Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1948, Juin - Juillet
.XIV, No 6 ISÉfltï i|: : ; ¦¦ïÆ .ÿ .¦:.’ •; ':' •' ilif MONSIEUR FRANÇOIS ADAM, administrateur de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec, président de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe. Rédaction et administration: ï^evue La Fédération des Caisses populaires.108.COTE DU PASSAGE.LÉVIS.P.Q.Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales de Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des Syndicats coopératifs de Québec Abonnez-vous a La Revue Desjardins Piix de Fabonnement .$1.00 "Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa" ÉDITORIAL MAITRES DE NOTRE DESTINEE a i) Qu'on nous permette de revenir sur le sujet, la chose est si importante, et nous souhaitons tellement, lors de la réunion des représentants de nos Unions régionales, les 21, 22 et 23 août prochain, trouver à nos problèmes une solution permanente et efficace! Dans une autre page, nous donnons le détail complet des revenus et dépenses pour l'année 1947-48, pour l'administration de la Fédération, le service d'inspection et de propagande, etc.A mesure que.nos Caisses populaires se développeront, il nous faudra perfectionner notre service d'inspection.Ce perfectionnement ne pourra s'atteindre qu'en ayant des inspecteurs de plus en plus entraînés, de plus en plus compétents; ce qui veut dire des inspecteurs à qui il faudra un salaire leur permettant de vivre raisonnablement.Et plus un homme acquiert de la compétence dans son travail, plus il commande un salaire élevé; aussi, verrons-nous l'augmentation de nos dépenses.L'inspection n'est pas tout, bien d'autres services nous sont demandés qui exigent également un personnel très expérimenté: suppléer à un officier déficient, aider un gérant débordé de travail, remplacer temporairement un gérant décédé en attendant qu'un nouveau soit formé, suppléer à un conseil d'administration qui ne sait comment procéder, etc.Dans combien de cas n'avons-nous pas dû déjà intervenir directement! Malgré leur autonomie, nos Caisses populaires ont besoin de direction.Cette direction est nécessaire, car la mauvaise santé d'une Caisse a sa répercussion non seulement sur les Caisses avoisinantes, mais partout dans la province.L'autonomie, comme la liberté, finit là où commence celle du voisin, et sous prétexte d'autonomie, une Caisse ne peut faire des choses préjudiciables à tout le mouvement des Caisses populaires.Combien de Caisses nous remercient de 1 aide que nous leur avons apportée malgré le nombre restreint de nos inspecteurs! Ces dirigeants se sont rendus compte, se rendent compte encore que le bien fait a leur Caisse a un rayonnement considérable sur leurs sociétaires et ceux des Caisses populaires en général.Quelques-unes de nos Caisses diront peut-être qu'elles peuvent se faire inspecter à un coût moindre.Ne perdons pas de vue que la coopération n'existe pas seulement pour soi, mais que le mouvement cooperatif doit etre supporté dans son ensemble par tous, surtout par les plus puissants, par les plus forts.Il y a les Caisses éloignées dans la Gaspésie, sur la Côte-Nord, aux Iles de la Madeleine, dans la Gatineau et dans les endroits de colonisation.Ces petites Caisses sont peut-être plus nécessaires, proportion gardee à leur actif, que les Caisses millionnaires.Si on les laisse seules, elles ne pourront pas vivre et faire le bien qu'elles font.L'inspection de ces Caisses peut coûter des centaines de dollars chacune, mais elles rendent un service tel que restreindre leur activité serait une faute nationale.Il est nécessaire que les Caisses fortunées aident aux plus petites afin que ces dernières puissent grandir et se développer.Ainsi, en plus de quelques Caisses millionnaires qui jouissent • 102 REVUE DESJARDINS de leurs revenus, nous aurons des centaines de petites Caisses qui feront un bien considérable et rendront plus heureux un grand nombre de nos compatriotes.Ce nouveau mode de contribution ne servira pas seulement à l'inspection, il servira aussi à organiser un fond de stabilisaition pour protéger nos Caisses et leurs sociétaires.On reproche aux Caisses populaires de n'avoir pas de fonds spécial pour assurer la protection des déposants en cas de difficultés.Ne croyez-vous pas le temps venu d'organiser ce fonds de stabilisation?Il ne serait pas distribué ici et là pour payer les turpitudes d'un gérant dé-falcataire ou les folies de quelques dirigeants; il servirait à stabiliser nos Caisses.Une regression va se faire sentir bientôt peut-être, nous aurons une autre crise économique, pas aussi forte que celle de 1932 à 1935, nous l'espérons, mais nous l'aurons tout de même- Peut-être alors certaines Caisses seront-elles momentanément gênées, malgré leur situation financière excellente, leurs prêts bien faits et parfaitement.garantis, mais elles ne pourront réaliser immédiatement tout l'argent liquide nécessaire.C'est alors que l'Exécutif de la Fédération, après avoir bien analysé la situation, pourra, s'il le juge à propos et moyennant certaines conditions de contrôle, avancer l'argent nécessaire à telle ou telle Caisse, ce qui leur permettra