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Titre :
Québec rock
Magazine mensuel présentant le monde de la musique rock et de la musique populaire d'ici et d'ailleurs. [...]

Québec Rock est un magazine consacré à la musique et publié à Montréal de 1977 à 1986. Fondé par Paul Haince, Jacques « Coco » Letendre et le journaliste Marc Desjardins, qui y fera carrière, il est d'abord offert gratuitement sur papier journal dans les magasins de disques; il connaîtra un fort succès commercial en format magazine à la suite de son rachat par Guy Perron.

Québec Rock rassemblera au cours des ans une équipe de journalistes jeunes et dynamiques, dont certains connaîtront une longue carrière médiatique - notamment Georges-Hébert Germain, Nathalie Petrowski, Franco Nuovo et Laurent Saulnier. Le magazine s'occupe surtout de couvrir les événements musicaux, avec des entrevues, des nouvelles du milieu musical québécois et international, des critiques de disques, mais aussi des chroniques variées, particulièrement sur la mode et le cinéma.

Plusieurs numéros ont été de grands succès en kiosque, s'écoulant à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires : ils présentaient en page couverture Normand Brathwaite (pour la comédie musicale Pied de poule), Michael Jackson, Ding et Dong, Corey Hart, Diane Dufresne, etc. Québec Rock a été une sorte de Rolling Stone québécois qui, avec sa version anglaise Graffiti, en est venu à détrôner le magazine américain dans son créneau au pays.

Son éditeur a aussi publié un magazine à succès pour les adolescents, Fan Club, et a été un exemple à l'époque sur le plan de la convergence médiatique, profitant de productions télévisuelles associées sur TQS pour utiliser la dynamique des renvois promotionnels.

Éditeur :
  • Montréal, Québec :Québec rock,1977-1986
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Québec rock, 1981-02, Collections de BAnQ.

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peft (3,-icO Exclusif:Un mois V1 après le drame nous parle L'INTERVIEW PAUL FICHE LA CASANOUS UN REGARD EN ARRIERE SUR LES FOLLES NUITS DU MONTREAL ROCK Février 1981 $1.50 v \ \ v 1 r' xa 3 9X3 X3H 'O’d 'T-es^uow 'sxuaa-^S 00LT 3'f'euoT^'BM snbst^aoTI^Ta 9 ?TUNE pushsEARCH I-TAPEpRO ?ON-VOL pushbaL pullloc AUTO REVERSE DOLBY SYSTEM lî^R DOLBY i.MEM iAà MITSUBISHI CAR AMMO COMPONENTS AUTO DIMMER METAL aSTEREO O-FADER MONO O-BASS O-TREBLE SYSTEMES MODULAIRES ENCASTRES ~ ! V Un système modulaire discrètement dissimulé.Si vous avez toujours voulu un système modulaire, Mitsubishi a la réponse à vos désirs.Nos nouveaux modules pour auto ont toutes les caractéristiques des composantes séparées avec les avantages du système ancré au tableau de bord.Le CZ-747, avec son châssis supercompact, contient un magnétophone-cassette et un récepteur AM-FM.Dans la section magnétophone, on remarque une tête en alliage “SENDUST” (reproduction), un commutateur de polarisation pour rubans métalliques, une mémoire programmable, un système de localisation synthétisé.L’heure et les stations radiophoniques sont indiquées digitalement et un système de réduction de bruit DOLBY est installé sur le magnétophone et la radio FM.Sur le modèle CZ-692, on a installé une banque de 5 stations AM ou 5 stations FM pré-séle£tionnables, une d* o tête de lecture “SENDUST” et un contrôle de polarisation pour rubans métalliques.Le système de réduction de bruit DOLBY s’applique aussi sur le magnétophone et la radio FM.Avides de puissance?Ajoutez un des modules d’amplification Mitsubishi, soit les 8,20 ou 40 Watts/canal.Nous proposons aussi un égalisateur graphique à 5 bandes pour un meilleur contrôle de la couleur de votre climat sonore Mitsubishi.Les Modules Auto de Mitsubishi.Le concept total des chaînes stéréophoniques sur roues.PASSEZ CHEZ VOTRE MARCHAND MITSUBISHI AU PLUS TÔT, IL EST LÀ POUR RÉPONDRE À VOS QUESTIONS.MELCO SALES CANADA INC.900C.Denison St., Markham, Ont.L3R 3K5 (416) 495-7728, Telex 06-966536 (Melco signifie Mitsubishi Electric Corporation) MITSUBISHI® CAR AUDIO ÉCOUTEZ-NOUS Voici de quoi sculpter la musique.Le nouveau correcteur graphique stéréo EQ400 pour l’automobile.Sensible, perceptif et remarquablement précis.Il suffit de le raccorder entre la source stéréo et l’amplificateur de puissance.Ceci fait, vous n’avez plus qu’à ajuster la courbe de réponse suivant votre goût personnel.Vous pouvez mettre en valeur les graves .et donner un peu plus de brillant aux cordes.un peu plus de mordant aux cuivres.Vous pouvez ainsi modeler votre musique à volonté.Contrôle total sur 15 bandes Eh oui! Ce correcteur graphique contrôle un total de quinze bandes.Ce qui vous permet de modeler votre musique d’une manière inégalée.Vous pouvez remarquer que le EQ400 dispose de cinq commandes coulissantes sur une gamme de ± 12 dB.Regardez d’un peu plus près, et vous verrez que chaque commande dispose d’un sélecteur offrant trois bandes différentes.Un total de 15 bandes.Voici les fréquences centrales pouvant être corrigées: 60 Hz 80 Hz 125 Hz 160 Hz 250 Hz 400 Hz 630 Hz 1000 Hz 1600 Hz 2400 Hz 3500 Hz 5000 Hz 7000 Hz 10,000 Hz 14,000 Hz Notre recherche de la précision et de la perfection ne s’est pas arrêtée aux quinze bandes.Le EQ400 vous permet de procéder à un réglage encore plus précis à l’intérieur de chaque bande.Les commandes coulissantes du EQ400, montées sur le dessus, ont une course près de deux fois plus longue que les commandes montées sur le devant de la plupart des autre correcteurs.Ce qui permet de procéder à des réglages beaucoup plus précis .et d’obtenir une sonorité beaucoup plus précise.L’interrupteur d’annulation de correction vous permet de comparer Montage spécial du EQ400 sous le tableau de bord.Ce montage tirer l appareil pour le régler, et de le repousser après réglage commandes ne peuvent être déréglées accidentellement.instantanément l’amplification ou l’atténuation effectuée.L’atténuateur avant-arrière augmente encore la souplesse de l’appareil.Disposant d’une impédance d’entrée commu-table de 10/47 ohms, le EQ400 peut être raccordé à n’importe quelle source stéréo de faible impédance.JENSEN SOUND LABORATORIES AN ESMARK COMPANY Tirer pour régler.Et ce correcteur sort de l’ordinaire.Le EQ400 reste discret, sous le tableau de bord.Jusqu’au moment où vous en avez besoin.Il vous suffit alors de le tirer pour découvrir le panneau complet des commandes éclairées, monté sur le dessus.Et les commandes montées sur le dessus sont plus faciles à repérer, à atteindre et à utiliser.Lorsque vous avez fini vos réglages, repousser l’appareil sous le tableau de bord.Ainsi, les commandes ne risquent pas d’être déréglées accidentellement.Et la diode lumineuse montée sur le devant vous indique que l’appareil est en marche.Le support de montage du correcteur peut aussi servir à sa mise en place à portée de la main, entre les sièges baquets des petites voitures et des camionnettes.Une sonorité personnalisée Vous pouvez maintenant donner à la musique un petit cachet personnel qui ne doit rien à l’interprétation des autres.Le correcteur graphique EQ400 de Jensen vous permet de sculpter la musique, de la modeler à votre goût.H y a aussi le correcteur graphique à 5 bandes EQA3000 avec double amplificateur de 12 watts.Venez donc examiner sans attendre leurs possibilités.permet de Les Pour obtenir le nom et l'adresse du dépositaire Jensen le plus proche écrire à: len tinkler limited, 25 Toro Rd., Downsview, Ontario M3J 2A6 REPORTAGES DE SKI LUNDI 7hOO AM 8hOO AM Sh25 PM MARDI 7hOO AM 8hOO AM Sh25 PM MERCREDI 7hOO AM 8hOO AM Sh2S PM JEUDI 7hOO AM 7h30 AM 8fiOO AM 51125 PM 6li2S PM VENDREDI 7HOOAM 7h30 AM 8hOO AM Sti25 PM 6h25 PM SAMEDI 7hOO AM 7ti30 AM 8hOO AM Sh25 PM 6h25 PM DIMANCHE 7hOO AM 7li30 AM 81-100 AM Stl2S PM EDITEURS PAUL HAINCE JACQUES LETENDRE EDITEUR-ADJOINT YVON d’ANJOU DIRECTEUR GENERAL PAUL HAINCE REDACTEUR EN CHEF JACQUES LETENDRE DIRECTEUR ARTISTIQUE MARLEEN BEAULIEU ADJOINT AUX EDITEURS MARC DURAND COLLABORATEURS DOMINIQUE AREL, DENYSE BEAULIEU, MARIE-THÉRÈSE BELLAVANCE, SERGE BARBEAU, COCO, SUS ANNE DE LOTBINIÈRE-HAR-WOOD, MARC DES JARDINS, BRUNO DOSTIE, DAVID FARRELL, ANNE HIMAL, LUCIEN FRAN-COEUR, ALAIN MARANDA, MISS BI, PETER NOBLE, FRANCO NUOVO, NATHALIE PETROWSKI, JEAN-MARC PETIT, MICHEL SENEGAL, YVES THÉRIAULT, JONATHAN WENK, DANIEL A.VERMETTE.PHOTO COUVERTURE CONCEPTION: MARLEEN BEAULIEU, PHOTO: ALAIN MARANDA DIRECTEUR DES VENTES GUY PERRON PUBLICITE MARC DURAND MARC LAPOINTE ANDRÉ PAQUETTE MARTIN LEMIEUX CONTROLEUR ROBERT BERTRAND C.G.A.PHOTO MECANIQUE & TYPOGRAPHIE SOGEBILTÉE SEPARATION DE COULEURS M.F.PHOTO-GRAPHIQUE DISTRIBUTION LES DISTRIBUTEURS ASSOCIÉS DU QUÉBEC (DAQ) 3600 BOUL.DU TRICENTENAIRE, POINTE-AUX-TREMBLES.TÉL.: (514) 645-2278 Dépôt légal: Bibliothèque Nationale du Québec.Bibliothèque du Canada.SOMMAIRE VOLUME 4 NO 10 FÉVRIER 1981 GAZETTE ROCK TOKO ONO 10 PAU SUSANNE DE LOTBINIÈRE-HARWOOD GASTON MANDE VILLE 1S PAR MARC DESJARDINS niTEiraACH - 18 PAR MARC DESJARDINS CAPITAINE NO 18 PAR MARC DESJARDINS CHRONIQUES crmniiTisB 8 CrNÉMA 14 PAR COCO wrnnvRBJT.MUSIK 16 PAR DENYSE BEAULIEU T.TVRK8 17 PAR SUSANNE DE LOTBINIÈRE-HARW OOD DISQUES 46 PAR MARC DESJARDINS & DENYSE BEAULIEU TOP 40 81 AUDIO 88 PAR DANIEL A.VERMETTE 1*T.ASU 88 PAR COCO RENCONTRE JY!AN T.APOTNTE 88 PAR MARC DESJARDINS ANTON * PETES STATSNY 48 PAR YVES THÉRIAULT INTERVIEW PAUL FICHÉ_____________________________________________________*4 PAR BRUNO DOSTIE SHOWBUSINESS LES “DIPLOMATES” DE L’INDUSTHIE Dü DISQUE-56 PAR ANNE HIMAL SPECIAL ISSN 0226-7187 DISTRIBUTION POSTALE: POSTE ZIP ZAP COURRIER 2e CLASSE ENREGISTREMENT N ° 5047 QUEBEC ROCK A ETE FONDÉ EN 1977 ET EST PUBLIÉ PAR COMMUNICATIONS H & L INC.C.P.11.5, SUCCURSALE "H”.MONTRÉAL.QUE.H3G 2K5.TÉL.: (514) 842-5853 COPYRIGHT 1981 PAR COMMUNICATIONS H & L INC.OONVEttSATTON AVEC YOKO 88 PAR MICHEL SÉNÉGAL LA CASANOUS 18 PAR PIERROT LÉGER LA DOPE EN '81 ^ 30 PAR BRUNO BOUTOT & ANNE HIMAL MODE 40 PAR LYNE CHARLEBOIS & PIERRE DESJARDINS B LAUGHTER IAN DURY & THE BLOCKHEADS Sur Disques et Rubans Stiff°Epic Distribué par CBS Disques Canada Liée THE CLASH A B Sur Disques et Rubans Epie Distribué par CBS Disques Canada Ltée y&msSæ.jto-m.mak* NOTE PAR PAUL HAINCE, ÉDITEUR Un journaliste de La Presse avait écrit l’été dernier qu’il avait été surpris de voir arriver sur le marché le premier magazine rock québécois, avec en couverture, un auteur-compositeur québécois que l’on n’associe pas nécessairement au rock.Mais il avait aussi ajouté que les bras lui étaient tombés lorsqu’il avait vu la gueule de Claude Charron en couverture de l’édition qui suivit celle de Luc Plamondon.Aussi bien vous dire tout de suite que je n’aime autant pas être à ses côtés lorsqu’il va découvrir qu’en février 1981 nous avons opté pour le thème “DOPE”.J’avais, alors, trouvé les mots pour lui expliquer (donc à vous tous) les raisons qui motivaient notre démarche.J’écrivais, à l’époque, dans l’édition de juin ‘80, (couverture Claude Charron) que “cette direction nouvelle à QUÉREC ROCK est fidèle au rôle que nous voulions lui voir jouer: être le témoin réel des moeurs et humeurs d’une société en changement”.On peut ne pas être tous d’accord sur “la société en changement”, en mutation, puisque, pourrions-nous dire, au Québec l’affaire politique et sociale semble avoir été réglée d’un seul coup le 20 mai dernier.Comme si l’on pouvait aussi dire d’un seul coup que, outre l’aspect politique de son mode de vie, le Québec (les Québécois) n’avait d’autres préoccupations que celle-là.Or, nous croyons que la DOPE, si elle engendre tant d’enquêtes, tant d’énergie voués à sa connaissance et des budgets gouvernementaux et des déploiements policiers et justiciers aussi importants que ceux que nous connaissons actuellement, s’est installée dans toutes les couches sociales des sociétés modernes et que, selon le point de vue où l’on se place, elle est devenue, soit l’ennemi que l’on combat de toutes ses énergies (c’est la guerre) où elle est l’énergie même, celle qui inspire et transforme selon notre degré de conscience.Enfin notre observation du phénomène en février ‘81 s’inspire d’une réalité qu’il faut bien voir et dont, nous le souhaitons, chacun pourra tirer sa conclusion personnelle.Qu’il suffise de rappeler qu’en cette année du Coq de fer qui débute ce 5 février les affaires seront à TORDRE (Reagan), que les militaires connaîtront les honneurs cette année pour les hauts faits d’armes qu’on leur reconnaîtra.Que ce sera, bref une année d’austérité et de frugalité.Ce qui explique peut-être notre photo-montage en couverture (la dope dans votre assiette à la TV dinner), une idée de Marleen Beaulieu, photo réalisée par Alain Maranda.Puis, nous vous invitons à parcourir le texte de l’entrevue téléphonique qu’a réalisée Michel Sénécal avec Yoko Ono, il y a quelques jours, un mois après le drame.Pierrot Léger a retracé pour nous les anecdotes et péripéties qui ont donné naissance à la Casanous, célèbre pour avoir enfanté toute une brochette de créateurs qui ont, depuis, tracé leur sillon.Paul Piché a confié à Bruno Dostie qu’il se considérait comme un gars ordinaire et il faudra lire ce qu’il explique de ses origines et de ce qui le motive.Anne Himal a suivi et parlé aux agents de promotion de compagnies de disques qu’elle appelle les “diplomates” de l’industrie et qui lui expliquent leur besogne.Enfin vous en apprendrez plus sur Jean Lapointe, ce “vieux jeune” en suivant Marc Desjardins qui Ta rencontré et vous comprendrez mieux l’état d’âme des frères Statsny, ces “évadés de derrière le rideau de fer” qui ont sacrifié pays et famille pour poursuivre leur carrière professionnelle en pays libre.Vos chroniques habituelles viennent compléter cette édition de QUÉBEC ROCK.Suivez-nous! VILLE CODE POSTAL: PRIX: $10.00 pour un an courrier À PROPOS DE LA CRITIQUE J’appuie sincèrement Brigitte Hamel (COURRIER, jan.81), lorsqu’elle doute de la valeur du jugement de Marc Desjardins en tant que critique musical.L‘étiquette “prétentieux” que ce Monsieur colle à tout ce qu’il n’apprécie pas, lui va à ravir.Vous avez des doutes à ce sujet?L’extrait qui suit est tiré textuellement de sa critique du microsillon de Marie-Michèle Desrosiers.“.Les plus grandes littératrices, qu’elles appartiennent au lyrisme victorien, à la tristesse de la France d’après-guerre ou aux évidences de l’Amérique moderne, ont toujours eu cette capacité de faire de la textuelle le berceau réthorique d’arguments plus clairement énoncés que chez les mâles, parce que justement ceux-ci ne savaient (!) jamais se dépêtrer de leur style avant d’énoncer.” OUF! Faut le faire.Espérons qu’il emploie un langage plus expéditif pour se faire indiquer où sont les cabinets, sinon le pauvre homme doit avoir une âme de héros, pour ne nommer que cette partie de sa personne.Personnellement, lorsque Anne Himal décrit “Beat Crazy” de Joe Jackson, comme se concentrant sur les rythmes, et lorsqu’elle élabore sa pensée en “rythmes africains, rythmes des Caraïbes ou rythmes noirs et puissants”, moi, simple amateur, ça me décrit quelque chose et cette charmante personne “fait bien sa job”.Elle me parle du microsillon.Par contre, les “.il oscille entre la métaphore gratuite, néo-magico-hob-bito-surréaliste de CLEANUP TIME et la plainte paranoide de WATCHING THE WHEELS.’’ ou les “.même s’il demeure dans la ligue majeure des chanteurs de fond (de fonds), ne se livre pas moins à une sorte de strip-tease moral fascinant.”.Et bien là, Desjardins nous parle de son amour passionné qu’il a développé pour son miroir et non de DOUBLE FANTASY de Len-non-Ono (premier extrait) ou de JONGLEUR de Jean Lapointe (deuxième extrait).Le langage élaboré et diversifié est apprécié partout Monsieur Desjardins, mais, sans vouloir vous vexer, son but premier est encore la communication d’une personne à une autre.Dans votre cas, ne servirait-il pas de trousse de maquillage?Allons, allons, la peau respire mieux une fois débarrassée d’une couche de fond excessive.Jacques Caron Ville Dégelis DIANE, ENCORE DIANE S.V.P.Je vous écris pour vous remercier mille fois du fameux, du magnifique, sensationnel reportage que vous avez fait sur Diane Dufresne.Ça faisait longtemps, très longtemps, que je n’avais pas lu un article aussi intéressant et de si grande qualité.Les photos sont exceptionnelles et elles n’ont jamais paru dans d’autres magazines.De plus, ce reportage m’a fait découvrir votre revue, qui dès maintenant sera la mienne! Je voudrais vous faire une suggestion qui rendrait probablement votre revue encore plus populaire.Comme vous le savez sans doute, nous étions environ 14,000 au spectacle de Diane au Forum le 8 décembre.Nous n’avions pas le droit de photographier et nous étions tous déçus, car nous n’avons aucun souvenir de cette soirée fantastique.Bien sûr nous avons les photos de journaux mais après deux semaines elles sont déjà jaunies.Alors je vous propose de faire une page photo du Forum, je suis certaine que l’idée plaira à tous les fans de Diane, car celles de La Presse et du Journal de Montréal, entre nous, ne sont pas fameuses.Encore merci pour la magnifique entrevue avec Diane Dufresne.Manon Vallières Montréal QUELQUES SUGGESTIONS Pour faire changement, j’aimerais vous féliciter pour la mise en page de votre magazine qui est recherché et esthétique.Super: les photos sur fond quadrillé de l’après-show de Diane Dufresne dans le Québec-Rock de janvier.Aussi, les grandes photos, surtout celles de Sting! (nov.et déc.‘80).J’aimerais qu’on en mette une de lui ou de Stewart Copeland au moins une fois par mois! Soyons un peu sérieux! L’idée est excellente de faire des articles sur les vêtements (comme celui sur Pur Hasard).Ce n’est pas du tout hors sujet dans une revue de rock, au contraire, surtout lorsqu’on parle de couturiers “flyés”, il devrait y en avoir plus souvent.Plus souvent aussi, de documents traitant de sujets “généraux” comme: “Le rock est-il une forme d’art?’’ (nov.‘80).Sans trop donner dans le philosophique, c’est intéressant et ça pousse plus loin la réflexion qu’un simple article sur un groupe.Ce serait amusant des articles (courts car ça risque de ne pas plaire à tout le monde) sur les petits groupes locaux qui ne sont pas (encore!) connus.Ça pourrait leur faire un peu de “pub”.P.D’Alo Côte-des-Neiges Un moment de vie partagée." Le rmuvel album de Richard Séguin RICHARD SÉGUIN TRACE ET CDNTRASTE sur disques BEAUBEC WillÜBli îllr>,aVeC me'c'gare vm I choses en "s'•: ' en meme temps! gazette rock par susanne de lotbinière-harwood YOKO: AVANT et APRES D ans l’instant karma d’une tragédie urbaine américaine, Yoko Ono est devenue la femme-artiste la plus connue au monde.La Jackie Kennedy de notre génération mais avec beaucoup à dire.Replongée dans son “combat solitaire” pré-Lennon, ce qu’elle va faire tient étroitement à ce qu’elle a fait, car elle n’est pas que Mme Lennon, pas plus que John n’est que Beatle.Sa survie est axée sur son art & son féminisme.En 1958 encore étudiante au chic collège pour filles Sarah Lawrence/n.y., elle épousait le musicien d’avant-garde Toshi Ichiyanagi.Démunis ils habitent un loft à Greenwich Village & réalisent des performances dans le cadre de FLUXUS/groupe d’artistes radicaux américains, européens & japonais.Ils se réclament de Duchamp/Da-da (le ready-made comme objet d’art) & des théories à base Zen du réputé compositeur américain John Cage.Ils prônent l’anti-art, l’action-musique, “l’event” (événement, ancêtre du happening hippie).Ex.: Yoko invite des gens à venir piétiner une peinture posée sur son plancher, à y mettre le feu, à la découper, etc.En ‘64 elle divorce / épouse Tony Cox, cinéaste américain, membre de Fluxus, avec qui elle a Kyoko.Ils divorcent en ‘67.Cox & leur fille disparaissent en ‘72, après que Yoko ait gagné un long litige pour obtenir la garde de sa fille.Malgré les efforts des Lennon, ils demeurent introuvables.‘ ‘ Depuis le départ de Kyoko, une part de moi me manque” dit Yoko.C’est avec Cox qu’elle fit ses célèbres films de 365 culs nus & ses numéros dans des sacs noirs.Elle publie “Grapefruit”, p’tit bijou de li- vre contenant ses recette s/“instructures’’ pour ses “events”.Ex.: Enregistrez le son de votre mari se peignant, gardez le tape, jouez-le après sa mort.Toussez pendant un an.Écoutez tourner la terre.Lors de leur rencontre John ayant grimpé dans une échelle, avait lu le mot YES derrière une loupe.Ravi de tant d’esprit positif, d’humour & d’espoir, il décida de rester, ça lui ressemblait.“Dès que j’ai vu Yoko” dira Cynthia, l'autre Mme Lennon, “j’ai su qu’elle était faite pour lui, que je ne pourrais rompre cette unité de corps d’esprit qu’ils ont”.Lennon a ensuite1 souvent participé aux projets Fluxus.La philosophie orientale de Yoko, son sens profond de l’unité des choses — qui passe pour de l’anarchie en Occident — attirait, complémen-tait le mâle nordique John.“Après 14 ans, notre rêve était presque réalisé’’, dit Yoko.Mais: “It’s been very rough/ it’s getting easier now, hard times are over for awhile.”.Dans le privilège comme dans la peine, sa vie se compose d’extrêmes.Yoko (‘enfant de la mer’) naquît à Tokyo/1933 (année du Coq).“Mon père était un de ces types “importants”, beau/grand/ parlant plusieurs langues.Il devint un banquier d’influence.Il me fallait faire un rendez-vous pour le voir.J’ai toujours été attirée par le genre d’homme contraire, les vulnéra-bles/insécures, car il y a une froideur dans ces types ‘importants’.Il fut muté dans une banque de San Francisco juste avant ma naissance, j’avais 2 1/2 ans quand je l’ai vu pour la première fois.Lors de la déclaration de la guerre on nous a renvoyés au Japon comme ennemis.Séparés de nos parents, étant l’aînée, il me fallait trouver nourriture & abri pour mon frère Se ma soeur, je ne dormais plus, on nous évacuait sans cesse, les bombes tombaient, je sa I .¦ IBS me répétais “le ciel est bleu”.On habitait la campagne.Les paysans/n’aimant pas les citadins/nous lançaient des pierres, nous refusaient à manger, je mendiais.Après, nous sommes revenus à New York, j’ai étudié l’art, la musique.Ma mère a été si scandalisée de mon premier mariage/notre style de vie, qu’elle ne m’a jamais reparlé!” Le premier Ono-show/ New York ‘60 attire Dû-champ Se Peggy Guggenheim.À ses concerts au Carnegie Hall/ en Europe/au Japon, elle attache tous les musiciens ensemble; place des micros dans les toilettes pour qu’on entende dans la salle; emmène Kyoko sur scène comme “instrument incontrôlable”, etc.“C’était très intéressant mais trop complexe, on n’a pas compris”.Elle s’installe à Londres / ‘62.Son travail est si sévèrement accueilli qu’elle doit faire une cure de repos en clinique.Sa démarche artistique sera éclipsée par la popularité de John Se sa décision de s’occuper de l’oeuvre Se des affaires légales de son mari.Comme les critiques d’art, la presse interna- tionale/les fans/le monde entier lui crachent un venin à haute teneur raciste/sexiste.“Woman is the nigger of the world”.D’ignorée Se incomprise, elle devient objet de haine.“Cette haine m’a nourrie longtemps comme un amour, c’est très fort”.Il n’est pas exclu de voir dans ses instructions pour “10 minutes de silence/prière, 2:00 p.m., dimanche 14 décembre 1980’’, un nouvel “event”.Dans sa douleur elle s’est repliée sur ce qu’elle sait faire depuis longtemps: donner une forme à ses sentiments — permettant ainsi au monde entier d’en faire autant, désamorçant le potentiel explosif de confusion/colère/chagrin suite à l’assassinat.Elle nous donnait un temps/lieu public où vivre nos émotions, pleurer/chanter/participer/partager une douleur difficile à articuler.C’est aussi une manifestation de son désir de féminisation de la société, i.e.valoriser/actualiser les tendances féminines en chacun de nous comme forces positives de changement du monde, en faire un d’amour pas de logique Se de compétition’ ’.Aujourd’hui, elle voit ses transactions d’affaires comme une extension de son art, une partie d’échec.Et les businessmen s’en méfient — même quand ses stratégies leur font faire de gros sous! En disant “Yoko m’a tout appris”, John reconnaissait sa propre ouverture aux possibilités offertes par la femme Se sa vérité.De lui/elle apprit à respecter la chanson pop comme mode de communication anti-intellectuel / “arme du peuple’’.Ses chansons sur “Double Fantasy” en témoignent.Punk avant l’heure/muse de plusieurs groupes modernes, ses libertés vocales nous semblent plus accessibles/acceptables maintenant.“John Se moi avons toujours été à part des autres dans le temps.En ‘75 on a fait un enfant quand personne n’en désirait plus.Notre nouveau disque est beaucoup plus humain/romantique que la musique actuelle.C’est une vraie torture quand les gens ne comprennent pas, ou comprennent rien qu’avec du recul.’’ Si on l’écoutait, Yoko Ono pourrait être un des leaders des années ‘80:* MEME APRES 500 HEURES D’USAGE, NOTRE RUBAN HAUTE FIDELITE MAINTIENT TOUJOURS SA QUALITE iuiiiii ipniiü ffigf iiiliieil mm mm WÈÈ iiilii mmm Si vos chansons préférées n'ont plus le même son qu'avant, le problème est peut-être causé par votre ruban d'enregistrement.Un ruban magnétique peut vieillir plus vite qu'un autre.Et, lorsque ce vieillissement se fait tôt, la musique qui y est enregistrée se détériore aussi rapidement.Voici ce qui se produit: les particules d'oxyde qui enveloppent le ruban se détachent et tombent, emportant un peu de votre musique avec eux.Chez MAXELL, nous avons mis au point une formule spéciale qui empêche cette dété-riotation.Quand les particules d'oxyde sont sur notre ruban, elles y restent.Votre musique aussi! Alors même si un ruban MAXELL est vieux de 500 heures, vous ne lui en donneriez que 5.maxell ÇA VAUT LA PEINE Tri-lêl associates limited 105 Sparks Avenue Willowdale Ontario Canada M2H 2S5 OFFENBACH VIENT ET VA.PAR MARC DESJARDINS reprocher de faire du matériel en anglais.Il ne faut plus se refermer sur soi, dans notre coquille nationale; le Québec doit rayonner à •il II; - J e grand groupe [_j de rock québé- J 'J cois est de retour parmi nous, après une tournée française (16 spectacles, dont 3 à Paris, au Palais des Glaces, une salle de 700 places qui était remplie à capacité).“Je pense que les Français sont enfin prêts pour nous, déclarait Gerry à peine débarqué de l’avion.Là-bas on ne cherche plus les nouveaux chansonniers; c’est une nouvelle génération et ils sont tous bandés sur le rock! Le public attrappe le “feeling” très vite et se fout pas mal des concepts”.C’est aussi une bien curieuse de tournée qu’Offenbach a faite, perdant un joueur en route.En effet, le jovial Robert Harrisson, batteur et bon vivant, s’est vu terrassé par une maladie du foie, du type hépatite virale, 3 jours avant les spectacles de Paris.Le groupe, ne voulant pas annuler des shows aussi importants, s’est mis en frais de trouver un batteur local.Ne trouvant rien qui collait, on a appelé Montréal avec quelques suggestions.Finalement, c’est Jerry Mercer d’April Wine qui était le plus disponible et le plus apte à faire la “job”.Il a pris l’avion d’urgence, équipé d’un cassettophone et d’une bande des chansons du spectacle qu’il a écoutée au long du vol.Arrivé à Paris, il n’a eu que le temps de dormir quelques heures pour ensuite répéter une seule fois, le temps du test de son! “Pourtant, ça été superbe; même le premier soir tout “rentrait” comme il faut et on a fait 8 rappels.Le Zè soir.Plume, qui était dans la salle, est monté sur la scène pour jouer “Câline de blues” avec nous autres.Il ne s’était même pas rendu compte que Robert s’était fait remplacer.” En dehors de ça, tout a roulé parfaitement, Offenbach triomphant partout et s’assurant de solides arrières.Le soir du jour de l’An, is Gerry est même allé re- joindre Higelin sur la grande scène de Moga-dor pour interpréter “L’hymne à l’amour” et “jammer” pendant une heure et demie.