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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 2004, Collections de BAnQ.

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ER les femmes ! L’énigme des hyperchimicosensibles Novembre 2004 e que vos cauchemars révèle r j ?Des psycho-enqueteurs traquent les monstres de vos nuits b in» f.¦ THE 3SH 38 I’esJ^uoy ^low snj SZ.SZ S17XX leSsi }0de(i neajng (N) Dsqang aieuoTq.Hiij anbaq^ottqrg £ Zï £iS£-T 9ZT iZéTOÔOOÔO tZOSOy Z.ZSfc,900frdd Hubble: dernier tour de piste 4,95 S I 06538563761611 La plupart des autres VUS excellent uniquement dans les grands espaces * .,* m.* " LE TOYOTA RAV4 2005 '' Doté de 4 roues motrices permanentes et propulsé par un moteur de 161 ch, le RAV4 peut vous emmener là où vont la plupart des autres VUS.et là où ils ne peuvent aller, car ce VUS compact a une traction hors pair et un excellent rapport puissance-poids.Pour couronner le tout, son système de distribution à calage variable intelligent (VVT-i) vous confère une force d'accélération qui prouve qu’il vaut mieux être petit et agile que gros et maladroit.1 888 T0Y0TA-8/www.toyota.ca CAMION TOYOTA un coup de cœur sans fin ï l'événement 8 Les effets pervers du Viagra | La pilule bleue est une bénédiction pour les hommes.Mais les femmes aux prises avec la ménopause subissent des conséquences moins heureuses, par Catherine Dubé 10 La biologie des idées noires Les neurotransmetteurs peuvent-ils révéler des prédispositions au suicide?parTécia Pépin INNOVATION 12 Branché et dégivré Des trottoirs chauffants qui font fondre la glace en hiver: c'est possible grâce à un nouveau béton.par Anick Perreault-Labelle Perplexité chronique 15 Malentendu médiatique par Brigitte Gemme 16 Le retour du twist Les capsules dévissables font tourner la tête des viticulteurs californiens.par Gaëlle Lussiaà-Berdou PLANÈTE ADN 17 Clone-moi un mammouth v Reproduire cet animal éteint depuis des lustres: mission impossible ou mission.ridicule?par Jean-Pierre Rogel Iff! il NOVEMBRE 2004, VOLUME 43, NUMERO 3 www.cybersciences.com Neuropsychologie 18 Cauchemars sous surveillance A la nuit tombée, dans un labo de l'Hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, des hommes et des femmes en sarrau blanc traquent les monstres qui hantent votre sommeil, par Marie-Pier Elie Santé 25 L’énigme des hyperchimicosensibles Les parfums, savons, détergents et autres produits chimiques du quotidien les rendent malades.Pourquoi?par Catherine Dubé Astronomie 32 Vie et mort de Hubble Le télescope spatial Hubble prendra bientôt sa retraite.En 15 ans de bons et loyaux services, il a transformé notre perception de l'Univers, par Joël Leblanc Écologie 38 Les sentinelles de la Terre Ce sont les animaux qui sonnent les premiers l'alarme de la pollution.par Mathieu-Robert Sauvé technocratique 46 Que la lumière soit! En domestiquant les ondes lumineuses, l'homme a changé la face du monde.Une exposition raconte cette brillante aventure.par Mélanie Saint-Hilaire 47 Jeux par Jean-Marie Labrie 48 Aujourd’hui le futur par Philippe Desrosiers Portfolio 49 Sourire des abysses Bien vu! 50 Les couleurs du savoir La vie n'a pas à être terne.Il suffit de débaucher la matière grise en lui ajoutant des teintes éclatantes.par Serge Bouchard et Bernard Arcand Billet »»-par Raymond Lemieux Facile de critiquer le voisin.Mais quand le voisin est la plus grande puissance économique et scientifique de la planète, qu'il veut se construire une clôture high-tech à prix fort, que l’on sait que cette clôture sera probablement inutile, et qu'il compte nous refiler une partie de la facture parce que ladite clôture doit traverser le ciel du Canada, nous sommes bien forcés de surveiller un peu ce qui se passe à côté.Le boucher spatial américain - terme moins trivial que « clôture » -est un des nombreux projets scientifiques qui pèsent actuellement dans la balance électorale.George W.Bush (GWB) en a fait un enjeu de sa campagne alors que son adversaire démocrate, John Kerry, a exprimé d'énormes doutes quant à la réalisation de ce méga-projet militaire.À nos yeux de Québécois, le clivage politique entre démocrates et républicains n'est pas toujours évident.Pas de gauche, pas de droite; pas de fédérahstes, pas de souverainistes au sud du 49e parallèle.La division est en tout cas fortement scientifique.Au même titre que le bouclier spatial, de nombreuses questions à saveur scientifique - changements climatiques, cellules souches, manipulations génétiques, outils de lutte contre le terrorisme - se posent lors de cette élection.Inutile de le préciser : les deux candidats sont aux antipodes dans ces domaines.Et cela a son importance pour nous, car le choix du président aura évidemment des répercussions au Canada.Ainsi, la haute atmosphère de notre pays pourrait bien devenir un champ - pardon, un ciel - de bataille si le fameux bouclier de GWB y est déployé.Rappelons-le également, les Américains sont les principaux partenaires scientifiques de nos chercheurs.De surcroît, cette élection aura un impact sur la façon même de faire de la science.À ce sujet, une récente édition de la revue Nature a bien fait ressortir les différences entre le programme de GWB et celui de John Kerry.Le premier a une vision utilitariste de la science; le second, une approche progressiste.Prenons l’exemple des changements climatiques.Les Etats-Unis, sous John Kerry, remettraient à l'ordre du jour le protocole de Kyoto, car le candidat démocrate estime que l’augmentation du niveau de pollution dans le monde aggrave les dérèglements climatiques.De son coté, GWB prône l'option «consommer moins en produisant plus intelligemment ».Comment ?En misant sur d'éventuelles technologies dont il ne souffle mot.Le débat autour des cellules souches embryonnaires fait ressortir des visions encore plus opposées.GWB estime que jouer avec la vie nous ferait franchir la « frontière morale fondamentale ».John Kerry, quant à lui, veut poursuivre ces recherches parce qu’elles pourraient conduire à des traitements contre des maladies dégénératives actuellement incurables.Ces divergences ont des fondements profonds et très anciens.Aurait-on oublié que c’est une controverse scientifique du XIXe siècle - la publication de De l’origine des espèces - qui a provoqué un schisme chez les protestants américains ?Ils se sont alors divisés entre libéraux et conservateurs.Qu’est-ce qui a provoqué cette cassure ?Dans son livre impie, Darwin fait la démonstration que la diversité du vivant n'est pas une décision divine, mais le fruit de l'évolution.On redécouvre cette année que la science et la politique américaines font encore et toujours les frais de cette controverse.La science sera-t-elle longtemps coincée dans cette vision teintée de morale et de religion héritée du siècle passé ?Réponse après le 2 novembre.1 Science Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Rédactrice en chef adjointe Pascale Millot p.miUot@quebecscience.qc.ca Équipe de rédaction et collaborateurs Bernard Arcand, Serge Bouchard, Philippe Desrosiers, Catherine Dubé, Marie-Pier Elie, Dominique Forget, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Gaëlle Lussiaà-Berdou, Isabelle Masingue, Técia Pépin, Anick Perreault-Labelle, Jean-Pierre Rogel, Mélanie Saint-Hilaire et Mathieu-Robert Sauvé Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Owen Egan, Christian Fleury, Frefon, Yves Médam, Michel Rouleau Desfî LL - - : : - ' : Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque PUBLICITÉ LOCALE ET NATIONALE : Siège social à Montréal Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur public/institutionnel : Carole Martin poste 26 cmartin@quebecscience.qc.ca Secteur privé/corporatif : Claire Breton poste 29 cbreton@quebecscience.qc.