d'attendre la rentrée de leurs fonds.Le fonds de stabilisation jouera alors un rôle plus qu'efficace, il jouera un rôle sauveur.Cette contribution plus élevée signifie un fonds de réserve un peu moins considérable chaque année pour chacune de nos Caisses.Cependant, si le fonds de réserve de nos Caisses augmente moins chaque année, le fonds de stabilisation, par ailleurs, leur assurera une sécurité beaucoup plus grande.Oui donc s'opposerait à ce que nous prenions les moyens de devenir maîtres de notre destinée?La coopération n"est pas du socialisme et encore moins de l'étatisme, c'est une organisation qui doit développer l'initiative d'un chacun.Dans la coopération, chacun est récompensé suivant l'effort qu'il fournit.Que les Caisses populaires prennent en mains la destinée de leur propre organisation, la direction de leur mouvement, et elles en assureront le succès.Devenons les maîtres de notre destinée et nous seront forts, puissants, les protecteurs des faibles et nos propres sauveurs.C.VAILLANCOURT * * # N.B.—Nous vous prions de bien noter que le Congrès des dirigeants des Unions régionales sera tenu les 21, 22 et 23 août prochain, et non pas les 17, 18, et 19 juillet, comme nous l'annoncions dans l'émission de mai de cette Revue.Sommaire Maîtres de notre destinée C.Vaillancourt .102 Fonds de subvention .104 Nos universités exigent peu .104 Assemblée générale de l'U.R.de Québec .105 La propriété privée .107 L'acquittement de notre dette sociale Raymond Laçasse .108 L'honorable luge Guy Guibault C.Vaillancourt .109 Quittance sur chèque .109 Feuille de caisse subsidiaire Rosario-H.Tremblay .110 Congrès des inspecteurs des C.P.G.Belair.113 Lettre ouverte Louis Arneau.114 Des grâces de perdition René Croteau.115 Services de renseignements .116 La coopération et l'assurance-incendie Fernand de Guise .116 Notes et commentaires.118 Comment faire son testament.119 En vitesse, disons que: Une boutade, c'est une boutade.Celle-ci ne s'adresse pas aux nouveaux gérants de Caisse, jeunes ou anciens, qui n'ont pas encore été renseignés d'une façon précise.Elle est faite.pour tous les autres.Si, par hasard, en cette province, un gérant ne fait pas sa caisse tous les soirs, son pointage, de même, il mérite ''d'être suspendu, la tête en bas et enfumé jusqu'à ce que".démission s'ensuive.Il y a des limites à tout; même à la négligence.# * * AVIS AUX GERANTS Quelques Caisses populaires n'ont pas à date fait parvenir à leur Union régionale le rapport de leur situation au 30 juin 1948.Nous prions les gérants de ces Caisses de faire diligence.De la sorte, la Fédération pourra compléter le rapport statistique donnant la situation générale de toutes les Caisses affiliées au 31 juin.VOLUME H, LEVIS, JUIN-TUIL.1948 103 • FONDS DE "SUBVENTION" ET CONTRIBUTIONS DES CAISSES POPULAIRES A LA FEDERATION DES CAISSES POPULAIRES DE QUEBEC EMPLOI DES FONDS du 1er avril 1947 au 31 mars 1948 A-Solde créditeur au début de l'année.$ 5,757.49 B-Revenus 1.Subvention du 1er juin 1946 au 31 mai 1947 75,000.00 80,757.49 C-Dépenses 1.Inspection: 1) Appointements $ 79,890.53 2) Déplacements 40,392.02 3) Par les Unions régionales 3,564.62 $123,847.17 4) Remboursement pour travail suppl.15,887.84 - $107,959.33 5) Assurance automobile .868.89 2.Propagande: 1) Unions régionales.$ 11,675.69 2) Consultations légales.515.85 108,828.22 12,191.54 3.Administration: 1) Périodiques: livres, publications 333.60 2) Accessoires de bureau.3,543.42 3) Appointements du personnel.24,429.88 4) Appointements du gérant .4,000.00 5) Assurance sur ameublement.27.00 6) Assurance-chômage .562.97 7) Service de Santé de Québec.852.09 8) Assurancfc’rfeu.296.00 9) Assurance-fidélité.39.26 10) Ass.Responsabilité patronale 276.08 11) Déplacements du gérant.2,024.91 12) Déplacements des administrateurs .5,075.11 13) Honoraires du vérificateur.250.00 14) Loyer .1,700.00 15) Téléphone, dépêches et messageries .1,115.13 16) Timbres poste et timbres d'accise .3,340.57 4.Ameublement: 47,866.02 3,372.96 TOTAL DES DEPENSES.$172,258.74 EXCEDENT DES DEPENSES SUR LES REVENUS: (Déficit du compte "Subvention") 91,501.24 Déficit comblé par les contributions suivantes: Union régionale de: Trois-Rivières 16,827.30 Québec .40,203.60 Gaspé .1,323.79 Montréal.14,118.33* Sherbrooke .6,585.89 Rimouski.5,818.37 Chicoutimi .5,941.75 Ouest-Québecois 1,295.74 St Hyacinthe.3,052.65 Joliette.3,825.80 - 98,996.42 SOLDE CREDITEUR AU 31 mars 1948.$ 7,492.47 Au montant versé par l'Union régionale de Montréal, il faut ajouter la somme de $1,925.10 que cette dernière aurait pu retirer pour fins de propagande, mais qu'elle a laissée à la Fédération.