a fait la une de la revue Nature en juin.Et pour cause.Elle relance le débat qui dure depuis 15 ans sur les origines de l’humanité : où et comment est né le premier homme moderne ?Sur la question, deux théories principales s’affrontent.L’une d’entre elles est celle du « multirégiona-lisme ».L’homme moderne serait le fruit d’une lente évolution d’hominidés du type Homo erectus installés un peu partout autour du globe il y a un ou deux millions d’années.Ainsi, l’homme de Pékin, âgé de 500 000 ans, serait l’ancêtre des Chinois; les Australiens descendraient de l’homme de Java; les Européens auraient une filiation avec les Néandertaliens, etc.Le nomadisme des populations a ensuite maintenu l’homogénéité de l’espèce partout sur la Terre.À cette thèse, la majorité des paléoanthropologues opposent celle du berceau unique de l’humanité, situé sans doute en Afrique.L’homme aurait ensuite essaimé vers le reste du monde, remplaçant peu à peu les populations d’hominidés locales.Mais les preuves manquent pour confirmer l’une ou l’autre théorie et les deux camps se battent à coup d’arguments jamais définitifs.Ainsi, la thèse du multirégionalisme a en sa faveur une continuité dans les os découverts sur le terrain, parlant pour une lente évolution des Homo erectus vers le genre sapiens; la thèse du remplacement avance des analyses Sous tous les angles, un des trois crânes du plus vieux sapiens connu, découverts à Herto génétiques réalisées sur des populations actuelles qui indiquent une origine commune remontant à environ 200 000 ans.Deux annonces importantes, qui ont eu lieu coup sur coup au printemps, viennent de faire pencher la balance.En mai, une étude dirigée par Giorgio Bertorelle, de l’université de Ferrara en Italie, et parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), a comparé des fragments d’ADN provenant d’os de trois types d’êtres humains : populations actuelles, Homo sapiens « anciens » âgés d’environ 40 000 ans et Néandertaliens.Ces derniers ont conquis l’Eurasie il y a 250 000 ans et s’y sont éteints il y a 35 000 ans.Ils ont côtoyé pendant presque 10 000 ans les premiers Homo sapiens européens et les paléontologues s’interrogent sur les liens qu’entretenaient les deux populations.Se sont-elles mélangées, ce qui signifierait que nous sommes les descendants partiels de l’homme de Néandertal ?Ou bien se sont-elles évitées, ce dernier s’éteignant sans descendance ?Grâce aux analyses génétiques, l’équipe italienne conclut que les deux espèces humaines n’ont pas pu se mélanger, leurs gènes étant ttop différents.« C’est la première fois que l’on compare des os d’êtres humains “anciens” avec ceux de Néandertaliens, souligne Serge Lebel, de l’Université du Québec à Montréal.Jusqu’ici, on comparait souvent des Néandertaliens avec des êtres humains actuels, ce qui n’avait aucun sens.» La thèse du berceau unique s’en est vue renforcée.Mais c’est surtout l’annonce de la découverte éthiopienne qui a réjoui les partisans de Y Out of Africa.Cette fois, il ne s’agit plus de génétique mais de véritables preuves archéologiques; des os humains datés avec précision grâce à des isotopes d’argon.Très proches de nous, mais dotés de quelques distinctions morphologiques, comme un espacement des yeux supérieur au nôtre, les restes éthiopiens ont été classés dans une nouvelle sous-espèce : Homo sapiens idaltu.En comparaison, Néandertal apparaît tellement différent qu’il a peu de chances de faire partie de notre arbre généalogique.« Les êtres humains dont nous avons retrouvé les restes vivaient en Éthiopie bien avant que Néandertal ait disparu d’Europe, explique Trm White.Bien sûr, nous ne pouvons affirmer en regardant des os qu’il n’y a pas eu d’interfécondité entre les deux populations, mais il devient clair que Néandertal a contribué très peu, voire pas du tout à l’évolution de notre espèce.» QS Québec Science ~ Septembre 2003 11 NASA/VISIBLE EARTH ACTUALITES VUES B -* » Pont de verdure Jusqu’à récemment, on ignorait quelles conditions climatiques régnaient sur la Béringie, le passage qui s’est formé entre l’Alaska et la Sibérie lors de la dernière glaciation.Les travaux des chercheurs de l’université Si-mon-Fraser, en Colombie-Britannique, révèlent qu’il y a 24 000 ans, la région était une steppe où abondaient les plantes herbacées.L’étude de fossiles de plantes sur trois sites du Yukon a permis de conclure que la végétation était suffisamment luxuriante pour permettre à de gros mammifères tels que des mammouths, des chevaux, des bisons et des cervidés d’y survivre.Etonnant à première vue puisque, à ce moment, tout l’hémisphère nord traversait une période glaciaire.On se serait attendu à un environnement de type toundra arctique, alors que les végétaux fossiles indiquent plutôt un climat subarctique, comparable aux actuelles plaines du nord manitobain.Aussi, toute la glace accu- mulée sur les continents retenait une grande quantité d’eau sur la terre ferme.Le niveau des mers s’en trouvant abaissé par rapport à aujourd’hui, le fond marin du détroit de Béring était émergé et constituait un isthme entre l’Alaska et la Sibérie.Ce territoire aurait permis le passage de nombreux animaux.Des chasseurs venant d’Asie ont suivi ces troupeaux sans se rendre compte qu’ils mettaient le pied sur un nouveau continent.CIENCES.COM Bouleau au menu Le bois du bouleau jaune contient des dizaines de molécules intéressantes pour les industries alimentaire et pharmaceutique.Jean-Michel Lavoie etTatjana Stevanovic-Janezic de l’Université Laval ont isolé de cet arbre commun 61 composés organiques différents.Ces molécules, surtout des triterpènes et des polyphénols, sont actuellement difficiles à obtenir et coûtent cher, d’où l’intérêt de cette exploitation secondaire du bouleau jaune.Des exemples: le squalène, reconnu comme stimulant du système immunitaire et le lupéol, qui peut aider à prévenir l’hyperglycémie et l’hypotension.Parmi les polyphénols, le bouleau jaune a livré de la vanilline, un fongicide; de l’acide hexadécanoïque, un composé de l’huile d’olive; et de l’aldéhyde mérystilique, une molécule utilisée dans le traitement du sida.Un seul gramme de bois peut rapporter 132 $ rien qu’avec les quatre principaux produits chimiques qu’il contient.De quoi lorgner avec envie les 35 000 tonnes de sciure de bois de bouleau jaune produites chaque année au Québec.2- V'-'- "Mi:- 1 2 Québec Science ~ Septembre 2003 Tendances £n hausse La biosécurité.Le protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques entre en effet en vigueur ce mois-ci.Ce traité international encadre l’utilisation et le commerce des organismes génétiquement modifiés (OGM).Le Canada et les États-Unis ne l’ont pas signé.Les gouvernements membres de la Convention sur la diversité biologique l'ont adopté en 2000 à Montréal, mais il fallait qu’au moins 50 pays le ratifient avant qu’il prenne force de loi.Palaos, un archipel de l’Océanie, est devenu ce 50e pays en juin, enclenchant le compte à rebours de 90 jours avant sa mise en vigueur.Ce protocole est le premier instrument légal qui vise à assurer le transfert, la manipulation et l’utilisation en toute sécurité des OGM.Il reconnaît que la biotechnologie a le potentiel d’améliorer le bien-être de l'humanité, mais peut aussi avoir des effets néfastes sur la biodiversité et présenter des risques pour la santé.L’accord reconnaît le droit aux pays de refuser les OGM en invoquant le principe de précaution.