Les cahiers des Compagnons : bulletin d'art dramatique, 1 août 1946, Août-Septembre
:1- ; .; (r ¦ l J ( LES CAHIERS DES Reportage de Marcel Raymond Un Canadien d Paris —1945 Volume II - Numéro 4 Août - Septembre 1946 LES CAHIERS DES MARGES DU COEUR par EMILE LEGAULT, C.S.C.S Les Compagnons ont franchi il y a quelques mois une étape stratégique : installation à Vaudreuil de la compagnie, organisation concurrente d‘une saison dramatique à Ottawa, à Québec, à Montréal, rayonnement en Nouvelle-Angleterre, Boston, Manchester, Lowell, Woonsocket., etc.Il n’y a pas à dire, « ça barde ».Mais précisément parce que « ça barde », nous ne sommes pas au bout de nos peines.Les Cahiers ont subi le contre-coup inévitable d’un boulot nombreux et presque débordant.Cependant nous tenons le coup et nous espérons 65 bien qu’avec la livraison cfe janvier 1947 tout se sera stabilisé.Il y aura sans cloute encore quelque flottement dons la périodicité puisqu'il faut compter avec l'embouteillage des imprimeries.Mais au moins nous livrerons dans les Cahiers une substance plus spécialisée/ à côté d’articles de portée générale.?Maurice Blain devient responsable des Cahiers, sur le plan édition, administration et propagande, sans préjudice de certaines interventions sur le plan rédaction.Maurice est un familier de la chose dramatique.A l'Externat Classique de Sainte-Croix, il fréquentait les coulisses, sous l'égide du Père Saint-Aubin, c.s.c.J’ai nettement l’impression qu’il a contracté le virus, lui aussi.Il s’est surtout donné une information singulière et nous sommes bien heureux de lui offrir une tribune rayonnante.?Maurice Chartrand, de son côté, est devenu, il y a peu, notre administrateur-gérant.Peut-être ne soupçonnait-il pas l’amplitude du travail ; notre affaire grossit, devient adulte.Et ce n’est pas une mince besogne que d'assurer la bonne marche d'une ccmpcgnie drcmctique.Il faut avoir « le nez dessus * pour le savoir.En tous cas, Maurice est bâti en force et il a du coffre ; ses études de droit et ses études post-universitaires à l’Ecole des Hautes-Etudes Commerciales l'ont admirablement préparé à servir notre mouvement.Un détail qui ne manque pas de saveur : Maurice Chartrand a connu les Compagnons au Séminaire de Sainte-Thérèse, à l'occasion de nos représentations la-bas.Le sympathique abbé Ladouceur qui nous y appelait périodiquement, ne soupçonnait sans doute pas qu’en réclamant, pour mousser l’organisation, le concours de l’élève Maurice Chartrand, il nous préparait pour une échéance plus ou moins lointaine un précieux collaborateur.Les deux Maurice nous ont été préparés par des éducateurs de nos amis ; je ne vois pas là une simple coïncidence.Les Ccirpccrcns réussirent, centre vents et marées, parce qu’ils répondent, en dépit de leurs lacunes, à une préoccupation humaniste et spirituelle.Des éducateurs nous en témoignent à leur façon, sans jauger peut-être l’encouragement que cela nous apporte.Un encouragement dont nous avons un sérieux besoin.Je vais le répéter, pour la dixième fois sans doute : ce n'est pas une tâche facile que de creuser un sillon dramatique au Canada.Pas plus au Canada qu’ailleurs ; pas moins.Je ne parle pas de la carrière commercialisée que je ne connais pas et qui m’indiffère complètement.Je parle de cet effort, cent fois recommencé, pour réacclimater la poésie à la scène, pour inviter les gens à cet engagement plus ou moins profond qu’implique le théâtre d’art.Le cinéma nous a gâtés tragiquement sur ce point.Sa concurrence redoutable n’est pas d'ordre esthétique : cinéma et théâtre pourraient très bien co-exister et s’entraider.Mais le cinéma « passe-partout et facile » à la manière ordinaire d’Hollywood est une prime à la paresse intellectuelle, une invite constante à la stérilité de l’esprit; c’est parce qu’il anesthésie le cerveau qu’il est dangereux.Aussi bien, il me semble que chaque auditeur qui passe à nos guichets est une conquête sur la facilité.Et je sens toujours une immense sympathie pour ceux-là qui nous apportent, davantage que la solde de leur billet, la protestation de leur fidélité à l’esprit.?Notre compagnie a perdu un artisan précieux en septembre dernier : Jean Gascon, boursier en art dramatique du Gouvernement français.Jean est à Paris depuis un mois, pour de longues études en art dramatique.Il épousait avant son départ Mimi Lalonde qui fut des Compagnons pendant quelques mois : la savoureuse Remette de notre « Jeu de Robin et Marion ».Je