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Isabelle Cuchet icuchet@cybersciences.corn www.cybersciences-junior.org Responsable: Marie-Pier Elie mpelie @ cybersciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 43,45 $, 2 ans = 74,85 $.3 ans = 103,95$.À l'étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: (514)875-4444 Téléc.: (514) 523-4444 Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LM PI Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2004, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2004 - la Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés, le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas hé à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des joumaüstes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratit, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direcb'on laisse aux auteurs l'enhére responsabilité de leurs textes, les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction, le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Développement économique et régional Québec ua aa Canada Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide financière du ministère du Développement économique et régional.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations La Revue Québec Science > 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier@QuebecScience.qc.ca >6 , Q C 4 Québec Science | Novembre 2004 CEGEP de Jonquière IS trài Paiail- *fflsre 3-W ; trop* a ¦ifOSlii) tsi, jss=lït 'attsse S!34W iletasr mbB#11’ sW» k**1' Courrier courrier@quebecscience.qc.ca Des ronds dans l’eau Adepte des ricochets, Guillaume St-Onge, de Sainte-Foy, s’est intéressé à notre dossier sur le bizarre (juillet-août 2004).Il a pris connaissance des études les plus récentes sur le sujet dans la revue Nature (vol.247, p.29).On y lit les résultats d’un certain professeur Bocquet, «qui démontrent que la clé BIZARRE.111/ /RIE; Lin ——~-~~7 du succès serait de lancer la pierre avec un angle de 20° par rapport à la surface de l’eau», relate M.St-Onge en nous souhaitant bonne chance dans nos expérimentations.Il faut juste se dépêcher avant que les lacs gèlent.On veut des pommes vertes «Merci pour votre texte sur la pomiculture (septembre 2004), un des rares qui aient abordé la difficile réalité des producteurs de pommes du Québec, qui doivent déployer chaque année bien des efforts pour gérer la multitude de risques posés par les maladies, les ravageurs et les agents de lutte utilisés pour protéger les pommiers », nous dit Gérald Chouinard, agronome.Il tient cependant à souligner que «contrairement à ce que suggère le titre de l’article, les producteurs de pommes du Québec (ainsi que d’autres provinces du Canada) se sont récemment mobilisés afin de se mettre au vert».Notre lecteur agronome mentionne que les pomiculteurs se sont en effet dotés d’un programme national de production fruitière intégrée (PFI) qui dicte les lignes directrices d’une production sécuritaire, « soucieuse de l’environnement ».M.Chouinard le reconnaît: la pomme « bio » est ttès difficile, voire impossible à produire dans plusieurs cas, et elle demeurera un produit marginal.Il souligne : «Les environnementalistes qui ont étudié le cas particulier de la pomme ont reconnu que la formule la plus adaptée pour un virage au vert dans ce secteur était la PFI.Quelle différence y a-t-il entre bio et PFI?Les deux visent la préservation de l’environnement, la sécurité des travailleurs, la qualité et la salubrité de la récolte.Ce qui les distingue, ce sont les moyens utilisés pour atteindre ces objectifs.Alors que pour le bio un dogme interdit l’utilisation de pesticides synthétisés par l’homme, mais autorise l’utilisation de pesticides d’origine naturelle, la PFI n’autorise que les produits à faible impact environneniental (aussi appelés produits à risque minimal), qu’ils soient d’origine naturelle ou non.En effet, certains pesticides naturels ont une toxicité plus élevée que le produit alternatif fabriqué par l’homme.[.] La WWF (Le Fonds mondial pour la nature connu par son logo arborant un panda) appuie toutefois la démarche des producteurs de pommes du Québec et du reste du Canada, dans ce dossier unique en Amérique du Nord.» Et comment les consommateurs peuvent-ils reconnaître ces pommes sur les étals des fruitiers ?«Il n’existe malheureusement pas de logo ni de mention certifiant aux consommateurs que la pomme a été produite dans le cadre d’un programme PFI.» Une diagonale emportée par le vent « C’est toujours avec un plaisir renouvelé que je reçois mon nouveau numéro de Québec Science.Cette passionnante lecture ne dure malheureusement que quelques heures», nous écrit gentiment Clément Roy de Ville Saint-Laurent.Vraisemblablement, il nous lit de plus On n’en sait jamais trop L’UQAM offre plus d’une centaine de programmes d’études de cycles supérieurs pour vous permettre d’approfondir vos connaissances.^ Microprogrammes et programmes courts de 2e cycle ^ Diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) ^ Maîtrises (profils recherche, création et professionnel) ^ Doctorats uqam.ca UQAM Prenez position Novembre 2004 I Québec Science 5 «w Æ: :¥?;î Courrier courrier@quebecscience.qc.ca avec beaucoup d’attention, car il a repéré une petite coquille dans l’article « La manne d’Eole » (juillet-août 2004).«Ily est écrit: “les éoliennes fonctionnent dès que le vent atteint trois ou quatre mètres à la seconde (ms)”.L’auteur fait ici référence à la vitesse du vent.» À juste titre, il nous rappelle que la vitesse est obtenue en divisant une distance par une unité de temps.Il aurait donc fallu utiliser l’abréviation « m/s ».Boulettes en vedette Robert Ouimet, président et chef de direction des aliments Ouimet-Cordon bleu a lu «avec intérêt» notre article intitulé «Le vrai goût du Québec » (juillet-août 2004).Il tient à apporter quelques précisions quant à la signature utilisée sur les produits Cordon bleu portant l’étiquette « Les recettes du terroir québécois » auxquels nous faisions référence dans le reportage.«Je tiens à souligner d’abord que Cordon bleu a décidé en juillet2004 de ne plus utiliser cette signature sur ses produits traditionnels comme le ragoût de boulettes et le bœuf à l’ancienne, et ce, en raison des risques de confusion entre les mots “recettes” et “produits”.En aucun cas, Cordon bleu n’a prétendu offrir des produits du terroir.Notre entreprise, d’origine québécoise, existe depuis près de 75 ans.Notre vedette, le ragoût de boulettes, fait partie des recettes authentiques du Québec.Nous avons introduit récemment sur le marché une nouvelle gamme et revu nos produits existants.[.] Enfin, conscients des légitimes préoccupations reliées à la question du terroir, nous travaillons dorénavant avec des chefs de l’Institut culinaire du terroir pour trouver ou développer des recettes qui font appel aux caractéristiques du patrimoine culinaire régional.» On salive déjà! Et dans notre cour?Les menaces qui pèsent sur le patrimoine préoccupent une de nos lectrices, Isabelle Therrien qui s’est montrée intéressée à notre entrevue « Patrimoine; l’UNESCO à la rescousse » (juillet-août 2004).