“En février, on va se retrouver en studio pour enregistrer un nouvel album en français qui devrait sortir autour du mois de mai.On a déjà du matériel de prêt, pas mal de blues.ça devrait être intense.Et puis en mars, on va faire une tournée canadienne de 18 ou 20 grosses villes, des Maritimes à Vancouver, question de promouvoir l’album anglais.” Offenbach espère bien, en faisant bouger le Canada anglais, qu’il réussira à attirer l’oeil d’une grosse compagnie américaine.“On est le seul groupe vraiment exportable du Québec, j’espère que nos compatriotes y pensent avant de nous ^ 1 a 24 ans; il a grandi au milieu ____ du “rush” Ce- geps/Polyvalentes qui a vu la méthode globale dégoûter tout le monde du Français écrit et parlé; il appartient à cette “après-guerre” un peu écrasée qui a suivi les essais de révolution culturelle que ses aînés ont joués à mains nues.Pourtant, il ne ressemble pas à ses pairs, il pourrait sembler à la fois plus vieux et plus jeune.Et il possède un curieux attachement pour les mots.l’étranger et surtout en Amérique, chez nos vrais voisins”.Au printemps, Offenbach s’envolera à nouveau vers l’Europe, mais cette fois-ci, en plus de la France, le groupe - continuera en Allemagne, poussera une pointe chez les suisses et les belges et terminera en Italie.Et le Québec me direz-vous.?“Le Québec, on le garde pour l’été, comme dessert.On a l’intention de monter un gros show avec 2 ou 3 autres artistes, une sorte de caravane qu’on traînera de ville en ville; un spectacle d’arénas ou de plein air, un super-show d’été qu’on va finir au Forum, pour le fun.” En attendant, Gerry ira dormir, histoire de récupérer un peu.c’est essouflant un groupe de rock quand ça roule.“Une chanson, c’est 50% de texte et 50% de musique, si tu n’as rien à dire et si en plus tu le dis mal, tu viens de perdre la moitié de ta réalité de créateur.Il y a des choses que je vis et auxquelles je pense tout le temps, c’est important que j’en parle bien, clairement, sinon je ne sers pas à grand’chose.Je me sens un peu forcé, comme ça, de bien écrire pour ensuite bien vivre ce que j’écris.L’exigence c’est présent partout, dans la vie comme dans l’art.” GASTON MANDE VILLE: UNE AUTRE GÉNÉRATION.PAR MARC DESJARDINS Et pourtant, Gaston Mandeville vient de passer 4 années de sa vie à Québec pour y étudier la musique, comme on l’étudie dans une université (Laval).Il a parcouru l’étendue des cours magistraux, de l’orchestration à la composition en rajoutant par-ci, par-là, la guitare ou le piano.Et sur son premier microsillon, il s’est servi de tout ça, composant, arrangeant, orchestrant et jouant guitares, banjo, piano en plus, bien sûr, de chanter.“J’adore écrire pour les cordes, je trouve ça tellement lyrique, tellement riche.Ça m’éloigne de ma première chanson, celle que j’ai naïvement pondue à 16 ans mais qui m’a donné le goût de continuer.” Il a monté cet album-là à partir de son immense répertoire de matériel original (“je compose tout le temps”), répertoire qu’il a promené d’une scène à l’autre, surtout à l’intérieur du Québec, juste assez pour se faire une réputation, arriver 2è dans un concours “d’orchestres” et se classer à Pulsion.“On avait enregistré dans un petit studio de Québec ce qui aurait dû constituer un album; c’était un “deal” de production avec le studio, mais la qualité était juste assez bonne pour en faire un démo.C’est le bassiste Robert Turmel (Claude Dubois, Fabienne Thibault) qui m’a aidé à reprendre ma bande au propriétaire du studio et qui m’a amené chez RCA.” Gaston Mandeville est un gars très conscient de l’univers dans lequel il vit, très impliqué dans ses relations et possédant des yeux tout le tour de la tête.Sa vision du monde est claire, lucide et permet enfin de voir ce qu’il y a dessous le maquillage de “l’autre” génération.“Je n’ai pas encore de problème d’image; je suis le petit nouveau dans le quartier.Je peux être direct et faire ce qui me tente; mélanger les styles, l’acoustique et l’électrique, et personne ne me le reprochera.Pendant un bon moment, des gens comme Séguin ou Fiori ont été pris dans l’image qu’ils avaient créée d’eux-mêmes.Moi, je peux encore me “lâcher lousse”.De Drummondville à Montréal en passant par Québec, Gaston Mandeville fera peu à peu le chemin nécessaire pour que tous entendent l’homme neuf! Mandeville sera au Transit de l’Hôtel Nelson du 17 au 22 février.UN BATEAU QUI ROULE ET ROCK AVEC LE CAPITAINE NO À LA BARRE.PAR MARC DESJARDINS -p 1 est de retour, 5 ans plus tard, avec un bel album de rock pesant; il est ici, cachez vos femmes et vos enfants, fermez les portes des tavernes, le capitaine Nô, pirate au long cours, revient au large de nos côtes.Et ça tangue un coup.“J’aime ça quand ça bouge.je suis né pis j’ai grandi en plein milieu du rock’n roll pis ça m’a marqué.Aujourd’hui je reviens à ça; je cherche pas à compliquer inutilement, juste pour que les “freaks” capotent.Ce qui m’intéresse c’est fondamental, ça a du feeling, et puis ça se falsifie pas.Un peu comme Dutch Mason, Muddy Waters ou Chuck Berry, les gars que j’aime écouter.” Ce nouvel album, qu’il a fait à ses frais, sur son label et sans l’aide des multi, il est à l’enseigne du dépouillement et de la simplicité.Il a voulu qu’il sonne “live”, qu’il ait l’air de ce qu’il est, une belle collection de tounes swingantes, livrées telles quelles, sans surcharge d’ornements.“J’m’étendrai pas sur mes problèmes antérieurs de compagnie de disques, c’est fini; mais ça m’a donné le goût de me rebeller contre l’establishment des multinationales et de faire un disque à MON goût, sans compromis.Aujourd’hui, comme tout coûte cher, il faut avoir assez de talent pour faire vite et bien ce qu’on n’a plus les moyens de faire luxueusement.Je pense que j’ai prouvé ce point-là avec mon album.” Pendant 5 ans, même s’il n’était pas dans l’oeil des sacro-saints médias, il n’a pas arrêté de travailler, de composer ou de jouer, faisant le tour du Québec, seul ou avec d’autres, d’une brasserie à l’autre, d’un club à l’autre, s’efforçant de maintenir un bon contact avec le public.“J’suis pas pour m’enfermer dans ma tour d’ivoire pis essayer toutes sortes de bébelles en attendant que quelqu’un s’intéresse à moi.Y faut que je joue, que je reste dans le monde, en plein milieu de l’action.” Il est satisfait d’apprendre que dans ma famille on dansait sur son disque pendant les partys des fêtes.Pourtant, son côté rocker est récent, puisque le Capitaine Nô a toujours paru comme un chansonnier électrique, maître du cynisme, de l’humour noir, et un peu dadaïste sur les bords.“J’ai délaissé le message au profit du swing’; c’que j’avais à dire depuis un moment.J’ai toujours eu le genre à trop parler, en interview comme ailleurs.Dans ce rock-là, j’ai trouvé un côté fonda- r^of***’ ^Pléc^cS L'amplificateur SU-V8 Technics avec circuit "Nouvelle Classe A" élimine la distorsion de commutation, tandis que le bloc d'accord ST-S7, avec synthétiseur au quartz, élimine la dérive FM.Il s’agit là d’éliminations hautement constructives.A l’encontre de bien d’autres amplificateurs, le modèle Technics SU-VS n’engendre aucun bruit de commutation, parce que les diodes ultra-sensibles du circuit de polarisation synchrone Technics sont constamment sous tension.De ce fait, les transistors de sortie ne passent pas de l’état de conduction à celui de repos à mesure que la forme d’onde d'entrée varie du positif au négatif.La distorsion de commutation s'en trouve donc totalement éliminée.D'une puissance de sortie de 110 watts par canal, de 20 Hz à 20 kHz sous 8 ohms, avec une distorsion harmonique totale n'excédant pas 0,005%, le modèle SU-V8 offré un rendement dont le réalisme en surprendra plusieurs.Au modèle SU-VS vient se joindre le bloc d'accord Technics ST-S7, avec oscillateur au quartz pour limiter la réception aux seules stations choisies.Et comme la synthétisation affecte à la fois les fréquences de transmission et de réception, la dérive de fréquence devient impossible.Ce qui signifie, en d'autres termes, que chaque station accordée reste parfaitement syntonisée.Outre la mise en contact et l'accord automatiques de trois stations, le microprocesseur de l'ampli ST-S7 permet de préréglerjusqu'à huit stations sur chaque bande: FM et AM.Les nouveaux amplis et blocs d'accord Technics: une véritable découverte! Quand il s'agit de quartz et de "Nouvelle Classe A".on exige Technics.Technics le son du savoir 5770 Ambler Drive, Mississauga, Ontario L4W 2t3 mental de moi sans avoir l’air de chercher des bébittes.” Comme le contact avec le public lui importe, il est en train de se monter un spectacle dont la première partie sera un peu rétro, très rock’n roll, alors que la seconde ira chercher dans ses vieux thèmes anarchistes de chansonnier.Pour l’accompagner, un quatuor: Freddy Farago à la basse, Jean-Pierre Hodgson à la guitare, André Featherstone à la batterie et Germain Gauthier au saxophone.Pour la plupart d’illustres inconnus: “Oui, mais des maudits bons musiciens.J’suis tanné qu’on se serve toujours des mêmes gars sur tous les disques, que ça sonne toujours pareil.J’aime mieux aller chercher du monde pas connus mais qui jouent bien et à leur façon.” Il explique que “Ville de Rien”, la pièce qui prend toute la face 2 de son disque, est la pièce la plus demandée en spectacle et qu’il l’a incluse un peu pour les gens qui veulent s’amuser dans les partys.Juste avant de s’éclipser pour aller suivre les exploits de Columbo, il me dit qu’il a des projets pour Montréal mais qu’il ne peut en parler tout de suite; pour compenser il m’avoue que son vrai 'nom c’est Pierre Leith.! “T’sé, le feeling, ça s’achète pas, ça vient avec le temps.Ça m’a pris un moment avant de m’en rendre compte.Salut là”.^ 14 cinema ALORS, VOUS VOULEZ FAIRE DU CINÉMA.?PAH COCO On entend souvent dire que tel ou tel metteur en scène va venir tourner son prochain film à Montréal.Depuis quelques années, Montréal est devenue une “métropole” du cinéma.Il n’est pas surprenant de déambuler dans le Vieux-Montréal ou sur la rue Ste-Catherine et de rencontrer des gens au visage particulièrement connu.Roger Vadim a passé tout l’été dernier à tourner son film ici.Dans quelques semaines, ce sera au tour de Sergio Leone de venir s’installer à Montréal pour plusieurs prises de vue de son prochain film.Et je ne nomme que ces deux-là! n me demande souvent: “Qu’est-ce que je dois faire pour tourner dans un film?” .Pas un rôle principal mais juste un petit rôle ou tout simplement ce qu’on appelle de la figuration.C’est sûr que les metteurs en scène recrutent du personnel local pour plusieurs rôles secondaires dans leurs productions.Dans le but de bien renseigner ceux et celles qui auraient envie de “faire” du cinéma, je suis allé rencontrer Isabelle Lajeunes- se (oui, oui, c’est la fille de Jean et Jeannette!) qui dirige un bureau de “casting” à Montréal.Une agence de “casting”, c’est quoi au juste?C’est une agence qui est au service des maisons de productions de films, de commerciaux, etc.On fait appel à ces agences pour trouver le monde dont on a besoin soit pour un film (long métrage), pour un commercial, même pour des affiches (posters).Avec sa soeur Dominique, Isabelle n’a pas V/WM grand temps pour se mordre les pouces.Ses 3 lignes téléphoniques sonnent presque sans arrêt toute la journée.En affaire depuis environ 2 ans, Isabelle est venue en aide à d’innombrables productions.Ce que je voulais surtout savoir, c’est comment s’y prendre pour faire affaire avec elle: “C’est tout à fait simple.Tout ce que ça me prend c’est une ou deux photos et un “curriculum vitae”.Et le tour est joué!” Pas compliqué vous allez dire.J’ai décidé de pousser plus loin ma curiosité: qu’est-ce qu’on doit posséder pour avoir une chance d’être choisi pour travailler à une production quelconque?“C’est toujours aussi simple.Laisse-moi te donner plus de détails.Évidemment, ça aide de m’envoyer des bonnes photos.Je ne veux pas dire par là qu’il faut aller chez un photographe professionnel et dépenser beaucoup d’argent.Non.Une bonne photo montrant bien la personne, ça suffit! Je te dis ça pour que tes lecteurs comprennent bien.C’est sûr que si tu en as les moyens, et le temps, tu peux faire les choses en grand et aller chez un photographe professionnel.Mais ça n’est pas nécessaire.Ensuite, pour nous, ce qui compte, c’est ce que tu vas écrire dans ton “curriculum vitae”.Les renseignements importants à mentionner • sont l’âge, la grandeur, le poids, la couleur des yeux, des cheveux et tous les signes particuliers qui font de vous quelqu’un d’unique et de “spécial”.Par exemple, une fille peut nous souligner qu’elle a des cheveux blonds, longs et.formidables.Dernièrement, on nous a demandé justement une fille comme ça.Ce qu’on exigeait en premier, c’est que la fille ait des cheveux super.Je suis allée dans mes filières, j’ai choisi 4 ou 5 candidates et je les ai proposées.On en a choisi une qui faisait l’affaire parfaitement.Il est important de mentionner tous ces petits détails qui font que tu vas avoir une chance d’être choisi.Chez les garçons, les hommes, souvent on nous demande tel ou tel genre.Par exemple, dernièrement on nous a demandé un homme dans le genre de “Napoléon” ou dans le genre “bouncer” de club.J’ai consulté mes filières, et j’ai déniché exactement ce qu’on cherchait.Tout le monde peut m’envoyer ses photos et son “curriculum vitae”.On ne sait jamais ce qui va nous être demandé.Un autre exemple: pour le film de Vadim on cherchait un vieux monsieur.J’en avais justement un, monsieur Leblanc.Un beau vieux monsieur (j’espère qu’il ne sera pas fâché que je parle de lui comme ça!) avec une belle tête de cheveux blancs.Par notre intermédiaire, il a tourné dans 2 films et une émission de télévision.Nous ne sommes pas un bureau de placement.Nous agissons plutôt comme intermédiaire entre le candidat et la compagnie de production.Ce qui est le plus en demande, ce sont des jumeaux et des jumelles.Tiens, je lance un appel spécial à tous les jumeaux.Identiques ou pas, c’est toujours très en demande.Surtout pour des commerciaux”.Et qu’est-ce que ça coûte pour faire affaire avec une agence de “casting” comme celle d’Isabelle Lajeunesse?“Pour les candidats, ça ne coûte absolument rien.Nous ne prenons aucun 'montant d’argent.Ce sont les compagnies de productions qui ont recours à nos besoins qui nous payent.Et je n’ai pas de parti pris.Si une telle personne est susceptible de faire l’affaire, je la propose.Des fois, ça marche, d’autres fois, ça marche pas.Je ne peux pas garantir que si quelqu’un m’envoie tout son kit je vais être capable de le “placer” demain matin.Cependant, ce qui est important c’est d’être dans nos filières.Comme le dicton dit, et c’est souvent vrai, beaucoup sont appelés mais peu sont élus.Mais si tu veux avoir une chance, il faut que tu sois là.” Et les questions d’Union.Ne faut-il pas faire partie d’une quelconque union?“Dans certains cas, ça prend absolument un permis de l’Union des Artistes.Comme pour tourner dans un commercial, ça prend un permis.En bas de 16 ans, ça ne prend pas de permis.de l’Union.Pour tourner dans un film, ça ne prend pas de permis.” Et l’adresse de l’agence d’Isabelle Lajeunesse: 1389 Est, boulevard Dorchester à Montréal.Le code postal est: H2L 2M1.C’est le moyen le plus efficace de communiquer avec elle (il est pratiquement inutile de téléphoner).Alors.vous voulez devenir vedette de cinéma?C’est maintenant à vous de faire le prochain pas! NDLR: Isabelle Lajeunesse, en plus de diriger son agence de “casting”, est également comédienne et il est très fréquent de la voir sur nos écrans, petits ou grands. -o- ¦¦ • 4- BRASSERIE O’KEEFE DEPUIS modem musik PAR DENYSE BEAULIEU BANS LES 80’S SUR QUEL PIED DANSERA-T-ON?1980, première année du futur par excellence.Enfin débarrassés de ces ennuyeuses années ‘70: Alors?Pas de révolution musicale, rien de renversant.Rien que le développement de diverses tendances annoncées dès les mois qui suivirent le grand coup de balai du punk en “77”.On a beaucoup dit, on répétera souvent que le pop (comme l’histoire ou la littérature) a une structure cyclique et que ses explosions créatives débutent toujours à la mi-décade: ‘55-‘S6, le rock’n’roll; ‘65-‘66, les Beatles et l’invasion anglaise; ‘75-‘76, le punk.L’idée a du bon: les faits semblent l’appuyer.Mais la notion de cycle implique la reprise au point zéro, comme si rien n’avait existé auparavant.r, dans le pop comme dans toute autre manifestation de culture, les créations n’ont pas de génération spontanée.J’énonce ici une évidence (que la plupart des musiciens que j’ai interviewés m’ont répétée, d’ailleurs): il y a toujours des influences, des prédécesseurs.Ce qui distingue les musiciens des années ‘50 de ceux des années ‘70 ou ‘80, c’est peut-être cette conscience des antécédents, du déjà fait.L'héritage du pop se complexifie et s’enrichit, un mouvement ne part jamais de zéro.En termes plus concrets: il y a eu le rockabilly simple et direct de Carl Perkins ou des artistes de Sun Records, du jeune Elvis, fusion de plusieurs genres musicaux populaires.Ensuite, la réaction de sophistication des années ’60: les sensations immédiates ne suffisaient plus.Dans les années ‘70: résurgence du rockabilly, tel que fidèlement reproduit par Robert Gordon; ressuscité par des_compositions originales des groupes de Teddy Boys londoniens; incorporé au style bizarrement perverti des Cramps.Tous ces groupes modernes ont conscience de leurs origines musicales, beaucoup plus que les groupes des années ‘50.Le rockabilly n’est qu’un exemple, pas spécialement brûlant.Une autre tendance.Les diverses formes de musique noire: ska, reggae, funk, disco, soul, dont les catégories se fondent plus ou moins les unes dans les autres.La position des divers groupes qui ont marqué l’année passée peut être considérée par rapport à cette tendance, qui n’est pas la seule, bien entendu, mais il faut se limiter.Un dernier commentaire d’ordre général: deux situations extrêmes s’offrent aux musiciens des dernières années.Ou bien on fait du bon vieux rock, du pop classique: alors on nage trop souvent dans les clichés et la paresse; ou bien on tente d’éclater le format du pop au risque de s’égarer dans les recherches froides et inaccessibles, ennuyeuses généralement.Multiples positions intermédiaires, alternatives, degrés de réussite, aussi.Revenons à la musique noire, côté nostalgie, d’abord.On a redécouvert les groupes de l’étiquette Tamla-Motown et Stax-Volt: le sixties soul s’est mis à jouer dans les discothèques, tout le monde a dansé aux Suprêmes et à James Brown.En Angleterre, les nouveaux mods s’arrachent des disques originaux à prix d’or.Et puis, il y avait aussi • ¦ * m «JS» •________ le ska.Là, on ne s’est plus contenté d’écouter Prince Buster: des groupes se sont formés en ‘79, qui jouaient du ska.Dois-je les nommer?The Specials, Madness, the Beat, the Selector firent fureur, et avec eux la panoplie “two-tone”: damier noir et blanc, petit chapeau porté à l’arrière de la tête, pas de danse que plusieurs adeptes ont appris bien vite.C’était vivant, exhubérant, et tous se sont mis au jeu pour un temps, mais le style a ses limites et personne m’y tient • encore beaucoup ces temps-ci.Le reggae, par contre, a fertilisé Le pop blanc de façon plus durable.Déjà très admiré des punks, il a été incorporé au style d’un très grand nombre de musiciens, des Rollings Stones à Public Image Limited, en passant par Elvis Costello, les Clash (qui sur leur premier album interprétaient Police and Thieves) et évidemment, the Police, qui en ont fait un des éléments de leur grand succès.Encore plus exotiques que le reggae, les rythmes africains, qui ont inspiré aux Talking Heads et à Brian Eno le nouvel album Remain in Light.Sans avoir besoin d’écouter les enregistrements de musique tribale du National Geographic, on peut entendre les accents fascinants de la musique africaine dans la musique pop produite localement, assez difficilement disponible, il est vrai.Reste le disco.Je ne parle pas d’Olivia Newton-John ou bien des Village People, mais, du disco “hard-core”, direct et insistant.Dès ‘75, Bowie et Roxy Music détectaient le potentiel du genre, les Talking Heads en extrayaient des textures intéressantes.Mais la commercialité agressive et la médiocrité d’une grande quantité du produit répugnait aux puristes du punk.En 1980, la montée en popularité du “new wave” a détaché du disco, promptement rebaptisé “dance music” pour incorporer les B-52’s et James White and the Blacks, entre autres.On s’est mis à écouter le disco d’une oreille plus réceptive et, dans les milieux “au courant” il est parfaitement admissible et même préférable de pouvoir l’apprécier.D’ailleurs, ce qu’on reprochait au disco peut maintenant s’appliquer à la plupart de la new wave.Le terme regroupe tant de genres différents qu’il a perdu toute signification.De toutes façons le book est devenu très très populaire, il n’y a qu’à regarder dans le métro pour s’en rendre compte.? livres PAR SUSANNE DE L.-HARWOOD PORTRAIT DU 9e ART DE 1945 À “NOS JOURS” Le 9e art — La chanson française contemporaine de 1945 à nos jours, Angèle Guller, Nouvelles Editions Vokaer, Bruxelles 1978.275 pages.uller connaît son affaire.Elle oeuvre dans ce “royaume frelaté et merveilleux” de la chanson depuis plus de 20 ans (elle a connu Vian), elle écrit bien, elle a de la culture (de Corneille à MacLuhan).Cëtte perspective vaste et sûre lui permet de brosser un tableau très riche de la chanson française contemporaine, des précurseurs (Trenet, Baker) à l’école de St-Germain-des-Prés, Brassens et Ferré; de la première vague (Brel, Béart, Bécaud, Aznav) à la deuxième (Gainsbourg, Nougaro, Ferrât, Barbara), de la chanson religieuse à la période yé-hé.Elle donne dans les apports étrangers (Elvis, Beatles) pour ensuite jeter un coup d’oeil sur “les jeunes’’: Lama, Lara, Sanson, Lavil-liers, Clerc et une foule d’autres connus, ou pas, ici.En cette section comme dans les troisième partie elle s’intéresse à la chanson française en Belgique et.au Québec! En commençant par Félix, bien sûr, elle passe à Vigneault, Ferland, Charlebois, Léveillé, etc., et les femmes “aux commandes dès le début”, La Bol-duc étant, selon Angèle, notre premier auteur-compositeur canadien-français.“Au Québec, dit-elle, la chanson est animée d’un enthousiasme dont je ne vois pas d’autre exemple’’, “une vigueur d’expression et une diversité”, “la projection la plus fidèle, la plus exacte de la nature profonde des Québécois, de leur histoire et de leurs aspirations”.Elle connaît fort bien l’oeuvre de nos artistes, mieux que nous mêmes sans doute, elle a séjourné ici donc elle sait parler du fleuve, de l’hiver, des espaces.Mais ce qui dérange dans autres d’ailleurs c’est une s LA CHANSON 5 FRANÇAISE NOUGARO LENORMAN GAINSBOURG TRENET CHARLEBOIS MONTAND RERANGER I.AVIIXIERS LECLERC SOUCHON BECAUD LEVEILLEE FUGAIN PEYRAC CARADEC BEART FERRAT BARBARA SEGUIN ntrreiL, BRASSENS FERRE ¦' certaine odeur de moisi, de fané que dément pourtant son ouverture d’esprit.Les textes remontent à pas très près de “nos jours”; un court paragraphe sur Diane Dufresne, 4 lignes sur Deschamps, on y parle encore de Beau Dommage comme groupe.Les photos datent de la période yéyé — faut voir Monique Leyrac maquillée à la Twiggy, Charlebois les cheveux courts.La publication de ce beau grand album a-t-elle tant retardé que le contenu a pris de la barbe entretemps?Ou n’est-ce pas un sentiment que nous nord-américains éprouvons souvent devant des choses venant d’Europe?En première partie, la meilleure, une excellente intro/analyse de la chanson dans tous ses aspects.Enfin, ce livre témoigne aussi de l’impossibilité d’écrire sur la musique: aurait fallu que ce soit un livre-disque, comme “Pierre et le Loup”.^ .photo h à votre " goût place dupais Station Derri DeMonrigny ^ 865 est, rup Sfp-Cnfhprinp rue Ste-Catherine 844-3190 PENTAX J.OEIL DU PHOTOGRAPHE IL ÉTAIT UNE FOIS “LA CASANOUS”.PAR PIERROT LÉGER Au beau milieu des années 70, alors que la chanson rock québécoise était en pleine “croissance”, on entendait souvent parler de l’Evêché de l’hôtel Nelson, du Café-Campus, du El Casino.Mais avant tout, il y a eu la Casanous.Presque tous les grands noms y sont passés, d’Har-monium (1974) à Plume en passant par des dizaines d’autres.QUEBEC ROCK a demandé à Pierrot Léger (surnommé Le Pou), le “maître” de la place, de nous ramener dans le bon vieux temps et de nous raconter la petite histoire de cette célèbre boîte de la rue Sherbrooke à Montréal.Nous étions quelques centaines de filles et gars, montréalais de toutes les parties du Québec à savoir que la terre tourne, mais à attendre que notre maison passe par nous.Quelques-uns, iconoclastes sans toit de la cellule familiale; certains, bohèmes spontanés et débrouillards; d’autres enfin, précurseurs des communes bip plus ou moins utopiques.Telle était en gros plan notre grille socio-logique! Ignorant les “classes sociales” dont nous provenions, mais friands des classes mentales, nous avions 15 ou 35 ans, nous cherchions une alternative-maison qui ne fût pas un système (encore moins une idéologie à sens unique).Petit monde à la mentalité toute en contrastes, nous possédions un étonnant sens commun des sons, des parlures et des gestes du spectacle; et une complicité du regard dans les volutes du cannabis (“.mais t’aurais pas une cigarette ordinaire?”) et les vapeurs de l’alcool — quand nous ne titubions pas de houblon.Nous étions itou, dans nos nuits blanches ou noires de Montréal, du monde comme tout le monde se racontant des histoires de fesses, de politique ou de sport.Qu’elle émoussait nos sens cette Crise d’Octobre 70 dans le sillon de laquelle se dandinait avec sa poule Rita Picore l’étourdissant groupe rock la Sainte-Trinité — une Trinité descendue sur terre avec Plume Latraverse en “Dieu la Mère”, Pierre Landry en “Dieu le Vice” et Pierrot LeFou en “Sain d’Esprit”! Les adeptes de la nouvelle culture tri-niterre et la joyeuse cohorte des frères Rose ne hanteraient plus à Percé la Maison du Pêcheur libre.On se retrouverait pour un temps en grande famille se donnant un show tribal “Chez Dieu”, dans les catacombes de l’Hôtel Iroquois du Vieux-Montréal.Les étudiant(e)s de l’École des Beaux-Arts colportaient encore la contestation culturelle des auto-matistes du Refus Global (Borduas-Gau-vreau).Les grandes et grands hallucinés (au propre et au figuré) san-franciscains (pour Frisco!) des années 65 achevaient de promener leur décrochage dans les divins bordels québécois des enfants terribles de l’intemporel: Carré saint Louis, Brasserie Cherrier, Café la Paloma, Chat Noir, Hutte Suisse.A LA RACINE DE LA RELÈVE Maisons?La Casanous! Fruit du fécond virus de la Sainte-Trinité?Toula jours est-il que le jeudi 30 septembre 1971, une de nos premières anarchistes apatrides au blues clair, Francine-Marie Tellier (in memoriam), de Ville de Laval, et le dit Pierrot LeFou fondaient une boîte.overground (vue sa haute altitude).On ne peut plus officiellement! Conférence de presse, et party d’ouverture à la sangria donné par le parrain de “l’aventure”, don Pedro Rubio-Dumont (ci-devant père aubergiste du restaurant la Casa Pedro).Ce soir-là, le journahste Robert-Guy Scully, du Devoir, confiera de bouche à oreille à Pierrot: “Que tout ce monde bigarré semble déjà chez lui dans cette maison aux.structures délinquantes!” Une p’tite casa à l’image de ses créateurs et habitués, poètes et amateurs de poésie, de vive musique folk, rock, classique et progressiste, de neuves chansons, de jeune théâtre au dynamique social.Racines?C’était le coup d’envoi de la Relève.Ce soir-là, le mot et l’idée (qui seront plus ou moins galvaudés par la suite), étaient sur les lèvres et dans l’esprit du trio Francine-Pedro-Pierrot.