Revue Desjardins : organe officiel de la Fédération des caisses populaires Desjardins, 1 janvier 1954, Décembre
R-243 ( mtrfîTtj iTTfî l"l 1*1 kl ÉDIFICE DESJARDINS ,V il \v{K W N, - ~ ùr""r'.¦ , Décembre DESJRRDINS iriinrggiBiiiDiâiürîfi MT* Na \ >'*' :v' i; \ \ 4*/' .7 = ?V - iL ^ - Volume XX ~ N BILLET - ?- POUR l’armée qui s’achève, je vous remercie, Seigneur.Sans que je l’aie mérité, vous avez voulu que cette année Jut remplie d’une joie que je n’avais pas toute prévue, et que je la vive au milieu de tant d’âmes qui souj-jrent.Si la joie soutient, elle impose aussi ses obligations : autant la tristesse est stérile, autant la joie doit être jéconde.Car ce n’est pas en gémissant sur les malheurs d’aujourd’ hui, ni en montrant sans cesse les nuages qui assombrissent l’horizon, ni en ayant toujours des paroles de reproche ou de découragement que je donnerai à mes jrères des Jorces pour la lutte et la victoire.N’est-ce pas Mdr Mermillod qui disait : « J’ai peu de goût pour les saules pleureurs.Ils ne portent pas de fruits et ils n’abritent que des tombeaux.» /Merci, Seigneur, pour la joie que vous m avez si largement donnée.Mais saurai-je bien apprécier la valeur de votre bienfait si je ne deviens pas un « semeur d’optimisme réconfortant )) ?Faites que ma simple présence console et réchauffe, surtout lorsque je vis parmi ceux qui doutent, qui luttent et qui tombent, hélas ! À cause de votre joie ne dois-je pas être une force sur laquelle ils puissent s’appuyer ?Ne serai-je pas un témoignage vivant qui leur donne une raison de lutter, et aussi l’espoir de vaincre ?Car votre joie est une force conquérante et séductrice et les hommes vont à ceux qui annoncent le bonheur.Puissé-je dire avec Claudel : (( Mon Dieu, vous m avez donné ce pouvoir que tous ceux qui me regardent aient envie de chanter ; c’est comme si je leur communiquais la mesure tout bas .» (( Que jamais, priait Madame Élisabeth Leseur, une âme ne s’éloigne découragée de la mienne, parce que les agitations et les complications lui en auraient caché les abords, que mon âme se fasse souriante à tous, ainsi que mes lèvres ; et que votre Verbe, mon Dieu, inspire mon humble verbe et lui donne la fécondité.» Merci, Seigneur, pour toute la joie que vous m’avez donnée au cours de 1954.Et voulez que je m’en montre digne pendant l’année qui commencera bientôt.(( Quoi qu’on entreprenne pour Dieu, pour soi-même, pour les autres, rien ne réussit bien que ce que l’on fait avec joie.» Jos.Turmel NOTRE COUVERTURE.— Paysage d'hiver à Sillery.— {Photo : Service de ciné-photographie.) / Lü ¦ ?IllIlDI ?13111 EDIFICE DESJARDINS DESJRRDIN5 Organe oHiciel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, société régie par la Loi des syndicats coopératifs de Québec Vol.XX, No 12 QUÉBEC Décembre 1954 Sommaire • PAGE B illet Jos.Turmel 182 Editorial : Congrès réussi C.Vaillancourt 183 Consultation légale Le Conseiller juridique .184 Des témoignages 185 L’honorable Albert Bouchard C.Vaillancourt 187 Savez-vous que .?187 Les dirigeants du mouvement des Caisses populaires Desjardins en congrès rendent hommage à leur fondateur, M.le commandeur Alphonse Desjardins, à l’occasion du centenaire de sa naissance 188 Congrès international de l’épargne à Weisbaden Jos.Turmel 189 L'Union régionale de Saint-Hyacinthe des Caisses populaires Desjardins célèbre son dixième anniversaire de fondation 190 In Memoriam 191 La Caisse populaire Desjardins de Disraéli fête son dixième anniversaire de fondation 192 Pourquoi siéger chaque mois au Conseil d’administration Rosario Tremblay 193 Développement des Caisses populaires au Canada 195 Sainte-Claire de Dorchester 196 Possession de la ferme et mode de faire valoir au Canada, par province.1941 et 1951 Paul-Émile Charron.197 Table des matières 198 Décorations pontificales à M.et Mme Philippe Marsolais 198 Avant d’acheter à crédit 199 Rédaction et administration LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES ÉDIFICE DESJARDINS 59, AVENUE BÉGIN.LÉVIS, P.Q.• PRIX DE L’ABONNEMENT Pour les caisses et leurs sociétaires.$1.50 Pour les autres.$2.00 • LA REVUE DESJARDINS eti imprimée aux ateliers Charrier e3 Dugal, inc., Québec.0ss§sg)sa3 Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, ministère des Postes, Ottawa. Congrès réussi -?- LES 9 et 10 novembre dernier, se réunissaient à F Auditorium du collège de Lévis les dirigeants des dix Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, ainsi que les inspecteurs de la Fédération, les inspecteurs et propagandistes des Unions régionales.Un congrès semblable avait déjà été tenu à Québec, il y a quelques années ; nous avions alors réalisé Futilité de telles réunions.Il est bon, en effet, de se réunir de temps en temps, afin de se mieux connaître, de réaliser qu'on n'est pas seul à travailler dans son secteur mais que toute une équipe de coopérateurs cherchent à faire du bien et sentent le besoin de moderniser les méthodes.C'est ce qui donne de la force, de la puissance au mouvement.Ce qui nous a frappé plus spécialement, au cours de ces deux journées d'étude, c'est l'esprit constructif qui a animé les discussions.Chacun y allait de son idée, mais finalement chacun se ralliait au vœu de la majorité.C'est là qu'on voit la valeur de l'esprit coopératif.On s'est réuni pour bâtir et améliorer, non pour détruire et annihiler.Le principal item discuté au cours de ce Congrès fut la refonte de la loi des Syndicats coopératifs de Québec.Me Guy Hudon, conseiller juridique de la Fédération des Caisses populaires, a expliqué, de façon magistrale, les amendements proposés à la loi.Disons que quelques séances d'étude avaient été tenues préalablement au Congrès, sous la présidence de M.Laurent Létourneau, président de la Fédération, assisté de Me Jacques Perrault, conseiller juridique de l'Union régionale de Montréal, Me Guy Hudon, con- seiller juridique de la Fédération, M.Émile Girardin, président de l'Union régionale de Montréal, M.Abel Marion, président de l'Union régionale de Sherbrooke, M.J.-J.Caron, gérant-adjoint de l'Union régionale des Trois-Rivières, M.P.-É.Charron et M.R.-H.Tremblay, respectivement assistant-sécrétaire et chef des inspecteurs de la Fédération des Caisses populaires, et le sénateur C.Vaillancourt, gérant.La première journée du Congrès fut consacrée exclusivement à l'étude de la refonte de la loi des Syndicats coopératifs de Québec, et, répétons-le, nous avons été heureux de constater l'esprit constructif apporté au cours des discussions.C'est là que nous nous rendons compte de la force de l'éducation ; l'éducation est une chose lente à faire, mais une fois acquise elle permet d'accomplir des choses constructives.Nous sommes assurés que si une telle réunion avait été tenue il y a 25 ans, on aurait discuté pendant des jours, chacun aurait voulu faire valoir son point de vue en tenant à ce qu'il soit accepté.Tandis que pendant les deux journées d'étude tenues dernièrement, chacun y est allé de son opinion, tout en se rendant compte que d'autres pouvaient penser autrement, mieux peut-être, pour s'incliner finalement devant l'idée de la majorité.De ce bon esprit, de cette entente cordiale, nous sommes fier.Le même esprit a aussi animé les discussions de la deuxième journée du Congrès.Quelques-uns auraient peut-être voulu innover dans certains domaines, mais les délégués, en majorité, sont d'opinion que nos Caisses populaires doivent rester des Caisses paroissiales.Puisque cette métho- 184 LA REVUE DES JARDINS Québec, décembre 1954 de a bien réussi depuis 54 ans, pourquoi essayer de procéder autrement ?Ce n'est pas le temps d'essayer des méthodes hasardeuses qui n'ont pas été très efficaces ailleurs dans leur application.Le soir de la première journée fut consacré à commémorer le centenaire de la naissance de monsieur Desjardins, fondateur