Québec science, 1 janvier 2004, Avril
LA NOUVELLE COURSE I aux trousses N N Grippe du poulet /?¦- /¦ * fjf fc ’M t/f - Y T 5 9 'vV "* r V- y ' qui nous menace f.' •• /!' > : \ WÂjs' *¦ ' A * • .-N*' ‘ - ¦ ••• .¦.feÿ'ï-Ml P: ¦ ’°; ' )es scénarios qui donnent roid dans le dos.•' >ï;*" ^ l m: rÆ m w ¦ x ¦ i Dossier spécial ¦ ¦ Le reveil acadien Les chercheurs francophones des Maritimes sont sur tous les fronts : astrophysique, médecine, océanographie, photonique.Qui pense encore que l'Acadie est restée tournée vers son passé Avril 2004 06538563761604 La plupart des 4x4 ne peuvent s’abaisser à ça.¦ fltY 4 i .% 4% V îv ” ^ 'itJZ %.TOYOTA RAV4 2004 Le RAV4 peut vous emmener non seulement là où vont la plupart des VUS, mais aussi là où ils ne peuvent aller.Et il le fait avec une agilité remarquable, grâce à sa taille compacte, à son moteur maintenant plus puissant de 161 ch et à la traction formidable de ses 4 roues motrices permanentes.Mais ce n’est pas tout ! Son système de distribution à calage variable intelligent (VVT-i) fait en sorte que vous puissiez jouer dans la cour des grands, si énormes et puissants soient-ils.1888T0Y0TA-8/www.toyota.ca CAMION TOYOTA un coup de cœur sans fin rA’ a AVRIL 2004, VOLUME 42, NUMÉRO 7 www.cybersciences.com SUR LE VIF: JACQUES VIAU 6 Un policier passe au CRIM Pour mettre ta main au collet des malfrats informatiques, le Sherlock Holmes du XXIe siècle «surfe» sur les réseaux.par Mathieu-Robert Sauvé l’événement 9 Vache folle : la course au vaccin Une équipe de Toronto cherche à détecter plus vite et mieux la maladie de la vache folle.En attendant un vaccin?par Catherine Dubé Perplexité chronique 12 A quand les «vieux débrouillards»?par Brigitte Gemme Innovation 13 Lu à la télé Pour suivre en direct les grands sous-titres de l'actualité.par Marie-Ève Cousineau Planète ADN 14 Dépistage inquiétant Les tests génétiques livrent-ils une information utile pour les femmes à risque de développer un cancer du sein?par Jean-Pierre Rogel 15 Grippe aviaire la prochaine peste?Le virus de la grippe des oiseaux n'attend plus qu'une occasion pour infecter Homo sapiens.et surprendre son système immunitaire.par Catherine Dubé Astronautique 51 Lune: la face cachée du pian Bush Les Chinois ont l'œil sur la Lune.Le président des Etats-Unis la redécouvre.Les scientifiques ne l'ont jamais perdue de vue.par Marie-Pier Elie Acadie 20L’ODYSSÉE SE POURSUIT Quatre cents ans après leur arrivée, les Landry, Leblanc, Comeau, Arsenault, Thibodeau ou Savoie n’ont pas seulement peuplé le nord-est de l’Amérique, ils ont aussi envahi les laboratoires.Un dossier sur les chercheurs francophones des Maritimes.par Joël Leblanc technocratique 61 Aujourd'hui le futur par Philippe Desrosiers Science Culture 62 Le modèle Bob Morane L'ingénieur-aventurier a éveillé l'intérêt de deux générations de jeunes envers la science.par Mélanie Saint-Hilaire 64 Jeux par Jean-Marie Labrie Portfolio 65 Neandertal, les yeux dans les yeux CSS* K Bien vu! les géants de la rfp 66 Le message des animaux 14 par Serge Bouchard et Bernard Arcand Science Raymond Lemieux Un vent appelé Suroît Lorsqu’en février dernier, le premier ministre Jean Charest a stoppé le controversé dossier de la centrale thermique du Suroît, sa volte-face en a étonné plus d’un.Les questions entourant le Suroît soulignent la nécessité de mener un débat franc sur les choix énergétiques du Québec.Il faut revenir 25 ans en arrière pour trouver trace d’un tel exercice de réflexion où l’on a mis toutes les cartes sur la table : le nucléaire tout comme l’hydroélectricité, le pétrole comme le gaz naturel, l’énergie solaire comme l’énergie éolienne.Il fallait envisager Paprès-baie-James.Il ne faut pas être fin analyste pour constater que bien des technologies de production électrique ont évolué en un quart de siècle, et que les besoins en kilowatts ou en pétrole ont augmenté.La Régie de l’énergie, à qui on a confié le mandat de rouvrir ce débat, doit examiner toutes les formes de production envisageables en tenant compte de l’environnement.Que demander de plus ?Que cela ne soit pas un exercice purement politique ou cosmétique.Il y a toutefois un bémol qui altère en quelque sorte le bon déroulement de la réflexion : l’urgence.C’est en tout cas ce que prétexte Hydro-Québec qui estime être tout juste en mesure de répondre à la demande d’électricité lorsque arrivent les périodes de pointe, comme lors des grands froids de janvier dernier.C’est ce qui justifierait la construction rapide de la nouvelle centrale thermique du Suroît, malgré son impact environnemental (des rejets de gaz à effet de serre équivalant à ce que font plus de un demi-million d’automobiles).Remarquez que l’on est rendu loin de l’époque où Hydro s’affichait « propre, propre, propre ».Les analystes « hydroquébécois » ont-ils donc dormi si longtemps sur la switch pour se rendre compte, tout à coup, de l’évolution de la demande en électricité et invoquer à cor et à cri cette situation dite d’urgence ?Contre la centrale thermique du Suroît (quel paradoxe de nommer ce projet du nom d’un vent), les écologistes se sont offert la plus importante manifestation de leur histoire à Montréal.Il est heureux que le premier ministre y ait été sensible au point de vouloir relancer la discussion sur nos choix énergétiques.En tout cas, ce n’est pas le moment de jouer à l’autruche, un tel débat peut déterminer le développement à venir au Québec.!;v.v.v,v.v.v.‘.v.v,v,,\ /.V.Vjv;v.7V.v:' • •.Une odyssée pour le XXIe siècle I ’année 2004 marque le 400e anniversaire de l’implantation française en LrAmérique du Nord.Un événement qui sera largement commémoré dans les prochains mois.Certes, l’histoire acadienne nous passionne tous.Mais pour l’occasion, Québec Science a choisi de faire une incursion dans l’Acadie du futur.Dans le dossier spécial que vous avez en main, vous découvrirez comme nous l’avons fait, un autre visage de l’Acadie qui n’est vraiment plus amarrée à son passé.4 Québec Science I Avril 2004 Rédacteur en chef Raymond Lemieux demieux@quebecsdence.qc.ca Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine lfontaine@quebecscience.qc.ca Equipe de rédaction et collaborateurs Bernard Arcand, Serge Bouchard, Marie-Ève Cousineau, Isabelle Cuchet, Philippe Desrosiers, Gilles Drouin, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Jean-Pierre Rogel, Mélanie Saint-Hilaire et Mathieu-Robert Sauvé Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Rober Baronet, Sylvain Majeau, Yves Médam Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité : Tél.: 1514) 843-6888 Téléc.: 1514) 843-4897 Secteur public : Carole Martin poste 26 cmartin@quebecscience.qc.ca Secteur privé : Claire Breton poste 29 cbreton@quebecscience.qc.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Isabelle Cuchet icuchet@cybersciences.com 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reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une Information libre et de qualité en mahere de sciences et de technologies, l’éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires, les journalistes de Québec Science sont tenus de respeder le guide de déontologie de la Fédérabon professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucrabf, est publié 10 fois l’an par la revue Québec Science, la diredion laisse aux auteurs l'enh'ère responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-Utres, textes de présentab'on et rubriques non signés sont attribuables à la rédadion.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiolhèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Développement économique et régional Québec CC Canada dllli tel lüjjÈ tes StlfllD, tetu Li te- te b IüQ.Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l’aide financière du ministère du Développement économique et régionaL Nous reconnaissons l’aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédadionnels par l’entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 ^ p «» R Tél.: (514) 843-6888 " Téléc.: (514) 843-4897 courrier® QuebecScience.qc.ca tel Magazines du QuJ CEGEP de Jonquière mt ûT5» : R» La grande tournée des Bars des sciences À Carleton Des ancêtres et des gènes: la généalogie au XXIe siecle Une discussion animée par Denys Beaumont (CIEU-FM) à l'occasion du 400e anniversaire de l'Acadie.-»Mardi 30 mars 2004 au restaurant LaRochelle, 536, boul.Perron de 17h00 à 19h00 Réservations : Gaston Leblanc (418) 364-7567 Organisé par l'équipe de rédaction de Québec Science avec le soutien du ministère du Développement économique et régional, et du Consulat général de France.À Rimouski Biotechnologie : la dernière chance de la Gaspésie ?-Mercredi 31 mars au bar le Libre-échange, 101, rue Saint-Germain Ouest de 17h30 à 19h30 Animé par Denis Leduc (Radio-Canada, Rimouski) Réservations : Joël Leblanc (418) 722-0252 Organisé par l'équipe de rédaction de Québec Science auec le soutien du ministère du Développement économique et régional, et du Consulat général de France.|À Montréal et à Québec] Sommes-nous seuls dans l’Univers ?Mars, les lunes de Saturne, les comètes.les astronomes cherchent aujourd'hui des traces des éléments constituant la vie.Jusqu'à présent ces initiatives sont restées vaines.Et si la vie extraterrestre n’existait pas ?Mardi 13 avril à Montréal et mercredi 14 avril à Québec Animé par Yanick Villedieu {Les années-lumière, Radio-Canada) Entre autres invités : André Brack, exobiologiste et directeur de recherche en biophysique moléculaire au CNRS, Pierre Chastenay, astronome (Planétarium de Montréal), Laurent Drissen, astrophysicien (Université Laval) et Yvan Dutil, astrophysicien (compagnie ABB).-»À Montréal, l’événement a lieu de 17h30 à 19h30 au Barouf, 4171, rue Saint-Denis -»À Québec, il se tient au Loft, 291, rue Saint-Vallier Est.Réservations: Nicole Lévesque à Québec Science au (514) 843-6888 poste 21.Organisés par l’équipe de rédaction de Québec Science en collaboration avec le Consulat général de France à Québec et le cégep de Limoilou (pour Québec).A Trois-Rivières Les athlètes et le dopage L'esprit sportif est-il en voie de disparition ?Pour améliorer leur performance, certains athlètes ont recours à d'étranges médicaments.Quels dangers ces drogues représentent-elles ?Quelle est vraiment l’étendue du phénomène ?-*Jeudi 22 avril de 16h à 18h au Café Van Houtte, 375, rue des Forges Une discussion animée par Christian Bouchard Organisé par le collège Laflèche Pour plus d'information : (819) 375-7346 poste 410.Deux événements à Sherbrooke OGM : Une affaire de société ou d’éducation?Les organismes génétiquement modifiés prennent davantage de place dans les laboratoires.Que sait-on de l’état des recherches qui s'y déroulent?Les citoyens sont-ils en mesure d’exercer un jugement critique?Les éducateurs ont-ils un rôle à jouer dans la compréhension de ce phénomène auprès des jeunes?-Mardi 6 avril de 17h à 19h Au Loubard, 360, rue Frontenac Invités : Carole Beaulieu, biologiste à l'Université de Sherbrooke, Alain Letourneau, philosophe à l'Université de Sherbrooke et Charles Mercier de l'Union paysanne.Organisé dans le cadre du projet École en chantier, faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, en collaboration avec le Conseil du loisir scientifique de l'Estrie.Information : Sophie Barrette, (810) 821-8000 poste 5029.Quand la science trempe dans le lait Ceux qui ne sont pas encore convaincus que la science s'est immiscée partout dans nos vies n'ont qu'à ouvrir leur réfrigérateur et à se verser un grand verre de lait! Le lait, première expérience des mammifères avec l'alimentation, est l'objet direct ou indirect de nombreuses recherches : sa production, l'intolérance au lait, sa place dans l'alimentation sont autant de sujets qui intéressent les laboratoires.Comment tous ces scientifiques qui trempent dans le lait changent-ils notre vie?-^Mercredi 28 avril de19h à 21h Au Liverpool, 28, Wellington Sud Information : www.innovation-estrie.qc.ca/ bardessciences Ex EXPERIMENTER Cr A - .W Vj.COMMUN QUER N N O V E R Expo-sciences Bell finale régionale de la Montérégie 11 au 13 mars Collège Français 1340, boul.Nobert, Longueuil Expo-sciences Bell finale régionale de l'Outaouais 12 au 14 mars École Hormisdas-Gamelin 580, MacLaren Est Gatineau (secteur Buckingham) Expo-sciences Bell finale régionale du Saguenay-Lac-Saint-Jean 18 au 20 mars Polyvalente des Quatre-Vents 1099, boul.Hamel, Saint-Félicien Expo-sciences Bell finale régionale de Montréal 18 au 20 mars École secondaire Mgr-Richard 75, rue Rhéaume Arrondissement Verdun, Montréal Expo-sciences finale régionale de l’Est du Québec 18 au 21 mars Polyvalente Armand-St-Onge 95, avenue du Parc, Amqui Expo-sciences Bell finale régionale de Québec et de Chaudière-Appalaches 18 au 21 mars Polyvalente de Thetford Mines 561, rue St-Patrick, Thetford Mines Expo-sciences finale régionale de la Côte-Nord 18 au 21 mars École Jean-Paul II 20, avenue de Ramesay, Baie-Comeau Expo-sciences Bell finale régionale de l’Estrie 19 au 21 mars Centre culturel de l'Université de Sherbrooke 2500, boul.de l'Université, Sherbrooke Expo sciences 2004 Expo-sciences Bell finale régionale de la Rive-Nord (Lanaudière, Laurentides, Laval) 25 au 27 mars École secondaire Marie-Curie 5075, chemin du Souvenir, Laval Expo-sciences finale régionale de l'Abitibi-Témiscamingue 26 et 27 mars Polyvalente Le Carrefour 125, rue Self, Val-d'Or Expo-sciences Bell finale régionale de la Mauricie, Centre-du-Québec 26 au 28 mars Collège Laflèche 1687, boul.du Carmel, Trois-Rivières Bell Montreal Regional Science & Technology Fair 28 au 30 mars Western Laval High School 3200, du Souvenir Ouest, Laval Expo-sciences Bell finale du primaire de la région de Montréal (Lanaudière, Laurentides, Laval, Montérégie, Montréal) 6 au 8 mai Aréna Étienne Desmarteau 3430, rue de Bellechasse, Montréal Super Expo-sciences Bell finale québécoise 2004 15 au 18 avril Pavillon Alphonse-Desjardins Université Laval Québec Expo-sciences pancanadienne 2004 15 au 23 mai St.Johns, Terre-Neuve Expo-sciences internationale 2005 10 au 16 juillet Santiago, Chili Le mouvement Expo-sciences est rendu possible grâce à la collaboration de Bell Pour information : Conseil de développement du loisir scientifique (514) 252-3027 www.exposciencesbell.qc.ca Avril 2004 I Québec Science 5 Un policier passe au CRIM Les malfrats courent sur les réseaux informatiques.Le Sherlock Holmes du XXIe siècle doit aussi savoir surfer.Comme l'enquêteur Jacques Viau.par Mathieu-Robert Sauvé Quand le policier Jacques Viau a pris sa retraite en 2000, après 30 ans de service comme agent et enquêteur au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), il a averti ses anciens patrons qu’il essaierait de pénétrer le système informatique sans bouger de chez lui, pour tester l’inviolabilité des documents électroniques.Ce fut un jeu d’enfant.Le pirate d’un soir a perpétré 1,2 million d’intrusions en quelques heures.Dossiers personnels, casiers judiciaires, litiges en cours étaient au bout de ses doigts.« Soyons clairs : je n’ai pas ouvert de dossiers.Mais j’aurais pu le faire.Les responsables ont été mis au courant des failles du système et des con-ectifs ont été apportés depuis », explique-t-il comme pour s’excuser d’en avoir trop dit.« C’est notre James Bond », raconte Marie-Noël Pichelin, du Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM) où Jacques Viau occupe depuis janvier 2002 le poste de directeur du Centre de tests du logiciel et chef de la sécurité.Difficile d’imaginer cet homme de 52 ans au physique de flic en train de s’immiscer dans les congrès de hackers.C’est pourtant ce qu’il fait régulièrement au DefCon de Las Vegas, et même au Québec où on tient occasionnellement des rencontres de ce type.« C’est certain qu’il n’a pas acquis ses connaissances en restant assis dans un bureau d’enquêteur, dit Gilles Robert, un des sept policiers formant l’unité des crimes technologiques au SPVM.Jacques Mau connaît bien le milieu des hackers.Sa vie parallèle lui a permis d’en apprendre beaucoup sur les pirates informatiques.» À l’âge où d’autres pratiquent leur élan dans des golfs intérieurs en attendant la fonte des neiges, Jacques Viau tente de convaincre les administrateurs de plusieurs dizaines d’entreprises privées et d’organismes publics d’adhérer à son projet d’institut de la sécurité de l’information du Québec (voir l’encadré en page 8).Au cours de ses semaines de 45 heures, il compte bien continuer de hanter les internautes un peu détraqués qui rêvent de bousiller le réseau.Il a pris pour dble ces gens qui veulent pénétrer un système réputé inviolable ou de créer un nouveau virus comme le MyDoom, le plus virulent de l’histoire, qui a envahi un million d’ordinateurs (ou 40 % des courriels) le 2 février dernier.MyDoom a d’ores et déjà entraîné des pertes de 26,1 milliards $, selon la société de sécurité britannique mi2g.Pourquoi cet ancien policier a-t-il fait de la sécurité informatique son cheval de bataille ?« La satisfaction de se sentir utile, j’imagine.Il y a un urgent besoin d’éducation dans ce domaine », répond-il.Trapu, costaud, avec de petits yeux noirs et un léger tic nerveux, il a une poignée de Accros Mais qu'est-ce qui lait donc courir les hackers?Pourquoi passent-ils des nuits blanches à tenter de contourner les pare-feu, antivirus et autres barrières électroniques ?Pour jouer, pour obtenir gratuitement des services, pour affirmer leur droit à la liberté d'expression, quand ils n'ont pas d'objectifs illégaux, répond Jacques Viau.D'ailleurs, il affirme que le combat ne se déroule pas à armes égales.D'un côté, on trouve des cols blancs payés de neuf à cinq, avec plusieurs semaines de vacances annuelles, obligés de traiter avec des patrons qui doutent de leur utilité jusqu'à ce qu'une catastrophe éclate.De l'autre, des passionnés qui ne vivent que pour la technologie, et dont certains passent 24 heures sur 24 devant leur écran.«Certains cyberdépendants ne se lavent plus, ne se rasent plus, pour ne rien manquer sur leur écran», dit-il.6 Québec Science [ Avril 2004 •fau nus J'oti vüina •Aç U-t-ilW d’éd» -reïiIlOI| [«i^1 0&*\ (.i#r ssd*1! main à vous écrabouiller les phalanges.Mais cet homme dégage une chaleur qu’on n’associe pas nécessairement aux policiers.ni aux informaticiens.Ce qu’il craint va bien au-delà des virus qui paralysent les micro-ordinateurs domestiques.« La menace terroriste est bien présente et mobilise de plus en plus de gens parmi les forces de l’ordre.Vous connaissez comme moi le contexte mondial.Des attaques peuvent survenir à tout moment.» Alarmisme ?Pas de l’avis de Benoît Gagnon, chercheur à la chaire Raoul-Dan-durand en études stratégiques et diplomatiques de l’UQAM.« On sait que le groupe Al-Qaida effectue de nombreuses campagnes de recrutement chez les informaticiens musulmans d’Indonésie et de Malaisie, explique-t-il.Dans le manuel distribué aux recrues, il est spécifié que les infrastructures de communications sont une des cibles à frapper, tant par l’informatique que par des attentats classiques.» Le chercheur donne un exemple.Imaginons que des terroristes dynamitent le quartier général d’un réseau de communication comme AT&T ou Bell Canada.Parallèlement, des phates procéderaient à une attaque combinée du réseau virmel avec un virus particulièrement puissant, genre SQL Slammer qui a rendu inopérants les liens bancaires en juillet 2003.On risquerait alors de voir la bourse paralysée, les transports affectés, les échanges commerciaux stoppés.Selon cet expert du cyberterrorisme, on pourrait craindre des attaques encore plus meurtrières.Qu’est-ce qui empêcherait un émule de Ben Laden de provoquer l’ouverture à distance de vannes de barrages hydroélectriques ou la surchauffe d’un réacteur de centrale nucléaire ?Récemment, des pirates sont parvenus à désactiver les lumières des pistes d’atterrissage, relate-t-il.On soupçonne même le black out qui a touché l’est du continent nord-américain, l’été dernier, d’avoir connu une ampleur désastteuse à cause du virus Blaster qui frappait au même moment.En paralysant les réseaux informatiques, ce virus aurait étiré la durée de la panne.Aucun système n’est parfaitement sécuritaire, concède Jacques Viau, et le drame, c’est que les choses ne s’améHorent pas, car on multiplie actuellement les commandes de contrôles à distance.La technologie Air port et les communications sans fil sont bien utiles pour faire le ménage dans nos « spaghettis de filage », mais ils rendent les systèmes beaucoup plus vulnérables.« Ce sont des ingénieurs qui créent les outils informatiques, rappelle M.Viau.Leurs préoccupations sont d’abord pratiques et on peut les comprendre : il faut que cela fonctionne.Mais si ces systèmes sont trop faciles à percer, il faut y penser à deux fois avant de les utiliser.» Gilles Robert (un bacheher en sciences de la Terre et en administration, qui a joint l’unité des crimes technologiques de la ville de Montréal il y a cinq ans) a travaillé sous la direction de Jacques Viau, il se souvient de l’enquête menant à l’arrestation d’un hacker en 1999.Le chef d’une entreprise de fabrication de logiciels avait Avril 2004 I Québec Science 7 fait appel à leurs services parce qu’on avait subtilisé le code-source de l’entreprise, sorte de clé de voûte du système d’exploitation.Les administrateurs, paniqués, craignaient devoir fermer boutique sans cette précieuse combinaison.On a regardé la liste des employés et le seul qui ne s’était pas présenté ce matin-là était un technicien.Un type discret, assez mal payé, qui se confondait avec les fleurs du tapis, mais qui dépannait ici et là les employés aux prises avec un bogue.En réalité, c’était un petit génie de l’électronique.Lorsqu’on lui a mis la main au collet, il s’apprêtait à prendre l’avion.Dans sa boîte de céréales, il avait caché une disquette contenant le fameux code-source.En 2001, dans le monde, il y aurait eu de 200 à 400 millions $ de rançons payées à des pirates informatiques par des entreprises désireuses de récupérer des données essentielles à leur bon fonctionnement.Des crimes qui ne sont pas nécessairement révélés au grand jour, car rares sont les sociétés qui souhaitent voir leur vulnérabilité faire la une des journaux.Dans le cas présent, la société a exigé des policiers la plus grande discrétion.Benoît Gagnon estime que les services de police ont beaucoup progressé depuis une décennie aux chapitres de la surveillance des cybemautes et de l’intervention en matière de crimes technologiques.Mais tant que les gouvernements ne s’entendront pas pour renforcer la sécurité des réseaux, il ne sera pas tout à fait rassuré.« La sécurité est d’abord une affaire d’entreprises privées.Cela se corrige souvent en catimini et on n’en entend jamais parler.Cela ne veut pas dire que les problèmes sont réglés.Au contraire.Moi, en tout cas, je ne suis pas du tout rassuré par l’évolution des technologies de communication.» Comme lui, Jacques Viau estime que le risque zéro n’existe pas.« On ne devrait pas parler de sécurité des systèmes informatiques, mais de gestion du risque », répète-t-il au cours des conférences qu’il donne devant des responsables des services informatiques, dans les universités et les centres de recherche.Il sait de quoi il parle.Avant de passer au CRIM, le policier a participé à 1 200 investigations sur des infractions commises dans le réseau informatique.Il est le fondateur de l’unité d’enquête sur la criminalité technologique du Service de police de la CUM et a fondé la section québécoise du High Technology Crime Investigation Association.Il navigue lui-même deux heures par jour dans Internet pour se tenir au courant des dernières trouvailles des pirates.Il entre en contact avec ceux-ci par clavardage pour connaître leurs trucs et astuces.« Certains sont de véritables sur-doués de l’informatique », dit-il avec une pointe d’admiration.Dans sa présentation, une diapositive montrait certains des plus illustres cracks, dont Vladimir Levin, arrêté en 1995 alors qu’il s’apprêtait à transférer en Europe de l’Est la bagatelle de 200 millions $ puisés dans les coffres de la Citibank; John Draper, alias Captain Crunch, qui fraudait l’interurbain en utilisant des sifflets trouvés dans des boîtes de céréales (leur fréquence de 2 600 hertz transmettait un signal de paiement); le jeune Mafiaboy, de Montréal, qui, à 15 ans, mettait en déroute les sites de Yahoo, Ama- zon et e-bay en 2000.Dans son rapport 2002, la vérificatrice générale du Canada signalait que 85 des 260 réseaux testés présentaient des vulnérabilités sérieuses.Autant de portes d’entrée pour les intrus.« Si des voyous brisaient les fenêtres de votre siège social au centre-ville, vous les remplaceriez sans tarder.Si ce geste se répétait tous les jours, vous finiriez par prendre des mesures draconiennes : gardiens postés aux endroits stratégiques, détecteurs de mouvement, caméras de surveillance, etc.Or, dans le domaine de l’informatique, des entreprises se font envahir quotidiennement par des hackers et elles ne prennent pas de mesures efficaces.En plus, elles font tout pour éviter que cela se sache », dit Jacques Viau.Il semble régner une véritable conspiration du silence sur la question de la vulnérabilité des systèmes.