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Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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  • Ligne de communication,
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Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1951, Collections de BAnQ.

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iniruEioiari EDIFICE DESJARDINS r l v- ' 'V—- ~____y-1' . BILLET a - ?- ET le vieux moulin de itie aux Coudres, malgré ses deux cents ans passés, continue toujours sa besogne : ses grandes ailes remplissent les mêmes jonctions : elles activent.Il est resté là, le vieux moulin, stable, comme un exemple à donner, une doctrine à prêcher, un idéal à atteindre.Il a passé à travers tous les « remous », il a résisté aux assauts du temps et du progrès, pour rester fidèle à ceux qui lui avaient donné confiance.Et parce que cette confiance s’est maintenue, lui aussi, il a continué ses services.Le vieux moulin de /’ île aux Coudres ?— Il n est pas qu un souvenir, mais aussi une leçon.Il sent bien que la vie moderne a changé beaucoup de choses : les charrettes sont remplacées par les camions, les transports se sont modernisés.Il y a plus : les clients ne sont plus les mêmes, sans doute {et il en a vu passer des générations), mais ce sont leurs soucis, leurs inquiétudes, leurs espoirs qui ne sont plus les mêmes.Et le vieux moulin s’inquiète peut-être.Il semble dire : « Pourquoi tant vous agiter ?L’agitation n est pas T action ; « travaillez, prenez de la peine, )) si chaque journée apporte sa part de soucis, elle donne aussi bien des consolations.Pauvres hommes qui voulez tout jaire à la fois, donnez donc « le temps au temps )) et n ayez pour vous-mêmes qu’un souci: occuper votre place d’hommes, et toute votre place.» Coopérateurs du Québec, c’est pour nous aussi que le vieux moulin parle.Soyons donc des hommes d’action, travaillons pour le présent, il le faut, mais pensons à l’avenir, à tous ceux de nos successeurs qui devront en plus de souffrir pour le mouvement coopératif, maintenir ce qui déjà a été fait.Les vieilles maisons son plus faciles à détruire qu à bâtir.Le vieux moulin de l’île aux Coudres.nous en avertit.Et il résiste.Faisons de même ! Jos.Turmel NOTRE COUVERTURE.-Le vieux mou- lin, photographie de M.Roland Charuest, p.s.a.— r.p.s., L’Ancienne-Lorette, Québec.\: 11': l'iiS jMMyjjl ritiiirïid v.fiT j.l m ifc.ÉDIFICE DESJARDINS DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XVII, N° 3 QUEBEC Mars 1951 Sommaire Billet.Jos.Turmel.« Gardons l’esprit ».C.Vaillancourt .Que valent les prêts entièrement dus?Rosario Tremblay .M.le curé Pelchat.J.-E.Beaudoin.43 45 46 In Memoriam : M.Xiste La palme.46 (( Histoire de l’agriculture au Canada français )).47 Le droit de vote, ici et ailleurs.47 Assemblée générale de la Caisse populaire de Lévis.J.-M.Gagnon.48 Principes chrétiens dans l’économie.50 Caisse populaire du Christ-Roi (Shawinigan).52 Le progrès de l’économie canadienne.53 Miettes de doctrine : Syndicat et Caisses populaires.Ferdinand Mousseau.Un petit regard par le judas.La fugue.Robert Grand’messes pour M.le chanoine Grondin.54 56 57 Apôtre par la parole et par la plume Louis-Philippe Roy Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉSIN, LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires Pour les autres LA REVUE DESJARDINS esi imprimée aux ateliers Charrier e3 Dugal, limitée, Québec.-OsafL Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. >• R g VC/£, « Gardons l'esprit » !,#) NE serait-il pas avantageux, nous demande-t-on, que la Fédération des Caisses populaires organise une société de courtage pour Tâchât et la vente d'obligations ?Les principaux avantages d'une telle société seraient que, en soumissionnant pour l'achat d'obligations, les Caisses populaires pourraient se les procurer à meilleur marché.Et en outre de soumissionner pour une émission entière, les Caisses populaires pourraient avoir des échéances plus courtes : les courtiers viennent, règle générale, offrir aux Caisses populaires des échéances de six, dix ou quinze ans, alors qu'elles ont besoin de courtes échéances.La Fédération, enfin, a besoin d'argent pour la propagande et l'inspection des Caisses populaires ; les bénéfices qu'elle réaliserait avec cette société serviraient à défrayer les dépenses de cette inspection et de cette propagande.Les dépenses de la Fédération s'élèvent à $260,000.00 ; sur ce montant, le gouvernement de la province paie $75,000.00, et ce sont les contributions des Caisses qui paient la différence.Voilà, en résumé, les avantages qui militent en faveur de l'organisation d'une société de courtage par la Fédération.Nous avons cru devoir répondre à cette demande dans notre Revue, car plus d'une « Gardons toujours scrupuleusement l’esprit de notre génial fondateur.» (Chan.Phil.Grondin.) Caisse populaire sera sans doute intéressée à savoir ce que nous en pensons.Cette proposition n'est pas nouvelle ; elle nous a été plus d'une fois formulée ; et, après avoir mûrement réfléchi, les administrateurs de la Fédération, surtout les dirigeants actuels, ont jugé que ce n'était pas du domaine des Caisses populaires d'organiser une société de placements ou de courtage.Monsieur Desjardins, en fon^ dant les Caisses populaires, a voulu fonder des organismes d'épargne d'abord, et, en deuxième lieu, une fois l'épargne accumulée, des sociétés de crédit pour aider les sociétaires dans le besoin.Les dirigeants actuels de la Fédération croient donc qu'en organisant une telle société on irait à l'encontre de l’idée du fondateur, car un tel organisme serait plutôt d'ordre spéculatif que coopératif.En effet, si cette société de courtage peut faire de l'argent, elle peut aussi en perdre.Ainsi, il y a quelques mois, les obligations du Dominion se transigeaient au pair et au-dessus du pair ; aujourd'hui, les échéances 1963 à 1966 se transigent à 97.et même à meilleur compte.Les obligations de la province de Québec, mêmes échéances, se vendent à 96.et moins.Les obligations de corporations religieuses, municipales ou scolaires, avec intérêt de 3% et 3)^%, de un à 15 ans, se vendaient au prix de 98.; 44 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 aujourd'hui, elles se vendent à 92.et même 90.Nous ne croyons donc pas que la Fédération des Caisses populaires ait le droit de spéculer ainsi ; d'ailleurs, les règlements des Caisses populaires disent à l'article 44 : (( La société s'interdit toute spéculation de bourse ou opérations aléatoires quelconques.)) C'est monsieur Desjardins qui a rédigé ces règlements.Un autre argument contre l'organisation d'une telle société de courtage, c'est que les dirigeants actuels de la Fédération croient qu'en procédant ainsi on ira trop loin dans la centralisation de l'économie de nos petites gens.Et comme les dirigeants actuels sont contre toute centralisation, d'où qu'elle vienne, et sous quelque forme qu'elle soit, ils ne croient pas devoir adhérer à cette organisation d'une société de courtage.Les dirigeants actuels de la Fédération ont toujours été opposés à l'organisation d'une Caisse provinciale tout comme ils se sont opposés à l'organisation d'une Caisse centrale nationale, non seulement en paroles mais en posant des actes, ceux qui prétendent le contraire sont bien mal informés.Entre autres désavantages découlant d'un tel office de courtage appartenant à la Fédération, signalons que cette dernière se trouverait à prendre la responsabilité, du moins morale, des valeurs achetées et revendues par son entremise aux Caisses populaires.On réduirait, en outre, le marché de ces valeurs, car les obligations qui seraient a-chetées et vendues par cette société de courtage se trouveraient dans un cercle restreint, ces obligations ne se trouvant que dans le portefeuille des Caisses populaires.Si, à un moment donné, on a besoin d'argent, et qu'on doive encaisser ces valeurs, croyez-vous que les autres courtiers seraient intéressés à nous aider dans la vente de ces valeurs ?Restons donc dans notre domaine en continuant à développer la vertu de l'épargne.N'entrons donc pas dans la spéculation ; prêchons et pratiquons l'épargne, aidons ceux de nos sociétaires qui sont dans le besoin.Et c'est ainsi que notre mouvement des Caisses populaires continuera à se solidifier et aussi à décentraliser.On prêche contre les monopoles ?n'allons pas essayer d'en créer un nous-mêmes 1 Quels hommes sont nécessaires à la coopération ?Voici ce qu’en pense un almanach anglais ; et vous ?La coopération veut : Des hommes incorruptibles.Des hommes que la richesse ne peut séduire.Des hommes également honnêtes dans les grandes et dans les petites choses.Des hommes actifs, des hommes qui ne se laissent pas décourager par les échecs.Des hommes qui n’ont pas deux lignes de conduite : une pour leur conduite personnelle, l’autre pour les affaires publiques.Des hommes dont les préoccupations vont au delà de leur bien-être personnel.Des hommes qui mettent les intérêts communs au-dessus des intérêts personnels et privés.Des hommes qui tiennent leur parole et demeurent fidèles à leurs amis, dans la joie comme dans la douleur. Volume XVII, n° 3 LA REVUE DES JARDINS 45 iiifs [ ires,| ) cesl uiïi Que valent les prêts entièrement dus ?EN relisant les notes de la section de langue anglaise du Congrès international des Caisses populaires, tenu à Lévis, au mois d’août dernier, on se rappelle que la loi qui régit les Caisses populaires ou Credit Unions, dans l’Etat du Massachusetts, statue qu’un prêt dont les versements sont en retard depuis 26 semaines est considéré Légalement mauvais.En conséquence, la Caisse doit l’absorber immédiatement comme perte.Ceci remet en question une intéressante discussion qui eut lieu, le 29 octobre dernier, à l’assemblée générale annuelle de l’Union régionale de Joliette.M.Laurent Létourneau, gérant de l’Union régionale des Trois-Rivières et président de la Fédération, déclarait qu’en général un prêt consenti il y a 4 ou 5 ans et sur lequel il n’y a eu aucun remboursement, doit être envisagé comme un mauvais prêt et considéré comme une perte éventuelle pour la Caisse.Cette discussion fit constater que, mal- heureusement, il existe encore des prêts sur reconnaissances de dette et.même sur hypothèques qui datent de 10 ans et plus ; certains dirigeants persistent à croire, voir même à prétendre que ces prêts sont bons.À tous ceux qui s’occupent activement du mouvement des Caisses populaires, qui en ont étudié la loi, les règlements et se sont fait un devoir de bien comprendre la pensée intime du fondateur, ces faits semblent invraisemblables.Comment s’expliquer le raisonnement de dirigeants au sujet des prêts traînant dans les livres de leur Caisse depuis tant d’années ?c’est un bien bon emprunteur, disent-ils, il n’y a aucun danger, la Caisse a de l’argent à prêter, et il lui faut réaliser des bénéfices, etc.M.Desjardins n’a pas fondé ses Caisses pour faire des bénéfices ; bien au contraire, il les a fondées pour, entre autres choses, permettre aux petites gens de se désendetter, afin qu’ils deviennent Photographie des officiers de la Caisse populaire Saint-Pascal-de-Maizerets, Québec, prise à l occasion de l assemblée générale.kfc- è* 46 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 économiquement libres et qu'ils puissent vivre plus convenablement.Qu’on le veuille ou non, les gens qui sont endettés ne se délivreront de leurs dettes qu’au moyen de remboursements périodiques faciles, selon ce que prévoient les règlements des Caisses.Pourquoi s’obstiner à prêter à demande ou à 3 mois, à 6 mois ou à 12 mois, pour constater ensuite qu’à l’échéance le prêt n’est pratiquement jamais remboursé ?Le remboursement des prêts par petits versements périodiques est efficace et l’expérience le prouve.Il ne faut donc pas se leurrer et chercher midi à quatorze heures.La meilleure preuve de l’efficacité du remboursement d’une dette par le morcellement en petits versements, est que le commerce l’a adopté sous la forme de vente à tempérament avec grand succès, mais aussi au grand préjudice du peuple qui devient victime d’une nouvelle forme d’usure, des plus détestable et pire qu’autrefois, parce que plus insidieuse.Si, d’un côté, il faut combattre constamment, avec toute la vigueur possible, les ventes à tempérament qui amènent une trop grande partie du peuple à des dépenses prématurées de consommation, il importe, d’un autre côté, de favoriser le crédit sain et efficace, tel que dispensé par les Caisses populaires, avec des modes de remboursements faciles, à la portée de chacun.Il serait difficile de prouver qu’un prêt, du seul fait qu’il soit dû depuis 26 semaines, constitue une mauvaise créance au sens de la loi des Caisses du Massachusetts, mais, d’un autre côté, l’affirmation de M.Laurent Létourneau, qui a une vaste expérience dans le domaine des prêts, devrait nous faire réfléchir.Si, par hasard, il y a des prêts qui traînent dans les livres de la Caisse depuis de nombreuses années, et surtout si on a perdu trace de l’emprunteur, de grâce qu’on absorbe donc la perte immédiatement au heu de laisser porter indéfiniment et de ne jamais savoir à quoi s’en tenir.Si vous avez de ces prêts, dont les responsables résident encore dans la localité, prenez les moyens immédiats d’effectuer un règlement dans l’intérêt de la Caisse, et aussi, disons-le, dans l’intérêt du sociétaire qui devrait apprendre à payer ses dettes.Rosario Tremblay.M.le curé Pelchat -?- Parmi les victimes du mont Obiou, la paroisse de Saint-Raphaël, Bellechasse, y compte son pasteur, monsieur le curé Joseph Pelchat.Né à Saint-Magloire de Bellechasse, le 3 février 1898, il fit ses études classiques au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, où il fut également professeur, après un an passé au grand séminaire, à Québec.A son ordination le 29 juin 1923, il fut d’abord nommé vicaire à Saint-Camille de Bellechasse, puis à Saint-Roch de Québec où il exerça son ministère pendant près de quinze ans.Il fut d’abord curé à Saint-Juste-de-Bretenières, à Saint-Nérée et, enfin, à Saint-Raphaël.Monsieur le curé Pelchat laisse une soeur, madame Her-ménégilde Champagne, de Saint-Magloire.L’abbé Pelchat n’était ni un tapageur, ni un (( casseur de vitres » ; mais il savait être où il devait être et s’y maintenir.Sa grande bonté, toujours égale pour toutes ses ouailles, laisse de lui le souvenir d’un prêtre exemplaire et que ses paroissiens n’oublieront pas.Membre actif de la Caisse populaire depuis son arrivée à Saint-Raphaël, M.l’abbé Pelchat lui portait un vif intérêt : il n’était pas indifférent au bien-être matériel de ceux qu’il avait la mission de sauver ; n’arrive-t-on pas à atteindre les choses invisibles par les choses visibles ?A ce bel apostolat, à cette vérité, monsieur le curé Pelchat y a donné toute son âme.Maintenant, qu elle repose en paix.J.-E.Beaudoin, gérant.In Memoriam La Revue Desjardins apprend la mort de M.Xiste Lapalme, décédé le 5 novembre 1950, à l’âge de 76 ans.Il a supporté avec une résignation profondément chrétienne la maladie qui l’a emporté.Monsieur Lapalme fut un des pionniers de la Caisse de Saint-Liboire, et dès sa fondation, le 9 décembre 1925, il était nommé membre de la commission de crédit, poste qu’il occupa jusqu’en 1928 alors qu’il devint gérant de La Caisse.Il occupa ce poste jusqu’en 1939.Il ne cessa pas, cependant d’être administrateur, jusqu’à ces tout derniers temps, exactement le 26 octobre 1950.Est-il besoin d’ajouter que toute la vie de M.Lapalme a été faite de dévouements et de sacrifices à l’avantage des siens ?La Revue Desjardins offre ses condoléances les plus sincères. Volume XVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 47 « Histoire de Tagriculture au Canada français » Monsieur Firmin Letourneau, agronome, professeur à rinstitut agricole cTOka et à la Faculté des Sciences sociales, économiques et politiques de Tuniversité de Montréal a publié récemment Y Histoire de Y agriculture au Canada français avec préface de M.le chanoine Lionel Groulx, président de l'Institut d’histoire de l’Amérique française.C’est un ouvrage de plus de 300 pages, fort intéressant.C’est l’histoire des « vrais bâtisseurs du pays », qui évoque les hauts faits de notre classe paysanne, des fils de France et de ceux qui, issus d’eux, ont défriché notre sol et ont si profondément marqué notre pays de leur empreinte.Il n’y a sûrement pas que les ruraux qui prendront un grand intérêt à revivre l’histoire de notre agriculture en lisant ces pages ; les autres aussi, les citadins, à quelque profession qu’ils appartiennent, tireront avantage à mieux connaître l’histoire de nos origines terriennes, la grande richesse d’où ils sont sortis, la source vive de notre peuple, le fondement le plus stable de notre vie économique, sociale, culturelle.Une première partie rappelle la période de l’établissement, qui va de 1605 à 1760, c’est-à-dire la vie des pionniers sous le régime français.Lui succède la période des luttes, de 1760 à 1867, de la Cession du Canada à la Confédération.Elle rappelle la vie du petit peuple opprimé qu’on cherche à faire disparaître du Canada.Une troisième partie s’étend de 1867 à 1912.C’est la période de construction où l’on jette les bases des législations agricoles, des organismes agricoles, des méthodes de culture, etc.Une quatrième partie marque la période d’expansion, de 1912 à nos jours ; c’est la mise en valeur de notre agriculture par des moyens de plus en plus modernisés.Il n’y a rien à perdre à se procurer ce livre, il y a tout à gagner à le lire et à le méditer.Les Caisses populaires qui le désirent, peuvent se procurer Y Histoire de Y agriculture au Canada français, en s’adressant à la Fédération des Caisses populaires, au prix de $2.l’unité.