Québec science, 1 janvier 2006, Mars
PER J-09 • BNQ ^|ars2006 www.cybersciences.com onsieur Tout-le-monde Abntre Monsieur Muscle! homme a-t-il vraiment évolué?andropause, cette incomprise époustouflant voyage du spermatozoïde 4,95 $ i i]:f‘ 06538563761603 François Légare réussit à filmer les réactions photochimiques en utilisant des impulsions lasers ultrabrèves et ultra-intenses.Comprendre L'Université de Sherbrooke propose un cadre d'études et de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.Maîtrises Adaptation scolaire et sociale Administration Administration des affaires (MBA) Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit Droit et politiques de la santé Economique Enseignement Environnement Études françaises Fiscalité Génie aérospatial Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie logiciel Génie mécanique Géographie Gérontologie Gestion de l’éducation et de la formation Gestion de l’ingénierie Gestion du développement des coopératives et des collectivités Histoire Immunologie Informatique Intervention sociale - toxicomanie Kinanthropologie Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Orientation Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Pratiques de la réadaptation Prévention et règlement des différends Psychoéducation Radiobiologie Sciences cliniques Sciences de l’éducation Sciences humaines des religions Service social Théologie Doctorats Administration (DBA) Biochimie Biologie Biologie cellulaire Chimie Droit Éducation Études françaises Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie mécanique Gérontologie Immunologie Informatique Littérature canadienne comparée Mathématiques Microbiologie Pharmacologie Philosophie Physiologie Physique Psychologie Radiobiologie Sciences cliniques T élédétection Théologie www.USherbrooke.ca/jeveux UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE L’audace porte fruit ?! c ç 3 J MARS 2006, VOLUME 44, NUMERO 6 www.cybersciences.com MONSIEUR UNIVERS Le mec plus ultra Des figurines pour enfants aux stars d'Hollywood, le physique masculin idéal s'éloigne de plus en plus de Monsieur Tout-le-monde.par Noémi Mercier L'EVOLUTION TRANQUILLE 9 200 000 ans dans le corps Cré Cro-Magnon! Il sait mieux se coiffer et mieux s'habiller; il est plus grand, plus gros, mais il n'est pas plus intelligent qu'avant.par Jean-Pierre Rogel LA TÊTE QU'ELLE FAIT, LA TÊTE QU'IL A 4 Cerveau d'homme, cerveau de femme?Si on comprenait mieux les différences, on agirait autrement pour atteindre Légalité des sexes, pense la neuropsychologue Sandra Witelson.Propos recueillis par Marie-Claude Bourdon COBAYES MALGRE EUX Mâle médecine Au fil des siècles, la supériorité de l'homme sur le « beau sexe » a fait l'objet de nombreuses «démonstrations scientifiques».par Denis Goulet LE COMMENCEMENT DE L'HOMME Comment I O on fabrique les garçons Pour faire un petit homme, la nature orchestre un processus complexe et mystérieux.Mais il paraît que, pour y arriver, on peut aussi manger des bananes ou faire l'amour après une guerre mondiale, par Marie-Pier Elie L'ODYSSEE D'UN SURVIVANT 20heToT C'est au terme d'un voyage époustouflant que le spermatozoïde va féconder l'ovule tant convoité.Petit récit d'une grande aventure.par Marie-Pier Elie L'HOMME, CET INCONNU Landropause, cette incomprise Peu d'hommes - et de médecins ! -savent que la carence en testostérone qui s'installe à la cinquantaine peut conduire à la dépression.Et qu'il suffit parfois d'un supplément hormonal pour en sortir, par Catherine Dubé 30 Bien vu! «Au grand jeu des différences, on efface les similitudes.» par Bernard Arcand et Serge Bouchard Mars 2006 I Québec Science t 3 •Mis KVL^Jt‘''-ia£;’- 'ïSfeéï?- ;-v\^s*.'^y-/., ' -~ .->>ja £ 55^_- \ (0 < I < 1 3 ?ft d ü > ft ?ü fl ’.[V I I «0 i'cKm dntpd nets Ml ssfajitB proeessiisè mmèmeij ceptouB prom de Des ,, nouvelles de O Je t’aime, moi non plus Chez les Papous de la tribu Tin Dama, les mots «Je t’aime» n’existent pas.Le guerrier déclarera ses intentions par un poétique : «Mon pilier est desséché.» À quoi son interlocutrice répliquera sans hésiter : « Mon panier est vide.» Les hommes tolèrent mieux la douleur La «grippe d’homme» est un mythe ou un gag féministe.Les hommes seraient en fait plus résistants à la douleur que les femmes.Mais cela n’aurait rien de bien viril : leur endurance serait due à une simple protéine, nommée GIRK2 qui agit comme un rempart contre la douleur et a probablement un effet sur la façon dont les messages sont transmis dans le système nerveux.GIRK2 est beaucoup plus active chez les hommes que chez les femmes.Deux équipes de scientifiques états-uniens sont arrivées à cette même conclusion en trafiquant les gènes de souris de laboratoire.Ils ont constaté que les souris mâles équipées de la protéine supportent beaucoup mieux la douleur que celles qui en sont dépourvues.Sans la protéine, les mâles ont alors la même tolérance que les souris femelles.Mauvaise nouvelle : l’un des mécanismes d’action des analgésiques est précisément d’activer cette protéine ! Ce qui expliquerait que ces produits fonctionnent souvent mieux chez les hommes que chez les femmes.Débandant ! Un homme qui vient de contempler un magazine comme Playboy est plus sévère lorsqu’il doit ensuite évaluer la beauté d’une femme ou même celle de sa propre épouse, ont conclu des chercheurs de l’Axizona.Les films pornographiques simulant des ébats passionnés ont malheureusement le même effet, a pu constater une autre équipe de 1’Alabama.Après avoir regardé un tel spectacle, les hommes ont tendance à se dire moins satisfaits de leur propre partenaire.La porno a vraiment un effet pervers ! Pourquoi les mâles n’allaitent pas Pourquoi, chez les mammifères, la tâche de l’allaitement est-elle exclusivement dévolue aux femelles ?Les mâles sont pourtant équipés de (petites) glandes mammaires.C’est parce que le mâle n’en tire aucun avantage évolutif! Contrairement aux poissons, qui fertilisent les œufs à l’extérieur de la femelle, les mammifères , mâles ne peuvent être certains à 100 % de leur 1 paternité.Comment s’assurer que ce sont bien ; SES spermatozoïdes qui ont fertilisé sa ; partenaire ?Pour lui, il est donc logique de | tenter de féconder le plus de