Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1951, Janvier
ex f m j iOlli.iiûiali3iTi EDIFICE DESJARDINS — DESJHRD NS /^r/- r^- ÿV 0e 1,4 ION lo' ' - ; ’ •ÀW8*’ ie chanoine P.Grondin.anvier IÇSI /ol.XVII-N°t 2348 Feu M.le chanoine Philibert Grondin - ?- UN des prêtres Les plus méritants du ctergé de Québec vient de disparaître en La personne de Æ.Le chanoine PhiLibert Grondin, missionnaire diocésain, décédé à L’Hôtel-Dieu de Lévis, mercredi soir Le 27 décembre, à L’âge de 72 ans.Feu Le chanoine Grondin était une figure bien connue dans tout L'Archidiocêse.Depuis près de quarante ans il s’était adonné aux œuvres sociales : missionnaire agricole, aumônier des ouvriers de La chaussure de Québec, aumônier diocésain de L’U.C.C., aumônier de La fédération des Caisses populaires.Avec son ami AI.le chanoine Wilfrid Lemieux, il prêcha dans de nombreuses paroisses de L’Archidiocêse, des retraites qui obtenaient Les plus grands succès spirituels.IL avait été nommé chanoine honoraire le 4 janvier 1946, et il était décoré de La médaille Bene Merenti.Il était l’auteur du Catéchisme des Caisses populaires, sous le pseudonyme de J.-P.Lefranc, c était un collaborateur assidu à la « Page agricole )) de l’Action catholique.AI.le chanoine Philibert Grondin est né à Saint-Joseph de Beauce le 4 janvier 1879, d’Octave Grondin, cultivateur, et de Alarie-Geneviève Poulin.Il fit ses études classiques au collège de Lévis et sa théologie au grand séminaire de Québec et au collège de Lévis.Ilfut ordonné dans sa paroisse natale, le 1er avril 1906, par Le cardinal Bégin.Il fut professeur au collège de Lévis, de 1906 a 1914.Alissionnaire diocésain a-gricole depuis 1912, et depuis 1914, entièrement adonné aux œuvres sociales dans l’Archidocèse, tant dans la ville de Québec que dans les campagnes.Il résidait au collège de Lévis.Les funérailles de Al.le chanoine Grondin ont eu heu dans l’église de N.-D.de Lévis, samedi matin, le 31 décembre, et sa dépouille mortelle a été inhumée dans le cimetière du collège de Lévis.(Semaine religieuse de Québec, 4 janvier 1950.) ?liiiiDaniDn EDIFICE DESJARDINS DESJHRDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XVII, N°1 QUÉBEC Janvier 1951 Sommaire PAGE Feu M.le chanoine Philibert Grondin.Éditoriat : Il n’est plus .Son souvenir demeure.À la mémoire de M.le chanoine Philibert Grondin.Sur la tombe de feu le chanoine P.Grondin.Lettre ouverte.Une perte pour la classe agricole.Les secrets d’une vie féconde.In Æemoriam.M.le chanoine Philibert Grondin.M.le chanoine Philibert Grondin.Funérailles de M.le chanoine Grondin.Le chanoine Grondin et le collège de Lévis.C.Vaillancourt.Léonce Cliche.J.-M.Fortin.Louis Arneau.Léon Lebel, s.j.Léo Duval, ptre.Chan.Wilfrid Lemieux D.Beaudin.Émile Turmel, ptre.Mgr Élias Roy, p.d.1935-1950.2 3 5 7 8 9 10 13 14 15 16 17 19 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN, - LÉVIS, P.Q.Prix de l’abonnement Pour les autres.$1.50 $2.00 LJ REVUE DESJARDINS est imprimée aux aüllers Charrier c3 Dugal, limitée, Québec.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Il n est plus.Son souvenir demeure ?NON, il n’est plus, ce bon chanoine Grondin, il nous a quittés, le 27 décembre dernier, vers sept heures et quart du soir, emporté par une crise cardiaque.Depuis plus d’un an, il se sentait frappé.Lorsqu’au mois d’août dernier, nous allions lui demander de prendre une part active au.Congrès des Caisses populaires, il nous répondait : (( Je ne le puis.J’assisterai aux réunions, mais mon cœur ne me permet plus de parler en public.)) Nous aurions tant aimé l’entendre une dernière fois, lui qui avait si parfaitement compris et qui interprétait si bien monsieur Desjardins 1 Cette amitié du chanoine Grondin avec le fondateur des Caisses populaires remontait à près de quarante-cinq ans.Nous nous rappelons encore les récits qu’il aimait nous faire sur les circonstances qui avaient fait de lui le propagateur des Caisses populaires.Monsieur Desjardins allait chaque soir faire sa marche sur l’avenue Mont-Marie.