•- 1- • Le droit de vote, ici et ailleurs ?Que l’on regarde un peu partout dans le monde et l’on s’aperçoit que le vote est une drôle de chose.Au Canada, par exemple.Si un homme n’a pas le droit de vote il le réclame.Vous n’en croyez rien ?Eh bien 1 rendez-vous à un bureau d’élection et entendez les réclamations de ceux à qui l’on dit qu’ils n’ont pas, pour une raison ou pour une autre, le droit de vote dans telle élection.Si un individu a droit de vote, il en est très fier mais la plupart du temps il n’en use pas.Curieux, parce que si le droit de vote est en somme permanent, ce droit devient, lorsqu’on ne s’en sert pas, aussi utile qu’un billet de théâtre pour une représentation qui a eu lieu une semaine auparavant.Allons maintenant dans le secteur allié de Berlin.Là un vote a une signification extraordinaire.Il y a quelques semaines, les communistes firent campagne pour inciter les gens à ne pas voter lors de l’élection des députés.Les anti-communistes, armés de vote libre et secret, infligèrent une défaite aux marxistes.1,504,414 voteurs sur 1,664,091 se présentèrent aux bureaux de scrutin.En Roumanie, ce n’est pas la même chose.Sous la surveillance étroite de la police secrète et des troupes russes, les Roumains votèrent, mais ils donnèrent leur vote aux seuls candidats à qui ils avaient le droit de le donner, les candidats communistes.En Hongrie, l’élection donne lieu à de véritables spectacles.Des brigades culturelles visitent chaque maison et à l’aide de chansons, de poèmes, de caricatures, ils incitent les gens à voter.Là, on ne dit pas comme au Canada : (( Votez comme vous l’entendez, mais votez ».En Hongrie, le mot d’ordre est : (( Votez comme nous l’entendons, mais riez ».Tout cela est curieux en effet.Dans les pays, où, l’on ne peut choisir entre les candidats, les voteurs sont obligés de voter.Dans les pays où, au contraire, ce choix existe, et avec ce choix une certaine responsabilité, les voteurs se font remarquer par leur petit nombre.Et parce que le droit de parole ne se sépare pas du droit de voter librement et secrètement, les absentéistes sont ordinairement les critiques les plus acerbes contre le gouvernement.Comme nous le disions au début et comme nous le répétons sans plaisir : c’est une drôle de chose que le droit de vote.(Extrait de Industrie) 48 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 Assemblée générale de la Caisse populaire de Lévis tenue le 20 décembre 1950 DISCOURS DE M.J.-M.GAGNON, SECRÉTAIRE-GÉRANT, ET RAPPORT ANNUEL DE LA CAISSE, À LA FIN DE SA CINQUANTIÈME ANNÉE D’OPÉRATION.-?- Votre Conseil d’administration a l’honneur de vous communiquer les états financiers suivants sur les opérations de votre Société pendant la cinquantième année sociale terminée le 30 novembre 1950.SITUATION AU 30 NOVEMBRE 1950 ACTIF Prêts aux sociétaires : — Sur hypothèques.Sur reconnaissances de dette .Placements : — Obligations.Parts à Caisse centrale.L’Assurance-Vie Desjardins.La Société d’assurance des Caisses populaires.v.Intérêts accrus.$ 1,692,677.54 158,681.71 - $ 1,851,359.25 $ 3,006,528.45 3,000.00 22,500.00 50,000.00 - 3,082,028.45 .41,977.25 Total.$ 4,975,364.95 Bâtisses.31,512.39 Terrains.3,001.00 Ameublement de bureau.4,998.73 Total.$ 5,014,877.07 Caisse au 30 novembre 1950.63,463.27 Total de l’actif.$ 5,078,340.34 PASSIF Capital social Epargne.$ 403,767.81 4,199,679.58 Total du passif $ 4,603,447.39 Bénéfices nets.Fonds de réserve.Fonds de prévoyance.Fonds de bienfaisance Surplus.$ 294,261.68 58,271.24 3,150.00 93,321.41 25,888.62 Total de l’avoir-propre 449,004.33 Grand total $ 5,078,340.34 C’est le 6 décembre 1900 que le commandeur Alphonse Desjardins fondait notre Caisse populaire avec l’appui de quelque cent citoyens de la ville de Lévis et des paroisses environnantes.M.Desjardins avait travaillé ferme pour réussir cette fondation qui marquait le point de départ de la coopération d’épargne et de crédit en Amérique.Il lui avait fallu, en effet, étudier les différents systèmes européens de banques populaires d’épargne et de crédit, alors en existence, et faire un travail d’éducation et de persuasion dans la paroisse et les environs avant de pouvoir mettre sur pied cet organisme qui devait être appelé a jouer un si grand rôle dans l’économie québécoise.Il a dû, par la suite, lutter contre l’apathie de certains de ses co-paroissiens et contre les défaitistes du temps qui ne se gênaient pas pour prédire la banqueroute a brève échéance de la nouvelle société.Eh bien 1 chers sociétaires de Lévis, remercions la Divine Providence qui a permis que la semence jetée en terre par M.Desjardins en 1900 produisit tant d’excellents fruits en abondance.En effet, la fondation de notre Caisse a été suivie, comme vous le savez, par nombre d’autres, si bien qu’au 31 décembre 1949, il y avait dans la province de Québec, 1,068 Caisses ayant un actif total de $210,000,000.00.En cette année du jubilé d’or de la fondation de notre Caisse populaire, les dirigeants du mouvement coopératif d’épargne et de crédit ont voulu commémorer cet événement en organisant, à Lévis, au mois d’août, un (( Congrès international )) des Caisses popu- Volume XVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 49 laires.Ce congrès a été couronné d'un franc succès.Des milliers de congressistes sont venus de toutes les parties de la province, du pays et même de Tétranger, rendre hommage à notre fondateur.Notre Caisse se devait de bien figurer et de souscrire généreusement.à ces fêtes.Vos administrateurs y ont donc pris une part active.Le Conseil d’administration a profité de là circonstance pour honorer les deux seuls officiers encore vivants élus le 6 décembre 1900, lors de la séance de fondation de la Caisse populaire de Lévis, M.Napoléon-A.Lemieux, qui a fêté son 90e anniversaire de naissance au mois de novembre, et M.Albert-G.Lambert, âgé de 85 ans, qui demeure maintenant chez sa fille à Saint-Hyacinthe.Le Conseil a donné à chacun une montre en or comme gage d’estime et de reconnaissance pour l’aide qu'ils ont accordée à M.Desjardins au tout début de son organisagion.Vos administrateurs ont tenu également à présenter leurs hommages au président actuel, Me V.-A.De Billy, qui dirige la Caisse à ce titre depuis 1937 et ils lui ont remis un cadeau souvenir.Toute la population de Lévis et des environs a été heureuse de prendre part aux fêtes du Cinquantenaire.Le Conseil d’administration se fait un devoir de remercier les sociétaires pour le bel accueil qu’ils ont fait aux congressistes.C’est tout à l’honneur de notre ville.