“Relève” fera partie du vocabulaire “casa-nousien” puis québécois pour désigner le renouvellement de la création culturelle populiste au Québec.(Imaginons cette fête de fondation où se croisent, au troisième et dernier étage réaménagé, blanchi, parfumé de l’Association espagnole de la rue Sherbrooke ouest — depuis 1960, lieu flamenco de réunion où prendre ses consommations préférées —, les violonistes/violoneux Dominique Tremblay & Philippe Gagnon (celui-ci in memoriam) — oui, ces deux membres en “stainless steel” de Robert Charlebois —, et le comédien Roland Che-nail, et “Plume et le docteur Landry”, et un peu du Jazz Libre du Québec, et le patibulaire monologueur au diabolisme tordant, Serge Mondor.) Babel en harmonie à une piasse du show!!! Nous étions, nous sommes, nous serons toutes et tous tels qu’en nous-mêmes chez nous à la Casanous.Voire hors de ses murs, et par-delà le passé, le présent et l’avenir.Même que la rédaction de ce roman-feuilleton me fait exorciser quéque chose: ma réincarnation comme par élancements en des centaines de personnes.Ouf! TOUTE UNE VISION DU MONDE Veut-on quelques exemples de la fascinante vision du monde que l’autodidacte Casanous aura eue depuis 70 jusqu’à 80 (d’hier à demain, répétons-le), avant / -v:' »/ ' «u« ”ES0I)in* '¦’¦ îs»»‘;ï»**»;’JJ‘ LES DUETTISTES “PLUME & LE DOCTEUR LANDRY”, AUX PREMIER CASANOUS qu’elle ne devienne rapidement, de la cuisine aux salons, “le Yukon des compagnies de disque” (Jean-Claude Trait, journaliste, La Presse)?Avant que la tenance Janou Saint-Denis, écrivain et messagère orale de notre poésie, n’établisse à demeure, à la Casa-nous, son immortelle Place aux poètes, les plus irréductibles “casanousiens” parmi ceux-ci avaient, outre leur maison (Casa), leur village (Carré saint Louis) et leur taverne (la Cherrier d’avant la brasserie) où ils cheminaient à la recherche d’un langage nouveau qui sortirait leur poésie de ses anciennes tours d’ivoire.Si, dans les pas de l’indestructible géant du verbe Claude Gauvreau (in me-moriam), Gaston Miron faisait tonitruer sa pensée dans ce charivari des rues où déambulaient les Claude Haeffely, Michel Garneau, Michel Beaulieu (et comme il faut en passer!), les Robert La-londe, Michel Bujold, Louis Geoffroy (in memoriam), Claude PELOQUIN, Patrick “le Bison Ravi” Straram, Gilbert Lange-vin — parolier d’Offenbach, de Pauline Julien —, furent parmi les premiers crieurs (et comme il faut en passer!) de poèmes de la première et turbulente estrade de la Casa.On avait bien souvent de .'V- Enfin! DES DISQUES QUE VOUS ÉCOUTEZ AVANT D’ACHETER 3416 Parc, coin Sherbrooke Métro Place des Arts Nous honorons Master Card American Express Visa la misère à s’écouter dans le tintamarre et les brasse-camarades sans suites fâcheuses (sauf qu’un vieux piano de l’Association espagnole en fut réduit en pièces) de ces “jumeaux de l’homme des cavernes” (Robert Lalonde).“La poésie pouvait devenir collective quand la salle voulait bien marcher” (Georges Raby, journaliste, Perspectives).Jusqu’au menuisier en titre de la boîte, Léo Piché, un conteur-né à l’âme de poète, qui s’écrira, un de ces soirs, du haut de sa belle carrure, chancelant sur une chaise vacillante: “Vous êtes des pouètes, hein, ben moi aussi je suis capable d’être pouète, vous allez voir ça, je vais vous en faire des proses!” Qu’à cela ne tienne! Un jeune moine laïc fera sa farouche apparition sur la petite scène de la Casanous, sa longue robe brun foncé de pèlerin des marginaux et ses bras en long mouvement ascendant (comme un lévitation) provoquant ici et là, dans la salle rectangulaire bondée, des rires narquois ou crispés.Claude Saint-Germain qu’il s’appelle, ce mystique des rockers.Pointant.d’une jambe ses dissidents agnostiques, il vociférera à leur adresse dans celui de nos trois micros qui était toujours bourré de feedback: “Tout votre chaos démoniaque ne s’est pas construit en un jour.Je suis votre Voyageur de l’En-Dedans”.Il reviendra quelquefois faire sa semaine, relancer son monde, notre “small world”, jusqu’à ce qu’il finisse par déchirer ses vêtements de (généreux) dépit dans notre loge exigu et bourdonnante, son troisième oeil télégraphiant des poignards! La face cachée de Saint-Germain montait déjà à l’horizon.Elle s’appellera Billy the Kid.Mais entretemps (autre exemple d’une vision du monde), les grands enfants “casanousiens” auront leur propre envers du décor avec “les samedis après-midis de la marmaille”.Une troupe de neuf enfants — fillettes et garçonnets —, conçoit, avec la participation des comédiens-animateurs Odette Laçasse et Guy Lamontagne (in memoriam), une mordante satire sociale: “Les parents?Qu’yssont drôles!” Chacun des tableaux de la pièce est entrecoupé de neuf numéros de variété solos et originaux, bref une étincelante floraison hebdomadaire d’“am stram gram & Pic & pic & Cole-gram”, entre des jets d’eaux gazeuses et des pluies de chips.Ce show-procès, les Neuf le donnent avant tout pour les adultes — la parenté et leurs amis — à commencer par leurs soeurs et frères aînés de “vof Casanous le nuit”.L’expérience “Les parents?Qu’yssont drôles!” emportera l’enthousiasme de l’exigeante Judith Jasmin (in memoriam), présente à l’une des représentations à titre de journaliste à la télé de Radio-Canada.Quand ces enfants verront la première photo de la “Gang du Québec Diguydou” — notre troupe ambulante de music-hall contreculturel qui s’écroulera dans un fracassant western de chicanes de soeurs et frères ennemis —, ils s’exclameront, ravis à Punisson: “C’est ben eux autres! Digidigidi hour-rah!” Le nom d’un de nos groupes qui les fera le plus se tordre de rire cristallin?“33-rue-Barrette-à-HulT ’ ! LES NUITS DU LOUP ARDENT Oui, libres enfants de la Casanous, figurez-vous que dans “not’Casa de nuit”, nous tenons, en guise de ponts entre les spectacles, des compétitions de bolo, de bilboquet et de yoyo.Nous présentons le show en offrant à une fille affamée un bol de soupe barley — c’est la soupe du.p’tit jésus des païens, bonne femme, c’est la magie rose de la foi des incroyants”; en chiâlant: “Pour faire avancer l’monde, y faut des fois le frapper ent’ les deux yeux avec un deux par quat’”; en riant le mot de Bob Lalonde, peintre de ciels marins autant que poète: “Comment tu veux prendre le taureau par les cornes quand tu tires le yâb’ par la queue?”.Nous faisons tirer des prix de présence (avec des gags comme: “Qui a dit22?.Justement, c’est pas ça!”): microsillon d’ici et d’ailleurs (hommage du disquaire l’Alternatif) avec un pot de sangria; un livre avec 17 gommes ballou-ne; plat en céramique avec un poisson frais (plus ou moins); une copie conforme en matière plastique du dentier supersonique de Camil Samson avec une once d’herbe folle.Et nous faisons nous aussi notre show-procès.Fouillons dans le carnet de notes du chroniqueur judiciaire Robert Lévesque (Québec Presse): Denis Boucher est accusé d’avoir cultivé un champ de marijuana.Le 21 septembre dernier, il a comparu à son enquête préliminaire, à Drummondville, et il attend présentement son procès.Pour gagner sa vie (?), il chante des chansons qu’il compose lui-même à Wickham où il demeure, près de Drummondville.Les gens de la Casanous, Francine-Marie Tellier et Pierrot LeFou en tête, ont eu l’idée d’organiser, à leur boîte de la rue Sherbrooke, le procès parallèle de Denis Boucher, un procès underground auquel le monde a été invité à participer.C’est ce qui a donné l’idée d’un spectacle appelé “Le calvaire de Loup Ardent, cultivateur de pot”.Tous les soirs, Denis a été appelé sur la petite scène de la Casanous par le juge (Pierrot Léger), pour être interrogé par lui et par le jury (le public).On lisait d’abord le texte des notes prises à l’enquête préliminaire de Drummondville, notes que la Casanous a pu obtenir par les “bons soins” d’une secrétaire de la Sûreté du Québec.Un texte plus que savoureux.Ensuite, on faisait place aux délibérations, où le public pouvait intervenir quand bon lui semblait.Après chaque ajournement d’une séance, l’accusé prenait sa guitare et chantait ses chansons.Elles parlent toutes de la vie à la campagne, du pot, de la liberté, de la poésie, et la musique est influencée par le folklore indien.Les musiciens qui accompagnent Boucher sont, pour la plupart, de descendance indienne, à commencer par “le gros Pierre Tétrault’ ’, auteur-compositeur-interprè-te avec sa guitare et ses harmonicas.A chacun des six soirs qu’a duré le procès, on avançait dans la lecture des notes et dans l’audition des interventions — dont la moins fracassante ne fut certes pas celle du poète Denis Vanier, ce bouncer parallèle du terrorisme comique.Le jury Toutl’monde a prononcé un verdict d’acquittement — mais avec explications du prévenu et sentence à l’envers.Les explications: “Goûtons goûtons le bonc tabac d’Indien” chanté par le Loup Ardent.Sa sentence: un plant de pot! Ainsi en allait-il, chers enfants grands et petits, en ce printemps 72 à la boîte overground la Casanous.Prochain épisode: Une rentrée fulgurante, et la chevauchée de Billy et autres kids.— c_ Chanson pour Rose j Jean-François Carneau ^ ' m LES DISTRIBUTIONS LES DISTRIBUTIONS INTERVALLE CASIER POSTAL 1865, TROIS-RIVIERES QUEBEC, G9A5M4 VOTRE AVENIR DANS L’INDUSTRIE DU DISOUE mSTITUT DCS TLCmiGUeS D€ L€nR€CISTR€m€nT TRCBOS Z77" mm&mÊi feii/îiriülï y/Wjp Ïlmÿsïà 'iffiwmnr 5&z/2/2/6%/a.\ m vous mettra SUR LA BONNE PISTE dans un programme de formation professionnelle de deux ans en ARTS ET SCIENCES DE L’ENREGISTREMENT 70 cours en RÉALISATION DE DISQUES - TECHNIQUES DU SON - GESTION enseigné par des professionnels en classes et en studios multi-pistes INSCRIVEZ-VOUS DÈS MAINTENANT! Pour obtenir un formulaire d’inscription et un dépliant gratuit, visitez l’Institut: 1435 BLEURY, SUITE 301, MONTRÉAL H3A 2H7 TÉL: (514) 842-3815 U mSTITUT Des TECHniQUeS D€ L'€nR€GISTR€m€nT TREBAS JEAN LAPOINTE LE PARFAIT FIGURANT PAR MARC DESJARDINS Ce diable d’homme a donc tous les talents qui viennent avec la parole; au-delà de l’amuseur public, de l’enfant chéri des foules, qui ouvre et referme son coeur au rythme des rideaux de scène, plus loin que tout ça, il est l’interlocuteur attentif et passionné qui écoute avant de répondre, et qui vous regarde pendant qu’il parle plutôt que de se concentrer sur la beauté de son propre discours.Ce diable d’homme a le don d’enchanter en ne faisant rien, juste en laissant soupçonner que derrière son visage de scène il y a l’ami intense, le mari présent, l’amant éternel et le père qui rsyeunit sans cesse.Pourtant Dieu sait les réticences que j’avais à l’interviewer.Lapointe est un maître de ce métier, donc parfaitement adapté et adaptable, prêt à donner la réponse que le journaliste veut, sans que ce dernier se rende compte qu’il est resté sur sa faim.Mais je tenais tout de même à trouver l’homme derrière l’artiste, et quand je parle de l’homme, j’entends le vrai.Car Lapointe est un génie qui sait maquiller sous le maquillage, faire tomber un masque pour en révéler un autre qu’on imagine être son vrai visage.Lapointe a passé une bonne partie de sa carrière à avouer ses vices et ses torts, du gambling à l’alcoolisme en passant par les relations interpersonnelles et le manque de confiance en soi.Ce genre d’aveu plus vrai que nature, fait de la bonne copie, amène le public à réfléchir un peu, en même temps qu’il sert d’excellent écran contre les regards indiscrets qui n’iront pas chercher au-delà l’homme vulnérable et simple, l’hypersensible romantique attardé.J’en ai trouvé un bout après 3/4 d’heure de café et de “bonnes réponses”.“J’voudrais toucher, je pense que c’est ça qui me tient le plus à coeur; j’veux émouvoir et aller chercher au fond des gens, au fond de tous ces gens qui au fond s’identifient à moi d’une manière ou d’une autre, peut-être parce que je ressemble à tout le monde en ne ressemblant à personne.Je cherche peut-être trop et quelquefois, à cause de ça, je passe à côté de l’émotion mais j’essaie, j’essaie sincèrement de ne pas devenir moraliste et de rester un divertisseur.Il y a des choses que je dis malgré moi, qui passent dans mes tounes; après tout j’ai 44 ans, j’en ai vécu un bout, c’est normal qu’il me vienne des flashes que je ne contrôle pas toujours et qui apparaissent au hasard de mes tounes.Ces flashes-là, c’est des clins d’oeil sur moi.” Jean Lapointe m’a toujours fait penser à Peter Sellers, ce grand acteur britannique qui a passé sa vie à porter le visage des autres.Cependant, Sellers s’est perdu dans le dédale de ses personnages et n’a jamais su qui il était.Lapointe, lui, était trop caractérisé d’avance, sa personnalité, dès les débuts des Jérolas, était nette et carrée; seulement, comme Sellers, les voix et les visages l’abritaient et l’abritent encore.“Il y a des moments où je me déborde.Je ne comprends pas toujours la portée de ce que je fais, dans quoi je m’embarque.Quand j’ai tourné “L’eau chaude, l’eau frette” avec Forcier par exemple, j’étais guidé par l’honnêteté que je percevais chez tous ceux qui travaillaient sur le film.Pourtant c’était un truc très marginal, avant-gardiste même, mais je me sentais à l’aise là-dedans.Je suis comme ça, je me laisse guider par le sentiment, par l’idéologie; la politique, tout ça, j’essaie de passer par-dessus; je me suis rendu compte que je ne pouvais plus me tracer une ligne droite et me dire “c’est ça que je suis”.A certains niveaux, il y a des choses que je veux contester très fort; à d’autres, je dois passer pour un affreux conservateur; la seule façon de concilier tout ça c’est de ramener à l’individu, à moi, à mes angoisses et à mes plaisirs; j’essaie de balancer tout ça et de rester honnête”.Jean Lapointe représente un curieux phénomène dans le showbusiness québécois.Si des gens comme Ginette Reno ont du succès, on comprend qu’il représente la nouvelle bourgeoisie et ses rêves de possession.Des gens comme Châtelaine ou Michèle Richard représentent un côté un peu sordide de la séduction pas permise, le corps ignoré que l’homme, (la femme avec Iglesias ou Louvain) d’un certain monde oublie devant son téléviseur et qui se réveille devant le cuir, les transparences ou les courbes.Les jeunes ressemblent aux jeunes avec plus ou moins de progressisme et un Yvon Deschamps fait du bien à un tas de réactionnaires qui, l’espace d’un show, se sentent à la fois contestés et contestataires; l’aventure sado-masochiste d’un soir.Mais Lapointe.?“Je ne peux pas vraiment m’expliquer mon succès.Oui, bien sûr, j’ai les formules toutes faites qu’il faut pour ne pas avoir l’air au-dessus de mes affaires.Je parle d’identification, de simplicité, du désir que les gens ont d’être divertis.Mais si je fouille vraiment.Non, je ne sais pas.Qu’est-ce qui peut bien entraîner cette masse de gens à se retrouver dans mes chansons, dans moi?Pire, pourquoi des filles de 17 ans viennent me dire qu’elles me trouvent beau?C’est un plaisir, une flatterie que j’aime, mais que je ne comprends pas.Peut-être que pour les jeunes, je représente un bonhomme “correct”.C’est une hypothèse mais ça n’explique pas tout.” Jean Lapointe est, en ce moment, de.loin, un des plus gros succès “commerciaux” du spectacle québécois.Il doit bien y avoir quelque chose qui fait cliquer la masse.Et ce quelque chose naît peut-être dans les contradictions inhérentes au bonhomme.Bien sûr, Lapointe appartient maintenant à une élite bourgeoise; il possède des chevaux de course et achète des tableaux, tout le monde parle de ses succès financiers.Et tout le monde parle de ses échecs, de sa lutte contre l’alcoolisme, de ses angoisses, de sa passion pour le jeu.Lapointe ne donne pas l’image de l’homme qui a réussi, même s’il a réussi.Son univers semble fragile, à la merci des vents et des marées, comme celui de tout être humain.Les possessions de Jean Lapointe ont cet air évident d’armes contre la douleur.Jean Lapointe a l’air en même temps de “Jean-qui-pleure” et de “ Jean-qui-rit”.On l’envie et on a aussi envie de le consoler.Ce qui est encore plus fascinant quand on l’observe d’un peu plus près, c’est qu’il ne semble jamais tout à fait à l’aise.Son véritable monde est invisible, il le porte en lui où il le cache dans son intimité.“Dans un sens, je dois vivre avec l’instabilité: si je vais en avant, je fais de l’angoisse; si je reste en arrière, je fais de la culpabilité, alors je reste ici, où j’oscille entre l’un et l’autre en acceptant mes états d’âme.Et puis ça m’évite de m’attacher trop d’importance, j’arrête de m’énerver pour rien puisque de toute façon je vais me sentir nerveux.Ça m’oblige à l’honnêteté parce que je me conteste moi-même de l’intérieur.Tu vois, même en ce moment, en entrevue, j’ai peur qu’on aille trop loin, qu’à un moment j’en vienne à dire des clichés, à ne plus rien dire.Ça reste une belle douleur que celle qui t’oblige à tous moments à te rattrapper au bord d’une corde raide.Le public me donne des “deadlines” et je vis la dimension de l’exigence à chaque seconde, en essayant d’en savoir toujours plus sur moi et sur le monde.” Le vrai charme de Lapointe c’est surtout de ne pas avoir plus de charme que vous.Vous ne le regardez pas en disant: “ah, si j’étais comme çà”, au contraire, chaque chose qu’il dit vous amène à penser: “ah, ça c’est pareil comme moi.” Si quelqu’un peut parler de l’angoisse créatrice et de comment elle peut ramener à des dimensions plus humaines, c’est bien Lapointe.Une de ses obsessions les plus évidentes a rapport au temps, au vieillissement.Lapointe est constamment en train de se traiter de vieux, de croulant; pourtant il n’a encore que 44 ans ce qui est relativement jeune selon des standards contemporains.Mais à l’écouter.il est presque à l’âge de la retraite. “Maintenant je sais qu’il faut avoir vécu pour pouvoir dire certaines choses.À mon âge, on découvre que l’intolérance neVmène à rien, on apprend à faire âes compromis, on apprend la flexibilité.C’est bon de devenir plus doux, je me sens compréhensif, disponible.Maintenant j’ai un regard plus positif sur la notion de temps; si tu veux, avant j’avais pas le temps de regarder passer le temps.Aqjourd’hui j?en trouve.et ça rajoute à ma perspective de vieux croulant.” Quand il parle de compromis, il n’évoque pas nécessairement ceux qui relèvent de l’idéologie.Si Jean Lapointe a déjà été un jeune turc, rebelle et violent, ce n’est pas oublié au travers de la réussite et du pouvoir financier.Seulement le point de vue change.“Je me rends bien compte aujourd’hui que je ne peux plus changer le système à force de répéter des mots, des concepts.Je peux affecter des gens, faire bouger des petits éléments.J’attire beaucoup de monde à mes shows et je ne veux pas m’adresser à une élite, je ne la vise pas, à l’opposé, j’essaie d’atteindre un public simple, qui dépasse la notion de classes sociales.” Lapointe peut se définir comme un procréateur de la culture de masse, différente de l’intelligentsia bourgeoise et de l’avant-garde snobinarde, elle n’en reste pas moins une expression honnête et réelle du milieu d’où elle vient.Et si Lapointe joue dans les schémas du système, il n’en reste pas moins qu’il infiltre des éléments de contestation, des petites phrases qui disent qu’au fond, tout ne va pas de soi.“J’aime sincèrement les jeunes, ceux qui expérimentent avec des choses nouvelles.Ils sont beaux, francs et ouverts et surtout débarrassés du sentiment de culpabilité des gens de ma génération.Aujourd’hui, les jeunes artistes ne sont pas accrochés, ils essaient toutes sortes de formats.Avec les Jérolas, je n’avais pas le droit de faire des shows sans Jérôme; ai^jourd’hui, n’importe qui joue avec qui il veut.Bien sûr, beaucoup de jeunes artistes ne savent pas “dealer” avec le succès; une fois qu’ils l’ont, ils s’asseoient dessus.Ils n’ont pas encore compris la fragilité de leur état.Le “bon” artiste est celui qui travaille fort, sans arrêt.Il faut toujours être loin en avant de la gang, sinon tu te fais rattrapper vite.Peut-être que ça prend du temps avant de comprendre ça, peut-être pas.Tout est tellement éphémère dans ce monde-là.Il n’y a que l’humain qui tienne; il n’y a que lui à qui il faille se rattacher.Quelqu’il soit.Qu’on s’aime ou pas.” Jean Lapointe est un peu le figurant parfait de notre vie, de ces gens qu’on appelle “atmosphere people”, qui sont de tous les films, qui changent de visage à chaque plan, à chaque coin de rue.Ils sont toujours plus authentiques que les stars à l’avant-plan.Sans eux, aucun film ne pourrait se faire puisque ça n’aurait plus l’air.vrai.Sans Jean Lapointe, ses chansons, ses numéros, la vie telle que définie par le spectacle, n’aurait plus jamais l’air vraie.? 1« plCHB > 9 À.» «oment °ù X au ne'N.^ „iS s’éteié»altpî: aes t>°îtes a disco et !» viol®®*® eg qoeUecois s ^ anooyroat d®senCore, il mit Vér°tlsnie d .{laïubée des ê à passer plussurpreua uxveil.1-oreille* 'lue® récession,et ° it eu moius 'l6 ^ aisuues d ° • d s airs nour osera omorait dana ^ ç.ohé réus«ssait ^ ftrts et de onantant e»r Stanley.°" Kangou- feu de Pa‘tw consécration de We à tempe Pf^ume.Pourtant^ ^ deu, sauts d^ $ ?l C«ïï.«“ '“Æ'î’.'ïï I »rs.» “»ÆSïï -râs= 1 l’a raconte le»^^ La cne P«d 0.esl s«.^ su>s ¦ ro iMaill^ -1 \ enane)ais: io^retsael slon,çao pasoap A —______— \ ï par^BruûO^SSHS-^^^^ & dans Vest de \ \ ¦ Ben je paji ternnre V9°'5’ viaU).^alS 3 ?Lès de Belanger.\ Montréal, entre Bie Vx St-Vallier’.^ dix ans Ie \ i suTte B Y ^eTép^nneurs¦ ^ st.jérôme) était \ H ses dettes P .,,en avant, r quand 1® .^ asez PoU 1 pr.t«^r6s l ^fea aS ooS- - P— - ft » “^«Wres: c'est ccméd^ fl 3US pendant^Tais"«a»>S-tSê0°UK^^ dessus.j oon angla18’ .UI Là elle perd so {amille?t sûr.Je suis U \ Quand même ^u%e.Mamère ausm avaient |te lant \ quan1-1 „irauonllb .retrouvent1' r’était treb ,ve.\ eité C’ était ça Q t allés.; \ mon «ère dd' .,ai passes té.C’était Ç-u sont allés.Lon îrère nui V „ i»ai pasS®S e - trois an® ^ tou3°urS 4 4 Les deux» le cégep e la grève ‘¦ÇgBïK-r—•»“a PlS3 —n cégep dtôü «-uï »-&nd » ètattco^-; « a ^ïït-ceV» jo»f cuand ü »s‘ ^pB, U faisait u“ \ ontinue a içuer ami de -Je Arts _ des r ouvept innonce.^ B même joué 11 J.^tfion".de ^ changer de | ^ir^^ïeSlït- — aUtreS tu étudié?a, pont-Viau.m°^niversité de '»*&-S®pSS^2-5«% (Llonel-Gr0^ nt, y allais P anSi 3 étais v àeuX, u \ SU6 ^ “tM0S° .s ei poUtianes a««*1S d°f“xrï.^rtnS‘ n des épodOé^ \ Est'c® qdès ce moment-la - u uen d^s nl \ "wr ° /’vV * ' • '*• .*«>.êiëÉliil mmsM " mm >yJ f *s% ¦ v* Mni C'Vs.-: ,:; v m- à&M SM*.’ MU >i'.- ^ .Jjg f ’î^ ¦.:;.'''îî>i; 7 ~ , IKK .4) jnnR rue, même pas sur la route 11, dans les Hautes-Laurentides, passé St-Jovite et Labelle.À partir de l’adolescence, pour moi, c’est La Minerve, c’est là qu’est mon attachement.Je m’y suis d’ailleurs acheté un terrain où je vais me bâtir une maison l’été prochain.Donc c’est au travers tout ça que j’ai pu avoir des conversations politiques dans ma famille.Mon père, lui, c’était un libéral parfait qui vote aussi pour le maire Drapeau.C’est le genre de gars qui disait qu’il allait s’en aller en Ontario si le OUI passait au référendum.Sauf qu’il a toujours eu un sens de la justice qu’il nous a mis dans la tête même si d’après moi il ne l’a jamais appliqué lui-même.Y’est pogné avec les résultats de ça aujourd’hui: mon frère et mes soeurs, on est tous enlignés de la même manière politiquement.Mais jusqu’à 17, 18 ans, j’étais libéral.Je pensais comme mon père.J’étais ben révolté, mais ça prenait la forme de la délinquance.Je me laissais entraîné, je cassais des vitres, je volais.J’me suis pas fait pogné, c’est toute.La période la pire, ç’a été à Pont-Viau.C’était un bout’pauvre avec des banlieues riches autour: t’es collé sur les riches, tu vas à l’école avec eux, pis t’es jaloux.Mon rêve à moi, à ce moment-là, c’était d’avoir un bungalow pour pouvoir faire des parties dans cave.C’était de la jalousie et de la rage plus qu’autre chose, mais à un moment donné, ça s’est transformé en conscience politique.Et qu’est-ce qui a amené cette prise de conscience?C’est la somme de tous les gens qui agissent politiquement qui ont fini par m’atteindre: les films que j’ai vus, les livres que j’ai lus, les conversations avec des professeurs plus enlignés politiquement, les chansons aussi.Mais tu dis qu’à 17 ans tu étais libéral et que tu as changé.Pour devenir quoi?C’est peut-être à ce moment-là que j’ai eu une espèce de révolte contre mes parents.Étant donné qu’ils étaient libéraux, j’ai dit non, j’m’en va l’autre bord.Quel bord?Le PQ, le socialisme?.Le socialisme non, plus ou moins.Vers 17 ans, je suis allé pour la première fois à une assemblée du PQ avec mes chums.Je les avais pas aimés.Tous les gars qui montaient sur la scène avaient des cheveux gris, des cravates pis des habits.J’ai dit à mes chums “c’est des bourgeois” pis je suis parti.C’était classé.Et qu’est-ce que tu voulais faire quand tu étais petit?Je voulais tout faire: un écrivain, un cinéaste, un scientifique.Toutes des affaires dans ce style-là.J’ai rêvé d’être un grand musicien aussi, genre Beethoven.J’ai capoté là-dessus.C’était du romantisme à la Walt Disney.Je rêvais toujours de faire des choses énormes, de marquer l’histoire, le monde.Puis mes rêves aussi ont fini par devenir plus politiques.Quand je me suis mis à chanter, je sentais que j’aimais ça, mais ça restait moins important pour moi que de m’impliquer politiquement, tout le temps, partout où j’étais.Mais dans quoi t’engageais-tu, concrètement?Ben j’ai été impliqué à tous les niveaux, partout où j’étais.Comme étudiant, comme travailleur de la construction.Quand j’ai rencontré Armande par exemple (Armande Dar-mana est sa troisième blonde; il vit toujours avec elle et ses deux jeunes enfants), je me suis impliqué avec elle: ç’a été les garderies, les comptoirs alimentaires, les mouvements populaires.Mes amis intimes sont tous proches de ces milieux-là, c’est du monde politiquement engagés, même si mon engagement à moi, à cause de mes activités de changeur, est devenu surtout intellectuel.Et le fait même de me mettre à chanter, pour moi, c’était quasiment un “move” calculé.Je disais des affaires politiques, je voulais changer le monde en faisant ça.J’en ai toujours eu contre le dogmatisme et je pensais que la chanson était une bonne manière d’agir, de réveiller le monde par en dedans.Pis à un moment donné, je me suis dit c’est ben beau de chanter à la Casanous pis à l’Hôtel du peuple de Val d’Or, mais j’y vas-tu pour vrai ou j’y vas pas?Et c’est là que Robert Léger est intervenu (Léger, membre du Beau Dommage au début, va l’entraîner en studio et produire son premier disque).^ ^ J’ai rêvé d’être un grand musicien aussi, genre Beethoven.C’était du romantisme à la Walt Disney.Je rêvais toujours de faire des choses énormes, de marquer l’histoire, le monde.J y As-tu fait le trip de l’Expo, au sens de la découverte du pot, du flower power, du psychédélisme?Pendant l’Expo proprement dite, j’étais encore un “Teeny bopper”.Mon expo à moi a commencé en ’68.Dans ce temps-là,-le monde trippait sur les Stones, Pink Floyd et moi je découvrais Brel et Beethoven.J’avais comme envie de pas être là-dedans, je réagissais au psychédélisme.Pis j’étais ben, ben fidèle aux Beatles.Qu’est-ce que tu aimais à part les Beatles?Y’a eu James Taylor, Félix Leclerc.Mais ça c’est plus tard, Quand Leclerc est revenu avec “L’alouette en colère”, il m’a jeté sur le cul (ses goûts sont sensiblement les mêmes aujourd’hui sauf que Carly Simon et Jackson Browne, entre autres, sont venus s’ajouter à la liste).Quand as-tu commencé à faire de la musique toi-même?