femelles possibles ; plutôt que de passer du temps à prendre soin ; de bébés dont il n’est peut-être même pas le | père ! Il y a au moins une exception toutefois : : des scientifiques ont attrapé une dizaine de |g mâles d’une espèce de chauve-souris frugivores de la Malaisie dont les glandes mammaires étaient pleines de lait.Mais personne ne les a vus allaiter.une job de gars Si le terme « bourreau » n’a pas d’équivalent féminin, c’est peut-être parce que ça fait beaucoup plus mal quand c’est un homme qui inflige la douleur ! David Williams, un chercheur de l’université de Westminster, en Grande-Bretagne, a demandé à de valeureux participants d’insérer le doigt dans une pince.Un expérimentateur la serrait jusqu’à ce que le participant ressente de la douleur.Les «victimes», qu’elles soient homme ou femme, avaient mal plus rapidement quand le « bourreau » était un homme.Et cela même si la pression était exactement la même.Les stéréotypes ont la vie dure ! Mars 2006 Québec Science XY15 T je commencement de Ihomme Comment Pour faire un petit homme, la nature orchestre un processus complexe et mystérieux.Mais il paraît que pour y arriver on peut aussi manger des bananes ou faire P amour après une guerre mondiale.par Marie-Pier Elie Muscles saillants, torse velu, veines gorgées de testostérone.c’est beau un homme ! Tapie au cœur de chaque cellule musculaire, de chaque cellule pileuse, de chaque globule sanguin mâle, une paire de chromosomes a orchestré ce chef-d’œuvre de la nature : X, caché dans l’ovule de maman, et Y, à l’abri dans le spermatozoïde de papa.Six semaines après leur rencontre dans une trompe de Fal-lope, rien n’évoque encore la masculinité de l’embryon qui porte ^ces chromosomes dissemblables.Entre les minuscules jambes pointe oun tubercule, simple fente surmontée d’un renflement, qui évoque ^davantage le sexe féminin que le membre viril.À l’intérieur, une gplomberie génitale dédoublée : les canaux de Wolf (mâles) et les jj gcanaux de Millier (femelles).Un gène nommé SRY (pour Sex-de-ztermining Region of Y) entre alors en action pour sceller le des-|tin du petit être asexué.C’est lui qui déclenche la différenciation irdes testicules et une cascade d’événements menant à la régression gdes canaux de Müller, et à la production de testostérone.* Sous l’influence d’un bataillon d’autres gènes et d’une trentaine 16XY Québec Science I Mars 2006 de portions d’ADN, la fente se referme, le tubercule prend de l’expansion pour devenir ce petit pénis qui pointe fièrement, déjà bien visible à l’échographie vers la douzième semaine.Inondés de testostérone, les canaux de Wolf muent en canaux déférents qui, beaucoup plus tard, assureront le transport des spermatozoïdes des testicules au pénis.Un petit homme est né.Un petit handicapé génétique : le chromosome Y qui le distingue ne porte que 78 gènes, comparé à 1 098 pour le chromosome X.Si une mutation néfaste survient sur l’un des chromosomes X de la femme, l’autre peut prendre le relais.Une compensation impossible chez l’homme.Et les gènes portés par le chromosome X ne sont pas négligeables.Ils sont actifs dans le développement musculaire, la coagulation sanguine, la distinction des couleurs, de même que plusieurs fonctions cérébrales.Voilà pourquoi la dystrophie musculaire de Duchenne, l’hémophilie, le daltonisme, et au moins 200 autres maladies affectent beaucoup plus de garçons que de filles.Ces dernières en souffrent seulement si elles sont assez malchanceuses pour hériter du défaut sur leurs deux chromosomes X.Est-ce pour contrebalancer cette fragilité chromosomique qu’il naît en moyenne 105 garçons pour 100 filles dans le monde ?Chose certaine, explique Louise Lapensée, gynécologue-obstétricienne à l’Hôpital Saint-Luc et cofondatrice de la clinique de fertilité Ovo, à Montréal, les mâles sont moins nombreux à survivre au grand plongeon hors du ventre maternel : « Chez les grands prématurés, le pronostic est moins bon pour les garçons que pour les filles, sans que l’on sache exactement pourquoi.» La nature aurait donc tout prévu afin d’assurer un parfait équilibre à l’âge reproducteur : on a beau voir naître plus de bébés garçons, chez les 16-64 ans, on comptait en l’an 2000 99,89 hommes pour 100 femmes dans le monde.Et, selon une des rares études publiées sur le sujet en 1974, comme les fausses couches menacent les embryons mâles plus que les femelles, on concevrait 120 garçons pour 100 filles.Tout futur parent a donc, statistiquement parlant, légèrement plus de chances de mettre au monde un garçon qu’une fille.Mais est-ce vraiment le seul hasard qui décide ?Dès 1748, Michel Procope Couteau, médecin à l’Université de Montpellier, en France, publiait L’art de faire des garçons, dans lequel il affirmait avoir obtenu à tout coup des embryons mâles en fécondant l’ovaire gauche de sa femme.Cinquante-deux ans plus tard, Jacques André Millot prétendait au contraire, dans L’art de procréer les sexes à volonté, que l’ovaire droit et le testicule droit produisent des garçons.Pour avoir un garçon, il suffirait donc à la femme de se coucher sur le côté gauche, afin que le « canon de la vie » s’oriente vers la droite.Du coup, Millot affirmait sans rire que la femme de Procope Couteau présentait sans doute une in- Mars2006 I Québec Science XY17 ronirnenreniem oimne version des organes reproducteurs internes ! Selon d’autres auteurs, un couple dont la tête pointe vers le nord durant l’acte engendrera des garçons, tout comme une femme qui se gaverait de viandes, de poissons, de féculents, de bananes, de pêches et d’abricots (riches en sodium et en potassium), afin de rendre ses sécrétions vaginales plus accueillantes pour les spermatozoïdes Y.Le moment où se déroule la course à la fécondation jouerait également pour beaucoup.Dans les années 1960, le docteur Landrum Shettles affirmait déjà que les spermatozoïdes Y se comportent différemment des spermatozoïdes X, et qu’en mettant à profit leurs particularités, on fait grimper à 80 % les chances d’obtenir le petit garçon tant désiré.En gros, les Y, légers, petits et effilés, seraient comme des lièvres, alors que les X, avec leur fardeau chromosomique supplémentaire, joueraient les tortues.Comme les premiers