Québec science, 1 janvier 2004, Décembre-Janvier 2005
6 tm il BNQ Décembre 2004 ~ Janvier 2005 Arctique 1 e fascinant album de photos u Sedna IV, mais aussi des reuves inquiétantes de la étérioration du Nord ANTÉ es itinérants naïades de la rue I0ËL Jos sapins Garment es Américains /"n / ufSk THE 3ZH 30 les-J; uoy >!OH enj ^LZZ Z\t IfiSe-] i-odaa neajng (y> 3aqanQ ai«uot^.éM anbaq^otiqTg 9 IZ LLLZ-\ 9SÏ -lZàTOÔOOÔO trZOSOy iiSt-900frdd •tf.Notre sélection de jouets scientifiques pour Noël /il lo^ 1 ^ I Envoi de poste n° 40064577- publications -Enregistrement n° 08024.525.rue Louis-Pasteur.| Boucherville.Québec, Canada J4B 8E7 | www.cybersciences.com 06538563761601 MORDEZ DANS LA VIE PAR U-HAUL INSPIREE PAR NASCAR LA TOUTE NOUVELLE DODGE MAGNUM RT.IMPRESSIONNANTE À TOUT POINT DE VUE Voici la toute nouvelle Dodge Magnum RT 2005.Ressentez la puissance de son moteur V8 HEMIMD de 340 chevaux en plus de sa performance et de sa tenue de route de classe mondiale.Soulevez son hayon de conception unique et vous découvrirez plus d’espace de rangement et un confort que vous n’auriez jamais cru possible.La Dodge Magnum.Parfaite à tout point de vue.La toute nouvelle Dodge Magnum à partir de 27 995 $.* Visitez odge.ca ou composez le 800 361 -3700 * PDSF pour la Dodge Magnum SE 2005 à partir de 27 995 $.PDSF pour la Dodge Magnum RT telle qu’illustrée à partir de 37 595 $.Transport (1200 $).équipement en option, assurance, frais d’inscription au Registre, immatriculation, taxes et frais d’administration des concessionnaires en sus.Le concessionnaire peut vendre à prix moindre.® NASCAR est une marque déposée de National Association for Stock Car Auto Racing, Inc.® U-Haul est une marque déposée de U-Haul International, Inc. DÉCEMBRE 2004 - JANVIER 2005, VOLUME 43, NUMÉRO 4 www.cybersciences.com l’événement Exploration 6 Nos beaux sapins Les arbres de Noël produits au Québec ont la cote.Même les Américains se les arrachent, par Catherine Dubé 14 Terres fragiles Le voilier québécois Sedna IVa sillonné lArctique pendant cinq mois.Il en a rapporté des images fascinantes, mais aussi des preuves inquiétantes de la détérioration de cette vaste contrée blanche.par Jean Lemire Médecine 22 Malades de la rue Exposés aux rigueurs de l'hiver et à de multiples virus, souvent affaiblis par la drogue ou l'alcool, les itinérants sont mal en point.En plus, l'accès aux soins n'est pas facile.par Pascale Millot 33 Brillants cadeaux Nos journalistes ont couru les boutiques à la recherche des plus beaux cadeaux de Noël scientifiques.Voici leur sélection.par Catherine Dubé et Philippe Mercure Perplexité chronique 9 Je doute donc je suis par Brigitte Gemme INNOVATION 11 Un chantier océanique à Montréal Masquer les bruits des chantiers de construction par le son des vagues?Ça marche.par Marie-Eve Cousineau Astronomie PLANETE ADN 13 Du vin génétiquement modifié?Balbutiante, ta génomique du raisin risque d'engendrer une révolution dans le monde viticole.par Jean-Pierre Rogel 40 Des nouvelles de l’espace Arpenter Mars, découvrir des planètes extrasolaires, ramasser des cheveux de comète et de la poussière du Soleil, voici six des fascinants défis de l'astronomie moderne par Joël Leblanc Bien vu! 50 Chaud le progrès! Notre société volatile et tempétueuse est-elle prête à s'arrêter pour enrayer le réchauffement de la planète?par Bernard Arcand et Serge Bouchard 47 Jeux par Jean-Marie Labrie techno~pratique Science culture 46 Le savoir se livre Un bon fauteuil, de bons livres.Et des milliers de pages pour ne pas passer le temps des fêtes idiot.par Mélanie Saint-Hilaire 48 Aujourd hui le futur par Philippe Desrosiers Portfolio 49 Docteur Clown Billet »»par Raymond Lemieux Regardez bien cette photo que nous a fournie le cinéaste et biologiste Jean Lemire.Avec son chef d’expédition, Geoff Green, il est surpris de constater, lors de sa récente mission arctique à bord du Sedna IV, que ses pieds s’enfoncent dans de la boue.De mémoire d’Inuit, le sol du Grand Nord a pourtant toujours été gelé.Anodin ?Pas vraiment, car voilà un des signes très concrets des changements climatiques.Dans l’Arctique, on s’en doute bien, il n’y a ni automobile ni industrie polluante.Pourtant, cette terre fragile écope, peut être plus que n’importe quel autre endroit de la planète.L’image a quelque chose d’effrayant, car elle nous renvoie à notre impuissance, nous rappelant à quel point nous nous enlisons.L’avenir de l’Arctique remet en question le système sur lequel repose la prospérité de nombreux pays, celui d’une économie assise sur ses barils de pétrole.L’opium de la planète.On n’apprend rien aux lecteurs de Québec Science ni à ceux et celles qui suivent les débats sur l’avenir énergétique : ce pétrole, carburant fossile, génère des tonnes de gaz à effet de serre au point d’avoir sérieusement modifié la composition de l’atmosphère.Au point même de bousiller pour de bon notre climat.L’entrée en vigueur imminente du fameux Protocole de Kyoto, ce traité qui force les États à ramener leurs émissions de gaz à effet de serre - donc leur consommation de carburant fossile - à ce qu’ils étaient il y a 12 ans, aurait certes pu nous permettre de voir plus vert.Sauf qu’il aurait peut-être fallu l’assortir d’une cure de désintoxication générale pour aider l’économie à se passer du pétrole.La gourmandise grandissante de la Chine et la consommation toujours aussi importante de l’Amérique ne font qu’aggraver la situation.Nous avons besoin de pétrole pour tellement de choses : le chauffage, les routes, les plastiques, etc.Bref, on est encore loin de pouvoir s’en passer.Et le comble, c’est que l’augmentation du prix de l’or noir (qui a triplé en trois ans) nous éloigne encore plus d’un monde sans pétrole.En effet, l’extraction du pétrole des sables bitumineux ou - peut-être - du golfe du Saint-Laurent est en train de devenir rentable, ce qui semblait impensable à l’époque où on pouvait l’acheter pour une bouchée de pain.Autrement dit, plus le pétrole est cher, moins il est rare.Tout serait fantastique si ce carburant était inoffensif, mais.Alors que l’atmosphère accuse un taux de gaz carbonique jamais atteint depuis 420 000 ans, la planète étouffe.Vite un vrai plan vert pour nous affranchir du pétrole ! Y a -t-il un prix Nobel d’économie qui pourrait s’y mettre ?4 Québec Science I Décembre 2004-Janvier 2005 ISdence Rédacteur en chef Raymond Lemieux rlemieux@quebecscience.qc.ca Rédactrice en chef adjointe Pascale Millot p.miltot@quebecscience.qc.ca Équipe de rédaction et collaborateurs Bernard Arcand, Serge Bouchard, Marie-Eve Cousineau, Philippe Desrosiers, Catherine Dubé, Brigitte Gemme, Jean-Marie Labrie, Joël Leblanc, Jean Lemire, Isabelle Masingue, Philippe Mercure, Jean-Pierre Rogel et Mélanie Saint-Hilaire Correcteur Luc Asselin Directeur artistique François Émond Photographes/illustrateurs Patrice Bériault, Arsenio Corôa, Frefon, Jean-François Leblanc, Sylvain Majeau Directeur exécutif Marc Côté Adjointe administrative Nicole Lévesque PUBLICITÉ LOCALE ET NATIONALE : Siège social à Montréal Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 Secteur public/institutionnel: Ginette Labarre poste 26 cmartin@quebecscience.qc.ca Secteur privé/corporatif : Claire Breton poste 29 cbreton@quebecscience.qc.ca SITES INTERNET www.cybersciences.com Responsable: Isabelle Cuchet icuchet@cybersciences.com www.cybersciences-junior.org Responsable: Marie-Pier Eiie mpeUe@cybersciences.com Abonnements (taxes incluses) Au Canada : 1 an = 43,45 $, 2 ans = 74,85 $.3 ans = 103,95$.À l’étranger : 1 an = 54 $, 2 ans = 95 $, 3 ans = 139 $.Pour abonnement et changement d'adresse Tél.: 1514)875-4444 Télec.: (514) 523-4444 Québec Science, Service des abonnements 525, rue Louis-Pasteur, Boucherville (Québec) J4B 8E7 Abonnement par Internet www.cybersciences.com/abonnement Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de : Rowecom France, rue de la Prairie, Villebon sur Yvette, 91763, Palaiseau cedex, France Pelliculage électronique et impression : Interweb 11 Distribution en kiosques : Les Messageries Benjamin Distribution Canada hors Québec, États-Unis : LMPI : Pli i Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Premier trimestre 2004, ISSN-0021-6127 Répertorié dans Repère et dans l'Index des périodiques canadiens.© Copyright 2004 - La Revue Québec Science.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.Le magazine sert avant tout un public qui recherche une information libre et de qualité en matière de sciences et de technologies.L'éditeur n'est pas lié à quelques exigences publicitaires.Les journalistes de Québec Science sont tenus de respecter le guide de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Québec Science, magazine à but non lucratif, est publié 10 fois l'an par la revue Québec Science.