Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins
Éditeur :
  • Québec :La fédération des caisses populaires,1941-2004
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Ligne de communication,
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1954, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
R-243 irriifiîrüfîîl ÉDIFICE DESJARDINS DESJARDINS ¦iMiDiDiani ** > f,- •/C ?«H ^ ** ¦ * BILLET - ?- ^NZ?i>Z7/i5’ trois siècles, l’église de Sainte-Poy, près de Québec, comme toutes nos églises d’ailleurs, appelle ses enjants à une oie actioe et oraie.Son long clocher, « comme un doigt indiquant le ciel )) domine les autres habitations.L’église, c’est Le centre de la paroisse : c’est autour d’elle que toutes les maisons du oillage se groupent, comme les poussins autour de leur mère.L’église paroissiale est un centre de oie actioe dans la mesure où chacun des membres qui la compose, est un membre oioant qui paie de sa personne.Car la paroisse ce n’est pas exclusioement L’église, mais c’est encore « tout le champ de la oie quotidienne des paroissiens », c’est la jerme qui s’étend là-bas, comme c’est l’école, tout près du temple, ce sont les routes et les chemins.La paraisse ?mais c’est partout où la se joue le sort des paroissiens.Et c’est dans tout ce champ que le paroissien sincère doit être actij, et qu’il doit porter témoignage.Quand, dans la paroisse, chacun est à sa place, c’est que chacun bâtit.En plus, la oie doit être oraie : elle doit être l’expression d’une oéritable communauté, sincèrement unie.Et alors comment supposerait-on que, dans la paroisse, ne règne souoerainement cet admirable esprit d’équipe qui jera traoailler chacun pour tous et tous pour chacun, tous les paroissiens guidés par la flèche fière et droite du clocher de l’église.Dans le champ d’action dans lequel chacun est appelé à journir sa part d’effort, que chacun y traoaille pour sa part.Parce que nous aurons gardé bien intact, son esprit, la paroisse aussi saura bien nous garder.Nos clochers continueront à être des symboles.Et nous leur serons fidèles.Jos.Turmel NOTRE COUVERTURE.— Photo de l'église de Sainte-Foy, de Québec.Service de Ciné-photographie.EDIFICE DESJARDINS DESJRRDIN5 Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XX, No 2 QUÉBEC Février 1954 Sommaire Billet Jos.Turmel PAGE .22 Éditorial : Sécurité et bénéfices.C.Vaillancourt.i .23 Les Caisses jubilaires .24 La Caisse populaire Desjardins est paroissiale Paul-Émile Charron.25 In memoriam .26 La Caisse populaire de Lévis .27 L'épargne et le crédit populaires par la Caisse populaire paroissiale d’épargne et de crédit {suite) Me J.-A.Plourde, n.p.29 Reflexions d'un président de Caisse .François Fleury .31 Le Canada en tête des pays d’immigration en 1953 .32 Entre l’insuffisance du salaire et le sens de l’épargne chez les jeunes qui travaillent Germaine Bernier .33 Notre Caisse populaire Jos.Turmel .34 Quelques mesures à prendre pour se bien protéger contre les faux.François Adam .35 Un centenaire .35 À propos de vente à tempérament.Jos.Fortier .36 Notes et commentaires .37 Service de renseignements .38 Les voleurs échouent -v .39 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 19, AVENUE BÉGIN, LÉVIS, P.Q.PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.Pour les autres.$1.50 $2.00 LA REVUE DESJARDINS est imprimée aux ateliers Charrier d Dugal, inc., Québec.GeÇSsOeS Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. ^ .//A R^V(/£j '0£Sja#D/A/S Sécurité et bénéfices DERNIÈREMENT, sur le train de Québec-Montréal, un homme d'affaires, en causant avec des représentants de la Fédération des Caisses populaires, leur glissait ce reproche : (( Vous autres, dirigeants des Caisses populaires, vous êtes des pessimistes.)) Il est vrai que quelques jours auparavant, nous avions refusé d'acheter des obligations ; sans aucun doute ces valeurs étaient bonnes, mais nous voulions garder notre argent liquide, et cependant, cette fois-là encore, on nous avait traités de pessimistes.J'admets que pour un vendeur d'obligations, ne pas réussir à vendre les valeurs qu'il offre peut l'inciter à trouver le client craintif, pas hasardeux.Pour les dirigeants de la Fédération, c'est d'abord l'intérêt des sociétaires des Caisses populaires qu'ils doivent avoir en vue, et ils doivent s'assurer que l'argent confié aux Caisses populaires par les épargnants soit remboursable à demande à tout moment.Il n'y a pas à se le cacher, la fin de l'année 1953 a marqué une régression qui se fera sentir encore en 1954, et on peut le dire sans pour cela être pessimiste.Jusqu'au milieu de 1' année 1953, un souffle de folie passait à travers le monde, et ce souffle de folie, un peu moins fort aujourd'hui, rend les gens plus réalistes.Ceux qui vendent