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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1941, Collections de BAnQ.

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Lev-tœ Vol.vu.No.4 Avril 1941 SCMMAIRE ?Que faire?C.Vatllarcourt Boîte aux questions.Préparation de l’assemblée générale Maurice Portin Page d’histoire: 1900-1940 (suite) Eugène Poirier Lettre ouverte sur la formation d’une élite dans nos caisses Louis Abneau.Achats d’obligations Rosaire Gauthier Notre chez nous Jos.Turmel.Fondations.Pendant que l’on parle de milliards_ Omer Héroux.Gaspillage Paul Breval.Notre benjamine! L’Union régionale de Rimouski Paul-Emile Duré.Situation de l’Union régionale des Caisses populaires Desjardins de Rimouski au 31 mars 1941.Les Caisses Populaires II (écrit en 1910) Alphonse Desjardins.Relevé sur les caisses populaires urbaines et rurales du Québec, au 31 décembre 1940 .57 58 59 60 61 62 63 64 j O/igcwic officieê de IA FÉDÉRATION DLS CAISSES POPU1AIRFS DF5JARDINS Revue DtJ J ^51^ " Organe of,iae, d.lo ^ ^Z des Svndico.s coopérati^de Québec.Prix des abonnements: pour un seul abonnement $1.00 par groupe de quatre abonnements 3.50 par groupe de douze abonnements 9.00 La Fédération des Caisses Populaires, Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec.EDITORIAL Æae fruste ?Lors de la réunion annuelle de l’Union régionale des Caisses populaires de Montréal, en janvier dernier, notre président, M.le notaire Poirier, disait: “Nous sommes 114,000 sociétaires.Devons-nous être satisfaits de nous compter et, dans une joie béate, vide de sens et sans espoir de lendemain, nous déclarer heureux d’être en aussi grand nombre?” En effet, ne nous sommes-nous pas dans le passé trop complu à admirer nos familles nombreuses, sans nous soucier de la formation et de l’éducation de nos enfants?Trop souvent, par des compliments fallacieux qu’on nous adressait de toutes parts: peuple soumis, courtois, que sais-je encore?, on nous a endormisj et pendant notre sommeil, que de positions nous avons perdues! Réveillons-nous, c’est le temps, car l’ennemi est à nos portes.Nous avions pensé à publier une nomenclature de toutes les reculades subies depuis quelques années et nous en avons été effaré.Cette publication aurait peut-être eu pour effet de démoraliser plutôt que de raffermir.Un seul exemple, le plus récent, pourra peut-être nous faire réfléchir davantage.Cette maison Légaré, au nom bien français, bâtie par un Québécois 100% qui vient de passer sous le contrôle d’une maison étrangère, qui n’a rien de canadien-français, ni de canadien-anglais.Peut-on s’expliquer que cette maison, arrivée au pays depuis quelques années seulement, ait acquis tant de puissance?Hélas! Il faut bien l’admettre, c’est nous qui lui avons donné cette puissance en allant lui porter les uns à la file des autres, comme des moutons, notre épargne.Avec ces petites épargnes, cette maison est devenue riche, puissante et aujourd’hui, elle nous domine de tout notre propre avoir perdu.Québec, cette ville si française, possède, paraît-il 300 Juifs mais ces 300 Juifs contrôlent présentement 50% des magasins de la rue St-Joseph, qui est l’artère commerciale principale.Et la rue St-Jean, dans peu de temps, en viendra à subir le même contrôle.Quelqu’un nous disait, il y a quelques jours: “Je suis prêt à aller acheter chez les Canadiens-Français ou chez les Canadiens-Anglais, mais qu’ils me donnent le même service que les Juifs.” Si les Canadiens-Français ou les Canadiens-Anglais avaient la même considération que vous apportez à ces mêmes Juifs, ils pourraient organiser non seulement le.même service mais un autre service qui serait encore plus efficace parce qu’il contribuerait à la prospérité des ATôtres.Un autre m’a dit: “Pourquoi être si nationaliste?L’argent n’a ni couleur ni odeur.” Nous avons répondu: “Judas a prétendu la même chose, il y a près de deux mille ans.” Il est temps que nous mettions le point et que nous organisions mie ligne de protection.Cette ligne de protection ou de défense, pour bien la bâtir, il faut d’abord que nous soyions unis entre nous.Mettons dans notre esprit de l’unité de pensée, dans notre coeur, de la concorde, dans notre âme, de l’idéal, et dans l’exécution de tous nos actes, du tact et du savoir-faire.Cessons de nous manger et de donner aux étrangers le spectacle de gens qui ne méritent pas de vivre.Pour se servir du grand mot de Mercier: “Cessons nos luttes fratricides.” Parlons moins, agissons plus et de grâce, abandonnons notre nonchalance et la loi du moindre effort.Devenons des travailleurs, spécialisons-nous dans tous les domaines.Nous saurons ensuite quoi dire et quoi faire.Voilà la nremière ligne de défense qu’il faut établir.Mais ce n’est pas tout.Pour gagner des victoires, il faut aller de l’avant, prendre l’offensive.Comment préparer cette offensive, c’est ce que nous verrons le mois prochain.C.VAILlrANCOURT.a 50 REVUE DESJARDINS 14ème question: “Une caisse peut-elle accepter n’importe quel montant au nom de l’épouse sans avoir au préalable obtenu l’autorisation de l’époux?” “Accepter, oui; mais pour sortir cet argent, c’est plus délicat.Pour les gros dépôts, il faut s’entourer de plus de précautions.Si le gérant sait que les fonds que l’épouse dépose, elle les reçoit de son époux, là il faut que le gérant art l’autorisation.Si le mari dépose des fonds sans révéler qu’il était en communauté de biens, il y a utilité à s’assurer de ce fait lorsqu’il y a succession à régler, parce que le mari se trouve propriétaire de la moitié de ces biens.Une femme mariée avec contrat peut retirer sous sa signature.” 15ème question: “Lorsque le sociétaire refuse de payer la dette et qu’une ou les deux cautions ont un solde qui peut garantir le prêt, peut-on saisir dans le cas de négligence prolongée?” “Il faudrait d’abord consulter les règlements de la caisse.Actuellement, il n’y a rien à ce sujet.Si en faisant signer la formule à la caution, elle n’autorise pas à déduire, je pense bien que la caisse n’aurait pas le droit de déduire sans procédures.Il faudrait obtenir l’autorisation de la caution.Mais c’est prévu pour l’emprunteur, la caisse a le droit de déduire.” 16ème question: “Est-ce que les cautions ne s’engagent pas à la même responsabilité que le signataire ?’ ’ “D’après la loi, les cautions sont obligées qu’a-près certaines procédures.Tout ce à quoi elles s’engagent c’est de rembourser au cas où l’autre ne peut pas payer.Alors, en réalité s’il y a un emprunteur qui fait défaut, la caisse prend action contre l’emprunteur et après contre les cautions.Si la caution n’autorise pas la caisse à se rembourser sur l’épargne ou le capital social, la caisse n’a pas le droit de se servir sans son autorisation.La caisse a le droit en faisant signer la caution de faire marquer: J’autoriser la caisse à déduire le montant du cautionnement sur l’épargne ou le capital social au cas où l’emprunteur ne paierait pas.” A ce sujet, M.Vaillancourt suggère qu’on pourrait peut-être imprimer une nouvelle formule de reconnaissance de dette et inclure la responsabilité de la caution.Remarque et avis de M.Mackay: “Un gérant de caisse a été volé, vol par effraction.La veille du vol, il avait reçu un montant en argent qu’il était allé porter au coffre-fort en négligeant de faire l’entrée dans le livre de caisse.Aujourd’hui, la compagnie d’assurance veut dé- gager sa responsabilité parce que le montant n’était pas entré dans le livre de caisse au moment du vol.N’acceptez jamais d’argent sans faire l’entrée au livre de caisse, si vous ne voulez pas avoir de difficulté avec les compagnies d’assurances.’ ’ 17ème question: “Les conseils municipaux, les commissions scolaires sont-elles autorisées à prendre des parts à la caisse populaire, à faire des dépôts et à emprunter?” Cette question soulève quelque controverse.C’est le voeu de l’assemblée qu’une réponse définitive sur ce sujet soit donné par M.Vaillancourt dans une prochaine livraison de la revue “Desjardins”.(On le fera dans celle de mai 1941).18ème question: “Est-ce qu’une caisse populaire est exempte de la taxe d’affaire paroissiale?” “Oui, elle n’est pas assujettie à la taxe d’affaires.” 