des Caisses populaires.Des centaines de coopérateurs sont venus rendre hommage à la mémoire de notre fondateur.Un contemporain de monsieur Desjardins, Monseigneur Elias Roy, p.a., âgé de 84 ans, nous a alors fait une biographie bien vivante de monsieur Desjardins ; ajoutons que celui qui débitait cette biographie était aussi bien vivant, puisque pendant cinquante minutes il nous a donné sa conférence d'une voix aussi forte que celle d'une personne dans la force de l'âge.Avant la conférence de Monseigneur Elias Roy, le président de la Fédération des Caisses populaires, M.Laurent Létoruneau, illustra par des faits le développement des Caisses populaires dans la province de Québec depuis 54 ans.M.Valmore de Billy, président de la Caisse populaire de Lévis, la première Caisse populaire fondée par monsieur Desjardins, nous démontra ensuite le développement de la Caisse-mère depuis sa fondation, le bien qu'elle a accompli et la manière dont ce bien a été fait.Enfin, Mlle Albertine Des jardins, fille du commandeur Desjardins, nous a révélé quelques traits intimes de monsieur et madame Desjardins : c'était la fille qui s'adressait, à travers l'espace, à son père et à sa mère, rappelant les jours d'autrefois, les moments heureux de la vie familiale.Le gérant de la Fédération, qui avait agi comme animateur de cette soirée, donna le mot de la fin.Cette réunion fut suivie d'un buffet à l'édifice Desjardins, offert à tous les délégués au Congrès par l'Union régionale de Québec.Il est bon de mentionner que ce Congrès s'est ouvert, le 9 novembre au matin, par une messe dite par M.le chanoine Victor Rochette, un pionnier de l'œuvre des Caisses populaires, pour le repos de l'âme de monsieur et madame Desjardins.Le lendemain matin, M.le curé de Lévis chanta, dans l'église paroissiale, une grand'messe d'action de grâce à laquelle assistaient bon nombre de délégués.La deuxième j ournée du Congrès fut consacrée à la discussion sur le service des prêts à l'établissement rural et à l'habitation.Nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet.Nous remercions le collège de Lévis pour la magnifique réception qui nous a été faite et le service qu'il nous a fourni.Nous devons mentionner tout spécialement la collaboration constante que nous a donnée le procureur du collège de Lévis, M.l'abbé Lucien Dallaire.Consultation légale DES POUVOIRS DU CONSEIL DE SURVEILLANCE Q.— Quels sont les pouvoirs du Conseil de surveillance ?R.— La loi des Syndicats coopératifs de Québec les définit de façon claire et explicite.Et, en le faisant, elle indique du même coup les devoirs du Conseil de surveillance.L'article 21 de la loi des -?- Syndicats coopératifs de Québec qui a trait au Conseil de surveillance, stipule, en effet, que le Conseil de surveillance surveille le conseil d'administration et la commission de crédit ci-après mentionnée dans tous les détails de leur gestion.Il a droit d'inspecter en tout temps les documents et la tenue des livres de la société et d'exiger la production de l'encaisse.« Le Conseil de surveillance, ou deux de ses membres, peuvent en tout temps convoquer une assemblée générale spéciale de la société.(( Les délibérations du Conseil de surveillance sont consignées dans les régistres tenus et gardés par le gérant.)) Le Conseiller juridique Volume XX, n° 12 LA REVUE DES JARDINS 185 Des témoignages -4- Le centenaLre de naissance du commandeur A.Desjardins, souligné avec éclat à Lévis, a offert une belle occasion de mieux faire connaître l’homme et l’œuvre qui font tant de bien chez nous.C’est rendre service à nos lecteurs que de leur remettre sous les yeux, Le bel article du Devoir, sous la signature de M.Orner Héroux, et celui de Relations, qui, L’un et L’autre, exaltent (( l’homme modeste )) et son (( admirable institution )).Nous avons cru bien faire en ajoutant à ces deux témoignages la lettre que M.le sénateur Vaillancourt a reçu de M.Lierre Montfafon, Paris.— J.T.UN BIENFAITEUR DE NOTRE PEUPLE Nous aurions pu célébrer, le 6 novembre, le centième anniversaire de naissance de Tun de ceux qui ont le plus fait pour le bien-être des nôtres, l’un de leurs grands bienfaiteurs, Alphonse Desjardins, l’ancien journaliste devenu fonctionnaire fédéral, dont le nom est pour jamais lié à l’œuvre des Caisses populaires.Celles-ci, qui se sont propagées dans toutes les provinces du Canada et jusque dans certains Etats américains, comptent, dans notre seule province, 1,150 unités et 800,000 membres.C’est, a-t-on dit, un débat à la Chambre des Communes, qu’il suivait en qualité de fonctionnaire, qui fixa l’attention de Desjardins sur le problème dont la solution devait occuper les dernières années de sa vie.Nous croyons, si tel est le cas, que ce débat fut pour lui éclairé, qu’il prit chair et substance, si l’on peut dire, dans les observations qu’il avait pu faire dans son patelin de Lévis.On ne saurait attribuer à Alphonse Desjardins l’idée-mère des Caisses coopératives.Elles existaient en plusieurs pays d’Europe avant qu’il les implantât chez nous, et personne ne le savait mieux que ce modeste fonctionnaire d’Ottawa.Il s’était mis en relation avec les principaux tenants de l’œuvre ; il avait accumulé sur le sujet une documentation énorme.Mais il n’essaya point, et c’est l’un de ses mérites principaux, d’instaurer telle quelle l’œuvre à laquelle s’attachaient les noms, pour n’en indiquer que quelques-uns, de Raiffeisen et de Durand.Il voulut l’adapter aux conditions particulières de notre pays, à son régime politique, à ses mœurs.Pour cela, il estima d’abord qu’étant donné notre régime politique et les obstacles auxquels risquait de se heurter son projet, il convenait de se garer du côté d’Ottawa comme de celui de Québec, de telle sorte que si l’œuvre était ,attaquée d’un côté, elle pût chercher refuge de l’autre.C’était, pensait-il, le plus sûr moyen de décourager les animosités et les hotilités possibles.Car, sûrement, l'un ou l’autre des parlements aurait juridiction en la matière.Desjardins devait trouver à Ottawa de puissantes sympathies ; celles d’abord d’hommes comme M.Monk, M.Bourassa, qui était devenu son ami personnel, et, si nos souvenirs ne nous trompent pas, de M.Rodolphe Lemieux.À ces noms, il convient d’en ajouter un autre, que les profanes ne s’attendaient point à rencontrer en cette affaire : celui du gouverneur général d’alors.Lord Grey, l’un des hommes remarquables qui aient occupé chez nous ce poste.Lord Grey n’avait point fait en Angleterre qu’une intéressante carrière politique.Il s’y était passionné pour les œuvres sociales.Le projet Desjardins retint tout de suite son attention ; il fit entendre au petit sténographe qu’il serait prêt à lui apporter son témoignage devant le comité qui étudiait sa proposition.— Je comprends, lui dit-il, qu’il ne convient pas que le gouverneur général du Canada comparaisse devant ce comité ; mais celui-ci ne pourrait-il recueillir une expression d’opinion de la part du président de l’Alliance coopérative universelle ?(Il occupait alors ce poste.) La proposition fut aussitôt, et avec grande joie, acceptée et l’on comprend qu’elle grossit singulièrement le groupe des amis d’Alphonse Desjardins.Mais c’est à Québec que fut édicté le régime actuel des Caisses.Desjardins, après avoir étudié tous les types de l’extérieur et en avoir extrait ce qui lui paraissait convenir à nos conditions et à nos mœurs, avait soumis le projet ainsi élaboré à des juristes éminents de Québec, à MM, François Lange lier et L.