« On n’est pas encore à l’époque où la sécurité est une donnée primordiale.Pour les administrateurs, c’est encore une dépense discutable », dit Jacques Vau.Sur le terrain de jeu des pirates, les universités et centres de recherche ne constituent pas des objectifs très intéressants, car le fait d’y pénétrer frauduleusement ne présente pas de défi particulier.Et l’appât du gain ne compte guère dans de tels cas.Tout au plus, les universités sont-elles une cible intéressante pour les hackers « bas de gamme » qui veulent se fane la main.Les banques, les ministères et les entreprises de crédit sont par contre bien plus convoitées.Et elles ne seraient pas plus sécuritaires les unes que les autres.Selon Benoit Gagnon, le virus SQL Slammer était connu des principales banques attaquées.Mais afin de sauvegarder leur image, elles ont préféré tout cacher et ainsi ne pas perdre de clients.Les pires cas sur lesquels le policier a enquêté ne sont pourtant pas liés au terrorisme ni à des crimes économiques.« Ce sont les délits liés à la pornographie infantile.H y en a à profusion, ici comme ailleurs.J’ai vu des images odieuses circuler, et ce n’est pas facile de re-ttacer les responsables.» Encore aujourd’hui, les cas de pornographie infantile comptent pour une bonne part du travail des enquêteurs de l’unité des crimes technologiques du SPVM.« Je dirais que c’est environ le tiers des causes sur lesquelles nous enquêtons », estime Gilles Robert.CE Un institut de la sécurité de l’information le grand projet de Jacques Viau est de créer l'Institut de la sécurité de l'information du Québec (ISiQ) qui fonctionnerait comme le Computer Emergency Response Team (CERT) des États-Unis.Sa mission : «contribuer au développement d'une culture de la sécurité informatique, pour établir un climat de confiance et un sentiment de sécurité de l'information numérique».Sept jours par semaine, 24 heures par jour, des experts de la sécurité répondront aux demandes des organismes, entreprises et particuliers aux prises avec des problèmes de sécurité informatique.Actuellement, des entreprises (Bell Canada, Télus Québec), des organismes publics et ministériels (Développement économique Canada, Institut de recherche d'Hydro-Québec, ministère du Développement économique et régional ministère de la Santé et des Services sociaux, Régie de l'assurance maladie du Québec, Réseau d'informations scientifiques du Québec et secrétariat du Conseil du trésor) ainsi que la Sûreté du Québec et l'Université Laval forment le comité directeur de l'ISIQ.Mais son fondateur veut élargir encore le nombre de partenaires pour couvrir l'ensemble des organisations qui ont à cœur la protection des renseignements numériques.Et c'est pour quand?«Bientôt», assure son plus ardent défenseur.Puis la retraite?«On verra.» En 2001, dans le monde, il y aurait eu de 200 à 400 millions $ de rançons payées à des pirates informatiques par des entreprises désireuses de récupérer des données essentielles à leur bon fonctionnement, 8 Québec Science | Avril 2004 .VuX)ODuiKn/v>AllluKKV > - mm !::3 I 1 : I AGRICULTURE par Catherine Huhé Vache folle La course au vaccin On aura bientôt des tests plus rapides pour détecter la maladie de la vache folle.Et - qui sÿit?- peut-être un vaccin conçu à Torontc d -ZT—;';C —, -5Sfc_ La maladie de la vache folle ne perturbe pas seulement le bétail.Les scientifiques aussi sont en train de devenir fous.Depuis les premiers cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) détectés au Royaume-Uni en 1985, ils ne sont pas encore arrivés à concevoir un vaccin pour protéger les bovins.Bien pis, il n’existe aucun médicament pour soigner les humains qui ont mangé de la viande infectée.Même pour la prévention, on patauge : les tests diagnostics ne fonctionnent que sur les animaux abattus.Impossible, donc, de procéder à un dépistage massif du cheptel vivant.Dans son laboratoire de l’université de Toronto, Neil Cashman tient à gagner une première manche contre la maladie.Il y a quelques mois, il a enrôlé 120 souris pour tester un vaccin expérimental.Il les a immunisées, a attendu quelques mois, puis il les a infectées avec le redoutable prion qui cause la maladie de la vache folle.Il a ensuite croisé les doigts pour que le vaccin fasse son travail et qu’il protège les rongeurs.« Nous saurons au début de l’été si le vaccin a fonctionné», dit Neil Cashman.Le chercheur, directeur de la chaire sur les maladies neurodégénératives à l’université de Toronto, croit détenir la clé qui mènera à la fois au vaccin, à une thérapie et à un test diagnostic contre l’ESB.Il s’agit d’une séquence de trois acides aminés, qui identifie hors de tout doute la présence du prion infectieux.La nature même de cet agent pathogène complique énormément la bataille que la communauté scientifique mène contre lui.Le prion est une protéine, assez semblable aux protéines présentes dans le système nerveux des animaux et des humains.Il est constitué de la même séquence d’acides aminés que les protéines, mais il est rephé d’une façon différente.Cela lui confère un funeste pouvoir : à son contact, les protéines normales prennent la même forme aberrante que lui et transforment peu à peu le cerveau en éponge.Par malheur, comme Avril 2004 I Québec Science 9 le prion présente un air de famille avec la protéine normale, le système immunitaire ne le reconnaît pas comme un dangereux envahisseur et le laisse accomplir son œuvre.Neil Cashman veut enseigner au système immunitaire à attaquer le prion sans faire de mal aux protéines saines.D a trouvé son talon d’Achille : « Nous avons découvert qu’une séquence de trois acides aminés (tyrosine-tyrosine-arginine) est exposée à la surface du prion anormal, alors qu’elle est cachée parmi les replis de la protéine normale.» Il s’agit maintenant d’apprendre au système immunitaire à reconnaître cette séquence grâce à un vaccin qui la contient.Si les souris immunisées par Neil Cashman produisent des anticorps qui lancent une attaque en règle contre les prions, ce sera non seulement une bonne nouveUe pour les vaches mais aussi pour les humains.Car le scientifique toron-tois a constaté que la fameuse séquence de trois acides aminés s’avère la signature du prion chez toutes les espèces souffrant d’encéphalopathies spongiformes, humain inclus.Il tente donc de concevoir une immunothérapie contre la maladie de Creutzfeldt-Jakob, la version humaine de ce mal qui mène inévitablement à la mort.Il compte utiliser des anticorps de souris préalablement vaccinées, qu’il adaptera en leur ajoutant des séquences d’origine humaine pour éviter tout rejet.« On administrera les anticorps au patient par perfusion », indique Neil Cashman, l’un des fondateurs de Caprion, une compagnie de biotechnologie de Montréal.Mais avant, la première application de cette découverte sera sans doute un test diagnostic.« Comme les anticorps contre la séquence tyrosine-tyrosine-arginine se fixent seulement aux prions anormaux et pas aux protéines normales, nous espérons pouvoir en faire un test de détection pour les maladies à prions», mentionne le chercheur.Le test emploie des anticorps de souris multipliés in vitro (anticorps monoclonaux).« Nous avons fait des essais sur des échantillons de cerveaux et cela fonctionne bien », affirme le chercheur II sera encore plus content si cela fonctionne sur des échantillons de sang, car il aurait alors en main le tout premier test de détection de l’ESB applicable à des animaux vivants.Ce qui a rendu les tests sanguins inefficaces jusqu’à maintenant, c’est l’absence de réponse immunitaire aux maladies à prions.Lors d’un test sanguin, on cherche bien sou- vent les anticorps qui constituent l’indice qu’un agent pathogène est à l’œuvre.Dans le cas de l’ESB, comme le prion se répand dans le système nerveux sans que le système immunitaire ne soit alerté, on ne retrouve aucun anticorps dans le sang des vaches.On pourrait bien sûr chercher le prion lui-même, mais ce dernier aime bien jouer à cache-cache : on n’a jamais pu en détecter dans le sang des bovins atteints de la maladie de la vache folle.Neil Cashman est convaincu qu’on n’a simplement pas encore assez cherché.« On trouve de très faibles concentrations de prions dans le sang des souris et des hamsters infectés.Mon intuition de scientifique me dit que, grâce à des analyses encore plus poussées, on en trouvera aussi dans le sang AGRICULTURE 2002 - sur quelque 3 000 000 de bêtes abattues - ont plus que satisfait aux exigences de l’Office international des épizooties (OIE) qui en demandait 10 fois moins.Mais depuis que deux vaches folles ont fait les manchettes, ce nombre n’arrive à rassurer ni les consommateurs, ni les partenaires commerciaux du Canada, ni même l’OIE.En 2003, l’ACIA a haussé le nombre de tests à plus de 5 000 et vise maintenant 8 000, avec la promesse de faire encore plus les années subséquentes.Peut-être jusqu’à 30 000.« Pour cela, il faudra utiliser de façon plus large les tests rapides », dit Francine Lord, vétérinaire à l’ACIA.Car les techniques disponibles au Canada prennent du temps, trop de temps.La préparation d’une coupe La « signature » du prion serait pareille pour toutes les encéphalopathies spongiformes, même celles qui touchent les humains comme la maladie de Creutzfeldt-Jakob.des bovins, mais à des concentrations extrêmement faibles.» Une bonne nouvelle pour les chercheurs qui veulent développer un test diagnostic, mais une mauvaise pour les consommateurs de bœuf, car la viande qu’ils avalent contient du sang ! Peuvent-ils ainsi contracter la maladie ?Neil Cashman se fait rassurant : « Comme plusieurs autres scientifiques, je suis d’avis qu’un animal infecté est porteur d’une grande quantité de prions mal repliés, mais qu’ils n’ont pas tous la conformation nécessaire pour être infectieux.» La quantité de prions dans la circulation sanguine serait ainsi trop basse pour transmettre la maladie.Tests rapides, comment ça marche Le procédé des tests Bio-Rad et Prionics consiste à d'abord soumettre les échantillons de cerveau à un réactif qui digère les protéines saines, tout en laissant intacts les coriaces prions.On ajoute ensuite un type d'anticorps.S'il y a des prions, les anticorps s'y fixent.Le test est positif.Le dépistage sur des animaux vivants permettrait au Canada de tester une bonne partie de son cheptel.On saurait alors si les deux cas de vache folle de mai et de décembre 2003 étaient isolés ou si l’ESB est plus répandue qu’on ne le pense.En attendant, l’Agence canadienne d’inspection des aliments ( ACIA) et les laboratoires provinciaux analyseront davantage d’échantillons.Les 3 377 animaux testés en de cerveau pour une histopathologie, c’est-à-dire la recherche sous microscope de lésions caractéristiques, prend de trois à cinq jours.Un test immuno-histochimique consistant à ajouter un réactif à l’échantillon pour détecter le prion nécessite pour sa part cinq ou six jours.Pourtant, quelques compagnies, dont la suisse Prionics et la californienne Bio-Rad (qui vend une technologie française) offrent des tests qui font le même travail en quelques heures.C’est avec des trousses de diagnostic de ce type qu’un pays comme la France arrive à tester tous les animaux de plus de 30 mois passés à l’abattoir, soit environ 3 000 000 de bêtes par an ! « L’été demiet, durant l’enquête déclenchée à la suite du premier cas d’ESB, le gouvernement fédéral a délivré des permis d’importation d’urgence pour que nous puissions utiliser les trousses Prionics », mentionne le docteur Michel Major, vétérinaire au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.Avec un deuxième cas de vache folle, la situation d’urgence est devenue la norme.Q5 Btrâ lu’afti rW 10 Québec Science I Avril 2004 m ft® iffia-S épi- ne J at-bis, ai par Isabelle Cuchet, Catherine Dubé, Dominique Forget, Joël Leblanc.Isabelle Masinque et Mathieu-Robert Sauvé jw* ¦fei'i tire la K' I Irions I I Uoisj m I i ¦ Soulever Venise Venise et sa lagune pourraient être sauvées des assauts de la mer grâce à une technologie de pompage couramment utilisée par l’industrie pétrolière.C’est ce qu’affirme une équipe d’ingénieurs dirigée par Giuseppe Gambolati de l’université de Padoue.Les inondations sont de plus en plus fréquentes à Venise, en partie à cause des changements climatiques, qui élèvent le niveau de la mer, mais aussi en raison de la surexploitation des eaux souterraines, qui a entraîné l’affaissement du sol sur lequel repose la ville.La proposition de Giuseppe Gambolati consiste à injecter très lentement du gaz carbonique ou de l’eau de mer dans une couche de sable qui se trouve entre 600 m et 800 m sous la lagune.Le sable est enchâssé entre une couche d’argile et une couche de roc relativement imperméables.Cette technique pourrait soulever la ville de 30 cm en 10 ans.L’idée n’est pas nouvelle, mais les projets antérieurs prévoyaient injecter l’eau à 40 m ou 50 m de profondeur, ce qui risquait d’entraîner une élévation inégale, selon les experts.¦ HO COMPTE FAIT 81 jours .C'est le temps qu'ont survécu des babouins à qui on avait transplanté des reins de porc.Les cochons qui ont fait don de leurs organes avaient été modifiés génétiquement pour éviter un rejet aigu, obstacle majeur à la greffe d'organes d'une espèce à une autre.Ce rejet est engendré par la présence, à la surface des cellules du porc, d'un sucre qui alerte le système immunitaire des babouins (tout comme celui des humains, le cas échéant).Le docteur David Sachs, du Massachusetts General Hospital et les scientifiques d'Immerge BioTherapeutics ont donc désactivé le gène GGTA1, qui commande la production de ce sucre.La menace de rejet chronique n'est pas pour autant écartée; c'est d'ailleurs ce qui a fini par emporter certains des huit «patients» du docteur Sachs.La momie qui rugit Les hiéroglyphes le laissaient supposer : les Égyptiens vénéraient le roi des animaux.Mais la preuve de ce culte antique restait à faire, puisqu’on n’avait encore jamais trouvé de lion momifié.C’est maintenant chose faite : trois chercheurs de la Mission archéologique française du Bubasteion ont exhumé la première momie complète d’un lion mâle ttouvée dans une catacombe de chats de la ville de Saqqarah.L’endroit où le fauve a été découvert était une nécropole sacrée dédiée à Bastet, la déesse des chats, aussi connue sous le nom de Bubastis.C’est en fouillant sous un tapis d’ossements m, fS- ;¦ J T: animaux et humains datant de quelques siècles avant Jésus-Christ que les chercheurs ont trouvé la momie.Malgré l’absence de bandelettes, plusieurs détails révèlent que l’animal était vénéré : la position de son corps, les fragments dégradés de tissu dans la cavité de ses canines et des colorants sur ses os évoquent les chats momifiés retrouvés sur le site.En hausse L’utilité des rats.L'organisme belge Apopo, déjà connu grâce à son programme de dressage de rats pour détecter les mines antipersonnel a trouvé une autre façon d'exploiter leur odorat exceptionnel.Des rats géants d'Afrique s'entraînent à détecter les cas de tuberculose en reniflant les échantillons de salive des malades.Les tests actuels manquent d'efficacité; un bon technicien analyse les échantillons d'une vingtaine de personnes par jour à peine.Or la salive d'une personne atteinte de tuberculose dégage une odeur particulière; quoique trop subtile pour notre nez, elle est détectée par les rongeurs.Au cours d'essais préliminaires, des rats ont testé 150 échantillons en 50 minutes! Côté fiabilité, ils se débrouillent pour l'instant un peu moins bien que les humains: ils ont trouvé 77% des échantillons infectés, contre 95% pour les humains.Mais en utilisant trois ou quatre rats pour chaque échantillon, on augmentera de beaucoup la précision, affirment les chercheurs d'Apopo.En baisse La réputation des déodorants.Des conservateurs chimiques utilisés dans des déodorants ont été retrouvés dans certaines tumeurs du sein.De quoi relancer la controverse qui dure depuis des années sur le lien possible entre l'utilisation de ces produits et le cancer.Avant de mettre votre bâton à la poubelle, lisez la liste des ingrédients.Principaux suspects dans l'affaire : les acides parahydroxybenzoï-ques (POH, aussi appelés «para-bens»), disent les chercheurs de l'université de Reading, au Royaume-Uni.Les POH sont déjà connus 8 pour mimer les effets de l'œstrogène, une hormone qui joue un rôle dans le cancer du sein.De fortes concentrations de ces molécules ont été relevées dans 18 des 20 tumeurs analysées, expliquent-ils dans The Journal ol Applied Toxicology.Leur nature indiquait que les POH avaient transité par la peau avant de se déposer dans le sein.Une preuve de plus contre les déodorants.Avril 2004 I Québec Science 11 SANDER/GAMMA/PONOPRESSE Le bon côté du rhume Le virus Coxsackie, responsable du rhume, pourrait soigner le cancer de la peau.Injecté directement dans un mélanome, le virus se reproduit et infecte les cellules cancéreuses qui sont détruites en quelques semaines.À la suite de la parution de l’étude dans Clinical Cancer Research, les chercheurs de l’université de Newcasde, en Australie, ont commencé des essais sur des patients atteints de cancer de la peau.Si les résultats sont concluants, le traitement pourrait être disponible d’ici deux ans, affirme un des chercheurs, le docteur Darren Shafren.Adieu diversité Des centaines d’espèces d’animaux et de plantes pourraient disparaître de la surface de la Terre d’ici 2050 en raison des changements climatiques.L’affirmation provient d’une équipe internationale de 19 experts, qui s’est penchée sur différents scénarios de changements climatiques.Leurs conclusions ne sont pas réjouissantes : ces changements pourraient être mortels pour 18 % à 12 Québec Science I Avril 2004 37 % des 1 103 espèces étudiées.Les travaux, publiés dans Nature, affirment que la pie bleue européenne et une souris mexicaine (Habromys simulatus) feraient partie des victimes, tout comme un petit reptile austrahen (Hyp-silurus boydii), dont 90 % de l’habitat pourrait disparaître d’ici 40 ans.Le quart des espèces de papillons australiens risquent aussi de s’éteindre.La recherche conclut que l’application rapide des technologies réduisant les gaz à effet de serre pourrait sauver 15 % à 20 % de ces espèces menacées.Perplexité 1 CHRONIQUE »>vpar Brigitte Gemme V A quand les « vieux débrouillards » ?N’est-il pas temps que des efforts - et des ressources ! - soient consacrés pour développer la culture scientifique et technique (CST) des « vieux » ?Depuis toujours, les enfants sont la priorité en matière de CST au Québec.D’accord, on veut leur inculquer de bonnes habitudes; on pense qu’en les éveillant à la science à un jeune âge, ils s’y intéresseront toute leur vie.Susciter des vocations est aussi devenu un objectif majeur de nombreuses activités scientifiques.D’ailleurs, une bonne partie du financement pour la CST provient du programme d’aide à la relève scientifique du ministère du Développement économique et régional.Que ce soit en classe, grâce aux activités parascolaires ou aux sorties, tous les jeunes sont initiés, « de gré ou de force », aux sciences et techniques.Malheureusement, après la sonnerie qui annonce la fin des classes, ces démarches trouvent très peu d’écho dans l’environnement des enfants.Initiés à la logique, ces derniers ont déduit depuis longtemps que : science = école = travail.Une ou deux visites par année en famille au Biodôme ou l’écoute distraite de Découverte pour se donner bonne conscience suffisent-elles vraiment à alimenter la compréhension du monde qui nous entoure, et la réflexion sur la place des sciences et des technologies dans nos vies ?Plutôt que de s’acharner sur les jeunes, pour lesquels il existe des centaines d’initiatives de CST, ne serait-il pas temps de penser aux autres générations ?Fort occupés, les parents sont sans doute difficiles à embrigader dans des clubs de science avec leurs enfants.Mais pourquoi pas les grands-parents ?S’il y a un groupe qui a un peu de temps pour se consacrer aux loisirs scientifiques, c’est bien les retraités.Un « club des vieux débrouillards » pourrait sûrement montrer aux enfants que la science reste intéressante et importante même quand on a fini l’école.Des activités intergénérationnelles seraient aussi l’occasion de soutenir, justement, la formation de la relève, sans compter les effets bénéfiques pour les personnes âgées elles-mêmes.Il existe déjà des clubs d’amateurs de science, mais ils ne disposent ni de la publicité ni du financement des activités destinées aux jeunes.D’autres formules pourraient aussi être explorées, notamment pour rejoindre les adultes moins scolarisés ou moins favorisés.Car, au fond, qu’elle soit allumée par les sciences ou par autre chose, la passion n’a pas d’âge ! GE IC Imni ban bl ¦'surle I l'ai J [tapent Au lui an I bit - tSfflt 'éijiiit |ï[trs(i( t! ti lats ( 191 Lu à la télé La reconnaissance vocale permet aux personnes malentendantes de suivre les émissions de télévision en direct.Crise à Kanesatake, capture de Saddam Hussein, désintégration de la navette Columbia: chaque fois, les chaînes télévisées s’empressent de dépêcher des journalistes sur place.À l’ère de l’information en continu, plus personne n’échappe au «direct».Enfin, presque.Les 750 000 malentendants du Québec n’ont pas toujours accès à ces reportages commentés à chaud.Seule la société Radio-Canada (SRC) sous-titre actuellement sa programmation diffusée en direct sur sa chaîne de télévision et sut le Réseau de l’information (RDI), à l’aide d’un logiciel et de sténotypistes qui tapent les sons sur un clavier.Au printemps, le réseau TVA déploiera lui aussi un système de sous-titrage basé sur la reconnaissance vocale, grâce à un système mis au point au Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM).Ce logiciel permet de retranscrire, en temps réel sur l’écran, les paroles prononcées par un animateur ou un reporter.Une première dans la francophonie.Pour y arriver, le logiciel doit décortiquer les mots en les séparant en phonèmes (l’équivalent, dans le monde des sons, des lettres de l’alphabet).En plus de traiter un large vocabulaire en quelques secondes, il doit composer avec des locuteurs aux accents différents, qui se trouvent parfois dans des endroits bruyants.« Pour contourner ces difficultés, nous avons choisi d’utiliser un “perroquet”, explique Pierre Dumouchel, vice-président, recherche et développement du CRIM.Ce locuteur (en studio) répète ce qui est dit sur les ondes.» À terme, le CRIM souhaite cependant développer une technologie qui ne devra pas requérir les services de ces « sténotypiste des temps modernes ».Avec ou sans intermédiaire, le logiciel doit faire la distinction entre les mots homophones (« hôtel » et « autel », par exemple).Pour éviter ces confusions, l’équipe du Locutrice répétant les paroles du lecteur de nouvelles, pour traitement par le logiciel STDirect.Groupe TVA a préparé des banques de gences du CRTC, s’intéresse également au mots selon les thèmes abordés par les émis- système du CRIM.Depuis deux ans, elle ef- sions.Ainsi, lors d’une chronique touris- fectue de son côté des recherches en retique, le logiciel saura qu’on parle d’un connaissance vocale.Car même s’il affiche hôtel et non de l’autel d’une église.Mais un taux de réussite de 95 %, son logiciel Me- comment reconnaîtra-t-il les mots qui ne diatext fonctionne encore sur une plate-font pas partie du dictionnaire, comme forme DOS, signe de son âge avancé, soûles noms propres ?« Pour que le système dé- tient Ghislain Tremblay, directeur de site au tecte les nouveaux termes, le logiciel sera service du sous-titrage codé.Sans compter branché sur les fils de presse », indique qu’il nécessite la présence de neuf sténo-Pierre Dumouchel.typistes, et que ces spécialistes sont de plus Développer ce système complexe de re- en plus difficiles à recruter : « Leur forma-connaissance vocale a demandé deux ans tion est longue, dit Ghislain Tremblay, di- de travail et un investissement de recteur de site au service de sous-titrage 500 000 $.Le Groupe TVA n’avait cepen- codé.Avant que quelqu’un puisse travailler dant pas le choix d’investir pour sous- en direct, cela prend entre 18 et 24 mois.» titter des émissions comme Salut, Bon- Et une fois sur les rangs, la moindre er-jour! et Dans la mire.