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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1943, Collections de BAnQ.

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Vol.rx.No.10 Québec, Décembre 1943 ! SOMMAIS?E T Comment Monsieur Desjardins conçui-il 1 idée de fonder ses Caisses?G.Vaellancourt - L'économie coopérative sera-t-elle exclusive Rodolphe Ll\plante- Le Ve Congrès général de la Cooperation à Québec Paul-Emile Charron- Vie des Caisses à Chicoutimi Lettre ouverte à Messieurs les gerants et officiers des Caisses populaires du Québec Louis Arneau- Les principes directeurs de la vie économique Paul-Emile Charron- Nouvelles fondations______________________________________________ Les Caisses populaires et l'emprunt La vie des Caisses au Nouveau-Brunswick R.L.- Pour aider les cultivateurs à produire Calendrier Co-Op.- Constructions d'habitations familiales Ce qu'on écrit ailleurs Rachat d'obligations______________________________________________ Avis aux détenteurs d'obligations de Saint-Boniface- L'utilisation de l'épargne en actes- Copeaux et retailles Etes-vous protégés?Coin de l'inspecteur Rosario H.Tremblay- Consultations légales L’aviseur légal- Table des matières________________________________________________ 182 185 187 188 189 190 191 191 192 193 193 194 194 195 196 196 197 197 198 199 199 Oa^ohjl officicê de * FÉDÉRATION DTS CAISSES ROPU1 AIRIS DESJARDINS Desjardins populaires Québec officiel de la Fédérotian société régie par la loi des Organe Rédaction et administration pour un seul abonnement $1.00 par groupe de quatre abonnements 3.50 par groupe de douze abonnements 9.00 Prix des cbonnements La Fédération des Caisses Populaires, Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec.EDITORIAL Comment Monsieur Desjardins conçut-il l'idée de fonder ses Caisses?(Deuxième cours) (suite) “Quand Dieu veut appeler une âme d’élite à une oeuvre spéciale, écrivait M.J.Albert Foisy dans le Canada français de janvier 1921, quand II lui confie, dans ses desseins éternels, une mission particulière, un incident, un événement banal, sans aucun relief, suffit à placer cette âme, si elle est docile et attentive à l’appel divin, dans la voie qu’elle doit suivre”.Monsieur Desjardins, comme nous l’avons déjà dit, était fonctionnaire à la Chambre des Communes à Ottawa.Un jour, il fut appelé à sténographier les discours, rapports et témoignages rendus à un comité d’enquête que la Chambre avait nommé pour étudier les abus que certains prêteurs d’argent ou usuriers se permettaient.Ces requins, nous voulons parler des usuriers, chargeaient aux petites gens des taux d’intérêt excessifs qui s’élevaient parfois jusqu’à 2,000 pour cent.Comme toujours, c’était les pauvres c’est-à-dire ceux qu’on aurait dû le plus protéger qui étaient exploités.Il constata en outre que les grandes villes étaient les centres de prédilection où vivaient ces exploiteurs.Montréal, pour la province de Québec, était le principal centre.Les plus exploités étaient ses compatriotes.Dans son esprit surgit alors l’idée de bâtir ou d’organiser un organisme qui pourrait venir en aide aux moins fortunés de ses compatriotes.Comme il le disait plus tard: “Je voulais créer un organisme financier capable de libérer les humbles des griffes de l’usure”.Il consacre tous ses moments libres à chercher, à étudier.Quand, à Ottawa, il n’est pas occupé par ses devoirs sessionnels, il poursuit ses études et ses recherches en vue de la réalisation de son rêve.Ce rêve devient pour lui une réalité.Dans son imagination, le jour, la nuit, seul, en société, partout, il ne pense et ne parle que de sa future fondation.Avec son frère Napoléon, qui vit encore, il en cause souvent; et tous les deux, en des termes encore vagues, parlent de coopération.Son frère, voyant son penchant pour l’étude de la coopération, lui remet un numéro de la Revue des deux mondes dans lequel on publie une étude sur la fondation de coopératives par les pionniers de Rochdale, en Angleterre.La coopérative de consommation et de production n’était cependant pas le genre qu’il voulait.Ce qui l’avait frappé, c’était que les siens étaient pressurés par des usuriers et il désirait trouver un moyen pour les délivrer de cette étreinte.Pendant quelque temps il pense à fonder une coopérative d’assurance, mais la chose est tellement difficile à réaliser! Son frère lui parle alors qu’il avait à sa chambre une série de catalogues de grandes librairies françaises, et il les lui remet.En feuilletant les pages de ces catalogues, M.Desjardins marque au crayon les noms des ouvrages concernant les coopératives et spécialement les coopératives s’occupant de l’épargne et du crédit.Comme la plupart de ces volumes étaient à la bibliothèque du Parlement, il put les lire à loisir.C’est alors qu’il étudie plus spécialement les caisses allemandes Schulze-Delitzsch et Raiffeisen, puis les caisses analogues en Italie dirigées par le comte Luzzati.Il poursuivit ses études pendant des années, et plus il étudiait, plus sa détermination s’ancrait dans son cerveau et dans sa volonté, plus il se disait: “La chose est réalisable chez nous puisqu’elle s’est réalisée ailleurs, et nos gens ne sont pas plus bêtes que ceux d’ailleurs”.• 182 REVUE DESJARDINS Je me rappelle encore avoir entendu plus d’un de ses contemporains dire: Enfin, c’est une phobie que cette fondation des caisses, pour M.Desjardins.On ne peut pas, avec lui, parler d’autre chose que de caisses populaires.Même on le trouvait parfois assommant.Peu importe, il continue à lire, à étudier; il rédige les premiers règlements de sa caisse.Comme il ne séjournait que six mois environ à Ottawa, il emportait des bouquins pour les étudier chez lui, à Lévis, entre les sessions.Il se mit en correspondance avec Wolff, en Angleterre; Luzzati, en Italie.Il fait part de ses projets à son curé, Mgr Gosselin; à son archevêque, Mgr Bégin, qui était un enfant de Lévis et un de ses amis.Il en parle surtout à son épouse.Il va au collège, rencontrer le procureur, M.l’abbé Irenée Lecours, à qui il s’ouvre de son projet.Sa correspondance arrive soit en italien, soit en allemand, et il va se confier à l’abbé Hallé, plus tard Mgr Hallé, qui traduit les lettres reçues et celles qu’il envoie.Monsieur Desjardins se lança, je pourrais dire, à corps perdu, prêchant l’évangile de la coopération à tous ceux qui voulaient l’entendre et même à ceux qui ne désiraient pas l’entendre.Pour plusieurs, c’était un toqué; il avait une maladie.Pour d’autres, c’était un rêveur qui bâtissait des châteaux en Espagne.Pour les uns, il était devenu fâcheux, car on s’impatientait de toujours lui entendre parler de la même chose, on était fatigué de lui entendre toujours répéter la même idée.* * * Pourtant, tant de volonté et de ténacité devaient finir par réussir, et le 20 septembre 1900, “à la suite de divers pourparlers (nous citons M.Desjardins) et consultations dans le cours desquels je m’efforçai d’exposer et de faire saisir la portée du projet que j’avais formé à la suite de longues et laborieuses études, de créer à Lévis une société d’épargne et de crédit populaire sur le modèle des banques populaires existant dans l’Europe continentale, principalement en Allemagne, en Autriche, en Italie et en France, et sur l’avis conforme d’amis et d’hommes sûrs, tout imbus des principes féconds de la mutualité et formant partie de diverses sociétés mutuelles, j’allai prier personnellement un certain nombre de citoyens très recommandables par leur caractère honorable, de bien vouloir se réunir chez moi, le jeudi, 20 septembre 1900, vers 8y2 heures.Le but de cette convocation était d’exposer à ces citoyens le projet formé et approuvé dans l’intimité par quelques-uns d’entre eux, puis, si l’idée était acceptable, de nommer un comité d’initiative chargé d’étudier les moyens de réaliser le projet en formulant des Statuts et Règlements, en s’inspirant dans ce travail, des Constitutions et des Règlements d’associations similaires des pays ci-haut mentionnés.Voici les noms des citoyens convoqués à cette réunion préliminaire: Messieurs: Joseph Carrier, commerçant et ancien conseiller de ville.Jean Turgeon, entrepreneur maçon.Onésime Carrier, sous-régistreur ou conservateur des hypothèques pour le comté de Lévis.Ancien président de la C.M.B.A.Albert Lambert, négociant, secrétaire-trésorier des Forestiers Indépendants.Joseph Delisle, télégraphiste et ancien trésorier de la Société des Artisans canadiens-français de Montréal, succursale de Lévis.Joseph Durand, tailleur et trésorier de la Légion catholique de bienfaisance, succursale de Lévis.Xavier Marceau, commis-comptable et trésorier de la société des Artisans canadiens-français de Montréal, succursale de Lévis.Pierre Ferland, commis-comptable et gérant de la maison de gros Carrier & Fils, de Lévis, ancien président de la Chambre de Commerce de Lévis, de la société des Artisans canadiens-français de Montréal, succursale de Lévis.Napoléon Lemieux, négociant, ancien officier de la société des Artisans canadiens-français de Montréal, succursale de Lévis.Cléophas Blouin, secrétaire-archiviste des Forestiers catholiques.Cléophas Auger, pilote et président de l’Association des pilotes de Québec à Montréal, sur le Saint-Laurent.Edouard Labadie, comptable en chef de la maison industrielle Carrier, Lainé, Ltée, de Lévis, et membre de la société des Artisans canadiens-français.Joseph-Henri Carrier, télégraphiste.Théophile Carrier, comptable et trésorier de la société de bâtisses de Lévis, et membre de la société dite Légion catholique.Eugène-J.Roy, membre des Forestiers catholiques.De ces messieurs, ceux dont les noms suivent