Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1952, Mai
BIBLIOTHEQUE ^VILLON LALEMAN1 COLLEGE JEAN- ¦ IIIIQIDIDIll EDIFICE DESJARDINS DESJARDINS Vol.XVIII - N° 5 Mai 1952 LA LEÇON DU ROSIER - ?- LE rosier, lui aussi, a vu passer l’hiver, et U a attendu patiemment le retour de la belle saison ; il devait à lui-même d’attendre.N’a-t-il pas son rôle à jouer, un but à atteindre ?Ce n est pas pour rien qu’on l’a planté Là, plutôt qu ailleurs, qu’on l’a entouré de soins délicats .S’est-il laissé émonder uniquement par plaisir de la souffrance ?Sans doute, il a laissé partir sans regret, ses branches mortes qui affaiblissaient celles plus vigoureuses, parce qu’il voulait remplir sa mission l donner au moins une rose.C’est pour cela, malgré les apparences, qu il n’est pas resté inactij cet hiver.Replié sur Lui-même, abondamment recouvert de neige, il a, avec parcimonie, ménagé toutes ses jorces.C’était son travail, et il l’a Jait.Précieuse période de silence, de préparation .et d’oubli.Mais aujourd’hui il jaut être prêt?Il est prêt.C’est avec jerveur qu il jera sa besogne de rosier, et la rose qu il produira sera la plus belle ; si belle même qu elle Jorcera l’attention des passants.Sera-t-on tenté de la lui ravir, il saura bien la déjendre : avec ses épines il écorchera la main audacieuse qui se portera sur elle', il jera La lutte jusqu’au sang s’il le Jaut.Si bien que la main qui lui enlèvera l’objet de toute sa Jierté, sera digne de la victoire obtenue.Mais, il se vengera noblement de sa déjaite : il produira une nouvelle rose, plus belle si c’est possible que celle qu’on Lui y a enlevée.Belle leçon pour nos Caisses populaires : elles ont, elles comme les autres coopératives, un rôle admirable à jouer, quels que soient l’endroit où elles se trouvent et les conditions qui les ont Jait naître.Toutes doivent porter des Jruits, et toutes vouloir les plus beaux, les meilleurs.Pour y arriver, il jaut parjois émonder, jaire souffrir ; La Caisse qui veut grandir, consentira, avec chagrin elle aussi, à ces opérations, mais elle aussi, dans la mesure même parjois où elle aura consenti à souffrir, donnera des jleurs d’une remarquable beauté ; et elle les déjendra courageusement contre toutes les mains sacrilèges qui auraient l’audace de vouloir les lui ravir.Comme les rosiers, les Caisses populaires doivent montrer au grand jour le résultat de leur travail caché, obstiné.Pourquoi votre Caisse à vous ne le Jerait-elle pas à sa prochaine assemblée générale ?Jos.Turmel I 3* EDIFICE DESJARDINS DESJRRDIN5 Oriam officiel de la Fidération de Quibec des Unions rdgionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XVIII, No 5 QUÉBEC Mai 1952 Sommaire • PAGE Billet : La leçon du rosier Jos.Turmel 82 Éditorial: Prévenir vaut mieux que guérir.C.Vaillancourt 83 Économisons F.M.Éparque 84 « Qu’est-ce qu'une Caisse Des- jardins ?)) C.Vaillancourt 85 Le calendrier CO-OP 1953 85 Accueil des Caisses populaires.Marcel Blais 86 La.population agricole du Canada.87 Monseigneur M.M.Coady .C.Vaillancourt 87 Le nouvel auxiliaire de Québec.Jean-Paul Lévesque .88 L'épargne au Canada Paul-Émile Charron .89 C’est le mois le plus beau.René Croteau 90 Du fini à l’Infini P.-É.C 91 Manuel de comptabilité 91 Les Caisses populaires.Germain Briére 92 L'habitation familiale Albert Côté 93 À l'Assurance-Vie Desjardins.94 Vos abonnés 94 Les caisses scolaires de Montréal Gérard Filion 95 L’épargne Paul-Émile Charron.96 Service de renseignements 99 Consultation légale Le Conseiller juridique 99 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS S«, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.• PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 LA REVUE DES JARDINS est imprimée aux ateliers Charrier c3 Dugal, limitée, Québec CHBgl0£g} Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Prévenir vaut mieux que guérir CE proverbe, vieux comme le monde, combien de gens T appliquent ?La jeunesse est trop souvent une période d’excès aux conséquences les plus funestes ; et on voudra plus tard revenir à la santé avec un corps fatigué, une santé physique délabrée, et on s’imagine pouvoir refaire un système détraqué et jouir de la même vigueur d’autrefois.Cet état de choses ne se produit-il pas parce que, malheureusement, nous subissons trop les influences environnantes, nous cédons trop facilement aux occasions qui se présentent, enfin, nous sommes possédés par l’amour exagéré des grandeurs et des plaisirs.Un moteur réparé ne vaut jamais un moteur neuf.Dans nos Caisses populaires, il peut y avoir parfois des employés qui sont, par suite des excès auxquels ils se livrent, malades et tombent dans des exagérations que nous voulons à tout prix prévenir.Une occasion se présente ?On n’ose pas la repousser, ou on est trop faible pour y résister.Parce qu’on voit un certain monsieur qui vit largement, on se dit : (( Pourquoi ne vivrais-je pas comme lui ?)) Si on pensait seulement