Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ligne de communication,
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1945, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ReA^iL e LÉVIS, NOVEMBRE 1945 )I XI.No 9 ••• •• ¦ > V "" V '% .?; r^.- ¦ 'i-^Ÿ î'?- : ÏÎÊ\' ' Monsieur le Commandeur Alphonse Desjardins fondateur des Caisses populaires DesJardins Rédaction et administration: F^evue t) v4* 3^ La Fédération des Caisses populaires.108, CÔTE DU PASSAGE, LÉVIS, P.Q.Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales de Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Syndicats coopératifs de Québec Abonnez-vous \ .a.- La Revue Des jardins Lisez-la et faiies-la lire Prix de l’abonnement .$1.00 ÉDITORIAL FEU MONSIEUR JOSEPH EMOND Nous entendions un jour Son Eminence le Cardinal Villeneuve aux funérailles de feu l'Honorable Ernest Lapointe commencer son oraison funèbre par ces paroles: "Un chrétien est mort".En parlant de notre excellent ami, Joseph Emond, nous disons : Un saint est mort.M.Joseph Emond fut un saint sur la terre.Toute sa vie, il a vécu, non pas comme un ange, mais comme un saint, et pour un homme, vivre comme un saint, c'est héroïque.M.Joseph Emond est décédé à Levis, le 3 novembre 1945, à l'âge de 81 ans et 6 mois.Il était un marchand très avantageusement connu de toute la région de Lévis.Il fut l'un des fondateurs de la première Caisse populaire, celle de Lévis.En effet, le 6 décembre 1900, monsieur Emond en signait l'acte de fondation, et, en 1902, il était nommé conseiller de surveillance, charge qu'il occupa jusqu'en 1937.Il était aussi membre, depuis sa fondation en 1924, de la commission de crédit de la Caisse centrale Desjardins de Lévis.Il faut avoir vécu avec monsieur Emond pour savoir avec quel empressement, quel esprit de charité, quel dévouement toujours il cherchait à aider les siens.Aussi, connaissant ses grandes qualités, on allait à lui, on lui demandait d'occuper toutes sortes de charges, là où il n'y avait aucune rémunération, sauf la rémunération de faire du bien.Jamais monsieur Emond ne refusait d'aider quelqu'un dans quelque domaine que ce fût.De toute façon, il fut un homme humain, et son humanité était enveloppée d'une grande sainteté.Dans sa vie privée comme dans sa vie publique, il fut toujours un modèle.Nous aimions le voir prier.Il semblait être en communication constante avec Dieu, comme s'il le voyait et causait avec Lui.Tous ceux qui suivaient sa tombe à son dernier repos disaient: Nous devons l'invoquer plutôt que prier pour lui".Un des fondateurs de l'Adoration nocturne, en 1917, il en fut toujours, un membre très assidu.Il fut aussi un des initiateurs de l'association du chemin de Croix dominical pour les hommes et les jeunes gens de sa paroisse, il y a près de vingt-cinq ans.Membre du tiers-ordre, de la Congrégation de la Sainte-Vierge, de la Ligue du Sacré-Coeur, trésorier des Congréganistes pendant peut-être quarante ans, du Conseil particulier de la Conférence St-Vincent de Paul de la Rive Sud, et jusqu'en 1943, de la Fédération diocésaine des Ligues du Sacré-Coeur.Il n'est pas étonnant qu'après tout ce dévouement, Son Eminence le Cardinal Villeneuve, en juin 1943, le décorait de la médaille du Mérite diocésain.En terminant, nous lui adressons une supplique, et nous lui disons : Monsieur Emond, vous qui avez si bien connu monsieur Desjardins, qui avez vécu avec lui, qui avez participé ¦¦l O 162 REVUE DESJARDINS dès la première heure à son travail de rédemption sociale, nous vous demandons de veiller, avec le fondateur, sur les Caisses populaires et sur nous.Nous n'oublierons jamais nos entretiens du samedi soir à son bureau, tout au fond de son magasin.Il s'informait toujours du développement de la Caisse centrale Desjardins de Lévis, de son encaisse, si telle Caisse qui avait emprunté avait remis, comment se faisaient les remboursements, etc.Il était heureux de voir grandir cette oeuvre des Caisses populaires et de pouvoir dire en lui-même: ''Je fais mon effort dans cette oeuvre si belle”.A titre de confident et d'ami, nous qui vous avons estimé et qu'au!ourd'hui nous vénérons, nous vous demandons, au nom de tous les membres des Caisses populaires, de nous continuer là-haut, avec plus de force et d'autorité qu'hier, votre concours et votre protection.C.VAILLANCOURT LEVIS PERD UN HOMME DISTINGUE Pour rappeler à nos coopérateurs le souvenir de M.le Commandeur Alphonse Desjardins, et le 25e anniversaire de sa mort, la Revue publie deux articles écrits en 1920.Nous tenons à remercier M.Adrien Bégin, du Quotidien, de Lévis, qui a bien voulu nous permettre de reproduire ces articles en nous fournissant les numéros du journal.1920 — 19451 que de chemin parcouru 1 Et cependant, c’est encore M.Desjardins qui nous invite à travailler dans son esprit, sans doute, mais aussi à maintenir l’unité de son oeuvre de rédemption économique.Toute la population de Lévis ainsi que celle des localités environnantes ont appris, dimanche dernier, avec un vif et profond regret, la mort de M.Alphonse Desjardins, Commandent de l'Ordre de St-Grégoire le Grand et fondateur de la Caisse populaire.M.Desjardins était né à Lévis, le 5 novembre 1854.Il fit ses études au Collège de Lévis en remportant de brillants succès.Dès qu'il eut terminé ses études, il entra dans la carrière journalistique où de nouveaux succès vinrent couronner ses efforts.Plusieurs années durant, il collabora à la rédaction du journal "Le Canadien”, et ce, avec son frère, le Col.L.J.Desjardins et l'Hon.J.-I.Tarte.De 1879 à 1889, il publia le Hansard à l'Assemblée Législative de Québec.En 1891, il fonda un journal à Lévis "L'Union Canadienne”, et il dut, peu après, par suite de mauvaise santé, abandonner la publication de ce journal.En 1892, M.Desjardins fut nommé sténographe officiel pour le Hansard, à la Chambre des Communes du Canada.Il occupa cette position jusqu'à il y a cinq ans, alors qu'il tomba gravement malade.M.Desjardins remporta bien des succès comme journaliste et comme sténographe, mais il consacra une belle partie de sa vie à une oeuvre plus belle et plus grande encore qui restera comme un superbe monument pour perpétuer à jamais sa mémoire, nous voulons dire ^OMMCUAe Feu monsieur Joseph Emond C.Vaillancourt.162 Lévis perd un homme distingué .163 Soyons prudents dans nos placements P.-E.Charron.164 Les finances coopératives .164 Des obligations .167 La Caisse populaire Desjardins Albertine Desjardins.168 Les conclusions d'une enquête .170 Lettre ouverte Louis Arneau.171 Un témoignage .172 Le calendrier co-op .172 Assemblée de l'Union régionale de Joliette .173 Qu'est-ce qu'une société d'assurance-incendie?J.-O.Roby .174 La coopération chez les Indiens de Grouard 176 Service de renseignements .177 Un calendrier pour tous .178 Consultations légales .179 Rachat d'obligations .179 la fondation des Caisses populaires.Ce beau mouvement, il le lança à Lévis.Il fit comprendre et saisir ses idées par tous et ce mouvement prit une expansion extraordinaire.Aujourd'hui, on compte par tout le Canada 300 de ces Caisses et un bon nombre aussi dans les limites de la République américaine.Ce n'est qu'après huit années d'étude que M.Desjardins a lancé son projet.Il l'avait mûri.Ce travail fait, il l'exposa à la tête dirigeante de la ville, et partout, on le comprit.Le clergé se mit de la partie et donna son concours à M.Desjardins, l'homme qui est tant regretté aujourd'hui par toute notre population.M.Desjardins compte des amis dans toutes les parties du Canada et aussi dans toutes les parties des Etats-Unis.M.Desjardins laisse pour pleurer sa perte, son épouse, Mme D.Desjardins, M.Raoul Desjardins, N.P., gérant de la Caisse populaire de Lévis, Dr.Edgard Desjardins, de Mégantic,.M.Paul Desjardins, d'Ottawa, M.Charles Desjardins, de Lévis, Mme Almanzor Lamontagne, Mlle Adrienne Desjardins, religieuse à Chicoutimi, et Mlle Albertine Desjardins, de Lévis.Quatre frères lui survivent: le Col.L.-J.Desjardins, ancien greffier de l'Assemblée Législative, Joseph Desjardins, assistant-chef de la Bibliothèque au Parlement de Québec, Albert Desjardins, de Montréal, Napoléon Desjardins, d'Ottawa.Nous nous faisons les interprètes de toute la population de Lévis pour présenter à la famille si cruellement éprouvée l'expression de nos plus vives et profondes sympathies.(Le Quotidien, mardi 2 novembre 1920).VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 163 • Soyons prudents dans nos placements Tous savent les ravages qu'a opérés un peu partout le démon de la spéculation dans la période d'entre les deux grandes guerres.Chez nous, comme ailleurs, des sommes fabuleuses ont été englouties dans des entreprises problématiques ou qui n'existaient que dans le cerveau marécageux de ceux qui les avaient conçues.Des centaines de milliers de dollars ont été raflés de nos campagnes par des escrocs qui vendaient des parts de compagnies fictives.Qui ne connait pas le nom de paroisses rurales qui se sont fait renifler des milliers de dollars au bénéfice de quelques gros spéculateurs.D'aucuns estiment que c'est au moins $100,000,000.que nos ruraux ont ainsi perdu dans cette fausse course au trésor.Si on n'y prend garde, le même phénomène va se produire, ces années-ci.Nombre d'industries et de commerces vont s'organiser ici et là à travers la province.Il est question d'industries inconnues jusqu'ici, d'exploitation minière de régions nouvelles ou à peine touchées.Il est à prévoir qu'on cherchera à intéresser le public à souscrire des parts, à investir des capitaux dans toutes sortes d'entreprises, qu'on lui fera miroiter des rendements de 10, 15, 20, 25% sur de tels placements.Sans doute que nombre d'entreprises seront sérieuses et sagement administrées et qu'elles mériteront la confiance populaire.Mais une chose est certaine: ce n'est pas facile à quiconque de juger la valeur réelle et les garanties de succès des entreprises qui sollicitent vos dollars.Il faudra être prudent et ne pas souscrire quoi que ce soit avant de Les finances Nous vous donnons cette partie, d'intérêt général, du texte de la conférence prononcée par M.J.-Georges Day, propagandiste, à l'assemblée générale annuelle de TUnion régionale de Gaspé, tenue au Séminaire de Gaspé, le 18 juillet dernier.Une Caisse populaire a -t-elle le droit de prêter à une coopérative et une coopérative a-t-elle le droit d'emprunter d'une Caisse populaire?Si oui, quel est le rôle de la commission de crédit de la Caisse populaire et quelles sont les formalités à suivre pour l'obtention de prêts et les garanties à être offertes par les divers corps coopératifs.Une Caisse populaire a-t-elle le droit de prêter à une coopérative?— Une Caisse populaire peut prêter à une coopérative si cette coopérative est sociétaire de la Caisse.Une coopérative peut devenir sociétaire d'une Caisse populaire en vertu de l'article 7 de la Loi des Syndicats coopératifs de Québec, qui prendre des informations auprès de gens sérieux et compétents.Ne nous laissons pas guider par l'appât du gain; les rendements élevés ne doivent pas nous faire oublier le capital qu'il faut conserver.