furent présents à la réunion du 20 septembre 1900: Messieurs: Onésime Carrier, Albert Lambert, Joseph Delisle, Xavier Marceau, Pierre Ferland, Napoléon Lemieux, Edouard Labadie, Théophile Carrier, Eugène Roy.M.Jean Turgeon, retenu chez lui par la maladie, ne peut assister à la réunion.Messieurs Joseph Carrier, Joseph Durand, Cléophas Auger et Joseph Henri Carrier, retenus ailleurs par des engagements impérieux, ne purent, non plus, être présents.Après avoir fait un exposé complet du projet de la création d’une Société d’épargne et de crédit populaire dans les limites et sur le modèle indiqués plus haut, la réunion invitée à se prononcer, émit l’avis qu’elle approuvait absolument l’idée développée devant elle, et sur la suggestion de Messieurs Joseph Delisle, Edouard Labadie, Albert Lambert, Pierre Ferland et Xavier Marceau, à laquelle se rallièrent les autres, messieurs présents, il fut résolu de prendre sur le champ la première mesure en vue de la création définitive de cette Société.Suit la nomination d’un comité d’étude et d’initiative dont la mission est de se renseigner à fond sur les divers Statuts et Règlements de Sociétés ou Banques populaires ayant pour objet de recueillir la petite épargne, en créant des épargnants, en stimulant cet esprit de prévoyance, et de faire retomber cette épargne sur le sol qui ra produite sous forme de VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 183 • crédit au petit commerce et à la modeste industrie, aux humbles travailleurs de la ville et de la campagne avoisinante.Ce comité fut nommé séance tenante.Voici les noms de ceux qui en font partie: Messieurs: Théophile Carrier, Xavier Marceau, Joseph Delisle, Eugène Roy, Edouard Labadie, Albert Lambert, et de l’auteur de ces lignes: A.Desjardins.Il fut expressément entendu aussi que tous les autres citovens composant la réunion étaient priés d’assister aux travaux du Comité et de l’aider dans sa tâche par tous les moyens en leur pouvoir par voies de suggestions, d’observations ou d’objections motivées, le but étant d’atteindre la plus grande perfection possible dans ce travail de rédaction des Statuts et Règlements devant servir d’assises à la future société, et contribuer largement par leur perfection même, à son bon fonctionnement, à sa solidité et à sa prospérité dans l’avenir.Par décision prise à l’unanimité, il fut résolu que le Comité se réunirait les lundis et mercredis soirs de chaque semaine jusqu’à l’accomplissement entier de sa mission, et qu’une fois son travail terminé, il convoquerait une réunion générale des citoyens ci-haut mentionnés et autres qui pourraient dans l’intervalle, adhérer au projet et se joindre à eux, pour le soumettre à l’approbation ou à la critique de l’assemblée plénière des adhérents fondateurs de la future Société d’épargne et de crédit populaire de Lévis.La première réunion du Comité d’étude et d’initiative est fixée au lundi, le 24 septembre courant.Alphonse Desjardins, président.” Nous venons de vous donner un extrait du procès-verbal de la première réunion de ce que nous pourrions appeler les pionniers de Lévis.On dit des fondateurs du mouvement coopératif en Angleterre, les pionniers de Rochdale, pourquoi ne pourrions-nous pas dire la même chose: les pionniers de Lévis.Continuons à étudier les débuts de l’oeuvre de M.Desjardins.Monsieur Desjardins ne prêchait pas seulement la coopération mais il voulait l’appliquer dès le début et c’est pourquoi, en réunissant quelques pionniers, il voulait faire partager son idée et en même temps faire coopérer ces cerveaux à la réussite de la même cause.Ces pionniers de Lévis se réunirent ainsi tout l’automne de 1900, un jour, parfois deux jours par semaine, à la résidence même de M.Desjardins.Enfin, à la 18e réunion, le 22 novembre 1900, on adopta les règlements définitifs de la première caisse populaire, règlements qui seraient soumis pour adoption lors de la fondation de la caisse.Tout de même, l’oeuvre n’avait pas encore pris sa forme concrète, c’est-à-dire qu’elle n’était pas encore née, et ce n’est que le 6 décembre 1900 que la première caisse populaire de l’Amérique du Nord fut fondée.Monsieur Desjardins savait^ qu’il n’aurait pas l’appui des grands financiers, dans l’organisation de son oeuvre, et même il doutait du concours de ses compatriotes.S’il avait eu le soutien de quelques-uns, il connaissait trop l’esprit négatif de nos gens pour ignorer qu’il aurait bien des obstacles à surmonter de la part des siens.Il décida alors, chrétien comme il était, d’édifier son oeuvre sur des bases solides et inattaquables, pouvons-nous dire, et pour cela il consacra, dès le début, son organisation de caisses populaires au Sacré-Coeur, il demanda à Dieu non seulement soutien mais aide et lumière.Il supplia celui qui avait vaincu la mort de lui dicter la ligne de conduite à suivre.Le 6 décembre au matin, dans son église paroissiale, devant le maître-autel, agenouillé, face au tabernacle, il récita cette magnifique prière, prière qu’il avait composée lui-même et qui est, je pourrais dire, la consécration de toute son oeuvre: , Sacré-Coeur de Jésus, je vous demande la grâce insigne de vos lumière divines.Si je me trompe, eclairez-moi et inspirez-moi un invincible dégoût, une grande aversion pour l’idée que je poursuis et qui sert de but à mes travaux.Que je la repousse avec une sorte de mépris si c’est votre bon plaisir, et faites-la au moins s’évanouir dans mon esprit.Que je n’y pense même plus à l’instant et j’en serai mille fois heureux.Eloignez de mon coeur toute vanité mensongère, tout désir irréalisable, toute chimère, tout rêve absurde.Si vous voulez que je persévère dans cette voie, oh! mon Dieu, suppléez à ma faiblesse par votre force; aplanissez les obstacles ou donnez-moi les moyens de les surmonter.Dans ce cas comme dans l’autre, donnez-moi la plus parfaite résignation à votre sainte volonté.Que vos desseins soient les miens, que vos désirs soient des ordres pour moi.Daignez, ô Jésus, diriger, inspirer mon activité, quelle qu’elle en soit la fin dans vos desseins eternels; faites que je trouve une parfaite soumission à votre volonté dans les coeurs qui m’entourent, mais principalement dans celui de la bien-aimée compagne de ma vie.Qu’elle soit toujours ma consolation et mon aide, soit que vous m’inspiriez le complet abandon de ces projets ou la pensée de les accomplir.Ainsi soit-il.Cette prière n’est pas un chef-d’oeuvre littéraire mais elle est d’une beauté qui nous empoigne; elle est en même temps si humaine, d’une humanité touchante, douce; elle reflète l’image de sa vie, quoi, puisqu’il associe, à la fin de son offrande, la compagne de sa vie.Voilà ce qui explique comment il se fait que cette oeuvre, malgré toutes les tempêtes, malgré tout ce qu’on a pu dire contre elle, malgré les calomnies, les médisances, les haines et les rancoeurs, cette oeuvre a résisté à tout.Elle était supportée, guidée et dirigée par Celui qui peut tout.(à suivre) C.VAILLANCOURT • 184 REVUE DESJARDINS I ¦nirÉT L'économie coopérative sera-t-elle exclusive?Devant la montée du mouvement coopératiste en général et de la coopérative d’épargne et de crédit en particulier, puisque c’est de ce secteur dont nous nous occupons, d’aucuns, de bonne foi ceux-là, expriment la crainte du danger qui guette nos entreprises capitalistes canadiennes-françaises.Un deuxième groupe se rend parfaitement compte que, quels que soient les succès atteints par les coopérateurs, il y aura toujours place pour des entreprises capitalistes canadiennes-françaises, mais afin de brouiller la notion des valeurs on tente d’apitoyer un public distrait sur le danger de la concurrence poursuivie par l’économie coopérative au détriment de l’économie capitaliste canadienne-française.Certains d’entre ces tenants du capitalisme sont bien informés et savent pertinemment que, quelle que soit l’éducation accentuée du public, il restera toujours une masse de gens qui, par indifférence, par ignorance, par parti pris ou par légitime intérêt,, utiliseront les services du régime capitaliste.^ Us savent, ces gens, que, même dans les pays où le coopératisme a obtenu un maximum de succès, le capitalisme s’est expurgé, s’est bonifié et, lorsque viable, a maintenu ses positions malgré la concurrence dont il était l’objet.C’est le cas de la Finlande d’avant-guerre, du Danemark, de la Norvège et de la Belgique où le régime capitaliste accusait de belles réalisations tout à côté d’une économie coopérative pleine d’allant et d’espoir.On sait que l’économie capitaliste, même dans le Québec, est très peu sous notre gouverne.D’aucuns ont prétendu que la concurrence faite à nos institutions de banque et à nos entreprises privées était dommageable et regrettable.Donc, les uns de bonne foi, les autres uniquement mus par l’intérêt personnel ont allégué que le coopératisme était nocif et préjudiciable à nos plus hauts intérêts ethniques.Il n’est pas de notre intention d’établir par des chiffres, bien que nous pourrions le faire, que la banque canadienne-française a eu sa large part dans l’augmentation des dépôts bancaires depuis quatre ans.Et cependant, on sait le nombre^ de caisses populaires fondées chez nous dans la même période.On sait aussi l’expansion des plus anciennes caisses et le succès des nouvelles.On n’ignore pas, et nous ne faisons qu’effleurer la question, que les coopératives de production, de consommation ont connu de beaux succès depuis quatre ou cinq ans.La seule limite au développement de certaines coopératives de consommation notamment fut le contingentement de leurs approvisionnements basé sur les achats effectués à une date déterminée.Quiconque a suivi