-A.Jetté.C’est ce texte, enrichi des observations de ces hommes de science et d’expérience, qu’il soumit à l’Assemblée législative de Québec.L’examen qui s’en suivit reste l’un des meilleurs souvenirs des contemporains.M.Gouin, alors premier ministre, et M.Tellier, le chef de l’opposition du temps, tous deux juristes de grande réputation, s’intéressèrent particulièrement au projet.Us l’examinèrent, pour ainsi dire, à la loupe.C’est l’un des plus beaus exemples de collabotation pour le bien public qu’ait vus l'Assemblée législative de Québec.Il semblait que le texte ainsi scruté pouvait défier toutes les controverses ; mais, avant de s’embarquer dans sa propagande.Desjardins tenait à voir dans la pratique, comment ça fonctionnerait.Il fonda sa première Caisse à Lévis même, et ce n’est qu’après 186 LA REVUE DES JARDINS Québec, décembre 1954 cette expérience, qui s’était avérée heureuse, qu'il lança sa campagne de propagande.On comprend qu'une œuvre, entourée dès sa naissance de si hautes garanties et de si sages précautions, soit allée de succès en succès, qu'elle ait même suscité, dans le même style, des adaptations nouvelles et fécondes.Desjardins, qui n'est mort qu'en 1920, aura heureusement assez vécu pour voir en plein élan sa création.Il n'a pu qu'entrevoir le prodigieux développement qui allait être le sien ; mais il en a assez vu pour être assuré que l'œuvre était solidement ancrée dans la terre de chez nous, qu'elle avait de fortes garanties d'avenir.Un tiers de siècle après, nous pouvons en mesurer les possibilités réelles ; elle nous obligent à dire que ce mort d'hier fut l'un des grands bienfaiteurs de la Chambre Syndicale des Banques populaires de France AL/HC Monsieur le Sénateur, nation, l'un des bons ouvriers de sa grandeur future.Le P.Joseph-Papin Archambault, s.j., dans la dernière livraison de Relations, dit de lui : M.Desjardins nous donne l'exemple d'un apostolat social éclairé, pratique, désintéressé, tenace.Il ajoute ceci, qui projette sur la vie intérieure du fondateur des Caisses, une pénétrante lumière : À un tournant difficile de sa carrière, c'est dans une retraite fermée qu'il puisa l'énergie surhumaine que réclamait la poursuite de son œuvre.Chez Desjardins, la vie intérieure était à la hauteur de sa vie publique.Elle explique largement aussi cette dernière.Le nom de ce modeste est de ceux que notre peuple devra à jamais vénérer.Omer Héroux {Le Devoir) 58, rue La Boétie Paris, le 30 octobre 1954 — 13728 AU SERVICE DU PEUPLE ON célèbre ce mois-ci le centenaire de naissance d'un des Canadiens français qui ont le plus honoré leur nationalité, un homme dont l'action s'avéra des plus bienfaisantes non seulement pour ses compatriotes, mais pour tous les Canadiens et même pour nos voisins des Etats-Unis.Cet homme ne remplit aucune charge publique et n'exerça aucune profession importante.Simple fonctionnaire, il avait au cœur l'amour des siens, surtout des moins fortunés, et voulait les protéger contre la rapacité des prêteurs d’argent ; grand chrétien, c'est dans la prière et l'appui du clergé qu’il puisa les lumières et l'énergie nécessaires à la réalisation de son noble dessein.Quand il fonda les Caisses populaires, le Lévisien Alphonse Desjardins, né le 6 novembre 1854, était loin de prévoir leur merveilleux développement.Etablies dans les cadres de la paroisse, dirigées par des hommes de la paroisse et pour leurs propres besoins, sous l'œil vigilant du curé, les Caisses constituent une institution bien typique des mœurs de nos pères, de l’imprégnation du catholicisme dans la plupart de leurs initiatives sociales et même économiques.Les Caisses populaires ont grandi sans changer de but et de méthode, parce qu'elles plongeaient leurs racines dans ce fond solide de notre race et qu'elles trouvèrent, pour les diriger, après la disparition de leur fondateur, des hommes de la même foi, de la même trempe morale.Elles ne sont pas cependant restées stationnaires.Tout en conservant leur caractère originel, elles surent s’adapter aux besoins variés de notre peuple.Les Caisses scolaires, les Caisses d'établissement pour les jeunes en sont des preuves évidentes.Cette admirable institution existe actuellement dans toutes les provinces du Canada et même aux États-Unis.Elle est surtout flo-risante dans le Québec où elle compte 800,000 membres que Je prends connaissance avec un très réel intérêt de l’émouvant article que votre revue a récemment consacré, sous votre signature, à la mémoire de M.le commandeur Alphonse Desjardins.Vous avez su, en effet, en termes choisis et délicats, faire magnifiquement revivre le souvenir de votre fondateur dont l'œuvre croît et se développe grâce à votre impulsion et grâce à tous ceux qui, à votre exemple, travaillent avec une foi commune dans un même idéal.Aussi me permettrez-vous de vous adresser à cette occasion mes compliments très sincères, et de me rappeler en la circonstance à votre excellent souvenir.Veuillez agréer.Monsieur le Sénateur, l'expression de mes sentiments très distingués.Pierre Monteajon Monsieur le sénateur Cyrille Vaillancourt Gérant de la Fédération des Caisses populaires Desjardins 59, avenue Bégin Lévis, P.Q.(Canada) Volume XX, n° 12 LA REVUE DESJARDINS 187 desservent 1,150 caisses.Leur actif s’élève à $350 millions.Peu d’œuvres ont autant favorisé les nôtres, peu nous ont valu à l’étranger un aussi bon renom.M.Desjardins nous donne l’exemple d’un apostolat social éclairé, pratique, désintéressé, tenace.Sans grands moyens naturels : pauvre, de faible santé, d'une instruction ordinaire, il avait cependant du caractère, un grand amour de son prochain, un vif esprit de foi.À un tournant difficile de sa carrière c’est dans une retraite fermée qu’il puisa l’énergie surhumaine que réclamait la poursuite de son œuvre.Modèle de haute taille, certes, mais à la mesure d’un grand nombre des nôtres.Combien, s’ils voulaient l’imiter, serviraient utilement leurs compatriotes aideraient notre nationalité à occuper, tout en gardant ses qualités foncières une place plus importante dans le domaine économique 1 — J.-P.A.{Relations, novembre 1954.) Savez-vous que .?D'après une enquête conduite par la Jeunesse ouvrière catholique auprès des jeunes travailleurs de l'est de la province, 43% des garçons ont quitté l'école à 14 ans ou moins, et 55.5% l'ont quittée avec une 7e année ou moins ; chez les filles, 55.4% ont abandonné l’école à 14 ans ou moins.Et on explique en partie cette insuffisance de la fréquentation scolaire par les revenus insuffisants de trop de familles ouvrières.* • * • - :- • L'honorable Albert Bouchard -?- M ALBERT BOUCHARD, ^ vice-président de la Caisse populaire de Sainte-Claire (Dorchester), directeur de l’Union régionale de Québec et de la Caisse centrale Desjardins L’honorable Albert Bouchard, c.I.de Lévis, vient d’être nommé Conseiller législatif en remplacement de l’honorable J.-T, Laro-chelle, décédé.Le nouveau Conseiller législatif est bien connu parmi les di- rigeants du mouvement des Caisses populaires du district de Québec, puisqu’il est directeur de cette Union depuis 15 ans.Bien avant, cependant, il s’est intéressé à l’épargne ; il est, en effet, directeur de la Caisse populaire de sa paroisse depuis plus de 25 ans.En faisant l’éloge du nouveau Conseiller législatif, le premier ministre de la province disait : « Il s’est toujours occupé avec dévouement de cette institution d’intérêt national, qui encourage de façon efficace l’épargne nécessaire en tout temps, mais davantage dans les conditions actuelles.M.Bouchard a contribué beaucoup au succès et à la prospérité des Caisses populaires.Il est bien familier avec leurs problèmes.Je suis certain que son expérience et ses qualifications seront d’un apport important dans les délibérations et les décisions du Conseil législatif.)) Les membres de l’Union régionale de Québec sont fiers de cette nomination ; ils savent qu’ils peuvent compter sur le dévouement de monsieur Bouchard.Félicitations à l’honorable Bouchard pour l’honneur qu’il reçoit, honneur qui rejaillit aussi sur les Caisses populaires.C.Vaillancourt De 1946 à 1953, près d'un million d'immigrants sont venus au Canada.Près de la moitié de ces immigrants se sont installés en Ontario, alors que le Québec n'en a retenu que le * * * La production canadienne d’huile crue satisfait présentement un peu plus de la moitié des besoins domestiques.Quels progrès en ces derniers ans 1 En 1947, le Canada n’en produisait que 8% de la consommation canadienne qui, alors n'était que de moitié celle d’aujourd’hui.