que les revenus ne sont pas les mêmes .Les revenus n’étant pas les mêmes, et dépensant beaucoup plus que ce que l’on gagne, on est tenté de prendre ce qui n’est pas à soi : ça commence par cinq dollars, dix dollars (« je les remettrai )>), puis çà vient aux cinquante, aux cent, et çà finit parfois par des milliers de dollars.Pour essayer de prévenir la tentation, une inspection annuelle est faite dans chaque Caisse ; et cette inspection annuelle peut devenir spéciale 1 Chaque année, dans un certain nombre de Caisses, il se fait ainsi une inspection beaucoup plus minutieuse.Les gérants ne doivent pas s’en formaliser puisque nous agissons ainsi afin de démontrer à tous les sociétaires des Caisses populaires que notre inspection est vraiment très sérieuse.Et puis, il ne faut pas trop vous en faire, messieurs les administrateurs des Caisses populaires, si les inspecteurs trouvent quelques petits défauts ici et là.La perfection n’est pas de ce monde, et elle reste toujours pour tous très difficile à atteindre ; mais qu’elle soit difficile à atteindre, ce n’est pas une raison pour ne pas y tendre.Pour notre part, si l’inspecteur nous dit que telle chose fait défaut, telle particularité est omise, tel détail est oublié, nous ne sommes heureux qu’il nous en informe que dans la mesure où cela nous permet de corriger certaines choses, qui ne sont pas malhonnêtes, loin de là, mais qui pourraient avantageusement être corrigées.Voilà la tâche de l’inspecteur.S’imagine-t-on vraiment, parfois, que l’inspecteur ne travaille que dans le but de prendre un voleur ?Mais non ; s’il réussit, c’est que cela doit inévitablement arriver un jour ou l’autre à celui qui fraude.La tâche de l’inspecteur est de corriger toutes les imperfections qui peuvent se rencontrer dans une Caisse populaire, tâche qui sera facilitée par l’assistance généreuse du gérant honnête et des employés consciencieux.Par exemple, en examinant le livre des prêts, l’inspecteur se rendra compte qu un emprunteur est en retard ; que tel autre ne s’est pas rendu exactement à ses engagements ; que telle police d’assurance n’est pas ce qu’elle devrait être parce qu’elle contient des clauses qui peuvent entraîner 84 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1952 des difficultés pour la Caisse advenant un malheur ; ou encore, dans les polices d'assurance sur prêts sur hypothèque, la clause hypothécaire n'existe pas, ou il y a retard dans le paiement d'une prime d'assurance.Dans une Caisse populaire de ville, l'inspecteur pourra constater, en examinant les prêts consentis, qu'il n'y a pas d'avis d'adresse dans l'acte hypothécaire, ce qui peut être fatal parfois.J'ai parlé des prêts, mais il y a aussi les dépôts.Par exemple, un sociétaire dépose sous un nom fictif pour essayer d'éviter l'impôt ; le gérant de la Caisse ne s'en est pas rendu compte, étant donné que c'est un nouvel employé qui a fait les entrées et qu'il n'était pas au courant de la chose.L inspecteur s'en aperçoit et avise le gérant.On ne peut, dans nos Caisses populaires, travailler en marge de la loi et exposer le gérant à être poursuivi pour complicité d'un sociétaire qui dépose sous un nom fictif et fraude ainsi le fisc.C'est grave : l'inspecteur le sait et doit donner des avis en conséquence.Que de détails peuvent passer sous silence parce que la bonne foi ne peut être mise en doute ; cependant, s'il arrive un malheur, cette bonne foi ne sauvera rien.On ÉCONOMISONS I/économie, on doit le dire, est la vertu Qui fait défaut à maint foyer, à maint jeune homme 1 Un cardinal avait raisons d’écrire : « En somme.Sagesse, épargne assureront notre salut » 1 On ne peut trop stigmatiser un (( Séraphin » s Son avarice est monstrueuse et condamnable I.Louons plutôt le travailleur un peu semblable A la fourmi qui veut pourvoir au lendemain 1 Jeune ouvrier, économise, et dans tes murs.Avant longtemps, tu jouiras de l’abondance 1 Tout au contraire, un gaspilleur, sans prévoyance.Méditera beaucoup trop tard sur les temps durs 1 .À ce sujet, célébrons tous le fondateur Des belles Caisses populaires très utiles 1 O Desjardins, tes œuvres sont des fertiles 1 Gloire au chrétien, au patriote et bienfaiteur I .(F.M.ÉPARQUE) HOMMAGE À l'honorable Cyrille Vaillancourt, d.s.a., c.b.e.SÉNATEUR, GÉRANT DE LA FÉDÉRATION DES Caisses populaires Desjardins, dit même, pour nous servir d'un autre proverbe, que l'enfer est pavé de bonnes intentions.Il ne s'agit pas d'avoir simplement de bonnes intentions, il faut faire de bonnes actions.Ne vous figurez pas que l'inspecteur vous soupçonne de vol ; ce qu'il veut, c'est que les choses soient faites dans la légalité, et cela pour la propre protection de messieurs les dirigeants des Caisses populaires, de messieurs les gérants et leurs employés.Rappelons-nous qu'un article de la loi des Syndicats coopératifs de Québec dit : (( Les membres chargés de l'administration ou de la direction de la société sont