(L’avenue Mont-Marie longe l’église de Notre-Dame de Lévis et la cour du collège.C’était l’endroit par excellence où les gens qui aimaient à penser pouvaient, dans la tranquilité, se recueillir, méditer.) Ce premier vendredi du mois d’octobre 1906, monsieur Desjardins, en faisant sa marche quotidienne, rencontre monsieur Grondin ; il s’arrête et lui dit à brûle-pourpoint : (( Vous êtes l’homme que je cherche.Ce matin, j’ai fait mon premier vendredi du mois, j’ai communié et j’ai demandé au bon Dieu de me faire rencontrer quelqu’un qui pourrait être, par la plume et par la parole, le propagandiste de l’œuvre des Caisses populaires.Je commence à être absorbé par les quelques Caisses déjà fondées, et mon style est assez lourd et laborieux.Aussi, pour promouvoir mon œuvre, me faut-il un homme jeune, qui sache parler aux jeunes et être compris de tous.Vous êtes le premier que je rencontre, c’est le Sacré-Cœur qui vous envoie ; je vous choisis, vous ne pouvez me refuser.)) Monsieur Grondin, tout interloqué, répondit enfin : (( Je ne connais rien de votre œuvre, si ce n’est d’avoir entendu les conférences que vous êtes venu donner au collège.Puis, comme écrivain, je doute avoir la capacité de faire ce que vous demandez.)) Mais, devant l’insistance de monsieur Desjardins, il dut accepter.Voilà comment ce bon chanoine est devenu le grand zélateur et le grand propagateur des Caisses populaires.Son style, il lui était personnel : lapidaire parfois, mais combien compréhensif, c’était un peu le genre de Pierre l’Ermite avec ses phrases coupées.(( Louis Arneau, nous disait-on souvent, on le ht parce qu’on le comprend.)) Son Catéchisme des Caisses populaires fut une révélation, c’est presqu’un chef-d’œuvre.Ce catéchisme en est rendu à sa dixième édition, il a même été traduit dans d’autres langues.Ce sont ces articles qui nous ont fourni l’opportunité d’entrer en relations plus intimes avec monsieur Grondin et avec monsieur Desjardins.En 1906, le journal d’idées du temps était La Vérité, publiée chaque semaine, à Québec, par J.-P.Tardivel.Comme le journal était imprimé le jeudi, pour être distribué le vendredi, il fallait bien que les articles parviennent au journal 4 LA REVUE DESJARDINS Québec, janvier 1951 au plus tard le mercredi soir, afin d'être composés dans la nuit et être imprimés le lendemain.À cette époque, nous avions l'audace de nous occuper d'autres choses que de nos seuls livres de classe ; nous avions été remarqué par l'abbé Grondin qui s'occupait déjà d'œuvres sociales et de coopération.Chaque mercredi soir, nous partions vers les sept heures du Collège avec les manuscrits de monsieur Grondin.Si ces articles n'avaient pas été révisés antérieurement par monsieur Desjardins, nous passions d’abord les lui montrer.Puis, nous prenions le bateau de la Traverse de Lévis à 7 heures 30 pour nous rendre aux bureaux de La Vérité et nous revenions par le bateau de 9 heures 30.Partir du collège de Lévis, descendre au bateau et, du côté de Québec, monter sur le chemin Sainte-Foy, près de la Grande-Allée, puis revenir en faisant le même trajet, toujours à pied, cela ne se faisait pas aussi facilement qu'au-jourd’hui en automobile.Mais, nous n'en sommes pas plus mal, bien au contraire.Et c'est ainsi que nous avons commencé à nous occuper de ce mouvement des Caisses populaires.Aussi, l'autre soir, vers dix heures, dans l'église de Notre-Dame de Lévis, allant faire une dernière visite à ce bon ami que fut pour nous le chanoine Grondin, nous nous remémorions tous ces souvenirs, et nous nous disions : (( Demain, ce sera notre tour — c'est la vie — et nous nous reverrons, nous en avons l'espérance.)) Le chanoine Grondin a prêché la coopération toute sa vie, coopération d'épargne et de crédit tout spécialement, en paroles et par ses actes.Il a vécu très humblement, mais il fut généreux pour les siens et pour son collège.Il a laissé probablement bien peu d’argent, mais il a laissé quelque chose de mieux : une œuvre impérissable, un souvenir qui ne meurt pas.Nous ne lirons plus les écrits de J.