«Ce qui me déçoit, écrit-t-elle, c’est que vous ne nous dites pas quelle contribution chacun peut faire pour aider à Inné RECRUE roelèo u Ryt éo ^ètUE ; 2 K _ C'est Marie-Eve Fiset-Merissette, une jeune longueuilloise de 10 ans, qui a été élue Recrue Météo 2004.Elle a été choisie parmi 308 candidats qui ont fait l'expérience de la télévision en réalisant un bulletin de météorologie.Sa prestation et son élocution ont ravi les téléspectateurs de MétéoMédia, la chaîne de télévision spécialisée qui organisait le concours.Québec Science et le Biodôme de Montréal s'étaient associés à l'événement.La lauréate a gagné un voyage à Paris, avec ses parents, et a participé au Forum international de la météo qui s'est tenu le mois dernier.Félicitations à cette communicatrice en herbe ! préserver ces sites.Par exemple, à qui doit-on écrire, peut-on aider à financer la préservation d’un site ?Que peut faire un touriste pour préserver un site ?J’aurais aimé que l’on me dise quels sont les sites classés patrimoine mondial au Canada et combien il y en a.[.] J’ai l’impression en lisant votre article que les menaces ne se manifestent qu’ailleurs dans le monde, tandis que ça se passe aussi dans notre cour.» En guise d’exemple, elle mentionne un site classé par l’UNESCO à Hamilton en Ontario, qui est actuellement menacé par la construction d’une route.« Je crois que les actions réussies passent par la conscientisation sociale et je pense que c’est un rôle que Québec Science se doit d’exercer en incitant les gens à l’action.» n’est plus le cas maintenant, nous fait remarquer James W.France de Santa Monica en Californie après avoir lu l’article «Pourquoi le dopage fait-il si peur?» (septembre 2004).«Heureusement, en 1985 la compagnie Genentech a reçu l’au torisation de la Food and Drug Administration des Etats-Unis pour vendre une hormone de croissance biosynthétique.[.] Ainsi, je crois qu’il ne faut plus dire que l’hormone de croissance comporte un risque [de contracter la maladie de Creutzfeldt-Jakob].» Une hormone irréprochable S’il est vrai qu’il y avait un risque de contracter la maladie de Creutzfeldt-Jakob en consommant des hormones de croissance il y a 15 ans - surtout lorsque cette hormone provenait de cadavres humains -, ce Pasladede aoQDB -bo Fau4 antre leur venin les vrai Non coupable! «Pourquoi tant de gens s’en prennent-ils aux propriétaires de 4X4 ?» se demande Daniel Ferland de Pont-Rouge après avoir lu la lettre de Mme Rosane Gauthier (Québec Science, juillet-août 2004).«Tous les véhicules contribuent à la pollution.Que pense-t-elle de ces mastodontes qui sillonnent nos rues en crachant une fumée noire nauséabonde ?Ces véhicules (autobus, camions de transport, etc.) sont ceux qui contribuent vraiment à la pollution.Nous avons un 4X4 et %!l «Iftf c, tes »!,([( Des commentaires ?Vous pouvez nous faire parvenir vos commentaires et suggestions à l’adresse suivante : Québec Science, 4388 rue Saint-Denis, bureau 300, Montréal (Québec) H2J 2L1 Téléc.: (514) 843-4897 Adresse électronique : courrier@quebecscience.qc.ca • Les lettres reçues sont susceptibles d'être publiées.La rédaction se réserve le droit d’en tirer les extraits les plus significatifs et les plus informatifs.6 Québec Science [ Novembre 2004 r ¦ : Sic cwc ¦1: i.iMoia la I'articlt lilsipen!' }»w/, jjrfjifl* fr" r I llii 111! Ill ^0 inlfD^ •oi lila If*-' ‘1(0“ looii»1 L(P»I l/llffl.M ’v 010 0‘i llJt^ 0fIHf A, I nous ne dépassons pas les 10 L [de consommation d’essence] par 100 km.Nous polluons moins que les grosses voitures.D’autres parlent de frais à payer en surplus pour avoir droit à un 4X4.A qui servira cet argent ?Un tel montant existe déjà pour la climatisation (100 $).Qu’a fait le gouvernement avec cela ?Personne ne le sait.» On ne dope pas révolution L’article sur le dopage (septembre 2004) dans lequel on souligne les possibilités de techniques de dopage par ADN où les gènes artificiels sont introduits dans les cellules «de tissus déjà bien développés (par exemple un muscle)» a inspiré une réflexion à Jean-Claude Chaîné, de Drummondville.11 y a repéré un glissement de sens qui contrevient aux fondements mêmes de la génétique lorsqu’il est demandé :«[.] devra-t-on, au nom de l’équité sportive, exclure de la compétition un jeune qui a hérité de ses parents un gène artificiel à fort pouvoir dopant.?» «Selon les mécanismes connus de la transmission des caractères génétiques, comment une personne, ayant un organe (autre que reproducteur) dont le bagage génétique des cellules a été artificiellement modifié, pourrait-elle transmettre ces modifications à sa progéniture ?» demande M.Chaîné.Notre affirmation, dit-il, «agit malheureusement sur la culture scientifique populaire en y fixant de façon presque subliminale une fausse conception des mécanismes de transmission des caractères génétiques.«La génétique est un sujet lié aux percées technologique les plus récentes.Cependant, trop souvent les articles vulgarisant les concepts scientifiques de la génétique sont le véhicule de mythes qui s’installent dans la culture scientifique populaire et qui biaisent l’objectivité de notre société face à ce domaine.On a qu’à se référer aux mécanismes de l’évolution énoncés par Lamarck selon lesquels un organe peut se modifier pour répondre à un besoin et où cette modification est transmissible génétiquement.On cite souvent comme exemple le cou de la girafe qui s’est al- longé peu à peu, de génération en génération, pour permettre à l’espèce d’atteindre les hautes branches.Combien de gens conçoivent encore le mécanisme de l’évolution de cette façon, en plus d’en identifier faussement Darwin comme étant le père ?Faites le test et questionnez votre entourage à ce sujet, vous serez surpris.«Pourtant, le mécanisme régissant l’évolution et la transmission des caractères reste assez simple.Il implique une variation (mutation naturelle ou artificielle) dans le bagage génétique des cellules reproductrices des parents (ou de leurs cellules souches).C’est la pression sélective de l’environnement (sélection naturelle) qui favorisera ou non la survie des descendants, lesquels auront acquis de nouveaux caractères et donc transmettront ces derniers à la génération suivante.» Vite, des archives! Yannick Dufour, un lecteur assidu du magazine et de cybersciences.com apprécie pouvoir faire du ménage dans ses revues : «Toute cette documentation commence à prendre de la place.]e veux vous demander de publier l’intégralité du magazine en ligne.[.] Vous pourriez très bien déterminer une durée, après publication d’un numéro, au terme de laquelle sa version intégrale serait mise en ligne.» Notre cyberlecteur poursuit: «Quand Eric Drexler, dans son livre Engines of Creation, parlait de l’hypertexte, il décrivait cette découverte comme un moyen fantastique de mettre la connaissance à la disposition de la population; un moyen formidable d’organiser et de relier entre eux des savoirs complémentaires.En tant qu’éditeur d’un magazine ayant pour but de répandre la connaissance, je crois qu’il fait partie de votre mission de vous assurer de le faire le plus efficacement possible en mettant à contribution la puissance d’Internet.]e n’aurai ainsi plus à garder des reliques en papier.» Monsieur Dufour, vous pouvez être rassuré: nous sommes justement en train d’étudier une refonte de la plate-forme de cybersciences.com en examinant la possi-bilité d’y intégrer des archives.À suivre, donc.(£ Sommes-nous esclaves de la malbouffe?Animé par Yanick Villedieu (Les années-lumière, Radio-Canada) Sucre, sel, gras trans, produits raffinés, ils sont partout et font plus de mal que de bien.Comment faire pour contrer leurs effets néfastes sur la santé : obésité, diabète, problèmes cardiaques ?Quel rôle jouent les gènes dans ces maladies?Comment réussir à adopter une meilleure alimentation ?Entre le marketing de l'industrie alimentaire et les Entre autres invités : docteur Dominique Garrel, directeur du département de nutrition de la faculté de médecine de l'Université de Montréal conseils des nutritionnistes, comment s'y retrouver?