des obligations sont obligés de faire plus d'efforts mais ne doivent pas, pour cela, nous accuser de pessimisme ; c'est pour eux aussi un devoir d'envisager la situation telle qu'elle est et se dire qu'on ne peut pas indéfiniment souffler le ballon sans risquer qu'il n'éclate.Cela nous amène à dire une fois de plus à nos dirigeants de Caisses populaires d'assurer d'abord la sécurité de leur Caisse popu- laire avant de spéculer, c'est-à-dire de ne pas acheter une valeur qui, aujourd'hui, vaut tel prix en se disant qu'elle vaudra demain un quart, un demi ou un point plus cher et qu'ainsi on fera de l'argent.Garder de l'argent liquide suffisant pour répondre aux demandes de retraits, voilà une autre façon d'assurer la sécurité.Nous conseillons depuis toujours aux Caisses populaires de garder 50% de leur actif en argent liquide ou facilement réalisable ; aujourd'hui nous demandons davantage : 10% à 20% de l'actif entièrement liquide.Quant à l'achat de vos obligations, organisez le portefeuille de votre Caisse de façon telle que les échéances ne soient ni trop longues, ni toutes de la même année ; achetez des courtes échéances, maximum 10 ans, et même, dans les conditions actuelles, on ne devrait pas dépasser 5 ans, et réparties de 1 à 5 ans.D'ailleurs, avec les demandes de prêts pour l'habitation, nous ne croyons pas sage que les Caisses populaires achètent beaucoup d'obligations.Que les Caisses populaires, en outre, prêtent selon leurs moyens, pas davantage.Sous prétexte que dans la localité il y a des gens qui n'ont pas de maison à eux, que personne ne veut leur prêter excepté la Caisse populaire, il ne faut pas prêter 50% ou 60% de son actif sur hypothèque ; les Caisses qui ont voulu agir ainsi dans le passé se sont fait tort à elles-mêmes et elles en ont fait à l'ensemble des Caisses.40% de l'actif en prêts sur hypothèque, c'est la maximum ; prêter davantage devient risqué.Ajoutez 10% en prêts sur reconnaissance de dette, puis 50% liquide ou facilement réalisable, et vous aurez là des normes qui ont été adoptées depuis plusieurs années et maintenues à la dernière 24 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1954 assemblée de la Fédération, le 20 janvier 1954- En résumé, les Caisses populaires doivent songer, non pas à faire uniquement des bénéfices, mais en premier lieu à assurer leur propre sécurité en se tenant en mesure de rembourser tout déposant à une minute d'avis.Sécurité économique, avec sécurité dans la liquidité, avec sécurité dans les placements.Il y aura, en plus, sécurité dans les prêts si nous nous obligeons à percevoir, tel que convenu, et comme cela doit se faire, l'argent dû par les emprunteurs.Telle doit être notre devise de chaque jour durant l'année 1954.Nous ne sommes pas des pessimistes mais des réalistes.Nous voulons que les sociétaires de nos Caisses populaires soient convaincus que suivre les directives données par la Fédération des Caisses populaires, c'est marcher dans la bonne voie, c'est-à-dire la voie de la sécurité matérielle et de la sécurité morale.• - -:-— • Les Caisses jubilaires -?- Six Caisses populaires, fondées en 1909, auront 45 ans d'existence dans le cours de l'année : Saint-Sauveur (Québec), Saint-Narcisse (Champlain), Thet-ford-les-Mines (Mégantic), Saint-Théo-phile-du-Lac (Laviolette), Danville (Richmond), Trois-Rivières.* * * Fondées en 1914, deux Caisses fêteront leurs 40 ans : Saint-François-d’Assise (Québec), Saint-Sévère (Saint-Maurice).* * 4c L'année 1924 a vu la naissance de 14 Caisses qui auront donc 30 ans cette année : Saint-Méthode (Roberval), Saint-Isidore-d'Auckland, Caisse centrale Desjardins de Lévis, Roberval, Saint-Maurice (Champlain), Saint-Donat (Ri-mouski), Sainte-Rose-de-Lima (Dorchester), Cap-des-Rosiers (Gaspé-Sud), Pa-bos (Gaspé-Sud), Anse-aux-Gascons (Bo-naventure), Fontenelles (Gaspé-Sud), Cap-aux-Os (Gaspé-Sud), Cloridorme (Gaspé-Nord), Saint-François-Xavier (Gaspé-Nord).* * * Cinq Caisses fêtent leurs noces d'argent, puisqu'elles furent fondées en 1929: Cité de Shawinigan (Shawinigan), Saint-Adolphe (Saint-Maurice), Saint-Sévérin (Beauce), île-aux-Grues (Montmagny), Sacré-Cœur-de-Valleyfield (Beauhar-nois).