Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1944, Avril
Rje\wtte VG.X, No 4 QUEBEC, AVRIL 1944 ' * S' Z**?'- &¦¦¦¦ • • •Nv • rV .***»&* Revue ^%)% Rédaction et administration : x> %> & La Fédération des Caisses populaires.Chambre 912 — Immeuble Price, 65, rue Ste-Anne, Québec Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales de Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Syndicats coopératifs de Québec Abonnez-vous a La Revue Desjardins Lisez-la et faites-la lire Prix de Pabonnement .$1.00 EDITORIAL M.ALPHONSE DESJARDINS Le développement des Caisses 2ème COURS (suite) Nous avons dit précédemment qu’en 1906 un projet de loi fut déposé à la Chambre des Communes concernant les sociétés coopératives et industrielles.On étudia cette loi, ses avantages et ses désavantages devant un comité spécial nommé par la Chambre des Communes.Les députés nommés par la Chambre le 12 décembre 1906 pour former ce comité étaient les suivants: MM.Aylesworth, Lemieux, Smith (Nanaimo), Bourassa, Verville, Gervais, Sinclair, White et Monk.Les premiers témoignages furent rendus à la séance du 8 février 1907 et le comité tint sa dernière séance le jeudi, 11 avril 1907.Et c’est alors que l’on recommanda de changer le titre de la loi en celui de “Loi sur la coopération.” Plusieurs témoins furent entendus à cette enquête, entre autres, évidemment, M.Alphonse Desjardins, le fondateur des Caisses populaires, Son Excellence le Gouverneur-général du Canada, Lord Grey, l’Honorable William Lyon-Mackenzie-King, qui, à ce moment, était le sous-ministre du Travail à Ottawa.Le témoignage de M.King dura une journée entière.D’ailleurs, M.King avait déjà été en correspondance avec M.Desjardins au sujet de ses caisses populaires pour s’informer du progrès de sa caisse, et aussi afin d’avoir certaines notes qu’il devait utiliser dans un article qui fut publié dans la “Gazette du Travail”, de mars 1905.Tout dernièrement, nous avions l’honneur de rencontrer l’Honorable M.King, et c’est lui qui nous fit parvenir cet article que lui-même avait rédigé.Il nous disait avec fierté qu’il fut peut-être le premier à parler en faveur des Caisses populaires de M.Desjardins dans une revue anglaise.Dans cet article, M.King, donnant le but de la société de Lévis, écrit: “Le but de cette société d’épargne et de crédit est plus étendu et plus important que le nom l’indique, quoi qu’il y soit en partie désigné.Généralement parlant, l’ont peut dire qu’il est de sa nature, moral, économique et instructif; parce que, au premier rang, l’on trouve l’encouragement à l’épargne, à l’honnêteté et à l’honneur; l’avancement de la confiance en soi-même, et de l’indépendance économique, la dissémination d’une appréciation de principes d’affaires, et une connaissance pratique des relations basées sur ces principes.D’une manière générale, la société vise aussi à pourvoir aux besoins industriels du milieu où elle est établie, en fournissant les moyens à ceux qui sont le plus dépourvus de fortune d’exécuter des travaux ou des entreprises qu’ils ne pourraient pas faire sans son aide.” Nous voyons dans ce paragraphe une synthèse du but de nos caisses populaires.Dans son témoignage qu’il donne au comité, à une question posée par M.Verville, demandant si, d’après la loi proposée, 500 ouvriers dans une ville pourraient former une banque pour eux-mêmes, M.King répondit: “Ils pourraient assurément fonder une société coopérative dans le but de satisfaire leurs besoins de crédit.Je crois que le mot “banque” n’est pas du tout approprié à une telle société; il s’agit plutôt d’un système de crédit mutuel ayant pour base une connaissance et une confiance réciproques chez ceux qui y concourent.” • 62 REVUE DESJARDINS Comme on le voit, sur ce point, M.King se rencontrait parfaitement avec M.Desjardins parce que M.Desjardins n’a jamais voulu appeler ses Caisses populaires des banques.A une autre question de M.Verville, le témoin finit une de ses réponses en disant ceci: “Je crois, comme vous le dites, que les syndicats ouvriers organisés dans le but de déterminer les relations qui doivent exister entre les travailleurs et ceux qui les emploient, seraient de bons foyers où l’on pourrait réunir ces hommes et les amener à étudier ce qui pourrait être fait au moyen d’associations d’épargne.Les éléments du même organisme formés en une société de crédit, celle-ci commencerait à diriger ses énergies sur la question de l’amélioration du coût de la vie, et je suis porté à croire qu’au fur et à mesure que le mouvement coopératif se développerait, nous constaterions que les luttes industrielles entre le capital et le travail diminueraient dans la même proportion.” A cette enquête, avons-nous dit, le gouverneur-général du temps rendit un témoignage plus que flatteur pour M.Desjar-dins.Tout serait à citer de ce témoignage.Peut-être, un de ces jours, pourrons-nous imprimer les témoignages rendus à l’enquête.Quant à M.Desjardins lui-même, il va sans dire qu’il fut le principal témoin.Nous avons déjà publié dans notre revue, il y a assez longtemps, le long mémoire que M.Desjardins avait présenté à cette occasion.Tout ceci fut un réconfort pour M.Desjardins, mais malheureusement, cette loi qui fut votée à l’unanimité par la Chambre fut défaite par une voix au Sénat, tel que d’ailleurs nous l’avons dit antérieurement.Il ne faut pas trop déplorer cet échec.Aujourd’hui, les Provinces ont leurs législations coopératives qu’elles peuvent elles-mêmes adapter à leurs besoins particuliers.La loi de la province de Québec avait été votée par la Législature le 9 mars 1906.L’oeuvre de M.Desjardins commençait à donner déjà des résultats probants et se répandait dans la province.En effet, à la fin de 1908, il y avait dix-huit caisses populaires dans la province et six étaient sur le point d’être formées.C’est en cette même année aussi, 1908, que le Lieutenant-gouverneur de Québec, Sir A.P.Pelletier, à la suite du Gouverneur-général Lord Grey, devint sociétaire de la première caisse populaire de Lévis.Ces témoignages réconfortaient M.Desjardins et l’encourageaient à poursuivre son oeuvre.Son oeuvre faisait tellement de bien qu’un mouvement fut déclenché pour faire nommer M.Desjardins sénateur.A droite et à gauche, on passait des résolutions recommandant au gouvernement d’appeler M.Des jardins à siéger au Sénat comme récompense de son dévouement au service du pays.On y disait que M.Desjardins pourrait rendre encore de plus grands services au Sénat parce qu’il serait au milieu de gens qui font les lois et qu’il pourrait aider à la fabrication de ces lois.Malheureusement, ces démarches ne furent pas couronnés de succès.En 1911, à la demande de M.Pierre Jay et de M.Filene, M.Desjardins se rendit à Boston pour y préparer la première loi des Crédit Unions américaines.En même temps, M.Desjardins fonda la première caisse populaire des Etats-Unis à Sainte-Marie de Manchester, N.H.En 1912, il se rendit à la demande de M.Foss, gouverneur du Massachusetts, et du Commissaire des Banques de l’Etat du Massachusetts, M.Chapin pour faire l’exposé du système des caisses populaires devant un comité appelé War Monetary Commission.(Cette commission avait fait une enquête sérieuse sur le régime des banques du monde entier.) En 1912, M.Desjardins, à la demande de la Russell Sage Foundation, se rendit à New-York pour faire une conférence sur l’oeuvre de ses caisses.Cette conférence fut trouvée à
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