de près l’économie canadienne-française depuis vingt ans et s’est mêlé aux mouvements nationaux sait que les oeuvres nationales et sociales, lorsqu’elles comprennent leur fin, telles que les Syndicats nationaux et l’Union catholique des cultivateurs, sont des sociétés d’enseignement postscolaire.Ces groupements ont visé au relèvement national, social et économique des nôtres.Or, leurs dirigeants ont trop souvent affirmé que les nôtres en affaires devaient recevoir, toutes choses égales d’ailleurs, la préférence du client pour ne pas être accusés d’être indifférents à la vie de nos institutions, de nos entreprises industrielles, commerciales, bancaires ou autres.Pourquoi ne pas citer ici cette déclaration de M.François-Albert Angers formulée au premier dî- ner-causerie de la Chambre de commerce de Beau-ceville, le 9 octobre 1943: "La coopération devra entrer dans la reconquête nationale et sociale.Elle a prouvé sa valeur en Europe et s'est affirmée supérieure à l'étatisme parce qu'elle est durable.La coopération laissera toujours une large place aux initiatives personnelles.Je ne veux pas demander aux hommes d'affaires de se mettre sur la route pour faire de la propagande coopérative.Je leur demande seulement de mettre l'intérêt général au-dessus de l'intérêt particulier et d'accepter la coopérative comme n'importe quel autre concurrent.Organisez-vous et alors il n'y aura plus de crainte possible ni pour l'avenir de nos hommes d'affaires ni pour l'avenir des Canadiens français.Pour assurer leur expansion, les Canadiens français ont besoin de l'une et l'autre formule." Voilà exprimé de façon pertinente et positive ce que les tenants de la coopération prétendent.La coopération est une formule qui incite ses disciples à scruter leur propre situation matérielle, qui vise à l’amélioration de leur sort, et qui provoque l’étude des problèmes complexes de la production, de la vente, de l’épargne et du crédit.La coopération fera d’un peuple divisé par de mesquines querelles, par des jalousies futiles, parfois aussi par la politique, un groupement qui s’occupera de ses affaires matérielles et dont la connexité avec le national et le social est si intimement liée.Nous avons déjà écrit que le succès de nos caisses ne résidait pas tout d’abord dans le gonflement des actifs mais dans l’esprit coopératif s’emparant des sociétaires.Le coopératisme engendre aussi un élément de solidarité, d’entr’aide et de charité chrétienne entre individus de toute nuance et de toute formation.C’est M.Gérard Filion qui déclarait récemment, au congrès de la coopération, que la coopération est probablement le meilleur élément de solidarité existant à l’heure actuelle entre Canadiens français soucieux du bien commun.La coopération, même si sa faveur s'accentue dans les champs de la production, de la consommation, de l'épargne et du crédit, ne ruinera pas nos entreprises canadiennes-françaises.Elle stimulera une saine concurrence.Elle incitera à améliorer méthodes et procédés.Elle poussera les capitalistes de notre nationalité à se rencontrer, à discuter entre eux des problèmes les concernant et, de ces contacts, jailliront de meilleurs moyens de défense pour les entreprises nôtres.Il faudrait comprendre que concurrence ne signifie pas inimitié, que les tenants du coopératisme ne demandent pas monopole pour eux pas plus qu'ils n'acceptent de monopoles pour d'autres.Il semble d'ores et déjà avéré que l'économie canadienne-française de demain sera de plus en plus coopérative, MAIS ELLE NE SERA PAS EXCLUSIVEMENT COOPERATIVE.Les institutions capitalistes canadiennes-françaises saines, comme les entreprises capitalistes où les nôtres ont peu à voir et à dire, conserveront droit de vie, mais l'ensemble du régime économique qui prévaudra devra être plus humain.Faisant allusion à ceux qui s’occupent des intérêts majeurs des Canadiens français, nous avons écrit qu’ils ne souhaitaient pas la disparition d’entreprises nôtres qui, en raison d’insuffisances propres à leur caractère capitaliste, n’ont pas rendu aux nôtres tous les services requis.Ces entreprises n’existaient d’ailleurs pas pour les fins rem- VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 185 • lies notamment par la coopérative d’épargne et e crédit.Nos caisses sont allées recueillir la menue épargne; elles ont prêché la cueillette des sous se muant en dollars; elles ont affirmé le principe capital de la décentralisation et le remploiement des sommes amassées dans la localité d’origine en autant que faire se pouvait.La caisse populaire s’est occupée également du petit emprunteur ayant besoin d’une accommodation temporaire, d’un petit prêt à la production.Elle a visé aussi à consentir des prêts hypothécaires à des cultivateurs voulant s’établir sur des fermes.Elle a stimulé l’acquisition de la propriété dans les villes ou villages au bénéfice de ceux qui n’avaient qu’un petit capital disponible et qui ont pu rembouser le prêt hypothécaire obtenu de la caisse populaire par des mensualités faciles.Tous ces services sont d’un ordre propre à la caisse populaire.(Nous pourrions, si nous abordions l’aspect de la coopérative de consommation, déclarer que ce mode d’affaires supprime des intermédiaires inutiles ou parasites, qu’il rapproche le producteur de l’acheteur, et qui niera que ce ne soit alors dans l’intérêt des deux groupes en présence?) Nous sommes en régime capitaliste depuis longtemps et nous le serons pour de longues années encore.Le coopératisme fournit au peuple un instrument de défense pacifique contre les exactions ou les insuffisances du capitalisme, dont le caractère même l’empêche d’être social et de s’occuper de l’intérêt de chacun.La coopérative d’épargne et de crédit ne saura pas se substituer à la banque d’affaires.Elle est un prolongement de la banque; elle en est un complement et une amélioration en maints cas.La caisse populaire ne vise pas à supprimer le régime bancaire; elle prétend tout simplement offrir, par ses avantages, ses modalités simples et souples tout à la fois, des services qui apporteront, si on y recourt, une amélioration du sort individuel de nos gens de la classe moyenne.L’épargne cristallisée dans les caisses est la résultante du caractère fait de prévoyance et de prudence du sociétaire.Il faudra bien que d'aucuns en prennent leur parti: le coopératisme, dans toutes ses manifestations, ira de succès en succès s'il garde les principes mis à sa base.Et celui de notre secteur, celui des caisses populaires connaîtra son plein épanouissement si nous en comprenons la formule, si nous nous rendons compte que nous n'édifions pas en détruisant les nôtres, mais en utilisant ce qui souvent serait resté inemployé, par exemple l'épargne qui, dans une certaine mesure tout au moins, ne se serait pas constituée.Les avantages de la coopérative d'épargne se compléteront par ceux rendus par la coopérative de crédit et ils sont souvent d'un ordre tel qu'aucune autre institution ne peut prétendre les rendre.Oh! il y a évidemment de nos jours des services que nos sociétaires peuvent obtenir ailleurs, mais supposons pour un instant que nos caisses disparaissent, que leur concurrence saine soit supprimée, aurait-on la même propension à s'occuper de nos petits emprunteurs, songerait-on à leur fournir tous les services dont ils bénéficient actuellement et qui ont été obtenus par suite des efforts de nos devanciers et de ceux qui dirigent le mouvement des caisses à l'heure actuelle?Non certes! Le régime de demain n’exclura pas toute formule capitaliste saine, et ceux qui tiennent à ce que nous ayons une légitime part d’influence dans le monde économique canadien n’ont pas à craindre par exemple que le coopératisme d’épargne et de crédit porte atteinte à la légitime expansion de nos institutions financières ou bancaires canadiennes- françaises.Dans un régime économique normalement balancé, tous les éléments constitutifs de la nation doivent exercer un rôle, posséder leurs institutions à eux, ne pas fournir exclusivement la main-d’oeuvre non qualifiée et mal rémunérée.Nos compatriotes doivent aspirer à la gestion d’un certain nombre d’entreprises.C’est ce que nous voulons; c’est ce que veulent ceux qui ont à coeur que l’économique du Canada français soit mieux assise.C’est ce que veulent et c’est ce que désirent ceux qui regrettent que dans ce Canada nôtre, notre participation à l’économique soit infime.Mais à côté d’un régime qui, de par sa nature, est individualiste, centralisateur, anonyme et impersonnel tout à la fois, il y a place pour une économie coopérative se développant non pas contre le capitalisme comme tel, non pas contre les entreprises canadiennes-françaises comme telles, mais en raison des intérêts de nos gens qui veulent une décentralisation, qui veulent humaniser l’argent et surtout le crédit, qui veulent rapprocher le consommateur du producteur, qui veulent apprendre à nos compatriotes à s’occuper de leurs affaires.Ceci posé, nos gens seront plus observateurs, plus remplis d’initiative, plus imprégnés d’audace qu’ils ne le seront dans un régime exclusivement capitaliste où la notion du capital prévaut trop et où l’appât du dividende est souverain.Dans l'économie canadienne-française balancée que nous voulons pour demain, il y aura place pour des instilulions canadiennes-françaises capitalistes, mais la coopération d'épargne et de crédit se développera non pas CONTRE les autres formules de gestion de l'argent, mais tout à côté et pour le bénéfice de nos concitoyens qui ne veulent pas que le mouvement de centralisation délétère dont ils ont souffert jusqu'ici s'accentue, qui s'opposent enfin à ce que le capitalisme