* * * Si nous passons maintenant au bilan de l’année qui vient de se terminer et que nous avons le grand honneur de vous soumettre, puisque c’est le cinquantième rapport annuel, vous constaterez messieurs les sociétaires que vos administrateurs ont raison d’être fiers des chiffres qu’ils vous soumettent.L’actif a la fin de la cinquantième année d’opérations, s’élève à $5,078,340.34.C’est le plus haut sommet jamais atteint.Cela représente une augmentation de $183,714.37 a comparer avec le 30 novembre 1949.Si le capital social n’accuse qu’une légère hausse de $845.36 avec l’an dernier pour figurer à $403,767.81, l’épargne s’est par ailleurs accrue de $179,596.84, s’établissant au 30 novembre 1950 a $4,199,679.58 Votre Commission de crédit s’est bien acquittée de sa tâche.Elle a consenti des prêts pour un montant de $726,089.70 dont 158 prêts hypothécaires pour un montant de $625,650.20 et a prêté $100,439.50 sur reconnaissances de dette.Au 30 novembre dernier, les prêts aux sociétaires s’élevaient a $1,851,359.25 dont $1,692,677.54 sur hypothèques et $158,681.71 sur reconnaissances de dette.Cela représente une augmentation totale, dans les prêts aux sociétaires, de $317,258.20.La Caisse a payé un intérêt au taux de 3% sur les épargnes des sociétaires.Ces intérêts se sont élevés à $109,898.07.Votre Conseil d’administration recommande que les mêmes bonis de 5% et 6% soient payés sur le capital social.Ces bonis se chiffreront a $23,200.00.Le rabais d’intérêt ou ristourne accordé aux sociétaires emprunteurs, qui représente 3/20e de 1’ intérêt payé pendant l’année écoulée, s’élève à $10,800.00.Cela a pour effet de réduire le taux d’intérêt sur les prêts a 4^4%.Si nous avons pu maintenir ces taux, tant sur l’épargne et le capital social que sur les prêts, c’est dû en grande partie a la sage administration de vos officiers et aux frais d’administration qui demeurent toujours très bas si on les compare au chiffre des affaires effectuées.La Caisse continue a conserver une excellente liquidité.Le portefeuille des obligations se divise comme suit : Gouvernements fédéral et provincial, $374,050.00 ; Corporations municipales.Cités et Villes, $1,032,600.00 ; Commissions scolaires, $581,300.00 ; Corporations religieuses, $620,- 600.00 ; Syndics, Fabriques, Diocèses et Hôpitaux, $421,982.80.Les capitaux de placements devenant échus les cinq prochaines années sont les suivants : 1951, $204,900.00 ; 1952, $162,700.00 ; 1953, $189,200.00 ; 1954, $153,- 700.00 ; 1955, $185,200.00.La Caisse a aidé une de nos institutions presque centenaire.Le collège de Lévis, en souscrivant la somme importante de $15,-000.00, payable $3,000.00 par année.Le premier versement a été fait.Depuis le 15 mai 1950, le local de.la Caisse est situé dans l’Edifice Desjardins.Les bureaux sont spacieux et le personnel est en mesure de rendre plus de services aux sociétaires.Si nous avons pu obtenir des résultats aussi satisfaisants dans le cours de l’année, nous le devons en grande partie au dévouement des membres des trois conseils et commission et au travail constant ^et consciencieux des employés.À tous, en votre nom, un sincère remerciement.Nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter un « Joyeux Noël et une Heureuse et Sainte Année )).Vous aurez à élire trois membres du Conseil d’administration en remplacement de messieurs Dr J.-A.Tardif, Marcel Fortier et Jean-Marie Gagnon ; deux membres de la Commission de crédit en remplacement de messieurs J.-E.Guénette et L.-B.Pelletier ; un membre du Conseil de surveillance en remplacement de monsieur Alyre Bégin.J.-M.Gagnon, secrétaire-gérant. L’eau qui tombe goutte à goutte finit par creuser ta pierre : avec de petits coups de dents, une souris coupe un câbte : avec de petits coups de hache, on abat les grands arbres.—Franklin ?Bien compris, le silence est générateur de victoire.— R.Plus, S.J. Le Saint-Père bénit te monde au début de l’Année tV sainte, dont Les bienjaits sont étendus à L’Univers.jt' ¦ : ,1 Principes chrétiens dans l'économie ?NOUS Nous bornerons cependant à mettre en relief quelques idées fondamentales : 1° Oui dit vie économique, dit vie sociale.Le but auquel elle tend par sa nature même et que les individus doivent également poursuivre dans les diverses formes de leur activité, c'est de mettre d'une façon stable, à la portée de tous les membres de la société, les conditions matérielles requises pour le Nous croyons utde de rappeLer Les principes que Le Christianisme veut à La base même de L’économie.Nous Les empruntons d’un discours de Sa Sainteté Pie NIL, en date du 7 mars 1948, aux membres du Congrès des échanges internationaux.dans tout autre domaine de la vie en général.2° La vie développement de leur vie culturelle et spirituelle.Ici donc il n'est pas possible d'obtenir quelque résultat sans un ordre extérieur, sans des normes sociales, qui visent à l'obtention durable de cette fin, et le recours à un automatisme magique est une chimère non moins vaine pour la vie économique que economique, vie sociale, est une vie d'hommes, et, par conséquent, elle ne peut se concevoir sans liberté.Mais cette liberté ne peut pas être la fascinante mais trompeuse formule, vieille de cent ans, c'est-à-dire d'une liberté purement négative, née de la volonté régulatrice de l'Etat, ce n’est pas non plus la pseudo-liberté de nos jours. Volume XVII, n° 3 LA REVUE DES JARDINS 51 qui consiste à se soumettre au commandement de gigantesques organisations.La vraie et saine liberté ne peut être que la liberté d'hommes qui, se sentant solidairement liés en vue du but objectif de l'économie sociale, sont en droit d'exiger que l'ordre social de l'économie, loin de porter la moindre atteinte à leur liberté dans le choix des moyens adaptés à ce but, la garantisse et la protège.Ceci vaut également pour tout genre de travail, indépendant ou dépendant, car, en regard de la fin l'économie sociale, tout membre producteur est sujet et non pas objet de la vie économique.3° L'économie nationale, en tant qu'économie d’un peuple incorporé dans l'u- nité de l'État, est elle-même une unité naturelle, qui requiert le développement le plus harmonieux possible de tous ses moyens de production, sur tout le territoire habité par le même peuple.En conséquence, les rapports économiques internationaux ont une fonction positive et nécessaire, certes, mais seulement subsidiaire.Le renversement de ce rapport a été l'une des grands erreurs du passé, et la condition forcément subie aujourd'hui par un bon nombre de peuples pourrait facilement en favoriser le retour.Dans ces conjonctures, il serait peut-être opportun d'examiner si une union régionale de plusieurs économies nationales ne rendrait pas possible un développement plus efficace que dans le passé des forces particulières de production.4° Mais surtout il est nécessaire que la victoire sur le funeste principe de l'utilité considérée comme base et règle du droit : que la victoire sur ces germes de conflit qui consistent en désaccords par trop aigus et parfois imposés par la coaction dans le domaine de la vie économique mondiale ; que la victoire sur l’esprit de froid égoïsme, apporte cette sincère solidarité juridique et économique, qui est la collaboration fraternelle, suivant les principes de la loi divine, parmi les peuples, assurés de leur autonomie et de leur indépendance.La foi dans le Christ et l'observance de ses commandements d’amour pourront seules conduire à VUlage de Croix-de-Pigne, et pic du mont Obiou, rappelant tant de souvenirs aux canadiens ütttl cou trip *f.V* f * t- ir JLÜ / (P État 52 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 une si bienfaisante et si salutaire victoire.Tels sont quelques principes fondamentaux qu'il Nous a semblé opportun de vous exposer.Nous vou- drions omettre de parler de la fatale incohérence de ceux qui, tout en revendiquant pour leurs propres marchandises le libre trafic mondial, dénient à l'individu cette li- Caisse populaire du Christ-Roi (Shawinigan) {Société coopérative de crédit régie par la Loi des syndicats de Québec) — 1 — Le* Caisse populaire Est une bonne affaire Quand elle a pour gérant Un homme honnête et franc.C’est une œuvre sociale Et tout à fait géniale Mais rien qu’paroissiale.— 2 — Quand on daigne d'emblée Ouvrir chaque assemblée Par la prière à Dieu Saint Jude et saint Mathieu, La Caisse populaire Fait un geste exemplaire Qui doit à Dieu bien plaire ! — 3 — Au lieu d’aller à banque.L’homme à qui l’argent manque De la Caisse il l’obtient Au taux qui lui convient.A ses conditions mêmes Ça résout les problèmes Inscrits dans son barême.— 4 — Aux Caisses populaires Tous les sociétaires Nos filles et nos fils Héritent des profits ; La Caisse est à leur porte Pour leur prêter main-forte, Ce qui les réconforte — 5 — Décidément la Caisse Sème du bien sans cesse.Elle en répand partout.Chez les jeunes surtout Quand l’aumônier en tête Activement s'y prête Par le côté honnête.— 6 — Les usuriers en ragent ; Plusieurs se découragent .Ils ne font plus de prêts À de gros intérêts ; La Caisse les arrête Car c’est elle qui prête.C’est ça qui les embête.— 7 — La Caisse populaire Est aussi nécessaire Que tous les corps locaux : Conseils municipaux.Commissions scolaires.Églises, séminaires.Qui gèrent les affaires.