À 14, 15 ans, J’ai emprunté une guitare parce qu’on était trop pauvre pour que j’en aye une.Je me rappelle, à La Minerve, je m’asseoyais sur la rue avec la guitare pis je jouais" des tounes des Beatles.Celles de Brel, j’étais incapable de les pogner.As-tu vécu dans un milieu à folklore?Ben oui, évidemment! Mon père d’abord, il chantait tous les matins.Pis mes oncles et mes tantes.On était une grosse famille, ça fêtait beaucoup, on allait patout, autant en ville qu’à la campagne.“Réjean Pesant,” c’est mon père.À Noël, il faisait le Père Noël.Il chantait “Bonhomme, bonhomme” et tous les enfants répondaient en choeur: “BONHOMME!”.Comme il était comédien, il capotait sur la tête complètement et il se lançait dans toutes les histoires qu’il connaissait.Mais moi, mes grandes influences musicales, dans l’fond, c’est les Beatles, Jacques Brel pis le western.Le folklore, j’ai ça quelque part en dedans de moi ben, ben creux.Je me suis jamais dit “là il faut que je fasse une toune de folklore”.J’en ai jamais faite non plus, t’as jamais entendu de cuillères sur mes disques, sauf que ça va toujours être en dedans de moi, que ça soit à mode ou pas.t f Je ne pense pas que ce que je fais soit si folklorique que ça, mais tabarnac, si y’a quelque chose que je veux pas, c’est m’défendre de ça! J 9 On t’a quand même reproché d’être trop didactique et trop folklorique.Comment réagis-tu à ces critiques?Qu’est-ce que tu veux que je réponde?Si tu vas écouter du jazz, vas-tu dire que c’est trop jazzé?Premièrement, je ne pense pas que ce que je fais soit si folklorique que ça, mais tabarnac, si y’a quelque chose que j’veux pas, c’est m’défendre de ça! J’suis toujours ben pas pour commencer à faire du new wave pour faire plaisir au monde.De toute manière, je leur fais pas c’qui veulent; j’fais c’que moi je vis, ce que je ressens.James Taylor et Bob Dylan aussi c’est du folklore tant qu’à ça, mais comme c’est américain, on le tolère, mais avec nous autres.J’suis l’premier à trouver l’abus du folklore pénible, mais y reste que je trouve que c’est une musique qui est bonne.C’est la même chose pour la flûte des Andes ou le western.Ça pogne parce que c’est une musique du peuple qui a été travaillée durant des années: c’est des siècles de générations qui raffinent une passe.Moi, toutes ces musiques-là m’font vibrer et quand je me met à en faire moi-même, ça part de là.Mais dans tes déclarations, tu insistes tellement sur le contenu politique qu’on fini par croire que la musique, l’interprétation, tout ça, c’est sans importance pour toi.Je ferais des discours si c’était rien que ça! Pour moi, le message est autant dans le contenant.Réal Desrosiers par exemple, qui joue de la batterie avec moi, il ne compose pas la toune, mais quand il joue avec moi, c’est un geste politique qu’il pose, même de loin.Sa façon de jouer correspond à ce qu’on veut passer comme message dans l’ensemble, pis c’est très important pour moi.Mes musiciens me révèlent constamment des aspects que je ne verrais pas moi-même.C’est leur manière à eux autres de s’engager.Quand on te reproche ton folklore, ça fait partie d’une déception qu’on a face à l’évolution de la musique québécoise.Depuis trois ans, on a l’impression que tout ce qui s’était fait de Charlebois à Harmonium est tombé à l’eau et on regrette l’alternative québécoise au rock américain qui prenait forme à travers tout ça.Si c’est tombé à l’eau, c’est un peu parce que les Québécois, surtout l’élite intellectuelle, ne pardonnent pas le succès.À un autre niveau, la même chose est arrivée au PQ depuis qu’il a pris le pouvoir.Mais ce down-là réflète aussi ce qui se passe dans la société.C’est pas juste dans la chanson, c’est dans tous les arts.Y’a pu rien là.Tout ce que je sens, c’est que le monde sont déprimés parce qu’ils ont perdu le référendum.Mais y’a rien dans ce qui nous arrive des États-Unis non plus.C’est vraiment, actuellement, une espèce de statu quo international de platitude.Et puis y’a la montée de la droite partout qui fait que le monde ont besoin de violence.Le new wave, c’est ça: les filles ont toujours l’air comme si elles venaient de se faire violer.R’garde rien que les noms des groupes: Battered Wives, B-52, Police.c’est quoi ça?B-52, c’est l’avion de la bombe atomique, on est loin de Mellow Yellow! Les artistes changent pas tant que ça, c’est la société qui évolue.Mais tu parlais d’une alternative à la musique américaine pour le Québec.Ce qui s’est fait ici dans ce sens-là, c’était de la musique américaine avec des paroles en français.Pourquoi ne pas avoir la vraie affaire tant qu’à ça?Une vraie alternative, pour moi, ça serait totalement original.Moi j’ai envie de travailler avec Alain Lamontagne par exemple: ça c’est une alternative solide, vraiment originale.Je suis allé à Cuba avec lui, pis les Cubains y’aimaient plus ça que le monde d’icit’en-core! Mais y’a pas eu que la musique et la politique dans ton adolescence.Qu’est-ce qui t’intéressait à part de ça?C’était les Indiens.Ça commencé avec un ami que j’ai rencontré au Boiler Room de la rue Crescent vers l’âge de 18 ans.Il s’appelait Claude Otter (la loutre) et venait de Matagami.Je suis allé souvent là-bas, j’ai habité avec eux autres, je suis allé à la chasse.Mon grand-père, qui les avait connus du temps qu’ils faisaient de la reconnaissance pour les compagnies de bois dans la région de La Minerve, m’en avait beaucoup parlé aussi.Mais qu’est-ce qui te passionnait tant chez les Indiens?Le plus important, c’était l'idéalisation de l’Indien qui court les bois, de leur société, de la simplicité.J’ai été séduit par le degré de paix et de respect que leur organisation sociale avait atteint et par leur attitude face à la nature.Puis à partir de ça, je m’y suis intéressé d’un point de vue anthropologique et j’ai fini par prendre parti pour leur cause.autre pendant trois ans.Puis j’ai rencontré Armande.Ç’a toujours été régulier pour moi.J’ai toujours eu une blonde et j’ai toujours eu des gros déchirements d’amour.J’ai aussi vécu une autre sorte de relation avec les femmes qui a été ben, ben importante pour moi.Quand je suis parti faire le tour du Québec avec ma guitare, j’me suis r’trouvé à Québec où j’ai passé deux ans on and off, et là j’ai rencontré une homosexuelle qui m’aimait ben gros et qui m’a fait découvrir son monde à elle.Moi j’en revenais pas, ç’a été comme la dernière porte à ouvrir pour m’ouvrir l’esprit complètement.C’est important, parce que tant que t’as des barrières, ça te dérange, même si t’es jamais confronté avec.C’est comme le racisme, ça fait référence à ben d’autres choses.Est-ce que tes idées féministes te viennent de tes blondes?De ma deuxième blonde.Était heavy, super-féministe.À m’a tapé sur la tête pendant trois ans de temps.Ça m’a transformé en partie.Qu’est-ce qui t’a fait passer d’une vie qui n’y paraissait pas destinée à la chanson?C’était vraiment un cinquième de ma vie, même au moment où j’ai fait le premier long jeu.Aujourd’hui, c’est devenu trop gros pis ça m’énarve.J’ai plus de temps.J’ai d’autres choses à faire que composer.C’est un défaut et une qualité, mais je suis vraiment un touche-à-tout.J’aime la science, la politique, travailler dans le bois, bâtir des meubles ou une maison.Y’a un côté manuel et un côté intellectuel en moi, un côté rationnel pi un côté émotif.Je fais du karaté, sérieusement, en plus.Je touche à tout, sans être le meilleur dans rien, mais en étant meilleur que tout le monde par la somme de tout ce que je fais.Je ne suis pas Jacques Brel ni Einstein, mais je me débrouille ben dans toutes sortes de domaines et je peux impressionner tous les spécialistes par tout ce que je peux faire à part de ça.Ca m’ennuie que la chanson ait comme prise toute la place.Il va probablement falloir que je fasse un choix à un moment donné, parce que je suis moyen dans tout finalement, mais je me posais déjà la question en 12e année et je n’ai pas encore choisi.Mais pourquoi ne pas prendre les moyens d’être le meilleur dans un domaine?Jusqu’où c’est allé?Je me suis lancé dans l’archéologie.Je suis allé passer deux ans avec eux, à 75 milles au nord de LG-2 à la Baie James.On a aligné nos recherches sur leurs préoccupations.C’est là que je les ai vraiment connus.Ils m’ont montré toutes leurs affaires.J’ai appris un peu leur langue.Mitchounano, c’est le nom qu’ils t’ont donné?C’est ça.En cri, ça veut dire “c’est l’temps d’manger”.Comment es-tu passé de ton engouement à l’archéologie?Dans ce temps-là, ma blonde suivait un cours de Laurent Girouard à Lionel-Groulx) Un anthropologue qui a participé à la fondation de Parti Prix au début des années 60).J’y suis allé avec elle et après le cours, j’ai été le voir et je lui ai demandé s’il engageait du monde.Il a dit oui, justement, on cherche quelqu’un.Et c’est comme ça que j’ai embarqué.As-tu fait d’autres jobs?Toute cette période-là, de la fin de mon secondaire à l’université, j’ai toujours travaillé une session, étudié l’autre.J’ai travaillé sur la terre à La Minerve, j’ai défriché des terrains, j’ai fait de la construction.J’ai aussi fait un peu de journalisme, travaillé chez International Music Store, dans le shipping chez Woodhouse.J’ai même fait des jobs de peinture, mais ça j’m’en vante pas parce que je trouve pas ça ben, ben correct.Et quoi d’autre encore?Ben l’autre expérience importante, c’est l’amour.J’ai toujours eu des blondes.La première, ç’a été à 15 ans.J’ai été un an avec elle puis à m’a laissé tomber.Après ça, j’en ai eu une La chanson, c’est bien parti, c’est la pointe la plus avancée, mais crime y’a d’autre chose.Et à part de ça, moi je chante avec un but politique avoué, je ne chante pas pour chanter.C’est sûr que ça me ferait ben mal au coeur de ne plus pogner, mais n’empêche que la raison qui m’a fait embarquer, c’est que c’est un moyen.Le monde, c’est l’idéologie.C’est les médias, les arts qui influencent le monde.C’est pour ça que je suis embarqué, même en sachant que je me mettrais les deux pieds dans marde.Et qu’est-ce qui reste de tes premières chansons sur ton premier disque?J’avais le nombre de chansons qui sont dessus.Je ne compose pas assez pour avoir le choix.Ç’a été la même chose pour le deuxième, il y en a seulement qu’une qui a pris le bord.Quand une toune n’est pas à mon goût, je ne la continue pas.“Heureux d’un printemps”, sur le premier, j’ai composé ça à la Baie James; “Y’a pas grand chose dans l’ciel à soir”, j’étais au cégep; “Chu pas mal mal parti”, j’étais même pas encore au cégep.À quel moment as-tu rencontré la gang du Géant Beaupré (qui était la coopérative de production réunissant Beau Dommage et leurs collaborateurs de coulisse qui a contribué à la percée commercial de Paul Piché)?C’était au cégep, avant qu’il ne soit devenu populaire, à l’occasion d’un spectacle réunissant Beau Dommage, le Capitaine SUITE PAGE 56 QUE DEVIENT Yoko.?PAR COCO Even after all these years I miss you when you’re not here I wish you were here my dear Yoko, Oh Yoko I’ll never let you go.— John Lennon Que devient Yoko?C’est la question que tout le monde se pose.Moins de Z mois après la tragédie qui lui a si soudainement ravi son mari, Yoko se terre dans leur appartement de New-York.Elle passe ses journées à écouter John lui chanter les douces paroles qu’il ne murmurera jamais plus à son oreille.Pour tout le monde, Yoko est hors d’atteinte.Seule avec son fils Sean, elle tente de se trouver une raison pour continuer.Elle refait ses forces et dans son entourage, on est persuadé qu’elle va “passer au travers”.Mais la réalité est difficile à accepter.Dans les jours qui ont suivi la tragédie, elle n’a pas eu le temps de pleurer.Il y avait trop de détails à régler (comme elle le dira à Michel Senécal).Aujourd’hui, elle a plusieurs projets et il est certain qu’elle va les mettre à exécution.Notre collaborateur Michel Senécal en sait quelque chose.Il est un des derniers à avoir photographié John.On pourrait croire que plein de photographes possèdent des photos récentes de John mais il semble que ça ne soit pas le cas.Et Yoko a besoin de toutes les dernières (les plus récentes) photos de son mari.Comme elle l’expliquera elle-même à Senécal, elle doit réaliser un vidéo film pour la promotion du nouveau 45 tours “Woman”.Michel, qui a déjà effectué des transactions avec elle, lui a téléphoné et, à sa grande surprise, Yoko lui a parlé: “Elle m’a semblé tantôt lasse et perdue, tantôt alerte et forte.Il faut que je te dise que j’étais totalement ému quand je lui ai parlé.Il y avait des moments où je ne savais pas quoi lui dire.Quand tu connais l’amour qui unissait ces deux êtres.” Michel Senécal a choisi de partager avec les lecteurs de QUÉBEC ROCK les quelques minutes d’entretien qu’il a eu avec Yoko.C’est un document unique vibrant et très émouvant.CONVERSATION AVEC YOKO PAR MICHEL SENEGAL COLLABORATION SPÉCIALE YOKO: Hello.MICHEL: Hello.Yoko?YOKO: Oui! MICHEL: Comment vas-tu?YOKO: Eh bien.je ne sais pas.MICHEL: J’aimerais te dire que je suis désolé pour tout ce qui est arrivé.YOKO: Oh! Michael (elle me reconnaît maintenant) Écoute, je vais faire un vidéo film pour la sortie de “Woman”.Je dois le faire et je n’ai pas assez long de film parce que nous étions en train de le faire avec John et.Ce que je veux faire c’est de me servir de photos que je vais prendre un peu partout pour finir le vidéo film.Je voudrais ta permission pour me servir de tes photos.Tu auras un crédit avec ton nom, ne t’en fais pas.Ce que j’veux faire c’est de me servir de photos, de pochettes de disque, et ne les montrer qu’une seconde chacune, tu comprends c’que j’veux dire.MICHEL: Oui.oui, je comprends.Tu as ma permission.Pas de problème.YOKO: Tu auras ton crédit pour les photos.MICHEL: Est-ce que je pourrai voir le film un jour?YOKO: Oui.C’que j’veux dire c’est que si le film est fait, bien entendu que je te le montrerai.MICHEL: .En tout cas, c’est d’accord pour la permission.YOKO: OK.Thank you.MICHEL: Ça me fait plaisir.Merci Yoko (La conversation d’affaire était terminée.J’allais lui dire “au revoir” quand, à mon grand étonnement, Yoko décida de poursuivre la conversation.) YOKO: Que fais-tu.ces jours-ci?(What are you doing.these days?) MICHEL: Que veux-tu dire?YOKO: I mean.You know.How is it in Canada about it?It’s terrible.isn’t it?(J’veux dire.Tu sais .Comment est-ce au Canada à propos de.C’est terrible.n’est-ce pas?) MICHEL: Oui.je pense que c’est terrible partout.Tout le monde connaissait John Lennon.Je parle de lui à beaucoup de gens.Parce que je l’ai rencontré.et toi aussi.Les gens me posent des questions là-d.’sus.Je suis vraiment peiné.YOKO: C’est terrible.n’estme pas?MICHEL: C’est arrivé si soudainement.(Yoko me reparle du vidéo film) YOKO: Je dois faire ce vidéo film et je n’ai pas assez long de film (not enough footage) pour le finir et il faut que j’utilise des photos et puis.MICHEL: As-tu besoin de plus de photos?YOKO: Yes.Toutes les photos que tu as prises.Fais-en des copies (prints) et vient me les porter.MICHEL: D’accord.YOKO: Je n’ai pas besoin des négatifs.Nous ferons le film âpartir des photos.MICHEL: Quand as-tu besoin des photos?YOKO: Le plus tôt possible.Toutes tes photos.Parce que tu sais, c’est la confusion totale en bas (elle veut parler du bureau qui est situé au premier étage de l’édifice).Ce qui fait que tout le monde est un peu confus.On a perdu beaucoup de choses.Les photos se sont perdues (got lost).Donc, apporte-moi toutes tes photos.MICHEL: Tu veux toutes mes photos?YOKO: .Toutes tes photos.Toutes celles que tu as de Sean, John et moi.OK?MICHEL: 8 X 10.est-ce.?YOKO: 8 X 10.c’est parfait.MICHEL: Je vais te téléphoner pour te dire quand je s’rai là.YOKO: OK.Please do.MICHEL: Ne t’inquiète pas.D’accord Yoko.(Je croyais qu’on allait à ce moment-ci se dire “au revoir”.Mais Yoko continua la conversation).YOKO: (soupirant) It’s terrible.isn’t it?MICHEL: Oui.je comprends.YOKO: C’est arrivé si soudainement (It was so sudden).(Yoko fait une pose et reprend.) YOKO: .Tu sais, tous mes photographes.ceux qui ont pris des photos récentes de.Ils ont tous été très discrets.C’est une chose que j’apprécie vraiment.YOKO: (hésitant et soupirant).It’s terrible.isn’t it?MICHEL: Je vais aller te voir aussitôt que possible.YOKO: Please do, Michael.MICHEL: J’vais y aller.YOKO: I feel too bad to see anybody but.but I’ll see you.(je n’ai pas envie de voir personne mais.mais je te verrai.) MICHEL: Je voulais te téléphoner juste pour te dire tout ce que je ressens.te dire que.YOKO: (d’un ton alerte) Tous les photographes (qui ont fait des photos récentes) ont peur de se faire voler leurs négatifs.ils les mettent dans un coffret de sûreté à la banque.MICHEL: C’est incroyable.YOKO: Tes photos.Quelqu’un va faire une sorte d’hommage à John, quelque chose de très bien.Une collection de photos.Quelque chose comme un “art book” que tu places sur une table à café (coffee table kind of book).J'aimerais y inclure tes photos.D’accord?MICHEL: D’accord.YOKO: Mais cela se fera plus tard.Des photos d’Ann Leibowitz, d’Allen Tannenbaum.les tiennes.C’est un livre qui va être distribué partout dans le monde.MICHEL: Je comprends.Je voudrais te dire quelque chose.Tu es une femme très forte (you’re a very strong woman).YOKO: (soupirant profondément) I don’t want to be challenged too much (Je ne veux pas qu’on me mette trop au défi) you know.MICHEL: Tu en as tellement vu avec John.Tout ce qui est arrivé dans votre vie.tous les problèmes., et maintenant ceci.YOKO: Et tu sais, à partir du moment où c’est arrivé, je ne pouvais pas pleurer parce qu’immédiatement ils ont tous dit.qu’est-ce qu’on fait pour les funérailles.qu’est-ce qu’on fait pour ceci ou cela.Il fallait que je fasse tout ça (soupirant).Quelqu’un quelque part vient de se suicider.qu’est-ce que je dois faire?Les gens qui blâment New-York.Toutes ces nouvelles.Il fallait que je fasse quelque chose.MICHEL: Je comprends.YOKO: Anyway, il y a des gens bien et des gens terribles.On ne peut rien y faire.Mais je pense qu’un jour tous ces gens terribles vont devenir bien eux aussi.MICHEL: Ça fait chaud au coeur d’entendre ta voix et de t’entendre dire ces choses.YOKO: It’s terrible.I don’t know.you know.Life seems too long now.somehow (la vie semble trop longue maintenant.).We had so many plans and it was going to be very nice you know (Nous avions beaucoup de plans et tout aurait été très bien tu sais).It’s so so ironical.it’s so ironical because we were starting over.I.I.I’ll speak to you later.when you come.OK?MICHEL: OK Yoko.Bonsoir!^ LE DERNIER TANGO PARANO PAR BRUNO BOUTOT La poudre vole partout.Danger.Moi, pas fou, bien abrité, je tchècke derrière mes carreaux.Je risque rien.Mais là, dehors, ça doit pas être simple.Allez savoir ce que c’est.L’an passé, je me souviens, on avait eu une tempête de cocaïne.Pas pire celle-là.En rentrant, on allait secouer nos bottes sur le miroir de l’entrée.La fois où ça ventait du speed, c’était moins drôle.Dès que tu allais prendre une petite marche, t’en avais pour deux jours avant de pouvoir dormir.On se racontait des légendes.C’était encore supportable.Après, les gars de la météo, ils se sont mis à garocher n’importe quoi.Évidemment, t’ouvrais la radio et ils t’annonçaient une tempête de mescaline.OK, tu te préparais, tu mettais le nez dehors pour prendre un bon respir en technicolor, et paf! Les chiens! tu tombais sur un nuage de PCP ou d’Ajax.Ou d’une quelconque cochonnerie.Six heures, douze heures de freak-out.Malade.Pas bon.Sous prétexte que la tempête attire les touristes, ils continuent à en faire.Typique.Mais à cause de la crise, ou pour faire des économies, ou tout simplement parce qu’ils ne connaissent rien aux drogues et qu’ils sont bien embarrés, eux, dans leurs bâtisses filtrées-clima-tisées-avec-leur-chimie-en-pillules, ils mettent n’importe quoi dans l’air pourvu que ça ait l’air d’une poudre blanche.Pas malin, ça.On a pris peur.On se méfie.On croit plus la météo.Gang d’épais.On proteste.On fait des associations pour déclarer la guerre aux poudreries.Faut qu’on protège nos enfants, nos chiens, nos poissons rouges et nos femmes.Heureusement qu’on a le fleuve.Ça c’est du bon.Du bon gros gin qui coule à plus savoir qu’en faire, avec même la glace qui flotte dessus.Parfait.Ça réchauffe.Un fleuve de gin.Rien que du naturel.Et pratique.On est les meilleurs.Tantôt, là, j’ai aperçu un bateau.Remontait le fleuve vers Québec, ou Montréal.Genre pétrolier.C’est bon ça: nos petits chars auront leurs doses, tous frétillants, pourront se faire piquer par les dealers-pompistes de service.(.)” Diagnostic: Cas typique de délire paranoïaque.Le sujet voit de la drogue partout.Pauvre garçon, extrait de l’Histoire du Corps Alchimique, Tome IV, par Albert Instinct, U.A.Q., G.C.I.Paranoïa, mal du siècle.Un “délire paranoïaque”, en mots simples, c’est une obsession maladive: quand une personne donne une importance démesurée à une partie de ses perceptions ou de son environnement.Il y a des paranoïas bénignes: “Tout va mal de nos jours à cause du relâchement des moeurs, ou des politiciens, ou de la bombe atomique, ou des syndicats, ou des phallocrates, ou des frustrées”, sont des exemples quotidiens de paranoïa bénigne.Il y a des paranoïas dangereuses.En pensant que “il faut supprimer les juifs, les noirs, les homosexuels, les gitans, la pornographie et tout ce qui n’est pas blond, grand et pur”, Hitler était un paranoïaque dangereux.Mais qu’elle soit bénigne ou dangereuse, il est bien évident que la paranoïa n’aide pas à comprendre tous les aspects d’un problème complexe.Et encore moins à le résoudre.Pourtant, curieusement, depuis environ un siècle qu’existe le “problème des drogues”, il a presque toujours été abordé de façon paranoïaque.Qu’ils soient scientifiques, politiciens ou moralistes animés des meil- leures intentions, les détenteurs de “voix autorisées” semblaient n’avoir que des positions extrémistes.Et quel que soit le produit.Un jour tout bon, un jour tout mauvais.L’ennui, avec les paranoïaques de tous bords, c’est que, selon leur seul point de vue, ils ont tous raison.Et le plus gros ennui avec les drogues, c’est que chaque fois qu’on a adopté une solution radicale (“tout ou rien”), on a provoqué des catastrophes.fugue Les américains nous en ont procuré récemment un bel exemple.“Le bon vin réjouit le coeur de l’homme”, “boire un petit coup c’est agréable”, etc.On boit.Depuis une bonne centaine de siècles.Et un beau jour, de braves gens disent que les intoxications, les excès, les dangers liés à l’alcool sont plutôt pires que ses plaisirs.Solution paranoïaque, pas difficile: Prohibition, une loi qui interdit la vente et la fabrication d’alcool.Résultat: on crée le plus grand réseau criminel ayant jamais existé jusqu’à ce jour, on habitue la moitié de la population à vivre dans l’illégalité, on provoque les empoisonnements en série puisque les produits clandestins ne sont pas contrôlables, et on ne change rien à l’alcoolisme.Manifestement, la Prohibition n’est pas une bonne solution au “problème de l’alcool”.Mais tout aussi manifestement l’alcool n’est pas inoffensif.Ô joie, ô bonheur pour nous autres privilégiés qui vivons les années 80, tout ça c’est du passé: on sait que l’alcool n’est ni tout bon ni tout mauvais.Enfin, pas encore, pas vraiment: plus de la moitié des accidents, des crimes et des violences sont encore liés à la consommation d’alcool.Mais ça commence à se savoir, à s’enseigner.“Non merci, ça se dit bien”, etc.Petit à petit, c’est sûr, on va finir par apprendre à s’en servir.Avec un bon salut au grand voisin du sud pour nous avoir montré la débilité de l’extrémisme paranoïaque.Nous autres, on n’est pas d’même.Voire.VARIATION Dans les années 30, on se rend compte que des gens fument du chanvre.Qu’est-ce que c’est que ça?Y en a partout: des milliers d’arpents au Québec, aux USA, en Europe.On s’en sert pour faire des cordes.Et en plus ça se fume?Qui en fume?Les nègres, ces anciens esclaves avec leur musique de sauvages, et les Marocains, les Libanais, les Pakistanais, les Népalais, rien que des métèques colonisés.Aie-aie-aie, danger, c’est une drogue.En ce temps-là, l’Occident se sentait pas trop bien vis-à-vis des drogues LA DO Bruno Boutot a effectué des recherches qu’il a compilées dans un livre qui vient d’être édité aux éditions L’Aurore/Univers et qui s’intitule “Les Drogues expliquées aux adolescents”.Ce qu’il dit dans sa présentation, alors qu’il s’adresse aux adolescents, peut avoir le même poids, lorsqu’il s’agit des “drogues” en général, dans le cas où l’on s’adresserait à un auditoire plus mature.“Face au monde des drogues, écrit-il, la plupart des gens s’en trouvent réduits à la position du petit enfant qui porte à sa bouche tout ce qui passe à portée de sa main” pour voir, ou plutôt “pour goûter”, au risque de s’empoisonner par simple ignorance”.Dans ce livre qui ne se veut ni moraliste ni légaliste, Bruno Boutot cherche davantage à faire exotiques, surtout d’une: nos braves et grands ancêtres avaient intoxiqué la Chine à l’Opium, en organisant la culture, le trafic, la consommation.Comme ça, les Chinois se tenaient tranquilles et se laissaient piller sans trop de problème.Alors si opium égale esclave, si chanvre égale drogue d’esclaves, donc chanvre égale opium.Sans la moindre preuve scientifique.Simplistes, les ancêtres.Mais prenaient pas de chance.Prudents.Et paranoïaques.Prohibition.Et la prohibition de l’opium, ça a plutôt bien marché.On en a tellement constaté et proclamé les dangers que seule une toute petite minorité brave les interdictions.Mais voilà pas, drôle d’histoire, que des milliers, des millions de gens de chez nous, se mettent à fumer du pot.Alors on renforce la loi, les douanes, la police.Rien n’y fait.Alors on ordonne des analyses, des études médicales, sociologiques, des enquê- tes sénatoriales, gouvernementales, grand branle-bas.Et ces études concluent que, ma foi, le cannabis n’a rien à voir avec l’opium; qu’il ne provoque pas d’intoxication grave, pas de dépendances, pas de symptômes de manque; qu’il n’empêche pas de travailler, qu’il ne provoque pas de comportement asocial; toutes statistiques mises ensemble, on finit par découvrir que le pot est relativement la plus anodine des drogues so- ciales, qu’on n’a jamais enregistré un seul cas de mort dû à l’abus, de cannabis, ce que l’on ne peut pas dire de l’aspirine, ni même du sucre.CONTRE*01111 Mais la loi, c’est la loi, et la paranoïa ça s’en va pas comme ça.En même temps le nombre de consommateurs augmente régulièrement: aux dernières nouvelles, 25% des Canadiens ont déjà fumé de la marijuana.C’est-à-dire qu’un million et demi de Québécois sont des hors-la-loi.De plus, l’illégalité entraîne un trafic criminel qui brasse des milliards de dollars ($23 milliards aux USA en 1979, contre $17 milliards pour toute l’industrie du tabac).Nul ne résiste à de telles sommes.Au Canada comme aux États-Unis, la lutte contre le trafic mobilise des armées de douaniers et de policiers équipés d’armes et des appareillages électroniques les plus modernes.Et tous ces efforts, toutes les prises spectaculaires annoncées dans les journaux, arrivent à peine à contrôler 10% du pot en circulation.Pis encore, des jeunes qui ont été soumis à la paranoïa “toutes les drogues sont dangereuses’ et qui ont eu l’occasion d’expérimenter l’anodin de la marijuana, croient que le “mensonge” s’étend aux autres produits et prennent inconsciemment les risques | en absorbant tout ce qui leur passe à portée de la main.Criminalité incontrôlable, dépenses policières inutiles, empoisonnements, un quart de la population en situation illégale: le scénario de la Prohibition se répète.Et une fois de plus, elle coûte beaucoup plus cher (en $, en vies humaines, en conscience sociale) que les plus noires conséquences du produit en cause.Alors, tout doucement, on commence à parler de “décriminalisation”.Les gens qui voient un peu plus loin savent aussi que la seule façon d’arrêter le trafic criminel est d’organiser la culture locale.En même temps on prévoit des programmes de prévention, d’information, d’éducation.Comme l’alcool?Pareil.Va falloir apprendre à s’en servir, les usages à éviter, les abus à proscrire.Et bientôt: c’est déjà une drogue “commune” pour la majorité des moins de trente-cinq ans.On n’est pas des bêtes.On va bien cesser d’être paranoïaques.CRESCENDO | I furioso Finalement, il aura jamais fallu que cinquante ans pour passer de la panique paranoïaque du pot à des perspectives de civilisés raisonnables, en bonne santé physique et sociale.Tout va bien, l’horizon s’éclaire.Reste juste à compter une cinquantaine d’années supplémentaires pour s’occuper du problème de la cocaïne.Freud a cru que c’était une panacée universelle, et voilà que maintenant c’est une dangereuse drogue illégale.Mais patience, on va apprendre.Think positive.Plus une cinquantaine encore d’années pour apprivoiser le LSD.Ces fous de hippies disaient que c’était une merveille, après c’est devenu une horreur de poison, et de nos jours des psychothérapeutes s’en servent pour guérir l’alcoolisme.On va finir par savoir.Lâchons pas.Ha oui, les tranquillisants.Valium et tout ça.Encore une belle surprise: ce sont les quatrièmes drogues les plus consommées, après l’alcool, le tabac et l’aspirine.Cinquante ans.OK.Le tabac?N’en parlons pas.Prions.Et les amphétamines?C’est si bon pour avoir de l’énergie, si bon pour couper l’appétit quand on veut maigrir, et si mortel quand on est devenu speed-freak.Merde.Cinquante ans.Et puis les champignons “magiques”.Tiens, c’est légal, ça.Mais ça fait aussi des drôles d’affaires dans la tête.Faudra aussi penser à la mescaline, au peyotl, aux gloires-du-matin et autres plantes bizarres.On est bon pour deux ou trois cents ans.Et les poppers?Et le gaz hilarant?Et la colle?Les aérosols?Les solvants?Il y a aujourd’hui environ deux mille cinq cent produits volatils à usage domestique ou industriel susceptibles de produire un effet sur nos petits cerveaux fragiles.Oh là! Pas d’affolement, pas de panique paranoïaque, nous sommes des humains raisonnables: en l’an 1981 (environ vers le 17 février) l’humanité aura résolu le problème des drogues.CACOPHONIE Mais attention.Si on veut y arriver il paraît qu’il faut être très prudent.Les drogues légales ont au moins un avantage, on sait avec quoi et à quelle dose mesurer les risques.Les autres, les illégales, personne peut contrôler.