Québec science, 1 janvier 2006, Février
Bientôt des taxis dans le del Une première réserve naturelle d’étoiles architecte dans votre assiette fi Ai V l' ,95 S ASTRONOMIE p w.1 v ! Vingt et un nouveaux pulsars ont été découverts dans un seul amas d’étoiles.Ces astres sont de véritables laboratoires cosmiques.par Noémi Mercier ictoria Kaspi a révélé une musique cosmique encore jamais entendue.Au cœur de la Voie lactée, son équiçe d’astrophysiciens provenant du Canada et des Etats-Unis a découvert une concentration record de pulsars : des corps célestes qui émettent un signal radio à chacune de leurs rotations.Cer- tains d’entre eux virevoltent si rapidement que leurs « tic tac », extrêmement rapprochés, se fondent en une seule note de musique.Pas moins de 21 de ces toupies véloces ont été détectées dans un même amas d’étoiles, baptisé Terzan 5.Publiée en février 2005 dans la revue Science, cette découverte porte à 24 le nombre de pulsars connus dans ce coin de notre 24 Québec Science | Février 2006 SPYROS BOURBOULIS galaxie; du jamais vu pour un seul amas globulaire.Pour Victoria Kaspi, professeure de physique à l’Université McGill et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en astrophysique d’observation, c’est comme trouver plusieurs aiguilles dans une gigantesque botte de foin.Les pulsars sont une variété d’étoiles à neutrons; c’est-à-dire des restants très denses qui se forment lorsque des étoiles massives, à la fin de leur vie, explosent en supernova.Les pôles magnétiques d’un pulsar ont la particularité d’émettre des ondes radio, des rayons X et de la lumière concentrés en deux faisceaux qui balaient le cosmos à chaque rotation.Si, par chance, la trajectoire des rayons est orientée vers la Terre, les astronomes peuvent intercepter le signal à intervalles réguliers, comme on perçoit le faisceau d’un phare chaque fois qu’il fouette le ciel.Environ 1 500 pulsars ont jusqu’ici été identifiés dans notre galaxie.« La plupart tournent sur eux-mêmes une ou deux fois par seconde.Ceux que nous avons trouvés le font plus de 100 fois; on les appelle les “pulsars millisecondes”.Avant notre découverte, moins d’une centaine de pulsars de ce type étaient connus.En trouver 21 dans un seul amas d’étoiles est donc vraiment exceptionnel», souligne Victoria Kaspi.Il y en a qui font jusqu’à 600 tours par seconde.Imaginez une sphère du diamètre de Pile de Montréal effecmer autant de rotations qu’un robot culinaire ! « Ces pulsars tournent à un dixième de la vitesse de la lumière.» Leurs propriétés en font des laboratoires cosmiques uniques, impossibles à reproduire artificiellement.Comme les autres étoiles à neutrons, les pulsars sont beaucoup plus petits que le Soleil (dont le diamètre avoisine 1,4 million de kilomètres).Dans ces astres compacts s’entasse pourtant une masse équivalente à une fois et demie celle du Soleil.« Une petite cuillérée de matière d’une étoile à neutrons pèserait un milliard de tonnes, s’émerveille la chercheuse.C’est la matière la plus dense que nous connaissons dans l’Univers, après les trous noirs.En fait, le cœur des étoiles à neutrons est encore plus dense que le noyau des atomes.D’où leur importance pour la physique fondamentale, parce qu’on ne connaît pas les propriétés de la matière à ces densités, et on ne peut pas en fabriquer en laboratoire.» La lumière et les rayons X que dégagent les pulsars sont souvent trop faibles pour être repérés, même par les meilleurs télescopes.Ce sont en général leurs pulsations radio qui ttahissent leur présence.D’ailleurs, lorsque le premier pulsar a été détecté, par hasard en 1967, des scientifiques ont pris ce cliquetis cosmique pour les messages codés d’une civilisation extraterrestre ! Aujourd’hui, Victoria Kaspi et ses collègues «écoutent » le ciel à l’aide du puissant radiotélescope Green Bank de l’Observatoire national de radioastronomie, en Virginie occidentale.Les ondes radio ainsi captées sont analysées par les super-ordinateurs du département de physique de McGill.Plusieurs téraoctets de données doivent être scrutés pour arriver à déceler des pulsations dans le bourdonnement constant des autres étoiles.