« Pour 2008, lorsqu’il reur de frappe peut donner lieu à une drôle faudra renouveler notre licence, le Conseil de transcription ! Un exemple ?Plutôt que de la radiodiffusion et des télécommuni- de lire la phrase « Pour les femmes, le port cations canadiennes (CRTC) exige que du chapeau est obligatoire », les malen-90 % de notre programmation soit sous- tendants ont déjà vu défiler à l’écran titrée », explique Linda Malenfant, res- « Poulet femmes le porc du chat peau est ponsable du projet de reconnaissance vo- obligatoire » !.Le logiciel intelligent de cale au Groupe TVA.TVA devrait, normalement, faire beau- La SRC, elle aussi soumise à des exi- coup mieux.G5 Avril 2004 I Québec Science 13 PlanèteADN »» par Jean-Pierre Rogel Dépistage inquiétant Les tests génétiques livrent-ils une information utile pour les femmes à risque de développer un cancer du sein?Au Canada, 1 femme sur 9 est susceptible d’être atteinte du cancer du sein dans sa vie, et 1 femme sur 23 en mourra.Lorsque, en 1994 et 1995, des chercheurs ont identifié deux gènes, BRCA 1 et BRCA 2, à l’origine de la plupart des cancers du sein héréditaires, tout le monde a applaudi.Enfin, on allait pouvoir mettre au point des tests de dépistage, identifier les femmes à haut risque de développer ce cancer meurtrier ! Enfin, on allait pouvoir les traiter à temps, avant que la maladie ne les emporte ! Pourtant, dès le départ, les choses n’ont pas été si simples.Le premier bémol, si je puis dire, est majeur et parfois oublié dans la discussion.Le voici : si on peut considérer que les cancers sont en général des maladies génétiques (au sens où ils concernent des altérations des gènes, qui perturbent le fonctionnement de la cellule l’amenant à proliférer de manière incontrôlée), cela ne veut pas dire que tous les cancers sont héréditaires.En fait, on estime que seulement entre 5 % et 7 % des cas de cancer du sein le sont.Au passage, précisons que les mutations des gènes BRCA 1 et BRCA 2 sont situées sur les chromosomes 13 et 17.Donc, elles peuvent être transmises aussi bien par la mère que par le père.La grande majorité des cancers du sein ne semblent donc pas liés à des mutations de ce type, mais apparaissent sous l’influence de l’environnement au sens large - entre autres, les effets de la cigarette ou ceux des radiations.Un résultat positif aux tests BRCA ne dira pas à une femme si elle va développer un cancer du sein, mais seulement qu’elle détient un des éléments qui accroît chez elle les risques de ce cancer.Cela fait passer son risque de 12 % pour la moyenne des femmes à un pourcentage variant entre 60 % et 85 %, selon la mutation familiale.L’expression « test de dépistage » est d’ailleurs trompeuse, puisque ce test ne diagnostique pas une tumeur, ni même une certitude d’atteinte future.S’il est positif, il ne fait que confirmer une prédisposition-, en somme, un risque élevé.Inversement, une femme qui obtient un résultat négatif ne peut pas en déduire qu’elle n’aura jamais de cancer du sein (ou de cancer des ovaires, car ces mutations sont aussi reliées -quoique de manière moins forte - à un risque accru de cancer des ovaires).D’abord, il y a (hélas) des cas où on ne trouve pas la mu- tation, des « faux négatifs ».Ensuite, même pour un « vrai négatif », le risque ne fait que rejoindre celui de la moyenne.La femme testée n’est pas dispensée de passer régulièrement des mammographies, de faire de l’exercice, de bien manger, de ne pas fumer, etc.Autrement dit, de modifier son comportement par des actions volontaires, du type de celles qu’on en arrive justement à oublier lorsqu’on se focalise uniquement sur les gènes.Compte tenu de tout cela, et d’autres considérations sur lesquelles nous reviendrons, ces tests ne sont pas offerts à toutes les femmes, mais seulement à celles qui vivent dans des familles à risque élevé.Disons que votre mère ou qu’une de vos tantes a été atteinte du cancer sur sein.Si vous le désirez, vous passerez le test de dépistage de la présence de mutations sur BRCA 1 et BRCA 2.Mais que se passera-t-il ensuite si le résultat est positif ?Le problème, c’est qu’il n’existe aucune prévention efficace de ce cancer.Certains spécialistes pensent que seule l’ablation chirurgicale du sein - une mesure extrême, on en convient - diminue radicalement le risque.Mais aucun spécialiste n’ira vous dire qu’elle l’élimine totalement.On imagine le dilemme des femmes face à de telles situations.Selon une étude publiée dans la revue Lancet, face à l’absence d’alternative, 51 % des femmes testées positives choisissaient tout de même la chirurgie « prophylactique ».D’autres études montrent par ailleurs que ces tests sont source d’anxiété, tant chez les personnes touchées que dans les familles, puisque souvent la recherche de la mutation originale, le « cas index », implique deux ou trois générations.Scénario classique : une jeune femme, qui a demandé à être testée, vient d’apprendre qu’elle est atteinte.Ses sœurs, ses filles ou bien ses tantes le sont-elles ?Veulent-elles seulement le savoir, en l’absence de prévention efficace ?Tout cela amène certains spéciahstes à critiquer vertement les tests BRCA.Une de mes connaissances, médecin généraliste, résume avec force : « Ce sont des canards boiteux ! Ils disent trop peu de choses et ne débouchent sur aucune mesure de prévention intéressante ! » Qu’on les utilise en recherche lui semble normal, mais pas qu’on les utilise en clinique de manière routinière.Or, ces tests sont en train de passer au stade de la clinique, au milieu d’un curieux imbroglio économique et légal dont nous reparlerons le mois prochain.GE 14 Québec Science I Avril 2004 Grippe a [Wl H5N1 LA PROCHAINE PESTE?Le virus de le grippe des oiseaux n'attend plus qu'une occasion pour infecter Homo sapiens.et surprendre son système immunitaire.par Catherine Dubé 4* à® .trouve tout un amalgame de virus de l’in fluenza de différents sous-types », dit le docteur André Dallaire, vétérinaire pathologiste pour le Centre canadien coopératif de santé de la faune.Avec la flambée de grippe asiatique, cette donnée semble tout à coup plus menaçante qu’à l’accoutumée.« Santé Canada nous a approché pour explorer la possibilité de suivre de plus près ce virus dans le cadre d’un programme de mais celui des Etats-Unis, découvert notamment au Delaware au début de février.Ce virus est futé : il est capable de tuer les poulets et les dindes domestiques, mais ne fait pratiquement pas de mal aux oiseaux sauvages.Il préfère utiliser ces derniers comme moyen de transport pour se disséminer en quelques semaines sur ’ensemble d’un continent.« Dans le cloaque de ces canards, on es canards sauvages reviennent du Sud temps-ci.Ils risquent de ramener un souvenir de voya ge dont on se passe rait bien : le virus de la grippe (influenza) .jtiw j aviaire.Pas celui d’Asie - les corridors migratoires suivent plutôt l’axe nord-sud Avril 2004 I Québec Science 15 MICHEL ROULEAU ’ surveillance des oiseaux sauvages », dit le vétérinaire.D’autant plus que la Colombie-Britannique a elle aussi été aux prises avec un virus de la grippe aviaire moins de deux semaines plus tard.Le foyer d’infection de l’Ouest canadien, tout comme ceux de l’Est des Etats-Unis, seraient passés inaperçus si la grippe aviaire n’avait pas ravagé les poulaillers de l’Asie au même moment.Trois jours après la découverte des premiers cas, Ron DeEIaven, le vétérinaire en chef de la ville de Washington, se faisait d’ailleurs rassurant, affirmant que le virus de la grippe aviaire avait été isolé plusieurs fois aux Etats-Unis au cours des dernières années.Depuis 1997, pas moins d’une quinzaine d’événements semblables sont survenus, entraînant chaque fois l’abattage des élevages touchés.Au Canada, le dernier cas de grippe du poulet remontait à 2000.Les analyses de laboratoire ont rapidement montré que les virus en cause aux Etats-Unis et en Colombie-Britannique n’étaient pas H5N1, présent en Asie, mais plutôt d’autres sous-types, respectivement H7N2 et H7N3.Aux dernières nouvelles, été causée par une recombinaison de virus humain et aviaire.L’analyse récente de tissus d’humains infectés en 1918, dont les résultats ont été publiés dans Science en février dernier, appuie cette thèse.Le virus de l’influenza peut être redoutable.Il est très contagieux, puisqu’il se transmet par une simple toux; de plus, il mute sans arrêt, ce qui l’aide à berner le système immunitaire de ses victimes.« Les virus à ARN comme celui de l’influenza n’ont pas de mécanisme pour réparer les erreurs se produisant durant leur réplication», dit Michel Couillard, virologue au Laboratoire de santé publique du Québec.Ds se trompent donc souvent en recopiant leur génome, construit de millions d’acides nucléiques.Ces petites mutations, appelées «glissements antigéniques», surviennent constamment.En isolant des virus H5N1 en février, quelques semaines seulement après le début de l’épizootie (l’épidémie animale), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est aperçu que les souches circulant au Viêtnam et en Corée-du-Sud présentaient déjà des différences.tinine (H) et la neuraminidase (N), qui leur permettent de pénétrer les cellules qu’ils infectent et d’en ressortir.Les oiseaux peuvent être contaminés par toute une panoplie de virus portant des hémaglutinines de 15 types différents.Mais ils gardent la majorité de leurs microbes pour eux.Jusqu’à récemment, seuls les virus de type HI, H2 et H3 arrivaient à infecter à la fois les oiseaux et les Homo sapiens.Mais ça, c’était « avant ».Depuis quelques années, des virus typiquement aviaires s’amusent à sauter la barrière des espèces.Qu’est-ce qui leur prend ?Rien de spécial.« Afin de se reproduire, ils ont besoin d’infecter d’autres organismes, plus évolués qu’eux, pour utiliser leur machinerie cellulaire, explique Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.Les virus sont opportunistes, ils infectent tout ce qu’ils peuvent.» Quand ils se retrouvent par hasard chez une nouvelle espèce, ils tentent le coup.C’est parfois un cul-de-sac, le virus étant incapable de s’y répliquer; mais c’est parfois un succès.De son point de vue, du moins ! Après un premier essai réussi en 1997 à ut.Cst pis IBt ¦ w Ink I «' Œ IpOOIF I àiie I ir® I lort Comment le virus peut venir à nous lisle transmettent aux oiseaux domestiques.Les porcs, sensibles à la fois aux virus aviaires et aux virus humains, facilitent le passage de la maladie à l'homme.y.«-y H5N1 «saute» directement du poulet à l'humain, sans l'intermédiaire du porc.Si le virus de la grippe devient transmissible d humain à un autre, une pandémie devient possï ces souches n’ont infecté aucun humain.Mais si on a fait si rapidement le ménage - au Delaware, 12 000 volatiles abattus en moins de 24 heures et mise en quarantaine des fermes voisines - c’est que les virus de type H7 peuvent, semble-t-il, devenir aussi féroces que le sous-type H5.Au début de l’année 2003, un virus H7N7 a causé une épidémie majeure de grippe du poulet aux Pays-Bas.Avant qu’on ne réussisse à l’emayer, il a tué un vétérinaire de 57 ans et atteint plus de 80 autres personnes.Ce qui inquiète les chercheurs, ce n’est pas tant la santé des poulets que la nôtre.Beaucoup pensent aujourd’hui que la plus grande pandémie de tous les temps, la grippe espagnole (sous- type H1N1), a 16 Québec Science | Avril 2004 Au Viêtnam et dans plusieurs autres pays asiatiques, une fois qu’on a compris en janvier dernier que la grippe qui décimait la volaille pouvait aussi être mortelle pour l’humain, la vente de poulets a rapidement été interdite pour stopper la propagation avant qu’il ne soit trop tard.« Ce n’est pas la panique, mais les gens ont peur », confirme Huyen Thanh Dao, une journaliste de Hanoi.Pendant des semaines, l’épizootie a fait la une des quotidiens.« Lors des fêtes du nouvel an vietnamien, vers la fin janvier, le poulet est souvent présenté comme offrande devant l’autel des ancêtres et dans les pagodes, poursuit la journaliste.Pas cette année.» Les virus de l’influenza présentent à leur surface des protéines particulières, l’hémaglu- HongKong (18 malades, 6 décès, 1,3 million de poulets abattus pour contenir l’épidémie), ces virus ont récidivé plusieurs fois.En mars 1999, toujours à Hong Kong, on a isolé un virus d’oiseau chez deux enfants heureusement peu atteints.Quatre ans plus tard, deux autres humains étaient touchés, dont l’un est mort.Puis il y a eu le vétérinaire hollandais, l’an dernier.« Nous ne sommes pas égaux face au virus, rappelle Karl Weiss.Certains sont probablement plus susceptibles d’être infectés que d’autres.» En Asie, des centaines de milliers de persormes sont entrées en contact avec de la volaille infectée, mais «seulement» quelques dizaines d’entre elles sont tombées malades.En fait, il y a fort à parier que le virus essaie fk' feer) ^9, fen.N N De sot ¦ ,*!#! ïïftf II*1 iKiW £0llK»it j h6&\ Um'"' ' depuis longtemps d’infecter l’humain.Comme les paysans chinois ne se rendent pas à l’hôpital pour une grippe, « il y a probablement eu d’autres cas humains qui sont passé inaperçus », pense la vétérinaire Isabelle McKenzie, coordonnattice du réseau d’alerte aviaire du Québec.Les experts de la grippe n’aiment pas trop ce passage d’une espèce à une autre, car il augmente le risque que le virus intègre du matériel génétique provenant d’autres virus.C’est pour cette raison qu’ils redoutent que les virus aviaires infectent des personnes déjà porteuses du virus de l’influenza humaine.Si les deux agents infectieux pénètrent dans la même cellule humaine pour se répliquer, ils risquent fort de mélanger leur information génétique en cours de fabrication.Le virus d’origine humaine, qui connaît tous les trucs du métier pour nous infecter efficacement, pourrait alors les livrer à son comparse d’origine aviaire et en faire un véritable tueur en série.Lors de l’épizootie aux Pays-Bas, deux personnes atteintes de conjonctivite ont transmis le virus H7N7 à des membres de leur famille - une preuve bien concrète que le virus peut acquérir cette habileté.En janvier 2004, deux sœurs viemamiennes de 23 et 30 ans sont décédées de l’influenza aviaire.L’OMS a craint le pire : avaient-elles attrapé le virus d’un oiseau ou de leur frère, mort lui aussi après avoir plumé un canard?On a poussé un soupir de soulagement quand les analyses ont démontré que le virus n’avait encore intégré aucun gène de virus humain.Au moment de mettre sous presse, le virus H5N1 n’avait pas acquis la capacité de se transmettre d’une personne à une autre.Les oiseaux ne sont pas les seuls animaux à faire partie de l’équation permettant le brassage génétique du virus de l’influenza.Les porcs aussi Les poules de Mme Zhang par Eric Meyer (correspondance de Pékin) V Dans son village sur les hauteurs de Huai-Rou, aux environs de Pékin, Mme Zhang laissait ses poules picorer sur le fumier de la ruelle en terre battue.Mais, depuis la fin janvier, c'est fini: la volaille est confinée dans la basse-cour, sur ordre du chef du village, avec interdiction de vente.La mesure vise à éviter à Pékin, comme dans toute la Chine, l'épidémie de fièvre aviaire qui déferle d'Est en Ouest.Le plus grand danger est la ferme individuelle, alors que les quatre cinquièmes des huit milliards de poulets produits en Chine à tous les ans sont élevés à l'air libre, loin du vétérinaire.De toute manière, Mme Zhang préfère prendre son mal en patience: les marchés sont pratiquement fermés et, à la ville, les clients inquiets se détournent soudain du poulet, même à 1,10 $ le kilo (7 yuans renminbi chinois) moins de la moitié du prix normal.« Ça ne paie même pas l'aliment composé », dit-elle.Fort de la leçon du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), survenu à peine 10 mois auparavant, l'État a saisi le problème à bras-le-corps, avec toute une panoplie de moyens.Un Laboratoire national de référence de la fièvre aviaire a été mis sur pied pour effectuer les tests et vérifier d'heure en heure la progression de la maladie.Un mois après le début de la crise, quelque 1,2 million de volailles suspectes avaient été abattues.Une campagne impose tambour battant le nettoyage des fermes, des abattoirs et des marchés, qui doivent être désinfectés chaque jour, comme les trains et les bus.Pékin a débloqué des crédits pour dédommager ceux dont on abat la volaille, mais - des plaintes ont émané de paysans lésés - des cadres véreux ont empoché jusqu'à 45 % des fonds.Signe d'un contrôle extrême, 10 équipes d'inspecteurs courent le pays, secondées par 447 postes fixes à la campagne et aux frontières.Mais l'effort de transparence et de reprise en main ne peut pas effacer la suspicion, vive en Chine et ailleurs.L'université Huanan de Canton révèle que le virus H5N1 est en réalité embusqué en Chine depuis 2001 et qu'il y est désormais solidement implanté.À Canton, en octobre 2003 veut la rumeur, il aurait dévasté deux grands élevages.Henry Nyman, biologiste à Harvard, conteste que la fièvre aviaire n'ait infecté aucun humain en Chine, comme le prétendent les autorités.Pékin, pour sa part, refuse toute vérification indépendante par des journalistes étrangers sur les foyers d'épizootie! Avril 2004 | Québec Science 17 sont sensibles aux virus aviaires et humains.C’est souvent dans leurs cellules que les modifications génétiques surviennent.Les conditions d’élevage en Asie facilitent la vie des microbes puisque canards, poulets, cochons et humains cohabitent.Ce n’était donc qu’une question de temps avant que l’humain devienne lui aussi un creuset où les virus pourraient se livrer à leurs expériences génétiques ! Le fait que la volaille caquète au grand air facilite aussi la transmission d’infections provenant des oiseaux sauvages.Présent dans leurs fientes et leurs sécrétions respiratoires, le virus de l’influenza peut contaminer l’eau et le sol, et survivre longtemps dans un environnement frais : quatre jours à 22 °C et plus de un mois au point de congélation.Il voyage facilement d’une ferme à une autre en s’accrochant aux semelles et aux vêtements des travailleurs, à l’équipement ou même aux poils d’un chat errant.« Au Canada, nos poulets sont confinés à l’intérieur, cela diminue le risque qu’ils contractent un virus d’oiseaux sauvages», note la vétérinaire Isabelle McKenzie.C’est peut-être à cause de ses marchés de volaille vivante - interdits au Canada - que les États-Unis sont pour leur part aux prises de façon récurrente avec les virus aviaires.« Le marché de New York est l’épine dans le pied du ministère de l’Agriculture des États-Unis », dit Martine Bouhanne, pro-fesseure à la faculté de médecine vétérinaire Des scénarios qui donnent froid dans le dos Dans tous les pays occidentaux, on prépare des plans d'urgence en cas de pandémie d'influenza.Et pourtant, « on ne pourra jamais être totalement prêt », croit le docteur Marc Dionne qui dirige le Comité québécois sur l'influenza mis en place par le ministère de la Santé.Les pires scénarios imaginés par ce comité donnent froid dans le dos: jusqu'à 2,5 millions de Québécois malades et 50 000 morts.Les établissements de santé et le personnel médical ne suffiraient tout simplement pas à la tâche.« Il faudrait mobiliser d’autres gens, convertir des lieux en hôpitaux de fortune », dit le docteur Dionne.Inutile de préciser que la vie quotidienne serait perturbée, puisqu'il y aurait sûrement de nombreux chauffeurs d'autobus et caissiers de supermarché parmi les malades.Comme le virus de l'influenza mute sans arrêt, ce n'est qu'au moment où une épidémie se déclare qu’on peut connaître l’identité génétique de la souche en cause, l'isoler et l'atténuer pour en faire un vaccin.Les laboratoires du réseau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) travaillent depuis janvier à la préparation d’un vaccin contre H5N1.Sa production à grande échelle pose en soi un problème : un vaccin contre la grippe est habituellement produit en injectant le virus dans des œufs de poule pour qu'il s'y multiplie.Or, le virus d'origine aviaire tue les embryons de poulet.Pour contourner le problème, on doit faire appel à la génétique inverse, une technique consistant à prélever les antigènes du virus H5N1 et à les fusionner à un virus de laboratoire inoffensif pour l'humain et les œufs.Une fois le prototype mis au point, il faut 56 jours pour que le fabricant Shire Biologies de Sainte-Foy produise les premiers lots à partir des semences reçues de l'OMS et au minimum quatre mois pour fabriquer des doses pour tous les Canadiens.Le plan de pandémie rendu public en février par Santé Canada prévoit aussi l’utilisation de médicaments antigrippaux, autant pour soigner les malades que pour protéger le personnel hospitalier.Mais contre H5N1, l’un de ces médicaments, l’amantadine, n'est d'aucune utilité.Le séquençage du virus a vite montré que ce dernier résiste à son action.Reste l’oseltamivir (Tamiflu), mais les doses en réserve au Canada permettront de soigner à peine 60 000 personnes! Un vaccin contre la grippe est habituellement produit en injectant le virus dans des œufs de poule pour m qu’il s’y multiplie.Or, le virus d’origine aviaire tue les embryons de poulet ! de l’Université de Montréal.Heureusement, tous les cas des dernières années en Amérique du Nord étaient le fait de virus faiblement pathogènes.Les poules présentent alors de légers problèmes respiratoires et pondent un peu moins, sans plus.Rien à voir avec un virus hautement pathogène comme celui qui frappe actuellement en Asie.Ce dernier fait si rapidement sa besogne que les poulets meurent parfois en moins de 24 heures, avant même l’apparition de symptômes.« À l’autopsie, on voit que le virus s’attaque aux systèmes respiratoire et digestif, y causant des hémorragies internes et la nécrose des tissus », dit Mar- tine Boulianne.Mais, toujours imprévisibles, « les virus faiblement pathogènes peuvent devenir hautement pathogènes», avertit la docteure Isabelle McKenzie.En 1966 en Ontario, on a recensé le seul épisode de grippe hautement pathogène au Canada.Six épisodes d’influenza faiblement pathogène sont survenus depuis 1997.Le plan d’urgence à suivre est clair: périmètre de sécurité de 5 km autour de la ferme infectée, abattage du troupeau touché, mise en quarantaine des fermes voisines.Avec des mesures semblables, les Pays-Bas ont assez rapidement maîtrisé l’épizootie de l’an dernier.Et peut-être évité ainsi la pandémie humaine tant redoutée.Mais l’Asie n’a ni les systèmes de surveillance de l’Occident, ni les moyens de compenser adéquatement les éleveurs dont on abat la volaille.Les oiseaux sauvages ne s’arrêtant pas aux postes frontaliers, l’épizootie a rapidement touché plus d’une dizaine de pays asiatiques avant que l’OMS et l’Office international des épizooties ne tirent la sonnette d’alarme en janvier 2004.Quand un territoire est aux prises avec le virus de l’influenza, il faut parfois des années avant qu’il arrive à s’en débarrasser.Compte tenu de l’ampleur sans précédent de l’épizootie causée par le virus H5N1, l’Asie n’est pas au bout de ses peines.« Il y a aux alentours de Hanoi des trafics illégaux de poulets prêts à consommer », rapporte la journaliste vietnamienne Huyen Thanh Dao.Si la pandémie frappait, l’Occident, assez bien pourvu en tests diagnostics et en médicaments, ne pleurerait probablement pas autant de morts que lors de la grippe espagnole, croit l’infectiologue Karl Weiss.« Mais on revivra peut-être ce type de fléau dans les pays du tiers-monde.» CE 18 Québec Science I Avril 2004 Un dossier spécial de Québec Science ~ Avril 2004 " "'V 1 ante “ Ine médecine le choc contre l'obésité lusique bici la tritare ! TJ quacuiture es algues our le Japon t sept bons coups de la recherche acadienne L’ODYSSEE SE POURSUIT Quatre cents ans après leur arrivée, les Landry, Leblanc, Comeau, Arsenault, Thibodeau ou Savoie n'ont pas seulement peuplé le nord-est de l'Amérique, ils ont aussi envahi les laboratoires. Sommaire Us s’appelaient Landry, Leblanc, Comeau, Arsenault, Thibodeau ou Savoie.Ils étaient surtout des hommes, pour la plupart jeunes.Impressionnables, avides d’exotisme, ils entreprennent la grande traversée, charmés d’avance par les histoires de paradis terrestre que les gouverneurs et les armateurs, qui veulent peupler les nouvelles colonies, leur racontent.Mais surtout, on leur promet une terre; un rêve inaccessible pour plusieurs dans le royaume de France.Les nouveaux arrivants font connaissance avec des hivers pénibles.Ils doivent aussi cohabiter avec les Amérindiens de la grande famille algonquine, qui occupent ces terres depuis des milliers d’années.Micmacs, Malécites et Abénaquis accueillent pacifiquement ces étrangers qui, somme toute, ne représentent pas une bien grande menace : ils ne chassent guère, pêchent peu et ne défrichent que de petites parcelles de terre pour cultiver leurs légumes.Arrivés majoritairement du centre-ouest de la France, les premiers Acadiens apportent avec eux leur expérience de la culture des marais et de la récolte du sel.Leurs terres, ils les gagnent sur la mer en asséchant les riches plaines d’alluvions par la technique des aboiteaux.En gros, il s’agit de digues étanches, ou « levées », qui empêchent la marée montante d’envahir les parcelles ainsi protégées.