19ème question : “Quand un mineur dépose dans une caisse populaire, est-ce que la mère peut retirer l’argent pour l’enfant?” “En pratique, c’est le tuteur.Dans le cas où l’enfant n’aurait que huit ans, la caisse peut présumer que le dépôt est fait par l’entremise de l’enfant.En pratique, la caisse ne courra aucun risque à remettre ça au père.S’il y a mésentente entre le père et la mère, l’argent doit être remis au père.” FIN PauSi canicUnè, nko.pJufieA, de la oeofLe/iatian On cite comme exemplaire le zèle des néophytes.Ce n’est pas à tort.Us sont tombés sur le chemin de Damas.Us ont vu; ils ont cru.Leur foi est nouvelle, ardente, communicative.Eux qui ont un temps marché comme des aveugles, ils s’exaspèrent contre ceux qui mettent la lumière sous le boisseau.Noble enthousiasme et généreux apostolat! Et, cependant, il y a ce qu’on pourrait appeler le travers des néophytes.11 consiste, pour certains d’entre eux, à oublier qu’ils ont reçu des autres la doctrine qu’ils prêchent.Pour donner un exemple très ancien, on peut dire que certains convertis du premier siècle n’étaient pas loin de se demander si saint Pierre avait la foi.Pour donner un exemple très moderne, des coopérateurs dont la conversion se compte en heures se demandent si la coopération existait avant eux.C’est l’une des tentations contre la foi et on en triomphe par un acte d’humilité: Dominique BEAUDIN.La Terre de Chez Noir^.4-IX-40, VOLUME 7, AVRIL 1941 51 • Dans notre courrier Préparation de assemblée générale “Cher monsieur, “Nous aimerions bien recevoir la visite de “rinspecteur ou du propagandiste pour nous “aider à préparer notre assemblée générale, car “notre fin d’année arrive le 31 mai prochain.”.Nous commençons déjà à recevoir de telles lettres.C’est malheureux, mais nous ne pouvons exaucer que quelques-unes de ces demandes car la Fédération et l’Union régionale n’ont pas le personnel voulu pour y répondre.Dans la livraison de janvier (voir p.10), nous vous avons dit quel était le rôle du conseil de surveillance à la fin de l’année sociale; aujourd’hui, nous allons voir comment il faut préparer l’assemblée générale.Le gérant doit mettre tous ses livres et registres en ordre, balancer tous ses comptes généraux et particuliers, calculer les intérêts et les bonis, préparer le rapport annuel pour le bureau des statistiques, réunir ses trois conseils, faire de la propagande auprès de tous les sociétaires qui viennent à la caisse pour les inciter à assister à l’assemblée générale.Les administrateurs se réunissent pour fixer la date de l’assemblée, en préparer le programme, déterminer le taux du boni, prendre connaissance du rapport des statistiques et s’engager à faire de la propagande autour d’eux et amener le plus grand nombre de sociétaires à l’assemblée générale.Les commissaires de crédit vont étudier les prêts en cours un à un, se rendre compte si tous les emprunteurs respectent leurs engagements, constater s’il y a eu des remises substantielles faites depuis un an sur chacun des prêts en cours et si les intérêts sont acquittés à date.Dans tous les cas où les emprunteurs ont montré de la négligence ou de la mauvaise volonté, ils devront les faire venir et exiger des explications ainsi qu’une remise et l’acquittement des intérêts.Le printemps, c’est le temps du “grand ménage”, profitons-en pour en faire un bon à la caisse.Us devront relire le rapport d’inspection afin de remédier à toutes les lacunes signalées par l’inspecteur tant pour les prêts hypothécaires que sur reconnaissance de dette.Enfin, ils inviteront tous les emprunteurs à témoigner leur reconnaissance envers la caisse en assistant à l’assemblée générale.Les surveillants reliront nos recommandations du mois de janvier 1941 (voir page 10).C’est à eux qu’il appartient de certifier le bilan à présenter aux sociétaires, de vérifier les livres de la société, de rendre compte aux sociétaires de la bonne administration de la caisse, de leur signaler s’il y avait lieu, les grandes lacunes ou faiblesses qu’ils ont constatées au cours de leurs vérifications mensuelles s’ils n’ont pu obtenir que les administrateurs, les commissaires de crédit ou les fonctionnaires les corrigent après qu’on les leur a signalées (voyez statuts, art.71).Les références suivantes vous seront utiles dans la préparation de l’assemblée générale: ainsi vous devriez consulter très souvent la Loi des Syndicats et les Statuts, relire le chapitre IV du Catéchisme des Caisses, et surtout, garder à la portée de la main, “La Revue Annuelle dans la Caisse populaire Desjardins” où vous pourrez puiser tous les détails additionnels.Le programme doit comporter deux parties; une partie recréative et l’assemblée de la caisse.Si l’assemblée est bien organisée, bien préparée, elle sera intéressante, vivante et peu longue.Aussi, vous pourrez à la suite de vos délibérations, avoir une petite séance recréative : chant, déclamations, comédie et le reste.Vous ne sauriez croire comme cela donnera de l’intérêt à votre assemblée générale et contribuera à y amener nombre de sociétaires.La caisse, c’est l’affaire de tous les sociétaires, oui; mais c’est aussi l’affaire de toute la paroisse puisque tous sont appelés à en faire partie.En conséquence, votre assemblée générale doit intéresser toute la paroisse.Elle doit être l’occasion d’une belle réunion paroissiale, de faire prendre conscience à tous et chacun de la place que tient et doit tenir leur caisse dans le cadre paroissial et dans l’économique de la région et de notre pays.L’assemblée générale a besoin d’être bien préparée : préparons-la avec soin et sans retard ! Maurice FORTIN.Sesuùce de pafietesUe Vous trouverez toujours à la Fédération des Caisses Populaires Desjardins, Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec, des bordereaux, des feuilles de comptabilité, des chèques à l’effigie de M.Desjardins, le catéchisme, des enveloppes, une photographie de M.Desjardins, etc.Demandez notre liste de prix ; elle sera envoyée à toutes les personnes qui en feront la demande.® 52 REVUE DESJARDINS PAGE D HISTOIRE 1 900 - 1 940 Je vous ai dit, il y a un instant: nous sommes 114,000 sociétaires.Ce chiffre ne constitue-t-il pas une armée puissante par le nombre?Puis-je compter que tous sont des coopérateurs dans le sens déterminé, désiré et voulu par le fondateur des Caisses?Tous ne le sont peut-être pas, tous doivent le devenir.C’est le rôle et la mission de ceux qui constituent le conseil d’administration, la commission de crédit et de surveillance de chacune de nos 500 Caisses, c’est à vous d’enseigner sans cesse à tous les membres les principes véritables de la coopérai ion, d'épargne et de crédit.Devons-nous être satisfaits de nous compter, et—dans une joie béate, vide de sens et sans espoir d’un lendemain —, nous déclarer heureux d’être en aussi grand nombre?Si tel était notre sentiment, nous donnerions la preuve incontestable d’un sentiment de vanité et d’orgueil trompeur.Il est donc de notre devoir à nous tous, soit comme sociétaire, soit comme officier, de nous diriger sans cesse vers le but que nous poursuivons et de travailler par des efforts constants, persévérants et communs à atteindre l’idéal que nous poursuivons.Ou allons-nous?Quel est le bat que no as poursuivons?Quel est l’idéal que nous nous efforçons d’atteindre?Ces petites Caisses donneront aux nôtres le moyen d’acquérir, par le développement de la pratique de l’épargne et par l’administration des sommes confiées à leur soin, la vertu de prévoyance.Peu à peu nos gens s’habitueront à réfléchir avant de parler, à penser avant d’agir.Ils apprendront que, pour mieux assurer l’existence de leur vie quotidienne et répondre mieux à leur devoir de père de famille, ils doivent acquérir une connaissance aussi parfaite que possible soit de leur métier, soit de leur commerce, soit de leur profession.La connaissance de leur métier, de leur commerce et de leur profession développera nécessairement chez eux un horizon plus vaste et fera naître dans leur coeur un idéal plus grand.La pratique quotidienne de l’épargne entraînera nécessairement l’esprit de renoncement à des choses même légitimes, les rendra tenaces et persévérants dans leurs efforts.Le sens du devoir, joint au sens de l’honneur, préparera chacun de nous à remplir la mission qui lui est confiée et lui donnera la volonté d’agir conformément à la dictée de sa conscience.Réalisant que, dans notre siècle, travail et jugement font plus pour l’avancement d’un jeune homme que sa naissance, ses relations personnelles et même la richesse de famille, l’esprit de travail et l’amour du labeur quotidien tremperont les caractères, rendront l’esprit plus vigoureux, le coeur plus généreux et l’âme plus grande et plus noble.La fierté et l’honneur de son nom, de sa réputation assureront le respect des engagements pris et la fidélité à remplir les obligations librement assumées à l’égard de ses concitoyens.Améliorer notre propre sort n’est-il pas travailler par le fait même à améliorer celui de la famille dont nous sommes chefs ou dont demain nous serons chefs ?La famille n’est-elle pas la continuation de sa propre personnalité?Le sociétaire ne verra-t-il