• 104 NOS UNIVERSITES EXIGENT PEU Ce que donnent les universités, il n'est pas de commune mesure avec quoi que ce soit de mensurable pour l'estimer: c'est inappréciable.Ce dont nous jouissons en notre monde moderne, nous le devons à la science.Ce que nous devons aux Universités, demandez-le à ceux dont la médecine a sauvé la vie.Ils vous diront tous que tous nous jouissons, à des degrés divers peut-être, et souvent sans trop en prendre conscience, des immenses bienfaits des diverses sciences, dont l'énumération excède les capacités des plus heureuses mémoires.En retour de ce qu'elles donnent, qu'exigent-elles?Bien peu.C'est ce qui ressort de façon frappante d'une causerie que M.Cyril James, principal et vice-chancelier de l'Université McGill, prononçait ce printemps à Montréal.Nos universités canadiennes avaient, en 1945, un budget total de vingt millions de dollars.Un tel budget représente à peine la six-centième partie du revenu national.C'est à peu près le quinzième de ce que le Canada a fourni aux pays étrangers pour les aider à se relever.Sait-on que les Canadiens ont dépensé en 1945 deux fois plus en paris sur les courses de chevaux que pour leurs universités ?Sait-on qu'ils ont brûlé en fumée de cigarettes quatre fois le budget universitaire?Sait-on que la taxe gouvernementale perçue sur ces cigarettes excédait alors soixante millions?Monsieur James précisa que si les universités canadiennes avaient à leur disposition ce que dépensent les fumeurs canadiens, elles seraient à ce point riches qu'elles ne sauraient probablement pas quoi faire de tout cet argent.Notons bien que 4% seulement de notre jeunesse fréquentent les maisons d'enseignement supérieur.Pourquoi?Manque d'argent, dit-on.Comment se fait-il alors, se demande monsieur James, que nous dépensions tant pour autre chose et si peu pour nos institutions universitaires et autres qui préparent l'avenir de notre jeunesse ?A chacun de donner sa réponse.P.-E.C.* * * REQUIESCAT IN PAGE Le 3 juin décédait M.Joseph Hudon, gérant, depuis sa fondation en 1935, de la Caisse populaire de Charny, comté de Lévis.Il fut un bien brave homme; il s'est dévoué Sans compter pour les siens.Lui survit l'exemple d'une vie qui continuera à faire le bien chez ceux qui l'ont vu à l'oeuvre.Les sociétaires des Caisses auront donc une pensée pieuse pour le repos de son âme.REVUE DESJARDINS Vingt-cinquième assemblée général Vingt-quatrième assemblée générale annuelle de la Caisse centrale Desjardins de Lévis Dimanche, le 27 juin 1948, les Caisses populaires du diocèse de Québec tenaient, au Collège de Lévis, la vingt-cinquième assemblée générale annuelle de leur Union régionale et la vingt-quatrième assemblée générale annuelle de leur Caisse centrale.Plus de la moitié des Caisses populaires affiliées y étaient représentées.L'assistance fut des plus considérables; elle comptait au-delà de 600 congressistes.Ils assistèrent d'abord à la messe dite pour eux à la chapelle du Collège de Lévis par monsieur le Chanoine Victor Rochette; l'aumônier de l'Union régionale, monsieur le Chanoine Philibert Grondin, y donna le sermon.A 10 heures, ouverture du congrès sous la présidence de l'Honorable Cyrille Vaillan-court, président-gérant de l'Union régionale et de la Caisse centrale- Après le souhait de bienvenue, il invita monsieur Joseph Turmel, propagandiste de l'Union, à agir comme secrétaire, en l'absence de monsieur l'abbé Emile Turmel, secrétaire, curé de TAncienne-Lorette.Monsieur Trumel donna d'abord lecture du procès-verbal de la dernière assemblée générale annuelle.Après son adoption, monsieur Elisée Dallaire, inspecteur, sur l'invitation du président, soumit le rapport du travail réalisé au aours de l'année par les inspecteurs de l'Union.Monsieur Joseph Turmel, à titre de propagandiste, donna ensuite un bref aperçu de la propagande qui a été faite au cours de Tannée écoulée, en vue de pousser davantage l'éducation coopéartive des Caisses et des sociétaires.Monsieur Paul Emond, à titre de trésorier, communiqua à l'assemblée le rapport financier de l'Union régionale de Québec.C'est alors que le président-gérant soumit et expliqua aux eongresisstes le rapport financier de la Caisse centrale.Vous en trouverez le texte un peu plus loin, de même que les remarques qui l'accompagnent.M.Vaillamcourt rappela le rôle des anciens.Il fit ressortir principalement leur acharnement au travail et leur dévouement sans limite.L'occasion était belle pour rappeler le souvenir de monsieur J.A.Mercier, ancien vice-président, qui fut à la tâche presque dès le début de l'oeuvre.Ce qui ressort le plus nettement de cette vie bien remplie et toute faite de dévouement, c'est la constance au travail et la fermeté de ses décisions.Si l'oeuvre a survécu, si elle rayonne aujourd hui, c'est dû aux belles qualités et aux actes de générosité des anciens- Monsieur Mercier fut remplacé par monsieur Dufresne.Contrairement à monsieur Mercier, de fUnion Régionale de Québec qui fut maréchal-ferrant, le docteur Dufresne est un professionnel.Il avait de quoi vivre.Il n'a donc pas besoin ni de l'Union régionale, ni de la Caisse centrale, ni de la Caisse populaire de St-Raymond, dont il assume dès sa fondation la gérance, fonction qu'il remplit aujourd'hui encore de façon exemplaire.Puis monsieur Roger Marcotte, comptable en chef de la Caisse centrale, fut prié de faire ses recommandations en vue d'améliorer les bonnes relations entre les Caisses paroissiales et la Caisse centrale.Quelques-unes de ses observations d'intérêt commun sont consignées dans une autre page de la Revue.On procéda ensuite à l'adoption des rapports soumis et à l'élection des officiers.Les trois administrateurs sortant de charge étaient messieurs