anonyme et irresponsable domine la vie économique du petit village de pêcheurs de la Gaspésie, comme l'activité agricole paroissiale dans nos comtés ruraux, comme le sort économique de l'ouvrier ou du petit bourgeois.Le mouvement des caisses populaires n'est pas une réaction protestataire.C'est un mouvement éducateur, rénovateur, chrétien.Il veut redonner à l'individu toute sa dignité, une pleine confiance en ses qualités innées; il veut que cet individu acquière une personnalité, un allant, un esprit d'initiative, et nous croyons que c'est par la coopération qu'il l'acquerra.N’enseignons aucun exclusivisme, travaillons pour nous, pour nos caisses, et ce sera à l’avantage de nos familles, de nos paroisses qui deviendront de plus en plus autonomes et émancipées, économiquement parlant.L’ensemble de ces petites réussites en chaque paroisse et en chaque comté de notre province aura comme résultat ultime de provoquer plus de richesses, plus de bonheur tout au moins, plus de joie de vivre surtout, car nous aurons redonné à chaque citoyen la pleine confiance de sa valeur, l’entier espoir de réaliser un jour ses légitimes ambitions.Ce n’est pas là le rôle du capitalisme comme tel mais c’est celui du coopératisme, et les caisses populaires en enseignant et diffusant leurs principes de coopération imprégnés de sens social et de charité chrétienne atteignent ce but.La coopération ne détruira pas l'économie capitaliste canadienne-française.Elle l’épaulera, la magnifiera, la corrigera même dans ce qu’elle a d’insuffisamment social.Que niera qu’un tel programme ne soit pas en somme travailler au bien commun?Rodolphe LAPLANTE REVUE DESJARDINS • 186 Le Ve congrès généra! de la coopération à Québec Les 12-13-14 novembre se tenait au Palais Montcalm à Québec le Ve Congrès général de la coopération auquel assistaient au delà de 800 coopérateurs venus de tous les coins de notre Province et appartenant à tous les secteurs de la vie coopérative, dans le but de faire l’inventaire des forces coopératives chez-nous, de prendre connaissance des possibilités du mouvement coopératif comme formule d’amélioration des conditions de vie individuelle et collective de notre groupe ethnique en même temps que de faire la synthèse des raisons qui doivent nous inciter à travailler ensemble avec ardeur et enthousiasme à la réalisation de l’idée coopérative chez-nous.Ce Congrès, qui a remporté un succès retentissant, fut en quelque sorte un examen de conscience qui nous a permis de réaliser pleinement l’existence chez-nous d’un fort mouvement populaire en faveur de l’idée coopérative à mettre à la base de notre vie économique et sociale.Il a démontré que les Canadiens français représentent en ce pays un peuple intelligent, bien avisé, progressif, s’occupant de ses affaires et bien déterminé à résoudre lui-même les problèmes qui le confrontent actuellement.Un des faits marquants de ce Congrès s’exprime dans la décision qui fut prise de créer un organisme qui engloberait toutes les mutuelles de notre province et de tenir le plus tôt possible un congrès provincial des mutuelles.Le congrès s’est ouvert le 12 novembre à 8 heures du soir par une allocution prononcée par le Très Révérend Père Georges-Henri Lévesque, o.p., président du Conseil supérieur de la Coopération, qui exposa les buts du congrès et fit voir la nécessité d’avoir une vue d’ensemble de la situation économique de notre province avant de prendre connaissance de nos forces coopératives^ afin de mieux saisir ensuite le rôle qu’est appelé à jouer le système coopératif dans la vie économique et sociale de notre province.Monsieur François-Albert Angers, professeur à l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal, brossa un magnifique tableau de la situation économique de la province de Québec et fit ressortir le rôle que la coopération pourra exercer dans l’amélioration de notre économie.Le lendemain, l’inventaire débuta par l’examen du mouvement coopératif d’épargne et de crédit.Monsieur Rosario H.Tremblay, en l’absence de l’Honorable Cyrille Vaillancourt, secrétaire-gérant de la Fédération des Caisses populaires, retenu à la Conférence des vivres à Atlantic City, exposa ce que représente chez-nous les coopératives d’épargne et de crédit.Monsieur Thuribe Belzile, secrétaire de la Mutuelle-Vie de l’U.C.C.présenta un magnifique travail sur les mutuelles-vie.Vint ensuite Monsieur Victor Larochelle, qui traita des mutuelles-incendies, puis Monsieur Roméo Martin, chef du service de coopération à la Coopérative Fédérée, qui fit l’inventaire des coopératives agricoles.Dans l’après-midi il y eut séance sous la présidence de Monsieur l’abbé F.X.Jean, doyen^ de l’École d’Agriculture de Ste-Anne de la Pocatière.Monsieur Alex.Boudreau, secrétaire des Pêcheurs-Unis de Québec entretint l’auditoire des réalisa-ttions coopératives chez les pêcheurs du Québec.Monsieur l’abbé Guy Racicot traita ensuite des coopératives de transport.Il fut suivi de Monsieur Zéphirin Rousseau, secrétaire adjoint de la Faculté des Sciences de l’Université Laval que parla des coopératives forestières.Puis vint Monsieur l’abbé Émile Couture, curé de Ste-Anne de Ro-quemaure, qui traita des chantiers coopératifs.Monsieur Albert Rioux, docteur en Sciences Sociales, politiques et économiques de l’Université Laval, fit l’inventaire des coopératives d’électricité et fit entrevoir les possibilités coopératives en matière d’électrification rurale.La séance du soir fut sous la présidence du Très Révérend Père Georges Henri Lévesque, O.P.Il eut d’abord allocution de l’Honorable Adélard Godbout, premier Ministre qui déclara que “seuls les mouvements coopératifs pouvaient sauver notre province, au point de vue économique”.Il insista en particulier sur la nécessité de^ développer des coopératives d’épargne et de crédit comme moyen de conquête de notre liberté économique, et de faire l’éducation civique par l’enseignement et la pratique des principes qui sont à la base du système coopératif.Le Révérend Père Gilles Bélanger, O.P., traita de l’éducation coopérative au moyen des institutions d’enseignement.Monsieur Chs.Gagné, président de la Corporation des Agronomes et professeur d’économie rurale à l’École Supérieure d’Agri-culture de Ste-Anne de la Pocatière, traita des moyens de propagande coopérative.M.René Monette, secrétaire de la Corporation des agronomes, nous fit voir le rôle éducatif qu’exercent les organisations professionnelles dans le domaine de la coopération.Le Révérend Père d’Auteuil Richard, entretint l’auditoire d’organisation diverses, en particulier de la Cité-Jardin organisée à Montréal.Monsieur J.C.Magnan, chef de la division des'Écoles d’Agriculture, rappela ce que les institutions de l’État ont réalisé dans le domaine de l’éducation coopérative chez-nous.Puis son Éminence le Cardinal Villeneuve exprima son admiration pour le mouvement coopératif et les espoirs qu’Elle fonde sur lui.Elle rappela les avantages matériels, sociaux et moraux de la coopération.Elle invita les coopérateurs à diffuser la doctrine coopérative, à développer, multiplier, fortifier les institutions du genre chez-nous.^ En terminant son Éminence insista sur la nécessité de répandre la doctrine sociale de l’Église et loua l’idée du Conseil Supérieur de la Coopération de traduire en anglais et en espagnol le rapport de ce Congrès afin que les étrangers prennent connaissance de nos réalisations coopératives qui s’inspirent de l’enseignement social de l’Église et qui se présentent comme des moyens sûrs et efficaces de mettre la justice et la charité dans les relations économiques et sociales des peuples.Le lendemain, sous la présidence de Monsieur Alfred Charpentier, président général de la C.T.C.C., il y eut rapport et discussion sur les coopératives de consommation dont l’inventaire fut fait par Monsieur Victor Barbeau, président de l’Alliance des Coopératives de consommation.Monsieur Eugène Bussières rappela les réalisations coopératives diverses dont il ne fut pas question antérieurement.Monsieur Alex.Sim, secrétaire du Service de l’éducation des adultes au Collège MacDonald, présenta une vue d’ensemble des réalisations coopératives chez les citoyens de langue anglaise de notre province.Et Monsieur Gérard Fillion secrétaire général de L’U.C.C.donna une vue générale des réalisations coopératives chez les Canadiens français.Il déclara que selon lui “la plus belle réussite coopérative d’Amé-rioue ne se trouve, toute proportion gardée, ni aux États-Unis, ni dans les autres provinces cana- VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 Î87 • diennes, mais bien dans le Québec”.“Nul çart Vint ensuite l'honorable Cyrille Vaillancourt, de ailleurs, ajoutait-il, vous ne trouverez la meme retour d’Atlantic City, qui, dans une vibrante allo- sûreté de doctrine, la même unanimité non pas cution, fit voir le rôle que la coopération est ap- apparente, mais réelle, des moyens d’action ^ aussi pelée à exercer dans le monde d’après-guerre, efficaces et aussi si divers.A rp011 avis, qu on le Et ie Congrès se termina par une série de rédise et qu’on s arrange pour le faire savoir a solutions qui attestent la volonté générale des ceux qui nous estiment et qui cherchent a nous coopérateurs de parfaire ce qui est si bien com- mieux connaître, comme a ceux qui, par ignoran- mencé dans le champ de la coopération, ce ou mauvaise foi, prétendent que rien de bon ne peut sortir du Canada français.” Paul-Emile CHARRON Vie des caisses à Chicoutimi Kénogami La Caisse populaire de Kénogami compte cinq ans d’existence.On y tenait récemment la réunion annuelle sous la présidence de M.Alfred Beaudoin.M.l’abbé Arthur Fortier, aumônier diocésain, était présent ainsi que M.le curé Henri Fortier, M.Pelletier, MM.les abbés Joseph Lavoie et Raoul Tremblay.L’actif de cette caisse, en constante progression, est actuellement de $245,391.01.Les prêts sur obligations s’établissent à $31,460.00 et les prêts divers aux sociétaires à $107,000.