À un endroit stratégique, habituellement le lit d’un petit ruisseau, la levée est percée près du sol et traversée par une écluse de bois, la « dalle », afin de laisser l’eau douce s’écouler librement.Munie d’un clapet mobile qui se ferme sous la pression de la marée montante, cette dalle ne laisse passer l’eau que dans un sens, accomplissant son travail deux fois par jour.Le génie à l’œuvre en Acadie, dès le XVIIe siècle ! C’est grâce à cette technique que les premiers arrivants parviennent à combler leurs besoins et à prospérer.De quelques Entrevue — Stephen White 24 Aux arbres, Acadiens! Un peuple tricoté serré ?Le travail des généalogistes révèle quand même des surprises.Paléontologie 28 Lointains ancêtres L’évolution se raconte autour de la baie de Fundy.Pêcheries 29 Le retour à la mer Mollusques et crustacés remplissent désormais les bateaux des anciens pêcheurs de morues.Aquaculture 32 Au goût du Japon Des algues toutes en couleurs pour une salade kaiso.Mathématiques 36 Le son des maths Trois manches et six jeux de cordes: voici la tritare! Astrophysique 38 Décrocheur d’étoiles Les recherches de Francis LeBlanc permettent de mieux comprendre ce qui compose les étoiles qui bouillonnent à 12 000 °C.Photonique 42 Maître de la lumière Un physicien capture la lumière laser dans un cube de verre.Santé 43 Obésité : médecine de choc Au Nouveau-Brunswick, un habitant sur trois affiche un excédent de poids.Un médecin attaque ce lourd fléau avec des armes légères.Tllfton r 55 Mi * 20 Québec Science | Avril 2004 unpeoi É »! fl I -uSJ, A ¦Wfr*' .ja-,- Un dossier de Joël Leblanc SE POURSUIT dizaines d’habitants au début du XVIIe siècle, la colonie en compte plus de 12 000, 150 ans plus tard.Mais ces années ne sont pas des plus paisibles.Colonie française stratégiquement située, l’Acadie d’alors - essentiellement la Nouvelle-Écosse actuelle et le sud du Nouveau-Brunswick - se trouve à proximité des possessions de la puissance ennemie : l’Angleterre.Cette dernière voit la chose d’un mauvais œil et tente constamment de repousser les « Français ».Au fil des guerres et des traités, le pays acadien est passé sous contrôle anglais, puis est revenu sous celui de la France.Car si les guerres métropolitaines impliquent égale- Ophtalmologie 45 Dissiper le brouillard Un nouvel outil pour surveiller de près l’évolution d'un glaucome.Alimentation 46 La bactérie des centenaires Des molécules issues de petits fruits et des protéines du lait pour vivre plus vieux.49 Pour en savoir plus Le drapeau des Acadiens des Maritimes ressemble au drapeau français, et ce, pour rappeler l'appartenance à la francophonie.Mais c'est l'étoile dans le bleu qui constitue la « marque distinctive de la nationalité acadienne », pour emprunter les mots du père Marcel-François Richard qui a proposé le tricolore étoilé en 1884.Selon lui, l’étoile du drapeau représentait celle de Notre-Dame de t'Assomption, patronne des Acadiens.Mais l'étoile représentait aussi, selon ce même nationaliste, l’étoile qui guide le marin « à travers les orages et les écueils »./ ïSSl n L n t fe ll > , ».qf .J •i »-j.¥ \ Pi S\-'HW' 1 &%9x \ \vwt ¦ vÇ-^Sc T&y y?\ ^ aigr^NX^xAA\?g: ^- t sN^- ______J^1.JL.J.||.J1]J1 ment les colonies, la paix en Europe ne garantit pas la fin des hostilités en Amérique.Les habitants de la Nouvelle-Angleterre attaquent épisodiquement le territoire et les paysans acadiens ne peuvent pas faire grand-chose pour les en empêcher.Ces derniers sont finalement vaincus.En 1755, on les force même à quitter le territoire.Pour 10 000 d’entre eux, faute d’accepter de prêter serment d’allégeance à la couronne britannique, c’est la déportation - le « Grand Dérangement ».Des années sombres et tristes.Par la force des choses, les Acadiens forment une diaspora, car même loin de l’Acadie, celle-ci est toujours restée dans leur cœur ! Les familles dispersées depuis la Nouvelle-France jusqu’à la Louisiane, de l’Angleterre à la France, des Antilles à l’Uruguay transportent un peu d’Acadie avec elles.Des années plus tard, celles qui reviennent d’exil s’installent à l’écart des Anglais, principalement dans le nord et le sud-est du Nouveau-Brunswick.Autrefois agriculteurs, ils sont devenus pêcheurs.Près de 250 ans après la déportation, la nation acadienne reprend solidement pied.Elle célébrera cet été 400 ans de présence française en Amérique.Au programme, de nombreuses rencontres familiales un peu partout en Nouvelle-Ecosse, et un congrès mondial acadien.Dans les laboratoires et les centres de recherche, les Acadiens d’aujourd’hui s’affichent en élite avant-gardiste et savante.Que ce soit par les derniers développements en photonique, les recherches avancées en technologie médicale, les techniques novatrices de gestion des ressources naturelles ou la création de concepts mathématiques inédits, la science est un milieu où ils évoluent avec aisance et assurance.CB 22 Québec Science | Avril 2004 Depuis les Arcadiens de la Grèce jusqu’aux Cajuns de la Louisiane.En 1524, l'explorateur italien Giovanni Da Verrazano met le cap vers l'ouest: il cherche un passage vers l'Asie pour le compte du roi François 1er.Il atteint l'Amérique à la hauteur de la Caroline du Nord et remonte la côte jusqu'à Terre-Neuve avant de revenir bredouille en Europe.Dans les descriptions qu'il a laissées, on peut lire son intérêt pour le paysage rencontré :«[.] Que nous nommâmes Arcadie, en raison de la beauté de ses arbres.» À l'époque de Verrazano, l'Arcadie était un massif central du Péloponnèse décrit par les poètes de la Grèce antique comme le séjour de l'innocence et du bonheur.Vers 1504, le poète italien Sannazar publie un ouvrage, sans doute lu par Verrazano, où il vante les beautés des paysages napolitains et qu'il intitule L'Arcadie, en référence à ce pays mythique.La poétique Arcadie des Grecs aurait donc inspiré le navigateur lorsqu'il a dessiné ses cartes.Mais à cette époque, le nom désignait le littoral atlantique au sud de l'actuelle ville de New York.Les générations suivantes de cartographes, en toute bonne foi, onf réutilisé le nom en transformant à chaque fois un peu l'orthographe et la localisation : Larcadia, Larcadie, Arcadia, Cadie et finalement Acadie, pour désigner principalement l'actuelle Nouvelle-Écosse et ses environs.Des historiens ont aussi proposé une origine autochtone au nom : Algatig, mot micmac pour «lieu de campement», ou Ouoddy, «endroit fertile» en malécite.Mais, durant son voyage, Verrazano n'a mis le pied à terre que trois jours.Un court arrêt durant lequel il n'a vraisemblablement rencontré aucun autochtone.Les dialectes micmac et malécite lui étaient donc inconnus d'où l'impossibilité qu'il ait pu emprunter le terme aux langues amérindiennes.Depuis les Arcadiens de la Grèce antique jusqu'aux Cajuns de la Louisiane, en passant par les poètes italiens de la Renaissance, le nom évoque le foisonnement de ceux qui le portent.L’île Sainte-Croix, le berceau Le monticule ne paie pas de mine.En 1604, la petite île, située près de la rive est de la rivière Sainte-Croix, inspire pourtant Pierre du Gua de Monts et son cartographe Samuel de Champlain, qui décident de s'y établir avec quelques dizaines de colons pour fonder officiellement le premier établissement européen permanent d'Amérique du Nord.Ainsi naissait l'Acadie.Le choix est surtout stratégique : l'isolement de la petite île la rendra facile à défendre et la faible profondeur de l'eau à l'embouchure de la rivière interdira l'accès aux gros navires ennemis.L'île n'est pas très riche en ressources, mais on peut facilement trouver du gibier, du bois et de l'eau douce à proximité.Débarqués en juin, les arrivants construisent rapidement quelques maisons avec les pierres de l'île et la petite colonie fortifiée prend forme.i ’v r-^r , »¦¦¦’» —i" * —i Logements, forge, puits, cuisine, boulangerie, chapelle, salle publique; en tout, une vingtaine de bâtiments hébergeront 79 hommes.Mais le 6 octobre, un hiver précoce et rude s'installe.Démunis face à un climat si rigoureux, les Français écopent.Tenter d'atteindre le continent en canot devient très périlleux, puisque de gros blocs de glace flottent sur la rivière.À cause du manque d'eau douce et de vivres, 35 colons mourront du scorbut avant le printemps.La saison chaude revenue, les survivants déménagent les installations à Port-RoyaL du côté sud de la baie de Fundy.Les fouilles archéologiques sur l'île ont confirmé que c'était bien celle décrite dans les mémoires de Champlain.Clous, pipes, bouteilles et poteries, les vestiges qui y sont découverts remontent bien à l'époque du premier débarquement. a -'.:S-'r I.Àw^fiaHon* / •*«>.'V.f j ( ! L jt-® !# m Ac»«l'*P*L "IP 1 Pour commander votre guide, veuillez consulter notre site web ou communiquez à l’adresse suivante : -100e anniversaire de l’Acadie ¦ 5, Ave Maris Stella Summerside, Î.-P.-É.CIN6M9 'oignez-vous aux célébrations, festivals, méga-spectacles, pièces de théâtre, concerts, commémorations, rencontres de familles et autres événements d’envergure qui se dérouleront en grand nombre dans les régions acadiennes de l île-du-Prince-Édouard pendant l’année 20(M.r \ & •du-Prince-Édouard Prince Edward Island www.acadieipe.com .ÉÈni Canada JB,,.7 Prince-Ouest Rustico hvangéliiv Summerside Miscouche — Ûe-^u-Prince-edotcini . saient plus sur les certificats de mariage.Et | comme si tout cela ne suffisait pas, il y a g beaucoup de cas d’homonymie en raison 5 du petit nombre de familles fondatrices S et de la tendance à utiliser de préférence cer- ^ tains prénoms à certaines époques.Dif- | férencier un ancêtre d’un autre au nom semblable peut devenir impossible.Comment faites-vous, alors?S.W.Comme dans toute science, nous avons des méthodes rigoureuses.Nos propos sont toujours documentés; nous n’utilisons que des sources sûres, des citations complètes.Quand la preuve directe d’un lien de parenté entre deux personnes est introuvable, il faut y aller par déduction.En recoupant les informations provenant de divers documents, en alignant les coïncidences, en recoupant les faits et les époques, on arrive à des résultats qu’on ne pourra jamais prouver hors de tout doute, mais dont les probabihtés sont raisonnables.À qui servent aujourd’hui ces travaux sur la généalogie des Acadiens?S.W.Des gens viennent de partout pour consulter nos archives ou retrouver leurs racines.Fait intéressant, de plus en plus de jeunes s’intéressent à nos travaux.Peut-être l’affirmation plus appuyée du fait acadien amène-t-elle les générations montantes à se conscientiser.Ceux qui viennent nous voir ont parfois des surprises, car tout n’était pas toujours en règle chez nos ancêtres.Quelqu’un qui quittait la France pour fane sa vie en Amérique venait parfois plutôt la refaire, ayant probablement de bonnes raisons de ne pas rester là-bas.Tout à coup, dans un recensement, on se retrouve avec un citoyen d’un certain âge dont on ne connaît aucune famille sur place et dont on n’arrive pas à retracer l’origine outre-mer.Nouvelle vie, nouvelle identité, et on repart à zéro, en fondant une nouvelle souche familiale par le fait même ! Au Québec, de tels cas de « hors-la-loi », ajoutés à toutes les lacunes documentaires, font que seulement 10% à 12% des familles québécoises ont une origine confirmée en France.Ça ajoute aux petits et grands mystères de notre travail.Quelles sont les astuces pour se sortir d'une impasse généalogique?S.W.En Acadie, l’Église catholique n’a pas autant découragé les mariages entre cousins qu’on l’a fait au Québec.On octroyait aux amoureux de famille trop rapprochée une « dispense ».Ainsi, lorsqu’on tombe sur un acte de mariage qui mentionne une dispense, on a un bon indice sur les liens de parenté des époux.Par exemple, le recensement de 1671 mentionne un Michel Poirier de 20 ans, fils de Jean Poirier.On y trouve aussi une Marie-Françoise Poirier, de 22 ans, mais sans le nom de ses parents.Peut-être est-elle la fille de ce même Jean ?On peut le savoir en étudiant un acte de mariage, deux générations plus tard.Fa petite-fille de Marie-Françoise, qui a épousé le petit-fils de Michel, s’est vu accorder une dispense, ce qui confirme sa parenté avec ce dernier.Par déduction, on arrive à préciser l’arbre généalogique des Poirier.Et la généalogie de toute l’Acadie est truffée de ce genre de petits trous qu’on parvient à combler un peu plus à chaque fois qu’on découvre un nouveau document.Je vous laisse imaginer les problèmes qu’on a avec la famille Fandry.Ces Acadiens descendent de deux hommes qui s’appelaient tous deux René.Pour les distinguer, on les surnomme l’aîné et le jeune.F’aîné a épousé une Bourque, alors que sa sœur a marié un Bourque.Un autre fouillis que l’on démêle tranquillement au fil des lectures ! Être un bon généalogiste exige d'avoir tout lu, de tout savoir! C'est le travail d’une vie! S.W.De plusieurs vies, même.Q5 La déportation des Acadiens.Ce tableau de George Craig, peint en 1893, illustre le tragique événement de 1755.À Grand-Pré, les hommes et les garçons sont gardés prisonniers dans l'église en attendant les navires qui les emmèneront dans les colonies anglaises.Avril 2004 I Québec Science 25 lliilii FACULTE DES ETUDES SUPERIEURES ET DE LA RECHERCHE «r ¦ Programmes de deuxième cycle Administration des affaires Administration publique Biochimie Biologie Chimie Droit Éducation (administration scolaire) Éducation (enseignement) Éducation (enseignement ressource) Études de l’environnement Études familiales Études françaises Histoire Mathématiques Nutrition-Alimentation Orientation Physique Psychologie Sciences appliquées (ingénierie) Sciences forestières Science infirmière Travail social Technologie de l’information Maîtrise en études de l’environnement/ Baccalauréat en droit Maîtrise en administration des affaires / Baccalauréat en droit Maîtrise en administration publique / Baccalauréat en droit Programmes de troisième cycle Éducation Études françaises Psychologie , :c r\ en études de l'environnement offre un enseignement personnalisé, des possibilités de financement très attrayantes et des debouches intéressants LA CHAIRE D’ETUDE K.-C.IRVING II a comme mission d'intégrer le concept de développement durable au développement économique et aux systèmes d'éducation au niveau régional et international.UNIVERSITE DE MONCTON Campus de Moncton 1 800 363-8336 www.umoncton.ca/mi Etudier dans le domaine de la santé Faire carrière dans le domaine de la santé offre plusieurs avantages : i Consortium national ''' de formation en santé Volet Université de Moncton Professions gratifiantes et bien rémunérées Domaines de travail utilisant les nouvelles technologies Nombreuses opportunités d’emploi au Nouveau-Brunswick Si vous avez à coeur la santé et le bien-être des gens, inspirez-vous des programmes suivants ciblés par le Consortium national de formation en santé pour choisir votre programme d’études à l’Université de Moncton : Sciences de laboratoire médical Sciences de kinésiologie Techniques radiologiques • Science infirmière • Nutrition • Travail social • Psychologie Pour plus de renseignements au sujet de ces programmes, visitez le site Web de l’Université de Moncton ou communiquez directement avec nous au 1-800-363-8336.La production de ce message publicitaire a été rendue possible grâce à une contribution financière provenant de Santé Canada.UNIVERSITE DE MONCTON Edmundston Moncton Shippagan 1 800-363-8336 www.umoncton.ca Ce programme forme des professionnelles et professionnels qui voient a la gestion durable des terres agricoles et forestières dans un contexte intégré et respectueux de l’environnement, avec une ouverture sur le monde.L agroforesterie, c'est : • la culture sous couvert forestier (champignons, plantes médicinales, etc.) • la ferme forestière ¦ la conservation de l'eau et des sols .et beaucoup plus.Université de Moncton, Campus d'Edmundston, 165, boulevard Hébert, Edmundston.N.-B.E3V 2S8 UNIVERSITÉ DE MONCTON CAMPUS D'EDMUNDSTON Collège communautaire du Nouveau-Brunswick EdmuntlMon Pour plus de renseignements : 1 -888-736-8623 www.umce.ca/foresterie • Courriel :fdef@umce.ca Paléontologie Lointains ancêtres L'évolution se raconte autour de la baie de Fundy Le pourtour de la baie de Fundy est constitué d’une multitude de formations géologiques très anciennes qui ont livré de fabuleux vestiges paléontologiques.« On trouve au Nouveau-Brunswick, à l’île-du-Prince-E-douard et en Nouvelle-Ecosse un résumé de l’histoire de la vie sur Terre durant tout le dernier milliard d’années, dit Randall Miller, paléontologue et conservateur au Musée du Nouveau-Brunswick à Saint John.Depuis les vieux stromatolites du Précambrien jusqu’aux fossiles de mammifères marins de la dernière glaciation, les organismes que l’on trouve sont de tous les groupes et de toutes les époques.» Un trésor pour le patrimoine de la planète.En 1855, John William Dawson, le futur recteur de l’Université McGill, publie Acadian Geology, une synthèse de ses observations de fossiles et de la géologie des Maritimes.C’est le début des études sur les vestiges antédiluviens.Une génération plus tard, en 1891, George Frederic Matthew publie la première description d’un fossile, Archceozoon acadi-ense, qui remonte au Précambrien (600 millions d’années), une époque où l’on croyait la Terre dépourvue de vie.E s’agit de stromatolites, des struc tures arrondies dues à l’activité métabolique d’un tapis bactérien sur le fond marin.Le fossile décrit par Matthew et provenant d’une falaise tout près de Saint John est encore aujourd’hui le plus vieux fossile connu des Maritimes.L’ère qui suit le Précambrien s’appelle le Paléozoïque.Elle est elle-même z divisée en six périodes géo- ! g logiques dont cinq ont laissé ' ddes traces visibles dans les Id “provinces Maritimes.« Le ! Cambrien, dit Randall Miller, a laissé des trilo-bites primitifs, de petits coquillages, des traces de vers.De l’Ordovicien, on retrouve entre autres choses des coraux et des étoiles de mer, de même que des trilobites longs de 40 cm.Vient ensuite le Silurien avec ses édifices coralliens imposants et ses poissons primitifs.Les euryptérides, de grands scorpions aquatiques pouvant atteindre 2 m de long, sont remarquables au Dévonien, de même que de nombreux poissons, incluant le plus vieux requin du monde (environ 400 millions d’années) découvert récemment.Le Carbonifère, finalement, est riche en poissons, en arbres pétrifiés, en traces de mille-pattes géants et de tétrapodes terrestres, en petits amphibiens et en reptiles primitifs.Il ne manque que des fossiles de la dernière période, le Permien.» Randall Miller est modeste : il ne souligne même pas qu’il est le codécouvreur du plus vieux requin connu, qui a valu les honneurs au paléontologue québécois Richard Cloutier (voir Québec Science, février 2004).C’est lui qui a trouvé l’autre moitié et il a cosigné l’article de Nature.«Il va peut-être falloir corriger l’âge de ce requin, dit-il : 407 millions d’années au lieu de 409.» La grande étape de la vie qui suit, c’est le Mésozoïque (245 à 65 millions d’années).Seules quelques localités de la Nouvelle-Ecosse offrent des fossiles de cette période, mais pas des moindres : les Un fossile du requin Doliodus problematicus découvert dans des roches dévoniennes dans le nord du Nouveau-Brunswick (environ 400 millions d'années).Ce sont les restes de requin les plus anciens et les plus complets que l'on connaisse.plus vieux dinosaures du Canada.Puis il y a un grand blanc : le Céno-zoïque (65 millions d’années) laisse peu de traces dans les formations rocheuses des Maritimes.Dommage, c’est la période qui a vu l’essor des mammifères ! « Il faut attendre une période relativement récente, précise M.Miller, pour voir les fossiles réapparaître.Ce sont ceux des animaux qui ont repeuplé les terres après le retrait des glaciers, il y a 15 000 ans.De gros mammifères comme les mammouths et les caribous ont laissé leurs fossiles, de même que des animaux marins adaptés au froid : morses, phoques, bélugas, narvals, etc.On trouve aussi des crabes, des coquillages et des homards de cette époque.» CS Le paléontologue Randall Miller et Ar-chaeozoon acadiense.Ce vestige de stromatolite, âgé de 980 millions d'années, est -4 le plus vieux fossile du Nouveau-Brunswick.28 Québec Science I Avril 201 DEROME/PUBLIPHOTO Le retour à la mer Mollusques et crustacés remplissent désormais les bateaux des anciens pêcheurs de morues.Si : i ¦- si Vl,.' Du crabe, il y en a en Acadie ! À chaque sortie en mer, ce sont des dizaines de milliers de kilogrammes de crustacés que chaque crabier ramène au port.En tout, les quelque 250 à 300 pêcheurs tirent environ 18 000 tonnes métriques de crabe frais des eaux du Golfe en été.Et des gros ! Tenir avec les mains les deux pinces d’un énorme mâle mécontent relève presque de la corrida ! « Observe-les bien, me disent en riant les pêcheurs, tu n’es pas près d’en voir d’aussi gros à la poissonnerie ! » Car les plus beaux crabes sont destinés au marché asiatique, surtout le Japon qui en est particulièrement friand et qui exige la meilleure qualité.Quand ils veulent manger du crabe, les Acadiens - et les touristes qui les visitent- se contentent donc de ce que laissent les Japonais.Cela représente tout de même de belles pièces.Il est loin le temps où les pêcheurs ne rapportaient que de la morue ou des poissons de fond au port.L’industrie s’est graduellement tournée vers les mollusques et les crustacés, qui représentent aujourd’hui une manne.« Les écosystèmes se rééquih-brent continuellement, dit Marc Lanteigne, biologiste au Centre des pêches du Golfe, un institut de recherche canadien du ministère des Pêches et des Océans (MPO) à Moncton.Les ressources qui subsistent après la disparition des poissons, et la prédation moindre qui en a résulté, ont permis aux crabes, aux homards et à d’autres crustacés de prendre leur essor.Ils ont at- teint un sommet au début des années 1990 et connaissent un lent déclin depuis.» L’industrie du poisson de fond s’est effondrée principalement à cause de la surpêche.Quand on a sonné l’alarme, il était déjà trop tard : les marins d’antan ne disposaient évidemment pas des outils actuels pour assurer un suivi biologique dès le début de l’exploitation d’une ressource.Avec cette nouvelle tendance, l’industrie et les biologistes sont mieux « ferrés ».On peut proposer des plans de gestion réalistes pour assurer le renouvellement de la ressource.« Le crabe des neiges de la partie sud du golfe du Saint-Laurent est une des populations animales les mieux suivies au Canada, dit Marc Lanteigne.C’est un des plus beaux exemples de réussite en Avril 2004 I Québec Science 29 «Ilya trop de pêcheurs de homards, mais comment décider à qui on enlève le permis et à qui on le laisse ?» demande Marc Lanteigne, biologiste au ministère des Pêches et des Océans.gestion des ressources maritimes.» Pour suivre de près les stocks de crabes, les biologistes ont adapté une méthode familière aux ingénieurs miniers.Lorsqu’on veut connaître l’étendue et la concentration d’un gisement, on passe le terrain au creegeage, c’est-à-dire qu’on fore plusieurs puits verticaux à intervalles réguliers pour analyser le contenu du sous-sol.Une fois l’aire auscultée, les experts extrapolent pour obtenir une carte fiable de la forme, de l’épaisseur et de la concentration du filon.«Nous avons appliqué le même principe aux crabes du Golfe, explique Marc Lanteigne.Les forages sont remplacés par des coups de chalut sur des distances et des durées constantes, à des endroits bien précis.Le crabe des neiges a des mœurs très grégaires et ne se déplace pas beaucoup.Ainsi, d’année en année, on peut tracer sur les cartes la répartition des crabes et leurs densités selon les endroits.Et comme le Golfe présente un fond assez plat, recouvert d’une eau relativement peu profonde, ça facilite énormément les échantillonnages.Au Québec, où le lit de l’estuaire est accidenté et plus profond, une connaissance aussi précise de la ressource n’est pas possible.» Cette méthode pour estimer les stocks a permis de découvrir que les populations de crabes des neiges suivent des cycles présentant un pic de densité tous les 8 à 10 ans.Avec ces données précises, d’une année à l’autre, on peut ajuster très finement les quotas de pêche.« On garde les prélèvements toujours en dessous de 40 % des effectifs », dit le biologiste.De quoi assurer une 30 Québec Science I Avril 2004 exploitation durable du crabe dans le sud du Golfe.La situation est plus complexe pour le homard.Celui-ci vit en eau bien moins profonde, plus près des côtes, sur des fonds rocheux et irréguliers.Les méthodes de mesure par chalutage sont impossibles, ce qui empêche les chercheurs du MPO d’obtenir des données aussi précises que pour le crabe.Il faut se fier aux prises annuelles des pêcheurs pour avoir un indice de l’abondance des stocks.C’est une pêche sans quotas; on la circonscrit plutôt en imposant des limites au nombre de casiers par exploitant, à la durée de leur immersion, etc.