* * 4c Les Caisses suivantes auront 20 ans, puisque fondées en 1934 : elles sont au nombre de 30.Mais n'était-ce pas pendant la crise, que ces paroisses songeaient à la pratique de l’épargne et du crédit par la coopération ?Voilà donc : Sociale de Sherbrooke Saint-Pierre-les-Becquets (Nicolet) L’Ange-Gardien (Montmorency) Sainte-Croix (Lotbinière) Martinville (Compton) Sainte-Marie (Beauce) Plessisville (Mégantic) Saint-Samuel-de-Horton (Nicolet) Saint-Charles-de-Caplan (Bonaventure) Saint-Joseph-de-Carlton (Bonaventure) Québec-Ouest (Québec) Saint-Alexis-de-Matapédia (Bonaventure) Sainte-Félicité (Matane) Saint-Amable (Verchères) Rivière-Ouelle (Kamouraska) Saint-Charles-Borromée-de-Garthby (Sherbrooke) réorganisée en 1946 Sainte-Madeleine-de- Rigaud (Vaudreuil) Sainte-Anne-de-la-Rochelle (Shefford) Notre-Dame-de-Bonsecours (Shefford) Saint-Édouard-d'Eastman (Brome) Sainte-Christine (Bagot) Saint-Raymond (Portneuf) Saint-Edmond (Drummond) Saint-Etienne-de-Bolton (Brome) Saint-Sébastien (Frontenac) Les-Ecureuils (Portneuf) Saint-Thomas (Montmagny) Saint-Pascal (Kamouraska) Cap-Saint-Ignace (Kamouraska) Laterrière (Chicoutimi) 4> 4c 4c Il y a quinze ans : Saint-Pascal-de-Maizerets (Québec) Limoilou (Québec) Belcourt (Abitibi-Est) Sain te-Thérèse-de-Drummond ( Drum- mond) Lac-au-Saumon (Matapédia) Saint-Robert (Richelieu) Sainte-Flavie (Matane) Office du Crédit agricole (Québec) Saint-Frédéric-de-Drummondville (Drummond) Employés civils provinciaux (Québec) Saint- Mathieu-d’ Harricana (Abitibi-Est ) Grande-Rivière (Gaspé-Sud) Saint-Yves (Rimouski) Sainte-Cécile (Trois-Rivières) Val-d'Or (Abitibi-Est) Sainte-Angèle (Matane) Saint-Elzéar (Laval) Château-Richer (Montmorency) Saint-Thomas (Joliette) Sainte-Cécile-de-Masham (Gatineau) Landrienne (Abitibi-Est) Saint-Octave (Matane) Saint-Antoine-de-Padoue (Matapédia) Saint-Raymond (Montréal) Saint-Sébastien (Iberville) Saint-Grégoire (Nicolet) LaSarre (Abitibi-Ouest) Saint-Ours (Richelieu) Saint-Jovite (Terrebonne) Saint-Sacrement (Québec) Nominingue (Labelle) Mont-Laurier (Labelle) Saint-Urbain (Châteauguay) Bassin (Iles-de-la-Madeleine) La-Baie (Yamaska) Sainte-Geneviève (Champlain) Péribonka (Roberval) Sainte-Jeanne-d'Arc (Roberval) Saint-Augustin (Roberval) Grande-Entrée (Iles-de-la-Madeleine) Batiscan (Champlain) Saint-Norbert (Berthier) Sorel (Sorel) Saint-Ambroise (Chicoutimi) Saint-Octave;de-l’Avenir (Gaspé-Nord) Saint- Jean-l’Evangéliste (Chicoutimi) Amos ÏAbitibi-Est) Saint-Edouard-de-Méchins (Matane) Cabano (Témiscouata) Saint-Eugène-de-Roberval (Roberval) Fabre (Témiscamingue) Trois-Pistoles (Rivière-du-Loup) Saint-Bernard-sur-Mer (Charlevoix) Bienville (Lévis) Gatineau (Papineau) Saint-Norbert (Arthabaska) Saint-Eusèbe (Témiscouata) Saint-Elzéar (Bonaventure) L’Alverne (Bonaventure) Volume XX, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 25 La Caisse populaire Desjardins est paroissiale -?- LA CONFIANCE MUTUELLE DES SOCIÉTAIRES, PIERRE D’ASSISE DE LA CAISSE POPULAIRE LES sociétaires de la Caisse populaire doivent être des gens honnêtes et qui se connaissent bien les uns les autres.Cette connaissance mutuelle des sociétaires est pour la Caisse populaire une condition essentielle de son bon fonctionnement et de sa pleine efficacité.La Caisse populaire Desjardins repose justement sur la confiance que les sociétaires doivent avoir les uns dans les autres.Or, la confiance présuppose d'abord l'honnêteté.Avez-vous confiance en quelqu'un qui n'est pas honnête ?S'il ne l'est pas, vous savez bien qu'il peut vous tromper.Vous ne faites pas d'affaires avec lui, vous n'avez pas confiance en lui.La confiance n'est pas possible sans l'honnêteté.Mais ce n'est pas suffisant d'être honnête ; il faut aussi qu'on soit connu comme un honnête homme.Vous prêtez de l'argent à votre voisin, parce qu'il est honnête et que vous savez qu'il l'est vraiment.Vous n'en feriez pas autant envers un étranger qui est peut-être aussi honnête que votre voisin, mais dont vous n'avez pas l'assurance qu'il l'est vraiment.Pourquoi ?Parce que n'ayant pas vécu dans votre milieu, il ne vous a pas prouvé, par sa conduite, qu'il est foncièrement honnête et digne de votre entière confiance.Il n'en va pas autrement dans la Caisse populaire.Elle groupe des citoyens qui mettent leurs épargnes en commun et qui se les prêtent ensuite en cas de besoin.La Caisse populaire ne pourrait pas s'organiser, ni encore moins fonctionner, si ses sociétaires n'avaient pas confiance les uns dans les autres.Il faut donc pour cela que les sociétaires se connaissent, c'est-à-dire qu'ils aient vécu depuis assez longtemps ensemble pour qu’ils aient été à même de se rendre compte de leur honnêteté et de leur solvabilité.NÉCESSITÉ D’UN BON CHOIX DES SOCIÉTAIRES Le Conseil d'administration de la Caisse est donc tenu d'exercer un contrôle judicieux sur l'entrée des membres, afin que n'y pénètrent pas ceux qui n'ont pas les qualités requises.Ces qualités, l'article 7 des Statuts de la Caisse populaire les indique en ces termes : (( Etre honnête, bon payeur, sobre et bon travailleur )).La Caisse populaire Desjardins repose sur des principes moraux, elle vit de la confiance mutuelle des sociétaires qui veulent, dans un esprit de justice et de charité sociales, s'entraider.Tout cela n'est possible qu'en autant que les sociétaires sont honnêtes et, animés de