Adélard Bégin, Albert Bouchard, et Ls.R.Dufresne, lesquels furent réélus à l'unanimité.Un nouveau commissaire de crédit fut élu en la personne de monsieur Joseph Fortier.Monsieur Tharcisius DeGuise fut élu conseiller de surveillance.L'assemblée générale annuelle de l'Union régionale et de la Caisse centrale se termina par quelques remarques faites par le président-gérant.Après le dîner, à la demande du président-gérant, les congressistes tinrent séance à 2 heures pour discuter de la nécesité et d'un mode de contribution additionelle des Caisses à TU-nion régionale et à la Fédération, puis de la création d'un fonds de stabilisation ou de protection des Caisses et d'un fonds de pension ou de retraite pour les employés des Caisses populaires, des Union régionales et des Caisses centrales ou régionales, de la Fédération des Caisses populaires, voire même des autres organismes coopératifs qui voudront y participer et se prévaloir de ses avantages.Tous comprirent que le développement des Caisses populaires nécessite des dépenses qui vont s'accroissant, en raison même des services divers qu'il faut développer pour assurer un contrôle de plus en plus efficace du mouvement- D'où la nécessité pour les Caisses populaires, d'assurer à leurs Unions régionales et à la Fédération des C.P- D.par une contribution additionnelle basée sur les bénéfices nets, les revenus nécessaires pour opérer leurs services.L'assemblée admit également que le moment était venu de créer un fonds de stabilisation et de protection pour toutes les Caisses populaires.Il sera constitué graduellement à même une partie de la contribution annuelle des Caisses populaires à l'Union régionale et à la Fédération.C'est une sorte de police de garan- VOLUME 14.LEVIS.lUIN-IUIL.1948 16S • tie sut la vie des Caisses populaires, une espèce de fonds de réserve destiné à protéger toutes les Caisses populaires de la province contre les risques de mort accidentele.C'est là une sécurité plus grande pour la vie des Caisses populaires qui est de nature à inspirer une confiance encore plus grande aux déposants et à renforcer d'autant le mouvement coopératif d'épargne et de crédit.Une telle mesure de sage prévoyance s'impose.Aussi, les congressistes qui sont chargés de la bonne administration de leurs Caisses paroisisales, ont bien accueilli cette mesure de sécurité collective et ont manifesté leur approbation pour ce geste qui s'impose.De même, ils ont adhéré à l'idée de la création d'un fonds de pension ou de retraite pour les employés.Monsieur Laval Chartré et monsieur Jean-Paul Guimont ,actuaire, furent invités à tour de rôle à expliquer les règlements et les avantages d'un tel fonds.Les délibérations se poursuivirent toute la journée dans un magnifique esprit de compréhension et de coopération.C'est ce que monsieur le Chanoine Grondin souligna en tirant les conclusions du congrès.Il rappela les débuts de l'oeuvre, l'esprit du fondateur, la nécessité de garder cet esprit dans toutes nos réalisations, quelque considérables qu'elles puissent être.C'est cet esprit qui rend fécondes les coopératives d'épargne et de crédit qui se fondent et qui se développent chez nous.Le président-gérant fit quelques observations et invita les congresisstes à venir prier sur la tombe du fondateur, le Commandeur Alphonse Desjardins- # # * Remarques du président-gérant Nous avons l'honneur, en vous présentant le rapport annuel de la Caisse centrale, d'y joindre quelques commentaires.Comme vous le constaterez, les bénéfices, cette année, sont beaucoup moindres que l'an dernier.La raison en est bien simple, c'est que l'an dernier nous avons réalisé des bénéfices extraordinaires, en vendant certaines valeurs que nous avions en mains.En outre, un bon nombre d'obligations que nous avions à 3^2 - 4-et4b>% ont été rachetées; aussi le montant que nous avons payé en intérêt à nos sociétaires, cette année, est de $154,676-87, soit une augmentation de $17,233.41 avec l'an dernier.En boni, nous payons aussi cette année $47,-109.45, soit une augmentation de $3,493.93 avec l'année dernière.En outre les dépenses générales et les salaires ont augmenté, cette année, de $15,598.46.Malgré que l'actif de la Caisse centrale, cette année, est à peu près le même que l'an dernier à pareille date, le travail est beaucoup plus considérable; ainsi, au cours de l'année, il est entré un montant de $142,757,942.49 et les emplois se chiffrent à $142,101,531.76, ce qui fait un total de $284,859,474.25 comparé à celui de l'an dernier, qui était de $232,940,466.-14; cela fait une augmentation de $51,919,008.