pas avec orgueil, clans le sein de sa famille, chez ses enfants, comme le prolongement de lui-même, l’épanouissement des vertus civiques, morales et chrétiennes, dont il s’est fait l’apôtre, chaque jour, par la parole et l’exemple, et qui constitueront, pour lui-même et les siens, le caractère ineffaçable de son individualité?N’est-ce pas là le sens des paroles de Lord Grey, lorscpi’il disait: “La Caisse fournit aux “personnes bien connues de ceux au milieu “desquels elles vivent comme étant honorables, “économes et intègres, l’avantage de s’entr’ai-“der à accroître encore ces qualités qui provo-“quent la confiance mutuelle et l’aide récipro-“que, qualités essentielles et indispensables à “l’excellent citoyen”.Les individus et les familles, imbus du caractère moral ci-dessus indiqué, n’accroîtraient-ils pas la force de vie et la puissance d’action de nos paroisses?On a dit, on a répété, à juste titre, que notre système paroissial — la paroisse —, avait assuré la survivance de notre Nationalité dans ce pays.A côté de l’église, notre centre religieux et moral ; à côté de l’école notre foyer intellectuel ; la Caisse prend sa place comme un complément indispensable, en donnant à chacune de nos oeuvres religieuses, sociales et nationales, le levier économique dont elles ont besoin pour assurer et maintenir leur développement.Alors, les citoyens de nos paroisses, capables de vouloir, capables d’agir, cessant de maudire et de mépriser le voisin, mais cherchant plutôt à acquérir les qualités remarquées chez celui-ci, perfectionnant leur méthode de travail, se mouvant librement par une juste aisance, honnête- VOLUME 7, AVRIL 1941 53 • ment gagnée, se dégageant de leurs entraves et se débarrassant de la gêne par le manque de crédit dont ils ont souffert, apprenant à connaître leur pays et à l’aimer, comprendront mieux leurs devoirs de citoyen, travailleront dans la paix et dans la concorde, à agrandir leur patrimoine familial.Les citoyens de nos paroisses apprendront qu’ils sont solidaires les uns des autres, et que leur patrie ne finit pas à la borne qui détermine la limite de la paroisse.Cette solidarité nationale, mieux comprise, plus et mieux vécue dans la paroisse, aura ses effets salutaires dans le commerce de la nation par la conservation et le développement des marchés domestiques pour la consommation des produits de chez nous.La politique du Canada First d’avant guerre et celle du Buy British Goods de notre époque seront mieux comprises et nous pourrons mieux en faire l’application chez nous.Notre province — l’une des parties signataires du pacte de la Confédération du premier juillet 1867 —, devenue plus forte, plus aguerrie, mieux renseignée, plus apte aux affaires, plus instruite, plus riche, sera, dans notre pays, à la place qu’elle doit occuper.Le prestige et l’autorité de notre province seront la défense et la sauvegarde de nos lois, de nos traditions, de notre langue et de notre foi.Messieurs, j’ai eu la témérité d’affirmer, publiquement, avec franchise, et avec fermeté, le but poursuivi.Est-ce témérité de ma part?Quelle responsabilité, quelle déception, quelle amertume si, par maladresse, par manque de précision, par manque de clairvoyance, par manque de sagesse, le but n’est pas atteint, s’il y a catastrophe, s’il y a faillite.Messieurs, lorsque le capitaine d’un navire, après avoir reçu les instructions de ses armateurs, donne à l’équipage l’ordre de lâcher les amarres, se révèle-t-il téméraire de rester sur la dunette du bateau pour en diriger la marche, de surveiller l’horizon et le compas, de mépriser les éléments, de solliciter le secours de Dieu afin d’atteindre le port d’arrivée?S’il arrive à ce capitaine, dans la route poursuivie, de rencontrer la tempête, de voir sombrer son navire et de voir la mer l’engloutir, pèche-t-il par témérité ou ne donne-t-il pas l’exemple de la fidélité à la mission confiée, et l’accomplissement du devoir ne lui méritc-t-il pas l’estime et le respect?Dans la poursuite de notre idéal, rappelons-nous les paroles du Cardinal Gerlier à Lyon, le 39 novembre 1940: “Pour servir dans toutes les grandes causes, “il ne suffit pas de l’enthousiasme, il faut du “renoncement, le don de soi, le sacrifice.” Pour atteindre le but visé, pour atteindre l’idéal fixé, faisons nôtres les paroles d’un journal de France: “Il s’agit de maintenir intact notre patrimoi-“ne spirituel et dans ce patrimoine se trouvent “les notions humaines et les idées universelles “qui ne peuvent être bien défendues à l’intérieur d’une nation que lorsque la préséance “du principe national a été reconnue.” Tel est l’idéal que nous poursuivons; tel est celui que, il y a 40 ans, se donnait Alphonse Desjardins comme le rêve de sa vie, et me faisant votre fidèle interprête, j’affirme que nous sommes les témoins de sa réalisation, pour le plus grand bien de notre pays.# # Monseigneur, nous vous remercions beaucoup de l’honneur que vous nous faites en étant présent à cette assemblée que nous considérons comme la commémoration du 40ème anniversaire de la fondation des Caisses.Nous vous prions de transmettre à Son Excellence Monseigneur Charbonneau l’expression de nos hommages les plus respectueux et l’assurer de notre fidélité à suivre la direction qu’Elle daignera donner à l’Oeuvre des Caisses pour faire de celle-ci comme un épanouissement de l’action catholique dans son diocèse.Eugène POIRIER, N.P.Président de l’Union de Montréal.MISE AU POINT “Nous sommes heureux de publier la mise au point ci-dessous.” La Rédaction.Au lendemain du congrès de la Coopération, tenu à Montréal en 1939, l’Association des Marchands Détaillants Inc., s’était permis à l’endroit du président de la “Familiale”, M.Victor Barbeau, certains propos que celui-ci jugea offensants.Par le ministère de son avocat, le Sénateur Léon Mercier Gouin, il intenta une poursuite en diffamation contre l’association.L’affaire vient de se régler par une rétractation complète de la défenderesse.L’association des Marchands a fait les excuses suivantes à la radio: “Sur la foi d’information erronées, nous avons, dans une causerie radiodiffusée le 3 décembre 1939 en marge du congrès de la coopération, prêté à M.Victor Barbeau des propos qu’il n’a jamais tenus.Nous avons, de plus laissé planer le cloute sur sa compétence et sur son honorabilité.Nous regrettons donc sincèrement qu’il ait été ainsi de notre part, l’objet d’attaques injustifiées et nous tenons à retracter publiquement, ainsi que l’a fait le poste C.K.A.C.nos affirmations du 3 décembre 1939.” • 54 REVUE DESJARDINS a Messieurs les gérants et officiers des caisses populaires du Québec Chers amis, Former une élite, c’est-à-dire un groupe de bons hommes capables d’administrer sagement chacune de nos Caisses, tel doit être le but de tous ceux qui s’occupent de cette oeuvre sociale.Et, vous êtes de ceux-là, messieurs et chers gérants.Vous devez donc vous instruire, instruire vos officiers pour qu’ils deviennent cette élite rêvée, s’ils ne le sont déjà.Mais pourquoi tant insister sur la nécessité d’une élite, direz-vous! Parce que sans elle, nos caisses végéteront ou commettront d’irréparables erreurs.Qu’on le veuille ou non, toute société humaine, qui veut vivre et progresser, a besoin d’une élite.C’est là une loi générale.On ne peut l’éviter ni s’en moquer impunément.Tout Dieu qu’il était, N.S.Jésus-Christ s’y est soumis.Pendant ses trois années de prédication, qu’a-t-il fait?.Sinon, se former une élite, douze apôtres qu’il lança à la conquête du monde.Et, de nos jours encore, que fait encore l’Eglise pour convertir les infidèles?Elle se forme une élite, des prêtres, des missionnaires en petit nombre, mais, elle les prépare avec un soin jaloux.Dans les gouvernements des peuples, dans les armées, ne sont-ce pas les élites qui mènent?Dans les entreprises commerciales et financières aussi.Nos Caisses populaires ne sauraient donc échapper à cette loi.Ce n’est pas d’aujourd’hui que nous prêchons cette doctrine.Relisons ce qu’écrivait, il y a 16 ans, feu M.l’abbé Irénée Trudel.“Les oeuvres économiques ne vivent et ne progressent que par le dévouement de quelques hommes.“Comment une oeuvre d’une caisse arrivera-t-elle au succès, si ceux qui l’administrent n’en connaissent pas le mécanisme, sur le bout de leurs doigts?“S’il s’agit de Caisses, ils les mèneront à la faillite, en consentant des prêts trop risqués.“S’il s’agit d’une coopérative quelconque, ils se lanceront dans des entreprises purement commerciales, et, ce sera la ruine de la société.“Toutes les coopératives, caisses et autres sont et seront surtout composées de travailleurs.C’est donc parmi eux qu’il faudra former une élite.