£n baisse La loutre de mer.La large colonie qui peuplait autrefois la côte du Pacifique, depuis la Californie jusqu'à l’Alaska, ne compte plus que 2 000 individus.L'espèce, qui a failli s'éteindre au début du XXe siècle à cause du commerce de la fourrure, subit une nouvelle menace.Elle provient cette fois.du chat domestique! L'autopsie de 105 loutres de mer {Enhydra lutris nereis) trouvées mortes sur les côtes de la Californie a montré que le parasite le plus commun découvert dans leur organisme est Toxoplasma gondii, que les chats éliminent dans leurs selles.On craint que l’eau usée en soit le vecteur.Le parasite est à l'origine d'une maladie neurologique qui provoque des tremblements et des convulsions chez les loutres, ce qui les rend plus vulnérables aux attaques de requins et aux dangers provoqués par le passage des embarcations.Les vétérinaires Christine Kreuder et Melissa Miller, de l'université de Californie, ont aussi montré que plus de 13% des décès étaient attribués à des défaillances cardiaques, un phénomène qui n'avait jamais été observé.Au total, les deux tiers des animaux étudiés étaient morts de maladie, une proportion effarante compte tenu du fait qu la moitié des individus étaient âgés entre quatre et neuf ans, le jnoment où ils entament leur reproductk Recycleur de pollution Un grand coupable de la pollution atmosphérique devient une matière première pour des engrais et des détergents.par Anick Perreault-Labelle m i\ Le principe de Cansolv: capter un gaz nocif à la sortie des cheminées et l'entreposer de façon sécuritaire pour qu'il puisse servir comme matière première Avec son SO?System, l’entreprise Cansolv de Montréal fait d’une pierre deux coups : elle capte un gaz nocif à la sortie des cheminées et l’entrepose de façon sécuritaire pour qu’il puisse servir comme matière première.Le dioxyde de soufre (SO2) que recycle cette entreprise située au Centre de recherche industrielle du Québec est issu pour l’essentiel des affineries de cuivre et des fabriques d’aluminium.C’est cm des grands coupables des pluies acides.À forte dose, il obstrue aussi les voies respiratoires et peut même provoquer la mort.Paradoxalement, ce déchet est également un ingrédient important de certains engrais ou détergents, et sert dans plusieurs procédés industriels.Certaines usines en fabriquent ou alors, comme Cansolv, l’interceptent à la sortie des cheminées.Quand le SCb ne s’échappe pas dans le ciel, il est en général conservé dans des réservoirs pressurisés.À la moindre fissure, ce gaz risque de se disperser à la vitesse de l’éclair.Chez CCR, une affinerie de cuivre dans l’est de Monttéal attachée à Noranda, on a déjà calculé qu’une fuite dans les réservoirs de 50 tonnes aurait pu propulser du gaz dans un rayon de 1100 m.Assez pour atteindre des maisons et une école.CCR utilise le S02 pour récupérer le sélénium dans le minerai, en plus du cuivre.« Avec le système de Cansolv - et parce qu’on garde de plus petits stocks -, les effets d’une fuite ne dépasseraient pas 160 m à la ronde », explique André Gagnon, chef de la logistique et des systèmes de gestion.Pour CCR, la première étape de récupération du SCS se trouve à 50 km de l’usine, à la raffinerie CEZinc de Noranda à Sala-berry-de-Valleyfield.La roche qu’on y fond contient du zinc et 30 % de soufre.« On récupérait déjà 98 % du S02 dégagé avec ime technologie vieille d’une cinquantaine d’années », explique Sylvain Seyep ingénieur des procédés à CEZinc.On en gardait une partie sur place pour fabriquer de l’acide sulfurique et on envoyait le reste, par train et sous pression, vers CCR.Les minces et longs tuyaux que Cansolv a installés dévient désormais une partie de ce S02 vers une tour d’absorption.Dans cette espèce de bonbonne qui fonctionne à froid, l’eau descend et absorbe le S02 qui monte.Ce gaz se dissout très bien dans l’eau.C’est d’ailleurs en se mélangeant à l’humidité de l’air qu’il se transforme en pluie acide.Le génie de Cansolv a été de concentrer plus de S02 dans l’eau sans augmenter la pression.Comment?En y ajoutant des amines.Ces molécules dérivées de l’ammoniac agissent ici comme une éponge.Quand l’eau s’attache au SO?, la réaction laisse libres des atomes d’hydrogène.Les amines se lient à ces orphelins et permettent de les récupérer.Résultat, il reste plus de place pour le couple S02-eau.sans que la pression dans la « bonbonne » n’ait augmentée.Une fois capturé, le SO?de ! CEZinc est envoyé chez CCR, I où Cansolv a installé une tour de régénération qui libère le gaz de sa prison d’eau et d’amines.La tour réchauffe le mélange, ce qui renverse la réaction chimique et sépare le gaz des amines.L’eau aminée retourne alors chez CEZinc pour accueillir un nouveau chargement de S02.«Notre amine est assez forte pour capter l’acidité du S02 mais assez faible pour la libérer », se félicite Léo Hakka, chef de la technologie de Cansolv.Depuis mai 2002, cette société a aussi installé un S02 System en Californie et un autte en Europe.Mais impossible d’en savoir plus : ces clients veulent rester anonymes ! « None procédé industriel les avantage par rapport à leurs concurrents », explique Marcel Ayotte, président de Cansolv.La compagnie compte bien élargir l’utilisation de son système.Elle capture depuis peu l’oxyde d’azote (NOx) - un autre des gaz causant les pluies acides - et développe un système pour attraper le fameux dioxyde de carbone (CO2), grand coupable du réchauffement planétaire.Il ne restera plus qu’à trouver à ceux-ci une utilité industrielle ! (35 Québec Science - Septembre 2003 1 3 EUROPEAN SPACE AGENCY ACTUALITÉS VUES PAR CYBERSCIENCES.COM Cultiver son ouïe Les cellules ciliées, ces cellules sensorielles qui permettent d’entendre les sons, ne se régénèrent pas.Les sons trop forts, les infections et la vieillesse les endommagent de sorte que la surdité se développe peu à peu.Des chercheurs de l’université du Michigan à Ann Arbor cherchent le moyen de déjouer la nature.Au moyen d’un virus désactivé, ils ont inséré un gène dans l’oreille interne d’un cochon d’Inde.Ce gène, baptisé Math 1, leur semblait jouer un rôle majeur dans le processus de fabrication des cellules ciliées chez les mammifères, expliquent-ils dans le Journal of Neuroscience.Au bout de quelques jours, de nouvelles cellules ciliées se sont bel et bien mises à pousser dans l’oreille du cobaye ! Un bémol : les chercheurs n’ont pu s’assurer que les cellules sont capables de détecter correctement les sons et de les transmettre au cerveau.Les vertus de Super Mario Que les parents qui se découragent de voir leurs adolescents perdre des heures à s’amuser avec les jeux vidéo se consolent : les adeptes jouiraient d’une acuité visuelle supérieure à la moyenne, selon des chercheurs de l’université de Rochester.En soumettant des jeunes de 18 à 23 ans à des tests de vision en laboratoire, ils ont découvert que ceux qui jouent toutes les semaines réagissent plus rapidement à des objets en mouvement et peuvent identifier des formes qui ne s’affichent qu’une fraction de seconde sur un écran.Quant aux profanes, ils ont réussi à accroître leur acuité visuelle après seulement 10 heures passées à jouer à Medal of Honor.Les chercheurs expliquent dans Nature que la pratique de ce jeu modifie probablement la forme de certaines cellules c nerveuses, leur permettant de communi- ' quer plus efficacement entre elles.: Malheureusement pour les fans de Tetris, ï un classique des jeux vidéo, ce dernier £ n’a eu aucun effet sur l’acuité visuelle des l sujets à l’étude.05 A 12,8 milliards, c est le nombre d'années-lumière qui nous ‘ séparent de la plus lointaine galaxie *.trouvée à ce jour dans l'Univers.De la - plus ancienne aussi, car selon la théorie .• du big-bang, l’Univers est en expansion et • les objets les plus vieux sont ceux qui se * trouvent aujourd'hui les plus éloignés.Découverte par des astrophysiciens japo- v.nais, la galaxie a reçu le nom de SDF 132418.L'image captée par leur télescope géant installé à Hawaii contenait 50 000 galaxies! Grâce à leur caméra électronique munie de filtres • infrarouges et à un logiciel de reconnaissance automatique, les scientifiques ’ V ont pu en repérer une soixantaine qui émettaient un rayonnement dans l'infrarouge, caractéristique des galaxies ?