«À l’aide d’un algorithme, l’ordinateur extrait les pulsations régulières, même très faibles, qui sont noyées dans un bruit de fond aléatoire.» Les ondes radio apparaissent à l’écran sous la forme d’un graphique qui ressemble au tracé d’un électrocardiogramme.Si on amplifie suffisamment le signal dans un haut-parleur, on parvient à entendre ces battements de cœur, qui peuvent sonner comme le bruit d’une montre, le vrombissement d’un moteur ou un ton continu.Parmi la vingtaine de pulsars ainsi dénichés, au moins 13 forment un couple avec une autre étoile.Les deux inséparables tournent en orbite l’un autour de l’autre à tme vitesse vertigineuse, composant des systèmes binaires.Ces paires d’astres sont particulièrement intéressantes pour les astrophysiciens, parce qu’elles leur permettent de mettre à l’épreuve la théorie de la relativité générale d’Einstein.Tout ça grâce à l’incroyable régularité des tic tac des pulsars, aussi stables que les horloges atomiques.« Nous pouvons observer si les pulsations surviennent un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon que le pulsar se trouve d’un côté ou de l’autre de son étoile alliée.Grâce à cette extrême précision du temps, nous pouvons mesurer les effets les plus infimes de la relativité.» L’équipe de Victoria Kaspi continue à passer au peigne fin l’amas d’étoiles Terzan 5, et des pulsars supplémentaires risquent fort de s’ajouter à son tableau de chasse.Ça ne serait qu’un début: les astrophysiciens espèrent que ces découvertes se compteront par centaines, voire par milliers, au cours des prochaines années.QS NOUS RECHERCHONS DES PASSIONNÉS.ET NOUS EN DÉCOUVRONS G* Andrés Finzi Boursier du Programme de formation de NRCM en recherche sur le cancer (IRSC), Andrés est étudiant au doctorat à l’unité de recherche en rétrovirologie humaine.Son projet porte sur les mécanismes d’assemblage du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).La recherche biomédicale vous captive ?Poursuivez votre formation dans un environnement multidisciplinaire performant Centre de recherche en pleine expansion orienté vers le succès, l’IRCM offre un encadrement de grande qualité et l'accès à des équipements ultramodemes.Nos chercheurs, reconnus sur la scène internationale dans de nombreux domaines, vous préparent à une carrière scientifique de premier ordre.Renseignez-vous dès maintenant au sujet de nos programmes d’études supérieures et de formation postdoctorale.Les possibilités d'obtenir une bourse sont aussi excellentes.www.ircm.qc.ca admission@ircm.qc.ca (514) 987-5527 ^IRCM Insttut de recherches cïrvques de Montréal la formata rt b rectathe.la ute Février 2006 | Québec Science 25 ?.jrti—b^*-*1*' ~,.^ -.1 SSr&i tç 7 .^j •"•-TCfr'"- '• ¦ l< ¦' - , ?^- - -.S .( » ,.' '«-¦¦^11^ ¦.* vK* Ê La vache folle vient des hommes?Parce qu’on craignait que la maladie de la vache folle soit transmise aux humains, les autorités médicales avaient décidé, dans les années 1990, l’abattage de milliers de bêtes.Or, cette affection serait d’origine humaine.En effet, au cours des années 1960, la Grande-Bretagne importait massivement des engrais biologiques issus des boues du Gange.Pour tout déclencher, il aura suffi que soient jetés dans le fleuve sacré de l’Inde quelques cadavres contaminés par le prion responsable de la maladie de ^ Creutzfeld-Jakob, variante humaine de la maladie de la vache folle.Les restes humains - et l le prion - se sont incorporés aux sédiments fluviaux.La protéine, mélangée à la boue qui pétait vendue comme engrais, aurait été transportée dans la verte campagne anglaise, puis 5 transmise au bétail.L’article révélant cette succession de funestes événements a été publié l dans la revue médicale The Lancet.Il a évidemment provoqué la colère des autorités de ° New Delhi, qui ont tenu à souligner que la maladie de la vache folle n’existe pas en terre " indienne.Les vaches de ce pays ne sont pas folles, elles sont sacrées! 