“Les membres de la classe aisée ont moins besoin de ces institutions.Ils ne comptent pas sur elles, ni pour construire ou payer une maison, ni pour assurer leurs vieux jours.“Comment alors espérer que ces gens-là s’intéressent à la coopération.“11 y a plus.Le peuple croit encore que le professionnel, que l’homme riche qui va à lui, ne cherche que son intérêt personnel.Cette méfiance a souvent paralysé l’effort de ceux qui sont vraiment désintéressés.“De là, la nécessité de former une élite parmi les travailleurs.Devant les susceptibilités po- pulaires, ils — professionnels et hommes riches — s’effaceront pour appeler à la direction de leurs propres affaires, les membres des associations coopératives”.Voilà qui est clair.Mais comment, dans nos caisses et dans les autres coopératives, former cette élite?En étudiant les règlements qui les régissent.Disons, en passant, que trop de coopératives marchent encore sans règlement précis, et, admettons sans fausse bonté, que parmi nos officiers de caisses, il en est encore qui ne savent que très confusément les buts d’une caisse.Quels sont-ils?Protéger leurs membres contre les revers de la fortune, le chômage, la maladie et l’indigence en leur enseignant les bienfaits inappréciables de l’économie et de la prévoyance par la coopération.Leur venir en aide par des prêts et avances faciles à rembourser, au moyen de remises partielles, mensuelles ou hebdomadaires.Arrêtons-nous ensemble à ces deux premiers buts de nos caisses: l’économie et le désendettement.[ Des officiers, une élite, de bons hommes qui auront compris le premier, n’auront de cesse, ne s’arrêteront dans leur propagande que le jour où tous leurs co-paroissiens, tous les jeunes surtout, seront sociétaires actifs de leur caisse.En est-il ainsi de tous les gérants de tous les officiers des Caisses du Québec?.Je ne voudrais pas répondre oui.sous ser- ment.Des officiers, une élite, de bons hommes qui ont compris le second, le désendettement de leurs sociétaires, souffriraient-ils que des reconnaissance de dette fussent en retard, des semaines, des mois, voire des années?Non.Mettons un point.pas final, et permettez- moi, Chers messieurs, De me souscrire encore, Votre vieil ami, Louis ARNEAU.VOLUME 7, AVRIL 1941 55 9 Com de l'inspecteur ACHATS D’OBLIGATIONS il ne faudrait pas oublier que le paiement et la livraison des titres est une partie de la transaction qui ne le cède en rien en importance capitale à tout ce qui a ete relate dans la livraison de mars (voir p.39).Un seul instant de distraction ou d’absence d’esprit pourrait être cause d’une perte substantielle pour votre Caisse.Considérons les diverses manières dont vous pouvez effectuer votre achat: 1°—D’une firme de courtiers, ou d’un courtier en obligations, ou d’un simple particulier, dont le siège social, les bureaux, ou le domicile sont dans votre localité ; 2°—Des mêmes sources, mais en-dehors de votre localité ; 3°—Directement de la Caisse Centrale Desjar-dins de Lévis; 4°—Directement de votre Caisse Centrale ou régionale ou encore de votre Union régionale.Nous pourrions aussi ajouter de corporations municipales, ou de commissions scolaires, ou de communautés religieuses, etc., comme cinquième article; dans ces cas, ne pouvons-nous pas traiter de la même façon qu’avec un simple particulier, sauf la variation dans le nom.Voici le mode paiement que nous vous suggé-rons: 1°—Vous émettez un chèque officiel de votre Société à l’ordre même de la firme, du courtier ou du particulier, tel que mentionné à l’en-tête de la facture qui vous est produite, mais jamais à l’ordre d’aucun agent ou représentant.De plus, vous ne devez vous départir de votre chèque, accepté d’avance si on l’exige, que sur remise des valeurs achetées et de votre facture acquittée.(Observez la signature sociale sur votre chèque).Si vous avez un compte de banque avec un coffret de sûreté à la même succursale, peut-être pouvez-vous obtenir du vendeur que la transaction se complète à cette banque avec la livraison des titres et de la facture acquittée.2°—La prudence vous ordonne d’agir par l’intermédiaire de votre banque.Dans une lettre adressée au gérant de la banque, tous les détails de la transaction sont exposés ; en dernier lieu, vous lui donnez instructions de ne remettre votre chèque au vendeur que sur livraison des obligations et de la facture acquittée, et de vous aviser dès réception.Quant aux articles 3° et 4°, la procédure vous est sans doute connue.Tout commentaire additionnel est laissé à la discrétion de la Fédération ou des organismes concernés.Dans vos actes en rapport avec les placements sur obligations, vous n’êtes réellement prudents qu'en autant que vous tenez également en ligne de compte vos risques d’assurance contre le vol à main-armée et contre le vol avec effraction du coffre-fort.Nous ajouterons simplement quelques remarques.Ou vos obligations seront détenues dans le coffre-fort de la Caisse ou elles seront déposées dans un coffret de sûreté à votre Banque, ou autre succursale de Banque, ou chez tout autre dépositaire offrant des garanties de sécurité similaire.En coffre-fort: en principe et par mesure de prudence, nous recommandons l’enregistrement de toute obligation; En coffret de sûreté: Adoptez pour principe de déposer toute obligation dans ce coffret, immédiatement sur réception ou livraison.L’accès à ce coffret ne doit être permis qu’en la présence conjointe d’un autre Officier de votre Caisse, spécialement désigné à cette fin par une résolution de votre conseil d’administration.Tout achat d’obligation est sujet à ratification par votre conseil d’administration à la prochaine réunion.Il est inscrit aux livres au prix coûtant et les taxes fédérale ou provinciale, s’il y en a, sont portées aux dépenses d’administration.L’intérêt couru lors de l’achat est aussi ajouté au prix coûtant, à moins que l’on juge opportun d’ouvrir un compte spécial “Intérêt couru sur obligations” au grand livre des comptes généraux.Il ne serait pas sage d’anticiper aucun bénéfice quand une valeur est acquise au-dessous du pair, ou de la valeur nominale.Quand votre livre de caisse comporte une colonne “Divers” ou “en blanc — sans en-tête spécial”, le coût de l’obligation ainsi que l’intérêt couru sont inscrits séparément dans cette colonne; sinon, vous devez porter ces deux items dans la colonne de “prêts”, en ayant soin de faire une répartition du montant total de cette colonne à la fin du mois afin d’obtenir distinctement le montant de prêts et le montant de placements.A l’échéance du premier coupon d’intérêt, suivant tout achat, la partie d’intérêt couru est traitée comme une remise sur placement et la balance devient un bénéfice pour la Caisse.Donnons une attention toute particulière aux encaissements de coupons d’intérêt; voyons à détacher ces coupons en temps à chaque échéance, car tout retard plus ou moins prolongé est une mauvaise note contre le gérant.C’est avec plaisir que nous nous sommes rendu à la demande de vous donner ces renseignements qui, espérons-le, seront mis en pratique, pour le plus grand intérêt de votre Caisse en particulier et dans l’intérêt général des Caisses.R.G.• 56 REVUE DESJARDINS 7{otre chez noué Est-il inopportun de rappeler aux officiell de nos caisses populaires et aux sociétaires ce que c’est que la Fédération des Caisses populaires Desjardins?(juel rôle elle joue?De qui elle est composée?Ce qu’est l’Union régionale?Quel travail elle fait?On est peut être porté à confondre ces deux choses, soit à cause de l’indépendance des caisses les unes vis-à-vis des autres, soit par un manque de curiosité qui semble être excessif.Au bas de l’édifice, il y a la caisse populaire locale, pierre du solage, la charpente de la maison.C’est elle qui rend possible et l’Union régionale et la Fédération des Caisses populaires.Son rôle consiste à encourager l’épargne chez ses sociétaires et à consentir des prêts à ses membres.Chacun comprend ce qu’est la caisse locale, et le travail qu’elle doit faire dans le milieu où elle existe.Elle complète l’organisation paroissiale, n’insistons pas.Au-dessus de la caisse il y a l’Union régionale qui, dans l’édifice représente les murs et les divisions intérieures.Les membres de cette union sont choisis par les caisses locales à leur congrès annuel.Et c’est à l’Union que revient la charge de promouvoir les intérêts des caisses de son district.C’est par elle que se fait la propagande.C’est elle encore qui organise la Caisse régionale ou Caisse Centrale, destinée à recevoir le surplus d’argent que les caisses locales n’ont pas prêté à leurs membres ou la partie de l’actif qu’elles doivent garder liquide afin de répondre aux demandes de