* * * Sur un total de 35,000 ingénieurs canadiens, à peine 1,800 sont d'origine française.Revenu agricole Le revenu monétaire des cultivateurs du Québec a baissé en 1953 ; il fut de $387,075,000., alors qu’en 1952 il s’éta-bissait à $412,583,000.C'est ce que nous signalions dans cette Revue, en novembre, à la page 173 ; mais, comme les lecteurs l'ont sans doute constaté, il s’était glissé une erreur dans l’établissement du pourcentage de la diminution du revenu monétaire agricole de 1953 par rapport à 1952.En effet, on pouvait lire : C'est une diminution de 62% en 1953 par rapport à 1952.On a sans doute compris par les chiffres comparatifs que nous donnions pour les revenus de 1952 et de 1953 qu’il s'agissait plutôt de 6.2%, et non pas de 62%.Les lecteurs sont priés de nous excuser de cette erreur de transcription. 188 LA REVUE DESJARDINS Québec, décembre 1954 Les dirigeants du mouvement des Caisses populaires Desjardins en congrès rendent hommage à leur fondateur, M.le commandeur Alphonse Desjardins, à l’occasion du centenaire de sa naissance -?- LE 10 novembre dernier, à l'Auditorium du collège de Lévis, les dirigeants des dix Unions régionales des Caisses populaires Desjardins assistaient à une grande soirée sociale en hommage à M.le commandeur Alphonse Desjardins, fondateur des Caisses populaires, et à sa digne épouse, à la coopération desquels nous devons ce mouvement coopératif d'émancipation économique et de rédemption sociale dont tout le Canada français est fier à juste titre.Monsieur Desjardins, qui a fondé à Lévis, en 1900, la première Caisse populaire en Améri-quie, a vu, cette année, s'accomplir son centenaire ; il est né, en effet, le 6 novembre 1854, et il a fondé, de 1900 à 1920, année de sa mort, plus de 100 Caisses populaires dans nos paroisses du Québec, qui en compte aujourd'hui 1,150 avec 800,000 sociétaires et $350,000,000.d'épargne.Ce tribut d'hommage à monsieur et madame Desjardins, à l'occasion de son centenaire de naissance, les dirigeants du mouvement de nos Caisses l'ont d'abord rendu dans quatre séances d'étude en scrutant la pensée du fondateur devant les grands problèmes qui se posent présentement à nos Caisses populaires envers lesquelles les exigences de notre population paraissent s'intensifier avec les services qu'elles lui rendent, et en examinant aussi attentivement si, dans les domaines de l'établissement rural et de l'habitation, nos Caisses populaires peuvent faire encore plus qu'elles n'ont accompli jusqu'ici.Cet hommage, les délégués de nos 10 Unions régionales l’ont aussi rendu en participant à cette soirée sociale consacrée à la mémoire du fondateur, sous la présidence conjointe de M.le commandeur Laurent Létourneau, président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec, et de Me Valmore De Billy, c.r., président de la Caisse populaire de Lévis.L'honorable sénateur Cyrille Vaillancourt, gérant de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec, qui agissait alors comme maître de cérémonies, évoquant quelques faits glorieux de la vie du fondateur, rappela à l'auditoire cette parole prophétique du vénéré curé Monseigneur Gosselin à ses paroissiens de Notre-Dame de Lévis au moment de la fondation de la première Caisse populaire, à Lévis, en 1900 : (( Le siècle qui s'achève Apparaissent sur la photo de gauche à droite, première rangée : Alphonse Desjardins et madame Desjardins, Gérard Desjardins, petit-fils du jondateur, L’abbé Emile Turmel, secrétaire de la Fédération des Caisses populaires Desjardins, mademoiselle Albertine Desjardins, fille du jondateur, Monseigneur Hilaire Chouinard, p.d., curé de Sainte-Germaine {Dorchester), Monseigneur Edouard Marcoux, p.d., supérieur de l’Ecole Noé-Ponton, de Sherbrooke, Monseigneur Élias Roy, p.a., conférencier d’honneur, monsieur le commandeur Laurent Létourneau, président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins du Québec, Me Valmore De Billy, c.r., président de la Caisse populaire de Lévis, monsieur Abel Marion, vice-président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins du Québec ; madame Laurent Létourneau, madame Cyrille Vaillancourt, madame Valmore De Billy, mademoiselle Germaine Létourneau. Volume XX, n° 12 LA REVUE DESJARDINS 189 a été celui des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, celui qui commence sera celui des Caisses populaires Desjardins.)) M.le commandeur Létourneau, président de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec, rappela le développement des Caisses populaires Desjardins et, en tribut d’hommage à M.Desjardins, il évoqua leurs services à notre peuple.Me Val-more De Billy, président de la Caisse populaire de Lévis, fit, à larges traits, Thistoire de la Caisse-mère et marqua les bienfaits qu’elle a assurés à ses membres, et MUe Albertine Desjardins, fille du fondateur, fit connaître quelques traits de monsieur et de madame Desjardins qui illustrent leur grandeur d’âme et leur dévouement social.Le conférencier d’honneur à cette veillée d’armes njétait nul autre que Monseigneur Elias Roy, p.a., d.th., ex-supérieur du collège de Lévis, contemporain de M.le commandeur Des jardins et qui représentait en la circonstance Son Excellence Monseigneur Maurice Roy, archevêque de Québec.Monseigneur Roy, qui fut longtemps directeur de la Caisse populaire de Lévis et qui, malgré ses 84 ans, conserve une étonnante vigueur, a évoqué, de façon vivante et précise, la vie du fondateur de nos Caisses populaires.Le texte de sa magistrale conférence sera reproduit dans une prochaine émission de cette Revue au bénéfice de tous ceux qu’intéresse l’œuvre des Caisses populaires Desjardins.M.le sénateur Vaillancourt remercia les personnalités qui, au cours de la soirée, rendirent hommage à M.et Mme Desjardins, il donna lecture d’un télégramme du premier ministre du Canada exprimant ses félicitations et ses vœux aux dirigeants du mouvement des Caisses à l’occasion de cette célébration du centième anniversaire de naissance du fondateur, le commandeur Alphonse Desjardins, puis il exprima la reconnaissance des Congressistes envers le Collège de Lévis, qui, comme l’a signalé Monseigneur Roy, a toujours accordé son géné- reux appui à l'œuvre des Caisses populaires Desjardins.Notons en terminant que les Congressistes ont commencé leurs deux journées d’étude en assistant à la saine messe : une première au collège de Lévis pour M.et Mme Desjardins, par le chanoine Victor Rochette, premier inspecteur, des Caisses populaires de l’est de la province, et une deuxième ES 12, 13, 14, 15 et 16 juin se tenait en Allemagne, à Weisbaden, le quatrième congrès international de l’épar-gne.Les Caisses populaires du Québec, y avarient deux représentants : M.Emile Girardin, président de l’Union régionale de Montréal, et moi-même qui apprécie à sa juste valeur l’immense avantage d’avoir pu prendre part à ces délibérations.Le numéro de mai 1954, de la Revue Desjardins indiquait le thème de ce congrès : améliorer davantage les contacts internationaux entre les caisses d’épargne, provoquer L’attention des jeunes dirigeants des caisses à l’égard de nos activités internationales, être une manifestation publique de l’esprit animant les Caisses.Des centaines de délégués venus de partout se réunirent pendant ces journées d’étude ; malgré la diversité des langues, il nous a été extrêmement facile de suivre toutes les allocutions et discussions, grâce