¦ très lointaines.Ils en ont finalement mesuré deux en détail, dont la championne de la distance SDF 132418 b* (*).Retenons notre souffle, car les .astrophysiciens affirment que leur cliché a livré des objets encore plus âgés.1 4 Québec Science - Septembre 2003 planèteadn par Jean-Pierre Rogel J| Du vin pas piqué des vers La modération a meilleur goût.Pour le vin comme en matière de transgénèse.Il était une fois un tout petit ver de terre, un nématode, qui vivait heureux dans les sols français.Il parasitait les racines des vignes et, pour lui, la vie était belle.L’ennui, c’est qu’il portait un virus, dit du court-noué, qui transmettait aux vignes une vilaine maladie.Celle-ci déformait les rameaux et réduisait le développement des grappes.Pour lutter contre l’envahisseur, il fallait recourir à des doses de plus en plus fortes de nématicides, des produits chimiques polluants et pas toujours efficaces.On a alors fait appel aux scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui ont proposé une solution astucieuse.En ajoutant un petit morceau de l’ADN du virus à celui de la vigne (on appelle cela une transgénèse), ils ont mis au point deux variétés de vignes résistantes au court-noué.Pendant cinq ans, l’INRA a fait des essais; d’abord en laboratoire et ensuite dans les champs.Puis on a arrêté toutes ces expériences en 1999, parce que partout dans le monde grondait une révolte contre les organismes génétiquement modifiés, les OGM.C’est alors que les dirigeants de l’INRA ont décidé de réunir des chercheurs, des viticulteurs et de simples citoyens.Faut-il, ont-ils demandé, poursuivre les essais sur les vignes OGM ?Et si oui, à quelles conditions ?Le groupe s’est réuni pendant sept journées, réparties sur un an.D a cogité ferme et produit un rapport qui soutenait que les recherches pouvaient se poursuivre en laboratoire, mais qu’on devrait attendre d’en savoir plus long sur les risques environnementaux avant de continuer les essais en plein champ.On a donc procédé ainsi, avec précautions et modération sur la voie des vignes OGM.Cette histoire vraie, aux allures de fable, résume un travail de recherche et surtout une démarche de consultation qui semblent intéressants à plusieurs points de vue.Les chercheurs se sont attaqués à un problème réel de la viticulture; ils l’ont brillamment résolu et ils ont voulu aller de l’avant rapidement.De leur côté, les viticulteurs, prudents par nature, ont été très réticents à les suivre dans les essais en champ.Bien évidemment, ils avaient en tête des préoccupations autres que striaement scientifiques.Le vin est un produit du terroir par excellence.Son image de marque est très sensible; il faut éviter de heurter les consommateurs qui y sont très attachés.Imaginez les effets d’une campagne du genre « Pas d’OGM dans ma cave à vins ».Cela dit, sur le plan de ce que les Français se plaisent à appeler la gouvernance, j’aime l’attitude ouverte de l’INRA.Sa direction n’a pas stoppé les recherches.Elle n’a pas frustré les chercheurs; elle les a incités au dialogue avec le milieu professionnel et le grand public.Elle a réfléchi et elle a accepté de discuter publiquement de ses priorités.Elle a même amendé et précisé celles-ci : désormais, a-t-elle tranché, à l’INRA, la transgénèse ne sera pas appliquée à l’amélioration de la vigne, mais seulement à la résistance aux maladies.Les essais scientifiques seront suivis par des comités locaux dans lesquels participeront des professionnels du milieu et tous les résultats seront publiés.Face à une contestation publique, voilà qui me paraît une saine réaction, dont pourraient s’inspirer, selon moi, bien des organismes de recherche.J.-H.Fabre, le poète des insectes En écrivant cette chronique en Provence au début de l’été, je voudrais partager mon enthousiasme pour un auteur scientifique que je viens de découvrir, Jean-Henri Fabre.Ce naturaliste français qui a vécu au XIXe siècle est peu connu dans son pays, et encore moins au Canada.Mais il est très célèbre au Japon, semble-t-il, parce que l’entomologie y est une science populaire.Fabre a consacré sa vie aux insectes, dont il a décrit les mœurs avec précision, dans un style savoureux et poétique que je trouve extraordinaire.Pour ma part, j’ai lu mie très vieille édition de La vie des insectes, dénichée dans une bouquinerie.Mais on trouve plusieurs de ses livres, dont les Souvenirs ento-mologiques, qui ont été récemment réédités.Pour lire Fabre, point besoin de connaître sa vie et d’apprécier ce personnage haut en couleur, qui composa des chansons sur les hannetons et fut apprécié par Charles Darwin.Il suffit de visiter l’excellent site qui lui est consacré dans Internet http ://www.e-fabre.com.Bonne découverte ! QS TT'L L" .Québec Science ~ Septembre 2003 1 5 Les forêts québécoises sont-elles vraiment en train de disparaître?Subiront-elles le même sort que les bancs de morues de l'Atlantique Nord?par Mathieu-Robert Sauvé La forêt québécoise a l’habitude des catastrophes : incendies, épidémies, coupes à blanc, etc.Mais elle n’était pas préparée, en décembre 2002, à subir une nouvelle perturbation venue de Québec.C’est une comptable qui en est l’épicentre, Doris Paradis.En rendant public son rapport sur l’état de la gestion des forêts, la vérificatrice générale du Québec a fait trembler les épinettes et les bûcherons, de Hemmingford jusqu’à Radisson.Le rapport est sévère envers l’autorité responsable de la gestion des forêts, le ministère des Ressources naturelles (MRN) : 1 6 Québec Science ~ Septembre 2003 4*.1 '' f ':- travailleurs logeaient dans s maisons fournies par la à 76 millions d’habitants.Il faut beaucoup de bois pour que tous ces gens aient un toit au-dessus de la tête.Si bien, qu’à la fin du XIXe siècle, ce marché constitue le principal débouché du bois canadien.Cette course au bois de construction fait de l’Outaouais le centre de l’activité forestière québécoise.Vers 1885, la région compte à elle seule 75 % des droits de coupe dans les forêts publiques du Québec.En comparaison, la Mauricie et le Saguenay représentent ensemble 10%, soit sensiblement la même proportion que tout le flanc sud du Saint-Laurent.Papeterie et forêt L'industrie du papier a changé la façon d'exploiter les forêts.Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, les bûcherons recherchent des arbres de bonnes dimensions qui conviennent à l'équarrissage et au sciage.Ils se déplacent vers le centre du territoire au fur et à mesure que la forêt compte moins d’arbres de taille commerciale.Mais pour les papeteries, la taille des arbres n'a que très peu d'importance: gros ou petit, celui-ci est réduit en bouillie, en pâte, pour faire du papier ou du carton.On coupe donc les arbres d'un diamètre de plus en plus petit.Dans les années 1930, l'industrie en vient aussi à couper les arbres en traditionnelles « pitounes de quatre pieds », plus faciles à manipuler.Avec la mécanisation, l’industrie se met aussi à pratiquer la coupe à blanc dès les années 1960.1751 Un Français du nom de Guettard suggère l'utilisation des fibres du bois pour fabriquer le papier.1765 à 1772 L’Allemand Scheaffer publie six volumes sur la fabrication de papier à partir de fibres de bois ou de plantes.Prêchant par l'exemple, ses ouvrages sont imprimés sur un papier fait de fibres de hêtre, de tremble, de mûrier, d'épinette et de saule.1798 Le Français Nicolas-Louis Robert met au point une machine qui permet de fabriquer mécaniquement une feuille de papier d'une longueur déterminée.1803 Deux Britanniques, les frères Henry et Sealy Fourdrinier perfectionnent la machine de Robert, qui gardera leur nom.1809 (1803, disent d’autres) La première papeterie ouvre ses portes à Saint-André d'Argenteuil.On y fabrique du papier à partir de chiffons.Québec Science ~ Septembre 2003 39 ill ' ! %mW > Patrimoine industriel Sëïii.'.• Au tournant des XIXe et XXe siècles, tout va changer.Le fer et l’acier délogent le bois dans la construction de navires et même dans celle des édifices.La demande en bois de sciage diminue rapidement et celle pour le papier augmente à point nommé pour prendre la relève et soutenir l’industrie forestière.À la fin des années 1930, environ 50 % de la coupe forestière est destinée aux usines de pâtes et papiers, alors que le bois de sciage n’occupe plus que 20 %.Le reste, environ 30 %, va encore au bois de chauffage.La Mauricie, Trois-Rivières en tête, est la grande gagnante de ce virage vers l’industrie des pâtes et papiers.