atteignent leur destination plus rapidement, ils ont intérêt à entreprendre leur course folle au moment même de l’ovulation, afin de bénéficier de cet avantage.Autrement, si le rapport sexuel a lieu plusieurs jours avant l’ovulation, ils s’épuiseront, alors que les X, plus lents, mais plus résistants, seront encore en pleine forme au moment où ça compte vraiment.Pour favoriser encore plus les Y, Shettles conseillait aux hommes d’éjaculer le plus profondément possible et, idéalement, de procurer un orgasme puissant à la femme, les contractions utérines se mettant alors de la partie pour propulser les Y encore plus rapidement vers l’ovule.température d’incubation de leurs œufs.Chez la majorité des lézards, par exemple, il existe des températures dites « masculinisantes », suffisamment élevées pour engendrer 100 % de mâles.Du côté des insectes sociaux, comme les abeilles, les fourmis et les guêpes, seuls les œufs pondus par la reine sans avoir été fertilisés contiennent des mâles.Il existe même quelques mammifères qui, sous la loupe des chercheurs, ont semblé ne pas laisser le seul hasard choisir le sexe de leur descendance.Parmi eux, les rennes, les hamsters, les rats, les opossums, les lémurs, les chevaux et même certains petits singes.Ainsi, Stuart West, de l’université d’Edimbourg, en Ecosse, et On ne compte plus les ouvrages qui, depuis, prétendent aider les futurs parents à accueillir un petit garçon dans sa belle n| chambre bleue, en combinant un régime alimentaire stria à un calendrier d’accouplement contraignant.Si Louise Lapensée se montre sceptique face à ces méthodes, elle ne conteste pas le fait que certains hommes sont de véritables manufactures à garçons : « On sait qu’un couple qui a déjà deux garçons a 70 % de chances d’obtenir un troisième garçon, fort probablement à cause de l’homme.» La littérature scientifique met d’ailleurs en lumière d’étranges phénomènes liés à la détermination du sexe.En vrac : les hommes au statut social élevé engendreraient plus de garçons, tout comme les femmes en meilleure forme physique ou celles qui s’accouplent avec un homme plus âgé qu’elles; les habitants du sud de l’Europe font plus de mâles, alors qu’en Amérique du Nord, la tendance s’inverse : on fait de plus en plus de garçons à mesure qu’on monte vers le nord; pendant et après chaque guerre mondiale, un plus grand nombre de bébés garçons ont vu le jour; chez les Indiens Havasupai, en Arizona, depuis plus d’un siècle, on remarque que les deux premiers enfants de chaque famille sont 1,3 fois plus souvent des garçons; autant les hommes que les femmes auraient plus de chances d’avoir des garçons si leur annulaire est plus long que leur auriculaire; la monogamie favoriserait la virtoire des spermatozoïdes Y.Difficile de croire que toutes ces prétentions sont également les conclusions d’études scientifiques, mais c’est bel et bien le cas.Il n’est pourtant pas si étonnant que de mystérieux mécanismes régissent la définition du sexe.Certains reptiles ont recours à la La plupart des cellules humaines contiennent 23 paires de chromosomes qui comprennent le matériel génétique nécessaire au développement et au fonctionnement de la vie.Ben Sheldon, de l’université Oxford, en Grande-Bretagne, ont parcouru 73 études sur les ongulés, et conclu que les mères en bonne condition physique ont plus de chances de mettre au monde des mâles.Car chez ces espèces, les mâles les plus faibles ont peu de chances de parvenir à s’accoupler.Mais pour les veinards, c’est le gros lot génétique : les femelles se bousculent pour recueillir leur précieuse semence et léguer l’ADN qu’elle renferme aux générations futures.Les femelles de «qualité supérieure », disposant de nourriture en abondance, ont tout intérêt à transmettre leurs gènes et leurs ressources à des mâles qui, s’ils parviennent à se hisser parmi les plus forts, assureront une dispersion optimale de leur ADN.Évidemment, le mode de vie de l’être humain modifie quelque peu ces paramètres.Même tout amoché, un homme peut espérer trouver une partenaire sexuelle, comme on peut le constater vers trois heures du matin, lors de la fermeture des bars.Mais il subsisterait des traces de notre animalité dans la détermination du sexe de nos rejetons.Ainsi, l’anthropologue Ruth Mace, du University College 18XY Québec Science Mars 2006 ' ' [if® une «Bus pstd tog oi» mtk 'tmm iP te'IHfr ilia-’!"f ne pas '¦ 'a: '¦ai&s metw® 16 f .'.Ff renia aOltef Slip1"" ; London, à Londres, a examiné plus de 300 Éthiopiennes, il y a 6 ans, peu de temps après un épisode de famine.Surprise : chez les femmes les plus fortes, c’est-à-dire qui présentaient le plus de gras et de masse musculaire dans les bras après la famine, le ratio grimpait à 1,5 garçon pour une fille.Les causes de ces phénomènes sont énigmatiques.Il y a bien sûr la populaire explication évolutionniste selon laquelle on engendrerait des enfants du sexe assurant une transmission optimale de nos gènes, en vertu des lois de la sélection naturelle.La piste hormonale est également explorée.De bonnes quantités de testostérone, dans l’organisme de la femme, favoriseraient la conception de garçons.Car certaines femmes sécréteraient de la testostérone en quantité suffisante pour influencer le sexe de leurs enfants.C’est en tout cas ce qui se produit chez les gerbilles.Une étude de Mertice Clark, Peter Karpiuk et Bennet Galiuf, de l’université McMaster, en Ontario, a mis en rehef l’influence de la testostérone sur le sexe de la descendance chez ces rongeurs.Selon leurs observations, un fœtus de sexe féminin situé entre deux fœtus mâles durant la gestation (donc exposé à un haut niveau de testostérone) engendrera plus de mâles, à l’âge adulte, que le fœtus de sexe féminin qui avait des femelles comme voisines dans le ventre de leur maman.Mais de la gerbille à l’homme, il y a tout de même quelques maillons évolutifs qui devraient nous éloigner des conclusions trop hâtives.Il est donc encore loin le jour où, comme le prétendait Jacques André Millot, on pourra « procréer à volonté un garçon ».Une méthode efficace à 100 % existe pourtant : le diagnostic préimplantatoire.De la même façon qu’il permet de sélectionner des embryons exempts d’anomalies