retraits.C’est encore la Caisse Centrale ou régionale qui fait la compensation de caisse à caisse, ou caisse à banque.11 3 a dans la province de Québec six unions régionales, et donc six caisses centrales ou régionales: Trois-Rivières, Québec, Montréal, Gaspé, Sherbrooke et Rimouski.Un bon solage, une forte charpente, des murs ne suffisent pas pour construire une maison.11 faut lui ajouter un toit qui mettra le tout à l’abri: la Fédération des Caisses Populaires Desjardins vient alors compléter la construction.Qu’est-ce que la Fédération des Caisses populaires Desjardins?C’est la réunion de toutes les Unions régionales.A la Fédération revient le devoir de surveiller les lois, de mettre en pratique certaines obligations de surveillance que lui a données le gouvernement, comme l’inspection des caisses, l’approbation des achats d’obligations, etc.La Fédération s’intéresse au mouvement de toutes les caisses de la province, en les conseillant, en les aidant à faire leurs placements d’argent sur des obligations de tout repos, et le reste.Quant à l’excellence de son service d’inspection quelle caisse n’en a pas bénéficié?Ce service a lui seul démontre avec quel soin la Fédération veut le bien de toutes les caisses qui sont sous sa dépendance.De qui est composé le conseil d’administration de la Fédération des Caisses populaires Desjardins?De deux membres de chacune des six Unions : Président: M.Eugène Poirier, N.P.président de l’Union de Montréal et de la caisse populaire de Ste-Cécile de Montréal; Vice-présidents: M.«J.A.St-Laurent, ptre, secrétaire de l’Union de Gaspé; M.Laurent Létourneau, secrétaire-gérant de l’Union des Trois-Rivières, et vice-président de la caisse populaire des Trois-Rivières; Directeur-gérant : M.Cyrille Vaiilancourt, D.S.A., président-gérant de l’Union de Québec, et administrateur de la caisse populaire de Lévis ; Secrétaire : M.Emile Tunnel, ptre., directeur de P Union de Québec; Directeurs: M.Wilfrid Guérin, N.P., directeur de l’Union de Montréal, et gérant de la caisse populaire tie ITmmaculée-Conception de Montréal ; M.C.A.Forest, vice-président de l’Union de Gaspé et gérant de la caisse populaire de Bo-naventure; M.S.T.Lupien, président de l’Union des T.-Rivières, et gérant de la caisse populaire de St-Théophile du Lac (Laviolette).M.Abel Marion, président de l’Union de Sherbrooke, et gérant de la caisse populaire de Ste-Hedwidge de Clifton (Compton) ; M.Armand Malouin, ptre., vice-président de l’Union de Sherbrooke; M.P.Emile Dubé, ptre., vice-président de l’Union de Rimouski ; M.Aurèle Gamache, secrétaire-gérant de l’Union de Rimouski et gérant de la caisse populaire du Bic.En l’absence de Monsieur l’abbé Emile Tur-mel qui est présentement aumônier militaire, monsieur Rodolphe Laplante, président de la caisse populaire de l’office du Crédit Agricole du Québec est directeur substitut de la Fédération des Caisses populaires, et monsieur Maurice Fortin est secrétaire adjoint.Monsieur Guy Hudon est l’aviseur légal.La Caisse populaire est à nous, c’est de nous tous qu’elle est née, c’est par nous (chaque sociétaire, chaque caisse, chaque union) qu’elle vit et c’est par nous qu’elle prospère.Car ne l’oublions pas, cette Fédération des Cais- VOLUME 7, AVRIL 1941 57 • ses populaires est formée de représentants de chaque union; aucune union n’a plus d’autorité l’une que l’autre, aucune ne peut se glorifier de mettre la Fédération sous son autorité ; il en est ainsi des Unions régionales.Résumons par des exemples : La Caisse locale, c’est la paroisse; l’Union régionale c’est le diocèse; la Fédération des Caisses populaires c’est l’archidiocèse.Ou encore: la Caisse locale c’est le conseil municipal; l’Union régionale c’est le conseil de comté; la Fédération des caisses populaires, c’est la Province.Au haut de l’organisme, il y a la Fédération qui se divise en six unions régionales lesquelles à leur tour se subdivisent en 559 caisses populaires locales.En définitive les sociétaires des caisses populaires et les Unions régionales restent les maîtres, ce sont eux qui nomment les représentants aux unions régionales, et ces derniers choisissent les représentants de la Fédération des Caisses populaires.L’explication est-elle assez claire?En vous faisant mieux connaître comment est composée chez nous la coopérative d’épargne et de crédit, nous voudrions vous la faire aimer davantage, sans doute, et avoir aussi confiance dans l’avenir.Que chacun ait à coeur de faire un succès de sa propre caisse, et de croire à la coopération ; maîtres chez nous, qu’aurons nous à craindre1?C’est Péguy qui a dit: “J’ai toujours tout pris au sérieux.Ca m’a mené loin.’’ JOS.TURMEL, Propagandiste des caisses populaires pow l’Union de Québec.FONDATION/ Pendant les mois de décembre, janvier, février et mars.Décembre 1940 Comté Très St-Enfant Jésus d’Ely, Sherbrooke.St-Jacques le Majeur, Wolfe.Janvier 1941 Joly, Lotbinière.Février 1941 St-Moïse, Matapédia.Mars 1941 Ste-Anne de Beaupré, Montmorency.Giffard, Québec.Beauce Jonction, Beauce.St-Cléophas, Matapédia.Percé, Gaspé Sud.Ste-Thérèse de Gaspé, Gaspé.St-Marc de Rosemont, Montréal.• 58 OAOAILLAOES La Fédération des Caisses populaires de la Colombie Britannique, la “Credit Union League’’, publie les statistiques suivantes: “Au 31 décembre 1939, il y avait 7,879 Caisses populaires dans tous les Etats-Unis, avec un eîfectif de 2,304,876 sociétaires qui ont épargné $196,090,403.00.De ces caisses, 4,722 sont régies par une charte d’Etat et 3,157 par une charte Fédérale.La distribution par état nous apprend que l’Illinois vient en tête, suivi de New York, Californie, Massachusetts, Pennsylvanie et Wisconsin.La Colombie Britannique dépasse déjà certains états tels l’Arizona (19 caisses), le Delaware (11), etc.” Ces statistiques sont intéressantes et nous pouvons y ajouter que le Québec ne se fait dépasser que par 3 ou 4 états américains et par aucun canadien.La Fédération de la Colombie Britanique publie aussi un bref rapport d’un congrès régional tenu à Vancouver, C.B., le 18 septembre 1940.A ce congrès, M.G.H.Cockburn présenta un travail intitulé: “Credit Union in the Church” ou “La Caisse populaire et l’Eglise”.11 montra comment les chrétiens apprirent de leur religion même, la doctrine de la responsabilité et de l’aide mutuelle et qu’ainsi, les chrétiens en vinrent à considérer répréhensibles les prêts usuriers.Une revue de la philosophie catholique actuelle, lui permit d’illustrer jusqu’à quel point, nous, catholiques, regardons les Caisses populaires comme essentielles à l’ordre social idéal qui reconnaît l’importance de l’“aide-toi toi-même” et l’entraide mutuelle, qui inculque l’habitude de la vertu d’économie et qui enseigne la solidarité, le sens social.Quant aux protestants, ils estiment les Credit Unions car elles leur permettent d’appliquer le principe évangélique de la solidarité chrétienne et d’éviter les maux de l’usure, aussi parce qu’elles encouragent l’économie qui était la marque des Puritains.Egalement, elles leur conviennent car elles font partie de leur “évangile” social, partie qui pourrait être réalisée dès immédiatement.11 démontra que la coopération d’épargne et de crédit a été préconisée par des hommes profondément religieux et comment aujourd’hui il y a, seulement aux Etats-Unis, 275 “Church Credit Unions” (ce qui pourrait se traduire par “Caisses populaires paroissiales”).A l’aide d’extraits des rapports d’une “Church’s Credit Union” pour protestants (First Christian Church, Frankfort, Ind.) et d’une Caisse populaire pour catholiques (St-John’s, Waterloo, Iowa), il exposa jusqu’à quel point une caisse paroissiale peut s’intégrer dans la vie de l’Eglise.REVUE DESJARDINS Pendant que Ion parle de milliards.Une modeste mais fructueuse entrepris*.— L’épargne scolaire — La fête de sainte Cécile et ses leçons — Mgr l'Archevêque chez les écoliers Les millions, les centaines de millions, les milliards obscurcissent l’air.On ne peut ouvrir un journal sans y rencontrer des chiffres astronomiques, — et qui nous touchent on sait à quel point.Dans une pareille atmosphère, il peut paraître étrange, presque incongru, d’oser parler de modestes milliers, de très modestes centaines et même de quelques pauvres piastres.Si l’on a la patience de parcourir les lignes suivantes, on verra que la chose n’est cependant pas sans intérêt, — et même d’un intérêt fort général.