Ça se paye cher.En argent, mais ça encore c’est pas trop grave.En intoxications surprises c’est plus embêtant.Ainsi on trouve dans la rue du THC ou de la mescaline, alors que ces produits sont très instables et ne sortent jamais des laboratoires.Ce qui se vend sous ces noms est en général du PCP, un anesthésique vétérinaire aux effets peu recommandables pour les humains.Quand c’est du PCP.Les analyses de produits saisis disent que l’on trouve également sous les mêmes appellations des amphétamines, ou du LSD, ou des mélanges.Il arrive aussi que le dit LSD soit un mélange de PCP et d’amphétamines.EN ‘81 prendre conscience à une grande migorité d’entre nous de l’état de santé de notre corps physique tout en décrivant certaines substances que l’on retrouve dans certaines drogues populaires! “Un court essai sur “le corps et les drogues” expose d’abord quelques éléments utiles à la compréhension de notre actuel “problème des drogues”, puis présente les principales notions, tant sur la conscience de soi que sur les dangers potentiels des drogues qui peuvent permettre à chacun et à chacune d’établir son propre code de sécurité face à toute substance.” C’est en partie l’esprit qui nous a inspirés aujourd’hui en vous présentant notre “observation” d’une situation, ni plus, ni moins. On sait, bien sûr, que l’héroïne est toujours coupée, mais on sait moins que la plupart des morts par “overdose” ne sont pas dues à l’héroïne mais aux hasardeux “additifs”.Et la cocaïne qui circule “au gramme” ne contient généralement que de 5% à 25% de cocaïne.Quand elle en contient.Le reste peut être du lactose, de la novocaïne, des amphétamines, mais aussi du talc ou de la poudre à savon.Quant aux divers downers, les “quaaludes” peuvent être du Valium.Mais le contraire peut aussi arriver, ce qui est plus ennuyeux puisque la méthaqualone (“ludes”, “quaaludes”) est un tranquillisant qui provoque une accoutumance physique.SILENCE reposant TEMPO TANGO L’apparition soudaine, en l’espace de quelques dizaines d’années, de milliers de drogues nouvelles a provoqué des réactions de type paranoïaque: “on a déjà bien assez de mal à maîtriser nos drogues coutumières, il faut à tout prix lutter contre tout le reste.Guerre aux drogues et aux drogués.” Mais cette même abondance de drogues, aussi bien que l’avidité des humains pour tout ce qui se goûte (au cas où, sait-on jamais?) montre également la complète ineffi-signifie le début de la fin de cacité de l’approche paranoïaque du “problème des drogues”.“Dans une société libre comme la nôtre, les gens vont rencontrer toute leur vie des occasions ou les moyens de se détruire.S’ils ne connaissent pas leurs propres limites, aucune loi ne pourra les empêcher de consommer ce qu’ils veulent et d’en subir les conséquences”.Telle est l’opinion du Sergent Bishop, responsable de la prévention des drogues pour la division C l’approche paranoïaque des drogues; que peu importent les produits, seule comptent la conscience et l’information (Québec) de la Gendarmerie Royale du Canada.C’est également l’opinion de la plupart des médecins, chercheurs, psychologues, sociologues qui ont étudié tous les aspects du “problème des drogues”.En clair, cela des utilisateurs; quq la conspiration du silence et de l’amalgame “les drogues” va laisser la place à l’explication des avantages et des dangers de chaque substance particulière.Ron K.Siegel, le grand spé- cialiste américain, déclarait même récemment (dans OMNI, Septembre 1980) qu’il restait encore à mettre au point dans un proche avenir toute une gamme de drogues (excitants, calmants, eupho-ro-hallucinogènes) qui soient meilleurs, plus sûrs, plus “propres”.(“Better, safer, cleaner”).Et il ajoute “and certainly our molecular chemists can design even better drugs”.POINT D’ORGUE 1 y a longtemps, longtemps, tu n’étais pas encore née, j’ai assisté au Druggy Horror Live I quand.” GUY L ATR AVERSE-KEBEC SPEC présente un spectacle “en flèche” 21 22 23 février THÉÂTRE METRO ARLEQUIN m 1004 Ste-Catherine est BERRI Guichets (288-2943) tous les jours de midi à 9h00 commandes téléphoniques(288-4261 ) tous les jours de midi à 6h00 DOPE: LES NOUVEAUTÉS, TENDANCES ET MODES DES ANNÉES ‘80 PAR ANNE HIMAL La dope s’est taillée une place imposante dans la société des années ‘70 et ‘80.Le monde de la drogue connaît des modes, des cycles, des règles, des fluctuations économiques, et représente maintenant une industrie réelle qui rapporte des milliard$ chaque année à travers ie monde.L’industrie de la dope c’est vous et moi qui en consommons, ce sont les paysans qui vivent de cultures illégales en Jamaïque ou en Turquie, ce sont les trafiquants, les forces policières, les petits dealers, les chimistes, les législateurs etc.Comme toute autre industrie, celle de la drogue subit des changements, manipule et engendre d’innombrables faits divers.Un bref aperçu de ceux qui suivent nous donne une bonne idée de la tendance que l’industrie de la dope prendra au cours des années ‘80.Quant à NORML (The National Organization For Reform of Marijuana Laws), cet organisme continuera de demander une légalisation complète plutôt qu’une partielle décriminalisation.NORML justifie cette position en affirmant qu’une légalisation complète entraînerait des revenus importants en taxes directes, ce qui pourrait bien tenter plusieurs législateurs.CANADA Au Canada, le gouvernement fédéral ne semble pas pressé à changer la loi sur l’usage des stupéfiants.La commission “Le Dain”, formée en 1969, a dépensé $4,000,000 pour remettre son rapport en 1973.La commission Le Dain avait conclu que la loi canadienne concernant l’utilisation ou le | trafic de marijuana faisait plus de mal que de bien.Le 18 juin 1975, le sénat canadien introduisait la loi S-19, dont le principal effet aurait été de soustraire la marijuana de la catégorie des narcotiques pour la placer dans celle des aliments et drogues.Cependant, le projet de loi allait mourir à la Chambre des Communes; il n’a jamais été adopté.JAMAÏQUE Depuis novembre der- ; nier, l’économie de la ; Jamaïque repose sur ' POT REAGAN Aux Etats-Unis, la récente victoire de Ronald Reagan aux élections présidentielles annonce une période difficile pour les usagers de “pot’’ comme pour les groupes de pression favorisant la légalisation ou du moins la décriminalisation de la marijuana.La nouvelle droite sera intransigeante.Reagan, durant son mandat en tant que gouverneur de la Californie avait consacré 740,000,000 dollars pour faire respecter les lois interdisant l’usage et le trafic de la marijuana.Il avait ainsi récolté un tableau de 540,000 arrestations, soit pour possession, trafic ou culture.Lors de sa campagne électorale l’an dernier, Reagan s’est ouvertement prononcé contre : tout allégement de l’application des lois existantes.DÉCRIMINALISATION U.S.Onze états américains ont jusqu’à maintenant adopté des lois décriminalisant la simple “possession” de marijuana.Tou- ; tefois, depuis Lélection de Reagan, des groupes d’extrê-me-droite ont entrepris des pressions pour faire renverser les lois dans les états concernés.ses exportations de “pot” à l’étranger.À la veille de l’élection du nouveau Premier Ministre Edward Seaga (octobre ‘80) les réserves de la “Bank of Jamaica” en dollars U.S.étaient totalement épuisées.Comme l’explique le Premier Ministre: “Les exportations de marijuana ont fourni une somme considérable de dollars américains sur le marché noir (environ $900,000,000 par an), ces montants ont été utilisés par des industriels et des financiers pour s’approvisionner en matières premières à l’étranger, ce qui a évité de nombreuses fermetures d’usines et de mises à pied.” Le “pot” a réussi à sauver la Jamaïque de la faillite et le Premier Ministre Seaga envisage maintenant de légaliser totalement l’industrie de la marijuana.Cependant, il aura aussi besoin de l’aide américaine pour redresser l’économie, et le nouveau gouvernement Reagan pourrait bien refuser cette aide si Seaga s’engage sérieusement dans la voie de la légalisation.SINSEMILLA La dernière nouveauté c’est le “sinsemilla”, une sorte de “super-pot” qui est cultivé presqu’u-niquement en Californie.Une once de sinsemilla coûte $250.aux États-Unis, et près de $300.au Canada.En Californie, les plantations de Sinsemilla (tiré de l’espagnol, signifiant sans graine) représentent déjà une industrie de plus d’un milliard de dollars.Des plantations de plus de 4,000 plants ont été découvertes par les agents fédéraux.Un plan de sinsemilla peut atteindre une vingtaine de pieds, 4 pouces de diamètre et produire 32 onces de marijuana de première qualité.Les champs de culture représentent un investissement plus qu’intéressant, et leurs propriétaires vont jusqu’à s’équiper de systèmes d’alarmes élaborés et de gardes armés pour protéger leurs précieuses cultures.USINE DE POT En 1980, le gouvernement américain a ouvert sa première “usine de pot”.Cette usine roule pour l’état 200,000 joints par an.Des joints standardisés, pesés, et distribués en bouteilles de prescription.Celles-ci sont remises à des victimes du glaucome.Les laboratoi- res fédéraux testent également l’effet de la marijuana sur d’autres formes de cancer et sur l’épilepsie.PLANTATIONS FEDERALES U.S.Il y a un an, le gouvernement américain promettait d’approvisionner 24 états en marijuana et ce, pour usage médical.La Californie, le Michigan et la Géorgie ont reçu leurs quotas pendant plusieurs mois, mais en septembre, le “pot” a été remplacé par du THC synthétique.Il semble que les plantations fédérales d’Oxford au Mississippi ne puissent plus suffire à la demande.ARRESTATIONS U.S.Aux U.S.A., le “pot” compte encore pour 70% du total des arrestations relatives aux drogues.Mais pour la première fois en 7 ans, le nombre d’arrestations relatives à la marijuana a diminué.Ces données, révélées par le FBI, concernent l’année 1979: - 390,000 individus ont été arrêtés et accusés de possession, trafic ou culture de marijuana.(C’est la première fois, depuis 1972, que le nombre d’arrestations est inférieur à 400,000).- Environ 90% de ces arrestations étaient pour simple possession.ANGLETERRE Plusieurs patrouilles de villes britanniques sont équipées d’un test pour déterminer si les automobilistes sont sous l’effet de la marijuana.Ce test, semblable à celui utilisé pour évaluer le taux d’alcool dans le sang, a été mis au point par le professuer Vincent Marks.Ce dernier vient de demander le retrait de ces tests car plusieurs des résultats se sont révélés incorrects.Le test est infaillible si l’automobiliste est sous l’effet de la marijuana, mais il peut également être positif si le conducteur n’a fait que cotoyer un autre individu en train de fumer.COCAÏNE LA I00TC0KE La “Toot” coke est un substitut de cocaïne légal vendu dans six grandes villes américaines en pharmacies et magasins d’alimentation naturelle.“La “Toot” coke produit un effet semblable à celui obtenu avec de la cocaïne, elle contient de la caféine, un analgésique local et un suppresseur d’appétit.Un paquet de 2 3/4 grammes ne coûte que $10.00 alors qu’un vrai gramme de coke coûte maintenant près de $150.00.La “Toot” coke est légale car tous ses ingrédients sont approuvés par la FDA (Food and Drug Administration).Elle est identifiée comme encens et échappe automatiquement aux lois concernant la vente de drogue ou médicament.Même si l’effet de la “Toot” coke n’est pas exactement identique à celui procuré par la cocaïne, il a plu à plusieurs usagers de coke qui en ont fait l’essai.La “Toot” coke, semble-t-il, contrairement à la cocaïne, ne représente aucun danger pour la santé, sinon celui d’endommager les parois nasales suite à une trop grande consommation.SAISIE U.S.La plus importante saisie de cocaïne de T histoire des États-Unis a eut lieu en juin ‘80 à Miami, lorsque le DEA saisissait 854 livres de cocaïne, une valeur de $207,000,000.Les trafiquants importaient une moyenne de 2000 livres de cocaïne par mois, en provenance d’Amérique du Sud.U.S.A.ET BOLIVIE Depuis juillet ‘80, les États-Unis ont mis un terme à toute collaboration avec le gouvernement de la Bolivie concernant le contrôle du trafic de narcotiques.Les U.S.A.justifie cette décision d’après certaines informations qui associent le nouveau gouvernement bolivien à d’importants exportateurs de cocaïne.ALASKA L’automne dernier, les résidents de l’Alaska ont eu droit à un retour d’impôt inattendu, une moyenne de $500.00 par contribuable.Le gouvernement prévoyait que la majorité de ceux-ci dépenserait ce montant en “denrées de luxe”.Il n’avait toutefois pas envisagé que la cocaïne serait une des denrées de luxe les plus privilégiées.En effet, quelques semaines après la réception des retours d’impôt, le nombre d’arrestations pour possession ou trafic de cocaïne avait plus que doublé.La police d’Anchorage a révélé qu’octobre avait été le mois “record” d’arrestations.Il semble que les fournisseurs avaient prévu une forte demande et s’étaient ainsi abondamment munis pour répondre aux désirs de leurs clients.FREEBASE C’est de la Californie que nous vient la mode du “ffeebasing”.Une mode qui coûte cher, puisqu’un gramme de cocaïne y passe en vingt ou trente minutes.La “freebase” est inhalée et est obtenue en mélangeant de l’éther à la coke.L’éther s’évapore, les impuretés aussi, et la “freebase” est ensuite consommée à l’aide d’une pipe.À cause de la manipulation dangereuse de l’éther, le “freebasing” a causé de nombreux accidents (explosions, brûlures).MCDONALD Au début ‘80, ce qui était devenue la “cuillère à coke” la plus populaire et abordable aux États-Unis, était retirée du marché par la compagnie McDonald.La chaîne de fast food a décidé de changer la forme de ses cuillères à café en plastique après s’être aperçue qu’elles servaient plus à “sniffer” qu’à mélanger le sucre au café.Au Québec, on les retrouve encore dans toutes les succursales McDonald.LSD RETOUR DU LSD L’une des drogues les plus populaires des années ‘60, le LSD, fait un retour en force au début des années ‘80.Le DEA (Drug Enforcement Administration) a confisqué 900% plus de LSD en 1979 qu’il ne l’avait fait en 1978.Et comme les sommes et effectifs consacrés à combattre l’utilisation et le trafic du LSD n’ont pas été accrus, on peut déduire que 1980 a connu une augmentation semblable.Le LSD fait principalement un retour sur les campus des collèges américains, mais les doses utilisées semblent être de loin inférieures à celles qui étaient communes il y a dix ou quinze ans.Le renouveau de popularité que connaît le LSD chez les adolescents est associé à son prix abordable ($4 l’unité).UTILISATION MÉDICALE Les compagnies pharmaceutiques se tournent à nouveau vers le LSD pour l’utilisation médicale.Avant que le LSD devienne une drogue à la mode dans les années ‘60, des psychiatres l’avaient utilisé sur plus de 4,000 patients pour observer son effet positif dans le traitement de l’alcoolisme et de diverses maladies mentales.Les expériences avaient par la suite cessé sous l’ordre du gouvernement américain.Depuis 1980, les médecins et compagnies pharmaceutiques se réintéressent aux bienfaits possibles du LSD, et espèrent que de nouvelles recherches cliniques pour-ont permettre de produire des centaines de nouveaux médi-caments.HÉROÏNE LA COKE REMPLACÉE PAR L’HÉROÏNE Depuis le printemps dernier, l’héroïne semble prendre de plus en plus d’importance comme la nouvelle “drogue à la mode” en Amérique du Nord (principalement sur la côte-est): celle qui succède petit à petit, au “boom” que la cocaïne avait connu ces dernières années.L’usage d’héroïne avait été jusqu’ici associé au sort sordide des “junkees”, mais dans les années ’80, elle pourrait bien devenir la nouvelle ‘‘dope récréative”, celle qu’on utilise de temps en temps, les week-ends, autant pour son effet que pour être “cool”.Les jeunes nord-américains découvrent que l’héroïne peut être “sniffée” plutôt qu’injectée, et qu’elle revient finalement moins cher que la cocaïne (à moins d’y être accroché).La nouvelle tendance dans les grandes villes de la côte-est américaine c’est de s’enfermer en groupe dans les toilettes des clubs non pas pour faire des lignes de “coke” mais pour sniffer de l’héroïne.Des médecins, psychiatres et sociologues s’accordent pour dire que cette mode est apparue en réaction à l’utilisation de la “coke” par toutes les classes sociales, ce qui lui a enlevé toute marginalité.L’HÉROÏNE PERSE Durant les années ’70, la majorité de l’héroïne consommée en Améri- que du Nord provenait du Mexique.Le “Mexican Mud” ou “Brown Sugar” (à cause de sa couleur et de ses impuretés) ne contenait que 2 ou 3% d’héroïne véritable.A cette époque, le gouvernement américain payait ceux de l’Iran et de la Turquie pour faire brûler les champs de pavot.Cependant, depuis que la crise sévit au Moyen-Orient, les plus importants arrivages d’héroïne en Amérique du Nord (90%) proviennent de l’Iran, du Pakistan et de l’Afghanistan.C’est ce qu’on nomme “l’héroïne perse”, elle a plus précisément envahit le marché depuis le printemps ’80, et elle est deux fois plus pure que sa cousine mexicaine.Sa grande disponibilité a fait baisser les prix: à New York, en avril, un kilo d’héroïne perse coûtait $200,000, tandis qu’en juillet le même kilo se vendait entre $160,000 et $170,000, et d’ici l’été prochain, les prix continueront probablement de chuter.Pour la première fois depuis de nombreuses années, le marché de l’héroïne connaît de grands bouleversements, l’héroïne est plus pure, moins chère et de meilleure qualité que ce qui était importé durant les vingt dernières années.CHASING THE DRAGON L’héroïne perse est aussi disponible sur la côte ouest américaine, mais en moins grande quantité.La majorité de ses nouveaux usagers préfèrent la “sniffer”, mais certains découvrent qu’on peut tout également la fumer.Ce procédé, “Chasing the dragon”, consis- : te à chauffer une petite quantité d’héroïne dans un papier d’aluminium, et lorsque l’héroïne se liquéfie, les vapeurs sont inhalées à l’aide d’un tube de verre.PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES Le responsable d’un important centre de dé-syntoxication de l’état de New York, affirmait récemment que l’utilisation d’héroïne devrait être considérée comme baromètre économique: ‘‘Lorsque l’utilisation d’héroïne connaît une importante intensification, c’est que la situation économique générale commence à s’amé- MODE CADEAUX ACCESSOIRES VETEMENTS liorer.Sur la côte est, le trafic d’héroïne est contrôlé par de vrais hommes d’affaires, c’est leur spécialité, et ils n’inonderaient pas le marché comme ils le font actuellement, si le pouvoir économique des consommateurs n’était pas sur le point de s’améliorer”.LA FILIÈRE FRANÇAISE La filière française, ‘‘The French Connection”, a repris ses activités et approvisionne l'Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest en héroïne.Les polices des Etats-Unis, de France et d’Italie avaient mis fin aux activités de la filière française en 1973.Celle-ci était dirigée par la Mafia, qui, à Marseilles, raffinait en héroïne pure l’opium provenant de la Thaïlande, du Laos et de Burma.L’opium provient maintenant principalement du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud-Est, où les conflits politiques ont paralysé les activités policières anti-narcotiques.Depuis 1980, les financiers et chimistes de l’ancienne ‘‘French Connection” ont repris leurs affaires en main après avoir terminé leurs sentences d’emprisonnement.LA VALISE DIPLOMATIQUE Les autorités fédérales américaines enquêtent depuis octobre sur un trafic d’héroïne qui pourrait bien impliquer de hauts diplomates de l’ambassade du Tchad à Washington.A la mi-octobre, deux représentants pakistanais étaient arrêtés en possession d’une valeur de $28,000,000 d’héroïne pure dans une ban-lieue de Washington.Ceux-ci auraient déclaré que l’héroïne était transportée aux U.S.A.par des diplomates de l’ambassade du Tchad, grâce à l’immunité diplomatique qui leur évite d’être fouillés aux douanes.CONTRÔLE AÉROPORTS On juge de Toronto proposait en novembre dernier une nouvelle mesure pour mettre en garde les éventuels trafiquants ou passeurs de drogue dans les aéroports canadiens.Le juge préconise l’affichage d’un avertissement aux sorties d’avion informant de la peine minimale de sept ans d’emprisonnement pour trafic de stupéfiants.Une poubelle au-dessous de l’affiche permettrait de se débarrasser de la drogue à la dernière minute.Une telle méthode est déjà utilisée dans quelques aéroports américains.FLORIDE Le service des douanes américaines concentrera ses efforts cette année sur la Californie, la principale porte d’entrée (70%) deTa marijuana et de la cocaïne aux U.S.A.Le magazine ‘‘Aviation Week and Space Technology” affirme que les services des douanes seront aidés d’équipement très sophistiqué dans leur lutte contre les trafiquants.Soixante avions et hélicoptères patrouillent constamment les frontières côtières de l’état, cette flotte aérienne est équipée de détecteurs infra-rouges spéciaux pour localiser les avions volant à basse altitude la nuit.D’ici la fin de 1981, les avions seront aussi équipés de systèmes-radars ultra-sensibles, identiques à ceux des jets de combat.Les pilotes sont armés et considérés comme agents fédéraux afin de pouvoir effectuer eux-mêmes des arrestations.LES HEADSHOPS En 1980, le DEA (Drug Enforcement Administration) a fait des pressions sur chacun des états américains pour que ceux-ci adoptent des lois banissant les “headshops” et la vente d’objets utilisés pour la consommation des drogues.Le DEA avait formulé une “loi-type’ qui selon l’organisme était constitutionnelle.De nombreux états (Géorgie, Dakota, Colorado, Indiana, New York, Floride, Connecticut.) et villes ont adopté cette loi anti-headshop et ces derniers ont dû fermer leurs portes.Plusieurs importantes chaînes de magasins à travers les U.S.A.ont emboîté le pas et retiré des comptoirs le papier à cigarette.À travers les États-Unis, la vente d’objets, de gadgets légaux servant à la consommation de substances illégales (papier à rouler, pipes, cuillères “à coke”.) représente une industrie de $250,000,000 par année^ et au début de 1980, on dénoi^ brait entre 15,000 et 20,00U headshops.Plusieurs de ceux-ci se sont regroupés en associations et ont porté leur cause en appel.Selon des conseillers juridiques, de telles lois sont anticonstitutionnelles à cause de leur caractère “trop vague”, et la censure sur la publicité de ces “panoplies” serait une violation du premier amendement de la Constitution.La lutte est engagée; déjà, des juges de l’Ohio ont reconnu l’in-constitutionnalité de la loi, et les gouverneurs de certains états (dont ceux du Tennessee et du Kansas) ont posé leur véto sur son application.D’ici la fin de ‘81, le tableau devrait être un peu plus clair .? LES AGENTS DE PROMOTION: LES DIPLOMATES DE L’INDUSTRIE DU DISQUE PAR ANNE HIMAL Sylvie Brunetta est agent de promotion chez WEA, Warner-Elektra-A-tlantic, la compagnie de disques qui rafle la majorité des ventes et les places sur les palmarès grâce à des John Lennon, Pretenders, Rolling Stones, Queen, Van Halen, Eagles, etc.Michel Bélanger remportait récemment le “Félix” du meilleur agent de promotion au gala de l’ADISQ.Il a son propre bureau de promotion et travaille pour différentes compagnies de disques, en concentrant ses efforts sur le produit francophone (Maneige, Angèle Arsenault, Jean La-pointe etc.).Mario Lefebvre est agent de promotion chez CBS, il est plus particulièrement responsable d’étiquettes comme STIFF (Ian Dury, Lene Lovich), EPIC (Cheap Trick, Ted Nugent) et s’occupe également de produits québécois.Pierre Parent est directeur de la promotion pour l’est du Canada chez Polygram, une compagnie qui nous a donné bien du disco (Village People, Donna Summer, Lipps inc.) mais aussi Peter Gabriel, Frank Zappa, les Boomtown Rats, Diane Tell, Diane Dufresne etc.Travailler dans le domaine de la promotion de disques, pour Sylvie, Michel, Mario et Pierre, c’est “s’occuper” des stations de radio, de la presse, des spectacles et aussi des artistes.Ils ont bien voulu se réunir tous quatre pendant deux heures et parler de leur métier à QUÉBEC ROCK.LA PROMOTION Pierre: La promotion c’est être responsable de faire connaître un produit, le publiciser, le promouvoir.Le travail ne se limite pas à faire tourner des disques à la radio car l’essentiel c’est de faire vendre des disques, de quelque façon que ce soit, en organisant des concours, voir même se déguiser pour attirer l’attention.Mario: L’agent de promotion c’est le miroir, la façade d’une grosse compagnie.C’est le contact avec les media, les magasins et les artistes.Le gars de promotion est responsable d’un artiste international qui est en ville, c’est ce qu’on appelle le “artist relation”: décider du nombre et arranger les entrevues, aller le chercher à l’aéroport, l’amener manger au restaurant, organiser un party et bien d’autres choses.Sylviei~cle_suis le seul agent de promotion chez WE a“Montréal, alors je fais tout, de A à Z: la presse, îa'promotion, “artist relations”, remplir les rapports: Lï’-avantage c’est que j’ai le contrôle.Je suis" aussi le contact entre le produit et la radio, le rôle primordial d’un agent de promotion.Je présente les disques et j’essaie “d’humaniser” le morceau de plastique.Par exemple, quand je vais porter le nouveau Rod Stewart, je dois indiquer à chaque station quelles sont les pièces qui peuvent les intéresser.Il y a deux côtés à ce travail: celui de spécialiste de produit, et l’autre qui concerne les contacts avec les artistes.Michel: J’ai mon propre bureau de promotion mais je travaille toujours avec un attaché de presse, le travail se trouve donc divisé.Il y a une différence entre un attaché de presse et un agent de promotion: le gars de promotion doit vendre du plastique, des disques, tandis que le rôle de l’attaché de presse c’est de vendre un artiste.Mario, Sylvie et Pierre rem-plissent les deux rôles, tandis que moi je m’occupe seulement du microsillon.Mario: Urrâgent de promotion n’est pas seulement un messager qui livre des disques aux stations de radio.Il doit être capable de dire ce que le disque lui-même ne dit pas.C’est un travail de vendeur, comme celui d’un vendeur d’autos.Sur les 35 disques qui paraissent en une semaine, je dois prouver que c’est “mon” disque qui est le meilleur, celui qui doit tourner à la radio.Sylvie: On vend des chansons, des millions de chansons.