-11.Tout de même, nous mettons aux fonds de réserve, de prévoyance et de surplus, en chiffres ronds, $56,000.00; ce qui va porter l'avoir-propre de votre Caisse centrale à $488,529-46.Vos directeurs, cependant, ont jugé que nous ne devions pas baisser le taux d'intérêt aux Epargnants; or, ce dernier sera encore pour Tannée courante de 2/4%; quant au boni, les Directeurs recommandent de voter encore cette année 5%.En définitive, votre Caisse centrale est là non pour accumuler des bénéfices, mais pour repartir ces bénéfices entre les mains de ses sociétaires.Nous espérons bien continuer cette année cette politique qui nous semble des plus coopératives.Nous avons recommandé, depuis assez longtemps, de garder au moins 50% de votre encaisse liquide ou facilement réalisable et nous vous recommandons encore cette sage prudence.Ne mettez pas votre Caisse en danger; vous n'en avez pas le droit.Encore une fois, tandis qu'il est encore temps, gardez au moins 50% de votre actif liquide ou facilement réalisable.Il est impossible que vous puissiez résoudre tous les problèmes économiques et sociaux de votre localité.N'oubliez pas, et c'est d'élémentaire justice, que nous devons remettre, à demande, à nos sociétaires les dépôts qu'ils nous ont confiés.Nous nous devons en premier aux sociétaires-épargnants.On nous demande;- "Quand est-ce que la crise va venir?" Mais nous y sommes dans la crise, crise d'inflation formidable et plus cette inflation va grandir, plus terrible sera la réaction.Actuellement, il y a le souffle que nous apporte le plan Marshall, mais au fur et à mesure que les pays d'Europe vont augmenter leur production, et c'est ce qu'ils font actuellement, nos exportations seront moins fortes et nous devrons vivre plus raisonnablement.Ce qu'il y a de plus terrible et de plus dangereux dans la crise que nous traversons, c'est la crise morale.Avant de revenir à de meilleurs sentiments, nous allons ¦ passer par le creuset de la révolution sociale, et si nous ne voulons pas revenir au bon sens, ce sera terrible demain- Au cours de Tannée, un membre de la Commission de Surveillance, monsieur L.-O.Pouliot, est décédé.Monsieur Pouliot était le gérant-fondateur de la Caisse populaire des Syndicats Catholiques de Québec et il était membre de notre Commission de Surveillance depuis nombre d'années.• 106 REVUE DESJARDINS Nous regrettons sa disparition et nous sommes heureux de rendre hommage à son grand dévouement.Le Bureau de Direction a remplacé monsieur Pouliot par monsieur T.DeGuise, gérant de la Caisse populaire de St-Malo de Québec.Nul doute que monsieur DeGuise remplira sa charge non seulement avec dignité, mais avec dévouement, comme son prédécesseur l'a fait.Je ne saurais terminer sans remercier les employés de l'Union et de la Caisse centrale, tout spécialement notre assistant, Monsieur Marcotte, pour son beau et magnifique travail; si nous avons du succès, c'est grâce en bonne partie à leur magnifique coopération.Vous aurez à élire trois (3) membres du Bureau de Direction pour remplecer MM.Louis R.Dufresne, Adélard Bégin et Albert Bouchard, un (1) membre de la Commission de Crédit, monsieur Maurice Daigle et un (1) membre de la Commission de Surveillance, monsieur Thar-cisius DeGuise; comme on le sait, tous sont rééligibles.LA CAISSE CENTRALE DESJARDINS DE LEVIS Situation au 30 avril 1948 Actif Plac.Soc- Ass.C.P .$ 20,300.00 Plac.obligations .5,155,381.56 Parts soc.U.R.et C.C 255.00 Prêts sociétaires 699,992.17 Prêts divers .1,617,337.42 Balance prix vente 4,650.98 Immeuble 500.00 Inventaire (mobilier) 26,629-32 Int.accrûs au 30 avril 1948 .55,456.13 Caisse au 30 avril 1948 .5,492,201.59 TOTAL de l'Actif $13,072,704.17 Salaires 44,794.67 Dépenses 39,443.36 Intérêts Emprunts 485.29 Intérêts Epargnes 154,676.87 TOTAL:- $13,312,104.36 Passif Capital social $ 971,950.00 Epargnes .11,563,624.58 Bénéfices 311,121.81 Taxe d'entrée 1,171.00 Intérêts Banques 32,132-97 Fonds de Réserve 246,369.96 Fonds de Prévoyance 72,243.82 Fonds de Surplus 113,278.97 Fonds d'Education 211.25 TOTAL:- $13,312,104.36 LA PROPRIETE PRIVEE Fait d'observation courante, l'instinct de propriété se manifeste chez les animaux supérieurs.Le chien défend sa pâtée contre ses rivaux, le mâtin, terrible, garde l'entrée de la ferme de son maître.La raison confirme chez l'homme cet instinct.Le paysan se lie avec une avidité jalouse à sa ferme- Sous tous les climats, dans tous les pays .aujourd'hui comme hier, et depuis toujours, l'homme aspire naturellement à posséder le sol qu'il cultive et arrose de ses sueurs, les moyens d'assurer sa subsistance.La propriété personnelle correspond à des aspirations enracinées dans le coeur humain.Elle est à l'homme la garantie de sa liberté et de son indépendance, de la maîtrise de soi-même.C'est la sécurité que d'instinct il cherche.N'est-ce pas que celui qui possède un moyen sûr de gagner sa vie et celle des siens, il se sent protégé contre certains risques, libre, indépendant, maître de ses actes et de ses attitudes! Sa propre providence, il sait bien que sans cela, pas de bonheur possible.La liberté et la dignité humaine, sans la propriété personnelle, sont de vains mots.Celle-ci confère à l'homme sa puisance, multiplie ses forces, un peu comme le levier qui rend puisante la main qui l'utilise.Et cependant quels abus n'a-tjon pas commis en ton nom, ô propriété, pour qu'il se trouve maintenant tant de gens qui ont perdu à ce point le sens commun, qu'ils ne voient plus le rôle que tu joues dans la vie des hommes! Sa Sainteté Pie XII dût, encore récemment, le rappeler, cette fois, devant les représentants de l'Institut international pour l'Unification du Droit privé.Désirant faire ressortir clairement l'importance vitale de la propriété privée, le Pape précisa en ces termes: "La reconnaissance du droit de propriété dépend de la reconnaissance de la dignité personnelle de l'homme, des droits inaliénables et des devoirs inhérents à la libre personnalité que l'homme a reçus de Dieu.Celui-là seulement qui ne reconnaît pas la dignité de l'homme en tant que personne libre peut admettre la possibilité que le droit à la propriété et, conséquemment, la propriété privée elle-même, puissent être remplacés par un système quelconque d'assurances ou de garantie légales établies sous la loi publique." Est-il possible de marquer plus nettement que la propriété personnelle des moyens de subsistance est le fondement matériel, une condition nécessaire de notre dignité et de notre liberté.P.