À la fin des années 1920, cette région compte pour 40 % de la production québécoise de bois et Trois-Rivières réclame le titre de capitale mondiale des pâtes et papiers.Avec respectivement 25 % et 15 %, le Saguenay et la région de Québec tirent aussi leur épingle du jeu.L’Outaouais, l’ancienne cour à bois de la Belle Province, ne représente alors plus que 10 % de la production papetière.Si le papier peut prendre la relève du bois de construction comme principale activité forestière, c’est parce que, d’innovation en innovation, l’industrie a appris à fabriquer le papier à partir d’une multitude de fibres d’origine végétale.On peut dire que la grande histoire du papier commence par la récupération et le recyclage.Le papier est en effet d’abord fabriqué à partir de chiffons, des morceaux de tissu, neufs ou usagés, ainsi que des résidus de filature, des vieux filets ou encore des cordages.La production de papier à par-tir de chiffons réussit à répondre à la demande bien qu’elle n’en soit qu’à une échelle artisanale.Jean-Pierre Charland dresse un portrait de cette histoire dans son ouvrage sur les pâtes et papiers au Québec, un document incontournable pour comprendre l’évolution de ce secteur.Les chiffons, raconte l’historien, étaient déchiquetés et lavés.Au début, on choisissait des tissus de couleur pâle.Puis le Suédois Karl Wilhelm Scheele a eu l’idée, en 1774, d’utiliser du chlore pour blanchir les tissus de couleur.Le chlore était éliminé grâce à un lavage prolongé des fibres.Mais les chiffons ne suffisent pas pour répondre à la demande croissante de papier.Les manufacturiers recherchent une matière première économique.Ils s’intéressent d’abord à l’herbe, au foin et à la paille.Les Bouillie de bois Fabriquer du papier consiste à broyer des fibres végétales puis à les faire bouillir dans un liquide, généralement de l'eau à laquelle on a ajouté divers produits, pour former une pâte homogène.Il s'agit ensuite d’étendre cette pâte en une couche mince; une fois pressée et séchée, elle donnera des papiers de qualités diverses.La recette originale de ce mode de fabrication vient des Chinois qui, entre 250 av.J.-C.et 150 av.J.-C., auraient commencé à fabriquer du papier à partir de roseaux réduits en pâte.Dans ce procédé artisanal, cette pâte est étendue à la main sur un tamis en une mince pellicule.Puis on en extirpe partiellement l'eau grâce à une presse.On laisse ensuite sécher les feuilles.Au début, il semble que les Chinois n'utilisent pas le papier pour l'écriture, mais plutôt pour l’emballage, l'habillement et l'hygiène personnelle.Le procédé chinois, transmis à l'Occident par les Arabes au début du VIIIe siècle, sera appliqué à la transformation des chiffons en papierjusqu'au début du XIXe siècle.premiers papiers fabriqués de fibres végétales comportent presque toujours une part de chiffons et il faudra un certain temps avant de produire un papier de quabté acceptable sans recourir à ces derniers.Puis une série d’innovations technologiques permettent de fabriquer du papier à partir de bois.C’est notamment le cas des machines - des défibreurs - capables de broyer le bois qui sera ensuite mélangé à l’eau pour former une pâte.Les premiers modèles sont rudimentanes : une meule de pierre tourne dans une cuve et écrase le bois tendre contre la paroi.Les modèles subséquents comprennent une meule qui est enfermée dans un caisson en fonte.Un ouvrier alimente la machine et des pistons pressent le bois contre la meule.La fibre de bois tombe dans l’eau et s’écoule vers les cuves de préparation de la pâte.Au début, le broyage, qui donne une pâte dite « mécanique », pose un problème : le procédé endommage la fibre du bois.Raccourcie, celle-ci est moins résistante et il faut la mélanger avec de la pâte de chiffons pour améliorer sa qualité.Une fibre plus longue donnerait un papier plus résistant.Deux Anglais, Hugh Burgess et Charles Watt, entreprennent vers le milieu du XIXe siècle des recherches qui conduisent à la fabrication d’une pâte par un procédé chimique.Le bois est principalement constitué de lignine et de cellulose.Cette dernière intéresse les fabricants de papier.Il faut donc trouver un moyen chimique de se débarrasser de la première.Au lieu de les broyer, on déchiquette les billes de bois en copeaux.Ceux-ci sont ensuite cuits à haute température dans une liqueur de soude caustique qui dissout tout sauf la m La Domtar à Trois-Rivières, 1923 cellulose.Le procédé est plus coûteux et moins efficace : il ne reste que 50 % du bois contre 95 % avec le procédé mécanique.En parallèle, des inventeurs perfectionnent les machines qui façonnent et déshydratent la pâte de bois pour en faire du papier.La principale technique s’appuie sur le principe de la Fourdrinier.Il s’agit d’une table plate sur laquelle on laisse s’écouler la pâte de bois encore très liquide, un peu comme une pâte à gâteau sur une tôle de cuisson.Line toile métallique entraîne le mélange, qui a déjà la forme d’une feuille, entre une série de rouleaux pour faciliter l’extirpation progressive de l’eau.C’est l’image type de la machine à papier.Selon Jean-Pierre Charland, le principe de la Fourdrinier reste inchangé pendant plus d’un siècle et demi.Les améliorations consistent seulement en des accroissements de la largeur et de la vitesse des machines.Chaque nouvelle usine, ou presque, établit un nouveau record dans un do- maine ou 1 autre.La technologie est donc en place pour permettre la production de papier à grande échelle.En 1883,75 % du papier fabriqué en Allemagne provient déjà des forêts.À la même époque, la rareté des chiffons incite les fabricants états-uniens à utiliser du bois.Les industriels se rendent rapidement compte qu’il est plus avantageux d’opter pour le bois mou, plus facile à broyer.Mais l’utilisation du pin est exclue : trop cher, trop difficile à blanchir et encore trop utile dans la construction.Les bois trop résineux posent aussi un problème : ils encrassent rapidement les machines.C’est alors que les regards se tournent vers l’épinette.Cette essence a peu de valeur commerciale, elle contient relativement peu de résine, son bois est assez pâle et elle est plus facile à broyer.L’épinette noire offre aussi une fibre longue d’excellente qualité qui permet de fabriquer du papier résistant aux presses de plus en plus rapides des quotidiens.Les industriels des Etats-Unis traversent la frontière pour chercher la matière première.Jusqu’en 1910, on y exporte le bois destiné à la fabrication du papier.Lentement, les Canadiens se rendent compte du potentiel économique de la forêt.En 1900, l’Ontario interdit l’exportation du bois destiné à la fabrication de pâtes et de papiers.Dix ans plus tard, le Québec l’imite.Nos voisins du sud, ayant toujours un aussi grand besoin en papier, viennent implanter leurs usines papetières sur place.C’est le décollage.Bien qu’ime vingtaine de papeteries aient vu le jour au Québec au cours du XIXe siècle, c’est bien dans les premières décennies du XXe siècle que les usines, beaucoup plus imposantes, s’installent partout sur le territoire.Pâtes et papiers confondus, le Québec est passé de 1901 à 1990 de 26 à 60 usines réparties dans une cinquantaine de villes.Mais avec l’automatisation des processus, l’industrie n’est plus le grand employeur qu’elle était.Des noms ont marqué l’histoire : Canadian International Paper (filiale canadienne du numéro un mondial à la fin du XIXe siècle), Consolidated Paper, Anglo Pulp and Paper, Price Brothers Kruger, Donohue, Domtar et d’autres compagnies encore.En 1990, le papier journal constitue toujours la principale production avec 53 % du tonnage.Le Québec produit alors 12,5 % de tout le papier journal de la planète.Au fil du XXe siècle, le capital de cette industrie est principalement étranger, tout comme les inventions qui ont donné naissance à l’industrie des pâtes et papiers.Mais, au fil du temps, le Québec apporte aussi sa contribution à l’évolution technologique du secteur.Les fabricants d’équipements, l’industrie elle-même ainsi chrono 1844 L'Allemand Frederick Gottlob Keller invente une machine capable de broyer le bois et de le réduire en pâte.1857 Aux