l'amour du prochain, veulent s'entraider.D'où la nécessité vitale pour la Caisse qui veut réussir et faire du bien, de bien surveiller le choix de ses sociétaires.Dans sa brochure sur la Caisse populaire, M.Desjardins, après avoir insisté sur les qualités des sociétaires, conclut : « Donc, la Caisse populaire est avant tout une société d'honnêtes gens, et pour que le choix ne soit pas douteux, le rayon des activités est restreint aux limites de la paroisse où tout le monde se connaît.)) C'est présisément pour cela que la Caisse populaire prend, comme champ de ses activités, un territoire restreint où les gens se connaissent bien, se savent honnêtes et solvables.LA PAROISSE Ce territoire restreint d’opération c est La paroisse.Elle est le champ d'activité de la Caisse populaire Desjardins.Selon l'expression même du fondateur, le commandeur Alphonse Desjardins, La paroisse est « Le cadre parfait oà doit fonctionner une te Lie Caisse ».Dans sa brochure intitulée La Caisse popuLaire, M.Desjardins écrivait, en 1912 : (( Nous avons tout d'abord adopté la limitation des activités sociales d'une Caisse et le recrutement de ses membres à une seule unité territoriale très petite, et qui, par sa nature même, est peu susceptible de subites ou de fréquentes variations, présentant aussi — condition essentielle du succès — des contacts intimes et nombreux par lesquels les intéressés peuvent se mieux connaître, s'apprécier réciproquement avec plus de justice tant au point de vue moral qu'économique.L'unité paroissiale nous a paru réunir toutes ces qualités à un si haut degré qu'elle est pour nous la cellule économique idéale, le cadre parfait où doit fonctionner une telle Caisse.En effet, à quelque point de vue qu'on examine un tel choix, il nous semble impossible d'y trouver à redire, et qu'aucun autre ne pouvait offrir les mêmes avantages et les mêmes facilités dans une mesure aussi complète.» SES AVANTAGES POUR LA CAISSE « Par ses relations répétées et constantes de la vie religieuse et municipale comme par celles des activités d’ordre matériel ou du voisinage, la paroisse offre un champ d’action admirable pour un organe économique dont Les opérations sont surtout basées sur La confiance mutuelle, reposant elle-même sur un ensemble de connaissances certaines de ce que vaut chacun des membres de l'association par ses qualités morales et intellectuelles, par sa compétence, sa droiture consciencieuse, ses aptitudes, son honnêteté, son amour du travail, sa prévoyance et la sûreté de son jugement.» La paroisse, qui sert de champ d'opération à la Caisse, permet aux sociétaires d'exercer un contrôle 26 LA REVUE DES JARDINS Québec, février 1954 direct sur leur Caisse du fait qu'elle opère au milieu d'eux, sous leurs yeux.Dans sa brochure écrite en 1912 sur la Caisse populaire, M.Desjardins le rappelle en ces termes : (( Le contrôle des affaires est entre les mains des membres, c'est-à-dire des seuls intéressés, et ce contrôle est facilité encore par ce champ restreint des opérations )) (la paroisse dont il venait de parler).C'est là un avantage inappréciable dont ne bénéficient pas les institutions financières à grand rayon d’action : leurs actionnaires qui sont disséminés un peu partout ne peuvent surveiller ce qui s'y passe.Cette surveillance quotidienne des sociétaires constitue pour la Caisse une sauvegarde ; elle tient en éveil la vigilance de ses dirigeants.Nous ne saurions donc trop insister sur le caractère paroissial de la Caisse populaire.Le fondateur a voulu l'établir sur une base solide et ui lui garantisse en même temps un mécanisme 'opération simple et efficace, souple et bien adapté à nos conditions économiques, à notre mentalité, et à nos habitudes.Cette base c'est la paroisse qui groupe sur un territoire restreint des familles qui se connaissent depuis longtemps et qui sont disposées à s'entraider.DU CÔTÉ DE L’ÉPARGNE Coopérative d'épargne, la Caisse populaire paroissiale est toute proche des familles : elle est située au milieu des familles, au centre de la vie paroissiale.C'est là un facteur très important pour développer l'économie, la rappeler sans cesse à l'esprit des familles, ne pas laisser se perdre les petites épargnes ; la Caisse doit être là pour les recueillir et faire d'elles, en les groupant, une force utile aux familles, à la paroisse, à la nation.Il est essentiel à la petite épargne (celle des sous qui prennent soin des dollars) que le chemin entre les familles et la Caisse qui veut la recueillir, soit le plus court possible.La Caisse populaire peut agir comme un aimant sur les épargnes si les familles sont situées dans son champ magnétique ; elle peut les attirer à elle, en opérer le sauvetage, les protéger, les faire servir, au bénéfice de la communauté