— 8 — La Caisse populaire Est donc bien nécessaire , Celui qui y prend part S’assure pour plus tard Une vie plus tranquille Dans un bon domicile, En campagne ou en ville.berté naturelle.Nous voudrions également Nous abstenir de qualifier la conduite pratique de certains défenseurs du droit de propriété privée, lesquels avec leur façon d'interpréter l'usage et le respect de la propriété elle-même, parviennent mieux que ses adversaires à ébranler cette institution si naturelle et si indispensable à la vie de l'humanité, et principalement de la famille.Ou'il Nous suffise maintenant de conclure Notre discours par le vœu que, dans les écoles professionnelles, comme aussi dans les universités, soient inculqués comme il convient ces principes de la vie économique sociale.L'urgente nécessité de vaincre l'esprit matérialiste de notre temps, même dans le domaine économique, l'exige.Dans la mesure où vous contribuerez à faire germer et fructifier dans l'esprit de la jeunesse, et par là même dans celui des générations futures, ce sens spirituel et social, même en matière économique, vous coopérerez puissamment au progrès de votre chère patrie dans l'estime et dans l'amour du travail, dans la collaboration confiante de tous ses enfants, grâce à la réintégration de son économie au sein de l'économie internationale.Tel est, croyons-Nous, Votre idéal.Nous prions Dieu de vous aider par sa grâce à le réaliser. Volume XVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS Notre pays s’est encore développé en 1950.Tout d’abord, sa population s’est accrue ; les statistiques l’établissaient à 13,800,000 au premier juin 1950.La production nationale a excédé 17 milliards ; c’est un gain d’un mdliard sur l’année 1949.L’industrie a progressé, et ce qui s’est accompli en 1950 dans le domaine de l'huile et du pétrole, et ce qui se fait présentement en vue d’organiser l’exploitation des riches gisements de fer au Labrador et dans le nord du Québec laissent entrevoir de belles perspectives d’avenir.La production agricole canadienne en 1950 a excédé d’environ 15% celle de 1949.Cependant, les revenus des cultivateurs canadiens ont été un peu moindres, par suite du déclin des prix des produits de la ferme.Les investissements de capitaux se sont élevés à $3,700,-000,000.La confiance qu’ont les étrangers, en particulier les Américains, dans l’économie canadienne, les a incités à faire des placements chez nous.Sans compter qu’ils avaient l’espoir de faire un bénéfice de capital, escomptant que le gouvernement canadien rétablirait la parité du dollar canadien avec le dollar américain dès que la balance commerciale du Canada avec les Etats-Unis ne serait plus déficitaire.Nos réserves se sont accrues rapidement, et cette rentrée de capital américain jointe aux achats considérables de matières premières canadiennes par les industries américaines à la suite de l’intervention des Etats-Unis en Corée, ont intensifié la pression sur les prix vers la hausse.Autant de facteurs qui ont amené le gouvernement canadien à libérer le dollar, c’est-à-dire à confier au jeu de l’offre et de la demande le soin d’en déterminer la valeur sur le marché international.L'augmentation de la valeur d’échange du dollar canadien (qui s’est établie autour de .95) a certes contribué à compenser l’augmentation Le progrès de l’économie canadienne des prix des marchandises achetées des Américains, mais elle ne semble pas avoir réduit sensiblement la rentrée au Canada des capitaux américains.D’ailleurs, de façon générale, les spéculateurs américains ont laissé au Canada les placements qu’ils y avaient faits.Notre commerce extérieur a atteint un nouveau sommet : 6 milliards.Si nos exportations au Royaume-Uni ont diminué, en particulier dans le domaine des produits agricoles, par suite de la politique anglaise de conservation du dollar, nos ventes aux Etats-Unis ont pris un essor tel que notre balance commerciale avec eux s’avérera bientôt favorable, bien que nos importations des Etats-Unis se soient considérablement accrues.En 1950, nos exportations aux États-Unis ont dépassé 2 milliards, soit une augmentation de près de 3^ milliard.Nos achats de marchandises en provenance des Etats-Unis et du Royaume-Uni furent aussi plus considérables.Le Québec fait sa large part dans le développement du Canada.Si les Canadiens français sont fortement attachés au passé, ils ne boudent pas pour cela le progrès ; ils savent se tourner vers l'avenir et s’engager résolument sur la voie du progrès économique et social.S’il faut en croire les chiffres de The Monetary Times, qui consacre une trentaine de pages de sa livraison de janvier à l’étude de la situation économique du Québec, les industries ont passé, en ces derniers quinze ans : de 8,000 à 12,000 dans notre province ; les recettes des produits de nos fermes de 76 à 350 millions ; celles des produits manufacturés de 860 à 3,700 millions ; celles de la production de la pulpe de 44 à 227 millions ; celles du papier, de 65 à 303 millions ; celles des mines de 49 à 164 millions.Nous sommes des mieux pourvus, nous avons un grand rôle à jouer.Nous devons nous y préparer afin de le remplir pleinement.Amos : La Caisse régionale de l’Ouest québécois demande à M.R.-H.Tremblay, chej des inspecteurs, de dévoiler une plaque en l’honneur du commandeur A.Desjardins.£ V N \ / tl’ \ 54 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 Miettes de doctrine: Syndicat et Caisses populaires Excellence Révérendissime, M.-le Président, Chers amis, DU 24 au 27 août dernier, un Congrès international s’est tenu à Lévis pour glorifier M.le Commandeur Alphonse Desjardins et l’œuvre des Caisses populaires.Il faut avoir eu la joie d’assister à ces manifestations pour voir, entendre et quasi toucher du doigt les résultats de l’œuvre qui vaut déjà à son auteur le titre de libérateur de son peuple.Sans énumérer ici les noms et les qualités des Sommités religieuses et civiles qui rehaussèrent par leurs présences et orientèrent par leurs encouragements ces mémorables assises, qu’il me soit permis de rappeler l’apport précieux de nos officiers supérieurs de l’Union régionale au congrès de Lévis.M.G.-E.Turcotte, notre président émérite, fut choisi pour présider aux délibérations d’une importante réunion de ce congrès international.Il s’agissait d’une séance d’étude sur les devoirs des présidents.M.Turcotte s’acquitta de sa tâche avec la compétence et le doigté et la haute distinction qui, toujours, le caractérisent.Les nombreux délégués de Joliette se sentaient plus fiers que jamais de leur Union régionale et du talentueux et très sincère président qui la gouverne.M’en voudrez-vous de rappeller que, durant ce congrès, un des meilleurs travaux sur la valeur sociale de l’épargne fut présenté par M.Albert Lajoie.Le silence respectueux et l’attention soutenue des auditeurs intéressés ne furent coupés que par des applaudissements largement mérités.L’Action populaire a eu l’heureuse idée de reproduire au texte cette remarquable étude.Même si je ne le soulignais pas, vous devineriez que M.Marcel Gravel, gérant, M.Normand Lemire et les Demoiselles de l’Union régionale ne ménagèrent ni leur travail ni leur collaboration pour faciliter leur représentation à une trentaine de caisses de notre Union régionale.Remerciements et félicitations à toutes les Caisses locales qui eurent à Lévis leurs représentantes et leurs représentants.Autant que quiconque ces délégués furent profondément remués par la puissance du mouvement, par la simplicité et l'élévation du ;eu scénique et par l'éblouissante journée de clôture qui comportait : Messe ponti- 1.Rapport présenté le 29 octobre 1950 à l'assemblée annuelle de TUnion régionale de Joliette.ficale et grande réunion sous les tentes du banquet et discours.Il est vrai que l’orage dérangea bien des détails ; il n’était pas au programme .mais il indiqua aux congressistes qu’il fallait repartir pour la besogne à continuer.Et c’est tout cela, qui se reproduit, sur l’échelle diocésaine, en cette réunion annuelle des administrateurs de l’Union régionale et des Caisses locales.La messe d’ouverture, la bienveillante considération de l’Autorité religieuse et les directives que tous en attendent, vos délibérations constructives, les joies saines du repas en famille, les résolutions pour vous appliquer à faire donner à chacune de vos caisses leur meilleur rendement, voilà les points culminants de cette journée.Pourtant, vous voulez que je vous offre, comme par le passé, des miettes de doctrine sur nos caisses.Avant que d’y aller de mes balbutiements sur ce sujet, je crois de mon devoir d’offrir en votre nom et au mien nos hommages filiaux, l’assurance de notre respect et de notre soumission à