génétiques après une fécondation in vitro, il sert également à choisir ceux du « bon » sexe.Au Canada, on le fait uniquement pour éviter la transmission de maladies héréditaires liées au sexe.Mais à la clinique Ovo, certains patients qui se soumettent à une fécondation in vitro le demandent parfois, « tant qu’à y être ».La docteure Lapensée refuse systématiquement: « Il ne faut pas ouvrir la porte à ça; c’est une pente beaucoup trop dangereuse.» Aux États-Unis, il suffit d’avoir les moyens pour acheter le sexe de son choix, à condition d’avoir déjà au moins un enfant de l’autre sexe.L’addition dépasse facilement 15 000 $.Disponible sur In- ternet, un kit a la prétention de transformer l’organisme de la femme en environnement favorable pour les Y et hostile pour les X.Pour quelque 230 $, le Gen-Select comprend un régime détaillé, un «prédicteur d’ovulation», une douche vaginale, un thermomètre et des suppléments alimentaires.Cette méthode est disponible en version bleue ou rose, et, selon les affirmations de la compagnie (qui refuse toutefois de dévoiler des données plus précises sur le taux de succès), elle serait efficace a 96%.On offre même -tenez-vous bien ! - une garantie de rem-botusement complet si l’enfant conçu n’est pas du sexe désiré ! Pas convaincu ?On peut toujours s’empiffrer de pain aux bananes, orienter son lit vers le nord et s’y ébattre en plein pic ovulatoire : il paraît qu’à tout coup, ça fonctionne une fois sur deux.GE FOUILLE-MOI -?- U mm ?On n’est jamais trop curieux ?Mars 2006 Québec Science XY19 C’est au terme d’un voyage époustouflant que le spermatozoïde va féconder l’ovule tant convoité.Petit récit d’une grande aventure.par Marie-Pier Elie Après 64 jours de préparation, le voilà: Super Sper-mato ! Coincé entre 200 à 300 millions de rivaux, il attend son tour dans le canal déférent, après avoir quitté le logis testiculaire.Le doux roulis qui ponctuait l’attente se fait de plus en plus saccadé : une décharge d’influx envahit les nerfs environnants et déclenche les contractions qui le propulsent en territoire inconnu.Il glisse dans le pénis.et c’est parti mon kiki ! Pas de chance pour Super Spermato : à peine a-t-il franchi le col utérin qu’il est emporté par un raz-de-marée orgasmique.Il échoue sur les parois de l’endomètre, peuplées de voraces phagocytes qui ne font qu’une bouchée des envahisseurs de son espèce.Et c’est dévoré £par une de ces monstrueuses créatures que Super Spermato verra g son aventure prendre fin.Il fait toutefois partie des rares privilégiés : y 99 % de ses confrères, trop peu mobiles et neutralisés par le pH acide g des lieux, ont raté la périlleuse traversée du vagin à l’utérus, et au g moins la moitié d’entre eux ont terminé leur périple en agonisant < dans les draps des amants fourbus.§ « Dans une éjaculation, il y a énormément de pertes », confirme 4 Louise Lapensée, gynécologue-obstétricienne à l’Hôpital Saint-Luc W- So® den- smàifi ffisacoiié: mmm c'sèoit ^JOVciïJ Eius,etau ’.ioénie jIWoc et cofondatrice de la clinique de fertilité Ovo, à Montréal.La plupart des spermatozoïdes ne verront jamais l’ombre de l’ovule tant convoité.Même lors de fécondations in vitro, on s’assure qu’au moins 50 000 spermatozoïdes sont placés en présence d’un ovule dans un tout petit récipient.et ça ne fonctionne pas à tout coup ! « Ces 50 000 aspirants ont pourtant subi un processus de sélection très rigoureux, ce sont les tops ! » précise la docteure Lapensée.Rien à voir avec un échantillon de sperme « normal » qui, dans les faits, compte énormément d’anormaux.Un bref coup d’œil à la semence d’un client de la clinique Ovo permet de le constater.Grossie 1 000 fois au microscope, la toute y (Ig ^ petite goutte de sperme ressemble à un ciel constellé d’étoiles filantes.Mais quand on y regarde de plus près, certaines étoiles semblent filer.un mauvais coton.On se prend de compassion pour ce pauvre spermatozoïde à la tête énorme qui se tortille péniblement, comme un poisson hors de l^eau.Pendant ce temps, d’innombrables cadavres voguent à la dérive tandis que Simon Phillips, directeur de Moratoire, décrète qu’il s’agit d’un « excellent échantillon »./Même si près du quart des petites bêtes se déplacent lentement, ou ïpas du tout ?« On parle d’un bon échantillon quand on a 50 % ou plus de spermatozoïdes mobiles, 25 % de rapides (plus de 25 micromètres par seconde), une concentration de 20 millions ou plus par millilitre, et 14 % dont la morphologie est normale.» Autrement dit, la grande majorité des spermatozoïdes sont mal en point : un flagelle trop long ou trop court, une tête trop ronde ou asymétrique, quand ils ne sont pas carrément difformes, avec leurs deux flagelles ou leurs deux têtes ! Bande d’incapables ! Ce sont les scientifiques qui le disent.Ils ont nommé « capacitation » le mécanisme qui permet aux spermatozoïdes d’acquérir leur pouvoir fécondant uniquement après avoir été déposés dans le corps de la femme.Première étape : les dépouiller de leur armure, c’est-à-dire des sécrétions des vésicules séminales et de la prostate qui les ont protégés jusque-là, mais qui les empêcheraient de livrer leur bagage génétique à bon port.Diverses enzymes féminines se chargent ainsi de mettre les spermatozoïdes à nu, ce qui les rend fous comme des balais.Cette hyperac- Sperme en déclin?Est-ce la faute aux drogues, à la pollution ou aux jeans trop serrés ?Difficile à dire, mais plus les études s'accumulent, plus on est tenté d'inscrire le spermatozoïde humain sur la liste des espèces menacées.Une équipe de chercheurs de l'université de Copenhague au Danemark a sonné l'alarme dès 1992.Après avoir parcouru 61 recherches effectuées sur 50 ans à l'échelle de la planète, ils en arrivaient à cette effarante conclusion : entre 1940 et 1990, la concentration moyenne de spermatozoïdes par millilitre de sperme a chuté de 113 à 66 millions.En mai 2004, lors du Congrès mondial sur la fertilité et la stérilité qui se déroulait à Montréal, Tina Kold Jensen, professeure associée en médecine environnementale à l'université du sud du Danemark, révélait qu'un jeune Danois sur cinq présentait une concentration de moins de 20 millions par millilitre, limite établie par l'Organisation mondiale de la santé.Entre-temps, les hommes du monde entier ont commencé à remettre leur virilité en question.