Etats-Unis, JJ.Roth dépose un brevet pour la fabrication de pâte « chimique » qui utilise l'acide sulfurique, un premier pas vers le procédé au bisulfite de calcium mis au point en 1880.1884 L'Allemand Dahl met au point le procédé de fabrication de la pâte au sulfate (procédé kraft, mot suédois qui signifie «fort»).que des laboratoires universitaires et gouvernementaux contribuent à l’amélioration de l’équipement et des méthodes de fabrication.Parmi ces acteurs de la recherche, mentionnons la Dominion Engineering Works, une entreprise de Lachine qui, en 1930, pouvait se vanter d’avoir fabriqué le quart des machines à papier en service au Canada.Plusieurs sociétés papetières établissent aussi leur propre laboratoire, dont la Laurentide ou la Consolidated Paper et Domtar.Enfin, ajoutons le Forest Products Laboratory, d’abord lié à l’Université McGill, qui donnera naissance à l’Institut canadien de recherches sur les pâtes et papiers (Pa-prican), situé à Pointe-Claire dans l’ouest de Montréal.Il y a aussi des laboratoires gouvernementaux et, dans le dernier quart du XXe siècle, d’importantes équipes universitaires de recherche sont Québec Science ~ Septembre 2003 41 i ¦:;*v tL .'V'S' constituées, comme celle du Centre de recherche en pâtes et papiers de l’Université du Québec à Trois-Rivières.À partir des années 1960, l’industrie connaît de profonds changements technologiques.Le bois de sciage a repris du poil de la bête, bien que les États-Unis lui fassent la vie dure.La scierie est devenue un passage obligé, ou presque, pour le bois québécois.Ainsi, en 1995, près de 81 % du bois récolté dans les forêts publiques québécoises prend la direction des scieries, Pause radiophonique dans un camp de bûcherons.Autrefois, les travailleurs forestiers pouvaient passer plusieurs semaines loin de leur famille pour couper du bois.selon les chiffres du ministère des Ressources naturelles du Québec.Les copeaux et les sciures prennent ensuite le chemin de la papeterie.L’amélioration des techniques de transformation permet aussi l’utilisation d’autres essences de bois, comme le peuplier, qui sont mélangées aux fibres d’épinette pour faire du papier.Ces dernières années, les industriels ont également été contraints de revoir les modes de production pour diminuer les effets néfastes sur l’environnement.Grandes consommatrices d’eau, les papeteries pèsent lourd dans le bilan environnemental québécois.Et l’exploitation de la forêt a laissé sa marque dans le paysage.Les méthodes de récolte et d’évaluation de la capacité de pro-duction des forêts font toujours l’objet d’une forte contestation.On n’a pas fini d’en parler.QS il ÉËI wê* & ¦ ¦ f écho< sciences il .''•fl Québec Science à l’heure du XIIe Congrès forestier mondial de Québec Québec accueillera, du 21 au 28 septembre, le XIIe Congrès forestier mondial (http://www.cfm.org/).L’équipe de Québec Science suivra l’événement où se rassembleront sous le thème « La forêt, source de vie », plus de 5 000 participants du domaine de la foresterie internationale.Une aire d’exposition consacrée aux solutions concrètes, aux r oteln^jL initiatives et progrès techniques sera accessible au public le jeudi 25 septembre.Près de 400 000 visiteurs par mois Nouvelles, bulletins, forums, dossiers.Tout sur l'actualité scientifique au jour le jour sciences L'un des sites ***** de la francophonie Pour demeurer dans la vague de l’été En kiosque le 27 juin 2003 En vente dès maintenant par Internet à www.cybersciences.com/abonnement, téléphone : {514) 875-4444 ou 1800 667-4444 42 Québec Science - Septembre 2003 aussi ¦_______if-:***:,*.VC-c-i:' Wik •¦&/'*.i*Z*?hl V Les droits de coupe La plus grande partie de la forêt québécoise est publique, c'est-à-dire qu'elle appartient à tous les Québécois par l’entremise de l'État, qui en est aussi le gestionnaire.Dans l'At/as historique du Québec (Le territoire), on rapporte que, dès 1824, les autorités coloniales ont commencé à imposer des droits de coupe et implanté un régime d'affermage des forêts publiques.Pour les exploiter, il fallait alors obtenir un permis de coupe sur une certaine superficie et payer des droits en fonction du volume de bois coupé.«Ce système, écrivent les auteurs, favorise nettement la concentration de l'exploitation forestière dans les mains d'un nombre relativement restreint de grands concessionnaires qui se partagent l'espace forestier en prenant appui sur les bassins hydrographiques.» Ce mode de gestion s'est transformé au fil des ans, mais repose toujours sur le même principe de base.Depuis 1986, la Loi sur les forêts stipule que les entreprises doivent obtenir un contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) pour exploiter la forêt.Pour les entreprises, le CAAF implique le paiement de droits de coupe ainsi que l’obligation d'aider au renouvellement de la ressource par la plantation d’arbres ou par les travaux sylvicoles qui favorisent la croissance des essences désirées, ou par une combinaison des deux.À voir - Le Centre d’exposition sur l'industrie des pâtes et papiers, 800, Parc portuaire à Trois-Rivières, présente l'évolution de la ville en rapport avec cette industrie.Ouvert à tous du 25 mai au 30 septembre.Sur réservation, le Centre est ouvert à l'année pour les groupes de 10 personnes et plus.(819) 372-4633.- Plusieurs usines de pâtes et papiers ouvrent leurs portes aux visiteurs sur réservation.^ Pour en savoir plus CHARLAND, Jean-Pierre.Les pâtes et papiers au Québec, 1880-1980, Technologies, travail et travailleurs.Documents de recherche n° 23, ICRC, 1990.DIONNE, Lynda et PELLETIER, Georges.Des forêts et des hommes, 1880-1982.Archives nationales du Québec et Publications du Québec, 1997.HARDY, René et SÉGUIN, Normand.Forêt et société en Mauricie, la formation de la région de Trois-Rivières 1830-1930.Boréal Express, 1984.Qes uns s'étalent au grand jour, les autres se cachent dans les lieux les plus humides de la forêt, à l'abri des regards Il n y a que Les Publications du Québec pour offrir une description aussi juste des habitats de certains polypores publicationsduquebec.gouv.qc.ca 1 800 463-2100 {.chaniprç1101^ des aîbt«s^ du Nord - .-3- Ws/tez notre section chez votre libraire 744 pages 500 photos couleur Publications M __ > i ES Québec ca « Toute la réalité, rien que la réalité Québec Science ~ Septembre 2003 43 Un magazine n ici avec des antennes de par le mande Abonnez-vous pour un an et obtenez gratuitement notre Guide Plein Air 2003 Comment _i_ - _• Won profiter du plSIFI 3IT Science Ë Ë Science «CT-cfltnàtnaia» EM Offres spéciales Abonnez-vous pour trois ans et obtenez gratuitement « Nos lacs, les connaître pour mieux les protéger » de M.André Hade.Une valeur de 19,95 $ ! ?1 an (10 numéros) 41,35 $ ?2 ans 71,25$ ?3 ans 98,87 $ Taxes incluses, tarifs valables au Canada seulement jusqu'au 19 septembre 2003.Détachez et expédiez à Québec Science ou remplissez le coupon à l'intérieur Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8ET ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : 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La grande vadrouille La technologie Wi-Fi rend l’Internet sans fil accessible.Elle provoque un engouement inatterîdu ! Il n’y a pas si longtemps, le téléphone mobile semblait la technologie de prédilection pour rendre Internet accessible en tous lieux par la voie des ondes.Le WAP, apparu il y a trois ans, était tut avant-goût de l’arrivée « imminente » des téléphones sans fil de troisième génération, surnommés «3G» (voir «Une toile sans fil », Québec Science, février 2001).Et puis, la « bulle » a éclaté et l’enthousiasme pour l’Internet sans fil s’est quelque peu refroidi.En particulier du côté des opérateurs de téléphonie mobile européens qui, après avoir dépensé des dizaines de milliards de dollars pour acquérir les licences d’exploitation des fréquences du futur 3 G, ont ttouvé leurs coffres vides pour mettre en service « l’Internet nomade » .Alors qu’on ne l’attendait plus, l’Internet sans fil refait surface.La nouvelle coqueluche de la planète Internet s’appelle le Wi-Fi, alias