paroissiale et de la patrie.DU CÔTÉ DU CRÉDIT Coopérative de crédit, la Caisse populaire, parce u'elle est paroissiale, se trouve située tout près es besoins de crédit des sociétaires.Elle peut donc, à cause de la simplicité de son mécanisme et de sa proximité des besoins de crédit qu'elle connaît bien, les satisfaire judicieusement et avec le minimum de formalités et de frais.Paul-Émile Charron IN MEMORIAM M.Hudas Dionne Nous rappelons à nos lecteurs la mémoire de feu Monsieur Hudas Dionne, directeur, depuis sa fondation, de la Caisse populaire de Brébeuf, Hull, P.Q., affiliée à l'Union régionale de Montréal.A la dernière assemblée générale, il avait été élu président de cette Caisse.Monsieur Dionne a toujours été un exemple d’assiduité aux assemblées du bureau d’administration.Son jugement était sûr et ses manières très distinguées.Il avait la façon de plaire à tous.Toutes nos condoléances à la famille Dionne, et à la Caisse populaire.M.Jos.-A.Nolin À Québec, au début de cette année, nous avions appris le décès de M.Jos.-A.Nolin.Dès la fondation de la Caisse -?- populaire de Saint-Fidèle (Québec), en 1938, M.Nolin avait été choisi commissaire de crédit.Il occupa cette charge importante jusqu’en 1944 alors qu’il était élu administrateur, fonction qu’il exerça jusqu’à sa mort, le 2 janvier dernier.Monsieur Nolin a été président de sa caisse en 1944-45.M.Henri Gauthier M.Henri Gauthier, administrateur de l'Union régionale de Joliette, est décédé à Saint-Côme (Joliette) le 14 janvier.Monsieur Gauthier a été un fervent des caisses populaires dans le diocèse de Jol iette.Membre fondateur de sa caisse paroissiale, à Saint-Côme, il en était administrateur depuis le début, soit 1927.La veille de sa mort, M.Gauthier siégeait à une séance du Conseil d'admi- nistration de l’Union, jusqu’à 11 heures du soir.La Revue Desjardins prie les familles et les caisses frappées par ces deuils, d’accepter ses sincères condoléances.Savez-vous que .?Les Caisses populaires affiliées avaient un capital social payé de $20,551,521.et un avoir-propre de $12,255,618, au 30 juin 1953.* * * Ces $12,255,618.d’avoir-propre qui, joints au capital social, constituent une garantie précieuse pour nos Caisses populaires, est Je fruit merveilleux d’une économie résultant du mécanisme simple de fonctionnement efficace de la Caisse populaire Desjardins. Volume XX, n° 2 LA REVUE DES JARDINS 27 La Caisse populaire de Lévis -?- LA Caisse-mère a présenté à ses sociétaLres te 21 décembre dernier Le 53e rapport annuel de ses activités se terminant Le 30 novembre 1953.Vous constaterez avec plaisir que La Caisse-mère a connu, cette année encore, des progrès qui illustrent la puissance de la coopération.Voici les remarques de son président, Me Valmore DeBilly : C'est avec grande satisfaction que les administrateurs vous présentent le cinquante-troisième rapport annuel sur les opérations de votre Caisse Populaire pendant l'année qui vient de se terminer.Vous remarquerez que cette année encore la Caisse a fait des progrès notables dans les deux domaines de ses activités, l'épargne et le crédit.L'actif a fait un bond important de $307,504.23.Il s'élevait au 30 novembre 1952 à $5,667,-545.19 alors qu'il est cette année de $5,975,049.42.Les épargnes des sociétaires se chiffrent à $5,045,913.79 soit une hausse de $272,133.31.Le capital social s'est accru de $14,983.64.L'an dernier le capital était de $398,745.31 alors qu’il s'élève cette année à $413,728.95.C'est une augmentation à signaler et qui est due sans doute au nouveau mode de taxe d'entrée sur le capital social fixé par le Conseil d'administration l'an dernier et dont on vous a fait part lors de la dernière assemblée générale.En vertu de cette décision, la taxe d'entrée sur les parts sociales s'établit comme suit : $0.10, pour la première part, $0.40, pour les cinquante parts suivantes et $1.pour les cinq cent quarante-neuf parts subséquentes.Le maximum de parts qu'un sociétaire peut détenir est de six cents, $3,000, tel que fixé antérieurement.Si vous considérez maintenant le domaine des prêts aux sociétaires, vous y constaterez égale- ment une augmentation très considérable.Les prêts aux sociétaires s'élèvent à $2,719,171.90 dont $2,575,494.22 sur hypothèques et $143,677.68 sur reconnaissances de dette.A la même date l'année dernière, les prêts s'élevaient à $2,231,856.93.L'aug- mentation est donc de $487,314.97.Vos commissaires de crédit ont consenti des prêts hypothécaires pour un montant de $932,794.20 et des prêts sur reconnaissances de dette pour un montant de $94,024.C'est donc une somme totale de $1,026,818.20 qui a été SITUATION AU 30 NOVEMBRE 1953 ACTIF Prêts aux sociétaires : Sur hypothèques.$ 2,575,494.22 Sur reconnaissances de dette.143,677.68 Placements : Obligations.