personnellement responsables des torts occasionnés par la violation de la présente loi.)) Il y a aussi des choses qui, sans être faites en marge de la loi, peuvent amener le gérant de la Caisse, s'il ne prend pas toutes les précautions voulues, à être traité de négligent.Pour un gérant de Caisse populaire surtout, la négligence est une mauvaise note.L'inspection dans une Caisse populaire ne sera jamais trop sévère ; le gérant et les employés devraient apprécier cette sévérité qui leur vaut un vrai brevet d'honnêteté et de compétence.Pour leur part, les dirigeants de la Caisse ne devraient j amais se formaliser ni prendre peur, si certains détails manquent, si un emprunteur a omis un paiement, ou autres choses semblables.Tout de même, ils doivent savoir ce qui en est, car un jour ou l'autre, le gérant peut disparaître, de même que les employés responsables, et personne ne sera au courant de quoi que ce soit.Souhaitons donc que l'inspections continue d'être complète, efficace ; elle démontrera alors la grande probité de l'immense majorité des dirigeants et gérants des Caisses populaires.Et nous pourrons proclamer hautement et avec vérité que les épargnes en garde dans nos Caisses populaires sont bien protégées.L'inspection sérieuse, poussée à fond, préviendra tentations et défaillances.Prévenir vaut mieux que guérir. Volume XVIII, n° 5 LA REVUE DESJARDINS 85 «Qu' est-ce qu'une Caisse Desjardins?» TEL est le titre d’une belle brochure de 100 pages, fort bien illustrée, que M.Tabbé J.-Adélard Couture, pionnier du mouvement des Caisses populaires Desjardins dans l’Ouest canadien, vient de rééditer sur les Caisses populaires Desjardins.Elle nous présente un cours, avec questions et réponses, rédigé en un style clair, précis, bien adapté.Après avoir rappelé la nécessité de l’étude à la base de tout mouvement coopératif et l’efficacité de cette méthode d’étude : (( le cercle de discussion )) qui répond tout-à-fait bien aux aspirations du peuple, l’auteur présente la Caisse populaire et ses buts : l’organisation méthodique et efficace de l’épargne populaire en fonction d’un crédit populaire sain, suffisant, bien adapté aux conditions économiques de tous.Puis il met en relief la valeur de l’économie et de l’épargne sur le plan économique, social et moral pour l’individu, la paroisse, la nation.Et en indiquant comment le commandeur Desjardins a tiré sa Caisse populaire de la Caisse d’épargne, de la Banque populaire de Schulze, et de la Caisse de crédit Raiffeisen (Allemagne), et de la Banque populaire Luzzati d’Italie, il fait voir du même coup les principes sur lesquels elle repose et comment elle fait pénétrer dans le peuple l’idée de l’épargne et le rend capable de se créer une source de crédit.C’est démontrer en même temps la nécessité vitale, dans notre économie, de la coopérative paroissiale d’épargne et de credit.C est faire comprendre que le credit sort de l’épargne, c’est-à-dire qu’il faut s’en rendre digne, le mériter, le gagner en quelque sorte par sa valeur morale.Dans quelques pages, M.l’abbé Couture dit l’essentiel de la genèse et de l’histoire des Caisses populaires.-?- Il décrit ensuite l’organisation interne, les divers organes et fonctions de la Caisse, ses ressources : capital social, épargne, réserve.Puis il présente le Service des prêts, comment il fonctionne, les diverses formes des prêts, leurs conditions, leurs remboursements, etc .Il expose les attributions et les devoirs des quatre organes chargés d’assurer la saine administration et le bon fonctionnement de la Caisse : 1° l’Assemblée générale des sociétaires ; 2° le Conseil d’administration ; 3° la Commis- La Fédération des Caisses populaires Desjardins a accepté, encore cette année, de faire la distribution du calendrier CO-OP.dans les Caisses populaires.Le calendrier, c'est un moyen sûr, pour votre Caisse, de se tenir présente à la vue, à l'esprit et au cœur de chacun de ses sociétaires, tous les jours de l'année.Chevalier d'avant-garde, il peut également'pénétrer dans les foyers nouveaux et gagner d'autres bons sociétaires.Le plus tôt vous placerez votre commande, le mieux ce sera.Ceux qui réussissent se lèvent toujours tôt le matin.Parlez-en à votre prochaine assemblée ; décidéz séance tenante de quelle quantité vous aurez besoin ; fixez les détails d'impression : photo, texte à faire paraître, et préparez tout de suite votre bulletin de commande.En un mot, videz la question et réglez-là du même coup.Plusieurs Caisses vont reconnaître le bien fondé de ces recommandations : celles qui, l'an dernier, nous ont fait parvenir leur commande trop tard.sion de crédit ; 4° le Conseil de surveillance.Puis un cours sur le gérant, un autre sur les Unions et Caisses régionales, la Fédération des Caisses populaires Desjardins, et quelques indications sur le partage des bénéfices en fin d’année sociale terminent la brochure.Nous ne saurions trop la recommander à nos Caisses populaires : elle