- Le parti le plus payant, c'est encore celui de la sécurité.Cherchons les placements sûrs.Chacun sait que le placement le plus sûr, parce que le plus stable et le plus généreux, c'est le fond de terre, c'est le sol.C'est une valeur réelle, vivante et éternelle.Personne ne peut la ravir.Elle est toujours là.C'est l'amour et le soin qu'on lui porte qui en fait toute la générosité et la fécondité.A part la terre nourricière, qui est le meilleur placement, il y a la Caisse populaire qui garde nos épargnes sur place et les fait fructifier sur la terre qui les a produites, dans des entreprises que nous connaissons, qui naissent et grandissent sous nos yeux, qui seraient bien gênées de travailler contre nos intérêts.C'est le bon sens, c'est la prudence, c'est la modération qui nous recommande ces choses.Ce sont ces vertus qui, mises en pratique, nous protégeront de bien des déboires, de la ruine, qui nous vaudront la sécurité, la meilleure utilisation de nos épargnes.Nous n'avons pas d'argent à gaspiller.N'oublions pas que charité bien ordonnée commence par soi.Alors gardons chez nous et pour nous nos épargnes et tâchons de les faire fructifier à l'avantage des nôtres.Nous sommes solidaires les uns des autres.Si nous pouvions toujours nous en souvenir 1 Quel progrès économique et social notre peuple connaîtrait! Paul-Emile CHARRON coopératives stipule: "Peuvent être membres de tels syndicats ou sociétés les commissions scolaires, les municipalités, les fabriques et corporations de syndics, les cercles agricoles et les sociétés d'agriculture, les sociétés coopératives de pêcheurs ,de même que les sociétés et corporations civiles et commerciales, en général.” Une résolution apparaissant au procès-verbal de l'assemblée de fondation, résolution qui peut être amendée par la suite par une autre assemblée générale, fixe le montant maximum de prêts consentis à la fois à un seul sociétaire.Cependant, suivant la plupart des règlements, la limitation d'un montant maximum de prêts consentis à un seul sociétaire ne s'applique pas aux corporations publiques situées dans la circonscription sociale, telles que fabriques d'églises, corporations religieuses, municipales ou scolaires, sociétés coopératives — le montant pouvant être avancé dans • 164 BEVUE DESJARDINS ces divers cas étant laissé à la discrétion de la commission de crédit.Donc, une coopérative peut devenir sociétaire d'une Caisse populaire et, par conséquent, emprunter d'elle.Le prêt se fait alors suivant les formalités et règlements qui régissent les prêts aux sociétaires en général, exception faite de diverses formalités dont nous traiterons plus loin.Rôle de la commission de crédit — Le rôle de la commission de crédit de la Caisse populaire est d'étudier les demandes de prêts, de les accepter ou de les refuser.Quand il s'agit d'un prêt à une coopérative, la commission de crédit doit se demander en premier lieu si la société qui sollicite un emprunt est une véritable coopérative, respectant les principes et les méthodes coopératifs et étant vouée aux intérêts de ses sociétaires.En deuxième lieu, la commission de crédit doit examiner et étudier la situation financière de la société; exiger le dernier bilan financier de la société, le montant du capital souscrit et payé, le chiffre d'affaires, les bénéfices réalisés depuis les deux dernières années d'opération.Il n'y a rien de nouveau dans ces exigences; la logique et le bon sens les commandent.Le 7ième alinéa de l'article 66 des Statuts des Caisses populaires, chapitre 7ième, dit que la Commission de crédit "examine avec le plus grand soin la valeur morale et la situation de l'emprunteur afin de se convaincre si elle a lieu de pouvoir compter raisonnablement sur son exactitude à effectuer le remboursement." On ne peut pas changer les bases du crédit qui est la confiance, la conviction que l'emprunteur pourra faire face à ses obligations à mesure qu'elles écherront.Pour savoir si tel ou tel corps organisé est capable de garantir un emprunt, il faut connaître sa situation financière; il est donc sage de la part d'une commission de crédit d'exiger divers renseignements propres à l'éclairer.Les formules de demande d'emprunt employées dans plusieurs Caisses populaires de la province comportent plusieurs questions.J'en signale quelques-unes à votre attention: l'emprunteur doit déclarer l'adresse de sa résidence, son occupation, son salaire, le but de l'emprunt, la valeur de ses propriétés, les valeurs d'assurance-feu et les bénéficiaires, si marié, le nombre d'enfants, garçons et filles.Les Caisses populaires, prêtant de l'argent ne leur appartenant pas, doivent connaître exactement la situation financière de l'emprunteur, qu'il soit un individu ou une société quelconque.l'ouvre ici une parenthèse: "il n'y a pas lieu ni pour un individu, ni pour une société,^ de s'offusquer quand une commission de crédit demande toute une série de renseignements avant de consentir un prêt.La commis- sion de crédit doit demander des renseignements et si elle ne les demande pas elle manque à son devoir; le 5ième alinéa de l'article 66 des Statuts des Caisse populaires, chapitre 7ième, dit: "La commission de crédit doit connaître exactement l'emploi que l'emprunteur se propose de faire du prêt sollicité, et elle doit refuser tout prêt destiné à une fin inutile, extravagante ou improductive, ou encore nuisible ou dangereuse pour les véritables intérêts de l'emprunteur, soit à raison de son inexpérience, soit autrement." Formalités à suivre pour l'obtention de prêts -—- Quelles formalités doit suivre une coopérative pour l'obtention d'un prêt?Une demande de prêt de la part d'un sociétaire individuel se fait au gérant qui transmet cette demande à la commission de crédit.Pour que le prêt soit accordé, il faut que les décisions de la commission de crédit soient prises à l'unanimité des membres présents."Au cas de refus, le sociétaire intéressé peut, en appeler au conseil d'administration qui décide à la majorité des votants, après avoir entendu les membres de la commission de crédit ainsi que le sociétaire" article 65.Pour aucune considération et dans aucun cas le gérant ne peut consentir une ouverture ou un prêt à un sociétaire sans l'autorisation de la commission de crédit art.97.Dans le cas d'une coopérative, il y a une méthode à suivre, qui est basée sur une saine administration coopérative.La demande d'emprunt d'une coopérative se fait par une résolution du bureau de direction de cette coopérative: Il est bien entendu que le bureau de direction doit être autorisé par une résolution de l'assemblée générale des sociétaires pour emprunter.En bonne coopération, le principe démocratique exige que tous les sociétaires, qui sont co-propriétaires de l'entreprise, contrôlent l'entreprise.Il y a une différence entre administrer et contrôler.Dans une coopérative, le peuple ne gère pas lui-même directement, lit-on dans le Manifeste du Conseil Supérieur de la coopération.Il choisit des experts (c'est le bureau de direction) pour accomplir cette gestion ou administration mais en se réservant le droit de les diriger et de les contrôler comme aussi de diriger et de contrôler la marche générale de l'entreprise par l'assemblée générale.(Ensemble, avril 1941).D'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, la loi est très claire à ce sujet pour les emprunts des Caisses populaires et des sociétés coopératives agricoles et de tous les syndicats régis par la loi des Syndicats coopératifs du Québec.Emprunts par les Caisses populaires — Il est un principe admis qu'une Caisse populaire ne peut emprunter pour prêter.Ici, en Gaspésie, nous y avons dérogé dans la question du cré- VOLÜME 11.LEVIS.NOVEMBRE 1945 165 • dit maritime, et cela sur demande du Gouvernement provincial.Nombre de nos Caisses populaires avaient un actif peu élevé lors de la création du Crédit maritime et nos pêcheurs avaient besoin de crédit pour s'organiser.Lors d'une assemblée tenue au Séminaire de Gaspé, le 14 janvier 1941, nous avons d'abord confirmé le principe qu'une Caisse populaire doit satisfaire les propres besoins de la localité où elle opère.L'article 14 des règlements du crédit maritime est bien clair- à ce sujet."Que les argents ainsi prêtés aux pêcheurs proviennent des caisses locales.Si les dites caisses n'ont pas en mains les argents nécessaires pour répondre aux demandes des emprunteurs, elles devront emprunter ces argents de l'Union Régionale de Gaspé." Formalités à remplir — Nous n avons pas, à l'occasion de cette assemblée du 14 janvier 1941, établi les divers modes quant à l'obtention de prêts de LU.R.par les Caisses populaires.Tous nos règlements de Caisses populaires ont prévu les emprunts des Caisses populaires et nous disent la marche à suivre.Je cite le deuxième paragraphe de l'article 34 des statuts des Caisses populaires, chapitre 4ième: "L'assemblée générale des sociétaires peut, par résolution, autoriser le conseil d'administration à emprunter des fonds pour et au nom de la société lorsqu'il le jugera nécessaire dans l'intérêt des opérations sociales.Cette résolution fixe le montant maximum qui peut être ainsi dû à la fois par la société et le maximum du taux de l'intérêt payable.Nul EMPRUNT NE PEUT ETRE FAIT SANS QU'UNE SEMBLABLE RESOLUTION EN AIT DONNE L'AUTORISATION AU DIT CONSEIL D'ADMINISTRATION.Une Caisse populaire qui veut emprunter de son Union régionale devra fournir une résolution de l'assemblée générale.Le 2ième paragraphe de l'article 16 de la Loi des Syndicats coopératifs de Québec nous dit ceci: "Le montant total des sommes empruntées par un syndicat ou une société, ne doit pas excéder, en aucun temps, deux fois le montant du ou des fonds prévus par l'article 39 de son capital versé et non entamé.C est dire que le syndicat qui a un ou des fonds se chiffrant à $300.00 et un capital non entamé pour $200.00 ne peut emprunter plus que le double et de ces fonds et de ce capital réunis.La loi des Syndicats coopératifs de Québec précise le pouvoir d'emprunt des Caisses populaires en ajoutant "Ne sont pas comptées comme des sommes empruntées, ^ les économies confiées à une société de crédit par ses sociétaires, ni les emprunts entièrement^ garantis par nantissement de valeurs mobilières ou d'objets mobiliers." Nous ne trouvons rien qui oblige une Caisse populaire à prêter deux fois le capital versé et non entamé et le double des réserves, mais simplement ce texte de loi est un plafond pour le syndicat, car quelle institution recevrait $5000.00 de garantie pour un prêt de $10^,000.?Rien dans la loi des syndicats coopératifs ne s'oppose à ce qu'une Caisse populaire accepte en garantie d'un prêt par elle accordé des valeurs mobilières ou objets mobiliers car "tout ce qui a une valeur est une source possible de crédit." Pour qu'il ne soit pas permis à une Caisse populaire d'accepter en gage des objets mobiliers, il aurait fallu que la loi le défende expressément, et elle ne l'a pas fait.Prêts aux coopératives agricoles — La loi des coopératives agricoles dit que le montant des sommes empruntées ne doit jamais excéder quatre fois le montant des actions souscrites et celui du fonds de réserve.S.R.1925 — c.57, a.13; 20 Geo.V, c.38 — a.8.Geo.V c.38.C'est dire que quand il s'agit d'emprunts garantis par des actions