-00.On compte 1,200 sociétaires et 176 emprunteurs.Caractéristique à souligner: l’encouragement que l’on accorde aux caisses scolaires.M.Ernest Reid présenta son rapport pour la Caisse du collège du Sacré-Coeur; Mlle Gisèle Maurais, pour la Caisse du couvent de Ste-Famille, et Mlle Jeannette Fortin pour celle de l’école à Jeannette.L’actif de la Caisse du Sacré-Coeur est de $3,228.44, celui de la Caisse de Ste-Famille de $860.38, et l’école à Jeannette a recueilli $167.95.M.Alfred Beaudoin fut réélu président, MM.Armand Lessard, Arthur Allard et Willie Deschesnes furent réélus directeurs.M.J.-C.Labrecque continue à agir comme président de la commission de crédit et M.l’abbé Joseph Lavoie reste membre du conseil de surveillance.M.Pelletier, diplômé en sciences sociales, donna une conférence sur la coopération.M.l’abbé Arthur Fortier félicita les uns et les autres des résultats acquis, ainsi que MM.les abbés Joseph Lavoie et Henri Fortier.On ne saurait trop se réjouir de la consolidation de cette caisse en une région où l’argent est si abondant.On constitue là un réservoir d’épargne qui sera utile aux jours où l’industrie reprendra sa marche normale, mais on fait plus, on constitue un réservoir de crédit qui sera utile pour les initiatives fécondes qui s’imposeront dans l’après-guerre.Et les différentes caisses scolaires ont droit aussi non seulement à notre encouragement, mais à nos félicitations.Répétons-le au risque d’être fastidieux: ce n’est pas tant l’épar- gne accumulée par ces enfants qui compte que la grande leçon qu’ils apprennent, leçon faite de prévoyance, de formation de caractère et de discipline.Quiconque forme l’esprit et l’intelligence d’un coopérateur assure à la société un citoyen intègre, méthodique, prévoyant, et dont l’initiative lui sera profitable au premier chef, mais également à la paroisse et à la collectivité dont il est partie intégrante.* * * St-Jérôme Nous avons déjà eu l’occasion de rendre visite aux administrateurs de la Caisse populaire de St-Jérôme.Le rapport pour l’année se terminant au 30 juin 1943 dénote un succès sans précédent.M.Paul Simard est le secrétaire-gérant de cette caisse.L’actif est passé en un an de $88,389.86 à $140,379.69.Le nombre des sociétaires est de 643 et celui des déposants de 507.Cette caisse populaire déclare qu’elle n’a pas perdu un sou depuis la fondation.Le capital social accessible à chaque sociétaire a été porté de $200.00 à $300.00.On vise à atteindre un actif de $200,-000.00 d’ici à la fin du prochain exercice.Cette caisse opère dans un beau milieu rural, au sein d’une population agricole, en un endroit où les traditions canadiennes-françaises se conservent bien.Le président de la caisse est un notaire réputé, M.J.-A.Plourde, mutualiste, (coopérateur sous un autre nom) puisqu’il est directeur général de la Société des Artisans cana-diens-français.Le manque d’espace nous empêche de commenter plus longuement les quelques chiffres que le Progrès du Saguenay met sous nos yeux, mais la présente notule convaincra nos lecteurs que l’idée coopérative fait son chemin, qu’elle s’empare des esprits et que nos gens se persuadent de plus en plus de la fécondité de notre formule, qu’ils espèrent en elle et qu’ils ont le désir d’en faire un instrument de libération et de reconquête.On a beau dire que l’argent n’est pas tout, il n’en reste pas moins vrai qu’un peuple qui a la gestion de sa puissance économique est • 188 REVUE DESJARDINS en mesure de viser à l’épanouissement de toutes ses innéités.* * * Voilà deux caisses, entre plusieurs de l’U-nion régionale de Chicoutimi, qui prouvent que si l’épargne n’est pas aussi généralisée qu’on le voudrait, surtout en cette période d’abondance que nous traversons, il y a tout de même des sociétaires-coopérateurs remplis d’esprit de prévoyance et qui, mus par un sens social conscient, veulent se forger un instrument d’assistance qui leur sera d’un précieux concours.Des caisses rurales fortes et puissantes fourniront à nos sociétaires ruraux le ^ crédit dont ils auront besoin pour des prêts à la production, ainsi que le crédit hypothécaire à long terme d’une capitale importance pour l’établissement des fils.Nos félicitations aux administrateurs de ces deux caisses.R.L.A messieurs les gérants et officiers Nous sommes en guerre.Tout le monde travaille.Les salaires sont bons.Présentement l’argent coule à flot.Toute personne sensée qui a des dettes, anciennes et récentes, peut donc faire des économies et les payer.C’est à peine croyable!__ Dans nombre de caisses, il y a des prêts qui datent de plusieurs années, et sur lesquels aucune remise n’a encore été faite.Il y a plus.Dans certaines caisses, il y a des prêts qui ont été capitalisés.Si ce n’est pas là un comble, n’en cherhez plus sous la calotte du ciel.Messieurs les gérants et officiers des Caisses, j’en appelle à votre gros bon sens: allez-vous attendre la prochaine crise financière, le chômage ou la fin des temps, pour amener des emprunteurs insouciants, négligents, imprévoyants à payer leurs dettes?Ne vous faites-vous pas les coopérateurs inconscients de ces retardataires, plaie de nos Caisses, qui cherchent sans cesse à s'endetter, mais qui ne songent ou ne veulent jamais payer?,.Avez-vous pensé sérieusement, songez-vous aux lourdes responsabilités que vous mettez sur vos épaules?Ce n’est pas un secret pour personne, dans le passé, les Caisses qui sont tombées en mauvaise posture, y sont tombées, parce que leurs officiers n’avaient pas exigé de leurs emprunteurs les remboursements périodiques règlementaires.De deux choses, l’une.Au moment ou vous consentez un prêt, ou bien l’emprunteur est solvable ou bien il ne l’est pas.S’il Test, for-cez-le à remplir ses obligations, ou, exigez le paiement de toute sa dette.Les règlements des Caisses vous autorisent à agir ainsi.S’il ne Test pas, vous n’auriez jamais dû lui prêter, et c’est une raison de plus d’exiger scrupuleusement de petits remboursements, si vous ne voulez pas que votre Caisse subisse de pertes.Chers amis, n’oubliez jamais un seul instant, que c’est l’argent des autres que vous dès Caisses populaires du Québec.manipulez et qu’alors, vous n’avez jamais le droit de le risquer dans des entreprises douteuses ou de le mal prêter.Mais, nos emprunteurs ont pu nous tromper!__ La chose est possible; tant de gens manquent d’honnêteté aujourd’hui.Cependant, si vous prenez les précautions voulues, si vous êtes bien imprégnés de l’esprit des Caisses Desjardins, vous avez grande chance de ne pas être trompés.Me permettez-vous de vous rappeler, bien en bref, les qualités requises pour obtenir un prêt?L’emprunteur doit d’abord être sociétaire.En outre, il doit être honnête, bon travailleur, sobre, ponctuel, et donner des garanties financières suffisantes.Enfin, il doit déclarer loyalement pourquoi il emprunte; ses moyens de remboursements, avec les conditions et les dates, qu’il fixe lui-même.Après semblables engagements, ce n’est pas gênant pour les gérants et officiers d’exiger, mordicus, que l’emprunteur remplisse exactement ses obligations.S’il ne le fait pas, for-cez-le à rembourser au plus tôt tout son emprunt.J’ai sous les yeux des faits assez navrants.Des Caisses, dont la finance est excellente, pourraient prêter à leurs bons sociétaires, à quatre et à cinq pour cent; elles ne le font pas, parce que des emprunteurs retardataires ont fini par leur faire perdre et les intérêts et le capital.Ce régime a assez duré.Chers amis, cette lettre n’est intéressante ni pour vous ni pour moi.C’est le coup de bistouri qui ouvre un abcès.Il peut être douloureux, mais il veut guérir.Réunissez-vous donc sans retard; faites une minutieuse inspection de vos prêts en retard, puis, donnez courageusement, énergiquement le coup de bistouri.Il guérira vos retardataires, votre caisse elle-même; mais, il ne m’empêchera pas de me souscrire, Louis ARNEAU VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 189 • Les principes directeurs de la vie économique La santé résulte du bon fonctionnement des organes vitaux qu’assurent une saine constitution cellulaire et une bonne disposition organique.Il en va de même du bon comportement de la vie économique d’un peuple.Elle doit être sainement constituée, ses institutions doivent être bien conçues, bien agencées, efficacement coordonnées.Il y a de l’ordre, de l’unité, de la coordination dans l’organisme humain.Au surplus, la vie physiologique obéit à certaines lois.Il n’en vas pas autrement de la vie économique qui pose le problème des relations entre l’homme et les choses de la nature.L’économie, c’est l’adaptation des biens matériels aux besoins humains.Elle représente le travail de l’homme qui produit, transforme les choses matérielles, qui les distribue par les échanges, et puis les consomme, les utilise.C’est l’utilisation de la nature par l’homme selon l’ordre établi par le Créateur: les biens matériels sont ordonnés à l’homme et l’homme à Dieu.Le respect de cet ordre nécessaire, parce qu’exigé par la Nature, requiert que l’homme l’utilise conformément à sa destinée; sinon, c’est l’anarchie avec tout ce qu’elle comporte.Ceci pose le problème de la moralité de la vie économique, moralité qui n’est rien autre chose que le juste agencement des choses à l’homme, des hommes entre eux et des hommes avec Dieu.La moralité s’exprime