«Une flotte de 3 300 bateaux pour le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse et l’île-du-Prince-Édouard prélève annuellement 18 000 tonnes métriques de homards », dit Marc Lanteigne.Pas assez pour menacer la survie de l’espèce, mais de quoi ébranler la pêche dans quelques années, car chaque exploitant doit s’assurer des prises abondantes pour atteindre le seuil de rentabilité.Or il y a 10 fois plus de pêcheurs de homards que de pêcheurs de crabes, pour un volume de prises identique.« Il y a trop de pêcheurs, mais comment décider à qui on enlève le permis et à qui on le laisse?demande Marc Lanteigne.Le jour où les populations diminueront, les homardiers feront faillite bien avant d’avoir sorti le dernier homard.Il nous suffira de ne pas renouveler les permis.C’est un métier risqué, mais les pêcheurs ne veulent pas trop l’admettre.» Les Acadiens ne se contentent pas de cueillir ce que la mer peut leur offrir; ils cultivent aussi.L’aquaculture est devenue florissante dans les eaux du Golfe avec, au premier rang, la culture des moules (mytiliculture) et celle des huîtres (conchyliculture).Cette dernière représente à elle seule des revenus annuels de plus de 30 millions $.Le long des côtes, rares sont les petites baies abritées dans lesquelles on ne trouve pas d’installations aquacoles.Protégées des intrus, elles sont accessibles par bateau.Une fois sur place, il suffit de tirer une corde pour voir émerger un long boudin sur lequel les moules sont fixées par milliers, filtrant nonchalamment les eaux chaudes et riches du Golfe, et attendant qu’on les cueille.Cette aquaculture a évolué de façon spectaculaire au cours des années 1990 grâce au développement rapide de pratiques d’élevage adaptées au Canada atlantique.(S Les envahisseurs Des espèces exotiques, encore inconnues dans les Maritimes il y a huit ans, ont fait leur apparition et s'incrustent au détriment des espèces locales.Les plus inquiétants de ces envahisseurs arrivent d'Asie et d'Europe.Largués par inadvertance avec les eaux de ballast des navires, ils ont trouvé bien confortables ces eaux aussi chaudes que celles qui baignent la Caroline, et ont décidé de s'y établir, avant de remonter les côtes.«Le Golfe est particulièrement chaud pour sa latitude, dit Marc Lanteigne.Ça attire les touristes, mais aussi des espèces provenant d'eaux plus clémentes.Au ministère des Pêches et des Océans (MPO), on cherche des solutions pour contrer ces problèmes naissants.On n'a pas grand espoir d'éliminer complètement ces indésirables, mais on cherche les moyens de ralentir leur progression et de protéger les endroits qui ne sont pas encore touchés.» • Le crabe vert [Carcinus mænas) est un petit crustacé hyperactif qui dévore goulûment tout mollusque qui croise sa route.On le soupçonne d'être à l'origine de l'effondrement de l'industrie de la mye au Maine, dans les années 1950.Comme il recherche les mêmes aliments que les crustacés locaux, il représente un redoutable compétiteur pour les homards et crabes communs qu'il chasse de leur habitat.Et pour couronner le tout, il est porteur d'un parasite nuisible à l'eider, canard dont le duvet est prisé depuis des générations pour ses capacités isolantes.• Autre indésirable, l’ascidie plissée [Styela clava).Il s'agit d'un invertébré sessile ressemblant vaguement à une patate et qui se fixe à son substrat par un long pied fin.Comme les mollusques d'élevage, elle filtre l'eau pour se nourrir.Mais le problème, c'est qu'elle adore se fixer sur les boudins qui servent à la culture des moules, au point de former des colonies qui recouvrent complètement les premiers occupants, empêchant leur croissance et menaçant de les étouffer.L'ascidie plissée représente déjà un problème criant dans certaines baies de l'île-du-Prince-Édouard.• Le codium fragile (Codium fragile tomentosoides), une algue verte, est en train de remplacer graduellement les grands champs d'algues laminaires brunes.Elle se fixe sur les moules et les huîtres, les empêchant de s'ouvrir pour s'alimenter.Étouffés et affamés, les mollusques deviennent des proies faciles pour les prédateurs.Ces algues contiennent dans leurs tiges des bulles de gaz qui leur permettent de rester dressées dans l'eau.Comme elles sont fixées sur des mollusques, elles «s'envolent» littéralement avec eux et les emportent au loin par flottaison, d'où leur surnom de «voleurs d'huîtres».Avril 2004 I Québec Science 31 ALAIN MASSON/PUBLIPHOTO Aquaculture Au gout du Japon Des algues toutes en couleurs pour une salade kaiso.Les Japonais sont friands de salade d’algues marines.Il y a quelques années, le marché leur en a proposé avec des couleurs inhabituelles : rose fuchsia, jaune moutarde, vert lumineux.L’engouement a été total; le marché nippon a immédiatement adopté la salade multicolore.À Dartmouth, la ville sœur d’Halifax, Louis Devenu s’en est bien réjoui.C’est l’Acadien ingénieux qui est à l’origine de cette nouvelle mode culinaire.Acadian Seaplants Limited, l’entreprise qu’il a fondée en 1981, est le leader mondial de l’algue marine et le principal fournisseur du marché japonais.« Nous offrons une centaine de produits différents à plus de 500 clients dans le monde, dit-il, à partir d’une seule espèce Récolte de mousse d'Irlande SPfdE Mm «j d’algue, la mousse d’Irlande.» Cette petite plante aquatique d’une hauteur de 15 cm est très abondante dans les eaux peu profondes qui baignent les provinces de l’Atlantique.Sur certains fonds marins de grès, elle compose jusqu’à 90 % de la biomasse algale.Et elle repousse d’elle-même lorsqu’on la coupe.Une ressource quasi inépuisable que Louis De-veau a su exploiter intel ligemment.Mais même si la mer pouvait lui offrir toutes les algues voulues, l’entrepreneur ne s’est pas contenté de les cueillir; il a entrepris de les cultiver.Dès ses débuts, il s’est associé à des chercheurs universitaires et aux centres agricoles de la province pour développer l’aquaculture des algues marines.« C’est la seule façon, précise le Néo-Ecossais, de s’assurer un produit d’une qualité irréprochable tout en s’affranchissant du climat.Nous sommes capables de cultiver des algues l’année durant, une expertise unique au monde.La croissance à partir de spores commence en laboratoire, puis les plants sont transférés dans la “nursery”.Ils y grandissent un peu pour finir dans des serres 32 Québec Science I Avril 2004 Jean-Paul et Louis Deveau.Leur entreprise, Acadian Seaplants, est à l'origine d'une mode culinaire qui fait fureur chez les Nippons.-JR i .m isolées où ils bénéficient des conditions optimales pour leur croissance.» En plus de servir à l’alimentation humaine, les algues d’Acadian Seaplants se retrouvent aussi dans des produits destinés à l’agriculture, l’élevage, la pharmacologie, les cosmétiques, etc.« Les algues contiennent des centaines de molécules intéressantes, note Louis Deveau.Mon équipe travaille à les détecter, à les isoler et à découvrir leurs propriétés.» L’entreprise compte huit docteurs à temps plein -chimistes, agronomes, nutritionnistes et biologistes, entre autres - et accueille des étudiants stagiaires tous les étés.Depuis 23 ans, ces liens avec des scientifiques de tous les horizons ont contribué à la croissance de l’entreprise.C’est un des chimistes d’Acadian Seaplants qui a découvert par hasard la possibilité de changer la couleur de Chon-drus crispus.Le brun rougeâtre de la mousse d’Irlande résulte de la présence de plusieurs pigments différents.En les éliminant tous sauf un, c’est la couleur de ce dernier qui prédominera.Un petit procédé chimique simple a ainsi permis d’obtenir une algue comestible rose, sans ajout de colorant.« En poussant les recherches, note l’énergique septuagénaire, on a pu se concentrer sur des pigments différents et obtenir aussi la même algue en jaune ou en vert.La science permet des choses très amusantes ! » L’entreprise achète aussi des algues « sauvages » que récoltent 300 cueilleurs éparpillés dans les Maritimes.Celles-ci, recueillies pour leurs éléments nutritifs, sont surtout destinées au séchage.Elles sont ajoutées à l’alimentation des animaux d’élevage.« Nous extrayons aussi de nos algues des bioactifs qui servent de fertilisants, en particulier pour les cultures fruitières de plus de 70 pays », dit Louis Deveau.Les raisins de la Californie par exemple, tous uniformes en grosseur, en couleur et en saveur sont engraissés par les algues acadiennes.Même chose pour nombre de fruits et légumes qui aboutissent sur les rayons de l’épicerie.« Peu importe d’où ils viennent, c’est grâce aux algues de la Nouvelle-Ecosse qu’ils sont si attrayants», dit-il.Mais l’amateur d’une salade kaiso colorée ou d’une garniture à sashimi bigarrée doit tout de même y mettre le prix.Le marché de l’algue comestible étant à peu près inexistant au Canada, pour se procurer les créations colorées de Louis Deveau, il faut se pointer dans une épicerie fine qui les aura importées directement.du Japon! CE Domjm du sourd u vos la Innovated! Montréal, la plus importante société québécoise de capital de risque dédiée au secteur des hautes technologies.Un succès démontré : plus de 80 sorties réalisées, dont une vingtaine de premiers appels publics à l'épargne.Innovatech Montréal est une société à capital-actions et celles-ci sont détenues par le gouvernement du Québec.Innovatech Montréal (514) 864-2929 1 800 883-7319 www.innovatech.qc.ca Avril 2004 1 Québec Science 33 ^ ^ Mjé]\ ^il hr-: k' '7 tC g»s» sæiiP1 v' * i^aAj célébfohj cet été! Prenez part aux nombreuses festivités qui auront lieu partout au Nouveau-Brunswick pour la commémoration du 400e anniversaire de la culture acadienne.Visitez le site www.gnb.ca pour consulter le calendrier des événements, incluant: Exposition sur Ihistoire et la culture acadienne Moncton • 506 858-4088 • www.umoncton.catefudeacadiennestea.html Pièce de théâtre, la Comédie Française Saint John • 506 658-4606 • www.arcf-g.org Séries d'activités culturelles à Bayside, St Stephen et St Andrews dans le cadre du 400e anniversaire Comté de Charlotte • I 888 654-2004 • www.Stecroix2004.org Chansons, théâtre et spectacle son et lumière Saint-Jacques • 506 739-0939 Rétrospective sur l'évolution de la chanson française en Acadie Caraquet • 506 727-2787 Journée autochtones Fredericton • 506 444^5741 tas* < I604 “2004 Brunswick tjtkÙK'G.tfi SUAS CANADA ïv'V I ¦ -SS IS ¦ i.Mathématiaues Le son des maths Trois manches et six jeux de cordes: voici la tritare! Un gros Y inversé.Une sorte de guitare bizarroïde, à trois manches, avec des cordes, des clés, et un son unique.Claude Gauthier et Samuel Gaudet, professeurs au département de mathématiques et de statistiques de l’Université de Moncton, ont inventé la tritare, un nouvel instrument de musique, en essayant de résoudre un problème posé en 1735 par le mathématicien suisse Leonhard Euler.Claude Gauthier creuse ce problème mathématique depuis 10 ans.D n’a pas encore résolu la question d’Euler, mais ses recherches l’ont amené à investiguer un nouveau champ de l’univers des mathématiques : les symétries d’ordres multiples (voir l’encadré).En 1997, il parle de ses recherches à Samuel Gaudet qui se passionne pour les pièces musicales issues d’équations mathématiques.En voyant les schémas de son coUègue, il s’interroge : « Comment une onde se propagerait-elle dans un réseau à trois branches ?» Il n’en fallait pas plus pour que les deux compères se lancent dans des calculs poussés.Lorsqu’on fait vibrer une corde simple fixée à ses deux extrémités, comme celle d’une guitare, la vibration principale s’accompagne d’autres vibrations plus faibles et de longueurs d’onde correspondant au tiers, au quart et au cinquième de la longueur de l’onde principale.C’est ce qu’on appelle les harmoniques.Mais dans le réseau à trois branches, en jouant avec la longueur et la tension de chaque branche, on peut parfois assister au Euler avait réussi à résoudre la série infinie suivante : Idihilâi- La réponse est Si on remplace l'exposant 2 au dénominateur par un 4, V la solution est ^q.Tant que l'exposant est pair, c'est facile, on aura TT élevé à cet exposant et multiplié par une fraction.Le problème, c'est lorsque l'exposant est impair 1 +(i)+i (ilia solution semble être un nombre irrationnel.La gamme des symétries Depuis la petite école, nous savons tous que les nombres peuvent prendre deux directions à partir de zéro: les positifs (1,2,3.) et les négatifs (-1, -2, -3.).Deux directions seulement?Mais pourquoi pas trois?Ou quatre?Ou 25 ?«Les mathématiques classiques utilisent une symétrie d'ordre deux, explique Claude Gauthier.On peut avoir des chiffres positifs ou négatifs et la somme de deux chiffres à égale distance de zéro est nulle : 1 + (-1) = 0.» Dans une symétrie d'ordre 3, on a trois axes qui partent de zéro.Sur le premier, on trouve les chiffres comme on les connaît (1,2,3.), mais sur les deux autres, il faut une nouvelle nomenclature.Appelons les chiffres d'un des axes T, 1,3 .et ceux de l'autre axe 1", 2", 3".Tout comme pour la symétrie d'ordre deux, la somme des trois valeurs à égale distance du zéro est nulle, 1 +1 + U= 0.On peut dès lors imaginer des symétries d'ordre 4,5,10, etc.36 Québec Science | Avril 2004 —rfWiS a*-I «1 i I l , phénomène étrange d’une harmonique qui dépasse l’onde principale en intensité ! « Comment cela sonnerait-il ?» se sont alors demandé les deux mathématiciens.De la théorie à la pratique, il n’y avait qu’un pas qu’ils ont franchi dans le sous-sol de leurs maisons en mettant au point le prototype d’un nouvel instrument de musique.Sur le principe de la guitare à six cordes, ils ont créé la tritare à six réseaux de cordes.On se retrouve donc avec un instrument à trois manches sur chacun desquels sont installées des clés permettant de l’accorder.Au cours des mois suivants, ils améliorent leur création et, après sept prototypes, ils Les inventeurs de la tritare, Claude Gauthier (à gauche) et Samuel Gaudet.Le premier « tritariste » et son premier fan ! confient à George Rizsanyi, un luthier de renom de la Nouvelle-Écosse, le mandat d’en fabriquer une vraie, munie de capteurs électriques pour qu’on puisse la brancher à un amplificateur.« Même si un guitariste chevronné est un peu avantagé par rapport à un néophyte, dit Samuel Gaudet, il doit quand même apprendre à jouer de ce nouvel instrument, car ce n’est pas une guitare.» Le premier « tritariste » est son inventeur, Samuel Gaudet, et son premier fan en est l’autre inventeur, Claude Gauthier.Leur expérience est déroutante.La tritare produit un son bien à elle, difficile à décrire, ressemblant tantôt au chant d’une baleine, tantôt à des percussions, selon l’endroit où Retour du destin Le problème malhématique qui est à l'origine de la tritare est dû à un mathématicien qui a lui-même étudié la musique.Parmi ses nombreux travaux, Leonhard Euler a publié en 1739 un traité en latin intitulé Essai d'une nouvelle théorie de la musique, dans lequel il tentait d'accorder les mathématiques et la musique.Selon un de ses biographes, ce travail était destiné « à des musiciens trop avancés dans leurs mathématiques ou à des mathématiciens trop musicaux.» le musicien pose les doigts.« Les nouveautés musicales de la tritare ne sont pas toutes faciles à saisir », concède Claude Gauthier.Les musiciens de carrière, à l’oreille bien développée, sont renversés par ce qu’ils entendent.« L’un d’eux ne voulait plus nous la rendre après l’avoir essayée ! » Au-delà de la musique, le nouveau champ de mathématiques que les deux scientifiques ont ouvert ne demande qu’à être défriché.« On pourrait créer un centre de recherche à contre-courant de la tendance actuelle qui exige de la science qu’elle ait des retombées immédiates.H est important d’appuyer ce type de travaux, car une nouvelle idée peut parfois déboucher sur des applications tout à fait surprenantes et inattendues.» Tritare à l’appui.(JB Une tritare pour les Rolling Stones?Les deux créateurs ont acquis le brevet non seulement pour la tritare mais aussi pour le concept des réseaux de cordes.«On pense déjà à d'autres instruments sur le même principe, dit Claude Gauthier.Contrebasse, piano, harpe et violon; mais aussi des tambours, dont la membrane serait remplacée par un réseau de plusieurs cordes unies au centre, comme une toile d'araignée.Les possibilités sont illimitées.» Et à quand une tritare acoustique?«Il n'y a pas énormément de place pour une caisse de résonance et celle-ci serait traversée par les cordes d'un des petits manches, dit Claude Gauthier.Mais on y travaille.» En attendant, les deux musico-mathématiciens ont déjà apporté des améüorations à l'instrument.Un mécanisme permet de coincer les cordes des deux petits manches et les empêche de vibrer.On obtient ainsi automatiquement une guitare conventionnelle.«Une autre particularité de la tritare, explique Samuel Gaudet, c'est que sa musique est non-harmonieuse.Les harmoniques d'un réseau de cordes ne sont pas celles qu'on devrait normalement entendre pour la note produite; le résultat est un peu cacophonique.Certains aiment bien cette musique assez peu conforme, d'autres non.Pour ces derniers, j'ai ajouté un petit pont amovible qu'il suffit de placer au bon endroit sous les cordes d'un des petits manches pour régler le "problème".Dans la prochaine tritare, il sera intégré au manche.» Déjà, le Musée des sciences et de la technologie d'Ottawa s'est proposé d'acquérir les premiers prototypes de la tritare.Quant au luthier néo-écossais qui a façonné le premier exemplaire, il est déjà un fournisseur de guitares pour des musiciens connus.Il a bien l'intention de présenter le nouveau jouet aux Rolling Stones, rien de moins! Avril 2004 I Québec Science 37 NASA/ESA Astrophysique : te?'une étoile à 170 000 années-lumière d’ici.Le rouge de l’excitation d’oxygène ionis CD Décrocheur d’étoiles Les recherches de Francis LeBlanc permettent de mieux comprendre ce qui compose les étoiles qui bouillonnent à 12 000 °C.Tout ce qui nous parvient d’une étoile, explique Francis LeBlanc, astrophysicien à l’Université de Moncton, c’est sa lumière.Lorsqu’on braque un télescope sur l’une d’elles, on peut analyser la lumière captée c’est-à-dire des ondes électromagnétiques qui nous permettent d’obtenir le spectre de l’étoile.C’est ce qui permet de déduire la composition de ses couches externes.» Si on croyait autrefois qu’une étoile était uniforme, que tous ses éléments étaient répartis de façon homogène, Francis LeBlanc pense plutôt que l’atmosphère de certaines étoiles est stratifiée, que les éléments sont en concentration différente selon la profondeur, les plus légers allant vers la surface et les plus lourds descendant vers le centre.« Chaque élément est soumis à deux forces opposées, explique-t-il.La gravité l’attire vers l’intérieur de l’étoile et est d’autant plus importante que la masse de celui-ci est grande.Mais en même temps, la force radiante le repousse vers la surface.Cette force est due à l’énergie lumineuse qui est expulsée en continu par les réactions nucléaires se déroulant au cœur de l’étoile.Chaque élément se stabilise à un niveau où les deux forces sont en équilibre.» Imaginez de l’eau boueuse qu’on laisse reposer dans un aquarium.Après quelque temps, les éléments lourds, les sédiments et la terre se déposent au fond alors que l’eau plus légère reste au-dessus.Mais d’autres facteurs influencent aussi la répartition des éléments dans l’étoile.Sa rotation, par exemple.Plus une étoile tourne vite, plus ses éléments se mélangent et plus elle devient homogène.Comme lorsqu’on brasse l’eau de l’aquarium.Les recherches de Francis LeBlanc permettent de mieux comprendre comment se crée la couleur de certaines étoiles chaudes.38 Québec Science | Avril 2004 Longueur d’onde observée nm 10 15 Température en 2Q milliers de K Graphique montrant la couleur d'une étoile en fonction de sa température.La courbe du bas représente un modèle où l'étoile a une composition homogène.Celle du haut provient du modèle de diffusion de Francis LeBlanc.Des deux courbes, c'est cette dernière qui correspond à la réalité observée par les astronomes.On voit bien qu'à partir de 11 000 kelvins, la courbe du haut « décroche » du modèle classique.Notre soleil, avec ses 6 000 °C, est une étoile tiède.D’autres étoiles dépassent 12 000 °C et leurs couleurs ne correspondent pas parfaitement à ce à quoi on s’attendrait.Elles ne correspondent pas aux modèles élaborés à partir de l’observation d’autres astres et de leurs diverses températures.Mais comme ces étoiles chaudes tournent un peu plus lentement que la moyenne de leurs consœurs, la théorie de diffusion de Francis LeBlanc, bien acceptée dans les milieux de l’astrophysique mondiale, apporte une explication à cette énigme.Quand la rotation est plus lente, le mélange des éléments des couches externes est moindre et les particules s’organisent en strates.C’est pourquoi la composition de surface, et donc la couleur, est différente de celle des étoiles « standard ».L’essentiel des travaux de Francis LeBlanc se passe devant l’ordinateur.Le chercheur fabrique des modèles numériques et les compare avec les observations des astronomes.Modéliser une étoile dans tous ses détails exige d’énormes calculs.Il faut tenir compte des millions de données de tous les éléments, de leurs interactions, des températures et des pressions, de la gravité et du champ magné- tique, entre autres choses.Il lui arrive parfois de monopoliser plusieurs microprocesseurs des ordinateurs du Réseau québécois de calcul haute performance (RQCHP) pendant trois ou quatre jours ! « La comparaison entre nos modèles numériques et les observations réelles d’étoiles permettent d’apporter détails et précisions aux modèles, dit Francis LeBlanc.Avec le temps et l’augmentation des capacités de calcul des ordinateurs, nous espérons pouvoir établir des modèles en trois dimensions.On ne parlera plus seulement de profondeur, mais aussi de surface pour prendre en compte les taches stellaires et d’autres irrégularités.» © MUSÉE ACADIEN DU QUÉBEC À BONAVENTURE Le Musée, ouvert à Tannée, dispose de quatre salles d'exposition dont la toute récente (hiver 2003) exposition permanente « Une Acadie québécoise » et la toute nouvelle igfi-Jh.(hiver 2004) salle multimédia Hydro Québec.Sur le site, cinq boutiques différentes offrent aux visiteurs ce qui se fait de mieux en artisanat, métiers d'art, arts visuels et terroir gaspésiens.Des spectacles gratuits sont présentés sur la terrasse couverte du musée tous les mercredis soirs d'été ainsi qu'à la Fête nationale du Québec (23 et 24 juin), la Fête du Canada (1er juillet) et la Fête nationale des Acadiens (15 août).¦ Services bilingues ¦ Réservation préférable pour les groupes.ACADIEN DU QUEBEC À BONAVENTURE 93, avenue Port-Royal, Bonaventure G0C 1E0 Tél.: 418 534*4000 www .museeacadien.com QuébecSS v.bonjourquebec.com 7 BONJOUR Gaspésïèjï ****,**.t©urtsme'®**^ Avril 2004 I Québec Science 39 MER A VOIR ! '•(rh nt»tt »» v-* v 1 :-o- A rti ! SEATO SEE! ?Nouvelle-France HORIZONS NOUVEAUX Histoire d une terre française en Amérique ?New France NEW HORIZONS On French Soil in America Des documents d'archives étonnants! www.archivescanadafrance.org Astonishing archivai documents! l+l Bibliothèque nationale du Canada et National Library of Canada and Archives nationale du Canada National Archives of Canada Canada ?Centre canadien de généalogie n Canadian Genealogy Centre Une affaire de ( V projet a été rendu possible grâce au programme Culture canadienne en ligne du ministère du Patrimoine canadien.Vous y trouverez des outils de recherche, des services, des conseils, des bases de données, un carrefour d’idées, des activités éducatives, des projets conjoints.tj»A matters ! This project was made possible through the support of the Canadian Culture Online Program of the Department of Canadian Heritage.Here you can find research tools, services, advice, databases, a forum of ideas, educational activities, joint projects.Bibliothèque nationale du Canada et National Library of Canada and Archives nationales du Canada National Archives of Canada Canada www.genealogie.gc.cawww.genealogy.gc.ca Maître de la lumière Un physicien capture la lumière laser dans un cube de verre.Alain Haché est un original.Dans son laboratoire d’optique de HJniver-sité de Moncton, il s’amuse littéralement avec la lumière.Et il cherche à la dompter de toutes sortes de façon.C’est qu’il y voit un énorme potentiel.« Nous travaillons principalement sur les effets que produisent des lumières spéciales sur des matières spéciales, explique le chercheur.Ce qui caractérise les lumières utilisées, c’est leur brièveté : nos lasers peuvent émettre des impulsions lumineuses de seulement 100 femtosecondes» (une seconde compte un million de milhards de femtosecondes).À peine le temps pour que la lumière puisse parcourir l’épaisseur d’un cheveu (30 microns).Ces lasers ne sont pas particulièrement puissants, ils ne nécessitent que quelques watts.Mais comme la puissance est le quotient de l’énergie par la durée (P=énergie/temps), on comprendra que, pour ces temps très courts, la puissance générée est phénoménalement grande, de l’ordre du mégawatt.Même si cette puissance n’est émise que pour une durée infiniment courte, elle a la particularité d’af-fecter la matière qu’elle frappe, d’où l’intérêt des lasers pulsés.