sera entre leurs mains un magnifique outil de travail, elle s’avérera un excellent moyen de formation, une source de renseignements utiles.C.VaillanCOURT Les prix 7 $17.50 le cent — $80.00 cinq cents $150.00 le mille Pour publier la photo de votre Caisse, il vous en coûtera $12.additionnels quelle que soit la quantité, pourvu que votre commande soit d'au moins 300 calendriers.Ceux qui voudraient faire leur distribution par la poste, peuvent se procurer des enveloppes aux prix suivants : $1.50 le cent — $14.00 le mille Il nous fera plaisir de vous fournir, à l'occasion, tous les renseignements désirés.Un Libraire américain a décoré sa vitrine d’énormes piles de Bibles, vendues à un prix très bas.Au-dessus des volumes, un écriteau annonce : « Le diable tremble en voyant la Bible mise la portée de toutes les bourses, même des plus modestes.» Le Calendrier CO-OP.1953 -?- 86 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1952 Accueil des Caisses populaires SUR le promontoire de Lévis, se dresse une magnifique construction toute ^ moderne : l'Édifice Desjardins.À ce même endroit, il y a cinquante-deux ans, Alphonse Desjardins lançait son idee géniale : la caisse d'épargne et de crédit.L'institution a pris de l'ampleur avec les années et elle est aujourd'hui le plus fort mouvement économique au service des Canadiens français.À juste titre, on a qualifié le commandeur Alphonse Desjardins de (( bienfaiteur de sa race ».Dans un geste plein d’attention, les Caisses populaires invitèrent les membres des Conseils d'administration 51-52, 52-53 de l'Association des étudiants de l'université Laval, de la Coopérative universitaire, et de l'équipe du Carabin à se rendre, le 28 mars, à leur centre : l'Edifice Desjardins.Nous sommes en grand nombre, avec notre administrateur, le major Jean-Charles Bouffard, et nous avons l'occasion, au débarcadère de Québec, d'assister au sauvetage d'un homme qui avait glissé à la mer (fleuve).Un étudiant crie sans relâche d’une voix mélodieuse : la mer.des « Un homme câbles 1 ».Nous sommes accueillis à bras ouverts sur le quai de Lévis, et nous filons vers le lieu de réception.Je me hâte de mentionner que deux jolies et gentilles étudiantes n'ont pas cru amoindrir leur féminité en se penchant pour un soir sur la (( chose » économi- quv L'Edifice Desjardins, haut de cinq étages, s'élève sur l'avenue Bégin.C'est un immeuble élégant, propre, bien éclairé, et tellement accueillant.L'atmosphère est particulière ; là vivent des gens qui croient en leur mission et qui marchent vers un but : l'agrandissement du patrimoine national.Après les présentations, nous procédons à la visite de l'édifice sous la conduite paternelle de M.Joseph Turmel, un homme plein de verve et d'humour.Nous passons de la Caisse populaire de Lévis à la Caisse centrale Desjardins de Lévis, puis à l’Union régionale de Québec, et nous glissons un regard furtif dans la voûte, pendant que l'énorme porte s'ouvre lentement sur des millions .Ensuite, arrêt à la chambre de compensation des chèques où se trouvent la machine filmant les chèques, d'autres instruments comptables assez compliqués et de fort jolies filles .Nous progressons vers les locaux de la Société coopérative des Producteurs de sucre d'érable de Québec.Le fondateur, l'honorable Cyrille Vaillancourt, remet à chacun une boîte de beurre d'érable savoureux.Nous nous arrêtons dans les salles de l'Assurànce-Vie Desjardins.Le gérant général, M.Alfred Rouleau, et ses collaborateurs, Messieurs Plante et Mercure, se montrent particulièrement fiers de ce dernier né.Nous grimpons deux escaliers, et nous voilà dans les spacieux bureaux de la Société d’Assu-rance des Caisses populaires, fondée en 1945.Le directeur gérant est M.François Adam.Des chiffres intéressants nous sont cités, et nous ouvrons de grands yeux .Enfin, nous atteignons, au cinquième étage, les appartements de la Fédération des Caisses et \a.salle de réception.M.Paul-Emile Charron nous Et une vie commence Z Volume XVIII, n° 5 LA REVUE DES JARDINS 87 La population agricole du Canada diminue tourne magistralement un petit discours ; Messieurs André Des-gagné, ex^président de TA.G.E.L., et Paul-Emile Patry, président actuel, procèdent à leur tour élégamment.Cette initiative prise par M.Alfred Rouleau, et applaudie par les responsables des Caisses populaires et des autres services de l’Edifice Desjardins est des plus louables.Voilà des hommes qui essaient d’inculquer à leurs compatriotes une meilleure compréhension de leurs problèmes.Considérant que les étudiants seront, en' raison de leurs connaissances et de leur influence, une force agissante, ils s’efforcent, par une publicité intelligente, à les intéresser aux questions qui requièrent leur entière adhésion.Cette rencontre fut pour nous une leçon.Nous avons compris que le système économique, qui doit recueillir nos suffrages est le coopératisme parce qu’il nécessite cette qualité qui nous