au service de traduction, en quatre langues, qui se faisait au fur et à mesure que l’orateur parlait.Un fait m’a surtout frappé : c’est que nos amis européens sont inquiets de la dévalorisation de l’argent ; ce qui rend le commerce plus difficile et l’épargne également.C’est un problème qui n’existe pas dans le pays que messe fut célébrée par M.le curé Joseph Gingras, à l’Eglise Notre-Dame de Lévis pour rendre grâce au ciel de sa divine protection.M.le curé Emile Turmel, secrétaire de la Fédération, donna le sermon sur la Coopération spirituelle ; notre Revue sera heureuse de le reproduire prochainement au bénéfice des dirigeants de nos Caisses.nous habitons.Il est plus facile de comprendre l’inquiétude de tous ces coopérateurs qui veulent trouver un remède efficace au mal qu’ils déplorent avec raison.Les réceptions faites par les Caisses d’épargnes allemandes ont tout simplement été merveilleuses : concerts, fleurs, réceptions, amusements, tout était au diapason des excellents travaux qui ont été soumis.Vraiment, le congrès de Weisbaden fut un bel exemple de coopération intelligente et soutenue.Et je me félicite d’en avoir été le témoin surpris mais très satisfait.Je comprends que monsieur de Quechteneere, qui avait assisté au congrès international de l’épargne à Lévis en 1950 et qui est président du congrès et président de la Caisse générale d’épargne et de retrait de Belgique ait été fier de parler au nom de dix millions de personnes qui possèdent quarante-huit milliards de dollars.La coopération, c’est vraiment un mouvement.Jos.Turmel ?« On ne peut servir les hommes qu en s’exposant à teur ingratitude.» — Lacordaire Congrès international de l'épargne à Weisbaden 190 LA REVUE DES JARDINS Québec, décembre 1954 L’Union régionale de Saint-Hyacinthe des Caisses populaires Desjardins célèbre son dixième anniversaire de fondation DIMANCHE, le 2I novembre, les délégués des Caisses populaires affiliées à l’Union régionale de Saint-Hyacinthe se réunissaient au centre Notre-Dame, à Saint-Hyacinthe, et profitaient de l'assemblée générale annuelle pour célébrer le dixième anniversaire de fondation de leur Union régionale.Plus de 300 personnes assistaient à la réunion malgré la mauvaise température.Prenaient place sur la tribune, de gauche à droite : MM.Lucien Pilon, inspecteur propagandiste, Marcel Rousseau, secrétaire-gérant, Jean-Baptiste Lemoine, président, le chanoine Rolland Frigon, aumônier de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe, Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération des Caisses ; debout, en arrière : Jean-Paul Bernier, administrateur, Roger Gastonguay, inspecteur, Georges-A.Deslan- -?- des, n.p., commissaire de crédit de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe, Marcel Gravel, secrétaire-gérant de l'Union régionale de Joliette, A.A.Campbell, commissaire de crédit de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe, François Adam, gérant-général de la Société d'Assurance des Caisses populaires, Thomas Marches-sault et Herman Phaneuf, administrateurs de l'Union^ régionale de Saint-Hyacinthe, Emile Gi-rardin, président-gérant de l'Union régionale de Montréal, Alphonse Meunier, n.p., commissaire de crédit de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe, Alfred Rouleau, gérant-général de l'Assurance-Vie Desjardins, et Ernest Darsigny, administrateur de TUnion régionale de Saint-Hyacinthe.L'assemblée fut sous la présidence de M.Jean-Baptiste Lemoine, président de l'Union, qui souhaita la bienvenue aux invités en mentionnant la présence des dames qui avaient tenu à accompagner leur mari en cette circonstance.L'occasion ne pouvait être plus belle, dit-il, pour faire plus ample connaissance et pour apprécier le dévouement de chacun au service de la grande et noble cause des Caisses populaires Desjardins.Il rappela avec émotion la disparition de M.J.-N.Bérard, membre-fondateur de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe, en disant que ce fidèle serviteur avait mérité pour son dévouement inlassable, depuis de nombreuses années et dans plus d'un secteur de la coopération, qu'on ait pour lui une pensée dans nos prières.Puis il rendit hommage aux anciens membres dirigeants de l'Union présents à cette assemblée, à l'occasion du dixième anniversaire de fondation de l'Union régionale.î Um>v*** Volume XX, n° 12 LA REVUE DESJARDINS 191 Après le discours du président et Tadoption du procès-verbal de la dernière assemblée générale annuelle, le secrétaire-gérant, M.Marcel Rousseau, présenta un rapport financier très élaboré de TUnion et de la Caisse régionale, en expliquant les raisons des progrès de TUnion et de ses Caisses affiliées.Il demanda aux gérants et aux membres dirigeants des Caisses de continuer à donner à leur Union leur entière collaboration.(( Si depuis dix ans nos succès sont constants, c’est dû à vous pour la plus large part, mais aussi à l’attention que vous avez su donner aux directives reçues de la Fédération et de l’Union.Nous avons l’impression d’avoir fait notre possible, pour vous guider dans le bon chemin.)) M.Lucien Pilon, inspecteur-propagandiste de l’Union, expliqua et commenta les rapports statistiques sur les effectifs des Caisses populaires affiliées.Il invita les membres dirigeants des Caisses affiliées à les étudier de plus près, de retour dans leur foyer, afin de les comprendre mieux et d’en bénéficier davantage.Les élections donnèrent le résultat suivant : au conseil d’administration, M.Thomas Mar-chessault fut nommé pour un autre terme ; à la commission de crédit, M.Henri Desalliers, secrétaire-gérant de la Caisse populaire de Saint-Joseph-sur-Riche-lieu, fut choisi comme commissaire ; au conseil de surveillance, M.Laurent Gaudette, secrétaire-gérant de la Caisse populaire de Saint-Denis-sur-Richelieu, fut nommé surveillant en remplacement de M.J.-H.Payette, démissionnaire, et M.L.-A.Mongeau fut élu pour un autre terme.M.le chanoine Rolland Frigon, aumônier, tira les conclusions de l’assemblée en demandant aux membres dirigeants des Caisses populaires d’être coopérateurs dans le sens chrétien du mot.Il invita les membres à se renseigner le plus possible sur la coopération.L’éducation étant à la base de notre mouvement, il faut que nos sociétaires de Caisses populaires lisent des articles traitant de la Coopération.Sans l’éducation des membres, nos Caisses populaires ne pourront pas jouer pleinement le rôle qu’elles sont appelées à exercer chez nous.Un excellent banquet fut servi aux Congressistes.Monseigneur J.-C.Leclaire, représentant de Son Excellence Monseigneur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, en voyage à Rome, les honorait de sa présence à ces agapes.Sur l’invitation du président, monsieur Lemoine, Monseigneur nous parla de la Coopération ; il nous montra comment la Coopération pouvait être comprise et appliquée dans notre milieu spirituel, social et économique.Adressèrent aussi la parole : M.Emile Girardin, La région de Saint-Hyacinthe perdait récemment un brave cultivateur et un grand coopérateur en la personne de monsieur Joseph-Norbert Bérard, qui est décédé le 24 octobre dernier à Saint-Nazaire-d’Acton.M,- Bérard était t^ice-p résident de fUnion régionale des Caisses populaires de Saint-Hyacinthe et commissaire de crédit de la Caisse populaire de Saint-Nazaire-d'Acton.En 1921, il fondait la Société coopérative agricole de Saint-Nazaire d’Acton, il en assuma la gérance ;usqu’en 1936.Le 23 octobre 1923 il a fondé la Caisse populaire de Saint-Nazaire-d'Acton, avec la collaboration du chanoine Grondin, de Lévis.Il a été président de la Caisse de 1924 à 1947.De 1949 jusqu'à sa mort, il a été membre de la Commission de crédit de la Caisse.A l’échelon régional, dans l'organisation des Caisses populaires, monsieur Bérard a le mérite d’avoir été l’un des fondateurs de l'Union régionale de Saint-Hyacinthe et membre du conseil d’administration de la fondation en 1944 jusqu’à sa mort.président-gérant de l’Union régionale de Montréal, M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération, M.François Adam, gérant-général de la Société d’Assurance des Caisses populaires et ancien président de l’Union régionale de Saint-Hyacinthe, M.M arcel Gravel, secrétaire-gérant de l’Union régionale de Joliette, le Révérend Père C.