souscrites et la réserve, la coopérative agricole est plafonnée à 4 fois ses actions souscrites et sa réserve.En d'autres termes, une coopérative agricole a pour $2000.00 de parts souscrites et $300.00 de réserve, elle ne peut emprunter plus que quatre fois ce montant, soit $9200.00.Rien n oblige la caisse populaire à prêter un montant de $60,000.00 garanti seulement par des valeurs de $15,000.00.La loi des sociétés coopératives agricoles a prévu les garanties à être offertes par la Société.L'alinea "B" de l'article 13, dit en effet que le bureau de direction peut emprunter des fonds, disposer, ceder ou transporter, sous forme de garantie pour toute somme empruntée ou cautionnement fourni, les sûretés ou les biens de la société, etc., pourvu toutefois que le bureau de la société ait été autorisé à cet effet par le vote d au.moins les deux tiers des membres présents à l'assemblée annuelle ou à une assemblée spéciale convoquée à cet effet." La coopérative agricole, tout comme le magasin de consommation, a le droit de donner une hypothèque sur ses biens immeubles et un gage sur ses valeurs mobilières.Dans l'un comme dans l'autre cas, la responsabilité de chaque sociétaire du syndicat ou de la coopérative agricole est limitée par son capital souscrit et non versé.Les nouveaux membres qui deviennent sociétaires, après que l'emprunt est contracté, deviennent responsables au même degré que les premiers, et ceci, est logique, car celui qui participe dans les bénéfices doit participer dans les pertes, s'il y en Toute Caisse populaire qui surveille les intérêts de ses membres doit exiger des garanties.N'oublions pas que tout prêt porte un risque et que ce risque doit etre couvert.On dit que la prudence est le commencement de la sagesse.Soyons prudents et surtout ne pre- • 16S BEVUE DESJARDINS nons pas de risques.Quand une coopérative a donné une hypothèque ou un gage sur ses biens mobiliers, il faut une assurance sur ces biens payable à la caisse populaire.Une Caisse populaire peut-elle accepter d'une Coopérative agricole un transport des versements dûs ou à échoir sur les actions souscrites par les sociétaires?En vertu de la loi, une Caisse populaire peut accepter d'une coopérative agricole un transport des versements dus ou à échoir sur les actions souscrites par les sociétaires.Ce transport peut être fait aussi en faveur de toute personne, qu'elle soit directeur ou officier de la société ou non, qui se porte caution ou qui est déjà caution de la société pour l'accomplissement d'obligations assumées par la société.Ce transport exige certaines particularités légales.Pour que le transport soit légal, il faut qu'il soit fait par un acte notarié ou sous seing privé devant deux témoins et, dans l'une comme dans l'autre cas, il doit être enregistré.Ce transport peut être rédigé d'après la formule 4 de la loi des sociétés coopératives agricoles.Nous citons ici le texte intégral de la Loi au sujet des transports -— ''Le notaire ou l'huissier qui fait ainsi une signification de transport en dresse un procès-verbal dont une copie ou un double est délivré à la société.Les certificats de recommandation signés par le maître de poste sont annexés à l'original du procès-verbal ou à l'un des doubles, et le notaire ou l'huissier qui dresse un procès-verbal, doit remettre le double qui contient les certificats de recommandation au cessionnaire.” Syndicats de pêcheurs — Nous n'avons pas ici à définir les méthodes à suivre pour l'obtention de prêts d'une coopérative à une Caisse populaire.Nous croyons l'avoir fait pour les autres sujets traités, car, c'est toujours la même méthode qu'il faut employer.Mais il y a un point sur lequel il est bon d'insister.Les syndicats locaux de pêcheurs sont affiliés à une fédération qui a pour nom: "Pêcheurs-Unis de Québec.” Pêcheurs Unis de Québec fait des avances aux syndicats locaux pour le payment du poisson.Pour ce faire, il faut que Pêcheurs-Unis de Q.emprunte de la banque.Pour emprunter de la banque, il faut donner des garanties et ces garanties consistent en un transport de l'actif des syndicats locaux au Bureau-chef et le Bureau-chef, à son tour, transporte ces actifs collectifs à la banque comme garanties.Si une Caisse populaire prête à un syndicat pour la construction d'un entrepôt ou d'une neigère, il faut que la Caisse populaire elle aussi soit protégée et que le prêt soit garanti.Alors, que le syndicat fasse un transport à la Caisse populaire soit de l'entrepôt ou de la neigère comme garantie.Comme garantie des avances faites par le Bu- reau-chef, le syndicat pourra alors transporter au Bureau-chef son actif moins tel transport consenti en faveur de la Caisse populaire.DES OBLIGATIONS Quelles sont les obligations d'hôpitaux qu'une Caisse populaire peut acheter?La loi des Syndicats coopératifs de Québec qui régit les Caisses populaires prévoit les placements sur obligations et sur hypothèques que la Caisse populaire peut faire.L'article 40, paragraphe 2, stipule, en effet, que "tous les placements de ces sociétés de crédit doivent être faits: dans les fonds ou obligations de la Puissance du Canada ou de la province de Québec ou garantis expressément par la Puissance ou la province, ou dans les emprunts de toute municipalité ou de toute corporation scolaire en cette province, ou dans les emprunts dûment autorisés pour la construction ou la réparation en cette province des églises, presbytères ou cimetières, ou dans les emprunts de fabriques ou de corporations ecclésiastiques ou religieuses en cette province, ou en biens-fonds dans cette province, ou sur premier privilège ou première hypothèque pour un montant ne dépassant pas les trois cinquièmes de l'évaluation municipale des biens-fonds affectés.” Les Caisses populaires peuvent donc acheter des obligations de corporations religieuses, telles les communautés d'hommes et de femmes, dans cette province.D'aucuns se demandent où classer les obligations d'hôpitaux dans cette énumération et quelles sont les obligations d'hôpitaux qu'une Caisse populaire peut acheter.Les hôpitaux dont les propriétaires sont des religieux ou religieuses se classent parmi les corporations religieuses, et l'achat de leurs obligations est autorisé aux Caisses populaires.Tous savent qu'il existe des hôpitaux qui appartiennent à des corporations laiques, mais dont l'administration interne, c'est-à-dire le service de l'hôpital, est assurée par des religieuses.La Caisse populaire ne peut acheter les obligations de tels hôpitaux, car ils appartiennent à des laies et ne peuvent alors être couverts par l'expression "corporations religieuses" dont il est fait mention dans la loi des Syndicats coopératifs de Québec.C'est la propriété à laquelle est attachée l'administration financière de l'hôpital qui est l'unique critère permettant de juger le cas.C'est dire qu'il ne faut pas confondre administration financière qu'exercent les propriétaires de l'hôpital avec administration interne de l'hôpital qui peut être assurée par d'autres personnes que les propriétaires.C'est le cas d'un hôpital appartenant à un corps laie qui l'administre financièrement, mais dont la régie interne a été confiée à des religieuses.P.-E.C.VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 167 • La Caisse populaire Desjardins \ oici le texte de l’intéressante causerie prononcée par Mlle Albertine Desjardins, fille du Commandeur Alphonse Desjardins, fondateur des Caisses populaires, lors de l’assemblée générale annuelle de l’Union régionale de Québec, tenue le 1er juillet dernier au Collège de Dévis, Le grand honneur qui me revient, chaque année, de m’associer à vos assises des Caisses populaires me laisse un peu confuse et me rend tributaire de la délicatesse du Bureau de direction.C’est assurément pour rendre hommage à mon vénéré père qu’on rejette ainsi sur sa fille l’immense joie d’être au milieu de vous tous.Serait-il téméraire de ma part de vous rappeler que la Caisse populaire, aujourd’hui imposante parmi les grandes oeuvres que sollicite le bien-être de la nation canadienne, est un acte de foi continu.En dépit de ses ramifications les plus variées, elle repose sur l’intangible principe de l’unité.Si, un jour, on renonçait à maintenir ce principe de base, le désordre le plus présomptueux conduirait à l’anarchie des esprits, à la stérilité des oeuvres sociales.L’an dernier, vous vous en souvenez, nous avons constaté la nécessité de ramener toutes nos activités sociales et financières à ce principe initial de l’unité.Aujourd’hui, il semble logique de faire un pas dans ce même sillon et d’y voir monter, comme les blés dorés d’une moisson, les qualités précieuses et primordiales des Caisses de chez nous.La Caisse populaires Desjardins est une oeuvre morale, sociale, économique Tout d’abord, les Caisses sont une “oeuvre”, c’est-à-dire la réalisation d’une idée sociale.C’était le rêve du fondateur, rêve riche d’idéal et fécond d’apostolat social.Toute sa vie durant, il n’a vécu que pour une coopération sage et toute solide des qualités et des valeurs morales, économiques et sociales.La Caisse n’était créée, organisée et lancée dans le patrimoine social que pour “servir”.La coopération, en effet, reste toujours le facteur essentiel de toute vie économique.Elle a les qualités nécessaires d’adaptation à des besoins nouveaux; elle a des ressources nouvelles et ne demande, pour donner son plein rendement, que d’être comprise et sagement appliquée.Il est donc à propos de mettre en lumière de temps à autre les principes créateurs des Coopératives d’épargne et de crédit si nous voulons continuer d’en obtenir des résultats marqués.Le Commandeur Desjardins voulait atteindre un triple objectif, a) Le bien moral; b) La sécurité sociale; c) L’influence économique.Le bien moral.Il protège et garantit les moeurs au contact des vertus chrétiennes.La Caisse avait droit et maintient ce même droit d’exiger de ses membres une honnête réputation, la sobriété de la vie et l’honorabilité d’un gentilhomme.La petite épargne, toujours encouragée, développe les vertus morales de tempérance, de force, de justice et de prudence.Le chapitre 2 des statuts de la Caisse populaire confirme cet énoncé.Voici: — “Les qualités suivantes sont exigées des sociétaires.Etre honnête, bon payeur, sobre, rangé dans ses habitudes, industrieux, bon travailleur.De plus, le sociétaire s’engage à observer les statuts et règlements de la société et à respecter la Religion, la Famille et la Propriété.” La Caisse populaire était donc, d’abord, une oeuvre morale! Elle devait se parer d’une fleur non moins magnifique: Etre une oeuvre sociale.La société s’alimente des relations humaines marquées du sceau de la justice respectueuse et de la rayonnante charité! La Caisse populaire est un foyer des grandes vertus sociales.L’individu, l’honnête citoyen, l’homme sérieux et prudent, rencontrera dans cette organisation ce qu’il cherche pour l’honorabilité de son existence, pour l’épanouissement de ses vertus morales; il recevra l’appui de ses frères, les conseils des hommes d’expérierice et donnera à toute sa vie la plénitude de l’aisance et du bien-être chrétien.La Caisse populaire n’est point une arène sablonneuse où l’on se