À peine trois ans après la publication de la très médiatisée étude danoise, le docteur Pierre Jouannet, aujourd'hui chef du service de biologie de la reproduction de l'Hôpital Cochin, à Paris, révélait qu'en 20 ans, la concentration moyenne de spermatozoïdes des Parisiens était passée de 89 à 60 millions par millilitre.En Écosse, on notait une diminution semblable, entre 1989 et 2002, chez 7 500 patients de la clinique de fertilité Aberdeen : de 87 millions par millilitre au début de l'étude, on n'en dénombrait plus que 62 millions à la toute fin.La semence des Autrichiens, des Italiens, des Belges et des Chinois serait également en péril.Par contre, deux des rares études menées Aux États-Unis portent à croire que tout va bien pour le sperme au pays de l'oncle Sam.Rebecca Sokol, de la University of Southern California, soutient qu'il n'existe aucune différence significative entre le sperme d'aujourd'hui et celui d'antan.Les échantillons recueillis auprès de 1 385 hommes, entre 1994 et 1997 l'en ont convaincue, lorsqu'elle les a comparés aux résultats d'une étude réalisée en 1951.Même chose pour ces chercheurs new-yorkais qui, entre 1980 et 1995, n'avaient dénoté à peu près aucun changement dans la concentration en spermatozoïdes de trois banques de sperme situées en Californie, au Minnesota et à New York.Difficile, donc, de savoir avec certitude s'il y a pénurie à l'horizon.Il faut dire qu'aucune étude n'a, à ce jour, sondé un échantillon réellement représentatif de la population.Dans la majorité des cas, les analyses portent sur le sperme de patients qui consultent en clinique de fertilité, ce qui biaise fort probablement les résultats.Mais comme ces patients sont, justement, de plus en plus nombreux, les inquiétudes des chercheurs ne sont peut-être pas dénuées de fondement.Mars 2006 I Québec Science 21 L'odvssée d'un survivant tivité est bien visible au microscope : ils dorment de grands coups de queue et dodelinent de la tête, prêts à entreprendre le dernier droit.Quelques centaines, quelques milliers tout au plus, parviendront aux trompes de Fallope.Parmi eux, notre nouveau héros.Supra Spermato, maintenant confronté au plus déchirant dilemme de sa courte existence : tourner à gauche ou à droite ?Car il y a deux trompes, et, habituellement, un seul ovule qui se languit dans l’une d’elles.Le hasard fait parfois bien les choses : Supra Spermato a tout de suite bifurqué à gauche, là où se trouve l’ovule du mois : il distance son plus proche rival de quelques micromètres et semble promis à une belle victoire.Elle est là, la belle cellule toute ronde, prête à lui ouvrir les portes de son univers chaud et douillet.Erreur ! L’ovule joue les désintéressés et reste imperméable aux as- sauts.Pas question de laisser le premier venu pénétrer l’enveloppe qui le protège ! Ce n’est que sous l’action d’enzymes contenues dans la tête du spermatozoïde que l’acide hyaluronique liant les cellules enrobant l’ovule se dégradera, puis qu’une brèche s’ouvrira.Mais les enzymes d’un seul spermatozoïde ne suffisent pas : quelques centaines de soupirants devront libérer leur arsenal avant que les barricades ne cèdent.Le dicton « premier arrivé, premier servi » ne s’applique donc pas ici : Supra Spermato jouera le rôle de kamikaze, comme les autres meneurs qui se sacrifient pour les retardataires.Eux se pointeront tout fringants, alors que le gros du travail aura déjà été fait.Et c’est l’un de ces opportunistes qui a les meilleures chances de voir ses gènes se combiner à ceux de l’ovule pour dicter la fabrication du petit être qui verra le joup neuf mois plus tard.QS Du café, mais pas de upot» A y.4i: Un spermatozoïde «chanceux» : il a réussi à atteindre la surface de l'ovule.Pour optimiser le rendement de l'usine à spermatozoïdes, buvez du café, abstenez-vous de fumer de la marijuana et.consommez de la pornographie.Mais pas n'importe * laquelle : il semblerait que les photographies d'ébats entre deux hommes et une femme favorisent la motilité des spermatozoïdes, plus que les ima-] ges suggestives mettant en scène une femme seule.C'est une étude tout ce qu'il y a de plus sérieuse, récemment publiée dans Biology Letters, qui l'affirme.Pour en arriver à ces étonnantes conclusions, Leigh p Simmons et Sarah Kilgallon, !gde l'University of Western Aus-| tralia, à Perth, ont demandé à m52 hommes hétérosexuels jd'éjaculer dans un petit con-jtenant après avoir été exposés : à ces deux types d'images.Les |s chercheurs soutiennent avoir noté une motilité supérieure pour les spermatozoïdes nageant dans les échantillons recueillis auprès des hommes stimulés par le trio olé olé.Les hommes seraient peut-être inconsciemment capables, par on ne sait trop quel procédé, d'effectuer un meilleur contrôle de la qualité lorsqu'ils sont confrontés à des spermatozoïdes rivaux qu'il faudra battre au fil d'arrivée.Avec plusieurs tasses de café pour accompagner le vi-sionnement, il y aurait moyen de les battre à plate couture, si on en croit Fabio Pasqualotto et ses collègues de l'université de Sâo Paulo, au Brésil.En scrutant la semence de 750 hommes parmi lesquels certains n'en buvaient jamais, alors que d'autres carburaient au café, ils ont remarqué une meilleure motilité des spermatozoïdes des seconds.Les chercheurs brésiliens affirment même que la caféine pourrait être exploitée dans le traitement de l'infertilité masculine.Simon Phillips nuance toutefois : « Personne n'affirmerait qu'il est bon d'ingurgiter des doses massives de quelque drogue que ce soit, incluant la caféine.» Le cannabis, notamment, serait à proscrire.Des chercheurs de la State University of New York, à Buffalo, l'ont constaté à même leurs éprouvettes.LJ.Burkman et son équipe y ont examiné le sperme de 22 hommes qui fumaient du «pot» depuis cinq ans, en moyenne.La concentration de spermatozoïdes était sensiblement moins élevée que chez les non-fumeurs.Paradoxalement, ils étaient beaucoup plus actifs.ce qui n'est pas forcément un bon signe : car si les spermatozoïdes doivent être actifs - hyperactifs, même - pour fertiliser l'ovule, ils épuiseront leurs forces avant même de pouvoir tenter leur chance si ce sursaut d'activité survient prématurément.Ces recherches font écho aux travaux de Herbert Schuel, de la même université, qui a mélangé sperme et anandamide, un composé synthétique similaire au THC.Les pauvres spermatozoïdes drogués nageaient nïmporte comment et perdaient leur capacité à s'accrocher à l'ovule et à y pénétrer.Selon le docteur Schuel, les organes reproducteurs mâles et femelles contiennent eux aussi des composés similaires au THC, qui jouent un rôle important dans la régulation du sperme, en s'accrochant à des récepteurs situés à la surface des spermatozoïdes.Mais lorsque le THC se substitue à ces composés en s'accrochant à ces mêmes récepteurs, il sème la confusion.Un dernier conseil pour le mieux-être de vos spermatozoïdes : gardez vos bijoux de famille loin des températures élevées qui nuisent à la spermatogénèse, prévient Simon Phillips.