-E.C.VOLUME 14, LEVIS, JUIN-JUIL.1948 107 • L'acquittement de notre dette sociale Chacun de nous a une dette sociale qu'il lui taut payer.L'homme est doué d'une foule d'aptitudes.A mesure qu'il grandit, il doit les développer.Pour atteindre le plein épanouissement de toutes ses facultés, l'enfant aura besoin de compter d'abord sur ceux qui l'entourent immédiatement, ses parents; ses maîtres et instituteurs ensuite et, en dernier lieu, les gens parmi Isquels il est appelé à vivre.Ceux qui l'ont précédé dans la vie, lui montreront la route qu'ils ont suivie; de la sorte, beaucoup de difficultés seront aplanies, et, pour peu que le jeune homme ou la jeune fille sache mettre à profit les enseignements reçus, il bénéficiera ainsi d'un héritage moral qu'il lui faudra conserver, améliorer et rendre à ceux qui le suivront.C'est ainsi qu'il paiera sa dette à la société.Nul ne peut donc dire "Je ne dois rien à personne".Au contraire, nous devons tout à ceux qui nous ont précédé.S'il nous est facile aujourd'hui de nous transporter rapidement et confortablement, si nous nous nourrissons mieux, si la vie nous est plus agréable ,nous le devons à nos ancêtres qui furent beaucoup moins favorisés que nous.Trop de gens, de nos jours, ne pensent qu'à faire de l'argent, sans se soucier de compenser pour ce qu'ils reçoivent- La probité, elle doit se trouver dans toutes nos transactions commerciales, elle doit également régir chacune de nos actions et de nos paroles.Il n'est pas moins malhonnête de nuire à la réputation de son prochain par des propos malicieux que de lui voler son argent; la loi exige que dans le commerce on donne 16 onces à la livre; la justice exige de même que nous respections ce que chacun de nous estime comme son bien le plus cher: "son honneur".Celui qui ne prend pas les bons moyens à sa disposition pour acquérir plus de compétence professionelle ne s'acquitte pas non plus de sa dette envers la société; il reçoit d'elle, mais il y a grand risque qu'il ne compense pas.Ceux qui participent à l'administration des affaires publiques sont en quelque sorte des bâtisseurs.Nous, des Caisses populaires, nous travaillons à l'édification d'un oeuvre de régénération économique et sociale.Elle est d'autant plus précieuse qu'elle repose sur les qualités morales d'un peuple, qualités que d'ailleurs une telle oeuvre cherche à fortifier davantage.Sachons être à la hauteur de notre tâche.De la sorte, ceux qui nous suivront pourront trouver plus de bonheur, plus d'amour, plus d'en-tr'aide.C'est l'enseignement et l'héritage de nos pères,et il nous faut le transmettre enrichi.C'est ainsi que nous nous acquitterons de la dette sociale qui nous incombe.Raymond LAÇASSE * * * UN TRAIT DE PIE XI Sa Sainteté Pie XI, de regrettée mémoire, était un grand érudit.Il avait un amour passionné pour les livres.11 fut, plusieurs années de sa vie, conservateur de l'Ambrosienne et de la Vaticane, les deux plus grandes bibliothèques du monde.Dans son fameux bouquin ayant titre "Huit ans au Vatican, 1932-40", M.F.Charles Roux, Ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, rapporte un trait typique de Pie XL Un jour, Sa Sainteté l'appela auprès d'elle.Elle fixa l'entrevue à 8 heures du matin.Vu cette heure matinale tout à fait indue pour une audience diplomatique, Pie XI dispensa l'ambassadeur de revêtir le frac règlementaire; il l'autorisa à se présenter en veston.En pénétrant dans le Cabinet du Saint-Père, l'ambassadeur crût devoir s'excuser de sa tenue, lui rappelant qu'il avait suivi son désir exprès."Oui, répondit Pie XI, je sais, d'ordinaire, vous vous présentez relié, aujourd'hui, vous venez broché".P.-E.C.* * * Y PENSE-T-ON TOUJOURS ?L'un des présidents des Etats-Unis donna, un jour, à l'un de ses amis gaspillard ce judicieux conseil.-—Si tu achètes ce dont tu n'as pas besoin, tu vendras bientôt ce qui t'est nécessaire.Ce conseil va comme un gant à la majeure partie de notre jeunesse actuelle.Il va aussi à nombre de moins jeunes, aux dames, aux demoiselles de tout âge.Nos Caisses populaires ont été fondées pour enseigner à nos classes travailleuses à n'acheter que ce dont elles ont besoin, pour n'avoir pas à vendre ce qui leur est nécessaire ou à s'en priver.A.L.• 108 REVUE DESJARDINS L'HONORABLE JUGE GUY GUIBAULT Il y a un peu plus d'un mois aujourd hui, vous appreniez par votre radio ou votre journal que Me Guy Guibault, de Joliette, venait d'être nommé luge de la Cour des Sessions de la Paix, avec juridiction principale à Montréal.Ce que beaucoup d'entre vous ne savent peut-être pas, c'est qu'en outre d être le digne fils de feu l'honorable J.