À Montréal, l'événement a lieu le 23 novembre de 17h30 à 19h30 au Barouf, 4171, rue Saint-Denis.À Québec, il se tient le 24 novembre de 17h30 à 19h30 au Loft, 291, rue Saint-Vallier Est.Organisé par l’équipe de Québec Science en collaboration avec le Consulat général de France à Québec et le cégep de Limoilou (pour l’événement de Québec).Assurez-vous d'avoir une place en vous inscrivant auprès de Mme Nicole Lévesque au (514) 843-6888 poste 21.Soif de savoir ?Consultez bardessciences.qc.ca Novembre 2004 I Québec Science 7 w ' D pervers du Viagra La pilule bleue est une bénédiction pour les hommes.Mais les femmes aux prises avec la ménopause subissent des conséquences moins heureuses.Depuis quelques années, les femmes ménopausées, déjà aux prises avec les bouffées de chaleur, ont un souci de plus : le Viagra qu’on donne à leur mari ! « Plus on s’occupera de l’érecdon des hommes, plus il faudra aussi penser à s’occuper des femmes », affirme la sexologue Louise-Andrée Saulnier.Dans la cinquantaine, beaucoup de couples espacent tout naturellement la fréquence de leurs rapports sexuels.D’une part, parce que la moitié des hommes de 40 à 70 ans souffrent de dysfonction érectile, souvent ou à l’occasion.D’autre part, parce que la ménopause entraîne fréquemment une baisse du désir sexuel.Ce serait le cas d’environ 35 % des femmes.Cette diminution du désir peut être transitoire ou g permanente.£ La petite pilule bleue est venue tout cham- bouler.Avec le Viagra, Monsieur a retrouvé le moyen de passer de la parole aux actes.Madame, elle, a non seulement moins envie qu’avant, mais elle est confrontée à un autre problème, physiologique celui-là.Avec la chute hormonale propre à la ménopause, les cellules de la muqueuse vaginale ne se renouvellent plus aussi efficacement.Cette muqueuse devient mince et sèche.Au point où un simple lubrifiant ne suffit plus.« Si on prescrit du Viagra au mari d’une femme dans cet état, cela peut avoir de sérieuses conséquences sur le couple », explique la doc-teure Michèle Moreau, de la Clinique de médecine familiale et de ménopause de l’Hôpital Notre-Dame, à Montréal.La spécialiste reçoit des femmes qui se plaignent de douleurs, d’irritation, parfois même de saignements à la suite de relations avec leur conjoint.Pour le plaisir, on repassera.Le problème est vraisemblablement plus répandu qu’on le pense.Depuis que le Viagra a fait son entrée dans les chambres à coucher, il y a 6 ans, quelque 4,5 millions d’ordonnances sont passées entre les mains des pharmaciens canadiens.Mais que faire quand le désir de l’un ne s’accorde plus avec l’envie de l’autre ?Certainement pas donner du Viagra aux femmes ! Même chez les hommes, ce comprimé n’a aucun effet sur l’appétit sexuel.Le sildenafil citrate qu’il contient aide plutôt à redonner du tonus à la « plomberie ».Pfizer, la compagnie qui l’a inventé, a quand même pris la peine de vérifier si sa pilule vedette pouvait aider les femmes éprouvant des problèmes d’excitation.Sans succès.L’étude a été stoppée avant la fin, compte tenu des piètres résultats obtenus.Pour augmenter la libido et la lubrifica- CINE par Catherine Dube >0 knientp ilsill®- j Ijiiiknf 9SaPJ* sol# m tion vaginale, des solutions existent pourtant.Mais les femmes l’ignorent.souvent parce que, comme les « hommes-d’avant-le-Viagra », elles n’osent pas parler de ces délicates questions à leur médecin.Pour beaucoup de femmes malmenées par la ménopause, un supplément hormonal fait toute la différence.La docteure Moreau n’hésite pas à le prescrire.« Les risques de cancer du sein qui y sont associés ont été largement exagérés », soutient-elle.L’étude Women’s Health Initiative qui a mis le feu aux poudres en 2002 a certes révélé un risque, mais qui demeure faible: 1,4% pour les femmes sous hormonothérapie, contre 0,7 % pour les autres.À celles qui ne veulent prendre aucun le symbole de la virilité, les femmes aussi en ont besoin.La testostérone influence non seulement le désir sexuel, mais aussi le niveau d’énergie, la densité osseuse, la formation des globules rouges, la masse musculaire et la sensation de bien-être.Les femmes en sécrètent 10 fois moins que les hommes, mais tout compte fait, un corps de femme produit encore plus d’hormones dites masculines que féminines.Pourtant, quand les médecins proposent un remplacement d’hormones aux femmes à la ménopause, ils pensent aux œstrogènes et à la progestérone, mais pas toujours à la testostérone.« Elle est perçue comme une La docteure Moreau, quant à elle, n’hésite pas à en prescrire (le plus souvent sous forme d’injections qui contiennent aussi des œstrogènes) aux femmes mal en point qui aboutissent dans son bureau.Comme aucune étude n’a été menée pour mesurer les effets sur la clientèle féminine, elle s’est jointe à tm groupe de médecins d’une cinquantaine de cliniques nord-américaines qui ont fait l’essai, auprès de leurs patientes ménopausées, d’un timbre transdermique de testostérone conçu pour les femmes par Procter & Gamble.Les 562 femmes qui l’ont testé avaient en moyenne 49 ans et elles avaient toutes subi l’ablation des ovaires au début de la quarantaine.Elles avaient donc vécu une La testostérone a beau être le symbole de la virilité, les femmes aussi en ont besoin.Cette hormone influe non seulement sur leur désir sexuel mais aussi sur la densité osseuse, la formation des globules rouges et la masse musculaire.risque, la docteure Moreau propose un anneau vaginal à action locale.Il libère une hormone féminine, l’œstradiol, qui redonne de la souplesse aux tissus, sans avoir d’effets sur l’ensemble de l’organisme.Bien sûr, cela ne ranimera pas nécessairement le désir.De si nombreux facteurs gouvernent cette complexe émotion.«Le médecin doit d’abord évaluer si la baisse de désir ne découle pas de la relation avec le conjoint, d’un état psychologique comme le stress ou la dépression, ou encore de la prise de certains médicaments, ou de psychotropes», explique Michèle Moreau.Si tout est au beau fixe, il y a fort à parier que c’est encore la faute aux hormones.Pour remédier à la situation, il suffit alors parfois d’une petite dose.de testostérone ! Cette hormone a beau être hormone mâle et on sous-estime les effets d’une déficience pour la femme, poursuit la docteure Moreau.L’accent est mis sur les risques engendrés par un excès, comme l’hir-sutisme ou le changement de la voix, plutôt que sur ses bienfaits.» D’ailleurs, aucun produit à base de testostérone actuellement sur le marché (comprimés, injections ou timbres transdermiques) n’a été pensé pour les femmes.Quand un médecin juge qu’une de ses patientes en a besoin, il avance donc à tâtons pour trouver le dosage idéal.Une bonne partie des comprimés de testostérone seraient prescrits à des femmes.Quel pourcentage ?Difficile à dire.Comme la ménopause n’est pas une indication pour ce genre de médicament, les fabricants n’ont aucune statistique à ce sujet.ménopause précoce et se plaignaient toutes d’avoir une fibido à la dérive.Le timbre a semble-t-il fait son effet.Après 24 semaines de traitement, le désir des participantes avait augmenté de 56 % et la fréquence de leurs « galipettes », de 74 %.Procter y a tout de suite vu un argument de vente : la compagnie sait très bien que les baby-boomers n’ont aucune envie de faire vœu de chasteté.Procter espère faire approuver son produit pour pallier la baisse de désir chez les femmes.