Wireless Fidelity - ou IEEE 802.11 pour les intimes (voir Cyberjargon).Apparue en 1999, cette technologie était jusqu’à l’an dernier plus ou moins une curiosité pour bidouilleurs informatiques.Dans les gares, les aéroports, les hôtels, les cafés, partout où errent de pauvres internautes loin de leur clavier, on voit depuis le début de l’année pousser par centaines des points d’accès Wi-Fi - ou hot spots en « novlangue » techno.Pour quelques dizaines de dollars, l’internaute en balade peut désormais acheter une carte W-Fi, l’insérer dans son ordinateur portable et, par l’intermédiaire de l’un de ces hot spots, surfer allègrement surleWebjusqu’à56Mbps-c’est-à-dire 100 fois plus vite qu’une connexion ADSL ou modem-câble à 512 Kbps et même 1000 fois mieux qu’un modem téléphonique à ; 56 Kbps.Et ce, sans fil à la patte ! Pour l’instant, le phénomène Wi-Fi : touche surtout les États-Unis.Des four-?nisseurs d’accès Wi-Fi, comme Boingo ( 1 ) I et T-Mobile (2), ont fait leur apparition et, à la fin de l’année dernière, plus de 12 000 bornes Wi-Ei étaient déjà en service.Selon le cabinet d’études Cahners In-Stat, leur" nombre devrait atteindre 145 000 en 2007 aux États-Unis seulement.Cometa (3), un consortimn regroupant les géants IBM, Intel et AT&T, s’est donné l’objectif ambitieux d’installer 20 000 points d’accès Wi-Fi avant la fin de 2007, de manière à ce que ses abonnés puissent trouver dans les 50 plus grandes villes des États-Unis un hot spot à moins de 5 minutes à pied.Même la chaîne McDonald’s s’y met en implantant des bornes McWireless (4) dans ses restaurants ! En Europe, le nombre de hot spots grimpe aussi rapidement, selon les données du cabinet IDC.Et comme aux États-Unis, les expérimentations vont bon train.Par exemple, à Paris, la société Wixos (5) a testé le printemps dernier l’implantation d’une douzaine de bornes W-Fi le long de l’une des principales lignes d’autobus de la ville.Objectif: installer des antennes Wi-Fi à la sortie des 372 stations du métro parisien et ainsi couvrir en presque totalité le territoire de la capitale française.Chez nous, Bell Canada a commencé en décembre dernier à remplacer des téléphones publics par des bornes W-Fi.Une dizaine sont déjà implantées dans des lieux de grand passage comme la gare Windsor ou l’aéroport de Dorval à Montréal.Une manière d’évaluer la popularité du service destiné dans un premier temps aux gens d’affaires et autres professionnels mobiles.Alors, une nouvelle poule aux œufs d’or ?Pas sûr.Malgré l’enthousiasme débordant des fournisseurs W-Fi, le sort de ce type de service n’est toujours pas fixé.Il reste à voir si suffisamment de gens seront intéressés à mettre la main à la poche pour en profiter.Sans compter que les hot spots commerciaux payants, en plus de se livrer concurrence en- Québec Science ~ Septembre 2003 45 "ÎSB;.: mwm tre eux, doivent faire face à une rude compétition.gratuite ! En effet, renouant avec l’esprit communautaire des débuts d’Internet, nombre de bons samaritains ont mis en place leur hot spot maison en guise de réseau local, puis ont décidé d’en partager l’accès avec leur voisinage.Un peu partout autour du globe, de Londres à Tokyo, on trouve des centaines de ces hotspots communautaires, dont le « Wi-Fiste » en vadrouille peut découvrir l’existence grâce à des annuaires, comme HotspotsList.com (6) et Wifinder.com (7).Au Québec, on n’en recense qu’une douzaine pour l’instant.On peut facilement les repérer en visitant quebec.sansfil.org (B) ou nodedb.com (9).Mais que l’accès soit payant ou gratuit, les fabricants de matériel informatique ont décidé eux aussi de surfer la vague Wi-Fi.C’est notamment le cas d’Intel, avec sa technologie Centrino lancée le printemps dernier.Destinée aux ordinateurs portables, celle-ci intègre une puce Wi-Fi direaement sur la carte-mère.Des assistants numériques personnels et des téléphones mobiles se convertissent aussi au Wi-Fi.Côté divertissement, Philips (10) et Sony (11) doivent bientôt débuter la commercialisation de « récepteurs médias » qui, à l’aide d’une liaison Wi-Fi, peuvent capter et diffuser de la musique, des images ou des vidéos en provenance d’un micro-ordinateur ou d’un autre appareil parlant Wi-Fi.Selon le cabinet d’études Gardner, près de 100 millions d’appareils Wi-Fi devraient être en circulation d’ici 2006.Les disciples du Wi-Fi voient encore plus grand.Pourquoi chaque appareil Wi-Fi ne deviendrait pas un « routeur », à l’instar d’Internet, où chaque ordinateur (serveur) véhicule les données de ses voisins - et vice-versa ?Des millions d’appareils Wi-Fi formant un immense réseau maillé sans fil - mesh network en anglais - où transiteraient communications téléphoniques, pages Web et auttes données numériques.Bien sûr, quelques « légers » problèmes - notamment de confidentialité des données -doivent encore être résolus.mais ce n’est qu’un détail, non ?OS Et Bluetooth?Mise de l'avant par un consortium de constructeurs informatiques, dont Nokia, 3Com, Microsoft, IBM et Intel, Bluetooth est l'autre grande norme du sans-fil.Comme Wi-Fi, Bluetooth utilise la fréquence 2,4 GHz.Avec un maigre débit de 1 Mbps et un rayon d'action de 10 m, Bluetooth semble vouée à se faire damer le pion par 802.11g.Mais elle a tout de même quelques atouts dans sa manche : elle est moins sensible aux interférences et plus facile à mettre en œuvre, car les appareils Bluetooth se reconnaissent automatiquement entre eux.En outre, elle est moins gourmande en énergie, ce qui est particulièrement appréciable pour les assistants personnels numériques, téléphones mobiles et autres appareils à piles.Alors que Wi-Fi est idéal pour les réseaux locaux sans fil, Bluetooth se destine plutôt aux réseaux personnels sans fil - ou WPAN ( Wireless Personal Area Network).Par exemple, pour permettre à un assistant personnel, un téléphone mobile ou un appareil photo numérique d'envoyer directement un fichier ou une image à une imprimante, sans passer par un micro-ordinateur.Ou, simplement, pour éliminer les fils entre son micro et ses périphériques (souris, clavier, imprimante, webcam, etc.).Bluetooth - Site officiel www.bluetooth.com >CyberJargon IEEE 802.11: Norme de communication sans fil homologuée par l'Institute of Electrical Electronics Engineers (IEEE).La 802.11 est avant tout conçue pour la mise en place de réseaux locaux sans fil; « 802.11 » est donc le nom officiel de la Wi-Fi.Trois versions sont en usage.La plus répandue est 802.11b.Elle opère dans la bande de fréquences de 2,4 à 2,5 Gigahertz (GHz) - juste au-dessus de celle réservée aux téléphones mobiles, entre 1,8 GHz et 2,1 GHz - et permet un débit théorique de 11 mégabits par seconde (Mbps) jusqu'à 100 m de distance.Sa petite sœur, 802.11a, offre un débit de 54 Mbps.Toutefois, elle opère dans la bande de 5 GHz à 6 GHz et est incompatible avec 802.11b.Officiellement approuvée le 12 juin dernier, 802.11g offre aussi un débit de 54 Mbps.Opérant sur la fréquence 2,4 GHz, elle a été conçue pour demeurer compatible avec 802.11b.À terme, elle devrait remplacer les deux autres.Le fonctionnement de Wi-Fi s'inspire beaucoup de celui d’Internet; les données sont transmises sous forme de « paquets », chacun Wi-Fi Zone www.wi-fi.org 802.11 Planet www.80211-planet.com »Cyber (3) Cometa www.cometanetworks.com (6) HotspotsList www.hotspotslist.com (1) Boingo www.boingo.com (4) McWireless (McDonald's) www.mcdonalds.com/locator/ wireless/ (7) Wifinder.com wifinder.com (9) Wireless Node Database www.nodedb.com/canada/qc/ ?lang=fr (2) T-Mobile www.t-mobile.com (5) Wixos www.wixos.net (8) Québec sans fil guebec.sansfil.org (10) Streamium (Philips) www.streamium.com (11) Sony Wireless www.vaio.sonyeurope.com/ eng/showcase_wt/ possédant une «adresse».Les récepteurs Wi-Fi ne se préoccupent que des paquets qui leur sont adressés.Toujours comme Internet, ils peuvent demander la réexpédition d'un paquet perdu.Les paquets sont émis simultanément sur 14 canaux à l'intérieur de la bande de 2,4 GHz - afin de maximiser les chances que tous les paquets se rendent à bon port malgré les interférences ambiantes.Car la bande de 2,4 GHz du spectre électromagnétique est parasitée notamment par les fours à micro-ondes (surtout les anciens modèles, moins étanches).L'usage de cette bande est donc resté complètement libre et gratuit, sans nécessité d'acquérir une licence d'exploitation, comme c'est le cas pour les fréquences de la radio, de la télévision, etc.D'où un avantage non négligeable sur le plan financier en faveur du Wi-Fi! Ma:- Isèli le moi Mil Foi «pisatio tttrnm tatisco, ftlîlleri fotcisjii IEEE 802 LAN/MAN Standards Committee www.ieee802.org »«e(lîo Nhî(]i ‘Nranje wccon transi, Patrie! iiti: hateu, "îttfioii.1% s; ,fllS %, N '«fe itîtl.'