-P.Fiset, curé de la paroisse Notre-Dame.La soirée se termina par un programme récréatif.Tous semblaient contents d’avoir passé une agréable journée.Lucien Pilon, inspecteur-propagandiste.L’expérience de monsieur Bérard dans le domaine de la coopération agricole l'a fait choisir comme directeur de la Coopérative fédérée de 1924 à 1931 et ensuite comme président, de 1931 à 1940.Monsieur Bérard fut un pionnier de la coopération dans sa région.Il y mit toute son âme, avec toutes ses belles qualités de cœur et d’esprit.Nos sincères sympathies à la famille si cruellement éprouvée et aux institutions qui perdent un appui précieux.* * * * La Caisse populaire Desjardins de Saint-Laurent, Montréal, vient de perdre un excellent commissaire de crédit en la personne de monsieur Odelas Jasmin, décédé à l’âge de 78 ans.Il a manifesté beaucoup de dévouement et une grande générosité dans l’exercice de ses fonctions.Grand chrétien, assidu à la messe quotidienne, il prêchait d’exemple.* * * La Caisse populaire Desjardins de Samt-Charles-sur-Richeheu a perdu son président de 1937 à 1949 : M.Louis Benoît, qui était excellent administrateur.Nos sincères condoléances aux Jamilles cruellement éprouvées.IN MEMORIAM 192 LA REVUE DESJARDINS Québec, décembre 1954 La Caisse populaire Desjardins de Disraéli fête son dixième anniversaire de fondation -4- MARDI, le 26 octobre dernier, la Caisse populaire Desjardins de Disraéli, célébrait son dixième anniversaire de fondation par une journée sociale qui obtint succès.Tous les anciens dirigeants de la Caisse furent invités à un souper gracieusement offert par la Caisse en reconnaissance des services rendus.Parmi les invités de marque Ton pouvait remarquer, entre autres.Monseigneur J.-E.Marcoux, directeur de l'Union régionale de Sherbrooke, président honoraire de la Caisse et ancien curé et fondateur de la société, M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération des Caisses populaires Desjardins, M.Lorenzo Émond, propagandiste de l'Union de Sherbrooke, M.l'abbé L.-Ph.Camirand, curé actuel de la paroisse.Après le souper, il y eut visite des bureaux de la Caisse, puis une soirée sociale pour tous les sociétaires, sous la présidence de M.Boutin, président de la Caisse et maire de Disraéli.Adressèrent la parole à la suite du président : Monseigneur Marcoux, monsieur le gérant, ^ Bertrand Audet, M.Paul-Emile Charron, assistant-secrétaire de la Fédération, qui rendit hommage aux pionniers et aux sociétaires et qui fit ressortir les bienfaits des Caisses populaires Desjardins.On présenta des certificats à trois fondateurs de la Caisse, qui sont encore administrateurs, MM.Charles-A.Lessard, J.-Georges Cameron et Théodore Brochu.La soirée fut agrémentée de chants et déclamations par les élèves des écoles de la paroisse.AVEZ-VOUS PAYÉ VOTRE ABONNEMENT À J?a Revue ^beijaàdiuA POUR L'ANNtE 1955?De gauche à droite: AI.l’abbé Rosaire Bisson, vicaire de la paroisse, AIme Charles-A.Lessard, AI.Charles-A.Lessard, directeur depuis la jondation, AI.l’abbé Ls-Ph.Camirand, curé de la paroisse, Aime Ls-Émile Boutin, AI.Paul-E.Charron, assistant-secrétaire de la Fédération des Caisses populaires de Québec, AI.le président Ls-Émile Boutin, Atar J.-E.Alarcoux, président honoraire de notre Caisse et directeur de l’Union de Sherbrooke, AI.Lorenzo Emond, de l’Union de Sherbrooke, AI.E.Badeau, de la Fédération, Aime Bertrand Audet, AI.Bertrand Audet, gérant de la Caisse ; deuxième rangée : AI.J.-A.Poitras, n.p., APte Thérèse Poitras, AI.Linière Roy, premier président de la Caisse, Aime R0y, AI.Bérubé, de l’Union de Sherbrooke, AI.J.-Georges Cameron, directeur de la Caisse depuis la Jondation, Aime Cameron, Aime Théodore Brochu, AI.Théodore Brochu, commissaire de crédit depuis la Jondation, AI.Ludger Ouellette, commissaire de crédit, et AI.Paul-Émile Gagnon, surveillant. Volume XX, n° 12 LA REVUE DES JARDINS 193 Pourquoi siéger chaque mois au Conseil d’administration ?IL y a lieu tout d'abord de placer le Conseil d'administration dans les cadres de l'organisation hiérarchique de la Caisse populaire de tenir compte de ses vastes pouvoirs administratifs d'aliénation, d'emprunt, de prêts et de placements.De plus, il faudrait étudier le statut juridique du dirigeant établissant ses devoirs généraux et sa responsabilité civile.Ce ne sont pas cependant ces aspects du problème administratif de la Caisse populaire qui seront étudiés dans cet article-ci ; nous considérerons plutôt les divers motifs d'ordre pratique qui nécessitent en quelque sorte la tenue des réunions mensuelles par le Conseil d'administration de la Caisse populaire.Il est assez difficile de comprendre pourquoi certains Conseils d'administration de Caisses populaires ne siègent pas régulièrement chaque mois alors que les Conseils municipaux et les Commissions scolaires le font régulièrement chaque mois.La Caisse populaire, pourtant, administre, règle générale, des capitaux autrement plus importants que ceux de la Municipalité ou de la Commission scolaire.Le mouvement des fonds d'une Caisse populaire est surprenant.Il n'est pas rare d'y voir passer $25,000., $50,000.ou $100,000.par mois, ce qui dépasse de plusieurs fois le mouvement des fonds de la Municipalité et de la Commission scolaire dans ces mêmes endroits.Ceci s'explique par le fait que la Caisse populaire administre pratiquement toutes les épargnes de la paroisse ; la plupart des opérations financières des citoyens y sont faites, telles des dépôts et des retraits de capital social et d'épargne, des prêts et des remboursements, des achats, des ventes et des encaissements d'obligations, des échanges de chèques et d'argent, etc.Voilà autant de raisons qui militent en faveur d'une réunion mensuelle du Conseil d'administration.D'autres raisons s'ajoutent qui favorisent les assemblées mensuelles : étude et adoption des rapports financiers, approbation des dépenses, autorisation des placements, acceptation des nouveaux sociétaires, étude des moyens propres à favoriser l'épargne, l'éducation coopérative, etc.Pourquoi alors ne pas siéger régulièrement ?Voici, à titre de suggestion, un ordre du jour qui semble répondre aux besoins ordinaires d'une assemblée régulière du Conseil d'administration.Il est possible d'y ajouter des item au besoin.1 ° Prière.Ouverture de l'assemblée.2° Lecture et adoption du procès-verbal de l'assemblée précédente.3° Lecture de la correspondance.4° Présentation et adoption des rapports du gérant.5° Affaire en cours.6° Affaires nouvelles.7° Interpellations.8° Levée de l'assemblée.Prière.Des commentaires s'imposent pour les item 3 et 4.Item 3.— Il faut donner lecture, au moins un résumé substantiel, de la correspondance et des circulaires reçues de l'Union, de la Fédération, etc., depuis la dernière assemblée.Il convient aussi de communiquer à l'assemblée les réponses fournies par le secrétaire ou le gérant selon le cas.On comprendra qu'il n'est pas question ici de correspondances purement routinières, mais de la correspondance d'un caractère particulier.Item 4.— Le gérant doit soumettre la situation financière de la Caisse à la fin du mois précédent, avec l'état des recettes et des déboursés.Il y a des gérants qui savent rendre très intéressante l'étude de ces rapports en préparant, par exemple, un tableau comparatif des situations à un an d'intervalle pour en dégager nettement la signification réelle.Voici un exemple simple : Actif 31 mai 1953 31 mai 19 54 Obligations .