4 1 DÉCOUVERTES de l’année au Québec Les petites autos du docteur Zhao Il en sera peut-être fini de la chimiothérapie invasive grâce à ces micelles qui s’ouvrent sur commande pour libérer un médicament dans l’organisme.par Raphaëlle Derome ue Zhao vient de mettre au point une drôle de petite voiture dont les portières s’ouvrent grâce à un signal lumineux.Yue Zhao n’est pas mécanicien, mais chimiste à l’Université de Sherbrooke; et l’automobile qu’il a conçue est une micelle polymère.Ces petites sphères permettent d’encapsuler un médicament et de le libérer sur demande à l’intérieur du corps humain.« C’est comme si on enfermait le médicament dans un nanovéhicule pour l’empêcher d’interagir avec les cellules saines pendant son voyage dans l’organisme », explique l’inventeur.Si la chimiothérapie entraîne tellement d’effets secondaires, c’est que les médicaments utilisés sont également toxiques pour les cellules saines.Février 2006 | Québec Science 27 Une fois injectés, ils circulent dans le corps et tuent sans discernement La découverte de Yue Zhao va permettre de cibler beaucoup plus efficacement l’action de ces substances.Il existe toutes sortes de micelles polymères.Certaines s’ouvrent en milieu acide, d’autres réagissent à la chaleur.Celles conçues par l’équipe de Sherbrooke possèdent la particularité de s’ouvrir à la lumière, ce qui permet de contrôler beaucoup plus efficacement la libération du médicament, prétend le docteur Zhao.« Comme le médecin règle la source de lumière, il peut libérer le médicament à l’endroit et au moment voulus.» Notamment dans les tissus cancéreux.Les « petites autos » de Yue Zhao sont faites de «copolymères à deux blocs», deux molécules géantes en forme de chaîne attachées bout à bout.L’une de ces chaînes, dite « hydrophile », est soluble dans l’eau.L’autre, dite « hydrophobe », ne l’est pas.Quand on les plonge dans l’eau, ces filaments se mettent à valser : les chaînes hydrophobes s’agrègent pour former un cœur compact tandis que les chaînes hydrophiles se dispersent en couronne.De vraies nageuses synchronisées ! Grâce à leur forme unique, les micelles peuvent faire voyager dans l’eau des substances qui, en temps normal, ne s’y dissolvent pas, comme c’est le cas de nombreux médicaments.L’équipe du docteur Zhao, dont les résultats de recherche ont été publiés dans le Journal of the American Chemical Society et dans la revue Macro-molecules, a réussi à greffer aux polymères une petite molécule photoactive, appelée chromophore.Lorsqu’il est frappé par un rayon lumineux, le chromophore se brise ou change de forme, ouvrant ainsi la micelle.Les micelles traditionnelles, faites de molécules beaucoup plus petites que les polymères, se dissocient aussitôt entrées dans l’organisme.«Les polymères, ces enchevêtrements de longues chaînes, sont beaucoup plus stables », précise le chimiste.Autrement dit, on transporte le mercenaire en fourgon blindé plutôt qu’en décapotable.Une fois injectés dans l’organisme, ces nanovéhicules circulent partout.Mais ils auront surtout tendance à s’accumuler dans les tissus cancéreux.« Les vaisseaux sanguins sont en général étanches aux grosses molécules, mais ceux qui irriguent les tumeurs possèdent de nombreux pores », explique Christophe Leroux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en libération contrôlée des médicaments.Ainsi, à mesure que le médicament passe et repasse devant la tumeur, il y pénètre et finit par quitter la circulation sanguine.