S.E.Mgr Papineau, notre bien-aimé père spirituel, à l’occasion de son jubilé d’or sacerdotal.En cette circonstance, les Caisses populaires du diocèse ont voulu vous présenter Excellence, avec leurs vœux, une contribution plutôt symbolique qui devait aller aux œuvres diocésaines.Mais combien notre joie et notre fierté devaient grandir lorsque l’heureuse nouvelle de votre élévation à la dignité de Comte Romain et d’Assistant au trône Pontifical fut communiquée à toute la chrétienté et surtout à votre famille diocésaine.Oublierons-nous l’excellente initiative que vous avez prise l’an dernier, en créant un centre unique pour les œuvres sociales de votre diocèse.Comme le rappelait M.L.Richer, ce centre permet d’abriter sous un même toit les organismes diocésains pour les patrons, pour les ouvriers, pour les agriculteurs et leurs dames.Vous voulez combler les distances qui séparent les diverses classes et ne former qu’une famille qui se renoue sous le signe de la justice et de l’amour.Soyez remercié par nos paroles et plus encore par nos efforts si modestes et si gauches fussent-ils.Est-il hors de propos de remercier Dieu publiquement d’avoir guéri et cela, contre les prévisions ordinaires, notre attachant et dévoué directeur diocésain : M.René Martin.Mais, vite un peu de doctrine, avec la permission de S.E.H y a quelques années, nous avons posé comme principe général que, pour nous catholiques, Volume XVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 55 net aïs les I neuf I I5S1U Tusage de Targent n'a de sens complet et de valeur réelle que dans la mesure où il sert à Fépanouisse-ment normal de la personne humaine.Autrement, il peut y avoir avarice à l'entasser ou désordre à le dissiper.Or, cette épargne et ces parts des Caisses populaires, pour remplir cette mission, doivent fortifier nos quatre structures sociales de base, savoir la famille, la profession, l'état et le groupe supra-national.L'an dernier nous avons vu des familles, aux prises avec des problèmes dont l'un (très important) et sans solution jadis, a pu en compromettre un bon nombre d'autres.Ce problème important c'est le problème financier.Et pour une part notable, les Caisses populaires s'emploient depuis un demi-siècle à fortifier l'épargne et le crédit dans toutes les familles qui en ont compris la nécessité.Mais nous nous rendons compte depuis nombre d'années déjà, que le professionnel quel qu’il soit, ne peut plus apporter une solution satisfaisante à ses problèmes d'une façon isolée.Si bien que, pour un grand nombre, il n'est plus nécessaire de faire ressortir les avantages de l’Association professionnelle pour les orienter vers la profession organisée comme vers un organisme nécessaire de sécurité.Et r on remarque que le premier problème qui les a dirigés vers l’Association professionnelle est d’ordre économique et financier.Ainsi, chez les ouvriers, leurs syndicats sont nés d’un besoin d’augmenter leurs revenus.Et les cultivateurs sentent le besoin d’être protégés dans la vente de leurs produits.Et les patrons se sont unis pour des motifs d’ordre financier.Ce qui en ressort, c’est que ces institutions professionnelles ne pourront rétablir un équilibre sain qu’en s'appuyant sur des institutions d’épargne et de crédit qui s'inspirent des principes de justice et de charité sociales.Et c’est ainsi que la Caisse populaire devient protectrice de la profession dans ce qui la représente et non dans un individu.Vous voyez déjà que la profession aura tout avantage à protéger et à développer une institution financière qui, seule est à sa mesure et à sa portée.En quelles façons la profession organisée aidera-t-elle la Caisse populaire à atteindre ses buts ?Ici, je m’abstiendrai de nommer tel ou tel profession ou métier.Car mon but n’est nul autre que d’encourager ceux qui favorisent les Caisses populaires et le syndicat à se rapprocher des caisses non seulement par des emprunts collectifs, mais aussi par des campagnes en faveur de l’épargne collective.Tous savent que telle association professionnelle depuis sa fondation, s’emploie en multiples façons de diriger les épargnes de ses membres vers les Caisses; de répéter dans ses congrès, dans ses retraites sociales, dans ses congrès annuels diocésains et généraux, les bienfaits et les possibilités des Caisses populaires.Il arrive même qu’à l’année longue, on s’emploie à promouvoir la propagande tantôt par la parole et tantôt par le film.Et les Caisses, mieux connues et plus appréciées, peuvent rendre plus de services à ces groupes.Dans telle autre association, le travail est plus difficile, parce que les tentations pour dépenser inutilement, sont plus grandes, parce que malgré l’exemple et les appels des officiers de cette association, la masse ne semble pas avoir encore compris la nécessité de l’épargne et les possibilités d’épanouissement sain de la personne humaine grâce à un crédit équitable.Voilà donc du pain sur la planche pour les officiers et les membres de cette profession.Et pour les officiers et pour les propagandistes des Caisses populaires, de comprendre la situation de ces moins fortunés des centres urbains et de les aider à connaître et à utiliser les Caisses populaires.Tel autre groupe comprend peut-être le rôle des La jolie (( P elite-Riiiière-Loretie », qui, sans bruit, sans tapage, jait son petit bonhomme de chemin, malgré les obstacles : bel exemple pour les vrais coopérateurs.mm V \ 56 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 Caisses et l’apprécie assez peu, parce que ces Caisses, par toutes leurs opérations, s’emploient à délivrer la multitude des griffes d’une finance basée sur le profit exagéré et non sur le service de l’homme .et un raisonnable profit.Le service de la personne humaine, voilà le principe ordonnateur qui devrait régir toute notre économie.La famille s’y emploie par les Caisses populaires.L’association professionnelle s’emploie sur un champ plus vaste par les Caisses populaires.Alors, combien elle est juste et libératrice cette comparaison de notre évêque bien-aimé : «Je voudrais que la classe rurale de mon diocèse ressemble à un bel érable.» S.E.veut aussi que la classe ouvrière soit comme un autre bel érable.S.E.veut que les patrons unis par la doctrine sociale soit comme un beau et solide chêne.S.E.aime toutes les classes de sa famille diocésaine.Et la Caisse populaire serait comme un orme géant qui, alimenté par la même sève vivifiante que sont les principes des Associations pro- fessionnelles (sans négliger pour cela les méthodes d'une saine administration), protège tout le bosquet contre les fureurs de l’aquilon et contre les ardeurs du soleil desséchant.C’est dans ces perspectives bue l’œuvre du Commandeur doit être envisagée, non pour l’asservissement d’une classe par une autre, mais pour l’épanouissement de la personne humaine, que celle-ci soit dans un foyer ou dans une profession.Il n’est pour les professions que de s’approcher des Caisses.Le cœur de M.Desjardins s’est approché du cœur qui a aimé tous les hommes.Et avant l’avènement du syndicalisme catholique, il avait l’âme imprégnée d’une justice et d’une charité sociales qui rendent solides sa gloire et son œuvre.Vive le Commandeur ! Vive ceux qui le suivent 1 Vive S.E.