$ 47,684.50 $ 72,698.75 Parts U.R.et C.C 7,000.00 7,000.00 Reconnaissances de dette 15,455.35 19,587.43 Hypothèques 84,215.11 165,179.00 Inventaire 1,405.00 9,675.00 Encaisse 104,095.80 81,218.64 Total de l’actif .$259,855.76 $345,358.82 Dépenses 273.65 385.43 Bonis payés 7.50 Total .$260,129.41 $347,751.75 Passif Capital social .$ 15,003.55 $ 19,185.40 Épargne 242,429.72 320,945.94 Divers.1,709.62 Total du passif .$259,142.89 $340,$31.34 Taxe d’entrée 7.10 5.10 Bénéfices 412.41 1,747.75 Fonds de réserve 476.40 1,311.70 Fonds de prévoyance 59.80 500.00 Surplus 30.81 4,055.86 Total .$260,129.41 $347,751.75 194 LA REVUE DESJARDINS Québec, décembre 1954 31 mai 1953 31 mai 1954 Nombre de sociétaires 620 778 Nombre de déposants Nombre d’emprunteurs : 580 705 rec.de dette 50 58 hypothèques 23 33 Recettes pour LES MOIS DE MAI 1953 1954 Capital social .$ 355.00 $ 255.00 Épargne 57,974.32 55,041.91 Remises prêts-soc 1,992.20 5,009.94 Remboursements placements.1,054.65 Taxe d’entrée 7.10 5.10 Bénéfices 412.41 1,747.75 Total des recettes.$ 60,741.03 $ 63,114.35 Caisse au 30 avril 74,430.01 81,156.69 Total .$135,171.04 $144,271.04 Déboursés Retraits de capital social Retraits d’épargne Prêts consentis Dépenses Bonis $ 125.00 28,436.59 2,240.00 .273.65 $ 360.00 61,174.47 1,125.00 385.43 7.50 Total des déboursés.$ 31,075.24 $ 63,052.40 Caisse au 31 mai 104,095.80 81,218.64 Total $135,171.04 $144,271.04 Voici quelques brefs commentaires en marge de ces rapports financiers.En 1953, la liquidité était de 61%, elle est de 46% seulement en 1954.L'actif est augmenté considérablement depuis un an, mais il y a eu un gros fléchissement durant mai 1954 alors que les dépôts d'épargne sont inférieurs à ceux de l'an passé et que les retraits sur épargne sont passés de $28,436.à $61,174.Cette comparaison de la situation avec celle de l'an dernier à pareille date est plus intéressante à certains points de vue qu'une comparaison de deux mois consécutifs parce qu'elle permet d'analyser et de comparer les tendances des mêmes mois aux même périodes annuelles.Le tableau présenté semble indiquer qu'il y a moins d'argent en circulation puisque les dépôts d'épargne durant le mois de mai sont inférieurs à ceux de l'an dernier et les retraits sur épargne sont plus que doublés.La Caisse populaire devra donc surveiller davantage sa liquidité, qui est déjà trop basse présentement.Passons sous silence les nombreuses autres constatations à déduire par d'autres comparaisons.En plus d'accepter le rapport mensuel soumis par le gérant, le Conseil d'administration doit approuver les dépenses.Comme il s'agit généralement de dépenses autorisées d'avance, comme les salaires, le loyer, l'achat de papeterie, le paiement des commissions sur chèques et autres charges de la Caisse régionale, il est suffisant, en général, de ratifier le total des dépenses du mois.Il est cependant recommandé aux administrateurs d'exiger du gérant le détail des dépenses du mois avant cette ratification.Toute dépense autre que celles énumérées précédemment et déjà approuvées doit, être soumise au préalable à la décision du Conseil d'administration.Il y a lieu aussi d'approuver les achats d'obligations, les transferts de fonds de la Banque à la Caisse régionale, les engagements du personnel, etc., selon les besoins et les circonstances.Il ne faut pas oublier l’étude du rapport d'inspection de la Fédération et surtout ne pas négliger de donner suite aux observations qu’il contient.C'est un bon moyen d'améliorer la tenue de la Caisse et d’assurer la protection des épargnes des sociétaires.Il y a amplement matière à des réunions fréquentes du Conseil d'administration.Il y a encore des gérants qui ne semblent pas tellement convaincus de l’importance de réunions fréquentes des administrateurs.Il n’y a rien à leur soumettre, prétendent-ils.A la suite de transactions malheureuses, de ces gérants se sont vus blâmer par les administrateurs qui leur ont reproché avec raison de ne pas leur en avoir parlé dans le temps.Et il s'est même vu des administrateurs reprocher à un gérant des choses qu’ils avaient autorisées verbalement, mais, hélas, il n'y avait pas eu de résolution d'inscrite aux procès-verbaux.Comme les (( paroles s'envolent », les administrateurs, mal en point, eurent vite fait de nier le passé et de jeter la pierre au gérant qui s’est trouvé seul à porter la responsabilité des actes posés.Ceci ne suffit-il pas à démontrer la nécessité d'un procès-verbal relatant chacune des décisions de l’assemblée du Conseil d'administration.Si tous voulaient bien suivre ces conseils, il y aurait certes lieu de s'en réjouir grandement pour le plus grand bien de tous et de chacun.Rosario Tremblay ?— Paul, demande Irène à son mari, mon chapeau est-il d’aplomb 7 — Parjait, répond Paul, avec impatience, mais dépêche-toi, par pitié l II y a vingt minutes que nous devrions être partis.— Désolée, dit la jeune jemme, mais il faut que je remonte.Ce chapeau-là se porte de travers.O O O « Cette porte avant le spectacle : c’est une entrée.a La même porte après le spectacle: c’est une sortie.)) — René Dorin Volume XX, n° 12 LA REVUE DESJARDINS 195 Développement des Caisses populaires au Canada -?- Canada — Province de Québec CAISSES POPULAIRES DESJARDINS AFFILIÉES À LA FÉDÉRATION DES CAISSES POPULAIRES DE QUÉBEC (province de Québec), siège social : Lévis (Québec).Années 1949 1950 1951 1952 1953 Caisses régionales et locales 1,076 1,093 1,118 1,128 1,139 Nombre de sociétaires-emprunteurs.88,588 95,503 99.633 106,478 114,079 Prêts aux sociétaires (solde) : a) sur la garantie personnelle ou de valeurs mobilières $31,666,635.18 $30,824,595.16 $ 30,994,747.$ 32,281,316.$ 33,759,022.b) sur la garantie de valeurs immobilières $73,386,605.14 $80,804,408.88 $ 91,223,520.$103,915,711.$124,596,449.Montant des prêts consentis dans l'année $50,546,567.00 $50,313,960.00 $ 56,940,887.$ 62,553,611.$ 77,004,321.Placements obligataires (solde) aux corps publics et aux institutions religieuses ou ecclésiastiques.1 $95,598,206.51 $98,187,235.51 $108,916,171.$132,912,334.$140,450,446.1.Dans ce solde total des placements obligataires sont déjà inclus ceux des 10 Caisses régionales, comme suit, selon les années indiquées $16,166,821.05 $16,692,239.83 $ 20,688,300.$ 27,941,372.$ 25,564,450.Canada — Les neuf provinces du Canada — Terre-Neuve non inclus SOLDE DES PRÊTS ET DES PLACEMENTS DES CAISSES POPULAIRES AU CANADA (d'après le rapport du ministère fédéral de l'Agriculture) À noter que ces soldes n englobent pas les soldes des prêts et des placements des Caisses régionales ou centrales parce que le rapport fédéral ne nous les donne que pour les années 1951 et 1952.Années 1949 1950 1951 1952 Le rapport des C.P.pour tout Prêts $62,518,971.$77,701,525.$ 85,194,410.$106,367,836.le Canada pour l’année 1953 Prêts hypothécaires $87,048,603.$92,722,244.$104,075,207.$119,165,806.n’est pas, à da- Placements $92,240,064.$91,963,040.$100,281,741.