«Les hommes régulièrement exposés à des sources de chaleur, comme les conducteurs, les soudeurs ou les amateurs de bains tourbillons et de saunas, constatent parfois un effet négatif sur la qualité de leur sperme.» Ce n'est pas par hasard que les testicules sont situés à l'extérieur du corps : 37 °C et des poussières, c'est trop chaud pour les fragiles créatures qu'ils abritent.Les nombreuses glandes sudoripares qui parsèment le scrotum, de même que sa peau très fine, maintiennent une température optimale de 34 °C.I iMIe et Florale attraction La belle orchidée ressemble à s'y méprendre à une guêpe femelle.Même forme, même couleur, même parfum.Et le mâle se fait avoir.à répétition.Croyant s'accoupler avec des partenaires de son espèce, Monsieur Guêpe transporte le pollen d'orchidée en orchidée, en fécondant tout un bouquet ! ' Les palettes de I’amouir Les couleurs chatoyantes de l’épinoche mâle en rut ou le mandrill aux organes génitaux bleus, rouges ou jaunes, bien des animaux voient l’amour en technicolor.De nombreuses espèces perçoivent même des teintes qui sont invisibles à l’œil humain.Si nous ne captons que le bleu, le vert et le rouge, les oiseaux et les insectes, ainsi que de nombreux reptiles et poissons, voient l’ultraviolet, ce qui élargit considérablement leur palette de couleurs.Ainsi, on a longtemps cru que le mâle et la femelle de la mésange bleue étaient de la même couleur.Il n’en est rien : les mâles ont une calotte beaucoup plus riche en ultraviolet, dont l’intensité permet aux femelles de juger de la « virilité» de leur partenaire potentiel.Cet attribut n’a rien d’anodin, car les femelles qui s’accouplent avec les mâles vivement colorés produisent surtout des mâles, alors que celles qui ne trouvent que des messieurs mésanges « peu ultraviolets » produisent davantage de femelles.Les mâles « plus ultraviolets » survivent mieux l’hiver suivant, ce qui assure la perpétuation du signal.Pleins feux sur la séduction Chez les poissons Porichthys, la femelle s’illumine quand elle est prête à s’accoupler.Le mâle la repère, grogne et, si elle s’approche, se met à clignoter et passe du gris au rose lumineux ! La bioluminescence, cette émission de lumière par des êtres vivants, existait chez les animaux bien avant que Thomas Edison invente l’ampoule électrique; et son rendement énergétique est très largement supérieur à celui des technologies modernes.Ce sont les lucioles qui possèdent le système de production de lumière le plus performant, car il dégage très peu de chaleur.Le secret?La lu-ciférine, une petite molécule qui s’oxyde sous l’action d’une protéine, la luciférase.Une liaison chimique unissant deux atomes d’oxygène se brise, libérant beaucoup d’énergie.Cette énergie, concentrée dans un composé fluorescent, émet ensuite de la lumière.Divorce chez les oiseaux Ce n’est pas parce qu’ils sont monogames que les volatiles ne commettent pas d’infidélités.Les deux tiers des espèces d’oiseaux monogames, dont l’oie des neiges et l’albatros par exemple, commettraient l’adultère à l’occasion.Le drame se déroule souvent pendant que le papa couve les œufs.Le regard de la femelle est alors attiré par un séduisant mâle qui s’installe à quelques mètres du nid et lui chante la sérénade.C’est le coup de foudre.La femelle abandonne sa famille et s’envole avec son nouveau partenaire.La monogamie ornithologique a pourtant sa raison d’être.« Comme les deux parents sont généralement nécessaires pour l’incubation des œufs, l’évolution a favorisé les couples qui s’entraident», explique Frédérique Dubois, professeure à l’Université de Montréal, spécialiste du « divorce » chez les oiseaux.Mais la sélection naturelle peut venir brouiller les cartes.Les femelles cherchent à s’accoupler avec les mâles les plus colorés et les plus puissants, de façon à renforcer l’espèce pour les générations ultérieures.au risque de cocufier leur conjoint.V/:;J Mars 2006 Québec Science XY23 JEREMY WOODHOUSE/WWI/ALPHA PRESSE HYBRID SYNERGY ?RIVE Prêt à partir.Toyota présente la technologie Hybrid Synergy Drive™.* Associant le plaisir de la conduite et un faible niveau d'émissions polluantes, cette nouvelle façon de vivre l'automobile respecte l'environnement.Elle procure une consommation réduite et des accélérations linéaires, permettant de concilier souci écologique et plaisir au volant comme jamais auparavant.Hybrid Synergy Drive™ - C'est Un nouveau monde qui S'OUVre à VOUS.‘Technologie hybride essence/électricité Des performances — convaincantes Permettant des accélérations linéaires, offrant des performances appréciables, la technologie Hybrid Synergy Drive™ renouvelle le plaisir de conduire. - Un silence étonnant La technologie Hybrid Synergy Drive' permet même de rouler en n'utilisant que le moteur électrique.Elle vous fera ainsi découvrir un nouveau confort : le silence g,; Une consommation Un faible niveau d'émissions réduite i Particulièrement efficace, la technologie .i-o*0 | Hybrid Synergy Drive’" exploite chaque .rïr|) goutte de carburant, tandis que le simple Associant moteur à essence et energie électrique, la technologie Hybrid Synergy Drive'" réduit les émissions de C02 et autres rejets d'échappement.TOYOTA 1 fait de rouler suffit à recharger la batterie. Peu d’hommes - et de médecins ! - savent que la carence en testostérone qui s’installe à la cinquantaine peut conduire à la dépression.Et qu ’il suffit parfois d’un supplément hormonal pour en sortir.par Catherine Dubé A 64 ans, Gilles David est devenu un vieillard.En l’espace de quelques mois, sa masse musculaire a fondu, sa libido s’est évanouie et il a sombré dans la dépression.C’est finalement un psychiatre qui lui a, dit-il, « sauvé la vie » en lui parlant de l’andropause.Comme la majorité des hommes, Gilles David ignorait l’incroyable diversité des symptômes pouvant être engendrés par la carence en testostérone qui survient immanquablement avec V Le psychiatre Brian Bexton, de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, a prescrit des antidépresseurs à Gilles David, mais aussi de la testostérone, en lui conseillant de se faire suivre par un endocrinologue.