Ça pourrait être des pois, des cornichons, mais c’est des chansons.Mario: La différence c’est que notre produit change toujours, ça dépend du disque, de l’artiste.C’est aussi du produit qui possède de l’émotion.RELATIONS AVEC LES MEDIA Michel: Il est extrêmement important de bien connaître les media car c’est eux qulpm utilise pour faire vendre des disques.CTest-eSjgientiel d’avoir accès à une variété de media'Sfr-da.jie pas être pris comme en France avec trois-postes, de radio qui sont gérés par l’état.Sylvie: Les media créent la demande pour un disque.La radio, la télévision et les journaux sont à la base de tout.Les gens entendent parler d’un disque, puis l’achètent, ils veulent voir le groupe, puis achètent des billets pour le spectacle et ça continue comme ça.C’est toujours la même chose, pour n’importe quel groupe.Mario: C’est l’agencement parfait de tous ces éléments qui fera le succès d’un disque.Tout ça fera parler le monde et finalement vendre des disques.Ce qu’il faut provoquer, c’est “the talk of the town”.D’autre part, travailler avec les stations de radio c’est travailler avec des gants blancs, un poing d’acier dans un gant de velours! Il faut toujours être très diplomate.Michel: Il faut établir des relations ultra-professionnelles dans lesquelles nos goûts personnels pour le produit n’ont rien à voir.Sylvie: Tu leur présentes les disques, tu en pousses quelques-uns.S’ils ne jouent pas tels ou tels disques.Mario: .Il faut être diplomate parce que tu ne peux pas leur dire qu’ils sont complètement dans Terreur.Sylvie: .Tu ne leur dis pas, mais il y a cent moyens de leur faire sentir! ! De toute façon, la radio n’est plus ce qu’elle était, souvent tu fais affaire à quelqu’un mais tu sais que ce n’est pas lui qui^ prend réellement les décisions.^ Mario: 45 à 65% des stations,de"fadio sont régies par des consultante ou appartiennent à des réseay.xr"c’est devenu un problème majeur •"Car les stations sont très éloignées"âu goût du public.Michel:"Les décisions sont centralisées, ce qui est très néfaste pour la “santé” de l’industrie.L’exemple le plus frappant c’est celui des premières positions de palmarès qui ne vendent absolument pas.Pierre: Ça c’est parce que c’est encore le public qui a le dernier mot.En ce moment, Aznavour a une chanson en tête d’un important palmarès, mais pourtant personne n’achète ce disque.Mario: Le contraire peut être aussi juste.Plastic Bertrand ne fait pas des malheurs-' sur les palmarès mais il ajrçnehrSS^OOO disques en trois sejnaineS.Pierre: .Cs^quî'prouve que ce n’est pas seulement la radio qui peut faire le 'succès d’un disque.Les discothèques Pont prouvé.Un autre exemple pourrait être celui des B-52’s: c’est le public qui en a fait un succès, puis la radio a dû suivre.Mario: .C’est faux de penser qu’un gars de promotion “peut faire un hit”.Personne ne peut prendre le crédit non plus pour un Bob Dylan ou un Queen.Michel: Étant à mon compte, je choisis moi-même mes clients.Je prends ceux en qui je crois, mais pourtant, il y a 90% de chance pour ce que je prévois n’arrive pas.Je me demande si il y a un marché, je fais toujours une évaluation, mais je ne choisis pas un client parce que j’aime ce qu’il fait.Je travaille avec lui parce_ que je crois que son disque Beuk-^niâr-cher” (vendre).Pierre: .Çar-arrfïvë très souvent d’avoir à pousser un produit qui ne rencontre pas nos goûts personnels.Sylvie: On doit garder notre crédibilité, alors on ne ment pas on fait notre possible en essayant partout, dans toutes les stations qui pourraient être intéressées.Pierre: Même si c’est une chanson que je trouve super-moche, j’essaie de trouver quelle station pourrait la tourner.Mario: Il faut toujours s’efforcer de rester objectif.Même si tu as à vendre du “western”.! -Pierre: Tu dois être capable de vendre de Mireillê-Mathieu à Tangerine dream.Michel: .de Chaïîtal-Eajy^à Maneige.Mario: .d’Abba à Zappa.____________ Sylvie: .de Mimi Hétu à Offenbach!f""- REDATIONS AVEC LES ARTISTES Pierre: La responsabilité d’un gars ou d’une fille de promotion avec un artiste de passage, ça va du moment où il pose les pieds à Montréal jusqu’à ce qu’il soit bel et bien reparti.Mario: Quand il est en ville, on est toujours sur le “stand-by”! L’histoire-type pourrait être celle de la visite de Rod Stewart à Montréal Tan der- • V ' ¦¦ y .4'-, , asm [ES ^ _ .kjI nier: Rod et ses musiciens arrivaient en avion privé.J’ai envoyé une limousine pour aller les chercher et des journalistes pour qu’on en parle aux nouvelles le soir même et dans les journaux le lendemain.Ensuite je les ai amenés à l’hôtel.Stewart et son gérant voulaient aller “faire du shopping”.alors là.oup.je pars avec eux en ville.C’était la veille du spectacle du Forum, alors la compagnie avait prévu un souper dans un excellent restaurant français, ça encore c’est notre responsabilité.Et puis pour Rod Stewart, tu prépares un party, c’est pas n’importe qui.mais voilà, un journaliste en parle dans l’édition du matin, alors à la dernière minute tu dois organiser le party dans une autre discothèque.Je devais aussi décider avec son gérant s’il allait faire des entrevues, des télés etc.Le jour du spectacle, tout semble bien aller, mais à la fin de l’après-midi, Rod désire une conférence de presse parce que son ingénieur de son s’est fait battre par la police la veille.J’organise ladite conférence, puis il l’annule, puis il la veut encore, puis il l’annule une seconde fois, puis à 19 heures 45, juste avant le show, dans le forum qui est encore vide, il redemande la conférence de presse.Je l’ai organisée la conférence.avec des chums qui jouaient le rôle de journalistes.et les caméras de Radio-Canada sans film!!!.Sylvie: C’est vraiment ça s’occuper des artistes, tu ne sais jamais ce qui peut arriver.Souvent tu ne peux pas savoir d’avance s’ils voudront faire ou non des entrevues.Quelquefois les entrevues sont organisées, comme avec Van Halen, mais quand ils sont arrivés, après 21 heures d’autobus, ils ne voulaient rien savoir.Alors j’ai été obligée de tout annuler.Ou encore l’exemple de Tony Banks de Genesis,: une entrevue est prévue à CHOM pour 15 heures, mais à ce moment-là, M.Banks décide de prendre une douche, qu’est-ce que je peux dire ou faire?il veut prendre une douche, alors CHOM n’a qu’à attendre une heure ou deux.Pierre: Il faut toujours tout prévoir: entrevues avec journaux, radio, bout de film tourné en spectacles, en plus de tous ces détails.Finalement, l’agent de promotion est le tampon entre les artistes et l’extérieur.LE QUÉBEC Mario: Quelquefois c’est difficile de discerner entre les goûts musicaux des Québécois et ce qui leur est imposé par la radio en général.Pierre: Une chose est certaine, Fleetwood Mac, les Doobie Brothers et Rod Stewart, pour la radio, c’est sécurisant.Sylvie: c’est surtout sans risque!! Mario: Quant au public, lui aussi semble aimer réentendre inlassablement les mêmes affaires.Durant les deux dernières années, la chanson la plus demandée à CHOM c’était “Stairway to Heaven” .ça date de onze ans!! La deuxième, et bien c’est “Suite Madame Blue”.On peut tout de même essayer de tracer le profil du public québécois.C’est un mélange unique de l’Europe et de l’Amérique, c’est un cliché mais c’est vrai.90% de la population est d’origine latine, ça implique le goût de bouger, de s’exprimer et de danser.Le disco a marché plus fort ici qu’ailleurs, la musique noire vend plus au Québec que dans les autres provinces.Le public québécois donne beaucoup d’importance aux rythmes.Pierre: .et aux mélodies, car la moitié du Québec tombera à coup sûr pour une belle mélodie, un beau refrain.Partout dans le monde les goûts musicaux correspondent au style de vie des gens, comment ils s’habillent, les contextes sociaux etc.Mario: Si on généralise, on peut diviser le Canada en cinq régions possédant des habitudes bien différentes: les Maritimes ont un penchant pour le jazz, le blues.Le Québec comme je l’expliquais a des goûts bien particuliers.L’Ontario préfère le rock, le new wave.Dans les Prairies c’est le “basic rock’n roll” à trois accords et sur la Côte Ouest ils préfèrent le “soft-rock”.Sylvie: Le Québec a décidément des goûts bien particuliers.On peut citer l’exemple du progressif britannique, les Québécois donnent plus d’importance à la musique qu’aux paroles.C’est à Montréal qu’ont percé les Genesis, Supertramp, Gentle Giant, Pink Floyd et Yes.Michel: Les ballades françaises marchent aussi très fort au Québec.Il y a même des artistes français qui ont été des stars ici mais qui ne l’ont jamais réellement été en France, comme Joe Dassin.Sylvie: À Montréal, Genesis pourrait remplir le Forum trois soirs, mais les Doobie Brothers, qui vendent plus de disques qu’eux à travers le monde, ne sont même pas parvenus à le remplir une fois.C’est la même chose pour les Eagles qui sont ici bien moins fort que Queen.Le public québécois a vraiment une préférence pour les groupes anglais, les américains viennent en second.Pierre: Côté ventes, les Québécois consomment plus de disques que les Canadiens Anglais.C’est à cause du produit francophone qui se rajoute au produit américain et britannique, ce qui est unique au Québec.Chez Polygram, 35% des ventes sont faites au Québec.Michel: C’est certain que le produit québécois prend une grande part du marché.Ici on a Ginette Reno, Harmonium, Beau Dommage ou Paul Piché qui font vendre beaucoup beaucoup de disques.Pierre: Le produit d’expression anglaise se vend peut-être moins, mais c’est normal, il y a beaucoup de monde qui ne comprend rien à ce qui est chanté en anglais.Mario: Quand on parle du Québec, il ne faut pas oublier que ça ne se limite pas à Montréal.On est 6,000,000 au Québec, et sur ça 4,000,000 vivent en province, c’est tout de même le 2/3 de la population.Pierre: Si on parle de vente au détail, 50 à 60% des ventes de disques se font à Montréal.Il y a plusieurs raisons pour ça.Le produit est plus disponible, le revenu de la population est plus élevé et c’est peut-être aussi plus facile d’être éveillé aux nouveautés à Montréal avec des stations comme CKOI, CKMF ou CHOM.Mario: Il y a plus de ventes à Montréal, mais d’autre part, beaucoup de choses percent en province, par la porte d’en arrière.Michel: Dans une ville comme celle de Québec, c’est certain, de plus, les villes de province sont souvent un bon “thermomètre”, ce qui fait que c’est un territoire qu’il ne faut pas négliger.LES “PILLES” DE PROMOTION Sylvie: Il y a seulement deux filles qui font de la promotion de disques à Montréal, dans d’autres villes il y en a peut-être un peu plus, mais ça reste assez rare.Mario: Je pense qu’il est temps que l’in- dustrie du disque se réveille, elle semble être en retard sàr beaucoup d’autres.Une fois qu’une fille réussit à être engagée, je crois qu’elle a le même statut qu’un gars.Ça doit être sûrement plus difficile, mais ça reste possible et la carrière de Sylvie en est un exemple.Pierre: Dans l’industrie du disque il existe beaucoup trop de préjugés sur les filles.Il y a aussi des directeurs musicaux qui sont bourrés de préjugés.Je pense que d’être une fille en promotion ça doit présenter des côtés plus difficiles, mais aussi d’autres plus faciles.Michel: Il existe encore un vieux préjugé qui veut qu’une fille soit supposée être moins intéressée à la musique qu’un gars.J’imagine aussi qu’à l’intérieur des compagnies, où la majorité des employés sont des hommes, ça ne doit pas être tou-' jours facile.Sylvie: Il y a des avantages et des désavantages à être une fille en promotion.L’avantage c’est que les gens ne s’adressent pas aussi brusquement à toi.Ils sont comme obligés d’être plus polis, alors quelquefois ça me facilite le travail.Quant à la relation avec les stations de radio, je crois sincèrement que c’est la même chose.Mais des désavantages il y en a aussi.À chaque fois que je travaille avec un groupe qui est en ville (parce que c’est du travail) tout le monde, le gérant ou les musiciens ou le technicien de son, veut t’avoir, t’inviter à souper, ils te disent tous que t’es la plus fine, que tu es spéciale, bla bla bla .Il y a beaucoup de monde qui pense que parce que t’es une fille t’es plus “lousse”, tu vas aller avec n’importe qui.Et puis dans cette “business-là” ils sont habitués à tout avoir, ils sont gérants de super-groupes ou encore des rock stars.Ils pensent qu’ils peuvent t’acheter comme n’importe quoi d’autre.Une fois qu’ils ont compris que c’est une “job” que tu fais, et que tu es là parce que tu es compétente, ils sont très étonnés et te traitent avec respect.J’ai également eu des difficultés avec des promoteurs de spectacles.Lorsque John Bonham de Led Zeppelin est mort, j’en ai informé un promoteur de Montréal.Il m’a répondu au téléphone: “Who are you anyway?”.C’est humiliant, ça aurait été Pierre, Mario ou Michel qui lui aurait téléphoné, il l’aurait cru tout de suite, mais je suis une fille alors ce n’est pas pareil pour lui.LES DÉBOUCHÉS EN PROMOTION Sylvie: La musique c’est ma vie, et je veux rester dans ce milieu-là.La filière normale après Montréal si tu désires rester en promotion, c’est d’aller travailler pour les bureaux-chefs à Toronto, et ensuite aux Etats-Unis.Pierre: Si tu pars faire de la promotion ailleurs, ce sera toujours le même travail.Ce qui est important c’est alors le “challenge” de vivre et travailler dans une nouvelle ville parce que la “job” de promotion c’est partout pareil.Il y a d’autres débouchés qui peuvent être intéressants: travailler dans un autre domaine que celui de la musique, dans le cinéma par exemple.Michel: Dans mon cas, tout ce que j’espère c’est d’être capable de rester indépendant, à mon propre compte.Mario: Je pense qu’il y a beaucoup de débouchés, et la route normale c’est celle décrite par Sylvie.J’aimerais bien passer le reste de ma vie sous le soleil de la Californie en sirotant des Pina Coladas, mais il y a une longue longue liste d’attente!^ i BROCHETTES & FONDUES Nouveau et unique en ville Venez et découvrez nos succulentes brochettes et fondues RESTAURANT 964 Est, roe Rachel Réservation: TM.: 524-2100 4022 Ste-Catherine Ouest et 3539 Lacombe Mtl.RESTAURANT KlnHDd Les meilleures soupes et brochettes en ville.“The Montreal Calendar Magazine” Téléphonez: 739-9219 ou 932-1968 En montre des Oeuvres picturaux des Artistes ., y -A I BEAUCOUP PLUS DE MUSIQI 1570 la radio : BOTTES AUTOMNE “LE MAGASIN DE BOTTES LE PLUS COMPLET” SENA BOTTES, CHAUSSURES, SANDALES LE CHAT BOTTE 108 PRINCE-ARTHUR EST MONTREAL 844-1850 TUNDRA, 1439 RUE STANLEY, MONTREAL, 843-4089 SENA, 707 RUE ST-JEAN, QUÉBEC, 529-9013 ¥ •l s.- ^ cpË/4]°Nt> - ^PiVBLH • >.*'¦ ¦ -T** •.»»#•, ^ ’f «• V W ' IÊÊÊË- ***** 1 il )i\1 fv^NhlE '/rltJELll VêtHMEWt^ t/ifr^ON ^u& HAi-lOWfcEN (oueût)-(WV&m-) { ACC£^oip^ F^efvAWANE (Poy) y çAeete su^kjæ / o^sphoM • lyue 0V\?i£&5’i> î7^* Lywe -f Perre DçSppxsJp RENCONTRE VEDETTES DES NORDIQUES DE QUEBEC LES FRÈRES STATSNY ONT SACRIFIÉ PAYS ET FAMILLE POUR LEUR IDÉAL PAR YVES THÉRIAULT Il y a tellement à dire sur les frères Statsny que je ne vais pas utiliser ces quelques lignes pour vous raconter les péripéties palpitantes de leur défection jusque dans les moindres détails.Pour ceux qui sont peu familiers avec les aventures de Peter et Anton, voici un bref résumé des épisodes précédents: Première partie: Dans leur petite ville natale de Bratislava, les frères Statsny semblent très doués pour le hockey.L’aîné Marian et son frère Peter sont les Guy Lafleur de la Tchécoslovaquie.Ils permettent à l’équipe nationale du pays de remporter le championnat du monde en 1976 et 1977.En 1978, Anton se joint aux deux autres pour compléter un trio et le Slovan Bratislava devient la première équipe slovaque à remporter le championnat national de la Tchécoslovaquie (l’équivalent de la Coupe Stanley).Fin de la première partie, tout le monde pleure, intermission.Deuxième partie: De passage à Innsbruck (Autriche) pour un tournoi, en août dernier, Peter et Anton Statsny décident de faire le grand saut à l’Ouest.Ils s’enfuient dans les Alpes autrichiennes avec la complicité des autorités canadiennes et la police secrète tchécoslovaque (la STB) à leurs trousses.L’épouse de Peter, Darina, enceinte de huit mois, est aussi du voyage.Ce chapitre — appelons-le “la grande évasion” ou “la poursuite infernale” — pourra être vu dans le prochain film de James Bond.Dans l’avion qui les amène de Vienne à Montréal (via Amsterdam), Peter et Anton signent avec le club de Québec (chacun 5 ans pour $1 million).Et le 26 août 1980, quelques heures à peine après leur arrivée à Dor-val, les frères Statsny sont présentés aux media.Pour l’amateur de hockey, les Nordiques d’O’Keefe viennent de marquer des points contre le Canadien de Molson.Fin.Voilà donc le résumé de tout ce qu’on a dit et écrit sur les frères Statsny au cours des derniers mois.Et si vous voulez mon avis, tout le monde est passé à côté du sujet.De tous les athlètes professionnels que j’ai rencontrés depuis que je me suis joint à Québec Rock, aucun n’a suscité autant d’intérêt dans mon entourage que les frères Statsny.Même pas Bill Lee.Et il y a pour cela une raison bien évidente, que personne n’a osé pointer du doigt.Si Peter et Anton fascinent à ce point les gens d’ici, c’est qu’ils ont réalisé une aspiration profonde refoulée en-dedans de chacun de nous.Celle de dire “tiens, l’système!” et de tout balancer.Comprenez-moi bien.Peter et Anton n’avaient pas vraiment le choix.À Bratislava, ils se retrouvaient dans la même situation qu’un Gilles Lupien ou un Danny Geqffrion avec le Canadien l’an dernier.À Montréal, quand t’es 42 écoeuré de réchauffer le banc, tu demandes à être échangé et on n’en parle plus.Mais en Tchécoslovaquie, on n’échange pas les joueurs.Puisque les Statsny ne pouvaient plus blairer leur nouveau coach et son système, il ne leur restait plus qu’à changer de Système avec un grand “S”.Il est encore bien tôt pour répondre aux questions que tous se posent au sujet de Peter et Anton Statsny.D’abord, qui sont-ils exactement?Et puis, regretteront-ils leur décision?s’ennuiront-ils de leur famille et de leur pays?sauront-ils s’adapter à la société de consommation?comment réagiront-ils à la violence inhérente au hockey professionnel?justifieront-ils les $$$ investis par les Nordiques?et surtout, en définitive, seront-ils heureux?Autant de questions auxquelles l’avenir apportera des éléments de réponse.Pour l’instant, il est bien difficile de définir la personnalité de Peter ou Anton.Ils ont tant de choses à apprendre qu’ils n’ont guère eu la chance de se montrer sous leur vrai jour.Leur situation ressemble encore à celle du gars qui débarque d’une machine à voyager dans le temps.D’expliquer Peter, dans un anglais qu’il maîtrise assez bien: “Je ne peux pas te dire quelles sont les principales différences entre les deux systèmes, parce que TOUT est différent.Il faut oublier tout ce que nous avons connu auparavant et repartir à zéro.Four nous, c’est une nouvelle vie qui commence.” Pour Peter, le simple fait de causer avec un journaliste constitue un nouvel apprentissage d’un aspect de son statut de hockeyeur vedette.En Techécoslova-quie, les athlètes ne donnent pas d’entrevue.Vivre à Québec ne simplifie pas les choses pour la famille Statsny.Peter et Anton pensaient bien s’en tirer en perfectionnant le peu d’anglais qu’ils baragouinaient déjà.Mais comme les Nordiques sont les champions du fait français dans la Ligue Nationale de Hockey, les Statsny vont devoir ajouter une troisième langue à leur registre.Et pendant que Molière et Shakespeare se disputent les temps libres de Peter et les siens, encore faut-il également apprendre les règlements de la grande partie de Monopoly qu’est l’American Way of Life.Et au plus sacrant, car même $1 million en cinq ans, c’est vite brûlé quand on sait pas jouer.Peter a bien raison quand il dit que tout est différent.Même le hockey n’est plus le même jeu.En Europe, comme dirait René, “le jeu est caractérisé par la vitesse des joueurs, l’exécution parfaite' de passes savamment orchestrées et la précision des tirs décochés sans avertissement”.En Amérique du Nord, comme dirait Piton, “tu shootes le puck suT’net!” “Il faut nous ajuster au style de jeu, précise Peter.On nous répète constamment de lancer plus souvent.Et puis, les patinoires sont plus petites, les joueurs sont plus gros et les arbitres laissent passer bien des infractions.On se fait accrocher tout le temps.” Le système, le pays, la langue, l’argent, le hockey.que de changements dans la vie de Peter, Anton et surtout Darina Statsny.Mais s’agit-il vraiment de recommencer à zéro?Pas tout à fait.Le Pavillon de la Jeunesse, où s’entraînent les Nordiques de Québec, est maintenant désert et je suis toujours dans les estrades à bavarder avec Peter.Anton, son ailier gauche et frère cadet, est venu nous rejoindre.L’endroit à tout d’un goulag: gris, humide et glacial.Dehors, il pleut.Les Nordiques perdent tout le temps.Les Statsny en arrachent sur la glace.Ils ont vraiment toutes les excuses pour être “sur là déprime”.Pourtant, rien de tout cela ne semble affecter la sérénité de Peter.Dès le début de notre conversation, nous nous sommes découverts une passion commune: y % it m V fl m iJ ‘ ' » jW' ¦ !-^P ¦‘Ç y • t‘w& le hockey.Grâce au hockey, nous n’avons éprouvé aucun des problèmes de communication qu’on m’avait promis lorsque j’ai demandé cette entrevue.Et soudain, Peter Statsny se retrouve dans un univers où il est parfaitement à l’aise.Il est un hockeyeur surdoué, il connaît tous les trucs du métier, maîtrise tous les aspects du jeu et possède l’expérience des matches de championnat.L’euphorie de la victoire, il connaît également.Il a joué avec les meilleurs joueurs au monde et son potentiel se compare avantageusement avec celui de tous les Kharlamov, Bossy et Dionne de la planète.Même s’il est encore en période d’ajustement, le nom de Peter Statsny figure parmi les meilleurs compteurs de la Ligue.Mais ce n’est pas tout.L’environnement choisi par Peter et Anton pour cette seconde vie ressemble étrangement à celui qu’ils ont connu depuis leur enfance.“La ville de Québec ressemble beaucoup à Bratislava, raconte Peter.Nous étions déjà venus à Québec et c’est la ville que nous préférons en Amérique du Nord, à cause de son cachet européen.” Même leur standing social n’a pas beaucoup changé.L’aisance matérielle que leur vaut leur lucratif contrat, les Statsny la connaissaient déjà en Tchécoslovaquie.Et Peter est sincère lorsqu’il affirme que l’argent offert par les Nordiques n’a pas influencé sa décision.Dans les pays socialistes les meilleurs athlètes jouissent d’un traitement de faveur (automobile, gros appartement, voyages, etc.) équivalent à celui accordé aux super-vedettes du sport professionnel en Amérique.Plus notre conversation se poursuit, plus je m’aperçois que Peter Statsny n’est pas si perdu que ça.Il ne tarde pas à confirmer mon impression: “Je savais dans quoi je m’embarquais.J’ai beaucoup voyagé en Europe occidentale et je suis venu en Amérique à plusieurs reprises.Je savais comment vivent les gens d’ici et je parlais un peu l’anglais.Je connaissais également le style de jeu des professionnels nord-américains pour les avoir déjà affrontés à plusieurs reprises.” Et à force de parler avec Peter, on finit par comprendre que le système n’a pas tellement d’importance.Communiste ou capitaliste, c’est la même loi de la jungle sur la patinoire.Médaille d’or ou Coupe Stanley, la règle du jeu est la même: vaincre l’adversaire.Et que ce soit à Bratislava ou à Québec, Peter et Anton vivent du souvenir des championnats passés et de l’espoir de ceux à venir.Au fond, la vie n’a pas tellement changé pour eux.L’entraînement, le travail en équipe, les voyages, les matches de championnat, la gloire et les récompenses matérielles, autant d’éléments qui faisaient partie intégrante de leur vie antérieure.Alors, pourquoi Peter et Anton Statsny sont-ils venus en Amérique?Le professeur Henri Laborit vous expliquerait mieux que moi qu’au fond de chaque être humain, il y a une pulsion inconsciente qui le pousse à dominer ses contemporains.Et que lorsqu’un individu jouit de la récompense reliée à un acte de domination, il est porté à répéter à nouveau l’expérience.Dans le cas qui nous intéresse, voici ce que ça signifie.Dès leur jeune âge, les frères Statsny ont été habitués au succès.Ils n’ont pas tardé à dominer la scène du hockey, aussi bien sur le plan national qu’international.Leur carrière a atteint son apogée en 1978, quand le Slovan Bratislava a remporté le titre national de Tchécoslovaquie.C’était la première fois qu’une équipe slovaque (les slovaques et les tchèques sont deux peuples différents) remportait le titre et les festivités qui ont suivi resteront gravées à jamais dans la mémoire de Peter et Anton.C’est ainsi qu’à l’âge de 22 et 19 ans respectivement, Peter et Anton Statsny avaient déjà remporté tous les honneurs dont rêvent les jeunes hockeyeurs tchécoslovaques.Que leur restait-il à conquérir?La Coupe Stanley, quoi d’autre! Lorsqu’on mentionne le nom de ce prestigieux trophée, qui fait presque partie de notre folklore, une lueur s’allume dans les yeux clairs de Peter.“Les meilleurs joueurs au monde sont dans la Ligue Nationale.En Russie ou en Tchécoslovaquie, il y a trois ou quatre bonnes équipes et les autres ne sont pas de taille.Ici, sur vingt-et-une équipes, il y en a au moins une quinzaine qui sont compétitives.” En 1979, l’équipe de Bratislava est retournée dans les bas-fonds du classement et l’équipe nationale de Tchécoslovaquie a continué sa dégringolade aux Jeux Olympiques de Lake Placid.Intoxiqués à l’extase des grandes victoires, les Frères Statsney ne pouvaient plus tolérer une telle médiocrité.Ils avaient besoin de nouveaux défis et la corde que leur tendaient les Nordiques de Québec représentait leur planche de salut.