dispute la vie dans une lutte sans merci, mais bien plutôt “l’union” pour que cette vie soit plus sereine et, partant, rayonnante de lumière et de joie.Soutien des vertus morales, cadre merveilleux où peut évoluer en toute sécurité la société, la Caisse populaire ne prépare pas un programme sur des données fictives ou des utopies.Elle réalise son action prudente et féconde, parce qu’elle est un réservoir d’épargne et de crédit.Elle aide ceux qui sont dans le besoin, non par l’aumône, mais par la confiance; elle prête les sommes nécessaires.Pour mieux exercer sa bienfaisante influence, la Caisse ne dépasse • 168 REVUE DESJARDINS pas les limites de la paroisse.Celle-ci est son berceau, son foyer d’activité.C’est là qu’elle naît, grandit et se développe; elle est un prolongement de la paroisse; elle y exerce la vraie charité chrétienne, sociale; elle est aussi l’école de l’ordre, de l’économie et du sacrifice, qualités indispensables pour vivre dans la paix, la justice et l’équité.Cette oeuvre, la Caisse l’accomplira dans la mesure où ses membres seront imbus de sens social, dans la mesure où leur esprit s’imprégnera des principes qui font sa force et sa grandeur.Quand on entre dans une société, on se fait un honneur de vivre de sa vie et de l’honorer de sa personnalité.Il arrive, cependant, que des sociétaires d’une Caisse populaire manquent, à leur insu, de sens social.A-t-il le sens social celui qui quitte sa Caisse parce qu’il a été refusé pour une demande de prêt?ou encore, cet autre qui abandonne sa Caisse paroissiale pour aller déposer chez la voisine qui paie plus gros intérêt?Assurément non.Le sens social leur demanderait de rester fidèles à leur Caisse, même en croyant ne pas y trouver, pour le moment, leur avantage personnel.Voilà des circonstances de manifester son esprit de solidarité, et de prouver, par sa conduite, que le bien commun doit passer avant son bien propre.La coopération donne, et beaucoup, mais elle demande aussi.Si nous savons recevoir, sachons aussi donner, autrement ce serait pur individualisme.Un auteur sincère a écrit: “Seul, on n’existe pas tout entier; notre vie personnelle n’est qu’en fonction d’une plus vaste vie!” Le fondateur avait compris cette vérité profonde; il en fit cadeau à son oeuvre.La Caisse populaire est une oeuvre économique.L’oeuvre économique améliore les conditions matérielles de la vie humaine.La pensée des injustices de toutes sortes subies par la masse de la part des usuriers fut la lumière créatrice.Dès lors, en puissance, les Caisses existaient.Sur le terrain économique, les Caisses populaires travaillent efficacement et d’une manière merveilleuse au relèvement des classes laborieuses.Il y a peu, pour ne pas dire point de problèmes matériels que la Caisse ne puisse résoudre.En outre de procurer à ces classes le bien-être, elle leur donne une conception plus haute et plus lumineuse de leur rôle de citoyen et de travailleur.Elle leur apprend à administrer leurs propres affaires, les habitue à compter sur elles-mêmes en même temps qu’elle développe les talents d’administration.La Caisse populaire prépare graduellement l’indépendance économique de notre peuple.Dans une lettre datée du 20 mars 1918 et adressée à M.l’abbé Philibert Grondin à l’occasion de la seconde édition du Catéchisme des Caisses populaires, le fondateur écrivait ce qui suit: “Les Caisses populaires sont d’excellents réservoirs à la portée de tous dans une paroisse; elles sont contrôlées, surveillées et administrées par les intéressés eux-mêmes et cette garantie dépasse toutes celles que peuvent offrir d’autres organismes.Elles gardent sur place les fonds accumulés, les mettent d’abord et avant tout au service des ouvriers, surtout des cultivateurs; elles créent le fameux crédit agricole si nécessaire et si fécond pour la première de nos industries nationales.Il importe de concentrer nos épargnes afin d’assurer notre indépendance économique, notre développement local, d’utiliser toutes nos ressources afin de donner à notre vie économique, surtout à notre agriculture et à notre colonisation, toute l’expansion qu’elles méritent.” Mon plaidoyer a été un peu long; je m’en excuse.Toutefois, je sens le besoin de vous redire toute la joie que j’éprouve à voir l’oeuvre paternelle se grandir sous le soleil et les ardentes et généreuses impulsions de ceux qui continuent le sillon ouvert en terre de chez nous.On dit que sur les pentes ensoleillées des Pyrennées, les vignes tout d’abord minuscules et frêles dans leurs racines, s’alimentent des effluves descendues de la montagne et, petit à petit, tapissent les rochers et dissimulent, sous la verdure, les crevasses, les brisures du sol.Des vignerons, habiles travailleurs, connaissant et la terre qui nourrit et la colline qui réfléchit la chaleur, greffent les plantes, taillent les sarments, coupent les ceps stériles et donnent à la vie montante des vignobles un élan continu et étendent les ramures pour que les fruits soient plus savoureux et que le vin qui réjouit le coeur de l’homme puisse également raviver ses énergies généreuses.La Caisse populaire ressemble à cette plante de vigne greffée sur la falaise de notre cité.Un homme que vous vénérez et que nous aimons encore tendrement lui a donné pour aliment le culte du devoir et le meilleur de lui-même.Des vignerons, ouvriers de la première heure, des âmes courageuses venues par la suite ont émondé cette vigne.Des ceps nourris d’une sève savoureuse et riche de toute l’ardeur des conquérants apostoliques ont multiplié les ramures et les sarments gonflés de jeunesse et de vitalité.Caisses scolaires qui ont apporté les promesses de l’enfance éduquée.Caisses de dotation et de prévoyance qui ont fait oeuvre lumineuse dans l’esprit des jeunes filles sérieuses et des jeunes gens soucieux d’un bonheur conjugué VOLUME U.LEVIS, NOVEMBRE 1945 169 • du devoir et des grandes amours.Coopératives de consommation les plus variées ont produit les fruits abondants de vie et de force grandissantes.Il y manquait qne protection contre l’incendie; voilà que, désormais, la Caisse garantira le patrimoine et la propriété contre un tel désastre.Ces ramifications des Caisses sont le résultat merveilleux de l’inlassable dévouement des dirigeants, nos maîtres de l’heure.Il serait puéril de croire que cette oeuvre riche de qualités morales, de valeur sociale et de prudence économique, s’est accomplie et perfectionnée sans peine ni tribulation.La vie est trop aimante des grandes vertus de l’âme et des qualités du coeur pour ne pas leur demander leur plénitude sans épargner les souffrances et les difficultés.Les conclusions M.F.Stone, reporteur à Washington du quotidien P M.révèle en substance les principales conclusions de l'enquête conduite par la Commission fédérale américaine du Commerce.Bien qu'elle fut le résultat de trois ans et demi d'investigation, cette enquête n'a pas été publiée pour des raisons que tous devineront, à la simple lecture des conclusions que voici : 1.Le rapport, écrit monsieur Stone, révèle jusqu'à quel point l'industrie des vivres est contrôlée par quelques grandes compagnies.2.Il indique que la distribution absorbe une trop grande partie du dollar du consommateur et que le cultivateur en retient trop peu.3.Il démontre que les coopératives de production ont aidé le cultivateur à accroître ses revenus, et que les coopératives de distribution, gros et détail, ont réduit le coût des marchandises et augmenté d'autant le pouvoir d'achat du consommateur.4.Il suggère qu'un moyen de combattre l'inflation, c'est de faire disparaître les charges excessives des intermédiaires et que, par conséquent, cultivateurs, consommateurs, petits distributeurs indépendants forment plus de coopératives et travaillent ensemble à réduire le coût de la vie.Monsieur Stone donne sur la concentration économique des chiffres tirés du rapport: 4 compagnies contrôlent 67 p.c.de la viande mise sur le marché; 2 compagnies 28.8 p.c.des produits laitiers; 3 compagnies 30 p.c.de la farine; 4 compagnies 65 p.c.du pain distribué par le commerce de gros; 5 compagnies 77 p.c.du sucre de betterave; 7 compagnies 71.5 p.c.de la canne à sucre; 1 compagnie 46 p.c.de la production des céréales soumises à des procédés industriels; Un romancier de France écrivait, un jour, cette parole prometteuse de bonheur: “Les misères de la vie sont comme ces amandes amères que l’on sème sur sa route; quand on passe par ce même sentier vingt ans plus tard, on y trouve des amandiers fleuris.” Messieurs les directeurs des Caisses et les prudents responsables de la Fédération, je sais qu’à certains détours du chemin parcouru, vous avez laissé en terre nouvelle comme dans les sillons vieillis de ces amandes amères.Mon regretté père en avait semé de plus fielleuses et de plus amères encore.Aujourd’hui, les générations canadiennes suivent le sentier qu’il a tracé et que vous avez ombragé de vos amandiers fleuris! Nous respectons pieusement son souvenir et nous vous rendons les hommages que vous avez fièrement mérités.d'une enquête 4 compagnies 77 p.c.de la vente des biscuits; 10 compagnies 45 p.c.des fruits et légumes mis en cannes.C'est l'industrie des céréales qui accuse la distribution la plus coûteuse, soit 35 p.c.de la valeur du - produit; par contre, l'industrie de la canne à sucre distribue ses produits au plus bas coût, soit 5 p.c.de la valeur.Fait qui en dit long sur la mauvaise distribution des biens: ce que réalisent les magasins à chaines engagés dans le commerce des fruits et légumes est souvent plus considérable que ce que le cultivateur touche sur de tels produits.Le producteur d'oranges en Floride obtient 29.65 cents, alors que les magasins à chaines récoltent 32.47 cents.Le cultivateur touche 12 p.c.de la valeur des choux qu'il vend et les magasins à chaînes 40 p.c.Le contraire est aussi vrai dans nombre de cas, tel par exemple, celui de la patate où le producteur reçoit 54 p.c.du prix de vente du produit, et le magasin à chaines 18 p.c.Mais ces cas qui ne constituent pas la règle générale n'existent que là où les coopératives de production, de distribution et de mise sur le marché s'emparent du produit et en écartent les intermédiaires, à l'avantage du producteur qui touche ce qu'hier de tels parasites absorbaient, et au bénéfice du consommateur qui obtient de meilleurs prix d'achat par suite d'une distribution moins dispendieuse.Terminons cette note en mentionnant que la coopérative est un excellent remède contre l'inflation des prix, car elle est un agent de régularisation de l'économie et un moyen économique d'une distribution saine des biens et services.P.