« Après quelques heures, le sang ne contiendra presque plus de nanovéhicules.Ils seront accumulés dans la tumeur», explique le professeur Leroux qui développe lui aussi des micelles polymères.Une fois les nanovéhicules bien garés dans les tumeurs, il suffit d’activer le chromophore pour les ouvrir.Pour l’instant, le docteur Zhao utilise des rayons ultraviolets.La prochaine étape, c’est de construire des micelles qui s’ouvrent plutôt sous l’effet de rayons infrarouges.«Les infrarouges pénètrent plus profondément sous la peau et ils ne sont pas nocifs pour les cellules.» Reste aussi à trouver un polymère non toxique.Une formalité, selon Yue Zhao : «On connaît déjà plusieurs polymères compatibles avec le corps humain.L’important, c’était de mettre au point la méthode.» Je m'abonne ou j'offre un abonnement à Québec Science ret je reçois en cadeau* l'album de Florent Voilant Nipaiamianan Noël, en Innu A FLORENT VOILANT Nipaiamianan Pour vous abonner - pour offrir un abonnement en cadeau Un seul numéro : 1 866 828-9879 Mentionnez votre code de promotion : QSFV1205 *Album offert dans ia limite des stocks disponibles r IScience [^Oui, je m’abonne ! et je reçois en cadeau l'album de Florent Voilant Nipaiamianan 1 an 38,50 $ taxes comprises ^ ?2 ans 65 $ taxes comprises Nom Adresse Code postal Téléphone Courriel [H] MasterCard I I Facturez- Date d'expiration / cienceQilt »» par Mélanie Saint-Hilaire Le cuistot et l’architecte Le chef cuisinier Stéphane Modat fait dessiner le contenu de ses assiettes par un architecte.Un spectacle délicieux.Un bon repas doit être aussi harmonieux qu’une symphonie et aussi bien construit qu’une cathédrale romane », disait le célèbre cuisinier français Fernand Point.Stéphane Modat l’a pris au mot.Chef de L’Utopie, à Québec, ce toqué de 29 ans fait dessiner le contenu de ses assiettes par un architecte et met même à profit la physique des matériaux ! Comment donner à une entrée au saumon fumé une forme sculpturale, conforme à l’esprit du musée Guggenheim de Bilbao, chef-d’œuvre de l’architecte Frank Gehry ?Voilà qui pose de sérieux problèmes.Car si l’on connaît les propriétés architecturales du verre ou de l’acier, il en va autrement de la viande ou des légumes.« Le défi était de trouver les ingrédients adéquats pour que les constructions se tiennent et qu’en même temps ce soit bon, souligne le chef.On a fait beaucoup d’essais désastreux! » Par exemple, pour conférer à la salade sa forme tubulaire sophistiquée, il a fallu remplacer laitue et vinaigrette par des tuiles croustillantes aromatisées à la livèche, à l’olive et au vinaigre.Pour chaque parfum, il a fallu doser la pâte différemment afin d’obtenir la bonne texture.On a dû faire bouillir la livèche pour en extraire la chlorophylle, concentré très coloré au goût prononcé.La torsade de saumon, elle, a bien failli ne jamais voir le jour, le poisson fumé à chaud s’effritant entre les doigts.Modat a mis des mois pour trouver un saumon fumé à froid ayant une chair assez élastique.Quant au bel « auvent » de chocolat accompagnant l’agneau, qui fondait dès qu’on le posait sur l’assiette fumante, il a été remplacé par une tuile cannelée au cacao, plus sèche et résistante.Le chef a même dû se doter de nou- 54 Québec Science I Février 2006 40?g Maquette de l'architecte pour g le pannacotta au roquefort, avec S carrés de pâte de fruit et caramel £ au vieux grenache veaux outils.Dans du papier aimanté, il a découpé des pochoirs permettant de tracer des formes géométriques parfaites.Il a fait fabriquer un genre de gaufrier pour les tuiles cannelées au cacao.Il s’est procuré chez un quincaillier une toupie pour percer des « fenêtres » dans les aliments.Imaginez l’atmosphère qui régnait à la cuisine le soir où on a servi 50 menus architecture au lieu des 20 habituels.La toupie a crissé toute la soirée.Originaire de Perpignan, formé au fameux restaurant le Jardin des sens à Montpellier, Stéphane Modat a, on s’en serait douté, une nette tendance à sortir du moule.Après avoir bâti des menus en hommage à un ingrédient - poivre ou amande -, il ouvre L’Utopie en 2004 et lance le concept d’« architecture culinaire ».On est chef de L’Utopie ou on ne l’est pas.