$ Parts à la Caisse centrale.L'Assurance-Vie Desjardins.La Société d'Assurance des Caisses Desjardins.2,823,901.22 3,000.00 30.000.00 50.000.00 $ Intérêt accrus 2,719,171.90 2,906,901.22 47,796.61 Total.Immeubles : Solde de prix de vente.$ 31,233.00 Propriété de la Caisse.1,000.00 Terrain .Ameublement de bureau.$ 5,673,869.73 32,233.00 1,000.00 5,000.00 Total.$ 5,712,102.73 Caisse au 30 novembre 1953.262,946.69 Total de Pactif.$ 5,975,049.42 PASSIF Capital social.Epargne.$ 413,728.95 5,045,913.79 Total du passif.Bénéfices nets.Fonds de réserve.$ Fonds de prévoyance.Fonds de bienfaisance.Surplus.366,996.22 63,803.25 3,400.00 45,747.96 $ 5,549,642.74 35,459.25 Total de l’avoir-propre 479,947.43 Grand total $ 5,975,049.42 28 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1954 prêtée cette année.Les sociétaires ont remboursé sur leurs emprunts un montant de $539,503.23.La différence entre les montants prêtés et les sommes remboursées donne Taugmentation de $487,-314.97 que nous venons de mentionner.L’avoir-propre de la Caisse, à comparer avec la situation au 30 novembre 1952, s'est accru de $11,719.30.Après le paiement du boni, il restera une somme d'environ $11,000.à porter au fonds de surplus portant ainsi l'avoir-propre a près de $491,000.Votre Conseil d'administration recommande que les mêmes bonis de 5% et de 6% soient payés sur le capital social.Le Conseil demande également de ratifier, à même les bénéfices de l'année, le rabais d'intérêt ou ristourne accordé aux emprunteurs, ce qui a pour effet de réduire le taux d'intérêt sur les prêts à 43^%.Ce rabais s'élève a $15,500.cette année.Les placements sur obligations s'élèvent à $2,823,901.22.Le La terre se repose pour mieux travailler.portefeuille se divise comme suit : gouvernement fédéral et provincial, $293,950.; corporations municipales, cités et villes, $1,107,-900.; commissions scolaires, $566,-600.; corporations religieuses, $494,900.; syndics, fabriques, diocèses, hôpitaux et cimetières, $374,982.80.Les capitaux de placements devenant échus les cinq prochaines années sont les suivants : 1954, $258,400.; 1955, 283,400.; 1956, $333,100.; 1957, $313,450.; 1958, $139,800.Le 28 septembre dernier, la Caisse populaire de Lévis avait l'insigne honneur de recevoir la visite de Son Excellence le très honorable Vincent Massey, c.h., gouverneur général du Canada.Son Excellence a tenu à répéter le geste posé par un de ses prédécesseurs, Lord Grey, qui, le 5 mars 1909, devenait sociétaire de notre Caisse.Son Excellence a donc, à cette occasion, souscrit et payé une part sociale de $5.et a également déposé une somme de $5.à l'épargne.Le geste de son Excel- ¦t.lence est un témoignage de haute appréciation pour la travail immense accompli par les Caisses populaires depuis leur fondation dans le domaine de l'épargne et du crédit.Les administrateurs ont eu la douleur de perdre un membre très dévoué du Conseil d'administration en la personne de monsieur J.-H.-Noël Bégin décédé au mois de mai dernier.Le Conseil d'administration profite de la circonstance pour réitérer ses condoléances à la famille du disparu.Il a été remplacé .par le notaire Henri Guénette.Vous aurez à élire trois membres du Conseil d'administration en remplacement de MM.Marcel Fortier, P.-Eugène Gosselin et J.-M.Gagnon ; deux membres de la Commission de crédit en remplacement de MM.E.-Joseph Bernier et J.-B.-A.Lachance ; un membre du Conseil de surveillance en remplacement de M.Alyre Bégin.Ces messieurs sont rééligibles.(Photo : Service de Ciné-photographie.) V 'T* , / âÉSr- ¦ * Volume XX, n° 2 LA REVUE DESJARDINS 29 L'épargne et le crédit populaires par la Caisse populaire paroissiale d'épargne et de crédit {suite) -?- Nous vous Livrons une autre tranche de La conférence de Me J.-A.P Lourde, n.p., président de L’IJ.R.de Chicoutimi, au Congres internationaL des Caisses, tenu à Lévis, les 24, 25, 26 et 27 août 1950.TOUTE paroisse bien organisée doit avoir chez elle les capitaux dont ses ressortissants ont un pressant besoin.Le capital c'est de l'épargne et l'épargne est la principale source de richesse ; c'est l’organisation de l'épargne qui amène le progrès ; supprimer l'épargne c'est supprimer le capital.La Caisse populaire qui organise ces services est par conséquent un élément de stabilité et de progrès.Le crédit dépend de l'épargne, et son organisation doit se fonder sur l'épargne.Pour prêter il faut du capital ; le capital se recrute par l'épargne, et l'épargne doit être suffisante pour répondre aux besoins de la paroisse et des paroissiens.Dans une paroisse tout doit être coordonné pour le plus grand bien et le plus grand avantage de tous afin que l'on trouve chez soi le capital nécessaire à l'expansion et au progrès de la paroisse et au bien être moral et physique des paroissiens.C'est ce qu'exprimait avec tant de justesse son Eminence le cardinal Villeneuve lorsqu'il disait : « La Caisse populaire est une œuvre de.rédemption sociale.