(üri ItS Mit® [¦kIiIbI, itiftilMil'ij suit Mis sidll' 'tiiiitflK tisstihii ensiili* spttttélîtl'f jjjmtltlBflB liSiOISl# ](jt(t#tto* itltii# uttfiW' It Hi fl11 ^ jltStll!^1®' tlll/t' IJ.C»"' iSi ,nfC0^ Kiirtr i nil Pédaler le monde La Jhai Foundation, une organisation non gouvernementale de San Francisco, se propose d'installer des bornes d'accès à Internet dans les endroits les plus reculés du monde, là où il n'y a même pas de réseau électrique.La personne qui voudra accéder à la grande toile devra se faire accompagner d'un ami et installer celui-ci sur un vélo transformé en génératrice, un système artisanal pour alimenter l'ordinateur en courant électrique.Un émetteur sans fil à bas prix et une tour émettrice, située dans le village, complètent l'attirail.Déjà en fonction dans la campagne laotienne, «l’Internet à pédales» permet aux paysans de suivre les cours des produits qu’ils cultivent, de consulter les bulletins météo et de communiquer avec leur famille.www.jhai.org sur le temps La compagnie de montres Nixon a créé le modèle Delta pour les amateurs de planche à neige.Il est équipé d'un altimètre calibré pour 160 stations de ski dans le monde.L'amateur peut savoir exactement l'altitude à laquelle il effectue chacune de ses pirouettes.La montre, dotée d'un thermomètre et d'un baromètre, affiche aussi une jolie petite icône pour indiquer le temps qu'il fait.pour ceux qui ne veulent pas lever les yeux de leur planche ! Prix : 500 $.www.freeride-dist.com Lèche- vitrine Hewlett-Packard a mis au point un logiciel pour magasiner à partir de sa voiture ou du trottoir.Installé sur un assistant personnel numérique, couplé à un système de position global et à une boussole, le Point-and-shop software permet de lire instantanément le menu des produits et services offerts dans les magasins munis du système, sans avoir à pousser la porte d'entrée.On ne peut encore vérifier si le produit désiré est en inventaire, mais ça ne saurait tarder.En attendant, les consommateurs peuvent tout de même faire encore un petit effort.www.hp.com Québec Science - Septembre 2003 47 science/culture par Mélanie Saint-Hilaire \ J « Fol » d'Einstein !As « ».Ce que nous pouvons connaître de plus beau, c’est le mystère nous dit le dernier film de Catherine Fol sur le père de la physique moderne.œ: (mèM La réalisatrice Catherine Fol aime bien Dali.Mais c’est un autre peintre, René Magritte, qui lui a inspiré les images les plus éloquentes de son récent documentaire.En 1935, le surréaliste belge a peint une fenêtre dont les rideaux encadrent un paysage.brossé lui aussi sur toile.La condition humaine - le titre de cette œuvre - interroge la finesse de nos perceptions.Savons-nous voir le monde ou seulement l’idée que nous nous en faisons ?Cette question métaphysique a donné à Catherine Fol l’idée d’un film scientifique.Ceci n’est pas Einstein.« Qu’est-ce que la science connaît de la réalité?» demande l’in-génieure physique, devenue cinéaste, dans ce court métrage qui complète la trilogie scientifique entamée avec Toutatis (film sur l’astronomie, prix de la meilleure œuvre québécoise au festival Téléscience de 1996) et Le lien cosmique (sur la biologie).Cette fois, elle se penche sur la physique.Une science qui, à vue de nez, semble moins propice à expliquer le monde qu’à nourrir l’imagination des amateurs de science-fiction.Pour l’auditeur moyen, les histoires de neutrons, protons et électrons semblent aussi fantasmagoriques que les fables surnaturelles de nos grands-pères.Et Catherine Fol, M.Trinh et Pascale Monpetit Pascale Montpetit devant un radio-télescope à Kitt Peak que dire de la mécanique quantique.« On croit comprendre, puis on se rend toujours compte qu’on n’a rien compris », assène Françoise Balibar, physicienne française interviewée dans le film et traductrice attitrée des écrits d’Albert Einstein.À quoi sert la science ?Que nous apprend-elle sur la condition humaine ?Catherine Fol a cherché une réponse chez Einstein - dans des traductions officielles, précise la cinéaste, qui a lu les œuvres complètes en six volumes.«Je me suis attardée aux passages où il parle de ce que la science signifie pour lui.Je voulais toucher aux fondements mêmes de la pratique scientifique.» Le père de la relativité, qui aimait fumer la pipe et faire chanter son violon, est devenu pour elle une « idole » par sa pensée philosophique et humaniste, qui va bien au-delà de E=mc2.« Ce que nous pouvons connaître de plus beau, c’est le mystère », disait-il.Ce qui ne l’a jamais empêché de vouloir le percer ! Comme la protagoniste de Ceci n’est pas Einstein, interprétée par l’actrice Pascale Montpetit (et Madeleine, la propre fillette de la cinéaste, dans le rôle de l’enfant).Enfermée dans sa « petite biologie à cinq sens », la jeune femme tente de déterminer comment la science redéfinit l’homme.Que signifie le temps quand on peut admirer la lumière d’une étoile des années après sa mort ?Un et un font-ils vraiment deux ?La rencontre avec Françoise Balibar et l’astrophysicien états-unien Trinh Xuan Thuan l’aideront à voir comment répondre à ces questions.Ceci n’est pas Einstein n’est pas un documentaire scientifique.C’est plutôt une réflexion ludique sur la soif de savoir.« L’imagination est plus importante que la connaissance.La connaissance a ses limites, tandis que l’imagination embrasse le f# 48 Québec Science - Septembre 2003 monde », disait Einstein.Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.Avec Catherine Fol, qui ne craint pas les images assistées par ordinateur, des poissons volent dans le ciel, une échelle traverse les nuages, et une femme bondit à travers un mur de briques ! À ses films, la réalisatrice injecte une dose de poésie par la lente succession des plans, laissant nos rétines s’imprégner de la beauté d’une étoile en fusion ou du spectre des couleurs.«Je veux susciter des émotions », dit-elle.Diplômée de l’École polytechnique, Catherine Fol se destinait à l’astrophysique.Son destin a basculé en 1988 pendant la Course des Amériques, défunte émission de Radio-Canada.Ses reportages lui avaient valu le premier prix, assorti d’un stage à l’Office national du film.À 38 ans, avec Ceci n’est pas Einstein, elle réaffirme son intérêt pour le cinéma scientifique.«J’aime vraiment trop ça ! » lance-t-elle avec un soupir de bonheur.À l’instar d’Einstein, elle voit désormais les humains comme autant de maillons d’une longue chaîne.À chacun de transmettre le savoir de ses prédécesseurs, bonifié de sa propre contribution, si modeste soit-elle.