« Un supplément de testostérone peut de toute façon avoir des effets intéressants sur la fatigue et les sautes d’humeur », souligne la sexologue Louise-Andrée Saulnier.La testostérone pour femmes ne devrait donc pas uniquement servir le culte de la performance, comme on l’a tant reproché au Viagra ! CE Ne manquez pas notre entrevue avec le psychiatre David Servan-Schreiber* sur vbersde^ *Auteur de Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse Novembre 2004 I Québec Science 9 .ri L-i I GENETIQUE Ip/ IJC -parléda Pépin La biologie des idées noires Les neurotransmetteurs peuvent-ils révéler des prédispositions au suicide ?V' T x1 \ Y a-t-il des causes proprement biologiques au suicide?Pour essayer de comprendre, le généticien Gustavo Turecki a examiné le cerveau de 600 personnes s'étant donné la mort.Gustavo Turecki cherche depuis cinq ans à comprendre les mécanismes biologiques qui peuvent pousser quelqu’un au suicide.«Nous tentons d’identifier quels sont les gènes activés et désactivés chez des personnes qui se suicident.Nous les comparons au profil génétique de gens décédés d’autres causes », explique le généticien et psychiatre de l’Hôpital Douglas, directeur du groupe McGill d’études sur le suicide.Notamment grâce à la collaboration de la Morgue centrale de Montréal, l’équipe du docteur Turecki a pu effectuer des prélèvements d’ADN sur environ 600 personnes s’étant donné la mort.Selon les dossiers du Bureau du coroner, 1 338 personnes se sont enlevé la vie en 2001 au Québec (près d’un tiers des cas au Canada).Huit fois sur 10, il s’agissait d’un homme.Plus de 90 % des cas souffraient de dépression majeure.Cela ne signifie pas que toutes les personnes souffrant de problèmes de santé mentale sont à risque; en fait, moins de 10 % d’entre elles sont suicidaires.Gustavo Turecki s’intéresse à l’influence de neurotransmetteurs (qui transmettent l’influx nerveux entre les neurones du cerveau) comme la noradrénaline, la dopamine ou la sérotonine.Cette dernière a plus parti-culièrement retenu son attention, car elle régule diverses fonctions telles que le som- meil, l’appétit ou la mémoire, mais aussi les comportements impulsifs et dépressifs.Des études menées aux Etats-Unis ont démontré que le niveau de sérotonine était plus bas chez les personnes suicidées que chez celles qui sont décédées de mort naturelle ou accidentelle.Ces informations ont été corroborées par les chercheurs du Groupe McGill qui ont observé sur plusieurs cas de suicidés un excès du récepteur IA.« Ce surplus implique une diminution de la transmission de sérotonine », explique le docteur Turecki.Ces faibles taux dans le système nerveux central favoriseraient un comportement suicidaire, car la régulation de l’impulsivité serait en quelque sorte altérée.Évidemment, précise Gustavo Turecki, « cela ne signifie pas que tous les individus impulsifs, c’est-à-dire qui ont tendance à agir sans penser, risquent de se suicider dans les moments difficiles ».Différentes hypothèses ont été avancées pour tenter d’expliquer une insuffisance de sérotonine dans le métabolisme lipidique.On soupçonne notamment un lien entre un taux insuffisant de cholestérol et des comportements impulsifs violents.Mais ce ne sont encore que des hypothèses.Les scientifiques manquent également d’information pour expliquer pourquoi le suicide est surtout un comportement masculin.Le niveau de sérotonine des hommes aurait-il tendance à être plus bas que celui des femmes ?CB > Pour en savoir plus Groupe McGill d’études sur le suicide www.douglasrecherche.qc.ca Association québécoise de prévention du suicide 800, boni.Saint-Joseph Est, Montréal, Québec H2J 1K4 www.cam.org/aqs/ 10 Québec Science I Novembre 2004 ME Mfciaiil idfeijiiîf If III® es-J lilifffiil» Ikfiïf sir ssdirtl If DK JlifHOlO irfCKL ‘menenmY iponenicin 'imjértf firalfiii-•cdai» BSinpol-Kfiar IfJVJBC* ifeixïde f fllfElf^ fflifSr* ® ' 11® H Jfïror lantfi !8 palticuLes Collaboration: Dominique Forget, Isabelle Masingue, Joël Leblanc, Pascale Millot, Mélanie Saint-Hilaire.quE C'EST S-RANP .LÜTECE /.I s !/2 Qh $ r* CJ V, 'A* b Paris n’est pas Lutèce La Ville lumière n’est pas située sur les lieux de l’antique Lutèce, n’en déplaise à Astérix et Obélix.Il faut se rendre juste un peu en amont de la Seine, à Nanterre, pour marcher dans les traces des premiers Parisii.On vient d’y découvrir de superbes vestiges gaulois dont une nécropole vieille de 2 300 ans.Les archéologues ont également mis au jour les restes de quartiers d’habitation et de commerce (outils pour le textile, l’orfèvrerie, la boucherie, etc.).Curieusement, ils n’ont rien trouvé au cenue de la zone fouillée, sauf quelques fragments de chaudrons, de broches à rôtir et d’amphores.L’hypothèse la plus plausible : c’était l’espace réservé aux banquets.Ils étaient fous ces Gaulois ! L’Amérique aux Australiens Les ancêtres des Amérindiens, arrivés d’Asie par le détroit de Béring asséché, il y a plus de 10 000 ans, n’auraient pas été les premiers à poser le pied en Amérique.Des Aborigènes australiens les auraient précédés.C’est en étudiant , les caractéristiques à morphologiques de | crânes trouvés dans le désert mexicain que la géo-archéologt Silvia Gonzalez et son équipe de l’université John Moores de Liverpool, en Angleterre, en sont arrivés à cette conclusion qui fera assurément beaucoup de remous dans les communautés amérindiennes.Ces me crânes, allongés et étroits, ne ressemblent pas à ceux des Amérindiens, plus ronds et plus larges.Les descendants de ces premiers habitants, arrivés probablement par bateau après avoir parcouru le Pacifique d’île en île, auraient vécu en tribus jusqu’à il y a 200 ou 300 ans.C’est en tout cas ce que laissent croire les témoignages des Jésuites installés dans l’ouest du Mexique au XVIIIe siècle, qui attestent la présence d’un peuple de chasseurs-cueilleurs au corps mince s’alimentant principalement de mollusques : les Pericues.L’équipe d’archéologues espère maintenant confirmer son hypothèse en comparant l’ADN prélevé sur les ossements avec celui des Aborigènes australiens contemporains.En hausse L’hypertension chez les ados Hypertendus, les adolescents?De plus en plus, si l'on en croit les résultats d'une récente étude publiés dans The Archives of Paediatrics and Adolescent Medicine.Le grand responsable de l'augmentation de la tension artérielle chez les jeunes serait la caféine.Aux États-Unis, en effet, 68 % des garçons de 12 à 17 ans boivent au moins une boisson contenant de la caféine par jour (du café, du thé ou des colas).Cette proportion est de 62% chez les filles.En tête du palmarès, les jeunes Afro-Américains consomment jusqu'à 120 mg de caféine par jour.Notons qu'un café filtre contient 80 mg de caféine, une tasse de thé ou une canette de cola, 30 mg et une barre de chocolat, 15 mg.Après, on s'étonnera que les ados soient hyperactifs.En baisse La gloutonnerie des EaL I COMPTE FAIT 2000 .C'est le nombre de personnes qui succomberaient chaque année au Québec à la suite d'erreurs médicales ou de maladies nosocomiales, c'est-à-dire celles que l'on contracte à l'hôpital.Cette estimation, très prudente, a été faite par l'Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec.On a beaucoup entendu parler des dégâts causés par la bactérie Clostridium difficile, mais c'est le Staphylococcus aureus qui donne le plus de fil à retordre aux médecins.Ce microbe serait à l'origine de 80% des maladies nosocomiales.Le champ gravitationnel d'une étoile morte est si intense que plus aucune lumière ne peut en sortir.C'est pourquoi ce phénomène a reçu le nom de trou noir.Sa