# # * Il s’agit tout d’abord d’une simple caisse scolaire, celle de Sainte-Cécile de Montréal.iSainte-Cécile possède l’une des plus importantes Caisses Desjardins de notre région.Le président même de la Fédération des Caisses de la province, M.le notaire Eugène Poirier, habite la paroisse, préside la caisse locale.Il est secondé par un groupe de collaborateurs dévoués.Ensemble, ces messieurs ont jugé que la caisse scolaire était le complément naturel de la Caisse populaire, son antichambre aussi, si l’on peut employer une autre image.Par la caisse scolaire, ils voulaient développer chez les jeunes le goût de l’épargne, préparer à la Caisses populaire de futur adhérents.Déjà les membres de la caisse scolaire ont appris le chemin de la Caisse populaire.Ils la fréquentent comme leurs aînés.— Ailes donc faire un tour par là, nous disait quelqu’un qui n’est pas de la paroisse.Vous seres amusé et édifié de voir dans les bureaux des gamins qui se bousculent et se taquinent, puis, subitement graves, vont faire leur dépôt.Certains sont obligés de se haussier sur la pointe des pieds pour atteindre le guichet.La pensée des fondateurs allait plus loin, et M.Poirier lui-même l’exposait dans la petite fête dont nous allons parler tout à l’heure.Us voulaient, non seulement apprendre aux petits à épargner, les habituer à fréquenter la Caisse populaire, mais encore, et surtout, développer chez eux l’énergie, la volonté, l’habitude de se maîtriser.Pour faire son petit dépôt, pour acheter les timbres qui facilitent l’épargne quotidienne, le petit a dû souvent renoncer à un verre de liqueur douce, sacrifier un cornet de crème glacée, etc., Cela trempe la volonté, crée d’excellentes habitudes, qui pourront avoir un bienfaisant retentissement, de même que les ha- bitudes de gaspillage préparent de lamentables lendemains.# # # On a donc institué dans les deux écoles de la paroisse, l’Académie Sainte-Cécile des filles et l’Ecole Philippe-Aubert de Gaspé des garçons, l’épargne scolaire.Pour accélérer le mouvement, on a lancé un concours entre les deux écoles.Un drapeau, préparé par les religieuses institutrices de l’Académie, est confié à la garde de l’école qui l’emporte.Dans chaque école, une coupe passe aussi à la garde de la classe qui a obtenu le plus de succès.Un prix est tiré entre les déposants.C ’est le résultat de ce concours qui devait être formellement proclamé vendredi dernier.C’est l’Ecole Philippe-Aubert de Gaspé, l’école des garçons, qui l’a emporté; mais les jeunes filles ont fait un grand effort.On a même dit que c’était cet effort qui avait stimulé les garçons et les avait, par crainte d’une rivalité victorieuse, décidés aux sacrifices qui leur ont assuré la victoire.Ajouterons-nous — ceci est une observation strictement personnelle — que, bien qu’il y ait plus de filles que de garçons dans les écoles, 870 contre 716 — la partie n’est peut-être pas égale?Les garçons peuvent faire des commissions, rendre des petits services extérieurs et se procurer ainsi un supplément de ressources qui n’est pas à la portée des fillettes.En tout cas, au cours du mois de janvier, 330 garçons ont déposé un total de près de $600, tandis que les fillettes, au nombre de 339, déposaient près de $500.Le concours a couvert les quatre derniers mois.Il serait fort intéressant — mais le temps comme l’espace manque — d’en analyser en détail le bilan, de noter l’effet sur les dépôts de la propagande, des Fêtes, de l’approche de la séance de clôture, d’examiner aussi la part de chaque classe.Il y aurait là matière à utiles réflexions.Mais, encore une fois, nous n’en avons pas le temps.Notons simplement que les élèves des deux écoles ont ensemble, à la Caisse populaire, des dépôts pour plus de $3,000, et que la moyenne de ces dépôts dépasse les $3.Sans doute, à côté des chiffres qui viennent ce matin d’Ottawa, cela est infinitésimal ; mais cela représente des efforts répétés, des sacrifices nombreux; cela peut compter beaucoup pour la formation des jeunes ; cela aide à créer des habitudes qui pourront toute la vie leur être utiles.VOLUME 7, AVRIL 1941 59 • Aussi bien, a-t-on désiré donner à la proclamation des derniers résultats du concours un éclat inaccoutumé.Mgr l’Archevêque de Montréal a bien voulu se rendre à la réunion.Il était accompagné, non seulement du clergé de la par Disse, mais des hauts dignitaires de la Commission scolaire, des visiteurs ecclésiastiques, de représentants des congrégations religieuses, etc.Plusieurs de ces invités ont donné aux enfants de sages conseils.Mgr l’Archevêque a particulièrement insisté sur la nécessité de maintenir l’effort déjà poursuivi, de ne pas laisser des habitudes de relâchement atténuer les succès obtenus.Il a même promis, aux grands applaudissements des écoliers et écolières, de venir constater une fois encore le travail fait par les jeunes.La manifestation de vendredi aura donc sûrement un grand effet dans la paroisse même.Elle stimulera la volonté des jeunes et de leurs amis.Il serait bien étonnant qu’elle n’eût pas un retentissement considérable au delà.Ceux qui travaillent déjà voudront faire plus, et d’autres qui n’ont pas encore osé fonder se diront qu’ils peuvent sans doute entreprendre chez eux ce qui se fait ailleurs.Rien n’entraîne comme l’exemple.Le Devoir, 19 II-41 Orner HEROUX.GASPILLAGE Le doigt sur la plaie Le gaspillage !.Chez nous, il est érigé en système, et, en système permanent, s’il vous plaît.Je viens de m’en convaincre, une fois de plus, lundi dernier.Dans une paroisse de moins de douze cents âmes, le plus petit des quatre restaurants qui y opèrent a vendu pour $61.35, dans un seul dimanche.Et, qu’a-t-il vendu?Des cigarettes, du chocolat, des liqueurs douces, des bonbons, donc, des choses inutiles, voire, nuisibles.Il y a une quinzaine d’années, nous avons fait une enquête sur la vente de la cigarette, dans une paroisse d’environ 2500 âmes.Les résultats?.Les plus âgés s’en rappel- lent, on y avait dépensé $8,352.00, sans tenir compte des cigarettes fumées dans les chantiers.Et, femmes et filles ne fumaient guère alors.Que serait une enquête faite cette année ?.Non.Un peuple ne saurait vivre indéfiniment avec semblable délire de gaspillage.Une campagne d’économie s’impose.Nos enfants, nos adolescent doivent être em- brigadés dans les caisses pour être préservés de cette pluie du gaspillage qui ronge notre jeunesse de partout.# * * J ’ai sous les yeux un article d’un extraordinaire bon sens.Le voici presqu’intégralement : “L’économie, écrit l’auteur, n’est plus considérée comme une vertu, mais comme une coutume désuète et même un peu ridicule.Equilibrer son budget est une préoccupation d’un autre âge; grâce aux ventes à crédit on contracte des obligations sans savoir comment on pourra y faire face.On a des bas de soie, des radios et des automobiles, mais on arrive à la vieillesse sans avoir des réserves pour faire face aux mauvais jours.On compte sur l’Etat, — Providence moderne qui doit de plus en plus se charger de réparer toutes nos erreurs.“Malheureusement, comme tout ce que fait l’Etat, ces interventions coûtent cher et sont mal faites.Les secours sont distribués un peu à tort et à travers et pour des considérations auxquelles la politique n’est pas toujours étrangère.Entre le contribuable et le secouru s’interpose une armée de fonctionnaires, contrôleurs, inspecteurs, etc., qui prélève sa dîme sur les sommes qui lui passent par les mains.“.11 n’y a qu’un remède: le retour aux habitudes ancestrales.“Il faut nous désaméricaniser, il faut revenir à une vie simple; il faut cesser de prendre l’envie comme une règle de conduite et introduire dans nos rapports sociaux un peu plus de charité pour les uns et de résignation pour les autres.Il nous faut en réalité comprendre que tout le monde ne peut pas être mieux que son voisin.Et nous n’en serons pas plus malheureux, car le véritable bonheur ne vient pas du confort matériel.Sans doute y a-t-il un minimum au-dessous duquel on ne peut descendre, mais quand il y a du travail pour tout le monde, il y a du pain pour tout le monde.” Il faudra en venir à mettre en pratique ces sages conseils, l’un de ces quatre matins, sinon.gare la bombe ! Paul BREVAL.EN VITESSE Disons que: Plusieurs caisses choisiront bientôt de nouveaux officiers.Que les sociétaires voient à découvrir leurs meilleurs hommes.Nous traversons des temps périlleux.11 faut aux caisses des officiers dévoués, prudents qui ne sont pas là que pour dire oui ou pour écornifler.A.L’Epouvante.