$119,694,424.te, paru.INTERPRÉTATION La bonne compréhension de ces données statistiques sur l'utilisation, sous forme de prêts et de placements, des épargnes des Caisses populaires Desjardins, dans le Québec, exige qu'on ait en vue les points suivants : 1° Les Caisses populaires ne font des prêts ou crédits qu'à leurs sociétaires, tout comme elles n'acceptent de dépôts d'épargne que de leurs sociétaires, étant à la fois coopératives d'épargne et de crédit.2° Les Caisses populaires Desjardins sont en grande majorité des Caisses rurales.En 1953, par exemple, sur 1,129 Caisses populaires Desjardins affiliées, 785 étaient rurales, lesquelles groupaient 294,384 sociétaires sur un ensemble de 746,789 sociétaires pour les 1,129 Caisses.Or, le solde des prêts en cours aux socié- taires des Caisses rurales était de $39,-841,880.au 31 décembre 1953, alors que le solde total des prêts était de $153,-566,712.pour toutes les Caisses à cette même date.La lecture de l'article paru dans la Revue Desjardins, émission d'avril 1954, sur le mouvement des opérations et sur la progression des Caisses populaires Desjardins dans la province de Québec, devrait faciliter l’analyse et l'interprétation de ces statistiques.5° Notons bien qu'il s’agit du solde des prêts et du solde des placements à la fin de chacune des années indiquées, et non pas du volume des prêts et du volume des placements faits à l’intérieur de chacune des années indiquées.Ainsi, par exemple, les 1,118 Caisses populaires Desjardins avaient un solde total des prêts en cours de $131,926,211 au 31 décembre 1952, alors que les prêts consentis par ces mêmes Caisses dans l’année 1952 totalisaient $62,553,611.Afin d’illustrer davantage la distinction, citons l'exemple de la Caisse populaire de Notre-Dame de Hull, qui, dans le cours de son année sociale 1953, a prêté à ses sociétaires $1,242,641.et s'est vu rembourser sur ses prêts en cours $979,921,64 ; son solde des prêts en cours s'est donc accru de $262,720.; en fin d’année 1953, il s’établissait à $2,351,762.24.Quant aux placements obligataires, ils sont constitués d'obligations de Corporations municipales et scolaires, de corporations religieuses ou ecclésiastiques, de fabriques ou syndics d'église, d’hôpitaux dans la province de Québec, du gouvernement provincial de Québec et du gouvernement canadien. 196 LA REVUE DESJARDINS Québec, décembre 1954 Sainte-Claire de Dorchester -?- SAINTE-CLAIRE de E)orches-ter, magnifique paroisse rurale de 500 familles, et des plus progressives, a sa Caisse populaire depuis 1912 ; c’est le fondateur, M.le commandeur Alphonse Desjardins, qui l’a lui-même fondée le 1er octobre 1912, avec la coopération du docteur J.-A.-N.Chabot, qui en fut élu président, et qui l’est encore aujourd’hui, à l’âge de 80 ans.Né à Sainte-Claire le 7 juin 1874, le docteur Chabot y pratique la médecine depuis 1900, après un stage de deux ans comme interne à l’Hôtel-Dieu de Québec.Et avec quel dévouement inlassable il l’a fait 1 Le docteur fut un admirable médecin de campagne qui s’est occupé des siens avec une sollicitude paternelle.Sa prédication fut celle de l’exemple.Son Eminence le cardinal Villeneuve, de regrettée mémoire, s’est plu à reconnaître ses mérites exceptionnels en le décorant des insignes du « Mérite diocé- M.le docteur J.-A.-N- Chabot üiç ?sain.)) Et, plus récemment, l’université Laval profitait des célébrations de son centenaire pour lui rendre un hommage public pour ses services inestimables comme médecin de campagne.Chef d’une belle famille de 8 enfants, président de sa Caisse populaire, il a enseigné et pratiqué ces belles vertus de nos pères que sont la prévoyance, l’économie, l’épargne et l’entraide, vertus qui attestent un sens aigu des responsabilités individuelles et sociales.Sainte-Claire est fière d’avoir une Caisse qui groupe plus de 1,300 sociétaires et qui administre au-delà d’un million et quart d'épargne.Dimanche, le 21 novembre dernier, M.le curé Eugène Morisset-te était heureux de présider, en présence des dirigeants et de sociétaires, à la bénédiction des nouveaux bureaux de la Caisse populaire qui est devenue propriétaire de sa propre maison, après avoir aidé tant de ses membres à se loger chez eux.Nous rendons hommage à la Caisse populaire de Sainte-Claire, et à son distingué président, le docteur J.-A.-N.Chabot, auquel nous souhaitons une heureuse vieillesse. Volume XX, n° 12 LA REVUE DES JARDINS 197 Possession de la ferme et mode de faire-valoir au Canada, par province, 1941 et 1951 -?- 1941 1951 Pro- prié- taire % Loca- taire % Mi- pro prié- taire- mi-fer- mier % Gé- rant % Pro- prié- taire % Loca- taire % Mi- pro- prié- taire- mi-fer- mier % Gé- rant % Canada 75.1 12.7 11.6 0.6 77.3 7.2 14.3 1.2 Terre-Neuve — 89.6 1.6 7.8 1.0 île-du-Prince-Édouard.92.2 2.4 4.7 0.7 91.4 0.8 5.4 2.4 Nouvelle-Écosse 92.3 2.7 4.0 1.0 91.7 1.2 4.3 2.8 Nouveau-Brunswick 92.4 2.5 4.4 0.7 93.0 1.2 3.5 2.3 Québec 92.7 3.6 3.2 0.5 94.3 1.9 2.8 1.0 Ontario 78.6 11.9 8.6 0.9 81.7 5.9 10.6 1.8 Manitoba 66.1 18.8 14.4 0.7 71.0 9.7 18.7 0.6 Saskatchewan 52.9 24.3 22.2 0.6 54.6 14.7 30.1 0.6 Alberta 62.7 16.9 19.7 0.6 62.7 11.5 25.0 0.8 Colombie canadienne.79.6 10.9 8.5 1.0 84.6 5.8 8.0 1.6 Ce tableau est reproduit de Y Economiste agricole, volume XXII, n° 5, 1952, Ottawa.Vous avez constaté, sans doute avec plaisir, en parcourant ce tableau, que de toutes les provinces canadiennes c'est la province de Québec qui a le plus fort pourcentage de cultivateurs-propriétaires.En 1951, 94.3% des fermes du Québec était cultivées par leurs propriétaires ; viennent ensuite la province du Nouveau-Brunswick (93%) et les provinces de la Nouvelle-Ecosse (91.7), de l'île-du-Prince-Édouard (91.4), de Terre-Neuve (89.6), etc.Vous vous rendez compte également que le pourcentage des fermes exploitées par leurs propriétaires a augmenté quelque peu de 1941 à 1951, avec des variantes évidemment, dans la plu- Êart des provinces du Canada.)ans le Québec, il est passé de 92.7 à 94.3 au cours de cette période.C'est dans les provinces du Manitoba, de la Colombie et de l’Ontario que le gain a été le plus fort.Les provinces de l'Est comp- tent un faible pourcentage de fermes affermées, seules les provinces de l’Ouest en ont une proportion appréciable.D'après le recensement de 1951, Québec avait 134,336 fermes occupées ; donc, nous avions 126,588 cultivateurs propriétaires, puisque 94.3% des fermes étaient exploitées par leurs propriétaires (et ce nombre de 126,588 cultivateurs est exact en autant que l'on suppose une ferme par propriétaire).Il est certes peu de régions de la planète, s'il en est, qui peuvent en dire autant.D'après une enquête que la Division de l'économie rurale, Ottawa, a faite il y a quelques années dans le Québec, plus de la moitié des propriétaires de fermes qui ont répondu aux questionnaires distribués à 4,800 cultivateurs répartis dans tous les comtés de la province, ont déclaré que leur ferme était la ferme familiale.La superficie moyenne des fermes du Québec était de 124.6 acres d’après le recensement de 1951.C'est un agrandissement de quelque 7 acres qu'elle a subi dans la période 1941-1951 ; au recensement de 1941, elle était de 117 acres.La ferme québécoise demeure une exploitation familiale ; elle est exploitée uniquement par le cultivateur et sa famille, sauf au moment de la récolte qui entraîne un surcroît de travail et qui oblige parfois le cultivateur à faire appel à de la main-d'œuvre embauchée.Notre mode de tenure et d'exploitation agricoles se compare avantageusement à celui des autres provinces du^pays, de même qu'à celui des Etats-Unis.Le Canada, à cet égard, est certes mieux partagé que son voisin du sud.D'après une étude faite par le Bureau fédéral des économistes agricoles, Washington, et publiée en 1950, trois pour cent des cultivateurs américains possédaient alors à eux seuls quarante et un (41%) pour cent de la superficie des fermes détenues par des individus, et ce trois pour cent des cultivateurs propriétaires avaient des fermes dont la superficie était de 1,000 acres ou plus.Dans le sud américain, quarante-six (46%) pour cent des fermes sont de 1,000 acres ou plus, trente-trois (33%) pour cent, de 2,500 acres ou plus.Par contre, un cinquième des cultivateurs avaient une ferme d'une étendue inférieure à trente acres.Les cultivateurs américains possèdent 85% des 1.1 milliard d'acres de terres cultivées, les corporations 6%, les gouvernements 6%, et le reste, soit 3% est ce qu'ils appellent Y Indian land.Paul-Émile Charron
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