“Si ce n’avait pas été les Nordiques, précise Peter, nous aurions offert nos services à une autre équipe.Nous avons remporté tous les honneurs dans notre pays et nous sommes encore jeunes.Maintenant, nous voulons la Coupe Stanley!” Ce qu’il faut admirer dans la décision de Peter et Anton Statsny, c’est leur courage.Celui d’avoir sacrifié leur pays et leur famille pour leur idéal.Pour progresser dans la vie, il faut parfois changer ses habitudes, déménager et s’adapter à de nouvelles conditions de vie.Et le secret pour vaincre la peur du changement, c’est Peter Statsny qui nous le donne: “il faut regarder en avant.Walk and don’t look back.”^ 43 wBm DISPONIBLES CHEZ VCS (pour d’autres renseignements, communiquez avec Alfc^r TREND Série: JAZZ & BLUES (IMPORTATIONS) ÉTIQUETTE: Acanta: Rolf Kuhn.Chick Korea, Joachim Kuhn.Larry Young Advent: Louis Myers.John Little John.Eddie Taylor.Jimmy Rogers, Johnny Shines (Chicago Blues at home -AD 2806) Bullfrog 301 - Otis Rush-Right Place wrong time Alligator: Albert Collins Koko Taylor Fenton Robinson Son Seals Lonnie Brooks Antilles: Jimmy Reed Mississipi Fred McDowell Don Cherry Aviva: Marty Grosz & Wayne Wright Bee Hive: Nick Brignola Blind Pig: John Mooney Walter Horton Roosevelt Sykes Bittersweet: Jim Galloway CBS Collectors Series: Miles Davis Duke Ellington Dave Brubeck Contemporary: Art Pepper George Cables André Previn CleanCut: Phil Woods (CC 702) Delmark: Junior Wells T-Bone Walker Eddie "clean head" Vinson Denon: Anthony Braxton Archie Shepp Dollar Brand Discovery: Clare Fischer Shelly Manne Endeavour: Catalyst: Earl "fatha" Hines Sonny Stitt Flying Fish: David Amram Tony Rice David Grisman Four Leaf Clover: Janne Schafer Gabor Zabo Gatemouth: Jim McNeely - Jack Walrath - Eric 8i Earl Gabe’s dirty blues: Artistes variés Humber college records: Humber jazz ensemble Improvising artists: Jaco Pastorius Sun Ra Indianavigation: Chico Freeman Arthur Blythe Interplay: Art Pepper Jackal: Son Seals Jamey Abersold: Learn how to play jazz Jazz Archives: Jazz des années 20 à 50 Jazz Connoiseur: Chet Baker Miles Davis Thelonius Monk Labyrinth: Climax jazz band Mother necessity: MRS: George Duke Stéphane Grappelli Oscar Peterson Baden Powell MUSE: Richie Cole John Lee Hooker Clifford Jordan Pat Martino Muddy Waters Musicraft: Sarah Vaughn MMO: Learn how to play jazz Mosaic: Lysis plus Night Hawk: Blues des années 40-50 PBR: Hollywood fats bands Pearl Records: Memphis Slim Robert Nighthawk Philly jazz: Sun Ra Phoenix: Dizzy Gillespie Progressive: Sunny Stitt Sackville: Dollar Brand Jay McShann Ed Bickert / Don Thompson Savoy: Charlie Parker Stan Getz Charles Mingus Silver Birch: Spotlight: Charlie Parker Dexter Gordon Stash: Alberta Hunter Bucky Pizzarelli Straight ahead jazz: Art Pepper Steeple Chase: Duke Jordan - Jim Knepper Chet Baker - Dexter Gordon Sheila Jordan - Les Frères Ferré Survival: Rashied Ali Theresa: Pharoah Sanders Trend: Robert Conti Umbrella: Rob McConnell & The Boss Brass Unique Jazz: Duke Ellington Eric Dolphy Veejay: John Lee Hooker Jimmy Reed Paul Chambers Watt: Carla Bley Michael Mantler Zim: Charlie Parker Zoot Sims BLUEGRASS/FOLK/ COUNTRY/GOSPEL ENREGISTREMENTS HISTORIQUES Antilles: Nick Drake CMH: Lester Flat Osborne Bros.Bluegrass Cardinals Flying Fish: John Hartford Tracy Nelson Jethro Burns Jackal: Vassar Clements Rebel: Tony Rice Ricky Skaggs Sugar Hill: Ricky Skaggs Seldom Scene John Starling Skyhooks: Derek Gallant KANON: Imp.Allemagne MELBOURNE: CDN PELICAN: IMP USA SQN: CDN UMBRELLA: Direct to disc UNICORN: IMP.Allemagne VARESE SARABANDE: IMP.anglaise MOSS MUSIC ROCK/REGGAE Acanta: Rory Gallagher Alligator: Black Slate Antilles: Jade Warrior Klaus Schulze Brain: Klaus Schulze Scorpions Edgar Froese CBS: The Hollies Greensleeves: Heptones Keith Hudson Government: Government Jackal: Government - Labyrinth: FM Mango: Linton Kwesi Johnson Manu Dibango Rockers "Soundtrack" Toots 8i the Maytals Bunny Waiter Burning Spear Steel Pulse PBR: The Beatles Tapes Rollin’rock: Gene Vincent Ray Campi Savoy: Johnny Otis Sky: Cluster Eno Michael Rother Stash: Reefer songs SWSK: Bunny Lielie - Reggae Umbrella: Rough Trade VeeJay: Little Richard Billy Preston ZAP: Caméléon CLASSIQUE ÉTIQUETTE: MOR ACANTA: Orchestre à la James Last APPARITION: Patrick Godfrey "Ancient Ships" - AO 2801 CBS: Percy Faith-Michel Legrand-Eddy Duchin CURTAIN CALL: Judy Garland - Frank Sinatra - Gene Kelly DENON: Musique de grand orchestre - digital ENTR'ACTE: Musique pour tous tes goûts J U NO: Judy Garland - Vie Damone - Doc Severinsen TREND: Direct to disc UMBRELLA: Big Bands VARESE SARA BANDE: Musique pour tous tes goûts VEE JAY: Musique populaire des années 50' et 60' Turnabout: (Collection canadienne) Tumgbout: Les grands compositeurs (Mozart, Beethoven, Bach etc.) Tumabout/Vox: Série historique (George Szell; Arthur Schnabel; Rudolf Serkin; Otto Klemperer; Maria Collas; Bruno Walter) Vox Boxes: Coffret de trois disques: Beethoven (musique de chambre - flûte - Rampai) George Gershwin (all the works for orchestra and for piano and orchestra) Handel - The Messiah Chopin (piano music - vol.1 - Novaes) Satie (piano music - Glazer) Liszt (19th Hungarian rhapsodies - Kentner) Ravel (piano music - complete - Abbey Simon) Candide: (Pour le collectionneur sérieux, 82 albums au répertoire) dont.Debussy: piano fantasy - Dosse Prokofiev: violin concerti no.1 et 2 - Ricci, violon Harp music from the Renaissance - La Camarata International Gala Concert at Carnegie Hall No.MMG 1122 (Yehidi Menuhin.J.Perre Rampai.Maureen Forrester) MMG: The King's Singers (17 albums disponibles) The new Swingle Singers (Swingle Skyliner MMG-1115; The New Swingle Singers (Folio - MMG 1125) Martin Best (Songs composed for Shakespiearian dramas - MMG 1118) The Canadian Brass (Unexplored territory MMG 1119) The Canadian Brass (A touch of brass - MMG 1123 The Beatles Concerto (Six Beatles impressions -Roastal & Schaefer/Ron Goodwin; Royal Liverpool Philarmonic) Mahler (Symphony no.1 - Digital DMMG lOl) Mahler (Symphony no.4 - Digital DMMG 102) Musgrave (Mary, Queen of Scots - Putnam, Gardner, Busse, Garrison, Bell; Virginia Opera; Peter Mark) Coffret de trois disques de luxe - MMG 301 JAZZ & BLUES BANDES SONORES-MUSICALES CBS: Showboat - "Z" - My fair lady - A Star is born CITADEL: The blue Max - A patch of blue CURTAIN CALL: Palace Two a day - Born to dance ENTR’ACTE: KIN KONG (originate 1933) - Voyage of the damned - The Awakening.STARLOG: Rocketship XM - It's alive INTERNATIONAL ACANTA: Allemagne APON: Ukraine - Hongrie - Pologne - Russie CBS: Caraïbes - Bali - Irlande - Angleterre - Écosse DENON: Japon TIFTON: Grèce - Pologne - Irlande - Allemagne - Russie V RECORDS: Ukraine Story ville: Joe Sample (Fancy Dance) Warne Marsh Quintet (Lee Konitz 8t Niels -Hennig Orsted Petersen) Duke Ellington & his orchestra Harry "sweets" Edison 8i Eddie "lockjaw” Davis Eddie Condon's allstars (Wild Bill Davison's allstars) Boogie wbogie Trio (Hammons', Johnson, Lux Lewis) Brownie Mcghee / Sonny Terry The Harmonica blues of Sonny Terry, Doctor Ross, Hammie Nickson, with Sleepy John Estes, Sonny Boy Williamson.Edmond Hall with the Ralph Sutton Quartet Champion Jack Dupree (The best of the blues) John Stubblefield (Prelude) Louis Armstrong's allstars Michael Smith (Reflexion on progress) Sonny Boy Williamson (Portrait in blues) Sippie Wallace sings the blues George Lewis in concert James Spaulding plays the legacy of Duke Ellington ENFANT Free Rose Peter Pan AUTRES EDUCATIONEL ÉTIQUETTE: MMO - Jazz - classique Jamey Abersold - jazz Roper - Danse CLASSIQUE ACANTA: Importations allemandes ARABESQUE: Importations allemandes - 8053L (E.Satie) CANTABILE: CDN - Maureen Forrester CBS (produit spécial): (Importations USA) CHALFONT: (Importations USA) CITADEL: (Importations USA) CRYSTAL: (Importations USA) DELOS: (Importations USA) (direct to disc) DENON: (Importations du Japon) (digital) ENTR’ACTE: (Importations USA) HARMONIA MUNDI: (Importations France) HM1020 Film Molière TURN ON: With the World's most sensuous music With thrilling movie love themes With the most unforgetable operatic love songs To the music excitement of great ballet To the romance of the Symphony With the silvery strains of romantic violins With the brilliance of romantic piano master pieces To the exciting sound of great operatic overtures MMG: Misha Raitzin (Hebrew / Yiddish / Liturgical / Folk & art songs) ¦¦¦IH (DISQUAIRES PRÉFÉRÉS v liai au (514) 634-9868 C.P.142, Lachine, Que.H8S 4A6 PETER'S ONE STOP SEÂsSîSÜÏ- BOOT: Liona Boyd - Miniatures for guitar - BOS 7181 Liona Boyd - The guitar - BMC 3002 Liona Boyd - Guitar artistry - BMC 3006 The Canadian Brass - Can.Brass BMC 3001 The Canadian Brass-In Paris - BMC 3003 The Canadian Brass-RAG-MA-TAZZ-BMC 3004 Monica Gaylord Pierre Souvairan Royal military Band Josef Vobruba Orch.Shannon Castle Ent Frank Patterson ROCK BOOT: Freddie "fingers" Lee - BRP 2102 A la Jerry Lewis John Ireland - Thinking aloud - BRP 2103 Danse rock Mendelson Joe - Not homogenised - BRP 2104 Rock'n roll Crasy Cavan - Crasy rythm - BRP 2105 Rock'n roll Blackout - BRP 2107 Rock très spécial Best of british rocakabillies - BRP 2101 Très bon rock COUNTRY Bel Air: BA lOOO Eddie Eastman Boot & Cynda: BOS 7103 Stompin Tom Connors BOS 7107 Stompin' Tom Connors BOS 7112 Stompin' Tom Connors BOS 7114 Stompin' Tom Connors BOS 7123 Stompin' Tom Connors BOS 7126 Stompin' Tom Connors BOS 7127 Stompin' Tom Connors BOS 7128 Stompin' Tom Connors BOS 7134 Stompin' Tom Connors BOS 7135 Stompin' Tom Connors BOS 7146 Stompin' Tom Connors BOS 7153 Stompin' Tom Connors BOS 7171 Stompin' Tom Connors BOS 7180 Stompin' Tom Connors STC1 Stompin Tom Connors STC2 Stompin' Tom Connors CNS 1003 Stompin' Tom Connors CNS 1020 Stompin' Tom Connors Boot: BOS 7182 Ray Smith BOS 7187 Sheila Ann BOS 7189 Ian Tyson BOS 7198 Mike Graham BOS 7201 Ray Griff BOS 7210 Ray Griff BOS 7205 Lloyd Green BOS 7206 Joe Firth Rosssound: WRC 1266 Rythm Pals MARITIME STEEL BANDS West Indies Records: Jackie Ope! Esso Steel Band RealThing Steel Band Pan Vibes Steel Band West Stars Steel Band Islanders Steel Band Barbados Steel Band GOSPEL Joseph Niles St.Michaels Cathedral Choir SCOTLAND Importations Tartan Laçfs et plusieurs autres PIANO Caimit: Dennis De Sousa - Moods CAS002 Caimit: Dennis De Sousa - Moods 11 - CAS 004 DDS: Dennis De Sousa - Piano Luxury - DDS 104 Island Series: Dennis De Sousa - After Hours - RmP 1007 REGGAE GENERATION: Andley Williams - Heddnism - GEN - 3008 CYNDA: Andley Williams Aurora - CNS 1047 GENERATION: Chalawa (Hop.skip and jump - GEN - 3009 GENERATION: Ken Boothe - Reggay for lovers - GEN - 3010 GENERATION: Ernie Smith - To Behold Jah - GEN - 3011 GENERATION: Leroy Sibbles - NOW - GEN - 3012 GENERATION: Prince Alah & Nazarene - GGG-004 "Last Train" Carlene Davis - GGG-005 "The harder they come" Ernie Smith - GGG-006 "Bend down low/Everything crash GENERATION: Audley Williams - GEN 3008 CYNDA: Audley Williams - GEN 1047 CYNDA: CNS-1047 Audley Williams INSTRUMENTALE Boot: Digno Garcia Los Mayas Leo Karz & His Stampers The Emeralds Bruce Rowlands Cynda: CNS 1044 Joe Carlier, Trumpet Hits CNS 1045 Mike Stanfield Orch.(Virtuoso guitar) Morning: MOR 24 Max Gregor Jr.Thursday Night MOR 25 Werner Drexler Orch., Velvet Piano vol.3 Periwinkle: PER 7324 Mickey Andrews.Velvet Debro PER 7339 Mickey Andrews, Passport to Dobro PER 7345 Mickey Andrews.Collage 5$ lerti less $ JAZZ v Boot: BOS 7149 Joe Venuti.Violinology GOSPEL Boot: BRP 2106 Ken Whiteley, Up Above My Head Rosssound: KSL2-7064 Carlton Showband.20 Gospel Favorites KSL2-7069 Family Brown, Best of Country Gospel WRC-699 Allan Sisters Precious Moments FRANÇAIS Moutarde: FMS lOOO Robert Cogoi, Danse avec Moi FMS 1002 Robert Cogoi.Quand On Est Seul FOLK Boot: BOS 7143 Ted Wesley BOS 7173 Ted Wesley BOS 7172 Ted Wesley BOS 7151 Vera Johnson.Bald Eagle BOS 7154 Rita Me Neil.Born A Woman BOS 7212 Ryan's Fancy.Sea People BOS 7214 Garrison Bros., Songs & Stories BLUEGRASS Boot: BBG-6000 Dixie Flyers BBG-6002 Dixie Flyers BBG-6004 Dixie Flyers BBG-6007 Dixie Flyers BBG-6011 Bluegrass 4 BBG-6005 Denis Lepage & Station Road BBG-6009 Denis Lepage & Station Road BBG-6008 Ladies Choice Bluegrass Band BBG-6OO6 Bill Keith & Jim Collier BBG-6010 Humber River Valley Boys BBG-6001 Denis Lepage BBG-6003 Denis Lepage Boot: BTM 2001 Dick Nolan BTM 2005 Michael T.Wall Wabana: WBN1 Ray McLean INTERNATIONAL Hawaii: ITB 5000 The Waikikis Australian: BOS 7199 Ken Brumby, Yesterday's Blue Boot: ITB 5110 Hawking Bros., Australian Heritage IMAGE: ILP 806 Bushwackers.Bushfire Boot: BOS 7196 Bushwackers.Murrumbidgee Irish Boot: The Wolftones Mary O'Hara Larry McKee Johnny McEvoy Frank Patterson Paddy Reilly Clubsound Flying Column George Wilson Barley Bree Clannad De Danann Irish: Boot & Cynda: Sean Dunphy Irish: Cynda: Olive Bayle Brenda O'Dowda Dermot O'Brien Dermot Hegarty Brenda Grace Scottish: Boot: Tartan Lads Mary O'Hara Stuart Anderson Larry McKee John Carmichael’s Ceilidh Band King's Own Scottish Borderers Ukranian: Rusalka: Ivan Romanoff England: Boot: Brighouse & Rastrick Brass Band HOLBORNE R?GGA^“^“ ÉTIQUETTE: Dynamic: Byron Lee & the Dragonaires Merrymen/Wirl: Merry men Penny: Tradewinds Emerald: Sandpebbles Dynamic: Vic Taylor Recording artists-Bestway: King Sparrow Disques DEB: Exile One 3 A Productions: Gramacks 3 A Productions: Billomen Coach House: The Equals Coach House: Eddy Grant Ice: 90 Inclusive COLPD 2001: Leroy Smart CDLP 2005: Hortense Ellis Derrick Morgan Plan lOOOl: Gregory Isaacs Ronnie Davis Plan 10002: The Uniques Plan 10003: Freddie McKay TL OOl: Ivory Vula 502: Fred Locks Merrymen/Wirl: Tropical Islanders OLP: Pèter King FIESTA - GRECOPHON -DANA Allemagne: Rudolph Schock - Jo Ment France: FLPS 1405 (Dahda) Italie: Claudio Villa - Angelo Dipippo Ecosse: Andy Stewart - Jimmy Shand Amérique latine: FIPS - 1221-1250-1273 Irlande: The Dubliners - John McCormarck Grèce: Trio Bel Canto - Mikis Théodorakis Yougoslavie: Dalmatian Ensemble Russie: Folklore et danse Ukraine: Folklore et danse Suède: Folklore et danse Belly Dance: Fls-1468 - 1551 - 1633 - 1649 - 1489 - 1671 - 1742 Hawaii: Flps 1623 - 1629 - 1657 - 1687 - 1701 - 1722 - 1782 -1800 - 1875 - 1886 Norvège: FIPS 1434 1450 - 1487 - 1598 Finlande: FLPS 1436 - 1594 Dannemark: FLPS - 1555 Hongrie: Folklore et danse Pologne: Folklore et danse Israel: FLPS 1550 - 1841 - 1818 BLUEGRASS-COUNTRY- FIDDLE Heritage: Smiley Bates John Lane Joan Morrissey Rick Cormier Benny Martin Jean Pardy Eleanor Townsend Tommy Wade & the Country Rebels The Dorymen Sullivan Family J.D Crowe Eddie Coffey Banff: Graham Townsend Mac Beatie Reg Hill Johnny Mooring Don Messer Dougie Trmeer Michael T Wall Canadian Cavalcade: Winston Fitzgerald Don Messer Family Rythm Pals Graham Townsend Celtic: Winston Fitzgerald Rodeo: Russ Garr Caprice: Marie (Quand le soleil dit bonjour) CPL 24001 Ma belle Province - CPL 24023 Vol 3 CPL 24025 Grands succès western CPL 24027 Allô, mon petit Bobby CPL 24029 Tendrement - CPL 24041 La Valse du bonheur - CPL 24047 46 disques PAH MARC DESJARDINS “Gaucho” STEELY DAN MCA ’est curieux comment les Californiens démontrent la curieuse capacité de travailler comme des fous sans qu’une seule goutte de sueur ne soit versée.Ils gardent le sourire bronzé sur leurs visages, comme s’ils étaient tout le temps en vacance, s’attirant la colère de tous ceux qui pensent qu’en Californie on ne fait jamais rien d’actif.On appelle çà être “laid back” et ça déroute à première vue.C’est sans doute pour cette raison que les musiciens californiens ont si mauvaise réputation.On pense qu’ils se reposent tout le temps mais ils n’arrêtent jamais de bosser.Le nouvel album de Steely Dan peut, à première vue, donner cette impression-là.On se laisse prendre dans le mouvement, dans la danse et on s’amuse en se demandant bien ce qu’on a pu faire pendant les 2 1/2 ans qu’on a mis à la réalisation de cet album, sans doute leur meilleur (je déteste le terme, mais il dit ce qu’il a à dire).Parce que “Gaucho” çà se laisse écouter si facilement, avec tant de plaisir subtilement viscéral qu’on ne peut le voir comme un catalogue complet des meilleurs artisans des studios californiens.Avec la génération des artistes dits progressistes on a cru que le travail poussé ne pouvait venir que sur des suites d’accords démentiels, des solis impossibles à jouer, avec des rythmes qui demandaient 6 jambes et un ordinateur pour pouvoir danser dessus.Pas de plaisir dans la science, sinon celui de dire “wow”, impressionné par l’étendue du “savoir”.“Gaucho” se danse pourtant très bien; en fait on ne peut pas faire autrement que de se sentir bouger les pattes lorsque toute cette rythmique nous bouillonne dessous.L’art de Steely Dan consiste principalement à ne pas faire de distinction entre les plaisirs de la tête et ceux du “body”.Il faut donc faire un effort d’audition pour aller chercher toute la subtilité derrière chaque note, chaque accent tonique, puisque le groupe ne veut pas gêner ses auditeurs avec des démonstrations de la science du contrepoint.Pourtant le travail derrière “Gaucho” tient de la manie, de la passion compulsive pour le détail.Çà devient épuisant lorsqu’on se met à explorer un peu.D’abord, Becker et Pagen (les 2 seuls membres fixes du groupe) sont des maîtres mélodistes, de vrais maîtres comme l’étaient des gens comme Gershwin ou Cole Porter, leurs thèmes et les élaborations sur ces mêmes thèmes sont toujours parfaits, taillés au couteau, sans bavure; je ne charrierais pas en disant que chaque note d’une mélodie de Steely Dan a sa raison d’être.Une chanson comme “Gaucho”, avec toutes ses directions harmoniques, ses diminutions et son jeu audacieux entre deux modes n’est qu’un exemple des exploits du duo.Une autre belle démonstration de la création d’une atmosphère par mélodie interposée est l’admirable “Third World Man” qui han- choisi Rick Marotta (Linda Ronstadt) pour les moments dansants et plus rock alors que c’est le grand maître Steve Gadd qui officie dans les moments plus funky et sur les soutiens où la subtilité doit être équilibrée par une stabilité métronomique.La même préoccupation maniaque de l’accent juste a fait aller chercher Mark Knopfler (Dire Straits) pour tisser une sorte de tapisserie pointilliste de guitare derrière “Time out of Mind”.Tous les arrangements sont du même calibre depuis les beaux accents d’orgue de Fa-gen lui-même sur “My Rival” jusqu’à la présence attentive des cuivres de Torn Scott ou des frères Brecker.Chaque pièce est polie comme un bijou rare, on la cajole, on l’ha- 8 sleety dm te encore l’auditeur après que l’aiguille ait quitté le dernier sillon.Au delà de ces belles mélodies, Becker et Fagen ont le talent (et les moyens financiers) pour aller chercher les musiciens les plus compétents pour les interpréter.Cela ne veut pas simplement dire les musiciens les plus réputés, mis plutôt ceux dont le style ira le mieux avec la pièce.Je pense par exemple à “My Rival” où on a fait appel à la guitare mordante de Rick Derringer pour ornementer certains moments.Je pense à la répartition de la section rythmique, et en particulier des batteurs, d’une pièce à l’autre.Bernard Purdie un spécialiste des soutiens rapides fait culbuter certains moments de “Babylon Sisters” avec la légèreté qu’il faut; le gros style pompier de Jeff Porcaro (Toto) donne de l’enflure à la pièce titre; on a bille; on met des voix falsetto sur “Hey Nineteen”, un peu de piano jazz acoustique, très McCoy Tyner, sur “Glamour Profession”, on se gâte et on ne passe aucun détail jusqu’à l’admirable solo de guitare de Larry Carlton qui couronne “Third World Man” et qui est modulé soigneusement sur les accents toniques de la voix de Fagen.Peut-être un peu obscurcis par tant de maîtrise musicale, les textes sont pourtant du même calibre.Obsédés par une certaine séduction Hollywoodienne de l’artifice, Becker et Fagen ont peint à petites touches un portrait sans complaisance, bien que parfois désabusé, de leur monde.Les relations humaines prennent la première place sur ce canevas aux tons acides, contrastant avec la palette subtile des arrangements.C’est la séduction juvénile d’une Lolita dans “Babylon Sisters” où celle impossi-blement sans continuité de “Hey Nineteen”, l’univers orgueilleux du “dealer” dans “Glamour Profession”, les pique-assiettes de “Gaucho” qui meublent le monde un peu décadent des “artistes” à succès de cette ViRe-Lumière-Artificielle.L’écriture y prend des aises et séduit en faisant réfléchir.On va même dans l’exploration ambiguë du verbe (“Third World Man”) ou le fantasme éclaté (“Time out of Mind”).Mais ce qui reste le plus marquant dans cette nouvelle entreprise de Steely Dan, c’est la simplicité qui l’émaille de même que le “feeling” gardé au travers des élaborations complexes.A l’opposé de leur dernier, “Aja”, qui était un remarquable exercice de style, “Gaucho” se veut plus un objet complet, qui relève du grand public plus que de l’élite et qui ne fait pas de pied-de-nez à ceux qui ne comprennent pas les gammes tritoniques.Voilà pourquoi, sans suer, Steely Dan a tra-vaillé.“Live” ZACHARY RICHARD CBS oilà un disque qui, je le sens, sera négligé en ces temps de disette, et pourtant, c’est un des meilleurs produits locaux de ces derniers mois.Zachary Richard a un public d’inconditionnels et celui-ci est augmenté par les fans occasionnels qu’un hit comme “L’arbre est dans ses feuilles” a pu lui attirer.On ne sait pas trop où le classer, dans le rock ethnique ou dans la chanson exotique; on lui connaît un côté “fun” et danse, et un côté introspectif, parfois inconfortable tant il est intense (“brooding”).Zachary Richard est son propre homme et celà lui a valu certain désagrément; par contre “Live” est de loin ce qui le représente le mieux dans tout ce qu’il a enregistré.C’est un album puissant, riche et satisfaisant pour tous les appétits, des plus gros aux plus “fancy”.Enregistré au Club Montréal en septembre dernier, “Live” est l’aboutissement des dernières années de recherche et d’essai de Richard.C’est sur une scène qu’on le retrouve toujours le plus près de lui-même et il ne fait pas exception à la règle ici.Accompagné par le meilleur groupe de musiciens qu’il ait jamais assemblé autour de lui, il se donne au maximum.Il chante avec coeur, embarque sans réserve et prend des risques.C’est une performance avant tout et rien ne peut transmettre l’énergie çréatri- ce du bonhomme que ce moment où il se libère de l’image pour entrer dans le domaine du mouvement et de l’émotion; on retrouve toutes ses incarnations, depuis le baladin folklorique, jusqu’au maître à danser en passant par l’intellectuel-déguisé-qui-se-questionne.C’est un portrait complet, sur 4 faces où pas un moment n’est vide, pas une seule chanson ne paraît de trop.Par dessus tout, la qualité musicale et le son assomment par la plénitude.Les musiciens sont superbes, en particulier le guitariste Sonny Landreth et le claviériste Craig Légé qui vont chercher leur élan au fond du jazz et d’un rythm and blues qu’on croyait mort.La prise de son est au-dessus de tout reproche, la saturation des basses donne une impression de présence rare dans les pressages locaux.Zachary au maximum, à retrouver sans l’ombre d’une hésitation.“ Autoamerican” BLONDIE Chrysalis/Capitol «P e suis toujours un peu gêné en face des disques de Blondie.Je ne sais jamais où commence le 2e degré et où finit le 1er; jf ne peux pas déterminer vraiment où le groupe s’amuse et où il joue au phénomène culturel.La voix de Deborah Harry, par exemple, cette voix un peu impersonnelle parce qu’elle ressemble à celle des ordinateurs, mais aussi aux diseuses européennes de l’après-guerre, entre le chuchoté parce que c’est trop indécent et le forcené qui mène à l’extase de 15 sous.Cette voix qui a une identité parce qu’elle n’en a pas, se moquant d’elle-même, et n’articulant que ce qui lui fait plaisir d’articuler.Blondie c’est l’antithèse d’un Springsteen, délibérément identifié à sa race, à son environnement; Blondie c’est américain par hasard, mais c’est tout de même américain.Sur “Auto american” le groupe a voulu aller chercher une imagerie très cinématographique de son univers, comme Debbie Harry qui vend des jeans Murjani; le populaire designer, le mass-marketing- exclusif, voilà la vision de Blondie au-delà du polyester.Avec.“Europa” très Fritz Lang, le groupe annonce la couleur d’un oeil figé, panorama en 2D sur écran géant.“The Tide Is High” plus loin poursuit l’idée de la citation en allant chercher un classique du ska/country d’il y a un moment et en le traitant presque à la portoricaine.“Live It Up” est une pièce-à-danser, mais sans regarder nulle part, comme on le fait dans les caves d’une métropo: le; dansons froidement, “jet-settons” sous le béton.! Je poursuis parce que c’est fascinant cette façon de mettre l’énergie sur des glaçons, d’aller chercher dans le- pop cru des miettes d’information qu’on figera dans le silicone.Blondie c’est le Smithsonian Institute du néo-pop.“Angels on the Balcony’ ’ cite le psychédélique fin-sixties; “Go Through It” rappelle à la fois “Bonanza” et Bruce Springsteen pendant que “Rapture” parodie le funk parlé (“Rapper’s Delight”) suivi d’un faux blues-jazz plus vrai que l’original tellement les couleurs en sont évidentes.Au travers de cette glacière impressionniste, des moments où la parodie devient une marque de respect, montrant en cachette et en filigrane à quel point Blondie reste respectueux de la tradition d’où il est issu.“Here’s Looking at You” ne ressemble pas à une chanson mais à un vieux film de Bogart qu’on revoit toujours avec plaisir même si on trouve ça un peu kétaine au fond; et puis l’album se termine avec l’admirable “Follow Me”, la plus belle ballade de Lerner & Loe-we (extraite de “Brigadoon” je crois), et le plus près qu’on puisse se retrouver d’un “classique”; là-dessus, Debbie Harry, accompagnée par un synthétiseur qui fait tout pour ne pas ressembler à un orchestre de Broadway mais y ressemble parfaitement, est tout à fait fière de ses 34 ans et d’un passé américain.“Capitaine Nô et le Bing Bang Band” ^ CAPITAINE NÔ Disque Capitaine Mô u rock d’auteur, ça sonne un peu parado- _____ xal comme ça, mais a- vec le capitaine Nô, c’est remarquable et ça brasse en diable.Pour son premier disque depuis 5 ans, le Capitaine a décidé d’aller pêcher dans ses racines et de nous servir des tounes à brasser la maison; il nous garroche sans crier gare toute une face de rock’n roll graisseux à souhait, de quoi déniaiser les plus gênés dans les partys de sous-sol.Musicalement il a choisi la voie de la simplicité, ça sonne bien, ça sonne “live”, la rythmique est soutenue et les so- + + + + H \+ + + + + I + + + + + + + + + + + + +- + + + -I- + + -I- + + + H:—- + + + + + + + jL— -" a te conC /Lc-BoçK in O11 su IV ootlW*utl'OCK a auX ParU" .OOSCOVW {esSionnels 0ipat&8 ' on fiction, ficfi»*’ ^ ristiques) (MOaes â® - V"18" environnent61" e“ïnotoêr«>"ie (S‘U ' ’ ire une oeu- Lnsvuneouia" les oeu- Dans la cate&, dépassé vres ne ^rori n0ws” (couleur 18 ies^'i1"15"*41?devront être P^tssant o^Æl^n—645 WOsTtor»at W * 1° - nt tre catégorie.re le 1er J ^ reraise- été réalises limite P°u tournée à son ^ùeune1^1^: rpropr^ ^ÏÏe^ent \ te droit de pu^ leuTS auteu^.^ àans cnaque q^jébEc‘r éditeurs- Dliées par 'J Tétion des doUars d I ^ue-oinq-cent, ^6tre aooo.