— Vive le Christ-Roi ! Ferdinand Mousseau, pire, aumônier de L’Union régionale de JoLiette.Un petit regard par le judas -4- AU JAPON Des six millions d’agriculteurs au Japon, presque tous sont maintenant affiliés à des coopératives pour la vente de leurs récoltes et l’achat de fournitures de ferme.La dernière guerre a balayé en quelque sorte le vieux régime féodal et la plupart des agriculteurs sont maintenant propriétaires de leurs fermes.Ils ont également un réseau de coopératives de crédit avec une Centrale et, en plus, une Banque coopérative partiellement sous l’égide gouvernementale.Les pêcheurs, que le régime féodal avait même plus exploités que les agriculteurs, sont maintenant des membres actifs de coopératives.D’autre part, les coopératives urbaines manquent de fonds et progressent plus lentement.Il y en a toutefois cinq mille en opération aujourd’hui, groupant trois millions de membres.Le système coopératif est donc appelé à jouer un rôle considérable dans l’économie interne du Japon.EN ISLANDE C’est en 1882 que 15 fermiers islandais fondaient leur première coopérative.Aujourd’hui, la Fédération des sociétés coopératives de l’Islande compte 54 coopératives groupant 29,000 membres, environ 70 p.c.de toute la population.Ces coopératives possèdent en outre 57 abattoirs, 25 chambres froides avec compartiments privés, 5 laiteries, 4 beurreries, une savonnerie et une pharmacie.Après 68 années d’un travail constant, elles sont devenues le principal médium d’achat et de vente pour l’île entière.Les ristournes annuelles en ces derniers temps ont été maintenues au chiffre de 10 millions de krones, approximativement $14.00 par Islandais.Le mouvement coopératif atteint également le mode de transport (autobus) et plusieurs restaurants.Les plus récents développements portent sur la fondation d’une société d’assurances, d’une coopérative d’huile et d’une imprimerie.Les dépôts dans les Caisses d’épargne sont en moyenne de 1,000 krones ($67.50) pour chaque insulaire.Ce petit pays s’oriente donc vers le progrès sous la bannière du coopératisme. Volume XVII, n° 3 LA REVUE DESJARDINS 57 LA FUGUE Hein, quoi! Vous anticipez sans doute une palpitante histoire?.Mais non, mais non ! It s’agit simplement d’un banal fait divers de la vie courante, mats si nous Usions quand même, qui sait ?LA Caisse populaire de St-X.est sans contredit la plus belle caisse de la région de Z- Le fait a été constaté à maintes reprises et messieurs les inspecteurs, en dépit de leur terrible réputation dont le gérant de St-X., entre parenthèse, n’a jamais eu à se plaindre, ne trou -vent rien à redire lors des inspections et citent partout ladite caisse en exemple.Non pas que l’actif de cette caisse soit très élevé, nombre de caisses environnantes ont un actif de beaucoup supérieur.Mais .Voilà ! Il y a un mais.Le gérant que nous nommerons pour la circonstance M.Dupuis, est un GÉRANT MODÈLE.Ça vous fait sourire ?Tant mieux ! Souriez car il n'existe rien de tel que la bonne humeur pour bien s’entendre.Vous souriez parce que vous vous attendez à me voir ici brosser le tableau idéal du gérant consacrant tout son temps à la Caisse populaire, sans aucun des soucis qui vous harcèlent, bien rémunéré et travaillant dans des conditions idéales.Là je vous y prends ! Vous êtes tombés tête baissée dans le piège tendu.M.Dupuis est comme la plupart de vous, un brave homme sans prétention, cultivateur de son métier, dignement secondé dans sa tâche par une compréhensive et vaillante compagne.Mais.Ah voici ! Il y a un autre mais ?Oui, peut-être y en a-t-il une quantité d’autres, mais passons.M.Dupuis possède trois belles qualités : précisément celles que recherchait M.Desjardins chez ses sociétaires.Nous les trouvons énumérées à l’article sept des statuts, rédigés par le fondateur: M.Dupuis est TRAVAILLEUR, SOBRE et HONNÊTE.Levé avec l’aurore, il accomplit sa besogne quotidienne avec des gestes méthodiques et précis.Jamais pressé il trouve le temps de faire chaque chose en son temps, car, à l’exemple de la tortue du vieux Lafontaine, il préfère partir à temps plutôt que de courir continuellement.Aussi sa comptabilité est-elle toujours à point, sa caisse bien ba- lancée, ses rapports bien faits et ponctuellement expédiés, sa correspondance à jour, tous les prêts à date, etc., etc.Enfin, à quoi bon énumérer puisque je vous ai déjà déclaré que c’était un gérant modèle.Aussi les sociétaires sont-ils fiers de leur caisse, et confiants dans la sagesse de leur gérant qui, avec un sourire bonhomme, sait écouter patiemment l’exposé des petits problèmes de chacun, il conseille, encourage, éduque et, au besoin, semonce.Mais il sait y aller avec une telle délicatesse et une telle compréhension qu’on ne peut s’empêcher de lui en témoigner de la reconnaissance.Chers gérants qui lisez tranquillement ces lignes en vous reposant de votre dur labeur, vous êtes-vous reconnus sous cette esquisse ?Probablement.Mais au fait, même avec quelques légères dissemblances, qui parmi vous n’aspire pas à devenir un gérant modèle.Trêve de commentaires, continuons notre récit.Ce qui fait le bonheur des uns peut faire le malheur des autres : c’est précisément ce qui se produit à St-X., en dépit de la belle éducation des sociétaires et de la valeur du gérant.C’est jour d’ouverture, et M.Dupuis accomplit son travail avec dextérité.Conservant sa bonne humeur coutumière, il sait trouver une bonne parole pour le petit bout d’homme qui se hausse sur la pointe des pieds afin que sa frimousse espiègle arrive à la hauteur du guichet, comme pour le vieillard courbé sous le poids des ans.A le voir accueillir ainsi chacun, on réalise qu’il est pour tous, sans distinction, un grand ami compréhensif et estimé.Un pas lourd martelle le sol, la porte poussée assez brutalement livre passage à un homme de stature imposante : M.Dupuis lève la tête et salue l’arrivant d’un amical bonjour et se porte courtoisement au devant du sociétaire.Sans daigner répondre, l’autre fouille au fond de sa poche dont il retire un papier froissé qu’il étale devant le gérant, accompagnant son geste d’un regard chargé d’animosité.(( Combien que je te dois, demande-t-il la figure renfrognée ?» M.Dupuis consulte consciencieusement ses livres, fait méthodiquement les calculs, et, très calme, énonce le chiffre.« C’est bon, je vais te payer.)) Et pendant que le gérant prépare le bordereau, l’autre avec des gestes saccadés dispose sur le comptoir la somme demandée.Le silence est lourd, et l’on sent que l’orage gronde derrière ce front buté.Puis il éclate, brusquement, avec la fureur de l’ouragan qui se déchaîne, pendant que, le bordereau signé, M.Dupuis vérifie la somme reçue.— « Donne-moi mon billet, fait le payeur sans aucun souci de courtoisie et d’une voix rogue.)) — (< Oui, dans un instant, répond tranquillement le gérant terminant sa vérification ; je vais l’acquitter ».— (( Là, je vous dois plus rien, vous avez fini de m’achaler vous autres.J’ai pas besoin de vos petits avis pour payer mes dettes.Si vous n’avez pas confiance, mon nom est bon ailleurs.Vous appelez ça de la coopération vous autres, égorger l’monde.J’sus pas en peine, quand j’aurai besoin d’argent, j’sus capable d’ en avoir, pis pas au compte goutte si vous plaît .c’qu’un homme a besoin et tout d’suite, pis pas besoin d’caution.Ça fait que d’même c’est pas nécessaire de mettre toute la paroisse au courant d’nos affaires.Pis à part de d’çà du temps en masse pour r’rmettre .Pis j’aime autant te l’dire tout d’suite, les .Caisses et leurs exigences, j’en ai assez .» Et les griefs d'affluer comme tombe une pluie d’orage laissant échapper un flot d’amertume et de rancœur accumulé et trop longtemps contenu, qui vient de rompre les digues du bon sens.M.Dupuis n’a pas tenté de placer un seul mot, et, d’ailleurs, en aurait-il eu la possibilité ?Il connaît son homme, emporté, violent ; mais brave cœur au fond.Il sait bien lui, avec sa fine intuition que, pour aujourd’hui, il n’y a rien à faire et que le silence est d’or.Toujours affable il présente à Gros Pierre, la reconnaissance de dette acquittée, le carnet de sociétaire remis à date et un billet de un dollar, expliquant d’une voix très calme : « Il y a un dollar 58 LA REVUE DESJARDINS Québec, mars 1951 de trop, tu as dû te tromper en faisant le compte ; probablement deux billets collés ensemble.» Désarmé et confus, l’homme enfouit, hâtivement le tout dans ses poches, mécontent de lui-même, repasse la porte, salué par un cordial aurevoir du gérant.Celui-ci dissimulant charitablement un ironique sourire, cherche maintenant une solution pratique pour ramener ce sociétaire à de meilleurs sentiments.Et les jours ont passé .Le temps continue sa marche inexorable.Gros Pierre, la tête entre ses mains, réfléchit profondément : cette pièce de terre qu’il faudrait, cette année, drainer et chauler pour en augmenter le rendement, cette clôture à reconstruire pour éviter des troubles avec le voisin, la toilette de la maison et des bâtiments à refaire pour en assurer la conservation en bon état, etc., etc., et le foin qu’on a dû vendre à sacrifice, la vente des porcs qui n’a pas rapporté ce que l’on en espérait, et tout, et tout .