« Je me suis senti tout de suite beaucoup mieux », relate l’actuaire, aujourd’hui retraité.À cause de son action sur le système nerveux central, la testostérone s’avère en effet très utile quand un homme en an-dropause souffre de dépression.« S’il n’y a pas de contre-indications médicales, on peut ajouter de la testostérone aux antidépresseurs.cette incomprise l’âge.La testostérone est partout : elle solidifie les os, entretient le volume et la force des muscles, contribue à la synthèse des protéines du foie, participe à la fabrication des cellules sanguines, etc.Elle agit aussi dans la tête.Quand il y a de la testostérone, la libido, l’énergie, le bien-être et l’acuité mentale sont au rendez-vous.Quand il y en a moins, le mal-être s’installe.Elle augmente leur effet », dit la docteure Michelle Dumont, psychiatre au Centre hospitaher de TUniversité de Montréal.Au bout de six mois, Gilles David n’avait plus besoin d’antidépresseurs, mais il n’était pas question qu’on le prive de sa testostérone ! Pour pouvoir poursuivre son traitement hormonal, il a dû consulter trois endocrinologues différents et passer une batterie d’examens, 26XY Québec Science Mars 2006 N “f i jeeii» ïfaK# dont une tomodensitométrie du cerveau, car l’un des spécialistes croyait qu’il avait plutôt une tumeur à l’hypophyse.Six autres endocrinologues ont refusé de le voir quand il a mentionné le mot « an-dropause » au téléphone, en ajoutant qu’il souhaitait une analyse de son taux de testostérone.Beaucoup de médecins ne reconnaissent en effet pas l’existence du « retour d’âge masculin ».Il a finalement trouvé une oreille attentive auprès de Jean Mailhot, l’un des rares médecins spécialisés en andropause.C’est la difficulté de mesurer de façon objective la carence en testostérone qui nuit le plus à la reconnaissance de l’andropause.Il y a bien des tests de laboratoire, mais rien d’aussi clair que, par exemple, un test de glycémie pour le diabète (voir l’encadré « SOS testostérone »).Contrairement à la ménopause, qui met un point final aux menstruations, les hommes ne disposent pas d’un signe évident que leur production hormonale s’essouffle.Leurs symptômes peuvent aussi survenir à n’importe quel âge entre 40 et 75 ans ! Un vieux monsieur de 71 printemps peut trouver tout à fait normal que sa libido s’émousse et que sa masse musculaire s’affaiblisse, sans invoquer Pandropause.Mais un « jeune » de 55 ans aura plus de mal à l’avaler.D’ailleurs, si elle commence à peine à être reconnue (l’OMS en parle seulement depuis 1998), c’est qu’il y a quelques décennies encore, beaucoup d’hommes ne vivaient tout simplement pas assez longtemps pour la ressentir ! Difficile de connaître la proportion des hommes susceptibles de passer par ce « retour d’âge ».Selon l’IRMA, de 40 % à 65 % des hommes de 40 à 65 ans ont un taux de testostérone laissant croire qu’ils entrent dans cette période.Difficile d’être plus précis, car la production de cette hormone varie énormément d’un individu à l’autre.Les testicules de l’un peuvent déverser 10 mg de testostérone dans son sang chaque jour, tandis que celles de son voisin en produiront 4 mg.De plus, les hommes n’ont pas tous la même sensibilité aux fluctuations hormonales.Un taux de testostérone qui diminue peut n’occasionner que de la fatigue chez l’un et une grave dépression chez l’autre, même s’ils ont tous les deux exactement la même concentration dans les artères.C’est avec ses yeux et ses oreilles bien davantage qu’avec des résultats d’analyse qu’un médecin peut diagnostiquer ce passage dans la vie d’un homme vieillissant.« On est dans l’art de la médecine, bien plus que dans la science de la médecine », pense le docteur Mailhot, souvent confronté à ce qu’il appelle la « zone grise »: des hommes qui présentent un taux de testostérone normal, c’est-à-dire au-dessus de 3,5 nanomoles par litre (nmol/L) de testostérone biodisponible (voir l’encadré « SOS Dans son bureau de Laval, il reçoit des hommes qui ont le moral à plat, qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.Pour informer ses confrères sur ce syndrome méconnu, cet endocrinologue a fondé l’Institut de ressources médicales en andropause (IRMA), un regroupement multidisciplinaire qui offre de la formation continue aux professionnels de la santé.testostérone »), mais qui ressentent tout de même des symptômes assez incommodants pour leur gâcher la vie.À 6 nmol/L, un homme ne souffre certes pas de carence sévère, mais s’il bénéficiait de 12 nmol/L auparavant, pas étonnant qu’il ressente des malaises.Mais comment savoir ?Il aurait fallu lui faire une prise de sang 10 ans auparavant pour en avoir le cœur net.Mars 2006 I Québec Science XY27 YVES MÉDAM T Jean Mailhot, l'un des rares médedns québécois spécialisés en andropause : « Les hommes de plus de 50 ans dont le taux de testostérone a diminué présentent jusqu'à 3 fois plus de risques de diabète, de problèmes cardiovasculaires et d'ostéoporose.» Lorsque le dosage hormonal d’un homme est de façon évidente sous le seuil de la normale - un trouble nommé hypogonadisme - il trouvera sans trop de difficulté un médecin pour le traiter.La plupart des endocrinologues demeurent cependant réticents à prescrire des suppléments de testostérone à des hommes se situant dans la fameuse « zone grise », car ils craignent un mal encore plus grand : le cancer de la prostate.Depuis que d’importantes études ont semé le doute quant à la responsabilité des suppléments d’œstrogènes et de progestérone dans le développement du cancer du sein, on regarde d’un œil soupçonneux l’hormonothérapie.