par le respect par l’homme de l’ordre établi par son Créateur.Tous les actes humains, qu’ils relèvent de la vie économique, de la vie sociale, de la vie intellectuelle, de la vie nationale, doivent être soumis à la loi morale.L’économie est placée au rang des choses humaines puisqu’elle représente le travail de l’homme qui transforme, distribue, utilise les biens créés.L’homme, être intelligent et libre, est responsable devant Dieu de tous ses actes.Tout ceci démontre à l’évidence que l’économie est et doit être soumise effectivement à la morale.Toute économie véritable doit être humaine de façon intégrale.Et pour qu’elle soit telle, il faut qu’elle soit morale de façon intégrale.L’économie qui se soustrait aux exigences de la morale est inhumaine et tyrannique.La moralité de la vie économique, tel est le premier principe sur lequel l’unité de pensée doit être faite préalablement à toute action économique saine et susceptible de porter les plus beaux fruits.Un autre principe qui doit régir la vie économique, c’est celui de la finalité.La satisfaction des besoins humains, telle est la fin de l’activité économique.Tel doit être le principe qui doit inspirer l’organisation de la vie économique.Ce ne doit pas être le profit.Celui-ci peut être un mobile d’action; il ne peut être la fin de l’action.Nous ne voyons rien d’immoral, de désordonné dans le profit.Il y a désordre cependant s’il en vient à se substituer à la fin véritable de toute activité économique: la satisfaction des besoins humains.L’unité de pensée doit donc être faite sur ce principe directeur de l’organisation de la vie économique ainsi formulé dans l’Encyclique “Quadragesimo anno”: “L’organisme économique et social sera sainement constitué et atteindra sa fin, alors seulement qu’il procurera à tous et à chacun de ses membres tous les biens que les ressources de la nature et de l’industrie, ainsi que l’organisation vraiment sociale de la vie économique, ont le moyen de leur procurer.Ces biens doivent être assez abondants pour satisfaire aux besoins d’une honnête subsistance et pour élever les hommes à ce degré d’aisance et de culture qui, pourvu qu’on en use sagement, ne met "pas obstacle à la vertu, mais en facilite singulièrement Texer-cice.” Vous avez là clairement exprimé le but de la vie économique qui doit assurer à tous et à chacun une honnête aisance ainsi qu’un certain degré de culture, toutes choses qui sont de nature à rendre heureux et à favoriser l’éclosion et le développement des vertus chrétiennes.C’est l’objectif qu’on ne doit jamais perdre de vue dans l’organisation de notre économie canadienne-française.Un troisième principe qui doit se trouver à la base d’une organisation économique vraiment efficace, c’est celui de la décentralisation des fonctions économiques.Il confie aux intéressés tout ce dont ils peuvent s’acquitter convenablement.Il laisse aux familles le soin de régler elles-mêmes leurs propres problèmes, aux ouvriers le soin de se grouper, aux patrons de s’organiser, aux agriculteurs d’organiser leur profession, au peuple de bâtir lui-même les institutions coopératives et les services éducationnels, économiques, sociaux dont il a besoin.Tout cela se réalise sous l’autorité de l’État qui dirige, stimule, surveille, contient selon les exigences du bien commun de la société.L’Encyclique “Quadragesimo anno” est bien explicite sur ce grave principe de philosophie sociale.“De même l’on ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens matériels, ainsi ce serait commettre une injustice, en même • 190 REVUE DESJARDINS temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social, que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes.Plus parfaitement sera réalisé l’ordre hiérarchique des divers groupements selon ce principe de la fonction supplétive de toute collectivité, plus grandes seront l’autorité et la puissance sociale, plus heureux et plus prospère l’État des affaires publiques.” La coopération des familles sur le plan paroissial, puis interparoissial, et ensuite sur un plan plus vaste, l’organisation professionnelle et interprofessionnelle sur une base de justice et de charité qui supprime la lutte des classes, nous vaudront une organisation économique et sociale respectueuse de la liberté individuelle et de l’autorité en même temps qu’elle assurera à tous et à chacun une existence normale.Tels sont les trois principes directeurs de la vie économique: subordination de l’activité économique à la morale chrétienne, organisation de la vie économique en fonction des besoins humains, et selon le principe de la fonction supplétive ou de la décentralisation des fonctions.Tels sont les principes dont nous devons nous inspirer dans l’édification de notre éco- NOUVELLE! Dans le cours des mois de septembre et d’octobre 1943 vingt-trois (23) caisses furent fondées; elles se répartissent comme suit: Union de Québec: Hâvre St-Pierre (Saguenay) Natasquan (Saguenay) Ste-Thérèse de Colombier (Saguenay) St-Fabien de Panet (Montmagny) Ste-Apolline (Montmagny) St-Lazare (Bellechasse) St-Jean de la Lande (Beauce) St-Désiré du Lac Noir (Mégantic) St-David de TAuberivière (Lévis) Union de Rimouski: St-Modeste (Rivière-du-Loup) St-Juste du Lac (Témiscouata) St-Damase (Matapédia) Ste-Florence (Matapédia) Union de Sherbrooke: Ste-Thérèse (Sherbrooke) St-Denis (Richmond) Ste-Thérèse de l’Enfant-Jésus, Beebe (Stanstead) St-François-Xavier (Richmond) nomie canadienne-française.Ce sont là quelques principes élémentaires sur lesquels l’unité de pensée doit être faite.Nous ne devons jamais les perdre de vue.Il est nécessaire de se les rappeler comme de les répandre autour de soi.Ils doivent inspirer la conduite de chacun.Ils ont, hélas! été trop oubliés dans le passé.Cet oubli explique le désordre économique et social qui prévaut depuis des décades.Nous sommes catholiques, nous sommes ca-nadiens-français, nous sommes groupés sur un même territoire.Il y a là une homogénéité qui simplifie beaucoup notre travail de reconstruction économique et sociale.Nous avons d’excellentes institutions d’éducation et de formation professionnelle.Nous avons tout en mains pour faire chez-nous la révolution pacifique qui s’impose.Notre philosophie de la vie qui s’inspire des données du christianisme, devrait nous dispenser d’attendre le salut de l’étranger.Il suffit de nous entendre sur ces quelques vérités fondamentales très sûres et de nous mettre résolument à la tâche.Il n’y a rien qui peut résister à un peuple éclairé, au coeur généreux, à la volonté forte et à la foi d’airain.Le travail intelligent, méthodique, optimiste, d’un peuple éclairé, bien orienté et conscient de ses responsabilités, est capable de grandes Paul-Emile CHARRON if ©N {DATIONS Union des Trois-Rivières: St-Mathieu (St-Maurice) Union de Montréal: St-Cléophas (Joliette) Messines (Gatineau) Destor (Abitibi) Sainte-Claire, Montréal Gracefield (Gatineau) LES CAISSES POPULAIRES ET L'EMPRUNT Les 750 caisses populaires de la province de Québec ont souscrit au Cinquième Emprunt de la Victoire $6,050.000.00 Les souscriptions des caisses elles-mêmes se sont élevées à $3,200,000.00 alors que celles des sociétaires atteignaient $2,850,000.Ces chiffres dépassent d’environ $1,300,-000.00 ceux du dernier emprunt.On voit donc que les petits souscripteurs ont fourni leur large part.C.B.VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 191 • La vie des caisses au Nouveau-Brunswick Les caisses du Nouveau-Brunswick sont relativement jeunes mais elles se développent à belle allure.En octobre dernier, la caisse populaire de St-Antoine tenait sa sixième assemblée annuelle.Le secrétaire, M.Elzéar Léger, donna lecture du procès-verbal.La caisse détient un capital de $11,016.43, soit une augmentation de $6,871.76 en comparaison de l’année précédente.Deux cent quarante-neuf sociétaires acadiens ont foi en leur caisse.On a recruté cinq cent trente-deux (532) sociétaires au cours de l’année.Le boni payé fut de trois pour cent (3%).Au nom de la commission de crédit, M.Fidèle Robichaud, président, soumit son rapport.Une somme de $9,471.00 fut prêtée aux membres pendant l’année, et cinquante-six (56) emprunteurs profitèrent de cette accommodation.M.Floribert Léger, président du conseil de surveillance, présenta lui aussi son rapport en notant que la caisse était en parfait ordre.Les élections donnèrent le résultat suivant: MM.Wellie et Alphée Cormier furent réélus au conseil d’administration; M.Edmond Breau au comité de crédit, et M.l’abbé Camille Vautour au conseil de surveillance.M.Gérard Richard demeure président, et M.Elzéar Léger secrétaire-trésorier.* * + La Caisse populaire de Shédiac en est à sa quatrième année d’existence.M.Dismas LeBlanc en est le président.Lors de la dernière assemblée annuelle, il fut décidé de payer un intérêt de un et demi pour cent (1^%) sur les parts sociales.Intéressante décision prise à souligner, c’est que ceux qui ont emprunté bénéficieront d’une ristourne de 15% du montant d’intérêt payé.Autre initiative qui ne manquera pas d'être fructueuse, c'est que les sociétaires se réuniront deux fois au cours de l'année, en plus de l'assemblée annuelle.On a également décidé de mettre en branle des cercles d'études pour les mois d'hiver et d'y inviter le public.Des enfants de l’endroit ont également demandé, par l’intermédiaire d’une institutrice, la fondation d’une caisse scolaire.Au cours de l’année, cette jeune caisse a prêté à ses membres une somme de $5,258.78.M.Alphonse J.Boudreau, trésorier, annonça que 36 sociétaires avaient été recrutés au cours de l’année, ce qui donne à la caisse de Shédiac un total de 176 soeiétaires.Le capital social de la Caisse populaire de Shédiac est de $6,432.21.Nos frères acadiens se persuadent des avantages de la canalisation de leurs épargnes dans des caisses populaires; ils travaillent ainsi à l’amélioration de leur sort économique et social.Cette amélioration de leur économique ne manquera pas d’avoir une répercussion sur leur vie nationale.Qu’ils soient assurés que la province de Québec suit leurs efforts avec un intérêt compréhensif! * * * Il y a quelques semaines, à St-Isidore du Nouveau-Brunswick, se tenait la réunion du chapitre des caisses du comté de Gloucester.Un chapitre de caisses correspond à une union régionale dans la province de Québec.Vingt-deux (22) caisses étaient représentées, et plus de cent délégués étaient présente.Dans la soirée, plus de 400 personnes remplissaient la salle paroissiale de St-Isidore.On discuta de la possibilité de former une assu- rance-mutuelle incendie et un comité chargé d’étudier la question fut constitué.M.J.