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les manuscrits soumis à Québec Science ne sont pas retournés.Les titres, sous-titres, textes de présentabon et rubriques non signés sont attribuables à la rédaction.Le contenu de ce magazine est produit sur serveur vocal par l'Audiothèque pour les personnes handicapées de l'imprimé.Téléphone : Québec (418) 627-8882, Montréal (514) 393-0103 Développement économique et régional Québec SS Canada Québec Science est supporté par le Cegep de Jonquière et reçoit l'aide financière du ministère du Développement économique et régional.Nous reconnaissons l'aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d'envoi postal et nos coûts rédactionnels par l'entremise du Programme d'aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Membre de : The Audit Bureau of Circulations B P M La Revue Québec Science 4388, rue Saint-Denis, bureau 300 Montréal (Québec) H2J 2L1 Tél.: (514) 843-6888 Téléc.: (514) 843-4897 courrier® QuebecScience.qc.caMA CEGEP de Jonquière ¦:k» Plus de 3000 photographies à couper le souffle [AFRIQUE l'ül FORETS Terre LE livres eu curoiv LE livres à offrir 79,95$ Format: 260 x 312 mm 512 pages couleurs BIODOME DE MONTRÉAL S Science www.erpi.com/documentaire En librairie dès le 3 novembre SYLVAIN MAJEAU L-i I L-3 "M su ¦, «i - ' -'-'jl fi'u1 *•¦ jiti.' lu-' Nos beaux sapins Les arbres de Noël produits au Québec ont la cote.Même les Américains se les arrachent.Pour être tendance, mieux vaut remiser son sapin de Noël synthétique.Près de 40 % des Québécois optent maintenant pour le sapin naturel, ne trouvant plus aucun charme à l’arbre en plastique de « matante » .En une douzaine d’années, le nombre de sapins récoltés au Québec pour les fêtes de fin d’année a presque doublé.Aujourd’hui, cette production occupe près de 11 000 hectares.Le souci environnemental compte probablement pour beaucoup dans cet engouement.« Un sapin synthétique est fabriqué à partir de sous-produits du pétrole, explique l’agronome André Pettigrew, conseiller technique au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.Après cinq ou six ans d’utilisation, il finit au dépotoir où il met des centaines d’années à se dégrader, en risquant d’émettre des composés toxiques.» Après leur court séjour dans nos salons, les arbres naturels peuvent pour leur part commencer leur seconde vie.Plusieurs municipalités ont mis sur pied des programmes de ramassage des arbres après les fêtes.Réduits en copeaux, ils deviennent du compost ou du paillis pour le jardinage.Soucieux, comme bien des entrepreneurs agricoles, de réduire la quantité de pesticides, les producteurs de sapins de Noël ont radicalement modifié leurs pratiques au cours des 15 dernières années.Auparavant, dès qu’on apercevait le bout d’une patte de puceron, on traitait toute la plantation à grand renfort de produits chimiques.Aujourd’hui, grâce aux travaux du biolo- iifhi 11® Hïtaii ïmQ IKIM| HH1H K, au ri rïM Pttpi i sprei Uafaitd Hlïti T'- giste Conrad Cloutier, de l’Université Laval, et d’André Pettigrew, qui ont étudié les cycles de reproduction du puceron de la pousse du sapin et de la cécydomie, les deux principaux insectes s’attaquant à ce résineux, on sait que la nature est souvent en mesure de régler le problème elle-même.Ces insectes ont en effet des prédateurs naturels qui peuvent venir à bout des in- a festations.Et on est capable de reconnaître I les indices qui annoncent qu’une popula-.,1 tion d’insectes est en voie de devenir hors i de contrôle.Quand ces signes apparaissent, | d il est temps de traiter les arbres, en se limi- 1 tant le plus souvent à ceux qui seront ré- I coïtés durant l’année en cours ou les sui- »li vantes.Rien ne sert de traiter un arbre a pas encore mature.Même si ses jeunes 1 aiguilles sont dévorées par des insectes) i 6 Québec Science I Décembre 2004-Janvier 2005 ENVIRONNEMENT par Catherine Dubé Il faut 14 ans avant qu’un sapin cultivé atteigne les 2 m d’un arbre de Noël respectable.ravageurs, il a amplement le temps d’en refaire d’autres avant d’être récolté.Mieux encore, les chercheurs tentent de mettre au point des savons biologiques efficaces.Quelques rares producteurs expérimentent pour leur paît des méthodes de traitement non dommageables pour la nature, au risque de perdre une partie de leurs récoltes.Ce qui serait bien ennuyeux, car les sapins québécois ont la cote.Même les Américains en raffolent.Sur les deux millions d’arbres coupés chaque année au Québec pour la fête de Noël, les trois quarts prennent le chemin des Etats-Unis ! Cela fait du Québec la plus importante province exportatrice de sapins du Canada.Cultivés dans un climat plus froid, nos arbres sont plus résistants que ceux produits de l’autre côté de la frontière et gardent leurs aiguilles plus longtemps.Les acheteurs états-uniens en sont si friands qu’on pourrait en exporter encore plus.Mais pour répondre à la demande, il aurait fallu prévoir le coup.il y a 14 ans.C’est en effet le temps que met un sapin cultivé pour atteindre les 2 m d’un arbre de Noël respectable : quatre ans en pépinière et une bonne dizaine dans le champ.Deux fois plus que dans la nature, car les producteurs les taillent tous les ans pour leur donner une forme conique et des branches bien fomnies.Pour satisfaire les besoins de nos voisins du sud, pourquoi ne pas puiser dans nos forêts sauvages ?D’une part, parce que même si les « sauvageons » ont leurs inconditionnels, l’arbre cultivé plaît davantage sur le plan esthétique.D’autre part, parce que ni les consommateurs ni les producteurs ne veulent dépeupler les forêts.Pour séduire les clients des Etats-Unis, les quelque 300 producteurs québécois ont commencé il y a quelques années à planter des arbres de variété Fraser, celle que les Américains ont l’habitude de voir dans leurs propres sapinières.Ses aiguilles présentent de jolis reflets bleutés et une fois coupé, le sapin Fraser les garde plus longtemps que le roi de nos forêts, le sapin baumier.« Mais le Fraser n’a pas l’odeur caractéristique du sapin baumier », soufigne le président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec, Fernand Plante.On hume facilement la différence en se promenant dans ses champs, à Bonsecours en Es-trie où se trouvent 85 % des producteurs de sapins de la province.Autre désavantage du Fraser par rapport au bon vieux sapin québécois: sa culture n’est pas de tout repos.Ce type d’arbre résiste moins bien aux maladies; il nécessite un sol sec, parce que ses racines ont davantage tendance à pourrir.En outre, il se fait grignoter par les cerfs de Virginie, qui semblent beaucoup apprécier son goût et son odeur.Mais surtout, il a une fâcheuse tendance à produire des cocottes quand l’hiver est trop froid.Une réaction normale pour un résineux : quand le temps est glacial, il cherche à se reproduire et fabrique des cocottes qui font office d’organes reproducteurs.Certains hivers particulièrement frisquets, les sapins Fraser (qui n’ont pas l’habitude de nos -25 °C), sont décorés de cocottes avant même d’être coupés ! Deux cents cocottes par arbre, c’est bien joli, mais cela ne fait pas l’affaire des produc- teurs, car l’énergie qui devrait être consacrée à la croissance de l’arbre est détournée au profit de la maturation de ces organes reproducteurs.Il faut alors cueillir les cocottes.à la main, un arbre à la fois ! Quand on sait qu’une plantation moyenne compte 100 000 arbres, il faut s’y prendre à l’avance pour être sûr d’être prêt pour Noël.05 ICI! se trouve r LA DÉCOUVERTE ’une minuscule cellule LES PLUS GRANDES POSSIBILITES À partir de cellules microscopiques, la séquence de l'ADN du génome humain a été identifiée.Les scientifiques s'intéressent désormais aux interactions, aux modes d'expression ainsi qu'aux comportements biochimiques des gènes.Génome Québec est un organisme d’investissements à but non lucratif créé pour stimuler ces initiatives de recherche au Québec.L'organisme vise à rassembler des chercheurs en génomique de santé, d’agriculture, de foresterie et de pêche.Les découvertes qui découlent de ces projets mèneront un jour à des traitements médicaux révolutionnaires, des procédés industriels non polluants, des percées dans le domaine agroalimentaire et bien plus.GenomeQuébec L'avenir www.genomequebec.com commence maintenant Décembre 2004-Janvier 2005 I Québec Science 7 FREFON particules Collaborations : Isabelle Masingue, Joël Leblanc, Philippe Mercure Pascale Mi Ilot.00 ^ Les rats à la rescousse Un rat, c’est petit, ça se faufile partout et ça possède un excellent odorat.Toutes les qualités nécessaires pour s’insinuer dans les décombres d’un édifice effondré afin d’y trouver des survivants.Des chercheurs de l’université de la Floride ont entraîné les rongeurs à se diriger spontanément vers les humains lorsqu’ils en perçoivent l’odeur.On implante des électrodes