-P.Lefranc, Louis Arneau, Pierre Beaulac, J.-P.Deschamps, mais nous relirons ce qu'il écrivait hier.Pendant une couple de mois, la Revue Desjardins publiera ses dernières lettres au gérant, rédigées avant son départ pour l'hôpital.Nous l'avons vu une dernière fois à l'hô- pital, il était fatigué, abattu, respirant difficilement.Lui, ce colosse, cet homme si fort,, devenir si abattu 1 Bien des gens diront peut-être : (( Pourquoi s'est-il tant dépensé ?Il aurait pu vivre plus longtemps.)) Oui, c'est vrai, s'il s'était moins dépensé, il aurait pu vivre plus longtemps, mais, nous le répétons, il n'aurait laissé aucune œuvre.Il a préféré vivre intensément, faire du bien pour l'amour de Dieu afin que sa vie ne soit pas inutile.En le quittant, lors de notre dernière visite, il nous répétait ce qu'il nous disait souvent : (( Gardez les Caisses populaires dans l'esprit que le fondateur leur a donné.)) D'ailleurs, dans le livre publié à l'occasion du cinquantenaire, sur la vie de M.Alphonse Desjardins, n'écrivait-il pas dans la préface : (( Souhaitons ardemment que les continuateurs de l'œuvre des Caisses gardent toujours scrupuleusement l'esprit de leur génial fondateur .» Puis, il terminait : (( Voilà le vœu, peut-être le dernier de notre vie de coopérateur, que nous faisons pour la prospérité et la pérennité des Caisses populaires Desjardins du Québec et de partout.» 11 sentait, à ce moment-là, sa fin prochaine.C'est son dernier vœu.Un auteur a dit un jour que : le bien que l'on a, la mort nous le prend, le bien que l’on fait, Dieu nous le rend.Lui, ce bon chanoine, qui a tant travaillé pour les siens, qui a mis tant de dévouement et d'amour pour rendre les petites gens meilleurs, il doit avoir aujourd'hui, nous n'en doutons pas, sa récompense au centuple, récompense que nul homme ne peut accorder mais que Dieu seul donne.M.le chanoine Grondin, nous ne vous disons pas adieu, car pour nous, chrétiens, il n'y a que des (( au revoir ».Vous êtes disparu physiquement mais votre souvenir reste et restera toujours parmi nous.Vous avez rejoint le fondateur des Caisses populaires, monsieur Desjardins.Vous serez tous les deux maintenant à veiller sur nous et à nous aider.Gardez-nous cette protection afin que nous continuions de marcher dans les sentiers que vous nous avez battus avec tant d'amour.C.Vaillancourt. Volume XVII, n° 1 LA REVUE DESJARDINS 5 A la mémoire de M.le chanoine Philibert Grondin PATRIOTE BEAUCERON -?- OCTAVE GRONDIN est décédé en 1901.11 était âgé de 66 ans.C’est ce que l’inscription sur son monument funéraire, au cimetière de la paroisse de Saint-Joseph, Beauce, révèle.Il avait cultivé, toute sa vie, une terre située dans le haut de la paroisse, du côté ouest de la rivière Chaudière, à environ quatre milles de l’église.Les Grondin, avec les Lessard, les Maheux, les Jacques, les Poulin, les Vachon, les Cliche et d’autres, colonisèrent notre coin de pays.Je ne l’ai pas connu.A son décès, je comptais 7 ans et nous vivions à l’autre bout de la paroisse, au « Temps-Perdu ».Il m’est arrivé, récemment, de rencontrer un de nos vieux et je me suis informé du père du chanoine Grondin.Et voici : « Octave à Lamet (Octave Grondin, ça, c’est le nom des grandes circonstances), a élevé une bien grosse famille, et du monde intelligent.C’était un grand homme maigre et sec.Très vif à l’ouvrage, gros travailleur, il était beau de le voir à l’œuvre, dirigeant le travail de ses fils, parmi lesquels il n’y avait pas de
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