-T.Poirier, l’actif directeur-gérant de la Ligue des caisses du Nouveau-Brunswick, exposa le travail de la Ligue dont il est un des directeurs en même temps que le gérant.M.Poirier insista sur la nécessité de créer une caisse centrale devant servir à toutes les caisses du Nouveau-Brunswick.M.Alpha Martin, de Paquetville, fut élu président du chapitre; M.Léger O.Chiasson, de La-mèque, fut élu vice-président, et M.Martin J.Légère, de Caraquet, fut choisi comme secrétaire.Au cours de la soirée, Son Excellence Monseigneur A.Leblanc, évêque de Bathurst, adressa la parole.M.l’abbé Marquis, curé de la paroisse, souhaita la bienvenue aux visiteurs.M.Martin J.Légère présenta les conférenciers.M.Joseph Turmel, propagandiste des Caisses populaires de l’Union de Québec, salua l’Acadie.Le révérend Père Alexandre Dugré, s.j., également de passage, apporta le salut du Québec à nos amis acadiens.M.l’abbé Livain Chiasson fut chargé de remercier les deux invités précités.On sait le travail poursuivi en Acadie française par M.l’abbé Chiasson.Ces rapprochements Québec-Acadie sont d’heureux augure et permettent d’espérer que de cette fraternité et de cette collaboration surgira un sens plus aigu de la coopération, et ce dans l’intérêt de tous.La province de Québec, répétons-le une fois de plus, entend tout d’abord s’occuper de ses caisses, mais elle tient aussi à aider avec discrétion et tact les groupes de langue française où qu’ils soient, et elle a, pour ses frères acadiens, une prédilection spéciale.L’avenir de l’Acadie s’annonce plus beau et plus prometteur, grâce à la coopération qui pénètre tous les milieux.La coopération est d’ailleurs, dans les provinces maritimes, outre un instrument de libération pour nos compatriotes de langue française, un facteur de rapprochement et d’entente avec les éléments ethniques divers qui y résident.Ces modestes glanures nous font saisir le bouillonnement de vie coopérative qui s’agite partout en Canada et avec une intensité non moins grande chez nos compatriotes de langue française.Si l’individualisme peut cesser, si nous pouvons prendre conscience de la force qu’il y a en nous, si nous demeurons unis, méthodiques, pratiques, en un mot de vrais coopérateurs, un avenir plus réconfortant nous attend * * * La Caisse populaire de Paquetville, au Nouveau-Brunswick, compte 361 membres.Le capital social est de $19,262.19.On a recruté 95 nouveaux membres au cours de l’année.Que penserez-vous de la vie de cette caisse si nous écrivons que 115 sociétaires éiaient présents à l'assemblée annuelle?* * * Le 14 novembre 1943 avait lieu, à Ste-Anne de Kent, l’assemblée annuelle des comtés de Kent et Westmorland.Il s’agit évidemment de caisses de langue française.La réunion se tint sous la présidence de M.J.Prémélite Robichaud.M.Hervé Michaud agissait comme secrétaire.M.Martin J.Légère, inspecteur des caisses, insista sur l’importance du conseil de surveillance.Son Excellence Monseigneur Norbert Robichaud assistait à la réunion.Où l’on voit l’intime union qui prévaut entre le peuple acadien et son vigilant clergé.R.L.• 192 REVUE DESJARDINS Pour aider les cultivateurs à produire Le directeur-gérant de la Fédération des caisses populaires, M.Cyrille Vaillaneourt, nous déclarait il y a quelque teraps qu’il faut prévoir que dans l’après-guerre les cultivateurs devront être aidés pour la réorganisation de leur roulant, car un certain nombre d’entre eux ont dû diminuer leur cheptel par manque de main-doeuvre.Vu l’abondance de fonds qu’il y a dans la plupart de nos caisses rurales, il est peut-être à propos de suggérer aux conseils d’administration de nos caisses locales et aux commissions de crédit d’étudier avec bienveillance les demandes d’emprunt faites par les cultivateurs qui veulent accroître la production agricole.Nous savons que la situation n’est plus la même qu’il y a un an ou deux, voire trois, puisque des réparations aux clôtures, aux bâtiments ne sont guère possibles à l’heure actuelle, vu la rareté des matériaux.Nous n’ignorons pas non plus le coût très élevé, même prohibitif en certains cas, des animaux, mais il y a tout de même des cas où il serait quand même profitable aux cultivateurs qui ont une main-d’oeuvre suffisante d’augmenter leurs troupeaux ou d’activer la production agricole de quelque façon.Les autorités compétentes de nos ministères d’agriculture, tant fédéral que provincial, conseillent aux cultivateurs d’accroître notamment la production.Ce n’est pas à nous de juger du genre d’élevage que nos cultivateurs doivent intensifier.Mais ce sur quoi nous désirons attirer l’attention de nos caisses locales, c’est sur l’importance de faciliter les prêts à la production lorsque les requérants-emprunteurs réunissent les conditions essentielles habituellement exigées et qui sont la moralité de l’emprunteur, un gage tangible et des possibilités de remboursement.Il ne s’agit pas de conseiller une multiplicité de prêts et pour des montants élevés, ce qui deviendrait de l’imprudence; il s’agit uniquement de rendre à nos sociétaires des districts ruraux tous les services qu’ils doivent attendre normalement de nos caisses.On se plaint en certains endroits de l’improductivité des fonds disponibles et de l’absence d’emprunteurs.Rappelons-nous qu’il vaut mieux aider dix petits emprunteurs qu’un emprunteur qui, quels que soient les services que l’on puisse lui rendre à la caisse, peut à la rigueur obtenir du crédit d’une autre source.L’un n’exclut pas l’autre généralement, surtout de ce temps-ci, mais préférence doit être donnée aux petits et moyens emprunteurs, à ceux surtout qui désirent accroître la production agricole, à ceux aussi qui sollicitent des prêts selon l’esprit de nos caisses.Encore une fois, nous ignorons quand la guerre se terminera, mais que les cultivateurs qui jouissent d’une bonne réputation et qui font honneur à leurs affaires puissent utiliser nos facilités de crédit.Nous remplirons notre fin si nous savons accueillir dans l’esprit qu’il faut les demandes d’accommodation qui nous sont soumises.R.L.CALENDRIER CO-OP.Nous rappelons à nos lecteurs que le Conseil Supérieur de la Coopération vient de mettre sur le marché un magnifique calendrier, format 11 x 16, en trois couleurs.Il est formé de 12 pages très bien présentées, contenant chacune une splendide photo, des chiffres éloquents, respirant le dynamisme conquérant du mouvement coopératif chez-nous.C’est un moyen puissant d’informations et d’éducation coopérative.Les caisses populaires ainsi que leurs membres feraient bien de se le procurer le plus tôt possible en envoyant leur commande au Conseil Supérieur de la Coopération, case 186, Québec.L’an dernier, l’écoulement s’est fait en peu de temps et il en a manqué une quantité considérable.Vous avez là la preuve qu’il fut très apprécié.Et nous savons, pour l’avoir vu, que celui de cette année ne sera pas moins apprécié du public.Les prix sont de 0.25 l’unité, $20.00 le 100, $36.00 pour 200, $51.00 pour 300, $64.00 pour 400 et $75.00 pour 500.Circulaire A l’occasion des assemblées annuelles, toutes les Caisses Desjardins devraient distribuer une circulaire-propagande à tous les résidents de la paroisse.La Fédération a de ces circulaires à votre disposition, MM.les gérants.Elles ne coûtent que trente sous le cent.Ça ne vaut pas la peine de vous en passer.Demandez-les donc.Pas trop de regrettons Moi, si j’étais gérant d’une Caisse et si l’un ou l’autre des inspecteurs de Caisse fut obliger d’inscrire dans son rapport: “Nous regrettons, nous regrettons, nous regrettons.ces regrettons me rendraient songeur, et.je me dirais : Oui je suis un incompétent ou un grand négligent.Il faut que ça change.VOLUME 9, QUEBEC, DECEMBRE 1943 193 • Constructions d'habitations familiales Nous avons appris trop tard pour en faire écho dans la revue de novembre, la réunion de représentants de caisses de la ville de Québec, tenue dans le but de discuter des modalités du financement de constructions d’habitations familiales.Cette réunion eut lieu en la salle paroissiale du Saint-Sacrement à Québec.Douze caisses sur les vingt-trois que compte la ville de Québec étaient représentées.M.Cyrille Vaillancourt, directeur-gérant de la Fédération des caisses populaires et président-gérant de la Caisse centrale Desjardins de Lévis, prit la parole.Il déclara notamment: Depuis des ennées, l'on peste contre la plaie des taudis, mais on ne fait pas beaucoup pour y rémé-dier.Si avec les caisses populaires, on se contente de faire des prêts sur billets et sur hypothèques, il me semble que l'on s'éloigne un peu de la pensée du fondateur, M.Desjardins.Pourquoi les épargnes déposées aux caisses populaires ne serviraient-elles par à rémédier à la plaie des taudis et à permettre à nos concitoyens de devenir propriétaires?La propriété, on l'a dit, est l'un des remparts contre les idées subversives.M.Cliva Gignac, gérant de la Caisse populaire de Québec-est, présidait l’assemblée CE QU'ON E La Liberté de Winnipeg nous apprend que les 26 et 27 octobre 1943.s’est tenu à Winnipeg le premier congrès de la jeune Fédération des caisses populaires ou “Credit Unions” du Manitoba.Le révérend Père Léo Lafrenière, o.m.i., écrit: "Quoique les Canadiens français ne constituent qu'une minorité au Manitoba, ils ont néanmoins réussi, grâce à une organisation discrète, à faire accepter par les différents délégués, la plupart des résolutions qu'ils ont présentées.Et ce qui est non moins consolant c'est qu'un nombre imposant des leurs ont été élus sur le bureau de direction: 4 sur 9 des dirigeants de la Fédération sont des Canadiens de langue française.Le président lui-même, M.V.A.Walsh, est un catholique de la paroisse St-Alphonse, d'East Kildonan." On sait que M.l’abbé Adélard Couture est l’inspirateur et l’animateur des caisses populaires du Manitoba français.Nous nous réjouissons de la part d’influence heureuse qu’exercent dans le mouvement de la coopération d’épargne et de crédit nos compatriotes du Manitoba.