n'ai pas vu partir Jean sans un singulier pincement au coeur.Nous perdions un interprète de grande classe (il est à mon sens le plus splendide comédien de la jeune génération), Nous perdions surtout un type singulièrement attachant.Un comédien se remplace, surtout dans notre compagnie comme (a nôtre où le poids du spectacle repose sur l’équipe et non sur une vedette.Un homme de la qualité de Jean ne court pas les rues.Il avait une qualité exceptionnelle qui m'a toujours ému, je veux dire sa droiture et sa loyauté.Il sait mieux que moi les tragédies qu’il eut à traverser sur le plan humain des Com- 67 pagnons, tragédies plus difficiles que celles de la scène.Une machine comme la nôtre oblige, bien souvent, à des gestes quasi-héroïques, je le reconnais sans phrases.Jean a toujours été d'une totale loyauté à une idée où il avait jadis engagé sa frémissante jeunesse.Un jour que nous étions en tournée dans les Cantons de l'Est, je l'avais approché intimement pour lui proposer brutalement l’idéal dss Compagnons : au lieu d’une carrière reluisante et facile à quoi l’invitait la richesse de ses dons, le haut service de la scène, selon les rigueurs de l’anonymat, de l’exclusivité des services, etc.Le dur boulot d’une trouée dramatique, sur toutes sortes de scènes, devant les publics les plus divers, dans ces conditions ingrates trop souvent.C’était l’abdication de la gloriole facile, à portée de main ; en retour la satisfaction de réaliser quelque chose pour les siens, de s'épanouir dans un climat d’amitié, de se cultiver, d’acquérir un certain métier et la familiarité de la scène.Jean n'hésita pas longtemps et je suis sûr qu’il se donna à cette cause avec ferveur.Je l'ai toujours senti protégé contre le cabotinage, même dans les derniers spectacles, où il fut splendide, déjà en possession d’un beau métier : CRÉON « d’Antigone », LORD EDGAR du « Bal des Voleurs », NOÉ « d’Obey », FIGARO du « Barbier de Séville », il se préoccupait moins de son succès personnel que de la réussite collective.Un spectacle, pour lui, c’était l'élaboration unanime de la beauté, non un tremplin mesquin d’amour-propre.Je souhaite éperdument que Jean, à Paris, continue à se ressembler.S’il revient au Canada avec la même rigueur professionnelle, la même simplicité, la même volonté d’un haut service à l'intention de « l'homme de la salle », anonyme et si intimement familier, il sera un bon serviteur de l'art dramatique chez nous.Parce qu’il est un grand coeur, et un beau type de comédien.Nous qui l’avons vu partir ne l’oublierons pas.Bientôt nous entreprendrons une tournée avec « Le Noël sur la Place » dont il fut le MELCHIOR pittoresque.Nous retrouverons son souvenir, emmêlé dans les défroques de Melchior, du Roi Hérode, du vieillard Siméon, du Docteur juif ; nous reverrons son masque « bonhomme » en perpétuel action, articulant inconsciemment le texte de chaque interprète.Et nous parlerons de lui que nous aimons bien.Jean-Louis Roux est un autre Compagnon qui a traversé la grande tasse, en grande véhémence de formation dramatique. Certaines circonstances l’avaient séparé de nous et il ne nous prêtait, ces derniers temps, qu’un concours occasionnel.Nous n'eûmes jamais qu'à nous en féliciter.Jean-Louis était une CONSCIENCE.Quand il était favorablement « distribué » il campait un personnage d’une rare qualité.Jean-Louis ne faisait jamais les choses à moitié : il s’engageait.Ajoutez à cela une belle culture dramatique, il sera demain l'un de nos meilleurs critiques.Par sa plume autant et plus encore que par son action proprement dramatique il pourra faitre beaucoup pour l'installation chez nous d’une scène nationale selon la meilleure tradition du VIEUX-COLOMBIER.?Un troisième départ nous aura été fort sensible : celui de Charles Daudelin, le décorateur de « Noé ».Charles Daudelin était un de ces rares peintres de la jeune génération à comprendre les exigences de la scène.Il faisait des colères larvées, il éclatait parfois en brusques impatiences mais nous savions qu'au bout de son crayon frémissait un projet de décor qui collerait exactement à l'esprit d'un texte dramatique.Nous avons donc aimé Daudelin décorateur.Et nous avons aimé Daudelin, tout court, belle réussite humaine.Qu'on m’accuse si l’on veut de déformation cléricale, j'estime qu'il faut Souhaiter, chez un artiste, une riche résonnance de l’âme.Daudelin n'était pas un saint mais il avait découvert personnellement, et par simple fidélité spirituelle, les