« On a observé qu’une telle lumière pouvait modifier momentanément l’indice de réfraction du matériau qu’elle traverse, explique Alain Haché, une modification qui persiste quelques nanosecondes après l’événement.» Alain Haché s’intéresse notamment à la fabrication de matériaux nanostructurés.Parfois constimés d’ingrédients aussi simples que l’air et le verre; ce sont leurs structures ou leurs dimensions qui les distinguent.« Prenez un cube de verre, explique-t-il, et percez-le de trous microscopiques à intervalles réguliers.Ces trous sont remplis d’air, un “matériau” ayant un indice de réfraction différent de celui du verre.Lorsqu’on réduit la distance qui sépare chaque orifice à quelques centaines de nanomètres, soit la plage des longueurs d’onde de la lumière qui traverse le verre, cela a un effet.La lumière dont la longueur d’onde est exactement celle qui sépare les trous est bloquée, tandis que les autres couleurs passent.On peut aussi forcer la lumière à prendre un virage en ménageant dans le cube un passage sans trous.» Autre avenue de recherche intéressante : les points quantiques.C’est le nom que l’on donne à de microscopiques billes de semi-conducteurs.Le diamètre de ces billes, de l’ordre de quelques nanomètres, leur confère une couleur spécifique.C’est que la bille absorbe et émet des couleurs qui dépendent de son diamètre.« Prenez le sélénium de cadmium, dit Alain Haché.Si on en fait des sphères suffisamment petites, elles paraîtront jaunes.Augmentez leur diamètre, elles deviennent presque noires.Dans les deux cas, il n’y a ni pigment, ni colorant; c’est la nanostructure qui décide.» « Nous avons donc accès à des lumières contrôlées qui peuvent modifier les matériaux qu’elles touchent, poursuit Alain Haché, et à des matériaux spéciaux qui peuvent influencer la lumière qui les traverse à cause de leur structure.Reste à voir comment l’un et l’autte peuvent interagir.» Nouvelles générations d’ordinateurs à puces photoniques, multiplication de la puissance des microscopes, miniaturisation d’appareils de toutes sortes; les applications liées à ces recherches sont difficilement prévisibles et imaginables.Une chose est sûre : plusieurs seront lumineuses.CS 42 Québec Science I Avril 2004 Obésité : médecine de choc Au Nouveau-Brunswick, un habitant sur trois affiche un excédent de poids.Un médecin attaque ce lourd fléau avec des armes légères.-A * jfpSippi P I 0#' Jonathan ne connaît pas vraiment son poids.Les balances médicales ordinaires ont une capacité maximale de 160 kg (3501b).Son indice de masse corporelle (IMC) frise le 49, alors qu’un IMC normal oscille entre 20 et 30.Jonathan, à 23 ans, dépasse les 180 kg (4001b).Comme un tiers de la population néo-brunswickoise, ce jovial et gentil costaud souffre de surcharge pondérale : « C’est comme devoir porter un grand manteau lesté de plomb sans jamais pouvoir l’enlever, explique-t-il dans sa chambre d’hôpital.Mes genoux n’en peuvent plus.» Mais tout ça changera bientôt.Et c’est la Indice de masse corporelle: le poids en kilogrammes divisé par la taille en centimètres, élevée au carré.Exemple : 80 kg -e 1,80 m2 = 24,6 chirurgie qui devrait régler son problème de poids.« L’obésité, en plus d’être elle-même une atteinte importante à la quahté de vie, est la cause de nombreux autres maux, explique le docteur Sylvain Beausoleil, chirurgien général à l’hôpital Georges L.Dumont de Moncton.Dès que l’IMC dépasse 35 ou 40, on diagnostique presque toujours des problèmes secondaires : diabète, hypertension artérielle, problèmes cardiaques, apnée du sommeil, problèmes articulaires.En moyenne, elle réduit l’espérance de vie de 14 ans.Et comme aucun moyen - diètes, exercices, pilules, etc.- n’a encore montré de réelle efficacité, la médecine a développé des méthodes chirurgicales pour tenter de réduire la quantité de nutriments absorbés par l’organisme.» Pendant quelques années, deux philosophies différentes ont prévalu.Ou bien on s’arrangeait pour que le patient mange moins, habituellement en réduisant son Avril 20041 Québec Science 43 :e estomac, ou bien on s’arrangeait pour que le système digestif absorbe moins, généralement en réduisant la longueur du petit intestin, siège principal de l’absorption.Le principal défaut de la première solution, c’est que l’estomac finit à la longue par s’étirer et reprend à peu près sa taille initiale.L’autre méthode, même si elle permet de maigrir très vite, amène des carences importantes en vitamines et minéraux, et provoque des diarrhées, des crampes abdominales et des flatulences très gênantes.« On utilise le meilleur des deux méthodes : une réduction d’estomac, associée à une réduction de l’intestin, explique le docteur Beausoleil.Le patient se retrouve ainsi incapable de manger beaucoup, et ce qu’il mange est peu absorbé.» Résultat : il vit sur ses réserves et brûle ses graisses efficacement, à un rythme soutenu.«Entre 12 et 24 mois plus tard, il n’est pas rare de voir les patients perdre plus de 50 % de leur poids.Pour Jonathan, ce sera 90 kg (2001b) de moins à porter, au grand soulagement de ses genoux.À condition qu’il change aussi son alimentation pour le reste de sa vie.» L’opération est courante dans les centres chirurgicaux de l’Amérique du Nord.Le docteur Beausoleil se démarque parce qu’il est le seul à la pratiquer par laparoscopie dans les provinces de l’Atlantique.Et le seul autre médecin à le faire au Canada est le docteur Nicolas Christou, de l’Université McGill.C’est d’ailleurs lui qui a montré la procédure à Sylvain Beausoleil.En n’insérant que quelques instruments dans l’abdomen, dont une caméra, il peut accomplir toutes les coupures et sutures nécessaires, sans même « ouvrir » son patient.Il s’agit là d’une procédure particulièrement appropriée pour les obèses, car la surcharge de gras rend les opérations classiques plus risquées à cause de l’infection qui prend facilement dans les tissus, sans parler des risques d’hernie abdominale.« La laparoscopie, précise Sylvain Beausoleil, demande une technologie plus poussée et une formation plus avancée, ce qui la rend un peu plus chère qu’une opération classique.Mais comme la douleur post-opératoire est amoindrie et que la durée d’hospitalisation est écourtée de moitié, l’opération au total s’avère plus économique.» L’assurance médicale provinciale ne couvre pas automatiquement la chirurgie bariatrique, comme on appelle ces interventions sur le système digestif.Ce type d’intervention est trop souvent considérée comme étant de nature esthétique.Il faut la justifier auprès du Ministère, un cas à la fois.« Mais redonner à un patient 14 ans d’espérance de vie et lui régler du même coup ses problèmes de diabète, d’hypertension et de cholestérol, ce n’est pas de l’esthétique, c’est de la médecine ! » dit Sylvain Beausoleil.Les obèses sont parfois perçus comme des paresseux qui ne font rien pour perdre du poids.«À ceux qui se demandent pourquoi je n’arrive pas à maigrir, dit Jonathan, je leur réplique que c’est comme les nains qui n’arrivent pas à grandir.Il y a un dérèglement dans mon corps; mon organisme croit qu’il doit conserver ce poids exagéré.Mais on va déjouer la nature avec cette opération.» La recherche médicale des dernières années a découvert qu’engraisser, c’est comme se faire pousser un nouvel organe endocrinien qui sécrète dans le sang ses propres messagers chimiques, les lipokines.On ne connaît pas encore tous les organes cibles de ces molécules, mais elles semblent interférer avec le message de satiété que l’estomac lance au cerveau.Dans ce cas, la faim se fait encore sentir même après un gros repas, puisque les lipokines empêchent le cerveau de savoir que la personne est repue.D’où l’envie de manger, manger et encore manger.On pense aussi que les personnes obèses auraient un intestin super-efficace qui absorberait les nutriments beaucoup plus que la normale.« C’est un cercle vicieux, explique le docteur Beausoleil.C’est pourquoi il faut un traitement de choc.Le patient se retrouve avec un micro-estomac, à peine gros comme son pouce.Un simple Jell-O suffit à le rassasier.La perte de poids qui s’ensuit est alors très rapide : 35 kg (751b) les trois premiers mois, 70 kg (150 1b) après un an.Après 18 mois, l’estomac s’est dilaté et les personnes peuvent manger des portions normales.Mais elles n’engraisseront plus, puisqu’on a aussi raccourci le petit intestin.» Le taux de réussite de l’opération frôle les 80 %.Et le taux de satisfaction des patients est de 100 %.« Si je ne fais perdre que 40 kg (901b) à une personne obèse de 180 kg (4001b), dit Sylvain Beausoleil, je considère l’intervention comme un échec.Mais le patient, lui, sera content parce qu’il ne se sera jamais senti aussi léger.» 05 Engraisser, c’est comme se faire pousser un nouvel organe endocrinien qui sécrète dans le sang ses propres messagers chimiques, les lipokines.On ne connaît pas encore tous les organes cibles de ces molécules, mais elles semblent interférer avec le message de satiété que l’estomac lance au cerveau.; ymr 1604-2004 • Une exposition itinérante France/Nouvelle-France présentée à Halifax en 2004 • Une série de conférences sur l'Acadie iV Poime-à-Calliére 350, place Royale angle de la Commune Vieux-Montréal Tél.: (514) 872-9150 www.pacmusee.qc.ca POINTE-À-CALLIÈRE SALUE LES DÉBUTS DU PEUPLEMENT FRANÇAIS EN AMÉRIQUE DU NORD • Une visite des Acadiens au Marché public dans l'ambiance du 1& siècle Consultez notre site Web pour la programmation complète des activités Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal Le Musée est subventionné par la Ville de Montréal 44 Québec Science i Avril 2004 Ophtalmologie Le fond de l'oeil.Une photo du nerf optique normal où l'on peut observer les vaisseaux sanguins qui émanent de cet anneau de tissus nerveux.Dissiper le brouillard Un nouvel outil pour surveiller de près l'évolution d'un glaucome.Deux pour cent environ des Canadiens âgés de plus de 40 ans souffrent de glaucome.Pour eux, la vue se brouille, les yeux font mal, le champ de vision se restreint progressivement, comme si l’on voyait à travers un tuyau.S’il n’est pas rapidement traité, le glaucome peut mener à une cécité complète.« Le glaucome est une dégénérescence progressive du nerf optique.Les fibres qui forment ce nerf sont détruites une à une et la vue diminue en conséquence », explique Raymond Leblanc, ophtalmologue à l’hôpital général Victoria, rattaché à la Dalhousie University de Halifax.Originaire de Moncton, il se consacre à l’étude du glaucome depuis 15 ans.Ses efforts ont permis de bâtir le centre de recherche en ophtalmologie le mieux organisé au pays.Il comprend une équipe pluridisciplinaire regroupant des oculistes, des ophtalmologues, des informaticiens, des neurologues, etc.Ensemble, ils tentent de développer des techniques d’observation de l’intérieur de l’œil et cherchent à parfaire les technologies non invasives pour le traitement du glaucome.Au Canada, cette maladie est la deuxième cause de cécité chez les personnes âgées de 50 ans ou plus.La principale difficulté, c’est qu’elle est asymptomatique pendant les La pression intra-oculaire L'œil est un organe sphérique rempli de liquide.À l'intérieur, le le divise en deux compartiments.Dans la chambre du fond, le liquide est appelé humeur vitrée, alors que celle de l'avant est remplie par l'humeur aqueuse qui sert à nourrir le cristallin et la née.Cette humeur aqueuse est produite à partir du plasma sanguin par les corps ciliaires placés juste derrière l' ris, près des ligaments du cristallin.Elle circule vers la pupille et passe de l'autre côté de l'iris pour être finalement évacuée vers la circulation sanguine par le réseau trabéculaire puis le canal de Schlemm, à l'angle de l'iris et de la cornée.Cet ngle irido-cornéen a une ouverture variable selon les individus et permet la régulation de la pression intra-oculaire.Elle est normalement inférieure à 20 mm de mercure.C'est lorsque cette voie de sortie s'obstrue que les problèmes peuvent commencer.L'humeur aqueuse s'accumule dans l'œil plus vite qu'elle n'en sort et la pression augmente, pouvant atteindre 70 mm de mercure dans les cas aigus.Les causes de l'obstruction du réseau trabéculaire sont variées.Chez certaines personnes prédisposées, lorsque la pupille se dilate trop, les tissus de l'iris qui s'entassent à sa circonférence ferment l'angle irido-cornéen et créent une pression soudaine.C'est le rare glaucome aigu, ou glaucome à angle fermé, qui se produit dans un seul œil et qui s'accompagne d'une douleur oculaire extrême.D'autre part, chez 2% de la population, le réseau trabéculaire perd graduellement de son efficacité avec l'âge et l'humeur aqueuse s'évacue de plus en plus difficilement.La pression oculaire augmente alors au fil des ans dans les deux yeux.On parle alors de glaucome chronique ou glaucome à angle ouvert, étant donné que l'angle irido-cornéen n'est pas affecté.Très rarement, on rencontre aussi des glaucomes congénitaux.Une malformation de Cœil chez le nouveau-né empêche l'excrétion de l'humeur aqueuse, et la pression est élevée dès la naissance.Dans tous les cas, cette pression élevée peut entraîner la destruction des cellules nerveuses du nerf optique au fond de l'œil et mener à une vision réduite ou à la cécité si le problème n'est pas traité.Avril 2004 Québec Science 45 V 10 à 20 premières années.D’où l’intérêt de trouver un moyen de la déceler tôt.« C’est ce que nos travaux ont permis de réussir, explique Raymond LeBlanc.Le logiciel que nous avons développé permet de comparer des photos du fond de l’œil prises à intervalles réguliers.Toute évolution anormale est rapidement décelée et on peut agir pour contrôler le glaucome.» Le nerf optique a la taille d’un spaghetti rattaché à l’arrière du globe oculaire.Lorsqu’on regarde l’intérieur de l’œil, on peut voir le disque - la tache aveugle -constituant le point de convergence des quelque 1,25 million de fibres nerveuses qui acheminent leurs messages visuels de la rétine vers le cerveau.« C’est ce petit disque de 1,5 mm de diamètre qu’on observe, précise Raymond LeBlanc, car c’est le seul endroit où la destruction des neurones est visible.» Les techniques d’imagerie développées par l’équipe de Halifax permettent de voir ce petit point non seulement agrandi, mais aussi en trois dimensions.La moindre petite modification de son relief entre deux clichés consécutifs est détectée.On a longtemps défini le glaucome comme une augmentation de la pression de l’humeur aqueuse, le liquide qui remplit le compartiment devant le cristallin de l’œil (voir le schéma).Mais la théorie ne tenait pas : certains glaucomateux avaient une pression de l’œil normale; d’autres per- sonnes n’éprouvaient aucun problème de la vue alors qu’elles avaient une tension oculaire très élevée.Aujourd’hui, une forte pression à l'intérieur de l’œil n’est plus considérée comme un glaucome, mais plutôt comme un facteur de risque.Car la pression peut entraîner la destruction des fragiles fibres nerveuses, début indéniable de la maladie.Les femmes en souffrent plus souvent que les hommes.De même, les Africains sont quatre à huit fois plus à risque que les Blancs, et ils sont atteints plus jeunes par des glaucomes plus « agressifs ».L’équipe de recherche du docteur LeBlanc planche aussi sur des méthodes d’intervention non-invasives pour stopper les glaucomes, sans pour autant récupérer les facultés perdues : les cellules nerveuses détruites le sont irrémédiablement.« Plusieurs médicaments permettent déjà de faire baisser la pression intra-oculaire, explique Raymond LeBlanc.On tente aussi de produire des médicaments qui agiront sur des fronts différents.Certains facilitent la circulation sanguine de l’œil : mieux nourris, la rétine et le nerf optique deviennent plus résistants.D’autres agissent comme neuroprotecteurs, en rendant le nerf optique plus solide et plus difficile à détruire.Dans ce dernier cas, les découvertes pourraient s’appliquer à toutes les maladies neurodégénératives : alzheimer, parkinson, etc.» CP Alimentation La bactérit Des molécules issues de petits fruits et de protéines du lait pour vivre plus vieux.Certains pays se démarquent par la longévité de leurs habitants.La Bulgarie, par exemple.Quel est le secret de cette santé étonnante ?« Peut-être les aliments fermentés qui composent leur régime alimentaire », propose Chantal Matar.Biochimiste spécialiste en nu-traceutique à l’Université de Moncton, elle et son équipe ont découvert, dans les aliments fermentés, des molécules anti-can- cereuses.Nouvel appareil qui permet de faire une lecture très précise du nerf optique à laide d'un laser à balayage En 1908 le biologiste russe Elie Metchnikoff avance que le vieillissement humain est dû aux bactéries vivant dans nos intestins.Celles-ci, qu’il appelait bactéries « putréfiantes », sécréteraient des substances toxiques pour l’organisme.La solution qu’il préconisait alors : les remplacer par des bactéries « acidifiantes », telles que celles à l’origine de la fermentation du lait.Il s’appuie pour cela sur la surprenante longévité des habitants de la Bulgarie, grands consommateurs de lait de jument fermenté.Les centenaires devinrent alors célèbres.et les compagnies européennes de yogourt bulgare firent d’intéressants profits.Les scientifiques ont depuis démystifié les théories de Metchnikoff.On sait maintenant que les microbes naturels de la flore intestinale ont un effet bénéfique sur leurs hôtes, mais que les causes du vieillissement sont multiples.Les travaux de Chantal Matar pourraient tout de même réhabiliter les aliments fermentés dans la course aux élixirs de jouvence.« Ces aliments contiennent des molécules aux propriétés bénéfiques, dit-elle.Nous avons découvert que certaines d’entre elles ont une activité immuno-modulante.Elles protègent ceux qui les mangent de certaines affections dont des cancers et des infections du système muqueux.» Dans la nature, plusieurs bactéries ont la capacité de provoquer la fermentation.Celles présentes dans le lait convertissent le lactose en acide lactique, qui fait ensuite tSliDl ¦ 46 Québec Science I Avril 2004 ROBERT BARONET es centenaires Chantal Matar, biochimiste ; « Les micro-organismes qui fermentent le lait et les fruits sont de petites usines biochimiques ».coaguler les protéines pour former ce qu’on appelle le caillé, première étape de la fabrication du yogourt et du fromage.D’autres bactéries, vivant sur les fruits ou les céréales, en utilisent les sucres naturels qu’elles transforment en alcool pour nous donner le vin, la bière et les spiritueux.« Les micro-organismes qui fermentent le lait et les fruits, dit Chantal Matar, sont de petites usines biochimiques qui produisent toutes sortes de molécules secondaires.Parmi elles, il y a des biopeptides, de petites séquences de protéines.Nous étudions leur potentiel pour prévenir le cancer, en les administrant à des souris dont on surveille ensuite les réactions.Nos travaux révèlent que les souris traitées disposent d’une protection accrue face à des cancers immuno-dépendants.» En modulant leurs défenses immunitaires avec ces molécules issues de la fermentation, on arrive à retarder la croissance des tumeurs.« L’action de ces molécules est préventive», note la chercheuse.Chantal Matar étudie actuellement l’effet de ces substances sur la prévention du cancer du sein.L’équipe internationale dont elle fait partie regroupe des chercheurs de l’Institut des nutraceutiques et des alti ments fonctionnels de l’Université Laval et d’autres du Centro de Referencia para Lactobacilos de la Universidad Nacional de Tucumân, en Argentine.Ensemble, ils tentent de cibler ces biopeptides si particu-Hers et d’élucider leurs mécanismes im-muno-modulants.Dans son laboratoire, il faut la voir manipuler ses petits fruits, principalement des bleuets et des canneberges, avec des gants de latex et des instruments stérilisés.« Il ne faut pas les contaminer, explique-t-elle.Le fruit grandit naturellement en symbiose avec des micro-organismes à sa surface.Cette symbiose est le résultat de millions d’années d’évolution parallèle.Nous avons découvert que le micro-organisme qui agit sur les bleuets du Nouveau-Brunswick est une bactérie non répertoriée en microbiologie.Elle produit des molécules antioxydantes particulièrement efficaces.» Les travaux de Chantal Matar pourraient favoriser des percées afin de prévenir plusieurs maladies : « Nos recherches ne font que réaffirmer ce que certains peuples ont découvert depuis longtemps.Nous apportons la confirmation qu’il serait bon de suivre leur exemple.» À l’ère du « tout-asep-tisé», les micro-organismes n’ont pas dit leur dernier mot.Qs Avril 2004 | Québec Science 47 Une information riche et variée, ésentée de façon claire et accessible _jr Photographie prise depuis la sonde Wars Express Orbiter à 273 km d'altitude.C'est la vallée Reull Valhs formée par une ancienne rivière à la surface de la planète rouge.Québec Science, le magazine par excellence de vulgarisation scientifique ISdence ?1 an (10 numéros) 43,45 $ ?2 ans 74,85 $ ?3 ans 103,95 $ Taxes incluses, tarifs valables au Canada seulement.Détachez et expédiez à Québec Science ou remplissez le coupon à l'intérieur Service des abonnements : 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 ou téléphonez au : (514) 875-4444 ou 1 800 667-4444 ou télécopiez au : (514) 523-4444 ou par Internet : www.cybersciences.com/abonnement Adresse app.ville code postal téléphone courriel CJ Chègue D Visa Chèque à l'ordre de Québec Science N" de carte CD MasterCard EU Facturez-moi Date d'expiration / Signature ww.cybersciences.com MUSÉE ACADIEN DE L'UNIVERSITÉ DE MONCTON Pour en savoir plus 'P « À consulter sur le Web Accueil Acadie.unvw.francoidentitaire.calacadie!accu! accucadr.htm 0 était une fois l’Acadie.Voyagez dans le temps, à la découverte de la petite et de la grande histoire des Acadiens jusqu’en 1763.Très complet.personalnbnet.nb.caJyoyo/index.html Cyberacadie.L’histoire des Acadiens jusqu’à nos jours.www.cyberacadie.comJacadhist.btm L’odyssée acadienne.collections.ic.gc.ca/acadian/intro/intro.htm Le mythe de l’« Acadie des Maritimes ».L’Acadie contemporaine et toutes ses subtilités.www.fl.ulaval.ca/cefan/franco/my_html/ mythe.html Généalogie : les premières familles acadiennes.www.umoncton.ca/etudesacadiennes/ centre/wbite/sha.html Acadie400.Site officiel des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de l’Acadie.ivww.acadie400.com CMA 2004.Site officiel du Congrès mondial acadien 2004.Pour entendre la chanson thématique et connaître la date et l’endroit de votre rencontre familiale, si vous avez des racines acadiennes.www.cma2004.corn!index, cfm Tableau de Camille Cormier « La préparation des cages à homards » (1988).Acadie Vacances.Pour préparer son voyage en Acadie, le site de la Commission du tourisme acadien du Canada atlantique.www.acadievacances.com À consulter sur cédérom L’Acadie, par Portage Technologie.Ce CD présente une belle synthèse de l’histoire de l’Acadie en utilisant des extraits vidéo et audio des artistes d’hier et de maintenant.À lire L’Acadie des Maritimes, études thématiques complètes des débuts à nos jours.Université de Moncton, 1993,910 pages.Trente-trois auteurs sous la direction de Jean Daigle.Livre officiel du Congrès mondial acadien.\ A visiter Musée acadien de l’Université de Moncton, pavillon Clément-Cormier, Moncton, (506) 858-4088.Les artefacts acadiens, de 1604 à aujourd’hui.Musée acadien du Québec à Bonaventure, 95, av.Port-Royal, Bonaventure, (418) 534-4000.Dans un village fondé par des Acadiens en 1760, vivez la Déportation et apprenez comment ceux-ci se sont implantés au Québec.Musée de la mer, aux îles-de-la-Madeleine.1023 route 199, Pointe Shea, Havre-Aubert, (418)937-5711.Milage historique acadien, Caraquet, 1 877 721-2200.Un saut dans le passé, au sein d’un village acadien de 1700 reconstitué et peuplé de figurants.Discutez avec le forgeron, l’imprimeur et le vicaire, entre autres.IScience wvwv.cybersciences.com Rédacteur en chef Raymond Lemieux Adjoint au rédacteur en chef Laurent Fontaine Journaliste Joël Leblanc Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographe Robert Baronet Directeur général Pierre-Yves Gagnon Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque Publicité Tél.: 1514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur public : Carole Martin poste 26 Secteur privé : Claire Breton poste 29 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2000, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l’Index des périodiques canadiens.