dans le cerveau du rat secouriste, particulièrement dans la zone responsable de l’analyse des odeurs.Ces électrodes sont reliées à un petit appareil attaché au dos de l’animal, qui émet des signaux permettant aux secouristes de savoir à quel moment le rongeur a commencé à sentir un survivant.Quand le rat a retrouvé le blessé, les secours peuvent le localiser précisément et commencer à fouiller.Il ne reste qu’à souhaiter que le rescapé ne meure pas de peur en voyant arriver le rongeur qui vient lui sauver la vie ! Gastronomie spatiale Recycler l’urine, les excréments et le gaz carbonique générés par les astronautes pour faire pousser des plantes ?Selon les chercheurs de l’Agence spatiale européenne, il pourrait s’agir de la nouvelle façon de nourrir les explorateurs interplanétaires.Pour l’instant, ceux qui partent en mission en orbite autour de la Terre doivent apporter avec eux toute leur nourriture sous forme déshydratée.Mais pour les voyages vers Mars, traîner un tel bagage est impensable : une mission vers la planète CMË COMPTE FAIT C'est la probabilité qu'un nouveau big-bang survienne dans votre cuisine un bon matin.Il y a plus de 14 milliards d'années, le big-bang a donné naissance à notre Univers.Selon les astrophysiciens, l'événement pourrait se reproduire n'importe où, n'importe quand.Mais pas la peine de s'alarmer : la probabilité qu'il survienne chez vous est tellement faible qu'il s'agit du plus petit nombre de toute l'histoire de la physique! ï En hausse Le pouvoir de l’esprit Vous rêvez de passer l'aspirateur par la seule force de votre esprit, confortablement assis dans un sofa?Ce n'est peut-être pas pour demain, mais un pas dans cette direction a été franchi récemment alors qu'un homme a réussi à consulter ses courriels et à jouer à des jeux vidéo par la pensée.L'homme quadraplégique s'est fait implanter un senseui de la grosseur d'une pilule à l'intérieur du crâne, dans le cortex moteur.Le BrainGate mesure et interprète les signaux du cerveau e les traduit en instructions décodables par un ordinateur.À l'heure actuelle, plusieurs personnes paralysées peuvent contrôler un ordinateur par les yeux ou la langue, mais la technique est contraignante et demande beaucoup d'entraînement.Avec le BrainGate, le patient peut allumer ou éteindre un téléviseur, tout en marchant et en bougeant la tête.On espère que les personnes à mobilité réduite pourront un jour rédiger des courriels, répondre au téléphone ou diriger une chaise roulante par la pensée.- ¦ ¦ ¦ .le h lu i' ¦ prd Skaï .BMI plssoni En baisse Le temps de détection des bactéries Nom de code: Escherichia coU 0157: H7.Une seule de ces bactéries dans un hamburger mal cuit peut entraîner bien des problèmes dt santé et même la mort.Pour détecter la bactérie, on utilise des marqueurs qui deviennent fluorescents à son contact.Mais il faut une grande quantité de bactéries pour que les marqueurs réagissent clairement, et les tests durent plus d'une journée.Des chercheurs de l'université de la Floride ont eu l'idée d'enfermer des milliers de ces marqueurs dans une nanoparticule de silice de 60 nanomètres de longueur.On attache ensuite les nanoparticules à des anticorps, puis on lâche le tout dans un échantillon de bœuf haché.Les anticorps détectent les bactéries dangereuses et leur greffent les nanoparticules.Les milliers de marqueurs réagissent tout de suite en émettant un fort signal fluorescent, preuve que quelque chose cloche.La nouvelle technique permet de détecter une seule bactérie dans un échantillon de bœuf en moins de 20 minutes.Bien que le test ait été développé pour E.Col les chercheurs espèrent identifier plusieurs types de bactéries à la fois à l'aide de marqueurs de différentes couleurs.Belli v I Ne te '«lit; kft 71% Ni Décembre 2004 8 Quebec Science -Janvier 2005 ilïlSIffl !m| Éma itefim ÉltS ill itajs 3iBSi Ijjl.lk jljËüi ÿli B fi » ifïll^i pjipjÉ ftfkïii f0* mils rouge devrait durer au moins 24 mois.À ce jour, les chercheurs ont tenté la technique sur du blé, des tomates, des pommes de terre, du soya, du riz, des épinards, des oignons et de la laitue.D’autres céréales et légumes pourraient bientôt être soumis à des essais.Les chercheurs travaillent également à mettre au point des recettes qui pourront être élaborées avec les quelques ingrédients susceptibles d’être produits dans l’espace.Les repas devront être nutritifs, simples à préparer et.bons au goût pour garder le moral des troupes.Le mystère de la morue arctique résolu C’était à n’y rien comprendre.Dans l’Arctique, les chercheurs constataient que les estomacs des phoques et autres prédateurs étaient bien remplis de morues, alors que, dans l’océan, les poissons se faisaient rares.« Nous amions dû trouver 30 fois plus de morues dans l’océan », explique Louis Fortier, le biologiste responsable de l’expédition de Y Amundsen, un brise-glace canadien consacré à la recherche, qui revient d’un séjour de 13 mois dans l’Arctique.D’où proviennent tous ces poissons que les animaux ingurgitent ?Les scientifiques ont finalement trouvé la clé de l’énigme.à 230 m sous la glace, où les sondes de Y Amundsen ont détecté des bancs de morues bien compacts.« Les couches sont si denses que les appareils s’affolent et les confondent avec les fonds marins » déclare le biologiste.tm des sciences .es mathématiques : )rame ou passion ?Animé par Marc Bergeron L'apprentissage des mathématiques qui semble un mal nécessaire est un jeu de l’esprit fascinant pour d’autres.Qu’est-ce qui fait la différence ?Tournures d'esprit, blocages, stratégies pédagogiques ?La réussite dans les cours de mathématiques demeure pourtant une condition indispensable à l’admission dans de nombreux programmes techniques ou universitaires.Un débat qui interpelle les étudiants, les professeurs, les parents.Entre autres invités : Jean-Marie DeKoninck, professeur de mathématiques à l'Université Laval, Pierre Duchet, mathématicien, chercheur au CNEG, fondateur de Maths en Jeans, Diane Gauthier, professeur de didactique des mathématiques à l’UOAC À Jonquière, l'événement a lieu le 7 décembre de 17h00 à 19h00 au Pub la Voie Maltée, 2509 rue Saint-Dominique ->Réservez une place auprès de Lise Richard au (418) 547-2191 poste 222 Organisé par l'équipe de Québec Science en collaboration avec le Consulat général de France à Québec Soif de savoir ?Consultez bardessciences.qc.ca Perplexité 1 chronique »»par Brigitte Gemme Je doute, donc je suis J’ai toujours cru naïvement que des études me permettraient de répondre aux questions que je me posais.Comment expliquer le miracle quotidien de la vie ?Comment trouver un sens aux graves injustices ?Comment comprendre la manière par laquelle, ensemble sur Terre, nous avançons ou nous reculons ?Quel est le sens exact de la vie ?Des questions ordinaires, en somme.Certains se les posent en cherchant dans le domaine de la politique ou de la spiritualité, d’auttes en contemplant la nature.Moi, c’est avec la science.Comment devient-on scientifique ?Comment contribue-t-on au progrès de la connaissance ?Comment est-il possible de travailler collectivement à créer des savoirs et à les mettre en pratique au quotidien ?Chacun sa quête, celle de la science est la mienne.Mais voilà, au lieu de trouver des réponses, j’ai découvert des centaines, des milhers de questions que je n’avais même pas imaginées, fl y a bien des moments, évanescents, où j’ai l’impression d’avoir mis le doigt sur mie parcelle de vérité.Vite, le mirage s’enfuit : loin d’avoir réglé mon problème une fois pour toutes, en creusant -j’aurais dû y penser -, je me suis retrouvée plus empêtrée.Même le fonctionnement du monde des chercheurs est une source inépuisable de questions.Certains veulent devenir scientifiques mais sans y parvenir; pourquoi ?Les résultats d’un scientifique dont les expériences sont irréprochables sont parfois niés en bloc par ses collègues; comment est-ce possible ?Des solutions aux problèmes environnementaux existent; pourquoi ne sont-elles pas appliquées ?C’est ça, avoir la perplexité chronique.Recevoir, pour toute réponse, plus de questions.