• 60 REVUE DESJARDINS Notre benjamine Jl'fyniatt Heffianale.de fUmtuuki “L’Union Régionale des Caisses Populaires Desjardins du district de Rimouski” est encore bien jeune, pour faire ses débuts dans le grand public des revues.Pensez donc ! à trois ans et demie ! on commence à peine à marcher sûrement.On est encore un peu timide; on aime bien mieux écouter ceux qui ont l’expérience; on préfère regarder agir les ainés, plutôt que d’essayer de donner des leçons.L’Union Régionale de Rimouski est, en effet, la plus jeune des six Unions Régionales qui existent dans la Province de Québec ; elle a été fondée le 29 juillet 1937.Ses débuts ont été très modestes.Il n’y avait alors, dans le diocèse de Rimouski, que quinze caisses populaires dont ^ept étaient af-filliées à l’Union Régionale de Québec, et huit à l’Union Régionale de Gaspé.A cause de l’immensité du territoire et de l’éloignement des grands centres, la direction diocésaine de l’Union Catholique des Cutiva-teurs qui s’occupait alors, très activement de propagande en faveur des Caisses, dans le diocèse de Rimouski, entrevoyait, dans cette division de son territoire, des difficultés dans son beau travail.C’est pourquoi, suivant en cela le désir des autorités religieuses, il fut décidé de grouper les Caisses existantes en une seule Union Régionale, propre au diocèse.De plus, on aurait ainsi, au lieu d’un seul propagandiste, plusieurs personnes directement intéressées au développement de l’oeuvre dans le diocèse.Treize Caisses Populaires envoyèrent des délégués, à la séance de fondation, au Bic, le 29 juillet 1937, séance présidée par un membre de la Fédération des Caisses Populaires et donnèrent leur adhésion.Les personnes dont les noms suivent, formèrent alors et forment encore les trois conseils de l’Union Régionale et de la Caisse qui lui fut annexée : Conseil d’Administration: Président: M.Emile Gagnon, N.P., du Bic.Vice-Président: kf.l’abbé P.E.Dubé, vicaire à Rimouski.Directeurs: M.l’abbé Alexis April, curé de Ste-Rita, maintenant curé de Rivière-Bleue.M.Ph.Cossette, N.P.de Causapscal.Secrétaire-gérant : M.Aurèle Gamache, du Bic.Commission de Crédit: M.J.A.Bélanger, gérant de la Caisse Populaire de Mont-Joli.M.J.Desgagnés, agent-d’assurance, de Mont- Joli.M.Rosario Fournier, électricien, de Mont-Joli.Conseil de Surveillance: M.Amédée Caron, avocat, gérant de la Caisse de Rimouski.M.Georges d’Auteuil, secrétaire de la Ville de Rimouski.M.Jacques Gagnon, cultivateur de Rimouski.C’est après cette organisation de l’Union Régionale, qu’a commencé le développement rapide des Caisses Populaires dans le diocèse de Rimouski.Les fondations nouvelles se sont succédées à une allure qui pourrait paraître un peu vive, mais la manière dont ces Caisses sont administrées et les progrès réalisés, démontrent que ce n’est qu’un développement normal après d’études sérieuses.En effet, 10 caisses nouvelles furent fondées en 1937; 8 en 1938; 10 en 1939; 16 en 1940; 3 en 1941.Les demandes de fondations nouvelles arri-vpnt toujours en aussi grand nombre, au Secrétariat de l’Union Régionale.Mais nous ne fondons pas de Caisse immédiatement après demande faite; quelques-unes seront certainement retardées d’une et môme de deux années.Nous voulons être prudents, très prudents.Nous ne voulons pas fonder plus de Caisses que nos propagandistes peuvent en surveiller.Il y a les nouveaux gérants qui doivent être formés, instruits, et les anciens qu’il faut surveiller, diriger; c’est déjà tout un programme.Nous souhaitons bien que chacune des 105 paroisses du diocèse ait son organisme d’épargne et de crédit, et ce sera chose faite, dans cinq ans, au train où vont les choses; mais nous voulons avant tout et par dessus tout, que ces organismes so^nt viables, qu’ils puissent donner leur plein rendement, qu’ils puissent rendre service à leurs membres, sans risque de perte pour les épargnants.C’est pourquoi, avant de fonder une caisse populaire nouvelle, nous exigeons qu’il y ait une préparation soignée, une étude approfondie de cet organisme, de ses statuts.Nous faisons meme subir un examen, assez sommaire, il est vrai, mais un examen tout de même, aux futurs sociétaires, afin de nous rendre compte si les administrateurs de la nouvelle caisse seront en mesure d’accomplir leur devoir sagement, sûrement.Si dans le passé, quelques caisses ont été obligées de fermer leurs portes, ou peut toujours dire c’est parce qu’il n’y avait pas alors de surveillance organisée comme elle l’est maintenant; mais si elles ont été réduites à cette obli- VOLUME 7, AVRIL 1941 61 • galion, c’est d’abord et avant tout, parce qu’on en n’a pas observé les règlements.Et on ne les a pas observés, parce que les sociétaires ne les connaissaient pas ou ne les connaissaient pas suffisamment.Même dans les cas de malhonnêteté de la part du gérant, on aurait pu éviter bien des désastres, si les sociétaires avaient bien connu les règlements de leur caisse.Ils auraient été constamment en éveil; ils se seraient “‘mêlé de leurs affaires”; ils auraient vite saisi le danger vers lequel on les menait et seraient intervenus à temps.Les chiffres qui suivent montrent bien, il me semble, le progrès constant d-e nos 59 Caisses populaires, toutes affilliées à leur Union Régionale.Ces chiffres ne sont pas encore bien grands, mais remarquons que 45 de ces Caisses n ’ont pas encore 4 ans d’existence : 31 mai 1940 28 fév.l941 Augmentation Caisse $254,691.24 $346,505.87 35.6% Actif 667,189.86 805,609.17 20.1% Epargne 552,665.35 686,850.92 24.3% Capital social 85,256.52 96,186.87 12.8% Sociétaires 7,517 9,774 30.0% Déposants 6,346 8,260 30.1% Emprunteurs 1,520 1,770 1 6.4 */c "CAISSE REGIONALE" Caisse $ 91,751.05 $136,952.24 49.3% Actif 154,189.19 226,088.24 46.6% Capital social 2,200.00 8,417.52 282.0% Epargne 150,877.23 215,359.14 42.7% Nous attribuons ce magnifique essor des Caisses Populaires dans le diocèse de Rimouski, surtout à l’étude, l’étude en équipes, telles qu’organisées par les cercles de l’U.C.C., dans chacune de nos paroisses.Ce système nouveau d’éducation des adultes est reconnu comme le plus efficace de tous.Il a été mis à l’essai, pour la première fois chez-nous, il y a quatre ans.Et depuis ce temps, pendant l’hiver surtout, 700 à 800 équipes d’étude ont travaillé très activement, dans les villages et les rangs de nos paroisses rurales.L’organisation n’est pas compliquée.Les cultivateurs et les ouvriers, par groupes de 6 à 8 voisins, se réunissent chez l’un d’eux, une fois ou deux par semaine, pour étudier ensemble leurs problèmes, leurs difficultés, pour chercher, eux-mêmes, les moyens d’améliorer leur situation, sans recourir aux deniers de l’Etat, sans quémander des octrois.Tout en fumant tranquillement leur pipe, au coin du feu, ces braves gens parlent de leurs difficultés, essaient d’y trouver des solutions efficaces; et, une fois par mois au moins, ils assistent à une assemblée générale de ces équipes, où l’on rend compte de la solution trouvée à des questions étudiées par tous, et on adopte une conclusion pratique.Nos gens ont pri$ à coeur le mot de leur Evêque, prononcé à la Semaine Sociale de 1934 : “Mêlez vous de vos affaires, mêlez-vous en.” Et depuis qu’on étudie ainsi, les demandes de fondations de caisses populaires, de syndicats, de magasins coopératifs et autres organisations coopératives, arrivent de toutes les paroisses.Les réalisations obtenues nous montrent bien, qu’en cette matière comme en toute autre, l’étude est la clef du succès.C’est ainsi que dans une paroisse de colons, où les revenus sont pourtant bien maigres, on a pu, en trois ans, fonder une caisse populaire, une fabrique coopérative de beurre et de fromage et un magasin coopératif, financé par la caisse.Dans une autre, deux mois après sa fondation, la caisse, avec ses $7,500.00 d’épargne, permettait à tous les cultivateurs de la paroisse d’acheter engrais chimiques et grains de semence au comptant, et de réaliser de belles économies sur ces achats.Les cas à peu près semblables sont nombreux .Actuellement, nos 59 caisses ont des prêts pour un montant total de $364,000.00, repartis entre 1770 emprunteurs.Ce sont autant de familles qui doivent à leurs Caisses de pouvoir Situation de l'Union régionale des Caisses Populaires de Rimouski Au 31 mars 1941 ACTIF Placements sur obligations .$ 20,500.00 Prêts sur reconnaissance de dette.69,054.98 Inventaire 498.88 Caisse .131,307.45 Total de l’Actif .$221,361.31 Dépenses 195.13 Intérêts payés .1,313.01 TOTAL .$222,869.45 PASSIF Capital social .$ 8,537.52 Epargne.210,315.67 Total du Passif.Contributions.Bénéfices .Taxe d’entrée.Fonds de réserve .$ Fonds de Prévoyance.Surplus .