fait souvent défaut, la collaboration, et parce qu’à cette époque où les vies comptent si peu, il développe le respect de la personne et est, comme le disait si bien Victor Barbeau, une « initiation à l’humain )).Nous avons ressenti profondément qu’il existait dans cet édifice une atmosphère extraordinaire.Le spectacle d’hommes qui se serrent les coudes et qui, dans un élan jamais démenti, tendent vers leur objectif, est toujours salutaire.Les Caisses populaires, la Société d’Assurance des Caisses populaires et l’Assurance-Vie Desjardins font leur très grande part dans la construction tellement nécessaire d’un capital canadien-français.Nous devons leur en être reconnaissants.Nous remercions les organisateurs de cette réception qui fut en tout point réussie et fort goûtée.Leur geste à l’égard des étudiants démontre qu’ils considèrent notre apport absolument essentiel à la cause qu’ils chérissent et que nous devons chérir.Marcel Blais (Extrait de Le Carabin, Université Laval, 3 avril 1952.) Le Bureau fédéral de la statistique a .révélé, ces jours derniers, que la population agricole du Canada avait baissé de plus de 320,000 habitants au cours des dix dernières années.Le recensement décennal de 1951 indique une population agricole de 2,827,732 habitants, soit une diminution de 10 pour cent sur 1941.De 1941 à 1951, la population non agricole a par ailleurs augmenté de plus de 37 pour cent, atteignant 2,553,444 habitants, et la population urbaine de 32.7 pour cent, étant maintenant de 8,628,253 habitants.La population totale du Canada est d'environ 14,000,000 habitants, contre 11,500,000 en 1941.La diminution du nombre de personnes sur les fermes s'est fait sentir dans toutes les provinces, sauf en Colombie canadienne où il y a eu augmentation.Monseigneur M.M.Coady ?IL n’a pas démissionné .Il ^ s’est tout simplement retiré.Âgé de 70 ans, il a consacré, depuis vingt-cinq ans, toute son intelligence, toute son énergie à la coopération.Il a parlé, il a écrit ; si bien que Monseigneur Çoady est aussi bien connu à l’étranger qu’il l’est des Canadiens, et^ de sa province, la Nouvelle-Ecosse.Le Service d’éducation des adultes, à l’université Saint-François-Xavier d’Antigonish, est bien connu : Monseigneur Coady en était un des directeurs ; avec le même zèle qu’il avait mis à fonder le mouvement coopératif de la Nouvelle-Ecosse, il s’est imposé un travail énorme pour améliorer la situation économique de ses compatriotes.Qu’il s’agisse des mineurs, des pêcheurs, des fermiers ou des consommateurs, pourvu qu’il s’agisse des pauvres et des petits.Monseigneur Coady s’est penché sur leurs problèmes et depuis 1928, il a voulu en trouver une solution.Il ne voulait ni de l’exploitation ni de la pauvreté, qu’il condamnait : et comme remède il leur a apporté la coopération.Son remarquable ouvrage : Maîtres de leur destin, est répandu par tout le pays, et a fait de grandes conquê- I 111 "V ! sa • îiifiliiiiâi tes au mouvement coopératif.Monseigneur se retire, il ne démissionne pas ; sa santé ne lui permet plus le même travail : il l’avait totalement donnée à la coopération.Mais il nous- reste, à nous, ses vastes connaissances et sa chaude sympathie dont nous bénéficierons.Et les coopérateurs du Québec, se souvenant de la participation active de Monseigneur Coady au congrès international de 1950, ne manqueront pas d’avoir et de garder pour ce grand ami, un souvenir vivant et une reconnaissance profonde.Et Monseigneur continuera à nous aider pour qu’enfin nous devenions maîtres de notre propre destin.C.VaILL AN COURT 88 LA REVUE DES JARDIN S Québec, mai 1952 Le nouvel auxiliaire de Québec -?- LE 22 mai 1908, naissait à Sainte-Marie de Beauce, Lionel, fils de Louis Audet et de Eugénie Turcotte.M.Louis Audet était venu travailler à Saiïite-Marie où une usine de voitures venait de s'ouvrir.Lors de la dissolution de la Compagnie qui baillait Fusine, il ne retourna pas à Saint-Gervais, son pays natal, mais s'installa à son compte comme charron.Avant d'entrer plus avant dans la carrière du nouvel évêque, situons le nid de son enfance : c'était une sobre maison, qui avait par surcroît le bonheur d'être placée à quelques pas de la rivière Chaudière.L'été, le site était d'une poésie toute vénitienne, mais la crue du printemps, hélas 1 trouvait parfois plus de nageurs que de gondoliers .et voilà qui est moins sentimental 1 Enfin, l’enfant a grandi à mi-chemin entre la magnifique église de sa paroisse et la chapelle Sainte-Anne, avec ses ex-voto, symbole régional d'urie foi toujours vivace.M.Louis Audet devint veuf en 1912 et épousa par la suite Eugénie Morin qui prit un soin très délicat et très maternel des enfants du charron.M.Louis Audet n'était pas riche, mais il avait compris l’importance de l'éducation : aussi s'ingénia-t-il avec d'autres à payer les études de ses enfants.