Ça peut devenir paralysant.Quand on prend conscience de l’ampleur de tout ce qu’on ignore, de toutes les variables qu’on ne peut contrôler, de toutes les domiées cachées, on réalise que toute décision ne peut avoir, forcément, l’effet désiré.Ou, alors, seulement par hasard.D’ailleurs, les mauvaises langues disent que les savants font de bien mauvais politiciens : terrorisés par l'impossibilité de tout connaître et gênés par l’improbable réussite des prédictions, ils figent et, au bout du compte, ne décident rien.Remarquez, ce qu’on dit n’est qu’une rumeur, je n’ai pas fait d’enquête sérieuse pour vérifier l’incapacité des savants à décider.Comment être sûre que c’est un vrai problème ?Fort heureusement, le sort de la planète n’est pas entre les seules mains des scientifiques.Mes collègues qui étudient la politique et les religions, entte autres, peuvent vous faire paît de leurs propres questions.Le rôle des savants, quelle que soit leur quête, est justement de soulever toutes ces questions et de forcer leurs concitoyens à tenir compte, au moins un peu, de la complexité.05 Décembre 2004-Janvier 2005 I Québec Science 9 ii Au lieu de trouver des réponses, j’ai découvert des centaines, des milliers de questions que je n’avais même pas imaginées.» wi!i : m [ticules r I La France veille au grain.de sucre k Un vaccin contre.les pets de mouton pourrait réduire l'effet de serre.Le savoir-vivre des moutons CC Al ssez, c’est assez», s’est dit Andre-Denis Wright en constatant que tous les moutons de son pays rotaient et pétaient à tous vents.Pour le chercheur australien, c’est plus qu’une question de bienséance : les éructations et flatulences des animaux de ferme représentent 20 % des émissions mondiales de méthane, un gaz à effet de serre qui retient 23 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone rejeté par nos voitures.Forte de ces constatations, l’équipe du scientifique a développé un vaccin contre les bactéries intestinales qui produisent le méthane chez les moutons.Résultat: après deux injections, les animaux ont émis 8 % moins de méthane lors de leurs éructations.Le vaccin ne combat actuellement que 20% des bactéries productrices de méthane, mais l’équipe prévoit s’attaquer à un plus grand nombre dans le futur.À quand un vaccin contre les pets de vache ?Minces les Français ?De moins en moins.Chez eux comme chez nous, l’obésité fait des ravages.En France, 11,3% de la population est obèse comparativement à 13,9% au Québec.Au pays du foie gras, du fromage et du vin, la consommation des boissons gazeuses a augmenté de 26 %, celle des jus de fruits de 77 %, celle des biscuits et des confiseries de 33%.Il n’en fallait pas plus pour que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sonne l’alarme.Dans un récent rapport, cet organisme gouvernemental somme l’industrie alimentaire de réduire de 25 % la teneur de glucides simples dans les produits laitiers et les boissons sucrées.Ces glucides sont les plus néfastes pour la santé, car ils n’apportent rien d’autre que des calories et sont souvent bien cachés sous des appellations telles que « saccharose », « glucose » ou «fructose».CE H i Ch :JX.L: tau XV \ KfflJi V ¦ v Kill, ' felt JJ Jexplini On n’en sait jamais trop, L’UQAM offre plus d’une centaine de programmes d’études de cycles supérieurs pour vous permettre d’approfondir vos connaissances.h Microprogrammes et programmes courts de 2e cycle ^ Diplômes d'études supérieures spécialisées (DESS) ^ Maîtrises (profils recherche, création et professionnel) ^ Doctorats uqam.ca UQÀM Prenez position ifeuï; '!»tar, Dtoate ^imii iWaiix, k 10 Québec Science | Décembre 2004~Janvier 2005 ¦ 114-1 par Marie-Eve Cousineau Chantier océanique à Montréal Masquer les bruits des chantiers de construction par le son des vagues?Un truc qui marche.lili'M I0!f ih ¦fs.En .iconea oJ! ib liDODds .ctlda ¦}]' •J km siifial-imrMH tiïMiii ire de p otioïb et b K» Dtbpfe tsaits *00»! «¦«I Un soir d’été, dans l’arrondissement Anjou, à Montréal.À la nuit tombée, des ouvriers casqués stoppent la circulation sur le « viaduc » du boulevard Roi-René, et commencent leur travail.Les habitants du quartier, eux, s’apprêtent à aller se coucher.au son des marteaux-piqueurs.Et pourtant non ! Pour masquer le vacarme, on a fixé aux lampadaires des haut-parleurs qui diffusent en alternance le bruit des vagues de l’océan Adantique et de la mer des Antilles, ainsi que le son d’une cascade et celui d’un ruisseau.Cette idée étonnante avait déjà été mise à l’essai par le ministère des Transports du Québec (MTQ) au cours de l’été 2003, aux abords de l’autoroute Décarie où des travaux ont perturbé la vie du quartier pendant plusieurs mois.« Les gens nous disaient que le vacarme était insupportable, explique Line Gamache, ingénieure en acoustique à la Direction de l’île de Montréal du MTQ.Pourtant, les entrepreneurs respectaient le seuil de bruit permis.» Mieux, l’intensité des sons enregistrés en bordure du chantier était plus basse qu’à l’habitude, passant de 75 décibels (dB), soit l’équivalent du bruit d’un lave-vaisselle, à 55 dB (une conversation entre deux personnes dans un endroit calme).Ce n’était donc pas tant l’intensité du bruit que sa nature qui agressait les résidants.« En fermant l’autoroute Décarie, le nombre de décibels a diminué, explique Tony Leroux, professeur à l’Ecole d’orthophonie de l’Université de Montréal (UdeM), où a été mené le projet-pilote.Mais les sons propres aux chantiers de consttuction sont devenus plus audibles.» S’ils avaient pu, les citoyens de Notre-Dame-de-Grâce auraient volontiers troqué le fracas des marteaux-piqueurs contre le ronron familier des voitures.L'océan en ville, c'est ce qu'on cherche à simuler avec des hauts-parleurs.Pour permettre aux résidants de retrouver le sommeil, Line Gamache a suggéré.d’augmenter le niveau de bruit ambiant de 10 dB, pour le porter à 65 dB (l’équivalent du bruit produit par un robot culinaire).Restait à déterminer quels sons pourraient rendre la vie plus douce aux gens du quartier.Dans le laboratoire de Tony Leroux, une soixantaine de personnes ont évalué le caractère masquant et agréable de différents bruits naturels : celui d’une cascade, de la pluie, de l’océan, d’une fontaine, d’une chute et de la circulation routière.En arrière-plan, on avait évidemment reproduit le boucan des travaux.Le bruit des vagues de l’océan est sorti grand gagnant de l’expérience.« Le son d’une cascade est plus masquant, mais les gens l’ont profondément détesté», dit Tony Leroux.Près de 60 % des participants ont en effet indiqué que ce bruit était plus dérangeant que celui d’un chantier de construction.Cet été, les chercheurs de l’Ecole d’orthophonie de l’UdeM ont poussé un peu plus loin l’analyse en demandant à 36 individus de partager leur impression sur divers bruits synthétiques.Conclusion : leur son préféré n’était pas constant (l’amplitude devait varier mais pas trop brusquement), ni trop aigu, ni trop grave.Bref, le portrait type des vagues de l’océan Adantique.Le MTQ compte poursuivre cette étude qui a coûté environ 180 000 $ pour les deux projets-pilotes.Et cette méthode de lutte contre la pollution sonore pourrait bien faire des petits.Line Gamache a récemment reçu un coup de téléphone du responsable de la gestion du bruit du chantier boston-nais Big-Dig, un tunnel qui remplacera une autoroute.(£ Décembre 2004-Janvier 2005 | Québec Science 11 Repertoire au collégial La santé: le Collège Ahuntsic vous l'offre en exclusivité ** Techniques d'électrophysiologie médicale * Technologie de radiodiagnostic ** Technologie de médecine nucléaire * Technologie de radio-oncologie Techniques de laboratoire: Biotechologies AIE Chimie analytique AIE' * Exclusivité régionale (cégeps publics) ** Exclusivité provinciale (cégeps publics) ' AIE: Programme offert selon le modèle d'alternance travail-études Main basse Pour les élèves du secondaire Une sortie scientifique éclairante ! Conçue par Yvon Fortin, cette conférence-démonstration présente des phénomènes lumineux, merveilleux, ._ déroutants et spectaculaires.P-;:,.Centre de démonstration en sciences physiques du coH^ge François-Xavier-Garneau INFORMATION : (418)688-8310, poste 2622 www.cdsp ! COLLÈGE AHUNTSIC 9155, nue Saint-Hubert, Montréal (Québec) - H2M 1 YB (51 A) 3BS-5921 - 1 BBS 3BS-5921 www.collegeahuntsic.qc.ca CENIRT DE DEMONSTRATION EN SCIENCES PHYSIQUES k b .n Une carrière en biotechnologie r \ # Baccalauréat en biotechnologie c Le premier baccalauréat en technologies appliquées - biotechnologie au Canada est offert exclusivement à La Cité collégiale.Soyez les premiers à recevoir une formation théorique de niveau supérieur combinée d’une r «“t formation pratique réellement adaptée aux besoins de l’industrie.i •.I < 'nsCT'5«int' maintenant Programme d’études d’une durée de 4 ans Stages rémunérés de 15 semaines en milieu de travail Instruments reliés à des ordinateurs munis de logiciels spécialisés Expérience pratique dans des laboratoires de pointe - biotechnologie et culture des tissus - microbiologie - instrumentation - chimie La Cité collégiale offre une bourse d’accès d’une valeur de 1 500 $ à chaque étudiant inscrit au baccalauréat en biotechnologie.[collégiale! le collège francophone à Ottawa (613)742-2483 • 1 800 267-2483 • biotechnologie@lacitec.on.ca • tAfww.lacitecollegiale.com PlanèteADN »»-par Jean-Pierre Rogel Du vin génétiquement modifié ?Balbutiante, la génomique du raisin risque d'engendrer une révolution dans le monde viticole.Il y a des projets de recherche qui s’annoncent à voix forte, et d’autres qui restent plutôt discrets.GrapeGen appartient plutôt à la seconde catégorie.Pourtant, ce n’est pas faute de subventions : 6,2 millions $, pour commencer, ce n’est pas mal.Et avec Génome Canada et Genoma Espaha comme bailleurs de fonds, le projet se retrouve dans les ligues majeures.Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité à l’annonce d’une conférence sur GrapeGen, lors du Congrès international des journalistes scientifiques, qui a eu lieu le 6 octobre dernier à Montréal.Le monde moderne étant parfois compliqué, le biologiste Steven Lund, fin trentaine dynamique, nous a adressé la parole au terme d’un repas, au milieu d’une journée très fournie en informations et en discussions.Dans ces circonstances, je ne crois pas qu’il ait bénéficié d’une audience très attentive, et je ne suis pas sûr qu’il ait aidé sa cause en nous présentant à toute vitesse de magnifiques tableaux impossibles à déchiffrer et des graphiques alambiqués.Mais bon, c’est une autre question.Pour ma part, comme j’étais venu dans le seul but de l’écouter, je me suis concentré et j’ai pris des notes.Je vous fais grâce des détails, mais il ressort que le Wme Research Center de l’université de Colombie-Britannique se lance à fond dans la génomique du raisin.Le but de ces recherches est de met-tte au point de nouveaux outils pour « obtenir des fruits de qualité uniformément supérieure pour la fabrication du vin ».Cela, Steven Lund nous l’a bien répété quatre fois.Quant à la nature de ces outils, il est resté assez général, mais on comprend qu’il s’agit d’utiliser les connaissances de pointe en biologie moléculaire et en génomique.Par exemple, il a mentionné qu’on pourrait mettre au point des tests pour mesurer la maturation du raisin, en plaçant des séquences d’ADN de ce fruit sur des plaquettes, un peu comme on le fait pour diagnostiquer certaines maladies génériques.Cet exemple, a-t-il souligné, montre qu’on peut faire autre chose que des organismes génétiquement modifiés grâce à la génomique moderne.Mais il a reconnu le potentiel de la manipulation du génome de la vigne.Par exemple, pour «rehausser» l’arôme ou le goût du cabemet sauvignon (le cépage auquel il s’intéresse), il s’agirait de travailler sur les gènes contrôlant les enzymes qui produisent les métabolites créant l’arôme ou la saveur.Evidemment, on est encore très loin de ces acrobaties à faire frémir les vignerons traditionalistes.Avant d’en arriver là, il faudra établir une base de connaissances fondamentales sur la génomique de la vigne, base qui n’existe pas encore.Steven Lund « prédit » que sur les quelque 40 000 gènes de la vigne, 200 à 300 contrôlent les fonctions importantes de la croissance, mais cela reste à vérifier.Toutefois, lorsqu’on sait que GrapeGen, ainsi que trois autres groupes de recherche de calibre com-k parable, se lancent dans l’aventure, on Ü peut penser qu’ils vont aller assez vite.§ Steven Lund a d’ailleurs mentionné un 2 premier résultat.Ses collègues auraient § mis au point une lignée de levures géné-§ tiquement modifiées, qui produisent ° moins d’éthyl-carbamate.Ce composé s’étant révélé toxique pour les souris, on cherche à en abaisser la teneur dans les levures de fermentation du raisin.J’ai déjà raconté les succès d’une équipe de généticiens français de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) dans la mise au point, par transgénèse, d’une variété de vigne résistante à la maladie du court-noué (déformation des rameaux due à un virus parasite).Face à une levée de bouchers du monde viticole, l’INRA a retiré son projet.A fortiori, les programmes qui visent à « améfiorer » la vigne, et non pas seulement à lui permettre de mieux résister aux maladies, se heurteront à un mur de refus.En effet, c’est un concept imbuvable pour ceux qui conçoivent le vin comme un produit « naturel», mis au point selon des traditions bien établies.Mais pourront-ils résister à la pression lorsque des producteurs mettront en marché leurs vins «plus», additionnés d’OGM discrets ?Belle bataille en perspective ! 05 Décembre 2004~Janvier2005 I Québec Science 13 Exploration Terres fragiles Pendant cinq Je voilier québécois Sedna IV a sillonné l'Arctique.Il en a rapporté des images fascinantes, mais aussi des preuves inquiétantes de la détérioration de cette grande contrée blanche.Cet été, il ira voir du côté de l'Antarctique, cet autre continent menacé.texte et photos par Jean Lemire, chef de mission 14 Québec Science I Décembre 2004-Janvier 2005 ».>2' > 9 L’épopée du Sedna IV commence comme la plupart des grandes aventures : par un rêve un peu fou.Dès les années 1990, je m’étais mis en tête d’acquérir un grand voilier que je pourrais aménager en studio mobile pour réaliser des documentaires scientifiques.Une douzaine d’années plus tard, je dénichai enfin la perle rare : le Saint-Kilda.Le voilier, construit en 1957 et entièrement refait en 1992, appartenait à un riche Allemand, amoureux des bateaux.C’était un superbe trois-mâts ayant tout pour devenir ce nouvel ambassadeur des océans qui sillonnerait les mers en révélant la fragilité des habitats et les conséquences des changements climatiques.Le propriétaire du voilier et moi partagions le même amour de la mer et de la planète, et à force de rencontres et de discussions, nous avons fini par nous entendre.Grâce à l’aide financière d’amis et de mécènes, qui croyaient autant que moi à ce grand projet, mon rêve est finalement devenu réalité.Le montant sur le chèque confirmant l’achat du bateau représentait toute ma vie : ma maison, mes meubles, ma carrière, etc.Parti de Gibraltar à l’été 2001, le voilier s’amarre enfin au quai de Cap-aux-Meules, aux Iles-de-la-Madeleine, son nouveau port d’attache.Rebaptisé Sedna IV, du nom de la déesse des océans chez les Inuits, le voilier est bientôt transformé pour sa première mission scientifique et cinématographique.Certains ont comparé à tort le Sedna IV à la Calypso du célèbre commandant Cousteau.Certes, les télévisions du monde racontent nos aventures, mais c’est la science et non le spectacle, qui demeure le moteur de notre quête, et l’inspiration des cinéastes.Une science rigoureuse, supervisée par des chercheurs de haut calibre, qui profitent des différentes expéditions pour développer des protocoles adaptés aux régions visitées et aux thématiques abordées.Le Sedna IV est le frère jumeau du célèbre Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace.Mais la comparaison ne va pas plus loin.S’il est vrai que le Sedna IV a une mission environnementale, son équipage n’est pas composé d’activistes, mais de biologistes et de cinéastes.En fait, il serait sans doute plus juste de comparer le Sedna IV aux grands voifiers des explorateurs d’autrefois, où la science et l’art se mariaient de façon naturelle.Le scientifique faisait partie intégrante de l’équipage et un peintre était à bord pour immortaliser les grands moments du périple.Plus tard, le peintre ou l’illustrateur laissèrent la place à un photographe.À notre manière, et avec les moyens que nous offre aujourd’hui la technologie, nous poursuivons cette tradition en filmant toutes les étapes de nos missions.À bord du Sedna IV, il m’est souvent arrivé de penser au Norvégien Roald Amundsen, un des plus grands explorateurs du siècle dernier.Premier navigateur à avoir emprunté le fameux passage du Nord-Ouest, Amundsen était avant tout un homme de science.Quand il a entrepris sa traversée, à l’été 1904, les conditions climatiques étaient si exceptionnelles qu’il aurait sans doute pu réaliser son voyage entre l’océan Atlantique et le Pacifique en un an.Mais il décida plutôt de faire escale à Gjoa Haven, sur Me du Roi-Guillaume, pour étudier la migration du pôle magnétique.C’est seulement après avoir achevé ses travaux scientifiques, en 1906, qu’il atteindra finalement l’océan Pacifique.J’ai toujours pensé qu’Amundsen avait préféré mener à bien sa mission scientifique plutôt que de réaliser un exploit qui serait inscrit à tout jamais dans le grand livre de l’histoire.Aujourd’hui, les outils modernes ont considérablement simplifié la tâche des nouveaux explorateurs.Mais quand le Sedna IV est devenu le septième voilier de l’histoire à emprunter, en une seule année et sans assistance, le célèbre passage du Nord-Ouest, nos pensées sont allées à Roald Amundsen.Comme lui, nous avons réalisé plus qu’un exploit.La récolte scientifique que nous avons rapportée de l’Arctique est exceptionnelle.Exceptionnelle et, il faut bien le dire, inquiétante.Car tout au long de notre mission, de juillet à novembre 2002, nous avons pu constater les effets concrets des changements cli- 16 Québec Science | Décembre 2004-Janvier 2005 matiques sur la vie là-bas.Deux secteurs ont particulièrement attiré notre attention : le Nunavik, dans l’Arctique de l’est, et la mer de Beaufort, dans sa portion occidentale.C’est pour transmettre notre passion, mais aussi nos questionnements quant à l’avenir du Grand Nord que nous ouvrons aujourd’hui notre album de photos aux lecteurs de Québec Science.