-E.CHARRON • 170 REVUE DESJARDINS LETTRE OUVERTE A messieurs les gérants et officiers des Caisses populaires Desjardins du Québec Bons et chers amis, Pour sûr qu’ils se trompent, ceux qui croient que la fin de la guerre nous amène, nécessairement, la fin de la crise du logement.Vous n’êtes pas de ceux-là, vous, chers amis; et vous avez raison.Depuis plus de cinq ans, le gouvernement fédéral a refusé les permis de construction; il vient d’abolir cette mesure.Alors, bientôt ce sera la course aux construction nouvelles, aux réparations forcées; ce sera aussi l’affluence des demandes d’emprunt à vos Caisses, si tant est qu’elle n’existe pas déjà.C’est le temps, chers amis, d’user de votre bon jugement, d’être sages, prudents, voire, un peu craintifs, pour placer sûrement les économies de vos sociétaires.Vous n’êtes pas de ceux, nous l’espérons du moins, qui gobent sottement les discours grandiloquents de certains hommes publics, prometteurs de mer et monde et de lune pour l’après-guerre.Vous avez vécu.Quoiqu’on dise et pense, dans le domaine économique, voici ce qui arrivera: D’ici quelques années, il y aura: Baisse de salaires; Dévaluation de la propriété; Chômage local, qui pourra fort bien se généraliser.De là, chers amis, la nécessité d’avoir l’oeil ouvert, et le bon, toutes les fois que vous consentirez des prêts pour achat de ferme, de maison, ou pour construction d’habitation.Les demandes d’emprunt vous viendront de trois milieux: De nos sociétaires de toujours.Des coopératives d’habitation.De gens qui s’imaginent être le centre du monde; qui prennent les Caisses Desjardins pour des Sociétés St-Vincent de Paul; qui se fient sur les autres pour tout faire; et pour manger et pour se loger.Avec vos sociétaires réguliers, qui savent le chemin de vos Caisses, qui en comprennent l’esprit, qui ont pratiqué et qui pratiquent la petite épargne, les cas seront vite et facilement réglés.’Vous n’aurez qu’à traiter ces demandes d’emprunt, comme vous l’avez toujours fait dans le passé.Cependant, mettez-y une sourdine: la dévaluation possible, certaine de la propriété: Vous protégerez ainsi et vos Caisses et.vos sociétaires.Ce n’est là un secret pour personne, en cette province, des milliers et des milliers de propriétaires le sont, grâce aux prêts consentis par les Caisses populaires Desjardins.Continuez cette oeuvre éminemment sociale, mais, souvenez-vous de.la petite sourdine.Est-ce que toutes nos Caisses l’ont bien ajustée, cette sourdine?.Est-ce que certaines n’ont pas commis des imprudences sérieuses, graves, de ce côté-là?.Qu’elle y voient, et tout de suite.Demain, il sera trop tard.Des demandes d’emprunt vont vous venir des coopératives d’habitation, si ce n’est déjà fait.Cette forme de coopératives est excellente.Il convient de l’aider, mais, pas aveuglement.Vous devez d’abord étudier la valeur morale des promoteurs de ces coopératives: car, des faiseurs peuvent s’infiltrer dans le mouvement coopératif comme partout ailleurs.Rappelez-vous l’historique du mouvement coopératif de 1909 à 1930.En outre, il ne suffit pas d’avoir la tête remplie de bonnes intentions pour réussir des coopératives d’habitation; il faut des plans financiers solides, réalisables, basés sur du vrai.Il nous plait souverainement de résumer ici, très en bref, une poignée de conseils que donnait aux coopératives de production, notre gérant général M.le sénateur C.Vaillan-court.“Hors de la coopération, pas de salut pour” “notre société, écrivait-il: “Nos Caisses Desjardins sont faites pour” “aider les autres coopératives, soit,(.) Elles” “le font; mais, elles doivent le faire avec” “pondération et sagesse(.) Certaines orga-” “nisations s’imaginent avoir tout fait quand” “elles ont fait souscrire du capital.Leur be-” “sogne s’arrête là.Les Caisses Desjardins” “devraient fournir l’argent, sans que les” “membres de coopératives de production, de” “transformation ou de distribution aient dé-” “boursé un seul sou(.)” “Quand il se fonde une coopérative, il est” “urgent que les membres aient payé le ca-” “pital souscrit, en entier ou en partie au” “moins(.) —'Voir pour détails Revue Des-” “jardins, décembre 1942.” Chers amis, avant de vous aventurer dans des prêts aux coopératives d’habitation — que nous admirons -— étudiez sérieusement le numéro de votre Revue, que nous venons de citer.Reste à dire ce que nous pensons des demandes d’emprunt de sociétaires éventuels, VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 171 • centre d'univers, bagoulards, découvreurs de Caisses Desjardins, le jour où.ils ont besoin d’elles, pour leur bâtir ou leur acheter une maison.Dans ces cas, avant de dire oui, tournez-vous la langue cinq, dix, vingt et .cent fois.Ça, ce sera de la prudence et de la vraie.Comme c’est prudent pour moi de me souscrire, après avoir écrit ces lignes, Votre vieil ami dévoué, Louis ARNEAU.UN TEMOIGNAGE Les délégués français et belges à la Conférence des vivres qui s'est tenue récemment à Québec, se sont rendus, à l'invitation du sénateur Cyrille Vaillancourt, visiter les bureaux de la Fédération des Caisses populaires du Québec et ceux de la Caisse centrale Desjardins de Lévis.Le gérant de l'une et l'autre institution, l'Honorable Cyrille Vaillancourt, entouré d'une partie de son personnel, a fait une chaleureuse réception aux visiteurs.Il leur a fait l'historique du mouvement coopératif d'épargne et de crédit dans la Province, exposé la structure, expliqué le fonctionnement des Caisses populaires Desjardins.Les délégués ont été vivement intéressés si on en juge par les commentaires qu'ils ont faits et les explications qu'ils ont demandées sur un point ou sur un autre du mouvement.Il nous fait plaisir de rapporter ici le témoignage de monsieur Négrier, aviseur de la mission française, qui s'occupe depuis de nombreuses années de la coopération en France, en particulier des coopératives agricoles et des caisses de crédit rural.Monsieur Négrier qui a visité le mouvement coopératif des Etats-Unis et des provinces anglaises du Canada, fit remarquer que la structure, le fonctionnement et le succès des Caisses populaires dans la province de Qué-bes étaient quelque chose de magnifique, de vraiment prodigieux."J'ai visité, dit-il, des organismes du même genre un peu partout en Amérique, et je dois vous dire que partout on vous a copié; les coopérateurs des Etats-Unis, et surtout ceux des provinces anglaises du Canada, ont les yeux tournés vers vous; tout ce qui révèle vos réalisations se trouve sur leurs bureaux de travail.On ne pouvait pas d'ailleurs faire autrement".Ceux qui étaient là savent bien qu'un tel témoignage exprimait l'admiration des visiteurs étrangers.P.-E.C.LE CALENDRIER CO-OP Le Conseil Supérieur de la Coopération publie, cette année encore, un magnifique calendrier qui a trait à la coopération chez nous et à l'étranger.C'est un excellent médium de diffusion de l'idée coopérative dans nos familles, un des instruments les plus puissants de propagande coopérative que le Conseil Supérieur de la Coopération ait utilisés à date.Le calendrier co-op 1946 est très attrayant et des plus dynamiques.Chaque page contient un dessin avec texte qui explique de façon vivante une réalisation coopérative caractéristique à un pays donné: les pays où l'économie coopérative est la plus développée y passent à tour de rôle.Fait intéressant à noter, qui devra les inciter à se le procurer au plus tôt, les Caisses populaires Desjardins y figurent comme la réalisation coopérative la plus caractéristique du Québec.Les prix sont les suivants: $ 0.25 l'unité 20.00 le 100 36.00 le 200 51.00 le 300 64.00 le 400 75.00 le 500 140.00 le 1000 Logez vos commandes tout de suite au Conseil Supérieur de la Coopération, case postale 186, Québec, si vous voulez être sûrs d'être servis, car, l'an dernier, les retardataires ont dû s'en passer.ELOGE DE FEU M.ALPHONSE DESJARDINS Une séance du Conseil municipal de la Cité de Lévis a été tenue, hier soir, à l'Hôtel de Ville, sous la présidence de Son Honneur le Maire Laflamme.Les échevins présents étaient: MM.Roy, Mercier et Demers.Le Maire Laflamme a fait l'éloge de feu M.Alphonse Desjardins qui fut le fondateur des Caisses populaires, cette oeuvre qui restera, dit-il, pour commémorer cette grande oeuvre de la conservation des épargnes.Le Conseil adopte une motion de condoléance qui sera adressée à la famille.La Cité fera déposer sur la tombe du défunt une couronne de fleurs naturelles.Le Conseil assistera aux funérailles.Le service funèbre du défunt sera chanté par le Cardinal Bégin.Sa Grandeur Mgr Roy y assistera ainsi que le Chapitre.Le Conseil a décidé d'inviter le Lieutenant-Gouverneur et le Premier Ministre à assister aux funérailles.(Le Quotidien, mercredi 3 novembre 1920).• 172 REVUE DESJARDINS Première assemblée générale annue Ile de l'U nion régionale de Joliette L'actif des 36 Caisses populaires affiliées à l'Union s'élève maintenant à $4,260,070.54 — L'actif de la Caisse Régionale de Joliette est au 31 août dernier de $598,663.08.— 150 convives à l'Hôtel Château Windsor.— Discours de M.Laurent Létourneau, président de la Fédération des Caisses populaires, de M.Georges-Etienne Turcotte, gérant de la Coopérative de Tabac de St-Jacques, agissant comme président de l'assemblée.Dimanche le 14 octobre 1945, TUnion régionale de Joliette des Caisses populaires Desjardins tenait, à la salle Baby, sa première assemblée générale annuelle.L'on sait que le 11 novembre 1944, les Caisses populaires du district de Joliette, qui jusqu'à cette date avaient appartenu à l'Union régionale de Montréal ou de Trois-Rivières, fondèrent une Union régionale distincte, société coopérative qui, le jour même de sa fondation, s'était affiliée à la Fédération de Québec des Unions régionales de Caisses populaires Desjardins.La journée débuta par une messe à la chapelle Bon-secours de l'hôpital St-Eusèbe, dite par M.l'abbé C.-O.Rouleau, propagandiste.M.le chanoine L.-P.Lamarche, curé de St-Barthélémy, fit le sermon de circonstance.Tout en prodiguant paternellement ses conseils, le prédicateur trouva l'expression juste pour mettre en évidence la haute stature morale du fondateur, le cbmmandeur Desjardins, modèle de chrétien, de patriote et d'honnête homme en affaires.De 10 heures à midi, environ 300 congressistes, divisés en deux groupes, l'un sous la direction de l'inspecteur en chef R.