À côté de l'Eglise et de l'école il faut la Caisse populaire, source de richesse et d'économie, et je souhaite que cette œuvre se développe dans chacune de mes paroisses.» Il importe donc d'organiser l'épargne dans une paroisse, en vue de l'organisation de la richesse de la paroisse et en vue aussi du credit paroissial afin de faire servir ces capitaux accumulés par l'épargne au bénéfice des paroissiens.Et cette organisation financière étant basée sur la famille et la pa- roisse il est nécessaire d'organiser l'épargne et le crédit par la coopérative, qui est la Caisse populaire.Les paroissiens ont le devoir de faire des épargnes pour eux et leurs enfants afin de les mettre à l'abri de la misère et du besoin dans le cas de malheurs, et ces épargnes par le troc du crédit servent à ceux qui en ont besoin.La paroisse, dont le rôle est d'organiser tous les services nécessaires à son épanouissement, étant administrée dans ses affaires municipales et scolaires par les hommes les plus compétents et jouissant de la confiance de leurs co-paroissiens, ces hommes auxquels on adjoint le curé de la paroisse, sont les plus qualifiés pour administrer la Caisse paroissiale, et ces hommes sont ordinairement ceux qui se voient confier la direction de la Caisse.Tous ces gens bien disposés, et possédant déjà la confiance populaire, emploieront tous leurs efforts à conduire à bien ce patrimoine dont l'administration leur est confiée, savoir les épargnes de la paroisse, et c'est à eux qu'il appartient d'organiser l'épargne populaire et en même temps le crédit populaire.La Caisse populaire paroissiale se compose de trois commissions ou conseils ayant des attributions propres et bien distinctes.Le Conseil d'administration procède à l'administration proprement dite de la Caisse ; la Commission de crédit a le contrôle des prêts, elle décide de l'acceptation ou du refus des demandes de prêts et voit à leur remboursement ; le Conseil de surveillance surveille l'administration de la Caisse, se rend compte si tout est normal dans l'administration de la Caisse, si la comptabilité est bien tenue, si les prêts sont réguliers, autorisés, si les mesures ont été prises pour garantir suffisamment les prêts, c'est pour ainsi dire le corps policier, ou l'ange gardien de la Caisse.Il appartient aux administrateurs d'organiser l'épargne, de solliciter et de provoquer les dépôts des épargnes et, par ce moyen, d'avoir tous les argents nécessaires aux besoins paroissiaux et particuliers ; leur motto est d'organiser efficacement l'épargne en fonction du crédit.L'agriculture étant à la base de la prospérité d'une paroisse comme d'un pays, les Caisses populaires doivent avoir l'argent nécessaire pour permettre aux cultivateurs de liquider leurs dettes, entretenir leur ferme, leur cheptel, acheter d'autres domaines pour y établir leurs fils, et garder la valeur morale qui est leur apanage.Les journaliers et les ouvriers méritent aussi l'attention des dirigeants de la Caisse car si les journaliers et les ouvriers aussi bien que les cultivateurs connaissent l’aisance et l'absence de soucis financiers, il se répand sur la aroisse un air de prospérité de on aloi qui contribue au bonheur de tous.Et pour atteindre ce résultat il faut que l'épargne soit suffisante pour répondre à tous ces besoins de crédit.L'argent vient de la paroisse, sert à toute la paroisse et lui revient sous forme d'intérêt et de remboursement du capital, et c'est ainsi qu’une paroisse s'enrichit, car ce qui appauvrit une paroisse c'est l'argent qu’elle envoie à l’extérieur, c'est de l'argent qui est sorti et qui ne reviendra plus.Il est donc prouvé hors de tout doute que les Caisses populaires 30 LA REVUE DESJARDINS Québec, février 1954 paroissiales doivent organiser l'épargne afin qu'elle soit suffisante pour répondre aux besoins de crédit.Il importe d'organiser le crédit sur des bases solides afin que ces épargnes ne soient pas perdues et servent les fins pour lesquelles on les a sollicitées.C'est là que la Commission de crédit entre en fonction.Les prêts qu'elle fait doivent être productifs, c'est-à-dire qu'ils doivent f)rocurer à l’emprunteur une amé-ioration de sa condition, un accroissement de revenu, pour l'acquisition d'un bien.Les prêts n'ont pas un but lucratif qui peut contribuer à endetter l'emprunteur de sommes qui diminuent sa valeur et sa solvabilité et souvent le placent dans une situation précaire ; c'est pourquoi l’emprunteur doit exposer au gérant les raisons et le but de son emprunt ; les commissaires de crédit ne doivent