-> Pour en savoir plus sur l'aventure du Sedna IV: www.onf.ca/sedna.En août 2005, le Sedna /Emettra le cap sur l'Antarctique pour une nouvelle mission de un an.Déesse des mers polaires D’une longueur de 51 m, avec trois mâts égaux de plus de 30 m et des voiles bleu azur, le Sedna /En'est pas qu’un majestueux voilier.C’est aussi un véritable studio télévisuel flottant.À son bord, des salles de montage vidéo, des caméras haute définition et des équipements scientifiques de pointe.; v' SERGE BOUDREAU Loup de mer À une autre époque, Jean Lemire aurait sans doute été un de ces explorateurs de terres inconnues.Mais il est né à Drummondville en 1962.Alors, il est devenu biologiste, il s’est acheté un grand bateau pour sillonner les mers et une caméra pour filmer la beauté du monde.Il a réalisé ou produit de nombreux documentaires scientifiques dont Rencontres avec les baleines du Saint-Laurent, Lumière des oiseaux et Mémoires de la Terre.Le long métrage La grande traversée et la série télévisée Mission Arctique, consacrés à l'expédition du Sedna /Kau-delà du cercle polaire, ont été diffusés dans le monde entier.Jean Lemire a reçu récemment la médaille d’or de la Société géographique royale du Canada pour son odyssée dans l'Arctique. Ult Will ' 11i Menace sur i Arctique Au cours des trois dernières décennies, la température de la plupart des régions de l’Arctique s’est élevée de 2 °C à 3 °C.La banquise, elle, a diminué de plus de 40 % en 30 ans.En 2050, elle aura totalement disparu de l’hémisphère nord pendant l’éte estime le Centre canadien de la modélisation et de l’analyse climatique.Or, la calotte polaire agit comme un miroir, en réflécl 80 % des rayons du soleil.C’est ce qu’on appelle l’albédo.En l’absence de glace, le phénomène d’albédo chute à 20 %, car l’e: océans absorbe beaucoup plus d’énergie que la glace.C’est la même chose pour le sol de l’Arctique qui a perdu son manteaus neige.L’énergie ainsi absorbée fait grimper le thermomètre ce qui accélère encore la fonte de la banquise et de la neige. Faune en péril Le secteur de la baie d’Hudson est l’un des plus affectés par les changements climatiques.C’est sans doute aussi l’un des plus riches en biomasse animale.Durant son exploration, le Sedna IVy a croisé des phoques, des morses, des baleines, des caribous, des ours polaires et des myriades d’oiseaux marins.Sur les falaises abruptes de Hie de Southampton, des milliers de guillemots marmottes effectuent des allers-retours pour nourrir les oisillons.Il ne faut pas se fier aux apparences: les choses ne tournent par rond.Car la disparition précoce de la banquise a modifié les habitudes alimentaires des oiseaux.Et les adultes rapportent régulièrement au nid des caplans et des lançons, deux espèces de poissons qui ne devraient pas se retrouver au menu des oisillons.Si la glace continue à fondre ainsi, les guillemots marmettes pourraient disparaître.La glace est également essentielle aux ours polaires pour se déplacer et se nourrir.En raison de la dislocation prématurée de la banquise au printemps, ces animaux doivent nager sur d’impressionnantes distances à la recherche des phoques annelés ou des phoques barbus dont ils se nourrissent.Dans les années les plus chaudes, la période pendant laquelle les ours polaires peuvent utiliser la banquise pour chasser ne dure parfois que quatre semaines.Résultat : ils ne mangent plus à leur faim.On a ainsi noté une baisse importante de leurs réserves en gras.Et une chute des taux de natalité de l’ordre de 30 %.Comme beaucoup d’espèces, les rorquals à bosse remontent de plus en plus vers le nord.Chaque été, ils se regroupent dans le détroit de Belle-lsle, au Labrador, à la frontière de l'Arctique.M'A Sur son zodiaque, Jean Lemire en tête à tête avec un ours polaire ! ivIvi'i'vXv .' v’A'viv r#. .'Mb >sv \ •r^WtataslLr ‘ ^«ag&rv il?,' X; •.•.> : A .-m*- à**' \ t-y < Ü k •Ji .•*¦ '7' A : .>» : v Geoff Green, chef de l’expédition et* Jean Lemire enlisés dans le pergélisol.Le sol se dérobe Sur la terre ferme, les habitants des villages se battent contre l'érosion et la montée rapide du niveau des océans.Les maisons, les routes, ainsi que les infrastructures reposent sur un sol qui devrait demeurer gelé en permanence.C'est le pergélisol.D’une profondeur moyenne de 50 m à 200 m, celui-ci couvre, dans le territoire circumpolaire arctique, une superficie équivalente à près de deux fois celle du Canada.La fonte n'a lieu qu'en surface, c'est-à-dire rarement à plus de un mètre de profondeur.Or, depuis peu, on a constaté que le pergélisol avait commencé à fondre au-delà de cette limite.Cela menace notamment la presqu’île qui abrite le petit village de Tuktoyaktuk.Les côtes, constituées de sédiments meubles, ne peuvent plus compter sur la solidité du pergélisol pour résister aux attaques de la mer.On constate le même phénomène le long de la côte de la mer de Beaufort.Mais ce n’est pas tout: le pergélisol contient des quantités phénoménales de méthane, un puissant gaz à effet de serre pouvant contribuer 56 fois plus que le dioxyde de carbone au réchauffement.Or, le tiers de tout le territoire circumpolaire est composé de tourbières qui en emprisonnent d'énormes quantités.Le volume de gaz à effet de serre contenus dans les tourbières de l'Arctique correspond à plusieurs fois la quantité de C02 produite par les quelque 700 millions de véhicules du parc automobile mondial.1 S % T'., '• 20 Quebec Science ! Décembre 2004-Janvier 2005 % faudrait Krilex a des effets bénéfiques sur tout l’organisme Le Krill entier est un des aliments les plus complets et nutritifs offerts par la nature.Il est une source naturelle incomparable de protéines, d'acides gras oméga-3 EPA et DH A, d'antioxydants puissants, de phospholipides, d'enzymes digestives, de phytostérols, de vitamines, de minéraux et d'oligoéléments.Aide à améliorer de façon efficace migraines • sinusite • dépression anxiété • manque d'énergie • diabète psoriasis • acné • eczéma • asthme ongles • arthrite • rhumatisme cholestérol • prostate • problèmes cardio-vasculaires • fibromyalgie hyperactivité chez les enfants allergies.iex^ Jujilur s «sf! 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santé.«J’ai l’hépatite C.Je prends des tranquillisants.L’année dernière, j’ai eu une attaque au cerveau.J’ai dû réapprendre à marcher.Il y a quelques jours, je couchais dans une ruelle et je me suis fait battre.On m’a volé mon sac à dos avec ma carte d’assurance maladie et mes anticoagulants.» Patrice a 45 ans.Il a l’air d’en avoir 10 de plus.Il a des points de suture à l’arcade sourcilière et une canne à la main; sa jambe est enflée.« Ne le dis pas aux intervenants, sinon, ils vont m’envoyer à l’urgence et je ne pourrai pas me reposer cette nuit.» Sur son visage rougi par l’alcool se lit toute la fatigue du monde.Avec sa main droite, il sort une cigarette d’un sac en plastique.De l’autre, il porte une canette de soda à ses lèvres.« C’est le médecin qui m’a dit d’en boire.Pour le sucre.» Gravement alcoolique, Patrice est obligé d’être sobre s’il veut séjourner dans ce centre d’hébeigement où on n’accepte aucun pensionnaire intoxiqué.Pour éviter une baisse soudaine du taux de sucre dans son organisme, il consomme des boissons gazeuses.Comme nombre de ses compagnons d’infortune, Patrice souffre de multiples affections.Exposés aux rigueurs du climat et au manque d’hygiène, mal nourris, épuisés par les nuits à la belle étoile et leur vagabondage Décembre 2004-Janvier 2005 Québec Science 23 ¦ ill yBBBg .vv WmÊMmëËXï; ;• 7W/ illihlli I Rhumes, grippes, pneumonies, engelures, hypothermie, insolations et déshydratation, les sans-abri endurent des maux qui peuvent affecter n'importe qui, mais qui sont aggravés - et parfois provoqués - par leurs rudes conditions d’existence.aux quatre coins de la ville, souvent fragilisés par la drogue ou l’alcool, et victimes d’agressions physiques, les « clochards » représentent bien malgré eux une véritable petite encyclopédie médicale.Rhumes, grippes, pneumonies, engelures et hypothermie, l’hiver; insolations et déshydratation, l’été.Les sans-abri endurent des maux qui peuvent affecter n’importe qui, mais qui sont aggravés - et parfois provoqués - par leurs rudes conditions d’existence.Ampoules, poux, gale, abcès, plaies, infections, fractures, épilepsie sont également fréquents.Selon une enquête auprès de la clientèle des ressources pour personnes itinérantes vivant à Montréal et à Québec, et menée par l’Institut de la statistique du Québec en 1998-1999,73 % des personnes sans domicile fixe présentent au moins un problème