-H.Tremblay, l'autre, les gérants, sous’ la direction de M.l'inspecteur Napoléon McKay, ont étudié diverses questions relatives à la bonne administration des Caisses populaires, et de nature à favoriser le développement normal et progressif de la Caisse régionale.On saura désormais qu'il appartient à la commission de crédit et non pas au conseil d'administration de consentir aux sociétaires des prêts hypothécaires.On comprendra mieux aussi la nature et l'importance de certaines clauses et de certains documents essentiels dans les cas de prêts hypothécaires, tels que le certificat de paiement de taxes, certificat de recherches, la clause de garantie hypothécaire, la clause de dation en paiement.Les prêts aux sociétés coopératives, toujours accueillis avec une particulière attention par nos Caisses populaires, se feront dans un ordre parfait lorsque les sociétaires des coopératives agricoles consentiront à prendre toutes les responsabilités de leurs emprunts.Un sociétaire avait posé, entre autres questions, la suivante: Quelle proportion de son actif notre Caisse peut-elle immobiliser sur prêts hypothécaires, tout en conservant une parfaite liquidité de son actif?La réponse suivante lui fut donnée: Toute Caisse populaire devrait garder 40% de son actif parfaitement liquidable.Exemple: Une Caisse populaire de $200,000.00 d'actif devrait avoir $80,000.00 en caisse et en obligations.Le reste de son actif, soit $120,000.00, pourrait être prêté sur hypothèque et sur reconnaissance de dette.Ce partage de l'actif serait à peu près parfait à condition que les obligations de cette Caisse populaire puissent être considérées comme facilement liquidables; à condition aussi que les prêts aux sociétaires soient payables par remises périodiques, mensuelles, trimestrielles ou semestrielles.A 2 hres, après avoir pris le dîner à l'hôtel Château Windsor, les congressistes retournèrent à la salle Baby où ils eurent l'avantage d'entendre M.Albert Côté, ingénieur civil et surintendant des agences de cette nouvelle Société mutuelle d'assurance fondée récemment en vertu d'une loi provinciale.Le conférencier démontre d'abord l'importance de l'assurance-vie et de'Tassurance-feu dans l'organisation économique d'un pays comme le nôtre.Depuis longtemps, la Fédération des Caisses populaires cherchait à mettre sur pied une société d'assurance qui compléterait l'oeuvre de rédemption sociale et économique des Caisses populaires.La Société d'Assurance des Caisses populaires s'adresse à tous les sociétaires des Caisses populaires qui veulent se protéger efficacement contre le feu.Et cela sans aucun préjudice pour les Mutuelles de paroisse et pour la Mutuelle-Vie de l'U.C.C.Ces deux sociétés-soeurs devraient avoir la préférence des cultivateurs.Puis, si ceux-ci veulent faire partager les risques d'incendie par une autre société d'assurance, ils sauront évidemment s'adresser à la Société d'Assurance des Caisses populaires dont leur propre Caisse populaire a contribué à fournir le capital social.En effet, nous dit le conférencier, le capital social de la Société d'Assurance des Caisses populaires, au montant de $300,000.00, a été complètement souscrit par les Caisses populaires de notre province; c'est probablement le plus beau geste de solidarité nationale posé par nos Caisses populaires, et celui qui nous donne les plus belles espérances.Le champ d'action, dans la seule région est très vaste, dit le confé-, render, puisque le nombre des sociétaires des Caisses populaires est déjà de plus de 12,000.Les gérants et les officiers des Caisses populaires de Joliette aimeront, sans doute, à mettre au profit de leur mutuelle-incendie la puissance grandissante des sociétaires de leurs Caisses populaires.L'assemblée générale Ajournée dès le début de cette journée pour permettre aux congressistes d'étudier à la lumière des experts, l'assemblée générale fut reprise à 3 heures.’M.Arthur Beauséjour, gérant, donna les rapports suivants sur l'Union régionale et sur son organe financier, la Caisse régionale: SITUATION GLOBALE DES 36 CAISSES DE L'UNION au 31 août 1945 ACTIF: Placements sur obligations et prêts aux sociétaires.*.$3,500,455.21 Immeubles.9,450.00 Inventaire mobilier .7,972.45 En caisse.742,192.88 Total .$4,260,070.54 PASSIF: Capital social.$ 211,576.01 Epargne .3,992,991.90 $4,204,567.91 Bénéfices nets en cours .18,272.78 Avoir-propre .37,229.85 Total .$4,260,070.54 VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 T73 • SITUATION DE LA CAISSE REGIONALE DE JOLIETTE au 31 août 1945 ACTIF: Placements sur obligations et prêts aux sociétaires .$ 368,857.07 Actions aux Caisses centrales .275.00 Inventaire .43.10 En caisse .224,105.15 $ 593,280.32 Dépenses .3,699.28 Intérêt sur épargne .1,683.48 Total .$ 598,663.08 Après avoir fait connaître ces chiffres, M.le gérant annonça le partage des bénéfices, soit un intérêt de 2 % sur les dépôts d'épargne et un boni de 3% sur le capital social.Il donne une idée du travail qui se fait dans un bureau de Caisse régionale comme la nôtre où tous les chèques mis en circulation par nos caisses locales viennent se rencontrer pour prendre ensuite la direction de la caisse populaire sur laquelle ils avaient été émis, et cela, après avoir été payés à ceux qui les avaient présentés.Après avoir mis les délégués au courant des autres services mis à la disposition des caisses affiliées, en particulier du service de garde des valeurs, le gérant termina son rapport en ces termes: "On me permettra de remercier en terminant, et bien sincèrement, tout le personnel de l'Union régionale.Je puis déclarer que tous les bons services rendus si Spontanément par les membres des trois conseils: Commissaires de crédit, Conseillers de surveillance et Administrateurs, sont un précieux appui pour le gérant qui ressent parfois bien lourdement la responsabilité de sa charge.Je dois une mention toute spéciale à notre distingué président, Me Guy Guibault, pour le temps et les démarches qu'il a prodigués dans l'intérêt de notre Union régionale, malgré ses nombreuses occupations.Souhaitons qu'il revienne bientôt à la santé et que nous puissions encore longtemps bénéficier de ses belles qualités.Discours de M.G.-E.Turcotte M.G.-E.Turcotte, agronome, gérant de la Coopérative * agricole de Tabac de St-Jacques, rappelle d'abord que l'Union régionale de Joliette, fondée le 11 novembre 1944, avait d'abord pour but de décentraliser, non seulement la PASSIF: Capital social.$ 41,800.00 Epargne .550,046.81 Total .$ 591,846.81 Taxe d'entrée.476.00 Bénéfices .6,340.27 Total .$ 598,663.08 finance, mais aussi les responsabilités.La coopération est essentiellement décentralisatrice.Plus le milieu dans lequel évolue une société coopérative est homogène, plus les chances de succès de cette société sont grandes.Dans un milieu homogène, la géographie humaine et la géographie économique sont mieux comprises et il devient plus facile à la société coopérative de répondre aux besoins du milieu, de rendre service.Et rendre service, c'est bien le but principal de toute société coopérative, car, elle est d'abord et avant tout, non pas une société de capitaux, mais une société d'hommes qui ont une fois pour toutes résolu de se mettre au service les uns des autres.Voilà pourquoi il importe que les membres d'une société coopérative soient imprégnés des vertus de justice et de charité.Et plus ces vertus inspireront tous les actes des coopérateurs, plus la coopérative ira de l'avant, car alors, l'intérêt de l'individu s'effacera pour faire place à la poursuite du bien commun.Et ce sera le règne‘de la justice sociale.M.Turcotte établit ensuite des comparaisons entre les Caisses populaires de la région de Joliette et celles du reste de la province.Il ressort de ces comparaisons que si nos Caisses populaires figurent bien dans l'ensemble, il faudra d'ici un certain nombre d'années tenir compte de leur verte jeunesse, travailler d'arrache pied à leur constituer des réserves abondantes, leur garder toujours une parfaite liquidité en prévision des mauvais jours toujours possibles.M.le président de l'assemblée fit un appel à l'étude de la loi des syndicats coopératifs et des Statuts des Caisses populaires, enfin, à la pratique raisonnée des principes de la coopération.Il invita les quelques Caisses populaires de notre région qui ne font pas encore partie de notre Union, à s'y affilier sans tarder.(L’Action populaire) Qu est-ce qu'une société d'assurance-incendie?Dans nos articles précédents, nous avons essayé de faire ressortir l'importance de cette activité économique qui s'appelle "ASSURANCE" en rappelant qu'elle est un des plus puissants facteurs financiers dans l'économie moderne et un service économique presque indispensable dans la marche du monde civilisé.Nous vous avons rappelé que son origine remonte à plusieurs siècles et que ses méthodes n'ont évolué à vrai dire que depuis environ cent ans, selon la nécessité des temps et à l'allure que le génie inventif des peuples veut lui donner par des changements destinés — à tort ou à raison -— à satisfaire ses goûts et ses manières de vivre.Le premier principe mis à la base de l'as-surance-incendie est l'INDEMNITE à l'assuré pour sa perte matérielle ou les dommages qu'il a subis, ce qui élimine tout bénéfice possible lors d'une réclamation.L'assurance-incendie se protège donc contre la malhonnêteté que l'appât du gain pourrait faire naître chez ceux dont la conscience est faible devant les possibilités de réaliser d'importantes sommes d'argent, sans avoir à travailler ni peiner.Aujourd'hui nous désirons vous montrer comment et pourquoi l'assurance-incendie fonctionne avec ses méthodes actuelles.L'assurance-incendie est en quelque sorte un centre de réception et de distribution.C'est-à-dire qu'elle collecte les primes du grand nombre, les assurés, pour les distribuer au petit nombre, les sinistrés.L'organisation d'une entreprise d'une telle envergure exige nécessairement un personnel nombreux et les agents qui le constituent,pro- • 174 REVUE desjardins bablement dans une proportion de 90%, ont pour mission la protection du peuple au moment des calamités.Il est donc logique qu'une partie du revenu-prime total d'une Société d'assurance, si les opérations sont faites au moyen du système d'agents, soit retenue pour payer le travail fait par un tel personnel, et que ce revenu-prime doive excéder celui des déboursés et des sinistres payés.C'est ici que la mutualité y trouve une place pour l'économie.Les fonds engagés par les actionnaires d'une compagnie dite ''à stock” ne le sont qu'en vertu de l'espérance qu'ont ceux-ci de recevoir sur les opérations de la compagnie des profits supérieurs à ceux que réalise ordinairement le prêteur à gage.Ordinairement, ils se contentent d'une très petite marge de profit, laquelle forme habituellement un montant total supérieur à celui des profits réalisés par le commerce en général, pour une mise de fonds égale.Ceci, à cause du volume énorme des opérations ordinaires d'une compagnie.La mutualité a pour pricipe ou base que tous les assurés supporteront, par une cotisation quelconque, les déficits, s'il y en a, et recevront, sous forme de ristourne, les bénéfices réalisés par des opérations fructueuses.C'est un service économique assuré au prix coûtant.Toutefois, afin d'éliminer autant que possible les ennuis d'une cotisation lors d'opérations sans bénéfices ou d'opérations à perte, un fonds de réserve est quelques fois créé à même les bénéfices d'opérations fructueuses sur une période d'années, et s'il y a déficits d'opérations, ils sont comblés à même cette réserve, tout comme le fait le capital-action des compagnies.En d'autres termes, c'est prendre la même méthode d'opération, c'est-à-dire ce qu'il y a de bon dans le système capitaliste, et l'appliquer à la mutualité, avec cette différence que les bénéfices, s'il y en a, iront aux mutualistes ,c'est-à-dire à tous les assurés, au lieu d'aller aux actionnaires d'une compagnie à stock.Les capitalistes, par leur méthode d'opération, ont réussi à réaliser des sommes fabuleuses, sous forme de fonds de réserve, tout en retirant des dividendes substantiels qui les font vivre grassement et comme preuve, voyez les chiffres formidables de ces fonds de réserve dans les rapports des surintendants d'assurance des gouvernements provinciaux et fédéral.N'est-il pas logique qu'en obtenant les mêmes taux et les mêmes primes et en prenant les mêmes précautions contre les dangers de conflagration, que la loi de la moyenne soit aussi favorable aux mutualistes qu'aux capitalistes?La politique des directeurs de votre Société