© Copyright 2000 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide finandère du ministère du Développement économique et régional Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier® QuebecScience.qc.ca CEGEP de Jonquière Avril 2004 I Québec Science 49 Alt' s-\Cj-ïDÏ3>-£ La persévérance, la ténacité et l’excellence ont permis aux Acadiens de s’illustrer en Atlantique, au Québec, dans le reste du Canada et sur la scène internationale.Ils ont su, au fil des ans, faire leur marque dans tous les domaines, surtout dans ceux de la culture et des arts, sans oublier les secteurs du savoir et de l’économie.Le gouvernement du Québec est heureux de souligner tout particulièrement la contribution de l'Acadie à l’avancement des connaissances en français et de reconnaître l’apport de celle-ci à la compétitivité du Canada.\ A un peuple fier de ses racines, un heureux 400e anniversaire! Secrétariat aux affaires intergouvemementales canadiennes Québec EJ E3 KJ EJ e cachée Astronautique Vue d'artiste d'un parc industriel lunaire.D'ici quelques décennies, les plans les plus 9 ambitieux évoquent même de véritables Ij villages habités I en permanence.Les Chinois ont l'œil sur la Lune.Le président des Etats-Unis la redécouvre.Les scientifiques ne l'ont jamais perdue de vue.par Marie-Pier Elle En y laissant sa dernière empreinte, en 1972, Harrison Schmitt ne se doutait pas que la Lune tomberait rapidement dans l’oubli.Que le titre de dernier humain à y avoir posé le pied lui collerait si longtemps à la peau.«Je savais qu’Apollo 17 serait la dernière mission pour un bout de temps, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit si long », dit le géologue, seul scientifique sélectionné pour prendre part à l’épopée lunaire.Depuis trois décennies, la Lune accumule la poussière dans l’attente d’un treizième visiteur.Il pourrait s’y pointer d’ici une quinzaine d’années et surprendre la planète entière en y plantant le drapeau.de la Chine.Le comble pour les Américains ! Car après avoir mis en orbite le premier taïko-naute, en octobre dernier, l’empire du Milieu vise maintenant plus haut: une sonde ira flirter avec la Lune dès 2007, puis un atterrisseur s’y posera en 2010.« D’ici 2020, nous aurons réussi à visiter la Lune », déclarait en novembre dernier à la Le drapeau de la Chine côtoiera-t-il bientôt celui des États-Unis ?I 'L % 1 i Sf i 3 Avril 2004 I Québec Science 51 v; a Lune, vedette inc de la rampe.J' 1k T * ^ ¦ ' •-Jl *» ‘¦Jî‘ télévision d’État le directeur de l’Agence spatiale chinoise, Luan Enjie.Evasif, ce verbe visiter correspondait à une formulation intraduisible désignant spécifiquement une action humaine.Attisée par la convoitise chinoise et l’élection présidentielle de novembre prochain, la volonté du président Georges W.Bush s’est exprimée en janvier dernier : « Nous allons construire de nouveaux vaisseaux pour emporter l’homme loin dans FUnivers, pour retourner sur la Lune et pour préparer de nouveaux voyages vers d’autres mondes.» La Lune, vedette incontestée des années 1960, revient donc sous les feux de la 52 Québec Science | Avril 2004 rampe.«Je suis ravi qu’elle soit à nouveau un enjeu, dit Harrison Schmitt.Il est regrettable que l’accès aux ressources énergétiques qu’elle renferme ait été retardé à ce point.Maintenant, l’objectif premier devrait en être la colonisation permanente.» Rien de moins ! Un point de vue partagé par le géophysicien Alan Binder.Il aurait donné n’importe quoi pour se retrouver dans les souliers - ou plutôt les bottes - d’un astronaute.Il n’a pas eu cette chance.C’est avec les deux pieds sur terre qu’il a participé aux programmes spatiaux états-unien et européen, en plus de fonder le Lunar Re- search Institute et d’élaborer le projet Lunar Prospector, dont il était le directeur scientifique.«À mes yeux, la Lune est un havre naturel, comme le sont les villes de New York, Londres et Paris, la baie de San Francisco, l’île de Montréal.Les Terriens s’y établiront un jour et, comme l’ont fait les Européens en Amérique, ils y bâtiront une toute nouvelle nation : ils formeront le peuple de la Lune ! » Là-bas, il n’y a pas d’or ou de fourrures pour d’éventuels colons-aventuriers.Rien qu’un panorama un brin surréaliste, ainsi décrit par Harrison Schmitt à ses élèves de l’université du Wisconsin : « Un soleil écla-1 l'0iM Kt, nnées 1960, revient sous les feux objectif est d’y établir une colonie.tant, plus brillant que celui de tous les déserts terrestres, des vallées lumineuses mises en relief par un ciel plus noir que noir avec notre belle planète marbrée bleu et blanc suspendue au-dessus des montagnes du sud-ouest.» Mais que pourrait bien y faire le « peuple de la Lune », à part sombrer dans le délire contemplatif ?« L’exploration humaine se justifie en elle-même, répond Bernard Poing, directeur scientifique à l’Agence spatiale européenne.Il faut d’abord montrer que l’humain est capable de fonctionner sur une base isolée, en synergie avec des robots très évolués.» Mais pourquoi ne pas carrément laisser la Lune aux machines qui coûtent nettement moins cher ?« Les robots ne peuvent pas et ne pourront probablement jamais rivaliser avec le cerveau, l’expérience, les yeux et les mains d’un humain dans un environnement nouveau et imprévisible », dit Harrison Schmitt.« Envoyer des humains coûte peut-être 100 fois plus cher, mais ils sont 100 fois plus efficaces», renchérit Bernard Poing.Pour lui, il est parfaitement réaliste d’envisager l’implantation d’une Je travaille depuis 22 ans sur les projets de bases lunaires et j’ai été confronté à toutes les idées imaginables, dit Wendell Mendell, directeur du Office for Human Exploration Science de la NASA.Dans les faits, au moment où on se parle, il est impossible de construire quoi que ce soit sur la Lune en utilisant ce qu’il y a sur place.Nous n’avons aucune façon d’extraire les ressources minérales; aucune usine pour produire les matériaux structuraux, les pièces d’équipement ou d’édifices préfabriqués; pas de travailleurs, ni de robots pour faire fonctionner cet équipement qui n’existe même pas.Il y a de bien bonnes idées sur papier, mais pour les concrétiser dès maintenant, il faudrait tout amener de la Terre, ce qui nous coûterait une fortune ! » On estime en effet à 70 000 $ le kilogramme le coût du transport d’équipement de la Terre vers la Lune.« Voilà pourquoi il faut commencer par le commencement », croit Alan Binder.Et son point de départ, c’est la prospection.Pas étonnant qu’il ait baptisé Lunar Prospector la mission qu’il chapeautait en 1998 : actuelle de l’hélium-3 est d’environ 4,6 milliards $ la tonne.» Même en tenant compte des coûts astronomiques associés à une éventuelle exploitation, il est persuadé qu’il sera un jour rentable d’aller extraire ce trésor du sol lunaire, non seulement au bénéfice des futurs habitants de la Lune, mais pour le ramener ici, sur Terre.Du côté de l’Agence spatiale européenne, cette manne potentielle ne passe pas non plus inaperçue.Bernard Poing souligne qu’avec 10 tonnes d’hélium-3, on pourrait satisfaire la production d’énergie de l’Europe entière durant un an.Il reste que physiciens et ingénieurs nucléaires rêvent de cette technologie depuis des années sans qu’elle ne soit encore au point.Les quantités d’énergie nécessaires pour forcer les précieux atomes à se rapprocher suffisamment sont trop importantes et un réacteur produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme se fait toujours attendre.Mais Bernard Poing brandit bien haut son optimisme : « Les travaux progressent à pas de géant.d’ici 10 ou 20 ans, la fusion nucléaire de l’hélium-3 pourrait être maîtrisée sur Terre.» Sera-t-il alors possible de s’approvisionner à même les réserves lunaires ?« Rien n’est facile, dans l’espace, mais cela m’apparaît néanmoins faisable aujourd’hui même », répond Harrison Schmitt qui est aussi consultant pour le Fusion Technology Institute affilié à son université.Ses recherches portent sur Putilisation de « Je savais qu’Apollo 17 serait la dernière mission lunaire pour un bout de temps, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit si long avant que l’on songe à retourner sur la Lune.» - l’astronaute Harrison Schmitt I 1 # base habitée par une dizaine de personnes en 2020 et, vers 2040, de véritables villages, « peuplés non seulement par des as-ttonautes, mais aussi par des représentants de différents corps de métiers : médecins, agriculteurs, plombiers, journalistes, etc.».Chose certaine, on trouve là-haut toute la matière première pour justifier l’implantation d’un parc industriel : du fer, du magnésium, du calcium, de l’aluminium, des silicates, du titane.Et en prime, de l’oxygène ! Malgré l’absence d’une atmosphère, notre satellite en possède d’importantes quantités prisonnières de la roche et coincées entre les atomes d’autres éléments chimiques.La proportion d’oxygène frôlerait 40 % ! H ne reste qu’à le libérer pour remplir les poumons des colons.« Notre sonde mettait le cap sur la Lune dans le but d’en cartographier la surface, en quête de ressources.» L’élément le plus fascinant, c’est l’hélium-3.Soufflé par le vent solaire, il est rarissime sur Terre car il se heurte à son champ magnétique.D se dépose beaucoup plus facilement sur la Lune.Les atomes d’hélium-3, comrairernent à l’hélium «standard», contiennent trois protons plutôt que quatre.Une particularité qui leur permet, à des températures très élevées, de fusionner entte eux, dégageant des quantités phénoménales d’énergie.C’est ce qu’on appelle la fusion nucléaire propre.Selon Alan Binder, un nouveau Klondike plane bel et bien au-dessus de nos têtes : « La valeur L'Agence spatiale européenne lorgne aussi la Lune.Pour l'instant, il n'est cependant question que d'y envoyer des sondes./- Avril 2004 | Québec Science 53 Astronautique ressources naturelles provenant de l’espace, particulièrement l’hélium-3 que recèle la surface lunaire.Pour l’instant, il ne songe nullement à de puissants réacteurs nucléaires, mais plutôt à la production d’isotopes de l’hélium dans le but d’effectuer des diagnostics en médecine vétérinaire.Il y a un commencement à tout ! La Lune est donc bien plus qu’un enjeu électoral ou une source de fierté nationale.Il y a là un monde à conquérir, de l’argent à faire.et un laboratoire grandeur nature pour les scientifiques.Pratiquement dénué d’atmosphère - on trouve moins de gaz dans l’ensemble du halo lunaire que dans une maison de banlieue ! -, notre sateüite naturel est l’endroit rêvé pour effectuer d’innombrables expériences en physique ou en biologie : « On pourrait étudier le développement des plantes en faible gravité (NDLR : le sixième de la gravité terrestre), les mécanismes de survie déployés par les bactéries sur un autre objet planétaire et, de façon générale, mieux comprendre le rôle de la gravité sur les cellules vivantes », dit Bernard Poing.Les astronomes trouveraient aussi de quoi occuper leurs nuits lunaires de 350 heures.À l’abri de tout le brouhaha d’ondes radio et lumineuses qui encombrent le ciel terrestre, ils contempleraient l’espace comme ils ne l’ont jamais vu.La face cachée de la Lune est en fait le seul endroit du système solaire où ils ont la certitude de ne jamais rencontrer la moindre onde radio provenant d’un satellite de télécommunications ! C’est un paradis pour radiotélescopes, « l’observatoire idéal », affirme Cannelle Robert, du Groupe de recherche en astrophysique de l’Université Laval : « L’atmosphère ter- Une usine à oxygène comme celle-ci pourrait produire 2 millions de tonnes d'oxygène par mois, en libérant les atomes prisonniers de la roche lunaire.> » Un grand livre Notre Terre a le tempérament bouillant: les plaques tectoniques s'y entrechoquent, le magma jaillit de ses entrailles, les montagnes poussent puis s'érodent, les événements météorologiques imposent leur loi.S'ils parviennent à traverser l'atmosphère, les météorites, vestiges de l’origine de notre système solaire, laissent finalement peu de traces dans cette fureur terrestre.Sur la Lune par contre, c'est le calme plat.Un petit écrasement de comète par I ci.quelques «tremblotements» de Lune par là.« La Lune est un grand livre ouvert, dit Pierre Chastenay, directeur du Planétarium de Montréal.Elle relate l'histoire des bombardements qui ont eu lieu dans notre système solaire et dont elle porte encore les cicatrices.» i m SK m f-r# .¦•-.A, X- Le bassin Aitken est coloré en bleu sur cette carte topographique.Des blessures parfois immenses, comme le bassin Aitken, plus gros bassin d'impact connu de tout le système solaire (2 500 km de diamètre), situé sur la face cachée, près du pôle sud.Ou encore d'infimes éraflures, causées par ce ventj solaire qui balaie la surface lunaire et qui, en plus de regorger d'hélium-3, pourrait | nous aider à mieux comprendre S l'histoire de notre étoile, le Soleil.z « La Lune est la fille de la Terre », rappelle Pierre Chastenay.Il y a quelque 4,5 milliards I « Les espèces fidèles à une seule planète ne durent pas.» d'années, une planète en formation de la taille de Mars aurait percuté le futur berceau de l'humanité.Limpact, en comparaison duquel celui de l'astéroïde ayant | mis fin au règne des dinosaures il y a 65 millions d'années était une pichenette, a soulevé et mis en orbite une partie du manteau terrestre.En se mélangeant avec l'envahisseur, ce morceau de Terre aurait donné naissance à la Lune.Etudier la Lune, c'est donc forcément étudier la Terre! C'est ce que fait Paul Spudis.Auteur du livre The Once and Future Moon, géologue au Applied Physics Laboratory de l'université Johns Hopkins au Maryland, il a participé à la mission Clementine en 1994.Les données recueillies par cette sonde lui servent encore aujourd'hui de matière première lorsqu'il souhaite utiliser la Lune comme témoin privilégié de l'évolution de notre planète.« Si nous pouvions dénouer l'histoire des bombardements terrestres, nous pourrions non seulement nous attaquer à des questions comme l'extinction des dinosaures, mais aussi découvrir si de telles extinctions risquent encore de se J produire », dit-il.Dans une telle éventualité, la Lune pourrait même nous] permettre d'échapper au pire.« La Lune nous sauvera.» Ces mots sont de John Young qui a séjourné 71 heures | sur ce qu'il considère dorénavant comme l'ultime refuge d'une humanité en péril.Hier commandant de la mission Apollo 16, aujourd'hui directeur technique du Johnson's Space Center de la NASA, il sonnait l'alarme en octobre 2002 dans un long plaidoyer adressé aux médias et, surtout, à son employeur.« Les quatre dernières extinctions majeures sur cette planète ont été causées par des collisions.Les espèces fidèles à une seule planète ne durent pas.» John Young pressait alors la NASA de développer la technologie afin que l'homme puisse prendre place à bord de cette arche de Noé naturelle.Pour appuyer son propos, il rapportait que l'humanité avait une chance sur 5 000 de recevoir la visite d'un astéroïde meurtrier, et une | chance sur 500 de voir un super-volcan lui exploser à la figure, d'ici 100 ans.Qui sait ?Un de nos descendants chantera peut-être Au clair de la Terre.54 Québec Science I Avril 2004 PI -I I I ;;l URES URBAINES • GÉNIE INDUSTRIEL • GÉNIE LOGICIEL • GESTION ET DÉVELOPPEM JOURNALISME INTERNATIONAL • MUSÉOLOGIE • PHARMACIE COMMUNAUTAIRE * iTÉ DU TRAVAIL • RELATIONS PUBLIQUES • SCIENCES DE LA CONSOMMATION • S MAITRISES • ADMINISTRATION (SCIENCES DE L' • ADMINISTRATION DES AFEAIR • AGROFORESTERIE • AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DEVELOPPEMENT R OGIE • ARCHEOLOGIE • ARCHITECTURE • ARTS VISUELS • BIOCHIMIE (SCIENCE «IRE (MÉDECINE) • BIOLOGIE VÉGÉTALE • CHIMIE • COMMUNICATION PUBLIQUE • Dit (QUE • ÉPIDEMIOLOGIE • ETHNOLOGIE DES FRANCOPHONES EN AMÉRIQUE DU :>ES (NON-FRANCOPHONES) • GÉNIE AÉROSPATIAL • GÉNIE AGROALIMENTAIRE • GÉL DE LA MÉTALLURGIE • GÉNIE ÉLECTRIQUE • GÉNIE MÉCANIQUE • GÉNIE MINIER (EN VC • INFORMATIQUE • KINÉSIOLOGIE • LINGUISTIQUE :• LITTÉRATURE ET ARTS DE L/C S ION ANGLAISE • LITTÉRATURES D'EXPRESSION ESPAGNOLE • LITTÉRATURES FRANÇA E EXPÉRIMENTALE • MICROBIOLOGIE (SCIENCES) • MICROBIOLOGIE (AGRICULTUR LOGIE (MÉDECINE) • MUSIQUE • NEUROBIOLOGIE • NUTRITION • ORTHOPHONIE • SOPHIE • PHYSIOLOGIE-ENDOCRINOLOGIE • PHYSIQUE • PSYCHOLOGIE • PSYCHOPÉDAG AIRE) • RELATIONS INDUSTRIELLES • RELATIONS INTERNATIONALES • SANTÉ COMMUNA ES • SCIENCES DE L'ARCHITECTURE • SCIENCES DE LA TERRE • SCIENCES DE L'ORIENTATI SIENCES ET TECHNOLOGIE DES ALIMENTS • SCIENCES FORESTIÈRES • SCIENCES GÉO HUMAINES DES RELIGIONS • SCIENCES INFIRMIÈRES • SERVICE SOCIAL • SOCIOLOGIE LOGIE ÉDUCATIVE • TERMINOLOGIE mmSiSmàiBÊSm ¦¦¦¦¦¦¦I n n Je suis un visionnaire.ETHNOLOGIE DES FRANCOPHO INES ET DE LA MÉTALLURGIE • < 'P • LINGUISTIQUE • LITTÉRATUR •'PAGFiOLE • LITT ) • MICROBIOL IT TIG; C ¦ I 1 I I I ;.)l I F I I Je veux promouvoir mes idées.Je veux faire avancer les connaissances.Je veux atteindre mes objectifs et inventer ma carrière.L'Université Laval m'offre le meilleur environnement d'études et de recherche.Première université francophone en Amérique I Parmi les 10 plus grandes universités de recherche au Canada I Plus de 225 chaires, instituts, centres et groupes de recherche I Plus de 1200 chercheurs I Environ 170 programmes de formation aux 2e et 3e cycles dont plusieurs avec Profil international I 270 millions de dollars en fonds de recherche I Bourses, stages, programme études-travail et soutien financier à la réussite Faites des études de 2e et de 3e cycle Le monde s'ouvre à vous.Jusqu'où irez-vous?À vous de choisir.www.ulaval.ca UNIVERSITÉ laval ^ VVV VLm Astronautique restte nous prive d’énormément d’informations.Non seulement détruit-elle le pouvoir de résolution en déviant les rayons lumineux, elle bloque carrément certains types de rayons, comme les rayons gamma, les rayons X et les ultraviolets.» C’est justement en observant le rayonnement ultraviolet d’étoiles massives que Cannelle Robert arrive à mieux comprendre l’évolution des populations stellaires dans des galaxies très éloignées.Et elle n’est pas la seule astrophysicienne à pester contre l’immense filtre à lumière qui enrobe notre planète.H y a aussi tous ceux qui étudient les rayons X lancés tels des S.O.S.par les étoiles qu’engloutissent de voraces trous noirs.D’autres qui immortalisent des événements d’une violence inouïe, comme l’explosion de supemovæ, grâce au rayonnement gamma qui en émane.Ou ces inquisiteurs qui tentent de percer les mystères du cœur de notre galaxie, dont seul le rayonnement infrarouge parvient à se faufiler parmi la poussière interstellaire.pour finalement être absorbé par l’atmosphère terrestre.Tous doivent s’en remettre aux télescopes orbitaux, tels le très célèbre Hubble, que Mme Robert a déjà eu le privilège d’utiliser.« Nous sommes limités par le diamètre des fusées qui mettent les télescopes en orbite.Sur la Lune, un immense télescope pourrait être amené en pièces détachées et assemblé sur place », avance l’astrophysicienne.Plus immense que le plus grand des observatoires terrestres.Car la gravité réduite permet de dépasser les limites physiques qui, ici-bas, obligent les concepteurs à réfréner leurs ardeurs : au-delà d’un certain diamètre, les miroirs ou les structures qui les soutiennent se déforment sous leur propre poids.Là-haut, on peut pratiquement multiplier par six nos idées de grandeur.Contempler l’espace est une chose.Mais George W.Bush l’a dit : pour les États-Unis, c’est Objectif Lune.and beyondl La Lune ne serait qu’une halte routière sur l’autoroute interplanétaire.Ou, pourquoi pas, une station-service où les vaisseaux spatiaux feront le plein d’oxygène.S’installer sur la Lune serait une bonne façon de mener une répétition générale pour les futurs conquistadors de l’espace.Elle se trouve à seulement trois jours de vol, comparativement à au moins sept mois pour Mars, prochaine destination en vogue.Toutes proportions gardées, c’est l’équivalent de la distance Montréal-Dorval par rapport à la distance Montréal-San Lrancisco ! Et pour se rendre à San Lrancisco, il faut 56 Québec Science I Avril 2004 De l’eau de cratère?Quand les astronautes ont ramené leurtoute première cargaison de roches lunaires, la déception fut totale: aucune trace d'eau! « Tous ces échantillons étaient plus secs que de vieux os.Alors que même les roches terrestres les plus sèches contiennent d'infimes quantités d'eau, partie intégrante de la structure cristalline des minéraux, les roches lunaires, elles, en étaient complètement exemptes », raconte Alan Binder.Sans eau, les projets de colonisation s'étiolaient quelque peu.Puis, en 1994, le radar de la sonde Clementine ravive tous les espoirs: les ondes radio rebondissent sur ce qui semble être des surfaces glacées situées au pôle sud.Quatre ans plus tard, le spectromètre à neutrons de la sonde Lunar Prospector détecte de l'hydrogène, cette fois-ci aux deux pôles.Orqui dit hydrogène, dit souvent eau: il suffit qu'un petit atome d'oxygène se trouve En utilisant l'énergie solaire pour faire fondre la glace jdans les parages accroche que renferment les cratères, on faciliterait grandement Ideux atomes d'hydrogène au ^ colonisation de notre satellite naturel.îpassage, et hop!, une molécule d'eau, si les conditions chimiques et physiques °sont favorables.A priori, cela ne semble pas être le cas sur la Lune: chauffée au-delà du point |d'ébullition par le Soleil lorsqu'il fait jour, elle est incapable de retenir la moindre atmosphère, et donc la moindre molécule de vapeur d'eau.« Nous croyons qu'il existe tout de même quelques milliards de tonnes métriques d'eau sous forme de glace, ce qui correspond à un petit lac pas très profond », soutient Alan Binder.Cette eau serait cachée dans des cratères situés gaux pôles, qui ne reçoivent jamais la lumière du Soleil et où la température ne ^dépasse pas les -170 °C.Accrochée à des comètes qui finissent leur course sur •le sol lunaire, l'eau se serait vaporisée sous l'impact des écrasements pour en-gisuite se condenser au-dessus de ces antres plongés dans l'obscurité perpétuelle.SQans de telles conditions, l'eau gèle rapidement et reste emprisonnée pour l'éternité.A moins que de futurs colons n'aillent la puiser.m m / D / UCUN l-ORDINATEUR IM’EST ALLÉ AUSSI LOIN Rentabilité, performances et fiabilité VXRACK™ avec processeur Xeon™ d’Intel®.Obtenez le rapport prix/performance correspondant à vos besoins.Ituftl Pour recevoir le vidéo gratuit envoyez un courriel avec vos nom et adresse à cdgratuit@vxrack.com [CUBE™ 32 Itanium® 2 d’Intel® I I CUBE 16 noeuds processeurs Itanium® 2 d’Intel® |4 GHz, 1,5 Mo de cache) o ECC/DDR Haute performance par noeud isque de 40 Go ATA 100 par noeud nte PCI-X par noeud orts 1 Gigabit par noeud ommutateur 24 ports 1 Gigabit 125 870$ IL LL* * Œ* ST 5f U.* d* 5?U.* Œ* Œ* Ôf U.* ST 0* : c c c c c c c c c c c c c c C 0 0 0 0 0 0 Û 0 C 0 0 ( 0 c COCCCDCCCCCCCCC occcccccccccccc VXRACK™ - 256 Xeon™ d’Intel® Un seul cabinet Performance maximum: 1,36 Tflops 128 noeuds de calcul 256 proc.Xeon™ d’Intel® à 2,66 GHz 1 Go de mémoire ECC/DDR par noeud 1 disque 40 Go ATA 100 par noeud 1 fente PCI-X par noeud 2 ports 1 Gigabit par noeud 8 commutateurs 24 ports 1 Gigabit 329 995$' CIARA Ciara est un manufacturier d’ordinateurs de classe mondiale.Ciara conçoit, développe, manufacture, met en marché, entretient et supporte une variété d’ordinateurs incluant des ordinateurs personnels, des portables, des stations de travail graphiques, des serveurs sur bâti ou en tour, du stockage en réseau, la toute nouvelle technologie de grappe VXRACK™ et le révolutionaire système de stockage iSCSI VXSTOR™.La grappe de superordinateurs de Ciara est basée sur les achitectures 1A32 et IA64 d’Intel et utilise le système d’exploitation Linux.Ciara est fier d’ètre reconnu par Intel comme "Intel Premier Provider”.Incorporé en 1984, Ciara termine sa 20e année dans le domaine des Technologies de l’Information.Les produits Ciara sont certifiés UL, CE, ACNOR, DOC et EPA.Tous les produits sont construits selon les standards et la norme ISO 9001.La croissance de Ciara lui a permis en février 2003 d’emménager dans un complexe ultra moderne de 576 000 pi car, avec la capacité de produire plus de 500 000 unités par année.Stockage SATA VXSTOR™ Xtreme • Jusqu’à 6 To de stockage par matrice • Bande passante de plus de 120 Mb/s • Double Xeon™ 2,4 GHz • 1 Go (2 x 512 Mo) ECC/Reg • Disques enfichables à chaud • RAID SATA 1, 0 ou 5 • Technologie d’avant garde • Composantes de qualité professionnelle • Blocs d’alimentation redondants (2+1) enfichables à chaud Prix par Go le plus bas de l’industrie [r Iles prix sont en dolllars canadiens; taxes, installation sur place et expédition en sus FS-2120 (3TO-2U) 12 x 250 Go SATA 9 995$* FS-3160 (4To-3U) 16 x 250 Go SATA 11 955$* FS-5124 (6 To -5U) 24 x 250 Go SATA 17 890$* ?