chronique de santé physique.Le quart combine trois affections ou davantage.Elles courent 100 fois plus de risques de contracter l’hépatite B ou C que la population en général.Et plus du tiers sont partiellement ou totalement édentées.Quant aux problèmes de santé mentale (troubles schizophréniques, troubles affectifs, dont la dépression majeure et la psychose maniacodépressive, jeu pathologique, etc.), ils affectent près de 40 % des itinérants.Au CLSC des Faubourgs, rue Sanguinet, on connaît bien les sans-abri de Montréal.Situé au cœur de ce que certains appellent la « jungle », il constitue depuis 1990 un petit laboratoire de « médecine urbaine » unique au Québec.Quatre infirmières, quatre travailleurs sociaux et un organisateur communautaire, auxquels s’ajoutent, quelques jours par semaine, deux médecins et une psychiatre (voir La psy des Faubourgs), y prodiguent des soins et fournissent des services adaptés.L’ « équipe Itinérance » reçoit les patients dans des locaux conçus pour cette clientèle aux besoins particuliers : un lit, une douche et quelques vêtements sont mis à leur disposition.Le personnel se déplace également dans les centres d’hébergement.Enfin, ces professionnels pratiquent l’approche outreach, ou « repérage actif», qui consiste à se rendre dans les ruelles, les parcs ou les stations de métro pour tenter d’apprivoiser d’abord, afin de mieux soigner ensuite, les plus réfractaires.En tout, c’est plus de 2 800 personnes qui ont bénéficié des services de cette équipe de choc l’an dernier.« Ce qui rend le travail difficile, explique le docteur David Barbeau, chef des services médicaux au CLSC, c’est la quantité de problèmes que rencontrent ces gens.Ce sont des cas très complexes qui demandent une bonne dose de jugement pour déter- SMll 01 ah iàw it» Carat Waits kail KlSljjs I lütlt tolitetii «liais (1; lulife pitmstj failli Nu kisan **îûîI % 24 Québec Science | Décembre 2004~Janvier 2005 miner ce qu’il faut traiter en premier.» Et les décisions ne reviennent jamais au seul médecin.« Bien humblement, le docteur est souvent moins important que le travailleur social ou l’infirmière», explique le docteur Pierre Côté, directeur de l’Unité ambulatoire VIH toxico, au Centre hospi-talier universitabe de Montréal (CHUM).Car avant même de convaincre un sans-abri d’entamer une démarche de désintoxication, de soigner ses caries ou de contrôler son diabète, il faut lui trouver un toit.« Dès que la personne a un lieu stable et mange correctement, elle sort du mode de survie.On en voit qui se font refaire les dents, d’autres qui se mettent à porter des lunettes.Si, en plus, quelqu’un est là pour lui rappeler de prendre ses médicaments et d’aller à ses rendez-vous, sa santé s’améliore très rapidement.Et dans le cas des toxicomanes, on observe une nette diminution de la consommation.Ils remplacent la drogue par la nourriture », explique la travailleuse sociale, Johanne Laplante.La rue, c’est un cercle vicieux.Comment, par exemple, un diabétique pourrait-il bien suivre son régime sans sucre en mangeant dans les soupes populaires ?Sans compter qu’il doit cacher ses seringues à insuline, très convoitées par les toxicomanes.Il faut aussi garder un œil sur ses médicaments (ceux qui connaissent bien la rue bourrent les flacons de ouate pour qu’on n’entende pas « bouger » les comprimés quand ils marchent), car les tran-qurüisants, anxiolytiques et autres benzodiazépines font l’objet d’un trafic.Il importe également de airveiller sa carte d’assurance maladie qui se vend à prix d’or sur le marché noir.Une maison, une chambre ou un petit appartement peuvent littéralement changer la vie de ces personnes.« Il y a un monsieur à qui j’ai diagnostiqué un VIH.On a pu sta-biHser sa maladie.On lui a trouvé un logement jusqu’à sa mort, trois ans plus tard.Cela a fait tout une différence », raconte le docteur Barbeau.Quant à cet autre homme, schizophrène, qui s’était « fait un nid » dans une grosse boîte de téléviseur où il dormait depuis des lustres, l’équipe Itinérance lui a trouvé une place en appartement supervisé.Aujourd’hui sous médication, il coule des jours beaucoup plus agréables.Mais pour quelques cas « heureux », il y a tous ceux qui continuent, de refuges en soupes populaires, de soirées à l’urgence en courts séjours à l’hôpital, à tramer leurs terribles « bobos » dans les rues de la ville.Car mis à part le CESC des Faubourgs à Montréal et quelques lieux à Québec, Trois-Rivières, Hull et Sherbrooke, le réseau de la santé, au bord de l’épuisement, est bien mal adapté à cette clientèle.Par définition mouvante, celle-ci nécessite, de la part du soignant, beaucoup de tolérance, de patience et d’humilité.« La relation que l’on établit avec la personne est aussi importante, sinon plus, que le traitement.Le réseau de la santé est obsédé par les résultats.Nous, nous sommes obsédés par les moyens à déployer », dit Hélène Denoncourt, infirmière (suite à la page 27) Une vie de chien Dans la me, les animaux sont souvent en meilleure santé que leur maitre.C'est ce qu'ont pu constater les étudiants en médecine vétérinaire de l'Université de Montréal (UdeM) qui, depuis quatre ans, offrent des soins gratuits aux animaux des jeunes sans-abri.C'est le père Emmett Johns, alias « Pops », fondateur de Dans la rue, organisme montréalais d'aide aux jeunes en difficulté, qui a eu l'idée de faire appel à la faculté.Un été, il a constaté que nombre de chiots de ses protégés souffraient de parvovirus (un parasite très contagieux qui provoque diarrhée et vomissements).Il a téléphoné à l'UdeM.André Dallaire, vice-doyen aux études, et Diane Blais, vice-doyenne aux affaires étudiantes, ont vu là une occasion pour les futurs vétérinaires de se plonger dans un véritable laboratoire de médecine urbaine.Ils ont mis sur pied une clinique mobile qui se rend au Refuge des jeunes, me Ontario, un soir par mois.La clinique en question est composée de six étudiants en médecine vétérinaire et de six étudiants en santé animale du cégep de Saint-Hyacinthe, encadrés par trois enseignants clinidens.Ce «stage» compte pour l'obtention du diplôme.« Les animaux sont rarement maltraités.Ils sont bien dressés et très aimés, a constaté la docteure Diane Blais.Les jeunes posent beaucoup de questions et en savent plus sur leur animal que n'importe quel maître.» Et pour cause.Un gros matou dans une boîte de carton, un doberman trottinant au bout de sa laisse, un chinchilla sur l'épaule ou un lapin contre la poitrine, beaucoup de jeunes sans-abri vivent 24 heures sur 24 avec leur bête.C'est un ami, un confident, un protecteur, un compagnon de route et de galère, et aussi, en hiver, une chaufferette efficace.Les vétérinaires en herbe ont donné près Youk-youk, le chien de Valérie, est examiné par la docteure Patricia Lanoie-Brien, à la clinique vétérinaire mobile du Refuge des jeunes.de 600 consultations en 4 ans : vacrination; examen général; traitement contre les vers, les poux, la teigne et les otites; suivi de gestation; soin des brûlures aux coussinets l'été et des engelures l'hiver; traitement des problèmes de peau, des abcès et des infections oculaires.Les vaccins et les médicaments sont fournis gratuitement par une compagnie pharmaceutique, et on distribue même un peu de nourriture.Quand on détecte des maladies plus graves, comme des cancers, les clients sont référés ailleurs parce qu'on ne fait ni chirurgie ni test sur place.Au début, les maîtres étaient plus difficiles à apprivoiser que leurs animaux.Mais aujourd'hui, la confiance s'est installée.Le plus compliqué est souvent de convaincre les jeunes de faire stériliser leur animal, car pour certains, vendre les chiots constitue une petite source de revenus dont ils ne sont pas enclins à se priver.Décembre 2004-Janvier 2005 | Québec Science 25 Médecine Les psychiatres doivent sortir dans la communauté et se rapprocher des plus démunis, dit Marie-Carmen Plante au CISC des Faubourgs.La psy des Faubourgs Oubliez le psychiatre grave et silencieux engoncé dans son sarrau immaculé.Marie-Carmen Plante, cheveux blancs, regard empathique et voix apaisante, a vu défiler devant elle tout ce qu'un être humain peut porter de souffrance psychique.Pendant des années, elle a pratiqué sa profession entre les murs aseptisés des hôpitaux.Chef du département de psychiatrie de l'Hôpital Saint-Luc, à Montréal, pendant huit ans, elle a toujours été attirée par la psychiatrie communautaire.Cette forme de pratique, qui tient compte des facteurs socioéconomiques pouvant influer sur la santé mentale, nécessite une étroite collaboration avec les travailleurs sociaux, les omnipraticiens, les psychologues, les infirmières, etc.C'est pour répondre à l'augmentation croissante du nombre de sans-abri affec- tés de troubles mentaux qu'elle a décidé, en 1995, de se joindre à l'équipe