densité est, elle aussi, extraordinaire.Un trou noir d'un milliard de tonnes aurait un rayon à peu près équivalent à celui d'un proton, selon le grand physicien britannique Stephen Hawking.Jusqu'à tout récemment, ce dernier pensait que la force d'attraction des trous noirs était telle qu'ils avalaient tout ce qui se trouvait dans leur champ de gravité: matière, lumière et planètes.Mais le physicien s'est ravisé en constatant que les petits trous noirs, qui diminuent de taille au fil du temps, se désagrègent en particules.Or, après la désagrégation, on peut voir des zones de l'espace qui étaient cachées.Conclusion : le trou noir n'absorbe pas tout.Sinon, on ne verrait rien après lui.Novembre 2004 | Québec Science 11 Branché et dégivré Des trottoirs chauffants qui font fondre la glace en hiver : c’est possible grâce à un nouveau béton.GÉNIE DES MATÉRIAUX ; •lYniUi par Anir.k Rp-rreault-l ahpll Branche et dégivré UES Un grand pas vient d’être franchi pour le piéton des villes ! La mise au point d’un béton « chauffant » permettra peut-être d’en finir avec les périlleux déplacements sur les trottoirs verglacés.Ce matériau qui pourrait changer la vie quotidienne des urbains a été conçu par l’ingénieur James Beaudoin.Il est maintenant commercialisé par l’Institut de recherche en construction (IRC) et la compagnie Ciment Saint-Laurent.L’astuce est la suivante : on insère dans les plaques de béton prédécoupées un système automatisé avec microprocesseur relié à une petite station météorologique.Dès que la température passe sous la barre des 5 °C, la station météo l’indique à l’ordinateur qui déclenche automatiquement le système de chauffage.Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant?Il fallait d’abord trouver un matériau conducteur de chaleur et de courant que l’on puisse intégrer au béton.Ce matériau «chaleureux», c’est le coke, un dérivé du charbon qui perd ses éléments huileux et gazeux quand il est cuit à haute température.« En installant seulement deux fils électriques dans des plaques de béton composées pour trois quarts de particules de coke, on arrive à faire circuler le courant dans l’ensemble du matériau », dit Mark Arnott, ingénieur à l’IRC.Le procédé qui permet cette circulation, c’est la percolation : le courant, qui entre par un des fils électriques, circule d’une particule de coke à l’autre, un peu comme l’eau qui s’infiltre dans la mouture du café.À l’autre bout de la plaque, le courant est récupéré par le second fil.Grâce au coke, un matériau conducteur d'électricité, les villes seront peut-être bientôt équipées de trottoirs dégivrants.Comme l’électricité ne suit pas toujours le même chemin, les miettes de coke s’usent moins vite et le matériau peut durer plus longtemps.C’est là d’ailleurs le principal avantage du béton composé de coke par rapport au béton traditionnel.Car on peut bien sûr électrifier le bon vieux ciment en y faisant passer des fils, mais ceux-ci doivent être posés partout où on veut de la chaleur.Or, l’eau et le sel présents sur les routes en hiver s’infiltrent dans les dalles et corrodent les fils.«Les fils qui passent dans notre béton aussi se corrodent mais, grâce au coke, il y en a 90 % moins ! » dit Peter Tu- midajski, directeur de développement des nouveaux produits chez Ciment Saint-Laurent.e nouveau béton noir comme de l’asphalte peut aussi servir à construire des entrées de garage chauffantes ou des routes.Et ce n’est pas tout.Comme tous les matériaux conducteurs, le coke réfléchit et bloque les ondes radio des réseaux Internet sans fil et des téléphones cellulaires.C’est le principe des radars : les signaux qu’ils émettent rebondissent sur la coque métallique des bateaux ou des avions, puis retournent à leur point d’origine.En construisant, par exemple, des salles de spectacle avec ce béton «anti-ondes», fini les téléphones cellulaires sonnant en plein milieu du Requiem de Mozart.L’entreprise va cependant devoir déployer de grands talents commerciaux pour permettre au produit de trouver preneur.Pour le moment, on compte sur les doigts d’une main les acheteurs d’entrées de garage chauffantes et de bâtiments « anti-ondes ».« Le béton électrique coûte trois fois plus cher que la version traditionnelle, et encore plus si la surface à couvrir a une forme irrégulière », dit Peter Tumidajski.C’est que ce matériau est très compliqué à manufacturer.En fait, sa confection est si délicate qu’il se vend seulement en dalles préfabriquées.« C’est comme un gâteau, dit Peter Tumidajski : l’ordre dans lequel on intègre les ingrédients est important, tout comme la température et le [ temps de cuisson.Le béton conducteur ne sèche pas comme le béton traditionnel et le coke rend plus difficile l’amalgame de l’eau |: et du ciment.» Il faudra donc peut-être attendre plusieurs : années avant que le gâteau lève ! : ¦ - S fficmanii ?par Jean-Pierre RogeL Clone-moi un mammouth Reproduire cet animal éteint depuis des lustres mission impossible ou mission.ridicule ?Dmeisj àkfa Ai u hit-parade des extinctions d’animaux, le mammouth occupe probablement la seconde place, tout juste derrière les dinosaures.Depuis le XVIIIe siècle, ce gros éléphant laineux aux défenses re-ttiltb- courbées a suscité beaucoup de soute métal è.Kaitaj ta- ïllipii)- n,0 avfctej ii-Gfoi?tik® [fi Uiséta I te,Elis d’intérêt chez les savants et a nourri rimagination de nombreux romanciers et peintres.Dans la récente réédition de son livre.Le destin du mammouth (Le Seuil), l’historienne des sciences Claudine Cohen raconte comment ce gros animal s’est installé dans notre conscience collective, et comment il est devenu une star de la paléontologie.Comme il a l’insigne mérite d’avoir cô- id VyUiimic n d i iiidi£iic inclue u dvwii v^cr- , toyé l’homme préhistorique, de 140 000 ans avant notre ère jusqu’après la dernière glaciation, il y a environ 10 000 ans, on lui a assigné différents rôles : ennemi terrifiant, gibier traqué, voire survivant des âges de glace.On a longtemps cru qu’il était un proche parent de l’éléphant, mais il n’en est que le cousin éloigné, situé sur une branche aujourd’hui disparue.Quant à la cause exacte de son extinction, résumons sobrement en disant qu’on n’en sait pas grand-chose.D’un point de vue scientifique, l’intérêt marqué pour le mammouth depuis près de un siècle tient au fait qu’on a exhumé quelques morceaux de carcasses congelées et bien conservées du permafrost de Sibérie.En 1977, on a même trouvé un bébé mammouth de 8 mois tout à fait complet, enfoui depuis 40 000 ans.Ces découvertes ont ainsi permis d’avoir accès à des tissus et à des organes, et pas seulement à des os.Longtemps, cependant, les analyses biologiques de ces tissus mous donnaient des résultats limités.Aujourd’hui, les techniques de biologie moléculaire permettent des investigations beaucoup plus poussées.Les études de l’ADN du ji collagène et de l’albumine des chairs de mammouth ont notamment “contribué à préciser la parenté de la grosse bête laineuse avec les £ éléphants contemporains.y Mais là où les esprits s’échauffent, c’est lorsqu’on évoque le clonage 3 de P ADN de mammouth.Dans un premier temps, il ne s’agit que de g cloner des séquences d’ADN à des fins d’analyse comparative.Déjà, j ce serait apporter la preuve que le matériel génétique peut survivre plus h de 40 000 ans, et ce n’est pas fait.Mais cette possibilité ouvre la porte 1 au fantasme de cloner l’animal entier, suivant la méthode inventée pour © la brebis Dolly.On envisage alors d’insérer l’ADN d’un mammouth dans l’ovule énuclée d’une éléphante.Chiche ! En 1997, un aventurier français du nom de Bernard Buigues a réuni les fonds nécessafres à une expédition inusitée.Le but était d’extraire un mammouth, baptisé Jarkov, du sarcophage de glace où on l’avait trouvé en Sibérie, puis d’en isoler du matériel génétique en bon état et de cloner la bête.