È5 MAINTENANT B66-7VX-RACK OU WWW.VXRACK.COM TECHNOLOGIES Astronautique d’abord prendre un taxi pour Dorval, insiste Alan Binder : « D ne vous viendrait pas à l’idée de voler directement de chez vous.Ce sera la même chose pour les voyages vers Mars : on utilisera un petit véhicule plus économique pour nous amener sur la Lune, puis on mettra le cap sur Mars dans un plus gros vaisseau que nous aurons construit sur place.» Il est effectivement beaucoup plus coûteux en carburant d’échapper à l’attraction de la Terre qu’à celle de la Lune, d’autant plus qu’il faut aussi lutter contre un concept inexistant en territoire sélène : la résistance de l’air.Tout ça reste toutefois un tantinet utopique, pense Wendell Mendell : « Je ne comprends pas ce qui est passé par la tête des gens qui ont décidé d’inclure ce lancement lunaire vers Mars dans le discours du président.» Construire la fusée sur place ?À très long terme, peut-être.Autrement, il vous serez étonnés ! Offrez-vous Le Devoir du samedi Actualités Le monde Perspectives Éditorial Idées Science Éducation Économie Culture Sports CAHIER SAMEDI CAHIER CULTURE CAHIER LIVRES CAHIERS SPÉCIAUX L'AGENDA LE DEVOIR Un journal indépendant Abonnements : 514.9853355 ou 1 800 463.7559 www.ledevoir.com doute que cet arrêt au puits en vaille la peine pour un engin lancé de la Terre : « Si un vaisseau spatial est déjà en haute orbite terrestre, direction Mars, il aura besoin de carburant supplémentaire pour atterrir sur la Lune et en repartir ! » Sans compter les risques associés à cet alunissage, « quoiqu’il s’agira peut-être d’une opération très routinière », souligne le spéciaHste de la NASA.La perspective de faire le plein sur la Lune pourrait cependant balayer ses hésitations : la propulsion des fusées conven-tionnelles est assurée par de l’hydrogène couplé à cet oxygène que nous finirons bien par extraire de la roche lunaire.Encore faudra-t-il concevoir de nouvelles fusées pouvant être réapprovisionnées en combustible « Cela impliquerait de dessiner de nouveaux plans, mais c’est un bien petit problème comparé à la mise en place sur la Lune des infrastructures nécessaires.» Bref, les ingénieurs auront du pain sur la planche.Car la dernière fois qu’un homme s’est rendu sur la Lune, il prenait place dans une capsule Apollo.Une technologie complètement désuète, rappelle Wendell Mendell : « Utiliseriez-vous un ordinateur de 1965 pour travailler aujourd’hui?» CS À qui appartient la Lune?« A-t-on le droit de s’approprier les ressources que recèle notre satellite?J'espère qu’on se posera très bientôt ces questions plutôt qu’attendre d’y être confronté », dit Pierre Chastenay.Pour l’instant, seuls quelques hurluberlus ont émis leurs certificats de propriété.Un dénommé Dennis Hope réussit même à faire de l’argent en vendant des lopins de Lune sur Internet.Plus sérieusement, le traité de la Lune stipule très clairement que «la Lune est l'héritage commun de l’humanité» et interdit toute appropriation des ressources qui s’y trouvent, à moins qu’un accord international ne soit signé en ce sens.Depuis 1979, ce traité n’a été ratifié que par neuf pays: l'Australie, l’Autriche, le Chili, le Maroc, le Mexique, le Pakistan, les Pays-Bas.les Philippines et l’Uruguay.Cinq autres se sont contenté de le signer: la France, le Guatemala, l’Inde, le Pérou et la Roumanie.Hormis la France, les grandes puissances spatiales manquent toujours à l’appel.58 Québec Science | Avril 2004 V-lLr en place Chaque jour, nous pensons vert Chaque jour, nous mettons en œuvre des pratiques respectueuses de l’environnement pour: I réduire les rejets diminuer les odeurs améliorer l’entreposage du lisier Aller de l’avant, c’est dans notre nature Fédération des producteurs de porcs du Québec ¦ Parce que x x la société change Maîtrise et doctorat en gérontologie Le vieillissement accéléré de * Perspective biopsychosociale du vieillissement la population intéresse plusieurs disciplines de l’activité humaine.L’Université de Sherbrooke offre des programmes uniques au Canada à toute personne qui désire approfondir les problématiques et enjeux de cette nouvelle réalité.Activités regroupées au Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke Ressources professorales multidisciplinaires : Lettres et sciences humaines, Éducation physique et sportive et Médecine Domaines de recherche variés V.Tous les détails sur notre site : www.USherbrooke.ca/vers/gerontologie UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE hu le Un gadget fumeux La compagnie Zero Toys offre un moyen « politiquement correct » de se livrer à un loisir jusque-là réservé aux fumeurs.Le Zero Blaster permet de faire des ronds de fumée d’une perfection à rendre jaloux Lucky Luke et René Lévesque.L'appareil, qui a l'apparence du fusil intergalactique, forme des cercles d'un diamètre de 5 cm à 15 cm.Par temps calme, ils peuvent parcourir l’impressionnante distance de 5 m.Disponible en plusieurs couleurs vives, le Zero Blaster est vendu avec assez de Super Zero Fluid pour produire 25 000 ronds.Comme la petite usine à fumée coûte 30 $, cela revient à 0,012 $ par rond.Personne n'a les moyens de s’en passer.www.zerotoys.com Big Brother, ce n'est rien! Même la féconde imagination de Georges Orwell n’avait pas prévu des espions aussi retors que celui proposé par la compagnie Wabi.Une peluche en apparence inoffensive est équipée d’un système de messagerie vocale, qui vous permet de laisser des instructions à votre enfant même lorsque vous n’êtes pas là.Il est possible d’appeler une centrale qui transmet au toutou tordu un message vocal enjoignant votre rejeton de se brosser les dents, par exemple.Pour signaler à votre insouciant petit l’arrivée d’un nouveau message, le machiavélique ourson ricane et une petite ampoule LED se met à clignoter.Il est possible d’appeler le nounours bavard à toute heure du jour et de la nuit depuis n'importe quel endroit dans le monde.L’ourson coûte une centaine de dollars et vous pouvez profiter de généreux forfaits, dont celui offrant 2 000 messages pour la modeste somme de 60 $.À ce prix-là, les frais de la thérapie que votre enfant devra subir ne sont évidemment pas inclus.www.wabi.com Fauteuil roulant hi-tech L’inventeur Deam Kamen des États-Unis a grimpé les marches de la tour Eiffel assis dans un fauteuil roulant.Mais pas n’importe lequel: le i-bot, équipé de quatre roues motrices, qu’il a mis au point pour les personnes handicapées.Pour le prix d’une voiture de luxe (plus de 40 000 $), le i-bot permet de se déplacer sans mal en des lieux difficiles d’accès pour un fauteuil roulant motorisé normal.Une de ses caractéristiques est la capacité de tenir en équilibre sur les roues arrières pour que le passager puisse être à la hauteur des personnes auxquelles il parle.Le fauteuil, qui peut aussi être téléguidé, a une vitesse maximale de 10 km/h et une autonomie de 24 km.www.indetech.com Avril 2004 I Québec Science 61 IMAGES TIRÉES DE LA COLLECTION DE JOHNNY HART/ILLUSTRATION DES COUVERTURE : PIERRE JOUBERT ci ence Culture »»par MéLanie Saint-Hilaire Le modèle Bob Morane Grâce aux aventures de ce héros des années 1950, une génération de francophones a pris goût à la science.- N’avancez pas, Morane.Vous pourriez le regretter.La main qui tenait la boîte grise se tendit légèrement.- Oui, il s’agit bien d’un émetteur d’ondes courtes.Si je pousse sur ce bouton rouge, les charges de plastic accumulées au fond de cette cheminée d’aération sauteront, creusant une énorme brèche dans la base du barrage qui s’effondrera ensuite lentement, tel un château de cartes sapé par-dessous.L’homme aux dents d’or, infâme personnage, veut saboter le barrage électrique de Manie 5.C’est compter sans Bob Morane, héros français, et son ami Bill Ballantine, grand buveur de whisky écossais devant PÉternel ! La fin de l’histoire ?Elle est consignée dans Terreur à la Mani-couagan, roman lancé en 1965 au siège social d’Hydro-Québec.L’auteur, le Belge Henri Vernes, l’a écrit après avoir lui-même visité Manie 5, à l’invitation du ministère des Richesses naturelles et de la Commission hydroélectrique du Québec.Un séjour exaltant pour ce journaliste recyclé en littérature jeunesse, féru de science et de technologies.L’écrivain - Charles Dewisme, de son vrai nom - fête cette année les 50 ans de sa créature.Il n’a pas changé, ce bon vieux Bob : les mêmes cheveux noirs coupés en brosse, la même dégaine de boy-scout macho.Héros de pacotille ?Littérature de gare ?Si on veut.« Chaque livre coûtait Henri Vernes û îSCffiS- Terreur à la Manicouagan "aw—i 65 cents.On les trouvait à la pharmacie dans des “racks de broche”», se rappelle Johnny Hart, un Montréalais de 48 ans qui tient un excellent site Internet sur le héros.N’empêche qu’au milieu des années 1960, Henri Vernes vendait plus de 100 000 exemplaires de chaque roman au Québec.Récemment, il évaluait en avoir écoulé « entre 40 et 60 millions» dans le monde ! Toute une génération de francophones a donc grandi avec Bob Morane.Et développé, à travers ses mille aventures, le goût des sciences.Car Bob, ingénieur diplômé de Polytechnique, a beaucoup appris depuis sa première escapade dans La vallée infernale (inspirée de loin par un article du National Geographic).Il a déjoué des vilains aussi démoniaques que l’Ombre jaune et Miss Ylang-Ylang; découvert des cités per- dues; voyagé dans le temps Mais surtout, il s’est tenu au fait des découvertes de son époque, des antibiotiques au laser, des robots à l’énergie atomique.« C’est en lisant Bob Morane que j’ai découvert plusieurs sciences», dit ^ l’écrivain Jean-Jacques » Pelletier, lui-même au- \ 62 Québec Science I Avril 2004 '4 teur d’un cycle romanesque intégrant des éléments scientifiques : Les gestionnaires de l’Apocalypse.« Mon premier contact avec l’archéologie a été le professeur Aristide Clairembart, spécialiste des civilisations anciennes (voir entre autres Le secret des Mayas).Et c’est grâce à l’Ombre jaune, qui avait des organes artificiels, si j’ai découvert la cybernétique ! » Fait cocasse, Henri Vernes doit sa carrière littéraire en partie à Bernard Heuvelmans, fondateur de la cryptozoologie (science cherchant à identifier les créatures inconnues).C’est par lui qu’il a rencontré le directeur de la collection Marabout Junior.Ainsi, Charles Dewisme, journaliste, est devenu Henri Vernes, en l’honneur d’un certain Jules du - presque - même nom dont ü admirait les romans de science-fiction.« Pour s’inspirer, il consultait Science et Vie», raconte Jacques Dieu, un ami proche.Et le directeur de Marabout ltd transmettait de nombreux extraits de presse relatifs aux dernières découvertes scientifiques.» L’éditeur publiait même une capsule informative à la fin de chaque roman.Les jeunes y ont grappillé des notions indispensables : formules d’encre sympathique, diète des chauve-souris « vampires ».jusqu’aux effets des champignons hallucinogènes ! evolver dans une main, encyclopédie dans l’autre : voici Bob Morane, ingénieur aventurier.Nyctalope, polyglotte, expert en jiu-jitsu, il est fort cultivé.Dès sa seconde aventure, La galère engloutie, il déclare être au courant des dernières découvertes archéologiques du professeur Clairembart.Deux romans plus tard, dans La griffe de feu, il postule pour un emploi exigeant « de fortes notions de chimie, de géologie, de volcanologie » ! I " : 12 aventures de ^ saveur scientifique Domaine Intrigue Titre Panique dans le ciel, 1954 L'aéronautique Un entrepreneur véreux utilise des avions à décollage vertical pour faire le trafic de l'opium.Le sultan de Jarawak, 1955 La médecine Un despote garde secrète la recette d'un antibiotique traitant une fièvre mortelle.Le secret des Mayas, 1956 L'archéologie Bob recherche un manuscrit maya relatant les secrets de ce peuple disparu.La croisière du Megophias, 1956 La cryptozoologie Un paléontologue identifie une créature de légende comme étant un reptile préhistorique.Mission pour Thulé, 1956 L'astrophysique Bob aide les États-Unis à lancer un satellite voué au progrès de la science et de la paix.Les géants de la taïga, 1958 La paléontologie Un biologiste ressuscite le mammouth grâce à des cellules prélevées sur une carcasse gelée; il le modifie en manipulant ses chromosomes.Les mangeurs d'atomes, 1961 La physique Un biologiste recrée un arthropode préhistorique absorbant les radiations des déchets atomiques.Les semeurs de foudre, 1962 L'électricité Un ancien nazi invente une arme qui capte la foudre et la recrache en boules de feu.Les yeux de l'Ombre jaune, 1962 L'optique Un savant conçoit des créatures aux yeux projetant des rayons laser capables de désintégrer l'ennemi.Terreur à la Manicouagan, 1965 L'hydroélectricité Un vilain tente de saboter Manie 5 pour empêcher le Québec de marcher vers la modernité.Les guerriers de l'Ombre jaune, 1965 La cryogénie Un savant fait revivre des guerriers mongols prisonniers dans la glace depuis des siècles.Les déserts d'Amazonie, 1995 L'écologie La déforestation a tué l'Amazonie, constate Bob en 2205, lors d'un voyage dans le temps.ni] Iwliia I ' isaei» I J I piliiï' :]uiiot I If.st I I ';p M Au cours de ses aventures (plus de 190), il explore de nombreux champs de connaissance (voir le tableau).Parfois, il devance les scientifiques.En 1954, il pilote un avion à décollage vertical, quelques semaines avant qu’un Convair XFY-1 réussisse le premier vol du genre {Panique dans le ciel).En 1958, il voit un savant ressusciter le mammouth en prélevant des cellules reproductrices sur" une carcasse gelée, comme un chercheur japonais a voulu le fane en 1999 (Les géants de la taïga).En 1962, il affronte des créatures dont les prunelles projettent des rayons laser.juste deux ans après que Theodore Maiman eut inventé le premier laser optique (Les yeux de l’Ombre jaune).« Si on extrapole un peu, le duplicateur de l’Ombre jaune (une machine créant des copies biologiques) a de nombreux points en commun avec le clonage », fait remarquer Jacques Dieu.Le retour de l’Ombre jaune paraît en 1960 ! L’âge d’or de Bob Morane correspond à celui de la science : l’époque des années 1950 et 1960, quand rien ne semble pouvoir arrêter le progrès.Après la conquête de la Lune, en juillet 1969, Elenri Vernes délaisse un peu l’actualité au profit de l’aventure purement fantastique.Les intrigues à saveur scientifique - comme Les inique dans le ciel Lr O Hr> Le secret des Mayas déserts d’Amazonie, paru en 1993, qui traite d’écologie - se raréfient.« Elenri Vernes s’est intéressé à la science, mais, paradoxalement, il a véhiculé l’archétype du savant fou», souligne Jean-Jacques Pelletier.Son univers (comme celui des super-héros de l’époque) est peuplé de détraqués en sarrau.Combien veulent contrôler la Terre, tel l’infâme Ombre jaune, alias M.Ming ?« Bob est dull.M.Ming est un personnage bien plus riche.Un homme avec une volonté de pouvoir absolu, un désir d’immortalité ainsi que d’importants moyens financiers, et qui fonde tous ses espoirs dans la science.Je suis sûr qu’on peut trouver plein de M.Ming sur notre planète ! » Visionnaire, Henri Vernes ?Pas vraiment.« Ce n’est que depuis peu qu’il a donné un téléphone cellulaire à Bob Morane, fait remarquer Johnny Hart.L’informatique et l’électronique ne sont pas ses points forts ! » D’ailleurs, l’écrivain n’a pas de site Internet.Ses livres contiennent aussi quelques fadaises.La capsule informative dans La revanche de l’Ombre jaune prédit l’avènement prochain du cyborg, créature mi- Les géants de la taïga homme mi-machine aux pouvoirs illimités.Les guerriers de l’Ombre jaune explique comment faire revivre des êtres cryo-génisés.Les monstres de l’espace suppute l’existence d’une végétation lunaire ! Mais ce que Bob Morane a fait sans se tromper, c’est ouvrir l’horizon des jeunes par l’aventure, croit Jean-Jacques Pelletier.« Il fait référence à des contenus qui m’ont intrigué en des termes plus ou moins scientifiques, qui m’ont poussé à fouiller dans l’encyclopédie », explique l’écrivain qui met en scène dans son récent livre des adorateurs de la théorie des cordes, une notion de physique contemporaine.« Bob Morane m’a amené à l’Encyclopédie de la jeunesse.C’est à ce moment que j’ai commencé à consulter des revues scientifiques, que je lis comme une variante du merveilleux - un peu comme si elles me révélaient “les mystères de la vie”.» CB Pour en savoir plus Le site www.imaginaire.ca.par Johnny Hart.Cliquez sur l’onglet Bob Morane.Les « dossiers secrets » recensent la part de vérité dans quelques-uns des romans.Avril 2004 | Québec Science 63 écho^sciences Le CRSNG, 25 ans de soutien à la recherche et à l’innovation! Q crsng Le Conseil de recherche en sciences et l\l S E RC en génie du Canada célèbre ses 25 ans cette année.Au-delà de son appui à la recherche fondamentale, l’organisme a créé à ce jour de nombreux programmes de subvention dont ceux voués à la promotion des sciences, à des partenariats universités et industries, aux travaux des professeurs ou de groupes de chercheurs.Bravo au CRSNG qui contribue à l’essor de la recherche et à son rayonnement.Pour en connaître plus : www.crsng.ga.ca Une deuxieme ^Jeunesse pouces i KC » _ Guide pratique pour être bien dans sa iSCiehCe peau et dans sa tête à l’approche de la cinquantaine.Des exemplaires sont offerts aux associations à tarifs de groupe.Pour information : (514) 843-6888 poste 21 Concours de journalisme scientifique (Bourse (FernancC-Seguin 2004 Courez la chance de gagner 12 000 $ associés à un stage de six mois dans différentes entreprises de presse participantes Date limite de participation : 16 avril 2004 à 17h ,ACS> Association des - communicateurs scientifiques du Québec > Radio-Canada www.acs.qc.ca www.radio-canada.ca/decouverte www.radio-canada.ca/lumiere LE SOLEIL iScience Développement économique et régional Québec LORÉAL A MERCK FROSST AGENCE [Q rVi II ^ ‘PPC °™.SCIENCE-PRESSE .hKD), ar Jean-Marie Labrie V ^ OO I Que reste-t-il si on enlève les sages?R.M.Tonie a envoyé un alphamétique intéressant à la revue Tangente (sept.-oct.2002, n° 88, p.47).Je l'ai changé en une soustraction.Tous les chiffres de 0 à 9 sont représentés une et une seule fois.Résoudre cet alphamétique : MONDE - SAGES = FOUS a163 Chiffres et lettres Combien de nombres naturels ont un nombre de lettres égal à la somme de leurs chiffres dans chacun des cas suivants ?Entre 10 et 75 ?(5 situations) Entre 100 et 110 ?(2 cas) Entre 9990 et 9999 (2 cas) 0164 Tracer, sans lever le stylo, six lignes droites (segments de droite) de façon à rencontrer les seize (16) points en configuration carrée.Est-ce possible ?Solutions 160 Le nombre 2003 1) 432 + 122 + 32 + !2 2] 392 + 212 +52+42 3] 352 + 272 +72 +02 4) 322 + 312 + 32 +32 L’année bissextile 2004 1) 33 x 33 + 3 x 333 -(3 x 33 + 3) 2) 3333/3 + 3 x 333 - (3 x 33) - (33/3) + 3 3) 33 x 33 + 3333/3 + 3/3 + 3/3 4) 3 x 33 x 33 - 33 x 33 + 33 + 33 Niveaux C^débutant ^intermédiaire OOexpert 64 Québec Science | Avril 2004 © J-C MARQUE! 3ort :oüo Neandertal, les yeux dans les yeux es archéologues français ont trouvé ce qui pourrait bien être la première représentation artistique d’un visage humain due à l’homme de Neandertal.Le site de La Roche-Cotard, sur les rives de la Loire, a livré un bout de silex à l'apparence étrangement humaine.L’artefact, daté d’environ 35 000 ans, mesure une dizaine de centimètres de largeur et autant de hauteur.Il est traversé de part en part par un éclat d’os enfoncé dans un trou, donnant l’impression qu’il a des yeux.Cet objet, d’une grande importance archéologique, montre la sophistication dont pouvaient faire preuve ces anciens cousins de notre propre espèce et fera peut-être taire l’opinion selon laquelle ils étaient incapables de produire des objets d’art.Avril 2004 Québec Science 65 GUSTAVE DORÉ/LES FABLES DE LA FONTAINE ! tjîŒm! par Serge Bouchard et Bernard Arcand Le message des animaux Avant, les animaux parlaient et nous écoutions.Aujourd'hui, ils émettent et nous comptons.Bernard Arcand : Dans les temps très anciens, à l’époque primitive des mythes glorieux et des légendes fabuleuses, les animaux parlaient.Dans les fables d’autrefois, maître Renard, par l’odeur alléché, tenait à peu près un langage.Les animaux conversaient, discutaient entre eux et traçaient des plans; et nous, les humains, étions en mesure d’écouter leurs échanges.Un dialogue entre loup et brebis créait du suspense, la réplique de la fourmi paraissait cruelle, mais justifiée, et on aurait bien aimé entendre la tortue crier « Hourra ».Evidemment, toutes ces paroles animales étaient le fruit de l’imagination humaine qui laissait croire à un temps très ancien, quand tous les êtres vivants pouvaient communiquer facilement.Comme s’il y avait eu un âge précédant la tour de Babel, avant que les singes apprennent à parler singe; et les éléphants, l’éléphant.Mais au-delà de la chimère, ces histoires incroyables étaient chaque fois porteuses d’une grande leçon de morale.En écoutant les animaux, nous apprenions à ne jamais oublier à quel point la loi du plus fort est à la fois meilleure mais injuste; pourquoi le petit ne doit jamais chercher à se gonfler; et combien il est inutile de s’énerver si l’on est parti en retard.Tout cela semblait rassurant : si les animaux eux-mêmes le disent, ce doit bien être vrai pour l’ensemble des êtres vivants.Notre capacité d’écoute a beaucoup changé.De nos jours, les animaux portent des émetteurs qui nous transmettent un modeste signal sonore.Fini les grands discours et les beaux sermons; ils sont remplacés par un modeste « bip ! bip ! ».Mais peu importe, les dialogues animaux ont toujours été secondanes.Les émetteurs modernes nous informent du déplacement des caribous, des stratégies des carnassiers et des difficultés de survie de plusieurs espèces.Aujourd’hui comme hier, à travers ces signaux que nous envoient les animaux, c’est la leçon morale que nous devrions retenir.66 Québec Science | Avril 2004 1 Claude Bouchard, 224-890-4452AX8L : Quand on pense que nous sommes tous devenus des numéros et que la morue h-22453-88 ne donne plus signe de vie, pas plus que le soldat D-106-123, du Royal 22e n’en donne depuis 1943; de même que l’épinette numéro N-443A90-8977 est tombée hier soir sur la queue du loup V-4476653.Au même moment, le renard 269805 (roux) convolait avec une renarde blanche (radio émetteur brisé), ce qui donnera une portée de petits renardeaux gris qu’il faudra endormir avec des fléchettes pour pouvoir les baguer afin de savoir s’ils survivront aux intentions de l’ours 0-666789 qui rôde aux alentours.Et ainsi de suite, ce qui nous mène aux civettes de Chine, de la série SRAS-13776, aux tigres du Bengale recensés de 1 à 10 et aux tigres de Sibérie, recensés de 1 à 5, et à l’ours européen, nommé simplement Eusèbe, depuis qu’Azilda est morte frappée par un camion itaben.Sans compter les moustiques, mouches ordinaires et mouches noires dont la recension décourage mais qui devrait nous occuper.Il est certainement une mouche noire sur les cent millions de milliards de l’été prochain qui pourrait nous en apprendre sur le phénomène des éclosions tardives des larves que nous devrions numéroter avant qu’elles ne s’envolent pour Dieu sait où, au gré du vent, porter des maladies noires et maudites aux veaux, vaches et cochons du Canada, des États-Unis et du reste de la ZLEA.Une caméra sur la tête d’une baleine à bosse, une autre dans un ventre de requin-marteau, des images continues sur la vie intime des fourmis.Plus moyen de battre de l’aile sans que le mouvement ne s’enregistre dans les ordinateurs de quelque consciencieux chercheur, généralement de l’université Dr.Pepper du Wisconsin ou de l’université Palmolive du Minnesota.Des collets, des colhers, des bagues, des bracelets et des puces, nous sommes tous en ligne et en ondes.Dans la mire de la télé réalité.Avec une hypothèse qui se confirme : il n’y a pas de place sur Terre pour 6 milliards d’humains et 500 ours polaires.GS ?: Jusqu’où irez-vous?Maîtrises ^ Administration des affaires (M.B.A.) ^ Arts visuels et médiatiques ^ Biologie Chimie ^ Communication ^ Danse ^ Droit ^ Économique ^ Éducation ^ Étude des arts ^ Études littéraires h Études urbaines Finance appliquée ^ Génie logiciel ^ Géographie ^ Gestion de projet ^ Gestion et planification du tourisme h Histoire ^ Informatique ^ Informatique de gestion ^ Intervention sociale ^ Kinanthropologie ^ Linguistique ^ Mathématiques ^ Muséologie ^ Philosophie ^ Physique ^ Science politique ^ Sciences comptables v Sciences de la Terre ^ Sciences de l'atmosphère Sciences de l’environnement ^ Sciences des religions ^ Sexologie ^ Sociologie Technologie de l’information ^ Théâtre Doctorats h Administration ^ Biochimie h Biologie ^ Communication ^ Économique ^ Éducation ^ Études et pratiques des arts ^ Études littéraires ^ Études urbaines ^ Histoire ^ Histoire de l'art ^ Informatique cognitive ^ Linguistique ^ Mathématiques ^ Muséologie (doctorat international) h Philosophie Psychologie ^ Ressources minérales ^ Science politique ^ Sciences de l'environnement ^ Sciences des religions ^ Sémiologie ^ Sociologie Pour approfondir vos connaissances, l'UQAM offre un vaste choix de programmes d'études aux cycles supérieurs.Consultez la description complète et les conditions d’admission sur notre site Web.uqam.ca UQAM Prenez position wm ; w.JV ] V LM1 V « b i.
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