« On ne peut plus nourrir pour nourrir, dit- il.Il faut penser la cuisine et l’explorer, de préférence avec quelqu’un d’un corps de métier différent, qui nous apporte une autre expérience.» Situé dans le quartier néo-chic Saint-Roch, à Québec, le restaurant est en soi une réussite architecturale.Dans la salle, couleur pistache et paprika, la vitrine inclinée d’un immense mur-cellier reflète les tables, séparées par des troncs d’arbre (que le cuistot est allé bûcher lui-même, en motoneige, à Saint-Tite-des-Caps).« Nous voulions un espace déstabilisant pour le client, qui accentue le dérèglement des sens créé par la gastronomie.Bref, nous voulions surprendre avec des combinaisons de goûts étonnantes », explique le concepteur, Pierre Bouvier, de la firme Atlante architecture + design.Mais c’est lui qui a été le plus déstabilisé quand L’Utopie l’a recruté pour donner de la structure à sa gastronomie ! Son mandat : lâtffl* ;; IJlt'.K ks ardu few J fyrecoa iifcj, *#0 ar Jean-Marie Labrie dessiner des formes harmonieuses pour le contenu des assiettes, sans aucune contrainte.« Je n’ai pas essayé de faire beau, mais plutôt de traduire des concepts courants en architecture », précise-t-il.Le plat principal évoque la transparence et la réflexion : près de la longe d’agneau et du foie gras confit, une feuille de cacao au kirsch percée de « fenêtres » se reflète dans une crème d’asperges à l’hysope, comme une façade dans un étang.Le fromage, quant à lui, joue du contraste entre le bâti et la nature : ce pammcotta au roquefort, avec carrés de pâte de fruit et caramel au vieux grenache, surmonté de bâtonnets enchevêtrés, respecte une stricte géométrie.Enfin, une colonnade de bûchettes de pain à l’huile d’olive confère rythme et perspective au dessert : un parfait glacé au sirop d’érable, garni d’une gelée au dry gin et curaçao bleu, accompagné d’une tuile aux amandes.Il a fallu six mois avant d’en arriver à une telle perfection.Car porter ces images tridimensionnelles du papier à l’assiette n’était pas de la tarte.« Ça a pris plus de temps qu’aménager le restaurant », badine Pierre Bouvier.’exploit^ ’rniwpi* Mite® ut este»»1 sis* ïmrkf cjinmiA1 Pour lui, toutefois, cette collaboration aura été du gâteau : « Les architectes sont noyés dans les contraintes terre à terre.Souvent, ils analysent le fonctionnement d’un édifice sans avoir le loisir de penser à sa beauté.Dans ce projet, je devais d’abord faire naître des émotions, raconte-t-il.Et puis, lever une assiette et y reconnaître un bâtiment, ça donne une tout autre perception des concepts d’architecture ! » À109 $ le couvert, vin inclus, le menu remporte un succès bœuf.« Les gens demandent: “Comment vous faites ça ?” La réaction est tellement enthousiaste qu’on va continuer dans cette voie », assure Stéphane Modat qui a l’intention d’inviter un anthropologue, spécialiste des cultures, à mettre son grain de sel dans la marmite à idées.