Itinérance du CISC des Faubourgs afin de soulager, autant que faire se peut, les maux de l'âme des plus démunis.Québec Science Pourquoi avez-vous décidé de vous consacrer aux soins des itinérants?Marie-Carmen Plante : Parce que je crois que les médecins se doivent d’avoir une conscience sociale, surtout les psychiatres qui sont les spécialistes de la relation.Quand j’ai commencé à voir certains de mes patients de l’Hôpital Saint-Luc coucher dans la rue, je me suis dit qu’on ne pouvait pas rester sans rien faire.Comment se fait-il qu’on ait mis les patients des grands asiles dehors et qu’on ne soit pas présent près des lieux où ils vivent ?Je ne pense pas que ce soit en attendant les malades derrière un bu- 26 Québec Science I Décembre 2004~Janvier 2005 reau que les choses vont changer.Les psychiatres doivent sortir dans la communauté et se rapprocher des plus démunis, et des intervenants qui les connaissent bien.QS Quelles sont les particularités de la clientèle itinérante?M DC C’est une clientèle avec qui il est très difficile d’établir un lien, car ce sont des gens tellement blessés qu’ils ne font plus confiance aux autres.Ds ont vécu des expériences très négatives.Ds pensent que la liberté est de faire ce qu’on veut quand on veut.Ds ne reconnaissent pas qu’üs sont malades.Ds ont souvent beaucoup de symptômes.Certains sont très paranoïdes.D y en a qui ont déjà été traités ou hospitalisés, à qui on a fait des injections calmantes, ou que l’on a dû contraindre par la force à se faire soigner et qui ne veulent plus jamais revivre ça.Cependant, D y a aussi des jeunes qui n’ont jamais été évalués et qui sont très malades, parce qu’Ds ont commencé à se « soigner » avec de la drogue, ce qui rend leur maladie mentale beaucoup plus active et beaucoup plus difficile à traiter.Ds sont aussi confrontés à de multiples problèmes.Quand vous êtes devant un schizophrène, c’est presque facDe, même si c’est une maladie terrible.Mais quand en plus de la schizophrénie, un patient développe un trouble de personnalité, des troubles de comportement, et qu’il est toxicomane, cela devient très comphqué, d’autant plus que, quand on se drogue, les médicaments n’agissent pas ou peu.HUÎ.l HSiK ilfs • i?::l Ut aïona pi laclif -x: ï«ls Bii md; mi tait; qèi " ïaise QS En quoi consiste votre travail au CLSC des Faubourgs?M DC Comme tous les psychiatres, je fais des évaluations, je prescris des médicaments.Parfois je réussis à faire des psychothérapies.Je suis en lien avec les hôpitaux et les urgences.Quand l’état des patients est stabDisé, je les renvoie dans le réseau de la santé.Je fais aussi de Y outreach, c’est-à-dire que je vais parfois, à la demande de l’équipe, évaluer un malade dans un parc, dans une station de métro ou aiDeurs, pour déterminer s’D faut obtenir une ordonnance de cour.Lorsqu’on considère qu’une personne n’est pas en mesure de juger de son propre état, c’est une procédure pour la forcer à subir un examen psychiatrique.D s’agit d’une mesure de dernier recours qui est prise quand la personne est en état de danger imminent, quand D fait très froid par exemple.On Blllî, irait ‘%- us^v- B fen.esiiîla des es- |ïbl- mrat nakk ns-Qr- iqnin: onik dna' )i?nerei nt|i» à' anil m®9 iden pâlit»! lié,ilei aval î» nie»' esW éutfc Jl Je O» l’utilise seulement dans les cas extrêmes, car on a toujours peur de briser le lien de confiance si difficile à établir.QS Peu de psychiatres travaillent avec la clientèle itinérante.Pourquoi?M DC II y a de multiples raisons.Il y a de la peur, de la gêne et de l’ignorance.Il y en a qui pensent encore que les itinérants sont responsables de leur condition.Il y a tous les stigmates entourant la maladie mentale et, surtout, la toxicomanie.Car il ne faut pas oublier que ce monde de l’itinérance urbaine a émergé avec l’apogée de la toxicomanie.Il faut reconnaître aussi que les psychiatres sont fatigués.Et quand ils voient arriver des cas lourds, il peut y avoir un certain découragement à cause de la surcharge de travail à laquelle ils font face.Tous les psychiatres n’ont pas non plus envie de faire de l’urgence, d’être toujours en état de crise, ce qui est souvent le cas ici.Et puis, il est plus facile de travailler dans un environnement hospitalier.Mais c’est aussi un problème plus vaste qui touche au rôle de la psychiatrie dans notre société.La santé publique au Québec s’occupe beaucoup d’hypertension, mais peu de santé mentale.La psychiatrie est un champ d’expertise qui est resté refermé sur lui-même et qui a de la difficulté à prendre en charge les nouvelles populations de malades.Je pense que les psychiatres font une erreur en se concentrant sur la pathologie, sans voir que celle-ci peut avoir des incidences sociales ni comment les conditions sociales peuvent aussi influer sur les symptômes.QS Vous arrive-t-il de vous sentir impuissante?MDC Oui.Dans ces situations, avec l’équipe, on décide tout simplement d’attendre et d’observer.Ce sont souvent des cas de troubles de la personnalité et de toxicomanie.Et il y a aussi de grands malades mentaux : certains cas de délire paranoïde tellement incrusté dans la personnalité que les médicaments ne peuvent pas agir.Par contre, j’ai aussi eu de beaux succès.Des dépressifs sévères et des malades maniacodépressifs ont repris leur médication.Es ont finalement trouvé un domicile, et ont recommencé des études ou ont déniché un travail.D’autres se sont rapprochés de leur famille; ils sont retournés dans leur région et ont accepté d’être suivis en clinique ou à l’hôpital.À force de patience, certains finissent par nous faire confiance.au CLSC des Faubourgs depuis 12 ans.Des moyens qui peuvent être aussi simples que de « dépanner » un client en lui fournissant ses médicaments ou en déboursant le coût de la franchise mensuelle (16 $), obligatoire pour bénéficier de l’assurance médicaments.C’est une attitude impensable dans une salle d’urgence où les itinérants se plaignent pour la plupart d’être très mal accueillis.« On ne reçoit pas les patients en fonction de leur adresse mais de la gravité de leur pathologie, assure pourtant le docteur Jacques Vézina, omnipraticien à l’urgence de l’EIôpital Saint-Luc depuis 15 ans.Mais on fait quoi quand un malade a besoin d’un traitement et qu’il n’a ni carte ni assurance médicaments ?Dans le cas de pathologies graves, comme une pneumonie, on leur fournira quelques jours d’antibiotiques en leur conseillant de se rendre ensuite au CLSC le plus proche.» Mais pour des affections moins sérieuses, même douloureuses, comme une fracture des côtes, il leur faudra le plus souvent prendre leur mal en patience.1 est vrai qu’il s’agit d’une clientèle parfois peu amène, pas tou-jours encline à se soumettre docilement aux longues heures d’attente de rigueur dans les salles d’urgence, et qui manque pour le moins de.constance.«Ils sont durs, nos gars, reconnaît Daniel Joly, directeur du refuge de La maison du père.Si le médecin n’arrive pas assez vite, ils s’en vont.Ils ne se pointent pas à leur rendez-vous et Es ne sont pas joignables.Ce n’est pas facile de faire un suivi.» Un suivi qui, dans le cas de certaines maladies infectieuses, peut s’avérer vital.Tant pour eux que pour les autres.À l’unité ambulatoire VIH toxico, au CHUM, le docteur Pierre Côté reçoit an-nueEement 200 toxicomanes séropositifs.Quand le service a été mis sur pied, il y a deux ans, les trois quarts étaient sans domicile fixe.E y a quelque temps, il a diagnostiqué un cas de tuberculose.« C’est une maladie très contagieuse provoquée par un microbe particufièrement coriace.E faut mettre les malades en isolement et les traiter avec des antibiotiques puissants.E nous a fallu retracer tous ceux qui avaient été en contact avec le patient.On a retrouvé neuf personnes qui avaient été exposées dans un centre d’hébergement.Nous les avons traitées pendant neuf mois.Ce n’est pas rien ! » Dix-neuf heures à La maison du père.Les pensionnaires ont fini leur repas.Pour ceux qui sont sous médication, c’est l’heure de la « distribution ».Ici, tous les médicaments sont gardés sous clé.Julien Montreuil, un jeune intervenant, dispense les « bon- infirmières, médecin, travailleurs sociaux.I équipé Itinérance du CLSC des Faubourgs, à Montréal, se consacre aux soins des sans-abri.r\.\ Décembre 2004-Janvier 2005 I Québec Science 27 PATRICE BÉRIAULT www.uqar.qc.ca Médecine Etudier k à Rimouski est génial Vous avez des projets d'avenir Vous appréciez les petits groupes Vous désirez des défis à la mesure de vos ambitions L'UQflR vous offre.des formations distinctives en sciences dès le l"'cycle : faune et habitats, sciences marines, environnement marin, gestion du milieu naturel, biochimie environnementale, génie des systèmes électromécaniques, énergie éolienne, informatique 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