À la télé, on vit de spectaculaires images d’un hélicoptère levant un ùnmense bloc de glace de 15 tonnes au-dessus de la toundra.Depuis, plus rien.Silence total sur l’expédition Jarkov.On murmure que tout ce que les biologistes ont pu extraire, ce sont de petits fragments d’ADN, comme leurs collègues avant eux aux prises avec de telles carcasses.Pour résumep jusqu’ici aucune cellule intacte n’a été isolée dans les tissus préservés par le gel des cinq ou six carcasses exploitables.C’est dire que le rêve de clonage s’éloigne à grands pas.Cela n’empêche nullement le biologiste japonais Kasufumi Goto de vouloir continuer à ressusciter le mammouth dans le cadre d’un projet encore plus délirant.Depuis 1990, il propose d’injecter du sperme de mammouth dans l’ovocyte d’une éléphante afin de produire des hybrides.Au bout de quelques générations, Goto pense pouvoir obtenir en série un animal qui tiendrait beaucoup plus du mammouth que de l’éléphant.Bref, des « quasi-mammouths ».Et où pense-t-il les mettre à gambader ?Quelque part en Sibérie ou au Japon.Hélas, pour le moment, ses expéditions en Yakoutie ne lui ont pas permis de rapporter de testicules de mammouth Quant à obtenir du sperme fonctionnel et à réussir à inséminer une éléphante dont l’utérus coudé fait 1,3 m de long (l’insémination entre éléphants est déjà un exploit très rare dans les zoos), cela paraît une gageure invraisemblable.Mais Goto, lui, persiste et signe : « La science existe pour repousser les limites du possible.Un jour, on y arrivera ! » répète-t-il.Bon, moi je veux bien.À la limite, il pourrait avoir raison, sur le plan technique.Mais ressusciter le mammouth, n’est-ce pas un peu ridicule, des fois ?Ridicule - et cruel pour un animal qui serait condamné à être une curiosité touristique, non ?CE En France, le Muséum national d’histoire naturelle présente jusqu’au 10 janvier 2005 l’exposition Au temps des mammouths, au Jardin des plantes de Paris.http://www.mnhn.fr/expo/mammouths/ Novembre 2004 I Québec Science 17 Squelette du Mammuthus primigenius trouvé aux îles Lyakhov.: • Neuropsychologie Caucffl Des bouches béantes d’où s’échappent d’horribles bor-borygmes.Des monstres à deux, trois, quatre têtes, que j’avais déjà rencontrés dans les nuits les plus terrifiantes de mon enfance.Des visages mutilés qui me fixent sans dire un mot.Les images effrayantes se succèdent à un rythme infernal.Un homme en sarrau blanc éclate d’un rire sardonique.Il me poursuit avec un becher contenant un liquide translucide générateur de cauchemars.Impossible de m’enfuir : mes muscles refusent de m’obéir.Je hurle à pleins poumons, puis soudain.J’ouvre les yeux.J’ai le cœur qui bat à une vitesse folle.Une caméra me filme.Une vingtaine d’électrodes sont fixées sur mon crâne, mes oreilles, mon visage, mon torse et mes jambes.Dans la pièce d’à côté, deux chercheurs observent sur un écran les moindres soubresauts de mes neurones en quête de repos.Cette fois, je ne rêve plus : j’ai bel et bien accepté de livrer mon corps à la science, au Laboratoire des rêves et cauchemars de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.«Aïe! je viens de faire un gros cauchemar ! » dis-je, encore sous le choc.Dans un micro, la voix apaisante de mon A la nuit tombée, dans un labo de THopital du Sacré-Cœur à Montréal des hommes et des femmes en sarrau blanc traquent les monstres qui hantent votre sommeil par Marie-Pier Elie Elizaveta Solomonova et Philippe Marin-Stenstrom, chercheurs au Laboratoire des i 18 Québec Science I Novembre 2004 Novembre 2004 I Québec Science 19 Neuropsychologie tortionnaire me rassure : « Merci, Marie-Pier.» Cette voix, c’est celle de Philippe Stenstrom, cueilleur de rêves pour les besoins de ses études qu’il effectue sous la supervision de Toré Nielsen, du département de psychiatrie de l’Université de Montréal.Nielsen connaît probablement les cauchemars mieux que quiconque au Québec.« Comprendre les cauchemars nous permet de mieux connaître le fonctionnement du cerveau.Nos découvertes ont une influence dans tous les domaines de la psychologie : l’apprentissage, la mémoire, les émotions.» Nul n’échappe à ces descentes aux enfers nocturnes qui, contrairement aux idées reçues, ne génèrent pas que de la frayeur.« Dans 25 % des cas, l’émotion prédominante d’un cauchemar n’est pas la peur, mais la tristesse, la colère, le dégoût, la honte, la culpabilité.Dès qu’il y a une émotion négative suffisamment intense pour réveiller le dormeur, on parle bel et bien de cauchemar », explique Antonio Éveil, la journaliste est au repos.ülHlBllBIk'l 1•>• par Philippe Desrosiers Son de bois Le bois est reconnu depuis toujours pour ses qualités sonores.La compagnie JVC a décidé d’utiliser ces propriétés dans la fabrication d'une enceinte acoustique.Le cône du haut-parleur EX-AÏ est fait de bois de bouleau trempé dans du saké (un vin de riz) pour lui donner plus de souplesse.Le résultat : un son d’une richesse incomparable et une très large fréquence d’harmoniques.La paire de haut-parleurs, avec un lecteur DVD, coûte environ 600$.www.jvc.com/ Rêve sur mesure Les cauchemars et autres rêves importuns seront bientôt chose du passé s’il faut en croire le fabricant japonais Takara qui s’apprête à mettre sur le marché le Yumemi Kobo (machine à rêves).Grâce à cet appareil, chacun peut désormais choisir le rêve qu’il désire.Pour cela, l’utilisateur attache à la machine une photo de l’objet de ses rêves.Ensuite, il enregistre sa voix, se racontant l’histoire qu’il souhaite vivre en dormant.Pendant le sommeil, le Yumemi Kobo détecte la phase de mouvement oculaire rapide qui caractérise les périodes de rêve.La machine diffuse ensuite le texte préenregistré, accompagné d’une musique douce, de lumière tamisée et d’odeurs agréables.Les tests effectués sur des employés de la compagnie Takara donnent des résultats mitigés, mais plusieurs des cobayes ont rapporté pouvoir contrôler le contenu de leurs rêves.Le prix sera fixé à près de 200 $.La machine peut aussi faire office de réveille-matin.www.takaratoys.co.jp/ 48 Québec Science I Novembre 2004 03 - E; Jeu de vilains On connaissait la roulette russe, ce «jeu extrême» qui consiste à placer sur sa tempe un revolver chargé d’une seule | balle.et à appuyer sur la détente.Les nostalgiques seront heureux d’apprendre qu’une toute nouvelle version vient d’être inventée.La Shocking Roulette cherche à reproduire cette expérience pour le moins hors du commun.Il s’agit d’une roulette de plastique munie de quatre orifices où chaque participant enfonce un doigt.Un des joueurs reçoit alors un choc électrique! Juste avant le moment fatidique, un concert de bruits électroniques, accompagné de flashs lumineux, contribue à faire monter d’un cran la tension.La roulette, avec laquelle on peut s’amuser pour la modeste somme de 30 $, n’est pas recommandée pour les personnes épileptiques ou celles qui portent un stimulateur cardiaque.À moins, évidemment, de vouloir imiter à la lettre l’expérience originelle.www.boardgamegeek.com/ .