pas non plus faire des prêts risqués ni spéculatifs.La Commission de crédit doit agir avec prudence et discernement tout en n’oubliant pas son rôle de servir.Les Commissaires de crédit prendront en considération l'honnêteté de l'emprunteur, sa valeur morale, sa capacité de remboursement par versements appropriés à son revenu, et si ce prêt est de plus bien garanti par une caution, car on n'a pas le droit d'exposer les épargnes des sociétaires, ils accorderont le prêt, qui sauvera peut-être une famille de la ruine et de la misère.Et ce crédit est sain, peu coûteux et efficace.Crédit sain.Le crédit vient de l'épargne du peuple, des petites gens, mais non de la spéculation.Les épargnes ne sont pas le fruit des spéculations, ni de dividendes produits par des actions qui auront été divisées pour en cacher des profits trop plantureux ; c'est partant du capital mouillé qui n'a coûté aucun effort, et les profits ui en résultent sont des profits 'un capital qui n’existe pas.Dans les Caisses populaires le capital résulte du travail des épargnants, de leurs épargnes, et représente cent pour cent de valeur.Il provient de sources nombreuses, par petits montants, étant le fruit du travail des épargnants de la paroisse, il ne doit pas être prêté aux spéculateurs, aux commerçants qui ont en vue des profits.Cette petite épargne doit être prêtée aux petites gens qui le méritent, qui ont fait leur preuve d'honnêteté, et qui sont capables de rembourser.On n'a pas le droit d'exposer l'argent.Il faut préférer dix petits prêts à un prêt élevé, car le but de la Caisse est de rendre service à le plus de gens possible.Chaque Caisse étant autonome, et recevant elle-même les épargnes et faisant elle-même les prêts, il se produit une belle décentralisation de l'argent ; chaque Caisse est prêteuse et contribue à arracher les gens des griffes de ceux qui les pressurent.Les taux de prêts sont raisonnables et les remboursements échelonnés selon la capacité de remboursement de l'emprunteur.Il y a deux catégories de prêts ; l'un sur reconnaissance de dette, et l'autre sur garantie hypothécaire, en première hypothèque.Le prêt sur reconnaissance de dette est garanti par une caution, et le prêt hypothécaire est garanti par une première hypothèque sur valeur immobilière.C'est là un crédit sain.Crédit peu coûteux.Les organisations financières, les compagnies de prêts et de placements ont en vue le plus haut taux d'intérêt possible afin que l'argent rapporte aux actionnaires les plus gros profits et dividendes possibles.Elles ont une administration coûteuse ; tout le rouage administratif est payé, c'est juste pour les travailleurs, mais ce sont les emprunteurs qui paient tous les frais.Dans les Caisses populaires, tous donnent leurs service gratuitement ; il n'y a de payés que les gérants et les autres employés nécessaires à la bonne tenue de la Caisse.Il en résulte que la Caisse peut prêter à un taux d'intérêt plus bas que les financiers, ce dont bénéficient les emprunteurs.Ces derniers ont de plus l'avantage d'avoir dans leur paroisse le bureau de leur créancier, ils n'ont aucun frais d'envoi d'argent à supporter, et ils ont l'avantage de payer par anticipation, même si ce n'est que quelques dollars de plus que leurs versements exigibles, et l'intérêt est calculé non au mois mais jour par jour et sur le minimum et non sur la valeur initiale du prêt.Ces montants remboursés par anticipation cessent de porter intérêt, et l'emprunteur en bénéficie parce qu'il n'a pas un sou d'intérêt à payer sur l'argent qu'il devrait autrement garder en poche des semaines et même des mois pour rencontrer les obligations qu'il aurait contractées envers une institution financière qui n'envisageant que les profits ne permet pas de remboursements anticipés à moins d'une indemnité.Les Caisses populaires sont heureuses de recevoir des remboursements anticipés, cela leur permet de rendre service à d'autres emprunteurs ; elles n'oublient jamais leur rôle de servir et elles travaillent à servir le plus de gens possible.Et après avoir payé ses frais d'administration, des intérêts raisonnables aux déposants, des boni aussi raisonnables aux sociétaires, après avoir fait les réserves nécessaires aux fonds de réserve et de prévoyance qui constituent l’avoir-propre de la Caisse, à même le surplus, la Caisse populaire peut alors verser à ses emprunteurs une ristourne qui diminue encore le taux d'intérêt.Cette ristourne n'est pas basée *sur le capital social, mais elle est distribuée au prorata des emprunts.C'est pourquoi tous ces services et tous ces avantages accumulés contribuent d'autant à procurer aux sociétaires un crédit peu coûteux ; c'est un crédit au prix coûtant.( suivre?}
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.