d'Assurance des Caisses populaires a un but ultime altruiste et les bénéfices ou excédents sur les opérations qui seront réalisés serviront aux NOTRES et chez nous.Ce sera donner un autre coup d'épaule à la roue de notre économie.Les Caisses populaires y ont donné, depuis plusieurs décennies, un élan positif et ce, grâce à la perspicacité du fondateur des Caisses, le commandeur Desjardins.Il n'est donc pas surprenant d'entendre dire que le commandeur Desjardins savait la valeur de l'assurance, et qu'il avait pensé fonder une mutuelle d'assurance avant de fonder sa première Caisse populaire, afin d'arriver à son but, si chrétien et si social, d'aider les siens à reconquérir leur indépendance économique.Si donc les directeurs de la Société d'Assu-rance des Caisses populaires ont adopté les méthodes d'opérations des compagnies à stock, sauf pour la distribution des bénéfices, il s'ensuit que ses taux de primes, ses règlements de sinistres, ses taux de commissions, et autres moyens de protéger les assurés de la Société d'Assurance seront les mêmes.Mais pour cela, il fallait, au lieu d'un fonds de capital-action, un fonds de réserve suffisant et c'est ce qui a été souscrit et payé par les Caisses populaires.La Société d'Assurance des Caisses populaires est unique en son genre à ce titre-là.On peut, à cet égard, espérer que les résultats des opérations de la Société d'Assurance des Caisses populaires seront meilleurs que ceux des autres compagnies à cause de la sélection judicieuse des emprunteurs, du point de vue moral et financier, effectuée par les commissions de crédit de chacune des Caisses populaires.Ici, permettez-moi de dire qu'en assurance-incendie, les taux sont censés être établis et mesurés selon les dangers physiques de chaque risque.Mais il y a le risque moral, ce quelque chose d'indéfinissable, que nous pouvons presque toucher du doigt sans jamais y réussir.Il varie selon la marche des temps et du commerce, et il apparaît ordinairement dans la moyenne des pertes aux primes des -compagnies d'assurance en général.Nous le répétons, chez nos assurés, la loi de la moyenne devrait nous être plus favorable à cause d'un premier choix fait par les Caisses populaires et aussi, parce que, selon la devise du vrai coopérateur, nous travaillons tous pour un et chacun pour tous, et que l'économie coopérative ou mutualiste qui ramène les opérations au prix coûtant s'avère plus avantageuse aux consommateurs, car elle est plus économique et rend à chacun selon son effort, ses mérites.J.O.ROBY, Gérant général de la Société d'Assurance des C.P.VOLUME IL LEVIS, NOVEMBRE 1945 175 • La coopération chez les Indiens de Grouard Cet article est reproduit du “The Bugle”, publication officielle de la Credit Union League de l’Alberta, numéro d’octobre 1945.La traduction est de Laurent Hébert, inspecteur des Caisses de l’Alberta.L’auteur est Chas Could.De la région nord-ouest de la province de l'Alberta, de Grouard situé à 275 milles au nord-ouest d'Edmonton pour être précis, vient une histoire d'entr'aide mutuelle qui rivalise avec les incidents semblables les mieux connus.On ne se résoudrait pas à croire que Grouard puisse servir de cadres à une telle épopée.C'est un village quasi fantôme.Lorsqu'on traverse le pont ou la chaussée sur la partie occidentale et marécageuse du Petit Lac des Esclaves, on ne voit pratiquement que maisons et magasins abandonnés; yne vraie scène de désolation, jusqu'à ce qu'on monte la colline pour apercevoir les édifices et l'église de la mission.Cette mission a joué un rôle remarquable dans l'histoire de cette partie du pays; nous avons même vu sur le terrain une joyeuse bande d'enfants esquimaux.Il était une époque où Grouard était un centre plus important que la ville de la Rivière la Paix est aujourd'hui, et on espérait qui Grouard deviendrait un centre ferroviaire, mais la voie ferrée fut bâtie sur la rive sud du Lac, alors les fortunes de Grouard se réduisirent à presque rien.Il y a quelques années le siège épiscopal du Vicariat apostolique de Grouard était transporté de Grouard à McLennan.Donc dans ce décor d'abandon opère une petite manufacture de pantoufles de toutes sortes.La Coopérative des Indiens de Grouard fait d'excellentes affaires; la Caisse populaire est bien établie et fait connaître quotidiennement son utilité.L'inspirateur de ces entreprises salutaires et le R.P.G.Forcade, o.m.i.Le Révérend Père est un homme sans prétention et à le rencontrer pour la première fois on serait porter à croire qu'il ne serait pas homme à guider les autres à s'entr'aider, car nous associons généralement cette vertu au type bruyant; mais il a vu ses gens réaliser beaucoup et continue à tirer des plans pour que leurs efforts se multiplient encore.Le Révérend Père a établi la règle essentielle que ces gens qu'on croirait totalement incapables de s'engager dans la manufacture, le commerce ou dans une entreprise financière telle que la Caisse populaire, doivent faire le travail eux-mêmes; il a insisté sur le fait que ce doit être Un cas d'entr'aide mutuelle.La réponse a été merveilleuse.Le Révérend Père s'occupe lui-même de la tenue des livres, mais il espère qu'un jour ce travail sera fait par ses gens.L'érection d'un local, l'installation de la machinerie, l'opération d'un bureau de poste, les achats et les ventes en coopération, l'administration de la caisse populaire s'est fait et se fait par ces gens avec succès et profit pour eux-mêmes.On peut sûrement prédire qu'ils remporteiont d'autres succès.Nous avons visité l'édifice qui renferme toutes ces activités.Il est situé sur une élévation près de la mission.Fait de billes de bois rond, il est d'environ 30 x 50 pieds.Son apparence n'est pas prétentieuse, mais il est propre et donne une idée de solidité et de permanence.Au-dessus de l'entrée, au centre, on lit "Grouard Indian Co-operative Ltd." En entrant, à gauche, on voit la partie réservée au bureau de poste; cette section a une apparence de propreté que plusieurs bureaux de poste de campagne n'offrent pas.A la droite du bureau de poste, on contemple les rayons du magasin coopératif remplis de marchandises étalées de manière attrayante; on ne croirait pas que ce magasin fit ses débuts le 1er février, 1943, avec une quinzaine de piastres en marchandises.Le 17 mars, 1944, la manufacture fut lancée.C'est à la droite du comptoir du magasin que se trouve l'entrée de la fabrique où l'on fait des pantoufles de toute sortes, de délicates petites pantoufles blanches pour bébé, de charmantes pantoufles pour maman et de très confortables pour papa.Elles sont faites de cuir chromé délicatement nuancé et de cuir de peaux d'orignal tanné par la fumée.Il y en a pour tous les goûts.Le produit fini est pelé de dessins floraux qui les rendent vraiment attrayantes.La parure est de fourrure, généralement de peaux d'agneau.Ces gens sont fiers du fait que seulement le meilleur matériel et un travail de perfection entrent dans leurs produits.Des milliers de paires qui ont été vendues, aucune n'a été retournée.Si vous rencontriez la dame qui en fait l'inspection finale, vous réaliseriez que seule la perfection est acceptable.Les machines à coudre électriques sont au réz-de-chaussée.A l'étage supérieur se fait le travail de garniture, d'empaquetage et on trouve le matériel proprement rangé dans des armoires alignées aux murs.On nous montre avec fierté le matériel qu'on emploie.Les peaux d'agneau tondues de première qualité et délicatement nuancées, le fil, les perles, le matériel de garniture et autres accessoires.L'ornementation de perles se fait dans les foyers.C'est un travail d'artistes.Les résultats finaux sont tels qu'on ne croirait pas que des mains humaines ont touché ces produits.Le Père Forcade a dû voyager à l'extérieur pour obtenir le matériel et les accessoires.A cause de la guerre, les obstacles furent nombreux, mais, jamais découragé, il travailla par amour de ceux qu'il savait servir.Difficultés dans l'obtention du cuir, des perles, des boîtes • 176 REVUE DESJARDINS d'empaquetage, ces dernières viennent de Winnipeg, trouver un marché pour les produits finis.Dans l'Est on lui a dit qu'il serait obligé d'envoyer de ses gens apprendre le métier.Ils ne connaissaient ni le Révérend Père ni ses gens.Nous avons vu la dame qui découpe le cuir, travail que les gens de l'est disaient ne pouvoir se faire sans entraînement, mais cette dame est très habile et ne gaspille rien.La jeune fille qui assemble la doublure aux pantoufles descend de la tribu des Castors; il est intéressant de la voir à l'oeuvre; elle exécute son travail très habilement.En fait, ses dames sont toutes très habiles.Elles ne peuvent fournir à remplir les commandes bien qu'elles fabriquent 700 paires de pantoufles par mois.Presque tous ces produits s'en vont en Ontario.Il va sans dire que des erreurs furent commises, mais le prix en fut la correction et elles ne furent pas répétées.La leçon de ''l'union pour la vie et le chacun pour tous" a été bien apprise.Une atmosphère d'indépendance et de fierté règne parmi ces gens.En vue de parer à la difficulté d'obtenir de la fourrure, on vient d'introduire l'élevage des lièvres belges blancs.Nous avons vu une de ces peaux tannées et nous avons maintenant un plus grand respect pour la fourrure du lièvre.Le cuir de cette fourrure est substantiel, et non d'une épaisseur de papier généralement associée à la peau de lièvre.La fourrure est soyeuse et d'une blancheur de neige.Les carcasses servent au ravitaillement.Les peaux rapporteront deux dollars chacune et seront tannées localement.La gérante du magasin, Madame Delphine Knibb, en est aussi la vice-présidente.Elle exécute son travail avec tact.Elle est aussi présidente de la Caisse populaire.Ses épaules ne sont pas larges, mais elle accepte ses responsabilités de bon coeur.Mme Anna Belle-rose est secrétaire de la Caisse populaire et maîtresse de poste; les autorités postales à Ottawa sont satisfaites de son travail.Service de i Q.— Qui peut devenir sociétaire de la Caisse populaire?R.