« Parmi les hommes de 50 ans et plus, plusieurs ont, sans le savoir, un micro cancer de la prostate, souligne le docteur Jean-Hugues Brossard, président de l’Association des médecins endocrinologues du Québec.On ignore si l’hormonothérapie peut accélérer la croissance de la tumeur.L’innocuité de ce traitement n’a pas été suffisamment démontrée pour justifier son utilisation en absence de déficience franche en testostérone.» Quand il a devant lui un homme fatigué, déprimé et bedonnant, mais dont le taux hormonal n’a rien d’anormal, il préfère l’envoyer au gym, l’inciter à perdre du poids et à arrêter de fumer.L’exercice augmente la masse musculaire et la résistance à l’effort, en plus de favoriser le sommeil.La perte de poids a pour sa part un effet direct sur l’hormone mâle.A mesure que les kilos fondent, la SHBG (sex hormone-binding globulin), une protéine qui séquestre une partie de la testostérone en circulation dans l’organisme, diminue elle aussi et rend sa liberté à l’hormone.Pour certains, cela ne suffit pas.L’hormonothérapie peut alors tout changer.Elle améliore non seulement le bien-être, mais aussi la santé tout court, affirme le docteur Jean Mailhot : « Les hommes de 50 ans et plus dont le taux de testostérone a diminué présentent 1,5 à 3 fois plus de risques de développer du diabète, des problèmes cardiovasculaires, de l’ostéoporose ou un haut taux de cholestérol.» La connaissance de l’andropause étant encore parcellaire, les preuves en sont peu nombreuses, mais elles existent.Des scientifiques bulgares ont par exemple donné de la testostérone à 48 hommes andropausés, obèses et diabétiques.L’hormone a amélioré leur taux de glucose sanguin et a légèrement fait diminuer leur tour de taille.L’andropause, les maux physiques et la dépression sont très souvent imbriqués.Les nombreuses hormones qui gouvernent l’organisme entretiennent un dialogue complexe; il s’agit que l’une d’elles soit moins présente pour que la cacophonie s’installe.Difficile alors de déterminer ce qui a fait défaut en premier.On sait par exemple que la diminution de la testostérone a un effet sur les neurotransmetteurs impliqués dans la dépression, particulièrement la sérotonine.« Un monsieur âgé qui souffre d’hypogonadisme présente quatre fois plus de risques de faire une dépression qu’un homme du même âge sans hypogonadisme », dit Michelle Dumont.La dépression a pour sa part un impact sur plusieurs hormones, dont celle responsable de la résistance à l’insuline, impliquée dans le diabète.Tous ces soubresauts entraînent des réactions en chaîne, notamment sur les hormones du stress et sur le taux de cholestérol.Or, les hommes rechignent souvent à parler de leur santé mentale aux médecins.« Pour eux, c’est plus acceptable d’évoquer leur mal de dos, leur fatigue ou leur insomnie que de dire qu’ils se sentent déprimés », souligne la docteure Dumont.Les médecins, eux, s’attardent davantage au dépistage des maladies physiques.« Face à un homme qui vieillit, poursuit-elle, ils ne veulent pas manquer un diabète ou un cancer, et oublient de le questionner sur ses symptômes dépressifs.» Chez les messieurs âgés, la dépression demeure donc un problème largement sous-estimé.Cela a de graves conséquences.En Amérique du Nord, les hommes de 65 ans et plus détiennent le triste record du plus haut taux de suicide, soit 34 pour 100 000.C’est de 4 à 10 fois plus que celui des femmes du même âge.Et plus on vieillit, pire c’est.05 SOS testostérone La testostérone ne se livre pas facilement, entre autres à cause de ses modes de transport! Lorsqu'elle voyage dans le sang, environ le tiers ne peut agir à sa guise sur les organes, car elle est solidement fixée à une protéine, la SHBG (sex hormonebinding globulin).Donc rien ne sert de connaître la quantité totale sécrétée par les testicules, puisque cela ne nous renseigne pas sur l'effet réel de cette hormone sur l'organisme.Mieux vaut mesurer la portion qui est vraiment active (la testostérone biodisponible); elle comprend celle qui circule librement (testostérone libre) ainsi que celle liée à l'albumine, une autre protéine, qui relâche facilement l'hormone lorsqu'elle est réquisitionnée par l'organisme.Le hic, c'est que la testostérone biodisponible est très difficile à évaluer.La plupart des hôpitaux n'offrent que des mesures de la testostérone totale ou libre.Ils fournissent une estimation de la testostérone biodisponible calculée à partir de la quantité totale de l'hormone.Une donnée évidemment moins prérise qu'un dosage direct Pour obtenir une mesure exacte, mieux vaut se tourner vers des laboratoires privés.La méthode utilisée, mise au point par le biochimiste québécois Gilles Brisson, fait aujourd'hui école un peu partout dans le monde.Elle consiste à ajouter dans l'échantillon du sulfate d'ammonium, un réactif qui se lie avec la SHBG pour former un solide qui se dépose, entraînant avec lui la testostérone qui y est liée.On mesure ensuite celle qui reste.Cette méthode, la plus précise à ce jour, requiert malheureusement du temps et de nombreuses manipulations, ce qui n'est vraiment pas idéal dans un laboratoire d'hôpital.28XY Québec Science Mars 2006 KtcSiOU- ®îo[.> :Zr ntomie tadé-Jib, dot iffitda- iV.i' ie,no QU’EST-Ct qiton fmt «men- Ifl'ooiia Qu’est-ce qu'on fait avec les 300 millions de personnes concernées dans le monde?Qu’est-ce qu’on fait avec les maladies que le surplus de poids entraîne?Qu’est-ce qu’on fait pour contrer ce fléau?À l'Université Laval, on se penche activement sur le problème.Parce qu’en 20 ans, l'obésité s'est accrue à un rythme accéléré.Parce qu’en 20 ans, elle est devenue 'un des plus importants problèmes de santé publique de notre époque, entraînant des coûts astronomiques.Voilà , , ' nos spécialistes participent concrètement à améliorer la situation.Prévention, solutions, actions.Découvrez le fruit de leur travail au ulaval.ca/solutions.Parce que le monde a besoin de solutions.www.ulaval.ca/solutions Pi*'*' **U** UNIVERSITÉ LAVAL 9939
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.