À sa sortie de l'école des frères des Ecoles chrétiennes de sa paroisse, le jeune Lionel entra au séminaire de Québec* jDour y poursuivre ses études classiques.C'est là qu'on le retrouve de 1922 à 1930.Deux caractéristiques distinguent alors, au premier aspect, le jeune écolier : sérieux, don de soi.De son sérieux tous les cercles littéraires et culturels du séminaire font foi ; il occupa di-de confiance dans les et le témoignage des confrères est unanime sur un point : sa maturité dépasse la moyenne.Sa conduite, on peut le vers postes Académies, dire, a été sans défaillance et son application a été magnifiquement soutenue.La manifestation la plus authentique de son tempérament est peut-être dans sa participation à l'A.C.J.C.Lionel Audet entra d'emblée dans le mouvement, guidé par l'abbé Pelchat et d'autres confrères qui partageaient son idéal.Son Excellence Msr Lionel Audet.Ces détails peuvent sembler bien petits lorsqu'on étudie la personnalité d’un évêque 1 Soit, mais il est des détails tellement révélateurs qu'ils nous situent du coup un personnage.Le patriotisme bien compris se convertit, nous le verrons, très facilement en zèle pour l’Eglise, et en amour de ses frères, puisque le patriotisme est un reflet de la vertu de religion.Soulignons plutôt que Mgr Audet constitue une apologie vivante du cours classique avec ses humanités et tout ce qu'il sert.Ce fin lettré, en effet, doublé d’un penseur d'une maturité étonnante a fait montre durant ses études d'un équilibre parfait ; le sport lui-même ne lui fut pas étranger puisqu'en plus d'être champion local au tennis, il fut en charge du Corps de cadets du séminaire, pour organiser des exercices de gymnastique et des démonstrations acrobatiques.Un esprit sain dans un corps sain : n’est-ce pas l’homme rêvé, non seulement par Juvénal, mais par le Créateur lui-même ?Il y a toujours une certaine joie à rencontrer un homme pour qui (( rien de ce qui est humain n'est étranger )), car c'est un fruit rare .Puis ce fut le léviticat .Un grand séminaire est une oasis de paix et d'enrichissement peu commune, il faut en convenir.Les études comportent la plus haute discipline qu'un homme puisse rêver : la science de Dieu.De plus, le contact des belles âmes de confrères et surtout les précieuses heures où Dieu déverse à pleines mains ses trésors et ses grâces sur ceux dont il fera ses amis de prédilection, tout cela fait des années de formation cléricale, une époque unique dans la vie.Avec un parfait esprit de soumission et de travail, le jeune abbé Audet aborde la vie du séminaire et il y occupe plusieurs charges dont il s'acquitte avec beaucoup de dignité.Le 8 juillet 1934, après avoir conquis ses licences en théologie et en philosophie, il est sacré prêtre par Son Excellence Mgr Langlois, dans son église paroissiale.En septembre, il s'embarque pour Rome d'où il revient en 1936 avec son doctorat en théologie .Le séjour dans le vieux monde européen l'impressionne très vivement, surtout les endroits marqués du sceau de la grâce comme : Rome, Lourdes, Ars, Paray-le-Monial ; cependant rien ne le distrait de l'étude.Il enseigne au grand séminaire sans cesser de se cultiver : cours de droit, cours d’éloquence, etc.Sa vie est bientôt dévorée par la Volume XVIII, n° 5 LA REVUE DESJARDINS 89 direction spirituelle : avec un jugement d’une sûreté rare, il se penche sur tous les problèmes des futurs prêtres.Comme moraliste, on le consulte très souvent et d’un peu partout.Enfin ses dons d’orateur le font rechercher comme prédicateur de retraites et même de retraite sacerdotales.En 1949, Son Excellence Msr Maurice Roy lui confie la portion choisie de son troupeau, l’espoir dé l’Eglise, ses séminaristes.Avec quel doigté, avec quelle tendre fermeté et quelle large compréhension n’a-t-il pas endossé la tâche primordiale de former de saints prêtres.Ce poste qu’il a occupé durant près de trois ans aura laissé dans le diocèse une mar- que, signée de zèle et de régularité grâce à son exemple entraînant.Mgr Audet a goûté au ministère paroissial, à l’éducation et un peu à tout ; son intelligence souple et sereine jointe à cette expérience en font un Auxiliaire d’une qualité exquise.Il avait dit durant son grand séminaire : (( Nous serons jetés dans la mêlée à une heure où le prêtre devra compter pour deux.Si nous voulons gagner la bataille qui s’annonce très ardue et ramener au Christ un monde sur le bord de l’abîme, il nous faudra des convictions ; il nous faudra être des surhommes et en former par centaines ; malheur à nous, si, au moment des luttes décisives.l’Église ayant besoin de héros, ne trouve que des hommes pour la défendre et la sauver )).Il ne s’est pas démenti.Sa devise épiscopale Gratia vobis et pax lui trace un programme qui continue bien sa vie : Instaurer la paix du Christ sur la terre en implantant et maintenant la grâce de Dieu dans les âmes.L’Odyssée entreprise, il y a 44 ans, par notre nouvel évêque auxiliaire se continuera, nous le demandons à Dieu, dans la paix et le bonheur .Sous le signe de Marie, il fera du bien et l’Église pourra compter un autre grand serviteur.Jean-Paul Lévesque L ’épargne au Canada LE revenu personnel des citoyens canadiens s’est sans cesse accru depuis 1934 ; il est passé de $3,153,000,000.