«Ici s’achève ma tâche », aurait murmuré Albert Einstein en expirant.Pour Catherine Fol, sa disciple du septième art, elle ne fait que commencer.CS par Jean La face cachée de la chirurgie esthétique La chirurgie esthétique a bien changé.On n'en est plus à la liposuccion ou au lifting.Les interventions faites sur de grands brûlés ont permis aux chercheurs sérieux d’apprendre beaucoup sur la peau.Au point de pouvoir maintenant envisager des greffes de visage.par Catherine Dubé Le bouclier de Captain America Le Canada est entrain d'évaluer sa participation aux côtés des États-Unis dans la création d’un bouclier antimissile.Un gros projet militaire dont le coût est estimé entre 60 et 240 milliards $.Quels avantages Ottawa pourrait-il trouver dans ce projet?Quels sont les enjeux stratégiques et technologiques qui y sont rattachés ?par Manon Cornellier Mots d'outre-temps Les manuscrits de la mer Morte sont les écrits énigmatiques les plus célèbres de l’histoire.Comment la science trouve-t-elle le moyen de les faire parler?Et que disent-ils vraiment?par Laurent Fontaine Nombres pentagonaux a) Quel est le terme général de la suite des nombres pentagonaux : 1, 5,12, 22,.b) Quelle est la somme des 100 premiers nombres pentagonaux?c) Montrer que le nombre pentagonal 145 est la somme de trois nombres triangulaires.Solutions 147 Une balance à 100 kg et plus ! Solution suggérée : Soit le poids de chacun des guatre sacs : a, b, c, et d.On obtient les six équations suivantes : a + b = 104 (1), a + c = 105 (2), a + d = 107 (3) b + c = 107 (4), b + d = 109 (5), c + d = 110 (6) (2) - (4) donne : a - b = -2 (7) (1) + (7) donne : 2a = 102 ou a = 51 (8) Si a = 51.alors b + 53 (1), c = 54 (2), d = 56 (3) Les quatres sacs pèsent respectivement: 51 kg, 53 kg, 54 kg et 56 kg.148 Quatre triangles semblables! Solution suggérée Nous savons gu'il existe seulement quatre façons différentes d’obtenir trois triangles plus petits que je représente comme ceci : 12 3 4 ¦mm Ce n'est qu’à partir d'un triangle rectangle que l'on peut obtenir trois autres triangles rectangles semblables au triangle initial.Voici les deux cas possibles : a) Ce cas est général, le triangle ABC est semblable aux triangles rectangles ADB, DEB, CDE.b) Un cas particulier à partir d’un triangle rectangle dont les angles sont 30°, 60° et 90°.Le triangle rectangle ABC est semblable aux triangles ADE, ABD et CDE.149 Un peu d'algèbre Solution suggérée II existe un polynôme p(x) tel que f(x) = (2x + 1)p(x), g(x) = (x - 2)p(x) On peut donc écrire : h(x) = (2x + 1)2p2(x) + (x - 2)2 p2(x) = (4x2 + 4x + 1)p2(x) + (x2 - 4x + 4)p2(x) =(5x2 + 5)p2(x) =5(x2 + 1)p2(x).Il est exact que (x2 + 1) est un facteur de h(x).Niveaux H débutant ^intermédiaire ^expert Québec Science - Septembre 2003 49 ance des temps Mfflm La concor i L'exploration de l'espace L’infiniment petit, l’immensément grand.Bernard Arcand : L’exploration de l’espace est une question de temps.L’avenir nous inquiète sans cesse et la science partage certains traits avec l’astrologie.Quand la première examine le passé à la recherche des lois de l’histoire ou de la nature, c’est dans l’espoir de prévoir ce qui nous arrivera demain - comme la seconde.Les astrologues, moins rigoureux et surtout moins patients, n’hésitent pas à risquer gros en devinant, tout simplement.Savants et astrologues partagent une fascination commune envers l’infiniment petit et l’immensément grand.Les devins surveillent l’alignement des astres ou scrutent les minuscules feuilles de thé, et les moindres lignes de la main.La science est convaincue que les clés de notre passé et toutes nos promesses d’avenir sont repérables dans les neutrinos et la nanotechnologie, ou dans l’immensité des traces du temps de l’espace cosmique.D’un extrême à l’autre, tous voudraient prévenir le destin.Les deux approches sont périlleuses.Un horoscope approximatif peut inciter à de mauvais placements ou au mariage avec un parfait inconnu.La science du minuscule nous a donné l’arme nucléaire et pourrait demain créer des nanorobots qui avaleront la matière du monde.Celle de l’immensément grand arrivera peut-être un jour à faire naître par accident, en laboratoire, un trou noir capable de tout aspirer, même la lumière.Ce n’est guère mieux.Mais que les inquiets se taisent ! Peu de désirs sont aussi profondément humains que celui d’explorer l’infinité céleste.Icare nous a appris qu’il y aurait des risques et tous les shamans du monde lui ont répondu qu’il fallait se ] libérer du corps afin de sonder les dimensions cachées de l’exis-j tence.L’exploration de l’espace ne sera jamais l’opium du peuple, i parce que nous aimons croire qu’il y a davantage à l’intelligence i humaine que le calcul du PNB, les résultats du dernier sondage, ; les cotes d’écoute, l’espérance de vie ou le prix de l’essence.Brigitte Gemme : Que tout cela est romantique : au clair de la Terre, partir pour une infinie promenade le long de la Voie lactée, qui nous permettrait peut-être de rencontrer un « autre ».Il nous ressemblerait assez pour que nous puissions causer de philosophie et de mathématiques en poursuivant ensemble notre quête de vérité.À l’heure où l’on croit, à tort, que la planète entière tient dans l’écran de notre téléviseur, le désir de nous en échapper pour mieux nous retrouver dans l’espace est plus vif que jamais.Les administrateurs des agences spatiales l’ont bien compris : quand les élus soulèvent quelque critique sur la pertinence (et le coût !) des divers programmes spatiaux, on découvre aussitôt un caillou venu de loin pour attendrir les cœurs (et ouvrir les porte-monnaie) avec la promesse de prouver enfin que la vie est si bien faite qu’on la retrouve partout dans l’Univers.Ces heureux hasards où politique et science se rencontrent, soulèvent tant d’émotions de part et d’autre que la possibilité de tenir un débat démocratique serein s’évapore comme de l’eau.sur Mars.Notre désir de voyager, en personne ou par l’esprit, est si profondément ancré en nous qu’il peut servir d’efficace poignée pour nous manipuler.N’allez pas croire que je suis à ce point cynique que le bruit de fond de l’Univers, et ce qui s’y cache à une inimaginable distance, ne titille pas ma curiosité existentielle.Au contraire! Seulement, j’ai souvent l’impression que toute l’énergie investie dans la recherche spatiale permet surtout de prédire non pas l’avenir de l’Univers, mais plutôt le cours des actions des grandes entreprises aéronautiques, et maintenant pharmaceutiques.De plus, l’étrange parenté entre les technologies de l’exploration spatiale et ceUes de la guerre - téléguidage de fusées, interception et analyse de signaux, décharges sidérantes d’énergie - continue de me troubler.Quand les hommes vivront d’amour, je m’émerveillerai sans remords de nos prouesses interstellaires, promis.QS Brigitte Gemme se laisserait malgré tout bien entraîner dans une promenade sur Mars.Bernard Arcand a appris, de Biaise Pascal, à jouer avec son chat.50 Québec Science - Septembre 2003 ifteeimerem ttacomprisl siirkpeÉtd «attfiitolfs aai promesse ienfaiteipi'onb rs.Ceslitœiiï eseieKonwij Les études et la recherche à l'Université de Sherbrooke, c'est.Notre & ^ üBoarie®Pjr profonM (jo'Jpeorseni1 „ffpoiir»“s ?des encouragements pour foncer ?la facilité des collaborations interdisciplinaires Iv'.llIlCI»®' IjCllIP111' „ iaiso«r(ltl ïtiDÎ JaW ijiflfl1 iies.^ ?la capacité d'innover avec des équipes renommées ?un fonds de recherche de plus de 50 millions $ par an pour aller plus loin o l'avantage de la ville universitaire dans un milieu de vie exceptionnel CHASSEUR D'IMAGES 3D MEILLEURE THÈSE EN COTUTELLE FRANCE-QUÉBEC, MEILLEURE THÈSE DU VICE-RECTORAT À LA RECHERCHE DE L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE, DES BOURSES D'EXCELLENCE, DES PRIX.DÉCIDÉMENT, LE CHASSEUR D'IMAGES 3D, FRANÇOIS DESCHÊNES, COLLECTIONNE LES TROPHÉES ! Venu de Rimouski pour faire son baccalauréat coopératif en informatique à Sherbrooke, François en a fait du chemin dans sa Faculté ! Sa passion : les informations 3D présentes dans les images.Ses études sur la vision artificielle donnent naissance à de nombreuses applications novatrices dans des domaines comme la recherche d'images sur Internet à partir du contenu, les effets spéciaux au cinéma, la géomatique, la reconstitution 3D en muséologie, etc.Devenu depuis peu professeur à la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke, François Deschênes poursuit sa quête tout en partageant son savoir.tr" ans L'audace porte fruit UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca/recherche Vos créations CaHes a «VÇ Notre papier GROUPE PAPIERS FINS Vos dégâts GROUPE PRODUITS SPECIALISES .L Cascades ¦ .3 , ; 6 'ini VvJ U % 3» facs ¦ IÊ lumboj iltra y I : I (J ¦>.' t.' r.Cj / & KSrior ESytion ¦•.^bS!uret * Votre recyclage tN Notre savoir-faire «s 1 www.cascades.com CANADA • ETATS-UNIS • MEXIQUE • FRANCE ANGLETERRE • ALLEMAGNE • SUÈDE ;
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