-Alexandre Guibault, de la Cour supérieure, et le neveu de Son Excellence Mgr J.A- Papineau, evêque de Joliette, le nouveau juge est bel et bien le président-fondateur de l'Union régionale et de la Caisse régionale des Caisses populaires Desjardins du diocèse de foliette.Une telle élévation à la Magistrature honore non seulement le Barreau de Joliette, mais aussi les Caisses populaires qui sont heureuses et hères de bénéficier de sa belle culture et de sa sage administration.C'est bien, en effet, toutes les Caisses populaires qui désirent, par la Revue Desjardins, lui présenter leur hommage et lui dire toute leur reconnaissance; Me Guilbault, en plus d'être à la direction des Caisses populaires du diocèse de Joliette, a participé à titre d'administrateur de la Fédération des Caisses populaires du Québec, à la haute direction de tout le mouvement chez nous- Il nous pardonnera sans doute de blesser un peu sa modestie en rappelant à larges traits sa brillante carrière.Après de brillantes études classiques au Séminaire de Joliette, monsieur Guibault fit son cours de Droit à l'Université de Montréal où il obtint sa licence et reçut le prix du Barreau de la Métropole.Il alla chercher également un diplôme en bibliothéconomie à l'Université McGill.De 1920 à 1934, il pratiqua le Droit en société légale avec son père, alors que ce dernier devint juge.Il fut substitut du Procureur général de 1936 à 1939 et de 1944 à 1947, conseiller du Barreau de Montréal, 1937-1938, échevin de la ville de Joliette de 1934 à 1937.En 1932, il fut fait Grand Chevalier du Conseil des Chevaliers de Colomb de Joliette.Il est directeur et conseiller juridique de l'Union St-Joseph du Canada, président de la Caisse populaire Desjardins de Joliette, et, comme nous vous le disions plus haut, président de l'Union régionale et de la Caisse régionale de Joliette et administrateur de la Fédération des Caisses populaires de Québec.Il est membre de l'Association du Barreau canadien, du Barreau des Laurentides, de la Société des Oliviers et de la Société Historique de Joliette, conseiller juridique de la Commission du salaire minimum en 1947, censeur au Bureau Provincial du Cinéma, en 1947.En 1945 il devint conseiller en loi du Roi (C.R-).Monsieur Guibault est un fervent de la littérature et des arts, en plus d'être un professionnel de haute culture qui n'a jamais refusé de mettre ses talents à profit pour l'avancement des sociétés de bienfaisance sociale.Nous sommes donc heureux de nous faire l'interprète des sociétaires des Caisses populaires et de présenter à l'Honorable Juge Guy Guibault leurs félicitations et leurs meilleurs voeux de bonheur dans la haute fonction qui vient de lui être confiée.C.YaiUancourt # * * QUITTANCE SUR CHEQUE Il arrive souvent qu'un homme d affaires reçoive un chèque pour un montant moindre que la créance avec la mention: "En paiement final".Que doit-il faire?Le magistrat du district en chef, Ferdinand Roy, dans un arrêt qui analyse la jurisprudence antérieure sur ce sujet controversé, conclut: "Lorsqu'un chèque, pour un montant moindre que celui réclamé, et mentionnant qu'il est en règlement final ou de tout compte, est remis au créancier, l'acceptation pure et simple, sans réserve, par le créancier, qui l'encaisse, est un consentement tacite du créancier à l'offre de règlement du débiteur, et vaut quittance, cet acte du créancier ne peut avoir d'autre sens.Si le créancier, après avoir ainsi consenti à la connaissance du débiteur ou de son mandataire, avise ce dernier qu'il refuse sa proposition, ce refus n'a pas d'effet juridique; la remise a été faite ou la transaction conclue."Si le créancier, recevant pareil chèque et, avant ou en même temps, qu'il l'endosse et l'encaisse, avise le débiteur qu'il n'accepte pas l'offre de transaction ou la demande de remise, un consentement de sa part ne peut pas être présumé et la créance subsiste pour le surplus." "Dans un cas semblable, le débiteur qui ne désire pas que son chèque soit imputé à compte, doit en arrêter le paiement à la banque.Le créancier, qui désire encaisser le chèque sans accepter la condition qui y est inscrite, doit en aviser le débiteur, à temps pour que ce dernier puisse d'une façon pratique retirer son offre- Il va sans dire que le créancier ne peut biffer lui-même sur le chèque la condition inscrite par le souscripteur.Le plus sûr, pour le créancier qui refuse une semblable proposition, c'est de retourner le chèque en exigeant le paiement complet."Gagnon contre Martel.1947 Rapports de la Cour Supérieure, page 475".(ASSURANCES , avril 1948.) ' VOLUME 14.LEVIS.