« Aujourd’hui, quand je monte une assiette, je pense à ce que Pierre m’a enseigné; je verse la sauce pour qu’elle reflète une pièce, je coupe mes aliments différemment.Ses images m’ont nourri, en quelque sorte.» Et à ceux qui, en plantant leur fourchette dans son œuvre, se sentent comme Godzilla saccageant Tokyo, le cuisinier suggère : « Mangez avec vos doigts.L’idée, c’est d’avoir du plaisir ! » CS labriejm3ldsymjpa tico.ca 0194 Nombres carrés et suites remarquables ! Soit les trois identités suivantes : 32 + 42 = 52 102 + 112 +122 = 132 + 142 212 + 222 + 232 + 242 = 252 + 262 + 272 Trouver « n » nombres carrés consécutifs selon le modèle précédent dans chacune des situations suivantes : n = 9, 11 et 21.Solutions 192 Les racines cubiques et les chiffres! Solutions suggérées: Il faut appel à une table de nombres cubes.a.Il existe deux solutions : m n 0 P 5 8 3 2 4 9 1 3 b.m n 0 P a b c d e 2 1 9 7 3 4 5 6 8 c.m n 0 P q a b c d 1 3 8 2 4 5 6 7 9 d.m n 0 P a b c d e 9 2 6 1 3 4 5 7 8 193 Divisibilité par deux nombres premiers Solution suggérée: Le produit des deux nombres premiers 13 et 19 est 247.Comme il y a un reste de 1, le premier nombre entier qui vérifie la condition donnée est donc 248.Pour trouver les autres nombres, il suffit d'ajouter à 248 le nombre 247 et ainsi de suite; on obtient les nombres 495, 742 et 989.Par conséquent, les 4 nombres entiers compris entre 0 et 1000 sont 248, 495, 742 et 989.Niveaux ^ C^débutant ^/intermédiaire OOexpert Février 2006 I Québec Science 55 119 .licitations Les Fonds Québécois de recherche saluent la contributior exceptionnelle de ces chercheurs et de leurs équipes à l'avancement des connaissances.1 ' :-:V X Québec h n Fonds de la recherche en santé Fonds de la recherche sur la nature et les technologies Fonds de la recherche sur la société et la culture • Stéphane Bouchard, Université du Québec en Outaouais, Psychologie Soigner les phobies par la réalité virtuelle • Denis Gilbert, Institut Maurice-Lamontagne, Océanographie La diminution de l'oxygéne dans l'estuaire du St-Laurent : un lien avec l'Atlantique Nord-Ouest • Tristan Graistian, Université Laval, Optique Lentille à cristaux liquides, ajustable par courant électrique • Jeremy Jass, Université McGill, Médecine Nouvelle forme de cancer colorectal • Victoria Kaspi, Université McGill, Astronomie Découverte d'un amas de 21 nouveaux pulsars à rotation rapide • Hans Larsson, Université McGill, Paléontologie Des nouveaux fossiles • Mario Leclerc, Université Laval, Médecine / chimie Détection directe d'acides nucléiques par amplification d'un signal fluorescent • Mohamed Siaj, Université Laval, Chimie Nanopince crocodile • André Veillette, Institut de recherches cliniques de Montréal, Médecine La cascade moléculaire de la production d'anticorps chez les lymphocytes B • Vue Zhao, Université de Sherbrooke, Chimie des matériaux Nouveau design de micelles photocontrôlables Investir dans la recherche aujourd'hu .pour demain www.frsq.gouv.qc.ca - www.fqrnt.gouv.qc.ca - www.fqrsc.gouv.qc.c nKBHBBBo ïSiwww bHSmwï uiourd hui le ->futur »•» par Philippe Desrosiers â ü'J: nni >ül)| t3\ •Jü| .31 ' i) Siffler en travaillant B Qui réussira à mettre au point le plus petit ~k - T™ lecteur MP3 capable de contenir le plus grand nombre de chansons?La course | a débuté! À ce chapitre, un modèle se démarque nettement des autres.La compagnie japonaise Toto offre à sa clientèle des toilettes pourvues d'un lecteur de musique afin que chaque utilisateur puisse agrémenter sa détente quotidienne de l’air de son choix.La lunette de ce trône tout spécial est chauffée.Elle s’abaisse automatiquement à l’approche d’un utilisateur et se lève quand il s’en va.La chasse d’eau est alors automatiquement actionnée, ce qui évite l’éreintant effort d’appuyer sur le petit levier.Ces dernières caractéristiques en font l’appareil parfait pour les personnes présentant un handicap physique, et pour celles qui n’ont jamais tout à fait saisi comment fonctionne ce dispositif familier.Reste à voir si ces dernières réussiront à comprendre la fonction musicale de ces toilettes des temps modernes.Pour une démonstration vidéo: http://www.toto.co.jp/ products/toilet/t00004/mpeg/003.mpg lourd appel Alors que la mode est à la miniaturisation des téléphones cellulaires, l le millionnaire »f i australien John llhan entend construire un appareil gigantesque.Si l’excentrique vendeur de téléphones portables