— a) Les personnes qui résident ou qui ont place d'affaires dans le territoire d'opérations de la Caisse; b) Les corporations, telles les commissions scolaires, les municipalités, les fabriques ou corporations de syndics, les cercles agricoles, les sociétés d'agriculture, les sociétés coopératives de pêcheurs, les sociétés et corporations civiles et commerciales en général.C'est bien ce qui est stipulé à l'article 7 de L'actif de leurs entreprises se chiffre aux environs de $13,000.00.Les membres ont en plus près de $1,800.00 en dépôts à leur magasin.Qu'on se rappelle qu'ils opèrent seulement depuis février 1943 et on concluera que "l'herbe ne leur pousse pas sous les pieds".Le cas de la Caisse populaire est plus facilement raconté, mais c'est encore un cas d'efforts déterminés.En opération depuis mars de cette année, nous avons trouvé, lors de l'inspection des livres à la fin de juillet, que l'actif était de $ 1,157.33; elle servait alors 50 membres dont 5 emprunteurs.Des enfants en sont membres, fiers de leur droit et chérissant leur carnet.Comme pour la coopérative, avant de la lancer, l'étude fut à l'ordre du jour.Soirée après soirée, les intéressés s'appliquèrent à l'étude non seulement des règles, mais aussi de la tenue des livres.Le Père Forcade est actuellement trésorier, mais son intention est d'entraîner ces gens à faire le travail de routine et un jour viendra où ils en prendront la responsabilité totale.Leur comité d'éducation est le plus nombreux des Caisses populaires de la province; il fait du bon travail et n'est pas un ornement seulement.Bien que nous ayons raconté, aussi brièvement que possible, les exploits de Grouard, nous craignons ne pas avoir présenté entièrement le facteur humain, mais c'est le plus important.C'est l'histoire de l'idéalisme d'un homme et de la confiance en lui de plusieurs.On nous a dit que des vies avaient été transformées, qu'une amélioration économique se réalisait à mesure que ces gens recevaient le fruit complet de leur labeur.Il n'est plus nécessaire qu'ils deviennent la proie de ceux qui les emprisonneraient dans les dettes jusqu'à ce qu'ils les tiennent corps et âme.Nous nous souviendrons de Grouard, surtout lorsque nous rencontrerons ceux qui excusent leur manque de réalisation pratique, parce qu'en aucun cas avons-nous trouvé un groupe plus handicapé au début que celui de Grouard.la loi des Syndicats coopératifs de Québec qui régit les Caisses populaires.Q.— Qui peut déposer à la Caisse populaire?R.— Seuls les sociétaires peuvent déposer à la Caisse populaire.Ajoutons que tous les sociétaires peuvent déposer à la Caisse populaire.D'aucuns contestent, par exemple, le droit de la commission scolaire de déposer à la Caisse populaire, alléguant quelle est tenue par la loi de déposer ses fonds à une banque.Mte Philippe Miller, avocat du Département VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 177 • de l'Instruction publique, dans ses notes en marge du Code scolaire inscrites dans la Revue municipale d'octobre 1945, donne le coup de grâce à ces scrupules.En effet, il écrit à la page 15 de la dite revue au sujet des dépôts des deniers de la commission scolaire: "Le troisième amendement (il s'agit d'amendements apportés à notre loi scolaire à la dernière session de la Législature) permet de déposer les deniers de la commission scolaire dans une Caisse populaire, même si une banque à charte fédérale est en activité dans la localité (337-463).C'est à vos commissaires qu'il appartient de décider où vous devez déposer les argents de la commission scolaire".C'est dire qu'il est clair et net que la commission scolaire a plein droit de déposer ses deniers à la Caisse populaire.C'est d'autant plus normal que la très grande majorité des commissions scolaires ont recours aux Caisses populaires, quand elles ont besoin de finance.O- — Qui peut emprunter de la Caisse populaire?R.— Tout sociétaire qui peut donner des garanties morales et matérielles.La Caisse populaire est prête à aider les citoyens honnêtes qui veulent s'aider et qui fournissent des preuves comme quoi ils pourront rembourser leur emprunt.Q.— De qui relève le consentement des prêts?R.-— On appelle prêt toute avance d'argent ou tout crédit fait à un sociétaire.C'est la commission de crédit qui étudie les demandes d'emprunt des sociétaires, les accepte ou les refuse.Q.— Qui fait les placements?R- -— C'est le conseil d'administration.Les placements se distinguent donc des prêts, car les placements désignent généralement les obligations qu'achètent les Caisses populaires.Q- -—- Est-ce que le conseil d'administration décide seul des placements à faire?R- — Non.Il doit avoir d'abord l'autorisation de la Fédération des Caisses populaires.C'est la loi des Syndicats coopératifs de Québec qui l'exige expressément.Donc, avant de faire un placement, quel qu'il soit, il doit se faire autoriser par la Fédération des Caisses populaires.Un calendrier pour fous Le Comité de la Survivance française en Amérique dont on ne saurait trop louer le magnifique travail, publie, cette année encore, • 178 un magnifique calendrier patriotique.Il est non moins bien présenté et intéressant que celui de l'an dernier.C'est un calendrier, grand format, de douze pages, qui représente, par des illustrations dues à la plume d'artistes canadiens français, des faits historiques racontant en bref les débuts de l'agriculture dans le Québec, au Canada et dans certains coins des Etats-Unis.Il marque les fêtes religieuses de chaque jour, souligne les principales fêtes nationales et quelques anniversaires historiques se rapportant au thème de cette année.Chaque foyer de langue française sur ce continent devrait se le procurer.Il l'emporte sur bien d'autres; le sujet qu'il traite devrait lui mériter la préférence sur les calendriers de publicité commerciale.Il se vend $0.50 l'unité.Nous vous le procurerons à $0.35 si vous avez soin de centraliser les achats.Nous souhaitons que chaque Caisse l'affiche dans son local et qu'elle intéresse ses sociétaires à se le procurer.Adressez donc vos commandes à la Fédération des Caisses populaires, 108 Côte du Passage, Lévis.L'on feiait bien de demander en même temps cette élégante brochure de 52 pages "Notre épopée rurale", du R.Fr.Antoine Bernard, C.S.V., qui commente chacune des gravures du calendrier.Le prix est de $0.10 l'unité.Vous la paierez $0.07 si vous groupez vos achats.C'est le même travail pour l'organisation d'expédier plusieurs calendriers qu'un seul.En vitesse disons que: Une caisse dont les divers conseils se sont réunis 48 fois, au cours d’une année, c’est une caisse bien administrée.C’est le cas de la Caisse de St-Guillaume.Aussi, voyez les résultats.Dès sa première année de vie, elle enregistre un chiffre d’affaires de plus de trois cent mille piastres, avec 169 sociétaires seulement, et son actif dépasse les cinquante mille piastres.Y a-t-il beaucoup de Caisses dont les officiers se sont réunis 48 fois cette année?Parlons franc.Des officiers qui ne veulent pas se déranger ou qui ne font pas de réunions, n’ont qu’une chose à faire; démissionner.Etre officier d’une Caisse, c’est une honneur sans doute, mais c’est beaucoup plus encore: c’est une charge, toute pleine de grandes et de graves responsabilités.Qu’on veuille bien s’en convaincre à jamais.A.L.REVUE DESJARDINS Consultations légales DU COMPTE D'EPARGNE POUR ALLOCATION FAMILIALE Q.— Le compte d'épargne destiné au dépôt des allocations familiales doit-il être ouvert au nom des parents?Peut-il être ouvert au nom des enfants?si oui, les enfants pourraient-ils effectuer des retraits sur un tel compte?R.— Nous avons déjà suggéré d'ouvrir ces comptes au nom des parents comme fiduciaires pour leurs enfants.Le premier résultat est de laisser le contrôle aux parents mêmes.Ceux-ci peuvent évidemment effectuer des retraits, car les allocations familiales doivent précisément servir aux dépenses pour l'entretien, les soins, la formation, l'instruction et l'avancement de l'enfant.Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire d'ouvrir un compte séparé pour chacun des enfants.C'est une affaire personnelle pour les parents de voir à ce que la somme reçue serve à chacun des enfants, mais la Caisse elle-même n'est pas responsable de l'emploi de la somme déposée.C'est le parent qui peut être appelé à rendre compte et non pas la Caisse.En ouvrant le compte ainsi en fiducie, seul le déposant pourra tirer les chèques mais non l'enfant lui-même.L'aviseur légal Rachat d'obligations EN TOTALITE:- "HOTEL-DIEU ST-VALLIER, Chicoutimi": — Cette institu-: tion rachète les deux émissions suivantes: 1— Le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $900,000., 3J'2% et 4%, datée du 1er mai 1942, échéant du 1er nov.1946 à 1957; 2— Le 1er avril 1946, à 100., le solde en cours de son émission de $600,000., 3% et 3^2%, datée du 1er oct.1943, échéant du 1er oct.1946 à 1957."CITE DE RIVIERE DU LOUP": — Cette corporation a ra-^ cheté, le 1er nov., à 100., le solde en cours de son émission de $859,200., série "B", 4%, échéant le 1er mai 1954."DOMINION DU CANADA": -— Ce gouvernement rachète le 15 nov., à 104., le solde en cours de son émission, 3%, datée du 15 nov.1938, échéant le 15 nov.1968, payable en fonds américains."VILLE DE MATANE": — Cette corporation rachètera le 1er déc., à 100., le solde en cours de son émission de $200,000., 4%, datée du 1er déc.1938, échéant du 1er déc.1946 à 1950."VILLE DE COATICOOK": — Cette corporation rachètera, le 1er déc., à 100., le solde en cours de son émission, 3^2%, règlement 309, série "A", échéant du 1er déc.1946 à 1958."VILLAGE DE MONT-JOLI": — Cette corporation rachètera, le 1er déc., à 100., le solde en cours de son émission " de $389,200., 4%, datée du 1er juin 1943, échéant du 1er juin 1953 à 1955; les 3J4% ne sont pas rache-tables.: "OEUVRE ET FABRIQUE DE LA PAR.ST-JEAN L'EVANGELISTE, Coaticook, Stanstead": — Cette fabrique rachètera, le 1er déc., à 101., le solde en cours de son émission, 4%, datée du 1er déc.1939."VILLAGE DE ST-ALEXIS DE GRANDE BAIE": — Cette corporation rachètera, le 1er déc., à 100., le solde en cours de son émission de $228,500., 3%, 3^4% et 4%, échéant le 1er déc.1960, règlement No 68."EXTERNAT CLASSIQUE ST-JEAN-EUDES, Québec": — Cette institution rachètera, le 1er janv.1946, à 100., le solde en cours de son émission de $150,000., 4%, datée du 1er juil.1938, échéant du 1er juil.1946 à 1953."OBLATES FRANCISCAINES DE ST-JOSEPH, Montréal": — Cette communauté rachètera, le 1er janv.1946, à 101.,; le solde en cours de son émission de $90.000., 4%, datée du 3 janv.1938, échéant du 2 janv.1947 à 1953.RACHATS FAR VOIE DE TIRAGES AU SORT:-ler décembre:- "SYND.PAR.ST-FELICIEN": — Emission, 3%.Rachat de $6,000.à 100.5 x $100.— C-21, 28, 37, 39, 46; 11 x $500.— D-28, 35, 52, 54, 64, 79, 83, 97, 110, 119,: 127."VILLE DE ROUYN": — Emission 5%, série "C", échéant' le 1er déc.1951; rachat de $10,800.: 8 x $100.— C-3, 80, 85, 111, 115, 160, 276, 294; 10 x $500.— D-24, 128, 254, 262, 269, 274, 356, 366, 392 421; 5 x $1,000.— M-74, 131, 210, 225, 228."COM.SCOL.DE LA VILLE DE ROUYN": — Emission 5%, échéant le 1er déc.1951, série "C", rachat de $1,000.: 2 x $500.— D-31, 72."SOEURS STE-MARTHE": — Emission de $270,000., 4%, datée du 1er juin 1938, échéant le 1er juin 1952; rachat de $40,000., à 100.: 70 x $100.— C-l à 7, 13, 17 à 19, 22 à 27, 31, 33 à 39, 41 à 47, 49, 51 à 68, 70 à 76, 78 à 80, 82, 86, 88 à 91; 26 x $500.— D-13 à 21, 25 à 41; 20 x $1,000.— M-110 à 129.ASSURONS L'AVENIR DE NOS ENFANTS PAR LE BON EMPLOI DES ALLOCATIONS FAMILIALES DEPOSONS A LA CAISSE POPULAIRE LA VOLUME 11, LEVIS, NOVEMBRE 1945 PARTIE LA PLUS CONSIDERABIE DE CES ALLOCATIONS 179 • Gcmàeilds LA PRUDENCE MORALE ENCORE ME DÉFEND LA PRODIGALITÉ ET L’AVARICE, ET M’EMPÊCHE AUSSI DE PLACER MES FONDS EN DES ENTREPRISES DANS LESQUELLES JE RECHERCHERAI UN PROFIT EXORBITANT, OU QUI M’EXPOSERAIENT À DES PERTES FOLLES OU À LA RUINE.AU CONTRAIRE, ME RAPPELANT LA DÉPENDANCE ESSENTIELLE QUI LIE MA VIE À CELLE DU PROCHAIN, J’EMPLOIERAI MES RICHESSES À DES FONDATIONS ET À DES PRODUCTIONS PROPRES À SERVIR, SOIT IMMÉDIATEMENT LE BIEN GÉNÉRAL DE LA SOCIÉTÉ, SOIT, AU MOINS, LE BIEN DE CERTAINES COLLECTIVITÉS.(Extrait de l’allocution de Son Eminence le Cardinal Villeneuve à la Semaine sociale sur la Tempérance, 1943)
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.