ÏUIN-JUIL.1948 109 • Feuille de caisse subsidiaire Dans le numéro de mai, la Revue Desjardins annonçait en vente des feuilles de caisse subsidiaire.Nous avons cru bon de dire ce que sont ces feuilles et d'expliquer comment les utiliser.L'usage du livre de caisse ordinaire, petit ou grand format, présente des inconvénients manifestes et cause une perte de temps appréciable, surtout pour les dépôts et les retraits d'épargne qui forment les opérations les plus nombreuses de la Caisse.Les raisons principales sont les suivantes: lo—-Il faut inscrire la date sur chaque ligne; 2o—Il faut inscrire le nom du déposant ou de celui qui retire un montant d'épargne, et cela en plus du folio; 3o—Le montant du dépôt ou du retrait est inscrit dans la colonne "épargne" du côté des rentrées ou des emplois, selon le cas, et il faut l'inscrire une seconde fois dans la colonne "total".Donc, double travail, sans compter la perte de papier à cause des autres colonnes qui restent en blanc.4o—Pour établir plusieurs contrôles distincts des comptes d'épargne, il faudrait avoir autant de colonnes séparées que de contrôles et du côté des rentrées et du côté des "emplois".Le livre de caisse deviendrait ainsi plus difficile à manier, étant trop large, etc.Les feuilles de caisse subsidiaire remplacent le livre de caisse qui doit contenir toutes les écritures concernant les dépôts et les retraits à l'épargne.Seul le total des dépôts et des retraits de la journée est reporté au livre de caisse régulier, une fois le travail terminé- Les avantages de la feuille de caisse subsidiaire sont les suivants : lo-—La date n'apparaît qu'une fois au début de chaque jour de travail; 2o—Seul le folio du sociétaire est inscrit, éliminant ainsi la nécesité d'écrire son nom; 3o—Le montant du dépôt ou du retrait est inscrit une fois seulement; 4o—Chaque feuille permet d'établir cinq (5) contrôles distincts pour les comptes particuliers, sans avoir à élargir le livre de caisse régulier; 5o—Rapidité — économie de temps et de papier — facilité de balancer les comptes particuliers par section, etc.En d'autres termes, toutes les entrées concernant l'épargne sont faites sur les feuilles de caisse subsidiaire.Les dépôts sont entrés par le caissier sur la feuille blanche au fur et à mesure que les opérations sont faites dans la co- lonne appropriée.Nous suggérons de faire un contrôle séparé pour chaque 400 comptes d'épargne.Alors, le premier contrôle, dans la première colonne à gauche, comprendra les comptes des folios 1 à 399.Dans la seconde colonne, le contrôle comprendre les folios 400 à 799, etc.Voir le modèle reproduit ci-après.Vous y relevez 3 dépôts au premier contrôle, 7 au second, 1 au troisième, 4 au quatrième et 2 au cinquième, soit, en tout, 17 dépôts.Les inscriptions au livre de caisse auraient pris 17 lignes,tandis qu'avec la feuille subsidiaire, 7 lignes seulement sont utilisées.Ne pas oublier non plus le fractionnement des comptes particuliers en 5 contrôles, ce qui facilite le travail pour balancer.Supposons, par exemple, que les premier, deuxième et troisième grands livres d'épargne balancent.S'il y a une erreur de $20.en plus au quatrième grand livre et $20-en moins au cinquième grand livre, il est probable qu'il s'agit d'une inscription au mauvais contrôle.A tout événement, les recherches seront limitées aux folios 1,200 à 1,999 inclusivement, puisque les comptes particuliers des folios 1 à 1,199 balancent.Vous réalisez de suite l'économie de temps faite pour les recherches seulement.Quant aux retraits, le caissier les entre directement sur la feuille jaune de caisse subsidiaire.Voir le modèle reproduit.Il y a 15 retraits au premier contrôle comprenant les foils 1 à 399, 2 au second contrôle, 3 au troisième, 7 au quatrième et 4 au cinquième, soit en tout 31 retraits.L'inscription de ces 31 retraits au livre de caisse ordinaire aurait pris 31 lignes.Avec les feuilles de caisse subsidiaire, cela prend 17 lignes seulement.Le pointage avec les comptes particuliers d'épargne se fait de la feuille de caisse subsidiaire directement.Une colonne entre le folio et le montant est réservée à cette fin.Les entrées de la journée étant terminées, le total de chaque colonne représentant l'ensemble des dépôts et des retraits est récapitulé sur la feuille même de caisse subsidiaire.Exemple: DEPOTS Sommaire 1 — $ 1,669.07 2 — 5,824.41 3 — 10.00 4 — 1,530.48 5 — 132.82 RETRAITS Sommaire 1 — $ 649.00 2 — 150.00 3 — 486.70 4 — 1,643.58 5 — 3,035.99 $ 9,166.78 $ 5,965.27 Le total des dépôts $9,166.78 est ensuite inscrit au livre de caisse dans la colonne "Dépôts épargne" et "Total".Sur la même ligne, le to- • na REVUE DESJARDINS tal des retraits est incrit à "Retraits épargne" et "Total".Dans la colonne réservée aux noms, vous inscrivez: "Caisse subsidiaire".Voilà pour le livre de caisse.Il reste maintenant à inscrire le total des dépôts et des retraits de chaque grand livre nos 1, 2, 3, 4 et 5 dans des comptes mémoires aux comptes généraux pour pouvoir balancer individuellement chaque section de comptes particuliers.Nous suggérons d'ouvrir chacun de ces comptes comme suit : Epargne — contrôle no.1 de folio 1 à 399.Rentrées Emplois Balance Le 18 juil.1948 Rep.$378,415.17 $378,415.17 Le 19 juil 1948 1,669.07 $649.00 379.435.24 Il est facile de constater que durant la jour- Folio /./ 3 ^ O Û -t-—- '' Folio t V ' Ci.Folio 'V 1-1-*-*- 4 Jj\.’________/ 7 ^-b o „ /J'o.o.ûo.é/ / \ loi , .J S 1.1 s 401 1 .(otaI.Q 7.7éy _ _ ^ S! ! LA CAISSE POPULAIRE DÉPÔTS JOURNAL — EPARGNE Date / f ^ 8oo^/i,:)
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.