voit son projet approuvé par la ville de Melbourne, une tour de 120 m, d’apparence bien particulière, s’élèvera au centre-ville.Fort d’un budget de 35 millions $, l’architecte Jason Camenzuli a eu le mandat de faire une immense réplique d’un téléphone, depuis le clavier jusqu’à l’antenne, en passant par l’écran.L’immeuble abriterait le siège social de l’homme d’affaires et offrirait à 166 chanceux la possibilité d’habiter dans un téléphone! Le rez-de-chaussée serait évidemment consacré à la vente de véritables appareils.Réveil en douceur * s Ceux et celles qui ont de la difficulté à quitter les bras de Morphée seront heureux d’apprendre l’existence du Sleeptracker.Cette montre d’un genre tout particulier est pourvue d’un accéléromètre qui détecte les mouvements du dormeur, les enregistre et les garde en mémoire.Elle renseigne ainsi l’utilisateur sur ses cycles de sommeil et lui permet de savoir si la nuit a été mouvementée ou non.La montre peut même faire retentir une sonnerie au moment opportun pour son corps.On évite ainsi de tirer brutalement la personne du sommeil profond, un stade pendant lequel l’éveil est particulièrement difficile.On peut porter la montre sous l’eau jusqu’à une profondeur de 20 m.Ce qui donne un tout autre sens à l’expression « avoir un sommeil profond ».On peut se procurer le Sleeptracker sur le site de la compagnie pour environ 180 $.www.sleeptracker.ca Février 2006 I Québec Science 57 Éloge de la vulgarité Nous savons de plus en plus de choses, mais nous les comprenons de moins en moins.Bernard Arcand : Un bon dictionnaire m’informe que le mot «vulgaire» est un lointain dérivé du latin vulgus qui signifiait « le commun des hommes ».Le personnage m’intéresse au plus haut point.Probablement parce que je suis son très proche parent.Les rapports qu’entretient cet homme commun avec la science ont évolué de manière préoccupante.Tout indique que la science devient chaque jour un peu moins compréhensible.Prenez pour exemple ces remarquables découvertes ayant marqué la dernière année en recherche au Québec.Quel athlète professionnel pourrait enseigner à un enfant la vraie nature des pulsars ?Quel journaliste spécialisé en affaires connaît vraiment les micelles ?Y a-t-il en ce pays un seul sociologue, dentiste ou économiste confiant d’avoir compris ce que sont les lymphocytes B?Qui, parmi les participants à une émission de téléréalité, pourrait expliquer le rôle des connexions nanométriques ?La science s’éloigne du commun des mortels.Et quand le monde paraît incompréhensible, les êtres humains ont souvent recours au mythe; c’est-à-dire à un mode d’interprétation logique et cohérent, donc crédible et incontestable.Il s’agit de combler un vacuum de sens.C’est ainsi que naissent des héros comme Louis Pasteur, Marie Curie ou Albert Einstein.D’où le mythe dangereux d’une science omnipotente qui réussira tôt ou tard à résoudre tous nos problèmes.Il y a de quoi s’alarmer.Heureusement - et de temps à autre, cela mérite d’être rappelé -, on peut trouver en kiosque des revues qui ne craignent pas de s’adresser au vulgaire, rédigées par des personnes qui n’hésitent pas à émousser la science.Et qui font de moi un érudit quand je discute avec un dentiste, un sociologue ou un joueur de football.Serge Bouchard : Le savoir doit en principe nous libérer.Nous libérer de quoi ?, nul ne le sait en propre.Tout comme nul ne saurait prétendre a contrario que le savoir empêtre les gens honnêtes qui ne s’y retrouvent plus.Car encore faut-il savoir quoi faire avec le savoir.La mé- ; moire collective accumule sans cesse une montagne de con- j naissances d’où coule un fleuve de savoir-faire dont la nature nous émerveille, mais dont l’ampleur nous dépasse.Nous sommes inondés d’une lumière qui provoque peut-être une cécité, comme devant un soleil trop éclatant.Découvertes et percées se succèdent