principes solides de l’HUMANISME, qui est chrétien par définition.Daudelin a son talent bien à lui, distinct de son attitude philosophique, mais je suis sûr qu’il ira d’un pas plus alerte vers un art spiritualisé, qui est une approximation plus exacte de la Beauté essentielle, s'il reste fidèle à l'univers intérieur qu’il commença d’ébaucher dans sa petite cave d’Outremont, que fréquentaient les Compagnons.Louise, la sympathique, qu'il épousa avant son départ pour l’Europe saura que nous la gardons dans notre amitié tout à côté de « son » peintre barbu et chevelu, une des plus belles promesses de la jeune peinture. LUDMILLA PITOEFF NOUS QUITTE par MARCEL RAYMOND Ludmilla Pitoëff nous a quitté.Elle est allée retrouver, toute seule cette fois, le Théâtre Hébertot où, après Tautre guerre, venant de Genève avec son mari, elle était allée affronter le public parisien.Les orages d'Europe avaient rabattu sur notre pays ce rare oiseau qui arrivait les ailes enflées de poésie et qui allait nous apprendre les valeurs réelles de la France : Péguy, Claudel, révélés à l'élite canadienne par une petite femme, dont le sang slave cogne aux tempes et dont les pommettes saillantes trahissent un miroitant Orient.Elle nous arrive en janvier 1942, gamine, rieuse, tout en sachant être grave.Elle joue une pièce près de son cœur : Le Vray Procès de Jebanne d’Arc que Georges Pitoëff et René Arnaud avaient tirée du procès publié par Champion,.Les 2, 3 et 4 mars, c'est L’Echange de Paul Claudel.La jeunesse était conquise, emballée, même si la critique officielle bouda un peu avant de se rendre, et si les Vestales qui se crpient les gardiennes du feu satré à Montréal s'agitèrent sur leurs trépieds branlants, au milieu des vapeurs de la jalousie.Elles montrèrent les griffes, parlèrent chapeaux et toilettes.On les laissa faire.Elles parlent encore d'ailleurs et en oublient de tisonner leur feu.Quand elles se penchent sur les braises, on voit sur les murs de grandes ombres de sorcières.Le succès de L’Echange ne fut pas sans lendemain.En décembre venait L’Annonce faite à Marie.Puis, en avril 1943, mmm ) JIaidon de Poupée.Cette fois la critique, insensible au drame qui se passait sur la scène de l'Ermitage, un petit être prenant conscience qu'il est un être humain, parla mobilier.Mais Ruth Draper était dans la salle, admirative et conquise.Cela suffisait.La vérité n'est pas comme les oignons, elle n'a qu'une enveloppe.Nous allions donc de ravissement en ravissement.Ludmilla avait rassemblé autour d'elle une équipe de jeunes dévoués et qui ne marchandait pas ses veillées.Il fallait trimer dur.Mais quelle récompense quand le rideau se levait sur Marthe Laine en robe verte criant sa déconvenue devant la mer, Nora décorant son arbre de Noël, Violaine faisant ses adieux à son fiancé ou, lépreuse, ressuscitant dans la forêt l'enfant de sa sœur, petit cadavre s'agitant maintenant sous sa robe sombre, pendant que sonnent les cloches de Monsan-vierge.Claudel eut la meilleure part : Ludmilla monta aussi VOtage, en décembre 43.Puis, tentative audacieuse, Phèdre, dans la belle salle de l'Université de Montréal; le vers de Racine soudain désami-donné.Un peu avant, elle avait dû nous quitter pour New-York où elle joua dans A Houàe in Parié, créé le 20 mars 1944.La pièce fut éreintée mais le jeu de Madame Pitoëff fut célébré à l'envi par des critiques habituellement plutôt avares de compliments.Déjà, que Ludmilla Pitoëff nous ait fait connaître tant d'œuvres que nous ignorions, serait un titre suffisant à notre reconnaissance.EOe fit plus, véritable messagère d'une France inentamée que nous aimions, malgré son humiliation.Elle lut Claudel, Péguy, jusque dans les collèges, puis, de longs extraits du Soulier de Satin.Une autre fois, La belle au boié de Supervielle.A la radio, elle nous a familiarisé avec Le lâche de Lenor-mand, La Sauvage de Jean Anouilh.Elle a lu des poèmes de 71 Jammes, de Valéry, à la suite d'une conférence de Gustave Cohen.Il n'y a pas longtemps, devant des collégiens, au Jardin botanique, c'était l’Histoire du Soldat de Ramuz, sans décor pourtant, mais animée par elle d'une vie et d'une présence extraordinaires.Et avant de partir, son spectacle d'adieu : Le pain dur, de Claudel, deuxième panneau du tryptique qui comprend aussi Ij*Otage et Le père humilié : drame ramassé autour d'un vieillard cramponné à un tas d’or, un crucifix encombrant, le vieil esprit messianique liquidé, submergé par l'appât du gain.