^ ^ La Frontière de Rouyn écrit en marge de la caisse populaire les considérations suivantes: "La coopération! Coopérons! tels sont les cris de ralhement auxquels nous devons répondre pour conjointe, et M.Albert Côté, gérant de la Caisse populaire de St-Sauveur, exposa le but visé qui était de chercher les voies et moyens de financer ledit projet d’habitations familiales.On remarquait également des représentants de trois coopératives d’habitation de Québec, nommément: l’Habitation familiale de St-Sacrement, dont le président est M.Wilfrid Caron; le Syndicat de l’habitation ouvrière, qui construira des maisons sur une terre située aux Saules; et le Syndicat des employés civils.La question est demeurée à l’ordre du jour.Il est trop tôt pour faire connaître les résultats de ce premier contact entre dirigeants de caisses de Québec.On doit de nouveau convoquer les représentants de ces caisses dans un avenir prochain, et nous ferons part des développements qui s’ensuivront.Cette initiative atteste le souci qu’ont les coopérateurs, tant de l’habitation que des caisses populaires, de s’occuper du problème de l’habitation familiale et de faciliter à nos gens l’accession à la propriété.Nous y reviendrons.R.L.RIT AILLEURS qu'un jour noire peuple canadien-français puisse survivre à la lutte économique.L'enfani, cei homme de demain, doit être initié au moi et à la pratique de la coopération.En autant que la caisse scolaire est concernée, les parents ont fait largement leur devoir, si j'en juge par les dépôts de l'an dernier qui dépassaient $2,000.00.Mais, vous êtes-vous demandé, mes amis coo-péraieurs, si vos enfants ont atteint le but de la caisse scolaire, l'économie?Pour moi, j'ai constaté que plusieurs d'entre eux, dès qu'ils recevaient le certificat de transfert, se hâtaient d'aller retirer l'argent auquel il leur donnait droit au lieu de le laisser en banque.C'est ainsi que le meilleur mode d'économie peut devenir pour l'enfant le meilleur moyen de dépense." Le commentateur que nous venons de citer fait allusion notamment à la Caisse scolaire de Rouyn.Il faut dire sans crainte de se répéter que l’enfant qui prend le chemin de la caisse scolaire le saura toute sa vie, mais il faut que l’argent qu’il dépose à la caisse scolaire soit le fruit de ses épargnes et non uniquement des sommes déposées, à son nom pour le compte de ses parents.*1' ^ ïfc La Terre de Chez Nous du 20 octobre 1943 nous entretient de la Caisse populaire de Clé-ricy en Abitibi.Dans un vivant article émanant de la Centrale de coopération d’Amos, • 194 REVUE DESJARDINS “on” fait parler la Caisse de Cléricy.L’actif est déjà de $10,339.80 et la Caisse n’a qu’un peu plus qu’une année d’existence.Dans une paroisse de 172 familles, dont 156 sociétaires, c’est un résultat magnifique si on se rappelle surtout qu’il s’agit d’une paroisse de colonisation ne comptant elle-même que huit ans de vie.L’épargne afflue à cette nouvelle coopérative d’épargne et de crédit et, dans un avenir prochain, elle pourra augmenter le nombre et le volume de ses prêts à la production ou à l’organisation des fermes dans cette pa- roisse abitibienne.D’ici là le capital social doit augmenter; les paroissiens doivent déposer leurs économies à la Caisse car il faut se rappeler qu’une caisse est forte non du nombre de ses sociétaires, mais de l’encouragement effectif que chacun lui accorde.La Caisse populaire de Cléricy est en progrès.Elle comptera, dans un avenir relativement peu éloigné, parmi les caisses pouvant rendre le plus de services en cette région nouvelle et si prometteuse.C.B.RACHAT D’OBLIGATIONS EMISSIONS D'OBLIGATIONS RACHETEES EN TOTALITE: Nous croyons rendre service aux Caisses populaires en leur meiiani sous les yeux une liste d'obligations dont les unes sont rachetées en entier, les autres en partie.Vous ferez bien de consulter celte liste.Il y a là de quoi en intéresser un bon nombre.Ces renseignements sont extraits du "Guide du Rentier" de la Corporation Oscar Dubé 8e Cie, Inc.“SOEURS CARMELITES DU CANADA”: — Cette communauté a racheté, le 1er oct., à 101.le solde en cours de son émission de $150,000., 4^2%, datée du 1er oct.1938 échéant du 1er oct.1941 à 1953.A compter du 1er oct., ces titres ne portent plus intérêt.“HOTEL-DIEU DE GASPE”: — Cette institution a racheté, le 1er oct., à 100., le solde en cours de son émission de $75,000., 4J4%, datée du 1er avril 1941, échéant le 1er avril 1951.A compter du 1er oct., ces titres ne portent plus intérêt.“SOEURS DE MISERICORDE, MONTREAL”: -7 Cette communauté a racheté, le 1er oct., à 100., le solde en cours de son émission de $500,-000.3%, 3%% et 4%, datée du 1er oct.1942, échéant du 1er oct.1943 à 1973.A compter du 1er oct., ces titres ne portent plus intérêt.“DOMINION DU CANADA”: — Le gouvernement a racheté, le 15 oct., à 100., le solde en cours de son émission de remboursement, 4%, datée du 15 oct.1933, échéant le 15 oct.1945.A compter du 15 oct., ces titres ne portent plus intérêt.“FABRIQUE DE LA PAROISSE ST-BERNARD, SHAWINIGAN FALLS”: — Cette fabrique a racheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $160,000., 4%, datée du 1er nov.1936, échéant du 1er nov.1937 à 1951.A compter du 1er nov., ces titres ne portent plus intérêt.“FABRIQUE DE LA PAROISSE ST-FRANÇOIS D’ASSISE, (Trois-Rivières)”: — Cette fabrique a racheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $88,000., 4^%, datée du 1er mai 1935, échéant le 1er mai 1945.A compter du 1er nov., ces titres ne portent plus intérêt.“FABRIQUE ST-ZEPHRIIN DE STADACONA”: — Cette fabrique a racheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $71,000., 4%, datée du 1er nov.1939, échéant le 1er nov., 1944.A compter du 1er nov., ces titres ne portent plus intérêt.“SYNDICS DE LA PAROISSE ST-VINCENT DE PAUL, MONTREAL”: — Cette corporation a racheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émisson de $225,000., 4H %, datée du 1er nov.1935, échéant du 1er nov.1936 à 1950.A compter du 1er nov., ces titres ne portent plus intérêt.“PETITES SOEURS FRANCISCAINES DE MARIE, MONTREAL”: Cette communauté a racheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $410,000., 31/2 % et 4%, datée du 1er mai 1937, échéant du 1er mai 1938 à 1954.A compter du 1er nov., ces titres porteront plus intérêt.“HOPITAL GUAY DE ST-JOSEPH, LEVIS”: — Cette institution a racheté, le 1er déc., à 100., le solde en cours de son émission de $90,000., 4%, datée du 1er juin 1938.A compter du 1er déc., ces titres ne portent plus intérêt.“SOEURS DE LA CHARITE, QUEBEC”: — Cette communauté a racheté, le 1er déc., à 101., le solde en cours de son émission de $1,500,000., 4%, datée du 1er juin 1936, échéant du 1er juin 1944 au 1er déc.1951.A compter du 1er déc., ces titres ne portent plus intérêt.“COLLEGE NOTRE-DAME DU SACRE-COEUR, MONTREAL”: — Cette institution rachètera, le 2 janv.1944, à 100., le solde en cours de son émission de $321,000., 4%, datée du 1er janv.1937, échéant le 1er juil.1947.A compter du 2 janv., ccs titres ne portent plus intérêt.“SOEURS DE L’ASSOMPTION DE LA STE-VIERGE”: — Cette communauté rachètera le 1er fév.1944 à 101., le solde en cours de son émission de $400,000., 4% et 4^4%, datée du 1er fév.1940.A compter du 1er fév., ces titres ne porteront plus intérêt.“HOPITAL DE L’ENFANT JESUS, QUEBEC”: — Cette nstitution rachètera, le 1er fév.1944, à 101., le solde en cours de son émission de $700,000., 4%, échéant du 1er fév.1937 au 1er août 1956.A compter du 1er fév., ces titres ne porteront plus ntérêt.RACHATS PAR VOIE DE TIRAGES AU SORT: Les Corporations suivantes ont effectué un tirage au sort de quelques-uns de leurs titres.Nous indiquons plus bas les montants d’obligations ainsi rachetées et la date à laquelle elles doivent être présentées pour paiement.Elles ne portent plus intérêt depuis la date du rachat:— 1er Novembre:— “SOEURS STE-ELISABETH” (Hôpital, Humboldt.Sask.): — Emission de $47,000., 4% et 5%, échéant le 1er nov.1949.(7 x $100.) Nos C-9, 10, 21, 28 à 31; (30 x $500.) Nos D-17, 18, 39 à 47, 51 à 53, 73 à 87.VOLUME 9, QUEBEC.DECEMBRE 1943 19S • ¦ “VILLE DE BAGOTVILLE”: — Rachat de $12,-200., à 100.(Voir note plus bas).“COM.SCOL.DE BAGOTVILLE”: — Rachat de $16,700., à 100.(Voir note plus bas).“PAROISSE DE LAROUCHE”, Cté Chicoutimi: — (3 x $100.) Nos 25, 27 et 32; (3 x $500.) Nos
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