à $15,859,000,000.^en 1951.Il en va de même évidemment du revenu disponible (après la déduction des taxes directes et des droits de succession) : en 1934, il était de $3,089,000,000.; en 1944, de $8,164,000,000.; en 1951, de $14,843,000,000.L’indice du coût de la vie s’est, lui aussi, haussé de façon constante au cours de la même période : en 1934, il était de 95.6 ; en 1944, de 118.9 ; et en 1951, il a atteint 191.1.En janvier dernier, il a touché son plus haut point, soit 191.5.En février, il sembla indiquer une autre orientation : il descendit à 190.8, d’après les chiffres du Bureau fédéral de la statistique.Cependant, le pourcentage de l’épargne sur le revenu disponible des citoyens canadiens a beaucoup varié au cours de cette même période.En 1934, il n’y eut pas d’épargne dans l’ensemble ; on a dû prendre un peu sur le vieux gagné.En 1935, le pourcentage du revenu disponible que les citoyens canadiens ont épargné fut de 1.5 ; en 1936, il a fallu de nouveau prendre sur les réserves ; les années suivantes, le pourcentage de l'épargne s’est sans cesse haussé jusqu’en 1944 : il atteignit alors son plus haut NOTICES HISTORIQUES « La reine Isabelle II d’Espagne reçut la Rose d'or des mains du Pape Pie IX, en 1871.Elle Jut la première souveraine à signer une pétition demandant au Souverain Pontije de proclamer le Dogme de /’ Immaculée-Conception.Son exemple Jut suivi par d’autres souverains catholiques.» Philippe, roi de Macédoine, se Jaisait toujours accompagner par deux hommes qu il payait pour venir lui dire tous les matins : « Philippe, souviens-toi que tu est homme, » et pour lui demander le soir : « Philippe, t’es-tu souvenu que tu étais homme ?)) Lorsque le duc Wecklembourg était à réfléchir, et qu on lui demandait à quoi il pensait, il répondait : « Je donne audience à mes pensées.» sommet, soit 24.2 ; il s’est réduit ensuite jusqu’à 4.4 en 1947 ; en 1948, il se réhaussait à 9.1, puis se réduisait à 8.4 en 1949, à 6.5 en 1950 ; et il remontait à 12.en 1951.Il serait long d’expliquer le jeu assez complexe des facteurs qui ont fait varier ainsi en ces dernières années le pourcentage de 1’ épargne sur le revenu disponible des citoyens canadiens.Nous n’avons pas en main de statistiques américaines qui nous permettraient de faire des comparaisons entre e Canada et les Etats-Unis, mais d’après U.S.News e3 World Report, les Américains ont plus que doublé le pourcentage du revenu épargné depuis 1949.En effet, ils mettaient de côté 3.4% de leur revenu en 1949, 5.2% en 1950 ($10,700,000,000.), 7.7% en 1951 ($17,200,000,000.), et l’on prévoit qu’ils feront davantage en 1952.Depuis quelque temps, nos voisins du sud achètent moins, ils escomptent une baisse des prix à brève échéance, parce qu’ils jugent que les prix sont trop élevés pour un nombre très considérable de produits.Paul-Émile Charron 90 LA REVUE DESJARDINS Québec, mai 1952 C'est le mois le plus beau UNE fois encore, le mois de mai nous est revenu avec ses parfums, sa lumière et ses fleurs.Partout renaît Tactivité, avec des élans de jeunesse, de vie nouvelle.C'est le mois le plus beau .Peut-être est-ce pour cette raison que nombre de Caisses populaires ont choisi le mois de mai pour terme de leur exercice social.Répondant à Tinvite de la nature, les esprits sont-ils mieux ouverts à la compréhension ?Il y a lieu de le penser, au moins dans le cas des sociétaires de Caisses populaires.Un fait demeure cependant : la clôture d'une année sociale est un événement important dans la vie d'une Caisse populaire ; plus encore, c’est la seule grande manifestation de l’année.C'est l’unique occasion où les sociétaires peuvent voir leur Caisse dans sa réalité vivante, comme société leur appartenant, et l’unique occasion également où il est donné à chacun de faire valoir ses idées et ses vues dans l'administration générale.Dès lors, il importe que cette soirée soit marquée d’une particulière solennité.Que ce ne soit pas une réunion banale où l'on entend réciter une litanie de chiffres, ponctuée des quelques résolutions d'usage.Il faut que ce soit vivant et intéressant ] Mais quelle recette employer pour obtenir ce résultat ?Il n'y en a qu’une : une préparation soignée.C'est tout simple, à première vue, mais pour réussir il faut y mettre beaucoup de travail, d'application et de dévouement.D'abord, commencez à étudier et à établir votre programme en assemblée.En ce domaine plus qu'en d'autres, peut-être, ce travail d’équipe est irremplaçable ; sans compter que l'assemblée générale de la Caisse populaire, ce n'est pas l'affaire du gérant seul, mais ça regarde et ça engage tous les administrateurs, y com- Ïiris les commissaires de crédit et es conseillers de surveillance.Donc un