-jT'OCklnp Q.1 ;o 'Outett© MODDOOfiKH Port folio Sourire des abysses Quelle tête ! Ce poisson a été capturé par des scientifiques qui étudient les écosystèmes de la dorsale médio-atlantique, une chaîne de montagnes sous-marines de l'Atlantique Nord.Près de 300 espèces de poissons et pas moins de 50 espèces de calmars ont été pris dans les filets des chercheurs.La savante « partie de pêche » à laquelle ils se sont livrés dans le cadre de l'expédition MAR-ECO s'inscrit dans un vaste projet d'identification de la faune des profondeurs.Au moment de mettre sous presse, notre spécimen n'avait pas encore reçu de nom.Manque d'inspiration ?Novembre 2004 Québec Science 49 UWE PIATKOWSKI/MAR-ECO par Serge Bouchard et Bernard Arcand Les couleurs du savoir La vie na pas à être terne.Il suffit de débaucher la matière grise en lui ajoutant des teintes éclatantes.Bernard Arcand : Le ciel est bleu, le sable blond, le peureux est blanc comme un drap, le malade verdit, la colère est noire, les petits poissons sont rouges, mais la science repose sur une matière qui est grise.La couleur de la poussière de pierre.C’est peut-être pour cela que certains en parlent parfois comme d’un minerai et affirment qu’il s’agit désormais de notre plus importante ressource naturelle.Mais pourquoi grise ?Bien sûr, parce que cela correspond, grossièrement, à la couleur de la partie la plus active du cerveau, mais ce n’est pas la seule interprétation.Les recherches en astronomie nous ont récemment appris qu’on avait réussi à déterminer la couleur de l’Univers et que cet univers est beige.Beige ! Surprise et déception : on aurait probablement beaucoup de mal à dénicher une teinte plus terne ou insipide.Le beige n’a jamais su inspirer les grands peintres et il n’apparaît dans aucun poème connu.Imaginez un drapeau patriotique beige, un bouquet de fleurs beiges ou une équipe sportive au maillot beige.Autrement dit, la science nous apprend que notre monde, vu de loin, n’est pas très brillant et n’a rien pour se faire remarquer.Il ressemble plutôt à un triste corridor d’institution scolaire, hospitahère ou carcérale.Et tout cela a été découvert par des chercheurs qui utilisaient leur matière grise.Comme si, à la fois l’Univers et la science qui cherche à le comprendre, appréciaient peu les couleurs vives et les tons pastel.Le réel serait donc un mélange de beige et de gris.Alors louons le génie de l’être humain qui sait résister à cette monotonie fondamentale en inventant des mondes plus artificiels, mais tellement plus colorés et flamboyants.Peignons des tournesols et allumons des feux d’artifice.La vie n’a pas à être terne.Il suffit de débaucher la matière grise en lui ajoutant une touche de couleur.Serge Bouchard : Quand la matière est grise, cela s’appelle de la « jamigoine », ce qui est une sorte de couche de latex autour des bosses du cerveau, siège d’opérations mentales comme l’addition, la soustraction ou la multiplication; bref, le calcul.La pétrification de cette fine couche entraîne des troubles néphrétiques, puisque la matière grise se transforme alors en gravier qui va se loger dans les reins.Ce sont les fameux calculs rénaux.Tout cela nous rapproche de la bile, des calculs biliaires et autres dérèglements dits douteux parce que causés par le doute.Ce n’est pas encore la goutte, maladie douloureuse qui s’apparente à une fuite, goutte à goutte, de la matière grise dans les pattes.La matière grise peut aussi chauffer et surchauffer.On se brûle alors les méninges jusqu’à évaporation et dispersion dans l’air.À l’inverse, la matière grise peut geler, ce qui entraîne la production d’idées fixes et d’opinions toutes faites.La matière grise est donc un mystérieux lubrifiant qui facilite la circulation des idées, des hypothèses et des intuitions.Elle est blanche, noire, rouge sang, bleu ciel, matière et antimatière, spirituelle, intemporelle, source de nos plus grandes illuminations et de nos plus grandes idées noires.Quel est ce cerveau qui essaie de comprendre le cerveau avec lequel il pense ?Et la couleur grise de la matière serait-elle la couleur de sa dématérialisation ?Un esprit qui flotte, une pensée qui s’écoule ?Entre la lumière vive d’une étoile explosée et la grave obscurité d’un trou noir ?Mystère et boule de gomme.La matière grise aime le potassium, l’hélium, l’oxygène, les drogues douces et le rhum.Sous l’action de l’alcool, elle se liquéfie jusqu’à se mêler au sang, ce qui donne des idées au corps, comme cela s’observe chez les lubriques et les soûlons.D’ailleurs, la matière grise, comme on sait.Qg 50 Québec Science j Novembre 2004 ¦ Canon BSil rXHr/iiW.'.v.ft IMPRIMANTES PHOTO IMPRIMANTES PHOTO TOUT-EN-UN : 1 La forme des choses à venir.f PIXMA Canon lance une technologie révolutionnaire qui donne des résultats extraordinaires.Déchiffrez l'ADN des remarquables imprimantes photo et tout-en-un PIXMA de Canon pour découvrir les éléments ci-dessous: Souplesse incroyable - Impression automatique des deux côtés, chargement avant et supérieur du papier et alimentation continue pour que la PIXMA soit toujours à la hauteur.La PIXMA facilite l'impression des deux côtés de photos couleur.Fiabilité unique - Vous pouvez vous fier à l'expertise et aux connaissances de Canon, chef de file en matière de solutions de traitement de documents et d'images pour le monde des affaires.Qualité d'image supérieure - Le savoir-faire de Canon en matière d'optique pour appareils photo numériques de qualité supérieure garantit des images superbes à tout coup.PIXMA - Des imprimantes aussi belles que puissantes.• ••• TFINE Impression des B m Technologie de buses d'impression de densité supérieure brevetée de Canon Une fonction intégrée à de nombreux nouveaux modèles d'imprimantes PIXMA demandant moins de passes sur le papier et procurant de meilleures couleurs, facilitant l'impression des deux côtés de la page.Il suffit de charger le papier; Résultat : une impression d'une qualité surprenante, rapide comme jamais.l'imprimante le tire automatiquement pour imprimer l'autre côté de la page.VISITEZ LE CENTRE DE PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE CANON www.canon.ca/photographienumerique Canon SAVOIR FAIRE" Canon et Canon Savoir-faire sont des marques déposées de Canon Int.et PIXMA est une marque de commerce de Canon Inc.Les images imprimées sont simulées.Appareil photo numérique vendu séparément.SÉ AU PAYS DES GEANTS QUAND LE PROFESSEUR JACQUES BEAUVAIS A FONDÉ LE PREMIER LABORATOIRE DE NANO-LITHOGRAPHIE AU CANADA ILY A 10 ANS, IL SE DOUTAIT BIEN QUE SES TRAVAUX LE MÈNERAIENT INFINIMENT LOIN.DE LÀ À CRÉER LE NOUVEAU STANDARD MONDIAL DE LA FABRICATION DES SEMI-CONDUCTEURS, IL N'Y AVAIT QU'UN PAS.QU'IL S'APPRÊTE À FRANCHIR.Dans les laboratoires de Quantiscript à l'Université de Sherbrooke, lui et ses partenaires Éric Lavallée et Dominique Drouin cherchent à réduire le plus possible les tracés conducteurs de courant dans les puces.Ils ont déjà réussi à concevoir un tracé de 30 nanomètres, trois fois plus petit que la norme actuelle.Au pays des géants Sony, Intel et Motorola, plus c'est petit, plus les impacts sont colossaux.Déjà considérée comme un symbole de l'économie du haut savoir en Estrie, Quantiscript pourrait bien, d'ici peu de temps, transformer radicalement notre quotidien technologique et porter aux nues nos trois ingénieurs.Toute l'industrie les surveille de près.Les nanotechnologies à l'Université de Sherbrooke, c'est aussi : ?une trentaine de professeurs dont 7 titulaires de chaires ?une infrastructure centrale (salles propres et salles blanches) continuellement en développement ?des partenariats de transfert technologique à la fine pointe ?un réseau de collaborations en plein essor aux niveaux provincial, national et international A L'audace porte fruit UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE www.USherbrooke.ca/audace/nano
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