* * * Vous partez, Ludmilla, mais vous nous laissez de belles images et vous me laissez de précieux souvenirs.Je vous revois à New-York, assis sur le bout de votre chaise, ne perdant pas un mot du Jardin de cerioeo de Tchekov que vous saviez par cœur.Après la représentation, nous avions bavardé longuement autour d'un verre de bière.Je revois nos promenades, nos repas communs, nos discussions.J'entends votre voix au téléphone, votre rire si jeune.Je vous revois aussi, toute petite, sans couleur et sans vie, sur un sinistre lit d'hôpital.Montréal a été parfois dur pour vous, Ludmilla, mais vous y laissez de vrais amis et un exemple.Des amis qui vous défendront toujours et un exemple de labeur obstiné, de foi inébranlable et d'amour têtu de l'art qui soutiendra ceux qui ont travaillé avec vous.Vous avez semé parmi les ronces et vous vous êtes blessée au passage.Mais de vos souffrances et du labeur que vous avez accompli ici, sortira un jour la petite dague verte de l'herbe nouvelle qui pourra grandir dans le terreau que vous avez amoureusement préparé.Et les fleurs viendront sur les haies.72 LUDMILLA PITOEFF .elle montre ce que réalisent l art et l amour passionné de cet art.Colette ¦¦¦ Créon et Antigone, chez les Compagnons, mai IQ46 DE L'EMOTION DRAMATIQUE par MAURICE B LAIN On reproche souvent au drame de trop s'éloigner de nous, d'apporter à nos humbles forces humaines une émotion démesurée.Cette illusion ne serait-elle pas la lumière cruelle faite tout d'un coup sur des profondeurs de nous-mêmes que nous ne visitons presque jamais et qui nous sont révélées, à effleurer le mystère dramatique ?En ce sens, la tragédie est très proche de nous : elle projette, en ombres agrandies, tous les visages cachés de notre moi.Et c'est peut-être là sa grandeur : être un départ, après une joie esthétique, d'où le spectateur, inquiété par les images insoupçonnées de lui-même, entreprend la connaissance poétique de la complexité troublante de son être.Antigone de Jean Anouilh, cette petite fille absurde avec son inévitable destin qui est de mourir sans savoir pourquoi elle meurt, fait-elle autre chose que demander au spectateur pourquoi il vit avec son illusion d'humain bonheur ?L'homme de la salle s'agrippe intuitivement à cette attache qui va le retenir au drame à’Antigone.Elle défend sa mort, lui son droit au bonheur.Il n'ose s'avouer toutes les raisons qu'il aurait d'admettre la logique désespérée de ceux qui posent les questions jusqu'au bout.De cette inutile volonté de sacrifice, il tire un monologue misérable, mais révélateur de la fragilité de l'espérance, et aussi de l'attente, qui sauvent le sens de sa vie.73 A ces instants (Te palpitation, Thomme de la salle sent bien qu'il ne peut refuser sa participation.Il renouvelle, à son insu, la mise en scène du drame, ou du moiris son intensité psychologique.Il transporte le jeu de l’extérieur à l’intérieur, et limite le spectacle à lui^même.Cet étonnant miracle d’ébranlement prolongé en nous est peut-être le critère le plus sûr d’une grande œuvre de théâtre.* * * La comédie, au contraire, n’est qu’un moment d’émotion et reste pour ainsi dire hors de nous.Si elle nous surprend, ce n’est que pour mieux élargir ce qui nous sépare d’elle, entrer plus sûrement dans le royaume des pures créations poétiques ou des marionnettes, par une sorte d’harmonieuse conceptualisation du souvenir qui les immobilise et les décante de la vie.Avare de Molière, détaché du grossissement de la scène et du jeu de la comédie, serait un personnage tragique.L’image psychologique d’Harpagon n’a rien en soi de comique.Même, les déchirements du démon qu’il entretient dans une fiévreuse hospitalité, le conflit incessant qui le divise affreusement offrent un triste spectacle : celui d’un homme installé dans le malheur pour longtemps.L’avare accaparerait vite notre pitié.Mais voilà que sa passion devient une manière d’automatisme où s’accrochent toutes sortes de manies et de gestes ridicules.Ce n’est plus un homme victime consciente de son mal.C’est un mannequin qui s’agite, exploité par la réprobation de ceux qui subissent les atteintes de sa passion.L’art est intervenu, parce que le drame avait pris une couleur trop violente et trop excessive.Le comique s’est introduit dans la sympathie qui tout à coup s’est refusée.Le personnage est désormais hors de nous.Tout est rompu de ce qui aurait pu nous attacher^ lui.
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