- ^le Cfinqn® a participation?our êwe 0on- bulletin d JutBEC-BOCXP -~~ gazineQu _ „v-r,Yvc,es du 3 __—_ + + + + + + ma^ sidéré par les .emdres du jury • Catégorie:- Titre de l’oeuvre:- Nom de l’auteur:- Adresse:______________________ Ville:_______Code Postal______ Province:___________Tél- I Signature:______________________ I (Date limite des participations: ^COMMUNICATIONS H & L INC.C.P.11.5, SUCC NE PAS REMPLIR LA PARTIE OMBRÉE NT r» “ Remarques: 30 avril 1981) lis sont essoufflants.L’instrumentation est dépouillée mais elle va chercher ce qu’il faut, et paradoxalement elle ne fait pas rétro ou historique, le son vient du coeur, et du présent.On ' trouve des “bijoux” partout; “La p’tite Chamber-land” est un pur chef-d’oeuvre, un peu sexiste mais tellement évocateur, qu’on en vient presque à vouloir connaître cette petite adolescente précoce; “Mont-Laurier”, adaptation sommaire de “Purple Haze”, est lourdement prenant, accouchant d’images où se mêlent le sordide et un certain humour typique aux musiciens de “clubs”; “T’sé veux dire” est l’exemplification parfaite des limitations de la langue hip québécoise et de sa dépendance sur les proverbes et les lieux communs.Le Capitaine a perfectionné cette façon merveilleuse qu’il a de chanter en créant de nouveaux personnages à chaque fois qu’il se sert de sa voix, cela donne un monde infiniment vivant qui ne cesse de bouger et de vous chàïrier avec lui.Une seule réserve me vient et c’est au sujet de la face 2, une pièce conceptuellé intitulée “Ville de rien” et qui va chercher dans l’humour absurde, les histoires de taverne et un scénario de western spaghetti de quoi dérider l’auditoire.À la première audition on rit un peu, surtout à cause des personnages que le Capitaine met en scène, mais à la longue le concept s’évente et on ne trouve plus ça très drôle.Malgré tout, le Capitaine Nô a des leçons à donner à Corbeau et autres bébittes à rock.“The Nature ot the Beast" APRIL WINE Aquarius “Avoid Freud” ROUGH TRADE True North “Back on the Streets" DONNIE IRIS MCA 'est curieux comment, j au moment où tout le I monde prêche l’originalité et l’inédit dans l’élaboration du rock, une grande majorité d’artistes s’attachent à reprendre des clichés, des formules ou des recettes connues lorsqu’ils écrivent leurs tounes.En fait, c’est de plus en plus une question de pose, de modes et d’un attachement à !¦¦¦¦¦ Vi nu t?a n ;7.n ¦¦ a ;a kstj: Paul, Perreault & Mélançon Denis-R.Paul Avocat "agent, démarqués de commerce" 45, St-Laurent, 1671, St-Denis, bureau 2, Louiseville, Québec, Montréal, Québec, J5V 1J5 H2X 3K4 (819) 228-5529 (514) 866-6088 l’accessoire qui font dégringoler la qualité des produits endisqués.J’ai choisi 3 exemples bien différents de rockers pour montrer un peu des hauts et des bas de la vie des divas de strass électrique.D’abord, April Wine, ce groupe Montréalais qui après 10 ans d’existence est en train de se tailler une large part du gâteau ici et en Europe.Si je ne m’abuse, “The Nature of the Beast” est le 12e album du groupe si on inclut une compilation parue en 1978.Le dernier disque, “Harder, Faster”, était une galette “hard rock” qui manquait de caractère bien qu’elle débordait d’énergie.Le nouvel album reprend un peu du poil de la bête si vous voulez me passer l’expression.En effet, sur “The Nature of the Beast”, April Wine a délaissé la pesanteur en faveur du swing.Peut-être incité par la vague “dance music” le groupe s’est libéré des contraintes limitantes du “heavy metal” qui lui semblait peut-être nécessaires pour conquérir l’Amérique, et a repris l’élan des tounes précédant “First Glance”.Il faut savoir à priori qu’April Wine est en fait le véhicule exclusif de l’auteur-compositeur-chanteur soliste-guitariste Myles Goodwyn et que celui-ci semble de temps en temps en panne d’inspiration, ou du moins curieusement limité.Pourtant, à son meilleur, Goodwyn est un excellent compositeur, produisant des chansons bien léchées qui sont très bien adaptées à sa yoix un peu juvénile et délicate.Derrière lui le groupe s’efforce de donner de la vapeur.Comme April Wine est un “guitar band” avec 3 guitaristes solistes se partageant l’avant-scène, l’accent est souvent mis sur les grosses séquences d’accords pesants et les remplissages spectaculaires de guitare sursaturée.Pour ne pas dénaturer le swing ardent et organique des chansons de Goodwyn, cela prend un certain doigté et un sens de l’équilibre certain.Si cela manque de temps en temps au groupe, “The Nature of the Beast” reste un bon exemple de ce qu’April Wine peut faire.Le problème reste toujours dans les moments où le groupe assassine son swing à coup de lourdeur, coup sur coup, assommoir après assommoirr De Montréal, passons à Toronto où Rough Trade abuse de ce qui autrement aurait pu être une bonne chose.Rough Trade c’est surtout Carol Pope et Kevin Staples, deux auteurs-compositeurs assistés de 3 autres musiciens.Rough Trade c’est également la mythologie du cuir noir et du fouet de la dominatrice.C’est très “in” dans certains cercles et ça fait tout pour suivre la mode.Malheureusement Rough Trade en fait trop et abuse d’une imagerie qui autrement pourrait être comique.Carol Pope chante extraordinairement bien, avec une voix de mezzo très masculine.Cela lui va très bien pour incarner le genre de personnages “louve des SS” ou “lesbienne sur la brèche”; cependant, ce genre de grand guignol me semble un peu passéiste et dépourvu d’une capacité à passer des émotions.C’est malheureux, parce que lorsque le groupe fait de la balade ou des chansons un peu Broadway, un peu Kurt Weill, la voix de Pope, l’écriture musicale et les accompagnements créent un jeu d’atmosphères fascinant.Mais les contingences de la mode émasculent les fondements de ce qui ferait de Rough Trade un excellent nouveau groupe.Sur “Avoid Freud” on a été jusqu’à rajouter (c’est le mot, ça se sent) des pièces très “New-Wave-R;obot-Outrage” pour faire dans le ton, ce qui est déplorable.Finalement, un illustre in-connui Donnie Iris, (alias Danny lerace, auteur-compositeur maison chez MCA et ex- membre du groupe pop The Jaggerz).Surprise! Le premier album solo de Donnie Iris, “Back on the Streets’’ est bon.C’est du rock bien rempli, juste assez lourd, swingant à souhait, avec des élans vocaux qui séduisent et accrochent.Un humour sardonique traverse le disque de part en part, corrosif à souhait et bien ajusté au rock qui le véhicule.Cependant, monsieur Iris (ou lerace) pêche souvent par excès de cet humour, enlevant une certaine crédibilité à ce qu’il fait en parodiant tout et lui-même par-dessus.Cela reste tout de même, dans l’anonymat du rock actuel, un disque intéressant.“Bilan” BRAULT ET FRÉCHETTE Apex n petit mot en passant au sujet de la compilation Brault-Fréchette qu’on vient de sortir.Voilà peut-être de quoi offrir à qui aime les chansons qu’on peut chanter souvent, au bord d’un feu de camp ou en lavant la vaisselle; ça plaira sans doute à papa comme à tante Hortense ou au petit dernier qui fredonnait l’été dernier “Chante-la ta chanson” en duo avec Jean Lapointe.En fait, sur cette compilation, Apex a voulu mettre les plus gros hits du groupe, ces petites bluettes accessibles et simples qui ont assuré au groupe un gros succès provincial.Malheureusement on n’a pas inclus les belles chansons que le groupe a faites, les vraies productions de marque qui ont fait de Brault-Fréchette un groupe qui tranchait sur les autres.Ce curieux mariage entre un auteur-compositeur très prolifique et un virtuose des instruments à vent a donné des choses intéressantes autant que des trucs faciles mais populaires; sur cette compilation on a préféré jouer la carte commerciale.Tant pis, les chansons accrochent quand même, mais elles pourraient appartenir au répertoire d’Angèle Arsenault autant qu’à celui de Brault-Fréchette.Une petite mise en garde: la compagnie de disque n’a pas cru bon de mettre les titres sur la pochette ce qui pourrait faire croire à l’acheteur éventuel que “Bilan” est un disque inédit, ce qui n’est absolument pas le cas.“Never for Ever” KATE BUSH EMI/Capitol coûter un disque de Kate Bush c’est un peu comme entrer dans la chambre parfumée de lavande d’une petite fille à l’imagination fertile.C’est en même temps indécent et curieusement fascinant.“Never for Ever” remet en scène la même petite fille que sur “The Kick Inside” comme personnage principal d’un récit à la Lewis Carroll où la perversité est compensée par l’innocence.Cependant Bush ne s’est plus contentée de raconter des histoires bizarres, elle s’est impliquée dans l’énoncé et le fondement, on la sent partout et pas seulement comme une voix, mais comme une présence.Par le passé, Kate Bush se présentait comme une interprète, un peu particulière, de fantasmes cachés.Sa voix, qui jonglait avec les tonalités, impressionnait et fascinait mais en même temps ressemblait à un bel instrument curieux et froid auquel on n’ose pas toucher.Elle semblait curieusement détachée de tout ce qu’elle faisait et on trouvait que cela faisait moderne comme les puzzles glacés de Mike Oldfield ou les délires intellectuels d’un Magma.Depuis que Peter Gabriel a prouvé qu’on pouvait être moderne et chaleureux, une nouvelle exigence a fait jour dans l’énoncé de l’expérimentation, celle du coeur.C’est pourquoi “Never for Ever” montre enfin une Kate Bush en pleine chaleur, tout à fait incarnée, puissamment colorée, qui dépasse de loin tout ce qu’elle a fait jusqu’ici.Touchante lorsqu’elle parle de nos espoirs (et les siens) face aux rôles familiaux (“Ail we ever look for”) vulnérable à l’extrême, frôlant la fragilité dans “The Infant Kiss” ou naïvement espérante face à l’au-delà quand elle parle des musiciens décédés dans “Blow Away”, Kate Bush s’est libérée de sa réserve à parler d’elle-même.En même temps elle a gardé sa capacité d’évoquer les esprits et de hanter au travers les imageries les plus diverses; “Egypt” ou “Violin” la voient passer de la tendresse émotive à l’expression violente d’une passion abstraite; “Army Dreamers” la voit jouer de l’humour cynique alors que “Babooshka” joue de la séduction perverse que seules les petites filles de bonne famille savent exercer.Musicalement tout est à l’avenant, mais en particulier ces arrangements de cordes frétillantes ou frémissantes qui apparaissant à droite et à gauche, chatouillent le bout des oreilles; en particulier aussi ce merveilleux synthétiseur digital, le Fairlight, qui peut tout faire et qui le fait admirablement bien ici.Bush s’est également permis de faire des trucs plus rythmés, plus solides qui s’asseoient directement dans la boue, qui plongent d’un coup dans l’eau froide.“Violin” est un chef d’oeuvre qui délire, désire et vire le vent.Des voix Tous les soirs de 21 h à 2h30.Lundi fermé.230 OUEST NOTRE-DAME MÉTRO PLACE D ARMES tél.: 842-4996 999 Du Collège tél; 933-3633 Inc.lé exclusif au Canada d'impression fini velours (Flockage Electro statique) Spécialiste en articles de promotion au service des plus grandes discothèques du Québec SPÉCIALITÉS — T-Shirts, blousons de satin, sweat shirt - Foulards, visières, casquettes — Plaques d’auto, présentoirs DISQUES et ÜURES USAGÉS 3694 3850 st-denis Wellington Montréal, 849-1913 Verdun, 761-7457 L’ECHANGE Acheté et vend au meilleur Prix 49 aussi, bien sur, ies siennes.des instruments curieux, de la tradition ou de l’électronique.d’un bout à l’autre de la magie, de la chaude magie.“Mandeville” GASTON MANDEVILLE RCA n pourra reprocher à Gaston Mandeville de _____chanter comme Richard Séguin, de parler un peu des mêmes choses qu’Harmonium ou d’utiliser un peu l’instrumentation de Cassonade.pourtant per- sonne ne pourra lui trouver un vrai défaut de fond.La raison?Mandeville est le premier de sa vague, le seul pour l’instant à avoir relativement réussi à prolonger la tradition du chansonnier jusqu’à sa génération.Le premier disque de Mandeville est encore le meilleur exemple d’une oeuvre qui a bénéficié de l’expérience des aînés.Mandeville parle intensément des choses qui font cliquer les moins de 25 ans en 1981, il le fait pourtant sans les aphorismes de Séguin ou la lourdeur d’harmonium.Le cumul d’influences a aidé chez lui à tracer une ligne claire, épurée par les difficultés de ceux qui sont venus avant et que Mandeville semble avoir comprises organiquement.Il a su faire de la mélodie là où Séguin compense par l’arrangement et sa superbe voix, il a réussi à parler de trucs existentiels sans s’enfarger comme Harmonium dans la cosmogonie et des RESTAURANT L’EAU A LA BOUCHE 3011 bojl.Ste-Adèle (Rte 117).Ste-Adèle — Tél.: (514) 229-4151 '5 ' .boutique de y vêtements anciens dentelles confections wsm ¦ntôt, le vêtement de dansU 3607 rue Saint-Denis Montréal.849-0763 770 rue Saint-Jean Québec.522b216 concepts trop compliqués; il a des mots aussi accrocheurs qu’un Robert Paquette mais sans la naïveté ou le simplisme; ses chansons vont rejoindre l’énergie de Cassonnade ou Dubois mais sans le fatalisme.Les comparaisons s’imposent parce que tout le monde de “l’autre” génération ne pourra s’empêcher de les souligner pour se défendre dans son bastion.J’ai été accroché par Mandeville même si je ne m’y attendais pas, le produit récent ne m’inspirant pas.Ce qu’il fait est efficace et senti, porte bien dans l’oreille et va chatouiller suffisamment de PAR DENYSE BEAULIEU “Visage” VISAGE Polydor B’anciens membres de Ultravox, d’un ex-Ma-gazine (Dave Formula), on ne pouvait s’attendre à autre chose: des synthétiseurs comme si ça se vendait à la douzaine, des rythmes feutrés, parfois discoïdes, tout l’attirail de la musique eu-rosynthé tique.MiwmuttiuÊtëÊÊÊÊii Sur la pochette, un couple en tango: n’attendons pas Bryan Ferry, mais la musique de Visage, comme celle de tous les groupes qui lui ressemblent ou se réclament de Ultravox, de près ou de loin, se fond autant que le tango sur un romantisme facile et superficiel qui s’accorde à l’époque.Au temps de Valentino on parlait de passions brûlantes au son des violons, ce qui ne trompait que les midinettes.En cette époque moderne, l’inspiration vient, non plus des pays latins, mais de la mère-patrie de Kraftwerk, et le romantisme moderne en est un de mécanique, de voyages et d’aliénation.Même refrain en fin de compte.Eno savait-il ce qu’il faisait en disant “Music for airports”?Visage s’écouterait très bien à Heathrow, Mirabel ou Charles-de-Gaulle, comme musique de fond.“Kaleidoscope” SIOUXIE & BANSHEES Polydor iouxsie, on la surnomme en Angleterre la __ “Ice Maiden”, la fille de glace.Beauté dure, visions racines pour évoquer.Il a encore des maladresses mais elles sont largement compensées par le talent.Ce sont-là de belles chansons, quelques-unes exceptionnelles au niveau de la structure et la mélodie (“Une poussière de plus”, “Y’avait l’soleil”), les textes ne piétinent pas, ne s’essaient pas à plus qu’ils peuvent.Mandeville est un bon instrumentiste et un bon arrangeur, il chante fort bien même s’il évoque Séguin (qui est un peu le père de la “voix” de la jeune chanson) et a de l’énergie et du coeur à revendre; que demander de plus?.pessimistes, aliénation, folie.Le groupe, qui a existé sous formes diverses depuis le début du punk (où Siouxsie saisit le micro pour gueuler le Notre Père, accompagnée par des non-musiciens produisant un vacarme atroce), les Banshees savent parfois faire de la musique remarquable, et ont développé un style extrêmement personnel.Ils ont su donner le traitement de choc à “Helter Skelter” sur leur premier album et c’était magnifique de rage et de froi- deur.“Kaleidoscope”, qui est leur troisième disque, contient quelques bijoux: “Christine”, “Happy House”, qu’on a pu entendre souvent au Blues, et qui refusent obstinément de quitter la tête après quelques auditions.Du pop pour pervers.Mais ce style si spécifique tourne malheureusement parfois à une collection de maniérismes.Le Woooaooooh en decrescendo de Siouxsie revient dans presque tous les morceaux et la guitare en scie électrique déraillée ne prend plus trop de risques.Autrement dit, ils se répètent un peu.L’erreur est pardonnable, car le groupe a perdu presque tous les musiciens qui avaient participé aux deux premiers albums.Ou l’est-elle?“Kaleidoscope” est en fin de compte plus accessible que “The Scream” ou “Join Hands”, s’écoute très bien mais ne stimule pas ceux qui ont connu le groupe à ses meilleurs moments.Sauf que “Christine” est une chanson superbe et que, en fin de compte, j’aime beaucoup l’al- bum.^ top 40 i DOUBLE FANTASY John Lennon Yoko Ono / GEF 2 ZENYATTA MONDATTA The Police/A & M 3 GREATEST HITS Kenny Rogers/CAP 4 THE RIVER Bruce Springsteen/CBS 5 HOTTER THAN JULY Stevie Wonder/MOT 6 AUTOAMERICAN Blondie/OHR 7 FOOLISH BEHAVIOR Rod Stewart/WEA 8 EN FLÈCHE Diane Tell/POL 9 GAUCHO Steelv Dan/MOA 10 TRUE COLOURS Split Enz/A&M 11 GUILTY Barbra Streisand Barry Gibbs/CBS 12 THE GAME Queen/WEA 13 CELEBRATE Kool & Gang/POL 14 GREATEST HITS Doors/WEA 15 L’ALBUM Plastic Bertrand/CBS 16 BACK IN BLACK AC/DC /WEA 17 SCARY MONSTERS David Bowie/RCA 18 CRIMES OF PASSION _Rat Benatar/CHR 19 MARIE-MICHELE DESROSIERSMarie-Michèle Desrosiers/CBS 20 SHAVED FISH John Lennon/CAP 21 NEVER FOREVER Kate Bush/CAP 22 PARIS Supertramp/A&M 23 TEL QUEL Claude Dubois/CBS 24 1967-1970 Beatles/CAP 25 GREATEST HITS/LIVE J3eart/CBS 26 RETOUR DE JOHNNY FRISSONFrancoeur/KD 27 1962-1966 Beatles/CAP 28 “LIVE” Eagles/WEA 29 REMAIN IN LIGHT Talking Heads/WEA 30 “LIVE” Zachary Richard/CBS 31 ROCK BOTTOM______________Offenbach/CBS 32 MAKING MOVIES__________Dire Straits/MER 33 CAPT.NO & BIG BANG BANDCapitaine No/TC 34 NATURE OF THE BEAST_____April Wine/AQU 35 EN TOURNÉE_____________Harmonium/CBS 36 ARC OF A DIVER______Stevie Winwood/WEA 37 FACES_____________Earth Wind & Fire/CBS 38 HAWKS AND DOVES________Neil Young/WE A 39 YESSHOWS________1__________ Yes/WE A 40 FOLK OF THE 80’S__Men without hats/MWH CETTE COMPILATION EST EFFECTUÉE PAH LE SERVICE DE RECHERCHE ET D’ENQUÊTE DE QUÉBEC ROCK ET N’EST PAS NÉCESSAIREMENT BASÉE SUR LES VENTES» UCT EL de LA SALLE 1240 rue DRUMMOND Tel: 866-6492 Montreal LE FAMEUX ryaKitty~yakr et son groupe endiablé “rccke-rcll” Du mardi au dimanche concoui^s de danse et déguiseijnent avec prix.' Leçons , de danse Les mardi et les mercredi Danse JT CHANTEZ EN GROUPE AVEC NOS CHANSONNIERS TOUS LES SOIRS bar FM Là où la distinction prime ORCHESTRE DE MUSIQUE “ Soft Rock” du jeudi au dimanche 1236 DRUMMOND Montreal 88 laudio PAR DANIEL A.VERMETTE “ROULER LES OREILLES AU CHAUD” “Avec l’hiver qu’on a, pour pas paniquer dans l’tra- fic on est ben mieux de s’équiper de bonnes chaînes.stéréophoniques” (parole célèbre d’un automobiliste inconnu et anonyme — en plus!! —).C’est souvent risqué (du moins à mon avis) d’exposer aux rigueurs de l’hiver, même si on est réputé pour avoir le sang chaud et le tempérament bouillant, son frêle corps aux propriétés calorifiques insuffisantes (la poésie m’étreint).On devrait plutôt s’en remettre au radiateur de notre véhicule motorisé qui, lui nourrit la chaufferette qui elle nous procure une chaleur bienfaisante.À partir du moment où nos oreilles sont dégelées on peut avec un large sourire béat voguer au gré des sonorités magnifiques issues de la nouvelle radio récemment acquise (c’est d’ailleurs prouvé que dans la msgorité des cas, le sourire est proportionnel au prix payé).Une révélation scientifique de cette envergure a d’ailleurs poussé Québec Rock à présenter à son public avide une série de radios d’auto pour tous les goûts et les bourses (on a d’ailleurs découvert par la suite et avec étonnement que ces mêmes composantes peuvent servir en été!!!.et le plaisir continue._ CZ-747 TUNE -^«SEArtCH ?ON-VOL pro I nQGKgfSirsr] AUTO WgVERSe f i n r n I U U.i v , out AUDIO CCVPONWTÎ AUTOOAO^tf» MCTAV CtSPC OFAOE!» STEREO o-TREBLE OBASS MITSUBISHI CZ-747 e haut de la ligne et la fierté chez le fabricant japonais Mitsubishi, la radio d’auto modèle CZ-747 présente une gamme de performances très intéressantes pour 1’audiophile routier aux oreilles savantes.Il faut d’abord souligner que le CZ-747 ne contient pas d’amplification directe et a été conçu selon le principe des chaînes stéréophoniques domestiques sophistiquées: les modules interchangeables; on peut donc à sa guise rajouter l’amplificateur de son choix et tout autre composant additionnel.Parmi les traits caractéristiques notons: une sortie à bas niveau par des connecteurs de type DIN pour un rendement silencieux et efficace; affichage digital de l’heure et des stations radiophoniques (localisation et verrouillage au quartz de grande précision et stabilité); contrôle automatique d’intensité lumineuse de l’affichage au quartz selon la lu- mière ambiante; 5 commutateurs permettant la programmation au préalable (mémoires) d’un total de 10 stations radiophoniques (5 stations AM et 5 stations FM) accompagnés chacun d’une diode électro-luminescente verte (en fonction ou non); localisation automatique (auto-search) ou manuelle des stations radiophoniques; système amélioré de réception FM et verrouillage DX/LOC empêchant les interférences et parasites indésirables; circuit de réduction de bruits de fond DOLBY1™ aussi bien au FM que sur le magnétocassette; commutateur de sélection de polarité pour bandes GROS ou métalliques, tête en alliage “sendust”, “auto-reverse” et verrouillage des vitesses rapides avant et arrière; contrôles séparés des fréquences basses et hautes; volume et balance pour système à 4 hauts-parleurs et enfin, prises diverses pour raccords situées derrière l’appareil.La compa- gnie MITSUBISHI offre égale- ment une ligne complète de composantes audio d’auto du simple récepteur aux enceintes acoustiques en passant par l’amplificateur de puissance et l’égalisateur graphique passif.Prix suggéré du marchand pour le modèle CZ-747: $699.95 MELCO SALES OF CANADA INC.900C Denison street Markham, Ont.L3R 3K5 Tél.: (416) 49S-7728 F ULL AUTO E.JFCf > j.t oicPEO____ SANYO FT CIO ne radio AM-FM couplée d’un magnétocassette avec amplification incluse, le modèle FT CIO semble très populaire chez le consommateur moyen.Il offre un affichage numérique des stations radiophoniques et de l’heure (DEL), l’éjection automatique des cassettes, synthonisation précise réglée au quartz et quelques autres petits avantages.On voit par les données techniques que l’appareil n’en est pas un de qualité supérieure mais la popularité dont il jouit indique cependant clairement qu’il répond à un besoin du consommateur.Amplificateur: 4 ohms, réponse 100HZ à 20KHZ, 2.6 W/canal avec 10% de distortion harmonique totale; platine magnéto-cassette: signal/bruit de 50DB, pleurage et scintillement 0.1%, séparation des canaux 35DB; bloc d’accord FM: sensibilité 20.8dBf, séparation des canaux 30DB à 1KHZ, sélectivité 55DB.SANYO offre sur le marché de l’audio mobile une gamme complète de produits pour 'tous les goûts et les bourses.Prix suggéré du marchand pour le modèle FT CIO: $269.95 MAONASONIC Canada Ltée 8191 Ch.Montview Montréal, Québec H4P 2L6 Tél.: (S14) 342-0290 VOLUME TONE puSm «aO'O PULL BALANCE PiONeen CDE-E > LOCAL MU TE CVO / n Z< L I U J J @ ® (5) © © FM MONO TUN -Sr STEREO PIONEER KE 5000 n super récepteur super sophistiqué” af- _____firme PIONEER, d’un ton fier et maternel.Évidemment le modèle KE-5000, l’enfant prodige de la grande firme de Tokyo présente tous les avantages d’une radio de grande classe.On y retrouve l’affichage digital de l’heure et des stations radiophoniques (verrouillage au quartz), 10 mémoires programmables (5 stations AM et 5 FM), la synthonisation par balayage (scan) des stations radiophoniques, la répétition automatique de la lecture des cassettes et/ou l’éjection automatique, un système de réduction de bruits de fonds D0LBYtm dans les sections magétique et FM, un sélecteur de bande (CR02 ou métal), un commutateur de sourdine FM (ne laisse passer le signal que lorsque la synthonisation est parfaite) et enfin un commutateur local/distance permet- tant une meilleure localisation des stations radiophoniques AM et FM.Pour ce qui est des données techniques, le KE 5000 se défend bien; on peut citer sa puissance de sortie maximale de 5.5 W/canal à 4 ohms avec une réponse de fréquences de 50 à 15,000 HZ et pas plus de 5% de distortion harmonique totale, 0.28% de pleurage et scintillement et 53DB signal/bruit.La compagnie PIONEER, installée depuis longtemps sur le marché de l’audio dans le monde entier s’est acquis avec le temps et le talent un grand bassin de consommateurs et la grande variété de -produits en vente actuellement leur confirme cette place.Prix suggéré pour le modèle KE 5000: $449.95 S.H.PARKER co.67 Lesmill Rd.Don Mills Ont.MSB 2T8 Tél.: (416) 445-8530 BLAUFUNKI BERLIN 8000 • BlAUPVHKT itMJPUMKT LtVtl fAOtP THt8LE BASS 8 Ai A WCt 00» e Berlin 8000 — on de-vine facilement les racines germaniques — est un système ou plutôt une chaîne stéréophonique complète de grande qualité et d’une beauté esthétique de classe.Le système se divise en quatre composants distincts.1- l’unité du récepteur qui contient tous les circuits du récepteur.Le bloc peut être installé n’importe où, surtout là où il ne dérangera pas (dans le coffre arrière si on veut) car en aucun temps on a à y recourir.2- l’amplificateur de puissance, que l’on installe lui aussi dans un endroit pratique et discret et qui délivre une puissance de 20W/canal pour chacun des 4 canaux du système (total 100 Watts).3- le magnétocassette encastrable dans le tableau de bord qui présente toutes les caractéristiques de composants de grande qualité: polarisation pour rubans métalliques, “auto-reverse”, balance, tonalités et volume etc.avec en plus le SALS, un contrôle automatique du volume de sortie sensible à l’intensité du bruit ambiant à l’intérieur du véhicule.4- le module de contrôle de conception très spéciale s’installe là où il apparaît le plus pratique et son long manche flexible permet au conducteur de le manier sans changer sa position de conduite.La forme du module épouse parfaitement la main et les différents contrôles (mise en marche, volume, sélections des stations etc.) sont à portée des doigts.Le système Berlin 8000 demeure un achat substantiel imposant mais représente une formule qualitative fort impressionnante.BLAU-PUNKT est un spécialiste de la radio d’auto et cela dans plus de 116 pays à travers le monde; c’est un signe.Prix suggéré du marchand pour le système BERLIN 8000: $1,795.00 ROBERT BOSCH (Canada) ltd.6811 Century av.Mississauga, Ont.L5N 1R1 Tél.: (416) 826-6060 93 38 ÏJ3 108 CLARION 751B ne des premières préoccupations de CLARION semble la réalisation d’appareils permettant une meilleure diffusion radiophonique (cause noble et justifiée).Dans les récents modèles de récepteurs, la compagnie développe plusieurs procédés favorisant la réussite de tels objectifs, procédés regroupés sous le surnom de “Magi-Tune”.D’abord, un nouveau circuit le SASC réduit considérablement le bruit de fond en ajustant automatiquement le degré de séparation des canaux à son point optimal en conservant toutefois l’image stéréophonique ce qui rend les régions de faible signal moins, bruyantes.Ensuite, pour les régions où le signal est très fort (certaines stations FM) et les risques d’interférences plus probables, on a installé dans le récepteur deux circuits “MOS FET” afin de normaliser la récep- tion et de réduire la distortion intermodulatoire.Le problème de stabilité a aussi été pris en considération par l’installation d’un filtre à bande étroite qui assure une meilleure sensibilité et une constance de réception.Enfin un système de verrouillage par une diode permet une plus grande définition de la bande passante.Le “Magi-Tune” fait partie du modèle 751B et du tout récent 751C qui accepte lui les rubans métalliques et est pourvu de sorties permettant le raccord d’un égalisateur graphique.Ces modèles de récepteurs, avec 12 Watts/canal à 4 ohms et leur bande passante de 30 à 15,000 HZ représentent un investissement intéressant dans l’audio mobile.Prix suggéré du marchand: 751B: $479.95 — 7510: $489.95 CLARION Canada Inc.1401 Meyerside Drive Mississauga, Ont.LST 1G8 rZiTTii ¦MlOKtl Slock No.J1166 OiCFFkOUKj™ 100 KM 108 fii«mi_«mi»imi iiNiiimumuiiHiiuiioGli 0 XX) 123140 KO KHyl 'i 54 so 7o
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