à un rythme dont nous ne pouvons plus dire qu’il accélère, tant la métaphore de I l’accélération semble dépassée.Parlons plutôt d’une explosion, d’un grand boum; d’une sorte d’apparition I soudaine d’éclairs répétés.Le tranquille et petit « Que I sais-je ?» est mis à rude épreuve.Il ne sert plus à rien.Car l’Univers est radicalement nouveau, il l’est de plus en plus, jour après jour.Nous verrons bientôt l’onde fossile du début de tout.La vie se fabrique, se clone; les gènes se manufacturent et se manipulent; l’infiniment petit ne cache plus rien.L’absolument grand se photographie; rien n’échappe à la marche inéluctable du dévoilement.Nous sommes j totalement investis dans l’application euphorique et la mise en œuvre j de nos incroyables découvertes.Informatique, génétique, biochimie, j, astrophysique, matériaux, procédés, énergie, vie, physique, génie, mémoire, imagerie, noyau, nano-noyau, entropie, système, matière noire, antigravitation, trou, plein, vide, bactérie.Nous sommes loin de l’« Encyclopédie de ma jeunesse ».Je sais de moins en moins comment ça marche, mais ça marche en j grand.Pour être souverain, je devrai être de plus en plus savant; de plus en plus technicien.Mais déjà la programmation de mon thermostat pose un problème.Demain, une moitié de l’humanité devra montrer à l’autre l’ABC du savoir, du savoir-faire, et de la liberté.Et Québec Science devra être publié sur une base quotidienne - deux fois par jour en fait -, soit 700 numéros par année.05 jijji f.s 58 Québec Science I Février 2006 L Sophie Gagnon étudiante à la maîtrise en études françaises, contribue à poser les bases de la cyberédition, un domaine encore peu exploré.Apprendre L'Université de Sherbrooke propose un cadre d'études et de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.Maîtrises Adaptation scolaire et sociale Administration Administration des affaires (MBA) Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit Droit et politiques de la santé Economique Enseignement Environnement Études françaises Fiscalité Génie aérospatial Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie logiciel Génie mécanique Géographie Gérontologie Gestion de l’éducation et de la formation Gestion de l’ingénierie Gestion du développement des coopératives et des collectivités Histoire Immunologie Informatique Intervention sociale - toxicomanie Kinanthropologie Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Orientation Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Pratiques de la réadaptation Prévention et règlement des différends Psychoéducation Radiobiologie Sciences cliniques Sciences de l’éducation Sciences humaines des religions Service social Théologie Doctorats Administration (DBA) Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit Éducation Études françaises Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie mécanique Gérontologie Immunologie Informatique Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Psychologie Radiobiologie Sciences cliniques Télédétection Théologie www.USherbrooke.ca/jeveux UNIVERSITE DE SHERBROOKE L’audace porte fruit ;; UNIVERSITE 3 LAVAL Diabète Endocrinologie moléculaire et oncologique Génétique humaine Hypertension Infectiologie Maladies lipidiques Médicine Familiale Neurosciences Ontogeme et reproduction Ophtalmologie Pédiatrie Rhumatologie & Immunologie Santé et environnement Santé publique 1 200 employés 500 étudiants 185 chercheurs Afin d'accélérer le transfert de nouvelles connaissances pour mettre au point de nouveaux traitements et de nouvelles stratégies de prévention des maladies, des ressources humaines possédant une expertise de niveau international et des équipements à la fine pointe de la technologie permettent au nouveau Centre de Génomique de Québec Centre de Génomique de Québec ¦
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