ça n’arrange pas la situation et, pourtant, ces travaux-là ne peuvent attendre davantage.On a déjà trop tardé et c’est pourquoi ça arrive tout ensemble : Faut aviser.Tous ces problèmes se posent dans son esprit pendant que son épouse vaque discrètement à ses occupations, attentive à ne pas troubler la méditation de son homme.L’appareil de radio joue en sourdine.Un commercial enregistré expose les avantages des achats à tempéramment, les possibilités de se procurer de l’argent pour tout usage, facilement, avec des conditions de remboursement avantageuses et faciles, etc., etc - .Une chaise repoussée, un déclic sec, l’appareil s’est tû : D’un geste rageur notre homme a tourné le bouton.Cette annonce claironnante ravive en lui trop de souvenirs qui l’humilient et l’exaspèrent.Violent, notre homme, mais intelligent tout de même,.il a vite réalisé et à ses dépens, que personne en notre siècle moderne ne donne rien pour rien tant que l’on demeure dans la sphère du libéralisme à base de concurrence, où tout service implique rétribution.Et, mentalement, il compare ce que lui ont coûté les services qu’il est allé chercher ailleurs, et ceux qu’il recevait autrefois de sa Caisse, maudissant son fol orgueil et déplorant les conséquences de sa fugue.Dans l’âme fruste de ce terrien à la carrure athlétique une lutte terrible vient de se livrer entre l’orgueil et la raison, mais cette dernière reste victorieuse, le bon sens l’emporte.D’une voix qu’on ne lui avait pas connu depuis longtemps il annonce à son épouse qui • - -¦ - • sourit malicieuse : /’monte à la Caisse, voir DUPUIS .* * * L’histoire vraie est écrite entre les lignés : Vous l’avez bien saisie ?Bravo .Non ?.Dommage !.Relisez attentivement, ça c’est passé tout près de chez vous et je n’ai pu résister au désir d’en tirer pour vous un enseignement pratique sous une forme agréable.Tiens, résumons ensemble avant de reprendre notre lecture entre les lignes : la Caisse populaire a pour but principal d’enseigner la pratique de l’épargne à tous, de combattre l’usure sous toutes ses formes, de venir en aide aux personnes laborieuses, d’enseigner le respect des engagements contractés, etc., etc.Un bon gérant est le pivot de l’organisme par la confiance qu’il inspire et l’éducation qu’il dispense : Tant vaut le gérant, tant vaut la Caisse.La prochaine fois : LE CANCRE DU TROISIÈME RANG .Une histoire?un conte ?.Non .mais non, vous dis-je, une aiitre anecdote, un fait vécu.En attendant, bonjour, chers amis.Un serviteur et un ami, Robert.Grand’messes pour M.le chanoine Grondin -4- À l’occasion du décès de M.le chanoine Grondin, plusieurs Caisses de la province de Québec ont payé des messes pour le repos de l’âme de l’aumônier de la Fédération.Le collège de Lévis, qui avait reçu ces messes, a bien voulu nous en dresser une liste que nous publions ci-dessous.1 messe 1 » 2 )) 1 » 3 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 » 1 )) 1 )) 1 )) 2 » 1 » Union régionale des C.P.de Saint-Hyacinthe Union régionale des C.P.de Chicoutimi Union régionale des C.P.de Trois-Rivières Union régionale de Montréal des C.P.Union Catholique des Cultivateurs Caisse populaire de Lac-à-la-Tortue » » du Sacré-Cœur-de-Jésus, Beauce » )) de Jacques-Cartier )) )) de Granby » )) de Sainte-Anne-de-la-Pocatière » » de Notre-Dame-de-Bonsecours )) » de Saint-Casimir » » de Saint-Frédéric (Drumondville) » » de Saint-George de Beauce (ouest) » » de Plessisville » )) de Saint-Samuel de Frontenac 1 messe Caisse populaire de Saint-Robert de Rimouski 1 » )) » de Saint-Gabriel de Rimouski 1 » » )) de Saint-Marc-des-Carrières 1 » » )) de Victoriaville 1 )) )) » de Saint-Nazaire — Ville La Salle.Montréal Trentain Fédération des Caisses populaires du Québec.«? Si iu veux tracer ton sitton droit, attache ta charrue à une étoile.— M.Hébraut O ?(( Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.» — Voltaire LA REVUE DES JARDINS 59 Volume XVII, n° 3 Apôtre par la parole et par la plume -?- N grand apôtre vient de disparaître.Par la parole et par la plume, le chanoine Grondin fut surtout apôtre de la presse catholique, de la tempérance, de T Union catholique des cultivateurs, de la coopération et des Caisses populaires.APOTRE DE LA PRESSE CATHOLIQUE Quand le cardinal Bégin fonda le journal catholique et qu’il lui donna Mgr Paul-Eugène Roy comme premier directeur général, celui-ci se recruta quelques propagandistes bénévoles mais combien dévoués.L’abbé Philibert Grondin fut de cette première équipe d’apôtres qui se dépensèrent et dépensèrent pour introduire L’Action sociale dans les foyers, tout en enseignant au collège de Lévis.Sachant parler au peuple du haut de la chaire de vérité ou à la tribune, l’abbé Grondin savait aussi lui parler avec la plume.Durant près de quarante ans, et longtemps à titre de directeur, il collabora à la page agricole de notre journal, sous plusieurs pseudonymes dont le plus connu était Louis Arneau.Conférencier ou journaliste, l’abbé Grondin savait se mettre à la portée des « habitants » dont il connaissait bien le grand cœur, l’avidité de connaître, mais aussi le manque d’instruction.Avec quelle verve il dénonçait ceux qui donnaient à manger dans des crèches trop hautes, indiquant par là que le lecteur ou l’auditeur ne pouvait se servir à son goût, l’effort à faire pour comprendre étant trop grand.La presse catholique doit beaucoup au chanoine Grondin, car il ne l’a jamais oubliée, pas même en ces dernières années où sa tâche de missionnaire lui laissait bien peu de loisirs.Il ne prêchait pas une retraite sans rappeler aux catholiques leur devoir à l’égard de l’arme^de précision par excellence pour les combats de l’Eglise.APÔTRE DE LA TEMPÉRANCE Par la parole et par la plume, l’abbé Grondin fut aussi un fervent apôtre de la tempérance.Il était un ennemi d’autant plus redouté de tous ceux qui ont intérêt à faire boire qu’il savait mieux démasquer leurs procédés dans les petites gens.Il fut, avec les Roy et les Lavergne, de toutes les grandes campagnes.Le regretté disparu ne bouda jamais les Lacor-daire.Au contraire, il seconda ce mouvement sauveur dans la mesure du possible.Cependant, il n abandonna pas pour autant la cause de la tempérance.Si vous ne vous sentez pas la force de pratiquer l’abstinence, reconnaissez au moins que vous avez le devoir d’être tempérants, répétait-il.APÔTRE DE L’U.C.C.Par la parole et par la plume encore, le chanoine Grondin fut, de plus, apôtre de l’association professionnelle rurale.Av^nt même les Ponton et les Barré, ce prêtre prêchait l’union chez les cultivateurs, et réclamait même l’encouragement officiel de l’Eglise et de l’Etat pour cette cause qui lui paraissait impérieuse.Quelle ne fut pas sa joie en saluant la naissance de l’U.C.C.à la fondation de laquelle il participa si étroitement 1 Avec quel zèle il se fit propagandiste tout en étant aumônier.Pour les laïques qui pouvaient plus facilement se mettre au blanc, il fut d’ailleurs un conseiller prudent mais enthousiaste, s’mstituant souvent intermédiaire entre la hiérarchie et l’U.C.C.APÔTRE DE LA COOPÉRATION Par la parole et par la plume toujours, le chanoine Grondin fut enfin apôtre de la coopération en général, de la coopération dans le domaine de l’épargne et du crédit en particulier.Le commandeur Desjardins fut incontestablement le fondateur des Caisses populaires.M.l’abbé Grondin, dès les premières années, et M.Cyrille Vaillan-court, un peu plus tard, furent ses principaux auxiliaires dans cette œuvre de rédemption sociale.Le chanoine Grondin qui a parlé et écrit sur tant de choses, n’est revenu sur aucune avec plus d’insistance, d’à-propos, de ferveur, d’amour, que celle de la coopération.Dans Y Action catholique, dans la Revue Desjardins, à cent endroits différents, il a vulgarisé les principes coopératifs.Avec quel brio, il savait pulvériser les objections ; avec quelle clarté, il savait rendre accessibles à tous, même aux moins instruits, les notions élémentaires ou moins élémentaires de la coopération.Apôtre par la parole et par la plume.Je devrais ajouter : par la prière aussi.Car le chanoine Grondin était prêtre.Il n’avait garde d’oublier le spirituel dans toutes ses campagnes de propagande.Il travaillait pour l’avancement professionnel, social et économique des ruraux pour mieux leur permettre d’élever leurs nombreuses familles, de mieux observer les commandements de Dieu, de faciliter leur ascension vers l’au-delà.Le chanoine Grondin s’est présenté à Dieu les mains chargées d’œuvres de toutes sortes.Toutes les personnes qui lui doivent une partie de leur mieux-être sauront se montrer reconnaissantes et prieront pour cet insigne, bienfaiteur du peuple canadien-français et de l’Eglise.Louis-Philippe Roy L’Action catholique, 28 décembre 1950. Message de M.Desjardins cyLc.e-u-Az^tz • ^L^^u^tj'TLsLc- ~d~ eArX?cl C^^r> ^JL^> f^CsAkrfzio t 7.Ca-*-A-^Ic c/t^l^^e' • y~l^y-^b-s£- >^i^v >^2*1*^ A* ^J'^Hslt^tsr '-^'XS-V^l*- O—
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