$218,853.19 .475.89 .2,421.91 .6.50 633.41 49.30 429.25 Avoir-propre «F; ’ 1,111.96 TOTAL $222,869.45 9 62 REVUE DESJARDINS continuer de rester sur leurs terres, ou de se débarrasser de créanciers trop exigeants.Si nous voulons que nos organisations coopératives, et surtout les Caisses Populaires, rendent à nos classes laborieuses, tous les services qu’ils sont en droit d’en attendre, ce n’est pas tant le chiffre de l’épargne qu’il faut augmenter, mais le nombre des coopérateurs, des coopérateurs véritables, qui comprennent le but des caisses, qui en connaissent les statuts, et qui seront capables de l’administrer, non seulement en vue des bénéfices à faire, mais pour le bien commun de tous les sociétaires.Enfin, nous tenons beaucoup à ce que chacune de nos Caisses organise, le plus tôt possible, un système d’épargne pour les jeunes de nos écoles; et c’est chose faite déjà, presque partout.C’est la partie la plus importante de l’oeuvre éminemment sociale que peuvent réaliser nos Caisses: enseigner l’épargne, l’épargne des sous, chez les jeunes, afin de faire disparaître le gaspillage, avec tout son triste cortège de vices, de débauche et de misères de toutes sortes.Le fléau de l’alcoolisme et du “biérisme” est en train de tuer nos gens, lentement, mais sûrement, au point de vue physique aussi bien que moral ; de leur enlever tout idéal, toute ambition noble.Apôtres des Caisses, il est de notre devoir d’opposer, à la propagande effrontée, sans scrupule et essentiellement menteuse, des “brasseries”, la propagande de l’épargne, chez les jeunes surtout.Si un enfant a assez de volonté, à dix ans, pour économiser des sous, au lieu de les dépenser inutilement pour satisfaire ses appétits; s’il a la force de résister à ces tentations et de déposer ces sous à une caisses d’épargne, en vue de son établissement futur, soyons sans crainte; quand il sera devenu un homme, il aura encore assez de volonté pour résister aux tentations propres à son âge, quelles qu’elles soient.Il y a là tout un programme, à accomplir par nos coopérateurs, un programme illimité, où toutes les nobles ambitions peuvent s’exercer; un apostolat véritable, ouvert à tous les dévouements.Il ne s’agit pas tant d’augmenter le chiffre de l’épargne de nos caisses populaires, que d’augmenter le nombre des coopérateurs sobres, honnêtes, laborieux, qui deviendront vertueux.C’est lorsque ce programme sera réalisé, qu’il sera vrai de dire que nos Caisses Populaires sont une oeuvre de “rédemption sociale”, comme on l’a répété si souvent.C’est là le plus beau monument que nous puissions élever à la mémoire du Commandeur Alphonse Desjardins.Paul-Emile DUBE, Ptre.Les Caisses (écrit en 1910) II La Caisse Populaire est une vraie cooperative d’épargne et de prêts; donc un groupement de personnes d'abord, où le capital humain joue le premire rôle: c’est là une différence essentielle, (la premiere) qui existe entre la Caisse populaire et les sociétés ordinairee (voir livraison de janvier 1941, p.11).Ce n’est pas, d’ailleurs, la seule différence.h oici comment s’exprime M.Desjardins : “Douze citoyens suffisent pour fonder une caisse.Quel est son rayon d’activité?En d’autres termes, doit-elle étendre ses opérations à toute une région, à un grand district ou à toute la province ?Non, car alors il serait impossible de savoir à qui on ouvre les rangs de la société, et les gens malhonnêtes auraient presqu’autant de chances d’être admis que les honnêtes.Il faut donc restreindre le champ des opérations à des limites très étroites.Voilà pourquoi la Caisse Populaire ne fonctionne que dans une seule paroisse.Pourquoi?Parce que dans une paroisse tout le monde se connaît, ou à tout le moins, a tous les bons moyens de se connaître.La paroisse est Populaires par ALPHONSE DESJARDINS une grande famille.Le contact journalier de chacun des membres d’un tel groupement permet de se mieux apprécier, de se renseigner sur le compte de son voisin.Et si, comme cela peut arriver dans une grande paroisse urbaine, la connaissance est en défaut ou n’est pas certaine, que faire alors, dira-t-on?Rien de plus simple: attendre pour avoir tous les renseignements qui permettront de savoir au juste à qui on a affaire.La recette est des plus faciles à suivre.Pourquoi tant de précautions sur la qualité des sociétaires?Parce qu’il est essentiel d’avoir de bons citoyens, car avec de tels membres, on sera certain de former une excellente société, et une excellente société, tout comme un bon arbre, ne peut produire de mauvais fruits.Donc, nécessité absolue de limiter les activités de la Caisse à la paroisse.Seconde différence essentielle avec les autres sociétés qui cherchent à augmenter leur prospérité en étendant partout leurs opérations et qui, trop souvent, comme l’expérience le prouve, le font aux dépens de leur sécurité.Qui peut faire partie de la Caisse Populaire VOLUME 7, AVRIL 1941 63 • d’une paroisse?N’y aura-t-il que les hommes qui devront être admis?Les femmes, les enfants en seront-ils exclus?Non, mille fois non! Les femmes et les enfants — toujours s’ils ont les qualités requises — non seulement peuvent être sociétaires, mais on doit les y faire entrer au plus tôt, parce qu’ils font eux aussi, partie de la grande famille paroissiale, et que la Caisse est celle de la paroisse.Leur place est donc toute trouvée et les avoir dès la première heure est un gage de succès et de prospérité.La Caisse est essentiellement une école d’épargne, de la petite épargne, par conséquent, celle que tout le monde, hommes, femmes et enfants, peuvent pratiquer ; car dans notre pays tout le monde a des sous et c’est avec des sous que la Caisse forme les fonds qu’elle fera fructifier par des prêts à ses membres.Or, la femme quand elle est bonne, ménagère et vertueuse — et c’est, grâce à Dieu, la grande majorité — est le ministre des finances de la famille domestique.C’est à elle que le bon mari confie ses gages, et c’est elle qui les administre avec sagesse et prudence.Or.une telle femme saura toujours trouver le moyen de mettre quelques sous de côté pour l’épargne, elle saura accumuler ainsi un petit pécule pour les mauvais jours, pour parer au chômage forcé, à la maladie ou autres imprévus.Et si elle est membre de la Caisse Populaire, elle s’y intéressera davantage, elle saura également y intéresser son mari.Cette union des volontés produira des merveilles de prévoyance et d’économie.Les enfants doivent aussi être sociétaires, parce qu’il faut leur enseigner au plus tôt cette belle vertu sociale et domestique de l’épargne, afin de combattre de bonne heure les instincts de dissipation, de légèreté ou de gourmandise qui se développent, hélas, si vite dans notre pauvre nature.En agissant ainsi, non seulement on obtiendra un heureux résultat en formant ces jeunes esprits à la prévoyance par l’épargne et à des habitudes sérieuses, aux sacrifices nécessaires pour acquérir les vertus contraires aux funestes pratiques d’aujourd’hui, mais aussi, on contribuera à faire de la Caisse une oeuvre prospère, solide et durable, en lui préparant des sociétaires de première classe.En effet ces enfants d’aujourd’hui seront les jeunes gens et les jeunes filles de demain, futurs maris et futures femmes de ménage, et s’ils sont bien formés dès leur bas âge, ils seront les plus fermes soutiens de cet organisme paroissial si utile qu’est la Caisse Populaire.Donc, les enfants doivent être membres de la Caisse, afin d’en faire des épargnistes au lieu des dissipateurs, et s’assurer ainsi pour plus tard des sociétaires actifs et nombreux.Voilà pour le premier élément, le personnel, qui entre dans l’organisation d’une caisse populaire.Il est le premier et le plus essentiel.Sans lui, il n’y a plus de caisse de ce genre, mais simplement une société de piastres comme tant d’autres, et de celles-là nous n’avons aucun souci, encore moins oserions-nous en parler avec faveur” .En faut-il davantage pour établir que la Caisse populaire est une coopérative qui s’occupe d’abord et avant tout du capital humain, de personnes honnêtes et qui veulent le demeurer.Que nos nombreux amis tiennent bien compte de ce facteur s’ils veulent garder l’esprit des caisses.Louis ARNEAU.Aeleiié Mdté'iéAAant D'après les statistiques compilées au 31 décembre 1940.sur un total de 534 Caisses populaires, dont les rapports nous sont parvenus, voici les chiffres qui ont été établis: Titres Caisses urbaines 94 (17%) Caisses semi-urbaines 20 (4%) Caisses rurales 420 (79%) Total 534 (100%-) Actif 1 44% | $9,212,534.17 5%c $1,134,559.84 51 % $10,712,847.66 100%o $21,059,941.6/ Capital social 61% | 1,567,670.28 4%> 100,333.49 35% 905,503.16 1 oo%0 2,573,506.93 Épargne 39% 1 6,445,529.52 6% 968,101.64 55% 8,887,922.36 100%o 16,301,553.52 Placements sur Obligations 55% ! 3,926,803.69 4% 264,039.61 41 % 2,987,695.53 100%o 7,178,538.83 Prêts aux sociétaires.| 44% | 3,961,420.78 7% 627,098.1 1 49% 4,422,907.21 100%> 9,01 1,426.10 Avoir-propre 56% | 961,340.56 3% 50,146.94 41 %o 695,947.18 100%o 1,707,434.63 Caisse 24% | 1,064,011.23 1 5%o 228,087.70 71 % 3,191,537.68 100%> 4,483,636.61 • 64 REVUE DESJARDINS
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