programme, un ordre dü jour bien à point, visant à créer une atmosphère de cordialité où les esprits pourront saisir, avec un goût intéressé, les rapports que vous devez présenter.On peut s'assurer la présence d'un représentant de l'extérieur, mais ce n'est pas indispensable.Certaines Caisses font de leur assemblée générale, une sorte de soirée de gala, avec chant, musique, distribution de prix et projection de films.C'est une fête qui fait maintenant époque dans la vie paroissiale et personne ne veut plus maintenant manquer cet événement.On y pense et on l'espère d'une année à l'autre.Ayant donc complété un programme attrayant, il faut maintenant songer à donner autant d'attrait au local de la réunion.Votre public, au soir de votre assemblée générale, c'est de « la visite » que vous recevez.Pour que les gens viennent, et surtout qu'ils reviennent, il faut que chacun se sente chez soi, et se sente l'objet d'une considération spéciale : la considération qui est due à tout sociétaire de votre Caisse.Ayez un local propre, bien éclairé, et bien aéré.C'est plus important que les décorations.À ce propos, il y a des sociétaires de Caisses qui ont bien du mérite à aller passer deux heures et davantage dans une salle poussiéreuse et sans air, pour assister à l'assemblée générale.Cette année, allez faire d'avance l’inspection de votre local, et assurez-vous qu'il ne pré- Semons, si nous voulons récolter.* 0e - ^Jjr .â. Volume XVIII, n° 5 LA REVUE DES JARDINS 91 Du Fini à TlnFini -?- sentera aucun de ces désagréments pour vos auditeurs.Reste maintenant à réunir un public, à s'assurer la présence du plus grand nombre possible de sociétaires, tout en ayant une pensée spéciale pour ceux qui ne le sont pas encore.Ce n'est pas la partie la plus facile du travail.Encore ici, le succès repose sur l'effort commun de toute l’équipe responsable.Pour commencer, une invitation chaleureuse et convaincante sera lancée, dans la presse locale, au moyen d’une circulaire distribuée dans les familles, et appuyée par l'annonce en chaire.La date de l’assemblée devrait être déterminée assez longtemps à l'avance, pour qu'on puisse placer un premier avis, bien en vue, dans le local même de la Caisse.A partir de ce moment, le gérant et les autres employés commenceront à inviter les sociétaires à mesure qu'ils se présenteront.Ces contacts personnels valent encore mieux que toute publicité pour gagner l’adhésion de vos gens.Et puis qu’on fasse passer des mots d’ordre de rappel à plusieurs reprises, dans les quelques jours précédant immédiatement l'assemblée.Il n’est pas défendu non plus d’annoncer une surprise quelconque, pour aiguillonner les tièdes et les hésitants.Une assemblée bien préparée est une assemblée réussie d’avance.René Croteau La Fédération des Caisses populaires peut maintenant vous offrir une partie (la seconde) du manuel de comptabilité et d'instructions.Cette partie comprend six chapitres traitant du capital social, de l'épargne, des prêts, des placements, de l’emprunt et du patrimoine.Voilà un instrument de travail que chaque gérant voudra posséder.Il contient certainement des réponses à la plupart des questions que vous vous posez et il vous évitera des Thomas e.Murray, un des grands chercheurs atomiques, a présenté il y a quelques mois une communication à l’Institut américain des ingénieurs chimistes.Voici quelques-unes des réflexions de ce savant qui sont à méditer et à retenir.Nous les empruntons de VAmi du clergé, du trois avril dernier.(( La limitation la plus évidente (de la science) établit un contraste entre deux sortes de contrôle : le contrôle de la matière et le contrôle de l’homme lui-même.La science peut donner à l’homme la maîtrise sur la matière mais elle échoue à donner à l’homme la maîtrise sur lui-même.(( Il faut bien préciser que la science n’arrive jamais à son terme.Elle se présente comme un processus de triturations des atomes, et elle les triture indéfiniment ainsi que les éléments qu’elle découvre en eux.Mais elle n’arrive jamais a cette ultime particule qui est juste à la porte du néant.La matière est (( expliquée )) par la science, en ce sens qu’on la divise en parties toujours lus petites ; électrons et protons ier ; neutrons et mésons demain.Mais encore qu’elle explique beaucoup de choses, nous pouvons dire qu’elle ne fait que repousser l’ex- recherches et de la correspondance pour obtenir telle ou telle précision.Pour $2., vous aurez, en permanence, un “ assistant ” fidèle et un “ conseiller ” sûr, à vos côtés.Cette partie du manuel compte 94 pages de texte et vous est présentée sous couverture acco-press.Adressez vos commandes à la Fédération des C.P.D., 59, avenue Bégin, Lévis, P.Q.Prix net : $2., plus les frais de poste.plication.Elle déplace sans cesse la raison dernière des choses : de l’élément a la molécule, de la molécule à l’atome, de l’atome au noyau, du noyau à
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